Fiche du document numéro 17015

Num
17015
Date
Samedi 6 décembre 1997
Amj
Taille
3996200
Sur titre
Sénat de Belgique
Titre
Rapport de la Commission d'enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda
Source
Type
Rapport
Langue
FR
Citation
1 - 611/7

1 - 611/7

BELGISCHE SENAAT

SÉNAT DE BELGIQUE

———

———

ZITTING 1997-1998

SESSION DE 1997-1998

———

———

6 DECEMBER 1997

6 DÉCEMBRE 1997

———

———

Parlementaire commissie van onderzoek
betreffende de gebeurtenissen in
Rwanda

Commission
d’enquête
parlementaire
concernant les événements du Rwanda

———

———

VERSLAG
NAMENS DE ONDERZOEKSCOMMISSIE
UITGEBRACHT DOOR
DE HEREN MAHOUX EN
VERHOFSTADT

RAPPORT
FAIT AU NOM
DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE
PAR MM. MAHOUX ET
VERHOFSTADT

———

———

Aan de werkzaamheden van de commissie hebben deelgenomen :

Ont participé aux travaux de la commission :

1. Leden :

1. Membres :

— De heer Swaelen, voorzitter.
— De heren Mahoux en Verhofstadt, ondervoorzitters en rapporteurs.
— Mevrouw Bribosia-Picard, de heren Caluwé, Ceder, De Decker, Destexhe,
Goris, Hostekint, Hotyat, mevrouw Lizin, de heer Moens, de dames Thijs en
Willame-Boonen.
2. Leden met raadgevende stem :
— De heer Anciaux, mevrouw Dua en de heer Jonckheer.

Zie :
Gedr. St. van de Senaat :
1-611 - 1996/1997 :
Nr. 1 : Voorstel van de heer Swaelen.
Nr. 2 : Amendement.
Nr. 3 : Voorstel van het Bureau.
Nr. 4 : Tekst aangenomen door de Senaat.
1-611 - 1997/1998 :
Nr. 5 : Voorstel van het Bureau aangenomen in plenaire vergadering.
Nr. 6 : Voorstel van de voorzitter aangenomen in plenaire vergadering.

— M. Swaelen, président.
— MM. Mahoux et Verhofstadt, vice-présidents et rapporteurs.
— Mme Bribosia-Picard, MM. Caluwé, Ceder, De Decker, Destexhe, Goris,
Hostekint, Hotyat, Mme Lizin, M. Moens, Mmes Thijs et Willame-Boonen.
2. Membres avec voix consultative :
— M. Anciaux, Mme Dua et M. Jonckheer.

Voir :
Documents du Sénat :
1-611 - 1996/1997 :
No 1 : Proposition de M. Swaelen.
No 2 : Amendement.
No 3 : Proposition du Bureau.
No 4 : Texte adopté par le Sénat.
1-611 - 1997/1998:
No 5 : Proposition du Bureau adoptée en séance plénière.
No 6 : Proposition du président adoptée en séance plénière.

Handelingen van de Senaat :

Annales du Sénat :

24 april, 26 juni, 23 oktober en 27 november 1997.

24 avril, 26 juin, 23 octobre et 27 novembre 1997.

——————
De bijlagen (stukken 1-611/8 tot 15) zullen later worden rondgedeeld.

——————
Les annexes (doc. 1-611/8 à 15) seront distribuées ultérieurement.

1 - 611/7 - 1997/1998

(2)
INHOUD

SOMMAIRE

———

———
Blz.


Pages


HOOFDSTUK 1 : INSTELLING, OPDRACHT EN
WERKWIJZE VAN DE COMMISSIE . . . . . . .

13

CHAPITRE 1er : INSTALLATION, MISSION ET
MÉTHODE DE TRAVAIL DE LA COMMISSION . .

13

1.1. Ontstaan en instelling .

1.1. Genèse et installation .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

13

.

.

.

.

.

.

.

.

13

.

.

.

.

.

.

.

.

14

1.1.1. Groupe ad hoc Rwanda .

.

.

.

.

.

.

.

14

1.1.2. Bijzondere commissie-Rwanda .

.

.

.

.

.

15

1.1.2. Commission spéciale Rwanda .

.

.

.

.

.

15

1.1.3. Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda .

18

1.1.3. Commission d ’enquête parlementaire Rwanda .

18

1.2. Opdracht en bevoegdheden van de onderzoekscommissie . . . . . . . . . . . . . . . .

19

1.2. Mission et compétences de la commission d’enquête .

19

1.3. Werkwijze van de onderzoekscommissie .

.

20

1.3. Méthode de travail de la commission d’enquête

1.3.1. Werkwijze . . . . . . . . . . . .
1.3.1.1. Hoorzittingen met de familieleden van
de slachtoffers . . . . . . . .
(1) Bijzondere commissie-Rwanda .
(2) Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda . . . . . . . .
1.3.1.2. Getuigen . . . . . . . . . .
(1) Bijzondere commissie-Rwanda . .
(2) Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda . . . . . . . .
1.3.1.3. Gedachtewisselingen met de experten
van de commissie . . . . . . .
1.3.1.4. Confrontaties . . . . . . . .
(1) Bijzondere commissie-Rwanda . .
(2) Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda . . . . . . . .
1.3.1.5. Gerechtelijke dossiers betreffende
Rwandezen in België . . . . . .
1.3.1.6. Vergaderingen van het Bureau van de
commissie . . . . . . . . .
1.3.1.7. Bezoek aan C Ops-SGR . . . . .
1.3.1.8. Bezoek aan Rwanda . . . . . .
(1) Ad-hocgroep-Rwanda . . . .
(2) Parlementaire onderzoekscommissie Rwanda . . . . . . . .
1.3.1.9. Documenten . . . . . . . . .
(1) Ad-hocgroep-Rwanda . . . .
(2) Bijzondere commissie-Rwanda . .
(3) Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda . . . . . . . .
1.3.1.10. Onderzoeksverrichtingen . . . .
(1) Wettelijk kader . . . . . .
(2) Door de onderzoekscommissie
gestelde onderzoeksverrichtingen
1.3.1.11. Reglement van orde . . . . . .
(1) Vergaderingen van de onderzoekscommissie . . . . . . . .
(2) Openbaarheid . . . . . . .
(3) Geheimhoudingsplicht . . . .
(4) Getuigen en deskundigen . . .
(5) Verslag van de hoorzittingen . .

20

1.1.1. Ad-hocgroep-Rwanda

.

.

.

.

20
20
21
21
22
25
28
28
28
28
28
29
29
29
29
29
30
30
32
39
52
52
53
57
57
58
58
58
59

.

.

.

.

20

.

.

20

1.3.1.1. Auditions des familles des victimes .
(1) Commission spéciale Rwanda . .
(2) Commission d’enquête parlementaire Rwanda . . . . . . .
1.3.1.2. Témoins . . . . . . . . . .
(1) Commission spéciale Rwanda . .
(2) Commission d’enquête parlementaire Rwanda . . . . . . .
1.3.1.3. Échange de vues avec les experts de la
commission . . . . . . . . .
1.3.1.4. Confrontations . . . . . . . .
(1) Commission spéciale Rwanda . .
(2) Commission d’enquête parlementaire Rwanda . . . . . . .
1.3.1.5. Les dossiers justiciaires relatifs aux
Rwandais en Belgique . . . . . .

20
20

1.3.1.6. Réunions du Bureau de la commission
1.3.1.7. Visite au C Ops-SGR . . . . . .
1.3.1.8. Visite au Rwanda . . . . . . .
(1) Groupe ad hoc Rwanda . . . .
(2) Commission d’enquête parlementaire Rwanda . . . . . . .
1.3.1.9. Documents . . . . . . . . .
(1) Groupe ad hoc Rwanda . . . .
(2) Commission spéciale Rwanda . .
(3) Commission d’enquête parlementaire Rwanda . . . . . . .
1.3.1.10. Devoirs d’instruction . . . . . .
(1) Cadre juridique . . . . . .
(2) Devoirs d’instruction effectués par
la commission d’enquête . . .
1.3.1.11. Règlement d’ordre . . . . . .
(1) Les réunions de la commission
d’enquête . . . . . . . .
(2) Publicité . . . . . . . .
(3) Devoir de secret . . . . . .
(4) Témoins et expert . . . . .
(5) Compte rendu des auditions . .

29
29
29
29

1.3.1. Méthode de travail .

.

.

.

.

.

.

.

21
21
22
25
28
28
28
28
28

29
30
30
32
39
52
52
53
57
57
58
58
58
59

(3)

1 - 611/7 - 1997/1998

Blz.

(6) Werkwijze . . .
(7) Specialisten . .
(8) Pers . . . . .
(9) Eindverslag . .
1.3.1.12. Statistische gegevens .

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

60
60
60
60
60

1.3.2. De beperkingen die de Commissie heeft ervaren
1.3.2.1. Beperkingen ten gevolge van de absolute onschendbaarheid van de Koning .
1.3.2.2. Beperkingen ten gevolge van de weigering tot medewerking van de VNinstanties . . . . . . . . . .
1.3.2.3. Beperkingen ten gevolge van de verhouding tussen parlementair en gerechtelijk onderzoek . . . . . . . .
1.3.2.4. Beperkingen ten gevolge van de weigering buitenlandse inlichtingendiensten
om inlichtingen te verschaffen . . .

61
61

62

65

67

Pages

(6) Méthode de travail
(7) Spécialistes . .
(8) Presse . . . .
(9) Rapport final . .
1.3.1.12. Données statistiques .

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

.
.
.
.
.

1.3.2. Les restrictions auxquelles la commission a été
confrontée . . . . . . . . . . . .
1.3.2.1. Restrictions à l’inviolabilité absolue du
Roi . . . . . . . . . . . .
1.3.2.2. Restrictions en raison du refus de
coopérer des instances de l’ONU . .
1.3.2.3. Restrictions en raison du lien entre
l’enquête parlementaire et l’enquête
judiciaire . . . . . . . . . .
1.3.2.4. Restrictions en raison du refus des
services de renseignements étrangers de
communiquer des renseignements . .

60
60
60
60
60
61
61

62

65

67

HOOFDSTUK 2 : INTRODUCTIE .

.

.

.

.

.

.

.

68

CHAPITRE 2 : INTRODUCTION .

.

.

.

.

.

.

.

68

Inleidende opmerking .

.

.

.

.

.

.

.

68

Remarque préliminaire .

.

.

.

.

.

.

.

68

A. Geografische, economische, sociale en historische
schets . . . . . . . . . . . . . . . .

68

A. Aperçu géographique, économique, social et historique

68

2.1. Fysische aardrijkskunde en antropogeografie

.

.

.

68

2.1. Éléments de géographique physique et humaine

2.2. Economie

2.2. Économie

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

69

2.2.1. Inleiding .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

68

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

69

69

2.2.1. Introduction .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

69

.

70

2.2.2. Période 1980-1989

.

.

.

.

.

.

.

.

.

70

2.2.3. Periode 1990-1994 . . . . . . . . .
2.2.3.1. De installatie van het programma voor
structurele aanpassing (PAS) . . . .
2.2.3.2. Groeiende armoede, toenemende ongelijkheid en geweld . . . . . . .

72

2.2.3. Période 1990-1994 . . . . . . . . .
2.2.3.1. Mise en place du Programme d’ajustement structurel (PAS) . . . . . .
2.2.3.2. Appauvrissement, inégalités croissantes et violence . . . . . . . .
2.2.3.3. Une économie de guerre à partir de
1990 . . . . . . . . . . .

72

2.2.3.3. Een oorlogseconomie vanaf 1990 .

72
73

.

76

2.3. Historische gegevens .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

77

2.3.1. Prekoloniale tijd

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

2.3.2. Koloniale tijd en onafhankelijkheid

.

.

.

.

.

.

2.2.2. Periode 1980-1989

.

.

76

.

.

.

.

.

.

.

.

77

77

2.3.1. Période précoloniale .

.

.

.

.

.

.

.

.

77

.

78

2.3.2. Période coloniale et indépendance .

.

.

.

.

78

2.3.3. De crisis van 1990 en de akkoorden van Arusha

82

2.3.3. La crise de 1990 et les accords d’Arusha .

.

.

82

2.3.4. De akkoorden van Arusha

85

2.3.4. Les accords d’Arusha .

.

.

85

88

.

.

.

.

.

.

.

73

.

.

2.3. Éléments historiques .

72

.

.

.

.

.

.

B. Uittreksels uit « Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda — Study 1 : Historical perspective :
Some Explanatory Factors » . . . . . . . . .

88

B. Extraits du « Joint evaluation of emergency assistance
to Rwanda — Study 1 : Historical perspective : Some
Explanatory Factors » . . . . . . . . . . .

C. Uittreksels uit « The Rwanda Crisis. History of a Genocide » van professor G. Prunier . . . . . . . .

132

C. Extraits du « The Rwanda Crisis. History of a Genocide » du professeur G. Prunier . . . . . . . . .

132

HOOFDSTUK 3 : VASTSTELLINGEN

.

.

.

.

.

.

147

CHAPITRE 3 : CONSTATATIONS

.

.

.

.

.

.

.

147

3.1. De beslissing van de Verenigde Naties

.

.

.

.

.

147

3.1. La décision des Nations Unies .

.

.

.

.

.

.

.

147

3.1.1. Algemeen kader van de VN . . . . . . .
3.1.1.1. De Veiligheidsraad . . . . . . .
3.1.1.2. Het Secretariaat . . . . . . . .

147
147
148

3.1.1. Cadre général ONU . . . . . . . . .
3.1.1.1. Le Conseil de sécurité . . . . . .
3.1.1.2. Le Secrétariat . . . . . . . .

147
147
148

1 - 611/7 - 1997/1998

(4)

Blz.

3.1.1.3. De Belgische Permanente Vertegenwoordiging . . . . . . . . .
3.1.2. Het theoretisch kader van de verschillende
vredesoperaties . . . . . . . . . . .
3.1.2.1. Algemeen kader . . . . . . . .
3.1.2.2. De vredeshandhavingsoperaties —
Peacekeeping . . . . . . . .
(1) Definitie . . . . . . . . .
(2) Kenmerken . . . . . . . .
(3) Topologie . . . . . . . .

149
151
151
154
154
154
155

3.1.3. Het operationeel kader van de vredesmissies .
3.1.3.1. Algemeen . . . . . . . . . .
3.1.3.2. Opstellen van het mandaat . . . .
3.1.3.3. Opstellen van de ROE (Rules of Engagement of gedragsregels) . . . . .
3.1.3.4. Coördinatie tussen het terrein en het
departement peacekeeping . . . .

156
156
157

3.1.4. Beslissing van de VN om in Rwanda op te treden
3.1.4.1. Oprichting van UNOMUR . . . .
3.1.4.2. De Arusha-akkoorden . . . . . .
3.1.4.3. Oprichting van UNAMIR . . . . .
3.1.4.4. De beslissing tot oprichting van
UNAMIR — VN-resolutie nr. 872 . .

158
160
163
163

158
158

Pages


3.1.1.3. La Représentation permanente belge

.

3.1.2. Le cadre théorique des différentes opérations de
paix . . . . . . . . . . . . . .
3.1.2.1. Cadre général . . . . . . . .
3.1.2.2. Les opérations de maintien de la paix
— Peacekeeping . . . . . . .
(1) Définition . . . . . . . .
(2) Caractéristiques . . . . . .
(3) Topologie . . . . . . . .
3.1.3. Le cadre opérationnel des missions de paix . .
3.1.3.1. Généralités . . . . . . . . .
3.1.3.2. Élaboration du mandat . . . . . .
3.1.3.3. Élaboration des ROE (Rules of Engagement ou règles de comportement) . .
3.1.3.4. Coordination entre le terrain et le
département du peacekeeping . . .

149
151
151
154
154
154
155
156
156
157
158
158

170

3.1.4. La décision d’intervention de l’ONU au
Rwanda . . . . . . . . . . . . .
3.1.4.1. Création de la MONUOR . . . . .
3.1.4.2. Les accords d’Arusha . . . . . .
3.1.4.3. Établissement de la MINUAR . . .
3.1.4.4. Décision de création de la MINUAR —
Résolution ONU no 872 . . . . .

170

3.2. De Belgische beslissing om deel te nemen aan
UNAMIR . . . . . . . . . . . . . .

175

3.2. La décision prise par la Belgique de participer à la
MINUAR . . . . . . . . . . . . . .

175

3.2.1. Het beslissingsproces . . . . . . . . .
4 augustus 1993 . . . . . . . . . .
25 augustus 1993 . . . . . . . . . .
8 september 1993 . . . . . . . . . .
10 september 1993 . . . . . . . . .
17 september 1993 . . . . . . . . .
22 september 1993 . . . . . . . . .
24 september 1993 . . . . . . . . .
29 september 1993 . . . . . . . . .
4 oktober 1993 . . . . . . . . . . .
5 oktober 1993 . . . . . . . . . . .
8 oktober 1993 . . . . . . . . . . .
14 oktober 1993 . . . . . . . . . .
15 oktober 1993 . . . . . . . . . .
21 oktober 1993 . . . . . . . . . .
25 oktober 1993 . . . . . . . . . .
31 oktober 1993 . . . . . . . . . .
3 november 1993 . . . . . . . . . .
8 november 1993 . . . . . . . . . .
10 november 1993 . . . . . . . . .
12 november 1993 . . . . . . . . .
17 november 1993 . . . . . . . . .
19 november 1993 . . . . . . . . .

175
175
175
176
177
177
177
177
178
178
178
178
179
179
179
180
180
180
180
181
181
182
182

3.2.1. Le processus décisionnel . . . . . . . .
4 août 1993 . . . . . . . . . . . .
25 août 1993 . . . . . . . . . . .
8 septembre 1993 . . . . . . . . . .
10 septembre 1993 . . . . . . . . .
17 septembre 1993 . . . . . . . . .
22 septembre 1993 . . . . . . . . .
24 septembre 1993 . . . . . . . . .
29 septembre 1993 . . . . . . . . .
4 octobre 1993 . . . . . . . . . . .
5 octobre 1993 . . . . . . . . . . .
8 octobre 1993 . . . . . . . . . . .
14 octobre 1993 . . . . . . . . . .
15 octobre 1993 . . . . . . . . . .
21 octobre 1993 . . . . . . . . . .
25 octobre 1993 . . . . . . . . . .
31 octobre 1993 . . . . . . . . . .
3 novembre 1993 . . . . . . . . . .
8 novembre 1993 . . . . . . . . . .
10 novembre 1993 . . . . . . . . .
12 novembre 1993 . . . . . . . . .
17 novembre 1993 . . . . . . . . .
19 novembre 1993 . . . . . . . . .

175
175
175
176
177
177
177
177
178
178
178
178
179
179
179
180
180
180
180
181
181
182
182

3.2.2. Op politiek vlak . . . . . . . . . .
3.2.2.1. De invloed van het koloniale verleden
van België op de deelname aan
UNAMIR . . . . . . . . . .

183

3.2.2. Sur le plan politique . . . . . . . . .
3.2.2.1. L’indicence du passé colonial de la
Belgique sur la participation à la
MINUAR . . . . . . . . . .

183

184

158
160
163
163

184

(5)

1 - 611/7 - 1997/1998

Blz.

3.2.2.2. De beslissingen van oktober 1990 . .
3.2.2.3. De steun aan de akkoorden van Arusha
3.2.2.4. Het bezoek van Habyarimana aan
België op 4 oktober 1993 . . . . .
3.2.2.5. De aanwezigheid in Rwanda van een
Belgische gemeenschap . . . . .
3.2.2.6. De informatie over de anti-Belgische en
anti-UNAMIR campagne . . . . .

185
189
195
199
200

Pages

3.2.2.2. Les décisions d’octobre 1990 . . .
3.2.2.3. Le soutien aux accords d’Arusha . .
3.2.2.4. La visite de Habyarimana en Belgique
le 4 octobre 1993 . . . . . . .
3.2.2.5. La présence au Rwanda d’une communauté belge . . . . . . . . .
3.2.2.6. Les informations relatives à la campagne anti-belge et anti-MINUAR . . .

3.2.3. Militair-technisch . . . . . . . . . .
3.2.3.1. Het verslag van de verkenningsmissie
naar Rwanda, het zogenaamde Reccerapport . . . . . . . . . . .
3.2.3.2. De onderhandelingen over het aantal
manschappen . . . . . . . .
3.2.3.3. Het ontbreken van een tweede
geloofwaardig contingent . . . . .
3.2.3.4. De verschillende opdrachten waaronder de QRF (Quick Reaction Force) .
3.2.3.5. De verspreiding van de kantonnementen . . . . . . . . . . . .
3.2.3.6. De problemen inzake bewapening en
munitie . . . . . . . . . .
3.2.3.7. De voorbereiding van de manschappen
3.2.3.8. De beperkingen van het mandaat en
van de ROE (Rules of Engagement) .

203

230

3.2.3.5. La dispersion des cantonnements . .
3.2.3.6. Les problèmes d’armement et de munitions . . . . . . . . . . .
3.2.3.7. La préparation des effectifs . . . .
3.2.3.8. Les limitations du mandat et des ROE
(Rules of Engagement) . . . . .

3.2.4. De ervaringen opgedaan bij vroegere operaties .

234

3.2.4. L’expérience acquise lors d’opérations antérieures . . . . . . . . . . . . . . .

3.3. Het verloop van de UNAMIR-operatie

.

.

.

.

205
207
213
216
221
224
227

.

237

3.3.1. De inschatting van de verslechtering van de politieke situatie . . . . . . . . . . .

237

3.3.2. De inschatting in Rwanda en de opvolging van
de dreiging tegen KIBAT/UNAMIR . . . .
3.3.2.1. De inschatting van de dreiging tegen
KIBAT/UNAMIR in Rwanda . . .
(1) Het rapport van de ad-hocgroepRwanda . . . . . . . . .
(2) Het plan tot vergiftiging van de
Belgische Blauwhelmen . . . .
(3) De informatie van « Jean-Pierre » .
(4) De inschatting van de dreiging
tegen de Belgen . . . . . .
3.3.2.2. De inschatting van de dreiging tegen
KIBAT/UNAMIR in België . . . .
(1) Door de militaire overheden . . .
(2) Door de politieke overheden . .
a) In Rwanda . . . . . . .
b) In België . . . . . . . .
(3) Andere informatiestromen . . .

267
267
271
271
272
278

3.3.3. De operationele problemen .

.

280

3.3.3.1. De vraag naar bijkomende munitie . .
3.3.3.2. De gebrekkige bewapening van de
manschappen ter plaatse en de moeizame verdeling van wapens en munitie
3.3.3.3. De slechte staat van de CVRT’s . . .

281

.

.

.

.

.

248
248
249
249
251
254

285
291

185
189
195
199
200

3.2.3. Sur le plan technico-militaire . . . . . .
3.2.3.1. Le rapport de la mission de reconnaissance au Rwanda, connu sous le nom
de rapport Recce . . . . . . .

203

3.2.3.2. Les négociations sur les effectifs . .
3.2.3.3. L’absence d’un second contingent
crédible . . . . . . . . . .
3.2.3.4. Les différentes missions dont la QRF
(Quick Reaction Force) . . . . .

207

3.3. Le déroulement de l’opération MINUAR

.

.

.

205

213
216
221
224
227
230
234

.

237

3.3.1. L ’appréciation de la dégradation de la situation
politique . . . . . . . . . . . . .

237

3.3.2. L’appréciation au Rwanda et le suivi de la
menace contre le KIBAT/la MINUAR . . .
3.3.2.1. L’appréciation de la menace contre le
KIBAT/la MINUAR au Rwanda . .
(1) Le rapport du groupe ad hoc
Rwanda . . . . . . . . .
(2) Le plan visant à empoisonner les
Casques bleus belges . . . . .
(3) Les informations de « Jean-Pierre »
(4) L ’appréciation de la menace contre
les Belges . . . . . . . .
3.3.2.2. L’appréciation en Belgique de la
menace contre le KIBAT/la MINUAR .
(1) Par les autorités militaires . . .
(2) Par les autorités politiques . . .
a) Au Rwanda . . . . . . .
b) En Belgique . . . . . . .
(3) Autres sources d’information . .
3.3.3. Les problèmes opérationnels . . . . . .
3.3.3.1. La demande de munitions supplémentaires . . . . . . . . . . .
3.3.3.2. L’armement insuffisant des hommes
sur le terrain et la difficile distribution
des armes et des munitions . . . .
3.3.3.3. Le mauvais état des CVRT . . . .

248
248
249
249
251
254
267
267
271
271
272
278
280
281

285
291

1 - 611/7 - 1997/1998

(6)

Blz.

3.3.3.4. Het aantal manschappen en het ontbreken van een eigen reserve . . . . .
3.3.3.5. Het ontbreken van een operationele en
geloofwaardige QRF . . . . . .
3.3.3.6. De moeilijkheden met de andere buitenlandse contingenten . . . . . .
3.3.3.7. De verspreiding van de kantonnementen . . . . . . . . . . . .
3.3.3.8. De moeizame totstandkoming van het
evacuatieplan en het ontbreken van een
« worst »-case scenario . . . . . .
3.3.3.9. De voorbereiding van KIBAT II . .
3.3.3.10. De problemen inzake communicatie .
3.3.3.11. De moeizame verzameling en
gebrekkige aanwending van inlichtingen . . . . . . . . . . .
(1) Het niet-bestaan van een VNinlichtingendienst . . . . . .
(2) De poging tot organisatie van
inlichtingendiensten op de verschillende echelons te Kigali . .
(3) De inlichtingen vanuit de militair
technische samenwerking . . .
(4) De samenwerking met buitenlandse en Rwandese inlichtingendiensten . . . . . . .
(5) De verwerking van de inlichtingen
op de verschillende echelons te
Kigali en te Evere . . . . .
(6) De werking van het SGR te Evere
(7) De doorstroming van de inlichtingen naar de politieke autoriteiten
en de coördinatie tussen de ministeries van Landsverdediging en
Buitenlandse Zaken . . . . .
a) Landsverdediging . . . . .
b) Buitenlandse Zaken . . . .
c) De coördinatie tussen beide
ministeriële departementen . .
3.3.3.12. De samenwerking met de lokale
Rwandese strijdkrachten . . . . .
(1) UNCIVPOL en de samenwerking
(2) Wat was de houding van de Rwandese rijkswacht tijdens gezamenlijke operaties met UNCIVPOL en UNAMIR ? . . . . .
(3) De samenwerking tijdens de gebeurtenissen van 6 en 7 april . .
3.3.4. Het gedrag van de Belgische troepen . . . .
3.3.4.1. Het gedrag van de troepen met dienst .
3.3.4.2. Het gedrag van de soldaten buiten
dienst . . . . . . . . . . .
3.4. De uitvoering van het mandaat en van de ROE .

.

294
296
301
302

306
313
318

322

323

326
333

335

337
345

Pages

3.3.3.4. Le nombre d’hommes et l’absence
d’une réserve propre . . . . . .
3.3.3.5. L’absence d’une QRF opérationnelle et
crédible . . . . . . . . . .
3.3.3.6. Les difficultés avec les autres contingents étrangers . . . . . . . .
3.3.3.7. La dispersion des cantonnements . .
3.3.3.8. La mise au point laborieuse du plan
d’évacuation et l’absence de scénario
catastrophe . . . . . . . . .
3.3.3.9. La préparation de KIBAT II . . . .
3.3.3.10. Les problèmes de communication . .
3.3.3.11. La difficile collecte et l’utilisation
insuffisante des renseignements . .
(1) Le fait qu’il n’existait pas de
service de renseignements de
l’ONU . . . . . . . . .
(2) La tentative d’organisation de
services de renseignements aux
divers niveaux à Kigali . . . .
(3) Les renseignements provenant de
la coopération technique militaire
(4) La collaboration avec les services
de renseignements rwandais et
étrangers . . . . . . . .
(5) Le traitement des renseignements
aux divers échelons à Kigali et à
Evere . . . . . . . . .
(6) Le fonctionnement du SGR à Evere

362

(7) L’information des autorités politiques et la coordination entre les
Ministères de la Défense nationale
et des Affaires étrangères . . .
a) Défense nationale . . . . .
b) Affaires étrangères . . . . .
c) La coordination entre les deux
départements ministériels . .
3.3.3.12. La collaboration avec les forces rwandaises armées . . . . . . . .
(1) UNCIVPOL et la collaboration .
(2) Quelle a été l ’attitude de la gendarmerie rwandaise au cours des
opérations avec UNCIVPOL et la
MINUAR ? . . . . . . . .
(3) La collaboration pendant les événements des 6 et 7 avril . . . .

365
366

3.3.4. Le comportement des troupes belges . . . .
3.3.4.1. Le comportement des troupes en service

348
348
352
355
356
357

358

375

.

377

3.4.1. De interpretatie van het mandaat . . . . .
3.4.1.1. Het mandaat . . . . . . . . .
(1) Historisch overzicht van het
mandaat . . . . . . . . .

377
377
377

3.3.4.2. L’attitude des soldats hors service .
3.4. L’exécution du mandat et des ROE

.

.

.

301
302

306
313
318

322

323

326
333

335

337
345

348
348
352
355
356
357

358
362
365
366
375

.

377
377
377

.

.

296

3.4.1. L’interprétation du mandat . . . . . . .
3.4.1.1. Le mandat . . . . . . . . .
(1) L’historique du mandat .

.

.

294

.

.

377

(7)

1 - 611/7 - 1997/1998

Blz.

(2) De evaluatie van het mandaat . .
(3) De uitvoering van het mandaat ter
plaatse . . . . . . . . .
3.4.1.2. De ROE . . . . . . . . . .
(1) De definitie . . . . . . . .
(2) De interpretatie van de ROE . .
(3) De toepassing ter plaatse . . . .
3.4.2. De bijdrage van UNAMIR tot de handhaving
van de veiligheid in Kigali en de gedemilitariseerde zone . . . . . . . . . . .
3.4.2.1. De « Kigali Weapon Secure Area »
(KWSA) . . . . . . . . . .
3.4.2.2. De veiligheidspatrouilles . . . . .
3.4.2.3. Road Blocks . . . . . . . . .
3.4.3. De pogingen van België om het mandaat of de
ROE te wijzigen of om de troepensterkte te
verhogen . . . . . . . . . . . . .
3.5. De gebeurtenissen van 6 en 7 april 1994 .

.

379
381
383
383
385
386

. . .
sur le
. . .
. . .
. . .
. . .
. . .

379
381
383
383
385
386

389
391
392

389
391
392

392

3.4.3. Les tentatives de la Belgique de changer le
mandat, les ROE ou d’accroı̂tre les effectifs . .

392

388

.

.

397

3.5.1. De aanslag op het presidentiële vliegtuig .

.

.

3.5.2. De moord op de tien paracommando’s . . .
3.5.2.1. De houding van generaal Dallaire en
van de speciale vertegenwoordiger van
de VN Booh Booh . . . . . . .
(1) Welke waren de omstandigheden
waarin generaal Dallaire de beslissing nam tot een escorteopdracht
van 7 april ? . . . . . . . .
(2) Was generaal Dallaire op de hoogte
van de situatie waarin de groep
Lotin zich bevond ? . . . . .
(3) Wat weerhield generaal Dallaire
om een initiatief te nemen ? . . .
3.5.2.2. De houding van majoor Maggen . .
3.5.2.3. De houding van kolonel Dewez en
majoor Choffray . . . . . . .
(1) Was de situatie waarin de groep
Lotin zich bevond voor 9 uur alarmerend ? . . . . . . . . .
(2) Was de situatie waarin de groep
Lotin zich bevond na 9 uur verontrustend ? . . . . . . . . .
(3) Werd het opzetten van een interventie ter ontzetting van de groep Lotin
overwogen of aangeboden . . .

(5) Was een interventie ter ontzetting
strijdig met de ROE ? . . . . .
(6) Waarom bleef kolonel Dewez
betrouwen op een interventie van de
gendarmerie of de FAR ? . . . .
(7) Valt de houding van kolonel Dewez
te verklaren door psychologische
ontwapening ? . . . . . . .

(2) L’évaluation du mandat .
(3) L’application du mandat
terrain . . . . . .
3.4.1.2. Les ROE . . . . . . .
(1) La définition . . . .
(2) L’interprétation des ROE
(3) L’application sur le terrain

3.4.2. La contribution de la MINUAR au maintien de
la sécurité de la ville de Kigali et dans la zone
démilitarisée . . . . . . . . . . .
3.4.2.1. La « Kigali Weapon Secure Area »
(KWSA) . . . . . . . . . .
3.4.2.2. Les patrouilles de sécurité . . . .
3.4.2.3. Les Road Blocks . . . . . . .

.

(4) Wisten of konden kolonel Dewez en
de andere betrokken Belgische officieren weten waar de groep Lotin
gevangen werd gehouden ? . . .

Pages


.

.

.

.

397

397

3.5.1. L’attentat contre l’avion présidentiel .

.

.

.

397

401

401

439

3.5.2. L’assassinat de dix paracommandos . . . .
3.5.2.1. Le comportement du général Dallaire et
du représentant spécial de l’ONU
M. Booh Booh . . . . . . . .
(1) Quelles furent les circonstances
dans lesquelles le général Dallaire
prit la décision d’une mission
d’escorte le 7 avril ? . . . . .
(2) Le général Dallaire était-il au
courant de la situation dans laquelle
se trouvait le groupe Lotin ? . . .
(3) Qu’est-ce qui empêchait le général
Dallaire de prendre une initiative ? .
3.5.2.2. Le comportement du major Maggen .
3.5.2.3. Le comportement du colonel Dewez et
du major Choffray . . . . . . .
(1) La situation dans laquelle se trouvait le groupe Lotin avant 9 heures
était-elle alarmante ? . . . . .
(2) La situation dans laquelle se trouvait le groupe Lotin après 9 heures
était-elle inquiétante ? . . . . .
(3) La mise au point d’une intervention
en vue de délivrer le groupe Lotin at-elle été envisagée ou proposée ? .

442

(4) Le colonel Dewez et les autres officiers belges concernés savaient-ils
ou pouvaient-ils savoir où le groupe
Lotin était détenu ? . . . . .

418

419

421
422
425
429

431

436

446

448

450

3.5. Les événements des 6 et 7 avril 1994 .

.

388

(5) Une intervention de dégagement
était-elle contraire aux ROE ? . .
(6) Pourquoi le colonel Dewez a-t-il
persisté à croire en une intervention
de la gendarmerie ou de la FAR ? .
(7) L’attitude du colonel Dewez peutelle s’expliquer par « le désarmement psychologique » ? . . . .

418

419

421
422
425
429

431

436

439

442

446

448

450

1 - 611/7 - 1997/1998

(8)

Blz.

3.5.2.4. De houding van kolonel Marchal
3.5.3. De moord op Belgische burgers
3.6. De genocide .

.

.

457

.

.

.

.

.

461

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

466

3.6.1. Inleiding .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

Pages

3.5.2.4. L’attitude du colonel Marchal
3.5.3. L’assassinat des citoyens belges

.

457

.

.

.

.

.

461

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

466

466

3.6.1. Introduction .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

466

. .
. .

467
467

467
467

3.6.2.2. Erkenning van de genocide in Rwanda
(1) De genocide van de Tutsi’s . . .
(2) De moord op de Hutu’s . . . .

468
468
469

3.6.2. Définition et la reconnaissance . . . . . .
3.6.2.1. Définition de la notion de génocide . .
3.6.2.2. Reconnaissance du génocide au
Rwanda . . . . . . . . . .
(1) Le génocide des Tutsis . . . .
(2) L’assassinat des Hutus . . . .

470

3.6.3. Le déroulement du génocide

470

3.6.3. Het verloop van de genocide

.

.

.

.

.

.

3.6.4. De planning van de genocide — Schending van
de mensenrechten . . . . . . . . . .
3.6.4.1. Planning — Algemeen . . . . .
3.6.4.2. Oprichting van milities . . . . .
3.6.4.3. Aanleggen van lijsten met te vermoorden personen . . . . . . . . .
3.6.4.4. Aankoop van machetes . . . . .
3.6.4.5. Andere wijzigingen inzake de voorbereiding van een genocide . . . . .

.

.

.

3.6.2. Definitie en erkenning . . . . . .
3.6.2.1. Definitie van het begrip genocide

3.6. Le génocide .

.

.

.

.

.

.

.

468
468
469

486

3.6.4. La planifcation du génocide — Violation des
droits de l’homme . . . . . . . . . .
3.6.4.1. Planification — Généralités . . . .
3.6.4.2. Création des milices . . . . . .
3.6.4.3. Constitution de listes de personnes à
tuer . . . . . . . . . . . .
3.6.4.4. Achats de machettes . . . . . .
3.6.4.5. Autres éléments révélateurs de la planification du génocide . . . . . .

3.6.5. Gegevens in verband met de voorbereiding van
de genocide waarover België beschikte . . .

492

3.6.5. Éléments dont disposait la Belgique quant à la
planification du génocide . . . . . . .

492

3.7. Moordpartijen toegeschreven aan het FPR .

3.7. Les massacres attribués au FPR .

3.8. Terugtrekking van de Belgische troepen .

476
476
482
484
485

.

.

506

476
476
482
484
485
486

.

.

.

.

.

506

.

.

.

.

508

3.8. Le retrait des troupes belges .

.

.

.

.

.

.

.

.

508

.

.

.

.

.

508

3.8.1. Le climat a Kigali .

.

.

.

.

.

.

.

.

508

3.8.2. Chronologie van de gebeurtenissen

.

.

.

.

518

3.8.2. Chronologie des événements

.

.

.

.

.

.

518

3.8.3. Besluit tot terugtrekking van de troepen . . .
3.8.3.1. Pogingen om het mandaat te wijzigen
en evacuatie van de burgers . . . .
3.8.3.2. De terugtrekking van de Belgische troepen . . . . . . . . . . . .
(1) De beslissing . . . . . . .
(2) De reactie van de VN . . . . .
(3) De reactie van de militairen ter
plaatse, van de Generale Staf en van
de troepen . . . . . . . .

525

525

525

3.8.3. La décision de retrait des troupes . . . . .
3.8.3.1. Les tentatives de modifier le mandat et
l’évacuation des ressortissants . . .

540
540
544

3.8.3.2. Le retrait des troupes belges . . . .
(1) La décision . . . . . . . .
(2) La réaction de l’ONU . . . . .

540
540
544

3.8.1. Situatie te Kigali

.

.

.

.

.

3.8.3.3. Campagne van België om de leden van
de Veiligheidsraad te overtuigen operatie UNAMIR op te heffen . . . . .
(1) Belgische campagne . . . . .
(2) De houding van de VN . . . .
3.8.4. Gevolgen van de niet-verstreking van
UNAMIR, van de niet-toepassing van artikel 17
van de ROE en van de gedeeltelijke terugtrekking . . . . . . . . . . . . .
3.8.4.1. Niet-toepassing van artikel 17 van de
ROE . . . . . . . . . . .
3.8.4.2. Impact van de terugtrekking op de
genocide . . . . . . . . . .
3.8.4.3. Reacties in België . . . . . . .
(1) In het Parlement . . . . . .

545

546
546
553

.

(3) La réaction des militaires sur place,
l’état-major et les troupes . . .
3.8.3.3. La campagne de la Belgique visant à
convaincre les membres du Conseil de
sécurité de suspendre entièrement
l’opération MINUAR . . . . . .
(1) La campagne belge . . . . .
(2) L’attitude de l’ONU . . . . .

525

545

546
546
553

555

3.8.4. Conséquences du non-renforcement de la
MINUAR, de la non-application de l’article 17
des ROE et du retrait partiel . . . . . . .
3.8.4.1. Non-application de l’article 17 des
ROE . . . . . . . . . . .

555

557
562
562

3.8.4.2. Impact du retrait sur le génocide . .
3.8.4.3. Réactions en Belgique . . . . . .
(1) Au Parlement . . . . . . .

557
562
562

555

555

(9)

1 - 611/7 - 1997/1998

Blz.


Pages


(2) De pers en de publieke opinie . .
3.8.4.4. Evaluatie van de beslissing . . . .

563
564

(2) La presse et l’opinion publique . .
3.8.4.4. Évaluation de la décision . . . . .

563
564

3.8.5. Het drama van de École Technique Officielle
(ETO) van de Salesianen van Don Bosco . .

566

3.8.5. Le drame de l’ETO (École Technique Officielle
des Pères Salésiens de Don Bosco) . . . .

566

570

3.9. Aperçu des activités parlementaires concernant les
événements du Rwanda (période janvier 1993-août
1994) . . . . . . . . . . . . . . . .

570

3.9.1. De periode van 1 januari 1993 tot 19 november
1993 (datum van de Belgische beslissing om deel
te nemen aan UNAMIR) . . . . . . . .

571

3.9.1. La période du 1er janvier 1993 au 19 novembre
1993 (date de la prise de décision de la Belgique
de participer à la MINUAR) . . . . . .

571

3.9.2. De periode van 20 november 1993 (deelname
van België aan UNAMIR) tot 5 april 1994 . .

572

3.9.2. La période du 20 novembre 1993 (participation
de la Belgique à la MINUAR) au 5 avril 1994 .

572

3.9.3. De periode na de gebeurtenissen van 6 en 7 april
1994 . . . . . . . . . . . . . .

573

3.9.3. La période suivant les événements du 6 et 7 avril
1994 . . . . . . . . . . . . . .

573

3.9.4. De volkenmoord

.

574

3.9.4. Le génocide .

.

574

3.9.5. De terugtrekking van de Belgische UNAMIRtroepen . . . . . . . . . . . . .

575

3.9.5. Le retrait des troupes belges de la MINUAR

.

575

3.9.6. Evaluatie en politieke conclusies van de gebeurtenissen en van het Belgische Afrika-beleid . .

582

3.9.6. Évaluation des événements et de la politique
belge à l’égard de l’Afrique et conclusions politiques à leur propos . . . . . . . . . .

582

3.10. Opvang en begeleiding van de familieleden van de
slachtoffers . . . . . . . . . . . . .

585

3.10. L’accueil et l’accompagnement des membres de la
famille des victimes . . . . . . . . . . .

585

3.9. Overzicht van de parlementaire werkzaamheden met
betrekking tot de gebeurtenissen in Rwanda (periode
januari 1993-augustus 1994) . . . . . . . .

.

.

3.10.1. In het crisiscentrum .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

585

3.10.1. Au centre de crise

.

.

.

.

.

.

.

.

585

3.10.2. De mededeling aan de families

.

.

.

.

.

586

3.10.2. L’annonce aux familles .

.

.

.

.

.

.

.

586

3.10.3. Afscheid van de paracommando’s

.

.

.

.

588

3.10.3. L’adieu aux paracommandos .

.

.

.

.

.

588

3.10.4. Gebrekkige psychologische, sociale en medische begeleiding . . . . . . . . .

589

3.10.4. L’accompagnement psychologique, social et
médical déficient . . . . . . . . . .

589

3.10.5. De schikkingen voor de nabestaanden .

.

590

3.10.5. Les dispositions à l’égard des proches parents

590

3.11. Het dossier RTLM (Radio Télévision des Mille
Collines) . . . . . . . . . . . . . .

590

3.11. Le dossier RTLM (Radio Télévision des Mille Collines) . . . . . . . . . . . . . . . .

590

.

3.11.1. De rol van RTLM . . . . . . . . .
3.11.1.1. De rol van RTLM bij het tot stand
komen van een anti-Belgische
campagne en een campagne tegen
UNAMIR . . . . . . . .
(1) De periode einde 1993 tot 6 april
1994 . . . . . . . . .

591

(2) De periode na 6 april 1994 . .
3.11.1.2. De rol van RTLM met betrekking
tot de genocide . . . . . . .

597

3.11.2. Door wie en met welke middelen werd
RTLM opgericht ? . . . . . . . . .
3.11.2.1. De oprichting van RTLM . . .
3.11.2.2. De mogelijke bindingen tussen
RTLM en de hoogste kringen in
Kigali . . . . . . . . . .
3.11.2.3. Zijn er connecties tussen RTLM en
Belgische of Europese actoren ? .
(1) Georges Ruggiu . . . . .
(2) De opleiding van Rwandese
communicatietechnici in Brussel . . . . . . . . .

.

.

3.11.1. Le rôle de RTLM .

.

.

.

.

.

.

.

.

591

599

3.11.1.1. Le rôle de RTLM dans le développement d’une campagne anti-belge
et anti-MINUAR . . . . . .
(1) La période allant de fin 1993 au
6 avril 1994 . . . . . . .
(2) La période postérieure au 6 avril
1994 . . . . . . . . .
3.11.1.2. Le rôle de RTLM en ce qui concerne
le génocide . . . . . . . .

599

604
604

3.11.2. Par qui et avec quels moyens RTLM a-t-elle
été fondée ? . . . . . . . . . . .
3.11.2.1. La fondation de RTLM . . . .

604
604

592
592

606
609
609

612

3.11.2.2. Les liens éventuels entre RTLM et
les plus hautes sphères de Kigali .
3.11.2.3. Existent-ils des liens entre RTLM et
des acteurs belges ou européens ? .
(1) Georges Ruggiu . . . . .
(2) La formation à Bruxelles de
techniciens en communication
rwandais . . . . . . .

592
592
597

606
609
609

612

1 - 611/7 - 1997/1998

( 10 )

Blz.

(3) De betrokkenheid van Belgische
en Europese politieke groeperingen . . . . . . . .

Pages


612

(3) L’implication de groupes politiques belges et européens . .

612

3.11.3. Was België op de hoogte van de rol van
RTLM en de betrokkenheid van de Rwandese hoogste politieke autoriteiten ? . . .

619

3.11.3. La Belgique était-elle au courant du rôle joué
par RTLM et de l’implication des plus hautes
autorités politiques rwandaises ? . . . .

619

3.11.4. De acties die de Belgische autoriteiten ondernamen tegen RTLM . . . . . . . .

621

3.11.4. Les actions que les autorités belges ont entreprises contre RTLM . . . . . . . .

621

3.11.4.1. Diplomatieke acties

.

.

.

.

.

621

3.11.4.1. Actions diplomatiques

3.11.4.2. De militaire acties .

.

.

.

.

.

623

3.11.4.2. Actions militaires .

3.12. Officieuze politieke en privé-kanalen

.

.

.

.

.

627

.

.

.

.

.

627

3.12.1. Introduction .

3.12.2. De houding van de Christen Democratische
Internationale ten aanzien van de democratisering in Rwanda . . . . . . . . .
3.12.3. De rol van mevrouw De Backer .

3.12.1. Inleiding .

.

.

.

.

.

.

.

.

621

.

.

.

623

3.12. Les canaux politiques et privés officieux

.

.

.

.

627

.

.

.

.

627

628

3.12.2. L’attitude de l’Internationale démocratechrétienne vis-à-vis de la démocratisation au
Rwanda . . . . . . . . . . . .

628

.

.

.

.

.

.

.

648

3.12.3. Le rôle de Mme De Backer .

.

.

.

648

3.12.4. De opdracht van advocaat Johan Scheers .

.

653

3.12.4. La mission de l’avocat Johan Scheers .

.

.

653

3.13. De gerechtelijke en administratieve dossiers met
betrekking tot de Rwandezen in België . . . . .

656

3.13. Les dossiers judiciaires et administratifs relatifs aux
Rwandais en Belgique . . . . . . . . . .

656

3.13.1. Problematiek van de vluchtelingen en de
asielzoekers in België . . . . . . . .

656

3.13.1. La problématique des réfugiés et demandeurs
d’asile en Belgique . . . . . . . . .

656

3.13.2. Gerechtelijke dossiers betreffende Rwandezen in België . . . . . . . . . . .

664

3.13.2. Les dossiers judiciaires relatifs aux Rwandais
en Belgique . . . . . . . . . . .

664

.

.

.

.

.

3.14. De Belgisch-Rwandese samenwerking .

.

.
.

.

.

.

682

3.14. La coopération belgo-rwandaise .

.

.

.

.

.

.

.

.

682

3.14.1. Structuur van de samenwerking met Rwanda

682

3.14.1. Structure de la coopération avec le Rwanda .

682

3.14.1.1. Multilaterale samenwerking en
internationale samenwerking . .

682

3.14.1.1. Coopération multilatérale et la
coopération internationale . . .

682

3.14.1.2. Directe bilaterale samenwerking

.

683

3.14.1.2. Coopération bilatérale directe

.

683

3.14.1.3. Indirecte bilaterale samenwerking .

683

3.14.1.3. Coopération bilatérale indirecte

.

683

3.14.1.4. Militaire samenwerking .

3.14.1.4. Coopération militaire .

.

.

.

691

.

.

.

693

3.14.2.1. Multilaterale samenwerking .

.

.

693

3.14.2.1. Coopération multilatérale

3.14.2.2. Bilaterale samenwerking .

.

.

.

695

3.14.2.2. Coopération bilatérale

3.14.2.3. De NGO’s

.

.

.

.

696

3.14.2.3. Les ONG .

.

3.14.2.4. Militaire samenwerking .

.

.

.

698

3.14.2.4. Coopération militaire .

3.15. Behandeling van het Rwanda-dossier door de militaire overheden . . . . . . . . . . . .
HOOFDSTUK 4 : DISFUNCTIES,
VERANTWOORDELIJKHEDEN . .

.

.

.

.

.

691

.

.

.

.

693

.

.

.

693

.

.

.

.

695

.

.

.

.

696

.

.

.

.

698

699

3.15. Le traitement du dossier Rwanda par les autorités
militaires . . . . . . . . . . . . . .

699

702

CHAPITRE 4 : DYSFONCTIONNEMENTS, ERREURS
ET RESPONSABILITÉS . . . . . . . . . . .

702

4.1. De gebrekkige besluitvorming binnen de VNVeiligheidsraad bij het zenden van een vredesmacht
naar Rwanda . . . . . . . . . . . . .

704

4.1. Les déficiences des Nations unies dans le processus
décisionnel du Conseil de sécurité lors de l’envoi d’une
force de paix au Rwanda . . . . . . . . . .

704

4.2. De gebreken in de Belgische besluitvorming tot deelname aan de UNAMIR-vredesoperatie . . . . .

705

4.2. Les déficiences dans la prise de décision par la Belgique
de participer à l’opération de paix MINUAR . . .

705

3.14.2. Evaluatie .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

FOUTEN
. . . .

EN
. .

3.14.2. Évaluation

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

( 11 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Blz.

4.3. Het ontbreken van een afdoende technische voorbereiding van de Belgische UNAMIR-troepen . . . .

4.4. De gebrekkige werking van het VN-secretariaat en de
DPKO (Department Peacekeeping Operations) tijdens
de duur van de missie . . . . . . . . . . .

707

Pages

4.3. Le manque de préparation technique efficace des troupes belges de la MINUAR . . . . . . . . .

708

Le fonctionnement déficient du secrétariat des
Nations unies et du DPKO (Departement Peacekeeping Operations) au cours de la mission . . . . .

708

4.5. De gebrekkige werking van de Generale Staf en het
operationeel centrum te Evere tijdens de operatie . .

709

4.5. Le fonctionnement déficient de l’état-major général et
du centre d’opérations d’Evere au cours de l’opération

709

4.6. Het ontbreken van een inlichtingendienst ter plaatse en
van een efficiënte analysecapaciteit . . . . . .

711

4.6. L’absence d’un service de renseignements sur place et
d’une capacité d’analyse efficace . . . . . . .

711

4.7. De weigering bescherming te verlenen aan de informant Jean-Pierre . . . . . . . . . . . .

713

4.7. Le refus d’accorder une protection à l’informateur
Jean-Pierre . . . . . . . . . . . . . .

713

4.8. De gebrekkige coördinatie tussen het departement
Landsverdediging en de Generale Staf van het leger .

713

4.8. La coordination déficiente entre le département de la
Défense nationale et l’État-major général de l’armée .

713

4.9. De gebrekkige opvolging van het Rwandese dossier
door de Ministerraad en de departementen van
Landsverdediging en Buitenlandse Zaken . . . .

713

4.9. Le suivi déficient du dossier du Rwanda par le Conseil
des ministres et les départements de la Défense nationale et des Affaires étrangères . . . . . . . .

713

4.10. De zwakke diplomatieke inspanningen ter versterking van het UNAMIR-mandaat . . . . . .

714

4.10. La faiblesse des efforts diplomatiques visant à renforcer le mandat de la MINUAR . . . . . . . .

714

4.11. De foutieve inschatting van de toestand en passieve
houding op 7 april 1994 door de speciale vertegenwoordiger van de VN-secretaris-generaal en de
hogere UNAMIR-officieren . . . . . . . .

715

4.11. La mauvaise appréciation de la situation et l’attitude
passive, le 7 avril 1994, du représentant spécial du
secrétaire général de l’ONU et des officiers supérieurs
de la MINUAR . . . . . . . . . . . .

715

4.12. De tekortkomingen in de opvang en de begeleiding
van de families van de slachtoffers . . . . . .

717

4.12. Les manquements dans l’accueil et l’accompagnement des familles des victimes . . . . . . .

717

4.13. De eenzijdige beslissing om de Belgische UNAMIRtroepen terug te trekken . . . . . . . . . .

718

4.13. La décision unilatérale de retirer les troupes belges de
la MINUAR . . . . . . . . . . . . .

718

4.14. Het uitblijven van enig doelmatig optreden jegens
RTLM . . . . . . . . . . . . . . .

720

4.14. L’absence d’une réaction efficace contre RTLM .

.

720

4.15. De inmenging van officieuze politieke kanalen en
tussenpersonen . . . . . . . . . . . .

721

4.15. L’immixtion de canaux politiques officieux et
d’intermédiaires . . . . . . . . . . . .

721

4.16. De misleidende afhandeling van het Rwanda-dossier
door de militaire overheden . . . . . . . .

721

4.16. Le traitement orienté du dossier Rwanda par les
autorités militaires . . . . . . . . . . .

721

721

4.17. La présence de réfugiés rwandais en Belgique —
L’éventualité de protections dans le traitement des
dossiers judiciaires . . . . . . . . . . .

721

4.17. De aanwezigheid van Rwandeze vluchtelingen in
België — De mogelijke bescherming bij het behandelen van gerechtelijke dossiers . . . . . . . .

4.4.

707

1 - 611/7 - 1997/1998

( 12 )

Blz.

HOOFDSTUK 5 : AANBEVELINGEN

.

.

.

.

.

.

723

Pages

CHAPITRE 5 : RECOMMANDATIONS .

.

.

.

.

.

723

( 13 )

1 - 611/7 - 1997/1998

HOOFDSTUK I

CHAPITRE Ier

INSTELLING, OPDRACHT
EN WERKWIJZE
VAN DE COMMISSIE

INSTALLATION, MISSION
ET MÉTHODE DE TRAVAIL
DE LA COMMISSION

1.1. ONTSTAAN EN INSTELLING

1.1. GENÈSE ET INSTALLATION

In het kader van de bespreking van het regeringsbeleid inzake de gebeurtenissen in Rwanda (1993-1994),
onderzocht de senaatscommissie voor de Buitenlandse Aangelegenheden onder meer het voorstel tot
instelling van een parlementaire onderzoekscommissie belast met het onderzoek naar de factoren die de
Belgische politiek hebben bepaald in de maanden
voorafgaand aan, tijdens het uitbreken en tijdens de
uitvoering van de genocide in Rwanda (1) en het
voorstel houdende instelling van een parlementaire
commissie van onderzoek naar de moord op tien
Belgische blauwhelmen en de voorbereiding van de
volkenmoord in Rwanda (2).

Dans le cadre de l’évaluation de la politique du
Gouvernement face aux événements du Rwanda
(1993-1994), la Commission des Affaires étrangères
du Sénat a examiné notamment la proposition visant
à instituer une commission d’enquête parlementaire
chargée d’enquêter sur les facteurs ayant déterminé la
politique de la Belgique dans les mois qui ont précédé
le génocide au Rwanda, lors de celui-ci et pendant son
exécution (1) et la proposition visant à instituer une
commission d’enquête parlementaire sur l’assassinat
de dix Casques bleus belges et sur la préparation du
génocide au Rwanda (2).

Naar aanleiding hiervan richtte de commissie een
brief tot de ministers van Buitenlandse Zaken en van
Landsverdediging, met de vraag tot toezending van de
« informatieve nota’s die gedurende de maanden
voorafgaand aan de moord op tien Belgische Blauwhelmen en de volkenmoord in Rwanda, bij hun
departement en kabinet zijn aangekomen ». Dit verzoek stuitte op terughoudendheid vanwege de regering die zich beriep op de vertrouwelijkheid van de
informatie en de bescherming van haar bronnen : de
dossiers bevatten immers stukken van de inlichtingendiensten en verwijzen naar « informatie van
derden wiens identiteit niet kan of mag vrijgegeven
worden ».

À cette occasion, la commission a écrit au ministre
des Affaires étrangères et au ministre de la Défense
nationale pour leur demander de lui transmettre « les
notes d’information qui sont parvenues à leur département ou à leur cabinet pendant les mois qui ont
précédé l’assassinat des dix Casques bleus belges et le
génocide au Rwanda ». Cette requête a été accueillie
avec des réserves par le Gouvernement, qui a invoqué
la confidentialité de l’information et la nécessité de
protéger ses sources. Les dossiers contiennent en effet
des pièces qui proviennent des services de renseignements et mentionnent des « informations émanant de
tiers dont il n’est pas possible ou souhaitable de divulguer l’identité ».

Tijdens de lente en de zomer van 1996 was er bij het
publiek een petitie rondgegaan die meer dan 200 000
handtekeningen heeft gekregen.

Au cours du printemps et de l’été 1996, une pétition
a circulé dans le public et a recueilli plus de 200 000
signatures.

Beide ministers gaven op 27 juni 1996 een uiteenzetting over de tijdens bedoelde periode ontvangen
informatie, echter zonder overhandiging van documenten.

Le 27 juin 1996, les deux ministres ont fait un
exposé sur les informations reçues pendant la période
visée, mais sans remettre de documents.

Daar de commissie hiermee geen genoegen nam,
werd het probleem voorgelegd aan het Bureau van de
Senaat, waar in overleg met de regering een compromisvoorstel werd uitgewerkt waarbij zowel het principe van de ministeriële verantwoordingsplicht tegenover het Parlement als het principe van de vertrouwelijkheid van bepaalde documenten werd geëerbiedigd.

La commission ne se contentant pas de cette solution, le problème fut soumis au bureau du Sénat qui,
en concertation avec le Gouvernement, élabora une
proposition de compromis respectant à la fois le principe de l’obligation de rendre des comptes au Parlement et le principe de la confidentialité de certains
documents.

Dit voorstel werd door de commissie voor de Buitenlandse Aangelegenheden lichtjes geamendeerd en
vervolgens eenparig goedgekeurd.

La Commission des Affaires étrangères adopta la
proposition à l’unanimité, après l’avoir légèrement
amendée.

——————

——————

(1) Senaat, voorstel Coveliers, Gedr. St. 1-234-1.
(2) Senaat, voorstel Destexhe, Gedr. St. 1-259-1.

(1) Sénat, proposition Coveliers, Doc. 1-234-1.
(2) Sénat, proposition Destexhe, Doc. 1-259-1.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 14 )

In overeenstemming met dit akkoord besloot de
commissie voor de Buitenlandse Aangelegenheden
eenparig op 24 juli 1996 :

Le texte de la décision unanime prise par la
Commission des Affaires étrangères le 24 juillet 1996
est libellé comme suit :

« — een ad-hocgroep op te richten om bij de
departementen Buitenlandse Zaken en Landsverdediging de documenten te raadplegen die betrekking
hebben op de gebeurtenissen in Rwanda tussen het
sluiten van de akkoorden van Arusha in augustus
1993 en het begin van de genocide in april 1994;

« — de mettre en place un groupe ad hoc pour
consulter les documents aux départements des Affaires étrangères et de la Défense concernant les événements qui se sont déroulés au Rwanda entre la conclusion des accords d’Arusha en août 1993 et le déclenchement du génocide en avril 1994;

— de heren André en Delva, emeritus voorzitters
van het Arbitragehof, en de heer Swaelen, voorzitter
van de Senaat, de heren Mahoux en Verhofstadt, ondervoorzitters van de Senaat, en de heer De Decker,
senator en voorzitter van de Brusselse Hoofdstedelijke Raad, te belasten met de opdracht de bovenbedoelde documenten en informatie te raadplegen, een
verslag op te stellen over de informatie in die documenten betreffende de bovenbedoelde periode, hun
verslag bij de Commissie in te dienen binnen een redelijke termijn en uiterlijk op 15 oktober 1996, en voor
de commissie te verschijnen om haar de nodige toelichting te verstrekken;

— de charger MM. André et Delva, présidents
émérites de la Cour d’arbitrage, et M. Swaelen, président du Sénat, MM. Mahoux et Verhofstadt, viceprésidents du Sénat, et M. De Decker, sénateur et
président du Conseil de la Région de BruxellesCapitale, de consulter les documents et informations
susvisés, d’établir un rapport sur les informations
contenues dans les documents relatifs à la période
susvisée, de déposer leur rapport devant la commission dans un délai raisonnable et au plus tard le
15 octobre 1996 et de se présenter devant la commission pour lui fournir tous éclaircissements utiles;

— van de leden van de ad-hocgroep de naleving
van de zwijgplicht te eisen wat de informatie betreft
die zij bij de uitvoering van hun opdracht hebben
ingewonnen;

— de requérir des membres du groupe ad hoc le
respect d’une obligation de discrétion en ce qui
concerne les informations recueillies à l’occasion de
l’accomplissement de leur mission;

— de werkzaamheden van de commissie over
hetzelfde onderwerp te schorsen tot wanneer de adhocgroep zijn verslag heeft ingediend. »

— jusqu’au dépôt du rapport du groupe ad hoc, de
suspendre les travaux de la commission sur le même
sujet. »

1.1.1. Ad-hocgroep-Rwanda

1.1.1. Le groupe ad hoc Rwanda

De voltallige vergaderingen van de ad-hocgroep
hadden plaats op 12 augustus 1996, 3 en 17 september
1996, 11 en 25 oktober 1996, 8, 22 en 29 november
1996, 4, 6, 9, 10, 13, 18 en 19 december 1996.

Les réunions plénières du groupe ad hoc ont eu lieu
les 12 août 1996, 3 et 17 septembre 1996, 11 et 25 octobre 1996, 8, 22 et 29 novembre 1996, 4, 6, 9, 10, 13, 18
et 19 décembre 1996.

Na korte tijd bleek dat het aantal te onderzoeken
documenten buitengewoon omvangrijk was en dat
daarenboven bijkomende informatie moest worden
ingewonnen; als gevolg hiervan stemde de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden in met het
verzoek tot verlenging van het mandaat van de groep
tot begin december 1996, en vervolgens tot begin
januari 1997.

Il est rapidement apparu que le volume des documents à examiner était considérable et qu’il faudrait
en outre recueillir des informations complémentaires.
En conséquence, la Commission des Affaires étrangères a accepté de prolonger le mandat du groupe de
travail jusqu’au début du mois de décembre 1996, et,
par la suite, jusqu’au début du mois de janvier 1997.

De opdracht van de ad-hocgroep bestond er in, na
te gaan over welke inlichtingen vervat in stukken en
documenten inzake Rwanda de Belgische burgerlijke
en militaire overheden beschikten tijdens de periode
tussen het akkoord van Arusha (4 augustus 1993) en
het begin van de genocide (april 1994). Die informatie
diende de senaatscommissie voor de Buitenlandse
Aangelegenheden de gegevens aan te reiken om haar
in staat te stellen de verantwoordelijkheid van de bij
de besluitvorming ter zake betrokken overheden en
beleidsorganen te beoordelen.

La mission du groupe ad hoc était d’établir de quelles informations relatives au Rwanda les autorités
civiles et militaires belges ont disposé pendant la
période comprise entre les accord d’Arusha (4 août
1993) et le déclenchement du génocide (avril 1994).
Cette connaissance devait permettre à la Commission
des Affaires étrangères du Sénat de déterminer si ces
mêmes autorités ont assumé correctement leurs
responsabilités en la matière.

( 15 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De ad-hocgroep ging ervan uit dat die verantwoordelijkheden betrekking hebben op de Belgische politiek t.a.v. Rwanda in de periode vóór de moord op de
Belgische para’s en de genocide; het deelnemen van
een Belgisch detachement aan UNAMIR, met o.m. de
problemen betreffende het statuut, de opdracht, de
« rules of engagement », de ter beschikking gestelde
middelen, enz.; de demarches bij de Organisatie van
de Verenigde Naties met het oog op de versterking
van het mandaat en de middelen van UNAMIR. Deze
verantwoordelijkheid van de Belgische regering strekt
zich niet uit tot de beslissingen van de VN zelf, noch
tot de beslissingen van de UNAMIR-commandoketen.

Pour définir sa mission, le groupe de travail est
parti du principe que les responsabilités concernaient
la politique suivie par la Belgique vis-à-vis du
Rwanda durant la période qui a précédé le meurtre
des paras belges et le déclenchement du génocide; la
participation d’un détachement belge à la MINUAR
avec notamment les problèmes relatifs au statut, à la
mission, aux « règles d’engagement », aux moyens mis
à disposition, etc.; la décision de retirer le détachement; les démarches entreprises auprès de
l’Organisation des Nations unies en vue de renforcer
le mandat et les moyens de la MINUAR. Cette
responsabilité du Gouvernement belge ne s’étend ni
aux décisions de l’ONU elle-même, ni aux décisions
qui ont été prises par la filière de commandement de la
MINUAR.

Gezien de erg vage en algemene formulering van
zijn opdracht, werd duidelijk afgesproken dat de adhocgroep zich strikt zou houden aan het noteren van
feiten, het verrichten van vaststellingen en eventueel
het evalueren van de waarde van bepaalde informaties.

Le groupe de travail a convenu, étant donné que sa
mission avait été définie de manière très vague et dans
des termes très généraux, de s’en tenir strictement à
noter les faits, à effectuer des constatations et, éventuellement, à évaluer la valeur de certaines informations.

Op 7 januari 1997 stelde de ad-hocgroep zijn verslag (1) aan de commissie voor de Buitenlandse Aangelegenheden voor. Nog dezelfde dag werd de pers
voorgelicht.

Le 7 janvier 1997, le groupe ad hoc a présenté son
rapport (1) à la Commission des Affaires étrangères.
La presse en a été informée le même jour.

Op 9 en 14 januari 1997 ging de commissie voor de
Buitenlandse Aangelegenheden over tot een gedachtewisseling over het rapport van de ad-hocgroep.

Les 9 et 14 janvier 1997, la Commission des Affaires
étrangères a procédé à un échange de vues à propos du
rapport du groupe ad hoc.

1.1.2. Bijzondere commissie-Rwanda

1.1.2. Commission spéciale Rwanda

Op 17 januari 1997 werd aan de plenaire vergadering van de Senaat een voorstel voorgelegd vanwege
het Bureau van de Senaat tot instelling van een bijzondere commissie-Rwanda. De commissie zou samengesteld worden uit de voorzitter van de Senaat en een
vertegenwoordiger van de fracties vertegenwoordigd
in het Bureau van de Senaat. De niet in het Bureau van
de Senaat vertegenwoordigde fracties konden een lid
aanwijzen met raadgevende stem.

Le 17 janvier 1997, le Bureau du Sénat a proposé, en
séance plénière du Sénat, la création d’une commission spéciale Rwanda. La commission se composerait
du Président du Sénat et d’un représentant des groupes politiques représentés au sein du Bureau du Sénat.
Les groupes politiques qui ne seraient pas représentés
au sein du Bureau pourraient désigner un membre
ayant voix consultative.

Op 28 januari 1997 werd het Bureau van de bijzondere commissie-Rwanda ingericht. De heer Swaelen,
voorzitter van de Senaat, was van rechtswege voorzitter, de heren Mahoux en Verhofstadt werden respectievelijk als eerste en tweede ondervoorzitter verkozen, de heer Destexhe als secretaris. De bijzondere
commissie werd verder samengesteld uit de heren
Caluwé en Hostekint, mevrouw Willame-Boonen, de
heer Ceder, de heer Anciaux (met raadgevende stem),
de heer Jonckheer (met raadgevende stem), mevrouw
Dua (met raadgevende stem).

Le 28 janvier 1997 a vu la composition du Bureau
de la commission spéciale Rwanda. M. Swaelen,
président du Sénat, étant président de plein droit,
MM. Mahoux et Verhofstadt ont été désignés respectivement en tant que premier vice-président et
deuxième vice-président, et M. Destexhe a été désigné
en tant que secrétaire. La commission spéciale était
composée en outre de MM. Caluwé et Hostekint,
Mme Willame-Boonen, M. Ceder, M. Anciaux (avec
voix consultative), M. Jonckheer (avec voix consultative), Mme Dua (avec voix consultative).

Het mandaat van de bijzondere commissie bedroeg
vijf maanden, zodanig dat het verslag in de tweede

La commission spéciale a reçu un mandat de cinq
mois, de manière que le rapport puisse être présenté

——————

——————

(1) Zie bijlage.

(1) Voir annexe.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 16 )

helft van juni in plenaire vergadering zou kunnen
worden ingediend.

en séance plénière au cours de la deuxième quinzaine
du mois de juin.

De commissie had tot taak, vertrekkende van het
verslag van de ad-hocgroep betreffende de gebeurtenissen in Rwanda, het werk voort te zetten, te onderzoeken welk beleid werd gevoerd door de Belgische
en internationale overheden, meer bepaald de acties
die zij hadden ondernomen, en eventueel conclusies te
formuleren in verband met de verantwoordelijkheden, en met de maatregelen die in de toekomst
getroffen zouden moeten worden.

La mission de la commission était de poursuivre le
travail, à partir du rapport du groupe ad hoc concernant les événements du Rwanda, d’examiner quelle
politique les autorités belges et internationales
avaient menée, plus particulièrement quelles actions
elles avaient entreprises, et de formuler éventuellement des conclusions relatives aux responsabilités et à
propos des mesures qu’il y aurait lieu de prendre dans
le futur.

De eerste werkvergaderingen, ingezet op 5 februari
1997, dienden te worden gewijd aan het opstellen van
de thematische indeling die bij het onderzoek zou
worden gevolgd, van de lijsten van getuigen die moesten worden gehoord en van het reglement van inwendige orde van de commissie.

Les premières réunions de travail, qui ont débuté le
5 janvier 1997, ont été consacrées à la rédaction d’une
division thématique à suivre dans l’enquête, de listes
de témoins à entendre et du règlement d’ordre intérieur de la commission.

Tijdens die eerste vergaderingen werd tevens
beslist de bijstand in te roepen van deskundigen, met
name twee in het domein van het internationaal recht
(inzonderheid met betrekking tot de instellingen van
de VN) : de heren Suy en David, respectievelijk
gewoon hoogleraar aan de KUL en gewoon hoogleraar aan de ULB, en twee militaire experten, generaalmajoor Duchâtelet, militair commandant van het
Paleis der Natie, en kolonel b.d. Malherbe, gewezen
commandant van het regiment paracommando en
van het Belgisch contingent van UNPROFOR.

Au cours de ces premières réunions, l’on a également décidé de se faire assister par des spécialistes, à
savoir par deux experts en droit international (en
particulier en ce qui concerne les institutions de
l’ONU), MM. Suy et David, respectivement professeur ordinaire à la K.U.L. et professeur ordinaire à
l’U.L.B., et par deux experts militaires, le généralmajor Duchâtelet, commandant militaire du Palais de
la Nation, et le colonel e.r. Malherbe, ancien
commandant du Régiment paracommando et du
contingent belge de l’UNPROFOR.

Op 19 februari werd de reeks van hoorzittingen
aangevangen, te beginnen met een « hoorzitting en
gesprek » met de familieleden van de slachtoffers van
de gebeurtenissen in Rwanda (zie punt 1.3.3.1).

Le 19 février 1997, la série d’auditions a débuté par
des auditions et des entretiens avec les familles des
victimes des événements du Rwanda (voir point
1.3.3.1).

Een bijzonder probleem waarmee de bijzondere
commissie in een eerste werkfase geconfronteerd
werd, betrof de modaliteiten volgens welke de documenten die middels een compromisregeling met de
regering reeds ter beschikking van de leden van de adhocgroep waren gesteld, ook ter inzage van de andere
leden van de commissie zouden worden gegeven. Er
werd bekomen dat de documenten van het ministerie
van Buitenlandse Zaken konden ingekeken worden
door alle leden van de bijzondere commissie, en
nadien ook door de leden van de parlementaire onderzoekscommissie. De documenten afkomstig van
het ministerie van Landsverdediging zijn echter, op
enkele uitzonderingen na, in principe ter beschikking
gehouden van de leden van de ad-hocgroep.

Au cours de la première partie de ses travaux, la
commission spéciale a été confrontée à un problème
particulier concernant les modalités selon lesquelles
les membres de la commission spéciale qui n’avaient
pas participé aux travaux du groupe ad hoc pourraient consulter les documents qui avaient été mis à la
disposition de celui-ci aux termes d’un accord avec le
Gouvernement. L’on a obtenu que tous les membres
de la commission spéciale et ensuite également tous
les membres de la commission d’enquête parlementaire aient accès aux documents du ministère des
Affaires étrangères. Les documents provenant du
ministère de la Défense nationale ont toutefois été
mis, en principe, à quelques exceptions près, à la
disposition des membres du groupe ad hoc.

Een aantal documenten waarvan de commissie
inzage wenste te krijgen, bleven uit, met name de
documenten Nees en De Cuyper, alsmede de notulen
van de coördinatievergaderingen van Buitenlandse
Zaken. Tevens drong de vaststelling zich op dat een
aantal getuigenissen zowel intern als onderling, manifeste contradicties bevatten. Tenslotte werd de
commissie geconfronteerd met de onmogelijkheid om
de onderzoeksrechter die de parallelle gerechtelijke
onderzoeken leidde, in zijn functie te ondervragen.

Pour certain nombre de documents que la commission désirait se voir communiquer ont manqué,
notamment les documents Nees et De Cuyper ainsi
que les procès-verbaux des réunions de coordination
des Affaires étrangères. La constatation s’imposait
également qu’un certain nombre de témoignages
contenaient des contradictions manifestes, tant en
eux-mêmes qu’entre eux. Enfin, la commission s’est
vue confrontée à l’impossibilité d’interroger dans ses
fonctions le juge d’instruction qui menait les enquêtes

( 17 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Omwille van al deze argumenten, die steeds meer tot
de omvorming tot een onderzoekscommissie gingen
nopen, werd een spoedige evaluatievergadering in het
vooruitzicht gesteld.

judiciaires parallèles. En raison de tous ces arguments, qui allaient pousser de plus en plus à la transformation en commission d’enquête, on a prévu une
réunion d’évaluation à bref délai.

Op 19 maart 1997 werd een voorstel verworpen dat
ertoe strekte aan de Senaat te vragen de bijzondere
commissie om te vormen tot een onderzoekscommissie. Een consensus werd echter bereikt omtrent het
uitblijven van de documenten Nees en De Cuyper : de
commissie zou gebruik kunnen maken van de
bevoegdheden van onderzoekscommissie wanneer
die documenten niet op 16 april 1997 ter beschikking
van de commissie waren. Er werd op 19 maart ook
eenparig beslist om op 16 april de werking en het statuut van de commissie te evalueren.

Le 19 mars 1997, une proposition qui tendait à
demander au Sénat de transformer la commission
spéciale en une commission d’enquête, fut rejetée. Un
consensus put néanmoins être dégagé concernant la
non-communication des documents Nees et De
Cuyper : la commission allait pouvoir faire usage des
compétences d’une commission d’enquête si, le
16 avril 1997, ces documents n’avaient pas été mis à sa
disposition. Le 19 mars 1997, la commission décida
également, à l’unanimité, d’évaluer son fonctionnement et son statut.

De werking van de commissie werd lange tijd
gehinderd door het uitblijven van een antwoord op de
uitnodiging die de commissie aan de VN-getuigen
had gericht. Dit element is decisief geweest in de discussie of de bijzondere commissie al dan niet tot een
ware onderzoekscommissie zou worden hervormd.
Op 16 april 1997 deelde de voorzitter het negatieve
antwoord van de VN-secretaris-generaal Kofi Annan
aan de commissie mee waardoor een van de belangrijkste argumenten wegviel tegen de oprichting van
een parlementaire onderzoekscommissie.

Le fonctionnement de la commission fut longtemps
entravé par l’absence de réponse à l’invitation qu’elle
avait adressée aux témoins des Nations unies. Cet
élément a joué un rôle décisif dans la discussion relative à la question de savoir s’il fallait transformer ou
non la commission spéciale en une véritable commission d’enquête. Le 16 avril 1997, le Président communiqua à la commission la réponse négative de l’actuel
secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et un des
principaux arguments contre la création d’une
commission d’enquête parlementaire avait, dès lors,
disparu.

Gelet op het feit dat het voor de commissie onmogelijk bleek VN-personaliteiten te horen, werd beslist
aan mevrouw Suhrke, hoofdonderzoekster aan het
Chr. Michelsen Institute te Bergen (Noorwegen) en
rapporteur van het Verslag II over « The Joint Evaluation of Emergency Assistance to Ruanda », die reeds
eerder toelatingen had bekomen om VN-ambtenaren
te ondervragen, te verzoeken op te treden als tussenpersoon voor een ondervraging van de betrokkenen.
In de loop van de maand oktober zou mevrouw
Suhrke echter meedelen dat het haar onmogelijk is om
deze opdracht te vervullen. Daarna zal de onderzoekscommissie contact opnemen met de permanente
vertegenwoordiging van België bij de VN teneinde
rond een aantal punten opheldering te krijgen.

La commission s’étant vue mise dans l’impossibilité d’entendre des personnalités des Nations unies,
l’on décida de demander à Mme Suhrke, chercheur en
chef au Chr. Michelsen Institute à Bergen (Norvège)
et auteur du Rapport II « The Joint Evaluation of
Emergency Assistance to Ruanda », qui avait été autorisée, antérieurement, à interroger des fonctionnaires
des Nations unies, d’intervenir en tant qu’intermédiaire pour questionner les intéressés. Au cours du
mois d’octobre, Mme Suhrke devait toutefois déclarer qu’il lui était impossible de remplir cette mission.
Ensuite, la commission d’enquête parlementaire
Rwanda prit contact avec la représentation permanente belge auprès des Nations unies afin d’obtenir
des éclaircissements sur certains points.

Op 23 april 1997 heeft de Senaatsvoorzitter op het
Bureau van de Senaat een voorstel neergelegd tot oprichting van een volwaardige parlementaire commissie van onderzoek met vijftien leden, ter vervanging
van de bijzondere commissie van acht leden. De drie
leden met raadgevende stem zouden onder eenzelfde
statuut ook in de onderzoekscommissie aanwezig
zijn.

Le 23 avril, le Président du Sénat déposa au Bureau
du Sénat une proposition visant à instituer une
commission d’enquête parlementaire à part entière
qui comprendrait quinze membres et qui remplacerait
la commission spéciale composée, elle, de huit
membres. Les trois membres ayant voix consultative
feraient partie de la commission d’enquête et conserveraient leur statut.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 18 )

Op het voorstel van de voorzitter tot instelling van
een parlementaire commissie van onderzoek betreffende de gebeurtenissen in Rwanda (1) werd een
amendement ingediend door de heer Jonckheer en
mevrouw Dua teneinde een eventuele verlenging van
het mandaat met vier maanden mogelijk te
maken (2).

M. Jonckheer et Mme Dua déposèrent une proposition d’amendement de la proposition du Président
visant à instituer une commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda (1)
pour rendre possible une éventuelle prolongation du
mandat de celle-ci (2).

Het voorstel tot instelling van een parlementaire
commissie van onderzoek betreffende de gebeurtenissen in Rwanda werd, zonder amendering, door de
Senaat aangenomen op 24 april 1997 (3).

La proposition d’instituer une commission
d’enquête parlementaire concernant les événements
du Rwanda fut adoptée, sans amendement, par le
Sénat, le 24 avril 1997 (3).

1.1.3. Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda

1.1.3. Commission d’enquête parlementaire Rwanda

De installatievergadering van de onderzoekscommissie-Rwanda vond plaats op 30 april 1997. Het
bureau van de commissie werd samengesteld :
Senaatsvoorzitter Swaelen was van rechtswege voorzitter en de heren Mahoux en Verhofstadt werden
respectievelijk als eerste en tweede ondervoorzitter
aangewezen. De heren Mahoux en Verhofstadt
werden tevens aangewezen als rapporteurs. De
commissie bestond in totaal uit vijftien leden : naast
de leden van het bureau, werd de onderzoekscommissie samengesteld uit de heer Caluwé, mevr. Thijs, de
heer Hotyat, mevr. Lizin, de heren Goris, Hostekint,
Moens, De Decker, Destexhe, mevr. Bribosia-Picard,
mevr. Willame-Boonen, de heer Ceder, de heer
Anciaux (met raadgevende stem), de heer Jonckheer
(met raadgevende stem), en mevr. Dua (met raadgevende stem). Het reglement van inwendige orde werd
aangenomen.

La réunion d’installation de la commission
d’enquête parlementaire Rwanda eut lieu le 30 avril
1997. Le bureau de la commission fut composé
comme suit : aux côtés du président du Sénat,
M. Swaelen, président de commission de droit, l’on
désigna M. Mahoux en tant que premier viceprésident et M. Verhofstadt en tant que deuxième
vice-président. MM. Mahoux et Verhofstadt furent
également désignés en tant que rapporteurs. La
commission comprenait au total quinze membres.
Outre les membres du bureau, la commission
d’enquête comprenait M. Caluwé, Mme Thijs, M.
Hotyat, Mme Lizin, MM. Goris, Hostekint, Moens,
De Decker, Destexhe, Mme Bribosia-Picard, Mme
Willame-Boonen, M. Ceder, M. Anciaux (avec voix
consultative), M. Jonckheer (avec voix consultative)
et Mme Dua (avec voix consultative). Le règlement
interne fut adopté.

Op 30 april vond tevens de eerste vergadering
plaats ter voorbereiding van het verslag van de
commissie. De rapporteurs stelden een ontwerpplan
van het verslag voor.

C’est également le 30 avril qu’eut lieu la première
réunion préparatoire à la rédaction du rapport de la
commission. Les rapporteurs proposèrent un projet
de plan du rapport.

In haar vergadering van 13 mei besliste de commissie dat zij een beroep zou doen op de deskundige juridische medewerking van mevrouw Roggen, assistente
aan de ULB en advocate bij de balie van Brussel.

Au cours de sa réunion du 13 mai, la commission
décida de recourir à la coopération juridique experte
de Mme Roggen, assistante à l’U.L.B. et avocate au
barreau de Bruxelles.

In het kader van het RTLM-dossier besliste de
commissie op 13 mei 1997een beroep te doen op haar
bevoegdheid krachtens artikel 4, § 2, van de wet van
1880 op het parlementair onderzoek om door de
eerste voorzitter van het hof van beroep een magistraat aan te laten stellen die voor de onderzoekscommissie specifieke onderzoeksverrichtingen zou stellen. Door middel van de onderzoeksrechter moesten
een aantal financiële transacties onderzocht worden
die betrekking hadden op de financiering van de
Rwandese radio-zender RTLM.

Dans le cadre du dossier relatif à la R.T.L.M., la
commission décida, le 13 mai, dans le cadre de la
compétence qu’elle a reçue en application de l’article
4, § 2, de la loi de 1880 sur les enquêtes parlementaires,
de demander au premier président de la cour d’appel
de désigner un magistrat chargé des devoirs
d’instruction nécessaires pour que la commission
d’enquête puisse exercer sa mission spécifique. Le
juge d’instruction devait examiner un certain nombre
de transactions financières relatives au financement
de l’émetteur radio rwandais R.T.L.M.

——————

——————

(1) Senaat, Gedr. St., 1996-1997, 1-611/1.
(2) Senaat, Gedr. St., 1996-1997, 1-611/2.
(3) BV, Senaat, 1996-1997, blz. 1605.

(1) Doc. Sénat, 1996-1997, 1-611/1.
(2) Doc. Sénat, 1996-1997, 1-611/2.
(3) CRA, Sénat, 1996-1997, p. 1578.

( 19 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Op 21 mei bezochten de leden van de onderzoekscommissie, op uitnodiging van de minister van Landsverdediging, het SGR en het C-Ops te Evere. Op die
dag werd tevens een bijzondere gedachtewisseling
gehouden met de militaire deskundigen van de
commissie.

Le 21 mai, les membres de la commission d’enquête
visitèrent le S.G.R. et le C Ops à Evere, à l’invitation
du ministre de la Défense. Ce même jour eut lieu
également un échange de vues particulier avec les
experts militaires de la commission.

In een schrijven van de Assemblée Nationale van
Rwanda had deze laatste de Belgische Senaat uitgenodigd een delegatie naar Rwanda af te vaardigen teneinde aldaar ondermeer kennis te nemen van archieven. Omtrent de opportuniteit — politieke en andere
— van een bezoek door een delegatie van de commissie aan Rwanda ontspon zich een brede discussie. De
heer Mahoux begaf zich op verzoek van de commissie
naar Rwanda om ter plaatse het archief te onderzoeken. Zijn verslag bevindt zich als bijlage nr. 3 bij het
verslag.

L’Assemblée nationale du Rwanda adressa au
Sénat de Belgique une lettre pour l’inviter à envoyer
au Rwanda une délégation qui pourrait y consulter
les archives. La question de l’opportunité — politique
ou autre — d’une visite au Rwanda d’une délégation
de la commission donna lieu à un large débat. À la
demande de la commission, M. Mahoux se rendit sur
place afin de vérifier les archives. Son rapport se
trouve à l’annexe no 3 du rapport.

Tijdens de vergadering van 11 juni 1997 deelde de
voorzitter mee dat door de heer Nahimana een vordering tot wraking was ingesteld tegen commissielid
Destexhe. De voorzitter stelde vast dat de vordering
echter manifest onontvankelijk was. Ook na beroep
van de heer Nahimana voor de voltallige commissie
zou de onontvankelijkheid van de vordering tot
wraking worden vastgesteld.

Au cours de la réunion du 11 juin 1997, le président
fit savoir que M. Nahimana avait introduit une
demande en récusation du commissaire Destexhe. Le
président décida que la demande était toutefois irrecevable. La commission toute entière conclura elle aussi
à l’irrecevabilité de la demande en récusation, après
avoir été saisie d’un recours en appel.

In haar vergadering van 24 juni werd vastgesteld
dat de duur van het bestaande mandaat niet zou volstaan. Na de indiening van een voorstel van het
Bureau van de Senaat (1), besliste de Senaat op
26 juni 1997 dat het verslag van de parlementaire
commissie van onderzoek betreffende de gebeurtenissen in Rwanda voor einde oktober 1997 diende te
worden ingediend. De commissie behield de bevoegdheid, met het oog op de redactie van het verslag, eventueel verder gebruik te maken van haar wettelijke
bevoegdheden als parlementaire onderzoekscommissie (2). Omwille van de grote omvang van de werkzaamheden, heeft de Senaat het mandaat van de
commissie twee maal verlengd, eerst tot 2 december
1997, dan tot 6 december 1997.

L’on constata, au cours de la réunion du 24 juin,
que la durée du mandat existant ne suffirait pas. Le 26
juin 1997, le Sénat, dont le Bureau avait déposé une
proposition (1), décida que la commission d’enquête
parlementaire concernant les événements du Rwanda
devrait déposer son rapport avant la fin du mois
d’octobre 1997. Pour la rédaction de son rapport, la
commission pourrait continuer à exercer les compétences légales qui sont celles d’une commission
d’enquête parlementaire (2). En raison du grand
volume de travaux, le Sénat a prolongé deux fois le
mandat de la commission, tout d’abord jusqu’au
2 décembre 1997 et ensuite jusqu’au 6 décembre 1997.

1.2. OPDRACHT EN BEVOEGDHEDEN
VAN DE ONDERZOEKSCOMMISSIE

1.2. MISSION ET COMPÉTENCES
DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE

De opdracht van de commissie van onderzoek
betreffende de gebeurtenissen in Rwanda bestond er
overeenkomstig de beslissing van de Senaat dd.
24 april 1997 in, « vertrekkende van het verslag van de
groep ad hoc betreffende de gebeurtenissen in
Rwanda opgericht bij beslissing van de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden van 24 juli
1996, het werk voort te zetten van de bijzondere
commissie-Rwanda ingesteld door de Senaat op
23 januari 1997.

Conformément à la décision du Sénat du 24 avril
1997, la commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda avait pour mission,
« à partir du rapport du groupe ad hoc Rwanda, créé
par décision de la commission des Affaires étrangères
du Sénat du 24 juillet 1996, de poursuivre le travail de
la commission spéciale Rwanda instituée par le Sénat
le 23 janvier 1997.

——————

——————

(1) Senaat, Gedr. St., 1996-1997, 1-611/3.
(2) Senaat, Gedr. St., 1996-1997, 1-611/4.

(1) Doc. Sénat, 1996-1997, 1-611/3.
(2) Doc. Sénat, 1996-1997, 1-611/4.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 20 )

De onderzoekscommissie onderzoekt welk beleid
werd gevoerd door de Belgische en internationale
overheden, meer bepaald de acties die zij hebben ondernomen, en formuleert eventueel conclusies in verband met verantwoordelijkheden en maatregelen die
in de toekomst getroffen zouden moeten worden » (1).

La commission examine quelle politique les autorités belges et internationales ont menée, plus particulièrement quelles actions elles ont entreprises, et
formule éventuellement des conclusions concernant
les responsabilités et les mesures qui devraient être
prises dans le futur » (1).

Hiermee werd de opdracht hernomen zoals deze
ook was geformuleerd voor de bijzondere commissieRwanda. De hervorming van de bijzondere commissie tot een onderzoekscommissie betrof derhalve geen
wijziging in de materiële opdracht van de commissie,
wel in de technische bevoegdheden die haar ter
beschikking stonden om die opdracht uit te voeren.

Cette mission était la même que celle qui avait été
confiée à la commission spéciale Rwanda. La transformation de la commission spéciale en commission
d’enquête n’a donc entraîné aucune modification de
la mission matérielle de la commission, mais elle a
modifié les compétences techniques qui lui avaient
été attribuées pour qu’elle puisse s’acquitter de sa
mission.

De onderzoekscommissie had voor het vervullen
van die opdracht alle bevoegdheden bepaald in artikel 56 van de Grondwet en in de wet van 3 mei 1880
op het parlementair onderzoek.

La commission d’enquête disposait, pour remplir
sa mission, de toutes les compétences visées à l’article
56 de la Constitution et dans la loi du 3 mai 1880 sur
les enquêtes parlementaires.

1.3. WERKWIJZE
VAN DE ONDERZOEKSCOMMISSIE

1.3. MÉTHODE DE TRAVAIL
DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE

1.3.1. Werkwijze

1.3.1.1. Hoorzittingen met de familieleden van de
slachtoffers
(1) Bijzondere commissie-Rwanda

1.3.1. Méthode de travail

1.3.1.1. Auditions des familles des victimes
(1) Commission spéciale Rwanda

De bijzondere commissie heeft het prioritair geacht
de getuigenondervragingen te laten voorafgaan door
een gesprek met de families van de slachtoffers. De
commissie was aan de families, als eerste betrokkenen, het respect verschuldigd om hen over de taak en
de bedoeling van de commissie in te lichten. De
commissie peilde naar hun reacties en vroeg naar de
eventuele boodschap die zij aan de commissie mee te
geven hadden. Voor specifieke aangelegenheden van
het dossier werden hen ook concrete inlichtingen
gevraagd.

La commission spéciale a estimé prioritaire de faire
précéder les interrogatoires de témoins par un entretien avec les familles des victimes. Comme celles-ci
sont les premières concernées, la commission leur
devait, par respect, de les informer sur sa mission et
sur ses objectifs. La commission leur a demandé de
réagir et de lui transmettre éventuellement un
message. La commission leur a également demandé
des renseignements concrets sur certains points spécifiques du dossier.

De inleidende « hoorzitting en gesprek » met de
familieleden van de slachtoffers ging door op
19 februari 1997. De bijzondere aandacht voor de
familieleden betrof zowel de 10 Belgische blauwhelmen, als de burgerlijke slachtoffers, als tenslotte de
Rwandese slachtoffers van de genocide.

Les auditions et entretiens introductifs avec les
familles des victimes ont eu lieu le 19 février 1997.
L’attention spéciale qui a été accordée aux familles
des victimes concernait à la fois les familles des 10
Casques bleus belges, celles des victimes civiles et
celles des victimes rwandaises du génocide.

Met betrekking tot de 10 in Kigali gesneuvelde
paracommando’s werd aan drie familieleden
gevraagd voor de commissie te komen getuigen, met
name mevrouw Lotin, de heer Leroy en mevrouw
Dupont. Andere familieleden die dit wensten, werden
gehoord(2).

Pour ce qui est des dix paracommandos tombés à
Kigali, l’on a demandé à trois proches, à savoir Mme
Lotin, M. Leroy et Mme Dupont, de venir témoigner.
D’autres membres des familles qui souhaitaient être
entendus l’ont été (2).

——————

——————

(1) Senaat, Gedr. St., 1-611/1.
(2) BV nr. 1-1, Senaat, 1996-1997.

(1) Doc. Sénat, 1996-1997, no 1-611/1.
(2) CRA no 1-1, Sénat, 1996-1997.

( 21 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Aangezien er geen directe band bestaat tussen het
lot van de verschillende burgerlijke slachtoffers, dienden de verschillende getuigenissen afzonderlijk te
worden opgevat. Inzake het lot van de burgerlijke
slachtoffers werd het relaas gedaan door, achtereenvolgens, de heer en mevrouw Godfriaux, mevrouw
Beckers en mevrouw Mugwaneza (1).

Comme il n’existe aucun lien direct entre le sort des
diverses victimes civiles, les divers témoins ont dû être
entendus séparément. M. et Mme Godfriaux, Mme
Beckers et Mme Mugwaneza ont pris tour à tour la
parole (1) à propos du sort des victimes civiles.

In het derde luik werd geopteerd om vooreerst het
CRDDR (Comité pour le respect des droits de
l’homme au Rwanda) te horen als representatieve
organisatie in België voor de Rwandese slachtoffers.
De heer J. Gasana, die het comité voor de commissie
vertegenwoordigde, liet na zijn uiteenzetting het
woord aan twee getuigen van het genocide-drama,
zijnde mevrouw Nyirazaninka en mevrouw Mukeshimana. Vervolgens werd een vertegenwoordiger van
CLADHO (Collectif des ligues et associations de
défense des droits de l’homme), de heer N. Nsanzuwera, gehoord. CLADHO is een overkoepelende
organisatie van de Rwandese mensenrechtenverenigingen (2).

Pour ce qui est du troisième volet, l’on a choisi
d’entendre d’abord le CRDDR (Comité pour le respect des droits de l’homme au Rwanda), qui est une
organisation représentative des victimes rwandaises
en Belgique. M. J. Gasana, qui a représenté le comité
devant la commission, a laissé, après son exposé, la
parole à deux témoins du génocide, à savoir Mmes
Nyirazaninka et Mukeshimana. L’on a entendu
ensuite un représentant du CLADHO (Collectif des
ligues et associations de défense des droits de
l’homme), M. Nsanzuwera. CLADHO est l’organisation de coordination des organisations rwandaises de
défense des droits de l’homme (2).

(2) Parlementaire onderzoekscommissie-Rwanda

(2) Commission d’enquête parlementaire Rwanda

Net vóór het afsluiten van de reeks van hoorzittingen, werd opnieuw het woord verleend aan de families van de overleden Belgische blauwhelmen om hun
de mogelijkheid te bieden hun indrukken weer te
geven over de werkzaamheden van deze commissie.
Het woord werd genomen door mevrouw Debatty,
mevrouw Dupont, de heer Leroy, de heer Lhoir, en
mevrouw Bassine (3).

Juste avant de terminer la série d’auditions, l’on a à
nouveau donné la parole aux familles des Casques
bleus belges décédés, pour leur permettre de faire part
de leurs impressions concernant les travaux de la
commission. Mme Debatty, Mme Dupont, M. Leroy,
M. Lhoir et Mme Bassine ont pris la parole (3).

De voorzitter heeft er in de betrokken zitting op
gewezen dat een brief werd gericht aan de families van
de Belgische burgerslachtoffers. Aangezien over de
omstandigheden van het overlijden van die slachtoffers een gerechtelijk onderzoek loopt, was de onderzoekscommissie terzake aan een volstrekte discretieplicht gebonden. Bovendien heeft dat lopende gerechtelijke onderzoek de onderzoekscommissie in het
betrokken dossier tot een aanzienlijke terughoudendheid gedwongen, dit overeenkomstig de grondwettelijke en wettelijke bepalingen die de onderlinge verhouding tussen de onderzoeken van parlementaire
onderzoekscommissies enerzijds en de gerechtelijke
onderzoeken anderzijds, bepalen.

Au cours de la séance en question, le président a
souligné qu’une lettre avait été adressée aux familles
des victimes civiles belges. Comme une instruction
était en cours concernant les circonstances du décès
de ces victimes, la commission d’enquête était tenue à
une discrétion totale en la matière. En outre, comme
une instruction était en cours, la commission
d’enquête a été obligée d’observer une grande discrétion dans le dossier en question pour ne pas porter
atteinte aux dispositions constitutionnelles et légales
qui règlent le rapport entre les enquêtes des commissions parlementaires et les instructions judiciaires.

1.3.1.2. Getuigen

1.3.1.2. Témoins

De namenlijst van de getuigen die verschenen zijn
voor de commissie is chronologisch geordend. Eveneens wordt vermeld in welke hoedanigheid de getuige
werd ondervraagd door de commissie.

La liste des témoins qui ont comparu devant la
commission respecte l’ordre chronologique des
comparutions. Elle indique également en quelle
qualité les témoins ont été entendus par la commission.

——————

——————

(1) BV nr. 1-2, Senaat, 1996-1997.
(2) BV nr. 1-2, Senaat, 1996-1997.
(3) BV nr. 1-96, Senaat, 1996-1997.

(1) CRA no 1-2, Sénat, 1996-1997.
(2) CRA no 1-2, Sénat, 1996-1997.
(3) CRA no 1-96, Sénat, 1996-1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 22 )

(1) Bijzondere commissie betreffende
de gebeurtenissen Rwanda
Datum

Getuige

19/2/1997 Mevr. Lotin, de heer
Leroy, mevr.
Dupont, de heer
Méaux, mevr.
Bassine, mevr.
Debatty, de heer
Plescia
19/2/1997 De heer en mevr.
Godfriaux, de heer
Dulieu, mevr.
Beckers, de heer
Mugwaneza
19/2/1997 De heer J. Gasana,
Mevr. Nyirazaninka,
mevr. Mukeshimana

Hoedanigheid waarin de
getuige werd gehoord

(1) Commission spéciale concernant
les événements du Rwanda
Date

Témoin(s)

Qualité en laquelle le
témoin a été entendu

Vertegenwoordigers van de
familieleden en aanverwanten
van de tien vermoorde para’s.

19/2/1997 Mme Lotin, M.
Représentants des familles et
Leroy, Mme Dupont, apparentés des dix paracomM. Méaux, Mme
mandos assassinés
Bassine, Mme
Debatty, M. Plescia

Vertegenwoordigers van de
familieleden en aanverwanten
van de burgerlijke Belgische
slachtoffers.

19/2/1997 M. et Mme
Godfriaux, M.
Dulieu, Mme
Beckers, M. Mugwaneza
19/2/1997 M. J. Gasana Mme
Nyirazaninka, Mme
Mukeshimana

Vertegenwoordigers van het
CRDDR (Comité pour le
Respect des Droits de
l’Homme au Rwanda).
19/2/1997 De heer Nsanzuwera Vertegenwoordiger van
CLADHO (Collectif des
Ligues et Associations de
Défense des Droits de
l’Homme).
26/2/1997 Professor Reyntjens Gewoon hoogleraar aan de
Universitaire Instelling
Antwerpen en gespecialiseerd
in Centraal Afrika.
26/2/1997 Mevr. A. Desforges Vertegenwoordigster van
Human Rights Watch; Vertegenwoordigster van de internationale commissie voor de
vaststelling van de schending
van de mensenrechten in
Rwanda.
26/2/1997 De heer W. Martens, Eerste minister.
minister van Staat
28/2/1997 De heren Brouhns en De heer Brouhns : adjunctCools
permanent vertegenwoordiger
van België bij de Verenigde
Naties.
De heer Cools : Eerste secretaris van de permanente vertegenwoordiging van België bij
de Verenigde Naties.
28/2/1997 Kolonel SBH
Kolonel SBH Flament : Chef
Flament en luitenant- afdeling « Defensieplannen »
kolonel Kesteloot
van de generale staf, Hoofd
verkenningsmissie Rwanda ter
voorbereiding van UNAMIR
Luitenant-kolonel Kesteloot :
Lid van deze verkenningsmissie.

28/2/1997 Luitenant-kolonel
SBH Briot

Chef onderafdeling planning
operaties, bij de generale staf.

28/2/1997 Luitenant-generaal
Charlier
5/3/1997 De heer W. Claes,
minister van Staat
5/3/1997 De heer L. Delcroix

Chef van de generale staf van
de Strijdkrachten.
Minister van Buitenlandse
Zaken.
Minister van Landsverdediging.

19/2/1997 M. Nsanzuwera

26/2/1997 Le professeur Reyntjens

26/2/1997 Mme A. Desforges

Représentants des membres
des familles et apparentés des
victimes civiles belges

Représentants du CRDDR
(Comité pour le respect des
droits de l’homme au
Rwanda)
Représentant du CLADHO
(Collectif des ligues et associations de défense des droits de
l’homme)
Professeur ordinaire à
l’« Universitaire Instelling
Antwerpen » et spécialiste de
l’Afrique centrale
Représentante de Human
Rights Watch; Représentante
de la commission internationale pour la constatation de la
violation des droits de
l’homme au Rwanda

26/2/1997 M. W. Martens, ministre d’État
28/2/1997 MM. Brouhns et
Cools

Premier ministre

28/2/1997 Le colonel BEM
Flament et le lieutenant-colonel Kesteloot

Colonel BEM Flament : chef
de la section « Plans de
défense » à l’état-major général, chef de la mission de
reconnaissance au Rwanda en
préparation de la MINUAR

M. Brouhns : représentant
permanent adjoint de la Belgique auprès des Nations unies.
M. Cools : premier secrétaire
de la représentation permanente de la Belgique auprès des
Nations unies

Lieutenant-colonel Kesteloot :
membre de cette mission de
reconnaissance
28/2/1997 Le lieutenant-colonel Chef de la sous-section planifiBEM Briot
cation des opérations à l’étatmajor général
28/2/1997 Le lieutenant général Chef d’état-major général des
Charlier
Forces armées
5/3/1997 M. W. Claes, miMinistre des Affaires étrangènistre d’État
res
5/3/1997 M. L. Delcroix
Ministre de la Défense nationale

( 23 )

Datum

Getuige

5/3/1997

De heer J.-L.
Dehaene
Kolonel SBH
Marchal
Luitenant Nees

7/3/1997
7/3/1997
7/3/1997
7/3/1997

Hoedanigheid waarin de
getuige werd gehoord

Eerste minister.

Commandant van de sector
Kigali (UNAMIR).
Stafofficier « Inlichtingen »
(S2) bij KIBAT I.
Majoor Podevijn
Stafofficier op het niveau van
de Force Commander.
Kolonel SBH Vincent Hoofd CTM Rwanda.

11/3/1997 Professor Suy en
Professor David

12/3/1997 De heer Swinnen
12/3/1997 Generaal-majoor
Verschoore
12/3/1997 Generaal-majoor
Schellemans
14/3/1997 De heer W. Kuijpers
14/3/1997 Mevr. N. Maes
14/3/1997 De heer C. Bougard
14/3/1997 Kapitein De Cuyper
14/3/1997 Kolonel SBH
Marchal
18/3/1997 De heer L. Willems
19/3/1997 De heer Gillet

19/3/1997 Kolonel SBH
Marchal
21/3/1997 Generaal-majoor
Delhotte
21/3/1997 Mevr. Braeckman
21/3/1997 Majoor Hock

21/3/1997 De heer Swinnen
24/3/1997 Luitenant-kolonel
Leroy
26/3/1997 De heer J.-P. Chrétien

26/3/1997 De heer Derycke

Professor Suy : Expert internationaal recht, gewoon hoogleraar aan de Katholieke
Universiteit Leuven (KUL)
Professor David : Expert internationaal recht, gewoon
hoogleraar aan de Université
Libre de Bruxelles (ULB).
Belgisch ambassadeur in
Rwanda.
Adjunct chef militaire
inlichtingendienst (SGR).
Kabinetschef van de minister
van Landsverdediging.
Senator.
Senator.
Senator.
Stafofficier « Inlichtingen » bij
KIBAT II.
Commandant van de sector
Kigali (UNAMIR).
Kabinetschef van de minister
van Buitenlandse Zaken.
Advocaat aan de balie te Brussel, Medevoorzitter van de
Internationale Onderzoekscommissie betreffende de
schendingen van de mensenrechten in Burundi naar
aanleiding van de moord op
president Ndadaye.
Commandant van de sector
Kigali (UNAMIR).
Hoofd van de militaire
inlichtingendienst SGR.
Journaliste bij het dagblad
« Le Soir ».
Lid van SGR — analyst
verantwoordelijk voor
Centraal Afrika.
Belgisch ambassadeur in
Rwanda.
Commandant van KIBAT I
(UNAMIR).
Historicus, directeur bij het
CNRS (Centre National de
Recherche Scientifique) te
Parijs.
Staatssecretaris voor
Ontwikkelingssamenwerking
toegevoegd aan de minister
van Buitenlandse Zaken.

1 - 611/7 - 1997/1998

Date

Témoin(s)

Qualité en laquelle le
témoin a été entendu

5/3/1997

M. J.-L. Dehaene

Premier ministre

7/3/1997
7/3/1997

Le colonel BEM
Marchal
Le lieutenant Nees

7/3/1997

Le major Podevijn

Commandant du secteur
Kigali pour la MINUAR
Officier de « Renseignements »
(S2) de KIBAT I
Officier d’état-major au
niveau du Force Commander
Chef de la CTM au Rwanda

7/3/1997

Le colonel BEM
Vincent
11/3/1997 Le professeur Suy et
le professeur David

12/3/1997 M. Swinnen
12/3/1997 Le général-major
Verschoore
12/3/1997 Le général-major
Schellemans
14/3/1997 M. W. Kuijpers
14/3/1997 Mme N. Maes
14/3/1997 M. C. Bougard
14/3/1997 Le capitaine De
Cuyper
14/3/1997 Le colonel BEM
Marchal
18/3/1997 M. L. Willems
19/3/1997 M. Gillet

19/3/1997 Le colonel BEM
Marchal
21/3/1997 Le général-major
Delhotte
21/3/1997 Mme Braeckman
21/3/1997 Le major Hock

Professeur Suy, expert en droit
international, professeur ordinaire à la « Katholieke Universiteit Leuven » (KUL)
Professeur David, expert en
droit international, professeur
ordinaire à l’Université Libre
de Bruxelles (ULB)
Ambassadeur de Belgique au
Rwanda
Adjoint au chef du service de
renseignement militaire (SGR)
Chef de cabinet du ministre de
la Défense nationale
Sénateur
Sénatrice
Sénateur
Officier de « Renseignements »
de KIBAT II
Commandant du secteur de
Kigali pour la MINUAR
Chef de cabinet du ministre
des Affaires étrangères
Avocat au barreau de Bruxelles, coprésident de la commission d’enquête internationale
relative aux violations des
droits de l’homme au Burundi
à la suite de l’assassinat du
président Ndadaye
Commandant du secteur de
Kigali pour la MINUAR
Chef du service de renseignement militaire (SGR)
Journaliste au quotidien « Le
Soir »
Officier du SGR, analyste en
charge de l’Afrique centrale

21/3/1997 M. Swinnen

Ambassadeur de Belgique au
Rwanda
24/3/1997 Le lieutenant-colonel Commandant du KIBAT I
Leroy
26/3/1997 M. J.-P. Chrétien
Historien, directeur du CNRS
(Centre National de Recherche Scientifique) à Paris
26/3/1997 M. Derycke

Secrétaire d’État à la coopération au développement,
adjoint au ministre des Affaires étrangères

1 - 611/7 - 1997/1998

Datum

Getuige

26/3/1997 De heer L. Delcroix

( 24 )
Hoedanigheid waarin de
getuige werd gehoord

Minister van Landsverdediging.
28/3/1997 Luitenant-generaal
Chef van de strijdkrachten van
Charlier
de generale staf van de Strijdkrachten.
16/4/1997 De heer Ndiaye
Advocaat, Speciaal Rapporteur van de Commissie over de
mensenrechten van de Verenigde Naties.
16/4/1997 Kolonel SBH
Militair adviseur Belgische
Engelen
Permanente Missie bij de
UNO te New York.
16/4/1997 Kolonel SBH Dewez Bevelhebber van het Belgisch
bataljon KIBAT II.
18/4/1997 De heer W. Claes,
Minister van Buitenlandse
minister van Staat
Zaken.
21/4/1997 Luitenant-generaal
Chef van de generale staf van
Charlier
de Strijdkrachten.
21/4/1997 Confrontatie tussen
De heer Delcroix : minister
de heer L. Delcroix
van Landsverdediging
en luitenant-generaal Luitenant-generaal Charlier :
Charlier
Chef van de generale staf van
de Strijdkrachten.
22/4/1997 De heer Nsanzuwera Procureur van de Rwandese
Republiek.
22/4/1997 Mevr. Suhrke
Hoofdonderzoekster verbonden aan het Chr. Michelsen
Institute te Bergen, Noorwegen (gespecialiseerd in
mensenrechten); lid van de
adviesraad van het Hoog
Commissariaat voor de
Vluchtelingen van de UNO;
rapporteur van Verslag II over
« The Joint Evaluation of
Emergency Assistance to
Ruanda ».
23/4/1997 De heer Jaenen
Verantwoordelijke voor het
« Afrika Desk » op het ministerie van Buitenlandse Zaken.
23/4/1997 Admiraal Verhulst
Hoofd van de divisie operaties
(JSO) bij de generale staf.
23/4/1997 Professor Suy en de Professor Suy : Expert internaheer Vandaele
tionaal recht, gewoon hoogleraar aan de Katholieke
Universiteit Leuven (KUL)
De heer Vandaele : directeurgeneraal van de algemene
directie van de politiek van het
ministerie van Buitenlandse
Zaken.
25/4/1997 Luitenant-generaal
Adjunct van de stafchef van de
Uytterhoeven
Landmacht.
25/4/1997 Generaal-majoor
Commandant van de brigade
Roman
paracommando.
29/4/1997 De heer Rusatira
Brigadegeneraal van de FAR,
Comdt ESM.
29/4/1997 Luitenant-generaal
Stafchef van de Landmacht.
Berhin
29/4/1997 De heer Cools
Eerste secretaris van de permanente vertegenwoordiging van
België bij de Verenigde Naties.

Date

Témoin(s)

Qualité en laquelle le
témoin a été entendu

26/3/1997 M. L. Delcroix

Ministre de la Défense nationale
28/3/1997 Le lieutenant général Chef d’état-major général des
Charlier
Forces armées
16/4/1997 M. Ndiaye

Avocat, rapporteur spécial de
la commission des droits de
l’homme aux Nations unies

16/4/1997 Le colonel BEM
Engelen

Conseiller militaire de la
Mission permanente belge
auprès de l’ONU à New York
16/4/1997 Le colonel BEM
Commandant du bataillon
Dewez
KIBAT II
18/4/1997 M. W. Claes, miMinistre des Affaires étrangènistre d’État
res
21/4/1997 Le lieutenant général Chef d’état-major général des
Charlier
Forces armées
21/4/1997 Confrontation entre M. L. Delcroix, ministre de la
M. L. Delcroix et le Défense nationale
lieutenant général
Lieutenant général Charlier,
Charlier
chef d’état-major général des
Forces armées
22/4/1997 M. Nsanzuwera
Procureur de la République
rwandaise
22/4/1997 Mme Suhrke
Enquêteur principal adjoint au
Chr. Michelsen Institute de
Bergen, Norvège (spécialisé en
droits de l’homme), membre
du conseil consultatif du Haut
Commissariat aux Réfugiés de
l’ONU et rapporteuse du
Rapport II concernant « The
Joint Evaluation of Emergency Assistance to Rwanda »

23/4/1997 M. Jaenen

23/4/1997 L’amiral Verhulst
23/4/1997 Le professeur Suy et
M. Vandaele

25/4/1997 Le lieutenant général
Uytterhoeven
25/4/1997 Le général-major
Roman
29/4/1997 M. Rusatira

Responsable de la cellule
« Afrique » au ministère des
Affaires étrangères
Chef de la division opérations
(JSO) à l’état-major général
Le Professeur Suy, expert en
droit international, professeur
ordinaire à la « Katholieke
Universiteit Leuven » (KUL)
M. Vandaele, directeur général de la direction générale de
la politique du ministère des
Affaires étrangères

Adjoint à l’état-major de la
Force terrestre
Commandant de la brigade
paracommando
Général de brigade du FAR,
commandant ESM
29/4/1997 Le lieutenant général Chef d’état-major de la Force
Berhin
terrestre
29/4/1997 M. Cools
Premier secrétaire de la représentation permanente de la
Belgique auprès des Nations
unies

( 25 )

1 - 611/7 - 1997/1998

(2) Parlementaire commissie van onderzoek
betreffende de gebeurtenissen in Rwanda
Datum

Getuige

Hoedanigheid waarin de
getuige werd gehoord

(2) Commission d’enquête parlementaire
concernant les événements du Rwanda
Date

Témoin(s)

Qualité en laquelle le
témoin a été entendu

6/5/1997
6/5/1997

De heer Van Winsen Krijgsauditeur te Brussel.
De heer VanderOnderzoeksrechter verbonden
meersch
aan de rechtbank van eerste
aanleg te Brussel.

6/5/1997
6/5/1997

M. Van Winsen
M. Vandermeersch

Auditeur militaire à Bruxelles
Juge d’instruction associé au
tribunal de première instance
de Bruxelles

7/5/1997

Luitenant Lecomte

Tweede commandant van een
compagnie KIBAT II.

7/5/1997

Le lieutenant
Lecomte

Commandant en second de
compagnie de KIBAT II

7/5/1997

Kapitein Lemaire

Compagniecommandant
KIBAT II.

7/5/1997

Le capitaine Lemaire Commandant de compagnie
de KIBAT II

7/5/1997

De heer Quertemont

Militair aalmoezenier bij
KIBAT II.

7/5/1997

M. Quertemont

Aumônier militaire à KIBAT
II

7/5/1997

Majoor Maggen

Stafofficier van de Force Cdr
(UNAMIR).

7/5/1997

Le Major Maggen

Officier de l’état-major du
Force Commander

13/5/1997 Kapitein Marchal

Compagniecommandant bij
KIBAT II.

13/5/1997 Le capitaine Marchal Commandant de compagnie
du KIBAT II

13/5/1997 Commandant Choffray

Officier « operaties » op de staf
van KIBAT II.

13/5/1997 Le commandant
Choffray

Officier « Opérations » à l’étatmajor de KIBAT II

13/5/1997 Commandant Claeys Military Information Officer
(MIO) op de staf van de Force
Commander (UNAMIR).

13/5/1997 Le commandant
Claeys

Military Information Officer
(MIO) à l’état-major du
commandant de la MINUAR

13/5/1997 Commandant Noens

Raadgever in het recht van de
gewapende conflicten, KIBAT
I, UNAMIR.

13/5/1997 Le commandant
Noens

Conseiller en droit des conflits
armés, KIBAT I

13/5/1997 Majoor Bodart

Raadgever in het recht van de
gewapende conflicten, KIBAT
II, UNAMIR.

13/5/1997 Le Major Bodart

Conseiller en droit des conflits
armés, KIBAT II

14/5/1997 Professor Reyntjens

Gewoon hoogleraar aan de
Universitaire Instelling
Antwerpen en gespecialiseerd
in Centraal Afrika.

14/5/1997 Le Professeur Reyntjens

Professeur ordinaire à
l’« Universitaire Instelling
Antwerpen » et spécialiste en
questions d’Afrique centrale

14/5/1997 Mevr. De Backer

Adviseur van de Afrikastichting; Voorzitter ACT.

14/5/1997 Mme De Backer

Conseillère de
l’« Afrikastichting », présidente ACT

14/5/1997 De heer Eugène
Nahimana

Persattaché van de MRND te
België.

14/5/1997 M. Eugène Nahimana

Attaché de presse du MRND
en Belgique

14/5/1997 De heer Scheers

Advokaat aan de balie van
Brussel.

14/5/1997 M. Scheers

Avocat au barreau de Bruxelles

16/5/1997 De heer Galand

Voorzitter van het forum
« Nord-Sud »; Voorzitter van
het CNCD (Centre de Coopération au Développement).

16/5/1997 M. Galand

Président du forum « NordSud » et président du Centre de
coopération au développement (CNCD)

16/5/1997 Mevr. A. Desforges

Vertegenwoordigster van
Human Rights Watch; Vertegenwoordigster van de internationale commissie voor de
vaststelling van de schending
van de mensenrechten in
Rwanda.

16/5/1997 Mme A. Desforges

Représentante de « Human
Rights Watch », représentante
de la commission internationale pour la recherche des
actes de violation des droits de
l’homme au Rwanda

16/5/1997 De heer Terras

Directeur van het tijdschrift
GOLIAS.

16/5/1997 M. Terras

Directeur du magazine
GOLIAS

28/5/1997 De heer Greindl

Directeur van het « Institut
Supérieur de Pédagogie Appliqué » te Rwanda.

28/5/1997 M. Greindl

Directeur de l’« Institut supérieur de pédagogie appliqué »
au Rwanda

28/5/1997 Mevr. De Temmerman

Journaliste voor de BRTN
Nieuwsdienst.

28/5/1997 Mme De Temmerman

Journaliste pour le journal de
la BRTN

29/5/1997 Luitenant-kolonel
De Loecker

Stafofficier op het commando
van de Sector Kigali
(UNAMIR).

29/5/1997 Le lieutenant-colonel Officier d’état-major au
De Loecker
commandement du secteur
Kigali (MINUAR)

1 - 611/7 - 1997/1998

Datum

Getuige

( 26 )
Hoedanigheid waarin de
getuige werd gehoord

29/5/1997 Kolonel Balis

Officier adjunct « operaties »
op de Staf van Force Commander (UNAMIR).
29/5/1997 Commandant De
Adjunct in het operationeel
Troy
centrum van de generale staf te
Evere (C Ops).
30/5/1997 De heer TwagiraVoorzitter van de MDR;
mungu
Eerste minister van Rwanda.
30/5/1997 De heer Saur
Secretaris-generaal van de PSC
verantwoordelijk voor de
internationale betrekkingen.
3/6/1997 De heer Theunis
Priester en journalist; Aanwezig in het missiehuis van de
Afrikaanse missionarissen te
Kigali.
3/6/1997 De heer Louis
Secretaris-generaal en ondervoorzitter van de ChristenDemocratische Internationale
(IDC).
3/6/1997 De heer Houtmans
Directeur van de vrije radiozender Radio Contact.
6/6/1997 Kapitein Theunissen Tweede commandant van een
compagnie bij KIBAT II.
10/6/1997 Kolonel SBH Dewez Bevelhebber van het Belgisch
bataljon KIBAT II.
10/6/1997 Kolonel SBH
Commandant van de sector
Marchal
Kigali (UNAMIR).
11/6/1997 De heer NzamzimMajoor van de Rwandese
fura
gendarmerie, G4.
11/6/1997 Professor Prunier
Historicus, hoofdonderzoeker
bij het CNRS (Centre National de Recherche Scientifique)
te Parijs.
13/6/1997 Confrontatie tussen
Kolonel BEM Flament : Chef
luitenant-kolonel
Afdeling « Defensieplannen »
SBH Briot en kolonel van de generale staf; Hoofd
SBH Flament
verkenningsmissie Rwanda ter
voorbereiding van UNAMIR.
Luitenant-kolonel Briot : Chef
onderafdeling planning
externe operaties, C Ops.

13/6/1997 Confrontatie tussen
Kolonel SBH Marchal :
luitenant-kolonel
Commandant van de sector
SBH Briot en kolonel Kigali (UNAMIR)
SBH Marchal
Luitenant-kolonel SBH Briot :
Chef onderafdeling planning
operaties van de generale staf.
17/6/1997 De heer Matata

Secretaris van de « Association
rwandaise pour la Défense des
Droits de l’Homme »
(ARDHO).
17/6/1997 De heer Eugène
Persattaché van de MRND te
Nahimana
België.
17/6/1997 De heer Degni-Segui Speciaal rapporteur van de
commissie voor de mensenrechten van de Verenigde
Naties; Auteur van een
rapport over de situatie van de
mensenrechten in Rwanda.
18/6/1997 De heer NsengyaEerste minister van Rwanda.
remye

Date

Témoin(s)

29/5/1997 Le colonel Balis

29/5/1997 Le commandant De
Troy
30/5/1997 M. Twagiramungu
30/5/1997 M. Saur

3/6/1997

M. Theunis

3/6/1997

M. Louis

Qualité en laquelle le
témoin a été entendu

Officier adjoint « opérations »
à l’état-major du Force
Commander
Officier adjoint au centre
opérationnel de l’état-major
général à Evere (C Ops)
Président du MDR et ancien
premier ministre du Rwanda
Secrétaire général du PSC,
responsable des relations
internationales
Prêtre et journaliste, présent à
la mission des missionnaires
africains à Kigali

Secrétaire général et ensuite
vice-président de
l’Internationale démocratechrétienne (IDC)
3/6/1997 M. Houtmans
Directeur de l’émetteur radio
libre Radio Contact
6/6/1997 Le capitaine TheuCommandant en second de
nissen
compagnie de KIBAT II
10/6/1997 Le colonel BEM
Commandant du bataillon
Dewez
belge KIBAT II
10/6/1997 Le colonel BEM
Commandant du secteur
Marchal
Kigali (MINUAR)
11/6/1997 M. Nzamzimfura
Major de la gendarmerie
rwandaise, G4
11/6/1997 Le professeur Prunier Historien, chercheur en chef
auprès du Centre national de
recherche scientifique (CNRS)
à Paris
13/6/1997 Confrontation entre Lieutenant-colonel Briot : chef
le lieutenant-colonel de la sous-section planificaBEM Briot et le colo- tion des opérations à l’étatnel BEM Flament
major général
Colonel BEM Flament : chef
de la section « plans de
défense » à l’état-major général et chef de la mission de
reconnaissance au Rwanda en
préparation de la MINUAR
13/6/1997 Confrontation entre Lieutenant-colonel Briot : chef
le lieutenant-colonel de la sous-section planificaBEM Briot et le colo- tion des opérations à l’étatnel BEM Marchal
major général
Colonel BEM Marchal :
commandant du secteur Kigali
(MINUAR)
17/6/1997 M. Matata
Secrétaire de l’« Association
rwandaise pour la défense des
droits de l’homme »
(ARDHO)
17/6/1997 M. Eugène NahiAttaché de presse du MRND
mana
en Belgique.
17/6/1997 M. Degni-Segui
Rapporteur spécial de la
commission des droits de
l’homme des Nations unies et
auteur d’un rapport concernant la situation des droits de
l’homme au Rwanda
18/6/1997 M. Nsengyaremye
Ancien premier ministre du
Rwanda

( 27 )

Datum

Getuige

Hoedanigheid waarin de
getuige werd gehoord

1 - 611/7 - 1997/1998

Date

Qualité en laquelle le
témoin a été entendu

Témoin(s)

18/6/1997 De heer Leo Delcroix Minister van Landsverdediging.
20/6/1997 De heer Swinnen
Belgisch ambassadeur te
Rwanda.
20/6/1997 De heer Tallier
Secretaris bij de Staatsveiligheid belast met Afrikaanse
aangelegenheden.
24/6/1997 De heer Scheers
Advokaat aan de balie van
Brussel.
24/6/1997 De heer Willy Claes Minister van Buitenlandse
minister van Staat
Zaken.
25/6/1997 De heer Brouhns
Adjunct-permanent vertegenwoordiger van België bij de
Verenigde Naties.
25/6/1997 De heer Poncelet
Minister van Landsverdediging.
26/6/1997 De heer Dehaene
Eerste minister
27/6/1997 Adjudant BoequelMilitairen behorende tot
loen, Eerste korpobataljon KIBAT II.
raal-chef Pirard en
korporaal Kinkin
27/6/1997 Mevr. Debatty,
Vertegenwoordigers van de
mevr. Dupont, de
familieleden en aanverwanten
heer Leroy, de heer
van de tien gesneuvelde para’s.
Plescia, mevr. Lhoir,
mevr. Bassine
30/6/1997 De heer Murayi
Voorzitter van de « Mouvement Républicain National
pour la Démocratie et le Développement » (MRND).
30/6/1997 Confrontatie tussen
Kolonel SBH Dewez : Bevelkolonel SBH Dewez hebber van het Belgisch batalen kapitein Theunis- jon KIBAT II (UNAMIR)
sen
Kapitein Theunissen : Tweede
commandant van een compagnie van KIBAT II.

18/6/1997 M. L. Delcroix

Alle hoorzittingen vonden plaats in openbare vergadering op volgende uitzonderingen na :

Toutes les auditions ont eu lieu en séance publique,
à l’exception des auditions suivantes :

— Vergaderingen die deels openbaar en deels
gesloten waren :

— Réunions qui furent partiellement publiques et
qui furent tenues partiellement à huis clos :

20/6/1997 M. Swinnen
20/6/1997 M. Tallier

24/6/1997 M. Scheers
24/6/1997 M. Willy Claes
ministre d’État
25/6/1997 M. Brouhns

25/6/1997 M. Poncelet
26/6/1997 M. J.-L. Dehaene
27/6/1997 Adjudant Boequelloen, premier caporal-chef Pirard et
caporal Kinkin
27/6/1997 Mme Debatty, Mme
Dupont, M. Leroy,
M. Plescia, Mme
Lhoir, Mme Bassine

Ministre de la Défense nationale
Ambassadeur de Belgique au
Rwanda
Secrétaire à la Sûreté de l’État,
chargé des questions africaines
Avocat au barreau de Bruxelles
Ministre des Affaires étrangères
Représentant permanent
adjoint de la Belgique auprès
des Nations unies
Ministre de la Défense nationale
Premier ministre
Membres du bataillon KIBAT
II

Membres des familles et apparentés des dix paracommandos assassinés

30/6/1997 M. Murayi

Président du « Mouvement
républicain national pour la
démocratie et le développement » (MRND)
30/6/1997 Confrontation entre Colonel Dewez : commandant
le colonel BEM
du bataillon belge KIBAT II
Dewez et le capitaine (MINUAR)
Theunissen
Capitaine Theunissen :
commandant en second de
compagnie à KIBAT II

— 21/3/1997 : Generaal-majoor Delhotte

— 21/3/1997 : Général-major Delhotte

— 28/3/1997 : Luitenant-generaal Charlier

— 28/3/1997 : Lieutenant-général Charlier

— 29/4/1997 : de heer Rusatira

— 29/4/1997 : M. Rusatira

— 6/5/1997 : de heer Vandermeersch

— 6/5/1997 : M. Vandermeersch

— 7/5/1997 : de heer Quertemont

— 7/5/1997 : M. Quertemont

— 14/5/1997 : mevrouw De Backer

— 14/5/1997 : Mme De Backer

— 28/5/1997 : de heer Greindl

— 28/5/1997 : M. Greindl

— 28/5/1997 : mevrouw De Temmerman

— 28/5/1997 : Mme De Temmerman

— 30/5/1997 : de heer Twagiramungu

— 30/5/1997 : M. Twagiramungu

— 30/5/1997 : de heer Saur

— 30/5/1997 : M. Saur

— 3/6/1997 : de heer Theunis

— 3/6/1997 : M. Theunis

— 11/6/1997 : Professor Prunier

— 11/6/1997 : le Professeur Prunier

1 - 611/7 - 1997/1998

( 28 )

— 17/6/1997 : de heer Matata

— 17/6/1997 : M. Matata

— 17/6/1997 : de heer Degni-Segui

— 17/6/1997 : M. Degni-Segui

— 20/6/1997 : de heer Swinnen

— 20/6/1997 : M. Swinnen

— 24/6/1997 : de heer Scheers

— 24/6/1997 : M. Scheers

— Vergaderingen die volledig gesloten waren :

— Réunions qui ont été tenues entièrement à huis
clos :

— 11/3/1997 : Professoren Suy en David

— 11/3/1997 : Les professeurs Suy et David

— 11/3/1997 : Kolonel Ix

— 11/3/1997 : Colonel Ix

— 19/3/1997 : Kolonel Marchal

— 19/3/1997 : Colonel Marchal

— 21/4/1997 : confrontatie tussen de heer Delcroix en luitenant-generaal Charlier

— 21/4/1997 : Confrontation entre M. Delcroix et
le lieutenant général Charlier

— 23/4/1997 : Professor Suy en de heer Van Daele

— 23/4/1997 : le professeur Suy et M. Van Daele

— 14/5/1997 : de heer Nahimana

— 14/5/1997 : M. Nahimana

— 14/5/1997 : de heer Scheers

— 14/5/1997 : M. Scheers

— 17/6/1997 : de heer Nahimana

— 17/6/1997 : M. Nahimana

— 20/6/1997 : de heer Tallier

— 20/6/1997 : M. Tallier

1.3.1.3. Gedachtewisselingen met de experten van
de commissie

1.3.1.3. Échange de vues avec les experts de la
commission

Zoals hoger vermeld, werd de commissie geadviseerd door twee militaire experten, namelijk generaal-majoor Duchâtelet en kolonel Malherbe en door
twee experten internationaal recht, de professoren
Suy en David. De commissie kon eveneens een beroep
doen op het advies van meester Roggen wat betreft de
juridische implicaties van de werkzaamheden van de
commissie.

Comme susmentionné, la commission a bénéficié
des conseils de deux experts militaires, le généralmajor Duchâtelet et le colonel Malherbe, et de deux
experts en droit international, les professeurs Suy et
David. Elle a également pu s’entourer des avis de
maître Roggen sur les implications juridiques de ses
travaux.

1.3.1.4. Confrontaties
In het kader van de werkzaamheden van de
commissie vonden volgende confrontaties plaats :
(1) Bijzondere commissie betreffende de gebeurtenissen in Rwanda

1.3.1.4. Confrontations
Les confrontations suivantes ont eu lieu dans le
cadre des travaux de la commission :
(1) Commission spéciale Rwanda

— Confrontatie tussen de heer Delcroix en luitenant-generaal Charlier op 21 april 1997.

— Confrontation entre M. Delcroix et le lieutenant général Charlier le 21 avril 1997.

(2) Parlementaire onderzoekscommissie betreffende de gebeurtenissen in Rwanda

(2) Commission d’enquête parlementaire concernant les événements du Rwanda

— Confrontatie tussen luitenant-kolonel Briot en
kolonel Flament op 13 juni 1997.

— Confrontation entre le lieutenant-colonel Briot
et le colonel Flament le 13 juin 1997.

— Confrontatie tussen kolonel Marchal en luitenant-kolonel Briot op 13 juni 1997.

— Confrontation entre le colonel Marchal et le
lieutenant-colonel Briot le 13 juin 1997.

— Confrontatie tussen kolonel Dewez en kapitein
Theunissen op 30 juni 1997.

— Confrontation entre le colonel Dewez et le
capitaine Theunissen le 30 juin 1997.

1.3.1.5. Werkvergaderingen van de commissie

1.3.1.5. Réunions de travail de la commission

Voorafgaand aan de hoorzittingen vonden systematisch korte agendabesprekingen plaats. Tijdens

L’on a systématiquement organisé de brèves discussions relatives à l’ordre du jour avant les auditions.

( 29 )

1 - 611/7 - 1997/1998

deze besprekingen werden het curriculum alsook de
inleidende vragen van de getuigen besproken. Bovendien werden in het kader van de werkzaamheden van
de commissie meerdere werkvergaderingen georganiseerd. Met het oog op het opstellen van het verslag
werden residentiële werkvergaderingen gehouden te
Oostende (15-17 juli 1997), te Gesves (30 september,
1-2 augustus 1997) en te Brugge (25-27 november
1997).

Au cours de ces discussions, l’on a examiné le curriculum et les questions introductives des témoins. De
plus, l’on a organisé diverses réunions de travail dans
le cadre des travaux de la commission. Dans le cadre
de la rédaction du rapport, des réunions de travail
résidentielles ont été tenues à Ostende (15-16 juillet
1997), à Gesves (30 septembre, 1-2 août 1997) et à
Bruges (25-27 novembre 1997).

1.3.1.6. Vergaderingen van het Bureau van de
commissie

1.3.1.6. Réunions du Bureau de la commission

Het Bureau, samengesteld uit de voorzitter en de
twee ondervoorzitters-rapporteurs, heeft meerdere
malen vergaderd met het oog op de vergaderingen van
de commissie.

Le Bureau, composé du président et des deux viceprésidents rapporteurs, s’est réuni à plusieurs reprises
en vue de l’organisation des réunions de la commission.

1.3.1.7. Bezoek aan C Ops — SGR

1.3.1.7. Visite au C Ops — S.G.R.

Op uitnodiging van de minister van Landsverdediging hebben de leden van de commissie een werkbezoek gebracht aan de Algemene dienst voor inlichting
en veiligheid (SGR) en het Operationeel Centrum
(C Ops) in het Hoofdkwartier van de Belgische
strijdkrachten te Evere. Dit bezoek had plaats op
21 mei 1997.

Les membres de la commission ont, à l’invitation
du ministre de la Défense nationale, fait une visite de
travail au service général des renseignements et de
sécurité (S.G.R.) et au centre opérationnel (C Ops),
qui sont situés dans le quartier général des Forces
armées belges à Evere. Cette visite a eu lieu le 21 mai
1997.

De leden kregen een voorstelling van de beide
diensten en woonden een operationele briefing bij.
Tenslotte konden de leden de wapenuitrusting aanschouwen waarover de KIBAT-manschappen tijdens
hun missie in 1993 en 1994 hebben kunnen beschikken.

Les membres se sont vu présenter les deux services
et ont assisté à un briefing opérationnel. Enfin, les
membres ont pu examiner l’armement dont disposèrent les hommes de KIBAT au cours de leur mission
de 1993 et de 1994.

1.3.1.8. Bezoek aan Rwanda

1.3.1.8. Visite au Rwanda

(1) Ad-hocgroep-Rwanda

(1) Groupe ad hoc Rwanda

De heren Mahoux en Verhofstadt, leden van de adhocgroep, hebben zich naar Kigali begeven teneinde
een correct beeld te hebben van de plaatsen waar de
gebeurtenissen zich hebben afgespeeld, en om aldus
een inzicht te hebben in de reisweg van de tien para’s
op 7 april 1994, alsmede in de precieze omstandigheden waarin zij werden vermoord.
(2) Parlementaire onderzoekscommissie

M. Mahoux et Verhofstadt, membres du groupe
ad hoc, se sont rendus à Kigali afin d’avoir une vision
précise des lieux et permettre ainsi d’apprécier
l’itinéraire des dix paras le 7 avril 1994 et les circonstances exactes de leur assassinat.

(2) Commission d’enquête parlementaire

Bij brief van 22 april 1997 werd door de voorzitter
van de Rwandese Assemblée Nationale een delegatie
van de commissie tot een bezoek aan Rwanda uitgenodigd, « afin de rencontrer les témoins potentiels, de
visiter les sites et éventuellement de consulter les
archives ».

Dans sa lettre du 22 avril 1997, le président de
l’Assemblée nationale rwandaise a invité au Rwanda
une délégation de la commission, « afin de rencontrer
les témoins potentiels, de visiter les sites et éventuellement de consulter les archives ».

In het kader van de parlementaire onderzoekscommissie, werd beslist dat de heer Mahoux, in zijn hoedanigheid van rapporteur, een bezoek aan Rwanda
zou brengen. Het bezoek vond plaats van 23 augustus
1997 tot 30 augustus 1997. Het doel van deze missie
bestond erin ter plaatse de archieven te consulteren,

Dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire, il a été décidé que M. Mahoux, en sa qualité
de rapporteur, se rendrait au Rwanda. La visite a eu
lieu du 23 au 30 août 1997. Son objet était de consulter
sur place les archives mentionnées dans l’invitation
du Parlement rwandais. M. Mahoux était accompa-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 30 )

waarvan melding was gemaakt in de voornoemde uitnodiging van het Rwandese parlement. De heer
Mahoux werd vergezeld van de heer S. Vandeginste,
vorser aan het « Centre d’Étude de la Région des
Grands Lacs d’Afrique » (1).

gné de M. Vandeginste, chercheur au Centre d’études
de la région des grands lacs d’Afrique (1).

1.3.1.9. Documenten
(1) De door de ad-hocgroep onderzochte documenten
A. Documenten Landsverdediging
I. Documenten SGR
1. Mappen genummerd 1 tot 16 :
Informatie van algemene aard afkomstig uit openbare bronnen.
Periode : augustus 1993 tot april 1994.

1.3.1.9. Documents
(1) Les documents examinés par le groupe ad hoc

2. Mappen genummerd 17 en 18 :

A. Documents Défense nationale
I. Documents SGR
1. Classeurs 1 à 16 :
Informations générales provenant de sources publiques.
Période : août 1993 à avril 1994.
2. Classeurs 17 et 18 :

Door SGR verwerkte gegevens die inlichtingen zijn
geworden en aan verschillende geadresseerden
werden meegedeeld.

Informations traitées par SGR devenues des renseignements et transmis à différents destinataires.

3. Nota’s over de toestand in Rwanda (één map) :

3. Notes sur la situation au Rwanda (un classeur) :

Geheime documenten over de politieke, humanitaire en militaire toestand, alsook over crisissen.

Documents secrets concernant les situations politiques, militaires, de crises.

Periode : oktober 1993 tot april 1994.
4. Weekberichten van de inlichtingendiensten (één
map) :

Période : octobre 1993 à avril 1994.
4. Bulletins hebdomadaires des services de renseignements (un classeur) :

— toestand in Rwanda;

— situation au Rwanda;

— verloop van de gebeurtenissen;

— film des événements;

— ontwikkelingen in de toestand.

— évolution de la situation.

Periode : januari 1993 tot april 1994.

Période : janvier 1993 à avril 1994.

5. Map met bijkomende informatie (één map) :

5. Farde complément d’informations (un classeur) :

Uit diverse bronnen afkomstige informatie over de
toestand en het verloop der gebeurtenissen in
Rwanda.

Informations provenant de diverses sources
concernant la situation et le déroulement des événements au Rwanda.

Periode : januari 1993 tot mei 1994.

Période : janvier 1993 à mai 1994.

6. Map « IN » SGR OPS Rwanda 1994 :

6. Farde « IN » SGR OPS Rwanda 1994 :

Informatie afkomstig van bepaalde buitenlandse
inlichtingendiensten.
II. Documenten JS
Allerhande informatie over de humanitaire
operaties (UNAMIR, BELBAT, UNOSOM,...)
1. MAP JS 1 :

Informations provenant de certains services de
renseignement étrangers.
II. Documents J.S.
Concernant divers renseignements sur les opérations
humanitaires
(MINUAR,
BELBAT,
UNOSOM, ...).
1. Classeur J.S. 1 :

Verslag van de C Ops-vergaderingen van augustus
1993 tot december 1993 inbegrepen.

Compte rendu des réunions C Ops d’août 1993 à
décembre 1993 inclus.

——————

——————

(1) Zie bijlage.

(1) Voir annexe.

( 31 )
2. MAP JS 2 :
Zelfde inhoud van januari 1994 tot april 1994
inbegrepen.
III. Documenten C Ops over munitie (Sitrep 103)

1 - 611/7 - 1997/1998
2. Classeur J.S. 2 :
Idem de janvier 1994 à avril 1994 inclus.

III. Documents C Ops concernant les munitions :
(Sitrep 103)

IV. Documenten van 1 Para

IV. Documents de 1 Para

Inlichtingen van de Operatie UNAMIR I

Informations relatives à l’opération MINUAR I.

B. Documenten Ministerraad

B. Documents Conseil des ministres

Twee nota’s (en twee adviezen van de Inspectie van
Financiën) ter voorbereiding van de vergaderingen
van 26 november en 3 december 1993 van de ministerraad.
C. Documenten Buitenlandse Zaken

Deux notes (et deux avis de l’Inspection des Finances) en préparation des réunions des 26 novembre et
3 décembre 1993 du Conseil des Ministres.
C. Documents Affaires étrangères

1. Nota’s van de Ambassadeur te Kigali aan de
minister van Buitenlandse Zaken (4 augustus 1993 —
6 april 1994) (drie mappen);

1. Notes de l’Ambassadeur à Kigali au Ministre des
Affaires étrangères : 4 août 1994 — 6 avril 1994;

2. telexen Ambabel Kigali aan Belext (augustus
1993 — april 1994) (één map);

2. Télex Ambabel Kigali à Belext BRX : août 1993
— 6 avril 1994;

3. Telexen Brussel aan Ambabel Kigali (10 april
1993 — 6 april 1994) (één map);

3. Télex Bruxelles à Ambabel Kigali : 10 avril 1993
— 6 avril 1994;

4. Faxen Kigali Ambabel aan Belext (augustus
1993 — april 1994) (één map).

4. Fax Ambabel Kigali à Belext (août 1993 — avril
1994);

5. Jaarverslagen 1993 en 1994.
6. Notulen van coördinatievergaderingen Buitenlandse Zaken-Landsverdediging (2 december 1993 —
28 juli 1994).

5. Rapports annuels 1993 et 1994;
6. Procès-verbaux des réunions de coordination
hebdomadaires Affaires étrangères-Défense nationale : 2 décembre 1993 — 28 juillet 1994.

D. Documenten UNAMIR

D. Documents MINUAR

1. Rules of Engagement UNAMIR

1. ROE UNAMIR : Règles d’engagement.

2. Operatie-opdracht UNAMIR

2. Ordre d’opération MINUAR

E. Documenten Verenigde Naties (DELBELONU)

E. Documents Nations unies (DELBELONU)

1. Telegrammen ambassadeur Noterdaeme aan
Beletext over Rwanda (augustus 1993 — april 1994)
(één map);

1. Télégrammes ambassadeur Noterdaeme à Belext
concernant le Rwanda : août 1993 — avril 1994;

2. Telegrammen ambassadeur Noterdaeme aan
Belext over UNAMIR (augustus 1993 — april 1994)
(één map);

2. Télégrammes ambassadeur Noterdaeme à Belext
concernant MINUAR : août 1993 — avril 1994;

3. Correspondentie DELBELONU en ministerie
van Buitenlandse Zaken (7 april — 30 april 1994) (één
map).

3. Correspondance DELBELONU et ministère des
Affaires étrangères (7 avril — 30 avril 1994).

F. Documenten Militair Krijgshof
Proces Luc Marchal (31 mappen + map eerste aanleg en Cassatie).
G. Vertrouwelijk rapport van kolonel Marchal
Considérations relatives aux conditions dans
lesquelles j’ai exercé une fonction de Commandant

F. Documents Cour militaire
Procès Luc Marchal : 31 classeurs + 1 farde
première instance et Cassation.
G. Rapport confidentiel du colonel Marchal
Considérations relatives aux conditions dans
lesquelles j’ai exercé ma fonction de Commandant du

1 - 611/7 - 1997/1998

( 32 )

du secteur Kigali au sein de la MINUAR du
4 décembre 1993 au 19 avril 1994.

secteur KIGALI au sein du MINUAR du 4 décembre
1993 au 19 avril 1994.

H. Vast Comité van Toezicht op de Inlichtingendiensten

H. Comité permanent de contrôle des services de
renseignements

Verslag van het toezichtsonderzoek handelend
over de efficiëntie en de samenwerking van de inlichtingendiensten in verband met de gebeurtenissen in
Rwanda.

Rapport de l’enquête de contrôle sur l’efficacité et
la collaboration des services de renseignements à
propos des événements au Rwanda

I. Documenten Verenigde Naties

I. Documents Nations unies

— Akkoorden van Arusha (één map).

1. Accords d’Arusha;

— Rapporten van de Verenigde Naties :

2. Rapports des Nations unies :

(E/CN.4/1994/7/Add.1) — Report by the Special
Rapporteur on extrajudicial, summary or arbitrary
executions on his mission to Rwanda, 8-17 april 1993,
including as annex II the Statement of 7 april 1993 of
the Government of Rwanda concerning the final
report of the Independent International Commission
of Inquiry on human rights violations in Rwanda
since 1 October 1990.

— (E/CN.4/1994/7/Add.1) : Report by the special
Rapporteur on extrajudicial, summary or arbitrary
executions on his mission to Rwanda, 8-17 April
1993, including as annex II the Statement of 7 April
1993 of the Governement of Rwanda concerning the
final report of the Independent International
Commission of Inquiry on human rights violations in
Rwanda since 1 October 1990.

S/1994/360, 30 maart 1994 — Second progress
report of the Secretary-General on UNAMIR for the
period from 30 december 1993 to 30 March 1994,
requesting an extension of its mandate for a period of
six months.

— S/1994/360, 30 mars 1994 : Second progress
report of the Secretary-General on UNAMIR for the
period from 30 December 1993 to 30 March 1994,
requesting an extension of its mandate for a period of
six months.

J. Andere documenten

J. Autres Documents

The United Nations and Rwanda, 1993-1996,
Department of Public Information, The United
Nations Blue Book Series, Volume X.

The United Nations and Rwanda, 1993-1996,
Department of Public Information, The United
Nations Blue Book Series, Volume X.

Sellström, T., The International Response to Conflict and Genocide : Lessons from the Rwanda Experience, Study 1, Historical Perspective : Some Explanatory Factors, Joint Evaluation of Emergency Assistance to Rwanda.

Sellström, T., The International Response to
Conflict and Genocide : Lessons from the Rwanda
Experience, Study 1, Historical Perspective : Some
Explanatory Factors, Joint Evaluation of Emergency
Assistance to Rwanda.

Adelman, H. en Suhrke, A., The International
Response to Conflict and Genocide : Lessons from the
Rwanda experience, Study 2, Early Warning and
Conflict Management, Joint Evaluation of Emergency Assistance to Rwanda.

Adelman, H. et Suhrke, A., The International
Response to Conflict and Genocide : Lessons from the
Rwanda experience, Study 2, Early Warning and
Conflict Management, Joint Evaluation of Emergency Assistance to Rwanda.

Rapport d’ensemble enseignements tirés de la mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda
(MINUAR), Octobre 1993-Avril 1996, Décembre
1996.

Rapport d’ensemble enseignements tirés de la
mission des Nations unies pour l’assistance au
Rwanda (MINUAR), octobre 1993-avril 1996,
décembre 1996.

(2) Documenten
commissie-Rwanda

bijzondere

(2) Documents obtenus par la commission spéciale
Rwanda

Réponses aux questions du général-major Dallaire
par le juge-avocat général de la Cour militaire.

Réponses aux questions du général-major Dallaire
par le juge-avocat général de la Cour militaire.

bekomen

door

( 33 )
A. DOCUMENTEN VN-OVERHEDEN

1 - 611/7 - 1997/1998
A. DOCUMENTS DES AUTORITÉS DE L’ONU

Présentation du rapport sur les exécutions extrajudiciaires, sommaire des arbitraires à la 53ème session
de la Commission des droits de l’homme des Nations
unies par M. Ndiaye, Rapporteur spécial, Genève, le
9 avril 1997.

Présentation du rapport sur les exécutions extrajudiciaires, sommaire des arbitraires à la 53ème session
de la Commission des droits de l’homme des Nations
unies par M. Ndiaye, Rapporteur spécial, Genève, le
9 avril 1997.

Rapport de la Commission internationale
d’enquête sur les violations des droits de l’homme au
Rwanda depuis le 1er octobre 1990 (7-21 janvier
1993). Rapport Final. Africa Watch, Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Union Interafricaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Centre
International des Droits de la Personne et du Développement Démocratique.

Rapport de la Commission internationale
d’enquête sur les violations des droits de l’homme au
Rwanda depuis le 1er octobre 1990 (7-21 janvier
1993). Rapport final. Africa Watch, Fédération internationale des droits de l’homme, Union interafricaine
des Droits de l’Homme et des Peuples, Centre international des droits de la personne et du développement
démocratique.

Rapport présenté par M. Bacre Waly Ndiaye,
Rapporteur spécial, conformément à la résolution
1996/74 de la Commission des droits de l’homme.
Nations Unies, Conseil Economique et Social, E/
CN.4/1997/60 et Add 1 — 24 décembre 1996.

Rapport présenté par M. Bacre Waly Ndiaye,
Rapporteur spécial, conformément à la résolution
1996/74 de la Commission des droits de l’homme.
Nations unies, Conseil économique et social, E/
CN.4/1997/60 et Add 1 — 24 décembre 1996.

Telex van 20 januari 1994 van DelbelONU aan
Minafet.

Télex du 20 janvier 1994 de DelbelONU à Minafet.

B. DOCUMENTEN BELGISCHE POLITIEKE
OVERHEDEN

B. DOCUMENTS DES AUTORITÉS POLITIQUES BELGES

Brief van de heer J.L. Dehaene, eerste minister, met
betrekking tot de documenten van Buitenlandse
Zaken, 25 maart 1997.

Lettre de M. J.L. Dehaene, premier ministre
concernant les documents d’Affaires étrangères, du
25 mars 1997.

Brief van de heer E. Derycke, minister van Buitenlandse Zaken met betrekking tot de notulen van de
coördinatievergaderingen
Buitenlandse
ZakenLandsverdediging (met bijlage), 26 maart 1997.

Lettre de M. E. Derycke, ministre des Affaires
étrangères concernant les PV des réunions Affaires
étrangères — Défense nationale (avec annexe)
26 mars 1997.

Notulen van de coördinatie-vergaderingen van
28 oktober 1993, 26 november 1993, 2 december
1993, 9 december 1993, 16 december 1993,
23 december 1993, 6 januari 1994, 13 januari 1994,
3 februari 1994, 3 maart 1994 en 17 maart 1994.

PV des réunions de coördination du 28 octobre
1993, 26 novembre 1993, 2 décembre 1993, 9 décembre 1993, 16 décembre 1993, 23 décembre 1993,
6 janvier 1994, 13 janvier 1994, 3 février 1994, 3 mars
1994 et 17 mars 1994.

Brief van de heer J. De Bock, kabinetschef van de
minister van Buitenlandse Zaken van 24 maart 1997
met bijlagen :

Lettre de M. J. De Bock, chef de cabinet du ministre
des Affaires étrangères du 24 mars 1997, avec annexes.

1. Opening remarks by M. Kofi Annan, Lessons
learned Seminar on Rwanda;

1. Opening remarks by M. Kofi Annan, Lessons
learned Seminar on Rwanda;

2. « Non-paper » of the Comprehensive Seminar
on UNAMIR, 12-14 June 1996;

2. « Non-paper » of the Comprehensive Seminar on
UNAMIR, 12-14 June 1996;

3. Kopie van de telex 127 van Bujumbura met instructies van minister Claes, 23.02.1994;

3. Copie du télex 127 de Bujumbura avec instructions du ministre Claes, 23.02.1994;

4. Kopie van de antwoorden van twee diplomatieke posten (van Washington van 24.02.1994 en van
New York van 24.02.1994.

4. Copie des réponses de deux postes diplomatiques (de Washington du 24.02.1994 et de New York
du 24.02.1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 34 )

Nota van minister van Staat, de heer W. Claes :
« Belgische stappen in New York om UNAMIR
krachtiger te laten optreden » : antwoord op het
Rapport van de ad-hocgroep blz. 85 t/m 94.

Note du ministre d’État, M. W. Claes :
« Démarches entreprises par la Belgique à New York
afin d’obtenir une action plus décidée de la
MINUAR » : réponse au rapport du groupe ad hoc,
pp. 85 à 94 incluse.

Nota van minister van Staat, de heer W. Claes :
« Het zogenaamde « anti-Belgisch klimaat ». Enkele
opmerkingen bij en correcties op het Deel 4.1 en 4.2
van het rapport van de ad hoc-groep van de Senaatscommissie inzake Rwanda ».

Note du ministre d’État, M. Claes : « Le soi-disant
« climat antibelge . Observations et corrections
concernant les points 4.1 et 4.2 du rapport du groupe
ad hoc de la commission spéciale Rwanda du Sénat. »

Nota door de eerste minister bezorgd aan de heer
Leo Delcroix die een overzicht geeft van informele
nota’s van de ministerraad (opgesteld door de secretaris van de ministerraad of/en door de diplomatieke
adviseur van de eerste minister).

Note du Premier ministre transmise à M. Leo
Delcroix, qui donne un aperçu des notes informelles
du Conseil des ministres (rédigées par le secrétaire du
Conseil des ministres et/ou par le conseiller diplomatique du Premier ministre).

Mededeling van de ministerraad van 19 november
1993 m.b.t. UNAMIR.

Communication du Conseil des ministres du
19 novembre 1993 concernant la MINUAR.

Samenstelling kabinet — ministerie van Defensie
Rwanda voor de periode juni 1993-december 1993.
Samenstelling kabinet — ministerie van Defensie
Rwanda, situatie april 1994.

Composition cabinet — ministère de la Défense
nationale Rwanda pour la période juin 1993décembre 1993. Composition cabinet — ministère de
la Défense nationale Rwanda, situation avril 1994.

C. DOCUMENTEN
DEN

OVERHE-

C. DOCUMENTS DES AUTORITÉS MILITAIRES

Brief overgemaakt door kapitein De Cuyper : Brief
vanwege de landmacht — Divisie gevechtssteun van
10 maart 1997.

Lettre transmise par le capitaine De Cuyper : Brief
vanwege de landmacht — Divisie gevechtssteun van
10 maart 1997.

PV van 06.12.1995 met kapitein De Cuyper onderzoeksdossier Marchal bij het auditoraat-generaal van
het Militair Hof.

P.V. du 06.12.1995 du capitaine De Cuyper dossier
d’instruction Marchal à l’auditorat général de la
Cour militaire.

Documenten meegedeeld naar aanleiding van de
hoorzitting achter gesloten deuren van kolonel Marchal op 19 maart 1997 :

Documents distribués suite à l’audition à huis clos
du colonel Marchal le 19 mars 1997 :

1. exposé introductif, audition à huis clos du
19 mars 1997;

1. exposé introductif, audition à huis clos du
19 mars 1997;

MILITAIRE

Operatie Haı̈ti :

Operatie Haiti :

2. Ops Columbus — Sitrep op 5.11.1994, Sitrep
1.12.1994, Sitrep 2.12.1994, Sitrep 15.12.1994, Sitrep
19.4.1994, Sitrep 21.12.1994, Sitrep 24.12.1994;

2. Ops Columbus — Sitrep op 5.11.1994, Sitrep
1.12.1994, Sitrep 2.12.1994, Sitrep 15.12.1994, Sitrep
19.4.1994, Sitrep 21.12.1994, Sitrep 24.12.1994;

3. Vertrouwelijk : Ontwerp van het evacuatieplan
« Yellow Bird », 9.12.1994.

3. Confidentiel : Ontwerp van het evacuatieplan
« Yellow Bird », 9.12.1994.

Documenten van luitenant-kolonel Leroy meegedeeld naar aanleiding van zijn hoorzitting op
24.3.1997.

Documents du lieutenant-colonel Leroy transmis
aux membres de la commission lors de son témoignage du 24.3.1997.

Documenten meegedeeld door kolonel BEM
Dewez aan de leden van de commissie :

Documents remis par le colonel BEM Dewez aux
membres de la commission:

1. Briefing
d’engagement;

1. Briefing
d’engagement;

général

UNAMIR

et

2. Safe City Directives KIBAT, 26.3.1994;

Règles

général

UNAMIR

et

2. Safe City Directives KIBAT, 26.3.1994;

Règles

( 35 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3. Programme de la semaine du 4 au 10 avril 1994;

3. Programme de la semaine du 4 au 10 avril 1994;

4. Rapport confidentiel de KIBAT S2, 24.3.1994

4. Rapport confidentiel de KIBAT S2, 24.3.1994

annexe A : communiqué de presse de Charles
Ruvugabigwi : L’angoisse du Dr. Booh-Booh, La
Relève 18.3.1994;

annexe A : communiqué de presse de Charles
Ruvugabigwi : L’angoisse du Dr. Booh-Booh, La
Relève 18.3.1994;

annexe B : partis principaux au Rwanda
annexe C : Communiqué « sauve qui peut » no 10,
23.3.1994;

annexe B : partis principaux au Rwanda
annexe C : Communiqué « sauve qui peut » no 10,
23.3.1994;

5. Rapport secret de KIBAT S2, 29.3.1994;

5. Rapport secret de KIBAT S2, 29.3.1994;

6. Rapport secret de KIBAT S2, 26.3.1994;

6. Rapport secret de KIBAT S2, 26.3.1994;

7. Rapport secret de KIBAT S2, 2.4.1994

7. Rapport secret de KIBAT S2, 2.4.1994

annexe : déclaration du premier ministre désigné F.
Twagiramungu, 1.4.1994;
8. Rapport secret de KIBAT S2, 1.4.1994
annexe : Communiqué « Sauve qui peut » no 11,
27.3.1994;
9. Copie extraits du carnet personnel :
— notes prises pendant briefing au Cops, 3.2.1994

annexe : déclaration du premier ministre désigné F.
Twagiramungu, 1.4.1994;
8. Rapport secret de KIBAT S2, 1.4.1994
annexe : Communiqué « Sauve qui peut » no 11,
27.3.1994;
9. Copie extraits du carnet personnel :
— notes prises pendant briefing au COps,
3.2.1994

— communication à l’ Ogp Bn, 4.2.1994

— communication à l’ Ogp Bn, 4.2.1994

— notes de base pour le briefing aux compagnies;

— notes de base pour le briefing aux compagnies;

10. Rapport du Lt. Nees du 17.3.1994.

10. Rapport du Lt. Nees du 17.3.1994.

Historiek van November 92 tot maart 93 — M. P.
Vandeputte. UNPROFOR Bosnia Herzegovina 1
(BE) DET TPT — Moving Star.

Historiek van November 92 tot maart 93 — M. P.
Vandeputte. UNPROFOR Bosnia Herzegovina 1
(BE) DET TPT — Moving Star.

Brief van de heer Elsoucht — Krijgsmacht Generale
Staf, Divisie Operaties, Sectie Plannen en Defensie,
11.04.1997.

Lettre de M. Elsoucht — Forces armées état-major,
Divisie Operaties, Sectie Plannen en Defensie,
11.04.1997.

Onderwerp : Lessen BELBAT II

Onderwerp : Lessen BELBAT II

Hoofdstuk 1 : Personeel

Hoofdstuk 1 : Personeel

Hoofdstuk 2 : Inlichtingen

Hoofdstuk 2 : Inlichtingen

Hoofdstuk 3 : Operaties

Hoofdstuk 3 : Operaties

Hoofdstuk 4 : Logistiek en Med.

Hoofdstuk 4 : Logistiek en Med.

Hoofdstuk 5 : SCV. Pers en Vip.

Hoofdstuk 5 : SCV. Pers en Vip.

Note du Lieutenant-Général, Aide de Camp du
Roi, J. Charlier, au Ministre de la Défense nationale
du 3 novembre 1993. (avec une lettre du Brigadier
général, Commandant de la Force et Chef de mission
R.A. Dallaire au Colonel J. Flament, Chef de la mission de Reconnaissance des Forces armées de la Belgique à Kigali du 29 octobre 1993).

Note du Lieutenant-Général, Aide de Camp du
Roi, J. Charlier, au Ministre de la Défense nationale
du 3 novembre 1993. (avec une lettre du Brigadier
général, Commandant de la Force et Chef de mission
R.A. Dallaire au Colonel J. Flament, Chef de la
mission de Reconnaissance des Forces armées de la
Belgique à Kigali du 29 octobre 1993).

Brief van Kolonel M. Malherbe — UNPROFOR
— Sector East : Rapport de mission au Sector EAST
UNPROFOR du 13 mars 92 à fin Août 92, 2.9.1992.

Lettre du Colonel M. Malherbe — UNPROFOR
— Sector East : Rapport de mission au Sector EAST
UNPROFOR du 13 mars 92 à fin août 92, 2.9.1992.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 36 )

Bijlage : Org. QG Force.
Brief van Kolonel M. Malherbe — UNPROFOR
— Sector East : Rapport Part (BE) UNPROFOR.
D. ANDERE DOCUMENTEN

Annexe : Org. QG Force.
Lettre du Colonel M. Malherbe — UNPROFOR
— Sector East : Rapport Part (BE) UNPROFOR.
D. AUTRES DOCUMENTS

Document van de heer Alain De Brouwer ter attentie van senator Destexhe « contribution personnelle
aux travaux de la future Commission parlementaire
d’enquête sur le Rwanda » 25.10.1996.

Document de M. Alain De Brouwer à l’attention
du Sénateur Destexhe, contribution personelle aux
travaux de la future Commission parlementaire
d’enquête sur le Rwanda, 25.10.1996.

Brief van advocaat Luc De Temmerman met
betrekking tot de familie Habyarimana aan de BCR,
4 maart 1997.

Lettre de l’avocat Luc De Temmerman concernant
la famille Habyarimana, 4 mars 1997.

Document overgemaakt door mevrouw Willame :
Note
de
Mme
Marie-Madeleine
NibelleBicamumpaka : « Le MDR - Mouvement démocratique républicain, premier parti d’opposition au
Rwanda; fut-il victime de sa victoire électorale
annoncée ? »

Document transmis par Mme Willame : Note de
Mme Marie-Madeleine Nibelle-Bicamumpaka : « Le
MDR — Mouvement démocratique républicain,
premier parti d’opposition au Rwanda; fut-t-il
victime de sa victoire électorale annoncée ? ».

« Le cas rwandais » door de heren Servillien M.
Sebasoni, artikel in La revue générale, december 1994,
nr. 12.

« Le cas rwandais » par M. Servilien M. Sebasoni,
article dans La Revue générale, décembre 1994, no 12.

Documenten overgemaakt door Mevrouw Maes
naar aanleiding van haar hoorzitting :

Documents transmis par Mme Maes à l’occasion
de son audition :

1. Programma van het officieel bezoek van de
minister van Landsverdediging, de heer Leo Delcroix,
aan de Belgische militairen in Rwanda van 10 tot 13
maart 1994.

1. Programme de la visite officielle du ministre de
la Défense, M. Leo Delcroix, aux militaires belges au
Rwanda, 10 au 13 mars 1994.

2. Brief gericht aan de secretaris-generaal van de
OVN : « A propos des troupes belges au Rwanda »,
november 1993.

2. Lettre adressée au secrétaire général des Nations
unies : « À propos des troupes belges au Rwanda »,
novembre 1993.

Documenten overgemaakt door de heer W. Kuijpers naar aanleiding van zijn hoorzitting :

Documents transmis par M. W. Kuijpers à
l’occasion de son audition :

1. Exemplaar van het tijdschrift Dialogue, nr. 190,
april-mei 1996.

1. Exemplaire de la revue Dialogue, no 190, avrilmai 1996.

2. Dossier betreffende de moord op M. Olivier
Dulieu op 7 april 1994, in Rambura, meegedeeld door
M.P. Dulieu in het kader van zijn hoorzitting voor de
commissie van 19.2.1997.

2. Dossier concernant l’assassinat de M. Olivier
Dulieu, le 7 avril 1994, à Rambura, transmis par
M. P. Dulieu dans le cadre de son audition devant la
commission du 19.2.1997.

Documenten meegedeeld door senator Destexhe
aan de voorzitter :

Documents transmis par le sénateur Destexhe au
Président :

1. Déclaration du 7 avril 1994 relative à
l’assassinat de leurs excellences le chef de l’état rwandais, le général-major Juvenal Habyarimana, et le
chef de l’Etat burundais, Monsieur Cyprien Ntaryamira, et les membres de leurs délégation;

1. Déclaration du 7 avril 1994 relative à
l’assassinat de leurs excellences le chef de l’état rwandais, le général-major Juvenal Habyarimana, et le
chef de l’État burundais, M. Cyprien Ntaryamira, et
les membres de leurs délégation;

2. Lettre du Docteur MURAYI Paulin, Président
du MRND — Section belge — au Ministre Delcroix,
08.03.1994;

2. Lettre du docteur MURAYI Paulin, président
du MRND — Section belge — au ministre Delcroix,
08.03.1994;

( 37 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3. Fax de M. Alain De Brouwer, Conseiller politique de l’IDC à M. P. Ngaboyamahina, Président du
MRND — Section Belgique, 05.01.1992.

3. Fax de M. Alain De Brouwer, conseiller politique de l’IDC à M. P. Ngaboyamahina, président du
MRND — Section Belgique, 05.01.1992.

Brief van Staatssecretaris van Ontwikkelingssamenwerking, de heer R. Moreels in antwoord op een
schriftelijke vraag van de commissie van 13 maart op
datum van 3 april 1997 met volgende bijlagen :

Lettre du secrétaire d’État à la Coopération au
développement, M. R. Moreels en réponse à une
question écrite de la commission du 12 mars, d.d.
3 avril 1997, avec annexes suivantes :

1. 1a ODA-cijfers 1990-1994;

1. 1a ODA-cijfers 1990-1994;

2. 1b lijst van de 84 projecten in het kader van de
directe bilaterale samenwerking;

2. 1b lijst van de 84 projecten in het kader van de
directe bilaterale samenwerking;

3. 2a Lijst van NGO-projecten. Uitgevoerd met
financiële ABOS tussenkomst;

3. 2a Lijst van NGO-projecten. Uitgevoerd met
financiële ABOS tussenkomst;

4. 3a en 3 b : enige informatie inzake de financiële
samenwerking met Rwanda 1990-1994.

4. 3a et 3 b : enige informatie inzake de financiële
samenwerking met Rwanda 1990-1994.

Brief en bijlagen van de heer Gasana Ndoba, lid
van de coördinatiegroep CRDDR, gewezen coördinator van het comité (1990-1995) :

Lettre et annexes de M. Gasana Ndoba, membre
du Groupe de coordination du CRDDR, ancien coordinateur du comité (1990-1995) :

Document 1 : Audition devant la Commission
Spéciale Rwanda le 19 février 1997.

Document 1 : Audition devant la Commission
spéciale Rwanda le 19 février 1997.

Document 2 : Témoignage de Mme Marguerite
Lens Nyirazaninka.

Document 2 : Témoignage de Mme Marguerite
Lens Nyirazaninka.

Document 3 : Témoignage de Mme Mukeshimana
Florida. Epouse de M. Ngulinzira, Ancien Ministre
Rwandais des Affaires Etrangères 16.02.1996.

Document 3 : Témoignage de Mme Mukeshimana
Florida. Épouse de M. Ngulinzira, ancien ministre
rwandais des Affaires étrangères 16.02.1996.

Document 4 : Liste indicative faite par le CRDDR
de responsables présumés du génocide et de massacres
politiques perpétrés au Rwanda résidant ou ayant
récemment résidé en Belgique (17.04.1997).

Document 4 : Liste indicative faite par le CRDDR
de responsables présumés du génocide et de massacres
politiques perpétrés au Rwanda résidant ou ayant
récemment résidé en Belgique (17.04.1997).

Bijlagen bij document 4 :

Annexes au document 4 :

Bijlage 1 : Appel à la conscience des Bahutu.

Annexe 1 : Appel à la conscience des Bahutu.

Bijlage 2 : Pro justitia du Tribunal de première instance de Bruxelles (22.07.96)

Annexe 2 : Pro justitia du Tribunal de première
instance de Bruxelles (22.07.96)

Bijlage 3 : Versement d’un montant de 500 000 fr. de
M. Rwabukumba Seraphin en date du 06.07.1993

Annexe 3 : Versement d’un montant de 500 000 fr.
de M. Rwabukumba Seraphin en date du 06.07.1993

Bijlage 4 : Lettre de la Kredietbank, attestation concernant Mr. Rwabukumba en date du 24.05.1994.

Annexe 4 : Lettre de la Kredietbank, attestation
concernant Mr. Rwabukumba en date du 24.05.1994.

Bijlage 5 : Sommaire du Journal Officiel de la
République Rwandaise en date du 30.11.1996.

Annexe 5 : Sommaire du Journal officiel de la
République rwandaise en date du 30.11.1996.

Bijlage 6 : 1994 — Hachette : Observatoire géopolitique des drogues. État des drogues, drogue des états
(p. 113 — p. 115).

Annexe 6 : 1994 — Hachette : Observatoire géopolitique des drogues. État des drogues, drogue des états
(p. 113 — p. 115).

Bijlage 7 : Controverse criminel ou courageux —
Questions sur le rôle de l’ancien chef de la gendarmerie rwandaise, témoin clef de la tragédie de 1994. Il vit
aujourd’hui en Belgique. Les silences du général, Le
Vif l’Express — 07.03.1997.

Annexe 7 : Controverse criminel ou courageux —
Questions sur le rôle de l’ancien chef de la gendarmerie rwandaise, témoin clef de la tragédie de 1994. Il vit
aujourd’hui en Belgique. Les silences du général, Le
Vif l’Express — 07.03.1997.

Bijlage 8 : Lettre de la Radio Télévision Libre des
Mille Collines (RTLM) à Kigali Situation du compte
RTLM au 15.08.1993, en date du 01.09.1993.

Annexe 8 : Lettre de la Radio Télévision Libre des
Mille Collines (RTLM) à Kigali Situation du compte
RTLM au 15.08.1993, en date du 01.09.1993.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 38 )

Bijlage 8 a : Liste des actionnaires B.A.C.A.R., en
date du 25.08.1993.

Annexe 8 a : Liste des actionnaires B.A.C.A.R., en
date du 25.08.1993.

Bijlage 8 b/1 : Liste des actionnaires B.C.R. en date
du 25.08.1993.

Annexe 8 b/1 : Liste des actionnaires B.C.R. en date
du 25.08.1993.

Bijlage 8 b/2 : Liste des actionnaires B.C.R. Agences en date du 25.08.1993.

Annexe 8 b/2 : Liste des actionnaires B.C.R. Agences en date du 25.08.1993.

Bijlage 8 c : Liste des actionnaires Banque de Kigali
(BK) en date du 25.08.1993.

Annexe 8 c : Liste des actionnaires Banque de Kigali
(BK) en date du 25.08.1993.

Bijlage 9 a : Communiqué de presse no 93/32 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 10.08.1993.

Annexe 9 a : Communiqué de presse no 93/32 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 10.08.1993.

Bijlage 9 b : Communiqué de presse no 93/33 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 27.08.1993.

Annexe 9 b : Communiqué de presse no 93/33 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 27.08.1993.

Bijlage 9 c : Communiqué de presse no 93/35 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 09.12.1993.

Annexe 9 c : Communiqué de presse no 93/35 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 09.12.1993.

Bijlage 9 d : Communiqué de presse no 94/36 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 12.01.1994.

Annexe 9 d : Communiqué de presse no 94/36 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 12.01.1994.

Bijlage 9 e : Communiqué de presse no 94/37 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 14.01.1994.

Annexe 9 e : Communiqué de presse no 94/37 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 14.01.1994.

Bijlage 9 f : Communiqué de presse no 94/38 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 25.02.1994.

Annexe 9 f : Communiqué de presse no 94/38 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 25.02.1994.

Bijlage 9 g : Communiqué de presse no 94/39 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 25.02.1994.

Annexe 9 g : Communiqué de presse no 94/39 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda, en date du 25.02.1994.

Bijlage 9 h : Communiqué de presse no 94/40 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda en date du 5 et 7 mars 1994.

Annexe 9 h : Communiqué de presse no 94/40 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda en date du 5 et 7 mars 1994.

Bijlage 9 i : Déclaration du Comité sur les violences
qui secouent le Rwanda depuis l’annonce de la mort
des présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi : Comité pour le respect des droits de
l’homme et la démocratie au Rwanda, 10.04.1994.

Annexe 9 i : Déclaration du Comité sur les violences qui secouent le Rwanda depuis l’annonce de la
mort des présidents Habyarimana du Rwanda et
Ntaryamira du Burundi : Comité pour le respect des
droits de l’homme et la démocratie au Rwanda,
10.04.1994.

Bijlage 9 j : Communiqué de presse no 94/41 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda en date du 16.04.1994.

Annexe 9 j : Communiqué de presse no 94/41 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda en date du 16.04.1994.

Bijlage 9 k : Communiqué de presse no 94/42 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda en date du 24.04.1994.

Annexe 9 k : Communiqué de presse no 94/42 :
Comité pour le respect des droits de l’homme et la
démocratie au Rwanda en date du 24.04.1994.

Bijlage 9 l : Lettre du Comité pour le respect des
droits de l’homme et la démocratie au Rwanda de
M. Gasana Ndoba à M. Ibrahim Gambari, Ambassadeur du Nigéria auprès des Nations Unies —
Demande de renforcement de la MINUAR au
Rwanda, 02.05.1994.

Annexe 9 l : Lettre du Comité pour le respect des
droits de l’homme et la démocratie au Rwanda de
M. Gasana Ndoba à M. Ibrahim Gambari, ambassadeur du Nigéria auprès des Nations unies —
Demande de renforcement de la MINUAR au
Rwanda, 02.05.1994.

Bijlage 9 m : Lettre de M. Iqbal Riza, Assistant
Secretary-general for Peace-keeping Operations for

Annexe 9 m : Lettre de M. Iqbal Riza, Assistant
Secretary-general for Peace-keeping Operations for

( 39 )

1 - 611/7 - 1997/1998

the United Nations à M. Gasana, Coordinateur du
CRDDR. (05.05.1994).

the United Nations à M. Gasana, Coordinateur du
CRDDR. (05.05.1994).

Bijlage 9 n : Massacres — Un complot bien
orchestré, Le Vif l’Express, 15.05.1994.

Annexe 9 n : Massacres — Un complot bien orchestré, Le Vif l’Express, 15.05.1994.

Bijlage 10 : Deuxième et douloureux anniversaire
du génocide et des massacres au Rwanda (7 avril à
début juillet 1994) ainsi que de la perte de nombreux
membres de notre famille. Invitation à la commémoration.

Annexe 10 : Deuxième et douloureux anniversaire
du génocide et des massacres au Rwanda (7 avril à
début juillet 1994) ainsi que de la perte de nombreux
membres de notre famille. Invitation à la commémoration.

Bijlage 11 : Rwanda : M. Kuypers dénonce
l’entourage du Président — La libre Belgique,
3-4/10/92.

Annexe 11 : Rwanda : M. Kuypers dénonce
l’entourage du Président — La libre Belgique,
3-4/10/92.

Bijlage 12 : Rwanda : négocier le départ des
Casques bleus belges — Le Soir, 16-17.04.1994.

Annexe 12 : Rwanda : négocier le départ des
Casques bleus belges — Le Soir, 16-17.04.1994.

Lessen « Winter Lodge » , 08 okt. tot 5 feb. 93.

Leçons « Winter Lodge », 08 oct. au 5 févr. 93.

Document van M. Ndindiliyimana, Témoignage
écrit sur les événements du Rwanda, 21.04.1994.

Document de M. Ndindiliyimana, Témoignage
écrit sur les événements du Rwanda, 21.04.1994.

Brief van de heer M. A.M. Kavaruganda, M. A.N.
Gafaranga en M. M.F. Ngulinzira, betreft : témoignage des rescapées des événements tragiques du
Rwanda d’avril 1994, 26.04.1997.

Lettre de M. A.M. Kavaruganda, M. A.N. Gafaranga et M. M.F. Ngulinzira, objet : témoignage des
rescapées des événements tragiques du Rwanda
d’avril 1994, 26.04.1997.

(3) Documenten bekomen door de parlementaire
onderzoekscommissie-Rwanda

(3) Documents obtenus par la commission
d’enquête parlementaire Rwanda

a) Documenten medegedeeld aan de leden
A. DOCUMENTEN VN-OVERHEDEN

a) Documents distribués aux membres
A. DOCUMENTS DES AUTORITÉS DE L’ONU

Document van de Veiligheidsraad van de VN :
Lettre de Boutros Boutros-Ghali au président du
Conseil de Sécurité, 4.4.1994. Rapport préliminaire
de la commission d’experts indépendants établie
conformément à la résolution 935 (1994) du Conseil
de sécurité.

Document du Conseil de sécurité des Nations
unies : Lettre de Boutros Boutros-Ghali au président
du Conseil de sécurité, 4.4.1994. Rapport préliminaire de la commission d’experts indépendants établie conformément à la résolution 935 (1994) du Conseil de sécurité.

Document van de Economische en Sociale Raad
van de VN, 28.6.1994 : Rapport sur la situation des
droits de l’homme au Rwanda, soumis par M. R.
Degni-Ségui en date du 25 mai 1994.

Document du Conseil économique et social des
Nations unies, 28.6.1994 : Rapport sur la situation des
droits de l’homme au Rwanda, soumis par M. R.
Degni-Ségui en date du 25 mai 1994.

Lijst met interviews die afgenomen werden met
generaal Dallaire, 30.5.1997.

Liste d’interviews du général Dallaire, 30.5.1997.

B. DOCUMENTEN BELGISCHE POLITIEKE
OVERHEDEN

B. DOCUMENTS DES AUTORITÉS POLITIQUES BELGES

Notificaties en beslissingen van de ministerraad en
van het kernkabinet :

Notifications et décisions du conseil des ministres
et du cabinet restreint :

1. notificatie ministerraad 7.4.1994;

1. notificatie ministerraad 7.4.1994;

2. beslissingen ministeriële vergadering 8.4.1994;

2. beslissingen ministeriële vergadering 8.4.1994;

3. beslissingen van het kernkabinet van 10.4.1994,
11.4.1994, 12.4.1994, 13.4.1994, 14.4.1994 en
16.4.1994;

3. beslissingen van het kernkabinet van 10.4.1994,
11.4.1994, 12.4.1994, 13.4.1994, 14.4.1994 en
16.4.1994;

1 - 611/7 - 1997/1998

( 40 )

4. notificatie van de ministerraad van 15.4.1994;

4. notificatie van de ministerraad van 15.4.1994;

5. documenten Buitenlandse Zaken.

5. documenten Buitenlandse Zaken.

Documenten van Buitenlandse Zaken overgemaakt ten gevolge van de vraag van de heer Voorzitter
van de Senaat van 2 juni 1997 :

Documents des Affaires étrangères transmis suite à
la question du Président du Sénat du 2 juin 1997 :

1. vergaderingen;

1. réunions;

2. telexen, berichten en instructies;

2. télex, communications et instructions;

3. documenten.

3. documents.

Document meegedeeld door minister Poncelet
tijdens zijn hoorzitting van 25.6.1997.

Document transmis par le ministre Poncelet lors de
son audition du 25.6.1997.

Antwoorden van het kabinet Landsverdediging op
de vragen van de commissie tijdens de hoorzitting van
luitenant kolonel Briot :

Réponses du cabinet de la Défense nationale aux
questions de la commission lors de l’audition du lieutenant-colonel Briot :

1. Nota voor JSO-P betreffende Operatie SILVER
BACK, 19.6.1997;

1. Nota voor JSO-P betreffende Operatie SILVER
BACK, 19.6.1997;

2. Vergadering OPSC — 15 maart 1994;

2. Vergadering OPSC — 15 maart 1994;

3. situatie ex-Joegoslavië van 15 maart 1994;

3. situatie ex-Joegoslavië van 15 maart 1994;

4. vergadering OPSC, 17 maart 1994;

4. Vergadering OPSC, 17 maart 1994;

5. situation en ex-Yougoslavie à la date du 17 mars
1994;

5. situation en ex-Yougoslavie à la date du 17 mars
1994;

6. Unamir, KIBAT : Material KIBAT asked by
Unamir for BYUBAT, 19.4.1994.

6. Unamir, KIBAT : Material KIBAT asked by
Unamir for BYUBAT, 19.4.1994.

Documenten overgemaakt door de heer Delcroix :

Documents transmis par M. Delcroix :

1. Bezoek van de minister van Landsverdediging
aan de Belgische militairen in Rwanda, 10-13 maart
1994;

1. Bezoek van de minister van Landsverdediging
aan de Belgische militairen in Rwanda, 10-13 maart
1994;

2. UNAMIR — Force HQ, introductory brief,
11 maart 1994;

2. UNAMIR — Force HQ, introductory brief,
11 maart 1994;

3. Briefings betreffende UNAMIR;

3. Briefings betreffende UNAMIR;

4. Reis minister Claes aan Rwanda, 28.2.1994;

4. Reis minister Claes aan Rwanda, 28.2.1994;

5. dossier pour monsieur le ministre concernant les
opérations en Afrique de la part du Chef de l’Étatmajor général, 12.7.1994;

5. dossier pour monsieur le ministre concernant les
opérations en Afrique de la part du Chef de l’Étatmajor général, 12.7.1994;

6. le problème ethnique au Rwanda et au Burundi,
exposé par SGR SDRI B3, 10.1.1992;

6. le problème ethnique au Rwanda et au Burundi,
exposé par SGR SDRI B3, 10.1.1992;

7. Rwanda, service général du renseignement et de
la sécurité, 15.4.1993;

7. Rwanda, service général du renseignement et de
la sécurité, 15.4.1993;

8. Rwanda, evolutie van de toestand sinds november 92, 15.3.1993;

8. Rwanda, evolutie van de toestand sinds november 92, 15.3.1993;

9. Rwanda, situation politique, service général du
renseignement et de la sécurité, 7.10.1993.

9. Rwanda, situation politique, service général du
renseignement et de la sécurité, 7.10.1993.

Documenten overgemaakt door eerste minister
Dehaene:

Documents transmis par le Premier ministre
Dehaene:

1. notificaties van de ministerraden, 8.10.1993;

1. notificaties van de ministerraden, 8.10.1993;

( 41 )
2. nota betreffende
10.11.1993;

het

kernkabinet

van

1 - 611/7 - 1997/1998

2. nota betreffende
10.11.1993;

het

kernkabinet

van

3. notificaties van de ministerraad van 19.11.1993.

3. notificaties van de ministerraad van 19.11.1993.

Textes des déclarations de M. Claes, M. Dehaene,
M. Delcroix, M. Charlier et de M. Marchal devant
les caméras du Journal Télévisé de la RTBF.

Textes des déclarations de M. Claes, M. Dehaene,
M. Delcroix, M. Charlier et de M. Marchal devant
les caméras du Journal télévisé de la RTBF.

C. DOCUMENTEN
DEN

OVERHE-

C. DOCUMENTS DES AUTORITÉS MILITAIRES

Brief van kolonel Marchal aan de leden van de
commissie met betrekking tot het arrest van het militair gerechtshof van 4.7.1996 in zijner hoofde, dd.
11.4.1997.

Lettre du colonel Marchal aux membres de la
commission concernant l’arrêt de la Cour militaire du
4.7.1996 à son égard, en date du 11.4.1997.

Document rondgedeeld door majoor Maggen naar
aanleiding van zijn getuigenis voor de commissie op
7.5.1997.

Document transmis par le major Maggen suite à
son audition devant la commission du 7.5.1997.

Documenten
Noens :

MILITAIRE

overhandigd

door

commandant

Documents transmis par le commandant Noens :

1. fax van luitenant-kolonel A. Leroy aan C Ops :
maintien et rétablissement de l’ordre public (MROP)
op datum van 1.3.1994;

1. fax du lieutenant-colonel A. Leroy au C Ops :
maintien et rétablissement de l’ordre public (MROP)
du 1.3.1994;

2. fax van luitenant-kolonel A. Leroy aan C Ops :
Drafts Ops instructions op datum van 1.3.1994;

2. fax du lieutenant-colonel A. Leroy au C Ops :
Drafts Ops instructions du 1.3.1994;

3. Brief van GSM Hamidur Rahman Major for
Sector Commander : Draft Ops instructions for
review and comment op datum van 28.2.1994;

3. Lettre de GSM Hamidur Rahman Major pour le
Sector Commander : Draft Ops instructions for
review and comment du 28.2.1994;

4. operational directive no 9 van Generaal Dallaire,
maart 1994;

4. operational directive no 9 du général Dallaire,
mars 1994;

5. operational directive no 10 van Generaal
Dallaire, februari 1994.

5. operational directive no 10 du général Dallaire,
février 1994.

Brief van generaal-majoor Jacqmin, fax van 15de
Wing luchttransport aan generale staf vanwege luitenant kolonel Malaise betreffende de installatie van
een detectiesysteem op C130’s, 14.5.1997.

Lettre du général-major Jacqmin, fax van 15de
Wing luchttransport aan generale staf vanwege lieutenant-colonel Malaise betreffende de installatie van
een detectiesysteem op C130’s, 14.5.1997.

Document overgemaakt door kolonel Leclercq :

Document transmis par le colonel Leclercq :

1. Les opérations de maintien de la paix, la dimension politique, avril 1997;

1. Les opérations de maintien de la paix, la dimension politique, avril 1997;

2. Peacekeeping operations, an evolving concept,
4.12.1995.

2. Peacekeeping operations, an evolving concept,
4.12.1995.

Fax vanwege luitenant-kolonel Malaise, inlichtingen voor de Rwanda-commissie, 9.4.1997.

Fax du lieutenant-colonel Malaise, inlichtingen
voor de Rwanda-commissie, 9.4.1997.

Bijlage : document van EMC C Ops aan KIBAT
van april 1994 betreffende de C130’s.

Annexe : document EMG C Ops au KIBAT d’avril
1994 concernant les C130.

Brief van kapitein Theunissen t.a.v. de leden van de
commissie ter voorbereiding van zijn hoorzitting van
6.6.1997, 18.5.1997.

Lettre du capitaine Theunissen à l’attention des
membres de la commission en préparation de son
audition du 6.6.1997, 18.5.1997.

Documenten bezorgd bij de hoorzitting van kapitein Theunissen le 6.6.1997 :

Documents transmis lors de l’audition du capitaine
Theunissen le 6.6.1997 :

1 - 611/7 - 1997/1998

( 42 )

1. Brief over F. Twagiramungu, 1.4.1994.

1. Lettre concernant F. Twagiramungu, 1.4.1994.

2. Plan van het kamp Kigali.

2. Plan du camp Kigali.

Uittreksel « Éléments de réponse aux questions de
JS », meegedeeld door luitenant-kolonel Briot tijdens
zijn hoorzitting op 13.6.1997.

Extrait « Éléments de réponse aux questions de
JS », transmis par le lieutenant-colonel Briot lors de
l’audition du 13.6.1997.

Document meegedeeld door kapitein Theunissen
tijdens zijn hoorzitting van 6.6.1997 : Persoonlijke
werkdocumenten van kapitein Theunissen.

Document transmis par le capitaine Theunissen
lors de son audition du 6.6.1997 : Documents de
travail personnels du capitaine Theunissen.

Antwoorden van luitenant-kolonel E. Van Put
betreffende de « code cables » van H.K. UNAMIR,
13.6.1997 :

Réponses du lieutenant6colonel E. Van Put concernant les « code cables » de H.K. MINUAR, 13.6.1997:

1. UNMO-rapport i.v.m. het doden van de Belgische para’s van 7.4.1994;

1. Rapport-UNMO concernant le massacre des
paracommandos belges du 7.4.1994;

2. Nota van het ministerie van Buitenlandse Zaken
en Ontwikkelingssamenwerking aan de SG,
11.4.1994;

2. Note du ministère des Affaires étrangères et de
la Coopération au développement au SG, 11.4.1994;

3. Brief van de heer Booh-Booh aan de Chef
d’État-major des Forces armées rwandaises,
14.4.1994;

3. Lettre de M. Booh-Booh au chef d’État-major
des Forces armées rwandaises, 14.4.1994;

4. Akkoord tussen RPF, RGF et UNAMIR, janvier
1994;

4. Accord entre FPR, FGR et MINUAR, janvier
1994;

5. Draft letter UNAMIR from Force Commander,
subject : disengagement, demobilization and integration of both armies and the gendarmerie — budget
and personnel plan, february 1994, demobilization
calender;

5. Draft letter UNAMIR from Force Commander,
subject : disengagement, demobilization and integration of both armies and the gendarmerie — budget
and personnel plan, february 1994, demobilization
calender;

6. Note sur le financement de la mission du chef de
la planification, février 1994, liste des nos de téléphone.

6. Note sur le financement de la mission du chef de
la planification, février 1994, liste des nos de téléphone.

Brief vanwege kolonel Balis t.a.v. de voorzitter van
de commissie betreffende inlichtingen aangaande de
gebeurtenissen in Rwanda, 12.6.1997.

Lettre du colonel Balis au président de la commission concernant renseignements sur les événements au
Rwanda, 12.6.1997.

Bijlagen :
1. préconditions à une éventuelle rencontre de discussion d’un cessez-le-feu (RPF), 15.4.1994;

Annexes :
1. préconditions à une éventuelle rencontre de
discussion d’un cessez-le-feu (FPR), 15.4.1994;

2. aanvraag tot evacuatie van RPF-leden;

2. aanvraag tot evacuatie van RPF-leden;

3. informatiebriefing 30.12.1993;

3. informatiebriefing 30.12.1993;

4. operatie-order UNO.

4. operatie-order UNO.

« Aide-Memoire », voor de zending UNTAES (juli
1996), voorwoord door kolonel SBH W. Heyvaert.

« Aide-Mémoire », pour la mission UNTAES (juillet 1996), avant-propos par colonel BEM W.
Heyvaert.

Documenten meegedeeld door kolonel SBH Marchal tijdens zijn hoorzitting voor de commissie op
10.6.1997 :

Documents remis par le colonel BEM Marchal lors
de son témoignage devant la commission le
10.6.1997 :

Journal de campagne : Récapitulatif des événements qui se sont déroulés à Kigali du 6 avril 1994 à
20 h 30 jusqu’au départ de la capitale rwandaise du
dernier homme de KIBAT le 19 avril 1994.

Journal de campagne : Récapitulatif des événements qui se sont déroulés à Kigali du 6 avril 1994 à
20 h 30 jusqu’au départ de la capitale rwandaise du
dernier homme de KIBAT le 19 avril 1994.

( 43 )
D. ANDERE DOCUMENTEN

1 - 611/7 - 1997/1998
D. AUTRES DOCUMENTS

Discours de l’abbé André Sibomana du 10 décembre 1993 prononcé à l’occasion du 45ème anniversaire
de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Discours de l’abbé André Sibomana du
10 décembre 1993 prononcé à l’occasion du 45e anniversaire de la déclaration universelle des droits de
l’homme.

Exemplaar van het tijdschrift Golias Magazine,
zomer 1996, nr. 48-49.

Exemplaire du quotidien Golias Magazine, été
1996, no 48-49.

Sommaire de « L’usage de la dette extérieure du
Rwanda (1990.1994), La responsabilité des bailleurs
de fonds ». Analyse et recommandations, M. Pierre
Galand et M. Michel Chossudovsky, novembre 1996.

Sommaire de « L’usage de la dette extérieure du
Rwanda (1990.1994), La responsabilité des bailleurs
de fonds ». Analyse et recommandations, M. Pierre
Galand et M. Michel Chossudovsky, novembre 1996.

Perscommuniqué vanwege de heer Eugène Nahimana:
Sujet : comment un arrêt de la Cour de cassation
peut transformer un innocent en coupable présumé
Qui a confondu Nahimana ET Nahimana?
7.5.1997.

Communiqué de presse de la part de M. Eugène
Nahimana:
Sujet : comment un arrêt de la Cour de cassation
peut transformer un innocent en coupable présumé
Qui a confondu Nahimana ET Nahimana?
7.5.1997.

Getuigenis van de heer Shyrambere : réflexions et
témoignages sur les événements du Rwanda en date
du 26.4.1997.

Témoignage de M. Shyrambere : réflexions et
témoignages sur les événements du Rwanda en date
du 26.4.1997.

Chronique d’un génocide annoncé, een film van
Mme Danièle Lacourse en M. Yvan Patry.

Chronique d’un génocide annoncé, un film de
Mme Danièle Lacourse et M. Yvan Patry.

Documenten rondgedeeld door Mevrouw De
Backer :

Documents transmis par Mme De Backer :

1. brief van de heer Willy Claes : Belgische initiatieven t.o.v. Rwanda, 4.5.1997;

1. brief van de heer Willy Claes : Belgische initiatieven t.o.v. Rwanda, 4.5.1997;

2. brief van de heer Murayi Paulin, attaché de
presse pour la MRND Belgique, adressée à MRND
Kigali : visite du Ministre Delcroix au Rwanda,
9.3.1994.

2. lettre de M. Murayi Paulin, attaché de presse
pour le MRND Belgique, adressée à MRND Kigali :
visite du Ministre Delcroix au Rwanda, 9.3.1994.

Brief van de heer Gérin, complément de réflexions
sur l’assassinat du président Habyarimana, 15.5.1997.

Lettre de M. Gérin, complément de réflexions sur
l’assassinat du président Habyarimana, 15.5.1997.

Documenten overgemaakt door Senator Hostekint
in besloten vergadering van 16 mei 1997.

Documents transmis par le sénateur Hostekint,
réunion à huis clos du 16 mai 1997.

Onderwerp : chronologie gebeurtenissen Rwanda,
april 1994.

Sujet : chronologie événements Rwanda, avril
1994.

Documenten overgemaakt door Senator Anciaux :

Documents transmis par le sénateur Anciaux :

1. non aux massacres au Rwanda, communiqué de
presse, 6.10.90, communauté rwandaise en Belgique

1. non aux massacres au Rwanda, communiqué de
presse, 6.10.90, communauté rwandaise en Belgique

2. nouvelles étapes vers la démocratie, M. André
Louis, 1.8.91

2. nouvelles étapes vers la démocratie, M. André
Louis, 1.8.91

3. brief vanwege de h. Munyazesa aan de heren
Delcroix en Saur i.v.m. MRND

3. lettre de M. Munyazesa à MM. Delcroix et Saur
concernant le MRND

4. résumé de la loi sur les partis, F. Nahimana,
10.6.91 — programmation de la nouvelle constitution, 12.6.91

4. résumé de la loi sur les partis, F. Nahimana,
10.6.91 — programmation de la nouvelle constitution, 12.6.91

1 - 611/7 - 1997/1998

( 44 )

5. lettre à André Louis de la part de la Nonciature
Apostolique au Rwanda, 17.2.1992

5. lettre à André Louis de la part de la Nonciature
Apostolique au Rwanda, 17.2.1992

6. lettre de M. G. Ruggiu, M. W. Nzasalirwa et
M. P. Murayi, 30.3.1993

6. lettre de M. G. Ruggiu, M. W. Nzasalirwa et
M. P. Murayi, 30.3.1993

7. programme de visite de Mme De Backer au
Rwanda du 9 au 15 mai 1992

7. programme de visite de Mme De Backer au
Rwanda du 9 au 15 mai 1992

8. correspondentie van de heer De Brouwer, raadgever CDI :

8. correspondance de M. De Brouwer, Conseiller
de l’IDC :

— brief aan de heer Leo Delcroix, 14.6.1991

— lettre à M. Leo Delcroix, 14.6.1991

— proposition de M. F. Munyazesa, 22.4.1991

— proposition de M. F. Munyazesa, 22.4.1991

— brief aan eerste minister Martens, 28.1.1991

— lettre au Premier ministre Martens, 28.1.1991

— brief aan minister Eyskens, 28.1.1991

— lettre au ministre Eyskens, 28.1.1991

— brief aan minister Nkundabagenzi, 5.3.1992

— lettre au ministre Nkundabagenzi, 5.3.1992

— brief aan doktor P. Murayi, 12.1.1993

— lettre au dr. P. Murayi, 12.1.1993

— brief aan het kabinet van de eerste minister,
Kigali, 19.1.1993

— lettre au cabinet du Premier ministre, Kigali,
19.1.1993

— brief aan de h. Ngirumpatse, secrétaire général
du MRND, 20.1.1993

— lettre à M. Ngirumpatse, secrétaire général du
MRND, 20.1.1993

— nota aan de heer André Louis, 8.3.1993
— brief aan de heer Thuysbaert, kabinetschef van
minister Delcroix, 9.3.1994
— brief aan de heer Van Hecke, 10.6.1994

— note à M. André Louis, 8.3.1993
— lettre à M. Thuysbaert, chef de cabinet du
ministre Delcroix, 9.3.1994
— lettre à M. Van Hecke, 10.6.1994

— rapport succinct concernant la rencontre de
Bukavu sur le thème crucial du retour des réfugiés
rwandais, 2.11.1994

— rapport succinct concernant la rencontre de
Bukavu sur le thème crucial du retour des réfugiés
rwandais, 2.11.1994

— brief aan de hoofdredacteur van Le Soir,
2.11.1994

— lettre au rédacteur en chef du Soir, 2.11.1994

— brief aan de heer W. Martens, 14.3.1995

— lettre à M. W. Martens, 14.3.1995

— brief aan de heer W. Martens, 14.3.1995

— lettre à M. W. Martens, 14.3.1995

9. Correspondentie van de heer André Louis,
onder-voorzitter CDI.

9. Correspondance de M. André Louis, viceprésident IDC.

— brief aan de heer Gérard Deprez, voorzitter PSC,
28.11.1994

— lettre à M. Gérard Deprez, président du PSC,
28.11.1994

— brief aan de heer Gérard Deprez, voorzitter PSC,
1.9.1994

— lettre à M. Gérard Deprez, président du PSC,
1.9.1994

— Quel avenir pour quel Rwanda?, 21.11.1994

— Quel avenir pour quel Rwanda?, 21.11.1994

— Rwanda, genèse d’un drame, le pire est-il pour
demain?, 4.8.1994

— Rwanda, genèse d’un drame, le pire est-il pour
demain?, 4.8.1994

— brief aan de hh. Saur en Willems, 30.5.1994

— lettre à MM. Saur et Willems, 30.5.1994

— Rwanda, la stratégie du FPR, note interne,
13.4.1993

— Rwanda, la stratégie du FPR, note interne,
13.4.1993

— Le CDI exige la reprise du processus de démocratisation au Rwanda, 14.2.1993

— L’IDC exige la reprise du processus de démocratisation au Rwanda, 14.2.1993

— la situation au Rwanda, note interne, 28.1.1993

— la situation au Rwanda, note interne, 28.1.1993

— la démocratisation du Rwanda, 8.2.1992

— la démocratisation du Rwanda, 8.2.1992

( 45 )
— brief aan de heer Nsabimana, vertegenwoordiger MDR, Benelux, 17.1.1992
— brief aan de heer Gérard Deprez, 14.11.1994
10. brief aan de heer Ruperez, secretaris-generaal
CDI vanwege de heer Léon Saur, 16.6.1995.
Documenten overgemaakt door Senator Caluwé :

1 - 611/7 - 1997/1998

— lettre à M. Nsabimana, représentant du MDR,
Benelux, 17.1.1992
— lettre à M. Gérard Deprez, 14.11.1994
10. lettre de M. Léon Saur, à M. Ruperez, secrétaire
général de l’IDC 16.6.1995.
Documents transmis par le sénateur Caluwé :

1. krantenartikels : Golias condamné pour diffamation, Libération, 26.4.1997 en La Croix, 27.4.1997;

1. articles de journal : Golias condamné pour diffamation, Libération, 26.4.1997 en La Croix, 27.4.1997;

2. CMI voorzitter de heer Serge Desouter neemt het
op voor de verloren eer van de missionarissen,
31.7.1996;

2. CMI voorzitter de heer Serge Desouter neemt het
op voor de verloren eer van de missionarissen,
31.7.1996;

3. brief aan de heer Gouteux, onderzoeker Golias
magazine vanwege de h. Desouter, eis tot recht van
antwoord van 7.8.1995;

3. brief aan de heer Gouteux, onderzoeker Golias
magazine vanwege de h. Desouter, eis tot recht van
antwoord van 7.8.1995;

4. brief aan de heer Terras vanwege pater Theunis,
eis tot recht van antwoord, 10.7.1995;

4. brief aan de heer Terras vanwege pater Theunis,
eis tot recht van antwoord, 10.7.1995;

5. affirmations et erreurs manifestes de Golias,
datum en auteur onbekend;

5. affirmations et erreurs manifestes de Golias,
datum en auteur onbekend;

6. les pères Blancs et les Sœurs Blanches, Golias,
juli-augustus 1995, J.P. Gouteux;

6. les Pères Blancs et les Sœurs Blanches, Golias,
juli-augustus 1995, J.P. Gouteux;

7. Heeft de kerk in Rwanda gezwegen? Serge
Desouter, juni 1994;

7. Heeft de kerk in Rwanda gezwegen? Serge Desouter, juni 1994;

8. note de travail, juillet 1994;

8. note de travail, juillet 1994;

9. éléments d’une esquisse historique de la tragédie
rwandaise, de heer Serge Desouter, september 1994;

9. éléments d’une esquisse historique de la tragédie
rwandaise, de heer Serge Desouter, september 1994;

10. CMI Voorzitter de heer Desouter : Rwandese
leugens moeten ontmaskerd worden, juni 1995.

10. CMI Voorzitter de heer Desouter : Rwandese
leugens moeten ontmaskerd worden, juni 1995.

Documenten van Meester Luc De Temmerman :

Documents de la part de maı̂tre Luc De Temmerman :

1. brief t.a.v. de commissie betreffende het oproepen van getuigen, tegensprekelijkheid van het debat
en juridische manipulatie, 27.5.1997;

1. lettre à la commission « betreffende het oproepen
van getuigen, tegensprekelijkheid van het debat en
juridische manipulatie », 27.5.1997;

2. brief aan Mme Arbour, procureur du tribunal
pénal int. pour le Rwanda, betreffende Rutaganda.
Procureur ICTR 96-3-7, 27.5.1997;

2. lettre à Mme Arbour, procureur du tribunal
pénal int. pour le Rwanda, « betreffende Rutaganda.
Procureur ICTR 96-3-7, 27.5.1997 »;

3. fax aan de voorzitter, briefwisseling en
« déclaration à la presse » van de heer Barahinyura.

3. fax au président, correspondance et « déclaration
à la presse » de M. Barahinyura.

Brief van de heer Nsanzuwera aan de minister van
Justitie van Rwanda, 20.5.1997.

Lettre de M. Nsanzuwera au ministre de la Justice
du Rwanda, 20.5.1997.

Brief van de heer Philippe Claeys aan de voorzitter
van de commissie van 16.5.97 met betrekking tot
Eugène Nahimana.

Lettre de M. Philippe Claeys au président de la
commission du 16.5.97 concernant Eugène Nahimana.

Annexe : communiqué de presse, action en justice
contre le Sénateur A. Destexhe.

Annexe : communiqué de presse, action en justice
contre le sénateur A. Destexhe.

Brief van de heer Ngulinzira, réaction au témoignage du capitaine Lemaire, 25.5.1997.

Lettre de M. Ngulinzira, réaction au témoignage
du capitaine Lemaire, 25.5.1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 46 )

Document rondgedeeld tijdens de hoorzitting van
mevrouw De Temmerman op 28.5.97 :
Verblijf in Rwanda 1991-1997.

Document transmis suite à l’audition de Mme De
Temmerman en date du 28.5.97 :
Verblijf in Rwanda 1991-1997.

Brief van de heer Rwabukumba Séraphin aan de
voorzitter van de commissie, 22.5.97;

Lettre de M. Rwabukumba Séraphin au président
de la commission, 22.5.97;

Brief van de heer Rwabukumba Séraphin aan de
commissie van beroep voor de vreemdelingen
« concernant le recours contre la décision du commissaire général de lui refuser la qualité de réfugié ».

Lettre de M. Rwabukumba Séraphin à la commission de recours des réfugiés concernant le recours
contre la décision du commissaire général de lui refuser la qualité de réfugié.

Bijlage : document van EMG C Ops aan KIBAT
van april 1994 betreffende C 130’s.

Bijlage : document van EMG C Ops aan KIBAT
van april 1994 betreffende C 130’s.

Documenten meegedeeld door senator Destexhe
tijdens zijn hoorzitting op 28.5.97:

Documents transmis par le sénateur Destexhe lors
de la réunion du 28.5.97:

1. interview du Père Greindl, novembre 1996;

1. interview du Père Greindl, novembre 1996;

2. Le chaudron de l’Afrique Centrale, ANB —
BIAN 257, 25.4.1994.

2. Le chaudron de l’Afrique centrale, ANB —
BIAN 257, 25.4.1994.

Documenten meegedeeld door de heer Leon Saur
aan de leden van de commissie n.a.v. zijn hoorzitting
van 30.5.1997 :

Documents transmis par M. Léon Saur aux membres de la commission suite à son audition du
30.5.1997 :

1. Documents IDC;

1. Documents IDC;

2. Documents PSC;

2. Documents PSC;

3. Convertissons-nous pour vivre ensemble dans la
paix, Diocèse de Kabgayi, Rwanda, 1.12.1991;

3. Convertissons-nous pour vivre ensemble dans la
paix, Diocèse de Kabgayi, Rwanda, 1.12.1991;

4. La guerre et la paix au Rwanda, M. Nsabimana
Alexis, Décembre 1992;

4. La guerre et la paix au Rwanda, M. Nsabimana
Alexis, décembre 1992;

5. Analyse de la situation politique au Rwanda à la
lumière des Accords d’Arusha, M. Sperancie Mutwe,
14.1.1993;

5. Analyse de la situation politique au Rwanda à la
lumière des accords d’Arusha, M. Sperancie Mutwe,
14.1.1993;

6. Communauté des étudiants rwandais en Belgique, Rwanda : Violation des droits de l’homme.
D’autres vérités, 23.2.1993;

6. Communauté des étudiants rwandais en Belgique, Rwanda : Violation des droits de l’homme.
D’autres vérités, 23.2.1993;

7. Documents Front Patriotique Rwandais;

7. Documents Front Patriotique Rwandais;

8. Documents Mouvement Démocratique Républicain, section Benelux.

8. Documents Mouvement Démocratique Républicain, section Benelux.

Document meegedeeld door de heer M. Twagiramungu tijdens zijn hoorzitting van 30.5.1997;

Document transmis par M. Twagiramungu lors de
son audition du 30.5.1997;

Forces de résistance pour la démocratie FRD,
plate-forme politique, mars 1996, document transmis
par M. Twagiramungu.

Forces de résistance pour la démocratie FRD,
plate-forme politique, mars 1996, document transmis
par M. Twagiramungu.

Teksten overgemaakt door mevrouw Els De
Temmerman tijdens haar hoorzitting van 28.5.1997.

Textes transmis par Mme Els De Temmerman lors
de son audition du 28.5.1997.

Documenten meegedeeld door de heer André Louis
tijdens zijn hoorzitting van 3.6.1997 :

Documents transmis par M. André Louis lors de
son audition du 3.6.1997 :

1. Rwanda, la stratégie du FPR, 13.4.1993;
2. Rwanda, aggravation prévisible de la crise après
les négociations d’Arusha, 17.7.1992.

1. Rwanda, la stratégie du FPR, 13.4.1993;
2. Rwanda, aggravation prévisible de la crise après
les négociations d’Arusha, 17.7.1992.

( 47 )
Documenten meegedeeld door de heer Theunis
tijdens zijn hoorzitting van 3.6.97 :

1 - 611/7 - 1997/1998

Documents transmis par M. Theunis lors de son
audition du 3.6.97 :

1. extraits des statuts de RTLM;

1. extraits des statuts de RTLM;

2. lettre à M. Christian Terras, 4.12.1994;

2. lettre à M. Christian Terras, 4.12.1994;

3. lettre à M. Christian Terras, 10.7.1995.

3. lettre à M. Christian Terras, 10.7.1995.

Document van de heer Saur : Rwanda, le soutien
belge aux génocidaires et l’éclatement possible
d’affaires Touvier en Belgique, en date du 16 mars
1997.

Document de M. Saur : Rwanda, le soutien belge
aux génocidaires et l’éclatement possible d’affaires
Touvier en Belgique, en date du 16 mars 1997.

Tekst meegedeeld door de heer Godfriaux voor de
commissie op 19.2.1997.

Texte transmis à la commission par M. Godfriaux
le 19.2.1997.

Brief van de heer Pierre Galand t.a.v. de voorzitter
van de commissie d.d. 9 juni 1997 :

Lettre de M. Pierre Galand à l’attention du président de la commission, lettre en date du 9 juin 1997 :

Bijlagen :

Annexes :

1. tableau de la configuration de la dette extérieure
du Rwanda;

1. tableau de la configuration de la dette extérieure
du Rwanda;

2. tableau des dépenses ordinaires de l’État en
matière de Défense Nationale;

2. tableau des dépenses ordinaires de l’État en
matière de Défense nationale;

3. tableaux synthétiques 1991-1994 des importations définitives du Rwanda;

3. tableaux synthétiques 1991-1994 des importations définitives du Rwanda;

4. tableaux des importations d’armes blanches
réalisées en 1993;

4. tableaux des importations d’armes blanches
réalisées en 1993;

5. « Explications III », importation des armes,
munitions et équipements militaires par le gouvernement rwandais 1990-1993;

5. « Explications III », importation des armes,
munitions et équipements militaires par le gouvernement rwandais 1990-1993;

6. prélèvements sur compte de la Banque nationale
du Rwanda, période 7.4 - 28.10.1994;

6. prélèvements sur compte de la Banque nationale
du Rwanda, période 7.4 - 28.10.1994;

7. lettre de M. Maystadt à M. Sandstrom de la
Banque Mondiale;

7. lettre de M. Maystadt à M. Sandstrom de la
Banque mondiale;

8. lettres échangées entre le directeur de la Défense
Nationale belge et l’ambassadeur du Rwanda en
1991;

8. lettres échangées entre le directeur de la Défense
nationale belge et l’Ambassadeur du Rwanda en
1991;

9. communication du CLADHO de M. Nkubito;

9. communication du CLADHO de M. Nkubito;

10. budget.

10. budget.

Brief aan de voorzitter van de commissie, vanwege
de heer Joseph Michel, deken van de nationale orde
van advocaten : Déposition des avocats devant une
commission d’enquête parlementaire, en date du
10.6.1997.

Lettre au président de la commission, M. Swaelen
de la part de M. Joseph Michel, Doyen de l’Ordre
national des avocats concernant : Déposition des
avocats devant une commission d’enquête parlementaire, en date du 10.6.1997.

Documenten megedeeld door de heer Matata
tijdens zijn getuigenis voor de commissie van
17.6.1997 :

Documents transmis par M. Matata lors de son
témoignage devant la commission du 17.6.1997 :

1. exposé introductif de M. Matata;

1. exposé introductif de M. Matata;

2. rapport d’activités ARDHO 1993,1992, octobre
1990-décembre 1991;

2. rapport d’activités ARDHO 1993,1992, octobre
1990-décembre 1991;

3. les massacres planifiés de civils hutus dans la
préfecture de la ville de Kigali (P.V.K.);

3. les massacres planifiés de civils hutus dans la
préfecture de la ville de Kigali (P.V.K.);

1 - 611/7 - 1997/1998

( 48 )

4. massacres de civils hutus en commune MuginaGitarama;

4. massacres de civils hutus en commune MuginaGitarama;

5. la paralysie du système judiciaire par l’armée;

5. la paralysie du système judiciaire par l’armée;

6. colloque international tenu à Montréal du 4 au
5 avril 1997;

6. colloque international tenu à Montréal du 4 au
5 avril 1997;

7. centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au
Rwanda :

7. centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au
Rwanda :

— Communiqué no 13/97, 29/5/1997;

— Communiqué no 13/97, 29/5/1997;

— Les syndicats de delateurs, mai 1997;

— Les syndicats de délateurs, mai 1997;

— L’Armée Patriotique Rwandaise est-elle en
guerre contre la population civile? Volume I, mai
1997;

— L’Armée Patriotique Rwandaise est-elle en
guerre contre la population civile? Volume I, mai
1997;

— Que sont devenus les militaires des ex-forces
Armées Rwandaises « Intégrés » dans l’Armée Patriotique Rwandaise ou récemment « rapatriés » des
camps de réfugiés? Dossier no 1, mai 1997;

— Que sont devenus les militaires des ex-forces
Armées Rwandaises « Intégrés » dans l’Armée Patriotique Rwandaise ou récemment « rapatriés » des
camps de réfugiés? Dossier no 1, mai 1997;

— Communiqués no 1 du 8 mai 1996 au no 12 du
25 mars 1997;

— Communiqués no 1 du 8 mai 1996 au no 12 du
25 mars 1997;

— Notes pour information à nos partenaires, avril
1997;

— Notes pour information à nos partenaires, avril
1997;

— Épuration ethnique de la magistrature Rwandaise, avril 1997.

— Épuration ethnique de la magistrature rwandaise, avril 1997.

8. ARDHO :

8. ARDHO :

— Rapport sur la situation des droits de l’Homme
au Rwanda, Ier trimestre 1996;

— Rapport sur la situation des droits de l’homme
au Rwanda, Ier trimestre 1996;

— Rapport sur la situation des droits de l’Homme
au Rwanda, IIIe Trimestre 1996.

— Rapport sur la situation des droits de l’homme
au Rwanda, IIIe Trimestre 1996.

9. Communiqué final du deuxième congrès ordinaire de la LDGL (Mbaraba 19-20 décembre 1995).

9. Communiqué final du deuxième congres ordinaire de la LDGL (Mbaraba 19-20 décembre 1995).

Brief aan de voorzitter van de commissie vanwege
de heer Gasana Ndoba, lid van het CRDDR betreffende documenten m.b.t. Eugène Nahimana
d.d. 17.6.1997.

Lettre au président de la commission de la part de
M. Gasana Ndoba, membre du CRDDR concernant
la transmission de documents relatifs à Eugène Nahimana en date du 17.6.1997.

Document van M. Dismas Nsengiyaremye :

Document de M. Dismas Nsengiyaremye :

Rwanda, Mouvement démocratique républicain
(MDR) :

Rwanda, Mouvement démocratique républicain
(MDR) :

Pour le respect des accords de paix d’Arusha et le
succès du processus démocratique au Rwanda,
10.9.1993.

Pour le respect des accords de paix d’Arusha et le
succès du processus démocratique au Rwanda,
10.9.1993.

Documenten overgemaakt door M. Twagiramungu op 17.6.1997 :

Documents transmis par M. Twagiramungu le
17.6.1997 :

1. la transition, l’accord de paix et le MDR, M. F.
Twagiramungu, 23.9.1993;

1. la transition, l’accord de paix et le MDR, M. F.
Twagiramungu, 23.9.1993;

2. position du parti MDR sur les grands problèmes
actuels du Rwanda, adoptée par le bureau du MDR le
6.11.1994;

2. position du parti MDR sur les grands problèmes
actuels du Rwanda, adoptée par le bureau du MDR le
6.11.1994;

( 49 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3. le FPR serait responsable du massacre d’au
moins 500 000 Rwandais, hutu pour la plupart; Force
de Résistance pour la Démocratie, mai 1996;
4. éléments relatifs à l’attentat contre l’avion présidentiel, note de 1995 à M. Twagiramungu.

3. le FPR serait responsable du massacre d’au
moins 500 000 Rwandais, hutu pour la plupart; Force
de Résistance pour la Démocratie, mai 1996;
4. éléments relatifs à l’attentat contre l’avion présidentiel, note de 1995 à M. Twagiramungu.

Brief aan minister Delcroix vanwege Mme Monique Mujawamaliya, secretaris van de LDGL, m.b.t.
de militaire samenwerking tussen België en Rwanda,
11.3.1994.

Lettre au ministre Delcroix de la part de Mme Monique Mujawamaliya, secrétaire de la LDGL, concernant la coopération militaire belgo-rwandaise,
11.3.1994.

Documenten bezorgd door de heer Destexhe :
1. lettre de M. Léon Saur concernant demande
d’aide du MNRD, 29.4.1991;
2. communiqué de presse, de la poudre aux yeux à
la commission Rwanda, M. Eugène Nahimana,
18.6.1997;
3. overzicht reis minister Claes naar Rwanda,
28.2.1994;
4. fax van kolonel Marchal, références des Doc
relatifs à la chronologie des événements, 18.6.1997;
5. outgoing code cable from Booh Booh to Kofi
Annan, 8 april 1994;
6. Vlamingen laten Rwanda niet vallen, enquête
Het Volk, 19.4.1994;
7. lettre de Jacques Collet au président de la
commission, 8.6.1997;
8. réponse de la commission à la note remise par le
conseil de M. E. Nahimana, 17.6.1997.

Documents transmis par M. Destexhe :
1. lettre de M. Léon Saur concernant demande
d’aide du MNRD, 29.4.1991;
2. communiqué de presse, de la poudre aux yeux a
la commission Rwanda, M. Eugène Nahimana,
18.6.1997;
3. overzicht reis minister Claes naar Rwanda,
28.2.1994;
4. fax du colonel Marchal, références des Doc relatifs à la chronologie des événements, 18.6.1997;
5. outgoing code cable from Booh Booh to Kofi
Annan, 8 avril 1994;
6. Vlamingen laten Rwanda niet vallen, enquête
Het Volk, 19.4.1994;
7. lettre de Jacques Collet au président de la
commission, 8.6.1997;
8. réponse de la commission à la note remise par le
conseil de M. E. Nahimana, 17.6.1997.

Transcriptions des interventions antenne période
6.4.1994-20.4 1994 : RTBF, journal parlé.

Transcriptions des interventions antenne période
6.4.1994-20.4 1994 : RTBF, journal parlé.

Synthesenota van de heer Destexhe m.b.t. een brief
aan de heer Swinnen en aan minister Claes : liste de
membres de l’état-major secret chargé de l’extermination des Tutsi, 27.3.1992.

Note de synthèse transmis par le sénateur Destexhe
concernant une lettre à M. Swinnen et au ministre
Claes : liste de membres de l’état-major secret chargé
de l’extermination des Tutsis, 27.3.1992.

Documenten van de heer Tallier :
1. Rwanda, informations générales d’office,
20.1.1994;
2. werkdocument Veiligheid van de Staat,
Rwanda.

Documents de M. Tallier :
1. Rwanda, informations générales d’office,
20.1.1994;
2. werkdocument Veiligheid van de Staat,
Rwanda.

Documenten van de heer Scheers :
1. persoonlijke documenten van Meester Scheers;
2. lettre de M. Scheers au président Habyarimana
en date du 22.12.1993.

Documents de M. Scheers :
1. persoonlijke documenten van Meester Scheers;
2. lettre de M. Scheers au président Habyarimana
en date du 22.12.1993.

Document meegedeeld door de heer Brouhns
tijdens zijn hoorzitting van 25.6.1997 : Special Report
of the Secretary-General on the United Nations Assistance Mission for Rwanda, 20.4.1994.

Document transmis par M. Brouhns lors de son
témoignage du 25.6.1997 : Special Report of the Secretary-General on the United Nations Assistance
Mission for Rwanda, 20.4.1994.

Brief aan de leden van de commissie vanwege de
heer Philip Verwimp betreffende zijn doctoraatsvoorstel over de Rwandese genocide, 20.6.1997.

Lettre aux membres de la commission de M. Philip
Verwimp « betreffende zijn doctoraatsvoorstel over
de Rwandese genocide », 20.6.1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 50 )

Vragen aan en antwoorden van generaal-majoor
Schellemans, overgemaakt aan de leden van de
commissie op 26.6.1997.

Questions et réponses du général-major Schellemans, transmises aux membres de la commission le
26.6.1997.

Verzoek tot horing vanwege de CRDDR, M. Gasane Ndoba, 26.6.1997.

Demande d’audition de la part du CRDDR,
M. Gasane Ndoba, 26.6.1997.

Persconferentie, getuigenis en bijlagen van de heer
Augustin Ndindiliyimana, 21.4.1997.

Conférence de presse, témoignage plus annexes de
M. Augustin Ndindiliyimana, 21.4.1997.

Uitleg van de heer Swinnen betreffende zijn verslag
van 27 maart 1994 aan minister Claes, 23.6.1997.

Explications de M. Swinnen sur son rapport du
27 mars 1994 au ministre Claes, 23.6.1997.

« Mise au point » gericht aan de commissie Rwanda
vanwege de heer Eugène Nahimana, 1.7.1997.

Mise au point adressée à la commission Rwanda
par M. Eugène Nahimana, 1.7.1997.

Brief tot de voorzitter van de commissie vanwege
« Citoyens pour un Rwanda démocratique »,
4.7.1997.

Lettre à l’attention du président de la commission
de la part de l’organisation Citoyens pour un Rwanda
démocratique, 4.7.1997.

Documenten van de ambassade van België in Kiga-

Documents de l’ambassade de Belgique à Kigali :

1. document confidentiel de M. Swinnen au
Ministre Claes, Rapport politique annuel 1993,
30.12.1993;

1. document confidentiel de M. Swinnen au Ministre Claes, Rapport politique annuel 1993,
30.12.1993;

2. document vanwege de h. De Coninck aan minister Derycke, politiek jaarverslag 1994, 23.5.1995.

2. document vanwege de h. De Coninck aan minister Derycke, politiek jaarverslag 1994, 23.5.1995.

« Les Commissions parlementaires Belges, Que
peut-on en attendre? », M. Spiridon Shyrambere, juillet 1997.

« Les commissions parlementaires belges, Que
peut-on en attendre? », M. Spiridon Shyrambere, juillet 1997.

Documenten meegedeeld door senator Destexhe :

Documents transmis par le sénateur Destexhe :

1. lettre de la part du « Groupe de reflexion
Rwando-Belge », signé par M. Georges Ruggiu, M.
Paulin Murayi et M. W.Nzabalirwa à M. Alain De
Brouwer en date du 7 septembre 1993;

1. lettre de la part du « Groupe de réflexion
rwando-belge », signé par M. Georges Ruggiu, M.
Paulin Murayi et M. W.Nzabalirwa à M. Alain De
Brouwer en date du 7 septembre 1993;

2. message de la part du « Groupe de reflexion
Rwando-Belge », signé par M. Georges Ruggiu et M.
Paulin Murayi en date du 10 janvier 1993;

2. Message de la part du « Groupe de réflexion
rwando-belge », signé par M. Georges Ruggiu et M.
Paulin Murayi en date du 10 janvier 1993;

3. lettre de M. Alain De Brouwer à M. Paulin
Murayi, reponse du message du 10.1.1993, 12.1.1993.

3. lettre de M. Alain De Brouwer à M. Paulin
Murayi, reponse du message du 10.1.1993, 12.1.1993.

Rapport d’ensemble enseignements tirés de la mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda
(MINUAR), octobre 1993-avril 1996. Groupe des
enseignements tirés des missions. Département des
opérations de maintien de la paix, décembre 1996.

Rapport d’ensemble enseignements tirés de la
mission des Nations unies pour l’assistance au
Rwanda (MINUAR), octobre 1993-avril 1996.
Groupe des enseignements tirés des missions. Département des opérations de maintien de la paix, décembre 1996.

Rapport Van Hecke. Militaire Studie Rwanda
« Kritische Analyse van het verslag van de Ad-hoc
groep Rwanda »

Rapport Van Hecke. Militaire Studie Rwanda
« Kritische Analyse van het verslag van de Ad-hoc
groep Rwanda »

(4) Documenten ter inzage van de leden van de
commissie

(4) Documents dont les membres de la commission
ont pu prendre connaissance

Twee fardes m.b.t. de heer Eugène Nahimana
(vanwege het Commissariaat-generaal voor de
vluchtelingen en de staatslozen).

Deux fardes concernant M. Eugène Nahimana du
commissariat général aux réfugiés et aux apatrides.

li :

( 51 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Delen I, II en III van het onderzoek verricht door
onderzoeksrechter Lemmens betreffende de door de
firma Van Rompaey-Devaro verkochte radiouitzendinstallaties ten behoeve van RTLM.

Parties I, II et III de l’enquête du juge d’instruction
Lemmens concernant les installations radio vendues
par la firme Van Rompaey-Devaro au profit de
RTLM.

Telex van onze ambassade te Nairobi betreffende
een getuigenis over de betrokkenheid van generaal
Dallaire en de Belgische blauwhelmen bij de moord
op president Habyarimana.

Télex de notre ambassade à Nairobi concernant un
témoignage sur l’implication du général Dallaire et
des Casques bleus belges dans l’assassinat du président Habyarimana.

Dossier Nahimana/RTLM-Houtmans overgemaakt door de Minister van Justitie op 12 augustus
1997.

Dossier Nahimana/RTLM-Houtmans transmis
par le ministre de la Justice le 12 août 1997.

Processen-verbaal van vergaderingen van de
gemengde commissies België-Rwanda (periode 19901994).

Procès-verbaux des réunions des commissions
mixtes Belgique-Rwanda (période 1990-1994).

Documenten overgemaakt door de Staatssecretaris
voor Ontwikkelingssamenwerking :

Documents transmis par le secrétaire d’État à la
Coopération au développement :

— Liste des ONG qui étaient présentes au
Rwanda depuis 1990 à ce jour;

— Liste des ONG qui étaient présentes au
Rwanda depuis 1990 à ce jour;

— Liste des ordonnancements par année et par
ONG des projets et actions ONG cofinancés au
Rwanda jusqu’à ce jour;

— Liste des ordonnancements par année et par
ONG des projets et actions ONG cofinancés au
Rwanda jusqu’à ce jour;

— 4 dossiers « Nord-Sud Coopération »;

— 4 dossiers Nord-Sud Coopération;

— gemengde commissie België-Rwanda augustus
1991 — voorbereidend dokument van de Afdeling
Samenwerking (Ambassade van België te Kigali —
Afdeling Samenwerking, 19/7/91);

— commission mixte Belgique-Rwanda août 1991
— document préparatoire de la section coopération
(Ambassade de Belgique à Kigali — Section coopération, 19/7/91);

— « Commission Mixte de la Coopération au
développement entre la Belgique et le Rwanda —
Document de travail : Mémorandum de la Coopération au Développement entre la République Rwandaise et le Royaume de Belgique » (République rwandaise, ministère des Affaires Etrangères et de la
Coopération au Développement, Kigali, août 1991)

— « Commission mixte de la coopération au développement entre la Belgique et le Rwanda — Document de travail : Mémorandum de la Coopération au
développement entre la République rwandaise et le
Royaume de Belgique » (République rwandaise,
Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération au développement, Kigali, août 1991)

— « Commission Mixte belgo-rwandaise —
Document de travail à l’usage de la délégation belge
— interventions en cours et en préparation gérées par
DG2(AGCD, D2, Bruxelles)

— « Commission mixte belgo-rwandaise — Document de travail à l’usage de la délégation belge —
interventions en cours et en préparation gérées par
DG2(AGCD, D2, Bruxelles)

— « Commission Mixte de la Coopération au
Développement entre la Belgique et le Rwanda :
Procès-verbal, Kigali, 26-30 août 1991 »

— « Commission mixte de la coopération au développement entre la Belgique et le Rwanda : procèsverbal, Kigali, 26-30 août 1991 »

— « Procès-verbal de la réunion d’évaluation à miparcours du programme de coopération au développement entre la Belgique et le Rwanda pour la période
1992-1993; Kigali 2-6.10.92 »

— « Procès-verbal de la réunion d’évaluation à miparcours du programme de coopération au développement entre la Belgique et le Rwanda pour la période
1992-1993; Kigali 2-6.10.92 »

— Procès-verbal de la réunion de concertation sur
la coopération belgo-rwandaise; Kigali 29.0607.07.93

— Procès-verbal de la réunion de concertation sur
la coopération belgo-rwandaise; Kigali 29.0607.07.93

— Synthesenota betreffende de financiële samenwerking met Rwanda met bijlagen : Bijlage 1 tot 12 :
akkoorden en uitwisselingen van brieven i.v.m. deze
samenwerking; Bijlage 13 tot 19 : overzicht van de uit-

— Synthesenota betreffende de financiële samenwerking met Rwanda met bijlagen : Bijlage 1 tot 12 :
akkoorden en uitwisselingen van brieven i.v.m. deze
samenwerking; Bijlage 13 tot 19 : overzicht van de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 52 )

voering van de financiële akkoorden met Rwanda,
inclusief het gebruik van de rekeningen bij de Nationale Bank van België

uitvoering van de financiële akkoorden met Rwanda,
inclusief het gebruik van de rekeningen bij de Nationale Bank van België

— Landennota november 1990, juni 1991 en
februari 1994, beleidsnota augustus 1993, synthesenota april 1992.

— Landennota november 1990, juni 1991 en
februari 1994, beleidsnota augustus 1993, synthesenota april 1992.

1.3.1.10. Onderzoeksverrichtingen

1.3.1.10. Devoirs d’instruction

(1) Wettelijk kader

(1) Cadre juridique

Krachtens artikel 4 van de wet van 3 mei 1880 op
het parlementair onderzoek kan de onderzoekscommissie, alsook de voorzitter indien hij daartoe
gemachtigd wordt, alle in het Wetboek van Strafvordering
omschreven
onderzoeksmaatregelen
nemen (1).

En vertu de l’article 4 de la loi du 3 mai 1880 sur les
enquêtes parlementaires, la commission ainsi que son
président, pour autant qu’il y soit habilité, peuvent
prendre toutes les mesures d’instruction prévues par
le Code d’instruction criminelle (1).

De onderzoekscommissie kan een verzoek richten
tot de eerste voorzitter van het hof van beroep om één
of meer raadsheren van het hof van beroep of één of
meer rechters in de rechtbank van eerste aanleg aan te
stellen voor het uitvoeren van specifieke onderzoeksverrichtingen(2).

La commission peut adresser une requête au
premier président de la cour d’appel, qui désigne un
ou plusieurs conseillers à la cour d’appel, ou un ou
plusieurs juges du tribunal de première instance,
d’accomplir des devoirs d’instruction spécifiques(2).

Voor bepaalde onderzoeksmaatregelen is de onderzoekscommissie verplicht tot deze aanstelling van
een magistraat(3).

La commission est tenue, pour certaines mesures
d’instruction, de demander la désignation d’un
magistrat(3).

De onderzoekscommissie heeft verder de bevoegdheid opdracht te geven aan de Vaste Comités P en I de
nodige onderzoeken te doen, dit overeenkomstig de
wet van 18 juli 1991 tot regeling van het toezicht op
politie- en inlichtingendiensten(4). Op deze bevoegdheid heeft de onderzoekscommissie geen
beroep gedaan.

La commission peut également, conformément à la
loi du 18 juillet 1991 organique du contrôle des services de police et de renseignements, charger les Comités permanents P et R d’effectuer les enquêtes nécessaires(4). La commission n’a pas fait usage de cette
compétence.

Wanneer inlichtingen moeten worden opgevraagd
in criminele, correctionele, politie- of tuchtzaken,
dient een verzoek te worden gericht tot het parket- of
auditoraat-generaal(5).

Lorsque des renseignements doivent être demandés
en matière criminelle, correctionnelle, policière ou
disciplinaire, la commission doit adresser une demande au parquet ou à l’auditorat général(5).

Inzake bestuurszaken wordt voor het bekomen van
inlichtingen het verzoek gericht aan de bevoegde
minister of staatssecretaris(6).

Pour ce qui est des renseignements d’ordre administratif, la demande doit être adressée au ministre ou au
secrétaire d’État compétent(6).

——————

——————

(1) Art. 4, § 1 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair
onderzoek.
(2) Art. 4, § 2 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair
onderzoek.
(3) Art. 4, § 4 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair
onderzoek.
(4) Art. 4, § 3 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair
onderzoek.
(5) Art. 4, § 5 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair
onderzoek.
(6) Art. 4, § 6 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair
onderzoek.

(1) Art. 4, § 1er de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires
(2) Art. 4, § 2 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.
(3) Art. 4, § 4 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires
(4) Art. 4, § 3 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.
(5) Art. 4, § 5 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.
(6) Art. 4, § 6 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.

( 53 )
(2) Door de onderzoekscommissie gestelde onderzoeksverrichtingen

1 - 611/7 - 1997/1998

(2) Devoirs d’instruction effectués par la commission d’enquête

Getuigenverhoren en confrontaties

Auditions de témoins et confrontations

a) Lijsten van getuigen en confrontaties

a) Liste des témoins et des confrontations

Zie 1.3.3.2. en 1.3.3.4.

Voir 1.3.3.2. et 1.3.3.4.

b) Beginsel van oproeping bij gewone brief

b) Principe de la convocation par lettre ordinaire

De getuigen werden principieel, met toepassing
van artikel 4 van het reglement van orde van de onderzoekscommissie, bij gewone brief ter hoorzitting opgeroepen.

Conformément à l’article 4 du règlement de la
commission d’enquête, les témoins ont été convoqués
en principe aux auditions par lettre ordinaire.

Uitzondering diende echter te worden gemaakt
voor de oproeping van de heer E. Nahimana.

Il a toutefois été nécessaire de faire une exception
en ce qui concerne la convocation de M. E. Nahimana.

Aangezien de heer E. Nahimana, bij spontane verklaring tijdens de hoorzitting van 14 mei 1997 met
mevrouw De Backer, te kennen gaf niet te willen
getuigen in aanwezigheid van commissielid Destexhe,
diende dit als een weigering tot getuigen te worden
uitgelegd.

M. E. Nahimana a déclaré spontanément, au cours
de l’audition du 14 mai 1997 avec Mme de Backer,
qu’il ne voulait pas témoigner en présence de
M. Destexhe, membre de la commission. Cette déclaration a dû être comprise comme constituant un refus
de témoigner.

De heer Nahimana werd bijgevolg opgeroepen bij
dagvaarding door een gerechtsdeurwaarder, met
toepassing van voormeld artikel van het reglement
van orde. Daarbij werd toepassing gemaakt van het
artikel 5 van de wet van 3 mei 1880 op het parlementair onderzoek, krachtens welke de termijn voor de
dagvaarding ten minste twee dagen bedraagt.

En exécution de l’article précité du règlement
d’ordre intérieur, M. Nahimana a par conséquent été
cité à comparaître par le ministère d’un huissier de
justice. En l’occurrence, la commission a appliqué
l’article 5 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires, qui fixe le délai de la citation à deux jours
au moins.

Vragen om informatie

Demandes d’informations

Met toepassing van artikel 4, § 6, van de wet van
3 mei 1880 op het parlementair onderzoek werden
inlichtingen opgevraagd aan, in hoofdzaak, de eerste
minister en de respectieve ministers van Landsverdediging, Buitenlandse Zaken en Binnenlandse Zaken,
alsmede aan de staatssecretaris van Ontwikkelingssamenwerking.

En application de l’article 4, § 6, de la loi du 3 mai
1880 sur les enquêtes parlementaires, la commission
a, principalement, adressé des demandes d’information notamment au Premier ministre et aux ministres de la Défense nationale, des Affaires étrangères
et de l’Intérieur, ainsi qu’au secrétaire d’État à la
Coopération au développement.

De documenten die op deze wijze werden verkregen zijn mee opgenomen in de lijst van documenten
onder punt 1.3.3.8.

Les documents qui ont été obtenus par cette voie
sont mentionnés dans la liste de documents qui figure
au point 1.3.3.8.

Huiszoeking — Inbeslagneming van goederen

Perquisition — Saisie de biens

Tijdens het onderzoek van de commissie hebben
geen huiszoekingen — in de zin van eenzijdig uitgevoerde onderzoeksmaatregel — plaatsgevonden.

L’enquête de la commission n’a donné lieu à
aucune perquisition au sens d’une mesure d’instruction unilatérale.

In één enkel geval, waarbij een huiszoeking werd
overwogen, werd aan de betrokkene, met name
meester Scheers, advokaat aan de balie van Brussel, de
mogelijkheid geboden zich akkoord te verklaren met
een bezoek ten kantore door een lid van de commissie
vergezeld van een door de eerste voorzitter van het hof
van beroep van Brussel aangestelde onderzoeksrechter.

Dans le seul cas où une perquisition a été envisagée,
la possibilité a été donnée à l’intéressé, en l’espèce
maître Scheers, avocat près du barreau de Bruxelles,
de recevoir un membre de la commission en ses
bureaux en présence d’un juge d’instruction désigné
par le premier président de la Cour d’appel de Bruxelles.

Aldus is een eenzijdig uitgevoerde huiszoeking niet
noodzakelijk gebleken. Aan de eerste voorzitter van

La commission a donc jugé qu’il n’était pas nécessaire de procéder à une perquisition unilatérale. Elle a

1 - 611/7 - 1997/1998

( 54 )

het hof van beroep te Brussel was wel voorafgaandelijk verzocht voorbereidende maatregelen te nemen
opdat een eventuele beslissing tot een huiszoeking op
de bewuste dag onmiddellijke uitvoering zou kunnen
krijgen.

cependant demandé au premier président de la Cour
d’appel de Bruxelles de prendre les mesures nécessaires pour permettre d’exécuter sans délai une décision
éventuelle de procéder à une telle perquisition.

Het bezoek ten kantore Scheers werd uitgevoerd
door ondervoorzitter Verhofstadt, in aanwezigheid
van onderzoeksrechter Vlogaert.

La visite au bureau de Me Scheers a été effectuée
par le vice-président G. Verhofstadt, en présence du
juge d’instruction Vlogaert.

De stafhouder, Mevrouw Boliau, heeft zich verzet
tegen de inbeslagneming van de stukken die door de
onderzoeksrechter waren meegenomen, gelet op het
feit dat deze stukken gedekt waren door het beroepsgeheim. De stukken zijn door de onderzoeksrechter
bewaard in afwachting van een oplossing van het
incident.

Le bâtonnier Mme Boliau s’est opposée à la saisie
des documents que le juge d’instruction avait emportés à l’occasion de cette perquisition. Elle a argué du
fait que ceux-ci étaient couverts par le secret professionnel. Le juge d’instruction a conservé les documents en attendant que l’incident soit clos.

Het laten aanstellen van een magistraat voor het
verrichten van onderzoeksverrichtingen

Désignation d’un magistrat pour l’accomplissement de devoirs d’instruction

(toepassing van artikel 4, § 2 van de wet van 1880
op het parlementair onderzoek)

(application de l’article 4, § 2, de la loi de la loi de
1880 sur les enquêtes parlementaires)

a) RTLM — financiering

a) RTLM — financement

Met toepassing van paragraaf 4, tweede lid van de
beslissing van de Senaat van 23 januari 1997 tot instelling van een bijzondere commissie-Rwanda(1), heeft
de bijzondere commissie, nadat hiertoe een verzoek
van één derde van de leden werd uitgebracht, bij
unanimiteit beslist beroep te doen op de bevoegdheden die bepaald zijn in artikel 56 van de Grondwet en
in de wet van 3 mei 1880 op het parlementair onderzoek.

En exécution de l’article 4, 2e alinéa, de la décision
du Sénat du 23 janvier 1997 visant à instituer une
commission spéciale Rwanda(1), la commission
spéciale a décidé, à l’unanimité, à la demande d’un
tiers de ses membres, de faire usage des compétences
prévues à l’article 56 de la Constitution et dans la loi
du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.

Van die bevoegdheid werd inzonderheid gebruik
gemaakt teneinde kennis te nemen van alle ingaande
en uitgaande financiële bewegingen die hebben
plaatsgevonden op een aantal gespecifieerde bankrekeningen.

La commission a notamment fait usage de ces
compétences pour s’enquérir des mouvements de
fonds qui ont eu lieu sur un certain nombre de comptes bancaires.

De onderzoeksmaatregel strekte ertoe inzicht te
krijgen van de mate waarin en de wijze waarop de
Rwandese radiozender RTLM vanuit Belgische
bankrekeningen zou zijn gefinancierd.

La mesure d’instruction devait permettre de dire si
la radio rwandaise RTLM avait été financée à partir
de comptes en banque belges et, si oui, comment et
dans quelle mesure.

Het onderzoek werd uitgevoerd door onderzoeksrechter-raadsheer Vlogaert, aangesteld door de
dienstdoende eerste voorzitter van het hof van beroep
te Brussel, de heer Ph. Cerckel.

C’est le juge d’instruction-conseiller Vlogaert, qui
fut désigné par le premier président en exercice de la
Cour d’appel de Bruxelles, M. Ph. Cerckel, qui réalisa
cette enquête.

b) RTLM — aankoop studio’s

b) RTLM — achat de studios

Naar aanleiding van de hoorzitting met de heer
Houtmans van 3 juni 1997 werd nagegaan of de
studio’s van RTLM zouden zijn aangekocht bij de
firma Van Rompaey-Devaro te Putte.

À propos de l’audition de M. Houtmans, qui eut
lieu le 3 juin 1997, il a été vérifié si les studios de
RTLM avaient pu être achetés auprès de la société
Van Rompaey-Devaro de Putte.

De onderzoekscommissie heeft tot de aanstelling
van een magistraat verzocht met het oog op het identi-

La commission d’enquête demanda qu’un magistrat soit chargé d’identifier la personne qui a payé la

——————

——————

(1) Senaat, Gedr. St., 1996-1997, 1-526/1; Senaat, parl.
handelingen, 1996-1997, 23 januari 1997, blz. 2336.

(1) Doc. Sénat, 1996-1997, 1-526/1, Sénat, Annales, 19961997, 23 janvier 1997, p. 2336.

( 55 )

1 - 611/7 - 1997/1998

ficeren van de persoon die de betaling voor die bestelling van studio’s heeft verricht, alsmede van alle gegevens met betrekking tot de wijze waarop de betaling
werd uitgevoerd.

commande de ces studios et de déterminer le mode de
paiement utilisé.

Het onderzoek werd uitgevoerd door raadsheer
E. Lemmens, aangesteld door de eerste voorzitter van
het hof van beroep te Antwerpen, de heer L. Janssens.

C’est le conseiller E. Lemmens, qui avait été désigné
par le premier président de la Cour d’appel d’Anvers,
M. L. Janssens, qui réalisé cette enquête.

Het verslag van raadsheer Lemmens, die was aangesteld met toepassing van artikel 4, § 2 van de wet op
het parlementair onderzoek met betrekking tot de
aankoop van de studio’s bij de firma Van RompaeyDevaro te Putte (zie punt 2), vermeldde de namen van
Mevrouw J. De Jongh, de heer B. Fred en de heer
S. Musengimana.

Dans son rapport concernant l’achat des studios
auprès de la société Van Rompaey-Devaro de Putte
(voir point 2), le conseiller Lemmens, qui fut désigné
en application de l’article 4, § 2, de la loi sur les enquêtes parlementaires, a cité les noms de Mme J. De
Jongh, de M. B. Fred et de M. S. Musengimana.

Aan de eerste voorzitter van het hof van beroep te
Antwerpen werd dan verzocht raadsheer Lemmens
mevrouw De Jongh en de heer Fred te doen verhoren,
alsmede na te gaan wie de heer Musengimana is en
welke eventuele banden er zouden kunnen bestaan
tussen hem en de radiozender RTLM.

L’on a alors demandé au premier président de la
Cour d’appel d’Anvers d’inviter le conseiller
Lemmens à entendre Mme De Jongh et M. Fred, et à
vérifier qui était M. Musengimana et quels liens il
pouvait y avoir entre celui-ci et la radio RTLM.

Opvraging van inlichtingen in criminele, correctionele, politie- en tuchtzaken

Demande de renseignements en matière criminelle,
correctionnelle, policière et disciplinaire

(toepassing van artikel 4, § 5 van de wet van 1880
op het parlementair onderzoek)

(application de l’article 4, § 5, de la loi de 1880 sur
les enquêtes parlementaires)

a) Rapporten Nees en De Cuyper

a) Les rapports Nees et De Cuyper

De rapporten Nees betreffen de rapporten die luitenant Nees, toenmalig inlichtingsofficier van KIBAT I
in de periode tussen november 1993 en maart 1994
geregeld aan zijn korpskommandant luitenantkolonel Leroy overmaakte. De onderzoekscommissie
was slechts in het bezit van een tiental van de 29 rapporten.

Les rapports Nees sont ceux que le lieutenant Nees,
officier de renseignements de KIBAT I de novembre
1993 à mars 1994, a transmis régulièrement à son chef
de corps, le lieutenant-colonel Leroy. La commission
d’enquête ne possédait qu’une dizaine des 29 rapports.

De rapporten De Cuyper zijn een vijftal rapporten
die kapitein De Cuyper, inlichtingsofficier van
KIBAT II in de periode maart-april 1994 werden overgemaakt aan diens korpsoverste, luitenant-kolonel
Dewez.

Les rapports De Cuyper sont les cinq rapports que
le capitaine De Cuyper, officier de renseignements de
KIBAT II en mars-avril 1994, a transmis à son chef de
corps, le lieutenant-colonel Dewez.

De beide reeksen van documenten berustten bij
onderzoeksrechter Vandermeersch in het kader van
diens gerechtelijk onderzoek met betrekking tot een
aantal dossiers die betrekking hebben op de gebeurtenissen in Rwanda van 1993 en 1994.

Ces deux séries de documents se trouvaient entre
les mains du juge d’instruction Vandermeersch qui les
détenait dans le cadre de son enquête judiciaire relative à certains dossiers concernant les événements qui
se sont déroulés au Rwanda en 1993 et 1994.

De documenten werden opgevraagd bij en ter
beschikking gesteld door de procureur-generaal bij
het hof van beroep te Brussel, de heer Van Oudenhove. De beslissing werd door de procureur-generaal
genomen na advies van de procureur des Konings en
de betrokken onderzoeksrechter.

L’on a réclamé ces documents auprès du procureur
général près la Cour d’appel de Bruxelles, M. Van
Oudenhove, qui a décidé de les transmettre sur l’avis
du procureur du Roi et du juge d’instruction
concerné.

b) Documenten Dienst Afrika van het ministerie
van Justitie

b) Documents du service Afrique du Ministère des
Affaires étrangères

In de getuigenis die onderzoeksrechter Vandermeersch op 6 mei 1997 aflegde voor de onderzoekscommissie, werd door hem melding gemaakt van de

Dans son témoignage du 6 mai 1997 devant la
commission d’enquête, le juge d’instruction Vandermeersch a évoqué la perquisition qu’il a effectuée au

1 - 611/7 - 1997/1998

( 56 )

huiszoeking die hij had gedaan op de Dienst Afrika
van het ministerie van Buitenlandse Zaken en van het
beslag dat daarbij werd gelegd op een aantal documenten. Tijdens die huiszoeking hebben een aantal
verhoren plaatsgevonden die door de onderzoeksrechter werden geleid.

service Afrique du Ministère des Affaires étrangères et
au cours de laquelle l’on a saisi certains documents.
Au cours de cette perquisition, le juge d’instruction a
procédé en personne à certains interrogatoires.

De in beslag genomen stukken alsmede de processen-verbaal van verhoring werden opgevraagd bij en
ter beschikking gesteld door de procureur-generaal
bij het hof van beroep te Brussel, de heer Van Oudenhove.

Les documents saisis ainsi que les procès-verbaux
des interrogatoires ont été réclamés au procureur
général près la Cour d’appel de Bruxelles, M. Van
Oudenhove, qui les a mis à la disposition.

c) Video-cassette Marchal

c) Cassette vidéo Marchal

In het kader van het proces Marchal bevond zich
gedurende enige tijd bij het auditoraat-generaal bij
het militair gerechtshof een video-cassette met opnames die werden gemaakt door kolonel Marchal in
april 1994.

Dans le cadre du procès Marchal, l’auditorat général près la cour militaire a détenu, pendant tout un
temps, une cassette vidéo portant des enregistrements
que le colonel Marchal avait réalisés en avril 1994.

Aangezien de bewuste cassette inmiddels was overgemaakt aan de griffie van de rechtbank van eerste
aanleg te Brussel, werd zij opgevraagd bij en ter
beschikking gesteld door de procureur-generaal bij
het hof van beroep te Brussel, de heer Van Oudenhove.

Comme cette cassette avait déjà été transmise au
greffe du Tribunal de première instance de Bruxelles,
on l’a réclamée au procureur général près la Cour
d’appel de Bruxelles, M. Van Oudenhove, qui l’a
mise à la disposition.

d) Inlichtingen met betrekking tot eventuele huiszoekingen in de zaak milieu-boxen — Hermes
Communications

d) Renseignements relatifs à des perquisitions que
l’on aurait effectuées éventuellement dans l’affaire
des boîtes de collecte sélective Hermes Communications

Aan de procureur-generaal bij het hof van beroep
te Antwerpen, de heer Van Camp, werd verzocht aan
de onderzoekscommissie mee te delen welke gerechtelijke dossiers de zaak milieu-boxen Hermes Communications betreffen, en inzonderheid of in de betrokken dossiers huiszoekingen hebben plaatsgevonden
waarbij elementen aan het licht zijn gekomen die
rechtstreeks of onrechtstreeks met Rwanda te maken
hebben.

L’on a invité le procureur général près la Cour
d’appel d’Anvers, M. Van Camp, à indiquer à la
commission d’enquête quels sont les dossiers judiciaires qui sont liés à l’affaire des boîtes de collecte sélective Hermes Communications et, en particulier, à
désigner ceux qui auraient fait l’objet de perquisitions
ayant permis de mettre à jour des éléments liés de près
ou de loin aux événements du Rwanda.

Bij schrijven van 20 oktober 1997 van procureurgeneraal Dekkers werd de commissie ingelicht van het
bestaan van twee parallelle strafonderzoeken. In
beide dossiers werden reeds huiszoekingen uitgevoerd, die echter geen elementen aan het licht hebben
gebracht die rechtstreeks of onrechtstreeks met de
gebeurtenissen in Rwanda in verband zouden staan.

Par lettre du 20 octobre 1997 du procureur général
M. Dekkers, la commission a été informée de
l’existence de deux instructions parallèles. Des
perquisitions ont déjà été effectuées dans le cadre des
deux dossiers, mais elles n’ont mis à jour aucun
élément lié de près ou de loin aux événements du
Rwanda.

Overgezonden dossiers

Dossiers transmis

a) Dossier Nahimana

a) Le dossier Nahimana

Het dossier Nahimana werd aan de onderzoeksrechter Vandermeersch overgemaakt, omdat moest
worden aangenomen dat het dossier elementen
bevatte die voor de gerechtelijke onderzoeken van
belang zouden kunnen zijn.

L’on a transmis le dossier Nahimana au juge
d’instruction Vandermeersch, étant donné que l’on a
bien dû convenir qu’il contenait des éléments pouvant
avoir quelque importance pour les enquêtes judiciaires.

De heer Vandermeersch heeft de documenten ter
beschikking gesteld van de procureur des Konings
van Brussel met toepassing van artikel 10 van de wet

M. Vandermeersch a mis les documents en question à la disposition du procureur du Roi de Bruxelles
en application de l’article 10 de la loi du 3 mai 1880

( 57 )
van 3 mei 1880 op het parlementair onderzoek. Op
grond van die stukken heeft de procureur des Konings
een opsporingsonderzoek in de zaak Nahimana geopend teneinde na te gaan of geen misdrijven werden
begaan in het kader van Conventies van Genève van
12 augustus 1949 en van de additionele Protocollen I
en II van 8 juni 1977.
b) Dossier Maggen
Tijdens de hoorzitting van de onderzoekscommissie met majoor Maggen van 7 mei 1997 werden tegenstrijdigheden tussen een aantal verklaringen onder
ede vastgesteld. Derhalve werd het dossier met toepassing van artikel 10 van de wet van 1880 op het
parlementair onderzoek overgemaakt aan het auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof, teneinde
er gevolg aan te geven als naar recht.

1 - 611/7 - 1997/1998

sur les enquêtes parlementaires. Sur la base de ces
documents, le procureur du Roi a ouvert une information dans l’affaire Nahimana pour vérifier s’il n’y
avait pas eu d’infractions graves aux Conventions de
Genève du 12 août 1949 et aux Protocoles additionnels I et II du 8 juin 1977.
b) Le dossier Maggen
Au cours de l’audition par la commission
d’enquête du major Maggen, le 7 mai 1997, l’on a
constaté des contradictions entre plusieurs déclarations sous serment. Aussi a-t-on transmis le dossier,
en application de l’article 10 de la loi de 1880 sur les
enquêtes parlementaires, à l’auditorat général près la
Cour militaire, pour qu’il y soit donné suite à telle fin
que de droit.

Rogatoire commissies

Commissions rogatoires

a) Dossier Ruggiu

a) Le dossier Ruggiu

Onderzoeksrechter Vandermeersch heeft in een
onderhoud met de onderzoekscommissie van
26 september 1997 zijn voornemen bekendgemaakt
een rogatoire commissie naar het Internationaal
Straftribunaal voor Rwanda te zenden met het oog op
de ondervraging van meerdere aangehouden personen, waaronder de heer Ruggiu. De onderzoeksrechter heeft zich toen bereid verklaard vragen van de
onderzoekscommissie mee in zijn verhoor op te
nemen. Met het oog op de eerbiediging van de saisine
werden deze vragen aan de procureur des Konings
overgemaakt.
b) Dossier Dallaire

Au cours d’un entretien avec la commission
d’enquête, le juge d’instruction D. Vandermeersch a
signalé qu’il avait l’intention d’envoyer une commission rogatoire au Tribunal pénal international pour le
Rwanda en vue d’interroger plusieurs détenus, dont
M. Ruggiu. Le juge d’instruction s’est dit disposé à
inclure des questions éventuelles de la Commission
d’enquête parlementaire dans son interrogatoire. En
vue du respect de la saisine, ces questions ont été
transmises au procureur du Roi.

b) Le dossier Dallaire

Nadat generaal Dallaire eind september 1997
publiekelijk had bekendgemaakt dat hij bereid was
op de vragen van de onderzoekscommissie te
antwoorden via dezelfde schriftelijke procedure als in
het proces Marchal, werd aan de eerste voorzitter van
het hof van beroep van Brussel tot de oprichting van
een rogatoire commissie verzocht. Voor de uitvoering
van de onderzoeksopdracht werd raadsheer Laffineur
aangesteld op 30 oktober 1997.

Le général Dallaire ayant déclaré publiquement,
fin septembre 1997, être disposé à répondre aux questions des membres de la commission d’enquête par le
biais de la même procédure écrite que celle qui a été
utilisée dans le cadre du procès Marchal, l’on a invité
le premier président de la cour d’appel de Bruxelles à
mettre sur pied une commission rogatoire. Le conseiller Laffineur a été désigné pour cette mission
d’instruction le 30 octobre 1997.

Zie verder : Beperkingen die de commissie heeft
ervaren; beperkingen ten gevolge van de weigering tot
meewerking van de VN-instanties.

Voir aussi : Les restrictions auxquelles la commission a été confrontée; restrictions en raison du refus
de coopérer des instances de l’ONU.

1.3.1.11. Reglement van orde

1.3.1.11. Règlement d’ordre

Tijdens haar eerste vergadering op 30 april 1997
nam de onderzoekscommissie-Rwanda haar reglement van inwendige orde aan.

Pendant sa première réunion du 30 avril 1997, la
commission a adopté son règlement d’ordre.

(1) Vergaderingen van de onderzoekscommissie

(1) Les réunions de la commission d’enquête

De onderzoekscommissie komt in principe op
woensdag en op vrijdag bijeen, van 10 uur tot

La commission se réunira en principe le mercredi et
le vendredi de 10 heures à 12h30 et de 14 heures à

1 - 611/7 - 1997/1998

( 58 )

12.30 uur en van 14 uur tot 17.30 uur. Bijkomende
vergaderingen kunnen worden georganiseerd indien
dit nodig mocht blijken.

17h30. Des réunions supplémentaires peuvent être
tenues si cela s’avère nécessaire.

Zo nodig wordt vóór elke openbare vergadering,
om 9.30 uur, een korte vergadering met gesloten
deuren gehouden met het oog op de regeling van de
werkzaamheden. Evenwel kunnen ook andere vergaderingen worden voorbehouden voor de regeling van
de werkzaamheden.

Si nécessaire, les réunions publiques seront précédées, à 9h30, d’une courte réunion à huis clos, afin de
se mettre d’accord sur l’ordre des travaux. Toutefois,
d’autres réunions pourront aussi être réservées à
l’ordre des travaux.

(2) Openbaarheid

(2) Publicité

Overeenkomstig artikel 3, derde lid, van de wet van
3 mei 1880 op het parlementair onderzoek, zoals
gewijzigd door de wet van 30 juni 1996, zijn de vergaderingen openbaar, tenzij de onderzoekscommissie
anders beslist.

Conformément à l’article 3, troisième alinéa, de la
loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires, tel
que modifié par la loi du 30 juin 1996, les réunions de
la commission sont publiques, à moins que la
commission n’en décide autrement.

De beraadslagingen geschieden steeds in besloten
vergadering.

Les délibérations ont toujours lieu à huis clos.

Ieder lid van de Senaat heeft het recht de openbare
vergaderingen bij te wonen, zonder evenwel zelf het
woord te mogen nemen.

Tout membre du Sénat peut assister aux réunions
publiques de la commission sans toutefois pouvoir y
prendre la parole.

De medewerkers van de fracties mogen de vergaderingen bijwonen, tenzij de onderzoekscommissie
anders beslist.

Les collaborateurs des groupes politiques peuvent
assister aux réunions, à moins que la commission n’en
décide autrement.

Slechts één medewerker per lid van de onderzoekscommissie mag de vergaderingen bijwonen en dat
enkel indien vergezeld van het betrokken lid.

Un seul collaborateur par membre de la commission peut assister aux réunions, à condition d’être
accompagné du membre concerné.

De fractievoorzitters delen bij het begin van de
werkzaamheden de namen mee van de medewerkers
die de vergaderingen zullen bijwonen.

Les chefs de groupe communiquent au début des
travaux le nom des collaborateurs qui assisteront aux
réunions.

De onderzoekscommissie kan op elk moment van
deze regels afwijken.

La commission peut à tout moment déroger à ces
règles.

(3) Geheimhoudingsplicht

(3) Devoir de secret

Om de goede werking van de onderzoekscommissie te verzekeren, zijn alle aanwezigen tot geheimhouding verplicht met betrekking tot de informatie verkregen naar aanleiding van de vergaderingen die niet
openbaar zijn.

Afin d’assurer le bon fonctionnement de la
commission, chacun est tenu au secret en ce qui
concerne les informations recueillies à l’occasion des
réunions tenues à huis clos.

Andere personen dan de senatoren die, in welke
hoedanigheid ook, de niet-openbare commissievergaderingen bijwonen of eraan deelnemen, zijn gehouden vooraf onder ede te verklaren het geheime karakter van de werkzaamheden te zullen naleven.

Toute personne autre que les sénateurs qui, à un
titre quelconque, assiste ou participe aux réunions
non publiques de la commission, est tenue, préalablement, de prêter le serment de respecter le secret des
travaux.

(4) Getuigen en deskundigen

(4) Témoins et experts

§ 1. De getuigen en deskundigen worden opgeroepen bij gewone brief.

§ 1. Les témoins et experts seront convoqués par
lettre ordinaire.

Verschijnen de getuigen niet, dan worden zij door
een gerechtsdeurwaarder gedagvaard. Weigeren zij
na dagvaarding te verschijnen, dan wordt proces-

Si les témoins ne répondent pas à cette convocation, ils seront cités par ministère d’huissier de justice.
S’ils refusent de comparaître après citation, un

( 59 )

1 - 611/7 - 1997/1998

verbaal opgemaakt, overeenkomstig artikel 10 van
bovengenoemde wet. Dat proces-verbaal wordt overgezonden aan de procureur-generaal bij het hof van
beroep, opdat gevolg wordt gegeven als naar recht.

procès-verbal sera dressé, conformément à l’article 10
de la loi précitée. Celui-ci sera transmis au procureur
général près la cour d’appel, pour qu’il soit donné
telle suite que de droit.

§ 2. De getuigen, wanneer zij hierom worden verzocht leggen de eed af, dat zij de gehele waarheid en
niets dan de waarheid zullen zeggen. De getuigen
worden verwittigd dat ze het recht hebben te zwijgen
als ze vrezen door verklaringen af te leggen zichzelf te
beschuldigen.

§ 2. S’ils y sont invités, les témoins prêtent le
serment de dire toute la vérité et rien que la vérité. Les
témoins sont avertis qu’ils ont le droit de garder le
silence s’ils craignent de s’accuser en faisant des déclarations.

§ 3. De getuige of deskundige wordt verzocht te
bevestigen dat hij volhardt in zijn verklaringen.

§ 3. Le témoin ou l’expert sont invités à confirmer
qu’ils persistent dans leurs déclarations.

§ 4. Het proces-verbaal van de getuigenissen wordt
getekend, hetzij onmiddellijk, hetzij uiterlijk vijftien
dagen na de beëindiging van het verhoor, door de
voorzitter en de getuige, nadat deze daarvan voorlezing heeft gekregen en verklaard heeft te volharden bij
zijn verklaringen. Indien de getuige weigert zijn getuigenis te tekenen, wordt daarvan melding gemaakt in
het proces-verbaal.

§ 4. Le procès-verbal des témoignages est signé, soit
immédiatement, soit au plus tard quinze jours à date
de la fin de l’audition par le président et par le témoin,
après que lecture lui en a été faite et qu’il a déclaré
persister en ses déclarations. Si le témoin refuse de
signer ses dépositions, il en sera fait mention au
procès-verbal.

(5) Verslag van de hoorzittingen

(5) Compte rendu des auditions

Van de hoorzittingen wordt een beknopt verslag
(BV/CRA) en een stenografisch verslag opgesteld.

Il est établi un compte rendu analytique (CRA/BV)
et un compte rendu sténographique des auditions.

Elk lid van de Senaat ontvangt de volgende werkdag het beknopt verslag (BV/CRA) van de openbare
hoorzittingen. Het stenografisch verslag, alsmede het
beknopt verslag van de hoorzittingen of van delen van
hoorzittingen die met gesloten deuren verlopen,
worden alleen bezorgd aan de leden van de commissie. Wanneer de onderzoekscommissie hiertoe beslist,
worden geen verslagen meegedeeld doch zullen die
dan enkel op het secretariaat van de commissie door
de commissieleden kunnen worden geraadpleegd.

Chaque membre du Sénat reçoit, le jour ouvrable
suivant, le compte rendu analytique (CRA/BV) des
auditions publiques. Le compte rendu sténographique ainsi que le compte rendu analytique des auditions au parties d’auditions se déroulant à huis clos ne
sont fournis qu’aux membres de la commission. Si la
commission d’enquête le décide, il ne sera pas
communiqué de comptes rendus, lesquels ne pourront alors qu’être consultés par les membres de la
commission au secrétariat de celle-ci.

Het proces-verbaal wordt op het secretariaat van
de onderzoekscommissie bewaard, waar het ter
inzage ligt van de commissieleden. Er worden geen
afschriften afgegeven. De secretaris houdt een register
bij van de personen die het proces verbaal komen
raadplegen.

Le procès-verbal est conservé au secrétariat de la
commission, où il pourra être consulté par les
membres. Il n’en sera pas délivré de copie. Le secrétaire tiendra un registre des personnes qui viendront
le consulter.

Elk lid van de onderzoekscommissie ontvangt een
afschrift van de verslagen van de openbare hoorzittingen.

Chaque membre de la commission recevra une
copie des comptes rendus des auditions publiques.

De werkzaamheden, met inbegrip van de verklaringen van de getuigen en de deskundigen, worden op
band opgenomen. De banden worden onder de verantwoordelijkheid van de voorzitter en de secretaris
van de onderzoekscommissie achter slot op het secretariaat bewaard. Alleen de leden van de onderzoekscommissie mogen de banden beluisteren. In geen
geval mogen de banden worden gekopieerd. De secretaris houdt een register bij van de personen die de
banden komen beluisteren.

Les travaux de la commission, en ce compris les
déclarations des témoins et des experts, seront enregistrés sur bandes magnétiques. Celles-ci seront, sous
la responsabilité du président et du secrétaire, conservées sous clé au secrétariat de la commission. Seuls les
membres de celle-ci pourront en prendre connaissance. En aucun cas les bandes ne pourront être reproduites. Le secrétaire tiendra un registre des personnes
qui viendront les écouter.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 60 )

(6) Werkwijze

(6) Méthode de travail

De onderzoekscommissie stelt voor elke getuige of
deskundige de lijst op van de vragen die in eerste instantie zullen worden gesteld. Deze vragen worden op
voorhand aan de betrokkene meegedeeld. Zij worden
tijdens de hoorzitting gesteld door de voorzitter of in
voorkomend geval door een ander lid van het bureau.

La commission d’enquête dresse, pour chaque
témoin ou expert, la liste des questions qui seront
posées en premier lieu. Ces questions sont communiquées préalablement à l’intéressé. Elles sont posées
par le président ou, le cas échéant, par un autre
membre du bureau, au cours de l’audition.

Na het antwoord van de betrokkene kan elk lid verdere vragen stellen in een door de onderzoekscommissie vastgestelde volgorde en met inachtneming van de
eventueel door de voorzitter bepaalde spreektijd.

Après la réponse de l’intéressé, tout membre peut
poser d’autres questions suivant un ordre fixé par la
commission et dans le respect du temps de parole
éventuellement impartie par le président.

Tijdens de hoorzittingen beperken de leden zich tot
het stellen van vragen. Zij gaan geen discussie aan met
de ondervraagde persoon noch met de andere
commissieleden.

Au cours des auditions, les membres se bornent à
poser des questions. Ils n’engagent pas de discussion
avec la personne interrogée ni avec les autres commissaires.

(7) Specialisten

(7) Spécialistes

De onderzoekscommissie kan voor haar werkzaamheden beroep doen op de bijstand van specialisten.
(8) Pers

(8) Presse

Na elke vergadering beslist de onderzoekscommissie of er een mededeling wordt gedaan aan de pers. De
voorzitter samen met de overige leden van het bureau
staan eventueel de pers te woord.
(9) Eindverslag

À l’issue de chaque réunion, le commission décide
s’il y a lieu de faire une communication de presse. Le
cas échéant, le président et les autres membres du
bureau prendront contact avec la presse.
(9) Rapport final

Van de werkzaamheden, bevindingen en conclusies van de onderzoekscommissie wordt door de ondervoorzitters een ontwerpverslag opgesteld, dat ter
bespreking en goedkeuring wordt voorgelegd aan de
onderzoekscommissie.

1.3.1.12. Statistische gegevens
Aantal getuigen :

La commission d’enquête peut faire appel à des
spécialistes pour ses travaux.

Les vice-présidents rédigent, à propos des travaux,
constatations et conclusions de la commission, un
projet de rapport, qui lui est soumis pour discussion et
approbation.

1.3.1.12. Données statistiques
95 u.

Nombre de témoins :

95 h.

Aantal hoorzittingen :
Bijzondere Commissie-Rwanda :
57 u.
Parlementaire onderzoekscommissieRwanda :
52 u.
————
109 u.

Nombre d’auditions :
Commission spéciale Rwanda :
57 h.
Commission d’enquête parlementaire
Rwanda :
52 h.
————
109 h.

Aantal uren hoorzittingen :
Bijzondere commissie-Rwanda :
165 u.
Parlementaire onderzoekscommissieRwanda :
174 u.
————
339 u.

Nombre d’heures des auditions :
Commission spéciale Rwanda :
165 h.
Commission d’enquête parlementaire
Rwanda :
174 h.
————
339 h.

( 61 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Aantal uren werkvergaderingen :
Bijzondere commissie-Rwanda :
50 u.
Parlementaire onderzoekscommissie
Rwanda:
249 u.
————
299 u.

Nombre d’heures de réunion de travail :
Commission spéciale Rwanda :
50 h.
Commission d’enquête parlementaire
Rwanda :
249 h.
————
299 h.

Aantal uren bureau-vergaderingen :
Bijzondere commissie-Rwanda :
Parlementaire onderzoekscommissieRwanda :

Nombre d’heures des réunions du bureau :
Commission spéciale Rwanda
Commission d’enquête parlementaire
Rwanda :

14 u.
38 u.
——
52 u.

Aantal uren vergaderingen
ad-hocgroep-Rwanda :

40 uren.

14 h.
38 h.
——
52 h.

Nombre d’heures de réunion
du groupe ad hoc Rwanda :

40 heures.

1.3.2. De beperkingen die de commissie heeft ervaren

1.3.2. Les restrictions auxquelles la commission a été
confrontée

(1) Beperkingen tengevolge van de absolute
onschendbaarheid van de Koning

(1) Restrictions dues à l’inviolabilité absolue du
Roi

Een aantal leden van de onderzoekscommissie
hebben geopperd dat ook de medewerkers van de
Koning, dit zijn de leden van het burgerlijk kabinet of
van het militair huis van de Koning, door de commissie zouden moeten worden gehoord.

Un certain nombre de commissaires ont suggéré
que la commission devrait aussi entendre les collaborateurs du Roi, c’est-à-dire les membres du cabinet
civil ou de la maison militaire du Roi.

Teneinde de ontvankelijkheid resp. onontvankelijkheid van dit voorstel te kunnen beoordelen, werd,
aangezien dit vraagstuk een fundamenteel staatsrechtelijk beginsel aangaat, het advies ingewonnen van de
professoren A. Alen (KUL) en J. C. Scholsem (ULg),
alsmede van de dienst Juridische Zaken en Documentatie van de Senaat(1).

Comme cette question concerne un principe fondamental du droit constitutionnel l’on a, pour pouvoir
apprécier si ladite proposition était recevable ou non,
demandé l’avis des professeurs A. Alen (K.U.L.) et
J. C. Scholsem (U.Lg) ainsi que celui du service Affaires juridiques et Documentation du Sénat(1).

