Citation
1-1
'COM-R
SENAT DE BELGIQUE
SESSION üRDlNAIRE
1996-1997
COMPTE RENDU ANALYTIQU~
DES AUDITIONS
Commission spéciale Rwanda
~ercredi 19 féVLier 1997
S 0 IvI MAI R E
AUDITION DE REPRESENTANTS DES FAMILLES ET APPARENTES DES 10 PARAS ASSASSINES
(Orateurs : Mme "Latin, M. Leroy, Mme Dupont, NnvL Méaux, Hostekint, Mahoux, Mme Willame~
Boonen, M. Caluwé, Mme Dua, M. Destexhe, Mme Bassinne, Mme Debatty, ~111.Anciaux, Ceder,
Verhofstadt et Plescia.)
Le Compte rendu analytique des auditions qui se déroulent à huis dos
est distribué uniquement aux membres de la commission
-t
,
\
\
l,
';
2
Je vais d'abord donner la parole à Mme Lotin qui parlera
au nom des parents des dix paracommandos de Flawinne.
. ',:
PRESIDENCE
La réunion
DE M. SWAELEN, PRESIDENT
est ouverte
à 10 heures.
M. le Président. - La commission sénatoriale spéciale
sur le Rwanda se réunit aujourd'hui pour la première fois
en séance publique.
.
A partir du rapport du groupe de travail ad h:x: concernant les événements du Rwanda, notre commission a pour
mission de poursuivre le travail, d'examiner quelle politique les autorités belzes et intemationales ont mené, plus
particulièrement
quelle actions elles ont entreprises, et de
formuler éventuellement
des conclusions cortcernant les
mesures qui devraient être prises dans le futur,
:r:"
(poursuivant
en français.)
Notre commission a pour mission, à partir du groupe ad
hoc concernant les êvénéments du Rwanda, de poursuivre
le travail, d'examiner quelle politique les autorités belges
et internationales
ont menée, plus particulièrement quelles
actions elles ont entreprises et de formuler éventuellement
des conclusions
concernant
les responsabilités
et les
mesures qui devraient être prises dans le futur.
La commission a décidé de consacrer cette première
journée d'auditions
à une rencontre avec les familles des
victimes des événements tragiques du mois d'avril 1994,
en premier lieu les familles des dix casques bleus belges
qui furent assassinés dans des circonstances atroces, le
7 avril 1994.
Notre commission attache une importance symbolique à
cette audition des familles des six compatriotes tués dans
l'exercice de leur mission pacificatrice au Rwanda. En effet,
nos casques bleus étaient partis pour le Rwanda avec la
noble tâche de veiller au respect des accords d'Arusha et
de créer les conditions pour un retour à la paix et la
réconciliation nationale dans ce pays qui nous est malgré
tout très cher.
Si notre commission cherche à connaître la vérité et à
formuler des conclusions pour l'avenir, c'est avant tout
pour rendre mémoire à nos compatriotes militaires et civils
assassinés dans l'accomplissement
de lem missionde paix
et de développement.
,:
'~
Mme Latin.. ..:..:.Nous allons d'abord vous expliquer
comment nous avons constitué un groupe de travail.
Lorsque nous avons été réveillés en pleine nuit pour être
prévenus de la mort de notre mari ou de notre fils, nous
avons d'abord vécu une période d'apathie. Mme Lhoir a
été la première, à prendre conscience des défaillances du
dossier. Un an après, à la date anniversaire, toutes les
, familles se sont rencontrées. Et lors d'une réunion chez le
juge Van der Meersch, nous avons décidé de travaill~r sur
les documents disporubles: comptes rendus analytiques,
résumés établis par la force terrestre, horaires du peloton
Mortiers. Nous avons tenté d'établir une chronologie des
faits, depuis le soir du 6 avril jusqu'au matin. du 7 avril. Je
. vous remets ces documents.
A toutes les questions que nous nous sommes posées, la
presse a partiellement répondu en donnant des informations qui confirmaient nos intuitions. Dans le cadre de nos
actions, nous avons également écrit une lettre au général
Dallaire. La réponse qu'il nous a envoyée est une offenseà
mémoire de nos hommes puisqu'il nie tout. Je vous
remets éaa1ement notre lettre et celle du général qui est
monstru~use d'hypocrisie. Nous espérons que vous interrogerez le major Maggen qui était avec lui au moment des
faits.
la
Nous connaissons bien le dossier. Nous espérons que
vous ferez toute la vérité. Nous avons par ailleurs reçu
certains témoignages. D'abord celui d'un militaire appa:tenant à l'étaHnajor général. Ce militaire, qui nous a rerrus
certains documents, a fait une analyse personnelle du
dossier. Celle-ci rejoint l'analyse du groupe ad hoc. Ce
militaire, dont je tairai pour l'instant le nom, accepte de
témoigner devant la commission.
.
