Résumé
- À l'étranger, situation critique au Rwanda : les rebelles du FPR continuent leur progression dans le pays. Aujourd'hui deux villes sont tombées : Kigali, la capitale, et Butare. Les populations civiles n'ont plus qu'une seule solution, c'est de fuir.
- Kigali et Butare sont tombées. La capitale du Rwanda et la seconde ville du pays sont désormais aux mains du FPR, le Front patriotique rwandais.
- Cette nuit, les derniers véhicules de l'armée gouvernementale mise en déroute quittaient la capitale. Pourtant, ce matin encore, quelques coups de canons. Mais les miliciens hutu ont eux aussi fui la ville.
- Dans les rues, des centaines de réfugiés tutsi sont venus acclamer les forces du FPR. Pour eux c'est la fin. La fin de la peur, des massacres et des bombardements.
- Mais pour d'autres commence le chemin de l'exode. Vers où aller ? L'avancée du FPR se fait plus rapide et après la chute de Butare ce midi, les rebelles s'approchent de Gikongoro où se sont repliées les troupes françaises.
- La France a ordonné à ses militaires de rester dans cette ville afin de mettre en place une zone humanitaire au sud-ouest du pays et d'empêcher quiconque de venir y menacer les populations réfugiées.
- Mais pour le FPR, pas question de laisser se créer un sanctuaire pour ses ennemis et les rebelles ne semblent pas prêts d'arrêter leurs offensives.
- Une situation délicate qui complique de plus en plus la tâche des soldats français. La France, toujours isolée sur le terrain, qui décide de créer une zone de sécurité dans l'Ouest du pays.
- Et l'ordre vient d'être donné aux militaires de refuser, y compris si nécessaire par la force, l'intrusion d'éléments armés dans cette zone. De quoi peut-être changer un peu la nature même de l'opération Turquoise.
- Feu vert pour l'opération Turquoise : la France a l'accord des Nations unies. C'était il y a 10 jours, le 23 juin dernier. La mission, officiellement simple. 2 000 à 2 500 soldats français, la plupart basés à Goma au Zaïre. Et des incursions prévues au Rwanda à but uniquement humanitaire, sans engagement en profondeur.
- Paris précise également qu'il n'est pas question de s'interposer entre les différentes forces en présence et que tout sera fait pour éviter les escarmouches avec les milices locales.
- Lorsque les premiers Français arrivent sur le territoire rwandais contrôlé par les troupes gouvernementales, c'est même la surprise : la population, à majorité hutu, acclame la troupe.
- Puis les soldats découvrent l'horreur des charniers. À ce moment, les milices gouvernementales hutu mises en cause se crispent face à l'intervention française.
- Les rebelles tutsi du FPR ont eux toujours été hostiles à la France. Hier [3 juillet] il y a même eu un petit accrochage armé.
- Mais devant l'afflux des réfugiés et l'avance des rebelles du FPR, les Français veulent aujourd'hui créer une zone de sécurité humanitaire au sud du Rwanda. Amiral Lanxade, chef d'état-major des armées : "Cette zone, nous pouvons en assurer la sûreté. Il n'y a plus de raison à partir de ce moment là que des milices incontrôlées continuent d'agir. Alors comment est-ce que nous procèderons à cela ? Il est trop tôt pour le dire".
- L'opération Turquoise se révèle finalement plus complexe que prévu. La crainte, c'est bien sûr de s'embourber dans une situation incontrôlable. Le souvenir de la Somalie n'est pas si lointain.