De verschillende adviezen waren convergent in die
zin dat de bijzondere positie van de medewerkers van
de Koning inhoudt dat deze niet door een parlementaire commissie — gewone commissie of onderzoekscommissie — kunnen worden ondervraagd met
betrekking tot de uitoefening van hun specifieke
ambt. Een dergelijke ondervraging zou neerkomen op
een ondervraging van de Koning zelf. Daardoor
zouden grondwettelijke beginselen worden geschonden zoals de scheiding der machten, de absolute onschendbaarheid van de Koning, de eenheid tussen de
Koning en de regering, en het zogenaamde « colloque
secret », met andere woorden het verbod om het aandeel van de Koning te kennen in de onder de verantwoordelijkheid van de ministers genomen beslissingen.

Les divers avis convergeaient en ce sens qu’ils soulignaient qu’en raison de leur position particulière, les
collaborateurs du Roi ne peuvent pas être interrogés
ni par une commission parlementaire ordinaire ni par
une commission parlementaire d’enquête à propos de
l’exercice de leur fonction spécifique. Les interroger à
ce propos reviendrait à interroger le Roi lui-même, ce
qui porterait atteinte aux principes constitutionnels
de la séparation des pouvoirs, de l’inviolabilité absolue du Roi, de l’unité entre le Roi et le Gouvernement
et du « colloque secret », c’est-à-dire à l’interdiction de
dévoiler la part du Roi dans les décisions prises sous la
responsabilité des ministres.

Op grond van voormelde adviezen werd beslist niet
tot de ondervraging van enig lid van het burgerlijk
kabinet of van het militair huis van de Koning over te
gaan.

L’on a décidé, sur la base des avis précités, de
n’interroger aucun membre du cabinet civil ou de la
maison militaire du Roi.

——————

——————

(1) Zie bijlage.

(1) Voir annexe.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 62 )

(2) Beperkingen tengevolge van de weigering tot
meewerking van de VN-instanties

(2) Restrictions en raison du refus de coopérer des
instances de l’ONU

De commissie heeft steeds een cruciaal belang
gehecht aan de beslissingen die, in het kader van de
gebeurtenissen in Rwanda, door de VN-instanties
werden genomen, alsmede de concrete context
waarin die beslissingen zich hebben gesitueerd.

La commission a toujours accordé une importance
principale aux décisions que les instances de l’ONU
ont prises dans le cadre des événements du Rwanda et
au contexte concret dans lequel elles ont été prises.

I. Derhalve bestond een algemene consensus dat de
commissie, teneinde haar doelstellingen ten volle te
kunnen realiseren, de getuigenissen diende te aanhoren van de heren Booh-Booh, toenmalig bijzonder
vertegenwoordiger van de secretaris-generaal van de
VN, I. Riza, toenmalig adjunct van de adjunctsecretaris-generaal (DPKO), en Annady, hoofd van
de Africa desk.

I. Aussi y a-t-il eu un consensus général selon lequel
la commission devait, pour pouvoir atteindre pleinement ses objectifs, entendre le témoignage de
M. Booh-Booh, qui était à l’époque représentant
spécial du secrétaire général de l’ONU, de M. I. Riza,
qui était adjoint de l’adjoint du secrétaire général
(DPKO), et de M. Annady, le chef du département
Afrique.

Aan de heer Kofi Annan, secretaris-generaal en
toenmalig adjunct-secretaris-generaal van de VN
werd gevraagd toestemming te verlenen opdat alle
betrokkenen voor de commissie zouden kunnen
komen getuigen.

L’on a demandé à M. Kofi Annan, le secrétaire
général qui était à l’époque secrétaire général adjoint
de l’Onu, d’autoriser toutes les personnes concernées
à témoigner devant la commission.

Bijkomende machtiging werd gevraagd aan de
Canadese regering, gelet op de vaststelling dat de
generaals Dallaire en Barril, die niet meer in VNverband te situeren zijn, deel uitmaken van het Canadese leger.

L’on a également demandé au gouvernement canadien l’autorisation d’entendre les généraux Dallaire et
Barril, qui ne sont plus actifs dans le cadre de l’ONU
et qui font partie de l’armée canadienne.

De uitnodiging tot getuigen, daterend van maart
1997, legde de nadruk op het gegeven dat de bijzondere commissie — toendertijd — slechts een parlementaire commissie betrof, en derhalve geen onderzoeksorgaan bekleed met een of ander gerechtelijke of
pseudo-gerechtelijke bevoegdheid.

Dans le cadre de l’invitation à témoigner qui date
de mars 1997, l’on avait souligné que la commission
spéciale n’était pas plus — à l’époque — qu’une
simple commission parlementaire et qu’il ne s’agissait
absolument pas d’un organe d’enquête disposant
d’une quelconque compétence judiciaire ou pseudojudiciaire.

Aan de Belgische regering, alsmede aan de Belgische ambassades in de VN en in Canada werd verzocht de nodige diplomatieke stappen te willen ondernemen om de betrokken VN-personaliteiten tot
meewerking aan de werkzaamheden van de commissie te overtuigen.

Le Gouvernement belge et les ambassades belges
auprès des Nations unies et du Canada furent invités à
prendre les mesures diplomatiques nécessaires pour
convaincre les personnalités onusiennes concernées
de collaborer aux travaux de la commission.

In zijn antwoord verwees de secretaris-generaal
vooreerst naar Section 18 van het Verdrag van 1946
met betrekking tot de privileges en immuniteiten van
de VN, krachtens welke alle huidige zowel als vroegere stafleden van de VN zich kunnen beroepen op de
immuniteit inzake gerechtelijke geschillen m.b.t. hun
officiële dienstactiviteiten. Krachtens die bepaling
kunnen zij niet gedwongen worden in rechte te getuigen zonder toelating van de secretaris-generaal.

Dans sa réponse, le secrétaire général a renvoyé
tout d’abord à la Section 18 de la Convention de 1946
sur les privilèges et immunités des Nations unies, en
vertu de laquelle tous les fonctionnaires, actuels et
anciens, des Nations unies, jouiront de l’immunité de
juridiction pour les actes accomplis par eux en leur
qualité officielle. En vertu de cette disposition, ils ne
peuvent être forcés de témoigner en justice sans l’autorisation du secrétaire général.

Een verbod tot getuigen voor vroegere en huidige
stafleden leidt de secretaris-generaal af uit VN Staff
Regulation 1.5. :

Le secrétaire général déduit de l’UN Staff Regulation 1.5. une interdiction de témoigner pour les
cadres, anciens et actuels :

« Aside from the question of immunity, pursuant to
United Nations Staff Regulation 1.5. neither current
nor former staff members may even voluntarily give
information on their official activities and on the acti-

« Aside from the question of immunity, pursuant to
United Nations Staff Regulation 1.5. neither current
nor former staff members may even voluntarily give
information on their official activities and on the acti-

( 63 )

1 - 611/7 - 1997/1998

vities and performance of UNAMIR Operation
without an authorization by the Secretary-General.
The long standing policy of the United Nations with
regard to invitations of United Nations officials to
appear before national parliamentary committees or
congressional bodies has been that formal testimony
before such fora may only be provided upon a specific
authorization of the Secretary-General, which is
granted if in his opinion such authorization is in the
interest of the Organization. »

vities and performance of UNAMIR Operation
without an authorization by the Secretary-General.
The long standing policy of the United Nations with
regard to invitations of United Nations officials to
appear before national parliamentary committees or
congressional bodies has been that formal testimony
before such fora may only be provided upon a specific
authorization of the Secretary-General, which is
granted if in his opinion such authorization is in the
interest of the Organization. »

In casu verleende de secretaris-generaal de vereiste
toelating tot getuigen niet.

In casu, le secrétaire général n’a pas accordé l’autorisation de témoigner.

Het moet nochtans worden vastgesteld dat de
doorslaggevende betekenis van een getuigenis van de
betrokken VN-personaliteiten één van de zwaarwichtigste argumenten heeft gevormd om gedurende een
zekere tijd niet tot de omvorming van de bijzondere
commissie naar een onderzoekscommissie over te
gaan.

Or, force est de constater que, si l’on a refusé,
pendant un certain temps, de transformer la commission spéciale en commission d’enquête, c’est essentiellement parce que les témoignages des personnalités
« onusiennes » concernées auraient eu une importance
déterminante.

Teneinde over een aantal bezwaren heen te kunnen
stappen, heeft de onderzoekscommissie dan beslist
beroep te doen op mevrouw Suhrke, die reeds als
getuige voor de bijzondere commissie was verschenen
en die eveneens reeds een bijzondere ervaring heeft
mogen opdoen inzake het raadplegen van bronnen
die zich situeren op het VN-niveau.

Pour écarter certaines objections, la commission
d’enquête décida alors de faire appel à Mme Suhrke,
qui avait déjà témoigné devant la commission spéciale
et qui avait déjà une expérience spéciale en ce qui
concerne la consultation de sources onusiennes.

Aan mevrouw Suhrke werd gevraagd de rol van
tussenpersoon te willen opnemen teneinde specifieke
vragen, geformuleerd door de onderzoekscommissie,
aan generaal Dallaire te willen stellen.

L’on a demandé à Mme Suhrke de bien vouloir
jouer le rôle d’intermédiaire afin de soumettre au
général Dallaire des questions spécifiques, formulées
par la commission d’enquête.

Dit verzoek werd oorspronkelijk door mevrouw
Suhrke positief beantwoord.

Mme Suhrke a acquiescé à cette demande.

Eind september heeft generaal Dallaire publiekelijk bekendgemaakt bereid te zijn te antwoorden op
de vragen van de leden van de onderzoekscommissie.
Hijzelf stelde de schriftelijke procedure voor, met tussenkomst van de Verenigde Naties, zoals toendertijd
in het proces Marchal(1).

Fin septembre, le général Dallaire a déclaré publiquement être disposé à répondre aux questions des
membres de la commission d’enquête. Il a proposé
lui-même cette procédure écrite, avec intervention des
Nations unies, qui a été utilisée à l’époque dans le
cadre du procès Marchal(1).

Naar aanleiding van deze verklaring heeft de onderzoekscommissie, met toepassing van artikel 4, § 2,
van de wet van 3 mei 1880, de eerste voorzitter van het
hof van beroep tot de oprichting van een rogatoire
commissie verzocht, teneinde alzo de schriftelijke
getuigenis van de generaal te bekomen.

À la suite de cette déclaration, la commission
d’enquête a invité le premier président de la cour
d’appel, en vertu de l’article 4, § 2, de la loi du 3 mai
1880, à mettre sur pied une commission rogatoire
destinée à recueillir le témoignage écrit du général.

Aangezien mevr. Suhrke eind oktober liet weten
dat zij van haar bemiddelingsopdracht wenste ontheven te worden, werd alsnog op de Permanente Vertegenwoordiger van België bij de Verenigde Naties een
beroep gedaan om via diplomatieke weg een lijst van
schriftelijke vragen aan de VN te laten geworden.

Mme Suhrke ayant fait savoir, fin octobre, qu’elle
souhaitait se voir décharger de sa mission de médiation, l’on a encore fait appel au représentant permanent de la Belgique auprès des Nations unies pour
transmettre, par voie diplomatique, une liste de questions écrites aux Nations unies.

Bij de vragen van generaal Dallaire werden ook
vragen gevoegd voor gewezen secretaris-generaal de

Aux questions posées au général Dallaire ont été
jointes des questions adressées à l’ancien secrétaire

——————

——————

(1) Belgabericht van 24 september 1997.

(1) Communiqué Belga du 24 septembre 1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 64 )

heer Boutros Boutros-Ghali en speciaal vertegenwoordiger van de secretaris-generaal de heer BoohBooh.

général M. Boutros Boutros-Ghali et au représentant
spécial du secrétaire général M. Booh-Booh.

II. Op het verzoek van de bijzondere commissieRwanda aan de minister van Landsverdediging om
luitenant-kolonel Leclercq, toenmalig officier van de
VN Sit Room, te mogen horen, werd door de minister
verwezen naar het standpunt van de secretarisgeneraal van de VN. Luitenant-kolonel Leclercq was
immers, door detachering, in 1994 officieel in dienst
van de VN.

II. À la demande que lui avait adressée la commission spéciale Rwanda en vue d’entendre le lieutenantcolonel Leclercq, à l’époque officier Sit. Room des
Nations unies, le ministre de la Défense a répondu en
renvoyant au point de vue du secrétaire général des
Nations unies. En effet, en 1994, le lieutenant-colonel
Leclercq avait été officiellement détaché au service
des Nations unies.

Derhalve zou de regel van toepassing zijn dat noch
VN-ambtenaren of gewezen VN-ambtenaren, noch
militairen die bij de VN gedetacheerd zijn of ooit
geweest zijn, voor een parlementaire commissie
kunnen verschijnen zonder toestemming van de secretaris-generaal van de VN. De eventuele spontane
bereidheid van de betrokkenheid om te getuigen, zou
hieraan geen afbreuk doen.

Par conséquent, la règle à appliquer serait que ni les
fonctionnaires ou anciens fonctionnaires des Nations
unies, ni les militaires qui sont ou ont été détachés
auprès des Nations unies, ne peuvent comparaître
devant une commission parlementaire sans l’autorisation du secrétaire général des Nations unies. Le fait
que l’intéressé soit éventuellement prêt à témoigner
spontanément ne changerait rien à cette règle.

Ook aangaande het verzoek tot verschijnen van
majoor Delporte, toendertijd officier bij UNCIVPOL, werden door de minister van Landsverdediging
de door de secretaris-generaal van de VN opgelegde
beperkingen ingeroepen.

En ce qui concerne la demande de comparution du
major Delporte, à l’époque officier de l’UNCIVPOL,
le ministre de la Défense s’est également fondé sur les
restrictions imposées par le secrétaire général de
l’ONU.

Inzonderheid werd verwezen naar de door majoor
Delporte ondertekende verklaring om bij het eind van
de dienst geen informatie te verstrekken die specifiek
betrekking heeft op de dienstactiviteiten.

L’on fait référence, en particulier, à la déclaration
signée par le major Delporte, dans laquelle il s’est
engagé — une fois son détachement auprès de l’ONU
terminé — à ne fournir aucune information portant
spécifiquement sur les activités qu’il a eues pendant
son service.

De commissie heeft niet nagelaten de minister van
Landsverdediging erop te wijzen dat de ondervraging
van de majoor er geenszins toe strekte strategische
elementen of operationele plannen te bespreken,
zodanig dat een eventuele getuigenis dan ook niet in
strijd zou zijn met de door gewezen UNCIVPOLofficieren aangegane verbintenis tot het niet verspreiden van dienstinformatie. Bovendien zijn krachtens
het akkoord van 5 november 1993 tussen de VN en de
regering van Rwanda, met name art. 47 b, de militairen die deelnemen aan UNAMIR onderworpen aan
de uitsluitende jurisdictie van de deelnemende staten
voor strafrechtelijke inbreuken. A posteriori geldt het
nationale jurisdictionele gezag ook voor het loutere
oproepen als getuige van een gewezen lid van de
UNAMIR.

La commission a signalé au ministre qu’elle ne
souhaitait absolument pas interroger le major à
propos d’éléments stratégiques ou de plans opérationnels, ce qui fait qu’un témoignage éventuel ne
serait pas contraire à l’engagement pris par les anciens
officiers de l’UNCIVPOL de ne pas diffuser
d’informations de service. En outre, en vertu de
l’accord du 5 novembre 1993 conclu entre les Nations
unies et le gouvernement du Rwanda, notamment
l’article 47 b, les militaires qui participent à la
MINUAR sont soumis, pour ce qui est des infractions
pénales, à la juridiction exclusive des États participants. A posteriori, l’autorité juridictionnelle nationale vaut également pour les simples invitations à
témoigner en tant qu’anciens membres de la
MINUAR.

In een later schrijven erkende de minister van
Landsverdediging dat hijzelf zich als lid van de uitvoerende macht niet kan verzetten tegen een oproeping van een officier door een parlementaire onderzoekscommissie, ongeacht de bezwaren die van VNwege mogen uitgaan.

Dans une lettre ultérieure, le ministre de la Défense
a reconnu qu’en tant que membre du pouvoir exécutif, il ne pouvait pas s’opposer à ce qu’une commission d’enquête parlementaire invite un officier à
témoigner, quelles que soient les objections des
Nations unies.

Gelet op de door de secretaris-generaal van de VN
opgelegde beperkingen werden de betrokkenen niet
gehoord over hun bijzondere dienstactiviteiten ten
tijde van de gebeurtenissen in Rwanda.

Vu la restriction imposée par le secrétaire général
des Nations unies, les intéressés n’ont pas été entendus sur les activités de service spécifiques qu’ils ont
eues à l’époque des événements du Rwanda.

( 65 )

1 - 611/7 - 1997/1998

(3) Beperkingen ten gevolge van de verhouding tussen parlementair en gerechtelijk onderzoek

(3) Restrictions en raison du lien entre l’enquête
parlementaire et l’enquête judiciaire

Ook de internationale, grondwettelijke en wettelijke voorschriften die de verhouding tussen het parlementaire onderzoek enerzijds en het gerechtelijke
onderzoek anderzijds rechtstreeks of onrechtstreeks
bepalen, hebben een aanzienlijke beknotting van het
onderzoek van de commissie-Rwanda ingehouden.
Inzonderheid wordt gedoeld op artikel 6, tweede lid
E.V.R.M., artikel 14.3.g., I.V.B.P.R., de grondwettelijke bepalingen die de verhouding tussen de verschillende machten betreffen, alsmede de artikelen 2, 8 en
9 van de wet van 3 mei 1880 op het gerechtelijk onderzoek, zoals gewijzigd door de wet van 30 juni 1996.
De problematiek dient te worden opgesplitst in twee
luiken.

Les prescriptions internationales, constitutionnelles et légales qui régissent directement ou indirectement le lien entre l’enquête parlementaire et l’enquête
judiciaire ont considérablement limité l’enquête de la
commission Rwanda. L’on vise en particulier
l’article 6, deuxième alinéa, C.E.D.H., l’article
14.3.g., C.I.D.C.P., les dispositions constitutionnelles
concernant le rapport entre les différents pouvoirs,
ainsi que les articles 2, 8 et 9 de la loi du 3 mai 1880 sur
les enquêtes parlementaires telle que modifiée par la
loi du 30 juin 1996. Il convient de diviser la problématique en deux volets.

Vooreerst dienden de grondwettelijke beginselen
van machtenscheiding alsmede het concretiserende
artikel 2 van de wet van 1880 in acht te worden genomen. Overeenkomstig de laatste bepaling treden de
door de Kamers ingestelde onderzoeken niet in de
plaats van de onderzoeken van de rechterlijke macht;
« ze kunnen daarmee samenlopen maar mogen het
verloop ervan niet hinderen ». Met toepassing van
deze laatste bepaling werd, waar twijfel bestond,
contact opgenomen met onderzoeksrechter Vandermeersch, die een tiental onderzoeken leidt die betrekking hebben op de gebeurtenissen in Rwanda. Bovendien werd ook een hoorzitting met onderzoeksrechter
Vandermeersch gehouden met als specifiek doel de
lopende gerechtelijke dossiers te bespreken. Tenslotte
heeft de onderzoekscommissie, nog steeds teneinde de
lopende gerechtelijke onderzoeken niet te hinderen,
op verzoek van onderzoeksrechter Vandermeersch
een welbepaald dossier, dat betrekking had op het lot
van de civielrechtelijke slachtoffers, niet ten gronde
behandeld.

Tout d’abord, il fallait respecter les principes constitutionnels de la séparation des pouvoirs ainsi que
l’article 1er, § 2, de la loi de 1880 qui les concrétise.
Conformément à cette dernière disposition, les
enquêtes menées par les Chambres ne se substituent
pas à celles du pouvoir judiciaire « avec lesquelles elles
peuvent entrer en concours, sans toutefois en entraver
le déroulement ». En application de cette disposition,
l’on a pris contact, chaque fois qu’il y avait un doute,
avec le juge d’instruction Vandermeersch, qui mène
une dizaine d’instructions concernant les événements
du Rwanda. En outre, la commission a organisé une
audition du juge d’instruction Vandermeersch en vue
de discuter des dossiers judiciaires en cours. Enfin, la
commission d’enquête, toujours pour ne pas entraver
des enquêtes judiciaires en cours, n’a pas traité quant
au fond, à la demande du juge d’instruction Vandermeersch, un dossier bien précis qui concernait le sort
des victimes civiles.

Een andere beperking van het onderzoek bestond
in de plicht van de commissie Rwanda te voorkomen
dat ongepaste procedurele stappen de normale gang
van de strafvordering zouden verstoren. Inzonderheid diende te worden vermeden dat een getuige zich
rechtstreeks of onrechtstreeks verplicht zou zien verklaringen af te leggen die een zelf-incriminatie zouden
inhouden, en waardoor zijn fundamenteel recht op
een eerlijk proces in het gedrang zou komen.

Une autre restriction de l’enquête découlait de
l’obligation pour la commission Rwanda d’éviter que
des démarches de procédure inconvenantes ne perturbent le cours normal de l’instruction. Il fallait éviter
en particulier qu’un témoin soit obligé directement ou
indirectement de faire des déclarations par lesquelles
il s’accuserait lui-même, de telle façon qu’il pourrait
compromettre son droit fondamental à un procès
équitable.

Algemeen wordt aangenomen dat, voor wat de
Belgische strafvordering aangaat, dergelijk incident
principieel uitgesloten is door de invoering in de wet
van 1880 van de bepaling die voorziet dat, onverminderd het inroepen van het beroepsgeheim bedoeld in
artikel 458 van het Strafwetboek, iedere getuige kan
aanvoeren dat hij, door naar waarheid een verklaring
af te leggen, zich zou kunnen blootstellen aan strafvervolging en derhalve getuigenis kan weigeren. Bovendien werd bij elke hoorzitting door de voorzitter

Tous s’accordent à dire qu’en ce qui concerne la
procédure pénale belge, un tel incident est en principe
exclu car l’on a inséré, dans la loi de 1880, une disposition selon laquelle, sans préjudice de l’invocation du
secret professionnel visé à l’article 458 du Code pénal,
tout témoin qui, en faisant une déclaration conforme
à la vérité, pourrait s’exposer à des poursuites pénales, peut refuser de témoigner. En outre, à chaque
audition, le président a fait remarquer à chaque
témoin, après que celui-ci eut prêté serment, mais

1 - 611/7 - 1997/1998

( 66 )

van de vergadering, na de eedaflegging door de
getuige doch vóór diens getuigenverklaring, deze er
op gewezen dat hij geen verklaringen diende af te
leggen wanneer hij zich hierdoor zelf zou beschuldigen.

avant qu’il ne témoigne, qu’il ne devait faire aucune
déclaration par laquelle il s’accuserait lui-même.

Anderzijds werden door de commissie de volgende
elementen in overweging genomen die tot de nodige
voorzichtigheid hebben gedwongen.

Par ailleurs, la commission a pris en considération
les éléments suivants, qui l’ont obligée à faire preuve
de la prudence requise :

Ten eerste wordt voor de getuige enkel geacht een
zwijgrecht te bestaan voor de specifieke vragen die
een zelf-incriminatie zouden kunnen impliceren. Ten
aanzien van alle andere vragen blijft de weigering van
getuigenis strafrechtelijk sanctioneerbaar krachtens
het artikel 9 van de wet van 1880 (1). De getuige is
aldus verplicht op het moment zelf van het stellen van
de vraag onmiddellijk te kunnen oordelen en afwegen
of de vraag al dan niet tot zelf-incriminatie kan leiden.
Een verkeerde inschatting kan tot veroordeling aanleiding geven.

Tout d’abord, le témoin n’est censé avoir le droit de
garder le silence que pour les questions spécifiques
qui pourraient l’amener à s’accuser lui-même. Pour ce
qui est de toutes les autres questions, le refus de témoigner est passible de peines pénales en vertu de
l’article 9 de la loi de 1880 (1). Le témoin est donc
obligé d’évaluer au moment même où la question est
posée si celle-ci peut l’amener ou non à s’accuser luimême. Une mauvaise appréciation peut conduire à
une condamnation.

Ten tweede wordt aangenomen dat de getuige uit
zijn zwijgrecht niet vermag het recht af te leiden tot
het afleggen van leugenachtige verklaringen.
Derhalve dient de getuige steeds expliciet zijn zwijgrecht in te roepen waar zelf-incriminatie mogelijk is,
ook wanneer de gestelde vraag zo specifiek is dat het
inroepen van het zwijgrecht op zich aanwijzingen van
zelf-incriminatie zou kunnen inhouden.

Deuxièmement, l’on s’accorde à dire que de son
droit de garder le silence ne découle pas le droit, pour
le témoin, de faire des déclarations mensongères. Dès
lors, il doit explicitement invoquer son droit de
garder le silence lorsqu’il risque de s’accuser luimême, même lorsque la question posée est tellement
spécifique que le fait même d’invoquer ce droit indique que le témoin risque de s’accuser.

Ten derde dient de onderzoekscommissie de processen-verbaal waarin wordt vastgesteld dat er aanwijzingen of vermoedens zijn van strafbare feiten —
dus zo ook voor het afleggen van een valse getuigenis —, te zenden aan de procureur-generaal bij het
hof van beroep opdat daaraan gevolg wordt gegeven
als naar recht, dit met toepassing van artikel 10 van de
wet van 6 mei 1880 op het parlementair onderzoek.

Troisièmement, la commission d’enquête est tenue
de transmettre au procureur général près de la cour
d’appel les procès-verbaux constatant des indices ou
des présomptions d’infractions pour y être donnée
telle suite que de droit, et ce, en application de
l’article 10 de la loi du 6 mai 1880 sur les enquêtes
parlementaires.

Ten vierde is er de supranationale controle van het
Europese Hof van de Rechten van de Mens dat in
ultieme instantie mogelijks toch nog kan beslissen
dat, niettegenstaande de nieuwe tekst van de wet van
1880, en gelet op de specifieke elementen van een
specifiek geval, de getuige toch gedwongen is geworden aanwijzingen te leveren omtrent gegevens die een
zelf-incriminatie hebben ingehouden.

Quatrièmement, il y a le contrôle supranational de
la Cour européenne des droits de l’homme, qui peut
toujours décider en dernière instance que, malgré la
nouvelle version de la loi de 1880 et vu les éléments
spécifiques d’un cas spécifique, le témoin a été obligé
de fournir des indices relatifs à des données qui
l’exposent à des poursuites pénales.

De problematiek stelde zich in casu dan nog des te
scherper aangezien parallel met het onderhavige
parlementaire onderzoek niet alleen binnenlandse
gerechtelijke onderzoeken lopende zijn (of nog
kunnen opgestart worden), doch ook het gerechtelijk
onderzoek moet worden in acht genomen dat lopende
is voor het VN-tribunaal te Arusha. Zelfs de meest
rigoureuze naleving van de normen inzake de

En l’espèce, la problématique se pose d’autant plus
que parallèlement à l’enquête parlementaire en question, des enquêtes judiciaires sont en cours (ou
peuvent encore être entamées) en Belgique, mais qu’il
faut également tenir compte de l’instruction judiciaire
en cours devant le tribunal de l’Onu à Arusha. Même
le respect le plus rigoureux des normes en matière de
sauvegarde des droits de la défense, tels qu’ils sont

——————

——————

(1) « Hij die schuldig is aan valse getuigenis, ... wordt
gestraft met gevangenisstraf van twee maanden tot drie jaar en
wordt voor een termijn van ten minste vijf jaar en ten hoogste
tien jaar ontzet van het recht om te keizen en gekozen te
worden. »

(1) « Le coupable de faux témoignages, ... seront punis d’un
emprisonnement de deux mois à trois ans et privés de l’exercice
du droit de vote et d’éligibilité pendant cinq ans au moins et dix
ans au plus. »

( 67 )

1 - 611/7 - 1997/1998

bescherming van de rechten van verdediging zoals die
gelden krachtens de Belgische grondwet alsmede
krachtens het Europese Verdrag van de Rechten van
de Mens, kan niet garanderen dat geen strengere
norm terzake door het genoemde internationale tribunaal zal worden gehanteerd.

consacrés par la Constitution belge ainsi que par la
Convention européenne des droits de l’homme, ne
peut garantir que le tribunal international en question
n’utilisera pas des normes plus strictes en la matière.

Bij wijze van vrijwillige zelfbeperking heeft de onderzoekscommissie het derhalve noodzakelijk geacht
bepaalde getuigen, ofwel niet op te roepen, ofwel niet
de eed te laten afleggen.

Dès lors, s’imposant volontairement une restriction, la commission d’enquête a estimé nécessaire de
ne pas appeler certains témoins, ou de ne pas leur faire
prêter serment.

(4) Beperkingen tengevolge van de weigering van
buitenlandse inlichtingendiensten om inlichtingen te
verschaffen

(4) Restrictions en raison du refus des services de
renseignements étrangers de communiquer des renseignements

De commissie-Rwanda werd geconfronteerd met
de vaststelling dat geen inlichtingen konden worden
bekomen van de buitenlandse inlichtingendiensten,
inzonderheid de Franse en de Amerikaanse. Gelet op
de betrokkenheid van deze mogendheden in de onderzochte gebeurtenissen in Rwanda, spreekt het
voor zich dat de commissie hierdoor geen zicht heeft
kunnen krijgen op bepaalde, nochtans wezenlijke
informatie.

La commission Rwanda a constaté qu’elle ne
pouvait obtenir aucune information des services de
renseignements étrangers, en particulier des services
français et américains. Vu l’implication des puissances en question dans les événements du Rwanda sur
lesquels la commission enquête, il est évident qu’elle
n’a pas pu prendre connaissance de certaines informations, qui sont pourtant essentielles.

Bovendien werden de documenten die aan de
commissie door de Belgische militaire instanties
werden ter beschikking gesteld met hetzelfde
oogmerk geselecteerd, zodanig dat geen gegevens die
aan de voormelde inlichtingendiensten werden ontleend, in die documenten zouden voorkomen.

En outre, les documents que les instances militaires
belges ont mis à la disposition de la commission ont
été sélectionnés dans le même but, afin qu’ils ne
contiennent aucune donnée empruntée aux services
de renseignements précités.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 68 )

HOOFDSTUK 2

CHAPITRE 2

INTRODUCTIE

INTRODUCTION

INLEIDENDE OPMERKING

REMARQUE PRÉLIMINAIRE

Deze inleiding strekt er alleen toe de lezer die met
het onderwerp niet vertrouwd is enige historische,
geografische, sociale, demografische en economische
informatie te verschaffen over de algemene context
waarin de gebeurtenissen waarvan de commissie
kennis moet nemen, zich hebben afgespeeld. Die
informatie is natuurlijk niet volledig. De analyses van
de Rwandese geschiedenis en de interpretaties ervan
zijn controversieel. De commissie heeft gemeend in
deze inleiding ruime uittreksels te moeten opnemen
uit het rapport « Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda; study 1. Historical perspective »
(blz. 14-49) en uit het boek van professor Prunier
« The Rwanda Crisis-History of a genocide » (blz. 74
tot 90).

Cette introduction a pour seul objet de fournir au
lecteur non averti quelques éléments d’information de
nature historique, géographique, sociale, démographique et économique sur le cadre général dans lequel
s’inscrivent les événements dont la commission a à
connaı̂tre. Elle n’est bien sûr pas exhaustive. Les
analyses et appréciations de l’histoire du Rwanda
sont controversées. Aussi la commission a-t-elle
estimé devoir intégrer dans cette introduction de
larges extraits du Rapport « Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda; study 1. Historical perspective » (pp. 14-49) et du livre du professeur Prunier
« The Rwanda Crisis-History of a Genocide » (pp. 74
à 90).

A. GEOGRAFISCHE, ECONOMISCHE,
SOCIALE EN HISTORISCHE SCHETS

A. APERÇU GÉOGRAPHIQUE,
ÉCONOMIQUE, SOCIAL ET HISTORIQUE

2.1. FYSISCHE AARDRIJKSKUNDE
EN ANTROPOGEOGRAFIE

2.1. ÉLÉMENTS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
ET HUMAINE

Rwanda bevindt zich in het gebied van de Afrikaanse grote meren tussen Midden-Afrika en OostAfrika, onder de evenaar. Het strekt zich uit tussen
1o 20’ en 3o 50’ zuiderbreedte en tussen 28o 50’ en
30o 55’ oosterlengte. Het is een klein land van
26 338 km2, d.w.z. iets kleiner dan België. Het wordt
gedomineerd door bergen en continentale hoogvlakten. Het centrale gedeelte, dat het dichtst bevolkt is,
bevindt zich op 1 500 tot 2 000 meter boven de zeespiegel. De grond die de steile berghellingen bedekt, is
arm en heeft een fijne en broze structuur. Tussen de
heuvels liggen diepe, vaak moerassige valleien. In het
noorden van het land ligt een bergketen van vulkanische oorsprong; de gemiddelde hoogte is er
2 500 meter.

Le Rwanda est situé dans la région des Grands Lacs
africains, entre l’Afrique centrale et l’Afrique orientale, sous l’équateur. Il s’étend entre les parallèles
1o 20’ et 3o 50’de latitude sud et entre les méridiens
28o 50’ et 30o 55’ de longitude est. C’est un petit pays
de 26 338 km2, c’est-à-dire un peu moins que la Belgique. Il est dominé par des étendues montagneuses et
des hauts plateaux continentaux. La partie centrale,
la plus peuplée, se trouve à 1 500 à 2 000 mètres au
dessus du niveau de la mer. Les collines aux flancs
escarpées sont recouvertes d’un sol pauvre, fin et
fragile. Elles sont séparées par des vallées profondes,
souvent marécageuses. Le Nord du pays est couvert
par une chaı̂ne de volcans; l’altitude moyenne y est de
2 500 mètres.

Het klimaat is tropisch doch gematigd ten gevolge
van de hoogteligging. De gemiddelde temperatuur in
de hoofdstad Kigali bedraagt 19o C en er valt gemiddeld 1 000 mm regen per jaar. Die omstandigheden
zijn gunstig voor de landbouw en op de plaatsen waar
de kwaliteit van de bodem het mogelijk maakt, kan
verschillende keren per jaar geoogst worden.

Le climat est tropical, mais tempéré par l’altitude.
La température annuelle moyenne de la capitale,
Kigali, est de 19o C, et il y tombe en moyenne
1 000 mm de pluie par an. Ces conditions sont favorables à l’agriculture, et autorisent plusieurs récoltes par
an, là où la qualité du sol le permet.

Het is een ingesloten land zonder uitweg naar de
zee. Meer dan 2 000 kilometer scheiden het van de
Atlantische Oceaan in het oosten en meer dan
1 500 kilometer van de Indische Oceaan in het
westen.

C’est un pays enclavé, sans accès à la mer. Il est
séparé de plus de 2 000 kilomètres de l’océan Atlantique à l’ouest et de 1 500 kilomètres de l’océan Indien à
l’est.

Bij volkstellingen in 1991 en 1994 telde Rwanda
7,15 respectievelijk 7,6 miljoen inwoners. De bevol-

Lors du recensement de 1991 et de celui de 1994, le
Rwanda comptait respectivement 7,15 et 7,6 millions

( 69 )

1 - 611/7 - 1997/1998

kingsdichtheid bedroeg dus 271 respectievelijk
292 inwoners per km2. Dat is de hoogste bevolkingsdichtheid van het Afrikaanse continent. Wanneer we
dit absolute cijfer relateren aan de oppervlakte die
voor bewerking in aanmerking komt (17 600 km2),
verkrijgt men een reële dichtheid van 406 mensen per
km2. In een land waarin 95 % van de bevolking
rechtstreeks leeft van de landbouw is die hoge bevolkingsdichtheid een essentieel gegeven, zoals later zal
blijken. Voor sommige auteurs heeft die « grondkwestie » een belangrijke rol gespeeld in de gebeurtenissen van 1994; men zou het gevoel gekregen hebben
« that there were too many people on too little land,
and that with a few less there would be more for survivors » (1).

d’habitants. La densité démographique était donc
respectivement de 271 et 292 habitants par km2. C’est
la densité la plus élevée du continent africain. Et en
ramenant ce chiffre absolu au sol cultivable
(17 600 km2), on obtient une densité réelle de
406 personnes par km2. Dans un pays dont 95 % de la
population vit directement de l’agriculture, cette très
importante densité de population est un élément
essentiel, on le verra. Pour certains auteurs, cette
« question de la terre » a joué un rôle important dans
les événements de 1994; le sentiment se serait développé « that there were too many people on too little
land, and that with a few less there would be more for
survivors » (1).

Voor de gebeurtenissen van 1994 bestond de bevolking naar schatting uit 85 tot 90 % Hutu’s, uit 8 tot
14 % Tutsi’s en 0,4 tot 1 % Twa’s (2).

Avant les événements de 1994, on estime que la
population se composait de 85 à 90 % de Hutu, de 8 à
14 % de Tutsi et de 0,4 à 1 % de Twa (2).

De officiële talen zijn het Frans en het Kinyarwanda. Het Swahili wordt ook gebruikt en sommige
bevolkingsgroepen die uit Tanzania en Oeganda zijn
teruggekeerd, spreken Engels.

Les langues officielles sont le français et le
kinyarwanda. Le swahili est aussi pratiqué, et certaines populations revenues de Tanzanie et d’Ouganda
parlent anglais.

2.2. ECONOMIE

2.2. ÉCONOMIE

2.2.1. Inleiding

2.2.1. Introduction

De economische ontwikkeling van Rwanda hangt
nauw samen met die van de belangrijkste sector, de
landbouw, die zorgt voor de tewerkstelling en de
bestaansmiddelen van 95 % van de bevolking. De
landbouw draagt rechtstreeks bij tot ongeveer een
derde van het bruto binnenlands product. Koffie vertegenwoordigt bijna 75 % van de ontvangsten uit
export, aangevuld met 10 % uit thee en 8 % uit
andere producten van de primaire sector. Rwanda
kent dus monoproductie en is afhankelijk van de
prijsschommelingen van de koffie op de internationale markt.

L’évolution de l’économie du Rwanda suit de près
celle de son secteur principal, l’agriculture, qui
occupe et assure la subsistance de 95 % de la population. Elle participe directement pour un tiers environ
à la production intérieure brute. Le café représente
près de 75 % des recettes d’exportation, complétées
par 10 % provenant du thé et 8 % d’autres produits
du secteur primaire. Le Rwanda est donc monoproducteur et est à la merci des fluctuations des cours du
café sur le marché international.

Zijn economie is weinig gediversifieerd. De productie van de secundaire sector wordt gedomineerd
door het ambachtelijk brouwen van bier, dat een verwerkt landbouwproduct is. Het aantal feitelijke
bedrijven blijft beperkt tot een klein honderdtal,
gericht op de binnenlandse markt. Het relatief aandeel van de tertiaire sector van de diensten is toegeno-

Son économie est peu diversifiée. La production du
secteur secondaire est dominée par la fabrication de
bières artisanales, qui sont des produits agricoles
transformés. Le nombre d’entreprises formelles se
limite à une petite centaine orientées vers le marché
intérieur. La part relative du secteur tertiaire des services a augmenté dans l’ensemble de la production inté-

——————

——————

(1) PRUNIER G., The Rwandese crisis (1959-1994),
London, Hurst, 1995.
(2) Het cijfer van 90,4 % Hutu’s staat vermeld in het « Joint
evaluation report », terwijl de uitgave 1996 van « Africa south of
the Sahara » 85 % opgeeft.

(1) PRUNIER G., The Rwandese crisis (1959-1994),
London, Hurst, 1995.
(2) Le chiffre de 90,4 % de Hutus figure dans le « Joint
evaluation report », tandis que l’édition 1996 de « Africa south of
the Sahara » évoque le chiffre de 85 %.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 70 )

men in het geheel van de binnenlandse productie van
het land, met name dankzij een toenemende handelsbedrijvigheid (1).

rieure du pays, grâce notamment à l’expansion du
commerce (1).

2.2.2. Periode 1980-1989

2.2.2. Période 1980-1989

In de jaren 80 werd een begin gemaakt met structurele wijzigingen in de landbouwsector. Tot in 1983
nam de landbouwproductie parallel met de bevolking
toe, in geringe mate door intensivering van de productie maar vooral dank zij de toename van de in cultuur
gebrachte gronden tengevolge van de afbouw van het
ubuhake-systeem, een verworvenheid van de sociale
revolutie. In de jaren 84-85 begon het rendement te
dalen (2). Het landbouwmodel bereikt dan zijn grenzen. In 1989 wordt het zuiden door hongersnood
getroffen waardoor nogmaals tot uiting komt hoe
begrensd het systeem van grondexploitatie is. Het
land dat op het gebied van voeding nauwelijks selfsupporting is, lijdt nieuwe verliezen in de landbouwproductie wanneer de oorlog, die door het RPF ontketend werd, vanaf oktober 1990 grote
« volksverhuizingen » op gang brengt, vooral van
landbouwers uit het noorden. Zo worden in oktober
1990 minstens 300.000 personen verdreven en vanaf
februari 1993 nog eens 1 miljoen (3).

Au cours des années 80, des changements structurels s’amorcent dans le secteur agricole. Jusqu’en
1983, la production agricole s’est accrue au rythme de
la population, dans une faible mesure grâce à
l’intensification de la production et principalement
grâce à l’accroissement des terres mises en culture, qui
a fait suite au démantèlement du système ubuhake,
acquis de la révolution sociale. Les années 84-85
marquent le début de la baisse des rendements (2). Le
modèle agricole atteint ses limites. En 1989, une
famine s’abat dans le sud du pays mettant en évidence
une nouvelle fois les limites du système d’exploitation
des terres. Le pays, à peine autosuffisant au niveau
alimentaire, subit de nouvelles pertes de production
agricole lorsque la guerre déclenchée par le FPR à
partir du mois d’octobre 1990 provoque des déplacements importants de la population, surtout des
paysans fermiers du Nord. C’est ainsi qu’en octobre
1990, l’on déplace au moins 300 000 personnes et, à
partir de février 1993, encore une fois 1 million de
personnes (3).

De toestand van de handelsbalans, die deficitair is
sinds het begin van de jaren 80, verslechtert nog vanaf
1985 wanneer de prijs op de wereldmarkt van tin instort en het deficit neemt nog toe wanneer ook de prijzen van thee en koffie dalen met 35 en 40 % tussen
1985 en het einde van jaren 80 (4). Het bedrag van de
export neemt geregeld af vanaf 1986 en bereikt in 1991
de helft van het niveau van 1986; die daling gaat nog
voort tot in 1994. De invoer stijgt snel in 1987 en 1988,
daalt vervolgens en kent opnieuw een sterke stijging
vanaf 1991. Tussen 1991 en 1994 neemt de invoer toe
met 61 %.

La balance commerciale, déficitaire depuis le début
des années 80 se détériore encore davantage à partir
de 1985 lorsque chute le cours mondial de l’étain, et
son déficit s’accroît lorsque les prix du thé et du café
baissent de 35 % et 40 % entre 1985 et la fin des
années 80 (4). Le montant des exportations diminue
régulièrement à partir de 1986 pour atteindre en 1991
la moitié de son niveau de 1986; cette baisse se poursuit jusqu’en 1994. Les importations montent en
flèche en 1987 et 1988 pour baisser ensuite, puis
reprendre leur envolée à partir de 1991. Entre 1991 et
1994, le montant des importations croı̂t de 61 %.

De balans van de rekeningen-courant wordt eveneens deficitair vanaf het begin van de jaren 80 en het
deficit neemt nog toe tussen 1987 en 1990. In 1991 is de

La balance des comptes courants devient également
déficitaire à partir du début des années 80 et son déficit s’accentue entre 1987 et 1990. En 1991, la balance

——————

——————

(1) ANDRÉ Catherine, « Économie Rwandaise : d’une économie de subsistance à une économie de guerre, vers un renouveau ? » in MARYSSE, S. en REYNTJENS, F., (éd.) L’Afrique
des Grands Lacs, Annuaire 1996-1997, Paris-Montréal,
l’Harmattan, 1997.
(2) MATON J., Développement économique et social au
Rwanda entre 1980 et 1993. Le dixième décile en face de
l’apocalypse, Gent, Gentse Universiteit, november 1994, blz. 29.
(3) MAY J.-F., Urgences et Négligences : Pression Démographique et Réponses Politiques au Rwanda (1962-1994). Thèse
de doctorat de démographie, Deel 1, Paris, Université Parijs V
— René Descartes, 1996.
(4) MARYSSE S., DE HERDT, T., NDAYAMBAJE E.,
« Rwanda Appauvrissement et ajustement structurel », Cahiers
Africains, nr. 12, Brussel, Afrika Instituut-CEDAF, Parijs,
L’Harmattan, 1994, blz. 27.

(1) ANDRÉ Catherine, « Économie Rwandaise : d’une
économie de subsistance à une économie de guerre, vers un
renouveau ? » dans MARYSSE, S. en REYNTJENS, F., (éd.)
L’Afrique des Grands Lacs, Annuaire 1996-1997, ParisMontréal, l’Harmattan, 1997.
(2) MATON J., Développement économique et social au
Rwanda entre 1980 et 1993. Le dixième décile en face de
l’apocalypse, Gand, Université de Gand, novembre 1994, p. 29.
(3) MAY J.-F., Urgences et Négligences : Pression Démographique et Réponses Politiques au Rwanda (1962-1994). Thèse de
doctorat de démographie, Tome 1, Paris, Université Paris V —
René Descartes, 1996.
(4) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E.,
« Rwanda Appauvrissement et ajustement structurel », Cahiers
Africains, no 12, Bruxelles, Institut Africain-CEDAF, Paris,
L’Harmattan, 1994, p. 27.

( 71 )

1 - 611/7 - 1997/1998

betalingsbalans slechts positief dank zij de stijging
van de transfers.

des paiements n’est positive que grâce à la hausse des
transferts.

Het BBP groeit regelmatig aan maar schijnt vanaf
1989 een plafondhoogte te bereiken. In feite vermindert de reële groei, die heel wat lager is dan de gemiddelde groei van 3,1 % die door de demografen wordt
geraamd, tijdens de hele duur van de jaren 80 en ze
wordt praktisch nul vanaf de droogte van 1989.

Le PIB croı̂t régulièrement mais semble plafonner à
partir de 1989. En fait, sa croissance réelle, largement
inférieure au taux de croissance moyen de 3,1 %
estimé par les démographes, se réduit tout au long des
années 80 pour devenir quasi nulle à partir de la sécheresse de 1989.

Tijdens de jaren 80 zijn de inkomsten per hoofd
met 2,3 % per jaar gedaald (1). In 1989 vertegenwoordigde het niveau van de inkomsten uit de landbouw per hoofd van de beroepsbevolking slechts
70 % meer van het niveau in 1980 (2). De verhouding
van de bevolking die onder de armoedegrens leeft,
liep van 40 % in 1985 op tot 53 % in 1992.

Au cours des années 80, le revenu par tête baisse de
2,3 % par an (1). En 1989, le niveau de revenu agricole par actif ne représentait plus que 70 % de son
niveau en 1980 (2). La proportion de la population
vivant en dessous du seuil de pauvreté est passé de
40 % en 1985 à 53 % en 1992.

Gemeten naar stijging van het BNP per hoofd van
de bevolking deed Rwanda het behoorlijk goed,
vooral als we rekening houden met de inherente
handicaps (niet aan zee grenzend, demografische
druk, gebrek aan grondstoffen), en zeker in vergelijking met de buurlanden (3). Vergeleken met de buurlanden (Burundi, Zaı̈re, Uganda en Tanzania)
bekleedde Rwanda, wat het BNP per inwoner betreft,
de laatste plaats in 1976 en de eerste plaats in 1990.
Ook op andere terreinen was de vooruitgang opmerkelijk, zo bij voorbeeld op het vlak van de infrastructuur, met een wegennet dat als een van de beste van
Afrika beschouwd kan worden, een betrouwbaar
post- en telecommunicatiesysteem, adequate watervoorziening, uitbreiding van het elektriciteitsnet, enz.

Mesuré simplement en termes d’augmentation de
PNB par tête, le Rwanda s’en sortait assez bien,
surtout si nous tenons compte de ses handicaps inhérents (nature fermée, pression démographique,
manque de matières premières), et certainement en
comparaison avec ses voisins (3). En comparaison
avec ses pays voisins (Burundi, Zaı̈re, Ouganda et
Tanzanie), le Rwanda occupait au niveau du PNB par
habitant la dernière place en 1976 et la première en
1990. Les progrès étaient également remarquables
dans d’autres domaines, comme par exemple l’infrastructure, avec un système routier qui peut être
considéré comme l’un des meilleurs d’Afrique, une
poste et un système de télécommunications sûrs, un
approvisionnement en eau adéquat, une expansion
du réseau électrique, etc.

In de jaren 80 werd Rwanda door de Wereldbank
beschouwd als een succesrijke Afrikaanse economie,
met een matige buitenlandse schuld in vergelijking
met de meeste andere landen op het continent. Dat
was tenminste zo tot de tweede helft van dat decennium (in 1987 bedroeg de buitenlandse schuld van
Rwanda 28 % van het BNP, zijnde één van de laagste
niveaus in Afrika). De economie vertoonde een evenwicht en de munt was behoorlijk stabiel, in die zin dat
de Rwandese munt een harde valuta in de regio vormde (4).

Pendant les années 80, le Rwanda était considéré
par la Banque mondiale et par d’autres comme une
économie africaine réussie, avec une dette modérée
comparée à celle de la plupart des autres pays du
continent, au moins jusqu’à la seconde moitié de la
décennie. (En 1987, la dette du Rwanda se montait à
28 % du PNB — l’un des taux les plus bas d’Afrique).
L’économie était équilibrée et la monnaie était assez
stable, dans la mesure où elle servait de devise forte
dans la région (4).

——————

——————

(1) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E.,
op.cit., tabel p. 31.
(2) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E.,
op.cit., tabel p. 35.
(3) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda, the international
response to conflict and genocide, lessons from the Rwanda
experience, study 1, Historical Perspective : some explanatory
factors, maart 1996.
(4) Ibidem.

(1) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E., op.
cit., tableau p. 31.
(2) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E., op.
cit., tableau p. 35.
(3) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda, the international
response to conflict and genocide, lessons from the Rwanda
experience, study 1, Historical Perspective : some explanatory
factors,mars 1996.
(4) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 72 )

2.2.3. Periode 1990-1994

2.2.3. Période 1990-1994

2.2.3.1. De installatie van het programma voor
structurele aanpassing (PAS)

2.2.3.1. MiseenplaceduProgrammed’ajustement
structurel (PAS)

In een poging tot economisch herstel en om
sommige herstructureringen te stimuleren aanvaardt
Rwanda in 1990 een plan voor structurele aanpassing
van de Wereldbank en van het IMF. Dat plan beoogt
de economie te stabiliseren en haar concurrentiekracht te verhogen ten opzichte van het buitenland.
Om die doelstellingen te realiseren voorziet het PAS in
een devaluatie van de Rwandese frank die tot dan toe
overgewaardeerd was, schaft het de exportbelasting
af met uitzondering van de belasting op koffie die de
Rwandese regering tot in 1992 handhaaft en legt het
ten slotte invoerquota op.

Pour tenter de redresser l’économie et de stimuler
certaines restructurations, le Rwanda accepte en 1990
un Plan d’ajustement structurel de la Banque
mondiale et du FMI. Il vise à stabiliser l’économie et à
la rendre plus compétitive vis-à-vis de l’extérieur.
Pour réaliser ces objectifs, le PAS implique une dévaluation du franc rwandais, jusqu’alors surévalué, il
supprime les taxes à l’exportation (exceptées les taxes
sur le café que le gouvernement rwandais maintient
jusqu’en 1992) et, fixe des quotas d’importation.

Er komen twee opeenvolgende devaluaties van de
frank (40 % in november 1990 en 15 % in juni 1992)
om de binnenlandse productie voor de uitvoer te stimuleren en om de import af te remmen en de lokale
productie te stimuleren van vervangingsproducten
voor de invoer.

Deux dévaluations du franc se succèdent (40 % en
novembre 1990 et 15 % en juin 1992) pour stimuler la
production intérieure à l’exportation et freiner les
importations pour stimuler la production locale de
produits de substitution aux importations.

In strijd met wat verwacht werd speelt de devaluatie geen stimulerende rol voor de productiesector en
voert ze niet tot de verwachte stijging van de koffieprijs voor de producent; de maatregelen die werden
genomen worden te niet gedaan door de ineenstorting
van de koffieprijs.

Contrairement aux attentes, la dévaluation ne joue
pas son rôle de stimulant au niveau du secteur
productif et n’induit pas la hausse attendue du prix du
café pour les producteurs car les mesures mises en
place sont contrariées par la chute du cours du café.

In 1992 is de prijs van de koffie op zijn laagst : hij is
gezakt tot ongeveer 50 % van 1987 (1).

En 1992, le cours du café est au plus bas : il atteint
un plancher équivalent environ à 50 % de son
montant en 1987 (1).

Het PAS legt quota op om de import af te remmen
die, in plaats van te dalen, nog verhoogt na het uitbreken van de oorlog in oktober 1990. Het buitenlandse
deficit wordt groter.

Le PAS impose des quotas d’importation. Mais,
loin de freiner, les importations augmentent après le
déclenchement de la guerre en octobre 1990. Le déficit
externe s’aggrave.

De buitenlandse schuld stijgt van 158 miljoen
dollar in 1980 tot 1 miljard dollar in 1996.

La dette extérieure passe de 158 millions en 1980 à
1 milliard de dollars en 1996.

Op het interne vlak neemt het deficit van de Rijksbegroting toe, dat tot in 1986 in toom was gehouden.
Van 21,4 miljard Rwandese frank in 1990, verdubbelt
het op drie jaar tijd en bereikt het 41,3 miljard in
1993 (2). Het deficit is tegelijk een gevolg van de vermindering van de fiscale ontvangsten en van een forse
stijging van de uitgaven. Wanneer de koffieprijs ineenstort dalen de ontvangsten uit de exportbelasting.
De uitgaven nemen een hoge vlucht : Rwanda breidt
zijn leger uit dat tot dan toe beperkt was.

Au niveau interne, le déficit budgétaire de l’État,
contenu jusqu’en 1986, s’accroît. De 21,4 milliards de
francs rwandais en 1990 il double en trois ans et il
atteint 41,3 milliards en 1993 (2). Le déficit résulte à
la fois d’une diminution des recette fiscales et d’une
flambée des dépenses. Lorsque chute le cours du café,
les recettes provenant des taxes à l’exportation se
réduisent. Les dépenses s’envolent : le Rwanda
augmente notamment la taille de son armée, restreinte
jusqu’alors.

——————

——————

(1) INTERNATIONAL MONETARY FUND, International Financial Statistical Yearbook, vol. XLIX, Washington,
1996, blz. 163.
(2) GOUVERNEMENT DU RWANDA, op. cit., blz. 16.

(1) INTERNATIONAL MONETARY FUND, International Financial Statistical Yearbook, vol. XLIX, Washington,
1996, p. 163.
(2) GOUVERNEMENT DU RWANDA, op. cit., p. 16.

( 73 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De internationale gemeenschap financiert het
budgettair deficit. Sommige lopende uitgaven of kapitaaluitgaven worden gefinancierd in de vorm van
leningen veeleer dan in de vorm van giften. De buitenlandse schuld ten aanzien van de belangrijkste kredietverleners (Wereldbank en IMF) neemt toe vanaf
1986 (1).

La communauté internationale finance le déficit
budgétaire. Certaines dépenses courantes ou en capital sont financées sous forme d’emprunts plutôt que
sous forme de dons. La dette extérieure envers les
principaux créditeurs (Banque mondiale et FMI)
s’accroît à partir à partir de 1986 (1).

Het aandeel van de productie-investeringen daalt
van 23 % van het BBP in 1980 tot 12 % in 1990 (2).
De investeringen worden gemiddeld slechts voor een
derde gefinancierd (3) door de binnenlandse spaarreserves, terwijl de rest door buitenlandse hulp wordt
gefinancierd.

Le taux d’investissement productif passe de 23 %
du PIB en 1980 à 12 % en 1990 (2). En moyenne,
l’investissement n’est financé qu’environ pour un
tiers (3) par l’épargne domestique, tandis que l’autre
partie est financée par l’aide étrangère.

Het inflatiecijfer bereikt bijna 20 % in 1991 en zakt
tot rond 10 % in 1992 en 1993, terwijl het gemiddelde
tijdens de jaren 80 en tot in 1990 relatief laag gebleven
is (4,7 % per jaar). De devaluaties hebben positieve
gevolgen gehad voor de productie van importvervangende producten zoals rijst (4). Maar die gevolgen
blijven plaatselijk en beperkt.

Le taux d’inflation atteint près de 20 % en 1991
puis baisse aux alentours des 10 % en 1992 et 1993
alors que sa moyenne durant les années 80 et jusqu’en
1990 est restée relativement basse (4,7 %/an). Les
dévaluations ont eu des effets positifs pour la production de substituts aux importations (comme le
riz) (4), mais ces effets restent locaux et restreints.

Het PAS dat Rwanda werd opgelegd en dat niet
zonder gevolgen is gebleven op sociaal niveau, mislukt in het bijzonder door de opeenvolgende struikelblokken die de internationale conjunctuur en de
sterk toenemende uitgaven voor bewapening vormen.

Le programme d’ajustement structurel imposé au
Rwanda, qui n’est pas sans conséquence au niveau
social, échoue, notamment face aux obstacles successifs de la conjoncture internationale et de l’inflation
de dépenses d’armement.

Volgens Maton is het proces van vrijmaking van de
Rwandese economie veel te vlug tot stand gekomen
en heeft de regering de instrumenten niet kunnen
onder controle houden om de landbouwers te
beschermen en de sociale gevolgen te vermijden van
de opeenvolgende brutale devaluaties en van de stijging van de consumptieprijzen (5).

Selon Maton, le processus de libération de
l’économie rwandaise a été réalisé trop rapidement et
le gouvernement n’a pas pu contrôler ses instruments
pour protéger les paysans et éviter les conséquences
sociales des dévaluations brutales successives et de la
hausse des prix à la consommation (5).

2.2.3.2. Groeiende armoede, toenemende ongelijkheid en geweld

2.2.3.2. Appauvrissement,inégalitéscroissanteset
violence

Rwanda is in zijn geheel armer geworden. Alle
inkomens dalen maar de economische crisis laat zich
sterker voelen op de inkomens van de landbouwsector dan die van de andere sectoren. De voedingstekorten zijn van jaar tot jaar toegenomen en een Malthusiaanse aanpassing was sinds vele jaren aangekondigd (6). Er heerste een eerste hongersnood in 1989

Globalement le Rwanda s’est appauvri. Tous les
revenus baissent, mais la crise de l’économie rwandaise s’est fait sentir de manière plus forte sur les revenus du secteur agricole que sur ceux du secteur non
agricole. Les déficits alimentaires se sont accrus
d’année en année et un ajustement de type malthusien
était annoncé par les experts depuis de nombreuses

——————

——————

(1) MATON, J., op. cit., blz. 35-36.
(2) MARYSSE, S., DE HERDT, T., NDAYAMBAJE, E.,
op. cit., tabel blz. 34.
(3) Ibidem.
(4) MARYSSE, S., DE HERDT, T., NDAYAMBAJE, E.,
op. cit., tabel blz. 53.
(5) MATON, J., op. cit., blz. 36.
(6) MARYSSE, S., « Income Distribution and Political Economy of Rwanda », EUROPEAN ASSOCIATION OF DEVELOPMENT RESEARCH AND TRAINING INSTITUTES,
Emerging Development Patterns : European Contributions,
Budapest, Institute for World Economy of the Hungarian Academy of Sciences, 1983, blz. 205.

(1) MATON, J., op. cit., pp. 35-36.
(2) MARYSSE, S., DE HERDT, T., NDAYAMBAJE, E.,
op. cit., tableau p. 34.
(3) Ibidem.
(4) MARYSSE, S., DE HERDT, T., NDAYAMBAJE, E.,
op. cit., tableau p. 53.
(5) MATON, J., op. cit., p. 36.
(6) MARYSSE, S., « Income Distribution and Political
Economy of Rwanda », EUROPEAN ASSOCIATION OF
DEVELOPMENT RESEARCH AND TRAINING INSTITUTES, Emerging Development Patterns : European Contributions,
Budapest, Institute for World Economy of the Hungarian
Academy of Sciences, 1983, p. 205.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 74 )

en een tweede dreigde tijdens het eerste trimester van
1994 (1).

années (2). Une première famine sévit en 1989, une
seconde menaçait au cours du premier trimestre
1994 (1).

Die hongersnood is een afspiegeling van de grenzen
van het model voor het beheer en de exploitatie van
gronden, maar kan het tekort aan grond aanleiding
geven tot geweld ?

Ces famines reflètent les limites du modèle de
gestion et d’exploitation des terres. Mais la rareté des
terres peut-elle générer des violences ?

De heer Degni-Segui zag nog drie andere oorzaken
voor het geweld :

M. Degni-Segui a dénombré trois autres causes de
violence :

— het afwijzen van een alternerend beleid en de
machtsdeling door de toenmalige regering;

— le refus de l’alternance politique et du partage
du pouvoir par le gouvernement en place;

— de aansporing tot etnische haat;

— l’incitation à la haine ethnique;

— de straffeloosheid (3).

— l’impunité (3).

Volgens Maton veroorzaakt het toenemend tekort
aan grond geweld vanaf een zekere drempel (4).
Deze drempel is overschreden ondanks het feit dat de
landbouwkringen zich hebben aangepast aan de
context van de grote demografische druk, zowel door
technische vernieuwingen in te voeren die in staat stellen de grenzen van het landbouwsysteem te verleggen
als door alternatieve bronnen daarbuiten aan te
boren (5).

Selon Maton, la rareté croissante des terres produit
des violences à partir d’un certain seuil (4). Celui-ci
aurait été dépassé malgré l’adaptation du monde
paysan au contexte de forte pression démographique
par l’adoption d’innovations techniques qui lui
permettent de repousser les limites du système agricole et la découverte de ressources alternatives en
dehors de celui-ci (5).

Volgens andere economen en demografen is het
tekort aan grond als zodanig niet de enige factor van
geweld maar in de context van de voortdurende druk
op de grond en de toenemende verarming kan ook de
ongelijke verdeling van de zeldzame economische
middelen een bron en een oorzaak zijn van groeiende
sociale spanning (6). De boerenstand wordt armer

Selon d’autres économistes et démographes, la
rareté des terres considérée comme telle n’est pas le
facteur unique de violence mais, dans ce contexte de
pression croissante sur les terres et d’appauvrissement
grandissant, les inégalités de redistribution des rares
ressources économiques peuvent être aussi sources et
causes de tensions sociales croissantes (6). La

——————

——————

(1) SECRETARIAT PERMANENT DU COMITE DE
CRISE A KIGALI ET UNICEF, « Rwanda/Burundi », Bulletin
d’Information Aides d’Urgence. Rwanda-Burundi, nr. C 4,
Kigali, 1 april 1994, blz. 1-3.
(2) MARYSSE, S., « Income Distribution and Political Economy of Rwanda », EUROPEAN ASSOCIATION OF DEVELOPMENT RESEARCH AND TRAINING INSTITUTES,
Emerging Development Patterns : European Contributions,
Budapest, Institute for World Economy of the Hungarian Academy of Sciences, 1983, blz. 205.
(3) Voor de volledige tekst zie Hoorzitting met de heer
Degni-Segui, BV, POR, Senaat, 1996-1997, 17 juni 1997,
blz. 776.
(4) MATON, J., op. cit.
(5) MIGEOTTE, F., in zijn artikel « L’émergence d’un
marché de location du bétail dans les conditions de forte pression démographique », Cahiers de la Faculté des Sciences Economiques et Sociales, no C 163, Namur, Facultés Universitaires de
la Paix, 1996, toont de heer Migeotte aan hoe het vee dat bij de
landbouw betrokken is, een middel tot intensifiëring vertegenwoordigt maar ook op welke manier de functie ervan gewijzigd
is in een context van grote demografische druk in het gebied van
Noord-Gitarama.
(6) AUSTIN, G., The effects of the Governement Policy on
the Ethnic Distribution of Income and Wealth in Rwanda : a
Review of Published Sources, London, Departement of Economic History, London School of Economics, 1996.

(1) SECRÉTARIAT PERMANENT DU COMITÉ DE
CRISE À KIGALI ET UNICEF, « Rwanda/Burundi », Bulletin
d’Information Aides d’Urgence. Rwanda-Burundi, no C 4,
Kigali, 1 avril 1994, pp. 1-3.
(2) MARYSSE, S., « Income Distribution and Political
Economy of Rwanda », EUROPEAN ASSOCIATION OF
DEVELOPMENT RESEARCH AND TRAINING INSTITUTES, Emerging Development Patterns : European Contributions,
Budapest, Institute for World Economy of the Hungarian
Academy of Sciences, 1983, p. 205.
(3) Pour le texte complet voir : Audition de M. Degni-Segui,
CRA, CER, Sénat, 1996-1997, 17 juin 1997, p. 760.
(4) MATON, J., op. cit.
(5) MIGEOTTE, F., dans son article « L’émergence d’un
marché de location du bétail dans les conditions de forte pression démographique », Cahiers de la Faculté des Sciences Economiques et Sociales, no C 163, Namur, Facultés Universitaires de
la Paix, 1996, montre comment le bétail associé à l’agriculture
représente un moyen d’intensification mais aussi de quelle
manière sa fonction et sa perception ont changé dans un
contexte de forte pression démographique de la région du Nord
de Gitarama.
(6) AUSTIN, G., The effects of the Governement Policy on
the Ethnic Distribution of Income and Wealth in Rwanda : a
Review of Published Sources, London, Departement of Economic History, London School of Economics, 1996.

( 75 )

1 - 611/7 - 1997/1998

ten gunste van een stedelijke klasse van ambtenaren
en handelaren, die het rijkere tiende van de bevolking
uitmaken. Tussen stad en platteland nemen de
contacten af (1). Ook in de plattelandsgebieden ontstaat er een rijkere klasse die inkomsten van buiten de
landbouw geniet. Die toenemende ongelijkheid geeft
aanleiding tot sociale spanningen. Het toenemende
tekort aan gronden en de ontwikkelingen in de grondmarkt brengen mee dat sommige categorieën van de
bevolking gemarginaliseerd worden en van het
gebruik van gronden worden uitgesloten (2). Zonder de ontwikkeling van sectoren die het overschot
aan arbeidskrachten in de landbouw kunnen opvangen, bestaat de kans dat de spanningen in de landbouwsector blijven voortduren.

paysannerie s’appauvrit au détriment d’une classe
urbaine de fonctionnaires et commerçants, le dixième
de la population le plus riche. Les termes de l’échange
ville campagne se dégradent (1). Au sein du monde
rural apparaît également une classe plus riche, jouissant de revenus extra-agricoles. Les inégalités croissantes engendrent des tensions sociales. La rareté
croissante des terres et le développement du marché
foncier engendre un processus de marginalisation et
d’exclusion à la terre de certaines catégories de la
population (2). Sans développement de secteurs
formels et informels susceptibles d’absorber le surplus
de main-d’œuvre de l’agriculture, les tensions
risquent de perdurer dans le secteur agricole.

Waarnemers zijn het er dus over eens dat het probleem van de gronden een essentiële rol speelt in
Rwanda. Men heeft gepoogd de druk op de grond te
verminderen door de bevolkingsaangroei te vertragen. Het was echter niet eenvoudig om maatregelen
voor geboortebeperking ingang te doen vinden in dit
land. Het Joint evaluation Report zegt hierover : « the
strong influence of the catholic church against population control measures, as well as the traditional
position of women, are important explanatory
factors for the high population growth » (3). Het verzet van de Rwandese katholieke kerk tegen deze
maatregelen werd nog sterker tijdens de reis van Paus
Johannes Paulus II in 1990, die het gebruik van
moderne anticonceptiemiddelen meermaals heeft veroordeeld.

La question des terres a donc, pour tous les observateurs, un rôle essentiel au Rwanda. Des efforts ont
été menés pour faire baisser la pression sur les terres
en ralentissant le taux de croissance de la population
laissant entrevoir un abaissement du taux de fécondité. Mais les mesures de régulation des naissances
n’ont pas été faciles à implanter dans ce pays. Selon le
Joint evaluation Report, « the strong influence of the
catholic church against population control measures,
as well as the traditional position of women, are
important explanatory factors for the high population growth » (3). L’opposition de l’Église catholique rwandaise à ces mesures s’est encore renforcée
lors du voyage du pape Jean-Paul II en 1990, qui a
condamné l’usage des techniques anti-conceptionnelles modernes à plusieurs reprises.

Het verzet van de kerk heeft wel degelijk
weerklank. De katholieke kerk heeft een belangrijke
rol gespeeld in de geschiedenis van Rwanda, en haar
invloed was lange tijd doorslaggevend. Zij speelde
eerst een pioniersrol bij de kolonisering, en werkte
nauw samen met de Duitse en later met de Belgische
autoriteiten. Na de onafhankelijkheid bleef haar politieke invloed, dankzij een opmerkelijke verwevenheid tussen kerk en staat, in veel opzichten van beslissend belang. De invloed van de kerk was niet alleen
zuiver institutioneel van aard, maar berustte eveneens
op het feit dat de politieke elite was opgeleid in katholieke scholen en seminaries. Een flagrant voorbeeld
van de manier waarop kerk en staat in Rwanda met

Cette opposition n’est pas sans poids. En effet,
l’Église catholique a joué un rôle majeur dans
l’histoire du Rwanda, et son influence a longtemps été
prépondérante. Elle fut d’abord la pionnière de la
colonisation, et travailla « main dans la main » avec
les autorités allemandes puis belges. Après
l’indépendance, son poids politique fut déterminant,
l’interpénétration entre l’Église et l’État étant remarquable. Cette influence n’était pas qu’institutionnelle, elle reposait aussi sur le fait que l’élite politique
était formée par les écoles catholiques et les séminaires. Un exemple flagrant de confusion entre l’Église et
l’État rwandais est l’accession, au milieu des années
1970, de l’archevêque de Kigali, confesseur « officiel »

——————

——————

(1) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E., op.
cit.
(2) ANDRE, C., PLATTEAU, J.-P., « Land Tenure under
Unendurable Stress : Rwanda Caught in the Malthusian Trap »
Journal of Economic Behavior and Organization, 1997 (verschijnt binnenkort), reeds beschikbaar in Cahiers de la Faculté
des Sciences Economiques et Sociales, no C 164, Namur, Facultés Universitaires de la Paix, January 1996; ANDRE, C.; « Les
Femmes et la Terre », DE LAME D. (ed.), Collines rwandaises
au Crépuscule. L’étude comparative de Communautés Rurales,
Tervuren, Musée Royal de l’Afrique Centrale, 1997 (verschijnt
binnenkort).
(3) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., op. cit., blz. 16.

(1) MARYSSE S., DE HERDT T., NDAYAMBAJE E., op.
cit.
(2) ANDRE, C., PLATTEAU, J.-P., « Land Tenure under
Unendurable Stress : Rwanda Caught in the Malthusian Trap »
Journal of Economic Behavior and Organization, 1997 (à
paraı̂tre), mais déjà disponible dans Cahiers de la Faculté des
Sciences Economiques et Sociales, no C 164, Namur, Facultés
Universitaires de la Paix, January 1996; ANDRE, C.; « Les
Femmes et la Terre », DE LAME D. (ed.), Collines rwandaises
au Crépuscule. L’étude comparative de Communautés Rurales,
Tervuren, Musée Royal de l’Afrique Centrale, 1997 (à paraı̂tre).
(3)

SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., op. cit., p. 16.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 76 )

elkaar verweven waren, is de opkomst in het midden
van de jaren zeventig van de aartsbisschop van Kigali,
« officiële » biechtvader van de vrouw van President
Habyarimana, nauw betrokken bij het AKAZU in het
centrale comité van het MRDN (1). Pas in 1990 nam
hij ontslag onder druk van de Romeinse hiërarchie. (2) In 1990 nam bovendien een deel van de kerk
afstand van de politiek op initiatief van de lagere
clerus, die in een gepubliceerd document kritiek
leverde op het politieke systeem en op de kerk die al te
zeer onderworpen was aan de politieke overheid. (3). Bovendien was de pauselijke nuntius één
van de drijvende krachten achter de democratisering.
De top van de anglicaanse en de katholieke kerk bleef
evenwel gedurende de hele periode nauw verbonden
met de president en zijn regering (4).

de la femme du président Habyarimana et proche de
l’AKAZU, au comité central du MRND (1). Il ne
démissionera qu’en 1990, sous la pression de la hiérarchie romaine (1). C’est aussi en 1990 qu’une certaine
prise de distance a eu lieu de la part d’une partie de
l’Église, à l’initiative du bas-clergé, qui, dans un document rendu public, a mis en cause le système politique, et l’Église, « inféodée outre mesure aux autorités
politiques »(3). En outre, le nonce apostolique était
l’un des moteurs de la démocratisation. Mais les autorités tant de l’Église anglicane que de l’Église catholique sont restés étroitement liées au président et à son
gouvernement pendant toute cette période (4).

2.2.3.3. Een oorlogseconomie vanaf 1990

2.2.3.3. Une économie de guerre à partir de 1990

Gezien de armoede van het land hebben de experten de Rwandezen steeds aangeraden om de militaire
uitgaven tot een strikt minimum te beperken, wat het
regime ook gedaan heeft (5). Tot in 1989 was het
percentage van de militaire uitgaven van Rwanda een
van de laagste van het Afrikaanse continent. In het
begin van de oorlog in oktober 1990, beschikte
Rwanda over een troepenmacht van niet meer dan
vier- tot achtduizend man (6).

Étant donné la pauvreté du pays, les experts ont
toujours conseillé aux Rwandais de restreindre à un
strict minimum les dépenses militaires, ce que le
régime a fait (5). Jusqu’en 1989, le pourcentage de
dépenses militaires du Rwanda était l’un des plus bas
du continent africain. Au début de la guerre en octobre 1990, le Rwanda ne disposait que d’une troupe de
quatre à huit mille hommes (6).

In 1994 steeg de troepensterkte tot 30 à 40 000 man
(de precieze cijfers zijn niet bekend).

En 1994, les effectifs de l’année sont passés à 30 000
ou 40 000 hommes (les chiffres précis sont inconnus).

Het belang van die oorlogsinspanning is te merken
op de begroting.

L’importance de cet effort de guerre se reflète dans
le budget.

De begroting van het ministerie van de Defensie
stijgt van 3 155 miljoen Rwandese frank in 1990 tot
8 885 miljoen in 1992, wat een verhoging is van 181%.

Le budget du ministère de la Défense nationale
passe de 3 155 millions de francs rwandais en 1990 à
8 885 millions en 1992, soit une augmentation de
181%.

De aangroei van de openbare schuld (die van 6 678
miljoen in 1990 gestegen is tot 13 702 miljoen in 1992)
is dus in haar geheel toe te schrijven aan de militaire
uitgaven.

L’entièreté de l’accroissement de la dette publique
(qui est passée de 6 678 millions en 1990 à 13 702 millions en 1992), est donc imputable aux dépenses militaires.

Op de vooravond van de oorlog was Rwanda
geconfronteerd met een structurele verarming van de
landbouw. Het Programma voor Structurele Aanpassing heeft geen rekening gehouden met het probleem
in zijn geheel en met de economische gevolgen van de
maatregelen. Het is helemaal uit de hand gelopen.

À la veille de la guerre, le Rwanda était confronté à
un appauvrissement structurel de son agriculture. Le
Programme d’ajustement structurel n’a pas envisagé
l’ensemble du problème et les conséquences économiques de ses mesures : il a dérapé.

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 16.
(2) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., op. cit.,
blz. 39.
(3) REYNTJENS, F., L’Afrique des Grands Lacs en crise,
Karthala, Paris, 1994, blz. 167.
(4) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., op. cit.,
blz. 40.
(5) MATON, J., op. cit., blz. 10.
(6) MATON, J., ibidem, REYNTJENS, F., op. cit., blz. 117.

(1) Ibidem, p. 16.
(2) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., op. cit., p. 39.
(3) REYNTJENS, F., L’Afrique des Grands Lacs en crise,
Karthala, Paris, 1994, p. 167.
(4) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH L., op. cit., p. 40.
(5) MATON, J., op. cit., p. 10.
(6) MATON, J., ibidem, REYNTJENS, F., op. cit., p. 117.

( 77 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Met deze moeilijke economische en sociale situatie
als achtergrond, stuurden sommigen steeds openlijker aan op etnisch geweld.

C’est sur ce terrain économique et social difficile
que l’incitation à la violence ethnique s’est développé.

2.3. HISTORISCHE GEGEVENS

2.3. ÉLÉMENTS HISTORIQUES

2.3.1. Prekoloniale tijd

2.3.1. Période précoloniale

Over de herkomst van de Rwandese bevolking bestaan verschillende hypothesen.

Plusieurs thèses cohabitent quant à l’histoire du
peuplement du Rwanda.

Bepaalde wetenschappers menen dat de Twa’s
(vandaag 1% van de bevolking) de eerste inwoners
van Rwanda waren (1). Ze leefden van de jacht, het
inzamelen van vruchten en het vervaardigen van
aardewerk. De Hutu’s (vandaag ongeveer 85% van de
bevolking) zouden later in een niet nader bepaalde
tijd gekomen zijn. Als landbouwers ontgonnen zij een
groot gedeelte van het land (2) en dreven de Twa’s
terug in de overblijvende bossen. De Tutsi’s tenslotte
(vandaag ongeveer 14% van de bevolking), een
herdersvolk, zouden in opeenvolgende golven
geı̈mmigreerd zijn, reeds van vóór de 15e eeuw van
onze jaartelling.

Pour certains scientifiques, les Twas (aujourd’hui
1% de la population) étaient les premiers habitants du
Rwanda (1). Ils vivaient de la chasse, de la cueillette
et de la poterie. Les Hutus (aujourd’hui environ 85%
de la population) se seraient installés plus tard à une
époque indéterminée. Agriculteurs, ils défrichèrent
une grande partie du pays (2), et refoulèrent les Twas
dans les zones forestières subsistantes. Enfin, les
Tutsis (aujourd’hui environ 14% de la population) ,
pasteurs, auraient immigré en vagues successives dès
avant le XVe siècle de notre ère.

Volgens andere auteurs, waaronder J.P. Chrétien,
zouden de Hutu’s en de Tutsi’s op hetzelfde tijdstip
gekomen zijn.

D’autres auteurs, dont J.P Chrétien, avancent
l’hypothèse selon laquelle les Hutus et les Tutsis
seraient arrivés en même temps.

Die verschillende hypothesen kunnen niet op hun
echtheid worden getoetst « omdat het grootste
gedeelte van de etno-historische literatuur interpretaties van bronnen bevat, herinterpretaties ervan of nog
eens nieuwe interpretaties van die herinterpretaties » (3). Hoe dan ook, of ze nu samen met de Hutu’s
of na hen gekomen zijn, de Tutsi’s zijn erin geslaagd
hun gezag op vreedzame wijze over de Hutu’s te vestigen, met wie zij bovendien taal en cultuur delen.
Omdat zij in het bezit waren van vee en een zeer doeltreffende politieke organisatie kon de Tutsi-elite haar
gezag over Centraal Rwanda vestigen door de
controle op de rijkdom (grond en vee), en door
dwangmiddelen (administratie, justitie, leger).

Ces différentes hypothèses ne peuvent être vérifiées
puisque la plus grande partie de la littérature ethnohistorique « comprend des interprétations de sources,
des ré-interprétations de celles-ci ou des réinterprétations de ré-interprétations » (3). Quoiqu’il
en soit, les Tutsis, qu’ils soient arrivés avec les Hutus
ou après eux, parvinrent à asseoir de manière pacifique leur autorité sur les Hutus, dont ils partagent la
langue et la culture. Possédant du bétail et une organisation politique très efficace, l’élite tutsie put consolider son autorité sur le Rwanda central, par le contrôle des richesses (terres et bétail) et des moyens de
coercition (administration, justice, armée).

Het eenmakingsproces van Rwanda, dat uit kleine
koninkrijkjes bestond, heeft een honderdtal jaar

Le processus d’unification du Rwanda, composé
de petits royaumes, s’est fait en une centaine d’an-

——————

——————

(1) Voor meer informatie, zie, KAGABO, J. en MUDANDAGIZI, V., Complainte des gens de l’argile. Les Twa du
Rwanda, in Cahier d’études africaines, 1974, blz. 75-87;
D’HERTEFELT, M. en GANSEMANS, J., Omtrent de Twa
van Rwanda. Een vraaggesprek, in Africa, Tervuren, 1981,
nr C 1, blz. 1-18.
(2) VANSINA, J., L’évolution du royaume Rwanda, des
origines à 1900, Bruxelles, ARSOM, 1962; DE HEUSCH, L., Le
Rwanda et la civilisation interlacustre, Bruxelles, ULB, Institut
de Sociologie, 1966.
(3) D’HERTEFELT, M., Le clan du Rwanda ancien, Tervuren, M.R.A.C., 1971, blz. 85.

(1) Pour plus d’informations, voir KAGABO, J. et
MUDANDAGIZI, V. , Complainte des gens de l’argile. Les Twa
du Rwanda, dans Cahier d’études africaines, 1974, pp. 75-87.;
D’HERTEFELT, M. et GANSEMANS, J., Omtrent de Twa van
Rwanda. Een vraaggesprek, dans Africa, Tervuren, 1981,
no C 1, p. 1-18.
(2) VANSINA, J., L’évolution du royaume Rwanda, des
origines à 1900, Bruxelles, ARSOM, 1962; DE HEUSCH, L., Le
Rwanda et la civilisation interlacustre, Bruxelles, ULB, Institut
de Sociologie, 1966.
(3) D’HERTEFELT, M., Le clan du Rwanda ancien, Tervuren M.R.A.C., 1971, p. 85.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 78 )

geduurd (1). Bij het einde van de heerschappijen van
Kigeri IV Rwabugiri (ongeveer van 1860 tot 1895) had
het koninkrijk ongeveer dezelfde grenzen als het
huidige Rwanda, maar het gezag van de centrale
koningsmacht verschilde van streek tot streek. Het
wordt zeer indirect uitgeoefend in de Noordelijke en
Westelijke gebieden van het Zaı̈rese bergland.
Rwanda was verdeeld in 80 provincies of bestuurlijke
districten en die bevatten een aantal administratieve
centra. Het bestuur van een district werd in principe
aan twee onafhankelijke ambtenaren opgedragen. Zij
waren bevoegd voor uiteenlopende materies : de chef
van de grond (Umunyabutaka) hield zich bezig met de
landbouwbelasting en trad op als rechter in zaken die
de grond aanbelangden; de chef van het vee (Umunyamukenke) inde de belastingen die de herders moesten
betalen.

nées (1). Si le Royaume avait plus ou moins adopté
les frontières du Rwanda actuel à la fin du règne de
Kigeri IV Rwabugiri (plus ou moins 1860-1895),
l’autorité du pouvoir monarchique central est différente suivant les régions. Elle est exercée de manière
très indirecte dans les régions du nord et de l’ouest de
la crête Zaı̈re. Le Rwanda était divisé en 80 provinces
ou districts administratifs; ceux-ci comprenaient un
nombre de collines administratives. L’administration
d’un district était en principe confiée à deux fonctionnaires indépendants. Leurs autorités se reportaient à
des matières différentes : le chef du sol (Umunyabutaka) s’occupait des redevances agricoles, et agissaient comme juge en matière de droit foncier; le chef
du bétail (Umunyamukenke) percevait les taxes dues
par les pasteurs.

De sociale organisatie steunde in Centraal Rwanda
onder meer op zogenaamde Ubuhake-contract. Deze
vorm van klantenbinding hield de uitwisseling in van
goederen en diensten. De « patron » was meestal een
Tutsi, maar de klant kon Hutu of Tutsi zijn van een
lagere sociale klasse. Eén zelfde persoon kon klant of
« patron » zijn, volgens de relatie met anderen (2). In
de Noordelijke en Zuidwestelijke gebieden, die door
de Hutu’s waren gedomineerd, bestonden verschillende systemen samen, de meesten beheerst door
grondcontracten of door schenkingen van landbouwproducten. Hier waren de patrons vooral Hutu’s (3).
De Mwami, het opperhoofd, was eigenaar van de
grond, het vee, de oogst en van zijn onderdanen. In
die hoedanigheid was zijn macht, die van sacrale
oorsprong was, in theorie onbeperkt. In die sociale en
politieke context kwamen de Europeanen het land
binnen tegen het einde van de 19e eeuw.

L’organisation sociale était, dans le Rwanda central, basé entres autres sur le contrat d’ubuhake. Cette
relation de clientélisme incluait des échanges réciproques de biens et de services. Le « patron » était la plupart du temps tutsi, mais le client pouvait être hutu ou
tutsi de condition sociale inférieure. Une même
personne pouvait être client ou « patron », suivant le
rapport qu’elle entretenait avec d’autres (2). Dans les
régions du nord et du sud-ouest dominées par les
Hutus, différents systèmes coexistaient, la plupart
dominés par des contrats fonciers ou des donations de
produits agricoles. Les « patrons » étaient cette fois-ci
essentiellement Hutus (3). Le Mwami, chef suprême,
était le propriétaire éminent du sol, du bétail, des
récoltes et de ses sujets. En cette qualité, ses pouvoirs,
d’origine sacrée, étaient en théorie illimités. C’est
dans ce contexte social et politique que les Européens
pénétrèrent sur le territoire vers la fin du XIXe siècle.

2.3.2. Koloniale tijd en onafhankelijkheid

2.3.2. Période coloniale et indépendance

Pas vanaf 1894 begonnen ontdekkingsreizigers,
vooral Duitsers, het land te doorkruisen met instemming van de Mwami. In 1894 plaatste Mwami
Yuyi Misinminga zijn land onder Duits protectoraat.
In 1900 werd de eerste katholieke missie gesticht. In
1907 richten de Duitsers de residentie Rwanda op.

Ce n’est qu’à partir de 1894 que des explorateurs,
surtout allemands, se mirent à circuler dans le pays
avec l’autorisation du Mwami. En 1894, le Mwami
Yuyi Misinminga se plaça sous protectorat allemand.
En 1900, la première mission catholique était fondée.
En 1907, la résidence du Rwanda fut créée par les
Allemands.

Bij de overname door de Belgen in 1916 had de
Duitse bezetting niet meer opgeleverd dan pacificatieen veiligheidsmaatregelen. Na de eerste wereldoorlog

Lorsque les Belges prirent la relève en 1916, le bilan
de l’occupation allemande se limitait à des mesures de
pacification et de sécurité. Après la première guerre

——————

——————

(1) VANSINA, Évolution du royaume Rwanda des origines
à 1900, Bruxelles, A.R.SO.M., 1962, blz. 56.
(2) NEWBURY C., The Cohesion of oppression. Clientship
and ethnicity in Rwanda 1860-1960, New York, Columbia
University Press, 1988
(3) D’HERTEFELT, M. , Les royaumes de la zone interlacustre in D’HERTEFELT, TROUBORST et SCHERER (Eds),
Les anciens royaumes de la zone interlacustre méridionale :
Rwanda - Burundi, BUHA, 1962, VANSINA, J., op. cit.

(1) VANSINA, Évolution du royaume Rwanda des origines
à 1900, Bruxelles, A.R.S.O.M., 1962, p. 56.
(2) NEWBURY C., The Cohesion of oppression. Clientship
and ethnicity in Rwanda 1860-1960, New York, Columbia
University Press, 1988.
(3) D’HERTEFELT, M., Les royaumes de la zone interlacustre dans D’HERTEFELT, TROUBORST et SCHERER
(Eds), Les anciens royaumes de la zone interlacustre méridionale : Rwanda - Burundi, BUHA, 1962, VANSINA, J., op. cit.

( 79 )

1 - 611/7 - 1997/1998

krijgt België een officieel mandaat type B over
« Ruanda-Urundi ». De beslissing van de « belangrijkste geallieerden en daarmee verbonden
machten » om Rwanda als mandaatgebied aan België
toe te vertrouwen werd bekrachtigd op 20 juli 1922
door de Raad van de Volkenbond. België zal als
mandaatvoerende macht, naar het voorbeeld van de
Britten, het indirecte bestuur invoeren als methode
van koloniale politiek. Het indirecte bestuur werd
omschreven als een koloniaal bestuurssysteem,
uitgeoefend door middel van inlandse instellingen
aangepast aan de noden van de moderne tijd (1). De
Belgische regering vertrok van een algemeen idee : de
inlandse politieke instellingen respecteren maar ze
aanpassen en ze gebruiken op de weg naar « de
beschaving ».

mondiale, l’occupation de la Belgique sur le
« Ruanda-Urundi » est officialisée par un mandat de la
SDN de type B. La décision des « principales puissances alliées et associées » de confier le mandat sur le
Rwanda à la Belgique fut entérinée le 20 juillet 1922
par le Conseil de la SDN. La Belgique, en tant que
puissance mandataire, utilisera, à l’instar des britanniques, l’administration indirecte comme méthode de
politique coloniale. L’administration indirecte a été
définie comme un système d’administration coloniale
exercée par le biais d’institutions indigènes adaptées
aux besoins des temps modernes (1). Le Gouvernement belge partait d’une idée assez générale : respecter
les institutions politiques indigènes, mais les adapter
et les utiliser dans la voie de la « civilisation ».

Met dat oogmerk, en steunend op de « hamitische
hypothese » zal de Belgische koloniale administratie
de Tutsi-notabelen bevoordelen die door hun fysieke
kenmerken voor de Europeanen « van de negers alleen
de kleur hadden » (2) In het koloniale tijdperk was de
hypothese dat de Tutsi’s Hamieten waren erg verspreid in de literatuur. De « Hamitische hypothese »
hield voor dat « everything of a value found in Africa
was brought by the Hamites, allegedly a branch of the
Caucasion race » (3).

Dans cette politique, s’appuyant sur « l’hypothèse
hamitique », l’administration coloniale belge privilégiera les notables tutsis, qui de par leurs caractéristiques physiques, n’avaient, pour les Européens, « du
nègre que la couleur » (2). À l’époque coloniale,
l’hypothèse selon laquelle les Tutsis étaient des Hamites était très répandue dans la littérature. L’« hypothèse hamitique » soutenait que « everything of value
found in Africa was brought by the Hamites, alledgedly a branch of the Caucasian race » (3).

In het onderwijs was die discriminerende behandeling van de Hutu’s opvallend, vooral in de middelbare
scholen die de administratieve en politieke kaders
vormden (Nyanza, Astrida). Het onderwijs dat tot
overheidsambten moest leiden, zowel inlands als
koloniaal, nam in meerderheid kinderen van Tutsinotabelen op (4).

Dans l’enseignement, ce traitement discriminatoire
vis-à-vis des Hutus était très visible, surtout dans les
écoles secondaires qui formaient les cadres administratifs et politiques (Nyanza, Astrida). L’enseignement, devant mener à des fonctions dans l’administration, tant indigène que coloniale, admettait en
majorité des enfants de notables tutsis (4).

Inzake onderwijs heeft de kerk zoals op andere
gebieden een doorslaggevende rol gespeeld. Zij
steunde het beginsel van het indirecte bestuur dat tot
gevolg had dat de leidende klasse werd bevoordeeld,
maar liet toch een groeiend aantal Hutu’s toe hun
studie voort te zetten in kleine en grote seminaries.

En matière d’enseignement, l’église a joué, comme
dans d’autres domaines, un rôle déterminant. Si elle a
soutenu le principe de l’administration indirecte qui
eut pour conséquence de favoriser la classe dirigeante,
elle a permis à un nombre croissant de Hutus de poursuivre leurs études dans des petits et grands séminaires.

Na het beëindigen van hun studie konden de
Hutu’s die geen priester wilden of konden worden
evenwel naar het lekenbestaan terugkeren, waar ze in
botsing kwamen met een politiek en bestuurlijk systeem dat hen niet kon opvangen.

Néanmoins, une fois leurs études terminées, les
Hutus qui ne voulaient ou ne pouvaient devenir
prêtre retournaient à la vie laı̈que pour se heurter à un
système politique et administratif incapable de les
absorber.

Parallel daarmee begon de Tutsi-elite, gevormd
door de Belgische koloniale administratie, zich poli-

Parallèlement, l’élite tutsie, formée par l’administration coloniale belge, commençait à s’organiser

——————

——————

(1) MAIR, L.P., Native policies in Africa, London, George
ROUTLEDGE and Co. , 1936, blz. 118
(2) JAMOULLE, M., Notre mandat sur le Ruanda-Urundi,
in Congo, 1927, blz. 487.
(3) SANDERS, E.R., The Hamitic Hypothesis : its origin
and functions in time perspective, in Journal of African history,
1969, blz. 521.
(4) LEMARCHAND, R., Rwanda and Burundi, London,
Pall Mall Press, 1970, blz. 138.

(1) MAIR, L.P., Native policies in Africa, London, George
ROUTLEDGE and Co., 1936, p. 118.
(2) JAMOULLE, M., Notre mandat sur le Ruanda-Urundi,
in Congo, 1927, p. 487.
(3) SANDERS, E.R., The Hamitic Hypothesis : its origin
and functions in time perspective, dans Journal of African
history, 1969, p. 521.
(4) LEMARCHAND, R., Rwanda and Burundi, London,
Pall Mall Press, 1970, p. 138

1 - 611/7 - 1997/1998

( 80 )

tiek te organiseren. In 1955 werd de « Mouvement
démocratique progressiste » opgericht en in 1957 de
« Mouvement social Muhutu ».

politiquement. En 1955, le Mouvement démocratique
progressiste fut créé alors qu’en 1957 le mouvement
social Muhutu fut fondé.

In februari 1959 steunde de kerk, in de persoon van
Mgr. Perraudin, de Hutu-eisen.

En février 1959, en la personne de Mgr. Perraudin,
l’Église soutient les revendications hutues.

De revolutie van 1959-1961, in zekere mate gesteund door de Belgische koloniale administratie (1),
zal uitlopen op de uitschakeling van de monarchie en
van de hele politiek-administratieve structuur van de
Tutsi’s, waarop België zijn politiek van indirect bestuur had gesteund tijdens de hele koloniale periode.
De definitieve vestiging van de instellingen die uit de
revolutie zijn voortgekomen had plaats op 1 juli 1962,
datum van de onafhankelijkheid van Rwanda (2).

La révolution de 1959-1961, quelque peu assistée
par « l’administration coloniale belge » (1), ébouchera sur l’éviction de la monarchie et de toute la
structure politico-administrative tutsie, sur lesquelles
la Belgique avait basé sa politique d’administration
indirecte pendant toute la période coloniale. La mise
en place définitive des institutions issues de la révolution eut lieu le 1er juillet 1962, date de l’indépendance
du Rwanda (2).

Deze Rwandese revolutie van 1959-1961 is jarenlang het centrale richtpunt geweest in het politieke
leven van Rwanda (3). Een groot aantal Tutsi’s
hebben Rwanda verlaten tijdens opeenvolgende
crisissen in de periodes van spanning : in 1959-1961, in
1963-1964 en in 1973. Het totale aantal vluchtelingen
en hun nakomelingen tot in 1990 werd door
Guichaoua geschat op 600 000 (4). De problematiek
van de vluchtelingen zou nochtans nooit terdege
worden behandeld door het heersende regime.

Cette révolution rwandaise de 1959-1961, durant
de nombreuses années, constituait un point de référence central dans la vie politique du Rwanda (3).
Un grand nombre de Tutsis ont quitté le Rwanda lors
d’une succession de crises et de périodes de tensions :
en 1959-1961, en 1963-1964 et en 1973. Le nombre
total des réfugiés et de leurs descendants jusqu’en
1990 a été estimé par Guichaoua à 600 000 (4).
Cependant, la problématique des réfugiés ne sera
jamais traitée réellement par le régime en place.

Daarenboven werden de Tutsi’s van het openbare
leven uitgesloten. Deze uitsluiting is op twee manieren gebeurd. Enerzijds hebben de Tutsi-partijen hetzelfde lot ondergaan als de andere oppositiepartijen :
zij werden geleidelijk uitgeschakeld. Anderzijds
werden de Tutsi’s gediscrimineerd en werden ze het
slachtoffer van talrijke schendingen van de mensenrechten. De opstand van november 1959 was slechts
een begin geweest van het geweld tegen de Tutsi’s (de
gebeurtenissen van eind 59 hebben honderden doden
gemaakt), maar die balans zou geleidelijk nog zwaarder worden tijdens de opeenvolgende crisissen. De
eerste slachtoffers werden de hoofden en onderchefs
van de Tutsi’s. Van de 43 hoofden en de 549 onderchefs van de Tutsi’s in functie bijvoorbeeld werden er

Par ailleurs, les Tutsis ont été exclus de la vie publique. Cette exclusion s’est opérée de deux manières
différentes. D’une part, les partis tutsis ont subi le
même sort que les autres partis d’opposition : ils ont
été peu à peu éliminés. D’autre part, les Tutsis ont fait
l’objet de discriminations et de nombreuses violations
des droits de l’Homme. La « jacquerie de novembre
1959 » n’avait constitué qu’un début de violence à
l’encontre des Tutsis (les événements de fin 59 ont fait
des centaines de morts), mais ce bilan va s’alourdir
progressivement au fil des crises successives. Les
premières victimes ont été les chefs et sous-chefs
tutsis. Par exemple, des 43 chefs et 549 sous-chefs tutsi
en fonction, au début de novembre 1959, 21 et 314
respectivement ont été éliminés physiquement, desti-

——————

——————

(1) HARROY, J.-P., Rwanda. De la féodalité à la démocratie, Bruxelles-Paris, Hayez, Académie des sciences d’Outre-mer,
1984, blz. 292.
(2) GASANA, K., La guerre, la paix et la démocratie au
Rwanda, in. GUICHAOUA, A., Les crises politiques au Burundi
et au Rwanda (1993-1994), Lille/PARIS, UST/Kartala, 1995.
(3) In verband met de Rwandese revolutie, zie ATTERBURY, C., Revolution in Rwanda, Madison, African studies
programs, 1970; LEMARCHAND, Rwanda and Burundi,
Londres, Pallman press, 1970, blz. 344-347; J.P. HARROY,
Rwanda..., op. cit. blz. 299-332; REYNTJENS, F., Pouvoir et
Droit au Rwanda. Droit public et évolution politique, 19161973, Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, België, 1985,
blz. 233-304.
(4) GUICHAOUA, A., Le problème des réfugiés rwandais et
des populations banyarwanda dans la région des Grands Lacs
africains, Genève, HCR, mei 1962, blz. 16-19.

(1) HARROY, J.-P, Rwanda. De la féodalité à la démocratie , Bruxelles-Paris, Hayez, Académie des sciences d’Outre-mer,
1984, p. 292.
(2) GASANA, K., La guerre, la paix et la démocratie au
Rwanda, in. GUICHAOUA, A., Les crises politiques au Burundi
et au Rwanda (1993-1994), Lille/PARIS, UST/Kartala, 1995.
(3) Au sujet de la révolution rwandaise voir ATTERBURY,
C., Revolution in Rwanda, Madison, African studies programs,
1970; LEMARCHAND, Rwanda and Burundi, Londres, Pallmann press, 1970, pp. 344-347; J.P HARROY, Rwanda..., op.
cit pp. 299-332; REYNTJENS, F., Pouvoir et Droit au Rwanda.
Droit public et évolution politique, 1916-1973, Musée royal de
l’Afrique centrale, Tervueren, Belgique, 1985, pp. 233-304.
(4) GUICHAOUA, A., Le problème des réfugiés rwandais et
des populations banyarwanda dans la région des Grands Lacs
africains, Genève, HCR, mai 1962, pp. 16-19.

( 81 )

1 - 611/7 - 1997/1998

begin november 1959 respectievelijk 21 en 314 fysiek
uitgeschakeld, afgezet of verbannen (1). Bij de
gemeenteraadsverkiezingen van juni-juli 1961 verkrijgen de Tutsi-partijen 289 zetels van gemeenteraadslid op een totaal van 3 125, dat wil zeggen 9,2 %.
De fysieke uitschakeling gaat voort tijdens grote politieke gebeurtenissen als de gemeenteraadsverkiezingen van 1960 of de parlementsverkiezingen van
september 1961.

tués ou exilés (1). À l’issue des élections communales
de juin-juillet 1961, les partis tutsis obtiennent
289 sièges de conseillers communaux sur un total de
3 125, c’est-à-dire 9,2 %. L’élimination physique
continue au cours des grands événements politiques
comme les élections communales de 1960 ou les élections législatives de septembre 1961.

De jacht op de « zondebokken » (2) gaat door in
januari 1964, na een aanval van de Tutsivluchtelingen in Bugesera. Alleen al in de prefectuur
van Gikongoro wordt het aantal Tutsi-slachtoffers
geschat tussen 5 000 en 8 000 : tussen 10 en 12 % van
de Tutsi-bevolking van de prefectuur. In 1973 begint
die jacht opnieuw.

La chasse « aux boucs émissaires » (2) tutsis continue en janvier 1964, suite à une attaque des réfugiés
tutsi au Bugesera. Dans la seule préfecture de Gikongoro, on estime le nombre de victimes tutsis de 5 000 à
8 000 : entre 10 et 12 % de la population tutsi de la
préfecture. En 1973, cette chasse recommencera.

Een derde gevolg van de revolutie zal de machtsconcentratie zijn in handen van een minderheid en het
installeren van een steeds meer autoritair regime.
Vanaf het begin heeft de PARMEHUTU-partij actief
een politiek gevoerd om de andere partijen te marginaliseren en uit te schakelen. In een toespraak naar
aanleiding van de eerste verjaardag van de onafhankelijkheid heeft president Kayibanda zijn
voorkeur uitgesproken voor een meerderheidspartij
met daarnaast een zeer kleine oppositie (3). In feite
zal in 1965 de MDR-PARMEHUTU de enige partij
zijn die kandidaten voorstelt voor de parlements- en
presidentsverkiezingen. Na het uitschakelen van de
oppositie gaat ook de machtsconcentratie binnen de
partij verder. Vanaf 1968 groeien de tegenstellingen
binnen het regime, dat gedwongen is op zichzelf terug
te plooien. In 1972 is de machtsusurpatie door een
kleine groep Hutu-politici van Gitarama, de streek
van president Kayibanda, volledig (4).

Une troisième conséquence de la révolution sera la
concentration du pouvoir entre les mains d’une minorité et l’instauration d’un autoritarisme croissant. Dès
le début, le PARMEHUTU a activement poursuivi
une politique visant à la marginalisation et à
l’élimination des autres partis. Dans une allocution
adressée à l’occasion du premier anniversaire de
l’indépendance, le président Kayibanda a exprimé sa
préférence pour « un parti majoritaire » flanqué d’une
opposition très minoritaire (3). De fait, en 1965, le
MDR-PARMEHUTU sera le seul parti à proposer des
candidats aux élections législatives et présidentielles.
Après l’élimination de l’opposition, la concentration
du pouvoir se poursuit à l’intérieur du parti. À partir
de 1968, les contradictions d’un régime forcé à un
repli sur lui-même se multiplient. En 1972,
l’usurpation du pouvoir par un petit groupe de politiciens hutus de Gitarama, la région du président
Kayibanda, est complète (4).

Op het einde van de jaren 80 lijkt de « tweede republiek », ingesteld in 1973 na een militaire staatsgreep
door generaal-majoor Juvenal Habyarimana, op haar
beurt uitgeblust te zijn. De spanningen stijgen in het
land dat nochtans dikwijls wordt voorgesteld als
« een model van ontwikkeling en een vredeshaven » (5). De spanningen zijn niet alleen van etnische
oorsprong. Net als onder zijn voorganger werden
bepaalde regio’s tijdens het regime van Habyarimana
sterk voorgetrokken. In dit geval zijn het de prefectu-

À la fin des années 80, la « deuxième république »,
mise en place en 1973 à la suite d’un coup d’État militaire mené par le général-major Juvenal Habyarimana, semble à son tour s’essouffler. Les tensions
montent dans ce pays présenté pourtant le plus souvent comme « un modèle de développement et un
havre de paix » (5). Ces tensions ne sont pas uniquement ethniques. Le régime de Habyarimana a connu
les mêmes dérives régionalistes que le gouvernement
de son prédécesseur. C’est maintenant les préfectures

——————

——————

(1) REYNTJENS, F., L’Afrique des Grands Lacs en crise,
op. cit., blz. 27.
(2) Het woord is van J.-P. CHRÉTIEN, Rwanda. Les
médias du Génocide, Karthala, Paris, blz. 12.
(3) Toespraak van president KAYIBANDA, opgenomen in
« Le Président KAYIBANDA vous parle », 1964, blz. 83-84 en in
« Décolonisation et indépendance du Rwanda et du Burundi,
chronique de politique étrangère », 1963, blz. 482.
(4) REYNTJENS, F., Pouvoir et Droit..., op. cit., blz. 454473-498.
(5) CHRÉTIEN, J.-P., Rwanda. Les médias du génocide,
op. cit., blz. 11.

(1) REYNTJENS, F., L’Afrique des Grands Lacs en crise,
op. cit., p. 27.
(2) L’expression est de J.-P. CHRÉTIEN, Rwanda. Les
médias du Génocide, Karthala, Paris, p. 12.
(3) Discours du président KAYIBANDA reproduite dans Le
Président KAYIBANDA vous parle, 1964, pp. 83-84 et dans
« Décolonisation et indépendance du Rwanda et du Burundi,
chronique de politique étrangère », 1963, p. 482.
(4) REYNTJENS, F., Pouvoir et Droit..., op. cit., pp. 454473-498.
(5) CHRÉTIEN, J.-P., Rwanda. Les médias du génocide,
op. cit., p. 11.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 82 )

ren van Gisenyi en Ruhengeri die het makkelijkst
toegang hebben tot de macht. Op de vooravond van
de jaren 90 stelt men vast dat het etnische conflict
weliswaar nog steeds aanwezig is maar overvleugeld
wordt door een conflict tussen de noordelijke en de
centrale regio’s. Binnen de dominerende regio ontstaan dan ook nog eens subregionale tegenstellingen
(met name in het noorden tussen Gisenyi en Ruhengeri) (1) .

de Gisenyi et de Ruhengeri qui sont favorisées dans
l’accès au pouvoir. À l’aube des années 1990, on constate que, même s’il n’a pas disparu, le conflit ethnique est dépassé par un conflit à caractère régional
nord-centre. Et à l’intérieur de la région dominante,
des antagonismes sous-régionaux se font jour
(notamment, dans le Nord, entre Gisenyi et Ruhengeri) (1).

In talrijke opzichten stond de Tweede Republiek in
sterk contrast met de Eerste Republiek. In de eerste
plaats constateren we een periode van duidelijke
modernisering hetgeen tot uitdrukking kwam in
openheid naar de buitenwereld, groei van de steden,
groei ook van investeringen en handel. Terwijl het
regime van de Eerste Republiek zich op het binnenland concentreerde, kleefde de Tweede Republiek
een beleid van openstelling van het land aan... De
situatie op het gebied van de mensenrechten mocht
dan nog wel verre van aanvaardbaar zijn, toch was er
beterschap. Zo daalde het aantal politieke gevangenen en werden inspanningen geleverd tot beperking
en beheersing van ongepast en buitensporig gebruik
van verordeningen inzake preventieve hechtenis en
beperkingen van de bewegingsvrijheid. Voorts weze
opgemerkt dat geen ernstig etnisch geweld werd
gepleegd tussen het moment van de machtsovername
door Habyarimana en de oorlog van oktober 1990.
Vandaag is men het dikwijls vergeten dat president
Habyarimana tamelijk populair was bij de Tutsi’s in
het land en dat hij er door sommige Hutu’s zelfs van
werd beschuldigd, de Tutsi’s te bevoordeligen (2).

À de nombreux égards, la Deuxième République
contrastait fortement avec la première. Pour
commencer, nous assistons à une période de modernisation nette, se manifestant dans une ouverture vers le
monde extérieur, une croissance urbaine, des investissements, ainsi que dans les affaires. Alors que le
régime de la Première République était tourné vers
l’intérieur, celui de la Deuxième République adhérait
à une politique d’ouverture du pays... Bien que loin
d’être acceptable, la situation des droits de l’homme
s’améliorait également. Par exemple, le nombre des
prisonniers politiques était réduit et des efforts étaient
faits pour limiter et contrôler l’usage injustifié et
excessif de réglementations sur l’emprisonnement
préventif et sur la limitation de la liberté de mouvement. Il faudrait en outre observer qu’aucune violence ethnique majeure n’a eu lieu entre l’ascension au
pouvoir du général Habyarimana et la guerre
d’octobre 1990. On oublie souvent aujourd’hui que le
président Habyarimana était plutôt populaire parmi
les Tutsis de l’intérieur et qu’il avait même été accusé
par certains Hutus de favoriser les Tutsis (2).

Professor Reyntjens heeft ook getuigd : « Tot einde
van de jaren 80 was de corruptie beperkt, werden de
mensenrechten min of meer gerespecteerd en beschikte het land over een goede infrastructuur. In
tegenstelling tot andere Afrikaanse landen steeg het
BNP van Rwanda in de periode van 1975 tot 1990
voortdurend. Dat waren stuk voor stuk redenen om
met het regime samen te gaan werken. Tegen het
einde van de jaren 80 echter kwam er sleet op het
regime en men maakte gewag van Zaı̈rese praktijken. » (3).

Le professeur Reyntjens a également affirmé :
« Vers la fin des années 1980, la corruption était limitée, les droits de l’homme étaient plus ou moins
respectés et le pays disposait d’une vaste infrastructure. Contrairement à d’autres pays africains, le PNB
du Rwanda ne cessait d’augmenter pendant la
période de 1975 à 1990. Tous ces faits constituaient
des raisons de travailler avec le régime. Vers la fin des
années 80, l’usure du régime se fit sentir et on fit
mention des pratiques zaı̈roises. » (3).

2.3.3. De crisis van 1990 en de akkoorden van Arusha

2.3.3. La crise de 1990 et les accords d’Arusha

Op 1 oktober 1990 vallen Rwandese Tutsiemigranten het noordoosten van het land aan vanuit
Oeganda. De aanvallers maken snel vooruitgang

Le 1er octobre 1990, des Tutsis rwandais émigrés
attaquent le nord-est du pays à partir de l’Ouganda.
Les assaillants progressent rapidement à travers la

——————

——————

(1) REYNTJENS, F., L’Afrique des grands lacs en crise,
op. cit., blz. 27-28.
(2) SELLSTRÖM, T., WOHLGEMUTH, L., op. cit.; zie
ook : CHRÉTIEN, J.-P., « Pluralisme démocratique, ethnisme et
stratégies politiques », Conac (éd.) : L’Afrique en transition vers
le pluralisme politique : blz. 139-147.
(3) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 25.

(1) REYNTJENS, F., L’Afrique des grands lacs en crise,
op. cit., pp. 27-28.
(2) SELLSTRÖM, T., WOHLGEMUTH, L., op. cit.; voir
également : CHRÉTIEN, J.-P., « Pluralisme démocratique,
ethnisme et stratégies politiques », Conac (éd.) : L’Afrique en
transition vers le pluralisme politique : pp. 139-147.
(3) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, p. 25.

( 83 )

1 - 611/7 - 1997/1998

door het weinig bevolkte gebied van Mutara in het
nationaal park van Akagera. De meerderheid van de
rebellen zijn Oegandese deserteurs en stellen zichzelf
voor als de militaire tak van het Front Patriotique
Rwandais (FPR).

région peu peuplée du Mutara dans le parc national
de l’Akagera. La majorité des rebelles sont des déserteurs ougandais et se présentent comme la branche
militaire du Front Patriotique Rwandais (FPR).

Sommige waarnemers betwijfelen of het RPF er
verstandig aan gedaan heeft, op dat precieze ogenblik
militaire actie te gaan ondernemen (Prunier, 1993).
De invasie vond plaats nauwelijks twee maanden nadat de 30-maanden durende besprekingen onder
supervisie van het UNHCR en de OAE over de vluchtelingenkwestie hadden geleid tot de derde ministeriële overeenkomst tussen Rwanda en Uganda die
concrete resultaten had kunnen opleveren, en tijdens
een zich geleidelijk ontwikkelende politieke liberalisering in Rwanda. Hoewel de onderhandelingen
blijkbaar hadden kunnen leiden tot een doorbraak,
was het RPF toch niet bereid om nog langer geduld te
oefenen : het was het voortdurende getalm van de
Rwandese regering beu. Toch wordt beweerd dat het
RPF op dat ogenblik tot de aanval overging omdat
een mogelijke doorbraak in democratisering,
mensenrechten en terugkeer van vluchtelingen de
gewettigdheid van een aanval zou hebben verminderd (1). Prof. Reyntjens heeft deze stelling ook verdedigd tijdens zijn hoorzitting voor onze commissie (2).

Certains observateurs s’interrogent sur la sagesse
du RPF à entreprendre une action militaire à ce
moment particulier (Prunier, 1993). L’invasion survenue seulement deux mois après les discussions supervisées par l’UNHCR et l’OUA sur le problème des
réfugiés avait conduit à un troisième accord ministériel entre le Rwanda et l’Ouganda, qui aurait pu
conduire à des résultats concrets, pendant un processus de libéralisation politique se développant graduellement au Rwanda. Il semble toutefois que si les négociations avaient pu conduire à une percée, le FPR
n’était cependant pas prêt à attendre davantage; il
était apparemment fatigué du blocage continu opposé
par le gouvernement rwandais. Il est toutefois prouvé
que le FPR a attaqué à ce moment-là car une éventuelle percée dans les domaines de la démocratisation,
des droits de l’homme et du rapatriement des réfugiés
aurait réduit la légitimité d’une attaque (1). Le
professeur Reyntjens a également défendu cette même
position pendant sa séance d’audition devant notre
commission (2).

Om aan die situatie het hoofd te bieden besluiten
België en Frankrijk op 4 oktober 1990 militairen te
sturen in het raam van een als humanitair te beschouwen actie die tot doel heeft de buitenlanders te
beschermen en hun evacuatie zo nodig mogelijk te
maken. Zijdelings betekent het een steun aan de
Republiek, meer psychologisch dan militair, gezien
de beperkte aangewende middelen.

Pour faire face à cette situation, le 4 octobre 1990,
la Belgique et la France décident d’envoyer des militaires dans le cadre d’une action qualifiée d’humanitaire et qui vise à protéger les ressortissants étrangers
et permettre leur évacuation si nécessaire. Indirectement, il s’agit d’un soutien à la République, plus
psychologique que militaire, vu les moyens réduits
utilisés.

In België publiceert de pers informatie over de aanhouding van talrijke personen uit de oppositie en de
militaire inspanningen van het Rwandese regime en er
komt al vlug verzet tegen de Belgische militaire aanwezigheid, zowel van liberale als van Franstalige
socialistische zijde. Een maand later besluit de Belgische Regering haar troepen terug te trekken. België
spreekt zich dan uit ten gunste van een democratisering van het land en van vrede door onderhandelingen.

En Belgique, des informations sur l’arrestation de
nombreuses personnes issues de l’opposition et sur la
militarisation du régime rwandais sont publiées dans
la presse et des oppositions à la présence militaire
belge se manifestent rapidement, tant du côté libéral
que du côté socialiste francophone. Un mois plus
tard, le Gouvernement belge décide de retirer ses troupes. La Belgique se prononce alors en faveur d’une
démocratisation du pays et une paix négociée.

Kort vóór het conflict van oktober 1990 had het
Rwandese staatshoofd inspanningen geleverd om het
regime geleidelijk aan te passen aan de nieuwe eisen
van de internationale politiek. In zijn redevoering van

Peu avant le conflit d’octobre 1990, le chef de l’État
rwandais s’était efforcé d’adapter progressivement le
régime aux nouvelles exigences de la politique internationale. Dans son discours du 5 juillet 1990, il

——————

——————

(1) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH, L., Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda, the international
response to conflict and genocide, lessons from the Rwanda
experience, stydy 1, Historical Perspective : some explanatory
factors.
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 30.

(1) SELLSTRÖM T., WOHLGEMUTH, L., Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda, the international
response to conflict and genocide, lessons from the Rwanda
experience, stydy 1, Historical Perspective : some explanatory
factors.
(2) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, p. 30.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 84 )

5 juli 1990 kondigt hij de oprichting aan van een
nationale synthesecommissie, belast met het organiseren van een brede nationale dialoog met alle vereende
krachten van het land. Die commissie wordt op
24 september 1990 effectief ingesteld. De oorlog barst
uit enkele dagen vóór het begin van de werkzaamheden van de commissie. Deze zal pas op 23 oktober
1990 effectief beginnen werken. Het conflict zal haar
activiteiten aanzienlijk versnellen. Terwijl het mandaat van de commissie oorspronkelijk over twee jaar
zou lopen, vraagt President Habyarimana haar de
werkzaamheden te beëindigen vóór het einde van het
jaar en kondigt hij aan dat na een nationaal debat een
politiek handvest vóór 4 juni 1991 aan een referendum zal worden onderworpen.

annonce la création d’une commission nationale de
synthèse, chargée d’organiser un dialogue national
tout azimut, avec toutes les forces unies du pays. La
commission est effectivement mise en place le
24 septembre 1990. La guerre éclate quelques jours
avant le début des travaux de la commission. Son
travail effectif ne commencera que le 23 octobre 1990.
Le conflit accélérera considérablement ses activités.
Alors qu’initialement le mandat de la commission
devait s’étendre sur deux ans, le président Habyarimana lui demande de finir son travail avant la fin de
l’année, et annonce qu’après un débat national, une
charte politique sera soumise à référendum avant le
4 juin 1991.

Eind december 1990 publiceert de nationale synthesecommissie een voorontwerp van nationaal politiek handvest (1). Daaruit volgt een ruim debat dat
uitmondt in de publicatie van het ontwerp van handvest op het einde van de maand maart 1991 (2).De
commissie stelt ook een voorontwerp van Grondwet
voor en twee wetten op de politieke partijen.

Fin décembre 1990, la commission nationale de
synthèse publie un avant-projet de la charte politique
nationale (1). Il s’ensuit un large débat, qui débouche sur la publication d’un projet de charte à la fin du
mois de mars 1991 (2). La Commission propose
également un avant-projet de Constitution et deux
lois sur les partis politiques.

Intussen beginnen de stichters van nieuwe politieke
partijen zich te organiseren. Er blijken verschillende
groeperingen tot stand te komen en in de eerste maanden van 1991 hebben verschillende vergaderingen
plaats. Maar de politieke contacten verlopen in een
sfeer van wantrouwen. De « mouvement démocratique républicain » (MDR) zal als eerste besluiten tot
een open politieke activiteit. In een nummer van de
maand maart 1991 publiceert de krant « Le Démocrate » een oproep tot herleving en vernieuwing van
de MDR, ondertekend door 232 personen. In de zes
maanden die daarop volgen treden andere politieke
formaties naar voren : de Parti Social Démocrate
(PSD), die steun schijnt te vinden in het zuiden; de
Parti Libéral (PL), die vooral zakenlui bijeenbrengt;
de Parti Démocratique Chrétien (PDC), die een
veeleer kleiner partijtje is. Gelijklopend met de
formele erkenning van het meerpartijenstelsel probeert de voormalige « Mouvement révolutionnaire
national pour le développement » (de eenheidspartij
van Rwanda geweest), en herdoopt tot « Mouvement
républicain national pour la démocratie et le développement » (MRND) zich eveneens aan te passen aan de
nieuwe werkelijkheid door zich te vernieuwen.

Entre-temps, les fondateurs de nouveaux partis
politiques commencent à s’organiser. Plusieurs groupes semblent se constituer et des réunions ont lieu
durant les premiers mois de 1991. Mais les contacts
politiques se déroulent dans une atmosphère de
méfiance. C’est le mouvement démocratique républicain (MDR) qui se décidera le premier à avoir une
activité politique ouverte. Dans un numéro de mars
1991, le journal Le Démocrate publie un « appel à la
relance et à la rénovation du MDR » signé par 232
personnes. Dans les six mois qui suivent, d’autres
formations vont se manifester : le Parti Social Démocrate (PSD), qui semble avoir sa base de soutien dans
le sud; le Parti Libéral (PL) qui rassemble essentiellement des d’hommes d’affaires; le Parti Démocratique Chrétien (PDC), de taille plutôt réduite. Parallèlement à la reconnaissance formelle du multipartisme,
l’ex-mouvement révolutionnaire national pour le
développement (ex-Parti unique du Rwanda), rebaptisé Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) tente également
de s’adapter à la nouvelle réalité en faisant peau
neuve.

Daags na de afkondiging van de Grondwet wordt
reeds een kartel van de oppositiepartijen gevormd. In
een gemeenschappelijk communiqué van 11 juni 1991
formuleren de PSD, de MDR en de PDC een geheel
van revendicaties die de ruggengraat van hun politieke eisen zullen vormen in de daaropvolgende

Dès le lendemain de la promulgation de la Constitution, un cartel de partis d’opposition se dessine.
Dans un communiqué commun daté du 11 juin 1991,
le PSD, le MDR et le PDC formulent l’ensemble des
revendications qui formeront l’essentiel de leurs
exigences politiques dans les mois qui suivent. Le 31

——————

——————

(1) Gepubliceerd in La Relève, nr. 154 van 28 december
1992.
(2) Samengevat in het Frans, gepubliceerd en het rapport
van de « Commission nationale de synthèse sur les affrontements
politiques au Rwanda », Kigali, maart 1991, blz. 96.

(1) Publié dans La Relève, no 154 du 28 décembre 1992.
(2) Résumé en français publié dans le rapport de la Commission nationale de synthèse sur les affrontements politiques au
Rwanda, Kigali, mars 1991, p. 96.

( 85 )

1 - 611/7 - 1997/1998

maanden. Op 31 juli 1991 wordt de vorming van het
kartel officieel en de nieuw opgerichte PL sluit zich
daarbij aan. De vier partijen besluiten een « conseil de
concertation des partis politiques démocratiques » op
te richten. Op 13 oktober 1991 belast president
Habyarimana de minister van Justitie (Sylvestre
Nsanzimana), met de vorming van een regering, zonder rekening te houden met de eisen van de nieuwe
oppositiepartijen. Afgezien van een minister uit de
PDC is de regering immers homogeen MRND. Na
een rumoerige periode met steeds meer manifestaties
van de oppositie wordt over een akkoord onderhandeld tussen de oppositiepartijen en de MRND. Op
2 april 1992 wijst president Habyarimana Dismas
Nsengiyaremye als formateur aan. Op 16 april 1992,
twee weken na zijn benoeming, kondigt Nsengiyaremye de vorming aan van zijn overgangsregering. De
coalitieregering zal worden samengesteld uit de
MRND, de MDR, de PSD, de PL en de PDC.

juillet 1991, la constitution du cartel est officialisée, et
le PL, nouvellement créé, le rejoint. Les quatre partis
décident la mise sur pied d’un « conseil de concertation des partis politiques démocratiques ». Le 13 octobre 1991, le président Habyarimana charge le ministre
de la Justice, Sylvestre Nsanzimana, de la formation
d’un gouvernement, sans tenir compte des exigences
politiques des nouveaux partis de l’opposition. En
effet, à part un ministre issu du PDC, le gouvernement
est homogène MRND. Après une période tumultueuse où les manifestations de l’opposition se multiplient, un accord est négocié entre les partis
d’opposition et le MRND. Le 2 avril 1992, le président Habyarimana désigne Dismas Nsengiyaremye
comme formateur. Le 16 avril 1992, deux semaines
après sa nomination, D. Nsengiyaremye annonce la
formation de son gouvernement de transition. Le
gouvernement de coalition sera composé du MRND,
du MDR, du PSD, du PL et du PDC.

Al lijkt de overgangsregering aanvankelijk hier en
daar te scoren, met name bij het opnieuw starten van
de onderhandelingen met het RPF, toch komt de regering in een diepe impasse terecht. In die context van
oorlog met het RPF en van interne oppositie evolueert
de militaire toestand geleidelijk naar een politiek optreden, met inbegrip van onderhandelingen, hoofdzakelijk tussen het regime Habyarimana en het RPF. In
dat perspectief zal de binnenlandse politieke oppositie niet veel gewicht in de schaal leggen, gezien haar
grote verdeeldheid op het ogenblik dat de akkoorden
van Arusha worden gesloten.

Si le gouvernement de transition semble marquer
quelques points dans un premier temps, notamment
le démarrage réel des négociations avec le FPR, le
gouvernement est victime de profonds blocages. C’est
dans ce contexte de guerre avec le FPR et d’opposition
interne que la situation militaire se transforme
graduellement en une démarche politique, incluant
des négociations entre principalement le régime
Habyarimana et le FPR. Dans cette perspective,
l’opposition politique intérieure n’aura pas un poids
considérable, étant donné sa profonde division au
moment de la signature de l’accord d’Arusha.

2.3.4. De akkoorden van Arusha

2.3.4. Les accords d’Arusha

Ongeveer een maand na het aantreden van de
nieuwe regering, vonden voorbereidende besprekingen plaats in Brussel en Parijs (mei en juni 1992) tussen enerzijds de MDR, de PDS en de PL en anderzijds
het RPF. Er werd besloten vredesonderhandelingen te
openen (in Arusha), niet alleen om het staakt-hetvuren van N’sele te herstellen, maar ook om te spreken over verdere democratisering, de opname van het
RPF in de regering en over militaire hervormingen.

Un mois environ après l’inauguration du nouveau
gouvernement, des discussions préliminaires ont eu
lieu à Bruxelles et Paris (mai et juin 1992) entre, d’une
part, le MDR, le PSD et le LD et, d’autre part, le FPR.
Les parties en présence ont convenu d’entamer des
négociations de paix (à Arusha) non seulement pour
réinstaurer le cessez-le-feu de N’sele, mais aussi pour
débattre d’une avancée dans la voie de la démocratisation, de l’intégration du FPR dans le gouvernement
et de réformes militaires.

De vredesonderhandelingen tussen de Rwandese
regering en het RPF begonnen op 10 augustus 1992.
Ze verliepen soepeler dankzij de inspanningen van
Tanzania en president Ali Hassan Mwinyi en zijn
ambassadeur, Ami Mpungwe. Waarnemers uit de
buurlanden Burundi en Zaı̈re en uit België, Frankrijk,
Duitsland, de VS, Senegal en de OAE waren aanwezig
bij de opeenvolgende Arusha-onderhandelingen.

Les négociations de paix entre le gouvernement
rwandais et le FPR ont débuté le 10 août 1992. Elles
ont été grandement facilitées par la Tanzanie, son
président Ali Hassan Mwinyi ainsi que son ambassadeur, M. Ami Mpungwe. Les pays voisins du
Rwanda, le Burundi et le Zaı̈re, ainsi que la Belgique,
la France, l’Allemagne, les États-Unis, le Sénégal et
l’OUA ont accepté d’envoyer des observateurs aux
négociations d’Arusha qui s’ensuivraient.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 86 )

De onderhandelingen namen een jaar in beslag en
eindigden op 4 augustus 1993. Er zij aan herinnerd dat
het akkoord van Arusha van 4 augustus 1993 in feite
een pakket vormt dat talrijke protocollen en akkoorden omvat :

Les négociations continueront pendant une année,
pour aboutir le 4 août 1993. Pour rappel, l’accord
d’Arusha est en fait une enveloppe qui contient de
nombreux protocoles et accords :

— het staakt-het-vuren van N’sele (1); dit
akkoord wordt geamendeerd in Gbadolite op
16 september 1991 (2);

— l’accord de cessez-le-feu de N’sele (1); cet
accord de cessez-le-feu est amendé à Gbadolite le
16 septembre 1991 (2);

— het protocolakkoord over de rechtsstaat, ondertekend op 18 augustus 1992;

— le protocole d’accord sur l’État de droit signé le
18 août 1992;

— de protocolakkoorden over de verdeling van de
macht in het raam van een verruimde overgangsregering, ondertekend te Arusha op 30 oktober 1992 en op
9 januari 1993;

— les protocoles d’accords sur le partage du
pouvoir dans le cadre d’un gouvernement de transition à base élargie, signés à Arusha, le 30 octobre 1992
et le 9 janvier 1993;

— het protocolakkoord over de repatriëring van
de vluchtelingen en de wederopneming van ontheemden, ondertekend te Arusha op 9 juni 1993;

— le protocole d’accord sur le rapatriement des
réfugiés et la réinstallation des personnes déplacées,
signé à Arusha le 9 juin 1993;

— het protocolakkoord met betrekking tot de
integratie van de strijdkrachten van de twee partijen,
ondertekend in Arusha op 3 augustus 1993;

— le protocole d’accord relatif à l’intégration des
forces armées des deux parties, signé à Arusha le
3 août 1993;

— en ten slotte het protocolakkoord houdende de
slotbepalingen, ondertekend te Arusha op 3 augustus
1993 (3).

— enfin, le protocole d’accord portant sur les
dispositions finales, signé à Arusha le 3 août 1993
(3).

Al die teksten maken integraal deel uit van het vredesakkoord van Arusha.

Tous ces textes font donc partie intégrante de
l’accord de paix d’Arusha.

Artikel 3 van het slotakkoord bepaalt dat de
Grondwet van maart 1991 en het vredesakkoord onlosmakelijk de fundamentele wet vormen die van
kracht zal zijn voor de overgangsperiode. De Grondwet is echter hiërarchisch ondergeschikt aan het vredesakkoord. Niet alleen zijn 47 artikelen van de
Grondwet vervangen door bepalingen uit het vredesakkoord over dezelfde materies, maar bovendien is
ook nog bepaald dat in geval van betwisting tussen
andere bepalingen van de Grondwet en het vredesakkoord, dit laatste voorgaat. In werkelijkheid wordt de
Grondwet dus vervangen door het vredesakkoord.

L’article 3 de l’accord final prévoit que la Constitution de mars 1991 et l’accord de paix constitue
« indissolublement » la loi fondamentale qui préside
la période de transition. Cependant, la Constitution
est hiérarchiquement inférieure à l’accord de paix.
Non seulement 47 articles de la Constitution sont
remplacés par des dispositions de l’accord de paix
relative aux mêmes matières, mais encore il est prévu
qu’en cas de conflit entre les autres dispositions de la
Constitution et l’accord de paix, ces derniers prévalent. De fait, la Constitution est remplacée par
l’accord de paix.

Wat de functie van de president van de Republiek
betreft, die is « uitgehold », dat wil zeggen herleid tot
een ceremonieel staatshoofd die minder uitgebreide
bevoegdheden heeft dan de meeste van de grondwettelijke monarchieën. De verruimde overgangsregering bijvoorbeeld (de GTBE) wordt niet benoemd
door het staatshoofd maar door de politieke partijen

En ce qui concerne la personnalité du président de
la République, celui-ci est « déshabillé », c’est-à-dire
réduit à être un chef d’État cérémonial, disposant de
pouvoirs moins étendus que la plupart des monarchies constitutionnelles. Par exemple, le gouvernement de transition à base élargie (le GTBE) n’est pas
nommé par le chef de l’État mais par les partis politi-

——————

——————

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, The
United Nations Blue Books Series, Volume X, doc. 19, blz. 169.
(2) Ibidem, doc. 6, blz. 153.
(3) Ibidem, doc. 19, blz. 169.

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, The
United Nations Blue Books Series, Volume X, doc. 19, p. 169.
(2) Ibidem, doc. 6, p. 153.
(3) Ibidem, doc. 19, p. 169.

( 87 )

1 - 611/7 - 1997/1998

die aan de coalitieregering deelnemen die sinds
16 april 1992 geı̈nstalleerd is, en door het RPF.

ques participant au gouvernement de coalition mis en
place dès le 16 avril 1992 et le FPR.

De GTBE heeft bijzonder ruime bevoegdheden. Zij
combineert in de praktijk de bevoegdheden van een
staatshoofd met die van een regeringshoofd. Er is niettemin een relatie van het parlementaire type met het
overgangsparlement (ANT). Net zoals bij de GTBE is
de numerieke verdeling van de zetels in het Parlement
vastgelegd : de MRND, het RPF, de MDR, de PSD, de
PL krijgen elk elf zetels, de PDC vier en de andere
erkende partijen, een tiental, hebben elk één zetel.

Les pouvoirs du GTBE sont extrêmement étendus.
Il combine en pratique les pouvoirs d’un chef d’État et
d’un chef de gouvernement. Néanmoins, une relation
de type de régime parlementaire existe avec l’assemblé
nationale de transition (ANT). Tout comme le
GTBE, la répartition numérique des sièges à l’ANT
est fixée : le MRND, le FPR, le MDR, le PSD, le PL
obtiennent onze sièges chacun, le PDC, quatre et les
autres partis agréés (une dizaine) auront un siège
chacun.

Ook de integratie van de troepenmachten van
beide partijen wordt geregeld : het nieuwe nationale
leger zal 9 000 man omvatten, waarvan de regeringsstrijdkrachten 60 % zullen leveren en die van het
RPF 40 % op alle niveaus, behalve op de bevelposten.
Op dat niveau, van de staf tot het bataljon, is elke
partij met 50 % aanwezig overeenkomstig het principe van de toerbeurt.

L’intégration des forces armées des deux parties est
également traitée : la nouvelle armée nationale
contiendra 9 000 hommes, dont les forces gouvernementales fourniront 60 % des effectifs et celles du FPR
40 % à tous les niveaux, sauf aux postes de commandements. Dans ce dernier niveau, de l’état-major
jusqu’au bataillon, chaque partie est représentée par
50 %, conformément au principe de l’alternance.

In het goedkeuringsprotocol tussen de regering van
de Republiek Rwanda en het RPF betreffende de
integratie van de strijdkrachten van beide partijen,
wordt in artikel 72 eveneens bepaald dat de installatie
van de overgangsinstellingen plaats zal vinden na het
stationeren van de neutrale internationale troepenmacht. Die voorwaarde werd niet toegepast aangezien het onmogelijk was om een contingent van
enkele blauwhelmen op 37 dagen tijd te stationeren.
We zullen nadien zien dat die overgangsinstellingen
nooit worden geı̈nstalleerd, bij gebrek aan akkoord
tussen de partijen...

Dans le protocole d’agrément entre le gouvernement de la République du Rwanda et le FPR concernant l’intégration des forces armées des deux parties,
il est également précisé à l’article 72 que l’établissement des institutions de transition prendront place
après le déploiement de la force international neutre.
Cette condition n’a pas été appliquée puisqu’il a été
impossible de déployer un contingent de quelques
casques bleus en 37 jours. Nous verrons par la suite
que ces institutions de transition, ne seront jamais
mises en place, faute d’accord entre les parties...

De overgangsperiode wordt in twee fasen ingedeeld. In een eerste stadium worden de overgangsinstellingen geı̈nstalleerd binnen 37 dagen na de ondertekening van het vredesakkoord, dat wil zeggen uiterlijk op 10 september 1993. De overgangsperiode duurt
22 maanden, te rekenen van de datum van de installatie van de verruimde overgangsregering (GTBE), met
de mogelijkheid van verlenging waartoe besloten
wordt in uitzonderlijke omstandigheden door het
overgangsparlement (ANT) met een meerderheid van
drie vijfden van de leden.

La durée de transition est divisée en deux phases.
Dans un premier temps, les institutions de transition
seront mises en place dans les 37 jours qui suivent la
signature de l’accord de paix, c’est-à-dire le
10 septembre 1993 au plus tard. La durée de transition
est de 22 mois, à compter de la date de la mise en place
du Gouvernement de transition à base élargie (GTBE)
avec la possibilité d’une prolongation déterminée
dans les circonstances exceptionnelles par l’Assemblée nationale de transition (ANT) à la majorité des
trois cinquièmes de ses membres.

Als documentatie is het nuttig te kunnen beschikken over enkele uittreksels uit de eerste studie van de
« Joint evaluation of emergency assistance to Rwanda » en uit het boek van professor G. Prunier « The
Rwanda Crisis 1959-1994 ».

Sous forme de documentation, il est utile de reprendre quelques extraits de la première étude du « Joint
evaluation of emergency assistance to Rwanda » et du
livre du professeur G. Prunier « The Rwanda Crisis
1959-1994 ».

1 - 611/7 - 1997/1998

( 88 )

B. UITTREKSELS UIT « JOINT EVALUATION
OF EMERGENCY ASSISTANCE
TO RWANDA — STUDY 1 :
HISTORICAL PERSPECTIVE :
SOME EXPLANATORY FACTORS »

B. EXTRAITS DU « JOINT EVALUATION
OF EMERGENCY ASSISTANCE
TO RWANDA — STUDY 1 :
HISTORICAL PERSPECTIVE :
SOME EXPLANATORY FACTORS »

HOOFDSTUK 1

CHAPITRE 1er

RWANDA IN EEN NOTENDOP

LE RWANDA EN BREF

Overzicht

Situation

Natuurlijke omgeving

Environnement physique

Met een oppervlakte van iets meer dan 26 000 vierkante kilometer, is Rwanda één van de kleinste Afrikaanse landen, te vergelijken met het zuidelijke buurland Burundi, en met België, de koloniale mogendheid. Rwanda, gelegen ten zuiden van de evenaar,
grenst aan Zaı̈re, Oeganda, Tanzania en Burundi.
Rwanda, vaak « het Land van Duizend Heuvels » of
« Het Zwitserland van Afrika » genoemd, bestaat
hoofdzakelijk uit bergketens en de hooglandplateaus
van het gebied tussen de Nijl en de rivierbekkens van
de Zaı̈re-stroom (de Kongo-Nijl Waterscheiding).
Het dichtbevolkte centrale gedeelte — van Ruhengeri
in het noorden tot Butare in het zuiden — ligt op een
hoogte van 1 500 en 2 000 meter boven de zeespiegel.
De Kongo-Nijl-Waterscheiding bereikt hoogtes tot
boven 2 500 meter; de hoogst gelegen gebieden in de
noordwestelijke vulkanische Virunga-bergketen. De
Karasimbi-top bereikt hier een hoogte van 4 507
meter. Het Kivu-meer dat Rwanda van Zaı̈re scheidt,
ligt op 1 460 meter boven de zeespiegel en is het
hoogst gelegen meer in Afrika. Ten oosten van het
centrale plateau — dus van de hoofdstad Kigali —
aan de grens met Tanzania, ligt het land lager, maar
toch nog steeds op 1 000-1 500 meter boven de zeespiegel en ook daar zijn er nog hoger gelegen gebieden.

Avec une superficie d’un peu plus de 26 000 km2, le
Rwanda est un des plus petits pays d’Afrique, comparable en taille à son voisin du sud, le Burundi, et à son
ancien colonisateur, la Belgique. Situé juste au sud de
l’équateur, il est enclavé entre le Zaı̈re, l’Ouganda, la
Tanzanie et le Burundi. Souvent appelé le « Pays des
Mille Collines » ou la « Suisse africaine », le Rwanda
est dominé par des chaı̂nes montagneuses et les hautsplateaux de la grande ligne de partage des eaux entre
le bassin du Nil et celui du Zaı̈re (ligne de partage des
eaux Congo-Nil). La partie centrale fort peuplée qui
s’étend de Ruhengeri au nord à Butare au sud est
située entre 1 500 et 2 000 m au-dessus du niveau de la
mer. À l’ouest du plateau central, la ligne de démarcation Congo-Nil atteint des altitudes pouvant dépasser
2 500 m, les points culminants étant situés dans la
chaı̂ne volcanique de Virunga au nord-ouest du pays.
À cet endroit, le Karasimbi culmine à 4 507 m. Situé à
une altitude de 1 460 m au-dessus du niveau de la mer,
le lac Kivu, qui sépare le Rwanda du Zaı̈re, est le lac le
plus élevé d’Afrique. À l’est du plateau central, plus
précisément de la capitale, Kigali, jusqu’à la frontière
tanzanienne, le relief s’adoucit progressivement mais
atteint encore malgré tout 1 000 à 1 500 m dans bon
nombre de zones plus élevées.

( 89 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Administratieve indeling

Division administrative

Deze grafiek is beschikbaar op papier en op de
WWW-site van de Senaat (http://www.senate.be).

Ce graphique est disponible sur support papier et sur
le site WWW du Sénat (http://www.senate.be).

Bron — Source : Scheffer, 1986.

Ondanks het feit dat Rwanda net onder de evenaar
ligt, heeft het een gematigd klimaat. De gemiddelde
jaartemperatuur in Kigali bedraagt 19 graden Celsius,
met enkel kleine verschillen tussen de regenseizoenen
en de droge seizoenen. Tussen oktober en juni is er
veel neerslag, gevolgd door een kort droog seizoen in
de periode van juli tot september. De gemiddelde
maandelijkse neerslag op het centrale plateau
bedraagt 85 millimeter. Hierdoor kunnen op elk
stukje beschikbaar land verscheidene gewassen
geteeld worden. Het gematigd tropisch klimaat laat
twee, soms drie, landbouwseizoenen per jaar toe
waardoor een deel van het land in staat is een productie op te bouwen die door de meeste andere Afrikaanse landen niet geëvenaard kan worden.

Bien que le Rwanda soit situé juste sous l’équateur,
ce pays jouit d’un climat modéré grâce à son altitude.
La température moyenne annuelle à Kigali est de
19 degrés Celsius et ne fluctue que modérément entre
la saison des pluies et la saison sèche. Le Rwanda
bénéficie de précipitations abondantes d’octobre à
juin, suivies d’une courte saison sèche qui s’étend de
juillet à septembre. Les précipitations moyennes
mensuelles sur le plateau central atteignent 85 millimètres, ce qui permet des cultures diversifiées sur
chaque lopin de terre disponible. Le climat tropical
modéré permet deux à trois récoltes par an, ce qui a
donné à certaines parties du pays un potentiel de
production agricole inégalé dans la plupart des pays
africains.

Rwanda is door land omgeven en hangt voor zijn
economie af van een dure en kwetsbare doorvoerhandel doorheen Tanzania of Oeganda en Kenia naar de
Indische Oceaan, of doorheen Zaı̈re naar de Atlantische Oceaan. De afstand tussen Kigali en de Indische
Oceaan bedraagt ongeveer 1 500 kilometer; tussen
Kigali en de Atlantische kust zo’n 2 000 kilometer.

Le Rwanda est un pays enclavé dont l’économie est
dépendante d’un axe de communication coûteux et
vulnérable traversant la Tanzanie ou l’Ouganda et le
Kenya vers l’océan Indien situé à environ 1 500 km ou
le Zaı̈re vers la côte atlantique située à environ 2 000
km.

Niet minder dan 10 % van het Rwandese grondgebied wordt beschermd in de vorm van nationale
parken of reservaten — een percentage aanzienlijk
hoger dan voor de meeste andere Afrikaanse landen.
De bekendste parken zijn Virunga aan de grens met

Quelque 10 % du territoire rwandais a fait l’objet
d’une mesure de protection comme parc naturel ou
réserve forestière. Ce pourcentage est nettement plus
élevé que dans les autres pays africains. Les parcs les
plus connus sont Virunga à la frontière zaı̈roise au

1 - 611/7 - 1997/1998

( 90 )

Zaı̈re in het noordwesten en Akagera aan de oostelijke grens met Tanzania. Het Virunga-park —
bekend door de film, Gorillas in the Mist — huisvest
de laatste berggorilla’s, terwijl in de savannes van
Akagera een verscheidenheid aan wilde dieren leeft,
even groot als die van de bekendere wildparken in
Kenia en Tanzania.

nord-ouest et Akagera à la frontière tanzanienne à
l’est. Le parc Virunga, rendu célèbre par le film
« Gorilles dans la Brume » abrite les derniers gorilles
des montagnes tandis que les savanes de l’Akagera
constituent le biotope d’une faune aussi variée que
celle des parcs à gibier plus connus du Kenya ou de
Tanzanie.

Voor administratieve doeleinden werd Rwanda
onderverdeeld in 10 préfectures (regio’s), met aan het
hoofd een préfet (prefect) benoemd door de president
van de republiek. De préfectures zijn onderverdeeld
in 143 communes, bestuurd door een bourgemestre
(burgemeester). De burgemeesters worden eveneens
benoemd door de president.

Sur le plan de l’organisation administrative, le
Rwanda a été divisé en 10 préfectures dirigées
chacune par un préfet nommé par le président de la
République. Les préfectures sont elles-mêmes subdivisées en 143 communes dirigées par un bourgmestre.
Les bourgmestres sont également désignés par le
président.

Bevolkingsdichtheid

Densité de la population

Deze grafiek is beschikbaar op papier en op de WWW-site van de Senaat
(http://www.senate.be).

Ce graphique est disponible sur support papier et sur le site WWW du
Sénat (http://www.senate.be).

Bron — Source : Wallen, 1993.

Demografische en sociale kenmerken

Caractéristiques socio-démographiques

Volgens de volkstelling van 1991, had Rwanda in
de maand augustus van datzelfde jaar een totale
bevolking van 7,15 miljoen, met een jaarlijkse aangroei van 3,1 %. Dit vertaalt zich in een zeer hoge
bevolkingsdichtheid. Met een gemiddelde van 271
inwoners per vierkante meter, was de bevolkingsdichtheid in feite de hoogste van het Afrikaanse vasteland; als meren, nationale parken en reservaten buiten beschouwing worden gelaten, lag de bevolkingsdichtheid zelfs nog hoger. Het eigenlijke gedeelte

Selon le recensement de 1991 organisé en août de
cette même année, le Rwanda compte une population
totale de 7,15 millions d’habitants qui évolue selon un
taux d’augmentation annuel de 3,1 %. Ceci se traduit
par une densité de population très élevée. En fait, avec
271 habitants au km2, le Rwanda arrive en tête des
pays d’Afrique continentale. Si l’on faisait abstraction des lacs, des parcs nationaux et des réserves forestières, ce chiffre serait beaucoup plus élevé. La superficie réelle de terres arables (environ 17 600 km2 sur

( 91 )

1 - 611/7 - 1997/1998

bebouwbare landbouwgrond (zo’n 17 600 vierkante
kilometer op een totaal van 26 300 kilometer) moest
gemiddeld 406 mensen per vierkante kilometer onderhouden. Het dichtst bevolkte gebied was Ruhondo in
de Ruhengeri-préfecture met ongeveer 820 mensen
per km2 bruikbare grond. Aan het andere uiteinde
van de schaal bevond zich Rusomo (Kibungo) met
62 mensen per km2 bruikbare grond (République
Rwandaise, 1993, II).

une superficie totale de 26 300 km2) doit donc nourrir
en moyenne 406 habitants au km2 dans l’ensemble du
pays. La zone la plus peuplée est la région de
Ruhondo dans la préfecture de Ruhengeri, qui
compte quelque 820 personnes au km2 utile. À l’autre
extrémité de l’échelle, on trouve Rusomo (Kibungo)
qui ne compte que 62 habitants au km2 utile (République Rwandaise, 1993, II).

De redenen achter Rwanda’s historische hoge
bevolkingsdichtheid zijn talrijk. Zowel de grond als
het klimaat zijn vruchtbaar. Het berggebied oefent
daarenboven een zeer beschermende invloed uit. De
natuurlijke vesting gevormd door de hooglanden
dient als een schild tegen vijandelijke indringers, zoals
de negentiende-eeuwse Swahili-slavenhandelaars uit
de kuststreek langs de Indische Oceaan. Door haar
doeltreffende militaire structuren, bleef de Rwandese
maatschappij aldus als een van de weinige Afrikaanse
landen gespaard van de vernielingen door de Arabische en Europese slavenhandel. Als gevolg hiervan
nam de bevolking niet af maar steeg ze naarmate meer
mensen een toevluchtsoord zochten in dit land
(Waller, 1993; Prunier 1995). Ook de invloed van de
katholieke kerk tegen geboortenbeperkingsmaatregelen en de traditionele positie van de vrouw, zijn
belangrijke factoren die de hoge bevolkingsaangroei
verklaren.

Les raisons historiques qui expliquent la densité de
population élevée du Rwanda sont légion. La terre est
fertile, le climat agréable. De plus, la zone montagneuse offre une excellente protection. La forteresse
naturelle formée par les hauts plateaux a servi de
bouclier contre les envahisseurs hostiles tels que les
marchands d’esclaves swahilis venus au XIXe siècle
de la côte de l’océan Indien. Ajoutons à cela des structures militaires d’une grande efficacité et l’on
comprend pourquoi la société rwandaise a été une des
rares en Afrique à avoir été épargnée par les ravages
du commerce d’esclaves par les Arabes et les Européens. La traite des esclaves n’a donc pas affecté sa
population qui a en fait augmenté sous la pression des
autres peuples venant y chercher refuge (Waller, 1993;
Prunier, 1995). De plus, l’influence considérable de
l’Église catholique opposée aux mesures de contrôle
de la population ainsi que le statut traditionnel de la
femme sont des facteurs importants permettant
d’expliquer la forte poussée démographique.

Rwanda is een land van boeren, of eerder grootschalige tuiniers. De cruciale vraag omtrent de grond
zal iets verder gesteld worden. Toch moeten we reeds
hier vermelden dat vele waarnemers de tragedie van
1994 koppelen aan de hoge bevolkingsdruk en de stijgende strijd om te overleven. Of, om Pruniers (1995)
woorden te gebruiken:
« De beslissing te moorden werd natuurlijk door
politici, om politieke redenen, genomen. Maar een
reden waarom boeren hebben meegedaan aan de
massamoord (...) was onder meer het gevoel dat er
teveel mensen leefden op een te klein stuk land en dat
er meer zou overblijven voor de overlevenden indien
er iets minder mensen waren... » (Prunier, 1995).

Le Rwanda est un pays de fermiers cultivateurs ou
plutôt de jardiniers à grande échelle. La question
cruciale des terres sera exposée ci-dessous. Mais il
convient déjà de noter que nombre d’observateurs
lient la tragédie de 1994 à la forte pression démographique et à la compétition croissante pour disposer
des moyens de subsistance. Pour reprendre les mots de
Prunier (1995) :
« La décision de tuer a bien sûr été prise par les politiciens pour des raisons politiques. Mais une des
raisons pour lesquelles les paysans ont pris part aux
massacres (...) est notamment le sentiment que la
population était trop nombreuse sur un territoire trop
exigu et qu’ils seraient plus nombreux à survivre avec
moins de bouches à nourrir... » (Prunier 1995).

Volgens de volkstelling van 1991, bestond 90,4 %
(of zo’n 6,5 miljoen) van de vaste bevolking in
Rwanda uit Hutu’s, 8,2 % (0,6 miljoen) uit Tutsi’s en
0,4 % (ongeveer 30 000) uit Twa. In het algemeen —
met enkele uitzonderingen — zijn de commentatoren
het erover eens dat deze cijfers de werkelijkheid
weerspiegelen. Ze zijn tevens in overeenstemming
met de resultaten behaald door extrapolatie van gegevens uit vroegere volkstellingen en migratiegegevens.
De historische relatie tussen Hutu’s en Tutsi’s wordt
hieronder besproken. Hier dient opgemerkt dat de
uitgesloten minderheid pygmoı̈de Twa eigenlijk uit
twee groepen bestaat: zij die leven van de pottenbak-

Selon le recensement de 1991, la population résidente du Rwanda se composait de 90,4 % de Hutus
(soit 6,5 millions d’habitants), 8, % de Tutsis (soit 0,6
million d’habitants) et 0,4 % de Twas (soit environ
30 000 habitants). En règle générale, les commentateurs s’accordent à dire (à quelques exceptions près)
que ces chiffres reflètent la réalité. Ils correspondent
également aux résultats obtenus en extrapolant les
chiffres sur la base du recensement précédent et des
chiffres d’immigration. L’historique des rapports
entre Hutus et Tutsis est abordé ci-après. Il convient
de noter ici que la minorité marginalisée des pygmées
Twas se compose en fait de deux groupes : ceux

1 - 611/7 - 1997/1998

( 92 )

kerij en zij die leven van de jacht en van de oogst. Deze
laatste groep — ook bekend onder de naam Impunyu
— bestaat uit minder dan 5 000 mensen en leeft voornamelijk in de Ruhengeri- en Gisenyi-préfectures. Ze
worden vaak uitgebuit en veracht door hun Rwandese landgenoten.

vivant de la vente de leurs poteries et ceux vivant du
produit de la chasse et de la cueillette. Ce dernier
groupe, également connu sous le nom Impunyu,
compte moins de 5 000 personnes et est concentré
dans les préfectures de Ruhengeri et Gisenyi. Ils sont
souvent exploités et méprisés par leurs concitoyens
rwandais.

In 1991 leefden er in Rwanda ongeveer 1,5 miljoen
gezinnen die gemiddeld uit 4,7 familieleden bestonden. De overheersing van de landbouw — en het traditionele leven — wordt benadrukt door het feit dat
niet minder dan 94,6 % van de bevolking op het platteland leefde, terwijl bijna twee derde van de stedelijke bevolking zich situeerde in Kigali. Rwanda is dus
een landelijk gebied waar de meeste mensen van de
landbouw in de heuvels leven (musozi in kinyarwanda). Deze landbouwers vormen de basis van de
Rwandese maatschappij. Dit heeft een zeer precieze
en eigenaardige vorm van de menselijke nederzetting
bepaald. De Rwandese boer — Hutu of Tutsi —
maakt deel uit van een rugo, ruw vertaald een afgescheiden gedeelte, gemeenschappelijk of per familie.
(In een polygaam gezin, beschikt elke vrouw over
haar eigen rugo.) Elke heuvel bestaat uit verschillende
ingo (meervoud van rugo) waarin Hutu’s en Tutsi’s
traditioneel naast elkaar leven, « in goede en kwade
dagen »; in gemengde huwelijken of in massamoord »
(Prunier, 1995).

En 1991, le Rwanda comptait environ 1,5 million
de ménages composés en moyenne de 4,7 membres.
La prédominance de l’agriculture et d’un mode de vie
traditionnel est soulignée par le fait que pas moins de
94,6 % de la population vit dans les campagnes tandis
que près des deux tiers de la population urbaine sont
concentrés à Kigali. Le Rwanda est donc un pays
rural dont les habitants vivent en majorité de
l’agriculture dans les collines (musozi en
kinyarwanda). Ces agriculteurs forment la base de la
société rwandaise. Il en a résulté une forme très
précise et particulière d’implantation : le paysan
rwandais — Hutu ou Tutsi — fait partie d’un rugo
qui peut se traduire approximativement par enceinte,
enclos, maisonnée (dans un ménage polygame,
chaque femme occupe son propre rugo). Chaque
colline se compose de plusieurs ingo (pluriel de rugo)
où Tutsis et Hutus cohabitent traditionnellement sur
les mêmes pentes, « pour le meilleur et pour le pire; les
mariages mixtes et les massacres » (Prunier, 1995).

De volkstelling van 1991 toont aan dat 48 % van de
bevolking jonger was dan 15 en dat de gemiddelde
levensverwachting 53,1 jaar was. Tegelijkertijd —
dus voor de massamoorden en de demografische veranderingen van 1994/1995 — was meer dan 20 % van
de seksueel actieve volwassenen in de steden besmet
met het HIV-virus (The Economist Intelligence Unit,
1995). Vrouwen worden op jongere leeftijd besmet en
in grotere aantallen dan mannen. Men verwacht dat
tegen het jaar 2000, tussen de 100 000 en 200 000
Rwandezen op jonge leeftijd zullen sterven aan AIDS.

Le recensement de 1991 a montré que 48 % de la
population était âgée de moins de 15 ans et que
l’espérance moyenne de vie était de 53,1 ans. Parallèlement — c’est-à-dire avant les massacres et les bouleversements démographiques de 1994/1995 — plus de
20 % de la population adulte sexuellement active
dans les zones urbaines était infecté par le virus HIV
(The Economist Intelligence Unit, 1995). Les femmes
sont contaminées à un âge plus jeune et en plus grand
nombre que les hommes. Selon les estimations,
100 000 à 200 000 Rwandais en bas âge mourront du
sida avant l’an 2000.

Een groot deel van de rurale bevolking lijdt aan
endemische ziektes zoals bilharzia, diarree, dysenterie
en infecties van de luchtwegen. Ziektes verbonden
aan de toestand van het water zijn de belangrijkste
doodsoorzaak bij kinderen. Volgens schattingen van
de Wereldbank, daalde de kindersterfte van 142 per
1 000 in 1970 naar 117 per 1 000 in 1992. In 1992
hadden 1,5 miljoen Rwandezen geen toegang tot de
gezondheidszorg; 2,6 miljoen beschikte niet over
drinkbaar water, en 3,2 miljoen Rwandezen heeft
geen sanitair (The Economist Intelligence Unit, 1995).

Une grande partie de la population rurale souffre
de maladies endémiques telles que la bilharziose, la
diarrhée, la dysenterie et des infections respiratoires.
Les maladies liées à l’eau sont la principale cause de
mortalité infantile. Selon les estimations de la Banque
mondiale, le taux de mortalité infantile a chuté de 142
pour 1 000 en 1970 à 117 pour 1 000 en 1992. En 1992,
quelque 1,5 million de Rwandais n’avaient pas accès
aux services sanitaires; 2,6 millions n’avaient pas
l’eau potable et 3,2 millions étaient privés de sanitaires (The Economist Intelligence Unit, 1995).

De officiële, administratieve taal is het Frans, maar
de mensen communiceren in de gewone nationale
landstaal kinyarwanda en, als een lingua franca voor
handelaars, in het Swahili (uit Oeganda en Tanzania
teruggekeerde Rwandezen spreken ook Engels).
Volgens de volkstelling van 1991, kon 44 % van de
bevolking niet lezen of schrijven, en was het analfa-

La langue officielle de l’administration est le français mais la population communique dans le langage
véhiculaire national qu’est le kinyarwanda et le
swahili qui est la lingua franca des commerçants (les
réfugiés originaires d’Ouganda et de Tanzanie
parlent également l’anglais). Selon le recensement de
1991, 44 % de la population était analphabète, le taux

( 93 )

1 - 611/7 - 1997/1998

betisme onder vrouwen (50 %) hoger dan onder
mannen (37 %). Volgens de Wereldbank volgde 71 %
van de kinderen basisonderwijs, te vergeleken met
68 % in 1970. Slechts 8 % volgde secundair onderwijs
en minder dan 1 % hoger onderwijs.

d’illettrisme étant plus élevé chez les femmes (50 %)
que chez les hommes (37 %). Selon les estimations de
la Banque mondiale, 71 % des Rwandais en bas âge
fréquentaient l’école en 1991 contre 68 % en 1970.
Mais seulement 8 % ont un diplôme secondaire et
moins d’1 % un diplôme supérieur.

De katholieke kerk heeft een belangrijke rol
gespeeld in de geschiedenis van Rwanda. Het is misschien beter de kolonisatie van Rwanda te omschrijven als een riskante onderneming van de « Witte
Paters », van de Franse katholieke kerk, veeleer dan
van het Duitse Rijk. De Fransen landden in 1899 en
hadden in enkele jaren tijd een aantal zendingsposten
opgericht, verspreid over het land. Tijdens de koloniale periode werkte de katholieke kerk nauw samen
met de Duitse en Belgische autoriteiten en na de Onafhankelijkheid was er een opvallend hoge mate van
politieke verstrengeling tussen kerk en staat.

L’Église catholique a joué un rôle crucial dans
l’histoire du Rwanda. En un certain sens, il serait plus
approprié de qualifier la colonisation du Rwanda
d’entreprise des « Pères Blancs » de l’Église catholique
française plutôt que de l’Empire germanique. Ils
débarquent au Rwanda en 1899 et en quelques années
installent plusieurs missions aux quatre coins du
pays. Durant la période coloniale, l’Église catholique
a travaillé main dans la main avec les autorités allemandes et belges et, après l’indépendance, la situation
politique a été caractérisée par un degré élevé d’interpénétration entre l’Église et l’État.

De stichters van het moderne Hutu-nationalisme
— waaronder de toekomstige president, Grégoire
Kayibanda — kwamen uit de kleine elitegroep van
zogenaamde évolués, grootgebracht in katholieke
scholen en seminaries. In het midden van de jaren ’70,
werd de rooms-katholieke aartsbisschop van Kigali,
Vincent Nsengiyumwa, lid van het Centrale Comité
van de heersende MRND-partij; hij was de officiële
biechtvader van president Habyarimana’s vrouw en
onderhield nauwe contacten met de akazu de harde
kern van de Hutu-nationalisten.

Les fondateurs du nationalisme hutu moderne au
nombre desquels figurait le futur président Grégoire
Kayibanda, faisaient tous partie de la petite élite des
« évolués » sortis des écoles catholiques et du séminaire. Vers la moitié des années ’70, l’archevêque de
l’Église catholique romaine, Vincent Nsengiyumwa,
devint membre du comité central du parti MRND au
pouvoir, confesseur officiel de l’épouse du président
Habyarimana et proche de l’akazu, le noyau dur des
nationalistes hutus.

De sterke verspreiding van het christendom in
Rwanda moet tegen deze achtergrond gezien worden.
Volgens de volkstelling van 1991, was niet minder
dan 90 % van de bevolking christen, waarvan 63 %
katholiek, 19 % protestant en ongeveer 8 % adventist.
De islam kent enige navolging in Kigali en in andere
steden maar is op nationaal vlak slechts van miniem
belang en heeft een aanhang van iets meer dan 1 %
van de bevolking.

La forte présence du christianisme au Rwanda doit
être vue sous cet angle. Selon le recensement de 1991,
90 % de la population était d’obédience chrétienne,
dont 63 % de catholiques, 19 % de protestants et 8 %
d’adventistes. L’Islam remporte un certain succès à
Kigali et dans d’autres centres urbains, mais son
importance marginale à l’échelle du pays représente à
peine plus de 1 % de la population.

Gegevens omtrent tewerkstelling, tenslotte, zijn
onvolledig aangezien slechts 4 % van de Rwandese
bevolking binnen de geldeconomie leeft. Volgens de
statistieken van de Wereldbank werkt 93 % van de
beroepsbevolking in de agriculturele sector (meer dan
het gemiddelde voor sub-Sahara Afrika), 3 % in de
industrie en 4 % in de dienstensector. In het begin van
de jaren ’90, was de overheid de grootste werkgever
met ongeveer 7 000 werknemers in het centraal
bestuur en ongeveer 43 000 werknemers in het plaatselijk bestuur, de strijdkrachten buiten beschouwing
gelaten.

Enfin, les données sur l’emploi sont incomplètes
puisque seulement 4 % de la population rwandaise vit
dans l’économie monétaire. Les statistiques de la
Banque mondiale pour l’année 1985 suggèrent que
93 % de la force de travail travaille dans le secteur
agricole (chiffre nettement supérieur à la moyenne
subsaharienne), 3 % dans l’industrie et 4 % dans le
secteur des services. Au début des années ’90, le principal employeur dans le secteur officiel était
l’administration publique qui occupait alors environ
7 000 employés dans l’administration centrale et
43 000 agents dans les administrations locales, sans
tenir compte du personnel des forces armées.

De grote meerderheid van gewone boeren werkt op
zelfstandige basis en noch de overheid noch de kleine
industriële sector kan de jaarlijkse fysieke groei van
de beroepsbevolking absorberen. De landbouwsector
moest dus de snelle demografische groei die in vele
regio’s echter de stijging van de landbouwproductie

L’immense majorité des paysans-cultivateurs
travaillent pour leur propre compte; ni
l’administration, ni le timide secteur industriel ne
peuvent absorber l’augmentation annuelle de la
population active. C’est donc le secteur agricole qui a
dû supporter la croissance démographique rapide qui

1 - 611/7 - 1997/1998

( 94 )

overtreft, ondersteunen. Slechts enkele plattelandsgezinnen konden dus leven van de landbouw. In 1990
verdiende volgens de overheid 81 % van de bevolking
geld door het uitvoeren van niet-officiële activiteiten
zoals de steenbakkerij, timmer- en naaiwerk. Bovendien was bijna iedereen, al was het maar sporadisch,
actief in de parallelle of « zwarte » economie. Dit omvatte grensoverschrijdende handel en ruilhandel of
smokkelarij met de buurlanden (The Economist Intelligence Unit, 1995).

a dépassé dans de nombreuses régions la progression
du rendement agricole. Rares sont donc les ménages
ruraux à survivre uniquement de l’agriculture. En
1990, le gouvernement a estimé que 81 % d’entre eux
avaient une activité lucrative d’appoint telle que la
fabrication de briques, la menuiserie et la couture. De
plus, presque tout le monde avait un pied dans
l’économie parallèle ou « le marché noir », ne fût-ce
qu’occasionnellement. Sont visés ici le commerce et le
troc transfrontaliers ou la contrebande avec les pays
voisins (The Economist Intelligence Unit, 1995).

Het grondvraagstuk

La distribution des terres

Reeds in 1984, bewerkte 57 % van de plattelandsgezinnen in Rwanda minder dan één hectare land en
25 % minder dan een halve hectare, waarvan vervolgens een gemiddeld gezin van vijf mensen moest onderhouden worden. Met de stijgende geboortencijfers, verzekerden de successiewetten (die het recht van
een familie om land te gebruiken, verdelen onder alle
overlevende zonen) dat de grootte van de eigendommen zou blijven dalen en eigendommen steeds meer
zouden worden opgedeeld in kleine percelen, verspreid over grotere gebieden. Aldus bewerkte in het
begin van de jaren ’90 het gemiddelde Rwandese
gezin minstens vijf percelen, elk met zijn specifieke
karakteristieken qua vruchtbaarheid, bereikbaarheid
en pachtvoorwaarden.

Déjà en 1984, 57 % des ménages ruraux du
Rwanda exploitaient une parcelle de moins d’un
hectare et 25 % une parcelle de moins d’un demihectare, ce qui devait leur permettre de nourrir une
famille moyenne de cinq personnes. Sous l’effet de la
croissance démographique, les lois en matière de
succession divisant entre les fils restants les droits de
la famille d’utiliser le sol, ne firent que contribuer
davantage à réduire la taille des parcelles de plus en
plus fragmentées en parcelles minuscules disséminées
dans des zones plus vastes. Au début des années ’90, le
ménage rwandais moyen exploitait donc au moins
cinq parcelles possédant des caractéristiques variables
en termes de fertilité, d’accessibilité et de forme de
propriété.

Deze verschillende percelen moesten een gezin het
ganse jaar door een constante toevoer van voedsel
garanderen. Dit houdt in dat zeer gesofisticeerde
beslissingen genomen moesten worden. Het is aan te
raden dat verschillende gewassen worden geteeld,
zodat bijvoorbeeld koolhydraatrijke gewassen zoals
aardappelen, proteı̈nerijke gewassen zoals bonen
aanvullen. Bovendien dient de boer ook rekening te
houden met de mate waarin de verschillende gewassen nood hebben aan een vruchtbare bodem of
armere bodems kunnen verdragen, enz. Een studie
(geciteerd door Waller, 1993) toonde aan dat om
vruchtbaarheid van de bodem te garanderen, de
boeren in 1993 in het zuiden van Rwanda 14 verschillende gewassen teelden in bijna 50 rotaties.

Le ménage doit produire sur ces diverses parcelles
une réserve de nourriture constante tout au long de
l’année, ce qui nécessite parfois des décisions très
complexes. Il est préférable de ne pas se limiter à un
seul type de culture, afin que, par exemple, des cultures riches en substances hydrocarbonées, comme les
pommes de terre, viennent compléter des cultures
riches en protéines, telles que les haricots. De plus, le
fermier doit tenir compte de la fertilité requise pour
chaque culture, des cultures résistant à des sols plus
pauvres, etc. Une étude (citée par Waller, 1993) a ainsi
démontré que, pour préserver la fertilité du sol, des
fermiers établis dans le sud du Rwanda ont cultivé
14 légumes différents selon environ 50 rotations.

Onder de stijgende bevolkingsdruk bleek het zeer
moeilijk om dit ingewikkeld systeem te handhaven en
in de jaren ’80 konden steeds meer families het zich
niet langer veroorloven hun percelen braak te laten
liggen. Hierdoor werd de bodem minder vruchtbaar
en kwamen er overlevingsstrategieën op korte
termijn, zoals het bewerken van de steilste hellingen,
zelfs al wisten de boeren dat zulke praktijken niet
houdbaar waren. In het begin van de jaren ’90,
situeerde de helft van de Rwandese landbouw zich op
hellingen van meer dan 10 % waar neerslag vaak
zowel de bodem als de gewassen wegspoelde. Voor
een steeds groeiend deel van de boerenbevolking vertaalde dit zich naar ondervoeding en armoede.

Sous la pression démographique, un système d’une
telle complexité est difficile à maintenir et, au cours
des années ’80, un nombre croissant de familles n’ont
plus pu se permettre de laisser leurs parcelles se régénérer par des périodes de jachère. Il en a résulté une
baisse de fertilité du sol et des stratégies de survie à
court terme, telles que l’utilisation des pentes les plus
abruptes tout en sachant pertinemment que ces pratiques n’étaient pas viables. Au début des années ’90, la
moitié de l’agriculture rwandaise était située sur des
pentes de plus de 10 % d’inclinaison où les précipitations emportaient souvent le sol et les plantations.
Ceci entraîna à son tour un regain de malnutrition et
de pauvreté chez une partie croissante des paysans.

( 95 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Volgens een rapport opgesteld door het ministerie
van Landbouw, telde de boerenbevolking van
Rwanda in 1984 zo’n 5,5 miljoen leden. Gemiddeld
verbruikte elke persoon 49 gram proteı̈ne per dag (dit
cijfer zou men moeten vergelijken met het internationaal aangeraden minimum van 59 gram). Tegen 1989
was de landbouwbevolking gestegen tot 6,5 miljoen,
maar het gemiddeld dagverbruik van proteı̈ne was nu
gezakt tot 36 gram per persoon (Waller, 1993).

Un rapport du Ministère de l’Agriculture de 1984
dénombrait 5,5 millions d’agriculteurs au Rwanda.
Chaque personne consomme en moyenne 49 grammes de protéines par jour (à comparer à la norme
minimale de 59 grammes recommandée au niveau
international). En 1989, la population agricole atteignait 6,5 millions mais la prise quotidienne moyenne
de protéines était retombée à 36 grammes par
personne (Waller, 1993).

De positie van de vrouw

Le statut de la femme

Zoals in andere Afrikaanse landen, is de wettelijke
positie van de vrouw in Rwanda een omstreden zaak.
De grondwet van 1991 bepaalt dat alle burgers gelijk
zijn maar tegelijkertijd aanvaardt ze de geldigheid van
de traditionele wetgeving in gebieden waar geen
geschreven wetten zijn. Dit omvat het belangrijke
vraagstuk van de nalatenschap. Het probleem is dat
volgens de wet vrouwen niet wettelijk « bekwaam »
zijn en ze erkent enkel de man als hoofd van het gezin.
Een vrouw kan land verkrijgen van haar ouders door
schikking voor vruchtgebruik of door erfenis indien
ze geen broers heeft maar bij afsluiting van een huwelijk zal dit land de eigendom worden van haar echtgenoot en indien het huwelijk wordt beëindigd kan ze
hierop geen aanspraak meer maken. Indien haar echtgenoot overlijdt, erft de vrouw niets. In feite kan een
vrouw wettelijk gezien niets bezitten, geen huis,
werktuigen, vee of gewassen. Dit gebrek aan wettelijke status zorgt voor specifieke problemen in plattelandsgezinnen met aan het hoofd een alleenstaande
vrouw (22 % in 1984). In de moderne economie betekent het wettelijk onvermogen van de vrouw dat ze
geen bankrekening kan openen zonder toestemming
van haar echtgenoot of — indien ze niet gehuwd is —
van een mannelijke bloedverwant. Dit gecombineerd
met haar onvermogen om enig bezit te hebben, maakt
het voor een vrouw bijna onmogelijk om een lening af
te sluiten.

Comme dans d’autres pays africains, le statut légal
de la femme au Rwanda est ambigu. La Constitution
de 1991 dispose que tous les citoyens sont égaux tout
en reconnaissant la validité de la loi traditionnelle
dans les zones dépourvues de codification écrite.
Cette loi traditionnelle comprend la question importante des successions. Le principal problème, c’est que
la loi ne considère pas la femme comme légalement
« compétente » mais qu’elle ne reconnaît que l’homme
comme chef du ménage. Une femme peut acquérir
l’usufruit d’un terrain en vertu d’une donation de ses
parents ou par voie d’héritage si elle n’a pas de frère,
mais une fois qu’elle se marie, ses avoirs deviennent la
propriété du mari et si le mariage s’achève par un
divorce, elle n’a aucun moyen de les récupérer. Si son
mari vient à décéder, la femme n’hérite de rien. En
effet, la femme ne peut légalement rien posséder, ni
maison, ni outils, ni bétail, ni cultures. Cette absence
de statut légal pose des problèmes particuliers dans les
ménages ruraux dirigés par des femmes célibataires
(22 % en 1984). Dans le secteur moderne de
l’économie, l’incapacité légale de la femme signifie
qu’elle ne peut ouvrir un compte en banque sans le
consentement de son mari ou — si elle n’est pas
mariée — d’un parent mâle. Si l’on ajoute à cela
l’incapacité de posséder un avoir, il lui est quasiment
impossible d’obtenir un prêt.

In de overheidssector en administratie waren tot de
coalitieregering van 1992 geen vrouwelijke ministers.
Er waren ook geen vrouwelijke préfets of bourgemestres; 97 % van alle economisch actieve vrouwen
waren boeren en onderhielden hun families en stonden in voor bijna alle aspecten van het gezinsleven,
met inbegrip van landbouwactiviteiten zoals zaaien,
wieden en het binnenhalen van de oogst, het halen
van hout en water. In het begin van de jaren ’90 verrichtten vrouwen 54 % van alle landbouwarbeid en
beschikten ze gemiddeld over 20 % minder vrije tijd
dan mannen. Desondanks, had 38 % van de plattelandsvrouwen nog nooit enig contact gehad met een
regeringsambtenaar inzake landbouwbevordering
(Waller, 1993).

Dans le domaine du gouvernement et de l’administration, il n’y a pas eu de femme ministre jusqu’au
gouvernement de coalition en 1992. Il n’y a pas eu non
plus de femmes préfets ou bourgmestres; 97 % des
femmes économiquement actives sont des agricultrices qui ont la responsabilité de nourrir leur famille et
de gérer la quasi-totalité des aspects du ménage, y
compris des activités telles que la couture, le sarclage
et la récolte en plus des corvées eau et bois. Au début
des années ’90, les femmes accomplissaient 54 % des
tâches agricoles et avaient en moyenne 20 % de temps
libre en moins que les hommes. Malgré cela, 38 % des
femmes rurales n’avaient jamais eu aucun contact
avec un agent gouvernemental d’extension agricole
(Waller, 1993).

Sinds kort worden Rwandese vrouwen zich meer
en meer bewust van de onrechtvaardigheid van hun
positie binnen de maatschappij. Vrouwenverenigingen die op het platteland samenwerkten werden in de

Ces derniers temps, les femmes rwandaises ont pris
de plus en plus conscience de l’injustice de leur statut
social. Des associations de femmes travaillant ensemble dans les zones rurales ont donc gagné en force au

1 - 611/7 - 1997/1998

( 96 )

jaren ’80 dus steeds sterker. Binnen deze verenigingen
hebben vrouwen een de facto wettelijke status verworven waardoor ze toegang kunnen krijgen tot land
en kredieten. In tijden van politieke beroering en opschudding — zoals in 1994 — onder de traditionele,
door mannen gedomineerde en conservatieve politieke cultuur, hebben vrouwen in het algemeen echter
geen verzachtende invloed uitgeoefend.

cours des années ’80. Au sein de ces associations, les
femmes ont acquis un statut légal de facto leur
permettant d’avoir accès au crédit et de posséder des
terres. Mais les femmes n’ont pas eu d’influence
modératrice dans la culture conservatrice à domination mâle pendant les périodes d’agitation politique et
de bouleversements — comme en 1994.

De economie

Économie

Met uitzondering van onderontgonnen hydroelektrische sites, beschikt Rwanda slechts over een
beperkt aantal natuurlijke rijkdommen en de economie is bijna uitsluitend opgebouwd rond koffie en
thee. De producerende sector heeft sinds de onafhankelijkheid echter aan belang ingewonnen, en is in
1992 uitgegroeid tot ongeveer 16 % van het bruto
nationaal product (BNP). Voor de omwenteling van
1994 — die de industriële infrastructuur, het bestuur
en de beroepsbevolking ernstig schaadden — bestonden de belangrijkste subsectoren uit de productie van
drank en voedsel, detergenten, textiel en landbouwinstrumenten zoals schoffels en kapmessen.

Exception faite des sites hydroélectriques sousexploités, les ressources naturelles du Rwanda sont
assez limitées et l’économie s’est développée presque
exclusivement autour de deux cultures rémunératrices : le café et le thé. Le secteur manufacturier a pris de
l’importance depuis l’indépendance en partant quasiment de zéro pour atteindre environ 16 % du produit
intérieur brut (PIB) en 1992. Avant les troubles de
1994 qui ont fortement touché l’infrastructure industrielle, le management et la force de travail, les principales branches couvraient la production de boissons
et de denrées alimentaires, de détergents, de produits
textiles et d’outils agricoles tels que des houes et des
machettes.

Volgens de gegevens van de Wereldbank, groeide
Rwanda’s BNP met een indrukwekkend jaarlijks
gemiddelde van 4,7 % in de periode 1970-1979, maar
deze groei nam af tot 2,2 % in 1980-1988. In 1989
daalde het BNP gevoelig door een sterke daling in de
koffie-inkomsten. Deze daling zette zich voort in
1991, 1992 en 1993 en was om duidelijke redenen uitzonderlijk vernietigend in 1994. Het BNP per hoofd
werd in 1993 geraamd op 200 US$, in vergelijking met
330 US$ in 1989 of een daling van ongeveer 40 % in
amper vier jaar tijd (The Economist Intelligence Unit,
1995).

Selon les chiffres de la Banque mondiale, le PIB du
Rwanda a connu une croissance annuelle moyenne
impressionnante en termes réels de 4,7 % entre 1970
et 1979, croissance suivie d’un ralentissement qui l’a
fait retomber à 2,2 % de 1980 à 1988. En 1989, le PIB a
enregistré une baisse marquée due à la chute des recettes de la vente de café. Le déclin s’est poursuivi en
1991, 1992 et 1993 et a été particulièrement marqué en
1994 pour les terribles raisons que l’on sait. Le PIB par
habitant était estimé à USD 200 en 1993 contre
USD 330 en 1989, soit une baisse de l’ordre d’environ
40 % en seulement quatre ans (The Economist Intelligence Unit, 1995).

Koffie is veruit Rwanda’s belangrijkste bron van
inkomsten. Vooral de variëteit arabica wordt geteeld
en wordt op de wereldmarkt ondergebracht in de
klasse met « andere milde koffiesoorten ». De Belgische overheid introduceerde voor de eerste maal
koffie in de jaren ’20. De Belgen teelden koffie op
grote schaal en verordenden dat belastingen betaald
moesten worden in geld en niet in natura om de verbouwing van koffie verder door te drijven. De koloniale overheden maakten in vele gebieden de verbouwing van koffie verplicht, een wet die nog steeds
bestaat in quasi ongewijzigde vorm (The Economist
Intelligence Unit, 1995). Sinds de introductie van
koffie, steeg de koffieproductie, tot in 1986 (meer dan
42 000 ton) waarvan 82 % van Rwanda’s totale
exportinkomsten vertegenwoordigde. Na de ineenstorting van de internationale koffieprijzen in 1989 en
de oorlog van oktober 1990, is dit aandeel echter
steeds blijven dalen. Het bedroeg nog 51 % in 1992 en
zal nog aanzienlijk lager liggen na de tragedie van

Le café est la principale ressource du Rwanda. La
principale variété cultivée, l’arabica, est classée dans
la catégorie « autres légers » sur le marché mondial.
C’est l’administration belge qui a introduit le café au
Rwanda dans les années 1920. Les Belges ont planté
du café en abondance et ont décrété que les taxes
étaient payables en espèces plutôt qu’en nature afin de
forcer le développement de cette culture. Par la suite,
les autorités coloniales ont rendu la culture du café
obligatoire en de nombreux endroits, cette loi étant
demeurée virtuellement inchangée jusqu’à ce jour
(The Economist Intelligence Unit, 1995). Depuis son
introduction dans le pays, la production de café se
développa jusqu’à dépasser les 42 000 tonnes en 1986,
atteignant ainsi 82% des recettes totales d’exportation du Rwanda. Mais en raison de l’effondrement
des prix du café en 1989 et de la guerre d’octobre 1990,
cette part n’a fait que régresser. Elle n’était plus que de
51 % en 1992 et sera sans doute nettement moindre
après la tragédie de 1994 qui a laissé les cultures de

( 97 )

1 - 611/7 - 1997/1998

1994 die de koffieplanten in het ganse land grotendeels beschadigd, verwaarloosd en besmet met ziektes
achterliet. Men schat dat het minstens drie jaar zal
duren vooraleer deze planten weer hersteld zijn.

café dévastées, délaissées et malades dans tout le pays.
On estime qu’il faudra trois ans pour les remettre en
état.

Alle koffieproducenten in Rwanda zijn kleine
boeren die verplicht zijn om op hun percelen koffie te
verbouwen. [In Rwanda, is het land eigendom van de
staat. Individuele boeren hebben enkel het recht om
het land te gebruiken, niet om het te bezitten, en de
Staat kan land weer opeisen voor eigen gebruik, zonder enige schadevergoeding te betalen (Waller,
1993).] In 1989 waren er bijna 700 000 koffieboeren
— of ongeveer 60 % van alle kleine boeren in het land
— die elk gemiddeld 150 planten teelden. Tijdens het
grootste deel van de jaren ’80, garandeerde de overheid een vaste prijs van 125 Rwanda francs (RWF)
per kilo, wat tot in 1987 betekende dat de prijs aan de
producenten lager was dan de sterke wereldprijs als
gevolg waarvan de overheid zware winsten maakte.
De wereldprijs begon echter te dalen en in 1989 werd
Rwanda, net zoals alle andere kleine koffieproducerende landen, zwaar getroffen door de ondergang van
de Internationale Koffieovereenkomst die op haar
beurt leidde tot de ineenstorting van de prijs tot de
helft van zijn waarde in 1980 op de markt van
Londen. Tegen deze achtergrond liet de Rwandese
overheid de prijs aan de producenten zakken tot
115 RWF per kilo en — binnen het Structurele Aanpassingsprogramma van 1990 met de Wereldbank en
het Internationale Monetaire Fonds (IMF) — devalueerde de nationale munt met 40 %. Een bijkomende
devaluatie van 15 % vond plaats in juni 1992.

Tous les producteurs de café du Rwanda sont des
petits cultivateurs qui sont obligés de faire pousser du
café sur leurs parcelles. [Au Rwanda, les terres appartiennent à l’État. Les paysans n’ont que le droit
d’utiliser la terre, sans droit de propriété, et l’État peut
la récupérer pour son propre usage, sans devoir
aucune compensation pour les pertes occasionnées
(Waller, 1993)]. En 1989, le Rwanda comptait près de
700 000 cultivateurs de café, soit environ 60 % de
l’ensemble des petits cultivateurs, chacun cultivant
150 caféiers en moyenne. Pendant la plus grande
partie des années ’80, le gouvernement leur a assuré
un prix garanti de 125 francs Rwanda (RWF) au kilo,
ce qui veut dire que jusqu’en 1987, le prix payé aux
producteurs était moins élevé que les prix élevés pratiqués sur le marché mondial, ce qui a permis au
gouvernement de faire des gains plantureux sur le
commerce du café. Or, le cours mondial du café se mit
à baisser et, en 1989, le Rwanda, à l’instar d’autres
petits pays producteurs de café, fut gravement affecté
par l’effondrement de l’accord international sur le
café qui entraîna à son tour une chute des cours sur le
marché londonien, ramenant le prix du café à son
cours de la moitié des années ’80. C’est dans ce
contexte que le gouvernement rwandais réduisit le
prix payé aux producteurs à 115 RWF le kilo. De
plus, dans le cadre du programme d’ajustement structurel imposé en 1990 par la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international (FMI), la monnaie
nationale dut dévaluer de 40 %. Une nouvelle dévaluation de 15 % fut opérée en juin 1992.

Terwijl herstructurering onvermijdelijk was, was
voor de Rwandese kleine boer de koffieteelt nog
minder aantrekkelijk dan voordien. In één jaar tijd —
van 1989 tot 1990 — reageerde de gemiddelde boer op
de crisis met een aanzienlijke verhoging van zijn productie, om uiteindelijk 20 % minder te verdienen.
Aangezien de koffieplanten een gewas voortbrachten
dat een aanzienlijk lagere waarde had per hectare in
RWF dan bijvoorbeeld bananen of bonen, trachtten
vele Rwandese boeren hun koffieplanten te vernietigen en andere gewassen te telen (Waller, 1993).

Bien que la restructuration fût inévitable, elle a eu
pour effet, du point de vue du paysan rwandais, de
rendre la culture du café encore moins attrayante
qu’auparavant. En un an — de 1989 à 1990 — le
paysan moyen réagit à la crise en augmentant considérablement sa production pour finalement se retrouver
avec un manque à gagner de 20 %. Comme la récolte
de café à l’hectare rapportait en monnaie locale nettement moins que, par exemple, les bananes ou les haricots, nombre de paysans rwandais arrachèrent leurs
caféiers par désespoir pour se tourner vers d’autres
cultures (Waller, 1993).

Naast koffie, is ook thee belangrijk geworden in de
buitenlandse handel, met een stijging van 9 % van de
exportinkomsten in 1986, tot 30 % in 1992. In tegenstelling tot koffie, wordt thee hoofdzakelijk verbouwd op grote plantages die allemaal, met uitzondering van één, in handen van de overheid zijn. De plantages omvatten 1 % van Rwanda’s verbouwde landoppervlak. Op sommige plaatsen, zoals in Nkuli
(Ruhengeri), werden theeplantages opgericht in
gebieden die voorheen ingenomen waren door kleine
boeren. De jaarlijkse oogsten tijdens de periode 1988-

Outre le café, le thé est devenu lui aussi une source
importante de devises étrangères, passant de 9 % des
recettes d’exportation en 1986 à 30 % en 1992. À
l’inverse du café, le thé se cultive essentiellement dans
les grands domaines qui, à une exception près, sont
tous la propriété du gouvernement. Les plantations de
thé couvrent ensemble 1% du territoire cultivé. À
certains endroits tels que Nkuli (Ruhengeri), les cultures de thé ont été introduites dans des zones précédemment occupées par des paysans locaux. Les récoltes annuelles entre 1988 et 1992 ont oscillé autour de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 98 )

1992 varieerden rond de 13 000 ton. De verbouwing
van thee werd echter, net zoals de koffieteelt, ernstig
getroffen door de oorlog van oktober 1990.

13 000 tonnes. Toutefois, à l’instar des récoltes de
café, les récoltes de thé ont été gravement affectées par
la guerre qui a éclaté en octobre 1990.

Over het algemeen kenden de jaren ’80 een dramatische vermindering van de economische rijkdommen
van Rwanda en tegen het einde van het decennium
verslechterde de toestand van de economie in elke
sleutelsector, zoals de aangroei van het BNP, de betalingsbalans, handelsvoorwaarden en schuldenlast.
Het stagnerende BNP werd hierboven reeds becommentarieerd. Ook de situatie van de betalingsbalans
verslechterde vanaf 1985 en in 1989 lag de waarde van
geı̈mporteerde goederen 3,5 keer zo hoog als de
waarde van de uitgevoerde goederen. Dit was grotendeels te wijten aan de ineenstorting van Rwanda’s
handelsvoorwaarden of haar internationale koopkracht die met 47 % daalde tussen 1980 en 1987.
Weinig landen kampten met zulke zware tegenslagen
verspreid over eenzelfde periode. Uiteindelijk steeg de
hieruit voortvloeiende buitenlandse schuld — die in
1980 189 miljoen US$ bedroeg — bijna constant in de
jaren ’80 en klom ze in 1992 op tot 873 miljoen US$
(Waller, 1993; Vassall-Adams, 1994; and The Economist Intelligence Unit, 1995).

Globalement, les années ’80 ont été marquées par le
déclin spectaculaire de l’économie rwandaise et, à la
fin de cette décennie, l’économie avait régressé dans
chaque secteur-clé : croissance du PIB, balance des
paiements, ratio échanges commerciaux/endettement. La stagnation du PIB a déjà été commentée cidessus. La balance des paiements s’est également détériorée à partir de 1985 et en 1989 la valeur des biens
importés était 3,5 fois supérieure à la valeur des
exportations. Cette situation s’explique largement
par le déclin des termes de l’échange du Rwanda ou de
son pouvoir d’achat international, qui a reculé de
47 % entre 1980 et 1987. Rares sont les pays à avoir
connu un recul aussi prononcé au cours de la même
période. Enfin, la dette externe (USD 189 millions en
1980) a augmenté d’une manière quasi constante tout
au long des années ’80 pour grimper en 1992 jusqu’à
USD 873 millions (Waller, 1993; Vassall-Adams, 1994
et The Economist Intelligence Unit, 1995).

De structurele aanpassingsprogramma’s van 1990
en 1992 vielen samen met de oorlog die begon met de
invasie van het Rwandese Patriottisch Front in oktober 1990. Het is daarom moeilijk om de macro-eonomische impact ervan in te schatten. Naast de ontberingen van de koffietelers, is er echter voldoende
bewijs dat onder andere de invoering van hogere
lonen voor gezondheid en onderwijs hebben bijgedragen tot de zware lasten van de armen van Rwanda
(Vassall-Adams, 1994; Marysse, 1993 en 1994).

Les programmes d’ajustement structurel de 1990 et
1992 ont coı̈ncidé avec la guerre qui débuta par
l’invasion du Front patriotique rwandais en octobre
1990. Il est donc difficile d’évaluer leur impact macroéconomique. Indépendamment des déboires des
paysans producteurs de café, tout indique que
l’introduction de coûts élevés notamment pour les
soins de santé et l’éducation n’a fait qu’alourdir les
charges déjà écrasantes des pauvres au Rwanda
(Vassall-Adams, 1994; Marysse, 1993 et 1994).

De oorlog had een vernietigend effect op de Rwandese economie. Honderdduizenden boeren in het
noorden van Rwanda verhuisden, met dramatische
gevolgen voor de koffie- en voedselproductie. Vervolgens sneed de oorlog de weg af tussen de Keniaanse
havenstad Mombasa, Rwanda’s belangrijkste route
naar de buitenwereld. Het vernielde Rwanda’s ontluikend toerisme dat de derde grootste bron van buitenlandse deviezen was geworden. En tenslotte werd
de overheid ertoe aangezet haar strijdmacht uit te
breiden, en zodoende de nationale middelen die voor
andere doeleinden konden worden ingezet, in te
krimpen (Vassall-Adams, 1994).

La guerre a eu un effet dévastateur sur l’économie
rwandaise. D’abord, elle a provoqué le déplacement
de milliers de paysans vers le nord du Rwanda, avec
des répercussions dramatiques pour la production de
café et de denrées alimentaires. Ensuite, elle a coupé la
route vers le port kenyan de Mombasa, le principal
axe de communication entre le Rwanda et le reste du
monde. De plus, elle a détruit l’industrie touristique
naissante du pays, qui était devenue la troisième
source de devises étrangères du pays. Enfin, elle
amena le gouvernement à développer considérablement ses forces armées, réduisant ainsi les ressources nationales disponibles à d’autres fins (VassallAdams, 1994).

HOOFDSTUK 2

CHAPITRE 2

DE PREKOLONIALE PERIODE

PÉRIODE PRÉ-COLONIALE

Deze voorstelling, gebaseerd op door geschiedkundigen verschafte documenten over de ontwikkeling
van prekoloniaal Rwanda, gaat verschillende richtingen uit. Enerzijds wijst het naar een « etnische » diver-

Ce chapitre, basé sur la documentation recueillie
par des historiens concernant le développement du
Rwanda pré-colonial, va dans plusieurs directions.
D’une part, il souligne la diversité « ethnique » fondée

( 99 )

1 - 611/7 - 1997/1998

siteit, deels gebaseerd op de beroepsstatus, deels gebaseerd op een patroon/onderhorige-verhouding, maar
ook op een Hutu/Tutsi-afkomst. Anderzijds wordt
gezegd dat tot de geschreven beschrijvingen van de
eerste Europese reizigers, de mensen zichzelf identificeerden volgens stam en niet zozeer volgens hun etnische verwantschap, en dat de beschrijving van de
zogenaamde etnische groepen op papier werd gezet
door die reizigers. Zoals in vele andere gebieden in
Afrika, zijn bij gebrek aan geschreven bronmateriaal,
archeologische overblijfselen, enz. betrouwbare
historische gegevens van de periode voor het midden
van de negentiende eeuw, zeldzaam.

en partie sur le statut professionnel et en partie sur la
relation patron/dépendant, mais aussi sur l’ascendance Hutu/Tutsi. D’autre part, il rappelle que
jusqu’à l’apparition des descriptions écrites réalisées
par les premiers voyageurs européens, l’individu
s’identifiait par rapport à son clan plutôt que par son
appartenance ethnique et que cette description des
groupes dits ethniques est le fait de ces voyageurs.
Comme dans bon nombre de régions d’Afrique, en
l’absence de sources écrites, de vestiges archéologiques, etc., les données historiques fiables antérieures
au milieu du XIXe siècle sont chose rare.

De meeste geschiedkundigen zijn het erover eens
dat de eerste inwoners van Rwanda, wiens huidige
afstammelingen de Twa zijn — de kleine minderheid
die het land reeds bevolkte in 2000 voor Christus —
leefden van de jacht en de oogst. Naast de jacht, leefden ze van de steenbakkerij en mandenwerk. Rond
1000 voor Christus werden ze verdrongen door Hutuboeren. Deze migratie maakte deel uit van een zogenaamde Bantu-uitbreiding die, in het geval van
Rwanda, trok van de savannes van het huidige Kameroen tot aan het gebied van de Grote Meren. Ze rooiden de wouden en bewerkten de donkere en rijke
vulkanische bodems (Vansina, 1962 en de Heusch,
1966).

La plupart des historiens s’accordent à dire que les
premiers habitants du Rwanda vivaient de la chasse et
de la cueillette et habitaient les forêts. Leurs descendants modernes sont les Twas qui ne constituent plus
aujourd’hui qu’une faible minorité. Leur arrivée
remonte à 2000 avant J.-C. Outre la chasse, ils pratiquent la poterie et la vannerie. Vers l’an 1000 après
J.-C., l’arrivée de paysans, les Hutus, les contraignit à
se déplacer. Cette migration s’inscrivait dans le cadre
de l’expansion bantoue qui, dans le cas du Rwanda,
peut être située des savanes du Cameroun actuel
jusqu’à la région des Grands Lacs. Ces paysans ont
défriché les forêts et cultivé le sol volcanique sombre
et fertile (Vansina, 1962 et de Heusch, 1966).

De immigrerende Bantu-sprekende boeren teelden
sorghum, hielden vee en bijen, jaagden en ontwikkelden dorpindustrieën. Ze droegen geitenhuiden en
bont en organiseerden het leven volgens afkomst en
stam onder de leiding van stamhoofden of chefs
(d’Hertefelt, 1962). Hutu’s leefden samen met Twa,
ruilden huiden en vlees in ruil voor zout en ijzerwerk.

Les agriculteurs immigrés d’expression bantoue
cultivaient le sorgho, élevaient du bétail et des abeilles, chassaient et développèrent des industries villageoises. Ils portaient des peaux de chèvre et des vêtements tannés. Ils s’organisèrent en lignages et en clans
placés sous le commandement de chefs de lignage et
de chefs de clans (d’Hertefelt, 1962). Les Hutus ont
cohabité avec les Twas et ont troqué des peaux et de la
viande contre du sel et des objets en fer.

Rond de vijftiende eeuw hadden vele Hutu’s zich
georganiseerd in « staatjes », elk gecontroleerd door
een dominante stam en samengesteld uit verschillende
afkomstlijnen onder leiding van een heersende afkomstlijn (die na verloop van tijd een dynastieke afkomstlijn werd) aangevoerd door een mwami (stamhoofd of koning), die een landheer was en een ritueel
leider verantwoordelijk voor het opwekken van regen
(Vansina, 1962). Er is bewijs dat sommige afkomstlijnen op dat ogenblik reeds vee bezaten en dat verschillende staten waren opgericht voor de immigratie van
de Tutsi’s (hoofdzakelijk de Nyiginya-stam). Volgens
Kagame (1972), hadden op dit ogenblik zeven grote
stammen een pre-Nyiginya status verworven.

Au XVe siècle, une grande partie des Hutus étaient
organisés en mini-États contrôlés chacun par un clan
dominant et composés de plusieurs lignages sous
l’autorité d’un lignage dirigeant (qui, au fil du temps,
devint une dynastie) avec à sa tête un mwami (chef ou
roi) qui était un chef temporel et spirituel chargé de
faire tomber la pluie (Vansina, 1962). Il semblerait
que certains lignages avaient déjà acquis du bétail à
cette époque et que l’on avait assisté à l’émergence de
plusieurs États avant l’immigration des Tutsis (principalement le clan Nyiginya). Kagame (1972) estime
qu’à ce stade, sept grands clans avaient un statut préNyiginya.

Het huidige Rwanda, gezien als een geopolitieke
eenheid van verschillende staatjes, ontstond volgens
verschillende geschiedkundigen ergens tussen de elfde
en de vijftiende eeuw, grotendeels door de immigratie
van veehouders en vestiging van Tutsi’s. Vanaf ongeveer de vijftiende eeuw, steeg het aantal veehouders in
de bestaande staten.

Le Rwanda actuel, considéré comme une entité
géopolitique composée de plusieurs mini-États, émergea d’après les historiens entre le XIe et le XVe siècle,
en grande partie sous l’effet de l’immigration et
l’implantation d’éleveurs tutsis. À partir du XVe
siècle environ, le nombre d’éleveurs augmenta considérablement dans les États existants.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 100 )

De Tutsi’s maakten blijkbaar deel uit van een grotere migratie naar het zuiden van de Grote Meren
(Bauman, 1948; d’Hertefelt, 1962). Of de immigratie
geleidelijk aan plaatsvond of plotseling wordt nog
steeds in vraag gesteld. De vestiging van de Tutsi’s
vond echter zowel door verovering als door vreedzame opneming plaats (Lemarchand, 1970; d’Hertefelt, 1962; Kagame, 1972; Vansina, 1962; Ogot,
1984; en Reyntjens, 1985).

Les Tutsis semblent appartenir à un mouvement
migratoire plus vaste d’éleveurs vers le sud dans la
région des Grands Lacs (Bauman, 1948; d’Hertefelt,
1962). Les avis divergent sur la question de savoir si
l’immigration vers le Rwanda a été graduelle ou
soudaine. Mais au fil du temps, les Tutsis s’implantèrent à la fois par voie de conquête et d’assimilation
(Lemarchand, 1970; d’Hertefelt, 1962; Kagame, 1972;
Vansina, 1962; Ogot, 1984 et Reyntjens, 1985).

Men onderscheidt twee stadia van interactie tussen
Hutu’s en Tutsi’s. Het begin van de immigratie van
Tutsi’s wordt omschreven als een geleidelijke en
vreedzame infiltratie. Vleesproducten werden omgeruild tegen landbouwproducten en vormden de basis
van sociale interactie. Vreedzame coëxistentie werd
meestal echter gevolgd door Tutsi-veroveringen
resulterend in de oplegging van een rechtstreeks militair Tutsi-bewind en Tutsi-regering (Lemarchand,
1966; Vansina, 1962). Deze fase werd gevolgd door
een proces gericht op controle van de productiefactoren waaronder geleidelijke beperking van toegang tot
land, vee en arbeid (C. Newbury, 1974; d’Hertefelt,
1962; en Vidal, 1969).

Il convient de distinguer deux phases d’interaction
entre Hutus et Tutsis. L’immigration des Tutsis dans
les zones hutues aurait commencé, selon les descriptions, par une infiltration graduelle et pacifique. Des
têtes de bétail étaient échangées contre des produits
agricoles et ces échanges constituèrent la base des
échanges sociaux. Cependant, la coexistence pacifique était généralement suivie de conquêtes qui débouchaient sur le placement des territoires conquis sous
l’administration directe et le régime militaire des
Tutsis (Lemarchand, 1966; Vansina, 1962). Cette
phase a été suivie d’un processus visant à acquérir le
contrôle direct des facteurs de production, en ce
compris la restriction graduelle de l’accès au sol, au
bétail et au travail (C. Newbury, 1974; d’Hertefelt,
1962 et Vidal, 1969).

Over een periode van 400 jaar, werd een aantal
onafhankelijke politieke Hutu-eenheden aldus gereduceerd tot administratieve eenheden en de Hutu’s
werden getransformeerd tot wat later omschreven
werd als een « etnische » categorie (Lema, 1993). Een
vaak herhaalde bewering is dat ongeveer 20 generaties geleden, een Tutsi-stam, de Nyiginya, politieke
overheersing verwierf in het oosten van Rwanda. In
de loop van enkele eeuwen vormden ze de kern van
een staat die zich naar het westen toe uitbreidde en het
grootste gedeelte van het hedendaagse territorium
omvat (D. Newbury, 1987). De geschiedenis van de
periferie verschilt dus van die van het centrum.
Rwanda is bijgevolg een land van sterke regionale
verschillen. Vooral de noordelijke gebieden of de tegenwoordige Gisenyi en Ruhengeri-préfectures,
zowel als de gebieden die in het zuidwesten liggen,
buiten de Rwandese kernstaat.

Pendant une période de 400 ans, toute une série
d’unités politiques hutues ont donc été réduites au
rang d’entités administratives et les Hutus se sont
transformés en ce qui serait décrit plus tard comme
une catégorie « ethnique » (Lema, 1993). L’on entend
souvent dire qu’il y a environ 20 générations, l’est du
Rwanda était sous la domination politique d’un clan
tutsi, le clan Nyiginya. Au fil des siècles, ce clan forma
un noyau étatique qui s’élargit vers l’ouest jusqu’à
couvrir la plupart du territoire actuel (D. Newbury,
1987). L’histoire des territoires périphériques diffère
dès lors de celle du centre du pays. Le Rwanda est
donc un pays caractérisé par de fortes variations
régionales. Ce sont surtout les régions du nord, les
actuelles préfectures de Gisenyi et Ruhengeri, ainsi
que certaines parties du sud-ouest qui se situent hors
du noyau étatique rwandais.

In dit proces werden de Tutsi’s door de Hutu’s opgenomen. Ze namen de taal over die de Hutu’s spraken (kinyarwanda) en namen de Hutu-tradities en
-cultus over. Ze deelden bovendien dezelfde heuvels
— er was geen segregatie van mensen — sloten
gemengde huwelijken af en droegen dezelfde namen
(Lemarchand, 1970; Rennie, 1972; Oliver, 1977 en
Reyntjens, 1985).

Dans la foulée, les Hutus ont assimilé les Tutsis qui
ont repris à leur compte la langue parlée par les Hutus
(kinyarwanda) et intégré les traditions et les cultes
hutus. De plus, ils partagent les mêmes collines — il
n’y avait pas de ségrégation —, les mariages interethniques étaient fréquents et les membres des deux
ethnies portaient les mêmes noms (Lemarchand,
1970; Rennie, 1972; Oliver, 1977 et Reyntjens, 1985).

Tijdens de prekoloniale periode of voor de negentiende eeuw, kwamen de Tutsi’s, Hutu’s en Twa grotendeels overeen met beroepscategorieën. De Tutsi’s
waren vooral veehoeders, soldaten en bestuurders,
terwijl de Hutu’s boeren waren. De Twa vormden een
marginale groep en werden vaak op slechte wijze
behandeld door de andere twee groepen. Hutu’s en

Durant la période pré-coloniale ou avant le
XIXe siècle, les Tutsis, les Hutus et les Twas correspondaient globalement aux catégories professionnelles. Les éleveurs de bétail, les soldats et l’administration étaient majoritairement aux mains des Tutsis
tandis que les Hutus étaient les paysans. Les Twas ont
été marginalisés et souvent maltraités par les autres

( 101 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Tutsi’s verschilden uiterlijk minder en individuen
konden gemakkelijk van categorie wisselen, afhankelijk van hun lotgeval. Hoewel de overheersing door de
eerste Nyinginya-Tutsi’s onloochenbaar is, bestond
er een reeks instellingen die een bemiddelende rol
speelden in de sociale verhoudingen, in het bijzonder
het stelsel van clans dat de gehele Rwandese maatschappij onderbouwde. Negentien clans bevatten
leden van deze drie groepen. Sommigen stellen dat tot
ongeveer het midden van de negentiende eeuw,
deze stamidentiteiten in feite de Tutsi-HutuTwa-klassering overheersten (d’Hertefelt, 1971;
D. Newbury, 1980; C. Newbury, 1978).

ethnies. Les Hutus et les Tutsis sont plus difficiles à
distinguer et les individus pouvaient changer de catégorie au gré de leur bonne fortune. Bien que la domination des premiers Tutsis Nyiginya soit indéniable,
une série d’institutions ont fait office de médiateur
dans les relations sociales, en particulier le système
des clans qui sous-tendait l’ensemble de la société
rwandaise. Dix-neuf clans comprenaient les membres
des trois groupes ethniques. D’aucuns affirment que
jusqu’environ la moitié du XIXe siècle, l’appartenance au clan a en fait primé l’appartenance au
groupe ethnique (tutsi, hutu, twa) (d’Hertefelt, 1971;
D. Newbury, 1980; C. Newbury, 1978).

De eerste Europese reizigers in Centraal-Rwanda,
merkten op dat er een sociaal-economische en
« etnische » gelaagdheid bestond tussen Tutsi’s,
Hutu’s en Twa. De Tutsi’s werden omschreven in
duidelijke termen van afkomst, economische activiteiten, sociale status en uiterlijke verschijning, ondanks het feit dat ze dezelfde taal spraken als de
Hutu’s, hetzelfde geloof beleden en in dezelfde nederzetting woonden (von Göten, 1895; Kandt, 1921).
Deze omschrijving van de Rwandese « etnische »
groepen — deels gebaseerd op een inheemse mythologie — werd gehandhaafd en verspreid door buitenstaanders, koloniale agenten, etnografen, antropologen, geschiedkundigen, enz. en ging de geabstraheerde westerse opinie over het Rwandese volk vertegenwoordigen. De mensen zelf echter identificeerden
zichzelf eerder volgens hun clan. In een aantal studies,
toont David Newbury aan dat hoewel de termen
« Hutu » en « Tutsi » reeds bestonden in het prekoloniale tijdperk, ze tegenwoordig niet dezelfde betekenis hebben, en de betekenis van een « etnische »
identiteit varieerde van plaats tot plaats en van tijdspanne tot tijdspanne. Er bestond geen enkele universele definitie van etnische identiteit, geldig voor alle
regio’s in éénzelfde periode (D. Newbury, 1979, 1980;
C. Newbury, 1988).

Les premiers voyageurs européens qui arrivèrent
dans le centre du Rwanda observèrent une stratification socio-économique et « ethnique » entre Tutsis,
Hutus et Twas. Les Tutsis étaient décrits comme une
ethnie distincte par son origine, ses activités économiques, son statut social et son apparence physique,
bien que partageant le même langage, la même religion et les mêmes lieux d’implantation que les Hutus
(von Götzen, 1895; Kandt, 1921). Cette description
des « groupes ethniques » rwandais — basée en partie
sur la méthodologie indigène —, soutenue et diffusée
par les étrangers, agents coloniaux, ethnologues,
anthropologues, historiens, etc., finit par représenter
la vision qu’a l’Occident du peuple rwandais. Or, il
s’avère que les Rwandais s’identifient plus volontiers
en fonction de leur identité personnelle qu’en fonction de leur appartenance au clan. Plusieurs études de
David Newbury ont montré que si les termes « Hutu »
et « Tutsi » existaient durant la période pré-coloniale,
ils n’avaient toutefois pas la même signification
qu’aujourd’hui et que le sens de l’identité « ethnique »
varie d’un endroit à l’autre et d’une époque à l’autre.
Il n’existe aucune définition universelle de l’identité
ethnique qui puisse s’appliquer à toutes les régions à
la fois (D. Newbury, 1979, 1980; C. Newbury, 1988).

De samensmelting van de staatjes in een verenigd
Rwanda was een proces dat zich uitstrekte over verschillende honderden jaren. De kernstaat Nyiginya in
het oostelijke deel van Rwanda kende een gestage uitbreiding door verovering en bescherming, in ruil voor
respect. Pas in het tweede deel van de negentiende
eeuw onder mwami Kigeri Rwabugiri, werd Rwanda
verenigd tot één land. Onder Rwabugiri, was de
mwami de bron en het symbool van alle gezag in de
politiek gecentraliseerde staat. Enkele kleinere staten
behielden echter hun autonomie tot 1910-1920. Dit
was bijvoorbeeld het geval voor de noordelijke regio
bij Ruhengeri die slechts deel ging uitmaken van de
Rwandese monarchie onder het Duitse koloniale
bewind. Verscheidene militaire expedities van de
Duitse Schutztruppe, bijgestaan door de Tutsi’s van
centraal Rwanda tussen 1910 en 1912, waren vereist
alvorens de noordelijke Hutu’s — ook bekend als
Kiga — verslagen werden en een bittere nasmaak

Le processus de fusion des mini-États en un
Rwanda unifié a duré plusieurs centaines d’années.
L’État Nyiginya dans l’est du Rwanda commença une
lente expansion par voie de conquête et en monnayant sa protection contre un tribut. Il faut attendre la
seconde moitié du XIXe siècle pour voir apparaître le
Rwanda comme pays unifié sous le mwami Kigeri
Rwabugiri. Sous son règne, le mwami était la source
et le symbole de toute autorité dans un État politiquement centralisé. Certains États plus petits conservèrent leur autonomie jusqu’en 1910-1920. Tel fut par
exemple le cas de la région septentrionale à proximité
de Ruhengeri, qui n’a été intégrée dans la monarchie
rwandaise que sous le régime colonial allemand. Il a
fallu plusieurs expéditions militaires des Schutztruppe allemandes assistées de Tutsis du centre du
Rwanda entre 1910 et 1912 pour défaire les Hutus du
nord — connus sous le nom de Kiga —, causant ainsi
un fort ressentiment envers les Tutsis et les Hutus du

1 - 611/7 - 1997/1998

( 102 )

nalieten zowel ten opzichte van de Tutsi’s en de zuidelijke Hutu’s of Banyanduga (Dorsey, 1994; Waller,
1993). Dus, tot op heden, vormen de noorderlingen
een onmiskenbare subcultuur waarin contacten met
Tutsi’s op minder frequente basis plaatsvinden en het
besef van een pre-Tutsi verleden meer uitgesproken is
dan in de andere delen van Rwanda (Lemarchand,
1970 en 1995).

sud, appelés Banyanduga, qui les avaient accompagnés (Dorsey, 1994; Waller, 1993). Aujourd’hui, les
Rwandais du nord constituent donc une sous-culture
distincte dans laquelle les contacts avec les Tutsis ont
été moins fréquents et la conscience d’un passé prétutsi plus aiguë que dans les autres parties du Rwanda
(Lemarchand, 1970 et 1995).

De heerschappij van Rwabugiri, of Kigeri IV,
duurde van 1860 tot 1895, of net voor het Europese
kolonialisme en is een belangrijk keerpunt in de
geschiedenis van Rwanda. Rwabugiri doorbrak traditionele belemmeringen en versterkte de prerogatieven van de troon. Hij wordt beschouwd als de laatste
grote hervormer en wordt ook wel de grote krijgskoning genoemd. Zijn binnenlandse politiek weerspiegelt twee complementaire doeleinden, namelijk centralisatie van de macht en uitbreiding van de centrale
politieke structuren naar de randgebieden van het
koninkrijk. In zijn buitenlandse politiek voerde hij
een reeks militaire campagnes aan, gericht tegen de
kleinere Hutu-staatjes zowel in het westen als in het
oosten van Rwanda om ze indien mogelijk op te
nemen in zijn koninkrijk. De noordelijke en zuidwestelijke delen behielden echter grotendeels hun
autonomie. Om de erfelijke macht van de oude Tutsifamilies te ondermijnen, ontsloeg Rwabugiri functionarissen en benoemde hij mensen die rechtstreeks van
hem afhankelijk waren, met name in regio’s die voordien vrij autonoom waren en verhoogde zo de materiële middelen voor de monarchie (Dorsey, 1994).

Le règne de Rwaburigi ou Kigeri IV dura de 1860 à
1895, soit juste avant l’arrivée du colonialisme européen, et marque un grand tournant dans l’histoire du
Rwanda. Rwabugiri passa outre des contraintes
traditionnelles et accrut les prérogatives du trône. Il
est considéré comme le dernier grand réformateur et
souvent qualifié de grand roi guerrier. Sa politique
intérieure poursuivait un double objectif, à savoir la
centralisation du pouvoir et l’extension des structures
politiques centrales vers la périphérie du royaume.
Dans le domaine de la politique extérieure, il mena
une série de campagnes militaires dirigées contre les
mini-États hutus dans l’ouest et dans l’est du Rwanda
qu’il finit par annexer à son royaume. Les parties
situées au nord et au sud-ouest conservèrent par
contre un large degré d’autonomie. Pour saper le
pouvoir héréditaire détenu par les anciennes familles
tutsies, Rwabugiri limogea les officiels en place et
nomma des hommes qui dépendaient directement de
lui, notamment dans les régions qui avaient joui d’une
certaine indépendance, renforçant ainsi les ressources
matérielles à la disposition de la monarchie (Dorsey,
1994).

Wat van belang is, is dat de staat-opbouwende inspanningen gedurende de heerschappij van Rwabugiri, het besef van de « etnische » verschillen in
Rwanda versterkte. Volgens C. Newbury :
« Met de komst van centrale overheden, werden
verschillen gewijzigd en verscherpt terwijl de Hutuen Tutsi-categorieën nieuwe hiërarchische ondertonen associeerden met nabijheid tot het centrale
gerechtshof — nabijheid tot de macht. Later, toen de
politieke arena groter werd en de intensiteit van de
politieke activiteit steeg, werden deze klasseringen
steeds sterker gelaagd en star. Meer dan eenvoudigweg de connotatie van culturele verscheidenheid van
Tutsi’s, werd de Hutu-identiteit geassocieerd met en
mogelijk bepaald door een minderwaardige status »
(C. Newbury, 1988).

Ce qu’il faut retenir des efforts de développement
de l’État sous le règne de Rwabugiri, c’est qu’ils ont
renforcé la conscience des différences « ethniques » au
Rwanda. C. Newbury explique :
« Avec l’arrivée d’autorités centrales, les critères de
distinction ont été modifiés et accentués, dès lors que
les catégories hutues et tutsies ont admis les nouveaux
accents hiérarchiques associés à la proximité de la
cour centrale, la proximité du pouvoir. Plus tard,
lorsque l’arène politique s’est élargie et que l’activité
politique a gagné en intensité, ces classifications se
sont de plus en plus stratifiées et rigidifiées. Plus
qu’un véhicule dénotant la différence culturelle par
rapport aux Tutsis, l’identité hutue finit par être associée puis assimilée à un statut inférieur »
(C. Newbury, 1988).

Patroon/onderhorige-verhouding

Relations patron/dépendant

Wat de mensen blijkbaar samenhield is de ubuhake
— een sterk gepersonaliseerde verhouding tussen
twee individuen met een verschillende sociale rang
(Maquet, 1954). Deze patroon/onderhorige-verhouding omvat wederkerige loyaliteitsbanden en uitwisseling van goederen en diensten. Het zorgt voor een
plaats, een status, binnen een hiërarchisch stelsel. De

Le ciment qui a uni la population est l’institution
du ubuhake — une relation fortement personnalisée
entre deux individus de statut social différent
(Maquet, 1954). Cette relation patron/dépendant
implique des liens réciproques de loyauté et
d’échange de biens et services. Elle fournissait une
place, un statut, dans un système hiérarchique. Le

( 103 )

1 - 611/7 - 1997/1998

patroon was meestal een Tutsi, maar de onderhorige
kon een Hutu of een Tutsi zijn met een lagere sociale
rang. Een persoon kon zowel een onderhorige als een
patroon zijn. Zelfs Tutsi-patroons van Hutu’s
konden onderhorigen zijn van nog een andere Tutsi.
Theoretisch gezien kon enkel de mwami zelf geen
onderhorige zijn in dit systeem. De meeste Tutsi’s
waren dus onderhorigen en sommige Hutu’s
patroons. Bovenaan stonden er echter altijd wel
Tutsi’s en onderaan altijd Hutu’s en/of Twa. Deze
geı̈nstitutionaliseerde verhouding werd onder het
koloniale bewind versterkt en duurde tot er uiteindelijk een einde aan kwam in de jaren ’50 (Saucier, 1974;
C. Newbury, 1988).

patron était généralement Tutsi, mais le dépendant
pouvait être un Hutu ou un Tutsi de statut social inférieur. Une même personne pouvait être à la fois
patron et dépendant. Même les patrons Tutsis de
Hutus pouvaient être dépendants d’un autre Tutsi. En
théorie, la seule personne qui n’était pas un dépendant dans ce système était le mwami lui-même. Donc,
la plupart des Tutsis étaient dépendants et certains
Hutus étaient patrons. Au sommet de la pyramide, il y
avait toujours un Tutsi et au bas de la pyramide un
Hutu et/ou un Twa. Cette relation institutionnalisée
a été renforcée sous le régime colonial et n’a été abolie
qu’à la fin des années ’50 (Saucier, 1974; C. Newbury,
1988).

Het ubuhake-systeem en de sociale structuur waren
het sterkst aanwezig in Centraal-Rwanda, waar de
Tutsi’s de meeste invloed uitoefenden. In de door
Hutu’s gedomineerde regio’s in het noorden en het
zuidwesten, werden verschillende systemen ontwikkeld, meestal gebaseerd op landpachtcontracten of
schenkingen van landbouwproducten; de patroons
waren vaak Hutu’s, in het noorden uitsluitend Hutu’s
(d’Hertefelt, 1962; Vansina, 1962). De overheersende
rol van het vee als vorm van beschikbare rijkdom
betekende echter dat de Tutsi-veechefs CentraalRwanda konden overheersen. De mobilisatie van een
leger vereiste kapitaal dat enkel in de vorm van vee
kon vergaard worden en de Tutsi’s hadden de controle over het vee. In deze streken stond Hutu bijna
gelijk aan onderhorige.

Le système ubuhake et l’ordre social qui va de pair
ont prédominé dans le centre du Rwanda où
l’influence tutsie était la plus forte. Dans les régions à
domination hutue dans le nord et le sud-ouest,
plusieurs systèmes se sont développés, basés pour la
plupart sur des baux à ferme ou sur la donation de
produits agricoles. Les patrons étaient souvent Hutus;
dans le nord, tous les patrons étaient Hutus
(d’Hertefelt, 1962; Vansina, 1962). Cependant, la
prédominance du bétail comme forme de richesse
utilisable signifiait que les chefs de bétail sont parvenus à dominer le centre du Rwanda. Mobiliser une
armée nécessitait du capital, qui se présentait uniquement sous la forme de têtes de bétail; or les Tutsis
contrôlaient le bétail. Dans ces régions, les Hutus
avaient presque tous le statut de dépendant.

De ubuhake (en andere vormen van patroon/
onderhorige-verhoudingen zoals de uburetwa) had
een aantal belangrijke gevolgen, 1) het institutionaliseerde de economische verschillen tussen de voornamelijk gewassen telende Hutu’s en de veehoudende
Tutsi’s; 2) het was een controle-instrument en maakte
van de Hutu’s sociaal-economische en politieke onderhorigen en van de Tutsi’s patroons; en 3) het
leidde tot een proces van « etnische » samensmelting,
voornamelijk bij de Hutu’s. Het resultaat was een
« etnische » Hutu-Tutsi-dichotomie, volgend op het
sociaal-economische en politieke proces teweeggebracht door de bezetting door de Tutsi’s en de uitbreiding van hun macht (Lema, 1993).

L’ubuhake (et d’autres formes de relation patron/
dépendant telles que l’uburetwa) a eu des effets
importants : 1) en institutionnalisant les différences
économiques entre les Hutus en majorité cultivateurs
et les Tutsis éleveurs de bétail; 2) en servant
d’instrument de contrôle qui a fait des Hutus des
dépendants socio-économiques et politiques et des
Tutsis des patrons; et 3) en conduisant à un processus
d’amalgame « ethnique », en particulier chez les
Hutus. Il en a résulté une dichotomie « ethnique »
hutue-tutsie qui s’inscrivait dans le prolongement du
processus socio-économique et politique engendré
par l’extension et l’occupation tutsies (Lema, 1993).

Een aantal geschiedkundigen echter stelt de veronderstelling in vraag dat de patroon/onderhorigeverhouding een belangrijke hoeksteen was van de
traditionele Hutu-Tutsi sociale structuur aangezien
de Rwandese clans meerdere kasten en etnieën omvatten. Ze stellen dat Hutu’s en Tutsi’s het lidmaatschap van de 19 belangrijkste stammen van Rwanda
deelden (Vidal, 1985; d’Hertefelt, 1971; C. Newbury,
1978; D. Newbury, 1980). Vooral de Hutu’s
beschouwden zichzelf niet als één volk en identificeerden zich niet als dusdanig. In dit opzicht resulteerde
het systeem eerder in economische differentiatie en
gelaagdheid tussen de verschillende beroepsactiviteiten.

Plusieurs historiens mettent cependant en doute
que la relation patron/dépendant ait été une pierre
angulaire de la formation sociale traditionnelle
hutue-tutsie, étant donné que les clans rwandais se
composaient de plusieurs castes et ethnies. Ils font
remarquer que les 19 clans les plus importants
comprennent aussi bien des Hutus que des Tutsis
(Vidal, 1985; d’Hertefelt, 1971; C. Newbury, 1987; D.
Newbury, 1980). Par exemple, les Hutus ne partageaient pas le sentiment d’appartenance à un peuple
ou une identité. À cet égard, le système a plutôt
débouché sur une différenciation et une stratification
économique entre les différentes professions.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 104 )

Etnische groepen in prekoloniaal Rwanda

Groupes ethniques dans le Rwanda pré-colonial

Als hoofd van de laat 19e-eeuwse Rwandese Staat,
bezat de mwami al het land en het vee. Hij regeerde als
een despoot, maar beschikte over een politieke raad
van grote chefs en een permanente raad van abiru
(rituele specialisten) die hem advies gaven over de
goddelijke verplichtingen verbonden aan zijn functie
(Vansina, 1962). Volgens de 500 jaren omvattende
chronologie van mwami, waren alle bami (meervoud
van mwami) Tutsi’s (Kagame, 1957; Vansina, 1962).
Geen van hen was gehuwd met een Hutu-vrouw, een
belangrijk element gelet op de cruciale rol die de
koningin-moeder speelde in de traditionele maatschappij. Alle grote chefs waren blijkbaar ook allemaal Tutsi’s (Lema, 1993), terwijl de rituele specialisten van de abiru blijkbaar allemaal Hutu’s waren en
zich baseerden op oude Hutu-rituelen (de Lacger,
1939; Vansina, 1962).

À la fin du XIXe siècle, le mwami, dirigeant de
l’État rwandais, possédait l’ensemble des terres et du
bétail. Il régnait en despote mais s’entourait d’un
conseil politique de grands chefs et d’un conseil
permanent appelé abiru (spécialistes du rite) qui le
conseillait sur les obligations divines liées à sa charge
(Vansina, 1962). Selon les 500 ans de la chronologie
mwami, tous les bami (pluriel de mwami) étaient
Tutsis (Kagame, 1957; Vansina, 1962). Aucun d’eux
n’était marié à une femme Hutue, ce qui a toute son
importance puisque la reine mère jouait un rôle capital dans la société traditionnelle. Il semblerait que les
grands chefs aient également été Tutsis (Lema, 1993)
tandis que les spécialistes du rite qui composaient
l’abiru étaient des Hutus s’inspirant des anciens rites
hutus (de Lacger, 1939; Vansina, 1962).

De mwami was tegelijk rechter en het hoogste
gerechtshof in de traditionele Rwandese maatschappij. Lagere gerechtshoven waren het administratieve
gerechtshof en het krijgshof. Het administratieve
gerechtshof behandelde disputen in verband met
gepacht land en werd voorgezeten door de landheer,
het krijgshof behandelde disputen in verband met vee
en werd voorgezeten door het hoofd van het leger. De
mwami en alle legerchefs waren Tutsi’s alsook, bijna
zonder uitzondering, de veechefs (Vanhove, 1941).
Met betrekking tot het leger, en ondanks het feit dat
het een multi-« etnische » samenstelling had, was het
duidelijk gelaagd zodat alle hogere militaire posten
werden vervuld door Tutsi’s, gevolgd door Hutu’s en
tenslotte, helemaal onderaan, Twa. Er was dus geen
verdeling van de macht; de legerleiding was, zoals
bijna alle andere staatsinstellingen, mono- of unietnisch Tutsi (Lema, 1993; Adekanye, 1995).

Le mwami faisait office de juge et de cour suprême
dans la société rwandaise traditionnelle. Les cours
inférieures étaient la cour administrative et la cour
militaire. La cour administrative tranchait les litiges
relatifs à l’occupation du sol et était dirigée par le chef
de terre tandis que la cour militaire, présidée par le
chef de l’armée, tranchait les litiges relatifs au bétail.
Le mwami et tous les chefs d’armée étaient Tutsis, de
même que la quasi-totalité des chefs de bétail
(Vanhove, 1941). Quant à l’armée, bien que composée sur une base multi-« ethnique », elle était clairement stratifiée de manière à ce que tous les postes
soient attribués par ordre décroissant d’importance
aux Tutsis, aux Hutus et enfin aux Twas pour les
grades inférieurs. Il n’y avait donc pas de partage du
pouvoir dans les activités de l’armée : le commandement, comme la plupart des autres institutions de
l’État, était mono- ou uni-ethnique tutsi (Lema, 1993;
Adekanye, 1995).

Tegen het einde van de negentiende eeuw, hadden
verscheidene regio’s in het Rwandese koninkrijk zich
ontwikkeld tot een complex en sterk georganiseerde
administratieve structuur die provincies omvatte, districten, heuvels en wijken (Vansina, 1962). De provincies werden bestuurd door chefs of door de legerleiding die altijd uit Tutsi’s bestond. De districten
werden bestuurd door twee chefs benoemd door de
mwami — één veechef verantwoordelijk voor de
veebelastingen en één landheer verantwoordelijk
voor landbouwheffingen (Pagès, 1933; de Lacger,
1939; Kagame, 1952 en Maquet, 1961). Tutsi’s
werden gewoonlijk benoemd als veechefs en Hutu’s
als landheren (Kagame, 1957 en 1975). De districten
waren onderverdeeld in heuvels, bestuurd door chefs
verantwoordelijk voor het overhandigen van de geheven belastingen aan de twee districthoofden. Rwanda
had en heeft nog steeds geen dorpen in de betekenis
van woningconcentratie (C. Newbury, 1978). De

Vers la fin du XIXe siècle, plusieurs régions du
royaume rwandais avaient développé une structure
administrative complexe et hautement organisée
englobant les provinces, les districts, les collines et les
quartiers (Vansina, 1962). Les provinces étaient
normalement administrées par les hauts chefs ou les
commandants d’armée qui étaient toujours des
Tutsis. Les districts étaient administrés par deux chefs
désignés par le mwami : un chef du bétail ayant la
charge de collecter les impôts auprès des pasteurs et
un chef de terre ayant la charge de collecter les impôts
auprès des agriculteurs (Pagès, 1933; de Lacger, 1939;
Kagame, 1952 et Maquet, 1961). Les chefs de bétail
étaient normalement Tutsis et les chefs de terre Hutus
(Kagame, 1957 et 1975). Les districts étaient divisés en
collines administrées par des chefs chargés de transmettre les taxes aux deux chefs de district. Le Rwanda
n’avait pas et n’a toujours pas de villages au sens de
concentration d’habitat (C. Newbury, 1978). La

( 105 )

1 - 611/7 - 1997/1998

heuvel was de administratieve basiseenheid en
beschikte meestal niet over één maar over drie hoofden, namelijk :

colline était l’unité administrative de base et comptait
non pas un mais trois chefs, à savoir :

— de « chef van de weilanden » (altijd een Tutsi),
verantwoordelijk voor het bepalen van graasrechten;

— le chef des pâturages (toujours un Tutsi) chargé
de délimiter les droits de pâturage;

— de « chef van het land » (bijna altijd een Hutu),
verantwoordelijk voor landbouwzaken en landbelastingen; en

— le chef de terre (presque toujours un Hutu)
chargé des problèmes d’agriculture et des taxes
foncières; et

— de « chef van de mannen » (gewoonlijk een
Tutsi), een ontvanger van belastingen en een soort
van volkstellingsagent voor de abagaba, rekruteerders voor het leger van de mwami’s (Kagame, 1975).

— le chef des hommes (généralement un Tutsi) qui
collectait les impôts et qui était une espèce d’agent de
recensement pour les abagaba, les recruteurs de
l’armée du mwami (Kagame, 1975).

De drie functies waren vaak met elkaar verstrengeld : eenzelfde persoon kon ze alledrie vervullen
maar op verschillende heuvels. Of hij kon er één of
twee vervullen. (De boeren speelden rivaliteiten tussen chefs uit, een fundamenteel kenmerk van de overlevingsstrijd van de boeren, verloren gegaan door de
hervormingen van Gouverneur Voisin aan het einde
van de jaren ’20 toen elke heuvel bestuurd werd door
slechts één chef) (Prunier, 1995).

Les trois fonctions étaient souvent enchevêtrées :
une même personne pouvait remplir les trois fonctions mais sur des collines différentes. Ou elle pouvait
n’en remplir qu’une seule ou deux. (Les paysans
jouaient sur les rivalités entre chefs, caractéristique
essentielle de la survie des paysans, qui disparut à la
suite des réformes du gouverneur Voisin à la fin des
années 1920. Depuis ces réformes, chaque colline doit
être administrée par un seul chef) (Prunier, 1995).

Hieruit volgt dat de Rwandese vorming van een
staat zich ontwikkelde tot een door Tutsi’s gedomineerde structuur, gebouwd om de politieke macht te
verstevigen. Hutu’s namen slechts deel in de
middelste en lagere geledingen van het bestuur. Zij
ontvingen orders en normen, maar stelden geen
normen vast. Bijgevolg had « etnische » integratie in
de hoogste echelons van het staatsapparaat slechts
een zeer beperkt bereik (Lema, 1993).

Il s’ensuit que l’État rwandais se transforma en
structure dominée par les Tutsis, construite pour
asseoir leur pouvoir politique. Les Hutus ne participaient à l’administration qu’aux niveaux intermédiaire et inférieur. Ils recevaient les ordres et les
normes, ils n’arrêtaient pas les normes. Il n’y a donc
guère de marge d’intégration « ethnique » dans les
échelons supérieurs de l’appareil de l’État (Lema,
1993).

HOOFDSTUK 3

CHAPITRE 3

DE KOLONIALE PERIODE
EN ONAFHANKELIJKHEID

LA PÉRIODE COLONIALE
ET L’INDÉPENDANCE

Het koloniale tijdperk

L’ère coloniale

Toen in 1916, België Rwanda-Urunda bezette als
gevolg van de tijdens de Eerste Wereldoorlog Oostafrikaanse campagne tegen Duitsland, werden sinds
1899, Rwanda en Burundi vanop de zijlijn bestuurd
vanuit Berlijn (via Dar-es-Salaam). In 1914 waren er
zes Duitse burgerlijke ambtenaren in Burundi en vijf
in Rwanda, of een totaal van elf functionarissen voor
een territorium tweemaal zo groot als België. De Duitsers die zich realiseerden dat reeds voor de komst van
de Europeanen de bestaande mwami koninkrijken
functioneerden als volledig ontwikkelde naties, en
ongetwijfeld ook wegens een gebrek aan koloniaal
personeel, besloten dat er vanaf het begin een politiek
van indirecte heerschappij moest worden gevoerd. De
bezetting vond plaats via « protectoraatsverdragen »
afgesloten tussen de Duitsers en de mwami (Reyntjens, 1994). Er werd dus volledig gebruik gemaakt

Lorsqu’en 1916, la Belgique occupa le RwandaUrundi à la suite de sa campagne est-africaine contre
l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, les
deux royaumes du Rwanda et du Burundi n’avaient
fait l’objet que d’une administration marginale par
Berlin depuis 1899. En 1914, il y avait en tout et pour
tout six fonctionnaires allemands au Burundi et cinq
au Rwanda, soit un total de onze fonctionnaires pour
administrer un territoire qui fait le double de la Belgique. S’étant rendu compte que les royaumes mwami
existants fonctionnaient comme des nations à part
entière avant l’arrivée des Européens et, sans aucun
doute, guidés par une pénurie de personnel colonial,
les Allemands décidèrent dès le début de favoriser une
politique de régime indirect. L’occupation se traduisit
par des « traités » de protectorat négociés entre les
Allemands et les mwami (Reyntjens, 1994). Le

1 - 611/7 - 1997/1998

( 106 )

van het bestaande politieke stelsel dat veel sterker was
en meer gecentraliseerd in Rwanda dan in Burundi
(Louis, 1963).

système politique existant qui était beaucoup plus
fort et plus centralisé au Rwanda qu’au Burundi,
allait donc jouer à plein (Louis, 1963).

België zette zijn politiek verder : een decreet van
6 april 1917 maakte melding van het feit dat « onder
het gezag van de Residerende Commissaris, de sultans
(bami) hun politieke en rechterlijke macht in die mate
uitoefenden dat ze in overeenstemming is met de
inheemse gewoonten en de instructies van de Koninklijke Commissaris » (Rumiya, 1992).

La Belgique poursuivit cette politique : un décret du
6 avril 1917 disposait que « sous l’autorité du commissaire résident, les sultans (bami) exercent leur pouvoir
politique et judiciaire dans la mesure où il reste en
accord avec les coutumes indigènes et avec les instructions du Commissaire royal » (Rumiya, 1992).

Na de Eerste Wereldoorlog, droeg de Liga der
Naties België op om Rwanda te besturen en in 1946
kwam Rwanda onder Belgisch beheer te staan, onder
de Verenigde Naties. Tijdens de 40-jaar durende
Belgische heerschappij — zoals onder de meeste koloniale stelsels — zien we een ontbinding, vervorming
of corrumpering van de binnenlandse sociale en politieke structuren, met alle gevolgen vandien. Terwijl
de inheemse prekoloniale patroon/onderhorigeverhouding een soepele verhouding was en een element van wederkerigheid bevatte, verstarden de
Belgische kolonisatoren het systeem en schaften ze
allerlei onderlinge verplichtingen af. Door het
« versterken » van de Rwandese instelling, introduceerden de kolonisatoren aldus het principe van verplichte arbeid en versterkten ze de sociaaleconomische verschillen tussen Tutsi’s en Hutu’s.
Eenzelfde voorbeeld van misbruik van andere prekoloniale instellingen, door Balandier als volgt omschreven : het in onbruik zijn van de traditionele politieke entiteiten, de algemene verslechtering ten
gevolge van depolitizatie, de val van de traditionele
machtscontrolesystemen, de onverenigbaarheid van
de beide machts- en gezagsstelsels en tenslotte misbruik van macht (Balandier, 1978). Wat hier van
belang is, is de mate waarin zulke ontwikkelingen de
etnische onderlinge relaties in Rwanda beı̈nvloedde.

Après la Première Guerre mondiale, la Belgique
reçut le Rwanda en mandat de la Société des Nations
et, en 1946, ce pays devint un territoire belge sous
tutelle des Nations Unies. Pendant les 40 années d’administration belge, comme dans la plupart des régimes coloniaux, on observe une désintégration, une
distorsion ou une corruption des structures sociales et
politiques indigènes avec toutes les conséquences qui
en découlent. Par exemple, alors que la relation précoloniale indigène patron/dépendant était flexible et
contenait un élément important de réciprocité, le
colonisateur belge a en fait rigidifié le système en
supprimant les obligations réciproques. En « renforçant » une institution rwandaise, le colonisateur a
ainsi introduit le travail forcé et renforcé les divisions
socio-économiques entre Tutsis et Hutus. On peut
citer des exemples similaires de détournement
d’autres institutions pré-coloniales. Balandier décrit
ce phénomène comme suit : la tombée en désuétude
des entités politiques traditionnelles, la détérioration
générale consécutive à la dépolitisation, l’effondrement des systèmes traditionnels de contrôle du
pouvoir, l’incompatibilité entre le système de pouvoir
et l’autorité et, enfin, les abus de pouvoir (Balandier,
1978). L’intéressant ici, c’est la mesure dans laquelle
ces développements ont affecté les relations interethniques au Rwanda.

Onder de Europese burgerlijke ambtenaren en missionarissen die aan het einde van de eeuw actief waren
in de streek van de Grote Meren, werd de zogenaamde Hamitische stelling algemeen aanvaard.
Volgens deze stelling « was alles wat enige waarde
had in Afrika, ingevoerd door de Hamiten, vermoedelijk afstammelingen van het blanke ras » (Sanders,
1969). Toen de vermaarde Britse ontdekkingsreiziger
John Speke in het koninkrijk Buganda (nu Oeganda),
— met zijn complexe politieke organisatie — arriveerde, schreef hij deze beschaving toe aan een
inheems ras van nomadische veehouders, verwant
met de (Ethiopische) Galla « Hamiten ». Europeanen
vonden zijn hypothese aantrekkelijk omdat het hen in
de mogelijkheid stelde uiterlijke karakteristieken te
koppelen aan geestelijke bekwaamheid : de
« Hamiten » werden gezien als geboren leiders en
hadden in principe recht op een geschiedenis en een
toekomst bijna even nobel als die van hun Europese
« neven » (Linden, 1977). In Rwanda, waren de
« Hamiten » Tutsi’s : « enkel in de kleur van hun huid

La thèse hamitique se généralisa parmi les fonctionnaires et les missionnaires européens actifs dans la
région des Grands Lacs au début du siècle. Selon cette
thèse, « tout ce qui a de la valeur en Afrique a été
introduit par les Hamites, branche supposée de la race
caucasienne » (Sanders, 1969). Lorsque le célèbre
explorateur britannique John Speke arriva dans le
royaume de Buganda (aujourd’hui l’Ouganda) qui
était doté d’une organisation politique élaborée, il
attribua cette civilisation à une race indigène de
nomades pasteurs apparentés aux « Hamites » Galla
(éthiopiens). L’attrait de cette hypothèse pour les
Européens réside dans le fait qu’elle permet d’établir
un lien entre les caractéristiques physiques et les capacités mentales : les « Hamites » étaient supposés être
des leaders nés et avaient, en principe, droit à une
histoire et à un futur presque aussi nobles que ceux de
leurs « cousins » européens (Linden, 1977). Au
Rwanda, les Hamites étaient les Tutsis : « ils ne
ressemblent aux nègres que par leur couleur de peau »
(Jamoulle, 1927); « avant de devenir des noirs, ils

( 107 )

1 - 611/7 - 1997/1998

lijken ze op negers » (Jamoulle, 1927); « voor ze zwart
werden, waren deze mensen gekleurd » (de Lacger,
1961); « zijn houding gelijkt meer op die van een
blanke dan op die van een neger — kan men gerust
stellen dat hij een Europeaan is die per toeval een
zwarte huid heeft... » (Gahama, 1983). Deze racistische stelling werd op verschillende manieren geponeerd, maar in het kort gezegd weerspiegelde ze de
idee dat Tutsi’s eigenlijk afstammelingen waren van
Europeanen en daarom konden de Europeanen
gemakkelijk met hen samenwerken. Deze stelling
diende ook het doel van de koloniale verdeel-enheerspolitiek (Adekanye, 1995).

avaient le teint hâlé » (de Lacger, 1961); « sa stature est
plus proche de celle d’un blanc que de celle d’un nègre
— en fait, il ne serait pas exagéré d’affirmer que c’est
un Européen qui a la peau noire... » (Gahama, 1983).
Cette thèse raciste a été déclinée sur d’innombrables
registres mais elle se résume à considérer les Tutsis
comme apparentés aux Européens, si bien que les
Européens pourront facilement travailler avec eux.
Cette thèse servait donc également la politique coloniale du diviser pour régner (Adekanye, 1995).

Aan het einde van de jaren ’20, had de Hamitische
hypothese verstrekkende gevolgen voor de etnische
verhoudingen in Rwanda. Binnen het kader van een
administratief hervormingsproces (met een hoogtepunt in het Voisin Programme van 1926-1931), in
essentie hergroepering en uitbreiding van de territoria
van de chefs (van de ongeveer 200 chefs bleven er in
het nieuwe stelsel nog 40 over), werd besloten om de
Tutsi’s een voorkeursbehandeling te geven wanneer
het ging om het benoemen van binnenlandse politieke
overheden. Vooral de positie van Monseigneur LeonPaul Classe, de Apostolische Vicaris voor Rwanda,
bleek van grote invloed. In een brief gedateerd 21
september 1927, richtte hij zich tot Georges Mortehan, de Belgische Residerende Commissaris :

Vers la fin des années 1920, la thèse hamitique
connut une utilisation qui allait modifier radicalement les relations interethniques au Rwanda. Dans le
cadre d’un processus de réformes administratives (qui
connut son apogée avec le Programme Voisin en
1926-1931), consistant notamment à regrouper et à
agrandir le territoire des chefs (il ne restait plus dans le
nouveau système que 40 chefs sur 200), il fut décidé
d’accorder un traitement préférentiel aux Tutsis dans
le recrutement des autorités politiques indigènes. Il
semblerait que la position tranchée adoptée sur la
question par Monseigneur Leon-Paul Classe, vicaire
apostolique au Rwanda, eut une influence considérable. Dans une lettre datée du 21 septembre 1927, il
écrivait à Georges Mortehan, le Commissaire belge
résident, en ces termes :
« Si nous voulons être pratiques et défendre l’intérêt
réel du pays, nous trouverons un élément remarquable de progrès en la personne des jeunes Mututsis [...]
Demandez au Bahutu s’il préfère recevoir des ordres
de personnes frustes ou de la bouche de nobles et la
réponse sera claire : ils préféreront les Batutsis, et avec
raison. Chefs nés, ils sont faits pour commander. [...]
Voilà le secret qui leur a permis de s’implanter dans ce
pays et de le tenir sous leur emprise » (de Lacger,
1961).

« Als we praktisch willen denken en op zoek gaan
naar het werkelijke belang van het land zullen we een
opmerkelijke vooruitgang zien onder de Mututsijeugd [...] Vraag de Bahutu of ze liever bevelen krijgen
van vreemde personen of van edelen en het antwoord
op deze vraag zal duidelijk zijn: ze zullen de Batutsi
verkiezen en met recht. Het zijn geboren leiders en
hebben de gave om bevelen te geven. [...] Dit is het
geheim dat hen in staat heeft gesteld zich in dat land te
vestigen en het in hun macht te houden » (de Lacger,
1961).
Geconfronteerd met wat hij de « aarzelingen en het
getalm van het koloniale bestuur met betrekking tot
de traditionele hegemonie van van goede afkomst
zijnde Batutsi » noemt, stak Monseigneur Classe in
1930 een strenge waarschuwende vinger op :
« De grootste schade die de regering zichzelf en het
land zou kunnen berokkenen is de Mututsi-kaste uit
de weg te ruimen. Zo’n revolutie zou het land
rechtstreeks naar anarchie leiden en naar een fel antiEuropees communisme. Men zou hierdoor geen vooruitgang boeken maar elke actie van de regering tenietdoen en de regering zou het zonder haar begrijpende
en gehoorzame helpers moeten stellen. [...] In de regel
kunnen we onmogelijk stamhoofden hebben die
intelligenter, actiever en meer in staat zouden zijn om
de idee van vooruitgang te begrijpen en die waar-

Face à ce qu’il considère comme des « hésitations et
des atermoiements de l’administration coloniale
concernant l’hégémonie traditionnelle des Batutsis
bien-nés », Monseigneur Classe adresse en 1930 une
mise en garde sévère rédigée en ces termes :
« Le plus grand tort que le gouvernement pourrait
se causer à lui-même et infliger au pays serait de
supprimer la caste mututsie. Une telle révolution
conduirait le pays tout droit à l’anarchie et à un
communisme vicieusement anti-européen. Loin
d’être un vecteur de progrès, ceci annihilerait toute
action du gouvernement dès lors que ce dernier serait
privé d’auxiliaires capables de compréhension et
d’obéissance de par leur naissance. [...] Nous ne
saurions avoir de chefs meilleurs, plus intelligents,
plus actifs, plus capables de comprendre l’idée du

1 - 611/7 - 1997/1998

( 108 )

schijnlijk ook eerder aanvaard zullen worden door de
bevolking dan de Batutsi » (Classe, 1930).

progrès et plus susceptibles d’être acceptés par la
population que les Batutsis » (Classe, 1930).

De boodschap van de Apostolische Vicaris werd —
althans in principe — gezien als een pleidooi ten voordele van een Tutsi-alleenheerschappij. Zijn tussenkomst maakte een einde aan de « aarzelingen en het
getalm » van het bestuur. De Hutu-stamhoofden en
hun plaatsvervangers werden vervangen door Tutsi’s.
Bescherming van de politiek en versterking van de
Tutsi-hegemonie werd bovendien krachtig nagestreefd. Daarom, en ook gezien het feit dat de traditionele Hutu’s en zelfs de Twa — ofschoon op een lager
niveau — een zekere politieke macht uitoefenden,
resulteerde de « Tutsificatie » van de jaren ’30 in een
monopolie van politieke en administratieve machten
in handen van de Tutsi’s. Door het afschaffen van de
drievoudige hiërarchie van de chefs (de legerchef, de
veechef en de landchef), benadrukte deze politiek de
etnische verschillen (Reyntjens, 1985). Het werd ook
nog versterkt door de invoering van identiteitskaarten in 1933. Elke Rwandees werd voortaan (op
basis van zeer arbitraire criteria) geregistreerd als
Tutsi, Hutu of Twa (Reyntjens, 1985).

Le message du vicaire apostolique fut compris
comme un fervent plaidoyer en faveur d’un monopole
tutsi, du moins en principe. Son intervention mit fin
aux « hésitations » et aux « atermoiements » de l’administration. Les chefs et assistants-chefs hutus furent
démis de leurs fonctions et remplacés par des Tutsis.
De plus, le pouvoir mena une politique vigoureuse
protégeant et renforçant l’hégémonie tutsie. De ce
fait, bien que les Hutus et même les Twas exerçaient
traditionnellement une partie du pouvoir, fût-ce à des
niveaux inférieurs, la « tutsification » des années 1930
conféra aux Tutsis un monopole du pouvoir politique
et administratif. Conjuguée à l’abolition de la triple
hiérarchie des chefs (chef d’armée, chef de bétail et
chef de terre), cette politique ne fit qu’accentuer les
divisions ethniques (Reyntjens, 1985). L’introduction
de la carte d’identité en 1933 vint encore ajouter un
peu d’huile sur le feu : chaque Rwandais était désormais enregistré (sur la base de critères assez arbitraires) comme Tutsi, Hutu ou Twa (Reyntjens, 1985).

Tenslotte werden de mogelijkheden voor de meeste
Hutu’s nog verder ingeperkt door het invoeren van
discriminatie in de katholieke scholen die gedurende
de hele koloniale periode het dominerende onderwijssysteem vertegenwoordigde. Tutsi’s die zich
hadden verzet tegen de conversie, werden ingeschreven in katholieke missiescholen. Ter bevordering en
stimulatie van dit proces, paste de Kerk zijn onderwijspolitiek aan en bevoordeelde openlijk Tutsi’s en
discrimineerde Hutu’s. Met enige uitzonderingen op
de regel, kregen Hutu’s enkel de nodige opleiding vereist om in de mijnen en industrie tewerkgesteld te
kunnen worden (C. Newbury, 1988).

Enfin, les possibilités des Hutus furent encore limitées davantage par la discrimination introduite dans
les écoles catholiques, qui représentaient le système
scolaire dominant pendant toute la période coloniale.
Les Tutsis qui avaient résisté à la conversion furent
inscrits de plus en plus nombreux dans les écoles des
missions catholiques. Pour adapter et encourager
davantage ce processus, l’Église ajusta sa politique
d’enseignement en favorisant ouvertement les Tutsis
et en discriminant les Hutus. À quelques exceptions
près, les Hutus ne recevaient que l’éducation requise
pour le travail à la mine et dans l’industrie (C.
Newbury, 1988).

Kortom, de monopolisering van de macht in
handen van de Tutsi’s, vormde een cruciaal en onbetwistbaar element in het vastleggen (« structurering »)
van de etnische breuk. Deze koloniale interventie
maakte van de groepen duidelijke politieke categorieën. In zekere zin treffen we hier een voorbeeld aan
van etnogenese (Roosens, 1989) die in Rwanda onvermijdelijk zou leiden tot een reactie vanwege de Hutu’s
die alle macht ontzegd werden. In het discours van de
Tutsi’s leidde dat tot het trekken van buitensporige
conclusies uit de zogenaamde hypothese van etnogenese, door te stellen dat, voor de komst van de Europeanen, het volk van Rwanda (en Burundi) een vrij
homogene groep was en dat, door hun verdeel-enheerspolitiek, de koloniale overheden opzettelijk
etnische breuken veroorzaakten. Toch bestonden er
reeds etnische groepen voor het kolonialisme. De
koloniale politiek was louter geënt op een basis die
reeds enig conflictpotentieel bevatte (Reyntjens,
1994).

Bref, la monopolisation du pouvoir entre les mains
des Tutsis constitua un facteur crucial et indiscutable
de l’enracinement (« structuration ») du clivage ethnique. Cette intervention coloniale transforma les groupes en catégories politiques distinctes. Dans un
certain sens, nous avons affaire ici à un cas
d’ethnogenèse (Roosens, 1989) qui, dans le cas du
Rwanda, allait immanquablement entraı̂ner une réaction de la part des Hutus exclus du pouvoir. Le
discours tutsi a tiré des conclusions démesurées des
allégations d’ethnogenèse en soutenant qu’avant
l’arrivée des Européens, le peuple du Rwanda (et du
Burundi) était assez homogène et que par leur politique du diviser pour régner, les autorités coloniales ont
délibérément introduit des clivages ethniques. Or, les
groupes ethniques existaient avant la colonisation. La
politique coloniale n’a fait que se greffer sur une
fondation qui contenait déjà en elle les germes de
conflits potentiels (Reyntjens, 1994).

Vanaf het midden van de jaren ’50, werden de politieke eisen in Rwanda geformuleerd in etnische

À partir de la moitié des années 1950, les exigences
politiques commencent à être formulées en termes

( 109 )

1 - 611/7 - 1997/1998

termen. Tegengestelde stellingen werden op een
eerder stereotiepe wijze in drie basisdocumenten
geponeerd : enerzijds was er het Bahutu Manifesto
van 24 maart 1957 en anderzijds waren er twee brieven opgesteld door de grote Tutsi-stamhoofden
(« Abagaragu b’ibwami bakuru ») (Nkundabagenzi,
1961). Het Bahutu Manifesto dat het etnische probleem in een sociale context plaatste, eiste emancipatie van de Hutu’s en democratisering. Uitgaande
van de koloniale stelling dat Tutsi’s buitenstaanders/
vreemdelingen waren en dat de Hutu’s (die in de
meerderheid waren) echte Rwandese nationalisten
waren en dus de rechtmatige heersers van Rwanda,
bleek een belangrijke verklaring, zowel voor de
sociale revolutie van 1959 als de groter wordende
etnische breuk. Dit belangrijk document, oorspronkelijk gepubliceerd als « Aantekeningen over het
sociale aspect van het Rwandese Binnenlandse
Raciale Probleem » en met de bedoeling enige invloed
uit te oefenen en een mandaatgebiedmissie van de
Verenigde Naties te sturen, werd opgesteld door
negen Hutu-intellectuelen. Eén van de ondertekenaars was de toekomstige president, Grégoire Kayibanda. Het document viel het hele concept aan van
het Belgisch bestuur en hield staande dat het eigenlijke probleem van Rwanda een conflict was tussen
Hutu’s en Hamitische — dus vreemde — Tutsi’s
(Dorsey, 1994; Prunier, 1995). De twee brieven,
geschreven door de conservatieve stamhoofden (die
niet noodzakelijk de opinie van de politieke Tutsielite deelden) verwierpen participatie van de Hutu’s,
« omdat onze koningen het land van de Bahutu veroverden, hun ‘kleine’ koningen vermoordden en
aldus de Bahutu onderwierpen; hoe kunnen ze dan nu
pretenderen onze broeders te zijn ? » (Reyntjens,
1994).

ethniques au Rwanda. Des thèses opposées furent
exprimées de manière assez stéréotypée dans trois
documents principaux : d’une part, le Manifeste des
Bahutus du 24 mars 1957 et, d’autre part, deux lettres
des grands chefs tutsis (« Abagaragu b’ibwami
bakuru ») (Nkundabagenzi, 1961). Replaçant le
problème ethnique dans un contexte social, le Manifeste des Bahutus revendique l’émancipation des
Hutus ainsi qu’un processus de démocratisation.
Partant de la thèse colonialiste selon laquelle les
Tutsis sont des étrangers et revendiquant que les
Hutus (en majorité) sont les véritables citoyens du
Rwanda et donc les dirigeants légitimes du Rwanda,
le manifeste est une déclaration importante tant pour
la révolution sociale de 1959 que pour l’accentuation
du clivage ethnique. Ce document capital publié au
départ sous le titre « Notes sur l’aspect social et le
problème racial indigène au Rwanda » et destiné à
influencer une mission des Nations Unies en visite
dans le pays, a été rédigé par neuf intellectuels hutus.
Parmi les signataires, Grégoire Kayibanda, le futur
président. Ce manifeste s’attaquait à tout le concept
de l’administration belge et soutenait que le problème
fondamental du Rwanda est un conflit entre Hutus et
Tutsis d’origine hamitique, donc étrangère (Dorsey,
1994; Prunier, 1995). Les deux lettres écrites par les
grands chefs conservateurs (et qui n’exprimaient pas
forcément le point de vue de l’ensemble de l’élite politique tutsie) rejetaient la participation hutue « parce
que nos rois ont conquis le pays des Bahutus, tué leurs
‘petits’ rois et donc assujetti les Bahutus; comment
peuvent-ils alors se prétendre nos frères ? » (Reyntjens,
1994).

Toen aan het einde van de jaren ’50 politieke
partijen werden opgericht, waren langs de etnische
breuklijn al politieke structuren gecreëerd; Parmehutu (Parti du mouvement de l’émancipation des
Bahutu) en APROSOMA (Association pour la promotion sociale des masses) bestonden voornamelijk
uit Hutu’s terwijl de UNAR (Union nationale rwandaise) en de RADER (Rassemblement démocratique
rwandais) vooral uit Tutsi’s bestonden. Tijdens de
parlementsverkiezingen van september 1961, werd de
breuk bevestigd: de Hutu-partijen behaalden ongeveer 83 % van de stemmen wat ruwweg overeenkwam met hun aandeel in het bevolkingscijfer. Met
andere woorden, een demografische meerderheid viel
samen met een politieke meerderheid. Vanaf 1965, na
de uitschakeling van de oppositie (deels op fysieke,
deels op politieke wijze), was Rwanda de facto een
éénpartijstaat en in weze een (Hutu-) mono-etnische
staat (Reyntjens, 1985).

Lors de la création des partis politiques à la fin des
années 1950, les structures politiques étaient déjà
établies selon le clivage ethnique : le Parmehutu (Parti
du mouvement de l’émancipation des Bahutus) et
l’APROSOMA (Association pour la promotion
sociale des masses) étaient principalement hutus
tandis que l’UNAR (Union nationale rwandaise) et le
RADER (Rassemblement démocratique rwandais)
étaient essentiellement tutsis. Lors des élections
législatives de septembre 1961, ce clivage fut
confirmé : les partis hutus obtinrent environ 83 % des
suffrages, ce qui correspond à peu près à la proportion de Hutus dans la population. En d’autres termes,
une majorité démographique se doublait d’une majorité politique. À partir de 1965, consécutivement à
l’élimination de l’opposition (élimination en partie
physique, en partie par des moyens politiques), le
Rwanda devient de facto un État dirigé par un parti
unique monoethnique (hutu) par essence (Reyntjens,
1985).

Sinds mwami Rwabugiri tot op het ogenblik van de
afschaffing van de monarchie in 1961, was het

Du règne du mwami Rwabugiri jusqu’à l’abolition
de la monarchie en 1961, le royaume du Rwanda a été

1 - 611/7 - 1997/1998

( 110 )

koninkrijk Rwanda een sterk georganiseerde en
gelaagde maatschappij, versterkt door hervormingen
van de gemeenten tijdens de koloniale periode. De
laatste grote gemeenschappelijke hervorming vond
plaats in 1960 en bevestigde eens te meer de sterk georganiseerde structuur van de Rwandese staat. Het land
was onderverdeeld in 10 préfectures, elk préfecture
verder onderverdeeld in een aantal communes. Deze
communes, 143 in totaal, vormden de basis voor ontwikkeling. Elke commune was onderverdeeld in 45 secteurs, elke secteur in « cellen » (10 « cellen » per
secteur). In navolging van het Tanzaniaanse model,
bestond de uiteindelijke organisatorische eenheid uit
10-gezinscellen bestaande uit zo’n 80 mensen. Slechts
weinig Afrikaanse landen waren zo goed georganiseerd en maakten ook gebruik van haar de structuren
als Rwanda (Reyntjens, 1985).

un État hautement organisé et stratifié. Les réformes
communales de la période coloniale ne firent que
renforcer cette situation. La dernière grande réforme
communale qui remonte à 1960, confirmait une
nouvelle fois la structure hyperorganisée de l’État
rwandais. Le pays fut divisé en 10 préfectures ellesmêmes subdivisées en un certain nombre de communes. Celles-ci, au nombre de 143 au total, formaient la
base du développement. Les communes étaient divisées chacune en 4 à 5 secteurs, eux-mêmes subdivisés
en « cellules » (10 cellules par secteur). S’inspirant du
modèle tanzanien, l’unité organisationnelle finale est
la cellule de 10 ménages comprenant 80 personnes.
Rares sont les pays africains à être aussi bien organisés
et à utiliser leurs structures de manière aussi intensive
que le Rwanda (Reyntjens, 1985).

De overgang naar onafhankelijkheid

Transition vers l’indépendance

De revolutie van 1959-1961, gesteund door de
Belgische overheid (Harroy, 1984; Logiest, 1988)
leidde tot afschaffing van de monarchie en opheffing
van alle politieke en administratieve Tutsi-structuren
waarop gedurende decennia, België zijn politiek van
onrechtstreeks bewind gebaseerd had. De (Hutu-)
boerenopstand werd grotendeels uitgelokt door de
onverzoenbaarheid van een conservatieve, politieke
en administratieve elite die botweg elke vorm van
democratie die niet enkel geëist werd door een
rijzende Hutu-elite, maar ook door een Tutsitegenelite progressiever dan de Tutsi-elite die de
macht had, weigerde (Reyntjens, 1994). Hoewel het
aantal slachtoffers aanvankelijk beperkt bleef, leidden de pogingen van de door Tutsi-aangevoerde traditionele machtselite om de macht in handen te
houden, tot gewelddadige conflicten. De Belgen ondersteunden de opstand. De afschaffing van de
monarchie en de opkomst van een Hutu-elite werd
definitief in september 1961 toen tijdens een referendum, 80 % van het electoraat een stem uitbracht voor
de republiek. Tegelijkertijd toonden de resultaten van
de parlementsverkiezingen aan dat de door Hutu’s
aangevoerde partijen een duidelijke overwinning
hadden behaald.

La révolution de 1959-1961 soutenue par l’administration belge (Harroy, 1984; Logiest, 1988) conduit à
l’abolition de la monarchie et à la suppression de
toutes les structures politiques et administratives
tutsies sur lesquelles la Belgique avait, pendant des
décennies, basé sa politique d’administration indirecte. La révolte des paysans (Hutus) a été largement
provoquée par l’intransigeance d’un parti conservateur et de l’élite administrative qui refusa platement
toute démocratisation pourtant réclamée par une élite
hutue émergente et par une contre-élite tutsie, nettement plus progressive que celle au pouvoir (Reyntjens, 1994). Bien qu’au départ, le nombre de victimes
soit resté assez limité, les tentatives de l’élite tutsie
traditionnelle au pouvoir visant à maintenir un règne
autoritaire conduisirent à des chocs violents. Les
Belges ont soutenu la révolte. L’abolition de la
monarchie et l’émergence d’une élite hutue devinrent
définitives en septembre 1961 lorsque 80% des électeurs se prononcèrent en faveur d’une république à
l’occasion d’un référendum. Les résultats des élections législatives désignaient aussi clairement les
partis à domination hutue comme les grands vainqueurs du scrutin.

De gebeurtenissen van 1959-1962 : ommekeer en
confrontatie

Les événements de 1959-62 : renversement de situation et confrontation

De meeste waarnemers zijn het erover eens dat de
revolutionaire overgang, die plaatsvond tussen
november 1959 en september 1961, van de door
Tutsi’s gedomineerde monarchie naar een door
Hutu’s aangevoerde republiek, zijn hoogtepunt bereikend op 1 juli 1962 met het uitroepen van de Onafhankelijkheid, cruciaal is om de daaropvolgende etnische verdeling van het land te kunnen begrijpen
(Reyntjens, 1985; Lema, 1993; C. Newsbury, 1988).
Tijdens deze korte periode — begonnen in 1959 met

La plupart des observateurs s’accordent à dire que
la transition révolutionnaire de la monarchie à domination tutsie vers la République dirigée par les Hutus,
qui a duré de novembre 1959 à septembre 1961 et qui a
connu son apogée le 1er juillet 1962 avec la déclaration d’indépendance, constitue une période cruciale
pour comprendre la division ethnique du pays qui a
suivi (Reyntjens, 1985; Lema, 1993; C. Newbury,
1988). Cette courte période de l’histoire, qui
commença par la jacquerie de 1959, amena un renver-

( 111 )

1 - 611/7 - 1997/1998

de jacquerie of de zogenaamde boerenopstand —
keerden de historische rollen zich om. Onder druk
van de democratische veranderingen in Afrika, verlegde de Belgische overheid haar steun van de Tutsiaristocratie naar de Hutu-meerderheid, trok haar
steun aan de mwami in, liet haar politiek van onrechtstreeks bewind varen en voerde Rwanda (en
Burundi) naar nationale onafhankelijkheid. Ook
volgens Linden (1995) was dit proces het begin van
een reeks woelige machstconflicten waarin « de verovering van de Rwandese staat een gewelddadige
nuloperatie bleek waarin de winnaar met alles ging
lopen ». De strijd om macht, gevoerd in een arena verlaten door zowel de koloniale macht als haar vroegere
tegenstander, de traditionele monarchie, verklaart
waarom de etnische aggravatie op de voorgrond
kwam te staan. Terwijl de Tutsi’s zich door hun
dominante positie in de koloniale maatschappij reeds
als een groep beschouwden, achtte de opkomende
politieke Hutu-elite het nodig een beroep de doen op
het algemene « Hutu-gevoel » van de kansarmen om
met succes het inheemse gezag uit te dagen, strijd te
leveren en historische onrechten recht te zetten.

sement des rôles. Sous la pression de la vague de changement démocratique déferlant sur l’Afrique, les
autorités belges cessèrent de soutenir l’aristocratie
tutsie et accordèrent leur appui à la majorité hutue,
retirèrent leur soutien au mwami, abandonnèrent leur
politique d’administration indirecte et conduisirent
en hâte le Rwanda (et le Burundi) à l’indépendance
nationale. Ce processus, remarque Linden (1995),
marque le début d’un cycle de turbulences du pouvoir
dans lesquelles « la capture de l’État rwandais d’entre
les mains des opposants politiques a été un jeu blanc
violent dans lequel le vainqueur emporte tout ». La
lutte pour le pouvoir dans une arène abandonnée par
la puissance coloniale et son ancien allié, la monarchie traditionnelle, explique l’exacerbation des
tensions ethniques. Alors que les Tutsis se considéraient déjà comme un groupe par leur position dominante dans la société coloniale, l’élite hutue émergente jugea nécessaire de susciter une conscience
hutue des sous-privilégiés afin de réussir à battre en
brèche le leadership indigène, de s’emparer de l’État
vacant et de redresser les injustices résultant de
l’histoire.

Naar het einde van de jaren ’50 toe, vertoonde de
Belgische overheid plots een opmerkelijke interesse
voor de situatie van de Hutu-boerenmeerderheid. Een
gelijkaardige, radicale opiniewijziging vond plaats
binnen de katholieke kerk zoals toegelicht door de
pastorale brief van Monseigneur André Perraudin
aan het einde van de jaren ’50, waarin hij een proHutu standpunt innam en verklaarde dat de sociale
discriminatie ten opzichte van de Hutu’s niet langer
strookte met de degelijke organisatie van de Rwandese maatschappij (Reyntjens, 1994).

Vers la fin des années 50, les autorités belges
s’intéressèrent subitement à la situation de la majorité
constituée par les paysans hutus. L’Église catholique
fit un changement de cap tout aussi radical comme en
atteste la lettre pastorale de Monseigneur André
Perraudin écrite à la fin des années 50, dans laquelle il
adopte une attitude pro-hutue en affirmant que la
discrimination sociale subie par les Hutus n’était plus
compatible avec une saine organisation de la société
rwandaise (Reyntjens, 1994).

Op 1 november 1959 brak het etnisch geweld uit
met als rechstreekse aanleiding de molestatie van een
voorzitter van de Parmehutu-partij door Tutsijongeren. De daaruit voortvloeiende rellen leidden tot
een wijdverspreide Hutu-opstand waarin honderden
Tutsi’s gedood werden. De Belgische regering zond
enkele troepen. In tegenstelling tot de verwachtingen,
trachtte het Belgische leger echter niet om de Hutuopstand neer te slaan maar ontwikkelde ze de facto
een pro-Hutu politiek door de installering van militair bestuur en de benoeming van meer dan 300 Hutustamhoofden en onderstamhoofden om de Tutsifunctionarissen te vervangen die afgezet, vermoord of
gevlucht waren sinds het begin van de opstand
(C. Newbury, 1988; Prunier, 1995). Niet lang daarna
— in mei 1960 — bevestigde de Belgische overheid de
nieuwe politiek door het inzetten van een inheemse
militaire, territoriale wacht bestaande uit 650 man,
gebaseerd op etnische proportionele verhoudingen,
85 % Hutu’s en 15 % Tutsi’s.

Le 1er novembre 1959, des violences ethniques éclatent après que le leader du parti Parmehutu eut été
molesté par des jeunes Tutsis. Les émeutes qui s’en
suivirent menèrent à une vaste révolte des Hutus au
cours de laquelle des centaines de Tutsis perdirent la
vie. Le gouvernement belge réagit en envoyant des
troupes belges. Contrairement à ce que l’on aurait pu
attendre, les troupes belges ne tentèrent pas d’écraser
la révolte hutue mais adoptèrent une politique prohutue dans les faits en installant une administration
militaire et en désignant plus de 300 chefs et souschefs hutus pour remplacer les Tutsis renversés, tués
ou en fuite depuis le début de la rébellion
(C. Newbury, 1988; Prunier, 1995). Peu après, en mai
1960, les autorités belges confirmèrent leur nouvelle
politique en créant une garde militaire territoriale
indigène composée de 650 hommes et basée sur la
répartition ethnique, à savoir 85 % de Hutus et 15 %
de Tutsis.

Zoals hierboven reeds verklaard, keerden de historische rollen zich om. Dit werd nog bevestigd tijdens
de plaatselijke verkiezingen van juni-juli 1960 waarin
de door Tutsi’s overheerste politieke partijen slechts

Comme nous l’avons déjà dit, les rôles se sont
inversés. Une nouvelle confirmation du changement
fut donnée par les élections locales de juin-juillet 1960
qui créditèrent les partis politiques à domination

1 - 611/7 - 1997/1998

( 112 )

16 % van de stemmen behaalden en aldus eindigden
in een overweldigende zege voor de Hutu’s. Na de
verkiezingen waren niet minder dan 211 van de
229 bourgmestres Hutu’s (C. Newbury, 1988). Onder
deze omstandigheden, en tegen een achtergrond van
constante etnische conflicten, besloot mwami Kigeri
V op 29 juni 1960 om Rwanda te verlaten, officieel
om de onafhankelijkheidsfestiviteiten in Kongo bij te
wonen. Hij zou echter niet meer terugkeren.

tutsie de seulement 16 % des suffrages, traduisant
ainsi une victoire hutue écrasante. Après les élections,
211 des 229 bourgmestres allaient être Hutus (C.
Newbury, 1988). Dans cette situation et dans un
contexte de chocs ethniques continuels, le mwami
Kigeri V décida de quitter le Rwanda le 29 juin 1960,
officiellement pour assister aux fêtes d’indépendance
au Congo. Il n’allait cependant jamais regagner son
pays.

