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Le procès en appel du Franco-Rwandais Claude Muhayimana, condamné fin 2021 à 14 ans de réclusion pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité lors des massacres des Tutsi en 1994, s’est ouvert mardi à Paris.
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Claude Muhayimana, 65 ans, comparaît libre à ce nouveau procès devant la cour d’assises d’appel, qui doit durer jusqu’au 27 février.
Il était en 1994 chauffeur de l’hôtel Guest House à Kibuye, sur les rives du lac Kivu. Quelques mois après le génocide des Tutsi, qui a fait plus de 800.000 morts d’avril à juillet 1994, il a quitté le Rwanda, s’est réfugié en France en 2001 et a été naturalisé en 2010.
Il est accusé d’avoir transporté des gendarmes et des miliciens Interahamwe, bras armé du régime génocidaire hutu, sur des lieux de massacre de Tutsi à Kibuye et les collines avoisinantes, où des dizaines de milliers de personnes ont été tuées.
En décembre 2021, il a été reconnu coupable à Paris de complicité de génocide et de complicité de crimes contre l’humanité dans les collines de Karongi, Gitwa et Bisesero sur la période du 7 avril à fin juin 1994, et de complicité de crimes contre l’humanité en juillet dans les collines de Bisesero.
« Rien ne permet d’établir avec certitude la réalité des accusations », a déclaré à l’AFP Me Réda Ghilaci, qui défend M. Muhayimana avec Me Hugo Latrabe. « Notre client est innocent des faits qui lui sont reprochés », a-t-il ajouté, estimant qu’il y avait « 1.001 contradictions et zones de flous » dans le dossier.
Au titre de la « compétence universelle » exercée sous certaines conditions par la France pour juger les crimes les plus graves commis hors de son sol, la justice française a déjà condamné définitivement plusieurs Rwandais.
Le dernier en date est l’ancien médecin Sosthène Munyemana, condamné en appel en octobre 2025 à 24 ans de réclusion criminelle pour génocide et participation à une entente en vue de la préparation de ce crime.