Fiche du document numéro 28399

Num
28399
Date
Mardi 30 juin 1998
Amj
Taille
7344850
Titre
Déclaration prévue lors de l'audition devant la Mission d'Information Parlementaire
Type
Témoignage
Langue
FR
Citation
** Page 1 **

Archives nationales
680AP/81
Michel Rocard


Paris le 30 juin 1998

DEPOSITION RWANDA

Je suis allé au Rwanda 5 jours au début septembre 1997, en qualité de
Président de la commission du Développement et de la Coopération du Parlement
Européen, et sur l'invitation écrite du Président Pasteur Bisimungu.

Cette invitation lui avait été suggérée avec mon accord par un de ses
amis et conseillers officieux, le français Jean Carbonare



Je ne connaissais rien de la situation auparavant.

J'ai été Premier Ministre de France du 10 mai 1988 au 15 mai 1991.
J'ai eu beaucoup à m'occuper de l'Afrique pour des raisons relevant de notre
budget, de la zone franc, ou de la situation d'Air Afrique. Mais il était tacitement
admis que l’action diplomatique et militaire-de la France en Afrique m'échappait
complètement. Le Ministre de la Coopération, Monsieur Jacques Pelletier, qui est un
de mes amis, n'aurait pu m'en rendre compte sans mettre en cause la confiance
que lui faisait le Président de la République. Je n'ai donc jamais entendu parler du
Rwanda pendant cette période qui a pourtant vu le lancement de l'opération Noroît,
que j'ai apprise par la presse.

Je ne suis ni juge, ni historien, ni journaliste. Ma tâche n'est pas
d'écrire l'histoire ni de porter jugement sur elle. Elle est de faire la politique
européenne d'aujourd'hui:




Je suis parti avec une vision simplificatrice : la victoire du front
Patriotique Rwandais avait mis fin à un génocide effroyable, et avec un seul
objectif : dans la situation de toute cette région, Rwanda, Burundi, République
Démocratique du Congo, comment l'Europe pouvait-elle établir avec les nouvelles
autorités une relation suffisamment efficace pour que notre coopération contribue
au mieux à la reconstruction et au développement du Rwanda et de la région. Mon
voyage s'est limité au Rwanda uniquement par manque de temps.

Naturellement il n'a pas été question que mon passage se limite à la
visite des chantiers de coopération soutenus par l'Union Européenne et à l'examen
de quelques projets. Même trois ans et demi après, l'histoire récente est si violente
et si pregnante, si pesante aussi sur les décisions et les évènements quotidiens,
qu'on n'échappe pas à la nécessité d'essayer de comprendre et de se faire sa
propre grille de jugement.

Car bien entendu pour l'Europe comme pour la France, on ne saurait
pratiquer une coopération exempte de tout jugement de valeur sur la politique des
autorités locales avec qui on la fait.

J'ai donc beaucoup écouté, et rencontré de l'ordre d'une cinquantaine
de personnes, hutus et tutsis, du gouvernement, de ses services, de l'opposition
récente et même de l'opposition ancienne. J'ai bien sûr écouté aussi les
ambassadeurs présents de l'Union européenne, dont l'ambassadeur de France
Monsieur Courbin et son ministre conseiller Monsieur Bonnot, le chargé d'affaires
de la délégation européenne, le responsable de la mission de l'ONU pour les
droits de l'homme, le procureur adjoint qui dirige l'antenne de Kigali du tribunal

2
[...]

Mon jugement s'est donc progressivement construit à partir de la
plausibilité et de la cohérence des informations que je rassemblais. Je n'ai
entrepris d'en vérifier aucune. Ce n'était pas ma tâche, et pas dans mes moyens:
C'est plutôt la vôtre, et je me suis réjoui de la création de cette commission
d'information.

La seule personne que j'ai souhaité et n’ai pas pu rencontrer sur place
a été le Vice Président Kagamé. Mon programme comportait, le troisième jour je
crois, un entretien avec le Président Bisimungu. Le protocole me fait prévenir à
mon arrivée que le Président et le Vice Président me recevront ensemble. Et au
jour dit le Vice Président étati alité avec une violente crise de paludisme. Je n'ai
donc fait sa connaissance que plusieurs mois après, lorsque l'accord unanime de
tous les groupes politiques de la Commission que je préside s’est fait sur l'idée de
l'inviter en audition à Bruxelles.