Nous avons aussi le témoignage de l'épouse d'un militaire stationné au Rwanda. Celle-ci a rejoint son mari sur
place en avril 1994, malgré de nombreux avertissements
qui ,lui conseillaient ~e ne p~s partir. ~lle ~ finalement
rejOInt son man qw lui affirmait que la Situation sur place
était calme, mais ils se sont retrouvés coincés sans armes
dans l'Akagera au moment où les troubles ont éclaté en
avril 1994. Cette dame acceptera également de témoigner.
Je voudrais également signaler qu'il n'est pas nor;nal
que j'ai été mieux traitée par l'armée que les autres familles
uniquement parce que je suis veuve d'officier.
Je crois enfin qu'au sein de l'armée, il existe actueUemer:t
une volonté de faire porter la responsabilité sur mon man.
Je m'élève contre ces accusations. Mon mari a agi en
militaire. il a obéi .aux ordres et si ceux-ci n'étaient pas
adéquats, ce n'est pas sa faute.
Nous avons confiance en vous, nous espérons que vous
travaillerez en votre âme et conscience sans être influencés
par les lignes partisanes.
SENAT DE, BELGIQUE' -: 19 FÉVRIER 1997
COlvfM1SSION SPECIALE RWANDA - COMPTE RENDU ANALYI1QUE DES AUDmONS
M. le Président, - Je vous remercie, madame, pour
votre témoignage personnel et émouvant. La commission
J, bien compris votre message et je puis vous assurer qu'elle
s'efforcera, en mémoire de votre mari et de ses collègues,
d'établir la vérité et ,de formuler des conclusions pour
l'a venir.
..
"
y a-t-il d'autres ~membres des familles des paracommandes qui demandent la parole ?
M. Leroy. - Nous avons tous confiance en vous et nous
espérons que la suite des événements nous apportera des
éléments supplémentaires dans la recherche de la vérité.
C'est un officier qui m'a informé. de manière peu diplomate que mon fils était mort au Rwanda. il était trois
heures du matin. Ce militaire m'a expliqué que mon fils
était un militaire, parti volontairement dans ce pays et
qu'ils y avait été abattu alors qu'il essayait de s'enfuir.
r
ai rencontré le colonel Dewey pour essayer de
comprendre ce qui s'était réellement passé. Ses explications
m'ont pas convaincu car étant moi-même ancien milil, je ne pouvais
admettre que l'état-major ait pu
commettre une erreur aussi grossière que le dispersement
des hommes sur le terrain, les rendant ainsi vulnérables.
Le colonel m'a assuré que tout avait été trop vite pour
qu'on ait pu leur venir en aide.
Plus tard, j'ai appris que les autorités communales
avaient cherché à savoir si mon fils était parti au Rwanda
avec son arme personnelle. J'ai également été informé que
contrairement à ce qu'on m'avait dit, certains militaires
s'étaient battus pendant plusieurs heures avant de mourir.
Je ne m'explique pas pourquoi, on m'a ainsi menti
Avec d'autres familles de paras, nous avons décidé de
former un groupe de travail pour mener notre propre
analyse des événements. Nous estimons qu'il est grave que
des responsables militaires profèrent de tels mensonges.
Mme Dupont. - J'ai toute confiance en votre commission. J'espère qu'elle pennettra de connaître les responsa~
)§S1
..u début, li n'était pas certain que mon mari allait partir
au Rwanda, étant donné que les accords d'Arusha
tardaient à être conclus. Il est finalement parti le 23 mars.
3
A trois heures du 'matin, une personne s'est présentée et
m'a lu un télégramme faisant état de l'assassinat, du
caporal Debatty ainsi que de neuf autres soldats belges
alors qu'ils. tentaient de couvrir la fuite du premier
ministre. Les. autorités belges étaient au courant dès
22h40m.
Le lendemain matin, les déclarations de la presse n'ont
cessé de distiller des informations des plus alarmantes.
Nous ne savions pas ce q~ s'était réellement passé.
, Lors de la cérémonie nationale, nous avions demandé à
pouvoir aller jusqu'à l'avion qui rapatriait le corps de nos
paras. Ceci nous fut d'abord refusé. La veille de l'entrerrement, nous avons toutefois obtenu l'accord de nous rendre
à Neder-over-Hembeek,
.
,- Lorsque nous sommes arrivés sur le tarmac, des officiers
nous ont dît que les corps avaient déjà été transférés.
C'était faux. Nous n'avons jamais pu voir les corps ni
même nous recueillir dans l'intimité.
C'est seulement en octobre 1995, que nous avons eu
accès au rapport d'autopsie.
Le métier de para comprend certes des risques mais se
faire lâchement massacrer, ne fait pas partie des risques du
métier..
.
La version donnée par l'armée est trop nette. On ne peut
croire que l'on meure d'une telle manière en mission
humanitaire.
Dès que le colonel Dewez s'est rendu chez les familles, il
nous a dit que rien n'avait pu être fait, qu'il avait YU les
corps et que chacun des hommes avait été tué d'une balle
dans la tête. Nous faire cette déclaration était une erreur. Il
devait bien savoir qu'un jour ou l'autre nous saurions la
vérité. Le général Dallaire et te colonel Marchal n'ont vu à
la morgue qu'un tas de dépouilles. il a fallu attendre le
8 avril pour que les militaires qui les connaissent puissent
reconnaître nos hommes. Les familles ont d'abord été
prévenues sur base du fait que leurs hommes manquaient
à l'appel, qu'ils étaient portés disparus.