De politiek die België voerde in Rwanda kreeg
scherpe kritiek tijdens de Algemene Vergadering van
de Verenigde Naties. Van december 1960 tot juni
1962, riep ze verschillende keren op te komen tot een
verzoening tussen de mwami en gevangengenomen
Tutsi-vertegenwoordigers, ze porde ook België aan
om Rwanda en Burundi samen te houden maar zonder enig succes. In tegendeel, de Belgische overheid
versterkte nog verder het Rwandese onafhankelijkheidsproces door het toekennen van interne autonomie onder een tijdelijke regering met aan het hoofd
de oprichter van Parmehutu, Grégoire Kayibanda,
een Hutu-leider uit de regio van Gitarama in Centraal-Rwanda. Gedurende deze periode duurde de
etnische confrontatie tussen Hutu’s en Tutsi’s niet
enkel voort, ze escaleerde en leidde voornamelijk tot
het vermoorden, verdrijven en verbannen van Tutsi’s.

La politique rwandaise de la Belgique a valu à cette
dernière des critiques acerbes de la part de
l’Assemblée générale des Nations Unies qui, de
décembre 1960 à juin 1962, en appela à plusieurs
reprises à une réconciliation avec le mwami et les
représentants tutsis emprisonnés, tout en pressant la
Belgique de préserver l’unité entre le Rwanda et le
Burundi, mais en vain. Au contraire, les autorités
belges renforcèrent le processus d’indépendance du
Rwanda en lui accordant l’autonomie interne sous un
gouvernement transitoire dirigé par le fondateur du
Parmehutu, Grégoire Kayibanda, leader hutu de la
région de Gitarama dans le centre du Rwanda.
Pendant toute cette période, la confrontation entre
Hutus et Tutsis continua mais ce fut l’escalade avec
des morts, des expulsions ou des exils, surtout dans
les rangs tutsis.

De overgang van een politieke Tutsi-overheersing
naar een Hutu-overheersing werd bekrachtigd door
de parlementaire verkiezingen van 25 september 1961
die resulteerden in een overweldigende overwinning
voor de door Hutu’s aangevoerde partijen. Parmehutu behaalde niet minder dan 78 % van de stemmen,
aldus 35 zetels op 44 halend, terwijl de UNAR (door
Tutsi’s gedomineerde partij) slechts 17 % van de
stemmen haalde en zeven zetels. Een gelijktijdig
gehouden referendum leidde tot een even massale verwerping van de monarchie ten voordele van de republiek. Na de verkiezingen werd Grégoire Kayibanda
door het nieuwe parlement op 26 oktober 1961 verkozen tot president op en stelde hij een regering samen
aanvankelijk was samengesteld uit Parmehutu-,
UNAR- en APROSOMA-leden. Acht maanden later,
op 1 juli 1962, werden Rwanda en Burundi eindelijk
officieel onafhankelijk verklaard als twee soevereine
staten, een feit dat de Algemene Vergadering van de
Verenigde Naties met tegenzin moest onderschrijven.

La transition entre la domination politique tutsie et
la domination hutue a été scellée par les élections
législatives du 25 septembre 1961 qui ont débouché
sur une victoire écrasante des partis hutus. Le Parmehutu obtint pas moins de 78 % des suffrages, décrochant ainsi 35 sièges sur 44, tandis que l’UNAR (parti
dominé par les Tutsis) n’obtenait que 17 % des
suffrages et sept sièges. Un référendum simultané
entraîna un rejet tout aussi massif de la monarchie
pour lui préférer un système républicain de gouvernement. Après les élections, Grégoire Kayibanda fut élu
président du nouveau parlement le 26 octobre 1961.
Ce dernier nomma un gouvernement composé initialement de membres du Parmehutu, de l’UNAR et
d’APROSOMA. Huit mois plus tard, le 1er juillet
1962, le Rwanda et le Burundi finirent par obtenir
formellement leur indépendance en tant qu’États
souverains, indépendance que l’Assemblée générale
des Nations Unies n’approuva que du bout des lèvres.

In de loop van de daaropvolgende drie decennia,
werden de Hutu-jacquerie van 1959 en de gebeurtenissen die leidden tot de onafhankelijkheid in 1962,
cruciale referentiepunten in het politieke leven van
Rwanda, in positieve of negatieve zin, afhankelijk
van de angst of hoop gekoesterd door de betrokkenen.

Pendant les trois décennies suivantes, la jacquerie
hutue de 1959 et les événements qui conduisirent à
l’indépendance en 1962, constituèrent les principaux
points de référence de la vie politique du Rwanda,
positifs ou négatifs selon les craintes ou les espoirs des
personnes concernées.

( 113 )
Waarom namen deze politieke ontwikkelingen dan
de vorm aan van een gewelddadige Tutsi-Hutuconfrontatie ? Met de woorden van C. Newbury :
« opvallend was dat bijna iedereen die de staat had
gecontroleerd (voor 1959) — de stamhoofden en de
onderstamhoofden — Tutsi’s waren en hier wordt de
etnische factor belangrijk [...] Een beroep doen op de
Hutu-solidariteit werd voor de Hutu-leiders het meest
doeltreffende verzamelpunt voor een revolutionaire
activiteit. Alhoewel Hutu’s zich gemakkelijk konden
onderscheiden — en dat ook deden — van de Tutsi’s
met hun verschillende types en standpunten, deed het
feit dat de chefs en de andere Afrikaanse tussenpersonen van de staat beschouwd werden als uitbuiters, en
dat zij bijna allemaal Tutsi’s waren, een krachtig
beroep op de etnische solidariteit terwijl een beroep
op « alle arme burgers » niet zo efficiënt zou geweest
zijn. Omdat de koloniale politiek de Hutu’s meermaals een inferieure, uitgesloten status had opgedrongen, leden zelfs arme Tutsi’s niet onder eenzelfde
vorm van discriminatie als hen, geklasseerd als
Hutu’s. » (C. Newbury, 1988)

1 - 611/7 - 1997/1998

Pour quelle raison ces développements politiques
ont-ils revêtu la forme d’une confrontation violente
entre Hutus et Tutsi? C. Newbury apporte un élément
de réponse :
« le fait saillant est que la quasi-totalité de ceux qui
contrôlaient l’État (avant 1959), les chefs et les souschefs, étaient Tutsis et c’est ici que le facteur ethnique
prend toute son importance [...] Pour les leaders
hutus, l’appel à la solidarité hutue devint le point de
ralliement le plus efficace pour l’activité révolutionnaire. Bien que les Hutus fussent en mesure de distinguer — et l’aient apparemment fait — les différents
types de Tutsis et leurs attitudes, le fait que les chefs et
les autres agents africains de l’État étaient considérés
comme des exploiteurs et que ceux-ci étaient très
majoritairement Tutsis, fit la force de l’appel à la solidarité ethnique là où un appel à « tous les pauvres »
aurait été moins écouté. La politique coloniale ayant
à moult reprises pris pour cible la caste inférieure des
Hutus au statut d’exclus, même les pauvres Tutsis
n’ont pas subi les mêmes formes de discrimination
que celles infligées aux Hutus. » (C . Newbury, 1988)

Drie belangrijke gevolgen van dit cruciale keerpunt
bepaalden, en bepalen nog steeds, de politieke ontwikkelingen in Rwanda.

Trois conséquences de ce tournant crucial ont
déterminé et continuent à déterminer les développements politiques au Rwanda.

1. De verbanning van een groot aantal Tutsi’s. Het
exacte aantal vluchtelingen is reeds meerdere malen
het onderwerp geweest van debatten en werd ook
gebruikt voor propaganda-doeleinden. Dit was
vooral het geval tijdens de crisis in oktober 1990 na de
invasie van het RPF (Rwandees Patriottisch Front)
vanuit Oeganda. Eigenlijk verlieten Tutsivluchtelingen Rwanda tijdens een aantal opeenvolgende crisissen in de periodes 1959-1961, 1963-1964
en 1973. Het totale aantal bedroeg in het begin van de
jaren ’90 ongeveer 600 000 met inbegrip van de afstammelingen van de oorspronkelijke vluchtelingen
(Guichaoua, 1992). Dit cijfer wordt door velen in
twijfel getrokken. Prunier stelt echter dat dit de best
beschikbare raming is (Prunier, 1995). Het is een
indrukwekkend aantal en vertegenwoordigt ongeveer 9 % van de totale geschatte bevolking in het land
of de helft van de Tutsi-bevolking. Ze vormden een
element van structurele onveiligheid, vooral gezien
het feit dat de Tutsi-vluchtelingen de verbanning niet
wilden zien als een fait accompli — in tegendeel, ze
maakten aanspraak op « Rwanda-gevoel » of
« Rwanda-iteit » en op hun recht om terug te keren.
Zelfs voor de onafhankelijkheid, voerden groepen
vluchtelingen gewapende aanvallen uit in een poging
om hun vroegere posities terug te winnen. Aangezien
de meerderheid van de vluchtelingen in de vier naburige landen verbleef, was het was gemakkelijk om
zulke aanvallen uit te voeren. Deze activiteiten van
gegroepeerde Tutsi-vluchtelingen, de zogenaamde
inyenzi (kakkerlakken), hielden op in 1967 (Reyntjens, 1994).

1. Exil d’un grand nombre de Tutsis. Le nombre
exact de réfugiés a fait l’objet de nombreux débats et a
été utilisé à des fins de propagande. Tel fut le cas en
particulier durant la crise d’octobre 1990 qui suivit
l’incursion du FPR (Front patriotique rwandais) au
départ de l’Ouganda. En fait, les réfugiés tutsis ont
quitté le Rwanda lors des crises successives, plus
spécialement en 1959-1961, 1963-1964 et en 1973. Au
début des années 1990, leur nombre s’élevait à environ 600 000, y compris les descendants des premiers
réfugiés (Guichaoua, 1992). Ce chiffre est contesté par
de nombreuses personnes. Prunier établit cependant
que ce chiffre est la meilleure estimation dont on
dispose (Prunier, 1995). Ce chiffre est impressionnant
puisqu’il correspond à environ 9 % de la population
totale estimée du pays, soit la moitié de la population
tutsie. Ils constituent un élément d’insécurité structurelle, d’autant que les communautés de réfugiés tutsis
n’ont jamais accepté l’exil comme un fait accompli.
Au contraire, ils ont toujours revendiqué leur appartenance au Rwanda et leur droit d’y retourner. Avant
même l’indépendance, des groupes de réfugiés
commencèrent à faire des incursions armées visant à
tenter de récupérer leur ancienne position. Ces incursions étaient faciles à réaliser puisque la majorité des
réfugiés résidaient dans les quatre pays voisins. Ces
activités imputables à des groupes de réfugiés tutsis,
les inyenzi (cafards) ne prirent fin qu’en 1967 (Reyntjens, 1994).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 114 )

De officiële positie van de Rwandese regeringen
met betrekking tot dit probleem wijzigde aanzienlijk
in de loop der jaren. Reeds in 1960 had de tijdelijke
regering uiting gegeven aan haar bezorgdheid door
het oprichten van een Staatssecretariaat voor Vluchtelingen. Tijdens de Eerste Republiek (1962-1973)
werden de vluchtelingen meermaals uitgenodigd om
terug te keren. Dit gebeurde echter nooit. Ten eerste
geloofden de Tutsi-vluchtelingen niet in de oprechtheid van de gewijzigde houding van de regering en ten
tweede voerden de inyenzi geregeld aanvallen uit.
Aan het einde van 1963 en het begin van 1964, verlieten nieuwe vluchtelingen Rwanda.

L’attitude officielle des gouvernements rwandais
par rapport à ce problème a changé considérablement
au fil des années. Au début des années 60, le gouvernement provisoire avait exprimé sa préoccupation en
créant un Secrétariat d’État aux Réfugiés. Sous la Ière
république (1962-1973), les réfugiés ont été invités à
plusieurs reprises à regagner le Rwanda. Cet objectif
n’a toutefois jamais été atteint. D’une part, les réfugiés tutsis n’ont jamais cru à la sincérité des changements d’attitude du gouvernement. D’autre part, les
inyenzi faisaient des incursions à intervalles réguliers.
Fin 1963, début 1964, une nouvelle vague de réfugiés
quitta le Rwanda.

Tijdens de Tweede Republiek — vanaf 1973 —
was er enigszins sprake van een wijziging (de problemen verdwenen echter natuurlijk niet) ten gevolge
van een politiek van etnische pacificatie. Het regime
wierp echter een nieuwe hindernis op en stelde dat het
land overbevolkt was en niet bij machte was een groot
aantal vluchtelingen terug op te nemen. Massale
repatriëring werd dus uitgesloten. Dit werd
bekrachtigd door een verklaring van het Centrale
Comité van de heersende MRND (Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement) op
26 juli 1986. De terugkeer van individuele vluchtelingen werd verder verbonden aan bepaalde omstandigheden die vatbaar waren voor verschillende interpretaties: er werd bijvoorbeeld verwacht dat een mogelijke repatriëringskandidaat kon « aantonen dat hij,
bij terugkeer naar zijn land, zichzelf zou kunnen onderhouden » (Ndagijimana, 1990). Deze positie, die
blijkbaar de « definitieve » gezindheid weerspiegelde,
zette de vluchtelingen ertoe aan om voor de eerste
maal een internationale conferentie te organiseren in
Washington, in augustus 1988. Het standpunt van de
regering werd verworpen en het recht om terug te
keren werd nogmaals bevestigd. Een dreigende confrontatie was op dit ogenblik, misschien zonder dat
men het ten volle besefte, in de maak. De crisis van
oktober 1990 was daarom in essentie een vluchtelingen crisis, met haar wortels in de gebeurtenissen van
1959-1962, versterkt door de verdere politieke ontwikkelingen in Rwanda en in de naburige staten,
vooral Oeganda.

Sous la seconde république (à partir de 1973), la
situation changea quelque peu (mais sans jamais
disparaı̂tre) par suite d’une politique de pacification
ethnique. Mais le régime en place dressa un nouvel
obstacle en prétextant que le pays était surpeuplé et
incapable de réintégrer un grand nombre de réfugiés.
Les rapatriements massifs étaient donc exclus. Cette
position fut soutenue par une déclaration du Comité
central du MRND (Mouvement révolutionnaire
national pour le développement) datée du 26 juillet
1986. De plus, le retour des réfugiés individuels était
soumis à certaines conditions prêtant à de multiples
interprétations. Il était par exemple prévu que le
candidat au rapatriement devait « apporter la preuve
qu’à son retour au pays, il serait capable de se prendre
en charge » (Ndagijimana, 1990). Cette position, qui
devint la position « définitive », entraı̂na pour la
première fois la tenue par les réfugiés d’une conférence internationale à Washington en août 1988. La
position du gouvernement fut rejetée et l’on réaffirma
le plein droit de retour au pays. À ce stade, on assistait, sans doute sans s’en rendre compte, à la genèse
d’une confrontation imminente. La crise d’octobre
1990 fut donc essentiellement une crise des réfugiés,
plongeant ses racines dans les événements de 19591962, renforcée par les développements politiques qui
ont suivi au Rwanda et dans les États voisins, en particulier en Ouganda.

2. Feitelijke uitsluiting uit het openbaar leven van
alle Tutsi’s. Deze uitsluiting werd op twee manieren
gerealiseerd : 1) de Tutsi-partijen ondergingen hetzelfde lot als de andere oppositiepartijen (zie hieronder) en 2) Tutsi-burgers werden het slachtoffer van
allerlei soorten misbruik. In feite was de opstand van
november 1959 slechts het begin van een reeks
gewelddadige acties gericht tegen Tutsi’s. Terwijl de
gebeurtenissen van 1959 verantwoordelijk waren
voor honderden doden, steeg geleidelijk de tol die
men betaalde tijdens de daaropvolgende crisissen. De
eerste politieke slachtoffers waren Tutsi-stamhoofden en onderstamhoofden. Van de 43 Tutsistamhoofden en 549 onderstamhoofden begin no-

2. L’exclusion virtuelle de tous les Tutsis de la vie
publique. Cette exclusion a deux origines : 1) les
partis tutsis ont subi le même sort que les autres partis
d’opposition (voir ci-dessous) et 2) les citoyens tutsis
devinrent les victimes d’abus en tous genres. En fait, la
révolte de novembre 1959 n’était que le début d’une
série d’actions violentes dirigées contre les Tutsis. Les
événements de 1959 causèrent plusieurs centaines de
morts et ce nombre ne fit qu’augmenter graduellement au cours des crises successives. Les premières
victimes politiques furent les chefs et les sous-chefs
tutsis. Quelque 21 et 314 des 43 chefs et des 549 souschefs tutsis en poste début décembre 1959, furent
éliminés par meurtre, explosion ou exil. Ils furent

( 115 )

1 - 611/7 - 1997/1998

vember 1959, werden er respectievelijk 21 en 314 uitgeschakeld door moord, uitwijzing of verbanning. Ze
werden vervangen door « tijdelijke » Hutuautoriteiten die, zes maanden na de opstand, ongeveer de helft van de posten innamen. Tijdens de
gemeenteverkiezingen van juni-juli 1960, beschikten
de Tutsi-partijen over 289 gemeenteraadsleden op
een totaal van 3 125, dus amper 9 %. Dient echter
opgemerkt dat UNAR opgeroepen had deze verkiezingen te boycotten wat de uitslag kan beı̈nvloed
hebben ten voordele van de Hutu-partijen.

remplacés par les autorités hutues temporaires qui,
six mois après la révolte, occupaient environ la moitié
des postes. Aux élections municipales de juin-juillet
1960, les partis tutsis obtinrent 289 conseillers municipaux sur un total de 3 125, soit environ 9 % des
sièges. Il convient toutefois d’observer que l’UNAR
avait appelé ses membres à boycotter ces élections, ce
qui risque d’avoir influencé les résultats en faveur des
partis hutus.

Fysieke uitschakeling duurde voort, vooral tijdens
periodes van politieke spanning zoals voor en tijdens
de gemeenteraadsverkiezingen van 1960 en de parlementsverkiezingen van september 1961. Toch werd
de finale slag uitgedeeld aan het einde van 1963. Een
aanval in Bugesera door inyenzi leidde tot geweld.
Alleen al in de préfecture van Gikongoro werden naar
schatting tussen de 5 000 en de 8 000 Tutsi’s vermoord of ongeveer 10-20% van de totale Tutsibevolking van de préfecture. De Tutsi-leiding die in
het land bleef werd grotendeels uitgeschakeld: de
15 belangrijkste leiders werden onmiddellijk terechtgesteld zonder enige vorm van proces. Dit betekende
het einde van de twee Tutsi-partijen, de UNAR en de
RADER, en tegelijkertijd maakte het een einde aan
deelname van Tutsi’s aan het openbaar leven. Crisissen met een minder grote impact bleven de etnische
minderheid beroeren. De laatste maal dat dit
gebeurde tot 1990, was in 1973, het begin van de coup
van 5 juli 1973 (Reyntjens, 1994).

L’élimination physique resta monnaie courante,
surtout dans les périodes de tension politique, comme
avant et pendant les élections municipales de 1960 et
les élections législatives de septembre 1961. Mais
l’estocade fut donnée fin 1963. Une attaque des
inyenzi à Bugesera déclencha une nouvelle explosion
de violence. Le nombre de Tutsis tués est estimé entre
5 000 et 8 000 rien que dans la préfecture de Gikongoro, soit 10 à 20 % de la population totale de Tutsis
dans cette préfecture. La majorité des leaders tutsis
restés au Rwanda ont été éliminés : 15 des principaux
dirigeants ont été exécutés sur le champ sans aucune
autre forme de procès. Ce fut la fin des deux partis
tutsis, UNAR et RADER, et la fin de toute participation tutsie à la vie publique. Des crises moins graves
allaient continuer à affecter la minorité ethnique. La
dernière d’entre elles avant 1990 survint début 1973 et
préluda au coup d’État du 5 juillet 1973 (Reyntjens,
1994).

3. Concentratie van macht en toenemende autoritaire praktijken. Zoals in verscheidene andere Afrikaanse landen, werd Rwanda na de beginperiode van
een meerpartijenstelsel, de facto een éénpartijstaat.
De oppositie werd uitgeschakeld door een combinatie
van verschillende technieken zoals intimidatie, arrestaties, fysiek geweld en soms onderhandelingen. De
werkelijke politiek van Parmehutu richtte zich op de
uitroeiing van de andere Hutu- en Tutsi-partijen.
Tijdens een speech ter gelegenheid van de eerste verjaardag van de onafhankelijkheid, maakte president
Grégoire Kayibanda zijn voorkeur reeds bekend voor
« een meerderheidspartij — een « overweldigende »
meerderheid — met een kleine oppositie ». Aldus verklaarde hij dat een « proliferatie van politieke partijen
de bevolking in verwarring zou brengen, de vooruitgang van het land incoherent zou maken en zou leiden
tot een schadelijke stagnatie van de natie » (Chronique de politique étrangère, 1963).

3. Concentration de pouvoir et autoritarisme
croissant. Comme dans bon nombre de pays africains, le Rwanda, après une période initiale de multipartisme, devint de facto un État à parti unique.
L’opposition fut éliminée par une combinaison de
diverses techniques telles que l’intimidation, les arrestations, la violence physique et, parfois, les négociations. La politique du Parmehutu avait pour but
l’extinction des autres partis, tant hutus que tutsis.
Dans un discours prononcé à l’occasion du premier
anniversaire de l’indépendance, le président Grégoire
Kayibanda indique déjà sa préférence pour « un parti
majoritaire — une majorité écrasante — avec sur le
côté une opposition mineure ». Il affirmait qu’une
« prolifération des partis politiques distrairait la
population, rendrait le progrès du pays incohérent et
conduirait à une stagnation néfaste de la nation »
(Chronique de politique étrangère, 1963).

Het resultaat was dat in 1965, de MDR-Parmehutu
de enige partij was die kandidaten naar voren kon
schuiven voor de parlements- en presidentsverkiezingen. Zonder als dusdanig geconstitutionaliseerd te
zijn, noemde ze zichzelf toch de « Nationale Partij ».
Met de uitschakeling van de oppositie, nam de concentratie van macht binnen de partij toe. Vooral na
1968, dwongen verschillende conflicten of menings-

Résultat : en 1965, le MDR-Parmehutu était le seul
parti à présenter des candidats aux élections législatives et présidentielles. Sans être entièrement constitutionnalisé, ce parti se donna le nom de « Parti national ». Ayant éliminé l’opposition, la concentration du
pouvoir au sein du parti commença à augmenter.
C’est surtout à partir de 1968 que les nombreux
conflits ou divisions au sein du gouvernement forcè-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 116 )

verschillen binnen de regering, het regime ertoe zich
steeds meer in zichzelf terug te trekken. In 1972 was de
usurpatie van macht door een kleine groep politici uit
Gitamara — de thuisstreek van president Grégoire
Kayibanda — volledig (Reyntjens, 1985).

rent le régime à se replier de plus en plus sur lui-même.
En 1972, l’usurpation du pouvoir par un petit groupe
de politiciens originaires de Gitarama, la région
natale du président Grégoire Kayibanda dans le
centre du Rwanda, était consommée (Reyntjens,
1985).

De Tweede Republiek

La II e République

Geconfronteerd met uitingen van ontevredenheid,
vooral vanwege politici en het leger in het noorden,
trachtte Grégoire Kayibanda’s regering haar toevlucht te nemen tot « etnische » taktieken. In 1973
brak het geweld — oorspronkelijk van etnische origine — uit in scholen, administratie en de zakenwereld. Vanuit een psychologisch standpunt, werden
deze ontwikkelingen zeker beïnvloed (en bevorderd)
door de bloedige gebeurtenissen van 1972 in Burundi
waarin Hutu’s het slachtoffer werden van genocide
moordpartijen (VN Mensenrechtencommissie, 1972)
Het dient echter benadrukt dat de drijfveer gericht op
het verdrijven van Tutsi’s,ontspringt in het machtscentrum dat de aandacht van andere onderwerpen
trachtte af te leiden (Reyntjens, 1985). De politici van
Gitarama verloren echter uit het oog dat de dynamiek
van deze politiek kon ontaarden in een situatie
waarin volledige controle eerder een onzeker element
was. De bevolking viel de rijken aan (en niet enkel de
Tutsi-rijken); de Hutu’s uit het noorden verjaagden
de Hutu’s uit het centrale gebied; politici uit het noorden verlegden hun aandacht van de scholen — waar
alles begonnen was — naar de ministeries en de ondernemingen waar ze zich ondergewaardeerd of verbannen voelden. Wanneer bepaalde politici uit het
noorden, vooral de Nationale Defensieminister, generaal-majoor Juvénal Habyarimana, zich bedreigd
voelden, besloot hij uiteindelijk over te gaan tot militaire interventie; het leger uit het noorden was historisch gezien altijd al overheersend geweest. Grégoire
Kayibanda’s regime werd omvergeworpen op 5 juli
1973, zonder geweld en grotendeels met instemming
van de bevolking (Reyntjens, 1994). Dit was het begin
van de Tweede Republiek onder president Habyarimana.

Face au mécontentement exprimé surtout par les
politiciens et les militaires du nord, le gouvernement
de Grégoire Kayibanda finit par recourir à la tactique
« ethnique ». En 1973, une vague de violence
— initialement à caractère ethnique — éclate dans
les écoles, dans l’administration et dans les entreprises. Psychologiquement, ces développements ont
certainement été influencés (et facilités) par les événements sanglants de 1972 au Burundi où les Hutus ont
été victimes d’un génocide (Commission des Droits de
l’homme des Nations Unies, 1972). Il faut cependant
rappeler que l’impulsion visant à expulser les Tutsis
trouve son origine dans les cénacles du pouvoir qui
ont essayé de détourner ainsi l’attention d’autres
problèmes (Reyntjens, 1985). Pourtant, les politiciens
de Gitarama perdirent de vue la dynamique qu’une
telle politique pouvait engendrer dans une situation
de contrôle précaire. La population commença donc
à s’en prendre aux riches (pas uniquement aux
Tutsis); les Hutus du nord commencèrent à pourchasser ceux du centre; les politiciens du nord se détournèrent des écoles où tout avait commencé pour braquer
leur attention sur les ministères et les entreprises où ils
se sentaient sous-estimés ou frappés d’ostracisme.
Comme certains politiciens du nord et en particulier
le ministre de la Défense nationale, le général-major
Juvénal Habyarimana, sentaient planer le risque
d’une élimination physique, ce dernier décida une
intervention armée avec une armée dans laquelle le
nord a toujours, historiquement, occupé une position
prédominante. Le régime de Grégoire Kayibanda fut
renversé par le coup d’État du 5 juillet 1973 qui eut
lieu sans aucune violence et qui fut accueilli avec satisfaction par la population (Reyntjens, 1994). Cette
date marque le début de la IIe République sous le
président Habyarimana.

Na een geheim proces, legde het gerechtshof in juni
1974 de doodstraf op aan voormalig president Grégoire Kayibanda en zeven andere vooraanstaande
personen uit zijn regime. Anderen werden veroordeeld tot jarenlange opsluiting.

Après une procédure judiciaire organisée dans le
plus grand secret, une cour martiale prononça en juin
1974 la peine de mort à l’encontre de l’ancien président Grégoire Kayibanda et de sept autres dignitaires
de l’ancien régime. Les autres furent condamnés à de
longues peines d’emprisonnement.

Alhoewel in sommige gevallen gratie werd verleend, had dit slechts een symbolische betekenis. De
successen van de hoogwaardigheidsbekleders gingen
verloren in de beruchte « speciale sectie » van de
gevangenis van Ruhengeri, terwijl Grégoire Kayibanda, die onder huisarrest was geplaatst in Kavumu,
in 1976 stierf zonder de medische hulp die hij nodig

La clémence accordée dans certains cas n’eut
qu’une signification symbolique. En fait, pendant les
années 1970, d’innombrables dignitaires de la Ire République périrent dans la tristement célèbre « section
spéciale » de la prison de Ruhengeri alors que
Grégoire Kayibanda, qui était assigné à résidence à
Kavumu, mourut en 1976 après s’être vu refuser les

( 117 )

1 - 611/7 - 1997/1998

had. Na de « morele revolutie » van 1973, waren de
militanten van de « sociale revolutie » van 1959 verdwenen — sommigen op politieke wijze, anderen op
fysieke wijze. Desondanks maakte het regime van de
Twee Republiek aanspraak op de revolutionaire legitimiteit van het vorige regime: « Begerig om de resultaten van de Sociale Opstand van 1959 te bewaren, wil
de MRND het volk van Rwanda mobiliseren onder
het teken van vrede en nationale harmonie door het
herstellen van een klimaat van vertrouwen tussen de
zonen en dochters van de Natie » (MRND, 1985). De
breuk met de Eerste Republiek bleef echter groot.

soins médicaux nécessaires. Après la « révolution
morale » de 1973, les militants de la « révolution
sociale » de 1959 avaient disparu — certains par la
voie politique, d’autres par des moyens physiques. Le
régime de la IIe République se réclamait cependant de
l’ancien régime : « Soucieux de préserver les acquis de
la Révolution sociale de 1959, le MRND a l’intention
de mobiliser l’ensemble du peuple rwandais sous la
bannière de la paix et de l’harmonie nationale en
restaurant un climat de confiance entre les fils et les
filles de la Nation » (MRND, 1985). Pourtant, la
rupture avec la Ire République était nette.

In vele opzichten stond de Tweede Republiek in
schril contrast met de Eerste. Allereerst zien we een
periode van duidelijke modernisering die zich uit in
een opening naar de buitenwereld toe, stedelijke
groei, investeringen en handel. Waar het regime van
de Eerste Republiek naar binnen gericht was, was dat
van de Tweede Republiek voorstander van een politiek om het land open te stellen. Men constateerde een
plotse stijging in het aantal diplomatieke posten van
Rwanda in het buitenland en van andere landen in
Kigali. President Habyarimana reist geregeld en onthaalt vaak gasten. In 1979 vond in Kigali de zesde
Franco-Afrikaanse Conferentie plaats. Rwanda is in
1976 medestichter van de Communauté économique
des Pays des Grands Lacs (CEPGL) en van de Organisation pour l’aménagement et le développement de
la rivière Akagera (OBK) in 1977. Men doet zware
investeringen in infrastructuur, zoals het spoornetwerk en de telecommunicatie. Kigali, amper 15 000
inwoners in 1965, groeit uit tot een stad van ongeveer
250 000 inwoners in het begin van de jaren ’90 en vele
kleine centra worden geleidelijk aan verstedelijkt, dit
nog bevorderd door de uitbreiding van het elektriciteitsnet. De stijgende mobiliteit verbonden aan de
investeringen, communicatie en training is echter niet
altijd even bevorderlijk voor sociale controle, handhaving van de orde en « moraal » en de strijd tegen een
stedelijke exodus (Reyntjens, 1994).

À maints égards, la IIe République contrastait
fortement avec la précédente. Pour commencer, nous
assistons à une période de modernisation prononcée
qui se manifeste par une ouverture sur le monde extérieur, une croissance urbaine, des investissements et la
reprise des affaires. Alors que le régime de la
Ire République vivait replié sur lui-même, celui de la
IIe République adopta une politique d’ouverture du
pays. On constate une augmentation soudaine du
nombre de postes diplomatiques rwandais à
l’étranger et de postes diplomatiques étrangers à
Kigali. Le président Habyarimana fait des voyages
fréquents et séduit. En 1979, Kigali accueille la
sixième Conférence franco-africaine. Le Rwanda est
cofondateur de la Communauté économique des Pays
des Grands Lacs (CEPGL) en 1976 et de l’Organisation pour l’aménagement et le développement de la
rivière Akagera (OBK) en 1977. D’importants investissements sont consentis au niveau de l’infrastructure
(réseau routier et télécommunications). Avec une
population de 15 000 habitants en 1965, Kigali est
devenue une métropole comptant 250 000 habitants
au début des années ’90 et nombre de petits centres se
sont graduellement urbanisés grâce à l’extension du
réseau électrique. Le développement de la mobilité lié
à l’amélioration des investissements, des communications et de la formation n’est cependant pas toujours
vecteur d’une ambition de contrôle social, de maintien de l’ordre et de « moralité » ni de lutte contre
l’exode rural (Reyntjens, 1994).

Ook, wat betreft de zakenwereld, moet de bijzondere « eerste republikeinse » strengheid wijken voor
een enigszins andere ethiek. Burgerlijke ambtenaren
mogen bijvoorbeeld zonder enige beperking met de
privé-sector handel voeren. Toegelaten zijn eveneens:
bezit van huurhuizen, aankoop van huurwagens, en
belangen in gemengde economische ondernemingen
en handelsondernemingen (Presidentiële Instructie
nr. 556101, 11 juni 1975). Dit fenomeen was in
Rwanda niet prominenter aanwezig dan in andere
landen, maar het feit dat Rwanda uiteindelijk niet zo
veel verschilde, leidde tot een wijziging van het bijzondere beeld dat velen tot in het midden van de jaren
’80 hadden van het land.

En ce qui concerne le monde des affaires, l’austérité
particulière de la Ire République a cédé la place à une
éthique différente. Par exemple, tous les fonctionnaires sont autorisés sans restriction à participer à des
entreprises privées. Sont également permises : la
propriété d’habitations louées, l’acquisition de véhicules loués et les prises d’intérêts dans les entreprises
économiques mixtes et commerciales (Instruction
présidentielle no C 556101 du 11 juin 1975). Ce
phénomène fut moins marqué au Rwanda que
partout ailleurs, mais le fait que le Rwanda n’était en
définitive pas si différent entraîna un changement
dans l’image que certains se faisaient du pays depuis
la moitié des années ’80.

« De mythe van een « egalitaire republiek » was verdampt: een vierdelige bourgeoisie (militair, admini-

« Le mythe d’une « république égalitaire » s’était
évaporé : une bourgeoisie quaternaire (militaires,

1 - 611/7 - 1997/1998

( 118 )

stratief, zakelijk en technocratisch) verduistert in haar
eigen voordeel een belangrijk deel van de nationale
inkomsten » (Bezy, 1990).

administrations, affaires et technocratie) détourne à
son profit une part importante du revenu national »
(Bezy, 1990).

Geleidelijk aan begint de band tussen de stad en het
platteland (die altijd een belangrijk evenwichten
cohesie-element was geweest) af te brokkelen. Een
van de personen ondervraagd door Hanssens, drukt
het als volgt uit:

Graduellement, le lien entre la ville et les campagnes (qui avait toujours constitué un élément important d’équilibre et de cohésion) commença à s’effriter.
Une personne interrogée par Hanssens décrit la situation comme suit :

« Terwijl de werkelijke leiders nog steeds « boeren »
zijn, trekken de kinderen van kaderleden of van
kantoorhouders eigenlijk eerder naar een stedelijk
model en wanneer zij aan de macht komen, zullen ze
alle contact verloren hebben met de realiteit. Vandaar
de Zaı̈re-isatie van Rwanda met een elite die ongetwijfeld de sociale infrastructuur zal verwaarlozen
om haar eigen welvaart een duwtje te geven » (Hanssens, 1989).

« Alors que les dirigeants actuels sont toujours des
« paysans » dans l’âme, les enfants des cadres ou des
dignitaires vivent selon un modèle urbain et,
lorsqu’ils seront au pouvoir, ils auront perdu tout
contact avec la réalité. D’où un phénomène de
zaı̈risation du Rwanda, avec une élite contrainte de
négliger les infrastructures sociales afin d’accroître
son propre bien-être » (Hanssens, 1989).

Een proces in de richting van een breuk tussen een
stedelijke minderheid en een landelijke meerderheid
was in de jaren ’80 in de maak. Newbury merkt op dat
de economische veranderingen van de jaren ’80 niet
enkel resulteerden in een breder wordende kloof tussen rijk en arm, maar ook in een bevestiging vanwege
de machthebbers van de klassenbelangen (C. Newbury, 1991).

Le processus de rupture entre une minorité citadine
et la majorité rurale était déjà bien avancé au cours
des années ’80. Newbury observe que les changements économiques des années ’80 ont eu pour résultat de creuser le fossé entre le riche et le pauvre mais
aussi d’affirmer les intérêts de la classe au pouvoir
(C. Newbury, 1991).

Tenslotte dient het opgemerkt dat toegang tot
macht en kennis slechts gegund was aan enkele regionale groepen in het land, meer bepaald aan de noordelijke préfectures van Gisenyi en Ruhengeri. Deze
concentratie vond plaats in de loop der jaren en werd
gereduceerd tot deze twee préfectures aan het einde
van de jaren ’80. We zullen ons beperken tot drie
voorbeelden. In het midden van de jaren ’80, eigende
de préfecture van Gisenyi zich bijna één derde toe van
de 85 belangrijkste posten in de republiek, alsook
bijna volledige leiding over het leger en de veiligheidsdiensten. Volgens een rapport uit het begin van de
jaren ’90, bevonden 33 openbare instellingen (op een
totaal van 68), zich onder het directoraat van mensen
uit Gisenyi (19 posten) en Ruhengeri (14 posten). In de
periode 1979-1986, bedroegen de « ongelijkheidsindices » voor beurzen om in het buitenland te studeren
1,83 voor Gisenyi en 1,44 voor Ruhengeri (de slechtst
toebedeelde préfecture bleek Kibungo in het oosten,
met een index van 0,67). In 1990 werd het etnisch conflict ingehaald of zelfs overtroffen door regionale conflicten en — binnen de dominante regio — door
kleinschalige antagonismen (bijvoorbeeld, de préfectures van Gisenyi en Ruhengeri lagen met elkaar overhoop in het noorden terwijl in Gisenyi zelf, Bushiru
— Habyarimana’s thuisgebied — in strijd lag met
Bugoyi (Reyntjens, 1994).

Enfin, il faut observer que l’accès au pouvoir et à la
connaissance était réservé à de rares groupes régionaux du pays, à savoir ceux des préfectures de Gisenyi
et de Ruhengeri au nord. Cette concentration naquit
en quelques années et se focalisa sur ces deux préfectures à la fin des années ’80. Bien que cela se constate à
tous les niveaux, nous nous bornerons à citer trois
exemples. Vers la moitié des années ’80, la préfecture
de Gisenyi s’arrogea près d’un tiers des 85 postes les
plus importants de la république ainsi que le leadership quasi exclusif de l’armée et des services de sécurité. Selon une étude remontant au début des années
’90, 33 institutions publiques sur un total de 68 étaient
sous la direction de personnes originaires de Gisenyi
(19 postes) et Ruhengeri (14 postes). Au cours de la
période 1979-1986, les « indices de disparité » en
matière de bourse d’études à l’étranger étaient de 1,83
en faveur de Gisenyi et 1,44 en faveur de Ruhengeri (la
préfecture la plus délaissée étant Kibungo à l’est, avec
un indice de 0,67). En 1990, le conflit ethnique était
éclipsé ou même transcendé par un conflit régional et,
au sein de la région dominante, par des antagonismes
à petite échelle (par exemple, les préfectures de
Gisenyi et de Ruhengeri étaient à couteaux tirés dans
le nord, tandis qu’à Gisenyi même, Bushiru, patrie de
Habyarimana, se livrait à une concurrence sans merci
avec Bugoyi) (Reyntjens, 1994).

Ondanks alle moeilijkheden van de Tweede
Republiek, vonden een aantal positieve ontwikkelingen plaats. Uitgedrukt in termen van aangroei van het
BNP per hoofd, was Rwanda zeer succesvol, vooral
als we rekening houden met de inherente handicaps

Malgré toutes les difficultés rencontrées sous la
IIe République, une série de développements positifs
ont vu le jour. En se basant uniquement sur l’augmentation du PIB par habitant, les performances économiques du Rwanda étaient plutôt bonnes si l’on tient

( 119 )

1 - 611/7 - 1997/1998

van het land (door land omgeven natuur, demografische druk, gebrek aan grondstoffen) en zeker in vergelijking met de naburige landen. Tabel 1 vertegenwoordigt Rwanda’s vooruitgang en dat van de buurlanden in de lijsten van de Wereld Ontwikkelingsrapporten gepubliceerd door de Wereldbank in de
periode die samenvalt met de Tweede Republiek.

compte de ses handicaps inhérents (pays enclavé,
pression démographique, manque de matières
premières) et certainement en comparaison avec ses
voisins. Le tableau 1 représente la progression du
Rwanda et celle de ses voisins dans les classements
réalisés pour les rapports sur le développement
mondial publiés par la Banque mondiale au cours de
la période qui coı̈ncide avec la IIe République.

Tabel 1. BNP per hoofd in Rwanda en de buurlanden

Tableau 1. PIB par habitant au Rwanda et dans les
pays voisins
Ranglijst

Classement

Jaar

Année

1976 . . . . . . . . . . . . . . . .
1981 . . . . . . . . . . . . . . . .
1985

.

.

.

.

.

.

1990 . . . . . .
Verschil. — Différence

.

.

.

.

.

.

.

.

.

Rwanda

Burundi

Zaı̈re

+ 7
+16
+18

11
14
11

16
12
9

+19
+12

11
0

12
−4

.

. . . . . . . . . .
. . . . . . . . . .

Oeganda

Ouganda

Tanzania

Tanzanie

−33
−13
niet besch.

inconnu
−13
−20

−25
−19
−21
− 2
−23

——————
Bron: Wereldbank, Wereld Ontwikkelingsrapporten in Reyntjens (1994).

——————
Source : Banque mondiale, Rapport sur le développement
mondial, dans Reyntjens (1994)

Dus, in een tijdspanne van 15 jaar heeft Rwanda
zijn relatieve positie verbeterd, en is van de onderste
naar de bovenste laag van de ranglijst geklommen,
terwijl Burundi zijn oorspronkelijke plaats behoudt
en de andere buurlanden armer werden, sommige
zelfs aanzienlijk armer. Met andere woorden, van de
armste van de vijf in 1976, was Rwanda in 1990 het
minst arme land. In andere sectoren, zoals bijvoorbeeld de infrastructuur, was vooruitgang duidelijk
merkbaar met een verkeersnet dat als een van de beste
in Afrika mag worden beschouwd, een betrouwbare
postdienst en een betrouwbaar telecommunicatiesysteem, een behoorlijke waterbevoorrading, de uitbreiding van het elektriciteitsnet enz.

En 15 ans, le Rwanda a donc amélioré sa position
relative en passant de la dernière à la première position du classement tandis que le Burundi est resté
stationnaire et que les autres pays voisins se sont
appauvris, certains même fort. En d’autres termes, le
Rwanda est passé de la position d’État le plus pauvre
des 5 en 1976 à la position d’État le moins pauvre en
1990. Dans d’autres domaines tels que, par exemple,
l’infrastructure, les progrès enregistrés sont tout aussi
remarquables, avec un réseau routier qui peut être
considéré comme un des meilleurs d’Afrique, un
service postal fiable et des télécommunications
fiables, un réseau de distribution d’eau correct,
l’extension du réseau électrique, etc.

In de jaren ’80 werd Rwanda door de Wereldbank
en door anderen beschouwd als een succesvolle Afrikaanse economie met een matige schuldenlast in vergelijking met de meeste andere landen van het continent, en dit tenminste tot in de tweede helft van het
decennium. (In 1987 bedroeg Rwanda’s schuld 28%
van het BNP — één van de laagste percentages in
Afrika). De economie was in evenwicht en de munt
vrij stabiel in die mate dat het in de streek aanzien
werd als harde valuta.

Au cours des années ’80, le Rwanda était considéré
par la Banque mondiale et par d’autres instances
comme une économie africaine florissante avec une
dette modérée en comparaison avec celle des autres
pays de ce continent, du moins jusqu’à la deuxième
moitié de la décennie (en 1987, la dette du Rwanda
s’élevait à 28 % du PIB, ce qui correspond à un des
pourcentages les plus faibles d’Afrique). L’économie
était en équilibre et la monnaie jouissait d’une assez
grande stabilité dans la mesure où elle faisait office de
monnaie forte dans la région.

Alhoewel ver van aanvaardbaar, verbeterde ook de
situatie van de mensenrechten. Het aantal politieke
gevangenen werd bijvoorbeeld teruggeschroefd en er
werden inspanningen geleverd om het overmatige en
buitensporig gebruik van reglementeringen op voor-

Bien que loin d’être acceptable, la situation des
droits de l’homme s’est également améliorée. Par
exemple, le nombre de prisonniers politiques a diminué et des efforts ont été faits pour limiter et contrôler
l’utilisation abusive et excessive des règles de préven-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 120 )

waardelijke opsluiting en de beperkte vrijheid van
beweging te beperken en te controleren. Bovendien
dient opgemerkt dat tussen generaal Habyarimana’s
machtsovername en de oorlog van oktober 1990, er
geen noemenswaardig etnisch geweld plaatsvond.
Tegenwoordig wordt vaak vergeten dat president
Habyarimana vrij populair was onder de Tutsi’s in
het binnenland en dat hij zelfs door enkele Hutu’s
werd beschuldigd van het bevoorrechten van Tutsi’s
(Chrétien, 1993).

tion détentive et de restriction de la liberté de mouvement. De plus, il convient d’observer qu’entre la prise
de pouvoir du général Habyarimana et la guerre
d’octobre 1990, le pays n’a été la proie d’aucune
violence ethnique majeure. On a souvent tendance à
oublier aujourd’hui que le président Habyarimana
était assez populaire chez les Tutsis de l’intérieur du
pays et qu’il a même été accusé par certains Hutus de
privilégier les Tutsis (Chrétien, 1993).

HOOFDSTUK 4

CHAPITRE 4

NAAR DE CRISIS IN RWANDA, 1990-1994

LA CRISE RWANDAISE DE 1990 À 1994

Algemene samenvatting: belangrijkste medespelers/
belangrijkste factoren

Aperçu général : principaux acteurs/principaux
facteurs

Op 1 oktober 1990 begon het Rwandese Patriottische Front (RPF), of meer specifiek de militaire vleugel, het RPA (Rwandese Patriottische Leger) het
noorden van Rwanda binnen te vallen vanuit
Oeganda. Uiteindelijk trokken zo’n 7 000 (Tutsi)troepen de grens over. Bijna vier jaar later, op 6 juli
1994, nam een RPF-gedomineerde regering het roer
over in Kigali, de hoofdstad van Rwanda.

Le 1er octobre 1990, le Front patriotique rwandais
(FPR) et plus particulièrement son aile militaire,
l’APR (Armée patriotique rwandaise), commença à
envahir le nord du Rwanda au départ de l’Ouganda.
C’est finalement une troupe de 7 000 hommes (Tutsis)
qui traversa la frontière. Environ quatre ans plus tard,
le 6 juillet 1994, un gouvernement dominé par le FPR
prend Kigali, la capitale du Rwanda.

De RPF-invasie betekende het begin van een constante crisis die op dramatische wijze zou escaleren
na, in april 1994, het neerschieten van het vliegtuig
waarmee president Habyarimana (en zijn tegenhanger uit Burundi) terugkeerde van een vredesbijeenkomst in Dar-es-Salaam (Tanzania). Alvorens iets
gedetailleerder in te gaan op de periode na de RPFinvasie en het Arusha-proces, beschrijven we eerst de
belangrijkste medespelers en factoren in de Rwanda
crisis van de jaren ’90. De belangrijkste medespelers
zijn het uitgedaagde Habyarimana-regime, het RPF,
de interne politieke oppositie en de internationale
gemeenschap. De belangrijkste factoren zijn de
vluchtelingen en de economische en politieke crisissen. De regionale dimensies van de crisis zullen afzonderlijk behandeld worden.

L’invasion du pays par le FPR a déclenché une crise
continue et une escalade dramatique après que l’avion
qui ramenait le président Habyarimana (et son homologue burundais) d’une conférence de paix à Dar-esSalaam (Tanzanie) eut été abattu en avril 1994. Avant
d’entrer plus en détail dans la période qui a suivi
l’invasion du Rwanda par le FPR et les négociations
d’Arusha, nous commencerons par décrire les principaux acteurs et facteurs de la crise rwandaise des
années ’90. Les principaux acteurs sont le régime
Habyarimana défié, le FPR, l’opposition politique
interne et la communauté internationale. Les principaux facteurs sont les réfugiés et la crise économique
doublée d’une crise politique. La dimension régionale
de toute cette crise fera l’objet d’un chapitre distinct.

Het RPF : de vluchtelingencrisis

Le FPR : la crise des réfugiés

De oprichting van het RPF, begin 1988, in
Kampala, de hoofdstad van Oeganda (na gesprekken
eind 1987), is verbonden met de nauwe betrokkenheid van Tutsi’s in het Oegandese leger (NRA)
van president Yoweri Museveni. Generaal-majoor
Fred Rwigyema, die op 1 oktober 1990 het RPF aanvoerde in Rwanda, was vice-minister van Defensie
onder Museveni, Majoor Paul Kagame, de huidige
vice-president van Rwanda, was onderdirecteur van
de militaire inlichtingendienst in Oeganda (Prunier,
1995).

La création du FPR au début de l’année 1988 à
Kampala, capitale de l’Ouganda (marquant ainsi
l’aboutissement de discussions menées fin 1987), doit
être considérée à la lumière de l’importante participation des Tutsis dans l’armée ougandaise (NRA) du
président Yoweri Museveni. Le général-major Fred
Rwigyema, qui fit pénétrer le FPR au Rwanda le
1er octobre 1990, était vice-ministre de la Défense
sous Museveni. Le major Paul Kagame, l’actuel viceprésident du Rwanda, était sous-directeur dans
l’intelligence militaire en Ouganda (Prunier, 1995).

( 121 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Rwandese vluchtelingen en burgers in Oeganda
droegen in grote mate bij tot Museveni’s overwinning
in 1986. Etnisch gezien waren zij de derde grootste
groep in het NRA (Prunier, 1992). Er is opgetekend
bewijs dat Museveni het RPF steunde (Prunier, 1992
en 1995; Human Rights Watch/Arms Project, 1994).
Het RPF was een sterk gemotiveerde en goed
getrainde strijdmacht. Ongeveer 2 500 RPF-soldaten
hadden deel uitgemaakt van het Oegandeze leger
(Prunier, 1995). Op 3 oktober 1990 was het RPFoffensief tijdelijk een halt toegeroepen door de Rwandese Strijdkrachten (Forces Armées Rwandaises,
FAR) (Reyntjens, 1994; Prunier, 1995).

Les réfugiés rwandais et les citoyens ougandais
contribuèrent dans une large mesure à la victoire de
Museveni en 1986. Sur le plan ethnique, ils constituaient le troisième groupe de la NRA (Prunier, 1992).
Il est prouvé que Museveni a soutenu le FPR (Prunier,
1992 et 1995; Human Rights Watch/Arms Project,
1994). Le FPR était une force hypermotivée et bien
entraı̂née. Environ 2 500 soldats du FPR avaient
appartenu à l’armée ougandaise (Prunier, 1995). Le
3 octobre 1990, l’offensive du FPR fut momentanément bloquée par les forces armées rwandaises (FAR)
(Reyntjens, 1994; Prunier, 1995).

Het RPF is een creatie van de Tutsi-vluchtelingen
die Rwanda tussen voornamelijk 1959 en 1966, ontvlucht waren. In de loop der jaren bleef de wens van
de 600 000 vluchtelingen in Oeganda, Burundi, Zaı̈re
en Tanzania (met inbegrip van hun afstammelingen)
om terug te keren naar hun land sterk aanwezig
(Guichaoua, 1992; Watson, 1991). De politieke verandering in Oeganda na 1986 en de betrokkenheid
van Tutsi’s in de consolidatie, zorgde voor een uitstekend kader voor het uitwerken van een militaire invasie. Een andere bevorderende factor was de steun die
het RPF kreeg tijdens het vluchtelingencongres in
Washington DC, augustus 1988.

Le FPR est l’émanation des réfugiés tutsis qui ont
fui le Rwanda surtout entre 1959 et 1966. Au fil des
ans, les 600 000 réfugiés stationnés en Ouganda, au
Burundi, au Zaı̈re et en Tanzanie (et leurs descendants) désiraient toujours ardemment regagner leur
pays d’origine (Guichaoua, 1992; Watson, 1991). Le
changement politique en Ouganda après 1986 et la
participation des Tutsis au processus de consolidation a fourni un contexte favorable à la planification
d’une invasion militaire. Un autre facteur a été le
soutien à sa cause reçu par le FPR au congrès sur les
réfugiés organisé en août 1988 à Washington.

Alhoewel het onmiddellijke motief voor het RPF
de oplossing van de vluchtelingencrisis was, werkte
het Front ook een achtpuntenprogramma uit met het
doel de Rwandese politieke cultuur structureel te
wijzigen. Het programma beschuldigde de Rwandese
regering van ondemocratische en corrupte praktijken
en van etnische discriminatie. Het RPF wierp zich
expliciet op als multi-etnisch. Desondanks waren de
leiding en de leden voornamelijk Tutsi’s.

Bien que la motivation première du FPR ait été de
régler la crise des réfugiés, le Front élabora également
un programme politique en huit points dans l’intention de modifier structurellement la culture politique rwandaise. Ce programme accusait le gouvernement rwandais de pratiques antidémocratiques, de
corruption et de discrimination ethnique. Le FPR
donna sciemment de lui-même une image multiethnique. Néanmoins, la grande majorité de ses dirigeants et de ses membres sont Tutsis.

Sommige waarnemers stellen de wijsheid van het
RPF in vraag door de uitvoering van militaire acties
op dat ogenblik (Prunier, 1993). De invasie vond
plaats slechts twee maanden nadat de 30-maanden
gesprekken onder het UNHCR en OAU over het
vluchtelingenprobleem geleid hadden tot een (derde)
ministeriële overeenkomst tussen Rwanda en
Oeganda wat misschien tot concrete resultaten had
kunnen leiden, en tijdens een geleidelijk aan ontwikkelend politiek liberalisatieproces in Rwanda. Alhoewel het erop lijkt dat de onderhandelingen een doorbraak hadden kunnen betekenen, was het RPF echter
niet bereid nog langer te wachten; het was het constante talmen van de Rwandese regering duidelijk
moe. Er wordt echter gesuggereerd dat het RPF op dat
tijdstip aanviel omdat een mogelijke doorbraak in de
democratisering, mensenrechten en repatriëring van
vluchtelingen de legitimiteit van een aanval zou
hebben aangetast (Reyntjens, 1994).

Certains observateurs doutent qu’il ait été sage de
la part du FPR d’entreprendre une action militaire à
ce moment précis (Prunier, 1993). L’invasion survint
deux mois seulement après la conclusion d’un (troisième) accord ministériel entre le Rwanda et
l’Ouganda à l’issue de trente mois de pourparlers
supervisés par le HCR et l’OUA sur la question des
réfugiés. Or, cet accord aurait pu donner des résultats
concrets. De plus, un processus de libéralisation politique était en train de se développer au Rwanda. Bien
que tout porte à croire que les négociations auraient
pu déboucher sur une avancée, le FPR n’avait plus la
patience d’attendre, apparemment las des blocages
continuels avec le gouvernement rwandais. D’aucuns
affirment cependant que le FPR a attaqué à ce
moment précis parce qu’une avancée possible dans le
domaine de la démocratisation, des droits de
l’homme et du rapatriement des réfugiés aurait réduit
la légitimité d’une attaque (Reyntjens, 1994).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 122 )

Het uitgedaagde regime

Le régime défié

Het Habyarimana-regime, met de MRND-partij en
het leger als belangrijkste steunpilaren, was tijdens
zijn 17-jarig bestaan nooit echt uitgedaagd, tot de
RPF-invasie. Dit betekende niet dat het regime niet
blootstond aan kritiek. Sommigen die het Habyarimana-regime vijandig gezind waren in de jaren ’70 en
’80 — waaronder radicale Hutu’s zoals Alexis Kanyarengwe en Jean Barahinyura — doken in de vroege
jaren ’90 op als vooraanstaande RPF-leden (Reyntjens, 1994). Anderen zouden de binnenlandse oppositie vervoegen waaruit in 1990 politieke partijen
zouden ontstaan.

Le régime Habyarimana, dont les deux principaux
piliers sont le parti MRND et l’armée, n’avait jamais
été véritablement défié au cours de ses 17 années
d’existence, jusqu’à l’invasion orchestrée par le FPR.
Cela ne veut pas dire pour autant que le régime n’avait
jamais été exposé aux critiques. Certaines personnes
hostiles ou devenues hostiles au régime Habyarimana
pendant les années ’70 et ’80, avec dans leurs rangs des
radicaux hutus tels qu’Alexis Kanyarengwe et Jean
Barahinyura, devinrent au début des années ’90 des
personnalités du FPR (Reyntjens, 1994). D’autres ont
rejoint l’opposition nationale dont allaient émerger
des partis politiques en 1990.

In het algemeen echter was Habyarimana vrij
populair zowel bij de Hutu-gemeenschap als bij de
Tutsi-gemeenschap. Vanaf 1985 zou deze populariteit
slijten ten gevolge van een algemene politieke en
economische crisis. Terwijl het conflict zich ontvouwde, kreeg de president steeds meer kritiek, zelfs
vanuit zijn eigen partij. Hij geraakte geklemd tussen
de eis voor politieke liberalisatie vanwege de oppositie en de internationale gemeenschap enerzijds, en de
weigering van zijn eigen aanhang om politiekeconomische posities op te geven, anderzijds. De
opeenstapeling van partijmilities (Interahamwe) en
vooral van een extremistische pro-Hutu-partij (Coalition pour la Défense de la République, CDR) en uitdrukkingen van volkstrots zijn in het algemeen indicatoren van de oppositie tegen het hervormingsproces.

En règle générale, Habyarimana jouissait pourtant
d’une popularité considérable tant chez les Hutus que
dans la communauté tutsie. À partir de 1985, cette
popularité commença à s’éroder à la suite de la crise
politique et économique générale. À mesure que le
conflit évoluait, le président fit l’objet d’un nombre de
critiques croissant, même au sein de son propre parti.
Il était pris entre les demandes de libéralisation politique émanant de l’opposition et de la communauté
internationale, d’une part, et le refus de ses partisans
d’abandonner des positions politico-économiques,
d’autre part. La formation de milices de parti (Interahamwe) et d’un parti extrémiste pro-hutu (Coalition
pour la Défense de la République, CDR) en particulier, et l’affirmation de l’identité ethnique en général,
sont des indicateurs de son opposition au processus
de réforme.

« Extremisten binnen de MRND hebben officieel in
maart 1992 de CDR opgericht » — « met een expliciete agenda van Hutu-extremisme » (African Rights,
1994). Alhoewel de CDR waarschijnlijk nooit veel
aanhang kende, oefende ze toch een belangrijke
invloed uit op de etnische en politieke positie van de
MRND (Reyntjens, 1994). De ideeën werden verspreid via de media (sinds 1989 de krant Kangura, en
sinds juli 1993 het radiostation RTLMC). « Kangura
gebruikte zijn nauwe contacten met de hoogste kringen van de militaire veiligheidsdienst en de CDR om
belangrijke informatie door te spelen aan het publiek,
met het expliciete doel angst en verwachtingen te
creëren. » « Dichter aanleunend bij de meest extreme
ideologieën van de CDR dan bij die van Habyarimana, aarzelde ze niet om kritiek te leveren op de toegevingen van de president tijdens het Arusha-proces. »
(African Rights, 1994).

« Les extrémistes du MRND créent le CDR » officiellement en mars 1992 « avec un programme explicite d’extrémisme hutu » (African Rights, 1994). Bien
que le CDR n’ait probablement jamais compté de
nombreux partisans, il a exercé une influence importante sur l’attitude ethnique et politique du MRND
(Reyntjens, 1994). Ses idées étaient diffusées par les
médias (le journal Kangura depuis 1989, et la radio
RTLMC depuis juillet 1993). « Kangura utilisait ses
liens étroits avec les cénacles les plus élevés des services de sécurité militaire et du CDR pour faire filtrer
des informations importantes dans le grand public,
dans l’intention avouée de provoquer la crainte et
l’espoir. » « Plus proche des idéologues les plus extrémistes du CDR que de Habyarimana, il n’hésita pas à
critiquer le président sur les concessions qu’il avait été
forcé de faire à Arusha » (African Rights, 1994).

De meeste waarnemers stemmen in met de notie en
de mogelijkheid dat Habyarimana het feit dat hij niet
toegaf aan een totale boycot van de politieke liberalisatieproces als gevolg van de vredesonderhandelingen
met het RPF en de binnenlandse oppositie in Arusha
tussen juli 1992 en augustus 1993, met zijn leven
bekocht op 6 april 1994 (Reyntjens, 1994; Prunier,
1995; Lemarchand, 1995).

La plupart des observateurs s’accordent à
reconnaı̂tre l’idée et la possibilité que Habyarimana
ait à payer de sa vie le 6 avril 1994 le fait de ne pas
avoir consenti à un boycott total du processus de libéralisation politique résultant des négociations de paix
avec le FPR et l’opposition nationale à Arusha entre
juillet 1992 et août 1993 (Reyntjens, 1994; Prunier,
1995; Lemarchand, 1995).

( 123 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De economische crisis

La crise économique

Het hierboven omschreven conflict kan gezien
worden als een strijd tussen een steeds verder afgemat
regime en zijn uitdagers. Deze laatsten konden zich
niet langer verzoenen met een éénpartijregering die
volgens hen autoritair was, ondemocratisch en als
dusdanig niet aangepast was aan de nieuwe politieke
situatie. Die oppositie werd gevoed door persberichten over corruptie binnen het regime. Het Habyarimana-regime werd verder gezien als een obstakel voor
economisch herstel. Men ziet inderdaad een verband
tussen de economische crisis die Rwanda hard getroffen had sinds 1985 en de groeiende oppositie uit verschillende delen van het Rwandese burgerlijke leven
(Chrétien, 1991). Tot op het einde van de jaren ’80
werd Rwanda omschreven als een klein en arm, maar
economisch gezond en onafhankelijk land. Het
gemiddelde inflatiecijfer in de jaren ’80 lag niet hoger
dan 4 % per jaar, in vergelijking met het gemiddelde
percentage van 20 % van sub-Sahara Afrika (SSA) %.
Vanaf 1965 tot 1980, groeide Rwanda’s BNP a ratio
van een percent hoger dan dat van SSA.

Le conflit décrit ci-dessus peut être considéré
comme une lutte entre un régime de plus en plus usé et
ses prétendants. Ces derniers ne pouvaient se réconcilier avec un gouvernement à parti unique qu’ils considéraient comme autoritariste, antidémocratique et
donc inadapté à la nouvelle situation politique. Cette
opposition était alimentée par les nouvelles dans la
presse faisant état de corruption au sein du régime. Le
régime Habyarimana était en outre vu comme un
obstacle au redressement économique. En effet, on
aperçoit un lien entre la crise économique qui frappait
durement le Rwanda depuis 1985 et l’opposition
grandissante émanant de différents pans de la société
civile rwandaise (Chrétien, 1991). Jusqu’à la fin des
années ’80, le Rwanda était décrit comme un pays
petit et pauvre mais économiquement sain et autosuffisant. Le taux d’inflation moyen au cours des années
’80 ne dépassait pas 4 % par an contre un taux moyen
de 20 % pour l’Afrique subsaharienne. De 1965 à
1980, le taux de croissance du PIB par habitant
dépassa d’un point celui de l’Afrique subsaharienne.

Steun van multilaterale agentschappen, bilaterale
donateuren (België, Frankrijk, Duitsland, de Verenigde Staten) en NGO’s droegen bij tot de ontwikkeling van Rwanda. In 1991 bijvoorbeeld, vertegenwoordigde de bilaterale en multilaterale steun 21,5 %
(IBRD, 1993) van Rwanda’s BNP en 60 % van de ontwikkelingsuitgaven, een cijfer dat hoger ligt dan het
gemiddelde van SSA maar niet het hoogste. Rwanda
trok de internationale aandacht omwille van haar
lage migratiecijfer naar de steden, haar degelijke
monetaire politiek, de actieve betrokkenheid van de
regering en de burgerlijke maatschappij in antierosie-activiteiten, onderwijs en gezondheidszorg. De
internationale steun aan Rwanda nam snel toe, steeg
van een jaarlijkse 35 miljoen US$ in 1971-1974 naar
tot 343 miljoen US$ in 1990-1993 of bijna 50 US$ per
hoofd (OECD-statistieken).

Un appui substantiel fourni par les agences multilatérales, les donateurs bilatéraux (Belgique, France,
Allemagne, États-Unis) et les ONG a contribué à son
développement. En 1991 par exemple, l’appui des
donateurs bilatéraux et multilatéraux représentait
21,5 % (BIRD, 1993) du PIB du Rwanda et 60 % des
dépenses publiques en matière de développement, ce
qui est au-dessus de la moyenne subsaharienne sans
être le plus élevé de la région. Le Rwanda a attiré
l’attention internationale en raison de son faible taux
d’exode rural, sa politique monétaire saine et la participation active du gouvernement et de la société civile
dans les activités de lutte contre l’érosion et de reconstitution des forêts, l’éducation et les services de soins
de santé. L’aide internationale en faveur du Rwanda
passa rapidement d’un montant annuel de USD
35 millions en 1971-1974 à USD 343 millions en 19901993. Ce dernier chiffre représente quasiment USD 50
par habitant (Statistiques de l’OCDE).

Er waren echter problemen in ontwikkeling. Een
groot probleem was het tekort aan land. De bevolkingsaangroei in het reeds dichtbevolkte land, leidde
tot een situatie waarin het gemiddelde boerengezin
niet meer dan 0,7 hectare land bezat, en zich steeds
vaker geconfronteerd zag met het probleem niet volledig in haar eigen behoeften te kunnen voorzien.
Waar in 1982 9 % van de bevolking minder dan 1 000
calorieën per dag verbruikte (een extreem laag
niveau), steeg dit percentage naar 15 % in 1989 (met
gedeeltelijke hongersnood in het zuiden) en naar 31 %
in 1993 (Maton, 1994). In 1993 was het land dus steeds
meer afhankelijk van voedselhulp. Deze verslechtering van de situatie was natuurlijk ook een gevolg van
de burgeroorlog. Een RPA-aanval in de meest vruchtbare streek van het land in januari en februari 1993,
resulteerde in een massale verhuizing van 13 % van de

Par contre, les problèmes se développèrent. Un
problème majeur était la rareté des terres.
L’accroissement de la population dans un pays qui
connaissait déjà une forte densité de population avait
conduit à une situation dans laquelle la famille
paysanne moyenne ne possédait pas plus de
0,7 hectare de terres. Compte tenu de l’organisation
des cultures qui prévalait, les familles ont eu de plus
en plus de difficultés à avoir une production suffisante
pour subvenir à leurs besoins. Alors qu’en 1982, 9 %
de la population consommait moins de 1 000 calories
par jour (niveau de pauvreté extrême), ce chiffre passa
à 15 % en 1989 (avec une famine partielle dans le sud)
pour atteindre 31 % en 1993 (Maton, 1994). En 1993,
le pays était donc devenu de plus en plus dépendant de
l’aide alimentaire. Cette détérioration de la situation
était bien sûr le résultat de la guerre civile. Une grande

1 - 611/7 - 1997/1998

( 124 )

totale Rwandese bevolking en een daling van 15 %
van de landbouwproductie in één jaar tijd (Marysse
& de Herdt, 1993). Al deze elementen samen vormden
de basis voor extremisme en etnisch conflict.

attaque lancée par l’APR dans la partie la plus fertile
du pays en janvier et février 1993 provoqua un déplacement massif de 13 % de la population totale du pays
et une chute de 15 % de la production agricole mise
annuellement sur le marché (Marysse & de Herdt,
1993). Tous ces problèmes formèrent le substrat de
l’extrémisme et du conflit ethnique.

Los van de interne economische beperkingen, troffen aan het einde van de jaren ’80, enkele belangrijke
externe, economische tegenslagen Rwanda. Allereerst moest Rwanda zijn laatste tinmijn sluiten in
1985 wegens toenemende kosten, een scherpe daling
in de wereldprijzen en wanbeheer (Reyntjens, 1994).
Tin vertegenwoordigde 15 % van Rwanda’s exportinkomsten. Dramatischer was de daling van de
koffieprijzen op de internationale markten. Koffie
vertegenwoordigde meer dan twee derde van
Rwanda’s buitenlandse inkomsten. Tussen 1986 en
1992, daalden de koffieprijzen met 75 % wat resulteerde in een verviervoudiging van haar schuld.

Outre les limitations économiques internes, de
grands chocs économiques externes vinrent également frapper le Rwanda de plein fouet vers la fin des
années ’80. Pour commencer, le Rwanda perdit sa
dernière mine d’étain en 1985 en raison de
l’augmentation des coûts, de l’effondrement des cours
mondiaux et d’une mauvaise gestion (Reyntjens,
1994). L’étain représentait 15 % des recettes d’exportation du Rwanda. Un autre événement encore plus
dramatique fut la baisse des prix du café sur les
marchés internationaux. Le café représentait habituellement plus des deux tiers des recettes extérieures
du Rwanda. Entre 1986 et 1992, les cours du café enregistrèrent une chute de 75 % qui provoqua à son tour
un quadruplement du ratio du service de la dette.

Andere factoren waren een periode van extreme
droogte in 1989-1990 (en opnieuw in 1991 en 1993) en
ziektes die twee belangrijke gewassen aantastten,
maniok en zoete aardappelen, met als gevolg een
tekort aan voedsel voor een half miljoen mensen en
ondervoeding; toenemend schaamteloze en wijdverspreide corruptie binnen de regering; en een verscheidenheid aan budgettaire middelen voor militaire
uitgaven die een piek bereikte na de invasie van de
RPA-strijdkrachten vanuit Oeganda in oktober 1990.
De komende drie jaar dienden verscheidene RPAinvasies, pogingen van de Rwandese regering om de
RPA terug te drijven, vergeldingsmaatregelen tegen
Tutsi’s en nog belangrijker, massale interne bevolkingsverhuizingen in 1993 van een miljoen mensen in
het noordelijk half van het land, de economie een
vreselijke klap toe.

D’autres facteurs jouèrent également un rôle : une
grave sécheresse en 1989-1990 (qui frappa à nouveau
en 1991 et 1993) et des maladies s’attaquant aux deux
principales cultures, le manioc et les patates douces,
qui se traduisirent par un demi-million de personnes
victimes de pénurie alimentaire et de malnutrition, la
corruption de plus en plus flagrante et généralisée du
gouvernement et l’affectation des ressources budgétaires aux dépenses militaires qui grimpèrent en flèche
après l’invasion d’octobre 1990 par les forces de
l’APR au départ de l’Ouganda. Les trois années
suivantes furent marquées par plusieurs incursions de
l’APR, par les efforts de l’armée gouvernementale de
repousser l’APR, par les représailles à l’encontre des
Tutsis et, surtout, par des déplacements de population internes massifs touchant un million de personnes dans la partie nord du pays en 1993. La conjugaison de ces éléments porta un coup fatal à l’économie.

De internationale gemeenschap reageerde op
Rwanda’s economische crisis. De officiële nettohulp
steeg bijna 60 % in twee jaar tijd en ging van 242
miljoen US$ in 1989 tot het recordcijfer van 375
miljoen US$ in 1991 en werd in 1993 op dat niveau
gehandhaafd. Een belangrijke mijlpaal in de hulpvoorziening aan Rwanda, september 1990, was het
structureel aanpassingsprogramma afgesloten met de
Wereldbank en het IMF, dat samen met de bijdragen
van zeven bilaterale donateuren, de Afrikaanse Ontwikkelingsbank en de Europese Unie, 216 miljoen
US$ bedroeg. Na zich jarenlang verzet te hebben
tegen structurele aanpassingen, besloot de regering
van Rwanda om na de druk die uitgeoefend werd de
handelsrekening en het financieel budget — gedeeltelijk veroorzaakt door de ineenstorting van de koffieprijzen — eindelijk de onderhandelingen te beginnen.
Het verband tussen de koffieprijzen en het Rwandese

La communauté internationale répondit avec générosité à l’aggravation de la crise économique au
Rwanda. Les montants versés au titre de l’aide officielle augmentèrent de presque 60 % en deux ans,
passant de USD 242 millions en 1989 à un record
historique de USD 375 millions en 1991. Ils furent
maintenus à peu près à ce niveau jusqu’en 1993. Un
élément capital dans l’aide fournie au Rwanda est
l’accord de septembre 1990 concernant le programme
d’ajustement structurel élaboré par la Banque
mondiale et le FMI. Ce programme, combiné à un
cofinancement par sept donateurs bilatéraux plus la
Banque africaine de développement et l’Union européenne, se chiffrait à USD 216 millions. Après s’être
opposé à tout ajustement structurel pendant de
nombreuses années, le gouvernement rwandais
décida d’entamer des discussions dans ce sens, le
compte commercial et le budget fiscal étant mis sous

( 125 )

1 - 611/7 - 1997/1998

budget stamde voort uit een oude politiek van vastgelegde koffieprijzen aan de boeren via een KoffieEgalisatiefonds, eigenlijk een vorm van subsidies
indien de netto-wereldkoffieprijs onder de gewaarborgde prijs zakte. Met de constante verschuivingen
in de wereldprijzen, stegen vanaf 1987 de subsidies
nodig om aan de gewaarborgde prijs te komen
(Marysse, 1994; IBRD, 1993; World Bank, 1991).

pression notamment à la suite de l’effondrement des
prix du café. Le lien entre le prix du café et le budget
du gouvernement rwandais découle d’une politique
menée de longue date et consistant à garantir un prix
fixe aux producteurs par l’intermédiaire d’un Fonds
d’égalisation du café, qui servait en fait de subvention
lorsque le prix mondial du café (hors frais de marketing et de transport) tombait en dessous du prix
garanti. Avec l’érosion constante des cours mondiaux, les subventions budgétaires nécessaires pour
garantir le prix augmentèrent de manière dramatique
à partir de 1987 (Marysse, 1994; BIRD, 1993; Banque
mondiale, 1991).

De volgende lijst van enkele programmapunten,
goedgekeurd in juni 1991, geeft het aanbod weer van
de politieke maatregelen binnen het structurele aanpassingspakket:

La liste présentée ci-dessous contient certains des
éléments du programme approuvé en juin 1991 et
donne une idée de l’éventail de mesures politiques
dont était assorti le programme d’ajustement structurel :

* macro-economische stabilisatie en verbetering
van de internationale concurrentiepositie door:
— handhaving van een competitieve wisselkoers
(de Rwandese franc, de RWF, was al met 40% gedevalueerd in 1990 en devalueerde opnieuw met 15% in
1992);
— vermindering van het begrotingstekort naar
12% in 1990 en naar 5% van het BNP in 1993 door een
combinatie van verbeterde inkomstenmobilisatie en
aanpassing van de uitgaven;
— importliberalisatie en progressieve uitschakeling van de controle op de binnenlandse prijzen en
andere reglementeringen in verband met de privésector; en
— een verbeterde monetaire politiek, met inbegrip
van liberalisatie van de rentekoersstructuur.

* stabilisation macro-économique et amélioration
de la compétitivité au plan international :
— en maintenant un taux de change compétitif (le
franc Rwanda, RWF, avait déjà été dévalué de 40%
en 1990 et subit une nouvelle dévaluation de 15% en
1992);
— en ramenant le déficit budgétaire du gouvernement de 12% du PIB en 1990 à 5% en 1993 grâce à une
meilleure affectation des ressources disponibles et à
une réduction des dépenses;
— en libéralisant les importations et en supprimant progressivement le contrôle des prix nationaux
ainsi que d’autres mécanismes de régulation touchant
le secteur privé; et
— en améliorant la politique monétaire, en ce
compris la libéralisation de la structure des taux
d’intérêts.

* vermindering van de rol van de staat in de economie via:
— daling van de gewaarborgde prijs aan koffieproducenten en eliminatie van het subsidiëringselement; en
— snellere hervorming van 12 van de 86 overheidsondernemingen om ze te kunnen privatiseren, liquideren of reorganiseren.

* réduction du rôle de l’État dans l’économie :

* bescherming van de kwetsbare burgers door
middel van een « sociaal vangnet », aan de hand van
een « Sociaal Actieprogramma » dat het volgende
inhield:
(i) arbeidsintensieve programma’s voor de stedelijke wegenbouw en bodemerosiebescherming;
(ii) een voedselveiligheidsprogramma voor gebieden getroffen door droogte;
(iii) een ontwikkelingsprogramma voor kleine
ondernemingen;

— par une réduction du prix garanti aux producteurs de café et par l’élimination du mécanisme de
subventionnement; et
— par une accélération du calendrier de réforme
de 12 des 86 entreprises publiques à privatiser, à
mettre en liquidation ou à réorganiser.
* protection des moins favorisés par la mise en
place d’un « réseau de sécurité sociale » par le biais
d’un « Programme d’action sociale » comprenant :
(i) des programmes à forte intensité de maind’œuvre de construction de routes rurales et de
protection contre l’érosion des sols;
(ii) un programme de sécurité alimentaire pour les
zones frappées par la sécheresse;
(iii) un programme de développement pour les
petits entrepreneurs;

1 - 611/7 - 1997/1998

( 126 )

(iv) financiering van het ouderlijk aandeel in de
onderwijsuitgaven voor de armste inwoners (10%
van de bevolking); en
(v) een fonds voor de hergroepering van overbodig
geworden werknemers binnen de openbare sector (De
eerste drie programmapunten maakten deel uit van
een in 1992 door de Wereldbank gefinancierd
« Voedselveiligheid en Sociaal Actieproject » waarin
de steun voor verscheidene door de VN gesponsorde
initiatieven steeg).

(iv) le financement de la quote-part parentale dans
les frais d’éducation des 10% les plus pauvres de la
population; et
(v) un fonds de redéploiement des agents sans
emploi du secteur public (les trois premiers éléments
de ce plan furent intégrés dans le « Projet de sécurité
alimentaire et d’action sociale » de 1992 financé par la
Banque mondiale, qui amplifiait le soutien à plusieurs
initiatives sponsorisées par une agence des Nations
Unies).

De uitvoering van deze punten verschilde. Aan de
voorwaarden van afschaffing van de subsidies aan
koffieproducenten en het begrotingstekort werd niet
voldaan. In plaats van te dalen, steeg het begrotingstekort tot 18% van het BNP in 1992 en tot 19% in 1993.
Aangezien de voorwaarden niet vervuld waren, werd
de tweede tranche van de lening van de Wereldbank
niet verleend (Marysse, 1994; World Bank, 1995).

La mise en œuvre de ces mesures connut des fortunes variables. Deux mesures clés qui ne furent pas
mises en œuvre sont l’élimination des subventions
aux producteurs de café et la réalisation de l’objectif
en termes de déficit budgétaire. Au lieu de diminuer,
ce déficit passa à 18% du PIB en 1992 et même 19% en
1993. Les conditions n’étant pas réunies, la seconde
tranche du crédit de la Banque mondiale destiné à la
réalisation de l’ajustement structurel ne fut pas versée
(Marysse, 1994; Banque mondiale, 1995).

Van mogelijk belang betreffende de directe oorzaken van de genocide, zijn de volgende vragen:

* in welke mate veroorzaakten het structurele aanpassingspakket van wrok onder de burgerlijke ambtenaren en andere niet-agriculturele loontrekkers,
resulterend in een verhoogde vatbaarheid voor haatpropaganda en actieve of stilzwijgende deelname aan
de genocide?

Les questions suivantes ne sont pas sans pertinence
quand il s’agit d’établir l’influence exercée sur les
causes directes du génocide :
* dans quelle mesure les dispositions du programme d’ajustement structurel ont-elles conduit à une
accentuation de la pauvreté de la population rurale
hutue, rendant ainsi quantité de gens sensibles à la
propagande de haine les incitant à rejoindre les rangs
des milices et à participer au génocide ?
* dans quelle mesure certaines dispositions ontelles créé un ressentiment chez les fonctionnaires et les
autres salariés n’appartenant pas au monde agricole,
rendant ainsi ces derniers plus sensibles à la propagande de haine et plus ouverts à une participation
active ou tacite au génocide ?

Wat betreft de eerste vraag, speelt de invloed van de
devaluatie en de wijzigingen in de gewaarborgde prijs
aan koffieboeren een rol. De regering van Rwanda
verlaagde in 1990 de gewaarborgde prijs van 125
RWF per kilo naar 100 RWF, maar in plaats van de
prijs verder te verlagen in overeenstemming met het
SA-programma, verhoogde de regering eenzijdig de
prijs naar 115 RWF in 1991 uit bezorgdheid voor de
invloed van de lagere prijs op de exportinkomsten en
op de koopkracht en politieke steun van de plattelandsbevolking. De koffieboeren genoten in ieder
geval niet van de « voordelen » van de devaluatie
zodat hun werkelijke inkomen ongetwijfeld daalde
door de relatief beperkte daling van de boerenkoffieprijs, maar waarschijnlijk hoofdzakelijk door de verhoogde inflatie verbonden aan de devaluatie en het
begrotingstekort in het begin van de jaren ’90
(Marysse, 1994; World Bank, 1992; World Bank,
1995). De belangrijkste oorzaak echter van de verslechterende omstandigheden in deze periode, was de
daling van de voedselproductie door een lange

Pour ce qui est de la première question, il faut tenir
compte de l’impact de la dévaluation et des changements intervenus dans le prix garanti aux producteurs
de café. Le gouvernement rwandais a réduit ce prix
garanti de RWF 125 le kilo à RWF 100 en 1990, mais
au lieu de continuer à faire baisser ce prix, conformément aux exigences du programme d’ajustement
structurel, le gouvernement décida unilatéralement
de le relever à RWF 115 en 1991, préoccupé de
l’impact d’un prix plus bas sur les recettes d’exportations ainsi que sur le pouvoir d’achat et sur le
soutien politique de la population rurale. En tout état
de cause, les « bienfaits » de la dévaluation ne furent
pas répercutés sur les producteurs de café dont le
revenu chuta indéniablement sous l’effet de la baisse
relativement faible du prix producteur du café mais
surtout à cause d’une inflation galopante combinée à
une dévaluation et au financement du déficit au début
des années ’90 (Marysse, 1994; Banque mondiale,
1992; Banque mondiale, 1995). Cependant, la principale cause de la dégradation des conditions de vie de

* in welke mate leidde (SA) tot verarming van de
Hutu-plattelandsbevolking, en maakte aldus vele
mensen vatbaar voor de haatpropaganda om de milities te vervoegen en deel te nemen aan de genocide?

( 127 )

1 - 611/7 - 1997/1998

periode van droogte, gewasziekten en massale volksverhuizingen (Maton, 1994).

la population rurale durant cette période était la diminution de la production alimentaire, provoquée par
une sécheresse prolongée, des récoltes malades et un
déplacement massif de population (Maton, 1994).

Van belang voor de welvaart van de plattelandsbevolking en de bevolking in de steden, is wat de Rwandese regering deed met de onverhoopte resultaten van
de devaluatie, wat niet werd doorgegeven aan de
boeren. Een van de redenen voor de devaluatie was
het de Rwandese regering mogelijk maken het begrotingstekort in te dijken en tegelijkertijd de noodzakelijke uitgaven in de sociale sector, de gezondheidszorg
en het onderwijs op hetzelfde niveau te handhaven.
Terwijl het structurele aanpassingsprogramma
hogere lonen en verhoging « verbruikskosten » in de
gezondheidszorg en het onderwijs naar voren schoof,
waren er ook voorzieningen om de sociale uitgaven
van de openbare sector te handhaven en voorzieningen om de armen te beschermen. Maar ook dit werd
gebaseerd op de veronderstelling dat de Rwandese
regering de militaire uitgaven onder controle zou
houden. De militaire uitgaven verviervoudigden zich
echter 1989 en 1992 en stegen van 1,9% naar 7,8% van
het BNP; de subsidies aan de koffiesector bedroegen
in 1992 46% van de exportinkomsten. Een van de
gevolgen van deze druk, was de ernstige schade toegediend aan het « sociale vangnet ». De uitgaven voor
medicijnen voor de allerarmsten, bedroegen slechts
25% van het toegekende aandeel (Marysse, 1994;
World Bank, 1992; World Bank, 1995).

Le bien-être des populations citadines et rurales a
également été affecté par la manière dont le gouvernement rwandais a profité de l’« aubaine » résultant de
la dévaluation, qui n’a pas été répercutée sur les
paysans. Un des principaux motifs qui ont justifié la
dévaluation était de permettre au gouvernement
rwandais de réduire son déficit budgétaire tout en
maintenant simultanément les dépenses essentielles
dans le secteur social, plus précisément la santé et
l’éducation. Alors que le programme d’ajustement
structurel prônait une augmentation des honoraires et
de la quote-part à charge des « utilisateurs » dans le
domaine de la santé et de l’éducation, il y avait également des dispositions visant à maintenir les dépenses
sociales du secteur public et à lancer des programmes
ayant pour finalité de protéger les plus pauvres. Mais
ce schéma était basé sur l’hypothèse d’une maı̂trise
des dépenses militaires. Or en fait, les dépenses militaires quadruplèrent de 1989 à 1992, passant de 1,9 %
à 7,8 % du PIB, alors que les subventions au secteur
du café s’élevaient en 1992 à 46 % des recettes d’exportation. Ces pressions portèrent gravement atteinte
au « réseau de sécurité sociale »; pour prendre un
exemple : les dépenses consacrées aux médicaments
essentiels destinés aux plus pauvres ne représentaient
que 25 % du budget alloué (Marysse, 1994; Banque
mondiale, 1995).

Terwijl het structurele aanpassingsprogramma
geen nood had aan besparen in de tewerkstelling
binnen de burgerlijke ambtenarij, werd een bevriezing van de openbare loonschaal doorgevoerd.
Sommige werknemers konden dit goedmaken door
het groeiend aantal activiteiten in de privé-sector met
de liberalisatie en de uitbreiding van buitenlandse
hulp. Anderen zagen hun door de merkbare achteruitgang van de koopkracht na twee devaluaties, de algemeen verslechterende economische situatie en de
escalerende burgeroorlog en het geweld, hun angst
voor de toekomst nog verder vergroten.

Alors que le programme d’ajustement structurel ne
nécessitait nullement de réduire le niveau de l’emploi
dans la fonction publique, le gouvernement décréta le
gel des salaires des agents de l’État. Certains fonctionnaires réussirent à compenser le manque à gagner par
une participation à l’activité croissante du secteur
privé associée à un processus de libéralisation et à
l’accroissement de l’aide extérieure. Pour les autres, le
gel des salaires aggrava leurs craintes pour l’avenir,
attisées par la détérioration marquée de leur pouvoir
d’achat après deux dévaluations, la détérioration
générale de la situation économique et la spirale de la
guerre civile et de la violence.

De donateurs oefenden een zo groot mogelijke
invloed uit op Rwanda gezien het peil van de economische hulp. Terwijl de meeste grote verleners van
economische hulp hun hulp in principe lieten afhangen van de mensenrechten — zoals verder uitgewerkt
in Studie II — en verscheidene donateurs en diplomatieke vertegenwoordigers protesteerden bij de Rwandese regering, verminderde geen van hen zijn economische hulp door specifiek en uitsluitend te verwijzen
naar de steeds toenemende schending van de mensenrechten aan begin van de jaren ’90.

Les donateurs disposaient d’un moyen de pression
assez efficace sur le Rwanda, compte tenu du niveau
très substantiel et en hausse de l’aide fournie. Comme
l’indiquent les développements de l’Étude II, alors
que les principaux donateurs liaient en principe l’aide
économique à la situation des droits de l’homme — et
plusieurs pays donateurs et représentants diplomatiques entreprirent des démarches en ce sens auprès du
gouvernement rwandais —, aucun donateur ne diminua son aide en invoquant le motif spécifique et
exclusif des violations de plus en plus nombreuses des
droits de l’homme au début des années ’90.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 128 )

Het antwoord van de verleners van hulp op het
escalerende burgergeweld was een « positieve voorwaardelijkheid » om het democratiseringsproces te
bevorderen door ondersteuning van het rechtssysteem, de vrije pers en de plaatselijke mensenrechtenorganisaties. Enkel wanneer de economische en
binnenlandse veiligheidssituatie nog verder verslechterde aan het einde van 1993 en het begin 1994, nam
de ontwikkelingshulp af of werd ze stopgezet. Dit
stamde niet zozeer voort uit de bezorgdheid voor het
burgergeweld en de schending van de mensenrechten,
maar eerder uit (1) de behoefte de humanitaire hulp
— waarvan een deel uit de geherstructureerde
projecthulp kwam — op te drijven en zo te voldoen
aan de noden van het toenemende aantal binnenlandse verhuizingen; en (2) de erosie van projectverantwoordelijkheid en efficiënte uitvoering door de
verslechtering van de situatie van het land.

Au contraire, en réponse à l’escalade de la violence
civile, les donateurs pratiquèrent la « conditionalité
positive » pour promouvoir la démocratisation par le
biais d’un soutien du système judiciaire, de la liberté
de la presse et des organisations locales de défense des
droits de l’homme. Il fallut attendre une nouvelle
dégradation de la situation économique et de la sécurité interne fin 1993, début 1994, pour voir plusieurs
donateurs réduire sérieusement ou même suspendre
l’aide au développement. Mais ce revirement
d’attitude, loin d’être inspiré par une préoccupation
concernant la violence civile et les violations des
droits de l’homme, était plutôt motivé (1) par le
besoin d’augmenter l’aide humanitaire, dont une
partie provenait de l’aide-projet restructurée, afin de
répondre aux besoins du nombre sans cesse croissant
de personnes déplacées à l’intérieur du pays et (2) par
l’érosion de la responsabilité de projet et de
l’efficacité de la mise en œuvre dès lors que la situation du pays se dégradait rapidement.

De binnenlandse oppositie; de politieke crisis

L’opposition interne; la crise politique

Het éénpartijstelsel werd steeds meer gezien als een
obstakel in plaats van een toegang tot verdere ontwikkelingen. Dit standpunt werd hoofdzakelijk verspreid
door de oppositie in de steden en het RPF. Vanaf 1985
nam het aantal geruchten in verband met corruptie
binnen het regime snel toe (de officiële maar verzwakkende economie kon zich de voordelen van vroegere
tijden niet meer permitteren). De politieke oppositie
tegen president Habyarimana groeide. Alhoewel
Habyarimana op 19 december 1988 officieel herkozen
werd als president voor een periode van zeven jaar
door het behalen van 99,98 % van de stemmen,
weerklonk de stem van de oppositie steeds luider en
luider.

L’État à parti unique était de plus en plus considéré
comme l’obstacle plutôt que la route du développement. Ce point de vue fut largement propagé par les
politiciens citadins de l’opposition et par le FPR. À
partir de 1985, les rumeurs de corruption au sein du
régime se firent plus insistantes (l’économie officielle
en déclin ne pouvait plus offrir les mêmes avantages
qu’auparavant). L’opposition politique à Habyarimana avait également le vent en poupe. Bien qu’officiellement, Habyarimana ait été réélu pour un septennat à la présidence avec 99,98 % des suffrages lors du
scrutin du 19 décembre 1988, l’opposition interne
commença à se faire de plus en plus entendre.

Net als in andere delen van Afrika in het begin van
de jaren ’90, werden verschillende protestacties
gevoerd in Rwanda. Op 4 juli 1990 werd een staking
door de politie neergeslagen en een brief die het
éénpartijstelsel aanklaagde werd gepubliceerd en
kwam op 1 september in circulatie. Belangrijk was
ook het ontslag uit het Centrale Comité van het
MRND (op aandringen van de paus) van de katholieke aartsbisschop Vincent Nsengiyumva. Tot op dat
ogenblik waren de katholieke kerk en de aartsbisschop traditionele bondgenoten geweest van het
MRND. In april 1990 en september 1990, ter gelegenheid van een pausbezoek, gaf de kerk uitdrukking aan
haar ongenoegen over de politieke en economische
situatie in het land. Dit ongenoegen werd echter voornamelijk geuit door de lagere rangen binnen de kerk.
Zowel de leiding van de katholieke als van de anglicaanse kerk bleef nauwe contacten onderhouden met

À l’instar d’autres régions d’Afrique au début des
années ’90, le Rwanda fut le théâtre en 1990 de
plusieurs manifestations de protestation. Une grève
fut réprimée par la police le 4 juillet 1990 et une lettre
dénonçant le système du parti unique fut publiée et
mise en circulation le 1er septembre. Autre événement
important : la démission de l’archevêque catholique
Vincent Nsengiyumva, du Comité central du MRND
(sur la demande insistante du Pape). Jusqu’à ce jour,
l’Église catholique et l’archevêque avaient été les
alliés traditionnels du MRND. En avril 1990 et en
septembre de la même année, à l’occasion d’une visite
du Pape, l’église exprima son insatisfaction quant à la
situation politique et économique du pays. Le mécontentement émanait cependant des échelons inférieurs
de l’église. Les dirigeants des Églises catholique et
anglicane continuèrent à entretenir des contacts
étroits avec le président et son gouvernement pendant

( 129 )

1 - 611/7 - 1997/1998

de president en zijn regering (Reyntjens, 1994; African
Rights, 1994).

toute cette période (Reyntjens, 1994; African Rights,
1994).

Terwijl president Habyarimana in januari 1989
politieke verandering enkel mogelijk achtte binnen de
grenzen van een éénpartijstelsel, stemde hij anderhalf
jaar later, op 5 juli 1990, toe in een scheiding tussen
partij en staat. Op 24 september 1990 (voor het gewapend conflict met het RPF), werd een nationale
commissie van experten opgericht die als taak had een
nationaal handvest uit te werken dat de oprichting
van verschillende politieke partijen zou mogelijk
maken (Reyntjens, 1994). Het is moeilijk vast te stellen of de bedoelingen van de president met betrekking
tot de hervormingen oprecht waren. De daaropvolgende invasie door het RPF versnelde echter het
democratiseringsproces.

Alors qu’en janvier 1989, le président Habyarimana considérait que le changement politique n’était
possible que dans un système à parti unique, un an et
demi plus tard, le 5 juillet 1990, il reconnut la nécessité
d’une séparation entre le parti et l’État. Le 24 septembre 1990 (donc avant le conflit armé avec le FPR), une
commission nationale d’experts fut créée dans le but
d’élaborer une charte nationale qui permettrait la
création de plusieurs partis politiques (Reyntjens,
1994). Il est difficile d’évaluer la sincérité du président
au sujet des réformes. En tout état de cause, l’invasion
du Rwanda par le FPR accéléra le processus de démocratisation.

Aanvankelijk duurde het mandaat van de expertencommissie twee jaar. De nieuwe politiek-militaire
situatie na de invasie op 1 oktober leidde op 13 november tot de aanvaarding van het meerpartijenstelsel door Habyarimana in een redevoering die leidde
tot de oprichting van nieuwe politieke partijen. In
maart 1991 werd de Mouvement Démocratique
Républicain (MDR) publiekelijk gelanceerd en verklaarde het uitdrukkelijk dat het de opvolger was van
de MDR-Parmehutu van de eerste president, Grégoire Kayibanda. Ongeveer de helft van de stichters
van de « nieuwe » partij kwamen uit GitaramaRuhengeri, Grégoire Kayibanda’s traditionele
bolwerk (Reyntjens, 1994). Andere, kleinere partijen
die een belangrijke rol zouden gaan spelen in de
nabije toekomst, waren de zogenaamde Parti Social
Démocrate (PSD) van de intellectuelen, met enige
populariteit in het zuiden, en de Parti Libéral (PL) die
enige aanhang kende onder de zakenmensen, dus de
Tutsi’s, en de Parti Démocrate Chrétien (PDC).

Au départ, la commission d’experts avait un
mandat de deux ans. La nouvelle situation politicomilitaire après l’invasion du 1er octobre amena
l’acceptation du système multipartite par Habyarimana dans un discours prononcé le 13 novembre, qui
conduisit à la création de nouveaux partis politiques.
En mars 1991, on assista au lancement public du
Mouvement démocratique républicain (MDR) qui se
veut le successeur du MDR-Parmehutu du premier
président Grégoire Kayibanda. Environ la moitié des
fondateurs du « nouveau » parti étaient originaires de
Gitarama-Ruhengeri, fief traditionnel de Grégoire
Kayibanda (Reyntjens, 1994). On vit également
apparaı̂tre d’autres partis plus modestes qui allaient
jouer un rôle dans le futur immédiat. Il s’agissait du
Parti social démocrate (PSD) des « intellectuels » qui
avait une certaine popularité dans le sud, du Parti
libéral (PL) qui jouissait du soutien du secteur privé
et, partant, du groupe tutsi, et enfin du Parti démocrate chrétien (PDC).

Behalve de wens om zich te verzetten tegen het
Habyarimana-regime, waren er slechts kleine ideologische verschillen tussen de programma’s van de
verschillende partijen (Reyntjens, 1994).

Mis à part leur opposition au régime
d’Habyarimana, il n’y avait guère de différences idéologiques entre le programme de ces différents partis
(Reyntjens, 1994).

Officieel werd het éénpartijstelsel op 10 juni 1991
afgeschaft met de goedkeuring van de nieuwe grondwet en de wet op de politieke partijen, één week later.
De positie van de Eerste Minister werd geı̈nstitutionaliseerd en parlementsverkiezingen werden door
de president vooropgesteld. Slechts 6 weken later, op
31 juli 1991 zegden de belangrijkste « nieuwe »
partijen (MDR, PDC, PL en PSD) in een algemene
verklaring hun plannen op om snel verkiezingen te
organiseren. Alleen de MRND, die gedurende twee
decennia de macht in handen had gehad, zou voordeel halen uit onmiddellijke verkiezingen. In plaats
daarvan eisten ze een nationale conventie om de

Le système du parti unique fut officiellement aboli
par l’adoption d’une nouvelle constitution le 10 juin
1991 et de la loi sur les partis politiques, une semaine
plus tard. La place du Premier ministre fut institutionnalisée et des élections parlementaires furent prévues
dans un futur proche par le président. Seulement six
semaines plus tard, le 31 juillet 1991, les principaux
« nouveaux » partis (MDR, PDC, PL et PSD) signaient
une déclaration commune dénonçant le caractère
prématuré des élections projetées. Des élections
immédiates ne profiteraient qu’au seul MRND au
pouvoir depuis deux décennies. En lieu et place, ils
demandèrent la tenue d’une convention nationale

1 - 611/7 - 1997/1998

( 130 )

hervorming van de instellingen en de roep naar
democratische verkiezingen te bespreken.

pour discuter en détail la réforme des institutions et
l’appel à des élections démocratiques.

Habyarimana verwierp de idee van een nationale
conventie. Enkel de kleine PDC was bereid om een
overgangsregering te vormen. Er werden geen verkiezingen gehouden. De andere oppositiepartijen toonden hun politieke ontevredenheid tijdens demonstraties op 17 november 1991 en 8 januari 1992 (Chrétien,
1992). Dit betekende een belangrijke tegenslag voor
de hoop van de president om een verenigd front op te
richten van Hutu-partijen tegen het RPF. Het betekende ook de invoering van een steeds gewelddadigere politiek vanwege het Habyarimana-regime tegen
elke Hutu- en Tutsi-oppositie.

Habyarimana rejeta l’idée d’une convention nationale. Seul le petit parti du PDC était disposé à faire
partie d’un gouvernement de transition. Il n’y eut
donc pas d’élections. Les autres partis de l’opposition
montrèrent leur mécontentement en organisant des
manifestations les 17 novembre 1991 et 8 janvier 1992
(Chrétien, 1992). Ce fut un revers majeur pour les
velléités présidentielles de construire un front uni des
partis hutus contre le FPR. Cela signifiait aussi
l’introduction d’une politique de plus en plus violente
de la part du régime Habyarimana envers l’opposition hutue et tutsie.

Op 6 april 1992, na zware nationale en internationale druk, werd een nieuwe overgangsregering
gevormd waarin alle grote oppositiepartijen zetelden
en aangevoerd werd door president Habyarimana en
een Eerste Minister van de oppositie (Dismas Nsengiyaremye, MDR). De verhoudingen tussen Habyarimana en de MRND enerzijds en de oppositiepartijen anderzijds bleven gedurende het ganse RPFconflict echter gespannen. De binnenlandse oppositie
werd ervan beschuldigd samen te werken met het RPF
en de Tutsi’s werden steeds meer naar voren geschoven als etnische vijanden.

Le 6 avril 1992, sous la forte pression nationale et
internationale, on assista à la mise en place d’un
nouveau gouvernement de transition qui réunissait
tous les principaux partis d’opposition et qui avait à
sa tête le président Habyarimana et un Premier ministre de l’opposition (Dismas Nsengiyaremye,
MDR). Mais les rapports entre Habyarimana et le
MRND, d’une part, et les partis d’opposition, d’autre
part, restèrent tendus pendant toute la durée du
conflit avec le FPR. L’opposition interne était accusée
avec véhémence de collaborer avec le FPR et les Tutsis
qui étaient de plus en plus dépeints comme des ennemis ethniques.

De internationale gemeenschap

La communauté internationale

De internationale gemeenschap en in het bijzonder
de twee bilaterale hulpverleners, België en Frankrijk,
speelden een belangrijke rol in het conflict. België onthield zich van militaire betrokkenheid. De Belgische
regering trok haar troepen terug een maand na het
begin van het conflict. Ze wilde de democratie een
kans geven en was voorstander van vrede door onderhandeling. De Belgische ambassadeur speelde een
belangrijke rol in de gesprekken die leidden tot de
overgangsregering, aangevoerd door Dismas Nsengiyaremye.

La communauté internationale, et en particulier les
deux grands donateurs bilatéraux, la Belgique et la
France, ont joué un rôle prédominant tout au long du
conflit. La Belgique s’est abstenue de toute intervention militaire. Son gouvernement retira ses troupes un mois après le début du conflit. Le gouvernement belge voulait donner une chance au processus de
démocratisation et prônait une paix négociée, pour
laquelle il ne ménagea pas ses efforts. L’ambassadeur
de Belgique joua un rôle capital durant les pourparlers qui ont conduit à la mise en place d’un gouvernement de transition dirigé par Dismas Nsengiyaremye.

De Fransen zonden in oktober 1990, 370 manschappen naar Rwanda en, nadat dit aantal werd
teruggeschroefd in maart 1991, verhoogden ze in
februari 1993 het aantal naar 670 manschappen, dus
na een relatief grootschalige aanval door het RPF.
Sommige bronnen beweren dat Frankrijk in 1990 en
1993 (African Rights, 1994; Human Rights Watch/
Arms Project, 1994; Prunier, 1995) actief steun verleende. Tijdens de latere conflicten merkte men op
dat de Fransen « het Rwandese leger steunden in het
met mortiergranaten bestoken van RPF-posities »
(African Rights, 1994). « Franse soldaten werden opgesteld op minstens 40 kilometer ten noorden van de

La France envoya 370 hommes au Rwanda en octobre 1990 et, après une réduction d’effectifs en mars
1991, fit passer ce nombre à environ 670 en février
1993, après une attaque à grande échelle menée par le
FPR. Certaines sources accusent la France de soutien
actif tant en 1990 qu’en 1993 (African Rights, 1994;
Human Rights Watch/Arms Project, 1994; Prunier,
1995). Pendant ces derniers heurts, les Français furent
aperçus « en train d’assister l’armée rwandaise pour
bombarder au mortier des positions du FPR » (African Rights, 1994). « Des soldats français étaient
déployés au moins à 40 km au nord de la capitale sur
la route de Byumba, juste au sud de la zone de

( 131 )

1 - 611/7 - 1997/1998

hoofdstad op de weg naar Byumba, net ten zuiden
van de door het RPF gecontroleerde zone. Voor zover
bekend, leven daar geen Franse onderdanen of andere
Westerse emigranten. » (Human Rights Watch/Arms
Project, 1994). Men houdt dus vol dat de Fransen een
belangrijke en ondersteunende rol speelden: door het
bewaken van controleposten en het adviseren van
FAR-officiers; door het geven van militaire opleiding
nadat het conflict was uitgebroken; door in 1991-1992
oorlogsmateriaal te sturen ter waarde van 6 miljoen
dollar en door het financieel garanderen van materiaal ter waarde van eenzelfde bedrag via derden
(Human Rights Watch/Arms Project, 1994). Het is
niet verwonderlijk dat het RPF vanaf het begin van
het conflict wenste dat de Fransen zouden opstappen.
De Franse regering echter ontkende officieel actief
deel te hebben genomen aan het conflict.

contrôle reconnue du FPR. Aucun ressortissant français ni expatrié occidental ne vivait à cet endroit. »
(Human Rights Watch/Arms Project, 1994). D’aucuns affirment donc que les Français ont apporté un
soutien important en plaçant des hommes aux points
de contrôle et en conseillant les officiers des FAR; en
donnant un entraı̂nement militaire après le début du
conflit; en envoyant un armement d’une valeur d’au
moins USD 6 millions en 1991-92 et en fournissant des
garanties financières à concurrence du même montant
pour du matériel de guerre fourni par des tiers
(Human Rights Watch/Arms Project, 1994). Il n’y a
donc rien d’étonnant à ce que le FPR ait exigé le
départ des Français dès le début du conflit. Le gouvernement français a pourtant toujours nié toute participation active dans le conflit.

Wat betreft de Afrikaanse landen, werd de rol van
Oeganda reeds besproken. De Tanzaniaanse president speelde een belangrijke rol doordat hij de strijdende partijen rond de onderhandelingstafel kreeg in
Arusha en gedurende het ganse onderhandelingsproces was ook president Sese Seko Mobutu van Zaı̈re
betrokken in de staakt-het-vurengesprekken, onmiddellijk na het uitbreken van het conflict. Later zou
Zaı̈re slechts een secundaire rol spelen in het conflict.
Toen het conflict in oktober 1990 uitbrak, werden
500 Zaı̈rese troepen naar Rwanda gestuurd om het
FAR bij te staan in het neerslaan van de RPF-invasie.
Enkele weken na hun aankomst trokken ze zich terug
onder de beschuldiging dat ze geen discipline hadden
en Rwandese burgers mishandeld hadden (Human
Rights Watch/Army Projects, 1994).

En ce qui concerne les pays africains, le rôle de
l’Ouganda a déjà été abordé ci-dessus. Le président
tanzanien a joué un rôle important en amenant les
parties en conflit à la table des négociations à Arusha,
ainsi que durant tout le processus de négociation. Le
président zaı̈rois Mobutu Sese Seko participa également aux négociations de cessez-le-feu immédiatement après le début des hostilités. Le Zaı̈re n’a plus
joué ensuite qu’un rôle secondaire. Lorsque le conflit
éclata en octobre 1990, le Zaı̈re envoya 500 hommes
au Rwanda pour aider les FAR à repousser l’invasion
du FPR. Plusieurs semaines après leur arrivée, ces
troupes furent retirées sous prétexte de manque de
discipline et de maltraitance de civils rwandais
(Human Rights Watch/Arms Project, 1994).

Belangrijke internationale betrokkenheid in het
conflict kwam er via de Verenigde Naties als
rechtstreeks gevolg van de Arusha-overeenkomsten
van 4 augustus 1993. Net als regeringen en internationale instellingen, speelden ook mensenrechtenorganisaties, die op regelmatige basis rapporten publiceerden waarin ze de schending van de mensenrechten
tijdens het Habyarimana-regime aan de kaak stelden,
een belangrijke rol tussen 1990 en 1994.

À la suite de l’accord d’Arusha du 4 août 1993, les
Nations Unies devinrent un des grands acteurs du
conflit. En marge des gouvernements et des institutions internationales, les groupes de défense des droits
de l’homme jouèrent un rôle important de 1990 à 1994
en émettant régulièrement des rapports dénonçant les
violations des droits de l’homme par le régime
d’Habyarimana.

De werkelijke invloed van de internationale gemeenschap is moeilijk in te schatten. Desondanks
meent men dat bijvoorbeeld de dreiging na de publicatie van een rapport over de schending van de
mensenrechten, waarin Habyarimana beschuldigd
werd van de dood van minstens 2.000 burgers in
maart 1993, om alle hulp stop te zetten, de Rwandese
president er uiteindelijk toe heeft aangezet de vredesonderhandelingen met het RPF te hervatten (Reyntjens, 1994).

L’influence réelle de la communauté internationale
est difficilement mesurable. Cependant, la menace
proférée en mars 1993 de mettre fin à l’aide, en réaction à une publication d’un rapport sur les droits de
l’homme accusant Habyarimana de la mort d’au
moins 2 000 civils, est généralement considérée
comme l’élément qui a incité le président rwandais à
reprendre les pourparlers de paix avec le FPR (Reyntjens, 1994).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 132 )

C. UITTREKSELSVAN« THERWANDACRISIS.
HISTORY OF A GENOCIDE
(PROF. G. PRUNIER, HURST & COMPANY,
LONDON, 1995)

C. EXTRAITS DE « THE RWANDA CRISIS.
HISTORY OF A GENOCIDE »
(PROF. G. PRUNIER, HURST & COMPANY,
LONDON, 1995)

Het Habyarimana regime

Le régime Habyarimana

De goede jaren. Door de gruwel waarop het
Habyarimana regime eindigde, bestaat nu de neiging
om onze kennis van zijn uiteindelijk kwaad op de hele
periode te projecteren. Deze impuls is begrijpelijk
omdat het verstand meestal naar coherentie en betekenis zoekt in de geschiedenis, zelfs al leidt dat tot een
anachronisme. Maar geschiedenis is evenzeer het
onderzoek naar onderbrekingen (« waarom blijven de
dingen niet altijd zoals ze zijn ? ») als een beschouwing
over de coherentie van de dingen. Een tiran gedraagt
zich niet altijd op een afstotelijke manier en een groot
aantal onder hen zijn — terecht of onterecht — populair, toch voor een tijdje. Zonder Oost-Afrika te
hebben moeten verlaten, herinnert de auteur zich dat
de bevolking van Kampala in de straten danste en
zong toen Idi Amin Dada in januari 1971 naar de
macht greep. Of dat President Jaafar al-Nimeiry van
Soedan jarenlang heel populair was vooraleer hij zijn
land terug in een burgeroorlog en in een religieus conflict stortte of nog dat, niettegenstaande de uiteindelijke verschrikking in Somalië, Jaalle (kameraad) Siad
Barre de steun kreeg van heel zijn land gedurende de
eerste acht jaar van zijn bewind. Dergelijke voorbeelden kunnen bijna ad infinitum aangehaald worden.

Les bonnes années. À présent que l’on sait dans
quelle horreur le régime Habyarimana s’est terminé,
on a tendance à le diaboliser de A à Z. Cette réaction
est compréhensible puisque l’esprit a tendance à
passer l’histoire au crible d’une recherche de cohérence et de signification, quitte à commettre des
anachronismes. Mais l’histoire est à la fois l’étude des
discontinuités (« pourquoi les choses ne restent-elles
pas toujours les mêmes » ?) et une réflexion sur la
cohérence des choses. Les tyrans ne se comportent pas
toujours de manière répugnante et, que ce soit à juste
titre ou à tort, plusieurs d’entre eux jouissent d’une
certaine popularité même si cela ne dure pas toujours.
Sans même devoir quitter l’Est de l’Afrique, nous
nous rappelons que la population de Kampala
dansait et chantait dans les rues en janvier 1971 lorsque Amin Dada prit le pouvoir, qu’avant de replonger
son pays dans la guerre civile et les querelles religieuses, le président Jaafar al-Nimeiry du Soudan jouissait d’une popularité énorme pendant plusieurs
années et qu’en dépit des événements horribles qui
ont marqué la fin de son règne en Somalie, Jaalle (le
camarade) Siad Barre bénéficiait du soutien de tout
son pays pendant les huit premières années de son
régime. Des exemples similaires peuvent être cités
presque à l’infini.

Het geval Habyarimana is enigszins vergelijkbaar.
Toen hij in juli 1973 de macht greep, had de politieke
immobiliteit en de regionale verborgen machtsstrijd
onder het Kayibanda regime de elite in een staat van
verstikkende frustratie gebracht. De kunstmatige en
politiek gemotiveerde terugkeer van de vervolgingen
van Tutsi’s zoals van oudsher hadden zowel de Tutsigemeenschap als de gematigde Hutu’s schrik ingeboezemd. Het geleidelijke internationale isolement van
het land had het diplomatiek en zelfs economisch in
een moeilijke situatie gebracht. Daarom werd de
coup van Generaal Habyarimana met opluchting onthaald bij de verstedelijkte bevolking en met onverschilligheid bij de plattelandsbevolking die weinig te
maken had met de machtsspelletjes in Kigali.

Le cas d’Habyarimana est similaire en quelque
sorte. Lorsqu’il prit le pouvoir en juillet 1973,
l’immobilisme politique et les luttes régionalistes
intestines du régime Kayibanda avaient conduit l’élite
dans un état de frustration contenue. Le retour artificiel, relevant du calcul politique, des persécutions
d’antan dirigées contre les Tutsis effraya tant la
communauté tutsie que les Hutus modérés.
L’isolement international du pays avait mis ce dernier
dans une situation délicate sur le plan diplomatique et
même économique. Le coup d’État du général Habyarimana fut accueilli avec soulagement par les habitants des villes et avec indifférence par les masses rurales qui n’avaient que faire de la lutte pour le pouvoir à
Kigali.

En tijdens de volgende jaren, zeker tot 1980, waren
er geen specifieke problemen. Het land bleef klein,
door land ingesloten en arm zoals dat altijd al geweest
was maar het nieuwe bewind leek heel mild te zijn.
Natuurlijk benadrukte het de ritualistische herhaling
van de ideologische slogans van « rubanda nyamwinshi » die demografische meerderheid gelijkstelde
aan democratische zeggenschap en de Tutsi’s werden
politiek uitgesloten. Tijdens alle jaren onder Habya-

Les années suivantes, jusqu’en 1980, ne posèrent
aucun problème particulier. Le pays restait petit,
enclavé et pauvre, comme il l’avait toujours été, mais
le nouveau pouvoir semblait assez modéré. Bien sûr, il
insistait sur la réitération quasi rituelle des slogans
idéologiques du « rubanda nyamwinshi » assimilant
démographie et démocratie et les Tutsis étaient politiquement marginalisés. Pendant toute l’ère Habyarimana, il n’y eut aucun bourgmestre ni préfet

( 133 )

1 - 611/7 - 1997/1998

rimana was er niet één Tutsi-bourgmestre of préfet (1), er was slechts één Tutsi-officier in het hele
leger, er waren twee Tutsi-parlementsleden op zeventig leden en er was slechts één Tutsi-minister in een
kabinet dat vijfentwintig tot dertig leden telde. Het
quotabeleid dat onder President Kayibanda bestond,
werd behouden maar matig opgelegd. Het aantal
Tutsi’s in de scholen en universiteiten was vaak iets
boven de vereiste 9 %. Hetzelfde gold voor de ambtenarij hoewel de Tutsi’s verkozen om in de privésector te werken indien mogelijk omdat ze wisten dat
ze op eender welk moment het slachtoffer konden
worden van officieel gesteunde discriminatie. Men
was het strengst in het leger natuurlijk : het reglement
verbood zijn leden zelfs met Tutsi-vrouwen te huwen.
De kerk bleef ondanks de Hutu-overheersing meer
open en onder de geestelijkheid bestond er een maatregel van institutionele gelijkheid; in de jaren tachtig
waren drie van de acht bisschoppen in Rwanda
Tutsi’s. In de privé-sector hadden de Tutsi’s een duidelijke voorsprong op de Hutu’s dankzij hun betere
opleiding en een zekere culturele savoir-faire met buitenlanders (2).

Tutsi (1), il n’y eut qu’un seul officier Tutsi dans
toute l’armée et deux élus au parlement sur septante
représentants; il n’y eut qu’un seul ministre Tutsi dans
un gouvernement composé de vingt-cinq à trente
membres. La politique des quotas qui avait cours sous
le président Kayibanda, fut maintenue, bien
qu’appliquée peu strictement, et les proportions de
Tutsis dans les écoles et les universités étaient souvent
un peu supérieures aux 9 % requis. Il en allait de
même dans la fonction publique, encore que sachant
qu’ils risquaient à tout moment de devenir les victimes d’une discrimination officielle prônée par le
régime, les Tutsis préféraient, lorsqu’ils en avaient le
choix, travailler dans le secteur privé. L’armée était
naturellement l’organe étatique le plus strict et ses
membres se virent même interdire d’épouser une
femme tutsie. L’église, bien que sous domination
hutue, resta plus ouverte et une mesure d’égalité institutionnelle était de mise dans le clergé; dans les années
1980, trois des huit évêques rwandais étaient Tutsis.
En ce qui concerne l’emploi dans le secteur privé, leur
niveau d’éducation et un certain savoir-faire avec les
étrangers permirent aux Tutsis de prendre un certain
ascendant sur les Hutus (2).

Globaal bekeken was het leven van de Tutsi’s die
het slachtoffer waren van institutionele discriminatie (3), moeilijk maar het alledaagse leven was toch
draaglijk. In vergelijking met de jaren onder Kayibanda waren de zaken er op vooruitgegaan. Enkele
welbekende Tutsi-zakenlui hadden zelfs fortuin
gemaakt en hadden heel goede betrekkingen met het
regime. De niet uitgesproken afspraak was « Bemoei u
niet met politiek, dat is weggelegd voor de Hutu’s ».
Zolang de Tutsi’s zich daaraan hielden, werden ze
gewoonlijk met rust gelaten.

L’un dans l’autre, les Tutsis n’avaient pas la vie
facile étant donné qu’ils étaient victimes d’une discrimination institutionnelle (3), mais dans la vie quotidienne, la situation restait tolérable. En comparaison
avec les années Kayibanda, les choses s’étaient
améliorées au point même que certains hommes
d’affaires tutsis réputés avaient fait fortune et étaient
en très bons termes avec le régime. L’accord tacite
était « Ne vous mêlez pas de politique, c’est la prérogative des Hutus ». Tant que les Tutsis respectaient ce
principe, on les laissait généralement en paix.

Generaal Habyarimana had voor vrede en stabiliteit gezorgd in Rwanda. Maar zoals met alles had dat

Le général Habyarimana avait apporté la paix et la
stabilité au Rwanda. Mais comme toujours, il y avait

——————

——————

(1) Met uitzondering naar het einde toe van de Préfet van
Butare die gedood werd tijdens de genocide.
(2) Met buitenlanders kunnen omgaan, was belangrijk
gezien het grote aantal buitenlandse hulpprojecten met heel wat
buitenlands personeel. De Tutsi-mannen wisten hoe met blanke
werkgevers om te gaan en hun vrouwen zelfs nog beter. Sociale
aangelegenheden en zelfs huwelijken tussen Rwandese vrouwen
en buitenlandse mannen kwamen vaak voor. In 95 % van de
gevallen waren deze vrouwen Tutsi wat niet alleen afgunst
(gezien de sociale en financiële voordelen) maar ook een soort
van vernedering veroorzaakte: de voorkeur van de blanken voor
de schoonheid en elegantie van de Tutsi’s dateerde reeds van de
koloniale tijd toen zij minachtend neerkeken op de « lelijke primitieve » Hutu’s.

(1) Sauf tout à la fin, le Préfet de Butare, qui fut tué durant le
génocide.
(2) Savoir y faire avec les étrangers constituait un atout
important, compte tenu du nombre élevé de projets d’aide et des
importants effectifs d’expatriés qui y étaient affectés. Les
hommes tutsis savaient comment traiter les employeurs blancs,
et leurs femmes étaient même expertes en la matière. Les relations inter-raciales et les mariages entre femmes rwandaises et
hommes expatriés étaient fréquents et, dans plus de 95 % des
cas, ces femmes étaient des Tutsis, fait qui provoqua une forme
de jalousie (étant donné les avantages sociaux et financiers) et
une espèce d’humiliation pour les autres ethnies : la préférence
des Blancs pour la beauté et l’élégance des Tutsis rappelait aux
autres ethnies l’époque où les Blancs méprisaient les « vilains
primitifs » Hutus.
(3) Tout le monde portait une carte d’identité mentionnant
l’appartenance ethnique de son titulaire (ubwoko). Toute falsification visant à changer illégalement de classification ethnique
(abaguze ubwoko) était passible d’une peine de prison et/ou
d’une amende.

(3) Iedereen had een identiteitskaart bij zich waarop de etnische groep (ubwoko) van de persoon in kwestie vermeld was.
Wie onrechtmatig zijn etnische classificatie veranderde (abaguze
ubwoko), kon gevangen genomen of bestraft worden of beide.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 134 )

zijn prijs. Onmiddellijk nadat hij de macht greep, verbood hij politieke partijen maar ongeveer één jaar
later, in 1974, richtte hij zijn eigen partij op : de
Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND). De president deed nogal ongegeneerd over zijn beslissing: « Ik weet dat bepaalde
mensen het meerpartijensysteem verkiezen maar wat
mezelf betreft, ik aarzel niet om voor het één partijsysteem te kiezen » (1). In 1978 legde artikel 7 van de
Grondwet het eenpartijsysteem vast als een fundamentele waarde van het regime. De MRND was een
echt totalitaire partij: elke afzonderlijke Rwandese
burger moest er lid van zijn, zelfs baby’s en oudere
mensen. Alle bourgmestres en préfets werden uit de
partijkaders gekozen. De partij was overal : elke
heuvel had zijn cel en hopen aanhangers die op een
promotie in hun beroepsleven rekenden, die bereid
waren iedereen te bespioneren waarvoor ze de opdracht kregen en nog enkele andere ook. Wanneer het
over Rwanda gaat, moet men het beeld van gemakzuchtige tropische verwarring uit het hoofd zetten.
Alle burgers hadden hun woonplaats vermeld op hun
identiteitskaart. Rondreizen werd gedoogd maar
adresverandering zonder reden niet; een verhuis
moest aangevraagd worden. Tenzij er een goede
reden voor was zoals naar school gaan of voor het
werk, werd de toelating om van woonplaats te veranderen, niet gegeven — tenzij men natuurlijk hooggeplaatste vrienden had. De administratieve controle
behoorde wellicht tot de strengste onder de nietcommunistische landen. In het begin van de jaren
tachtig was het de gewoonte van het regime om
« lichtzinnige vrouwen » te arresteren die zonder toelating in Kigali leefden — de meesten onder hen
waren « toevallig » Tutsi-vriendinnen van Europeanen.

un prix à payer. Immédiatement après sa prise de
pouvoir, il déclara hors-la-loi les partis politiques
avant de créer, environ un an plus tard, en 1974, son
propre parti, le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND). Le président
défendit sa décision avec aplomb : « Je sais que
certains sont en faveur du multipartisme mais en ce
qui me concerne, je n’ai jamais eu la moindre hésitation en optant pour le système à parti unique ». (1)
En 1978, l’article 7 de la Constitution consacra la
règle du parti unique comme valeur fondamentale du
régime. Le MRND était un parti véritablement totalitaire : tout citoyen rwandais devait en être membre,
du plus jeune au plus vieux. Tous les bourgmestres et
les préfets étaient choisis dans les cadres du parti. Le
parti était omniprésent : chaque colline avait sa cellule
et des fanatiques en quête de promotion et
d’avancement passaient leur temps à espionner tous
ceux qu’on leur disait de surveiller et même d’autres.
Lorsque l’on regarde le Rwanda, il faut oublier les
images d’une confusion tropicale bon enfant. La carte
d’identité mentionnait le lieu de résidence de chaque
habitant. Les voyages étaient tolérés mais pas les
changements d’adresse sans motif valable. Il fallait
demander l’autorisation de déménager. Sans motif
valable comme s’inscrire dans une école ou trouver un
travail, l’autorisation de changement de résidence
n’était pas accordée, sauf si l’on avait des amis hautplacés. Le contrôle administratif était sans doute le
plus strict du monde à l’exception des pays communistes. Au début des années 1980, cette législation fut
utilisée pour arrêter des « femmes libres » qui vivaient
à Kigali sans autorisation — la plupart d’entre elles
étaient, comme par hasard, les compagnes tutsies
d’Européens.

Indien de MRND het onontkoombare administratieve referentiekader was voor het publieke leven in
het land, was het niet bedoeld als een « politieke »
partij. Het woord « politiek » was inderdaad nagenoeg een vuil woord in de deugdzame en hard
werkende wereld van het regime onder Habyarimana. Elke inspanning werd gedaan om te vergeten
— officieel gezien althans — dat politiek bestond.
Toen het regime in november 1981 na acht jaar regeren eindelijk besloot om een « parlement » op te richten, werd het de Conseil National du Développement
genoemd. Rwanda was arm, Rwanda was proper en
Rwanda was ernstig; het wou geen tijd verspillen aan
onnozele politieke discussies. En zo werd het met de
woorden van de Duitse priester Herbert Keiner, lang
een fan van het regime zoals velen onder zijn broeders, « ein Entwicklungsdiktatur » (2) (« een ontwik-

Bien que le MRND fut le cadre administratif de
référence incontournable de la vie publique dans le
pays, il n’était pas supposé être un parti « politique ».
En effet, le mot « politique » était quasiment une grossièreté dans le monde vertueux et travailleur du
Habyarimanisme. D’importants efforts étaient déployés pour faire oublier — du moins officiellement —
que la politique existait. Lorsque le régime décida
finalement, en novembre 1981, après huit années de
pouvoir, de créer un « parlement », celui-ci fut baptisé
Conseil National du Développement. Le Rwanda
était pauvre, propre et sérieux; il n’avait pas de temps
à perdre à des frivolités telles que le débat politique. Il
devint donc ce que le pasteur allemand Herbert
Keiner, partisan de longue date du régime à l’instar de
bon nombre de ses frères, qualifie de « ein Entwicklungsdiktatur (2) » (une dictature du développe-

——————

——————

(1) President Habyarimana tegen de Franse journalist Philippe Decraene in Le Monde (7 oktober 1982).
(2) Priester Herbert Keiner, « Allmählich schwand die
Bewunderung für « Habis » « Regime », Frankfurter Randschau
(5 november 1992).

(1) Déclaration du président Habyarimana au journaliste
français Philippe Decraene du Monde (7 octobre 1982).
(2) Pfarrer Herbert Keiner, « Allmahlich schwand die
Bewunderung für « Habis » « Regime », Frankfurter Randschau
(5 novembre 1992).

( 135 )

1 - 611/7 - 1997/1998

kelingsdictatuur »). Volgens een koers die enigszins
aan de Europese theorieën van « weldadig despotisme » uit de achttiende eeuw deed denken, had President Habyarimana besloten om de zware taak van de
staat op zijn schouders te nemen zodat zijn onderdanen zich volledig aan de landbouw konden wijden.
Gezien het gebrek aan bebouwbare grond en een jaarlijkse bevolkingsgroei van 3,7 %, had hij ergens gelijk. In dit systeem werd Habyarimana, enige kandidaat voor het presidentschap, triomfantelijk opnieuw
verkozen in december 1983 en nogmaals in december
1988 met 99,98 % van de stemmen. De MRNDactivisten die gehoopt hadden op « Ijana kw’ijana »
(honderd procent) waren ontgoocheld (1).

ment). Reprenant des thèses qui rappellent quelque
peu les théories européennes du XVIIIe siècle du
« despotisme bienveillant », le président Habyarimana avait décidé de porter sur ses épaules le lourd
fardeau de l’État afin que ses sujets puissent se consacrer entièrement à l’agriculture. Vu la pénurie de
terres arables conjuguée à un accroissement démographique de 3,7 % par an, l’argument ne manquait pas
de poids. Dans ce système, Habyarimana, seul candidat à l’élection présidentielle, fut triomphalement
réélu en décembre 1983 et une nouvelle fois en décembre 1988, avec 99,98 % des suffrages. Les activistes du
MRND qui avaient espéré « Ijana kw’ijana » (cent
pour-cent) furent déçus (1).

Het systeem was autoritair maar enigszins galant
en het werkte economisch gezien. In 1962 waren er
slechts twee landen die een lager inkomen per capita
hadden dan Rwanda. In 1987 waren er dat achttien en
met een inkomen per capita van 300 US$, was
Rwanda grofweg vergelijkbaar met de Chinese
Volksrepubliek (310 US$). Wanneer we de dynamiek
van de Rwandese economie bekijken, deed deze het
schitterend in vergelijking met de andere landen in de
regio :

Le système, bien qu’autoritaire, était quelque peu
débonnaire et il fonctionnait sur le plan économique.
En 1962, seuls deux pays au monde avaient un revenu
par habitant inférieur à celui du Rwanda. En 1987, ils
étaient dix-huit et, avec un revenu par habitant de
USD 300, le Rwanda était à peu près comparable à la
République populaire de Chine (USD 310). En fait, la
dynamique de l’économie rwandaise dépassait celle
d’autres pays de la région :

De evolutie van het inkomen per capita in Rwanda in
vergelijking met de buurlanden

Évolution du revenu par habitant du Rwanda par
rapport aux pays voisins

Rwanda

Burundi

Zaı̈re

Oeganda

Ouganda

Tanzanië

Tanzanie

33

25

1976 .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

7

11

16

1981 .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

16

14

12

13

19

1985 .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

18

11

9

onbek. — incon.

21

1990 . .
Variation
1976-90 .

.

.

.

.

.

.

.

.

.

19

11

12

13

2

.

.

.

.

.

.

.

.

.

+12



−4

−20

−23

Bron : World Bank Yearly Developments Reports, samengesteld
door Filip Reyntjens in L’Afrique des grands Lacs en crise, Parijs :
Karthala, 1994, blz. 35.

Source : Banque mondiale, Rapports annuels sur le développement, compilé par Filip Reyntjens dans « L’Afrique des Grands
Lacs en crise », Paris : Karthala, 1994, p. 35.

De evolutie per sector was bemoedigend. De primaire activiteiten (dit wil zeggen de landbouw voor
eigen onderhoud) die in 1962 80 % van het BNP voor
zich nam, was in 1986 gezakt tot 48 % terwijl de
secundaire activiteiten van 8 % naar 21 % en de
diensten van 12 % naar 31 % gestegen waren. Het
sterftecijfer was gezakt, de indicatoren voor de hygiënische en medische zorgverlening verbeterden evenals
het onderwijs, hoewel duur en moeilijk te organiseren
gezien de enorm verspreide aard van het huisvestings-

L’évolution sectorielle était encourageante. Le
secteur primaire (cultures vivrières) qui représentait
80 % du PIB en 1962 était retombé à 48 % en 1986
tandis que le secteur secondaire était passé de 8 % à
21 % et les services de 12 % à 31 %. Le taux de
mortalité était en baisse, les indicateurs de santé et
d’hygiène s’amélioraient et l’éducation, bien que
coûteuse et difficile à organiser compte tenu de la
structure très dispersée de l’habitat, progressait. La
proportion d’enfants scolarisés est passée de 49,5 %

——————

——————

(1) Dit was de officiële slogan tijdens de « verkiezingscampagne ».

(1) Slogan officiel de la « campagne électorale ».

1 - 611/7 - 1997/1998

( 136 )

patroon. Het aantal schoolgaande kinderen steeg van
49,5 % in 1978 naar 61,8 % in 1986 ondanks de
enorme bevolkingsgroei (1).

en 1978 à 61,8 % en 1986, malgré une croissance
démographique énorme (1).

Regionaal gezien speelde Rwanda zowel de Franstalige « Centraal-Afrikaanse » kaart door een belangrijk lid te worden van de door Parijs gesteunde
Communauté économique des Pays des Grands Lacs
(CEPGL = Economische Gemeenschap van de
Landen aan de Grote Meren), opgericht in september
1976, en stelde het land zich ook meer open voor een
meer internationale Engelstalige wereld die verbonden was aan Oost-Afrika door in september 1977 deel
te nemen aan de Kagera River Basin Organisation
(KBO) gesteund door de Wereldbank. Kigali hoopte
via het lidmaatschap van de CEPGL op nieuwe transportverbindingen zowel naar Dar-es-Salaam als naar
Lake Victoria terwijl de KBO uitzicht gaf op de ontwikkeling van hydro-elektrische installaties in het
land.

Sur le plan régional, le Rwanda jouait à la fois la
carte francophone de l’Afrique centrale en devenant
un membre clé de la Communauté économique des
Pays des Grands Lacs (CEPGL) soutenue par Paris,
créée en septembre 1976, tout en jouant la carte de
l’ouverture au monde anglophone plus international
lié à l’Est de l’Afrique, en participant à l’Organisation
pour l’aménagement et le développement de la rivière
Akagera (KBO), projet sponsorisé par la Banque
mondiale en septembre 1977. Kigali espérait que sa
participation à la CEPGL lui permettrait de trouver
de nouveaux axes de transport vers Dar-es-Salaam et
vers le Lac Victoria, tandis que sa participation au
KBO ouvrait des perspectives de développement
hydroélectrique.

Natuurlijk waren er enkele schaduwkanten aan dit
enigszins hoopvol toekomstbeeld. Het alom geprezen
gemeentelijke ontwikkelingswerk umuganda waar de
landbouwer twee dagen op een maand van zijn tijd
moest in steken, duurde soms vier dagen of meer. En
in tegenstelling tot de enthousiaste woorden van het
partijkader was het werk vaak niet vrijwillig. In
sommige gevallen kwam het gewoon op dwangarbeid
neer. De vaderlijke kritiek vanwege de ILO op deze
praktijken viel in dovemansoren, zowel in Rwanda
als in het buitenland (2). Op een ander vlak werd het
vertrouwen op buitenlandse hulp, aanvankelijk
klein, aanzienlijk aan het einde van de jaren zeventig
en enorm aan het einde van de jaren tachtig. Zoals een
voormalige buitenlander schertsend zei : « Rwanda is
niet alleen het land van de 1 000 heuvels maar ook het
land van de duizend buitenlandse hulpverleners » (3). Volgens de OESO was de buitenlandse
hulp die minder dan 5 % van het BNP bedroeg in
1973, gestegen naar 11 % in 1986 en zelfs 22 % in
1991.

Cette image modérément positive avait cependant
des zones d’ombre. L’umuganda, travail de développement communal, auquel les paysans étaient supposés consacrer deux jours de leur temps, durait souvent
quatre jours ou plus. Et contrairement à la description
enthousiaste donnée par les cadres du parti, le travail
était loin d’être volontaire. Dans certains cas, il
s’apparentait davantage aux travaux forcés. Les critiques paternalistes de l’OIT condamnant ces pratiques
tombèrent dans l’oreille d’un sourd, au Rwanda
comme à l’étranger (2). A un autre niveau, la dépendance par rapport à l’aide étrangère, d’abord faible,
devint significative vers la fin des années 1970 et prit
des proportions énormes vers la fin des années 1980.
Comme ironisait un ancien expatrié, le Rwanda
n’était pas seulement le pays des 1000 collines, mais
aussi le pays des mille coopérants (3). Selon l’OCDE,
l’aide étrangère qui représentait moins de 5 % du PIB
en 1973, était passée à 11 % en 1986 pour atteindre
22 % en 1991.

De sfeer rond het regime. Je kan Rwanda niet
beoordelen zoals je dat voor de Centraal-Afrikaanse

L’atmosphère du régime. Il n’est pas possible
d’évaluer le Rwanda de la même manière que l’on

——————

——————

(1) République rwandaise, Mémoire présenté à la Deuxième
Conférence des Nations Unies sur les Pays les Moins Avancés,
Parijs (3-14 september 1990), blz. 6. Men mag niet vergeten dat
57,5 % van de Rwandese bevolking in 1991 jonger was dan
twintig. (Ministère du Plan, Recensement, op. cit., december
1991). Een deel van het geweld van de genocide is toe te schrijven
aan het feit dat een groot aantal ontevreden werkloze jongeren
aan het einde van de jaren tachtig naar Kigali en in mindere
mate naar kleine steden kwamen afgezakt.
(2) André Guichaoua, Travail non rémunéré et développement rural au Rwanda : pratiques et perspectives, Genève, ILO,
1990.
(3) Alain Hanssen, Le désenchantement de la coopération.
Enquête au pays des mille coopérants, Parijs, L’Harmattan,
1989.

(1) République Rwandaise, Mémoire présenté à la Deuxième
Conférence des Nations unies sur les Pays les moins avancés,
Paris (3-14 septembre 1990), p. 6. Il faut garder à l’esprit qu’en
1991, quelque 57,5 % de la population rwandaise était âgée de
moins de 20 ans (Ministère du Plan, Recensement, op. cit.,
décembre 1991). Une partie de la violence du génocide s’explique
par le fait qu’à la fin des années 1980, un grand nombre de
jeunes chômeurs désœuvrés s’était massé à Kigali et, dans une
moindre mesure, dans les plus petites villes.
(2) André Guichaoua, Travail non rémunéré et développement rural au Rwanda : pratiques et perspectives, Genève, OIT,
1990.
(3) Alain Hanssen, Le désenchantement de la coopération.
Enquête au pays des mille coopérants, Paris, L’Harmattan, 1989.

( 137 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Republiek of Gambia zou doen. Rwanda was een
land met een bepaalde mystiek. Met de nodige voorzorg in het achterhoofd moet dit land gerekend
worden bij landen zoals Cuba, Israël, Noord-Korea
en het Vatikaan, dat wil zeggen een ideologische staat
waar macht een middel is voor ten minste de invoering van een aantal ideeën alsook een de facto administratieve structuur om een bepaald geografisch
territorium te besturen.

évaluerait la République centrafricaine ou la Gambie.
Le Rwanda était un pays mystique. Toutes proportions gardées, il peut être mis sur le même pied que des
pays comme Cuba, Israël, la Corée du nord et le Vatican. Il s’agit à la fois d’un État idéologique où le
pouvoir est un moyen de réaliser une série d’idées et
d’une structure administrative de fait gouvernant un
territoire géographique donné.

In de vorige hoofdstukken hebben we nagegaan
hoe de Belgen uit een mengeling van eigenbelang en
pseudo-wetenschappelijke raciale fascinatie een neotraditionalistisch Rwanda opbouwden dat in 1945
reëler was dan het Rwanda dat Graaf von Götzen
voor de eerste keer zag in 1894. Interessant daarbij is
dat de « democratische Hutu-revolutie » van 1959 de
grote trekken van deze ideologische structuur niet
had veranderd maar gewoon zijn signaal had omgekeerd. Tutsi’s waren nog altijd « vreemde indringers »
die van ver kwamen maar nu betekende dit dat ze niet
echt als burgers konden beschouwd worden. Hun
regering was grandioos en machtig geweest: in de
nieuwe versie van de Rwandese ideologie werd het
een wrede en homogeen onderdrukkende tirannie. De
Hutu’s waren de « autochtone landbouwers » geweest
die door aristocratische indringers onderworpen
waren: nu werden ze de enige rechtmatige bewoners
van het land. De Hutu’s vormden de stille demografische meerderheid wat betekende dat een door Hutu’s
geleide regering nu niet alleen automatisch gewettigd
maar ook ontologisch democratisch werd.

Nous avons vu au chapitre précédent comment les
Belges ont mélangé opportunisme et fascination
raciale pseudo-scientifique pour reconstruire un
Rwanda néo-traditionnaliste plus réel en 1945 que le
Rwanda découvert par le Comte von Götzen en 1894.
Ce qui est intéressant, c’est que la « révolution démocratique » hutue de 1959 n’a pas changé les principaux
traits de cette construction idéologique, mais s’est
borné à en inverser les signes. Les Tutsis étaient
toujours des « envahisseurs étrangers » venus de loin,
mais cela voulait dire à présent qu’ils ne pouvaient pas
être considérés comme de véritables citoyens. Leur
gouvernement avait été grandiose et puissant : dans la
nouvelle version de l’idéologie rwandaise, il était
considéré comme une tyrannie cruelle et homogènement oppressante. Les Hutus étaient les « paysans
indigènes » exploités par les envahisseurs aristocratiques : c’était à présent eux les habitants légitimes du
pays. Les Hutus étaient la majorité démographique
silencieuse, ce qui voulait dire qu’un gouvernement à
domination hutue était automatiquement légitime et,
qui plus est, par essence démocratique.

Net zoals de eerste versie van de Rwandese ideologie een perfecte constructie was geweest om de
overheersing van enkele Tutsi’s van hoge komaf over
iedereen, petits Tutsis en Hutu’s samen, te wettigen,
werd de nieuwe versie een wonderbaarlijk middel
voor de nieuwe elite om zowel over de massa Hutulandbouwers als de uit hun rechten ontzette Tutsi’s te
heersen. De parallellen zijn frappant. In de neotraditionalistische versie van 1931-59 waren de petits
Tutsis fier tot de « etnische aristocratie » te behoren
hoewel hen dat weinig verder bracht dan dat gevoel
van superioriteit. Nu waren het de Hutu’s die het
slachtoffer werden van dezelfde fout en zichzelf
meestal ervan overtuigden dat zij, gewone boeren uit
de heuvels, ergens in de macht deelden omdat de regering Hutu was. In beide gevallen steunden en versterkten de etnische elites de waanideeën van hun
volgers. De Belgen hielpen de aristocratische versie
van de mythe mee in het leven roepen, begonnen deze
uiteindelijk zelf te geloven en hun eigen creatie te
bewonderen. Nu waren het de buitenlandse hulpverleners die aan het versterken van het beeld van een
« democratisch meerderheidsbewind » meewerkten
en die uiteindelijk hun eigen rechtvaardigheid gingen
bewonderen omdat ze Afrikanen hielpen die daar
recht op hadden. Indien er een verband was tussen de
twee mythes, dan was het de katholieke Kerk. Deze

Autant la première version de l’idéologie rwandaise était une construction parfaite légitimant la
domination exercée par quelques lignages tutsies sur
l’ensemble de la société, petits Tutsis et Hutus
confondus, autant la nouvelle version était un outil
formidable permettant à la nouvelle élite de diriger les
paysans hutus et la communauté tutsie, privée de tout
droit de représentation. Les parallélismes sont frappants. Dans la version néo-traditionnaliste de 19311959, les petits Tutsis étaient fiers d’appartenir à
l’« aristocratie ethnique » bien que cela ne leur
rapporte pas grand-chose de plus que ce sentiment de
supériorité. À présent, c’était au tour des Hutus de
commettre la même erreur en se persuadant que
comme le gouvernement était hutu, les humbles
paysans des collines partageaient en quelque sorte ce
pouvoir. Dans les deux cas, les élites ethniques ont
approuvé et renforcé les fantasmes de leurs adeptes.
Les Belges qui ont participé à la création de la version
aristocratique du mythe, finirent par y croire et par
admirer leur propre création. À leur tour, les coopérants contribuèrent à renforcer l’idée du « règne
démocratique de la majorité » et finirent par admirer
leur vertu consistant à aider des Africains si méritants.
Le lien entre ces deux versions du mythe n’est autre
que l’Église catholique qui admirait les Tutsis et les
aida à gouverner. Maintenant, elle admirait les Hutus

1 - 611/7 - 1997/1998

( 138 )

had de Tutsi’s bewonderd en hen helpen regeren
maar nu bewonderde ze de Hutu’s en nu hielp ze hen
besturen. In beide gevallen werd dit aanzien (en uitvoerig verklaard) als het werk van de goddelijke voorzienigheid en een grote stap voorwaarts in het uitbouwen van een christelijke gemeenschap in Rwanda (1).

et les aidait à leur tour à gouverner. Dans les deux cas,
ce rôle de l’église fut perçu (et abondamment expliqué) comme étant l’œuvre de la divine providence et
comme un grand pas en avant vers l’édification d’une
société chrétienne au Rwanda (1).

Het land leefde en ademde in deze sfeer. Alles werd
zorgvuldig gecontroleerd, alles was proper en in orde.
De boeren werkten hard, waren rechtschapen en in de
juiste mate dankbaar ten aanzien van hun sociale leiders en de liefdadige blanke buitenlanders die hen
hielpen. Er was nagenoeg geen misdaad, de weinige
prostituees werden ter heropvoeding opgepakt en de
Kerk onderdrukte met succes eender welke poging tot
geboortenbeperking ondanks de bevolkingsexplosie.
België bleef de grootste donor voor buitenlandse
hulpverlening maar ook Duitsland, de Verenigde
Staten, Canada en Zwitserland (2) voelden zich
daartoe aangetrokken omdat zij zeer tevreden waren
met de houding van de regering over buitenlandse
hulpverlening en met de algemene netheid van het
land. Parson Keiner maakte deze terechte opmerking :
« In het begin van de jaren tachtig) waren we het
gewoon om de bijna idyllische situatie in Rwanda te
vergelijken met de chaos na Idi Amin in Oeganda, de
Tutsi-apartheid in Burundi, het « echte Afrikaanse
socialisme » in Tanzania en de kleptocratie van
Mobutu in Zaı̈re en we vonden dat het regime veel
positieve kanten had. » (3)

Le pays vivait et respirait dans cette atmosphère.
Tout était soigneusement contrôlé, propre et bien en
ordre. Les paysans travaillaient dur, vivaient sainement et faisaient preuve de la reconnaissance voulue à
leurs supérieurs sociaux ainsi qu’aux bénévoles expatriés qui les aidaient. La criminalité était pour ainsi
dire inexistante, les quelques prostituées étaient
périodiquement envoyées en rééducation et l’église
s’opposait avec succès à toute tentative de contrôle
des naissances en dépit de la poussée démographique.
Bien que la Belgique soit restée le principal donateur
d’aide étrangère, le Rwanda attirait également
l’Allemagne, les États-Unis, le Canada et la
Suisse (2), tous satisfaits de l’attitude du gouvernement envers les donateurs étrangers et de l’ordre général qui régnait dans le pays. Dans un sens, cette attitude des pays donateurs était compréhensible. Parson
Keiner fait cette observation pertinente : « Au début
des années 1980, on comparait la situation presque
idyllique du Rwanda au chaos qui fit suite au règne
d’Idi Amin en Ouganda, à l’apartheid Tutsi au
Burundi, au socialisme africain à la mode tanzanienne et à la cleptocratie de Mobutu au Zaı̈re. Le
régime rwandais avait donc beaucoup de points positifs. » (3)

Maar het probleem was dat deze aangename façade
op een uiterst gevaarlijke ideologische fundering
gebouwd was. De Hutu-gereviseerde versie van de
Rwandese culturele mythologie die tot het geweld
tussen 1959 en 1964 had geleid, was nog levend. En de
vrede kon enkel behouden worden door voldoende
financiële smering van de elite. Alles was gebaseerd
op een zorgvuldig gecontroleerde machinerie van
hypocrisie met de Kerk als hoofdingenieur. Gewelddadig gerommel kon net onder het oppervlak
gehoord worden als je maar even stilstond om te luisteren. Voormalig President Kayibanda was in 1976
gestorven in gevangenschap (4), heel waarschijnlijk

Mais le problème, c’est que cette façade avenante
reposait sur des fondations idéologiques extrêmement dangereuses. La version hutu de la mythologie
culturelle rwandaise qui avait provoqué les accès de
violence de 1959 et 1964 était toujours vivante. Et la
paix ne pouvait être maintenue que par une lubrification financière suffisante de l’élite. Tout reposait sur
une mécanique d’hypocrisie minutieusement contrôlée dans laquelle l’église jouait le rôle d’ingénieur en
chef. On pouvait entendre la violence gronder juste en
dessous de la surface. L’ex-président Kayibanda
mourut en détention en 1976, sans doute affamé par
ses geôliers (4). De 1974 à 1977, le chef de la sécurité,

——————

——————

(1) Uit dat oogpunt is het aandachtig lezen van het kwalitatieve, katholiek gesteunde tijdschrift Dialogue interessant. Zijn
Kinyarwanda zusterpublicatie Kinyamaseka nam in de jaren
tachtig een meer kritisch standpunt in.
(2) Rwanda stond op de eerste plaats in Zwitserland wat
publieke hulpverlening betreft.
(3) Herbert Keiner, op. cit.
(4) Interview van de auteur met een voormalig civiel ambtenaar (Kigali, 4 juli 1994). De reden om Kayibanda te laten verhongeren in plaats van te vermoorden, lijkt de bijgelovige vrees
van Habyarimana te zijn geweest dat zijn eed van trouw aan het
voormalige staatshoofd hem zou schaden wanneer hij daadwerkelijk het bloed van de ex-president zou vergieten.

(1) À cet égard, il est intéressant de faire une lecture attentive
de la revue catholique Dialogue. Son équivalent Kinyarwanda
intitulé Kinyamaseka est devenu plus critique dans les années
1980.
(2) Le Rwanda arrivait en tête des pays bénéficiant de l’aide
publique de la Suisse.
(3) Herbert Keiner, op. cit.
(4) Entretien de l’auteur avec un ancien fonctionnaire
(Kigali, 4 juillet 1994). La raison pour laquelle on a laissé Kayibanda mourir de faim plutôt que de l’assassiner serait liée à la
crainte superstitieuse du Président Habyarimana que son
serment de fidélité envers l’ancien chef-d’État ne se retourne
contre lui si l’ex-Président était mort dans une effusion de sang.

( 139 )

1 - 611/7 - 1997/1998

uitgehongerd door zijn cipiers (4). Tussen 1974 en
1977 hadden Théoneste Lizinde, de veiligheidschef,
en zijn misdadigers zesenvijftig mensen vermoord,
meestal voormalige dignitarissen van het Kayibanda
regime maar ook onschuldige advocaten of zakenlui
waar zij om één of andere reden een hekel aan
hadden (1).

Théoneste Lizinde, et ses sbires tuèrent cinquante-six
personnes, pour la plupart d’anciens dignitaires du
régime Kayibanda, mais aussi d’inoffensifs hommes
de loi ou d’affaires pris en grippe pour une raison ou
l’autre (1).

Augustin Moyaneza, voormalig minister voor
internationale samenwerking (hij verklaarde aan een
Franse journalist tijdens de laatste maanden van het
Kayibanda regime « Onze Franse partners moeten één
ding beseffen: in ons land bestaat er gewoon geen verspilling of corruptie ») (2), behoorde tot diegenen die
op een ongekende datum tussen 1974 en 1977 in
gevangenschap stierven. Er bestaat ook onzekerheid
over de manier waarop hij de dood vond : sommige
bronnen houden het op levend begraven, andere
bronnen stellen dat zijn schedel werd ingeslagen met
een hamer. Maar dergelijke zaken werden gewoonlijk
geheim gehouden en kwamen nooit ter ore van de
buitenlandse hulpverleners.

L’ancien ministre de la coopération, Augustin
Muyaneza (qui avait déclaré à un journaliste français
durant les derniers mois du régime Kayibanda : « Nos
partenaires français devraient comprendre une chose :
notre pays est entièrement exempt de tout gaspillage
et de toute corruption ») (2) est au nombre des
prisonniers qui moururent en détention à une date
inconnue entre 1974 et 1977. La cause de sa mort n’est
pas établie : certaines sources affirment qu’il a été
enterré vivant, d’autres qu’il a eu le crâne fracassé au
marteau. Mais ce genre de détails étaient souvent
tenus secrets et n’arrivaient pas aux oreilles des donateurs d’aide.

De talrijke vrienden van het regime zouden later
met verstomd ongeloof de rijzende spiraal van geweld
aanschouwen in de periode 1990-1994. In hun ogen
moest de kritiek die aan het adres van Kigali geuit
werd, kwaadwillig geı̈nspireerd zijn door een sympathie voor diegenen die de MRND de féodorevanchards, de Inyenzi duivels noemde die op de loer
lagen om elke mogelijkheid te grijpen om het eerlijke
kleine christelijke Rwanda aan te vallen. De onthulling van de moorddadige gerechtigheid inherent aan
de Rwandese mythologie was een schok die hun vermogen tot nadenken en zelfkritiek aantastte. Sommigen zoals priester Keiner die wij voorheen reeds
citeerden, vonden in hun onafhankelijke morele overtuiging de kracht om hun voormalig enthousiasme
opnieuw te beoordelen. Anderen die door een mengeling van oprechte maar misleide « democratische »
sympathie gemotiveerd werden, weigerden te aanvaarden dat partners die tot dan « deugdzaam » leken,
tot een dergelijke morele ontaarding in staat waren en

Les nombreux amis du régime allaient ensuite assister, incrédules, à une spirale pour violence en 19901994. À leurs yeux, toutes les critiques adressées à
Kigali étaient inspirées par la sympathie pour ceux
que le MRND appelait les fédéo-revanchards, les
démons Inyenzi tapis dans l’ombre, attendant qu’une
opportunité se présente de se ruer sur le pauvre petit
Rwanda catholique. La révélation de la vertu meurtrière intrinsèque de l’idéologie rwandaise fut un choc
qui mit à rude épreuve leur capacité de réflexion et
d’autocritique. Certains, comme le pasteur Keiner
que nous avons cité précédemment, ont su puiser dans
leurs croyances morales indépendantes la force de
revoir leur ancien enthousiasme. D’autres, motivés
par un mélange de réelle sympathie « démocratique »
parfois abusée (les rendant incapables d’admettre que
des associés jusqu’alors apparemment « vertueux »
puissent être capables d’obliquité morale) et
d’incapacité à reconnaı̂tre qu’ils ont pu se tromper,
insistèrent ou nièrent la nature de la réalité à laquelle

——————

——————

(1) Chronique d’Amnesty International, nr. 118 (december
1985). Deze moordenaars kwamen slechts aan het daglicht
omdat Lizinde zelf in conflict was gekomen met het regime
nadat hij President Habyarimana probeerde ten val te brengen in
april 1980. Nadat hij jaren in de gevangenis had gezeten, bood
zijn proces in 1985 plots een glimp van de bloederige schaduwkant van het regime.
(2) « Le Rwanda, pays des vertes collines », Le Monde
(1 maart 1973).

(1) Chronique d’Amnesty International, no 118 (décembre
1985). Ces meurtres ne furent dévoilés que parce que Lizinde luimême était tombé en disgrâce du régime après une tentative de
renverser le Président Habyarimana en avril 1980. Après avoir
passé quelques années en prison, son jugement en 1985 leva le
voile sur les dessous sanglants du régime.
(2) « Le Rwanda, pays des vertes collines », Le Monde
(1er mars 1973).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 140 )

omdat ze niet konden erkennen dat ze fout waren
geweest, bleven ze de aard van de realiteit waarmee ze
geconfronteerd waren, ontkennen (1). In sommige
extreme gevallen zoals we in hoofdstuk 8 zullen zien,
heeft deze ontkenning er zelfs toe geleid dat
rechtschapen christelijke NGO’s en anders eerlijke
individuen die vaak dicht bij de kringen van de Europese Christelijke Democraten aanleunden, de genocide bijna negeerden en probeerden om de overblijvers van de MRND te blijven helpen onder het mom
van « hulpverlening aan vluchtelingen ». Maar al
vormden dergelijke ontwikkelingen een mogelijkheid
die reeds in de teruggekeerde Rwandese ideologie vervat zat zoals een nog ongeboren giftige slang in het ei,
toch was het Habyarimana regime tot (circa) 1988 in
het algemeen één van de minst slechte in Afrika als
men zijn activiteiten bekijkt en niet zijn intellectuele
funderingen.

ils étaient confrontés (1). Dans certains cas extrêmes,
comme nous le verrons au chapitre 8, ce reniement a
même conduit des ONG vertueuses d’obédience chrétienne et des individus honnêtes en d’autres circonstances, souvent proches des milieux démocrateschrétiens européens, à ignorer le génocide et à essayer
de continuer à aider les vestiges du MRND sous le
couvert de l’aide aux réfugiés. Mais même si les
germes de ces développements étaient déjà contenus
dans l’idéologie rwandaise revisitée, comme un
serpent venimeux encore à naı̂tre dans son œuf, le
régime Habyarimana fut globalement, jusqu’environ
1988, l’un des moins mauvais d’Afrique si l’on se base
uniquement sur ses actions et pas sur son fondement
intellectuel sous-jacent.

De crisis. De enige stinkende episode in de vijftien
jaar tussen 1973 en 1988 was de samenzwering en de
poging tot staatsgreep vanwege de voormalige veiligheidschef Théoneste Lizinde in april 1980. Indien men
geneigd zou zijn om de enigszins mechanistische
Marxistische patronen niet te kort te doen, moet men
wel opmerken dat de voorheen hoge prijs van koffie
reeds sinds 1977 aan het dalen was en dat deze na 1980
opnieuw steeg vooraleer volledig in te storten in 1986.

La crise. Le seul épisode malodorant en quinze
années de pouvoir (de 1973 à 1988) fut la conspiration
et la tentative de coup d’état fomentée en avril 1980
par l’ancien chef de la sécurité, Théoneste Lizinde. Si
l’on voulait faire honneur aux schémas marxistes
quelque peu mécaniques, il faudrait observer que le
prix élevé du café a connu une diminution constante
depuis 1977 pour se redresser après 1980 avant de finir
par s’effondrer en 1986.

Ook de wereldprijs voor tin stortte in spoedig na de
koffieprijzen (1984-86) wat tot het sluiten van de
tinmijnen in Rwanda leidde. Omdat tin de verslapping van de koffieprijzen had opgevangen in 1982-83
— zijn aandeel in de buitenlandse exportinkomsten
steeg naar 20% (het aandeel van koffie was van 75%
geleidelijk aan naar ongeveer 50% gezakt — kwam
deze tweede slag heel hard aan (2)...

Les cours mondiaux de l’étain s’effondrèrent peu
après ceux du café (1984-86) conduisant à la fermeture des exploitations minières au Rwanda. Comme
c’est l’étain qui avait compensé la chute des prix du
café en 1982-83, sa part dans les recettes d’exportation
allant même jusqu’à atteindre 20% (le café avait
représenté jusqu’à 75% avant de retomber à environ
50%), ce nouveau choc fit vaciller le Rwanda sur ses
bases (2)...

——————

——————

(1) Rwanda 1994 van Pierre Erny, Parijs, L’Harmattan,
1994, is een perfect voorbeeld van die gedachtengang. Het boek
van professor Erny schommelt tussen een verbijsterde klaagzang
over de onmenselijkheid van de mens, pleidooien voor het
Habyarimana regime en een poging om het RPF de rol van Satan
toe te bedelen die het paradijs betreedt. Professor Erny lijkt ook
te denken dat Amnesty International een organisatie is die door
vrijmetselaars geleid wordt (blz. 226) die moet invalideren wat
zij tegen mensen zegt die « religieus denken ». Met een duidelijk
gebrek aan oecumenische politieke juistheid vindt deze auteur
dat het verschil in houding tussen twee pro Habyarimana christenen zoals priester Keiner en professor Erny verband kan
hebben met hun respectievelijke geloofsbelijdenis. Het protestantisme heeft historisch gezien meer nadruk gelegd op onafhankelijk moreel onderzoek en zelfkritiek dan de rooms-katholieke
Kerk en heeft in dit specifiek geval een geringere historische
band met het MRND-regime. Men mag niet vergeten dat Mgr.
Vincent Nsengiyumwa, bisschop van Kigali tot december 1989
toen Rome zijn ontslag gelastte, actief lid was geweest van het
centraal comité van de MRND.

(1) Pierre Erny, Rwanda 1994, Paris, L’Harmattan, 1994, est
un parfait exemple de cet état d’esprit. Le livre du professeur
Erny oscille entre une perplexité larmoyante sur l’inhumanité de
l’homme envers l’homme, un plaidoyer pour le régime
d’Habyarimana et une tentative de faire jouer au FPR le rôle de
Satan pénétrant dans le jardin d’Éden. Le professeur Erny
semble aussi croire qu’Amnesty International est une organisation dirigée par les francs-maçons (p. 226), ce qui rend ses déclarations nulles et non avenues pour les « esprits religieux ».
Témoignant ainsi d’un manque évident de correction politique
œcuménique, cet auteur considère que la différence d’attitude
entre deux chrétiens pro-Habyarimana comme le pasteur Keiner
et le Professeur Erny est imputable à leur religion respective. Le
protestantisme s’est traditionnellement montré plus strict sur
l’examen moral indépendant et l’autocritique que l’église
romaine et en l’espèce, ses liens historiques avec le régime
MRND sont moins marqués. Il ne faut pas oublier que jusqu’en
décembre 1989, lorsque Rome lui intima l’ordre de démissionner, l’évêque de Kigali, Monseigneur Vincent Nsengiyumva, fut
un membre actif au sein du comité central du MRND.

(2) République rwandaise; Mémoire présenté par le
Rwanda à la Deuxième Conférence des Nations Unies sur les
Pays les Moins Avancés, op; cit., blz. 3.

(2) République rwandaise, Mémoire présenté par le
Rwanda à la Deuxième Conférence des Nations unies sur les
Pays les moins avancés, op. cit., p. 3.

( 141 )

1 - 611/7 - 1997/1998

En je kan stellen dat de politieke stabiliteit van het
regime nagenoeg exact de curve van deze prijzen
volgde. Rwanda is een heel arm land dat op landbouw voor eigen gebruik gebaseerd is en weinig meerwaarde kan rechtstreeks van de landbouwers gehaald
worden. Voor de elite van het regime waren er drie
bronnen van verrijking: de export van koffie en thee,
de kortstondige export van tin en het afromen van de
buitenlandse hulp.

Et l’on peut dire que la stabilité politique du régime
a suivi exactement la même courbe que les prix. Le
Rwanda est un pays extrêmement pauvre, fondé sur
une agriculture vivrière, et dont la masse rurale ne
génère que très peu de valeur ajoutée. L’élite du
régime tirait sa richesse de trois sources : les exportations de café et de thé, les exportations d’étain
(pendant une courte période) et les prélèvements sur
l’aide étrangère.

Omdat een groot deel van de eerste twee nodig was
voor het functioneren van de regering, bleef door de
dalende bronnen van inkomsten tegen 1988 enkel nog
de derde bron over als levensvatbaar alternatief.
Vandaar de stijgende concurrentie in de strijd om de
toegang tot dit heel gespecialiseerde hulpmiddel dat
slecht toegeëigend kon worden via directe controle op
hoog regeringsvlak. Zo begonnen de verschillende
gentlemen’s agreements die tussen de wedijverende
politieke clans bestonden sinds het einde van het
Kayibanda regime, te smelten naarmate de hulpmiddelen verminderden en de interne machtsstrijd heviger werd.

Une bonne partie des deux premières devant servir
au fonctionnement de l’État, la raréfaction des sources était telle en 1988 que seule la troisième offrait
encore une alternative viable. Tout ceci ne fit
qu’accentuer la compétition pour avoir accès à cette
ressource très spécialisée que l’on ne pouvait
s’approprier que par le contrôle direct des plus hautes
sphères du pouvoir. Les différents accords conclus
entre les clans politiques rivaux depuis la fin du
régime Kayibanda commencèrent à se lézarder à
mesure que les ressources se raréfiaient et que la lutte
interne pour le pouvoir s’intensifiait.

Het eerste teken dat er iets aan de hand was, was de
moord op Kolonel Stanislas Mayuya in april 1988.
Mayuya was een goede vriend van President Habyarimana en er waren sterke geruchten dat hij ten gepasten tijde deel zou gaan uitmaken van de regering, misschien als vice-president, om hem voor te bereiden op
de opvolging. Dit betekende de ondergang voor één
van de grootste politieke clans van het regime, in
Kigali eerst « le Clan de Madame » genoemd en later
« akazu » (1).. Zoals de naam het aangeeft, bestond
de « Clan de Madame » uit familieleden van de vrouw
van de President en hun beste vrienden. De belangrijkste leden van de groep waren drie van haar broers
kolonel Pierre-Céléstin Rwagafilita, Protais Zigiranyirazo en Séraphin Rwabukumba, haar neef Elie
Sagatwa en beste vrienden kolonel Laurent Serubuga
en Noël Mbonabaryi. Zij werden gevolgd door een
aantal minder belangrijke maar toegewijde volgelingen waaronder Kolonel Théoneste Bagosora die later
een fundamentele rol zou gaan spelen. Er waren drie
specifieke redenen waarom de « Clan de Madame »
een dergelijke belangrijke rol ging spelen in de gang
van zaken.

Le premier signe que les choses tournaient mal fut
le meurtre du colonel Stanislas Mayuya en avril 1988.
Mayuya était un ami proche du président Habyarimana et des rumeurs persistantes faisaient état de son
arrivée au pouvoir, éventuellement au poste de viceprésident, en vue de le préparer à prendre la succession du président. Ce fut la perte d’un des principaux
clans politiques du régime, d’abord appelé « le Clan
de Madame » à Kigali puis « akazu » (1). Comme son
nom l’indique, le Clan de Madame se composait de
membres de la famille de l’épouse du président et de
leurs proches associés. Les principaux membres de ce
groupe étaient ses trois frères, le colonel PierreCélestin Rwagafilita, Protais Zigiranyirazo et Séraphin Rwabukumba, son cousin Elie Sagatwa et leurs
proches associés le colonel Laurent Serubuga et Noël
Mbonabaryi. Ils étaient secondés par un certain
nombre de serviteurs moins importants mais dévoués,
parmi lesquels le colonel Théoneste Bagosora allait
jouer un rôle capital par la suite. Trois raisons particulières permettent d’expliquer pourquoi le Clan de
Madame joua un rôle aussi important dans le déroulement des événements.

Ten eerste, volgens de Rwandese politieke traditie
die het MRND Hutu regime van zowel Grégoire
Kayibanda als de oude Tutsi Abami geërfd had,
moest de heerser over volgelingen beschikken die zijn
ogen en oren waren, mensen buiten de officiële
machtsstructuur die hem onmiskenbaar toegewijd
waren en alles zouden doen zonder vragen te stellen.
De Abami hadden zulke mensen gevonden in hun

D’abord, dans la tradition politique rwandaise que
le régime Hutu du MRND avait héritée de Grégoire
Kayibanda et des anciens Abami Tutsi, le dirigeant
devait avoir des partisans qui étaient ses yeux et ses
oreilles, des personnes extérieures à la structure officielle du pouvoir qui lui étaient entièrement dévouées
et qui feraient n’importe quoi sans poser de questions.
Les Abami avaient trouvé ce type de personnes au sein

——————

——————

(1) « The little house » — In het prekoloniale Rwanda was
dit de naam voor de inwendige kringen van het hof van de
Koning.

(1) « La petite maison ». Dans le Rwanda pré-colonial,
c’était le nom donné au cercle réunissant les courtisans les plus
proches du roi.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 142 )

eigen Abayinginya clan en in hun « maritale » clan, de
Ababega. Dit ging natuurlijk gepaard met verraad,
samenzweringen, ommekeer van allianties enzovoorts, dagelijkse kost voor dit Florentijnse hof.
Omdat, zoals reeds gezegd, de Hutu clans voornamelijk een politieke constructie waren van de regerende
politieke Tutsi-orde, konden zij niet gemakkelijk
voor dit doel ingezet worden omdat ze slechts een
matig engagement van hun leden verkregen. Onder de
Hutu’s nam het regionalisme bijgevolg de plaats in
van het « clanisme ». President Kayibanda speelde verschillende groepen tegen elkaar uit maar meestal vertrouwde hij, zelfs tot op het punt van isolatie, op
mensen afkomstig uit Gitarama. En binnen elke
« regionale maffia » bestond dan natuurlijk de neiging
om subgroepen te vormen volgens de precieze,
nauwer omschreven geografische afkomst.

de leur propre clan Abayinginya et au sein de leur clan
marital, l’Ababega. Le tout avec son éternel cortège
de trahisons, conspirations, renversements d’alliances, etc. qui étaient le lot quotidien de cette cour
florentine. Depuis lors, comme nous l’avons vu, les
clans hutus étaient devenus en grande partie une construction politique de l’ordre politique tutsi au
pouvoir, ils ne se prêtaient pas facilement à ce type
d’utilisation car n’obtenant qu’un mince engagement
de la part de leurs membres. Sous la république hutue,
le régionalisme se substitua au clanisme. Le président
Kayibanda monta plusieurs groupes les uns contre les
autres et eut tendance à se reposer essentiellement,
jusqu’au point de s’isoler, sur les gens de Gitarama. Et
puis, il faut aussi compter avec la tendance inhérente à
chaque « maffia régionale » qui consiste à créer des
sous-unités en fonction d’une origine géographique
définie avec précision.

Ten tweede, vanuit dat standpunt gezien zat President Habyarimana met een probleem. De « Tweede
Republiek » die hij in 1973 oprichtte, was aanvankelijk een noordelijke revanche op de Parmehutu zuiderlingen (1). Maar eenmaal het duidelijk werd dat
de kabinetsfuncties, economische kansen en buitenlandse studiebeurzen vooreerst en voornamelijk naar
de noorderlingen zouden gaan, begonnen zij onder
elkaar te strijden om te weten wie meer zou krijgen.
De President en zijn vrouw verkozen de mensen van
de Gisenyi préfecture boven de Ruhengeri préfecture
groep onder leiding van de Minister van Buitenlandse
Zaken Casimir Bizumungu en de Minister van Openbare Werken Joseph Nzirorera. De Ruhengeri
jongens werden dus naar de tweede plaats verdrongen
door de neefjes uit Gisenyi. Maar daar bleef het niet
bij. De voorkeursposities gingen af van gemeentelijke
affiliatie en daar stond de President zwak. President
Habyarimana was in de Karago commune geboren
maar hij was niet « iemand », d.w.z. lid van een
respectabel geslacht. In feite bestonden er geruchten
dat zijn grootvader een immigrant was uit de Oegandese provincie Kigezi of uit de Zaı̈rese provincie Kivu.
In vele opzichten was hij een alleenstaande, self-made
man. Hoewel hij de mwami van de Hutu’s, de hoogste
shebuja van het land was geworden, toch beschikte
hij niet over trouwe abagaragu die hem persoonlijke
loyaliteit verschuldigd waren.

Ensuite, vu sous cet angle, le président Habyarimana avait un problème. La Seconde République
qu’il créa en 1973 était au départ une revanche des
Rwandais du nord sur les Rwandais du sud du Parmehutu (1). Mais une fois qu’il fut clair que les portefeuilles ministériels, les opportunités économiques et
les bourses d’études à l’étranger allaient avant tout
aux Rwandais du nord, ceux-ci commencèrent à
s’entre-déchirer pour savoir qui se taillerait la part du
lion. Le président et son épouse favorisaient les gens
de la préfecture de Gisenyi par rapport au groupe de
la préfecture de Ruhengeri, dirigé par le ministre des
Affaires étrangères Casimir Bizimungu et le ministre
des Travaux publics Joseph Nzirorera. Ceux du clan
de Ruhengeri furent donc contraints de jouer les
seconds couteaux derrière ceux du clan de Gisenyi.
Mais cela ne s’arrêtait pas là. Les faveurs étaient
accordées en fonction de la commune d’origine et à ce
niveau, le président avait une faiblesse. Le président
Habyarimana était né dans la commune de Karago,
mais il n’était pas « quelqu’un », il n’était pas issu d’un
lignage respectable. En fait, des rumeurs persistantes
rapportaient que son grand-père aurait été un immigrant provenant soit de la province ougandaise de
Kigezi, soit de la province zaı̈roise du Kivu. Il était à
plusieurs égards un homme seul, qui s’était forgé luimême. Bien qu’étant devenu le mwami des Hutus, le
shebuja à la tête du pays, il n’avait pas de véritables
abagaragu qui soient dévoués entièrement à sa
personne.

Ten derde, het geval van de vrouw van de President
was anders. Agathe Kanzinga was afkomstig van

Enfin, le cas de la femme du président était différent. Agathe Kanzinga provenait de Bushiru et était la

——————

——————

(1) Je zou zelfs kunnen stellen dat het meer was dan dat. Het
was een historische revanche vanwege een uitgesloten, woest,
anti-royalistisch Hutu Rwanda. Aan deze noordelijke revanche
wou de engagé historicus Ferdinand Nahimana intellectuele
geloofsbrieven geven. Het is ook omdat de noorderlingen zolang
gewacht hadden en zich als tweederangsburgers voelden dat de
vrees in 1993-94 om de macht kwijt te spelen, hen tot het uitzinnige uiterste van de genocide voerde.

(1) On pourrait même dire que c’était plus que cela. C’était
une revanche historique du Rwanda marginalisé, anti-royaliste
et résolument pro-Hutu. C’est à cette revanche du nord que
l’historien engagé Ferdinand Nahimana voulait donner ses
lettres de noblesse intellectuelles. C’est aussi parce que ceux du
nord ont eu si longtemps le sentiment d’être traités comme des
citoyens de seconde zone que l’affaiblissement du pouvoir en
1993-94 les conduisit aux extrémités atroces du génocide.

( 143 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Bushiru en was de dochter van één van die kleine
noordelijke Abahinza Hutu-geslachten die in onafhankelijkheid over prinsdommen heersten tot aan het
einde van de negentiende eeuw en soms tot zelfs 1920.
Zij en haar familie waren trots op hun afkomst die
groots en bekend was. Dus vertrouwde de President
op de clan van zijn vrouw en abagaragu als zijn ogen
en oren. Zij werd zo machtig dat zij door het volk de
bijnaam kreeg van « Kanjogera », in nagedachtenis
van de verschrikkelijke moeder van Koning Musinga,
de echte machthebber achter diens troon. Haar echtgenoot vertrouwde op haar en op haar familie voor
velerlei zaken maar hij werd gaandeweg ook hun
gevangene en tenslotte hun slachtoffer (1). In het
klimaat aan het einde van de jaren tachtig toen de
politieke strijd om de controle over een snel slinkende
economie heviger werd, leken de plannen over de
opvolging die President Habyarimana koesterde voor
kolonel Mayuya een ernstige bedreiging voor « le
Clan de Madame ». Deze dreigde de controle te verliezen op een moment dat controle belangrijker was dan
ooit omdat Mayuya de man was van de President zelf
(en één van de weinigen!) (2). Kolonel Serubuga, één
van de machtigste akazu-leden, organiseerde de
moord op Mayuya. De sergeant die eigenhandig de
trekker overhaalde, werd later in de gevangenis vermoord en de openbare aanklager die met de zaak
belast was, werd tijdens het onderzoek vermoord.

fille d’un de ces petits lignages Abahinza du nord qui
dirigèrent de petites principautés indépendantes
jusqu’à la fin du XIXe siècle et, dans certains cas
même, jusque dans les années 1920. Elle et sa famille
étaient très fières de leur lignage qui était vaste et bien
connu. Le président s’en remettait donc au clan de sa
femme et à ses abagaragu pour être ses yeux et ses
oreilles. Elle devint si puissante qu’on lui donna le
surnom « Kanjogera », en mémoire de la terrible mère
du roi Musinga, qui tenait les rênes du pouvoir dans
l’ombre du trône. Son époux se reposait sur elle et sur
sa famille, mais peu à peu, il devint leur prisonnier et
finalement leur victime. (1) Dans le climat de la fin
des années 1980, alors que la compétition politique
pour arracher le contrôle d’une économie en net recul
s’intensifiait, les projets de succession que le président
Habyarimana nourrissait pour le colonel Mayuya
constituaient une grave menace pour le Clan de
Madame qui risquait de perdre le contrôle du pouvoir
à un moment où ce contrôle était plus vital que jamais
car Mayuya était l’homme du président (l’un des
rares! (2)). Le colonel Serubuga, un des akazu les
plus puissants, organisa le meurtre de Mayuya. Le
sergent qui appuya sur la détente fut par la suite assassiné en prison et le magistrat du ministère public en
charge du dossier fut assassiné pendant l’instruction.

De Mayuya affaire was de vonk die het kruidvat
deed ontploffen en weldra vlogen de verschillende
clans elkaar naar de keel. In 1989 werd het budget
teruggebracht met 40%, een maatregel die voornamelijk gecompenseerd werd door de sociale dienstverlening terug te schroeven (3). Dit kwam niet goed
aan bij de landbouwers die reeds overladen waren
met verschillende belastingen (umusanzu, watertaks,
gezondheidstaks, schooltaks, enz.) en gekweld
werden door een steeds grotere « vrijwillige » umuganda die meer en meer op dwangarbeid leek, vooral
wanneer dit op privé-land moest gebeuren dat eigendom was van de vriendjes van het regime. De landkwestie werd ook steeds neteliger. De overbevolking

L’affaire Mayuya fut l’étincelle qui mit le feu aux
poudres et il ne fallut pas attendre longtemps avant de
voir les différents clans en venir aux mains en 1989, le
budget fut réduit de 40%, mesure qui fut compensée
en grande partie par une réduction des services
sociaux (3). Cette mesure fut très mal accueillie par
les paysans déjà écrasés par des taxes en tous genres
(umusanzu, taxe sur l’eau, taxe sur la santé, droits
d’inscriptions dans les écoles, etc.) et par des doses
croissantes de travail « volontaire » (umuganda) qui
ressemblait plutôt aux travaux forcés, d’autant qu’il
devait être accompli sur des terres qui étaient la
propriété des « petits copains » du régime. La question
de la distribution des terres devenait elle aussi de plus

——————

——————

(1) Dit werd door Jean Shyirambere Barahinyura gesteld in
Le Général-Major Habyarimana (1973-1988). Quinze ans de
tyrannie et de tartufferie au Rwanda. Frankfurt-am-Main: Izuba
Verlag, 1988, blz. 143. Hoewel het boek een ruw politiek traktaat is, biedt het toch enig inzicht in de intieme werking van het
regime.

(1) Thèse de Jean Shyirambere Barahinyura dans Le Général-Major Habyarimana (1973-1988). Quinze ans de tyrannie et
de tartufferie au Rwanda, Frankfurt-am-Main: Izuba Verlag,
1988, p. 143. Bien que ce livre soit ni plus ni moins un véritable
tract politique, il permet de mieux comprendre les rouages du
régime.

(2) In dat opzicht is het geval van kolonel Alois Nsekalije,
een persoonlijke vriend van de President die in dezelfde regio
was geboren en lang minister was onder hem, interessant: hij
werd uiteindelijk van de macht verdrongen omdat hij niets aan
de clan van Mevr. Habyarimana verschuldigd was. In hetzelfde
perspectief is het geval van Kolonel Elie Sagatwa, een lid van
haar clan die later van kant wisselde, evenzeer interessant (zie
hoofdstuk 7).

(2) De ce point de vue, le cas du colonel Alois Nsekalije est,
lui aussi, digne d’intérêt: il s’agissait d’un ami personnel du
président, né dans sa région et ministre de longue date. Il fut
finalement évincé du pouvoir parce qu’il était étranger au clan
de Mme Habyarimana. Dans le même ordre d’idées, le sort du
colonel Elie Sagatwa, un membre du clan de Madame qui changea par la suite de camp , n’est pas non plus sans intérêt (voir
chapitre 7).

(3) André Guichaoua, Le problème des réfugiés Rwandais,
op. cit., blz. 11.

(3) André Guichaoua, Le problème des réfugiés rwandais,
op. cit., p. 11.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 144 )

bereikte een kritiek niveau en de steeds marginalere
voedselvoorziening maakte het land zwaar afhankelijk van de grillen van het weer. Een kleine droogte
veroorzaakte de ruriganiza hongersnood die de dood
van ongeveer 300 mensen veroorzaakte in 1988-89 en
duizenden anderen over de grens van Tanzania dreef
op zoek naar voedsel. De regering probeerde een
black-out aan de pers op te leggen omtrent deze kwestie; veiligheidschef Augustin Nduwayezu verklaarde
ronduit aan een Belgische journalist: « Journalisten
zouden geen artikels mogen schrijven die de hoogste
overheden kunnen irriteren. » (1). In deze sfeer
hadden de verhalen over landbezetting een bijzonder
ergerlijke uitwerking op de landbouwers: « De
beschuldiging dat de hoogste staatsinstanties door
middel van de controle op een internationaal
gesteund ontwikkelingsproject voordeel haalden uit
gronden die ze gebruikten om vee te hoeden, kreeg
een zwaar geladen symbolische waarde en speelde een
cruciale rol in de ontgoocheling over het regime die
op dat moment de kop begon op te steken » (2).

en plus épineuse. La surpopulation atteignait des
niveaux critiques et un approvisionnement en denrées
alimentaires de plus en plus marginal rendit le pays
fortement dépendant des caprices de la météo. Une
mini-sécheresse provoqua la famine de ruriganiza qui
tua environ 300 personnes en 1988-89 et provoqua le
départ de milliers de Rwandais qui franchirent la
frontière tanzanienne en quête de nourriture. Le
gouvernement essaya d’imposer un black-out de
l’information sur la question, le chef de la sécurité,
M. Augustin Nduwayezu, déclarant candidement à
un journaliste belge : « Les journalistes ne devraient
pas écrire d’articles qui risquent d’irriter les autorités
supérieures » (1). Dans ce climat, les histoires
d’accaparement de terres ont eu un effet particulièrement exaspérant sur les paysans : « L’accusation
selon laquelle sous le couvert d’un projet de développement financé par la communauté internationale, les
plus hautes autorités de l’Etat se sont approprié des
terres qu’elles utilisent pour élever du bétail, a pris
une valeur très symbolique et joué un rôle décisif dans
le mouvement de déception qui naquit à ce
moment » (2).

Waar professor Guichaoua naar verwijst zonder
het te noemen, is het door de Wereldbank gesteunde
Gebeka-project dat een groot hoewel snel onderdrukt
schandaal veroorzaakte. Volgens één van de managers (3), was de hele zaak een echte schande. Het
Gishwati woud, één van de laatste primaire wouden
van Rwanda, werd onmeedogend ontgonnen om
land vrij te maken voor het telen van exotisch, uit
Europa ingevoerd vee om een zuivelbedrijf te starten.
Hoewel de gronden evenals de fondsen gemeengoed
waren, werden de winsten van het project gedeeld
door de « groten » van het regime en oneerlijke buitenlanders van de Wereldbank die in het project hadden
geı̈nvesteerd. De « democratische revolutie » in 1959
stond symbool voor de vrije toegang voor Hutu’s tot
land en vee, met zijn bijzondere betekenis, en de
zwendel van Gebeka was een ernstige ideologische
slag voor dat ideaal.

Ce à quoi le professeur Guichaoua fait ici référence
sans le nommer, c’est le projet Gebeka, financé par la
Banque mondiale, qui provoqua un grand scandale
rapidement étouffé. Selon un de ses managers (3),
tout ce projet était une supercherie. La forêt de
Gishwati, une des dernières forêts primitives du
Rwanda, fut sauvagement abattue pour défricher des
terres qui ont ensuite été utilisées pour faire paître du
bétail exotique importé d’Europe afin de monter une
entreprise de produits laitiers. Bien que les terres et le
financement soient publics, les profits générés par le
développement furent partagés entre les bonzes du
régime et des expatriés malhonnêtes de la Banque
mondiale qui avaient investi dans le projet. Alors que
la « révolution démocratique » de 1959 symbolisait le
libre accès aux terres et au bétail pour les Hutus, avec
la signification que l’on sait, l’arnaque de Gebeka
porta un coup idéologique sérieux à cet idéal.

——————

——————

(1) De hongersnood in 1988-89 was natuurlijk te wijten aan
de extreme marginaliteit van de Rwandese landbouw in een
context van ontbossing, bodemerosie, demografische groei, onderbemesting en moeilijke gewaskeuze. Maar de hongersnood
werd ook veroorzaakt door politieke grillen van de voedselmarketing en het prijsbeleid. Zie Johan Pottier, « Taking stock:
Food marketing in Rwanda (1982-1989) », African Affairs, nr. 92
(1993), blz. 5-30.

(1) La famine de 1988-89 était due bien sûr à la marginalité
extrême de l’agriculture rwandaise dans un contexte de déforestation, d’érosion du sol, de pression démographique, de sousfertilisation et de choix difficiles des cultures. Mais elle est due
également aux caprices politiques du marketing alimentaire et de
la politique des prix. Voir Johan Pottier, « Taking stock: Food
marketing in Rwanda (1982-1989) », African Affairs, no 92,
(1993), pp. 5-30.

(2) André Guichaoua, Le problème des réfugiés rwandais,
op. cit., blz. 12.

(2) André Guichaoua, Le problème des réfugiés rwandais,
op. cit., p. 12.

(3) Persoonlijke mededelingen aan de auteur, Parijs,
2 augustus 1994. Toen hij enkele corrupte praktijken van het
Gebeka-project aan de kaak stelde, moest onze informant zich
tegen moordpogingen beschermen door sommige van zijn familieleden die in het leger zaten, als permanente lijfwachten te
gebruiken.

(3) Communication personnelle à l’auteur, Paris, 2 août
1994. Après avoir dénoncé une série de pratiques de corruption
dans le projet Gebeka, notre informateur a dû se protéger contre
des tentatives d’assassinat en recourant aux services de membres
de sa famille enrôlés dans l’armée pour lui servir de gardes du
corps.

( 145 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De regering probeerde via moralistische hypocrisie
goed te maken wat het verloren had door bloedvergieten en financiële schandalen: in Kigali werden
herhaaldelijk femmes libres (« lichtzinnige vrouwen ») opgepakt en naar het « heropvoedingsgesticht » van Rwamagana (1). gestuurd, radicale
katholieke « pro-life » commando’s bestormden apotheken om condooms te vernietigen met de goedkeuring van het Ministerie van Binnenlandse Zaken,
jonge werklozen in de steden, willekeurig abanyali
(« bandieten ») genoemd, werden in de straten opgepakt, het hoofd geschoren en naar « heropvoedingsgestichten » gestuurd en sommige sloppenwijken
werden gedeeltelijk afgebroken onder het voorwendsel dat er « criminelen » woonden.

Le gouvernement essayait de se refaire une virginité, à grands coups d’hypocrisie moralisatrice, pour
récupérer le terrain perdu en termes de bains de sang
et de scandales financiers : les femmes libres de Kigali
ont été arrêtées à plusieurs reprises et envoyées dans le
camp de « rééducation » de Rwamagana (1), des
commandos catholiques radicaux anti-avortement
ont pillé des pharmacies afin de détruire les stocks de
préservatifs avec l’approbation du ministère de
l’Intérieur, de jeunes chômeurs, arbitrairement
surnommés abanyali (bandits), étaient maîtrisés en
rue, rasés puis envoyés en centre de « rééducation » et
certains bidonvilles ont été démolis en partie sous
prétexte qu’ils abritaient des « criminels ».

Deze acties hadden weinig langdurig effect en
konden niet verhinderen dat de politieke spanningen
toenamen. In augustus1989 werd parlementslid Félecula Nyiramutarambirwa moedwillig omvergereden
door een vrachtwagen na kritiek op de regering omtrent corruptie inzake contracten voor wegenaanleg.
Zij was ook van Butare afkomstig en werd ervan verdacht daar de politieke oppositie aan te moedigen. In
november van hetzelfde jaar werd priester Silvio
Sindambiwe, een openhartige journalist die te openlijk over bepaalde dubieuze regeringspraktijken had
geschreven, eveneens vermoord in een geënsceneerd
« verkeersongeluk ». Andere journalisten die over
deze gebeurtenissen probeerden te berichten, werden
gearresteerd (2).

Ces mesures n’eurent pas d’effet durable et ne firent
rien pour apaiser la tension politique. En août 1989, la
députée Félécula Nyiramutarambirwa fut délibérément écrasée par un camion après avoir lancé des
accusations de corruption à l’encontre du gouvernement dans des contrats de construction routière. Elle
était originaire de Butare et on la soupçonnait d’y
encourager l’opposition politique. En novembre de la
même année, le père Silvio Sindambiwe, un journaliste qui avait son franc parler et qui avait signé des
articles trop libertaires sur certaines pratiques
douteuses du gouvernement, fut également tué dans
un « accident de la circulation » simulé. D’autres journalistes qui tentèrent de relater ces faits furent arrêtés (2).

In april 1990 kwam President Habyarimana naar
Parijs en later in juni woonde hij de Frans-Afrikaanse
top bij in La Baule (3). President Mitterrand die op

Le président Habyarimana se rendit à Paris en avril
1990 et à La Baule en juin pour y assister au sommet
franco-africain. (3) Le président Mitterrand qui

——————

——————

(1) Zie Le Monde (20 juli 1983 en 29 april 1984). Deze arrestaties waren persoonlijke wraakacties tegen vrouwen die ook
afgunst hadden opgewekt. In 1984 moest de Amerikaanse
ambassadeur ermee dreigen het land te verlaten om zijn secretaresse uit gevangenschap te krijgen.

(1) Voir Le Monde (20 juillet 1983 et 29 avril 1984). Ces
arrestations constituaient une revanche personnelle contre des
femmes qui éveillaient la jalousie. En 1984, l’ambassadeur des
États-Unis a dû menacer de quitter le pays afin de faire libérer sa
secrétaire gardée en détention.

(2) Amnesty International, Republic of Rwanda: a spate of
detentions and trials in 1990 to suppress Fundamental Rights,
Londen: A.I. (oktober 1990).

(2) Amnesty International, Republic of Rwanda: a spate of
detentions and trials in 1990 to suppress Fundamental Rights,
London: A.1 (Octobre 1990).

(3) Tijdens de laatste vijftien jaar had Frankrijk geleidelijk
aan België vervangen als beschermende macht in Rwanda omdat
het financiële en vooral militaire waarborgen bood die België
niet kon leveren. In 1975 ondertekende Parijs een overeenkomst
voor militaire samenwerking en opleiding (maar geen defensieovereenkomst, iets wat de Franse interventie in oktober 1990
onwettelijk maakte) met Kigali en het verhoogde stelselmatig
zijn economische hulp. Frankrijk behield meer dan 400 coopérants in het land en zijn ontwikkelingshulp van 37,2 m. US$ in
1990 was de tweede grootste na die van België (OESO bronnen
geciteerd in Economist Intelligence Unit, Rwanda: Country
Profile, Londen: EIU, 1993, p. 18).

(3) Au cours des quinze dernières années, la France s’était
graduellement substituée à la Belgique dans le rôle de puissance
tutélaire du Rwanda parce que ce pays offrait des garanties
financières et surtout militaires que la Belgique ne pouvait offrir.
En 1975, Paris signa avec Kigali un accord de coopération et de
formation (mais pas un accord en matière de défense, ce qui rend
illégale l’intervention française d’octobre 1990) et renforça régulièrement son aide économique. La France maintint plus de 400
coopérants au Rwanda et son aide au développement arrivait
juste après celle de la Belgique avec USD 37,2 millions en 1990
(sources OCDE citées dans Economist Intelligence Unit,
Rwanda: Country Profile, London: EIU, 1993, p. 18).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 146 )

dat moment een « liberale » politieke koers voer omtrent Afrikaanse aangelegenheden en economische
hulp aan politieke democratisering leek te willen koppelen (1), adviseerde Habyarimana een meerpartijensysteem in Rwanda in te voeren. Dit advies werd
snel opgevolgd en Habyarimana die altijd het politieke MRND monopolie strikt had opgelegd, verklaarde plotseling dat hij een meerpartijensysteem
steunde (juli 1990).

menait alors une politique africaine « libérale » et qui
semblait vouloir lier l’aide économique à la démocratisation politique (1), conseilla à Habyarimana
d’introduire le multipartisme au Rwanda. Habyarimana suivit promptement ce conseil et, alors qu’il
avait toujours veillé à appliquer strictement le monopole politique du MRND, il déclara soudainement
qu’il soutenait le multipartisme (juillet 1990).

Maar zijn persoonlijke overtuiging omtrent de
kwestie leek nogal oppervlakkig. Hoe dan ook, dit
belette niet dat drieëndertig intellectuelen een manifest ondertekenden waarin onmiddellijke democratisering geëist werd (augustus 1990). Er was tumult in
de heuvels en de studenten in Butare die in juni amok
hadden gemaakt om niet politieke redenen waarbij
één onder hen werd doodgeschoten, vonden al snel
dat hun beweging steun kreeg en uitbreiding
nam (2). Aan het begin van de herfst van 1990 was de
politieke scène in Rwanda er één van een algemene
diepgaande crisis.

Mais sa conviction personnelle en la matière
semble avoir été assez superficielle. En tout cas, cela
n’empêcha pas trente-trois intellectuels de signer un
manifeste réclamant une démocratisation immédiate
(août 1990). Il y avait de l’agitation dans les collines et
les étudiants de Butare qui avaient fait une émeute en
juin pour des raisons non politiques et qui avaient vu
un des leurs abattus, se rendirent rapidement compte
que leur mouvement était récupéré et amplifié. (2)
Au début de l’automne 1990, l’arène politique rwandaise n’était plus qu’une crise grave et envahissante.

——————

——————

(1) Opgeschrikt door het effect van zijn toespraak in La
Baule ten gunste van de democratisering, veranderde President
Mitterrand volledig zijn koers in de loop van de volgende achttien maanden. Voor een analyse van de tegenstellingen van het
Franse beleid in Afrika, zie Antoine Glaser en Stephen Smith,
l’Afrique sans Africains, Parijs : Stock, 1994.

(1) Effrayé par les effets de son discours de La Baule en
faveur de la démocratisation, le président Mitterrand changea
radicalement de discours au cours des dix-huit mois suivants.
Pour une analyse des contradictions de la politique de la France
en Afrique, voir Antoine Glaxer et Stephen Smith, L’Afrique
sans Africains, Paris: Stock, 1994.

(2) De campus in Ruhengeri voerde een solidariteitsstaking
en er waren verschillende sympathiserende manifestaties.

(2) Le campus de Ruhengeri fut le théâtre d’une grève de
solidarité et de nombreuses manifestations de sympathie.

( 147 )

1 - 611/7 - 1997/1998

HOOFDSTUK 3

CHAPITRE 3

VASTSTELLINGEN

CONSTATATIONS

3.1. DE BESLISSING
VAN DE VERENIGDE NATIES

3.1. LA DÉCISION
DES NATIONS UNIES

In de punten 3.1.1. en 3.1.2. vindt de lezer, net zoals
in hoofdstuk 2, een kort overzicht van het algemeen
kader van de VN en van de beginselen die ten grondslag liggen aan de verschillende vredesoperaties.

Les points 3.1.1 et 3.1.2., constituent, comme le
chapitre 2, un bref aperçu du cadre général de l’ONU
et des principes qui sous-tendent les diverses opérations de paix.

3.1.1. Algemeen kader van de VN

3.1.1. Cadre général ONU

De belangrijkste organen van de Verenigde Naties
worden opgesomd in artikel 7 van het Handvest van
de Verenigde Naties en hun werking wordt beschreven in de daaropvolgende hoofdstukken van het
Handvest. Het gaat om :

Les organes principaux des Nations unies, qui sont
énumérés à l’article 7 de la Charte des Nations unies et
dont les chapitres subséquents de la Charte des
Nations unies règlent le fonctionnement, sont :

— de Algemene Vergadering;

— l’Assemblée générale;

— de Veiligheidsraad;

— le Conseil de sécurité;

— de Economische en Sociale Raad;

— le Conseil économique et social;

— de Trustschapsraad;

— le Conseil de tutelle;

— het Internationaal Gerechtshof;

— la Cour internationale de justice;

— het Secretariaat.

— le Secrétariat.

Elk van deze organen vervult welbepaalde functies
die door het Handvest opgedragen zijn.

Chacun de ces organes remplit des fonctions déterminées qui lui sont attribuées par la Charte.

Slechts twee van deze organen hebben een belangrijke rol gespeeld in de beslissing om een vredeshandhavingsmacht op te richten voor Rwanda (UNAMIR)
en in de uitvoering van deze beslissing : de Veiligheidsraad en het Secretariaat.

Deux de ces organes ont joué un rôle important
dans la décision de constituer une force de maintien
de la paix au Rwanda (MINUAR) et dans l’exécution
de celle-ci : il s’agit du Conseil de sécurité et du Secrétariat.

3.1.1.1. De Veiligheidsraad

3.1.1.1. Le Conseil de sécurité

De Veiligheidsraad heeft volgens artikel 7 van het
Handvest van de Verenigde Naties van 26 juni 1945,
als voornaamste functie de internationale vrede en
veiligheid te handhaven.

Le Conseil de sécurité a pour fonction principale,
aux termes de l’article 7 de la Charte des Nations
unies du 26 juin 1945, de veiller au maintien de la paix
et la de sécurité internationales.

Sinds 1 januari 1966 bestaat de Veiligheidsraad uit
15 leden, waaronder vijf permanente leden, met vetorecht, namelijk China, de Verenigde Staten, Frankrijk, het Verenigd Koninkrijk en Rusland. Tien leden
worden door de Algemene Vergadering verkozen
voor een periode van twee jaar; elk jaar worden vijf
leden vervangen. Tijdens de door de commissie onderzochte periode hadden de volgende verkozen LidStaten zitting in de Veiligheidsraad :

Depuis le 1er janvier 1966, le Conseil de sécurité se
compose de 15 membres, dont cinq membres permanents ayant un droit de véto, à savoir la Chine, les
États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie.
Dix membres sont élus par l’Assemblée générale pour
une période de deux ans; cinq membres sont remplacés chaque année. Pendant la période examinée par la
commission, les États membres élus qui siégeaient au
Conseil de sécurité étaient :

1 - 611/7 - 1997/1998

( 148 )

Niet-permanente leden van de Veiligheidsraad
van de Verenigde Naties

Membres non permanents du Conseil de sécurité
des Nations unies

1992-1993

Verkozen 1 januari 1993

Élus le 1er janvier 1993

Verkozen 1 januari 1994

Élus le 1er janvier 1994

Kaapverdische Eilanden/Îles du Cap-Vert
Japan/Japon
Marokko/Maroc
Hongarije/Hongrie
Venezuela

Pakistan
Brazilië/Brésil
Nieuw Zeeland/Nouvelle-Zélande
Spanje/Espagne
Djibouti

Rwanda
Nigeria/Nigéria
Oman
Tsjechische Republiek/République tchèque
Argentinië/Argentine

Zoals de tabel aantoont, was Rwanda sinds
1 januari 1994 lid van de Veiligheidsraad voor een
periode van twee jaar. Het werd in de Algemene Vergadering gekozen met de vereiste tweederde meerderheid. Het was één van de twee Afrikaanse landen die
lid waren van de Veiligheidsraad. De verkiezing is
gebeurd ondanks het feit dat in het land troepen opgesteld werden voor de handhaving van de vrede. (1)

3.1.1.2. Het Secretariaat

Comme le montre ce tableau, le Rwanda était
membre du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier
1994 pour un mandat de deux ans. Il a été élu par
l’Assemblée générale avec la majorité nécessaire des
deux tiers. Il était l’un des deux pays africains
membres du Conseil. Son élection a été obtenue en
dépit du fait que ce pays faisait l’objet du déploiement
de forces de maintien de la paix. (1)

3.1.1.2. Le Secrétariat

Het Secretariaat wordt geleid door de Secretarisgeneraal die op aanbeveling van de Veiligheidsraad
door de Algemene Vergadering benoemd wordt.

Le Secrétariat est dirigé par le Secrétaire général,
qui est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.

De Secretaris-generaal heeft met name tot taak elke
zaak die naar zijn oordeel de handhaving van de internationale vrede en veiligheid kan bedreigen, onder de
aandacht van de Veiligheidsraad te brengen.

Le Secrétaire général a notamment pour fonction
de porter à l’attention du Conseil de sécurité toute
affaire qui, à son avis, menace la paix et la sécurité
internationales.

De bevelstructuur van het Secretariaat, dat eveneens voor het beheer van de vredeshandhavingsoperaties, Department for Peacekeeping Operations
(DPKO) instaat, zag er in 1994 als volgt uit.

En 1994, la structure de commandement du Secrétariat, qui est aussi responsable de la gestion des
opérations de maintien de la paix à travers le Département des Opérations de Peacekeeping (DPKO), était
la suivante :

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Brouhns, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 48.

(1) Audition de M. Brouhns, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
28 février 1997, p. 46.

( 149 )
Bevelstructuur van de Administratie van de
Veiligheidsraad van de Verenigde Naties

1 - 611/7 - 1997/1998

Structure de commandement de l’Administration du
Conseil de sécurité des Nations unies
Boutros Boutros Ghali
Secretaris-generaal

Secrétaire général

Kofi Annan
Adjunct Secretaris-generaal
Verantwoordelijke voor het DPKO*

Secrétaire général adjoint
Responsable du DPKO*

Iqbal Rizza
Ondersecretaris-generaal
Adjunct voor het DPKO*

Vice-secrétaire général
Responsable adjoint du DPKO*

Marrack Goulding
Adjunct Secretaris-generaal
Afdelingshoofd Politieke Zaken

Secrétaire général adjoint
Chef de la Division des Affaires politiques

Generaal Barril — Général Barril
Militair Adviseur voor het DPKO*
Bevelhebber van de operaties te velde

Conseiller militaire du DPKO*
Commandement des opérations sur le terrain

Generaal R. Dallaire

Général R. Dallaire

* DPKO : Department for Peacekeeping Operations.

De Belgische Permanente Vertegenwoordiging

La Représentation permanente belge

Een belangrijke rol werd gespeeld door de Belgische vertegenwoordiger bij de Verenigde Naties.

De plus, un rôle important a été joué par la représentation belge auprès des Nations Unies.

De toenmalige eerste secretaris van de permanente
vertegenwoordiging van België bij de Verenigde
Naties in New York, de heer A. Brouhns, gaf in de
loop van de hoorzitting van 8 februari 1997 een korte
schets over de werking van de permanente vertegenwoordiging bij de VN « De permanente vertegenwoordiging bij de UNO vormt de verbinding tussen
het secretariaat, de lidstaten en het Belgisch ministerie
van Buitenlandse Zaken. Voorts analyseert ze het
besluitvormingsproces van de Veiligheidsraad en
informeert ze het ministerie over de krachtsverhoudingen binnen de Raad. Het ministerie krijgt ook
informatie van onder meer de ambassades en de militaire inlichtingendiensten. De synthese gebeurt in
Brussel, waar ook de beslissingen worden genomen.
Als de minister onderrichtingen stuurt, proberen wij
de andere lidstaten te overtuigen.

M. A. Brouhns, à l’époque premier secrétaire de la
Représentation permanente de la Belgique auprès de
l’ONU à New York, a dressé un bref aperçu, lors de
l’audition du 8 février 1997, du fonctionnement de la
représentation permanente auprès des Nations unies.
« Le rôle de la Représentation permanente auprès de
l’ONU à New York est de servir de courroie de transmission entre le secrétariat ainsi que les États
membres et le ministère belge des Affaires étrangères.
Il s’agit aussi d’analyser le processus de décision du
Conseil de Sécurité et d’informer le ministère des
rapports de force existant au sein du Conseil. Le
ministère est également informé par les ambassades
ou les renseignements militaires, pour ne citer que
ceux-là. La synthèse se fait à Bruxelles où les décisions
sont prises. Quand le ministre envoie des instructions,
la Représentation permanente essaie de convaincre
les autres États membres.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 150 )

In 1993 bestond de permanente vertegenwoordiging uit 13 diplomaten (1). Drie van hen volgden de
dossiers van de Veiligheidsraad, de acht anderen de
werkzaamheden van de algemene vergadering, de
commissies en de gespecialiseerde instellingen. » (2)

En 1993, la Représentation permanente se composait de 13 diplomates (1). Trois suivaient les dossiers
du Conseil de sécurité et les huit autres l’Assemblée
générale, les commissions et les institutions spécialisées. » (2)

Volgens de heer Cools moet men zich terdege
bewust zijn van de toestand waarin staten zich bevinden die geen lid zijn van de Veiligheidsraad. Hij verwoordde het als volgt : « België was tijdens de betrokken periode geen lid van de Veiligheidsraad en de
vraag is dan hoe aan informatie te geraken. Ik wijs
erop dat de Veiligheidsraad zeer ondoorzichtige procedures hanteert (...). België moest op het ogenblik
waarover sprake dus bedelen om informatie. We
hadden wel goede contacten maar kenden de details
niet. » (3)

Selon M. Cools, il faut dûment se rendre compte de
la situation dans laquelle se trouvent les États qui ne
sont pas membres du Conseil de sécurité. Il s’est expliqué comme suit : « Durant la période concernée, la
Belgique n’était pas membre du Conseil de sécurité et
le problème est dès lors de savoir comment obtenir des
informations. Je tiens à signaler que le Conseil de
sécurité utilise des procédures très opaques (...). La
Belgique devait donc, au moment qui nous occupe,
mendier pour obtenir des informations. Nous avions
de bons contacts mais nous ne connaissions pas les
détails. » (3)

Verder was een militair adviseur bij de Permanente
Vertegenwoordiging belast met de betrekkingen met
de DPKO : « (..) Tijdens de eerste Belgische VNoperaties hebben wij een militair naar onze permanente vertegenwoordiging in New York gestuurd.
Over zuiver militaire problemen kon onze vertegenwoordiging rechtstreeks, maar op informele wijze,
contact opnemen met de DPKO. » (4)

En outre, un conseiller militaire auprès de la Représentation permanente était chargé des relations avec
le DPKO : « (..) Lors de la première opération belge,
dans le cadre de l’ONU, nous avons envoyé un militaire à New York auprès de notre représentant permanent. Sur des problèmes d’ordre purement militaire,
notre représentation pouvait prendre des contacts
directement avec le DPKO mais de manière informelle. » (4)

Een militair adviseur was dus belast met de betrekkingen met de DPKO, maar « voor zaken die niet
ressorteren onder Buitenlandse Zaken. Zo is de planning van de aflossingen van de Belgische bataljons in
Slavonië een technische aangelegenheid waarover wij
de Verenigde Naties rechtstreeks kunnen informeren.
Dat geldt ook voor de organisatie van bezoeken van
de Belgische overheid. Daarvoor vragen wij de VN

Un conseiller militaire était donc chargé des relations avec le DPKO, mais « sur des questions
n’engageant pas les Affaires étrangères. Ainsi, le planning des relèves des bataillons belges en Slavonie est
une question technique sur laquelle nous pouvons
directement entrer en contact avec les Nations Unies
pour les informer. Il en va de même pour l’organisation de visites des autorités belges, pour lesquelles

——————

——————

(1) De vertegenwoordiging was samengesteld uit de
volgende personen: Baron P. Noterdaeme, ambassadeur, permanente vertegenwoordiger, 14 november 1987 — de heer
H. Portocarero, adviseur bij de permanente vertegenwoordiging,
17 augustus 1992 — de heer A. Brouhns, eerste secretaris van de
vertegenwoordiging, 30 oktober 1990 — de heer A. Cools, eerste
secretaris van de vertegenwoordiging, 29 augustus 1988 — de
heer B. Dereymaeker, eerste secretaris van de vertegenwoordiging, 1 september 1988 — mevrouw J. Zikmundová, eerste
secretaris van de vertegenwoordiging, 4 september 1989 —
mevrouw M. Fostier, secretaris van de vertegenwoordiging,
29 augustus 1988 — mevrouw N. Rossignol, secretaris van de
vertegenwoordiging 2 juni 1993 — de heer G. Sleeuwagen,
secretaris van de vertegenwoordiging, 31 augustus 1992 — de
heer B. Charlier, secretaris van de vertegenwoordiging,
30 augustus 1992 — de heer P. Maddens, attaché bij de vertegenwoordiging, 23 augustus 1992 — de heer F. Van De Craen,
attaché bij de vertegenwoordiging, 6 september 1992 — de heer
O. Belle, attaché bij de vertegenwoordiging.
(2) Hoorzitting met de heer Brouhns, BV, Senaat, BCR,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 47.
(3) Hoorzitting met de heren A. Brouhns en A. Cools, BV,
28 februari 1997, blz. 47.
(4) Ibidem.

(1) La représentation était composée des personnes suivantes : Baron P. Noterdaeme, ambassadeur, représentant permanent, 14 novembre 1987 — M. H. Portocarero, Conseiller à la
représentation, 17 août 1992 — M. A. Brouhns, Premier Secrétaire de la Représentation, 30 octobre 1990 — M. A. Cools,
Premier Secrétaire de la Représentation, 29 août 1988 —
M. B. Dereymaeker, Premier Secrétaire de la Représentation,
1er septembre 1988 — Mme J. Zikmundová, Premier Secrétaire
de la Représentation, 4 septembre 1989, Mlle M. Fostier, Secrétaire de la Représentation, 29 août 1988 — Mme N. Rossignol,
Secrétaire
de
la
Représentation,
2 juin
1993

M. G. Sleeuwagen, Secrétaire de la Représentation, 31 août
1992 — M. B. Charlier, Secrétaire de la Représentation, 30 août
1992 — M. P. Maddens, Attaché de la Représentation, 23 août
1992 — M. F. Van De Craen, Attaché de la Représentation,
6 septembre 1992 — M. O. Belle, Attaché de la Représentation.

(2) Audition de M. Brouhns, CRA, Sénat, CSR, 1996-1997,
28 février 1997, p. 45.
(3) Audition de MM. A. Brouhns et A. Cools, CRA,
28 février 1997, p. 45.
(4) Ibid.

( 151 )

1 - 611/7 - 1997/1998

toestemming omdat zij voor de veiligheid en het onthaal van die personen verantwoordelijk zijn. » (1)

nous demandons l’autorisation aux Nations Unies,
qui sont responsables de la sécurité et de l’accueil de
ces personnes. » (1)

3.1.2. Het theoretisch kader van de verschillende
vredesoperaties

3.1.2. Le cadre théorique des différentes opérations
de paix

3.1.2.1. Algemeen kader

3.1.2.1. Cadre général

Volgens het Handvest hebben de Verenigde Naties
op de eerste plaats tot doel « de internationale vrede
en veiligheid te handhaven en, met het oog daarop:
doeltreffende gezamenlijke maatregelen te nemen ter
voorkoming en opheffing van bedreigingen van de
vrede en ter onderdrukking van daden van agressie of
andere vormen van verbreking van de vrede, alsook
met vreedzame middelen en in overeenstemming met
de beginselen van gerechtigheid en internationaal
recht, een regeling of beslechting van internationale
geschillen of van situaties die tot verbreking van de
vrede zouden kunnen leiden, tot stand te brengen ».
(artikel 1, 1.)

Selon la Charte des Nations Unies, le premier but
des Nations Unies est « maintenir la paix et la sécurité
internationales et à cette fin : prendre des mesures
collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les
menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression
ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens
pacifiques, conformément aux principes de la justice
et du droit international, l’ajustement ou le règlement
de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ».
(article 1, 1.)

De hoofdstukken VI en VII van het Handvest vermelden concrete maatregelen om tot dit doel te
komen.

Les chapitres VI et VII de la Charte énoncent des
mesures concrètes pour parvenir à ce but.

Hoofdstuk VI bepaalt dat de Veiligheidsraad aanbevelingen kan doen aan de verschillende partijen van
een conflict om hun geschillen met vreedzame middelen te beslechten. De partijen zelf moeten, op vrijwillige basis, een vreedzame oplossing vinden, waarin ze
de beslissingen van de Veiligheidsraad in de praktijk
omzetten. Indien diplomatieke middelen en onderhandelingen mislukken en indien de Veiligheidsraad
bepaalt dat er sprake is van een bedreiging tegen de
vrede of van een daad van agressie, kunnen overeenkomstig hoofdstuk VII van het Handvest maatregelen
worden genomen om de vrede op te leggen. Deze
maatregelen gaan van een economisch embargo en
diplomatiek isolement tot militaire acties, indien deze
noodzakelijk zijn voor het herstel van de internationale vrede en veiligheid.

Le chapitre VI prévoit que le Conseil de sécurité
peut faire des recommandations aux différentes
parties d’un conflit afin de régler leurs différends par
des moyens pacifiques. Une solution pacifique doit
être trouvée par les parties elles-mêmes, sur une base
volontaire, qui mettra en pratique les décisions du
Conseil de sécurité. Si les moyens diplomatiques et les
négociations échouent, et si le Conseil de Sécurité
détermine qu’une menace contre la paix ou qu’un
acte d’agression existe, des mesures d’imposition de la
paix, prévues par le chapitre VII de la Charte peuvent
être utilisées. Ces mesures vont de l’embargo économique et de l’isolement diplomatique à des actions
militaires, si elles sont nécessaires pour restaurer la
paix et la sécurité internationales.

Hoofdstuk VII van het Handvest heeft betrekking
op situaties waarbij de vrede wordt bedreigd, de
vrede wordt verbroken en op daden van agressie. Er is
voorzien in een hele reeks dwingende actiemiddelen
voor deze extreme situaties (artikel 39) (2).

Le chapitre VII de la Charte prévoit la situation de
menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte
d’agression. Il met en place toute une panoplie de
moyens d’actions contraignants dans ces hypothèses
extrêmes (article 39) (2).

De tenuitvoerlegging van de maatregelen waarin
het Handvest voorziet om een einde te maken aan
internationale geschillen, omvat twee belangrijke

Le dispositif établi par la Charte pour mettre fin
aux litiges internationaux comporte deux phases
principales. D’abord, il faut constater l’existence

——————

——————

(1) Ibidem.
(2) « De Veiligheidsraad stelt vast of er sprake is van een
bedreiging van de vrede, verbreking van de vrede of daad van
agressie, en doet aanbevelingen of beslist welke maatregelen
zullen worden genomen overeenkomstig de artikelen 41 en 42 tot
handhaving of herstel van de internationale vrede en veiligheid »
(artikel 39).

(1) Ibid.
(2) « Le Conseil de sécurité constate l’existence d’une
menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte
d’agression et fait des recommandations ou décide quelles mesures seront prises conformément aux articles 41 et 42 pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales » (article 39).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 152 )

fasen. In de eerste plaats moet worden vastgesteld dat
er effectief sprake is van een bedreiging van de vrede,
verbreking van de vrede of daad van agressie (artikel 39). Vervolgens nemen de Verenigde Naties eventueel maatregelen : voorlopige maatregelen (artikel 40) of het inzetten van een troepenmacht (artikel 42).

d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix
ou d’un acte d’agression (article 39). Ensuite, les
Nations Unies adoptent éventuellement des mesures :
mesures provisoires (article 40) ou recours à la force
armée (article 42).

Gedurende het grootste deel van de geschiedenis
van de Verenigde Naties hebben de tegenstellingen
van de koude oorlog de mechanismen van de Veiligheidsraad in de praktijk geblokkeerd (pro memorie,
de beslissingen van de Veiligheidsraad worden bij
eenparigheid genomen door de permanente leden en
bij meerderheid van 9 leden op 15) en was een echte
werking onmogelijk. Om uit deze patstelling te geraken heeft het Secretariaat van de Verenigde Naties een
pragmatische en vernieuwende houding aangenomen: het mandaat « Hoofdstuk zes en een half ».

Durant la plus grande partie de l’histoire des
Nations Unies, les antagonismes de la guerre froide
ont bloqué en pratique les mécanismes du Conseil de
sécurité (pour rappel, les décisions du Conseil de
sécurité sont prises à l’unanimité des membres permanents et à la majorité de 9 membres sur 15) empêchant
un travail réel. Pour sortir de cette impasse, le Secrétariat des Nations Unies a adopté une attitude pragmatique et novatrice : le mandat dit « Chapitre Six et
demi ».

Dit nieuwe concept, uitgevonden door de vroegere
Secretaris-generaal Dag Hammarskjold, combineert
bemiddeling, onderhandelingen en vreedzame technieken die kenmerkend zijn voor hoofdstuk VI van
het Handvest, met het inzetten van militairen overeenkomstig hoofdstuk VII, maar in een niet repressieve rol. Dit wordt vaak bestempeld als de « eerste
generatie van vredeshandhavingsoperaties » (in het
Engels « peacekeeping operations » — PKO) en wordt
beschreven als « classic » of traditionele operaties.

Ce nouveau concept, inventé par l’ancien Secrétaire général Dag Hammarskjold, combine la médiation, la négociation et les techniques pacifiques qui
caractérisent le chapitre VI de la Charte avec l’emploi
d’une force militaire qui trouve sa justification dans le
chapitre VII, mais dans un rôle non répressif. C’est ce
qui est parfois appelé « la première génération des
opérations de maintien de la paix » (en anglais
« peacekeeping operations » — PKO) et décrit comme
des opérations « classic » ou « traditionnelles ».

Het einde van de koude oorlog heeft geleid tot
nieuwe concepten, die nog nader gepreciseerd moeten
worden.

La fin de la guerre froide a vu se développer des
concepts nouveaux, encore en élaboration.

Het concept vredeshandhaving onderging zo een
radicale wijziging, die tot uiting komt in een multidimensionele visie op de operaties waarin componenten als het militaire, de politie, de politiek, de verkiezingen, de humanitaire toestand, de economie en een
verwijzing naar de mensenrechten aan bod komen.

Le concept de maintien de la paix a subi une
profonde mutation, qui s’est traduite par une vision
multidimensionnelle des opérations, englobant des
composantes de nature militaire, policière, politique,
électorale, humanitaire, économique ainsi qu’une
référence aux droits de l’homme.

Gelijklopend met deze ontwikkeling heeft het
einde van de koude oorlog anderzijds eveneens tot
gevolg gehad dat de instrumenten van hoofdstuk VII
die vroeger niet aan bod kwamen, nu ook gebruikt
kunnen worden.

Parallèlement à cette évolution, la fin de la guerre
froide a aussi eu pour effet d’ouvrir à l’usage des
instruments du chapitre VII auparavant inutilisés.

Als gevolg daarvan zijn talloze ideeën en voorstellen ontstaan over « de vraag hoe de rol van de vredesinspanningen van de Verenigde Naties versterkt kan
worden en hoe een nieuwe wereldorde opgebouwd
kan worden ». Deze beweging naar een krachtdadigere toepassing van het Handvest in de oplossing van
conflicten bleek een antwoord te zijn op een andere
wijziging van het geopolitieke landschap : met de verdwijning van de oost-westtegenstelling zijn de meeste
conflicten van aard veranderd, ze spelen zich steeds
minder af tussen staten maar draaien steeds vaker uit
op interne burgeroorlogen. In een dergelijke context
blijkt vredeshandhaving vaak ingewikkelder en
riskanter te zijn aangezien een aantal vroegere voor-

Ces deux évolutions concomitantes ont suscité une
prolifération d’idées et de propositionssur la manière
« de renforcer le rôle des efforts de paix des Nations
unies et de créer un nouvel ordre mondial ». Ce
mouvement vers une application plus énergique de la
Charte dans la résolution de conflits est apparu
comme une réponse à une autre transformation du
paysage géopolitique : la disparition du clivage estouest a modifié la nature de la plupart des conflits qui,
de moins en moins, opposent des États et, de plus en
plus, tournent à la guerre civile. Dans un tel contexte,
le maintien de la paix s’avère plus complexe et plus
aléatoire dans le mesure où certaines des conditions
antérieures, et notamment le consentement et la

( 153 )

1 - 611/7 - 1997/1998

waarden — met name de toestemming en de medewerking van alle partijen — niet altijd meer aanwezig
zijn of niet voldoende lang gewaarborgd blijven.

coopération de toutes les parties, ne sont plus
toujours réunies ou garanties pour un temps suffisant.

In een00 poging om beide stromingen samen te
brengen heeft de Secretaris-generaal in juni 1992 een
rapport voorgesteld onder de titel « Een agenda voor
de vrede » (1). Het rapport omvatte een reeks aanbevelingen met name over de preventieve diplomatie en
de nieuwe methoden om militaire middelen te gebruiken, ofwel om de vrede op te bouwen, ofwel als
antwoord op een agressie of nog om de toepassing
van een wapenbestand af te dwingen. Hij stelde bovendien een reeks maatregelen in het vooruitzicht om
de vrede op te bouwen in de periode na het conflict,
teneinde het vertrouwen tussen de partijen te bevorderen en hulp te bieden bij de wederopbouw van verwoeste staten.

Dans une tentative de faire converger les deux
tendances, le secrétaire général a présenté, en juin
1992, un rapport intitulé « Un Agenda pour la Paix »
(1). Il était assorti d’une série de recommandations
portant notamment sur la diplomatie préventive et de
nouveaux moyens d’utiliser la force militaire, soit
pour rechercher la paix, soit pour répondre à des
agressions, ou encore pour appliquer des cessez-lefeu. Il envisageait en outre une série de mesures
d’« édification de la paix post-conflit », en vue de
promouvoir la confiance entre les parties et d’aider à
la reconstruction des États saignés à blanc.

In de huidige stand van zaken kan men de uitvoering van de vredeshandhavingsmissies door de Verenigde Naties als volgt samenvatten :

Dans l’état actuel des choses, on peut synthétiser
comme suit la mise en oeuvre de la mission de maintien de la paix par les Nations unies :

De interventies van de Verenigde Naties kunnen
onderverdeeld worden enerzijds in zogenaamde peacemaking- of peace-enforcing-operaties (dwangmaatregelen gebaseerd op hoofdstuk VII) en anderzijds de
zogenaamde peacekeeping-operaties (acties voor vredeshandhaving die uit de praktijk voortkomen).
Ondanks een vaak terugkerende begripsverwarring
verschillen de rechtsgrond en de strekking van deze
operaties in aanzienlijke mate. Overigens kunnen de
Verenigde Naties ook « voorlopige maatregelen »
nemen.

Les interventions des Nations Unies peuvent être
divisées en, d’une part, les opérations dites peacemaking ou peace-enforcing (actions coercitives basées
sur le chapitre VII) et, d’autre part, les opérations
dites peacekeeping (actions de maintien de la paix).
En dépit d’une confusion récurrente, leur fondement
juridique et leur portée diffèrent sensiblement. Par
ailleurs, les Nations unies peuvent aussi prendre des
« mesures provisoires ».

Op de eerste plaats kan de Veiligheidsraad in het
kader van hoofdstuk VII elke voorlopige maatregel
nemen die hij noodzakelijk of wenselijk acht (art. 40).
Deze maatregelen kunnen zowel gericht zijn tegen de
partijen in het conflict als tegen de staten die geen
partij in het conflict zijn. Het kan gaan om de meest
uiteenlopende militaire of economische maatregelen:
een bestand, een embargo op wapenleveringen, demilitarisering van bepaalde zones. De Veiligheidsraad
kan aan deze maatregelen al dan niet een bindend
karakter verlenen.

Tout d’abord, le Conseil de sécurité, dans le cadre
du chapitre VII, peut adopter toute mesure provisoire
qu’il juge nécessaire ou souhaitable (art. 40). Ces
mesures peuvent être adoptées tant à l’égard des
parties au conflit qu’envers des États non parties au
conflit. Il peut s’agir de mesures militaires ou économiques les plus diverses : cessez-le-feu, embargo sur
les fournitures des armes, démilitarisation de certaines zones. Le Conseil de sécurité peut rendre ces
mesures obligatoires ou non.

Anderzijds kan de Veiligheidsraad, nog steeds
krachtens hoofdstuk VII, twee soorten dwangmaatregelen nemen: niet-militaire maatregelen van economische en diplomatieke aard (art. 41) en militaire maatregelen (art. 42) waaronder de blokkade en de oorlogvoering.

D’autre part, toujours en vertu du chapitre VII, le
Conseil de sécurité peut prendre deux types de mesures de contraintes : des mesures non militaires (art. 41)
de type économiques et diplomatiques et des mesures
militaires (art. 42), englobant le blocus et la guerre.

Ten slotte zijn er de vredeshandhavingsmaatregelen die uit de praktijk voortkomen.

Enfin, il y a les mesures de maintien de la paix,
issues de la pratique.

——————

——————

(1) An Agenda for Peace : Preventive Diplomacy, Peacemaking and Peacekeeping, paragraph 20, 1992, Doc VN A/47/277 S/24111.

(1) An Agenda for Peace: Preventive Diplomacy, Peacemaking and Peace-Keeping, paragraph 20, 1992, Doc ONU A/47/
277- S/24111.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 154 )

3.1.2.2. De vredeshandhavingsoperaties — Peacekeeping
(1) Definitie

3.1.2.2. Les opérations de maintien de la paix —
Peacekeeping
(1) Définition

De vredeshandhavingsoperatie is een operatie die
niet op dwang berust. Het gaat om een actiemiddel
dat zoals gezegd uit de praktijk voortkomt, zonder
dat in het Handvest een formele rechtsgrond bestaat.
Dit procédé is een van de meest gebruikte actiemiddelen van de Verenigde Naties geworden. Het werd ontwikkeld tijdens de Suez-affaire en is nadien herhaaldelijk door de VN aangewend bij het neutraliseren
van gewapende conflicten. Het wordt zowel in
interne conflicten als in internationale conflicten
gebruikt.

L’action de maintien de la paix est une action non
coercitive. Il s’agit d’un moyen d’action né on l’a dit
de la pratique, sans base juridique formelle dans la
Charte. Ce procédé est devenu l’un des moyens
d’action des Nations unies les plus usités. Il a été mis
au point lors de l’affaire de Suez. L’ONU y a recouru
maintes fois ultérieurement, pour contribuer à désamorcer les conflits armés. On y recourt tant dans le
cadre de conflits internes que dans celui de conflits
internationaux.

De rechtsleer heeft herhaaldelijk getracht dit soort
activiteiten te definiëren.

La doctrine a tenté à de nombreuses reprises de
définir ce type d’activités.

Men kan nog steeds uitgaan van de definitie die
professor Flory nagenoeg twintig jaar geleden gegeven heeft, om de inhoud van het begrip te vatten: « les
opérations de maintien de la paix, ce sont toutes les
opérations militaires et paramilitaires qui sont organisées sous la pression de la nécessité, faute de pouvoir mettre en œuvre les mécanismes de l’article
43 » (1), dat wil zeggen wanneer er geen bijzondere
overeenkomsten bestaan om strijdkrachten ter
beschikking te stellen van de wereldorganisatie.

La définition donnée il y a près de vingt ans par le
professeur Flory peut encore servir de base : « les
opérations de maintien de la paix, ce sont toutes les
opérations militaires et paramilitaires qui sont organisées sous la pression de la nécessité, faute de
pouvoir mettre en œuvre les mécanismes de l’article 43 » (1), c’est-à-dire en l’absence des accords
spéciaux visant à mettre des forces armées à la disposition de l’Organisation mondiale.

In deze definitie komt tot uitdrukking dat vredeshandhavingsoperaties zowel op hoofdstuk VI als op
hoofdstuk VII gegrondvest kunnen zijn.

Cette définition permet de faire ressortir le fait que
les opérations de maintien de la paix peuvent, a
priori, se fonder à la fois sur le chapitre VI ou sur le
chapitre VII.

Een meer pragmatische en actuele definitie gebaseerd op de waarneming van de werkelijkheid komt
van Marrack Goulding (voormalig Under-secretarygeneral for peacekeeping operations) : « Field operations established by the United Nations, with the consent of the parties concerned, to help, control and
resolve conflicts between them, under United Nations
command and control, at the expense collectively of
the member states, and with military and other
personnel and equipment provided voluntarily by
them, acting impartially between the parties and
using force to the minimum extent necessary » (2).

Une définition plus pragmatique et plus actuelle,
issue de l’observation de la pratique, est proposée par
Marrack Goulding (ex-Under-secretary-general for
peacekeeping operations) : « Field operations established by the United Nations, with the consent of the
parties concerned, to help, control and resolve
conflicts between them, under United Nations
command and control, at the expense collectively of
the member states, and with military and other
personnel and equipment provided voluntarily by
them, acting impartially between the parties and
using force to the minimum extent necessary » (2).

(2) Kenmerken

(2) Caractéristiques

Laatstgenoemde definitie biedt een samenvattend
overzicht van de essentiële kenmerken van peacekeeping-operaties.

Cette dernière définition synthétise les caractéristiques essentielles des opérations de peacekeeping.

In de eerste plaats gaat het wel degelijk om initiatieven van de Verenigde Naties. Die kunnen tot stand

Primo, ce sont bien des actions des Nations Unies;
elles peuvent être créées à l’initiative de l’un des orga-

——————

——————

(1) M. Flory, L’organisation des Nations unies et les opérations de maintien de la paix, A.F.D.I., 1965, blz. 446.
(2) Marrack Goulding, « The evolution of UN Peacekeeping », International Affairs, 1993, deel 69, nr. 3, blz. 455.

(1) M. Flory, L’Organisation des Nations unies et les opérations de maintien de la paix, A.F.D.I., 1965, p. 446.
(2) Marrack Goulding, « The evolution of UN Peacekeeping », International Affairs, 1993, vol. 69, no 3, p. 455.

( 155 )

1 - 611/7 - 1997/1998

komen op initiatief van een van de wetgevende organen van de Verenigde Naties (Veiligheidsraad of
Algemene Vergadering op basis van resolutie
nr. 377) (1). Zij staan onder het toezicht en de leiding
van de Secretaris-generaal.

nes législatifs des NU (Conseil de sécurité ou
l’Assemblée générale sur la base de la Résolution
no 377) (1). Elles sont placées sous le contrôle et la
direction du Secrétaire général.

In de tweede plaats is het inzetten van een strijdmacht afhankelijk van de instemming van de bij het
conflict betrokken Staten.

Secundo, la mise en place de ces forces est subordonnée à l’accord des États en conflit.

Ten derde, moeten de peacekeeping-troepen onpartijdig zijn. Zij mogen geen partij kiezen.

Tertio, les forces de maintien de la paix doivent être
impartiales. Elles ne peuvent prendre parti.

Ten vierde, bestaan die troepen uit door de LidStaten geleverde contingenten en worden zij geplaatst
onder het gezag van de Verenigde Naties : de
« blauwhelmen ». De oprichting ervan hangt dus af
van de goede wil van de Lid-Staten.

Quatro, ces forces sont composées de contingents
fournis par les États membres, placées sous l’autorité
des Nations Unies : les « casques bleus ». Leur constitution dépend donc du bon vouloir des États
membres.

Ten vijfde, de opdracht blijft vreedzaam. Zij kan
niet repressief of dwingend worden. Als beginsel geldt
het niet gebruiken van geweld. Dat kan uitsluitend in
geval van wettige zelfverdediging. In de loop der jaren
is dat begrip zeer ruim geı̈nterpreteerd. Troepen
mogen geweld gebruiken als reactie « to attempts by
force to prevent them from carrying out their responsibilities » (2).

Quinto, la mission reste pacifique. Elle ne peut être
répressive ou coercitive. Le principe est le non-usage
de la force. Celle-ci était strictement réservée au cas de
légitime défense. Cette dernière notion a été, au fil du
temps, interprétée de manière très large. Les troupes
ont été autorisés à faire usage de la force en réaction
« to attempts by force to prevent them from carrying
out their responsibilities » (2).

(3) Typologie

(3) Typologie

Tot voor enkele jaren maakten de deskundigen in
hoofdzaak een onderscheid tussen twee belangrijke
formules.

Jusqu’à ces toutes dernières années, les experts
distinguaient essentiellement deux formules principales.

De eerste is beperkt tot waarneming en informatie.
Die opdracht wordt toevertrouwd aan een beperkt
aantal militaire waarnemers, die moeten toezien op
de naleving van het staakt-het-vuren tussen de oorlogvoerende partijen. Deze troepen hebben hoe dan ook
een politieopdracht en moeten neutraal blijven in het
conflict. Hun optreden, dat een zuiver bewarend
oogmerk nastreeft, mag de afwikkeling van het conflict niet beı̈nvloeden.

La première se limite à une mission d’observation
et d’information. Elle est confiée à un nombre
restreint d’observateurs militaires. Elle vise souvent à
veiller au respect du cessez-le-feu entre les belligérants. En toute hypothèse, ces forces sont investies
d’une mission de police et doivent demeurer neutres
dans le conflit. Leur action, purement conservatoire,
ne préjuge en rien du règlement du conflit.

De tweede formule bestaat erin een grotere krijgsmacht op te zetten die zich tussen de tegenstanders
moet opstellen zodat de vijandelijkheden niet kunnen
hervatten zonder een tegen die krijgsmacht gerichte
daad van geweld. Dit soort operaties worden geacht
tijdelijk, en dus van korte duur te zijn.

La deuxième formule consiste à désigner une force
armée plus conséquente chargée de s’interposer entre
les adversaires, de manière à ce que la reprise des
hostilités exige un acte de contrainte dirigé contre
cette force. La logique de ces opérations voudrait
qu’elles soient temporaires et, dès lors, de courte
durée.

——————

——————

(1) De zogeheten « Acheson »-resolutie, aangenomen in 1950
bij de oorlog in Korea. « Mais, en fait, sur les 37 opérations
mises sur pied par l’ONU au 15 octobre 1993, toutes, à
l’exception de la FUNU I, résultaient d’une résolution du Conseil de sécurité. Et mis à part MONUIK et ONUSOM II, toutes
ont été mises sur pied sur la base du chapitre VI, c’est-à-dire avec
le consentement de l’État sur le territoire duquel l’opération
devait accomplir sa mission ». (David Ruzié, « Maintien, construction et imposition de la paix: Une perspective juridique »,
Lettre de l’UNIDIR, nr. 24, december 1993, blz. 68-69.
(2) Rapport van de Secretaris-generaal, paragraaf 7 c, Doc.
VN S/5950 (1964).

(1) Résolution dite « Acheson », adoptée en 1950 à l’occasion
de la guerre de Corée. « Mais, en fait, sur les 37 opérations mises
sur pied par l’ONU au 15 octobre 1993, toutes, à l’exception de
la FUNU I, résultaient d’une résolution du Conseil de sécurité.
Et mis à part MONUIK et ONUSOM II, toutes ont été mises sur
pied sur la base du chapitre VI, c’est-à-dire avec le consentement
de l’État sur le territoire duquel l’opération devait accomplir sa
mission ». (David Ruzié, « Maintien, construction, et imposition
de la paix: Une perspective juridique », Lettre de l’UNIDIR,
no 24, décembre 1993, pp. 68-69.)
(2) Rapport du Secrétaire général, paragraph 7 c, Doc. ONU
S/5950 (1964).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 156 )

De recente ontwikkelingen hebben de zaken ingewikkeld gemaakt. Men moet ervan uitgaan dat het
geheel van mogelijke toestanden die te maken hebben
« met vrede en veiligheid in de wereld », een continuum is dat zich beweegt tussen twee polen : vrede en
oorlog.

Les évolutions récentes ont compliqué un peu les
choses. Il faut considérer que l’ensemble de situations
possibles touchant "à la paix et la sécurité dans le
monde" est un continuum oscillant entre deux pôles :
la paix et la guerre.

De evoluerende toestanden waaraan de samenleving het hoofd moet bieden, bepalen de meest
geschikte vorm van wat de Verenigde Naties
« vredestechnieken » noemen. Proberen de operaties
onder te brengen in een hoofdstuk VI of een hoofdstuk VII is niet mogelijk, net zomin als het handhaven
van de classificatie die tijdens de koude oorlog gangbaar was. Sommige toestanden vereisen de toepassing
van instrumenten die in de twee hoofdstukken aan
bod komen en die gaan van preventieve operaties tot
peace-enforcement om een staakt-het-vuren af te
dwingen of humanitaire hulpverlening aan de bevolking te garanderen, over de « traditionele » peacekeeping volgens de typologie die door Marrack Goulding werd vastgesteld en die zes soorten operaties
omvat (1).

Les situations mouvantes auxquelles la communauté doit faire face dictent la séquence la mieux
adaptée de ce que l’ONU appelle les « techniques de
paix ». Essayer de classer les opérations en purs
"chapitre VI" ou "chapitre VII" est illusoire, autant
que d’essayer de maintenir les classifications qui ont
prévalu pendant la guerre froide. Certaines situations
requièrent l’application d’outils inspirés des deux
chapitres, qui s’échelonnent du déploiement préventif
au peace-enforcement pour imposer le respect d’un
cessez-le-feu ou protéger la fourniture d’aide humanitaire aux populations, en passant par le peacekeeping
« traditionnel », selon la typologie établie par
Marrack Goulding, qui comprend six types
d’opérations (1).

3.1.3. Het operationeel kader van de vredesmissies

3.1.3. Le cadre opérationnel des missions de paix

3.1.3.1. Algemeen

3.1.3.1. Généralités

De missie wordt door de Verenigde Naties bepaald
in het licht van elke situatie. De omvang en de samenstelling van de multinationale strijdmacht verschilt
naar gelang van de opdracht.

La mission est définie par l’ONU en fonction de
chaque situation. Le volume et la composition des
forces multinationales diffèrent selon la mission assignée.

Het uitvoeringsprogramma wordt vastgelegd door
het Secretariaat-generaal onder het toezicht van het
orgaan dat de opdracht in het leven heeft geroepen (de
Veiligheidsraad of de Algemene Vergadering). De
opperbevelhebber ervan wordt aangewezen door de
Verenigde Naties. In een overeenkomst tussen het
bevoegde orgaan en de Lid-Staten wordt bepaald
welke Staten contingenten leveren.

Le programme de mise en place est établi par le
Secrétariat général, sous le contrôle de l’organe qui a
décidé la création (le Conseil de sécurité ou
l’Assemblée générale). Son commandant en chef est
désigné par les Nations unies. Les États qui fournissent des contingents sont déterminés par un accord
entre l’organe compétent et les États membres.

De opdrachten worden bepaald door het orgaan
van de Verenigde Naties dat beslist over de organisatie ervan. Dat gebeurt samen met de betrokken
territoriale Staten. Die opdrachten worden beëindigd
door een beslissing van het bevoegde orgaan of
wanneer de Staat waar de strijdmacht gelegerd is, de
terugtrekking eist.

Les missions sont définies par l’organe des Nations
unies qui décide leur organisation, ainsi que les États
territoriaux concernés. Ces missions prennent fin
avec la décision de l’organe compétent, ou avec le
retrait exigé par l’État où stationne la force.

Die opdrachten nemen de concrete vorm aan van
een mandaat dat omschreven wordt in een resolutie
van het beslissende orgaan. Er worden Rules of Engagement (ROE) bepaald. Dat zijn gedragsregels die
gevolgd moeten worden bij de uitvoering van het
mandaat. Ten slotte wordt de follow-up van de operatie op het operationele niveau georganiseerd.

Ces missions sont concrétisées par un mandat,
contenus dans une résolution de l’organe qui le
décide. Des règles de comportement à suivre dans
l’exécution de ce mandat, les « Rules Of Engagement » (ROE) sont définies. Enfin, le suivi de
l’opération au niveau opérationnel est organisé.

——————

——————

(1) Marrack Goulding, art. cit., blz. 456 tot 460.

(1) Marrack Goulding, art. cit., pp. 456 à 460.

( 157 )

3.1.3.2. Opstellen van het mandaat

1 - 611/7 - 1997/1998

3.1.3.2. Élaboration du mandat

Tijdens de hoorzitting van 28 februari 1997 heeft de
heer Brouhns een samenvatting gegeven van de procedure voor het opstellen van een mandaat van vredeshandhaving (peacekeeping). « In geval van interventie
zijn de militaire middelen en regels beperkt. Het
betreft een assistentieopdracht. Men legt de vrede niet
op, maar ziet toe op de naleving ervan.

M. Brouhns, lors de son audition du 28 février
1997, a résumé ainsi la procédure d’établissement
d’un mandat de maintien de la paix (peacekeeping).
« Lorsqu’une intervention est décidée, elle se caractérise par des moyens militaires et des règles d’engagement restrictives. Il s’agit d’un rôle d’assistance. On
n’impose pas la paix, on veille à son respect.

Er zijn twee uitzonderingen op het principe van het
afzien van geweld : de wettige zelfverdediging van
bedreigde blauwhelmen en het geval waarin men hen
met geweld belet hun mandaat uit te oefenen. (...)

Il y a deux exceptions au principe de non-usage de
la force : la légitime défense des Casques bleus menacés et le cas où ils sont empêchés d’accomplir leur
mandat par la force. (...)

In geval van een vredesmissie als resultaat van een
resolutie van de Veiligheidsraad, zijn er drie commandoniveaus.

Quand on évoque le maintien de la paix, fruit d’une
résolution du Conseil de sécurité, il faut distinguer
trois niveaux de commandement.

Eerst en vooral is een mandaat een compromis tussen vijftien landen, zodat het niet steeds duidelijk en
operationeel is. Ik wijs erop dat België geen zitting
had in de Veiligheidsraad toen het mandaat met
betrekking tot Rwanda werd goedgekeurd. (1) De
Verenigde Staten, Frankrijk en Groot-Brittannië zijn
de drie permanente leden die de motor vormen van
elke actie.

Tout d’abord, un mandat est un texte de compromis entre quinze pays. De ce fait, le mandat n’est pas
toujours lisible et opérationnel. Je rappelle que la
Belgique ne siégeait pas au Conseil de sécurité quand
le mandat relatif au Rwanda a été voté (1). Trois
pays, les USA, la France et la Grande-Bretagne sont
les trois membres permanents qui constituent le
moteur de toute action.

Als zij tot een akkoord komen gaat men onderhandelen met China en Rusland, die passiever zijn en
daarna met de niet-gebonden landen, die in New
York nog veel invloed hebben.

Lorsqu’ils arrivent à un accord, la négociation
s’étend à la Chine et à la Russie, plus passives, et
ensuite aux pays non alignés qui gardent beaucoup
d’influence à New York.

Het tweede commandoniveau is dat van de uitvoerende directie, namelijk de Secretaris-generaal. Het
derde niveau tenslotte is het commando op het terrein
door de chef van de vredesmissie.

Ensuite, le second niveau de commandement est
celui de la direction exécutive, c’est-à-dire le Secrétaire général. Enfin, le troisième niveau est le
commandement sur le terrain, assuré par le chef de
mission.

Sommige Lid-Staten van de Veiligheidsraad bepalen de mandaten terwijl andere staten troepen sturen.
Laatstgenoemde staten nemen niet deel aan de
beraadslagingen van de raad noch aan de drie bovenvermelde commandoniveaus » (2). De Commissie
stelt vast dat de Belgische delegatie bij de VN in NewYork tijdens die periode naar het ministerie van Buitenlandse Zaken informatie heeft gestuurd over de
positie van de verschillende landen van de Veiligheidsraad betreffende het opstellen van het mandaat,
dat België begin september 1993 benaderd werd om
deel te nemen aan een Vredeshandhavingsmacht in
Rwanda en dat de Resolutie op 5 oktober 1993 werd
aangenomen.

Certains États membres siégeant au Conseil de
sécurité déterminent les mandats tandis que d’autres
États envoient des troupes. Ceux-ci ne participent pas
aux délibérations du Conseil ni aux trois niveaux de
pouvoir susmentionnés »(2). La Commission constate que la délégation belge auprès des Nations unies à
New-York a, pendant cette période, envoyé au Ministère des Affaires étrangères des informations sur la
position des différents pays du Conseil de sécurité
concernant l’élaboration du mandat, et que la Belgique a été pressentie au début de septembre 1993 pour
participer à une Force de maintien de la paix au
Rwanda et que la résolution a été votée le 5 octobre
1993.

——————

——————

(1) Zie hierboven voor de lijst met leden van de Veiligheidsraad op dat tijdstip.
(2) Hoorzitting met de heer Brouhns, BV, Senaat, BCR,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 46-47.

(1) Cf. supra la liste des membres du Conseil de sécurité à ce
moment.
(2) Audition de M. Brouhns, CRA, Sénat, CSR, 1996-1997,
28 février 1997, p. 44-45.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 158 )

3.1.3.3. Het opstellen van ROE (Rules of Engagement of gedragsregels) (1)

3.1.3.3. Élaboration des ROE (Rules of Engagement ou règles de comportement) (1)

In alle vredeshandhavingsoperaties worden de
ROE over het algemeen niet door de Veiligheidsraad
opgesteld maar op een schema afkomstig van de
secretaris-generaal. De ROE worden opgesteld door
de Force commander, in samenwerking met de bevelhebber van de vredeshandhavingsmacht en de landen
die troepen leveren.

En règle générale, dans toutes les opérations de
maintien de la paix, les ROE ne sont pas élaborées par
le Conseil de sécurité, mais sur un canevas provenant
du secrétaire général. Les ROE sont élaborées par le
commandant de la Force, en collaboration avec les
pays contributeurs de troupes.

3.1.3.4. Coördinatie tussen het terrein en het
departement peacekeeping

3.1.3.4. Coordination entre le terrain et le département de peacekeeping

In april 1993 is een « situation room » opgericht om
een communicatieverbinding tot stand te brengen tussen het terrein en het departement peacekeeping
DPKO te New York.

Une « situation room » a été créée en avril 1993 pour
établir un lien de communication entre le terrain et le
département de peacekeeping (DPKO) à New York.

Deze « situation room », die aanvankelijk uitsluitend in het kader van de UNPROFOR opereerde,
werd opgericht op verzoek van België, dat de eerste
militair geleverd heeft.

Cette « situation room » , prévue au départ uniquement dans le cadre de UNPROFOR, a été créée à la
demande de la Belgique, qui en a fourni le premier
militaire.

De « situation room » had tot taak de informatiestromen sneller te doen verlopen, met alle mogelijke
communicatiemiddelen contact te onderhouden met
alle missies en dit 24 uur per dag. In de praktijk kreeg
de informatie die het centrum ontving van de vredesmissies, zeer snel een vaste vorm, het centrum eiste een
rapport van de vorige dag. Aanvankelijk was de ontvangen informatie zuiver militair. De belangrijkste
informatie werd ofwel rechtstreeks doorgegeven aan
de politieke officier die met de missie belast was,
ofwel rechtstreeks naar generaal Barril, naar de
adjunct-secretaris-generaal, de heer Kofi Annan, verantwoordelijke voor het DPKO, of naar de Secretarisgeneraal. De informatie waarover het centrum
beschikte, was dus zeer beperkt, zeer onvolledig. Om
dit probleem op te lossen heeft het centrum geprobeerd banden te scheppen met andere informatiebronnen.

La mission de la « situation room » était d’accélérer
les flux d’information, de maintenir un contact par
toutes les voies de communication possibles avec
toutes les missions et ceci 24 heures par jour. En pratique l’information que le centre recevait des missions
de la paix a très vite été formalisée, le centre exigeait
un rapport de la journée précédente. Au début
l’information reçue était purement militaire. L’information essentielle passait soit directement vers
l’officier politique en charge de la mission soit directement au général Barril, ou au secrétaire général
adjoint, M. Kofi Annan, responsable du DPKO, ou
au Secrétaire général. L’information dont disposait le
centre était donc très pauvre, très partielle. Pour
résoudre ce problème, le centre a essayé de créer des
liens avec d’autres sources d’information.

Dit centrum heeft geprobeerd de mentaliteit van de
VN te veranderen aangezien door het informatiebeheer en de controle van de informatiestromen voor de
eerste maal één enkel contactpunt tot stand was
gebracht voor alle departementen. De verantwoordelijke hogere officier heeft echter geen pertinente informatie kunnen verkrijgen over de ontwikkeling van de
toestand in Rwanda. Die informatie was gereserveerd
voor en werd uitgewisseld door de beslissingnemers.

Ce centre a tenté de changer les mentalités à l’ONU
puisque, pour la première fois, par la gestion de
l’information et le contrôle des flux d’information, un
point de contact unique était ainsi réalisé pour tous
les départements. L’officier supérieur responsable n’a
toutefois pas pu percevoir des informations pertinentes sur l’évolution de la situation au Rwanda, cette
information pertinente étant conservée et n’étant
échangée qu’entre quelques décideurs.

3.1.4. Beslissing van de VN om in Rwanda op te
treden

3.1.4. La décision d’intervention de l’ONU au
Rwanda

Toen de VN-Veiligheidsraad op 5 oktober 1993
resolutie 872 aannam waarbij UNAMIR mocht

Quand, le 5 octobre 1993, le Conseil de sécurité de
l’ONU adopte sa résolution 872, autorisant l’établis-

——————

——————

(1) Zie bijlage 6 van het verslag van de ad-hocgroepRwanda (bijlage 2 van dit verslag).

(1) Voir annexe 6 du Rapport du groupe ad hoc Rwanda
(annexe 2 du présent rapport).

( 159 )

1 - 611/7 - 1997/1998

worden opgericht, stond Rwanda al vele jaren op zijn
agenda en op die van de Secretaris-generaal.

sement de la MINUAR, le Rwanda se trouve depuis
plusieurs années à son agenda et à celui du Secrétaire
général.

Het VN-optreden bestond hoofdzakelijk in het sturen van UNOMOG, een neutrale groep militaire
waarnemers, in het kader van de staakt-het-vuren
overeenkomst van de N’sele (29 maart 1991), zelf
tweemaal gewijzigd (op 16 september 1991 te Gbadolite en op 14 juli 1992 te Arusha). Het akkoord van
Arusha van 14 juli 1992 stelde een veiligheidszone in
tussen het gedeelte van het grondgebied bezet door
het RPF en de rest van Rwanda. Als gevolg van dit
akkoord werd UNOMOG ontplooid (1).

L’implication de l’ONU s’est concrétisée essentiellement par l’envoi de l’UNOMOG, groupe d’observateurs militaires neutres, dans le cadre de l’accord de
cessez-le-feu de N’sele, modifié lui-même deux fois
(16 septembre 1991 à Gbadolite et le 14 juillet 1992 à
Arusha). L’accord d’Arusha du 14 juillet 1992 créait
une zone de sécurité entre la partie du territoire occupée par le FPR et le reste du Rwanda. C’est suite à cet
accord que fut déployé l’UNOMOG (1).

Vervolgens en in het licht van de verzoeken
vanwege de regering van de Republiek Oeganda en
van deze van de Republiek Rwanda (22 februari
1993) (2), besloot de Veiligheidsraad (resolutie 846/
1993 van 22 juni 1993) de UNOMUR in te richten op
de grens van Rwanda en Oeganda.

Par la suite, et en fonction de demandes formulées
tant par le gouvernement de la République
d’Ouganda que de celui de la République du Rwanda
(22 février 1993) (2), le Conseil de sécurité (résolution 846/1993 du 22 juin 1993) décida de la création de
l’UNOMUR sur la frontière rwando-ougandaise.

De akkoorden van Arusha, waarover de onderhandelingen officieel werden aangevat op 10 augustus
1992 en na verschillende gespreksronden werden
beëindigd op 4 augustus 1993, zouden een belangrijke
plaats inruimen voor de internationale vredeshandhavingstroepen-UNAMIR. Op 14 juni 1993 hebben
de Rwandese regering en het FPR (3) daartoe een
gezamenlijk verzoek ingediend bij de Voorzitter van
de Veiligheidsraad.

Les accords d’Arusha dont les négociations furent
entamées officiellement le 10 août 1992 pour se
conclure, après divers rounds, le 4 août 1993, accorderont une place importante à la force internationale de
maintien de la paix MINUAR. Une requête commune
en ce sens est adressée dès le 14 juin 1993 au Président
du Conseil de sécurité par le gouvernement rwandais
et le FPR (3).

Belangrijk is eraan te herinneren dat tijdens de
periode waarin de beslissing is gevallen om de
UNOMOG en vervolgens de UNOMUR op te richten, er in Rwanda af en toe zeer zware onlusten en
bloedbaden plaats gevonden hebben (4).

Il importe de rappeler que durant cette période où
se décidait la création de l’UNOMOG et, ensuite, de
l’UNOMUR, de très graves troubles et massacres se
déroulaient par intermittence au Rwanda (4).

Na zijn bezoek van 8 tot 17 april 1993 diende de
speciale rapporteur van de VN-commissie voor de
Mensenrechten zijn rapport in op 11 augustus 1993.
Dit rapport bevat zeer ernstige vaststellingen inzake
schendingen van de mensenrechten door de regeringsstrijdkrachten en komt onder meer tot de conclusie dat sommige bloedbaden onder de toepassing
vallen van het Internationaal Verdrag inzake de voorkoming en de bestraffing van genocide. Het rapport
bevat twaalf aanbevelingen van algemene aard om
een voortzetting te voorkomen van de moord op de
burgerbevolking.

Le rapporteur spécial de la Commission des droits
de l’homme des Nations unies, après une visite qui eut
lieu du 8 au 17 avril 1993, déposa son rapport le
11 août 1993. Ce rapport contient des allégations
extrêmement graves en matière de violations des
droits de l’homme imputables aux forces gouvernementales et conclut notamment que certains massacres relèvent de la Convention sur le crime de génocide. Il formule douze recommandations générales en
vue de prévenir la poursuite des massacres de populations civiles.

Te noteren valt dat er geen enkel spoor van dit
rapport en a fortiori van de aanbevelingen terug te

Il est à noter que l’on ne trouve aucune trace de ce
rapport et à fortiori de ces recommandations dans les

——————

——————

(1) Cf. Blue Books, blz. 169-174.
(2) Cf. Blue Books, blz. 151 en 152.
(3) Cf. Blue Books, blz. 165-167.
(4) SELLSTRÖM en WOHLGEMUTH, Joint Evaluation
of Emergency Assistance to Rwanda, The International Respons
to conflict and genocide : lessons from the Rwanda Experience,
Study 1, Historical perspective : Some explanatory factors, Mars
1996, blz. 41 tot 49.

(1) Cf. Blue Books, pp. 169-174.
(2) Cf. Blue Books, pp. 151 et 162.
(3) Cf. Blue Books, pp. 165-167.
(4) SELLSTRÖM et WOHLGEMUTH, Joint Evaluation of
Emergency Assistance to Rwanda, The International Respons to
conflict and genocide : lessons from the Rwanda Experience,
Study 1, Historical perspective : Some explanatory factors, Mars
1996, pp. 41 à 49.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 160 )

vinden is in de officiële stukken van de Secretarisgeneraal van de Verenigde Naties tijdens die periode.

3.1.4.1. Oprichting van UNOMUR (1)

écrits officiels du Secrétaire général des Nations unies
à cette époque.

3.1.4.1. Création de la MONUOR (1)

Naar aanleiding van de inval van het RPF in de
bufferzone op 8 februari 1993 schreven de Rwandese
en Oegandese regering op 22 februari elk apart naar
de voorzitter van de Veiligheidsraad om de Verenigde
Naties te vragen een observatiemissie op te stellen op
de 150 kilometer lange gemeenschappelijke
grens (2). De Oegandese regering verklaarde dat ze
met dit verzoek wilde voorkomen dat het gewapende
conflict zich vanuit Rwanda zou uitbreiden tot het
Oegandese grondgebied en dat zij hiermee elke
beschuldiging van Oegandese inmenging in de
binnenlandse aangelegenheden van Rwanda voor
wilde zijn. De internationale troepen, zoals Oeganda
in het kort voorstelde, moesten patrouilleren en observeren en erop toezien dat er geen militaire hulp aan
het RPF werd verleend vanop het Oegandese grondgebied.

Suite à l’incursion, le 8 février 1993, du FPR dans la
zone tampon, les gouvernements du Rwanda et de
l’Ouganda ont écrit séparément au Président du
Conseil de Sécurité le 22 février pour demander que
les Nations Unies installent une mission d’observation à déployer sur les 150 kilomètres de frontière
commune (2). Le gouvernement ougandais a expliqué que cette demande visait à prévenir toute propagation du conflit armé du Rwanda au territoire de
l’Ouganda et à anticiper toute accusation d’ingérence
ougandaise dans les affaires intérieures du Rwanda.
Les forces internationales, comme l’a brièvement
exposé l’Ouganda, devaient patrouiller, observer et
veiller à ce qu’aucune assistance militaire ne soit
prêtée au FPR depuis le territoire ougandais.

Oeganda probeerde met dit initiatief een wit voetje
te halen bij de internationale gemeenschap. Ondertussen weten we echter dat het zich in de praktijk
anders gedroeg dan het imago dat het wilde ten toon
spreiden. Zo bleef Oeganda na het afsluiten van de
Arusha-akkoorden dit rebellenleger blijvend odersteunen met manschappen en wapens. Dit blijkt toch
uit een aantal telexen :

Par cette initiative, l’Ouganda a tenté de s’insinuer
dans les bonnes grâces de la communauté internationale. Cependant, nous savons aujourd’hui qu’en
pratique, son comportement ne correspondait pas à
l’image qu’il souhaitait donner. Ainsi, l’Ouganda a-til continué, après la conclusion des accords d’Arusha,
à soutenir en permanence l’armée des rebelles en lui
fournissant des effectifs et des armes. C’est en tout cas
ce que montrent une série de télex :

Zo meldt onze ambassadeur in telex 994 van
4 oktober 1993 dat de eerste minister Uwilingiyimana
hem opmerkte « dat het FPR aarzelt om zijn demobiliseerbare eenheden op te geven en dat in sommige
kringen vermoed wordt dat het FPR zelfs niet
beschikt over voldoende eenheden om 40 % van het
toekomstige nationale leger uit te maken. » Onze
ambassadeur voegt er als comentaar nog aan toe :
« waardoor de veronderstelling zou bewaarheid
worden dat talrijke elementen van het Ugandese leger
aan de zijde van het FPR vochten. »

C’est ainsi que notre ambassadeur signale, dans le
télex 994 du 4 octobre 1993, que la Première ministre
Uwilingiyimana lui a fait remarquer « dat het FPR
aarzelt om zijn demobiliseerbare eenheden op te
geven en dat in sommige kringen vermoed wordt dat
het FPR zelfs niet beschikt over voldoende eenheden
om 40 % van het toekomstige nationale leger uit te
maken. » Notre ambassadeur ajoute le commentaire
suivant : « waardoor de veronderstelling zou bewaarheid worden dat talrijke elementen van het Ugandese
leger aan de zijde van het FPR vochten. »

In ieder geval werd de controle hierop bemoeilijkt.
Hiervoren vermelden we reeds dat UNAMIR de
bedoeling in maart 1994 had om zich helikopters met
nachtverrekijkers aan te schaffen. Daaruit kunnen we
afleiden dat de controle in de periode ervoor minstens
te wensen overliet. Oeganda maakte deze controle
ook niet gemakkelijk. In de telex 1142 van 16 november 1993 meldt onze ambassadeur : « Le général
Dallaire n’a pu rendre visite à la MONUOR comme il
en avait l’intention suite au refus des autorités ougan-

En tout cas, il a été difficile de contrôler. Précisément, nous avons souligné que la MINUAR avait
l’intention, en mars 1994, d’acquérir des hélicoptères
munis de détecteurs de nuit. Nous pouvons en déduire
que pendant la période qui a précédé le mois de mars,
le contrôle laissait pour le moins à désirer. L’Ouganda
ne le facilitait en tout cas pas. Dans le télex 1142 du
16 novembre 1993, notre ambassadeur signale : « Le
général Dallaire n’a pu rendre visite à la MONUOR
comme il en avait l’intention suite au refus des autori-

——————

——————

(1) Zie The United Nations and Rwanda, 1993-1996, Blue
Books Series, Volume X, blz. 18-20.
(2) Ibidem, doc. 4 en 5, blz. 151-152.

(1) Voir The United Nations and Rwanda, 1993-1996, Blue
Books Series, Volume X, pp. 18-20.
(2) Ibidem, documents 4 et 5, pp. 151-152.

( 161 )

1 - 611/7 - 1997/1998

daises de lui permettre l’accès au territoire ougandais. »

tés ougandaises de lui permettre l’accès au territoire
ougandais. »

In telex 64 van 23 januari 1994 voegt de ambassadeur daar aan toe : « UNAMIR meldt ons dat
MONUOR belemmerd wordt in zijn waarnemingsactiviteiten op Oegandees grondgebied. Terzelfdertijd worden FPR-vrachtwagens gemeld die
Rwanda ’s nachts vanuit Oeganda ravitailleren (levensmiddelen, wapens ?). »

Dans le télex 64 du 23 janvier 1994, l’ambassadeur
ajoute : « UNAMIR meldt ons dat MONUOR belemmerd wordt in zijn waarnemingsaktiviteiten op
Oegandees grondgebied. Terzelfdertijd worden FPRvrachtwagens gemeld die Rwanda ’s nachts vanuit
Oeganda ravitailleren (levensmiddelen, wapens ?). »

De heer Boutros Boutros-Ghali schetst het ontstaan
van UNOMUR als volgt : « De Veiligheidsraad kwam
op 24 februari 1993 in een informeel overleg samen
om deze verzoeken te bespreken. Naar aanleiding van
dit overleg heb ik een goodwillmissie naar Rwanda en
Oeganda gestuurd die ontmoetingen moest organiseren om me te helpen bij het opstellen van aanbevelingen over de observatiemissie voor de Raad. De missie
heeft de regio bezocht van 4 tot 19 maart 1993 en is
niet alleen in Rwanda en Oeganda geweest maar ook
te Dar-es-Salaam voor overleg met de Secretarisgeneraal van de OAE, Salim Salim, de coördinator
van de Arusha-onderhandelingen.

M. Boutros Boutros-Ghali esquisse la création de la
MONUOR comme suit : « Le Conseil de sécurité s’est
réuni en consultations informelles le 24 février 1993
pour examiner ces requêtes. Suite à ces consultations,
j’ai envoyé une mission de bon vouloir au Rwanda et
en Ouganda pour organiser des rencontres susceptibles de m’aider dans la rédaction de recommandations sur l’opération d’observation. La mission a
visité la région du 4 au 19 mars 1993, ne se rendant pas
seulement au Rwanda et en Ouganda mais aussi à Dar
es-Salaam pour les consultations avec le Secrétaire
général de l’OUA, Salim Salim, le coordinateur des
négociations d’Arusha.

Tijdens haar verblijf in Rwanda hield de missie in
die tijd toezicht op het bestandsakkoord van juli
1992. NMOG bestond uit waarnemers van Mali,
Nigeria, Senegal en Zimbabwe, uit afgevaardigden
van het Rwandese regeringsleger en het RPF.

Durant son séjour au Rwanda, la mission surveillait l’accord de cessez-le-feu de juillet 1992. Le
NMOG se composait d’observateurs du Mali, du
Nigeria, du Sénégal et du Zimbabwe, de représentants de l’armée gouvernementale rwandaise et du
FPR.

Terwijl de goodwillmissie zich in Rwanda bevond,
verspreidden de Rwandese regering en het RPF op
7 maart een communiqué te Dar-es-Salaam waarin
het bestand opnieuw werd ingesteld en waarin werd
aangekondigd dat de besprekingen van het Arushavredesakkoord zouden worden voortgezet. In resolutie 812 (1993) van 12 maart verheugde de Veiligheidsraad zich over deze ontwikkeling en riep hij de
beide kampen op het bestand na te leven en de verdeling van humanitaire hulppakketten mogelijk te
maken. De Raad heeft mij eveneens verzocht om, in
overleg met de OAE, te onderzoeken op welke manier
de Verenigde Naties een bijdrage zouden kunnen
leveren aan de versterking van het vredesproces in
Rwanda, inclusief de eventuele oprichting van een
internationale waarnemersgroep « die tot taak heeft
(...) humanitaire hulp te verlenen, de burgerbevolking
te beschermen en de militaire macht van de Organisatie voor Afrikaanse Eenheid te ondersteunen in de
controle van het bestand ».

Le 7 mars 1993, alors que la mission de bon vouloir
se trouvait au Rwanda, le gouvernement rwandais et
le FPR ont fait un communiqué à Dar-es-Salaam
réinstituant le cessez-le-feu et annonçant la reprise des
pourparlers de paix d’Arusha. Dans sa résolution 812
(1993) du 12 mars, le Conseil de sécurité s’est réjoui de
ce développement et a appelé les deux camps à respecter le cessez-le-feu et à permettre la distribution de
colis humanitaires. Le Conseil m’a également invité à
examiner, en consultation avec l’OUA, la contribution que les Nations Unies pourraient apporter au
renforcement du processus de paix au Rwanda, y
compris l’établissement possible de forces d’observation internationales « chargées (...) d’apporter une
assistance humanitaire, de protéger la population
civile et de soutenir les forces de l’Organisation de
l’Unité africaine dans le contrôle du cessez-le-feu ».

De besprekingen van het vredesakkoord van
Arusha werden hervat op 16 maart 1993 en een vertegenwoordiger van de Verenigde Naties nam deel als
waarnemer. Tussen de Verenigde Naties en de OAE
werd, zoals door de Veiligheidsraad gevraagd was,
overleg gepleegd zodra de goodwillmissie de Secretaris-generaal van de OAE ontmoet had tijdens zijn
bezoek aan Addis Abeba van 17 tot 19 maart. De
Secretaris-generaal van de OAE, Salim Salim, vroeg

Les pourparlers de paix d’Arusha ont repris le
16 mars 1993, un représentant des Nations Unies
participant aux négociations en tant qu’observateur.
Les consultations entre les Nations Unies et l’OUA,
telles que demandées par le Conseil de sécurité, ont
été entreprises dès que la mission de bon vouloir a
rencontré le Secrétaire général de l’OUA durant sa
visite à Addis-Abeba du 17 au 19 mars. Le Secrétaire
général de l’OUA, Salim Salim, a demandé

1 - 611/7 - 1997/1998

( 162 )

steun van de Verenigde Naties om de reeds geleverde
inspanningen voort te zetten en het toezicht op het
nieuwe bestandsakkoord uit te breiden. Naar aanleiding van een briefwisseling tussen de heer Salim Salim
en mijzelf heb ik twee vertegenwoordigers opgesteld
te Addis Abeba met de taak de OAE ter ondersteuning
van haar vredesinspanningen technische hulp te verlenen.

l’assistance des Nations Unies dans la poursuite des
efforts déjà déployés pour étendre la supervision du
nouvel accord de cessez-le-feu. Suite à un échange de
lettres entre M. Salim Salim et moi-même, j’ai déployé
deux représentants à Addis-Abeba chargés d’apporter
une assistance technique à l’OUA pour soutenir ses
efforts de paix.

Overeenkomstig resolutie 812 (1993) van de Veiligheidsraad is een technische missie van de Verenigde
Naties op mijn instructies naar Rwanda en Oeganda
geweest van 2 tot 6 april 1993 om te onderzoeken of
het mogelijk was langs hun gemeenschappelijke grens
een controlemissie van de Verenigde Naties op te stellen. Op hun vergaderingen met de technische missie
betuigden de Rwandese en Oegandese regering opnieuw hun steun voor het opstellen van militaire
waarnemers aan de grens. Het RPF, dat bijna vier
vijfde van de grensstreek controleerde, liet de technische missie evenwel weten dat het gekant was tegen
het opstellen van waarnemers aan de Rwandese kant
van de grens, maar dat het er geen bezwaren tegen had
dat ze op Oegandees grondgebied opgesteld werden.
In een brief van 18 mei 1993 aan de voorzitter van de
Veiligheidsraad zei de Oegandese regering dat ze
bereid was de opstelling te aanvaarden van een controleploeg aan de Oegandese kant van de grens zonder aan te dringen op een gelijktijdige opstelling aan
de Rwandese kant. Na haar bezoek aan de regio
besloot de technische missie dat een dergelijke operatie haalbaar was.

Conformément à la résolution 812 (1993) du
Conseil de sécurité, une mission technique des
Nations Unies s’est rendue, sur mes instructions, au
Rwanda et en Ouganda du 2 au 6 avril 1993 pour
évaluer les possibilités du déploiement d’une mission
de contrôle des Nations Unies le long de leur frontière
commune. Lors de leurs réunions avec la mission
technique, les gouvernements rwandais et ougandais
ont réitéré leur soutien au déploiement d’observateurs militaires à la frontière. Le FPR, qui contrôlait à
peu près quatre cinquièmes de la zone frontalière, a
toutefois fait savoir à la mission technique qu’il
s’opposait au déploiement d’observateurs du côté
rwandais de la frontière, mais qu’il ne voyait aucune
objection à un déploiement sur le territoire ougandais. Dans une lettre du 18 mai 1993 au Président du
Conseil de sécurité, le gouvernement ougandais a dit
qu’il était prêt à accepter l’installation d’une équipe
de contrôle du côté ougandais de la frontière sans
insister sur un déploiement simultané du côté rwandais. Après sa visite dans la région, la mission technique a conclu à la faisabilité d’une telle opération.

In een rapport aan de Veiligheidsraad van 20 mei
1993 (1) heb ik bijgevolg gevraagd dat de Raad een
missie van 81 militaire waarnemers zou oprichten om
de grens tussen Oeganda en Rwanda te bewaken. Dit
soort operatie zou de lopende vredesonderhandelingen te Arusha ondersteunen en zou de twee kampen
ertoe aanzetten te blijven streven naar nationale verzoening. Op 22 juni nam de Raad resolutie 846 (1993)
aan waarin de « United Nations Observer Mission
Uganda Rwanda » (UNOMUR (2)) werd opgericht,
op te stellen aan de Oegandese kant van de gemeenschappelijke grens. De Raad besliste dat UNOMUR
de gemeenschappelijke grens zou bewaken om ervoor
te zorgen dat er in Rwanda geen enkele militaire hulp
zou binnenkomen, waarbij de aandacht vooral zou
uitgaan naar de grensoverschrijdende doorvoer of
vervoer, over de weg of via de spoorweg, van alle
moordwapens en munitie. Een verkenningsmissie van

En conséquence, j’ai recommandé dans un rapport
au Conseil de sécurité du 20 mai 1993 (1) que le
Conseil établisse une mission de 81 observateurs militaires pour surveiller la frontière entre l’Ouganda et le
Rwanda. Ce genre d’opération avait pour but de
soutenir les pourparlers de paix en cours à Arusha et
d’encourager les deux camps à poursuivre leurs
efforts de réconciliation nationale. Le 22 juin, le
Conseil a adopté la résolution 846 (1993) instituant la
Mission d’observation des Nations Unies OugandaRwanda (MONUOR (2)), à déployer du côté ougandais de la frontière commune. Le Conseil a décidé que
la MONUOR surveillerait la frontière pour veiller à
ce qu’aucune assistance militaire n’atteigne le
Rwanda, en se concentrant surtout sur le transit ou le
transport, par route ou chemin de fer, de toute arme
meurtrière et de munitions à travers la frontière. Une
équipe de reconnaissance de la MONUOR, conduite

——————

——————

(1) Interimrapport over Rwanda opgesteld door de Secretaris-generaal waarin de oprichting van UNOMUR wordt voorgesteld, S/25810, 20 mei 1993, en addendum S/25810/Add., 1 en
2 juni 1993; overgenomen in The United Nations and Rwanda,
1993-1996, Blue Books Series, Volume X, document 15, blz. 162164.
(2) Overgenomen in The United Nations and Rwanda,
1993-1996, Blue Books Series, Volume X, document 17, blz. 167168.

