Fiche du document numéro 36572

Num
36572
Date
Lundi 4 juillet 1994
Amj
Hms
23:00:00
Taille
21074
Sur titre
Journal de 23 heures
Titre
La présence française risque de tomber dans le piège d'une confrontation militaire avec le FPR
Sous titre
Les rebelles ont conquis aujourd'hui Kigali et Butare.
Nom cité
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Lieu cité
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ZHS
Résumé
- This may mark a turning point for Operation Turquoise, which was launched with the best possible humanitarian intentions. The French presence now risks falling into the trap of a military confrontation.

- As rebels captured Kigali and Butare, the country's second-largest city, today, France faced a very delicate decision.

Jacques Rosier: "For once, it's clear: we are setting up in Gikongoro and staying put".

- That is the new mission for French soldiers based in southwestern Rwanda: to remain in Gikongoro, 20 kilometers from the front line, and defend a security zone. This zone was created with UN approval to shelter Rwandan refugees of all ethnicities; they are arriving by the thousands every day.

- Admiral Lanxade: "We stated that we wanted a safe zone free of combat, and one that we demanded no military units enter".

- To secure this zone, French troops are authorized to open fire if they deem it necessary. The order is clear: no one is to go beyond Gikongoro.

- Yet, just 20 kilometers away, Tutsi forces are pressing on with their offensive: yesterday [July 3], rebels from the Rwandan Patriotic Front captured the city of Butare. Today, it was the capital's turn; they now have full control of Kigali.

- Buoyed by these victories, they intend to push further and continue their advance, despite the French military presence, or so they claim tonight. Is there a risk of clashes? It cannot be ruled out. However, the French military command has stated that it aims to avoid confrontation.

- In any case, preparations are underway to carry out this new mission and reinforce the Gikongoro stronghold. This evening and tomorrow [July 5], an additional 400 men will be deployed on the ground to defend the security zone.
Source
Fonds d'archives
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Langue
FR
Citation
[Mémona Hintermann :] Bonsoir. Peut-être un tournant dans l'opération Turquoise… lancée avec les meilleures intentions humanitaires possibles. La présence française risque maint'nant de tomber dans le piège d'une confrontation militaire.

Alors que les rebelles ont conquis aujourd'hui Kigali et Butare, la deuxième ville du pays, la France a pris une décision très délicate. Isabelle Billet.

[Le reportage s'ouvre sur Jacques Rosier en train de répondre à un journaliste en marchant : - "Pour une fois c'est clair : on s'installe à… Gikongoro". Le journaliste : - "Et on n'en bouge plus ?". Jacques Rosier : - "Pour le moment on n'en…, on n'en bouge plus".]

[Isabelle Billet :] C'est la nouvelle mission des soldats français basés au sud-ouest du Rwanda [un bandeau blanc "aujourd'hui Rwanda" et une incrustation "Gikongoro (Rwanda)" s'affichent en haut de l'écran] : rester à Kingororo [Gikongoro] à 20 kilomètres du front, pour défendre une zone de sécurité [on voit des militaires français au béret rouge en train de discuter avec des Rwandais et des soldats des FAR]. Une zone créée avec l'aval de l'ONU pour abriter des réfugiés rwandais de toutes ethnies [diffusion d'une carte du Rwanda faisant apparaître la Zone humanitaire sûre, signalée par un drapeau tricolore, ainsi que les villes de Butare, Gikongoro et Kigali]. Ils arrivent chaque jour par milliers.

["Amiral Lanxade, chef d'état major des armées" : "Nous avons indiqué que… nous voulions une zone sûre, euh, dans lequel [sic], euh, il, euh, il ne devait pas y avoir de combats. Et, euh, dans lequel nous pensions, nous souhaitions, nous demandions qu'il n'y ait pas, euh…, d'unités, euh, militaires, euh, qui pénètrent".]

Pour verrouiller cette zone, les militaires français pourront ouvrir le feu s'ils le souhaitent. L'ordre est clair : personne ne pourra aller au-delà de Kingororo [Gikongoro] [on voit un militaire français discuter avec des miliciens armés ; désignant apparemment l'un d'entre eux, il dit : "Lui, je l'ai vu avec un drapeau bleu-blanc-rouge"].

Et pourtant, à 20 kilomètres à peine, les forces tutsi poursuivent leur offensive : hier [3 juillet] les rebelles du Front patriotique du Rwanda ont pris la ville de Butare. Aujourd'hui c'était au tour de la capitale, Kigali, qu'ils contrôlent entièrement désormais.

Forts de ces victoires, ils comptent aller plus loin et veulent poursuivre leur avancée en dépit de la présence militaire française [on voit des militaires français au béret rouge regroupés au milieu d'un village]. C'est en tout cas ce qu'ils affirment ce soir. Alors, risque d'affrontements ? Il n'est pas exclu. Mais l'état-major français a précisé qu'il éviterait la confrontation.

Quoi qu'il en soit, il se prépare pour assurer cette nouvelle mission et renforcer le verrou de Kingororo [Gikongoro]. Ce soir et demain [5 juillet], 400 hommes supplémentaires seront installés sur le terrain pour défendre la zone de sécurité [gros plans notamment sur des jeeps et une automitrailleuse de l'armée française].

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