Fiche du document numéro 36577

Num
36577
Date
Lundi 4 juillet 1994
Amj
Hms
19:00:00
Taille
23409
Sur titre
Journal de 19 heures
Titre
La capitale du Rwanda et la seconde ville du pays sont désormais aux mains du FPR. Les populations civiles n'ont plus qu'une seule solution, c'est de fuir
Sous titre
L'opération Turquoise se révèle finalement plus complexe que prévu.
Nom cité
Lieu cité
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ZHS
Résumé
- Turning to international news, the situation in Rwanda is critical: RPF rebels are continuing their advance across the country. Today, two cities have fallen: Kigali, the capital, and Butare. Civilians are left with only one option: to flee.

- Kigali and Butare have fallen. Rwanda's capital and its second-largest city are now in the hands of the RPF, the Rwandan Patriotic Front.

- Overnight, the last vehicles of the routed government army left the capital. Yet, even this morning, a few artillery rounds were fired. However, Hutu militia members have also fled the city.

- In the streets, hundreds of Tutsi refugees have come out to cheer the RPF forces. For them, it marks the end, the end of fear, massacres, and shelling.

- But for others, the exodus begins. Where can they go? The RPF advance is accelerating; following the fall of Butare at midday, the rebels are closing in on Gikongoro, where French troops have retreated.

- France has ordered its military to remain in the town to establish a humanitarian zone in the country's southwest and to prevent anyone from threatening the refugee populations there.

- However, the RPF has no intention of allowing a sanctuary for its enemies to be created, and the rebels show no signs of halting their offensive.

- It is a delicate situation that is increasingly complicating the task for French soldiers. France, still acting alone on the ground, has decided to create a security zone in the west of the country.

- Orders have just been issued to the military to block, by force if necessary, any armed elements from entering this zone. This may well alter the very nature of Operation Turquoise.

- Green light for Operation Turquoise: France has secured United Nations approval. That was ten days ago, on June 23rd. The mission was officially straightforward: 2,000 to 2,500 French troops, mostly based in Goma, Zaire, with planned forays into Rwanda for purely humanitarian purposes, avoiding any deep military engagement.

- Paris also clarifies that there is no intention of positioning troops between the opposing forces and that every effort will be made to avoid skirmishes with local militias.

- When the first French troops arrive in the Rwandan territory held by government forces, the reaction comes as a surprise: the predominantly Hutu population cheers the soldiers.

- Then, the soldiers discover the horror of mass graves. At that point, the implicated Hutu government militias react with hostility toward the French intervention.

- The Tutsi rebels of the RPF have consistently been hostile toward France. Yesterday [July 3], there was even a minor armed clash.

- However, faced with the influx of refugees and the advance of RPF rebels, the French now aim to establish a humanitarian safe zone in southern Rwanda. Admiral Lanxade, Chief of the Defence Staff, states: "We can ensure the security of this zone. From that point on, there is no reason for uncontrolled militias to continue their actions. So, how will we go about this? It is too early to say".

- Operation Turquoise is ultimately proving more complex than anticipated. The fear, of course, is becoming bogged down in an uncontrollable situation. The memory of Somalia is still fresh.
Source
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Gilles Leclerc :] À l'étranger, situation critique au Rwanda : les rebelles du FPR continuent leur progression dans le pays.

Aujourd'hui deux villes sont tombées : Kigali, la capitale, et Butare. Les populations civiles n'ont plus qu'une seule solution, c'est de fuir. Marie-Odile Pagniez.

[Marie-Odile Pagniez :] Kigali et Butare sont tombées [diffusion d'une carte du Rwanda matérialisant la progression du FPR par deux flèches en direction de Kigali et Butare]. La capitale du Rwanda et la seconde ville du pays sont désormais aux mains du FPR, le Front patriotique rwandais.

Cette nuit, les derniers véhicules de l'armée gouvernementale mise en déroute quittaient la capitale. Pourtant, ce matin encore, quelques coups de canons. Mais les miliciens hutu ont eux aussi fui la ville [diffusion d'images de la ville de Kigali pendant les combats].