(1) Interim report of the Secretary-General on Rwanda,
recommending the establishing of a United Nations Observer
Mission Uganda-Rwanda (UNOMUR), S/25810, 20 mai 1993,
and addendum S/25810/Add. 1, 2 juin 1993; reproduit in The
United Nations and Rwanda, 1993-1996, Blue Books Series,
Volume X, document 15, pp. 162-164.
(2) Reproduite in The United Nations and Rwanda, 19931996, Blue Books Series, Volume X, document 17, pp. 167-168.

( 163 )
UNOMUR, onder leiding van de militaire hoofdwaarnemer van de missie, kwam in Oeganda aan op
18 augustus; de overige waarnemers — uit Bangladesh, Botswana, Brazilië, Hongarije, Nederland,
Senegal, Slovakije en Zimbabwe — werden opgesteld
en werden operationeel tegen eind september. »

3.1.4.2. De Arusha-akkoorden

1 - 611/7 - 1997/1998

par l’observateur militaire en chef de la mission, est
arrivée en Ouganda le 18 août; le reste des observateurs — du Bangladesh, du Botswana, du Brésil, de
Hongrie, des Pays-Bas, du Sénégal, de Slovaquie et du
Zimbabwe — fut déployé et devint opérationnel fin
septembre. »

3.1.4.2. Les accords d’Arusha

De inhoud van de Arusha-akkoorden is reeds ter
sprake gekomen. Niettemin kan hier in herinnering
gebracht worden welke rol die akkoorden aan de VN
toebedeelden.

Le contenu des accords d’Arusha a été traité.
Cependant, il est pertinent de rappeler le rôle que ces
accords réservaient à l’ONU.

In de akkoorden van Arusha werden de Verenigde
Naties opgeroepen een belangrijke rol te gaan spelen
gedurende een 22-maanden durende overgangsperiode (Protocol betreffende diverse vraagstukken en
slotbepalingen, artikel 22), en zouden beginnen met
de vestiging van een overgangsregering op brede basis
en als laatste actie het houden van wetgevende verkiezingen (Protocollen betreffende bevoegdheidsdeling).

Les accords d’Arusha demandaient aux Nations
Unies de jouer un rôle de soutien majeur pendant une
période de transition de 22 mois (protocole sur différentes questions et dispositions finales, article 22),
commençant par l’installation d’un gouvernement
transitoire à large base et se terminant par l’organisation d’élections nationales (protocoles sur le partage
du pouvoir).

De akkoorden voorzagen in integratie van de
NMOG (Neutral Military Observer Group) in de
nieuwe internationale observatiemacht (Protocol
betreffende de strijdmachten van de beide partijen,
artikel 53). De oorspronkelijke 55 NMOG-waarnemers werden begin augustus vervangen door
NMOG II, 132 waarnemers sterk op het ogenblik van
de Akkoorden van Arusha werden gesloten (1).

Les accords veillaient à l’intégration du NMOG
(Neutral Military Observer Group) dans la nouvelle
force de contrôle internationale (Protocole sur l’intégration des forces armées des deux parties, article 53).
La force NMOG originale de 55 observateurs a été
remplacée début août 1993 par NMOG II et comptait
132 observateurs au moment où les accords d’Arusha
ont été conclus (1).

3.1.4.3. Oprichting van UNAMIR

3.1.4.3. Établissement de la MINUAR

Na de Arusha-akkoorden zijn de VN-organen
begonnen met het opstellen van het UNAMIRmandaat, dat concrete vorm zou krijgen in resolutie
872.

Suite aux accords d’Arusha, les organes de l’ONU
ont entamé le processus d’élaboration du mandat de
la MINUAR, qui allait être concrétisé dans la résolution 872.

De heer Boutros Boutros-Ghali, secretaris-generaal
van de Verenigde Naties, schetst de wordingsgeschiedenis van UNAMIR als volgt : « Op 24 september
1993 heb ik de Veiligheidsraad een operationeel plan
voorgesteld met betrekking tot het voorstel om in
Rwanda een vredeshandhavingsmacht van de Verenigde Naties op te stellen. Het plan bevatte een programma voor opstelling in vier fasen en vereiste voor
de vredeshandhavingsmacht een getalsterkte van
2 548 militairen, 18 burgers en 3 vertegenwoordigers
van de civiele politie. Fase 1 had betrekking op de
voorbereiding van de instelling van een veiligheidszone in Kigali en de organisatie van de controle op het
bestand tussen de twee kampen. Deze fase moest
90 dagen duren en zou afgesloten worden met het instellen van een verruimde overgangsregering te
Kigali, volgens mijn ramingen voorzien voor eind

M. Boutros Boutros Ghali en fait la synthèse
suivante : « Le 24 septembre 1993, j’ai présenté au
Conseil de sécurité un plan opérationnel relatif à la
proposition d’installation de forces de maintien de la
paix des Nations Unies au Rwanda. Le plan comportait un programme de déploiement en quatre phases et
nécessitait pour les forces de maintien de la paix un
effectif de 2 548 militaires, 18 civils et 3 représentants
de la police civile. La phase un avait trait aux préparatifs d’établissement d’une zone de sécurité à Kigali et à
l’installation du contrôle du cessez-le-feu entre les
deux camps. Elle devait durer 90 jours et se terminerait par l’établissement du gouvernement de transition élargi à Kigali, prévu selon mes estimations pour
la fin de 1993. À l’achèvement de la phase un, l’effectif
des forces serait de 1 428, y compris 211 observateurs
militaires. Les observateurs militaires travaillant avec

——————

——————

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1994, Blue
Books Series, Volume X, blz. 23, § 60.

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1994, Blue
Books Series, Volume X, p. 23, § 60.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 164 )

1993. Bij het beëindigen van fase 1 zouden de troepen
bestaan uit 1 428 manschappen, waaronder 211 militaire waarnemers. De militaire waarnemers die met de
UNOMUR werkten, zouden om administratieve
redenen ondergebracht worden onder het bevel van
de nieuwe VN-macht, maar het aanvankelijke
UNOMUR-mandaat voor de controle van de grens
tussen Oeganda en Rwanda zou apart blijven
bestaan.

la MONUOR seraient intégrés sous le commandement des nouvelles forces des Nations Unies à des fins
administratives, mais le mandat MONUOR initial de
contrôle de la frontière entre l’Ouganda et le Rwanda
serait distinctement maintenu.

Fase 2 van de operatie zou de volgende dag aanvangen met het installeren van de overgangsregering en
zou ongeveer 90 dagen later afgesloten worden
wanneer een einde komt aan de voorbereidselen voor
het terugtrekken, het demobiliseren en het integreren
van de strijdkrachten en de gendarmerie. De bestaande gedemilitariseerde zone langs de grens van
Rwanda en Oeganda zou verder bewaakt worden en
de operatie zou ook leiden tot het afbakenen van een
nieuwe gedemilitariseerde zone (DMZ) — die uitgebreid moest worden om ook verzamelplaatsen en
kantonnementspunten voor de uitvoering van de
demobilisatie alsmede opleidingscentra voor de integratie van de strijdkrachten van de twee kampen erin
op te nemen. De missie zou ook de veiligheid verzekeren in en rond Kigali door een « wapenvrije » zone in
te stellen binnen een straal van ongeveer 10 kilometer
rond het centrum van de stad , een zone waarin de
militaire eenheden van de beide kampen hun wapens
en hun munitie moesten neerleggen. UNOMUR en
NMOG II zouden volledig opgenomen worden in de
missie tijdens de fase 2 en een tweede infanteriebataljon zou aansluiten bij het bataljon dat reeds in
Rwanda aanwezig was, waardoor de volledige getalsterkte bereikt zou worden van 2 217 soldaten en 331
militaire waarnemers.

La phase deux de l’opération devait débuter le jour
suivant l’installation du gouvernement de transition,
pour se terminer approximativement 90 jours plus
tard à l’achèvement des préparatifs de désengagement, de démobilisation et d’intégration des forces
armées et de la gendarmerie. La surveillance de la
zone démilitarisée existant le long de la frontière
Rwanda-Ouganda allait se poursuivre, et l’opération
comprendrait aussi la délimitation d’une nouvelle
zone démilitarisée (ZDM) — qui devait être étendue
afin d’inclure des sites de rassemblement et des points
de cantonnement pour l’exercice de démobilisation,
ainsi que des centres de formation pour l’intégration
des forces des deux camps. La mission aiderait aussi à
assurer la sécurité dans et autour de Kigali en établissant une zone « sans armes » dans un rayon d’approximativement 10 kilomètres du centre de la capitale,
zone dans laquelle les unités militaires des deux
camps devaient déposer leurs armes et leurs munitions. La MONUOR et le NMOG II allaient être pleinement intégrés dans la mission durant la phase deux,
et un deuxième bataillon d’infanterie devait rejoindre
celui déjà en poste au Rwanda, portant ainsi les forces
à un plein effectif de 2 217 soldats et de 331 observateurs militaires.

Tijdens fase 3, die bijna negen maanden zou duren,
zou het tweede infanteriebataljon de uitgebreide
DMZ instellen en bewaken en zou het hulp bieden bij
het controleren van de Oegandees-Rwandese grens.
De legermacht moest dan ongeveer 26 verzamel- en
kantonnementspunten en opleidingscentra instellen
in het kader van het terugtrekkings- en demobilisatieplan. Zij moesten eveneens hulp bieden bij het
handhaven van de veiligheid in heel het land en in de
hoofdstad. Vanaf het einde van deze fase zou men de
getalsterkte van de missie beginnen te verminderen
om bij benadering tot 1 240 manschappen te komen.
Deze vermindering zou ervoor moeten zorgen dat de
operatie rendabel bleef (een goede prijs-efficiëntieverhouding) terwijl de vredesmacht geloofwaardig
zou blijven om de veiligheid te verzekeren.

Durant la phase trois, qui allait durer à peu près
neuf mois, le deuxième bataillon d’infanterie établirait et surveillerait la ZDM étendue, et aiderait au
contrôle de la frontière Ouganda-Rwanda. Les forces
devaient alors établir approximativement 26 points
de rassemblement/cantonnement et centres de formation, dans le cadre du processus de désengagement et
de démobilisation. Elles devaient aussi aider à maintenir la sécurité dans tout le pays et dans la capitale. Dès
la fin de cette phase, on commencerait à réduire
l’effectif de la mission, pour arriver approximativement à 1 240. Cette réduction devait faire en sorte
que l’opération soit rentable (un bon rapport coûtefficacité), tout en maintenant une force crédible pour
assurer la sécurité.

Tijdens de vierde en vijfde fase van het opstellingsplan zou het terugtrekkings-, demobilisatie- en
integratieplan beëindigd zijn. Deze fase zou 10 maanden duren en zou afgesloten worden met verkiezingen. Men zou de getalsterkte van de vredesmacht verder verminderen om te komen tot ongeveer 930 mili-

Durant la quatrième et dernière phase du plan de
déploiement, le processus de désengagement, de
démobilisation et d’intégration serait achevé. Cette
phase durerait 10 mois et se terminerait par des élections. On continuerait à réduire l’effectif des forces,
pour arriver à approximativement 930 membres de

( 165 )

1 - 611/7 - 1997/1998

taire personeelsleden, waaronder 850 stafofficieren
en soldaten en 80 militaire waarnemers.

personnel militaire, dont 850 officiers d’état-major et
soldats et 80 observateurs militaires.

De coördinatie van humanitaire activiteiten moest
integraal deel uitmaken van de operatie. Na de ondertekening van het Arusha-akkoord keerden ongeveer
600 000 van de 900 000 ontheemden naar huis terug.
Hun terugkeer zorgde voor een aanzienlijke verlichting van de noodtoestand maar het bleef noodzakelijk
noodhulp te bieden aan de 300 000 personen die in de
kampen gebleven waren. De in Rwanda gevestigde
coördinator van de Verenigde Naties, die voorheen de
werkzaamheden van de VN-organen gecoördineerd
had met die van de donorlanden en van nietgouvernementele organisaties (NGO’s), moest zijn
werk tijdens de overgangsperiode voortzetten. Zodra
de overgangsregering geı̈nstalleerd was, zouden de
ondersteunende activiteiten voor de repatriëring van
de vluchtelingen aanvangen met de coördinatie van
het HCR. Men zou eveneens van start gaan met de
ontmijning en een kleine civiele politie-eenheid van
de Verenigde Naties zou opgesteld worden om erop
toe te zien dat de openbare orde daadwerkelijk en
onpartijdig nageleefd werd. Tot de taken die door de
civiele politie van de Verenigde Naties moesten
worden waargenomen, behoorden eveneens het controleren van de activiteiten van de gendarmerie en van
de gemeentepolitie, het toezicht op de vermindering
van de getalsterkte van de gendarmerie van 6 000 tot
1 800 tijdens de demobilisatiefase en op de vorming
van nieuwe strijdkrachten (6 000) die na de verkiezingen opgesteld zouden worden. Het contingent van de
civiele politie (60 politieagenten) zou door een politiecommissaris worden geleid en zou worden opgesteld
te Kigali en in de voornaamste prefecturen.

La coordination d’activités humanitaires devait
faire partie intégrante de l’opération. Après la signature de l’Accord d’Arusha, quelque 600 000 des
900 000 personnes déplacées au Rwanda sont rentrées
chez elles. Leur retour atténua considérablement
l’état d’urgence, mais l’assistance d’urgence resta
nécessaire pour les 300 000 personnes restées dans les
camps. Le coordinateur résident des Nations Unies au
Rwanda, qui avait précédemment coordonné le
travail d’organismes des Nations Unies avec celui de
la communauté donatrice et d’organisations non
gouvernementales (ONG), devait poursuivre son
travail pendant la période de transition. Une fois le
gouvernement de transition établi, les activités de
soutien au rapatriement des réfugiés allaient
commencer sous la coordination du HCR. Des
travaux de déminage allaient également être entrepris, et une petite unité de police civile des Nations
Unies devait être déployée pour vérifier que l’ordre
public était effectivement et impartialement maintenu. Les fonctions de la police civile des Nations
Unies devaient aussi inclure le contrôle des activités
de la gendarmerie et de la police communale, le suivi
de la réduction des forces de gendarmerie de 6 000 à
1 800 durant la phase de démobilisation et le suivi de
la reconstruction des nouvelles forces (6 000) à mettre
en place après des élections. Le contingent de la police
civile (60 policiers) devait être dirigé par un commissaire de police et être déployé à Kigali et dans les principales préfectures.

Toen ik deze en andere elementen aan de Veiligheidsraad voorstelde, heb ik erop gewezen dat twee
zeer belangrijke voorwaarden vervuld moesten
worden om de Verenigde Naties in staat te stellen hun
rol in Rwanda succesvol en efficiënt te vervullen. Op
de eerste plaats moesten de twee kampen ten volle
samenwerken, met elkaar en met de Verenigde
Naties, overeenkomstig de verbintenissen die ze aangegaan hadden in het kader van het Arusha-akkoord.
Op de tweede plaats moesten de Verenigde Naties
tijdig kunnen beschikken over de noodzakelijke
menselijke en financiële middelen.

En proposant ces éléments et d’autres du plan au
Conseil de sécurité, j’ai insisté sur le fait que deux
conditions essentielles devaient être remplies pour
que les Nations Unies jouent leur rôle au Rwanda
avec succès et efficacité. Premièrement, les deux
camps devaient coopérer pleinement l’un avec l’autre
et avec les Nations Unies, conformément à leurs engagements pris en vertu de l’Accord d’Arusha. Deuxièmement, les Nations Unies devaient pouvoir disposer
en temps opportun des ressources humaines et financières nécessaires.

Op 5 oktober verleende de Veiligheidsraad bij
eenparige stemming over resolutie 872 (1993) de
machtiging om de United Nations Assistance Mission
for Rwanda (UNAMIR) op te richten en aanvaardde,
zoals ik in mijn rapport beknopt heb beschreven, de
geleidelijke opstelling van de missie. De Raad heeft
me gevraagd besparingen te zoeken bij de planning en
de uitvoering van de opstelling van UNAMIR. In dit
verband heeft de Raad me verzocht na te gaan op
welke wijze de totale maximale getalsterkte van
UNAMIR verminderd kon worden, met name door

Le 5 octobre 1993, le Conseil de sécurité a autorisé,
par un vote unanime de la résolution 872 (1993), l’établissement de la Mission d’assistance des Nations
unies au Rwanda (MINUAR) et a accepté, comme je
l’ai esquissé à grands traits dans mon rapport, le
déploiement progressif de la mission. Le Conseil m’a
demandé d’essayer de réaliser des économies lors de la
planification et de la mise en oeuvre du déploiement
progressif de la MINUAR. À cet égard, le Conseil m’a
invité à examiner les façons de réduire l’effectif maximal total de la MINUAR, notamment par un déploie-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 166 )

een geleidelijke opstelling, zonder dat dit van invloed
zou zijn op het vermogen van de missie om haar
mandaat ten uitvoer te brengen.

ment progressif, sans qu’il y ait d’incidence sur la
capacité de la mission à effectuer son mandat.

De Raad verleende UNAMIR een mandaat van zes
maanden maar bepaalde dat hij de toestand opnieuw
zou onderzoeken na de eerste 90 dagen van de missie
om na te gaan of er substantiële vooruitgang geboekt
werd in de concrete tenuitvoerlegging van het vredesakkoord van Arusha. » (1)

Le Conseil a donné à la MINUAR un mandat de six
mois, mais a prévu qu’il réévaluerait la situation après
les nonante premiers jours de la mission pour vérifier
si des progrès substantiels avaient été faits ou non en
vue de l’exécution des Accords de paix
d’Arusha. »(1)

De secretaris-generaal maakt geen melding van het
feit dat zijn voorstel reeds een compromis was.

Le secrétaire général ne signale pas que sa proposition constituait déjà un compromis.

Dit geldt voor het aantal manschappen : « One military expert in the Secretariat estimated that ideally, a
mission of this kind should have 8 000. Dallaire
proposed 4 500 as his maximum option. In the end,
the Secretariat recommended a force only half that
size, anticipating that this was the maximum that the
Security Council would approve. Having exercised
an anticipatory veto, the Security Council on
5 october authorized a force level of 2 548 military
personnel without discussion.

Cela vaut également pour le nombre d’hommes :
« One military expert in the Secretariat estimated that
ideally, a mission of this kind should have 8 000.
Dallaire proposed 4 500 as his maximum option. In
the end, the Secretariat recommended a force only
half that size, anticipating that this was the maximum
that the Security Council would approve. Having
exercised an anticipatory veto, the Security Council
on 5 october authorized a force level of 2 548 military
personnel without discussion.

The decisive restraint on the overal size of the
mission was financing. Being assessed 31 % of the
costs of UN peacekeeping, the United States insisted
on a minimal force. The Clinton administration had
just started an executive review of its UN policy, and
was sensitive to Congressional concern over the
mounting American share of peacekeeping costs,
which had increased a stunning 370 % from 1992 to
1993. Emphasizing the bright aspects of the Rwandese situation, the costconscious US delegation in
New York suggested in September that a token
mission of some 500 men would suffice. The French
mission in New York recommended a small force of
around 1 000 men, noting that the French contingent
in Kigali was merely 6-700 men. The end result of
2 548 was more than a token force, and at that time
considered quite acceptable by the Force Commander. UNAMIR was estimated to cost about US $ 10
million a month, a very modest amount compared to
other UN-peacekeeping operations. (e.g. UNTAC —
Cambodja : US $ 60-70 000 million a month) (2).

The decisive restraint on the overal size of the
mission was financing. Being assessed 31 % of the
costs of UN peacekeeping, the United States insisted
on a minimal force. The Clinton administration had
just started an executive review of its UN policy, and
was sensitive to Congressional concern over the
mounting American share of peacekeeping costs,
which had increased a stunning 370 % from 1992 to
1993. Emphasizing the bright aspects of the Rwandese situation, the costconscious US delegation in
New York suggested in September that a token
mission of some 500 men would suffice. The French
mission in New York recommended a small force of
around 1 000 men, noting that the French contingent
in Kigali was merely 6-700 men. The end result of
2 548 was more than a token force, and at that time
considered quite acceptable by the Force Commander. UNAMIR was estimated to cost about
US $ 10 million a month, a very modest amount
compared to other UN-peacekeeping operations.
(e.g. UNTAC — Cambodja : US $ 60-70 000 million a
month) (2).

Op die manier werd de troepensterkte stelselmatig
afgezwakt van 8 000 manschappen als ideale optie,
maar 4 500 als noodzakelijke optie tot 2 548 manschappen als haalbaar voorstel.

On a ainsi réduit progressivement et systématiquement l’effectif : de 8 000 hommes dans le cadre de
l’option idéale, celui-ci est passé à 4 500 hommes dans
l’option nécessaire pour atteindre 2 548 hommes dans
la proposition réalisable.

Ook de rol van UNAMIR zoals omschreven in
resolutie 872 gaat minder ver dan was voorzien in de

Quant au rôle de la MINUAR tel qu’il est défini par
la résolution 872, il est lui aussi plus limité que ce qui

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 25-27.
(2) Adelman, H., Suhrke, A., Joint evaluation of emergency
assistance to Rwanda, The international response to conflict
and genocide, lessons from the Rwanda experience, study 2,
Early warning and conflict management, maart 1996, blz. 36.

(1) Ibidem, pp. 25 à 27.
(2) Adelman, H., Suhrke, A., Joint evaluation of emergency
assistance to Rwanda, The international response to conflict
and genocide, lessons from the Rwanda experience, study 2,
Early warning and conflict management, mars 1996, p. 36.

( 167 )
Arusha-akkoorden, meer bepaald in het protocol dat
handelt over de installatie van de neutrale internationale troepenmacht.
— AA : « Assist in catering for the security of civilians » in the Report becomes : « to monitor the civilian
situation through the verification and control of the
Gendarmerie and the Communal police. » This is
subsequently specified as monitoring with unarmed
UN Police Observers, and in UNSC : « to investigate
and report on incidents regarding the activities of the
gendarmerie and the police ». Here the mandate becomes more delimited and specific and to that extent
weaker.
— The accords have two strong provisions for
confiscating illegal arms : « Assist in the tracking of
arms caches and neutralization of armed gangs
throughout the country » and « assist in the recovery
of all weapons distributed to or illegaly acquired by
the civilians ». The Reports lists such activities as
means of achieving the principal goals identified for
NIF, notably : « Assist in tracking arms and neutralizing armed groups with armed UN Military Forces »
and « Assist in recovering arms in the hands of civilians with armed UN Military Forces and unarmed
UN Police Observers. » Significantly UNSC has no
provisions at all for confiscating illegal arms. (1)
Daar waar in het protocol-akkoord sprake is van
« het opsporen van wapenopslagplaatsen en het
neutraliseren van gewapende bendes » en het
« bijdragen tot het garanderen van de veiligheid van
de burgerbevolking », wordt de rol van UNAMIR in
de VN-resolutie veel beperkter en onduidelijker omschreven als « stad Kigali » en « toezicht houden op de
algemene veiligheid ». Die omschrijving zal later
determinerend zijn voor de mogelijkheden van
UNAMIR op het terrein.

1 - 611/7 - 1997/1998

« It is important to recall that this mandate grew
out of but differed from what was envisaged in the
Arusha Accords. In the central clauses defining
UNAMIR’s role in providing security, in protecting
civilians, and in confiscating illegal arms, the Arusha
Accords were significantly broader than the terms of
the final UN mandate (2).
Three documents deal with the mandate for
UNAMIR... These are the Arusha Accords (thereafter
AA), the report of the UN Reconnaissance Mission,
headed by the future Force Commander, and which
visited the region from 19 august until 3 september
1993 (thereafter « Report »), and the Security Council
resolution 872 of 5 october 1993 (thereafter UNSC). A
comparison of the three shows significant differences
on key issues :

était prévu dans les accords d’Arusha, et particulièrement dans le protocole relatif à l’installation de la
force internationale neutre.
— AA : « Assist in catering for the security of civilians » in the Report becomes : « to monitor the civilian
situation through the verification and control of the
Gendarmerie and the Communal police. » This is
subsequently specified as monitoring with unarmed
UN Police Observers, and in UNSC : « to investigate
and report on incidents regarding the activities of the
gendarmerie and the police ». Here the mandate becomes more delimited and specific and to that extent
weaker.
— The accords have two strong provisions for
confiscating illegal arms : « Assist in the tracking of
arms caches and neutralization of armed gangs
throughout the country » and « assist in the recovery
of all weapons distributed to or illegaly acquired by
the civilians ». The Reports lists such activities as
means of achieving the principal goals identified for
NIF, notably : « Assist in tracking arms and neutralizing armed groups with armed UN Military Forces »
and « Assist in recovering arms in the hands of civilians with armed UN Military Forces and unarmed
UN Police Observers. » Significantly UNSC has no
provisions at all for confiscating illegal arms. (1)
Alors qu’il est question, dans le protocole d’accord,
de « contribuer à la recherche des caches d’armes et à
la neutralisation des bandes armées » et de
« contribuer à assurer la sécurité de la population
civile », la résolution de l’ONU définit de façon nettement plus limitée et moins précise le rôle de la
MINUAR comme consistant à « contribuer à la sécurité à l’intérieur de la zone désarmée de la ville de
Kigali » et à « exercer un contrôle sur la sécurité générale ». Cette définition sera plus tard déterminante en
ce qui concerne les possibilités dont disposera la
MINUAR sur le terrain.
« It is important to recall that this mandate grew
out of but differed from what was envisaged in the
Arusha Accords. In the central clauses defining
UNAMIR’s role in providing security, in protecting
civilians, and in confiscating illegal arms, the Arusha
Accords were significantly broader than the terms of
the final UN mandate (2).
Three documents deal with the mandate for
UNAMIR... These are the Arusha Accords (thereafter
AA), the report of the UN Reconnaissance Mission,
headed by the future Force Commander, and which
visited the region from 19 august until 3 september
1993 (thereafter « Report »), and the Security Council
resolution 872 of 5 october 1993 (thereafter UNSC). A
comparison of the three shows significant differences
on key issues :

——————

——————

(1) Adelman, H., Suhrke, A. op. cit., blz. 39.
(2) Ibidem, blz. 89.

(1) Adelman, H., Suhrke, A. op. cit., p. 39.
(2) Ibidem, blz. 89.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 168 )

— AA : « guarantee overall security of the country », in the report becomes « establish security zone in
and around the capital city area of Kigali » and in
UNSC : « contribute to the security of the city of
Kigali inter alia within a weapon-secure area established by the parties in and around the city » i.e. a
progressively weaker mandate. »

— AA : « guarantee overall security of the country », in the report becomes « establish security zone in
and around the capital city area of Kigali » and in
UNSC : « contribute to the security of the city of
Kigali inter alia within a weapon-secure area established by the parties in and around the city » i.e. a
progressively weaker mandate. »

Dat er geen verwijzing is in het mandaat naar de
ontwapening van burgers is geen toeval of vergetelheid maar uitdrukkelijk gewild. De Verenigde Staten
heeft om deze reden immers de verwijzing naar het
verslag van de secretaris-generaal van 24 september
uit het mandaat weggeamendeerd omdat er in het
verslag van de secretaris-generaal nog wel sprake is
van de ontwapening van burgers. Dit blijkt uit de
tekst van de amendementen van de Verenigde Staten
op de ontwerp-resolutie van een werkgroep van Veiligheidsraad : « replace « in paragraphs 21 to 26 and 39
to 43 of the report of the SG, which include in particular to » with the word « below » (the initial mandate
was too broad, and included elements which we
believe are inappropriate, such as disarming civilians.
For that reason, we do not want to include a reference
to paragraphs... in the resolution.) » (1)

Si le mandat ne fait pas allusion au désarmement
des civils, ce n’est ni un accident ni une omission, mais
le fruit d’une volonté expresse. En effet, les États-Unis
ont, pour cette raison, supprimé du mandat, par la
voie d’amendement, la référence au rapport du secrétaire général du 24 septembre, parce qu’il y est bien
question du désarmement des civils. En témoigne le
texte des amendements des États-Unis à la proposition de résolution d’un groupe de travail du Conseil
de sécurité : « replace « in paragraphs 21 to 26 and 39
to 43 of the report of the SG, which include in particular to » with the word « below » (the initial mandate
was too broad, and included elements which we
believe are inappropriate, such as disarming civilians.
For that reason, we do not want to include a reference
to paragraphs... in the resolution.) » (1)

Het is niet de enige wijziging die de Verenigde
Staten in de ontwerp-tekst aangebracht heeft. Zo is
ook de definitieve tekst van de mandaatregel
« Contribute to the security of the city of Kigali... » het
resultaat van een Amerikaans amendement, terwijl de
oorspronkelijke tekst luidde : « Assist in ensuring the
security of the city of Kigali... » en wordt ook de mogelijke beveiliging van de terugkeer van de vluchtelingen en « displaced persons » onder druk van de Verenigde Staten afgezwakt. Bij de werkgroep luidde dit :
« To assist in providing security for the repatriation of
Rwandese refugees and displaced persons ». Na een
Amerikaans amendement werd dit : « To monitor the
process of repatriation... » (2)

Ce n’est pas la seule modification que les États-Unis
ont apportée au projet de texte. Ainsi le texte définitif
de la règle du mandat « Contribute to the security of
the city of Kigali... » est-il le résultat d’un amendement américain, alors que le texte original était le
suivant : « Assist in ensuring the security of the city of
Kigali... » ; les États-Unis ont également limité la
possibilité d’assurer la sécurité des réfugiés et des
personnes déplacées revenant au pays. Le texte du
groupe de travail était le suivant : « To assist in providing security for the repatriation of Rwandese refugees and displaced persons ». Après un amendement
américain, ce texte est devenu : « To monitor the
process of repatriation... » (2)

De Belgische diplomatieke delegatie bij de VN was
zich wel bewust van deze afzwakking : « Het is duidelijk dat het mandaat van UNAMIR zwakker was dan
de akkoorden van Arusha »(3).

La délégation diplomatique belge auprès des
Nations unies était, elle, consciente de cet affaiblissement : « Il est évident que le mandat de la MINUAR
n’allait pas aussi loin que les accords d’Arusha. » (3)

Ook premier Dehaene stelt « Ik wist dat er binnen
de Veiligheidsraad grote weerstand bestond tegen het
mandaat en dat het ook beknot werd. » (4)

Le Premier ministre Dehaene a lui aussi déclaré :
« Je savais qu’il y avait de fortes réticences au sein du
Conseil de sécurité à l’égard du mandat et qu’il fut
notablement réduit. » (4)

Daartegenover antwoordt minister Claes op de
vraag of hij wist dat het mandaat van UNAMIR stelselmatig werd uitgehold ten aanzien van de voorziene

À la question de savoir s’il savait que le mandat de
la MINUAR était systématiquement vidé de son
contenu en ce qui concerne les missions prévues qui

——————

——————

(1) Ibidem.
(2) Ibidem.
(3) Hoorzitting met de heer Cools van 28 februari 1997, BV,
Senaat, 1996-1997, blz. 51.
(4) Hoorzitting met premier Dehaene van 5 maart 1997, BV,
Senaat, 1996-1997, blz. 108.

(1) Ibidem.
(2) Ibidem.
(3) Audition de M. Cools du 28 février 1997, CRA, Sénat,
1996-1997, p. 49.
(4) Audition du Premier ministre Dehaene du 5 mars 1997,
CRA, Sénat, 1996-1997, p. 104.

( 169 )

1 - 611/7 - 1997/1998

opdrachten voor de « force d’intervention neutre » :
« de uitholling van de Arusha-akkoorden is me nooit
gemeld. » en « Men heeft mij in ieder geval niet
gevraagd om een verbetering van het mandaat, daar
niemand daarvan de noodzaak inzag. Wij hebben dan
ook geen stappen ondernomen. Als wij dat wel
hadden gedaan, zouden wij ongetwijfeld op een categorische weigering van de permanente leden zijn
gebotst. » (1)

ont été confiées à la force d’intervention neutre, le
ministre Claes a toutefois répondu ce qui suit : « On ne
m’a jamais informé que les accords d’Arusha étaient
systématiquement vidés de leur contenu. » et « On ne
m’a de toute façon pas demandé d’obtenir une
amélioration du mandat, car personne n’en ressentait
le besoin. Nous ne sommes donc pas intervenus, mais
si nous l’avions fait, nous aurions, sans aucun doute,
essuyé un refus catégorique des membres permanents. » (1)

De heer Brouhns bevestigt dat de Belgische delegatie geen opdracht heeft gekregen om pogingen te
ondernemen om het mandaat van UNAMIR te versterken in de zin zoals omschreven in de Arushaakkoorden en hij voegt daaraan toe : « Vooreerst is de
manoeuvreerruimte van de landen die deelnemen aan
de operaties zeer klein. Het is immers de Veiligheidsraad die het mandaat bespreekt in overleg met de
secretaris-generaal. België stond wel voortdurend in
contact met het secretariaat om te weten hoe het
mandaat er zou uitzien. Het was het best mogelijke
mandaat op dat ogenblik. » (2)

M. Brouhns confirme que la délégation belge n’a
pas été chargée de tenter de renforcer le mandat de la
MINUAR pour que celui-ci corresponde à la définition qui figurait dans les accords d’Arusha; il ajoute :
« Tout d’abord, la marge de manœuvre des pays qui
participent aux opérations est faible. C’est en effet le
Conseil de sécurité qui détermine le mandat, de
concert avec le secrétaire général. Il est vrai que la
Belgique était en contact permanent avec le secrétariat
pour savoir à quoi ressemblerait le mandat. C’était, à
l’époque, le meilleur mandat possible. » (2)

België heeft dus geen gebruik gemaakt van haar
sleutelpositie als belangrijkste potentiële troepenleverancier om diplomatieke initiatieven te ondernemen
teneinde de VN-resolutie te wijzigen : « Wij hebben
geen instructies gekregen in die zin. Bovendien
hadden de landen die troepen leverden geen enkele
invloed op het besluitvormingsproces. ... België heeft
niet geweigerd op te treden zonder een ruimer
mandaat. Dat zou de beslissing trouwens niet veranderd hebben, alleen maar vertraagd. »(3)

La Belgique n’a donc pas fait usage de sa positionclé en tant que fournisseur de troupes potentiel le plus
important, pour prendre des initiatives diplomatiques
permettant de modifier la résolution des Nations
unies. M. Brouhns déclare à ce sujet : « Nous n’avons
pas reçu d’instructions dans ce sens. En outre, les pays
fournisseurs de troupes ne disposaient d’aucune
influence sur le processus de décision. (...) Il n’y a pas
eu de refus de la Belgique d’agir sans un mandat plus
fort. Cela n’aurait d’ailleurs pas changé la décision,
mais l’aurait simplement retardée. » (3)

Daarnaast is het opmerkelijk dat de Veiligheidsraad bij het beslissingsproces op geen enkel ogenblik
rekening heeft gehouden met de ernstige schendingen
van de mensenrechten, zoals weergegeven in diverse
rapporten, met name van Human Right Watch
(februari 1992), van het FIDH (maart 1993) en van de
Speciale Rapporteur van de VN-commissie voor de
Mensenrechten (april 1993, gepubliceerd 11 augustus
1993).

De plus, il est étrange que, lors du processus décisionnel, le Conseil de sécurité n’a, à aucun moment,
tenu compte des importantes violations des droits de
l’homme, dont faisaient état divers rapports, notamment celui du Human Rights Watch (février 1992),
celui du FIDH (mars 1993) et celui du rapporteur
spécial de la Commission des Nations unies pour les
droits de l’homme (avril 1993, publié le 11 août 1993).

Vooral dit laatste rapport is belangrijk, enerzijds
omdat het werd opgemaakt door een VN-organisatie
en anderzijds omdat daarin reeds melding werd
gemaakt van een mogelijke genocide en van de noodzaak om wapenopslagplaatsen te ontmantelen.

C’est surtout ce dernier rapport qui est important,
d’une part, parce qu’il a été rédigé par une organisation des Nations unies et, d’autre part, parce qu’il
mentionne déjà un éventuel génocide et la nécessité de
démanteler les caches d’armes.

In de resolutie tot instelling van UNAMIR wordt
niet verwezen naar de bevindingen op dit vlak en

Dans la résolution visant à créer la MINUAR, il
n’est pas fait référence aux constatations qui ont été

——————

——————

(1) Hoorzitting met minister Claes van 5 maart 1997, BV,
Senaat, 1996-1997, blz. 87-88.
(2) Hoorzitting met de heer Brouhns van 28 februari 1997,
BV, Senaat, 1996-1997, blz. 49-50.
(3) Ibidem.

(1) Audition du ministre Claes du 5 mars 1997, CRA, Sénat,
1996-1997, pp. 83-84.
(2) Audition de M. Brouhns du 28 février 1997, CRA, Sénat,
1996-1997, p. 48.
(3) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 170 )

worden daaruit ook geen gepaste conclusies getrokken m.b.t. het mandaat.

faites dans ce domaine, et l’on n’en tire pas davantage
les conclusions qui s’imposent en ce qui concerne le
mandat.

De heer Ndiayé, speciale rapporteur is zeer scherp
over het gebrek aan belangstelling voor zijn rapport :
« Mijn verslag doet mij een beetje denken aan een
boodschap in een fles op zee. Er bestaat immers geen
enkel systeem aan de hand waarvan daadwerkelijk
gevolg kan worden gegeven aan een verslag. Men
heeft het kunnen lezen, maar ik heb de indruk dat
men er geen rekening mee heeft gehouden. » (1)

M. Ndiayé, rapporteur spécial, est très aigri
lorsqu’il parle du manque d’intérêt qu’a suscité son
rapport : « Mon rapport me fait penser à une bouteille
qu’on jette à la mer. Il n’existe, en effet, aucun système
qui permette de donner réellement suite à un rapport.
On a certes pu le lire, mais j’ai l’impression qu’on n’en
a pas tenu compte. » (1)

Het blijkt trouwens niet de gewoonte dat de Veiligheidsraad rekening houdt met rapporten van de VNcommissie voor de Mensenrechten, omdat dit een
politiek geladen onderwerp is :

D’habitude, le Conseil de sécurité ne semble
d’ailleurs pas tenir compte des rapports de la commission des Nations unies pour les droits de l’homme,
parce que le sujet des droits de l’homme est un sujet
extrêmement sensible d’un point de vue politique :

« De extreme politisering van het probleem van de
mensenrechten staat de oprichting van een efficiënte
structuur in de weg omdat sommige landen zich daartegen verzetten. Men moet dus beroep doen op de
bereidwilligheid van de secretaris-generaal als men
dit probleem in de Veiligheidsraad aan de orde wil
stellen. » (2)

« La politisation extrême de la question des droits
de l’homme empêche la création d’une structure effective, car certains pays s’y opposent. Il faut donc faire
appel aux bons offices du secrétaire général lorsqu’on
veut aborder la question avec le Conseil de sécurité. » (2)

(...)

(...)

« Ik werd nooit geraadpleegd toen het mandaat van
de UNAMIR werd geformuleerd. De doeltreffendheid van een missie of van een mandaat kan alleen aan
de werkelijkheid getoetst worden. Ik kan niet zeggen
dat mijn verslag echt een rol heeft gespeeld. »

« Je n’ai jamais été consulté lors de l’élaboration du
mandat de la Minuar. C’est seulement à l’épreuve de
la réalité que l’on peut juger de l’efficacité d’une
mission ou d’un mandat. Je ne peux pas dire que mon
rapport ait vraiment joué un rôle. »

« Mijn indruk was dat UNAMIR niet in staat was
om het vuur te openen en de bevolking te beschermen.
De middelen van UNAMIR waren ontoereikend om
op te treden... » (3)

« Il m’a semblé que la Minuar n’avait pas la capacité pour ouvrir le feu et pour protéger la population.
Ses moyens n’étaient pas suffisants pour couvrir le
pays... » (3)

3.1.4.4. De beslissing tot oprichting van Unamir
— VN-resolutie 872

3.1.4.4. Décision de création de la MINUAR — La
résolution 872

« De Veiligheidsraad,

« Le Conseil de sécurité,

Bevestigt opnieuw zijn resoluties 812 (1993) van
12 maart 1993 en 846 (1993) van 22 juni 1993,

Réaffirmant ses résolutions 812 (1993) du 12 mars
1993 et 846 (1993) du 22 juin 1993,

Bevestigt eveneens opnieuw zijn resolutie 868
(1993) van 29 september 1993 betreffende de veiligheid van de operaties van de Verenigde Naties,

Réaffirmant également sa résolution 868 (1993) du
29 septembre 1993 relative à la sécurité des opérations
des Nations unies,

Heeft een onderzoek gewijd aan het rapport van de
Secretaris-generaal van 24 september 1993 (S/26488
en Add. 1),

Ayant examiné le rapport du Secrétaire général en
date du 24 septembre 1993 (S/26488 et Add. 1),

Verheugt zich over de ondertekening van het Vredesakkoord van Arusha (en zijn Protocollen) op

Se félicitant de la signature de l’Accord de paix
d’Arusha (y compris ses Protocoles) le 4 août 1993, et

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Ndiayé van 13 april 1997, BV,
Senaat, 1996-1997, blz. 280.
(2) Ibidem.
(3) Ibidem, blz. 283.

(1) Audition de M. Ndiayé du 13 avril 1997, CRA, Sénat,
1996-1997, p. 274.
(2) Ibidem.
(3) Ibidem, p. 277.

( 171 )

1 - 611/7 - 1997/1998

4 augustus 1993 en spoort de partijen ertoe aan het
volledig te blijven naleven,

exhortant les parties à continuer de le respecter pleinement,

Neemt akte van de conclusie van de Secretarisgeneraal dat om de Verenigde Naties in staat te stellen
hun rol te spelen, de partijen aan elkaar en aan de
Organisatie hun volledige medewerking moeten verlenen door de verbintenissen na te komen die ze op
zich hebben genomen in het akkoord van Arusha,

Notant la conclusion du Secrétaire général selon
laquelle, pour permettre aux Nations unies de jouer
leur rôle, les parties doivent coopérer pleinement
l’une avec l’autre et avec l’Organisation en remplissant les engagements qu’elles ont pris dans l’accord
d’Arusha,

Wijst erop dat dringend een neutrale internationale
macht opgesteld moet worden in Rwanda, zoals met
aandrang verklaard is door de Regering van de
Republiek Rwanda en door het Rwandees Patriotisch
Front en opnieuw bevestigd is door hun gezamenlijke
delegatie die bij de Verenigde Naties afgevaardigd is,

Soulignant l’urgence qui s’attache au déploiement
d’une force internationale neutre au Rwanda, telle
que soulignée par le Gouvernement de la République
rwandaise et par le Front patriotique rwandais, et
réaffirmée par leur délégation conjointe dépêchée
auprès des Nations unies,

Brengt hulde aan de rol die de Organisatie voor
Afrikaanse Eenheid (OAE) en de Regering van de
Verenigde Republiek Tanzanië gespeeld hebben bij
het sluiten van het Vredesakkoord van Arusha,

Rendant hommage au rôle joué par l’Organisation
de l’unité africaine (OUA) et par le Gouvernement de
la République unie de Tanzanie dans la conclusion de
l’Accord de paix d’Arusha,

Wenst vastbesloten dat de Verenigde Naties, op
verzoek van de partijen, in een vreedzame geest en
met de volle medewerking van alle partijen, hun volle
bijdrage leveren aan de tenuitvoerlegging van het Vredesakkoord van Arusha,

Déterminé à ce que les Nations unies apportent, à
la demande des parties, dans un esprit pacifique et
avec l’entière coopération de toutes les parties, leur
pleine contribution à la mise en oeuvre de l’Accord de
paix d’Arusha,

1. Staat positief ten aanzien van het rapport van de
Secretaris-generaal (S/26488);

1. Accueille favorablement le rapport du Secrétaire général (S/26488);

2. Beslist een vredeshandhavingsmacht op te richten onder de naam Missie van de Verenigde Naties
voor steun aan Rwanda (UNAMIR) voor een periode
van zes maanden, met dien verstande dat deze missie
na de beginperiode van negentig dagen slechts verlengd zal worden zodra de Veiligheidsraad een onderzoek gewijd heeft aan een rapport van de Secretarisgeneraal waarin nagegaan wordt of al dan niet tastbare vooruitgang geboekt is in de tenuitvoerlegging
van het Vredesakkoord van Arusha;

2. Décide de créer une opération de maintien de la
paix intitulée la mission des Nations unies pour
l’assistance au Rwanda (MINUAR) pour une période
de six mois, étant entendu que celle-ci ne sera prolongée au-delà de la période initiale de quatre-vingt-dix
jours qu’une fois que le Conseil de sécurité aura
examiné un rapport du Secrétaire général indiquant si
des progrès appréciables ont été réalisés ou non dans
la mise en oeuvre de l’Accord de paix d’Arusha;

3. Beslist dat de UNAMIR op grond van de aanbevelingen van de Secretaris-generaal het volgende
mandaat zal krijgen:

3. Décide que, à partir des recommandations du
Secrétaire général, la MINUAR aura le mandat
suivant :

a) Bijdragen tot de veiligheid van de stad Kigali,
met name binnen de door de partijen ingestelde
wapenvrije zone in de stad en in de omgeving ervan;

a) Contribuer à assurer la sécurité de la ville de
Kigali, notamment à l’intérieur de la zone libre
d’armes établie par les parties s’étendant dans la ville
et dans ses alentours;

b) Toezicht houden op het bestandsakkoord
waarin opgeroepen wordt tot het inrichten van
kantonnements- en verzamelpunten en tot de afbakening van een nieuwe gedemilitariseerde veiligheidszone alsmede de bepaling van andere demobilisatieprocedures;

b) Superviser l’accord de cessez-le-feu, qui appelle
à la mise en place de points de cantonnement et de
rassemblement et à la délimitation d’une nouvelle
zone démilitarisée de sécurité ainsi qu’à la définition
d’autres procédures de démobilisation;

c) Toezicht houden op de algemene veiligheidsvoorwaarden in het land tijdens de slotperiode van
het mandaat van de overgangsregering, tot aan de verkiezingen;

c) Superviser les conditions de la sécurité générale
dans le pays pendant la période terminale du mandat
du gouvernement de transition, jusqu’aux élections;

1 - 611/7 - 1997/1998

( 172 )

d) Bijdragen tot de ontmijning, hoofdzakelijk
door middel van opleidingsprogramma’s;

d) Contribuer au déminage, essentiellement au
moyen de programmes de formation;

e) Op verzoek van de partijen en uit eigen beweging een onderzoek wijden aan de gevallen waarin het
protocolakkoord over de integratie van de strijdkrachten niet toegepast wordt, de personen die ervoor
verantwoordelijk zijn aanwijzen en, voor zover
nodig, hierover verslag uitbrengen aan de Secretarisgeneraal;

e) Examiner, à la demande des parties ou de sa
propre initiative, les cas de non-application du protocole d’accord sur l’intégration des forces armées, en
déterminer les responsables et faire rapport sur cette
question, en tant que de besoin, au Secrétaire général;

f) Controle uitoefenen op het repatriëringsproces
van de Rwandese vluchtelingen en op de vestiging van
de verplaatste personen teneinde er zich van te vergewissen dat deze operaties in orde en veiligheid uitgevoerd worden;

f) Contrôler le processus de rapatriement des réfugiés rwandais et de l’installation des personnes déplacées, en vue de s’assurer que ces opérations sont
exécutées dans l’ordre et la sécurité;

g) Helpen bij de coördinatie van de humanitaire
hulp die verbonden is aan de steunoperaties;

g) Aider à la coordination des activités d’assistance humanitaire liées aux opérations de secours;

h) Onderzoeken wijden aan en verslag uitbrengen
over de incidenten in de werking van de gendarmerie
en de politie;

h) Enquêter et faire rapport sur les incidents relatifs aux activités de la gendarmerie et de la police;

4. Hecht zijn goedkeuring aan het voorstel van de
Secretaris-generaal om de Observatiemissie van de
Verenigde Naties Oeganda-Rwanda (UNOMUR),
opgericht bij resolutie 846 (1993), te integreren in de
UNAMIR;

4. Approuve la proposition du Secrétaire général
d’intégrer la Mission d’observation des Nations unies
Ouganda-Rwanda (MONUOR), telle qu’établie par
la résolution 846 (1993) au sein de la MINUAR;

5. Verheugt zich over de inspanningen en de
samenwerking van de OAE om hulp te bieden bij de
tenuitvoerlegging van het Vredesakkoord van
Arusha, en met name het opnemen van de groep van
neutrale militaire waarnemers (GOMN II) in de
UNAMIR;

5. Se félicite des efforts et de la coopération de
l’OUA pour aider à mettre en œuvre l’Accord de paix
d’Arusha, et notamment de l’intégration du groupe
d’observateurs militaires neutres (GOMN II) dans la
MINUAR;

6. Hecht verder zijn goedkeuring aan het voorstel
van de Secretaris-generaal om de opstelling en de
terugtrekking van de UNAMIR trapsgewijs te laten
verlopen en merkt in dit verband op dat het mandaat
van de UNAMIR, in geval van verlenging, ten einde
zou moeten lopen wanneer de nationale verkiezingen
plaatsvinden en in Rwanda een nieuwe regering aantreedt, gebeurtenissen die volgens het programma in
oktober 1995 of uiterlijk in december 1995 zouden
moeten plaatsvinden;

6. Approuve de plus la proposition du Secrétaire
général d’effectuer de façon échelonnée le déploiement et le retrait de la MINUAR et note, dans ce
contexte, que le mandat de la MINUAR, s’il est
prolongé, devrait s’achever à la suite des élections
nationales et de la mise en place d’un nouveau
gouvernement au Rwanda, événements programmés
pour octobre 1995, en tout état de cause au plus tard
pour décembre 1995;

7. Machtigt de Secretaris-generaal in dit verband
om zo snel mogelijk, en dit voor een beginperiode van
zes maanden, een eerste contingent op te stellen te
Kigali, binnen het kader van het in het rapport van de
Secretaris-generaal vermelde aantal manschappen
die, zodra zij volledig opgesteld zijn, het mogelijk
moeten maken overgangsinstellingen op te richten en
de andere relevante bepalingen van het Vredesakkoord van Arusha uit te voeren;

7. Autorise dans ce contexte le Secrétaire général à
déployer, dans les délais les plus brefs, pour une
période initiale de six mois, un premier contingent à
Kigali au niveau d’effectifs spécifié dans le rapport du
Secrétaire général, dont la mise en place complète
permettra l’installation des institutions de transition
et l’exécution des autres dispositions pertinentes de
l’Accord de paix d’Arusha;

8. Verzoekt de Secretaris-generaal, in het kader
van het rapport waarnaar in bovengenoemde paragraaf 2 verwezen wordt, eveneens rapport uit te brengen over de vooruitgang die de UNAMIR na haar

8. Invite le Secrétaire général, dans le cadre du
rapport auquel il fait référence dans le paragraphe 2
ci-dessus, à faire également rapport sur les progrès de
la MINUAR à la suite de son déploiement initial, et se

( 173 )

1 - 611/7 - 1997/1998

aanvankelijke opstelling boekt, en verklaart vastbesloten te zijn, voor zover nodig, op basis van dit
rapport en in het kader van het onderzoek waarnaar
in de bovengenoemde paragraaf 2 verwezen wordt,
na te gaan of het noodzakelijk is bijkomende troepen
op te stellen die, wat omvang en samenstelling betreft,
zullen overeenstemmen met de aanbevelingen die de
Secretaris-generaal in zijn rapport (S/26488) heeft
gedaan;

déclare déterminé à examiner en tant que de besoin,
sur la base de ce rapport et dans le cadre de l’examen
auquel il est fait référence dans le paragraphe 2 cidessus, la nécessité de procéder à des déploiements
additionnels dont le volume et la composition seront
conformes aux recommandations du Secrétaire général dans son rapport (S/26488);

9. Verzoekt de Secretaris-generaal na te gaan
welke middelen bestaan om de totale maximale
getalsterkte van de UNAMIR te verminderen, zonder
dat hierdoor het vermogen van de UNAMIR om haar
mandaat ten uitvoer te brengen, wordt aangetast, en
vraagt de Secretaris-generaal eveneens besparingen te
zoeken, wanneer hij de stapsgewijze opstelling van de
missie voorbereidt en uitvoert, en regelmatig verslag
uit te brengen over de resultaten die hij op dit vlak
boekt;

9. Invite le Secrétaire général à étudier les moyens
de réduire l’effectif maximum total de la MINUAR,
sans que ceci affecte la capacité de la MINUAR à
exécuter son mandat, et demande au Secrétaire général, lorsqu’il préparera et réalisera le déploiement
échelonné de l’opération, de chercher à faire des
économies et de faire rapport régulièrement sur les
résultats obtenus dans ce domaine;

10. Staat positief ten aanzien van het voornemen
van de Secretaris-generaal om een Bijzonder Afgevaardigde te benoemen die aan het hoofd van de
UNAMIR op het terrein zou staan en zijn gezag zou
uitoefenen over al zijn elementen;

10. Accueille favorablement l’intention du Secrétaire général de nommer un Représentant spécial qui
prendrait la tête de la MINUAR sur le terrain et exercerait son autorité sur tous ses éléments;

11. Verzoekt de partijen met aandrang het Vredesakkoord van Arusha te goeder trouw uit te voeren;

11. Prie instamment les parties de mettre en œuvre
de bonne foi l’Accord de paix d’Arusha;

12. Vraagt de Secretaris-generaal met bekwame
spoed een akkoord te sluiten over het statuut van de
UNAMIR en van alle deelnemende personeelsleden
in Rwanda, zodat het akkoord zo snel mogelijk na het
begin van de operatie, en uiterlijk dertig dagen na de
goedkeuring van deze resolutie, in werking kan
treden;

12. Demande au Secrétaire général de conclure
avec diligence un accord sur le statut de la MINUAR
et de tout le personnel qui y participe au Rwanda
pour que celui-ci entre en vigueur aussi tôt que possible après le début de l’opération, au plus trente jours
après l’adoption de cette résolution;

13. Eist dat de partijen alle gewenste maatregelen
nemen om de veiligheid van de operatie en van het
deelnemende personeel te waarborgen;

13. Exige que les parties prennent toutes mesures
voulues pour garantir la sécurité de l’opération et du
personnel qui y participe;

14. Doet een dringende oproep tot de Lidstaten, de
gespecialiseerde instellingen van de Verenigde Naties
alsmede tot de niet-gouvernementele organisaties om
hun economische, financiële en humanitaire hulp aan
het Rwandese volk en het democratiseringsproces in
Rwanda aan te bieden en te versterken;

14. Lance un appel pressant aux États membres,
aux institutions spécialisées des Nations unies ainsi
qu’aux organisations non gouvernementales, pour
qu’ils fournissent et intensifient leur assistance économique, financière et humanitaire en faveur du peuple
rwandais et du processus de démocratisation au
Rwanda;

15. Beslist de aangelegenheid actief te zullen
volgen. (1) »

15. Décide de rester activement saisi de la question. (1) »

De heer Cools heeft betreffende het VN-mandaat
verklaard:
« Op 24 september stelt de secretaris-generaal
UNAMIR voor. Het mandaat wordt duidelijk om-

M. Cools a déclaré à propos du mandat ONU que :
« Le 24 septembre 1993, le secrétaire général
propose la MINUAR. Le mandat est clairement

——————

——————

(1) Officiële Engelse tekst in The United Nations and
Rwanda, 1993-1996, Blue Book Series, Volume X, S/Res/872
(1993), 5 oktober 1993, blz. 231-233.

(1) Texte officiel anglais dans The United Nations and
Rwanda, 1993-1996, Blue Book Series, Volume X, S/Res/872
(1993), 5 octobre 1993, pp. 231 à 233.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 174 )

schreven. Het betreft een operatie waarbij de twee
partijen het vredesproces moeten bewerkstelligen. De
VN moeten alleen helpen. In de resolutie wordt
gezegd dat de VN slechts moeten bijdragen tot de veiligheid en de ontwapening, toezien op het staakt-hetvuren, onderzoek doen naar het niet toepassen van
het protocol, toezicht houden op de terugkeer van de
vluchtelingen, de humanitaire hulp coördineren en
rapporteren over incidenten.

défini. Il s’agit d’une opération au cours de laquelle
les deux parties doivent favoriser le processus de paix.
Les Nations unies n’ont pour seule mission que
d’apporter leur aide. La résolution stipule que les
Nations unies doivent uniquement contribuer à la
sécurité et au désarmement, contrôler le cessez-le-feu,
enquêter en cas de non-application du protocole,
surveiller le retour des réfugiés, coordonner l’aide
humanitaire et faire rapport sur des incidents éventuels.

Het mandaat legt ook financiële beperkingen op.
Het loopt zes maanden en wordt na 90 dagen slechts
verlengd na de nodige inlichtingen van de secretarisgeneraal. Het mandaat moet uiterlijk in december
1995 afgelopen zijn. Volgens de resolutie moet ook
worden nagegaan hoe de kosten kunnen worden verminderd en hoe kan worden bespaard.

Le mandat impose également des limites financières. Le mandat durera six mois et ne sera prolongé audelà de nonante jours qu’après avoir reçu les instructions nécessaires du secrétaire général. Le mandat
expirera à la fin décembre 1995 au plus tard. La résolution impose aussi d’étudier la possibilité de diminuer les coûts et de réaliser des économies.

Zowel de Verenigde Staten als de Britten en de
Russen waren oorspronkelijk niet voor de operatie.
Geleidelijk aan hebben zij ermee ingestemd. In de
derde fase kwam men tot 2 500 manschappen maar er
moest een onmiddellijke afbouw naar 1 200 komen
bij de demobilisatie. Op dat punt kon men tot een
compromis komen (1).

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie
étaient à l’origine hostiles à l’opération. Petit à petit,
ils y ont consenti. Dans la troisième phase, les effectifs
atteindraient 2 500 hommes, mais ils devaient immédiatement être ramenés à 1 200 hommes. Sur ce point,
il fut possible d’aboutir à un compromis(1).

Globaal waren bij de VN alle voorwaarden aanwezig voor een operatie onder hoofdstuk VI. Vooral
belangrijk was dat de twee betrokken partijen om de
operatie kwamen vragen zodanig dat er geen sprake
kon zijn van een inmenging in interne aangelegenheden. (2) »

Globalement, les Nations unies réunissaient toutes
les conditions pour une opération sous le chapitre VI.
Le plus important, était que les deux parties demandaient l’opération, de telle sorte qu’il ne pouvait être
question d’une ingérence dans les affaires intérieures (2) ».

Dit mandaat werd dus opgesteld na onderhandelingen tussen de Lid-Staten van de Veiligheidsraad,
met medewerking van de Secretaris-generaal van de
VN en binnen de grenzen bepaald door de akkoorden
van Arusha. De invloed van de vaste leden is natuurlijk doorslaggevend in de besprekingen. In dit geval
speelden de Verenigde Staten en Frankrijk een
belangrijke rol. De Verenigde Staten stelden zich
enigszins onverschillig op, want ze hadden weinig
belangstelling voor een nieuwe operatie in Afrika,
zoals de heer Cools voor de commissie verklaard
heeft.

Ce mandat a donc été établi à la suite d’une négociation entre les pays membres du Conseil de sécurité,
avec l’intervention du Secrétaire général de l’ONU, et
dans les limites fixées par les accords d’Arusha. Le
poids des membres permanents est bien sûr particulièrement déterminant dans de discussions. Dans le cas
présent, ce sont les États-Unis et la France qui ont joué
les premiers rôles. Les États-Unis ont fait montre
d’une certaine inertie, « confirmant leur peu d’intérêt
pour une nouvelle opération en Afrique », ainsi que le
déclara M. Cools à la commission.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Cools, BV, Senaat, BCR,
28 februari 1997, blz. 48.
(2) Ibidem.

(1) Audition de M. Cools, CRA, Sénat, CSR, 28 février
1997, pp. 45-46.
(2) Ibidem.

( 175 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3.2. DE BELGISCHE BESLISSING OM DEEL
TE NEMEN AAN UNAMIR

3.2. LA DÉCISION PRISE PAR LA BELGIQUE
DE PARTICIPER À LA MINUAR

3.2.1 Het beslissingsproces

3.2.1 Le processus décisionnel

Hierna volgt een chronologisch overzicht van de
gebeurtenissen en beslissingen die hebben geleid tot
de regeringsbeslissing van 19 november 1993.

Aperçu chronologique des événements et des décisions qui ont mené à la décision du Gouvernement du
19 novembre 1993.

4 augustus 1993

4 août 1993

De president van Rwanda en de voorzitter van het
RPF ondertekenen de vredesakkoorden van Arusha.
Deze akkoorden waren het resultaat van een lang
onderhandelingsproces dat duurde van midden 1992
tot 4 augustus 1993. De akkoorden van Arusha vormden een enveloppe waarin twee centrale protocols
inzake machtsdeling en één militair protocol de voornaamste elementen vormden. De installatie van een
overgangsregering maakte deel uit van het akkoord.
Daarnaast bleven de vroeger getekende protocollen
tussen beide partijen deel uitmaken van het uiteindelijke akkoord. De organisatie van vrije verkiezingen
zou het sluitstuk vormen van het democratiseringsproces.

Le président du Rwanda et le président du FPR
signent les accords de paix d’Arusha. Ces accords
étaient le fruit d’un long processus de négociation qui
s’est étendu du milieu de l’année 1992 jusqu’au 4 août
1993. Les accords d’Arusha formaient un ensemble,
dont deux protocoles principaux relatifs au partage
du pouvoir et un protocole militaire constituaient les
éléments les plus importants. L’accord prévoyait
l’installation d’un gouvernement de transition. En
outre, les protocoles signés antérieurement entre les
deux parties continuaient à faire partie de l’accord
final. L’organisation d’élections libres devait former
la clé de voûte du processus de démocratisation.

1o akkoord staakt het vuren van 12 juli 1992

1o l’accord de cessez-le-feu du 12 juillet 1992

2o het protocol over de rechtstaat van 18 augustus
1992

2o le protocole du 18 août 1992 relatif à l’État de
droit

3o het protocol over de verdeling van de macht van
30 oktober 1992 en 9 januari 1993

3o le protocole du 30 octobre 1992 et du 9 janvier
1993 relatif au partage du pouvoir

4o het protocol over de terugkeer van de vluchtelingen van 9 juni 1993

4o le protocole du 9 juin 1993 relatif au retour des
réfugiés

5o het protocol over de integratie van de strijdkrachten van 3 augustus 1993. In dit protocol betreffende de integratie van de strijdkrachten wordt de bijstand van een internationale macht (Force International Neutre) onder leiding van de VN gevraagd, voor
de ontwapening, de demobilisatie, de samensmelting
van de beide legers en de samenstelling van het
nieuwe leger, alsook voor de algemene veiligheid van
het land, voor de bescherming van de geëxpatrieerden
en de voortzetting van de humanitaire hulp

5o le protocole du 3 août 1993 relatif à l’intégration des forces armées. Ce protocole, qui portait sur
l’intégration des forces armées, prévoyait de faire
appel à une « Force internationale neutre » (FIN) sous
le commandement de l’ONU, laquelle aiderait à
désarmer, démobiliser et fusionner les deux armées et
à créer la nouvelle armée. Cette force contribuerait
également à assurer la sécurité générale dans le pays, à
protéger les expatriés et à poursuivre l’aide humanitaire

6o het protocol van diverse aangelegenheden van
3 augustus 1993.

6o le protocole du 3 août 1993 relatif à diverses
questions.

25 augustus 1993

25 août 1993

Een vertegenwoordiger van het RPF vraagt aan de
Belgische missie van de VN een snelle ontplooiing van
de FIN.

Un représentant du FPR demande à la mission
belge aux Nations Unies de veiller à un déploiement
rapide de la FIN.

Deze demarche sluit aan bij het gezamenlijk schrijven van de Rwandese regering en het RPF tot VNsecretaris-generaal Boutros Boutros Ghali.

Cette démarche suit la demande commune du
gouvernement rwandais et du FPR adressée au secrétaire général des Nations Unies, M. Boutros Boutros
Ghali.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 176 )

8 september 1993

8 septembre 1993

De Belgische missie bij de VN wordt informeel aangezocht om België te laten deelnemen aan de internationale strijdkrachten. De heer Cools verklaarde :
« België is het eerste aangezochte land ». (1) België
wordt voorgedragen omwille van de traditionele
banden tussen België en Rwanda, de goede Belgische
prestaties in voorgaande vredesoperaties en vooral
het feit dat zowel het RPF als de Rwandese regering
hierop hebben aangedrongen. Kolonel Engelen verklaarde hierover tijdens de zitting van 16 april : « Bij
mijn weten ging het initiatief om Belgische para’s te
sturen wel degelijk uit van de VN. Majoor Martin
heeft mij dat persoonlijk meegedeeld. Hij zei mij dat
België absolute prioriteit genoot omdat het het enige
land was waar iedereen het over eens was. Ik heb toen
meteen mijn verslag naar België gestuurd en erop aangedrongen dat generaal Charlier als eerste zou
worden verwittigd. (..) Het verzoek dat aan België
werd gericht was informeel maar toch krachtig ». (2)

La mission belge auprès des Nations Unies est invitée de manière informelle à faire participer la Belgique
à la force armée internationale. M. Cools a déclaré :
« La Belgique est le premier pays sollicité » (1). La
Belgique est pressentie pour cette mission en raison
des liens traditionnels qui existent entre elle et le
Rwanda, de ses bons résultats aux cours d’opérations
de paix antérieures et surtout parce que le FPR et le
gouvernement rwandais ont insisté pour qu’elle
prenne part à la mission de l’ONU. Le colonel Engelen a déclaré, lors de son audition du 16 avril : « À ma
connaissance, l’initiative d’envoyer des paras belges
émanait bien de l’ONU. C’est le major Martin qui
m’en a personnellement fait part en m’expliquant que
la Belgique était sollicitée, avec la priorité absolue,
parce qu’elle était le seul pays à rencontrer tous les
suffrages. L’ONU demandait 800 hommes. J’ai alors
immédiatement envoyé mon rapport en Belgique en
insistant pour que le général Charlier soit averti le
premier. (..) La demande adressée à la Belgique, bien
qu’informelle, était ferme » (2).

Tijdens de zitting van de bijzondere commissie van
5 maart 1997 verklaart de heer Leo Delcroix, gewezen
minister van Landsverdediging, gevraagd naar deze
kwestie, dat hij reeds tijdens de tweede helft van
augustus 1993 en dit via Buitenlandse Zaken op de
hoogte was van de informele vraag om deelname aan
de FIN. De VN vroegen aan België 800 man.

Lors de la réunion du 5 mars 1997 de la commission
spéciale, M. Leo Delcroix, l’ancien ministre de la
Défense, interrogé à ce sujet, déclare qu’il était
informé dès la deuxième quinzaine d’août, par le biais
des Affaires étrangères, que la Belgique avait été invitée de manière informelle à participer à la FIN. Les
Nations Unies demandaient 800 hommes.

Tijdens dezelfde zitting van de bijzondere commissie van 5 maart 1997 bevestigt de heer Dehaene de verklaring van de heer Delcroix : « Wat het contingent
voor Rwanda betreft, werden in augustus de eerste
contacten gelegd tussen de secretaris-generaal van de
VN en onze minister van Buitenlandse zaken. » (3)

M. Dehaene confirme la déclaration de
M. Delcroix au cours de la même réunion de la
commission spéciale : « En ce qui concerne le contingent envoyé au Rwanda, les premiers contacts à ce
sujet furent noués au mois d’août entre le secrétaire
général de l’ONU et notre ministre des Affaires étrangères » (3).

Naar aanleiding van het onderhoud met majoor
Martin informeerde kolonel Engelen naar de mogelijkheid van een Belgisch commando.

À la suite de son entretien avec le major Martin, le
colonel Engelen s’est informé sur la possibilité d’un
commandement belge de l’opération.

Om politieke redenen, met name om te vermijden
dat in Rwanda UNAMIR zou worden gelijkgesteld
met België, wil de Belgische regering dit uitdrukkelijk
niet vragen. Tijdens zijn ondervraging heeft stafchef
Charlier dit betreurd.

Pour des raisons politiques, entre autre pour éviter
au Rwanda que la MINUAR ne soit assimilée à la
Belgique, le Gouvernement belge ne veut explicitement pas demander le commandement. Le chef de
l’état-major a déploré cette décision lors de son audition.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Cools, BV, BCR, Senaat, 19961997, 28 februari 1997, blz. 47.
(2) Hoorzitting met kolonel Engelen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 16 april 1997, blz. 287.
(3) Hoorzittingen met de heer Delcroix, blz. 96 en Eerste
minister Dehaene, blz. 103, BV, BCR, Senaat, 1996-1997,
5 maart 1997.

(1) Audition de M. Cools, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
28 février 1997, p. 45.
(2) Audition du colonel Engelen, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, pp. 280 et 281.
(3) Auditions de M. Delcroix, p. 92 et du Premier ministre,
M. Dehaene p. 99, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997.

( 177 )

1 - 611/7 - 1997/1998

10 september 1993

10 septembre 1993

Tijdens de vergadering van de ministerraad brengt
toenmalig minister van Buitenlandse zaken Willy
Claes de regering op de hoogte van de ondertekening
van de akkoorden van Arusha. De heer Claes maakt
tevens bekend dat de VN de aanwezigheid van een
Belgisch bataljon in Rwanda wenste. België zou de
eerste component worden van de internationale troepenmacht. Aan België werd gevraagd een bataljon
van 800 man te leveren. Het debat over de vraag werd
op de agenda van 17 september geplaatst.

Willy Claes, le ministre des Affaires étrangères de
l’époque, informe le Conseil des ministres de la signature des accords d’Arusha. M. Claes communique
également que le secrétaire général souhaite la
présence d’un bataillon belge au Rwanda. On a
demandé à la Belgique de fournir un bataillon de
800 hommes. Le débat sur cette question est porté à
l’ordre du jour du Conseil des ministres du
17 septembre.

17 september 1993

17 septembre 1993

Na bespreking besluit de Ministerraad dat België
principieel kan deelnemen aan een internationale
troepenmacht voor Rwanda, maar dat de deelname
beperkt zal zijn. Het verzoek van de VN lag te hoog.
Omwille van budgettaire en politieke motieven werd
afgezien van een overwegend Belgische aanwezigheid
in Kigali. Een mogelijke deelname van België in
Rwanda maakte een verder verblijf in Somalië quasi
onmogelijk.

Après délibération, le Conseil des ministres
approuve le principe de la participation de la Belgique
à un contingent armé international pour le Rwanda,
mais décide que sa participation sera limitée.
L’effectif demandé par l’ONU est jugé trop élevé.
Pour des raisons politiques et budgétaires, le Conseil
écarte l’idée d’une présence prépondérante de la
Belgique à Kigali. Une participation éventuelle de la
Belgique au Rwanda rendait la continuation d’une
présence en Somalie pratiquement impossible.

22 september 1993

22 septembre 1993

De minister van Landsverdediging verklaart dat
België geen 800, maar slechts 200 à 300 man zal
kunnen sturen naar Rwanda.

Le ministre de la Défense déclare que la Belgique
pourra envoyer de 200 à 300 hommes seulement au
Rwanda et non 800.

24 september 1993

24 septembre 1993

Voorstelling van het rapport van de secretarisgeneraal van de VN. Hij stelt het operationeel plan
UNAMIR voor dat de verschillende fases van het vredesproces moet ondersteunen. UNOMUR zal
worden geı̈ntegreerd in UNAMIR. Het mandaat
wordt duidelijk omschreven. Het betreft een operatie
waarbij de twee partijen het vredesproces moeten
bewerkstelligen. De VN moeten alleen helpen. De
vredesmacht zal vier opdrachten krijgen :

Présentation du rapport du secrétaire général de
l’ONU. Il propose un plan opérationnel « Une
mission des Nations Unies pour l’assistance au
Rwanda » (MINUAR), qui doit soutenir les différentes étapes du processus de paix. La mission
UNOMUR sera intégrée dans la MINUAR. Le
mandat de cette dernière est défini avec précision. Il
s’agit d’une opération où les deux parties doivent
mettre en oeuvre le processus de paix. Les Nations
Unies doivent seulement les y aider. La force de paix
aura quatre missions :

— bijdragen tot de veiligheid in Kigali;

— contribuer à la sécurité à Kigali;

— toezicht op het staakt het vuren met inbegrip
van de oprichting van een gedemilitariseerde zone en
de instelling van demobilisatieprocedures;

— surveiller le cessez-le-feu, y compris la création
d’une zone démilitarisée et l’adoption de procédures
de démobilisation;

— toezicht over de veiligheidstoestand tot aan de
verkiezingen;

— surveiller l’état de sécurité jusqu’aux élections;

— ontmijning.
In de resolutie die zal worden bekrachtigd door de
Veiligheidsraad wordt gezegd dat de VN slechts moet
bijdragen tot de veiligheid en de ontwapening, toe-

— déminer.
La résolution qui sera ratifiée par le Conseil de
sécurité prévoit que l’ONU doit uniquement contribuer à la sécurité et au désarmement, surveiller

1 - 611/7 - 1997/1998

( 178 )

zien op het staakt het vuren, onderzoek naar het niet
toepassen van het protocol, toezicht houden op de
terugkeer van de vluchtelingen, de humanitaire hulp
coördineren en rapporteren over incidenten. Het
mandaat moet uiterlijk in december 1995 afgelopen
zijn. Op het einde van de tweede fase — tot 90 dagen
na de vorming van een regering — zou UNAMIR
2 548 man sterk zijn. Aan het einde van de demobilisatie en de integratie van de legers zou het aantal
UNAMIR — troepen ten hoogste 1 240 man bedragen.

l’application du cessez-le-feu, enquêter sur la nonapplication du protocole, surveiller le retour des réfugiés, coordonner l’aide humanitaire et rapporter les
incidents. Le mandat doit prendre fin au plus tard en
décembre 1995. À la fin de la deuxième phase — c’està-dire 90 jours après la formation d’un gouvernement —, la MINUAR devrait compter un effectif de
2 548 hommes. À la fin de la démobilisation et de la
fusion des armées, cet effectif devrait s’élever tout au
plus à 1 240 hommes.

29 september 1993

29 septembre 1993

Brief van minister van Buitenlandse zaken Willy
Claes aan Warren Christopher, toenmalig minister
van Buitenlandse Zaken van de Verenigde Staten,
waarin hij aandringt op een snelle ontplooiing van
een internationale troepenmacht voor Rwanda.

Lettre du ministre des Affaires étrangères Willy
Claes à Warren Christopher, le ministre des Affaires
étrangères des États-Unis à l’époque, dans laquelle il
plaide avec insistance pour un déploiement rapide
d’une force internationale au Rwanda.

4 oktober 1993

4 octobre 1993

Tijdens een bezoek in ons land spreekt president
Habyarimana de wens uit dat de VN-blauwhelmen zo
spoedig mogelijk naar zijn land zouden komen.

Lors d’une visite dans notre pays, le président
Habyarimana exprime le souhait de voir des Casques
bleus de l’ONU arriver le plus rapidement possible
dans son pays.

Op een persconferentie verklaart hij dat minister
van Landsverdediging Leo Delcroix hem nog niets
heeft gezegd over het aantal manschappen dat België
beschikbaar wil stellen voor de vredeshandhaving.

Le président déclare lors d’une conférence de presse
que le ministre de la Défense Leo Delcroix ne lui a
encore rien dit sur l’effectif que la Belgique compte
affecter à la force de maintien de la paix.

5 oktober 1993

5 octobre 1993

De VN-Veiligheidsraad beslist tot de oprichting
van UNAMIR (resolutie 872). De Veiligheidsraad
beslist 2 600 manschappen te sturen naar Rwanda.

Le Conseil de sécurité de l’ONU décide de créer la
MINUAR (résolution 872). Il décide d’envoyer
2 600 hommes au Rwanda.

8 oktober 1993

8 octobre 1993

Tijdens de Ministerraad wordt beslist Belgische
troepen te leveren voor de UNAMIR-Operatie. Deze
beslissing wordt via de missie in New York op informele wijze meegedeeld aan het VN-secretariaat. De
mededeling aan New York is vooral bedoeld om een
formele vraag tot deelname te krijgen.

Le Conseil des ministres décide de fournir des troupes belges pour l’opération MINUAR. Cette décision
est communiquée de manière informelle au secrétariat
de l’ONU par le biais de la mission belge à New York.
La communication à New York vise surtout à obtenir
une demande formelle de participation de la Belgique.

Op 8 oktober werd tevens beslist een verkenningsmissie naar Rwanda te sturen. Deze beslissing wordt
door de Ministerraad van 19 november bevestigd (1). In de notulen van de Ministerraad van
8 oktober 1993 lezen we : « De Raad hecht zijn goed-

Il est également décidé le 8 octobre d’envoyer une
mission de reconnaissance au Rwanda. Cette décision
est confirmée par le Conseil des ministres du 19 novembre (1). On peut lire dans le procès-verbal du
Conseil des ministres du 8 octobre 1993 que « le

——————

——————

(1) Hoorzitting met Eerste minister Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 103.

(1) Audition du Premier ministre, M. Dehaene, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 99.

( 179 )

1 - 611/7 - 1997/1998

keuring aan het sturen van een verkenningsmissie ». (1)

Conseil marque son accord sur l’envoi d’une mission
de reconnaissance » (1).

14 oktober 1993

14 octobre 1993

België krijgt een formeel verzoek tot deelname van
de VN. De Verenigde Naties vragen 1 bataljon, dit
zijn 800 manschappen (2). De Belgische militairen
zullen in Kigali geplaatst worden (3).

L’ONU adresse à la Belgique une demande
formelle de participation. Les Nations Unies demandent 1 bataillon, soit 800 hommes (2). Les militaires
belges seront déployés à Kigali (3).

15 oktober 1993

15 octobre 1993

Luitenant-generaal Charlier verwelkomt de beslissing deel te nemen aan de operatie in Rwanda. In diezelfde nota aan de minister van Landsverdediging
suggereert luitenant-generaal Charlier dat de Belgische deelname aan de internationale vredesmacht
voor Rwanda een argument biedt om te weerstaan
aan de vraag tot verlenging van de Belgische aanwezigheid in Somalië (4).

Dans une note au ministre de la Défense, le lieutenant-général Charlier trouve bienvenue la décision de
participer à l’opération au Rwanda. Dans la même
note, il suggère que la participation à la force internationale au Rwanda offre un argument pour rejeter la
demande d’une prolongation de la présence belge en
Somalie (4).

21 oktober 1993

21 octobre 1993

In een dossier van de Generale Staf aan de minister
van Landsverdediging wordt geadviseerd positief te
antwoorden op de vraag van de VN om in het kader
van de VN-operatie 800 man te sturen naar Rwanda.
Als bijlage bij de nota wordt de kostprijs voor een
operatie gepresenteerd waaraan 600 man zouden
deelnemen.

Dans un dossier que l’état-major général a remis au
ministre de la Défense, l’on recommande de répondre
favorablement à la demande de l’ONU relative à
l’envoi de 800 hommes au Rwanda dans le cadre de
l’opération de l’ONU. La note est accompagnée d’une
annexe où figure le coût d’une opération basée sur un
effectif de 600 hommes.

——————

——————

(1) De notificatie van de Ministerraad van 8 oktober 1993 en
de notificatie van de vergadering van 19 november werden door
Eerste minister Dehaene aan de parlementaire commissie overgemaakt op 25 juni 1997. De ad-hocgroep Rwanda beschikte over
geen enkel document van de vergaderingen van de ministerraad
uit de periode augustus – november 1993. Op vraag van een
commissielid of de beslissingen inzake Rwanda mondeling
werden genomen antwoordde eerste minister Dehaene tijdens de
zitting van 5 maart 1997 dat de besprekingen gebeurden op basis
van een mondeling verslag van de ministers. (Hoorzitting met
eerste minister Dehaene, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 5 maart
1997, blz. 104).
(2) Hoorzitting met de heer Cools, BV, BCR, Senaat, 28
februari 1997, 1996-1997, blz. 52.
(3) In een telegram van 5 november werd een lijst van landen
meegedeeld die – naast België — in aanmerking kwamen voor
deelname. Het ging om Bangladesh, Egypte, Ghana, Malawi,
Tunesië, Uruguay, Togo en Canada. (Hoorzittingen met de
heren Cools en Brouhns, BV, BCR, Senaat, 1996-1997,
28 februari 1997, blz. 52 en 53).

(1) Le Premier ministre Dehaene a remis la notification du
Conseil des ministres du 8 octobre 1993 et la notification de la
réunion du 19 novembre à la commission parlementaire le
25 juin 1997. Le groupe ad hoc ne disposait d’aucun document
relatif aux réunions du Conseil des ministres pour la période
août-novembre 1993. À la question d’un commissaire, qui voulait savoir si les décisions relatives au Rwanda avaient été prises
sur une base orale, M. Dehaene a répondu lors de la réunion du
5 mars 1997 que les délibérations avaient eu lieu sur la base d’un
rapport oral des ministres (Audition de M. Dehaene, CRA,
CSR, Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 100).

(4) Tijdens de zitting van 5 maart 1997 heeft eerste minister
Dehaene tijdens zijn ondervraging over de elementen die een rol
hebben gespeeld tijdens het beslissingsproces bevestigd dat aan
het verblijf in Somalië een einde moest worden gesteld : « Wij
vonden ook dat wij het verzoek van de VN niet konden inwilligen zolang die op ons druk bleef uitoefenen om in Somalië te
blijven, hoewel was afgesproken dat ons verblijf niet langer dan
een jaar zou duren. » (Hoorzitting met eerste minister Dehaene,
BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 103).

(2) Audition de M. Cools, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 28
février 1997, p. 52.
(3) Dans un télégramme daté du 5 novembre, communication a été faite d’une liste des pays qui — outre la Belgique —
entraient en ligne de compte pour une participation. Il s’agissait
du Bangladesh, de l’Égypte, du Ghana, du Malawi, de la Tunisie, de l’Uruguay, du Togo et du Canada (Auditions de
MM. Cools et Brouhns, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 28 février
1997, pp. 50-51).
(4) Lors de la réunion du 5 mars 1997, le Premier ministre,
M. Dehaene, a confirmé, lors de son audition sur les éléments
qui ont joué un rôle dans le processus décisionnel, qu’il y avait
lieu de mettre fin à la présence en Somalie: « Nous estimions
d’autre part qu’il n’était pas possible de répondre favorablement
à la demande des Nations Unies tant qu’elles continuaient à faire
pression pour que nous restions en Somalie, alors qu’il avait été
convenu que notre intervention ne durerait qu’un an » (Audition
de M. Dehaene, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997,
p. 99).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 180 )

25 oktober 1993

25 octobre 1993

De verkenningsmissie (Recce UNAMIR) vertrekt
naar Rwanda. Kolonel Flament had de leiding over
een detachement van 25 man, waaronder 20 paracommando’s.

La mission de reconnaissance (Recce MINUAR)
part pour le Rwanda. Le colonel Flament commandait un détachement de 25 hommes, dont 20 paracommandos.

31 oktober 1993

31 octobre 1993

Einde van de verkenningsopdracht in Rwanda. Het
verslag van deze verkenningsopdracht (datum
2 november 1993) wordt, samen met een brief van
generaal Dallaire van 31 oktober 1993, waarin deze
aandringt op een snelle ontplooiing van het contingent, op 10 november 1993 overgemaakt aan de
minister van Landsverdediging. In een bericht aan de
minister zal luitenant-generaal Charlier op 10 november kritische bedenkingen formuleren over de voorbereiding van de Belgische blauwhelmen.

Fin de la mission de reconnaissance au Rwanda. Le
rapport de cette mission (daté du 2 novembre 1993)
est remis, ensemble avec une lettre du général Dallaire
du 31 octobre 1993, dans laquelle il insiste pour un
déployement rapide du contingent, au ministre de la
Défense nationale le 10 novembre 1993. Dans un
message qu’il adressera au ministre le 10 novembre, le
lieutenant-général Charlier émet des réflexions critiques quant à la préparation des Casques bleus belges.

Het bericht was zeer specifiek en roerde zaken aan
(procedures, bevel, bewapening) die later op het
terrein tot groeiende moeilijkheden zal leiden.

Le message était très spécifique et portait sur des
points (procédures, commandement, armement) qui,
par la suite, allaient causer des difficultés croissantes
sur le terrain.

3 november 1993

3 novembre 1993

De minister van Landsverdediging Leo Delcroix
ontvangt een nota van stafchef Charlier. De stafchef
pleit in zijn nota voor het sturen van 600 manschappen. (1) « En conclusion, j’estime que le contingent
que la Belgique enverra au Rwanda, sous le couvert
de la MINUAR doit etre fort d’au moins 600 hommes. » (2) Dit voorstel van de legerleiding steunde op
het verslag dat was uitgebracht door de Belgische verkenningseenheid naar Rwanda.

Le ministre de la Défense Leo Delcroix reçoit une
note émanant du lieutenant-général Charlier, chef de
l’état-major. Dans sa note, celui-ci plaide pour un
effectif de 600 hommes (1). « En conclusion j’estime
que le contingent que la Belgique enverra au Rwanda,
sous le couvert de la MINUAR, doit être fort d’au
moins 600 hommes ... » (2). Cette proposition du
commandement de l’armée était fondée sur le rapport
de l’unité de reconnaissance belge au Rwanda.

8 november 1993

8 novembre 1993

Op de ministerraad van 8 novenber 1993 wordt
beslist een speciale vergadering van het kernkabinet
samen te roepen op 10 november (3).

Le Conseil des ministres tenu le 8 novembre 1993
décide de convoquer le cabinet restreint en réunion
spéciale pour le 10 novembre (3).

——————

——————

(1) Tijdens zijn ondervraging op 28 maart 1997 verklaart
luitenant-generaal Charlier voor de commissie dat hij aan de
minister had medegedeeld dat hij de verantwoordelijkheid van
de operationele haalbaarheid van die zending niet op zich wou
nemen als er minder dan 450 man zou zijn. (Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 28 maart
1997, blz. 275).
(2) Brief van 3 november 1993 van luitenant-generaal Charlier aan de minister van Landsverdediging, blz. 2.
(3) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 5 maart 1997, blz. 84.

(1) Au cours de son audition le 28 mars 1997, le lieutenantgénéral Charlier a déclaré devant la commission qu’il avait fait
savoir au ministre qu’il ne prenait pas la responsabilité opérationnelle de cette mission avec moins de 450 hommes. (Audition
du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
28 mars 1997, p. 269).
(2) Lettre du 3 novembre 1993 du lieutenant-général
Charlier au ministre de la Défense, p. 2.
(3) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 80.

( 181 )

1 - 611/7 - 1997/1998

10 november 1993

10 novembre 1993

Het kernkabinet van 10 november beslist bereid te
zijn tot het sturen van 2 compagnies van 150 man met
daarbij de nodige steunelementen en de staf. In de
nota van de heer Delcroix aan de heer Eerste minister
Jean-Luc Dehaene formuleert de gewezen minister
van Landsverdediging zijn voorstel als volgt :

Lors de sa réunion spéciale du 10 novembre, le
cabinet restreint se déclare disposé à envoyer deux
compagnies de 150 hommes ainsi que les éléments
d’appui nécessaires et le personnel d’état-major. Dans
sa note au Premier ministre Jean-Luc Dehaene,
M. Delcroix, ancien ministre de la Défense, formule
sa proposition de la manière suivante :

— uitsturen van twee compagnies;

— envoi de deux compagnies;

— met bijkomende steun van 50 à 70 man logistieke ondersteuning (40 staf, 15 in Djibouti en 15 in
Kenia);

— avec 50 à 70 hommes pour l’appui logistique
(état-major 40, 15 à Djibouti et 15 au Kenya);

— de 2 compagnies op kosten van landsverdediging en de rest op het budget van Ontwikkelingssamenwerking;

— les deux compagnies à charge du budget de la
Défense et le reste à charge du budget de la Coopération au développement;

— België vraagt de centrum — zone alsook de
Quick Reaction Force (QRF);

— la Belgique revendique la zone du centre ainsi
que la Quick Reaction Force (QRF);

— kostprijs per man van 2,6 miljoen frank per jaar
(realistische schatting).

— le coût par personne est de 2,6 millions de
francs par an (coût réaliste).

Uit de conclusies die door de Eerste minister indertijd werden geformuleerd naar aanleiding van het
voorstel onthouden we de :

Nous retenons les éléments suivants des conclusions qui ont été formulées à l’époque par le Premier
ministre à la suite de cette proposition :

— onmogelijkheid in te gaan op het voorstel van
de legerstaf en dit zowel voor politieke als voor financiële redenen;

— impossibilité, pour des raisons tant politiques
que financières, d’accéder à la proposition de l’étatmajor de l’armée;

— bereidheid met betrekking tot het operationeel
voorstel van het uitsturen van 300 man + 70 man;

— en ce qui concerne la proposition opérationnelle, le cabinet est disposé à envoyer 300 hommes +
70 hommes;

— nodige contacten worden genomen door de
heren Claes en Delcroix met Oostenrijk om een bijdrage van dat land te bekomen;

— M. Claes et M. Delcroix établissent les contacts
nécessaires avec l’Autriche en vue d’obtenir une
contribution de ce pays;

— budgettaire aspecten;

— aspects budgétaires;

— beslissing wordt zo mogelijk als A — punt op
volgende ministerraad gezet;

— dans la mesure du possible, la décision sera
mise en tête de l’ordre du jour du prochain Conseil
des ministres;

— indien staf voor een of andere reden niet zou
akkoord gaan met huidig voorstel, dan zou afgezien
worden van deelname aan deze VN-operatie;

— si, pour une raison quelconque, l’état-major ne
devait pas approuver la présente proposition, on
renoncerait à participer à cette opération de l’ONU;

— te sterke Belgische aanwezigheid in deze operatie zou politiek fout zijn. (1)

— une présence trop forte de la Belgique dans cette
opération constituerait une erreur politique (1).

12 november 1993

12 novembre 1993

In een nota aan de minister van Landsverdediging
tekent luitenant-generaal Charlier protest aan tegen

Dans une note au ministre de la Défense, le lieutenant-général Charlier proteste contre l’intention du

——————

——————

(1) Het voorstel van de heer Delcroix en de conclusies van
de premier van 10 november 1993 werden door eerste minister
Dehaene overgemaakt aan de onderzoekscommissie op 25 juni
1997.

(1) M. Dehaene a remis, le 25 juin 1997, la proposition de
M. Delcroix ainsi que les conclusions du Premier ministre du
10 novembre 1993 à la commission d’enquête.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 182 )

het voornemen van de regering om slechts twee
compagnies met twee pelotons, hetzij 370 man te sturen. « Il s’agit inalement de la sécurité des soldats que
nous enverrons là-bas, je me refuse de cautionner la
faisabilité militaire de cette solution. » (1)

Gouvernement de n’envoyer que deux compagnies à
deux pelotons, soit 370 hommes. « Il s’agit finalement
de la sécurité des soldats que nous enverrons là-bas, je
me refuse de cautionner la faisabilité militaire de cette
solution » (1).

17 november 1993

17 novembre 1993

Vanuit JS te Evere werd een fax gestuurd naar het
ministerie van Landsverdediging, ter attentie van de
minister Leo Delcroix. In deze fax stond een voorstel
van mededeling van de minister voor de Ministerraad
van 19 november waaruit blijkt dat JS akkoord gaat
met het aantal van 450 militairen.

De JS, à Evere, un fax a été envoyé au Ministère de
la Défense nationale, à l’attention du ministre Léo
Delcroix. Dans ce fax, une proposition de communication, par laquelle JS marquait son accord sur le chiffre de 450 militaires, était soumise au ministre pour le
Conseil des ministres du 19 novembre.

19 november 1993

19 novembre 1993

De regering beslist uiteindelijk om 370 manschappen te sturen met de mogelijkheid om, indien de veiligheid van de troepen het zou vereisen, het aantal op
te trekken tot 450. In het verslag van de Ministerraad
van 19 november 1993 lezen we dat de Raad zijn
goedkeuring hecht aan :

Le Gouvernement décide en définitive d’envoyer
370 hommes en se réservant la possibilité de porter
l’effectif à 450 au cas où la sécurité des troupes
l’exigerait. Nous lisons dans le compte rendu de la
réunion du Conseil des ministres du 19 novembre
1993 que celui-ci a approuvé les points suivants :

— de deelname van een detachement van 370 militairen aan de operatie UNAMIR voor een termijn van
één jaar;

— participation, pour une durée d’un an, d’un
détachement de 370 militaires à l’opération
MINUAR;

— het opdrijven van de getalsterkte van het detachement tot een maximum van 450 militairen, mocht
dit voor veiligheid van het personeel onontbeerlijk
blijken;

— augmentation de l’effectif du détachement à
450 militaires au maximum si cela devait s’avérer
indispensable pour la sécurité du personnel;

— de onderwerping van het personeel van de
operatie UNAMIR aan een statuut gelijkaardig aan
dat van toepassing op het personeel van de operaties
UNPROFOR en UNOSOM, en dit in afwachting van
het inwerkingtreden van de nieuwe statutaire bepalingen terzake.

— dans l’attente de l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions statutaires en la matière, le personnel
de l’opération MINUAR est soumis à un statut similaire à celui qui s’applique au personnel des opérations UNPROFOR et UNOSOM.

De budgettaire aspecten van deze operatie worden
gedragen door :

Les aspects budgétaires de cette opération sont
assumés par :

— ontwikkelingssamenwerking zal 200 miljoen
frank op de thesaurierekening « Humanitaire operaties » van landsverdediging storten;

— la Coopération au développement versera un
montant de 200 millions de francs sur le compte
« Opérations humanitaires » de la Défense nationale;

— het bedrag dat de de VN zal worden terugbetaald zal eveneens op de thesaurierekening worden
gestort;

— les sommes qui seront remboursées par l’ONU
seront également versées sur ce compte;

——————

——————

(1) Verslag van de ad hocgroep Rwanda aan de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden, 7 januari 1997, blz. 110.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda à la Commission des
Affaires étrangères, 7 janvier 1997, p. 110.

( 183 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— het saldo van de kostprijs van de operatie zal
worden gedekt binnen de enveloppe van 98 miljard
frank van de begroting van landsverdediging 1994,
zoals tot nu toe besliste operatie UNPROFOR in het
voormalige Joegoslavië. (1)

— le solde du coût de l’opération sera financé dans
le cadre de l’enveloppe de 98 milliards de francs du
budget de la Défense nationale pour 1994, comme
cela a été le cas jusqu’ici pour l’opération UNPROFOR en ex-Yougoslavie (1).

In een mededeling aan de pers bevestigt de regering
en de minister van Landsverdediging de Belgische
deelname aan de vredeshandhavingsoperatie in
Rwanda. De regering maakt tevens bekend dat de
eerste elementen van het detachement UNAMIR op
18 november — de dag voor de beslissing — reeds
vertrokken zijn aan boord van vijf C 130. (2)

Dans une communication faite à la presse, le
Gouvernement et le ministre de la Défense nationale
confirment que la Belgique participera à l’opération
de maintien de la paix au Rwanda. Et le Gouvernement d’ajouter que les premiers éléments du détachement pour la MINUAR sont déjà partis à bord de cinq
C-130 le 18 novembre, c’est-à-dire le jour avant que la
décision ne soit prise (2).

3.2.2. Op politiek vlak

3.2.2. Sur le plan politique

Tijdens haar vergaderingen heeft de commissie bijzondere aandacht besteed aan de politieke gebeurtenissen die al dan niet een rol hebben gespeeld in het
besluitvormingsproces van de Belgische regering.
Naast een overzicht van de besluitvorming achtte de
commissie het evenzeer opportuun een opsomming te
geven en een analyse te maken van de maatschappelijke, politieke en historische motieven en argumenten waarmee de regering rekening had gehouden.

Au cours de ses réunions, la commission a accordé
une attention particulière aux éléments politiques qui
avaient ou non joué un rôle dans le processus décisionnel du Gouvernement belge. Outre l’aperçu des
différentes phases de la prise de décision, la commission a estimé qu’il était tout aussi opportun
d’énumérer et d’analyser les motifs et arguments
sociaux, politiques et historiques dont le gouvernement avait tenu compte.

De politieke betrokkenheid van België in Rwanda
sinds 1916 en de banden die als gevolg van een historische ontwikkeling tussen de opeenvolgende regeringen van beide staten bestonden, ook tijdens de postkoloniale periode, verklaren dat de bilaterale betrekkingen met Rwanda gevoelig lagen. Het Belgische
verleden in het vroegere mandaatgebied, het feit dat
Rwanda voor tal van Belgen een tweede vaderland
was geworden, de Belgische houding die de crisis van
1990 voorafging, de steun aan de akkoorden van
Arusha of het bezoek van president Juvénal Habyarimana aan België in oktober 1993 zijn stuk voor stuk
factoren die waarschijnlijk een rol gespeeld hebben
aan de onderhandelingstafel van de Ministerraad. De
commissie wenste in de hoorzittingen dan ook
voldoende aandacht te schenken aan deze elementen.

L’engagement politique de la Belgique au Rwanda
depuis 1916 et les liens résultant d’une évolution
historique entre les gouvernements successifs des
deux États, y compris au cours de la période postcoloniale, expliquent que les relations bilatérales avec
le Rwanda étaient sensibles. Le passé belge dans son
territoire sous mandat, le fait que pour nombre de
Belges, le Rwanda était devenu une seconde patrie, la
position belge lors de la crise de 1990, le soutien aux
accords d’Arusha ou la visite du président Juvénal
Habyarimana en Belgique en octobre 1993 sont
autant de facteurs qui ont vraisemblablement joué un
rôle à la table des négociations du Conseil des ministres. La commission tenait dès lors à accorder suffisamment d’attention à ces éléments au cours des auditions.

De commissie heeft evenwel vastgesteld dat de
volgende elementen een aanzienlijke rol hebben
gespeeld in de Belgische beslissing om aan de
UNAMIR deel te nemen.

La commission a cependant constaté que les
éléments suivants ont joué un rôle important dans la
décision belge de participer à la MINUAR.

——————

——————

(1) De notulen van de Ministerraad, punt 21 van de minister
van Landsverdediging betreffende Rwanda — UNAMIR
93A05330. 085 daterend van 19 november 1993 werden door de
eerste minister aan de onderzoekscommissie overgemaakt op
25 juni 1997. De ad hocgroep Rwanda, die op basis van de
beschikbare documenten onderzoek verrichte naar de gebeurtenissen in Rwanda tussen november 1993 tot april 1994 kreeg
voordien geen inzage in dit document.
(2) Zie document Ministerraad, 19 november 1993, Mededeling.

(1) Le 25 juin 1997, le Premier ministre a remis à la commission d’enquête les procès-verbaux du Conseil des ministres,
point 21 du ministre de la Défense nationale concernant le
Rwanda - MINUAR 93A05330.085, du 19 novembre 1993. Le
groupe ad hoc Rwanda, qui a mené, sur la base des documents
disponibles, une enquête sur les événements qui se sont déroulés
au Rwanda du mois de novembre 1993 au mois d’avril 1994,
n’avait pas pu consulter ce document.
(2) Voir document du Conseil des ministres, 19 novembre
1993, communication.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 184 )

3.2.2.1. De invloed van het koloniale verleden van
België op de deelname aan UNAMIR

3.2.2.1. L’incidence du passé colonial de la Belgique sur la participation à la MINUAR

De VN-raad week af van een ongeschreven regel
door Belgische Blauwhelmen naar Rwanda te sturen.
Die regel houdt in dat er in een vredesmacht geen troepen worden opgenomen van buurlanden of van
landen met bijzondere betrokkenheid bij het land of
gebied waar de vredesmacht komt. Dat betekent
bijvoorbeeld geen blauwhelmen van een land dat
territoriale aanspraken zou kunnen hebben op het
peace keeping-gebied of van een gewezen bezettende
of koloniale mogendheid.

Le Conseil de l’ONU a dérogé à une règle non écrite
en envoyant au Rwanda des Casques bleus belges.
Cette règle prévoit que l’on n’incorpore pas dans une
force de maintien de la paix des troupes provenant de
pays voisins ou de pays spécialement impliqués dans
le pays ou le territoire de destination de la force de
maintien de la paix. Cela signifie par exemple que les
Casques bleus ne proviendront pas d’un pays susceptible de faire valoir des prétentions territoriales sur le
territoire soumis à une opération de « peace-keeping »
ou d’une ancienne puissance occupante ou coloniale.

De regering was zich bewust van dit probleem.
Eerste minister Dehaene aan de Senaat op 22 april
1994 : « Op het ogenblik van de besluitvorming werd
ook binnen de regering de vraag gesteld of het wel
opportuun was dat België zou deelnemen aan een
VN-operatie in een land waarmee het vroeger een
koloniale relatie heeft gehad. »

Le Gouvernement était conscient de ce problème.
Le Premier ministre Dehaene l’a dit au Sénat, le
22 avril 1994 : « Au moment de prendre la décision, on
s’est également demandé, au sein du Gouvernement,
s’il était opportun que la Belgique participe à une
opération de l’ONU dans un pays avec lequel elle a eu
précédemment des rapports coloniaux. »

De regering motiveerde ook haar oorspronkelijke
idee om slechts 200 soldaten (i.p.v. de gevraagde 800)
te leveren met het argument dat zulks niet gezond zou
zijn, gezien « de banden van heden en verleden ».
Minister Delcroix aan de Belgische Senaat op
23 september 1993 : « Nous avons cependant demandé aux Nations Unies d’être chargés d’une tâche
de moindre importance que celle qui nous était initialement assignée. Plus de la moitié de l’intervention
devait en effet être assurée par la Belgique. Nous
devons considérer nos relations passées et présentes
avec ce pays. »

Le Gouvernement a également motivé son idée
initiale de ne fournir que 200 soldats (au lieu des
800 demandés) en arguant du fait que ce serait
malsain, compte tenu « des liens actuels et passés ».
Voici ce que dit le ministre Delcroix au Sénat de Belgique, le 23 septembre 1993 : « Nous avons cependant
demandé aux Nations Unies d’être chargés d’une
tâche de moindre importance que celle qui nous était
initialement assignée. Plus de la moitié de l’intervention devait en effet être assurée par la Belgique.
Nous devons considérer nos relations passées et
présentes avec ce pays. »

Op 27 april 1994 legde ook minister Claes voor de
commissie Buitenlandse Aangelegenheden van de
Kamer uit in welke mate deze kwestie een overweging
was bij het sturen van troepen naar Rwanda, in het
bijzonder bij de beslissing om « slechts » 450 man te
sturen : « Tout d’abord, nous estimions qu’il fallait
garder une certaine prudence dans une région où nous
avons joué un rôle pendant plusieurs décennies.
Deuxièmement, conformément à une règle de l’ONU,
il faut éviter, tant que faire se peut, d’intégrer des
troupes des pays donateurs qui ont joué un rôle historique ou qui sont considérés comme voisins. »

Le 27 avril 1994, le ministre Claes expliqua également devant la Commission des Affaires étrangères de
la Chambre que cette question avait été prise en considération dans le cadre de l’envoi de troupes au
Rwanda, et en particulier de la décision de n’envoyer
« que » 450 hommes : « Tout d’abord, nous estimions
qu’il fallait garder une certaine prudence dans une
région où nous avons joué un rôle pendant plusieurs
décennies. Deuxièmement, conformément à une règle
de l’ONU, il faut éviter, tant que faire se peut,
d’intégrer des troupes des pays donateurs qui ont joué
un rôle historique ou qui sont considérés comme
voisins. »

Net zoals professor Suy voor de commissie op
11 maart 1997, meldt minister Claes wel dat de VN
nog vóór UNAMIR van deze regel was beginnen afwijken : « Vous avez constaté comme moi que, depuis
quatre ou cinq ans, l’ONU ne parvient plus à respecter cette règle à cause du manque de candidats prêts à
fournir les troupes. »

Tout comme le professeur Suy devant la commission le 11 mars 1997, le ministre Claes annonça que
l’ONU avait commencé à déroger à cette règle avant
même de constituer la MINUAR : « Vous avez constaté comme moi que, depuis quatre ou cinq ans,
l’ONU ne parvient plus à respecter cette règle à cause
du manque de candidats prêts à fournir les troupes. »

Dit gebrek aan donorlanden heeft de VN er
waarschijnlijk toe gebracht de oude regel ook niet
meer toe te passen op België wat UNAMIR betrof.

Ce manque de pays donateurs a sans doute amené
l’ONU en ce qui concerne la MINUAR à ne plus
appliquer l’ancienne règle à la Belgique.

( 185 )

3.2.2.2. De beslissingen van oktober 1990

1 - 611/7 - 1997/1998

3.2.2.2. Les décisions d’octobre 1990

In de herfst van 1990 heeft de Rwandese problematiek aanleiding gegeven tot belangrijke discussies
binnen de Belgische regering. Op 1 oktober 1990 was
een groep gewapende Tutsi- rebellen vanuit Oeganda
Rwanda binnengevallen. Enkele honderden Rwandese burgers zochten aansluiting bij de oprukkende
milities. Op 3 oktober was het RFP genaderd tot op
60 kilometer van de hoofdstad Kigali. Hoewel de
invasie algemeen beschouwd werd als een poging van
uitgeweken Tutsi’s om weer aan de macht te komen,
hield het RFP vol dat het een edeler doel nastreefde.
Het presenteerde zich als een alternatief voor het heersende regime in Kigali, dat beschuldigd werd van
corruptie, nepotisme en grove schendingen van de
mensenrechten. Op 4 oktober stopte hun opmars aan
de rand van de hoofdstad. Al spoedig werden in
Kigali de eerste vuurgevechten geleverd.

À l’automne de 1990, la problématique rwandaise a
fait l’objet d’importantes discussions au sein du
Gouvernement belge. Le 1er octobre 1990, des rebelles armés tutsis avaient fait irruption au Rwanda à
partir de l’Ouganda. Plusieurs centaines de citoyens
rwandais avaient cherché à rejoindre les milices dans
leur progression. Le 3 octobre, le FPR n’était plus
éloigné que de 60 kilomètres de la capitale Kigali. Bien
que l’invasion fût généralement considérée comme
une tentative de Tutsis exilés de reprendre le pouvoir,
le FPR affirma poursuivre un objectif plus noble. Il se
présenta comme une alternative de rechange au
régime en place à Kigali, qui était accusé de corruption, de népotisme et de violations graves des droits de
l’homme. Le 4 octobre, ils arrêtèrent leur progression
à l’entrée de la capitale. Très vite, les premières fusillades se firent entendre à Kigali.

De Belgische regering werd verrast door het probleem op dat moment. Tot dan « vormde Rwanda
geen enkel probleem voor België » verklaarde eerste
minister Martens voor de commissie. Rwanda werd
« beschouwd als een politiek stabiel land op een positieve en efficiënte manier evoluerend richting democratie » (1).

Le Gouvernement belge fut saisi du problème à ce
moment. Jusque là, selon la déclaration du Premier
ministre Martens devant la commission, « le Rwanda
ne constituait pas un problème pour la Belgique ». Il
était « considéré comme un pays politiquement stable
et en cours d’évolution positive et efficiente vers la
démocratie » (1).

In het debat dat destijds binnen de regering gevoerd
werd over het eventuele optreden van België in
Rwanda, kwamen de volgende elementen aan bod:

Plusieurs éléments intervenaient dans le débat qui
se noua à l’époque quant à l’éventuelle intervention
de la Belgique au Rwanda :

— op 3 oktober werd de Rwandese president door
Koning Boudewijn en de eerste minister ontvangen.
President Habyarimana vroeg militaire steun en troepen om hulp te bieden aan zijn regering. « Op
5 oktober werd beslist om 500 para’s naar Kigali te
sturen. Zij hadden als doel de 1 600 Belgen te beschermen en eventueel te evacueren. De bedoeling was dat
de para’s zouden postvatten op het vliegveld van
Kigali. Ook werd er beslist de reeds voordien bij FN
bestelde munitie aan Rwanda te leveren. Wij stelden
een vliegtuig ter beschikking om deze munitie te leveren. » (2)

— le 3 octobre, le président rwandais Habyarimana fut reçu par le Roi Baudouin et le Premier ministre. Il demanda un appui militaire et des troupes
pour venir en aide à son gouvernement. « Le 5 octobre, on décida d’envoyer 500 paras à Kigali. Ils
avaient pour mission de protéger les 1 600 Belges et de
procéder éventuellement à leur évacuation. Leur
objectif était d’occuper l’aéroport de Kigali. On
décida également de livrer au Rwanda les munitions
commandées auparavant à la FN. Nous avons fourni
un avion pour livrer ces munitions » (2);

— de aanwezigheid van 1 600 Belgen die eventueel geëvacueerd zouden moeten worden.

— la présence de 1 600 Belges qui risquaient de
devoir être évacués;

— « de historisch nauwe banden van ons land en
het probleem van de vluchtelingen » (3);

— « les liens historiques étroits de notre pays et le
problème des réfugiés » (3);

— talrijke klachten over de schendingen van de
mensenrechten.

— de multiples dénonciations de violations des
droits de l’homme.

Een daarmee samenhangende kwestie lokte in het
Parlement een groot debat uit: een journalist maakte
een brief van de Koning aan de eerste minister bekend

Une question annexe provoqua un débat important
au Parlement; une lettre du Roi au Premier ministre,
lui demandant de donner un soutien explicite au

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Martens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 37.
(2) Hoorzitting met de heer Martens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 37.
(3) Ibidem.

(1) Audition de M. Martens, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 février 1997, p. 37.
(2) Ibidem, p. 37.
(3) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 186 )

waarin hij hem vroeg uitdrukkelijke steun te verlenen
aan de regering-Habyarimana. De commissie heeft
niet kunnen ontdekken waar de bron lag van dit lek,
dat de kroon ontbloot had.

gouvernement Habyarimana fut dévoilée au public
par un journaliste. La commission n’a pas pu découvrir quelle était la source de cette fuite qui avait
découvert la couronne.

Gevraagd naar deze kwestie antwoordde minister
van Staat Wilfried Martens : « Ik wens niets te zeggen
over de manier waarop de Koning is tussengekomen.
De Koning heeft het recht om te waarschuwen maar
geniet voor het overige een absolute onschendbaarheid. Op het kernkabinet heb ik een brief van de
Koning voorgelezen met diens uitdrukkelijk
akkoord. » (1)

À ce sujet M. Wilfried Martens a répondu : « Je ne
souhaite pas m’exprimer sur la façon dont le Roi est
intervenu. Le Roi a le droit de mettre en garde, mais
bénéficie quant au reste d’une immunité absolue. En
cabinet restreint, j’ai lu une lettre du Roi avec son
assentiment formel » (1).

De regering besliste:
1o de levering van de voorheen aan FN bestelde

Le Gouvernement décida :

munitie te versnellen en een transportvliegtuig C 130
ter beschikking te stellen voor het vervoer;

1o d’accélérer la livraison de munitions commandées précédemment à la FN, et de mettre un avion de
transport C 130 à disposition pour assurer le transport;

2o een humanitaire missie op het getouw te zetten
om onze landgenoten te beschermen (2). De eerste
minister onderstreepte het humanitaire karakter van
de regeringsbeslissing. Deze actie kreeg vorm in het
zenden van troepen naar Kigali (3). 500 manschappen van het paracommandoregiment werden naar
Kigali gestuurd;

2o de mettre sur pied une mission humanitaire afin
d’assurer la protection de nos concitoyens (2). Le
Premier ministre a souligné « le caractère humanitaire
de la décision du Gouvernement ». « Cette action a
pris la forme d’envoi de troupes à Kigali » (3).
500 hommes du régiment paracommando furent
envoyés à Kigali.

3o alles in het werk te stellen opdat de landgenoten
die het wensen, en bij voorrang vrouwen en kinderen,
tijdelijk Rwanda kunnen verlaten (4).

3o « de tout mettre en oeuvre pour que les compatriotes qui le souhaitent, et en priorité femmes et
enfants, puissent momentanément quitter le Rwanda » (4).

Vrij vlug liepen tegenstrijdige berichten binnen
over de gevechten en het gedrag van de troepen. Er
werd melding gemaakt van brutaliteiten en slachtingen door het Rwandese geregelde leger.

Bientôt affluèrent des informations contradictoires
sur les combats et le comportement des troupes. On fit
état de brutalités et de massacres commis par l’armée
régulière rwandaise.

Het leek moeilijk vol te houden dat onze troepen
nog een neutrale taak vervulden.

La neutralité de la mission de nos troupes paraissait
difficile à maintenir.

De Belgische politieke wereld, zowel de oppositie
als delen van de meerderheid, was erg bezorgd over
deze toestand.

Le monde politique belge, tant l’opposition que
certaines composantes de la majorité, s’émut de cette
situation.

In de regering kwamen meningsverschillen aan het
licht. In het parlement werden na de regeringsbeslissing heftige discussies gehouden. (5)

Des dissensions se firent jour au Gouvernement. De
vives discussions eurent lieu, après la décision gouvernementale, au Parlement (5).

Samengevat werd over het volgende gedebatteerd :

En résumé :

— de interventie van de Belgische troepen moest
uitsluitend gebaseerd zijn op de bescherming van alle
in Rwanda verblijvende Belgen;

— L’intervention des troupes belges devait être
basée exclusivement sur la protection de l’ensemble
des résidents belges au Rwanda;

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Martens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 40.
(2) Openbare vergadering van de commissie voor de Buitenlandse Aangelegenheden en Landsverdediging, Parlementaire
Hand., Kamer, gewone zitting 1989-1990, C087, blz. 3-4.
(3) Ibidem.
(4) Ibidem.
(5) Debatten in de openbare zitting, Parl. Hand., Kamer,
plenaire zitting van 9 oktober 1990; Parl. Hand., Senaat, plenaire zitting van dinsdag 9 oktober 1990, blz. 141.

(1) Ibidem, p. 40.
(2) Réunion publique de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense nationale, Ann. parl., Chambre, session
ordinaire 1989-1990, C087, pp. 3-4.
(3) Ibidem.
(4) Ibidem.
(5) Débats en séance plénière, Ann. Parl., Chambre, séance
plénière du mardi 9 octobre 1990; Ann.Parl., Sénat de Belgique,
séance plénière du mardi 9 octobre 1990, p. 141.

( 187 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— de Belgische interventie in Rwanda mocht niet
geı̈nterpreteerd worden als een ondersteuning van de
aan de gang zijnde repressie in het land;

— L’intervention de la Belgique au Rwanda ne
pouvait être interprétée comme un soutien à la répression en cours dans ce pays;

— onze troepen moesten hun taak dus in alle neutraliteit kunnen vervullen;

— Nos troupes devaient donc pouvoir assurer leur
mission en toute neutralité;

— zij mochten evenmin een tussenmacht vormen
tussen het geregelde leger en de RFP;

— Elles ne pouvaient pas non plus devenir une
force d’interposition entre l’armée régulière et le FPR;

— het sturen van troepen moest gepaard gaan met
een diplomatiek initiatief van België dat erop gericht
was een oplossing door onderhandeling voor het conflict te bevorderen.

— L’envoi de troupes devait être accompagnée
d’une initiative diplomatique de la Belgique, visant à
favoriser un règlement négocié au conflit.

Op 11 oktober 1990 besliste de regering de bijkomende militaire hulp aan Rwanda in te trekken en op
12 oktober 1990 werd een tweede levering van munitie opgeschort.

Le 11 octobre 1990, le Gouvernement décida de
supprimer l’aide militaire supplémentaire au Rwanda
et, le 12 octobre 1990, une seconde livraison de munitions fut suspendue.

De beslissing tot terugtrekking van de troepen
werd opgeschort teneinde de zoektocht naar een
vreedzame oplossing van het conflict niet te compromiteren. (1)

Il fut sursis à la décision de retrait des troupes, pour
ne pas compromettre la recherche d’une solution
pacifique au conflit (1).

De beslissing tot opschorting van de wapenleveringen zou de relatie tussen beide landen ernstig verstoren.

La décision de suspension de la livraison de munitions laissera des traces importantes dans la relation
entre les deux pays.

« In een gesprek met de toenmalige staatssecretaris
voor Ontwikkelingssamenwerking, de heer Α. Geens,
maakte president Habyarimana in november 1990
zijn beklag over het afwijzen van een tweede wapenlevering. In een brief van maart 1991 aan mijzelf drukt
Habyarimana zijn dank aan mij uit voor de diplomatieke acties maar herhaalt hij die klachten niet. » (2)

« Dans un entretien avec M. A. Geens, à l’époque
— soit en novembre 1990 — secrétaire d’État à la
Coopération au développement, M. Habyarimana
s’est plaint du refus d’une seconde livraison de munitions. Dans une lettre qu’il m’a adressée en mars 1991,
M. Habyarimana me remercie de mes actions diplomatiques mais ne se plaint plus à ce sujet. » (2)

Om uit de impasse te geraken had de eerste minister
beslist om een onderhandelingsmissie naar Naı̈robi te
sturen en een diplomatiek kader te scheppen waardoor het mogelijk werd de para’s op korte termijn
terug te trekken.

Pour sortir de l’impasse, le Premier ministre décida
d’envoyer une mission de négociation à Nairobi pour
y créer un cadre diplomatique permettant de retirer
les paras à brève échéance.

Op 14 oktober 1990 vertrok premier Martens, met
de ministers Eyskens en Coëme naar Naı̈robi. De heer
Martens noteerde in zijn agenda drie actiepunten : een
wapenbestand, een politieke ouverture tussen de
Rwandese regering en het RFP en een regionale conferentie voor de vluchtelingen.

Le 14 octobre 1990, le Premier ministre Martens
partit pour Nairobi en compagnie des ministres
Eyskens et Coëme. M. Martens nota dans son agenda
trois points d’action : un armistice, une ouverture
politique entre le gouvernement rwandais et le FPR et
une conférence régionale pour les réfugiés.

Op 17 oktober 1990 kon men in het Tanzaniaanse
Mwanza president Habyarimana er toe brengen een
politieke dialoog aan te gaan met de oppositie, dat
even later werd vastgelegd in de akkoorden van
Mwanza. De heer Coëme, de toenmalige minister van
Landsverdediging kon vanuit Naı̈robi zijn fiat geven
voor de terugkeer van de Belgische troepen.

Le 17 octobre 1990, dans la ville tanzanienne de
Mwanza, on put amener Habyarimana à engager
avec l’opposition un dialogue politique, qui se
concrétisa un peu plus tard dans les accords de
Mwanza. De Nairobi, M. Coëme, le ministre de la
Défense nationale de l’époque, put, au nom du
Gouvernement belge, donner son accord pour le
retour des troupes belges.

——————

——————

(1) Parl. Hand., Kamer, plenaire zitting van dinsdag
9 oktober 1990, blz. 141.
(2) Hoorzitting met de heer Martens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 38.

(1) Ann. Parl., Chambre., séance plénière du mardi
9 octobre 1990, p. 141.
(2) Audition de M. Martens, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 février 1997, p. 38.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 188 )

Op 1 november 1990 verlieten de para’s Kigali.
Volgens professor Reyntjens was onze regering vanaf
dan minder actief.

Le 1er novembre 1990, les paras quittèrent Kigali.
Selon le professeur Reyntjens, notre Gouvernement a
dès lors été beaucoup moins actif.

De traditioneel goede relaties tussen België en
Rwanda waren vertroebeld. Een aantal getuigen verklaarden voor de commissie dat de Belgische besluitvorming inzake de wapenleveringen een doorn in het
oog was bij vele Rwandezen. « ... de antipathie en ontgoocheling die men had teweeggebracht, door het feit
dat men in 1990 de wapens en munitie waarvoor men
had betaald, niet had geleverd... » (1) Deze verklaring van mevrouw De Backer werd reeds eerder aangereikt door kolonel Vincent die voor de commissie
getuigde dat er voor 1993 inderdaad een anti-Belgisch
klimaat heerste dat : « te wijten was aan het feit dat
wapens en munitie, waarvoor nochtans in 1990 was
betaald, niet werden geleverd. » (2) Mevrouw De
Temmerman noteerde tijdens haar journalistieke
opdrachten in Rwanda gelijkaardige ervaringen en
stelde dat « ... tijdens één van mijn eerste gesprekken
met Rwandezen werden de Belgen verantwoordelijk
gesteld voor de inval van het RFP, want wij Belgen
hadden niets gedaan om het RFP tegen te houden ...
Dat was er eigenlijk al van in 1990. » (3)

Les bonnes relations traditionnelles entre la Belgique et le Rwanda s’envenimèrent. Un certain nombre
de témoins ont déclaré devant la commission que les
décisions prises par la Belgique en ce qui concerne les
livraisons d’armes étaient une épine dans le pied de
bon nombre de Rwandais. « ... de antipathie en
ontgoocheling die men had teweeggebracht, door het
feit dat men in 1990 de wapens en munitie waarvoor
men had betaald, niet had geleverd ... » (1). Cette
explication de Mme De Backer avait déjà été fournie
précédemment par le colonel Vincent, qui, dans son
témoignage devant la commission, avait précisé qu’il
régnait effectivement, avant 1993, un sentiment antibelge qui « était dû à la non-livraison d’armes et de
munitions pourtant payées en 1990. » (2) Dans le
cadre des missions qu’elle accomplissait au Rwanda
en tant que journaliste, Mme De Temmerman a fait
état d’expériences similaires : « ... tijdens één van mijn
eerste gesprekken met Rwandezen werden de Belgen
verantwoordelijk gesteld voor de inval van het RPF,
want wij Belgen hadden niets gedaan om het RPF
tegen te houden... Dat was er eigenlijk al van in
1990. » (3)

Premier Dehaene tenslotte gaf te kennen dat zijn
minister van Buitenlandse Zaken, de heer Willy
Claes, in de periode voorafgaand aan de beslissing
deel te nemen aan UNAMIR wel gezegd had inzake
het anti-Belgisch klimaat : « dat er bepaalde reacties
waren en dat er nog frustatries waren over de gebeurtenissen van 1990, maar men kan niet spreken van een
algemeen anti-Belgisch klimaat. » (4)

Enfin, le Premier ministre Dehaene a fait savoir
que, durant la période qui a précédé la décision de
participer à la MINUAR, son ministre des Affaires
étrangères, M. Willy Claes, avait bien dit « qu’il y
avait certaines réactions et frustrations nées des
événements de 1990, mais que l’on ne peut pas parler
d’un climat antibelge généralisé » (4).

Dat de gebeurtenissen van 1990 nog niet verteerd
waren in Rwanda en aanleiding gaven tot een zekere
vijandigheid werd ook bevestigd door major Podevijn, kapitein Claeys en Eric Gillet. Ook generaal
Rusatira van de FAR, nochtans beschouwd als behorend tot de gematigde vleugel, gaf voor de commissie
toe dat hij, net als vele andere Rwandezen, niet gelukkig was met het niet-leveren van de wapens en de
terugtrekking van België in 1990.

Le fait que les événements de 1990 n’avaient pas
encore été digérés au Rwanda et ont provoqué une
certaine hostilité a également été confirmé par le
major Podevijn, le capitaine Claeys et Eric Gillet.
Même le général Rusatira, pourtant considéré comme
appartenant à l’aile modérée, a reconnu devant la
commission que, tout comme beaucoup d’autres
Rwandais, il était mécontent de la non-livraison des
armes et du retrait de la Belgique en 1990.

De commissie stelt vast de regering zich bewust was
van dit probleem maar meende dat dit onvoldoende
reden was om niet deel te nemen aan UNAMIR vermits alle betrokken Rwandese partijen uitdrukkelijk
vroegen dat België zou deelnemen.

La commission constate que le Gouvernement était
conscient de ce problème mais a estimé que ce n’était
pas une raison suffisante pour ne pas participer à la
MINUAR puisque les parties rwandaises concernées
avaient insisté pour que la Belgique participe.

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw De Backer, Senaat, POR,
14 mei 1997, PV, blz. 31/8.
(2) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 128.
(3) Hoorzitting met mevrouw De Temmerman, Senaat,
POR, 28 mei 1997, PV, blz. 40/8.
(4) Hoorzitting met premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 108.

(1) Audition de Mme De Backer, Sénat, CER, 1996-1997,
14 mai 1997, PV, p. 31/3.
(2) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 124.
(3) Audition de Mme De Temmerman, Sénat, CER, 19961997, 28 mai 1997, PV, p. 40/8.
(4) Audition de M. Jean-Luc Dehaene, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 5 mars 1997, p. 104.

( 189 )

3.2.2.3. De steun aan de akkoorden van Arusha

1 - 611/7 - 1997/1998

3.2.2.3. Le soutien aux accords d’Arusha

De beslissing van de Belgische regering om deel te
nemen aan de operatie UNAMIR was in belangrijke
mate gebaseerd op het vertrouwen dat de regering
stelde in de uitvoerbaarheid van de akkoorden van
Arusha.

La décision du Gouvernement belge de participer à
la MINUAR était basée en grande partie sur la
confiance qu’avait le Gouvernement dans la possibilité d’exécuter les accords d’Arusha.

De commissie weerhield in het bijzonder de getuigenissen van die politici en beleidsmensen die op
19 november 1993 de beslissing hadden genomen
troepen te leveren aan de VN-vredesoperatie in
Rwanda.

La commission a retenu en particulier les témoignages des hommes politiques qui avaient pris le 19 novembre 1993 la décision de fournir des troupes à
l’opération de paix des Nations unies au Rwanda.

Ambassadeur Swinnen die indertijd een bevoorrecht waarnemer was bij de totstandkoming van de
akkoorden van Arusha stelde dat de akkoorden : « een
antwoord moesten geven op een moeilijke uitdaging
waarmee Rwanda was geconfronteerd, namelijk het
doorvoeren van een intern hervormingsproces dat
gericht was op de uitbouw van een democratische en
pluralistische maatschappij. Voor België pasten de
akkoorden in de vredeslogica die België vanaf oktober 1990 had bepleit. Het ging om een voluntaristisch
beleid met een bevriend volk. Ons land heeft resoluut
gekozen voor dit volk, en niet voor één van de partijen
in het conflict. Ons beleid werd gekenmerkt door
onpartijdigheid, niet zozeer wegens de historische
banden, maar omdat we geloofden in het potentieel
van dit land. Het was een genuanceerd, eerlijk, objectief en kritisch beleid van betrokkenheid en solidariteit. Het hoeft dan ook niet te verwonderen dat ons
land zich bereid heeft verklaard om mee te werken
aan de uitvoering van de Arusha-akkoorden. De
beslissing om deel te nemen aan UNAMIR is een onderdeel van dit beleid » (1).

L’ambassadeur Swinnen, qui était à l’époque un
observateur privilégié de l’élaboration des accords
d’Arusha, a affirmé que les accords : « devaient répondre au difficile défi auquel le Rwanda était confronté,
à savoir la réalisation d’un processus de réforme
interne axé sur la mise en place d’une société démocratique et pluraliste. Pour la Belgique, les accords
s’inscrivaient dans la logique de paix pour laquelle
elle avait plaidé depuis octobre 1990. Il s’agissait
d’une politique volontariste par laquelle nous entendions marquer notre solidarité avec un peuple ami.
C’est ce peuple que notre pays a choisi résolument,
non une des parties au conflit. Notre politique se
caractérisait par la neutralité en raison, non pas des
liens historiques, mais bien de notre foi dans le potentiel de ce pays. Il s’agissait d’une politique nuancée,
équitable, objective et critique d’engagement et de
solidarité. Il ne faut donc pas s’étonner que notre pays
se soit déclaré prêt à participer à l’exécution des
accords d’Arusha. La décision de participer à la
MINUAR s’inscrivait dans le cadre de cette politique » (1).

De steun aan de Arusha-akkoorden was vanuit
politiek oogpunt ongetwijfeld de voornaamste reden
waarom België militairen liet deelnemen aan
UNAMIR. Professor Reyntjens vatte het als volgt
samen : « Het Belgisch beleid steunde op drie pijlers :
het respect voor de mensenrechten, de steun aan het
democratiseringsproces en de steun aan de Arushaakkoorden. Dit Belgische beleid tussen 1990 en 7 april
1994 was een goed, neutraal en evenwichtig beleid.
De beslissing van België om mee te werken was dus
juist. Het was ook het gevolg van onze voluntaristische steun aan de Arusha-akkoorden. De beide
Rwandese partijen waren daarvoor trouwens vragende partij voor een Belgische participatie. Het RPF
stelde daarentegen een veto tegen de Fransen (...)
Persoonlijk vond ik dat de deelname aan UNAMIR
de logische consequentie was van de voluntaristische
steun die ons land via ambassadeur Swinnen aan het
Arusha-proces had gegeven » (2).

Le soutien aux accords d’Arusha était, d’un point
de vue politique, incontestablement la raison principale pour laquelle la Belgique avait accepté que des
militaires belges participent à la MINUAR. Le professeur Reyntjens l’a résumé comme suit : « La politique
belge reposait sur trois piliers : le respect des droits de
l’homme, le soutien au processus démocratique et
l’appui aux accords d’Arusha. Cette politique belge
de 1990 au 7 avril 1994 fut une bonne politique, neutre
et équilibrée. La décision de la Belgique de collaborer
était donc correcte. C’était également la conséquence
de notre soutien volontariste aux accords d’Arusha.
Les deux parties rwandaises demandaient d’ailleurs
une participation belge. Le FPR a toutefois opposé
son véto à la participation des Français (...) Personnellement, j’estimais que la participation à la MINUAR
était la conséquence logique du soutien volontariste
que notre pays a apporté au processus d’Arusha par le
biais de notre ambassadeur Swinnen. » (2)

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR, 19961997, 12 maart 1997, blz. 136.
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 24 en 27.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, pp. 132 et 133.
(2) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, pp. 24 et 27.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 190 )

Premier Jean-Luc Dehaene deelde de mening van
zijn voormalige ambassadeur in Rwanda. Tijdens de
zitting van 5 maart 1997 analyseerde de Premier het
beleid van de Belgische regering in de periode tot aan
de beslissing van 19 november 1993 als volgt : « Het
Belgisch beleid was vanaf oktober 1990, met de
akkoorden van Mwanza als startpunt, toegespitst op
een politieke in plaats van een militaire oplossing. Het
akkoord van Mwanza was een eerste staakt-hetvuren en een eerste aanmoediging tot politiek onderhandelen. Tijdens het onderhandelingsproces is
België actief waarnemer geweest. Gezien de constante
inspanningen om tot een politiek akkoord en een concretisering van de akkoorden van Arusha te komen,
was dit een culminatiepunt en een bekroning van ons
streven. In die periode werd ook de ontwikkelingssamenwerking op een hoog niveau doorgezet. De
beslissing om deel te aan de VN-operatie, voorzien in
de akkoorden was een consequent verlengstuk van dit
beleid » (1).

Le Premier ministre Jean-Luc Dehaene partageait
l’avis de son ancien ambassadeur au Rwanda. Au
cours de l’audition du 5 mars 1997, le Premier ministre a analysé la politique du Gouvernement belge
pendant la période précédant la décision du 19 novembre 1993 de la manière suivante : « À partir
d’octobre 1990, avec les accords de Mwanza comme
point de départ, la politique belge visait à trouver une
solution politique et non militaire. L’accord de
Mwanza fut un premier encouragement à des négociations politiques. Durant tout le processus de négociation, la Belgique a été un observateur actif. Étant
donné les efforts constants pour aboutir à un accord
politique et concrétiser les accords d’Arusha, c’était le
couronnement de nos efforts. La décision de participer à l’opération des Nations unies, prévue dans les
accords, était le prolongement logique de cette politique » (1).

Dat er binnen de regering « geen meningsverschil
bestond over het te voeren beleid » (2) blijkt ook uit
de uiteenzetting die minister van Buitenlandse Zaken
Willy Claes hield op 3 november 1993 tijdens de
bespreking van de rijksmiddelenbegroting voor het
begrotingsjaar 1994.

Le fait qu’il n’y avait « aucune divergence de vues
au sein du Gouvernement au sujet de la politique à
mener » (2) ressort également de l’exposé que le ministre des Affaires étrangères, Willy Claes, a fait le
3 novembre 1993 au cours de la discussion relative au
budget des voies et moyens pour l’exercice 1994.

In zijn toelichting over de kredieten voor Buitenlandse Zaken stelde Willy Claes : « Met Rwanda
worden de relaties resoluut in het teken geplaatst van
de ondersteuning die België aan de uitvoering van de
akkoorden van Arusha kan verlenen » (3).

Dans ses explications relatives aux crédits destinés
aux Affaires étrangères, Willy Claes a affirmé : « Les
relations avec le Rwanda sont résolument placées
sous le signe du soutien que peut apporter la Belgique
à la mise en œuvre des accords d’Arusha »(3).

Heerste binnen de regering een consensus over de
steun die men moest verlenen aan de uitvoering van
de akkoorden van Arusha, ook de legerleiding
hechtte veel belang aan de toepassing van de akkoorden van Arusha.

Si, au sein du Gouvernement, il régnait un consensus quant au soutien à apporter à l’exécution des
accords d’Arusha, l’état-major de l’armée accordait
lui aussi beaucoup d’importance à la mise en œuvre
de ces accords.

Luitenant-generaal Charlier : « Donc un premier
motif à mes yeux pour que la Belgique participe à la
MINUAR était d’accompagner le processus d’Arusha
de donner le plus de chances possibles à ce processus
d’aboutir pour que ces modalités concrètes et en
particulier ces modalités militaires : la création de la
zone démilitarisée, la zone libre d’armes, l’amenée des
premières unités du FPR dans Kigali, la fusion des
deux armées, l’entraı̂nement à donner à ces deux
armées; bref que tout ce processus ait toutes les chances de réussir puisque la Belgique appuyait le processus d’Arusha, il me semblait normal et il me semble

Le lieutenant-général Charlier : « Donc un premier
motif à mes yeux pour que la Belgique participe à la
MINUAR était d’accompagner le processus
d’Arusha, de donner le plus de chances possibles à ce
processus d’aboutir pour que ces modalités concrètes
et en particulier ces modalités militaires : la création
de la zone démilitarisée, la zone libre d’armes,
l’amenée des premières unités du FPR dans Kigali, la
fusion des deux armées, l’entraı̂nement à donner à ces
deux armées; bref que tout ce processus ait toutes les
chances de réussir puisque la Belgique appuyait le
processus d’Arusha, il me semblait normal et il me

——————

——————

(1) Hoorzitting met premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 102.
(2) Ibidem.
(3) Rijksmiddelenbegroting voor het begrotingsjaar 1994,
3 november 1993, sectie 14, Buitenlandse Zaken en Buitenlandse
Handel, kredieten Buitenlandse zaken — blz. 139/1178/4, 92/93.

(1) Audition de M. Dehaene, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 98.
(2) Ibidem.
(3) Budget des voies et moyens pour l’exercice 1994 —
séance du 3 novembre 1993 — section 14 — Affaires étrangères
et Commerce extérieur — crédits Affaires étrangères — pp. 139/
11/1178/4, 92/93.

( 191 )

1 - 611/7 - 1997/1998

encore normal qu’elle ait essayé d’accompagner ce
processus. » (1)

semble encore normal qu’elle
d’accompagner ce processus. » (1)

Desalniettemin beschikte de regering en de beleidsmakers vóór 19 november 1993 over een aantal aanwijzigingen die berichtten over een mogelijke hypotheek op de uitvoering van de protocollen van
Arusha.

Néanmoins, le Gouvernement et les hommes politiques disposaient, avant le 19 novembre 1993, d’une
série d’indices montrant qu’une hypothèque pesait
peut-être sur l’exécution des protocoles d’Arusha.

Luitenant-generaal Charlier zelf sprak zich hierover als volgt uit : « Het was immers niet zeker dat het
Arusha-vredesproces zou slagen, er bestond enig
risico. Van bij het begin van het proces kwamen
sommigen er al tegen in opstand. België had
1 500 onderdanen die in Rwanda verbleven. Militair
en politiek droegen wij een stuk van de verantwoordelijkheid indien het Arusha-proces mislukte. Reeds
in augustus 1993 zei men dat een mislukking het
geweld dreigde te doen losbarsten. België wilde dus
een sterkere militaire aanwezigheid dan het tiental
technische coöperanten dat zich toen ter plaatse
bevond. Militair gezien hadden wij reeds ervaren hoe
moeilijk het was om de coöperanten te repatriëren.
Het meest kritisch moment is de aanvoer van de eerste
middelen. Door deel te nemen aan UNAMIR dachten
wij dat wij die kritieke fase van een dergelijke operatie
konden vermijden. Als het Arusha-proces zou slagen
was dat een goed bruggenhoofd voor de latere samenwerking. Als het mislukte, waren we klaar om in alle
veiligheid over te gaan tot evacuatie. » (2)

Le lieutenant-général Charlier dit à ce sujet : « Il
n’était en effet pas certain que le processus d’Arusha
allait réussir, il existait un certain risque. Dès le début
du processus, certaines voix s’étaient d’ailleurs déjà
levées contre. La Belgique avait 1 500 ressortissants
au Rwanda. Au point de vue militaire et politique,
nous avions une responsabilité si le processus
d’Arusha échouait. Dès août 1993, on avait annoncé
que l’échec risquait de provoquer des violences. Le
souci pour la Belgique était donc d’avoir une présence
militaire plus forte que la dizaine de coopérants
techniques sur place. Au point de vue militaire, nous
avions fait l’expérience de la difficulté de mener une
opération de rapatriement des coopérants. Le
moment le plus critique est d’amener les premiers
moyens. En participant à la MINUAR, nous pensions
pouvoir éviter cette phase critique de l’opération. Si le
processus d’Arusha avait réussi, nous possédions un
tremplin pour la coopération future. Par contre, si le
processus échouait, nous étions prêts pour assumer en
toute sécurité une évacuation » (2).

In een SGR-nota van 6 augustus 1993 wordt
melding gemaakt van het feit dat binnen de Hutukern heel wat ontevredenheid en tegenstand bestaat
tegen deze akkoorden en dit ook in legerkringen het
geval is.

Dans une note du SGR du 6 août 1993, l’on signale
qu’au sein du noyau hutu, il existait pas mal de
mécontentement et d’opposition à ces accords, et que
c’était également le cas dans des milieux militaires.

Ook ambassadeur Swinnen schetste een beeld van
de hinderpalen die het Arusha-proces bemoeilijkten.
Tijdens de hoorzitting van 12 maart 1997 gaf de
ambassadeur te kennen dat : « Reeds voor de akkoorden van Arusha kwam de interne politieke
machtsstrijd aan het licht. Deze partij werd toen als de
potentieel belangrijkste oppositiepartij beschouwd.
De problemen in het MDR en de Parti Libéral hadden
niet alleen te maken met de Arusha-akkoorden, maar
ook met regionale en individuele antagonismen. We
waren dus getuigen van een implosie van de bipolarisering en van de radicalisering van de standpunten.
Dit werd in de hand gewerkt door de bekommernis
van de « mouvance présidentielle » om in de overheidsinstellingen een blokkeringsminderheid te
hebben. De moeilijkheden rond artikel 11 van het

L’ambassadeur Swinnen, lui aussi, a brossé le
tableau des obstacles entravant le processus
d’Arusha. Au cours de son audition du 12 mars 1997,
l’ambassadeur a déclaré que : « Des dissensions
avaient déjà surgi au sein du MDR avant la signature
des accords d’Arusha. À l’époque, ce parti était considéré comme le principal parti d’opposition en puissance. Les problèmes au sein du MDR et du Parti libéral étaient liés aux accords d’Arusha, mais également
à des antagonismes régionaux et individuels. Nous
étions convaincus que le centre politique ne résisterait
pas à la bipolarisation et à la radicalisation des positions. Le souci de la « mouvance présidentielle » pour
disposer d’une minorité de blocage dans les institutions de l’État ne fit que renforcer cette tendance. Les
difficultés liées à l’article 11 du protocole concernant

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, PV blz. 11.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 67.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CER, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, PV, p. 11 (sic.).
(2) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, pp. 64-65.

ait

essayé

1 - 611/7 - 1997/1998

( 192 )

protocol inzake de inbeschuldigingstelling van de
president door de Assemblée nationale zijn hiervan de
emanatie. » (1)

l’inculpation du président par l’Assemblée nationale
en sont le résultat. » (1)

Onze voormalige diplomatieke vertegenwoordiger
in Kigali wees de moord op de nieuwe Burundese
president Ndadaye op 21 oktober 1993 aan als een
belangrijk minpunt voor het Arusha-proces : « Een
factor die het onderhandelingsklimaat over de installatie van de nieuwe regering sterk hypothekeerde was
de staatsgreep in Burundi op 21 oktober 1993. In
Burundi waren we getuige geweest van een geslaagd
democratiseringsproces. President Buyoya had zelf
meegewerkt aan de overgang naar een democratisch
regime. Onder zijn toedoen konden er eerlijke verkiezingen plaatsvinden, enkele maanden voor het sluiten
van de Arusha-akkoorden. Ndadaye, die behoorde
tot de voormalige oppositiepartij, het Frodibu, had de
verkiezingen gewonnen. Hij werd daarmee de eerste
Hutu-president op een democratische wijze verkozen.
Hij wilde echter zeer voorzichtig te werk gaan. Hij
heeft niet onmiddellijk mensen van zijn aanhang laten
benoemen op verschillende posten.

Notre ancien représentant diplomatique à Kigali a
indiqué l’assassinat du nouveau président burundais
Ndadaye le 21 octobre 1993 comme un élément négatif important pour le processus d’Arusha : « Le coup
d’État du 21 octobre 1993 au Burundi a fortement
hypothéqué les négociations en vue de l’installation
du nouveau gouvernement. Au Burundi, nous avons
assisté à un processus de démocratisation réussi. Le
président Buyoya avait lui-même contribué à la transition vers un régime démocratique. Grâce à lui, des
élections démocratiques ont pu avoir lieu quelques
mois avant la conclusion des accords d’Arusha.
M. Ndadaye, qui appartenait à l’ancien parti de
l’opposition, le Frodibu, avait gagné les élections de
façon éclatante. Il était ainsi devenu le premier président hutu démocratiquement élu. Il voulait cependant procéder de façon très prudente. Il n’a pas immédiatement fait nommer des gens de son parti.

De nieuwe president deed veel toegevingen aan
Uprona en aan de Tutsi’s. De moord op de nieuwe
president veroorzaakte in Rwanda een reactie van
wantrouwen ten opzichte van het vredesproces. President Habyarimana reageerde zeer scherp.

Le nouveau président fait de nombreuses concessions à l’Uprona et aux Tutsis. L’assassinat du
nouveau président a causé au Rwanda une réaction
de méfiance vis-à-vis du processus de paix. Le président Habyarimana a réagi de façon très acerbe.

De president meende dat de internationale gemeenschap hem verweet dat hij zich niet aan de regels hield
en dat hij te wantrouwig stond tegenover het vredesproces. Er was echter een president van een buurland
vermoord, ondanks zijn progressief beleid van nationale verzoening. Het is moeilijk om vandaag de
bevolking en de politieke actoren uit te leggen dat
Arusha een geheel van akkoorden is die moeilijk toepasbaar zijn (...). Het Arusha-proces is nooit gestopt,
maar er waren wel ernstige vertragingen. Ondanks
dubbelzinnigheden, persoonlijke vetes, tegenstellingen tussen het Noorden en het Zuiden, is men steeds
blijven praten. » (2)

Le président estimait que la communauté internationale lui reprochait de ne pas avoir joué le jeu et
d’avoir été trop méfiant par rapport au processus de
paix. Or, un président d’un pays voisin a été assassiné,
malgré sa politique progressive de réconciliation
nationale. Il est difficile d’expliquer aujourd’hui à la
population et aux acteurs politiques qu’Arusha est un
ensemble d’accords difficiles à appliquer (..). Le
processus d’Arusha n’a jamais cessé, mais il y eut
d’importants atermoiements. On a toujours continué
à négocier malgré les ambiguı̈tés, les rancunes personnelles et les oppositions entre le nord et le sud » (2).

Eerste minister Dehaene beklemtoonde dat de
akkoorden van Arusha voor de Belgische regering een
« culminatiepunt » en een « bekroning » waren
geweest. Hij voegde eraan toe : « Wij waren ons ervan
bewust dat die akkoorden ingewikkeld waren : het
ging om een compromis, niet om een perfecte overeenkomst. » (3)

Le Premier ministre Dehaene soulignait que les
accords d’Arusha constituaient pour le Gouvernement belge, « un point culminant » et un
« couronnement ». Il y ajoute : « Nous étions conscients de la complexité de ces accords puisqu’il
s’agissait d’un compromis et non pas d’un accord
parfait. » (3)

Op de vraag van de commissie of de regering wist
dat sommigen de Arusha-akkoorden saboteerden
antwoordde de eerste minister : « Het heeft weinig zin

À la commission, qui lui avait demandé si le
Gouvernement savait que certains sabotaient les
accords d’Arusha, le Premier ministre a répondu : « Il

——————

——————

(1) Hoorzitting van ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 137.
(2) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 137.
(3) Hoorzitting met premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 102.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 133.
(2) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 133.
(3) Audition de M. Jean-Luc Dehaene, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 5 mars 1997, p. 98.

( 193 )

1 - 611/7 - 1997/1998

te veronderstellen dat een akkoord niet zal worden
gerespecteerd. De regeringen die aan de VN-operaties
deelnemen, engageren zich om de akkoorden uit te
voeren of om druk uit te oefenen ten einde ze te laten
uitvoeren. Daarom is er naast het militaire luik ook
een politiek luik bij elke VN-operatie. De regering
bleef geloven in de Arusha-akkoorden als enig alternatief voor het geweld. »(1)

est absurde de supposer qu’un accord ne sera pas
respecté. Les gouvernements qui participent aux
opérations des Nations unies s’engagent à exécuter les
accords ou à exercer des pressions afin qu’ils le soient.
C’est pourquoi toute opération des Nations unies se
compose d’un volet militaire et d’un volet politique.
Le Gouvernement continuait à croire aux accords
d’Arusha comme seule alternative à la violence. » (1)

De heer Erik Derycke, minister van Buitenlandse
Zaken en toenmalig staatssecretaris van Ontwikkelingssamenwerking, zal tenslotte op 9 april 1994 in
een interview met De Morgen verklaren dat wie de
akkoorden van Arusha had bedacht een grove blunder had begaan. Tegenover de commissie zei de huidige minister van Buitenlandse Zaken dat zijn reactie
veeleer moest gezien worden als een emotionele reactie. De heer Derycke : « Vanuit mijn ethische visie en
nadat ik zoveel ellende in Afrika had gezien, zag ik
Arusha als een oplossing. Ik geloofde toen inderdaad
in Arusha. Ik was ervan overtuigd « wilde men
Rwanda een kans geven » men het unilaterale regime
moest omvormen. De overgangsinstellingen waren
vrij harmonieus samengesteld. Het plan voor de
integratie van de legers leek mij haalbaar. Ik vond wel
dat het RFP een dubbelzinnige houding aannam :
enerzijds wilden zij inspraak, anderzijds had het verleden diepe sporen nagelaten en was er wellicht onvoldoende communicatie met de basis. Maar tot
6 april heb ik in Arusha geloofd. » (2)

Enfin, le 9 avril 1994, dans une interview accordée à
De Morgen, le ministre des Affaires étrangères et à
l’époque secrétaire d’État à la Coopération,
M. Derycke, a déclaré que les concepteurs des
accords d’Arusha avaient commis une grosse bévue.
Devant la commission, le ministre a affirmé qu’il
fallait plutôt considérer sa réaction comme une réaction émotionnelle : « Du point de vue éthique et après
toute la misère qui j’avais vue en Afrique, je considérais Arusha comme une solution. Je croyais effectivement aux accords d’Arusha. J’étais convaincu que, si
l’on voulait donner un avenir au Rwanda, il fallait
transformer le régime unilatéral. Les institutions transitoires étaient composées de manière assez harmonieuse. Le plan pour l’intégration des armées me
paraissait réalisable. Je trouvais cependant que le FPR
adoptait une attitude ambiguë : d’une part, il souhaitait une participation au pouvoir et, d’autre part, le
passé avait laissé des traces profondes et il n’y avait
sans doute pas suffisamment de communications avec
la base. Mais j’ai cru aux accords d’Arusha jusqu’au
6 avril. » (2)

Naast de aanwijzigingen over de uitholling van de
Arusha-akkoorden die de regering kreeg van ambassadeur Swinnen, ontving de regering bijkomende
informatie die duidde op een afzwakking van de vredesakkoorden van Arusha.

Outre les indications venant de l’ambassadeur
Swinnen et qui montraient que les accords d’Arusha
se vidaient de leur substance, le Gouvernement a reçu
des informations supplémentaires montrant un affaiblissement de ces accords de paix.

Eric Gillet, lid van het uitvoerend bureau van FIDH
(Fédération Internationale des Ligues des Droits de
l’Homme) en medeverslaggever van het « Rapport de
la Commission Internationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme au Rwanda depuis le
1er octobre 1990 » werd in de bijzondere commissie
op 19 maart gevraagd naar de betekenis van de vredesakkoorden van Arusha: « De Arusha-akkoorden
waren een goede zaak, maar men moest er zich voor
inzetten. Alles wat kon worden gedaan, werd gedaan.
België heeft zijn rol goed gespeeld. Noch Habyarimana noch zijn omgeving wilden van dit akkoord
horen en de president zal alle mogelijke trucjes
gebruiken om het geweld te laten voortduren en het
proces stop te zetten. De macht blijft in feite in de
handen van de president. De eerste minister blijft buiten spel. Noch de Rwandese, noch de internationale
mensenrechtenactivisten laten zich hierdoor mislei-

Eric Gillet, membre du bureau exécutif de la FIDH
(Fédération internationale des ligues des droits de
l’homme) et coauteur du « Rapport de la Commission
internationale d’enquête sur les violations des droits
de l’homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990 », a
été interrogé le 19 mars par la commission spéciale.
Interrogé sur la signification des accords de paix
d’Arusha, Eric Gillet a déclaré : « Les accords
d’Arusha étaient une bonne chose et il fallait évidemment s’y investir. Tout ce qui pouvait être fait, le fut.
La Belgique a bien joué son rôle. Mais ni Habyarimana ni son entourage ne voulaient de cet accord et le
président usera de toutes les ficelles pour soutenir la
violence et bloquer le processus. Le président
conserve le pouvoir réel. Le Premier ministre n’en
aura jamais l’usage. Les défenseurs des droits de
l’homme, tant rwandais qu’internationaux, ne s’y
trompent pas : ils ne pensent pas que celui qui est

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 104.
(2) Hoorzitting met Eric Derycke, BV, BCR, Senaat,
26 maart 1997, 1996-1997, blz. 257.

(1) Ibidem, p. 99.
(2) Audition de M. Derycke, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, pp. 250-251.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 194 )

den : zij geloven niet dat iemand die moordpartijen
kan organiseren in één klap democraat kan worden.
Zij zien wat er gebeurt op het terrein. De mensenrechtenorganisaties zullen hun gevoelens en hun vaststellingen permanent aan de Belgische overheid meedelen. Gedurende de twee jaar voorbereiding van de
Arusha-akkoorden gebeurde alles op twee niveaus.

capable d’organiser des massacres puisse se transformer soudainement en démocrate. Sur le terrain, ils
voient ce qui se passe. Les organisations de défense
des droits de l’homme communiqueront leurs sentiments et leurs constatations en permanence aux autorités belges. Tout au long des deux ans qu’a duré le
processus des accords d’Arusha, tout s’est passé à
deux niveaux.

Ten eerste is er de verschillende taal van de overheid in het buitenland of in het binnenland, in het
Frans of Kinyarwanda of zelfs in het Engels of Kiswahili. Er is ook het dubbele verleidingsspel van de president ». (1)

Il y a d’abord le double langage du pouvoir qui ne
tient pas le même discours vers l’étranger ou à
l’intérieur, en français ou en kinyarwanda ou même
en anglais ou en kiswahili. Il y a aussi le double jeu de
séduction du président » (1).

« Na de ondertekening van de Arusha-akkoorden
op 15 november verklaarde president Habyarimana
dat hij ze slechts als een vodje papier beschouwde ». (2)

« Après la signature des accords d’Arusha, le
15 novembre, le président Habyarimana déclare qu’il
considérait qu’il ne s’agissait que d’un chiffon de
papier » (2).

« De grote vergissing was te denken dat de Arushaakkoorden gemakkelijk toe te passen zouden zijn
terwijl zich op het terrein een heel andere situatie liet
ontwikkelen. Men moest de Arusha-akkoorden koppelen aan de eerbiediging van de mensenrechten » (3).

« L’erreur importante qui a été commise était de
croire que les accords d’Arusha allaient facilement
s’appliquer alors qu’on laissait se développer sur le
terrain une situation tout à fait différente. Il fallait
associer les accords d’Arusha aux aspects concernant
le respect des droits de l’homme » (3).

Professor Reyntjens merkt op : « De moord op president Ndadaye was vermoedelijk de doodsteek voor
het vredesproces. Enerzijds omdat dit goedmenende
gematigden aan het twijfelen zette, anderzijds omdat
het diegenen die het niet goed meenden met dit proces, argumenten gaf om het proces te blokkeren. »
Professor Reyntjens zegt hierover : « Als gevolg van de
staatsgreep in Burundi en de moord op de Burundese
president verklaren de Hutu’s en meer bepaald de als
gematigd beschouwde Hutu’s, dat men geen vertrouwen kon hebben in het RPF en bij uitbreiding dus ook
niet in de Tutsi’s . Zo komt men in de logica van
volkerenmoord. Deze opinie wordt versterkt door het
feit dat sommige Tutsi’s in Kigali de staatsgreep in
Burundi toejuichten en weigerden deel te nemen aan
de manifestatie van 23 oktober als steunbetuiging aan
het Burundese volk. Achteraf bekeken kan men
besluiten dat de moord op de Burundese president de
doodsteek was voor het Arusha-akkoord. Door de
moord op de president op te blazen en de bevolking
ervan te overtuigen dat zij de Tutsi’s moest doden als
zij niet zelf wou worden uitgegroeid, heeft men de
ideologie en de structuur ontwikkeld die voor het op
gang brengen van de volkerenmoord noodzakelijk
waren. » (4)

Le professeur Reyntjens fait observer que :
« L’assassinat du président Ndadaye a probablement
provoqué la mort du processus de paix. D’une part,
parce que cet assassinat a fait douter les modérés bien
intentionnés et, d’autre part, parce qu’il a donné aux
opposants à ce processus des arguments permettant
de le bloquer (...) Ensuite, interviennent le coup d’État
du Burundi et l’assassinat du président burundais, ce
qui a pour conséquence que les Hutus et notamment
les Hutus qualifiés de modérés affirment qu’on ne
peut pas faire confiance au FPR et, par extension, aux
Tutsis eux-mêmes, entrant ainsi dans une logique
génocidaire. Cette opinion est renforcée par le fait que
certains Tutsis ont jubilé à Kigali lors de l’annonce du
coup d’État au Burundi et ont refusé d’assister à la
manifestation de soutien au peuple burundais organisée le 23 octobre. Avec le recul, on peut conclure que
l’accord d’Arusha est mort avec l’assassinat du président du Burundi. C’est en amplifiant le meurtre du
président et en convainquant la population de ce que,
si elle ne tue pas les Tutsis, c’est elle qui va être exterminée, qu’on développe l’idéologie et la structure
nécessaire à la mise en marche du génocide » (4).

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Eric Gillet, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 maart 1997, blz. 195.
(2) Ibidem, blz. 195.
(3) Ibidem, blz. 199.
(4) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 25 en 27.

(1) Audition de M. Gillet, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 mars 1997, pp. 189.
(2) Ibidem, p. 189.
(3) Ibidem, p. 192.
(4) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, pp. 25 et 27.

( 195 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3.2.2.4. Bezoek van Habyarimana aan België op
4 oktober 1993

3.2.2.4. La visite de Habyarimana en Belgique le
4 octobre 1993

Een ander feit dat een invloed kan gehad hebben op
de Belgische beslissing : het bezoek van de Rwandese
president, de heer Habyarimana aan België :

Un autre élément qui a pu jouer un rôle dans la
décision belge a été la visite du président rwandais,
M. Habyarimana, en Belgique :

Op 4 oktober 1993 was de Rwandese president,
Juvénal Habyarimana, te gast op het koninklijk
paleis te Laken. Tevens aanwezig waren de Eerste
minister, de heer Jean-Luc Dehaene, de minister van
Landsverdediging, de heer Leo Delcroix, en de staatssecretaris voor de Ontwikkelingssamenwerking, de
heer Eric Derycke. Tijdens een onderhoud met de
pers heeft de president verklaard te rekenen op de
spoedige aankomst van de VN-blauwhelmen in zijn
land om de vredesakkoorden te helpen uitvoeren en
heeft hij tevens de wens uitgedrukt dat het totaal aantal manschappen van UNAMIR hoger zou zijn dan de
2 500 die voorgesteld werden door de secretarisgeneraal van de VN.

Le 4 octobre 1993, le président rwandais Juvénal
Habyarimana était l’hôte du palais royal de Laeken.
Outre le président, étaient également présents le
Premier ministre, Jean-Luc Dehaene, le ministre de la
Défense nationale, Leo Delcroix, et le secrétaire
d’État à la Coopération au développement, Eric
Derycke. Au cours d’un entretien avec la presse, le
président avait déclaré espérer l’arrivée imminente de
Casques bleus de l’ONU dans son pays pour aider à la
mise en œuvre de l’accord de paix et a également
exprimé le souhait que le nombre d’hommes de la
MINUAR serait supérieur au nombre de 2 500
comme proposé par le secrétaire général de l’ONU.

Op 6 augustus 1993, dit is twee dagen na de ondertekening van de akkoorden van Arusha, werd president Habyarimana als staatshoofd ontvangen bij de
begrafenisplechtigheid van Koning Boudewijn.

Le 6 août 1993, soit deux jours après la signature
des accords d’Arusha, le président Habyarimana était
accueilli comme chef d’État à l’occasion des funérailles du Roi Baudouin.

Bij dat bezoek heeft het « Comité pour le Respect
des Droits de l’Homme au Rwanda » een persbericht
de wereld ingestuurd om de internationale gemeenschap te wijzen op de gevaren die dat bezoek inhield.
De druk op de Rwandese regering dreigde immers
weg te vallen om een terugkeer tot de democratie en
een toepassing van de vredesakkoorden te bereiken.

Le « Comité pour le respect des droits de l’homme
au Rwanda » avait, à l’occasion de cette visite, publié
un communiqué mettant en garde la communauté
internationale contre les dangers que cette visite
représentait. Celle-ci risquait, en effet, de réduire à
néant les pressions faites sur le Rwanda pour un
retour à la démocratie et pour l’application des
accords de paix.

Het perscommuniqué wees er tevens op dat president Habyarimana kennelijk « dubbel spel » speelde.

Ce communiqué de presse soulignait également
« que le président Habyarimana jouait manifestement
un double jeu ».

De heer Gasana Ndoba verklaarde voor de
commissie : « Het was algemeen bekend dat hij hoofdaandeelhouder van « Radio Mille Collines » was (1).
Op de terugkeer van de president naar Rwanda
volgde de moord op een reeks personen die misdaden
tegen de mensheid hadden gepleegd. Die executies
hadden uiteraard tot doel het zwijgen op te leggen aan
alle mogelijke getuigen van het presidentieel
beleid. »(2)

M. Gasana Ndoba a déclaré devant la commission : « Il était notoirement l’actionnaire majoritaire
de la radio des « Mille Collines » (1). Le retour du
président au Rwanda fut suivi de l’assassinat d’une
série de personnes qui avaient commis des crimes
contre l’humanité. Ces exécutions avaient évidemment pour but de réduire au silence tous les témoins
potentiels de la politique présidentielle » (2).

Het bezoek van president Habyarimana aan de
Belgische instellingen was gepland in het kader van de
steun die ons land moest verlenen aan de uitvoering
van de vredesakkoorden. Iedereen had vertrouwen in
de akkoorden van Arusha en in de bedoeling van de
president om die te doen naleven, alhoewel sommige
verontrustende berichten erop wezen dat een harde

La visite du président Habyarimana aux institutions belges avait été prévue dans le cadre du soutien
que la Belgique devait apporter à la mise en oeuvre des
accords de paix. Chacun avait confiance dans les
accords d’Arusha et dans l’intention que manifestait
le président de les faire respecter, bien que certaines
nouvelles inquiétantes indiquassent qu’un noyau dur

——————

——————

(1) In feite belangrijkste aandeelhouder, zie hoofdstuk 3.10.
(2) Hoorzitting met de heer Gasana Ndoba, BV, BCR,
Senaat, 19 februari 1997, blz. 16.

(1) En principe : actionnaire principal, voir chapitre 3.10.
(2) Audition de M. Gasana Ndoba, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 16.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 196 )

kern uit de omgeving van president Habyarimana
ertegen gekant was.

de l’entourage du président Habyarimana était
hostile à ces accords.

In een vertrouwelijke nota van de SGR van 15 april
1993 meldden de inlichtingendiensten dat de voorziene machtsdeling weinig enthousiasme wekt in de
omgeving van de president : « Dans son entourage, il
existe effectivement un noyau de « durs », qui sont
prêts à tout pour ne pas perdre les privilèges que leur
octroyait l’ancien régime. Parmi ces « durs » il y a
certains chefs militaires. » (1) Eerste minister JeanLuc Dehaene kreeg steeds meer de indruk dat Habyarimana de akkoorden van Arusha wilde doen naleven
maar dat er pressie werd uitgeoefend op de president
« onder meer vanuit de familie van zijn echtgenote ». (2)

Dans une note confidentielle du SGR du 15 avril
1993, les services de renseignements écrivent que le
partage prévu du pouvoir suscite peu d’enthousiasme
dans l’entourage du président : « Dans son entourage,
il existe effectivement un noyau de « durs », qui sont
prêts à tout pour ne pas perdre les privilèges que leur
octroyait l’ancien régime. Parmi ces « durs », il y a
certains chefs militaires » (1). Le Premier ministre
Dehaene avait de plus en plus le sentiment
qu’Habyarimana souhaitait respecter les accords
d’Arusha, mais que le président était sous pression
« notamment du fait de la famille de sa femme » (2).

De heer N’Diaye heeft vervolgens aan de commissie verklaard : « De akkoorden van Arusha vertegenwoordigen een verplichting tot machtsdeling die hij
(de president) niet wou nakomen. Men weigerde ook
verder te zien dan de belangen van de clan ... Wellicht
is de dubbelhartigheid van de Rwandese leiders geminimaliseerd. Volgens hen kwam machtsdeling neer
op een erkenning van hun nederlaag.

M. N’Diaye allait, par la suite, déclarer devant la
commission : « Les accords d’Arusha représentaient
une obligation de partage qu’il (le président) ne
voulait pas mettre en oeuvre. Il y avait aussi le refus de
voir au-delà des intérêts du clan ... on a sans doute
minimisé la duplicité des dirigeants rwandais. Dans
leur esprit, partager le pouvoir c’était reconnaître leur
défaite.

Elke poging om de Tutsivluchtelingen te laten
terugkeren had niets opgeleverd en had het triomfalisme van de regering bevestigd (...). Nu blijkt echter
duidelijk dat hij (de president) ze saboteerde. » (3)

Chaque tentative de retour des réfugiés tutsis avait
été un échec et avait conforté le triomphalisme du
pouvoir (...) Manifestement, Habyarimana sabotait
les accords » (3).

Oud Volksunie-senator Willy Kuijpers nam de
aanwezigheid van Habyarimana te Brussel te baat om
hem een aantal vragen te stellen via een open brief,
over de invloed van de Akazu, die de heer Kuijpers
bestempelt als een occulte macht samengesteld uit
personen uit de omgeving van de president om moorden en relletjes van politieke aard te organiseren in
heel het land.

L’ancien sénateur de la Volksunie Willy Kuijpers
profita de la présence d’Habyarimana à Bruxelles
pour lui poser des questions par une lettre ouverte sur
l’influence de l’Akazu, que M. Kuijpers qualifie de
« puissance occulte », qui se compose de personnes
faisant partie de l’entourage du président et qui organise des meurtres et des échauffourées à caractère
politique dans tout le pays.

In zijn brief verzoekt Willy Kuijpers de president
zijn aandeel toe te lichten in een aantal duistere zaakjes waarbij die groep, die ook « Réseau Zéro » wordt
genoemd, betrokken is. Overigens verklaart de heer
Kuijpers er niet van overtuigd te zijn dat de president
de akkoorden werkelijk gunstig gezind is. Het is voor
hem de vraag of Habyarimana daar zijn handtekening niet heeft onder gezet onder druk van de internationale opinie (4).

Dans sa lettre, Willy Kuijpers demande au président de clarifier son rôle dans une série d’affaires
criminelles impliquant ce groupement également
appelé « Réseau Zéro ». Par ailleurs, M. Kuijpers ne
croit pas que le président soit réellement favorable
aux accords. Il se demande si Habyarimana n’a pas
souscrit à ceux-ci sous la pression de l’opinion internationale (4).

President Habyarimana heeft de vragen van de heer
Kuijpers weggewuifd door ze als « loze beweringen »
te bestempelen(5).

Habyarimana éluda les questions de M. Kuijpers
en les qualifiant d’« affirmations gratuites » (5).

——————

——————

(1) Services générales — confidentiel — Rwanda — synthèse, 16 april 1993, blz. 10.
(2) Hoorzitting met premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 105.
(3) Hoorzitting met de heer N’Diaye, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 16 april 1997, blz. 282.
(4) Brief van W. Kuijpers, oktober 1993.
(5) De Standaard, woensdag 6 oktober 1993, Ax. B.

(1) Services généraux — confidentiel — Rwanda —
synthèse — 16 avril 1993, p. 10.
(2) Audition de M.Jean-Luc Dehaene, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 5 mars 1997, p. 101.
(3) Audition de M. N’Diaye, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
16 avril 1997, p. 276.
(4) Lettre de M. W. Kuijpers, octobre 1993.
(5) De Standaard, mercredi 6 octobre 1993, Ax. B.

( 197 )
Op 28 september 1993 ontving de minister van Buitenlandse Zaken, Willy Claes, een speakingnota, die
toen mogelijke gespreksonderwerpen moest vormen
voor de ontmoeting van 4 oktober 1993 met president
Habyarimana.

1 - 611/7 - 1997/1998

Le ministre des Affaires étrangères, Willy Claes, a
reçu le 28 septembre 1993 une speaking note qui
pouvait servir d’éventuelle base de discussion pour la
rencontre du 4 octobre 1993 avec le président Habyarimana.

De integrale tekst van de speaking note luidt als
volgt (vertaling) :

Le texte intégral de cette note est le suivant :

1. Vredesakkoord van Arusha van 4 augustus 1993

1. Accord de paix d’Arusha du 4 août 1993

1.1. Wij verheugen ons over de ondertekening van
het vredesakkoord tussen de regering en het RPF, dat
een einde maakt aan de oorlog.

1.1. Nous nous félicitons de la signature de
l’accord de paix entre le gouvernement et le FPR qui
met fin à la guerre.

1.2. Wij feliciteren de protagonisten die erin
geslaagd zijn hun partijbelangen op de achtergrond te
plaatsen en beslissingen hebben genomen in het
belang van het Rwandese volk aangezien zij door
onderhandelingen een oplossing hebben gevonden
voor het conflict, wat inhoudt dat aan beide zijden
soms moeilijke concessies gedaan moesten worden.

1.2. Nous félicitons les protagonistes qui ont réussi
à surmonter leurs intérêts partisans pour prendre des
décisions dans l’intérêt du peuple rwandais en acceptant de trouver des solutions au conflit par la négociation qui implique des concessions mutuelles parfois
difficiles.

1.3. We verzoeken alle betrokken partijen de
gesloten akkoorden integraal na te leven en effectief
ten uitvoer te leggen in een klimaat van nationale verzoening en wederzijds vertrouwen en tolerantie. Deze
akkoorden moeten bijdragen tot de versterking van
de democratie en leiden tot vrije verkiezingen.

1.3. Nous invitons toutes les parties concernées à
veiller au respect intégral et à la mise en œuvre effective des accords conclus, dans un climat de réconciliation nationale, de confiance et de tolérance mutuelles.
Ces accords doivent contribuer au renforcement de la
démocratie et aboutir à des élections libres.

2. België is bereid om aan dit akkoord zijn politieke en logistieke steun te verlenen.

2. La Belgique est prête à donner à cet accord son
soutien politique et logistique

2.1. Op politiek vlak

2.1. Sur le plan politique

— Wij hebben er bij onze partners van de Europese Gemeenschap op aangedrongen omdat zij het
vredesproces en de democratisering, alsook de tenuitvoerlegging van het akkoord steunen.

— Nous avons sensibilisé nos partenaires de la
Communauté européenne pour qu’ils soutiennent le
processus de paix et de démocratisation ainsi que la
mise en œuvre de l’accord.

— Wij hebben er ook bij de leden van de Veiligheidsraad van de Verenigde Naties, en in het bijzonder bij de Verenigde Staten, op aangedrongen dat een
FIN wordt samengesteld.

— Nous sommes intervenus auprès des membres
du Conseil de sécurité des Nations unies en faveur de
la constitution d’une FIN, et en particulier auprès
des USA.

2.2. Op het logistieke vlak

2.2. Sur le plan logistique

2.2.1. GOMN 1, Delegaties te Arusha, Ontheemden wegens de oorlog

2.2.1. GOMN 1, Délégation à Arusha, Déplacés
de guerre.

— Wij hebben GOMN 1 reeds in 1992 steun verleend in de vorm van jeeps.

— Nous avons fourni une aide en jeeps au
GOMN 1 dès 1992.

— Wij hebben de reizen van de delegaties naar
Arusha mee helpen financieren (600 000 frank).

— Nous avons financé (600 000 francs) les voyages de délégations à Arusha.

— Wij hebben humanitaire noodhulp verleend
(110 miljoen frank) via NGO’s aan de ontheemden
wegens de oorlog.

— Nous avons apporté une aide humanitaire
d’urgence (110 millions de francs) aux déplacés de
guerre, via des ONG.

2.2.2. GOMN 2, MONUOR
— Wij geven financiële steun aan GOMN 2
(3 miljoen frank voor 3 maanden).

2.2.2. GOMN 2, MONUOR
— Nous donnons une aide financière
GOMN 2 (3 millions de francs pour 3 mois).

au

1 - 611/7 - 1997/1998

( 198 )

— Wij dragen bij in de financiering van
MONUOR (ongeveer 3 miljoen frank voor 6 maanden).

— Nous participons au financement de la
MONUOR (environ 3 millions de francs pour
6 mois).

2.2.3. FIN, Fusie van de legers, demobilisatie, ontheemden, verkiezingen.

2.2.3. FIN, Fusion des armées, Démobilisation,
Déplacés de guerre, Élections.

De regering onderzoekt mogelijke acties op de
volgende terreinen :

Le Gouvernement examine des actions dans les
domaines suivants :

FIN of UNAMIR : sturen van een contingent van
200 à 300 manschappen. De aandacht van de president zou gevestigd kunnen worden op het feit dat hij
er alle belang bij heeft de voorstellen van de VNsecretaris-generaal betreffende de omvang van de FIN
(2 500 manschappen) te aanvaarden aangezien
sommige permanente leden van de Veiligheidsraad
voorbehoud maken.

FIN ou MINUAR : envoi d’un contingent de 200 à
300 hommes. L’attention du président pourrait être
attirée sur le fait qu’il a tout intérêt à accepter les
propositions du secrétaire général de l’ONU sur
l’importance (2 500 hommes) de la FIN, étant donné
les réticences de certains membres permanents du
Conseil de sécurité.

Fusie van de legers :

Fusion des armées :

Verdubbeling van de militaire-technische samenwerking (20 bijkomende instructeurs).

Doublement de la coopération technique militaire
(20 instructeurs supplémentaires)

Organisatie in België van opleidingsstages van het
korte type voor militairen.

Organisation en Belgique de stages de formation de
type court pour militaires.

Sturen van een magistraat die adviezen kan geven
bij de oprichting van een militair auditoraat.

Envoi d’un magistrat conseiller pour la création
d’un auditorat militaire.

Demobilisering :
De dienst ontwikkelingssamenwerking bestudeert
een bijzonder programma voor sociaal-economische
begeleidingsmaatregelen en voor het bepalen van de
prioriteiten en de hulpprogramma’s met het oog op de
wederopbouw van het noorden van het land.

Démobilisation :
Étude par la Coopération d’un programme spécial
de mesures d’accompagnement socio-économique et
réorientation des priorités et des programmes d’aide,
pour la reconstruction du nord du pays.

Demarches bij de Wereldbank.

Sensibilisation de la Banque mondiale.

Ontheemden :

Déplacés de guerre :

Handhaving van onmiddellijke steun in de vluchtelingenkampen aangezien er tijd nodig is voor de wederopbouw in de oorlogsgebieden.
Verkiezingen :
Ontwikkelingssamenwerking onderzoekt een aantal mogelijkheden om steun te verlenen bij de voorbereiding van de verkiezingen, de eindfase van het
democratisch proces, samen met de Europese Gemeenschap, de VN en de donorlanden.
3. Binnenlandse situatie in Rwanda

Maintien d’une aide immédiate dans les camps, vu
les délais de réinsertion et de reconstruction des zones
de guerre.
Élections :
La coopération au développement étudie un
certain nombre d’actions d’aide à la préparation des
élections, étape finale du processus démocratique, en
relation avec la CE, l’ONU et les partenaires donateurs.
3. Situation interne au Rwanda

— Wij doen een beroep op de president opdat hij
actief bijdraagt tot het scheppen van de voorwaarden
die noodzakelijk zijn voor de voortzetting van het
vredesproces en van de democratisering.

— Nous faisons appel au président pour qu’il
contribue activement à créer les conditions nécessaires à la poursuite de la pacification et de la démocratisation.

— Wij zijn verontrust over de tweedracht die
heerst in sommige partijen, waardoor het vredesproces geblokkeerd dreigt te raken.

— Nous sommes inquiets à cause de la discorde
existant dans certains partis qui risque de bloquer le
processus.

( 199 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— Zoals de andere donorlanden, maken we ons
grote zorgen over het verdwijnen van de voedselhulp.
Nu Rwanda meer internationale hulp vraagt, moet in
de eerste plaats daar orde op zaken worden gesteld.

— Nous sommes très préoccupés, de même que les
autres donateurs, par les détournements de l’aide
alimentaire. Il est urgent d’y mettre de l’ordre au
moment où le Rwanda demande un accroissement de
l’aide internationale.

3.2.2.5. De aanwezigheid in Rwanda van een
Belgische gemeenschap

3.2.2.5. La présence au Rwanda d’une communauté belge

Naast de vaststelling dat de steun aan de akkoorden van Arusha en de vraag van de beide partijen
hadden gewogen op de beslissing van de Belgische
regering om het vredesproces in Rwanda logistiek te
ondersteunen was de commissie van oordeel dat
meerdere factoren hadden meegespeeld in de beslissing troepen te sturen naar Rwanda. Tijdens de
tweede zitting van de commissie stelde mevrouw
Beckers, de zus van een Belgisch burgerslachtoffer de
vraag : « Of België zijn onderdanen niet moet beschermen ? » (1)

La commission, tout en constatant que le support
aux accords d’Arusha et la demande des deux parties
avaient pesé sur la décision du Gouvernement belge
de soutenir sur le plan logistique le processus de paix
au Rwanda, a estimé par ailleurs que plusieurs
facteurs avaient joué un rôle dans la décision
d’envoyer des troupes au Rwanda. Lors de la
deuxième réunion de la commission, Mme Beckers, la
soeur d’une victime civile belge, a posé la question
suivante : « La Belgique ne devait-elle pas protéger ses
ressortissants (1) ? »

Volgens de cijfers uit een vertrouwelijke nota van
15 april 1993 telde de Belgische gemeenschap in
Rwanda 1 497 Belgen, waarvan 900 in de hoofdstad
Kigali woonden. De andere Belgen waren verspreid
over 10 prefecturen. De kleinste Belgische gemeenschap woonde in Kibuye. De grootste concentratie
Belgische onderdanen kon men aantreffen in de prefectuur van Butare, waar 190 Belgen hun officiële verblijfplaats hadden. Naast 570 private personen,
bestond de Belgische populatie uit 428 coöperanten,
168 vrijwilligers, 231 missionarissen en 100 andere die
in de administratie waren ingeschakeld of die na hun
actieve dienst een verblijf in Rwanda verkozen boven
een terugkeer naar België. « Les Belges représentent la
communauté expatriée la plus importante du Rwanda » (2) terwijl de Fransen, de Duitsers en de Amerikanen het moeten stellen met respectievelijk 600, 350
en 200 landgenoten. De Belgisch militaire coöperatie
omvatte een twintigtal officieren en onderofficieren
met hun familie.

D’après les chiffres provenant d’une note confidentielle du 15 avril 1993, la communauté belge au
Rwanda comptait 1497 Belges, dont 900 habitaient
dans la capitale Kigali. Les autres Belges étaient répartis entre 10 préfectures. La plus petite communauté
belge habitait à Kibuye. On pouvait trouver la plus
forte concentration de ressortissants belges hors
Kigali dans la préfecture de Butare, où 190 Belges
avaient leur résidence officielle. Outre 570 particuliers, la population belge était constituée de 428
coopérants, 168 volontaires, 231 missionnaires et 100
autres personnes qui avaient été incorporées dans
l’administration ou qui, après leur service actif,
avaient préféré habiter au Rwanda plutôt que de
retourner en Belgique. « Les Belges représentent la
communauté expatriée la plus importante du
Rwanda », tandis que les Français, les Allemands et
les Américains étaient au Rwanda avec respectivement 600, 350 et 200 compatriotes. La coopération
militaire belge comprenait une vingtaine d’officiers et
de sous-officiers accompagnés de leur famille (2).

« Als wij niet hadden deelgenomen aan de internationale aanwezigheid » stelde premier Dehaene :
« denk ik dat zulks niet zou begrepen zijn door de
Rwandese bevolking noch door de Belgische bevolking in Rwanda. Deze laatste heeft trouwens een rol
gespeeld bij onze beslissing. » (3) Zo gaf ook de militaire inlichtingendienst van het leger (SGR) een positief advies over een mogelijke deelname van België
aan wat toen nog de NIF heette, op grond van de vast-

« Si nous n’avions pas participé à la présence internationale », a affirmé le Premier ministre Dehaene,
« je pense que cela n’aurait pas été compris ni par la
population rwandaise ni par la population belge
présente au Rwanda. Cette dernière a d’ailleurs été un
des éléments de notre prise de décision (3). » Ainsi le
Service de renseignements de l’armée belge (le SGR)
a-t-il émis un avis positif sur une éventuelle participation de la Belgique à ce qui s’appelait encore la FIN,

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Beckers, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 13.
(2) Rwanda – Synthese – SGR – 15 april 1993, blz. 6 en
blz. 27.
(3) Hoorzitting met premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 102.

(1) Audition de Mme Beckers, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 février 1997, p. 13.
(2) Rwanda — Synthèse — SGR — 15 avril 1993, pp. 6
et 27.
(3) Audition de M. J.-L. Dehaene, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 5 mars 1997, p. 98.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 200 )

stelling dat de aanwezigheid van Belgische manschappen in Rwanda een geruststellende invloed zou uitoefenen op vele geëxpatrieerden (1). (bijkomende
informatienota van 28 september 1993, SGR – document 7140).

en se fondant sur la conviction que la présence
d’effectifs belges au Rwanda rassurerait de nombreux
expatriés (1)
(complément
d’information
du
28 septembre 1993, SGR — document 7140).

De Belgische overheden meenden vanaf het begin dat
het beschermen van de landgenoten en het voorbereiden van een eventuele evacuatie één van de taken
moest zijn van het Belgisch detachement bij
UNAMIR. Ook de militaire overheden te Brussel en
te Kigali waren die mening toegedaan. Nochtans was
de specifieke bescherming van de Belgische geëxpatrieerden (en andere westerlingen) niet voorzien in het
VN-mandaat, dat enkel in punt 3.A een algemene
opdracht tot « bijdragen tot de veiligheid in Kigali »
voorzag. Evenmin behoorde het evacueren, het
meehelpen aan een evacuatie of het voorbereiden van
een evacuatie oorspronkelijk tot het mandaat.

Les autorités belges ont estimé d’emblée que la
protection des compatriotes et la préparation d’une
éventuelle évacuation devaient être une des tâches du
détachement belge auprès de la MINUAR. Les autorités militaires de Bruxelles et de Kigali partageaient cet
avis. Pourtant, la protection spécifique des expatriés
belges (et d’autres Occidentaux) n’était pas prévue
dans le mandat de l’ONU, qui prévoyait uniquement,
au point 3.A, une mission générale de contribution à
la sécurité à Kigali. L’évacuation, l’assistance en vue
d’une évacuation ou la préparation d’une évacuation
n’étaient pas non plus prévus initialement par le
mandat.

Ook na de dramatische gebeurtenissen van 7 april
1994 wanneer de regering beslist tot de evacuatie van
de Belgen wenst de regering « ... namelijk de VNspelregels respecteren. Daarom werd beslist tot evacuatie, niet met behulp van Blauwhelmen, maar door
het zenden van Belgische en Franse para’s », aldus de
heer Willy Claes. De heer Riza waarschuwde : « denk
er niet aan om als Belgen met uw blauwhelmen unilateraal op te treden » (2).

Même après les événements dramatiques du 7 avril
1994, lorsqu’il décida l’évacuation des Belges, le
Gouvernement « ... wou namelijk de VN-spelregels
respecteren. Daarom werd beslist tot evacuatie, niet
met behulp van Blauwhelmen, maar door het zenden
van Belgische en Franse para’s » déclara M. Claes. M.
Riza a averti « ... denk er niet aan om als Belgen met
uw blauwhelmen unilateraal op te treden » (2).

3.2.2.6. De informatie over de anti-Belgische en
anti-UNAMIR campagne

3.2.2.6. Les informations relatives à la campagne
antibelge et anti-MINUAR

Een laatste element tenslotte dat een rol heeft
gespeeld bij het afwegen van de beslissing om al dan
niet troepen te leveren aan de UNAMIR-vredesmacht
betreft de kennis die de Belgische regering had over
het bestaan van vijandige reacties in Rwanda tegenover België en tegen de deelname van België aan de
vredesoperatie.

Enfin, un dernier élément a pesé dans la décision de
fournir ou non des troupes à la MINUAR: la connaissance qu’avait le Gouvernement belge de l’existence
de réactions hostiles à la Belgique et à la participation
de celle-ci à l’opération de paix.

In dat verband heeft de ad hoc-groep Rwanda in
zijn rapport dat op 7 januari 1997 werd overgemaakt
aan de commissie voor Buitenlandse aangelegenheden van de Senaat een aantal aanwijzingen in de onderzochte documenten aangestipt op grond waarvan
hij tot de conclusie kwam dat er zich in de periode
voorafgaand aan de beslissing troepen naar Kigali te
sturen (3) : « een anti-Belgisch klimaat in Rwanda
ontwikkelde, althans in extreme Hutu-kringen verbonden met president Habyarimana en zijn directe
entourage » (4).

À cet égard, le groupe ad hoc Rwanda a cité, dans le
rapport qu’il a transmis le 7 janvier 1997 à la Commission des Affaires étrangères du Sénat, un nombre
d’indices contenus dans les documents examinés, sur
la base desquels il conclut que, pendant la période qui
a précédé la décision d’envoyer des troupes à
Kigali (3), « un climat antibelge s’était développé au
Rwanda, du moins dans les milieux extrémistes hutus
proches du président Habyarimana et de son entourage direct » (4).

——————

——————

(1) Verslag van de ad hoc-groep Rwanda aan de commissie
voor buitenlandse aangelegenheden, 7 januari 1997, blz. 20.
(2) Hoorzitting met de heer Willy Claes, POR, Senaat,
24 juni 1997, PV, blz. 18/7 en 21/5.
(3) Verslag van de ad hoc-groep Rwanda aan de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden, januari 1997.
(4) Idem, blz. 21.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda à la Commission des
Affaires étrangères, 7 janvier 1997, p. 20.
(2) Audition de M. Willy Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997,
PV, pp. 18/7 et 21/5.
(3) Rapport du groupe ad hoc Rwanda à la Commission des
Affaires étrangères, 7 janvier 1997.
(4) Idem, p. 21.

( 201 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Tijdens de hoorzittingen voor de commissie nuanceerden een aantal getuigen deze vaststelling.

Au cours des auditions devant la commission, une
série de témoins ont nuancé ce constat.

Zo verklaarde Premier Dehaene tijdens zijn eerste
hoorzitting, « Het is duidelijk dat wij op de hoogte
waren van de anti-Belgische reacties. Er was evenwel
geen sprake van een ongunstig klimaat in het algemeen. Er was wel een minderheid die acties voerde,
die door RTLM werden aangemoedigd. (...) Er was
dus geen algemene anti-Belgische stemming. Integendeel, de bevolking stelde onze aanwezigheid op
prijs. » (1)

C’est ainsi que le Premier ministre, M. Dehaene, a
fait, au cours de sa première audition, la déclaration
suivante : « Il est clair que nous étions conscients qu’il
y avait des réactions antibelges mais on ne pouvait
parler d’un climat général défavorable. Il y avait effectivement des actions menées par une minorité, actions
qui étaient amplifiées par la Radio RTLM. (...) Il n’y
avait donc pas de climat général antibelge. Au
contraire, notre présence était souhaitée par la population » (1).

Ook ambassadeur Swinnen relativeert de berichten
over de anti-Belgische gevoelens. Onze voormalige
ambassadeur in Kigali plaatst de : « uitingen van antiBelgische gevoelens in extremistische en antipacifistische milieus. Dat was normaal omdat België
een uiterst pacifistische koers volgde. Die antiBelgische gevoelens waren soms ook tegen mijn
persoon gericht. De anti-Belgische gevoelens zijn te
situeren in een ruimere context van een verzet tegen
het vredesproces (...) dit betekende niet dat er een
voorbedachte anti-Belgische actie bestond. » (2)
Ambassadeur Swinnen erkent wel dat België in extremistische kringen een slecht imago had en dat hij
indertijd uitermate bezorgd was geweest over
« sommige extremistische groepen » die het vredesproces wilden discrediteren maar dat er eigenlijk
nooit aanleiding was geweest om over een algemeen
anti-Belgische stemming te rapporteren. Het onbehagen over de Belgen moest volgens de ambassadeur
beschouwd worden als een verzet tegen het vredesproces en het engagement van de Belgen in dit vredesproces.

L’ambassadeur Swinnen relativise lui aussi les
informations relatives aux sentiments antibelges.
Notre ancien ambassadeur à Kigali estime que « les
sentiments antibelges étaient exprimés dans les
milieux extrémistes et antipacifistes. C’était normal,
étant donné que la Belgique menait une politique
extrêmement pacifiste. Ces sentiments antibelges
étaient parfois dirigés contre ma personne. Les sentiments antibelges sont à situer dans le contexte plus
large d’une opposition contre le processus de paix.
(...) Cela ne signifiait pas qu’il était question d’une
action antibelge préméditée » (2). Néanmoins, M.
Swinnen reconnaît que la Belgique avait une
mauvaise image dans les milieux extrémistes et qu’à
l’époque, il était très préoccupé par « certains groupes
extrémistes » qui voulaient discréditer le processus de
paix. Il estime toutefois qu’en réalité, il n’y a jamais eu
lieu de rendre compte d’une atmosphère antibelge
généralisée. Selon l’ambassadeur, le malaise concernant les Belges devait être considéré comme une
opposition au processus de paix et à l’engagement de
la Belgique dans ce dernier.

Nog steeds volgens ambassadeur Swinnen kan men
niet stellen dat de MRND en president Habyarimana
tegen een Belgische deelname aan UNAMIR waren.
De MRND was « wel tegen een te overwegende participatie en tegen een exclusieve, dominante Belgische
rol. De MRND was wel voorstander van een substantiële Belgische rol. » En verder : « Op 12 november
1993 heeft de president (Habyarimana) mij verzekerd
van zijn vurige wens dat België zich zou engageren in
UNAMIR en drong hij erop aan dat België niet van
mening zou veranderen. Hij wilde wel een evenwichtig samengesteld contingent in Kigali. » (3)

Toujours selon l’ambassadeur Swinnen, on ne peut
pas prétendre que le MRND et le président Habyarimana étaient opposés à une participation belge à la
MINUAR. Le MRND « n’était pas contre la participation belge, mais bien contre une participation trop
dominante et contre un rôle dominant exclusivement
belge. Le MRND était partisan d’un rôle substantiel
belge. (...) Le 12 novembre, le président m’a dit que
son vœu le plus cher était de voir la Belgique s’engager
dans la MINUAR et que la Belgique ne change pas
d’idée. Il voulait un contingent équilibré à
Kigali » (3).

Tijdens zijn eerste hoorzitting op 5 maart ging ook
voormalig minister van Buitenlandse Zaken Willy
Claes dieper in op het al dan niet bestaan van een anti-

Au cours de sa première audition, le 5 mars,
l’ancien ministre des Affaires étrangères, M. Willy
Claes, a abordé plus en détail la question de

——————

——————

(1) Hoorzitting met premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 103.
(2) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 138.
(3) Ibidem.

(1) Audition du Premier ministre Jean-Luc Dehaene, CRA,
CSR, Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 99.
(2) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 134.
(3) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 202 )

Belgische stemming in Rwanda. Volgens de gewezen
minister van Buitenlandse Zaken was er geen antiBelgisch klimaat. « Wel werden anti-Belgische gevoelens vastgesteld in een actief anti-pacifistisch
milieu. » (1) Willy Claes vatte de stemming die in
Rwanda heerste als volgt samen : « op het ogenblik
van de beslissing heerste geen anti-Belgisch klimaat.
Er was wel een gevaarlijke minderheidsgroep actief
tegen de Arusha-akkoorden. Er was wel een beperkte
groep tegen de Arusha-akkoorden en bijgevolg ook
tegen ons land. » (2)

l’existence d’un climat antibelge au Rwanda. Selon
lui, il n’y avait pas de climat antibelge. « Il n’y avait
pas de climat antibelge, si ce n’est dans un certain
milieu antipacifiste actif » (1). Willy Claes a résumé
le climat qui régnait au Rwanda comme suit : « au
moment où nous avons pris la décision d’envoyer des
troupes au Rwanda, il n’y avait pas de climat antibelge. Toutefois, un groupe minoritaire dangereux
s’activait contre les accords d’Arusha et par conséquent aussi contre notre pays » (2).

Daarnaast noteerde de commissie enkele getuigenissen waarin wel degelijk het bestaan van een antiBelgisch gevoelen wordt bevestigd.

Cependant, la commission a également retenu des
témoignages confirmant l’existence d’un sentiment
antibelge.

Zowel luitenant-generaal Charlier als de heer
Gasana Ndoba, vertegenwoordiger van het comité
voor de eerbiediging van de Mensenrechten en de
democratie in Rwanda getuigden dat een aantal
Belgische beslissingen in het verleden de aanleiding
waren voor een anti-Belgische campagne.

Le lieutenant-général Charlier ainsi que M. Gasana
Ndoba, représentant du Comité pour le respect des
droits de l’homme et la démocratie au Rwanda, ont
témoigné que certaines décisions belges du passé ont
été à la base d’une campagne antibelge.

Luitenant-generaal Charlier : « Een anti-Belgische
campagne was sedert eind oktober 1990 aan de gang.
De regering had toen beslist de militaire elementen
terug te trekken die ze op het ogenblik van de invasie
van het noorden van het land had gestuurd. Daardoor
veranderde de houding van de Rwandese militairen
ten aanzien van de Belgen. Als men zich in hun plaats
stelt, is hun houding begrijpelijk. Er is een inval en het
land dat militaire steun had verleend trekt zich terug
zodra het haar eigen coöperanten heeft geëvacueerd.
Bovendien heeft de Belgische regering geweigerd om
een wapenbestelling uit te voeren die de Rwandezen
reeds hadden betaald. Nogmaals, hun reactie was
begrijpelijk. Men kan echter niet zeggen dat de relaties tussen de Rwandese en Belgische militairen verbroken waren. Wij hebben een technische en militaire
samenwerking in stand gehouden (opleiding van officieren, medische en logistieke steun). Er waren bezoeken van Rwandese militairen in België en omgekeerd.
Volledig normale relaties, maar wij voelden dat het
klimaat veranderd was. Een ander element voedde het
anti-Belgisch klimaat : het Arusha-proces werd niet
door alle Rwandezen aanvaard. De tegenstanders van
het proces weigerden de deelname van de Belgen aan
UNAMIR te aanvaarden. Vanaf september werden
anti-Belgische campagnes gevoerd en werden burgers
lastig gevallen. Het was dus noodzakelijk onze landgenoten te beschermen. Toen wij naar Rwanda vertrokken wisten wij wat de risico’s waren (3). (...) Het
anti-Belgisch klimaat was wel bekend. »(4)

Le lieutenant-général Charlier : « Une campagne
antibelge était menée depuis fin octobre 1990. À cette
époque le gouvernement avait décidé de retirer les
éléments militaires envoyés au moment de l’invasion
du nord du pays. L’attitude des militaires rwandais
vis-à-vis des Belges s’était alors modifiée. Si on se met
à leur place, leur attitude est compréhensible. Le pays
est envahi et la nation qui avait fourni un appui militaire se retire dès qu’elle a sauvegardé ses coopérants.
En outre, le Gouvernement belge a refusé de livrer une
commande d’armes qui était déjà payée par les Rwandais. Encore une fois, on peut comprendre leur réaction. On ne peut toutefois pas dire que les relations
étaient rompues entre les militaires rwandais et
belges. Nous avons maintenu une coopération technique et militaire (formation de cadres, appui médical et
infrastructure). Il y a eu des visites de militaires rwandais en Belgique et vice versa. Des relations tout à fait
normales, mais nous ressentions que le climat avait
changé. Un autre élément contribuait à créer un
climat antibelge : le processus d’Arusha n’était pas
accepté par tous les Rwandais. Les opposants au
processus refusaient d’accepter la participation de la
Belgique à la MINUAR. Dès septembre, il y a eu des
campagnes antibelges et des faits ont été perpétrés
contre les civils. Il était donc nécessaire de protéger
nos compatriotes. Lorsque nous sommes partis au
Rwanda, nous connaissions les risques (3). (...) Le
climat antibelge était bien connu » (4).

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat,
5 maart 1997, blz. 83.
(2) Ibidem, blz. 86.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 67 en 69.
(4) Id. blz. 69.

(1) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 79.
(2) Ibidem, p. 80.
(3) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, pp. 65 et 66.
(4) Id. p. 66.

( 203 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De heer Gasana Ndoba: « Er was veel te doen om
de onhandigheid van de Belgische troepen. Vanaf
1990 heerste een anti-Belgische sfeer naar aanleiding
van de terugtrekking van de Belgische troepen en van
het
stopzetten
van
wapenleveringen
door
België. »(1)

M. Gasana Ndoba : « On a beaucoup épilogué sur
la maladresse des troupes belges. Dès 1990, un sentiment antibelge avait pris naissance suite au retrait des
troupes belges et à la cessation des livraisons d’armes
par la Belgique » (1).

De commissie komt net als de ad hoc groep
Rwanda tot het besluit dat zich in de periode voorafgaand aan de beslissing van 19 november 1993, om
troepen te sturen zich wel degelijk een anti-Belgisch
klimaat ontwikkelde, althans in extreme hutukringen verbonden met president Habyarimana en
zijn directe entourage.

Comme le groupe ad hoc Rwanda, la commission
conclut qu’il s’est bel et bien développé, au cours de la
période qui a précédé la décision d’envoyer des troupes, prise le 19 novembre 1993, un climat antibelge,
du moins dans les milieux extrémistes hutus liés au
président Habyarimana et à son entourage direct.

In elk geval is de commissie van oordeel dat, of de
hutu-extremisten nu al dan niet als minderheid
moeten worden bestempeld, zij zich in elk geval
bevonden in het centrum van de macht. Zij behoorden immers tot de militaire en politieke elite rond
president Habyarimana.

Quoi qu’il en soit, la commission estime que, qu’il
faille ou non qualifier les extrémistes hutus de minorité, ils étaient en tout cas au cœur du pouvoir. Ils
appartenaient en effet à l’élite militaire et politique
proche du président Habyarimana.

De commissie meent dat het bestaan van deze antiBelgische stemming geen doorslaggevend element
geweest is bij de beslissing van de Belgische regering
om op 19 november 1993 troepen te sturen naar
Rwanda. Wel speelde het in de politieke afweging
mee, naast de budgettaire elementen, om het aantal
manschappen te beperken tot maximaal 450.

Il n’apparaît pas à la commission que l’existence de
ce climat anti-belge ait été un élément déterminant
dans la décision du Gouvernement belge le
19 novembre 1993 d’envoyer des troupes au Rwanda.
Le climat a bel et bien joué un rôle, en plus des
éléments budgétaires, dans le choix politique de limiter le nombre d’hommes à un maximum de 450.

Premier Jean-Luc Dehaene verklaarde desbetreffend : « de geciteerde telexen werden niet aan de
Ministerraad voorgelezen. Ze behoorden tot de basisinformatie van de heer Claes. Hij heeft ons wel
gezegd dat er aanwijzingen waren dat er bepaalde
reacties waren en dat er nog frustraties waren over de
gebeurtenissen van 1990, maar men kan niet spreken
van een algemeen anti-Belgisch klimaat. » (2)

À ce sujet, le Premier ministre Jean-Luc Dehaene a
déclaré : « Au Conseil des ministres, il n’a pas été fait
lecture des télex cités. Ceux-ci faisaient partie de
l’information de base de M. Claes. Il nous a pourtant
dit qu’il y avait certaines réactions et frustrations nées
des événements de 1990 mais on ne peut pas parler
d’un climat antibelge généralisé » (2).

3.2.3. Militair-technisch

3.2.3. Sur le plan technico-militaire

Naast de elementen van politieke aard die een rol
hebben gespeeld bij de beslissing om deel te nemen
aan UNAMIR stelt de commissie vast dat ook militaire overwegingen een invloed hebben gehad. Een
mislukking van het Arusha-vredesproces was niet
denkbeeldig. Van bij de aanvang was er zwaar verzet
tegen de akkoorden die in Arusha waren tot stand
gekomen. De deelname aan UNAMIR bood de mogelijkheid van een sterke militaire aanwezigheid die
onmiddellijk in actie zou kunnen schieten bij het
repatriëren van de Belgische onderdanen in geval van

Outre les éléments de nature politique qui ont
influencé la décision de participer à la MINUAR, la
commission constate que des considérations d’ordre
militaire ont aussi eu une influence. Un échec du
processus de paix d’Arusha n’était pas imaginaire.
Dès le début, les accords auxquels on était parvenu à
Arusha ont rencontré une vive opposition. Participer
à la MINUAR signifiait que l’on allait avoir sur place
une forte présence militaire, qui pourrait se mettre
immédiatement en action pour rapatrier les ressortissants belges en cas d’échec du processus de paix. On

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Gasana Ndoba, BV, BCR, 19961997, 19 februari 1997, blz. 16 en 17.
(2) Hoorzitting met Premier Jean-Luc Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 108.

(1) Audition de M. Gasana Ndoba, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 16.
(2) Audition du Premier ministre Jean-Luc Dehaene, CRA,
CSR, Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 104.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 204 )

zo’n mislukking. Hoewel dit niet voorzien was in het
mandaat van de Verenigde Naties kon op die manier
de meest kritieke fase van een evacuatie-operatie, met
name de aanvoer van de eerste middelen, worden vermeden (1). Bovendien wees het verslag van de werkgroep ad hoc er al op (duidend op de nota die luitenant-generaal Charlier op 15 oktober 1993 richtte aan
de minister van landsverdediging) dat de legertop de
deelname aan UNAMIR ook verwelkomde, omdat
onder meer daardoor het argument werd aangereikt
voor het afwijzen van de verlenging van de Belgische
militaire aanwezigheid in Somalië (2). Luitenantgeneraal Charlier nuanceert dit in zijn eerste hoorzitting op 28 februari 1997 : « Men mag niet denken dat
wij naar Rwanda zijn gegaan om een reden te hebben
om Somalië te verlaten » (3). Eerste minister
Dehaene zegt desbetreffend tijdens zijn eerste hoorzitting op 5 maart 1997 : « Men moet evenwel niet
denken dat ons vertrek uit dat land de voorwaarde
was om onze troepen naar Rwanda te sturen » (4). Er
zijn ook aanwijzingen dat nog andere motieven een
rol hebben gespeeld, onder meer het herstructurerings- en afslankingsplan van het leger, waardoor de
Generale Staf neigde naar een maximale deelname
van het Belgisch leger aan internationale vredesoperaties. Hoewel luitenant-generaal Charlier dit uitdrukkelijk ontkent (5) en ook kolonel Engelen, toenmalig
militair adviseur van de Belgische permanente vertegenwoordiging bij de VN, verklaart dat de chef van
de generale staf helemaal niet enthousiast reageerde
toen hij hem vanuit New York de vraag van de VN
meldde voor een Belgische deelname aan UNAMIR (6).

évitait ainsi la phase la plus critique d’une mission
d’évacuation, à savoir amener les premiers
moyens (1). De plus, le rapport du groupe de travail
ad hoc (se référant à la note du 15 octobre 1993 du
lieutenant général Charlier au ministre de la Défense
nationale) a déjà souligné que le haut commandement
de l’armée avait aussi accueilli favorablement la participation à la MINUAR parce qu’il disposait notamment là d’un argument pour fonder le refus de prolonger la présence militaire belge en Somalie (2). Le lieutenant général Charlier nuance cette affirmation lors
de sa première audition, le 28 février 1997 : « Il ne faut
pas croire que nous sommes allés au Rwanda pour
avoir le prétexte de quitter la Somalie » (3). Le
Premier ministre Dehaene précise à cet égard, lors de
sa première audition, le 5 mars 1997 : « Il ne faudrait
toutefois pas croire que notre retrait de ce pays était la
condition pour envoyer nos troupes au Rwanda » (4). Des indices laissent aussi à penser que
d’autres motifs ont joué un rôle, entre autres le plan
de restructuration et de réduction de l’armée, qui
poussait l’état-major général à une participation
maximale des forces armées belges à des missions de
paix internationales. Ce que le lieutenant général
Charlier nie pourtant expressément (5), appuyé en
cela par le colonel Engelen, à l’époque conseiller militaire à la représentation permanente belge auprès de
l’ONU, qui déclare que le chef d’état-major général
n’était manifestement pas enthousiaste lorsque de
New York, il lui fit part de l’intention des Nations
Unies de demander à la Belgique de participer à la
MINUAR (6).

Wat er ook van zij, de commissie stelt vast dat vanuit militair-technisch oogpunt bekeken de beslissing
om deel te nemen aan UNAMIR in alle opzichten de
kenmerken vertoonde van een compromis, waarbij
getracht werd militair-technische imperatieven te verzoenen met politieke overwegingen. Luitenantgeneraal Charlier neemt in zijn hoorzitting van 28
maart 1997 zelfs de term « marchandage » in de
mond (7).

Quoi qu’il en soit, la commission constate que sur
le plan militaire, la décision de participer à la
MINUAR présentait, à tous les égards, les caractéristiques d’un compromis, tentant de concilier impératifs militaires et considérations politiques. Le lieutenant général Charlier employa lui au cours de son
audition du 28 mars 1997, le terme « marchandage » (7).

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 67 en hoorzitting met
eerste minister Dehaene, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, blz. 102.

(1) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 65 et audition du Premier
ministre Dehaene, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997,
p. 98.
(2) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, Sénat, 7 janvier
1997, p. 20.
(3) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
1996-1997, 28 février 1997, p. 65.
(4) Audition du Premier ministre Dehaene, CRA, CSR,
1996-1997, 5 mars 1997, p. 99.
(5) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 70.
(6) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 16 avril 1997, p. 282.
(7) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 269.

(2) Verslag ad hoc-groep Rwanda, Senaat, 7 januari 1997,
blz. 20.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 67.
(4) Hoorzitting met eerste minister Dehaene, BV, BCR,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 103.
(5) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 72.
(6) Hoorzitting met kolonel Engelen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 16 april 1997, blz. 288.
(7) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 275.

( 205 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3.2.3.1. Hetverslagvandeverkenningsmissienaar
Rwanda, het zogenaamde Recce-rapport

3.2.3.1. Lerapportdelamissiondereconnaissance
au Rwanda, connu sous le nom de rapport Recce

Dit rapport gedateerd 2 november 1993 dat vanuit
militair-technisch oogpunt de basis vormde voor de
beslissing om deel te nemen aan UNAMIR en dat
samen met de « mémo justificatif d’un besoin opérationnel » (niet gedateerd) en twee telexen die door de
verkenningsmissie die in Rwanda ter plaatse was
gebleven, werden overgezonden aan het C Ops te
Evere, het dossier vormde dat op 10 november 1993
door de Generale Staf werd toegestuurd aan de minister van Landsverdediging, werd reeds uitvoerig
besproken in het verslag van de werkgroep ad
hoc (1).

C’est sur ce rapport daté du 2 novembre 1993 qu’a
été fondée, du point de vue militaire, la décision de
participer à la MINUAR. Il constituait, avec le
« mémo justificatif d’un besoin opérationnel » (non
daté) et deux télex transmis au C Ops à Evere par la
mission de reconnaissance restée au Rwanda, le
dossier envoyé le 10 novembre 1993 par l’état-major
général au ministre de la Défense nationale. Il a déjà
été commenté en détail dans le rapport du groupe de
travail ad hoc (1).

Samengevat vond de verkenningsmissie dat er,
zoals generaal Dallaire het overigens vroeg, voor de
sector Kigali een bataljon noodzakelijk was
bestaande uit vier compagnies waarvan één uitgerust
is met pantservoertuigen voor het vervoer van troepen
(APC’s). Die laatste compagnie zou optreden als een
QRF (Quick Reaction Force) over geheel het Rwandese grondgebied om tussen te komen in geval van
kritieke situaties. Hoewel generaal Dallaire aan een
bataljon van 800 man dacht voor de sector Kigali,
gaan zowel de verkenningsmissie, de generale staf als
de staf van de paracommando’s er van uit dat de klus
te klaren valt met ongeveer 600 man, hetgeen op
3 november door luitenant-generaal Charlier in een
nota aan voormalig Minister van Landsverdediging
Delcroix werd medegedeeld (2). Alle ondervraagden
met uitzondering van generaal-majoor Schellemans,
voormalig kabinetschef van de minister van Landsverdediging bevestigen dat dit de optie was van het
leger. Op de vraag welke zijn uitgangspunt was om de
uitvoering van de opdracht van de vredesmacht zoals
omschreven in de « mémo justificatif d’un besoin
opérationnel » mogelijk te maken, antwoordt kolonel
Flamant, het hoofd van de verkenningsmissie, « Zeshonderd manschappen » (3). De voormalige chef van
de onderafdeling planning voor de externe operaties
bij de generale staf, luitenant-kolonel Briot bevestigt
dit in zijn hoorzitting van 28 februari 1997 :
« Oorspronkelijk had de VN 800 manschappen
gevraagd. De algemene staf had een theoretische analyse gemaakt en die aangevuld met een element uit de
verkenningsopdracht. Wij hadden de Generale Staf
een minimum van 600 man voorgesteld om de opdracht te kunnen uitvoeren en om de veiligheid van
het personeel en het welzijn van de manschappen te
garanderen » en « Als wij niet over 600 man konden

En résumé, la mission de reconnaissance estimait
que, comme le demandait d’ailleurs le général
Dallaire, le secteur de Kigali nécessitait un bataillon
composé de quatre compagnies dont une équipée de
véhicules blindés transporteurs de troupes (APC).
Cette dernière compagnie ferait office de QRF (Quick
Reaction Force) sur l’ensemble du territoire rwandais
pour intervenir en cas de situation critique. Bien que
le général Dallaire ait envisagé pour le secteur de
Kigali un bataillon de 800 hommes, tant la mission de
reconnaissance que l’état-major général et l’étatmajor des paracommandos sont partis du principe
qu’environ 600 hommes devaient suffire. C’est ce que
le lieutenant général Charlier a communiqué au ministre de la Défense nationale dans une note datée du
3 novembre (2). Toutes les personnes interrogées, à
l’exception du général major Schellemans, chef de
cabinet du ministre de la Défense nationale, confirment que telle était l’option de l’armée. Lorsqu’on
demande au colonel Flament, chef de la mission de
reconnaissance, quel était son point de vue initial sur
les effectifs nécessaires pour exécuter la mission, telle
qu’elle était décrite dans le « mémo justificatif d’un
besoin opérationnel », il répond : « 600 hommes » (3).
C’est ce que confirme le lieutenant colonel Briot, le
chef de la sous-section de planification des opérations
extérieures, de l’état-major général, lors de son audition du 28 février 1997 : « La demande initiale exprimée par l’ONU était de 800 hommes. Une analyse
théorique a été faite par l’état-major général et
complétée par un élément de la mission de reconnaissance. Nous avions proposé à l’état-major général
une limite de 600 personnes pour que la mission soit
réalisable, que la sécurité du personnel soit assurée,
ainsi qu’un bien-être maximum des hommes » et « Si
nous n’avions pas 600 hommes, il fallait laisser

——————

——————

(1) Verslag ad hoc-groep Rwanda, Senaat, 1996-1997,
7 januari 1997, blz. 109 en volgende.
(2) Zie bijlage.
(3) Hoorzitting met kolonel Flament, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 60.

(1) Rapport groupe ad hoc Rwanda, Sénat, 1996-1997,
7 janvier 1997, p. 109 et suivantes.
(2) Voir annexe.
(3) Audition du colonel Flament, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 28 février 1997, p. 58.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 206 )

beschikken, moesten wij een aantal opdrachten laten
vallen. » (1) Luitenant-generaal Charlier is nog
explicieter : « Met 600 man konden vier compagnieën
en een snelle interventiemacht worden samengesteld »
en « Wij meenden dat 600 man nodig was, want het
was belangrijk dat Kigali als een geheel werd
beschouwd. Het opsplitsen van een commando in een
stad maakt de zaken veel ingewikkelder. Wij wilden
ook dat de QRF tot onze bevoegdheid behoorde, en
daarom heb ik vier compagnies gevraagd, waaronder
een pantsercompagnie » en « Het bataljon van
600 man dat wij hebben voorgesteld, bestond uit drie
compagnie fuseliers en een compagnie pantservoertuigen. » (2) Dat was ook het uitgangspunt van de
staf van de paracommando’s.

tomber certaines missions. » (1) Le lieutenant général Charlier est encore plus explicite : « 600 hommes
permettaient quatre compagnies et une force d’intervention rapide » et « Nous avons estimé que
600 hommes étaient nécessaires car il était important
que Kigali soit considérée comme un tout. Scinder un
commandement dans une ville rend les choses beaucoup plus difficiles. Nous voulions aussi que la QRF
soit entre nos mains et c’est pour cela que j’ai
demandé quatre compagnies, dont une blindée » et
d’ajouter « Le bataillon de 600 hommes que nous
avons proposé comprenait trois compagnies de fusiliers plus une de véhicules blindés. » (2) Ce point de
départ était aussi celui de l’état-major paracommando.

Luitenant-kolonel Leroy bevestigt dit in zijn hoorzitting van 24 maart 1997 : « De paracommandostaf
heeft verscheidene andere voorstellen bestudeerd
waarin sprake was van zowat 500 à 550 manschappen, maar steeds georganiseerd in vier compagnies,
waarvan één met pantservoertuigen. » (3) Alleen
generaal-majoor Schellemans verdedigt een andere
stelling. Tijdens zijn hoorzitting op 12 maart 1997
stelde hij dat ook met de 600 Belgische manschappen
bepaalde taken niet konden worden vervuld, meer
bepaald de QRF (4).

C’est ce qu’a confirmé le lieutenant-colonel Leroy
lors de son audition du 24 mars 1997 : « L’état-major
paracommando a étudié différentes autres propositions comportant environ 500 à 550 hommes mais
toujours organisés en quatre compagnies dont une
équipée de blindés. » (3) Seul le général major Schellemans défend un autre point de vue. Lors de son
audition du 12 mars 1997, il déclare que même avec
600 hommes belges, certaines tâches, en particulier la
QRF, n’auraient pas pu être accomplies (4).

Hoewel de commissie vaststelt dat het rapport van
de verkenningsmissie niets aan duidelijkheid te
wensen overliet, blijkt uit de verklaringen van de
auteur van het rapport, kolonel Flament, dat althans
in zijn geest het werd opgesteld als een document
waarmee men vanuit de legerleiding kan « onderhandelen ». « Ik heb 600 soldaten gevraagd om er
zeker 400 te krijgen. » « Als we in ons dossier 600 man
vroegen dan was dat om zeker te zijn dat we 450
zouden krijgen. » « Dat is geen gewoonte, maar wij
moesten wel onderhandelen over wat wij als noodzakelijk voor de veiligheid beschouwden. » Hoewel op
de vraag « Onderhandelen met wie ? », kolonel Flament het antwoord schuldig blijft en zegt dat die
vraag aan luitenant-generaal Charlier moet worden
gesteld (5).

Bien que la commission constate que le rapport de
la mission de reconnaissance était suffisamment clair,
les déclarations du colonel Flament, auteur dudit
rapport, montrent que ce document avait été conçu,
du moins dans son esprit, comme un document qui
devait permettre au commandement de l’armée de
« négocier ». « Si j’ai demandé 600 soldats, c’était
uniquement pour avoir la certitude d’en avoir 400. »
« Si nous avons demandé 600 hommes dans notre
dossier, c’est pour avoir la certitude d’en obtenir
450. » « Ce n’est pas une habitude, mais il a bien fallu
négocier ce que nous estimions nécessaire pour la
sécurité. » Toutefois, lorsqu’on lui demande
« Négocier avec qui ? », le colonel Flament ne répond
pas et dit qu’il faut poser cette question au lieutenant
général Charlier (5).

Kolonel Flament voegt eraan toe : « Toen ik naar
Kigali vertrok sprak de Generale Staf echter over

Et le colonel d’ajouter : « Lorsque je suis parti par
Kigali, l’état-major général parlait toutefois de

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 64 en 65.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 68; hoorzitting met
luitenant-generaal Charlier, BV, BCR, Senaat, 1996-1997,
21 april 1997, blz. 315.
(3) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 231.
(4) Hoorzitting met generaal-majoor Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 155.
(5) Hoorzitting met kolonel Flament, BV, BCR, Senaat,
1996-199, februari 1997, blz. 61 en 63.

(1) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, p. 62 et 63.
(2) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 65; audition du lieutenant
général Charlier, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997,
p. 309.
(3) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 24 mars 1997, p. 225.
(4) Audition de général-major Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 151.
(5) Audition de colonel Flament, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 28 février 1997, p. 59 et 61.

( 207 )
200 man... » (1). Luitenant-generaal Charlier verklaarde echter dat hij op het ogenblik van het verstek
van de Recce heeft gezegd : « ... dat wij realistisch
moeten blijven en dat als wij 300 of 400 man zouden
krijgen, dat bevredigend zou zijn. »(2)

3.2.3.2. De onderhandelingen over het aantal
manschappen

1 - 611/7 - 1997/1998

200 hommes... » (1). Or, le luitenant général Charlier
déclara qu’au départ du Recce il avait estimé : « qu’il
fallait rester réaliste et que si l’on recevait 300 à
400 hommes, il faudrait considérer que c’était satisfaisant. » (2)

3.2.3.2. Les négociations sur les effectifs

Of het Recce-rapport nu al dan niet werd geschreven met het oog op het voeren van onderhandelingen
tussen de legerleiding en de politieke verantwoordelijken, feit is dat er over de troepensterkte gedurende
twee weken discussies werden gevoerd, die resulteerden in de beslissing van de Ministerraad van
19 november 1993 om 370 manschappen te sturen
met de mogelijkheid, indien de veiligheid van de troepen het zou vereisen, het aantal op te trekken tot 450.

Que le rapport Recce ait ou non été écrit dans
l’optique de négociations entre le haut commandement de l’armée et les responsables politiques, il est de
fait que deux semaines de discussion sur les effectifs
ont été nécessaires pour parvenir à la décision du
Conseil des ministres du 19 novembre 1993 d’envoyer
370 hommes, avec la possibilité, si la sécurité des troupes l’exigeait, de porter ce nombre à 450.

De commissie heeft bij het reconstrueren van deze
discussie vastgesteld dat benevens een aantal elementen van persoonlijke aard die ongetwijfeld een rol
hebben gespeeld, uiteindelijk gekozen werd voor een
vergelijk dat zowel tegemoet wou komen aan een
aantal zuiver politieke oogmerken als aan een aantal
militaire noodwendigheden op het terrein die daar in
menig opzicht tegengesteld aan waren .

En reconstituant cette discussion, la commission a
constaté qu’outre un certain nombre d’éléments de
nature personnelle, qui ont indubitablement joué un
rôle, on a finalement opté pour un arrangement qui
voulait répondre à la fois à certains objectifs purement politiques et à certains impératifs militaires sur
le terrain, qui leur étaient contraires à bien des égards.

De houding van de regering m.b.t. de kwestie van
de troepensterkte was vanaf de aanvang vrij duidelijk.
Nadat onze permanente vertegenwoordiger op
8 september 1993 vanwege de Verenigde Naties de
informele vraag ontving om Belgische troepen te
zenden in het kader van de VN-vredesoperatie in
Rwanda lag het standpunt zo niet formeel, dan toch
in elk geval informeel vast: ja, aan een deelname,
maar om politieke redenen — d.w.z. wegens de
geschiedenis van België in Rwanda en om niet al te
zichtbaar aanwezig te zijn — was er geen sprake van
om een bataljon te zenden van 800 manschappen
zoals de VN het wenste (3). Zonder in dit stadium
van het beslissingsproces de militaire autoriteiten te
betrekken opteerde de regering dus voor een beperkte
deelname, waarbij gedacht werd aan 200, maximum
300 manschappen. Die aantallen werden door de
betrokken ministers in de pers bekendgemaakt. In
zijn eerste hoorzitting op 5 maart 1997 bevestigt
Eerste minister Dehaene dit, « Op 17 september boog
de Ministerraad zich over de vraag of België al dan
niet aan UNAMIR zou deelnemen. Op dat ogenblik
ging het enkel om een principiële beslissing. (...) De
discussie ging toen over het aantal manschappen. Het

L’attitude du gouvernement fut, dès le début, assez
univoque. Après que notre représentant permanent
eut reçu, le 8 septembre 1993, la demande informelle
des Nations Unies à la Belgique d’envoyer des troupes
dans le cadre de l’opération de paix de l’ONU au
Rwanda, la position du Gouvernement, si elle n’était
pas arrêtée de manière formelle, l’était en tout cas de
manière informelle : oui à une participation, mais
pour des raisons politiques — c’est-à-dire en raison de
l’histoire de la Belgique au Rwanda et pour éviter une
présence trop visible —, il n’était pas question
d’envoyer un bataillon de 800 hommes comme le
souhaitaient les Nations Unies (3). Les chiffres ont
été communiqués à la presse par les ministres concernés. Le Gouvernement opta donc pour une participation limitée que l’on estimait à 200, voire au maximum à 300 hommes. C’est ce que confirme le Premier
ministre Dehaene lors de sa première audition, le
5 mars 1997 : « Le 17 septembre, le Conseil des ministres a discuté de la question de savoir si la Belgique
allait ou non participer à la MINUAR. À ce stade, il
s’agissait uniquement d’une décision de principe. (...)
La discussion a alors porté sur l’importance du nombre de soldats à envoyer, la demande des Nations

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 59.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 70.
(3) Hoorzitting met kolonel Engelen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 16 april 1997, blz. 287.

(1) Ibidem, p. 57.
(2) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 67.
(3) Audition du colonel Engelen, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, p. 281.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 208 )

verzoek van de Verenigde Naties leek immers te hoog.
Bovendien was een overwegend Belgische aanwezigheid in Kigali politiek niet aangewezen, aangezien
men ons land met de UNO had kunnen verwarren.
(...) Er werd toen gesproken van 200 à 300 man, maar
niets werd beslist ». (1) In dit stadium van het beslissingsproces werden de militaire autoriteiten niet
geraadpleegd door de Belgische regering. Tijdens hun
hoorzittingen van 5 maart 1997 herhalen voormalig
minister van Landsverdediging Delcroix en voormalig minister van Buitenlandse zaken Claes dit standpunt. De heer Delcroix: « (...) toen werd beslist dat er
geen grootscheepse militaire aanwezigheid zou
komen. Dit was gegrond op politieke redenen en op
grond van ons historisch verleden. (...) De regering
heeft in elk geval de politieke keuze gemaakt voor een
beperkte aanwezigheid. Aanvankelijk was er sprake
van 200 militairen, nadien van 200 à 300. (...) de politieke wil om te zorgen voor een symbolische, maar
beperkte aanwezigheid van België. (...) Daarmee wou
de regering aantonen dat wij niet te dominant aanwezig wilden zijn » (2). De heer Claes : « Budgettaire en
politieke overwegingen lagen aan de basis van het
beleid. Vanaf 17 september werd duidelijk beslist dat
België niet in grote mate kon deelnemen (...) » (3).
Naast politieke speelden dus evenzeer budgettaire
motieven een belangrijke rol bij de beperking van de
troepensterkte, temeer daar ten hoogste een terugbetaling van ongeveer twintig procent vanwege de Verenigde Naties kon worden verwacht en die terugbetaling veelal meerdere jaren op zich laat wachten.
Hoewel luitenant-generaal Charlier tijdens zijn eerste
hoorzitting ontkende dat er ooit sprake is geweest van
een budgettaire enveloppe met betrekking tot de
operatie-Rwanda (4), bevestigde hij in de hoorzitting van 21 april 1997 dat tot twee keer toe de minister
van Landsverdediging zijn vraag om 600 manschappen te sturen verwierp op budgettaire gronden en in
zijn bijzijn een politiek argument nooit naar voren
werd geschoven. Ook de evaluatienota van 12 juli
1994, opgesteld door luitenant-generaal Charlier op
vraag van de minister van Landsverdediging, stelt dat
het aantal manschappen beperkt werd wegens
budgettaire motieven (5). Minister van Landsverdediging Delcroix is minder eenduidig. Enerzijds stelt
hij dat de weigering om het aantal manschappen te
verhogen tot het door de legerleiding gevraagde aan-

Unies paraissant trop élevée par rapport à
l’opération. En outre, une présence dominante de la
Belgique à Kigali était politiquement inopportune,
car elle aurait créé une confusion entre notre pays et
l’ONU (...). Le chiffre de 200 à 300 hommes a alors été
évoqué, mais aucune décision n’a été prise » (1). À ce
stade du processus de décision, les autorités militaires
n’ont pas été consultées par le Gouvernement belge.
Lors de leurs auditions du 5 mars 1997, les ministres
de la Défense nationale et des Affaires étrangères de
l’époque ont réitéré ce point de vue. M. Delcroix :
« (...) lorsqu’il fut décidé de renoncer à une action
militaire de grande envergure. Cette décision fut
essentiellement inspirée par des raisons politiques et
par nos liens historiques. (...). Le Gouvernement a en
tout cas pris l’option politique d’une présence limitée.
Au départ, il était question d’envoyer 200 militaires et
ensuite 200 à 300. (...) la volonté politique d’assurer
une présence symbolique, même limitée, de la Belgique. (...) Avec ce chiffre, le Gouvernement entendait
indiquer qu’il ne voulait pas avoir une présence trop
dominante » (2). M. Claes : « Des considérations
budgétaires et politiques sous-tendaient la politique
suivie. Dès le 17 septembre, il a été décidé que la Belgique ne pouvait pas y participer à grande échelle
(...) » (3).
Outre des éléments politiques, des motifs budgétaires ont donc tout autant influencé la limitation des
effectifs, d’autant plus que l’on ne pouvait escompter
qu’un remboursement de quelque 20 % de la part des
Nations Unies et qu’un tel remboursement se fait
souvent attendre plusieurs années. Bien que lors de sa
première audition, le lieutenant général Charlier ait
nié qu’il eût jamais été question d’une enveloppe
budgétaire concernant l’opération au Rwanda (4), il
a confirmé lors de son audition du 21 avril 1997 que
par deux fois, le ministre de la Défense nationale avait
rejeté sa demande de 600 hommes pour des raisons
budgétaires et que jamais un argument politique
n’avait été avancé en sa présence. La note
d’évaluation du 12 juillet 1994, qu’a rédigée le lieutenant général Charlier à la demande du ministre de la
Défense nationale, dit, elle aussi, que le nombre
d’hommes a été limité pour des motifs budgétaires (5). Le ministre de la Défense nationale,
M. Delcroix, est moins précis. Tantôt, il déclare que
l’on a refusé de porter les effectifs au niveau demandé
par le haut commandement, à savoir 600, surtout

——————

——————

(1) Hoorzitting met eerste minister Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 103.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 96 en 98.
(3) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 5 maart 1997, blz. 84.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 73.
(5) Evaluatienota van 12 juli 1994 opgesteld door luitenantgeneraal Charlier.

(1) Audition du Premier ministre Dehaene, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 99.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 92 et 94.
(3) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 80.
(4) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 71.
(5) Note d’évaluation du 12 juillet 1994 rédigée par le lieutenant-général Charlier.

( 209 )

1 - 611/7 - 1997/1998

tal van 600 vooral stuitte op politieke bezwaren.
Anderzijds verklaarde hij dat « het eerder een budgettaire kwestie » was. Wat er ook van weze, zowel politieke, als budgettaire en zelfs sociale motieven (1)
zoals voormalig minister van Landsverdediging Delcroix voor de commissie aangaf, bepaalden de minimalistische houding van de regering, in die mate zelfs
dat zoals voormalig minister van Buitenlandse Zaken
Claes aangaf, België niet zou hebben deelgenomen
indien het aantal van 450 manschappen als onvoldoende zou zijn bevonden, een houding die ook door
generaal-majoor Schellemans, voormalig kabinetschef van de minister van Landsverdediging tijdens
zijn hoorzitting werd bevestigd (2) en die overigens
met zoveel woorden terug te vinden is in de conclusies
van het verslag van het kernkabinet van 10 november
1993, « indien staf voor een of andere reden niet zou
akkoord gaan met huidig voorstel, dan zou afgezien
worden van deelname aan deze VN-operatie » (3).

pour des motifs politiques. Tantôt, il déclare que
toute « la discussion concernant l’augmentation du
contingent fut plutôt une question budgétaire ». Quoi
qu’il en soit, des motifs tant politiques que budgétaires, voire sociaux (1), comme l’a souligné devant la
commission l’ancien ministre de la Défense nationale,
M. Delcroix, ont déterminé l’attitude minimaliste du
Gouvernement. À cet égard, selon le ministre des
Affaires étrangères, M. Claes, la Belgique n’aurait pas
participé si l’on avait estimé que le nombre de 450
hommes était insuffisant; cette attitude est confirmée
par le général-major Schellemans, chef de cabinet du
ministre de la Défense nationale, lors de son audition
du 12 mars 1997 (2); il en est d’ailleurs question dans
les conclusions du rapport du cabinet restreint du
10 novembre 1993 : « Si, pour l’une ou l’autre raison,
l’état-major n’était pas d’accord sur la proposition
actuelle, on renoncerait à participer à cette opération
de l’ONU » (3).

De houding van de legertop i.v.m. de troepensterkte werd hierboven al ten dele toegelicht. De generale staf vroeg 600 manschappen om de opdracht te
vervullen. De 300 waarvan initieel sprake was of de
370 waartoe het kernkabinet van 10 november 1993
neigde, werd onvoldoende bevonden, hetgeen door
luitenant-generaal Charlier aan de minister van
Landsverdediging werd medegedeeld in een nota
gedateerd 12 november 1993, waarvan de inhoud
reeds werd weergegeven in het verslag van de ad hocgroep Rwanda (4). Volgens luitenant-generaal
Charlier die de initiële intentie om 370 manschappen
uit te sturen reeds op 11 november voor uitvoering
doorstuurde naar de staf van de landmacht (die daartegen verzet aantekende en bleef bij het uitsturen van
ongeveer 500 manschappen inclusief Generale
Staf),beantwoordde dit aantal aan geen enkele
« militaire oplossing » (5). Met dit beperkte aantal

On a déjà commenté partiellement ci-dessus la
position du haut commandement de l’armée. Il
demandait 600 hommes pour accomplir la mission. Il
considérait comme insuffisant le nombre de 300
hommes, dont il avait été initialement question, ou
celui de 370 qu’envisagea le cabinet restreint du
10 novembre 1993; cette position a été communiquée
par le lieutenant général Charlier au ministre de la
Défense nationale dans une note datée du 12 novembre 1993; le contenu de cette note figure dans le
rapport du groupe ad hoc (4). Selon le lieutenant
général Charlier, qui avait transmis l’intention originale d’envoyer 370 hommes déjà le 11 novembre à
l’état-major des forces terrestres pour que celui-ci
l’exécute (l’état-major s’y est opposé et s’en est tenu à
la décision d’envoyer quelque 500 hommes, étatmajor général y compris), le chiffre avancé ne correspondait à aucune « solution militaire » (5). Cet effec-

——————

——————

(1) NVDR : De sociale motieven waarover minister Delcroix
het heeft hebben betrekking op de problemen met roulatie van
de troepen. Volgens de minister waren er onvoldoende manschappen beschikbaar om een normale roulatie te verzekeren, en
dreigde het familiale en sociale leven van de manschappen te
lijden onder de veelvuldige en elkaar te snel opvolgende opdrachten in het buitenland. Dit hangt echter nauw samen met de
inkrimping van de troepensterkte die door minister Delcroix zelf
was ingevoerd (het zgn. plan-Charlier).
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 73 en hoorzitting met generaalmajoor Schellemans, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart
1997, blz. 155.
(3) Zie bijlage.
(4) Verslag, ad-hocgroep Rwanda, Senaat, 7 januari 1997,
blz. 110.
(5) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 69.

(1) NDLR : Les motifs sociaux dont fait état le ministre
Delcroix concernent le roulement des troupes. Selon le ministre,
l’on ne disposait pas de suffisamment d’effectifs pour assurer un
roulement normal, et la vie familiale et sociale des hommes
risquait de souffrir des missions à l’étranger, qui étaient multiples et qui se succédaient à un rythme rapide. Cependant, ceci est
en rapport étroit avec la réduction des effectifs voulue par le
ministre Delcroix lui-même (ce que l’on appelle le plan
Charlier).
(2) Audition de M. Delcroix CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 80 et audition du général-major Schellemans,
CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 152.
(3) Voir annexe.
(4) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, Sénat, 1996-1997,
7 janvier 1997, p. 110.
(5) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 67.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 210 )

kon zelfs geen reserve worden gevormd (1). Met 450
daarentegen was het mogelijk compagnies samen te
stellen om het terrein bezet te houden en een reserve
over te houden (2), ook al was in dit cijfer het personeel begrepen dat op het hoofdkwartier van generaal
Dallaire en kolonel Marchal werkte, alsook het
personeel dat belast was met logistieke taken. Werden
deze uit de 450 gehaald dan kwam men tot een totaal
aantal beschikbare manschappen van 350 (3).

tif limité ne permettait même pas de constituer une
réserve (1). Avec 450 hommes, il était possible de
composer des compagnies pour occuper le terrain,
tout en ayant une réserve pour chacune d’elles (2),
même si ce chiffre comprenait le personnel qui travaillait au quartier général du général Dallaire et du colonel Marchal, ainsi que le personnel chargé des tâches
logistiques. En les retranchant du nombre de 450, on
arrivait à un total de 350 hommes disponibles pour les
missions (3).

Het is voor de commissie minder duidelijk of aan
de politieke verantwoordelijken ook voldoende duidelijk werd gemaakt dat die vermindering van de
troepensterkte tot 450 als gevolg zou hebben dat
bepaalde taken (onder meer de QRF) niet zouden
konden uitgevoerd worden en door een ander buitenlands contingent zouden moeten worden op zich
genomen. Luitenant-generaal Charlier beweert van
wel. In de hoorzitting van 28 februari 1997 verklaart
hij, « Ik heb de minister van Landsverdediging schriftelijk nogmaals meegedeeld dat ik weigerde verantwoordelijkheid op te nemen voor de operaties met
minder dan 450 man, als er geen snelle interventiemacht ter plaatse was en een gedeelte van de sectoren
niet door een andere natie gecontroleerd werd » (4).
En in de hoorzitting van 21 april 1997 antwoordt hij
bevestigend op de vraag of minister Delcroix ervan op
de hoogte was dat wij met 450 militairen nooit een
QRF zouden kunnen vormen (5). Dit wordt bevestigd door luitenant-kolonel Briot die op de vraag of
aan de regering werd gezegd dat met 450 man niet alle
taken konden worden vervuld, antwoordt,
« Uiteraard » (6). Voormalig minister van Landsverdediging Delcroix van zijn kant beweert dat dit niet
gebeurde. Tot tweemaal toe antwoordt hij ontkennend op de vraag of luitenant-generaal Charlier hem
heeft medegedeeld dat met een getalsterkte van
minder dan 600 de taken zouden moeten worden
beperkt (7), hoewel hij er aan toevoegt dat hij er zelf
zich van bewust was dat ingevolge de reductie van het
aantal manschappen België niet zou instaan voor de
QRF (8). Zijn kabinetschef nochtans, generaal-

Il est moins évident que l’on ait aussi fait suffisamment comprendre aux responsables politiques qu’il
résulterait de cette diminution des effectifs à 450
hommes, que certaines tâches (entre autres la QRF) ne
pourraient plus être effectuées par les Belges, partant,
devraient être confiées à un contingent étranger. Le
lieutenant général Charlier prétend que cela a été fait.
Dans son audition du 28 février 1997, il déclare : « J’ai
répété au ministre de la Défense nationale, dans un
courrier que je lui ai adressé, que je refusais de prendre la responsabilité des opérations avec moins de 450
hommes, s’il n’y avait pas de force de réaction rapide
sur place et que le contrôle d’une partie des secteurs ne
soit pas assuré par une autre nation » (4). Et lors de
son audition du 21 avril 1997, il répond par
l’affirmative lorsqu’on lui demande si le ministre
Delcroix savait qu’avec 450 militaires, nous ne pourrions jamais constituer une QRF (5). Ces dires sont
confirmés par le lieutenant-colonel Briot qui, à la
question de savoir si l’on avait dit au Gouvernement
qu’il était impossible de remplir toutes les missions
prévues avec 450 hommes, répond : « Assurément » (6). Le ministre de la Défense nationale
prétend que cela n’a pas été fait. Il nie par deux fois
que le lieutenant général Charlier l’ait informé
qu’avec un effectif de moins de 600 hommes, les
missions seraient réduites (7), avant d’ajouter qu’il
était conscient qu’en raison de la réduction des effectifs, la Belgique ne se chargerait pas de la QRF (8).
Pourtant, à la question : « A-t-on discuté du fait que
certaines tâches demandées par le général Dallaire ne
pourraient être exécutées ? », son chef de cabinet, le

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 317.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 69.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 113-114.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 69.
(5) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 316.
(6) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 65.
(7) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 97.
(8) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 98.

(1) Audition de lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 311.
(2) Audition de lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 67.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 109.
(4) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 67.
(5) Audition de lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 310.
(6) Audition de lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, p. 62.
(7) Audition de lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 93.
(8) Audition de lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, p. 94.

( 211 )

1 - 611/7 - 1997/1998

majoor Schellemans antwoordt op de vraag « Is erover gesproken dat bepaalde door generaal Dallaire
gevraagde taken niet zouden kunnen worden vervuld ? » ondubbelzinnig « Dat is evident » (1).

général-major Schellemans répond sans ambiguı̈té :
« Évidemment » (1).

Twee aspecten van de houding van de legertop
dienen nog onder de aandacht te worden gebracht,
met name haar eis het commando over de sector
Kigali in handen te krijgen en de invloed hiervan op
de troepensterkte. Luitenant-generaal Charlier bevestigde tijdens de hoorzitting van 28 februari 1997 deze
eis, maar verklaarde dat dit punt bij de vaststelling
van het aantal manschappen echter niet doorslaggevend was (2). Ten tweede de vraag of het Belgisch
leger überhaupt wel in staat was meer dan 450 manschappen te leveren gelet op de lopende operaties in
ex-Joegoslavië en Somalië. Door deze operaties zou
het onmogelijk geweest zijn meer dan 450 man op het
terrein te sturen en was dit de reden waarom de Generale Staf met het aantal van 450 instemde. Ook dit
punt wordt door luitenant-generaal Charlier tegengesproken, « Het maximale aantal manschappen dat
wij konden sturen was afhankelijk van de duur van de
opdracht. Als die kort was geweest, hadden wij er veel
kunnen sturen. Vanaf 15 december, meenden wij dat
wij gelet op de omstandigheden, voor 600 man
konden zorgen » (3), een standpunt dat wordt bevestigd door de commandant van KIBAT I, kolonel
Leroy (4) en door admiraal Verhulst, toenmalig
hoofd van het C Ops te Evere, « De landmacht heeft
ons laten weten dat ze 548 man kon leveren die om de
vier maanden moesten worden afgelost. Als u daar
het bijkomend personeel bijtelt, komt men tot 600
personen. (5) ».

Il convient encore d’attirer l’attention sur deux
aspects de l’attitude du haut commandement de
l’armée, à savoir son exigence d’obtenir le commandement du secteur de Kigali et l’influence que cela a
eue sur les effectifs. Lors de son audition du 28 février
1997, le lieutenant général Charlier a confirmé cette
exigence, tout en déclarant que ce point ne fut toutefois pas déterminant dans la fixation du nombre
d’hommes (2). Ensuite la question de savoir si
l’armée belge était vraiment capable de fournir
davantage que 450 hommes, étant donné que des
opérations étaient en cours en ex-Yougoslavie et en
Somalie. Ces opérations rendaient impossible l’envoi
de plus de 450 hommes sur le terrain, c’est pourquoi
l’état-major général a accepté le nombre de 450. Le
lieutenant-général Charlier conteste ce point : « Le
nombre maximum d’hommes que nous pouvions
envoyer dépendait de la durée de la mission. Si celle-ci
avait été courte, nous pouvions envoyer beaucoup de
monde. À partir du 15 décembre, vu les circonstances,
nous avons considéré que nous pouvions assurer la
présence de 600 hommes » (3), un point de vue que
confirment le commandant de KIBAT I, le colonel
Leroy (4), et l’amiral Verhulst, à l’époque chef du
C.Ops à Evere : « La force terrestre nous a ainsi fait
savoir qu’elle pouvait fournir 548 hommes relevables
tous les quatre mois. Si vous ajoutez à cela le personnel annexe, vous atteignez 600 personnes » (5).

Zoals hierboven reeds werd vastgesteld, werd niet
gekozen voor hetzij de politieke benadering, hetzij de
militair-technische aanpak, maar leidden deze tegengestelde visies tot een compromis dat uiteindelijk niet
tegemoet kwam aan de oorspronkelijke bekommernissen van de Regering die wegens budgettaire redenen en omwille van het verre en vooral recente historisch verleden wilde vermijden de ruggengraat van de
UNAMIR-troepen te leveren, noch aan de wensen
van generaal Dallaire, noch aan de initiële voorstellen
van het Belgische leger.

Comme il a déjà été constaté ci-dessus, le choix ne
s’est pas fait entre l’approche politique d’une part ou
militaire d’autre part, mais ces points de vue contradictoires ont plutôt débouché sur un compromis qui
ne rencontrait finalement ni les préoccupations initiales du Gouvernement qui pour des motifs budgétaires
et politiques voulait éviter de fournir l’épine dorsale
des troupes de la MINUAR, ni les souhaits du général
Dallaire et des propositions initiales de l’armée belge.

Zowel de regering als de legertop stemden echter
wel in met het bereikte compromis.

Tant le gouvernement que le haut commandement
de l’armée ont marqué leur assentiment sur le
compromis ainsi atteint.

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal-majoor Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 155.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 70.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 70.
(4) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 241.
(5) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 23 april 1997, blz. 352.

(1) Audition de général-major Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p.152.
(2) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p.155.
(3) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 70.
(4) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 24 mars 1997, p. 235.
(5) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 23 avril 1997, p. 344.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 212 )

In zijn tweede hoorzitting voor de bijzondere
commissie op 28 maart 1997 gaf luitenant-generaal
Charlier uitvoerig relaas over zijn gesprekken met de
voormalige minister van Landsverdediging en diens
kabinet bij de totstandkoming van de beslissing om
450 manschappen naar Rwanda te zenden. Over dit
relaas werden luitenant-generaal Charlier en voormalig minister van Landsverdediging Delcroix met
elkaar geconfronteerd in een zitting achter gesloten
deuren op 21 april 1997. Aan generaal-majoor Schellemans, voormalig kabinetschef van de minister van
Landsverdediging werden achteraf hierover een aantal schriftelijke vragen gesteld, waarvan de antwoorden de commissie bereikten op 19 juni 1997 (1).

Lors de sa deuxième audition devant la Commission spéciale, le 28 mars 1997, le lieutenant-général
Charlier a longuement relaté les conversations qu’il
avait eues avec l’ancien ministre de la Défense nationale et son cabinet, et qui avaient abouti à la décision
d’envoyer 450 hommes au Rwanda. Le 21 avril 1997,
une confrontation à huis clos entre le lieutenantgénéral Charlier et l’ancien ministre de la Défense
nationale, M. Delcroix, a eu lieu à ce sujet. Par la
suite, un certain nombre de questions écrites, dont les
réponses sont parvenues à la commission le 19 juin
1997, ont été posées au général-major Schellemans, à
l’époque chef de cabinet du ministre de la Défense
nationale, que la commission avait déjà entendu le 12
mars 1997 (1).

Volgens luitenant-generaal Charlier is de beslissing
van 19 november 1993, beslissing om 450 manschappen naar Rwanda te sturen, het resultaat geweest van
een « marchandage », waarvan hij de uitkomst met
tegenzin aanvaardde omdat hij vreesde dat bij een
blijvende weigering iemand anders aan het hoofd van
het leger wel de zending zou hebben aanvaard met
minder manschappen. « Had ik geweigerd dan was ik
vertrokken. Een andere zou de zending aanvaard
hebben met 300 man. » (2).

Selon le lieutenant-général Charlier, la décision du
19 novembre 1993 d’envoyer 450 hommes au Rwanda
fut le résultat d’un « marchandage » dont il a accepté
l’issue à contre-cœur, parce qu’il craignait que s’il
persistait dans son refus, quelqu’un d’autre à la tête de
l’armée eût accepté l’envoi avec moins d’effectifs. « Si
j’avais refusé, je serais parti. Un autre aurait accepté la
mission avec 300 hommes. » (2).

Generaal-majoor Schellemans in zijn antwoord
van 19 juni bestatigt een aantal van deze gebeurtenissen, doch relativeert ze of plaatst ze in een enigszins
andere context. Hij bevestigt in ieder geval dat luitenant-generaal Charlier zich tegenover hem beklaagde
over de wijze waarop dit dossier behandeld werd,
« Hij sprak zelfs van aftreden en van bepaalde zaken
(zonder deze te specifiëren) openbaar te maken. »
Volgens generaal-majoor Schellemans gebeurde dat
voor het overzenden van de bewuste nota van
12 november, wellicht op 11 november. De minister
werd van deze bedreiging op de hoogte gebracht.
Volgens generaal-major Schellemans was de minister
van Landsverdediging het overigens niet oneens met
die nota. Luitenant-generaal Charlier zou hem wel
een tweede maal hebben gecontacteerd, namelijk op
18 november om zijn ongenoegen te uiten over de
voorstelling van het dossier aan de Ministerraad van
de daaropvolgende dag. Bij die gelegenheid stelt generaal-majoor Schellemans : « Ik heb toen getracht uit te
leggen dat er reeds een beslissing in de Kern was genomen, dat een dergelijke beslissing niet zo maar zou
veranderd worden en dat het dus beter was het dossier
voor te stellen zoals het kabinet het wou. Het is mogelijk dat ik tijdens mijn argumentatie gesproken heb
over « sensibiliteiten » (« gezichtsverlies lijden » ?),
maar dit was zeker niet bedoeld op de persoon van de

Dans sa réponse du 19 juin, le général major Schellemans confirme certains de ces événements tout en
les relativisant ou en les situant dans un contexte quelque peu différent. Il confirme en tout cas que le lieutenant-général Charlier s’est plaint auprès de lui de la
manière dont on traitait ce dossier; « Il parlait même
de démissionner et de rendre publiques certaines
choses (sans les spécifier). » Selon le général-major
Schellemans, cela se passait avant l’envoi de la
fameuse note du 12 novembre, peut-être le 11 novembre. Le ministre fut informé de cette menace. Selon le
général-major Schellemans, le ministre de la Défense
nationale n’était d’ailleurs pas en désaccord avec cette
note. Le lieutenant-général Charlier l’aurait bien
contacté une deuxième fois, à savoir le 18 novembre,
pour lui exprimer son mécontentement sur la présentation du dossier au Conseil des ministres du jour
suivant. À cette occasion, le général-major Schellemans déclare : « J’ai alors tenté d’expliquer que le
cabinet restreint avait déjà pris une décision, qu’une
telle décision ne serait pas modifiée à la légère et qu’il
était dès lors préférable de présenter le dossier tel que
le souhaitait le cabinet. Il est possible qu’au cours de
mon argumentation, j’aie évoqué des « sensibilités »
(« perdre la face » ?) mais je ne visais certainement pas
la personne du ministre. » La teneur de cette discussion a également été portée à la connaissance du mi-

——————

——————

(1) Schriftelijk antwoord van generaal-majoor Schellemans
op de brief van de Voorzitter van de Parlementaire Onderzoekscommissie Rwanda van 18 juni 1997.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 269.

(1) Réponse du 18 juin 1997 du général-major Schellemans à
la lettre du Président de la Commission d’enquête parlementaire
sur les événements du Rwanda.
(2) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 269.

( 213 )

1 - 611/7 - 1997/1998

minister. » Ook van de inhoud van dit gesprek werd
de minister op de hoogte gebracht. Of de minister na
de eindbeslissing van 19 november aan luitenantgeneraal Charlier gevraagd heeft geen publiciteit aan
de zaak te geven, weet hij niet.

nistre. Il ne sait si, après la décision finale du 19
novembre, le ministre a demandé au lieutenantgénéral Charlier de ne donner aucune publicité à
l’affaire.

Voormalig minister van Landsverdediging Delcroix van zijn kant kon zich geen van deze feiten meer
herinneren.

Pour sa part, l’ancien ministre de la Défense nationale, M. Delcroix, n’a pu se souvenir d’aucun de ces
faits.

Hoe dan ook, voor de commissie is het in ieder
geval duidelijk dat de voorbereiding van de beslissing
van de Ministerraad van 19 november niet uitsluitend
stoelde op objectieve elementen van politieke of van
militair-technische aard, maar ook op elementen van
subjectieve en conflictuele aard, met inbegrip van
dreigementen. Of de eindbeslissing anders zou zijn
geweest indien de discussie op een andere, meer
serene wijze ware gevoerd, valt niet te zeggen, wel
staat het voor de commissie vast, dat er dan mogelijks
meer tijd en aandacht ware gegaan naar essentiële
problemen zoals het mandaat, de te vervullen opdrachten, het ontbreken van een tweede geloofwaardig contingent, het ontbreken van een accurate QRF
(Quick Reaction Force), en dergelijke meer.

Quoi qu’il en soit, il est clair en tout cas pour la
commission que la préparation de la décision du
Conseil des ministres du 19 novembre ne se basait pas
exclusivement sur des considérations objectives de
nature politique ou technico-militaire, mais aussi sur
des arguments subjectifs et conflictuels, voire des
menaces. Il est impossible de dire si la décision finale
aurait été différente si la discussion s’était déroulée
autrement, plus sereinement, mais il est en tout cas
possible qu’on aurait alors consacré davantage de
temps et d’attention à des problèmes essentiels
comme l’absence d’un second contingent crédible,
l’absence d’une QRF (Quick Reaction Force) efficace,
etc.

3.2.3.3. Het ontbreken van een tweede geloofwaardig contingent

3.2.3.3. L’absenced’unsecondcontingentcrédible

Van zodra het duidelijk werd dat België slechts een
deel van de UNAMIR-troepen voor de sector Kigali
zou leveren, werd de aanwezigheid van een tweede
geloofwaardig contingent van groot belang, vooral
gezien de regering van bij de aanvang opteerde voor
een eerder beperkte aanwezigheid van 200 à 300
manschappen. In de optiek van de regering zouden de
Belgische troepen immers slechts een klein onderdeel
uitmaken van een bredere VN-troepenmacht waarvan het zwaartepunt bij een andere natie dan België
zou komen te liggen. Voor de operationaliteit en
vooral voor de veiligheid van de Belgische troepen
was het dan ook van levensbelang te weten binnen
welke multinationale context zij zouden dienen te
opereren. Voormalig minister van Buitenlandse
Zaken Claes heeft gepoogd te achterhalen welke
landen door de VN zouden uitgenodigd worden om
deel te nemen aan de troepenmacht (1). En in een
telegram van 5 november 1993 werd een lijst van
landen medegedeeld die in aanmerking kwamen
(Bangladesh, België, Egypte, Ghana, Malawi, Tunesië, Uruguay, Togo en Canada), waarna de Belgische
permanente vertegenwoordiging bij de VN de instructie kreeg stappen te ondernemen bij de Oostenrijkse en Canadese delegatie (2). Deze laatste haakte

Dès l’instant où il devenait clair que la Belgique ne
fournirait qu’une partie des troupes de la MINUAR
pour le secteur de Kigali, la présence d’un second
contingent crédible prenait une grande importance,
surtout étant donné que le Gouvernement avait opté
au début pour une présence plutôt de 200 à 300
hommes. Dans l’optique du Gouvernement, en effet,
les troupes belges ne devaient constituer qu’une
composante mineure d’une force plus vaste des
Nations Unies, dont une autre nation que la Belgique
aurait été l’élément principal. Pour la capacité opérationnelle et, surtout, la sécurité des militaires belges, il
était dès lors vital de savoir dans quel contexte multinational ils seraient appelés à opérer. L’ancien ministre des Affaires étrangères, M. Claes, a tenté de
savoir quels pays seraient sollicités par les Nations
Unies pour participer à la force armée (1). Dans un
télégramme du 5 novembre 1993, fut communiquée
une liste de pays entrant en ligne de compte (Bangladesh, Belgique, Egypte, Ghana, Malawi, Tunisie,
Uruguay, Togo et Canada), à la suite de quoi la représentation permanente de la Belgique à l’ONU reçut
pour instruction d’entreprendre des démarches
auprès des délégations autrichienne et canadienne (2). Cette dernière ne tarda toutefois pas à se

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 5 maart 1997, blz. 87.
(2) Hoorzitting met de heer Brouhns en de heer Cools, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 52 en 53.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 5 mars 1997, p. 89.
(2) Audition de M. Brouhns et de M. Cools, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, pp. 50 et 51.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 214 )

echter snel af. Alleen Oostenrijk bleef over zodat het
kernkabinet van 10 november 1993 de ministers van
Buitenlandse Zaken en Landsverdediging de opdracht gaf de nodige contacten te nemen om vooralsnog een bijdrage van dat land te bekomen (1). Hoe
dan ook, eerste minister Dehaene bevestigde dat steun
van ervaren troepen uit andere Europese landen nooit
als voorwaarde aan de VN werd opgelegd en dat over
het tweede contingent nooit is gesproken in termen
van geloofwaardigheid (2). Toenmalig minister van
Landsverdediging Delcroix stelt « Dit is een probleem
van de VN. Het betrof een VN-operatie en geen Belgische operatie » (3). Ter rechtvaardiging wordt nu
eens aangehaald dat slechts tijdens de UNAMIRoperatie zelf duidelijk bleek dat de Bengaalse troepen
niet tegen hun taak opgewassen waren en voor de
beslissing van 19 november het probleem met het
Bengaals contingent zich beperkte tot vragen m.b.t.
de logistiek. Dan weer wordt verwezen naar de pogingen die toch werden ondernomen om Oostenrijk met
een tweehonderdtal manschappen aan UNAMIR te
doen deelnemen.

De commissie stelt evenwel vast dat :

désister. Il ne resta que l’Autriche; le cabinet restreint
du 10 novembre 1993 chargea donc les ministres des
Affaires étrangères et de la Défense nationale de prendre les contacts nécessaires en vue d’obtenir une
contribution de ce pays (1). Quoi qu’il en soit, le
Premier ministre Dehaene a déclaré que la participation de troupes expérimentées en provenance d’autres
pays européens n’a jamais été mise comme une condition à la participation belge à la MINUAR; le
problème de la crédibilité d’un second contingent n’a
jamais été évoqué (2). Le ministre de la Défense
nationale, M. Delcroix, va même jusqu’à affirmer
« C’est le problème de l’ONU Il s’agissait d’une opération de l’ONU et non d’une opération belge » (3). En
guise de justification, on fait valoir tour à tour que ce
n’est que dans le courant de l’opération MINUAR
elle-même qu’il est apparu clairement que les troupes
bangladaises n’étaient pas à la hauteur de leur tâche et
qu’avant la décision du 19 novembre, le problème
posé par le contingent bangladais se limitait à des
questions lingistiques. En outre, il est fait état des
démarches qui ont malgré tout été entreprises pour
amener l’Autriche à participer à la MINUAR avec un
contingent de quelque 200 hommes.
La commission fait toutefois les constatations
suivantes :

— Zoals vermeld in het rapport van de adhocgroep-Rwanda, laat het Recce-verslag van 2 november 1993 zich reeds kritisch uit over de Bengaalse
stafofficieren. Dit verslag maakte deel uit van het
dossier dat met het oog op het kernkabinet van 10
november 1993 aan de minister van Landsverdediging
werd overhandigd (4).

— Comme indiqué dans le rapport du groupe de
travail ad hoc, le rapport Recce du 2 novembre 1993
mentionne déjà des termes critiques au sujet de l’étatmajor du contingent bangladais. Ce rapport faisait
partie du dossier transmis au ministre de la Défense
nationale en vue de la réunion du cabinet restreint du
10 novembre 1993 (4).

— Luitenant-kolonel Kesteloot (lid van de verkenningsmissie, die na de terugkeer van de missie in
Rwanda bleef) zich in twee telexen, gedateerd
9 november 1993 (eveneens opgenomen in het
rapport van de ad-hocgroep-Rwanda en gevoegd bij
het dossier dat met het oog op het kernkabinet van
10 november 1993 aan de minister van landsverdediging werd overhandigd) kritisch uitliet over het
Bengaalse contingent dat samen met de Belgische
troepen de sector Kigali zou bevolken. Deze problemen reiken veel verder dan het logistieke. De telexen
hebben het over problemen i.v.m. het commando, de
transmissies en het ontbreken van voertuigen (5). In
ieder geval verklaart luitenant-kolonel Kesteloot dat

— Le lieutenant-colonel Kesteloot (membre de la
mission de reconnaissance, resté au Rwanda après le
retour de la mission), dans deux télex, datés du
9 novembre 1993 (repris également dans le rapport du
groupe ad hoc et joints au dossier transmis au ministre
de la Défense nationale en vue de la réunion du cabinet restreint du 10 novembre 1993) s’exprime lui aussi
en termes critiques au sujet du contingent bangladais
qui devait occuper le secteur de Kigali conjointement
avec les troupes belges. Ces problèmes vont bien audelà de la logistique. Les télex évoquent des problèmes relatifs au commandement, aux transmissions et
à l’absence de véhicules (5). Le lieutenant-colonel
Kesteloot déclare en tout cas « Nous avons ressenti

——————

——————

(1) Zie bijlage.
(2) Hoorzitting met eerste minister Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 105 en 106.
(3) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 99.
(4) Verslag ad hoc-groep Rwanda, Senaat, 1996-1997,
7 januari 1997, blz. 109.
(5) Verslag ad hoc-groep Rwanda, Senaat, 1996-1997,
7 januari 1997, blz. 111.

(1) Voir annexe.
(2) Audition du Premier ministre Dehaene, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 5 mars 1997, pp. 101 et 102.
(3) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 95.
(4) Rapport groupe ad hoc Rwanda, Sénat, 1996-1997,
7 janvier 1997, p. 109.
(5) Rapport groupe ad hoc Rwanda, Sénat, 1996-1997,
7 janvier 1997, p. 111.

( 215 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« al bij hun aankomst hebben wij gemerkt dat de
Bangladezen niet voldeden », een vaststelling die door
kolonel Marchal wordt onderschreven, « Het eerste
deel van het Bengalese bataljon is op 6 december zonder één fles water of enig voedsel aangekomen. De
instructies van de VN bepalen nochtans dat de detachementen gedurende drie maanden autonoom
moeten kunnen opereren » (1). Op de vraag aan luitenant-kolonel Kesteloot of dit aan het C Ops te Evere
werd gemeld, antwoordt hij bevestigend (2).

l’insuffisance des Bangladais dès leur arrivée », constatation à laquelle souscrit le colonel Marchal : « La
première partie du détachement bangladais est arrivée
le 6 décembre sans une bouteille d’eau, sans nourriture. Les instructions de l’ONU prévoient pourtant
que les détachements doivent être autosuffisants pour
trois mois » (1). À la question de savoir si cela a été
signalé au C Ops à Evere, le lieutenant colonel Kesteloot répond par l’affirmative (2).

— Geen enkele voorafgaand onderzoek door het
Belgisch leger werd verricht naar de operationaliteit
van de troepen die samen met de Belgische manschappen in de sector Kigali zouden moeten opereren (3).

— Aucune enquête préalable n’a été réalisée par
l’armée belge au sujet de la capacité opérationnelle
des troupes qui allaient devoir opérer avec les militaires belges dans le secteur de Kigali (3).

— Het van bij de aanvang duidelijk was dat
binnen de eerste fase van de UNAMIR-operatie geen
troepen door Oostenrijk zouden (kunnen) worden
geleverd. Zowel voormalig minister van Landsverdediging Delcroix, zijn voormalig kabinetschef generaal-majoor Schellemans, als de stafchef van het leger
luitenant-generaal Charlier zijn daar zeer expliciet
over. Op 29 maart 1994 bevestigde de minister van
Landsverdediging in het Parlement dat het reeds in de
herfst van 1993 duidelijk was dat Oostenrijkse troepen pas negen à twaalf maanden later zouden kunnen
worden ingezet (4).

— Il était clair dès le départ qu’aucune troupe ne
serait (pourrait être) fournie par l’Autriche durant la
première phase de l’opération. Le ministre de la
Défense nationale, M. Delcroix, son chef de cabinet,
le général-major Schellemans, ainsi que le chef d’étatmajor de l’armée, le lieutenant-général Charlier, sont
très explicites à ce sujet. Le 29 mars 1994, le ministre
de la Défense nationale confirmait au Parlement qu’il
était clair dès l’automne 1993 que des troupes autrichiennes ne pourraient être engagées que 9 à 12 mois
plus tard (4).

De voormalige minister bevestigde dit tijdens de
werkzaamheden van de commissie.

L’ancien ministre le confirme au cours des auditions de la commission.

Generaal-majoor Schellemans verklaarde tijdens
zijn hoorzitting, « Na een paar weken was duidelijk
dat het niet mogelijk was om op redelijke termijn
Oostenrijkse soldaten te sturen » (5). En luitenantgeneraal Charlier verklaarde tijdens zijn tweede
hoorzitting dat het zijn bedoeling was van de aflossingen van KIBAT I gebruik te maken om de Oostenrijkers te laten komen, m.a.w. in de tweede helft van
de maand maart 1994, standpunt dat hij herhaalt bij
zijn derde hoorzitting (6). Overigens was men het los
van het feit wanneer zij operationeel zouden zijn,
oneens over de vraag welke rol zij zouden spelen.
Voor het kabinet van Landsverdediging zouden zij

Lors de son audition, le général-major Schellemans
a déclaré : « Après quelques semaines, il était clair
qu’il était impossible d’envoyer des soldats autrichiens dans un délai raisonnable » (5). Et le lieutenant-général Charlier a déclaré au cours de sa
deuxième et sa troisième audition que son idée était de
profiter de la relève de KIBAT I à la mi-mars 1994
pour obtenir le renfort autrichien (6). Du reste, indépendamment du fait de savoir quand le contingent
autrichien serait opérationnel, on n’était pas d’accord
sur la question du rôle qu’il devrait jouer. Pour le
cabinet de la Défense nationale, il viendrait remplacer
une partie des troupes belges (7). Pour le chef d’état-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat, 7
maart 1997, blz. 113.
(2) Hoorzitting met kolonel-majoor Kesteloot, BV, BCR,
Senaat, 28 februari 1997, blz. 63.
(3) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, BCR,
Senaat, 28 februari 1997, blz. 65 : « Niemand heeft gevraagd om
die elementen in Bangladesh te gaan controleren. »
(4) Parlementaire Handelingen, Senaat, 29 maart 1997,
blz. 1765.
(5) Hoorzitting met generaal-majoor Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 156.
(6) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 270 en 21 april 1997,
blz. 316.
(7) Verslag van de coördinatievergaderingen van Buitenlandse Zaken en Landsverdediging.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 109.
(2) Audition du colonel-major Kesteloot, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, p. 61.
(3) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, p. 62 : « Personne n’a demandé
d’aller vérifier au Bangladesh ces éléments. »
(4) Annales parlementaires, Sénat, 29 mars 1997, p. 1765.
(5) Audition du général-major Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 153.
(6) Auditions du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 264 et 21 avril 1997, p. 310.
(7) Rapport des réunions de coordination Affaires étrangères et Défense nationale.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 216 )

komen ter vervanging van een deel van de Belgische
troepen (1). Voor de stafchef van het leger, luitenantgeneraal Charlier dienden zij bovenop het Belgisch
contingent te komen, als versterking (2). In januari
1994 stelde luitenant-generaal Charlier zelfs voor de
Belgische troepen terug te trekken, indien het, zoals
tijdens een vergadering van de stafchefs met de minister van Landsverdediging bleek, de bedoeling was de
Oostenrijkse compagnie in de plaats van een Belgische compagnie te stellen (3).Ook de houding van de
VN was allerminst eenduidig. Op het terrein was
generaal Dallaire eerst tegenstander van een Oostenrijkse deelname omdat het miliciens betrof en zij nog
opgeleid moesten worden (4). Later was hij voorstander voor zover zij als versterking zouden
komen (5), maar daar was het VN-secretariaat dan
weer tegen omwille van budgettaire oogmerken (6).
Voor het VN-secretariaat was met de komst van de
Bengaalse troepen het door de Veiligheidsraad toegelaten aantal bereikt en het contingent opgevuld (7).

major-général, le lieutenant-général Charlier, il
devait s’ajouter au contingent belge, comme
renfort (2). En janvier 1994, le lieutenant général
Charlier proposa même de retirer les troupes belges si,
comme cela était apparu lors d’une réunion des chefs
d’état-major avec le ministre de la Défense nationale,
l’intention était de substituer la compagnie autrichienne à une compagnie belge (3). L’attitude de
l’ONU, a varié. Sur le terrain, le général Dallaire fut
d’abord hostile à une participation autrichienne,
parce qu’il s’agissait de miliciens et qu’ils devaient
encore être formés (4). Plus tard, il en fut partisan à
condition que ce soit comme renfort (5), mais là,
c’est le secrétariat des Nations Unies qui était contre
pour des raisons budgétaires (6). Pour le secrétariat
des Nations Unies, avec la venue des troupes bangladaises, le nombre autorisé par le Conseil de sécurité
était atteint et le contingent complété (7).

De commissie stelt vast dat het probleem van het
ontbreken van een tweede geloofwaardig contingent
in ieder geval niet de vereiste aandacht kreeg en dat op
tal van waarschuwingen over de waarde van de
andere UNAMIR-troepen geen gepaste reactie
volgde.

La commission constate que le problème de
l’absence d’un second contingent crédible n’a en tout
cas pas bénéficié de l’attention requise et que les
nombreuses mises en garde formulées concernant la
valeur des autres troupes de la MINUAR n’ont pas été
suivies d’une réaction appropriée.

3.2.3.4. De verschillende opdrachten waaronder
de QRF (Quick Reaction Force)

3.2.3.4. Les différentes missions dont la QRF
(Quick Reaction Force)

Het onvermijdelijk gevolg van de beperking van de
Belgische troepensterkte en van het ontbreken van
een tweede geloofwaardig contingent, was dat essentiële taken die aan de sector Kigali van UNAMIR
werden toevertrouwd op een ondermaatse manier of
zelfs helemaal niet konden worden uitgevoerd. Officieel kregen de Belgische troepen in Kigali twee van de
drie sectoren toegewezen, namelijk Kigali-centrum en
de luchthaven; de Bengali één sector, namelijk KigaliNoord en de zogenaamde QRF, de interventiemacht
die voorzien van lichte pantservoertuigen op bevel

La limitation du contingent belge et l’absence d’un
second contingent crédible ont eu pour conséquence
immédiate que des tâches essentielles qui avaient été
confiées au secteur de Kigali de la MINUAR n’ont pu
être exécutées que dans une faible mesure, voire pas
du tout. Officiellement, les troupes belges à Kigali se
virent attribuer deux des trois secteurs, à savoir
Kigali-centre et l’aéroport, et les Bangladais un
secteur, à savoir Kigali-Nord, tandis que ce que l’on a
appelé la QRF, une force d’intervention équipée de
véhicules blindés légers et placée sous le commande-

——————

——————

(1) Verslag van de coördinatievergaderingen van Buitenlandse Zaken en Landsverdediging.
(2) Hoorzittingen met luitenant-generaal Charlier, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 270 en 21 april
1997, blz. 316.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 271.
(4) Hoorzitting met generaal-majoor Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 156.
(5) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 316.
(6) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 271.
(7) Hoorzittingen met de heer Cools, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 52 en 29 april 1997, blz. 410.

(1) Rapport des réunions de coordination Affaires étrangères et Défense nationale.
(2) Auditions du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 264 et 21 avril 1997, p. 310.
(3) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 265.
(4) Audition du général-major Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 153.
(5) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 310.
(6) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 264.
(7) Auditions de M. Cools, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
28 février 1997, p. 50 et 29 avril 1997, p. 402.

( 217 )

1 - 611/7 - 1997/1998

van generaal Dallaire overal in Rwanda diende tussen
te komen, wanneer een kritieke situatie dat zou vereisen. De commandant van KIBAT I, luitenant-kolonel
Leroy verklaarde, dat het reeds van bij de verkenning
duidelijk was dat er onvoldoende manschappen
waren om de te voorziene taken, onder meer het opsporen van wapens binnen de toegewezen sectoren,
tot een goed einde te brengen (1). Bovendien was er
van een QRF nauwelijks of geen sprake zodat de
Belgische troepen verplicht waren van bij de aanvang
zelf een grotere reserve (de zogenaamde delta teams)
op te zetten, waarbij het logistiek personeel ingeschakeld werd om wacht te lopen en veertig tot vijftig
manschappen af te lossen. In de praktijk betekende
dit dat slechts 350 manschappen beschikbaar waren
op het terrein, hetgeen onvoldoende was om de taken
uit te voeren die het Belgisch contingent zich had
voorgenomen (2) of ze althans uit te voeren met de
vereiste intensiteit (3).
Naast de beperking van het aantal manschappen
lag derhalve het ontbreken van een operationele interventiemacht aan de oorsprong van een gebrekkige
uitvoering van de opdrachten. Overigens was het ontbreken van de QRF zelf het gevolg van de beperkte
troepenmacht die door België werd gezonden, alhoewel de vraag kan worden gesteld waarom de generale
staf opteerde voor het bezetten van twee sectoren in
Kigali, waaronder de luchthaven, eerder dan voor één
sector, namelijk deze waarin de luchthaven lag én de
mobiele interventiemacht. Uiteraard waren er vooren nadelen verbonden aan beide opties. Het was « een
dramatische keuze » die moest worden gemaakt, zei
de voormalige stafchef van de landmacht, luitenantgeneraal Berhin tijdens zijn hoorzitting (4). Uiteindelijk werd gekozen voor de eerste optie. Omdat
België om « politieke redenen » de leiding van de
Force niet opeiste, « Je comprends très bien qu’il y ait
eu des raisons politiques pour que la Belgique ne
revendique pas le commandement de la Force.
J’estime qu’il y avait des raisons militaires pour
qu’elle le revendique. La décision a été prise sans consulter les militaires. Le mandat, il est évident que nous
étions dans ce schéma de l’ONU que nous connaissions bien pour l’avoir expérimenté déjà depuis 2 ans
en Yougoslavie », zo verklaarde luitenant-generaal

Outre la limitation du nombre d’hommes,
l’absence d’une force d’intervention opérationnelle
est donc à l’origine d’une exécution déficiente des
missions. L’absence de QRF était d’ailleurs elle-même
la conséquence du contingent limité envoyé par la
Belgique, bien que l’on puisse se demander pourquoi
l’état-major général a opté pour l’occupation de deux
secteurs à Kigali, dont l’aéroport, plutôt que d’un seul
secteur, à savoir celui où se trouvait l’aéroport et la
force mobile d’intervention. Certes, les deux options
présentaient des avantages et des inconvénients. Un
« choix dramatique » a dû être effectué, selon les
termes utilisés par ancien chef d’état-major de la force
terrestre, le lieutenant général Berhin, lors de son
audition (4). On a finalement retenu la première
option. Parce que, pour « des raisons politiques », la
Belgique ne revendiquait pas le commandement de la
Force. « Je comprends très bien qu’il y ait eu des
raisons politiques pour que la Belgique ne revendique
pas le commandement de la Force. J’estime qu’il y
avait des raisons militaires pour qu’elle le revendique.
La décision a été prise sans consulter les militaires. Le
mandat, il est évident que nous étions dans ce schéma
de l’ONU que nous connaissions bien pour l’avoir
expérimenté déjà depuis 2 ans en Yougoslavie », si
l’on en croit les déclarations du lieutenant-général

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 238 en 239.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 114. Luitenant-kolonel Leroy,
commandant van KIBAT I, bevestigt dat in geval van moeilijkheden een deel van de manschappen die logistieke taken uitvoeren hun post verlaten om de kwartieren te bewaken, terwijl in
geval van oproer tot 75 man van de logistiek worden ingeschakeld. Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 233.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 180.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Berhin, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 29 avril 1997, blz. 398.

