Citation
Les alarmes
de Pharmaciens
sans frontières
Le président de Pharma-
ciens sans frontières, Jean-
Louis Machuron, est contre
l'intervention française au
Rwanda. Il rentre de Kigali. Et,
revenant de Kigali, il se per-
met de mettre en garde con-
tre une opération militaire sur
un terrain où la neutralité est
impossible : « Pas la France,
dit-il. Elle est trop impliquée
dans ce conflit. Cela ne peut
qu'envenimer les choses. Il
fallait intervenir avant, quand
les troupes françaises étaient
sur le terrain et voyaient que
les milices qu'elles avaient
contribué à armer commen-
çaient à tuer. »
A Kigali, M. Machuron a
tenté de sauver les
170 orphelins du Français
Marc Vaiter, en compagnie de
Bernard Kouchner, dont
c'était la deuxième tentative.
Les négociations avec le FPR
et les forces gouvernemen-
tales ont échoué, notamment
en raison de l'annonce de
l'initiative française, selon le
président de PSF. «Le FPR
essaie de progresser le plus
possible avant l'arrivée des
Français. De leur côté, les
milices ont envahi hier l'or-
phelinat et tiré sous forme de
sommation sur les murs.
Nous craignons le pire», a
indiqué mardi 21 juin
M. Machuron depuis Kabale,
en Ouganda, à 30 km de la
frontière rwandaise.
Selon M. Machuron, les
organisations humanitaires
françaises, déjà absentes de
la zone gouvernementale,
vont être contraintes d’éva-
cuer la partie du pays
contrôlée par les rebelles, «Le
FPR estime que la France
entre en guerre contre lui. Il
nous a fait comprendre que
nous n'avons rien à faire là et
qu'il ne maîtrise pas toutes.
ses troupes. C'est délicat,
c'est vraiment très délicat.