Le général Dallaire a parlé hier encore de l'apathie de la '
communauté internationale dans le drame de Kigali.
Comment qualifier son attitude à lui qui se baladait sans
arme dans un pays à feu et à sang! Comment qualifier son
attitude lorsque voyant ce qui se passait, il n'a rien fait ni
rien dit.
J'ai vécu la journée tragique du 7 avril de manière
intuitive, au rythme des flashes d'information. C'est ainsi
que j'ai d'abord appris la mort du président Habyarimana.
Ensuite, des Rwandais travaillant au' même hôpital que
moi, m'ont expliqué que certains considéraient que les
Belges étaient responsables de la mort du président et que
des massacres allaient être perpétrés.
Du point de vue social, l'armée a manqué aussi à son
devoir, L'assistante sociale en charge de la province de
Namur n'a pas été à la hauteur. Le lendemain du drame,
elle demandait un congé qui lui a été heureusement refusé.
Avant même la cérémonie nationale, elle nous a fait signer
des documents sans nous prévenir que, dès lors, nous ne
pouvions plus nous porter partie civile contre l'Etat ou
contre les responsables éventuels.
Déjà, à ce moment, un témoin à Kigali parlait de la mort
de trois personnes. Les médias ont continué à diffuser des
informations de plus en plus inquiétantes.
L'armée ne nous a apporté d'aide du point de vue de la
santé. Le Dr Quintin du service psychiatrique de l'armée
siest contenté de voir un petit garçon et de le trouver en
bonne santé, un mois après les faits.
J'ai alors téléphoné à la cellule de crise où L'onm'a assuré
qu'aucun soldat n'était prisonnier. J'ai appris plus tard
qu'on m'avait menti.
Aujourd'hui, nous voulons que toute la lumière soit faite
sur ces événements, que des réponses soient données à
toutes nos questions et que des responsabilités soient
.' r
• ..,._~_
••.•• c ••••••
'~.,.
•
-
~,-
-.-.-
~
••••
_."
-
~"'"
",-'
~-.
"",
COlvfN1ISSION SPECIALE RWANDA -
4
COMPTE REl'IDU ANALYTIQUE DES AUDmONS
étJblies. Nous voulons que la situation change et que.
désormais les mandats des militaires en mission à
l'étranger soient plus clairs. Nous ne voulons pas que
d'autres doivent vivre ce que nous avons vécu, Nous irons
jusqu'au bout pour la mémoire de nos hommes et pour,nos
enfants.
..
M. Meaux . ....:.Dans le Tourn.aisis 'par' contre, l'assistante
sociale a été au-dessus de tout éloge.
.,
.
Mme Latin. - Je voudrais savoir si la commission a déjà
établi la liste des témoins qu'elle compte entendre. POLtr
notre part, nous avons une liste de gens que nous
voudrions-voir entendus.
M. le Président. - Si vous nous communiquez "Vos
suggestions, nous pourrions en· tenir compte lorsque,
vendredi, la commission arrêtera sa liste provisoire de
~moins.
.
Mme Lotin. - Je voudrais profiter de l'occasionpour
souligner combien le sort des veuves est épouvantabl~
dans les difficiles circonstances actuelles. Quand on signe
un contrat avec l'Etat, celui-ci devrait assurer la sécurité
des personnes en cause. Les veuves qui travaillaient à
temps plein ont dû ou renoncer ou réduire leur temps de
travail. Certains, qui travaillaient comme cadres, se sont vu
retirer leurs responsabilités parce qu'elles travaillaient à
mi-temps. Nous ne pouvons pas nous remarier, car cela
porterait préjudice à nos orphelins. De même, nous ne
pouvons pas tomber malades, ni émarger au chômage. La
situation est écœurante et dépasse évidemment le
problème des seules veuves concernées par ce dossier.
Mme Lotin.c-- Le colonel Marchal n'a été inculpé devant
la Cour militaire que pour des faits qui ont précédé la mort
de nos hommes, La Cour a rendu son jugement que nous
ne po~vons plus critiquer. Mais elle n'a pas.retenu comme
chef d'inculpation la non-assistance à personne en danger.
Tout prouve que les colonels Dewez et Marchal avaient
tous les éléments pour savoir que la nuit du 6 au 7 avril
n'était pas normale. ils n'ont cependant pas pris de décisions et ils n'ont pas donné les ordres nécessaires. Le
. général Dal1aireest passé devant le camp de Kigali et il n'a
pas pu ne pas voir que l'on détenait des hommes blancs et
que ceux-ci étaient manifestement des militaires belges. Ce
général n'a fait aucune tentative pour localiser nos milltaires, ni pas téléphone ni par radio. De ce point de vue,
les retranscriptions sont explicites. .
.