(1) Audition du lieutenant-colonel Leroy CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 24 mars 1997, p. 233.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 109. Le colonel Leroy, commandant de
KIBAT I, confirme qu’en cas de manifestation, une partie des
hommes affectés aux activités logistiques abandonnent celles-ci
pour faire la garde des cantonnements. En cas de trouble majeur,
ce sont les 75 personnes de la logistique qui sont engagées. Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
24 mars 1997, p. 227.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 176.
(4) Audition du lieutenant général Berhin, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 29 avril 1997, p. 390.

ment du général Dallaire, devait intervenir partout au
Rwanda si une situation critique venait à l’exiger. Le
commandant de KIBAT I, le lieutenant-colonel Leroy
déclare qu’il était déjà clair au moment de la reconnaissance qu’il n’y avait pas assez d’hommes pour
mener à bien les missions prévues, notamment la
recherche d’armes dans les secteurs attribués (1). En
outre, il n’était guère, voire nullement question d’une
QRF, de sorte que les troupes belges ont été obligées
de mettre sur pied elles-mêmes, dès le départ, une
réserve plus grande (les delta teams) et d’utiliser le
personnel logistique pour effectuer les gardes et relever quarante à cinquante personnes. En pratique, cela
signifiait que 350 hommes seulement étaient disponibles sur le terrain, ce qui était insuffisant pour effectuer les tâches que le contingent belge s’était assignées (2), ou du moins pour le faire avec l’intensité
voulue (3).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 218 )

Charlier tijdens zijn eerste hoorzitting (1), hoewel
uit meerdere getuigenissen onder meer van luitenantgeneraal Charlier blijkt dat ook de Belgische militaire
overheden verkozen om én in het centrum van Kigali
aanwezig te zijn (waar overigens het grootste gedeelte
van de bevolking en van de Belgische geëxpatrieerden
woonde) én in de sector waar het vliegveld lag om
deze in geval van nood te kunnen gebruiken als uitvalbasis. (2) Evenwel werd volgens luitenant-generaal
Charlier de oplossing zelf op het terrein uitgedokterd
door generaal Dallaire, « Toen de Minister erop aandrong de getalsterkte tot 300 man te beperken,
hebben wij besprekingen aangeknoopt met de staf die
in Kigali aanwezig was om na te gaan of onze opdrachten konden worden gewijzigd. Uit de besprekingen is gebleken dat wij twee sectoren voor onze
rekening konden nemen, met dien verstande dat de
QRF door een ander land zou worden geleverd en dat
de andere sectoren van Kigali ook tot de bevoegdheid
van een ander land zouden behoren. Die oplossing
kwam van de commandant van de troepenmacht » (3).
Generaal Dallaire bevestigt dit :

Charlier lors de sa première audition (1), bien qu’il
ressorte de plusieurs témoignages, notamment du
lieutenant-général Charlier, que les autorités militaires belges avaient, elles aussi, choisi d’être présentes,
et dans le centre de Kigali (où habitait du reste la plus
grande partie de la population et des expatriés belges)
et dans le secteur où se trouvait l’aéroport, afin de
pouvoir utiliser celui-ci en cas de besoin comme base
de sortie (2). Toutefois, selon le lieutenant-général
Charlier, la solution même fut décidée sur le terrain
par le général Dallaire : « Devant l’insistance du ministre de limiter l’effectif à 300 hommes, nous avons
discuté avec l’état-major présent sur place à Kigali
afin d’examiner si nous pouvions réorienter les
missions. Il en est ressorti que nous pourrions assurer
deux secteurs de Kigali, étant entendu que la QRF
serait fournie par un autre pays et que les autres
secteurs de Kigali seraient également du ressort d’un
autre pays. Cette solution émanait du commandant
de la force (3).

Le général Dallaire le confirme :

« What quick reaction capability I had was based
on a company of the Bangladeshi Battalion. I had
originally planned to give that role to the Belgian
contingent; however, the decision to only send a
« demi-Battalion » (approximately 400 personnel)
rather than the requested full Battalion (800 personnel) meant that the Belgian forces could not perform
that role and all the other essential security tasks in
the KWSA.

« What quick reaction capability I had was based
on a company of the Bangladeshi Battalion. I had
originally planned to give that role to the Belgian
contingent; however, the decision to only send a
« demi-Battalion » (approximately 400 personnel)
rather than the requested full Battalion (800 personnel) meant that the Belgian forces could not perform
that role and all the other essential security tasks in
the KWSA.

The APCs had arrived in late February/early
March without tools, spare parts, mechanics,
manuals and with limited ammunition. The main
weapon on the APCs had never been test fired in
Rwanda. Training for the Quick Reaction Force had
commenced bij late February in roles envisaged in
keeping with the deterrent aspects of peacekeeping.
They were meant to provide a presence to deter conflict between the opposing parties. They also had
limited training in crowd control operations. This
small force did conduct some training in the rescue of
hostages. The proficiency of the forces involved,
however, had not progressed to the point that they
could be considered for those tasks without an unacceptable measure of risk. The equipment limitations

The APCs had arrived in late February/early
March without tools, spare parts, mechanics,
manuals and with limited ammunition. The main
weapon on the APCs had never been test fired in
Rwanda. Training for the Quick Reaction Force had
commenced bij late February in roles envisaged in
keeping with the deterrent aspects of peacekeeping.
They were meant to provide a presence to deter
conflict between the opposing parties. They also had
limited training in crowd control operations. This
small force did conduct some training in the rescue of
hostages. The proficiency of the forces involved,
however, had not progressed to the point that they
could be considered for those tasks without an unacceptable measure of risk. The equipment limitations

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 67 (letterlijk citaat).
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 70 en hoorzitting met
luitenant-kolonel Briot, BV, BCR, Senaat, 1996-1997,
28 februari 1997, blz. 64.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 315.

(1) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 66.
(2) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 70 et audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, 1996-1997, 28 février, 1997,
p. 64.
(3) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 309.

( 219 )

1 - 611/7 - 1997/1998

and their proficiency in using such systems was still
below acceptable operational standards » (1).

and their proficiency in using such systems was still
below acceptable operational standards » (1).

Wel is het onduidelijk wanneer de beslissing om zo
te handelen werd getroffen. Uit de verklaringen van
kolonel Marchal tijdens de hoorzitting van 7 maart
1997 zou kunnen worden afgeleid dat dit tijdens de
verkenningsmissie gebeurde, aangezien hij stelt dat de
beslissing genomen werd door kolonel Flament en
generaal Dallaire. (2) In een verslag van de vergadering van het kernkabinet van 10 november 1993 dat
werd opgesteld ten behoeve van de Eerste minister
wordt evenwel vermeld dat de minister van Landsverdediging voorstelt dat België de centrumzone en de
QRF zou vragen. In de besluiten van de Eerste minister komt dit punt evenwel niet meer voor.

Ce qui n’est pas clair, par contre, c’est quand a été
prise la décision d’agir ainsi. Les déclarations du colonel Marchal au cours de l’audition du 7 mars 1997
pourraient donner à penser que c’est pendant la
mission de reconnaissance, vu qu’il dit que la décision
a été prise par le colonel Flament et le général
Dallaire (2). Dans un rapport de la réunion du cabinet restreint du 10 novembre 1993 rédigé à l’intention
du Premier ministre, il est dit toutefois que le ministre
de la Défense nationale propose que la Belgique
demande la zone centrale et la QRF. Ce point
n’apparaît plus toutefois dans les conclusions du
Premier ministre.

De premier verklaarde desbetreffende tijdens zijn
tweede hoorzitting voor de commissie dat : « ... een
centrumzone essentieel was en ook een voldoende
aantal mensen om de leiding ervan te nemen... » Verder zei de premier dat de QRF « ...in de besprekingen
niet als een essentieel punt aan de orde is gekomen, en
ook naar de conclusies toe niet is weerhouden als een
punt dat zich in het centrum van het debat vond. (...)
Blijkbaar heeft minister Delcroix dit in zijn inleiding
zo vermeld. » (3)

Le Premier ministre a déclaré à ce sujet lors de sa
deuxième audition que : « ... een centrumzone essentieel was en ook een voldoende aantal mensen om de
leiding ervan te nemen... ». Le Premier ministre a
poursuivi que le QRF : « ...in de besprekingen niet als
een essentieel punt aan de orde is gekomen, en ook
naar de conclusies toe niet is weerhouden als een punt
dat zich in het centrum van het debat vond. (...)
Blijkbaar heeft minister Delcroix dit in zijn inleiding
zo vermeld » (3).

De stelling die door enkele ondervraagden werd
gehuldigd als zou de uiteindelijke beslissing de QRF
aan RUTBAT af te staan het gevolg zijn van de weigering van generaal Dallaire om met rupsvoertuigen te
opereren in plaats van met pantservoertuigen op
wielen die België toentertijd niet bezat, vindt geen
grond in de schriftelijke verklaringen die generaal
Dallaire aflegde t.a.v. de Belgische gerechtelijke instanties. Zij wordt ook weerlegd door de verklaringen van kolonel Marchal tijdens de hoorzitting van
14 maart 1997 : « generaal Dallaire was het er trouwens mee eens om tanks en munitie te vragen ». Op de
vraag of generaal Dallaire dan niet vasthield aan zijn
vraag om voertuigen op wielen te verkrijgen en geen
rupsvoertuigen, antwoordt kolonel Marchal, « Ik
denk dat generaal Dallaire op het ogenblik van de verkenning dacht aan zware rupsvoertuigen. Technisch
gezien was dat niet aan te bevelen. Lichte pantservoertuigen met een minimale druk op de grond waren
beter geschikt. Op het ogenblik van de gebeurtenissen
was generaal Dallaire er evenwel van overtuigd dat de
QRF op het gepaste ogenblik zou komen met helikopters. Ik herinner eraan dat deze verkenning plaats had

La thèse défendue par quelques-unes des personnes
interrogées, comme quoi la décision finale de laisser la
QRF à RUTBAT serait la conséquence du refus du
général Dallaire d’opérer avec des engins à chenilles
plutôt qu’avec des blindés sur roues que la Belgique
ne possédait pas à l’époque, ne trouve aucun élément
de confirmation dans les déclarations écrites faites par
le général Dallaire à l’intention des instances judiciaires belges. Elle est également réfutée par les déclarations du colonel Marchal lors de son audition du
14 mars 1997 : « Le général Dallaire était d’ailleurs
d’accord pour demander des blindés et des munitions ». À la question de savoir si le général Dallaire ne
persistait donc pas à demander des véhicules à roues
et non des véhicules à chenilles, le colonel Marchal
répond : « Je crois qu’au moment de la reconnaissance, le général Dallaire a pensé à des véhicules
lourds à chenilles. Techniquement ce n’était pas à
recommander. Les blindés légers, dont la pression au
sol est minime, étaient plus indiqués. Au moment où
les événements se passent, le général Dallaire est
toutefois persuadé que la QRF arrivera au moment
voulu avec des hélicoptères. Je rappelle que cette

——————

——————

(1) « Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court »,
blz. 28, punten 60 en 61.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 114.
(3) Hoorzitting met Eerste minister Jean-Luc Dehaene,
POR, Senaat, 7 juni 1997, PV, blz. 9/14, blz. 10/1 en blz. 10/3.

(1) « Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court » ,
p. 28, points 60 et 61.
(2) Audition du colonel Marchal, Sénat, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 7 mars 1997, p. 110.
(3) Audition du Premier ministre Jean-Luc Dehaene, CER,
Sénat, 7 juin 1997, PV, p. 9/14, p. 10/1 en p.10/3.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 220 )

in oktober en dat de toestand in december in negatieve zin geëvolueerd was » (1).

reconnaissance se passe en octobre et qu’en décembre
la situation a évolué, et cela d’une manière négative » (1).

Hoe dan ook, niemand ging voor de ontplooiing
van de Belgische troepen na of de Bengali wel voor
een QRF konden instaan, hoewel een van de telexen
van luitenant-kolonel Kesteloot van 9 november 1993
die hierboven reeds werd geciteerd, al een aantal aanwijzingen bevatte om daar twijfels over te hebben.
Zoals later in het rapport wordt toegelicht (zie punt
3.3.4.) arriveerde de commandant van het bataljon
pas einde januari en duurde het tot einde februari,
begin maart 1994 alvorens de voertuigen, BTR’s die
door de VN nog waren gebruikt bij een operatie in
Mozambique, in Rwanda toekwamen. De Bengali
waren bovendien niet opgeleid om deze voertuigen te
besturen en er was geen personeel voorzien om ze te
onderhouden en te herstellen. Van een operationele
QRF is tijdens de hele duur van de UNAMIR-operatie
dan ook geen sprake geweest (2). Dit wordt bevestigd door generaal Dallaire die in zijn schriftelijke
getuigenis aan de Advocaat-generaal bij het Belgisch
Militair Gerechtshof stelt, « By 7 April 1994 the preparation of the Bangladeshi force had not progressed to
the point that they could be considered for those tasks
as their equipment limitations and their ability in
using such systems were below acceptable operational standards. In keeping with the peace-keeping
mandate, the Quick Reaction Force was not trained,
equipped, nor operationally to be prepared to conduct any offensive assault operations » (3). De vraag
moet worden gesteld of dit onafwendbaar was. Wellicht niet, indien men tenminste had gereageerd op de
alarmkreet van kolonel Marchal. Onmiddellijk na
zijn aankomst in Kigali op 4 december 1993 stelt hij
vast dat het uitgesloten is dat men tijdens de eerste
maanden van de operatie zal beschikken over een
QRF. En amper vier dagen later op 8 december 1993
richt hij dan ook een verzoek aan Brussel om zelf een
QRF op de been te mogen brengen en hiervoor pantservoertuigen te krijgen, een verzoek waarop echter
nooit een antwoord kwam (4). Noodgedwongen
hield het Belgisch contingent dan maar de beperkte
reserve aan die het van bij de aanvang van de operatie
had opgezet en dit ondanks het gering aantal manschappen waarover het beschikte .

Quoi qu’il en soit, personne n’a vérifié avant le
déploiement des troupes belges si les Bangladais
étaient effectivement en mesure d’assurer une QRF,
alors que l’un des télex du lieutenant-colonel Kesteloot du 9 novembre 1993, déjà cité plus haut, contenait déjà quelques indications pour susciter des
doutes à ce sujet. Ainsi qu’on l’expliquera plus loin
dans le rapport (voir point 3.3.4.), le commandant du
bataillon n’est arrivé que fin janvier et il fallut attendre fin février — début mars 1994 avant que
n’arrivent au Rwanda les véhicules, des BTR, qui
avaient encore été utilisés par l’ONU dans une opération au Mozambique. De plus, les Bangladais
n’étaient pas formés à la conduite de ces véhicules et il
n’y avait pas de personnel prévu pour en assurer
l’entretien et la réparation. Il n’a donc pas été question d’une QRF opérationnelle pendant toute la durée
de l’opération MINUAR (2). Cela est confirmé par le
général Dallaire qui, dans son témoignage écrit à
l’avocat général de la Cour militaire belge, déclare :
« By 7 April 1994 the preparation of the Bangladeshi
force had not progressed to the point that they could
be considered for those tasks as their equipment limitations and their ability in using such systems were
below acceptable operational standards. In keeping
with the peace-keeping mandate, the Quick Reaction
Force was not trained, equipped, nor operationally to
be prepared to conduct any offensive assault operations » (3). Il y a lieu de se demander si cela était
inéluctable. Sans doute pas, du moins si l’on avait
réagi au cri d’alarme du colonel Marchal. Immédiatement après son arrivée à Kigali, le 4 décembre 1993, il
constate qu’il est exclu que l’on dispose d’une QRF
durant les premiers mois de l’opération. Et à peine
quatre jours plus tard, le 8 décembre 1993, il adresse
dès lors une demande à Bruxelles pour pouvoir mettre
sur pied lui-même une QRF et obtenir pour cela des
véhicules blindés, demande à laquelle il n’a jamais été
répondu (4). Le contingent belge fut dès lors
contraint de maintenir la réserve limitée qu’il avait
constituée dès le début de l’opération, et ce malgré le
nombre d’hommes peu important dont il disposait.

Uit dit alles volgt dat de vraag moet worden gesteld
of het verantwoord was troepen naar Rwanda te stu-

Selon la commission, il résulte de tout cela qu’il
faut poser la question de savoir si c’était bien justifié

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
14 maart 1997, blz. 180.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
7 maart 1997, blz. 114.
(3) « Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court »,
blz. 3, punt 4.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
14 maart 1997, blz. 178, 179 en 180.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 176.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 110.
(3) « Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court »,
p. 3, point 4.
(4) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, 1996-1997,
14 mars 1997, pp. 175 et 176.

( 221 )
ren zonder dat de militaire of politieke overheden er
zich bij voorbaat had van vergewist dat een geloofwaardige reactie- of interventiemacht zou aanwezig
zijn. Uiteraard was het de verantwoordelijkheid van
de VN er voor te zorgen dat een operationele QRF op
het terrein beschikbaar was. Ook moet de vraag
gesteld worden of het tot de verantwoordelijkheid
behoorde van de Belgische autoriteiten zich er van te
vergewissen of de Bengali daartoe in staat waren en
onmiddellijk de nodige maatregelen te treffen toen
van bij de aanvang bleek dat dit niet het geval was.

3.2.3.5. De verspreiding van de kantonnementen
Zoals reeds in het rapport van de ad hoc-groep
Rwanda werd aangestipt, kwam de slechte voorbereiding van de deelname aan de UNAMIR-operatie ook
tot uiting in de problemen die rezen rond de huisvesting(1). Eerst zou het CTM met die opdracht belast
worden, doch dit kon niet doorgaan omwille van de
verplichte neutraliteit.
« (2) Implantation de KIBAT

1 - 611/7 - 1997/1998

d’envoyer des troupes au Rwanda sans que les autorités militaires ou politiques aient pu s’assurer au préalable qu’une force de réaction ou d’intervention crédible serait présente. Il faut également poser la question
de savoir si c’était de la responsabilité de l’ONU de
veiller à ce qu’une QRF opérationnelle soit disponible
sur le terrain. Il était cependant tout autant de la
responsabilité des autorités belges de s’assurer que les
Bangladais étaient en mesure d’assumer cette mission
et de prendre immédiatement les mesures nécessaires
lorsqu’il apparut, dès le départ, que tel n’était pas le
cas.

3.2.3.5. La dispersion des cantonnements
Ainsi qu’on l’a souligné déjà dans le rapport du
groupe ad hoc, la mauvaise préparation de la participation à l’opération MINUAR s’est manifestée également dans les problèmes qui se sont posés concernant
le casernement (1). En premier lieu le CTM aurait été
chargé de cette mission, mais à cause de la neutralité
obligatoire ceci était impossible.
« (2) Implantation de KIBAT

(a) Lors de la préparation de la mission, la CTM
avait été chargée d’effectuer des Recce pour
l’implantation de KIBAT.

(a) Lors de la préparation de la mission, la CTM
avait été chargée d’effectuer des Recce pour
l’implantation de KIBAT.

L’idée qui a alors prévalu dans le choix des Cant
était que chaque Cie restât soudée (cf. Exposé du Lt
Col Beaudoin). La raison en était plus d’ordre pratique (facilités de Comdt, d’Sp Log, diminution des
charges ancillaires de garde et de permanence) que
d’ordre tactique. Par la suite, pour respecter la neutralité de la MINUAR, la CTM a été déchargée de cette
mission.

L’idée qui a alors prévalu dans le choix des Cant
était que chaque Cie restât soudée (cf. Exposé du Lt
Col Beaudoin). La raison en était plus d’ordre pratique (facilités de Comdt, d’Sp Log, diminution des
charges ancillaires de garde et de permanence) que
d’ordre tactique. Par la suite, pour respecter la neutralité de la MINUAR, la CTM a été déchargée de cette
mission.

(b) KIBAT I a d’abord été regroupé dans le stade
Amahoro jusqu’à l’arrivée de RUTBAT (10 décembre
1993). Le Bn a alors été dispersé en 14 cantonnements
allant de l’école abritant 90 personnes (Groupe Sud à
Beverly Hills) jusqu’à la villa privée de 5 personnes
(Det Med à Vitamine).

(b) KIBAT I a d’abord été regroupé dans le stade
Amahoro jusqu’à l’arrivée de RUTBAT (10 décembre
1993). Le Bn a alors été dispersé en 14 cantonnements
allant de l’école abritant 90 personnes (Groupe Sud à
Beverly Hills) jusqu’à la villa privée de 5 personnes
(Det Med à Vitamine).

Cette dispersion, dont le principe était tout à fait
défendable, était d’une part voulue par le Gen
Dallaire qui souhaitait une présence la plus large
possible de la MINUAR, surtout au Centre ville et
d’autre part, imposée par l’Infra existante et les
budgets limités. La MINUAR était considérée comme
une Ops à petit budget et l’ONU n’intervenait pas
pour le paiement de logements en dur. Il a donc fallu
se tourner vers des Infra gratuites (Don Bosco, Sœurs,
etc.)

Cette dispersion, dont le principe était tout à fait
défendable, était d’une part voulue par le Gen
Dallaire qui souhaitait une présence la plus large
possible de la MINUAR, surtout au Centre ville et
d’autre part, imposée par l’Infra existante et les
budgets limités. La MINUAR était considérée comme
une Ops à petit budget et l’ONU n’intervenait pas
pour le paiement de logements en dur. Il a donc fallu
se tourner vers des Infra gratuites (Don Bosco, Sœurs,
etc.)

——————

——————

(1) Senaat — Verslag ad-hocgroep Rwanda — 7 januari
1997, blz. 121 en volgende.

(1) Sénat — Rapport groupe ad hoc — Rwanda — 7 janvier
1997, p. 121 et suivantes.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 222 )

(c) Certaines implantations ne répondaient pas aux
besoins Ops (ex : séparation des médecins de l’ACP,
des pilotes de leur Helis).

(c) Certaines implantations ne répondaient pas aux
besoins Ops (ex : séparation des médecins de l’ACP,
des pilotes de leur Helis).

(d) Cette dispersion inquiétait toutefois le Lt Col
Dewez qui souhaitait rassembler à l’Aer le groupe
AIRFIELD, les Helis avec leurs pilotes et l’ACP.
L’Ops KIGALODGE était en bonne voie et devait
constituer une bonne solution au problème ». (1)

(d) Cette dispersion inquiétait toutefois le Lt Col
Dewez qui souhaitait rassembler à l’Aer le groupe
AIRFIELD, les Helis avec leurs pilotes et l’ACP.
L’Ops KIGALODGE était en bonne voie et devait
constituer une bonne solution au problème ». (1)

Toen de manschappen op 18 november 1993 België
verlieten was er geen bevredigende oplossing voor
gevonden. Uiteindelijk zouden de Belgische blauwhelmen die eerst in tenten in het stadion waren
geı̈nstalleerd (2), gehuisvest worden in niet minder
dan veertien kantonnementen verspreid over het
gehele grondgebied van Kigali. Sommige van deze
kantonnementen waren gewone privé-woningen,
waar hoogstens vijf, zes manschappen konden logeren. Deze situatie die misschien het voordeel bood
van een intense aanwezigheid op het terrein en van
een vergemakkelijken van een eventuele evacuatieoperatie (3), zorgde van bij de aanvang voor tal
van logistieke problemen. Vooral veroorzaakte ze
evenwel problemen op het vlak van de veiligheid. De
bewaking van die veertien verschillende kantonnementen eiste immers heel wat manschappen op,
terwijl ook een hergroepering van de manschappen in
geval dit nodig mocht blijken problematisch werd.
Reeds bij de ontplooiing van de Belgische troepen
werd het probleem aangekaart. Op 3 december 1993
richt luitenant-kolonel Leroy, commandant van
KIBAT I, een nota aan het C Ops te Evere waarin om
veiligheidsredenen voorgesteld wordt het aantal
kantonnementen tot negen rond vijf plaatsen te
herleiden. Ook in het inspectieverslag van majoor
Guérin van 31 januari 1994 dat hierna in punt 3.3.4.
nog uitvoerig aan de orde komt, wordt gewezen op
gevaar van deze spreiding bij ongeregeldheden. Ook
de stafchef van het leger, luitenant-generaal Charlier
erkende het probleem. In geval van moeilijkheden
diende KIBAT zijn eigen veiligheid te verzekeren
« door een egelstelling aan te nemen » : « ... en cas de
reprise des hostilités ou dans toute situation dont le
contrôle vous échappe, l’attitude que vous devez
prendre est celle du hérisson en boule, qui consiste à
se replier dans ses cantonnements et à être prêt à se
défendre » (4).

Quand les hommes quittèrent la Belgique le 18 novembre 1993, aucune solution satisfaisante n’avait été
trouvée à ce problème. En fin de compte, les Casques
bleus belges seront logés dans pas moins de quatorze
cantonnements, répartis sur l’ensemble du territoire
de Kigali (2). Certains de ces cantonnements étaient
de simples demeures privées dans lesquelles
pouvaient être logés au maximum cinq ou six
hommes. Cette situation, qui offrait peut-être
l’avantage de permettre une présence intense sur le
terrain et de faciliter une opération d’évacuation
éventuelle (3), souleva dès le départ nombre de
problèmes logistiques. Cependant, elle occasionna
surtout des problèmes sur le plan de la sécurité. La
garde de ces quatorze cantonnements différents
nécessitait en effet beaucoup d’hommes et, de plus,
rendait problématique le regroupement des hommes
en cas de nécessité. Le problème fut évoqué dès le
déploiement des troupes belges. Le 3 décembre 1993,
le lieutenant-colonel Leroy, commandant de KIBAT
I, adresse une note au C Ops à Evere, dans laquelle il
propose pour des raisons de sécurité de ramener le
nombre de cantonnements à neuf autour de cinq
lieux. Le rapport d’inspection du major Guérin du
31 janvier 1994, qui sera évoqué plus en détail au
point 3.3.4., met également l’accent sur le danger de
cette dispersion en cas de troubles. Le chef d’étatmajor de l’armée, le lieutenant-général Charlier a
reconnu lui aussi le problème. En cas de difficulté,
KIBAT devait assurer sa propre sécurité en se repliant
en hérisson : « ... en cas de reprise des hostilités ou
dans toute situation dont le contrôle vous échappe,
l’attitude que vous devez prendre est celle du hérisson
en boule, qui consiste à se replier dans ses cantonnements et à être prêt à se défendre » (4).

——————

——————

(1) Omwille van redenen van neutraliteit was MTS-CTM
ontslagen van de zorg in de kantonnementen « Implantation de
KIBAT », rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, blz. 16.
(2) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 233.
(3) Hoorzitting met generaal-majoor Uytterhoeven, BV,
BCR, Senaat, 25 april 1997, blz. 366 en 367.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BCR,
Senaat, 28 maart 1997, PV, blz. 6/3 en 6/4.

(1) Pour des raisons de neutralité, le CTM était déchargé du
soin des cantonnements. « Implantation de KIBAT », rapport du
lieutenant-général Uytterhoeven du 16 novembre 1994, p. 16.
(2) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat,
24 mars 1997, p. 227.
(3) Audition du général-major Uytterhoeven, CRA, CSR,
Sénat, 25 avril 1997, pp. 358 et 359.
(4) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, PV, pp. 6/3 et 6/4.

( 223 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« Het innemen van zo’n « egelstelling » is evident
problematischer als de manschappen zo verspreid zijn
als dat bij de Belgische troepen in Kigali het geval
was. » (1)

Un repli en hérisson est évidemment plus problématique quand les hommes sont aussi dispersés que
c’était le cas pour les troupes belges à Kigali (1).

De vraag die de commissie zich daarbij heeft
gesteld, is wie of wat aan de oorsprong lag van deze
huisvestingsproblemen. Volgens het toenmalig hoofd
van het C Ops te Evere was het het meest aangewezen
dat de Belgische blauwhelmen gegroepeerd per
compagnie gehuisvest zouden geweest zijn, niet in
tenten uit veiligheidsoverwegingen, maar in gebouwen, maar « generaal Dallaire wou de troepen spreiden » (2). Volgens de stafchef van het leger, luitenant-generaal Charlier behoorde de huisvesting tot de
verantwoordelijkheid van de VN, « De vertegenwoordiger van de VN had aangekondigd dat we over
huisvesting konden beschikken, gratis aangeboden
door de Rwandezen ». Hij stelt eveneens dat generaal
Dallaire wenste dat de eenheden maximaal over het
terrein werden verspreid (3),(4).

La question que la commission s’est posée à ce
propos est celle de savoir qui ou ce qui avait été à
l’origine de ces problèmes d’hébergement. Selon le
chef de l’époque du C Ops à Evere, la solution la plus
indiquée aurait été que les Casques bleus belges soient
regroupés par compagnie et logés, non pas dans des
tentes, pour des raisons de sécurité, mais dans des
bâtiments, mais « le général Dallaire souhaitait
disperser les troupes » (2). Selon le chef d’état-major
de l’armée, le lieutenant-général Charlier, l’hébergement constituait une responsabilité de l’ONU : « Le
représentant de l’ONU avait annoncé qu’on ne disposerait que de logements gratuits mis gratuitement à
disposition par les Rwandais ». Il ajoute que le général
Dallaire souhaitait que le terrain soit couvert au
maximum (3),(4).

Hij ontkent ook dat budgettaire problemen aan de
oorsprong lagen. Reeds in december zou kolonel
Marchal verzekerd zijn geweest van het nodige
budget (5). Uit de getuigenverklaring van kolonel
Marchal blijkt echter dat daar juist het probleem zich
situeerde. « Kolonel Kesteloot », die deel uitmaakte
van de verkenningsmissie en op het terrein bleef om
de komst van de Belgische troepen voor te bereiden,
« zou gevraagd hebben de huurovereenkomsten voor
de beschikbare gebouwen te mogen ondertekenen »(6). Blijkbaar kreeg hij daar niet onmiddellijk
de goedkeuring voor omdat men er in Brussel bleef
van uitgaan dat de VN hiervoor zouden instaan. Het
VN-secretariaat had onder meer over dit punt van de
missie op 5 november 1993 een akkoord afgesloten
met de Rwandese regering. De tekst vermeldt evenwel

Il dément également que des problèmes budgétaires
aient été à l’origine du problème. Dès décembre, le
colonel Marchal aurait été assuré du budget nécessaire (5). Il ressort toutefois de la déposition du colonel Marchal que c’est précisément là que se situait le
problème. Le colonel Kesteloot, qui faisait partie de la
mission de reconnaissance et est resté sur le terrain
pour préparer la venue des troupes belges « aurait
demandé de pouvoir signer les contrats de location
pour des bâtiments disponibles » (6). Il n’a apparemment pas reçu immédiatement l’accord pour ce faire,
parce que Bruxelles continuait à partir du principe
que l’ONU s’en chargerait. Le secrétariat de l’ONU
avait conclu un accord avec le gouvernement rwandais, notamment sur ce point de la mission du 5 novembre 1993. Le texte mentionne toutefois que le

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 28 maart 1997, blz. 273.
(2) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 354 en 355.
(3) Generaal Dallaire antwoordde het volgende : « ...
Deployed in platoon and company size locations they, of course,
had their own self-defence needs to cater for. Their dispersed
deployment had been a mixture of the tactical needs of the
"presence" aspect of their tasks, and the unresolved accomodation problem between me, the contingent, the UNAMIR Chief
Administration Officer. » Vraag 62, vragen en antwoorden van
generaal Dallaire.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 28 februari 1997, blz. 68.
(5) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 21 april 1997, blz. 315.
(6) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 180.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 267.
(2) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 23 avril 1997, pp. 346 et 347.
(3) Général Dallaire répondait la suivante : « ... Deployed in
platoon and company size locations they, of course, had their
own self-defence needs to cater for. Their dispersed deployment
had been a mixture of the tactical needs of the « presence » aspect
of their tasks, and the unresolved accomodation problem
between me, the contingent, the UNAMIR Chief Administration
Officer. » Question 62, questions et réponses du général Dallaire.
(4) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 28 février 1997, p. 66.
(5) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 21 avril 1997, p. 309.
(6) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 176.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 224 )

dat de Rwandese regering « in de mate van haar mogelijkheden » zou instaan voor de huisvesting (1). Wat
er ook van zij, toen kolonel Marchal op 4 december
1993 in Kigali arriveerde, was het probleem van de
huisvesting nog steeds onopgelost. « Ik heb van luitenant-generaal Charlier zeer vlug toestemming gekregen om deze overeenkomsten te ondertekenen, maar
de grote gebouwen waren niet meer beschikbaar » (2). Het gevolg was dat de Belgische troepen
uiteindelijk niet per compagnie in enkele, maar in
veertien verschillende kantonnementen dienden te
logeren.

gouvernement
rwandais
se
chargerait
de
l’hébergement « dans la mesure de ses possibilités » (1). Quoi qu’il en soit, quand le colonel
Marchal arrive à Kigali le 4 décembre 1993, le
problème de l’hébergement n’a toujours pas été
résolu : « J’ai obtenu très vite l’autorisation du lieutenant-général Charlier pour signer ces contrats mais
les grands bâtiments n’étaient plus disponibles » (2).
Avec la conséquence que les troupes belges se retrouvèrent finalement hébergées non par compagnie dans
quelques cantonnements, mais dans quatorze cantonnements différents.

3.2.3.6. De problemen inzake bewapening en
munitie

3.2.3.6. Les problèmes d’armements et de munitions

Zoals in het rapport van de ad hoc-groep Rwanda
wordt vermeld, vertrokken de Belgische troepen naar
Rwanda met een lichte bewapening (FNC en
MINIMI 5.56). Daarbij hadden ze UNIMOG- en
MANN-voertuigen en ILTIS-jeeps te hunner beschikking waarop mitrailleuses van het type MAG 7.62
konden worden geplaatst, ze beschikten ook over
machinegeweren .50 Verder konden zij gebruik
maken van twee lichte helikopters en zes CVRT (twee
Scimitars uitgerust met een kanon van 30 mm, evenwel zonder munitie en vier Spartans uitgerust met
mitrailleuses MAG 7.62) (3). Wat de munitie betreft
beschikten de troepen onder meer over granaten,
mortieren hoofdzakelijk van het type « ILL » (illuminating) en « SMK » (smoke), patronen voor de MAG,
de FNC en LAW anti-tankwapens voor de korte afstand (4). Tenslotte beschikten zij ook over affuiten
van het anti-tankwapen voor de middellange afstand
MILAN, die evenwel werden meegenomen om enkel
aan te wenden als nachtkijker. De raketten zelf ontbraken. Alles bij elkaar was er in het logistiek centrum een reserve aanwezig die zowat dertig à veertig
procent vertegenwoordigde van de basic load, m.a.w.
van hetgeen standaard wordt meegenomen bij een
operatie (5). Ten slotte werd enkele dagen na de ontplooiing van de Belgische troepen, op 3 december
1993 munitie voor mortieren van het type « HE » (high
explosive) overgezonden. Volgens luitenant-kolonel
Briot, chef van de onderafdeling planning voor de
externe operaties bij de generale staf, gebeurde dit

Comme l’indique le rapport du groupe de travail
ad hoc, les troupes belges sont parties au Rwanda
avec un armement léger (FNC et MINIMI 5.56). Elles
avaient à leur disposition des véhicules UNIMOG et
MANN et des jeeps ILTIS sur lesquelles on pouvait
monter des mitrailleuses de type MAG 7.62., elles
disposaient également de mitrailleuses .50. Elles
pouvaient encore faire usage de deux hélicoptères et
de six CVRT (deux Scimitars équipés d’un canon de
30 mm, mais dépourvus de munitions, et quatre Spartans équipés de mitrailleuses MAG 7.62) (3). En ce
qui concerne les munitions, les troupes disposaient
notamment de grenades, de mortiers principalement
de type « ILL » (illuminating) et « SMK » (smoke), de
munitions pour les MAG et les FNC et de LAW antichars de courte portée (4). Enfin, ils disposaient aussi
d’affûts de MILAN (un lance-missiles antichar de
moyenne portée) mais que l’on n’avait emporté que
pour pouvoir en utiliser le dispositif de vision
nocturne. Les missiles eux-mêmes n’étaient pas
présents. Au total donc, il y avait au centre logistique
une réserve de munitions représentant quelque 30 à
40 % de la dotation standard (basic load) que l’on
emporte d’ordinaire pour une opération (5). Enfin,
des munitions pour mortier de type « HE » (high
explosive) furent envoyées quelques jours après le
déploiement des troupes belges, le 3 décembre 1993.
Selon le lieutenant-colonel Briot, chef de la soussection de planification pour les opérations extérieures au niveau de l’état-major général, cela s’est fait

——————

——————

(1) Zie document in bijlage — « Accord entre l’ONU et le
Gouvernement de la République Rwandaise sur le statut de la
MINUAR » — punt 16 — « Le gouvernement fournira à la
Minuar, dans la mesure de ses possibilités, les emplacements destinés au quartier général, aux camps (...) ».
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 180.
(3) Senaat — Verslag ad-hocgroep Rwanda — 7 januari
1997 — blz. 113.
(4) Senaat — Verslag ad-hocgroep Rwanda — 7 januari
1997 — blz. 116.
(5) Senaat — Verslag ad-hocgroep Rwanda — 7 januari
1997 — blz. 116.

(1) Voir document en annexe — « Accord entre l’ONU et le
Gouvernement de la République Rwandaise sur le statut de la
Minuar » — point 16 — « Le gouvernement fournira à la
Minuar, dans la mesure de ses possibilités, les emplacements
destinés au quartier général, aux camps (...) ».
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 176.
(3) Sénat — Rapport du groupe ad hoc Rwanda —
7 janvier 1997 — p. 113.
(4) Sénat — Rapport du groupe ad hoc Rwanda — 7 janvier
1997 — p. 116.
(5) Sénat — Rapport du groupe ad hoc Rwanda —
7 janvier 1997 — p. 116.

( 225 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« discreet » tegen de richtlijnen van de VN in, voor de
« veiligheid van het detachement » en na toestemming
door de chef van de generale staf (1). Admiraal Verhulst die de leiding waarnam van het C Ops ontkent
dit evenwel en schrijft de zending van deze mortiergranaten toe aan een louter materiële vergissing buiten het medeweten van de generale staf (2).

« discrètement », à l’encontre des directives des
Nations unies, pour « la sécurité du détachement » et
après avoir reçu l’accord du chef de l’état-major général (1). L’amiral Verhulst, qui assurait la direction du
C Ops récuse toutefois le fait et impute l’envoi de ces
roquettes à une erreur purement matérielle commise à
l’insu de l’état-major général (2).

Wat er ook van zij, volgens meerdere getuigen was
het overeenkomstig de door de Verenigde Naties uitgevaardigde richtlijnen onmogelijk om bij de aanvang van de operatie zwaardere bewapening en munitie mee te nemen (3). Andere getuigen leggen er dan
weer de nadruk op dat het generaal Dallaire was die
zich tegen de aanwezigheid van zwaardere wapens
zou hebben verzet (4). Admiraal Verhulst gaat zelfs
zover te stellen dat ook de instemming van Rwanda
vereist was (5).

Quoi qu’il en soit, selon plusieurs témoins, en vertu
des directives adoptées par les Nations unies, il était
impossible d’emporter des armes et des munitions
plus lourdes au début de l’opération (3). D’autres
témoins soulignent en revanche que c’est le général
Dallaire qui se serait opposé à la présence d’armes
plus lourdes (4). L’amiral Verhulst prétend même
qu’il fallait également l’autorisation du Rwanda (5).

De commissie stelt evenwel vast dat :

La commission fait toutefois les constatations
suivantes :

— In de « Guidelines for Governments contributing military personnel to UNAMIR » het meenemen
van zwaardere wapens en munitie niet verboden
wordt. De tekst luidt « mortars and other heavy crewserved weapons are not required », wat letterlijk wil
zeggen dat ze niet vereist worden. Het betekent allerminst dat ze niet zouden mogen worden meegenomen (6). Wel blijkt uit diezelfde richtlijnen dat enkel
in geval van « request » door de VN er (gedeeltelijke)
terugbetaling volgt, waaruit moet worden afgeleid
dat kosten verbonden aan uitrusting die niet door de
VN wordt vereist, ten laste vallen van het deelnemende land zelf (7). Hoe onwaarschijnlijk ook,
volgens kolonel Engelen, de voormalige militaire
adviseur bij de Belgische permanente vertegenwoordiging bij de VN, betekent « not required » wel degelijk dat bedoelde wapens niet mogen worden meegenomen, hoewel er op verzoek van het aangezochte
land kan worden van afgeweken. « In principe is het
niet toegestaan », maar « om diverse redenen willen
bepaalde naties voor bepaalde operaties echter

— Les « Guidelines for Governments contributing
military personnel to UNAMIR » n’interdisent pas
d’emporter des armes et des munitions plus lourdes.
Le texte stipule « mortars and other heavy crewserved weapons are not required », ce qui veut dire
littéralement qu’elles ne sont pas requises. Cela ne
signifie nullement qu’elles ne puissent pas être emportées (6). Il ressort par contre des mêmes instructions
qu’il n’y a remboursement (partiel) qu’en cas de
« request » par les Nations unies, d’où il faut déduire
que les frais liés à un équipement qui n’est pas requis
par les Nations unies, sont à charge du pays participant lui-même (7). Si invraisemblable que cela soit,
selon le colonel Engelen, l’ancien conseiller militaire à
la représentation permanente de la Belgique à l’ONU,
« not required » signifie bel et bien que les armes en
question ne peuvent être emportées, encore qu’il
puisse être dérogé à cette interdiction à la demande du
pays sollicité. « En principe, ce n’est pas autorisé »,
mais « pour toute une série de raisons, certaines
nations, pour certaines opérations, veulent emporter

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 75 en 77.
(2) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 23 april 1997, blz. 356.
(3) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 74; Hoorzitting met
admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 23 april 1997,
blz. 356.
(4) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 23 april 1997, blz. 357.
(5) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 23 april 1997, blz. 357.
(6) Zie document in bijlage — blz.12 — punt g.
(7) Zie document in bijlage — blz.40, 41 en 42 — punten Q
en R.

(1) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, pp. 72-74.
(2) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 23 avril 1997, p. 348.
(3) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, 19961997, 28 février 1997, p. 71, audition de l’amiral Verhulst, CRA,
CSR, Sénat, 1996-1997, 23 avril 1997, p. 348.
(4) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 23 avril 1997, p. 349.
(5) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 349.
(6) Voir document en annexe — p. 12 — point g.
(7) Voir document en annexe — pp. 40, 41 et 42 — points Q
et R.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 226 )

andere wapens meenemen. Dat wordt dan geval per
geval behandeld ». Hoe dan ook « bepalen de VN het
type bewapening dat in een opdracht moet worden
gebruikt na overleg met de verantwoordelijken van
het aangezochte land ». En volgens kolonel Engelen
hebben de VN daarbij geen beperkingen opgelegd en
heeft België al gekregen wat het gevraagd heeft, « Ik
heb geen weet van enige weigering vanwege de VN.
De toestemming van de MILAN’s is ons gegeven
nadat wij uitleg hadden verstrekt. » (1)

d’autres armements. C’est alors traité au cas par cas ».
Quoi qu’il en soit, « l’ONU détermine le type
d’armement à utiliser dans le cadre d’une mission
après discussion avec les responsables du pays sollicité ». Et, selon le colonel Engelen, l’ONU n’a pas
imposé de limitations et la Belgique a obtenu tout ce
qu’elle demandait : « Je n’ai connaissance d’aucun
refus de l’ONU. L’autorisation nous a été accordée
pour l’utilisation de postes MILAN après que nous
ayons fourni des explications » (1).

— In de « Rules of engagement » wordt het mogelijk gebruik van zwaardere wapens uitdrukkelijk
voorzien. In artikel 8 wordt bepaald dat het de Force
Commander is die over de bevoegdheid beschikt om
gebruik te maken van « armes d’appui lourdes (ex.:
lance-roquettes, pièces d’artillerie, mortiers légers,
etc.) » en « mitrailleuses ou canons lourds (cal .50,
20 mm, etc.) ». Als men in de richtlijnen voor de
UNAMIR-operatie voorziet dat het hoofd van de
operatie een beroep kan doen op deze bewapening,
betekent dit mutatis mutandis dat ze ook kunnen
worden ontplooid (2).

— Les règles d’engagement prévoient explicitement l’utilisation possible d’armes plus lourdes.
L’article 8 dispose que c’est le commandant de la force
qui a le pouvoir de faire usage d’ « armes d’appui
lourdes (ex. : lance-roquettes, pièces d’artillerie,
mortiers légers, etc.) » et de « mitrailleuses ou canons
lourds (cal. 50, 20 mm, etc.) ». Si l’on prévoit dans les
directives pour l’opération MINUAR que le chef de
celle-ci peut faire appel à cet armement, cela signifie
mutatis mutandis qu’il peut également être
déployé (2).

— Zoals ook in de evaluatierapporten wordt
gesteld van vorige VN-operaties waaraan België deelnam, namen andere landen zoals Denemarken,
Canada of Groot-Brittannië de bewapening en de
munitie mee die zij nodig achten zonder zich veel gelegen te laten aan de door de VN uitgevaardigde
normen of richtlijnen (3) Overigens werden die
normen en richtlijnen wel terzijde geschoven wanneer
het C Ops op 28 maart 1994 opdracht geeft (gedeeltelijk) in te gaan op het verzoek van het terrein om obussen 30 mm naar Kigali te zenden.

— Comme l’indiquent également les rapports
d’évaluation d’opérations antérieures de l’ONU
auxquelles la Belgique a participé, d’autres pays tels
que le Danemark, le Canada ou la Grande-Bretagne
emportent les armes et les munitions qu’ils jugent
nécessaires sans beaucoup s’inquiéter des normes ou
instructions édictées par l’ONU (3). Du reste, on
passe bel et bien outre à ces normes et instructions
lorsque le C Ops ordonne, le 28 mars 1994, de répondre (partiellement) à la demande du terrain d’envoyer
à Kigali des obus de 30 mm.

— Volgens meerdere verklaringen van kolonel
Marchal was generaal Dallaire allerminst tegenstander van het aanvoeren van zwaardere wapens en
munitie. Integendeel, « generaal Dallaire was het er
trouwens mee eens om tanks en munitie te vragen. Hij
vond immers dat elke versterking welkom was » (4).
Generaal Dallaire bevestigt dat in zijn schriftelijke
getuigenis aan het auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, « (...) la fourniture des munitions,
d’armes et d’autres équipements incombe à l’État
fournissant le contingent » (5).

— Selon plusieurs déclarations du colonel
Marchal, le général Dallaire n’était nullement hostile
à l’acheminement d’armes et de munitions plus lourdes. Au contraire « Le général Dallaire était d’ailleurs
d’accord pour demander des blindés et des munitions,
car il estimait que tout renforcement était un
plus » (4). Le général Dallaire le confirme dans son
témoignage par écrit à l’auditorat-général près la
Cour militaire, « (...) la fourniture des munitions,
d’armes et d’autres équipements incombe à l’État
fournissant le contingent »(5).

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Engelen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 16 april 1997, blz. 289 en 290.
(2) Senaat — Verslag ad-hocgroep Rwanda — 7 januari
1997 — bijlage nr. 5 — blz. 3 — punt 8.
(3) Verslag van kolonel Malherbe inzake UNPROFOR —
21 augustus 1997 — blz. 1 — punt 3c.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 180.
(5) « Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court »
— blz. 8 — punt 18 — zie dossier auditoraat-generaal bij het
Militair Gerechtshof — Not.nr.01.00009.95 — blz. (...).

(1) Audition du colonel Engelen, CRA, CSR, 1996-1997,
Sénat, 1996-1997, 16 avril 1997, pp. 283-284.
(2) Sénat — Rapport du groupe ad hoc Rwanda — 7 janvier
1997 — Annexe no 5 — p. 3 — point 8.
(3) Rapport du colonel Malherbe relatif à UNPROFOR —
21 août 1992 — p. 1 — point 3c.
(4) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 176.
(5) « Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court »
— p. 8 — point 18 — voir dossier auditorat-général près la Cour
militaire — Not. no 01.00009.95 — p. (...).

( 227 )
De vraag tot het bekomen van bijkomende munitie
(met name MILAN-raketten, LAW-raketten, patronen .50, mortieren en obussen 30 mm, bommen voor
de mortieren 60 mm) die kolonel Marchal en luitenant-kolonel Leroy op 20 januari 1994 aan het C Ops
toezonden, bewijst in elk geval dat de bewapening ab
initio onvoldoende was. Hun beider verzoek verantwoorden ze door te verwijzen naar een mogelijke verslechtering van de situatie in Kigali, waarbij men verplicht zou worden de luchthaven te verdedigen en
over te gaan tot de evacuatie van landgenoten (1),
een diagnose die overigens werd ondersteund in het
verslag van 31 januari 1994 van majoor Guérin die
namens het C Ops de operatie in Kigali inspecteerde (2). M.a.w. in hoofde van de Belgische militairen
die in Kigali de verantwoordelijkheid voor de operatie droegen of op het terrein de situatie gingen verkennen, waren de aanwezige bewapening en munitie
onvoldoende om het hoofd te bieden aan een mogelijk « worst case scenario ».

3.2.3.7. De voorbereiding van de manschappen

1 - 611/7 - 1997/1998

La demande tendant à obtenir des munitions
supplémentaires (notamment des missiles MILAN,
des roquettes LAW, des cartouches .50, des mortiers
et des obus de 30 mm, bombes pour les mortiers 60
mm) que le colonel Marchal et le lieutenant-colonel
Leroy ont adressée, le 20 janvier 1994, au C Ops
prouve en tout cas que l’armement était insuffisant
dès le départ. Ils justifient tout deux leur demande en
évoquant une possible détérioration de la situation à
Kigali, qui obligerait à défendre l’aéroport et à procéder à l’évacuation de compatriotes (1), un diagnostic
d’ailleurs soutenu dans le rapport du 31 janvier 1994
du major Guérin venu inspecter l’opération à Kigali
au nom du C Ops (2). En d’autres termes, dans le
chef des militaires belges qui avaient la responsabilité
de l’opération à Kigali ou qui allaient reconnaître la
situation sur le terrain, les armes et les munitions
présentes étaient insuffisantes pour faire face à un
possible « worst case scenario ».

3.2.3.7. La préparation des effectifs

Generaal-majoor Roman, voormalig commandant
van de brigade paracommando en luitenant-kolonel
Leroy, commandant van KIBAT I gaven voor de
commissie een uitvoerige toelichting over de voorbereiding van het eerste detachement (3). Voor de
beslissing tot ontplooiing werden logistieke en operationele briefings georganiseerd door het C Ops, de
sectie operaties van de staf van de landmacht en de
brigade van de paracommando’s. Een officier binnen
de brigade paracommando werd aangesteld om alle
noodzakelijke informatie te verzamelen (4) . Er werd
ook informatie verschaft door de militaire inlichtingendienst (SGR) en er werd contact genomen met
Afrika-specialisten van BRTN en RTBF. Het oefenprogramma werd gewijzigd en toegespitst op een
eventuele opdracht in kader van de VN. Er werd een
training opgezet van drie weken, een week theorie,
twee weken peacekeeping-praktijk (o.m. de Rules of
Engagement, de beginselen van neutraliteit, het
houden van patrouilles, fouillerings- en ontwapeningsoperaties, « Cordon and Search »). Na de beslissing werd de informatie verder opgedreven. Er werd

Le général-major Roman, ancien commandant de
la brigade paracommando, et le lieutenant-colonel
Leroy, commandant de KIBAT, ont largement
commenté devant la commission la préparation du
premier détachement (3). Avant la décision de déployer, des briefings logistiques et opérationnels ont
été organisés par le C Ops, la section opérations de
l’état-major de la force terrestre et la brigade des paracommandos. Un officier a été désigné au sein de la
brigade
paracommando
pour
réunir
toute
l’information nécessaire (4). Nous avons également
reçu des informations du service de renseignement
militaire (SGR) et des contacts ont été pris avec des
spécialistes de l’Afrique, de la RTBF et de la BRTN.
Le programme d’entraînement a été modifié et orienté
sur une mission éventuelle dans le cadre de l’ONU.
On a mis sur pied un entraînement de trois semaines :
une semaine de théorie et deux semaines de pratique
de peace-keeping (les règles d’engagement, les principes de neutralité, l’organisation des patrouilles, les
opérations de fouille et de désarmement, le « Cordon
and Search »). Une fois la décision prise, l’information

——————

——————

(1) Zie document in bijlage en Senaat — Verslag adhocgroep — 7 januari 1997 — blz. 116 en volgende.
(2) Zie document in bijlage — punt 4 a.
(3) De voorbereiding van KIBAT II en de mate waarin hierbij lessen werden getrokken uit KIBAT I worden behandeld in
punt 3.3.4.
(4) De inlichtingenofficieren worden vanuit een tactisch,
veeleer dan vanuit een strategisch oogpunt opgeleid. De rol van
de S2-officieren in het bataljon bestaat erin tactische informatie
te verzamelen. Het verzamelen van de operationele informatie
was...niet de taak van de S2-officieren.

(1) Voir document en annexe et Sénat — Rapport du groupe
ad hoc — 7 janvier 1997 — p. 116 et suivantes.
(2) Voir document en annexe — point 4a.
(3) La préparation de KIBAT II et la mesure dans laquelle
on a tiré à cette occasion les leçons de KIBAT I sont traitées au
point 3.3.4.
(4) Les officiers d’informations sont entraı̂nés du point de
vue tactique plus que du point de vue stratégique. Le rôle des
officiers S2 du bataillon consiste à recueillir des informations
tactiques. Ils n’étaient pas chargés de recueillir des informations
opérationnelles.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 228 )

een syllabus opgesteld, alsmede een « rood boekje »
m.b.t. tot de operatie (1). Het werd in december op
het terrein verspreid. Tevens konden alle manschappen de noodzakelijke inlichtingen verkrijgen m.b.t.
de politieke partijen, de personaliteiten, de aan te
nemen houding en de toeristische mogelijkheden (2).

a encore été intensifiée. On a rédigé ainsi un syllabus
ainsi qu’un « petit livre rouge » au sujet de
l’opération (1). Il fut distribué sur le terrain en
décembre. Tous les hommes ont également pu obtenir
tous les renseignements nécessaires concernant les
partis politiques, les personnalités, l’attitude à adopter, et les possibilités touristiques (2).

Desondanks noteerde de commissie tijdens de
hoorzittingen een waslijst van klachten over deze
voorbereiding.

Néanmoins, au cours des auditions, la commission
a noté toute une série de plaintes concernant cette
préparation.

— de informatie over de recente politieke gebeurtenissen beperkte zich tot het jaar 1990 (3);

— l’information concernant les événements politiques récents s’arrêtait à l’année 1990 (3);

— de informatie over de regio waar moest worden
geopereerd was te algemeen, soms gewoon foutief (De
commissie stelt vast dat de Belgen ter plaatse niet met
de lokale bevolking konden communiceren in de
plaatselijke taal) (4);

— l’information sur la région où il fallait opérer
était trop générale, parfois même erronée (La
commission a constaté que les Belges sur place ne
savaient pas communiquer avec la population locale
dans leur langue) (4);

— de briefing vanwege het C Ops was intensief,
maar gebaseerd op Nederlandse of Deense documenten ... in plaats van een briefing had overigens een
heuse opleiding moeten worden verstrekt (5);

— le briefing organisé par le C Ops fut intensif,
mais basé sur des documents néerlandais ou danois;
au lieu d’un briefing, on aurait d’ailleurs dû dispenser
toute une formation (5);

— de voorbereiding bevatte geen aanwijzingen
met betrekking tot de bestuurlijke problemen en
beheersmethoden eigen aan de Verenigde Naties (6);

— la préparation ne comportait aucune indication
relative aux problèmes administratifs et aux méthodes de gestion propres aux Nations unies (6);

— Luitenant Nees was niet opgeleid voor zijn
opdracht in Kigali : « Deze laatsten, die geen opleiding
hadden gekregen, hebben hun best gedaan, maar zijn
hebben de informatie niet op de goede plaatsen ingewonnen ». (7)

— Le lieutenant Nees n’était pas entraîné pour sa
mission à Kigali : « Ces derniers qui n’ont pas reçu
d’entraînement ont fait de leur mieux mais ils n’ont
pas récolté l’information aux bons endroits. » (7)

— de informatie verstrekt door de SGR was al te
summier; « Tussen 3 en 11 november kregen we als
voorbereiding een algemene nota van de SGR waarin
enkel sprake was van algemeenheden en niets vermeld
werd over een anti-Belgisch klimaat. (...). Het tweede
deel van de voorbereidingen bestond uit het uitnodi-

— l’information fournie par le SGR était trop
sommaire : « Du 3 au 11 novembre, nous avons reçu à
titre de préparation une note générale du SGR où il
n’était question que de généralités et nullement d’un
climat antibelge. (...). La deuxième partie des préparatifs consistait à inviter des personnes qui avaient été

——————

——————

(1) Operation UNAMIR - Rwanda 1993, EMG/JSO-P,
november 1993.
(2) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 230 en 231 en 25 april
1997, blz. 377.
(3) Hoorzitting met generaal-majoor Roman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 383 .
(4) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, commandant
van KIBAT I, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997,
blz. 243.
(5) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, commandant
van KIBAT I, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997,
blz. 243.
(6) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, commandant
van KIBAT I, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997,
blz. 243.
(7) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 maart 1997, blz. 18/6.

(1) Opération MINUAR - Rwanda 1993, EMG : JSO-P,
novembre 1993.
(2) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 23 avril 1997, p. 349.
(3) Audition du général-major Roman, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 25 avril 1997, p. 375.
(4) Audition du lieutenant-colonel Leroy, commandant de
KIBAT I, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 24 mars 1997, p. 237.
(5) Audition du lieutenant-colonel Leroy, commandant de
KIBAT I, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 24 mars 1997, p. 237.
(6) Audition du lieutenant-colonel Leroy, commandant de
KIBAT I, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 24 mars 1997, p. 237.
(7) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 mars 1997, p. 18/5.

( 229 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gen van mensen die in Rwanda waren geweest. (...).
Van hen kregen we meer details dan uit de nota’s van
de SGR » (1);
— er was een gebrekkige psychologische voorbereiding; « Wij verbleven in een stad waar alles
normaal leek, maar het gedrag van onze mannen bij
het begin van de missie deed mij vermoeden dat ze niet
voldoende voorbereid waren » (2).

au Rwanda. (...). Nous avons obtenu plus de détails
d’eux que par les notes du SGR » (1)

Ongetwijfeld was er ook een probleem met de
ingesteldheid van de troepen, omdat zij nog geen erg
lange rustperiode in België achter de rug hadden. De
oorspronkelijke bedoeling van de legerleiding om
militairen slechts éénmaal om de twee jaar in het buitenland in te zetten, kon al geruime tijd niet meer
gehaald worden (3), maar toen KIBAT I werd uitgestuurd haalde het 1ste PARA zelfs de absolute minimumregel van 8 maanden tussenperiode niet. Tot
april 1993 hadden zij immers in Somalië gediend. (4)
— het hoofd van de sector Kigali werd nauwelijks
ingelicht en voorbereid voor het vervullen van zijn
opdracht. « Ik was in het bezit van een eerste versie
van de rules of engagement en een kopie van het verkenningsverslag van kolonel Flament, dankzij de
functies die ik uitgeoefend heb op het kabinet. Ik was
niet in het bezit van de samenvatting van de teksten
van UNAMIR noch van meer specifieke richtlijnen
over mijn opdracht als commandant van het Belgische detachement » (5). Wel had kolonel Marchal
voor zijn vertrek naar Kigali een onderhoud met de
stafchef van het leger, waarin deze hem twee aanbevelingen meegaf. « De eerste had betrekking op zijn
bezorgdheid voor de veiligheid van de troepen. In de
tweede vroeg hij mij erop toe te zien dat de navelstreng tussen KIBAT en de brigade paracommando’s
zou worden doorgeknipt » (6).
— de manschappen kregen slechts een summiere
samenvatting van de ROE, « het gedeelte met betrekking tot volkenmoorden en misdrijven kwam er niet
in voor » (bedoeld wordt punt 17 van de ROE) (7).

Sans doute y avait-il un problème de mentalité des
troupes parce qu’elles n’avaient pas encore eu de
longues périodes de repos en Belgique. L’idée initiale
du commandement de n’envoyer des militaires
qu’une fois tous les deux ans en mission à l’étranger
ne pouvait plus être respectée depuis longtemps (3).
Mais à l’époque de KIBAT I, le Ier para ne respectait
même plus la règle du minimum absolu de 8 mois
d’intervalle puisqu’ils avaient servi en Somalie
jusqu’en avril 1993 (4).
— le chef du secteur de Kigali n’a guère été éclairé
et préparé pour l’accomplissement de sa mission.
« J’étais en possession d’un brouillon des règles
d’engagement et d’une copie du rapport de reconnaissance du colonel Flament grâce à mes fonctions au
cabinet. Je ne possédais pas de résumé des textes de la
MINUAR ni de directives plus spécifiques quant à ma
mission de commandant du détachement belge » (5).
Par contre, avant son départ, le colonel Marchal eut
un entretien avec le chef d’état-major de l’armée, au
cours duquel celui-ci lui fit deux recommandations.
« La première concernait son souci de la sécurité pour
le personnel. La seconde me demandait de veiller à ce
que le cordon ombilical entre KIBAT et la brigade
paracommando soit coupé » (6).

Ten slotte stelt de commissie samen met generaalmajoor Roman vast dat het hoofd van UNAMIR-

Enfin, la commission constate avec le généralmajor Roman que le chef des troupes de la MINUAR

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, inlichtingenofficier van
KIBAT I, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 7 maart 1997, blz. 120;
analoge klachten omtrent de informatieverstrekking door SGR
werden ook geuit door kolonel Dewez, commandant van
KIBAT II, zie punt 2.3.4.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 182.
(3) Hoorzitting met generaal-majoor Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz.152.
(4) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 230.
(5) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 113.
(6) Ibidem.
(7) Hoorzitting met kolonel Dewez, commandant van
KIBAT II, BV, Senaat, POR, 10 juni 1997, BV, blz. 700.

(1) Audition du lieutenant Nees, officier de renseignement
de KIBAT I, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 7 mars 1997 —
p. 116; des plaintes analogues au sujet du travail d’information
du SGR ont été formulées par le colonel Dewez, commandant de
KIBAT II, voir point 2.3.4.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 178.
(3) Audition du général-major Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 148.
(4) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 224.
(5) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 109.
(6) Ibidem.
(7) Audition du colonel Dewez, commandant de KIBAT II,
Sénat, CER, 10 juin 1997, CRA, p. 685.

— il n’y eut pas de préparation psychologique :
« Nous étions dans une ville où tout semblait normal
mais l’attitude de nos hommes au début me laissait à
penser qu’ils n’avaient pas été suffisamment préparés » (2);

— les hommes n’ont reçu qu’un condensé des
règles d’engagement : « La partie relative au génocide
et aux crimes y était omise » (il s’agit du point 17 des
règles d’engagement) (7).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 230 )

troepen voor de sector Kigali, kolonel Marchal in elk
geval veel te laat werd aangeduid, namelijk omstreeks
het tijdstip waarop de Belgische troepen vertrokken,
zodat hij niet rechtstreeks bij hun voorbereiding
betrokken was (1). Dit vloeit voort uit het feit dat
generaal Dallaire pas laat beslist heeft dat er een afzonderlijke sectorcommandant zou komen. Een
andere optie die overwogen werd bestond erin om het
hoofd van het Belgisch bataljon meteen ook de leiding
van de Bengalezen te laten hebben. Luitenant-kolonel
Leroy heeft dit echter geweigerd. (2)

pour le secteur de Kigali, le colonel Marchal a en tout
cas été désigné beaucoup trop tard, à savoir plus ou
moins au moment du départ des troupes belges, de
sorte qu’il n’a pas été associé directement à leur
préparation (1). Cela résulte du fait que le général
Dallaire n’a décidé que tardivement qu’il y aurait un
commandant de secteur distinct. Une autre option qui
fut envisagée consistait à faire en sorte que le chef du
bataillon belge commande aussi les Bangladais. Le
lieutenant-colonel Leroy l’a toutefois refusée (2).

3.2.3.8. De beperkingen van het mandaat en van
de ROE (Rules of engagement)

3.2.3.8. Les limitations du mandat et des ROE
(Rules of engagement)

Het rapport van de ad hoc-groep Rwanda wees al
op de beperktheid van het mandaat zoals voorzien in
resolutie nr. 872 (goedgekeurd door de VNVeiligheidsraad op 5 oktober 1993). Daar waar de
akkoorden van Arusha van 4 augustus 1993 nog voorzagen in een neutrale internationale troepenmacht die
tot taak zou hebben « to guarantee overall security of
the country », beperkte artikel 3a. van resolutie
nr. 872 het mandaat tot « to contribute to the security
of the city of Kigali, inter alia, within a weaponssecure area established by the parties in and around
the city » (3). M.a.w. daar waar volgens de akkoorden van Arusha overal in Rwanda akties zouden
mogen ondernomen worden om de veiligheid te
waarborgen, werd dit in de resolutie van de Verenigde Naties beperkt tot Kigali en — wat nog
belangrijker is — tot « to contribute ». Die uitholling
van het mandaat zou het gevolg zijn geweest van een
opinie die leefde binnen het VN-secretariaat als zou
het in de akkoorden van Arusha omschreven
mandaat onuitvoerbaar zijn en van de tegenkanting
tegen zo’n operatie door zowel de Verenigde Staten
als Rusland (4).

Le rapport du groupe de travail ad hoc a déjà souligné le caractère limité du mandat tel qu’il était prévu
dans la résolution no 872 (approuvée par le Conseil de
sécurité de l’ONU le 5 octobre 1993). Alors que les
accords d’Arusha du 4 août 1993 prévoyaient encore
une force armée internationale neutre chargée « to
guarantee overall security of the country », l’article
3a. de la résolution no 872 limitait le mandat à « to
contribute to the security of the city of Kigali, inter
alia, within a weapons-secure area established by the
parties in and around the city » (3). En d’autres
termes, alors que, selon les accords d’Arusha, des
actions pourraient être entreprises partout au
Rwanda pour garantir la sécurité, la résolution des
Nations unies a limité cette faculté à Kigali et — ce qui
revêt plus d’importance encore — à « to contribute ».
Cet affaiblissement du mandat serait imputable à
l’opinion qui prévalait au sein du secrétariat de
l’ONU, à savoir que le mandat défini dans les accords
d’Arusha serait irréalisable, et à l’opposition tant des
États-Unis que de la Russie (4).

De telex vanuit New York van 9 augustus 1993 vermeldt in punt 2.4 : « Le secrétariat souligne qu’une des
tâches principales de la mission de reconnaissance est
de mettre au point un « mandat réaliste et praticable »
vu la retenue des USA, de UK et de Russie (...). »

Le télex de New York du 9 août 1993 précise dans le
point 2.4 : « Le secrétariat souligne qu’une des tâches
principales de la mission de reconnaissance est de
mettre au point un « mandat réaliste et praticable » vu
la retenue des USA, de UK et de Russie (...). »

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal-majoor Roman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 378.
(2) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 232 en blz. 239.
(3) Senaat, Verslag ad-hocgroep Rwanda, 7 januari 1997,
blz. 81; meer specificaties over de uitholling van het mandaat in
de periode tussen de tot-standkoming van akkoorden van
Arusha en de goedkeuring van resolutie nr. 872 is terug te vinden
in het tweede deel van « The Joint Evaluation of Emergency
Assistance to Rwanda ».
(4) Hoorzitting met de heer Cools, BV, BCR, Senaat, 19961997, 29 april 1997, blz. 406 en 407.

(1) Audition du général major Roman, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 25 avril 1997, p. 370.
(2) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 24 mars 1997, p. 227 et 234.
(3) Sénat, Rapport du groupe ad hoc Rwanda, 7 janvier
1997, p. 81; pour plus de précisions sur l’évidement du mandat
durant la période entre la conclusion des accords d’Arusha et
l’approbation de la résolution no 872, voir la deuxième partie de
« The Joint Evaluation of Emergency Assistance to Rwanda ».
(4) Audition de M. Cools, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
29 avril 1997, pp. 398 et 399.

( 231 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De tekst preciseert onder andere dat : « Par conséquent, il pourrait bien y avoir une grande différence
entre ce que les deux parties ont demandé dans leur
requête initiale du 14 juin au secrétariat général et le
mandat final de la Force d’intervention neutre. » (1)

Le texte précise en outre que « par conséquent, il
pourrait bien y avoir une grande différence entre ce
que les deux parties ont demandé dans leur requête
initiale du 14 juin au secrétariat général et le mandat
final de la Force d’intervention neutre » (1).

Voormalig minister van Buitenlandse Zaken Claes
verklaarde in elk geval dat zijn diensten hem van een
uitholling van het mandaat zoals in de Arushaakkoorden voorzien nooit melding hebben
gemaakt (2). Er werden voor de aanvang van de
UNAMIR-operatie geen inspanningen geleverd om
een mandaat te verkrijgen dat krachtiger of zo
krachtig mogelijk was. De heer Brouhns, gewezen
adjunct-permanent vertegenwoordiger voor ons land
bij de Verenigde Naties, stelde geen bevelen uit Brussel gekregen te hebben om een ruimer mandaat te
bekomen en ook geen instructies ontvangen te hebben
om van onze sleutelpositie als ruggengraat van
UNAMIR gebruik te maken om onze deelname van
de aanvaarding van een aantal voorwaarden in dat
verband te laten afhangen (3). Voormalig minister
van Buitenlandse Zaken Claes en zijn toenmalige
kabinetschef van de minister van Buitenlandse
Zaken, ambassadeur Willems bevestigen dit overigens (4).

En tout cas, l’ancien ministre des Affaires étrangères, M. Claes, a déclaré que ses services ne lui ont
jamais signalé que l’on vidait de sa substance le
mandat prévu par les accords d’Arusha (2). L’on n’a
fait aucun effort avant le début de l’opération
MINUAR, pour obtenir un mandat plus étendu ou le
plus étendu possible. M. Brouhns, ancien représentant permanent adjoint de notre pays auprès des
Nations unies, a affirmé ne pas avoir reçu
d’instructions de Bruxelles en vue d’obtenir un
mandat plus étendu ni en vue de tirer parti de notre
position clé d’épine dorsale de la MINUAR pour
subordonner notre participation à l’acceptation d’un
certain nombre de conditions à cet égard (3).
L’ancien ministre des Affaires étrangères et son chef
de cabinet de l’époque, l’ambassadeur Willems, l’ont
d’ailleurs confirmé (4).

De heer Claes getuigde voor de commissie :
« Tijdens de discussie wilden de permanente leden
van de Veiligheidsraad de draagwijdte van het
mandaat zoveel mogelijk beperken. De Amerikanen,
Russen, Chinezen en Britten waren zeer terughoudend. Ik denk dat het een illusie zou zijn geweest te
pogen hen ertoe over te halen het mandaat uit te breiden. Men heeft mij in ieder geval niet gevraagd om een
verbetering van het mandaat te bepleiten, daar niemand daarvan de noodzaak inzag. Wij hebben dan
ook geen stappen ondernomen. Als wij dat wel
hadden gedaan, zouden wij ongetwijfeld op een categorische weigering van de permanente leden zijn
gebotst. » (5)

M. Claes a déclaré devant la commission : « Au
moment de la discussion, les membres permanents du
Conseil de sécurité voulaient réduire autant que
possible la portée du mandat. Les Américains, les
Russes, les Chinois et les Anglais étaient très réticents.
Je crois qu’il eût été illusoire d’essayer de les convaincre d’élargir le mandat. On ne m’a de toute façon pas
demandé d’obtenir une amélioration du mandat, car
personne n’en ressentait le besoin. Nous ne sommes
donc pas intervenus, mais si nous l’avions fait, nous
aurions, sans aucun doute, essuyé un refus catégorique des membres permanents » (5).

Van hun kant verkeerden de Belgische militaire
overheden — zoals ook reeds in het rapport van de ad
hoc-groep Rwanda werd aangeduid — in de overtuiging dat hun troepen op eigen initiatief akties zouden
kunnen ontwikkelen om een wapenvrije zone in en

Pour leur part, les autorités militaires belges étaient
convaincues — ainsi que le rapport du groupe de
travail ad hoc l’a déjà précisé également — que leurs
troupes pourraient développer des actions de leur
propre initiative pour instaurer une zone démilitari-

——————

——————

(1) Telex NY 93/01336, 9 augustus 1993.
(2) Hoorzitting met de heer Willy Claes, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 87.
(3) Hoorzitting met de heer Brouhns, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 50.
(4) Hoorzitting met de heer Willy Claes, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 84 en 88 en met de heer Willems,
18 maart 1997, blz. 186.
(5) Hoorzitting met de heer Willy Claes, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 88.

(1) Télex NY 93/01336, 9 août 1993.
(2) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 83.
(3) Audition de M. Brouhns, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
28 février 1997, p. 48.
(4) Audition de M. W. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, pp. 80 et 84, et de M. Willems, 18 mars 1997,
p. 182.
(5) Audition de M. W. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 84

1 - 611/7 - 1997/1998

( 232 )

rond Kigali tot stand te brengen, daar waar het ingevolge een strikte interpretatie van het mandaat enkel
ging om « bijstaan » (1).

sée dans et autour de Kigali, alors que selon une interprétation stricte du mandat, il s’agissait uniquement
d’« assister » (1).

Deze beperking van het mandaat, vond ook zijn
weerslag in de « Rules of engagement », (ROE) en in
de « Procédure opérationelle pour l’établissement de
la zone de consignation d’armes de Kigali ». De ROE
omvatten een geheel van gebods-, verbodsbepalingen
en richtlijnen ten behoeve van de VN-blauwhelmen,
die bepalen op welk ogenblik en in welke mate
gebruik mag worden gemaakt van geweld en wie
daartoe de toelating verstrekt. De « Procédure opérationelle pour l’établissement de la zone de consignation d’armes de Kigali » bepaalt de wijze waarop de
middelen waarmee in en rond Kigali de wapenvrije
zone (KSWA) zou worden tot stand gebracht (2). In
weerwil van een aantal tegenstrijdige verklaringen die
door verschillende getuigen werden afgelegd (3),
staat het voor de commissie vast dat zoals reeds in het
rapport van de ad-hocgroep Rwanda op basis van
documenten van het C Ops te Evere werd aangetoond, de Belgische militaire overheden wel degelijk
betrokken waren bij de totstandkoming van beide
documenten (4). De ROE werden opgesteld door
generaal Dallaire met inspraak van de Belgische militaire overheden die ondermeer het advies hebben
ingewonnen van de juridische dienst van het leger.
Het VN-secretariaat in New York keurde ze uiteindelijk goed. Deze gang van zaken wordt bevestigd door
de heer Cools, gewezen adviseur van de permanent
vertegenwoordiger van ons land bij de Verenigde
Naties en luitenant-generaal Berhin, de voormalige
stafchef van de landmacht (5). De « Procédure opérationelle pour l’établissement de la zone de consignation d’armes de Kigali » anderzijds kwam in de loop

Cette limitation du mandat s’est également traduite
dans les « Rules of engagement », (ROE), et dans la
« Procédure opérationnelle pour l’établissement de la
zone de consignation d’armes de Kigali ». Les ROE
comportent un ensemble de dispositions impératives,
d’interdictions et de directives à l’usage des Casques
bleus de l’ONU, qui déterminent à quel moment et
dans quelle mesure il peut être fait usage de la violence
et par qui l’autorisation doit en être donnée. La procédure opérationnelle pour l’établissement de la zone de
consignation d’armes de Kigali établit de quelle façon
et avec quels moyens la zone démilitarisée (KSWA)
serait instaurée dans et autour de Kigali (2). En dépit
d’un certain nombre de déclarations contradictoires
faites par différents témoins (3), il est établi aux yeux
de la commission que, comme l’avait déjà démontré le
rapport du groupe ad hoc sur la base de documents du
C Ops d’Evere, les autorités militaires belges ont bel et
bien été associées à l’élaboration des deux documents (4). Les ROE ont été rédigées par le général
Dallaire, en concertation avec les autorités militaires
belges qui ont entre autres demandé l’avis du service
juridique de l’armée. Le secrétariat de l’ONU à New
York les a finalement approuvées. Ce cours des
choses est confirmé par M. Cools, ancien conseiller
du représentant permanent de notre pays auprès des
Nations unies, et par le lieutenant-général Berhin,
l’ancien chef d’état-major de la force terrestre (5).
Par ailleurs, la procédure opérationnelle pour
l’établissement de la zone de consignation d’armes de
Kigali date de la nuit du 23 au 24 décembre 1993. Elle
a été approuvée par les deux parties (FAR et FPR), à

——————

——————

(1) Senaat, Verslag ad-hocgroep Rwanda, 7 januari 1997,
blz. 83 en 84.
(2) De integrale tekst van de ROE, alsmede van hun samenvatting zoals die onder de troepen werd verspreid is terug te
vinden in de bijlagen nrs. 5, 6 en 7 van het verslag van de adhocgroep Rwanda van 7 januari 1997; dit is ook het geval voor
de « Procédure opérationelle pour l’établissement de la zone de
consignation d’armes de Kigali » (bijlage nr. 8).
(3) Hoorzitting met kolonel Engelen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 16 april 1997, blz. 290 en met luitenant-generaal
Charlier en de minister van Landsverdediging, 21 april 1997,
blz. 316 en 31/14.
(4) Senaat, Verslag ad-hocgroep Rwanda, 7 januari 1997,
blz. 81, 82 en 83.
(5) Hoorzitting met luitenant-generaal Berhin, BV, BCR,
Senaat, 29 april 1997, blz. 401 (« De UNO heeft het ontwerp
opgesteld. Vervolgens is dat voor advies aan onze juridische
diensten en het krijgsauditoraat voorgelegd. Als er problemen
waren kon het naar New York worden teruggestuurd »), blz. 406
en 410 (« Het is juist dat een militair attaché bevoegd is voor
militaire aangelegenheden. Over de rules of engagement werd
echter in Kigali onderhandeld, daar had kolonel Engelen niets
mee te maken »).

(1) Sénat, Rapport du groupe ad hoc Rwanda, 7 janvier
1997, pp. 83 et 84.
(2) Le texte intégral des ROE ainsi que leur résumé tel qu’il
a été diffusé parmi les troupes figurent aux annexes nos 5, 6 et 7
du rapport du groupe ad hoc Rwanda du 7 janvier 1997; il en va
de même de la « Procédure opérationnelle pour l’établissement
de la zone de consignation d’armes de Kigali » (annexe no 8).
(3) Audition du colonel Engelen, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, p. 284, ainsi que du lieutenant-général
Charlier et le ministre de la Défense nationale, 21 avril 1997,
pp. 310 et 31/*idem.
(4) Sénat — Rapport du groupe ad hoc Rwanda, 7 janvier
1997, pp. 81, 82 et 83.
(5) Audition du lieutenant-général Berhin, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 29 avril 1997, p. 393 (« C’est l’ONU qui a
rédigé le projet. Il a ensuite été transmis à nos services juridiques
et à l’auditorat militaire, pour avis. S’il y a discussion, il pouvait
être renvoyé à New York »), pp. 396 et 402 (« Il est exact qu’un
attaché militaire est compétent pour les aspects militaires. Les
règles d’engagement ont toutefois été négociées à Kigali et le
colonel Engelen n’était nullement impliqué »).

( 233 )

1 - 611/7 - 1997/1998

van de nacht van 23 op 24 december 1993 tot stand.
Ze werd goedgekeurd door beide partijen (FAR en
RPF) na vele onderhandelingen waaraan o.m. kolonel Marchal deelnam.

l’issue de négociations auxquelles participait, entre
autres, le colonel Marchal.

Hoe dan ook, ondanks de raadpleging en de medewerking van de Belgische militaire overheden bleven
de ROE een bron van onduidelijkheid. Generaalmajoor Roman, voormalig commandant van de brigade paracommando stelt het onomwonden, « Ze
waren niet duidelijk; de reactie was dus afhankelijk
van iemands temperament, wat gevaarlijk was » (1).
Kolonel Marchal drukte het als volgt uit, « Wij gingen
ervan uit dat met de Rules of engagement in de eigenlijke zin geen rekening moest worden gehouden. Als
men die regels leest, ziet men trouwens dat die niet zo
dwingend zijn. In Kigali had ik de rules of engagement altijd bij mij, en als ik de bepalingen betreffende
het gebruik van de wapens bekijk, vind ik dat alle
mogelijkheden open bleven » (2). Na een aandachtige lezing van de ROE is de commissie de
mening toegedaan dat ze moeilijk operationeel toepasbaar zijn. Alles hangt af van de interpretatie (ruim
of beperkt) die men aan de term « zelfverdediging »
geeft. De commissie is zelfs van oordeel dat de ROE
tal van bepalingen bevatten die helemaal niet beperkend, maar integendeel heel ruim zijn. De commissie
verwijst onder meer naar artikel 17 dat onder de
hoofding « crimes contre l’humanité » aan UNAMIR
toelating verschaft, meer nog de morele en wettelijke
verplichting oplegt alle middelen aan te wenden om
daden tegen te gaan als executies, ethnische geweldplegingen, aanvallen tegen vluchtelingen en dergelijke meer (3). Als er dan al een probleem was met de
richtlijnen dan vloeide die veeleer voort uit de
« Procédure opérationelle pour l’établissement de la
zone de consignation d’armes de Kigali » die duidelijk
aangaf dat UNAMIR niet eigenmachtig kon optreden
bij het uitvoeren van haar opdrachten. Dit bleek,
zoals hierna nog uitvoerig zal worden besproken, dé
hinderpaal bij het (niet) opdoeken van de geheime
wapenopslagplaatsen.

Quoi qu’il en soit, malgré la consultation et la
collaboration des autorités militaires belges, les ROE
sont restées une source de confusion. Le généralmajor Roman, ancien commandant de la brigade
paracommando, le dit sans ambages : « Elles n’étaient
pas claires et nettes, de sorte que la réaction dépendait
du caractère de chacun, ce qui était dangereux » (1).
Le colonel Marchal l’a exprimé comme suit : « Notre
attitude était de ne pas tenir compte des règles
d’engagement au sens propre. D’ailleurs, si on lit ces
règles, on se rend compte qu’elles ne sont pas si
contraignantes que cela. À Kigali, j’avais toujours les
règles d’engagement dans ma malette et quand je vois
les dispositions relatives à l’utilisation des armes,
j’estime que toutes les possibilités restaient ouvertes » (2). Après une lecture attentive des ROE, la
commission est d’avis que celles-ci sont plus théoriques qu’opérationnelles. Tout dépend de l’interprétation (large ou stricte) que l’on donne du terme
« autodéfense ». La commission estime même que les
ROE comportent de nombreuses dispositions qui ne
sont pas du tout restrictives, mais au contraire très
larges. Elle renvoie entre autres à l’article 17, qui, sous
l’intitulé « Crimes contre l’humanité », autorise la
MINUAR — et l’oblige même moralement et légalement — à utiliser tous les moyens pour mettre fin à
des actes tels qu’exécutions, émeutes ethniques, attaques contre des étrangers, etc. (3). S’il y a eu un
problème en matière de directives, celui-ci viendrait
plutôt de la procédure opérationnelle pour l’établissement de la zone de consignation d’armes de Kigali,
qui indiquait clairement que la MINUAR ne pouvait
pas intervenir de son propre chef dans le cadre de
l’exécution de ses missions. Il s’est avéré, ainsi que
cela sera encore abondamment évoqué ci-après, que
ce fut là le principal obstacle à la liquidation des
dépôts d’armes secrets.

Andere militair-technische aangelegenheden die de
aandacht van de commissie weerhouden hebben,
zijn :

D’autres questions d’ordre technico-militaire qui
ont retenu l’attention de la commission sont :

(1) het ontbreken bij de ontplooiing van de troepen van een evacuatieplan;

(1) l’absence de plan d’évacuation lors du déploiement des troupes;

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal-majoor Roman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 378.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 173.
(3) Senaat — Verslag ad-hocgroep Rwanda, 7 januari 1997,
bijlage nr. 5, blz. 7, punt 17.

(1) Audition du général-major Roman, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 25 avril 1997, p. 370.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 169.
(3) Sénat, Rapport du groupe ad hoc Rwanda, annexe no 5,
p. 7, point 17.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 234 )

Kolonel Marchal verklaarde : « Op 8 januari stonden wij nog maar in het begin van de opdracht. Er was
geen evacuatieplan » (1).

Le colonel Marchal a déclaré : « Le 8 janvier, nous
étions encore au début de la mission. Il n’existait pas
de plan d’évacuation » (1).

Uit de hoorzitting met admiraal Verhulst blijkt dat
een evacuatieplan enkel op het vlak van de VN
bestond. « De evacuatie werd uitgevoerd door een
combinatie van UNAMIR en de Belgische middelen
die later zijn aangekomen. UNAMIR had echter,
samen met de ambassades, het evacuatieplan voorbereid » (2)

L’audition de l’amiral Verhulst fait apparaître que
à l’échelon de l’ONU. « L’évacuation s’est faite en
combinant les forces de la MINUAR et les moyens
belges arrivés ultérieurement. Mais c’est la MINUAR
qui avait préparé, avec les ambassades, le plan
d’évacuation »(2).

(2) het ontbreken van duidelijke richtlijnen inzake
het statuut van de Belgische blauwhelmen bij ernstige
moeilijkheden;

(2) l’absence de directives claires relatives au statut
des Casques bleus belges en cas de difficultés graves;

Kolonel Marchal verwijst tijdens zijn hoorzitting
van 14 maart 1997 naar het probleem van het statuut.
« Ben ik verplicht de VN-onderrichtingen te volgen of
moet ik een Belgisch standpunt innemen bij het evacueren van de Belgen? De situatie kan basculeren. Ik
vraag duidelijke richtlijnen. (...) Ik wou weten wat
moest worden gedaan als er bij de evacuatie problemen zouden rijzen. Het was een probleem van statuut. » (3)

Lors de son audition du 14 mars 1997, le colonel
Marchal aborde le problème du statut. « Dois-je
suivre les instructions onusiennes ou les directives
belges pour l’évacuation des compatriotes — La
situation peut basculer. Je demande des directives
précises. (...) Je voulais savoir ce qu’il convenait de
faire si l’évacuation se passait mal. C’était un
problème de statut. » (3)

(3) het ontbreken van een inlichtingendienst;

(3) l’absence d’un service de renseignement
(page 374);

(4) het ontbreken van essentieel logistiek materiaal.

(4) l’absence de matériel logistique essentiel.

3.2.4. Deervaringenopgedaanbijvroegereoperaties

3.2.4. L’expérience acquise lors d’opérations antérieures

De commissie stelt vast dat bij de voorbereiding
van de zending van Belgische troepen in het kader van
de UNAMIR-operatie geen rekening werd gehouden
met een aantal lessen die reeds werden getrokken uit
de VN-operaties waaraan België deelnam in 1992 en
1993. Wie de rapporten leest die n.a.v. UNPROFOR1992 en UNPROFOR-1993 werden opgesteld, komt
tot de vaststelling dat in deze verslagen gewaarschuwd werd en aanbevelingen werden verstrekt voor
exact dezelfde fouten en tekortkomingen als diegene
die werden begaan bij de Belgische deelname aan de
UNAMIR-operatie. Deze verslagen en rapporten
waren zowel gekend door de generale staf als door de
minister van Landsverdediging en zijn kabinet.

La commission constate que lors de la préparation
de l’envoi de troupes belges dans le cadre de
l’opération MINUAR, il n’a pas été tenu compte d’un
certain nombre de leçons des opérations de l’ONU
auxquelles la Belgique avait participé en 1992 et 1993.
Force est de constater, à la lecture des rapports rédigés
suite à l’UNPROFOR-1992 et à l’UNPROFOR-1993,
que ceux-ci avaient mis en garde et formulé des
recommandations contre des erreurs et manquements
tout à fait identiques à ceux commis lors de la participation belge à l’opération MINUAR. Tant l’étatmajor général que le ministre de la Défense nationale
et son cabinet avaient connaissance de ces rapports.

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 174.
(2) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 23 april 1997, blz. 359.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 173.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 170.
(2) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 23 april 1997, p. 350.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 169.

( 235 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Meer bepaald vestigt de commissie de aandacht op:

La commission attire plus précisément l’attention
sur :

(1) Het rapport van kolonel Malherbe inzake
UNPROFOR van 21 augustus 1992.

(1) Le rapport du colonel Malherbe relatif à
l’UNPROFOR du 21 août 1992.

In dit rapport dat de voormalige commandant van
de Belgische troepen in ex-Joegoslavië, kolonel
Malherbe, richtte aan de generale staf en de stafchef
van de landmacht, stelt hij dat andere naties die vaak
deelnemen aan VN-operaties zich niet strikt gebonden voelen door de VN-richtlijnen. « L’expérience
m’a néanmoins appris que les nations ayant une expérience ONU (par ex. Danemark, Canada, UK, etc.) ne
se sentent pas exagérément liées par les normes ONU
(par ex. le nombre d’APC, l’armement emporté,
etc.). » (1)

Dans ce rapport qu’il adresse à l’état-major général
et au chef d’état-major de la force terrestre, l’ancien
commandant des troupes belges en ex-Yougoslavie, le
colonel Malherbe, affirme qu’à ce sujet d’autres
nations qui participent fréquemment à des opérations
de l’ONU ne se sentent pas strictement liées par les
directives de l’ONU. « L’expérience m’a néanmoins
appris que les nations ayant une expérience ONU (par
ex. Danemark, Canada, R-U, etc.) ne se sentent pas
exagérément liées par les normes ONU (par ex. par le
nombre d’APC, l’armement emporté, etc.). » (1)

(2) Het rapport van kolonel Malherbe inzake
UNPROFOR van 2 september 1992.

(2) Le rapport du colonel Malherbe relatif à
l’UNPROFOR du 2 septembre 1992.

Dit rapport eveneens gericht aan de generale staf en
de stafchef van de landmacht bevat het verslag van de
missie UNPROFOR-sector Oost van 13 maart 1992
tot eind augustus 1992 (2).

Ce rapport, également adressé à l’état-major général et au chef d’état-major de la force terrestre, rend
compte de la mission UNPROFOR-secteur Est du
13 mars 1992 à fin-août 1992. (2)

(3) Het rapport van kolonel Heyvaert inzake
UNPROFOR van 13 mei 1993.

(3) Le rapport du colonel Heyvaert relatif à
l’UNPROFOR du 13 mai 1993.

In dit vertrouwelijk rapport dat kolonel Heyvaert,
commandant van BELBAT 2, richtte aan de stafchef
van de landmacht brengt hij de problemen ter sprake
waarmee zijn missie werd geconfronteerd. Het valt op
dat deze problemen identiek zijn aan deze die welke
we ook bij de UNAMIR-operatie in Rwanda aantreffen (3).

Dans ce rapport qu’il adresse à l’état-major de la
force terrestre, le colonel Heyvaert, le commandant
de BELBAT 2, aborde les problèmes auxquels sa
mission a été confrontée. Il est frappant de constater
que ces problèmes sont identiques à ceux que nous
rencontrons
également
dans
l’opération
MINUAR (3).

Kolonel Heyvaert stelt meer in het bijzonder :

Le colonel Heyvaert parle plus particulièrement
des problèmes suivants :

— dat er geen echte peace-keeping-operaties
bestaan, « (...) het is utopisch te geloven dat echte
« Peace-keeping » operaties nu of in de toekomst
zullen bestaan »;

— il n’y a pas de véritable maintien de la paix;
« (...) il est utopique de croire dans de vraies missions
de maintien de paix, maintenant ou à l’avenir »;

— dat bij zo’n peace-keeping operatie moet rekening gehouden worden « met de mogelijkheid dat de
situatie verandert »;

— il faut tenir compte de la possibilité d’une
dégradation de la situation;

— dat het meenemen van zwaardere wapens en
munitie een absolute noodzaak is,

— il est indispensable d’emporter des armes plus
lourdes;

— dat elk peleton moet worden uitgerust met
minimum twee MILAN-schutters.

— chaque peloton doit être équipé de minimum
deux tireurs MILAN.

——————

——————

(1) Zie document in bijlage.
(2) Zie document in bijlage.
(3) Zie document in bijlage.

(1) Voir document en annexe.
(2) Voir document en annexe.
(3) Voir document en annexe.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 236 )

Al deze aanbevelingen komen terug in het rapport
dat na de terugtrekking van KIBAT, namelijk op
12 juli 1994 door de stafchef van het leger, luitenantgeneraal Charlier werd overhandigd aan de minister
van Landsverdediging. Precies zoals de hierboven
aangehaalde documenten stelt het rapport-Charlier
dat : (1)

Toutes ces recommandations reviennent dans le
rapport transmis, le 12 juillet 1994, après le retrait de
KIBAT, par le chef d’état-major de l’armée, le lieutenant général Charlier, au ministre de la Défense nationale. Tout comme les documents précités, le rapport
Charlier indique que (1):

— ons land zich maar in een VN-operatie mag
engageren indien er vanaf het begin van de operatie
voldoende garanties zijn i.v.m. de middelen inzake
personeel, uitrusting, bewapening en financiële
middelen alsmede met betrekking tot de bescherming
en de veiligheid van de manschappen; ook moet het
mandaat van die aard zijn dat de ROE en de uitrusting
kunnen worden aangepast aan de toestand op het
terrein;

— notre pays ne peut s’engager dans une opération de l’ONU qu’à la condition de disposer, dès le
début de cette opération, de garanties suffisantes
quant aux moyens en termes de personnel, d’équipement, d’armement et de moyens financiers et quant à
la protection et à la sécurité des hommes; le mandat
doit également être rédigé de telle manière que les
règles d’engagement et l’équipement puissent être
adaptés à l’évolution de la situation sur le terrain;

— de middelen die worden ontplooid moeten
beantwoorden aan een militaire analyse van de situatie ter plaatse;

— les moyens déployés doivent être conformes à
l’analyse militaire de la situation sur place;

— de bescherming van de manschappen moet
worden gewaarborgd door o.m. zware bewapening
en pantservoertuigen;

— la protection des hommes doit être garantie par,
entre autres, un armement lourd et des véhicules blindés;

— luchtsteun moet worden voorzien;

— un appui aérien doit être prévu;

— een adequate inlichtingendienst wordt opgezet
die kan beschikken over voldoende middelen;

— il y a lieu de créer un service de renseignements
avec des moyens suffisants.

Ondanks het rapport van luitenant-generaal Charlier, kan de vraag worden gesteld of wij wel leren uit
de lessen van het verleden. De commissie stelt vast dat
dit in elk geval niet zo was bij de eerste daaropvolgende vredesoperatie. Wanneer nauwelijks enkele
maanden na UNAMIR, een twintigtal Belgische militairen deelnemen aan een nieuwe VN-operatie, meer
bepaald operatie COLUMBUS-Haı̈ti worden ondanks alle evaluatie- en inspectieverslagen opnieuw
dezelfde fouten en tekortkomingen begaan. Het verslag van 5 november 1994 van majoor De Greeve, de
bevelvoerende officier laat niets aan duidelijkheid te
wensen over, « Op het ogenblik van het vertrek
02 Nov 94 was de Mun nog NIET aanwezig ondanks
Tf contact om 0500 Hr met 93 Bn Log (NIEMAND
was op de hoogte in 93 Bn Log !). Gezien geen verandering om 0600 Hr (vertrekuur volgens vluchtplan)
ben ik vetrokken. Wij kunnen gebruik maken van
(Nl) Mun (...) ». Uit de latere verslagen van de Ops.
COLUMBUS blijkt dat het probleem weken blijft
aanslepen. Ook het ontbreken van een evacuatieplan,
de gebrekkige transmissiemiddelen en soortgelijke
problemen meer duiken op in de dagelijkse rapporten
van majoor De Greeve (2).

Malgré le rapport du lieutenant général Charlier
l’on peut se demander si nous tirons effectivement des
leçons du passé. La commission constate que nous ne
l’avons en tout cas pas fait dans le cadre de l’opération
de maintien de la paix suivante. Lorsque, quelques
mois à peine après la MINUAR, une vingtaine de
militaires belges participent à une nouvelle opération
de l’ONU, plus précisément à l’opération COLUMBUS-Haı̈ti, l’on commet les mêmes fautes et manquements, en dépit de tous les rapports d’évaluation et
d’inspection. Le rapport du 5 novembre 1994 du
major De Greeve, l’officier chargé du commandement, est parfaitement clair : « Au moment du départ,
le 2 novembre 94, la Mun n’était PAS encore présente
malgré le contact Tf à 5 heures avec le 93 Bn log
(PERSONNE n’était au courant au 93 Bn Log !). En
l’absence de changement à 6 heures (heure de départ
selon le plan de vol), je suis parti. Nous pouvons utiliser (Nl) Mun (...) ». Il ressort des rapports ultérieurs
d’Ops. COLUMBUS que le problème traîne en
longueur pendant plusieurs semaines. L’absence d’un
plan d’évacuation, des moyens de transmission défectueux et d’autres problèmes similaires sont également
évoqués dans les rapports journaliers du major De
Greeve. (2).

——————

——————

(1) Zie document in bijlage.
(2) SITREPS Ops. COLUMBUS van 5 november, 2 december, 19 december, 21 december, 24 december en 29 december
1994.

(1) Voir document en annexe.
(2) SITREPS Ops. COLUMBUS des 5 novembre, 2 décembre, 19 décembre, 21 décembre, 24 décembre et 29 décembre
1994.

( 237 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3.3. HET VERLOOP
VAN DE UNAMIR-OPERATIE

3.3. LE DÉROULEMENT
DE L’OPÉRATION MINUAR

3.3.1. De inschatting van de verslechtering van de
politieke situatie

3.3.1. L’appréciation de la dégradation de la situation politique

Het Rwandese politieke landschap was al gepolariseerd vóór de ondertekening van de Arushaakkoorden in augustus 1993.

Le paysage politique rwandais s’est polarisé avant
la signature des accords d’Arusha en août 1993.

Volgens professor Reyntjens begon die polarisatie
vanaf januari 1993. Zij uitte zich concreet in het feit
dat men in de plaats van met drie partners, zoals voorzien in de akkoorden (MRND-RPF-oppositiepartijen) medio 1993 in een situatie met twee terechtkwam. « Alle oppositiepartijen vielen in twee vleugels
uiteen, waarvan de ene voor de akkoorden van
Arusha was en de andere zich daar tegenover op z’n
minst terughoudend en wantrouwig opstelde.

Selon le professeur Reyntjens, cette polarisation a
débuté à partir de janvier 1993. Elle s’est concrétisée
par le fait qu’au lieu de jouer à trois partenaires
comme le prévoyaient les accords (MRND-FPR-partis d’opposition), on s’est déjà trouvé à la mi-1993
dans une situation limitée à deux parties. « Tous les
partis d’opposition se sont scindés en deux ailes, l’une
favorable aux accords d’Arusha, l’autre réticente et
méfiante, voire plus.

Het eerste belangrijke moment is februari 1993,
wanneer het RPF een belangrijk offensief lanceert dat
het tot aan de poorten van Kigali brengt. De oppositiepartijen en sommige mensenrechtenorganisaties
laten luidkeels hun afkeuring blijken.

Le premier moment important se situe en février
1993 lorsque le FPR entame une offensive importante
qui le mène aux portes de Kigali. Les partis
d’opposition et certaines organisations de défense des
droits de l’homme clament alors leur désapprobation.

In juli 1993, valt in het vooruitzicht van de nakende
ondertekening van de Arusha-akkoorden, ook de
MDR, de belangrijkste oppositiepartij uiteen.

En juillet 1993 et en prévision de la signature
prochaine des accords d’Arusha, nous assistons à une
nouvelle scission à savoir celle du MDR, le principal
parti d’opposition.

Vervolgens is er de staatsgreep in Burundi en wordt
de Burundese president vermoord. Als gevolg daarvan verklaren de Hutu’s en meer bepaald de als gematigd beschouwde Hutu’s, dat men geen vertrouwen
kan hebben in het RPF en bij uitbreiding dus ook niet
in de Tutsi’s. Zo komt men in de logica van de volkenmoord.

Ensuite interviennent le coup d’État du Burundi et
l’assassinat du président burundais, ce qui a pour
conséquence que les Hutus, et notamment les Hutus
qualifiés de modérés, affirment qu’on ne peut pas
faire confiance au FPR et, par extension, aux Tutsis
eux-mêmes, entrant ainsi dans une logique génocidaire.

Deze opinie wordt versterkt door het feit dat
sommige Tutsi’s in Kigali de staatsgreep in Burundi
toejuichten en weigerden deel te nemen aan de manifestatie van 23 oktober als steunbetuiging aan het
Burundese volk.

Cette opinion est renforcée par le fait que certains
Tutsis ont jubilé à Kigali lors de l’annonce du coup
d’État au Burundi et ont refusé d’assister à la manifestation de soutien au peuple burundais organisée le
23 octobre.

Achteraf bekeken, kan men besluiten dat de moord
op de Burundese president de doodsteek was voor het
Arusha-akkoord ». (1)

Avec le recul, on peut conclure que l’accord
d’Arusha est mort avec l’assassinat du président du
Burundi » (1).

Professor Reyntjens is van mening dat het Arushaakkoord vanuit politiek oogpunt evenwichtig was.
Het politieke landschap bleef immers drie polen
tellen. « Spijtig genoeg heeft de overheid, toen er een
tweedeling was gekomen, de blokkeringsminderheid
laten spelen om bepaalde portefeuilles en parlementszetels toe te wijzen. De daaruit volgende tweedeling
en de toename van het wantrouwen tussen de groepen

Le professeur Reyntjens a estimé que d’un point de
vue politique, l’accord d’Arusha était équilibré, dès
lors que le paysage politique du pays demeurait tripolaire. Mais le Rwanda étant devenu bipolaire, « les
autorités ont joué sur la minorité de blocage pour
l’octroi de certains portefeuilles et de sièges parlementaires. La bipolarisation et la croissance de la
méfiance entre groupes qui s’en sont suivies, ont

——————

——————

(1) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 25.

(1) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, 19961997, 26 février 1997, p. 25.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 238 )

hebben de akkoorden steeds minder realistisch
gemaakt. In Rwanda heerst vooral de vrees » (1)

rendu ces accords de moins en moins réalistes.
L’acteur principal de ce pays est la peur » (1).

Die blokkering van de toestand werd ook opgemerkt door andere externe waarnemers, onder meer
door de heer Ndiaye, speciaal rapporteur van de
Commissie van de Verenigde Naties over de mensenrechten. Volgens zijn verklaringen voor de commissie
wou men bewust de akkoorden niet naleven. « De
akkoorden leken redelijk daar zij strekten tot een
echte democratisering, tot een fusie van de legers, enz.
Ze waren de concretisering van de logica die tot vrede
leidt.

Ce blocage de la situation a été observé par d’autres
acteurs extérieurs, notamment par M. Ndiaye,
rapporteur spécial de la Commission des Nations
unies sur les droits de l’homme. Selon ses déclarations
devant la commission, il y eut volonté délibérée de ne
pas respecter les accords d’Arusha. « Les accords
semblaient raisonnables, car ils visaient à une démocratisation réelle, à la fusion des armées etc. Ils
concrétisaient la logique qui menait à la paix.

Wellicht is de dubbelhartigheid van de Rwandese
leiders geminimaliseerd. Volgens hen kwam machtsdeling neer op een erkenning van hun nederlaag. Elke
poging om de Tutsi-vluchtelingen te laten terugkeren
had niets opgeleverd en had het triomfalisme van de
regering bevestigd. Het succes van het RPF vormde
een rechtstreekse bedreiging voor het politieke evenwicht, wat de leidende kringen ertoe gebracht heeft
een uiteindelijke oplossing te zoeken ter compensatie
van de militaire mislukking.

On a sans doute minimisé la duplicité des dirigeants rwandais. Dans leur esprit, partager le pouvoir
c’était reconnaître leur défaite. Chaque tentative de
retour des réfugiés tutsis avait été un échec et avait
conforté le triomphalisme du pouvoir. Le succès du
FPR menaçait directement l’équilibre politique, ce
qui a mené le groupe dirigeant à la recherche d’une
solution finale qui puisse racheter l’échec militaire.

Ik heb mensen ontmoet die president Habyarimana
net hadden opgezocht en die mij te goeder trouw
hebben gezegd dat hij de akkoorden zou naleven. Nu
blijkt echter duidelijk dat hij ze saboteerde.

J’ai rencontré des gens qui venaient de voir le président Habyarimana et qui m’ont affirmé de bonne foi
que celui-ci allait respecter les accords. Or, manifestement, il les sabotait.

Toen ik in Rwanda was, was er geen minister van
Justitie, daar deze ontslag had genomen toen zijn optreden door het MRND was geblokkeerd. Nadien
had niemand de instemming van de president gekregen om die post te bekleden. Diezelfde blokkering
gold voor de minister van Informatie, die lid was van
een oppositiepartij en bijvoorbeeld niet de radio controleerde waarvan 85 % van de personeelsleden lid
van het MRND was. Habyarimana hield alle touwtjes strak in handen. Hij had de macht al sedert 19 jaar
niet gedeeld. De akkoorden van Arusha vertegenwoordigden een verplichting tot machtsdeling die hij
niet wou nakomen. Men weigerde ook verder te zien
dan de belangen van de clan. » (2)

Lors de mon passage, il n’y avait pas de ministre de
la justice car l’action de celui-ci ayant été bloquée par
le MRND, il avait démissionné. Personne n’avait pu
obtenir ensuite l’agrément du président pour ce poste.
Le même blocage s’exerçait contre le ministre de
l’information, membre d’un parti de l’opposition qui
ne contrôlait, par exemple, pas la radio, dont 85 %
des agents étaient membres du MRND. Habyarimana
ne lâchait rien. Il n’avait pas partagé le pouvoir depuis
dix-neuf ans. Les accords d’Arusha représentaient
une obligation de partage qu’il ne voulait pas mettre
en oeuvre. Il y avait aussi le refus de voir au-delà des
intérêts du clan » (2).

Die geblokkeerde toestand was ook waarneembaar
door de Rwandezen zelf, zoals bevestigd wordt door
de heer François-Xavier Nsanzuwera, gewezen procureur van de Rwandese republiek :

Cette situation de blocage était également perceptible par les Rwandais eux-mêmes, ainsi que l’affirme
M. François-Xavier Nsanzuwera, ancien procureur
de la République rwandaise :

« Vanaf de maand januari 1994 was iedereen er zich
van bewust dat de oorlog zou herbeginnen want de
Interahamwe-beweging werd steeds belangrijker. (...)

« Dès le mois de janvier 1994, tout le monde était
conscient que la guerre allait reprendre, car le mouvement Interahamwe se faisait de plus en plus important. (...)

Er werden toen al systematisch wapens uitgedeeld
en de G3, het gewezen wapen van het Rwandese leger,

La distribution des armes était déjà systématique à
l’époque et le fusil le plus distribué était l’ancienne

——————

——————

(1) Ibid., blz. 26.
(2) Hoorzitting met de heer Ndiaye, BV,POR, Senaat, 19961997, 16 april 1997, blz. 282.

(1) Ibid., p. 26.
(2) Audition de M. Ndiaye, CRA, CER, 1996-1997, 16 avril
1997, p. 276.

( 239 )

1 - 611/7 - 1997/1998

werd het meest uitgedeeld. Ik heb dat gemerkt omdat
deze wapens gebruikt werden bij gewapende diefstallen. (...) Beide partijen bereidden de oorlog
voor. » (1)

arme de l’armée rwandaise : le G3. Je m’en suis rendu
compte, car ces armes furent utilisées lors de vols à
main armée. (...) Les deux parties préparaient la
guerre » (1).

Ook luitenant-generaal Uytterhoeven verklaart
trouwens : « In het onderhoud met Nsabimana bleek
dat men de nieuwe houding van het Belgische contingent aanvaardbaar vond. Volgens hem stond het land
voor een oorlog, zij het niet in Kigali, maar wel in het
noorden. Als militair had hij de plicht die oorlog voor
te bereiden. (...) Volgens hem was de oorlog met de
RPF nooit afgelopen. Er was alleen op dat ogenblik
een luwte. Hij dacht zelfs aan de mogelijkheid om de
burgers te bewapenen » (2).

Le lieutenant-général Uytterhoeven déclare
d’ailleurs lui aussi : « Il ressortait de mon entretien
avec M. Nsabimana que la nouvelle attitude du
contingent belge était jugée acceptable. Selon lui, son
pays était au bord de la guerre, non à Kigali, mais
dans le Nord. En tant que militaire, son devoir était de
préparer cette guerre. (...) Selon lui, la guerre avec le
FPR ne s’était jamais terminée et il n’y avait qu’une
période d’accalmie. Il envisageait même la possibilité
d’armer les civils » (2).

Waren de Belgische en militaire politieke verantwoordelijken op de hoogte van het belang van de verslechtering van de politieke toestand in het land ?

Quant aux acteurs politiques et militaires belges,
étaient-ils au courant de l’importance de la dégradation de la situation politique du pays ?

De commissie heeft meteen bevestigend geantwoord op die vraag, aangezien zowel de heer Swinnen als Buitenlandse Zaken zich terdege bewust
waren van de toenemende polarisering en radicalisering in Rwanda onder meer door het optreden van
« extremisten ».

D’emblée, la commission répond de manière affirmative à cette question, puisqu’aussi bien
M. Swinnen que les Affaires étrangères avaient très
bien perçu la polarisation et la radicalisation croissante qui s’opérait au Rwanda suite notamment à
l’action des « extrémistes ».

Zoals professor Reyntjens had ook ambassadeur
Swinnen het begin van de bipolarisatie opgemerkt
vóór de ondertekening van de Arusha-akkoorden in
augustus 1993. « Reeds vóór de akkoorden van
Arusha kwam de interne politieke machtsstrijd in het
MDR aan het licht. Deze partij werd toen als de
potentieel belangrijkste oppositiepartij beschouwd.
De problemen in het MDR en de parti libéral hadden
niet alleen te maken met de Arusha-akkoorden maar
ook met de regionale en individuele antagonismen.
Wij waren dus getuige van een implosie van het politiek centrum ten gevolge van de bipolarisering en van
de radicalisering van de standpunten. Dit werd in de
hand gewerkt door de bekommernis van de
« mouvance présidentielle » om in de overheidsinstellingen een blokkeringsminderheid te hebben.
(...)

Comme le professeur Reyntjens, l’ambassadeur
Swinnen avait perçu le début de la bipolarisation
avant la signature des accords d’Arusha en août 1993.
«Des dissensions avaient déjà surgi au sein du MDR
avant la signature des accords d’Arusha. À l’époque,
ce parti était considéré comme le principal parti
d’opposition en puissance. Les problèmes au sein du
MDR et du parti libéral étaient liés non seulement
aux accords d’Arusha, mais également à des antagonismes régionaux et individuels. Nous étions
convaincus que le centre politique ne résisterait pas à
la bipolarisation et à la radicalisation des positions.
Le souci de la «mouvance présidentielle» pour disposer d’une minorité de blocage dans les institutions de
l’État ne fit que renforcer cette tendance.

Een factor die het onderhandelingsklimaat over de
installatie van de nieuwe regering sterk hypothekeerde was de staatsgreep in Burundi op 21 oktober
1993.
(...)

Le coup d’État du 21 octobre 1993 au Burundi a
fortement hypothéqué les négociations en vue de
l’installation du nouveau gouvernement rwandais.

De president meende dat de internationale gemeenschap hem verweet dat hij zich niet aan de regels hield
en dat hij te wantrouwig stond tegenover het vredesproces.

Le président estimait que la communauté internationale lui reprochait de ne pas avoir joué le jeu et
d’avoir été trop méfiant par rapport au processus de
paix.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Nsanzuwera, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 22 april 1997, blz. 326 en 327.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Uytterhoeven, BV,
POR, Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 367.

(1) Audition de M. Nsanzuwera, CRA, CER, 1996-1997,
22 avril 1997, pp. 320 et 321.
(2) Audition du lieutenant-général Uytterhoeven, CRA,
CER, Sénat, 1996-1997, 25 avril 1997, p. 359.

(...)

(...)

1 - 611/7 - 1997/1998

( 240 )

Er was echter een president van een buurland vermoord, ondanks zijn progressief beleid van nationale
verzoening.
(...)

Or, un président d’un pays voisin a été assassiné,
malgré sa politique progressive de réconciliation
nationale.
(...)

De argwaan die daardoor ontstond was betekenisvol. Men werd bijzonder waakzaam ten opzichte van
de verbintenissen met het RPF en met de oppositiepartijen. De Burundese factor ging bijzonder zwaar
wegen op de komende onderhandelingen.

La méfiance suscitée de la sorte était significative.
On devint particulièrement vigilant à l’égard des
engagements avec le FPR et les partis d’opposition. Le
facteur burundais a pesé lourdement sur les négociations à venir.

Binnen de MDR en de PL werd een machtsstrijd
gevoerd om ministerposten en parlementaire zetels.
Meestal verliep die strijd via de breuklijn pro-Arusha
langs de ene kant en een zeker wantrouwen tegenover
Arusha langs de andere kant. » (1)

Au sein du MDR et du PL, il y eut une lutte pour
obtenir des postes ministériels et des sièges parlementaires. La plupart du temps, cette lutte opposait les
partisans des accords d’Arusha à ceux qui s’en
méfiaient» (1).

De door de heer Swinnen ingewonnen informatie
werd systematisch per telex (zie verslag van de adhocgroep-Rwanda) naar Buitenlandse Zaken
gestuurd.

Les informations recueillies par M. Swinnen
étaient
systématiquement
envoyées,
par
télex (cf. rapport groupe ad hoc), aux Affaires étrangères.

Buitenlandse Zaken was dus op de hoogte van het
klimaat dat in Rwanda heerste in de loop van het jaar
1993 en begin 1994.

Les Affaires étrangères connaissaient donc le climat
qui régnait au Rwanda au cours de l’année 1993 et au
début de 1994.

Dat is ook wat de heer W. Jaenen, adviseurgeneraal bij de bestuursdirectie van de bilaterale
betrekkingen (dienst P50) en minister Claes te kennen
hebben gegeven : « Wij hebben vastgesteld dat de
Arusha-akkoorden niet werden uitgevoerd en gingen
ervan uit dat er in de verschillende partijen personen
waren die geen baat hadden bij de uitvoering van de
akkoorden. Wij wisten echter niet wie dit waren. (...)
Wij waren ervan overtuigd dat de uitvoering van de
Arusha-akkoorden werd geblokkeerd. Daarom is
minister Claes naar Rwanda getrokken. » (2)

C’est d’ailleurs en ce sens que se sont exprimés,
respectivement, M. W. Jaenen, conseiller général à la
direction d’administration des relations bilatérales
(service P50) et le ministre Claes : « Nous avons constaté que les accords d’Arusha n’étaient pas exécutés et
supposé qu’il y avait dans les divers partis des gens qui
n’avaient aucun intérêt à ce que les accords soient
appliqués. Nous ignorions cependant de quelles
personnes il s’agissait. (...) Nous étions convaincus
que l’exécution des accords d’Arusha était bloquée.
C’est pourquoi le ministre Claes s’est rendu au
Rwanda » (2).

De heer Claes van zijn kant verklaarde :« Het
bestaan van wapenopslagplaatsen en de bewapening
van de bevolking werd door de regering niet verzwegen. Integendeel, dit is publiek gemaakt.

Quant à M. Claes, il déclare : «Le Gouvernement
n’a pas caché l’existence de caches de munitions ni le
fait que la population était armée. Au contraire, il l’a
même rendu public.

Drie dagen voor mijn vertrek naar Rwanda heb ik
naar aanleiding van een interpellatie van de heer Van
Peel een balans opgemaakt van de situatie. De tekst
van deze interpellatie en mijn antwoord heb ik gebundeld in een brochure die ik naar de leden van Kamer
en Senaat en naar diverse geı̈nteresseerde kringen heb
gestuurd.

Trois jours avant mon départ au Rwanda, j’ai
établi un bilan de la situation suite à une interpellation de M. Van Peel. J’ai rassemblé le texte de cette
interpellation et la réponse que j’y ai donnée dans une
brochure que j’ai transmise aux membres de la Chambre et du Sénat ainsi qu’à divers milieux intéressés.

Men kan in deze brochure lezen : de onveiligheid
zou kunnen vergroten als de situatie geblokkeerd
blijft, temeer daar er wapens circuleren.

On peut lire dans cette brochure : l’insécurité pourrait s’accroître si la situation reste bloquée, d’autant
plus que des armes circulent.

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 137.
(2) Hoorzitting met de heer Jaenen, BV, BCR, Senaat, 19961997, 23 april 1997, blz. 344.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, 19961997, 12 mars 1997, p. 133.
(2) Audition de M. Jaenen, CRA, CER, Sénat, 1996-1997,
23 avril 1997, p. 336.

( 241 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Dit toont aan dat de regering de zaak niet heeft
onderschat. Ik was in Rwanda tijdens een zeer dramatische periode. (...) (1)

Cela prouve bien que le Gouvernement n’a pas
sous-estimé l’affaire. Je suis allé au Rwanda lors
d’une période particulièrement dramatique. (...) (1)

Op zondagmiddag heb ik dan alle partijen in de
ambassade uitgenodigd. De RPF daagde niet op. Ik
heb toen verklaard dat ik hen als vriend van het land
vroeg alle betwistingen te stoppen. Ik heb hen gewezen op de waarschuwingen die uit New-York
kwamen en heb hen ertoe aangemaand het Parlement
bijeen te roepen. Ik heb toen ook duidelijk gemaakt
dat de gemengde commissie België-Rwanda niet
samen zou komen, zolang er geen vooruitgang werd
geboekt.

Le dimanche après-midi, j’ai convoqué tous les
partis à l’ambassade. Le FPR ne s’est pas présenté. J’ai
alors déclaré que j’étais venu en ami du pays pour leur
demander de mettre fin à tous les conflits. Je leur ai
fait part des avertissements provenant de New York
et je les ai exhortés à convoquer le parlement. J’ai
précisé aussi que la commission mixte BelgiqueRwanda ne se réunirait pas tant qu’il n’y aurait pas de
progrès.

Diezelfde nacht zijn er zware incidenten uitgebroken waarbij twee vooraanstaanden werden vermoord, onder wie minister Gatabazi die tijdens de
vergadering voor verzoening had gepleit.

Au cours de cette même nuit, de graves incidents
ont éclaté, au cours desquels deux personnalités ont
été tuées, dont le ministre Gatabazi qui venait de plaider en faveur de la réconciliation.

Ik ben daarna naar president Museveni gereisd en
heb hem gevraagd het RPF ertoe aan te zetten naar het
Parlement te gaan.

Ensuite, je me suis rendu chez le président Museveni et je lui ai demandé d’inciter le FPR à se rendre au
parlement.

Het RPF heeft toen contact gezocht. Bij mijn terugkeer heb ik op het vliegveld een vertegenwoordiger
van het RPF ontmoet die mij zei geen vertrouwen te
hebben en niet naar de installatievergadering van het
Parlement te kunnen gaan. Ik heb hem toen gezegd
dat ik die houding niet waardeerde en dat het de
plicht van het RPF was, desnoods onder strenge
bewaking, naar de assemblee te gaan. » (2)

Le FPR a alors pris contact. Lors de mon retour à
l’aéroport, j’ai rencontré un représentant du FPR qui
m’a déclaré ne pas avoir confiance et ne pas être en
mesure de se rendre à la réunion d’installation du
parlement. Je lui ai répondu que je n’appréciais pas
cette attitude et que le FPR avait le devoir de se rendre
à l’assemblée, éventuellement sous escorte » (2).

In voormelde brochure die zijn antwoord bevat op
de interpellatie van de heer Marc Van Peel van
15 februari 1994, schrijft Claes : « Het grote struikelblok bij de uitvoering van de akkoorden (van Arusha)
is de verdeeldheid binnen twee politieke partijen, de
MDR en de PL. Hierdoor is het niet mogelijk de
noodzakelijke overgangsregering te vormen en het
overgangsparlement samen te brengen » (3).

Dans la brochure précitée reproduisant sa réponse
à l’interpellation de M. Marc Van Peel du 15 février
1994, le ministre Claes écrit : « Actuellement,
l’obstacle principal à la mise en œuvre des accords
d’Arusha est la discordance au sein de deux partis
politiques, le MDR et le PL, empêchant la formation
du gouvernement de transition et l’installation du
parlement de transition » (3).

In hetzelfde antwoord deelt minister Claes mee :

Dans la même réponse, M. Claes signale que :

« Ook het botsen van persoonlijke ambities en
belangen is volgens mij niet vreemd aan de moeilijkheden die men ondervindt om de akkoorden (van
Arusha) ten uitvoer te brengen. » (4)

« Le choc des ambitions et intérêts personnels n’est
pas étranger non plus aux difficultés qui s’opposent à
la mise en œuvre des accords d’Arusha » (4).

——————

——————

(1) Het bezoek van minister Claes had plaats van 18 tot
23 februari 1994.
(2) Hoorzitting met minister van Staat Claes, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 18 april 1997, pp. 302 en 303.
(3) « De toestand in Zaı̈re, in Rwanda en in Burundi », Willy
Claes, antwoord op de interpellatie van de heer Marc Van Peel,
15 februari 1994, blz. 22.
(4) Ibidem, blz. 23.

(1) La visite du ministre Claes a eu lieu du 18 au 23 février
1994.
(2) Audition du ministre Claes, CRA, CER, Sénat, 19961997, 18 avril 1997, pp. 296 et 297.
(3) « La situation au Zaı̈re, au Rwanda et au Burundi », par
Willy Claes, réponse à l’interpellation de Marc Van Peel,
15 février 1994, p. 22.
(4) Ibidem, p. 24.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 242 )

In zijn brief van 11 februari 1994 (en niet van
14 maart 1994 zoals foutief vermeld in het Blue
Book (1)) aan Secretaris-generaal Boutros BoutrosGhali schrijft minister Claes :

Le ministre Claes écrit dans sa lettre du 11 février
1994 (et non du 14 mars 1994 comme indiqué erronément dans le Blue Book (1)) au secrétaire général
Boutros Boutros-Ghali :

« Ik meen nochtans dat het duidelijk naar voren
treden van de UNO op politiek niveau gepaard moet
gaan met een meer ontradende houding van de
UNAMIR op het vlak van de veiligheid.

« Il me paraı̂t cependant que cette accentuation du
profil de l’ONU au niveau politique devrait aller de
pair avec une attitude plus dissuasive de la MINUAR
sur le plan de la sécurité.

Ik ben mij bewust van de complexiteit van de situatie en van de verplichtingen die u in het kader van
resolutie 872 van de Veiligheidsraad worden opgelegd.

Je suis conscient de la complexité de la situation
comme des contraintes qui vous sont imposées dans le
cadre de la résolution 872 du Conseil de sécurité.

Niettemin valt te vrezen, dat als we er niet in slagen
de negatieve ontwikkelingen een halt toe te roepen,
UNAMIR verhinderd zal worden om haar basisopdracht naar behoren voort te zetten, te weten belangrijke steun te bieden bij de uitvoering van de vredesakkoorden van Arusha.

Il est à craindre néanmoins qu’à défaut d’enrayer
l’évolution négative à laquelle nous assistons, la
MINUAR pourrait se trouver dans l’impossibilité de
poursuivre valablement sa mission fondamentale, à
savoir jouer un rôle majeur d’appui à la mise en œuvre
de l’Accord de paix d’Arusha.

Ik kan u verzekeren dat de Belgische regering van
haar kant president Habyarimana en de andere
Rwandese politieke verantwoordelijken ertoe blijft
aanzetten om de onvermijdelijke compromissen te
aanvaarden. »

Je puis vous assurer que le Gouvernement belge
continue de son côté à exhorter le président Habyarimana et les autres responsables politiques rwandais à
accepter les compromis qui s’imposent.»

Onmiddellijk na zijn vertrek uit Rwanda stuurt
minister Claes vanuit ambabel Bujumbura telex 138 :

Immédiatement après son départ du Rwanda, le
ministre Claes envoie le télex 138 à partir d’Ambabel
Bujumbura :

« 1. Gelet op de toestand in Rwanda meen ik het
aangewezen dat Delbelonu New-York en Ambabel
Washington volgende boodschap overmaken respectievelijk aan Secretaris-Generaal o.v.n. Boutros en
Assistant-secretary Moose. (...)

« 1. (Traduction) Vu la situation au Rwanda, il
convient, selon moi, que Delbelonu New York et
Ambabel Washington transmettent respectivement
au secrétaire général des Nations unies Boutros et à
son adjoint Moose le message suivant. (...)

2.1. — Ik heb tijdens mijn verblijf te Kigali (1922 februari 1994) contacten gehad met de President,
de Eerste Minister, de aangewezen Eerste Minister
van de volgende overgangsregering, de minister van
Buitenlandse Zaken, de Speciale gezant van de Secretaris-Generaal van de OVN, de heer Booh-Booh,
Generaal Dallaire (UNAMIR), de vertegenwoordigers van de OAE, de EU en Tanzania. Daarenboven
heb ik gesprekken gevoerd met de vertegenwoordigers van alle politieke partijen die de overgangsregering zullen vormen. (...)

2.1. — Au cours de mon séjour à Kigali (19-22
février 1994), j’ai eu des contacts avec le président, le
Premier ministre, le Premier ministre désigné du futur
gouvernement de transition, le ministre des Affaires
étrangères, l’envoyé spécial du secrétaire général des
Nations unies, M. Booh-Booh, le général Dallaire
(MINUAR), les représentants de l’OUA, de l’UE et de
la Tanzanie. En outre, j’ai eu des conversations avec
les représentants de tous les partis politiques qui constitueront le gouvernement de transition. (...)

2.3. — (...)

2.3. — (...)

De partijen MDR en PL blijven innerlijk verdeeld
en blokkeren de vorming van de overgangsregering.
De vertegenwoordigers van de internationale
gemeenschap die ik gecontacteerd heb (zie punt 2.1.)

Les partis MDR et PL restent intérieurement divisés
et empêchent la formation du gouvernement de transition. Selon les représentants de la communauté
internationale que j’ai contactés (voir point 2.1.), il ne

——————

——————

(1) Het Blue Book dateert deze brief van Minister Claes aan
de secretaris-generaal van de VN op 14 maart 1994. In werkelijkheid dateert deze brief van 11 februari 1994. Hij heeft trouwens het voorwerp uitgemaakt van een antwoord van onze
ambassadeur Noterdaeme door middel van een telex van
14 februari 1994.

(1) Le Blue Book date la lettre du ministre Claes au secrétaire général des Nations unies du 14 mars 1994. En réalité, cette
lettre date du 11 février 1994. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une
réponse de notre ambassadeur Noterdaeme par un télex daté du
14 février 1994.

( 243 )
laten er geen twijfel over bestaan dat President
Habyarimana hier een rol speelt om aldus te trachten
in de nieuwe instellingen een blokkeringsminderheid
te verkrijgen in zijn voordeel. (...)
Hij besluit met een duidelijke waarschuwing :

1 - 611/7 - 1997/1998

fait aucun doute que le président Habyarimana y est
pour quelque chose, s’efforçant ainsi de s’assurer
dans les nouvelles institutions une minorité de
blocage à son avantage. (...) »
Il conclut par un avertissement clair :

« 2.6. — Ik meen dat België, de OVN en de USA er
alle belang bij hebben, gelet op de toekomst van
Rwanda, een nieuwe burgeroorlog te vermijden en
druk uit te oefenen op de Rwandese verantwoordelijken en in het bijzonder de Rwandese president om
de overgangsinstellingen op te richten en de Arushaakkoorden verder uit te voeren. Het is aangewezen
dat dergelijke druk onmiddellijk opgelegd wordt wil
men verder verloedering van de toestand voorkomen
en mensenlevens in Rwanda sparen. »

« 2.6. — J’estime que la Belgique, les Nations unies
et les États-Unis ont tout intérêt, pour l’avenir du
Rwanda, à éviter une nouvelle guerre civile et à exercer des pressions sur les responsables rwandais, et en
particulier sur le président rwandais pour que l’on
crée les institutions de transition et que l’on poursuive
l’exécution des accords d’Arusha. Il est judicieux de
commencer immédiatement à exercer de telles pressions si l’on veut éviter que la situation au Rwanda ne
dégénère encore plus et si l’on veut épargner des vies
humaines au Rwanda. »

De verslechtering van de toestand werd door het
leger op een minder constante manier waargenomen
en geschiedde op grond van de dagelijkse verwerking
van de gebeurtenissen.

Du côté militaire, la perception de la dégradation
de la situation est moins constante et est fonction de la
gestion quotidienne des événements.

Zo verklaarde kolonel Marchal bijvoorbeeld het
volgende : « de toestand op 15 januari was verontrustend. De regering en de instanties waarin de Arushaakkoorden voorzagen, waren er niet en de partijen
stelden zich steeds radicaler op. Ik probeerde een
antwoord te vinden op mogelijke gevolgen van die
toestand » (1).

Par exemple, le colonel Marchal a déclaré que «la
situation du 15 janvier était préoccupante. Le gouvernement et les institutions prévues par les accords
d’Arusha n’étaient pas en place et le point de vue des
parties se radicalisait. J’essayais d’apporter une
réponse à d’éventuelles conséquences de cette situation» (1).

Hij voegt er overigens aan toe : « Ik probeerde altijd
realistisch te blijven. Op 21 februari heb ik gezegd dat
ik zeker was dat de overgangsregering zou worden
geïnstalleerd, maar vervolgens heb ik daar mijn twijfels over geuit. In mijn nota van 23 maart heb ik
beklemtoond dat de volgende dagen zeer gevaarlijk
zouden zijn. Op 24 en 27 maart twijfelde ik nog, maar
ik hoopte dat de overgangsregering er zou
komen » (2).

Par ailleurs, il ajoute : «J’ai toujours essayé de faire
preuve de réalisme. Ainsi, si j’ai déclaré le 21 février
que j’étais certain que le gouvernement de transition
serait mis en place, j’ai par la suite toujours exprimé
un doute. Dans ma note du 23 mars, j’insiste sur le fait
que les jours à venir seraient ceux de tous les dangers.
Les 24 et 27 mars, j’ai encore laissé planer le doute,
tout en continuant à espérer le gouvernement de transition» (2).

Het moet benadrukt worden dat de Belgische autoriteiten erg veel informatie hadden over de plaatselijke machthebbers en de politieke leiders in Kigali
(zie verslag ad-hocgroep, blz. 58, 59 en 60) maar veel
minder over het RPF.

Il faut souligner que les autorités belges disposaient
de très nombreuses informations en ce qui concerne le
pouvoir en place et les chefs politiques à Kigali (cf.
Rapport groupe ad hoc, pp. 58, 59 et 60), mais que ces
informations étaient beaucoup moins nombreuses en
ce qui concerne le FPR.

— Wat het RPF betreft, wijst onze ambassadeur er
in telex 1062 van 24 oktober 1993 op dat Eerste Minister Agathe Uwilingiyinama ook uiting had gegeven
aan « ses préoccupations à propos des intentions militaires du FPR, dans le context de la crise burundaise.
On parle de nouvelles concentrations d’unités du FPR
dans la région située au nord de Buymba ».

— Concernant le FPR, notre ambassadeur signale
dans le télex 1062 du 24.10.1993 que la Première ministre Agathe Uwilingiyinama exprimait elle aussi
«ses préoccupations à propos des intentions militaires
du FPR, dans le contexte de la crise burundaise. On
parle de nouvelles concentrations d’unités du FPR
dans la région située au Nord de Buymba».

Tijdens de hoorzitting verklaarde ambassadeur
Swinnen : « De leden van de extremistische minderhe-

Lors des auditions, l’ambassadeur Swinnen a
déclaré « Les minorités extrémistes sont difficiles à

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 174.
(2) Ibid.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 170.
(2) Ibid.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 244 )

den zijn moeilijk te identificeren. De CDR, een
erkende politieke partij, behoort daartoe. Ik herinner
mij dat er toenaderingspogingen zijn geweest tussen
de CDR en het MRND en dat zij zelfs tijdelijk met
andere partijen een coalitie hebben gevormd. Wij
maakten ons ernstig zorgen over de banden van de
CDR met de andere partijen en over de toekomst van
extremistische strekkingen binnen de PL, het MDR
en het MRDN. Afgezien van die tijdelijke coalitie zijn
er echter tussen sommige partijen en de CDR geen
formele banden geweest. Wij stelden alleen vast dat
hun standpunten mettertijd naar elkaar toegroeiden. » (1)
Hij voegde hieraan toe :

identifier. En fait partie le CDR, parti politique agréé.
Je me souviens qu’il y a eu des rapprochements entre
le CDR et le MRND, qui ont même constitué avec
d’autres partis, temporairement, une coalition. Les
liens entre le CDR et les autres partis nous préoccupaient sérieusement, de même que le développement
de tendances extrémistes au sein du PL, du MDR et
du MRND. À part cette coalition temporaire, il n’y a
pas eu de liens formels entre certains partis et le CDR.
Nous constations seulement que leurs positions
avaient tendance à se ressembler de plus en plus » (1).

Il ajoute :

« Ik heb mij altijd afgevraagd of Habyarimana
geloofwaardig was. Was hij een politieke hoofdrolspeler of een gijzelaar van zijn entourage ? Daarop
heb ik nog steeds geen antwoord. » (2)

« Je me suis toujours posé la question de la crédibilité d’Habyarimana. Était-il un acteur politique ou
l’otage de son entourage ? Je n’avais pas de réponse et
je n’en ai toujours pas » (2).

Van zijn kant heeft ambassadeur Willems op de
vraag « Was u op uw hoede voor de milities van het
MRDN of voor Hutu Power ? Waren dat fanatieke
groepen ? » geantwoord : « Inderdaad ». (3)

De son côté, Lode Willems, à la question « Vous
méfiiez-vous des milices du MRND ou du Hutu
Power ? Était-ce des groupes fanatiques ? » a répondu :
« Effectivement » (3).

De heer Claes stelde :

Willy Claes a déclaré quant à lui :

« Ik heb geprobeerd de aandacht van de Amerikanen te vestigen op de mogelijke dubbelzinnigheid van
president Habyarimana. » (4)

« J’ai tenté d’attirer l’attention des Américains sur
le possible double jeu du président Habyarimana » (4).

en : « Naargelang de tijd vorderde, kwamen er
negatieve elementen van de kant van de president. » (5)

« Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, des
éléments négatifs provenaient du côté présidentiel » (5).

Voor de commissie verklaart de heer Claes :

Devant la commission, M. Claes a déclaré :

« Ik ging ervan uit dat de familie van de president
tegen het vredesproces ageerde, maar dat de president
zelf inzag dat er geen andere oplossing dan de uitvoering van de Arusha-akkoorden mogelijk was » (6)

« Je pensais que la famille du président agissait
contre le processus de paix, mais que le président luimême comprenait qu’il n’y avait pas d’autre solution
possible que d’exécuter les accords d’Arusha » (6).

Daarnaast, in telex nr. 250 van 25 maart 1994,
schrijft onze ambassadeur :

D’autre part, dans le télex no 250 du 25.03.94, notre
ambassadeur écrivait :

« Eerste minister Uwilingiyimana spaart haar kritiek op het RPF niet. Ze sluit niet uit dat de harde opstelling van het RPF in de onderhandelingen te maken
heeft met plannen om de vijandelijkheden te hervatten ».

« Eerste minister Uwilingiyimana spaart haar
kritiek op het FPR niet. Ze sluit niet uit dat de harde
opstelling van het FPR in de onderhandelingen te
maken heeft met plannen om de vijandelijkheden te
hervatten. »

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 139.
(2) Ibidem, blz. 140.
(3) Hoorzitting met ambassadeur Willems, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 18 maart 1997, blz. 187.
(4) Hoorzitting met minister van Staat Claes, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 18 april 1997, blz. 310.
(5) Ibidem, blz. 311.
(6) Ibidem, blz. 303.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 135.
(2) Ibidem, p. 135.
(3) Audition de l’ambassadeur Willems, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 18 mars 1997, p. 182.
(4) Audition du ministre Claes, CRA, CER, Sénat, 19961997, 18 avril 1997, p. 304.
(5) Ibidem, p. 304.
(6) Ibidem, p. 297.

( 245 )
— Luitenant Nees verklaarde :

1 - 611/7 - 1997/1998
— Selon le lieutenant Nees :

« Het RPF is sinds half februari verdeeld in twee
kampen : de harden wensten de installatie van de
overgangsregering begin januari. Vermits dit zich niet
gerealiseerd heeft, moet men opnieuw overgaan tot de
vijandelijkheden.

(Traduction) « Depuis la mi-février, le FPR est
divisé en deux camps : les « durs » souhaitaient
l’installation du gouvernement de transition au début
de janvier. Comme cela ne s’est pas fait, il faut reprendre les hostilités.

De gematigden zijn van oordeel dat men ongelooflijk veel bereikt heeft in de Arusha-akkoorden, dat
men niet weet hoe de herneming van de oorlog zal aflopen en dat men zeker niet weet hoe de Hutu’s zullen
reageren tegenover de Tutsi’s op het ogenblik dat het
RPF de vijandelijkheden herneemt. » (1)

Les modérés estiment que les accords d’Arusha ont
permis d’obtenir l’incroyable, que l’on ne sait pas à
quoi mènera une reprise de la guerre et que l’on ignore
en tout cas comment les Hutus réagiront vis-à-vis des
Tutsis si le FPR reprend les hostilités » (1).

De commissie wou vervolgens weten of de houding
van de Belgische politieke verantwoordelijken met
betrekking tot die toestand de juiste was of eerder van
een zekere naı̈viteit getuigde. De vraag werd onder
meer aan verschillende deskundigen gesteld, onder
wie de heer Reyntjens en de h. Ndiayé.

La commission s’est alors posé la question de savoir
si l’attitude des acteurs politiques belges face à cette
situation était adéquate ou relevait d’une certaine
naı̈veté. La question a notamment été posée à
plusieurs experts, dont M. Reyntjens et M. Ndiayé.

Professor Reyntjens is van mening dat het ergste
nog voorkomen had kunnen worden, zelfs na de
gebeurtenissen van 7 april, indien UNAMIR ter
plaatse was gebleven en de gematigde officieren van
het Rwandese leger had gesteund.

Le professeur Reyntjens est d’avis que si la
MINUAR était restée, en soutenant les officiers
modérés de l’armée rwandaise, il était encore possible
d’éviter le pire, selon lui, même après les événements
du 7 avril.

Het antwoord van de heer Ndiayé is eveneens ontkennend : « Ik denk niet dat zulks naı̈ef is. Het was
toen de enige mogelijkheid om de Rwandezen te
helpen. Zoals ik juist gezegd heb, probeerden
sommige ambassades tot een onderhandelde oplossing te komen. De ambassade van Frankrijk daarentegen nam een defensieve houding aan, meer zelfs dan
president Habyarimana zelf.

La réponse de M. Ndiayé est également négative :
« Je ne pense pas qu’il s’agissait d’une attitude naı̈ve.
C’était, à l’époque, la seule possibilité d’aider les
Rwandais. Comme je viens de le dire, certaines
ambassades poussaient à la solution négociée.
L’ambassade de France, par contre, était sur la défensive, davantage même que le président Habyarimana
lui-même.

De situatie in Rwanda was complex : het land was
in oorlog, maar er was een democratiseringsproces
aan de gang waardoor zelfs de Hutu’s hun ontevredenheid konden uiten over het feit dat de clan van de
president alle macht naar zich toetrok en voor het
land gold een structureel aanpassingsplan van het
IMF. Het regime voelde zich door al die elementen
bedreigd en zijn weigering om verandering te aanvaarden, heeft de slachtpartijen wellicht bespoedigd.

La situation au Rwanda était complexe : le pays
était en guerre, mais un processus de démocratisation
était en cours et celui-ci permettait l’expression du
mécontentement, même des Hutus, vis-à-vis de
l’accaparement du pouvoir par le clan du président;
enfin, le pays subissait un plan d’ajustement structurel du FMI. Le régime se sentait menacé par tous ces
éléments et son refus d’accepter des changements a
probablement accéléré les massacres.

Kan men, als men die realiteit kent, de mensen die
over vredesakkoorden bleven onderhandelen als
naı̈ef bestempelen en zeggen dat zij die het regime
steunden niet te goeder trouw waren — Achteraf kan
men de zaken inderdaad zo bekijken, maar toen vond
ik dat een oplossing slechts mogelijk was als er een
echte democratie zou zijn. De belangrijkste vraag was
hoe men het besef van de lange-termijnbelangen kon
meegeven aan mensen van wie de grootste zorg was
van dag tot dag te overleven. »(2)

Connaissant cette réalité, peut-on taxer de naı̈veté
ceux qui poursuivaient la négociation d’accords de
paix, et de mauvaise foi ceux qui soutenaient le
régime ? C’est une analyse possible à posteriori, mais
il m’a semblé, à l’époque, que la solution passait obligatoirement par l’instauration d’une démocratie
réelle. La question principale restait de savoir
comment communiquer la conscience des intérêts à
long terme à des gens dont la préoccupation essentielle était la survie au jour le jour » (2).

——————

——————

(1) Rapport Nees, 16 maart 1994.
(2) Hoorzitting met de heer Ndiayé, BV, POR, Senaat, 19961997, 16 april 1997, blz. 281.

(1) Rapport Nees, 16 mars 1994.
(2) Audition de M. Ndiayé, CRA, CER, Sénat, 1996-1997,
16 avril 1997, p. 275.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 246 )

Ambassadeur Swinnen verklaarde : « Wij zijn altijd
blijven geloven dat het zou lukken. Het was een
compromis, maar er was geen alternatief (...).

L’ambassadeur Swinnen a déclaré : « Nous avons
toujours continué de croire que cela allait réussir.
C’était un compromis, mais il n’y avait pas
d’alternative.

We konden dus in de dynamiek geloven, maar
waren ons bewust van de ernstige radicalisering, wat
ons ten zeerste verontrustte. Wij zijn dan ook met
overtuiging de gematigden blijven aanmoedigen » (1).

Nous pouvions donc croire à la dynamique, mais
nous étions conscients de la radicalisation, qui nous
préoccupait beaucoup. C’est pourquoi nous avons
continué avec conviction d’encourager les modérés » (1).

Op de vraag of de Belgische regering had overwogen om er mee te dreigen de ontwikkelingssamenwerking stop te zetten, heeft minister Derycke, op dat
ogenblik staatssecretaris voor Ontwikkelingssamenwerking geantwoord :

À la question de savoir si le Gouvernement avait
envisagé de menacer d’arrêter la coopération au développement, le ministre Derycke, à l’époque secrétaire
d’État à la Coopération au développement a
répondu :

« Ik wilde niet voortdurend dreigen met het stoppen van de ontwikkelingshulp omdat dit onproductief werkt : zulke dreiging werkt maar eenmaal.

« Je ne souhaitais pas brandir en permanence la
menace d’un arrêt de l’aide au développement parce
que cette menace est contre-productive. Du reste, elle
n’est efficace qu’une seule fois.

Het grootste deel van de Belgische ontwikkelingshulp bestond uit hulp aan het onderwijs, de landbouw en de medische zorgen. De eerste slachtoffers
van het stopzetten van die hulp zijn bijgevolg de
gewone mensen.

L’aide au développement accordée par la Belgique
était en majeure partie destinée à l’enseignement, à
l’agriculture et aux soins médicaux. La première
victime de l’arrêt de cette aide aurait donc été
l’homme de la rue.

Men moet ook rekening houden met de Europese
omgeving waarin men werkt. Als één land zijn hulp
stopzet, zal een ander land inspringen, in casu Nederland en Duitsland. Een ander argument om de ontwikkelingshulp niet stop te zetten was dat de situatie
in de vluchtelingenkampen in Rwanda dramatisch
was. » (2)

Il faut également tenir compte du contexte européen dans lequel on travaille. Si un pays donateur se
retire, un autre pays est prêt à prendre sa place, en
l’occurrence les Pays-Bas et l’Allemagne. Un autre
argument en faveur du maintien de l’aide au développement était le souci de ne pas aggraver la situation
dans les camps de réfugiés au Rwanda. » (2)

Anderzijds heeft minister Claes na zijn ontmoeting
met president Habyarimana vanuit Bujumbura een
telex gestuurd naar Delbelonu en naar Ambabel
Washington.

D’autre part, à la suite de sa rencontre avec le président Habyarimana, le ministre Claes a adressé depuis
Bujumbura un telex a Delbelonu et à Ambabel
Washington.

Daarin stelde hij onder meer :

Il y disait :

« 2.3. De Belgische regering is van oordeel dat
indien overeenkomstig de Arusha-akkoorden de
overgangsinstellingen niet opgericht worden dit een
zware weerslag zal hebben op de tot nu toe geleverde
inspanningen inzake pacificatie en op het democratiseringsproces en dat dit de Belgisch-Rwandese ontwikkelingssamenwerking (buiten de zuiver humanitaire hulp) ernstig in het gedrang zal brengen.

« 2.3. Le Gouvernement belge estime que si le gouvernement de transition n’est pas créé comme prévu
par les accords d’Arusha, cela aura de graves répercussions sur les efforts de pacification fournis
jusqu’ici ainsi que sur le processus de démocratisation, et que cela menacera gravement la coopération
au développement belgo-rwandaise hormis l’aide
purement humanitaire.

2.6. Ik meen dat België, de OVN en de USA er alle
belang bij hebben, gelet op de toekomst van Rwanda,
een nieuwe burgeroorlog te vermijden en druk uit te
oefenen op de Rwandese verantwoordelijken en in
het bijzonder de Rwandese president om de overgangsinstellingen op te richten en de Arusha-

2.6. J’estime que la Belgique, les Nations unies et les
États-Unis ont tout intérêt, pour l’avenir du Rwanda,
à éviter une nouvelle guerre civile et à exercer des
pressions sur les responsables rwandais, et en particulier sur le président rwandais pour que l’on crée les
institutions de transition et que l’on poursuive

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 140.
(2) Hoorzitting met de heer Derycke, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 255.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 136.
(2) Audition de M. Derycke CRA, CSR, 26 mars 1994,
p. 249.

( 247 )
akkoorden verder uit te voeren. Het is aangewezen
dat dergelijke druk onmiddellijk opgelegd wordt wil
men verdere verloedering van de toestand voorkomen
en mensenlevens in Rwanda sparen. »
Bestond er een alternatief ?

1 - 611/7 - 1997/1998

l’exécution des accords d’Arusha. Il est judicieux de
commencer immédiatement à exercer de telles pressions si l’on veut éviter que la sitiuation au Rwanda ne
dégénère encore plus et si l’on veut épargner des vies
humaines au Rwanda. »
Existait-il une alternative ?

Mevrouw Des Forges verklaarde voor de commissie : « Ik ben ervan overtuigd dat een zeer kordate
houding de volkenmoord had kunnen voorkomen.
Als de politieke leiders er in januari, februari en maart
van overtuigd geweest waren dat de UNAMIR zeer
streng zou optreden tegen geweld, zouden ze niet
geprobeerd hebben de internationale gemeenschap
uit te dagen » (1).

Mme Des Forges a déclaré à la commission : « Je
suis convaincue qu’une attitude très ferme eût pu
éviter le génocide. Si les dirigeants politiques avaient
été convaincus en janvier, février et mars que la
Minuar adopterait une position forte contre les
violences, ils n’auraient pas essayé de braver la
communauté internationale » (1).

De heer Gillet voegde eraan toe : « Ik was ervan
overtuigd dat wij gebruik moesten maken van de
hefboom van de publieke opinie en dat niets zijn regering belette informatie openbaar te maken » (2).

M. Gillet ajoute : « Ma conviction était qu’il fallait
utiliser le levier de l’opinion publique et que rien
n’empêcherait un gouvernement de rendre les informations publiques. Cette publicité aurait pu désamorcer le processus » (2).

Samenvattend stelt de commissie vast dat verschillende elementen de toepassing van de akkoorden van
Arusha hebben bemoeilijkt en dat daaruit ook blijkt
dat sommigen deze toepassing trachten te verhinderen. Het gaat met name om :

En résumé, la commission constate que plusieurs
éléments sont intervenus, qui ont rendu plus difficile
l’application des accords d’Arusha et qui démontraient que cette application était combattue. Il s’agit
essentiellement :

— de bipolarisatie van het politieke landschap
tussen de voorstanders van het vredesakkoord en dus
van het delen van de macht met het RPF en zij die
weigerden de macht te delen;

— de la bipolarisation du paysage politique entre
les partisans de l’accord de paix (et par conséquent du
partage du pouvoir avec le FPR) et ceux qui refusaient
ce partage du pouvoir;

— de houding van president Habyarimana, die
nieuwe hindernissen opwerpt en tracht een blokkeringsminderheid te behouden;

— de l’attitude du président Habyarimana, qui
pose de nouveaux obstacles, tentant de détenir une
minorité de blocage;

— de zes pogingen om een overgangsregering te
vormen die mislukten vanwege het openlijke verzet of
de aarzelende houding van de partijen.

— des six tentatives de constitution d’un gouvernement de transition, qui ont échoué en raison de
l’opposition déclarée ou des hésitations des parties.

Het in december 1996 gepubliceerde rapport van de
Verenigde Naties bevat de volgende conclusies :

Le rapport des Nations Unies publié en décembre
1996 retient les conclusions suivantes :

« Sedert zijn oprichting tot aan zijn terugtrekking
leek de Unamir steeds achter te lopen bij de werkelijke
toestand in Rwanda. In 1993 werd hij ontplooid om
een vredesproces op gang te helpen brengen dat in het
slop geraakt scheen te zijn nog vóór het werd aangevat. Op het dieptepunt van de crisis heeft een aantal
regeringen eenzijdig besloten hun nationale contingenten terug te trekken zodat de overblijvende delen
van de Unamir zo mogelijk nog kwetsbaarder waren
en in de onmogelijkheid verkeerden burgers in gevaar
te beschermen. Ook al werd het aantal manschappen
van de Unamir in mei 1994 verhoogd wegens de
voortdurende slachtpartijen, ook al werd in novem-

« Depuis sa création jusqu’à son retrait, la
MINUAR a toujours semblé en retard sur les réalités
de la situation au Rwanda. Elle a été déployée en 1993
pour aider à mettre en œuvre un processus de paix qui
semblait être dans l’impasse avant même d’avoir été
amorcé. Au plus fort de la crise, la décision prise
unilatéralement par certains gouvernements de retirer
leurs contingents nationaux a laissé le reste de la
MINUAR encore plus vulnérable et incapable
d’assurer la protection des civils en danger. Quand
bien même l’effectif de la MINUAR ait été accru en
mai 1994 en raison des massacres qui se poursuivaient, et qu’en novembre 1994 le niveau d’effectif

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 35.
(2) Hoorzitting met de heer Gillet, BV, BCR, Senaat, 19961997, 19 maart 1997, blz. 199.

(1) Audition de Mme Des Forges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 35.
(2) Audition de M. Gillet, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 mars, p. 193.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 248 )

ber 1994 het toegestaan aantal manschappen van
5 500 bereikt, de burgeroorlog was voorbij en het
land had geen hulp meer nodig om de veiligheid te
waarborgen maar wel hulp voor de nationale wederopbouw. »

autorisé de 5 500 ait été atteint, la guerre civile était
terminé, et le pays n’avait plus besoin d’une aide pour
le maintien de la sécurité mais d’une aide pour la
reconstruction nationale. »

« De mandaten van de Unamir waren een afspiegeling van de internationale politieke context waarin zij
opgesteld werden, en gaven in de regel uiting aan de
bezorgdheid en de eisen van bepaalde lidstaten die
maar weinig voeling hadden met de toestand in
Rwanda. Een fundamenteel gebrek aan inzicht in de
aard van het conflict heeft eveneens geleid tot verkeerde politieke hypotheses en militaire inschattingen. Als hoofdverantwoordelijke voor het opstellen
van het « peacekeeping »-mandaat was de Veiligheidsraad bij de aanvang van de crisis geneigd de toestand in Rwanda af te doen als een burgeroorlog op
kleine schaal zoals een aantal leden van de Raad
hebben verklaard. De politieke conflicten in de
Rwandese regering en de alsmaar duidelijker bewijzen van politieke moorden en van schendingen van de
rechten van de mens in dat land heeft men onder het
vloerkleed geveegd of verzuimd nader te onderzoeken. »

« Les mandats de la MINUAR découlaient du
contexte politique international dans lequel ils
avaient été formulés et reflétaient généralement des
préoccupations et des impératifs de certains États
membres qui avaient peu de rapport avec la situation
au Rwanda. Une incompréhension fondamentale de
la nature du conflit a également donné lieu à des
hypothèses politiques et à des évaluations militaires
erronées. Le Conseil de sécurité, qui est le principal
responsable de l’élaboration des mandats de maintien
de la paix, a eu tendance, au début de la crise, à considérer la situation au Rwanda comme une petite
guerre civile, comme l’ont déclaré certains membres
du Conseil. On a passé sous silence ou omis
d’explorer les conflits politiques au sein du gouvernement rwandais et les preuves croissantes d’assassinats
politiques et de violation des droits de l’homme dans
le pays. »

Ten slotte kan de commissie kan stellen dat indien
de politici zich goed bewust waren van de verslechtering van de politieke toestand, onder meer door de
blokkering van de Arusha-akkoorden en dit tot op de
fatale afloop op 6 april, toch zijn zij blijven hopen op
de installatie van de overgangsregering en het overgangsparlement; daarvan getuigen de stappen die
daartoe uitdrukkelijk werden gedaan (1).

En conclusion, la commission peut dire que, si les
acteurs politiques percevaient bien la dégradation de
la situation politique, traduite notamment par le
blocage des accords d’Arusha, et ce jusqu’à l’issue
fatale du 6 avril, ils n’ont cessé d’espérer la mise en
place du gouvernement et du parlement de transition,
ce dont témoignent les démarches pressantes effectuées à cet égard (1).

3.3.2. De inschatting in Rwanda en de opvolging van
de dreiging tegen KIBAT/UNAMIR

3.3.2. L’appréciation au Rwanda et le suivi de la
menace contre le KIBAT/la MINUAR

3.3.2.1. De inschatting van de dreiging tegen
KIBAT/UNAMIR in Rwanda

3.3.2.1. L’appréciation de la menace contre le
KIBAT/la MINUAR au Rwanda

De commissie stelde vast dat ook na de installatie
van UNAMIR de Belgen in het algemeen en de Belgische Blauwhelmen in het bijzonder voorwerp zijn van
een anti-Belgisch klimaat althans binnen de extreme
Hutu-milieus. In een eerste deel bevestigt de commissie de aanwijzingen die samengebracht werden in het
rapport van de ad hoc-groep Rwanda. In het tweede
deel besteedt de commissie aandacht aan de getuigenis van Mevrouw Braeckman die de commissie een
belangrijke bijkomende aanwijzing over de dreiging
tegen de Belgische Blauwhelmen bezorgde. In een
derde onderdeel behandelt de commissie de informatie die door informant Jean-Pierre werd bezorgd.

La commission a constaté qu’après l’installation de
la MINUAR également, les Belges en général et les
Casques bleus belges en particulier ont fait face à un
climat antibelge en tout cas dans les milieux extrémistes hutu. Dans une première partie, la commission
confirme les indications qui figurent dans le rapport
du groupe ad hoc Rwanda. Dans une deuxième partie
la commission prête son attention au témoignage de
Mme Braeckman qui lui a fourni une importante indication complémentaire concernant la menace qui
pesait sur les Casques bleus belges. Dans une troisième partie, la commission examine les informations
apportées par l’informateur Jean-Pierre. Enfin, la

——————

——————

(1) Hoorzitting met minister Claes, 18 april 1997, BV, 1-29,
blz. 302 e.v. Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, 12 maart
1997, BV, 1-12, blz. 137. Hoorzitting met ambassadeur Willems,
18 maart 1997, BV, 1-16, blz. 190.

(1) Audition du ministre Claes, CRA, CER, Sénat, 19961997, 18 avril 1997, pp. 296 et suivantes. Audition de
l’ambassadeur L. Willems, CRA, 1-12, Sénat, 1996-1997,
18 mars 1997, p. 186. Audition de l’ambassadeur J. Swinnen,
CRA, 1-16, Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 133.

( 249 )
Tenslotte vermeldt de commissie de getuigenissen van
voornamelijk die officieren die belast waren met het
verzamelen en behandelen van inlichtingen. Een
meerderheid van die officieren brachten elementen
aan die het bestaan van anti-Belgische bedreigingen
bevestigen.
(1) Het rapport van de ad-hocgroep-Rwanda

1 - 611/7 - 1997/1998

commission signale les témoignages d’officiers, principalement ceux qui étaient chargés de recueillir et
d’examiner les informations. La plupart de ces officiers ont apporté des éléments confirmant l’existence
de menaces antibelges.

(1) Le rapport du groupe ad hoc Rwanda

De hoorzittingen van de commissie boden de gelegenheid dieper in te gaan op de vragen die reeds door
de ad hoc-groep Rwanda in het verslag aan de
commissie voor buitenlandse aangelegenheden
werden behandeld. In zijn rapport heeft de ad hocgroep Rwanda twee concrete stellingen vooropgeplaatst en in functie daarvan de beschikbare telexen,
documenten en legerrapporten bestudeerd en die
bulletins, telexen en berichten weerhouden waarin
melding wordt gemaakt van een toenemende negatieve stemming althans in extreme kringen en die
gericht waren tegen de Belgen in het algemeen en
tegen de participatie van Belgische legereenheden aan
UNAMIR in het bijzonder. De Belgische ambassade
in Kigali en de militaire vertegenwoordiging leverden
het meeste bronnenmateriaal.

Les auditions auxquelles la commission a procédé
lui ont donné l’occasion d’approfondir les questions
qui avaient déjà été traitées par le groupe ad hoc
Rwanda dans son rapport à la Commission des Affaires étrangères. Dans ce rapport, le groupe ad hoc
Rwanda a avancé deux thèses concrètes et examiné en
fonction de celles-ci les télex, documents et rapports
de l’armée disponibles. Le groupe ad hoc Rwanda a
retenu les bulletins, télex et informations qui faisaient
état de la montée d’un sentiment négatif à l’égard des
Belges en général et de la participation d’unités militaires belges à la MINUAR en particulier. L’ambassade belge et la représentation militaire ont fourni les
sources principales.

Zoals de commissie ook heeft kunnen vaststellen
via de informatie die werd bijeengebracht in het
rapport van de ad hoc-groep Rwanda dient de
periode van na de ontplooiing van UNAMIR tot aan
de gewelddadige moord op de tien Belgische paracommando’s en de uiteindelijke aftocht van de Belgische troepen gesitueerd te worden tegen een achtergrond van bedreigingen, moordplannen en aanslagen. In haar onderzoek naar de omstandigheden
waarin de paracommando’s werden omgebracht verrichtte de commissie dan ook uitgebreid onderzoek
naar de moeilijkheden die de Blauwhelmen ondervonden tijdens de uitvoering van hun opdracht.
Werden de Belgische militairen tijdens de vredesoperatie in Rwanda gehinderd door anti-Belgische daden
gepleegd door de Rwandezen ? Kunnen de bedreigingen en de aanvallen waaraan de Belgische militairen
waren blootgesteld en de moord op de tien Belgische
Blauwhelmen op het conto van de normale risico’s
van een normale vredesopdracht worden geschreven ?

Comme la commission a pu le constater grâce aux
informations qui avaient été rassemblées dans le
rapport du groupe ad hoc Rwanda, la période
comprise entre le déploiement de la MINUAR et le
massacre des dix paras commandos belges, d’une
part, et le retrait final des troupes belges, d’autre part,
s’est déroulée sur fond de menaces, de projets
d’assassinat et d’attentats. Dans son enquête sur les
circonstances du massacre des paras commandos, la
commission a examiné en détail les difficultés que les
Casques bleus ont rencontrées au cours de l’exécution
de leur mission. Les militaires belges ont-ils été gênés,
pendant la mission de paix au Rwanda, par des actes
antibelges commis par les Rwandais ? Les menaces et
les attentats auxquels les militaires belges ont été
exposés ainsi que l’assassinat des dix Casques bleus
belges peuvent-ils être mis sur le compte des risques
normaux d’une mission de maintien de la paix ?

(2) Het plan tot vergiftiging van de Belgische
Blauwhelmen

(2) Le plan visant à empoisonner les Casques bleus
belges.

De commissie noteerde tijdens de hoorzittingen
dan ook heel wat getuigenissen van militairen en journalisten die wezen op het mogelijk gevaar dat er was
voor de Belgen in Rwanda. De meeste verklaringen
bevestigen de vaststellingen uit het rapport van de ad
hoc-groep Rwanda. Een aantal getuigen voegden
daar markante feiten aan toe.

Au cours des auditions, la commission a dès lors
enregistré nombre de témoignages de militaires et de
journalistes qui ont souligné qu’une menace planait
sur les Belges au Rwanda. La plupart des déclarations
confirment les constatations que le groupe ad hoc
Rwanda a faites dans son rapport. Certains témoins y
ont ajouté des faits marquants.

Mevrouw Colette Braeckman, journaliste, kwam
op 21 maart voor de commissie getuigen. Mevrouw

Mme Colette Braeckman, journaliste, a témoigné
le 21 mars devant la commission. Elle a attiré

1 - 611/7 - 1997/1998

( 250 )

Braeckman trok de aandacht van de commissie door
haar verklaring over het bestaan van een scenario
waarin Belgische Blauwhelmen zouden worden omgebracht door vergiftiging. Informatie die mevrouw
Braeckman had opgetekend tijdens een ontmoeting
met de Rwandese Eerste minister.

l’attention de la commission en déclarant qu’il existait un scénario qui prévoyait l’empoisonnement des
Casques bleus belges. Mme Braeckman avait recueilli
cette information lors d’une rencontre avec le Premier
ministre rwandais.

« Voor ik mij naar de begrafenis van president
Ndadaye begaf ben ik in Kigali geweest en heb ik
kolonel Leroy ontmoet. Hij legde mij uit dat er een
optimistische sfeer heerste zodat de blauwhelmen te
voet patrouilleerden in de heuvels. Ook ik had dat
gevoel. Dezelfde dag, 5 december, werd ik opgebeld
door de kabinetschef van de eerste minister, mevrouw
Agathe, die mij uitnodigde haar te interviewen.
Mevrouw Agathe heeft mij de volgende ochtend ontvangen en mij uitgelegd dat de sfeer gespannen was,
dat RTLM de Belgen steeds meer aanviel en dat ze
zelfs doodsbedreigingen had ontvangen. Ze heeft mij
uitgelegd dat haar inlichtingendiensten weet hadden
van een plan om een tiental Belgische militairen te vergiftigen. Mevrouw Agathe heeft toen zelf aangedrongen om mij te ontmoeten en heeft mij gewezen op de
gevaren die de Belgen en zijzelf liepen. Ik had die
informatie moeten publiceren... (1) »

« Avant de me rendre à l’enterrement du président
Ndadaye, je suis passée par Kigali et ai rencontré le
colonel Leroy. Il m’a expliqué qu’il régnait un climat
d’optimisme tel que les Casques bleus patrouillaient à
pied. Dans les collines je partageais ce sentiment. Le
même jour, le 5 décembre, j’ai reçu un appel du chef
de cabinet du premier ministre, Mme Agathe, qui
m’invitait à venir l’interviewer. Mme Agathe m’a
reçue le lendemain matin et m’a expliqué que le climat
était tendu, que RTLM multipliait les attaques contre
les Belges et qu’elle-même avait reçu des menaces de
mort. Elle m’a expliqué que ses services de renseignements avaient eu connaissance d’un plan prévoyant
d’empoisonner une dizaine de militaires belges. C’est
Mme Agathe qui a alors insisté pour me rencontrer et
qui m’a fait part des menaces qui pesaient sur les
Belges et sur elle-même. J’aurais dû publier cette
information ... (1). »

« Deze informatie strookt niet met het positieve
klimaat, maar sommigen uit het entourage van de
president waren tegen de Belgische aanwezigheid en
wensten het vertrek van UNAMIR. Voor mij was die
informatie verbijsterend. Ik ben dan ook kolonel
Leroy gaan opzoeken. Mevrouw Agathe had mij
gezegd dat zij ook de ambassadeur had verwittigd. Na
de begrafenis ben ik opnieuw naar Kigali gegaan en
heb ik aan de persvoorlichter van de Blauwhelmen,
luitenant Pirard gevraagd wat hij met die informatie
had gedaan. Hij antwoordde mij dat alle nodige voorzieningen waren genomen, met name inzake bevoorrading en bereiding van het voedsel. Op 12 december
heb ik in Kigali gesproken met de laatste Fransen die
de stad verlieten en meer bepaald met een Franse officier. Hij zei me dat hij zijn Belgische vrienden veel
plezier toewenste, want dat ze tussen twee vijandige
machten zouden terechtkomen. Het anti-Belgisch
klimaat was er » (2).

« Cette information ne correspondait pas au climat
positif mais certains, dans le clan présidentiel, ne
souhaitaient pas la présence belge et désiraient le
départ de la MINUAR. Cette information était pour
moi stupéfiante. Aussi me suis-je rendue chez le colonel Leroy. Mme Agathe m’a dit qu’elle avait également prévenu l’ambassadeur. Après l’enterrement, je
suis repassée par Kigali et j’ai demandé à l’attaché de
presse des Casques bleus, le lieutenant Pirard, quel
usage avait été fait de l’information transmise. Il m’a
répondu que toutes les mesures nécessaires, notamment sur le plan de l’approvisionnement et la préparation de la nourriture, avaient été prises. À Kigali, le
12 décembre, j’ai bavardé avec les derniers Français
qui quittaient la ville et particulièrement avec un officier français. Il m’a dit qu’il souhaitait bien du plaisir
à ses amis belges car ils allaient être pris entre deux
forces ennemies. Le climat antibelge débutait » (2).

Uiteraard legde de commissie het merkwaardige
vergiftigingsverhaal voor aan kolonel Leroy, de
commandant van KIBAT I. De kolonel bevestigde het
vergiftigingsplan maar voegde er aan toe dat : « ... men
dit alles in de Afrikaanse context moet plaatsen. U
moet zich onze situatie van toen proberen voor te stellen: we hadden een voorraad van vers voedsel en de
nodige rantsoenen, we kenden de afkomst van het

La commission a bien entendu fait part au colonel
Leroy, commandant de KIBAT I, de l’étrange récit
concernant un plan d’empoisonnement. Le colonel le
confirma avant d’ajouter : « Il faut situer tout cela
dans le contexte africain. Vous devez tenter
d’imaginer notre situation à l’époque : nous avions un
stock d’aliments frais et les rations nécessaires; nous
connaissions la provenance des aliments et de l’eau et

——————

——————

(1) Hoorzitting met Mevrouw Braeckman, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 206.
(2) Hoorzitting met Mevrouw Colette Braeckman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 206.

(1) Audition de Mme Braeckman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 200.
(2) Audition de Mme Braeckman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 200.

( 251 )

1 - 611/7 - 1997/1998

voedsel en van het water en we hadden logistieke
specialisten ter beschikking die op de hoogte waren
van alles wat met aankoop van voedselrantsoenen te
maken heeft. Wat dat betreft waren we dus
gerust » (1).

nous disposions de spécialistes en logistique au
courant de tout ce qui concernait l’achat de rations
alimentaires. Sur ce point, nous étions donc rassurés » (1).

De commissie stelt vast dat de kolonel dit vergiftigingsplan niet gemeld heeft, noch aan de Belgische
autoriteiten, noch aan de sektorcommandant.

La commission constate que le colonel n’a envisagé
de communiquer ce scénario meurtrier aux autorités
belges ni à son commandant de secteur.

Mevrouw Agathe had verklaard, zo stelde
mevrouw Braeckman, deze inlichting te hebben doorgegeven aan ambassadeur Swinnen. Ambassadeur
Swinnen verklaart : « Ik verzeker u dat de eerste minister mij daarover nooit heeft gesproken, anders zou ik
dat zeker hebben gemeld » (2).

Mme Agathe avait déclaré selon Mme Braeckman
avoir transmis l’information à l’ambassadeur M. Johan Swinnen, qui quant à lui affirme : « Je vous assure
que le Premier ministre ne m’en a jamais parlé, sinon
je l’aurais certainement signalé » (2).

Op 13 januari herinnert niemand zich nog het
noodsein van Mevrouw Agathe.

Le 13 janvier personne ne s’est plus souvenu de
l’appel au secours de Mme Agathe.

— Majoor Hock: « wij wisten dat de Blauwhelmen bedreigd werden, dat stond trouwens in het
document van luitenant Nees, maar ik heb niets
gehoord over een vergiftiging. Ik heb niets over een
vergiftiging gehoord, maar dat zou mij niet verbazen,
want het is een traditioneel wapen, zowel voor de
Hutu’s als de Tutsi’s » (3).

Major Hock : « Nous savions qu’il y avait des
menaces concernant des Casques bleus d’ailleurs
reprises dans le document du lieutenant Nees, mais je
n’avais jamais entendu parler d’un empoisonnement.
Cela ne m’étonnerait pas car il s’agit d’une arme traditionnelle, que ce soit du côté tutsi ou hutu » (3).

Het verhaal van Mevrouw Braeckman schraagt de
hypothese dat de moord op de tien para’s niet mag
beschouwd worden als het trieste resultaat van een
ongelukkige samenloop van omstandigheden. Haar
getuigenis brengt daarentegen een nieuwe aanwijzing
waaruit blijkt dat de gebeurtenissen van 7 april 1994
deel uitmaakten van een weldoordacht plan waarin
voor de Belgen een tragisch einde was voorzien.

Le récit de Mme Braeckman appuie l’hypothèse
selon laquelle l’on ne peut pas considérer le meurtre
des dix paras comme le triste résultat d’un malheureux concours de circonstances. Son témoignage
apporte, par contre, une nouvelle indication, que les
événements du 7 avril 1994 font partie d’un plan
prémédité qui prévoyait une fin tragique pour les
Belges.

(3) De informatie van « Jean-Pierre »

(3) Les informations de « Jean-Pierre »

Een maand na het « vergiftigingsscenario » stelt
kapitein Frank Claeys, die als « Military Information
Officer » informatie doorspeelde aan Generaal
Dallaire en aan de kolonels Marchal en Kesteloot, de
telex op waarin de informant « Jean-Pierre » tegenover UNAMIR aanwijzingen geeft over het bestaan
van geheime wapenopslagplaatsen, van paramilitaire
opleidingen voor jongeren, van de aanwezigheid van
rijkswachters in burgerkledij in de door Interahamwe
georganiseerde betogingen, van gebruik door de Interahamwe van communicatie-materiaal toebehorend
aan het leger en van een plan « om Belgische militairen
te doden of te verwonden om alzo de terugtrekking
van het Belgisch detachement of zelfs van UNAMIR
af te dwingen. » Kapitein Claeys bevestigde zijn ver-

Un mois après le « scénario de l’empoisonnement »,
le capitaine Frank Claeys, qui, en tant que « Military
Information Officer », transmettait des informations
au général Dallaire et aux colonels Marchal et Kesteloot, a dactylographié le télex annonçant que
l’informateur « Jean-Pierre » a donné des indications
à la MINUAR sur l’existence de caches d’armes secrètes et de formations paramilitaires pour les jeunes,
ainsi que sur la présence de gendarmes en civil aux
manifestations organisées par les Interahamwe, sur
l’utilisation par ces derniers de matériel de communication appartenant à l’armée et sur l’existence d’un
plan « pour tuer ou blesser des militaires belges afin de
contraindre le détachement belge, voire la MINUAR,
à se retirer ». Le capitaine Claeys confirma qu’il avait

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 234.
(2) Hoorzitting met Johan Swinnen, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 221.
(3) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 214.

(1) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 228.
(2) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 215.
(3) Audition du major Hock, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 208.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 252 )

trouwen in de geloofwaardigheid van zijn informant.
Claeys : « ... we werden door generaal Dallaire op 10
januari naar de heer Twagiramungu gestuurd. Deze
gaf ons het telefoonnummer van de heer Jean-Pierre
zonder zijn naam te geven. (...) Jean-Pierre zelf heeft
nooit gesproken over enige financiële tegemoetkoming voor de informatie die hij gaf. Hij vroeg alleen
voor hemzelf en zijn familie, dit wil zeggen zijn vrouw
en zijn twee kinderen, een vrijgeleide. (...) Hij heeft
ons uit eigen initiatief naar verscheidene opslagplaatsen gebracht. » (1)
« Hij informeerde mij bijvoorbeeld over de lijsten
van geregistreerde Tutsi’s. Hij heeft mij die echter
nooit willen overhandigen. Het bestaan van die lijsten
werd later bevestigd door de uitvoering van het plan.
(...) Hij heeft ons de precieze plaatsen aangeduid waar
wapenopslagplaatsen zich bevonden. (...) Hij heeft
ons ook getoond langs waar de konvooien zouden
rijden. (...) Verder vertelde hij ons altijd dat hij onder
druk werd gezet door de partij om zo snel mogelijk de
wapens en de munitie te verdelen. » (2)
« Aangezien we Jean-Pierre echter geen vrijgeleide
konden garanderen, kreeg ik de raad hem niet meer te
ontmoeten. Ik ben hem op persoonlijke basis wel blijven ontmoeten. » (3)
Enerzijds stellen we vast dat kapitein Claeys informatie verkrijgt — kapitein Claeys, « Al de informatie
die hij op vrijwillige basis gaf was welkom. » (4) —
dat van die aard is dat de receptoren de informatie wel
naar waarde schatten maar niet bereid zijn in te gaan
op het verzoek tot bescherming. Kapitein Claeys,
« Op een bepaald moment hebben wij aan New York
gemeld dat wij van tipgevers interessante informatie
bekomen hadden, maar zij vroegen als wederdienst
voor verdere informatie een diplomatieke bescherming. Wij bekwamen geen antwoord van de VN
daaromtrent. » (5) Ook niet, nadat was gebleken dat
de signalementen over de wapenopslagplaatsen
bleken te kloppen.
Kolonel Marchal zou hierover verklaren : « Wat het
belang betreft dat ik hechtte aan de inlichtingen, kan
ik bevestigen dat ik, na de verificatie ervan , geen
enkele twijfel meer had over wat zou gebeuren. Het
aantal details en de nauwkeurigheid ervan wezen
erop dat er iets op til was dat een enorm aantal slacht-

foi en la crédibilité de son informateur : « ... we
werden door generaal Dallaire op 10 januari naar de
heer Twagiramungu gestuurd. Deze gaf ons het telefoonnummer van de heer Jean-Pierre zonder zijn
naam te geven. (...) Jean-Pierre zelf heeft nooit gesproken over enige financiële tegemoetkoming voor
de informatie die hij gaf. Hij vroeg alleen voor
hemzelf en zijn familie, dit wil zeggen zijn vrouw en
zijn twee kinderen, een vrijgeleide. (...) Hij heeft ons
uit eigen initiatief naar verscheidene opslagplaatsen
gebracht. » (1).
« Hij informeerde mij bijvoorbeeld over de lijsten
van geregistreerde Tutsi’s. Hij heeft mij die echter
nooit willen overhandigen. Het bestaan van die lijsten
werd later bevestigd door de uitvoering van het plan.
(...) Hij heeft ons de precieze plaatsen aangeduid waar
wapenopslagplaatsen zich bevonden. (...) Hij heeft
ons ook getoond langs waar de konvooien zouden
rijden. (...) Verder vertelde hij ons altijd dat hij onder
druk werd gezet door de partij om zo snel mogelijk de
wapens en de munitie te verdelen. » (2)
« Aangezien we Jean-Pierre echter geen vrijgeleide
konden garanderen, kreeg ik de raad hem niet meer te
ontmoeten. Ik ben hem op persoonlijke basis wel
blijven ontmoeten. » (3)
D’une part, nous constatons que le capitaine
Claeys obtient des informations — capitaine Claeys :
« Al de informatie die hij op vrijwillige basis gaf was
welkom. » (4) — dont la nature était telle que ceux
qui les ont reçues les ont prises au sérieux, sans toutefois être disposés à accéder à la demande de protection. Capitaine Claeys : « À un moment donné, nous
avons communiqué à New York que des informateurs nous avaient donné des informations intéressantes mais qu’ils demandaient, en contrepartie
d’informations supplémentaires, une protection
diplomatique. Nous n’avons jamais reçu de réponse
de l’ONU à ce sujet » (5). Même pas lorsqu’il s’est
avéré que les renseignements concernant les caches
d’armes étaient exacts.
Le colonel Marchal devait déclarer à ce sujet : « En
ce qui concerne l’importance accordée aux renseignements fournis, je peux affirmer qu’après vérification,
je n’avais plus aucun doute sur ce qui se préparait. Le
nombre et la précision des détails obtenus indiquait
qu’un plan était en phase d’exécution et que sa mise

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 67/5, 67/7 en 67/8.
(2) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 68/2 en 68/3.
(3) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 67/10.
(4) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 71/2.
(5) Dossier Marchal van het auditoraat-generaal bij het
Militair Gerechtshof, Pro Justitia van 2 juni 1995 van kapitein
Claeys, blz. 252.

(1) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, pp. 67/5, 67/7 et 67/8.
(2) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, pp. 68/2 et 68/3.
(3) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, pp. 67/10.
(4) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, p. 71/2.
(5) Dossier Marchal de l’Auditorat-général auprès de la
Cour militaire, Pro Justitia du 2 juin 1995 du capitaine Claeys,
p. 252.

( 253 )

1 - 611/7 - 1997/1998

offers zou eisen. Mijn raming van de verliezen
bedroeg tienduizenden doden. » (1) Kolonel Marchal : « De contacten die ik met Jean-Pierre heb gehad,
waren zeer leerrijk en boden een solide basis. » (2)

en pratique laissait présager un nombre énorme de
victimes. Mon évaluation des pertes s’élevait à
plusieurs dizaines de milliers de morts. » (1) Le colonel Marchal ajoute : « Les contacts que j’ai eus avec
Jean-Pierre ont été très révélateurs et ont fourni une
base solide. » (2)

Kapitein Claeys verklaarde : « ... heel die tijd die
vertragende beweging van « wij kunnen geen garanties bieden » dus eigenlijk onrechtstreeks aan mij
zeggen : « Die man is waarschijnlijk niet geloofwaardig genoeg om hem te steunen. » (3) Anderzijds zou
de kapitein zijn informant tot 15 maart verder blijven
ontmoeten, en dit met de stilzwijgende toelating van
zijn superieuren. Kapitein Claeys, « ... voor de VN
mag er niet aan intelligence worden gedaan. Vandaar
dat men een gebrekkige term hanteert zoals military
information officer. Wat ik officieel moest doen, lag
heel ver van wat ik in werkelijkheid deed. Officieel
moest ik briefings geven aan de nieuwe stafofficieren. » (4) Ook kolonel Marchal was hiervan op de
hoogte. Kolonel Marchal : « Bij gebrek aan enig positief antwoord op de aanvraag tot politiek asiel heb in
de contacten met Jean-Pierre, in zijn belang, verbroken. » (5)

Le capitaine Claeys : « ... heel die tijd die vertragende beweging van « wij kunnen geen garanties
bieden » dus eigenlijk onrechtstreeks aan mij zeggen :
« Die man is waarschijnlijk niet geloofwaardig
genoeg om hem te steunen. » (3). D’autre part, le
capitaine allait continuer à voir son informateur
jusqu’au 15 mars, et ce, avec l’aval tacite de ses supérieurs. Le capitaine Claeys : « , ... voor de UNO mag er
niet aan intelligence worden gedaan. Vandaar dat
men een gebrekkige term hanteert zoals military
information officer. Wat ik officieel moest doen, lag
heel ver van wat ik in werkelijkheid deed. Officieel
moest ik briefings geven aan de nieuwe stafofficieren. » (4) Le colonel Marchal était lui aussi au
courant des choses. Le colonel Marchal : « Comme
aucun pays n’avait répondu de manière positive à la
demande d’asile politique, j’ai, dans son intérêt,
rompu les contacts avec Jean-Pierre. » (5)

Faustin Twagiramungu, die de informant destijds
had aangebracht, nuanceerde tijdens de zitting van
30 mei het belang van « Jean-Pierre ». « Jean-Pierre
était un chauffeur. Il a travaillé au MRND à ce titre. Il
a été licencié par le MRND mais il est resté dans les
Interahamwe. À moins qu’il n’y ait un autre JeanPierre. Ce genre de personnes visent à obtenir des
avantages qu’on leur accorde soit pour la vente
d’informations soit pour mentir. On vante à une
certaine bravoure que, souvent ils n’ont pas. (...) Il
était Tutsi ... ces gens travaillaient avec les Interahamwe, même s’ils ne prenaient pas de décisions. » (6)

Faustin Twagiramungu, qui avait introduit
l’informateur à l’époque, nuança au cours de la
réunion du 30 mai l’importance de « Jean-Pierre ».
« Jean-Pierre était un chauffeur. Il a travaillé au
MRND à ce titre. Il a été licencié par le MRND mais il
est resté dans les Interahamwe. À moins qu’il n’y ait
un autre Jean-Pierre. Ce genre de personnes visent à
obtenir des avantages qu’on leur accorde soit pour la
vente d’informations soit pour mentir. On vante à une
certaine bravoure que, souvent ils n’ont pas. (...) Il
était tutsi ... ces gens travaillaient avec les Interahamwe, même s’ils ne prenaient pas de décisions. » (6)

Generaal-majoor Verschoore van het SGR, die niet
op de hoogte was van het bestaan van Jean-Pierre, en
van de inlichtingen die hij verstrekte, onder andere
het plan om Belgische Blauwhelmen te vermoorden,
zei voor de commissie dat aan de informatie van JeanPierre « de hoogste waarde was toegekend. Ze werd

Le général-major Verschoore du SGR qui n’était
pas au courant de l’existence de Jean-Pierre et des
renseignements qu’il fournissait, parmi lesquels figurait le plan d’assassinat des Casques bleus belges,
déclara devant la commission que l’on accordait aux
informations de Jean-Pierre « une valeur extrême.

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 112.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 110.
(3) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 76/2.
(4) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 71/3.
(5) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 112.
(6) Gesloten hoorzitting met Faustin Twagiramungu, POR,
Senaat, 13 mei 1997, PV, blz. 30/3.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 108.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 106.
(3) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, p. 76/2.
(4) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, p. 71/3.
(5) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 112.
(6) Audition à huis clos de M. Twagiramungu, CER, Sénat,
1996-1997, 30 mai 1997, PV, p. 30/3.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 254 )

als hoogst betrouwbaar aanzien. » (1) Deze appreciatie staat in schril contrast met de valorisering van
majoor Hock die op de zitting van 21 maart verklaarde aan Jean-Pierre de beoordeling F6 te willen
geven. « Hij was een informant van UNAMIR. Als
men nader op het personage ingaat, stelt men vast dat
hij bij het begin deel uitmaakte van de veiligheidsdiensten van de president, die een zeer slechte reputatie hadden. Het was een deserteur en dus a priori
niet te vertrouwen. Alles wat Jean-Pierre vertelt moet
worden gecontroleerd. » (2)

Elles étaient considérées comme très fiables. » (1)
Cette appréciation est diamétralement opposée à celle
du major Hock qui déclara, au cours de la réunion du
21 mars, vouloir donner à Jean-Pierre la cote F6.
« C’était un informateur de la MINUAR. En examinant le personnage d’un peu plus près, l’on constate
qu’il appartenait initialement aux services de sécurité
du président, lesquels avaient une réputation déplorable. Jean-Pierre était déserteur et l’on ne pouvait donc
pas lui faire confiance à priori. Tout ce qu’il dit doit
être vérifié. » (2)

De commissie stelt vast dat de tipgever die door
generaal Dallaire en UNAMIR als zeer betrouwbaar
werd gekwalificeerd door majoor Hock als weinig
geloofwaardig werd beschouwd.

La commission constate que le major Hock considérait l’informateur comme étant peu crédible alors
que le général Dallaire et la MINUAR l’avaient jugé
très fiable.

De commissie stelt zich vooral vragen bij de verkeerde inschatting van de gegevens die Jean-Pierre
had verstrekt met betrekking tot de mogelijke aanslagen op de Belgische blauwhelmen. Waarom heeft
men, als men na verificatie van de inlichtingen van de
tipgever op het terrein vaststelt dat de informatie
degelijk en betrouwbaar is voor wat het aspect van de
wapenopslagplaatsen betreft, niet dezelfde geloofwaardigheid toegekend aan de informatie over het lot
dat voor de Belgische blauwhelmen was gereserveerd
of tenminste een bijkomend onderzoek ter zake ingesteld.

La commission s’interroge plus particulièrement à
propos de l’appréciation erronée qui a été faite des
informations communiquées par Jean-Pierre sur la
possibilité d’attentats contre les Casques bleus belges.
Pourquoi n’a-t-on pas attribué aux informations sur
le sort réservé aux Casques bleus belges la même
valeur qu’aux informations qu’il avait communiquées concernant l’aspect « dépôts d’armes » qui
s’étaient avérées sérieuses et fiables après vérification
sur le terrain de la réalité des caches d’armes, ou aux
moins demandé une enquête supplémentaire ?

(4) De inschatting van de dreiging tegen de Belgen

(4) L’appréciation de la menace contre les Belges

In dit deel stelt de commissie vast dat het inzamelen
en verwerken van informatie met betrekking tot de
dreiging tegen de Belgen zelden verder raakte dan het
bureau van diegene die de inlichtingen had verkregen.
Zij die belast werden met een informatieopdracht
waren onvoldoende opgeleid voor hun taak en
beschikten evenmin over voldoende middelen om die
opdracht naar behoren te vervullen.

Dans cette partie du rapport, la commission constate, à propos de la collecte et du traitement des informations relatives à la menace contre les Belges, que les
informations ont rarement dépassé le bureau de celui
qui les avait obtenus. Les personnes chargées d’une
mission de renseignement n’étaient pas suffisamment
bien formées et ne disposaient pas de moyens suffisants pour pouvoir mener correctement à bien leur
travail.

Daarnaast stelde de commissie vast dat ingewonnen en verkregen informatie niet circuleerde, noch op
het niveau van het bataljon, noch op het niveau van
de Force.

La commission a également constaté que les informations récoltées ne circulaient ni au niveau du
bataillon ni au niveau de la Force.

In hun getuigenis voor de commissie brachten
zowel de inlichtingenofficieren, de leidende officieren
als een aantal officieren die op hun niveau van de
compagnie hun taken vervulden alarmerende elementen aan die het bestaan van een anti-Belgisch klimaat
althans in extremistische Hutu-kringen bevestigen.

Dans les témoignages qu’ils ont donnés devant la
commission, les officiers de renseignements, les officiers supérieurs et certains officiers qui accomplissaient leur mission au niveau de la compagnie ont
parlé de signes inquiétants confirmant l’existence
d’un climat antibelge, en tout cas dans les milieux
extrémistes hutus.

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal-majoor Verschoore, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 151.
(2) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 213.

(1) Audition du général-major Verschoore, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 147.
(2) Audition du major Hock, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 207.

( 255 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Kolonel Dewez verklaarde: « Je n’ai jamais dit aux
hommes qu’ils allaient en vacance ,... ce bruit s’était
certainement répandu entre eux en raison de la
comparaison avec la Somalie ... à Kigali la vie était
« normale », ils pouvaient sortir, aller au restaurant le
soir, ils pouvaient aller nager à la piscine du Méridien. » (1)
Luitenant Lecomte : « ... je me rend compte maintenant que nous, sur place, nous n’avions que très peu
d’informations concernant la menace qui pesait sur le
détachement belge. (...) Si menace il y avait eu, nous
ne serions pas sortis à Kigali toutes les nuits. Je pense
que si une faute cruciale a été commise, c’est certainement dans le manque de distribution de l’information. » (2)
Gevraagd naar de eigen inschatting van de
anti–Belgische gevoelens in Rwanda zei kapitein
Claeys : « Met de anti-Belgische houding bedoel ik de
anti-houding tegen de Belgische militairen omdat
deze hun werk goed deden. (...) Dit was een hinderpaal voor de oppositie. (...) Voorspellen dat het provoceren en vermoorden van een aantal Belgische militairen tot gevolg zou hebben dat België zijn troepen
zou terugtrekken lijkt mij twijfelachtig. De MRND
moest dan zeer goed geı̈nformeerd zijn omtrent de
reactie van de Belgische regering. (...) Het was dus
pure speculatie. » (3)
In zijn uiteenzetting voor de commissie Uytterhoeven stelt kapitein Claeys dat: « De Rwandezen blij
waren dat de Belgen aanwezig waren. Het verwijt aan
de Belgen kwam van de gecreëerde situatie in 1990, als
de Belgen het land verlaten hebben zonder steun te
geven aan de regering. » (4)
Op de vraag waarom de inlichtingenofficier de
informatie over de massamoorden hoger had ingeschat dan de voorlichting over de bedreigingen voor
de Belgen antwoordde Claeys: « Ik ging zowel overdag als ’s nachts ongewapend erop uit... Had men
echt kwade bedoelingen tegen de Belgen gehad, dan
had men alle Belgen die op straat liepen als burger of
als militair op elk ogenblik van de dag kunnen
kidnappen of vermoorden. » (5) Voor de commissie
is het duidelijk dat het persoonlijk veiligheidsgevoel
hier heeft meegespeeld in de beoordeling van de situatie. Op 2 juni 1995 zal de kapitein aan de auditeurgeneraal bevestigen: « Er was een anti-Belgische

Le colonel Dewez a déclaré: « Je n’ai jamais dit aux
hommes qu’ils allaient en vacances ... ce bruit s’était
certainement répandu entre eux en raison de la
comparaison avec la Somalie ... à Kigali la vie était
« normale », ils pouvaient sortir, aller au restaurant le
soir, ils pouvaient aller nager à la piscine du Méridien. » (1)
Le lieutenant Lecomte : « ... je me rends compte
maintenant que nous, sur place, nous n’avions que
très peu d’informations concernant la menace qui
pesait sur le détachement belge. (...) Si menace il y
avait eu, nous ne serions pas sortis à Kigali toutes les
nuits. Je pense que si une faute cruciale a été commise,
c’est certainement dans le manque de distribution de
l’information. » (2)
Interrogé sur sa propre appréciation des sentiments
antibelges au Rwanda, le capitaine Claeys a déclaré :
« Met de anti-Belgische houding bedoel ik de antihouding tegen de Belgische militairen omdat deze hun
werk goed deden. (...) Dit was een hinderpaal voor de
oppositie. (...) Voorspellen dat het provoceren en
vermoorden van een aantal Belgische militairen tot
gevolg zou hebben dat België zijn troepen zou terugtrekken lijkt mij twijfelachtig. De MRND moest dan
zeer goed geïnformeerd zijn omtrent de reactie van de
Belgische regering. (...) Het was dus pure speculatie. » (3)
Dans son exposé devant la commission Uytterhoeven, le capitaine Claeys note que « les Rwandais
étaient heureux que les Belges soient là. Le reproche
qu’on faisait aux Belges découlait de la situation qui
avait été créée en 1990, lorsque les Belges avaient
quitté le pays sans soutenir le gouvernement. » (4)
Interrogé sur la raison pour laquelle l’officier de
renseignement a jugé les informations relatives au
génocide plus fiables que celles qui avaient trait aux
menaces à l’encontre des Belges, Claeys a répondu « Ik
ging zowel overdag als ’s nachts ongewapend erop
uit... Had men echt kwade bedoelingen tegen de
Belgen gehad, dan had men alle Belgen die op straat
liepen als burger of als militair op elk ogenblik van de
dag kunnen kidnappen of vermoorden. » (5) Pour la
commission, il est clair qu’en l’occurrence, le sentiment de sécurité personnelle a influé sur
l’appréciation de la situation. Le 2 juin 1995, le capitaine confirmera à l’auditeur général que : « Il y avait

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 19961997, 30 juni, PV, blz. 31/1 en 31/2.
(2) Hoorzitting met luitenant Lecomte, POR, Senaat, 19961997, 7 mei 1997, PV, blz. 1/10 en blz. 1/12.
(3) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 74/9 en 74/10.
(4) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, uiteenzetting kapitein Claeys, deel 2, Ann. A,
Ap, blz. 4, blz. 2.
(5) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 74/11 en 74/12.

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 1996-1997,
30 juin 1997, PV, p. 31/1 et 31/2.
(2) Audition du lieutenant Lecomte, CER, Sénat, 1996-1997,
7 mai 1997, PV, p. 1/10 et p. 1/12.
(3) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, pp. 74/9 et 74/10.
(4) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994 exposé du capitaine Claeys, Tome II, Ann. A,
App., p. 4, p. 2.
(5) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, pp. 74/11 et 74/12.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 256 )

houding die via de radio geuit werd en afkomstig was
van de Hutu-beweging maar die nooit die dodelijke
afloop konden doen voorspellen ». Haaks op de
bewering voor de commissie getuigde de kapitein
voor de militaire rechtbank dat: « het algemeen was
dat hetgeen een Rwandees zegt niet is hetgeen hij
denkt. Men moest wantrouwig zijn t.o.v. Rwandezen. Ik zou nooit mijn wapen hebben afgegeven. Ik
zou de tegenpartij overtuigd hebben om mijn wapen
te behouden, maar dat ik het niet zou gebruiken. » (1)
Luitenant Nees, S2 KIBAT I, « Op 18 november
vertrokken de eerste elementen van KIBAT naar
Rwanda. Tussen 3 en 11 november kregen we als
voorbereiding een algemene nota van het SGR waarin
enkel sprake was van algemeenheden en niets vermeld
werd over een anti-Belgisch klimaat. Wel sprak men
met enkele zinnetjes over het bestaan van jeugdmilities ... Het tweede deel van de voorbereidingen
bestond uit het uitnodigen van mensen die in Rwanda
waren geweest. Hierbij denk ik aan medewerkers van
de RTBF, het Rode Kruis en Radio Vlaanderen. Van
hen kregen we meer details dan uit de nota’s van het
SGR. Hier hoorden we voor het eerst van « Réseau
Zéro ». Op 18 november ben ik vertrokken. De
Rwandese bevolking was gerustgesteld door onze
aanwezigheid. Het werd ons snel duidelijk dat de
bevolking en vooral de kinderen slecht of eenzijdig
waren ingelicht over de komst van UNAMIR en haar
opdracht. De eerste contacten met de bevolking
legden we in de school van de paters. De leerlingen
stelden ons onder andere de volgende vragen:
kwamen wij om de vijanden van de Hutu’s te bevechten; waren wij gekomen om de Tutsi’s mee aan de
macht te krijgen? Volgens mij was er geen sprake van
een anti-Belgisch klimaat maar over desinformatie
over de komst van UNAMIR. Factoren voor het toenemen van een anti-Belgisch klimaat in de maanden
december tot februari waren dat de gewone burger
nooit op grote schaal informatie ontving over het doel
van UNAMIR. Daartegenover stond dat RTLM onbeperkt over bijna heel Rwanda propaganda tegen
België kon uitzenden. Belangrijk is dat de mensen in
de kampen zeer gevoelig waren voor deze propaganda. Ook daalde het vertrouwen van de Rwandese
burger langzaam. In de nacht van 16 op 17 november
vond er bij Ruhengeri een moordpartij plaats waarbij
40 doden vielen. Generaal Dallaire zei dat men een
onderzoek zou opstarten. Inderdaad zijn er verschillende onderzoeken opgestart maar nooit gaven zij een
goed antwoord op de vraag wat er gebeurd was. Op
die manier ebde het vertrouwen langzaam weg. Voor
de gewone Rwandees stond UNAMIR gelijk met
Belgische aanwezigheid. Het was KIBAT dat het
RPF-Bataljon binnenhaalde in Kigali. Daardoor steeg

une attitude antibelge qui était exprimée via la radio
qui émanait du mouvement hutu. Cette attitude
n’aurait toutefois jamais pu laisser présager l’issue
fatale. » Contrairement à ce qu’il a affirmé devant la
commission, le capitaine a déclaré ce qui suit devant
le tribunal militaire : « Il était notoire que ce qu’un
Rwandais dit ne correspond pas à ce qu’il pense. Il
fallait donc se méfier d’eux. Je n’aurais jamais remis
mon arme. J’aurais convaincu mon interlocuteur de
me la laisser en promettant de ne pas l’utiliser. » (1)

——————

——————

(1) Dossier Marchal van het Auditoraat Generaal bij het
Militair gerechtshof, Pro Justitia van 2 juni 1995, van kapitein
Claeys, blz. 252.

(1) Dossier Marchal de l’Auditorat général auprès de la
Cour militaire, Pro Justitia du 2 juin 1995 du capitaine Claeys,
p. 252.

Le lieutenant Nees, S2 KIBAT I : « Le 18 novembre,
les premiers éléments de KIBAT sont partis au
Rwanda. Entre les 3 et 11 novembre, nous avons reçu
à titre de préparation une note générale du SGR où il
n’était question que de généralités et nullement d’un
climat antibelge. Quelques petites phrases mentionnaient toutefois l’existence de milices de jeunes. La
deuxième partie des préparatifs consistait à inviter des
personnes qui avaient été au Rwanda, je pense à des
collaborateurs de la RTBF, de la Croix-Rouge et de
Radio Vlaanderen. Nous avons obtenu plus de détails
d’eux que par les notes du SGR. Nous avons entendu
parler pour la première fois du « Réseau Zéro ». Je suis
parti le 18 novembre. La population rwandaise était
rassurée par notre présence. Nous avons vite constaté
que la population et surtout les enfants étaient mal
informés ou de manière unilatérale sur la venue de la
MINUAR et sa mission. Nous avons noué les
premiers contacts avec la population dans l’école des
pères. Les élèves nous ont entre autres posé les questions suivantes : étions-nous venus pour combattre les
ennemis des Hutus ? Étions-nous venus pour aider les
Tutsis à prendre le pouvoir ? À mon sens, il n’était pas
question d’un climat antibelge, mais bien de désinformation sur la venue de la MINUAR. Le renforcement
du climat antibelge au cours des mois de décembre à
février s’explique par le fait que l’homme de la rue n’a
jamais reçu d’informations détaillées sur l’objectif de
la MINUAR. Par contre, la RTLM pouvait diffuser
sans restriction aucune de la propagande contre la
Belgique dans presque tout le Rwanda. Il y a un
élément important dont il faut tenir compte. Les
personnes qui séjournaient dans les camps étaient très
sensibles à cette propagande. La confiance initiale des
Rwandais a également disparu progressivement.
Dans la nuit du 16 au 17 novembre, un massacre eut
lieu près de Ruhenge où il y eut 40 morts. Le général
Dallaire a dit que l’on allait ouvrir une enquête.
Plusieurs enquêtes ont effectivement été ouvertes,
mais elles n’ont jamais donné de réponse adéquate à
la question de savoir ce qui s’était passé. La confiance
a disparu progressivement. Pour le citoyen rwandais,
la MINUAR était synonyme de présence belge. C’est
le KIBAT qui a introduit le bataillon FPR à Kigali. À

( 257 )

1 - 611/7 - 1997/1998

vanaf januari het aantal en de aard van de RTLMberichten. Vanaf nu nam de radio elke gelegenheid te
baat om België in een slecht daglicht te stellen. Ik kan
een aantal incidenten verklaren waarin KIBAT
correct was opgetreden maar waarvan RTLM misbruik van maakte. Hierbij denk ik aan de Belgische
helikopter die zogezegd mitrailleurs op de presidentiële woning had gericht. Op 20 januari waren we
aanwezig op een meeting van de heer Twagiramungu.
Hierbij waren de Belgen verplicht in de lucht te schieten om de heer Twagiramungu te ontzetten. Op
RTLM zei men dat de Belgische militairen op het volk
hadden geschoten en dat daarbij doden waren gevallen. Op 8 januari daagden 300 leden van een jeugdmilitie de Belgische militairen uit. » (1)

partir de janvier, le nombre et le caractère des messages de la RTLM ont dès lors augmenté. À partir de ce
moment-là, la radio profitait de chaque occasion
pour discréditer la Belgique. Il y a eu une série
d’incidents dans lesquels KIBAT est intervenu de
façon correcte, alors que la RTLM a abusé de la situation. Je pense à l’hélicoptère belge qui aurait prétendument braqué des mitrailleuses sur la résidence
présidentielle. Le 20 janvier, nous étions présents à
une rencontre avec M. Twagiramungu. Les Belges
étaient obligés de tirer en l’air pour évacuer
M. Twagiramungu. À RTLM, on a dit que les militaires belges avaient tiré dans le tas et qu’il y avait eu
des morts. Le 8 janvier, 300 membres d’une milice de
la jeunesse ont provoqué les militaires belges. » (1)

Vanuit zijn perceptie als militair meende luitenant
Nees twee echte dreigingen te ontwaren. Luitenant
Nees: « Op 5 februari, tijdens het installeren van de
KWSA, zag een nachtelijke patrouille talrijke bewapende Rwandezen rond het huis van kolonel Bagosora. De patrouille wou optreden maar op dat
moment kwam kolonel Bagosora zelf naar buiten en
beval zijn militairen om de wapens op de Belgen te
richten. Een tweede dreiging was een schietpartij aan
de rand van Kigali tussen milities of gewapende
burgers en de Belgische militairen van een escorte.
Toch kan men buiten deze twee incidenten niet echt
spreken van een anti-Belgische sfeer. Later is de toestand wel verslechterd. » (2)

Partant de sa perception de militaire, le lieutenant
Nees a cru discerner deux menaces réelles. Le lieutenant Nees : « Le 5 février, lors de l’installation du
KWSA, une patrouille nocturne a remarqué de
nombreux Rwandais armés autour de la maison du
colonel Bagosora. La patrouille voulait intervenir
mais, à ce moment-là, le colonel Bagosora est sorti et a
ordonné à sa garde militaire de braquer ses armes sur
les Belges. La deuxième menace était une fusillade aux
confins de Kigali entre des milices ou des citoyens
armés et les militaires belges d’une escorte. En dehors
de ces deux incidents, il n’est pas vraiment question
d’un climat antibelge. Par après la situation s’est
néanmoins déteriorée. » (2).

Kapitein De Cuyper, die luitenant Nees als S2 bij
KIBAT II heeft opgevolgd ervaarde in het dagelijkse
leven in Rwanda geen anti-Belgisch klimaat. « Als
Belgisch officier van UNAMIR ondervond ik geen
problemen, maar wel voelde ik een soort « réticence ».
Bepaalde hogere kringen beschouwden de Belgen wel
als bemoeials of pottenkijkers in Kigali. Ik was bij
mijn aankomst enkel op de hoogte van de gebeurtenissen in Kigali door de inlichtingen van Luitenant
Nees. » (3)

Le capitaine De Cuyper, qui a succédé au lieutenant Nees comme S2 au sein de Kibat II, n’a rien
remarqué d’un climat antibelge dans la vie quotidienne au Rwanda. « En tant qu’officier belge de la
Minuar, je n’ai pas rencontré de problèmes. En revanche, j’ai ressenti une certaine réticence. Dans certains
milieux, proches du pouvoir, on considérait les Belges
à Kigali comme des intrus un peu trop curieux. Lorsque je suis arrivé, je savais seulement, grâce aux informations contenues dans les dossiers du lieutenant
Nees, que des événements s’étaient déroulés à
Kigali. » (3)

In een document van 7 februari 1994 schrijft luitenant Nees dat de anti-Belgische houding niet als een
vijandigheid tegen de Belgische blauwhelmen maar
als een bewuste tegen de Belgen gerichte politiek moet
worden beschouwd. Luitenant Nees hierover: « Ja,
dat hebben we geschreven. Er waren slechts enkele
betreurenswaardige incidenten. De problemen met
name uitgelokt aan de checkpoints waren meestal uitgelokt door de Rwandezen zelf. De problemen deden
zich voor tijdens de patrouille-opdrachten. De andere

Dans un document du 7 février 1994, le lieutenant
Nees a écrit qu’il fallait considérer l’attitude antibelge
non pas comme hostile à l’égard des Casques bleus
belges, mais comme faisant partie d’une politique
délibérément dirigée contre les Belges. Et le lieutenant
Nees de déclarer à ce sujet : « Oui, nous avons écrit
cela, Il n’y a eu que quelques incidents déplorables.
Les problèmes, notamment aux points de contrôle,
étaient provoqués en général par les Rwandais. Les
problèmes se produisaient durant les missions de

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 120.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 121.
(3) Hoorzitting met kapitein De Cuyper, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 170.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(3) Audition du capitaine De Cuyper, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 14 mars 1997, p. 166.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 258 )

incidenten werden uitgelokt door mensen van
dezelfde politieke strekking. Ik herinner me een voorval waarbij ik zelf op een checkpoint aanwezig was.
Op zo een checkpoint waren steeds twee Rwandese
gendarmes aanwezig die de voertuigen controleerden.
Deze controles verliepen niet agressief. Op een
bepaald ogenblik is een voertuig door een checkpoint
gereden en moesten de Belgische militairen opzij
springen. Ik heb dit gemeld aan de commandant van
KIBAT en heb hem ook gevraagd of we kolonel
Marchal hierover niet moesten inlichten. » (1)

patrouilles. Les autres incidents étaient provoqués
par des personnes de la même tendance politique. Je
me souviens d’un incident où j’étais moi-même à un
poste de contrôle. Il y avait toujours, à chaque poste
de contrôle, deux gendarmes rwandais qui contrôlaient les véhicules. Ces contrôles se déroulaient sans
la moindre agressivité. À un certain moment, un véhicule a passé un poste de contrôle et les militaires
belges ont dû s’esquiver. Je l’ai signalé au commandant du KIBAT et lui ai demandé si nous ne devions
pas en informer le colonel Marchal. » (1)

Naar de methode inzake verwerving en verwerking
van de informatie wordt verwezen naar hoofdstuk 3.3.3.

Pour la methode utilisée pour obtenir des information et le traitement, voir chapitre 3.3.3.

Majoor Podevijn, die bijna dagelijks contact had
met kapitein Claeys stelde voor de Commissie Uytterhoeven dat de sfeer vanaf het begin van de operatie
gericht was tegen UNAMIR, vooral tegen de Belgen.
« De reden was dat we pro-RPF waren. In januarifebruari waren er ernstige betogingen. In maart was
alles gekalmeerd. Dan is het ontploft. Er bestond wel
een potentieel risico van een gedeelte van de bevolking (de milities). Er was geen aanduiding dat de Gd.
en de FAR iets tegen de Belgen van UNAMIR zouden
doen. » (2)

Le major Podevijn, qui était presque tous les jours
en contact avec le capitaine Claeys, a déclaré devant la
commission Uytterhoeven que dès le début de
l’opération, le climat était hostile à la MINUAR et,
surtout, aux Belges. « C’est parce que nous étions proFPR. En janvier-février, il y a eu de graves manifestations. En mars tout s’était apaisé. Puis, il y a eu
l’explosion. Il y avait bien un risque potentiel de la
part d’une partie de la population (les milices). Mais
aucun signe ne laissait prévoir que la Gd. et les FAR
entreprendraient quoi que ce soit contre les Belges de
la MINUAR. » (2)

Tijdens de hoorzitting van de bijzondere commissie van 7 maart zal de majoor herhalen dat : « Eenmaal
ter plaatse merkten we dat pamfletten en artikels verschenen die de Belgische para’s zwart maakten. In het
begin, tot 18 december, hebben wij van de vijandigheid niet zo veel gemerkt. Later waren er wel incidenten waar Belgen bij betrokken waren. Zo was er de
granaat in de tuin van kolonel Marchal, een
patrouille die bekogeld werd met stenen, de schoten
die gelost werden voor het huis van de heer Booh
Booh. Ook werd bij betogingen in de omgeving van
het hoofdkwartier van generaal Dallaire, de doorgang van een escortevoertuig van de Belgische para’s
verhinderd. Al deze incidenten werden gerapporteerd.

Au cours de l’audition de la commission spéciale
du 7 mars, le major répétera les propos suivants :
« Une fois sur place, nous avons constaté qu’on
publiait des pamphlets et des articles qui noircissaient
les paras belges. Au début, jusqu’au 18 décembre,
nous n’avons pas tellement remarqué l’hostilité. Plus
tard, il y a eu des incidents impliquant des Belges. Il y
eut, par exemple, la grenade dans le jardin du colonel
Marchal; on jeta des pierres contre une patrouille; il y
eut des coups de feu devant la maison de M. Booh
Booh. On a également empêché le passage d’un véhicule d’escorte des paras belges lors des manifestations
dans les environs du quartier général du général
Dallaire. Tous ces incidents ont été rapportés.

Het begint al op 6 december toen een onbekende in
het hoofdkwartier van de para’s kwam informeren
waar de Belgen gehuisvest waren. Later is gebleken
dat het ging om een bommenlegger. Op 10 december
werd een busje met UNAMIR-soldaten door aanhangers van de Interahamwe uitgescholden voor Tutsi.
Bij andere incidenten werden granaten gegooid in de
huizen van Tutsi families. Handelaars en barhouders
die omgingen met Belgen werden bedreigd. Militaire
waarnemers van UNAMIR werden overvallen en

Cela commença déjà le 6 décembre lorsqu’un
inconnu est venu demander au quartier général des
paras où les Belges étaient logés. Plus tard, il s’est
avéré qu’il s’agissait d’un poseur de bombes. Le 10 décembre, des partisans des Interahamwe ont traité de
Tutsis des soldats de la MINUAR passant dans un
minibus. Lors d’autres incidents, des grenades ont été
jetées dans des maisons de familles de Tutsis. Des
commerçants et des propriétaires de bars que fréquentaient des Belges ont été menacés. Des observateurs

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 123.
(2) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van 16
november 1994, uiteenzetting majoor Podevijn, deel 2 Ann. A,
Ap., blz. 9, blz. 1.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 119.
(2) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven, du 16
novembre 1994 exposé du major Podevijn, tome II Ann. A,
App., p. 9, p. 1.

( 259 )

1 - 611/7 - 1997/1998

bestolen. Als de Interahamwe betoogden tegen
UNAMIR en tegen de Belgen, kwamen de Rwandese
gendarmes of het leger nauwelijks tussen. Zij stonden
er gewoon op te kijken. Op 17 januari was de SGR op
de hoogte van het anti-Belgische klimaat. Er kwam
een vraag om de bedreiging van de Belgische component van UNAMIR te onderzoeken. Een aantal incidenten wees er dus op dat er iets aan de gang was. Wij
wisten dat de MRND tegen onze aanwezigheid
gekant was. Ook de RTLM voerde een anti-Belgische
campagne. Ons werd verweten dat wij in 1990 geen
wapens meer wilden leveren en dat wij het RPF gunstig gezind waren. » (1)

militaires de la MINUAR ont été attaqués et volés.
Lorsque des Interahamwe manifestaient contre la
MINUAR et les Belges, les gendarmes rwandais ou
l’armée n’intervenaient guère. Ils regardaient tout
simplement. Le 17 janvier, le SGR était informé du
climat antibelge. On demanda d’effectuer une
enquête à propos des menaces proférées contre la
composante belge de la MINUAR. Une série d’incidents indiquait donc que quelque chose se passait.
Nous savions que le MRND était opposé à notre
présence. La RTLM menait également une campagne
antibelge. On nous reprochait également de ne plus
avoir voulu fournir d’armes en 1990 et d’être favorables au FPR. » (1)

Kolonel Vincent, hoofd van de militaire coöperatie
en militair adviseur van ambassadeur Swinnen, was
naast de inlichtingenofficieren die op het niveau van
KIBAT-UNAMIR en op het niveau HQ-UNAMIR
gegevens verzamelden en doorstuurden naar de Belgische legerleiding, een zeer belangrijke bron van SRG
waar de legerleiding op vertrouwde. Volgens de kolonel bestond er inderdaad een anti-Belgisch klimaat
(zie vorig punt anti-Belgische en anti-UNAMIR
campagne voor 19 november 1993) alleen moest het
worden gerelativeerd. Kolonel Vincent was van
oordeel : « Het was vooral een instrument dat op politiek niveau werd gehanteerd. De bevolking koesterde
echter geen bijzondere haatgevoelens tegenover de
Belgen. Een week voor de tragische gebeurtenissen
van april kon mijn echtgenote nog zonder enig probleem boodschappen doen op de markt. » (2)
Volgens de kolonel was er geen anti-Belgisch houding
tegenover de Belgische gemeenschap maar wel tegenover UNAMIR dat als symbool gold voor de Arushaakkoorden. Ten bewijze daarvan vermelde de kolonel het incident van 8 januari waar zijn soldaten en
hijzelf geen moeilijkheden hadden ondervonden
vanwege de bevolking, die nochtans bijzonder opgewonden was.

Le colonel Vincent, chef de la coopération militaire
et conseiller militaire de l’ambassadeur Swinnen,
était, avec les officiers de renseignements qui rassemblaient et transmettaient au commandement belge les
données au niveau de KIBAT-MINUAR et au niveau
du QG-MINUAR, une source très importante
d’information du SGR pour le commandement de
l’armée. Selon le colonel, il existait effectivement un
climat antibelge (voir point précédent campagne antibelge et anti-MINUAR avant le 19 novembre 1993)
mais il fallait le relativiser. Colonel Vincent : « Il était
surtout une arme utilisée au niveau politique. Par
contre, la population ne ressentait pas d’aversion
particulière à l’égard des Belges. Une semaine avant
les événements tragiques du mois d’avril, mon épouse
faisait encore ses commissions au marché, sans difficultés. »(2) Selon le colonel, il n’y avait pas d’attitude
antibelge à l’égard de la communauté belge, mais bien
à l’égard de la MINUAR, qui était le symbole des
accords d’Arusha. Pour le prouver, le colonel relata
l’incident du 8 janvier au cours duquel ses soldats et
lui-même n’avaient rencontré aucun problème avec la
population qui était pourtant particulièrement agitée.

De kolonel, die naar eigen zeggen wist dat er
« problemen » waren in het Rwandese leger of bij de
gendarmerie had nooit iets gemerkt van een genocideplan, noch dat er een aanslag op de Belgische
blauwhelmen werd beraamd. De militair technische
coöperatie deed dienst als inlichtingenbron, maar
beschikte niet over een eigen inlichtingennetwerk.
Kolonel Vincent : « Wij deden niets meer dan onze
inlichtingen aan Brussel bezorgen. » (3) Kolonel
Vincent stipte nog aan dat radio RTLM werd opgericht in een anti-UNAMIR kader. « De propaganda

Le colonel savait, de son propre aveu, qu’il y avait
des « problèmes », mais il n’a jamais rien remarqué, ni
au sein de l’armée rwandaise ni au sein de la gendarmerie, concernant un plan de génocide. Il n’a rien
remarqué concernant la préparation d’un attentat
contre les Casques bleus belges. La coopération
technique et militaire fonctionnait comme source de
renseignements mais ne disposait pas de son propre
réseau d’informations. Le colonel Vincent : « Nous
nous contentions de rapporter à Bruxelles nos informations. » (3) Le colonel Vincent précisa encore que

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Podevijn, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 126.
(2) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 128.
(3) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 130.

(1) Audition du major Podevijn, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 122.
(2) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 124.
(3) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 126.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 260 )

was van het allerlaagste allooi. » (1) Een stelling die
ook door zijn MTS-collega luitenant-kolonel Duvivier werd onderschreven. « RTLM émettait régulièrement des critiques vis-à-vis des Belges. Par exemple les
belges sont à la solde du RPF. À la mort du président,
RTLM a diffusé : les Belges sont responsables de la
mort du président. Ils ont proposé que dans chaque
ville, il fallait tuer un Belge » (2)

Luitenant-kolonel Leroy, de commandant van
KIBAT I gaf voor de commissie toe dat aan de operatie risico’s waren verbonden maar dat er — naar zijn
aanvoelen — geen onmiddellijke dreiging was.
« Volgens mij was er geen anti-Belgische sfeer »
meende de kolonel die anderzijds wel stelde dat :
« Tot op de dag van mijn vertrek heb ik wel provocaties ondervonden ten aanzien van mijn troepen, maar
niet meer. Mijn rol was beperkt tot het luiden van de
alarmbel. Ik heb dat dan ook gedaan en aldus als militair op een militair risico gereageerd. (3) Op
6 februari stuurde de kolonel een fax naar C Ops met
de mededeling : « Op 060850 feb 94 reed het milit Vtg
van Gen. Nzabimana door een CHP van de 11Cie. De
Gen weigerde te stoppen. Hij werd door het verkeer
tot halte gebracht, steeg uit ,en begon in eigen taal de
toeschouwers waarschijnlijk op te stoken tegen het
feit dat (BE) Mil een (RW) Gen durfden stoppen. De
sec Comd en de Cie Comd lieten hem beleefd verder
rijden. Dit is het zoveelste incident met hogere (RW)
officieren of met hun familieleden. Alvorens een van
mijn mannen opzettelijk omvergereden wordt, of dat
er gevuurd wordt door een der partijen heb ik aan de
Sector Comd gevraagd ALLE CHP die voorzien
waren af te schaffen. Deze CHP zullen vervangen
worden door patrouilles. Sector Cmd ging hiermee
akkoord. » (4) Gevraagd naar de problemen die zich
voordeden aan de checkpoints stelde de kolonel dat :
« Bij de meeste checkpoint is er een gevaar als er
geprovoceerd wordt. Bij één van de 152 checkpoints is
een voertuig gestopt en de inzittende vraagt zijn veiligheidsmensen de wapens te trekken. De chef van de
patrouille doet hetzelfde. Dan keert de kalmte weer
enigszins terug en op het kaartje dat wordt overhandigd door de passagier, die zegt dat wij nog van hem
zullen horen, staat Bagosora te lezen. Ik heb de sectorcommandant en Brussel ingelicht, want het was het
zoveelste incident in het kader van de veiligheidsopdracht. Ik was onvoldoende uitgerust en geoefend om

la radio RTLM fut créée dans un cadre antiMINUAR. « Quant à sa propagande, elle se situait en
dessous du niveau des ragots du pire torchon. » (1)
C’est un point de vue que défendit aussi son collègue
du CTM, le lieutenant colonel Duvivier. « RTLM
émettait régulièrement des critiques vis-à-vis des
Belges. Par exemple les Belges sont à la solde du FPR.
À la mort du président, RTLM a diffusé : les Belges
sont responsables de la mort du président. Ils ont
proposé que dans chaque ville, il fallait tuer un
Belge. » (2)
Le lieutenant colonel Leroy, qui était commandant
de KIBAT I, a admis devant la commission que
l’opération comportait des risques mais qu’à son sens
il n’y avait pas de menace directe. Si le colonel pensait
que « selon lui il n’y avait pas de climat antibelge »,
cela ne l’a pas empêché de déclarer ce qui suit :
« Jusqu’à la date de mon départ, j’ai bien ressenti des
provocations envers mes troupes, mais rien de plus.
Mon rôle se limitait à tirer la sonnette d’alarme. Ce
que j’ai fait en tant que militaire réagissant à un risque
militaire. » (3) Le 6 février, le colonel transmit un fax
au C Ops, dont voici le texte : « 060850 feb 94, le véhic.
milit. Du gén. Nzabimana franchit un CHP de la 11e
Cie. Le gén. refusa de s’arrêter. Il dut le faire en raison
du trafic, descendit et se mit à inciter, probablement
dans sa langue, ceux qui assistaient à la scène à
s’insurger contre le fait que les Mil(BE) osaient arrêter
un Gen(RW). Le sec Comd et le Comd Cie le laissèrent poliment poursuivre sa route. Il s’agissait du
énième incident avec des officiers supérieurs (RW) ou
des membres de leurs familles. Avant que quelqu’un
n’écrase volontairement un de mes hommes ou
qu’une des parties n’ouvre le feu, j’ai demandé au
Sector Comd de supprimer TOUS LES CHP qui
avaient été prévus et de les remplacer par des patrouilles. Le Sector Comd acquiesça » (4). Lorsqu’on
l’interrogea sur les problèmes qui se posaient aux
points de contrôle, le colonel déclara : « Dans la
plupart des checkpoints, il y a danger lorsqu’il y a
provocation. Ainsi, dans un des 152 checkpoints, un
véhicule s’arrête et le passager ordonne à ses gardes de
sécurité d’armer. Le chef de patrouille fait armer à son
tour. Le ton baisse et, sur la carte remise par le passager, qui déclare qu’on entendra parler de lui, on lit
Bagosora. J’ai informé le commandant de secteur et
Bruxelles parce que c’était le énième incident qui se
produisait dans le cadre de la mission de sécurité. Je
ne me sentais pas équipé et entraîné pour y faire face.
À la date du 1er mars, j’ai envoyé un message à Bruxel-

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 131.
(2) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994 uiteenzetting van luitenant-kolonel Duvivier,
CTM, deel 2 ANN. A, Ap., blz. 16, blz. 2.
(3) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 235.
(4) Fax Message from 1Bn Para UNAMIR to C Ops —
6 februari 1994 — Lt Col A. Leroy.

(1) Ibidem, p. 127.
(2) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, exposé du lieutenant colonel BEM Duvivier,
Ann. A, App., p. 16, p. 2.
(3) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 229.
(4) Télécopie du 1Bn Para UNAMIR à C Ops, 6 février
1994, lieutenant colonel Leroy.

( 261 )

1 - 611/7 - 1997/1998

er het hoofd aan te bieden. Op 1 maart heb ik Brussel
om richtlijnen gevraagd, tevergeefs echter, en ik heb
geweigerd de bevelen uit te voeren omdat ik ten alle
prijze weigerde mijn manschappen politietaken in
plaats van militaire taken te laten uitvoeren. » (1)

les demandant des directives, mais en vain, et je me
suis refusé à appliquer les ordres, voulant à tout prix
éviter de faire remplir par mes hommes des tâches de
gendarmerie au lieu de tâches militaires. » (1)

Tijdens de zitting van 13 mei 1997 zei commandant
Noens over kolonel Bagosora : « Tijdens één van de
nachtelijke patrouilles botste een bereden patrouille
in een kleine straat op een 30 à 35 gewapende FARsoldaten. Dat betekende een grove schending van de
regels van de KWSA. Dat wordt aangekaart en nog
eens besproken ter gelegenheid van de Veiligheidsconferentie van 15 februari, waaraan de minister van
Landsverdediging, de Stafchef van de Rijkswacht en
kolonel Bagosora deelnamen. Deze kolonel was in
feite zowat de slechte geest van de groep, de meester
provocateur van onze para’s. Met een brede smile op
zijn gezicht verklaarde hij dat er geen enkele overtreding gebeurd was en dat zijn soldaten het volste recht
hadden om daar te zijn, want zo zei hij, ik heb recht
op vijf man en ik heb nog een reeks autoriteiten bij mij
uitgenodigd die elk hun escorte hebben meegebracht. » (2)

Au cours de la réunion du 13 mai 1997, le commandant Noens a déclaré à propos du colonel Bagosora :
« Tijdens één van de nachtelijke patrouilles botste een
bereden patrouille in een kleine straat op een 30 à 35
gewapende FAR-soldaten. Dat betekende een grove
schending van de regels van de KWSA. Dat wordt
aangekaart en nog eens besproken ter gelegenheid
van de Veiligheidsconferentie van 15 februari, waaraan de minister van Landsverdediging, de Stafchef
van de Rijkswacht en kolonel Bagosora deelnamen.
Deze kolonel was in feite zowat de slechte geest van
de groep, de meester provocateur van onze para’s.
Met een brede smile op zijn gezicht verklaarde hij dat
er geen enkele overtreding gebeurd was en dat zijn
soldaten het volste recht hadden om daar te zijn, want
zo zei hij, ik heb recht op vijf man en ik heb nog een
reeks autoriteiten bij mij uitgenodigd die elk hun
escorte hebben meegebracht. » (2)

In de verklaring voor de commissie Uytterhoeven
stelt kolonel Leroy : « À partir du moment ou une
grenade explose dans le jardin du Comd Sect, il y
avait menace. Dans l’attitude de Mil appartenant au
régime en place, arrogance, provocation pour tester la
composante belge de MINUAR. Pour ces raisons, mes
Comd Cie ont demandé à pouvoir engager une balle
dans le canon, ce fut refusé. » (3)

Dans sa déclaration devant la commission Uytterhoeven, le colonel Leroy affirme : « À partir du
moment où une grenade explose dans le jardin du
Comd Sect, il y avait menace. Dans l’attitude de Mil
appartenant au régime en place, arrogance, provocation pour tester la composante belge de MINUAR.
Pour ces raisons, mes Comd Cie ont demandé à
pouvoir engager une balle dans le canon, ce qui fut
refusé. » (3)

Op de vraag of de specifieke bedreigingen zoals die
door luitenant Nees werden gerapporteerd als dusdanig door de kolonel werden gekwalificeerd ontkende
de kolonel geenszins dat zijn blauwhelmen waren
bedreigd. « Er zijn bedreigingen tegen de Belgen geuit,
maar dat weerspiegelde het algemeen klimaat niet. Ik
heb de aandacht van het C Ops geregeld gevestigd op
de gevaren die we bij de inbeslagname van de wapens
of de ordehandhaving liepen. Maar dat vormt geen
anti-Belgisch klimaat tegen alle Belgen. De bedreiging
tegen de Belgische blauwhelmen zou concrete vorm
hebben kunnen krijgen als wij wapens in beslag
waren blijven nemen. Wij hebben dat niet
gedaan. » (4)

À la question de savoir si les menaces spécifiques
telles que les avaient rapportées le lieutenant Nees
pouvaient être également qualifiées de telles par le
colonel, ce dernier ne nia pas que ses Casques bleus
étaient menacés. « Il y a certes eu des menaces contre
les Belges, mais cela ne reflétait pas le climat général.
J’ai régulièrement attiré l’attention du C Ops sur les
dangers que nous courions à rechercher des armes ou
à maintenir l’ordre public. Mais cela ne constitue pas
un climat antibelge, c’est-à-dire s’appliquant à tous
les Belges. La menace contre les Casques bleus belges
aurait pu se cristalliser si nous avions continué à saisir
des armes. Nous ne l’avons pas fait. » (4)

De kolonel besloot de zitting van 24 maart met de
vaststelling dat : « Mijn mening werd intussen

Le colonel conclut la réunion du 24 mars en constatant : « Mon sentiment a été influencé par tout ce que

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 238.
(2) Hoorzitting met commandant Noens, POR, Senaat,
13 mei 1997, PV, blz. 91/7 en 91/8.
(3) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, uiteenzetting van kolonel Leroy, deel 2, Ann.
A, Ap blz. 8, blz. 2.
(4) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 240.

(1) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 232.
(2) Audition du commandant Noens, CER, Sénat, 19961997, 13 mai 1997, PV, pp. 91/7 et 91/8.
(3) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994 exposé du colonel Leroy, tome II, Ann. A,
App. p. 8, p. 2.
(4) Ibidem, p. 234.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 262 )

beı̈nvloed door alles wat ik gelezen en gehoord heb.
Ik ben niet meer dezelfde als toen ik uit Rwanda
terugkwam. Toen was ik ervan overtuigd dat er geen
bedreigingen waren. »

j’ai lu et entendu depuis lors. Je ne suis plus le même
homme que celui qui est revenu du Rwanda. À
l’époque, j’étais persuadé qu’il n’y avait pas de menaces. »

« Er waren inderdaad problemen »stelde kolonel
Leroy, « maar die waren niet te vergelijken met de
werkelijke problemen die zich hebben voorgedaan bij
KIBAT II. » (1)

Le colonel Leroy déclara en outre : « Il y avait effectivement des problèmes, mais ils n’étaient pas comparables aux problèmes réels qui se sont produits à
KIBAT II. » (1)

Kolonel Dewez, bataljonscommandant van
KIBAT II werd door de commissie gehoord op 16
april 1997. Volgens de kolonel had men bij de aanvang van de missie geen zicht op de situatie in
Rwanda. Kolonel Dewez : « De inlichtingen die ik van
de generale staf heb gekregen over de situatie in
Rwanda waren nogal algemeen. Om een scherper
beeld te hebben van de toestand ter plaatse heb ik mij
tot pater Boets gewend, een notoir Rwandakenner.
Hij heeft voor ons een briefing georganiseerd en wat
mij trof was dat de toestand zowel op politiek en
sociaal als etnisch vlak uiterst ingewikkeld was. Er
was een duidelijke kloof tussen de machtshebbers en
de bevolking en er werd volop gedesinformeerd. » (2)

La commission a entendu le colonel Dewez,
commandant de bataillon de KIBAT II, le 16 avril
1997. Aux dires du colonel, l’on n’a eu, dès le début de
la mission, aucune vue de la situation au Rwanda.
Selon le colonel Dewez : « Les informations que j’ai
obtenues de l’état-major concernant la situation au
Rwanda étaient d’ordre général. Pour avoir un témoignage plus vivant, je me suis adressé au Père Bouts,
réputé pour sa connaissance du Rwanda. Il nous a
donné un premier briefing et j’ai retenu la complexité
de la situation aux niveaux politique, social et ethnique. Il y avait une rupture de dialogue évidente entre
le pouvoir et la population et c’était le règne de la
désinformation. » (2)

« De vraag van de anti-Belgische gevoelens leek mij
niet cruciaal omdat de meerderheid van de Rwandese
bevolking een VN-interventie wenste en zich over
onze komst verheugde. Ik heb hen (de officieren) op
de hoogte gebracht van de anti-Belgische en antiUNAMIR campagnes en daarbij gewezen op het feit
dat elke misstap systematisch zou worden uitgebuit. » (3)

« La question du sentiment antibelge ne me paraissait pas cruciale car la majorité de la population
rwandaise souhaitait une intervention de l’ONU et se
réjouissait de notre arrivée. Je les (les officiers) ai
informés de la campagne antibelge et anti-MINUAR
en insistant sur le fait que tout faux pas de leur part
serait systématiquement exploité. » (3)

Tijdens zijn laatste ondervraging door de onderzoekscommissie op 30 juni zal kolonel Dewez nogmaals een reconstructie geven van de briefing die hij
aan zijn manschappen gaf aan het begin van de operatie in Kigali. « Je vous ai dit qu’un cours a été donné ...
à tous les gradés, jusqu’au niveau de chef de peleton ...
j’ai expliqué le fonctionnement général de l’ONU, des
opérations de paix etc. Ensuite, le capitaine Choffray
a poursuivi avec, notamment, les régles d’engagement. À l’issue de ce briefing, un document a été distribué à chaque compagnie. (...) ensuite, la mission de
chaque compagnie consistait à transmettre ce briefing
au sein de la compagnie vers les pelotons. (...) Un
autre jour ... j’ai rassemblé les compagnies donc tous
les soldats et je leur ai donné un briefing d’une heure
environ. (...) Vous constaterez que j’indiquais que la
mission allait être difficile et qu’il ne s’agissait pas du
tout de vacances. Je n’ai jamais dit aux hommes qu’ils
allaient en vacances ... ce bruit s’était certainement

Lors de sa dernière audition par la commission
d’enquête le 30 juin, le colonel Dewez a une fois de
plus reconstitué le briefing qu’il avait donné à ses
hommes au début de l’opération à Kigali. « Je vous ai
dit qu’un cours a été donné ... à tous les gradés,
jusqu’au niveau de chef de peleton ... j’ai expliqué le
fonctionnement général de l’ONU, des opérations de
paix etc. Ensuite, le capitaine Choffray a poursuivi
avec, notamment, les régles d’engagement. À l’issue
de ce briefing, un document a été distribué à chaque
compagnie. (...) ensuite, la mission de chaque compagnie consistait à transmettre ce briefing au sein de la
compagnie vers les pelotons. (...) Un autre jour ... j’ai
rassemblé les compagnies donc tous les soldats et je
leur ai donné un briefing d’une heure environ. (...)
Vous constaterez que j’indiquais que la mission allait
être difficile et qu’il ne s’agissait pas du tout de vacances. Je n’ai jamais dit aux hommes qu’ils allaient en
vacances ... ce bruit s’était certainement répandu

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 238.
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, Senaat, 19961997, 16 april 1997, blz. 295.
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, Senaat, 19961997, 16 april 1997, blz. 296.

(1) Ibidem, p. 232.
(2) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, p. 290.
(3) Ibidem, p. 290.

( 263 )

1 - 611/7 - 1997/1998

répandu entre eux en raison de la comparaison avec la
Somalie. » (1)

entre eux en raison de la comparaison avec la Somalie. » (1)

De commissie stelde vragen bij de manier waarop
de kolonel op zijn taak als bataljonscommandant van
KIBAT II werd voorbereid. De commissie plaatst
vraagtekens bij het feit dat de kolonel zijn informatie
moet halen bij een aantal personen, zoals Pater Boets,
in plaats dat hij niet kon terugvallen op de autoriteiten wiens verantwoordelijkheid erin bestond hem
adequaat te informeren over het milieu waarin hij
moest opereren. Even verrassend is de gebrekkige
informatiedoorstroming. De kolonel werd niet
gebrieft over de rapporten van luitenant Nees. Bovendien kon de kolonel niet bevestigen of men hem had
ingelicht over de tips die Jean-Pierre had aangebracht.
Meer duidelijkheid kon de kolonel verschaffen over
de informatie die kolonel Leroy wél had overgedragen. Kolonel Dewez : « Het ging eerder over de bedreigingen ten aanzien van dissidente Hutu’s en de Hutu’s
die een band hadden met België dan tegenover de
Belgen zelf. Ik heb eind januari een week met hem
(kolonel Leroy) doorgebracht. Hij heeft het met mij
gehad over de problemen die zich hadden voorgedaan, vooral het feit dat het minste incident werd opgeschroefd en dat de soldaten werden geprovoceerd.
Toen ik terug in België was verwachtte ik niet dat ik
nog informatie van de SGR zou krijgen. Er werd niets
op schrift gesteld in verband met die briefing. Ik
beschik enkel over mijn eigen aantekeningen in mijn
notaboekje. Op 4 februari heb ik erin genoteerd dat
de toestand in Rwanda delicaat was. Er was een antiBelgische campagne. Het minste incident kon worden
uitgebuit. Wij moesten neutraal zijn en uitspattingen
vermijden. (2)

La commission a été troublée par la manière dont le
colonel a été préparé pour sa mission de commandant
de bataillon de KEBAT II. La commission s’interroge
à propos du fait que le colonel devait chercher ses
informations auprès de certaines personnes, comme le
Père Boets, plutôt que de pouvoir se reposer sur ses
autorités à qui revenait la responsabilité de l’informer
adéquatement sur le milieu dans lequel il allait devoir
opérer. Il est tout aussi étonnant que les informations
aient été transmises de façon si imparfaite. Le colonel
n’a pas été mis au courant des rapports du lieutenant
Nees. Il n’a en outre pas pu confirmer s’il avait été mis
au courant des informations fournies par Jean-Pierre.
Il a toutefois pu faire davantage de clarté sur les
renseignements que le colonel Leroy lui avait transmis. Le colonel Dewez déclare : « On y (au cours du
briefing) a évoqué plus les menaces contre les opposants hutus et les hutus liés à la Belgique qu’envers les
Belges eux-mêmes. (...) J’ai passé une semaine avec lui
(le colonel Leroy) au Rwanda, à la fin du mois de
janvier. Il m’a fait part des problèmes rencontrés,
notamment du fait que le moindre incident était
monté en épingle et que les soldats faisaient l’objet de
provocations. De retour en Belgique, je ne m’attendais pas à recevoir plus d’informations du SGR (...) Il
n’y a pas eu de document écrit au sujet de ce briefing.
Je dispose simplement de mes propres notes dans mon
carnet. (...) J’y ai noté, le 4 février, que la situation au
Rwanda était délicate. Il y avait une campagne antibelge. Le moindre incident pouvait être exploité et
pouvait avoir des répercussions directes dans les
milieux politiques belges. Nous devions être absolument neutres et éviter tout excès. » (2)

In tegenstelling tot kolonel Dewez was kolonel
Balis wel op de hoogte van de informatie waarover
kapitein Claeys sinds januari beschikte. Evenzeer wist
de kolonel dat kapitein Claeys de beruchte tipgever
verder bleef ontmoeten. Balis, die initieel belast was
met de uitwerking van een evacuatieplan, hekelde de
zwakte van de inlichtingendienst. Kolonel Balis, hierover: « Het is natuurlijk zo dat we heel veel geruchten,
mededelingen, hadden, maar weinig concreets op
papier. Volgens mij was dat misschien wel de grootste
zwakte van de zending UNAMIR. (...) Het is mij
direkt opgevallen dat de belangrijkste sectie in zo’n
staf bestond uit één Belgische kapitein. Die man heeft
dag en nacht gewerkt. Die heeft werkelijk schitterend
werk gedaan, maar dat was veel te veel voor hem. Ik
heb generaal Dallaire voorgesteld ... om mij toe te
laten om een inlichtingencel op te richten met drie,
vier of vijf officieren en vooral met enkele mensen die

Contrairement au colonel Dewez, le colonel Balis
était, lui, au courant des informations dont disposait
le capitaine Claeys depuis janvier. Le colonel savait
également que le capitaine Claeys continuait à
rencontrer le fameux indicateur. Le colonel Balis, qui
était, à l’origine, chargé d’élaborer un plan
d’évacuation, a vivement critiqué la déficience du
service de renseignements. Il a déclaré, à ce sujet :
« Het is natuurlijk zo dat we heel veel geruchten,
mededelingen, hadden, maar weinig concreets op
papier. Volgens mij was dat misschien wel de grootste
zwakte van de zending UNAMIR. (...) Het is mij
direkt opgevallen dat de belangrijkste sectie in zo’n
staf bestond uit één Belgische kapitein. Die man heeft
dag en nacht gewerkt. Die heeft werkelijk schitterend
werk gedaan, maar dat was veel te veel voor hem. Ik
heb generaal Dallaire voorgesteld ... om mij toe te
laten om een inlichtingencel op te richten met drie,

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 30/18 tot 31/1.
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, Senaat,
16 april 1997, blz. 298 en 299.

(1) Audition du colonel Dewez,, CER, Sénat, 1996-1997,
30 juin 1997, PV, pp. 30/18 à 31/1.
(2) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, pp. 292 et 293.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 264 )

Rwandees kennen. (...) Het antwoord van New York
was dat het niet wenselijk was een inlichtingencel op
te richten omdat het inwinnen van inlichtingen een
daad van agressie zou zijn. » (1) Kolonel Balis vervolgt : « Iedere inlichting was welgekomen, uiteraard,
maar er waren heel alarmerende feiten. (...) Ik had
ook geen enkele Afrika-ervaring. (...) Na drie tot vier
maanden permanent te moeten horen dat ik er niet
moest mee inzitten, dat de Arusha-akkoorden zouden
worden uitgevoerd. » (2) Kolonel Balis, die alle
« code cables » van generaal Dallaire las en dus zelfs
op de hoogte was van de informatie van Jean-Pierre,
voelde zich desondanks persoonlijk slechts éénmaal
echt bedreigd naar aanleiding van de manifestatie van
januari « ... tegen de middag werden de voorbijrijdende VN-voertuigen gecontroleerd op de aanwezigheid van Belgen. Ik weet dat omdat ik zelf in zo’n
voertuig zat. Gelukkig zat er een Bengalese chef aan
het stuur en bleef mijn Belgische wimpel achter zijn
schouder verborgen ... bij het zien van de Bengalezen
riep de Rwandees luidkeels « Il n’y a pas de Belges, ils
peuvent passer ! » (3) Alhoewel de kolonel zich niet
persoonlijk bedreigd voelde gaf hij wel toe dat er indicaties van dreiging waren tegen de Belgische aanwezigheid. Zoals hij voor de commissie Uytterhoeven
reeds had verklaard dat er geen dreiging was tegen
UNAMIR, maar dat er een controverse bestond
betreffende de Belgische aanwezigheid. Kolonel Balis
bevestigde voor de parlementaire onderzoekscommissie : « Anti-belgisch ? Ja, dat wisten we reeds voor
we vertrokken. Het was ons niet onbekend dat het
terugtrekken van de troepen in 1991 niet in dank was
afgenomen door bepaalde groepen. » (4)

vier of vijf officieren en vooral met enkele mensen die
Rwandees kennen. (...) Het antwoord van New York
was dat het niet wenselijk was een inlichtingencel op
te richten omdat het inwinnen van inlichtingen een
daad van agressie zou zijn. » (1) Le colonel Balis :
« Iedere inlichting was welgekomen, uiteraard, maar
er waren heel alarmerende feiten. (...) Ik had ook geen
enkele Afrika-ervaring. (...) Na drie tot vier maanden
permanent te moeten horen dat ik er niet moest mee
inzitten, dat de Arusha-akkoorden zouden worden
uitgevoerd. » (2) Le colonel Balis, qui a lu tous les
« code cables » du général Dallaire et était donc même
au courant de l’information de Jean-Pierre, ne s’est
toutefois senti menacé personnellement qu’une seule
fois suite à la manifestation de janvier. « ... tegen de
middag werden de voorbijrijdende UNO-voertuigen
gecontroleerd op de aanwezigheid van Belgen. Ik
weet dat omdat ik zelf in zo’n voertuig zat. Gelukkig
zat er een Bengalese chef aan het stuur en bleef mijn
Belgische wimpel achter zijn schouder verborgen ...
bij het zien van de Bengalezen riep de Rwandees
luidkeels « Il n’y a pas de Belges, ils peuvent
passer. » (3) Bien que le colonel ne se soit pas senti
personnellement menacé, il a convenu qu’il y avait
des indices que la présence belge faisait l’objet de
menaces. Tout comme il avait déjà déclaré devant la
commission Uytterhoeven que les menaces n’étaient
pas dirigées contre la MINUAR mais qu’il existait une
controverse concernant la présence belge. Le colonel
Balis a confirmé, devant la commission d’enquête
parlementaire : « Anti-belgisch? Ja, dat wisten we
reeds voor we vertrokken. Het was ons niet onbekend
dat het terugtrekken van de troepen in 1991 niet in
dank was afgenomen door bepaalde groepen. »(4)

De kolonel stelde toch erg ongerust te zijn geweest.
« Le troisième jour que j’étais au Rwanda, j’ai
entendu à la radio officielle un homme qui, d’une
voix hystérique, déclarait : « Nous n’avons pas voulu
les accords d’Arusha, ils nous ont été imposés et nous
ne les accepterons jamais. » Et moi j’étais là avec mon
béret bleu à participer à l’UNAMIR ! » (5)

Le colonel a déclaré qu’il avait quand même été très
inquiet. « Le troisième jour que j’étais au Rwanda, j’ai
entendu à la radio officielle un homme qui, d’une
voix hystérique, déclarait : « Nous n’avons pas voulu
les accords d’Arusha, ils nous ont été imposés et nous
ne les accepterons jamais. » Et moi j’étais là avec mon
béret bleu à participer à l’UNAMIR ! » (5)

Kolonel
Marchal,
sectorcommandant
van
UNAMIR in Kigali werd door de commissie uitvoerig
ondervraagd over het zogenaamde anti-Belgisch
klimaat in Rwanda. Bij de aanvang van de eerste
zitting relativeerde de kolonel het anti-Belgisch
gevoel. De kolonel vond het nodig een nuancering

Le colonel Marchal, commandant de secteur de la
MINUAR à Kigali, a été interrogé en détail par la
commission au sujet de ce que l’on appelle le climat
antibelge au Rwanda. Au début de sa première audition, le colonel a relativisé le sentiment antibelge. Il a
estimé utile d’apporter une précision en affirmant : « Il

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 15/9 tot 15/11.
(2) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 15/13 tot 15/16.
(3) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 16/7 en 16/8.
(4) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 16/11.
(5) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 19/7 en 19/8.

(1) Audition du colonel Balis, CER,
29 mai 1997, PV, pp. 15/9 à 15/11.
(2) Audition du colonel Balis, CER,
29 mai 1997, PV, pp. 15/13 à 15/16.
(3) Audition du colonel Balis, CER,
29 mai 1997, PV, pp. 16/7 et 16/8.
(4) Audition du colonel Balis, CER,
29 mai 1997, PV, p. 16/11.

Sénat, 1996-1997,
Sénat, 1996-1997,
Sénat, 1996-1997,
Sénat, 1996-1997,

(5) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 1996-1997,
29 mai 1997, PV, pp. 19/7 et 19/8.

( 265 )

1 - 611/7 - 1997/1998

aan te brengen door te stellen dat: « Er heerste veeleer
een anti-UNAMIR-klimaat en de daaruit voortvloeiende uitbarstingen waren op de Belgen gericht.
Een incident lijkt mij veelzeggend in deze context : het
feit dat een steen werd gegooid in de glazen deur van
de bestuurders van RTLM. Ik heb begrepen dat er een
gevaar bestond voor de veiligheid van de Belgische
militairen en voor de geëxpatrieerden. » (1)

existait un climat anti-MINUAR avec des poussées de
fièvre qui se focalisaient sur les Belges. Un incident
m’a paru significatif à cet égard : c’est le jet d’une
pierre dans la porte vitrée des responsables de Radio
Mille Collines. J’ai compris qu’il y avait danger pour
la sécurité des militaires belges et des expatriés. » (1)

Tijdens de tweede zitting op 14 maart werd de
kolonel voor een tweede maal ondervraagd over de
manifestatie van 8 januari 1994. Kolonel Marchal :
« Wat het anti-Belgisch klimaat betreft wil ik erop
wijzen dat de manifestatie van 8 januari de eerste was
van dat type. Als het Belgisch detachement was opgetreden zou het anti-Belgisch klimaat zienderogen zijn
verslecht. De betoging van 8 januari verontrustte mij,
omdat men de massa niet in de hand kon houden. Ik
heb de generale staf in Brussel om richtlijnen verzocht... het antwoord werd mij een maand later
gestuurd. »(2)

Au cours de sa deuxième audition, le 14 mars, le
colonel Marchal a été interrogé une deuxième fois
concernant la manifestation du 8 janvier 1994. Il a
déclaré : « Concernant le climat antibelge, je voudrais
signaler que la manifestation du 8 janvier était la
première du genre à Kigali. Si le détachement belge
s’était engagé dans ce type d’opération, le climat antibelge aurait connu une poussée de fièvre. La manifestation du 8 janvier m’a inquiété car le mouvement de
foule n’était pas à maîtriser. J’ai demandé des directives à l’état-major à Bruxelles... La réponse m’a été
envoyée un mois plus tard. » (2)

Hoewel kolonel Marchal de invloed van de antiUNAMIR en anti-Belgische stemming moeilijk kon
evalueren nam hij toch bepaalde maatregelen om de
risico’s te verminderen. « Zo heb ik een nachtelijk uitgaansverbod uitgevaardigd en de wegcontroles afgeschaft. Een evacuatieplan voor de geëxpatrieerden
werd zorgvuldig uitgewerkt ... ik heb ook officieel
mijn bezorgdheid aan generaal Dallaire meegedeeld
over de gevolgen van de uitzendingen van Radio
Mille Collines. » (3) Op 14 maart geeft kolonel
Marchal een toelichting over zijn démarches bij de
ambassadeur : « Het was hoog tijd dat Brussel zich
met het probleem bezighield. » (4)

Même s’il lui était difficile d’évaluer les incidences
de l’atmosphère anti-MINUAR et antibelge, le colonel Marchal a pris certaines mesures afin de diminuer
les risques. « J’ai ainsi supprimé toutes les sorties
nocturnes ainsi que les contrôles routiers. Un plan
d’évacuation des expatriés a été minutieusement mis
au point et j’ai personnellement tenu un « briefing »
pour l’expliquer... J’ai également exprimé officiellement mes préoccupations au général Dallaire concernant les conséquences des émissions de Radio Mille
Collines. » (3) Le 14 mars, le colonel Marchal explique ses démarches auprès de l’ambassadeur : « Il était
temps que Bruxelles se préoccupe du problème. » (4)

Majoor Maggen, die op het Force hoofdkwartier
de permanentiecel voor het versturen en ontvangen
van berichten waarnam, vatte zijn eerste indrukken
van zijn opdracht in Rwanda voor de commissie
samen : « Op 4 december 1993 kwam ik aan in een
land waar het zogezegd vrede was. Het eerste wat ik
de generaal (Dallaire) hoorde zeggen was dat hij de
pers weer eens had moeten vertellen dat de Belgen die
waren toegekomen, blauwhelmen waren en geen
Belgen. Er was dus inderdaad een kiem van antiBelgische gevoelens op dat ogenblik. (...) Wat wij als
Belgen onder de UNAMIR-vlag hebben gedaan,
draaide voor ons niet goed uit. Wij hebben immers
het anti-Belgische gevoel versterkt door dat bataljon
van patriotten van het Noorden van het land over te
brengen naar Kigali met Belgische vrachtwagens en

Le major Maggen, qui était responsable, au quartier général de la Force, de la cellule de permanence
chargée de réceptionner et d’expédier les messages, a
résumé comme suit les premières impressions qu’il a
eues de sa mission au Rwanda : « Op 4 december 1993
kwam ik aan in een land waar het zogezegd vrede
was. Het eerste wat ik de generaal (Dallaire) hoorde
zeggen was dat hij de pers weer eens had moeten
vertellen dat de Belgen die waren toegekomen,
blauwhelmen waren en geen Belgen. Er was dus
inderdaad een kiem van anti-Belgische gevoelens op
dat ogenblik. (...) Wat wij als Belgen onder de
UNAMIR-vlag hebben gedaan, draaide voor ons niet
goed uit. Wij hebben immers het anti-Belgische
gevoel versterkt door dat bataljon van patriotten van
het Noorden van het land over te brengen naar Kigali

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 111.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997 en 7 maart 1997, blz. 172 en 111.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 112.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 173.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 107.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997 et du 7 mars, pp. 168 et 107.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 107.
(4) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 169.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 266 )

onder Belgische escorte. (...) In Kigali escorteerden we
permanent de VIP’s van de patriotten van het RPF.
(...) Begin januari reeds had ik het gevoel dat het
Arusha-verdrag het resultaat was van een oorlog die
de huidige machthebbers hadden verloren. » (1)
Majoor Maggen : « Ik vermeld de verklaring van 8 januari, de tip in verband met de plannen van de Interahamwe ... voorts was er een speciale actie rond de
wapendepots in Kigali, die erin bestond dat een speciale search-operatie zou worden uitgevoerd om de
hand te leggen op de wapendepots. Dit waren
geheime operaties waarvan enkel de generaal
(Dallaire) en een beperkte kring van mensen, waartoe
ikzelf niet behoorde, op de hoogte waren. » (2)
Kortom, de majoor die bij de toelichting over zijn
opdracht in Kigali had gesteld verantwoordelijk te
zijn voor het opvolgen van incidenten en het analyseren van binnenkomende berichten, en hierover dagelijks New York rapporteerde via de SITREP, blijkt
werkelijk niet goed op de hoogte te zijn.

met Belgische vrachtwagens en onder Belgische
escorte. (...) In Kigali escorteerden we permanent de
VIP’s van de patriotten van het RPF. (...) Begin
januari reeds had ik het gevoel dat het Arushaverdrag het resultaat was van een oorlog die de
huidige machthebbers hadden verloren. » (1) (...) Le
major Maggen: « Ik vermeld de verklaring van 8 januari, de tip in verband met de plannen van de Interhamawe ... voorts was er een speciale actie rond de
wapendepots in Kigali, die erin bestond dat een
speciale search-operatie zou worden uitgevoerd om
de hand te leggen op de wapendepots. Dit waren
geheime operaties waarvan enkel de generaal
(Dallaire) en een beperkte kring van mensen, waartoe
ikzelf niet behoorde, op de hoogte waren. » (2) En
résumé, le major, qui avait déclaré, en décrivant sa
mission à Kigali, être responsable du suivi des incidents, de l’analyse des informations reçues et du
rapport quotidien à adresser à New York par le biais
du SITREP, n’apparaît vraiment pas comme bien
informé.

Naast het verhoor van de leidende officieren
nodigde de commissie een aantal officieren uit die op
het niveau van de compagnie hun opdracht vervulden. Niettegenstaande hen vooral werd gevraagd te
getuigen over de tragische gebeurtenissen van 7 april
en over de ontruiming van de school van Don Bosco
en de terugtrekking peilde de commissie in de marge
van hun ondervraging bij deze officieren naar de inschatting van de sfeer voor de feiten van 7 april.

Après avoir entendu les officiers supérieurs, la
commission a invité une série d’officiers qui exerçaient leurs fonctions au niveau de la compagnie. Bien
qu’elle leur ait surtout demandé d’apporter leur
témoignage sur les événements tragiques du 7 avril,
l’évacuation de l’école Don Bosco et le retrait, la
commission a tenté de savoir, en marge de leur audition, comment ces officiers évaluaient la situation qui
régnait avant les faits du 7 avril.

Kapitein Lemaire hekelde tijdens zijn hoorzitting
voor de commissie het slecht gebruik van de informatie ter plekke. « Naar verluidt was men van het risico
van een volkerenmoord en van het gevaar voor de
Belgen op de hoogte. » « In feite ging het slecht van bij
het begin. Bij de samenstelling van de troepenmacht
genoten de militairen al geen vertrouwen. »

Le capitaine Lemaire, dans son audition devant la
commission, a dénoncé la mauvaise exploitation des
informations dont on disposait sur place. « Il semblerait qu’on connaissait le risque de génocide et le
danger pour les Belges. » « En fait, tout allait mal
depuis le début. Déjà lors de la constitution de la
force, on n’a pas fait confiance aux militaires. »

De kapitein, die zelf wel informatie had bekomen
over wapendistributies en een naderend bloedbad
verklaarde niet ingelicht te zijn over het gevaar van
zijn opdracht. « Men zei ons dat het risico voor ons
beperkt was. Men heeft het nooit gehad over direct
gevaar voor de Belgen of voor UNAMIR, anders zou
ik het uitgaan ’s avonds verboden hebben. Als de officieren hadden geweten dat een volkerenmoord werd
voorbereid zouden zij dat alles niet hebben toegestaan. Wij hebben evenwel vlug beseft dat de gendarmes een spelletje speelden met de UNAMIR en dat het
1e para werd gemuilkorfd en bedrogen. Daarom
hebben wij de plaats van de checkpoints en de routes
van de patrouilles niet meer aan de gendarmes mede-

Le capitaine, qui avait obtenu lui-même des informations relatives à des distributions d’armes et à
l’imminence d’un bain de sang, a déclaré qu’il n’était
pas informé du danger que représentait sa mission.
« On nous a dit que le risque, pour nous, était limité.
Jamais on ne nous a parlé de risques directs pour les
Belges et la MINUAR sinon je n’aurais pas autorisé
les sorties le soir. Si les officiers avaient su qu’un génocide se préparait, ils n’auraient pas autorisé tout cela.
Nous nous sommes cependant rapidement rendus
compte que les gendarmes jouaient avec la MINUAR
et que le 1er Paras avait été muselé et trompé. C’est
pour cela que nous n’avons plus communiqué aux
gendarmes l’emplacement des check points ni les

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Maggen, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 106/6 tot 107/1.
(2) Hoorzitting met majoor Maggen, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 139/4 en 139/5.

(1) Audition du major Maggen, CER, Sénat, 1996-1997,
7 mai 1997, PV, pp. 106/6 à 107/1.
(2) Audition du major Maggen, CER, Sénat, 1996-1997,
7 mai 1997, PV, pp. 139/4 et 139/5.

( 267 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gedeeld. Ze reageerden misnoegd op deze beslissing. » (1)

trajets des patrouilles. Cette décision a suscité leur
mécontentement. » (1)

Op 13 mei hoorde de commissie kapitein Marchal.
Voor de krijgsauditeur had kapitein Marchal zijn
ervaringen over het klimaat in de periode voor 7 april
reeds uitvoerig belicht. « Après cette date (1er avril), il
y avait une certaine tension qui se manifestait en ville
par des grèves et des assassinats, que j’ai moi-même
constatés. La population ne croyait plus dans la
MINUAR, des sœurs me l’avaient rapporté. Journellement j’adressais au bataillon un rapport ou je faisais
part de mes observations. J’étais moi-même devenu
méfiant envers les gendarmes et de rwandais parce
que j’avais constaté que, ce qui ne s’était jamais passé
avant, lors d’assassinats politiques les gendarmes
étaient avant nous sur place. » (2)

Le 13 mai, la commission a entendu le capitaine
Marchal. Le capitaine Marchal avait déjà longuement
commenté, devant l’auditeur militaire, son expérience du climat qui régnait dans la période antérieure
au 7 avril. « Après cette date (1er avril), il y avait une
certaine tension qui se manifestait en ville par des
grèves et des assassinats, que j’ai moi-même constatés.
La population ne croyait plus dans la MINUAR, des
sœurs me l’avaient rapporté. Journellement
j’adressais au bataillon un rapport où je faisais part de
mes observations. J’étais moi-même devenu méfiant
envers les gendarmes et des Rwandais parce que
j’avais constaté que, ce qui ne s’était jamais passé
avant, lors d’assassinats politiques les gendarmes
étaient avant nous sur place. » (2)

De kapitein bevestigde deze getuigenis voor de
commissie. Als verantwoordelijke voor de groep van
het stadscentrum had de kapitein inderdaad opgemerkt dat het leger en de gendarmerie vanaf 4 april
altijd voor de blauwhelmen ter plekke waren. De
kapitein aarzelde om daaruit af te leiden dat er een
vooraf beraamd plan bestond om UNAMIR te doen
vertrekken en de volkerenmoord mogelijk te maken.

Le capitaine a confirmé ce témoignage devant la
commission. En tant que responsable du groupe du
centre-ville, il avait en effet remarqué qu’à partir du
4 avril, l’armée et la gendarmerie étaient toujours sur
place avant les Casques bleus. Le capitaine a hésité à
en conclure qu’il existait un plan préétabli visant à
provoquer le départ de la MINUAR pour permettre le
génocide.

De commissie stelt vast dat niettegenstaande de
meeste officieren op de hoogte waren van de heersende dreiging tegen de Belgen in het algemeen en
tegen de militairen van het eigen detachement in het
bijzonder een correcte inschatting van de gegevens
achterwege bleef. Terwijl iedereen belangrijke aanwijzingen verkreeg die het bestaan van een antiBelgische dreiging bevestigden stelt de commissie
evenwel vast dat op het terrein deze informatie niet
werd samengebracht en dat de communicatie tussen
de verschillende diensten in Kigali zo goed als onbestaande was.

La commission constate que les informations
disponibles n’ont pas été appréciées correctement
alors même que la plupart des officiers étaient au
courant des menaces qui pesaient sur les Belges en
général et les soldats de leur propre détachement en
particulier. La commission constate qu’alors que tout
le monde a recueilli des indications non négligeables
de l’existence d’une menace antibelge, ces informations n’ont pas été regroupées sur le terrain et qu’il n’y
a eu pratiquement aucune communication entre les
différents services à Kigali.

3.3.2.2. De inschatting van de dreiging tegen
KIBAT/UNAMIR in België

3.3.2.2. L’appréciation en Belgique de la menace
contre le KIBAT/la MINUAR

(1) Door de militaire overheden

(1) Par les autorités militaires

De commissie was tevens geı̈nteresseerd in de wijze
waarop de verschillende informatiestromen uit Kigali
door de militaire overheid in België werden geanalyseerd en ingeschat. Ook hier heeft de commissie vastgesteld dat de inlichtingen uit Rwanda op een verschillende manier werden geı̈nterpreteerd. Zo stelt de
commissie vast dat inlichtingen ingewonnen op het
niveau van KIBAT door de inlichtingendiensten van
SGR in België niet juist worden ingeschat. Daarnaast

La commission s’est également intéressée à la
manière dont l’autorité militaire en Belgique a analysé
et apprécié les flux d’informations qui lui parvenaient
de Kigali. Dans ce cas aussi, la commission a constaté
que les informations en provenance du Rwanda ont
été interprétées de différentes façons. C’est ainsi que
la commission constate que les informations recueillies au niveau de KIBAT par les services de renseignements du SGR en Belgique n’ont pas été appréciées à

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Lemaire, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 mei 1997, blz. 440.
(2) Dossier Marchal van het auditoraat-generaal bij het
Militair Gerechtshof, Pro justitia van 15 maart 1995, van kapitein P. Marchal.

(1) Audition du capitaine Lemaire, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mai 1997, p. 429.
(2) Dossier Marchal de l’Auditorat général auprès de la
Cour militaire, Pro Justitia 15 mars 1995 du capitaine
P. Marchal.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 268 )

onderstreept de commissie het gebrek aan interne
communicatie tussen de generale staf en de militaire
inlichtingendiensten te Brussel.

leur juste valeur. De plus, la commission constate les
carences de communication interne entre l’état-major
général et les services de renseignements militaires à
Bruxelles.

Tijdens de eerste hoorzitting op 28 februari 1997
had luitenant-generaal Charlier reeds gewezen op het
anti-Belgisch karakter van het klimaat in Rwanda (zie
ook het hoofdstuk over de dreiging in de periode voor
de beslissing). Het terugtrekken van de Belgische troepen in 1991 en het schrappen van de wapenleveringen
hadden volgens de luitenant-generaal de antiBelgische gevoelens gevoed. Een maand later, tijdens
een tweede verhoor wijst de gewezen stafchef op het
feit dat alle informatie over de anti-Belgische
campagne werd opgenomen in de stukken van SGR.
Die stukken werden dan doorgestuurd naar de minister. De positieve en negatieve inlichtingen wisselden
mekaar af zei generaal Charlier : « In Rwanda waren
de negatieve signalen tot 6 april voornamelijk verbale
dreigingen, een klein incident niet te na gesproken. » (1) Luitenant-generaal Charlier maakte dan
ook de vergelijking met de vorige operaties in Slavonië en Somalië waar de ernst van de incidenten groter
was. Toch stelde Charlier : « Wij hebben de bedreigingen nooit onderschat. Telkens wij daarover werden
geı̈nformeerd, vroeg ik de commandant ter plaatse in
Rwanda de berichten te bevestigen, ze voor mij te
analyseren en mij de genomen maatregelen mee te
delen. Daar is nooit van afgeweken. De terugtrekking
van KIBAT is drie keer overwogen. (...) Wij hebben
die terugtrekking nog overwogen na het alarmerende
telegram van kolonel Marchal, die verduidelijking
vroeg over wat hij moest doen als de rellen tot een
algemene oproer zouden leiden. Ik wist dat als zou
worden overwogen alle Belgen te evacueren, wij troepen zouden sturen, maar ik kon dat niet aan de VN
meedelen. Ik heb dan ook naar kolonel Marchal
gebeld, daar ik vreesde dat zijn telegram het gevolg
was van de mentale uitputting die voor alle officieren
in zo’n situatie dreigt. Kolonel Marchal verklaarde
zich echter bereid zijn opdracht voort te zetten. Hij
herhaalde dat ook tegenover de minister van Landsverdediging tijdens diens bezoek in de loop van de
maand maart. » (2)

Lors de la première audition du 28 février 1997, le
lieutenant général Charlier avait déjà attiré
l’attention sur le caractère antibelge du climat qui
régnait au Rwanda (voir aussi le chapitre sur la
menace au cours de la période qui a précédé la décision). D’après le lieutenant-général, le retrait des
troupes belges en 1991 et la suppression des livraisons
d’armes ont alimenté les sentiments hostiles à la Belgique. Un mois plus tard, au cours de sa seconde audition, l’ancien chef d’état-major a souligné que toutes
les informations relatives à la campagne antibelge
figuraient dans les documents du SGR. Ces documents ont été transmis au ministre. Le lieutenant
général Charlier a déclaré que les informations négatives et positives se succédaient en alternance : « Au
Rwanda les signaux négatifs étaient essentiellement
des menaces verbales jusqu’au 6 avril, à l’exception
d’un petit incident » (1). Le lieutenant-général
Charlier a également fait la comparaison avec les
opérations antérieures en Slavonie et en Somalie où
les incidents étaient plus graves. Le lieutenant-général
Charlier a pourtant déclaré : « Nous n’avons jamais
sous-estimé les menaces. À chaque nouvelle information concernant des menaces, j’ai demandé au
commandant sur place au Rwanda de confirmer
l’information, de m’en donner son analyse et de
m’expliquer les mesures prises. Il n’y a jamais eu de
relâchement. Le retrait de KIBAT a été envisagé à
trois reprises. (...) Nous avons encore envisagé ce
retrait après le télégramme alarmant du colonel
Marchal qui demandait des précisions sur ce qu’il
devait faire en cas de généralisation des troubles. Si
l’on envisageait l’évacuation de tous les Belges, je
savais que nous enverrions des troupes mais je ne
pouvais pas envoyer ce message à un état-major de
l’ONU. J’ai donc téléphoné au colonel Marchal car je
craignais que son télégramme ne soit la conséquence
de l’épuisement nerveux qui guette les officiers dans
ce genre de situation. Le colonel Marchal s’est cependant dit prêt à continuer sa mission. Il l’a répété au
ministre de la Défense lors de sa visite au mois de
mars. » (2)

Hoewel de luitenant-generaal zich aan de hand van
de SGR-rapporten een beeld wist te vormen van de
heersende dreiging tegen de Belgische blauwhelmen,
moest hij toch de gedetailleerde informatie van JeanPierre ontberen. Charlier : « Ik heb het bestaan van
Jean-Pierre ontdekt in de commissieverslagen. » (3)

Même si le lieutenant général a pu se faire une idée
de la menace imminente qui pesait sur les Casques
bleus belges grâce aux rapports du SGR, il a dû se
passer des informations détaillées de Jean-Pierre.
« J’ai découvert l’existence de Jean-Pierre dans les
rapports de la commission. » (3) Et il n’a pas pu

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV,BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 271.
(2) Ibidem, 28 maart 1997, blz. 271-272.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 320.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 265.
(2) Ibidem, 28 mars 1997, p. 265.
(3) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 314.

( 269 )

1 - 611/7 - 1997/1998

En op de vraag of de generaal het synthesedocument
van 2 februari 1994, waarin staat dat men Belgen wil
doden, had besproken met de minister van Landsverdediging wist de luitenant-generaal geen uitsluitsel te
geven.

donner de réponse définitive à la question de savoir si
le lieutenant général avait discuté avec le ministre de
la Défense de la note de synthèse du 2 février 1994,
dans laquelle est mentionné que l’on voulait tuer des
Belges.

Tijdens de zitting van 21 april gaf Charlier toelichting bij het bezoek van de Rwandese generaal Ndindiliyimana aan België. Luitenant-generaal Charlier
hierover : « Ik heb hem gesproken over de dreigementen aan het adres van de Belgische militairen. Volgens
hem ging het om alleenstaande dreigementen. Ik heb
aan zijn antwoorden echter geen geloof
gehecht. » (1)

Au cours de la réunion du 21 avril, le lieutenant
général a donné des informations au sujet de la visite à
notre pays du général rwandais Ndindiliyimana. Le
lieutenant général Charlier a déclaré à ce propos : « Je
lui ai parlé des menaces contre les militaires belges.
Selon lui, ces menaces étaient isolées. Je ne l’ai cependant pas cru. » (1)

Luitenant-generaal Charlier stelt dus dat hij reeds
in de maand maart de risico’s die de Belgische Blauwhelmen liepen ernstig inschatte.

Le général Charlier prétend qu’il était déjà, au mois
de mars, conscient des risques contre les Casques
bleus belges.

Aan generaal-majoor Verschoore, de adjunct van
generaal-majoor Delhotte die voor SGR informatie
verzamelde en analyseerde werd eveneens gevraagd
een beeld te schetsen van het klimaat in Rwanda en
meer bepaald de houding tegenover de Belgen.

Le général-major Verschoore, l’adjoint du généralmajor Delhotte, chargé de rassembler et d’analyser
des informations pour le SGR, a, lui aussi, été invité à
esquisser le climat qui régnait au Rwanda et, plus
particulièrement, l’attitude adoptée à l’égard des
Belges.

« Uit de in september 1993 ingewonnen informatie,
bleek dat de toestand in het Noorden van Rwanda
uitersT gespannen was. Het RPF had immers een deel
van die streek bezet. Tot begin 1994 was er evenwel
geen sprake van een anti-Belgisch klimaat.

