Date
Jeudi 14 juillet 1994
Sur titre
Journal de 13 heures
Titre
Les rebelles du FPR ont pris cette nuit la ville de Ruhengeri. Conséquence : à nouveau des dizaines de milliers de réfugiés en direction du Zaïre
Résumé
- In Rwanda, the Rwandan Patriotic Front rebels are pressing their advantage in the northwest of the country, while the French forces of Operation Turquoise are in the southwest.
- The rebels captured the town of Ruhengeri last night. As a result, tens of thousands of refugees are once again on the roads, heading towards Zaire.
- Nothing could stop them. Since 5:00 a.m. this morning, Rwandans have been pouring across the Zairian border. They are coming from Gisenyi, the town where the provisional government has entrenched itself.
- Early this morning at dawn, gunfire, a rumor: the RPF is attacking. And thousands upon thousands of refugees from all over the country set off again, but this time into exile.
- The Zairian authorities, overwhelmed, were unable to stop the flow and had to lift the border post barrier.
- They then tried to disarm the militiamen, the individuals who left with machetes. But the quantity of weapons seized was negligible compared to everything that had passed through Zaire.
- On a track where numerous militiamen appeared, soldiers opened fire to try to stop the entry of a heavily armed group. In vain. Then they gave up. And for the moment, this massive exodus is proceeding without incident.
Type
Transcription d'une émission de télévision
Citation
[Présentateur :] Au Rwanda, les rebelles du Front patriotrique [sic] rwandais -- le FPR -- poussent leur avantage au nord-ouest du pays alors que les Français de l'opération Turquoise sont, vous le savez, dans le Sud-Ouest [diffusion d'une carte du Rwanda localisant notamment les villes de Kigali, Ruhengeri et Gisenyi ; la zone contrôlée par les Français apparaît en zone hachurée].
Les rebelles ont pris cette nuit la ville de Ruhengeri. Conséquence : à nouveau des dizaines de milliers de réfugiés sur les routes, en direction du Zaïre. François Cornet [il s'agit en réalité de Patricia Coste] sur des images de Philippe Jasselin.
[Patricia Coste] Rien n'a pu les arrêter [gros plan sur une foule de réfugiés en train de marcher ; une incrustation "Goma, Frontière Zaïroise" s'affiche en haut de l'écran]. Depuis 5 heures ce matin les Rwandais déferlent sur la frontière zaïroise. Ils viennent de Gisenyié [Gisenyi], la ville où s'est retranché le gouvernement provisoire [on voit des centaines de réfugiés massés le long d'une route].
Tôt ce matin à l'aube, des coups de feu, une rumeur : le FPR attaque [gros plan sur des enfants réfugiés]. Et des milliers et des milliers de réfugiés parvenus de tout l'pays se sont à nouveau mis en marche mais cette fois pour l'exil.
Les autorités zaïroises, submergées, n'ont pas pu arrêter le flot et ont dû lever la barrière du poste-frontière.
Ils tentent ensuite de désarmer les miliciens, les individus qui partent avec des machettes [on voit un tas de machettes et d'autres armes blanches au milieu des réfugiés]. Mais la quantité d'armes saisies est bien dérisoire par rapport à tout ce qui est passé au Zaïre [deux réfugiés montrent à la caméra leur ceinture de grenades].
Sur une piste où de nombreux miliciens se sont présentés, des militaires ont tiré pour tenter de stopper l'entrée d'un groupe fortement armé. En vain. Puis ils ont renoncé. Et pour l'instant ce gigantesque exode se passe sans drame [on voit un homme avec une veste blanche en train de fouiller les vêtements des réfugiés].
[Présentateur :] Voilà. C'était bien sûr Patricia Coste, euh, au téléphone, du Rwanda.
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