Dans les rues, des centaines de réfugiés tutsi sont venus acclamer les forces du FPR. Pour eux c'est la fin. La fin d'la peur, des massacres et des bombardements [on voit un soldat du FPR saluer un camion rempli de réfugiés tout sourire].

Mais pour d'autres commence le chemin de l'exode. Vers où aller [gros plans sur des réfugiés en train de marcher] ? L'avancée du FPR se fait plus rapide et après la chute de Butare ce midi, les rebelles s'approchent de Gikongoro où se sont repliées les troupes françaises [diffusion d'images d'archives montrant des soldats du FPR au combat].

La France a ordonné à ses militaires de rester dans cette ville afin de mettre en place une zone humanitaire au sud-ouest du pays et d'empêcher quiconque de venir y menacer les populations réfugiées [diffusion de deux cartes du Rwanda : la première localise la ville de Gikongoro avec un drapeau français et la seconde délimite la ZHS].

Mais pour le FPR, pas question de laisser se créer un sanctuaire pour ses ennemis et les rebelles ne semblent pas prêts d'arrêter leurs offensives [gros plans sur des soldats du FPR armés].

[Gilles Leclerc :] Une situation délicate qui complique de plus en plus la tâche des soldats français. La France, toujours isolée sur le terrain, qui décide de créer une zone de sécurité dans l'Ouest du pays.

Et l'ordre vient d'être donné aux militaires de refuser -- y compris si nécessaire par la force -- l'intrusion d'éléments armés dans cette zone. De quoi peut-être changer un peu la nature même de l'opération Turquoise. Hervé Ghesquière, Michel Allal.

[Hervé Ghesquière :] Feu vert pour l'opération Turquoise : la France a l'accord des Nations unies. C'était il y a 10 jours, le 23 juin dernier [on voit des véhicules embarquer dans un avion-cargo sur la base militaire d'Istres ; une incrustation "Istres, 23 juin 1994" s'affiche à l'écran]. La mission, officiellement simple. 2 000 à 2 500 soldats français, la plupart basés à Goma au Zaïre. Et des incursions prévues au Rwanda à but uniquement humanitaire, sans engagement en profondeur.

Paris précise également qu'il n'est pas question de s'interposer entre les différentes forces en présence et que tout sera fait pour éviter les escarmouches avec les milices locales [une succession de plans montre des militaires français sur l'aéroport de Goma].

Lorsque les premiers Français arrivent sur le territoire rwandais contrôlé par les troupes gouvernementales, c'est même la surprise : la population, à majorité hutu, acclame la troupe [on voit des Rwandais avec des drapeaux tricolores en train d'acclamer un convoi de militaires français].

Puis les soldats découvrent l'horreur des charniers. À ce moment, les milices gouvernementales hutu mises en cause se crispent face à l'intervention française [diffusion d'images du massacre de Nyarubuye].

Les rebelles tutsi du FPR ont eux toujours été hostiles à la France. Hier [3 juillet] il y a même eu un petit accrochage armé.

Mais devant l'afflux des réfugiés et l'avance des rebelles du FPR, les Français veulent aujourd'hui créer une zone de sécurité humanitaire au sud du Rwanda [on voit des militaires français au béret rouge en train d'évacuer des religieuses et des enfants].

["Amiral Lanxade, chef état major des armées" : "Cette zone nous pouvons en assurer, euh, la…, la sûreté. Il n'y a, euh, plus d'raison à partir de c'moment là que…, que des milices incontrôlées continuent d'agir. Alors comment est-c'que nous procèderons à c'la ? Il est trop tôt, euh…, pour le dire".]

L'opération Turquoise se révèle finalement plus complexe que prévu. La crainte, c'est bien sûr de s'embourber dans une situation incontrôlable. Le souvenir de la Somalie n'est pas si lointain [on entend des coups de feu et on voit des soldats français au béret rouge passer en courant devant la caméra].

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fgtquery v.1.9, 9 février 2024