« Les renseignements rassemblés en septembre 1993
démontraient clairement que la situation au nord du
Rwanda était extrêmement tendue. Le FPR occupait
en effet une partie de cette région. Début 1994, il
n’était pourtant pas question d’un climat antibelge.

Eind januari kwam het tot incidenten met het Interahamwe, met het doel het land te destabiliseren.
Enige agressie tegenover de Belgen was dus mogelijk.
Ook RTLM ging tekeer tegen de Belgen en tegen
UNAMIR. Bij iedere militaire operatie moet men met
dergelijke risico’s rekening houden. SGR kon enkel
tekens van ernstige onlusten waarnemen maar kon uit
de ingewonnen informatie zeker niet besluiten dat er
een genocide op komst was. » (2)

Fin janvier, il y a eu des incidents avec les Interahamwe dans le but de déstabiliser le pays. Des agressions contre les Belges n’étaient donc pas exclues.
Radio Mille Collines stigmatisait les Belges et la
MINUAR. Toute opération militaire présente des
risques semblables. Le SGR percevait quelques indications de troubles graves mais ne pouvait certainement pas conclure des informations reçues qu’un
génocide se préparait » (2).

En verder : « Vanaf januari werd het anti–Belgisch
klimaat vastgesteld. Voordien waren er al incidenten,
maar vanaf januari werd het anti-Belgisch klimaat
meer uitgesproken bij sommige bevolkingsgroepen en
was er een risico. » (3) In zijn persoonlijke appreciatie van de politieke situatie in Rwanda situeerde de
generaal-majoor de uitzendingen van RTLM, de opleidingen, het uitdelen van wapens, eind december
begin januari 1994.

« À partir de janvier, nous avons constaté un climat
antibelge. Auparavant, il y avait déjà eu des incidents,
mais à partir de janvier, le climat anti belge était plus
prononcé au sein de certains groupes de la population
et il y avait un risque » (3). Dans son appréciation
personnelle de la situation politique au Rwanda, le
général-major situe les émissions de RTLM, les
entraînements ainsi que la distribution d’armes à la
fin décembre 1993, début janvier 1994.

« De INSUMS bevatten feiten, de analyse en een
conclusie. Mijn conclusie was dat er iets aan het
gebeuren was. » (4) Niettegenstaande de generaal-

« Les INSUMS présentent les faits, une analyse ainsi
qu’une conclusion. Ma conclusion était que quelque
chose se préparait » (4). Bien que le général-major ait

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 321.
(2) Hoorzitting met generaal-majoor Verschoore, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 146.
(3) Ibidem, blz. 147.
(4) Ibidem, blz. 149.

(1) Ibidem, p. 315.
(2) Audition du général-major Verschoore, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 142.
(3) Ibidem, p. 143.
(4) Ibidem, p. 145.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 270 )

majoor in functie van de inlichtingen die hij van SGR
had gekregen, de dreiging aanvoelde tegen de Belgische militairen, stelt hij dat de inlichtingendienst niet
kon voorspellen hoe de situatie verder zou evolueren.
« We hadden nooit een aanslag op Belgische militairen verwacht. We beschouwden de bedreigingen als
intimidatie. » (1)

été conscient d’une menace contre les militaires belges
en fonction des renseignements reçus de SGR, il
affirme que le service de renseignements n’a pas pu
prédire de quelle façon la situation évoluerait. « Nous
n’avons jamais pensé à une attaque contre les militaires belges. Nous avons considéré les menaces comme
de l’intimidation » (1).

Generaal-majoor Delhotte die op 21 maart werd
gehoord door de commissie zei dat er geen sprake was
van een concrete dreiging maar gaf tegelijk toe dat :
« De feiten beter door het plaatselijk commando
gekend waren dan door SGR. Het is dat commando
dat in eerste instantie de feiten moet appreciëren. » (2) Hij voegt hieraan toe : « Het was kolonel
Marchal die door Jean-Pierre op de hoogte werd
gebracht en via hem kenden wij die informatie. In
december werden nog ’welfare activiteiten’ voor de
para’s georganiseerd » interpreteerde Delhotte de
situatie. « Als dat nog mogelijk was, kon de toestand
niet zo ernstig zijn. » De informatie die onder meer
door kolonel Marchal en majoor Podevijn werden
opgestuurd toonde volgens de generaal-majoor aan
dat : « er geen echte problemen werden aangevoeld.
Wel waren er in december incidenten door de Interahamwe uitgelokt in het Noorden en in januari in het
zuiden nabij Burundi . » (3)

Le général-major Delhotte, qui a été entendu par la
commission le 21 mars, a déclaré qu’il n’y avait pas de
menace concrète, mais a également admis « que les
faits étaient mieux connus du commandement local
que du SGR. C’est ce commandement qui doit en
premier lieu évaluer les faits » (2). Il a ajouté que :
« C’est le colonel Marchal qui a été informé par JeanPierre et nous connaissions ces informations par son
entremise. » Le général-major Delhotte a interprété la
situation de la façon suivante : « En décembre, on a
encore organisé des activités de loisirs pour les paras.
Si cela a pu se faire, c’est que la situation ne devait pas
être tellement grave. » Les informations transmises
notamment par le colonel Marchal et le major Podevijn indiquaient, selon le général-major, « qu’on ne
ressentait pas de véritables problèmes. Toutefois, les
Interahamwe ont provoqué des incidents dans le nord
en décembre et dans le sud, près du Burundi, en
janvier » (3).

De commissie stelt vast dat generaal-majoor
Delhotte de alarmerende berichten uit Kigali
beschouwt als risico’s verbonden aan dergelijke opdracht, terwijl zijn adjunct generaal-majoor Verschoore de situatie in januari als meer uitgesproken
omschreef. De commissie stelt daarenboven vast dat
de generaal-majoor, als hoofd van de militaire inlichtingendienst de verantwoordelijkheid over de inschatting van de dreiging doorschuift naar de operationele troepen ter plaatse, en dit terwijl zijn inlichtingendiensten best geplaatst waren om een volledige
analyse te maken. Generaal-majoor Delhotte verantwoordde zich door voor de commissie te verklaren
dat het niet de taak was van SGR om vals alarm te
slaan vermits : « Op dat moment was er in de inlichtingen waarover wij beschikten geen aanwijzing van een
concreet gevaar. Van bij het begin is er wat provocatie
geweest en werd het belang van Interahamwe overdreven. » Eraan toevoegend dat : « De syntheses en de
appreciatie van SGR werden door geen enkele lokale
autoriteit tegengesproken (...). Als het verslag niet
geloofwaardig was geweest, zou luitenant-generaal
Charlier daar zeker op gereageerd hebben » (4).

La commission constate que le général-major
Delhotte considère que les nouvelles alarmantes en
provenance de Kigali constituent un risque intrinsèque à ce genre de mission, alors que son adjoint général-major Verschoore, a décrit la situation du mois de
janvier comme étant plus grave. La commission constate en outre que le général-major, qui est le chef du
service de renseignements militaire, rend les troupes
opérationnelles sur place responsables de l’appréciation de la menace, alors que ses services de renseignements étaient les mieux placés pour procéder à une
analyse globale. Le général-major Delhotte s’est justifié en déclarant devant la commission qu’il
n’appartient pas au SGR de donner de fausses alarmes, puisqu’ « à l’époque, les renseignements que
nous possédions n’indiquaient pas une menace
précise. Dès le début, il y a eu un peu de provocations
et l’importance des Interahamwe a été exagérée ». Le
général ajoute : « Les synthèses et les appréciations du
SGR n’ont été contredites par aucune autorité locale.
(...) Si le rapport n’avait pas été plausible, il y aurait eu
un choc en retour du lieutenant-général Charlier » (4).

Het is duidelijk dat de inschatting van de dreiging
tegen de Belgische Blauwhelmen niet op een eendui-

Il est évident que la gravité de la menace qui pesait
sur les Casques bleus belges n’a pas été mesurée de

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 150.
(2) Hoorzitting met generaal-majoor Delhotte, CSA, CS,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 203.
(3) Ibidem, blz. 204.
(4) Ibidem, blz. 205.

(1) Ibidem, p. 146.
C.B.A.? CSR, (2) Audition du général-major Delhotte, CRA,
CSR, Sénat, 1996-1997, 21 mars 1997, p. 197.
(3) Ibidem, p. 198.
(4) Ibidem, p. 199.

( 271 )
dige manier is gebeurd. De aanwezige militairen op
het terrein waren zich duidelijk bewust van de gevaren. Dit in tegenstelling tot de leidende officieren in
België die de situatie en de risico’s kenden maar deze
op een andere wijze inschatten. Bovendien stelt men
vast dat ook op het niveau van de Belgische inlichtingendienst en de legerleiding de « meningen » verdeeld
waren. De gebrekkige analyse en de afwezigheid van
evaluatie van de gegevens hebben de verkeerde en
onvolledige beoordelingen op het niveau van de generale staf veroorzaakt. De manke wisselwerking tussen
de verschillende diensten en echelons — « geen feedback » stelde kolonel Marchal — hebben elke objectieve inschatting van de alarmsignalen verhinderd.

1 - 611/7 - 1997/1998

manière univoque. Les officiers présents sur le terrain
connaissaient très bien les dangers. Par contre les officiers supérieurs en Belgique, qui en étaient informés et
les ont appréciés d’une manière différente et en
avaient une autre perception. En outre, l’on constate
qu’au niveau du service de renseignement belge et de
l’état-major, les avis étaient également partagés. C’est
entre autres parce qu’il y avait eu des déficiences dans
l’analyse et l’évaluation des informations qu’il y a eu
des appréciations erronées et incomplètes au niveau
de l’état-major, malgré le fait que celui-ci disposait de
ces informations par d’autres canaux. La mauvaise
interaction entre les divers services et échelons —
« aucun feed-back », a affirmé le colonel Marchal — a
empêché une appréciation objective des signaux
d’alarme.

(2) Door de politieke overheden

(2) Les autorités politiques

a) In Rwanda

a) Au Rwanda

De commissie besteedde tevens aandacht aan de
wijze waarop de Belgische regering aankeek tegen de
talrijke alarmerende berichten die voornamelijk door
de lokale vertegenwoordiger, ambassadeur Swinnen
werden doorgestuurd. In deze paragraaf noteren we
de bevindingen van de politieke beleidsverantwoordelijken gedurende de periode van bij de installatie
van UNAMIR tot aan het drama van 7 april 1994.

La commission s’est intéressée à la manière dont le
Gouvernement belge a perçu les nombreuses informations alarmantes dont la plupart ont été transmises
par le représentant local, l’ambassadeur Swinnen.
Dans le paragraphe visé, nous reprendrons les constatations que les responsables politiques ont faites au
cours de la période qui va de l’installation de la
MINUAR au drame du 7 avril 1994.

Ambassadeur Swinnen die als auteur van ondermeer telex 32 van 13 januari 1994 een plan om Belgische militairen te doden of te verwonden aan België
overmaakte bleef zijn conclusie van de eerste zitting
aanhouden waarbij hij stelde : « Het is een kwestie
van gradatie. We konden toen niet spreken over een
veralgemeend anti-Belgisch klimaat. » (1) Naast de
vraagstellingen over tipgever Jean-Pierre en de kennis
over de concrete dreigingen (zie hoger) peilde de
commissie naar de initiatieven die ambassadeur Swinnen had genomen om de anti-Belgische campagne te
stoppen. Concreet werd aan ambassadeur Swinnen
gevraagd of hij hiervoor ook een beroep had gedaan
op zijn Franse collega’s. Zonder evenwel dieper in te
gaan op de laatste vraag wist de ambassadeur niettemin mee te delen dat : « De anti-Belgische propaganda
kwam meestal aan bod in het kader van onze
bezorgdheid over het anti-pacifistisch klimaat in
bepaalde kringen. Ik bracht het probleem meermaals
ter sprake, met positief resultaat. » (2)

L’ambassadeur Swinnen, qui, en tant qu’auteur du
télex no 32 du 13 janvier 1994, a communiqué à la
Belgique un plan visant à tuer ou à blesser des militaires belges, maintient la conclusion qu’il a formulée au
cours de sa première audition. Il affirmait ce qui suit :
« C’est une question de gradation. À ce moment-là,
nous ne pouvions pas parler d’un climat antibelge
généralisé. » (1) La commission s’est occupée des
questions relatives à l’informateur Jean-Pierre et à la
connaissance des menaces concrètes (voir supra), et
s’est informée sur les initiatives que M. Swinnen avait
prises pour mettre fin à la campagne antibelge.
Concrètement, l’on a demandé à M. Swinnen s’il
avait fait appel, pour ce faire, à ses collègues français.
L’ambassadeur n’a pas répondu de manière approfondie à la dernière question, mais il a déclaré ce qui
suit : « La propagande antibelge était surtout évoquée
dans le cadre de nos inquiétudes au sujet du climat
antipacifiste de certains milieux. J’ai abordé plusieurs
fois ce problème, avec des résultats positifs » (2).

Een belangrijke aanvulling op de talrijke telexen en
briefings die aan Brussel werden bezorgd is de nota
van 26 januari 1994 van ambassadeur Swinnen aan de
minister van Buitenlandse Zaken Claes waarin de

La note que Johan Swinnen adresse, le 26 janvier
1994, au ministre Claes, et dans laquelle il fait le bilan
des relations bilatérales avec le Rwanda au cours de
1993, complète utilement les nombreux télex et brie-

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 226.
(2) Ibidem.

(1) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 222.
(2) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 272 )

ambassadeur een bilan opmaakt van de bilaterale
relaties met Rwanda gedurende 1993. De nota werd
opgesteld door diplomatiek medewerker Philippe
Colyn. Het onderdeel over het aspect van de ontwikkelingssamenwerking werd geschreven door Robert
Schriewer, chef van de afdeling coöperatie. Een
hoofdstuk gewijd aan de militair technische samenwerking met Rwanda was van de hand van kolonel
Vincent, chef van de militair-technische coöperatie en
toegevoegd aan de ambassade als militair adviseur.
In de politieke beschouwingen van de ambassadeur
lezen we : « Les diatribes antibelges des extrémistes
actif au sein de la mouvance MRND-CDR, à
l’occasion du déploiement de la Minuar, nous accusant fallacieusement d’abandon du pays et de complicité avec le FPR au contraire du véritable ami qu’est la
France dont les troupes durent laisser la place à la
Minuar, ne peut que nous conforter dans la justesse
de notre approche, d’autant que les extrémistes récusant le processus d’Arusha ne reçurent pas le soutien
escompté au sein de la population.
Cette manipulation de l’opinion au détriment de
l’image de la Belgique ne devrait cependant pas être
négligée, pas plus que ne doit être sous-estimé le
danger potentiel que représentent les milieux extrémistes appuyés de plus par une partie de l’appareil
d’État et par certains médias ainsi que par des milices
comme les Interahamwe, pour le processus de paix et
d’ouverture politique préconisé et soutenu par notre
diplomatie. » (1)
b) In België
Ambassadeur Swinnen verklaarde voor de
commissie dat het kabinet van Buitenlandse zaken
zijn eerste gesprekspartner was. Daarnaast werden
ook bepaalde andere betrokken regeringsverantwoordelijken en hun departementen en diensten
geı̈nformeerd over de politieke toestand in Rwanda.
In dit hoofdstuk stelt de commissie vast dat de toenemende negatieve stemming tegen de Belgen en tegen
hun aanwezigheid in de UNAMIR althans in extreme
kringen een feit was.De commissie bevestigt het verslag van de ad hoc-groep Rwanda waarin gesteld
wordt dat : « Benevens die specifieke dreiging waren
UNAMIR en de Belgische UNAMIR-troepen, hoewel
zij in het kader van een operatie ’peace-keeping’ en
niet ’peace-making’ naar Rwanda waren gezonden,
vrij vlug na hun aankomst ook het mikpunt van allerlei aanvallen en aanslagen ».

fings qui ont été communiqués à Bruxelles. La note a
été rédigée par le collaborateur diplomatique Philippe
Colyn. Robert Schriewer, chef de la section coopération, est l’auteur de la partie relative à la coopération
au développement. Le chapitre consacré à la coopération technico-militaire avec le Rwanda est de la main
du colonel Vincent, chef de la coopération technique
et militaire et adjoint à l’ambassade en tant que
conseiller militaire.
Dans le cadre de considérations politiques,
l’ambassadeur écrit ce qui suit : « Les diatribes antibelges des extrémistes actifs au sein de la mouvance
MRND-CDR, à l’occasion du déploiement de la
MINUAR, nous accusant fallacieusement d’abandon
du pays et de complicité avec le FPR, au contraire du
véritable ami qu’est la France dont les troupes durent
laisser la place à la MINUAR, ne peuvent que nous
conforter dans la justesse de notre approche, d’autant
que les extrémistes récusant le processus d’Arusha ne
reçurent pas le soutien escompté au sein de la population.
Cette manipulation de l’opinion au détriment de
l’image de la Belgique ne devrait cependant pas être
négligée, pas plus que ne doit être sous-estimé le
danger potentiel que représentent les milieux extrémistes, appuyés de plus par une partie de l’appareil
d’État et par certains médias, ainsi que par des milices
comme les Interahamwe, pour le processus de paix et
d’ouverture politique préconisé et soutenu par notre
diplomatie » (1).

Het eerste incident vond plaats op 2 december 1993
waarbij een patrouille van UNAMIR in het noorden
van Rwanda werd aangevallen en beschoten.

b) En Belgique
L’ambassadeur Swinnen a déclaré devant la
commission que le cabinet des Affaires étrangères
était son premier interlocuteur. En plus du cabinet,
certains autres responsables gouvernementaux
concernés et leurs départements et services ont également été informés de la situation politique au
Rwanda. Dans ce chapitre, la commission constate
que l’attitude de plus en plus négative à l’égard des
Belges et de leur présence dans la MINUAR était un
fait, du moins dans les milieux extrémistes. La
commission confirme ce qui a été dit dans le rapport
du groupe ad hoc, où l’on peut lire que : « En plus de
cette menace spécifique, la MINUAR et les troupes
belges de la MINUAR , bien qu’elles fussent envoyées
au Rwanda dans le cadre d’une opération de
« peacekeeping » et non pas de « peacemaking », sont
devenues la cible d’attaques et d’attentats de tous
genres très vite après leur arrivée. »
Le premier incident a eu lieu le 2 décembre 1993, on
a attaqué et mitraillé une patrouille de la MINUAR
dans le nord du Rwanda.

——————

——————

(1) Rwanda, Jaarverslag over de bilaterale relaties van
ambassadeur Swinnen aan Willy Claes, januari 1994.

(1) Rwanda — rapport annuel sur les relations bilatérales
1993 — janvier 1994 — de l’ambassadeur Swinnen adressé à
Willy Claes.

( 273 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De commissie stelt evenwel vast dat de inschatting
van de gebeurtenissen op uiteenlopende wijze
gebeurde en dat ook hier de informatiedoorstroming
vanuit Kigali naar de kabinetten verschillend is en de
communicatie en de wisselwerking tussen de verschillende kabinetten enerzijds en de samenwerking met
de militaire overheden anderzijds gebrekkig was.

La commission constate toutefois que l’évaluation
des événements s’est faite d’une manière divergente,
qu’ici aussi, la transmission d’informations aux cabinets depuis Kigali diffère et que la communication et
l’interaction entre les différents cabinets, d’une part,
et la collaboration avec les autorités militaires,
d’autre part, étaient déficientes.

Gevraagd naar de aandacht die de ministerraad
besteedde aan de berichten over de dreigingen die ons
land mocht ontvangen tijdens de operatie in Rwanda
antwoordde premier Dehaene op de zitting van
26 juni : « Les opérations se font au niveau des départements concernés. Ils doivent voir s’il y a des éléments à transmettre au Conseil des ministres » (1) In
verband met de ernst van de dreiging stelde de premier : « Il n’y a pas eu de communication dans ce sens
à cet époque. » (...) « A l’ordre du jour du Conseil des
ministres, il y a toujours le point communication du
ministre des Affaires étrangères. » (...) « Régulièrement, le ministre des Affaires étrangères fait une
communication générale et informe le Conseil des
ministres sur certains points. » De eerste minister
voegde hier aan toe dat : « Il est vrai que M. Claes a
régulièrement parlé, entre autres, des caches d’armes.
Je travaille sur base de ce qui a été repris dans les notules. M. Claes a régulièrement parlé de deux choses, ses
contacts avec les Nations unies pour renforcer le
mandat et le fait que les caches d’armes étaient connues. » (2)

Interrogé à propos de l’attention que le Conseil des
ministres a accordée aux nouvelles concernant les
menaces lancées contre notre pays au cours de
l’opération au Rwanda, le Premier ministre Dehaene
a répondu comme suit, au cours de la séance du
26 juin : « Les opérations se font au niveau des départements concernés. Ils doivent voir s’il y a des
éléments à transmettre au Conseil des ministres » (1).
À propos de la gravité de la menace, le Premier ministre a fait la déclaration suivante : « Il n’y a pas eu de
communication dans ce sens à cette époque. » (...) « À
l’ordre du jour du Conseil des ministres, il y a
toujours le point communication du ministre des
Affaires étrangères. » (...) « Régulièrement, le ministre
des Affaires étrangères fait une communication générale et informe le Conseil des ministres sur certains
points. » Le Premier ministre ajoute : « Il est vrai que
M. Claes a régulièrement parlé, entre autres, des
caches d’armes. Je travaille sur base de ce qui a été
repris dans les notules. M. Claes a régulièrement parlé
de deux choses, ses contacts avec les Nations unies
pour renforcer le mandat et le fait que les caches
d’armes étaient connues » (2).

En ook op de vraag wat Eerste minister Jean-Luc
Dehaene tijdens de operatie zelf wist van de
bestaande dreiging tegen de Belgische Blauwhelmen
en of de minister van Buitenlandse zaken indertijd de
telex van 11 januari 1994 waarin sprake is van de
informatie van Jean-Pierre over een mogelijk uitroeiingsplan van de Tutsi’s en een moordplan op de
Belgen had voorgelegd op de Ministerraad
antwoordde de premier : « Over dit specifieke, niet in
mijn bijzijn. » (3)

À la question de savoir ce que le Premier ministre
Dehaene savait lui-même, au moment de l’opération,
de la menace qui pesait sur les Casques bleus belges et
si le ministre des Affaires étrangères avait parlé à
l’époque, en Conseil des ministres, du télex du
11 janvier 1994 dans lequel il était question de
l’information de Jean-Pierre concernant un éventuel
plan d’extermination des Tutsis et un plan
d’assassinat des Belges, le Premier ministre a répondu
à ce sujet : « Over dit specifieke, niet in mijn
bijzijn » (3).

De heer Leo Delcroix, gewezen minister van
Landsverdediging nuanceerde de berichten over de
dreiging tegen de Belgische Blauwhelmen. Op basis
van de gegevens waar hij indertijd de toegang tot
kreeg stelde de gewezen minister dat men : « In België
er op alle niveau’s van overtuigd was dat er geen acuut
gevaar was. Sommige informanten, zoals kolonel
Vincent hadden goede contacten met de militaire
overheid en met de Rwandese gendarmerie. Volgens
al die informanten genoten wij van de nodige credibiliteit. Er is geen enkele situatie geweest waarbij Belgi-

M. Leo Delcroix, l’ancien ministre de la Défense
nationale, a nuancé l’importance des messages qui
faisaient état de menaces contre les Casques bleus
belges. Se fondant sur les informations auxquelles il
avait eu accès à l’époque, l’ancien ministre a déclaré
ce qui suit : « En Belgique, on était convaincu, à tous
les niveaux, qu’il n’y avait pas de danger imminent.
Certains informateurs, comme le colonel Vincent,
entretenaient de bons contacts avec les autorités militaires et avec la gendarmerie rwandaise. Selon tous ces
informateurs, nous bénéficiions de la crédibilité

——————

——————

(1) Hoorzitting met Eerste minister Jean-Luc Dehaene,
POR, Senaat, 1996-1997, 26 juni 1997, PV, blz. 2/1 en 2/2.
(2) Ibidem, blz. 2/2-2/4 .
(3) Ibidem,, blz. 8/5.

(1) Audition du Premier ministre Jean-Luc Dehaene, CER,
Sénat, 1996-1997, 26 juin 1997, PV, pp. 2/1 et 2/2.
(2) Ibidem, pp. 2/2- 2/4.
(3) Ibidem, p. 8/5.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 274 )

sche militairen in levensgevaar hebben verkeerd.
Voor april zijn er nooit gewonden of doden gevallen.
De situatie in Kigali werd in Evere niet als acuut
gepercipieerd. Bovendien krioelde het in Kigali van
Belgische journalisten en cameramensen. Ik heb van
hen nooit gehoord dat er gevaar dreigde. Er was dus
een harde kern van extremisten waarvan we de slagkracht hebben onderschat. Ik ben het daarom eens
met kolonel Vincent waar hij zegt dat het antiBelgisch klimaat vooral een instrument was dat op het
politieke niveau werd gehanteerd. » (1)

nécessaire. La vie des militaires belges n’a été mise en
danger dans aucune situation. Avant le mois d’avril, il
n’y a jamais eu ni de morts ni de blessés. La situation à
Kigali ne fut pas perçue à Evere comme représentant
un danger aigu. De plus, il y avait un grand nombre de
journalistes et de cameramen belges à Kigali. Je ne les
ai jamais entendu dire que la situation était dangereuse. Il y avait donc un noyau dur d’extrémistes dont
nous avions sous-estimé la détermination. C’est pourquoi j’estime, comme le colonel Vincent, que le climat
antibelge était surtout un instrument utilisé au niveau
politique » (1).

De heer Delcroix situeerde het anti-Belgicisme in
extremistische en anti-pacifistische milieus : « In
extreme kringen waren er inderdaad een aantal personen die geen machtsdeling wensten en die de Arushaakkoorden boycotten. Ze uitten ook hun ongenoegen
over de Belgische houding in het verleden. Het is
echter niet juist om deze mening van extreme groepen
op de hele bevolking van Kigali en Rwanda te projecteren. » (2)

M. Delcroix situait l’attitude antibelge dans les
milieux extrémistes et antipacifistes : « Dans les
milieux extrémistes, il y avait effectivement des
personnes qui ne souhaitaient pas de partage du
pouvoir et qui boycottaient les accords d’Arusha.
Elles exprimaient également leur mécontentement au
sujet de l’attitude que la Belgique avait adoptée dans
le passé. Il serait toutefois erroné d’attribuer cette
opinion, que l’on trouvait dans des groupes extrémistes, à l’ensemble de la population de Kigali et du
Rwanda » (2).

Later zal de heer Delcroix op de zitting van 18 juni
1997 erkennen dat : « Op uw vraag wat er niet gefunctioneerd heeft, moet ik antwoorden dat wij allemaal,
zowel de politici als de militairen hier, in New York
en Kigali, een verkeerde inschatting hebben gemaakt
van de krachten rond extremistische Hutufiguren. » (3)

Au cours de la réunion du 18 juin 1997,
M. Delcroix sera d’accord pour reconnaı̂tre ce qui
suit : « Op uw vraag wat er niet gefunctioneerd heeft,
moet ik antwoorden dat wij allemaal, zowel de politici als de militairen hier, in New York en Kigali, een
verkeerde inschatting hebben gemaakt van de
krachten rond extremistische Hutufiguren »(3).

De minister kon zich tijdens de operatie in Rwanda
op basis van de documenten die hem werden bezorgd
een beeld vormen van de omvang van de Belgische
dreiging. De heer Delcroix, hierover : « De meeste
dreigementen stonden vermeld in de telexen van de
ambassade. Daarnaast waren er ook vermeldingen in
de SGR-verslagen. (...) Vooral de verslagen vanuit de
ambassade verwoordden de dreigementen terwijl de
SGR-verslagen een eerder relativerende toon hadden.
(...) De bedreigingen werden dan ook gerelativeerd,
zeker van militaire zijde. » (4)

Lors de l’opération au Rwanda, le ministre a pu se
faire, sur la base des documents qui lui étaient transmis, une idée de l’ampleur de la menace qui pesait sur
les Belges. « De meeste dreigementen stonden vermeld
in de telexen van de ambassade. Daarnaast waren er
ook vermeldingen in de SGR-verslagen. (...) Vooral
de verslagen vanuit de ambassade verwoordden de
dreigementen terwijl de SGR-verslagen een eerder
relativerende toon hadden. (...) De bedreigingen
werden dan ook gerelativeerd, zeker van militaire
zijde »(4).

Tijdens zijn laatste verhoor door de commissie op
18 juni zal de heer Delcroix herhalen : « Vooral de verslagen vanuit de ambassade verwoordden de dreigementen terwijl de SGR-verslagen een eerder relativerende toon hadden. Het kabinet en de generale staf
hadden de indruk dat de bedreigingen eerder moesten
worden geı̈nterpreteerd als aankondigingen. In negen
van de tien gevallen kwam er van de aangekondigde

Au cours de sa dernière audition par la commission, le 18 juin, M. Delcroix répétera ce qui suit :
« Vooral de verslagen vanuit de ambassade verwoordden de dreigementen terwijl de SGR-verslagen een
eerder relativerende toon hadden. Het kabinet en de
generale staf hadden de indruk dat de bedreigingen
eerder moesten worden geı̈nterpreteerd als aankondigingen. In negen van de tien gevallen kwam er van de

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 266.
(2) Ibidem, blz. 260.
(3) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, blz. 24/8 en 24/9.
(4) Ibidem, blz. 19/3 en 19/4.

(1) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 260.
(2) Ibidem, p. 254.
(3) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV,
pp. 24/8 et 24/9.
(4) Ibidem, pp. 19/3 et 19/4.

( 275 )

1 - 611/7 - 1997/1998

actie niets in huis. » (1) Op de vraag hoe de gewezen
minister had gereageerd op het verslag van 2 februari
1994 waarin aanvallen op de Belgische troepen
worden vermeld antwoordde de heer Delcroix dat :
« Men moet de documenten van de SGR altijd in hun
totaliteit lezen. (...) Het belangrijkste in de documenten van de SGR is echter niet de informatie, niet het
eerste gedeelte, maar wel het tweede, namelijk de
commentaren. (...) De informatie die wordt aangehaald, moet men in een bredere context zetten. In het
tweede deel wordt de informatie gerelativeerd. (...)
Het is dus een beetje geven en nemen, zodat er bij het
ontvangen van het document ook niet meteen algemeen alarm is geslagen. (...) Nog vóór de heer Hock
zijn rapport had bezorgd, had kolonel Vincent reeds
demarches gedaan bij de twee chefs van de generale
staf. Zowel de heer Claes als ikzelf begonnen ons toen
vragen te stellen over de impasse. In dezelfde periode
werden ook de bezoeken vastgelegd. (...) We wilden
kijken hoe ernstig de dreiging was en hoe de soldaten
ter plaatse dit alles aanvoelden. Wij hebben de informatie dus genoteerd, maar noch door politici, noch
door militairen, noch in Evere, noch in Kigali, werd er
groot alarm geslagen (...) In Rwanda werd er aangekondigd dat er iets zou gebeuren, maar de bewuste
datum ging voorbij zonder dat er echt iets gebeurde.
Er werden dus zeer veel loze dreigingen geuit. (...) In
Rwanda voelde men de situatie niet echt als bedreigend aan. Ook tijdens mijn bezoek hebben de militairen ter plaatse dat gezegd. » (2) « Globaal gesteld
waren er zowel verontrustende als relativerende
berichten. Achteraf bekeken kom ik ook tot het
besluit dat we de zaak hebben onderschat » (3).

aangekondigde actie niets in huis » (1). Interrogé sur
sa réaction face au rapport du 2 février 1994 qui faisait
état d’attaques contre les troupes belges, l’ancien ministre Delcroix a répondu comme suit : « Men moet de
documenten van de SGR altijd in hun totaliteit lezen.
(...) Het belangrijkste in de documenten van de SGR is
echter niet de informatie, niet het eerste gedeelte,
maar wel het tweede, namelijk de commentaren. (...)
De informatie die wordt aangehaald, moet men in een
bredere context zetten. In het tweede deel wordt de
informatie gerelativeerd. (...) Het is dus een beetje
geven en nemen, zodat er bij het ontvangen van het
document ook niet meteen algemeen alarm is geslagen. (...) Nog vóór de heer Hock zijn rapport had
bezorgd, had kolonel Vincent reeds demarches
gedaan bij de twee chefs van de generale staf. Zowel
de heer Claes als ikzelf begonnen ons toen vragen te
stellen over de impasse. In dezelfde periode werden
ook de bezoeken vastgelegd. (...) We wilden kijken
hoe ernstig de dreiging was en hoe de soldaten ter
plaatse dit alles aanvoelden. Wij hebben de informatie dus genoteerd, maar noch door politici, noch door
militairen, noch in Evere, noch in Kigali, werd er
groot alarm geslagen (...) In Rwanda werd er aangekondigd dat er iets zou gebeuren, maar de bewuste
datum ging voorbij zonder dat er echt iets gebeurde.
Er werden dus zeer veel loze dreigingen geuit. (...) In
Rwanda voelde men de situatie niet echt als bedreigend aan. Ook tijdens mijn bezoek hebben de militairen ter plaatse dat gezegd » (2). « Dans l’ensemble, il
y avait aussi bien des messages alarmants que des
messages relativisants. Avec le recul, je constate qu’on
a sous-estimé la situation »(3).

De heer Leo Delcroix verduidelijkt zijn toenmalige
onderschatting van de anti-Belgische campagne en de
risico’s voor de Belgen in Rwanda onder meer door te
stellen dat hij niet naar Kigali zou zijn vertrokken
indien er een vijandig klimaat tegen de Belgen
bestond : « Het zou niet in ons opgekomen zijn een
delegatie van 65 personen daar vier dagen te laten verblijven, als wij hadden geweten dat er voor ons als
Belgen een groot gevaar dreigde of als we verwachtten
dat er elke dag zware incidenten of een genocide
hadden kunnen uitbreken. Ook ter plaatse kan ik mij
niet herinneren dat de delegatieleden het gevoel
hadden zich in een risicovolle situatie te bevinden. In
de briefing aan de deelnemers werd erop gewezen dat
er in de loop van de weken voordien enkele moorden
en incidenten waren geweest, dat er wapens werden
uitgedeeld aan de bevolking, dat er opleidingskampen waren voor milities, dat er incidenten waren tussen het RPF en de president, dat de Belgische Blauwhelmen het voorwerp waren van kritiek, dat Dallaire

M. Delcroix précise l’appréciation qu’il avait faite
à l’époque des messages concernant une campagne
antibelge et les risques que les Belges couraient au
Rwanda en déclarant notamment qu’il ne se serait pas
rendu à Kigali si le climat avait été antibelge. « Il ne
nous serait pas venu à l’esprit de laisser une délégation
de 65 personnes sur place pendant quatre jours, si
nous avions su que cela représentait un grand danger
pour nous en tant que Belges ou si nous nous étions
attendus à des incidents sérieux ou à un génocide. Je
ne me rappelle pas que les membres de la délégation
aient eu le sentiment de se trouver dans une situation
dangereuse. Le briefing à l’adresse des membres de la
délégation précisait qu’il y avait eu quelques assassinats et des incidents au cours des semaines précédentes, que des armes avaient été distribuées à la population, qu’il y avait des camps d’entraînement pour les
milices, qu’il y avait des incidents entre le FPR et le
président, que les Casques bleus belges faisaient
l’objet de critiques, que Dallaire connaissait insuffi-

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 19/3 en 19/4.
(2) Ibidem, blz. 22/1-22/4 en blz. 22/8-22/10.
(3) Hoorzitting met de heer. Delcroix, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 260.

(1) Ibidem, pp. 19/3 et 19/4.
(2) Ibidem, pp. 22/1-22/4 et pp. 22/8-22/10.
(3) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 254.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 276 )

Afrika onvoldoende kende, dat er spanningen waren
binnen de UNAMIR. » (1)

samment l’Afrique et qu’il y avait des tensions au sein
de la MINUAR »(1).

Ook tijdens zijn verblijf had minister Delcroix niet
de indruk dat de Belgen in Rwanda een bijzonder
gevaar liepen. De heer Delcroix : « Alle leden van onze
delegatie (...) hebben daar in alle vrijheid kunnen
rondlopen, ook ’s avonds. (...) Zo risicovol was de
situatie dan ook weer niet. Er gebeurden uiteraard
ook wel gewelddadigheden, zowat overal in Rwanda.
Ook was het algemeen bekend dat er doodseskaders
bestonden. » (2) « Ik herinner mij bijvoorbeeld een
gesprek met mevrouw Agathe, de eerste minister. (...)
Zij heeft gezegd dat er weliswaar vanuit beperkte
hoek kritiek kwam op de Belgische militairen, maar
dat dit streng beperkt bleef tot de CDR, MRND en de
Interahamwe. Het was geen veralgemeend gevoel dat
leefde in andere partijen of bij de bevolking ». (3)

Au cours de son séjour, M. Delcroix n’a pas davantage eu l’impression que les Belges couraient un
danger particulier au Rwanda. À ce propos,
M. Delcroix déclara ce qui suit : « Alle leden van onze
delegatie (...) hebben daar in alle vrijheid kunnen
rondlopen, ook ’s avonds. (...) Zo risicovol was de
situatie dan ook weer niet. Er gebeurden uiteraard
ook wel gewelddadigheden, zowat overal in Rwanda.
Ook was het algemeen bekend dat er doodseskaders
bestonden » (2). « Ik herinner mij bijvoorbeeld een
gesprek met mevrouw Agathe, de eerste minister. (...)
Zij heeft gezegd dat er weliswaar vanuit beperkte
hoek kritiek kwam op de Belgische militairen, maar
dat dit streng beperkt bleef tot de CDR, MRND en de
Interahamwe. Het was geen veralgemeend gevoel dat
leefde in andere partijen of bij de bevolking »(3).

Desalniettemin zal de heer Delcroix tijdens zijn
verblijf in Rwanda in een onderhoud met de president
vragen dat deze : « een domper laat zetten op het antiBelgisch gestook van een radiozender die blijkbaar
vanuit zijn invloedssfeer opereert. « De liefde kan
nooit van één kant alleen komen » zei de heer Delcroix, die veklaarde dat hij Habyarimana « onder vier
ogen zijn waarheid zegde » (4). Tijdens de zitting van
18 juni 1997 zei Delcroix hierover : « Nadat we daarover hadden gesproken hebben we over Radio Mille
Collines gesproken; ik heb dat onderwerp aangebracht. Zowel voor onze militairen als voor de politieke en publieke opinie in België was het een steen
des aanstoots dat die radio systematisch tegen de
Belgen, de militairen en de diplomatie, op hatelijke
wijze van leer trok. Ik heb hem gevraagd om zijn
invloed aan te wenden om dat te temperen en terug in
goede banen te leiden ». (5)

Au cours de son séjour au Rwanda, M. Delcroix
demandera néanmoins, lors d’un entretien avec le
président, que celui-ci « mette fin aux menées antibelges d’un émetteur radio qui opère manifestement
dans son entourage. » « L’amour ne peut jamais venir
d’un seul côté », a dit M. Delcroix, qui a prétendu
avoir dit, en privé, « ses quatre vérités à Habyarimana » (4). Au cours de la réunion du 18 juin 1997,
M. Delcroix a déclaré à ce sujet : « Nadat we daarover
hadden gesproken hebben we over Radio Mille Collines gesproken, ik heb dat onderwerp aangebracht.
Zowel voor onze militairen als voor de politieke en
publieke opinie in België was het een steen des aanstoots dat die radio systematisch tegen de Belgen, de
militairen en de diplomatie, op hatelijke wijze van
leer trok. Ik heb hem gevraagd om zijn invloed aan te
wenden om dat te temperen en terug in goede banen te
leiden » (5).

Gevraagd naar de stappen die de minister had gezet
na ontvangst van de nota van SGR van 2 februari
1994, waarin onder meer de informatie van telex 32
van 13 januari 1994 was opgenomen, antwoordde de
heer Delcroix dat de nota weliswaar besproken was
op zijn kabinet : « Wellicht heb ik dat eerst beproken
met mijn kabinetschef. Natuurlijk wordt dan de hele
nota doorgenomen, ook het relativerend gedeelte.
Wat ik wel weet is dat wij toen geen groot alarm
hebben geblazen, dat wij zeker niet in paniek zijn

Interrogé à propos des mesures que le ministre avait
prises après réception de la note du SGR du 2 février
1994, laquelle reprenait notamment les informations
que contenait le télex no 32 du 13 janvier 1994,
M. Delcroix a répondu qu’il avait effectivement parlé
de la note avec son cabinet : « Wellicht heb ik dat eerst
beproken met mijn kabinetschef. Natuurlijk wordt
dan de hele nota doorgenomen, ook het relativerend
gedeelte. Wat ik wel weet is dat wij toen geen groot
alarm hebben geblazen, dat wij zeker niet in paniek

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 265.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, 1997, PV, blz. 24/6.
(3) Ibidem, blz. 32/2 en 32/3.
(4) De Standaard, 14 maart 1994, Luc Neuckermans,
« Delcroix roept Rwandese president Habyarimana tot de
orde ».
(5) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, blz. 27/6 en 27/7.

(1) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 259.
(2) Ibidem, 16 mars 1997, p. 259.
(3) Ibidem, pp. 32/2 et 32/3.
(4) De Standaard, 14 mars 1994, Luc Neuckermans,
« Delcroix roept Rwandese president Habyarimana tot de
orde ».
(5) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV,
pp. 27/6 et 27/7.

( 277 )

1 - 611/7 - 1997/1998

geslagen vanuit de schrik dat de Belgische soldaten in
acuut gevaar verkeerden. Dat was zeker niet het
gevoel dat wij toen hadden. » (...) « Dat gevoel was er
ook niet in Evere, op Quatre Bras of in New York.
Waarschijnlijk hebben wij ons allemaal samen vergist, op al die verschillende plaatsen. » (1)

zijn geslagen vanuit de schrik dat de Belgische soldaten in acuut gevaar verkeerden. Dat was zeker niet het
gevoel dat wij toen hadden. » (...) « Dat gevoel was er
ook niet in Evere, op Quatre Bras of in New York.
Waarschijnlijk hebben wij ons allemaal samen
vergist, op al die verschillende plaatsen. » (1)

Ondanks eerdere verklaringen in de RTBFdocumentaire uit 1996 : « Les Oubliés de Kigali » waar
Delcroix stelde niet op de hoogte te zijn van de informatie van Jean-Pierre via telex 32 : « Wel dat rapport
denk ik niet dat ik gelezen heb, ik herinner mij dat
toch niet, en het is ook niet zo dat generaal Dallaire
ons daar rechtstreeks over gesproken heeft. » (2) Verklaarde de gewezen minister van Landsverdediging
op de zitting van 18 juni 1997 dat hij : « Ik vermoed
van wel, zeker telex nummer 32 van 13 januari. » (3)

En dépit des déclarations qu’il avait faites antérieurement, en 1996, pour le documentaire de la RTBF
« Les oubliés de Kigali », selon lesquelles il n’était pas
au courant des informations qui avaient été livrées
par Jean-Pierre et communiquées par le télex no 32 :
« Je ne pense pas que j’ai lu ce rapport. En tout cas, je
ne m’en souviens pas et le général Dallaire ne nous en
a pas non plus parlé directement » (2), l’ancien ministre de la Défense nationale a dit, au cours de
l’audition du 18 juin 1997 : « Ik vermoed van wel,
zeker telex nummer 32 van 13 januari » (3).

Deze informatie werd reeds eerder bevestigd door
luitenant-generaal Schellemans, de gewezen kabinetschef van Delcroix, die op 12 maart 1997 voor de bijzondere commissie verklaarde : « Voor zover ik mij
herinner zijn er berichten van een zekere Jean-Pierre
op het kabinet terechtgekomen... volgens mij heeft de
minister die berichten gelezen. » (4) De gewezen kabinetschef die voor de minister de relevante boodschappen uit de Intsums en Intreps rapporteerde, zei
dat : « de minister de bewuste nota van 11 januari
moest gezien hebben. » (5)

Cette information avait déjà été confirmée par le
luitenant-général major Schellemans, l’ancien chef de
cabinet de M. Delcroix, qui, le 12 mars 1997, avait
fait la déclaration suivante devant la commission
spéciale : « Pour autant que je me souvienne, le cabinet
a reçu des messages d’un certain Jean-Pierre ... À mon
avis, le ministre a lu ces messages » (4). L’ancien chef
de cabinet, qui rapportait au ministre les messages
pertinents émanant des INTSUMS et INTREPS, a
déclaré « Le ministre doit avoir vu la note en question
du 11 janvier » (5).

« Ik heb inderdaad rapporten van de bewuste informant gezien. Er werd hierover geen fiche opgemaakt,
omdat de minister de documenten die ik had gezien
ook in zijn bezit kreeg. » (6)

« J’ai effectivement vu les rapports de l’informateur
en question. On n’en a pas fait de fiche, parce que le
ministre recevait également les documents que j’avais
reçus » (6).

Luitenant-generaal Schellemans bevestigt de
appreciatie van zijn minister betreffende het belang
van de berichten over de dreiging tegen de Belgische
Blauwhelmen :

Le lieutenant-général Schellemans confirme
l’appréciation de son ministre concernant l’importance des messages relatifs à la menace contre les
Casques bleus belges.

Schellemans verklaarde : « Het kabinet was op de
hoogte van berichten over anti-Belgische uitspraken
en acties. Deze berichten werden echter nooit zo alarmerend geacht dat men dacht aan moorden of genocide. We kregen inlichtingen over bedreigingen, maar
die werden niet als zeer gevaarlijk ingeschat. In tegenstelling tot Somalië waren er in Rwanda nog geen

Schellemans déclare : « Le cabinet était au courant
des communiqués concernant des déclarations et des
actions anti belges. Toutefois, ces communiqués
n’ont jamais été jugés à ce point alarmants qu’on
pouvait penser à des meurtres ou à un génocide. Nous
étions informés des menaces, mais celles-ci n’étaient
pas considérées comme très dangereuses. Contraire-

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 34/14 en 34/15.
(2) Émission RTBF; Les oubliés de Kigali, 1996.
(3) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, blz. 34/9.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 153.
(5) Ibidem, blz. 154.
(6) Ibidem, blz. 154.

(1) Ibidem, pp. 34/14 et 34/15.
(2) Émission RTBF; Les oubliés de Kigali, 1996.
(3) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV,
p. 34/9.
(4) Audition du lieutenant-général Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 150.
(5) Ibidem, p. 151.
(6) Ibidem, p. 151.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 278 )

doden of gekwetsten gevallen bij de Belgische Blauwhelmen. Uiteraard dreigde RTLM met acties. » (1)

ment à la Somalie, il n’y avait pas encore eu au
Rwanda de morts ou de blessés parmi les Casques
bleus belges. RTLM menaçait évidemment de mener
des actions » (1).

« Er zijn verschillende briefings met de minister
gehouden op verschillende echelons. Het antiBelgische klimaat is nooit ter sprake gekomen. »

« Il y eut plusieurs briefings avec le ministre à différents échelons. Il n’y fut jamais question du climat
antibelge. »

Ook tijdens zijn tweede hoorzitting op vrijdag
18 april 1997 ging voormalig minister Willy Claes
dieper in op het al dan niet bestaan van een antiBelgisch klimaat in Rwanda na 19 november 1993.
Volgens de minister : « bestond er gevaar, maar het is
niet realistisch te gewagen van een algemeen antiBelgisch klimaat » (2). Nog steeds volgens de gewezen minister moesten de anti-belgische aanvallen
toegeschreven worden aan : « een kleine politieke
partij, het CDR, en de Interahamwe » (3).

Par ailleurs, lors de sa deuxième audition, le
vendredi 18 avril 1997, l’ancien ministre Willy Claes
s’est attardé sur la question de savoir s’il existait ou
non un climat antibelge au Rwanda après le
19 novembre 1993. Selon lui, « il y avait un danger,
mais il n’est pas réaliste d’affirmer qu’il y avait un
climat anti belge généralisé » (2). Toujours d’après
l’ancien ministre, les attaques visant les Belges
devaient être attribuées à « un petit parti politique, le
CDR, et des Interahamwe » (3).

(3) Andere informatiestromen

(3) Autres sources d’information

Ter bevestiging van de getuigenissen die werden
aangebracht door de Belgische officieren die deel uitmaakten van UNAMIR en van de getuigenissen van
politici stelt de commissie vast dat daarnaast ook
andere autoriteiten getuigden van een toenemend
anti-belgisch klimaat althans in extremistische Hutu
kringen tegen de Belgische aanwezigheid in het algemeen en de deelname van Belgische blauwhelmen aan
UNAMIR in het bijzonder.

À l’appui des témoignages des officiers belges
membres de la MINUAR et de ceux des hommes politiques, la commission constate que d’autres autorités
ont également témoigné de l’exacerbation d’un climat
anti belge, en tout cas dans des milieux extrémistes
hutus dirigés contre la présence belge en général et
contre la participation de Casques bleus belges à la
MINUAR en particulier.

Gevraagd naar de inschatting van de dreiging tegen
de Belgen in het algemeen en de Belgische blauwhelmen in het bijzonder bevestigden een aantal getuigen
de risico’s en de gevaren waar de Belgen werden aan
blootgesteld.

Interrogés à propos des menaces qui pesaient sur les
Belges en général et sur les Casques bleus belges en
particulier, une série de témoins ont confirmé
l’existence de risques et de dangers pour eux. D’autres
témoins ont souligné que la présence des troupes
belges suscitait des sentiments ambigus.

— Alison DesForges (Human Right Watch), daarentegen, getuigde dat er wel degelijk aanwijzingen
waren over een bestaande campagne tegen de Belgische deelname aan UNAMIR :

— Alison DesForges (Human Rights Watch), par
contre, a affirmé dans son témoignage qu’il y avait bel
et bien des indices montrant l’existence d’une campagne contre la participation de la Belgique à la
MINUAR :

« Zodra UNAMIR in Rwanda was aangekomen
had ze met moeilijkheden te kampen. Een vrachtwagen van het Belgische rode Kruis werd onder vuur
genomen en op 2 december werden Belgische para’s
van UNAMIR een eerste keer aangevallen. (...)

« Dès son installation au Rwanda, la MINUAR
rencontra des difficultés. Un camion de la CroixRouge belge fut pris pour cible et, le 2 décembre, une
première attaque prenait pour cibles les paras belges
de la MINUAR (...).

Op dat ogenblik zwelt ook de haatcampagne tegen
de Tutsi’s, de politieke opposanten en de Belgische

C’est à cette époque que s’intensifie la propagande
haineuse contre les Tutsis, les opposants politiques et

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 152.
(2) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 18 april 1997, blz. 311.
(3) Ibidem, blz. 311.

(1) Ibidem, p. 149.
(2) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
18 avril 1997, p. 305.
(3) Ibidem, p. 305.

( 279 )

1 - 611/7 - 1997/1998

troepen van UNAMIR aan. U heeft daar wellicht
reeds de bewijzen van gezien. De pornografische en
gewelddadige karikaturen van de Belgische militairen
in de kranten van die periode is echter een bijkomend
element. Daarnaar wordt overvloedig verwezen in het
werk van Jean-Pierre Chrétien en zijn medewerkers. » (1)

les troupes belges de la MINUAR . Vous en avez sûrement déjà les preuves. Mais l’importance des caricatures pornographiques et violentes qui représentaient
les militaires belges dans les journaux de l’époque
apporte un élément supplémentaire. On trouve des
références en abondance dans le travail de Jean-Pierre
Chrétien et de ses collaborateurs » (1).

— Mevrouw Astri Suhrke, rapporteur van « The
joint evaluation of emergency assistance to Ruanda » :

— Mme Astri Suhrke, rapporteuse du rapport
« The joint evaluation of emergency assistance to
Ruanda » :

« Er waren zowel anti-Belgische als anti-UNAMIRgevoelens. Uit verschillende bronnen blijkt duidelijk
dat er een anti-Belgisch gevoel heerste. Het is echter
moeilijk de beide soorten gevoelens uit elkaar te
houden ».(2)

« Les deux aspects antibelges et anti-MINUAR se
sont exprimés. Différentes sources montrent clairement qu’il y avait un sentiment antibelge. Il est cependant difficile de démêler les deux types de sentiments »(2).

— Leonidas Rusatira, brigadegeneraal van de
FAR, herinnerde tijdens zijn ondervraging door de
commissie aan de weigering van België om in 1990
wapens te leveren.

— Le général de brigade Leonidas Rusatira a
rappelé, au cours de son audition devant la commission, le refus de la Belgique de livrer des armes en
1990.

« Effectivement, en 1990, j’ai été hostile au retrait
de la Belgique, des troupes belges mais ce n’était pas
hostile à la Belgique. Si donc je souhaitais qu’ils
restent, ce n’est pas de l’hostilité. Chez les Rwandais,
en général, le même sentiment régnait pour que la
Belgique se retire. En 1990 ce n’était donc pas de
l’hostilité puisqu’on voulait que la Belgique reste et
qu’elle laisse passer nos munitions.

« Effectivement, en 1990, j’ai été hostile au retrait
de la Belgique, des troupes belges mais ce n’était pas
hostile à la Belgique. Si donc je souhaitais qu’ils
restent, ce n’est pas de l’hostilité. Chez les Rwandais,
en général, le même sentiment régnait pour que la
Belgique se retire. En 1990 ce n’était donc pas de
l’hostilité puisqu’on voulait que la Belgique reste et
qu’elle laisse passer nos munitions.

La décision de l’époque a été prise mais il est clair
qu’on avait cherché des solutions de rechange pour
faire rencontrer au Rwandais pour arrêter les
combats et pour arrêter ainsi les soupçons du pays.

La décision de l’époque a été prise mais il est clair
qu’on avait cherché des solutions de rechange pour
faire rencontrer au Rwandais pour arrêter les
combats et pour arrêter ainsi les soupçons du pays.

S’il y avait le rejet de cette solution, pourquoi la
guerre s’arrête. Ce ne sont pas mes militaires qui
auraient préféré la guerre, la solution que la Belgique
était en train de chercher était, si elle avait été atteinte,
la meilleure, malheureusement elle n’a pas réussi et la
guerre a continué. »

S’il y avait le rejet de cette solution, pourquoi la
guerre s’arrête. Ce ne sont pas mes militaires qui
auraient préféré la guerre, la solution que la Belgique
était en train de chercher était, si elle avait été atteinte,
la meilleure, malheureusement elle n’a pas réussi et la
guerre a continué. »

« Er was geen anti-Belgisch gevoel maar wel een
anti-UNAMIR klimaat en iedereen wist dat de Belgische Blauwhelmen die stoottroepen waren van
UNAMIR. Zonder hen stelde UNAMIR niets voor en
hadden de Rwandezen de handen weer vrij. »(3)

« Il n’y avait pas de sentiment antibelge mais antiMINUAR et chacun savait que les Casques bleus
belges étaient le fer de lance de la Minuar . Sans eux,
la MINUAR ne signifiait plus rien et les Rwandais
retrouvaient leur liberté d’action. »(3)

— Francois-Xavier Nsanzuwera, gewezen procureur van de Rwandese Republiek nuanceerde de

— François-Xavier Nsanzuwera, ancien procureur de la République rwandaise, a nuancé l’existence

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevr. DesForges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 33 en 34.
(2) Hoorzitting met mevrouw Suhrke, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 22 april 1997, blz. 335.
(3) Hoorzitting met generaal Rusatira, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 29 april 1997, blz. 392 (letterlijk instaat).

(1) Audition de Mme DesForges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, pp. 33 et 34.
(2) Audition de Mme Suhrke, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
22 avril 1997, p. 329.
(3) Audition du général Rusatira, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 29 avril 1997, p. 383-384 (propos littéraux).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 280 )

bestaande dreiging tegen de Belgen door aan te geven
dat er : « wel een anti-Belgische campagne (MRND,
CDR, RTLM) was, maar er heerste geen algemeen
anti-Belgisch klimaat ».(1)

d’une menace contre les Belges en signalant qu’« une
campagne antibelge existait mais il ne s’agissait pas
d’un climat généralisé »(1).

Daarnaast noteerde de commissie ook de verklaring van mevrouw Rika De Backer, gewezen minister
die naar eigen zeggen geen anti-Belgische gevoelens
had opgevangen :

À côté de cela, la commission a également noté le
témoignage de Mme Rika De Backer, ancien ministre
qui, selon ses dires, n’a pas perçu, de sentiments antibelges :

« U mag toch niet vergeten dat ik net uit Rwanda
was teruggekeerd en dat ik er had gesproken met
mensen van de MRND, van de MDR, van de PSD,
van de PL, en eigenlijk met zowat iedereen van laag
tot hoog. Bij die gesprekken heb ik helemaal niet ontdekt dat er een grote antipathie zou hebben bestaan
tegen de Belgische Blauwhelmen. (...) Ik was er dus
heel gerust in dat de meeste mensen van de MNRD en
de MDR op dat ogenblik niet tegen de blauwhelmen
gekant waren. (...) Hoe hoger op de ladder van de verantwoordelijken, hoe minder kritiek er werd geuit op
de UNAMIR en de Belgen. (...) Dat waren de eerste
gegevens over wrijvingen tussen de Rwandese bevolking en de UNAMIR, waarvan ik toen kennis kreeg
— let wel, ik zeg wel degelijk de UNAMIR en niet de
Belgen. Toen heb ik tevens ontdekt dat Radio Mille
Collines ijverde voor de terugtrekking van de
UNAMIR-troepen uit Kigali. (...) Toen ik daar was,
waren ook minister Claes, minister Derycke en iets
later minister Delcroix en oud-minister Wilfried
Martens daar. Iedereen spreekt met iedereen. Als er al
een duidelijk anti-Belgisch klimaat zou heersen,
zouden deze personen dat toch zeggen. Niemand
sprak hierover. (...) Een persoon als ambassadeur
Swinnen gaat het toch niet in zijn hoofd halen van
drie à vier ministers — als je Martens erbij rekent —
naar Rwanda te roepen als daar inderdaad zo een
anti-Belgisch klimaat heerst. »(2)

« U mag toch niet vergeten dat ik net uit Rwanda
was teruggekeerd en dat ik er had gesproken met
mensen van de MRND, van de MDR, van de PSD,
van de PL, en eigenlijk met zowat iedereen van laag
tot hoog. Bij die gesprekken heb ik helemaal niet
ontdekt dat er een grote antipathie zou hebben bestaan tegen de Belgische Blauwhelmen. (...) Ik was er
dus heel gerust in dat de meeste mensen van de
MNRD en de MDR op dat ogenblik niet tegen de
blauwhelmen gekant waren. (...) Hoe hoger op de
ladder van de verantwoordelijken, hoe minder kritiek
er werd geuit op de Minuar en de Belgen. (...) Dat
waren de eerste gegevens over wrijvingen tussen de
Rwandese bevolking en de Minuar, waarvan ik toen
kennis kreeg — let wel, ik zeg wel degelijk de Minuar
en niet de Belgen. Toen heb ik tevens ontdekt dat
Radio Mille Collines ijverde voor de terugtrekking
van de Minuar-troepen uit Kigali. (...) Toen ik daar
was, waren ook minister Claes, minister Derycke en
iets later minister Delcroix en oud-minister Wilfried
Martens daar. Iedereen spreekt met iedereen. Als er al
een duidelijk anti-Belgisch klimaat zou heersen,
zouden deze personen dat toch zeggen. Niemand
sprak hierover. (...) Een persoon als ambassadeur
Swinnen gaat het toch niet in zijn hoofd halen van
drie à vier ministers — als je Martens erbij rekent —
naar Rwanda te roepen als daar inderdaad zo een
anti-Belgisch klimaat heerst »(2).

3.3.3. De operationele problemen

3.3.3. Les problèmes opérationnels

De Belgische deelname aan de UNAMIR-operatie
ging gepaard met tal van operationele en logistieke
problemen. Het merendeel van deze problemen
kwam reeds vroegtijdig aan het licht, met name van
bij de aanvang van de operatie, onmiddellijk na de
ontplooiing van de Belgische manschappen. De
commissie stelt vast dat hoewel deze problemen
meestal tijdig en vaak zelfs meerdere malen aan de
militaire overheden in Brussel werden gemeld en er na
een bezoek ter plaatse ook twee inspectieverslagen
werden over opgesteld, respectievelijk op 31 januari
1994 van de hand van majoor Guérin en op

La participation de la Belgique à l’opération
MINUAR a posé toute une série de problèmes opérationnels et logistiques. La plupart de ces problèmes
sont apparus très tôt, c’est-à-dire dès le début de
l’opération, immédiatement après le déploiement des
troupes belges. La commission constate que, bien que
ces problèmes aient généralement été signalés en
temps voulu, et souvent même à plusieurs reprises,
aux autorités militaires à Bruxelles et qu’en outre,
deux rapports d’inspection aient été rédigés après une
visite sur place (respectivement le 31 janvier 1994 par
le major Guérin et le 25 février 1994 par le lieutenant-

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Nsanzuware, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 22 april 1997, blz. 326.
(2) Hoorzitting met mevrouw De Backer, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 25/7 en 25/8, blz. 27/1 en 27/2, blz. 26/8
en blz. 30/10 en 30/11.

(1) Audition de M. Nsanzuware, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 22 avril 1997, p. 320.
(2) Audition de Mme De Backer, CER, Sénat, 14 mai 1997,
PV, pp. 25/7 et 25/8, pp. 27/1 et 27/2, p. 26/8 et pp. 30/10
et 30/11.

( 281 )

1 - 611/7 - 1997/1998

25 februari 1994 opgesteld door generaal-majoor
Uytterhoeven, de problemen zelf grotendeels onopgelost bleven toen de dramatische gebeurtenissen van 6
en 7 april 1994 zich voordeden.

général Uytterhoeven), les problèmes eux-mêmes
étaient restés en grande partie sans solution quand se
produisirent les événements dramatiques des 6 et
7 avril 1994.

De commissie geeft hierna een overzicht van de
voornaamste van deze logistieke en operationele
problemen, waarbij ook telkens wordt nagegaan
wanneer en hoe deze door de verschillende niveaus
van bevelvoering van UNAMIR of door de generale
staf, meer bepaald door het operationeel centrum te
Evere (C Ops.), werden behandeld, en in voorkomend geval waarom de problemen niet werden opgelost.

La commission donne ci-après un aperçu de ces
problèmes logistiques et opérationnels les plus importants, en vérifiant chaque fois quand et comment
ceux-ci ont été traités par les différents échelons de
commandement de la MINUAR, ou par l’état-major
général, notamment par son centre opérationnel
d’Evere (C Ops.) et, le cas échéant, pourquoi les
problèmes n’ont pas été résolus.

3.3.3.1. De vraag naar bijkomende munitie

3.3.3.1. La demande de munitions supplémentaires

Uit bijna alle getuigenissen van Belgische officieren
blijkt dat op 7 april geen operatie kon worden opgezet
om de groep Lotin te ontzetten, onder meer omdat
zware munitie ontbrak, en ook de CVRT’s — voor
zover ze inzetbaar waren — niet beschikten over de
gepaste munitie. Ook het rapport Guérin van
31 januari 1994 vermeldt expliciet de noodzaak van
zware bewapening voor de beveiliging van de luchthaven en de eventuele evacuatie naar deze luchthaven. In zijn rapport stelt hij : « het zou wenselijk zijn
zeer dringend een dotatie zware munitie te prepositioneren te KIBAT ».

Presque tous les témoignages des officiers belges
montrent qu’il n’a pas été possible de lancer, le 7 avril,
une opération destinée à délivrer le groupe Lotin,
notamment parce que les munitions lourdes faisaient
défaut et aussi parce les CVRT — dans la mesure où
ils pouvaient être engagés — ne disposaient pas des
munitions adéquates. Le rapport Guérin du 31 janvier
1994 mentionne lui aussi explicitement la nécessité de
disposer d’armes lourdes pour garder l’aéroport et
procéder à une éventuelle évacuation vers celui-ci.
Dans son rapport, Guérin affirme qu’« il serait
souhaitable de prépositionner de toute urgence une
dotation de munitions lourdes à KIBAT » (traduction).

De eerste vraag die rijst is wie bevoegd was om te
beslissen over de dotatie en het soort munitie,
bestemd voor UNAMIR.

La première question est de savoir qui a le pouvoir
de décider de la dotation et du type de munitions
destinées à la MINUAR.

Kolonel Marchal stelde de vraag voor bijkomende
munitie aan C Ops in Evere voor het eerst op
15 januari 1994 en stuurde een nota met dit zelfde verzoek aan generaal Dallaire op 20 januari, waarop hij
verklaarde een positief antwoord gekregen te hebben
en dit te hebben doorgezonden aan Brussel. Op
28 januari herhaalde Marchal zijn dringend verzoek
om bijkomende zware munitie en voegde er de zeer
dringende vraag naar de kostprijs aan toe, op verzoek
van de Force Commander. Op dit document stond
naast de stempel van C Ops, het woord « dringend »
vermeld. De noodzaak van bijkomende zware munitie werd bevestigd door het rapport van majoor
Guérin, dd. 31 januari 1994.

Le colonel Marchal a demandé pour la première
fois des munitions supplémentaires au C Ops à Evere
le 15 janvier 1994 et il a envoyé une note au général
Dallaire contenant cette même demande le 20 janvier;
il a déclaré avoir reçu une réponse positive et l’avoir
transmise à Bruxelles. Le 28 janvier, Marchal a réitéré
sa demande urgente de munitions lourdes supplémentaires et y a ajouté une question très urgente relative à
leur coût, sur la requête du Force Commander. Sur ce
document figure, à côté du cachet du C Ops, le mot
« urgent ». Le rapport du major Guérin du 31 janvier
1994 a confirmé que des munitions lourdes supplémentaires étaient nécessaires.

Toch diende kolonel Marchal nogmaals aan te
dringen op deze munitie, hetgeen hij deed in een nota
van 14 maart. Hij vroeg naar de redenen die de verzending verhinderden en vroeg nogmaals het munitiedossier « DRINGEND » te behandelen.

Néanmoins, le colonel Marchal a dû insister une
nouvelle fois pour obtenir ces munitions, ce qu’il a
fait dans une note du 14 mars. Il a demandé quels
étaient les motifs qui faisaient obstacle à l’envoi de ces
munitions et a demandé encore une fois de traiter le
dossier des munitions « D’URGENCE ».

1 - 611/7 - 1997/1998

( 282 )

De eerste effectieve actie van C Ops bestond uit een
fax van 28 maart 1994, gericht aan de divisie logistiek,
waarbij opdracht werd gegeven tegen 20 april een
hoeveelheid munitie 30 mm te leveren voor KIBAT II.

La première action effective du C Ops a consisté à
envoyer, le 28 mars 1994, un fax adressé à la division
logistique, dans lequel on donne l’ordre de fournir
pour le 20 avril une quantité de munitions 30 mm au
KIBAT II.

Waarom heeft men in Evere zo lang getalmd alvorens te beslissen tot een effectieve actie, die reeds met
aandrang was gevraagd door de sectorcommandant
op 15 januari en die pas uitgevoerd werd op 20 april ?

Pourquoi a-t-on traı̂né aussi longtemps à Evere
avant de se décider à agir, alors que la demande avait
été formulée par le commandant du secteur le
15 janvier et qu’elle ne sera exécutée que le 20 avril ?

Luitenant-generaal Charlier verklaart : « Ik werd
pas midden maart op de hoogte gebracht van de problemen inzake bewapening. Op 15 januari zegt kolonel Marchal ons dat hij van plan is munitie te bestellen via de VN-procedures. De VN moeten op de
hoogte worden gebracht want Kigali is een zone waar
wapens in beslag werden genomen en omdat de terugbetaling van de kostprijs een voorafgaand akkoord
vergt. Op 28 januari meldt de kolonel ons dat generaal Dallaire niet tegen deze aanvraag gekant is maar
dat hij de kostprijs ervan wil kennen. Wij delen hem
die mee. » (1)

Selon le lieutenant-général Charlier : « Je ne suis au
courant des problèmes d’armement qu’à la mi-mars.
Le 15 janvier, le colonel Marchal nous informe de son
intention de commander des munitions à travers les
procédures de l’O.N.U. L’O.N.U. doit être mise au
courant, car Kigali est une zone de consignation des
armes mais aussi parce que de son accord préalable
dépend le remboursement du coût. Le 28 janvier, le
colonel nous informe que le général Dallaire n’est pas
opposé à cette demande mais veut en connaı̂tre le
coût. Nous le lui communiquons. » (1)

Niettemin blijkt uit een nota van kolonel Marchal
van 22 april 1997 dat de stafchef reeds veel vroeger op
de hoogte was van het probleem van de munitie :
« Major Guérin m’a dit, à cette occasion, avoir donné
le 7 février 1994 un briefing, à JS et GS et d’autres officiers, sur le contenu de son rapport. En ce qui concerne la problématique des munitions, toujours
d’après le Major Guérin, JS aurait demandé à l’EMG
d’évaluer la possibilité militaire et politique
d’envoyer les munitions demandées et aurait désigné
le LtCol Briot comme pilote du dossier. » (2) (3)

Néanmoins, une note du colonel Marchal du
22 avril 1997 montre que le chef d’état-major était
informé bien avant cette date du problème des munitions : « Major Guérin m’a dit, à cette occasion, avoir
donné le 7 février 1994 un briefing, à JS et GS et
d’autres officiers, sur le contenu de son rapport. En ce
qui concerne la problématique des munitions,
toujours d’après le Major Guérin, JS aurait demandé
à l’E.M.G. d’évaluer la possibilité militaire et politique d’envoyer les munitions demandées et aurait désigné le LtCol Briot comme pilote du dossier. » (2) (3)

Admiraal Verhulst van zijn kant verklaart :
« Dallaire heeft zich hiertegen niet verzet en vroeg om
de aanvraag te doen in New York. Op 28 januari
stuurde de commandant een fax naar C Ops om te
melden dat hij munitie vroeg en om de kostprijs hiervan te kennen. Het is pas op 14 maart dat hij er zich
over verbaast geen munitie ontvangen te hebben
terwijl tijdens die tussenperiode de verbindingen met
Kigali normaal bleven en er ter plaatse bezoek was
van de minister van Buitenlandse Zaken en luitenantgeneraal Uytterhoeven. Op 15 maart wordt telefonisch overeengekomen dat de commandant van de
strijdkrachten de aanvraag die op 28 januari werd
aangekondigd zal indienen. C Ops vraagt diezelfde
dag om de bestelling te noteren, maar er komt geen

De son côté, l’amiral Verhulst affirme que :
« Dallaire s’y est opposé et a dit de faire la demande à
New York. Le 28 janvier, le commandant envoie un
fax au C Ops pour dire son intention de demander des
munitions et pour s’informer sur leur coût. Ce n’est
que le 14 mars qu’il s’inquiète de ne pas avoir reçu ces
munitions, alors que pendant cet intervalle, les liaisons avec Kigali sont restées normales et qu’il y a eu
les visites sur place du ministre des Affaires étrangères
et du lieutenant-général Uytterhoeven. Le 15 mars, il
est convenu par téléphone que le commandant de la
force introduira la demande annoncée le 28 janvier.
Le C Ops prescrit ce même jour de prendre la
commande mais il n’y a aucune réaction des autorités
sur place et aucune demande de New York ou de

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 317.
(2) Brief van kolonel Marchal aan de commissie.
(3) De commissie beschikt over een copie van het bestelformulier van KIBAT I.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 311.
(2) Lettre du colonel Marchal à la commission.
(3) La commission est en possession d’une copie du bulletin
de commande de KIBAT I.

( 283 )

1 - 611/7 - 1997/1998

reactie van de autoriteiten ter plaatse en er is evenmin
een aanvraag van New York of Kigali. Uiteindelijk
wordt de bestelling met het eerste vliegtuig, hetzij op
20 april, meegestuurd ... Wij hadden een wapenzending gepland voor 20 april. Wij hoopten dat wij ondertussen instructies zouden krijgen van New
York. » (1) Naast het ontbreken van de toelating van
New York wijst hij erop dat het verzoek « bij C Ops is
blijven liggen, wellicht wegens een intern hiërarchisch probleem. » (2)

Kigali. Finalement, la commande est envoyée par le
premier avion où il y a de la place, soit le 20 avril.
Nous espérions qu’entre-temps, nous recevrions des
instructions de New York. » (1) Outre l’absence
d’autorisation de New York, il souligne qu’
« au C Ops, la demande a traı̂né sans doute suite à un
problème interne de hiérarchie. » (2)

Ook luitenant-kolonel Briot wijst op het probleem
van het ontbreken van de toestemming van New York
om de wapens te leveren : « L’état-major est prêt à
fournir les munitions demandées et à donner les directives ad hoc — c’est-à-dire, à l’intérieur des forces
armées — mais a demandé au commandant de secteur
d’obtenir l’approbation du force commander, c’est-àdire le général Dallaire » (3) ... « Mes déclarations, et
celles des autres officiers qui ont été entendus par cette
commission, montrent que tout le monde est d’accord
sur ce point : nous n’avons jamais été les destinataires
de l’accord du général Dallaire. » (4)

Le lieutenant-colonel Briot signale également le
problème de l’absence d’autorisation de la part de
New York de fournir des armes. « L’état-major est
prêt à fournir les munitions demandées et à donner les
directives ad hoc — c’est-à-dire, à l’intérieur des
forces armées — mais a demandé au commandant de
secteur d’obtenir l’approbation du force commander,
c’est-à-dire le général Dallaire » (3) ... « Mes déclarations, et celles des autres officiers qui ont été entendus
par cette commission, montrent que tout le monde est
d’accord sur ce point : nous n’avons jamais été les
destinataires de l’accord du général Dallaire. » (4)

Het argument als zou New York geen toelating
geven of hebben gegeven wordt ten eerste weerlegd
door de verklaring van generaal Dallaire zelf, die ontkent dat er vanuit zijnen hoofde of vanuit het VNhoofdkwartier te New York enige weerstand bestond
tegen de levering van bijkomende munitie zoals
gevraagd door kolonel Marchal : « (...) the supply of
ammunition, arms and other equipment is the responsability of the State contributing the contingent (...).
The Force Commander directed Colonel Marchal to
deal directly with Belgium on ammunition as the UN
did not possess, nor could it likely obtain from other
Governments the necessary arms and ammunition in
a timely fashion. » (5)

Cependant, l’argument selon lequel New York ne
donnait pas ou n’aurait pas donné d’autorisation est
réfuté premièrement par la déclaration du général
Dallaire lui-même, qui nie que lui-même ou le quartier général de New York se soit opposé de quelque
manière que ce soit à la fourniture de munitions
supplémentaires demandées par le colonel Marchal
« (...) the supply of ammunition, arms and other
equipment is the responsability of the State contributing the contingent (...). The Force Commander
directed Colonel Marchal to deal directly with
Belgium on ammunition as the UN did not possess,
nor could it likely obtain from other Governments the
necessary arms and ammunition in a timely
fashion. » (5)

Kolonel Marchal is formeel : « Le Force Commander avait donné son autorisation au mois de janvier.
— Vraag : Cette autorisation figure-t-elle dans le
rapport du 15 janvier ? — Non. Le fax du 15 janvier
signale que je dois encore introduire la demande au
Force Commander. Cette demande je l’ai introduite à
l’aide du document que j’ai sous les yeux, daté du
20 janvier. Quelques jours plus tard, le général
Dallaire m’a répondu en apposant sur ce document la

Le colonel Marchal est formel : « Le Force
Commander avait donné son autorisation au mois de
janvier. Question : Cette autorisation figure-t-elle
dans le rapport du 15 janvier ? Non. Le fax du
15 janvier signale que je dois encore introduire la
demande au Force commander. Cette demande je l’ai
introduite à l’aide du document que j’ai sous les yeux,
daté du 20 janvier. Quelques jours plus tard, le général Dallaire m’a répondu en apposant sur ce docu-

——————

——————

(1) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 23 april 1997, blz. 357.
(2) Ibidem, blz. 358.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal en luitenant-kolonel
Briot, POR, Senaat, 13 juni 1997, PV, blz. 19/7 (BV van 13 juni
1997, blz. 752).
(4) Ibidem, blz. 21/2 (BV van 13 juni 1997, blz. 753).
(5) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge Advocate General of the Military Court punt 18.

(1) Audition du l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 23 avril 1997, p. 349.
(2) Ibidem, p. 349.
(3) Audition du colonel Marchal et lieutenant-colonel Briot,
CER, Sénat, 13 juin 1997, PV, p. 19/7 (CRA du 13 juin 1997,
p. 736).
(4) Ibidem, p. 21/2 (CRA du 13 juin 1997, p. 737).
(5) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the judge Advocate General of the Military Court point 18.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 284 )

mention « d’accord ». Ce document, je l’ai transmis à
Bruxelles, et je ne l’ai retrouvé nulle part, tout comme
j’en ai d’ailleurs envoyé d’autres que je n’ai trouvé
nulle part non plus. Ici, je n’ai pas indiqué de chiffres
intentionnellement car j’estimais que le Force
Commander devait se prononcer sur un principe. J’ai
également envoyé un document reprenant les quantités par type de munitions. C’est un document que j’ai
envoyé et que je n’ai retrouvé nulle part non plus. Le
Force Commander avait donc donné son accord fin
janvier, très rapidement après cette note du 20. Son
principe était le suivant : c’est un problème national;
si le pays veut renforcer le détachement au moyen de
munitions, c’est son problème, et c’est à lui de veiller à
l’acheminement des munitions. » (1)

ment la mention « d’accord ». Ce document, je l’ai
transmis à Bruxelles, et je ne l’ai retrouvé nulle part,
tout comme j’en ai d’ailleurs envoyé d’autres que je
n’ai trouvé nulle part non plus. Ici, je n’ai pas indiqué
de chiffres intentionnellement car j’estimais que le
Force commander devait se prononcer sur un principe. J’ai également envoyé un document reprenant
les quantités par type de munitions. C’est un document que j’ai envoyé et que je n’ai retrouvé nulle part
non plus. Le Force commander avait donc donné son
accord fin janvier, très rapidement après cette note du
20. Son principe était le suivant : c’est un problème
national; si le pays veut renforcer le détachement au
moyen de munitions, c’est son problème, et c’est à lui
de veiller à l’acheminement des munitions. » (1)

Ten tweede wordt uiteindelijk toch beslist de
munitie te sturen zonder de toelating van New York.
Luitenant-generaal Charlier getuigt : « aangezien de
aanvraag van de VN nooit bij de staf is aangekomen,
heb ik de munitie laten versturen zonder daarop te
wachten. Ik vond dat het spelletje lang genoeg had
geduurd », hetgeen door luitenant-kolonel Briot
bevestigd wordt : « Parce que le 15 mars, le colonel
Marchal avait demandé : « Où restent mes munitions ? » C’est une décision du chef d’état-major qui
estime que cela suffit et qu’il prend le risque de les
envoyer. » (2)

Deuxièmement, l’on finit quand même par décider
d’envoyer les munitions sans l’autorisation de New
York. Selon le lieutenant-général Charlier : « la
demande des Nations unies n’étant jamais parvenue à
l’état-major, j’ai fait envoyer les munitions sans
l’attendre. Je trouvais que le petit jeu avait assez
duré », ce que le lieutenant-colonel Briot confirme :
« Parce que le 15 mars, le colonel Marchal avait
demandé : « Où restent mes munitions ? » C’est une
décision du chef d’état-major qui estime que cela
suffit et qu’il prend le risque de les envoyer ». (2)

Daarenboven blijkt : « De plus, je voudrais signaler
que le même cas s’est produit en Yougoslavie; sauf
erreur de ma part, c’est avec Belbat-3, où on a envoyé
des munitions sans autorisation de l’ONU. » (3)

En outre, il s’avère que : « De plus, je voudrais
signaler que le même cas s’est produit en Yougoslavie;
sauf erreur de ma part, c’est avec Belbat-3, où on a
envoyé des munitions sans autorisation de
l’ONU. » (3)

Dat de werking van het C Ops mank liep, blijkt ook
uit het volgende voorbeeld. Begin december 1993
werden er 396 stuks zware munitie « discreet » naar
Kigali gevlogen. Volgens admiraal Verhulst ging het
om een vergissing en besloot hij ze ter plaatse te
laten (4). Luitenant-kolonel Briot verklaart daarentegen dat deze munitie bewust werd toegevoegd voor
de veiligheid van het detachement (5). In een latere
getuigenis geeft luitenant-kolonel Briot echter toe dat
KIBAT ter plaatse niet over de geschikte mortieren
beschikte om deze munitie af te vuren (6).

L’exemple suivant montre également que le C Ops
fonctionnait mal. Début décembre 1993, 396 pièces de
munition lourde ont été envoyées « discrètement » à
Kigali. Selon l’amiral Verhulst, il s’agissait d’une
erreur et il a décidé de les laisser sur place (4). Par
contre, le lieutenant-colonel Briot affirme que ces
munitions ont été volontairement ajoutées pour la
sécurité du détachement (5). Dans un témoignage
ultérieur, le lieutenant-colonel Briot concède néanmoins que le KIBAT ne disposait pas sur place des
mortiers adéquats pour utiliser ces munitions (6).

De commissie stelt vast dat er zich binnen de werking van het C Ops ernstige problemen voordeden,

La commission constate qu’il y avait des problèmes
graves dans le fonctionnement du C Ops, ce que

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal en luitenant-kolonel
Briot, POR, Senaat, 13 juni 1997, PV, blz. 19/10 e.v. (BV van
13 juni 1997, blz. 752).
(2) Ibidem, blz. 21/3 (BV van 13 juni 1997, blz. 753).
(3) Ibidem, blz. 24/6 (BV van 13 juni 1997, blz. 756).
(4) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 356.
(5) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, BCR,
Senaat, 28 februari 1997, blz. 75.
(6) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, POR,
Senaat, 13 juni 1997, blz. 748.

(1) Audition du colonel Marchal et lieutenant-colonel Briot,
CER, Sénat, 13 juin 1997, PV, p. 19/10 e.s. (CRA du 13 juin
1997, p. 736).
(2) Ibidem, p. 21/3 (CRA du 13 juin 1997, p. 737).
(3) Ibidem, p. 24/6 (CRA du 13 juin 1997, p. 739).
(4) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 348.
(5) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, Sénat,
28 février 1997, p. 72.
(6) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CER, Sénat,
13 juin 1997, p. 732.

( 285 )

1 - 611/7 - 1997/1998

hetgeen door verschillende stafofficieren die aan dit
C Ops verbonden waren, bevestigd wordt.

confirment plusieurs officiers de l’état-major qui
étaient adjoints au C Ops.

Waren de minister van Landsverdediging of zijn
kabinet op de hoogte van deze problemen op het
C Ops, en van de problematiek van de extra munitie
in het bijzonder ?

Le ministre de la Défense ou son cabinet étaient-ils
au courant de ces problèmes au C Ops et du problème
des munitions supplémentaires en particulier ?

Volgens het koninklijk besluit van 19 december
1989 « houdende organisatie van de generale staf » is
de stafchef (JS) eindverantwoordelijke voor de leiding van de operaties, met inbegrip van de leiding van
het operatiecentrum, en afgeleid daarvan voor de
problematiek van de extra munitie. Luitenantgeneraal Charlier verklaart : « Wat de munitie betreft,
herhaal ik wat ik reeds onder ede verklaarde, namelijk dat ik pas medio maart over de problemen werd
ingelicht. De generale staf kon er dan ook niet vroeger
met de minister over praten. » (1) Minister Delcroix
stelt zelf in alle duidelijkheid : « Het is niet de minister,
die geen specialist is inzake defensieproblemen, die
over de uitrusting van de manschappen moet beslissen. Dat is de verantwoordelijkheid van de generale
staf. » (2) Generaal Schellemans bevestigt : « Het
probleem van de munitie is een bevoegdheid van de
generale staf en is nooit op het kabinet gesteld. » (3)

En application de l’arrêté royal du 19 décembre
1989 portant organisation de l’état-major général, le
chef de l’état-major général (JS) est le responsable
final de la conduite des opérations y compris l’organisation du centre d’opérations, et il est par conséquent
responsable de la question des munitions supplémentaires. Le lieutenant-général Charlier déclare : « En ce
qui concerne les munitions, je répète la déclaration
déjà faite sous serment que je n’ai été mis au courant
des problèmes qu’à la mi-mars. L’état-major n’a donc
pu en parler plus tôt au ministre. » (1) Le ministre
Delcroix affirme pour sa part très clairement : « Il
n’appartient pas au ministre, qui n’est pas un spécialiste des problèmes de défense, de décider de
l’équipement des troupes. Cette tâche incombe à
l’état-major général. » (2) Le général Schellemans
confirme : « Le problème des munitions relève de la
compétence de l’état-major et n’a jamais été posé au
cabinet. » (3)

3.3.3.2. De gebrekkige bewapening van de manschappen ter plaatse en de moeizame verdeling van
wapens en munitie

3.3.3.2. L’armementinsuffisantdeshommessurle
terrain et la difficile distribution des armes et des
munitions

De vraag kan worden gesteld of het normaal is dat
het peloton dat als reserve dient en bovendien permanente escorteopdrachten moet uitvoeren zonder
MAG-machinegeweren rondreed ? Overeenkomstig
de ROE diende men zich bij wettige zelfverdediging te
beperken tot afzonderlijke schoten. Voor het gebruik
van mitrailleurs en zwaardere wapens was de toestemming van hogerhand nodig. Daarom vaardigde
kolonel Dewez, de commandant van KIBAT II als
richtlijn uit dat de MAG’s op de jeeps in de lucht dienden te worden gericht en men individueel een wapen
(bijvoorbeeld een FNC) bij de hand diende te houden
dat schot per schot kon vuren om zichzelf mee te verdedigen (4). « En ce qui concerne les MAG, l’ordre
donné n’a jamais consisté à ne pas les prendre dans les
véhicules mais bien de faire attention car il s’agit
d’armes agressives et, dans la mesure où nous devions
travailler de façon calme dans les checkpoints, il nous

La question peut être posée s’il est normal que le
peloton qui faisait office de réserve et devait en outre
accomplir constamment des missions d’escorte ait
circulé sans MAG ? En vertu des règles d’engagement,
en cas de légitime défense, on devait se limiter à tirer
au coup par coup. Pour l’utilisation de mitrailleuses et
d’armes plus lourdes, une autorisation de l’échelon
supérieur était nécessaire. C’est pourquoi le colonel
Dewez, le commandant de KIBAT II, donna pour
instruction que les mitrailleuses MAG montées sur les
jeeps soient orientées vers le haut et que l’on ait individuellement à portée de la main une arme (par exemple
un FNC) permettant de tirer au coup par coup pour se
défendre (4). Le capitaine Lemaire, commandant de
compagnie, interpréta l’instruction comme suit : « En
ce qui concerne les MAG, l’ordre donné n’a jamais
consisté à ne pas les prendre dans les véhicules mais
bien de faire attention car il s’agit d’armes agressives

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 28 maart 1997, blz. 271.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
26 maart 1997, blz. 261.
(3) Hoorzitting met generaal Schellemans, BV, BCR, Senaat,
12 maart 1997 blz. 153.
(4) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, POR, Senaat,
10 juni 1997, blz. 694.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 28 mars 1997, p. 264.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 26 mars
1997, p. 255.
(3) Audition du général Schellemans, CRA, CSR, Sénat,
12 mars 1997, p. 150.
(4) Audition du colonel Dewez, CRA, CER, Sénat, 10 juin
1997, p. 679.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 286 )

était demandé de ne pas les mettre en batterie sur les
véhicules. Ce soir là, je me souviens très bien avoir insisté auprès de ma compagnie sur le fait qu’il n’était
pas question de laisser les MAG en arrière et qu’elles
devaient partir avec les véhicules dans tous les déplacements effectués dans les camps où nous remplissions une mission; en cas de besoin, les MAG étaitent
sorties. Pour moi, c’était évident », zo interpreteerde
compagniecommandant Kapitein Lemaire de richtlijn (1).

et, dans la mesure où nous devions travailler de façon
calme dans les checkpoints, il nous était demandé de
ne pas les mettre en batterie sur les véhicules. Ce soirlà, je me souviens très bien avoir insisté auprès de ma
compagnie sur le fait qu’il n’était pas question de laisser les MAG en arrière et qu’elles devaient partir avec
les véhicules dans tous les déplacements effectués
dans les camps où nous remplissions une mission; en
cas de besoin, les MAG étaient sorties. Pour moi,
c’était évident. » (1)

Volgens kapitein Marchal, eveneens compagniecommandant luidde het bevel van de bataljonscommandant dat hij geen mitrailleurs meer wou
zien. Na protest interpreteerden — naar het zeggen
van kapitein Marchal — de compagniecommandanten het bevel dan maar letterlijk : de machinegeweren
bleven in de voertuigen, op voorwaarde dat ze niet
zichtbaar waren (2). Lag een andere interpretatie
van die richtlijn aan de oorsprong van het feit dat
Lotin zijn MAG’s niet mee had op de bewuste dag ?
Of was dit het gevolg van het ontbreken van de nodige
affuiten zoals het verslag van de werkgroep ad hoc
suggereert ? (3) Kolonel Dewez bevestigt tijdens zijn
confrontatie met kapitein Theunissen de laatste
hypothese : « Les mitrailleuses ne pouvaient pas être
montées sur les affûts parce qu’il manquait une pièce.
J’avais demandé aux compagnies de me donner cette
pièce puisqu’elles en avaient et que les Mortiers n’en
avaient pas. Donc, il y avait plus de problèmes pour
eux pour monter les mitrailleuses sur les jeeps qu’il
n’y en avait au peloton Mortier, qui avait reçu ces
pièces. » (4) Volgens kapitein Lemaire, compagniecommandant, werden er vanaf het begin affuiten
geı̈nstalleerd (5). Hoe dan ook, de vraag rijst
waarom kolonel Dewez in de nacht van 6 op 7 april
toen het rood alarm werd afgekondigd zijn bevel « dat
de machinegeweren niet mochten worden gezien »
niet introk.

Selon le capitaine Marchal, lui aussi commandant
de compagnie, l’ordre du commandant de bataillon
était « qu’il ne voulait plus voir de mitrailleuses ».
Après protestation, au dire du capitaine Marchal, les
commandants de compagnie interprétèrent l’ordre
littéralement : on conservait les mitrailleuses dans les
véhicules, mais de manière à ce qu’elles ne soient pas
visibles (2). Une autre interprétation de cette instruction a-t-elle été à l’origine du fait que Lotin n’avait pas
ses MAG avec lui le jour en question ? Ou était-ce la
conséquence de l’absence des affûts nécessaires,
comme le suggère le rapport du groupe de travail ad
hoc ? (3). Le colonel Dewez confirme la dernière
hypothèse au cours de sa confrontation avec le capitaine Theunissen : « Les mitrailleuses ne pouvaient
pas être montées sur les affûts parce qu’il manquait
une pièce. J’avais demandé aux compagnies de me
donner cette pièce puisqu’elles en avaient et que les
Mortiers n’en avaient pas. Donc, il y avait plus de
problèmes pour eux pour monter les mitrailleuses sur
les jeeps qu’il n’y en avait au peloton Mortier, qui
avait reçu ces pièces. » (4) Selon le capitaine Lemaire,
commandant de compagnie, des affûts furent installés
dès le début (5). Quoi qu’il en soit, la question se
pose de savoir pourquoi, dans la nuit du 6 au 7 avril,
quand l’alerte rouge fut lancée, le colonel Dewez ne
retira pas son ordre selon lequel les mitrailleuses ne
pouvaient être visibles.

En hoewel dat rood alarm werd afgekondigd en in
de nacht van 6 op 7 april steeds meer wegversperringen werden opgetrokken waarbij de FAR lichte pantservoertuigen, minstens twee AML, ontplooiden,
werd ook geen bevel gegeven of vroeg niemand de
toestemming aan het hoofdkwartier om de antitankraketten voor de korte afstand (LAW) en de
munitie voor de mortieren onder de manschappen te

Et bien que l’alerte rouge eût été proclamée et que,
dans la nuit du 6 au 7 avril, de plus en plus de barrages
routiers aient été dressés, les FAR déployant des blindés légers — au moins deux AML —, l’ordre ne fut
pas donné, ou personne ne demanda l’autorisation au
quartier général, de distribuer aux hommes les
roquettes antichars de courte portée (LAW) et les
munitions de mortiers. Elles restèrent au centre logis-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 49/1 (BV van 7 mei 1997, blz. 442).
(2) Hoorzitting met kapitein Marchal, BV, POR, Senaat,
13 mei 1997, blz. 472.
(3) Belgische Senaat — Rapport werkgroep ad hoc Rwanda,
7 januari 1997, blz. 113.
(4) Hoorzitting met kolonel Dewez en kapitein Theunissen,
POR, Senaat, 30 juin 1997, blz. 32/7 (BV van 30 juni 1997,
blz. 934).
(5) Hoorzitting met kapitein Lemaire, BV, POR, Senaat,
7 mei 1997, blz. 442.

(1) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, p. 49/1 (CRA du 7 mai 1997, p. 431).
(2) Audition du capitaine Marchal, CRA, CER, Sénat,
13 mai 1997, p. 462.
(3) Sénat de Belgique — Rapport du groupe de travail ad
hoc Rwanda, 7 janvier 1997, p. 113.
(4) Audition du colonel Dewez et du capitaine Theunissen,
CER, Sénat, 30 juin 1997, PV, p. 32/7 (CRA du 30 juin 1997,
p. 914).
(5) Audition du capitaine Lemaire, CRA, CER, Sénat, 7 mai
1997, p. 431.

( 287 )

1 - 611/7 - 1997/1998

verdelen. Zij bleven op het logistiek centrum Rwandex liggen. Volgens kolonel Dewez was het juist
wegens de versperringen onmogelijk om ze te gaan
halen, en bovendien was er op dat ogenblik « pas de
motif de distribuer ces LAW » (1). Het is pas op 15 en
16 april dat de LAW’s werden verdeeld, omdat
volgens kolonel Dewez « Les LAW ont été distribués
plus tard, en fonction de l’évolution de la situation.
Nous ne voulions plus être confrontés à la même
impuissance que quand, le 7 au matin, nous avons été
sous la menace d’AML. » (2)

tique Rwandex. Selon le colonel Dewez, il était précisément impossible d’aller les y prendre en raison des
barrages et, de plus, à ce moment, « il n’y avait pas de
motif de distribuer ces LAW » (1). Ce n’est que les 15
et 16 avril que les LAW furent distribués, selon le
colonel Dewez, « Les LAW ont été distribués plus
tard, en fonction de l’évolution de la situation. Nous
ne voulions plus être confrontés à la même impuissance que quand, le 7 au matin, nous avons été sous la
menace d’AML. » (2)

Kolonel Marchal stelt dat er een procedure bestond
binnen het bataljon, waarbij elk kantonnement gedurende een aantal dagen autonoom diende te kunnen
opereren ook inzake munitie. Hij verklaart dat hij van
zijn kant geen richtlijnen heeft verstrekt m.b.t. het
kaliber van de munitie dat daarbij mocht worden verdeeld. « Het is de bataljonscommandant die geoordeeld heeft dat geen LAW’s mochten worden
gebruikt. » (3) Nochtans was het volgens een van de
pelotonscommandanten, luitenant Lecomte, zo dat
de sector constant tussenkwam inzake verdeling van
munitie (4).

Le colonel Marchal affirme qu’une procédure existait au sein du bataillon en vertu de laquelle tous les
cantonnements devaient être autonomes pendant
plusieurs jours, notamment pour ce qui est des munitions. Il déclare n’avoir donné pour sa part aucune
directive concernant le calibre des munitions. « C’est
le commandant du bataillon qui a estimé qu’il ne
fallait pas utiliser les LAW. » (3) Pourtant, selon un
des commandants de peloton, le lieutenant Lecomte,
le secteur intervenait en permanence dans la distribution des munitions (4).

Deze problemen beperkten zich blijkbaar niet tot
de verdeling van de zwaardere wapens en munitie.
Ook inzake de lichtere bewapening noteert de
commissie een aantal klachten.

Ces problèmes ne se limitaient apparemment pas à
la distribution des armes et des munitions lourdes. La
commission note un certain nombre de plaintes en ce
qui concerne également l’armement léger.

« De soldaten », aldus luitenant Lecomte, « hadden
een ontstellend gebrek aan munitie aangezien wij
over slechts 120 kogels per karabijn beschikten,
terwijl wij er in Somalië 200 hadden. Bovendien was
het ons verboden onze automatische wapens te
gebruiken, waardoor wij in geval van een schermutseling niet efficiënt konden reageren. » (5)

Selon le lieutenant Lecomte, « il y avait un manque
crucial de munitions pour chaque soldat puisque
nous n’avions que 120 coups pour notre carabine,
alors qu’en Somalie nous en avions 200. En outre, il
nous était interdit d’utiliser nos armes automatiques,
ce qui nous empêchait de réagir efficacement en cas
d’accrochage. » (5)

Over de vraag of er los van de problemen die zich
stelden voldoende munitie in Kigali beschikbaar was,
zijn de meningen niet eenduidig. Korporaal-chef Pierard antwoordt ja op de vraag of er nog voldoende
wapens en ander militair materieel aanwezig was om
in gevechtsklare toestand in Kigali te blijven (6).
Majoor Choffray daarentegen die tijdens de
UNAMIR-operatie als S3 bij KIBAT II verantwoordelijk was voor de operaties, stelt : « le bataillon disposait d’un armement et d’un personnel qui étaient
déjà tout justes au niveau d’une opération

Sur la question de savoir si, indépendamment des
problèmes qui se posaient, il y avait suffisamment de
munitions disponibles à Kigali, les avis ne sont pas
unanimes. Le caporal-chef Pierard répond par
l’affirmative à la question de savoir s’il y avait encore
suffisamment d’armes et d’autre matériel militaire
pour continuer à être opérationnel à Kigali (6). En
revanche, le major Choffray qui, durant l’opération
MINUAR, était responsable en tant que S3 des opérations à KIBAT II, affirme : « le bataillon disposait d’un
armement et d’un personnel qui étaient déjà tout juste

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 9/8 (BV van 10 juni 1997, blz. 691).
(2) Ibidem, blz. 22/1 (BV van 10 juni 1997, blz. 700).
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, POR, Senaat,
10 juni 1997, blz. 716.
(4) Hoorzitting met luitenant Lecomte, BV, POR, Senaat,
7 mei 1997, blz. 435.
(5) Ibidem, blz. 434.
(6) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, BV, POR,
Senaat, 27 juni 1997, blz. 901.

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 9/8 (CRA du 10 juin 1997, p. 677).
(2) Ibidem, p. 22/1 (CRA du 10 juin 1997, p. 685).
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CER, Sénat, 10 juin
1997, p. 701.
(4) Audition du lieutenant Lecomte, CRA, CER, Sénat,
7 mai 1997, p. 425.
(5) Ibidem, p. 424.
(6) Audition du corporal-chef Pierard, CRA, CER, Sénat,
27 juin 1997, p. 880.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 288 )

« Peacekeeping », mais ne disposait sûrement pas d’un
personnel ni d’un matériel permettant de gérer une
situation de crise » (1).

au niveau d’une opération « Peacekeeping », mais ne
disposait sûrement pas d’un personnel ni d’un matériel permettant de gérer une situation de crise » (1).

De commissie stelt vast dat majoor Choffray als
verantwoordelijke voor de operaties op het niveau
bataljon niet overging tot de verdeling van extra
wapens en munitie. « On n’était pas encore dans une
situation de crise et il n’y avait pas encore eu d’atteinte
directe aux troupes de l’ONU » (2) is het eerste argument van majoor Choffray, hetgeen wordt weerlegd
door de vaststelling dat in de nacht van 6 op 7 april het
rood alarm werd afgekondigd wat volgens de
commissie wel degelijk wijst op een crisissituatie.
« Wij hebben daaraan gedacht », zegt Choffray,
« maar er was een probleem om ze naar de kantonnementen te brengen ... Wij hadden geen voertuigen om
de versperringen (...) te doorbreken. » (3)

La commission constate que le major Choffray n’a
pas procédé, en tant que responsable des opérations
au niveau du bataillon, à la distribution d’armes et de
munitions supplémentaires. « On n’était pas encore
dans une situation de crise et il n’y avait pas encore eu
d’atteinte directe aux troupes de l’ONU » (2), voilà le
premier argument du major Choffray, qui est réfuté
par la constatation que, dans la nuit du 6 au 7 avril, on
a donné l’alerte rouge, ce qui montre bel et bien, selon
la commission, que la situation était critique. « Nous
y avons pensé », déclare le major Choffray, « il fallait
pouvoir les acheminer vers les cantonnements ...
Nous ne disposions pas de véhicules pour forcer les
barrages (...). » (3)

Op de vraag waarom de CVRT’s of de BTR’s van
RUTBAT niet werden gebruikt, komt geen duidelijk
antwoord (4). « Ce n’est pas la question d’utiliser,
mais bien de distribuer. Ces LAW n’ont pas été distribués et sont restés centralisés à Rwandex pour les raisons que je vous ai dites. Il était de toute façon hors de
question de les utiliser dans une pareille situation. Par
ailleurs, nous avons reçu la mission de reprendre les
missions, comme s’il n’y avait rien eu, le lendemain » (5) is het tweede argument dat majoor Choffray gebruikt. De commissie stelt evenwel vast dat de
ROE bepalingen, meer bepaald procedures bevatten
m.b.t. de aanwending van deze wapens, niet m.b.t. de
verdeling. Overigens vroegen verschillende officieren
kort na 11 uur om deze munitie, dat kan de commissie
althans opmaken uit het « Journal de campagne
KIBAT » en uit het « Carnet de veille » (6). Uiteindelijk zal ze toch verdeeld worden naar het zeggen van
majoor Choffray : « Il a été décidé de les distribuer
dans le courant de la journée. — Vraag : À quelle
heure ? — Je ne peux pas vous le dire exactement,
mais sans doute à la fin de l’avant-midi, dans la journée du 7. (...) Il en a été question et on a étudié le problème de leur récupération, parce qu’ils étaient tous
centralisés au même niveau. Il y a d’ailleurs des véhicules du secteur qui, après les différents contacts entre
le bataillon et le secteur, sont passés par Rwandex

À la question de savoir pourquoi l’on n’a pas utilisé
les CVRT ou les BTR à RUTBAT, le major ne donne
pas de réponse claire (4). « Ce n’est pas la question
d’utiliser, mais bien de distribuer. Ces LAW n’ont pas
été distribués et sont restés centralisés à Rwandex
pour les raisons que je vous ai dites. Il était de toute
façon hors de question de les utiliser dans une pareille
situation. Par ailleurs, nous avons reçu la mission de
reprendre les missions, comme s’il n’y avait rien eu, le
lendemain » (5); ces propos constituent le deuxième
argument du major Choffray. La commission constate toutefois que les règles d’engagement comportent
des procédures relatives à l’utilisation des armes, mais
aucune procédure relative à leur distribution.
Plusieurs officiers ont d’ailleurs réclamé ces munitions un peu après 11 heures, comme la commission
peut du moins le déduire du « Journal de campagne
KIBAT » et du « Carnet de veille » (6). Les munitions
seront finalement quand même distribuées, comme le
dit le major Choffray. « Il a été décidé de les distribuer
dans le courant de la journée. Question : À quelle
heure ? Je ne peux pas vous le dire exactement, mais
sans doute à la fin de l’avant-midi, dans la journée du
7. (...) Il en a été question et on a étudié le problème de
leur récupération, parce qu’ils étaient tous centralisés
au même niveau. Il y a d’ailleurs des véhicules du
secteur qui, après les différents contacts entre le

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 31/10 (BV van 13 mei 1997, blz. 477).
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 48/5 e.v. (BV van 13 mei 1997, blz. 481).
(3) Hoorzitting met majoor Choffray, BV van 13 mei 1997,
blz. 479.
(4) Ibidem, blz. 480.
(5) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 45/1 (BV van 13 mei 1997, blz. 479).
(6) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 45/5.

(1) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 31/10 (CRA du 13 mai 1997, p. 467).
(2) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 48/5 e.s. (CRA du 13 mai 1997, p. 471).
(3) Audition du major Choffray, CRA du 13 mai 1997,
pp. 469 et 470.
(4) Ibidem, p. 470.
(5) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 45/1 (CRA du 13 mai 1997, p. 469).
(6) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 45/5.

( 289 )

1 - 611/7 - 1997/1998

pour en récupérer. » (1) De S3 was echter zelf niet
overtuigd van het nut de LAW’s in te zetten, want hij
stelt : « Dans un premier temps, je sais que ces LAW
auraient servi à dissuader. D’autres moyens pouvaient être employés si on devait, dans un premier
temps, utiliser les armes. Il y avait donc une gradation. Jusqu’alors nous n’avions pas encore utilisé le
fusil individuel. » (2)

bataillon et le secteur, sont passés par Rwandex pour
en récupérer » (1), déclare-t-il. Toutefois, le S3 luimême n’était pas convaincu de l’utilité d’utiliser les
LAW, puisqu’il déclare ce qui suit : « Dans un premier
temps, je sais que ces LAW auraient servi à dissuader.
D’autres moyens pouvaient être employés si on
devait, dans un premier temps, utiliser les armes. Il y
avait donc une gradation. Jusqu’alors nous n’avions
pas encore utilisé le fusil individuel » (2).

Voor de volledigheid van dit rapport vermeldt de
commissie de evolutie van de situatie betreffende
bewapening en munitie, zoals zij in volgend overzicht
wordt weergegeven in het rapport van luitenantgeneraal G. Vanhecke, stafchef van de Luchtmacht :

Pour que le présent rapport soit complet, la
commission renvoie à l’évolution de la situation en
matière d’armement et de munitions, qui a été
dépeinte dans l’aperçu suivant, qui figure dans le
rapport du lieutenant-général G. Vanhecke, chef
d’état-major de la force aérienne :

A. Begintoestand

A. Situation de départ

Bataljons

Bataillons

Belgisch bataljon —
Bataillon belge

Uitrusting

Équipement

Bewapening

Armement

Munitie

Munitions

Geen munitie MILAN — Pas
Par section :
Lichte voertuigen — Véhi- Per sectie
de munitions MILAN
7 FNC
cules légers :
Geen munitie 30 mm — Pas de
1 MAG
— vrachtwagens

munitions 30 mm
2 Minimi
camions
Mortiermunitie bij vergissing
Per peletoncomdt — Par Comdt peloton :
— jeeps — jeeps
geleverd — Munitions mortiers
3 MILAN
— 2 lichte helikopters —
livrées par erreur
1 Mor 60 mm
2 hélicoptères légers
1 Mi.50
Bij het peleton Recce — Au peloton Recce :
8 MAG
Bij het stafbataljon — A l’EM bataillon :
2 Mi.50
geen/pas de Mor 81 mm
TOTAAL — TOTAL :
18 MILAN afvuurinstallatieposten — 18 postes de tir
MILAN
10 mitrailleurs .50 — 10 mitrailleuses .50
LAW
— 2 CVR-T Scimitar
— 4 CVR-T Spartans

6 mortieren 60 mm — 6 mortiers 60 mm
2 kanonnen 30 mm + MAG — 2 canons 30 mm +
MAG
MAG coaxen — MAG co-axes

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 45/2 e.v. (BV van 13 mei 1997, blz. 479).
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 45/5 (BV van 13 mei 1997, blz. 480).

(1) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, pp. 45/3 et suiv.
(2) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 45/5 (CRA du 13 mai 1997, p. 470).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 290 )

B. Kwalitatieve toestand en ontwikkeling

B. Situation qualitative et évolution

Belgisch bataljon

Bataillon belge

Data

Dates

Bron

Source

Toestand

Situation

Eind dec 93. —
Fin déc. 93

Belgisch bataljon
Bataillon belge

15 jan. 94

Kolonel Marchal — Colo- Verzoek aan FC om Mun + Kopie voor COps —
nel Marchal
Demande au FC pour avoir des Mum + Copie pour
COps
Antwoord Dallaire : verzoek richten tot UNNY —
Réponse Dallaire : introduire une demande à UNNY

19 jan. 94

Belgisch bataljon
Bataillon belge

21 tot 28 jan. 94 —
21 au 28 jan. 94

Maj. Guérin

28 jan. 94

Kolonel Marchal — Colo- Vraag aan COps om kostprijs van munitie te kennen Deze nota schept verwarring.
nel Marchal
— Demande au COps pour obtenir le coût des muni- De kolonel vermeldt enkel de
tions
kosten — Cette note introduit
la confusion. Le colonel ne
mentionne que les coûts

31 jan. 94

COps

Antwoord van kolonel Marchal — Réponse du colonel Marchal

16 feb. 94 —
16 fév. 94

COps

Vraag naar toestand van CVR-T in het Belgisch
bataljon — Demande relative à la situation des CVRT au bataillon belge

19 feb. 94 —
19 fév. 94
22 feb. 94 —
22 fév. 94

— CVR-T voertuigen niet operationeel — Véhicules
CVR-T non opérationnels :
— bemanning niet opgeleid — équipages non
formés
— 30 mm munitie niet aanwezig — munitions
30 mm non présentes
— voertuigen en pantsertorens niet operationeel —
véhicules et tourelles non opérationnels

— Verzoek voor het leveren van munitie C30 mm, Geen spoor bij COps — Pas de
MILAN-raketten en mortiermunitie — Demande traces au COps
pour livrer les munitions C30 mm, les missiles Ingeschreven bij GS3 op
MILAN et les munitions mortiers
8 maart 1994 — Inscrit chez
GS3 à la date du 8 mars 1994
Verslag van het bezoek : verzoek om dringende leve- Fiche Staf gericht tot JSO-P en
ring van kanon 30 mm-munitie, MILAN-raketten en GS3 op 31 januari 1994 —
mortiermunitie — Compte rendu de la visite : Fiche EM adressé à JSO-P et à
propose de livrer d’urgence les munitions canon GS3 le 31 janvier 1994
30 mm, les missiles MILAN et les munitions mortiers

Bezoek GSX aan het Belgisch bataljon — Visite GSX
au bataillon belge
Belgisch bataljon —
Bataillon belge

Antwoord over operationele situatie van de CVR-T
— Réponse relative à la situation opérationnelle des
CVR-T

9 maart 94 —
9 mars 94

Bezoek MLV aan Rwanda — Visite MDN au
Rwanda

14 maart 94 —
14 mars 94

Kolonel Marchal — Colo- Verzoek om dringend munitie te leveren — Demande
nel Marchal
pour livrer d’urgence les munitions

23 maart 94 —
23 mars 94

Einde opdracht van contactteam dat CVR-T moest
herstellen — Fin de la mission du contact team chargé
de réparer les CVR-T

28 maart 94 —
28 mars 94

COps

Bevel om munitie te leveren — Ordre pour livrer les Leveringsprocedure was gemunitions
start na herstelling — La procédure pour livrer les munitions
n’à été entamée qu’à l’issue de
la réparation

1 april 94 —
1er avril 94

COps

Aankondiging aankomst munitie met vliegtuig van
20 april 1994 — Annonce de l’arrivée des munitions
avec l’avion du 20 avril 1994

( 291 )
Data

Dates

Bron

Source

1 - 611/7 - 1997/1998
Toestand

Situation

7 april 94 —
7 avril 94

Moord op de Belgische blauwhelmen — Assassinat
des Casques bleus belges

10 april 94 —
10 avril 94

Installatie CVR-T-munitie in het raam van SILVER
BACK — Mise en place de munitions CVR-T dans le
cadre de SILVER BACK

Het rapport Van Hecke (1) stelt terzake :

Le rapport Van Hecke (1) stipule à ce propos :

« Le mandat manquait de clarté et permettait différentes interprétations du type de munitions autorisées. Il ne semblait pas exclure les mortiers et les armes
lourdes. Le contingent belge est parti en opérations
doté d’un armement et d’un équipement légers à
l’exception de six véhicules blindés légers de type
CVR-T. Les armes antichars de type MILAN furent
emportées sans les missiles, le but étant de disposer de
moyens performants de vision nocturne. Les deux
véhicules CVR-T SCIMITAR ne disposaient pas de
munitions pour les canons 30 mm. Le 19 janvier 1994,
le Commandant de KIBAT a demandé les munitions
lourdes. Ce besoin a été réitéré par le Major Guérin
fin janvier 94 et par le Commandant du Secteur Kigali
le 14 mars 1994. La procédure pour livrer les munitions n’a été entamée qu’à la suite de la réparation des
CVR-T, soit le 23 mars 1994. Le 1er avril, le Centre
opérationnel de l’État-major général annonçait
l’arrivée des munitions avec l’avion du 20 avril 1994.
Lors des événements, nos casques blues ne disposaient que d’un armement léger. La majorité des
munitions était stockée à RWANDEX. Seule une
dotation minimale individuelle était distribuée aux
militaires. Partie ou totalité du basic-load n’était pas
répartie dans les différents cantonnements. Dans ces
conditions, la réserve de KIBAT II ne pouvait être
engagée. »

« Le mandat manquait de clarté et permettait différentes interprétations du type de munitions autorisées. Il ne semblait pas exclure les mortiers et les armes
lourdes. Le contingent belge est parti en opérations
doté d’un armement et d’un équipement légers à
l’exception de six véhicules blindés légers de type
CVR-T. Les armes antichars de type MILAN furent
emportées sans les missiles, le but étant de disposer de
moyens performants de vision nocturne. Les deux
véhicules CVR-T SCIMITAR ne disposaient pas de
munitions pour les canons 30 mm. Le 19 janvier 1994,
le commandant de KIBAT a demandé les munitions
lourdes. Ce besoin a été réitéré par le major Guérin fin
janvier 94 et par le commandant du Secteur Kigali le
14 mars 1994. La procédure pour livrer les munitions
n’a été entamée qu’à la suite de la réparation des
CVR-T, soit le 23 mars 1994. Le 1er avril, le Centre
opérationnel de l’état-major général annonçait
l’arrivée des munitions avec l’avion du 20 avril 1994.
Lors des évènements, nos casques bleus ne disposaient que d’un armement léger. La majorité des
munitions était stockée à RWANDEX. Seule une
dotation minimale individuelle était distribuée aux
militaires. Partie ou totalité du basic-load n’était pas
répartie dans les différents cantonnements. Dans ces
conditions, la réserve de KIBAT II ne pouvait être
engagée. »

Er was echter, zo stelt de commissie vast, niet alleen
het probleem van de gebrekkige bewapening en
munitie. Het materieel dat naar Rwanda was overgebracht, was veelal versleten. De UNIMOGvoertuigen waren doorgeroest, het transmissiemateriaal was onvolledig, enz.

La
commission
constate
toutefois
que
l’insuffisance des armes et des munitions ne constituait pas le seul problème. Le matériel transporté au
Rwanda était généralement usé. Les véhicules
UNIMOG étaient rouillés, l’équipement de transmissions était incomplet, etc.

3.3.3.3. De slechte staat van de CVRT’s

3.3.3.3. Le mauvais état des CVRT

KIBAT beschikte in Kigali weliswaar over 6 lichte
pantservoertuigen van het type CVRT, maar uit nagenoeg alle getuigenissen blijkt dat deze voertuigen
operationeel niet inzetbaar waren, omwille van hun
erbarmelijke staat enerzijds, en het gebrek aan daartoe opgeleide bemanningen en gepaste munitie anderzijds.

À Kigali, KIBAT disposait effectivement de 6 blindés légers du type CVRT, mais il ressort de la quasitotalité des témoignages sur la question que ces véhicules n’étaient pas opérationnels, car ils étaient dans
un état déplorable et on manquait d’équipages formés
à leur utilisation et de munitions adaptées.

——————

——————

(1) Rapport Van Hecke, B, Deel II, 2., e).

(1) Rapport Van Hecke, B, IIe partie, 2., e).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 292 )

Ook de stafchef van de landmacht (GS), luitenantgeneraal Behrin windt er geen doekjes om : « Over de
voertuigen zal ik een opmerking maken die de politici
niet leuk zullen vinden. België is het enige Westerse
land dat voor een operatie manschappen stuurt met
rollend materiaal van meer dan twintig jaar oud. ...
De eenheden die vertrekken voor een VN-opdracht
nemen altijd hun materiaal mee. Het is immers moeilijk nadien te veranderen, omdat de VN-procedures
zo zwaar zijn. De gebruikte voertuigen zijn inderdaad
versleten. Wij hebben dat willen compenseren door
meer mecaniciens mee te sturen ». (1)

Ook het inspectieverslag van majoor Guérin, opgemaakt in januari en met de generale staf besproken op
7 februari 1994, is vernietigend wanneer hij het heeft
over de toestand van de CVRT’s : « Les véhicules sont
très détériorés suite à la Somalie : suspensions grippées, corrosion, ... Le chargement des pièces de
rechange dans les containers a été exécuté de façon
hâtive et négligente : Mat fragile et coûteux écrasé,
batteries retournées, ... Le Comd KIBAT a demandé
au Det Jud d’ouvrir une enquête ». In dit zelfde verslag stelt de majoor tevens dat er een gebrek is aan
specialisten om deze voertuigen inzetbaar te maken.
Zowel voor de COAX-MAG als voor de C 30 mm
kanonnen dient een zerotage uitgevoerd te worden,
hetgeen de bemanningen ter plaatse, hoewel ze van
goede wil zijn, onmogelijk kunnen uitvoeren. Bovendien zijn volgens hem slechts drie CVRT’s van de zes
rijwaardig. Op de vraag aan admiraal Verhulst
wanneer deze wist dat drie van de zes CVRT’s buiten
dienst waren, luidde het antwoord : « Zodra ze ter
plaatse waren » (2).
Nochtans was er binnen het contingent ruimte om
gespecialiseerde chauffeurs en kanonniers te sturen.
Hierop zegt admiraal Verhulst : « Dat is een verwijt
dat men niet aan C Ops kan maken. Die kwestie kon
op een lager niveau geregeld worden » (3).

Le chef d’état-major de la force terrestre, le lieutenant-Général Behrin, dit également clairement les
choses : « Quant aux véhicules, je vais faire un
commentaire qui sera peu agréable pour les hommes
politiques. La Belgique est le seul pays occidental qui
envoie ses hommes en opération avec un matériel
roulant âgé de plus de vingt ans ». ... « Les unités qui
partent dans une mission ONU emmènent leur matériel une fois pour toutes. Car il est difficile d’en changer à cause des procédures lourdes dues à la prise en
charge par l’ONU. Les véhicules utilisés sont ce qu’ils
sont, c’est-à-dire vétustes. Nous avons cherché à
pallier leurs déficiences par des renforts en mécaniciens. » (1)
Le rapport d’inspection du major Guérin, qui a été
rédigé en janvier et a été examiné avec l’état-major le
7 février 1994, est lui aussi impitoyable à propos de
l’état des CVRT : « Les véhicules sont très détériorés
suite à la Somalie : suspensions grippées, corrosion, ...
Le chargement des pièces de rechange dans des containers a été exécuté de façon hâtive et négligente : Mat
fragile et coûteux écrasé, batteries retournées, ... Le
Comd KIBAT a demandé au Det Jud d’ouvrir une
enquête. » Dans le même rapport, le major affirme
qu’il n’y a pas assez de spécialistes pour rendre ces
véhicules opérationnels. Les MAG-COAX et les
canons C 30 mm doivent être calibrés. Or, si les équipages sur place sont de bonne volonté, il leur est
malheureusement impossible d’effectuer cette opération. En outre, selon lui, seulement trois CVRT sur
six étaient en état de rouler. À la question de savoir
quand il a su que trois CVRT sur six étaient hors
d’usage, l’amiral Verhulst a répondu « Dès leur arrivée sur place ». (2)

De visie van admiraal Verhulst over de oorzaak van
de slechte staat van de voertuigen is erg duidelijk :
« Uit zuinigheidsoverwegingen heeft de staf van de
landmacht voorgesteld zes voertuigen uit Somalië
naar Rwanda over te brengen. Tien specialisten zijn
naar Kismayo gestuurd met reserveonderdelen om de
voertuigen opnieuw in orde te brengen. Na de reparatie en een proefrit op de weg zijn de pantservoertuigen naar Rwanda overgebracht. Het rapport van de
specialisten onderstreept dat ze, wat bewapening en
munitie betreft, in zeer goede staat verkeerden. Door-

Il y avait pourtant possibilité, au sein du contingent, d’envoyer des chauffeurs et des canonniers
spécialisés. L’amiral Verhulst a réagi à cette information en faisant la déclaration suivante : « C’est un
reproche qu’on ne peut adresser au COps. La question pouvait se régler à un échelon inférieur. » (3).
L’avis de l’amiral Verhulst sur les causes du
mauvais état des véhicules est très clair : « Pour des
raisons économiques, l’état-major de la force terrestre
a proposé de faire transférer six véhicules de Somalie
vers le Rwanda. Dix spécialistes ont été envoyés à
Kismayio avec des pièces de rechange pour reconditionner les véhicules. Les blindés ont été transférés
vers le Rwanda après réparation et essai sur route. Le
rapport des spécialistes souligne que du point de vue
de l’armement et des munitions, leur état était très
bon. Comme ils n’ont pas été repeints, ils n’étaient

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Behrin, BV, BCR,
Senaat, 29 april 1997, blz. 405.
(2) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 360.
(3) Ibidem, blz. 360.

(1) Audition du lieutenant-général Behrin, CRA 29 avril
1997, p. 397.
(2) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 351.
(3) Ibidem, p. 532.

( 293 )

1 - 611/7 - 1997/1998

dat ze niet opnieuw geverfd waren, oogden zij niet
mooi maar ze waren wel operationeel. Reeds op
20 december hebben de mensen van de logistiek van
de landmacht aan UNAMIR gevraagd wat hun
diende te worden opgestuurd om de aan het vervoer te
wijten schade te herstellen. Vóór 21 januari moest
worden geantwoord. ... Op 21 januari zijn zeven
personen vertrokken om de voertuigen opnieuw
rijklaar te maken en specialisten in bewapening zijn
omstreeks 21 februari vertrokken om de nodige regelingen te doen. Van dan af waren die voertuigen
rijklaar en functioneerde de bewapening ervan » (1)

pas beaux mais ils étaient opérationnels. Dès le
20 décembre, les logisticiens de la force terrestre ont
demandé à la MINUAR ce qu’il était nécessaire de
leur envoyer pour réparer les dégâts dus au transport.
Il fallait une réponse avant le 21 janvier. Sept personnes sont parties le 21 janvier pour faire les réparations
sur les véhicules du point de vue de la mobilité, et des
spécialistes en armement sont partis pour effectuer
des réglages autour du 21 février. Dès ce moment, ces
véhicules étaient mobiles et aptes au tir. » (1)

Ook de stafchef, luitenant-generaal Charlier was
zich van geen kwaad bewust : « De voertuigen
kwamen uit Kismayo. Om zeker te zijn van de staat
van de voertuigen hebben de manschappen die ze
dienden te gebruiken ze opnieuw in orde gebracht.
Zo waren wij er zeker van dat die voertuigen bruikbaar waren. Met het probleem van de staat van de
voertuigen moet dan ook geen rekening worden
gehouden » (2).

Le lieutenant-général Charlier, chef de l’étatmajor, n’avait pas conscience de ces problèmes non
plus : « Les véhicules provenaient de Kismayo. Afin
d’être certain de l’état des véhicules, le personnel qui
les a reconditionnés devait les utiliser. Nous étions
assurés ainsi que les véhicules étaient en ordre. Ce
problème d’état des véhicules ne doit donc pas être
pris en ligne de compte » (2).

Terwijl men op de generale staf en het C Ops te
Evere blijkbaar sinds eind februari overtuigd was dat
met de CVRT’s alles in orde was, spreekt de getuigenis van de officieren ter plaatse dit tegen. Majoor
Choffray getuigt : « Les deux CVRT disponibles
étaient effectivement à l’aéroport. On sait dans quel
état ils étaient au niveau de l’équipage et de
l’armement. Pour ces raisons, ils n’ont pas été utilisés » (3). Kolonel Marchal bevestigt dit : « Non, les
CVRT n’étaient certainement pas dans le même
état » (4). Ils avaient un autre armement et d’autres
munitions » (5).

Alors que l’état-major et le C Ops à Evere étaient
manifestement convaincus, depuis la fin février, que
tout était pour le mieux en ce qui concerne les CVRT,
les témoignages des officiers sur place contredisent
cette conviction : Selon le major Choffray, « Les deux
CVRT disponibles étaient effectivement à l’aéroport.
On sait dans quel état ils étaient au niveau de
l’équipage et de l’armement. Pour ces raisons, ils
n’ont pas été utilisés » (3). Le colonel Marchal
confirme : « Non, les CVRT n’étaient certainement
pas dans le même état » (4). Ils avaient un autre armement et d’autres munitions » (5).

In de commissie kwam ook meermaals de vraag
aan bod waarom door de generale staf of C Ops het
detachement niet werd vervolledigd met gespecialiseerde bemanningen. Er was immers nog net
voldoende ruimte binnen het contingent om deze
manschappen naar Kigali te zenden.

La question de savoir pourquoi l’état-major ou le
C Ops n’ont pas complété le détachement avec des
équipages spécialisés a été évoquée à plusieurs reprises au sein de la commission. Il y avait en effet juste
assez de marge au sein du contingent pour envoyer ces
hommes à Kigali.

Wanneer een commissielid aanhaalt dat er altijd
ruimte is geweest voor 22 extra manschappen,
antwoordt luitenant-kolonel Briot laconiek : « Dat is
een ander probleem », waaraan kolonel Flament toevoegt : « Dans mon rapport de reconnaissance, je disais également qu’il était indispensable — je l’avais

Le lieutenant-colonel Briot réplique laconiquement à un commissaire, selon lequel il y a toujours
une marge de 22 hommes supplémentaires, : « C’est un
autre problème ». Le colonel Flament ajoute : « Dans
mon rapport de reconnaissance, je disais également
qu’il était indispensable — je l’avais même souligné

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 359.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 21 april 1997, blz. 318.
(3) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, P.V., blz. 64/14. (BV van 10 juni 1997, blz. 708).
(4) N.v.d.r. : zelfde staat als de CVRT’s in Somalië.
(5) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, P.V., blz. 33/1. (BV van 10 juni 1997, blz. 708).

(1) Ibidem, p. 351.
(2) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 21 avril 1997, p. 311.
(3) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 64/14 (CRA 13 mai 1997, p. 477)
(4) N.d.l.r. : même état que les CVRT en Somalie.
(5) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 33/1 (CRA 10 juin 1997, p. 708).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 294 )

même souligné — de prévoir un peloton de génie, que
nous n’avons pas eu non plus » (1).

— de prévoir un peloton de génie, que nous n’avons
pas eu non plus » (1).

De commissie stelt vast dat deze rupsvoertuigen
van een verschillend type waren (vier Spartans en
twee Scimitars), en op zich geen inzetbare eenheid
vormden. Deze voertuigen waren bestemd om de
Rwandese autoriteiten en andere autoriteiten te vervoeren, en waren eerder beveiligde wachthokjes (2).
De twee Scimitars werden, evenwel zonder munitie,
geplaatst op de luchthaven. De commissie stelt bovendien vast dat er geen getraind personeel beschikbaar
was, dat de gepaste munitie ontbrak en dat de voertuigen nauwelijks rijwaardig waren.

La commission constate que ces véhicules chenillés
étaient de type différent (quatre Spartans et deux
Scimitars) et qu’ils n’étaient pas organisés comme une
unité qui pouvait être engagée. Ces véhicules étaient
destinés à transporter les autorités rwandaises et
autres autorités et servaient plutôt de guérites blindées (2). Les deux Scimitars ont été déployés à
l’aéroport. Ils ne disposaient cependant pas de munitions. La commission constate en outre qu’on ne
disposait pas de personnel entraı̂né, que les munitions
adéquates faisaient défaut et que les véhicules étaient
à peine en état de rouler.

3.3.3.4. Het aantal manschappen en het ontbreken
van een eigen reserve

3.3.3.4. Le nombre d’hommes et l’absence d’une
réserve propre

De commissie stelt vast dat het zenden van een
beperkt contingent manschappen, d.w.z. 450 man in
plaats van 600, ook zijn gevolgen heeft gehad voor het
organiseren van een eigen reserve, waarin de CVRT’s
een rol konden spelen.

La commission constate que l’envoi d’un contingent restreint, comptant 450 hommes au lieu de 600, a
aussi des conséquences sur l’organisation d’une
réserve propre, dans laquelle les CVRT peuvent jouer
un rôle.

Bovendien heeft kolonel Marchal zich rekenschap
gegeven van het feit dat hij met een contingent van
450 manschappen niet kon rekenen op een reserve die
in staat was om op te treden op het niveau van de
sector Kigali, in afwachting van de komst van de
Bengalese QRF. Vandaar zijn verzoek aan het C Ops
om bijkomende pantservoertuigen met bemanning te
leveren.

D’autre part, le colonel Marchal s’est rendu
compte qu’avec un contingent de 450 hommes, il ne
pouvait pas compter sur une réserve capable
d’intervenir au niveau du secteur Kigali, en attendant
l’arrivée de la QRF bangladaise. De là sa demande au
C Ops de fournir des véhicules blindés supplémentaires, avec équipages.

Kolonel Marchal : « Ik richtte mijn verzoek tot het
C Ops en ik kreeg geen antwoord. Toen ik vaststelde
dat de QRF er niet voor één of twee maanden zou
komen, heb ik op 8 december pantservoertuigen
gevraagd om een reserve te vormen. Aangezien dat
tevergeefs was, voelde ik mij in de steek gelaten en aan
mezelf overgeleverd. Dat verontrustte mij. Voor het
bataljon was het immers van belang te weten dat het
over de nodige munitie kon beschikken. Men kan
inderdaad denken dat mijn verhaal niet geloofwaardig is, maar de stukken in uw bezit bewijzen mijn
goede trouw. Generaal Dallaire was het er trouwens
mee eens om pantservoertuigen en munitie te vragen.
Hij vond immers dat elke versterking welkom
was. » (3)

Le colonel Marchal : « J’ai adressé ma demande au
C Ops et je n’ai pas eu de réponse. Le 8 décembre, me
rendant compte que la QRF ne serait pas là avant un
ou deux mois, j’ai demandé des blindés pour constituer une réserve. Comme c’était en vain, je me suis
senti abandonné et livré à moi-même. Cela
m’inquiétait car il était important pour le bataillon de
savoir qu’il allait disposer des munitions nécessaires.
On pourrait effectivement penser que ma situation
n’était pas concevable mais les documents en votre
possession prouvent ma bonne foi. Le général
Dallaire était d’ailleurs d’accord pour demander des
blindés et des munitions car il estimait que tout
renforcement était un plus. » (3)

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot en kolonel Flament, 13 juni 1997, BV, blz. 6/11 e.v. (BV van 13 juni 1997,
blz. 741).
(2) Zie ook hoorzitting met luitenant-generaal Behrin, BV,
BCR, Senaat, 29 april 1997, blz. 405.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
14 maart 1997, blz. 179.

(1) Audition du lieutenant-colonel Briot et du colonel Flament, 13 juin 1997, PV, p. 6/1.1 (CRA 13 juin 1997, p. 725).
(2) Voir aussi audition du lieutenant-général Behrin, CRA,
CSR, Sénat, du 29 avril 1997, p. 397.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat,
14 mars 1997, p. 176.

( 295 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Luitenant-kolonel Briot bevestigt het bestaan van
een document waarin kolonel Marchal vroeg of
België een inspanning kon doen pantservoertuigen en
bemanningen te leveren. Luitenant-kolonel Briot zegt
terzake : « Nous avons analysé sa demande. Nous
avions le matériel et, bien sûr, le personnel instructeur. » (1) Luitenant-kolonel Briot getuigt verder dat
hij dit verzoek van kolonel Marchal analyseerde en
zijn advies overmaakte aan zijn toenmalige chef,
kolonel Flament. Deze laatste kan zich dit echter niet
herinneren, maar beiden vermoeden dat deze informatie werd doorgespeeld aan de stafchef. Wat de
reactie van de stafchef betreft, stelt luitenant-kolonel
Briot : « Il s’agit d’une des conclusions de l’analyse
menée. Nous avons les moyens techniques pour le
faire, nous avons le personnel mais une limitation
gouvernementale nous fixe un quota de 450 et, avec ce
quota, nous ne pouvons pas le faire. » (2)

Le lieutenant-colonel Briot a confirmé l’existence
d’un document dans lequel le colonel Marchal
demandait à la Belgique de consentir un effort pour
fournir des blindés et des troupes. Le lieutenantcolonel Briot a déclaré à cet égard : « Nous avons
analysé sa demande. Nous avions le matériel et, bien
sûr, le personnel instructeur. » (1) Et le lieutenantcolonel Briot de poursuivre en déclarant qu’il a
analysé la demande et a transmis son avis à son chef, le
colonel Flament. Celui-ci ne s’en souvient toutefois
pas, mais tous deux supposent que cette information
a dû remonter vers le chef d’état-major. En ce qui
concerne la réaction du chef d’état-major, le lieutenant-colonel Briot a déclaré : « Il s’agit d’une des
conclusions de l’analyse menée. Nous avons les
moyens techniques pour le faire, nous avons le
personnel mais une limitation gouvernementale nous
fixe un quota de 450 et, avec ce quota, nous ne
pouvons pas le faire. » (2)

Admiraal Verhulst bevestigt dit : « In het eerste
plan, waarbij 600 man zou worden gestuurd, zouden
die manschappen over 22 CVRT-voertuigen hebben
beschikt. Die optie kwam niet meer voor in het plan
van 450 manschappen. Generaal Dallaire was gekant
tegen het gebruik van pantservoertuigen op rupsbanden. Die voertuigen zien er immers agressief uit en
generaal Dallaire wou geen negatieve reactie bij de
bevolking uitlokken toen het leven in Kigali nog
normaal leek. » (3)

C’est ce qu’a confirmé l’amiral Verhulst : « Dans le
premier projet, celui dans lequel il était prévu
d’envoyer 600 hommes, il avait aussi été prévu de les
doter de 22 véhicules CVRT. Cette option n’a pas été
reprise dans le plan prévoyant 450 hommes. Le général Dallaire était opposé à l’utilisation de véhicules
blindés à chenilles. Ces véhicules ont, en effet, une
apparence agressive et le général Dallaire ne voulait
pas susciter de réactions négatives de la population
alors que Kigali semblait vivre normalement. » (3)

De commissie stelt evenwel vast dat de slagorde van
KIBAT II nooit 450 manschappen bedroeg. Het aantal manschappen dat het Belgisch detachement bij
UNAMIR vormde, schommelde voortdurend tussen
400 en maximaal 428 effectieven, hetgeen numeriek
ruimte leverde voor 22 extra manschappen. De
commissie stelt vast dat C Ops en de generale staf te
Evere nergens melding maakten van de mogelijkheid
om 22 gespecialiseerde militairen te zenden in functie
van het bemannen en onderhouden van de pantservoertuigen.

Cependant, la commission constate que l’ordre de
bataille de KIBAT II n’a jamais compté 450 hommes.
Le détachement belge auprès de la MINUAR a
toujours compté entre 400 et 428 hommes au maximum, ce qui laissait une marge numérique de
22 hommes supplémentaires. La commission constate
que le C Ops et l’état-major général d’Evere n’ont
jamais fait état de la possibilité d’envoyer
22 militaires spécialisés pour équiper et entretenir les
véhicules blindés.

In zijn getuigenis van 28 maart 1997 stelt stafchef
Charlier dat ook hij begrip had voor het probleem
van de eigen reserve : « De uitrusting hangt af van de
getalsterkte. CVRT’s volstonden niet om de mobiele
macht te versterken. Daarvoor zijn ook teams voor
het besturen van de CVRT’s nodig. In Rwanda
hadden wij juist genoeg middelen om het terrein te
bezetten. Het was mijn bedoeling om bij de aflossing

Dans son témoignage du 28 mars 1997, le chef
d’état-major Charlier a dit comprendre le problème
de la réserve propre : « L’équipement dépend de
l’effectif. Des CVRT ne suffisent pas pour renforcer la
force mobile. Il faut aussi des équipages de pilotage
des CVRT. Au Rwanda, nous avions juste de quoi
occuper le terrain. Mon idée était de retirer, lors de la
relève, une compagnie de fusiliers et de la remplacer

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Briot en kolonel Flament, POR,
Senaat, 13 juni 1997, P.V., blz. 4/8 e.v. (BV van 13 juni 1997,
blz. 740).
(2) Ibidem, blz. 5/10 (BV van 13 juni 1997, blz. 741).
(3) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 359.

(1) Audition du colonel Briot et colonel Flament, 13 juin
1997, PV, p. 4/8 e.v. (CRA du 13 juin 1997, p. 724).
(2) Ibidem, p. 5/10 (CRA du 13 juin 1997, p. 724).
(3) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, pp. 350 et 351.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 296 )

een compagnie fuseliers terug te trekken en ze te vervangen door personeel voor mobiele operaties met
pantservoertuigen. » (1)

par du personnel pour des opérations mobiles sur des
véhicules blindés. » (1)

Eén maand later zal stafchef Charlier evenwel
antwoorden op de vraag waarom dit niet gebeurde :
« Dat had kunnen gedaan worden, maar werd niet
gevraagd. » (2)

Un mois plus tard, le chef d’état-major Charlier
allait toutefois répondre à la question de savoir pourquoi cela ne s’était pas fait : « Cela aurait pu être fait,
mais cela n’a pas été demandé par la Force. » (2)

Heeft het verzoek van kolonel Marchal van
8 december, via luitenant-kolonel Briot en kolonel
Flament, de stafchef dan toch niet bereikt ? Opmerkelijk is tevens dat admiraal Verhulst beweert zelf de
toelating gevraagd te hebben aan generaal Dallaire
om een reserve met pantservoertuigen aan te voeren,
waar de admiraal anderzijds verklaart de vraag van
kolonel Marchal niet te kunnen bevestigen (3).

La demande du colonel Marchal du 8 décembre
n’est-elle pas, en fin de compte, parvenue au chef
d’état-major par l’entremise du lieutenant-colonel
Briot et du colonel Flament ? Il est, en outre, étonnant
que l’amiral Verhulst affirme avoir lui-même
demandé l’autorisation au général Dallaire
d’acheminer une réserve de véhicules blindés, alors
qu’il affirme, par ailleurs, ne pas être en mesure de
confirmer la demande du colonel Marchal (3).

De commissie stelt niettemin vast dat KIBAT,
hoewel haar mogelijkheden bijzonder beperkt waren,
toch een bescheiden eigen reserve gevormd had. Het
was precies het peloton Mortieren, waartoe de groep
Lotin behoorde, dat zowel de reserve vormde van het
bataljon, als belast was met drie permanente escortes (4). De gebeurtenissen van 7 april zullen aantonen dat de combinatie van het escorteren van Rwandese VIP’s en het vormen van een reserve geen geloofwaardige oplossing bood.

La commission constate néanmoins que, même
avec les moyens particulièrement limités mis à sa
disposition, KIBAT a constitué une réserve propre. Il
s’agissait précisément du peloton Mortiers auquel
appartenait le groupe Lotin, qui constituait la réserve
du bataillon et qui devait assurer trois escortes permanentes (4). Les événements du 7 avril allaient montrer que combiner des missions d’escorte de personnalités rwandaises et la constitution d’une réserve n’était
pas une solution crédible.

Het rapport Van Hecke bevestigt : « Au moment
des événements le bataillon belge ne disposait pas
d’une réserve crédible. » (5)

Le rapport Van Hecke le confirme : « Au moment
des événements, le bataillon belge ne disposait pas
d’une réserve crédible. » (5)

3.3.3.5. Het ontbreken van een operationele en
geloofwaardige QRF

3.3.3.5. Absence d’une QRF opérationnelle et
crédible

Zoals de naam het reeds aangeeft, is de QRF
(Quick Reaction Force) een snelle interventiemacht
die inzetbaar diende te zijn over het gehele Rwandese
grondgebied en ressorteerde onder het rechtstreekse
bevel van generaal Dallaire (6). De QRF binnen
UNAMIR bestond uit één compagnie (80 manschappen) van de Bengaalse krijgsmacht en werd geleverd
door RUTBAT. Deze QRF beschikte over 8 BTR’s,
gepantserde en met een machinegeweer bewapende
transportvoertuigen op wielen voor de infanterie, van
Oost-Europese makelij, afkomstig van vroegere operaties in Mozambique.

Comme son nom l’indique, la QRF (Quick Reaction Force) est une force d’intervention rapide qui
devait être mobilisable sur l’ensemble du territoire
Rwandais et se trouvait sous l’ordre direct du général
Dallaire (6). Au sein de la MINUAR, la QRF consistait en une compagnie (80 hommes) des forces armées
bangladaises et était fournie par RUTBAT. Cette
QRF disposait de 8 BTR, véhicules de transport sur
roues, blindés et armés de mitrailleuses pour
l’infanterie, de fabrication d’Europe de l’Est, provenant d’opérations antérieures en Mozambique.

Uit haast alle getuigenissen blijkt dat er zich met
betrekking tot deze QRF zodanige problemen stel-

Il ressort de quasi tous les témoignages que la QRF
était confrontée à des problèmes tels qu’elle ne

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 28 maart 1997, blz. 273.
(2) Ibidem, blz. 316.
(3) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 353.
(4) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, POR, Senaat,
10 juni 1997, blz. 687.
(5) Rapport Van Hecke, deel I, 1, c).
(6) BV van 7 maart 1997, blz. 114.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, du 28 mars 1997, p. 267.
(2) Ibidem, p. 310.
(3) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 345.
(4) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 10 juin
1997, p. 673.
(5) Rapport Van Hecke, Ire partie, 1., c).
(6) CRA du 7 mars 1997, p. 110.

( 297 )

1 - 611/7 - 1997/1998

den, dat deze QRF op geen enkel ogenblik een interventiemacht betekende die in staat was vlug en efficiënt te reageren.

pouvait, à aucun moment, constituer une force capable de réagir rapidement et de manière efficace.

Reeds bij de aankomst op 4 december 1993 stellen
kolonel Marchal en luitenant-kolonel De Loecker de
tekortkomingen vast, waarvoor luitenant-kolonel
Kesteloot, lid van de verkenningsmissie reeds een
maand eerder had voor gewaarschuwd. « Vraag :
Wanneer bent u in Kigali toegekomen, kolonel ? —
Op 4 december 1993, samen met de andere detachementen. ... De QRF moest een zeer mobiele eenheid
worden, maar dat was precies een probleem bij de
Bengalen. Op het ogenblik van hun aanduiding
beschikten zij over geen enkel vervoermiddel. De
voertuigen voor de QRF waren toen nog niet aanwezig. Men heeft moeten wachten tot begin februari om
de opleiding van die eenheid te starten. Dat was op
7 februari. » (1)

Dès leur arrivée le 4 décembre 1993, le colonel
Marchal et le lieutenant-colonel De Loecker constatent les carences qu’avait déjà mises en évidence un
mois plus tôt le lieutenant-colonel Kesteloot, membre
de la mission de reconnaissance. « Question :
Wanneer bent u in Kigali toegekomen, kolonel ? —
Op 4 december 1993, samen met de andere detachementen. ... De QRF moest een zeer mobiele eenheid
worden, maar dat was precies een probleem bij de
Bengalen. Op het ogenblik van hun aanduiding beschikten zij over geen enkel vervoermiddel. De voertuigen voor de QRF waren toen nog niet aanwezig.
Men heeft moeten wachten tot begin februari om de
opleiding van die eenheid te starten. Dat was op
7 februari. » (1)

Deze laattijdige aankomst van de noodzakelijke
voertuigen is niet de enige tekortkoming. Volgens verschillende getuigenissen was het bijzonder moeilijk
om te gaan met de Bengaalse officieren en manschappen. Zo getuigt kolonel Marchal : « De commandant
van het bataljon is echter pas eind januari aangekomen en had de opdracht gegeven geen bevelen uit te
voeren voor hij ter plaatse was. Ik heb de Bengalezen
toch aan het werk gezet, maar zij hebben dat slechts
schoorvoetend gedaan. » (2)

Cette arrivée tardive des véhicules nécessaires ne
constitue pas la seule déficience. Aux dires de
plusieurs témoins, il était extrêmement difficile de
traiter avec les officiers et les hommes bangladais. Le
colonel Marchal témoigne : « Le commandant du
bataillon n’est arrivé que fin janvier et il avait donné
instruction de ne pas exécuter d’ordres avant qu’il ne
soit présent. J’ai néanmoins fait travailler les Bangladais mais ils l’ont fait avec des pieds de plomb. » (2)

Ook luitenant-kolonel De Loecker, die instond
voor de training van de Bengaalse manschappen voor
de QRF, bevestigt dit : « Bovendien was de stafchef
van ons hoofdkwartier een Bengaal die, om het zacht
uit te drukken, er helemaal niet van hield dat ik ter
plaatse naar zijn landgenoten ging kijken. Hij gaf er
de voorkeur aan dat ik op het hoofdkwartier bleef, op
mijn stoel achter de telefoon bleef zitten en dat ik van
daaruit de opleiding controleerde. » (3)

Le lieutenant-colonel De Loecker, qui était chargé
de l’entraı̂nement des soldats bangladais de la QRF, le
confirme : « Bovendien was de stafchef van ons
hoofdkwartier een Bengaal die, om het zacht uit te
drukken, er helemaal niet van hield dat ik ter plaatse
naar zijn landgenoten ging kijken. Hij gaf er de
voorkeur aan dat ik op het hoofdkwartier bleef, op
mijn stoel achter de telefoon bleef zitten en dat ik van
daaruit de opleiding controleerde. » (3)

Nochtans blijkt uit alle getuigenissen dat deze
Bengaalse manschappen de hen aangeboden training
best konden gebruiken. Luitenant-kolonel De Loecker stelt : « Na 14 dagen opleiding was er al een achterstand van 13 dagen. Het eerste probleem was dat
de chauffeurs die voertuigen niet konden besturen.
Nochtans hadden zij ons verzekerd dat er zeer ervaren
tankchauffers zouden overkomen, zodat ik erop vertrouwde dat wij na een dag reeds de baan op zouden
kunnen. » (4) Ook kolonel Marchal was bewust van
deze stand van zaken : « ... il n’y avait pas de mécani-

Il ressort cependant de tous les témoignages que ces
soldats bangladais ne pouvaient que bénéficier de
l’entraı̂nement qui leur étaient offert. Et le lieutenantcolonel De Loecker de déclarer : « Na 14 dagen opleiding was er al een achterstand van 13 dagen. Het
eerste probleem was dat de chauffeurs die voertuigen
niet konden besturen. Nochtans hadden zij ons verzekerd dat er zeer ervaren tankchauffeurs zouden
overkomen, zodat ik erop vertrouwde dat wij na een
dag reeds de baan op zouden kunnen. » (4) Le colonel Marchal est lui aussi conscient de cet état de

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-kolonel De Loecker, POR,
Senaat, 29 mei 1997, PV, blz. 1/5 (BV van 29 mei 1997, blz. 588).
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
7 maart 1997, blz. 114.
(3) Hoorzitting met luitenant-kolonel De Loecker, POR,
Senaat, 29 mei 1997, PV, blz. 3/1 (V van 29 mei 1997, blz. 589).
(4) Ibidem, blz. 1/7 (BV van 7 maart 1997, blz. 114).

(1) Audition du lieutenant-colonel De Loecker, CER, Sénat,
29 mai 1997, PV, p. 1/4 e.s. (CRA du 29 mai 1997, p. 578).
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 7 mars
1997, p. 110.
(3) Audition du lieutenant-colonel De Loecker, CER, Sénat,
29 mai 1997, PV, p. 3/1 (CRA du 29 mai 1997, p. 579).
(4) Ibidem, p. 1/7 (CRA du 29 mai 1997, p. 578).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 298 )

ciens et les chauffeurs devaient être formés. Il y avait
donc des lacunes évidentes du côté bangladais » (1).

choses : « ... il n’y avait pas de mécaniciens et les
chauffeurs devaient être formés. Il y avait donc des
lacunes évidentes du côté bangladais. » (1)

Zelfs de Force Commander, generaal Dallaire geeft
toe dat « there simply was no credible military force
within UNAMIR which could on the short notice
required by the situation gather a sizable intervention
force. » (2)

Même le général Dallaire, le « Force Commander »,
convient que : « there simply was no credible military
force within UNAMIR which could on the short
notice required by the situation gather a sizable
intervention force. » (2)

Naast de vaststelling van het gebrek aan operationaliteit van het Bengaalse personeel, stelt zich binnen
het Bengaalse contingent het probleem van het tekort
aan voertuigen welke bovendien ernstige mankementen vertoonden. Kolonel Marchal stelt : « Die macht
diende overal in Rwanda tussenbeide te kunnen
komen, maar de bedrijfszekerheid van de voertuigen
liet te wensen over. » (3)

Après la constatation que le personnel bangladais
était non opérationnel, se pose au sein du contingent
bangladais le problème du manque de véhicules,
lesquels présentaient en outre de sérieuses déficiences.
Le colonel Marchal déclare : « Cette force devait
pouvoir intervenir n’importe où au Rwanda, mais la
fiabilité des véhicules laissait à désirer. » (3)

Generaal Dallaire is hierin zeer duidelijk : « The
original plan had called for 20 APC’s and
8 helicopters in order to allow for a company strength
Quick Reaction capability... By the date of the incident, only 8 APC’s had been provided of which just 5
were serviceable. » (4) ... « The APC’s had arrived in
late February/early March without tools, spare parts,
mechanics, manuals and with limited ammunition.
The main weapon on the APC’s had never been test
fired in Rwanda... The equipment limitations and
their proficiency in using such systems was still below
operational standards. » (5)

Le général Dallaire est très clair en la matière : « The
original plan had called for 20 APC’s and 8 helicopters in order to allow for a company strenght
Quick Reaction capability ... By the date of the incident, only 8 APC’s had been provided of which just 5
were serviceable. » (4) ... « The APC’s had arrived in
late Februari/early March without tools, spare parts,
mechanics, manuals and with limited ammunition.
The main weapon on the APC’s had never been test
fired in Rwanda... The equipment limitations and
their proficiency in using such systems was still below
operational standards ». (5)

De commissie stelt vast dat, omwille van al deze
problemen deze Bengaalse QRF helemaal niet operationeel was en binnen het kader van UNAMIR volstrekt ongeloofwaardig was. De « waarde » van de
QRF en de invloed ervan op het ogenblik dat de toestand ontspoord wordt nog het best geı̈llustreerd
door wat zich voordeed de ochtend van 7 april. Om
8.50 uur trachtten drie BTR’s van RUTBAT een wegversperring te passeren. Die drie BTR’s vormden toen
zestig procent van de operationele voertuigen van de
QRF. De versperring was uitgerust met antitankwapens. Zij meldden aan kolonel Marchal dat zij
geblokkeerd waren. Nadat onderhandelen om te

La commission constate qu’en raison de tous ces
problèmes, la QRF bangladaise n’était pas du tout
opérationnelle et était tout à fait dénuée de crédibilité
dans le cadre de la MINUAR. Ce qui s’est passé le
matin du 7 avril est encore la meilleure illustration de
la « valeur » de la QRF et de son influence au moment
du dérapage de la situation. À 8.50 heures, les trois
BTR de RUTBAT ont essayé de franchir un barrage.
Ces trois BTR constituaient alors 60% des véhicules
de la QRF. Le barrage était doté d’armes antichars. Ils
informèrent le colonel Marchal qu’ils étaient bloqués.
Ayant vainement négocié le passage, et après que les
Rwandais eurent menacé d’utiliser leurs armes anti-

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-kolonel De Loecker, BV,
BCR, Senaat, 7 maart 1997, blz. 115.
(2) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
punt 65, blz. 29, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
7 maart 1997, blz. 114.
(4) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
punt 58, blz. 27, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof.
(5) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
punt 61, blz. 28, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof.

(1) Audition du lieutenant-colonel De Loecker, CRA, CSR,
Sénat, 7 mars 1997, p. 110.
(2) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
point 65, p. 29, voir le dossier de l’auditorat général près la Cour
militaire.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 7 mars
1997, p. 110.
(4) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
point 58, p. 27, voir le dossier de l’auditorat général près la Cour
militaire.
(5) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
point 61, p. 28, voir le dossier de l’auditorat général près la Cour
militaire.

( 299 )

1 - 611/7 - 1997/1998

passeren niets opleverde en de Rwandezen er mee
dreigden hun antitankwapens te gebruiken, maakten
zij rechtsomkeer. Van dat ogenblik af was het voor
kolonel Marchal overduidelijk dat UNAMIR niet
meer over zijn actievrijheid beschikte. Kolonel Marchal voegt er aan toe : « Non, les CVRT n’étaient
certainement pas dans le même état. Ils avaient un
autre armement et d’autres munitions. — Vraag : Si
vous les aviez eus, cela aurait tout changé ? — Il est
clair qu’en tant que responsable militaire, connaissant la valeur de l’élément bangladeshi, je n’aurais
jamais demandé à ces gens de foncer et de faire sauter
le barrage. D’ailleurs, le commandant de bataillon
exigeait des ordres écrits de ma part pour faire bouger
ces gens. Telle était la procédure. Il est clair que
quand vous pouvez engager ce genre d’objectif avec
un canon de 35 ou 30 mm, les choses sont en effet tout
à fait différentes. Et cela, vous pouvez le faire de
loin. » (1)

chars, ils firent demi-tour. À compter de ce moment, il
était évident pour le colonel Marchal que la
MINUAR ne disposait plus de sa liberté d’action. Le
colonel Marchal ajoute : « Non, les CVRT n’étaient
certainement pas dans le même état. Ils avaient un
autre armement et d’autres munitions. — Question :
Si vous les aviez eus, cela aurait tout changé ? — Il est
clair qu’en tant que responsable militaire, connaissant la valeur de l’élément bangladeshi, je n’aurais
jamais demandé à ces gens de foncer et de faire sauter
le barrage. D’ailleurs, le commandant de bataillon
exigeait des ordres écrits de ma part pour faire bouger
ces gens. Telle était la procédure. Il est clair que
quand vous pouvez engager ce genre d’objectif avec
un canon de 35 ou 30 mm, les choses sont en effet tout
a fait différentes. Et cela, vous pouvez le faire de
loin. » (1)

Hebben de UNAMIR-officieren acties ondernomen om deze belangrijke tekortkoming op te vangen ?

Les officiers de la MINUAR ont-ils entrepris des
actions pour répondre à cette déficience importante ?

Luitenant-kolonel De Loecker, die het meest
contact had met het QRF-detachement, getuigt dat hij
herhaaldelijk de problemen heeft aangekaart : « Ik
heb dat uiteraard gemeld. Iedereen werd op de hoogte
gebracht, tot en met generaal Dallaire zelf. ... Ik meld
de informatie en wat de staf ermee doet is niet mijn
taak, andere mensen moeten dit nader bekijken en een
oplossing zoeken ... Ik heb het probleem verschillende
malen gemeld. Elke dag was er ’s morgens een coördinatievergadering op het hoofdkwartier en daar kwam
het verloop van de opleiding van de QRF regelmatig
ter sprake. ... Ik weet niet wat mijn oversten met mijn
informatie deden. Ik meen mij te herinneren dat er
regelmatig nota’s naar Brussel werden gezonden
waarin men om bijkomende middelen vroeg. Die
vraag bleef voor zover ik mij kan herinneren, zonder
respons. » (2)

Le lieutenant-colonel De Loecker, qui avait le plus
de contacts avec le détachement de la QRF, déclare
qu’il a maintes fois abordé le problème : « Ik heb dat
uiteraard gemeld. Iedereen werd op de hoogte
gebracht, tot en met generaal Dallaire zelf. ... Ik meld
de informatie en wat de staf ermee doet is niet mijn
taak, andere mensen moeten dit nader bekijken en een
oplossing zoeken. Ik heb het probleem verschillende
malen gemeld. Elke dag was er ’s morgens een coördinatievergadering op het hoofdkwartier en daar kwam
het verloop van de opleiding van de QRF regelmatig
ter sprake. ... Ik weet niet wat mijn oversten met mijn
informatie deden. Ik meen mij te herinneren dat er
regelmatig nota’s naar Brussel werden gezonden
waarin men om bijkomende middelen vroeg. Die
vraag bleef voor zover ik mij kan herinneren, zonder
respons. » (2)

Kolonel Marchal alarmeert generaal Dallaire :
« L’autre mesure a consisté à expliquer au général
Dallaire que je ne pouvais faire face à mes missions; je
lui ai suggéré d’envisager la possibilité de demander le
remplacement du Bengladesh par un autre pays. —
Vraag : À quelle époque a eu lieu ce débat entre
M. Dallaire et vous à ce sujet ? — Le 3 avril, après son
retour de congé ... Donc, fin mars-début avril. Il m’a
demandé de rédiger un document pour pouvoir
réagir. J’ai donc rédigé un document à l’intention du
général Dallaire, en décrivant toutes les limitations

Le colonel Marchal alerte alors le général Dallaire :
« L’autre mesure a consisté à expliquer au général
Dallaire que je ne pouvais faire face à mes missions; je
lui ai suggéré d’envisager la possibilité de demander le
remplacement du Bengladesh par un autre pays. —
Question : À quelle époque a eu lieu ce débat entre
M. Dallaire et vous à ce sujet ? — Le 3 avril, après son
retour de congé ... Donc, fin mars-début avril. Il m’a
demandé de rédiger un document pour pouvoir
réagir. J’ai donc rédigé un document à l’intention du
général Dallaire, en décrivant toutes les limitations

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 33/1 e.v. (BV van 10 juni 1997, blz. 687).
(2) Hoorzitting met luitenant-kolonel De Loecker, POR,
Senaat, 29 mei 1997, PV, blz. 2/6 e.v. (BV van 29 mei 1997,
blz. 588-590).

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 33/1 e.s. (CRA du 10 juin 1997, p. 694).
(2) Audition du lieutenant-colonel De Loecker, CER, Sénat,
29 mai 1997, PV, p. 2/2 (CRA du 29 mai 1997, p. 578-580).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 300 )

techniques et opérationnelles du bataillon bengladeshi. » (1)

techniques et opérationnelles du bataillon bengladeshi. » (1)

Dat deze berichten wel degelijk te Evere arriveerden blijkt uit de getuigenissen van kolonel Flament en
luitenant-kolonel Briot. Wanneer een commissielid
aan kolonel Flament vraagt op welk ogenblik hij bij
C Ops vaststelde dat de QRF niet operationeel was,
antwoordt hij : « Au fil des semaines. ... C’était le
problème du général Dallaire. » (2) Luitenantkolonel Briot bevestigt dit : « Ce sont les Nations unies
qui désignent le Bengladesh suivant des procédures
bien connues d’après l’évolution géographique et les
influences. Celui-ci a accepté de fournir le personnel
mais n’avait pas les véhicules. Les Nations unies ont
fait appel à différents pays pour trouver ces véhicules
et le personnel de formation. » (3) ... « L’état-major
général a rapidement été conscient de la nonexistence de la QRF. Le colonel Marchal, par un fax,
nous a dit qu’il faudrait plus ou moins deux mois
pour rendre les Bangladais opérationnels. Nous
étions donc au courant. L’ONU devait trouver, en
fonction de critères d’équilibre, les pays qui fourniraient des véhicules. Elle a fait appel à différents pays
tant pour les véhicules que pour le personnel. » (4)

Il ressort des témoignages du colonel Flament et du
lieutenant-colonel Briot que ces messages sont bel et
bien arrivés à Evere. Lorsqu’un commissaire demande
au colonel Flament à quel moment il a constaté, étant
au C Ops, que la QRF n’était pas opérationnelle, il
répond : « Au fil des semaines. ... C’était le problème
du général Dallaire. » (2) Le lieutenant-colonel Briot
confirme les propos de son collègue : « Ce sont les
Nations unies qui désignent le Bengladesh suivant des
procédures bien connues d’après l’évolution géographique et les influences. Celui-ci a accepté de fournir
le personnel mais n’avait pas les véhicules. Les
Nations unies ont fait appel à différents pays pour
trouver ces véhicules et le personnel de formation. » (3) ... « L’état-major général a rapidement été
conscient de la non-existence de la QRF. Le colonel
Marchal, par un fax, nous a dit qu’il faudrait plus ou
moins deux mois pour rendre les Bangladais opérationnels. Nous étions donc au courant. L’ONU devait
trouver, en fonction de critères d’équilibre, les pays
qui fourniraient des véhicules. Elle a fait appel à différents pays tant pour les véhicules que pour le personnel. » (4)

Niet enkel C Ops was op de hoogte van het probleem. Ook de betrokken departementen wisten
ervan. Twee maal werd op de coördinatievergaderingen van het ministerie van Buitenlandse Zaken en
het ministerie van Landsverdediging, waarop ook een
afgevaardigde van de eerste minister aanwezig was,
gesproken over de onbekwaamheid van het Bengalese
contingent, en meermaals kwam de ontplooiing van
het Oostenrijks contingent ter sprake.

Le C Ops n’était pas le seul à être au courant du
problème. Les départements concernés en avaient
également connaissance. L’incompétence du contingent bangladais fait l’objet d’une discussion au cours
de deux réunions de coordination du Ministère des
Affaires étrangères et du Ministère de la Défense
nationale, auxquelles un représentant du Premier
ministre était présent. Le déploiement du contingent
autrichien est discuté plusieurs fois.

De nodige inspanningen werden gedaan om de
Oostenrijkers te overtuigen, zoals blijkt uit het verslag van het bezoek dat minister Delcroix op
18 februari 1994 bracht aan de Oostenrijkse minister
van Defensie. Ook na 13 januari werden nog inspanningen geleverd om Oostenrijk ertoe te bewegen snel
een troepenmacht van 150 tot 200 manschappen te
leveren. De commissie stelt echter vast dat dit diende
om het aantal Belgische UNAMIR-soldaten in gelijke
mate te verminderen, zodat van een effectief tweede
geloofwaardig contingent geen sprake was.

L’on a déployé les efforts nécessaires pour convaincre les Autrichiens, comme le montre le rapport
concernant la visite que le ministre Delcroix a rendue
le 18 février 1994 à son collègue autrichien de la
Défense. Même après le 13 janvier, l’on a tenté
d’amener l’Autriche à fournir rapidement une force
de 150 à 200 hommes. Cependant, la commission
constate que le but était de réduire proportionnellement le nombre de soldats belges, ce qui fait qu’il
n’était pas question d’un deuxième contingent crédible.

De commissie stelt vast dat alle autoriteiten, zowel
militair als politiek, zowel in België als bij de UNO,
op de hoogte waren van het ontbreken van een operationele QRF. De commissie stelt tevens vast dat een

La commission constate que toutes les autorités,
tant militaires que politiques, tant en Belgique qu’aux
Nations unies, étaient au courant de l’absence d’une
QRF opérationnelle. La commission constate égale-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 26/8 e.v. (BV van 10 juni 1997, blz. 704).
(2) Hoorzitting met kolonel Briot en kolonel Flament, POR,
Senaat, 13 juni 1997, PV, blz. 4/3 (BV van 13 juni 1997,
blz. 740).
(3) Ibidem, blz. 4/3 (BV van 13 juni 1997, blz. 740).
(4) Ibidem, blz. 4/5 (BV van 13 juni 1997, blz. 740).

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV p. 26/8 (CRA du 10 juin 1997, p. 690).
(2) Audition du colonel Briot et colonel Flament, CER,
Sénat, 13 juin 1997, PV, p. 4/3 (CRA du 13 juin 1997, p. 740).
(3) Ibidem, p. 4/3 (CRA du 13 juin 1997, p. 724).
(4) Ibidem, p. 4/5 (CRA du 13 juin 1997, p. 724).

( 301 )

1 - 611/7 - 1997/1998

aantal initiatieven, zowel militair als politiek, genomen werden, maar dat deze zonder resultaat bleven.

ment qu’un certain nombre d’initiatives, tant militaires que politiques, ont été prises, mais qu’elles n’ont
pas eu de résultat.

3.3.3.6. De moeilijkheden met de andere buitenlandse contingenten

3.3.3.6. Les difficultés avec les autres contingents
étrangers

« It will also be recalled, as stated in my report of
24 September 1993, that the projected strength of
UNAMIR military personnel was to stand at 1,428 by
the end of phase I and to reach a peak, at the end of
phase II, with a total of 2,548 all ranks. As of
22 March 1994, UNAMIR had a strength of 2,539
military personnel, from the following 24 nations :
Austria (15), Bangladesh (942), Belgium (440),
Botswana (9), Brazil (13), Canada (2), Congo (26),
Egypt (10), Fiji (1), Ghana (843), Hungary (4), Malawi (5), Mali (10), Netherlands (9), Nigeria (15),
Poland (5), Romania (5), Russian Federation (15),
Senegal (35), Slovakia (5), Togo (15), Tunisia (61),
Uruguay (25) and Zimbabwe (29). These figures
include the 81 military observers serving with the
United Nations Observer Mission Uganda-Rwanda
(UNOMUR). » (1)

« It will also be recalled, as stated in my report of
24 September 1993, that the projected strength of
UNAMIR military personnel was to stand at 1,428 by
the end of phase I and to reach a peak, at the end of
phase II, with a total of 2,548 all ranks. As of
22 March 1994, UNAMIR had a strength of 2,539
military personnel, from the following 24 nations :
Austria (15), Bangladesh (942), Belgium (440),
Botswana (9), Brazil (13), Canada (2), Congo (26),
Egypt (10), Fiji (1), Ghana (843), Hungary (4),
Malawi (5), Mali (10), Netherlands (9), Nigeria (15),
Poland (5), Romania (5), russian Federation (15),
Senegal (35), Slovakia (5), Togo (15), Tunisia (61),
Uruguay (25) and Zimbabwe (29). These figures
include the 81 military observers serving with the
United Nations Observer Mission Uganda-Rwanda
(UNOMUR). » (1)

Uit verschillende getuigenissen blijkt dat de malaise
binnen de QRF exemplatief was voor het ganse
RUTBAT-contingent, en zelfs voor de overige buitenlandse detachementen.

Il ressort de divers témoignages que le malaise au
sein de la QRF reflétait celui de l’ensemble du contingent RUTBAT, et même celui des autres détachements étrangers.

Over RUTBAT getuigt stafchef Charlier : « Wij zijn
heel snel tot de vaststelling gekomen dat de Bengalezen niet in staat waren hun opdracht uit te voeren. Ze
weigerden zelfs te gehoorzamen. Daarom dachten wij
eraan een versterking van KIBAT te vragen. Ik
meende toen dat wij versterking van Oostenrijk
moesten krijgen ofwel ons terugtrekken. De discussies waren oeverloos. » (2) Admiraal Verhulst sluit
zich hierbij aan : « Wij hebben dus ter plaatse vastgesteld dat de Bengalezen weigerden de bevelen op te
volgen. Daarom menen wij dat de steun vereist is van
een andere natie die over troepen beschikt die voor dit
soort operatie goed zijn uitgerust en getraind. » (3)

Le chef de l’état-major, le lieutenant-général
Charlier, a déclaré au sujet de RUTBAT : « On s’est
très rapidement aperçu que les militaires du Bangladesh n’étaient pas en mesure d’assurer leur mission.
Cela allait jusqu’au refus d’obtempérer. C’est pourquoi nous avons envisagé d’obtenir un renforcement
de KIBAT. À l’époque, mon opinion était qu’il fallait
obtenir les renforts autrichiens ou se retirer. Les
discussions se sont éternisées. » (2) L’amiral Verhulst
a souscrit à ce point de vue : « C’est donc dans l’action
que nous avons constaté que les Bangladais refusaient
d’obéir aux ordres. Nous estimons donc qu’il est
nécessaire d’avoir l’appui d’une autre nation disposant de troupes équipées et bien entraı̂nées pour ce
genre d’opérations. » (3)

Het probleem van de Ghanezen was van een totaal
andere orde. Het Ghanese contingent bestond uit
goed getrainde manschappen doch het beschikte niet
over het vereiste materieel.

Le problème des Ghanéens était d’un tout autre
ordre. Le contingent ghanéen était composé
d’hommes bien entraı̂nés, mais ils n’étaient pas en
possession du matériel requis.

Over de overige buitenlandse contingenten lezen
we de verontrustende getuigenis van generaal Dallai-

Quant aux autres contingents étrangers, on peut
lire à ce sujet le témoignage inquiétant du général

——————

——————

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, Department of Public Information, The United Nations Blue Book
Series, Volume X, blz. 247.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 28 maart 1997, blz. 273.
(3) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 352.

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, Department of Public Information, The United Nations Blue Book
Series, Volume X, p. 247.
(2) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 28 mars 1997, blz. 267.
(3) Audition de l’admiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 344.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 302 )

re : « In addition the Bangladeshi battalion was underequipped, the Ghana Battalion deployed into the
country in January and February without their equipment which was yet to transit by sea. The 60 man
Tunisian Company, which was a well-led, trained
and disciplined force, possessed no integral vehicles,
communication equipment or logistics capability.
Medical, logistics and engineering assets were similarly poorly equipped and supplied. » (1)
Kolonel Marchal getuigt voor de commissie dat hij
er met generaal Dallaire heeft over gepraat maar dat
« Il était assez délicat de solliciter le remplacement des
Bengladeshis pour incompétence alors qu’à cette
époque le Bengladesh avait mis 15 000 Casques bleus
au service de l’ONU. Le Conseil de sécurité n’aurait
certainement pas accepté, puisque c’était un fournisseur de troupes. » (2)
Via een nota van SGR werd de generale staf te
Evere reeds op 31 december 1993 op de hoogte
gebracht van de desastreuze toestand van sommige
van onze militaire partners in Rwanda : « Toutes les
troupes (...) qui font partie de cette mission UNO sont
arrivées, mais pour la plupart elles sont très mal organisées, hormis les Belges (...). Les détachements des
autres nations sont très mal équipés; ils ne sont pas
opérationnels, certaines troupes sont venues presque
sans armements ! » (3)
Kolonel Marchal herhaalt deze boodschap in een
rapport dat hij op 28 januari 1994 richt aan C Ops te
Evere : « Je dois reconnaı̂tre que notre partenaire au
sein du Secteur Kigali n’est pas fiable. » (4)
De commissie stelt vast dat de militaire en politieke
autoriteiten, zowel in België als bij de VN, op de
hoogte waren van het niet-operationeel karakter van
de verschillende buitenlandse contingenten. Het
Bengaalse detachement (RUTBAT) was slecht opgeleid en stond weigerachtig om zich te schikken naar
de bevelen van de hiërarchische oversten binnen
UNAMIR. De overige buitenlandse detachementen
waren anderzijds wel betrouwbaar, doch beschikten
veelal niet over de nodige voertuigen, communicatiemiddelen en logistieke steun om operationeel te
kunnen functioneren.

3.3.3.7. De verspreiding van de kantonnementen

Dallaire : « In addition the Bangladeshi battalion was
under-equipped, the Ghana Battalion deployed into
the country in January and February without their
equipment which was yet to transit by sea. The
60 man Tunisian Company, which was a well-led,
trained and disciplined force, possessed no integral
vehicles, communication equipment or logistics capability. Medical, logistics and engineering assets were
similarly poorly equipped and supplied. » (1)
Le colonel Marchal a témoigné devant la commission qu’il en avait parlé avec le général Dallaire, mais
que « Il était assez délicat de solliciter le remplacement
des Bengladeshis pour incompétence alors qu’à cette
époque le Bengladesh avait mis 15 000 Casques bleus
au service de l’ONU. Le Conseil de sécurité n’aurait
certainement pas accepté, puisque c’était un fournisseur de troupes. » (2)
L’état-major à Evere a été mis au courant de la
situation désastreuse d’une partie de nos partenaires
militaires au Rwanda dès le 31 décembre 1993, au
moyen d’une note du SGR : « Toutes les troupes (...)
qui font partie de cette mission ONU sont arrivées,
mais pour la plupart elles sont très mal organisées,
hormis les Belges (...). Les détachements des autres
nations sont très mal équipés; ils ne sont pas opérationnels, certaines troupes sont venues presque sans
armements ! » (3)
Le colonel Marchal répète ce constat dans un
rapport qu’il fait parvenir le 28 janvier 1994 au C Ops
à Evere : « Je dois reconnaı̂tre que notre partenaire au
sein du secteur Kigali n’est pas fiable. » (4)
La commission constate qu’en Belgique et au sein
des Nations Unies, les autorités militaires et politiques étaient informées du caractère non opérationnel
de plusieurs contingents étrangers. Le détachement
bangladais (RUTBAT) avait reçu une mauvaise
formation et, en outre, il était réticent à se soumettre
aux ordres des supérieurs hiérarchiques de la
MINUAR. Les autres détachements étrangers étaient
fiables quant à eux, mais ils ne disposaient généralement pas des véhicules, des moyens de communication et du soutien logistique nécessaires pour pouvoir
être opérationnels.

3.3.3.7. La dispersion des cantonnements

Tijdens het verloop van de UNAMIR-missie bleef
de toestand van de kantonnementen voor KIBAT II

Au cours de la mission de la MINUAR, la situation
des cantonnements du KIBAT II est restée inchangée.

——————

——————

(1) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
punt 58, blz. 27, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 34/12. (BV van 10 juni 1997, blz. 709).
(3) Documenten SGR nr. 1232 e.v.
(4) Documenten C Ops, nr. 1526 in dossier auditoraatgeneraal bij het Militair Gerechtshof, kaft onderzoek D, Not.
nr. 01.00009.95-1376.

(1) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court,
point 58, p. 27, voir dossier de l’auditeur général près la Cour
militaire.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 34/12 (CRA du 10 juin 1997, p. 695).
(3) SGR no 1232 et suivants.
(4) Document C Ops no 1526 dans le dossier de l’auditeur
général près la Cour militaire, farde d’enquête B, Note
no 01.00009.95-1376.

( 303 )

1 - 611/7 - 1997/1998

ongewijzigd. De Belgische troepen waren verspreid
over 14 kantonnementen, waarbij sommige van deze
kantonnementen slechts bemand waren door een
sectie of een ploeg van enkele militairen.

Les troupes belges étaient réparties entre 14 cantonnements, dont certains ne disposaient que d’une section
ou d’une équipe de quelques militaires.

Uit een aantal getuigenissen blijkt dat deze hoge
spreiding gevolgen had voor de inzetbaarheid, de veiligheid, en het aanleggen van een eigen reserve voor
het Belgisch detachement.

Une série de témoignages montrent que cette forte
dispersion a eu des répercussions sur la possibilité
d’engager les troupes, sur la sécurité, et sur la constitution d’une réserve propre au détachement belge.

Nochtans hebben zowel kolonel Leroy (KIBAT I)
als kolonel Dewez (KIBAT II) bij generaal Dallaire
aangedrongen het aantal kantonnementen te verminderen en de Belgische troepen te hergroeperen. Kapitein Theunissen getuigt : « En ce qui concerne le
regroupement des cantonnements, avant le départ de
la mission, ici en Belgique, on a reçu un briefing général de la MINUAR. Je lis : « localisation des cantonnements : actuel 1 para très dispersé — projet 2-CODO
il s’agit du colonel Dewez « centralisation des cantonnements : un par groupe » il y avait trois groupes, une
compagnie c’est un groupe, « un groupe en ville, avec
deux cantonnements, un cantonnement à l’aérodrome et un cantonnement à « Don Bosco » cela c’est
la quatorzième compagnie. Telle était donc l’idée du
colonel. Mais je sais qu’il a subi des pressions pour
conserver la dispersion parce qu’il fallait une présence
en ville. —Vraag : de la part de qui a-t-il subi des pressions ? — ... C’était probablement Dallaire ». (1)

Pourtant, et le colonel Leroy (KIBAT I) et le colonel
Dewez (KIBAT II) ont insisté auprès du général
Dallaire pour que l’on réduise le nombre de cantonnements et que l’on regroupe les troupes belges. Le capitaine Theunissen en témoigne comme suit : « En ce qui
concerne le regroupement des cantonnements, avant
le départ de la mission, ici en Belgique, on a reçu un
briefing général de la MINUAR. Je lis : « localisation
des cantonnements : actuel 1 para très dispersé - projet
2-CODO il s’agit du colonel Dewez « centralisation
des cantonnements : un par groupe » il y avait trois
groupes, une compagnie c’est un groupe, « un groupe
en ville, avec deux cantonnements, un cantonnement
à l’aérodrome et un cantonnement à « Don Bosco »
cela c’est la quatorzième compagnie. Telle était donc
l’idée du colonel. Mais je sais qu’il a subi des pressions pour conserver la dispersion parce qu’il fallait
une présence en ville. — Question : de la part de qui
a-t-il subi des pressions ? — ... C’était probablement
Dallaire ». (1)

Admiraal Verhulst bevestigt het verschil in visie
tussen de generale staf te Evere en de Force Commander : « De generale staf wou het aantal kantonnementen zoveel mogelijk beperken. Generaal Dallaire van
zijn kant wou de troepen in de stad spreiden om informatie van en contacten met de bevolking te stimuleren ». (2)

L’amiral Verhulst confirme l’existence de divergences de vues entre l’état-major général à Evere et le
Force Commander en ces termes : « L’état-major
général voulait le plus possible réduire les cantonnements. Le général Dallaire, quant à lui, souhaitait
disperser les troupes dans la ville afin de favoriser
l’information et les contacts avec la population » (2).

In zijn inspectieverslag rapporteert luitenantgeneraal Uytterhoeven dat de spreiding van de
kantonnementen om diverse redenen een logische
beslissing is : « in de stad + hygiënische eisen + duur
van de opdracht + regenseizoen + beschikbaarheid
van harde constructies (hangars en huizen) ». Luitenant-generaal Uytterhoeven stelde dat de verspreiding van de kantonnementen ook was ingegeven door
de zorg voor de landgenoten : « Er moet ook rekening
mee gehouden worden dat wij bij een eventuele evacuatie de stad in moesten. De legering van een peleton
in de stad gaf enerzijds een groter veiligheidsgevoel en
kon anderzijds ook een eventuele evacuatie verge-

Dans son rapport d’inspection, le lieutenantgénéral Uytterhoeven signale que, pour diverses
raisons, la dispersion des cantonnements participait
d’une décision logique : « en ville + de l’hygiène +
durée de la mission + saison des pluies + disponibilité
de bâtiments en dur (hangars et maisons) ». Le lieutenant-général Uytterhoeven a affirmé que la dispersion
des cantonnements était également inspirée par le
souci d’assurer la sécurité des compatriotes : « Il fallait
également tenir compte du fait qu’une éventuelle
évacuation nous obligeait à pénétrer dans la ville. Le
cantonnement d’un peloton dans la ville procurait
d’une part un sentiment de plus grande sécurité et

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997, PV, blz. 15/12 e.v. (BV van 6 juni 1997, blz. 682).
(2) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 354.

(1) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin,
PV, p. 15/12 e.s. (CRA du 6 juin 1997, p. 668).
(2) Audition de l’admiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 346.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 304 )

makkelijken. » (1). De generaal bevestigt tevens dat
de Force Commander hiermee akkoord gaat (2).

pouvait d’autre part faciliter une éventuelle évacuation. » (1). Le général confirme par ailleurs que le
Force Commander approuvait cette décision (2).

Het waren de Belgische militairen te velde die dagdagelijks ondervonden dat deze hoge spreiding hun
militaire mogelijkheden enorm beperkten. Twee
compagniecommandanten getuigen.

Ce sont les militaires belges sur le terrain qui ont
constaté quotidiennement que cette forte dispersion
limitait sensiblement leurs possibilités d’action militaires. Deux commandants de compagnie en témoignent.

Kapitein Marchal : « Il suffit de voir la manière
dont le bataillon était réparti dans Kigali pour comprendre que les principes de l’art militaire n’étaient
pas respectés ». (3)

Voici ce qu’en dit le capitaine Marchal : « Il suffit de
voir la manière dont le bataillon était réparti dans
Kigali pour comprendre que les principes de l’art militaire n’étaient pas respectés ». (3)

Kapitein Lemaire : « Or , moi, quand je suis venu en
janvier, la première chose qui m’a effrayé — je pense
que nous étions tous dans le même cas au 2-CODO —
était la dispersion du bataillon dans la ville.
D’ailleurs, c’est un des éléments qui fera que d’office,
au départ, le bataillon était inopérationnel parce que
nous étions chaque fois en position de faiblesse par
rapport à un ennemi éventuel, puisque nous étions
fractionnés. Quand nous avons discuté sur place du
problème de la dispersion, on nous a bien sûr expliqué les problèmes de location au niveau ONU, mais
on nous a parlé également d’un problème de confort,
en disant qu’en Afrique, il faut du confort. Il est évident que pour nous, la priorité c’était d’abord la sécurité ». (4)

Voici l’avis du capitaine Lemaire : « Or , moi,
quand je suis venu en janvier, la première chose qui
m’a effrayé — je pense que nous étions tous dans le
même cas au 2-CODO — était la dispersion du bataillon dans la ville. D’ailleurs, c’est un des éléments qui
fera que d’office, au départ, le bataillon était inopérationnel, parce que nous étions chaque fois en position
de faiblesse par rapport à un ennemi éventuel, puisque nous étions fractionnés. Quand nous avons
discuté sur place du problème de la dispersion, on
nous a bien sûr expliqué les problèmes de location au
niveau ONU, mais on nous a parlé également d’un
problème de confort, en disant qu’en Afrique, il faut
du confort. Il est évident que pour nous, la priorité
c’était d’abord la sécurité ». (4)

De S3 van KIBAT, majoor Choffray bevestigt dit :
« De situatie zou gemakkelijker geweest zijn, indien
we gecentraliseerd waren geweest. ... Het was niet
haalbaar KIBAT een operatie te laten opzetten. De
kantonnementen waren te zeer verspreid, slecht verdedigd en kwetsbaar ». (5)

Le S3 du KIBAT, le major Choffray, confirme les
choses en ces termes : « La situation eût été plus facile,
si nous avions été centralisés. ... L’intervention de
KIBAT pour mener une opération n’était pas réalisable. Les cantonnements étaient trop dispersés, mal
protégés et vulnérables ». (5)

Luitenant-kolonel Leroy verklaart dat er voor de
bewaking van de kwartieren bij een grote oproer 75
manschappen nodig zijn : « In geval van manifestatie
verlaat een deel van de manschappen die logistieke
taken uitvoeren hun post om de kwartieren te bewaken. In geval van grote oproer komen de 75 mannen
van de logistiek. » (6)

Le lieutenant-colonel Leroy déclare qu’en cas de
troubles majeurs, il fallait 75 hommes pour garder les
cantonnements : « En cas de manifestation, une partie
des hommes affectés aux activités logistiques abandonnent celles-ci pour faire la garde des cantonnements. En cas de troubles majeurs, ce sont les 75 personnes de la logistique qui interviennent. » (6)

Kolonel Dewez wijt het ontbreken van een reserve
o.a. aan de hoge spreiding van de kantonnementen :

Le colonel Dewez impute l’absence de réserve
notamment à la dispersion importante des cantonne-

——————

——————

(1) (BV, blz. 366).
(2) Verslag van het bezoek van luitenant-generaal Uytterhoeven, dd. 25 februari 1994, blz. 2.
(3) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 14/1. (BV van 13 mei 1997, blz. 469).
(4) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 34/11 e.v. (BV van 7 mei 1997, blz. 439-440).
(5) Hoorzitting met majoor Choffray, BV, BCR, Senaat,
13 mei 1997, blz. 469 en 478.
(6) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat,
24 maart 1997, blz. 233.

(1) (CRA, p. 358).
(2) Rapport de la visite du lieutenant-général Uytterhoeven
du 25 février 1994, p. 2.
(3) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, p. 14/1 (CRA du 13 mai 1997, p. 459).
(4) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, p. 34/11 e.s. (CRA du 7 mai 1997, p. 428).
(5) Audition du major Choffray, CRA, CSR, Sénat, 13 mai
1997, p. 468.
(6) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 24 mars
1997, p. 227.

( 305 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« Aangezien de kantonnementen tamelijk verspreid
waren, was het reservepeloton niet helemaal beschikbaar. Er moest immers telkens in wachtposten
worden voorzien voor de bescherming van het
kamp ». (1)

ments : « Les cantonnements étant relativement
dispersés, le peloton de réserve n’était pas entièrement
disponible, puisqu’il fallait toujours laisser des sentinelles pour la protection du camp ». (1)

Bereikten er signalen over dit probleem het C Ops
en de generale staf te Evere, en welke stappen werden
er gezet ?

Les signaux relatifs à ce problème ont-ils atteint le
C Ops et l’état-major général à Evere et, si oui, quelles
mesures a-t-on prises ?

Op 3 december 1993 richtte de commandant van
KIBAT I, luitenant-kolonel Leroy een nota aan het
C Ops te Evere waarin hij voorstelde om veiligheidsredenen het aantal kantonnementen tot 5 plaatsen te
herleiden. Hierop zendt C Ops op 6 december 1993
een verslag aan de generale staf (JSO-P) waarin men
stelde hiertegen geen bezwaren te hebben (2).

Le 3 décembre 1993, le commandant du KIBAT I,
le colonel Leroy, a envoyé une note au C Ops à Evere
dans laquelle il proposait, pour des raisons de sécurité, de réduire le nombre de cantonnements à 5. Sur
ce, le C Ops a envoyé, le 6 décembre 1993, un rapport
à l’état-major général (JSO-P), dans lequel il affirmait
qu’il n’y voyait aucune objection (2).

Op 19 december richtte kolonel Marchal een
rapport aan C Ops waarbij hij meldde dat de problemen inzake de kantonnementen bleven aanslepen (3).

Le 19 décembre, le colonel Marchal a adressé un
rapport au C Ops, dans lequel il mentionnait que les
problèmes relatifs aux cantonnements n’étaient
toujours pas résolus (3).

Op 31 december meldde een info van SGR dat één
van de grote problemen waarmee de Belgische blauwhelmen te kampen hadden de huisvesting is (4).

Le 31 décembre, une information du SGR signalait
que l’un des problèmes principaux auxquels les
casques bleus belges étaient confrontés était celui du
logement (4).

Het rapport van majoor Guérin van 31 januari 1994
behandelt het probleem van de kantonnementen uitgebreid. Zijn oordeel is streng en zijn aanbevelingen
aan de generale staf zijn zeer duidelijk : « Par volonté
du Comd Force et par manque de logements gratuits,
le Bn a réparti ses moyens entre 14 Cant, certains
n’étant occupés que par une Sec ou une Eq (Heli,
CVR-T, Med). Sur le plan de la sécurité, cette dispersion est dangereuse en cas de troubles. Les unités isolées pourraient se retrouver otages de l’un ou l’autre
parti.

Le rapport du major Guérin du 31 janvier 1994
traite de manière approfondie le problème des
cantonnements. Son jugement est sévère et ses recommandations à l’état-major général sont très claires :
« Par volonté du Comd Force et par manque de logements gratuits, le Bn a réparti ses moyens entre
14 Cant, certains n’étant occupés que par une Sec ou
une Eq (Heli, CVR-T, Med). Sur le plan de la sécurité,
cette dispersion est dangereuse en cas de troubles. Les
unités isolées pourraient se retrouver otages de l’un
ou l’autre parti.

Le Comd KIBAT II a l’intention de regrouper ses
moyens par Cant de Cie. Vu les frais de location et la
rareté des habitations disponibles, il serait souhaitable d’importer ou de construire des containers. Les
moyens locaux (ATS Don Bosco, menuiseries locales)
permettraient une construction sur place par de la
main-d’œuvre locale. Une étude détaillée des besoins
sera fournie par le Comd KIBAT II lors de sa visite du
3 février 1994 à JSO-P.

Le Comd KIBAT II a l’intention de regrouper ses
moyens par Cant de Cie. Vu les frais de location et la
rareté des habitations disponibles, il serait souhaitable d’importer ou de construire des containers. Les
moyens locaux (ATS Don Bosco, menuiseries locales)
permettraient une construction sur place par de la
main-d’œuvre locale. Une étude détaillée des besoins
sera fournie par le Comd KIBAT II lors de sa visite du
3 février 1994 à JSO-P.

Quelle que soit la solution choisie, il est URGENT
de fournir au Pl qui campe sur l’aéroport des moyens
pour améliorer la salubrité de son Cant :

Quelle que soit la solution choisie, il est URGENT
de fournir au Pl qui campe sur l’aéroport des moyens
pour améliorer la salubrité de son Cant :

1. SIX grandes tentes pour remplacer les tentes FR
actuelles

1. SIX grandes tentes pour remplacer les tentes FR
actuelles

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, Senaat,
16 april 1997, blz. 299.
(2) Documenten C Ops nr. 23869.
(3) Documenten C Ops nr. 24923 in dossier Auditoraat
Generaal bij het Militair Gerechtshof - Kaft onderzoek D - Not.
nr. 01.00009.95- 1337.
(4) Documenten SGR 1232 e.v.

(1) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 16 avril
1997, p. 293.
(2) Document C Ops, no 23869.
(3) Documents C Ops no 24923 dans le dossier Auditorat
général près la Cour militaire - farde enquête D - not.
no 01.00009.95-1337.
(4) Documents SGR 1232 et suivants.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 306 )

2. Aérosol anti-moustiques à pulvériser par Heli
AIII sur les marécages avoisinants. »

2. Aérosol anti-moustiques à pulvériser par Heli
AIII sur les marécages avoisinants. »

Uit een aantal C Ops verslagen tussen 3 februari en
24 maart 1994 blijkt dat men er de voorkeur aan gaf
een aantal kantonnementen onder te brengen in zelf te
bouwen modules (Kigalodge). De bedoeling was het
aantal kantonnementen van 14 op 10 terug te brengen. Op 24 maart werd de planning voor Kigalodge
meegedeeld. Niettemin stelde luitenant-kolonel
Leroy in een rapport van 30 maart 1994, dat hij richtte
aan de generale staf, dat de Belgische militairen nog
steeds te kampen hadden met enorme logementsproblemen. Kigalodge zal uiteindelijk nooit gebouwd
worden (1).

Une série de rapports du C Ops qui datent de la
période allant du 3 février au 24 mars 1994 ont
montré que l’on préférait placer une série de cantonnements dans des modules à construire soi-même
(Kigalodge). L’objectif était de ramener le nombre de
cantonnements de 14 à 10. Le 24 mars, le plan Kigalodge a été communiqué. Cependant, le lieutenant
colonel Leroy a constaté, dans un rapport du 30 mars
1994 qu’il a adressé à l’état-major général, que les
militaires belges étaient toujours confrontés à
d’énormes problèmes de logement. Kigalodge ne sera
finalement jamais construit (1).

Waren de politieke autoriteiten op de hoogte van
de problematiek van de kantonnementen en de gevolgen voor de veiligheid en inzetbaarheid van onze troepen ?

Les autorités politiques étaient-elles informées du
problème des cantonnements et des conséquences de
celui-ci sur la sécurité de nos troupes et sur la possibilité de les engager ?

Stafchef Charlier bevestigt de bespreking van het
probleem met het kabinet van de minister van Landsverdediging : « Kolonel Marchal heeft mij er begin
december over gesproken. Hij heeft mij gezegd dat hij
het probleem van de huisvesting kon oplossen als hij
over een budget kon beschikken. Ik heb hem geantwoord dat hij dat zou krijgen en heb het kabinet van
de minister op de hoogte gebracht. Hij heeft het geld
gekregen. Enkele dagen later heeft hij mij teruggebeld
en ik heb hem gezegd dat hij de nieuwe locaties mocht
huren... Hij heeft de verzekering gekregen dat hij het
geld in de eerste helft van december zou ontvangen.
Hij had de behoefte op 5 miljoen Belgische frank
geraamd ». (2)

Le chef d’état-major Charlier confirme que le
problème a été abordé avec le cabinet du ministre de
la Défense : « Le colonel Marchal m’en a parlé au
début du mois de décembre. Il m’a dit qu’il pouvait
résoudre le problème du logement s’il obtenait un
budget. J’ai répondu qu’il l’obtiendrait et j’en ai
prévenu le cabinet du ministre. Il a reçu l’argent.
Quelques jours plus tard, il m’a retéléphoné et je lui ai
dit de procéder aux locations. Il a reçu l’assurance
qu’il aurait l’argent durant la première semaine de
décembre. Il avait estimé le besoin à 5 millions de
francs belges ». (2)

Landsverdediging heeft erin toegestemd om meer
geld toe te kennen voor een betere huisvesting.

La Défense nationale s’est déclarée d’accord pour
octroyer plus d’argent pour un meilleur logement.

De commissie stelt vast dat reeds vanaf december
1993 de militaire autoriteiten van de VN en van België
op de hoogte waren van het huisvestingsprobleem
van de Belgische blauwhelmen en de burgerlijke overheden terzake hebben gerustgesteld. De generale staf
slaagde er slechts vier maanden later in, op 24 maart
1994, een planning mee te delen voor de aanbouw van
Kigalodge. Op het ogenblik dat de crisis uitbreekt, is
KIBAT nog steeds gespreid over de 14 kantonnementen en zal deze spreiding één van de bepalende factoren zijn om niet in te grijpen.

La commission constate que, dès décembre 1993,
les autorités militaires de l’ONU et la Belgique étaient
informées du problème de logement des Casques
bleus belges et ont rassuré les autorités civiles. Ce
n’est que quatre mois plus tard, le 24 mars 1994, que
l’état-major général parvient à communiquer un
calendrier pour la construction de Kigalodge. Au
moment où la crise éclate, le KIBAT est toujours
dispersé entre 14 cantonnements et cette dispersion
sera l’un des facteurs déterminants de l’absence
d’intervention.

3.3.3.8. De moeizame totstandkoming van het
evacuatieplan en het ontbreken van een « worst
case »-scenario

3.3.3.8. La mise au point laborieuse du plan
d’évacuation et l’absence de scénario catastrophe

Betreffende deze problematiek doet de commissie
vier belangrijke vaststellingen. Allereerst was er het

La commission fait quatre constatations importantes concernant ce problème. D’abord, l’absence de

——————

——————

(1) Rapport commissie ad hoc Rwanda, blz. 122-123.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 21 april 1997, blz. 315.

(1) Rapport commission ad hoc Rwanda, pp. 122-123.
(2) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 21 avril 1997, p. 309.

( 307 )

1 - 611/7 - 1997/1998

niet-bestaan van een operationeel evacuatieplan,
vóór maart 1994. Dit plan was evenwel niet gefinaliseerd op het niveau van KIBAT. Vervolgens de vaststelling dat KIBAT en zijn verschillende compagnies
op geen enkele wijze waren voorbereid op een crisisscenario. Heel wat verwarring bestond omtrent de
eventuele doelgroepen van een evacuatieplan, en tenslotte was er, ook in deze aangelegenheid, de slechte
communicatie tussen Kigali en de generale staf te
Evere.

plan d’évacuation opérationnel, avant mars 1994, ce
plan n’a toutefois pas été finalisé au niveau de
KIBAT. Puis le fait que KIBAT et ses différentes
compagnies n’étaient absolument pas préparés à un
scénario de crise. Ajoutons-y une grande confusion
quant aux éventuels groupes cibles d’un plan
d’évacuation et, enfin, les mauvaises communications
sur ce plan entre Kigali et l’état-major général
d’Evere.

Kolonel Balis kreeg van generaal Dallaire de opdracht een evacuatieplan op te stellen, hoewel dit
volgens hen eigenlijk behoorde tot de bevoegdheid
van de Bengaalse collega. Hij kreeg deze opdracht
midden februari 1994. « Pas nadat ik samen met de h.
Booh Booh naar Mulindi geweest ben, kreeg ik de
nodige inlichtingen en stelde ik het evacuatieplan op.
Het is dus onrechtstreeks mijn verantwoordelijkheid
geworden. Ik vatte het plan op als een zeer klassiek
militair manoeuvre in verschillende fasen. De eerste
fase bestond in het verzamelen van de vreemdelingen
in de verschillende provincie-hoofdsteden, ze naar
Kigali te brengen en vervolgens de militairen met een
systeem van inkrimpende perimeters naar de luchthaven te brengen en ze uit Rwanda te verwijderen.

Le colonel Balis a été chargé par le général Dallaire
de dresser un plan d’évacuation, bien qu’en fait, cela
relevât selon lui de la compétence du collègue bangladais. Cette mission lui a été confiée à la mi-février
1994. « Pas nadat ik samen met de h. Booh Booh naar
Mulindi geweest ben, kreeg ik de nodige inlichtingen
en stelde ik het evacuatieplan op. Het is dus onrechtstreeks mijn verantwoordelijkheid geworden. Ik vatte
het plan op als een zeer klassiek militair manoeuver in
verschillende fasen. De eerste fase bestond in het
verzamelen van de vreemdelingen in de verschillende
provinciehoofdsteden, ze naar Kigali te brengen en
vervolgens de militairen met een systeem van inkrimpende perimeters naar de luchthaven te brengen en ze
uit Rwanda te verwijderen.

De dringende reden voor het evacuatieplan was het
feit dat ik op 4 of 5 maart met de h. Booh Booh, die de
plaatselijke politiek verantwoordelijke was van
UNAMIR, naar een vergadering ben geweest in
Mulindi. » (1)

De dringende reden voor het evacuatieplan was het
feit dat ik op 4 of 5 maart met de h. Booh Booh, die de
plaatselijke politiek verantwoordelijke was van
UNAMIR, naar een vergadering ben geweest in
Mulindi. » (1)

Dit plan ging echter niet uit van een « worst-case »
scenario, en dit zal achteraf de grootste zwakte van
het plan blijken te zijn : « Onze basishypothese was
wel dat wij niet in een vijandelijk milieu zouden opereren. We verwachtten niet dat men ons zou viseren,
maar dat UNAMIR zich zou kunnen terugtrekken in
een neutrale of beter gezegd semi-neutrale sfeer » (2).

Ce plan ne partait toutefois pas d’un scénario
catastrophe, ce qui se révélera ultérieurement être sa
plus grande faiblesse : « Onze basishypothese was wel
dat wij niet in een vijandelijk milieu zouden opereren.
We verwachtten niet dat men ons zou viseren, maar
dat UNAMIR zich zou kunnen terugtrekken in een
neutrale of beter gezegd semi-neutrale sfeer » (2).

De voornaamste kritiek op het plan komt van de
sectorcommandant, kolonel Marchal, die toch enige
Afrika-ervaring heeft en erg scherp het volgende stelt :
« Ik heb ervaring met evacuaties. In 1978 opereerde ik
reeds in Kolwezi. Generaal Dallaire had ter zake geen
enkele ervaring. Op 1 april hebben wij de geëxpatrieerden gebrieft, niet enkel de Belgen maar ook de
anderen. De Fransen wilden zeker zijn dat het evacuatieplan naar hun zin was. Na enige discussie en enkele
kleine aanpassingen hebben ze ermee ingestemd » (3). Op de vraag van een commissielid of dit
plan uiteindelijk ook uitgevoerd werd, luidt het
antwoord laconiek : « neen ».

La principale critique relative au plan émane du
commandant de secteur, le colonel Marchal, qui a
quand même une certaine expérience de l’Afrique et
qui dit, sur un ton très tranchant : « J’ai l’expérience
pour les évacuations. En 1978, j’ai déjà opéré à
Kolwezi. Le général Dallaire n’avait aucune expérience en la matière. Le 1er avril, nous avons « briefé »
la communauté des expatriés, non seulement les
Belges mais également les autres. Les Français
voulaient être certains que le plan d’évacuation leur
convenait. Après discussion et légère adaptation, ils
ont marqué leur accord sur ce plan » (3). Un commissaire lui ayant demandé si ce plan avait finalement été
mis à exécution, il répond laconiquement « non ».

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 10/4 e.v. (BV van 29 mei 1997, blz. 595).
(2) Ibidem, blz. 11/3 e.v. (BV van 29 mei 1997, blz. 595).
(3) Ibidem, blz. 174.

(1) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
p. 10/4 e.s. (CRA du 29 mai 1997, p. 585).
(2) Ibidem, p. 11/3 e.s. (CRA du 29 mai 1997, p. 585).
(3) Ibidem, p. 170.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 308 )

Uit verschillende getuigenissen blijkt dat dit evacuatieplan enkel op papier bestond, maar nooit de
compagniecommandanten bereikte in de vorm van
een operationeel order. Kapitein Theunissen stelt dat
op het niveau van de compagnie niets voorzien was
betreffende een evacuatieplan van UNAMIR (1).

Il ressort de différents témoignages que ce plan
d’évacuation n’existait que sur papier, mais qu’il n’a
jamais atteint les commandants de compagnie sous la
forme d’un ordre opérationnel. Le capitaine Theunissen affirme qu’au niveau de la compagnie, rien n’était
prévu concernant un plan d’évacuation de la
MINUAR (1).

De chef operaties van KIBAT, majoor Choffray,
bevestigt eveneens dat er geen hergroeperingsplan
bestond, en dat door KIBAT II nooit een hergroepering van de manschappen in geval van moeilijkheden
ingeoefend werd (2).

Le chef des opérations de KIBAT, le major Choffray, confirme également qu’il n’existait pas de plan
de regroupement et que KIBAT II ne s’est jamais
exercé au regroupement des effectifs en cas de difficultés » (2).

De commissie stelt vast dat er zich — inzake dit
evacuatieplan — een ernstige communicatiestoornis
voordeed tussen de sectorcommandant, kolonel
Marchal en de bataljonscommandant, kolonel
Dewez. Op de herhaalde vraag van de commissie
waarom dit evacuatieplan nooit werd gefinaliseerd
op het niveau van de bataljons, noteren wij volgende
getuigenissen. Admiraal Verhulst : « Ik kan niet
antwoorden op uw vraag. Kolonel Marchal was verantwoordelijk voor de verspreiding van de informatie
over het evacuatieplan. U moet hem die vraag stellen » (3). Ook kolonel Balis drukt zijn verwondering
uit over dit gebrek aan communicatie : « Daaruit kan
ik alleen afleiden dat het plan dat naar mijn weten is
gestuurd naar de verschillende ondergeschikten van
het hoofdkwartier van UNAMIR — namelijk voor de
sector Kigali naar kolonel Marchal, naar de sector
DMZ of de gedemilitariseerde zone waar een Ghanese kolonel de chef was en naar de sector UNMO;
die zich uitstrekte over gans Rwanda — wel degelijk
is ontvangen. Zij hebben het bovendien « ter lezing
gekregen » wat wil zeggen dat zij het met hun opmerkingen moesten terugsturen. Afgezien van enkele
details, waren er geen opmerkingen. Het zou mij dan
ten zeerste verbazen dat zij dit rapport dan niet ter
kennis gebracht hebben van hun ondergeschikten.
Dat is immers de normale stafprocedure » (4).

La commission constate qu’il s’est produit — à
propos de ce plan d’évacuation — de sérieuses difficultés de communication entre le commandant de
secteur, le colonel Marchal, et le commandant de
bataillon, le colonel Dewez. En réponse à la question
répétée de la commission quant à savoir pourquoi ce
plan d’évacuation n’avait jamais été finalisé à
l’échelon des bataillons, nous notons les témoignages
suivants. L’amiral Verhulst : « Je ne peux pas répondre à votre question. C’est le colonel Marchal qui
était responsable de la diffusion de l’information sur
le plan d’évacuation. Posez-lui la question » (3). Le
colonel Balis s’étonne, lui aussi, de ce manque de
communication : « Daaruit kan ik alleen afleiden dat
het plan dat naar mijn weten is gestuurd naar de verschillende ondergeschikten van het hoofdkwartier
van UNAMIR — namelijk voor de sector Kigali naar
kolonel Marchal, naar de sector DMZ of de gedemilitariseerde zone waar een Ghanese kolonel de chef was
en naar de sector UNMO; die zich uitstrekte over gans
Rwanda — wel degelijk is ontvangen. Zij hebben het
bovendien « ter lezing gekregen » wat wil zeggen dat
zij het met hun opmerkingen moesten terugsturen.
Afgezien van enkele details, waren er geen opmerkingen. Het zou mij dan ten zeerste verbazen dat zij dit
rapport dan niet ter kennis gebracht hebben van hun
ondergeschikten. Dat is immers de normale stafprocedure » (4).

Kolonel Marchal geeft zijn versie van de feiten :
« En fait, le plan d’évacuation des expatriés avait été
minutieusement coordonné par l’ambassade de
France, en collaboration avec l’ambassade de Belgique. De mon coté, le 1er avril, j’avais donné un briefing à tous les responsables belges de secteurs en ce qui
concerne le plan d’évacuation. Ce plan à nécessité
quatre mois de préparation et de coordination. Dans
ce domaine-là, on n’improvise pas : ce n’est pas au

Le colonel Marchal donne sa version des faits : « En
fait, le plan d’évacuation des expatriés avait été minutieusement coordonné par l’ambassade de France, en
collaboration avec l’ambassade de Belgique. De mon
coté, le 1er avril, j’avais donné un briefing à tous les
responsables belges de secteurs en ce qui concerne le
plan d’évacuation. Ce plan à nécessité quatre mois de
préparation et de coordination. Dans ce domaine-là,
on n’improvise pas : ce n’est pas au moment où l’on

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, BV, POR, Senaat,
6 juni 1997, blz. 678.
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, BV, POR, Senaat,
13 mei 1997, blz. 469.
(3) Hoorzitting van admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 359.
(4) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 12/4 e.v. (BV van 29 mei 1997, blz. 596).

(1) Audition du capitaine Theunissen, CRA, CER, Sénat,
6 juin 1997, p. 664.
(2) Audition du major Choffray, CRA, CER, Sénat, 13 mai
1997, p. 459.
(3) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 350.
(4) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
p. 12/4 e.s. (CRA du 29 mai 1997, p. 586).

( 309 )

1 - 611/7 - 1997/1998

moment où l’on est confronté à la situation que l’on
réfléchit. Je me suis rendu compte, de façon tout à fait
fortuite, que KIBAT ne semblait pas au courant du
plan d’évacuation : il connaissait le plan, mais pas son
mécanisme. Le plan consistait à rassembler les expatriés à divers endroits, à les évacuer le long de deux
itinéraires qui devaient être protégés par les troupes
de la MINUAR, vers l’aérodrome. Cette évacuation a
débuté par une évacuation sauvage, sans la mise en
place d’aucun dispositif particulier. C’est sur ce point
que nous étions en désaccord, le colonel Dewez et
moi-même.

est confronté à la situation que l’on réfléchit. Je me
suis rendu compte, de façon tout à fait fortuite, que
KIBAT ne semblait pas au courant du plan
d’avacuation : il connaissait le plan, mais pas son
mécanisme. Le plan consistait à rassembler les expatriés à divers endroits, à les évacuer le long de deux
itinéraires qui devaient être protégés par les troupes
de la MINUAR, vers l’aérodrome. Cette évacuation a
débuté par une évacuation sauvage, sans la mise en
place d’aucun dispositif particulier. C’est sur ce point
que nous étions en désaccord, le colonel Dewez et
moi-même.

Les conséquences pouvaient être dommageables
pour la sécurité des expatriés, car nous ne leur garantissions pas une structure sûre sur le plan de l’encadrement du rassemblement » (1).

Les conséquences pouvaient être dommageables
pour la sécurité des expatriés, car nous ne leur garantissions pas une structure sûre sur le plan de l’encadrement du rassemblement » (1).

Dat uiteindelijk de uitvoering van het rampenplan
niet goed verliep, bewijzen de feiten zoals kapitein
Lemaire, compagniecommandant, getuigt : « Je pense
que c’est le 9, on nous a dit que nous pouvions
commencer l’évacuation des expatriés, alors qu’à
cette date, ils étaient déjà aux trois quarts rassemblés » (2).

Les faits, tels que le capitaine Lemaire, commandant de compagnie, les rapporte, montrent que l’exécution du plan catastrophe ne marchait pas bien : « Je
pense que c’est le 9, on nous a dit que nous pouvions
commencer l’évacuation des expatriés, alors qu’à
cette date, ils étaient déjà aux trois quarts rassemblés » (2).

In zijn verslag van 16 november 1994 bevestigde
luitenant-generaal Uytterhoeven dat het evacuatieplan niet werd toegepast. Een groot gedeelte van de
geëxpatrieerden was reeds gehergroepeerd, en de
enige taak bestond erin gegevens te verzamelen van
diegenen die nog ter plaatse waren, en vanuit de verschillende kantonnementen een evacuatie onder militaire escorte naar de luchthaven te organiseren (3).

Dans son rapport du 16 novembre 1994, le lieutenant-général Uytterhoeven a confirmé que le plan
d’évacuation n’a pas été appliqué. Une grande partie
des expatriés avait déjà été regroupée et il ne restait
qu’à réunir des informations auprès des personnes
encore sur place et à organiser ensuite, à partir des
divers cantonnements, une évacuation, sous escorte
militaire, vers l’aéroport (3).

In de marge van de vaststelling dat dit evacuatieplan weinig of niet operationeel was, stelde zich ook
de discussie omtrent de doelgroepen van een eventuele evacuatie.

Abstraction faite de la constatation que ce plan
d’évacuation n’était pas ou presque pas opérationnel,
il y avait la question de savoir quels étaient les groupes
cibles d’une éventuelle évacuation.

Kolonel Balis stelde een vraag in die zin aan generaal Dallaire : « Ik vroeg hem of ik ook moest voorzien
in de evacuatie van de « expatriés », de vreemdelingen
in Rwanda. Hij moest die vraag op zijn beurt eerst
stellen aan het hoofdkwartier in New-York ... Het
ging wel degelijk enkel om niet-Rwandezen. Door
omstandigheden heb ik generaal Dallaire tweemaal
expliciet gevraagd of Rwandezen ook mochten
worden geëvacueerd als ze in gevaar waren. Hij
antwoordde formeel dat de bevelen van New-York :
« no locals » luidden. Er mochten dus geen Rwandezen geëvacueerd worden » (4).

Le colonel Balis a interrogé le général Dallaire à ce
propos : « Ik vroeg hem of ik ook moest voorzien in de
evacuatie van de « expatriés », de vreemdelingen in
Rwanda. Hij moest die vraag op zijn beurt stellen aan
het hoofdkwartier in New-York ... Het ging wel degelijk enkel om niet-Rwandezen. Door omstandigheden heb ik generaal Dallaire tweemaal expleciet
gevraagd of Rwandezen ook mochten worden geëvacueerd als ze in gevaar waren. Hij antwoordde
formeel dat de bevelen van New-York « no locals »
luidden. Er mochten dus geen Rwandezen geëvacueerd worden. » (4)

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 40/14 e.v. (BV van 10 juni 1997, blz. 714).
(2) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 45/3. (BV van 7 mei 1997, blz. 441).
(3) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven, dd.
16 november 1994, blz. 41.
(4) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 10/4 e.v. (BV van 29 mei 1997, blz. 595-596).

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 40/14 e.s. (CRA du 10 juin 1997, p. 699).
(2) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV p. 45/3 (CRA du 7 mai 1997, p. 430).
(3) Rapport
du
lieutenant-général
Uytterhoeven,
16 novembre 1994, p. 41.
(4) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
p. 10/24 e.s. (CRA du 29 mai 1997, pp. 585 et 586).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 310 )

Zelfs over het evacueren van geëxpatrieerden was
de houding van de Force Commander dubbelzinnig.
Admiraal Verhulst verwoordt dit als volgt : « De
UNO voorzag in geval van erge gebeurtenissen in de
evacuatie van haar eigen personeel. De Force
Commander ging akkoord dat ook de geëxpatrieerden geëvacueerd konden worden. In tegenstelling tot
kolonel Marchal wou hij dat echter niet opnemen in
het officiële evacuatieplan. Kolonel Marchal hoopte
het standpunt van generaal Dallaire te veranderen.
Zo nodig moest DELBELONU worden ingeschakeld.

Même en ce qui concerne l’évacuation des expatriés, la position du Force Commander était ambiguë.
Voici ce qu’en dit l’amiral Verhulst : « En cas de
complications, l’ONU avait prévu d’évacuer son
propre personnel. Le « Force Commander » marqua
son accord pour que l’on procède également à
l’évacuation des expatriés. Contrairement au colonel
Marchal, il ne souhaitait pas que cela figure dans le
plan d’évacuation officiel. Le colonel Marchal espérait pouvoir infléchir le point de vue du général
Dallaire. Il était prévu de faire intervenir la délégation
belge auprès de l’ONU, si nécessaire.

Generaal Dallaire wou dat de evacuatie binnen de
vier dagen voltrokken was. Kolonel Marchal vroeg of
hij de VN of de Belgische richtlijnen moest volgen
indien de gemeenschap niet volledig geëvacueerd was
binnen vier dagen. Kolonel Marchal heeft twee brieven en een fax ontvangen. In het verslag van het VNsecretariaat-generaal van 24 september 1993 staat dat
het VN-mandaat niet limitatief is. De geëxpatrieerden
vielen onder het VN-mandaat. Dat is door de ambassadeur in Kigali bevestigd. In nood moest UNAMIR
de geëxpatrieerden beschermen. Generaal Dallaire
erkent dus dat de evacuatie van de geëxpatrieerden
deel uitmaakt van het mandaat van UNAMIR en
bijgevolg dat het antwoord van de generale staf aan
kolonel Marchal overeenstemt met de werkelijkheid » (1).

Le général Dallaire souhaitait que l’évacuation
complète des expatriés soit achevée dans les quatre
jours. Le colonel Marchal demandait s’il devait suivre
les instructions des Nations unies ou celles de la Belgique, si ce délai n’était pas respecté. Le colonel
Marchal a reçu deux lettres et un fax. Il est stipulé
dans le rapport du Secrétariat général de l’ONU du
24 septembre 1993, que le mandat de l’ONU n’est pas
limitatif. Les expatriés étaient couverts par le mandat
de l’ONU. Cela a été confirmé par l’ambassadeur à
Kigali. En cas de catastrophe, la MINUAR devait
protéger les expatriés. Le général Dallaire reconnaı̂t
donc que l’évacuation des expatriés fait bien partie du
mandat de la MINUAR et, dès lors, que la réponse de
l’état-major général au colonel Marchal correspond à
la réalité » (1).

Tenslotte stelt zich de belangrijke vraag of kolonel
Marchal de generale staf te Evere ook van dit euvel op
de hoogte heeft gebracht en of er acties van hun zijde
werden overwogen of ondernomen.

Se pose enfin la question capitale de savoir si le
colonel Marchal a aussi informé l’état-major général
à Evere de cette carence et si ce dernier a envisagé ou
entrepris des actions.

Na de betoging van 8 januari 1994, kwam kolonel
Marchal tot de vaststelling dat de situatie wel eens uit
de hand zou kunnen lopen en dat een operationeel
evacuatieplan en een « worst case »-scenario dringend
nodig waren. In een rapport van 15 januari 1994 aan
C Ops stelt kolonel Marchal in punt 5 : « Ce point est
secret et a été transmis via le STU II en SECURE. Je
demande une réponse rapide à ce point. » De inhoud
van dit bericht werd overgezonden langs een gecrypteerde telefoon. Kolonel Marchal vroeg hierbij naar
nadere richtlijnen in geval van ernstige gebeurtenissen
en een noodzakelijke evacuatie. « Ben ik verplicht de
VN bevelen te volgen of moet ik een Belgisch standpunt innemen en verder landgenoten evacueren ?
(onder Belgische muts i.p.v. blauwe). Ik vraag dringend antwoord. Situatie kan basculeren. Duidelijke
richtlijnen » (2).

Après la manifestation du 8 janvier 1994, le colonel
Marchal est parvenu à la conclusion qu’il se pouvait
que la situation devı̂nt incontrôlable et qu’il était
urgent de mettre au point un plan d’évacuation et un
scénario catastrophe. Au point no 5 d’un rapport
qu’il a adressé au C Ops le 15 janvier 1994, le colonel
Marchal fournit la précision suivante : « Ce point est
secret et a été transmis via le STU II et SECURE. Je
demande une réponse rapide sur ce point. » Le
contenu de ce message a été transmis par communication téléphonique cryptée. Le colonel Marchal
demandait, dans ce message, de plus amples directives
en cas d’événements graves et d’une nécessaire
évacuation. « Ben ik verplicht de VN bevelen te
volgen of moet ik een Belgisch standpunt innemen en
verder landgenoten evacueren ? — (onder Belgische
muts i.p.v. blauwe). Ik vraag dringend antwoord.
Situatie kan basculeren. Duidelijke richtlijnen » (2).

Kolonel Marchal getuigt voor de commissie het
volgende : « Wat het statuut betreft, dateert mijn
eerste vraag van 15 januari. Ze heeft betrekking op de

Le colonel Marchal fit le témoignage suivant
devant la commission : « En ce qui concerne le statut,
ma première demande remonte au 15 janvier. Elle

——————

——————

(1) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 358.
(2) Rapport ad hoc, blz. 42.

(1) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 350.
(2) Rapport ad hoc, p. 42.

( 311 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gevolgen van een verslechtering van de situatie en van
de toename van het gevaar, niet alleen voor onze maar
voor alle geëxpatrieerden. De betoging van 8 januari
verontrustte mij, omdat men de massa niet in de hand
kon houden. Ik heb dan geprobeerd om mijn
bezorgdheid te kennen te geven door richtlijnen te
vragen voor het geval de situatie nog zou verslechteren. Op mijn vraag van 15 januari heb ik nooit een
antwoord gekregen. Half maart ben ik de ambassadeur gaan opzoeken en heb ik hem uitgelegd dat ik
richtlijnen gevraagd had maar dat ik nooit een bevredigend antwoord had gekregen. Ik drukte de wens uit
dat hij via het ministerie van Buitenlandse Zaken tussenbeide zou komen om dit punt op de agenda van de
vergadering in Brussel te laten plaatsen de daaropvolgende donderdag.

porte sur les conséquences d’une dégradation de la
situation et de l’accroissement du danger pour nos
expatriés et même pour la communauté des expatriés.
La manifestation du 8 janvier m’a inquiété, car le
mouvement de foule était non maı̂trisable. J’ai alors
essayé d’exprimer mon inquiétude en demandant des
directives au cas où la situation devrait encore
s’aggraver. Je n’ai jamais obtenu de réponse à ma
demande du 15 janvier. À la mi-mars, je suis allé trouver l’ambassadeur et lui ai expliqué que j’avais
demandé des directives mais qu’aucune réponse satisfaisante ne m’avait été fournie. J’ai souhaité qu’il
intervienne via le Ministère des Affaires étrangères
pour mettre ce point à l’ordre du jour de la réunion du
jeudi suivant, à Bruxelles.

Op 20 maart heb ik dit alles nogmaals bevestigd
aan de ambassadeur. Het was hoog tijd dat Brussel
zich met het probleem bezighield. Ik vroeg mij af of ik
in geval van problemen mijn blauwe muts moest ophouden of opnieuw mijn Belgische muts moest opzetten.

Le 20 mars, j’ai confirmé la teneur de nos entretiens
et de mes préoccupations à l’ambassadeur. Il était
temps que Bruxelles se préoccupe du problème. Je me
demandais si, en cas de problèmes, il convenait de
garder mon béret bleu ou de remettre mon béret belge
pour avoir une attitude nationale.

Ik denk dat ik mijn verantwoordelijkheid heb opgenomen door de overheid te waarschuwen voor wat
ik verwachtte en wat enkele dagen later jammer
genoeg ook is gebeurd.

Je crois avoir fait preuve de responsabilité en avertissant les autorités sur la situation que je prévoyais et
qui malheureusement s’est présentée quelques jours
plus tard.

Ik vond dat de problemen van belang waren voor
de veiligheid van het detachement. Ik was een VNcommandant, maar ook een Belg. Het was trouwens
ook mijn taak om de veiligheid van de Belgische geëxpatrieerden te verzekeren » (1).

J’estimais que les problèmes posés était importants
pour la sécurité du détachement. J’étais commandant
ONU mais aussi Belge. Ma mission m’imposait en
outre de préserver la sécurité des expatriés
belges » (1).

Op de vraag van kolonel Marchal, van 15 januari,
stuurde C Ops een antwoordbericht waarin de draagwijdte van het mandaat werd gepreciseerd. Op de
vraag van een commissielid of kolonel Marchal dit
bericht ontvangen heeft, antwoordt hij : « Ja, maar
dat bericht voldeed niet. Dat was niet de kern van het
probleem. Ik wou weten wat moest worden gedaan
als bij de evacuatie problemen zouden rijzen. Het was
een probleem van statuut... Bij de manifestatie van
8 januari heb ik immers ingezien dat wij niet over de
middelen beschikken om aan die crisissituatie het
hoofd te kunnen bieden... Ik wou richtlijnen krijgen
om te weten wat ik mocht doen om de geëxpatrieerden te evacueren in geval zich ongeregeldheden
zouden voordoen. De vorige evacuaties zijn altijd
goed verlopen, maar toen was ik niet zeker van het
resultaat. Wie verantwoordelijkheid draagt houdt
ook rekening met gevallen van overmacht » (2).

Le 15 janvier, le C Ops a répondu à la demande du
colonel Marchal par un message qui précisait la
portée du mandat. À la question d’un commissaire
qui désire savoir si le colonel Marchal avait reçu ce
message, celui-ci répond comme suit : « Oui, mais il
n’était pas satisfaisant. Le fond du problème était
différent. Je voulais savoir ce qu’il convenait de faire,
si l’évacuation se passait mal. C’était un problème de
statut.... À la suite de la manifestation du 8 janvier, je
me suis rendu compte qu’on n’avait pas les moyens
pour faire face à cette situation de crise.... Je voulais
recevoir des directives pour savoir ce que je pouvais
faire, en cas de trouble, pour évacuer les expatriés. Les
évacuations précédentes se sont toujours déroulées
convenablement mais, cette fois, je n’étais pas
convaincu des résultats. Le propre d’un responsable
est de prévoir les cas de force majeure » (2).

De commissie stelt vast dat er daarnaast een aantal
besprekingen hebben plaatsgehad, waarbij kolonel
Marchal aandrong op specifieke richtlijnen voor een

La commission constate qu’il y a eu également des
discussions au cours desquelles le colonel Marchal a
insisté pour recevoir des directives spécifiques appli-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
14 maart 1997, blz. 173.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
14 maart 1997, blz. 173.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat,
14 mars 1997, p. 169.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat,
14 mars 1997, p. 169.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 312 )

« worst case »-scenario. Een commissielid stelde de
vraag of de mogelijkheid werd onderzocht de blauwe
baret te vervangen door de groene baret in geval zich
een « worst case »-scenario zou voordoen.

cables dans un scénario de crise. Un commissaire a
demandé si l’on avait examiné la possibilité de
remplacer un béret bleu par un béret vert au cas où se
produirait un tel scénario.

Admiraal Verhulst antwoordt hierop : « Er is geen
schriftelijk antwoord geweest maar de generale staf
en kolonel Marchal hebben besprekingen gevoerd
waarvan ik de inhoud niet ken. Het zou mij overigens
ten zeerste verbazen als kolonel Marchal het daarover
niet met de stafchef zou hebben gehad... De mogelijkheid om van baret te veranderen zat vervat in de voorrang die de stafchef van het commando van KIBAT
gaf aan het verzekeren van de veiligheid van zijn
manschappen » (1).

L’amiral Verhulst a répondu à cette question de la
manière suivante : « Il n’y a pas eu de réponse écrite,
mais il y a eu des discussions entre l’état-major général
et le colonel Marchal dont je ne connais pas la teneur.
Je ne comprendrais pas d’ailleurs que le colonel
Marchal n’en ait pas parlé au chef d’état-major... La
possibilité de changer de béret était implicite dans la
priorité donnée par le chef d’état-major au commandant de KIBAT d’assurer la sécurité de son personnel » (1).

De commissie stelt vast dat kolonel Marchal op zijn
vragen nooit een degelijk antwoord heeft gekregen.

La commission constate que le colonel Marchal n’a
jamais obtenu de réponse satisfaisante à ses questions.

Er waren niet enkel de berichten en gesprekken tussen de sector Kigali en de generale staf. Ook het
rapport Uytterhoeven van 25 februari 1994 meldt
expliciet de problematiek van een eventuele evacuatie
van geëxpatrieerden.

La question d’une évacuation éventuelle des expatriés n’a pas été mentionnée seulement dans les messages et les discussions entre le secteur Kigali et l’étatmajor général. Le rapport Uytterhoeven du 25 février
1994 la mentionne lui aussi explicitement.

« Évacuation de la communauté des expatriés.

« Évacuation de la communauté des expatriés.

Bien que cette évacuation soit à présent intégrée au
plan général d’Evac de l’UNAMIR , quelle doit être
l’attitude du Det (Be) UNAMIR si cette Evac ne se
passe pas comme prévu et que des expatriés de la
Communauté belge ne peuvent être évacués avant le
départ des Tp de l’ONU ?

Bien que cette évacuation soit à présent intégrée au
plan général d’Evac de l’UNAMIR, la question se
pose de savoir quelle doit être l’attitude du Det (Be)
UNAMIR si cette Evac ne se passe pas comme prévu
et que des expatriés de la communauté belge ne
peuvent pas être évacués avant le départ des Tp de
l’ONU ?

D’autre part, en cas de départ anticipé de
l’UNAMIR, la communauté des expatriés se trouvera
sans protection extérieure. Quid de la présence
Be ? » (2).

D’autre part, en cas de départ anticipé de
l’UNAMIR, la communauté des expatriés se trouvera
sans protection extérieure. Quid de la présence
Be ? » (2)

Na de dramatische gebeurtenissen van 6 en 7 april
bevond KIBAT zich in het « worst case »-scenario,
waarop het niet was voorbereid. De discussie en de
tegenstelling die reeds naar boven kwamen na de
betoging van 8 januari stelt zich duidelijk tijdens de
dagen die volgden op 7 april. In een telex van 9 april
bracht kolonel Dewez aan C Ops te Evere verslag uit
van zijn onderhoud met generaal Dallaire. Hieruit
bleek dat generaal Dallaire andermaal de Belgische
blauwhelmen ontzegde deel te nemen aan de evacuatieoperatie. Hierover was kolonel Dewez blijkbaar
erg ontgoocheld : « si New-York ne modifie pas le
mandat, nous ne pouvons participer à cette ops et
devrons donc nous même faire partie du pers Minuar
à évacuer et non des unités évacuant (...). (...)
l’humiliation de devoir répondre sans cesse aux
compatriotes qu’on ne pouvait quasiment rien faire

Après les événements dramatiques des 6 et 7 avril,
KIBAT se trouvait dans un scénario catastrophe
auquel il n’était pas préparé. La discussion et la
contradiction, que l’on avait déjà remarquées à la
suite de la manifestation du 8 janvier, ont été manifestes au cours des jours qui suivent le 7 avril. Dans un
télex du 9 avril, le colonel Dewez a fait rapport au
C Ops à Evere de l’entretien qu’il a eu avec le général
Dallaire. Il appert de ce télex que le général Dallaire a
une fois de plus interdit aux Casques bleus belges de
participer à l’opération d’évacuation. Cela a manifestement fortement déçu le colonel Dewez qui a déclaré
ce qui suit : « si New-York ne modifie pas le mandat,
nous ne pouvons participer à cette ops et devrons
donc nous même faire partie du pers MINUAR à
évacuer et non des unités évacuant (...). (...)
l’humiliation de devoir répondre sans cesse aux

——————

——————

(1) Hoorzitting met admiraal Verhulst, BV, BCR, Senaat,
23 april 1997, blz. 359.
(2) Rapport Uytterhoeven, Ann. B, App. 2, sous app. 1,
blz. 3.

(1) Audition de l’amiral Verhulst, CRA, CSR, Sénat,
23 avril 1997, p. 350.
(2) Rapport Uytterhoeven, Ann. B, App 2, sous app. 1, p. 3.

( 313 )

1 - 611/7 - 1997/1998

(...). Je demande instamment que Belgique contacte
New-York pour demander soit de changer notre
mandat, soit de nous permettre de quitter le
MINUAR et de repasser sous ctl BE et faire ops avec
collègues FR en BE. » (1).

compatriotes qu’on ne pouvait quasiment rien faire
(...). Je demande instamment que la Belgique contacte
New-York pour demander soit de changer notre
mandat, soit de nous permettre de quitter la
MINUAR et de repasser sous ctl BE et faire ops avec
collègues FR en BE. » (1).

De commissie stelt enerzijds vast dat er een burgerlijk evacuatieplan op het niveau van de Belgische
ambassade bestond, en dat geëxpatrieerden telefonisch contacten onderhielden met de ambassade.
Talrijke geëxpatrieerden werden individueel geëvacueerd nadat zij hierom verzochten bij de ambassade.
De commissie stelt anderzijds vast, op het militaire
vlak, dat de militaire autoriteiten in Kigali en in Evere
op de hoogte waren van het gebrek aan een geloofwaardig militair evacuatieplan en aan duidelijke
richtlijnen voor de compagnie- en pelotonscommandanten in geval zich een « worst case »-scenario zou
voordoen.

La commission constate qu’il y avait, au niveau de
l’ambassade belge, un plan d’évacuation des civils et
que des expatriés avaient des contacts téléphoniques
avec l’ambassade. Nombre d’expatriés ont été
évacués individuellement après avoir demandé à l’être
à l’ambassade. La commission constate aussi que, sur
le plan militaire, les autorités de Kigali et d’Evere
étaient au courant du manque de crédibilité militaire
du plan d’évacuation et du manque de directives claires à l’intention des commandants de compagnie et
des commandants de peloton pour le cas d’un scénario catastrophe.

3.3.3.9. De voorbereiding van KIBAT II
De commissie stelt vast dat de voorbereiding van
KIBAT II onder meer hierin verschilde van KIBAT I
dat er voortdurend de nadruk werd op gelegd dat de
misstappen van KIBAT I moesten vermeden worden.
KIBAT II werd aangemaand een minder agressieve
houding aan te nemen, slechts de wapens aan te
wenden na toestemming van hogerhand.
Kapitein Lemaire getuigt :

3.3.3.9. La préparation de KIBAT II
La commission constate que la préparation de
KIBAT II différait entre autres de celle de KIBAT I
dans la mesure où l’accent était mis constamment sur
la nécessité de prévenir la répétition des indisciplines
de KIBAT I. On exhortait Kibat II à adopter une attitude moins agressive, à n’utiliser les armes qu’avec
l’autorisation d’en haut.
Le capitaine Lemaire témoigne :

« De briefing bevat vier punten. Er was de beperktheid van het mandaat en het feit dat de herhaling van
de misstappen van 1 para moest worden vermeden.
Men vroeg ons ook om geen agressieve houding aan
te nemen ten aanzien van de Rwandezen. Er werd ons
gemeld dat er voor het gebruik van wapens een toestemming nodig was.

« Le briefing comportait quatre aspects. Il y avait la
limitation du mandat et le fait d’éviter la répétition
des indisciplines commises par la 1 Para. Ensuite on
nous a demandé d’éviter les attitudes agressives
envers les Rwandais et on nous a signifié que des autorisations étaient nécessaires pour utiliser les armes.

Ik kan de boodschap als volgt samenvatten : « U
bent hier in zekere zin als waarnemers...

Je peux résumer le message comme suit : « Vous êtes
en quelque sorte ici comme observateurs... »

Men zei ons dat het risico voor ons beperkt was,
men heeft het nooit gehad over direct gevaar voor de
Belgen of voor UNAMIR, anders zou ik het uitgaan
’s avonds hebben verboden » (2).

On nous a dit que le risque, pour nous, était limité.
Jamais on ne nous a parlé de risques directs pour les
Belges et la MINUAR, sinon je n’aurais pas autorisé
les sorties le soir » (2).’’

Verder stelt de commissie vast dat er betreffende de
ROE grote onduidelijkheid bestond tijdens de voorbereiding van KIBAT II. Hierop zal in dit luik evenwel minder diep worden ingegaan aangezien er een
volledig hoofdstuk aan de problematiek van de Rules
of Engagement gewijd wordt.

En outre, la commission constate qu’il y avait une
grande confusion concernant les ROE au cours de la
préparation de KIBAT II. Nous n’approfondirons pas
la question des règles d’engagement dans le présent
volet, étant donné qu’un chapitre entier y sera consacré.

——————

——————

(1) Rapport ad hoc, blz. 93.
(2) Hoorzitting met kapitein Lemaire, BV, POR, Senaat,
7 mei 1997, blz. 440.

(1) Rapport ad hoc, p. 93.
(2) Audition du capitaine Lemaire, CRA, CER, Sénat, 7 mai
1997, p. 429.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 314 )

Tenslotte stelt de commissie vast dat de voorbereiding in het algemeen eerder gebrekkig en summier
was, zoals zal blijken uit de getuigenissen die volgen.

Enfin, la commission constate que la préparation
en général était plutôt défectueuse et sommaire,
comme le montrent les témoignages reproduits cidessous.

De samenloop van de ervaringen van Somalië en de
disciplinaire problemen van KIBAT I hadden een
overreactie tot gevolg waardoor de generale staf te
Evere besliste KIBAT II een gewijzigde voorbereiding
te geven.

La combinaison des expériences en Somalie avec
les problèmes disciplinaires de KIBAT I a provoqué
une réaction disproportionnée, qui a amené l’étatmajor général à Evere à décider de donner une autre
préparation à KIBAT II.

Luitenant-generaal Charlier zegt dat dit zijn voornaamste conclusie is uit KIBAT I : « Het verslag van
luitenant-generaal Uytterhoeven vermeldt die moeilijkheden. Op basis daarvan werd de training van het
tweede Codo gewijzigd. De disciplinaire problemen
van het eerste bataljon vloeiden voort uit het feit dat
het uit Somalië kwam waar een totaal andere sfeer
heerste. Het tweede bataljon Codo heeft een andere
opleiding gekregen. Men heeft hen gezegd dat het een
ander mandaat was en dat incidenten moesten
worden voorkomen. Ze moesten niet leren zich beter
te verdedigen, maar beter te beantwoorden aan het
mandaat van vredeshandhaving in een stad... Het
tweede bataljon Codo heeft ook deelgenomen aan de
opdracht in Somalië. Er moesten in elk geval lessen
worden getrokken. De veiligheid verzekeren behoort
tot de basisopleiding » (1).

Le lieutenant-général Charlier affirme que c’est la
conclusion essentielle qu’il a tirée de l’opération
KIBAT I : « Le rapport du lieutenant-général Uytterhoeven fait le constat de ces difficultés. Il en est résulté
une modification de l’entraı̂nement du deuxième
Codo. Les problèmes de discipline du premier bataillon étaient la conséquence de son retour de Somalie
où il avait connu un univers totalement autre.
L’entraı̂nement différent donné au deuxième bataillon Codo consistait notamment à expliquer qu’il
s’agissait d’un autre mandat et qu’il fallait éviter les
incidents. Il ne s’agissait nullement d’apprendre à
mieux se défendre, mais bien de s’inscrire plus parfaitement dans un mandat de maintien de la paix en
milieu urbain. (...) Le deuxième Codo a aussi participé à la mission en Somalie. Il y avait de toute façon
des leçons à tirer. Mais assurer la sécurité fait partie de
l’entraı̂nement de base » (1).

Volgens bataljonscommandant Dewez werden de
manschappen voldoende en degelijk ingelicht over de
aard van de missie : « Je vous ai dit qu’un cours a été
donné, dans la salle de musique, à tous les gradés,
jusqu’au niveau de chef de peloton. Dans ce cours, j’ai
assuré la première partie et j’ai expliqué le fonctionnement général de l’ONU, des opérations de paix etc.
Ensuite, le capitaine Choffray a poursuivi avec,
notamment, les règles d’engagement. À l’issue de ce
briefing, un document a été distribué à chaque
compagnie... Ensuite, la mission de chaque compagnie consistait à transmettre ce briefing au sein de la
compagnie vers les pelotons... Un autre jour — c’était
au camp de Vogelzang — j’ai rassemblé les compagnies donc tous les soldats et je leur ai donné un briefing d’une heure environ.

D’après le commandant de bataillon Dewez, l’on a
informé suffisamment et convenablement les hommes
sur la nature de leur mission : « Je vous ai dit qu’un
cours a été donné, dans la salle de musique, à tous les
gradés, jusqu’au niveau de chef de peloton. Dans ce
cours, j’ai assuré la première partie et j’ai expliqué le
fonctionnement général de l’ONU, des opérations de
paix etc. Ensuite, le capitaine Choffray a poursuivi
avec, notamment, les règles d’engagement. À l’issue
de ce briefing, un document a été distribué à chaque
compagnie... Ensuite, la mission de chaque compagnie consistait à transmettre ce briefing au sein de la
compagnie vers les pelotons... Un autre jour — c’était
au camp de Vogelzang — j’ai rassemblé les compagnies donc tous les soldats et je leur ai donné un briefing d’une heure environ.

Lors de ma première audition, je vous ai donné une
photocopie de ces notes extraites de mon petit carnet
noir. Vous constaterez que j’indiquais que la mission
allait être difficile et qu’il ne s’agissait pas du tout de
vacances. Je n’ai jamais dit aux hommes qu’ils
allaient en vacances; je vous ai expliqué l’autre jour
que ce bruit s’était certainement répandu entre eux en
raison de la comparaison avec la Somalie. ... À Kigali
la vie était « normale » si je puis dire — certes pas

Lors de ma première audition, je vous ai donné une
photocopie de ces notes extraites de mon petit carnet
noir. Vous constaterez que j’indiquais que la mission
allait être difficile et qu’il ne s’agissait pas du tout de
vacances. Je n’ai jamais dit aux hommes qu’ils
allaient en vacances; je vous ai expliqué l’autre jour
que ce bruit s’était certainement répandu entre eux en
raison de la comparaison avec la Somalie. À Kigali la
vie était « normale » si je puis dire — certes pas comme

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 274.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 268.

( 315 )

1 - 611/7 - 1997/1998

comme à Bruxelles —, mais ils pouvaient sortir, aller
au restaurant le soir, ils pouvaient aller nager à la
piscine du Méridien » (1).

à Bruxelles —, mais ils pouvaient sortir, aller au
restaurant le soir, ils pouvaient aller nager à la piscine
du Méridien » (1).

Kolonel Dewez geeft wel toe dat de inlichtingen die
hij gekregen had van de generale staf over de situatie
in Rwanda nogal algemeen waren, en dat hij zich, om
een scherper beeld te hebben van de toestand, ter
plaatse richtte tot pater Bouts (2).

Le colonel Dewez concède néanmoins que les
renseignements qu’il avait reçus de l’état-major général à propos de la situation au Rwanda étaient d’ordre
relativement général, et que, pour se faire une idée
plus précise de la situation, il s’était adressé sur place
au père Bouts (2).

Toch meent kolonel Dewez dat zijn bataljon naar
behoren werd voorbereid.

Cependant, le colonel Dewez estime que son bataillon a été convenablement préparé.

Op 6 april heeft hij aan generaal Dallaire uitgelegd
hoe zijn mannen waren voorbereid en deze uitte
daarover zijn tevredenheid. Na zijn verkenning ter
plaatse heeft kolonel Dewez de sectie-, compagnie-,
en bataljonschefs opnieuw bijeengeroepen voor een
briefing waarop hij de UNO-regels en de verschillende fasen van UNAMIR heeft uiteengezet. Hij
herhaalde ook dat de opdracht verschillend was van
die in Somalië en dat in Rwanda elke sectie moest
samenwerken met de plaatselijke gendarmerie.

Le 6 avril, il a expliqué au général Dallaire
comment il préparait ses hommes et celui-ci a exprimé
sa satisfaction à ce sujet. Après une reconnaissance
sur place, le colonel Dewez a regroupé les chefs de
section, de compagnie et de bataillon pour un
nouveau briefing au cours duquel il a exposé les règles
de l’ONU et les différentes phases de la MINUAR. Il a
encore rappelé que la mission était différente de celle
menée en Somalie. Au Rwanda, chaque section devait
opérer en collaboration avec la gendarmerie locale.

Tevens heeft hij bij aankomst aan iedereen een
vademecum met de Rules of Engagement laten uitdelen (3).

En outre, à l’arrivée, il a fait remettre à chacun un
aide-mémoire reprenant les règles d’engagement (3).

Ook stafchef Charlier meent dat de manschappen
goed op de hoogte waren van de aard van hun missie :
« Ik veronderstel dat de briefing voor kolonel Dewez
niet de enige informatie was. Er waren reeds syntheses
over Rwanda voorhanden bij de generale staf en
kolonel Dewez moet daarvan kennis hebben gehad
(...) Ik aanvaard niet dat men zegt dat onze militairen
naar Rwanda zijn vertrokken als zouden zij op
vakantie gaan. Wat u daar leest, lijkt mij nauwelijks
denkbaar » (4).

Le chef d’état-major Charlier estime lui aussi que
les hommes étaient bien informés de la nature de leur
mission : « Je suppose que le briefing ne constituait
pas la seule source d’information du colonel Dewez.
Des synthèses sur le Rwanda existaient à l’état-major
et le colonel Dewez a dû en avoir connaissance. (...) Je
n’accepte pas que l’on dise que nos militaires sont
partis au Rwanda comme s’ils allaient en vacances.
Ce que vous me lisez me paraı̂t difficilement concevable » (4).

Ook de commandant van de brigade paracommando, generaal Roman, stelt dat hij zich niets te verwijten heeft. Op de vraag wat generaal Roman
gedaan heeft om KIBAT II, na de ervaringen van
KIBAT I, beter op de leiden en te informeren,
antwoordt hij het volgende : « Concreet heb ik ervoor
gezorgd dat alle voorwaarden vervuld waren, zodat
het bataljon zijn opdracht tot een goed einde kon
brengen. Dat is trouwens de verantwoordelijkheid
van de chef. Alle voorwaarden voor KIBAT II moesten gunstig zijn. Het bataljon erkent zelf dat het goed
was samengesteld. Kolonel Dewez heeft zich degelijk

Le commandant de la brigade paracommando, le
général Roman, affirme lui aussi qu’il n’a rien à se
reprocher. À la question de savoir ce qu’il a fait pour
mieux former et informer KIBAT II après les expériences de KIBAT I, le général Roman a répondu ce
qui suit : « Concrètement, j’ai veillé à ce que toutes les
conditions soient remplies pour que le bataillon
puisse mener sa mission à bien. Cela relève d’ailleurs
des responsabilités du chef. Toutes les conditions
dans lesquelles se trouvait KIBAT II devaient être
favorables. Le bataillon lui-même reconnaı̂t qu’il a
été bien formé. Le colonel Dewez tenait à être bien

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 10/13 e.v.. (BV van 30 juni 1997, blz. 933).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, Senaat,
16 april 1997, blz. 295.
(3) Ibidem, blz. 296.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 21 april 1997, blz. 319.

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997,
PV, pp. 10/13 e.s. (CRA du 30 juin 1997, p. 913).
(2) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 16 avril
1997, p. 290.
(3) Ibidem, p. 290.
(4) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 21 avril 1997, p. 313.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 316 )

geı̈nformeerd. Hij is op verkenning geweest ter plekke
en heeft op voorhand uitvoerige contacten gehad met
zijn collega’s van KIBAT I. Hij beschikte dus over
zeer actuele informatie » (1).

informé. Il est donc parti sur place en mission de
reconnaissance et a d’emblée pris contact avec ses
collègues de KIBAT I. Il disposait donc des dernières
informations » (1).

Waar de staf te Evere en bataljonscommandant
Dewez formeel zijn dat de aard van de missie voor de
manschappen zeer duidelijk was, dat zij voldoende
op de hoogte waren van de ROE en dat zij degelijk
waren voorbereid voor het uitvoeren van deze opdracht, blijkt uit een aantal getuigenissen van de pelotonscommandanten en de lagere kaders, dat zij deze
mening helemaal niet delen.

Alors que l’état-major à Evere et le commandant de
bataillon Dewez affirment formellement que les
hommes connaissaient très clairement la nature de la
mission, qu’ils étaient informés des ROE et qu’ils
avaient été convenablement préparés à l’exécution de
cette mission, une série de témoignages montrent que
les chefs de peloton et les cadres inférieurs ne partageaient pas du tout ce point de vue.

Korporaal-chef Pierard stelt onomwonden : « On
nous disait d’oublier la Somalie. On disait que le
Rwanda était autre chose, qu’on nous offrait des
vacances » (2). Ook Mevr. Lotin getuigt in deze richting : « Mijn man zei dat hij bang was omdat men hem
had gezegd dat zij op vakantie gingen. Een trappist
had hem echter van de gevaren van de missie op de
hoogte gebracht. Hij heeft trouwens zelf gezegd dat
hij vreesde niet klaar te zijn mochten er zich gevaarlijke situaties voordoen » (3).

Le caporal-chef Pierard a déclaré sans ambages :
« On nous disait d’oublier la Somalie. On disait que le
Rwanda était autre chose, qu’on nous offrait des
vacances » (2). Le témoignage de Mme Lotin va aussi
dans le même sens : « Mon mari m’a dit que ce qui lui
faisait peur, c’est qu’on leur avait dit qu’ils partaient
en vacances. Pourtant, un père trappiste l’avait
informé des dangers de la mission. D’ailleurs, luimême a déclaré qu’il craignait de ne pas être prêt si des
événements dangereux survenaient » (3).

Adjudant Boequelloen kan zich ook niet terugvinden in de uitleg van zijn corpscommandant dat de
manschappen goed waren voorbereid : « De voordracht van de pater was de enige voorbereiding die ik
ontving ». Hij ontving ook een map van zijn voorganger, alsmede de ROE. « Je n’ai assisté à aucun cours
sur le changement des règles d’engagement » (4).

L’adjudant Boequelloen ne partage pas non plus
l’avis de son commandant de corps selon lequel les
hommes étaient bien préparés : « La seule préparation
que j’ai eue est la conférence d’un père ». Il a également reçu une farde de son prédécesseur et communication des règles d’engagement. « Je n’ai assisté à
aucun cours sur le changement des règles
d’engagement » (4).

Compagniecommandant kapitein Marchal stelt
tevens dat de voorbereiding summier was. Op de
vraag op welke wijze kapitein Marchal gebrieft werd
over de ernst van de situatie voor zijn vertrek naar
Kigali, antwoordt deze : « Je n’ai pas réellement reçu
de briefing en ce qui concerne la gravité de la situation. Il a été question du climat dans lequel nous
partions. Des briefings ont été organisés à ce sujet.
Dès que nous sommes arrivés à Kigali, nous avons eu
une réunion avec le colonel Marchal lequel nous a dit
que nous devions travailler avec les institutions en
place » (5).

Le capitaine Marchal, commandant de compagnie,
a en outre déclaré que la préparation avait été très
sommaire. À la question de quelle manière il avait été
informé de la gravité de la situation avant son départ
pour Kigali, le capitaine Marchal a répondu : « Je n’ai
pas réellement reçu de briefing en ce qui concerne la
gravité de la situation. Il a été question du climat dans
lequel nous partions. Des briefings ont été organisés à
ce sujet. Dès que nous sommes arrivés à Kigali, nous
avons eu une réunion avec le colonel Marchal lequel
nous a dit que nous devions travailler avec les institutions en place » (5).

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Roman, BV, BCR, Senaat,
25 april 1997, blz. 383.
(2) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 10/1 (BV van 27 juni 1997, blz. 898).
(3) Hoorzitting met mevrouw Lotin, BV, BCR, Senaat,
19 februari 1997, blz. 5.
(4) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 9/24 (BV van 27 juni 1997, blz. 898).
(5) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, zonder bladzijde (BV van 13 mei 1997, blz. 473).

(1) Audition du général Roman, CRA, CSR, Sénat, 25 avril
1997, p. 374.
(2) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, pp. 10/1 (CRA du 27 juin 1997, p. 878).
(3) Audition de Mme Lotin, CRA, CSR, Sénat, 19 février
1997, p. 5.
(4) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, pp. 9/24 (CRA du 27 juin 1997, p. 878).
(5) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, sans page (CRA du 13 mai 1997, p. 463).

( 317 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Aalmoezenier Quertemont, die betrokken was bij
de voorbereiding van KIBAT II, meent ook dat de
voorbereiding zeer kort en wat geı̈mproviseerd
was (1).

L’aumônier Quertemont, qui a participé à la préparation de KIBAT II, estime lui aussi que la préparation
a été fort courte et quelque peu bâclée (1).

Ook kolonel Marchal geeft toe dat aan de voorbereiding wat schortte : « Ik zal een concreet voorbeeld
geven om aan te tonen hoe complex het probleem is.
Ik heb een briefing gegeven voor de officieren van het
tweede detachement. Een commandant heeft mij verweten niets te hebben gezegd en dat hem niets werd
meegedeeld over de rules of engagement, wat onjuist
is. Het was evenwel niet mijn verantwoordelijkheid
om een briefing te organiseren. Die moet gehouden
worden bij de voorbereiding van de opdracht en niet
op het terrein zelf. Ik heb geprobeerd om een duidelijke leemte op te vullen » (2).

Le colonel Marchal admet aussi que la préparation
était défectueuse : « Je vais donner un exemple
concret, pour montrer la complexité du problème.
J’ai donné un « briefing » aux officiers du second détachement. Or, un commandant m’a reproché de
n’avoir rien dit et que rien ne lui avait été communiqué sur les règles d’engagement, ce qui est inexact.
Toutefois, il n’était pas de ma responsabilité
d’organiser un « briefing ». C’est au moment de la
préparation de la mission qu’il doit avoir lieu et non
pas sur le terrain. J’ai cependant essayé de subvenir à
un manquement manifeste » (2).

Was de generale staf te Evere ervan op de hoogte
dat de voorbereiding, waarvan zij inschatten dat ze
zeer degelijk was, op het terrein alleszins geen vruchten afwierp ? Waren er rapporten waar de fouten of
gebreken in deze voorbereiding uit bleken, of waar
men meldde dat KIBAT II geen lessen — of de verkeerde lessen — trok uit KIBAT I ?

L’état-major à Evere savait-il que la préparation du
contingent, qu’il jugeait très sérieuse, ne portait
aucun fruit sur le terrain ? Y a-t-il eu des rapports qui,
soit faisaient ressortir les erreurs ou les manquements
dans la préparation, soit signalaient que KIBAT II
n’avait pas tiré d’enseignements de l’expérience de
KIBAT I — ou en avait tiré de mauvais ?

Allereerst is er het rapport van luitenant-generaal
Uytterhoeven dat omstandig de problematiek van de
aard van de missie bespreekt en stelt dat generaal
Dallaire helemaal niet zo tevreden was over de voorbereiding van onze manschappen: « Er is aanvankelijk een probleem geweest. KIBAT (I) is aangekomen
met een mentaliteit « peace-enforcing » à la Somalie
daar waar de situatie een peacekeeping mentaliteit
vereiste. In ieder geval vraagt de veranderende situatie
continue aanpassingen. Dit is niet eenvoudig op de
uitvoeringsechelons... Het 1 Para werd als eerste
geconfronteerd met enorme aanpassingsproblemen,
moeilijke infrastructuur-situaties, veel verschuivingen, ontbreken van het niveau sector, enz. Het heeft
zich goed uit de slag getrokken. We hebben ons leergeld betaald. De aflossers hebben geen recht meer om
dezelfde aanpassingsperiode door te maken.

Il y a tout d’abord le rapport du lieutenant-général
Uytterhoeven, dans lequel est examiné en détail le
problème de la nature de la mission et selon lequel le
général Dallaire n’était pas tellement satisfait de la
préparation de nos hommes : « Au départ, il y a eu un
problème. KIBAT I est arrivé au Rwanda avec une
mentalité « peace-enforcing », comme en Somalie,
alors que la situation requérait une mentalité de
« peace-keeping ». La situation, qui était en pleine
évolution, commandait en tout cas une adaptation
permanente qui n’est pas facile à réaliser au niveau
des échelons d’exécution... Le 1 Para a été confronté
le premier à des problèmes d’adaptation énormes, à
une infrastructure difficile, à de nombreux changements, à l’absence du niveau secteur, etc. Il s’est bien
tiré d’affaire. Nous avons payé le prix de
l’inexpérience. Ceux qui assurent la relève n’ont pas
le droit de passer par la même période d’adaptation.

De Commandant brigade-paracommando en de
staf van de landmacht zullen de nodige maatregelen
nemen om 2 Cdo voor te bereiden. Hierin moet naast
een verbeterde voorbereiding in België ook een degelijk overname schema van de laagste echelons ter
plaatse voorzien worden » (3).

Le commandant de la brigade paracommando et
l’état-major général de la force terrestre prendront les
mesures qui s’imposent pour préparer le 2 Cdo. Outre
une meilleure préparation en Belgique, il faudra
prévoir un bon schéma pour la relève sur place des
échelons inférieurs (traduction) » (3).

Generaal Dallaire merkte op aan luitenantgeneraal Uytterhoeven dat de Belgische soldaten
voorbereid waren op een peace-making opdracht en

Le général Dallaire a fait observer au lieutenantgénéral Uytterhoeven que les soldats belges étaient
conditionnés pour une opération de peace-making

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Quertemont, BV, POR, Senaat,
7 mei 1997, blz. 450.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
14 maart 1997, blz. 177.
(3) Verslag na bezoek van luitenant-generaal Uytterhoeven,
rapport GSX, 1-3.

(1) Audition de M. Quertemont, CRA, CER, Sénat, 7 mai
1997, p. 440.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat,
14 mars 1997, p. 173.
(3) Rapport de la visite du lieutenant-général Uytterhoeven,
rapport GSX, 1-3.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 318 )

dat deze opdracht een pure peace-keeping, d.w.z.
politieopdracht was. Generaal Dallaire vroeg aan
luitenant-generaal Uytterhoeven om het volgende
detachement psychologisch goed voor te bereiden en
merkte op dat Canada voor dit soort opdrachten geen
para’s zendt en zijn manschappen gedurende drie
maanden een speciale voorbereiding geeft. Luitenantgeneraal Uytterhoeven besluit dat de paracommandobrigade en de staf van de landmacht dit probleem
ASAP (as soon as possible) dienen uit te werken (1).

alors que l’opération en cours relevait du peacekeeping pur, c’est-à-dire qu’elle constituait une
mission de police. Le général Dallaire a demandé au
lieutenant-général Uytterhoeven d’assurer une bonne
préparation psychologique du détachement suivant et
lui a signalé que, pour ce genre de mission, le Canada
n’envoyait pas de parachutistes et faisait suivre à ses
hommes une préparation spéciale de trois mois. Le
lieutenant-général Uytterhoeven conclut que la
brigade paracommando et l’état-major général de la
force terrestre devaient résoudre ce problème ASAP
(as soon as possible) (1).

De commissie stelt vast dat de paracommandobrigade en de generale staf te Evere overtuigd waren van
de degelijke voorbereiding van KIBAT II, en dat men
de nodige lessen had getrokken uit de ervaringen van
KIBAT I. De commissie stelt evenwel vast dat talrijke
getuigenissen wijzen op een te summiere voorbereiding van de troepen en een verkeerde interpretatie van
het peacekeeping-karakter van de missie.

La commission constate que la brigade paracommando et l’état-major général à Evere étaient
convaincus que KIBAT II avait été bien préparé et
qu’on avait tiré les enseignements de l’expérience de
KIBAT I. Elle constate cependant que de nombreux
témoignages tendent à indiquer que les troupes
avaient été préparées d’une manière trop sommaire et
que l’on a fait une interprétation erronée du caractère
« maintien de la paix » de la mission.

3.3.3.10. De problemen inzake communicatie

3.3.3.10. Les problèmes de communication

Welke was de situatie van KIBAT in april 1994 ?

Quelle était la situation de KIBAT en avril 1994 ?

Kolonel Marchal was blijkbaar tevreden over de
apparatuur : « Je n’avais jamais travaillé avec un
réseau aussi fiable et fonctionnel que le réseau Motorola.

Le colonel Marchal était manifestement satisfait du
matériel : « Je n’ai jamais travaillé avec un réseau aussi
fiable et fonctionnel que le réseau Motorola.

Il faut bien se rendre compte que, le 7 au matin, les
réseaux étaient saturés et que la procédure qui devait
être appliquée pour permettre de transmettre un
message n’était pas opérationnelle. Je vous ai dit qu’il
me fallait généralement plusieurs minutes afin de faire
passer un message et que j’étais très content lorsque
j’y parvenais. » (2).

Il faut bien se rendre compte que, le 7 au matin, les
réseaux étaient saturés et que la procédure qui devait
être appliquée pour permettre de transmettre un
message n’était pas opérationnelle. Je vous ai dit qu’il
me fallait généralement plusieurs minutes afin de faire
passer un message et que j’étais très content lorsque
j’y parvenais » (2).

Adjudant Boequelloen, verantwoordelijke voor de
transmissie op het niveau bataljon (KIBAT II) verduidelijkt voor de commissie over welke transmissiemogelijkheden men beschikte.

L’adjudant Boequelloen, qui était le responsable de
la transmission au niveau du bataillon, et spécialiste
en la matière, a expliqué à la commission quels étaitent les moyens de transmission dont on disposait.

In het bataljon werd vooral met het SAIT-systeem
gewerkt, een specifieke uitrusting die afwijkt van de
organieke uitrusting van de paracommandoeenheden, aangebracht door KIBAT I en overgenomen door KIBAT II. Het peloton mortieren had
geen draagbare posten van dat type.

Au sein du bataillon, on travaillait essentiellement
avec le système « SAIT », équipement spécifique différent de l’équipement organique des unités paracommandos, amené par KIBAT I et repris par
KIBAT II. Le peloton Mortiers n’avait pas été doté de
postes portatifs de ce type.

Overigens waren uit België, ondanks het officieel
verbod, de vrij compacte radioposten « PP 11 » meegenomen. Gezien de afstanden ter plaatse hadden die
posten een verbinding tot stand kunnen brengen tussen het peloton mortieren en de CP van het bataljon,

Par ailleurs, il avait emporté de Belgique, malgré
l’interdiction officielle, ses postes radio « PP 11 »,
postes portatifs relativement compacts. Ces PP 11, vu
les distances considérées en l’occurrence, auraient pu
permettre une liaison entre le peloton Mortiers et le

——————

——————

(1) Verslag na bezoek van luitenant-generaal Uytterhoeven,
bijlage b, App. 1.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 42/1 e.v.

(1) Rapport de la visite du lieutenant-général Uytterhoeven,
annexe b, App. 1.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, pp. 42/1 et 2. (CRA du 10 juin 1997, p. 699).

( 319 )

1 - 611/7 - 1997/1998

mits een aanpassing van de kristallen (routineoperatie als men over die kristallen beschikt, maar dat
was niet het geval).

PC du bataillon, moyennant une adaptation des cristaux (opération de routine, pour autant qu’on
dispose de ces cristaux, ce qui n’était pas le cas).

Het blijkt dat luitenant Lotin op 7 april geen PP 11
meehad. Maar ook al had hij ze bij zich, hij had met
de aanwezige kristallen geen verbinding tot stand
kunnen brengen op een van de frequenties welke die
dag door het bataljon en de compagnies werden
gebruikt.

Il semble d’ailleurs que le lieutenant Lotin n’avait
pas emporté de PP 11 le 7 avril. Même s’il les avait
emportés, il n’aurait pas pu, avec le cristal dont ses
postes étaient munis, communiquer sur une des
fréquences utilisés le 7 avril par le bataillon et les
compagnies.

Het peloton Lotin kon dus niet in het bataljoncommandement worden ingeschakeld als het zich van
zijn voertuigen verwijderde, en dat was op 7 april het
geval.

Le peloton Lotin ne pouvait donc pas entrer dans le
réseau de commandement du bataillon dès qu’il
s’éloignait de ses véhicules, ce qui fut le cas le 7 avril.

Naast dit gevechtsnet beschikte men op het niveau
bataljon ook over een burgerlijk telefoonnet, dat aangesloten was op Rwandatel, maar zeer gevoelig was
voor sabotage.

L’on disposait, au niveau du bataillon, outre de ce
réseau de combat, d’un réseau téléphonique civil, qui
était branché sur le réseau Rwandatel, mais que l’on
pouvait facilement saboter.

Hij stelt : « Binnen het bataljon werd een telefoonnet geı̈nstalleerd, dat echter zeer snel zijn beperkingen
aantoonde, aangezien het verbonden was met Rwandatel, de lokale telefoon, en zodra de centrales opgeblazen werden, was deze telefoon onbruikbaar ... Het
betreft hier een intern net voor KIBAT. Eén niveau
hoger, de Sector en de Force, werd een systeem door
het burgerpersoneel van de UNO geı̈nstalleerd, welk
een burgersysteem is, dat zeer eenvoudig kan gesaboteerd worden en voor contraspionage gebruikt kan
worden (1). Wij militairen evalueren zeer snel de
mogelijkheden waarover de ander kan beschikken
om ons inefficiënt te maken. Wij wisten ook hoe het
systeem naar boven te neutraliseren ».

Il affirme : « Au sein du bataillon, l’on a installé un
réseau téléphonique mais il a montré très vite ses limites, car il reposait sur le réseau Rwandatel, le téléphone local, et dès que les quelques centraux
sautaient, le réseau était paralysé (...). Cela, c’était
donc le réseau interne KIBAT. Au niveau supérieur, à
savoir celui du Secteur et de la Force, il y avait un
système installé par le personnel civil de l’ONU, que
l’on pouvait très facilement saboter et utiliser pour du
contre-espionnage. (1) Nous, les militaires, nous
évaluons très rapidement les possibilités dont l’autre
pourrait disposer pour nous rendre inopérants. Nous
savions également comment neutraliser le système au
niveau supérieur. »

Over het gebruik van de Motorola is de expert
formeel : « KIBAT had ook toegang tot dit net. Maar
dit burgerlijk systeem werkt zoals een GSM-netwerk :
iedereen kan een oproep doen. Eender wie kon een
Motorola kopen en de gesprekken op de verschillende kanalen volgen » (2).

En ce qui concerne l’utilisation du Motorola,
l’expert est formel : « Le KIBAT avait également accès
à ce réseau. Mais ce système civil fonctionne comme
un réseau GSM : tout le monde peut l’utiliser.
N’importe qui pouvait acheter un Motorola et suivre
les conversations sur les différents canaux » (2).

Adjudant Boequelloen maakt een duidelijk onderscheid tussen het niveau bataljon (2e commando) en
de hogere VN-echelons. « Tot op het niveau bataljon
waren wij een parate strijdmacht. Daarboven was het
een burgersysteem, want wij waren daar om aan
peace-making te doen.

L’adjudant Boequelloen fait clairement la distinction entre le niveau du bataillon (2e commando) et les
échelons supérieurs de l’ONU. « Jusqu’au stade du
bataillon, nous étions une armée en opération. Par
contre, au-dessus de ce niveau, le système était civil
car nous étions en opération de maintien de la paix.

Een burgersysteem, en dat zeg ik u eerlijk, toont
heel snel zijn beperkingen. Het volstond om twee stations te saboteren en het was gedaan, er waren geen
verbindingen meer » (3).

Un système civil, je vous le dis honnêtement,
montre rapidement ses limites. Il eût suffi de saboter
deux stations et c’était terminé, il n’y avait plus de
liaisons » (3).

Adjudant Boequelloen vroeg over deze situatie
opheldering aan kolonel Marchal, die hem zonder
meer doorverwees naar de Force : « Daar ontmoette ik

L’adjudant Boequelloen a demandé des éclaircissements à propos de cette situation au colonel
Marchal, qui l’a renvoyé tout simplement à la Force :

——————

——————

(1) N.v.d.r. : hier wordt het Motorola-systeem bedoeld.
(2) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 1/5.
(3) Ibidem, blz. 2/26.

(1) N.d.l.r. : Motorola.
(2) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, pp. 1/5.
(3) Ibidem, pp. 2/26.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 320 )

een Bengaalse transmissieofficier die zich enkel
bekommerde over het kaartspel op zijn computer. Hij
stuurde mij terug naar Rwandex, bij het UNOburgerpersoneel, die mij zeiden te beschikken over
een aantal Motorola’s en op welke plaatsen de relais
waren geı̈nstalleerd. Ik heb hun gezegd dat dit toch
niet kon, maar zij antwoordden mij dat dit nu
eenmaal zo was. Als u mij toestaat, dan voeg ik hier
graag aan toe dat vanuit militair oogpunt het hier een
amateursysteem betrof, maar de mensen die het installeerden waren beroeps » (1).

« Là, j’ai rencontré un officier de transmission bangladais qui ne pensait qu’à jouer aux cartes sur son ordinateur. Il m’a renvoyé à Rwandex, auprès de civils de
l’ONU, qui m’ont dit qu’ils disposaient de motorolas
et m’ont indiqué où se trouvaient les relais. Je leur ai
dit que cela n’allait pas mais ils m’ont répondu que
c’était ainsi. Si vous me le permettez, je voudrais ajouter que du point de vue militaire, c’était de
l’amateurisme, mais les gens qui ont fait ça sont des
professionnels » (1).

« Ik herhaal het, in het kader van een militaire operatie staat dit systeem ons niet toe te reageren. Inderdaad, het gaat over kleine motorola’s die men op een
tafel zet en die naar een relais leiden, maar indien die
springt heb je geen Motorola, en dus geen communicatie meer » (2).

« Je le répète, dans le cadre d’une opération militaire, ce système ne nous permet pas de réagir. En
effet, il s’agit de petits motorolas que l’on met sur une
table et qui mènent à un relais, mais si celui-ci saute, il
n’y a plus de motorola, donc plus de communication » (2).

Dat het gebruik van de motorola minder inspanning vraagt van het personeel dan de klassieke militaire radioapparatuur, maar dat dit tevens gevaren
inhoudt voor de militaire discipline van de militairen,
mag blijken :

La déclaration suivante montre que l’utilisation du
motorola demande moins d’efforts de la part du
personnel que l’appareillage radio classique, mais
qu’elle ne favorise pas la discipline militaire :

« Een bepaalde dag stelde ik vast dat een jeep onbemand op een parking stond, met de radio aan. Ik was
hoogst onaangenaam verrast. Ik stelde vast dat twee
officieren een hapje aten. Zij hadden hun jeep op de
parking achtergelaten met de gevechtsradio aan, en
zij zaten daar aan tafel, met hun motorola » (3).

« Un beau jour, j’ai constaté qu’une jeep vide se
trouvait sur un parking, la radio allumée. J’ai été très
désagréablement surpris. J’ai constaté que deux officiers mangeaient un petit bout. Ils avaient laissé leur
jeep sur le parking avec la radio de combat allumée, et
ils étaient assis à table avec leur motorola » (3).

In zijn eerste verklaringen spreekt adjudant Boequelloen over de motorola en over het radionet
« vakantiekamp ». Hij verklaart zich nader : « Dat wil
zeggen dat het was georganiseerd zoals een vakantiekamp. Iedereen heeft zijn radiootje. Als men ’s morgens opstond, zette men het aan, en daarna sloot men
het gewoon. Dat is geen gevechtsnet » (4).

Dans ses premières déclarations, l’adjudant
Boequelloen parle du motorola ainsi que du réseau
radio « camp de vacances ». Il s’explique : « Cela signifie qu’il était organisé comme un camp de vacances.
Chacun avait sa petite radio. Quand on se levait le
matin, on l’allumait et, ensuite, on l’éteignait tout
simplement. Ce n’était pas un réseau de combat » (4).

Waar op het niveau bataljon met militaire apparatuur werd gewerkt, blijkt dat zelfs deze niet geschikt
was voor risicosituaties. Luitenant Lotin en zijn
mortieren waren communicatief afgesneden van het
bataljon toen zij hun voertuigen verlieten, aangezien
de radio’s op hun voertuigen gemonteerd waren en zij
niet beschikten over draagbare kits of radio’s. Op
zulk een moment blijkt een goede radioverbinding
letterlijk van levensbelang te zijn. Dit blijkt des te
meer uit het rapport Uytterhoeven, dd. 16 november
1994 : om 8.20 u., op het ogenblik dat mevrouw Uwilingiyimana besliste om door de tuinen te vluchten,
vroeg luitenant Lotin om instructies. Kolonel Pochet
(hoofdkwartier Sector) zei tegen luitenant Lotin dat
zijn missie erin bestond haar bescherming te leveren,

Il s’avère que si, au niveau du bataillon, l’on utilisait un appareillage militaire, celui-ci n’était pas pour
autant adapté aux situations à risques. Le lieutenant
Lotin et son peloton de mortiers furent coupés du
bataillon, pour ce qui est de la communication,
lorsqu’ils quittèrent leurs véhicules, car leurs radios
étaient montées sur les véhicules et ils n’avaient pas
reçu de kits ou de radios portables. À un moment
comme celui-là, une bonne liaison radio est tout à fait
vitale. C’est ce que confirme le rapport de Uytterhoeven, du 16 novembre 1994 : à 8 h 20, au moment où
Mme Uwilingiyimana a décidé de s’enfuir par les
jardins, le lieutenant Lotin a demandé des instructions. Le colonel Pochet (quartier général Secteur) a
dit au lieutenant Lotin que sa mission était de la proté-

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 3/1.
(2) Ibidem, blz. 4/14.
(3) Ibidem, blz. 4/15.
(4) Ibidem, blz. 5/3.

(1) Ibidem, pp. 3/1.
(2) Ibidem, pp. 4/14.
(3) Ibidem, pp. 4/15.
(4) Ibidem, pp. 5/3.