Certains militaires qui nous ont rendu visite depuis les
événements nous on dit qu'il fallait désobéir aux ordres
quitte à en rendre compte ensuite devant les juridictions
militaires. Nos maris ont obéi aux ordres, cela leur a coûté
leur vie.
Que signifie réellement « se faire lyncher» ? il a fien fallu
constater qu'il existait des séparations entre les différents
niveaux de commandement.
A son procès, le colonel Marchal a été inculpé sur base
d'éléments défendables mais rien n'a été fait en ce qui'
concerne la non-assistance à personne en danger. Cette
prise de conscience est épouvantable. Un esprit paracommande existe et se concrétise par la devise des mousquetaires: « Un pour tous, tous pour un ». Ils ont été unis à
dix et sont morts à dix.
M. Mahoux (PS). - Dans la relation des faits, y a-t-il
des éléments d'informations que vous ne possédez pas ou
ou des interrogations auxquelles nous pourrions joindre
les nôtres? Vous dites que vous n'avez pas été averties en
même temps ni dans les mêmes termes.
Mme Dupont. - Nous avons tous été prévenus entre
10 heures et 4 heures du matin.
Mme Lotin. - En ce qui me concerne, quand l'émissaire
de l'armée a vu que j'étais enceinte, il a pris beaucoup de
ménagements et l'annonce du décès de mom mari s'est
passée correctement.
Par ailleurs, nous n'avons pas eu accès à deux documents importants. Le rapport communiqué à la presse
nous a été donné mais nous pensox:s qu'il est expurgé.
C'est seulement maintenant que le ministre de la défense
nationale nous a autorisés à consulter le rapport complet.
M. le Président. ,.- En effet, œ.la dépasse la mission de
la commission, mais votre témoignage intéresse évidemment le parlement Nous pouvons envisager de prendre
des mesures pour améliorer la situation des veuves.
.~
"
19 FÉVRIER 1997
SENAT DE BELGIQUE'-:'
M. Leroy. - Je voudrais vous lire la lettre que Louis
Plescia écrivit à sa famille. Dans cette lettre, il dit que tout
va bien, que la situation est plus calme qu'en Somalie, que
la ville est moderne et qu'il y a même de l'électricité mais
qu'il souhaiterait cependant rentrer en Belgique car il
pense aux siens. Il demande à sa famille de ne pas se
tracasser car tout est calme.
M. Hostekint (SP) (en néerlandais). - Je rends
hommage à la mémoire des militaires qui ont péri dans des
circonstances atroces. J'admire le courage des épouses qui
ont lutté durant plus de deux ans pour connaître la vérité
en ce qui concerne les responsabilités. Sans leur action,
cette commission n'aurait vraisemblablement pas vu .le
jour.
Nous voudrions 'aussi avoir accès aux renseignements
généraux mais nous constatons que des freins sont mis. En
outre, les informations données sur le terrain ont été
filtrées.
Mme Lotin a déclaré que lion tentait d'imputer la
responsabilité à son mari. En tant que lieutenant, il n'avait
fait qu'exécuter les ordres. Qui est alors responsable? Le
colonel Leroy était le plus élevé en grade et assumait donc
en principe la responsabilité finale. il fut pourtant acquitté
de toute prévention de culpabilité par le Conseil de Guerre.
Que pense Mme Latin de cet acquittement?
M. Mahoux (PS). - Vous semblez faire état de documents que nous n'aurions pas. il est utile de comparer les
documents que vous avez et ceux que nous avons.
Mme Latin. - A ce sujet, je vous signale que les
documents circulent difficilement parce que certains militaires, qui sont encore en fonction, ne sont pas libres de
___
.••._
.•
~_,r.~
•.,.
-•. ----,-----~--
SENAT DE BELGIQtm -- 19 FÉVRIER 1997.
.'
..
.
COrvJ:MlSSION SPEOALE RWANDA -- COMPTE RENDU ANALYTIQUE DES AUDlTlONS
rencontrés est M Poncelet qui, pourtant, n'avait rien à voir
dans cette affaire. Notre rencontre a cependant été retardée
jusqu'en juin 1996, suite à des fuites. Nous n'avons
rencontré M.' Dehaene qu'après la pétition. Celle-ci s'est>
révélée être le'moteur qui a fait qu'on s'est intéressé aux
familles". Nous avons également eu des contacts avec
l'armée mais ils ont été rompus dès qu'on a constaté que
les familles n'agissaient pas en moutons.
.'
.
s'exprimer et de dénoncer les dysfonctionnements, Le
militaire qui m'a donné les documents a pris sa prépension
par dégoût. il est ainsi à l'abri de san,ctions ~ventuelles ...
Nous sommes pratiquement sûrs que trois hommes ont
été tués dans la maison de Mme Agathe parce qu'ils y ont
vu des choses qu'ils n'auraient pas dû voir . Le rapport
d'autopsie n'est pas suffisamment clair à ce sujet mais,
après concertation entre les familles, il-est clair que trois
paras sont morts autrement que les autres: Nous aimerions'
que vous fassiez toute la clarté à ce sujet.