J'ai rendu compte de ce voyage, que j'ai fait accompagné d'un ami très
au fait des politiques de coopération, l’ancien Préfet et ancien Président de
l'ORSTOM Michel Levallois, et d'un officier de police, dans un rapport d'une
vingtaine de pages que j'ai remis pour l'essentiel aux membres de ma commission,
à diverses autorités politiques du Parlement Européen, au Commissaire en charge
Monsieur Pinheiro, à quelques membres du gouvernement français et à
d'éminentes autorités catholiques et protestantes.
[...]


international plus que proprement français.

Bien que je n'ai pas cherché à faire considérer ce rapport comme
secret, je n'en ai donné aucun exemplaire à la presse, mon souci

de faire évoluer les politiques de l'Union Européenne, de la

France que d'ouvrir, moi, un débat étranger à ma responsabilité: C1

informations et les jugements que ce rapport rassemble étaient

personne n'a jugé bon de le transmettre à la presse, ce que je t
est disponible et je suis prêt à la remettre à votre commission.
mais comme je ne détiens de preuve formelle de rien de ce que:
vous sera pas d'une grande utilité. Car nos tâches sont différentes
établir des faits indiscutables et ne formuler de jugement qu'après:
moi consistait à rasssembler et confronter les perceptions, les,

parties en présence, gouvernement rwandais, porte-paroles:
société civile, Union Européenne, République Française pt

émerger les lignes de force d'une politique d'avenir.

Bien des questions importantes restent sa
vous.

Quel a été le rêle exact des “
l'opération Noroit ?


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FPR, le Général Fred Rwigyema, à leurs yeux le héros national constructeur de |
l'armée de libération, a été tué par un obus français tiré par des artilleurs français.

Y at-il une certitude, une probabilité que ce sait vrai ?

Quand ont pris fin les dernières livraisons d'armes françaises à

Habyarimana ?

Lorsqu'un des éléments de Turquoise en juin 1994, semble-t-il}
s'installe dans une ancienne école près de Gikongoro à Murambi, à peine 15 jours
après la fin des massacres, ses responsables savent-ils ou ne savent-ils pas que
leur cantonnement est à 30 mètres à peine de l'extrémité de la plus grande fosse
commune du Rwanda, d'où l'on a retiré ensuite 17 000 cadavres, dont beaucoup
restent exposés dans le batiment de cette école, donc dans l'ancien cantonnement

de Turquoise ?

Je n'ai de réponses sûres à aucune de ces questions. Pour la dernière,
ma seule remarque consistera à dire que comme nous sommes arrivés à peine 15
jours après le massacre, même si nous ne savions pas ce qui est fort probable, .il

restera difficile d'en convaincre le petit peuple environnant.

Je n'ai de réponses à aucune de ces questions, mais faire de
coopération, donc de la politique dans la région consiste à rencontrer @
dirigeants qui, eux, considèrent tous que les réponses sont connues, le:

pour sûres, et en concluent à une responsabilité lourde de la France.

qui en direz la mesure.

Puisque vous m'avez fait l'honneur de me convier à témo



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sens le devoir d'essayer d'en dire
arrêté dans ceîte affaire. Nous avons en
moi Président d'une commission p
d'élaborer et de proposer une politique me
s'agit-il de la même ?

Pour me faire bien comprendre, je me ps
mon propre métier : la vérification du bon usage des den
que l'appréciation de ce bon usage doit être faite sous deux |
du contrôle comptable et celui de l'évaluation. L

I en va un peu de même en matière diplomatique
L'équivalent du contrôle comptable, c'est l'examen de

poursuivis et des moyens employés avec les principes g
prescriptions des textes en vigueur.

L'équivalent de l'évaluation, c'est l'appréciation
rapport aux objectifs poursuivis comme
situation dans la régin ou le pays considéré.
vue et aucunement dans le premier.


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Présidents Valéry Giscard d'Estaing et Juvénal Habyarimana signent à l'occasion
d'un safari en 1975 un accord d'assistance militaire, fort modeste au demeurant.
La France est à l'époque signataire d'une bonne dizaine d'autres accords avec
divers pays d'Afrique, On est dans l'air du temps. Le régime Habyarimana affiche
déjà à l'époque une référence raciste marquée, mais s'il persécute, il tue encore
peu. Etson pays paraît un havre de paix à côté de l'Ouganda voisin où gouverne
l'abominablé Idi Amin Dada. Dans ce climat les deux Présidents ont les pouvoirs

et sont fondés à signer ce premier accord d'où pourtant tout va découler.