( 321 )

1 - 611/7 - 1997/1998

en dat hij haar dus zou moeten vergezellen (zelfs door
de tuinen).

ger et qu’il devrait donc l’accompagner (même dans
les jardins).

Luitenant Lotin merkte op dat hij dit onmogelijk te
voet kon uitvoeren omdat hij dan niet meer kon
beschikken over zijn radioverbinding. Het was dan,
en om die reden, dat men besloot dat het peloton
mortieren mevrouw Uwilingiyimana niet zou volgen
bij haar vlucht (1). Met draagbaar radiomateriaal
zou de groep Lotin zijn beschermingsopdracht, gewapend, wellicht door de tuinen wel hebben kunnen
voortzetten.

Le lieutenant Lotin a fait remarquer qu’il lui était
impossible de le faire à pied, car, en le faisant, il ne
disposerait plus de sa liaison radio. C’est à ce
moment-là et pour ladite raison que l’on a décidé que
le peloton Mortiers ne suivrait pas Mme Uwilingiyimana dans sa fuite (1). S’il avait disposé d’un matériel radio portable, le groupe Lotin aurait pu poursuivre sa mission de protection dans les jardins, avec ses
armes.

Hoe was de situatie bij de tegenstrever ? Beschikte
de FAR over degelijke radiomiddelen ? Konden zij in
geval van een blitzoperatie richting Lotin snel om versterkingen vragen ? Opvallend is dat de officieren zonder Afrika-ervaring menen van wel, waar de Afrikakenners de transmissiemogelijkheden van de FAR
sterk relativeren.

Quelle était la situation de l’adversaire ? Les FAR
disposaient-elles de moyens radio convenables ? En
cas d’opération coup de poing en direction de Lotin,
pouvaient-elles demander rapidement des renforts ? Il
est frappant de constater que les officiers qui n’ont
aucune expérience de l’Afrique estiment que oui,
alors que ceux qui la connaissent, relativisent nettement les possibilités de transmission des FAR.

Zeker is alleszins dat duidelijkheid omtrent deze
elementaire inlichtingen volledig ontbreekt, zelfs in
de wetenschap dat België militaire samenwerking verleende aan de FAR.

En tout cas, il est certain qu’il n’y a aucune clarté à
propos de ces renseignements élémentaires, alors que
l’on sait qu’il y avait une coopération militaire entre
la Belgique et les FAR.

Adjudant Boequelloen, die talrijke zendingen in
Afrika uitvoerde, antwoordt : « Ik denk niet dat dat
(het transmissiesysteem van de FAR) fantastisch was.
We zagen wel antennes, maar die zagen er niet erg
krachtig uit ».

L’adjudant Boequelloen, qui a accompli beaucoup
de missions en Afrique, répond : « Je ne pense pas
qu’il (le système de transmission des FAR) était
fantastique. Nous voyions bel et bien des antennes,
mais elles ne semblaient pas très puissantes ».

Ook korporaal-chef Pierard twijfelt eraan of men
snel versterkingen kon oproepen : « De kleine groepjes die we links en rechts zagen, waren ongeveer een
vijftiental man sterk, zij hadden geen radio’s, etcetera (2). »

Le caporal-chef Pierard doute lui aussi de la possibilité pour les FAR d’appeler rapidement des
renforts : « Les petits groupes que nous voyions à
gauche et à droite comptaient environ une quinzaine
d’hommes, ils n’avaient aucune radio, etc. (2) ».

Was C Ops of de generale staf te Evere op de hoogte
van de gebrekkige mogelijkheden van transmissie bij
KIBAT ? Het rapport Guérin wijdt hieraan een afzonderlijk hoofdstuk en benadrukt de dringende nood
aan een oplossing.

Le C Ops ou l’état-major général à Evere étaient-ils
informés des difficultés de transmission à KIBAT ? Le
rapport Guérin consacre un chapitre particulier à
cette question et souligne qu’il y a lieu de résoudre le
problème d’urgence.

« a. Tr Long Range
Actuellement, tous les moyens sont au Sect, ce qui
oblige le Bn à passer par le Sect. Même pour les Tr de
routine (Br1, Br4, ...), avec le retard que cela implique.
Une Eq et des moyens pourraient être déplacés de
Mombassa à Kigali pour Rft le Bn.
b. Tf Rwandatel

« a. Tr Long Range
Actuellement, tous les moyens sont au Sect, ce qui
oblige le Bn à passer par le Sect. Même pour les Tr de
routine (Br1, Br4, ...), avec le retard que cela implique.
Une Eq et des moyens pourraient être déplacés de
Mombassa à Kigali pour Rft le Bn.
b. Tf Rwandatel

Le réseau Rwandatel fonctionne de manière satisfaisante mais il est sur écoute, il n’est pas disponible
dans chaque Cant et il est vulnérable. Il peut être
amélioré à peu de frais dans certains Cant (Don

Le réseau Rwandatel fonctionne de manière satisfaisante mais il est sur écoute. Il n’est pas disponible
dans chaque Cant et il est vulnérable. Il peut être
amélioré à peu de frais dans certains Cant (Don

——————

——————

(1) Rapport Behrin, blz. 34.
(2) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 10/24.

(1) Rapport Behrin, p. 34.
(2) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, pp. 10/24.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 322 )

Bosco, ...) avec des moyens Mil (Centrale, dérivation
de raccordement, ...).
c. R civiles
Le reseau Motorola utilisé au niveau de la Force et
du Sect est encombré par les utilisateurs Mil et civils.
Aucun des systèmes proposés (Motorola, Kenwood,
Philips) n’est sûr. Une dizaine de radios portables de
faible encombrement serait cependant utile au Bn
pour certaines missions spécifiques (Ln Comd,
Lo, ...).
d. R Mil
Le reseau SAIT/ BLU fonctionne de manière satisfaisante dans la KWSA mais il est très probablement
sur écoute. La mise en place de Mat Rita permettrait
d’assurer des Ln Safe entre les Cant sans nécessiter de
Pers supplémentaire.

Bosco, ...) avec des moyens Mil (Centrale, dérivation
de raccordement, ...).
c. R civiles
Le réseau motorola utilisé au niveau de la Force et
du Sect est encombré par les utilisateurs Mil et civils.
Aucun des systèmes proposés (Motorola, Kenwood,
Philips) n’est sûr. Une dizaine de radios portables de
faible encombrement serait cependant utile au Bn
pour certaines missions spécifiques (Ln Comd,
Lo, ...).
d. R Mil
Le réseau SAIT/BLU fonctionne de manière satisfaisante dans la KWSA mais il est très probablement
sur écoute. La mise en place de Mat Rita permettrait
d’assurer des Ln Safe entre les Cant sans nécessiter de
Pers supplémentaire.

Évaluation sommaire des besoins :

Évaluation sommaire des besoins :

— une station fixe par Cant (14 actuellement)

— une station fixe par Cant (14 actuellement)

— une station mobile par autorité (Co, Comd Cie,
S3, Otr)

— une station mobile par autorité (Co, Comd Cie,
S3, Otr)

e. Immarsat mobile

e. Immarsat mobile

Le Bn reçoit régulièrement des missions à longue
distance (escortes). Il est nécessaire de doter certains
Veh d’un Immarsat pour assurer les Ln jusqu’aux
frontières de la Tanzanie et Ouganda : Heli, Pl
Recce, ... (1). »

Le Bn reçoit régulièrement des missions à longue
distance (escortes). Il est nécessaire de doter certains
Veh d’un Immarsat pour assurer les Ln jusqu’aux
frontières de la Tanzanie et Ouganda : Heli, Pl
Recce, ... (1). »

Het is de commissie onbekend in welke mate C Ops
met de opmerkingen van Guérin rekening heeft
gehouden.

La commission ignore dans quelle mesure le C Ops
a tenu compte des remarques faites par Guérin.

Heeft men over deze problemen inzake de transmissie een debriefing gehouden ? Werden de nodige
conclusies getrokken ? Is deze situatie intussen aangepast ?

A-t-on tenu un debriefing sur les problèmes relatifs
à la transmission ? A-t-on tiré les conclusions qui
s’imposaient ? La situation en la matière a-t-elle été
améliorée depuis ?

Volgens adjudant Boequelloen-chef heeft er geen
debriefing plaatsgehad. En korporaal-chef Pierard
voegt eraan toe dat men in Joegoslavië nog steeds met
deze motorola’s werkt. « In mijn groep beschikken
wij over onze radio en over een motorola. In Joegoslavië is mijn groep in contact met de compagnie via
de radio en met de Force Commander, de G2, via de
motorola (2). »

Selon l’adjudant Boequelloen, aucun debriefing
n’a eu lieu. Et le caporal-chef Pierard ajoute qu’en
Yougoslavie, on utilise encore les mêmes motorolas.
« Dans mon groupe, nous disposions de notre radio et
d’un motorola. En Yougoslavie, mon groupe est en
contact avec la compagnie par la radio et avec le Force
Commander, le G2, par le motorola » (2).

3.3.3.11. De moeizame verzameling en gebrekkige
aanwending van inlichtingen

3.3.3.11. La difficile collecte et l’utilisation insuffisante des renseignements

Het verzamelen van inlichtingen, het juist interpreteren van deze informatie en het verwerken ervan in

La collecte des renseignements, leur interprétation
exacte et leur traduction en directives opérationnelles

——————

——————

(1) Rapport Guérin.
(2) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 14/12.

(1) Rapport Guérin.
(2) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, pp. 14/12.

( 323 )

1 - 611/7 - 1997/1998

operationele richtlijnen voor de troepen in Kigali verliep zeer gebrekkig.

destinées aux troupes stationnées à Kigali se sont
faites de manière très lacunaire.

In dit hoofdstuk stelt de commissie in zeven grote
onderdelen vast dat op vele vlakken het inzamelen en
verwerken van militaire en politieke inlichtingen zeer
mank liep. In een eerste deel stelt de commissie het
niet-bestaan van een inlichtingendienst op het niveau
van de VN vast, in een tweede onderdeel stelt zij de
poging tot organisatie van deze diensten op de verschillende operationele niveaus in Kigali vast, een
derde onderdeel wordt gewijd aan de inlichtingen die
al dan niet verkregen worden vanuit de militairtechnische samenwerking, een vierde deel zal handelen over de uitwisseling van inlichtingen met buitenlandse diensten en de Rwandese overheid, vervolgens
zal de commissie een aantal getuigen vermelden die
stellen wat er gebeurde met de verzamelde informatie,
welke acties naar de generale staf, en meer bepaald
naar de SGR te Evere ondernomen werden, in een
zesde deel zal de commissie vaststellen hoe de werking
van deze dienst in de praktijk verloopt en in een
zevende en laatste onderdeel zal de commissie vaststellen op welke wijze de informatie het ministerie
van Landsverdediging en het ministerie van Buitenlandse Zaken bereikte en hoe de wisselwerking tussen
deze departementen inzake inlichtingen verliep.

Dans le présent chapitre, la commission constate,
dans sept grandes parties que, dans de nombreux
domaines, les informations militaires et politiques ont
été collectées et traitées de manière très lacunaire.
Dans la première partie, la commission constate que
l’ONU ne dispose d’aucun service de renseignements;
dans une deuxième partie, elle constate la tentative
d’organisation des services de renseignements aux
divers niveaux opérationnels, à Kigali; une troisième
partie est consacrée aux renseignements qui ont été
obtenus ou non grâce à la coopération technicomilitaire; une quatrième partie traite des échanges
d’informations avec les services étrangers et les autorités rwandaises; ensuite, la commission cite une série
de témoins qui expliquent ce qui est advenu des informations collectées, quelles actions l’on a entreprises à
l’égard de l’état-major général et, plus particulièrement, à l’égard du SGR à Evere; dans une sixième
partie, la commission constate comment ce service
fonctionne en pratique et, dans une septième et
dernière partie, elle constate comment les informations ont atteint le Ministère de la Défense et le Ministère des Affaires étrangères et comment s’est faite
l’interaction entre ces départements en matière de
renseignements.

(1) Het niet-bestaan van een VN-inlichtingendienst

(1) Le fait qu’il n’existait pas de service de renseignements de l’ONU

In zijn antwoord aan de advocaat-generaal van het
Militair Hof stelt generaal Dallaire het niet-bestaan
van een verzamelpunt voor inlichtingen op het niveau
van de VN vast : « The United Nations Assistance
Mission for Rwanda (UNAMIR), like all other
United Nations Peacekeeping Operations, did not
have an independent « intelligence » service. The
collection of information was done overtly by military staff officers assigned as Information Officers, to
the UNAMIR Military Division Force HQ, the five
Sector Hqs and the three Battalion Hqs. Information
contained in patrol reports, observation post reports,
and investigations reports was transmitted in the
form of daily situation reports through the chain of
command, from the Military Information Officer
through the Chief Operation Officer, to the Deputy
Force Commander and the Force Commander
himself. The Special Representative of the SecretaryGeneral (SRSG) or his Chief Civilian Staff Officer,
were briefed regularly by the Force Commander and
the Military Information Officer. Occasionally, unofficial information was provided by local informants
and diplomatic or governmental sources (1). »

Dans sa réponse à l’avocat général de la Cour militaire, le général Dallaire constate qu’il n’existait pas
de point de rassemblement des informations au
niveau de l’ONU : « The United Nations Assistance
Mission for Rwanda (UNAMIR), like all other
United Nations Peacekeeping Operations, did not
have an independent « intelligence » service. The
collection of information was done overtly by military staff officers assigned as Information Officers, to
the UNAMIR Military Division Force HQ, the five
Sector Hqs and the three Battalion Hqs. Information
contained in patrol reports, observation post reports,
and investigations reports was transmitted in the
form of daily situation reports through the chain of
command, from the Military Information Officer
through the Chief Operation Officer, to the Deputy
Force Commander and the Force Commander
himself. The Special Representative of the SecretaryGeneral (SRSG) or his Chief Civilian Staff Officer,
were briefed regularly by the Force Commander and
the Military Information Officer. Occasionally, unofficial information was provided by local informants
and diplomatic or governmental sources » (1).

——————

——————

(1) Antwoorden op de vragen voorgesteld aan generaalmajoor Dallaire door de rechter advocaat-generaal van het Militair Gerechtshof, punt 1, blz. 1.

(1) Réponses aux questions présentées au général major
Dallaire par le juge avocat général de la Cour militaire, point 1,
p. 1.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 324 )

Ook kapitein Claeys, die op het niveau van de
Force verantwoordelijk was voor de tak 2 (inlichtingen), beklaagt zich over het feit dat zijn opdracht hierdoor « officieel te beperkt was » : Neen, de UNO
moest als neutrale partij blijven optreden. Ik weet niet
of u ervan op de hoogte bent, maar voor de UNO mag
er niet aan intelligence worden gedaan. Vandaar dat
men een gebrekkige term hanteert zoals military
information officer.

Le capitaine Claeys, qui, au niveau de la Force,
était responsable de la branche 2 (renseignements), se
plaint que, pour cette raison, sa mission était officiellement trop limitée : « Neen, de UNO moest als
neutrale partij blijven optreden. Ik weet niet of u
ervan op de hoogte bent, maar voor de UNO mag er
niet aan intelligence worden gedaan. Vandaar dat
men een gebrekkige term hanteert zoals military
information officer.

Wat ik officieel moest doen, lag heel ver van wat ik
in werkelijkheid deed. Officieel moest ik briefings
geven aan de nieuwe stafofficieren. Ik moest hen het
relaas geven van de vooruitgang en van de verschillende pogingen om de overgangsregering in de startblokken te zetten. Ik moest de verschillende granaataanslagen en moordpartijen opvolgen die er op het
ganse grondgebied gebeurden. Daarbuiten beperkte
mijn taak zich tot eventuele contacten met liaisonofficieren van het RPF of de liaisonofficieren van de
FAR (1). » Niettemin informeert kapitein Claeys
dagelijks majoor Maggen, die verantwoordelijk was
voor de dagelijkse Sitreps voor New York, over incidenten en andere relevante inlichtingen (2).

Wat ik officieel moest doen, lag heel ver van wat ik
in werkelijkheid deed. Officieel moest ik briefings
geven aan de nieuwe stafofficieren. Ik moest hen het
relaas geven van de vooruitgang en van de verschillende pogingen om de overgangsregering in de startblokken te zetten. Ik moest de verschillende granaataanslagen en moordpartijen opvolgen die er op het
ganse grondgebied gebeurden. Daarbuiten beperkte
mijn taak zich tot eventuele contacten met liaisonofficieren van het RPF of de liaisonofficieren van de
FAR. » (1). Cependant, le capitaine Claeys informe
quotidiennement le major Maggen, qui est responsable des Sitreps quotidiens destinés à New York, et
concernant les incidents et les autres renseignements
pertinents (2).

Majoor Podevijn, die officieel instond voor de
begeleiding van humanitaire konvooien, maar die
discreet ook inlichtingen verzamelde voor SGR op
het niveau van de Force, bevestigt dit : « Neen, ik
moest daar trouwens discreet over blijven, vooral tegenover de UNO, omdat het inwinnen van informatie
niet tot de UNO-opdrachten behoorden » (3).

Le major Podevijn, qui était chargé officiellement
de l’accompagnement des convois humanitaires, et
qui, en outre, rassemblait discrètement des informations pour le SGR au niveau de la Force, le confirme
comme suit : « Non, je devais d’ailleurs rester discret à
ce sujet, surtout vis-à-vis de l’ONU, étant donné que
recueillir des informations ne faisait pas partie des
missions de l’ONU » (3) ».

Op het niveau van de sector ondervindt sectorcommandant kolonel Marchal tevens het gebrek aan een
gespecialiseerd officier : « Om die tekortkomingen
weg te werken heb ik eind december aan generaal
Dallaire gevraagd om in het sectorhoofdkwartier te
kunnen beschikken over een gespecialiseerd officier.
De samenstelling van de staven is een bevoegdheid
van de VN in New York, daar de evenwichten qua
nationaliteit moeten worden nageleefd. Ik had voorgesteld dat die bijkomende officier een Belg zou zijn,
want hij moest de taal van het land spreken. Dat
voorstel werd verworpen, daar het inwinnen van
inlichtingen een offensieve daad is die geen deel uitmaakt van het mandaat van UNAMIR (4). »

Au niveau du secteur, le commandant de secteur, le
colonel Marchal, constate également l’absence
d’officiers spécialisés : « Pour pallier ces insuffisances,
fin décembre, j’ai demandé au général Dallaire de
pouvoir disposer d’un officier spécialisé au QG du
secteur. La composition des états-majors est de la
compétence de l’ONU à New York, car il faut respecter les équilibres de nationalité. J’avais suggéré que
cet officier supplémentaire soit belge, car il était impératif qu’il parle la langue du pays. La réponse fut
négative, car le renseignement est une fonction offensive qui ne fait pas partie du mandat de la
MINUAR (4). »

Kolonel Balis, die als verbindingsofficier tussen de
Force en de Sector fungeerde, stelde ook voor aan

Le colonel Balis, qui était officier de liaison entre la
Force et le Secteur, a également proposé au général

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 71/3 (BV van 13 mei 1997, blz. 491).
(2) Hoorzitting met kapitein Claeys, BV, POR, Senaat,
13 mei 1997, blz. 498.
(3) Hoorzitting met majoor Podevijn, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 127.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 110.

(1) Audition du capitain Claeys, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, pp. 71/3 (CRA du 13 mai 1997, p. 481).
(2) Audition du capitain Claeys, CRA, CER, Sénat, 13 mai
1997, p. 488.
(3) Audition du major Podevijn, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 123.
(4) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, pp. 106-107.

( 325 )
generaal Dallaire een dergelijke inlichtingencel op te
richten : « Het is natuurlijk zo dat we heel veel geruchten, mededelingen, hadden, maar weinig concreets op
papier. Volgens mij was dat misschien wel de grootste
zwakte van de zending UNAMIR.
U moet mij verontschuldigen, ik ben een verkenner
(NVDR : officier van de verkenningstroepen). Ik wil
weten wat er gebeurt.
Het is mij direct opgevallen dat de belangrijkste
sectie in zo’n staf en zo’n operatie bestond uit één
Belgische kapitein. Die man heeft dag en nacht
gewerkt. Die heeft werkelijk schitterend werk
gedaan, maar dat was te veel voor hem.
Ik heb generaal Dallaire voorgesteld, toen mijn
Bengalese chef er was en er bijna geen, of geen, operaties liepen, om mij toe te laten een G2 te maken, om
een inlichtingencel op te richten met drie, vier of vijf
officieren en vooral met enkele mensen die Rwandees
kennen. In heel die staf sprak niemand Rwandees.
Dat is dus onvoorstelbaar.
Dallaire heeft gezegd : « OK, ik noteer dit. Ik vraag
de toelating aan New York. » Het antwoord van New
York was dat het niet wenselijk was een inlichtingencel op te richten omdat het inwinnen van inlichtingen
een daad van agressie zou zijn (1). »
De commandant van de paracommandobrigade,
generaal-majoor Roman stelde, ook dat het hierdoor
zeer moeilijk was zich een juist beeld van de werkelijkheid te kunnen vormen : « De situatie ter plaatse
was zeer moeilijk te analyseren. Men moest immers
honderden documenten samenvoegen om zich een
benaderend beeld van de werkelijkheid te kunnen
vormen. Dat type structuur bestaat niet bij de
VN (2). »
Generaal-majoor Delhotte, hoofd van de SGR te
Evere, geeft een verklaring aan deze leemte, door te
stellen dat de VN-lidstaten vreesden dat de Amerikanen in zulk een inlichtingencel een te grote invloed
zouden verwerven : « Wat de leiding van operaties
onder VN-vlag betreft, zou men zich moeten afvragen
waarom die instelling niet over haar eigen inlichtingendienst beschikt. De reden daarvoor is dat de
Amerikanen de VN hadden aangeboden gratis een
inlichtingencentrum op te richten dat met gegevens
uit hun eigen databanken zou worden gevoed.
De overige landen hebben dat voorstel uiteraard
verworpen, aangezien de Amerikanen op die manier
de beslissingen van de VN op afstand zouden
beı̈nvloeden (3). »

1 - 611/7 - 1997/1998

Dallaire de créer semblable cellule de renseignements : « Het is natuurlijk zo dat we heel veel
geruchten, mededelingen, hadden, maar weinig
concreets op papier. Volgens mij was dat misschien
wel de grootste zwakte van de zending UNAMIR.
U moet mij verontschuldigen, ik ben een verkenner
(NDLR : officier des troupes de reconnaissance). Ik
wil weten wat er gebeurt.
Het is mij direct opgevallen dat de belangrijkste
sectie in zo’n staf en zo’n operatie bestond uit één
Belgische kapitein. Die man heeft dag en nacht
gewerkt. Die heeft werkelijk schitterend werk
gedaan, maar dat was te veel voor hem.
Ik heb generaal Dallaire voorgesteld, toen mijn
Bengalese chef er was en er bijna geen, of geen, operaties liepen, om mij toe te laten een G2 te maken, om
een inlichtingencel op te richten met drie, vier of vijf
officieren en vooral met enkele mensen die Rwandees
kennen. In heel die staf sprak niemand Rwandees.
Dat is dus onvoorstelbaar.
Dallaire heeft gezegd : « OK, ik noteer dit. Ik vraag
de toelating aan New York. » Het antwoord van New
York was dat het niet wenselijk was een inlichtingencel op te richten omdat het inwinnen van inlichtingen een daad van agressie zou zijn » (1).
Le commandant de la brigade paracommando, le
général-major Roman, a affirmé également qu’il était
très difficile de se faire une idée exacte de la réalité :
« L’analyse de la situation sur place était très
complexe. Il faut, en effet, brasser des centaines de
documents pour construire une image mouvante de la
réalité. Ce type de structure est inexistant à
l’ONU » (2).
Le général-major Delhotte, chef du SGR à Evere,
explique cette lacune par le fait que les États membres
de l’ONU craignaient que les Américains
n’acquièrent une influence excessive dans une telle
cellule de renseignements : « En ce qui concerne la
conduite d’opérations sous la responsabilité de
l’ONU, on devrait se demander pourquoi cette institution n’a pas son propre service de renseignements.
La raison est que les Américains avaient offert à
l’ONU de mettre en place gratuitement un centre de
renseignements alimenté par leurs propres banques de
données.
Les autres pays ont, bien entendu, rejeté cette
proposition qui aurait permis aux Américains de téléguider les décisions de l’ONU » (3).

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 15/10 (BV van 29 mei 1997, blz. 598).
(2) Hoorzitting met generaal-majoor Roman, BV, BCR,
Senaat, 25 april 1997, blz. 383.
(3) Hoorzitting met generaal-majoor Delhotte, BV, BCR,
Senaat, 21 maart 1997, blz. 20/2 (gesloten zitting).

(1) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
pp. 15/10 (CRA du 29 mai 1997, p. 588).
(2) Audition du général-major Roman, CRA, CSR, Sénat,
25 avril 1997, p. 375.
(3) Audition du général-major Delhotte, CRA, CSR, Sénat,
21 mars 1997, pp. 20/2 (huis clos).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 326 )

De adjunct-commandant op de SGR, generaalmajoor Verschoore, betreurt dat men op de SGR van
de VN geen enkele analyse kreeg. Het is slechts, zo
stelt hij, op het ogenblik dat een Belgische officier bij
de VN kwam, in verband met Joegoslavië, dat de
SGR meer inlichtingen verkreeg (1).

Le commandant adjoint du SGR, le général-major
Verschoore, regrette que le SGR n’ait reçu aucune
analyse de la part de l’ONU. Selon lui, ce n’est qu’à
l’occasion du déplacement d’un officier belge à
l’ONU — en rapport avec le dossier yougoslave —
que le SGR a pu obtenir davantage d’informations (1).

Hoewel men, zoals uit bovenstaande getuigenissen
blijkt, niet kon rekenen op een inlichtingendienst van
de VN, werd er toch, in een poging om deze leemte op
te vangen, een inlichtingendienst op het niveau van
het bataljon ingeschakeld. Volgens de S2 (inlichtingen) op het niveau van het bataljon KIBAT I, luitenant Nees, was het de eerste maal dat dit bij een VNactie gebeurde. Hij geeft evenwel toe dat op zijn echelon men niet om meer mensen vroeg en dat ook zijn
oversten dat niet nodig vonden (2).

Bien que, comme le montrent les témoignages cidessus, l’on n’ait pas pu compter sur un service de
renseignements de l’ONU, l’on a fait appel, pour
tenter de combler cette lacune, à un service de renseignements au niveau du bataillon. Selon le S2 (renseignements) au niveau du bataillon KIBAT I, le lieutenant Nees, c’était une première pour une mission des
Nations unies. Il concède néanmoins qu’il n’a pas
demandé de renforts à son échelon, parce que ses
supérieurs n’estimaient pas cela nécessaire (2).

De commissie stelt vast dat dit gebrek aan een VNinlichtingendienst op alle echelons, in Kigali en in
Evere, als zeer ernstig wordt ervaren. Verschillende
pogingen werden ondernomen om dit euvel op te
lossen, maar New York heeft elk voorstel in dit verband steeds categoriek weggewuifd.

La commission constate que tous les échelons, à
Kigali et à Evere, ont trouvé très grave que l’ONU ne
dispose d’aucun service de renseignements. L’on a fait
diverses démarches pour résoudre le problème, mais
New York a toujours rejeté catégoriquement toute
proposition en la matière.

(2) De poging tot organisatie van inlichtingendiensten op de verschillende echelons te Kigali

(2) La tentative d’organisation de services de
renseignements aux divers niveaux à Kigali

Ondanks het niet-bestaan van een VN-inlichtingendienst doet kapitein Claeys op het niveau van de
Force een aantal persoonlijke inspanningen om
inlichtingen te verzamelen die nuttig konden zijn voor
UNAMIR. Hij was de informatieofficier, die in die
functie belangrijke inlichtingen verzamelde : « Hij
(Jean-Pierre) informeerde mij bijvoorbeeld over de
lijsten van geregistreerde Tutsi’s. Hij heeft mij die
echter nooit willen overhandigen, want dat was zijn
grootste garantie. Het bestaan van die lijsten werd
later bevestigd door de uitvoering van het plan. Hij
zei toen al dat men in staat was om 1 000 Tutsi’s per
20 minuten te vermoorden in heel Kigali. Hij heeft ons
de precieze plaatsen aangeduid waar wapenopslagplaatsen zich bevonden. Het ging dan zowel om
kleine loodsen, als om zogezegde beerputten. Hij
heeft ons ook getoond langs waar de konvooien
zouden rijden. Het ging in feite niet om konvooien,
maar om burgervoertuigen voor vervoer van wapens
vanuit militaire kampen naar opslagplaatsen. Verder
vertelde hij ons altijd dat hij onder druk werd gezet
door de partij om zo snel mogelijk de wapens en de
munitie te verdelen. Hij zei ons dan, dat hij ofwel de
wapens ofwel de munitie bezorgde, maar nooit aan de

Malgré l’absence d’un service de renseignements de
l’ONU, le capitaine Claeys a tenté lui-même à
plusieurs reprises, au niveau de la Force, de collecter
des renseignements utiles à la MINUAR. Il était
l’officier d’information qui pouvait, dans cette fonction, recueillir des renseignements importants : « Hij
(Jean-Pierre) informeerde mij bijvoorbeeld over de
lijsten van geregistreerde Tutsi’s. Hij heeft mij die
echter nooit willen overhandigen, want dat was zijn
grootste garantie. Het bestaan van die lijsten werd
later bevestigd door de uitvoering van het plan. Hij
zei toen al dat men in staat was om 1 000 Tutsi’s per
20 minuten te vermoorden in heel Kigali. Hij heeft ons
de precieze plaatsen aangeduid waar wapenopslagplaatsen zich bevonden. Het ging dan zowel om
kleine loodsen, als om zogezegde beerputten. Hij
heeft ons ook getoond langs waar de konvooien
zouden rijden. Het ging in feite niet om konvooien,
maar om burgervoertuigen voor vervoer van wapens
vanuit militaire kampen naar opslagplaatsen. Verder
vertelde hij ons altijd dat hij onder druk werd gezet
door de partij om zo snel mogelijk de wapens en de
munitie te verdelen. Hij zei ons dan dat hij, ofwel de
wapens, ofwel de munitie bezorgde, maar nooit aan

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal-majoor Verschoore, BV, BCR,
Senaat, 12 maart 1997, blz. 148.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat,
7 maart 1997, blz. 125.

(1) Audition du général-major Verschoore, CRA, CSR,
Sénat, 12 mars 1997, p. 145.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 7 mars
1997, p. 120.

( 327 )

1 - 611/7 - 1997/1998

zelfde persoon wapens en munitie ». Op de vraag wat
de kapitein met al deze inlichtingen deed, luidt zijn
antwoord : « Die werden telkens doorgezonden naar
generaal Dallaire. Elke ontmoeting die ik met hem
heb gehad, heb ik gebrieft aan de generaal. — Vraag :
Welke Belgische officieren waren op de hoogte van
uw ontmoetingen met Jean-Pierre ? — Alleen kolonel
Marchal en kolonel Kesteloot. » (1)

dezelfde persoon wapens en munitie. » (...) À la question de ce qu’il a fait de ces informations, le capitaine
répond : « Die werden telkens doorgezonden naar
generaal Dallaire. Elke ontmoeting die ik met hem
heb gehad, heb ik gebrieft aan de generaal. — Vraag :
welke Belgische officieren waren op de hoogte van uw
ontmoeting met Jean-Pierre ? — Alleen kolonel
Marchal en kolonel Kesteloot » (1).

Kolonel Marchal geeft een belangrijke en gedetailleerde getuigenis aan de commissie over de wijze
waarop de sector Kigali inlichtingen inwon : « Wat de
inlichtingen betreft, maak ik een onderscheid tussen
twee periodes. De eerste periode dateert van voor
mijn vertrek naar Rwanda, op 4 december 1993. Ik
werd ingelicht door de pers en door telexen van
ambassadeur Swinnen waarvan ik kennis had, aangezien de voortzetting van de operaties tot mijn
bevoegdheid behoorde.

Le colonel Marchal a fourni un témoignage important et détaillé devant la commission concernant la
manière dont le secteur Kigali recueillait les informations : « En ce qui concerne les informations fournies,
je vais distinguer deux périodes. La première se situe
avant mon départ, le 4 décembre 1993, pour le
Rwanda. J’étais informé par la presse de l’époque et
par des télex envoyés par l’ambassadeur Swinnen,
dont j’avais connaissance, le suivi des opérations
étant de ma compétence.

Ter plaatse had ik verschillende informatiebronnen, zoals de radio, het persoverzicht van UNAMIR
en een aantal persoonlijke contacten. Mijn inlichtingen steunden ook op onze indruk van de manier
waarop de bevolking reageerde wanneer wij Kigali
doorkruisten en op mondelinge en schriftelijke verslagen van mijn eenheden.

Quand je me suis trouvé sur place, je disposais de
diverses sources d’information telles que la radio, les
synthèses du service de presse de la MINUAR et un
ensemble de contacts personnels. Mon information
était encore alimentée par notre perception des réactions de la population, lorsque nous circulions dans
Kigali et par des comptes rendus verbaux et écrits
émanant de mes unités.

De contacten die ik vanaf 10 januari met JeanPierre heb gehad, waren zeer leerrijk en boden een
solide basis.

Les contacts que j’ai eus à partir du 10 janvier avec
Jean-Pierre ont été très révélateurs et ont fourni une
base solide.

Ik zou nu dieper willen ingaan op de structuur op
basis waarvan informatie van UNAMIR kon worden
verkregen. Ten eerste beschikte het hoofdkwartier
van het commando van generaal Dallaire, waarvan de
afdeling operaties bestond uit twee officieren, een
Belg en een Senegalees, over een inlichtingencel. Wat
het sectorhoofdkwartier betreft, was terzake niets
geregeld. Op het niveau van de eenheden zelf bestonden er afzonderlijke inlichtingencellen, die voor het
Belgisch bataljon werd geleid door luitenant Nees.
Volgens mij heeft luitenant Nees zo onontbeerlijke
informatie kunnen verkrijgen. Rutbat beschikte over
een inlichtingencel waarvan het technisch niveau niet
hoger lag » (2).

Je voudrais maintenant détailler la structure qui
permettait d’obtenir des informations de la
MINUAR. En premier lieu, le QG de commandement
du général Dallaire, dont la branche opérations était
constituée de deux officiers, un Belge et un Sénégalais,
bénéficiait d’une cellule renseignements. En ce qui
concerne le QG secteur, rien n’était organisé dans ce
cadre. Au niveau des unités elles-mêmes, elles disposaient de leurs propres cellules de renseignements,
dirigées par le lieutenant Nees pour le bataillon belge.
J’estime que le lieutenant Nees a pu ainsi acquérir des
informations indispensables. Rutbat avait une cellule
de renseignements dont le niveau technique n’était
pas plus élevé » (2).

Daarnaast nam kolonel Marchal zelf een aantal
initiatieven om bijkomende inlichtingen te verzamelen : « Elke week vond nog een derde vergadering
plaats die door mij werd voorgezeten en waaraan de
detachementscommandanten deelnamen » (3).

À côté de cela, le colonel Marchal a pris lui-même
une série d’initiatives en vue de collecter des informations supplémentaires : « Il y avait une troisième
réunion qui se tenait toutes les semaines et que je
présidais. Elle réunissait les commandants de détachement » (3).

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 68/4 (BV van 13 mei 1997, blz. 489).
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
7 maart 1997, blz. 110.
(3) Ibidem, blz. 111.

(1) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 68/4 (CRA du 13 mai 1997, p. 479).
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 7 mars
1997, p. 106.
(3) Ibidem, p. 107.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 328 )

Zo ook verkreeg hij de toestemming van luitenantgeneraal Charlier, en dit op verzoek van luitenant
Nees, om een netwerk van informanten op te richten
en over een budget te kunnen beschikken (1).

Ainsi a-t-il obtenu également l’autorisation du lieutenant-général Charlier, et ce, à la demande du lieutenant Nees, de créer un réseau d’informateurs et de
disposer d’un budget (1).

De commissie stelde de luitenant ook vragen naar
de methode inzake verwerving en verwerking van de
informatie en hoe die werd ontvangen door zijn superieuren. Luitenant Nees :« Ik kreeg 30 000 Rwandese
frank per maand, wat overeenstemt met 1 000 Belgische frank, om kleine kosten van informanten te
vergoeden. (...) Kolonel Leroy kreeg de volledige verslagen. Hij voegde indien nodig kopies toe. Hij
stuurde dit door naar kolonel Marchal. Indien het
belangrijk was, werd het verder doorgestuurd naar
C Ops. Er waren weinig of geen reacties op mijn
berichten van de generale staf. Als kleine garnaal in
het Belgisch leger verwacht ik ook niet dat de generale
staf mij om inlichtingen vraagt. » (2)

La commission interrogea aussi le lieutenant sur la
méthode utilisée pour obtenir des informations et
pour les traiter, ainsi que sur l’accueil que ses supérieurs leur avaient réservé. Le lieutenent Nees déclara :
« J’ai reçu 30 000 francs rwandais par mois, ce qui
correspond à 1 000 francs belges, pour indemniser les
menus frais des informateurs. (...) Le colonel Leroy
recevait les rapports complets. Il y ajoutait des copies
si cela s’avérait nécessaire. Il envoyait le tout au colonel Marchal. S’il s’agissait de rapports importants, ils
étaient transmis au C Ops... Il n’y a eu que très peu de
réaction à mes messages de la part de l’état-major
général. En tant que « petit pion » dans l’armée belge,
je ne m’attends d’ailleurs pas à recevoir une demande
de renseignements de la part de l’état-major général » (2)

Luitenant Nees bevestigde bovendien dat de doorstroming van de verkregen inlichtingen op de verschillende niveaus of onbestaande was of onvoldoende was georganiseerd. De hiërarchische overste
van luitenant Nees was kolonel Marchal en die
beschikte niet over een inlichtingendienst op zijn
niveau.

Le lieutenant Nees a en outre confirmé que la transmission des renseignements obtenus aux différents
niveaux était soit inexistante, soit insuffisamment
organisée. Son supérieur hiérarchique était le colonel
Marchal, et il ne disposait pas d’un service de renseignements à son niveau.

Net zoals kapitein Claeys op het niveau van de
Force, trachte hij op het niveau van het bataljon,
onmiddellijk bruikbare tactische inlichtingen te krijgen, zoals over de plaatsen waar de wapens zich
bevonden (3).

Comme le capitaine Claeys au niveau de la Force, il
a tenté d’obtenir immédiatement, au niveau du bataillon, des renseignements tactiques utilisables, concernant, par exemple, les endroits où se trouvaient des
armes (3).

Toch beklaagde kolonel Marchal zich meermaals
over de bijzonder moeilijke taak om op een efficiënte
manier bruikbare inlichtingen te verzamelen en uit te
wisselen : « Over inlichtingen beschikken is niet
voldoende, men moet ze ook uitwisselen. ... Een
wekelijkse vergadering, die werd voorgezeten door de
Bengalese stafchef, handelde over de inlichtingen.
Aan die vergadering namen de inlichtingenofficieren
deel. Spijtig genoeg verliep de vergadering in het
Engels, een taal die onze officieren soms niet goed
beheersten. (...) Zo heb ik helaas kunnen vaststellen
dat Belgische militairen nogal eens aan een meerderwaardigheidscomplex leden. Ik heb mij ingespannen
om de positieve aspecten van de andere detachementen te doen blijken » (4).

Pourtant, le colonel Marchal s’est plaint à plusieurs
reprises de la difficulté particulière de rassembler et
d’échanger efficacement des renseignements utiles:
« Il ne suffit pas d’avoir de l’information. ... Une
réunion hebdomadaire, présidée par le chef d’étatmajor bengalais, traitait du renseignement. Assistaient à cette réunion les officiers de renseignements.
Malheureusement, cette réunion avait lieu en anglais,
langue parfois mal maı̂trisée par nos officiers (...). J’ai
ainsi pu constater, hélas, que les militaires belges
avaient tendance à avoir un complexe de supériorité.
Je me suis efforcé de faire apparaı̂tre les aspects positifs des autres détachements » (4).

Een belangrijk pijnpunt volgens kolonel Marchal is
het gebrek aan gespecialiseerde inlichtingenofficie-

Selon le colonel Marchal, l’absence d’officiers de
renseignement spécialisés, au niveau du secteur et au

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 111.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 122-124.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 111.
(4) Ibidem, blz. 111.

(1) Ibidem, p. 107.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, pp. 118-120.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 107.
(4) Ibidem, p. 107.

( 329 )

1 - 611/7 - 1997/1998

ren, op het niveau van de Sector en van KIBAT, om
hem bij te staan in zijn opdracht inlichtingen in te
winnen : « De rol van de S2 -officieren in de bataljons
bestaat erin tactische informatie te verzamelen. Het
verzamelen van de operationele informatie was de
taak van Podevijn en Claeys, niet die van de S2officieren. Deze laatsten, die geen opleiding hadden
gekregen, hebben hun best gedaan, maar zij hebben
de informatie niet op de goede plaatsen ingewonnen.

niveau de KIBAT, qui auraient pu l’assister dans sa
mission de collecte de renseignements, constituait une
lacune importante : « Le rôle des officiers S2 dans les
bataillons est de récolter des informations tactiques.
La récolte des informations opérationnelles était la
mission de Podevijn et Claeys, pas celle des officiers
S2. Ces derniers, qui n’ont pas reçu d’entraı̂nement,
ont fait de leur mieux, mais ils n’ont pas récolté
l’information aux bons endroits.

Kapitein De Cuyper stelt analyses voor over overgangsregeringen. Dat behoort niet tot zijn taak. Hij
moest zich met de tactische informatie bezighouden.
Bovendien ga ik niet akkoord met zijn analyse, want
indien de overgangsregering niet gevormd is op
25 maart, is dat te wijten aan de afwezigheid van een
van de actoren , het RPF » (1). Kolonel Marchal gaat
verder : « Mijn voornaamste zorg was een vergiftigde
sfeer te vermijden, wat een moeilijke taak is voor een
specialist van de inlichtingendiensten en nog moeilijker is voor amateurs die wij waren. Wij moesten neutraal blijven en de informatie goed evalueren. Ik heb
gevraagd dat men mij aan het eind van elke maand
voor elk Belgisch detachement een synthese- en evaluatieverslag zou bezorgen. Ik heb er nooit één ontvangen » (2).

Le capitaine De Cuyper propose des analyses à
propos des gouvernements de transition. Ce n’est pas
son rôle. Il devait s’occuper d’informations tactiques.
De plus, je ne suis pas d’accord avec son analyse, car si
le Gouvernement de transition n’est pas en place le
25 mars, c’est dû au manque d’un des acteurs, le
FPR » (1). Le colonel continue : « Ma préoccupation
principale était d’éviter l’intoxication, ce qui est une
tâche difficile pour un spécialiste du renseignement et
encore plus difficile pour les amateurs que nous
étions. Il fallait respecter la neutralité et bien évaluer
l’information. J’ai demandé que l’on me fasse, à la fin
de chaque mois, un rapport de synthèse et
d’évaluation pour chaque détachement belge. Je n’en
ai jamais reçu » (2).

Kolonel Marchal meent dat met deskundige analisten het drama had kunnen worden voorkomen : « Een
gebrek dat ik zeer sterk heb aangevoeld, was de afwezigheid van een inlichtingendienst. Wij werden
immers geregeld geconfronteerd met incidenten zonder dat wij erachter konden komen wie daarvoor verantwoordelijk was. Als er in de nacht van 6 op 7 april
analisten ter plaatse waren geweest, dan ben ik ervan
overtuigd dat zij zouden hebben ontdekt dat het
Burundese schema zich te Kigali herhaalde.

Le colonel Marchal estime qu’avec des analystes
spécialistes, on aurait pu éviter le drame : « Ce qui m’a
particulièrement fait défaut, c’est l’absence d’une
équipe d’analystes du renseignement. En effet, nous
étions régulièrement confrontés à des incidents sans
pouvoir identifier ceux qui tiraient les ficelles. Si, dans
la nuit du 6 au 7 avril, des analystes avaient été sur
place, je suis convaincu qu’ils auraient détecté que le
schéma burundais se répétait à Kigali.

Dan hadden wij maatregelen kunnen treffen om
mevrouw Agathe in veiligheid te brengen » (3).

Nous aurions dès lors pris des dispositions pour
que Mme Agathe soit mise en sécurité » (3).

De situatie, waarover kolonel Marchal zijn beklag
maakte, dateert echter niet van begin 1994. Luitenantkolonel Leroy, commandant van KIBAT I, was aanvankelijk overtuigd dat informatiegaring geen problemen stelde : « Er kon een maximum aan informatie
worden gekregen. Zo konden al onze mensen van
KIBAT I over gegevens beschikken over de politieke
partijen, de personaliteiten, de aan te nemen houding,
de toeristische mogelijkheden » (4). Toch geeft ook
hij toe dat de realiteit ter plaatse heel anders was :
« Tijdens onze contacten ter plaatse zijn we er ons

Pourtant, la situation dont le colonel Marchal se
plaignait ne date pas du début 1994. Le lieutenantcolonel Leroy, commandant de KIBAT I, était
convaincu, dans un premier temps, que la collecte
d’informations ne posait pas de problème : « Il était
possible d’obtenir le maximum de renseignements.
Ainsi, tous nos hommes de KIBAT I pouvaient disposer d’informations sur les partis politiques, les personnalités, les attitudes à adopter, les possibilités touristiques, etc. » (4). Il concède néanmoins que la réalité
sur place était totalement différente : « Lors de nos

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein De Cuyper, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 maart 1997, blz. 18/6 (gesloten zitting).
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 111.
(3) Ibidem, blz. 111.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 24 maart 1997, blz. 231.

(1) Audition du capitaine De Cuyper, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 19 mars 1997, p. 18/6 (huis clos).
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 107.
(3) Ibidem, p. 107.
(4) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 225.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 330 )

bewust van geworden dat we weinig wisten over de
politieke achtergronden. Wij kregen weinig inlichtingen van de generale staf. We moesten ze dus zelf inwinnen. In dat opzicht was het werk van luitenant
Nees zeer nuttig » (1).

contacts sur place, nous nous sommes rendus compte
que nous avions peu de connaissance de l’arrière-plan
politique. Nous recevions peu de renseignements de
l’état-major général. Nous avons donc dû les collecter
nous-mêmes. Dans cette démarche, le travail du lieutenant Nees a été très utile » (1).

Deze luitenant Nees, S2 bij KIBAT I, had de verzameling van inlichtingen voor zijn bataljon opgestart.
Hij richtte een netwerk op met vijf informanten en
trachtte ook RTLM te beluisteren. Dit liep echter niet
van een leien dakje : « Op het moment dat ik aankwam in Rwanda, had ik geen kennis van dat land.
Een informatienetwerk kan men niet behoorlijk opstarten in de loop van vier maanden » (2). Dit had
ondermeer ook te maken met het feit dat men geen
informant bij het RPF had : « Het was zeer moeilijk
om het RPF te benaderen. We hadden in feite geen
contact met iemand van het RPF » (3).

Le lieutenant Nees, qui était S2 à KIBAT I, avait
lancé la collecte de renseignements pour son bataillon. Il avait créé un réseau de cinq informateurs et
avait également essayé d’écouter RTLM. Ce n’était
toutefois pas une tâche aisée : « Au moment où je suis
arrivé au Rwanda, je ne connaissais pas le pays. On ne
peut pas faire fonctionner convenablement un réseau
de renseignements en quatre mois » (2). Cela concernait aussi le fait que l’on n’avait pas d’informateur
auprès du FPR : « Il était très difficile d’entrer en
contact avec le FPR. En fait, nous n’avions aucun
contact avec lui » (3).

Het feit dat zijn overste, kolonel Marchal, niet
beschikte over een inlichtingendienst op zijn niveau,
maakte zijn opdracht nog problematischer (4). Naar
best vermogen trachtte luitenant Nees de informatie
die hij inwon te verwerken.

Le fait que son supérieur, le colonel Marchal, ne
disposait pas d’un service de renseignements à son
niveau, compliquait encore sa mission (4). Le lieutenant Nees a fait de son mieux pour traiter les informations qu’il recueillait.

Allereerst diende hij daartoe de verkregen inlichtingen te bevestigen uit verschillende bronnen. Alleen
kon hij dit echter niet aan, en bovendien was dit niet
zijn enige opdracht. Vaak nam hij ook nog permanentie waar in de commandopost (5). Toch trachtte luitenant Nees voldoende aandacht te besteden aan de
uitzendingen van RTLM : « In KIBAT I en II waren er
enkele onderofficieren die het Kinyarwanda beheersten. Deze mensen luisterden sporadisch naar RTLM.
Ik gaf mijn hoofdinformant wel de opdracht om
vooral aandacht te besteden aan RTLM, maar om
permanent te luisteren hadden we niet voldoende
mensen en middelen. Ik heb in elk geval wel gevraagd
of dat niet kon worden geregeld » (6).

Tout d’abord, il devait, pour ce faire, obtenir
confirmation des renseignements de sources diverses.
Cependant, il ne pouvait pas le faire seul et, en outre,
ce n’était pas son unique mission. Il assurait souvent
aussi la permanence à la chambre d’opérations (5).
Pourtant, le lieutenant Nees s’est efforcé d’accorder
une attention suffisante aux émissions de RTLM : « À
KIBAT I et II, quelques sous-officiers maı̂trisaient le
kinyarwanda. Ces personnes écoutaient sporadiquement la RTLM. J’ai chargé mon informateur principal de prêter surtout attention à la RTLM, mais nous
n’avions pas suffisamment de personnes, ni de
moyens pour écouter en permanence. J’ai en tout cas
demandé si cela pouvait être réglé » (6).

Tot slot relativeert hij zelf de mogelijkheden van
zijn informatienetwerk en van zijn eigen kennis terzake : « Ik ben met een aantal personen beginnen samenwerken in december en heb daartoe officieel de toelating gekregen op 16 januari. Ik werkte met één hoofdinformant en met vier lossere informanten. Dit alles
werd in de pers opgeblazen en voorgesteld als een
informatienetwerk. Ik werd niet opgeleid om als
inlichtingenofficier te werken. Dit is de taak van de
SGR. In feite wisten we niets af van Rwanda en
kenden we er ook niemand. Ik vond het daarom heel

Enfin, il relativise lui-même les possibilités de son
réseau d’information ainsi que ses propres connaissances en la matière : « J’ai commencé à collaborer
avec un certain nombre de personnes en décembre et
j’ai reçu l’autorisation officielle le 16 janvier. J’ai
travaillé avec un informateur principal et quatre
informateurs occasionnels. Tout cela a été monté en
épingle dans la presse et présenté comme un réseau de
renseignements. Je n’ai pas été formé pour travailler
comme officier de renseignements. C’est la mission du
SGR. En fait, nous ne savions rien du Rwanda et nous

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 235.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 123.
(3) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 124.
(4) Ibidem, blz. 122.
(5) Ibidem, blz. 125.
(6) Ibidem, blz. 125.

(1) Ibidem, p. 229.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 119.
(3) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 120.
(4) Ibidem, p. 118.
(5) Ibidem, p. 121.
(6) Ibidem, p. 121.

( 331 )

1 - 611/7 - 1997/1998

belangrijk dat we informatie kregen, bijvoorbeeld
over de politieke aanhorigheid van de verschillende
wijken van Kigali. (...) Het was inderdaad mijn initiatief. Ik heb ook op een bepaald ogenblik aan mijn
overste gevraagd mijn informatie te evalueren. Men
heeft mij toen geantwoord dat mijn informatie zeer
interessant was. Ik ben op 20 maart uit Rwanda vertrokken. Kapitein De Cuyper heeft mijn taak op
14 maart overgenomen.

n’y connaissions personne. Je trouvais donc très
important que nous obtenions des informations, par
exemple sur l’appartenance politique des différents
quartiers de Kigali. (...) C’était effectivement dû à
mon initiative. J’ai également demandé à un moment
donné à mon supérieur d’évaluer mes renseignements. On m’a alors répondu qu’ils étaient très intéressants. Le 20 mars, je suis parti du Rwanda. Le capitaine De Cuyper m’a remplacé le 14 mars.

Ook hij had contacten met mijn hoofdinformant
maar vermits kapitein De Cuyper zelf reeds contacten
had in Rwanda, had hij mijn netwerk niet meer
nodig » (1).

Lui aussi avait des contacts avec mon informateur
principal. Mais le capitaine De Cuyper ayant des
contacts au Rwanda, il n’avait plus besoin de mon
réseau » (1).

Kapitein De Cuyper, die inderdaad de taak van S2
(onder KIBAT II) overneemt van luitenant Nees, stelt
niettemin dat hij de ingeslagen weg verder volgt :
« Mijn manier van werken was volledig dezelfde als
die van luitenant Nees. Ik heb er enkel wat supplementaire informatie aan toegevoegd. Ik kon gemakkelijk weten wat en door wie iets gezegd werd. Ik wou
enkel via een net van een aantal hoge functionarissen
vernemen wat zij konden bevestigen wat op bepaalde
vergaderingen werd gezegd. Verder kreeg ik informatie via de compagniecommandanten en politieke vergaderingen en personaliteiten (...) De manier waarop
de informatie werd doorgegeven, veranderde met de
aankomst van KIBAT II. Aan de commandant van
KIBAT II verstrekte ik geheime en confidentiële informatie. Enkel de confidentiële informatie werd verder
doorgegeven. Alleen de commandant van KIBAT II
beschikte dus over geheime informatie. De dagelijkse
sitrep bevatte enkel confidentiële informatie » (2).

Le capitaine De Cuyper, qui reprend en effet la
mission de S2 (à KIBAT II) du lieutenant Nees,
affirme pourtant qu’il continue à suivre la voie
empruntée par son prédécesseur : « Ma façon de
travailler était tout à fait identique à celle du lieutenant Nees. Je n’ai ajouté que quelques informations
supplémentaires. Je pouvais aisément savoir ce qui
avait été dit et par qui. Au moyen d’un réseau constitué d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, j’ai
seulement voulu savoir s’ils pouvaient confirmer ce
qui avait été dit lors de certaines réunions. Pour le
reste, j’obtenais des informations par le biais des
commandants de compagnie, de réunions politiques
et de personnalités. (...) La façon dont l’information
circulait a changé lors de l’arrivée de KIBAT II. J’ai
communiqué des informations secrètes et confidentielles au commandant de KIBAT II, lequel ne transmettait à son tour que les informations confidentielles. Seul le commandant de KIBAT II disposait donc
d’informations secrètes. Le Sitrep quotidien contenait
seulement des informations confidentielles » (2).

Ook kapitein De Cuyper bevestigt dat deze inlichtingen de enige waren waarop zijn bataljonscommandant, kolonel Dewez, kon steunen, en dat deze hem
alleszins nooit bijkomende zaken kon aanbrengen (3).

Le capitaine De Cuyper confirme lui aussi que le
colonel Dewez, son commandant de bataillon, ne
pouvait s’appuyer que sur les informations qu’il lui
transmettait, et que ce dernier n’a en tout cas jamais
pu lui fournir d’informations complémentaires (3).

Ook de lagere officieren beklagen zich in hun getuigenis voor de commissie over het gebrek aan informatie, en betreuren het vandaag dat de weinig beschikbare informatie hen zelfs niet bereikte.

Les officiers subalternes se plaignent également,
dans leur témoignage devant la commission, du
manque d’informations et regrettent aujourd’hui que
le peu d’informations disponibles ne leur soit même
pas parvenu.

Kapitein Lemaire : « Le deuxième gros problème
concernant les fautes relatives à la mort des paras,
c’est que pour moi, après coup, et sur place en tout
cas, il y a eu une mauvaise exploitation de tous les
renseignements dont on disposait. Je vais reprendre

Le capitaine Lemaire : « Le deuxième gros problème concernant les fautes relatives à la mort des paras,
c’est que pour moi, après coup, et sur place en tout
cas, il y a eu une mauvaise exploitation de tous les
renseignements dont on disposait. Je vais reprendre

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 122.
(2) Hoorzitting met kapitein De Cuyper, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 170.
(3) Ibidem, blz. 170.

(1) Ibidem, p. 118.
(2) Audition du capitaine De Cuyper, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 14 mars 1997, p. 166.
(3) Ibidem, p. 166.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 332 )

plusieurs volets : le colonel Marchal, certainement; le
1-para aussi. Je vais m’expliquer un peu. Il semblerait
qu’on savait sur place qu’il y avait un risque de génocide et qu’on savait également qu’il y avait un risque
direct dirigé contre les Belges. » (1).

plusieurs volets : le colonel Marchal, certainement; le
1-para aussi. Je vais m’expliquer un peu. Il semblerait
qu’on savait sur place qu’il y avait un risque de génocide et qu’on savait également qu’il y avait un risque
direct dirigé contre les Belges. » (1).

Ook zijn adjunct, luitenant Lecomte, bevestigt dit :
« Je me rends compte maintenant que nous, sur place,
nous n’avions que très peu d’informations concernant
la menace qui pesait sur le détachement belge. Cette
menace était très peu perceptible par nous, sur place.
Moi, en tant que commandant en second d’une
compagnie « fusilliers » qui se trouvait à Don Bosco, je
n’ai pas ressenti cette menace. L’information qui est
parvenue à notre échelon et à l’échelon « compagnie »
se basait principalement sur des informations provenant du lieutenant De Cuyper et des informations que
la compagnie avait réussi à obtenir via certains
contacts locaux. Je tiens à préciser que toutes ces
informations ont fait l’objet de rapports de situation
qui ont été envoyés à l’échelon supérieur.

Son adjoint, le lieutenant Lecomte, le confirme
également comme suit : « Je me rends compte maintenant que nous, sur place, nous n’avions que très peu
d’informations concernant la menace qui pesait sur le
détachement belge. Cette menace était très peu
perceptible par nous, sur place. Moi, en tant que
commandant en second d’une compagnie « fusilliers »
qui se trouvait à Don Bosco, je n’ai pas ressenti cette
menace. L’information qui est parvenue à notre échelon et à l’échelon « compagnie » se basait principalement sur des informations provenant du lieutenant
De Cuyper et des informations que la compagnie
avait réussi à obtenir via certains contacts locaux. Je
tiens à préciser que toutes ces informations ont fait
l’objet de rapports de situation qui ont été envoyés à
l’échelon supérieur.

Mais ces informations concernaient principalement des réunions qui montraient la collusion entre
certaines personnalités de la gendarmerie et des groupes d’Interahamwe.

Mais ces informations concernaient principalement des réunions qui montraient la collusion entre
certaines personnalités de la gendarmerie et des groupes d’Interahamwe.

Maintenant, quand on voit la masse d’informations qui provenaient aussi bien de l’ambassade de
Belgique, du Service général de renseignements et de
la CTM que de l’état-major « secteur », on se rend
compte que nous, sur place, nous ne disposions que
d’une infime partie de ces informations.

Maintenant, quand on voit la masse d’informations qui provenaient aussi bien de l’ambassade de
Belgique, du Service général de renseignements et de
la CTM que de l’état-major « secteur », on se rend
compte que nous, sur place, nous ne disposions que
d’une infime partie de ces informations.

Je n’ai personnellement jamais entendu parler de
menaces directes contre des Belges, contre des soldats
belges. Maintenant, il suffit aussi de s’imaginer que,
toutes les nuits, nous pouvions, à tour de rôle, sortir à
Kigali pour se rendre compte que la menace n’était
pas présente. Si menace il y avait eu, nous ne serions
pas sortis à Kigali toutes les nuits.

Je n’ai personnellement jamais entendu parler de
menaces directes contre des Belges, contre des soldats
belges. Maintenant, il suffit aussi de s’imaginer que,
toutes les nuits, nous pouvions, à tour de rôle, sortir à
Kigali pour se rendre compte que la menace n’était
pas présente. Si menace il y avait eu, nous ne serions
pas sortis à Kigali toutes les nuits.

Je pense que si une faute cruciale a été commise,
c’est certainement dans le manque de distribution de
l’information. Je pense qu’avec toute l’information
qui est arrivée en Belgique, on aurait pu « la redistribuer » et la renvoyer aux hommes qui étaient sur le
terrain, afin qu’ils puissent se rendre compte exactement dans quel jeu, dans quelle situation ils se trouvaient » (2).

Je pense que si une faute cruciale a été commise,
c’est certainement dans le manque de distribution de
l’information. Je pense qu’avec toute l’information
qui est arrivée en Belgique, on aurait pu « la redistribuer » et la renvoyer aux hommes qui étaient sur le
terrain, afin qu’ils puissent se rendre compte exactement dans quel jeu, dans quelle situation ils se trouvaient » (2).

Te Evere was men op de hoogte van de slechte uitrusting van onze inlichtingenofficieren te Kigali maar
generaal Roman, commandant van de paracommandobrigade, verklaart dat onze mensen in Kigali zich
hierover niet ongerust maakten : « Onze inlichtingen-

À Evere, l’on savait que nos officiers de renseignements à Kigali étaient mal équipés, mais le général
Roman, commandant de la brigade paracommando,
affirme que nos hommes à Kigali n’étaient pas
inquiets : « Faire une analyse à distance n’était pas

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 34/11. (BV van 7 mei 1997, blz. 439).
(2) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 1/10 (BV van 7 mei 1997, blz. 434).

(1) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, pp. 34/11 (CRA du 7 mai 1997, p. 428).
(2) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, pp. 1/10 e.s. (CRA du 7 mai 1997, p. 424).

( 333 )

1 - 611/7 - 1997/1998

dienst was niet in staat een analyse op afstand te
maken. (...) Volgens mij waren de inlichtingenofficieren ter plaatse niet uitgerust. Ik herhaal echter dat het
moeilijk is situaties te voorzien. In deze situatie wil
iedereen aantonen dat hij zijn werk goed heeft
gedaan. De inlichtingenofficieren waren niet ongerust. Het bewijs daarvan is dat ook sommigen onder
hen hun echtgenote wilden laten overkomen. De
analyse van de inlichtingen kwam er in feite op neer
dat zij geı̈soleerde feiten verzamelden die zij niet in
een groter geheel konden passen » (1).

dans les capacités de notre service de renseignements
(...) Selon moi, les officiers de renseignements sur
place étaient mal équipés. Toutefois, je tiens à répéter
combien il est difficile de prévoir certaines situations.
Nous sommes dans une situation où chacun cherche à
montrer qu’il a bien fait son travail. Les officiers du
renseignement n’étaient pas inquiets. La preuve en est
que certains voulaient, eux aussi, faire venir leur
femme. La vérité de l’analyse des renseignements est
qu’ils rassemblaient des faits partiels qu’ils ne
pouvaient intégrer dans une image plus grande » (1).

De commissie stelt vast dat een aantal officieren te
Kigali pogingen ondernamen om toch een minimum
aan inlichtingen in te winnen, maar dat zij zelf hiervoor niet opgeleid waren en over onvoldoende
middelen konden beschikken. In Evere was men zich
weliswaar bewust van de situatie, maar werd weinig
of niets concreet ondernomen om de Belgische inlichtingendiensten in Rwanda te versterken.

La commission constate qu’une série d’officiers à
Kigali ont tenté de récolter quand même un minimum
d’informations, mais qu’ils n’avaient aucune formation en la matière et que leurs moyens étaient insuffisants. À Evere, l’on était certes conscient de la situation, mais l’on n’a pas fait grand-chose, ou, du moins,
rien de concret pour renforcer les services de renseignements belges au Rwanda.

(3) De inlichtingen vanuit de militair technische
samenwerking

(3) Les renseignements provenant de la coopération technique militaire

Kolonel Vincent is vanaf 1991 commandant van de
militair technische samenwerking bij het Rwandese
leger, en is daarnaast tevens militair adviseur van
ambassadeur Swinnen en een voor het SGR belangrijke inlichtingenbron.

Le colonel Vincent a commandé la coopération
technique militaire auprès de l’armée rwandaise à
partir de 1991. Il était également le conseiller militaire
de l’ambassadeur Swinnen et une source d’informations importante pour le SGR.

Uit de getuigenissen die volgen, blijkt dat
UNAMIR in het algemeen en KIBAT in het bijzonder
weinig contacten onderhielden met de militair technische samenwerking (MTS). De Belgische inlichtingenofficieren kregen trouwens de opdracht zo weinig
mogelijk contact met MTS te onderhouden om de
Belgische neutraliteit te bewaren. Hoewel dit begrijpelijk was, kwam dit de uitwisseling van inlichtingen
niet ten goede.

Il ressort des témoignages reproduits ci-après que la
MINUAR, en général, et KIBAT, en particulier,
entretenaient peu de contacts avec la coopération
technique militaire (CTM). Les officiers de renseignements belges avaient d’ailleurs pour instruction
d’avoir le moins possible de contacts avec la CTM.
L’objectif était de préserver la neutralité belge. Bien
que ce fût justifié, cela n’a pas favorisé l’échange d’informations.

Op de vraag hoe hij verklaart dat luitenant Nees,
majoor Podevijn en kolonel Marchal wel op de
hoogte waren van zekere aanwijzingen van de op til
zijnde volkenmoord, antwoordt kolonel Vincent :
« Ik wijs erop dat de militair technische coöperatie als
inlichtingenbron dienst deed, maar niet over een
eigen inlichtingennetwerk beschikte. Wij deden niets
meer dan onze inlichtingen aan Brussel bezorgen. Ik
had niet de indruk dat er een volkenmoord op handen
was, en ik heb nooit gedacht aan wat op 6 april zou
gebeuren. De moord op de president had niemand
voorspeld en nochtans heeft die gebeurtenis in
Rwanda de balans naar het geweld doen omslaan » (2).

À la question de savoir comment le lieutenant
Nees, le major Podevijn et le colonel Marchal avaient
certaines indications sur l’imminence du génocide, et
pas lui, le colonel répond: « Je précise que la CTM
fonctionnait comme source de renseignements mais
ne disposait pas de son propre réseau d’information.
Nous nous contentions de rapporter à Bruxelles nos
informations. Je n’ai pas perçu l’imminence du génocide et je n’ai jamais pensé au cas de figure du 6 avril
1994. L’assassinat du président n’a été prévu par
personne et c’est pourtant cela qui a fait basculer le
Rwanda dans l’horreur » (2).

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Roman, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 25 april 1997, blz. 383.
(2) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 130.

(1) Audition du général Roman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 25 avril 1997, p. 375.
(2) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 126.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 334 )

MTS-officier, luitenant-kolonel Beaudoin, maakt
melding van een gesprek met FAR-officieren over een
genocideplan : « Quinze jours avant l’attentat, lors
d’un dı̂ner chez chef CTM, le G3 FAR a déclaré que
« si Arusha était exécuté, ils étaient prêts à liquider les
Tutsis » (1).

Le lieutenant-colonel Beaudoin, officier CTM, fait
mention d’un entretien avec des officiers des FAR en
ce qui concerne le génocide : « Quinze jours avant
l’attentat, lors d’un dı̂ner chez chef CTM, le G3 FAR
a déclaré que « si Arusha était exécuté, ils étaient prêts
à liquider les Tutsis » (1).

Voor de commissie verduidelijkt kolonel Vincent
hoe hij omging met de door hem ingewonnen inlichtingen : « Wij moesten controleren of het nieuws niet
werd opgeblazen. Als wij drie of vier keer dezelfde
informatie kregen, konden wij denken dat het om verschillende berichten ging. Daar ik militair-technisch
coöperant bij de Rwandese strijdkrachten was,
hadden doorgedreven professionele relaties het
imago van UNAMIR kunnen schaden. Ik kende kolonel Marchal weliswaar, maar wij hadden het nooit
over onze beroepsproblemen » (2).

Le colonel Vincent a fourni, devant la commission,
des précisions sur la manière dont il traitait les informations qu’il recueillait : « Nous devions contrôler
l’inflation des nouvelles. Si la même information nous
parvenait trois ou quatre fois, nous aurions pu penser
qu’il s’agissait de nouvelles différentes. Étant moimême coopérant technique militaire auprès des forces
rwandaises, des rapports professionnels poussés
auraient terni l’image de la MINUAR. Je connaissais
toutefois le colonel Marchal mais nous n’évoquions
pas nos problèmes professionnels » (2).

Kolonel Vincent stelt dat hij over goede inlichtingen beschikte aangezien hij als hoofd van het verbindingsbureau vaak contacten had met de leiding van
het Rwandese leger, en hij ook veel contacten had met
de Rwandezen die aan het hoofd stonden van de drie
Belgische projecten (3). Hij was tevens van heel wat
informatie op de hoogte aangezien hij de militaire
adviseur was van ambassadeur Swinnen, maar uitsluitend op militair gebied (4).

Le colonel Vincent déclare qu’il disposait de bons
renseignements, car, en tant que chef du bureau de
liaison, il entretenait des contacts fréquents avec le
commandement de l’armée rwandaise et il avait beaucoup de contacts avec les responsables rwandais des
trois projets belges (3). Il était également au courant
de beaucoup d’informations en tant que conseiller
militaire de l’ambassadeur Swinnen, mais uniquement dans le domaine militaire (4).

Toch benadrukt hij zelf geen inlichtingenofficier te
zijn, maar de chef van de samenwerking, en stelt hij
dat hij dus geen analyses moest maken (5).

Il souligne cependant qu’il n’était pas, lui-même,
un officier de renseignements, mais le chef de la
coopération, et que ce n’était donc pas à lui de faire
des analyses (5).

Zijn contacten met majoor Podevijn, die ook
werkte voor SGR, beperkten zich volgens kolonel
Vincent tot het doorsturen van de documenten van
majoor Podevijn wanneer diens fax defect was (6).

D’après le colonel Vincent, les contacts qu’il entretenait avec le major Podevijn, qui travaillait lui aussi
pour le SGR, se limitaient à transmettre les documents de celui-ci lorsque son fax était en panne (6).

Majoor Podevijn bevestigt deze contacten met
kolonel Vincent : « In het begin gebruikte ik zijn
infrastructuur voor het versturen van verslagen » (7).

De son côté, le major Podevijn confirme ces
contacts avec le colonel Vincent : « au début, j’ai
utilisé son infrastructure pour expédier des
rapports » (7).

De officiële informatieofficier bij de Force, kapitein Claeys, zegt wel contacten gehad te hebben met
kolonel Vincent, maar deze gingen nooit over specifieke aangelegenheden, zoals Jean-Pierre. Wel werd
van gedachten gewisseld, op informele wijze, over de

Le « Information officer » officiel auprès de la
Force, le capitaine Claeys, a déclaré qu’il avait été en
contact avec le colonel Vincent, mais jamais pour des
affaires concrètes comme Jean-Pierre. Il s’agissait
plutôt de discussions informelles sur la situation en

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven, Ann. A.
App. 18, blz.1.
(2) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 130.
(3) Ibidem, blz. 132.
(4) Ibidem, blz. 133.
(5) Ibidem, blz. 133.
(6) Ibidem, blz. 132.
(7) Hoorzitting met majoor Podevijn, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 127.

(1) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven, Ann. A.
App. 18, p. 1.
(2) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 126.
(3) Ibidem, p. 128.
(4) Ibidem, p. 129.
(5) Ibidem, p. 129.
(6) Ibidem, p. 128.
(7) Audition du major Podevijn, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 123.

( 335 )

1 - 611/7 - 1997/1998

algemene situatie, zoals de voortdurende incidenten,
de milities, het anti-Belgisch klimaat, ... (1)

général, comme les incidents continuels, les milices, le
climat antibelge, ... (1).

Luitenant Nees, S2 bij KIBAT I, getuigt dat de
contacten met kolonel Vincent enkel sporadisch
waren : « Van bij het begin heeft men ons opgedragen
om zo weinig mogelijk contact te onderhouden met
MTS om de Belgische neutraliteit te bewaren. Er
waren Belgische militairen die aan Rwandezen onderricht gaven en in Rwandese uniformen rondliepen. Ik
heb nooit informatie gehad over een mogelijke
betrokkenheid van kolonel Vincent in Kigali. Wij
hadden enkel sporadisch contact met elkaar » (2).

Le lieutenant Nees, le S2 de KIBAT I, témoigne que
ses contacts avec le colonel Vincent étaient uniquement sporadiques : « Dès le début, on nous a dit
d’avoir le moins de contacts possible avec la CTM
afin de garantir la neutralité belge. Il y avait des militaires belges qui donnaient cours aux Rwandais et qui
portaient des uniformes rwandais. Je n’ai jamais eu
d’informations au sujet d’une implication éventuelle
du colonel Vincent, à Kigali. Nous n’avons eu que des
contacts sporadiques » (2).

De commissie stelt vast dat kolonel Vincent, gezien
zijn verblijf sinds 1991 te Kigali en de functie die hij
daar vervulde, over heel wat nuttige informatie
beschikte. De commissie stelt tevens vast dat er, zoals
de generale staf het wou, op het vlak van de inlichtingen, nauwelijks samenwerking bestond tussen de
MTS en de inlichtingenofficieren van UNAMIR en
KIBAT.

La commission constate que le colonel Vincent,
parce qu’il séjournait à Kigali depuis 1991 et du fait de
la fonction qu’il y occupait, disposait de beaucoup
d’informations utiles. Elle constate également qu’il
n’y avait, par la volonté de l’état-major, pratiquement
pas de collaboration entre la CTM et les officiers de
renseignements de la MINUAR et de KIBAT au
niveau des renseignements.

(4) De samenwerking met buitenlandse en Rwandese inlichtingendiensten

(4) La collaboration avec les services de renseignements rwandais et étrangers

De commandant van SGR, generaal Delhotte,
getuigt dat de CIA een belangrijke analyse, die voor
België van nut zou kunnen zijn, zou uitwisselen, doch
enkel wanneer daarom werd gevraagd, en dus niet
automatisch (3). Generaal Delhotte denkt trouwens
dat aan de Fransen en de Amerikanen precieze vragen
werden gesteld over de Interahamwe-milities (4).
Maar meteen geeft hij toe dat SGR over Rwanda
haast geen enkele inlichting van de VS gekregen heeft
en, in het geheel niets van Frankrijk (5). Op de vraag
of Frankrijk die inlichtingen weigerde mee te delen,
antwoordt generaal Delhotte : « Het is duidelijk dat
een buitenlandse inlichtingendienst nooit vlakaf
informatie weigert maar zal zeggen dat hij niet over
die informatie beschikt. Aangezien Frankrijk nog
mensen als undercover ter plaatse had en Frankrijk
een eigen nationale politiek in dat gebied voerde, vermoed ik dat Frankrijk toch over informatie beschikte,
maar ik heb daar natuurlijk geen bewijzen van » (6).

Le général Delhotte, le commandant du SGR,
témoigne qu’au cas où la CIA ferait une analyse
importante qui intéresse la Belgique, elle la communiquerait si on la lui demandait, mais pas automatiquement (3). Le général pense d’ailleurs que des questions précises ont été posées aux Français et aux
Américains concernant les milices Interahamwe (4).
Cependant, il admet que, en ce qui concerne le
Rwanda, le SGR n’a pratiquement rien reçu comme
information en provenance des États-Unis et absolument rien des Français (5). À la question d’un
commissaire qui désirait savoir si la France a refusé de
communiquer ces renseignements, le général Delhotte
a répondu par la déclaration suivante : « Il est évident
qu’un service de renseignements étranger ne refuse
jamais catégoriquement de fournir des informations,
mais qu’il dira qu’il ne les a pas. Étant donné que la
France avait encore des personnes travaillant sous
couverture sur place et qu’elle menait sa propre politique nationale dans cette région, je présume que ce
pays disposait quand même d’informations, mais je
n’en ai naturellement pas la preuve » (6).

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Claeys, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 13 mei 1997, blz. 494.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 123.
(3) Hoorzitting met generaal Delhotte, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 20/2 (gesloten zitting).
(4) Ibidem, blz. 20/2 (gesloten zitting).
(5) Ibidem, blz. 20/2 (gesloten zitting).
(6) Ibidem, blz. 20/2 (gesloten zitting).

(1) Audition du capitaine Claeys, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 13 mai 1997, p. 484.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 119.
(3) Audition du général Delhotte, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, pp. 20/2 (huis clos).
(4) Ibidem, pp. 20/2 (huis clos).
(5) Ibidem, pp. 20/2 (huis clos).
(6) Ibidem, pp. 20/2 (huis clos).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 336 )

Generaal Verschoore, adjunct van SGR, bevestigt
dit : « De inlichtingendiensten van Frankrijk en de
Verenigde Staten gaven ons weinig informatie. Ik had
de indruk dat de Verenigde Staten enkel Belgische
informatie wou verkrijgen » (1).

Le général Verschoore, adjoint du SGR, a confirmé
ce fait : « Les services de renseignements français et
américains ne nous ont guère fourni d’informations.
J’avais l’impression que le seul objectif des États-Unis
était d’obtenir des informations de la Belgique » (1).

Majoor Hock, Rwanda-analyst op SGR, geeft een
meer precieze verklaring voor de onwil van de Fransen : « Wij hadden geen individuele contacten met de
buitenlandse inlichtingendiensten. Ten aanzien van
de Fransen was er nog steeds het Kolwezi-syndroom.
Pas later werd het vertrouwen hersteld. (...) De relaties met Frankrijk zijn niet altijd eenvoudig geweest.
(...) Inzake inlichtingen is het zo dat, als men iets
vraagt, men iets anders moet aanbieden » (2).

Le major Hock, qui était analyste pour le Rwanda
au SGR, donne une explication plus précise de la
mauvaise volonté des Français : « Nous n’avions pas
de relations individuelles avec les services secrets
étrangers. Vis-à-vis des Français, le syndrome de
Kolwezi subsistait et ce n’est que plus tard que la
confiance a été rétablie. (...) Les relations avec la
France n’ont pas toujours été simples. (...) Dans le
renseignement, lorsque l’on demande quelque chose,
il faut offrir autre chose » (2).

Ook op het terrein te Kigali ondervond men problemen met het vergaren van informatie van buitenlandse collega’s. Kapitein Claeys getuigt : « Il aurait
été difficile de tester ce genre de choses sur d’autres
nationalités. En effet, le bataillon bengali sur place ne
faisait aucune collecte d’informations. Cependant, je
sais que le général Dallaire a contacté les ambassadeurs de France, des États-Unis et de la Belgique. Je
suppose que ceux-ci ont également prévenu leur
attaché à la défense sur place. L’attaché des États-Unis
était aussi en poste à Bujumbura. Une dame
s’occupait également de cette question sur
place » (3).

La collecte de renseignements en provenance des
collègues étrangers posa également des problèmes sur
le terrain à Kigali. Le capitaine Claeys témoigne : « Il
aurait été difficile de tester ce genre de choses sur
d’autres nationalités. En effet, le bataillon bengali sur
place ne faisait aucune collecte d’informations.
Cependant, je sais que le général Dallaire a contacté
les ambassadeurs de France, des États-Unis et de la
Belgique. Je suppose que ceux-ci ont également
prévenu leur attaché à la défense sur place. L’attaché
des États-Unis était aussi en poste à Bujumbura. Une
dame s’occupait également de cette question sur
place » (3).

Ook luitenant Nees (KIBAT I) geeft zijn versie van
de feiten : « Met de Franse en Amerikaanse inlichtingendiensten heb ik geen contacten gehad. Voor zover
ik weet, was dat ook het geval voor alle mensen op
KIBAT. We wisten wel dat niet alle Franse militairen
uit Kigali verdwenen waren. Er waren zelfs geruchten
dat de Fransen alle telefoongesprekken en alle radioverbindingen afluisterden. Maar er was geen enkele
vorm van samenwerking » (4).

Le lieutenant Nees (KIBAT I) donne sa version des
faits : « Je n’ai eu aucun contact avec les services de
renseignements français ou américains. Pour autant
que je sache, cela vaut également pour toutes les
autres personnes du KIBAT. Nous savions que les
militaires français n’avaient pas tous quitté Kigali. Il y
avait même des rumeurs selon lesquels les Français
écoutaient toutes les communications téléphoniques
et radiophoniques. Il n’y avait cependant aucune
forme de coopération » (4).

Kapitein De Cuyper (KIBAT II) (5) was aanwezig
op de wekelijkse vergaderingen op de Rwandese
gendarmerie : « Ik nam niet deel aan de debatten
tijdens de wekelijkse vergadering op de gendarmerie.
Ik was er enkel bezoeker. Ik heb wel de commandant
van KIBAT II ervan op de hoogte gesteld dat deze ver-

Le capitaine De Cuyper (KIBAT II) (5) assistait
aux réunions hebdomadaires de la gendarmerie : « Je
ne participais pas aux débats lors des réunions hebdomadaires de la gendarmerie. Je n’y étais qu’observateur. J’ai cependant averti le commandant de KIBAT
II que ces réunions n’avaient aucune valeur étant

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Verschoore, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 146.
(2) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 213.
(3) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 19961997, 13 mei 1997, PV, blz. 677/9 (BV van 13 mei 1997,
blz. 495).
(4) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 125.
(5) Kapitein De Cuyper was pas 2 weken aanwezig in die
functie.

(1) Audition du général Verschoore, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 142.
(2) Audition du major Hock, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 207.
(3) Audition capitaine Claeys, CER, Sénat, 1996-1997,
13 mai 1997, PV, pp. 677/9 (CRA du 13 mai 1997, p. 485).
(4) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 120.
(5) Le capitaine De Cuyper n’occupait que depuis deux
semaines cette fonction.

( 337 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gaderingen niets voorstelden omdat alle vragen en
opmerkingen, op een paar uitzonderingen na, werden
ontweken door de generaal-majoor van de gendarmerie. Dit werd geslikt door alle leden, behalve door
twee leden van UNCIVPOL. Ook de Franse kolonel
gedetacheerd bij DAMI (détachement d’assistance
militaire à l’instruction) was op de vergaderingen
aanwezig. Hij kwam regelmatig tussenbeide om de
generaal-majoor te steunen. Wekelijks waren er ook
vergaderingen op de sector. Hierop werd nooit iets
interessants verteld en ik kwam nauwelijks aan bod
op deze vergaderingen. Nooit kwamen er inlichtingen
of analyses van boven naar beneden toe » (1).

donné que le général-major de la gendarmerie éludait
toutes les questions et remarques à quelques rares
exceptions près. Aucun membre ne s’y est opposé, à
l’exception de deux membres du UNCIVPOL. Le
colonel français attaché au DAMI (détachement
d’assistance militaire à l’instruction) assistait également aux réunions. Il intervenait régulièrement pour
soutenir le général-major. Des réunions hebdomadaires se tenaient régulièrement au secteur. On n’y a
jamais rien dit d’intéressant et je n’ai guère pu prendre
la parole. Aucune information ni analyse ne nous
parvenait d’en haut » (1).

De commissie stelt vast dat de uitwisseling van
inlichtingen met buitenlandse diensten onbestaande
was. Ook bij de Rwandese gendarmerie konden geen
bruikbare inlichtingen ingewonnen worden. Enkel
op het niveau van de diplomatie waren er contacten,
maar deze leverden geen resultaten op voor de inlichtingenofficieren te velde.

La commission constate qu’il n’y avait pas
d’échange d’informations avec les services étrangers.
On n’a pas non plus pu recueillir d’informations
utiles auprès de la gendarmerie rwandaise. Il n’y a eu
des contacts qu’au niveau diplomatique, mais ces
contacts n’ont eu aucun résultat pour les officiers de
renseignements sur le terrain.

(5) De verwerking van de inlichtingen op de verschillende echelons te Kigali en te Evere

(5) Le traitement des renseignements aux divers
échelons à Kigali et à Evere

De commissie zal in dit hoofdstuk de weg overlopen die de militaire en diplomatieke inlichtingen
volgden wanneer zij op het niveau van KIBAT (of
hoger) werden ingewonnen tot ze SGR en de generale
staf (eventueel) bereikten. Uit de getuigenissen zal
blijken dat talrijke inlichtingen SGR en de generale
staf niet bereikten, en dat een aantal inlichtingen niet
juist werden ingeschat.

Dans ce chapitre, la commission étudiera le cheminement des renseignements militaires et diplomatiques à partir du moment où ils étaient recueillis au
niveau de KIBAT (et à un échelon supérieur) jusqu’à
ce qu’ils parvenaient au SGR et (éventuellement) à
l’état-major général. Les témoignages montreront que
beaucoup de renseignements ne parvenaient pas au
SGR et à l’état-major général et que certains renseignements n’ont pas été appréciés correctement.

Kapitein De Cuyper, S2 bij KIBAT II, stelt dat zijn
verantwoordelijkheid erin bestaat informatie over te
zenden naar zijn korpschef : « ... over wat verder
wordt verstuurd heb ik geen controle. Ik maakte de
selectie van de informatie op mijn niveau. Ik rapporteerde alles aan mijn korpscommandant. » (2)

Le capitaine De Cuyper, S2 de KIBAT II, explique
que sa responsabilité consistait à transmettre des
renseignements à son chef de corps : « ... Je n’ai aucun
contrôle sur ce qui est transmis au-delà. Je sélectionnais les informations à mon niveau et j’en faisais
rapport complet à mon commandant de corps. » (2)

Zijn voorganger, luitenant Nees, S2 bij KIBAT I,
werkte op dezelfde manier : « De verslagen werden
praktisch dagelijks of om de andere dag opgesteld. De
eerste bestemmeling van deze verslagen was de
commandant van KIBAT, d.i. luitenant-kolonel
Leroy. De verslagen bevatten een overzicht van de
informatie, geruchten, feiten en pamfletten die onder
onze ogen kwamen. De rapporten werden ook integraal doorgestuurd naar kolonel Marchal. Kolonel
Leroy had zelf geen tijd en evenmin de middelen om
die informatie te bewerken. Daarom stuurde hij de
rapporten door naar de sector. Nadien heb ik gezien

Son prédécesseur, le lieutenant Nees, S2 de KIBAT
I, travaillait de la même manière : « Les rapports
étaient quasiment rédigés chaque jour ou tous les
deux jours. Le premier destinataire de ces rapports
était le commandant de KIBAT, c’est-à-dire le lieutenant-colonel Leroy. Les rapports contenaient un
aperçu des informations, des rumeurs, des faits et des
pamphlets dont nous avions eu connaissance. Les
rapports étaient transmis intégralement au colonel Marchal. Le colonel Leroy n’avait pas le temps ni
les moyens de filtrer ces informations. C’est pourquoi
il transmettait les rapports au secteur. Par après, j’ai

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein De Cuyper, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 170.
(2) Ibidem, blz. 171.

(1) Audition du capitaine De Cuyper, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 14 mars 1997, p. 166.
(2) Ibidem, p. 167.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 338 )

dat de rapporten ook waren doorgestuurd naar C
Ops. » (1)

vu que les rapports avaient également été transmis au
C Ops. » (1)

Of er met deze informatie ook wat gebeurde, is luitenant Nees vrij duidelijk : « Er kwam weinig of geen
reactie op mijn berichten van de generale staf. Als
kleine garnaal in het Belgisch leger verwacht ik ook
niet dat de generale staf mij om inlichtingen
vraagt. » (2) Op de vraag of hij zijn werk dan niet als
zinloos beschouwde, antwoordt hij : « Tijdens mijn
verblijf in Kigali vond ik het zinvol omdat het mij
inzicht verschafte in de structuren en politieke verhoudingen in Rwanda op het ogenblik. Achteraf
bekeken was het misschien wel zinloos. » (3)

Le lieutenant Nees est très clair sur la question de
savoir si on a fait quelque chose de ces informations :
« Il n’y a eu que très peu de réactions à mes messages
de la part de l’état-major général. En tant que petit
pion dans l’armée belge, je ne m’attends d’ailleurs pas
à recevoir une demande de renseignements de la part
de l’état-major général. » (2) Lorsqu’un commissaire
lui demande si, dans ces conditions, il estimait que
son travail avait été inutile, le lieutenant Nees a
répondu : « Lorsque j’étais à Kigali, je l’estimais utile,
parce qu’il me donnait une idée des structures et des
relations politiques existant au Rwanda à ce momentlà. Quand on regarde ce qui s’est passé, mon travail
était peut-être bien inutile. » (3)

Bovendien had de inlichtingenofficier op bataljonsniveau (Nees) geen contact met de ambassade (4), zodat er geen doorstroming was van informatie vanuit het bataljon via onze ambassade naar Brussel.

En outre, l’officier de renseignement au niveau du
bataillon (Nees) n’avait pas de contact avec
l’ambassade (4), de sorte que le cheminement de
l’information du bataillon à Bruxelles ne passait pas
par notre ambassade.

Kolonel Leroy (Cdt. KIBAT I) bevestigt dat hij
talrijke dossiers ontving, maar dat de verslagen van
luitenant Nees zijn enige informatiebron waren :
« Het was nochtans niet mijn taak om een analyse te
maken. Wij zijn daarvoor niet opgeleid en kunnen er
niet voldoende afstand van nemen. Wij kunnen alleen
informatie inwinnen en concrete problemen oplossen. » (5)

Le colonel Leroy (Cdt KIBAT I) confirme qu’il
recevait de nombreux dossiers, mais que les rapports
de Nees constituaient sa seule source d’information :
« Cependant, ce n’était pas à moi de faire une analyse.
Nous ne sommes pas formés pour cela et nous n’avons
pas le recul nécessaire. Nous ne pouvons que collecter
des informations et résoudre des problèmes
concrets. » (5)

Kolonel Leroy voegt eraan toe dat hij de informatie
die zij verzamelden, doorstuurde, maar dat ze er geen
synthese van maakten. Daarvoor ontbraken hem de
middelen en de tijd. Hij kon hiervoor geen beroep
doen op majoor Podevijn en kapitein Claeys, aangezien ze geen deel uitmaakten van zijn bataljon (6).

Le colonel Leroy ajoute qu’il transmettait les informations qu’ils avaient collectés, mais qu’il n’en faisait
pas de synthèse. Il n’en avait ni le temps ni les moyens.
Il ne pouvait pas faire appel au major Podevijn ni au
capitaine Claeys pour cela, car ils ne faisaient pas
partie de son bataillon (6).

Kolonel Dewez (KIBAT II) bevestigt dat op
3 februari 1994 een aantal inlichtingen door het SGR
aan hem werden meegedeeld op het C Ops. Volgens
de kolonel werd de toestand hem in vijf minuten uiteengezet, werd op de briefing niet over Jean-Pierre
gesproken, noch over de rapporten van luitenant
Nees. Hij vermeldt dat er in verband met deze briefing
niets op schrift werd gesteld door SGR en dat hij enkel
beschikt over zijn eigen aantekeningen in zijn notaboekje (7).

Le colonel Dewez (KIBAT II) confirme que, le
3 février 1994, au C Ops, le SGR lui a communiqué
certains renseignements. Selon les termes du colonel,
on lui a alors exposé la situation en cinq minutes. Au
cours de ce briefing, il n’a été fait état, ni de JeanPierre, ni des rapports du lieutenant Nees. Le colonel
Dewez mentionne qu’il n’y a pas eu de document écrit
au sujet de ce briefing de la part du SGR et qu’il
dispose simplement de ses propres notes dans son
carnet (7).

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 120.
(2) Ibidem, blz. 124.
(3) Ibidem, blz. 124.
(4) Ibidem, blz. 125.
(5) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 235.
(6) Ibidem, blz. 236.
(7) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, Senaat, 19961997, 16 april 1997, blz. 297-298.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 116.
(2) Ibidem, p. 120.
(3) Ibidem, p. 120.
(4) Ibidem, p. 121.
(5) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 229.
(6) Ibidem, p. 230.
(7) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, pp. 291-292.

( 339 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De sectorcommandant, kolonel Marchal verzamelde zelf informatie op zijn niveau en had kennis
van de informatie betreffende Jean-Pierre en rapporten van luitenant Nees, waaraan hij de nodige waarde
hechtte. Het is kolonel Marchal die de ambassadeur
en het C Ops te Brussel op de hoogte bracht : « Wat het
belang betreft dat ik hechtte aan de inlichtingen, kan
ik bevestigen dat ik, na de verificatie ervan, geen
enkele twijfel meer had over wat zou gebeuren. Het
aantal details en de nauwkeurigheid ervan wezen
erop dat er iets op til was dat een enorm aantal slachtoffers zou eisen. Mijn raming van de verliezen
bedroeg tienduizenden doden.

Le commandant de secteur, le colonel Marchal, a
collecté lui-même des informations à son niveau et il
avait connaissance des informations relatives à JeanPierre et au rapport du lieutenant Nees, informations
auxquelles il attachait l’importance voulue. C’est le
colonel Marchal qui a mis l’ambassadeur et le C Ops à
Bruxelles au courant : « En ce qui concerne
l’importance accordée aux renseignements fournis, je
peux affirmer que, après vérification, je n’avais plus
aucun doute sur ce qui se préparait. Le nombre et la
précision des détails obtenus indiquaient qu’un plan
était en phase d’exécution et que sa mise en pratique
laissait présager d’un nombre énorme de victimes.
Mon évaluation des pertes s’élevait à plusieurs dizaines de milliers de morts.

Dat heeft geleid tot uiteenlopende reacties en ik heb
de ambassadeur en het operatiecentrum in Brussel
daarvan op de hoogte gebracht. Op 17 januari heeft
generaal Charlier mij gebeld om inlichtingen over de
geheime wapenopslagplaatsen in te winnen en mijn
mening over generaal Dallaire te kennen. Ik heb hem
geantwoord dat ik vond dat wij de generaal in zijn
stappen absoluut moesten steunen. Op 9 februari
heeft generaal Charlier opnieuw met mij contact opgenomen en heb ik hem opnieuw gevraagd generaal
Dallaire te steunen, onder meer om offensieve acties
te ondernemen. » (1)

Ceci a suscité diverses réactions et j’ai prévenu
l’ambassadeur ainsi que le centre d’opérations à
Bruxelles. Le 17 janvier, le général Charlier m’a téléphoné pour s’informer sur les caches d’armes et sur
mon appréciation du général Dallaire. Je lui ai
répondu que j’estimais qu’il fallait absolument soutenir le général dans sa démarche. Le 9 février, le général Charlier me contacte à nouveau et je lui réitère ma
demande de soutenir le général Dallaire, notamment
pour mener des actions offensives. »(1)

Op het niveau van de Force stelt de verantwoordelijke officier voor de inlichtingen, kapitein Claeys, dat
hij direct contact had met de SGR, meer bepaald met
één officier binnen de staf, namelijk majoor Podevijn (2).

L’officier responsable de l’information au niveau
de la Force, le capitaine Claeys, déclare qu’il était en
rapport direct avec le SGR, plus particulièrement avec
un officier de l’état-major, à savoir le major Podevijn (2).

Majoor Podevijn bevestigt dat hij bijna dagelijks
contacten had met kapitein Claeys (3) en beschouwt
zich als één van de inlichtingenbronnen voor het
SGR. Hij verzamelde alle informatie en maakte de
nota’s op (4).

Le major Podevijn confirme qu’il avait des contacts
quasi quotidiens avec le capitaine Claeys (3) et il se
considère comme une des sources d’information du
SGR. Il réunissait toutes les informations et faisait des
notes (4).

Anderzijds kwam er geen informatie vanuit SGR
terecht bij de Tak 2 (inlichtingen) op het niveau van
de Force. Kapitein Claeys getuigt : « Neen, want ik
kreeg geen feedback van SGR. Ik werkte op dat
ogenblik als Belgisch officier, maar ik was niet in verbinding met de Belgische staf. ... Alle informatie die ik
kreeg heb ik, telkens de gelegenheid zich voordeed,
doorgespeeld naar zowel generaal Dallaire als naar
kolonel Marchal. Men heeft mij altijd geantwoord
dat er op hoger niveau geen garanties konden worden
geboden aan Jean-Pierre. Men kon dus moeilijk nog
meer informatie verwachten.

D’autre part, le SGR ne faisait pas parvenir
d’informations à la Branche 2 (renseignements) de la
Force. Le capitaine Claeys témoigne : « Neen, want ik
kreeg geen feedback van SGR. Ik werkte op dat ogenblik als Belgisch officier, maar ik was niet in verbinding met de Belgische staf. ... Alle informatie die ik
kreeg heb ik, telkens de gelegenheid zich voordeed,
doorgespeeld naar zowel generaal Dallaire als naar
kolonel Marchal. Men heeft mij altijd geantwoord
dat er op hoger niveau geen garanties konden worden
geboden aan Jean-Pierre. Men kon dus moeilijk nog
meer informatie verwachten.

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 112.
(2) Hoorzitting met kapitein Claeys, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 13 mei 1997, blz. 490.
(3) Hoorzitting met majoor Podevijn, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 127.
(4) Ibidem, blz. 127.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 108.
(2) Auditionn du capitaine Claeys, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 13 mai 1997, p. 479.
(3) Audition du major Podevijn, CRA, CSR, Sénat, 19961997,7 mars 1997, p. 122.
(4) Ibidem, p. 123.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 340 )

Alle informatie die hij op vrijwillige basis gaf was
welkom. » (1)

Alle informatie die hij op vrijwillige basis gaf was
welkom. » (1)

De uitwisseling van informatie tussen kolonel
Vincent (MTS), ambassadeur Swinnen en SGR, kan
samengevat worden als volgt : « Kolonel Vincent
maakte rapporten voor de SGR. Daarvan hebben wij
de synthese. Hij maakte ook verslag over aan ambassadeur Swinnen en die informatie werd verwerkt in
diens telexen. Wij hebben geen directe rapporten van
kolonel Vincent tenzij sommige van het SGR... Er is
bijvoorbeeld de bijeenkomst met president Habyarimana in februari waarop ook kolonel Marchal en
ambassadeur Swinnen aanwezig waren. Daarvan
bestaat zelfs een dubbel verslag. Eén ervan is van
kolonel Vincent en gericht naar SGR. » (2)

L’on peut résumer comme suit l’échange
d’informations entre le colonel Vincent (CTM),
l’ambassadeur Swinnen et le SGR : « Le colonel
Vincent a rédigé des rapports pour le SGR. Nous en
avons la synthèse. Il faisait également rapport à
l’ambassadeur Swinnen et les informations qu’il lui
transmettait étaient intégrées dans les télex adressés à
ce dernier. À part quelques rapports SGR, nous ne
disposons pas de rapports directs du colonel Vincent.
... Il y a, par exemple, la réunion avec le président
Habyarimana, de février, à laquelle le colonel
Marchal et l’ambassadeur Swinnen étaient également
présents. Il en existe même un double rapport. Celui
du colonel Vincent est adressé au SGR. » (2)

Ambassadeur Swinnen getuigt voor de commissie
dat hij regelmatig berichten naar Brussel stuurde. Zo
pleitte hij ervoor de kwestie van de veiligheid van
onze troepen zeer aandachtig te blijven volgen en
bijkomende demarches niet uit te sluiten in het licht
van bepaalde evoluties (3).

L’ambassadeur Swinnen déclare devant la commission qu’il a transmis régulièrement des messages à
Bruxelles. C’est ainsi qu’il a plaidé pour que l’on
continue à suivre très attentivement la question de la
sécurité et que l’on n’exclue pas d’entreprendre des
démarches supplémentaires à la lumière de certaines
évolutions (3).

De ambassadeur ondernam ook acties om de uitzendingen van RTLM te beluisteren en Brussel over
de inhoud ervan te berichten : « In het begin zond
RTLM slechts één à twee uur per dag in het Frans uit.
Vanaf een bepaalde periode heb ik de opdracht gegeven om de uitzendingen meer te beluisteren. Er zijn
heel wat uitzendingen opgenomen en over de inhoud
hiervan heb ik Brussel steeds uitvoerig ingelicht. » (4)
Een jonge diplomaat, Bruno Angelet, werd in januari
1994 als versterking naar de ambassade gestuurd. Hij
deed, volgens ambassadeur Swinnen, het nodige om
uittreksels van uitzendingen van RTLM naar Brussel
te sturen. De ambassadeur geeft echter toe dat zijn
mogelijkheden in deze erg beperkt waren : « Als wij
dat hadden gekund, hadden wij alles opgenomen en
een vertaling van de uitzendingen in het Kinyarwanda
gevraagd. Wij zouden ook radio Rwanda hebben
opgenomen. Wij beschikten over te weinig personeel.
Wij beluisterden dan ook de uitzendingen in het Frans
en de opinie-uitzendingen. Vervolgens brachten wij
Brussel per telex op de hoogte. » (5)

L’ambassadeur a également pris des mesures pour
que les émissions de RTLM soient écoutées et que
Bruxelles soit informée du contenu de celles-ci : « Au
départ, cette radio n’émettait qu’une à deux heures
par jour en français. À un moment donné, j’ai donné
l’ordre d’écouter plus souvent les émissions. Bon
nombre d’entre elles ont été enregistrées et j’ai
toujours amplement informé Bruxelles de leur
contenu. » (4) Un jeune diplomate, Bruno Angelet, a
été envoyé en renfort à l’ambassade en janvier 1994.
L’ambassadeur Swinnen déclare qu’il faisait le nécessaire pour envoyer des extraits des émissions de
RTLM à Bruxelles. L’ambassadeur admet cependant
que les moyens pour ce faire étaient très limités : « Si
nous avions pu, nous aurions tout enregistré et
demandé une traduction des émissions en
kinyarwanda. Nous aurions aussi enregistré radio
Rwanda. Mais nous manquions de personnel. Nous
écoutions donc les émissions en français diffusées le
soir ainsi que les éditoriaux. Nous informions ensuite
Bruxelles par télex. » (5)

De commissie stelt vast dat deze getuigenissen niet
overeenkomen met de verklaringen van generaal

La commission constate que ces témoignages ne
concordent pas avec les déclarations du général

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 71/1 e.v., (BV van 13 mei 1997, blz. 491).
(2) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 133.
(3) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 220.
(4) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 143.
(5) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 224.

(1) Audition du capitaine Claeys, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 71/1 e.s., (CRA, 13 mai 1997, p. 481).
(2) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 129.
(3) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 214.
(4) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
12 mars 1997, p. 139.
(5) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 218.

( 341 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Roman, commandant van de brigadeparacommando, die op de volgende vragen van een
commissielid steeds formeel « neen » antwoordt :
« Was u op de hoogte van plannen van Rwandese
terroristen om Belgische kantonnementen op te
blazen en van plannen om Belgische blauwhelmen te
vergiftigen of te vermoorden om de Belgische terugtrekking uit UNAMIR te forceren, dit laatste conform
de informatie van informant J.-P. — ... Wist u van de
oproep van RTLM, eind januari, om Belgische doelwitten te viseren ? — ... Was u op de hoogte van de
berichten over hoe men de Belgische blauwhelmen
trachtte uit te dagen ? — Of van de Sitrep waarin
melding wordt gemaakt van het risico op een granaataanval ? Sommige Sitreps werden ook naar de brigadeparacommando gestuurd. Wist u van de nota van
de Inlichtingendienst waarin gehandeld wordt over
Interahamwe en over de mogelijke bedreiging van de
Belgen ? » (1)

Roman, commandant de la brigade paracommando,
qui a répondu formellement « non » aux questions
suivantes que lui a posées un commissaire : « Étiezvous au courant de plans de terroristes rwandais
visant à faire exploser les cantonnements belges et de
plans visant à empoisonner ou assassiner les Casques
bleus belges afin de forcer le retrait de la Belgique de la
MINUAR, comme notre informateur Jean-Pierre
nous l’avait annoncé ? — ... Étiez-vous au courant de
l’appel lancé à la fin janvier sur RTLM incitant à viser
des cibles belges ? — ... Aviez-vous connaissance des
informations sur la manière dont on tentait de provoquer les Casques bleus belges ? — Ou du Sitrep faisant
mention du risque d’une attaque à la grenade ? —
Certains Sitrep furent également envoyés à la brigade
paracommando. Saviez-vous qu’il existait une note
du service de renseignements traitant des Interahamwe et des menaces potentielles à l’égard des
Belges ? » (1)

De commissie stelt vast dat de berichten van de
inlichtingenofficieren en van de ambassade de
commandant van de brigadeparacommando nooit
bereikten.

La commission constate que les messages des officiers de renseignements et de l’ambassade ne sont
jamais arrivés jusqu’au commandant de la brigade
paracommando.

Generaal Roman stelt terzake : « Er zijn documenten van het terrein die soms wel, soms niet naar de
brigadeparacommando worden gestuurd. De SGRdocumenten van hun kant hadden mij inderdaad
moeten worden overgemaakt. (...) Punctuele berichten waren niet van nut voor het tweede bataljon
omdat zij verkeerd dreigden te worden ingeschat. » (2)

Le général Roman a déclaré à ce propos : « Il y a des
documents du terrain qui sont parfois envoyés à la
brigade paracommando, mais pas toujours. Les documents du SGR auraient dû m’être transmis. (...) Mais
pour lui : « (...) Les informations ponctuelles n’étaient
pas utiles au second bataillon paracommando parce
qu’elles risquaient d’être mal interprétées. » (2)

De voornaamste en meest directe bestemming van
de inlichtingen uit Kigali was de dienst SGR te Evere,
waar majoor Hock instond voor de analyses betreffende Rwanda. Op de vraag of deze documenten ontving van kapitein De Cuyper, S2 (inlichtingen) bij
KIBAT II, antwoordt hij zich de naam van De Cuyper
zelfs niet te herinneren, wel de naam Claeys (3). Dat
kapitein De Cuyper de opvolger was van luitenant
Nees (KIBAT I), kan majoor Hock zich ook niet herinneren. Hij stelt in elk geval geen onderscheid te
kunnen maken tussen de gesprekspartners, en argumenteert dat, gezien de functie (S2) werd overgenomen de continuı̈teit in de verwerking van de informatie verzekerd was. Als men de gesprekspartner
persoonlijk kent, zo getuigt hij, herinnert men het
zich beter (4). Een betere bekende van majoor Hock
is kolonel Vincent (MTS), en zoals hierboven door de
commissie reeds werd vastgesteld zal majoor Hock

Les informations en provenance de Kigali étaient
essentiellement et directement transmises au SGR à
Evere, où le major Hock était responsable des
analyses concernant la situation au Rwanda. À la
question de savoir s’il a reçu ces documents du capitaine De Cuyper, S2 (renseignements) à KIBAT II, le
major Hock répond qu’il ne se souvient même pas du
nom de De Cuyper, mais bien de Claeys (3). Le
major Hock ne se souvient pas davantage que le capitaine De Cuyper a succédé au lieutenant Nees (KIBAT I). Il déclare en tout cas ne pas pouvoir faire de
différence entre ses interlocuteurs en arguant que la
continuité dans la façon de traiter l’information était
assurée, puisque la fonction (S2) avait été reprise.
Lorsqu’on connaı̂t personnellement l’interlocuteur,
on s’en souvient mieux, prétend-il (4). Le major
Hock connaissait mieux le colonel Vincent (CTM) et,
comme la commission l’a déjà constaté ci-dessus, il

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Roman, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 25 april 1997, blz. 385.
(2) Ibidem, blz. 385.
(3) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 214.
(4) Ibidem, blz. 215.

(1) Audition du général Roman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 25 avril 1997, p. 377.
(2) Ibidem, p. 377.
(3) Audition du major Hock, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 209.
(4) Ibidem, p. 209.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 342 )

meer belang hechten aan de informatie van kolonel
Vincent : « Ik heb kolonel Vincent ontmoet omdat wij
gelijkwaardige scholen hebben bezocht. Ik heb hem
persoonlijk gekend toen hij bij de SGR is gaan
werken. » (1)

accordera davantage d’importance aux informations
que celui-ci lui fournit : « J’ai croisé le colonel
Vincent, car nous avons fréquenté des écoles équivalentes. Je l’ai personnellement connu lorsqu’il a
rejoint le SGR. » (1)

De commissie stelt vast dat, zoals majoor Hock
getuigt, de persoonlijke kennis van de gesprekspartner inzake inlichtingen een belangrijke factor is in de
beoordeling van de inhoud van de informatie.

La commission constate, comme en témoigne le
major Hock, que le fait de connaı̂tre personnellement
son interlocuteur, lorsqu’il s’agit de renseignements
joue un rôle important en ce qui concerne
l’appréciation du contenu de ceux-ci.

Meer concreet wordt dit aangetoond door de
manier waarop de informatie van Jean-Pierre door
majoor Hock wordt verwerkt : « Toen was JeanPierre voor ons een onbekende. Hij was een informant van UNAMIR . Als men nader op dat personage
ingaat, stelt men vast dat hij bij het begin deel uitmaakte van de veiligheidsdiensten van de president,
die een zeer slechte reputatie hadden. Het was een
deserteur en dus a priori niet te vertrouwen. U mag
niet vergeten dat sommigen valse informatie geven. ...
Met de inlichtingen van Jean-Pierre is rekening
gehouden, doch pas nadat ze gecontroleerd waren,
daar wij met een fantast konden te maken
hebben. » (2) Majoor Hock getuigt voor de commissie dat hij een beslissend onderscheid maakt naargelang de bron die de inlichtingen aanbrengt : « Het
cijfer 6 (3) wordt toegekend als geen controle mogelijk is. In het geval van Jean-Pierre zou ik de beoordeling F6 hebben gegeven. » (4) Wanneer een commissielid opmerkt dat generaal Verschoore zegt deze
getuigenis (Jean-Pierre) enorm geloofwaardig en
belangrijk was, antwoordt majoor Hock dat wanneer
de informatie van de ambassadeur of van zijn militair
attaché (kolonel Vincent) komt, de beoordeling
meestal A1 is (5).

On en trouve une preuve plus concrète dans la
façon dont le major Hock a traité les informations
fournies par Jean-Pierre : « À l’époque, Jean-Pierre
était un inconnu pour nous. C’était un informateur de
la MINUAR. Si l’on analyse le personnage, on remarque qu’au départ il appartenait aux services de sécurité de la présidence qui bénéficiaient d’une triste
réputation. C’était un déserteur. Donc, a priori, il
n’était pas fiable. N’oubliez-pas que l’intox, ça existe.
... Les informations de Jean-Pierre ont été intégrées,
mais seulement après vérification, car nous pouvions
avoir à faire à un affabulateur. » (2) Le major Hock
déclare formellement devant la commission qu’il fait
une distinction déterminante entre les informations,
et ce, selon leur source : « La cote 6 (3) est attribuée
s’il n’y a pas de vérification possible. Dans le cas de
Jean-Pierre, j’aurais mis la cote F6. » (4) Un commissaire ayant fait observer que le général Verschoore
avait souligné que ce témoignage (de Jean-Pierre)
était très fiable et très important, le major Hock
répond que « si l’information provient de
l’ambassadeur ou de son attaché militaire (le colonel
Vincent), la cote fournie sera généralement A 1. » (5)

Tot slot stelt ook majoor Hock dat hij kampte met
een tekort aan middelen : « De situatie in Rwanda leek
ons op dat moment minder belangrijk dan die in
Burundi. Onze dienst, die, zoals velen onderstreept
hebben, een tekort heeft aan middelen, heeft de voorrang gegeven aan Burundi » (6).

Enfin, le major Hock déclare lui aussi qu’il
manquait de moyens : « La situation au Rwanda nous
paraissait, à cette époque, moins importante que celle
du Burundi. Notre service qui, comme beaucoup l’ont
souligné, manque de moyens, a donné la priorité au
Burundi » (6).

Generaal Verschoore (adjunct-SGR) geeft toelichting aan de commissie hoe de verwerking van informatie vanuit Kigali op het SGR geschiedde : « De SGR
is een militaire dienst die onder het bevel staat van de
Generale Staf. Systematisch werden de minister van
Landsverdediging, het hoofd van het militair huis van

Le général Verschoore (adjoint au SGR) explique à
la commission comment le SGR traitait les informations en provenance de Kigali : « Le SGR est un service
militaire placé sous les ordres de l’état-major général.
Le ministre de la Défense, le chef de la maison militaire du Roi et, en fonction de la nature des informa-

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 216.
(2) Ibidem, blz. 213.
(3) Dit is een klassificatiesysteem van SGR, waar de beoordeling van de bron gaat van A (hoogste waarde) tot F (laagste
waarde) en de beoordeling van de inhoud gebeurt van 1 tot 6.
(4) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 216.
(5) Ibidem, blz. 216.
(6) Ibidem, blz. 217.

(1) Ibidem, p. 210.
(2) Ibidem, p. 207.
(3) Dans la classification du SGR, l’appréciation de la
source va de A (cote la plus haute) jusque F (note la plus basse)
et l’appréciation du contenu va de 1 jusque 6.
(4) Audition du major Hock, CRA, CSR, 1996-1997, Sénat,
21 mars 1997, p. 210.
(5) Ibidem, p. 210.
(6) Ibidem, p. 211.

( 343 )

1 - 611/7 - 1997/1998

de Koning en naargelang van de aard van de informatie werden eventueel andere diensten ingelicht.

tions, d’autres instances militaires, ont été systématiquement informés.

De analyse van de informatie bestond uit het evalueren van deze informatie die uit verschillende bronnen afkomstig was. We probeerden de echte informatie te distilleren. Er werden vergelijkingen gemaakt en
we deduceerden wat belangrijk was. Zowel voor de
informatie zelf als voor de bron gingen we na wat al of
niet geloofwaardig was. Het was dan de taak van de
analist om na te gaan hoe valabel de informatie was.

L’analyse des informations, qui provenaient de
différentes sources, consistait en une évaluation de
celles-ci. Nous essayions d’en extraire les vraies informations. Nous procédions à des comparaisons et
nous en déduisions ce qui était important. Tant en ce
qui concerne les informations que les sources, nous
analysions ce qui était crédible ou non. Il appartenait
alors à l’analyste d’évaluer la valeur des informations.

Majoor Podevijn werd door SGR gestuurd met het
doel informatie te geven over de toenmalige situatie.
Ook kolonel Vincent moest inlichtingen doorgeven.
Beiden werden niet met elkaar geconfronteerd. Het
doel was immers uit verschillende bronnen zoveel
mogelijk informatie te halen. Zodoende worden de
bronnen nooit bij elkaar gebracht. Ook werd nooit
aan kolonel Vincent onze conclusies meegedeeld » (1).

Le major Podevijn a été envoyé par le SGR en vue
de fournir des informations sur la situation de
l’époque. Le colonel Vincent était également chargé
de transmettre des renseignements. Ces deux personnes n’ont toutefois pas été confrontées, étant donné
qu’il s’agissait de puiser le maximum d’informations
dans différentes sources. C’est pourquoi on ne
procède jamais à une confrontation des sources. Le
colonel Vincent n’a jamais été informé de notre
conclusion » (1).

Verder stelt de generaal dat het SGR uitsluitend tot
doel had informatie in te winnen, te verzamelen, te
analyseren, en door te sturen naar de bevoegde autoriteiten. De dienst stond onder direct bevel van de
chef van de generale staf (JS). Het was niet de bedoeling, aldus generaal Verschoore, dat de dienst SGR
beleidsvoorstellen formuleerde (2).

Le général déclare ensuite que le SGR avait uniquement pour but de rassembler des informations et de
les transmettre aux autorités compétentes. Le service
était placé sous le commandement direct du chef de
l’état-major général (JS). Le service n’avait pas pour
mission, d’après le général Verschoore, de faire des
propositions politiques (2).

De generaal bevestigt dat er instructies zijn geweest
vanuit de generale staf die leidden tot activiteiten van
het SGR, maar welke juist die vragen waren, weet hij
niet meer (3).
Op de vraag of hij op de hoogte was van het
bestaan van Jean-Pierre en van inlichtingen die hij
verstrekte, waaronder het plan om Belgische blauwhelmen te vermoorden is het antwoord van generaal
Verschoore alleszins categorisch neen. Verder betwijfelt de generaal dat hij ooit enige informatie gelezen
heeft over een plan om Belgische blauwhelmen te vermoorden (4).
Een commissielid oppert dat kolonel Marchal als
hoogst geplaatste bevelhebber de informatie van
Jean-Pierre over de voorbereiding van de genocide als
essentieel beschouwde. Op de vraag of dit dan geen
signaal was voor het SGR om in te grijpen, en of hierover gesproken werd met C Ops, antwoordt de generaal andermaal : « Bij mijn weten niet » (5).
Toch stelt de commissie vast dat generaal Verschoore beschikte over belangrijke informatie zoals

Le général confirme qu’il y a eu des instructions de
l’état-major concernant des activités du SGR, mais
qu’il ne se rappelle plus de quelles questions précises il
s’agissait (3).
À la question de savoir s’il était au courant de
l’existence de Jean-Pierre et des informations qu’il
fournissait, parmi lesquelles celle au sujet d’un plan
visant à assassiner des Casques bleus belges, le général
Verschoore donne en tout cas une réponse catégoriquement négative. Il ne pense d’ailleurs pas avoir
jamais lu d’informations au sujet d’un plan visant à
assassiner des Casques bleus belges (4).
Un commissaire déclare que le colonel Marchal
considérait, en tant que commandant le plus haut
placé, que les informations de Jean-Pierre sur les
préparatifs du génocide étaient essentielles. À la question de savoir si ces informations ne constituaient
donc pas un signal pour faire intervenir le SGR, et si
l’on en avait parlé au C Ops, le général répond une
fois de plus : « Pas pour autant que je sache » (5).
La commission constate néanmoins que le général
Verschoore disposait d’informations importantes,

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Verschoore, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 146.
(2) Ibidem, blz. 146.
(3) Ibidem, blz. 150.
(4) Ibidem, blz. 147.
(5) Ibidem, blz. 150.

(1) Audition du général Verschoore, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, pp. 142-143.
(2) Ibidem, p. 142.
(3) Ibidem, p. 146.
(4) Ibidem, p. 144.
(5) Ibidem, p. 147.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 344 )

blijkt uit de alarmerende berichten, vervat in de
« Complément d’information » van 2 februari 1994.
Nadat de informatie van Jean-Pierre Evere bereikte,
gaf de generale staf opdracht aan het SGR tot het verzamelen van meer inlichtingen. Het is dan dat deze
« Complément d’information » tot stand komt, welke
gericht wordt vanuit het SGR aan verschillende
bestemmelingen, waaronder C Ops.

comme il ressort des messages alarmants, qui figurent
dans le « Complément d’information » du 2 février
1994. Après qu’Evere eut reçu les informations de
Jean-Pierre, l’état-major général a chargé le SGR de
rassembler davantage d’informations. C’est à ce
moment que l’on a rédigé ce « Complément d’information », que le SGR a adressé à divers destinataires,
dont le C Ops.

Toch zijn er reeds vroeger belangrijke inlichtingen
die vanuit Kigali gericht waren aan het SGR. Zo heeft
majoor Podevijn reeds in december geı̈nformeerd
over een mogelijke aanslag tegen een Belgisch kantonnement. Verder waren er de rapporten van luitenant
Nees (S2 KIBAT I), waarvan sommige alarmerend
waren (1).

Des informations importantes en provenance de
Kigali avaient toutefois déjà été adressées auparavant
au SGR. C’est ainsi que le major Podevijn avait, déjà
en décembre, transmis des informations concernant
un éventuel attentat contre un cantonnement belge.
De plus, il y avait les rapports du lieutenant Nees (S2
KIBAT I), dont certains étaient alarmants. (1).

Generaal Verschoore antwoordt dat hij sterke twijfels heeft dat de inlichtingen van luitenant Nees tot bij
het SGR kwamen. Hij meent dat ze rechtstreeks naar
het operatiecentrum gingen. Uit stukken van het proces Marchal blijkt evenwel, zo stelt de commissie vast,
dat het SGR deze informatie wel kreeg (2).

Le général Verschoore répond qu’il doute fortement que les renseignements du lieutenant Nees
soient parvenus au SGR. Il croit qu’ils ont été transmis directement au centre d’opérations. La commission constate toutefois que le SGR a bel et bien reçu
ces informations, comme en témoignent certaines
pièces du procès Marchal (2).

Op de vraag wat er met deze informatie gebeurde,
antwoordt generaal Verschoore : « De informatie die
wij kregen is verwerkt en werd voorgesteld aan de
Generale Staf. ... Die rapporten werden (door de
Generale Staf) aanvaard. Ik herinner mij niet dat er
ooit kritiek was. Wel werden soms bijkomende
vragen gesteld.... Er was een discussie waarbij ieder
die er belang bij had, betrokken was. Hierbij denk ik
aan de chefs operatie en hun verantwoordelijken,
onder wie kolonel Flament. Kolonel Flament nam
deel aan de vergaderingen. Hij had alle elementen die
wij ook hadden en daarenboven ook de Belgische
elementen. Hij moest hieruit zijn conclusies trekken.
SGR nam geen deel aan de beslissing » (3).

Interrogé sur le sort qui avait été réservé à ces informations, le général Verschoore répond ce qui suit :
« Les informations qu’on recevait furent traitées et
présentées à l’état-major. ... Les rapports ont été
acceptés (par l’état-major général). Je ne me souviens
pas de critiques éventuelles, mais il arrivait parfois
qu’on posait des questions supplémentaires. ... Il y a
eu une discussion entre toutes les parties intéressées. À
cet égard, je pense aux chefs de l’opération et à leurs
responsables, dont le colonel Flament. Celui-ci participa aux réunions. Il disposait de tous les éléments en
notre possession, ainsi que des éléments belges. Il
devait en tirer ses conclusions. Le SGR n’a pas participé à la prise de décision » (3).

Generaal Delhotte, chef van inlichtingendienst
SGR, bevestigt dat hij via kolonel Marchal de informatie kende betreffende Jean-Pierre.

Le général Delhotte, le chef du SGR, confirme qu’il
avait été mis au courant, par l’intermédiaire du colonel Marchal, des informations fournies par JeanPierre.

Op de vraag waarom men de meeste aandacht
schonk aan de informatie, zoals die door kolonel
Vincent (MTS) werd geminimaliseerd, waar het SGR
toch beschikte over een hele reeks onrustwekkende
inlichtingen, antwoordt generaal Delhotte : « De syntheses en de appreciatie van SGR werden door geen
enkele locale autoriteit tegengesproken. C Ops vond
niet dat de stem van SGR alles overheerste. C Ops
beschikte over andere informatiebronnen en de

Un commissaire lui demandant pourquoi l’on a
privilégié l’information qui était minimalisée par le
colonel Vincent (CTM), alors que le SGR disposait de
toute une série d’informations alarmantes, le général
Delhotte répond : « Les synthèses et les appréciations
du SGR n’ont été contredites par aucune autorité
locale. Le C Ops n’a pas considéré la voix du SGR
comme prépondérante. Il disposait d’autres sources et
les renseignements du SGR n’ont pas été critiqués. Si

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 149.
(2) Ibidem, blz. 149.
(3) Ibidem, blz. 149.

(1) Ibidem, p. 145.
(2) Ibidem, p. 145.
(3) Ibidem, pp. 145-146.

( 345 )

1 - 611/7 - 1997/1998

inlichtingen van SGR werden niet bekritiseerd. Als
het verslag niet geloofwaardig was geweest, zou generaal Charlier daar zeker op gereageerd hebben » (1).

le rapport n’avait pas été plausible, il y aurait eu un
choc en retour du général Charlier » (1).

Generaal Delhotte voegt daaraan toe : « Vincent
was één van de vele informanten en zoals u al zei geen
lid van SGR.... Vincent had ervaring en kon op die
manier meer informatie geven » (2).

Et le général Delhotte d’ajouter : « Vincent était un
des nombreux informateurs et, comme vous l’avez
déjà dit, il n’était pas membre du SGR. ... Vincent
avait de l’expérience et pouvait dès lors fournir
davantage d’informations » (2).

De stafchef van de generale staf, generaal Charlier,
bevestigt dat hij van kolonel Marchal vernomen had
dat er wapenopslagplaatsen waren. Hij bevestigt dat
hij niet trachtte majoor Hock te ontmoeten, maar dat
hij zijn verslag en de analyse ervan door het SGR gelezen heeft. Generaal Charlier stelt verder erg bondig
dat dit deel uitmaakte van de negatieve informatie die
hij toevoegde aan de evaluatie van de toestand (3).

Le chef de l’état-major général, le général Charlier,
confirme qu’il avait été informé par le colonel
Marchal, de l’existence des dépôts d’armes. Il
confirme qu’il a lu son rapport et l’analyse qu’en a
faite le SGR. Le général Charlier déclare ensuite très
brièvement que cela faisait partie des informations
négatives qu’il avait intégrées dans l’évaluation de la
situation (3).

De commissie stelt vast dat de informatie van MTS
hoger werd ingeschat dan de informatie van de inlichtingenofficieren van KIBAT.

La commission constate que les informations de
CTM étaient considérés comme bien plus importantes que les informations en provenance des officiers de
renseignements de KIBAT.

(6) De werking van het SGR te Evere

(6) Le fonctionnement du SGR à Evere

Uit verschillende getuigenissen van de betrokken
officieren te Evere blijkt dat men kampte met een
tekort aan middelen en mensen. Ook geven de getuigen meermaals toe dat op het vlak van de inlichtingen
het kan gebeuren dat men verkeerde inschattingen
maakt.

Plusieurs témoignages d’officiers concernés en
poste à Evere révèlent qu’il y avait un manque de
moyens et d’hommes. Les témoins concèdent, en
outre, à plusieurs reprises, qu’il peut arriver, dans le
domaine des renseignements, que l’on fasse des
erreurs d’appréciation.

Generaal Roman, commandant Brigade Paracommando, stelt dat een veiligheidssituatie snel kan evolueren en dat daarover in België geen analyse kan
worden gemaakt (4).

Le général Roman, commandant de la brigade
paracommando, a déclaré qu’une situation peut
évoluer rapidement sur le plan de la sécurité et
qu’aucune analyse ne peut être réalisée en Belgique à
ce sujet (4).

Majoor Hock, Rwanda-analyst op SGR, geeft toe
dat er inschattingsfouten gebeurden : « Wij verwachten geen volkenmoord maar wel ontsporingen
buiten het Arusha proces om, die duizenden slachtoffers hadden kunnen maken. ... Niemand kon zich
indenken wat er zou gaan gebeuren. Een inlichtingendienst heeft geen kristallen bol » (5). Niettemin geeft
majoor Hock toe op het SGR over talrijke, zoniet alle,
informatiebronnen te beschikken : « De bronnen voor
Rwanda zijn de militaire technische samenwerking,
het ministerie van Buitenlandse Zaken en vooral de

Le major Hock, analyste du Rwanda au SGR,
concède qu’il y a eu des erreurs d’appréciation :
« Nous n’anticipions pas un génocide mais des dérapages en dehors du processus d’Arusha qui auraient
pu amener à des milliers de victimes. ... Personne ne
pouvait imaginer ce qui allait se passer. Un service de
renseignements n’est pas Mme Soleil » (5). Le Major
Hock admet néanmoins qu’il dispose, au SGR, de
nombreuses sources d’information, sinon de toutes :
« Les sources pour le Rwanda sont la coopération
technique militaire, le ministère des Affaires étrangè-

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Delhotte, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 205.
(2) Ibidem, blz. 205.
(3) Hoorzitting met generaal Charlier, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 maart 1997, blz. 274.
(4) Hoorzitting met generaal Roman, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 25 april 1997, blz. 385.
(5) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat, 19961997, 21 maart 1997, blz. 213.

(1) Audition du général Delhotte, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 199.
(2) Ibidem, p. 199.
(3) Audition du général Charlier, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 28 mars 1997, p. 268.
(4) Audition du général Roman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 25 avril 1997, p. 377.
(5) Audition du major Hock, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 207.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 346 )

ambassade van Rwanda en andere posten, onze
diensten IH en IC, bevriende diensten, de pers, de
staatsveiligheid via hiërarchische weg en de troepen
ter plaatse, namelijk majoor Podevijn, de sectorcommandant en de verslagen van luitenant Nees die wij
kregen van het operatiecentrum » (1).

res et, en particulier, l’ambassade du Rwanda et
d’autres postes, nos services IH et IC, les services
amis, la presse, la Sûreté de l’État à travers la voie
hiérarchique et les troupes sur place, c’est-à-dire le
major Podevijn, le commandant de secteur et les
rapports du lieutenant Nees qui nous parvenaient via
le centre d’opérations » (1).

Vooral de adjunct-chef van het SGR, generaal Verschoore, beklaagt zich over het tekort aan middelen :
« De middelen die wij tot onze beschikking hadden
waren beperkt. Hiermee hebben wij het maximum
gedaan wat wij konden » (2). Hij verduidelijkt over
welke mensen hij kon beschikken en benadrukt dat ze
volgens hem goed werk geleverd hebben : « Majoor
Podevijn was de enige specialist voor Rwanda.
Majoor Hock was verantwoordelijk voor Zaı̈re en
Burundi. Hij volgde ook de situatie in Rwanda zodat
hij indien nodig, kon optreden. De bureauchef,
majoor Boogaerts, had ook Afrika-ervaring en kon
eventueel bijspringen. Majoor Podevijn neemt later
de functie van majoor Hock over. De officieren van
hetzelfde bureau moesten zich zo snel mogelijk inwerken. Ze hebben uitstekend werk geleverd » (3).

C’est surtout le chef adjoint du SGR, le général
Verschoore, qui se plaint du manque de moyens :
« Les moyens dont nous disposions étaient limités.
Nous avons fait le maximum avec les moyens disponibles » (2). Il fournit des précisions sur les personnes
dont il a pu disposer et souligne que, selon lui, elles
ont fait du bon travail : « Le major Podevijn était le
seul spécialiste pour le Rwanda. Le major Hock était
responsable pour le Zaı̈re et le Burundi. Il suivait
également la situation au Rwanda, pour pouvoir intervenir en cas de besoin. Le chef de bureau, le major
Boogaerts, connaissait également l’Afrique et pouvait
éventuellement venir en aide. Plus tard, le major
Podevijn reprendra les fonctions du major Hock. Les
officiers du même bureau devaient s’initier au plus
vite. Ils ont fait un excellent travail » (3).

De generaal stelt dat hij met meer analisten natuurlijk beter analysewerk had kunnen verrichten.
Volgens hem veronderstelt dit ook dat er op het
terrein meer mogelijkheden zijn om betere informatie
in te winnen. Zo geeft hij het voorbeeld van de 24 uren
permanentie die slechts werd ingesteld nadat het
bericht het SGR bereikte dat het vliegtuig van de president was neergeschoten : « Deze permanentie werd
beëindigd na de terugkeer van de laatste para’s....
Daarvoor gebeurde dit niet omdat er te weinig personeel was. ... Ik heb dit wel gemeld aan de generale staf
zonder dat er gevolg werd gegeven aan mijn vraag. De
versterking gebeurde inwendig : er werden geen
mensen van buiten uit aangeworven, maar mensen
die werkten op het bureau Afrika en Azië. Op SGR
werkten beroepsofficieren en één burger. » (4).

Le général a déclaré qu’avec davantage d’analystes,
il aurait naturellement pu effectuer un meilleur travail
d’analyse. Selon lui, cela suppose également que, sur
le terrain, il y ait davantage de possibilités d’obtenir
des informations plus fiables. À cet égard, il cite
l’exemple de la permanence de 24 h. qu’on n’a assurée
qu’après avoir appris, au SGR, que l’avion présidentiel avait été abattu : « Cette permanence prit fin au
retour des derniers paras ... Avant cette date, ce n’était
pas le cas par manque de personnel ... J’en ai fait part
à l’état-major mais aucune suite n’y a été donnée. Le
renfort provenait du service même : on n’a pas engagé
des personnes de l’extérieur, mais bien des personnes
qui travaillaient dans les bureaux d’Afrique et d’Asie.
Le SGR travaillait avec des officiers de carrière et un
civil » (4).

Ook over de samenwerking met de Staatsveiligheid
maakt hij zijn beklag : « De inlichtingen die tussen de
staatsveiligheid en SGR werden uitgewisseld waren
beperkt. De samenwerking verliep niet 100 % zoals
het moest. Wij gaven de inlichtingen door waarvan
wij dachten dat ze voor hen belangrijk waren. SGR
maakte niet alleen analyses. Mijn functie bestond uit
het management van SGR. Ik was betrokken bij de
budgettaire planningen, het personeelsbeleid, de
technische ontwikkelingen, ... Er was meer dan werk
genoeg » (5).

Il s’est également plaint de la collaboration avec la
Sûreté de l’État : « Les informations échangées entre la
Sûreté de l’État et le SGR étaient limitées. La collaboration n’était pas entièrement satisfaisante. Nous
transmettions les informations qui nous semblaient
importantes pour eux. Le SGR ne faisait pas uniquement des analyses. J’assurais le management du SGR.
J’étais associé aux plannings budgétaires, à la question du personnel, aux développements techniques,
etc. Ce n’était pas le travail qui manquait » (5).

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 212.
(2) Hoorzitting met generaal Verschoore, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 150
(3) Ibidem, blz. 150.
(4) Ibidem, blz. 150.
(5) Ibidem, blz. 147.

(1) Ibidem, p. 206.
(2) Audition du général Verschoore, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 146.
(3) Ibidem, p. 146.
(4) Ibidem, pp. 142 et 143.
(5) Ibidem, p. 143.

( 347 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Wanneer een commissielid opmerkt dat de generaal zich slechts weinig herinnert, antwoordt hij :
« Het is niet juist dat ik me slechts weinig herinner. Ik
herinner me veel maar geen details. Ik meen dat we
met de middelen waarover we beschikten al het mogelijke hebben gedaan » (1).

Lorsqu’un commissaire lui fit remarquer qu’il ne se
souvenait plus de grand-chose, il répondit : « Il est
inexact que ma mémoire est défaillante. Je me
souviens de beaucoup de choses, mais pas de détails.
Je crois que, compte tenu des moyens dont nous
disposions, nous avons fait tout notre possible » (1).

Op de vraag of er na de Rwanda-crisis een analyse
werd gemaakt en of er maatregelen getroffen werden,
luidt zijn antwoord : « Een dergelijke analyse is niet
gemaakt. Er is wel een evaluatie gemaakt om in de
toekomst tekortkomingen te verhelpen. Zo is er
geconcludeerd dat men meer analisten ter beschikking moet stellen, dat men de interne werking van de
SGR moet versoepelen en dat er maatregelen moeten
worden genomen om informatie terug te kunnen
vinden » (2).

À la question de savoir si après la crise du Rwanda,
l’on a fait une analyse et/ou pris des mesures, il a
répondu : « Une telle analyse n’a pas été faite. Il y a
bien eu une évaluation en vue de remédier aux
dysfonctionnements à l’avenir. Ainsi, on a conclu
qu’il faudrait disposer de plus d’analystes, assouplir
le fonctionnement interne du SGR et prendre des
mesures afin de pouvoir retrouver plus facilement les
informations » (2).

Generaal Verschoore wijt dit tekort aan mensen en
middelen aan het feit dat dit allemaal gekoppeld is
aan het budget, en voegt eraan toe dat er intussen nog
maar weinig veranderd is. Wel stelt hij dat er nu
gestreefd wordt naar een betere opleiding (3).

Le général Verschoore attribue cette carence en
hommes et en moyens au fait que tout est une question de budget et il ajoute que, depuis lors, la situation
a peu évolué. Il déclare cependant qu’en revanche, on
s’efforce d’améliorer la formation (3).

Generaal Delhotte, chef van het SGR, meent dat in
het algemeen de feiten beter door het plaatselijke
commando gekend waren dan door het SGR. Het is
volgens hem dat commando dat in eerste instantie de
feiten moet appreciëren. Het SGR heeft daarover wel
gerapporteerd in synthese- en dagelijkse rapporten (4). De commissie stelt vast dat het plaatselijk
commando heel wat bruikbare informatie doorzond
naar het SGR, maar dat het SGR met deze specifieke
informatie weinig of geen rekening hield.

Le général Delhotte, chef du SGR, estime que, de
manière générale, les faits étaient mieux connus du
commandement local que du SGR. C’est ce commandement qui doit en premier lieu évaluer les faits. Le
SGR en a cependant fait des rapports de synthèse et
journaliers (4). La commission constate que le
commandement local a transmis nombre d’informations utiles au SGR, mais que le SGR n’a pas beaucoup tenu compte de ces informations spécifiques. Il
n’en a même pas tenu compte du tout dans certains
cas.

Verder beklaagt ook generaal Delhotte zich over
een tekort aan personeel : « De inlichtingendienst
bevat een cel analisten met verschillende bureaus per
regio. Terwijl het Pentagon over duizenden mensen
per cel kan beschikken, hebben wij analisten per
continent. Voor Rwanda, Zaı̈re en Burundi konden
wij beschikken over drie tot vier analisten en de heer
Podevijn in Kigali. De SGR beschikt niet over residenten ter plaatse. Hij gebruikt vrijwilligers die meestal
niet worden betaald. Kolonel Vincent is daar een
voorbeeld van. ... De SGR maakt deel uit van de
strijdkrachten. Hij kan niet worden vergeleken met de
CIA. Het is geen nationale inlichtingendienst. In 1993
bestond er geen centrum waar alle informatie toekwam. De SGR is een dienst op zijn niveau, te vergelijken met de dienst militaire inlichtingen van het
Pentagon. De SGR heeft geen mensen ter plaatse. Hij

Le général Delhotte se plaint, en outre, du manque
de personnel : « Le service de renseignements contient
une cellule d’analystes avec différents bureaux par
région. Alors que le Pentagone peut disposer de
plusieurs milliers de personnes par cellule, nous
disposons d’analystes par continent. Pour le Rwanda,
le Zaı̈re et le Burundi, nous pouvions disposer de trois
à quatre analystes ainsi que de M. Podevijn à Kigali.
Le SGR ne dispose pas de résidents sur place. Il utilise
les services de volontaires qui ne sont, la plupart du
temps, pas payés. Le colonel Vincent en constitue un
exemple ... Le SGR appartient aux forces armées. Il ne
peut être comparé à la CIA. Il ne s’agit pas d’un
service de renseignements national. Il n’y avait, en
1993, aucun centre où ramener toutes les informations. Le SGR est un service à son niveau, comparable
au service des renseignements militaires du Penta-

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 151.
(2) Ibidem, blz. 150
(3) Ibidem, blz. 148.
(4) Hoorzitting met generaal Delhotte, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 203.

(1) Ibidem, p. 147.
(2) Ibidem, p. 146.
(3) Ibidem, p. 144.
(4) Audition du général Delhotte, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 197.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 348 )

beschikt dan ook niet over de middelen om tactische
inlichtingen te verstrekken » (1).

gone. Le SGR ne possède pas d’hommes sur place. Il
n’a donc pas les moyens de faire du renseignement
tactique » (1).

Nochtans meldde generaal Delhotte, als hoofd van
zijn dienst deze klachten rechtstreeks aan minister
Delcroix. De generaal stelt vast dat de rotatie niet
belangrijk was bij het SGR, en dat hij aan minister
Delcroix zei dat hij betreurde dat er sedert jaren geen
enkele officier van het SGR bevorderd was. Volgens
generaal Delhotte is dat geen ideale situatie met het
oog op de motivatie (2).

Le général Delhotte, en tant que chef de service, a
néanmoins informé directement le ministre Delcroix
de ces plaintes. Le général a constaté que la rotation
n’était pas importante au SGR et il a dit regretter, en
s’adressant au ministre Delcroix, que, depuis des
années, il n’y avait plus un seul officier du SGR retenu
pour de l’avancement. Pour le général Delhotte, ce
n’est pas l’idéal pour motiver (2).

De commissie stelt vast dat de diensten van het
SGR, volgens de getuigenissen van de betrokken officieren, over te weinig middelen en over te weinig
manschappen beschikten. Nochtans is het van wezenlijk belang om tot efficiënte operationele orders te
komen dat men beschikt over de juiste analyse van de
verzamelde inlichtingen. Tot slot stelt de commissie
vast dat de uitwisseling van informatie hoofdzakelijk
in één richting verliep en dat de analyses van Evere
Kigali niet bereikten.

La commission constate, d’après les témoignages
des officiers concernés, que le SGR disposait de
moyens insuffisants et d’effectifs trop peu nombreux
dont la formation présentait, de surcroît, des lacunes.
Il est néanmoins d’une importance capitale, pour que
les ordres soient efficaces et opérationnels, de disposer d’une analyse correcte des informations rassemblées. Enfin, la commission constate que l’échange
d’informations se faisait principalement dans un seul
sens et que les analyses d’Evere ne parvenaient pas à
Kigali.

(7) De doorstroming van de inlichtingen naar de
politieke autoriteiten en de coördinatie tussen de
ministeries van Landsverdediging en Buitenlandse
Zaken

(7) L’information des autorités politiques et la
coordination entre les Ministères de la Défense nationale et des Affaires étrangères

In dit onderdeel doet de commissie een aantal vaststellingen betreffende de uitwisseling van inlichtingen
naar de politieke autoriteiten toe. In een eerste deel
wordt nagegaan of en welke inlichtingen doorstroomden tot op het kabinet van Landsverdediging
en welke de eventuele reacties waren hierop. In een
tweede deel gebeurt hetzelfde op het niveau van Buitenlandse Zaken en in een derde deel wordt nagegaan
op welke wijze de twee departementen tot een coördinatie kwamen inzake de verwerking en de besluitvorming betreffende de inlichtingen.

Dans ce chapitre, la commission fait une série de
constatations concernant l’échange d’informations
destinées aux autorités politiques. Dans une première
partie, l’on examine si des informations sont parvenues au cabinet de la Défense nationale et, le cas
échéant, quelles étaient ces informations, ainsi que les
réactions éventuelles qu’elles ont entraînées. Dans
une deuxième partie, le même examen est fait au
niveau des Affaires étrangères et, dans une troisième
partie, l’on examine comment s’est opérée la coordination entre ces deux départements en matière de traitement de ces informations et de prise de décision.

(a) Landsverdediging

(a) Défense nationale

Wanneer een commissielid aan majoor Podevijn
(Tak 2 Force) de vraag stelt of deze achteraf heeft
kunnen nagaan welke van zijn inlichtingen terecht
kwamen bij het kabinet van Landsverdediging en of
hij de indruk had dat zijn informatie geregeld werd
doorgestuurd, antwoordt de majoor dat hij eenmaal
terug in België, die indruk wel had. Hij voegt er evenwel aan toe dat hij ter plaatse zelf geen feedback
kreeg (3).

À un commissaire qui lui demandait s’il avait pu
vérifier, après coup, lesquelles de ces informations
étaient parvenues au cabinet de la Défense nationale
et s’il avait l’impression que ces informations étaient
transmises de façon régulière, le major Podevijn (Tak
2 Force) a répondu qu’après son retour en Belgique, il
a effectivement eu cette impression-là. Mais il ajoute
qu’au Rwanda même, il n’avait aucun feedback (3).

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 20/3 (gesloten zitting).
(2) Ibidem, blz. 20/3 (gesloten zitting).
(3) Hoorzitting met majoor Podevijn, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 127.

(1) Ibidem, pp. 20/3 (réunion à huis clos).
(2) Ibidem, pp. 20/3 (réunion à huis clos).
(3) Audition du major Podevijn, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 123.

( 349 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Volgens de adjunct SGR gingen de INSUMS (Information Summary) ook naar het kabinet van Landsverdediging. Deze insums bevatten feiten, de analyse
en de conclusie : « De inlichtingen die doorgegeven
werden aan de generale staf waren vooral tactisch van
aard en hadden betrekking op de veiligheid van de
wegen, de toegang tot het vliegveld, enz.

Selon le chef adjoint du SGR, les INSUMS (Information Summary) étaient également transmis au cabinet de la Défense nationale. Ces Insums présentent les
faits, une analyse ainsi qu’une conclusion : « Les
renseignements fournis à l’état-major étaient essentiellement de nature tactique et concernaient la sécurité sur les routes, l’accès à l’aéroport, etc.

Met betrekking tot de politieke situatie beschikten
we over weinig inlichtingen. Deze werden rechtstreeks naar het kabinet van de minister gestuurd.
Persoonlijk situeer ik de uitzendingen van de RTLM,
de opleidingen, het uitdelen van wapens, eind december, begin januari. De INSUMS bevatten feiten, de
analyse en de conclusie. Mijn conclusie was dat er iets
aan het gebeuren was. De INSUMS gingen ook naar
het Kabinet van Landsverdediging. » (1)

Nous disposions de peu d’informations au sujet de
la situation politique. Celles-ci étaient transmises
directement au cabinet du ministre. Personnellement,
je situe les émissions de la RTLM, les formations ainsi
que la distribution d’armes à la fin décembre, début
janvier. Les INSUMS présentent les faits, l’analyse et
la conclusion. Ma conclusion était que quelque chose
se préparait. On a également transmis les INSUMS au
cabinet de la Défense nationale. » (1)

Generaal Charlier, stafchef (JS), zette voor de
commissie uiteen hoe de doorstroming van inlichtingen vanuit SGR en C Ops naar het kabinet van Landsverdediging toe, is georganiseerd : « Elke ochtend ontmoeten de officieren van de SGR en die van het C Ops
mekaar en lichten zij de feiten van de vierentwintig
voorgaande uren toe. Ik poogde zelf op die vergaderingen aanwezig te zijn. Elke dag wordt een document
gepubliceerd. Dat is vooral het werk van de SGR. De
bijdrage van die dienst wordt overgenomen in een
periodiek document dat naar de minister wordt
gestuurd (2).

Le général Charlier, chef d’état-major (JS), a expliqué devant la commission comment l’on a organisé la
transmission de renseignements du SGR et du C Ops
au cabinet de la Défense nationale : « Chaque jour, les
officiers du SGR et ceux du C Ops se rencontrent le
matin et présentent un exposé couvrant les faits des 24
dernières heures. J’essayais moi-même d’assister à
cette réunion. Chaque jour, un document est publié. Il
est surtout l’oeuvre du SGR. La contribution de ce
service est reprise dans un document périodique qui
est transmis au ministre (2).

Volgens de stafchef wordt ook de inhoud van het
dagelijkse document, volgens de behoeften, aan de
minister meegedeeld. Men moet weten, zo stelt de
generaal, dat de woordvoerder van het ministerie van
Landsverdediging de dagelijkse vergadering bijwoont, en dat deze woordvoerder, een officier, door
de minister is aangesteld. Deze woordvoerder is dan
ook belast met de coördinatie van de inlichtingen, zo
besluit hij (3).

Selon le chef d’état-major général, le contenu du
document journalier est, selon les besoins, aussi
communiqué au ministre. Il faut savoir que le porteparole du Ministère de la Défense nationale assiste à
la réunion quotidienne et que ce porte-parole, qui est
un officier, a été mis en place par le ministre. Et le
général Charlier de conclure que ce porte-parole est
donc chargé de la coordination des informations (3).

De generaal had nooit de indruk dat de generale
staf en het kabinet van de minister verschillende informatie kregen. Zo ook was de informatie over de antiBelgische campagne opgenomen in de stukken van
SGR die de minister kreeg toegestuurd (4).

Le général n’a jamais eu l’impression qu’entre
l’état-major et le cabinet du ministre, il y ait eu le
moindre degré différent d’information. Ainsi, les
informations sur la campagne antibelge ont-elles été
reprises dans les documents SGR transmis au ministre (4).

De generaal stelt dat het besluitvormingsproces
weliswaar in een dermate groot geheel als het leger op
verscheidene echelons gestructureerd is, maar dat
volgens hem de verantwoordelijkheid inzake landsverdediging en strijdkrachten ondeelbaar is (5).

Le général a déclaré que, dans un ensemble d’une
ampleur telle qu’est la force armée, le processus de
décision est certes structuré autour de différents échelons, mais que, selon lui, la responsabilité en matière
de défense et de forces armées est indivisible (5).

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Verschoore, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 149.
(2) Hoorzitting met generaal Charlier, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 maart 1997, blz. 270.
(3) Ibidem, blz. 270.
(4) Ibidem, blz. 270.
(5) Ibidem, blz. 270.

(1) Audition du général Verschoore, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 145.
(2) Audition du général Charlier, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 28 mars 1997, p. 264.
(3) Ibidem, p. 264.
(4) Ibidem, p. 264.
(5) Ibidem, p. 264.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 350 )

Generaal Schellemans, toenmalig kabinetschef van
de minister van Landsverdediging, bevestigt dat de
uitwisseling van inlichtingen gebeurde op de dagelijkse vergadering van C Ops om 11 uur : « Op die vergadering van 11 uur werd een briefing aan de chef van
de generale staf over de gebeurtenissen van de jongste
24 uur gegeven en werden de overgebleven vragen van
9 uur behandeld. Van deze vergadering werd geen
verslag opgemaakt. Het begon steeds met een briefing
van SGR waarvan wel een document bestaat. In het
begin kregen wij de verslagen niet toegestuurd, tot dat
een piloot van het kabinet zei dat er belangrijke informatie in verwerkt was. Aan generaal Charlier werd
daarna gevraagd de verslagen door te sturen. Vanaf
dat moment werden ze elke dag doorgestuurd naar
het kabinet. Dat gebeurde in de periode december januari (1).

Le général Schellemans, à l’époque chef de cabinet
du ministre de la Défense nationale, a confirmé que
l’échange d’informations se faisait lors de la réunion
journalière de 11 h au C Ops : « Celle-ci (la réunion de
11 h) était consacrée au briefing du chef d’état-major
général sur les événements des dernières 24 h ainsi
qu’à l’examen des questions laissées en suspens à la
réunion de 9 h. Cette réunion n’a fait l’objet d’aucun
rapport. La réunion commençait systématiquement
par un briefing du SGR, dont il existe un document.
Au début, nous ne recevions pas les rapports jusqu’au
moment où un pilote du cabinet déclara qu’ils contenaient d’importantes informations. Dès lors, on
demanda au général Charlier de les transmettre. Dès
ce moment, il furent transmis régulièrement au cabinet. Cela se passait en décembre et en janvier (1).

De kabinetschef bevestigt dat onder andere de synthesenota van majoor Hock (SGR) van 2 februari op
het kabinet toekwam. Deze nota maakte melding van
risico’s naar voor gebracht door de onthullingen van
Jean-Pierre. Men vindt er allusies in op de risico’s die
de Belgen van UNAMIR lopen en op de volkenmoord, en zij verwijst tevens naar de lokalisatie van
Tutsi-families. De kabinetschef verklaart dat hij
inlichtingen kreeg over bedreigingen, maar dat deze
niet als zeer gevaarlijk werden ingeschat. Meer
bepaald op de vraag of de naam Jean-Pierre hem wel
bekend is, antwoordt de kabinetschef het volgende :
« Voor zover ik mij herinner zijn er berichten van een
zekere Jean-Pierre op het kabinet toegekomen. De
naam Jean-Pierre is slechts gedurende enkele dagen in
de berichten vermeld. Volgens mij heeft de minister
die berichten gelezen... Ik bevestig dat ik de naam
Jean-Pierre in de post heb gezien en dat deze post in
principe naar de minister werd doorgestuurd (2).
Ook in een fax van 11 januari is sprake over een
zekere Jean-Pierre en de informatie die hij had gekregen over een plan voor een genocide. Betreffende deze
fax stelt de kabinetschef dat hij zelf oordeelde wat in
de INSUMS en INTREPS relevant kon zijn voor de
minister. Hij voegt er evenwel aan toe dat de minister
de bewuste nota van 11 januari moet gezien hebben.

Le chef de cabinet confirme que la note de synthèse
du major Hock (SGR) du 2 février est, entre autres,
parvenue au cabinet. Cette note fait apparaître les
risques que mettent en évidence les révélations de
Jean-Pierre. On y trouve des allusions aux risques
encourus par les Belges de la MINUAR et au génocide, et elle fait également référence à la localisation
de familles tutsies. Le chef de cabinet déclare avoir
reçu des informations concernant des menaces, mais
ces menaces n’étaient pas considérées comme très
dangereuses. En ce qui concerne plus précisément la
question de savoir si le nom de Jean-Pierre lui était
connu, le chef de cabinet a répondu : « Pour autant
que je m’en souvienne, le cabinet a reçu des messages
d’un certain Jean-Pierre. Le nom de Jean-Pierre
n’apparaît dans ces messages que durant quelques
jours. À mon avis, le ministre a lu ces messages ... Je
confirme avoir vu le nom de Jean-Pierre dans le courrier et qu’en principe ce courrier a été transmis au
ministre (2). Dans un fax du 11 janvier, il est aussi
question d’un certain Jean-Pierre et des informations
qu’il avait reçues sur un projet de génocide. En ce qui
concerne ce fax, le chef de cabinet a déclaré qu’il décidait lui-même des informations des INSUMS et des
INTREPS qui étaient pertinentes pour le ministre. Il y
a toutefois ajouté que le ministre devait avoir vu la
note en question du 11 janvier.

Meer in het algemeen getuigde de kabinetschef
voor de commissie dat de INSUMS van SGR en de
verslagen van de Staatsveiligheid rechtstreeks aan
hem waren gericht. Deze werden door hem gelezen en
dan doorgestuurd naar de piloten (3). De kabinetschef zegt tevens dat hij de minister reeds mondeling
kon inlichten en dat de minister dus wel degelijk op de
hoogte was van alle documenten, zij het eventueel via

D’une manière plus générale, le chef de cabinet a
déclaré, lors de son témoignage devant la commission, que les INSUMS du SGR et les rapports de la
Sûreté de l’État lui étaient adressés directement. Il les
lisait avant de les transmettre aux « pilotes » (3). Le
chef de cabinet a dit, en outre, qu’il pouvait ainsi déjà
faire un rapport oral à l’intention du ministre et que le
ministre était donc bel et bien au courant de tous les

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Schellemans, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 152.
(2) Ibidem, blz. 153.
(3) Kabinetsmedewerkers belast met de opvolging van
bepaalde projecten.

(1) Audition du général Schellemans, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 149.
(2) Ibidem, p. 150.
(3) Collaborateurs de cabinet chargés du suivi de certains
projets.

( 351 )

1 - 611/7 - 1997/1998

een samenvatting. De kabinetschef heeft nooit vastgesteld dat de generale staf informatie zou hebben
achtergehouden. Deze informatie werd volgens hem
doorgegeven indien ze gevraagd werd door het kabinet en hij gaat verder : « Ikzelf heb nooit vastgesteld
dat de generale staf informatie zou hebben achtergehouden. Deze informatie werd doorgegeven indien ze
gevraagd werd door het kabinet of indien wij het
belangrijk achtten voor het kabinet. Er waren ook
andere contacten tussen het kabinet en de generale
staf. Hierop was een afgevaardigde van het kabinet
aanwezig. De verslagen van deze vergaderingen
kregen wij toegestuurd. Daarnaast bestonden er ook
altijd veelvuldige telefonische contacten. ... Er vonden regelmatig contacten plaats tussen generaal Charlier en mijzelf. Generaal Charlier maakte er een
gewoonte van het kabinet te bezoeken (1).

documents, fût-ce au moyen d’un résumé. Le chef de
cabinet n’a jamais constaté la moindre rétention
d’informations par l’état-major général. Et le général
Schellemans de poursuivre : « Personnellement, je n’ai
jamais constaté la moindre rétention d’informations
de la part de l’état-major général. Les informations
étaient communiquées si le cabinet en faisait la
demande ou si nous l’estimions important pour le
cabinet. Il y avait également d’autres contacts entre le
cabinet et l’état-major général, en présence d’un
représentant du cabinet. Nous disposions des rapports de ces réunions. En outre, les contacts téléphoniques étaient également très fréquents. ... Il y eut des
contacts réguliers entre le général Charlier et moimême. Le général Charlier avait pris l’habitude de
rendre visite au cabinet (1).

Ook minister Delcroix stelt dat hij niemand ervan
verdenkt informatie achter te hebben gehouden. Hij
verklaarde voor de commissie op welke wijze hij
geı̈nformeerd werd over de situatie in Rwanda : « De
informatie over de toestand in Rwanda kwam
meestal via informele kanalen, en soms ook via
formele kanalen toe op het kabinet. De belangrijkste
bron waren de verslagen van de SGR. Mijn kabinetschef maakte mij attent op belangrijke zaken in die verslagen. Voorts kon ik beschikken over syntheseverslagen van de SGR ter voorbereiding van ontmoetingen
met ambassadeurs of van mijn reis begin maart naar
Kigali (2). »

Le ministre Delcroix a lui aussi déclaré qu’il ne
soupçonnait personne d’avoir retenu des informations. Il a précisé devant la commission comment il a
été informé de la situation au Rwanda : « L’information sur la situation au Rwanda arrivait à mon
cabinet le plus souvent via des canaux informels et
parfois aussi via des canaux formels. La source la plus
importante était les rapports du SGR. Mon chef de
cabinet attirait mon attention sur les événements
importants contenus dans ces rapports. Je pouvais
également disposer de rapports de synthèse du SGR
pour préparer mes entretiens avec les ambassadeurs
ou mon voyage à Kigali début mars » (2).

De minister betrok ook informatie uit de coördinatie met Buitenlandse Zaken, waarop wij later
terugkomen.

Le ministre obtenait aussi des informations grâce à
la coordination avec les Affaires étrangères, sur
laquelle nous reviendrons.

Over de aanwezigheid van kabinetsmedewerkers
op de verschillende vergaderingen, nuanceert minister Delcroix de verklaring van stafchef Charlier :
« Daarnaast werden op de generale staf in Evere bijna
dagelijks vergaderingen gehouden over de diverse
militaire acties. Deze vergaderingen hadden plaats
om 9 uur en waren een voorbereiding op de vergadering van 11 uur, die werd geleid door de generale staf
en waarop de belangrijke beslissingen werden getroffen. Op beide vergaderingen waren geen vertegenwoordigers van mijn kabinet aanwezig. Mijn kabinet
kreeg ook geen verslagen van deze vergaderingen. Er
was wel een wekelijkse bijeenkomst in verband met
C Ops waar mijn medewerker wel aanwezig was. Ik
ga ervan uit dat eventuele belangrijke informatie uit
die vergaderingen mij bereikt hebben. Ook de stafchef, generaal Charlier, had zeer geregeld contacten
met mijn kabinetschef (3). »

À propos de la présence de représentants du cabinet
aux diverses réunions, le ministre Delcroix relativise
la déclaration du chef d’état-major Charlier : « Il y
avait aussi des réunions quasi quotidiennes à l’étatmajor à Evere relatives aux diverses actions militaires.
Ces réunions avaient lieu à 9 h et on y préparait la
réunion de 11 h, qui était dirigée par l’état-major et
où les décisions importantes étaient prises. Aucun
représentant de mon cabinet n’assistait à ces deux
réunions. Mon cabinet ne recevait pas non plus de
rapports de ces réunions. Par contre, une réunion
hebdomadaire se tenait au sujet du C Ops à laquelle
mon collaborateur assistait. Je présume que l’on m’a
communiqué d’éventuelles informations importantes
issues de ces réunions. Le chef d’état-major, le général
Charlier, avait des contacts réguliers avec mon chef de
cabinet » (3).

——————

——————

(1) Hoorzitting met generaal Schellemans, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 152-153.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 94.
(3) Ibidem, blz. 94.

(1) Audition du général Schellemans, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 149.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 90.
(3) Ibidem, p. 90.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 352 )

De minister herhaalt even later dat er zijns inziens
nooit medewerkers op de dagelijkse bijeenkomsten
aanwezig waren. Zij waren volgens hem wel aanwezig op de wekelijkse bijeenkomst, maar daar werden
enkel secundaire zaken besproken. De minister meent
verder dat de belangrijkste formele vergadering
volgens hem die van C Ops was om 11 uur.

Le ministre a répété peu après qu’il n’y avait selon
lui aucun des ses collaborateurs présents aux réunions
journalières. Ils étaient toutefois présents lors de la
réunion hebdomadaire, mais on n’y examinait que
des affaires secondaires. Le ministre estime par
ailleurs que la réunion formelle la plus importante
était celle du C Ops qui se tenait à 11 h.

In het algemeen stelt minister Delcroix dat communicatiestoornissen tussen de legerleiding en het ministerie van Landsverdediging niet of nauwelijks bestonden (1). Tijdens een tweede hoorzitting herhaalt
minister Delcroix nogmaals dat SGR zeker niet mag
beschuldigd worden van het onvoldoende doorsturen
van informatie naar zijn kabinet en naar de betrokken
militaire instanties (2).

D’une manière générale, le ministre Delcroix a
déclaré qu’il n’y avait pas ou presque pas de problèmes de communication entre le commandement et le
Ministère de la Défense nationale (1). Au cours de sa
deuxième audition, le ministre Delcroix a répété que
l’on ne peut certainement pas accuser le SGR de
n’avoir pas suffisamment transmis d’informations à
son cabinet et aux instances militaires concernées (2).

De commissie stelt vast dat het kabinet van Landsverdediging op verschillende manieren veelvuldig
contact onderhield met de generale staf, en dat het
kabinet voldoende informatie ontving van SGR.
Anderzijds stelt de commissie vast dat het kabinet
geen specifieke opdrachten gaf aan de generale staf
met betrekking tot deze informatie.

La commission constate que le cabinet de la
Défense nationale a eu, par divers canaux, des
contacts fréquents avec l’état-major général et que le
cabinet a reçu suffisamment d’informations de la part
du SGR. Par ailleurs, la commission constate que le
cabinet n’a pas donné de missions spécifiques à l’étatmajor général en ce qui concerne ces informations.

(b) Buitenlandse Zaken

(b) Affaires étrangères

Kolonel Vincent, die niet enkel chef was van de
MTS, maar ook militair adviseur van de ambassadeur, maakte wekelijks een verslag op over de politieke en militaire toestand : « Van oktober 1990 tot de
komst van de UNAMIR in 1993 hielden onze dagelijkse verslagen vooral verband met militaire acties.
Een keer per week maakte ik een verslag over de politieke en militaire toestand. Dit werd naar de heer
Swinnen gestuurd die het in het wekelijks verslag aan
het ministerie van Buitenlandse Zaken doorgaf. Na
de komst van de UNAMIR worden wij minder
belangrijk. Toch blijven wij rechtstreeks onze informatie aan Brussel doorgeven » (3).

Le colonel Vincent, qui était non seulement chef de
la C.T.M. mais également conseiller militaire de
l’ambassadeur, faisait toutes les semaines un rapport
sur la situation politique et militaire : « D’octobre
1990 à l’arrivée de la MINUAR en 1993, nos rapports
quotidiens portaient surtout sur des actions militaires. Une fois par semaine, je rédigeais un rapport sur
la situation politique et militaire. Celui-ci était envoyé
à M. Swinnen qui le transmettait dans le rapport
hebdomadaire au ministère des Affaires étrangères.
Après l’arrivée de la MINUAR, notre importance a
diminué et l’accent a été mis sur la MINUAR. Nous
étions en retrait. Nous continuions cependant à transmettre nos informations directement à Bruxelles » (3).

Kolonel Vincent stelt tevens deze zelfde informatie
rechtstreeks aan het SGR te hebben doorgegeven. Hij
rapporteerde dus tegelijk aan de ambassadeur en aan
het SGR (4).

Le colonel Vincent déclare également qu’il transmettait ces mêmes informations directement au SGR.
Il faisait donc rapport simultanément à l’ambassadeur et au SGR (4).

Ambassadeur Swinnen verklaarde voor de
commissie dat zijn gesprekspartner Buitenlandse
Zaken is. Op de meeste van zijn telexen, zo stelt hij,

L’ambassadeur Swinnen a déclaré devant la
commission que son interlocuteur était les Affaires
étrangères. Toutefois, dans la plupart de ses télex, il

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 94-95.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCS, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 267.
(3) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 130.
(4) Ibidem, blz. 131.

(1) Ibidem, p. 90.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 261.
(3) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 126.
(4) Ibidem, p. 126.

( 353 )

1 - 611/7 - 1997/1998

stonden wel suggesties om ze door te sturen naar
bepaalde andere departementen of diensten en naar
andere ambassades. Zo wist hij tevens dat in Brussel
de kabinetschef en de directeur Afrika van het ministerie van Buitenlandse Zaken voortdurend in contact
stonden met de Rwandese ambassade en andere actoren (1).

proposait qu’ils soient transmis à certains autres
départements ou services, ainsi qu’à d’autres ambassades. Il savait également qu’à Bruxelles, le chef de
cabinet et le directeur « Afrique » du Ministère des
Affaires étrangères avaient maintenu des contacts
permanents avec l’ambassade du Rwanda et d’autres
acteurs (1).

Een aantal feiten werden door de ambassadeur ook
aangeklaagd bij de VN, en dit opdat de secretarisgeneraal de Veiligheidsraad zou inlichten en dat deze
informatie zou publiceren om druk uit te oefenen (2).

L’ambassadeur a également dénoncé un certain
nombre de faits auprès des Nations unies, pour que le
secrétaire général informe le Conseil de sécurité et que
celui-ci publie les informations afin de mettre la pression (2).

De ambassadeur nam daarnaast zelf nog andere
initiatieven : « Ik maakte zelf ook regelmatig analyses.
De wekelijkse berichten zijn daar een voorbeeld van .
Ik had ook frequent telefoongesprekken, onder
andere met het kabinet, de Afrika-desk, met Arusha
en met andere ambassades. Tijdens mijn verblijven in
België had ik ook indringende gesprekken over ons
beleid in Rwanda » (3).

L’ambassadeur a, en outre, pris lui-même d’autres
initiatives : « Moi-même j’effectuais aussi régulièrement des analyses. Les nouvelles hebdomadaires en
sont un exemple. J’avais également des entretiens
téléphoniques fréquents, entre autres avec le cabinet,
l’ « Africa-desk », avec Arusha et avec d’autres ambassades. Lors de mes séjours en Belgique, j’ai eu également des conversations approfondies sur notre politique au Rwanda » (3).

Een commissielid merkt op dat ambassadeur Swinnen de term genocide nooit gebruikt, waar de minister
dit wel doet, en meer specifiek in een telegram dat hij
stuurt naar Delbelonu na zijn bezoek aan Rwanda.
Terzake ondervraagd zegt de ambassadeur te denken
wel mededeling van dit telegram gekregen te hebben,
maar dat hij niet meer weet of hij dat op dat ogenblik
kreeg. Toch is ook ambassadeur Swinnen zich bewust
van de ernst van de talrijke informatie die hem bereikte : « In verband met de oorzaken van de escalatie die
uiteindelijk tot de genocide heeft geleid, herhaal ik
dat in de maanden die de genocide voorafgingen wij
veel informatie verzamelden die ons zeer bezorgd
maakte. ... De informatie van JP had vooral betrekking op de manifestatie van 8 januari en de dreiging
betrof vooral deze manifestatie. We waren overeengekomen in algemene termen te spreken en te verwijzen
naar de demarche van de heren Dallaire en BoohBooh. Wij hebben aangedrongen op de veiligheid,
want we waren ervan overtuigd dat de boodschap
zou worden ontvangen en begrepen » (4).

Un commissaire fait remarquer que l’ambassadeur
Swinnen n’utilise jamais le terme génocide, contrairement au ministre, qui emploie ce terme plus spécifiquement dans un télégramme qu’il envoie à Delbelonu après sa visite au Rwanda. Interrogé à ce sujet,
l’ambassadeur déclare qu’il pense avoir eu connaissance de ce télégramme, mais qu’il ne sait plus s’il l’a
reçu à ce moment-là. Pourtant, l’ambassadeur Swinnen est aussi conscient de la gravité des nombreuses
informations qu’il reçoit : « Concernant les causes de
l’escalade qui a finalement mené au génocide, je
répète qu’au cours des mois qui précédaient le génocide, nous avons rassemblé beaucoup d’informations
fort inquiétantes... Les informations de JP concernaient essentiellement la manifestation du 8 janvier et
la menace portait essentiellement sur cette manifestation-là. Nous avions convenu que nous allions parler
en termes généraux en nous référant à la démarche de
MM. Dallaire et Booh-Booh. Nous avons insisté sur
le point qui concernait la sécurité car nous étions
convaincus que le message aurait été perçu et
compris » (4).

Reeds tijdens een eerste hoorzitting in maart 1997
getuigt ambassadeur Swinnen dat hij zeer positief
stond tegenover de wisselwerkingen en de feedback
van informatie : « Op de vraag of ik voldoende werd
begrepen door de Belgische autoriteiten en of er
voldoende feedback en wisselwerkingen waren kan
ik zeer positief antwoorden. Er bestond een absoluut

L’ambassadeur Swinnen avait déjà déclaré au
cours d’une première audition, en mars 1997, qu’il
considérait très positivement les échanges
d’informations : « À la question de savoir si j’ai été
suffisamment bien compris par les autorités belges et
si la communication fut suffisamment bonne, je puis
répondre très positivement. Les relations entre les

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 142-144.
(2) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 221.
(3) Ibidem, blz. 226.
(4) Ibidem, blz. 218-220.

(1) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
12 mars 1997, pp. 137-139.
(2) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 215.
(3) Ibidem, p. 220.
(4) Ibidem, pp. 211-214.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 354 )

vertrouwen tussen de Belgische overheid en de
ambassade. Ik heb me nooit geı̈soleerd gevoeld. Ik
was integendeel erg op mijn gemak door de gedetailleerde instructies van Buitenlandse Zaken waardoor
ik efficiënt kon opereren.

autorités belges et l’ambassade étaient marquées par
une confiance absolue. Je ne me suis jamais senti
isolé, au contraire. Les instructions détaillées des
Affaires étrangères me permettaient d’agir efficacement.

De instructies kreeg ik zowel via schriftelijke
berichten als mondeling. In bepaalde periodes was er
dagelijks telefonisch contact met kabinetschef
Willems. Er was ook veel contact met de administratie, met name met de desk Afrika. Ik voelde mij dus
voldoende gesteund en begeleid » (1).

J’ai reçu des instructions tant écrites que verbales.
À certains moments, j’avais des entretiens téléphoniques quotidiens avec le chef de cabinet Willems, ainsi
que de nombreux contacts avec l’administration, en
particulier avec le bureau africain. Je me suis donc
toujours senti suffisamment soutenu » (1).

Toen tijdens een volgende hoorzitting, in maart
1997, een commissielid concreet vroeg of de heer
Swinnen ooit analyses van de Afrikadesk van het
ministerie van Buitenlandse Zaken ontvangen had,
antwoordt deze dat het niet nodig was om hem
tonnen papier te sturen. Hij voegt eraan toe wel te
denken een aantal documenten ontvangen te hebben
waarin het beleid was uitgestippeld (2).

Lorsqu’un commissaire lui demanda concrètement, au cours d’une audition ultérieure, en mars
1997, si M. Swinnen avait reçu des analyses de
l’Africa-desk du Ministère des Affaires étrangères,
celui-ci lui répondit qu’il était inutile de lui envoyer
des tonnes de papier. Il ajouta qu’il croyait bien avoir
reçu un certain nombre de documents dans lesquels la
politique était stipulée (2).

Lode Willems, toenmalig kabinetschef van de
minister van Buitenlandse Zaken, verklaart het
rapport van ambassadeur Swinnen ontvangen te
hebben betreffende een onderhoud dat plaatsvond op
13 januari. Op dit onderhoud waren aanwezig : generaal Dallaire, Booh-Booh, en de ambassadeurs van
België, de VS en Frankrijk. Het onderhoud ging over
de brief van VN-informant Jean-Pierre. Daags nadien
had onze ambassadeur een gesprek met zijn collega’s
uit Duitsland, Egypte, de VS, Frankrijk en met de
pauselijke nuntius. Ambassadeur Swinnen, zo vervolgt kabinetschef Willems, rapporteerde hierover
dat tijdens het gesprek de veiligheid werd benadrukt.
De algemene angst zou de voedingsbodem zijn voor
wantrouwen en vooroordelen. In een rechtstreeks
telefoongesprek ’s avonds tussen de kabinetschef en
de ambassadeur, drukte deze laatste nog eens zijn
ongerustheid uit.

M. Lode Willems, à l’époque chef de cabinet du
ministre des Affaires étrangères, déclare avoir reçu le
rapport de l’ambassadeur Swinnen à propos d’un
entretien qui a eu lieu le 13 janvier. À cet entretien
participèrent : le général Dallaire, M. Booh-Booh et
les ambassadeurs de Belgique, des États-Unis et de la
France. L’entretien portait sur la lettre de
l’informateur des Nations unies, le dénommé JeanPierre. Le lendemain, il y eut un entretien entre notre
ambassadeur et ses collègues d’Allemagne, d’Égypte,
des États-Unis et de France, en présence du nonce
apostolique. Le chef de cabinet, M. Willems, ajoute
que l’ambassadeur Swinnen lui a fait savoir à cet
égard que, lors de cet entretien, l’aspect sécurité avait
été souligné. La crainte générale serait à l’origine de
méfiances et de préjugés. Le soir, lors d’une conversation téléphonique directe entre le chef de cabinet et
l’ambassadeur, ce dernier a une fois de plus exprimé
sa préoccupation.

Volgens de kabinetschef was de ambassadeur ongerust omdat de milities onder het gezag stonden van
het MRND, en omdat Booh-Booh en Dallaire
geheime wapenopslagplaatsen en illegale milities
gesignaleerd hadden (3).

Selon le chef de cabinet, l’ambassadeur était inquiet
parce que les milices se trouvaient sous l’autorité du
MRND, et parce que M. Booh-Booh et le général
Dallaire avaient signalé des caches d’armes de même
que des milices illégales (3).

Wanneer een commissielid aantoont dat telex 32
(dd. 13 januari 1994) over meer gaat, namelijk over
specifieke plannen om Belgische blauwhelmen te vermoorden, en de vraag stelt waarom daar geen reactie
op kwam, antwoordt de kabinetschef dat onze
ambassadeur daarover ingelicht was en het kabinet
van Buitenlandse Zaken daarover geı̈nformeerd

Lorsqu’un commissaire attire l’attention sur le fait
que le télex no 32 (du 13 janvier 1994) contient davantage d’informations, à savoir des plans spécifiques
visant à assassiner des Casques bleus belges, et
demande pourquoi il n’y a pas eu de réaction, le chef
de cabinet répond que notre ambassadeur en était
informé et avait mis le cabinet des Affaires étrangères

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 136.
(2) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 226.
(3) Hoorzitting met de heer Willems, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 18 maart 1997, blz. 186.

(1) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
12 mars 1997, p. 132.
(2) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 220.
(3) Audition de M. Willems, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
18 mars 1997, p. 182.

( 355 )

1 - 611/7 - 1997/1998

heeft. De kabinetschef bevestigt dat de minister zich
begin februari wel degelijk bewust was van de negatieve evolutie van de toestand in Rwanda. Hij stelt in
zijn getuigenis dat de inlichtingen over wapenopslagplaatsen steeds hardnekkiger worden en dat de
patstelling deed vrezen voor een explosie van
geweld (1).

au courant. Le chef de cabinet confirme que le ministre était bel et bien conscient, au début du mois de
février, de l’évolution négative de la situation au
Rwanda. Dans le cadre de son témoignage, il déclare
que les informations sur les réserves d’armes se
faisaient de plus en plus insistantes et que le blocage
de la situation faisait craindre une explosion de
violence (1).

De minister van Buitenlandse Zaken verklaart voor
de commissie dat hij van militaire zijde enkel
beschikte over gegevens afkomstig van de militaire
adviseur van de ambassadeur in Kigali (kolonel
Vincent). Verder bekwam men sommige inlichtingen
via coördinatie met Landsverdediging. Toch zegt de
minister dagelijks de nodige tijd te besteden voor het
lezen van berichten over de toestand in Rwanda (2).

Le ministre des Affaires étrangères déclare devant
la commission qu’il ne disposait, sur le plan militaire,
que de données provenant de Kigali (le colonel
Vincent). L’on obtenait également certaines informations par le biais des réunions de coordination avec la
Défense nationale. Le ministre prétend toutefois avoir
consacré chaque jour le temps nécessaire à la lecture
des messages relatifs à la situation au Rwanda (2).

De commissie stelt vast dat het kabinet van Buitenlandse Zaken, voornamelijk via de telexen van
ambassadeur Swinnen, beschikte over uitgebreide en
degelijke informatie. Zij stelt tevens vast dat de
ambassadeur talrijke diplomatieke contacten onderhield op verschillende niveaus en zijn bevindingen
regelmatig rapporteerde.

La commission constate que le cabinet des Affaires
étrangères disposait d’informations détaillées et
fiables, surtout grâce aux télex de l’ambassadeur
Swinnen. Elle constate également que l’ambassadeur
a entretenu de nombreux contacts diplomatiques à
divers niveaux et a régulièrement fait rapport de ses
constatations.

(c) De coördinatie tussen beide ministeriële departementen

(c) La coordination entre les deux départements
ministériels

Tijdens de onderzochte periode bestond er een
(bijna) wekelijkse coördinatievergadering tussen de
departementen van Buitenlandse Zaken en Landsverdediging, waarbij ook meestal vertegenwoordigers
van het kabinet van de eerste minister en van Ontwikkelingssamenwerking aanwezig waren; er werd informatie uitgewisseld en de behandelde onderwerpen
waren meestendeels van praktische aard. Daarenboven werden tussen beide departementen inlichtingen
uitgewisseld (3).

Pendant la période examinée, il y avait une réunion
de coordination (presque) hebdomadaire entre les
départements des Affaires étrangères et de la Défense
nationale, à laquelle assistaient généralement aussi
des représentants du cabinet du Premier ministre et de
la Coopération au développement. Les informations
échangées et les sujets traités étaient généralement de
nature pratique. En outre, les deux départements
échangeaient des renseignements (3).

Wanneer een commissielid opmerkt dat meer dan
100 telexen van Buitenlandse Zaken ook terechtkwamen op het kabinet van Landsverdediging,
antwoordt kabinetschef Schellemans dat deze telexen
afkomstig waren van het SGR (4). Ook minister
Delcroix bevestigt dat het kabinet van Landsverdediging de telexen van de ambassadeur in Rwanda niet
systematisch ontving en dat de contactinstantie in
België voor de VN Buitenlandse Zaken is (5). Ook
tegenover de minister merkt een commissielid op dat

À un commissaire qui fait remarquer que plus de
cent télex des Affaires étrangères sont parvenus également au cabinet de la Défense nationale, le chef de
cabinet Schellemans répond que ces télex provenaient
du SGR (4). Le ministre Delcroix affirme lui aussi
que le cabinet de la Défense nationale ne recevait pas
systématiquement les télex de l’ambassadeur au
Rwanda et que le contact pour l’ONU en Belgique
était le département des Affaires étrangères (5). Un
commissaire fait remarquer au ministre que (presque

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 189-190.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 85.
(3) Hoorzitting met generaal Charlier, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 maart 1997, blz. 270.
(4) Hoorzitting met generaal Schellemans, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 154.
(5) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 95.

(1) Ibidem, pp. 184-185.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 81.
(3) Audition du général Charlier, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 28 mars 1997, p. 264.
(4) Audition du général Schellemans, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 151.
(5) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 91.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 356 )

op (bijna alle) telexen van ambassadeur Swinnen het
kabinet van Landsverdediging staat vermeld. Niettemin meent de minister dat hij slechts sommige telexen
ontving, en dat hij niet de rechtstreekse bestemmeling
was.
Voor minister Delcroix was de wekelijkse coördinatiebijeenkomst op het kabinet van Buitenlandse
Zaken een bron van informatie. Hij stelt evenwel zelf
nooit enig verslag van die bijeenkomsten gelezen te
hebben, maar minister Delcroix gaat er wel van uit
dat zijn kabinet hem op de hoogte bracht van de
belangrijke zaken.
Tijdens een latere hoorzitting, einde maart 1997,
benadrukt de minister van Landsverdediging nogmaals dat de coördinatievergaderingen op BZ en de
vlotte contacten tussen Landsverdediging en Buitenlandse Zaken eveneens zorgden voor een goede informatie-uitwisseling.

tous) les télex de l’ambassadeur Swinnen mentionnent le cabinet de la Défense nationale. Le ministre
prétend cependant qu’il n’a reçu que quelques télex,
et qu’il n’était pas le destinataire direct de ceux-ci.
Pour le ministre Delcroix, la réunion de coordination hebdomadaire au cabinet des Affaires étrangères
constituait une source d’information. Il prétend
toutefois n’avoir jamais lu lui-même les rapports de
ces réunions, mais il suppose que son cabinet l’a tenu
au courant des éléments importants.

Tot slot stelt de commissie vast dat, zoals eerste
minister Dehaene getuigde voor de commissie, in de
ministerraad de politieke basisbeslissingen besproken
werden. De premier stelt dat de ministerraad regelmatig op de hoogte gehouden werd van de algemene
teneur maar dat de telexen niet systematisch werden
voorgelezen. Bovendien, zo zegt hij, bleek uit de
telexen niet dat er een algemeen anti-Belgisch klimaat
zou hebben bestaan.

Au cours d’une audition ultérieure, à la fin du mois
de mars 1997, le ministre de la Défense nationale a
souligné une fois de plus que les réunions de coordination aux Affaires étrangères et les contacts aisés qui
existaient entre les départements de la Défense nationale et des Affaires étrangères permettaient également
un bon échange d’informations.
Le ministre Delcroix avait l’impression que les
Affaires étrangères étaient mieux informées des affaires militaires que le cabinet de la Défense nationale; le
ministre de la Défense nationale imputait cela à des
relations personnelles, ce dont il ne s’offusquait
pas (1). Le ministre Delcroix estime que les membres
du cabinet des Affaires étrangères étaient mieux au
courant de matières intéressant son département,
mais le ministre Claes prétend exactement le
contraire : « Le principe général veut que les informations en provenance du service de renseignements de
l’armée ne soient pas mises à la disposition des diplomates. C’est également le cas des renseignements de
l’état-major. Les Affaires étrangères ne disposaient
que de données provenant de l’attaché militaire à
Kigali. Certaines données militaires ont toutefois été
communiquées lors des réunions de coordination
hebdomadaires réunissant le Premier ministre, la
Défense nationale, la Coopération au développement
et les Affaires étrangères » (2).
Pour conclure, la commission constate que les décisions politiques de base ont été discutées en Conseil
des ministres, comme le Premier ministre Dehaene en
a témoigné devant elle. Le Premier ministre a déclaré
que le Conseil des ministres était régulièrement
informé de la teneur générale, mais que les télex ne lui
étaient pas systématiquement soumis in extenso. Il
prétend en outre qu’il ne ressortait pas des télex qu’il
pouvait y avoir un climat antibelge généralisé.

3.3.3.12. De samenwerking met de Rwandese
strijdkrachten

3.3.3.12. La collaboration avec les forces armées
rwandaises

Over deze samenwerking zijn de meningen verdeeld. Volgens enkele getuigen verliep deze samen-

Sur cette collaboration, les avis sont partagés.
Selon certains témoins cette collaboration a été aisée.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 94.
(2) Ibidem, blz. 85.

(1) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 90.
(2) Ibidem, p. 81.

Minister Delcroix had de indruk dat Buitenlandse
zaken beter was ingelicht over militaire zaken dan het
kabinet van Defensie. De minister van Landsverdediging weet dit aan persoonlijke relaties en stoorde er
zich verder niet aan (1). Waar minister Delcroix
melding maakt van een betere voorkennis van leden
van het kabinet Buitenlandse Zaken in aangelegenheden van zijn departement, stelt minister Claes net het
omgekeerde : « De algemene stelregel is dat de informatie van de inlichtingendienst van het leger niet ter
beschikking wordt gesteld van de diplomaten. Dit
geldt ook voor de gegevens van de Generale Staf. Buitenlandse Zaken beschikte enkel over gegevens afkomstig van de militaire attaché in Kigali. Bepaalde
militaire gegevens werden wel meegedeeld tijdens de
wekelijkse coördinatievergaderingen met de eerste
minister, Landsverdediging, Ontwikkelingssamenwerking en Buitenlandse Zaken » (2).

( 357 )
werking vlot. Anderen daarentegen spreken over
ernstige moeilijkheden. De gebeurtenissen van 6 en
7 april hebben aangetoond dat veel hiervan dubbelzinnig was en dat wanneer het er op aan kwam op de
medewerking van de Rwandese autoriteiten niet meer
moest worden gerekend. In dit onderdeel zullen we
eerst dieper ingaan op de samenstelling en de taken
van UNCIVPOL en het nut van de wekelijkse vergaderingen tussen verschillende autoriteiten onderzoeken. In een tweede deel geeft de commissie een beeld
van de houding van de Rwandese gendarmes bij het
uitvoeren van de gemeenschappelijke taken, zoals de
controles aan de checkpoints en het fouilleren van
wapenopslagplaatsen. De provocerende houding van
kolonel Bagosora geniet hierbij onze bijzondere aandacht. Tenslotte staan we stil bij de gebeurtenissen
van 6 en 7 april, en de dagen die daarop volgen, en
waaruit zal blijken dat het vertrouwen in de samenwerking met de lokale Rwandese autoriteiten niet
meer gegrond was.
(1) UNCIVPOL en de samenwerking

1 - 611/7 - 1997/1998

Par contre, selon d’autres, il y a eu de sérieuses difficultés. Les événements des 6 et 7 avril ont montré que
cette collaboration était surtout apparente et que l’on
n’a pas pu faire appel à la collaboration des autorités
rwandaises au moment où l’on en a eu besoin. Dans
cette partie du rapport, nous commencerons par
approfondir la question de la composition et des missions de UNCIVPOL et par examiner l’utilité des
réunions hebdomadaires qui eurent lieu entre les
différentes autorités. Dans une deuxième partie, la
commission fournira une idée de ce que fut l’attitude
des gendarmes rwandais dans les cas où il fallut exécuter les tâches communes, comme les vérifications
aux postes de contrôle et la fouille des caches d’armes.
Nous nous intéresserons plus particulièrement ici à
l’attitude provocante du colonel Bagosora. Enfin,
nous nous arrêterons aux événements des 6 et 7 avril
et des jours suivants, qui ont montré que la confiance
en la collaboration avec les autorités rwandaises locales n’était plus fondée.
(1) UNCIVPOL et la collaboration

Welke waren, naast UNAMIR , de verschillende
actoren te Kigali ? Op het Rwandees niveau had men
hoofdzakelijk de nationale rijkswacht met hiernaast
een beperkte gemeentepolitie. Op militair niveau van
de VN was er bij UNAMIR een tak militaire politie
aanwezig met politiebevoegdheid tegenover het VNpersoneel. Tenslotte, steeds op het niveau van de VN,
had men het detachement van UNCIVPOL, hetgeen
bestond uit burgerpolitie, leden van de militaire politie, en leden van de gerechtelijke politie.

Quels étaient, outre la MINUAR, les différents
acteurs à Kigali ? Au niveau local, il y avait essentiellement la gendarmerie nationale ainsi qu’une police
communale limitée. Au niveau militaire de l’ONU, il
y avait à la MINUAR une branche de la police militaire qui avait une compétence de police à l’égard du
personnel des Nations unies. Enfin, toujours au
niveau de l’ONU, il y avait le détachement de UNCIVPOL, qui était composé de membres de la police
civile, de la police militaire et de la police judiciaire.

Kortom, UNCIVPOL was samengesteld uit verschillende nationaliteiten. De voornaamste taak van
UNCIVPOL bestond erin te monitoren hetgeen de
lokale politie deed en erop toe te zien dat ze hun werk
effectief en onpartijdig uitvoerden.

Bref, UNCIVPOL était composée de diverses nationalités. La mission principale de UNCIVPOL consistait à surveiller ce que faisait la police locale et à veiller à ce qu’elle fasse son travail de façon efficace et
impartiale.

Aan het hoofd van UNCIVPOL stond een Oostenrijks kolonel. Er bestond een driehoeksrelatie tussen
UNCIVPOL, de lokale rijkswacht en anderzijds met
UNAMIR. UNCIVPOL werd geleidelijk aan uitgebreid om volwaardig operationeel te zijn eind
februari 1994. De getalsterkte van de eenheid schommelde rond de 60 personen.

Un colonel autrichien se trouvait à la tête de UNCIVPOL. Il y avait une relation triangulaire entre
UNCIVPOL, la gendarmerie locale et la MINUAR.
UNCIVPOL a progressivement été élargie de façon à
être complètement opérationnelle fin février 1994.
L’unité comptait environ 60 personnes.

Vanuit KIBAT werd de S2 (inlichtingen) afgevaardigd om deel te nemen aan de vergaderingen waar de
coördinatie met de lokale autoriteiten werd besproken. Luitenant Nees (S2 KIBAT I) verklaart over deze
vergaderingen het volgende : « Ik nam geregeld deel
aan vergaderingen waar ook de top van het leger aanwezig was. De bedoeling van deze vergaderingen was
om iedereen op de hoogte te stellen van eventuele
manifestaties. De indruk die ik daar van de legertop
heb gekregen was er één van « laissez faire, laissez
passer ». De voorbije manifestaties werden door de
Rwandese generaal geminimaliseerd en over de aan-

KIBAT a détaché le S2 (renseignements) pour qu’il
participe aux réunions de coordination avec les autorités locales. Concernant ces réunions, le lieutenant
Nees (S2 KIBAT I) fait la déclaration suivante : « Je
participais régulièrement à des réunions auxquelles
assistait également l’état-major. Le but de ces
réunions était d’informer tout le monde d’éventuelles
manifestations. L’état-major de l’armée me semblait
donner là une impression d’un laisser-faire, laisserpasser. Les manifestations précédentes avaient été
minimalisées par le général rwandais et il ne donnait
que peu d’informations sur les manifestations annon-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 358 )

gekondigde manifestaties gaf hij weinig informatie. Ik
stel me vragen bij de betrokkenheid van de Rwandese
verantwoordelijken bij de gebeurtenissen » (1).

cées. Je me pose des questions sur l’implication des
responsables rwandais dans les événements » (1).

Kapitein De Cuyper (S2 KIBAT II) was op zijn
beurt aanwezig op deze vergaderingen (2) : « Ik nam
niet deel aan de debatten tijdens de wekelijkse vergadering op de gendarmerie. Ik was er enkel bezoeker.
Ik heb wel de commandant van KIBAT II ervan op de
hoogte gesteld dat deze vergaderingen niets voorstelden omdat alle vragen en opmerkingen, op een paar
uitzonderingen na, werden ontweken door de generaal-majoor van de gendarmerie. Dit werd geslikt
door alle leden, behalve door twee leden van UNCIVPOL » (3).

Le capitaine De Cuyper (S2 KIBAT II) assistait lui
aussi à ces réunions (2). « Je ne participais pas aux
débats lors des réunions hebdomadaires de la gendarmerie. Je n’y étais qu’observateur. J’ai cependant
averti le commandant de KIBAT II que ces réunions
n’avaient aucune valeur, étant donné que le généralmajor de la gendarmerie éludait toutes les questions et
remarques, à quelques rares exceptions près. Aucun
membre ne s’y est opposé, à l’exception de deux
membres d’UNCIVPOL » (3).

(2) Wat was de houding van de Rwandese
rijkswacht tijdens gezamenlijke operaties met UNCIVPOL en UNAMIR ?

(2) Quelle a été l’attitude de la gendarmerie rwandaise au cours des opérations conjointes avec UNCIVPOL et la MINUAR ?

In 1990 bestond de Rwandese gendarmerie uit
2 000 onder meer door Fransen en Duitsers goed opgeleide manschappen. Wegens hervatting van de
vijandelijkheden in 1990 werd hun getalsterkte opgevoerd. Bij zijn aankomst, zo verklaart kolonel Marchal, trof hij 6 000 niet-opgeleide gendarmes aan. Het
grote probleem van de rijkswacht, maar ook van het
leger, was dus de stijging van het aantal manschappen
en het ontbreken van een gepaste opleiding (4). De
samenwerking op het terrein met deze Rwandese
gendarmes verliep allesbehalve vlekkeloos. Vooreerst
stelden er zich taalproblemen, en belangrijker was de
houding van de gendarmes veel te laks, zoals blijkt uit
volgende getuigenissen.

En 1990, la gendarmerie rwandaise se composait de
2 000 hommes, formés notamment par les Français et
les Allemands. En raison de la reprise des hostilités en
1990, ces effectifs ont été augmentés. Le colonel
Marchal a déclaré qu’à son arrivée, il avait trouvé
6 000 gendarmes non formés. Le grand problème de la
gendarmerie, mais aussi de l’armée, était donc cette
augmentation des effectifs et l’absence d’une formation adéquate (4). La collaboration sur le terrain
avec ces gendarmes rwandais était loin d’être idéale. Il
y a eu des problèmes de langue, mais aussi et surtout le
fait que les gendarmes adoptaient une attitude beaucoup trop laxiste, comme le montrent les témoignages
suivants.

Volgens kolonel Leroy (KIBAT I) werd UNAMIR
niet bewust tegengewerkt door de rijkswacht, maar
was er echter ook geen echte samenwerking (5).

Pour le colonel Leroy (KIBAT I), la gendarmerie
n’a pas fait sciemment obstacle à la MINUAR, mais il
n’y avait pas de collaboration pour autant (5).

Kolonel Balis, die instond voor de opmaak van een
evacuatieplan, bevestigt ook dat hij niet rechtstreeks
rekende op hun medewerking. De kolonel ging er wel
van uit niet in een vijandig milieu te moeten opereren,
maar in een semi-neutrale sfeer, waarbij UNAMIR
niet zou worden geviseerd (6).

Le colonel Balis, qui était responsable de
l’élaboration d’un plan d’évacuation, a confirmé lui
aussi qu’il ne comptait pas directement sur sa collaboration. Le colonel supposait toutefois qu’il ne devrait
pas opérer en milieu hostile, mais dans un climat de
semi-neutralité où la MINUAR ne serait pas
visée (6).

De verschillende getuigenissen, die de houding
beschrijven van de Rwandese gendarmes aan de

En décrivant l’attitude des gendarmes rwandais
aux points de contrôle, les divers témoins constatent

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 123.
(2) Kapitein De Cuyper was pas 2 weken aanwezig in die
functie.
(3) Hoorzitting met kapitein De Cuyper, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 170.
(4) Ibidem, blz. 175.
(5) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 243.
(6) Hoorzitting met kolonel Balis, BV, POR, Senaat, 19961997, 29 mei 1997, blz. 595.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 119.
(2) Le capitaine De Cuyper n’occupait cette fonction que
depuis deux semaines.
(3) Audition du capitaine De Cuyper, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 14 mars 1997, p. 171.
(4) Ibidem, p. 176.
(5) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 24 mars
1997, pp. 237 à 238.
(6) Audition du colonel Balis, CRA, CER, Sénat, 1996-1997,
29 mai 1997, p. 585.

( 359 )

1 - 611/7 - 1997/1998

checkpoints zijn unaniem in hun vaststelling dat deze
samenwerking zeer moeizaam verliep en militair technisch allesbehalve operationeel was.

tous que cette collaboration était très difficile et que,
sur les plans technique et militaire, elle était tout sauf
opérationnelle.

Luitenant Nees (S2 KIBAT I) getuigt dat op elk
checkpoint Rwandese gendarmes aanwezig waren,
maar dat deze gendarmes vaak enkel het Kinyarwanda spraken en dat dit communicatieproblemen
tot gevolg had. Hij brengt tevens getuigenis van
enkele betreurenswaardige incidenten aan deze
checkpoints : « Er waren slechts enkele betreurenswaardige incidenten. De problemen met name aan de
checkpoints waren meestal uitgelokt door de Rwandezen zelf. De problemen deden zich voor tijdens de
patrouille-opdrachten. De andere incidenten werden
uitgelokt door mensen van dezelfde politieke strekking.

Le lieutenant Nees (S2 KIBAT I) confirme que des
gendarmes rwandais étaient présents à chaque point
de contrôle. Souvent, ils ne parlaient que le
kinyarwanda, ce qui entraînait parfois des problèmes
de communication. Il fait également état de quelques
incidents déplorables à ces points de contrôle : « Il n’y
a eu que quelques incidents déplorables. Les problèmes, notamment aux points de contrôle, étaient
provoqués en général par les Rwandais. Les problèmes se produisaient durant les missions de patrouille.
Les autres incidents étaient provoqués par des personnes de la même tendance politique.

Ik herinner me een voorval waarbij ik zelf op een
checkpoint aanwezig was. Op zo een checkpoint
waren steeds twee Rwandese gendarmes aanwezig die
de voertuigen controleerden. Deze controles verliepen niet agressief. Op een bepaald ogenblik is een
voertuig door een checkpoint gereden en moesten de
Belgische militairen opzij springen. Ik heb dit gemeld
aan de commandant van KIBAT en heb hem ook
gevraagd of we kolonel Marchal hierover niet moesten inlichten » (1).

Je me souviens d’un incident où moi-même j’étais à
un poste de contrôle. À chaque poste de contrôle, il y
avait toujours deux gendarmes rwandais qui contrôlaient les véhicules. Ces contrôles se déroulaient sans
la moindre agressivité. À un certain moment, un véhicule a passé un poste de contrôle et les militaires
belges ont dû s’esquiver. Je l’ai signalé au commandant de KIBAT et je lui ai demandé également si nous
ne devions pas en informer le colonel Marchal » (1).

Kolonel Marchal geeft de commissie een idee met
hoeveel manschappen dergelijke checkpoints georganiseerd werden : « In sommige gevallen beschikten wij
over een sectie van 10 man; in andere gevallen,
bijvoorbeeld om een kruispunt te controleren,
beschikten wij over een peloton. De verhouding was
tien soldaten tegenover vijftien gendarmes. Aangezien wij niet over voldoende manschappen beschikten, hebben wij met de VN waarnemers een afzonderlijke coördinatie tot stand gebracht. Dat systeem was
niet perfect, maar het betekende een verbetering en
zorgde voor een verscherpte controle » (2).

Le colonel Marchal a donné à la commission une
idée du nombre d’hommes impliqués dans l’organisation de ces points de contrôle : « Dans certains cas,
nous disposions d’une section, soit 10 hommes; dans
d’autres cas, par exemple pour contrôler un carrefour, nous disposions d’un peloton. Il faut considérer
que, pour dix hommes, il y avait quinze gendarmes.
Comme nous ne disposions pas d’effectifs actifs suffisants, nous nous sommes coordonnés de manière
séparée avec les observateurs de l’ONU. Ce système
n’était pas parfait mais représentait une amélioration
et un contrôle plus performant » (2).

Een tweede belangrijke opdracht van UNAMIR ,
in samenwerking met de lokale Rwandese autoriteiten, was de installatie van de wapenvrije zone (KWSA
- Kigali Weapon Secure Area ). Hiertoe beschikte
UNAMIR over het mandaat om, in samenwerking
met de Rwandese gendarmes en UNCIVPOL
wapenopslagplaatsen op te sporen. Kolonel Balis
getuigt hierover dat hij de indruk had dat de gendarmes niet van plan waren om deze depots op te sporen.

La deuxième mission importante de la MINUAR
consistait à installer, en collaboration avec les autorités rwandaises locales, une zone sans armes (la KWSA
- Kigali Weapon Secure Area). Pour accomplir cette
mission, la MINUAR avait un mandat pour rechercher les caches d’armes en collaboration avec les
gendarmes rwandais et UNCIVPOL. Le colonel Balis
témoigne à ce sujet qu’il avait l’impression que les
gendarmes n’avaient pas l’intention de rechercher ces
caches.

De kolonel voegt er wel aan toe dat New York geen
toelating gaf om de wapendepots leeg te halen, en dat

Le colonel a cependant ajouté que New York n’a
pas donné l’autorisation de vider les dépôts d’armes et

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 123.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 175.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 119.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 171.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 360 )

hij bijgevolg niet weet of de Rwandese rijkswacht zou
hebben meegewerkt (1).

que, dès lors, il ne pouvait pas savoir si la gendarmerie
aurait coopéré (1).

Ook kolonel Marchal was zich bewust van het
probleem dat de gendarmerie in deze aangelegenheid
de verplichte partner van UNAMIR was. Bij al onze
acties, zo zegt hij, moesten wij erop toezien dat zij
daarbij aanwezig was, want zij alleen beschikten over
de wettelijke bevoegdheid om bijvoorbeeld te fouilleren. Niettemin deed kolonel Marchal een aantal
pogingen om samen met de Rwandese rijkswacht
deze geheime wapenopslagplaatsen op te sporen.
Voor de commissie getuigt hij hierover het volgende :
« Wij wilden de gendarmerie betrekken in de zoektocht naar geheime wapenopslagplaatsen. Dat was
niet eenvoudig. Wij hebben lange tijd geprobeerd
contacten te leggen en dat heeft uiteindelijk een positief resultaat opgeleverd. Medio maart heeft de
gendarmerie voor het eerst een plaats afgegrendeld en
doorzocht. Dat was een fiasco dat vooral te verklaren
is door gebrek aan technische kennis. Wij waren
daarbij aanwezig als waarnemers en konden zeggen
wat de problemen waren, de gendarmerie raad geven
en aanbevelingen doen die overigens goed werden
ontvangen. Toen de gendarmerie een tweede keer een
plaats heeft afgegrendeld en onderzocht, gebeurde
dat in het kader van onze aanbevelingen maar zonder
deelname van UNAMIR . Het ging dus om een louter
Rwandese operatie. Wij waren uiteraard aanwezig op
het terrein om erop toe te zien dat alles uit militair
oogpunt normaal verliep en dat voorts de wetgeving
van het land werd nageleefd » (2).

Le colonel Marchal aussi était conscient du
problème que posait l’obligation pour la MINUAR
de travailler avec la gendarmerie dans ce domaine. Il a
déclaré qu’il devait veiller à sa présence dans toutes les
actions, car seule la gendarmerie disposait de la
compétence juridique requise, par exemple pour
procéder à des fouilles. Le colonel Marchal a cependant tenté à plusieurs reprises de rechercher les caches
d’armes avec la gendarmerie rwandaise. Voici le
témoignage qu’il a donné à la commission à ce sujet :
« Notre idée était d’impliquer la gendarmerie dans la
recherche des caches d’armes. Ce n’était pas simple et
il y a eu un long travail d’approche qui a finalement
abouti à un résultat positif. Mi-mars, la gendarmerie
avait procédé à sa première opération de fouille et de
bouclage. Ce fut un fiasco qui s’expliquait essentiellement par la méconnaissance technique. Nous étions
présents en qualité d’observateur et avons pu définir
les problèmes, conseiller la gendarmerie et établir des
recommandations qui furent d’ailleurs bien accueillies. La deuxième opération de fouille et de bouclage
s’est faite dans le cadre de nos recommandations mais
sans participation de la MINUAR. Elle avait donc un
caractère purement rwandais. Nous étions bien sûr
présents sur le terrain, afin de vérifier que, sur le plan
militaire, tout se déroulait normalement et que, sur le
plan civil, la législation du pays était respectée » (2).

Kolonel Marchal stelt samen met de commissie de
mislukking vast van deze KWSA-opdracht. Inderdaad, zo zegt hij, die bewuste zone is nooit ingesteld
volgens de vereisten van het protocol (3).

Avec la commission, le colonel Marchal constate
l’échec de cette mission KWSA. En effet, dit-il, la zone
de consignation n’a jamais été réalisée comme elle
aurait dû l’être suivant le protocole (3).

Kabinetschef Willems vindt het opmerkelijk dat
het precies de Rwandese autoriteiten waren die aan
UNAMIR en aan de gendarmerie gevraagd hebben
acties te ondernemen om de gewapende groepen te
ontmantelen. Daarmee lag de bal in het kamp van
New York. Volgens de kabinetschef hebben de VN
echter ontkennend geantwoord aangezien zij de operatie te gevaarlijk achtten (4).

Le chef de cabinet Willems trouve intéressant que
ce soient précisément les autorités rwandaises qui
aient demandé à la MINUAR et à la gendarmerie de
procéder à des actions visant à démanteler les groupes
armés. La balle était ainsi dans le camp de New York
dont la réponse a été négative, l’opération étant jugée
trop dangereuse (4).

Een bijzondere vaststelling van de commissie is
naast de algemene laksheid van de Rwandese rijkswacht, de recalcitrante houding van kolonel Bagosora, kabinetschef van de minister van defensie. Uit
verschillende getuigenissen zal blijken dat deze kolo-

Outre le laxisme généralisé de la gendarmerie
rwandaise, la commission a relevé, en particulier,
l’attitude récalcitrante du colonel Bagosora, chef de
cabinet du ministre de la Défense. Plusieurs témoignages montrent que ce colonel n’hésite pas à menacer les

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Balis, BV, POR, Senaat, 19961997, 29 mei 1997, blz. 599.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 111.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 176.
(4) Hoorzitting met de heer Willems, BV, ,BCR, Senaat,
1996-1997, 18 maart 1997, blz. 189.

(1) Audition du colonel Balis, CRA, CER, Sénat, 1996-1997,
29 mai 1997, p. 589.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CER, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 108.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CER, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 172.
(4) Audition de M. Willems, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
18 mars 1997, p. 185.

( 361 )

1 - 611/7 - 1997/1998

nel niet aarzelt om met wapens de UNAMIR troepen
te bedreigen. De commissie stelt vast dat de houding
van kolonel Bagosora een belangrijke aanwijzing is
over de werkelijke motieven en de al dan niet oprechtheid van de samenwerking met de UNAMIR-troepen.
Luitenant Nees (S2 KIBAT I) getuigt over een eerste
incident begin februari 1994 : « Op 5 februari, tijdens
het installeren van KWSA, zag een nachtelijke
patrouille talrijke bewapende Rwandezen rond het
huis van kolonel Bagosora. De patrouille wou optreden maar op dat moment kwam kolonel Bagosora
zelf naar buiten en beval zijn militaire garde om de
wapens op de Belgen te richten »(1).

troupes de la MINUAR avec des armes. La commission constate que l’attitude du colonel Bagosora constitue un indice important des motifs véritables et du
caractère sincère ou non de la coopération avec les
troupes de la MINUAR. Le lieutenant Nees (S2
KIBAT I) témoigne à propos d’un premier incident
qui a lieu au début du mois de février 1994 : « Le
5 février, lors de l’installation du KWSA, une
patrouille nocturne a remarqué de nombreux Rwandais armés autour de la maison du colonel Bagosora.
La patrouille voulait intervenir mais, à ce moment, le
colonel Bagosora est sorti et a ordonné à sa garde
militaire de braquer ses armes sur les Belges » (1).

Zijn bataljonscommandant, kolonel Leroy
(KIBAT I) getuigt van een soortgelijk incident en verklaart dat hij meteen nadien Brussel om richtlijnen
vroeg, hetgeen echter tevergeefs zal zijn, zo stelt hij :
« Bij de meeste checkpoints en escortes is er een gevaar
als er geprovoceerd wordt. Bij een van de 152 checkpoints is een voertuig gestopt en de inzittende vraagt
zijn veiligheidsmensen de wapens te trekken. De chef
van de patrouille doet hetzelfde. Dan keert de kalmte
weer enigszins terug en op het kaartje dat wordt overhandigd door de passagier, die zegt dat wij nog van
hem zullen horen, staat Bagosora te lezen. Ik heb de
sectorcommandant en Brussel ingelicht, want het was
het zoveelste incident in het kader van de veiligheidsopdracht. Ik was onvoldoende uitgerust en geoefend
om er het hoofd aan te bieden.

Son commandant de bataillon, le colonel Leroy
(KIBAT I), témoigne à propos d’un incident semblable et déclare qu’il a demandé immédiatement après
des directives à Bruxelles, mais en vain. Il fait ensuite
la déclaration suivante : « Dans la plupart des checkpoints et des escortes, il y a danger lorsqu’il y a provocation. Ainsi, dans un des 152 checkpoints, un véhicule s’arrête et le passager ordonne à ses gardes de
sécurité d’armer. Le chef de patrouille fait armer à son
tour. Le ton baisse et, sur la carte remise par le passager, qui déclare qu’on entendra parler de lui, on lit
Bagosora. J’ai informé le commandant de secteur et
Bruxelles, parce que c’était le énième incident qui se
produisait dans le cadre de la mission de sécurité. Je
ne me sentais pas équipé et entraîné pour y faire face.

Op 1 maart heb ik Brussel om richtlijnen gevraagd,
tevergeefs echter, en heb ik geweigerd de bevelen uit te
voeren omdat ik te allen prijze weigerde mijn manschappen politietaken in plaats van militaire taken te
laten uitvoeren » (2).

À la date du 1er mars, j’ai envoyé un message à
Bruxelles demandant des directives, mais en vain, et je
me suis refusé à appliquer les ordres, voulant à tout
prix éviter de faire remplir par mes hommes des tâches
de gendarmerie au lieu de tâches militaires » (2).

Ook de Sectorcommandant, kolonel Marchal, laat
geen twijfel bestaan over kolonel Bagosora : « Van bij
het begin heb ik gepoogd te achterhalen wat die partner waard was. Ik heb niet alleen met Bagosora gediscussieerd maar had ook talrijke contacten met de
ministers. Ik wist evenwel dat ik van kolonel Bagosora geen medewerking hoefde te verwachten » (3).

Le commandant de secteur, le colonel Marchal, ne
laisse planer aucun doute à propos du colonel Bagosora: « Dès le début, j’ai essayé de me faire une idée de
la valeur de ce partenaire. Je n’ai pas seulement
discuté avec Bagosora, j’avais aussi de nombreux
contacts avec les ministres. Je savais cependant que je
ne devais attendre aucune collaboration de la part du
colonel Bagosora » (3).

Tot slot noteren wij de getuigenis van de raadgever
in het recht van de gewapende conflicten, kapiteincommandant Noens, die getuigt dat kolonel Bagosora voortdurend provoceerde, en dat deze provocaties zeer agressief waren : « Tijdens een van de nachtelijke patrouilles botste een bereden patrouille in een
kleine straat op een 30 à 35 gewapende FAR-soldaten.

Enfin, nous notons le témoignage du conseiller en
droit de la guerre, le capitaine commandant Noens,
qui témoigne que le colonel Bagosora se livrait constamment à la provocation et que celle-ci était très
agressive : « Tijdens een van de nachtelijke patrouilles
botste een bereden patrouille in een kleine straat op
een 30 à 35 gewapende FAR-soldaten.

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 121.
(2) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat, 19961997, 24 maart 1997, blz. 238.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 175.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(2) Audition du colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 232.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 171.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 362 )

Dat betekende een grove schending van de regels
van de KWSA. Dat wordt aangekaart en nog eens
besproken ter gelegenheid van de veiligheidsconferentie van 15 februari, waaraan ook de minister van
Landsverdediging, de Stafchef van de Rijkswacht en
kolonel Bagosora deelnamen. Deze kolonel was in
feite zowat de slechte geest van de groep, de meesterprovocateur voor onze para’s. Met een brede smile op
zijn gezicht verklaarde hij dat er geen enkele overtreding gebeurd was en dat zijn soldaten het volste recht
hadden om daar te zijn, want, zo zei hij, ik heb recht
op vijf man en ik heb nog een reeks autoriteiten bij mij
uitgenodigd die elk hun escorte hebben meegebracht.

Dat betekende een grove schending van de regels
van de KWSA. Dat wordt aangekaart en nog eens besproken ter gelegenheid van de veiligheidsconferentie
van 15 februari, waaraan ook de minister van Landsverdediging, de Stafchef van de Rijkswacht en kolonel Bagosora deelnamen. Deze kolonel was in feite
zowat de slechte geest van de groep, de meesterprovocateur voor onze para’s. Met een brede smile op
zijn gezicht verklaarde hij dat er geen enkele overtreding gebeurd was en dat zijn soldaten het volste recht
hadden om daar te zijn, want, zo zei hij, ik heb recht
op vijf man en ik heb nog een reeks autoriteiten bij mij
uitgenodigd die elk hun escorte hebben meegebracht.

Bij dergelijke provocaties, waarbij een Blauwhelm
tegenover een FAR-soldaat kwam te staan, had de
FAR-soldaat het geweer in de aanslag met een kogel
in de kamer, terwijl onze Blauwhelm wel zijn lader op
had, maar zonder kogel in de kamer. Dat is een
merkelijk nadeel. Wij hebben bij herhaling aangedrongen op een aanpassing van the rules en gevraagd
dat onze mensen buiten het kwartier en in zo’n situaties patrouilles zouden mogen uitvoeren met de kogel
in de kamer. Ik besef dat dit een gevaarlijke situatie is.
Op onze vraag is altijd een negatief antwoord gekomen » (1).

Bij dergelijke provocaties, waarbij een Blauwhelm
tegenover een FAR-soldaat kwam te staan, had de
FAR-soldaat het geweer in de aanslag met een kogel
in de kamer, terwijl onze Blauwhelm wel zijn lader op
had, maar zonder kogel in de kamer. Dat is een
merkelijk nadeel. Wij hebben bij herhaling aangedrongen op een aanpassing van the rules en gevraagd
dat onze mensen buiten het kwartier en in zo’n situaties patrouilles zouden mogen uitvoeren met de kogel
in de kamer. Ik besef dat dit een gevaarlijke situatie is.
Op onze vraag is altijd een negatief antwoord gekomen » (1).

(3) De samenwerking tijdens de gebeurtenissen
van 6 en 7 april

(3) La collaboration pendant les événements des 6
et 7 avril

De commissie stelt vast dat kolonel Dewez op het
ogenblik dat de eerste alarmerende berichten van luitenant Lotin hem bereiken, meent dat de enige mogelijkheid om het probleem van de wegblokkades op te
lossen via een tussenkomst van Rwandese autoriteiten verloopt. Hij doet daarvoor een beroep op sectorcommandant Marchal, maar kolonel Dewez zal,
zoals de feiten uitwijzen, tevergeefs wachten op enige
tussenkomst van Rwandese autoriteiten ten voordele
van het peloton Mortieren.

La commission constate que le colonel Dewez
estime, au moment où lui parviennent les premiers
messages alarmants du lieutenant Lotin, que la seule
façon de résoudre le problème des barrages routiers
consiste à demander l’intervention des gendarmes
rwandais. Pour ce faire, il fait appel au commandant
de secteur, le colonel Marchal, mais, comme le
montrent les faits, le colonel Dewez attendra en vain
que les autorités rwandaises interviennent d’une
manière ou d’une autre en faveur du peloton
Mortiers.

Kolonel Dewez stelt dit zeer duidelijk in zijn getuigenis : « J’ai eu une conversation avec le colonel Marchal à ce moment-là (pas précisément au sujet de
l’escorte de Mme Agathe), et lorsqu’il m’a demandé
de reprendre les patrouilles dans l’ensemble des missions, je lui ai fait part des problèmes que nous
rencontrions pour les réaliser, notamment à cause des
barrages. Il nous fallait obtenir l’aide des gendarmes
et si possible des FAR, pour nous aider à franchir ces
barrages.

Le colonel Dewez le dit très clairement dans son
témoignage : « J’ai eu une conversation avec le colonel
Marchal à ce moment-là (pas précisément au sujet de
l’escorte de Mme Agathe), et lorsqu’il m’a demandé
de reprendre les patrouilles dans l’ensemble des
missions, je lui ai fait part des problèmes que nous
rencontrions pour les réaliser, notamment à cause des
barrages. Il nous fallait obtenir l’aide des gendarmes
et si possible des FAR, pour nous aider à franchir ces
barrages.

Il m’a appris que, suite à une réunion, la gendarmerie et les FAR collaboraient pour contrôler la situation ... Dès le moment où l’on a repris ces escortes,
plus exactement la mission de patrouille, j’ai insisté

Il m’a appris que, suite à une réunion, la gendarmerie et les FAR collaboraient pour contrôler la situation ... Dès le moment où l’on a repris ces escortes,
plus exactement la mission de patrouille, j’ai insisté

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Noens, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 96/6 e.v. (BV van 13 mei 1997, blz. 501).

(1) Audition du capitaine Noens, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 91/6 e.s. (CRA du 13 mai 1997, p. 491).

( 363 )

1 - 611/7 - 1997/1998

auprès de tout le monde pour avoir des gendarmes.
J’étais persuadé que sans l’appui des gendarmes, on
ne pourrait pas passer les barrages. Donc, il me fallait
l’appui des gendarmes rwandais pour pouvoir passer
les barrages et remplir les missions de patrouille
comme on le faisait d’ailleurs d’habitude. Il y a eu des
problèmes pour avoir suffisamment de gendarmes; on
n’en a eu que quelques-uns. Je me suis également
rendu compte en fin de nuit que les gendarmes ne
suffisaient pas pour passer les barrages, que ceux-ci
étaient constitués de gendarmes et de militaires rwandais et qu’il était quasiment impossible de passer si un
officier des FAR n’accompagnait pas les patrouilles.
J’ai, à plusieurs moments, demandé au QG-secteur —
lorsque je savais que mes gens étaient bloqués aux
barrages - de pouvoir disposer d’un officier FAR pour
débloquer la situation. Aussi, lorsque j’ai suivi
l’évolution des essais du lieutenant Lotin pour
rejoindre Mme Agathe, je lui ai dit : « Si l’on ne veut
pas te laisser passer le barrage alors que tu expliques
pourquoi, de mon côté, je prends contact avec le
secteur » (1).

auprès de tout le monde pour avoir des gendarmes.
J’étais persuadé que sans l’appui des gendarmes, on
ne pourrait pas passer les barrages. Donc, il me fallait
l’appui des gendarmes rwandais pour pouvoir passer
les barrages et remplir les missions de patrouille
comme on le faisait d’ailleurs d’habitude. Il y a eu des
problèmes pour avoir suffisamment de gendarmes; on
n’en a eu que quelques-uns. Je me suis également
rendu compte en fin de nuit que les gendarmes ne
suffisaient pas pour passer les barrages, que ceux-ci
étaient constitués de gendarmes et de militaires rwandais et qu’il était quasiment impossible de passer si un
officier des FAR n’accompagnait pas les patrouilles.
J’ai, à plusieurs moments, demandé au QG-secteur —
lorsque je savais que mes gens étaient bloqués aux
barrages — de pouvoir disposer d’un officier FAR
pour débloquer la situation. Aussi, lorsque j’ai suivi
l’évolution des essais du lieutenant Lotin pour rejoindre Mme Agathe, je lui ai dit : « Si l’on ne veut pas te
laisser passer le barrage alors que tu expliques pourquoi, de mon côté, je prends contact avec le
secteur » (1).

Kolonel Dewez is ervan overtuigd dat deze
demarche de beste oplossing was : « Donc, comme je
pensais qu’il y avait quelqu’un de l’ONU là-bas, j’ai
pris contact avec le colonel Marchal, pour lui dire
qu’il fallait absolument intervenir au niveau des
forces armées rwandaises, car j’avais des hommes qui
se faisaient tabasser alors qu’ils étaient prisonniers ...
Sous le coup de l’émotion et du choc — je me rendais
compte que des hommes à moi se faisaient tabasser —
j’ai plutôt demandé du secours auprès de la personne
qui, à mon sens, était en contact avec les forces armées
rwandaises et avec les observateurs de l’ONU, parce
que tout cela se trouvait au niveau du QG-secteur.
C’est pourquoi j’ai pris contact avec le colonel Marchal, non pour me débarrasser d’un problème, mais
en réagissant de manière instinctive. Dans ces circonstances, vous ne réfléchissez pas pendant une
heure! » (2).

Le colonel Dewez est convaincu que cette démarche était la meilleure. Voici ce qu’il dit à ce propos :
« Donc, comme je pensais qu’il y avait quelqu’un de
l’ONU là-bas, j’ai pris contact avec le colonel
Marchal, pour lui dire qu’il fallait absolument intervenir au niveau des forces armées rwandaises, car
j’avais des hommes qui se faisaient tabasser alors
qu’ils étaient prisonniers ... Sous le coup de l’émotion
et du choc — je me rendais compte que des hommes à
moi se faisaient tabasser — j’ai plutôt demandé du
secours auprès de la personne qui, à mon sens, était en
contact avec les forces armées rwandaises et avec les
observateurs de l’ONU, parce que tout cela se trouvait au niveau du QG-secteur. C’est pourquoi j’ai pris
contact avec le colonel Marchal, non pour me débarrasser d’un problème, mais en réagissant de manière
instinctive. Dans ces circonstances, vous ne réfléchissez pas pendant une heure! » (2).

Een commissielid merkt op dat reeds tussen 5 en
6 uur ’s ochtends blijkt dat de samenwerking met de
Rwandese autoriteiten eigenlijk onbestaande is. Op
de vraag waarom kolonel Dewez toen geen andere
initiatieven nam, antwoordt deze dat hij zich ervan
bewust geworden was dat de samenwerking niet goed
verliep, maar dat dat voor hem te wijten was aan de
tijd die nodig was om de instructies van het crisiscomité aan de soldaten bij de wegversperringen door te
sturen. Volgens zijn getuigenis dacht hij dat het bevel
tot samenwerking de soldaten nog niet had
bereikt (3).

Un commissaire fait remarquer qu’il s’avère, déjà
entre 5 et 6 heures du matin, que la coopération avec
les autorités rwandaises est en fait inexistante. À la
question de savoir pourquoi le colonel Dewez n’a pas
pris d’autres initiatives à ce moment-là, celui-ci
répond qu’il s’était rendu compte que la coopération
ne fonctionnait pas, mais qu’il avait mis cela sur le
compte du temps nécessaire pour transmettre les
instructions du comité de crise aux soldats installés
sur les barrages. Il ressort de son témoignage qu’il
pensait que les soldats n’avaient pas encore reçu
l’ordre de coopération (3).

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, 10 juni 1997, PV, blz. 2/
9 e.v. (BV van 10 juni 1997, blz. 687-688).
(2) Ibidem, p. 4/5 e.v. (BV van 10 juni 1997, blz. 688).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, POR, Senaat, 19961997, 10 juni 1997, blz. 689.

(1) Audition du colonel Dewez, 10 juin 1997, PV, p. 2/9 e.s.
(CRA du 10 juin 1997, p. 673-674).
(2) Ibidem, p. 4/5 e.s. (CRA du 10 juin 1997, p. 674).
(3) Audition du colonel Dewez, CRA, CER,Sénat, 19961997, 10 juin 1997, p. 675.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 364 )

Zelfs toen het peloton Mortieren ontwapend en
weggevoerd was, was kolonel Dewez niet echt ongerust. Toen de mannen door het Rwandese leger
werden meegenomen, zo stelt hij, was dat voor mij
een geruststelling. Zij waren gevangen genomen maar
in leven (1).

Même lorsque le peloton Mortiers avait été
désarmé et emmené, le colonel Dewez n’était pas vraiment inquiet. Il déclare que, quand les hommes ont
été emmenés par les FAR, il était tranquillisé. Ils
étaient prisonniers mais sains et saufs (1).

Ook in de getuigenis van kolonel Dewez treedt het
belang van de persoonlijke contacten met collega’s
officieren naar voor : « À l’époque, quand je suis
arrivé au Rwanda, j’ai rencontré des officiers rwandais avec qui j’avais fait mon deuxième cycle, mes
études à l’IRSD. J’ai également rencontré le major
Ntabakuze, le commandant du bataillon para, avec
qui j’avais fait un an aux Etats-Unis. J’avais confiance
en eux ... Et je dois avouer que le major Ntabakuze,
tout commandant du bataillon de para qu’il fût,
aurait pu dire qu’il était face à l’ennemi... Or, dans la
suite des événements, il a tiré certains de mes hommes
de mauvaises circonstances. Il est venu et il les a sortis
de certains pétrins. Donc, j’avais en effet une confiance dans les FAR se trouvant à un certain niveau ...
Je connaissais le colonel Vincent ... Il ne m’informait
pas. Nous avons été manger à la CTM » (2).

L’importance des contacts personnels avec les
collègues officiers ressort également du témoignage
du colonel Dewez : « (...) À l’époque, quand je suis
arrivé au Rwanda, j’ai rencontré des officiers rwandais avec qui j’avais fait mon deuxième cycle, mes
études à l’IRSD. J’ai également rencontré le major
Ntabakuze, le commandant du bataillon para, avec
qui j’avais fait un an aux États-Unis. J’avais confiance
en eux ... Et je dois avouer que le major Ntabakuze,
tout commandant du bataillon de para qu’il fût,
aurait pu dire qu’il était face à l’ennemi... Or, dans la
suite des événements, il a tiré certains de mes hommes
de mauvaises circonstances. Il est venu et il les a sortis
de certains pétrins. Donc, j’avais en effet une
confiance dans les FAR se trouvant à un certain
niveau ... Je connaissais le colonel Vincent ... Il ne
m’informait pas. Nous avons été manger à la
CTM » (2).

Kolonel Marchal getuigde voor de commissie dat
hij zich tot generaal Dallaire richtte om te vragen dat
hij bij de Rwandese overheden stappen zou ondernemen. Volgens de kolonel was dit logisch aangezien hij
met die overheden een belangrijke vergadering zou
hebben. Kolonel Marchal trachtte zelf ook contact op
te nemen met de Rwandese overheden waarmee hij
doorgaans in verbinding stond, en dit om hen te
vragen tussenbeide te komen. De kolonel denkt aan
majoor Karangwa de situatie te hebben uiteengezet.
Hij voegt eraan toe dat alles lang geleden is gebeurd
maar dat volgens hem deze majoor beloofde de
gendarmes te zullen inzetten (3).

Le colonel Marchal a déclaré devant la commission
qu’il s’est adressé au général Dallaire pour lui demander son intervention auprès des autorités rwandaises.
D’après le colonel, c’était logique, puisqu’il aurait
une importante réunion avec ces autorités. Le colonel
Marchal a également tenté lui-même de contacter les
autorités rwandaises avec lesquelles il était généralement en relation pour leur demander une intervention. Le colonel pense avoir informé le major
Karangwa de la situation. Il ajoute que tout s’est passé
il y a longtemps, mais qu’il a l’impression que ce
major lui avait promis l’engagement des gendarmes (3).

De commissie stelt evenwel vast dat vanaf de vooravond van zes april er geen enkele samenwerking
meer bestond met de Rwandese gendarmerie en dat
pogingen om liaison officieren van de FAR te bekomen vruchteloos waren. Een opvallende vaststelling
van de commissie is dat de chef van UNCIVPOL op
6 april, en reeds omstreeks 20.00 u ’s avonds de
Rwandese gendarmerie opmerkt « au complet et bien
armée ». Nochtans zal het presidentiële vliegtuig pas
een half uur later neergehaald worden en wordt dit
nieuws voor de eerste maal op radio Rwanda omgeroepen om 23 uur.

La commission constate toutefois qu’il n’y avait
plus aucune collaboration avec la gendarmerie rwandaise dès la veille du 6 avril, et que les tentatives de
trouver des officiers de liaison des FAR étaient vaines.
La commission constate avec étonnement que le chef
de UNCIVPOL observe, le 6 avril, aux alentours de 20
heures, que la gendarmerie rwandaise est « au
complet et bien armée ». L’avion présidentiel ne sera
pourtant abattu qu’une demi-heure plus tard et cette
nouvelle ne sera diffusée pour la première fois sur
Radio Rwanda qu’à 23 heures.

In zijn rapport geeft generaal Uytterhoeven een
exact relaas van de verschillende verzoeken tot assis-

Dans son rapport, le général Uytterhoeven fait le
récit exact des diverses demandes d’assistance qui ont

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 692.
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 10/13 e.v. (BV van 10 juni 1997, blz. 693).
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 10 juni 1997, blz. 706).

(1) Ibidem, p. 678.
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 10/13 e.s. (CRA du 10 juin 1997, p. 678).
(3) Audition du colonel Marchal, CER, CRA, Sénat, 19961997, 10 juin 1997, p. 692).

( 365 )

1 - 611/7 - 1997/1998

tentie van Rwandese gendarmes en FAR liaison officieren tijdens de nacht van 6 op 7 april.

été adressées à des gendarmes rwandais et à des officiers de liaison des FAR au cours de la nuit du 6 au
7 avril.

Een eerste maal, omstreeks 3 uur ’s nachts vraagt
het bataljon aan kolonel Marchal om een sectie met
Rwandese gendarmes te zenden, en dit op verzoek
van eerste sergeant Leroy.

Le bataillon demande une première fois au colonel
Marchal, aux alentours de 3 heures du matin, de lui
envoyer une section comprenant des gendarmes
rwandais, et ce, à la demande du premier sergent
Leroy.

Intussen signaleert korporaal Lhoir aan het Bataljon dat luitenant Lotin in discussie is met rijkswachters die zich aan de versperring bevinden.

Le caporal Lhoir signale entre-temps au bataillon
que le lieutenant Lotin est en pleine discussion avec
les gendarmes qui se trouvent près du barrage.

Om 3.30 u. signaleert luitenant Lotin aan het Bataljon dat ook de Rwandese rijkswachters de FAR militairen niet kunnen overtuigen hen de versperring te
laten passeren.

À 3h30, le lieutenant Lotin signale au bataillon que
les gendarmes rwandais ne peuvent pas non plus
convaincre les militaires des FAR de les laisser franchir le barrage.

Om 3.45 u. verwittigt kolonel Dewez luitenant
Lotin dat hij het nodige doet om een liason officier
FAR te sturen.

À 3h45, le colonel Dewez prévient le lieutenant
Lotin qu’il fait tout le nécessaire pour lui envoyer un
officier de liaison des FAR.

De S3 (Kapt. Choffray) verduidelijkt om 3.50 u. dat
de Mortieren ter plaatse moeten blijven in afwachting
van deze liason officier Far.

À 3h50, le S3 (capitaine Choffray) précise que le
peloton Mortiers doit rester sur place en attendant
l’arrivée de cet officier de liaison des FAR.

Ook kapitein Marchal is geblokkeerd aan de versperring Mille Collines. Op zijn beurt wacht hij op de
aankomst van een Liason Officier FAR.

Le capitaine Marchal est lui aussi bloqué au
barrage Mille Collines. Il attend à son tour l’arrivée
d’un officier de liaison FAR.

Om 4.10 u. meldt luitenant Lotin aan de S3 dat de
Liason Officier FAR nog steeds niet is toegekomen en
dat hij zich nog steeds bevindt aan de versperring
Mille Collines (1).

À 4h10, le lieutenant Lotin informe le S3 que
l’officier de liaison des FAR n’est toujours pas arrivé
et qu’il se trouve encore au barrage Mille Collines (1).

Zowel kapitein Marchal als luitenant Lotin zullen
nooit een Liason Officier FAR zien toekomen. Kapitein Marchal slaagt er net in om onder een kogelregen
een kantonnement te vervoegen, waar luitenant Lotin
volhardt en het huis van Agathe op eigen initiatief zal
bereiken.

Ni le capitaine Marchal ni le lieutenant Lotin ne
verront jamais un officier de liaison des FAR. Le capitaine Marchal parvient tout juste, sous une pluie de
balles, à se rendre dans un cantonnement, alors que le
lieutenant Lotin tient bon et atteindra, de sa propre
initiative, la maison de Mme Agathe.

De commissie stelt vast dat sinds drie uur ’s nachts
de verzoeken tot bijstand van Rwandese gendarmes
en liason-officieren FAR zonder gevolg bleven.
Anderzijds stelt ze vast dat kolonel Dewez, en kolonel
Marchal in mindere mate, minstens tot tien uur
’s morgens op 7 april blijven geloven in de mogelijkheid tot oplossing van de crisis via samenwerking met
deze Rwandese autoriteiten.

La commission constate que les demandes
d’assistance adressées aux gendarmes rwandais et aux
officiers de liaison des FAR sont restées sans suite
depuis 3 heures du matin. Elle constate d’autre part
que le colonel Dewez et, dans une moindre mesure, le
colonel Marchal, continuent à croire, au moins
jusqu’à 10 heures du matin le 7 avril, qu’il sera possible de résoudre la crise en collaboration avec les autorités rwandaises précitées.

3.3.4. Het gedrag van de Belgische troepen

3.3.4. Le comportement des troupes belges

Wat het gedrag van de Belgische troepen in
Rwanda betreft, kan een onderscheid gemaakt
worden tussen het gedrag van de troepen met dienst
en het gedrag van de soldaten tijdens verloven en uitgaansverloven.

En ce qui concerne le comportement des troupes
belges au Rwanda, on peut distinguer le comportement des troupes en service et l’attitude des soldats
lors des congés et permissions.

——————

——————

(1) Rapport Behrin, blz. 31.

(1) Rapport Behrin, p. 31.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 366 )

3.3.4.1. Het gedrag van de troepen met dienst

3.3.4.1. Le comportement des troupes en service

Meerdere personen die de commissie heeft
gehoord, hebben gewezen op de vele problemen die
verband houden met het gedrag van de Belgische
soldaten. Velen van hen waren van mening dat die
problemen, althans ten dele, te wijten waren aan
ontoereikende voorbereiding van de manschappen
op de taak die hen te wachten stond. Andere getuigen
zijn van oordeel dat die problemen grotendeels toe te
schrijven zijn aan provocaties door sommige Rwandese groepen.

Plusieurs problèmes liés à l’attitude des soldats
belges ont été soulevés devant la commission par
différents interlocuteurs. Parmi ceux-ci, nombreux
sont ceux qui ont estimé que ces problèmes étaient
dus, au moins en partie, à une préparation insuffisante des hommes à la mission qu’ils allaient accomplir. D’autres témoins considèrent que ces problèmes
sont dus, en majorité, à des provocations émanant de
certains groupes de Rwandais.

Uit de incidenten en de moeilijkheden bij de uitvoering van de opdracht die in verband met het gedrag
van de troepen aan de commissie werden meegedeeld,
kunnen we de volgende gegevens onthouden.

Des incidents et difficultés d’application de la
mission portés à la connaissance de la commission et
liés au comportement des troupes, on peut retirer les
éléments suivants.

Tijdens de KIBAT I-opdracht gedroegen de opererende Belgische troepen zich in den beginne kennelijk
op een klassieke militaire, defensieve wijze die zelfs
soms als agressief ervaren werd. Dat wordt verklaard
door de specifieke paracommando-opleiding die ze
hebben gekregen en waarin vooral aandacht wordt
besteed aan de gevechtskwaliteiten, die recent in de
praktijk konden worden gebracht tijdens de laatste
opdracht in Somalië, slechts enkele maanden tevoren,
waar zij een echte peace-enforcementhouding moesten aannemen in een dikwijls vijandig klimaat. Zo
leest men in het verslag van de commissieUytterhoeven, die werd voorgezeten door luitenantgeneraal Uytterhoeven, dat « ook moet worden toegegeven dat de houding die in Rwanda diende te
worden aangenomen, niet van die aard was dat paracommando’s er vrede konden mee nemen. Die houding stond haaks op de basisreflexen die hen in de
loop van de opleiding waren bijgebracht : de situatie
domineren, zijn gezag doen gelden door machtsontplooiing en zelfvertrouwen. Een paracommando is
geen politieman en streeft er ook niet naar die rol op
zich te nemen » (1).

Manifestement, au début de la mission KIBAT I, les
troupes belges en opération ont adopté un comportement militaire classique, défensif, parfois qualifié
d’agressif. Cela s’explique par la formation spécifique
de paracommando qu’elles ont reçue, privilégiant les
capacités de combat, renforcées par la dernière
mission exécutée par ces troupes en Somalie quelques
mois auparavant seulement, où il s’agissait d’une véritable opération de rétablissement de paix menée dans
un climat souvent hostile. Ainsi, on lit dans le rapport
de la commission Uytterhoeven, présidée par le lieutenant général Uytterhoeven, qu’il « faut aussi admettre
que l’attitude adoptée au Rwanda n’était pas de
nature à plaire au paracommando. Elle était éloignée
des réflexes de base qui lui étaient jusqu’alors inculqués tout au long de sa formation : dominer la situation, en imposer en étalant sa force et sa confiance en
soi. Le paracommando n’est pas un policier et
n’aspire certainement pas à jouer ce rôle » (1).

Kolonel Marchal heeft voor de commissie het
volgende verklaard : « Onze mannen kwamen juist
terug van Somalië. In Rwanda was de toestand verschillend, maar zij dachten dat zij op dezelfde wijze
moesten werken. De eerste patrouille in Kigali, op
14 december, hebben zij gedaan met hun geweer in
aanslag, terwijl de toestand normaal was. Deze houding heeft de bevolking verrast en heeft kritiek uitgelokt. Ik geloof dat het mogelijk was op een andere
manier te patrouilleren en toch voorzichtig te blijven. » (2)

Le colonel Marchal a déclaré devant la commission : « Nos hommes sortaient de l’opération en
Somalie. Au Rwanda, la situation était différente,
mais ils croyaient qu’ils devaient travailler de la même
façon. Par exemple, la première patrouille à Kigali, le
14 décembre, s’est faite fusil pointé alors que la situation était normale. Cette attitude a surpris la population et a entraı̂né des critiques. Je crois qu’on pouvait
patrouiller d’une autre manière tout en restant
prudent. » (2)

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van 16
november 1994, deel I, blz. 21.
(2) Hoorzitting met gesloten deuren met kolonel Marchal,
BCR, Senaat, 19 maart 1997, PV, blz. 18/3.

(1) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 21.
(2) Audition à huis clos du colonel Marchal, CSR, Sénat,
19 mars 1997, PV, p. 18/3.

( 367 )
Zo leest men in het verslag van de commissieUytterhoeven ook dat « de patrouilles in het begin een
zeer « gespierde » houding aannamen » (1). Die
patrouilles, zowel te voet als met voertuigen of per
helikopter, hebben aanleiding gegeven tot klachten
van de bevolking (2).
Ook de checkpoints (wegcontroles) leidden tot
problemen. De controles gebeurden in het begin met
het wapen in aanslag (3). Die bedreigende houding
werd door de bevolking zeer slecht onthaald « aussi
bien les Rwandais que les expatriés » (4). Daarenboven zijn er talrijke incidenten geweest bij het controleren van militairen of politieke figuren. Het blijkt dat
de houding van de Belgische soldaten niet altijd was
aangepast aan die gewone politieopdracht, die werd
uitgevoerd door buitenlanders die de lokale autoriteiten controleerden. Zoals kolonel Marchal in de
commissie heeft onderstreept « moet men een
bepaalde houding aannemen wanneer men de stafchef van de Rwandese troepen bij een wegcontrole
doet stoppen. Dat gebrek aan aanpassing heeft het
incident met generaal Nsabimana veroorzaakt. ... Dat
soort incidenten heeft zich ook met de minister van
Landsverdediging en met kolonel Bagosora voorgedaan. » (5) Er waren ook incidenten met « burgerlijke en militaire overheden — die allen aanleunden
bij het beleid van de president — die openlijk weigerden zich te onderwerpen aan enige vorm van controle » (6). De enige road-block die gedurende de
hele opdracht is uitgevoerd (nl. personen tegenhouden op bevel van VN-waarnemers teneinde ze te verhinderen zonder UNMO-escorte rond te rijden) werd
eveneens fel bekritiseerd. Die kritiek had dit keer, zo
blijkt, te maken met de ongegeneerde houding van de
troepen (7).
Bij het zoeken naar de oorzaak van die incidenten
hebben sommigen gewag gemaakt van een plan om de
Belgische militairen te destabiliseren (8). In vele
gevallen kwam het gedrag van de gecontroleerde
Rwandezen, volgens vele getuigen, neer op een echte
provocatie.

1 - 611/7 - 1997/1998

De même, on lit dans le rapport de la commission
Uytterhoeven que « les patrouilles eurent au début
une attitude fort musclée » (1). Ces patrouilles, tant à
pied, en véhicules, qu’en hélicoptère, ont donné lieu à
des plaintes de la part de la population (2).
L’établissement de checkpoints (points de contrôle
routier) fut également source de problème. Les
contrôles se faisaient au début arme tenue des deux
mains (3). Cette attitude menaçante fut très mal
perçue par la population, « aussi bien les Rwandais
que les expatriés » (4). De plus, de nombreux incidents éclatèrent lors de contrôle de militaires ou de
personnalités politiques. Il semble que l’attitude des
soldats belges n’ait pas toujours été adaptée à cette
mission de simple police, exécutée par des agents
étrangers contrôlant les autorités locales. Comme l’a
souligné le colonel Marchal devant la commission,
« quand le chef d’état-major des troupes rwandaises
est arrêté à un contrôle routier, il faut adopter une
attitude particulière. C’est ce manque d’adaptation
qui est à l’origine de l’incident avec le général Nsabimana. (...) Nous avons connu ce genre d’incident
aussi avec le ministre de la Défense et le colonel Bagosora » (5). Des incidents éclatèrent aussi avec des
« VIP civils ou militaires — tous proches de la présidence — qui ostensiblement refusaient de se soumettre à toute forme de contrôle » (6). La réalisation du
seul « road-block » de toute la mission (consistant à
bloquer des personnes, sur ordre des observateurs de
l’ONU, pour les empêcher de circuler sans escorte
UNMO) fut également source de critiques, basées
cette fois, semble-t-il, sur l’attitude désinvolte des
troupes (7).
À propos de la cause de ces incidents, certains ont
évoqué l’hypothèse d’un plan visant à déstabiliser les
militaires belges (8). Dans plusieurs situations, le
comportement des Rwandais contrôlés s’apparentait,
selon plusieurs témoins, à de véritables provocations.

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 9 en briefwisseling van luitenantkolonel Leroy van 30 maart 1994, « Objet :enseignements de
l’opération UNAMIR I », bijlage A.
(2) Ibidem.
(3) Rapport van luitenant-kolonel Leroy van 30 maart 1994,
« Objet : enseignements de l’opération UNAMIR I », bijlage A.
(4) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 9.
(5) Hoorzitting met gesloten deuren met kolonel Marchal,
op. cit., PV, blz. 18/3.
(6) Rapport van luitenant-kolonel Leroy van 30 maart
1994, « Objet : enseignements de l’opération UNAMIR I », bijlage A.
(7) Ibidem.
(8) Ibidem : « même si le sentiment qui prédomine est que les
« incidents » au niveau des CHP ont été orchestrés (...) ».

(1) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 9 et courrier du lieutenant-colonel
Leroy du 30 mars 1994, « Objet : enseignements de l’opération
UNAMIR I », annexe A.
(2) Ibidem.
(3) Rapport du lieutenant-colonel Leroy du 30 mars 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I », annexe A.
(4) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 9.
(5) Audition à huis clos du colonel Marchal, op cit., PV,
p. 18/3.
(6) Rapport du lieutenant-colonel Leroy du 30 mars 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I », annexe A.
(7) Ibidem.
(8) Ibidem : « même si le sentiment qui prédomine est que les
« incidents » au niveau des CHP ont été orchestrés (...) ».

1 - 611/7 - 1997/1998

( 368 )

Kolonel Marchal « ontkent niet dat de wil voorhanden was om het detachement te destabiliseren en
incidenten uit te lokken » maar denkt al evenmin dat
het om een beredeneerd destabiliseringsplan ging.
Daarenboven is hij van mening dat « een beroepsmilitair dat soort valstrik moet kunnen vermijden » (1).
(...) « De conclusie die ik getrokken heb uit de incidenten tijdens de wegcontroles was dat het detachement
niet voorbereid was en dat het onvoldoende kennis
had van het terrein. Dit heeft vijandige en onnodig
agressieve reacties uitgelokt. » (2)

Le colonel Marchal « ne nie pas l’intention de
déstabiliser le détachement et de susciter des incidents », mais ne pense pas qu’il s’agissait d’un plan
concerté de déstabilisation. De plus, il estime « qu’un
militaire professionnel doit pouvoir éviter ce genre de
piège (1). (...) « La conclusion que j’ai tirée des incidents qui se sont produits pendant les contrôles
routiers était que le détachement n’était pas préparé et
qu’il y avait une méconnaissance de l’environnement
dans lequel il évoluait. Cela engendrait des attitudes
inamicales et inutilement agressives. » (2)

Luitenant Nees heeft tijdens zijn hoorzitting voor
de onderzoekscommissie gewezen op talrijke provocaties. Hij haalt onder meer het geval aan van een
patrouille-interventie ’s nachts bij het huis van de
heer Bagosora, waarbij deze laatste, « zijn militaire
garde beval de wapens op de Belgen te richten » (3).
In een document van 7 februari 1994 schrijft Nees dat
de anti-Belgische houding niet als vijandig tegenover
de Belgische blauwhelmen mag worden beschouwd,
maar als een onderdeel van een bewust tegen de
Belgen gerichte politiek. Hij heeft dat voor de
commissie bevestigd (4).

Le lieutenant Nees a évoqué plusieurs provocations
lors de son audition devant la commission d’enquête.
Il cite notamment le cas de l’intervention d’une
patrouille la nuit près de la maison de M. Bagosora,
lors de laquelle ce dernier « a ordonné à sa garde militaire de braquer ses armes sur les Belges » (3). Dans
un document du 7 février 1994, Nees écrit qu’il faut
considérer l’attitude antibelge non comme hostile à
l’égard des Casques bleus belges, mais comme faisant
partie d’une politique délibérément dirigée contre les
Belges; il a confirmé ces propos devant la commission (4).

Krijgsauditeur Van Winsen van zijn kant meent na
onderzoek dat « er talrijke provocaties zijn geweest
waarop niet is gereageerd. ». Hij wil evenwel geen
geloof hechten aan de stelling dat die uiteenlopende
provocaties passen in een georkestreerd plan om het
vertrek van UNAMIR te verkrijgen, wat de moord op
de Belgische soldaten zou hebben ingehouden, al kan
hij dat idee niet helemaal verwerpen. (5)

L’auditeur militaire Van Winsen estime quant à lui,
après enquête, que « les provocations ont été nombreuses, sans qu’elles soient suivies de réaction ». Il ne
veut pas pour autant privilégier l’idée selon laquelle
ces provocations s’inscrivaient dans un plan visant à
obtenir le départ de la MINUAR, et qui aurait impliqué l’assassinat des soldats belges, même s’il ne peut
rejeter totalement cette idée (5).

Na die talrijke incidenten is door de generale staf
(van de sector en van de Force) (6) een andere houding geëist.

À la suite de ces nombreux incidents, un changement d’attitude a été exigé par l’état-major [du secteur
et de la Force] (6).

In de checkpoints werd er gecontroleerd met het
wapen « over de schouder ». De Force Commander
besloot op 6 februari 1994 « de mettre provisoirement
un terme aux CHP établis par des militaires belges. Ce
n’est qu’en date du 25 février que les CHP furent remis
au programme. » (7)

Dans les checkpoints, les contrôles se firent « arme
à la bretelle ». Bientôt, « le Force Commander (FCO)
décida en date du 6 février 94 de mettre provisoirement un terme aux CHP [checkpoints] établis par des
militaires belges. Ce n’est qu’en date du 25 février que
les CHP furent remis au programme » (7).

De patrouilles te voet werden minder talrijk evenals de halten tijdens de patrouilles per voertuig. Men
legde aan de troepen uit dat het doel van die patrouilles was op een vriendelijke manier in contact te treden

Les patrouilles à pied se firent moins nombreuses,
ainsi que les arrêts lors des patrouilles en véhicules.
On expliqua aux troupes que le but de ces patrouilles
était « de prendre contact avec la population, amicale-

——————

——————

(1) Hoorzitting met gesloten deuren met kolonel Marchal,
BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 19 maart 1997, blz. 18/3.
(2) Ibidem.
(3) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 121.
(4) Ibidem, blz. 123, zie daarover punt 3.3.1.
(5) Hoorzitting met de heer Van Winsen, POR, Senaat,
6 mei 1997, PV blz. 419.
(6) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 9.
(7) Rapport van luitenant-kolonel Leroy van 30 maart 1994,
« Objet : enseignements de l’opération UNAMIR I », bijlage C.

(1) Audition à huis clos du colonel Marchal, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 19 mars 1997, p. 18/3.
(2) Ibidem.
(3) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(4) Ibidem, p. 119. Sur ce point, voir 3.3.1.
(5) Audition de M. Van Winsen, CER, CRA, Sénat, 6 mai
1997, PV, p. 411.
(6) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 9.
(7) Rapport du lieutenant-colonel Leroy du 30 mars 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I », annexe C.

( 369 )

1 - 611/7 - 1997/1998

met de bevolking. Einde maart kregen die patrouilles
de bijnaam « Coca-Cola-patrouilles » (1).

ment. Fin mars, ces patrouilles étaient surnommées
« patrouilles Coca-cola » (1).

Na de « militaire » houding die de Belgische strijdkrachten aanvankelijk aannamen, gedroegen zij zich
vervolgens meer als een « wijkagent » (2), volgens het
verslag van de commissie-Uytterhoeven.

Après avoir eu une attitude « militaire », les forces
belges ont adopté une attitude plus proche de celle de
« policier de quartier », selon le rapport de la commission Uytterhoeven (2).

Die interpretatie wordt echter genuanceerd door
kolonel Marchal, die zich verzet tegen de bewering
alsof hij de rol van de Belgische militairen wilde
beperken tot die van « wijkagent ». Hij zegt altijd
« een operationele mentaliteit geëist te hebben ». Hij
heeft verklaard « een houding te hebben verdedigd die
een ontspannen voorkomen verzoende met de vinger
aan de trekker ». Zijn leuze was : « relax maar waakzaam ». Kolonel Marchal leek daarmee in overeenstemming te zijn met generaal Dallaire.

Cette interprétation est cependant nuancée par le
colonel Marchal qui s’insurge contre l’affirmation
selon laquelle « il voulait limiter le rôle des militaires
belges à celui « d’agents de quartier ». Il estime « avoir
toujours exigé une mentalité d’opération ». Il a
déclaré avoir « défendu une attitude conciliant une
apparence décontractée et le doigt posé sur la détente
(...) ma devise était « relax mais vigilant ». De ce point
de vue, le colonel Marchal semblait en phase avec le
général Dallaire.

De kolonel erkent echter zelf dat die instructies
over schijnbare ontspanning werden opgevolgd,
maar de eis van toenemende waakzaamheid veel
minder.

Mais le colonel reconnaı̂t lui-même que, si ses
instructions concernant la décontraction apparente
ont bien été appliquées, l’exigence de vigilance accrue
a été moins bien rencontrée.

Bij de voorbereiding van KIBAT II heeft men instructies gegeven om een andere houding aan te
nemen. « Men legde de nadruk op het feit dat een
andere houding diende te worden aangenomen dan in
Somalië. De basisfilosofie was dat men naar Rwanda
ging als gast en dat samenwerking (onder meer met de
rijkswacht) derhalve de sleutel van het succes
was. » (3)

Lors de la préparation de KIBAT II, on a donné des
consignes de modification de cette attitude. « On mit
spécialement l’accent sur la différence d’attitude à
adopter, en comparaison avec la Somalie. La philosophie de base était que l’on se rendait au Rwanda
comme invité et que, dès lors, la coopération (avec la
gendarmerie notamment) était la clé du succès » (3).

Zoals de militairen zelf hebben benadrukt, blijkt
dat die omschakeling niet altijd zonder problemen is
verlopen (4). « Ter illustratie kan worden gezegd dat
de Raadgever in Oorlogsrecht onder meer heeft gewezen op enkele afwijkende reacties bij ondergeschikte
kaderleden tijdens de opleiding. » (5)

Comme les militaires l’ont souligné eux-mêmes, il
apparaı̂t que ce changement ne s’est pas toujours fait
sans problème (4). « À titre d’illustration, l’on peut
dire que le conseiller en droit de la guerre a notamment attiré l’attention sur certaines réactions divergentes des cadres subalternes au cours de la formation »(5).

Over de functie van deze raadgever in het recht van
de gewapende conflicten (RRGC) zal de commissie in
een volgend onderdeel een aantal vaststellingen doen.

Dans une partie suivante, la commission fera une
série de constatations sur la fonction et l’importance
de ce conseiller en droit des conflits armés (CDCA).

Los van de rol van deze RRGC, en de problematiek
die ermee verbonden is, lijkt het mededelen van de
gedragsregels en de assimilatie ervan door de troepen
moeilijk te zijn geweest. Ten gevolge van de incidenten bij het begin van de opdracht is er, zowel ter
plaatse voor het tweede deel van KIBAT I als bij de
voorbereiding in België van KIBAT II, de nadruk op

Indépendamment du rôle de ce CDCA et des
problèmes qui y sont liés, la communication des règles
de comportement et son intégration par la troupe
paraı̂t avoir été difficile. À la suite des incidents de
début de mission, il a donc fallu insister, tant sur place
pour la deuxième partie de KIBAT I que lors de la
préparation en Belgique de KIBAT II, sur la retenue

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 9.
(2) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, uiteenzetting van luitenant-kolonel Leroy
deel II, Ann. A, app. 8, blz. 2.
(3) Ibidem, blz. 20.
(4) Ibidem.
(5) Ibidem.

(1) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 9.
(2) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, exposé du lieutenant-colonel Leroy, tome II,
annexe A, app. 8, p. 2.
(3) Ibidem, p. 20.
(4) Ibidem.
(5) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 370 )

gelegd dat de Rules of Engagement noodzakelijk zijn
en dat ze een bindend karakter hebben. « Men heeft
zozeer de nadruk gelegd op de verbodsbepalingen
vervat in de Rules of Engagement dat de uitvoerders
uiteindelijk niet meer dachten aan het belangrijkste
principe, dat van de wettige zelfverdediging. »(1) De
kwaliteit van de bewapening en van de munitie, die
was afgestemd op de rol van politieagent maar in de
ogen van de soldaten elk ernstig militair optreden uitsloot, « heeft zeker invloed gehad op de waakzaamheid van de paracommando’s, hun basisreflexen, ja
zelfs op hun zin voor initiatief en hun zelfvertrouwen » (2).

nécessaire, et sur le caractère contraignant des ROE.
« On a tant insisté sur les interdictions contenues dans
les ROE que, finalement, le principe le plus important
– la légitime défense – n’était plus présent à l’esprit des
exécutants » (1). La qualité de l’armement et des
munitions, adaptée à un rôle de policier, mais qui
rendait illusoire aux yeux des soldats toute action
militaire sérieuse, « certainement eu une influence sur
la vigilance des paracommandos, leurs réflexes de
base, voire même sur leur sens de l’initiative et leur
confiance en soi » (2).

Ten slotte « moet men eraan toevoegen dat de
gevallen die voor het auditoraat-generaal behandeld
worden ten gevolge van de VN-operaties in Somalië
waaraan diezelfde eenheden hebben deelgenomen,
blijven zorgen voor een zekere angst om veroordeeld
te worden alleen maar omdat men zijn wapen heeft
gebruikt ». (3) Krijgsauditeur Van Winsen heeft
bevestigd dat sommige manschappen « getraumatiseerd waren door de ingestelde vervolgingen » (4).

Enfin, « il faut ajouter que les cas pendants devant
l’auditorat général, à la suite des opérations ONU en
Somalie auxquelles ces mêmes unités ont participé,
continuent de créer une certaine peur d’être jugé pour
avoir utilisé son arme » (3). L’auditeur militaire Van
Winsen a affirmé que certains hommes « étaient traumatisés par les poursuites engagées » (4).

« Op het terrein vertaalde zich dat in een gevoel van
onmacht. (5) » Dat heeft geleid tot een vorm van
« geestelijke demobilisatie » waarbij het nut van de
patrouilles, van de controles ... in twijfel werd getrokken. (6) »

« Sur le terrain, cela se traduisait par un sentiment
d’impuissance » (5). « Cela a conduit à une certaine
démobilisation des esprits, mettant en doute l’utilité
des patrouilles, contrôles ... » (6).

Men is dus van het ene uiterste in het andere vervallen : van een strijdlustig en misschien als te agressief
ervaren gedrag werd overgeschakeld maar een onzekere houding. Het is duidelijk dat geen van die houdingen geschikt is voor een peacekeepingopdracht,
« die op elk ogenblik zelfbeheersing vereist, waakzaamheid gedurende lange periodes en het onder
controle houden van de stress » (7).

On est donc passé d’un extrême à l’autre : à un
comportement conquérant et peut-être trop agressif,
a succédé une attitude effacée, incertaine. Bien
entendu, aucune de ces attitudes ne convient aux
missions de peace-keeping, lesquelles exigent « une
maı̂trise de soi de tous les instants, accepter de rester
vigilants pendant de longues périodes, et contrôler
son stress » (7).

Hoewel de incidenten, die deels te wijten zijn aan
het onaangepaste gedrag van de troepen bij het begin
van de opdracht en anderzijds aan een drang tot provocatie vanwege de Rwandezen, argwaan hebben
kunnen doen ontstaan of versterken ten opzichte van
het Belgisch contingent, die naderhand is uitgegroeid
tot een bedreiging, was het wegens de houding die
vervolgens door onze troepen werd aangenomen, niet
mogelijk het hoofd te bieden aan die bedreiging aan-

Alors que les incidents dus, d’une part, au comportement inadapté des troupes au début de la mission et,
d’autre part, à une volonté de provocation de la part
des Rwandais ont pu créer, ou renforcer, un sentiment de défiance vis-à-vis du contingent belge qui a
pu mener à une attitude plus menaçante, l’attitude
adoptée ensuite par nos troupes ne permettait pas de
faire face à cette attitude menaçante, puisqu’il n’était
plus question de « montrer sa force ». En somme, face

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 21.
(2) Ibidem.
(3) Ibidem, blz. 51.
(4) Hoorzitting met de heer Van Winsen, krijgsauditeur
emeritus bij de Krijgsraad, POR, Senaat, 6 mei 1997, PV, blz. 14
(BV 420).
(5) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van 16 november 1994, deel I, blz. 21.
(6) Ibidem, blz. 51.
(7) Brief van luitenant-kolonel Leroy van 30 maart 1994,
« Objet : enseignements de l’opération UNAMIR I », bijlage A.

(1) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 21.
(2) Ibidem.
(3) Ibidem, p. 51.
(4) Audition de M. Van Winsen, auditeur militaire émérite
au conseil de guerre, CER, Sénat, 6 mai 1997, PV, p. 14 (CRA,
p. 412).
(5) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 22.
(6) Ibidem, p. 51.
(7) Rapport du lieutenant-colonel Leroy du 30 mars 1994,
« Objet : enseignements de l’opération UNAMIR I », annexe A.

( 371 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gezien er niet « krachtig » mocht worden opgetreden.
Kortom, tegenover een wellicht vijandige tegenstrever die echter niet veel bedreiging inhield, hebben de
para’s een gedrag vertoond dat door sommigen als
agressief werd beschouwd; toen de toestand vervolgens echt dreigend is geworden en zij geconfronteerd
werden met toenemende vijandigheid, hebben ze
blijk gegeven van een meer passieve houding.

à une attitude peut-être hostile mais peu menaçante,
les paras ont adopté un comportement considéré
comme agressif par certains; ensuite, face à une attitude réellement menaçante et face à une hostilité grandissante, les paras ont fait montre d’une attitude plus
passive.

Van dit afnemend respect voor de Belgische para’s
getuigt ook kapitein Theunissen. Kapitein Theunissen verklaarde het volgende over de eerder symbolische waarde van de door de Rwandezen opgerichte
barrages : « Je vous ai parlé la dernière fois des barrages où l’on mettait deux cailloux et une baguette sur
la route. Les gens faisaient demi-tour parce qu’il
n’était pas question de forcer des barrages. Le soldat
rwandais qui voit ce genre de réaction, est conforté
dans son idée que cette fois-ci il peut y aller : Belges ou
pas de Belges, ils ont un béret bleu et il peut en profiter
au maximum. » (1)

Le capitaine Theunissen témoigne également de la
diminution du respect à l’égard des paras belges. Le
capitaine Theunissen a déclaré au sujet de la valeur
plutôt symbolique des barrages mis en place par les
Rwandais : « Je vous ai parlé la dernière fois des
barrages où l’on mettait deux cailloux et une baguette
sur la route. Les gens faisaient demi-tour parce qu’il
n’était pas question de forcer des barrages. Le soldat
rwandais qui voit ce genre de réaction est conforté
dans son idée que cette fois-ci il peut y aller : Belges ou
pas de Belges, ils ont un béret bleu et il peut en profiter
au maximum » (1).

Dit wordt bevestigd door luitenant Lecomte tijdens
de hoorzitting van 7 mei 1997 :

C’est ce que confirme le lieutenant Lecomte au
cours de son audition du 7 mai 1997 :

« Ce n’est pas d’office, mais je pense que de voir en
permanence les Belges cotoyer les gendarmes rwandais en ayant une attitude assez passive et assez discrète également fait que les Rwandais se sont sentis en
position de supériorité vis-à-vis des troupes belges. »

« Ce n’est pas d’office, mais je pense que de voir en
permanence les Belges cotoyer les gendarmes rwandais en ayant une attitude assez passive et assez
discrète également fait que les Rwandais se sont sentis
en position de supériorité vis-à-vis des troupes
belges. »

Verder verklaarde luitenant Lecomte :

Ensuite, le lieutenant Lecomte a déclaré :

« Je pense que, si on avait pu faire preuve de plus de
fermeté, je ne dis pas que la situation ne serait pas arrivée, mais leur attitude aurait été totalement différente » (2).

« Je pense que, si on avait pu faire preuve de plus de
fermeté, je ne dis pas que la situation ne serait pas arrivée, mais leur attitude aurait été totalement différente » (2).

Gelijkaardige opmerkingen vinden we in de verklaringen afgelegd aan de commissie-Uytterhoeven. Bv.
Sgt. Bulinckx :

Nous retrouvons également des remarques similaires dans les déclarations faites à la commission
Uytterhoeven : le sergent Bulinckx affirme par exemple :

« On nous a tellement martelé Show the flag que je
me suis senti en faute après avoir utilisé les armes pour
me défendre... Certains officiers (Capt. Marchal) se
sont fait fouiller et désarmer par les FAR en passant
un road block. » (3)

« On nous a tellement martelé Show the flag que je
me suis senti en faute après avoir utilisé les armes pour
me défendre... Certains officiers (Capt. Marchal) se
sont fait fouiller et désarmer par les FAR en passant
un road block » (3).

De commissie-Uytterhoeven bereikte dan ook
volgende belangrijke besluit :

Dès lors, la commission Uytterhoeven a tiré la
conclusion suivante, qui est importante :

« Sur le terrain, cela se traduisait par un sentiment
d’impuissance : dans tous les cas, le succès d’une opé-

« Sur le terrain, cela se traduisait par un sentiment
d’impuissance : dans tous les cas, le succès d’une

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997, PV, blz. 29/4 en 29/5.
(2) Hoorzitting met luitenant Lecomte, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 22/11 à 23/2.
(3) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel II, Ann. C., App. 3.

(1) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, PV, pp. 29/4 et 29/5.
(2) Audition du lieutenant Lecomte, CER, Sénat, 7 mai
1997, PV, pp. 22/11 à 23/2.
(3) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome II, Ann. C., App. 3.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 372 )

ration dépendait du bon vouloir des Rwandais. La
MINUAR n’avait pas les moyens d’imposer sa
volonté, son Comd n’a d’ailleurs jamais voulu utiliser
la force pour ce faire. Cette impuissance de la
MINUAR ne devait évidemment pas passer inaperçue
des Rwandais. Ils ont donc pu estimer ne guère courir
de risques en bloquant la MINUAR, voire en s’en
prenant à ses troupes » (1).

opération dépendait du bon vouloir des Rwandais.
La MINUAR n’avait pas les moyens d’imposer sa
volonté, son Comd n’a d’ailleurs jamais voulu utiliser
la force pour ce faire. Cette impuissance de la
MINUAR ne devait évidemment pas passer inaperçue
des Rwandais. Ils ont donc pu estimer ne guère courir
de risques en bloquant la MINUAR, voire en s’en
prenant à ses troupes » (1).

Dat heeft de geloofwaardigheid van UNAMIR
aanzienlijk doen afnemen. Ze werden zelfs op pejoratieve wijze « Minuar » genoemd (in het Kinyarwanda :
« Zij die praten »).

Cela a entrainé une réduction importante de la
crédibilité de la MINUAR, qualifiée d’ailleurs de
« Minua » (en kinyarwanda, « ceux qui parlent »).

Na de problemen met de opleiding en de bruuske
correctie die daarop gevolgd is, bestond er dus geen
aangepaste verhouding tussen de houding van de
troepen en de situatie op het terrein.

À la suite de problèmes de formation, et des corrections brutales qui suivirent, il n’y eut donc jamais
d’adéquation entre le comportement des troupes et la
situation sur le terrain.

De functie van de raadgever in het recht van de gewapende conflicten

La fonction de conseiller en droit des conflits armés

De rol van RRGC was belangrijk in de opdrachten
KIBAT I en KIBAT II.

Le rôle du CDCA était important au sein des
missions de KIBAT I et II.

De functie van RRGC wordt vermeld in het eerste
toegevoegd protocol bij de verdragen van Genève van
12 augustus 1949, art. 82. De taak van de adviseur
werd na de gebeurtenissen in Rwanda door de generale staf vastgelegd :

L’existence du CDCA est prévue par le premier
protocole additionnel aux conventions de Genève du
12 août 1949, art. 82. La mission du conseiller a été
définie après les événements au Rwanda par l’étatmajor :

« a. De militaire commandanten adviseren voor de
toepassing van het oorlogsrecht, wat betreft de rechtsleer en de instructies;

« a. Conseiller les commandants militaires quant à
l’application du droit des conflits armés, quant à la
doctrine existante et à l’enseignement.

b. In geval van deelneming aan een buitenlandse
operatie, de commandanten adviseren over de DCAaspecten (Droit des conflits armés) die bij dit soort
van opdrachten behoren. »(2)

b. En cas de participation à une opération extérieure, conseiller les commandants en ce qui concerne
les aspects du DCA (Droit des conflits armés) inhérents à ce type de mission » (2).

Commandant Noens was raadgever in het recht
van de gewapende conflicten bij UNAMIR, meer
bepaald bij KIBAT I. Hij werd slechts op 22 november 1993 hiertoe aangewezen, ten gevolge van meldingen in de pers betreffende het slecht gedrag van para’s
in Somalië. Aangezien de richtlijnen voor de RRGC
in oorlogsrecht slechts bestonden uit een zeer
summier algemeen order uit 1991, diende hij als het
ware zijn eigen opdracht te schrijven. Als adviseur
van het commando onderzocht hij of de instructies in
overeenstemming waren met de ROE en het humanitair recht. Eén enkele keer heeft commandant Noens
negatief geadviseerd, omdat het Belgisch leger niet

Le commandant Noens était conseiller en droit des
conflits armés auprès de la MINUAR, plus particulièrement auprès du KIBAT I. Il n’a été désigné comme
tel que le 22 novembre 1993, après que la presse eut
fait état de la mauvaise conduite des paracommandos
en Somalie. Comme les directives destinées au CDCA
se limitaient à un ordre général fort succinct de 1991,
il a dû, pour ainsi dire, déterminer lui-même sa propre
mission. En tant que conseiller de l’état-major, il vérifiait si les instructions étaient conformes aux règles
d’engagement et au droit humanitaire. Le commandant Noens a rendu un seul avis négatif, sur le fait que
l’armée belge n’était pas formée aux missions de

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 22.
(2) Strijdkrachten, Generale Staf, Divisie operaties, Algemeen Order J/797 B, « Objet: Le conseiller en droit des conflits
armés », 8 februari 1996.

(1) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, tome I, p. 22.
(2) Forces armées — État-major — Division opération,
Ordre général, J/797 B, « Objet: Le conseiller en droit des
conflits armés », 8 février 1996.

( 373 )

1 - 611/7 - 1997/1998

was opgeleid voor de ordehandhaving. Hij volgde de
veiligheidsvergaderingen met de Rwandezen en gaf
onderricht aan KIBAT I inzake humanitair recht.
Volgens commandant Noens : « Het werk op het
terrein gaf dikwijls aanleiding tot hevige maar positieve discussies met de mensen, met de troep aangaande het nut van het oorlogsrecht en het nut van de
VN-opdracht. » (1)

maintien de l’ordre. Il assistait aux réunions de sécurité avec les Rwandais et donnait des cours de droit
humanitaire au KIBAT I. Selon le commandant
Noens : « Het werk op het terrein gaf dikwijls aanleiding tot hevige maar positieve discussies met de
mensen, met de troep aangaande het nut van het
oorlogsrecht en het nut van de VN-opdracht » (1).

Volgens commandant Noens waren onze para’s
niet voorbereid voor de peacekeeping/opdracht in
Rwanda : « ... de para’s die vertrokken zijn, hebben
gedacht dat het een gemakkelijke operatie was en dat
men in zekere zin een ruiloperatie had gedaan. (...)
Het was allerminst aangenaam, vooral op mentaal
gebied omdat zij van de Force en de sector kritiek
kregen, vaak ten onrechte. (...) Zij hadden de indruk
niet begrepen te worden, en vooral niet gesteund te
worden » (2).

D’après le commandant Noens, nos soldats
n’étaient pas préparés à la mission de maintien de la
paix au Rwanda : « ... de para’s die vertrokken zijn,
hebben gedacht dat het een gemakkelijke operatie
was en dat men in zekere zin een ruiloperatie had
gedaan. (...) Het was allerminst aangenaam, vooral
op mentaal gebied omdat zij van de Force en de sector
kritiek kregen, vaak ten onrechte. (...) Zij hadden de
indruk niet begrepen te worden, en vooral niet gesteund te worden » (2).

Volgens commandant Noens werd in verschillende
faxberichten naar Evere de nadruk gelegd op een
betere voorbereiding van KIBAT II. Hij vreest dat dit
als negatief effect heeft gehad dat de mensen het
gevoel kregen niets meer te mogen ondernemen. De
commandant beschouwt het als een nadeel dat de
blauwhelmen aanvankelijk gewapend verschenen, te
voet, en in sectieverband (show the flag), en daarna
hun bewapening afzwakten. « Dat was in de kaarten
spelen van bepaalde FAR-officieren die helemaal niet
Belgisch gezind waren », aldus commandant
Noens (3).