Mme Dupont. ':""':Le'seulcontact positif que nous avons
eu est avec le juge Van der Meersch.
.
Mme Willame-Boonen œSC)., -- Au début, les paras
partaient-ils confiants, oui ou non? Le mari de Mme Lhoir
ne « sentait » pas la mission. Aves-vous eu le même sentiment? Les paras percevaient-ils une atmosphère and-belge
et anti-Arusha ?
"
,M. Destexhe (PRL-FDF). '":-Mme Latin nous a parlé du,
sentiment des casques bleus qui partaient en vacances.
M. Leroy nous a lu une lettre parlant de calme et de
bronzage. Dans votre .introduction, vous avez également
évoqué le cas d'une femme partie en vacances au Rwanda
où se trouvait son mari. Nos dix paras ont-ils reçu des
précisions avant leur départ? Etait-il possible aux familles
d'aller en vacances ou en visite au Rwandaî.
Mme Lotin, -- Mon man a dit que ce qui lui faisait peur,
c'est qu'on leur avait dit qu'ils partaient en vacances.
Pourtant, un père trappiste l'avàit informé des dangers de
nission, D'ailleurs, lui-même m'a déclaré qu'il craignait
'le pas être prêt si des événements dangereux survei .. .ent, Par ailleurs, les missions onusiennes ont « coupé les
ailes » des militaires au niveau des réflexes. J'ai aussi
retrouvé dans les papiers de mon mari que lui-même et ses
coUègues avaient à remplir la mission la plus .dangereuse.
Mme Bassinne. - Lors de la dernière conversation
téléphonique que j'ai eue avec mon mari le 1er avril, nous
avons évoqué mon voyage au Rwanda au mois de juin.
Mme Dupont. - Mon mari a également évoqué cette
possibilité le dimanche.
Ce qui est clair, c'est que rien n'a été fait au niveau de la
préparation. Les membre du peloton Mortiers .l'ont
d'ailleurs très justement exprimé. Les militaires ne sont pas
préparés à faire des combats réels et ce ne sont pas les
formations données en Belgique qui permettent d'acquérir'
les réflexes qui sauvent.
Mme Dupont, - Certains conseils ont cependant" été
donnés et les Pères blancs ont fait .un- exposé devant les
deux bataillons commandos.
Mme. Latin. - Au moment même, nous n'avons jamais
obtenu beaucoup d'informations. Le groupe ad hoc parle
pourtant dans son rapport d'un sentiment anti-Belge. et
dans son télégramme du 13 janvier, le général Dallaire
parle d'un témoignage sur l'aggrav'ation de la situation. Ce
témoignage a été traité de façon secondaire. Et un jour
après, M. Swinnen disait que tout cela n'était pas grave.
Il n'y a pas eu d'analyse des nombreux renseignements
qui sont arrivés. Nous ne sommes en tout cas pas d'accord
avec la gestion de M. Swinnen, qui devait venir ici.
M. Caluwé (CVP). -- Il serait utile de nous fournir les
documents mentionnant de quelle manière les familles ont
été averties et précisant s'il y a eu ou non un accompagnement afin qu'on puisse également en tirer des leçons.
M. Leroy. -- La lettre que vous avez évoquée date du
31 mars 1994.Par ailleurs, j'ai pu discuter avec un capitaine
qui revenait du Rwanda et qui voulait lui-même, alors qu'il
était sur place, faire venir sa famille. Nos hommes sont
partis avec le sentiment de se rendre en vacances au Club
Merl.
.tme Lotin. -- il est clair qu'on nous a fait signer de
-ibreux documents relatifs à l'indemnisation. Mais nous
r, "vans retrouvé aucune copie dans notre dossier. Ceux
qui nous ont fait signer ces papiers ont voulu biert faire en
nous évitant des difficultés. Mais visiblement, des ordres
sont vertus d'en haut pour mettre ces documents de côté.
Mme Debatty. - Dans la carte que j'ai reçue et qui est
datée du 3 avril, il est questiôn presqu'uniquement de
vacances. Mon parent a cependant le sentiment de jouer
un rôle d'arbitre au milieu d'autochtones armés.
Mme Oua (Agalev), - Les familles savent-elles si les
paras ont été informés sur place au sujet de radio «Mille
Collines »? Ont-ils été informés par l'ambassadeur de
l'hostilité croissante envers les Belges?
Quand les familles des victimes ont-elles été reçues officiellernent par des membres du grouvernemnt et quand
leur a-t-on donné des explications sur les circonstances du
massacre?
Mme Lotin. - Nous n'avons rien obtenu du gouvernement Certains ministres sont venus à la cérémonie du
15juin, visiblement contre leur volonté. M. Delcroix portait
une cravate rose, ce qui est du plus mauvais effet dans une
cérémonie comme celle-là. La seule personne qui nous ait
>_
•••
,_.--.