Déjà à l'époque, divres militants d'ONG, divers experts, et quelques
responsables politiques fermement anticolonialistes, catégorie à laquelle
l'appartiens, mettaient résolument en cause cette politique africaine à base

d'accords d'assistance militaire. Mais ce qui est en cause à l'époque

l'opportunité, l'analyse socio-politique, pas encore l'honneur.

En tous cas dans cet état des relations politiques et juridiques, le

résident Habyarimana est fondé, quand se produit l'offensive du Front Patriotique
Rwandais au Nord-Est, venant de l'Ouganda, en octobre 1990, à appeler la France
à l'aide en s'adressant directement au Président de la République par

l'intermédiaire de son conseiller spécial pour l'Afrique qui est son fils.

Je ne sais rien des conditions précises d'élaboration de la réponse
française. Car si l'appel d'Habyarimana est normal, la réponse elle ne va pas de
Soi. Je suis à l'époque Premier Ministre en débat budgétaire, la guerre du Golfe se
prépare ostensiblement, la bataille de la CSG fait rage. Du Rwanda je n'entends
pas parier. À


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4

nati é sans

A:t-0n exécuté mécaniquement un engagement international sign!

se poser d'autres questions ? A-t-on fait une évaluation complète de la situation, je
a ? Quelle était la réalité de ce

5 ? Tout cela est grave et

ne sais. Qu'était devenu le régime d'Habyariman:
Front Patriotique Rwandais ? S'est-on posé ces question

je fonde les plus grands espoirs sur la lecture de votre futur rapport.

Toujours est-il que l'opération Noroit est décidée. Elle va concerner, ai-
je lu dans la presse, plusieurs centaines de parachutistes. Je suis fondé à douter
qu'il ait suffi de leur expertise et de leurs avis pour atteindre l'objectif militaire fixé, à
savoir l'arrêt de l'offensive du FPRet le passage d'une guerre de mouvement à une
guerre de position. Le créateur du FPR, le Général Fred Rwygyema, est tué à cette

époque. Par qui, je ne sais, je l'ai dit déjà.

Notre aide militaire, en tous cas, continue jusque vers 1994 à une date

précise dont j'espère vivement que vous pourrez contribuer à l'établir.

Les autorités françaises en charge du dossier, cependant, commencent

à sentir que la cause est d'une éthique incertaine. Nous nous associons donc à

l'ONU, à l'OUA et à divers autres nations, dont les Etats-Unis, pour pousser à.là
tenue de la Conférence d'Arusha en Tanzanie et à la signature de l'accord dur4
août 1993. Cet accord prévoyait non seulement la paix mais la mise en place d'un

gouvernement d'Union Nationale. On sait que l'accord resta pratiquement lettre
morte.

Sur le déroulement de la conférence j'ai entendu les deux
celle d'une France activement présente et poussant ardemment à la rés
celle aussi d'une France distante et S'engageant peu dans les pol


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témoignages internationaux multi

En tout cas il est avéré que le régime |
conférence d'Arusha, était déjà très engagé dans la voie
monoethnique persécutrice. C'est d'ailleurs dans
Habyarimana dira, peu après son retour à Kigali ‘Les accords
chiffon de papier”. On m'a mentionné ce propos à deux ou trois
naturellement aucun moyen de le vérifier ni même
directes. CSS ST

Comme indication d'ambiance, il m'a semblé.
copie du célèbre tract quadripage qui fut distribué par
sécurité d'Habyarimana à plusieurs centaines de milliers d
d'un million, à partir de décembre 1990. Jen'insiste guère, depuis le
vous travaillez, vous devez sûrement déjà avoir eu co
ce document. Il m'a fallu répéter plusieurs fois fermement là-bas, et
refaire ici, que naturellement aucun homme politique ne. it êt
responsable de l'usage que l'on fait de ses photos.
Commandements, publiés donc en décembre: !
pas osé demander que l’on me traduise off
semble être une mise en cause des plus modérés


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moment, fin août 1998,

génocide : premières listes de che

cibles à abattre. Mes informations se lin

peu près certaine est que le génocide qui

technique suffisamment remarquable pour qu'il

avait pas, derrière, une préparation longue et méticul
qu'en savait-on à Paris, jusqu'à quel point les amë
notamment celui de France, ont-ils perçu ce
disposez, je crois, des dépêches, Et jusqu'ici p

