Fiche du document numéro 34957

Num
34957
Date
Mardi 25 mars 2025
Amj
Taille
1434661
Titre
Kigali : la Fondation Maggy Barankitse désormais opérationnelle au Rwanda
Sous titre
Après les États-Unis et la Belgique, la Fondation Maggy Barankitse sera désormais fonctionnelle au Rwanda. L’annonce a été faite le lundi 24 mars lors d’une soirée conviviale organisée au siège de la Maison Shalom, une institution fondée par Marguerite Barankitse, une figure emblématique de l’humanitaire en Afrique des Grands Lacs et première lauréate du prix Aurora aux États-Unis, doté d’un million de dollars.
Nom cité
Nom cité
Type
Page web
Langue
FR
Citation
Marguerite Barankitse est une femme de conviction et de résilience.

Née au Burundi en 1956, Marguerite Barankitse, affectueusement surnommée « Oma » (grand-mère en allemand), est une militante humanitaire reconnue pour son engagement en faveur des enfants orphelins, des victimes de guerre et des populations vulnérables. Chrétienne convaincue, elle prône inlassablement l’amour et le pardon comme forces transformatrices de la société.

Son engagement débute en 1993, en pleine guerre civile burundaise. Alors qu’elle travaille à l’évêché de Ruyigi, elle assiste à des massacres ethniques entre Hutus et Tutsis. Choquée par l’horreur, elle sauve 25 enfants en les cachant, posant ainsi la première pierre de la Maison Shalom, une organisation dédiée à l’accueil et à l’éducation des orphelins.

Marguerite Barankitse, Fondatrice de la Maison Shalom lors de la soirée du 24 mars 2025 dans la ville de Kigali © Aimable Ndarishize

Avec courage et détermination, elle élargit progressivement son action, offrant un abri et un avenir à des dizaines de milliers d’enfants et de jeunes. Sa philosophie repose sur une idée simple mais puissante : « L’amour triomphe toujours sur la haine ».

Une fondation au service des enfants et des jeunes en détresse

Depuis sa création, la Maison Shalom a assisté au moins 47 000 enfants dispersés à travers le monde, dont 7 000 en 2024, selon Emery Emerimana, directeur-pays de l’organisation. Cette structure a mis en place des orphelinats, des écoles, des centres de formation professionnelle et même un hôpital, le Centre Rema, qui prenait en charge les enfants malades ou blessés notamment.

Lors de son discours, Marguerite Barankitse a réaffirmé son engagement en prononçant une phrase qui lui est chère :

« Aujourd’hui, nous célébrons la victoire de l’amour sur la haine. »

Elle a comparé son œuvre à une « folie contagieuse », espérant que cette passion pour l’entraide se propage partout.

Rappelant les débuts difficiles de son projet, elle a évoqué le temps où elle accueillait 250 orphelins sans ressources financières suffisantes ni infrastructures adaptées.

Emery Emerimana, directeur-pays de la Maison Shalom lors de la soirée du 24 mars 2025 à Kigali, ©Aimable Ndarishize

Citant Nelson Mandela, elle a souligné l’importance de l’éducation :

« L’éducation est une arme puissante pour transformer le monde en paradis. »

Un combat personnel contre la maladie

En plus de son combat humanitaire, Marguerite Barankitse a mené une lutte personnelle contre la maladie. Elle a révélé qu’elle avait vaincu le cancer, trouvant sa force dans l’amour qu’elle porte aux enfants qu’elle aide.

« Dans le service des urgences, on m’empêchait de travailler, mais chaque fois que je voyais les images de ces enfants, je retrouvais de la force », a-t-elle confié.

Elle a conclu avec des mots de résilience inspirés des Écritures :

« Ô mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire ? »

Un exil forcé et des remerciements au Rwanda

En 2015, au lendemain du coup d’État manqué contre le président Pierre Nkurunziza, Marguerite Barankitse est contrainte à l’exil. Le régime en place l’accuse d’avoir soutenu les insurgés. Ses biens sont confisqués, son organisation est interdite, et elle doit fuir vers le Rwanda, où elle trouve refuge.

Aujourd’hui, elle exprime sa reconnaissance envers le Rwanda, un pays qui lui a permis de poursuivre son œuvre :

« Je ne serais pas ici en tant que personne digne si nos frères et sœurs rwandais ne nous avaient pas accueillis, non pas comme des réfugiés, mais comme des frères et sœurs. »

Marguerite Barankitse en compagnie des membres d’une famille venus du Luxembourg pour offrir un don à la Maison Shalom © Aimable Ndarishize

Elle a également adressé un message au président rwandais Paul Kagame, exprimant sa gratitude :

« Je sais qu’il y en a ici qui peuvent le voir, dites-lui que nous sommes très reconnaissants qu’il nous ait permis de rester dignes. »

Un soutien international pour la Maison Shalom

La soirée s’est conclue sur une note émouvante avec la remise d’un don par une famille venue du Luxembourg, en hommage à un proche disparu qui souhaitait soutenir des projets humanitaires en Afrique.

Les invités, dont un représentant de la Fondation Maggy Barankitse aux États-Unis, se sont quittés sous le rythme des tambours burundais, un art inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Marguerite Barankitse reste une figure incontournable de l’humanitaire en Afrique. Son combat dépasse les frontières et inspire de nombreux acteurs du changement à travers le monde.

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Photo : Marguerite Barankitse et Emery Emerimana lors de la soirée du 24 mars dans la ville de Kigali au Rwanda © Aimable Ndarishize

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fgtquery v.1.9, 9 février 2024