5
Mme Latin. - Concernant la radio des Mille Collines,
j'aimerais savoir comment elle était financée. De plus,
M. Bagosora a été arrêté mais pour M. Ruggiu, rien n'a été
fait. Il se trouve actuellement en Calabre et l'action diplomatique belge reste nébuleuse. Comment se fait-il que la
Belgique soit intervenue en Afrique pour M. Bagosora mais
que rien ne soit fait dans un pays de la CE pour un
ressortissant belge?
M. Anciaux (VU) (en néerlandais). - La question que je
voulais poser l'a déjà été par M. Destexhe.·
••••
_
~_.
_
••••••
~ __
or
••.__....•..
_..--.-_
.•.•
~_
'_r_~
__
I,"._.-
-
• ',or-"".
----.••••
•••.••-
-,
~,. ••
...,..-<
SENAT, DE BELGIQUE ~ '19 FÉVRIER 1997
6
COMMISSION
SPECIALE RWANDA - COtvrP'I"E RENDU ANALYTIQUE DES AUDmONS
M. Ceder (Vlaams Blok) (en néerlandais). - Madame" .
Latin, depuis les événements,' avez-vous eu des contacts
avec les autres paras du groupe de votre mari et ont-ils pu
donner des informations SUT d'éventuelles tentatives
d'autres paras pour dégager le groupe de votre mari ?
Mme Dupont. - Nous avons eu peu de conversations
avec les membres du bataillon commando. La seizième .
compagnie'a, ce jour-là, vu s'en aller les dix hommes .
devant elle et s'est retrouvée visée par un blindé, Ne se
sentant pas en sécurité, elle a demandé l'autorisation de se
retirer et l'a obtenu, ,ce qui prouve bien qu'il y avait danger ..
. Il n'y apas eu non plus de réaction lorsque les paras sont
arrivés à la résidence du premier ministre Agathe. il ne fut ..
pas non plus question de leur porter secours deux heures
plus tard, alors qu'ils étaient toujours bloqués dans la
résidence. Certains militaires ont voulu réagir mais on leur
a donné l'ordre de ne pas bouger.
.
Mme Lotin. - il est évident que le commandement de
l'armée ne voulait nous donner aucune information. Ce
n'est que lorsque l'a.s.b.l. « In Memoriam" fut créée que
nous avons appris certains détails. Un clivage s'est vite
dessiné au sein de l'armée entre ceux qui soutenaient notre
action et les autres.
.: J'ai deux' questions concernant la manière dont les
familles ont été informées. Mme Lotin a déclaré qu'elle
avait re,çu la visite du colonel Dewez, qui lui a dit que les
paras étaient morts en quelques minutes d'une balle dans
la tête. .
(pou.rsuivant en français.> .
Le"colonel Dewez a-t-il visité les familles .des paras 7
Deux informations ont été menées' par l'armée. Une
première dans la nuit du 7 au 8, lors de l'annonce officielle
du massacre.
Mme' Lotin. - Ce 'qui nous fut dit est identique au
contenu du télégramme.
M. Verhofstadt (VLD). - Le colonel Dewez a ensuite
rendu visite aux familles. .
M. Mahoux crS). - y a-t-il eu d'autres informations
officielles pour corriger les premières?
M. Leroy. - Non, J'ai rencontré pour la première fois le
colonel Dewez lors de la première commémoration du
5 juin 1994.
.
.
Mme Latin. - il est de règle dans l'armée que le chef
du bataillon dont certains hommes sont morts rencontre les
M, Leroy. - Certains ont accepté de parler à mots
familles de ceux-ci. C'est ainsi que le colonel m'a renconcouverts, tout en précisant que nous ne saurions jamais
trée ainsi que ma belle-famille à l'égard de laquelle il a eu
prou ver ce qu'ils avaient dit.
'
une attitude particulièrement cavalière, arrivant en
M. le' "piésident. ;...-.Avez-vous eu accès au rapport
bermudas et lui demandant ce qu'elle avait à dire.
d'enquête circonstancié établi par la .force terrestre? ". -"- . . N ous,avo,ns d'en'd'e d e lire a'la" prenuere commemora
.
ti' on
Mme Lotin. _ Le colonel Iacqmuin nous a effectivement
la lettt:e ,?-uenous a'70ns é,criteà ~os maris, L'ayant app~,
informé de son existence et autorisé à en prendre carmaisle capitaine nous a interdit de faire cette lecture. On avait
sance.
manifestement peur de ce que nous pouvions dire, Nous
avons passé outre, mais notre texte n'était nullement
~esili
'
M. le Président. - Ce document est également imporPas une seule fuis, le colonel Dewez n'a eu un geste de
tant pour nous tout comme l'enquête interne de la brigade
compréhension ou de condoléance, Jamais il n'a admis
Paras effectué à l'Initiative de l'actuel ministre de la
qu'il y avait un problème. il dormait sur ses deux oreilles.
défense nationale. Nous l'avons d'ailleurs invité à venir
nous dire quelles conclusions il en tirerait.