C'est en tous cas dans une ambiance extrêmement
l'attentat qui le 6 avril 1994 abattit l'avion où se trouvaie
Présidents du Burundi, Cyprien Ntaryanira, et du Rwanda, J
Le dictionnaire encyclopédique d'Histoire de Mourre retient
extrémistes Hutus hostiles au traité d'Arusha et à toute
L'autre thèse, celle d'un tir du FPR paraît mieux assurés :

cela est pris comme le signai de déclenchement du génc

La suite est connue elle aussi
pour percer quelques uns des mystères qui :



** Page 14 **

Mais à quelles d

si tard ?

Son objectif principal était-il de:
train de se faire massacrer, ou les Hutus que l'or
massacre par le FPR vainqueur à dominante Tutsie ? Il
juillet 1994. Se doutait-on qu'au delà de l'arrêt de to
Turquoise, l'opération permettrait à des dizaines de mil
des milices d'Habyarimana de s'échapper vers le Zaïre voisin

Dire le fait, dire le droit, et dire la morale :
enchevêtrement d'atrocités ne vous sera pas facile.

nécessaire, et je suis de ceux qui se félicitent de ce que vous l
l'image du Parlement belge qui comme vous le savez a

Après cette évocation rapide et «
éléments sur lesquels l'action de la France appell
indépendamment des résultats obtenus, je
l'appelais plus haut mon second
que je m'étais donnée pc
Parlement be
même, premie
la Re



** Page 15 **

La matière première di
d'attitudes, de perceptions, de se
faits exacts.

ES FE

Une indication d'ambiance d'abord. J'ai |
La radio locale a parlé du déroulement de ma
et du soir. C'est beaucoup. Il a chaque fois été er:
européen, Président de la commission du Développement et
mais jamais il ne fut dit que j'étais citoyen français ni que |
Ministre de mon pays. Cela découvre un climat. ke

Une clé de lecture ensuite. Le Rwanda e
d'habitants sur sept cents millions d'Africains. La France |
occuper et laisser le passé dormir tranquille. L'Europe
façons ce serait dommage et assez stupide.

Or un fait majeur s'est produit ces dernières
et du Sud. On parle parfois de es:
contenu incertain.

Mais il n'est pas douteux €
nombre de dirigeants, en mo
plus dépendre de personne


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Julius Nyerere qui l'a déjà fait mais:
influence. Les éléments forts de cette équipe SO

Afrique du Sud, Benjamin Mkapa en Tanzanie, Yoweri
paul Kagamé au Rwanda. Il s'agit là d'un bloc de près.
qui exerce un vrai leadership en Afrique: Depuis la mort
zone francophone ne dispose plus vraiment de le
démographique important, une gestion respectée de pays
reconnaissance indiscutée par leurs pairs. Les Présidents D
jouissent d'un grand respect mais ont moins de poids. Le
dernier élu, à encore besoin de la reconnaissance de ses
lusophone dispose de deux grands pays potentiellement p
par des guerres civiles à peine en voie de conclusion. Il n'y & pa
africaine qui ne tienne compte du leadership actuel tel qu'il est.

Oril apparaît vite à quiconque observe la zone qu'une
stratégique existe entre ces dirigeants, et que les étais de
Kagamé, rwandais exilé dès l'âge de 3 ans en Ouganda,
ougandaise de Yoweri Museweni combattant Milton
Rwygyema comme chef du Front Patriotique Rwandais.
enfin comme pilote stratégique de l'offensive
de lui l'homme de confiance de l'Ouganda, de le
en ce qui concerne l'équilibre stratégique
des signes, on repère que l'attitude


** Page 17 **

l'absence de convergence des RS S
sur l'incontrolable Kabila dans l'immense R!
ILest donc de première importance
cas, et sans doute aussi pour la France, d'établir avec les «
des relations suffisamment denses et confiantes pour.qu'à
reconstruction en sait intensifié, et que le maintien de la pa
crises se fassent en bonne intelligence. | se

C'est dès la “révolution de 1959", comme on
la majorité hutue et ses dirigeants commencent à p
tutsie, au point que la famille Kagamé fuit dès ce

ans.