Mme Dupont. - Avant que M. Dewez ne vienne nous
rendre visite, j'avais eu des contacts avec d'autres militaires
Mme Lotin. - M. Poncelet a veillé à ce qu'il y ait une
qui nous avaient suggéré de poser une question à propos
approche plus humaine dans la gestion du dossier. il a
de l'annonce à une radio au Rwanda de purges stalirencontré toutes les familles dès le mois de janvier, avant
niennes. M. Dewez a été très surpris de cette question.
que l'affaire Dutroux n'éclate et provoque une prise de
n nous a annoncé avec un sourire jusqu'aux oreilles la
conscience de la, part des politiciens que les citoyens
manière dont étaient morts nos maris. On ne peut pas dire
exigeaient plus de justice. il fut très choqué par ce qu'il
apprit. Lors de l'accident d'avion d'Eindhoven, le ministre
qu'il ait été à la hauteur d'un point de vue humain,
s'est rendu compte que les problèmes étaient identiques à
Il a nié ensuite nous avoir dit qu'ils étaient morts tués
ceux rencontrés dans la présente affaire. Pour remédier à
d'une
balle dans la tête. J'ai cependant la preuve de cette
cette mauvaise gestion, il a décidé de réorganiser les
déclaration
car j'ai enregistré cette visite avec un dictaservices sociaux de l'armée en les regroupant en un seul
phone et le système de surveillance de mon bébé. il
servive parastatal. il dit aussi qu'il est important de faire
continue à nier, mais j'ai la preuve.
changer les mentalités.
M. Verhofstadt (VLO) (en néerlandais). - Pourrionsnous réentendre Mme Latin ou d'autres membres des
familles si nous avions des questions supplémentaires à
poser sur la base des documents ?
M. Verhofstadt (VLD). - Vous avez reçu un télégramme le 7 ou le S avril et un mois après, vous avez reçu
la visite du colonel Dewez, Avez-vous reçu des informations sur les circonstances des décès par d'autres services ?
-......
, •• <
~.
~
_
••
",
••
SENAT DE BELGIQUE -
8
COMMISSION
SPECIALE RWANDA -
19 fÉVRIER
1997
ca"MPTE RENDU ANALYI1QUE DES AUDITIONS
M. Hostekint (SP) (en néerlandais). - Les p~as sont·
morts pour la patrie. Les. familles ont-elles reçu un quelconque signal du Roi qui symbolise quand même la patrie
et est le commandant des forces armées?
.
. Mme Latin . ..:.- Le premier ministre était présent à
Neder-over-Hembeek, àvec les familles etau Cinquantenaire, le 15 juin 1994, ainsi que le Roi et leurs enfants, qui·
nous ont reçu. Mais à ce moment, nous n'étions pas à
même de leur dire ce que nous disons aujourd'hui. S'il. y a
bien eu une rencontre entre les familles, cette rencontre n'a
donné aucune suite ..
M. Hostekint (SP) (en néerlandais).
Les familles
n'ont-elles jamais été reçues en audience par le Roi? N'ontelles pas davantage sollicité d'audience ?
Mme Latin. -, Si nous pouvions le rencontrer, nous
apprécierions. Nous lui avons d'ailleurs écrit une lettre en
octobre ou en novembre, après qu'il ait reçu les familles
des enfants.
M. Leroy. - En son temps, li nous a été répondu que la
séparation des pouvoirs ne l'autorisait pas à nous rencontrer. Après la commission spéciale, ce sera sans doute
possible.
M. Destexhe (PRL-FDF). - Quelles sont vos relations
avec le général Dallaire et avec l'ONU? Au cours de ces
trois dernières années, avez-vous eu des contacts avec l'un
ou l'autre?
Mme Latin. - Nous avons reçu des télégrammes de
condoléances des autorités militaires mais rien de l'ONU.
'Mme Lotin. - Ces documents ont été signés endéans
les' quinze jours à trois semaines après les événements.
Après un tel choc, j'étais Ka. Malgré ma bonne mémoire,
je ne me souviens pas de ce que j'ai signé .
M. Leroy. - Nous ne possédonspas
.docurnents qu'on nOUSa fait signer.
de doubles des
Mme Debatty. -'- L'assistante sociale nous a dicté une
lettre le 25 avril et nous avons signé les documents au
.même moment. J'ai peut-être une copie à la maison.
-,.
M. le Président. - On vous a donc fait signer des
documents dont vous ignoriez le contenu?
Mme Debatty, - li s'agissait de solliciter l'indemnité
prévue en cas d'attentat et pour les victimes d'actes de
violence.'
.
Mme Lotin. - Nous bénéficions de trois' types d'aide: .
une pension de réparation, une pension de survie, une
indemnité au titre d'aide aux victimes. Ce qui ne m'a pas .
paru naturel, c'est que nous avons dû nous adresser au
ministre Delcroix. par lettre manuscrite et recommandée
pour obtenir cette dernière aide qui nous revenait de droit.