D'où viennent tant de haines. On sait que |
d'existence du Royaume du Rwanda les deux ethnies
sans trop de drames. L'action des colonisateurs, al
sciemment aggraver cet antagonisme. Que l'on se
à mention ethnique, distribuées au début des années
classer les quelques 30 % de la population
ne savaient guère où se situer ni ne le
belge, appuyée par l'Eglise catholi

s'appuierait leur pouvoir.
presque, les Tutsis d
alors à s'appuyer


** Page 18 **

indépendance qui s'achève en 1961 et 1969.

L'exil des Tutsis commence dans ces conditions. Il est F

départs se font vers un peu tous les pays voisins, mais surtout en Oui

Avec l'arrivée au pouvoir d'Habyarimana (1973) l'oppression intérieure
se durcit, la liberté de la presse est mise en cause, les Hutus, modérés eux-mêmes |
sont objets de méfiance. C'est dans la décennie 80 que certains Hutus combattant | = .
le régime totalitaire d'Habyarimana, rejoignent l'exil et que certains d'entre eux
participent au Front Patriotique Rwandais en voie de formation. A dominante tuile

pour des raisons évidentes, puisqu'il se créé en exil, ce Front affiche vite une

identité rwandaïse interethnique. Significativement nombreux quoique toujours
minoritaires dans l'organisation, des Hutus fuyant le régime de plus en plus
totalitaire d'Habyarimana s'engagent dans le Front Patriotique Rwandais. Le plus

connu est Pasteur Bisimungu, qui deviendra Président dela Républiq

Rwandaise en 1994.

Du point de vue du droit international on est donc en
régime devenant totalitaire mais légalement installé, attaqué de l'e)
armée faite de citoyens rwandais exilés, armés et soutenus par
l'Ouganda. Ce dernier pays lui-même s'était peu auparavant.
insurrectionnelle de la dictature de Milton Obote qui avait.
Amin Dada. Le Rwanda est francophone et l'Ouganda an: |
profondément que cette différence ait joué un rôle maj
quelconque, dans l'intérêt qu'avait l'Ouganda à
d'Habyarimana. C’est naturellement moins
d'agir comme elle l'a fait.


** Page 19 **

Car du point de vue de
est en présence d'un régime oppri
Tuisis, accompagnés d'un nombre sign
Hutus qui désapprouvent ses méthodes.

il n'est pas pour moi de politique digne «
choix moraux. Dans cet enchevêtrement de violences,
paraît être celle d'Habyarimana, de son régime et de
Commandements. La cause la moins injuste me P

Patriotique Rwandais.

Le régime Habyarimana va s'effondrer avec le gé
qu'en se repliant les troupes des FAR vont beaucoup ‘tuer et
jusqu'aux infrastructures du pays. C'est la politique de k
que les six usines à thé que possédait le pays sont i
ai visité une rapidement et superbement reconstruite |
divers bailleurs dont la France.

Le FPR vainqueur prend le pouvoir.
gouvernement biethnique selon la c.
1993, à la seule exception biens si
d'Habyarimana et un petit parti



** Page 20 **

un tiers du total peut-être. E
débandade des FAR.

Mais le pays est dévasté. II
familles. Les envies et les tentations de ve
de maintenir l'ordre et de travailler à ce:
fait emprisonner un nombre considérable de
sans doute. Mais dans ce pays dévasté, très |
aucune tradition démocratique, où ni l'armée ni |
suffisante et ne peuvent être régulièrement pay
sont terribles. Les autorités sont peu capables d'emi

beaucoup.

En outre quelques milliers de membres des ex

la plupart, sont revenus au Rwanda clandestinement
dans le double dessein de “finir le travail” c'est-à-dire le
le gouvernement qui les a vaincus. La riposte de ce gi
et souvent excessive. Quelques unes de ses ministi

Ilest bien clair qu'on ne saurait ati
strict respect des droits de l'homme
dans le relatif. I y a même dé
Internationale sur le Rwanda
ce qu'il a vécu g;



** Page 21 **

qui pèsent encore sur

partenariat économique
crises et de coordination
des conditions de cette

vocation à s'unir, qu'

conséquent il nous faute
l'Afrique de l'Est, et di
je formule le vif espoi



** Page 22 **

PEREZIDA
YAVUZE KO HARI

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** Page 23 **

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| Tout Muhutu doit diffuser largement
| la présente idéologie.

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exclusivement Hutu idéologie.

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