M. Mahoux œS).' - Vous n'avez jamais imaginé quevous aviez renoncé à certains droits? Mme Dupont. - L'assistante sociale est venue avant la
rentrée des corps et nous a fait signer les documents relatifs
à la pension de réparation et àJa pension de survie, mais
nous n'avons pas reçu de copies.
il me paraît indispensable d'entendre le général Dallaire
dans la commission, en tant que personne, et pas seulement en tant que membre de l'ONU. il ne faut pas oublier
qu'il avait recueilli cinq Ghanéens qui s'étaient trouvés
dans le même local que les paras, qu'li est passé deux fois
devant le local et qu'il n'a rien fait pour porter secours aux
hommes, ni pour faciliter l'information. Le major Maggen
non plus d'ailleurs ..
Mme Dupont, - Le 23 juin 1995, nous avons déposé
plainte contre le général Dallaire, mais nous avons appris
qu'il bénéficiait de l'immunité diplomatique de l'ONU.
Mme Latin. - La pension de survie ne m'a pas été
attribuée parce que j'étais enceinte. Mon dossier a traîné.
'M. le Président. - Le major Maggen sera invité. Nous
allons essayer de faire venir le général Dallaire et d'autres
responsables en faisant en sorte qu'Us ne puissent invoquer
leur immunité diplomatique.
Mme Lotin. - C'est d'autant plus pertinent que le
général Dallaire répond à la presse.
.
M. Leroy. - M. Charlier porte aussi de grandes responsabilités. il a d'ailleurs déclaré officiellement qu'aucune
erreur n'avait été commise.
Mme Latin. - L'instigateur a été le journaliste JeanPierré Martin. Suivant sans doute une intuition [ournallstique, il a suggéré en février 1996 aux familles de se rendre
au Rwanda. Nous avons tout d'abord hésité parce qu'un
tel voyage était lourd. Puis nous avons décidé d'y faire une
sorte de pélerinage. Finalement, sept familles se sont
rendues sur place.
M.le Président. -
Nous l'interrogerons également.
M. Mahoux (PS). - Au procès Marchal, vous n'avez pas
pu vous constituer partie civile. Quels sont les documents
que vous avez signés et dans quelles circonstances?
Saviez-vous réellement ce que vous signiez?
Mme Willame-Boonen (PSC). - Même si cela n'a pas
de rapport direct avec ce qui vient d'être dit, je crois que
les femmes parlementaires id présentes sont tout particulièrement intéressés par les questions se rapportant notarnment aux droits de veuves.
M. Verhofstadt (VLD). - J'aimerais savoir qui a organisé cette visite au Rwanda? Aves-vous fait une demande
à l'armée? Qui vous a aidé?
Mme Dupont.. - Les familles avaient déjà émis auparavant le désir de se rendre au Rwanda. Une visite est sans
doute préférable à des documents et des images, Nous
avons eu alors de nombreux contacts avec l'ambassade
belge au Rwanda. Nous avons également participé à une
réunion avec le premier ministre rwandais en visite à
Bruxelles. Le gouvernement rwandais voulait en effet nous
associer aux secondes commémorations mais, suite à un
problème de date, cela ne s'est pas fait.
~ ~_
•••••
' ,-.'n"' ••
"
_
~
•
__ ,_"
~ •.•• - --
-_ • .,_ •........---
_
••
$ENAT DE BELGIQUE - 19 FÉVRIER 1997
CONllvITSSION SPECIALE RWA.NDA - COMPTE RENDU ANALYI1QUE DES AUDmONS
Avant de partir, nous avons ensemble élaboré ce que
nous voulions faire au Rwanda. Nous avons décidé de
revivre les derniers instants de nos maris et de nos fils en
nous rendant compte de la configuration des lieux, exigus
au demeurant,
et des cantonnements.
Le gouvernement
rwandais avait égnous puissions nous rendre compte. de l'amplitude du
génocide et de la façon dont le pays se recOfl.truisait.
M. Verhofstadt
(VLDL
l'ambassade, je crois.
-
Vous avez été, aidés
par
M. Leroy. - Nous avons, en arrivant, été reçus, en effet,
par l'ambassadeur
belge et par des représentants
du
gouvemement
rwandais. Nous n'avons d'ailleurs que des
'éloges pour cet accueil.
".
Nous avons visité plusieurs endroits du génocide et je
crois que, sans aller sur place, on ne peut se rendre compte
de l'ampleur de ce qui s'est passé.
9
Mme Lotin.. - Je voudrais ajouter que des responsables
du génocide se trouvent en Belgique. Il faut faire quelque
chose à leur égard. il serait intéressant de les entendre dans
. cette commission. Se trouvent par exemple id le chef
d'état-major' de la gendarmerie
rwandaise ainsi qu'un
responsable de la banque rwandaise. Ce dernier était le
financier responsable du trafic d'armes.
M. le Président. -' Mesdames et messieurs, notre
commission a écouté votre témoignage avec une intense
émotion et avec grand intérêt. Soyez assurés que votre
message a été entendu par tous les membres de la commission. il servira d'inspiration
pour nos travaux dans le
courant des mois à 'venir. il est possible que nous vous
imitions ultérieurement pour des compléments d'information.
La réunion -est close à 12 h 10 m.
MVlliteur />dg!. rue de Louvain 40-\2, 1000 Bruxelles. -
Directeur , A. Van Damme