Pour le commandant Noens, les divers messages
fax envoyés à Evere soulignaient la nécessité de mieux
préparer KIBAT II. Il craint que ces messages n’aient
eu un effet négatif en ce sens que les hommes ont eu le
sentiment de ne plus rien pouvoir entreprendre. Le
commandant juge néfaste que les Casques bleus aient
d’abord patrouillé à pied, en section (show the flag) et
armés et que, par la suite, ils aient réduit leur armement. Le commandant Noens estime que « ... Dat was
in de kaarten spelen van bepaalde FAR-officieren die
helemaal niet Belgisch gezind waren » (3).

Commandant Noens wordt opgevolgd door
majoor Bodart die de taak van raadgever in het recht
van de gewapende conflicten bij KIBAT II op zich
neemt. Noch commandant Noens noch majoor
Bodart zijn officieren, afkomstig van of ressorterend
onder de paracommando-brigade. Toch stelt de
commissie vast dat de verstandhouding tussen
commandant Noens (KIBAT I) en het eerste parabataljon uit Diest vrij goed was, waar de verhoudingen
tussen majoor Bodart (KIBAT II) en het tweede
commando uit Flawinne vrij polemisch verliepen.

Au commandant Noens a succédé le major Bodart,
qui a assumé la tâche de conseiller en droit des conflits
armés pour le KIBAT II. Le commandant Noens et le
major Bodart ne sont pas issus de la brigade paracommando et n’en font pas davantage partie. La commission constate pourtant que les rapports entre le
commandant Noens (KIBAT I) et le premier bataillon
para de Diest étaient assez bons, tandis que ceux
qu’entretenaient le major Bodart (KIBAT II) et le
deuxième commando de Flawinne avaient un caractère plutôt polémique.

De verklaring van majoor Bodart is de volgende :
« J’ai fait en tout et pour tout trois interventions. La
première c’est le 7 avril au matin lorsque j’ai vu arriver un chauffeur dans le cantonnement où je me trouvais, équipé d’une grenade. J’ai dit, tiens on a distribué des grenades. Je l’ai vérifié près du colonel Dewez
qui m’a dit : « c’est normal, ils doivent pouvoir se
défendre ». Ma deuxième intervention n’a pas trait à
un phénomène d’armement mais à un bête problème

Le major Bodart explique la situation comme suit :
« J’ai fait en tout et pour tout trois interventions. La
première c’est le 7 avril au matin lorsque j’ai vu arriver un chauffeur dans le cantonnement où je me trouvais, équipé d’une grenade. J’ai dit, tiens on a distribué des grenades. Je l’ai vérifié près du colonel Dewez
qui m’a dit : « c’est normal, ils doivent pouvoir se
défendre ». Ma deuxième intervention n’a pas trait à
un phénomène d’armement mais à un bête problème

——————

——————

(1) Hoorzitting met commandant Noens, POR, Senaat,
13 mei 1997, PV, blz. 86/1.
(2) Hoorzitting met commandant Noens, POR, Senaat,
13 mei 1997, PV, blz. 87/1.
(3) Hoorzitting met commandant Noens, POR, Senaat,
13 mei 1997, PV, blz. 91/2.

(1) Audition du commandant Noens, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, p. 86/1.
(2) Audition du commandant Noens, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, p. 87/1.
(3) Audition du commandant Noens, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, p. 91/2.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 374 )

de parking. J’ai demandé à un chef de section qui
rentrait d’une mission relativement dure — c’était la
compagnie qui était à Don Bosco — de bouger sa
camionnette qui était dans le chemin. Au même
moment, nous recevions des autobus pour évacuer
des expatriés qui étaient à l’hôtel Méridien. Il y avait
une certaine excitation. Je lui ai demandé à plusieurs
reprises de déplacer sa camionnette. Il ne l’a pas
bougée. Après trois fois, je l’ai légèrement empoigné
par le bras pour le tourner vers sa camionnette en lui
demandant de la bouger. À ce moment-là, un lieutenant a failli en venir aux mains. Je crois que cette réaction est tout à fait légitime. » (1)

de parking. J’ai demandé à un chef de section qui
rentrait d’une mission relativement dure — c’était la
compagnie qui était à Don Bosco — de bouger sa
camionnette qui était dans le chemin. Au même
moment, nous recevions des autobus pour évacuer
des expatriés qui étaient à l’hôtel Méridien. Il y avait
une certaine excitation. Je lui ai demandé à plusieurs
reprises de déplacer sa camionnette. Il ne l’a pas
bougée. Après trois fois, je l’ai légèrement empoigné
par le bras pour le tourner vers sa camionnette en lui
demandant de la bouger. À ce moment-là, un lieutenant a failli en venir aux mains. Je crois que cette réaction est tout à fait légitime » (1).

Nochtans zal blijken dat, betreffende dit laatste
incident, bataljonscommandant Dewez bevel had
gegeven de MI.50’s boven te halen. Majoor Bodart
getuigt hiervan niet op de hoogte geweest te zijn. Verder geeft de RRGC in oorlogsrecht bij KIBAT II toe
dat hij soms harde woorden moest aanhoren, hetgeen
ook blijkt uit de hiernavolgende getuigenissen van
enkele lagere kaderleden.

Pour ce qui est de ce dernier incident, il apparaı̂tra
toutefois que le commandant du bataillon, le colonel
Dewez, avait donné l’ordre de sortir les MI.50. Le
major Bodart témoigne qu’il n’était pas au courant de
cet ordre. Il témoigne également qu’il a parfois dû
entendre des mots durs, ce que confirment les témoignages suivants de quelques cadres inférieurs.

Zo getuigt kapitein Theunissen over majoor
Bodart : « Ik vind hem onbekwaam. Hij heeft zijn
kolonel op geen enkel ogenblik gesteund. » (2)

Le capitaine Theunissen a fait le témoignage
suivant concernant le major Bodart : « Je le considère
comme incapable. À aucun moment, il n’a appuyé
son colonel » (2).

Korporaal-chef Pierard getuigt over de RRGC : « Ik
weet niet of hij zich wel goed rekenschap gaf van de
situatie. » (3) Verder zegt korporaal-chef Pierard dat
majoor Bodart aan hem geen lessen oorlogsrecht
gegeven heeft.

Le caporal-chef Pierard a porté le jugement suivant
sur le CDCA : « Je ne sais s’il s’est bien rendu compte
de la situation » (3). Et le caporal-chef Pierard
d’ajouter que le major Bodart ne lui a donné aucun
cours de droit de la guerre.

Korporaal Kinkin verwoordt het als volgt : « Wij
hadden de indruk dat Bodart er was om de zwarten te
helpen, niet de Belgen. » (4)

Le caporal Kinkin a dit quant à lui : « Nous avions
l’impression que Bodart ne servait à rien. Il était là
pour aider les Noirs, pas les Belges » (4).

De commissie stelt vast dat de RRGC’s in bij
KIBAT vrij onvoorbereid hun taak in Kigali dienden
op te nemen. Slechts in 1995-1996 zal de taak en functie van de raadgever in oorlogsrecht in een dienstorder beter gespecifieerd worden. Ook over de recrutering van deze RRGC’s in oorlogsrecht stelt de
commissie vast dat zij kandideerden op vrijwillige
basis en dat de opleiding zeer summier was.

La commission constate que les CDCA de KIBAT
ont dû remplir leur mission à Kigali alors qu’ils
n’avaient pas été suffisamment préparés. Ce n’est
qu’en 1995-1996 qu’un ordre de service précisera plus
avant en quoi consistent la mission et la fonction de
CDCA. De même, en ce qui concerne le recrutement
de ces CDCA, la commission constate que leur candidature était volontaire et que la formation était très
sommaire.

De commissie stelt tevens vast dat de bevelvoering
verschillende malen doorkruist werd door tegenstrijdige bevelen van de RRGC, vooral tijdens KIBAT II.

La commission constate, en outre, que le commandement s’est heurté, à plusieurs reprises, à des ordres
contraires du CDCA, surtout lors du KIBAT II, ce qui

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Bodart, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 97/2-97/4.
(2) Hoorzitting met kapitein Theunissen, BV, POR, Senaat,
1996-1197, 6 juni 1997, blz. 674.
(3) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 27 juni 1997, blz. 899.
(4) Hoorzitting met korporaal Kinkin, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 27 juni 1997, PV, blz. 899.

(1) Audition du major Bodart, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 97/2-97/4.
(2) Audition du capitaine Theunissen, CRA, CER, Sénat,
1996-1997, 6 juin 1997, p. 661.
(3) Audition du caporal-chef Pierard, CRA, CER, Sénat,
1996-1997, 27 juin 1997, p. 879.
(4) Audition du caporal Kinkin, CRA, CER, Sénat, 19961997, 27 juin 1997, blz. 879.

( 375 )
Dit had tot gevolg dat de verwarring onder de manschappen betreffende hun militair-operationele
houding nog toenam. Tijdens KIBAT II was de rol
van de militaire adviseur kennelijk een probleem op
zich, dat te maken had met zijn persoonlijkheid en
sommige van zijn standpunten (1).

3.3.4.2. Het gedrag van de soldaten buiten de
dienst

1 - 611/7 - 1997/1998

ne fit qu’accroı̂tre la confusion parmi les troupes
concernant leur comportement militaire et opérationnel. Au cours du KIBAT II, le rôle du conseiller militaire a manifestement été un problème en soi, du fait
de sa personnalité et de certaines de ses positions (1).

3.3.4.2. L’attitude des soldats hors service

De Belgische militairen mochten zich buiten de
diensturen in de stad Kigali begeven. Uitgaansverloven waren toegestaan en verloven mochten ook in de
operationele zone worden opgenomen.

Les militaires belges ont pu se promener, hors
service, dans la ville de Kigali. En effet, des sorties
étaient autorisées, et les congés pouvaient se prendre
dans la zone d’opération.

Wat de uitgaansverloven betreft, vond de commandant van KIBAT I (luitenant-kolonel Leroy) het
normaal uitstapjes toe te staan zolang die volgens zeer
strikte regels verliepen (burgerkleding, geen wapens,
onder bescherming van RP’s, op welbepaalde plaatsen, tijdens vooraf bepaalde uren en volgens een
vooraf vastgestelde toerbeurt) (2). Deze regels zijn
nog verder uitgewerkt (voor KIBAT II), met name in
een document van 19 maart 1994, ondertekend door
luitenant-kolonel Dewez, dat handelt over het stelsel
van de uitgaansverloven (3). Toegestaan waren uitstapjes in welbepaalde restaurants van 18 tot 23 uur.

Quant aux sorties, il a paru « normal » au commandement de KIBAT I, le lieutenant-colonel Leroy,
« d’autoriser les sorties pour autant qu’elles se déroulent selon des règles très strictes (tenue civile, pas
d’armes, sous la protection des RP, dans des endroits
reconnus, et selon un horaire, et un tour de rôle préétablis) (2). Ces règles sont précisées (pour KIBAT
II), notamment dans un document daté du 19 mars
1994 signé par le LtCol Dewez consacré aux « régimes
des sorties » (3). Elles prévoient des sorties dans des
restaurants autorisés, de 18 heures à 23 heures.

De verloven werden georganiseerd volgens reglementen van de VN, die voorzien in « 2,5 vakantiedagen per maand doorgebracht in de operationele
zone, d.w.z. ongeveer 10 dagen tijdens een opdracht
van vier maanden, voor zover de operationele situatie
het toestaat » (4). Wat de verloven betreft :
« aangezien tussen België en Rwanda goede relaties
van land tot land heersten, zagen de Force Commander, de sectorcommandant en de commandant van
KIBAT geen enkele reden om de families te verbieden
op eigen kosten naar Kigali te komen. Bovendien
moesten de verloven worden opgenomen in de operationele zone, zodat in feite niets belette dat Belgische
soldaten, al dan niet vergezeld van hun familie, hun
verloven doorbrachten in de KWSA, meer bepaald in
de stad Kigali zelf » (5).

Les congés étaient organisés selon les règlements de
l’ONU, qui « prévoient 2,5 jours de congé par mois
presté dans la zone de mission, soit environ dix jours à
prendre au cours des quatre mois de missions pour
autant que la Sit. Ops le permette » (4). En ce qui
concerne ces congés, « le Rwanda et la Belgique entretenant des rapports cordiaux d’État à État, le FCO, le
Sect Comd et le Comdt de KIBAT n’ont trouvé
aucune raison valable au fait que des familles ne
soient pas autorisées à se rendre à leurs frais à Kigali.
D’autre part, si les congés devaient être pris dans la
zone Ops, rien ne s’opposait en fait à ce que des Mil
belges, accompagnés ou non de leur famille, prennent
ces congés dans la KWSA, et plus particulièrement
dans la ville même de Kigali » (5).

Op 2 april 1994 deelde luitenant-kolonel Dewez de
troepen mee dat er « met KIBAT I problemen van ver-

Le 2 avril 1994, le lieutenant-colonel Dewez informait les troupes que « des problèmes de divers ordres

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, deel I, blz. 21.
(2) Ibidem, bijlage C.
(3) Document ondertekend door luitenant-kolonel Dewez,
19 maart 1994, getiteld « Liste B KIBAT — Objet : Régime des
sorties ».
(4) Rapport van luitenant-kolonel Leroy van 30 maart 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I », bijlage C.
(5) Ibidem.

(1) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du
16 novembre 1994, partie I, p. 21.
(2) Ibidem, annexe C.
(3) Document signé par le lieutenant-colonel Dewez, du
19 mars 1994, intitulé « Liste B KIBAT — Objet : Régime des
sorties ».
(4) Rapport du lieutenant-colonel Leroy du 30 mars 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I », annexe C.
(5) Ibidem.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 376 )

schillende aard waren gerezen en dat KIBAT II geen
enkele fout meer mocht maken ». Vervolgens legde hij
bepaalde beperkingen op in verband met de verloven,
met name dat het personeel dat verlof nam binnen de
KWSA, ook buiten het kantonnement onderworpen
bleef aan dezelfde regels als het overige personeel (1).

se sont posés avec KIBAT I. KIBAT II n’a plus droit à
l’erreur ». Et il imposait des restrictions dans le cadre
des congés, notamment en imposant au personnel
prenant ses congés dans la KWSA de rester soumis, en
dehors du cantonnement, aux mêmes règles que le
personnel qui n’était pas en congé (1).

Met deze « problemen van verschillende aard »
werden met name de « talrijke gerechtelijke en disciplinaire incidenten » bedoeld (2). De nota van luitenant-kolonel Leroy verduidelijkt verder dat « in de
loop van een vier maanden durende operatie twintig
Belgische soldaten van KIBAT I naar België zijn
teruggezonden ». Aanleiding hiervoor waren « de
talrijke incidenten, die weliswaar tijdens de dienst
voorvielen, maar er geen verband mee hielden ». De
nota noemt duidelijke gevallen van « wangedrag,
gebrek aan discipline en zelfs van oplichterij », en verduidelijkt verder dat « de krijgsauditeur op 17 maart
1994 in het geheel 65 dossiers had behandeld met
betrekking tot diefstal, verkeersongevallen en uiteenlopende klachten ». In deze 65 dossiers, zijn ook de
dossiers inbegrepen waarbij Belgische militairen de
aanklager waren.

Ces « problèmes de divers ordres » étaient notamment de « nombreux incidents à caractère judiciaire
ou disciplinaire » (2). La note du lieutenant-colonel
Leroy précise que « à la suite de nombreux incidents
survenus en cours de service, mais pas par le fait du
service, vingt militaires belges appartenant à KIBAT I
ont été renvoyés en Belgique au cours des quatre mois
qu’ont duré les Ops ». La note évoque des cas évidents
de méconduite, d’indiscipline, voire d’escroquerie, et
précise que, compte tenu de vols, d’accidents de la
circulation, de plaintes diverses, l’auditeur militaire a
traité en tout et pour tout soixante-cinq dossiers en
date du 17 mars 1994. Dans les 65 dossiers sont inclus
ceux où des militaires belges étaient les plaignants.

In zijn besluit spreekt de luitenant-kolonel de hoop
uit dat gerechtigheid zal geschieden en bepaalde elementen die het imago van de eenheid en van het land
hebben geschaad, zullen worden verwijderd uit het
leger, waar zij niet thuishoren. Zij die minder zwaar
in de fout zijn gegaan, maar zich toch schuldig hebben
gemaakt aan verwerpelijke daden die ter plekke voor
enorme heibel hebben gezorgd, zullen overeenkomstig de reglementen worden gestraft, maar op zo’n
manier dat de overgrote meerderheid die zich wel
naar behoren heeft gedragen, er niet onder hoeft te
lijden.

Le lieutenant-colonel conclut en espérant « que la
justice suivra son cours et que certains éléments qui
ont nui gravement au renom de l’unité, voire du pays,
seront écartés de l’armée, où ils n’ont pas leur place.
Pour ceux qui ont fauté moins lourdement, mais qui
se sont rendus coupables d’actes répréhensibles qui
sur place ont trouvé une incroyable caisse de résonance, qu’ils sachent qu’ils seront punis conformément aux règlements, mais de façon à ne pas pénaliser
l’immense majorité de ceux qui se sont comportés
comme il se doit ».

Luitenant-kolonel Leroy beklemtoont dat de grote
meerderheid van de manschappen zich als verantwoordelijke volwassenen hebben gedragen en onze
beste ambassadeurs waren bij de VN-instanties, de
geëxpatrieerden, en vooral bij het Rwandese volk.

Le lieutenant-colonel Leroy confirme que
« l’énorme majorité [de ses hommes] ont réussi à se
conduire en adultes responsables, et à être nos meilleurs ambassadeurs auprès des instances de l’ONU, de
la communauté expatriée, et surtout du peuple rwandais ».

Tijdens zijn hoorzitting voor de Commissie heeft
de luitenant-kolonel verklaard : « Sommige individuen hebben het imago van hun eenheid geschaad.
Zij werden gestraft. De opdrachten zijn zo goed
mogelijk verlopen, rekening houdend met de middelen waarover wij beschikten. » (3)

Lors de son audition par la commission, le lieutenant-colonel a précisé que « certains individus ont nui
à l’image de leur unité. Ils ont été punis. Les missions
se sont déroulées du mieux possible selon les moyens
dont nous disposions » (3).

De commissie heeft uit verschillende bronnen vernomen dat disciplinaire incidenten niets met de opdracht te maken hadden. Het ging voornamelijk om

La commission a appris de diverses sources que ces
incidents disciplinaires n’avaient rien à voir avec la
mission. Il s’agissait, pour l’essentiel, de rixes durant

——————

——————

(1) Document van 2 april 1994, voor intern gebruik: « Objet:
compte rendu d’une réunion CCI du 30 mars 94 ».
(2) Rapport van luitenant-kolonel Leroy van 30 maart 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I ».
(3) Hoorzitting met luitenant-kolonel Leroy, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 24 maart 1997, blz. 231.

(1) Document daté du 2 avril 1994, à diffusion interne,
« Objet: compte rendu d’une réunion CCI du 30 mars 94 ».
(2) Rapport du lieutenant-colonel Leroy du 30 mars 1994,
« Objet: enseignements de l’opération UNAMIR I ».
(3) Audition du lieutenant-colonel Leroy, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 24 mars 1997, p. 225.

( 377 )

1 - 611/7 - 1997/1998

relletjes tijdens uitstapjes. De veelvuldige incidenten
hebben er toe geleid dat eerst gedreigd werd met uitgangsverbod, nadien werd het ook uitgevaardigd. Die
beslissing was ingegeven door veiligheidsoverwegingen maar ze was ook het gevolg van het feit dat
sommige Belgische militairen van UNAMIR zich
openlijk vertoonden met Rwandese Tutsi-vrouwen,
wat tot commentaar op RTLM leidde (en tot karikaturen in de lokale pers (1)). Generaal Dallaire
dreigde er zelfs mee het hele Belgische detachement
naar huis te sturen.
Er werd ook een incident gerapporteerd dat begin
maart plaatsvond : dronken mannen van KIBAT I
trokken naar het Hotel des Mille Collines, waar zij
verschillende verdiepingen kort en klein sloegen
hetgeen ongetwijfeld het imago van het detachement
heeft aangetast.
Ook hier is gewag gemaakt van provocaties die tot
doel hadden het Belgische contingent te destabiliseren. Die provocaties zijn nog geen afdoende verklaring voor de vele gevallen van wangedrag van de troepen.
Bij de voorbereiding van KIBAT II werd bijzondere
aandacht besteed aan de discipline. Dat blijkt ook
resultaat te hebben gehad. Ernstige incidenten zijn
niet meer voorgekomen en het gedrag van de manschappen tijdens verloven of uitstapjes was beter aangepast aan de situatie. Op dit vlak is er dus duidelijk
een gunstige evolutie geweest.

les sorties. La multiplication des incidents a entraı̂né
la menace d’interdiction de ces sorties puis sa mise en
œuvre. Cette suppression des sorties tenait à des
raisons de sécurité mais elle était aussi la conséquence
de ce que certains militaires belges de la MINUAR
s’affichaient ostensiblement avec des Rwandaises
Tutsies, ce qui provoquait des commentaires sur
RTLM et de nombreuses caricatures dans la presse
locale. De plus le général Dallaire a envisagé le renvoi
de KIBAT I en raison de ces dérapages (1).

3.4. DE UITVOERING VAN HET MANDAAT EN
VAN DE ROE

3.4. L’EXÉCUTION DU MANDAT ET DES ROE

3.4.1. De interpretatie van het mandaat

3.4.1. L’interprétation du mandat

Wij herinneren eraan dat het mandaat zoals omschreven in resolutie nr. 872 van de VNVeiligheidsraad gebaseerd is op de akkoorden van
Arusha van 4 augustus 1993. Aanvankelijk verleenden die akkoorden een veel ruimer mandaat aan wat
toen nog een neutrale internationale troepenmacht
(FIN) heette. Volgens de akkoorden van Arusha
bestond de opdracht van FIN erin « to guarantee overall security of the country » en omschreef punt 3a van
resolutie nr. 872 het mandaat als volgt : « to contribute
to the security of the city of Kigali, inter alia, within a
weapons-secure area established by the parties in and
around the city ».

Pour rappel, tel qu’il est défini dans la résolution
no 872 du Conseil de Sécurité des Nations unies, le
mandat se basait sur les accords d’Arusha conclus le
4 août 1993. À l’origine, ces accords confiaient un
mandat bien plus large à ce qui s’appelait encore la
force internationale neutre (FIN). Les accords
d’Arusha prévoyaient que la mission de la FIN consistait à « guarantee overall security of the country »
tandis que le point 3a de la résolution no 872 qualifie
le mandat de la façon suivante : « to contribute to the
security of the city of Kigali, inter alia, within a
weapons-secure area established by the parties in and
around the city ».

3.4.1.1. Het mandaat

A aussi été rapporté un incident qui s’est produit
début mars : des hommes de KIBAT I, ivres, s’étaient
rendus à l’Hôtel des Mille Collines où ils ont saccagé
différents étages. Cela a sans aucun doute terni
l’image du détachement.
Ici aussi, on a évoqué l’existence de provocations
visant à déstabiliser le contingent belge. Ces provocations ne justifient pas les nombreux dérapages que
l’on a observés dans le comportement des troupes.
Lors de la préparation de KIBAT II, une importance particulière a été accordée au respect de la discipline. Cela semble avoir porté ses fruits. Il n’y paraı̂t
plus avoir eu d’incidents graves à déplorer, et le
comportement des troupes en congé ou en sortie
semble avoir été plus adapté. De ce point de vue, il y a
donc eu une évolution favorable.

3.4.1.1. Le mandat

(1) Historisch overzicht van het mandaat
Het mandaat van de UNAMIR-troepenmacht is
dus gebaseerd op punt 3 van resolutie nr. 872, goedgekeurd door de VN-Veiligheidsraad (cf. 3.1.4 (4)).

(1) L’historique du mandat
Le mandat des troupes de la MINUAR est donc
fondé sur le point 3 de la résolution 872 approuvée par
le Conseil de Sécurité des Nations unies (cf. 3.1.4 (4)).

——————

——————

(1) Zie Chrétien Jean-Pierre (dir), Rwanda. Les médias du
génocide, Éditions Karthala, Paris, 1995, blz. 366.

(1) Cf. Chrétien, Jean-Pierre (dir), Rwanda. Les médias du
génocide, Éditions Karthala, Paris, 1995, p. 366.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 378 )

Van bij de aanvang stonden de Verenigde Staten,
Groot-Brittannië en Rusland afwijzend tegenover de
operatie. Geleidelijk aan zijn die landen echter bijgedraaid. Deze houding heeft geleid tot een inkrimping
van de voorgestelde troepenmacht en een afzwakking
van het mandaat.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie ont
été d’emblée hostiles à l’opération. Petit à petit, ils y
ont consenti avec réticence. Cette attitude a abouti à
l’adoption d’un mandat affaibli et d’une réduction
des effectifs proposés.

België maakte geen deel uit van de Veiligheidsraad
en was dus niet rechtstreeks betrokken bij de discussie
over het mandaat.

La Belgique ne faisait pas partie du Conseil de sécurité; elle n’a donc pas été directement associé à la discussion relative au mandat.

Tijdens zijn hoorzitting heeft premier Dehaene
daarover gezegd : « Op dat ogenblik was het niet de
gewoonte dat niet-leden van de Veiligheidsraad zich
in de mandaten mengden. Pas na een aantal ervaringen in Joegoslavië, Rwanda en Somalië is een aantal
landen eisen gaan stellen ten aanzien van de Verenigde Naties.

Lors de son audition, le Premier ministre
M. Dehaene déclare : « À ce moment, il n’était pas
habituel que des pays non membres du Conseil de
Sécurité s’immiscent dans les mandats. Ce n’est
qu’après un certain nombre d’expériences en
Yougoslavie, au Rwanda et en Somalie que certains
pays ont posé des exigences vis-à-vis des Nations
unies.

Zo wisten ze af te dwingen dat de landen die de
troepen leveren, bij de vaststelling van het mandaat
moeten worden betrokken. »(1)

Ainsi, ils ont obtenus que les pays qui fournissent
les troupes doivent être associés à la fixation du
mandat. »(1)

Het is wellicht nuttig op deze plaats de tekst van het
mandaat van de Veiligheidsraad aan UNAMIR in
herinnering te brengen :

Il n’est pas inutile de rappeler ici les termes du
mandat conféré par le Conseil de Sécurité à la
MINUAR:

« a) Contribuer à la sécurité de la ville de Kigali,
notamment à l’intérieur de la zone libre d’armes établie par les parties s’étendant dans la ville et dans ses
alentours;

« a) Contribuer à la sécurité de la ville de Kigali,
notamment à l’intérieur de la zone libre d’armes
établie par les parties s’étendant dans la ville et dans
ses alentours;

b) Superviser l’accord de cessez-le-feu, qui appelle
à la mise en place de points de cantonnement et de
rassemblement et à la délimitation d’une nouvelle
zone démilitarisée de sécurité ainsi qu’à la définition
d’autres procédures de démobilisation;

b) Superviser l’accord de cessez-le-feu, qui appelle
à la mise en place de points de cantonnement et de
rassemblement et à la délimitation d’une nouvelle
zone démilitarisée de sécurité ainsi qu’à la définition
d’autres procédures de démobilisation;

c) Superviser les conditions de sécurité générale
dans le pays pendant la période terminale du mandat
du gouvernement de transition jusqu’aux élections;

c) Superviser les conditions de sécurité générale
dans le pays pendant la période terminale du mandat
du gouvernement de transition jusqu’aux élections;

d) Contribuer au déminage, essentiellement au
moyen de programmes de formation;

d) Contribuer au déminage, essentiellement au
moyen de programmes de formation;

e) Examiner à la demande des parties ou de sa
propre initiative, les cas de non-application du protocole d’accord sur l’intégration des forces armées, en
déterminer les responsables et faire rapport sur cette
question, en tant que de besoin, au Secrétaire Général;

e) Examiner à la demande des parties ou de sa
propre initiative, les cas de non-application du protocole d’accord sur l’intégration des forces armées, en
déterminer les responsables et faire rapport sur cette
question, en tant que de besoin, au Secrétaire Général;

f) Contrôler le processus de rapatriement des réfugiés rwandais et de réinstallation des personnes déplacées, en vue d’assurer que ces opérations sont exécutées dans l’ordre et la sécurité;

f) Contrôler le processus de rapatriement des réfugiés rwandais et de réinstallation des personnes déplacées, en vue d’assurer que ces opérations sont exécutées dans l’ordre et la sécurité;

g) Aider à la coordination des activités d’assistance humanitaire liées aux opérations de secours;

g) Aider à la coordination des activités
d’assistance humanitaire liées aux opérations de
secours;

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer J.-L. Dehaene, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 8 maart 1997, blz. 106.

Audition de M. J.-L. Dehaene, CRA, CSR. Sénat, 1996-1997,
8 mars 1997, p. 106.

( 379 )

1 - 611/7 - 1997/1998

h) Enquêter et faire rapport sur les incidents relatifs aux activités de la gendarmerie et de la
police. »(1)

h) Enquêter et faire rapport sur les incidents relatifs aux activités de la gendarmerie et de la
police. »(1)

Volgens de Secretaris-generaal moesten twee van
de vier functies binnen de opdracht de volgende zijn :

Selon le Secrétaire Général, deux des quatre fonctions que la Mission doit remplir sont donc:

« a) bijdragen tot het handhaven van de veiligheid
in Kigali (...)

« a) Contribuer au maintien de la sécurité de la
ville de Kigali (...)

« c) blijven toezicht houden op de situatie, uit het
oogpunt van de veiligheid, gedurende de slotperiode
van het mandaat van de overgangsregering, die tot
verkiezingen moest leiden; (...) »(2)

« c) Continuer à surveiller la situation, du point de
vue de la sécurité pendant la période finale du mandat
du gouvernement de transition devant aboutir aux
élections; (...) »(2)

De veiligheid van Kigali zou verzekerd worden
door het opstellen van een infanteriebataljon en een
compagnie pantservoertuigen voor troepenvervoer,
om met name de veiligheid te verzekeren van de luchthaven, het RPF-kamp, de openbare gebouwen, de
leden van de overgangsregering.

La sécurité de Kigali serait assurée en déployant un
bataillon d’infanterie et une compagnie de véhicules
blindés transporteurs de troupes pour assurer notamment la sécurité de l’aéroport, du camp du FPR, des
bâtiments publics, des membres du gouvernement de
transition.

In Kigali en in de gedemilitariseerde zone moest
UNAMIR de wapens inzamelen en nakijken, controleposten installeren, patrouilles uitvoeren en de veiligheid van de verzamel- en kantonnementspunten
verzekeren.

À Kigali et dans la zone démilitarisée, la MINUAR
devrait récupérer et vérifier les armes, installer des
poste de contrôle, effectuer des patrouilles et assurer
la sécurité des points de rassemblements et de cantonnement.

(2) De evaluatie van het mandaat

(2) L’évaluation du mandat

De aandachtige lezer kan vaststellen dat dit
mandaat in weinig interventionistische termen is verwoord : « contribuer, superviser, examiner, aider,
enquêter ». Het gaat m.a.w. om een klassiek peacekeepingmandaat.

On peut constater que ce mandat utilise des termes
peu interventionnistes: « contribuer, superviser,
examiner, aider, enquêter ». Il s’agit d’un mandat
classique de maintien de la paix (peacekeeping).

De commissie heeft dan de redenen onderzocht
waarom er uiteindelijk zo’n afgezwakt mandaat uit
de bus is gekomen.

La commission s’est penchée sur les raisons qui ont
conduit à l’élaboration d’un mandat aussi faible.

Eerst kan men een verklaring vinden in de houding
van de Verenigde Staten :

On peut tout d’abord trouver une explication dans
l’attitude des USA:

Enkele dagen voor de beslissing van 5 oktober 1993
hebben rebellen 18 Amerikaanse blauwhelmen vermoord in Somalië. Voor de camera’s van CNN sleepten de Somalische rebellen de lijken van Amerikaanse
soldaten door de straten van Mogadishu. Dit heeft de
Amerikaanse publieke opinie getraumatiseerd en de
houding van de Amerikaanse regering bepaald.

Quelques jours avant la décision du 5 octobre 1993,
18 Casques bleus américains ont été assassinés en
Somalie. Les rebelles somaliens ont traı̂né les corps
des soldats américains dans les rues de Mogadiscio
devant les caméras de CNN. Ces images ont traumatisé l’opinion publique américaine et déterminé
l’attitude du gouvernement américain.

Zij hebben dus al hun invloed aangewend om hun
standpunt op te leggen aan de Veiligheidsraad.

Ils ont donc mis tout leur poids pour imposer leur
point de vue au Conseil de Sécurité.

In dat verband heeft de heer Cools gezegd : « De
Amerikanen hebben naderhand bevestigd dat ze
weinig interesse hadden voor een nieuwe operatie in
Afrika omdat de publieke opinie en het Congres die

À ce propos M. Cools déclare : « Les Américains
ont confirmé par après leur peu d’intérêt pour une
nouvelle opération en Afrique, l’opinion publique et
le congrès étant négatifs à ce sujet. En outre, le Prési-

——————

——————

(1) Document VN S/R 2.872, 5 oktober 1993, § 3.
(2) Rapport van de Secretaris-generaal over Rwanda, document VN S/26488, 24 september 1993.

(1) Document ONU, S/R 2.872, 5 octobre 1993, § 3.
(2) Rapport du Secrétaire général sur le Rwanda, document
ONU S/26488, 24 septembre 1993.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 380 )

niet wenselijk achtten. Bovendien legde president
Clinton strengere interventieregels vast.

dent Clinton a défini des règles d’intervention plus
strictes.

Zij stellen 500 man voor, wat belachelijk weinig is.
De Fransen stellen er 1 000 voor. Dat is niet veel, maar
ze gaan ervan uit dat de Amerikanen, als men te veel
vraagt, zullen weigeren.

Ils proposent 500 hommes, ce qui est une misère.
Les Français proposent 1 000 ce qui n’est pas beaucoup mais leur raisonnement est que si l’on demande
trop, les Américains vont refuser d’intervenir.

Tenslotte komt men tot 2 500 manschappen. Een
gemeenschappelijke commissie RPF-Rwandese regering had een vergadering van de Veiligheidsraad
bijgewoond en had zich bereid getoond tot verzoening te komen en de akkoorden van Arusha uit te voeren. Dat had grote indruk gemaakt, onder meer op de
Amerikanen, die beslissen een operatie op te zetten op
basis van hoofdstuk VI, waarvoor het akkoord van de
partijen vereist was.

On arrive finalement à 2 500 hommes. Une
commission commune FPR-gouvernement rwandais
avait assisté à une séance du Conseil de Sécurité et
avait montré sa volonté d’opérer la réconciliation et
de mette en œuvre les accords d’Arusha. Ceci avait
fait forte impression notamment sur les Américains
qui décident de lancer une opération sur base du
chapitre VI nécessitant l’accord des parties.

Ik wil erop wijzen dat het verschil tussen hoofdstuk VI en hoofdstuk VII niet steunt op het feit of al of
niet van wapens gebruik mag worden gemaakt maar
op het al dan niet bestaan van een akkoord tussen de
partijen. » (1)

Je tiens à préciser que la différence entre les chapitres VI et VII ne repose pas sur le fait de faire ou non
usage des armes, mais sur l’existence ou non d’un
accord entre les parties. » (1)

De uitvoering van het mandaat werd nog meer afgezwakt door de interpretatie ter plaatse.

Dans son exécution, le mandat s’est trouvé encore
affaibli par l’interprétation qui en a été faite sur place.

De heer Gasana, een van de vertegenwoordigers
van CRDDR (Comité pour le respect des droits de
l’homme et de la démocratie au Rwanda) heeft de
volgende verklaring afgelegd : « Van januari tot maart
1994 werd de installatie van de instellingen voortdurend gesaboteerd door medestanders van Habyarimana. (...) Hoewel de situatie verslechterde, werd
UNAMIR letterlijk verlamd omdat hij zijn mandaat
te eng interpreteerde. Op 6 april werd de volkenmoord aangevat en door het gebrek aan voorbereiding van de troepen kon er niets tegen worden ondernomen. » (2)

M. Gasana, un représentant du CRDDR (Comité
pour le respect des Droits de l’Homme et de la Démocratie au Rwanda), déclare : »De janvier à mars 1994,
la mise en place des institutions fut sans arrêt sabotée
en sous-main par les partisans de M. Habyarimana.
(...) Malgré l’évolution négative de la situation, la
MINUAR fut littéralement paralysée parce qu’elle
interprétait restrictivement son mandat. Le 6 avril, le
plan du génocide fut déclenché et le manque de préparation des troupes ne permit pas d’y faire obstacle. » (2)

De heer Claes brengt de verantwoordelijkheid van
generaal Dallaire in het geding. Tijdens zijn hoorzitting verwijst hij naar een brief van 11 februari 1994
die hij gericht heeft aan de VN-Secretaris-generaal als
reactie op de onrustwekkende informatie uit Rwanda : « Die brief geeft aan dat het benadrukken van het
politiek profiel van de VN samen moet gaan met de
verhoging van de veiligheid. Het valt te vrezen dat, als
men de negatieve evolutie van de toestand in Rwanda
niet tot staan brengt, UNAMIR haar rol niet kan
spelen bij de toepassing van de akkoorden van
Arusha.

M. Claes met en cause la responsabilité du général
Dallaire. Lors de son audition, M. Claes fait référence
à une lettre du 11 février 1994 qu’il adresse au Secrétaire général de l’ONU en réaction aux informations
inquiétantes provenant du Rwanda: « Cette lettre
indique que l’accentuation du profil politique de
l’ONU doit aller de pair avec l’augmentation de la
sécurité. Il est a craindre qu’à défaut d’enrayer
l’évolution négative de la situation au Rwanda, la
MINUAR ne puisse pas jouer son rôle dans
l’application des accords d’Arusha.

Mijn brief wekte verwondering omdat Dallaire de
toestemming had gekregen om samen met de Rwandese gendarmerie over te gaan tot een strengere ont-

Ma lettre a provoqué l’étonnement car Dallaire
avait reçu l’autorisation de procéder à un désarmement plus sévère de concert avec la gendarmerie

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Cools, BV, POR, Senaat, 19961997, 29 april 1997, blz. 406 en 407.
(2) Hoorzitting met de heer Gasana, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 17.

(1) Audition de M. Cools, CRA, CER, Sénat, 1996-1997,
29 avril 1997, p. 398.
(2) Audition de M. Gasana, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 février 1997, p. 16.

( 381 )

1 - 611/7 - 1997/1998

wapening. Het bleek echter dat generaal Dallaire in
de praktijk weinig deed. Met andere woorden, er was
een communicatiestoornis tussen de VN in New York
en UNAMIR in Kigali. » (1)

rwandaise. Il est apparu cependant que le général
Dallaire ne faisait pas grand-chose dans la pratique.
En d’autres mots, le courant passait mal entre l’ONU
à New York et la MINUAR à Kigali. » (1)

Andere sprekers waren evenwel van oordeel dat het
mandaat voldoening schonk.

Pour certains cependant, le mandat donnait satisfaction.

Dat geldt onder meer voor professor Reyntjens :
« In het kader van het mandaat waren fouillering en
ontwapening mogelijk maar desgevraagd meende
New York dat dergelijke operaties een offensief
karakter hadden en bijgevolg uitgesloten waren.

Ainsi pour le professeur Reyntjens : »Le mandat
permettait des opérations de fouille et de désarmement, mais interrogé sur ce point, New York a estimé
que de telles opérations étaient offensives et donc
exclues du mandat.

Generaal Dallaire, kolonel Marchal en de Rwandese gendarmerie vonden evenwel dat dergelijke
operaties wel degelijk in het kader van het mandaat
pasten. » (2)

Le général Dallaire, le colonel Marchal et la
gendarmerie rwandaise estimaient pourtant que le
mandat le permettait. » (2)

Het is voor de commissie dan ook de vraag waarom
generaal Dallaire het als zijn plicht heeft aangevoeld
New York vragen te stellen over de interpretatie van
het mandaat.

La commission se demande dès lors pourquoi le
général Dallaire s’était senti obligé d’interroger New
York sur l’interprétation du mandat.

Op een aantal punten was de heer Claes het eens
met de verklaring van professor Reyntjens : « Een
ruimer mandaat was niet nodig aangezien er
voldoende mogelijkheden waren binnen de rules of
engagement. » (3)

M. Claes a partagé un certain moment l’avis du
professeur Reyntjens : »Un élargissement du mandat
n’était pas nécessaire étant donné qu’il y avait suffisamment de possibilités dans les limites des règles
d’engagement. » (3)

Op andere punten was de heer Claes, zoals overigens tal van actoren ter plaatse, van oordeel dat men
die had moeten wijzigen. De pogingen van de heer
Claes om een verruiming van het mandaat te verkrijgen worden behandeld in punt 3.4.3.

À d’autres moments, M. Claes, comme beaucoup
d’acteurs sur le terrain, trouvait qu’il fallait le modifier. Les tentatives de M. Claes pour obtenir un élargissement du mandat seront abordées au point 3.4.3.

Op 29 maart 1994 heeft de toenmalige minister van
Landsverdediging, de heer Delcroix, in de Senaat
bevestigd dat België zou overwegen zijn troepen terug
te trekken indien het mandaat van UNAMIR niet
werd herzien (4).

Le ministre de la Défense de l’époque, M. Delcroix
a affirmé au Sénat, le 29 mars 1994, que sans révision
du mandat de la MINUAR, la Belgique envisagerait le
retrait de ses troupes (4).

(3) De uitvoering van het mandaat ter plaatse

(3) L’application du mandat sur le terrain

De commissie stelt vast dat de interpretatie van het
mandaat aan duidelijkheid te wensen overlaat. Zij
vraagt hoe dat mandaat werd gezien door enerzijds de
militaire overheid en anderzijds de actoren ter
plaatse.

La commission constate que l’interprétation du
mandat est assez confuse; elle s’est dès lors demandé
qu’elle en avait été la perception d’une part par les
autorités militaires et d’autre part par les acteurs de
terrain.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, BV, POR, Senaat, 19961997, 18 april 1997, blz. 302.
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 30.
(3) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 18 april 1997, blz. 304.
(4) Parlementaire Handelingen, Senaat, 29 maart 1994,
blz. 1765.

(1) Audition de M. Claes, CRA, CER, Sénat, 1996-1997,
18 avril 1997, p. 296.
(2) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, p. 30.
(3) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CER, Sénat,
1996-1997, 18 avril 1997, p. 298.
(4) Annales parlementaires, Sénat, 29 mars 1994, p. 1765.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 382 )

Luitenant-generaal Charlier verklaart daarover :
« De VN-procedures zijn log. Een mandaat kan niet
worden gewijzigd. » (1)
(...)

Le lieutenant-général Charlier déclare à ce propos:
« Les procédures de l’ONU sont lourdes. Il est impossible de modifier un mandat. » (1)
(...)

« Het mandaat van UNAMIR dekte niet de volledige inhoud van de Arusha-akkoorden. » (2)

« Le mandat qui a été donné à la MINUAR ne
couvrait pas tout ce qui était contenu dans les accords
d’Arusha. » (2)

Kolonel Marchal van zijn kant heeft daarover de
volgende vragen : « Is het mandaat aangepast ? Voor
ons is dat mandaat het politieke kader waarin we
moesten opereren. Tot 7 april heeft dat mandaat geen
problemen doen rijzen. Ik was verantwoordelijk voor
de toepassing ervan. Vanaf 7 april was het mandaat
niet meer toereikend voor de concrete situatie. » (3)

Le colonel Marchal, quant à lui s’interroge : »Le
mandat était-il adapté ? Pour nous, ce mandat est le
cadre politique dans lequel nous étions placés. Ce
mandat n’a pas posé problème jusqu’au 7 avril. Pour
moi, ma responsabilité consistait dans ses modalités
d’application. À partir du 7 avril, il y eut inadéquation entre le mandat et la situation concrète. » (3)

Over de dood van de tien paracommando’s deelt
kapitein Lemaire het volgende mee : « Pour ce qui est
des fautes concernant la mort des dix paras, je pense
que ce problème présente trois grands aspects.
D’abord, la faiblesse du mandat — c’était un mauvais
choix avant de commencer la mission — mais également le fait que, sur place, le 1-para a essayé de réaliser ce qu’il avait comme mandat et il a été en permanence face à un mur qui l’empêchait de le réaliser. De
ce fait, à la fin des quatre mois, les gens étaient complètement démoralisés et se demandaient à quoi ils
jouaient. Ils prenaient des risques, ils prenaient des
armes qu’il fallait restituer le lendemain. (...) et (...) les
discours du secteur et de la Force étaient : adoptez un
profil bas, nous ne sommes plus en Somalie, restez
calmes, restez sérieux. » (4)

Concernant la mort des dix paracommandos, le
capitaine Lemaire déclare: « Pour ce qui est des fautes
concernant la mort des dix paras, je pense que ce
problème présente trois grands aspects. D’abord, la
faiblesse du mandat — c’était un mauvais choix avant
de commencer la mission — mais également le fait
que, sur place, le 1-para a essayé de réaliser ce qu’il
avait comme mandat et il a été en permanence face à
un mur qui l’empêchait de le réaliser. De ce fait, à la
fin des quatre mois, les gens étaient complètement
démoralisés et se demandaient à quoi ils jouaient. Ils
prenaient des risques, ils prenaient des armes qu’il
fallait restituer le lendemain. (...) et (...) les discours
du secteur et de la Force étaient : adoptez un profil
bas, nous ne sommes plus en Somalie, restez calmes,
restez sérieux. » (4)

Kapitein Lemaire heeft ook een verklaring afgelegd
over de inhoud van de briefing bij de aflossing tussen
KIBAT I en KIBAT II. « (...) dès le départ, on a insisté
sur le fait que le mandat était limité, que nous devions
éviter les écarts de conduite qui étaient apparus chez
le 1-para, ainsi que les attitudes agressives vis-à-vis
des Rwandais. Par ailleurs, pour utiliser des armes
automatiques, il fallait des autorisations successives
du bataillon, de la force et du secteur. Donc, dès le
départ, on nous a dit que nous étions là un peu en observateurs de deux parties qui ont un problème à
régler entre elles. » (5)

Le capitaine Lemaire s’est aussi exprimé à propos
du contenu du briefing tenu à l’occasion de la relève
entre KIBAT I et KIBAT II. « (...) dès le départ, on a
insisté sur le fait que le mandat était limité, que nous
devions éviter les écarts de conduite qui étaient apparus chez le 1-para, ainsi que les attitudes agressives
vis-à-vis des Rwandais. Par ailleurs, pour utiliser des
armes automatiques, il fallait des autorisations
successives du bataillon, de la force et du secteur.
Donc, dès le départ, on nous a dit que nous étions là
un peu en observateurs de deux parties qui ont un
problème à régler entre elles. » (5)

Over de interpretatie van het mandaat heeft ook
mevrouw Des Forges het volgende kunnen zeggen :

Mme Des Forges a également eu l’occasion de
s’exprimer sur l’interprétation du mandat :

——————

——————

(1) Hoorzitting met de luitenant-generaal Charlier, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 68.
(2) Ibid., blz. 73.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 114.
(4) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 34/1, 34/2 en 34/4.
(5) Ibid., PV, blz. 39/4.

(1) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 65.
(2) Ibid., p. 70.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CER, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 110.
4) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, pp. 34/1, 34/2 et 34/4.
(5) Ibid., PV, p. 39/4.

( 383 )
« Wat de interpretatie van het mandaat betreft, veronderstel ik dat de militairen zeker wilden zijn van de
omvang van hun bevoegdheden. Indien generaal
Dallaire initiatieven had genomen in plaats van
vragen te stellen, was alles misschien anders verlopen.
Hij heeft een weigering mogelijk gemaakt. Waarom
heeft hij die vraag gesteld ? Misschien omdat hij bij
een eerste poging de in beslag genomen wapens heeft
moeten teruggeven. » (1)

1 - 611/7 - 1997/1998

« Au sujet du mandat, je suppose que les militaires
voulaient être rassurés sur l’étendue de leurs
pouvoirs. Si le Général Dallaire avait agi au lieu de
demander, tout aurait pu être différent. Il a donné
l’occasion de dire non. Pourquoi a-t-il donc posé cette
question ? Peut-être parce que lors d’une première
tentative, il a dû rendre les armes confisquées. » (1)

3.4.1.2. De ROE

3.4.1.2. Les ROE

(1) De definitie

(1) La définition

De rules of engagement worden ook door de VN
vastgelegd, doch de Belgische generale staf heeft
bijgedragen aan de definitieve formulering.

Les règles d’engagement sont également définies
par l’ONU , mais l’État-Major belge a participé à leur
formulation définitive.

De rules of engagement liggen vast in zes punten.
Volgens het zesde punt was het verboden wapens te
gebruiken, in gereedheid te brengen, te verplaatsen en
af te vuren in aanwezigheid van de partijen in het conflict (V 1372). Alleen de generale staf ter plaatse was
bevoegd om het gebruik van automatische wapens
toe te staan (krijgsmachtonderdeel of sector). De VN
was bevoegd om de ROE inhoudelijk te wijzigen. (2)

Les règles d’engagement étaient définies au moyen
de six règles, dont la sixième stipulait que l’emploi, la
préparation, le déplacement et le tir avec des armes
étaient interdits en présence des parties en conflit
(V 1372). L’autorisation d’emploi d’armes automatiques était retenue au niveau des États-Majors sur
place (force ou secteur). La modification du contenu
des ROE relevait de l’autorité de l’ONU. (2)

Tijdens zijn hoorzitting heeft de heer Brouhns verklaard :
« À partir du moment où le Conseil donne la ligne
du mandat, on constate que les militaires sur le terrain
négocient les règles d’engagement, mais que ces
dernières ne reviennent jamais au Conseil de Sécurité,
ce qui me semble une erreur assez fondamentale du
système. À partir du moment où vous avez un Conseil
de Sécurité, un organe politique qui décide du cadre
général d’une opération, que vous avez des militaires,
des exécutants, qui traduisent ce mandat politique en
règles d’engagement, que vous avez un secrétariat qui
se prétend le gardien de la pensée de l’ONU pour
l’interprétation de ces règles d’engagement, et que
l’institution politique, à l’origine du mandat, ne contrôle absolument plus rien, la situation est assez
malsaine. » (3)
Tijdens zijn hoorzitting heeft de heer Cools daarover het volgende meegedeeld :

Lors de son audition M. Brouhns déclare:
« À partir du moment où le Conseil donne la ligne
du mandat, on constate que les militaires sur le terrain
négocient les règles d’engagement, mais que ces
dernières ne reviennent jamais au Conseil de Sécurité,
ce qui me semble une erreur assez fondamentale du
système. À partir du moment où vous avez un Conseil
de Sécurité, un organe politique qui décide du cadre
général d’une opération, que vous avez des militaires,
des exécutants, qui traduisent ce mandat politique en
règles d’engagement, que vous avez un secrétariat qui
se prétend le gardien de la pensée de l’ONU pour
l’interprétation de ces règles d’engagement, et que
l’institution politique, à l’origine du mandat, ne
contrôle absolument plus rien, la situation est assez
malsaine. » (3)
M. Cools a déclaré lors de son audition:

« Ik herinner eraan dat de rules of engagement drie
niveaus vertonen. Het niveau van de principes heeft
betrekking op het feit dat geweld alleen in geval van
wettige zelfverdediging mag worden gebruikt. Het
niveau van de vertaling ervan in militaire termen is
natuurlijk een zaak voor de militairen, de diplomaten

« Je rappelle qu’il y a trois niveaux dans les règles
d’engagement. Le niveau des principes concerne
l’utilisation de la force uniquement en cas de légitime
défense. Le niveau de la traduction en termes militaires est naturellement du ressort des militaires et les
diplomates en sont relativement ignorants. Le

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 35.
(2) Algemene missie van UNAMIR, in dossier AuditoraatGeneraal bij het Militair Gerechtshof.
(3) Hoorzitting met de heer Brouhns, POR, Senaat, 25 juni
1997, PV, blz. 27/20 en 27/21.

(1) Audition de Mme Des Forges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 35.
(2) Mission générale de l’UNAMIR (se trouvant dans le
dossier Auditorat Général près de la Cour militaire).
(3) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 1996-1997, 25 juin
1997, p. 835. PV, pp. 27/20 et 27/21.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 384 )

weten daar vrij weinig van af. Het probleem hield verband met het derde niveau, dat van de uitvoering,
waarover twee tegenstrijdige meningen bestonden.
Sommigen zeiden dat de rules of engagement zeer
ruim waren. Anderen waren daarentegen van mening
dat men bij de uitvoering ervan voorzichtig moet zijn.
(...) Vaak verwart men het mandaat, dat een algemene
opdracht tot het handhaven van de vrede is, en de
rules of engagement, die betrekking hebben op de
voorwaarden voor het gebruik van geweld.

problème se situait au troisième niveau, celui de la
mise en œuvre pour laquelle il y avait deux aspects
contradictoires. Le premier consistait à dire que les
règles d’engagement étaient très larges alors que le
second consistait à dire qu’il fallait être prudents lors
de leur exécution. (...) On fait souvent une confusion
entre le mandat, qui est une mission générale de maintien de la paix, et les règles d’engagement qui traitent
des conditions d’utilisation de la force.

Dat werd niet in New York besproken maar wel in
Kigali tussen generaal Dallaire en kolonel Marchal. » (1)

Cela n’a pas été discuté à New York mais à Kigali
entre le général Dallaire et le colonel Marchal. » (1)

Kolonel Marchal spreekt dat tegen :

Ceci est contredit par le colonel Marchal :

« Vervolgens is er de kwestie van de rules of engagement, de overige aan het UNAMIR-detachement
gegeven richtlijnen en mijn deelname aan het besluitvormingsproces. Ikzelf heb niet aan de besluitvorming deelgenomen. Ik ben, om het zo te zeggen, op
een rijdende trein gesprongen. (...) Ik was in het bezit
van een eerste versie van de rules of engagement en
een kopie van het verkennend verslag van kolonel
Flament, dankzij de functies die ik uitgeoefend heb op
het kabinet.

« La problématique suivante concerne les règles
d’engagement et les autres directives données au détachement MINUAR, ainsi que ma participation au
processus décisionnel. En ce qui me concerne, je n’ai
pas participé à la prise de décision. J’ai, en quelque
sorte, pris le train en marche. « (...) » J’étais en possession d’un brouillon des règles d’engagement et d’une
copie du rapport de reconnaissance du colonel
Flament grâce à mes fonctions au cabinet.

Ik was niet in het bezit van de samenvatting van de
teksten van UNAMIR, noch van meer specifieke
richtlijnen over mijn opdracht als commandant van
het Belgische detachement. » (2)

Je ne possédais pas de résumé des textes de la
MINUAR ni de directives plus spécifiques quant à ma
mission de commandant du détachement belge. » (2)

Het blijkt inderdaad dat de ontworpen ROE door
luitenant-kolonel Kesteloot naar het C Ops zijn
gestuurd ter attentie van kolonel Flamant, in een telex
van 29 oktober 1993.

Il s’avère en effet que les projets de ROE ont été
adressés, par le lieutenant-colonel Kesteloot, au
C ops, à destination du colonel Flamant, dans un
télex daté du 29 octobre 1993.

Kolonel Flament heeft die telex voorzien van de
aantekeningen « reçu ce matin » en « étudié par nos
soins ». Hij heeft luitenant-kolonel Briot met de studie
ervan belast. De ROE werden dus besproken op het
niveau van de staf van het Belgisch leger via Kesteloot,
Flament, Briot en de CJS.

Le colonel Flament a annoté ce télex par les mots
« reçu ce matin » et « étudié par nos soins ». Il a chargé
le lieutenant-colonel Briot de cette étude. C’est donc
au niveau de l’état-major de l’armée belge, à travers
Kesteloot, Flament, Briot et CJS que les ROE ont été
discutées.

Opgemerkt zij dat artikel 17 betreffende de
gewelddaden die gepleegd worden op burgers, opgenomen was in dit ontwerp van ROE, wat zeer ongebruikelijk is.

Il faut noter, que de manière inhabituelle, l’article 17, concernant les actes de violence contre les
civils, étaient repris dans ce projet de ROE.

Luitenant-generaal Charlier heeft het volgende verklaard : « Wij hebben getracht het juridisch jargon
begrijpelijk te maken voor de soldaten die de regels op
het terrein zouden moeten toepassen. » (3)

Quant au lieutenant général Charlier, il déclare:
« Nous avons essayé de rendre le jargon juridique
compréhensible pour les soldats qui allaient devoir
appliquer les règles sur le terrain. » (3)

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Cools, BV, BCR, Senaat, 19961997, 29 april 1997, blz. 406 en 407.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 113.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 68.

(1) Audition de M. Cools, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
29 avril 1997, pp. 398 et 399.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, pp. 109 et 110.
(3) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 février 1997, p. 65.

( 385 )
(2) De interpretatie van de ROE

1 - 611/7 - 1997/1998
(2) L’interprétation des ROE

De commissie stelt vast dat de leden van de generale
staf het onderling niet eens zijn over de interpretatie
van de ROE.

La commission constate qu’il n’y a pas unanimité
dans l’interprétation des ROE par les membres de
l’état-major.

Luitenant-generaal Charlier ziet het als volgt :
« Militaire regels kunnen onmogelijk strikt worden
beschreven. Dat is een visie van juristen. Daardoor
treedt echter verlamming en onzekerheid op. Het is
een utopie. » (1)

Pour le lieutenant général Charlier : « Il est impossible d’enserrer des règles militaires dans des écrits
stricts. C’est une vision de juriste. On crée ainsi
paralysie et insécurité. C’est une utopie. » (1)

Over de noodzaak om grenzen af te bakenen zegt
luitenant-generaal Charlier : « De omschrijving van
de opdracht moet waarborgen bevatten. Uit militair
oogpunt is het ondenkbaar dat men een beroep moet
doen op de commandant van het bataljon om een
machinegeweer te mogen gebruiken. » (2)

Quant à savoir si des limites sont nécessaires , le
lieutenant général Charlier déclare : « Un garde-fou
doit exister dans la définition de la mission. Venir dire
que pour pouvoir utiliser la mitrailleuse, il faut faire
appel au commandant de bataillon ne correspond à
aucune vision militaire. » (2)

In zijn antwoorden op de vragenlijst voorgelegd
door de rechter-advocaat generaal bij het Militair
Gerechtshof zegt generaal Dallaire : « La Force n’avait
ni le mandat, ni l’équipement, ni la capacité, ni le
soutien nécessaire pour contrôler ou influencer de
telles hostilités. » (3)

Le général Dallaire dans ses réponses au questionnaire soumis par le Juge-Avocat Général de la Cour
militaire déclare : « La Force n’avait ni le mandat, ni
l’équipement, ni la capacité, ni le soutien nécessaire
pour contrôler ou influencer de telles hostilités. » (3)

Luitenant-generaal Berhin ziet het als volgt : « De
rules of engagement zijn niet zo minimaal als men
beweert. Ze laten alle vrijheid om zich indien nodig te
verdedigen. Generaal Dallaire heeft die rules of engagement evenwel te minimalistisch opgevat. Zelfs na
het drama heeft hij steeds geweigerd ze anders te
interpreteren. (...) De interpretatie ervan was te minimalistisch.

Pour le lieutenant général Berhin : « Les règles
d’engagement ne sont pas si minimales qu’on veut
bien le dire. Dès le moment où il est question de se
défendre, elles laissent toute latitude pour le faire.
C’est la mise en application de ces règles
d’engagement par le Général Dallaire qui a été trop
minimaliste. Même après le drame, le général Dallaire
a toujours refusé de changer son interprétation. (...)
Leur interprétation était trop minimaliste.

De rules of engagement en het mandaat krijgen heel
wat kritiek hoewel ze correct zijn. Het is de toepassing ervan op het terrein die fout liep. » (4)

On attaque, on critique beaucoup les règles
d’engagement et le mandat. Mais ce mandat et ces
règles sont corrects. C’est l’application sur le terrain
qui fut défaillante. » (4)

Kolonel Marchal heeft verklaard dat met de rules
of engagement « in de eigenlijke zin » geen rekening
moest worden gehouden, dat zij « niet zo dwingend »
waren en dat alle mogelijkheden openbleven wat het
wapengebruik betreft.(5)

Quant au colonel Marchal , il a déclaré en ce qui
concerne les ROE, il n’en tenait pas compte « au sens
propre », qu’elles n’étaient « pas si contraignantes que
cela », que toutes les possibilités restaient ouvertes en
matière d’utilisation des armes(5).

Kolonel Marchal heeft het echter nuttig geoordeeld
generaal Dallaire vragen te stellen over diens interpretatie van de rules of engagement. « Over de rules of
engagement het ik voor het eerst nagedacht bij de
voorbereiding van de bescherming van de corridor. Ik
heb aan generaal Dallaire de toestemming gevraagd
om zo nodig alle beschikbare wapens te kunnen

Cependant , il a cru devoir interroger le général
Dallaire sur l’interprétation de ces ROE : « Quant aux
règles d’engagement , j’y ai réfléchi pour la première
fois lors de la préparation de l’opération du corridor.
J’ai demandé au général Dallaire l’autorisation de
faire usage de toutes les armes disponibles, si nécessaire. Pour des raisons que j’ignore, j’ai reçu son auto-

——————

——————

(1) Ibid., blz. 73.
(2) Ibid., blz. 73.
(3) Dossier Auditoraat-Generaal bij het Militair Gerechtshof, blz. 13, § 29.
(4) Hoorzitting met luitenant-generaal Berhin, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 29 april 1997, blz. 397.
(5) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 173.

(1) Ibid., p. 70.
(2) Ibid., p. 70.
(3) Dossier Auditorat Général près de la Cour militaire,
p. 13, § 29.
(4) Audition du lieutenant général Berhin, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 29 avril 1997, p. 389.
(5) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 169.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 386 )

gebruiken. Om redenen die ik niet ken, heb ik zijn
toestemming gekregen om halfzware maar niet om
zware machinegeweren te gebruiken.

risation pour l’emploi de mitrailleuses moyennes,
mais pas pour les mitrailleuses lourdes.

Deze verplichting om telkens de toestemming te
vragen voor het gebruik van wapens leek mij onhoudbaar. Ik heb beslist om geen toestemming meer te
vragen in verband met de rules of engagement en
tijdens de briefing die aan de operatie corridor voorafging, heb ik niet geaarzeld om mijn officieren het
gebruik van zware mitrailleurs aan te bevelen
wanneer dat nodig bleek. » (1)

Cette obligation de demander à chaque fois une
autorisation pour faire usage de l’armement me
paraissait impossible à tenir. J’ai décidé de ne plus
demander d’autorisation concernant les règles
d’engagement et, lors du briefing qui a précédé
l’opération corridor, je n’ai pas hésité à recommander
à mes officiers de faire usage des mitrailleuses lourdes
en cas de nécessité. » (1)

De verklaring van luitenant-generaal Berhin valt
samen met die van kolonel Marchal : « Ik deel de
mening van kolonel Marchal over de rules of engagement : zodra er wettige zelfverdediging is, is alles
toegestaan behalve meer macht gebruiken dan
nodig. » (2)

L’avis du lieutenant général Berhin rejoint celui du
colonel Marchal : « Je suis d’accord avec le colonel
Marchal sur sa vision des règles d’engagement car dès
qu’il y a défense légitime tout est permis sauf faire
usage d’une force qui dépasserait le nécessaire. » (2)

Van zijn kant verklaart luitenant-generaal Uytterhoeven : « Wij verzetten ons tegen de interpretatie die
generaal Dallaire aan de rules of engagement gaf, te
weten een optreden als politieagent.

Quant au lieutenant général Uytterhoeven, il
déclare : « Nous nous opposons à l’interprétation que
le général Dallaire a donné aux règles d’engagement,
à savoir une intervention d’agents de police.

De rules of engagement kenden een exponentiële
evolutie : ze gingen een steeds strakker keurslijf
vormen » (3). Hij heeft er bovendien aan toegevoegd
dat hij bij de aflossing van KIBAT II heeft aangedrongen op een aanpassing.

Les règles d’engagement ont connu une évolution
exponentielle: elles devenaient de plus en plus restrictives » (3). Il a par ailleurs ajouté que lors de la relève
de KIBAT II, il a insisté pour obtenir une adaptation.

(3) De toepassing ter plaatse

(3) L’application sur le terrain

De vaagheid en zelfs de tegenstrijdigheden die de
commissie ontdekt bij de interpretatie van de rules of
engagement door de hogere officieren, geeft ongetwijfeld een verklaring voor een deel van de problemen
waarmee de Belgische troepen ter plaatse hebben
gekampt.

Le « flou », voire les contradictions, que la commission constate dans l’interprétation des ROE par les
officiers supérieurs explique certainement une partie
des problèmes rencontrés par les troupes belges sur le
terrain.

Commandant Noens formuleert het als volgt :
« Het begrip rules of engagement is onvoldoende of
slecht gekend bij het begin van de operatie en vooral
voor het kader dient hieraan gewerkt te worden. Ik
vraag dat dit opgenomen wordt in het onderricht der
Wapenscholen samen met de geplande lessen in
oorlogsrecht. Dit is ondertussen gebeurd. Laatste
bemerking. Een VN-opdracht in de zin van Peace
Keeping is geen Piece of Cake voor een parabataljon.
Aan begrippen als « Show the Flag, show your smile »
heeft een para op het terrein niets. Tijdens zijn opleiding en zijn verdere training in zijn eenheid wordt een
paracommando op scherp gezet, tijdens zijn VNopdracht wordt hij ontscherpt. Het ontbreekt hem

Selon le commandant Noens : « Het begrip rules of
engagement is onvoldoende of slecht gekend bij het
begin van de operatie en vooral voor het kader dient
hieraan gewerkt te worden. Ik vraag dat dit opgenomen wordt in het onderricht der Wapenscholen
samen met de geplande lessen in oorlogsrecht. Dit is
ondertussen gebeurd. Laatste bemerking. Een VNopdracht in de zin van Peace Keeping is geen Piece of
Cake voor een parabataljon. Aan begrippen als
« Show the Flag, show your smile » heeft een para op
het terrein niets. Tijdens zijn opleiding en zijn verdere
training in zijn eenheid wordt een paracommando op
scherp gezet, tijdens zijn VN-opdracht wordt hij ontscherpt. Het ontbreekt hem immers aan een duidelijk

——————

——————

(1) Ibid., blz. 113.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Berhin, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 29 april 1997, blz. 398.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Uytterhoeven, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 372.

(1) Ibid., p. 109.
(2) Audition du lieutenant général Berhin, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 29 avril 1997, p. 389.
(3) Audition du lieutenant général Uytterhoeven, CRA,
CSR, Sénat, 1996-1997, 25 avril 1997, p. 365.

( 387 )

1 - 611/7 - 1997/1998

immers aan een duidelijk vijandsbeeld. Bovendien
heeft hij de indruk dat hij niets mag doen. »(1)

vijandsbeeld. Bovendien heeft hij de indruk dat hij
niets mag doen. » (1)

Tijdens zijn hoorzitting verklaart luitenant Lecomte : « Dans le même contexte, les directives données
étaient très restrictives. Je me pose actuellement la
même question que je me posais sur place. Comment
peut-on être crédible sans moyens d’action ? (...)
C’étaient les directives que nous avions. Nous ne
pouvions quasiment jamais utiliser l’armement,
c’était seulement en cas d’autodéfense. » (2)

Lors de son audition, le lieutenant Lecomte
déclare : « Dans le même contexte, les directives
données étaient très restrictives. Je me pose actuellement la même question que je me posais sur place.
Comment peut-on être crédible sans moyens
d’action ? (...) C’étaient les directives que nous avions.
Nous ne pouvions quasiment jamais utiliser
l’armement, c’était seulement en cas d’autodéfense. » (2)

Majoor Bodart, raadgever in het recht van de
gewapende conflicten, heeft het volgende verklaard :
« Je relève (...) le mot « impression » : ils avaient aussi
l’impression d’être en vacances... Je crois qu’il y a
dans le chef des déclarations spontanées a posteriori,
un amalgame et une schématisation un peu trop
outrancière. Je répète à nouveau que je ne sais pas
évaluer la façon ni la mesure avec laquelle les informations ont été données au deuxième bataillon
commando. Je lis dans un document « briefing général MINUAR, règles de comportement, généralités »,
en première page, après le mandat détaillé de
l’UNAMIR : « l’emploi de la force est autorisé en cas
de légitime défense ». Comment peut-on interpréter
cela différemment et dire : « je ne peux pas tirer, même
en cas de légitime défense ? » Moi, je n’ai jamais dit :
« vous ne pouvez pas tirer. (...) J’ai dit que la légitime
défense restait d’application, que le droit de la guerre
n’était pas quelque chose qui empêchait les gens de
« tourner », que l’on devait pouvoir faire sa mission
militaire avec les attitudes tactiques et techniques
propres à l’usage de ses armes et spécifiques à l’unité
et qu’il y avait des règles toutes simples, comme celles
de la proportionnalité ou du minimum de dégâts
collatéraux, etc. Cela me paraît sans équivoque. Cela
n’a rien à voir avec : « je ne peux plus rien faire, je ne
peux plus tirer, même en cas de légitime défense; qui
me demandera des comptes ? » Non, on me demandera des comptes si je transgresse une règle. » (3)

Quand au major Bodart, conseiller en droit des
conflits armés, il déclare : « Je relève (...) le mot
« impression » : ils avaient aussi l’impression d’être en
vacances... Je crois qu’il y a dans le chef des déclarations spontanées a posteriori, un amalgame et une
schématisation un peu trop outrancière. Je répète à
nouveau que je ne sais pas évaluer la façon ni la
mesure avec laquelle les informations ont été données
au deuxième bataillon commando. Je lis dans un
document « briefing général MINUAR, règles de
comportement, généralités », en première page, après
le mandat détaillé de l’UNAMIR : « l’emploi de la
force est autorisé en cas de légitime défense ».
Comment peut-on interpréter cela différemment et
dire : « je ne peux pas tirer, même en cas de légitime
défense ? » Moi, je n’ai jamais dit : « vous ne pouvez
pas tirer. (...) J’ai dit que la légitime défense restait
d’application, que le droit de la guerre n’était pas
quelque chose qui empêchait les gens de « tourner »,
que l’on devait pouvoir faire sa mission militaire avec
les attitudes tactiques et techniques propres à l’usage
de ses armes et spécifiques à l’unité et qu’il y avait des
règles toutes simples, comme celles de la proportionnalité ou du minimum de dégâts collatéraux, etc. Cela
me paraît sans équivoque. Cela n’a rien à voir avec :
« je ne peux plus rien faire, je ne peux plus tirer, même
en cas de légitime défense; qui me demandera des
comptes ? » Non, on me demandera des comptes si je
transgresse une règle. »(3)

In de loop van de missie ondergaan die interpretaties een verandering zodat de orders van de sector en
van het bataljon worden gewijzigd.

Ces interprétations varieront au cours de la mission
entraînant des modifications dans les ordres du
secteur et du bataillon.

De verklaringen van generaal-majoor Roman
bieden een samenvatting van de toestand : « Elles (les
règles) n’étaient pas claires et nettes, de sorte que la
réaction dépendait du caractère de chacun, ce qui est
dangereux. » (4)

Les déclarations du général-major Roman résument la situation : « Elles (les règles) n’étaient pas claires et nettes, de sorte que la réaction dépendait du
caractère de chacun, ce qui est dangereux. » (4)

——————

——————

(1) Hoorzitting met commandant Noens, POR, Senaat,
13 mei 1997, PV, blz. 86/1 en 86/2.
(2) Hoorzitting met luitenant Lecomte, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 2/5, 2/6 en 2/8.
(3) Hoorzitting met majoor Bodart, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 98/2, 98/3 en 98/4.
(4) Hoorzitting met generaal-majoor Roman, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 378.

(1) Audition du commandant Noens, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, pp. 86/1 et 86/2.
(2) Audition du lieutenant Lecomte, CER, Sénat, 7 mai
1997, PV, pp. 2/5, 2/6 et 2/8.
(3) Audition du major Bodart, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, pp. 98/2, 98/3 et 98/4.
(4) Audition du général-major Roman, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 25 avril 1997, p. 370.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 388 )

Tijdens zijn hoorzitting zegt korporaal-chef Pierard : « Wij waren geı̈soleerd en reageerden dus naargelang het geval. Als men op ons schiet, reageren wij.
Dat is conform de rules of engagement. » (1)

Lors de son audition, le caporal-chef Pierard
déclare : « (...) nous étions isolés et réagissions donc au
fur et à mesure. Quand on nous tirait dessus, nous
ripostions, c’est certain. » (1)

Adjudant Boequelloen antwoordt : « Je n’ai assisté
à aucun cours sur le changement des règles
d’engagement. » (2) en volgens korporaal-chef Pierard : « Nous avons seulement eu un briefing du
commandant de brigade qui est venu nous dire :
« Retirez la cassette de la Somalie, le Rwanda c’est
tout autre chose, ce sont des vacances que l’on vous
offre. » (3)

Selon l’adjudant Boequelloen : « Je n’ai assisté à
aucun cours sur le changement des règles
d’engagement. » (2) et selon le capitaine chef Pierard,
« nous avons seulement eu un briefing du commandant de brigade qui est venu nous dire : « Retirez la
cassette de la Somalie, le Rwanda c’est tout autre
chose, ce sont des vacances que l’on vous offre. »(3)

Dit is de indruk die verscheidene families van vermoorde para’s daarvan hadden.

C’est l’impression qu’en ont retiré plusieurs familles de commandos assassinés.

De commissie heeft adjudant Boequelloen en
korporal-chef Pierard gevraagd of de officieren en de
onderofficieren hun de inhoud van artikel 17 van de
rules of engagement hebben toegelicht.

La commission a demandé à l’adjudant Boequelloen et au caporal-chef Pierard si les officiers et les
sous-officiers leur avaient expliqué la teneur de
l’article 17 des règles d’engagement.

Adjudant Boequelloen antwoordt : « on ne pouvait
pas intervenir. Nous devions adopter un profil
bas » (4) en korporaal-chef Pierard verklaart : « nous
avons reçu l’ordre formel de ne pas intervenir » (5).

L’adjudant Boequelloen répond que l’« on ne
pouvait pas intervenir. Nous devions adopter un
profil bas » (4); et le caporal-chef Pierard déclare :
« nous avons reçu l’ordre formel de ne pas intervenir » (5).

3.4.2. De bijdrage van UNAMIR tot de handhaving
van de veiligheid in Kigali en in de gedemilitariseerde zone

3.4.2. La contribution de la MINUAR au maintien de
la sécurité de la ville de Kigali et dans la zone
démilitarisée

De taken van het mandaat zijn omschreven in de
« UN Guidelines for Governments contributing military personnel to UNAMIR ». Het « Concept of Operations » is de sleutelparagraaf van elk document
betreffende militaire operaties.

Les missions du mandat sont définies dans les « UN
Guidelines for Governments contributing military
personnel to UNAMIR ». Le « Concept of Operations » (idée de manœuvre) est le paragraphe clé de
tout document opérationnel militaire.

Hierin staat :

Il stipule :

« 8. Il s’agit d’établir et de maintenir un climat
essentiel à l’établissement et au bon fonctionnement
du gouvernement de transition.

« 8. Il s’agit d’établir et de maintenir un climat
essentiel à l’établissement et au bon fonctionnement
du gouvernement de transition.

9. b. To establish a weapons secure zone in and
around Kigali through the deployment of a formed
infantry battalion and military observers, to protect
the international airport, to protect the RFP
compound, to escort RFP government functionaries
and to assist in the recovery of illegal arms from civilians.

9. b. To establish a weapons secure zone in and
around Kigali through the deployment of a formed
infantry battalion and military observers, to protect
the international airport, to protect the RFP
compound, to escort RFP government functionaries
and to assist in the recovery of illegal arms from civilians.

——————

——————

(1) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 27 juni 1997, blz. 898. PV, blz. 9/10.
(2) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 27 juni 1997, PV, blz. 9/24.
(3) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 9/24.
(4) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 9/24.
(5) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 9/10.

(1) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 9/10.
(2) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 9/24.
(3) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 9/24.
(4) Audition de l’adjudant Boequelloen, CRA, CER, Sénat,
27 juin 1997, PV, p. 9/24.
(5) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 9/10.

( 389 )

1 - 611/7 - 1997/1998

9. c. To be prepared to employ formed UN troops
for security of UN property and personnel anywhere
in Rwanda until ... »

9. c. To be prepared to employ formed UN troops
for security of UN property and personnel anywhere
in Rwanda until... »

De toepassing van die richtlijnen wordt vervolgens
nader omschreven voor de HQ Force, de HQ Sector
en tenslotte voor KIBAT.

L’application de ces directives est ensuite définie au
niveau du QG Force, du QG Secteur et enfin de
KIBAT.

De commissie stelt vast dat het « Concept of
Operations » opgesteld door de VN in New York, niet
was afgestemd op de beschikbare middelen en dat
daaruit geen realistische richtlijnen zijn gehaald, noch
voor de Force, noch voor de Sector en a fortiori ook
niet voor KIBAT.

La commission constate que le « concept
d’Opérations » défini par l’ONU à New York n’était
pas en rapport avec les moyens disponibles et qu’un
tri réaliste n’a pas été réalisé ni au niveau de la Force,
ni au niveau du secteur et à fortiori pas au niveau de
KIBAT.

3.4.2.1. De « Kigali Weapon Secure Area »
(KWSA)

3.4.2.1. La« KigaliWeaponSecureArea »(KWSA)

Het in beslag nemen van de wapens was één van de
taken waarmee het Belgische bataljon belast was.

La fonction de récupération des armes était une des
tâches imparties au bataillon belge :

Kolonel Flament beschreef deze taak als volgt :

Le colonel Flament décrit cette tâche :

« Er moest een gebied worden afgesloten en daar
moest worden gefouilleerd. De « Kigali Weapon
Secure Area » is een zone waar geen wapens binnen
mochten. Wij fouilleerden op de weg naar de brug
van Kabenge. Daarvoor zijn niet veel middelen nodig.
De moeilijkheid bestond er echter in de bevolking te
doen begrijpen waarom wij daar waren. » (1)

« Il s’agissait de boucler une région et de la fouiller.
La « Kigali Weapon Secure Area » est une zone où il
était interdit de faire entrer des armes. Nous fouillions
le charroi sur la route vers le pont de Kabenge. Il n’est
pas nécessaire, pour cela, de mettre en place un grand
dispositif. Là où le bât a blessé, c’est dans notre capacité à faire comprendre à la population pourquoi
nous étions là. » (1)

Betreffende het in beslag nemen van wapens verklaarde kolonel Flament :

Quant à la récupération des armes, le colonel
Flament a déclaré:

« Het Belgische bataljon moest deelnemen aan het
fouilleren. Het « cordon » was Belgisch, terwijl de
« search » samengesteld was uit Rwandese rijkswachters, VN-waarnemers of de twee samen. Wij hadden
dus niet verwacht dat de Belgen rechtstreeks zouden
moeten fouilleren. » (2)

« Le bataillon belge devait participer à l’opération
de fouille. Le « cordon » était belge alors que le
« search » était composé de gendarmes rwandais,
d’observateurs de l’ONU ou des deux ensemble. On
n’attendait donc pas que les Belges pratiquent directement les fouilles. » (2)

In feite zijn er enkel op 5 januari wapens gevonden,
met de steun van de gendarmerie die twee verdachten
heeft aangehouden. Een peloton van de 21e compagnie, de bevelvoerders van de compagnie, van
KIBAT, van de Sector, hebben aan die actie deelgenomen. Voorafgaande coördinatie was onmogelijk
en de operatie bestond uit een nachtelijke mars tussen
de hutten en lange wachttijden toen men eenmaal ter
plaatse was (3).

En réalité, une seule récupération d’armes est réalisée le 5 janvier, en appui de la gendarmerie qui devait
arrêter deux suspects. Participaient à l’action, un
peloton de la 21e compagnie, les commandants de la
compagnie, de KIBAT, du secteur. Aucune coordination préalable n’avait été possible, l’opération a
consisté en une marche de nuit entre les huttes et une
longue attente une fois sur place (3).

Men is er nooit in geslaagd deze « Kigali Weapon
Secure Area » tot stand te brengen, tenzij in een zeer
gedeeltelijke vorm, hoewel deze doelstelling duidelijk
in het mandaat bepaald was. De commissie heeft

On n’a jamais réussi à réaliser cette « Kigali
Weapon Secure Area », si ce n’est que très partiellement, alors qu’il s’agissait d’un objectif clairement
défini dans le mandat. La commission s’est interrogée

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Flament, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 28 februari 1997, blz. 63.
(2) Ibid.
(3) Rapport van luitenant-kolonel Leroy, KIBAT I.

(1) Audition du colonel Flament, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 28 février 1997, p. 60.
(2) Ibid.
(3) Rapport du lieutenant-colonel Leroy, KIBAT I.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 390 )

gezocht naar de mogelijke redenen waarom deze
KWSA niet werd gerealiseerd.

sur les raisons pour lesquelles la KWSA n’a jamais été
réalisée.

Eén van de aangehaalde redenen was het gebrek
aan samenwerking en het gebrek aan efficiëntie van
de Rwandese partners.

L’une des raisons invoquées était l’absence de
collaboration ou d’efficacité des partenaires rwandais.

Volgens luitenant-kolonel Briot :
« Verschillende acties werden ondernomen om de
illegale wapenhandel te bestrijden maar UNAMIR
kon niet alleen handelen, zonder de medewerking van
de Rwandese rijkswacht. » (1)
Over deze kwestie verklaart luitenant Nees het
volgende :
« Op elk checkpoint waren Rwandese gendarmen
aanwezig. Vaak spraken deze gendarmen enkel
Kinyarwanda. Dit had soms communicatieproblemen tot gevolg. Ik had de indruk dat hun houding
bij het uitvoeren van de checkpoints laks was. » (2)

Selon le lieutenant-colonel Briot :
« Différentes actions furent prises pour lutter
contre le trafic d’armes mais la MINUAR ne pouvait
agir seule, sans la collaboration de la gendarmerie
rwandaise. » (1)
Le lieutenant Nees, lui, déclare :
« À chaque point de contrôle, des gendarmes rwandais étaient présents. Souvent ces gendarmes ne
parlaient que le kinyarwanda, ce qui entraı̂nait
parfois des problèmes de communication. J’avais
l’impression que leurs attitudes lors de l’exécution de
ces contrôles laissaient à désirer. » (2)

Terwijl de Rwandese rijkswacht, wat het in beslag
nemen van wapens betreft, contraproductief, zo niet
onefficiënt bleek te zijn, had de samenwerking met
het RPF in dit opzicht, volgens kolonel Marchal,
evenmin veel uitwerking :
« Ik heb dit persoonlijk ervaren bij de eerste onderhandeling over het protocolakkoord van de KWSA.
Bovendien, toen ik er mij over ging beklagen dat de
regels niet nageleefd werden, werd hieraan zeer traag
gevolg gegeven. Ik liet punctuele controleacties uitvoeren maar dit was zeer moeilijk en ik was er nooit
zeker van dat het gemelde resultaat juist was. Ik was
er altijd van overtuigd dat wanneer het RPF brandhout ging halen in het Noorden, het ook wapens
meebracht. Men heeft tevergeefs alles geprobeerd om
dit te controleren.
Telkens wanneer ik echter dacht dat het RPF zich
niet aan het KWSA-protocol hield, stelde ik een
schriftelijke klacht op. Toch moet ik zeggen dat ik
persoonlijk nooit problemen had met het RPF, dat
mij altijd als neutraal beschouwde en nooit mijn
bewegingsvrijheid beknotte. » (3)
Een andere mogelijke uitleg valt af te leiden uit de
houding van generaal Dallaire. Op de vraag wie hem
verboden had op zoek te gaan naar verborgen
wapenopslagplaatsen waarvan het bestaan hem
bekend gemaakt was door een informant,
antwoordde luitenant Nees als volgt :
« Een verzoek om zo’n onderzoek uit te voeren
werd via de gebruikelijke commandostructuur door-

Si, concernant la récupération des armes, la gendarmerie rwandaise s’est avérée contreproductrice, sinon
inefficace, la collaboration avec le FPR à ce sujet n’a
pas non plus été très efficace, selon le colonel
Marchal :
« J’en ai fait personnellement l’expérience lors de la
première négociation relative au protocole d’accord
de la KWSA. En plus, lorsque j’allais me plaindre du
non-respect des règles, le suivi était très lent. J’ai fait
mener des actions ponctuelles de contrôle, mais elles
étaient très difficiles à réaliser et je n’avais jamais
l’assurance que le résultat annoncé était correct. (...)
J’ai toujours été persuadé que, lorsque le FPR allait
chercher du bois de chauffage dans le nord, c’était
pour amener des armes. On a tout essayé pour contrôler cela, mais en vain.
Néanmoins, chaque fois que j’estimais que le FPR
ne se conformait pas au protocole KWSA, je rédigeais
une réclamation écrite. Je dois dire que, personnellement, je n’ai jamais eu de problème avec le FPR qui
m’a toujours considéré comme neutre et n’a jamais
entravé ma liberté de mouvement. » (3)
Une autre explication réside dans l’attitude du
général Dallaire. À la question de savoir qui lui a
interdit de chercher les caches d’armes dont
l’existence avait été révélée par un indicateur, le lieutenant Nees a répondu de la manière suivante :

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-kolonel Briot, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 februari 1997, blz. 66.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 123.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 115.

(1) Audition du lieutenant-colonel Briot, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 28 février 1997, p. 63.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 119.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, pp. 110 et 111.

« Une demande d’autorisation de procéder à une
telle recherche a été faite par le truchement de la struc-

( 391 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gegeven. Ik heb documenten gezien waaruit blijkt dat
kolonel Marchal om toestemming voor zo’n onderzoek heeft gevraagd, maar dat dat werd geweigerd
door generaal Dallaire.

ture usuelle de commandement. J’ai vu des documents qui démontrent que le colonel Marchal a
demandé l’autorisation de procéder à une telle recherche mais que celle-ci lui a été refusée par le général
Dallaire.

In elk geval was het ons duidelijk dat Kigali helemaal geen weapon secure area was, zoals het volgens
de akkoorden van Arusha had moeten zijn. » (1)

Il était en tout cas clair que Kigali ne constituait pas
une KWSA comme prévu dans les accords
d’Arusha. » (1)

Deze verklaringen zijn bevestigd door kolonel
Marchal, die verwijst naar de gevolgen van de onthullingen van « Jean-Pierre ».

Ces propos ont été confirmés par le colonel
Marchal, qui fait référence aux conséquences des
révélations de « Jean-Pierre ».

« Ten gevolge van de onthullingen van « JeanPierre » is een telex, waarvan ik de inhoud niet ken,
naar New York gestuurd om een operatie voor te stellen. De VN heeft ’s anderendaags geantwoord dat
men niet tussenbeide mocht komen » (2).

« Suite aux révélations de Jean-Pierre, un télex,
dont je ne connais pas le contenu, a été envoyé à New
York pour proposer une opération. L’ONU a
répondu dès le lendemain qu’il ne fallait pas intervenir » (2).

3.4.2.2. De veiligheidspatrouilles
De eerste patrouilles werden te voet uitgevoerd.
Commandant Noens verklaarde het volgende :

3.4.2.2. Les patrouilles de sécurité
Les premières patrouilles de sécurité se sont faites à
pied.
Le commandant Noens déclare :

« De eerste patrouilles — en dat is kenmerkend —
die wij te voet in Kigali hebben uitgevoerd, waren in
sectieverband met de ene helft van de sectie aan de
linkerkant van de weg en de andere aan de rechterkant, met het wapen in de arm ... zo hebben wij gepatrouilleerd en dat is « show the flag ».

« De eerste patrouilles — en dat is kenmerkend —
die wij te voet in Kigali hebben uitgevoerd, waren in
sectieverband met de ene helft van de sectie aan de
linkerkant van de weg en de andere aan de
rechterkant, met het wapen in de arm ... zo hebben
wij gepatrouilleerd en dat is « show the flag ».

Blijkbaar was dat te agressief. Daarom mochten
wij onze patrouilles niet langer zo uitvoeren en moesten wij voortaan het geweer op de schouder dragen.
De bevolking zag dus begin december « les casques
bleus ONU belges » gewapend door de straten trekken, een paar dagen later iets minder agressief, het
geweer over de schouder. Ook dat was echter nog te
agressief. In een tweede fase heeft men ons dan verplicht te patrouilleren met de loop van het geweer
naar beneden. (...) Dat was in de kaarten spelen van
bepaalde FAR-officieren die helemaal niet Belgisch
gezind waren » (3).

Blijkbaar was dat te agressief. Daarom mochten
wij onze patrouilles niet langer zo uitvoeren en moesten wij voortaan het geweer op de schouder dragen.
De bevolking zag dus begin december « les Casques
bleus ONU belges » gewapend door de straten
trekken, een paar dagen later iets minder agressief, het
geweer over de schouder. Ook dat was echter nog te
agressief. In een tweede fase heeft men ons dan
verplicht te patrouilleren met de loop van het geweer
naar beneden. (...) Dat was in de kaarten spelen van
bepaalde FAR-officieren die helemaal niet Belgisch
gezind waren » (3).

Deze patrouilles werden door sommigen « Coca
Cola »-patrouilles genoemd.

Les patrouilles furent même qualifiées par certains
de patrouilles « Coca Cola ».

Over de veiligheidspatrouilles sprak kolonel Marchal op de volgende wijze :

Le colonel Marchal s’est exprimé de la manière
suivante :

« (...) Ik merk op dat zij in een politiek van informatie
aan de bevolking pasten. De doelstelling was de

« (...) Je précise qu’elles rentraient dans le cadre
d’une politique d’information de la population.

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 121.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 178.
(3) Hoorzitting met commandant Noens, POR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, PV, blz. 90/11, 91/1 en 91/2.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(2) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, p. 174.
(3) Audition du commandant Noens, CER, Sénat, 19961997, 14 mars 1997, PV, pp. 90/11, 91/1 et 91/2.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 392 )

nodige inlichtingen in te winnen door middel van
contacten met de mensen. Bovendien had ik gevraagd
om patrouilles over een lange afstand te houden om
een vertrouwensklimaat te scheppen (...) » (1).

L’objectif était de recueillir les informations nécessaires par le biais de contacts avec les gens. De plus,
j’avais demandé de faire des patrouilles à longue
distance pour créer un climat de confiance (...) » (1).

Er zijn dus allerlei patrouilles geweest, telkens vergezeld van Rwandese gendarmes. Patrouilleren was
het belangrijkste dat werd gedaan en had als doel de
bevolking te overtuigen en inlichtingen te verzamelen.

Notons qu’il y a eu des patrouilles de tout type,
chaque fois accompagnées de gendarmes rwandais.
Elles constituaient l’essentiel des activités, visant la
dissuasion et l’acquisition de renseignements.

3.4.2.3. Road Blocks

3.4.2.3. Les Road Blocks

Er is slechts één wegversperring aangebracht, in
bijzondere omstandigheden. Op bevel van de VNwaarnemers werd de oostelijke uitgang van het parlement geblokkeerd om het RPF fysiek te beletten het
parlement zonder escorte van die waarnemers te verlaten. Voor deze opdracht overdag waren twee
CVRT’s nodig, waarvan bekend is in welke staat zij
zich bevonden en met welke bemanning zij moesten
werken (een mecanicien werd ingezet als tankcommandant) (2).

Un seul a été réalisé, dans des circonstances particulières. Il s’agissait de bloquer, sur ordre des observateurs de l’ONU, la sortie est du CND, le Parlement
rwandais, afin de pouvoir empêcher physiquement le
FPR de quitter le CND sans escorte de ces observateurs. C’était une mission de jour uniquement qui
nécessitait deux CVRT dont l’état était bien connu, et
dont les équipages étaient de fortune (mécanicien
faisant fonction de chef de char) (2).

3.4.3. De pogingen van België om het mandaat of de
ROE te wijzigen of om de troepensterkte te
verhogen

3.4.3. Les tentatives de la Belgique de changer le
mandat, les ROE ou d’accroı̂tre les effectifs

In een geschreven document dat hij aan de commissie overhandigd heeft, gaf minister Claes weer op
welke manier België trachtte om het mandaat of de
ROE te veranderen of om de troepensterkte te verhogen.

Dans un document écrit remis à la commission, le
ministre Claes a relaté de quelle manière la Belgique
avait tenté de changer le mandat, les ROE ou
d’accroı̂tre les effectifs.

Naast politieke en diplomatieke druk heeft België
zich ook ingespannen om een effectiever optreden van
UNAMIR te verkrijgen.

En plus des pressions politiques et diplomatiques,
la Belgique a également tenté de rendre les interventions de la MINUAR plus efficaces.

Zoals reeds gezegd in hoofdstuk 3.3.1., drong
minister van Buitenlandse Zaken W. Claes in zijn
brief van 11 februari 1994 (en niet van 14 maart 1994
zoals verkeerdelijk is vermeld in het Blue Book) aan
op « een meer ontradende houding van UNAMIR op
het vlak van de veiligheid », hoewel hij zich bewust
was van « de verplichtingen die u (NVDR : Secretarisgeneraal Boutros Boutros-Ghali) in het kader van
resolutie 872 van de Veiligheidsraad werden opgelegd. » Zijn reactie werd veroorzaakt door « het
getreuzel van de partijen, en dat terwijl elke dag meer
alarmerende berichten ontstonden over het aanleggen
van wapenreserves door de verschillende milities. »

Comme cela a déjà été signalé dans le chapitre
3.3.1., le ministre des Affaires étrangères W. Claes,
dans sa lettre du 11 février 1994 (et non du 14 mars
1994 comme le dit à tort le Blue Book), insiste sur
« une attitude plus dissuasive de la MINUAR sur le
plan de la sécurité » bien qu’il soit conscient « des
contraintes qui vous (NDLR : le secrétaire général
Boutros Boutros-Ghali) sont imposées dans le cadre
de la résolution 872 du Conseil de sécurité ». Cette
réaction est suscitée par « les atermoiements des
partis, tandis que les informations relatives à la constitution de réserves d’armes par les différentes milices
se font chaque jour plus insistantes. »

Terwijl minister Claes nog niet terug is van zijn reis
naar Kigali, neemt de kabinetschef van Buitenlandse
Zaken, de heer Willems, het initiatief en vraagt hij

Alors que le ministre Claes n’est pas encore rentré
de son voyage à Kigali, le chef de cabinet des Affaires
étrangères M. Willems prend l’initiative de demander

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 116.
(2) Rapport van luitenant-kolonel Leroy, KIBAT I.

(1) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 112.
(2) Rapport du lieutenant-colonel Leroy, KIBAT I.

( 393 )

1 - 611/7 - 1997/1998

aan de permanente vertegenwoordiger te New York
om de Secretaris-generaal van de Verenigde Naties
alsmede de voornaamste leden van de VNVeiligheidsraad een aantal mogelijkheden te laten
onderzoeken teneinde het optreden van UNAMIR,
zowel wat het politieke onderdeel (de heer Booh
Booh) als wat het militaire onderdeel (generaal
Dallaire) betreft, te versterken. De volledige tekst van
telex nr. 64 van 25 februari 1994 van MINAFET aan
DELBELONU luidt als volgt :

au représentant permanent à New York de faire
examiner par le secrétaire général des Nations unies,
comme par les membres les plus importants du
Conseil de sécurité de l’ONU, une série de possibilités
pour renforcer l’action de la MINUAR tant dans sa
composante politique (M. Booh Booh), que dans sa
composante militaire (général Dallaire). Le texte du
télex no 64 du 25 février 1994 de MINAFET à
DELBELONU est rédigé comme suit :

« De sterke verslechtering van de veiligheidstoestand in Rwanda leidt tot volgende bedenkingen :

« La forte dégradation de la situation sur le plan de
la sécurité au Rwanda appelle les réflexions suivantes :

1. De politieke moorden, de daarop volgende onlusten, de verslechtering in het veiligheidsklimaat,
zouden wel eens tot een nieuw bloedbad kunnen
leiden.

1. Les assassinats politiques, les troubles qui
s’ensuivent, la détérioration du climat de sécurité,
pourraient bien mener à un nouveau bain de sang.

2. Diplomatieke en politieke druk zou moeten verhoogd worden met het doel een strikte opvolging van
de Arusha-akkoorden in een sereen klimaat te kunnen
bekomen.

2. Il faudrait accroı̂tre la pression diplomatique et
politique en vue de parvenir à faire respecter strictement les accords d’Arusha dans un climat serein.

3. De bijzondere vertegenwoordiger van de Secretaris-Generaal in Rwanda, de heer Booh Booh lijkt ter
plaatse aan credibiliteit te hebben ingeboet.

3. Le représentant spécial du secrétaire général au
Rwanda, M. Booh Booh, semble avoir perdu de sa
crédibilité sur place.

4. De VN-UNAMIR-operatie kan onder haar
huidig mandaat geen « sterke handhaving van de
publieke orde » uitvoeren.

4. Dans le cadre de son mandat actuel, la
MINUAR ne peut maintenir fermement l’ordre
public. Un sérieux problème de crédibilité se pose.

Er stelt zich een ernstig probleem van credibiliteit.
Er werden reeds demarches op hoog niveau uitgevoerd te New York die echter zonder resultaat bleven.
De laatste verklaring van de Voorzitter van de VNVeiligheidsraad over Rwanda (17 februari 1994) —
Quote « Il rappelle que la MINUAR ne sera assurée
d’un appui suivi que si les parties appliquent intégralement et rapidement l’accord de paix d’Arusha. » —
Unquote — wijst op een mogelijke inactiviteit of
stopzetting van de operatie.

Des démarches ont déjà été effectuées à un haut
niveau à New York, mais elles sont restées sans résultat. La dernière déclaration du président du Conseil
de sécurité concernant le Rwanda (le 17 février 1994)
— « la MINUAR ne sera assurée d’un appui suivi que
si les parties appliquent intégralement et rapidement
l’accord de paix d’Arusha » — laisse présager une
possible inactivité ou un arrêt de l’opération.

5. Wanneer UNAMIR als gevolg van de moorden
en onlusten eerder deze week de operatie op status
« Red Alert » plaatste, betekende dit dat alle blauwhelmen order kregen zich in hun kampementen terug
te trekken en inactief af te wachten. Ingeval de toestand inderdaad zou verslechteren en vernoemde
UNAMIR-orders in voege zouden blijven, is het voor
de publieke opinie onaanvaardbaar dat Belgische
blauwhelmen in Rwanda passieve getuigen van een
volkenmoord zouden kunnen worden en dat de Verenigde Naties inactief zouden blijven.

5. Quand, à la suite des assassinats et des troubles,
la MINUAR a décidé au début de cette semaine de
placer l’opération sous alerte rouge, cela a eu pour
conséquence que tous les Casques bleus ont reçu
l’ordre de se retirer dans leurs campements et
d’attendre passivement. Si la situation devait effectivement dégénérer et que les ordres précités de la
MINUAR restaient en vigueur, il serait inacceptable
pour l’opinion publique que des Casques bleus belges
puissent devenir au Rwanda les témoins passifs d’un
génocide et que les Nations Unies n’entreprennent
rien.

6. Indien omstandigheden verslechteren, kunnen
de VN en België zich eigenlijk niet veroorloven om
zich terug te trekken uit Rwanda. UNAMIR zou een
meer krachtige rol moeten kunnen uitoefenen en zich

6. Si les conditions se détériorent, les Nations
Unies et la Belgique ne peuvent pas, en réalité, se
permettre de se retirer du Rwanda. La MINUAR
devrait pouvoir jouer un rôle plus énergique et adop-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 394 )

een duidelijker profiel ter plaatse moeten kunnen
aanmeten om de geloofwaardigheid van de internationale gemeenschap te verstevigen.

ter sur place un profil plus marqué afin de renforcer la
crédibilité de la communauté internationale.

7. De vraag die zich stelt is of dit zonder een nieuw
mandaat van de Veiligheidsraad mogelijk kan zijn.
Indien langs een nieuw mandaat (nieuwe VRresolutie) een versterking van UNAMIR moet gezocht
worden, kan men, gezien de huidige politiek van de
VSA ter zake, moeilijkheden verwachten. Op dit
ogenblik lijkt voor hen een uitbreiding van de operatie (blauwhelmen, financiering) uitgesloten. In de
twee resoluties zelf (872, 893) wordt trouwens sterke
nadruk gelegd op het beperkt houden of verkleinen
van de operatie (zonder de capaciteit van UNAMIR
om haar opdracht te vervullen in gevaar te brengen).

7. La question qui se pose est de savoir si cela est
possible sans un nouveau mandat du Conseil de sécurité. Si l’on doit tenter de renforcer la MINUAR par
un nouveau mandat (une nouvelle résolution du
Conseil de sécurité), on peut s’attendre à des difficultés, vu la politique actuelle des États-Unis en la
matière. En ce moment, une extension de l’opération
(Casques bleus, financement) semble exclue à leurs
yeux. Au demeurant, dans les deux résolutions ellesmêmes (872, 893), on met nettement l’accent sur le
caractère limité ou récessif de l’opération (sans mettre
en péril la capacité de la MINUAR de remplir sa
mission).

8. Het wordt zeer belangrijk om na te gaan hoe de
actie versterkt zou kunnen worden onder het huidige
mandaat (opname Oostenrijkse blauwhelmen ? Grotere beslissingsruimte voor Dallaire ? Tijdelijke verplaatsing blauwhelmen uit andere operaties in de
regio ? ...) benevens doelmatiger bewerkstelligen van
verhoogde diplomatieke en politieke druk.

8. Il devient très important d’examiner comment
on pourrait renforcer l’action dans le cadre du
mandat actuel (intégration de Casques bleus autrichiens ? Une plus grande marge de décision pour
Dallaire ? Déplacement provisoire de Casques bleus
venant d’autres opérations dans la région ? ...), et
comment augmenter efficacement la pression diplomatique et politique.

9. Ontving gaarne uw bedenkingen over dit alles.
Druk erop dat dit moet dienen als input voor besluitvorming over eventuele nieuwe stappen, maar dat
hierover nog geen beslissing werd genomen » (1).

9. J’aimerais recevoir vos remarques à propos de
tout ceci. J’insiste sur le fait que cela doit servir de
base à une décision concernant de nouvelles démarches éventuelles, mais qu’aucune position n’a encore
été arrêtée à ce sujet » (1).

Op de vraag naar de versterking van het VNoptreden wordt negatief gereageerd. Ambassadeur
Noterdaeme verklaart in zijn telex 326 van
28 februari 1994 dat hij « lang nagedacht heeft over de
manier waarop men het optreden van de Verenigde
Naties in Rwanda zou kunnen ombuigen ». Hij voegt
eraan toe : « J’en ai parlé en détail avec les principaux
membres du Conseil de sécurité et avec le secrétariat
des Nations unies. Il y a en théorie 4 éléments sur
lesquels on pourrait jouer :

La réponse sur la question du renforcement de
l’action des Nations unies est négative. L’ambassadeur Noterdaeme déclare dans son télex no 326 du
28 février 1994 qu’il a « sérieusement réfléchi à la
manière dont on pourrait infléchir l’action des
Nations unies au Rwanda ». Il ajoute : « J’en ai parlé
en détail avec les principaux membres du Conseil de
sécurité et avec le secrétariat des Nations unies. Il y a
en théorie 4 éléments sur lesquels on pourrait jouer :

1) L’élargissement du mandat ou le renforcement
des effectifs de la MINUAR : « très improbable »

1) L’élargissement du mandat ou le renforcement
des effectifs de la MINUAR : « très improbable »

— Non seulement les États-Unis et le Royaume-Uni
s’y opposent, mais ils auraient même tendance —
c’est ce que confirment leurs délégations — à retirer
tout simplement la MINUAR « en cas de difficultés »
(telle pourrait même être l’attitude de l’ensemble du
Conseil de sécurité). Il y a là-derrière « une logique
financière » (les États-Unis n’ont jamais voulu plus de
500 hommes pour la MINUAR).

— Non seulement les États-Unis et le RoyaumeUni s’y opposent, mais ils auraient même tendance
— c’est ce que confirment leurs délégations — à retirer tout simplement la MINUAR « en cas de difficultés » (telle pourrait même être l’attitude de l’ensemble
du Conseil de sécurité). Il y a là-derrière « une logique
financière » (les États-Unis n’ont jamais voulu plus de
500 hommes pour la MINUAR).

— Il y a également une logique politique : les opérations au Rwanda, au Libéria et au Mozambique relè-

— Il y a également une logique politique : les
opérations au Rwanda, au Libéria et au Mozambique

——————

——————

(1) Telex van 25 februari 1994 van MINAFET aan DELBELONU.

(1) Télex du 25 février 1994 de MINAFET à DELBELONU.

( 395 )
vent du Chapitre VI; en d’autres termes, le Conseil de
sécurité des Nations unies ne peut pas imposer de
solution (en Yougoslavie et en Somalie, cela s’est
avéré impossible, même dans le cadre du Chapitre VII).
2) Les règles d’engagement

1 - 611/7 - 1997/1998

relèvent du Chapitre VI; en d’autres termes, le Conseil
de sécurité des Nations unies ne peut pas imposer de
solution (en Yougoslavie et en Somalie, cela s’est
avéré impossible, même dans le cadre du Chapitre VII).
2) Les règles d’engagement

Le secrétariat des Nations unies « n’est pas enclin à
adapter les règles d’engagement » :
— militairement, c’est trop dangereux; les
Nations unies n’ont jamais autant de moyens que les
parties;
— politiquement : si les Nations unies recourent à
la force, elles prennent parti (ne sont plus
neutres) » (1).

Le secrétariat des Nations unies « n’est pas enclin à
adapter les règles d’engagement » :
— militairement, c’est trop dangereux; les
Nations unies n’ont jamais autant de moyens que les
parties;
— politiquement : si les Nations unies recourent à
la force, elles prennent parti (ne sont plus
neutres) » (1).

De twee andere oplossingen die Noterdaeme
voorstelde, waren de versterking van de rol van de
heer Booh Booh en van generaal Dallaire.

Les deux autres solutions préconisées par Noterdaeme étaient le renforcement du rôle de M. BoohBooh et du général Dallaire.

Hoewel het Secretariaat-generaal theoretisch niet
tegen deze alternatieve praktijkoplossing gekant was,
werd niets verricht om het politieke of militaire
gewicht van deze twee personen te versterken.

Si, théoriquement, le secrétariat général ne se disait
pas opposé à cette alternative dans la pratique, rien ne
fut fait pour renforcer l’importance politique ou militaire de ces deux personnages.

Ook minister Delcroix, die van 10 tot 13 maart
1994 (samen met 15 parlementsleden) in Rwanda is
geweest, had zijn gesprekspartners gewezen op de
einddatum van 5 april 1994.

Le ministre Delcroix, qui s’est rendu au Rwanda du
10 au 13 mars 1994 (avec 15 parlementaires), avait lui
aussi attiré l’attention de ses interlocuteurs sur
l’échéance du 5 avril 1994.

« À moins qu’une nouvelle dynamique n’intervienne d’ici là, on ne pourra plus éluder une remise en
question approfondie de l’opportunité de poursuivre
l’intervention de l’ONU. Le ministre Delcroix a laissé
entrevoir une autre possibilité, à savoir celle d’une
révision et d’un assouplissement du mandat pour
donner au commandement de la MINUAR à Kigali
une liberté d’action plus grande (la possibilité d’agir
de manière plus dissuasive) sans l’obliger à attendre
systématiquement les instructions de New
York » (2).

« À moins qu’une nouvelle dynamique n’intervienne d’ici là, on ne pourra plus éluder une remise en
question approfondie de l’opportunité de poursuivre
l’intervention de l’ONU. Le ministre Delcroix a laissé
entrevoir une autre possibilité, à savoir celle d’une
révision et d’un assouplissement du mandat pour
donner au commandement de la MINUAR à Kigali
une liberté d’action plus grande (la possibilité d’agir
de manière plus dissuasive) sans l’obliger à attendre
systématiquement les instructions de New
York » (2).

Hoewel België geen lid van de Veiligheidsraad was,
was de politieke houding van de minister van Buitenlandse Zaken — zoals trouwens ook van Secretariaatgeneraal van de VN — dat de hernieuwing van het
mandaat de gelegenheid bood om door middel van
een versterking van het mandaat en een strikte beperking van de duur ervan, president Habyarimana en de
partijen bij het conflict in Rwanda een duidelijk politiek signaal te geven.

Bien que la Belgique ne soit pas membre du Conseil
de sécurité, le ministre des Affaires étrangères, tout
comme le secrétariat général de l’Organisation des
Nations unies d’ailleurs, ont estimé que le renouvellement du mandat était l’occasion de donner un signal
politique clair au président Habyarimana et aux
parties en présence au Rwanda en limitant strictement le mandat dans le temps tout en le renforçant.

Er bestond een « Belgische optie » die tijdens een
trilateraal overleg (F, B, USA) op 22 maart 1994 tegen-

Il y avait une « option belge » qui a été défendue
devant les deux membres permanents du Conseil de

——————

——————

(1) Telex 326 van 28 februari 1994 vanwege DELBELONU
aan MINAFET Brussel.
(2) Telex nr. 209 van 15 maart 1994.

(1) Télex no 326 du 28 février 1994 de DELBELONU à
MINAFET Bruxelles.
(2) Télex no 209 du 15 mars 1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 396 )

over de twee permanente leden van de Veiligheidsraad verdedigd werd. Deze optie had de volgende
inhoud :

sécurité lors d’une concertation trilatérale (F, B, USA)
le 22 mars 1994. Voici les termes de cette option :

« — la mission de la MINUAR est prolongée pour
une période brève (p.e. trois mois) au moyen d’une
« résolution dure », après quoi le SG doit soumettre un
rapport d’évaluation approfondi sur la base duquel le
CS peut prendre de nouvelles décisions, comme celle
de réduire l’effectif de la MINUAR;

« — la mission de la MINUAR est prolongée pour
une période brève (p.e. trois mois) au moyen d’une
« résolution dure », après quoi le SG doit soumettre un
rapport d’évaluation approfondi sur la base duquel le
Conseil de sécurité peut prendre de nouvelles décisions, comme celle de réduire l’effectif de la
MINUAR;

— nous souhaitions en outre renforcer le mandat
de la MINUAR.

— nous souhaitions en outre renforcer le mandat
de la MINUAR.

La France était favorable à l’option belge, mais
sans renforcement du mandat, ce que les partenaires
jugeaient irréaliste. Washington souhaitait uniquement une prolongation pour une période courte,
éventuellement avec un ultimatum. Cette dernière
solution a été rejetée par la Belgique et la France : on
sait d’expérience que les parties en présence ne remplissent qu’une partie des conditions imposées par le
CS, ce qui place ce dernier dans une situation difficile » (1).

La France était favorable à l’option belge, mais
sans renforcement du mandat, ce que les partenaires
jugeaient irréaliste. Washington souhaitait uniquement une prolongation pour une période courte,
éventuellement avec un ultimatum. Cette dernière
solution a été rejetée par la Belgique et la France : on
sait d’expérience que les parties en présence ne
remplissent qu’une partie des conditions imposées
par le Conseil de sécurité, ce qui place ce dernier dans
une situation difficile » (1).

Generaal Dallaire stelde de heer Boutros BoutrosGhali voor het mandaat met slechts twee maanden te
verlengen (2). De DPKO wenste eveneens een verlenging met hoogstens 60 dagen, maar de heer Boutros
Boutros-Ghali « schrapte de derde paragraaf met een
pennetrek en stelt nu voor het mandaat van UNAMIR
met zes maanden te verlengen. » Op deze beslissing
werd op het Secretariaat van de VN « ontsteld » gereageerd omdat er niet het gewenste politieke signaal van
uitging.

Le général Dallaire a proposé à M. Boutros
Boutros-Ghali de prolonger le mandat de deux mois
seulement (2). Le DPKO souhaitait lui aussi une
prolongation de 60 jours au plus, mais M. Boutros
Boutros-Ghali a « supprimé le dernier paragraphe
d’un trait de plume et propose maintenant de prolonger le mandat de la MINUAR de 6 mois ». Cette décision a été accueillie avec « consternation » au secrétariat de l’ONU, parce qu’elle n’apportait pas le signal
politique désiré.

Ambassadeur Noterdaeme was van oordeel dat de
houding van het Secretariaat-generaal « indruiste
tegen de mening van de Verenigde Staten, Frankrijk
en België ». Zij was strijdig met de verklaringen van de
Secretaris-generaal zelf, dat wil zeggen met sommige
van zijn uitspraken in zijn rapport van 30 maart 1994
aan de Veiligheidsraad en met sommige van zijn verklaringen aan president Habyarimana, met name dat
de internationale gemeenschap niet langer tolereerde
dat er geen vooruitgang geboekt werd (3). Ten
gevolge van het protest van de Franse voorzitter van
de Veiligheidsraad zal de Veiligheidsraad als compromis een verlenging met zes maanden voorstellen, met
een nieuwe beoordeling van de toestand na twee
maanden (4).

L’ambassadeur Noterdaeme a estimé que l’attitude
du secrétariat général était « contraire à l’avis des
États-Unis, de la France et de la Belgique ». Elle était
contraire aux déclarations du secrétariare général
même, c’est-à-dire à certains des propos qu’il a tenus
dans son rapport du 30 mars 1994 au Conseil de sécurité et à certaines des déclarations qu’il a faites au
président Habyarimana, notamment que la communauté internationale ne tolérerait plus longtemps
l’absence de progrès (3). À la suite des protestations
du président français du Conseil de sécurité, le secrétariat général proposera, à titre de compromis, une
prolongation de 6 mois avec un nouvel examen de la
situation après 2 mois (4).

Het Secretariaat-generaal had financiële redenen
om zes maanden voor te stellen (budgettaire moeilijk-

Le secrétariat général avait des raisons financières
pour proposer 6 mois (difficultés budgétaires). Finale-

——————

——————

(1) Telex nr. 510 NY van 22 maart 1994.
(2) Telex nr. 567 NY van 30 maart 1994.
(3) Telex nr. 578 NY van 30 april 1994.
(4) Telex nr. 583 NY van 31 maart 1994.

(1) Télex no 510 NY du 22 mars 1994.
(2) Télex no 567 NY du 30 mars 1994.
(3) Télex no 578 NY du 30 avril 1994.
(4) Télex no 583 NY du 31 mars 1994.

( 397 )

1 - 611/7 - 1997/1998

heden). Uiteindelijk wordt in resolutie 909 van 5 april
1994, ten gevolge van de druk die de Verenigde Staten
uitgeoefend had, beslist dat het mandaat met vier
maanden verlengd wordt (tot 29 juli 1994) en dat er na
zes weken een nieuwe beoordeling zou komen.

ment, l’on disposera dans la résolution 909 du 5 avril
1994, à la suite des pressions exercées par les ÉtatsUnis, que le mandat est prolongé pour 4 mois
(jusqu’au 29 juillet 1994) et qu’il y aura un nouvel
examen après 6 semaines.

Een nieuwe verlenging was aan de volgende voorwaarden gebonden :

Les conditions d’une nouvelle prolongation étaient
les suivantes :

a) het oprichten van overgangsinstellingen;

a) la mise en place d’institutions de transition;

b) voldoende vooruitgang wat de inwerkingtreding van fase 2 van het plan van de Secretariaatgeneraal betreft.

b) la réalisation de progrès suffisants pour ce qui
est de l’entrée en vigueur de la phase 2 du plan du
secrétariat général.

Daaruit volgt dat men de Belgische optie gedeeltelijk gevolgd heeft maar zonder de gewenste versterking van het mandaat, een versterking die niet in de
voorstellen van de Secretaris-generaal voorkwam (a)
en die verworpen werd door de permanente leden van
de Veiligheidsraad (b).

Il s’ensuit que l’on a suivi l’option belge en partie,
mais sans prévoir le renforcement souhaité du
mandat, renforcement qui n’a pas été proposé par le
secrétaire général et qui a été rejeté par les membres
permanents du Conseil de sécurité.

De pogingen van de minister van Buitenlandse
Zaken, vanaf januari 1994 tot het uitbreken van de
genocide, om een verruiming van het mandaat of van
de ROE, of minstens een versterking van de troepenmacht of een versoepeling van de manoeuvreerruimte
van generaal Dallaire te verkrijgen, zijn dus niet
geslaagd.

Les tentatives que le Ministère des Affaires étrangères a faites, à partir de janvier 1994 jusqu’au déclenchement du génocide, pour obtenir un élargissement
du mandat ou des ROE, ou du moins, une augmentation des effectifs ou un assouplissement de la marge de
manoeuvre du général Dallaire n’ont donc pas
abouti.

3.5. DE GEBEURTENISSEN
VAN 6 EN 7 APRIL 1994

3.5. LES ÉVÉNEMENTS
DES 6 ET 7 AVRIL 1994

3.5.1. De aanslag op het presidentiële vliegtuig

3.5.1. L’attentat contre l’avion présidentiel

Verscheidene getuigen merken op dat er geen werk
werd en wordt gemaakt van enig onderzoek naar de
omstandigheden waarin op 6 april het presidentiële
vliegtuig werd neergehaald. Op de vraag om een overzicht te geven van alle onderzoeken naar de aanslag
op het vliegtuig van de president verklaarde professor
Reyntjens : « Het antwoord op uw vraag is zeer kort :
geen (1). Voor zover ik weet zijn er geen onderzoeken gedaan. De ICAO heeft geen onderzoek gedaan,
hoewel de Belgische regering daarom had gevraagd.
De voormalige Rwandese regering heeft niets gedaan
behalve het recupereren van de twee lanceerbuizen
van de SAM 16’s. Het nieuwe bewind heeft ook geen
onderzoek gedaan en alleen het puin geruimd dat in
de tuin van president Habyarimana lag. Burundi heeft
evenmin iets gedaan, hoewel de Burundese president
en twee ministers bij die aanslag zijn gestorven.

Plusieurs témoins font remarquer qu’il n’a été et
qu’il n’est mené aucune enquête sur les circonstances
dans lesquelles l’avion présidentiel a été abattu le 6
avril. Quand on lui a demandé de donner un aperçu
de l’ensemble des enquêtes relatives à l’attentat contre
l’avion du président, le professeur Reyntjens a
déclaré : « Het antwoord op uw vraag is zeer kort :
geen (1). Voor zover ik weet zijn er geen onderzoeken gedaan. De ICAO heeft geen onderzoek gedaan,
hoewel de Belgische regering daarom had gevraagd.
De voormalige Rwandese regering heeft niets gedaan
behalve het recupereren van de twee lanceerbuizen
van de SAM 16’s. Het nieuwe bewind heeft ook geen
onderzoek gedaan en alleen het puin geruimd dat in
de tuin van president Habyarimana lag. Burundi heeft
evenmin iets gedaan, hoewel de Burundese president
en twee ministers bij die aanslag zijn gestorven.

——————

——————

(1) In de ochtend van 7 april werden in opdracht van generaal Dallaire wel een aantal manschappen van KIBAT II gezonden naar de plaats waar het presidentiële vliegtuig neerstortte.
Een versperring van de FAR verhinderde hun echter de toegang.

(1) Dans la matinée du 7 avril, à la demande du général
Dallaire, un certain nombre d’hommes ont bel et bien été envoyés à l’endroit où l’avion présidentiel s’est abattu. Un barrage
des FAR leur en a toutefois interdit l’accès.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 398 )

Kortom, er is geen enkel officieel onderzoek
gebeurd » (1). Als argument voor het achterwege
blijven van enig onderzoek stelde de heer Faustin
Twagiramungu, gewezen Eerste minister van Rwanda : « Jamais on n’a fait allusion à la réalisation d’une
enquête. La réponse du gouvernement rwandais était
la suivante : « M. Habyarimana n’était pas plus
important que toutes les autres personnes qui sont
décédées. » C’était vrai, mais il me semble que le sens
de l’État doit également prévaloir. Le gouvernement
burundais a introduit une demande mais n’a pas
obtenu de réponse. La famille du président Habyarimana a également introduit une demande auprès
des Nations unies mais n’a pas non plus obtenu de
réponse. »(2)

Kortom, er is geen enkel officieel onderzoek
gebeurd » (1). Pour justifier l’absence de toute
enquête, M. Faustin Twagiramungu, ancien Premier
ministre du Rwanda, a avancé l’argument suivant :
« Jamais on n’a fait allusion à la réalisation d’une
enquête. La réponse du gouvernement rwandais était
la suivante : « M. Habyarimana n’était pas plus
important que toutes les autres personnes qui sont
décédées. » C’était vrai, mais il me semble que le sens
de l’État doit également prévaloir. Le gouvernement
burundais a introduit une demande mais n’a pas
obtenu de réponse. La famille du président Habyarimana a également introduit une demande auprès des
Nations unies mais n’a pas non plus obtenu de
réponse. » (2).

De heer Dismas Nsengiyaremye, gewezen Eerste
minister van Rwanda wees onze commissie op het
belang van een dergelijk onderzoek : « J’ai refusé
d’avoir une version. Je suis très surpris du fait qu’un
événement aussi important et aussi lourd de conséquences ait été négligé à ce point. Je ne comprends pas
pourquoi ni les Nations unies ni la MINUAR ni les
puissances occidentales intervenues pour évacuer les
ressortissants n’aient rien fait jusqu’à présent pour
établir la lumière à ce sujet. Même si des problèmes
existaient par rapport au président rwandais, étant
donné que le président burundais a également péri, je
ne comprends pas que l’on n’ait pas cherché à
connaı̂tre la vérité et à informer les autorités burundaises. Pourquoi le gouvernement actuel n’enquêtet-il pas au sujet de cet événement — Tout le monde se
dérobe ... Je me dis que si les gens agissent ainsi, c’est
qu’ils savent quelque chose. Il existe quelque part des
gens qui savent et qui ne veulent rien dire. Je n’ai pas
la capacité de les approcher. Une enquête pourrait
toutefois être menée par les personnes plus ou moins
concernées par cet attentat et qui se trouvent au plus
haut niveau de l’État rwandais actuel, par les Nations
unies ou par les puissances intervenues notamment
pour procéder aux évacuations et qui ont certainement eu accès à certaines informations. Je demande
que la lumière soit faite au sujet de cet événement. En
effet, on ne pourra pas expliquer l’ampleur et la gravité du génocide si ce point n’est pas élucidé. Apparemment, nous sommes confrontés à une conspiration du silence... » (3)

M. Dismas Nsengiyaremye, ancien Premier ministre rwandais, a souligné devant notre commission
l’importance d’une telle enquête : « J’ai refusé d’avoir
une version. Je suis très surpris du fait qu’un événement aussi important et aussi lourd de conséquences
ait été négligé à ce point. Je ne comprends pas pourquoi ni les Nations unies ni la MINUAR ni les puissances occidentales intervenues pour évacuer les
ressortissants n’aient rien fait jusqu’à présent pour
établir la lumière à ce sujet. Même si des problèmes
existaient par rapport au président rwandais, étant
donné que le président burundais a également péri, je
ne comprends pas que l’on n’ait pas cherché à
connaı̂tre la vérité et à informer les autorités burundaises. Pourquoi le gouvernement actuel n’enquête-til pas au sujet de cet événement — Tout le monde se
dérobe ... Je me dis que si les gens agissent ainsi, c’est
qu’ils savent quelque chose. Il existe quelque part des
gens qui savent et qui ne veulent rien dire. Je n’ai pas
la capacité de les approcher. Une enquête pourrait
toutefois être menée par les personnes plus ou moins
concernées par cet attentat et qui se trouvent au plus
haut niveau de l’État rwandais actuel, par les Nations
unies ou par les puissances intervenues notamment
pour procéder aux évacuations et qui ont certainement eu accès à certaines informations. Je demande
que la lumière soit faite au sujet de cet événement. En
effet, on ne pourra pas expliquer l’ampleur et la
gravité du génocide si ce point n’est pas élucidé.
Apparemment, nous sommes confrontés à une conspiration du silence ... » (3).

De heer Degni-Segui sluit zich bij deze verklaring
aan : « Concernant l’attaque de l’avion présidentiel,
c’est finalement le nœud gordien de la chose. Dès que
j’ai pris mes fonctions, je me suis rendu à Genève. J’ai
eu en audience l’ambassadeur de France parce que

M. Degni-Segui s’associe à cette déclaration :
« Concernant l’attaque de l’avion présidentiel, c’est
finalement le nœud gordien de la chose. Dès que j’ai
pris mes fonctions, je me suis rendu à Genève. J’ai eu
en audience l’ambassadeur de France parce que mon

——————

——————

(1) Hoorzitting met professor Reyntjens, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 9/1.
(2) Hoorzitting met de h. Twagiramungu, POR, Senaat,
30 mei 1997, PV, blz. 23/9 (BV, blz. 622)
(3) Hoorzitting met de h. Nsengiyaremye, POR, Senaat,
18 juni 1997, PV.

(1) Audition du professeur Reyntjens, CER, Sénat, 14 mai
1997, PV, p. 9/1 (CRA, p. 502).
(2) Audition de M. Twagiramungu, CER, Sénat, 30 mai
1997, PV, p. 23/9.
(3) Audition de M. Nsengiyaremye, CER, Sénat, 18 juin
1997, PV.

( 399 )

1 - 611/7 - 1997/1998

mon mandat spécifiait bien que je devais faire la
lumière sur ce sujet. J’ai demandé si la France pouvait
mettre à ma disposition la boı̂te noire de l’avion présidentiel. Il m’a dit : « J’ai compris, je vais m’en référer à
mon gouvernement. » Par la suite, il m’a indiqué que
le gouvernement n’avait pas cette boı̂te noire. Je me
suis alors rendu à Kigali, où j’ai rencontré l’état-major
militaire. Je leur ai demandé : « Est-ce que je peux
avoir la boı̂te noire ? » Il y avait là quatre militaires, le
chef d’état-major et d’autres. Vous savez ce qu’ils
m’ont répondu — Le chef d’état-major m’a dit : « la
boı̂te noire se trouve chez les militaires. » Je lui ai dit :
« Mais vous-mêmes, vous êtes des militaires. » Et finalement, il m’a dit : « On ne l’a pas, il faut voir avec la
France. » J’ai donc été renvoyé de l’un à l’autre, et
finalement, il y a eu un certain capitaine Baril qui a
prétendu avoir la boı̂te — vous avez dû suivre cela
dans les journaux — et j’ai demandé aux Nations
unies de mettre à ma disposition une commission
d’enquête avec un expert en balistique, en vue de faire
les recherches. En effet, entre-temps, on a dit que
l’OACI ne pouvait pas faire l’enquête, parce que
l’avion n’était pas un avion civil, mais un avion militaire. Et il fallait donc une commission d’enquête. Je
l’ai demandée aux Nations unies, et l’on m’a répondu
qu’il n’y avait pas de budget pour cela. Le gouvernement rwandais m’avait demandé également de tout
tenter pour faire la lumière à ce sujet. Et dans l’un de
mes rapports, je rappelle justement, je tire la sonnette
d’alarme, pour dire de faire vite avant qu’il ne soit
trop tard. Je crains même qu’il ne soit trop tard maintenant. Si bien que, jusqu’ici, je n’ai pas accompli
l’une de mes missions avant que l’on me dise de
partir. » (1)

mandat spécifiait bien que je devais faire la lumière
sur ce sujet. J’ai demandé si la France pouvait mettre à
ma disposition la boı̂te noire de l’avion présidentiel. Il
m’a dit : « J’ai compris, je vais m’en référer à mon
gouvernement. » Par la suite, il m’a indiqué que le
gouvernement n’avait pas cette boı̂te noire. Je me suis
alors rendu à Kigali, où j’ai rencontré l’état-major
militaire. Je leur ai demandé : « Est-ce que je peux
avoir la boı̂te noire ? » Il y avait là quatre militaires, le
chef d’état-major et d’autres. Vous savez ce qu’ils
m’ont répondu — Le chef d’état-major m’a dit : « la
boı̂te noire se trouve chez les militaires. » Je lui ai dit :
« Mais vous-mêmes, vous êtes des militaires. » Et finalement, il m’a dit : « On ne l’a pas, il faut voir avec la
France. » J’ai donc été renvoyé de l’un à l’autre, et
finalement, il y a eu un certain capitaine Baril qui a
prétendu avoir la boı̂te — vous avez dû suivre cela
dans les journaux — et j’ai demandé aux Nations
unies de mettre à ma disposition une commission
d’enquête avec un expert en balistique, en vue de faire
les recherches. En effet, entre-temps, on a dit que
l’OACI ne pouvait pas faire l’enquête, parce que
l’avion n’était pas un avion civil, mais un avion militaire. Et il fallait donc une commission d’enquête. Je
l’ai demandée aux Nations unies, et l’on m’a répondu
qu’il n’y avait pas de budget pour cela. Le gouvernement rwandais m’avait demandé également de tout
tenter pour faire la lumière à ce sujet. Et dans l’un de
mes rapports, je rappelle justement, je tire la sonnette
d’alarme, pour dire de faire vite avant qu’il ne soit
trop tard. Je crains même qu’il ne soit trop tard maintenant. Si bien que, jusqu’ici, je n’ai pas accompli
l’une de mes missions avant que l’on me dise de
partir »(1).

De heer Van Winsen, emeritus krijgsauditeur bij de
krijgsraad, vermeldt het bestaan van een onderzoek
naar het neerschieten van het vliegtuig omdat « er een
verband bestond tussen het neerschieten van het
vliegtuig en wat er met de para’s was gebeurd voor het
wachtlokaal van het kamp Kigali. » Maar « ik heb
ook geen positief resultaat bekomen ! Ik weet nog niet
wat er precies is gebeurd. Ik heb wel een persoonlijke
mening over de zaak, maar in het kader van het onderzoek zelf heb ik enkel twaalf of dertien hypothesen
kunnen formuleren. Dat is alles. Misschien moet
daaraan nog een veertiende hypothese worden toegevoegd, namelijk deze van Colette Braeckman, die
oppert dat de daders zich van doel zouden vergist
hebben en eigenlijk een C-130 wilden neerschieten.
Deze hypothese had ik nog niet en ze werd ook geformuleerd na de periode van mijn onderzoek » (2).

M. Van Winsen, auditeur militaire émérite au
conseil de guerre, mentionne l’existence d’une
enquête sur l’attentat contre l’avion, parce que « er
een verband bestond tussen het neerschieten van het
vliegtuig en wat er met de para’s was gebeurd voor het
wachtlokaal van het kamp Kigali. » Mais : « ik heb
ook geen positief resultaat bekomen ! Ik weet nog niet
wat er precies is gebeurd. Ik heb wel een persoonlijke
mening over de zaak, maar in het kader van het
onderzoek zelf heb ik enkel twaalf of dertien hypothesen kunnen formuleren. Dat is alles. Misschien moet
daaraan nog een veertiende hypothese worden toegevoegd, namelijk deze van Colette Braeckman, die
oppert dat de daders zich van doel zouden vergist
hebben en eigenlijk een C-130 wilden neerschieten.
Deze hypothese had ik nog niet en ze werd ook geformuleerd na de periode van mijn onderzoek ». (2)

Aan het eind van zijn onderzoek heeft de heer Van
Winsen de toelating gekregen om naar Rwanda te

À la fin de son enquête, M. Van Winsen a obtenu
l’autorisation d’aller au Rwanda, où il a eu de

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Degni-Segui, POR, Senaat, 17
juni 1997, PV, blz. 39/5.
(2) Hoorzitting met de heer Van Winsen, POR, Senaat, 6
mei 1997, PV, blz. 2/2 e.v.

(1) Audition de M. Degni-Segui, CER, Sénat, 17 juin 1997,
PV, p. 39/5.
(2) Audition de M. Van Winsen, CER, Sénat, 6 mai 1997,
PV, p. 2/2 e.s. (CRA, p. 406).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 400 )

gaan, waar hij talrijke contacten heeft gehad, onder
meer met de toenmalige gezagsdragers. Over de medewerking met de lokale autoriteiten in dit verband is de
heer Van Winsen zeer duidelijk : « In mijn satellietonderzoek naar het neerschieten van het vliegtuig heb ik
echter heel veel problemen gehad. Men zei mij altijd
dat ik mij daar niets van moest aantrekken, dat dat
mijn zaak niet was. Ik sprak dit uiteraard tegen,
omdat ik precies wilde weten of er een oorzakelijk
verband bestond tussen de twee. Ik vroeg dan ook om
de resultaten van het onderzoek naar deze gebeurtenis. Er is echter nooit een onderzoek ingesteld, noch
door oude, noch door de nieuwe regering, noch door
UNAMIR. Een Russische kolonel, wiens naam mij nu
ontsnapt, heeft wel een klein onderzoek ingesteld
naar de moord op de tien para’s, maar rond het
neerschieten van het vliegtuig is er niets gebeurd.
Toen ik ter plaatse was, had ik problemen met de
mensen die het nu nog voor het zeggen hebben. Ik
mocht het wrak niet zien. Ik vroeg stalen van het
vliegtuig te nemen op de plaats van de inslag, om uit te
maken met welk projectiel we te maken hadden, maar
ik heb ze niet gekregen. » (1) (...) « Het weigeren van
medewerking, zowel van de vroegere als van de huidige Rwandese regering, als van om het even wie,
doet mij denken dat er een coalitie bestond waarin
men het eens was de persoon in kwestie te laten verdwijnen. Dat is een vaag idee van mij. Maar ik kan
onmogelijk zeggen dat het om die groep, die nationaliteit of die vereniging gaat. Ik zie wel één zaak, dat is
dat iedereen het eenparig eens is om geen onderzoek
te doen. (...) Generaal Dallaire heeft echter geen onderzoek gedaan. Ik werd gewoon van het kastje naar
de muur gezonden, maar ik kreeg geen toelating mijn
onderzoek voort te zetten. De eenparigheid langs
beide kanten doet bij mij de vraag rijzen of het geen
afspraak was tussen iedereen. Ik kan tot geen ander
idee komen. » (2)

nombreux contacts, notamment avec les autorités de
l’époque. Sur la collaboration avec les autorités locales à cet égard, M. Van Winsen est très clair : « In mijn
satellietonderzoek naar het neerschieten van het
vliegtuig heb ik echter heel veel problemen gehad.
Men zei mij altijd dat ik mij daar niets van moest
aantrekken, dat dat mijn zaak niet was. Ik sprak dit
uiteraard tegen, omdat ik precies wilde weten of er
een oorzakelijk verband bestond tussen de twee. Ik
vroeg dan ook om de resultaten van het onderzoek
naar deze gebeurtenis. Er is echter nooit een
onderzoek ingesteld, noch door de oude, noch door
de nieuwe regering, noch door UNAMIR. Een Russische kolonel, wiens naam mij nu ontsnapt, heeft wel
een klein onderzoek ingesteld naar de moord op de
tien para’s, maar rond het neerschieten van het vliegtuig is er niets gebeurd. Toen ik ter plaatse was, had ik
problemen met de mensen die het nu nog voor het
zeggen hebben. Ik mocht het wrak niet zien. Ik vroeg
stalen van het vliegtuig te nemen op de plaats van de
inslag, om uit te maken met welk projectiel we te
maken hadden, maar ik heb ze niet gekregen. » (1)
(...) « Het weigeren van medewerking, zowel van de
vroegere als van de huidige Rwandese regering, als
van om het even wie, doet mij denken dat er een coalitie bestond waarin men het eens was de persoon in
kwestie te laten verdwijnen. Dat is een vaag idee van
mij. Maar ik kan onmogelijk zeggen dat het om die
groep, die nationaliteit of die vereniging gaat. Ik zie
wel één zaak, dat is dat iedereen het eenparig eens is
om geen onderzoek te doen. (...) Generaal Dallaire
heeft echter geen onderzoek gedaan. Ik werd gewoon
van het kastje naar de muur gezonden, maar ik kreeg
geen toelating mijn onderzoek voort te zetten. De
eenparigheid langs beide kanten doet bij mij de vraag
rijzen of het geen afspraak was tussen iedereen. Ik kan
tot geen ander idee komen » (2).

De commissie wijst op de wenselijkheid dat werk
zou worden gemaakt van zo’n onderzoek omdat het
de enige mogelijkheid is om één of meerdere van de
gangbare hypotheses te bevestigen of te ontkrachten.
Wanneer we immers kennis zouden hebben over de
gegevens omtrent de moord op de president, zou er
ook een duidelijker beeld en een duidelijker interpretatie kunnen worden gegeven van de gebeurtenissen
die erna hebben plaatsgevonden, zowel m.b.t. de
moord op de blauwhelmen als op de genocide. De
aanslag op het presidentiële vliegtuig is immers een
aanzet geweest, tot die latere gebeurtenissen.

La commission insiste sur l’opportunité de procéder à une telle enquête parce qu’elle est la seule possibilité que l’on ait de confirmer ou d’infirmer une ou
plusieurs des hypothèses avancées. En effet, si nous
avions connaissance des données relatives à l’assassinat du président, nous pourrions donner une idée et
une interprétation plus claires des événements postérieurs, tant pour ce qui est de l’assassinat des Casques
bleus que pour ce qui est du génocide. C’est en effet
l’attentat contre l’avion présidentiel qui a constitué
l’amorce de ces événements ultérieurs.

Tijdens haar werkzaamheden heeft de commissie
kennis genomen van een telex die uitging van de 15e

Au cours de ses travaux, la commission a pris
connaissance d’un télex émanant du 15e Wing de

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Van Winsen, POR, Senaat,
6 mei 1997, PV, blz. 2/2 e.v.
(2) Hoorzitting met de heer Van Winsen, POR, Senaat,
6 mei 1997, PV, blz. 3/8 e.v.

(1) Audition de M. Van Winsen, CER, Sénat, 6 mai 1997,
PV, p. 2/2 e.s. (CRA, p. 406).
(2) Audition de M. Van Winsen, CER, Sénat, 6 mai 1997,
PV, p. 3/8 e.s. (CRA, p. 407).

( 401 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Transport Wing van de Luchtmacht, en die via C Ops
aan KIBAT II werd overgezonden.

transport de la Force aérienne, relayé par le C Ops à
KIBAT II.

Die telex, op datum van 5 april, stelde KIBAT II in
kennis van het feit dat de C130, die in Kigali moest
aankomen op 6 april, uitgerust zou zijn met
« electronic countermeasures » (ECM), wegens de
vrees voor aanvallen met luchtdoelraketten tegen
onze C130’s met opdracht in Afrika.

Ce télex, daté du 5 avril, avisait KIBAT II que le
C130 qui devait arriver à Kigali le 6 avril, serait
équipé de moyens de contre-mesures électroniques
(ECM), en raison de la crainte d’attaques par des
fusées anti-aériennes contre nos C130 en mission en
Afrique.

De commissie heeft het nuttig geacht na te gaan of
er enige band bestond tussen die vrees voor een antiluchtdoeldreiging en de aanslag tegen het presidentieel vliegtuig.

La commission a jugé utile de vérifier s’il n’existait
pas un lien quelconque entre cette crainte de menace
anti-aérienne et l’attentat contre l’avion présidentiel.

Met dat doel heeft de commissie commandant De
Troy van de luchtmacht gehoord (1).

Elle a entendu à cette fin le commandant De Troy
de la Force aérienne (1).

Uit die getuigenis blijkt dat in het raam van het uitrustingsprogramma voor ECM van alle C130 vliegtuigen van de 15e Wing, twee ervan destijds met ECM
uitgerust waren. Een van de vliegtuigen was gereserveerd voor de opdrachten in Sarajevo. Toen een
tweede beschikbaar werd, besloot men het logischerwijze voor Kigali te gebruiken, wegens een algemene
dreiging van aanvallen met luchtdoelraketten in
Afrika, en niet specifiek in Kigali of in Rwanda.

Il ressort de ce témoignage que, dans le cadre du
programme d’équipement en moyens ECM de tous
les C130 du 15e Wing, deux C130 en étaient pourvus à
l’époque. L’un d’entre eux était réservé pour les
missions à Sarajevo. Un second devenant disponible,
il fut logiquement décidé de l’utiliser vers Kigali, en
raison d’une menace d’attaques par des fusées antiaériennes en Afrique, et pas spécifiquement à Kigali
ou au Rwanda.

3.5.2. De moord op de tien paracommando’s

3.5.2. Le meurtre des dix paracommandos

De commissie verwijst voor het relaas van de
gebeurtenissen naar het rapport van 8 mei 1996 van de
auditeur-generaal bij het Militair Gerechtshof dat
naar het oordeel van de commissie de meest nauwgezette weergave is van de dramatische feiten die zich op
de ochtend van 7 april 1994 hebben voorgedaan (2).
En die het leven gekost hebben aan : Cpl Bruno
Bassine, Cpl Alain Debatty, Cpl Christophe Dupont,
Cpl Stéphane Lhoir, Cpl Bruno Meaux, Cpl Louis
Plescia, Cpl Christophe Renwa, Cpl Marc Uyttebroeck, 1 Sgt Yannick Leroy et Lt Thierry Lotin.

La commission se réfère pour le récit des événements au rapport du 8 mai 1996 de l’auditeur général
près la Cour militaire qui, de l’avis de la commission,
constitue la relation la plus minutieuse des faits
dramatiques qui se sont produits le matin du 7 avril
1994 (2) et qui ont coûté la vie de : Cpl Bruno
Bassine, Cpl Alain Debatty, Cpl Christophe Dupont,
Cpl Stéphane Lhoir, Cpl Bruno Meaux, Cpl Louis
Plescia, Cpl Christophe Renwa, Cpl Marc Uyttebroeck, 1 Sgt Yannick Leroy et Lt Thierry Lotin.

De betrokken passage (enkel beschikbaar in het
Frans) wordt hieronder weergegeven :
« C. Désignation de la section Mortiers

« C. Désignation de la section Mortiers

En exécution des instructions données par le général Dallaire lors de la réunion à l’état-major des FAR,
le colonel Marchal réinstaure les patrouilles et escortes qui avaient été supprimées dans le cadre de l’alerte
« stade rouge ». Il confie dans le même temps par radio
l’escorte de protection du Premier ministre Agathe au
contingent belge ainsi que la protection du site de
Radio-Rwanda (V 1574; D 1502; A 223).

En exécution des instructions données par le général Dallaire lors de la réunion à l’état-major des FAR,
le colonel Marchal réinstaure les patrouilles et escortes qui avaient été supprimées dans le cadre de l’alerte
« stade rouge ». Il confie dans le même temps par radio
l’escorte de protection du Premier ministre Agathe au
contingent belge ainsi que la protection du site de
Radio-Rwanda (V 1574; D 1502; A 223).

——————

——————

(1) Hoorzitting met commandant De Troy, POR, Senaat,
29 mei 1997.
(2) Belgische Senaat, Rapport van de ad hoc-groep Rwanda,
7 januari 1997, blz. 95 tot 104.

(1) Audition du commandant De Troy, CER, Sénat, 29 mai
1997.
(2) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, Sénat, 7 janvier
1997, pp. 95-104.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 402 )

D’après les directives en vigueur le commandant de
secteur est en effet le seul habilité à détacher les escortes (V 1311-1319). Une note du secteur du 23 mars
1994 avait par ailleurs confié au bataillon belge
la responsabilité de l’escorte permanente de
Mme Agathe; d’autres escortes étaient exécutées par
le bataillon bengali (Rutbat); les patrouilles quant à
elles étaient effectuées tant par Rutbat que par Byubat
(V 1313-1377).

D’après les directives en vigueur, le commandant
de secteur est en effet le seul habilité à détacher les
escortes (V 1311-1319). Une note du secteur, du
23 mars 1994, avait par ailleurs confié au bataillon
belge la responsabilité de l’escorte permanente de
Mme Agathe; d’autres escortes étaient exécutées par
le bataillon bengali (Rutbat); les patrouilles, quant à
elles étaient, effectuées tant par Rutbat que par
Byubat (V 1313-1377).

*
* *

*
* *

Une discussion s’engage alors sur le réseau bataillon entre le Lt Col Dewez et le Col Marchal quant au
rétablissement de ces escortes (C 1307).

Une discussion s’engage alors sur le réseau bataillon entre le Lt Col Dewez et le Col Marchal quant au
rétablissement de ces escortes (C 1307).

Opposé à l’appréciation de la situation par son
supérieur, le Lt Col Dewez lui fait observer que
l’escorte pour Mme Agathe est une mission difficilement réalisable vu les difficultés de mouvement des
patrouilles et la présence de barrages. Le Lt Col
Dewez prétend qu’il était conscient que la situation
était tendue et qu’instaurer une escorte cette nuit-là
prenait une autre dimension que précédemment. Il
avait de sérieux doutes quant à la réalisation de cette
mission (C 1307 — V 1287).

Opposé à l’appréciation de la situation par son
supérieur, le Lt Col Dewez lui fait observer que
l’escorte pour Mme Agathe est une mission difficilement réalisable vu les difficultés de mouvement des
patrouilles et la présence de barrages. Le Lt Col
Dewez prétend qu’il était conscient que la situation
était tendue et qu’instaurer une escorte cette nuit-là
prenait une autre dimension que précédemment. Il
avait de sérieux doutes quant à la réalisation de cette
mission (C 1307 — V 1287).

Le Maj Timsonet adjoint du Lt Col Dewez affirme
que la mesure visant à supprimer les escortes lui
semblait logique au vu des événements (IV 998). Il a
été surpris que le secteur réinstaure les escortes car il
craignait que la situation ne se détériore (A 143). Le
Col Marchal répond que l’ordre lui avait été donné
par le QG de la Force. Suite aux directives du Gén
Dallaire relatives à la protection de Mme Agathe,
confirme à 01 h 18 le maintenir de cette escorte
(V 1287).

Le Maj Timsonet, adjoint du Lt Col Dewez, affirme que la mesure visant à supprimer les escortes lui
semblait logique au vu des événements (IV 998). Il a
été surpris que le secteur réinstaure les escortes car il
craignait que la situation ne se détériore (A 143). Le
Col Marchal répond que l’ordre lui avait été donné
par le QG de la Force. Suite aux directives du Gén
Dallaire relatives à la protection de Mme Agathe,
confirme à 01 h 18 le maintien de cette escorte
(V 1287).

D. Départ de la section Mortiers

D. Départ de la section Mortiers

À 02 h 16 le Lt Lotin, commandant du peloton
Mortiers, qui se trouve à l’aéroport avec ses jeeps
pour y faire le plein d’essence, se voit attribuer cette
mission.

À 02 h 16 le Lt Lotin, commandant du peloton
Mortiers, qui se trouve à l’aéroport avec ses jeeps
pour y faire le plein d’essence, se voit attribuer cette
mission.

Sur ordre du Lt Col Dewez, l’escorte sera toutefois
doublée et comportera quatre jeeps.

Sur ordre du Lt Col Dewez, l’escorte sera toutefois
doublée et comportera quatre jeeps.

*
* *

*
* *

Les véhicules reviennent à ce moment d’une
mission plus touristique qu’opérationnelle (V 1375;
IV 886; A 428).

Les véhicules reviennent à ce moment d’une mission plus touristique qu’opérationnelle (V 1375;
IV 886; A 428).

En théorie les jeeps sont équipées d’affûts de
manière à pouvoir monter des mitrailleuses automatiques MAG (IV 896; V 1375; C 1308). Il était par
ailleurs prévu, qu’en cas d’absence d’affûts, les MAG
devaient être emportées sans être fixées (V 1328).

En théorie, les jeeps sont équipées d’affûts de
manière à pouvoir monter des mitrailleuses automatiques MAG (IV 896; V 1375; C 1308). Il était par
ailleurs prévu, qu’en cas d’absence d’affûts, les MAG
devaient être emportées sans être fixées (V 1328).

( 403 )

1 - 611/7 - 1997/1998

L’enquête n’a toutefois pas pu déterminer avec
certitude si, en quittant l’aéroport, les jeeps du Lt Lotin étaient équipées d’affûts pour MAG (V 1228).

L’enquête n’a toutefois pas pu déterminer avec
certitude si, en quittant l’aéroport, les jeeps du Lt Lotin étaient équipées d’affûts pour MAG (V 1228).

*
* *

*
* *

Au départ de la mission, le dispositif des forces
opérationnelles du contingent belge est le suivant : le
bataillon est dispersé en 14 cantonnements allant de
l’école abritant 90 militaires jusqu’à une villa privée
de 5 militaires.

Au départ de la mission, le dispositif des forces
opérationnelles du contingent belge est le suivant : le
bataillon est dispersé en 14 cantonnements allant de
l’école abritant 90 militaires jusqu’à une villa privée
de 5 militaires.

Ce dispositif, conçu pour une situation de « Peacekeeping » et non pour une situation de guerre civile,
préoccupait le Lt Col Dewez qui après une reconnaissance sur place avait fait part à l’état-major général du
problème d’insécurité que la dispersion des moyens et
du personnel pouvait constituer. L’opération de
regroupement à l’aéroport devait débuter le 15 avril
1994 (C 1306; A 272).

Ce dispositif, conçu pour une situation de « Peacekeeping » et non pour une situation de guerre civile,
préoccupait le Lt Col Dewez qui, après une reconnaissance sur place, avait fait part à l’état-major général
du problème d’insécurité que la dispersion des
moyens et du personnel pouvait constituer.
L’opération de regroupement à l’aéroport devait
débuter le 15 avril 1994 (C 1306; A 272).

*
* *

*
* *

À 02 h 40 le Lt Lotin quitte l’aéroport en compagnie
du Cpl Lhoir avec leurs deux jeeps. Il signale qu’il se
rend chez Mme Agathe.

À 02 h 40, le Lt Lotin quitte l’aéroport en compagnie du Cpl Lhoir avec leurs deux jeeps. Il signale
qu’il se rend chez Mme Agathe.

Les hommes sont porteurs de leur armement individuel et répartis dans les jeeps comme suit : Lt Lotin
Thierry et Cpl Dupont Christophe; 1 Sgt Leroy
Yannick, Cpl Meaux Bruno, Cpl Plescia Louis; Cpl
Debatty Alain, Cpl Uyttebroeck Marc et Cpl Renwa
Christophe; Cpl Lhoir Stéphane et Cpl Bassine Bruno
(VI 1756).

Les hommes sont porteurs de leur armement individuel et répartis dans les jeeps comme suit : Lt Lotin
Thierry et Cpl Dupont Christophe; 1 Sgt Leroy
Yannick, Cpl Meaux Bruno, Cpl Plescia Louis; Cpl
Debatty Alain, Cpl Uyttebroeck Marc et Cpl Renwa
Christophe; Cpl Lhoir Stéphane et Cpl Bassine Bruno
(VI 1756).

Durant le parcours, le Lt Lotin passe par Viking, le
cantonnement du peloton Mortiers et y récupère les
jeeps du 1 Sgt Leroy et du Cpl Debatty.

Durant le parcours, le Lt Lotin passe par Viking, le
cantonnement du peloton Mortiers et y récupère les
jeeps du 1 Sgt Leroy et du Cpl Debatty.

*
* *

*
* *

Étant donné que le Lt Lotin indique qu’il doit franchir différents barrages aux carrefours, le Lt Col
Dewez décide à 03 h 16 de lui envoyer le Capt
Marchal et deux jeeps afin de l’aider à franchir un
barrage situé avenue de la Republique.

Étant donné que le Lt Lotin indique qu’il doit franchir différents barrages aux carrefours, le Lt Col
Dewez décide à 03 h 16 de lui envoyer le Capt
Marchal et deux jeeps afin de l’aider à franchir un
barrage situé avenue de la Republique.

Une demi-heure plus tard, soit à 03 h 45, le Capt
Marchal indique que la mission Radio-Rwanda
devient impossible vu la présence de blindés qui
bloquent le passage.

Une demi-heure plus tard, soit à 03 h 45, le Capt
Marchal indique que la mission Radio-Rwanda
devient impossible vu la présence de blindés qui bloquent le passage.

Vers 05 h 00, cet officier rejoint le Lt Lotin pour lui
indiquer le chemin à suivre pour se rendre chez
Mme Agathe. Entre-temps les tirs se sont intensifiés
de tous côtés, à tel point que la section du Capt
Marchal, se voyant encerclée et menacée par une
mitrailleuse en batterie devant elle, obtient à sa
demande à 05 h 19 l’autorisation de se dégager.

Vers 05 h 00, cet officier rejoint le Lt Lotin pour lui
indiquer le chemin à suivre pour se rendre chez
Mme Agathe. Entre-temps les tirs se sont intensifiés
de tous côtés, à tel point que la section du Capt Marchal, se voyant encerclée et menacée par une mitrailleuse en batterie devant elle, obtient, à sa demande, à
05 h 19, l’autorisation de se dégager.

À 05 h 30 le peloton Mortiers signale un contact
avec Mme Agathe.

À 05 h 30, le peloton Mortiers signale un contact
avec Mme Agathe.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 404 )

E. Arrivée à la résidence du Premier ministre

E. Arrivée à la résidence du Premier ministre

Il y trouve cinq soldats ghanéens affectés à la sécurité interne du Premier ministre à son domicile.

Il y trouve cinq soldats ghanéens affectés à la sécurité interne du Premier ministre à son domicile.

À 05 h 37 le Lt Lotin indique qu’il n’est plus question de se rendre à Radio-Rwanda. Ordre lui est
donné de prendre une position défensive et le secteur
est informé.

À 05 h 37, le Lt Lotin indique qu’il n’est plus question de se rendre à Radio-Rwanda. Ordre lui est
donné de prendre une position défensive et le secteur
est informé.

À 06 h 03 le peloton Mortiers fait savoir que deux
des quatre jeeps sont inutilisables et qu’ils sont soumis
à des tirs depuis deux heures.

À 06 h 03, le peloton Mortiers fait savoir que deux
des quatre jeeps sont inutilisables et qu’ils sont soumis
à des tirs depuis deux heures.

À 06 h 55 le Lt Lotin signale qu’il est encerclé par
une vingtaine de militaires rwandais, armés de fusils
et de grenades, et que des membres de la garde présidentielle lui demandent de déposer les armes. Le Lt
Col Dewez répond de ne pas rendre les armes mais de
maintenir le dialogue.

À 06 h 55, le Lt Lotin signale qu’il est encerclé par
une vingtaine de militaires rwandais, armés de fusils
et de grenades, et que des membres de la garde présidentielle lui demandent de déposer les armes. Le Lt
Col Dewez répond de ne pas rendre les armes mais de
maintenir le dialogue.

*
* *

*
* *

D’après le carnet de veille du bataillon la fuite du
Premier ministre de son domicile est signalée à 08 h 34
tandis que d’après des témoignages de volontaires des
Nations unies, cette fuite se situe à 07 h 40 (farde 24,
p. 115 à 148).

D’après le carnet de veille du bataillon, la fuite du
Premier ministre de son domicile est signalée à 08 h 34
tandis que d’après des témoignages de volontaires des
Nations unies, cette fuite se situe à 07 h 40 (farde 24,
p. 115 à 148).

Mme Agathe prend la fuite en compagnie de
gendarmes affectés à sa sécurité qui vont la cacher
dans la maison d’un voisin M. Daff, volontaire de
l’ONU. Elle y est découverte par des membres de la
garde présidentielle qui la ramènent à son domicile où
elle sera tuée vers 11 h 45 ainsi que son mari (VII 138,
145; B 622, 650, 891; A 177).

Mme Agathe prend la fuite en compagnie de
gendarmes affectés à sa sécurité qui vont la cacher
dans la maison d’un voisin, M. Daff, volontaire de
l’ONU. Elle y est découverte par des membres de la
garde présidentielle qui la ramènent à son domicile où
elle sera tuée vers 11 h 45 ainsi que son mari (VII 138,
145; B 622, 650, 891; A 177).

*
* *

*
* *

À 08 h 32 le bataillon demande des directives au
secteur. Sur ordre du Lt Col Dewez — le Lt Lotin est
déchargé à 08 h 43 de sa mission d’assurer la protection de Mme Agathe.

À 08 h 32, le bataillon demande des directives au
secteur. Sur ordre du Lt Col Dewez — le Lt Lotin est
déchargé à 08 h 43 de sa mission d’assurer la protection de Mme Agathe.

Tandis que le Lt Lotin indique que ses antagonistes
lui demandent de rendre les armes, le Lt Col Dewez
s’adresse à 08 h 44 une nouvelle fois au secteur pour
obtenir des directives. Le Lt Lotin fait part de
l’agressivité des militaires autour de lui et de frictions
avec la garde présidentielle.

Tandis que le Lt Lotin indique que ses antagonistes
lui demandent de rendre les armes, le Lt Col Dewez
s’adresse à 08 h 44 une nouvelle fois au secteur pour
obtenir des directives. Le Lt Lotin fait part de
l’agressivité des militaires autour de lui et de frictions
avec la garde présidentielle.

À 08 h 49 le Lt Col Dewez enjoint Lotin de ne pas se
laisser désarmer et de négocier « à l’Africaine ». Le Lt
Lotin rétorque qu’il est trop tard car il a déjà quatre
hommes désarmés à terre (V 122 1).

À 08 h 49, le Lt Col Dewez enjoint Lotin de ne pas
se laisser désarmer et de négocier « à l’Africaine ». Le
Lt Lotin rétorque qu’il est trop tard car il a déjà quatre
hommes désarmés à terre (V 122 1).

Le Lt Col Dewez répond au Lt Lotin que dans ces
circonstances il l’autorise à rendre les armes s’il le juge
nécessaire. Le Col Marchal, à l’écoute sur le réseau
bataillon, intervient dans les termes suivants: « Tu es
sur place, c’est à toi d’apprécier la situation ».

Le Lt Col Dewez répond au Lt Lotin que dans ces
circonstances il l’autorise à rendre les armes s’il le juge
nécessaire. Le Col Marchal, à l’écoute sur le réseau
bataillon, intervient dans les termes suivants: « Tu es
sur place, c’est à toi d’apprécier la situation ».

( 405 )

1 - 611/7 - 1997/1998

*
* *

*
* *

D’après les témoignages du Cpl Emmanuel Doe et
du Sgt Georges Aboagye, tous deux appartenant au
contingent ghanéen, la résidence du Premier ministre
fut encerclée par des soldats rwandais porteurs de
bérets noirs et rouges, armés de fusils et de grenades.
Les cinq Ghanéens et les dix Belges furent désarmés
sans résistance possible et conduits, les mains en l’air,
sous la menace des armes, vers un minibus VW qui
attendait à l’extérieur (farde 24, p. 127-138).

D’après les témoignages du Cpl Emmanuel Doe et
du Sgt Georges Aboagye, tous deux appartenant au
contingent ghanéen, la résidence du Premier ministre
fut encerclée par des soldats rwandais porteurs de
bérets noirs et rouges, armés de fusils et de grenades.
Les cinq Ghanéens et les dix Belges furent désarmés
sans résistance possible et conduits, les mains en l’air,
sous la menace des armes, vers un minibus VW qui
attendait à l’extérieur (farde 24, p. 127-138).

D’après l’enquête de l’ONU, un véhicule des FAR
avait été appelé par radio sur instruction de l’étatmajor rwandais pour se rendre au domicile du
Premier ministre (B 89 1 — 893) — (VIII 117).

D’après l’enquête de l’ONU, un véhicule des FAR
avait été appelé par radio sur instruction de l’étatmajor rwandais pour se rendre au domicile du Premier ministre (B 89 1 — 893) — (VIII 117).

Dans le véhicule auraient pris place, outre le chauffeur, un militaire rwandais armé assis à l’arrière et le
Maj Ntuyahaga de l’état-major de l’armée, qui aurait
affirmé aux occupants qu’il les emmenait dans un
endroit sûr (B — 689-1647 et farde 24 p. 119-130-234).

Dans le véhicule auraient pris place, outre le chauffeur, un militaire rwandais armé assis à l’arrière et le
Maj Ntuyahaga de l’état-major de l’armée, qui aurait
affirmé aux occupants qu’il les emmenait dans un
endroit sûr (B — 689-1647 et farde 24 p. 119-130-234).

F. Massacre de la section Mortiers au camp de
Kigali

F. Massacre de la section Mortiers au camp de
Kigali

En arrivant à destination — soit au camp militaire
de Kigali — les quinze militaires auraient été obligés,
sur ordre du Maj Ntuyahaga, de quitter le véhicule et
de s’asseoir sur le tarmac situé à l’entrée du camp.

En arrivant à destination — soit au camp militaire
de Kigali — les quinze militaires auraient été obligés,
sur ordre du Maj Ntuyahaga, de quitter le véhicule et
de s’asseoir sur le tarmac situé à l’entrée du camp.

Immédiatement le major rwandais aurait fait circuler la rumeur parmi les militaires FAR rassemblés
dans le camp que les soldats belges avaient abattu
l’avion présidentiel (B. 619). Sur place l’Adj-chef
Sebutiyongera, secrétaire à la présidence, aurait
répandu la même rumeur (VII 47).

Immédiatement le major rwandais aurait fait circuler la rumeur parmi les militaires FAR rassemblés
dans le camp que les soldats belges avaient abattu
l’avion présidentiel (B. 619). Sur place l’Adj-chef
Sebutiyongera, secrétaire à la présidence, aurait
répandu la même rumeur (VII 47).

Ceci aurait rapidement engendré une mutinerie et
un soulèvement général pour le lynchage des militaires belges.

Ceci aurait rapidement engendré une mutinerie et
un soulèvement général pour le lynchage des militaires belges.

*

*

* *

* *

À l’entrée du camp le Lt Lotin rencontre l’observateur de l’ONU, le Capt togolais Apedo. Ensemble
ils rejoignent le bureau de l’observateur où le Lt Lotin
utilise à 09 h 06, le poste de radio Motorola du Capitaine pour informer le Lt Col Dewez que son équipe a
été emmenée dans un endroit inconnu et que deux de
ses hommes se font tabasser et lyncher.

À l’entrée du camp, le Lt Lotin rencontre l’observateur de l’ONU, le Capt togolais Apedo. Ensemble,
ils rejoignent le bureau de l’observateur où le Lt Lotin
utilise, à 09 h 06, le poste de radio Motorola du Capitaine pour informer le Lt Col Dewez que son équipe a
été emmenée dans un endroit inconnu et que deux de
ses hommes se font tabasser et lyncher.

Après avoir demandé au Lt Lotin s’il n’exagère pas,
le Lt Col Dewez met le secteur au courant des faits et
demande une intervention des FAR ou de Rutbat
pour dégager les Mortiers. N’obtenant pas de réaction le Lt Col Dewez interpelle par radio à 09 h 08 le
Capt Schepkens, officier de liaison auprès du secteur,
en lui demandant si le Col Marchal est conscient de la
gravité de la situation et demande les mesures envisagées (IV 992; V 1223).

Après avoir demandé au Lt Lotin s’il n’exagère pas,
le Lt Col Dewez met le secteur au courant des faits et
demande une intervention des FAR ou de Rutbat
pour dégager les Mortiers. N’obtenant pas de réaction, le Lt Col Dewez interpelle par radio à 09 h 08 le
Capt Schepkens, officier de liaison auprès du secteur,
en lui demandant si le Col Marchal est conscient de la
gravité de la situation et demande les mesures envisagées (IV 992; V 1223).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 406 )

Le Capt Apedo contacte le coordinateur Milob du
secteur pour le tenir informé de la situation. À 09 h 10
le secteur indique au bataillon le lieu de détention des
Mortiers (V 1223; C 978).

Le Capt Apedo contacte le coordinateur Milob du
secteur pour le tenir informé de la situation. À 09 h 10
le secteur indique au bataillon le lieu de détention des
Mortiers (V 1223; C 978).

*
* *

*
* *

Entre-temps, des soldats rwandais parmi lesquels
des handicapés de guerre se sont rués sur les militaires
de l’ONU et les frappent à coups de crosses, béquilles,
pierres, râteaux ou les piquent à l’aide de baı̈onnettes
de fusil chinois, jusqu’à ce que quatre militaires belges
succombent rapidement des suites de leurs blessures
(VII 48-55; B 691-693; A 176).

Entre-temps, des soldats rwandais parmi lesquels
des handicapés de guerre se sont rués sur les militaires
de l’ONU et les frappent à coups de crosses, béquilles,
pierres, râteaux ou les piquent à l’aide de baı̈onnettes
de fusil chinois, jusqu’à ce que quatre militaires belges
succombent rapidement des suites de leurs blessures
(VII 48-55; B 691-693; A 176).

Les magasins d’armement du camp, dont la Minuar
avait la responsabilité, sont entre-temps fracturés (VII
137; V 1312).

Les magasins d’armement du camp, dont la Minuar
avait la responsabilité, sont entre-temps fracturés (VII
137; V 1312).

Le Capt Apedo qui a quitté son bureau tente en
vain de s’interposer pour arrêter les tueries.

Le Capt Apedo, qui a quitté son bureau, tente en
vain de s’interposer pour arrêter les tueries.

Le Col Nubaha, commandant du camp, accouru
sur les lieux en compagnie d’autres officiers, tente
d’empêcher les Rwandais de pénétrer dans le local de
permanence ONU où le Lt Lotin s’est réfugié avec
quatre militaires belges qui l’avaient rejoint en profitant d’un moment de confusion.

Le Col Nubaha, commandant du camp, accouru
sur les lieux en compagnie d’autres officiers, tente
d’empêcher les Rwandais de pénétrer dans le local de
permanence ONU où le Lt Lotin s’est réfugié avec
quatre militaires belges qui l’avaient rejoint en profitant d’un moment de confusion.

De nombreux militaires rwandais qui s’interposent
sont blessés (B 700).

De nombreux militaires rwandais qui s’interposent
sont blessés (B 700).

Un cinquième militaire belge parvient bientôt à
rejoindre le groupe Lotin en rampant sous un véhicule.

Un cinquième militaire belge parvient bientôt à
rejoindre le groupe Lotin en rampant sous un véhicule.

Suite aux conseils du Capt Apedo, le groupe Lotin
composé de six militaires belges et les cinq ghanéens
se réfugient dans un local annexe à celui de la permanence ONU.

Suite aux conseils du Capt Apedo, le groupe Lotin
composé de six militaires belges et les cinq ghanéens
se réfugient dans un local annexe à celui de la permanence ONU.

Quelques instants plus tard, un militaire belge est
tué par un tir d’arme à feu provenant de l’extérieur.

Quelques instants plus tard, un militaire belge est
tué par un tir d’arme à feu provenant de l’extérieur.

Le Capt Apedo qui se trouve parmi le groupe Lotin
est extrait du local et obligé de suivre les Rwandais.
Menacé de mort dans un premier temps, il est relâché
et conduit à l’E.S.M. (école supérieur militaire) d’où il
entend siffler les balles provenant du camp de Kigali.

Le Capt Apedo, qui se trouve parmi le groupe
Lotin, est extrait du local et obligé de suivre les Rwandais. Menacé de mort dans un premier temps, il est
relâché et conduit à l’E.S.M. (école supérieur militaire) d’où il entend siffler les balles provenant du
camp de Kigali.

Le local où sont réfugiés les militaires ONU est pris
sous le tir des armes des Rwandais, obligeant les
Belges et les Ghanéens à se jeter sous les lits qui s’y
trouvent et à se protéger derrière le cadavre du soldat
belge décédé.

Le local où sont réfugiés les militaires ONU est pris
sous le tir des armes des Rwandais, obligeant les
Belges et les Ghanéens à se jeter sous les lits qui s’y
trouvent et à se protéger derrière le cadavre du soldat
belge décédé.

Ayant arrêté les tirs pour un moment, les Rwandais
ordonnent aux Ghanéens de quitter le local par une
fenêtre qu’ils ont cassée. Sous escorte les cinq
Ghanéens rejoignent le Capt Apedo à l’E.S.M. où ils y
rencontrent vers midi le Gén Dallaire et le Maj
Maggen. Après avoir informé le général que les militaires belges sont frappés et lapidés, les Ghanéens sont

Ayant arrêté les tirs pour un moment, les Rwandais
ordonnent aux Ghanéens de quitter le local par une
fenêtre qu’ils ont cassée. Sous escorte, les cinq Ghanéens rejoignent le Capt Apedo à l’E.S.M. où ils y
rencontrent, vers midi, le Gén Dallaire et le Maj
Maggen. Après avoir informé le général que les militaires belges sont frappés et lapidés, les Ghanéens sont

( 407 )

1 - 611/7 - 1997/1998

reconduits sur ordre du général en véhicule à l’étatmajor de la Minuar où ils arrivent vers 12 h 30.

reconduits sur ordre du général en véhicule à l’étatmajor de la Minuar où ils arrivent vers 12 h 30.

Entre-temps un caporal rwandais non identifié,
voulant pénétrer dans le local des Belges, se fait arracher son fusil Kalashnikov par le Lt Lotin qui le tue à
l’aide de son revolver (A 176 — B 636).

Entre-temps, un caporal rwandais non identifié,
voulant pénétrer dans le local des Belges, se fait arracher son fusil Kalashnikov par le Lt Lotin qui le tue à
l’aide de son revolver (A 176 — B 636).

L’attaque redouble de violence contre les militaires
belges qui appellent le Col Nubaha au secours
(B 649). Des bombes lacrymogènes sont lancées dans
le local tandis que les Belges tirèrent avec la Kalashnikov.

L’attaque redouble de violence contre les militaires
belges qui appellent le Col Nubaha au secours
(B 649). Des bombes lacrymogènes sont lancées dans
le local tandis que les Belges tirent avec la Kalashnikov.

Un fusil lance-grenades est amené sur place. Le Cpl
Twahirwa aurait alors escaladé le toit du local pour y
lancer, d’un trou pratiqué dans ce toit, des grenades
défensives (A 176 — B623). Le Capt Hategikimana,
surnommé « Power » et le Lt Uzabakiriho, appartenant au bataillon de reconnaissance, auraient contribué à cette action.

Un fusil lance-grenades est amené sur place. Le Cpl
Twahirwa aurait alors escaladé le toit du local pour y
lancer, d’un trou pratiqué dans ce toit, des grenades
défensives (A 176 — B623). Le Capt Hategikimana,
surnommé « Power » et le Lt Uzabakiriho, appartenant au bataillon de reconnaissance, auraient contribué à cette action.

*
* *

*
* *

D’après des témoins, la résistance belge s’arrête
entre 12 h 00 et 14 h 00 (VII 47; A 176; B 618-636; 652;
882).

D’après des témoins, la résistance belge s’arrête
entre 12 h 00 et 14 h 00 (VII 47; A 176; B 618-636; 652;
882).

L’Adj-chef Sebutiyongera prétend avoir quitté les
lieux entre 12 h 00 et 13 h 00 à un moment où il y avait
déjà cinq victimes belges (B 697).

L’Adj-chef Sebutiyongera prétend avoir quitté les
lieux entre 12 h 00 et 13 h 00 à un moment où il y avait
déjà cinq victimes belges (B 697).

G. Réunion à l’école supérieure militaire

G. Réunion à l’école supérieure militaire

Durant ces tragiques événements se déroule dans
les locaux voisins de l’ESM la réunion convenue le
soir précédent entre différents responsables politiques
et militaires.

Durant ces tragiques événements se déroule, dans
les locaux voisins de l’ESM, la réunion convenue le
soir précédent entre différents responsables politiques
et militaires.

Initialement prévue chez l’ambassadeur des ÉtatsUnis, cette réunion se tiendra dès 10 h 00 dans un
quartier militaire en raison de la présence de barrages
en ville (V 1403).

Initialement prévue chez l’ambassadeur des ÉtatsUnis, cette réunion se tiendra dès 10 h 00 dans un
quartier militaire en raison de la présence de barrages
en ville (V 1403).

*
* *

*
* *

Le Gén Dallaire quitte vers 10 h 00 son QG en véhicule en compagnie du Maj Maggen pour s’y rendre.
Le Maj Maggen signale qu’il a entendu avant le
départ une conversation entre le Gén Dallaire et un de
ses adjoints, concernant le décès de deux ou trois
observateurs ONU au camp de Kigali (A 216-335).

Le Gén Dallaire quitte vers 10 h 00 son QG en véhicule en compagnie du Maj Maggen pour s’y rendre.
Le Maj Maggen signale qu’il a entendu avant le
départ une conversation entre le Gén Dallaire et un de
ses adjoints, concernant le décès de deux ou trois observateurs ONU au camp de Kigali (A 216-335).

En cours de route, à hauteur du cabinet du ministre
de la Défense nationale, ils changent de véhicule et
montent dans une voiture conduite par un major de la
gendarmerie rwandaise.

En cours de route, à hauteur du cabinet du ministre
de la Défense nationale, ils changent de véhicule et
montent dans une voiture conduite par un major de la
gendarmerie rwandaise.

En passant devant l’entrée du camp de Kigali, le
Gén Dallaire constate la présence de quelques militaires revêtus de l’uniforme belge allongés sur le sol. Il
déclare qu’il a ordonné au chauffeur d’arrêter le véhicule en vue de se rendre sur place, ce qui lui fut refusé

En passant devant l’entrée du camp de Kigali, le
Gén Dallaire constate la présence de quelques militaires revêtus de l’uniforme belge allongés sur le sol. Il
déclare qu’il a ordonné au chauffeur d’arrêter le véhicule en vue de se rendre sur place, ce qui lui fut refusé

1 - 611/7 - 1997/1998

( 408 )

par le chauffeur prétextant que les troupes au camp
étaient hors de contrôle et que leur sécurité serait en
danger (D 1472; A 216).

par le chauffeur, prétextant que les troupes au camp
étaient hors de contrôle et que leur sécurité serait en
danger (D 1472; A 216).

Vers 11 h 15, ils rejoignent la réunion à l’E.S.M.,
bâtiment situé à 200 mètres du camp de Kigali.

Vers 11 h 15, ils rejoignent la réunion à l’E.S.M.,
bâtiment situé à 200 mètres du camp de Kigali.

*
* *

*
* *

La réunion est présidée par le Col Bagosora, directeur du cabinet du ministre de la Défense, qui a été
informé dès 10 h 30 par le Col Nubaha, commandant
du camp de Kigali, de la tension qui y régnait (B 687).

La réunion est présidée par le Col Bagosora, directeur du cabinet du ministre de la Défense, qui a été
informé dès 10 h 30 par le Col Nubaha, commandant
du camp de Kigali, de la tension qui y régnait (B 687).

Le Col Bagosora promet de se rendre sur place et
demande au Col Nubaha de retourner au camp pour
« calmer les esprits ».

Le Col Bagosora promet de se rendre sur place et
demande au Col Nubaha de retourner au camp pour
« calmer les esprits ».

Une dizaine de minutes après le départ du Col
Nubaha, les participants entendent des coups de feu
provenant du camp. Certains se rendent à l’extérieur
pour apprécier la situation (B 630).

Une dizaine de minutes après le départ du Col
Nubaha, les participants entendent des coups de feu
provenant du camp. Certains se rendent à l’extérieur
pour apprécier la situation (B 630).

Le nommé Ntamagezo, qui se trouvait dans la salle
d’opérations à l’état-major, déclarera qu’en regardant par dessus le mur de l’enceinte, il avait constaté
la présence de corps qui jonchaient le sol devant le
bureau du commandant du camp. Il a alors téléphoné
à l’E.S.M. où le centraliste lui a répondu que les participants à la réunion étaient au courant (B 695).

Le nommé Ntamagezo, qui se trouvait dans la salle
d’opérations à l’état-major, déclarera qu’en regardant par dessus le mur de l’enceinte, il avait constaté
la présence de corps qui jonchaient le sol devant le
bureau du commandant du camp. Il a alors téléphoné
à l’E.S.M. où le centraliste lui a répondu que les participants à la réunion étaient au courant (B 695).

*
* *

*
* *

D’après le Gén Ndindiliyimana, le Gén Dallaire a
rejoint la réunion environ 15 minutes après les coups
de feu et fut informé de la situation générale par le Col
Bagosora (D 873). À la fin de la réunion vers midi, le
Gén Dallaire rencontre à l’extérieur du bâtiment les
cinq Ghanéens et le Capt Apedo qui le mettent au
courant des faits, à savoir que des militaires belges et
ghanéens, transférés au camp de Kigali. avaient été
frappés et lapidés (24 p. 10 doss 57/95).

D’après le Gén Ndindiliyimana, le Gén Dallaire a
rejoint la réunion environ 15 minutes après les coups
de feu et fut informé de la situation générale par le Col
Bagosora (D 873). À la fin de la réunion, vers midi, le
Gén Dallaire rencontre à l’extérieur du bâtiment les
cinq Ghanéens et le Capt Apedo qui le mettent au
courant des faits, à savoir que des militaires belges et
ghanéens, transférés au camp de Kigali. avaient été
frappés et lapidés (24 p. 10 doss 57/95).

Sur instruction du Gén Dallaire, ces 6 militaires
sont emmenés dans son véhicule, en sa compagnie,
vers le QG de la MINUAR où ils arrivent vers 12 h 30.

Sur instruction du Gén Dallaire, ces 6 militaires
sont emmenés dans son véhicule, en sa compagnie,
vers le QG de la MINUAR où ils arrivent vers 12 h 30.

Le Gén Dallaire déclare qu’il est retourné ensuite
au Ministère de la Défense où il a participé au comité
de crise. Malgré ses demandes d’obtenir des renseignements sur le sort des Belges et de pouvoir se rendre
sur place, il affirme qu’il n’a obtenu aucun renseignement concret, mais qu’interdiction lui fut donnée de
se rendre au camp vu l’état de mutinerie qui y régnait
(V 1382).

Le Gén Dallaire déclare qu’il est retourné ensuite
au Ministère de la Défense où il a participé au comité
de crise. Malgré ses demandes d’obtenir des renseignements sur le sort des Belges et de pouvoir se rendre
sur place, il affirme qu’il n’a obtenu aucun renseignement concret, mais qu’interdiction lui fut donnée de
se rendre au camp vu l’état de mutinerie qui y régnait
(V 1382).

Le Maj Rugambaye prétend qu’à 15 h 00 on est
venu lui dire que tout était terminé. Il a vu comment
on a retiré quatre cadavres du local ONU et comment
les victimes furent pillées (A 623).

Le Maj Rugambaye prétend qu’à 15 h 00 on est
venu lui dire que tout était terminé. Il a vu comment
on a retiré quatre cadavres du local ONU et comment
les victimes furent pillées (A 623).

Le Gén Dallaire croit qu’en début d’après-midi il
fut averti par le Col Marchal que 13 Belges avaient été

Le Gén Dallaire croit qu’en début d’après-midi, il
fut averti par le Col Marchal que 13 Belges avaient été

( 409 )

1 - 611/7 - 1997/1998

tués au camp de Kigali. Cette information ne pouvait
à ce moment être vérifiée (D 1476).
Il précise également que vers 21 h 00 le Gén Ndindiliyimana a eu confirmation du décès des Belges et
qu’en sa compagnie il s’est rendu à l’hôpital de Kigali
où il découvre vers 23 h 15 les corps entremêlés de
militaires belges qu’il croit correspondre à 11 dépouilles mortelles. La manière dont les corps étaient
entassés ne lui aurait pas permis de déterminer le
nombre exact de victimes, à savoir dix ou onze
(B 875). »
Alvorens op grond van dit relaas tot een aantal
vaststellingen over te gaan en enkele cruciale punten
aan een nauwkeurig onderzoek te onderwerpen, wil
de commissie twee preciseringen bij dit relaas aanbrengen :
— vooreerst, m.b.t. de vraag of de groep Lotin bij
het uitvoeren van zijn escorte-opdracht in de ochtend
van 7 april al dan niet beschikte over hun MAGmitrailleurs verklaart kapitein Marchal, die luitenant
Lotin bij een versperring nog ontmoette : « Parce que
les jeeps étaient ouvertes et qu’on voyait ce qu’il y
avait dans les jeeps. Si les mitrailleuses sont en super
structure, dès qu’elles sont dessus, on les voit. C’est
clair. Maintenant, quand les quatre véhicules de
Thierry Lotin étaient arrêtés au niveau du carrefour
des Milles Collines, j’ai parlé avec Thierry Lotin, je
suis allé vers lui, on a discuté, on a dialogué. J’ai vu un
peu ce qu’il y avait dans ces véhicules et j’ai le sentiment qu’il ne les avait pas. » (1) De verklaring kan
gezocht worden in het « dubbelzinnige » bevel van de
commandant dat hij geen mitrailleurs meer wou zien :
« Le commandant de bataillon a signalé ne plus vouloir voir les MAC et les MINIMI sur les véhicules
dorénavant. Les commandants de compagnies
n’étaient pas très d’accord. Après discussion, le
commandant de bataillon est resté sur sa position. Il
invoquait la raison, s’encadrant dans le contexte dont
nous avons parlé, selon laquelle ces armes étaient trop
agressives pour la population. Dewez a donné l’ordre
de les enlever des véhicules. C’est ici que se trouve
l’ambiguı̈té. L’ordre est venu tel que je vous le décris.
Je l’ai transmis aux compagnies. J’ai présenté la version du commandant de bataillon. Un des mes chefs
de peloton, le plus ancien, est monté au créneau et m’a
dit : « Mais, capitaine, c’est comme envoyer des
pompiers au feu sans les lances d’incendie. » J’étais
d’accord avec lui. Par honnêteté intellectuelle vis-àvis de mon commandant de bataillon, je lui ai dit : « Je
ne veux plus voir les MAC et les MINIMI, mais cela
ne t’empêche pas d’avoir les mitrailleuses et les munitions dans tes véhicules en cas de besoin. » Voilà une
interprétation personnelle. Je trouve l’ordre ambigu.
(...) Il existe, à mon sens, une certaine marge
d’interprétation. C’est à cet égard que joue, peut-être

tués au camp de Kigali. Cette information ne pouvait
à ce moment être vérifiée (D 1476).
Il précise également que vers 21 h 00, le Gén Ndindiliyimana a eu confirmation du décès des Belges et
qu’en sa compagnie, il s’est rendu à l’hôpital de Kigali
où il découvre, vers 23 h 15, les corps entremêlés de
militaires belges qu’il croit correspondre à 11 dépouilles mortelles. La manière dont les corps étaient
entassés ne lui aurait pas permis de déterminer le
nombre exact de victimes, à savoir dix ou onze
(B 875). »
Toutefois, avant de procéder, sur la base de ces
passages, à un certain nombre de constatations et de
soumettre quelques points cruciaux à un examen
approfondi, la commission entend apporter deux
précisions :
— premièrement, à la question de savoir si le
groupe Lotin disposait ou non, pour exécuter sa
mission d’escorte le matin du 7 avril, de ses mitrailleuses MAG, le capitaine Marchal, qui a encore rencontré le lieutenant Lotin à un barrage, déclare : « Parce
que les jeeps étaient ouvertes et qu’on voyait ce qu’il y
avait dans les jeeps. Si les mitrailleuses sont en super
structure, dès qu’elles sont dessus, on les voit. C’est
clair. Maintenant, quand les quatre véhicules de
Thierry Lotin étaient arrêtés au niveau du carrefour
des Milles Collines, j’ai parlé avec Thierry Lotin, je
suis allé vers lui, on a discuté, on a dialogué. J’ai vu un
peu ce qu’il y avait dans ces véhicules et j’ai le sentiment qu’il ne les avait pas. » (1) On peut chercher
l’explication dans l’ordre « équivoque » du commandant, qui ne voulait plus voir de mitrailleuses : « Le
commandant de bataillon a signalé ne plus vouloir
voir les MAC et les MINIMI sur les véhicules dorénavant. Les commandants de compagnies n’étaient pas
très d’accord. Après discussion, le commandant de
bataillon est resté sur sa position. Il invoquait la
raison, s’encadrant dans le contexte dont nous avons
parlé, selon laquelle ces armes étaient trop agressives
pour la population. Dewez a donné l’ordre de les
enlever des véhicules. C’est ici que se trouve
l’ambiguı̈té. L’ordre est venu tel que je vous le décris.
Je l’ai transmis aux compagnies. J’ai présenté la
version du commandant de bataillon. Un des mes
chefs de peloton, le plus ancien, est monté au créneau
et m’a dit : « Mais, capitaine, c’est comme envoyer des
pompiers au feu sans les lances d’incendie. » J’étais
d’accord avec lui. Par honnêteté intellectuelle vis-àvis de mon commandant de bataillon, je lui ai dit : « Je
ne veux plus voir les MAC et les MINIMI, mais cela
ne t’empêche pas d’avoir les mitrailleuses et les munitions dans tes véhicules en cas de besoin. » Voilà une
interprétation personnelle. Je trouve l’ordre ambigu.
(...) Il existe, à mon sens, une certaine marge
d’interprétation. C’est à cet égard que joue, peut-être

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997, blz. 24/6 en 24/7.

(1) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997, pp. 24/6 et 24/7.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 410 )

par l’expérience mais en tout cas l’ancienneté et le feeling. Je suis certain qu’un autre commandant de
compagnie a agi comme moi. Le capitaine Lemaire,
comme moi, a toujours gardé les moyens dont il disposait à l’intérieur des véhicules. Le lieutenant Lotin
était plus jeune. Je ne sais pas comment il a interprété
l’ambiguı̈té ou en tout cas, la marge d’interprétation
qu’on lui laissait. » (1)

par l’expérience mais en tout cas l’ancienneté et le
feeling. Je suis certain qu’un autre commandant de
compagnie a agi comme moi. Le capitaine Lemaire,
comme moi, a toujours gardé les moyens dont il
disposait à l’intérieur des véhicules. Le lieutenant
Lotin était plus jeune. Je ne sais pas comment il a
interprété l’ambiguı̈té ou en tout cas, la marge
d’interprétation qu’on lui laissait. » (1)

— ten tweede de vraag hoe het komt dat de groep
Lotin belast werd met de escorteopdracht van Eerste
minister Agathe Uwilingiyimana, daar waar de avond
voordien deze taak was toegewezen aan één van de
secties van de 16de compagnie.

— en second lieu, la question de savoir comment il
se fait que le groupe Lotin ait été chargé de la mission
d’escorte de la Première ministre Mme Agathe
Uwilingiyimana alors que, la veille au soir, cette tâche
avait été attribuée à l’une des sections de la 16e
compagnie.

Kapitein Theunissen getuigt : « De opdracht werd
eerst aan onze compagnie gegeven. Ze werd rond
middernacht « gecanceled ». Vervolgens en rond 1 uur
werd de opdracht aan het peloton Mortieren overgedragen. » (2)

Le capitaine Theunissen témoigne : « De opdracht
werd eerst aan onze compagnie gegeven. Ze werd
rond middernacht « gecanceled ». Vervolgens en rond
1 uur werd de opdracht aan het peloton Mortieren
overgedragen. » (2)

Kolonel Dewez verklaart zijn beslissing : « ... je n’ai
jamais désigné le lieutenant Lotin pour escorter Mme
Agathe. A un certain moment, plusieurs escortes
devaient être faites. Le lieutenant Lotin se trouvait
avec une autre équipe à l’aérodrome pour faire le
plein; le commandant de compagnie avait gardé ces
hommes pour renforcer son dispositif. Pour ma part,
je devais récupérer les gens du peloton Mortier
comme réserve et pour assurer des escortes éventuelles. Le commandant de compagnie m’a répondu que
ce n’était pas possible car son dispositif serait déforcé.
Nous avons fait un compromis et je lui ai dit qu’il
pouvait garder une équipe — il y avait quatre jeeps —
mais que l’autre, soit l’équivalent d’une escorte,
devait rentrer, car je devais pouvoir compter dessus.
C’est en fonction de ce premier ordre que le lieutenant
Lotin a décidé de laisser le sergent Pauwels — je crois
— et son équipe à l’aérodrome et que lui-même est
revenu vers Viking. Plus tard, j’ai dit au lieutenant
Lotin que le peloton Mortiers devait escorter Mme
Agathe de sa maison jusqu’à celle de la radio et que,
vu les circonstances, j’exigeais une double escorte.
C’est tout ce que j’ai dit. » (3)

Le colonel Dewez explique sa décision : « ... je n’ai
jamais désigné le lieutenant Lotin pour escorter Mme
Agathe. À un certain moment, plusieurs escortes
devaient être faites. Le lieutenant Lotin se trouvait
avec une autre équipe à l’aérodrome pour faire le
plein; le commandant de compagnie avait gardé ces
hommes pour renforcer son dispositif. Pour ma part,
je devais récupérer les gens du peloton Mortier
comme réserve et pour assurer des escortes éventuelles. Le commandant de compagnie m’a répondu que
ce n’était pas possible car son dispositif serait déforcé.
Nous avons fait un compromis et je lui ai dit qu’il
pouvait garder une équipe — il y avait quatre jeeps —
mais que l’autre, soit l’équivalent d’une escorte,
devait rentrer, car je devais pouvoir compter dessus.
C’est en fonction de ce premier ordre que le lieutenant
Lotin a décidé de laisser le sergent Pauwels — je crois
— et son équipe à l’aérodrome et que lui-même est
revenu vers Viking. Plus tard, j’ai dit au lieutenant
Lotin que le peloton Mortiers devait escorter Mme
Agathe de sa maison jusqu’à celle de la radio et que,
vu les circonstances, j’exigeais une double escorte.
C’est tout ce que j’ai dit. » (3)

Op basis van de getuigenverklaringen die voor de
commissie werden afgelegd, onderzocht de commissie drie cruciale punten :

Sur la base des dépositions qui ont été faites devant
elle, la commission a examiné trois points cruciaux :

1. de vraag naar de planning van de moord op de
10 para’s.

1. la question de la planification de l’assassinat des
10 paras.

2. de houding van de militairen.

2. l’attitude des militaires.

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997, blz. 26/8 tot 26/10.
(2) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997, PV, blz. 15/7 (BV, blz. 688).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 15/14 e.v.

(1) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997, pp. 26/8 à 26/10.
(2) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, PV, p. 15/7 (CRA, p. 661).
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 15/14 e.s.

( 411 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3. de vraag of de 10 para’s hadden kunnen worden
ontzet.

3. la question de savoir si l’on aurait pu dégager les
10 paras.

1. De commissie heeft vooreerst de vraag onderzocht of de moord op de tien Belgische paracommando’s moet beschouwd worden als een gebeurtenis
die het gevolg was van een samenloop van omstandigheden, dan wel als een onderdeel van een plan, waarbij de beschuldiging aan het adres van de Belgen dat
zij verantwoordelijk waren voor de aanslag op het
presidentiële vliegtuig als voorwendsel diende om de
terugtrekking van de Belgische troepen die de ruggengraat van UNAMIR vormden, te provoceren.

1. La commission s’est tout d’abord penchée sur la
question de savoir si le meurtre des dix paracommandos belges doit être considéré comme un événement
qui a été la conséquence d’un concours malheureux et
fortuit de circonstances, ou bien comme faisant partie
d’un plan délibéré dans lequel l’accusation faite aux
Belges d’être responsables de l’attentat contre l’avion
présidentiel a servi de prétexte pour provoquer le
retrait des troupes belges qui constituaient l’épine
dorsale de la MINUAR.

Tijdens de hoorzittingen werden door getuigen
elementen aangedragen voor de drie hypotheses.
Kolonel Vincent bijvoorbeeld, het hoofd van de militair-technische-samenwerking zegt : « Ik heb nooit
gedacht aan wat op 6 april 1994 zou gebeuren. De
moord op de president had niemand voorspeld en
nochtans heeft die gebeurtenis in Rwanda de balans
naar geweld doen omslaan. » (1)

Au cours des auditions, des témoins ont avancé des
éléments à l’appui de trois hypothèses. Le colonel
Vincent, par exemple, chef de la coopération
technico-militaire, dit : « Je n’ai jamais pensé au cas de
figure du 6 avril 1994. L’assassinat du président n’a
été prévu par personne et c’est pourtant cela qui a fait
basculer la Rwanda dans l’horreur. » (1)

Kolonel Marchal schrijft in zijn confidentiële nota :
« L’assassinat de nos dix hommes demeure pour moi
un fait qui sort totalement du cadre des bonnes relations que nous avions toujours entretenues avec le
FAR et qui prévalaient toujours au moment des
troubles. C’est dans cet état d’esprit que nous nous
trouvions le 7 avril au matin. » (2)

Le colonel Marchal écrit, dans sa note confidentielle : « L’assassinat de nos dix hommes demeure
pour moi un fait qui sort totalement du cadre des
bonnes relations que nous avions toujours entretenues avec le FAR et qui prévalaient toujours au
moment des troubles. C’est dans cet état d’esprit que
nous nous trouvions le 7 avril au matin. » (2)

Volledigheidshalve wijst de commissie op het
bestaan van een andere hypothese over de dood van
de 10 blauwhelmen. Volgens de heren Prunier en
Rusatira werden zij gedood omdat zij getuigen waren
van de moord op mevrouw Agathe. De commissie
wijst er echter op dat de blauwhelmen helemaal geen
getuige zijn geweest van deze moord. En zelfs in deze
hypothese blijft de vraag bestaan waarom majoor
Bernard Ntuyahaga de blauwhelmen meenam,
wanneer hij ter plekke kon vaststellen dat mevrouw
Agathe Uwilingiyimana zich niet meer bij hen
bevond.

Par souci d’exhaustivité, la commission signale
l’existence d’une autre hypothèse concernant la mort
des dix Casques bleus. Selon MM. Prunier et Rusatira, ils ont été tués parce qu’ils avaient été témoins du
meurtre de Mme Agathe. La commission fait toutefois remarquer que les Casques bleus n’ont nullement
été témoins de ce meurtre. Et même dans cette
hypothèse, reste à savoir pourquoi le major Bernard
Ntuyahaga a emmené les Casques bleus, alors qu’il
pouvait constater sur place que Mme Agathe Uwilingiyimana ne se trouvait plus avec eux.

Volgens majoor Choffray daarentegen die ten tijde
van de UNAMIR-operatie als S3 bij KIBAT II belast
was met de operaties, was de moord op de Belgische
paracommando’s het gevolg van een vooropgezet
politiek plan. « Donc, pour moi, l’assassinat du président rwandais a permis l’enchaı̂nement des faits suivants, à savoir : attiser un peu plus la colère de la
population et de l’armée et cela, par l’intermédiaire de
la radio des Mille Collines; attribuer l’attentat du
président, via cette radio, aux militaires belges de
l’ONU et, naturellement par voie de conséquence,

Par contre, selon le major Choffray qui, à l’époque
de l’opération MINUAR, était chargé des opérations
à KIBAT II en tant que S3, le meurtre des paracommandos belges fut la conséquence d’un plan politique
et prémédité. « Donc, pour moi, l’assassinat du président rwandais a permis l’enchaı̂nement des faits
suivants, à savoir : attiser un peu plus la colère de la
population et de l’armée et cela, par l’intermédiaire de
la radio des Mille Collines; attribuer l’attentat du
président, via cette radio, aux militaires belges de
l’ONU et, naturellement par voie de conséquence,

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, BV, blz. 130.
(2) Confidentiële nota van kolonel Marchal, blz. 21.

(1) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, CRA, p. 126.
(2) Note confidentielle du colonel Marchal, p. 21.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 412 )

réaliser le souhait du pouvoir en place, c’est-à-dire
marquer par une action brutale « le retrait du détachement belge », en lui portant directement atteinte. Ce
départ des militaires belges a naturellement laissé les
mains libres aux extrémistes que nous connaissons
bien et cela pour régler le problème rwandais, c’est-àdire le problème Tutsi, etc. » (1). Dat is ook de overtuiging van kapitein Lemaire : « En ce qui concerne la
question numéro deux, je réponds, mais je ne peux le
dire qu’après avoir lu une série de livres par la suite,
que, pour moi, la mort des dix mortiers était programmée. Il fallait que la MINUAR se replie et que les gens
qui allaient prendre le pouvoir aient le champ
libre. » (2).

réaliser le souhait du pouvoir en place, c’est-à-dire
marquer par une action brutale « le retrait du détachement belge », en lui portant directement atteinte. Ce
départ des militaires belges a naturellement laissé les
mains libres aux extrémistes que nous connaissons
bien et cela pour régler le problème rwandais, c’est-àdire le problème Tutsi, etc. » (1). Telle est aussi la
conviction du capitaine Lemaire : « En ce qui
concerne la question numéro deux, je réponds, mais
je ne peux le dire qu’après avoir lu une série de livres
par la suite, que, pour moi, la mort des dix mortiers
était programmée. Il fallait que la MINUAR se replie
et que les gens qui allaient prendre le pouvoir aient le
champ libre. » (2).

De commissie vond zes belangrijke aanwijzingen
die in de richting wijzen van deze derde hypothese, in
het bijzonder dat het gaat om een vooropgesteld plan.

La commission a trouvé six indices importants qui
vont nettement dans le sens de cette troisième
hypothèse, en particulier qu’ils s’agissait d’une action
préméditée.

— De heer Scheers verklaarde voor de commissie
dat hij kennis kreeg over de opleiding in de streek van
Luik van een groep huurlingen of Belgische para’s om
een aanslag te plegen op de president : « Ik heb
Nahimana de eerste keer ontmoet in december 1993.
Die studeerde op dat ogenblik en studeert misschien
nu nog in Waver. Ik heb toen tegen Habyarimana
gezegd : « Kijk mijn vriend, die historie heeft mij tot
nu toe al enorm veel geld gekost. Een ticket BrusselKigali is niet goedkoop en ook faxen is duur. Kan ik
geen kanaal hebben in Brussel of kunt u mijn kosten
terugbetalen ? » Hij heeft mij toen Eugène Nahimana
voorgesteld. Over hem ben ik later ernstige twijfels
gaan koesteren. De president had hem voorgesteld als
tussenpersoon in België omdat hij liever niet had dat
ik telkens via de officiële ambassadeur van Rwanda in
België passeerde. Als ik terugkijk op wat er allemaal
gebeurd is, dan weet ik het niet zo goed of ik opnieuw
op dezelfde manier zou werken. Nahimana heeft mij
rond half maart, een goede drie weken voor de aanslag van 6-7 april, opgebeld. ... « Notre président, il y a
des lourdes menaces qui pèsent sur sa tête. » Ik zeg
dan : « Monsieur Nahimana, vous devez vous expliquer; dites-moi de qui il s’agit ? » ... Wij hebben
gehoord, zo zei hij, dat er in de streek van Luik een
groep huurlingen of Belgische militaire opgeleid
worden om een aanslag te plegen op de president. —
Vraag : Wanneer was dat precies ? — Dat was rond
half maart. Ik kan de juiste datum nog terugvinden in
mijn notaboekje. Vandaag vraag ik me af of ik niet
door welbepaalde mensen werd gemanipuleerd. Men
wist dat ik in België een aantal politieke contacten
had, eerst met Willy Kuijpers en nadien ook nog met
andere politici. Men wist waarschijnlijk dat ik
bepaalde informaties kon laten doorsijpelen, infor-

— M. Scheers a déclaré devant la commission qu’il
avait connaissance de la formation, dans la région de
Liège, d’un groupe de mercenaires ou de paras belges
qui devaient perpétrer un attentat contre le président :
« Ik heb Nahimana de eerste keer ontmoet in december 1993. Die studeerde op dat ogenblik en studeert
misschien nu nog in Waver. Ik heb toen tegen Habyarimana gezegd : « Kijk mijn vriend, die historie heeft
mij tot nu toe al enorm veel geld gekost. Een ticket
Brussel-Kigali is niet goedkoop en ook faxen is duur.
Kan ik geen kanaal hebben in Brussel of kunt u mijn
kosten terugbetalen ? » Hij heeft mij toen Eugène
Nahimana voorgesteld. Over hem ben ik later ernstige twijfels gaan koesteren. De president had hem
voorgesteld als tussenpersoon in België omdat hij
liever niet had dat ik telkens via de officiële ambassadeur van Rwanda in België passeerde. Als ik terugkijk
op wat er allemaal gebeurd is, dan weet ik het niet zo
goed of ik opnieuw op dezelfde manier zou werken.
Nahimana heeft mij rond half maart, een goede drie
weken voor de aanslag van 6-7 april, opgebeld. ...
« Notre président, il y a des lourdes menaces qui
pèsent sur sa tête. » Ik zeg dan : « Monsieur Nahimana, vous devez vous expliquer; dites-moi de qui il
s’agit ? » ...Wij hebben gehoord, zo zei hij, dat er in de
streek van Luik een groep huurlingen of Belgische
militaire opgeleid worden om een aanslag te plegen
op de president. — Vraag : Wanneer was dat precies ?
— Dat was rond half maart. Ik kan de juiste datum
nog terugvinden in mijn notaboekje. Vandaag vraag
ik me af of ik niet door welbepaalde mensen werd
gemanipuleerd. Men wist dat ik in België een aantal
politieke contacten had, eerst met Willy Kuijpers en
nadien ook nog met andere politici. Men wist waarschijnlijk dat ik bepaalde informaties kon laten door-

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 31/5 e.v.
(2) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 33/5.

(1) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 31/5 e.s.
(2) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, p. 33/5.

( 413 )

1 - 611/7 - 1997/1998

maties die misschien perfect pasten in de politiek
tegen de Belgische Staat en tegen de Belgische para’s,
die in die periode in Rwanda meer en meer vorm
kreeg. » (1)

sijpelen, informaties die misschien perfect pasten in
de politiek tegen de Belgische Staat en tegen de Belgische para’s, die in die periode in Rwanda meer en
meer vorm kreeg. » (1)

De heer Jacques Collet, persfotograaf, verklaart
aan de militaire auditeur : « Ce sont des militaires
belges qui ont abattu l’avion, cinq ont été abattus sur
place et 5 autres le seraient par après. La personne
précisait que ces militaires avaient été dénoncés par
des casques bleus du Bangladesh. »

M. Jacques Collet, photographe de presse, a
déclaré a l’auditeur militaire : « Ce sont des militaires
belges qui ont abattu l’avion, cinq ont été abattus sur
place et 5 autres le seraient par après. La personne
précisait que ces militaires avaient été dénoncés par
des casques bleus du Bangladesh. »

— Op 8 juni 1997 richtte dezelfde persoon een
brief aan de commissie, waarin hij dit verhaal grotendeels herneemt :

— Le 8 juin 1997, cette même personne a écrit à la
commission une lettre dans laquelle elle réitère à peu
près ce récit :

« ... En effet, je suis journaliste photographe, et
ayant appris la chute de l’avion du Président Habyarimana, le 6 avril vers minuit, je me suis rendu le
lendemain vers 10 heures à l’ambassade du Rwanda,
afin d’y prendre le visa nécessaire pour me rendre à
Kigali pour couvrir l’événement comme la plupart de
mes confrères.

« ... En effet, je suis journaliste photographe, et
ayant appris la chute de l’avion du Président Habyarimana, le 6 avril vers minuit, je me suis rendu le lendemain vers 10 heures à l’ambassade du Rwanda, afin
d’y prendre le visa nécessaire pour me rendre à Kigali
pour couvrir l’événement comme la plupart de mes
confrères.

Arrivé à l’ambassade, alors que j’étais en train de
remplir les formulaires, j’ai été frappé par une conversation entre un groupe de rwandais. Ceux-ci qui
m’ont dit par la suite être des stagiaires à l’École
Royale Militaire, sortaient des bureaux de l’ambassade, disant que c’était confirmé, que c’était bien des
paras belges qui avaient abattu l’avion du Président
rwandais. Ensuite, ils ont déclaré, que les soldats
belges avaient été vus et dénoncés par des soldats
bengladeshis de la MINUAR, et que trois d’entre eux
avaient été abattus.

Arrivé à l’ambassade, alors que j’étais en train de
remplir les formulaires, j’ai été frappé par une conversation entre un groupe de rwandais. Ceux-ci qui
m’ont dit par la suite être des stagiaires à l’École
Royale Militaire, sortaient des bureaux de l’ambassade, disant que c’était confirmé, que c’était bien des
paras belges qui avaient abattu l’avion du Président
rwandais. Ensuite, ils ont déclaré, que les soldats
belges avaient été vus et dénoncés par des soldats
bengalis de la MINUAR, et que trois d’entre eux
avaient été abattus.

Il faut vous dire que je parle couramment le Kinyarwanda, ce qui m’a permis de suivre aisément la
conversation. »

Il faut vous dire que je parle couramment le
Kinyarwanda, ce qui m’a permis de suivre aisément la
conversation. »

Ensuite, M. Eugène Nahimana est sorti à son tour
des bureaux et a annoncé la mort de 10 paras belges.
Comme j’avais eu l’occasion de rencontrer
M. Nahimana auparavant, je me suis adressé à lui en
lui faisant part de mon étonnement, et mettant sa
parole en doute quant à l’implication des Belges dans
cet attentat, et m’étonnais aussi que 10 soldats aient
pu être exécuté par l’armée rwandaise. M. Nahimana
et les autres Rwandais présents ont monté le ton me
disant que c’était normal qu’ils soient tués vu que
c’était bien eux qui avaient abattu l’avion de leur
Président.

Ensuite, M. Eugène Nahimana est sorti à son tour
des bureaux et a annoncé la mort de 10 paras belges.
Comme j’avais eu l’occasion de rencontrer M. Nahimana auparavant, je me suis adressé à lui en lui
faisant part de mon étonnement, et mettant sa parole
en doute quant à l’implication des Belges dans cet
attentat, et m’étonnais aussi que 10 soldats aient pu
être exécutés par l’armée rwandaise. M. Nahimana et
les autres Rwandais présents ont monté le ton me
disant que c’était normal qu’ils soient tués vu que
c’était bien eux qui avaient abattu l’avion de leur
Président.

Je n’ai pas cru nécessaire de prolonger le débat, je
me suis rendu à l’agence Belga, j’ai fait part de la conversation à un journaliste de l’agence, et ensemble
avons décidé de ne pas tenir compte d’une information qui nous paraissait des plus fantaisiste. Il était à

Je n’ai pas cru nécessaire de prolonger le débat, je
me suis rendu à l’agence Belga, j’ai fait part de la
conversation à un journaliste de l’agence, et ensemble
nous avons décidé de ne pas tenir compte d’une information qui nous paraissait des plus fantaisistes. Il

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Scheers, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 4/11 e.v. (BV van 24 juni 1997, blz. 90/3).

(1) Audition de M. Scheers, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 4/11 e.v. (CRA, p. 90/3).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 414 )

ce moment-là environ 11 heures du matin ce 7 avril
1994.

était à ce moment-là environ 11 heures du matin ce
7 avril 1994. »

De inhoud van deze brief wordt op één belangrijk
punt na, volledig bevestigd door de getuigenis van de
heer Johan Scheers : « Heel vroeg in de ochtend van
7 april om 4 uur kreeg ik een telefoon van een vriend
uit Kigali, die ik had leren kennen tijdens de vele
keren dat ik in Rwanda was geweest. Die zei mij het
volgende : « Johan, sais-tu ce qu’il s’est passé ? J’ai
dit : « Mais non, explique ». Ik vroeg hem dan « JeanBaptiste, pourquoi me téléphones-tu à cette heure ci ?
Tu sais quelle heure il est, ici, à Bruxelles ? On dort
encore ... J’espère que tu me réveilles avec une bonne
raison. » « Oui, mais » zegt hij « on vient de tuer le
président ». — Vraag : Il était quelle heure ? —
Antwoord : Il était, madame, quand il m’a téléphoné,
environ 4 ou 5 heures du matin ... — Vraag : En Belgique — Mais là-bas ? Antwoord : Il y a une heure de
différence. In de loop van dezelfde ochtend belt
Eugène Nahimana mij op. Hij zegt mij : « Ziet ge wel
dat ik gelijk had. Gij hebt mij nooit willen geloven en
ge hebt geen enkel initiatief genomen. Vandaag is het
zo ver de president is vermoord door de Belgische
para’s. » — Vraag : — Hoe laat was dat ongeveer ?
Antwoord : Ik vermoed dat het toen 10 30 à 11 uur
was, alleszins het einde van de voormiddag.— Vraag :
C’était toujours le 7 ? Antwoord : En effet. Ik heb hem
toen onmiddellijk gevraagd hoe hij dat wist. Hij zei
mij : « Parce qu’on les a. Il faut déposer une plainte à
La Haye contre la Belgique, parce que ce sont les
Belges qui l’ont tué ». Ik heb hem gezegd : « Si vous
avez les paras faites-moi un plaisir, il faut bien veiller
à leur sécurité et les maintenir surtout en vie qu’on
puisse les interroger pour savoir qui est derrière tout
ça. » Hij heeft mij in de loop van die namiddag opnieuw opgebeld, ik weet niet meer precies hoe laat.
Het is ondertussen immers al drie jaar geleden. Ik herinner mij wel dat hij mij die dag twee of driemaal heeft
opgebeld. In de loop van de namiddag zei hij mij :
« Wij hebben ze, de para’s, ze hebben geprobeerd te
ontsnappen en ze zijn vermoord » (1).

Le témoignage de l’avocat Johan Scheers confirme,
à un point près, les informations livrées par cette
lettre : « Heel vroeg in de ochtend van 7 april om 4 uur
kreeg ik een telefoon van een vriend uit Kigali, die ik
had leren kennen tijdens de vele keren dat ik in
Rwanda was geweest. Die zei mij het volgende :
« Johan, sais-tu ce qu’il s’est passé ? J’ai dit : « Mais
non, explique ». Ik vroeg hem dan « Jean-Baptiste,
pourquoi me téléphones-tu à cette heure-ci ? Tu sais
quelle heure il est, ici, à Bruxelles ? On dort encore ...
J’espère que tu me réveilles avec une bonne raison. »
« Oui, mais » zegt hij « on vient de tuer le président ».
— Question : Il était quelle heure ? — Réponse : Il
était, madame, quand il m’a téléphoné, environ 4 ou
5 heures du matin ... — Question : En Belgique —
Mais là-bas ? — Réponse : Il y a une heure de différence. In de loop van dezelfde ochtend belt Eugène
Nahimana mij op. Hij zegt mij : « Ziet ge wel dat ik
gelijk had. Gij hebt mij nooit willen geloven en ge
hebt geen enkel initiatief genomen. Vandaag is het zo
ver de president is vermoord door de Belgische
para’s. » — Question : — Hoe laat was dat ongeveer ?
— Réponse : Ik vermoed dat het toen 10 30 à 11 uur
was, alleszins het einde van de voormiddag.— Question : C’était toujours le 7 ? En effet. Ik heb hem toen
onmiddellijk gevraagd hoe hij dat wist. Hij zei mij :
« Parce qu’on les a. Il faut déposer une plainte à La
Haye contre la Belgique, parce que ce sont les Belges
qui l’ont tué ». Je lui ai dit : « Si vous avez les paras,
faites-moi un plaisir, il faut bien veiller à leur sécurité
et les maintenir surtout en vie qu’on puisse les interroger pour savoir qui est derrière tout ça. » Hij heeft mij
in de loop van die namiddag opnieuw opgebeld, ik
weet niet meer precies hoe laat. Het is ondertussen
immers al drie jaar geleden. Ik herinner mij wel dat hij
mij die dag twee of driemaal heeft opgebeld. In de
loop van de namiddag zei hij mij : « Wij hebben ze, de
para’s, ze hebben geprobeerd te ontsnappen en ze zijn
vermoord » (1).

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Scheers, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 5/7 tot 5/11.

(1) Audition de M. Scheers, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 5/7 à 5/11.

( 415 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Er blijft onduidelijkheid bestaan over het tijdstip
waarop de heer Nahimana (1) de moord op de para’s
meldde.

L’incertitude subsiste en ce qui concerne le moment
auquel M. Nahimana (1) a communiqué le meurtre
des paras.

De heer Eugène Nahimana bevestigt voor de
commissie dat hij op 7 april ’s morgens op de Rwandese ambassade in Brussel was maar ontkent dat hij
reeds ’s morgens op de hoogte was van de dood van de
10 para’s. « Le matin du 7 par la radio BBC, je crois.
Les Américains et les radios ont d’abord parlé de trois
observateurs militaires sans fixer leur nationalité. » —
Vraag : Quand avez-vous appris la mort de nos dix
paras ?
« Le
7,
dans
l’aprèsmidi. » (2)

M. Eugène Nahimana a confirmé, devant la
commission, qu’il était à l’ambassade du Rwanda à
Bruxelles, le 7 avril au matin, mais il a nié être au
courant, dès ce matin-là, de la mort des 10 paras. « Le
matin du 7 par la radio BBC, je crois. Les Américains
et les radios ont d’abord parlé de trois observateurs
militaires sans fixer leur nationalité. » — Question :
Quand avez-vous appris la mort de nos dix paras ?
« Le 7, dans l’après-midi. » (2)

Geconfronteerd met het verhaal van de heer Collet
in verband met de aankondiging van de moord op de
10 para’s antwoordt hij : « Je le nie, c’est clair.
L’information venait des militaires, ce n’était pas à
moi d’annoncer la mort des dix casques bleus. Beaucoup de choses se trament autour de moi. Comment
peut-on envoyer un dossier à l’UNO et remarquer

Confronté au récit de M. Collet relatif à l’annonce
de l’assassinat des 10 paras, il réagit en déclarant ce
qui suit : « Je le nie, c’est clair. L’information venait
des militaires, ce n’était pas à moi d’annoncer la mort
des dix casques bleus. Beaucoup de choses se trament
autour de moi. Comment peut-on envoyer un dossier
à l’UNO et remarquer qu’on s’est trompé de

——————

——————

(1) Eugène Nahimana trad op als woordvoerder van de
Belgische afdeling van het MRND. Hij opereerde naast Papias
Ngaboyamahina, de voorzitter van het MRND België (tot april
1993) die tevens coördinator was van RTLM in België. Papias
Ngaboyamahina is de auteur van het communiqué waarin de
Belgische paracommando’s beschuldigd worden van de moord
op president Habyarimana. Hij opereerde eveneens naast Paulin
Murayi, oud-voorzitter van de CERB (Communiqué des
Étudiants Rwandais en Belgique) en opvolger van
Ngaboyamahina als voorzitter van het MRND-België. Hij komt
voor op de lijst van kopers van aandelen van RTLM in België. In
1993 was hij de oprichter van de « Groupe de réflexion
belge-rwandais » samen met Wenceslas Nzabalirwa en Georges
Ruggiu. Op 19 april 1996 werd aan Paulin Murayi politiek asiel
geweigerd in ons land. Alle drie waren zij aandeelhouder van
RTLM en maakten zij deel uit van organisaties die aanleunden
bbij de Rwandese regering zoals de Belgische afdeling van het
MRND en de CERB gelegen in de Avenue des Fleurs, 1 te
1050 Brussel (zelfde adres als de Rwandese ambassade). Zij
ondertekenden samen met Georges Ruggiu petities, verspreidden
persmededelingen en berichtten over hun activiteiten aan
Rwandese autoriteiten, zoals kolonel Sagatwa. Onder meer in
een fax van 16 oktober 1992 : « ... notre travail de
désinformation et de propagande est à encourager... » Ook na de
gebeurtenissen van 6 en 7 april gingen zij namens de
MRND-België door met hun activiteiten. Naast het hierna
genoemde communiqué van 7 april 1994 verspreidden zij onder
meer
mededelingen
op
11 mei
1994
waarin
mensenrechtenorganisaties zoals « Africa Watch » beschuldigd
worden van subjectiviteit. Op 13 mei 1994 verspreid het
MRND-België een verklaring ondertekend door Eugène
Nahimana waarin het MRND vraagt : « (...) à la radio RTLM de
ne pas céder aux provocations de l’ennemi et de poursuivre ses
objectifs de formation-information de la population
rwandaise. » En vervolgens : « Le peuple belge qui se
souviendrait de la bataille des Eperons d’Or (1302) devrait
pouvoir comprendre ce qui se passe actuellement au Rwanda.
Devant le danger, le Metiers se levèrent en masse, brandissent
leur terrible Goedendag (machettes des Hutus) pour une
indépendance d’un peuple longtemps frustré. »
(2) Hoorzitting met de heer E. Nahimana, POR, Senaat,
17 juni 1997, PV, blz. 32/9 e.v.

(1) Eugène Nahimana agissait en qualité de porte-parole de
la section belge du MRND. Papias Ngaboyamahina est le
président du MRND Belgique jusqu’en avril 1993. Il est le
coordinateur de la Radio des mille collines en Belgique. Il est
l’auteur d’un communiqué accusant les paracommandos belges
de l’assassinat de Habyarimana. Paulin Murayi a fait l’objet
d’un refus d’asile politique le 19 avril 1996. Ces personnes
étaient toutes trois actionnaires de RTLM. Elles faisaient
également partie d’organisations proches du gouvernement
rwandais comme la section belge du MRND et la CERB située
avenue des Fleurs, 1 à 1050 Bruxelles (adresse de l’ambassade du
Rwanda). Elles ont signé, conjointement avec Georges Ruggiu,
des pétitions, ont fait des communiqués de presse et ont informé
des autorités rwandaises, par exemple le colonel Sagatwa, de
leurs activités. Notamment dans un fax du 16 octobre 1992 :
« notre travail de désinformation et de propagande est à
encourager... » Elles ont poursuivi leurs activités au nom du
MRND-Belgique également après les événements des 6 et
7 avril. Outre le communiqué cité ci-dessous du 7 avril 1994,
elles ont notamment diffusé le 11 mai 1994 des informations
dans lesquelles des organisations de défense des droits de
l’homme telles que Africa Watch étaient accusées de subjectivité.
Dans une déclaration du MRND-Belgique du 13 mai 1994 signé
par Eugène Nahimana, attaché de presse officiel du
MRND-Belgique, on retrouve ce qui suit : « (...) à la radio
RTLM de ne pas céder aux provocations de l’ennemi et de
poursuivre ses objectifs de formation-information de la
population rwandaise. » Ensuite : « Le peuple belge qui se
souviendrait de la bataille des Éperons d’Or (1302) devrait
pouvoir comprendre ce qui se passe actuellement au Rwanda.
Devant le danger, les Metiers se levèrent en masse, brandissent
leur terrible Goedendag (machettes des Hutus) pour une liberté
et une indépendance d’un peuple longtemps frustré. »

(2) Audition de M. E. Nahimana, CER, Sénat, 17 juin 1997,
PV, p. 32/9 e.s.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 416 )

qu’on s’est trompé de personne? Il y a un complot, une
conspiration contre moi. » (1)

personne ? Il y a un complot, une conspiration contre
moi » (1).

Hoe dan ook de commissie acht het hoogst
verwonderlijk dat reeds op dat ogenblik de Rwandese
ambassade op de hoogte was van het drama dat zich
in Rwanda afspeelde.

Quoi qu’il en soit la Commission estime qu’il est
très étonnant que l’ambassade rwandaise fût déjà au
courant du drame qui se déroulait au Rwanda.

— Generaal Rusatira verklaart : « Ik weet niet of ze
(NVDR : Majoor Ntuyahaga en kolonel Bagosora)
met elkaar hebben gesproken. De versie van de
majoor lijkt mij echter onwaarschijnlijk, want de
woonplaats van de Eerste minister lag niet op zijn
weg. Bovendien heeft hij de para’s geëvacueerd en
heeft hij ze ongewapend in het kamp achtergelaten,
ook al waren zij slecht onthaald. Ik heb daaruit afgeleid dat de majoor bevelen had gekregen om de veiligheidsmaatregelen ten gunste van mevrouw Agathe op
te heffen en de getuigen uit te schakelen. » (2)

— Le général Rusatira a déclaré : « Je ne sais pas
s’ils (NDLR : le major Ntuyahaga et le colonel Bagosora) se sont parlé. Mais la version du major me paraı̂t
invraisemblable, car la résidence du Premier ministre
ne se trouvait pas sur sa route. De plus, il a évacué les
paras et les a laissé désarmés dans le camp malgré
l’accueil négatif qui leur avait été donné. J’en ai
déduit que le major avait reçu des ordres qui consistaient à lever les mesures de protection à l’égard de
Mme Agathe et de supprimer les témoins. »

— Kapitein Apedo, VN-waarnemer in het kamp
Kigali, verklaarde dat majoor Bernard Ntuyahaga
mensen opzweepte en beweerde dat de Belgen het
presidentieel vliegtuig hadden neergehaald (3).

— Le capitaine Apedo, observateur de l’ONU au
camp Kigali, a déclaré que le major Bernard Ntuyahaga excitait des hommes en prétendant que les
Belges avaient abattu l’avion présidentiel (3).

De heer Silas Gashomba, een ooggetuige,
verklaarde voor het auditoriaat-generaal : « J’ai vu
que des Casques bleus belges sont arrivés à pied en
compagnie de militaires GP. Ils avaient les mains en
l’air. On les a stationnés devant le local ONU. Ils
étaient sous la conduite d’un sous-lieutenant GP dont
je connais pas le nom. (...) J’ai entendu, au moment
ou les éléments GP arrivaient avec les casques bleus,
l’officier qui les conduisait chuchoter aux militaires
stationnés au Tarmac que ces militaires belges avaient
abattu l’avion présidentiel. C’est à ce moment que les
militaires rwandais ont attaqué les casques bleus
massivement et cruellement. » (4)

M. Silas Gashomba, un témoin oculaire, a déclaré
devant l’auditorat militaire : « J’ai vu que des casques
bleus belges sont arrivés à pied en compagnie de militaires GP. Ils avaient les mains en l’air. On les a
stationnés devant le local ONU. Ils étaient sous la
conduite d’un sous-lieutenant GP dont je connais pas
le nom. ... J’ai entendu, au moment ou les éléments
GP arrivaient avec les casques bleus, l’officier qui les
conduisait chuchoter aux militaires stationnés au
Tarmac que ces militaires belges avaient abattu
l’avion présidentiel. C’est à ce moment que les militaires rwandais ont attaqué les casques bleus massivement et cruellement. » (4)

Overigens verspreidde Papias Ngaboyamahina als
voorzitter van het crisiscomité (van de Rwandese
gemeenschap in België) een verklaring reeds op 7 april
1994 waarin de Belgische Blauwhelmen er worden
van beschuldigd de auteurs te zijn van de aanslag op
president Habyarimana :

D’autre part, Papias Ngaboyamahina, en sa qualité
de président du comité de crise (de la communauté
rwandaise de Belgique), a, dès le 7 avril 1994, diffusé
une déclaration accusant les Casques bleus belges
d’être les auteurs de l’attentat contre le président
Habyarimana :

« (...) En effet, selon des sources militaires des
Casques bleus non belges de la MINUAR, il est confirmé que les obus qui ont abattu l’avion présidentiel
provenaient du site occupé par les militaires belges de
la MINUAR.

« (...) En effet, selon des sources militaires des
Casques bleus non belges de la MINUAR, il est
confirmé que les obus qui ont abattu l’avion présidentiel provenaient du site occupé par les militaires belges
de la MINUAR.

(...) L’actuel double assassinat est donc
l’aboutissement d’un long processus destiné à porter
les FPR au pouvoir, et mûri par une puissance pour
laquelle ont agi les militaires belges des Casques bleus
de l’ONU.

(...) L’actuel double assassinat est donc
l’aboutissement d’un long processus destiné à porter
les FPR au pouvoir, et mûri par une puissance pour
laquelle ont agi les militaires belges des Casques bleus
de l’ONU.

——————

——————

(1) Ibidem, PV, blz. 33/5 e.v.
(2) Hoorzitting met generaal Rusatira, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 29 april 1997, blz. 389.
(3) Auditeur-generaal, B600-19.
(4) Dossier auditeur-generaal, B618-619.

(1) Ibidem, PV, p. 33/5 et ss.
(2) Auditon du général Rusatira, CRA,
1996-1997, 29 avril 1997, p. 381.
(3) Auditeur-général, B600-19.
(4) Dossier de l’auditeur général, B618-619.

CSR,

Sénat,

( 417 )
La communauté rwandaise de Belgique dénonce
avec insistance le comportement indigne de la Belgique dans le processus de pacification du Rwanda,
alors que la Belgique est l’ancienne puissance de
tutelle du Rwanda et du Burundi.
Ce ressentiment tient de plusieurs faits :

1 - 611/7 - 1997/1998

La communauté rwandaise de Belgique dénonce
avec insistance le comportement indigne de la Belgique dans le processus de pacification du Rwanda,
alors que la Belgique est l’ancienne puissance de
tutelle du Rwanda et du Burundi.
Ce ressentiment tient de plusieurs faits :

— les armes de différents crimes proviennent de la
Belgique;

— les armes de différents crimes proviennent de la
Belgique;

— les auteurs du crime ultime sont des militaires
belges du contingent belge des Casques bleus, par
ailleurs impliqués dans les attaques contre des populations civiles;

— les auteurs du crime ultime sont des militaires
belges du contingent belge des Casques bleus, par
ailleurs impliqués dans les attaques contre des populations civiles;

— la politique du FPR (dont le siège est situé à
Bruxelles au numéro 3, rue de l’Observatoire) bénéficie du soutien inconditionnel de plusieurs média et
hommes politiques belges.

— la politique du FPR (dont le siège est situé à
Bruxelles au numéro 3, rue de l’Observatoire) bénéficie du soutien inconditionnel de plusieurs média et
hommes politiques belges.

(...) C’est pourquoi nous en appelons à l’opinion
internationale de condamner les auteurs de ces crimes
ignobles et leurs commanditaires et demandons au
secrétaire général des Nations Unies le retrait immédiat des troupes belges de la Mission des Nations
Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) et
l’envoi d’une force neutre et à la hauteur de la mission
de pacification. »

(...) C’est pourquoi nous en appelons à l’opinion
internationale de condamner les auteurs de ces crimes
ignobles et leurs commanditaires et demandons au
secrétaire général des Nations Unies le retrait immédiat des troupes belges de la Mission des Nations
Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) et
l’envoi d’une force neutre et à la hauteur de la mission
de pacification. »

Emeritus krijgsauditeur bij de krijgsraad, de heer
Van Winsen, bevestigt : « zij zijn vermoord ingevolge
een bepaald bericht, dat doorgespeeld werd; namelijk : « Dat zijn de mensen die het vliegtuig hebben
neergeschoten. » Op de vraag wie dat bericht verspreidde antwoordt de heer Van Winsen : « Majoor
Bernard ... een adjunct die om 9 uur ’s morgens met
zijn combi toevallig in de rue Jean-Paul VI
passeerde. » (1)

L’auditeur militaire émérite au Conseil de guerre,
M. Van Winsen, a confirmé : « ils ont été assassinés à
la suite d’une information concernant l’attentat
contre l’avion présidentiel ». À la question de savoir
qui a diffusé cette information, M. Van Winsen a
répondu : « Majoor Bernard ... een adjunct die om
9 uur ’s morgens met zijn combi toevallig in de rue
Jean-Paul VI passeerde. » (1)

— Het gerucht als zouden de Belgen het presidentiële vliegtuig hebben neergehaald, werd reeds
zeer vroeg verspreid. Kolonel Dewez verklaart :
« C’est une information qui, je crois, est passée par le
capitaine Marchal lui-même ou l’une de ses équipes.
Cela devait être tôt dans la matinée, peut-être à 4, 5 ou
6 heures, je ne sais plus exactement. » (2) Kolonel
Marchal verklaarde dat hij om 5.56 uur van het bataljon vernam dat er geruchten de ronde deden als
zouden de Belgen aansprakelijk zijn voor de aanslag
op het presidentiële vliegtuig (3). Minstens drie
getuigen; kapitein Marchal, compagniecommandant,
majoor Choffray, de S3 en majoor Bodart, de raadgever in oorlogsrecht, bevestigen echter dat het nieuws
reeds veel vroeger de ronde deed. Kapitein Marchal
verklaart dat het omstreeks drie uur in de ochtend

— La rumeur selon laquelle les Belges auraient
abattu l’avion présidentiel a été répandue très tôt. Le
colonel Dewez déclare : « C’est une information qui,
je crois, est passée par le capitaine Marchal lui-même
ou l’une de ses équipes. Cela devait être tôt dans la
matinée, peut-être à 4, 5 ou 6 heures, je ne sais plus
exactement. » (2) Le colonel Marchal déclare qu’à
5 h 56, le bataillon l’a informé que des rumeurs
rendaient les Belges responsables de l’attentat contre
l’avion présidentiel (3). Au moins trois témoins — le
capitaine Marchal, commandant de compagnie, le
major Choffray, S3, et le major Bodart, conseiller en
droit des conflits armées — confirment toutefois que
la nouvelle circulait déjà beaucoup plus tôt. Le capitaine Marchal déclare qu’il a eu cette information par
un barrage, lors d’une patrouille, vers 3 h du matin, et

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Van Winsen, POR, Senaat,
6 mei 1997, blz. 19/11).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 16/10 e.v.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997.

(1) Audition de M. Van Winsen, CER, Sénat, 6 mai 1997,
p. 19/11).
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 16/10 e.s.
(3) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 418 )

was tijdens een patrouille aan een versperring dat hij
het vernam en hij het dadelijk aan het bataljon meedeelde (1). Majoor Choffray verklaart dat reeds
twee uur na de aanslag op het presidentiële vliegtuig,
op het einde van de nacht van 6 april hij het gerucht
vernam als zouden de Belgen de daders van de aanslag
zijn (2). Majoor Bodart : « Les premiers renseignements venant de l’aéroport, confirmés par Rutongo,
c’était, si je me souviens bien vers 20 h 30, 20 h 45. Je
crois que dans l’heure qui suivait, si je me souviens
bien 21 h 30, 22 h, on entendait déjà, et je crois que
c’était venant de l’aéroport, des gens qui disaient :
« Des bruits courent que se serait des Belges qui
auraient descendu l’avion. » (3)

qu’il l’a immédiatement transmise au bataillon (1).
Le major Choffray déclare que, deux heures déjà
après l’attentat contre l’avion présidentiel, à la fin de
la nuit du 6 avril, il a eu connaissance de la rumeur
selon laquelle les Belges étaient les auteurs de
l’attentat (2). Le major Bodart : « Les premiers
renseignements venant de l’aéroport, confirmés par
Rutongo, c’était, si je me souviens bien vers 20 h 30,
20 h 45. Je crois que dans l’heure qui suivait, si je me
souviens bien 21 h 30, 22 h, on entendait déjà, et je
crois que c’était venant de l’aéroport, des gens qui
disaient : « Des bruits courent que ce serait des Belges
qui auraient descendu l’avion. » (3)

Ook generaal Dallaire verschaft in zijn schriftelijke
getuigenis aan het Auditoraat-Generaal bij het Militair Gerechtshof een belangrijke aanwijzing dat de
moord op de 10 Belgische paracommando’s moet
beschouwd worden als een onderdeel van een weloverwogen plan. Hij verhaalt hoe kort na de middag
kolonel Bagosora en de Stafchef van de Rijkswacht
hem verklaarde dat de gebeurtenissen in kamp Kigali
aantoonden dat de Belgische UNAMIR-troepen
Rwanda beter zouden verlaten. « Both, however,
expressed concerns to me for the first time that it may
be best to get the Belgians out of UNAMIR and
Rwanda because of the rumours that they had shot
down the Presidential airplane and the reactions
already happening in Camp Kigali. » (4)

— Dans le témoignage écrit qu’il a donné à
l’auditeur général près la Cour militaire, le général
Dallaire a lui aussi livré une indication importante
comme quoi le meurtre des 10 paracommandos
belges devait être considéré comme un élément d’un
plan délibéré. Il relate comment, peu après midi, le
colonel Bagosora et le chef d’état-major de la gendarmerie lui ont déclaré que les événements au camp de
Kigali montraient que les troupes belges de la
MINUAR feraient mieux de se retirer du Rwanda.
« Both, however, expressed concerns to me for the
first time that it may be best to get the Belgians out of
UNAMIR and Rwanda because of the rumours that
they had shot down the Presidential airplane and the
reactions already happening in Camp Kigali. » (4)

2. De commissie heeft zich ook gebogen over de
houding van een aantal officieren van de
UNAMIR-troepenmacht. Hun houding speelde een
belangrijke rol bij de dramatische gebeurtenissen in
de ochtend van 7 april :

2. La commission s’est aussi penchée sur l’attitude
d’un certain nombre d’officiers de la MINUAR. Leur
attitude a joué un rôle important dans les événements
dramatiques du 7 avril au matin :

3.5.2.1. De houding van generaal Dallaire en de
speciale vertegenwoordiger van de VN Booh Booh.

3.5.2.1. L’attitude du général Dallaire et du
représentant spécial de l’ONU M. Booh Booh

De commissie heeft in eerste orde de houding van
generaal Dallaire onderzocht. Het waren generaal
Dallaire en de heer Booh Booh die de beslissing
namen om door middel van een escorte Eerste
minister mevrouw Agathe Uwilingiyimana te

La commission a d’abord examiné l’attitude du
général Dallaire. C’est lui et M. Booh Booh qui ont
pris la décision de protéger la Première ministre Mme
Agathe Uwilingiyimana au moyen d’une escorte. Et
c’est également le général Dallaire qui — bien qu’au

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997, blz. 460. Het « carnet de veille OSCAR » meldt echter pas
om 5.56 uur het bericht van kapitein Marchal (C6), zie
document in bijlage blz. 16.
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997.
(3) Hoorzitting met majoor Bodart, POR, Senaat, 13 mei
1997, blz. 102/8 (BV, blz. 506).
(4) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 22, punt 46, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.

(1) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997, CRA, p. 460 : le « carnet de veille OSCAR » ne mentionne
toutefois qu’à 5 h 56 l’information du capitaine Marchal (C6),
voir document en annexe p. 16.
(2) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997.
(3) Audition du major Bodart, CER, Sénat, 13 mai 1997,
CRA, p. 102/8.
(4) Réponses
sur
les
questions
posées
par
le
juge-avocat-général de la cour militaire au général-major
Dallaire, p. 22, point 46, dossier auditorat-général près la Cour
militaire, Not. no 01.00009.95.

( 419 )

1 - 611/7 - 1997/1998

beschermen. En het was eveneens generaal Dallaire
die hoewel hij op de hoogte was van de moeilijkheden
waarmee de groep Lotin werd geconfronteerd, geen
aktie ondernam om tussenbeide te komen.

courant des difficultés auxquelles le groupe Lotin
était confronté — n’a rien entreprit pour intervenir.

De commissie heeft dan ook onderzocht in welke
mate generaal Dallaire en zijn medewerkers weet
hadden van de zware risico’s verbonden aan de
escorteopdracht van 7 april. De commissie ging
eveneens na wat generaal Dallaire exact wist van de
situatie waarin luitenant Lotin en zijn manschappen
zich bevonden. Waarom nam generaal Dallaire geen
enkel initiatief ?

La commission a donc examiné dans quelle mesure
le général Dallaire et ses collaborateurs avaient
connaissance des gros risques liés à la mission
d’escorte du 7 avril. La commission a aussi examiné ce
que le général Dallaire savait exactement de la
situation dans laquelle se trouvaient le lieutenant
Lotin et ses hommes. Pourquoi le général Dallaire
n’a-t-il pris aucune initiative ?

(1) Welke waren de omstandigheden waarin
generaal Dallaire de beslissing nam tot een
escorteopdracht van 7 april ?

(1) Quelles étaient les circonstances dans
lesquelles le général Dallaire a pris la décision
d’envoyer une escorte le 7 avril ?

Zowel generaal Dallaire als kolonel Marchal
bevestigen dat de beslissing om Eerste minister
Mevrouw Agathe Uwilingiyimana te beschermen en
de veiligheid in de zone rond radio Rwanda te
verzekeren om haar alzo in staat te stellen om 5.30 uur
in de ochtend een geruststellende boodschap tot de
bevolking te richten, genomen werd in de nacht van 6
op 7 april (1).

Tant le général Dallaire que le colonel Marchal
confirment que la décision de protéger la Première
ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana et d’assurer la
sécurité dans la zone de radio Rwanda pour lui
permettre ainsi d’adresser, à 5 h 30 du matin, un
message d’apaisement au peuple, a été prise dans la
nuit du 6 au 7 avril (1).

Uit zijn schriftelijke getuigenis aan het
auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof
blijkt dat generaal Dallaire bij het nemen van deze
beslissing perfect op de hoogte was of minstens
perfect op de hoogte kon zijn van de zware risico’s die
deze met zich bracht. Hij wist of kon in elk geval bij
voorbaat weten dat het Rwandese leger, of minstens
een onderdeel ervan, onder leiding van kolonel
Bagosora zich heftig tegen dit initiatief zou verzetten.
Dit blijkt o.m. uit volgende passages in de
getuigenissen van generaal Dallaire en kolonel
Marchal :

Son témoignage écrit devant l’auditorat général de
la Cour militaire révèle que lorsqu’il a pris cette
décision, le général Dallaire était parfaitement au
courant ou, du moins, aurait parfaitement pu être au
courant des risques sérieux inhérents à cette mission.
Il savait ou il aurait en tout cas pu savoir dès le départ
que l’armée rwandaise, ou du moins, une partie de
celle-ci, sous la direction du colonel Bagosora,
s’opposerait violemment à cette initiative. C’est ce
que révèlent notamment les passages suivants des
témoignages du général Dallaire et du colonel
Marchal :

— Op de crisisvergadering van 6 april die kort na
het neerhalen van het presidentiële vliegtuig op het
hoofdkwartier van de Rwandese strijdkrachten een
aanvang nam, werd duidelijk dat kolonel Bagosora
de teugels in handen had. Hij bekleedde « la position
d’autorité ». Dit zou nadien bevestigd worden op alle
vergaderingen waaraan hij op 7 april deelnam.
« Colonel Bagosora was truly in command. » (2)

— À la réunion de crise du 6 avril, qui a débuté au
quartier général des Forces armées rwandaises juste
après que l’avion présidentiel eut été abattu, il est
apparu que le colonel Bagosora prenait les rênes en
mains. Il occupait « la position d’autorité ». Ceci se
serait confirmé par la suite au cours de toutes les
réunions auxquelles il a participé le 7 avril : « C’était
vraiment le colonel Bagosora qui commandait. » (2)

— Tijdens deze crisisvergadering bleek dat
kolonel Bagosora van bij de aanvang gekant was
tegen het initiatief om Eerste minister Agathe
Uwilingiyimana voor Radio Rwanda het woord te

— Au cours de cette réunion de crise, il est apparu
que, d’emblée, le colonel Bagosora était opposé à
l’initiative visant à faire prendre la parole à la
Première ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana, sur

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 704).
(2) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court
— blz. 11-12 — punten 20 en 46 — zie dossier
auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof —
Not. nr. 01.00009.95.

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA p. 690).
(2) Answers to questions submitted to Major-General
Dallaire by the Judge-Advocate General of the Military Court
— p. 11-12 — points 20 et 46 — voir dossier auditorat-général
près la Cour militaire — Not. no 01.00009.95.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 420 )

laten voeren. « Colonel Bagosora was categorically
opposed, however, to the idea that the Prime Minister
would speak on the radio as he stated she had no
credibility with the nation nor did her Government
have any consensus for problem solving in the best of
times » (1).

radio Rwanda : « Le colonel Bagosora était catégoriquement opposé, toutefois, à l’idée que le Premier
Ministre parle à la radio, car, dit-il, elle n’avait
aucune crédibilité auprès de la nation et son gouvernement n’avait aucune unanimité pour résoudre les
problèmes » (1).

— Ook na de crisisvergadering om 23.30 uur
tijdens een afzonderlijke bijeenkomst met Generaal
Dallaire en de speciale VN-vertegenwoordiger
Booh-Booh, bleef kolonel Bagosora zich hardnekkig
tegen het initiatief verzetten, « (...) but Colonel
Bagosora adamantly refused. The SRSG updated the
Ambassadors of the United States, Belgium and
France by telephone on the situation, and scheduled a
meeting between Colonel Bagosora and selected
members of the international diplomatic community
to discuss the political aspects of the crisis ». Deze
vergadering die duidelijk bedoeld was om kolonel
Bagosora ervan te overtuigen zijn verzet te laten
varen, zou de volgende dag doorgaan om 9 uur in de
ochtend (2). Een vergadering die evenwel nooit zal
plaatshebben.

— Après la réunion de crise à 23 h 30 également,
au cours d’une réunion distincte avec le général
Dallaire et le représentant spécial des Nations unies,
M. Booh-Booh, le colonel Bagosora a continué à
s’opposer opiniâtrement à cette initiative : « ... Le
colonel Bagosora refusa de manière inflexible. Le
RSSG informa téléphoniquement les ambassadeurs
des États-Unis, de Belgique et de France de l’évolution
de la situation et programma une réunion avec le
colonel Bagosora ». Cette réunion, dont l’objectif
était clairement de convaincre le colonel Bagosora de
ne plus s’opposer à cette initiative, devait se poursuivre le jour suivant à 9 heures du matin (2). Cette
réunion n’aura cependant jamais lieu.

— Rond 2 uur in de ochtend, nadat de
bijeenkomst met Booh-Booh en kolonel Bagosora is
afgelopen en de afspraak is gemaakt elkaar rond 9 uur
opnieuw te ontmoeten, geeft generaal Dallaire aan
kolonel Marchal toch de opdracht Eerste minister
Agathe Uwilingiyimana te laten beschermen en naar
Radio Rwanda te begeleiden zodat zij een boodschap
tot de natie zou kunnen richten (3).

— Vers 2 heures du matin, une fois sa réunion avec
M. Booh-Booh et le colonel Bagosora terminée et
après avoir convenu de se revoir à 9 heures, le général
Dallaire donne malgré tout au colonel Marchal
l’ordre de protéger et d’accompagner la Première ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana à radio
Rwanda, pour qu’elle puisse adresser un message à la
nation (3).

— Brigadegeneraal Leonidas Rusatira maakt
eveneens gewag van het feit dat de militairen van plan
waren de eerste minister te verwijderen : « Bij het
verlaten van de vergadering (van de nacht van 6 op 7
april — noot van de redactie) zou Bagosora aan
Booh-Booh verklaard hebben dat de regering in
diskrediet was gebracht en dat de militairen van zin
waren Agathe Uwilingiyimana te verwijderen. Op de
vergadering van 7 april ’s morgens namen sommige
officieren het me zeer kwalijk dat ik een militaire
staatsgreep afraadde. Zij hadden de beslissing al
genomen om de eerste minister te doen verdwijnen.
Levend ? Dat weet ik niet. » (4)

— Le général de brigade Leonidas Rusatira fait
allusion au fait que les militaires avaient l’intention
d’écarter la Première ministre : « C’est à la sortie de
cette réunion que Bagosora aurait déclaré à Booh
Booh que le gouvernement était discrédité et que les
militaires avaient l’intention de renvoyer Agathe
Uwilingiyimana. À la réunion du matin du 7 avril, j’ai
rencontré beaucoup d’hostilité de la part de certains
officiers lorsque j’ai déconseillé le recours à un coup
d’état militaire. Ils avaient déjà pris la décision de
faire partir la Première ministre. Vivante ? Je ne sais
pas. » (4)

——————

——————

(1) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 11, punt 22, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.
(2) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 12, punt 23, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.
(3) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 12, punt 24, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.
(4) Hoorzitting met de h. Rusatira, BV,BCR, Senaat,
1996-1997, 29 april 1997, blz. 390.

(1) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 11,
point 22, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.
(2) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 12,
point 23, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.
(3) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 12,
point 24, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.
(4) Audition de M. Rusatira, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
29 avril 1997, p. 382.

( 421 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— Diezelfde ochtend nog, na een gesprek met
Eerste minister Agathe Uwilingiyimana, moet
generaal Dallaire vaststellen dat zijn initiatief geen
enkele kans op slagen maakt, « PM Agathe indicated
that she could not contact any of the MRND
ministers and the other ministers were indicating they
feared for their lives. I tried Radio Rwanda and
RTLM, but was unsuccessful in arranging for the PM
to go to those radio stations. The personnel at the
radio stations were either vehemently against her
speaking (RTLM) or fearful of providing help. » (1)

— Ce matin-là encore, après une conversation
avec la Première ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana, le général Dallaire doit constater que son
initiative n’a aucune chance de réussir : « PM Agathe
indicated that she could not contact any of the
MRND ministers and the other ministers were indicating they feared for their lives. I tried Radio Rwanda
and RTLM, but was unsuccessful in arranging for the
PM to go to those radio stations. The personnel at the
radio stations were either vehemently against her
speaking (RTLM) or fearful of providing help. » (1)

Uit al deze feiten blijkt overduidelijk dat generaal
Dallaire wist of kon weten dat de Belgische
blauwhelmen bij het uitvoeren van hun opdracht
zware moeilijkheden tegemoet zouden gaan. Of ook
kolonel Marchal op de hoogte was van het verzet van
kolonel Bagosora wordt hierna behandeld. Vanaf de
aanvang kon er dus geen twijfel bestaan over het
gevaar dat kleefde aan de operatie die aan de groep
Lotin werd toevertrouwd. Het was duidelijk dat
minstens vanuit een deel van het leger zware
tegenstand kon worden verwacht.

Tous ces faits montrent très clairement que le général Dallaire savait ou aurait pu savoir que les Casques
bleus belges allaient être confrontés à de sérieuses
difficultés dans l’exercice de leur mission. D’ailleurs,
le colonel Marchal, comme il l’a reconnu lors d’une
de ses auditions, était lui aussi informé de
l’opposition du colonel Bagosora. Dès le début, il ne
pouvait donc plus y avoir aucun doute quant au
danger inhérent à l’opération qui avait été confiée au
groupe Lotin. Il était clair que l’on pouvait s’attendre
à une résistance sérieuse d’une partie de l’armée au
moins.

(2) Was generaal Dallaire op de hoogte van de
situatie waarin de groep Lotin zich bevond ?

(2) Le général Dallaire était-il informé de la situation dans laquelle se trouvait le groupe Lotin ?

Generaal Dallaire beweert niet op de hoogte
geweest te zijn van de situatie waarin de groep Lotin
zich bevond, « I was not aware that Lt. Lotin or the
Belgian peacekeepers had been involved in a firefight
or had been captured at the PM’s house. The KIBAT
personnel operated on a different radio system and
were not on the UNAMIR Force level radio net. The
interface in the communications systems was at Kigali
Sector HQ. I do not recall any specific radio
transmissions or reports regarding Lt. Lotin and his
Section at that time » (2).

Le général Dallaire affirme qu’il n’était pas informé
de la situation dans laquelle se trouvait le groupe
Lotin : « I was not aware that Lt. Lotin or the Belgian
peacekeepers had been involved in a firefight or had
been captured at the PM’s house. The KIBAT personnel operated on a different radio system and were not
on the UNAMIR Force level radio net. The interface
in the communications systems was at Kigali Sector
HQ. I do not recall any specific radio transmissions or
reports regarding Lt. Lotin and his Section at that
time » (2).

Volgens kolonel Marchal evenwel bereikte hij kort
na 9.08 uur generaal Dallaire of althans iemand van
zijn staf en brengt hem op de hoogte van de
problemen waarmee de groep Lotin te kampen had.
Hij vraagt of deze kan tussenkomen bij de Rwandese
overheden gezien er in de loop van de ochtend een
nieuwe crisisvergadering met hen is gepland.
Tegelijkertijd wordt een samenvatting naar de Force
gezonden tengevolge van de oproep waarin kolonel

Cependant, le colonel Marchal affirme que peu
après 9 h 08, il a pu joindre le général Dallaire ou, du
moins, quelqu’un de son état-major et l’a informé des
problèmes auxquels le groupe Lotin était confronté. Il
demande s’il pouvait intervenir auprès des autorités
rwandaises, vu qu’une nouvelle réunion de crise était
prévue avec ces mêmes autorités au cours de la matinée. Dans le même temps, un compte rendu est envoyé
à la Force à la suite de l’appel du Colonel Dewez

——————

——————

(1)
Antwoorden
op
vragen
voorgesteld
aan
generaal-majoor Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van
het militair hof, blz. 14, punt 27, zie dossier auditoraat-generaal
bij het Militair Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.
(2) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 15, punt 28, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof - Not. nr. 01.00009.95.

(1) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 14,
point 27, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.
Réponses sur les questions posées par le juge-avocat-général de
la cour militaire au général-major Dallaire, p. 15, point 28, voir
dossier auditorat-général près la Cour militaire, Not. no
01.00009.95.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 422 )

Dewez aangaf dat de groep Lotin vastgehouden en
mishandeld wordt (1). Om 10.30 uur wanneer het
bericht circuleert dat Blauwhelmen werden
vermoord, contacteert kolonel Marchal opnieuw de
staf van generaal Dallaire en krijgt via de Motorola
kapitein Van Putten aan de lijn. Kolonel Marchal
wist niet dat die dag kapitein Van Putten generaal
Dallaire niet vergezelde na 10.30 uur, hoewel hij er
aan toevoegt dat generaal Dallaire dag en nacht te
contacteren was o.m. via majoor Maggen of via
kapitein Van Putten die permanent per Motorola
bereikbaar was (2).
Hoe dan ook, de commissie stelt vast dat zelfs
indien de bewering van generaal Dallaire klopt als
zou hij niet op de hoogte zijn geweest van het lot van
de
groep
Lotin,
dit
wijst
op
zware
communicatiestoornissen en ernstige gebreken in de
werking
van
het
hoofdkwartier
van
de
VN-troepenmacht. Het is onaanvaardbaar dat
ondanks alle alarmerende berichten die door kolonel
Marchal werden verzonden, generaal Dallaire niet in
kennis werd gebracht van de toestand waarin
luitenant Lotin en zijn manschappen zich bevonden.
Overigens stelt de commissie ook een tegenstelling
vast tussen de verklaringen van generaal Dallaire en
kolonel Marchal in verband met het tijdstip waarop
zij van de moord op de Belgische Blauwhelmen op de
hoogte werden gebracht. Generaal Dallaire stelt,
« during the early afternoon we received over the
radio a report from Col. Marchal that 13 Belgians at
Camp Kigali had been killed but it was not
confirmed » (3).
Volgens
kolonel
Marchal
daarentegen heeft de militair assistent van generaal
Dallaire hem na 12 uur verwittigd dat er in het kamp
Kigali volgens het persbureau Reuter Blauwhelmen
waren vermoord (4).

signalant que le groupe Lotin est retenu et
maltraité (1). À 10 h 30, quand circule la nouvelle
selon laquelle des Casques bleus ont été assassinés, le
colonel Marchal contacte à nouveau l’état-major du
général Dallaire et a en ligne, par le Motorola, le capitaine Van Putten. Le colonel Marchal ne savait pas
que, ce jour-là, le capitaine Van Putten
n’accompagnait pas le général Dallaire après 10h30,
bien qu’il ajoute que le général Dallaire était joignable jour et nuit, notamment par le biais du major
Maggen ou du capitaine Van Putten, qu’on pouvait
contacter en permanence par Motorola (2).
Quoi qu’il en soit, la commission constate que
même si l’affirmation du général Dallaire, selon
laquelle il n’aurait pas été informé du sort du groupe
Lotin, est exacte, il y avait de sérieux problèmes de
communication et de graves lacunes dans le fonctionnement du quartier général de la force de l’Onu. Il est
inacceptable que malgré toutes les informations alarmantes qui ont été envoyées par le colonel Marchal, le
général Dallaire n’ait pas été informé de la situation
dans laquelle se trouvait le lieutenant Lotin et ses
hommes.
D’ailleurs, la commission constate également une
contradiction entre les déclarations du général
Dallaire et celles du colonel Marchal en ce qui
concerne le moment où ils ont été informés de
l’assassinat des Casques bleus belges. Le général
Dallaire déclare ce qui suit : « during the early afternoon we received over the radio a report from Col.
Marchal that 13 Belgians at Camp Kigali had been
killed but it was not confirmed » (3). Selon le colonel
Marchal, au contraire, l’assistant militaire du général
Dallaire l’a averti après 12h, que selon l’agence
Reuter, des Casques bleus auraient été assassinés au
camp Kigali (4).

(3) Wat weerhield generaal Dallaire om een initiatief te nemen ?

(3) Qu’est-ce qui empêchait le général Dallaire de
prendre une initiative ?

De Commissie stelt vast dat generaal Dallaire niets
of nauwelijks iets ondernam om de groep Lotin ter
hulp te snellen ook niet nadat hij duidelijke indicaties
had dat Belgische blauwhelmen in levensgevaar
verkeerden. Nochtans waren er voldoende aanwijzingen, en evenmin ontbrak het aan mogelijkheden
om tussen te komen :

La commission constate que le général Dallaire n’a
rien entrepris, ou du moins, pas grand-chose, pour
venir en aide au groupe Lotin, même lorsqu’il a
disposé d’indications claires selon lesquelles les
Casques bleus belges se trouvaient en danger de mort.
Cependant, il y avait suffisamment d’indices et il y
avait également suffisamment de possibilités
d’intervenir :

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997.
(3) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 20, punt 41, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not.nr. 01.00009.95.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997.

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997.
(3) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 20,
point 41, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.
(4) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997.

( 423 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Wanneer generaal Dallaire rond 11 uur voorbij
kamp Kigali komt ziet hij Belgische Blauwhelmen op
de grond liggen. « While driving by the entrance to
Camp Kigali, I caught to my right side a brief glimpse
of what I thought were a couple of soldiers in Belgian
uniforms on the ground in the Camp, approximately
60 metres. I did not know whether they were dead or
injured; however, I remember the shock of realizing
that we now had taken casualties. I ordered the RGF
officer to stop the car. The officer refused, saying the
troops in Camp Kigali were out of control and it was
not safe for even RGF officers to go into the
Camp. » (1)

Lorsque, vers 11 h, le général Dallaire passe devant
le camp Kigali, il voit des Casques bleus belges allongés sur le sol. « While driving by the entrance to Camp
Kigali, I caught to my right side a brief glimpse of
what I thought were a couple of soldiers in Belgian
uniforms on the ground in the Camp, approximately
60 metres. I did not know whether they were dead or
injured; however, I remember the shock of realizing
that we now had taken casualties. I ordered the RGF
officer to stop the car. The officer refused, saying the
troops in Camp Kigali were out of control and it was
not safe for even RGF officers to go into the
Camp. » (1).

Luttele ogenblikken later wanneer hij op de
Militaire Hogeschool arriveert, waar hij wil
deelnemen aan een vergadering van officieren van het
Rwandese leger en de rijkswacht, wordt hij buiten
aangesproken door de Togolese VN-waarnemer die
hem van het gebeuren in kamp Kigali op de hoogte
brengt. « The Togolese UNMO approached me in a
nervous and excited manner and spoke to me as
discretely as he could under the circomstances. To the
best of my recollection he spoke of a number of
Belgian peacekeepers being held at Camp Kigali and
that they were being abused or beaten up. I told the
Togolese and Ghanian soldiers to wait for me there as
they seemed relatively safe with our escort
officer. » (2)

— Quelques instants plus tard, lorsqu’il arrive à
l’École supérieure militaire, où il doit participer à une
réunion d’officiers de l’armée et de la gendarmerie
rwandaise, il est interpellé à l’extérieur par un observateur togolais de l’Onu qui l’informe de ce qui se
passe au camp Kigali. « The Togolese UNMO
approached me in a nervous and excited manner and
spoke to me as discretely as he could under the
circomstances. To the best of my recollection he
spoke of a number of Belgian peacekeepers being held
at Camp Kigali and that they were being abused or
beaten up. I told the Togolese and Ghanian soldiers
to wait for me there as they seemed relatively safe with
our escort officer. ». (2)

Na de ontmoeting met de Togolese VN-waarnemer
stapt generaal Dallaire de vergadering binnen die
eindigt omstreeks 12 uur, zonder het lot van de
Belgische Blauwhelmen ter sprake te brengen. Bij het
verlaten van de Militaire Hogeschool onderhandelt
hij over de vrijlating van de Togolese VN-waarnemer
en de Ghanese Blauwhelmen die samen met de
Togolese waarnemer gevangen genomen waren,
waarna hij met een escorte van het Rwandese leger
naar het ministerie van Defensie trekt. Meerdere
malen verzoekt hij kolonel Bagosora toelating om
naar kamp Kigali te gaan die dat echter categoriek
weigert. « Colonel Bagosora indicated that the
situation in the camp was out of control and that the
Belgians had fired on RGF soldiers. However,
Colonel Bagosora stated he was going to secure the
camp and obtain their release. I remember him

Après la rencontre avec l’observateur togolais de
l’Onu, le général Dallaire assiste à la réunion qui se
termine vers 12 heures, sans évoquer le sort des
Casques bleus belges. Lorsqu’il quitte l’École supérieure militaire, il négocie à propos de la libération de
l’observateur togolais des Nations unies et des
Casques bleus ghanéens qui ont été fait prisonniers en
même temps que l’observateur togolais. Ensuite, il se
rend au ministère de la Défense avec une escorte de
l’armée rwandaise. À plusieurs reprises, il demande
au colonel Bagosora l’autorisation de se rendre au
camp Kigali, ce que ce dernier refuse toutefois catégoriquement. « Colonel Bagosora indicated that the
situation in the camp was out of control and that the
Belgians had fired on RGF soldiers. However, Colonel Bagosora stated he was going to secure the camp
and obtain their release. I remember him briefing a

——————

——————

(1) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 16-17, punt 32, zie dossier auditoraat-generaal bij het
Militair Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.
(2) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 17, punt 33, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.

(1) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 16-17,
point 32, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.
(2) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 17,
point 33, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 424 )

briefing a senior officer accordingly at some time that
afternoon. I kept pushing Colonel Bagosora to allow
me to go to Camp Kigali to see the Belgians which was
repeatedly and adamantly refused ». (1)

senior officer accordingly at some time that afternoon. I kept pushing Colonel Bagosora to allow me to
go to Camp Kigali to see the Belgians which was
repeatedly and adamantly refused »(1) .

De houding van generaal Dallaire doet voor de
commissie een aantal vragen rijzen. Waarom lichtte
generaal Dallaire kolonel Marchal niet onmiddellijk
in over wat hijzelf waargenomen had en van de
Togolese VN-waarnemer vernomen had ? Waarom
drong generaal Dallaire niet verder aan om bij het
voorbijrijden van kamp Kigali halt te houden ?
Waarom sprak hij op de vergadering van de Militaire
Hogeschool niet over de Blauwhelmen ? Waarom
ging hij zich na te vergadering in de Militaire
Hogeschool niet vergewissen van de toestand in kamp
Kigali ? Waarom zond hij geen verkenners uit ?
Waarom poogde hij de hele namiddag van kolonel
Bagosora vruchteloos de toelating te krijgen daar
waar het reeds duidelijk was dat Belgische
blauwhelmen waren omgekomen ?

Quoi qu’il en soit, pour la commission, l’attitude
du général Dallaire soulève une série de questions.
Pourquoi le général Dallaire n’a-t-il pas informé
immédiatement le colonel Marchal de ce qu’il avait
constaté lui même et de ce que l’observateur togolais
des Nations unies lui avait appris ? Le général Dallaire
voulait-il ainsi éviter coûte que coûte que les militaires belges interviennent ? Pourquoi le général Dallaire
n’a-t-il pas insisté davantage pour s’arrêter lorsqu’il
est passé devant le camp Kigali ? Pourquoi n’a-t-il pas
parlé des Casques bleus au cours de la réunion à
l’École supérieure militaire ? Pourquoi, après la
réunion à cette même école, n’a-t-il pas été s’informer
de la situation au camp Kigali ? Pourquoi n’a-t-il pas
envoyé d’éclaireurs ? Pourquoi a-t-il tenté tout
l’après-midi, sans résultat, d’obtenir l’autorisation du
colonel Bagosora alors qu’il était clair que les
Casques bleus belges avaient été tués ?

Hoewel kolonel Marchal weigert de houding van
generaal Dallaire te be- of veroordelen, stelt de
Commissie vast dat luitenant Lecomte ongetwijeld
had door te stellen dat generaal Dallaire blijkbaar
hogere prioriteiten en zorgen had dan het lot van de
Belgische militairen. Deze mening wordt gedeeld
door Belgische KIBAT-officieren. Kolonel Marchal
stelde : « Voor hem was vooral het succes van de
opdracht belangrijk. Hij reageerde zo om de rust in de
stad te bewaren. Volgens mij werden de mannen
opgeofferd om de toestand nog niet explosiever te
maken. » (2)

Bien que le colonel Marchal refuse de juger ou de
condamner l’attitude du général Dallaire, la commission estime que le lieutenant Lecomte avait sans doute
eu raison de déclarer devant la commission que le
général Dallaire avait d’autres priorités et d’autres
soucis que les Belges. Cette opinion est partagée par
des affaires belges de KIBAT. Le colonel Marchal a
déclaré : « Pour lui, l’essentiel était le succès de la
mission. S’il a réagi de cette façon, c’est pour maintenir le calme dans la ville. Pour moi, les hommes ont
été sacrifiés afin de ne pas rendre la situation encore
plus explosive qu’elle ne l’était. » (2)

Overigens bevestigt generaal Dallaire dit zelf :
« Precipitous action in the context of the tense and
uncertain security environment in Kigali that
morning could have been the spark which would have
ignited a wider conflict. This would have placed
UNAMIR in an adversarial role. This situation could
have provided a possible excuse for the RPF to both
punch out of its CND compound, and to move
through the DMZ to ostensibly come to the rescue of
UNAMIR (that sort of offer was in fact made to me by
general Kagame that afternoon). » (3) « Had either
colonel Marchal or Lt. Col. Dewez requested
authority form me to conduct an assault on Camp

Du reste, le général Dallaire confirme lui-même :
« Precipitous action in the context of the tense and
uncertain security environment in Kigali that
morning could have been the spark which would have
ignited a wider conflict. This would have placed
UNAMIR in an adversarial role. This situation could
have provided a possible excuse for the RPF to both
punch out of its CND compound, and to move
through the DMZ to ostensibly come to the rescue of
UNAMIR (that sort of offer was in fact made to me by
general Kagame that afternoon). » (3) « Had either
colonel Marchal or Lt. Col. Dewez requested authority form me to conduct an assault on Camp Kigali to

——————

——————

(1) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 18, 19, 20 en 21, punten 35, 38, 39, 40, 43 en 44, zie
dossier auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof, Not.
nr. 01.00009.95.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997.
(3) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
nr. 67, blz. 30.

(1) Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 18, 19,
20 et 21, points 35, 38, 39, 40, 43 et 44, voir dossier auditoratgénéral près la Cour militaire, Not. no 01.00009.95.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997.
(3) Réponses aux questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, no 67,
p. 30.

( 425 )
Kigali to rescue the detained group under the
conditions of that time, my response would have been
an outright refusal for such an armed intervention.
The only solution reasonably available to us at that
time was to continue to negotiate as a neutral
force. » (1)

3.5.2.2. De houding van majoor Maggen

1 - 611/7 - 1997/1998

rescue the detained group under the conditions of that
time, my response would have been an outright refusal for such an armed intervention. The only solution
reasonably available to us at that time was to continue to negotiate as a neutral force. » (1)

3.5.2.2. L’attitude du major Maggen

Zoals hierboven reeds werd aangegeven, zijn de
verklaringen van majoor Maggen, lid van de cel
operaties op het hoofdkwartier van UNAMIR,
cruciaal te noemen, niet zozeer wegens de functie die
hij bekleedde, maar voornamelijk wegens het feit dat
hij op 7 april generaal Dallaire vergezelde en die
ochtend als enige Belgische officier voorbij kamp
Kigali kwam waar de groep Lotin voor haar leven
vocht. Generaal Dallaire die de ochtend van 7 april
een vergadering van het crisiscomité van de FAR
diende bij te wonen, liet zich door majoor Maggen
vergezellen omdat zijn vleugeladjudant kapitein Van
Putten de franse taal niet machtig was.

Comme indiqué déjà, les déclarations du major
Maggen, membre de la cellule d’opérations au quartier général de la MINUAR, doivent être qualifiées de
cruciales, moins en raison de la fonction qu’il exerçait
qu’en raison du fait qu’il accompagnait le général
Dallaire le 7 avril et qu’il fut, ce matin-là, le seul officier belge à passer à proximité du camp de Kigali, où
le groupe Lotin luttait pour sa vie. Le général Dallaire
qui, ce matin du 7 avril, devait assister à une réunion
du comité de crise des FAR, s’était fait accompagner
du major Maggen parce que son aide de camp, le capitaine Van Putten, ne maı̂trisait pas le français.

Majoor Maggen was dus een bevoorrechte getuige
van wat er zich precies op die dramatische 7e april
heeft afgespeeld. De commissie heeft evenwel in meer
dan één opzicht ernstige problemen met de getuigenis
die door majoor Maggen voor de commissie werd
afgelegd.

Le major Maggen a donc été un témoin privilégié
de ce qui s’est passé exactement en ce 7 avril dramatique. La commission a toutefois, à plus d’un égard, de
sérieux problèmes avec la déposition faite devant elle
par le major Maggen.

De getuigenis van majoor Maggen voor de
commissie kan als volgt worden samengevat: om
9.30 uur werd hij door generaal Dallaire verzocht
hem samen met zijn vleugeladjudant kapitein Van
Putten te vergezellen naar een vergadering van het
crisis-comité van de FAR. Nadat hij het voertuig
waarmee ze zouden vertrekken had klaar gemaakt,
vangt hij een gesprek op dat gevoerd wordt tussen
generaal Dallaire, zijn deputy en de public
information officer waarin er sprake is « van twee
doden in het kamp Kigali, waarschijnlijk een bericht
van MILOB », zonder dat evenwel gespecifieerd werd
dat het om Belgen ging. Eén uur later, om 10.30 uur
raken zij geblokkeerd bij een wegversperring, waarna
ze hun weg te voet verder zetten zonder kapitein Van
Putten evenwel, die bij het voertuig achterblijft.
Tijdens dit eerste deel van het traject wordt met geen
woord gerept over het bericht dat er doden in kamp
Kigali zouden gevallen zijn. Te voet komen zij aldus
bij huizen die betrokken worden door de UNDP
vlakbij het huis van Eerste minister Agathe
Uwilingiyimana waar generaal Dallaire haar hoopt
aan te treffen. Zij zien niemand. Te voet vervolgen zij
dan hun weg tot het gebouw waar het kabinet van de
minister van Landsverdediging huist waar een majoor
van de Rwandese rijkswacht hun uitnodigt om hen

Le témoignage du major Maggen devant la
commission peut se résumer comme suit : à 9 h 30, le
général Dallaire lui demande de l’accompagner avec
son aide de camp, le capitaine Van Putten, à une
réunion du comité de crise des FAR. Après avoir
préparé le véhicule qui doit les transporter, il capte
une conversation entre le général Dallaire, son
« deputy » et le « public information officer », dans
laquelle il est question « de deux morts dans le camp
Kigali, probablement un message du MILOB », sans
qu’il soit toutefois spécifié qu’il s’agissait de Belges.
Une heure plus tard, à 10 h 30, ils se trouvèrent
bloqués à un barrage et poursuivirent leur chemin à
pied, le capitaine Van Putten restant toutefois auprès
du véhicule. Au cours de cette première partie du
trajet, aucun propos n’est échangé concernant la
nouvelle comme quoi il y aurait des morts au camp de
Kigali. Ils parviennent ainsi à pied auprès des maisons
occupées par l’UNDP, tout près de la maison de la
Première ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana, où
le général Dallaire espère la trouver. Ils ne voient
personne. Ils poursuivent alors leur chemin jusqu’au
bâtiment abritant le cabinet du ministre de la Défense
nationale, où un major de la gendarmerie rwandaise
leur propose de les conduire à destination en voiture
particulière. Pensant que la réunion du comité de crise

——————

——————

(1) Antwoorden op vragen voorgesteld aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
nr. 71, blz. 32.

(1) Réponses aux questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, no 71,
p. 32.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 426 )

met een personenwagen op bestemming te brengen.
Omdat ze veronderstellen dat de vergadering van het
crisiscomité doorgaat in het hoofdkwartier van het
Rwandese leger in kamp Kigali, komen zij alzo een
eerste maal voorbij de eerste ingang van het kamp
waar zich het drama met de groep Lotin afspeelt.
Majoor Maggen zegt op dat ogenblik aan die ingang
geen soldaten op de grond te hebben zien liggen.
Eenmaal voorbij draaien ze enkele tientallen meters
verder de tweede ingang van het kamp op, namelijk
de ingang van het hoofdkwartier van de FAR waar zij
vernemen dat de vergadering plaats grijpt in het
ESM-gebouw (École Supérieure Militaire), dat enkele
honderden meters daar vandaan ligt, aan de weg
waarlangs zij gekomen zijn. Zij draaien dus terug om
en passeren een tweede maal voorbij de eerste ingang
van kamp Kigali waar de groep Lotin zich bevindt.

doit se tenir au quartier général de l’armée rwandaise
au camp Kigali, ils passent ainsi une première fois
devant la première entrée du camp où se déroule le
drame du groupe Lotin. Le major Maggen dit ne pas
avoir vu à ce moment-là de soldats allongés sur le sol.
Une fois passés, quelques dizaines de mètres plus loin,
ils s’engagent dans la deuxième entrée du camp —
l’entrée du quartier général des FAR —, où ils apprennent que la réunion se tient dans les locaux de l’ESM
(École supérieure militaire), située à quelques centaines de mètres de là, le long de la route qu’ils ont
empruntée. Il font donc demi-tour et passent une
seconde fois devant la première entrée du camp Kigali
où se trouve le groupe Lotin.

Bij het passeren doet generaal Dallaire de wagen
stoppen en zegt meteen : « Je vois des soldats à moi, je
vais aller voir. » De Rwandese majoor die achter het
stuur zat, zegt dat het niet veilig is daarbinnen en rijdt
door. Volgens majoor Maggen sprak generaal
Dallaire alleen over « des soldats à moi »; hij zei niet
dat het Belgische para’s waren of in welke toestand zij
zich bevonden. Zelf zegt Majoor Maggen niets te
hebben gezien en niets te hebben gehoord, geen
doden, geen soldaten, geen menigte, geen schoten.
Enige ogenblikken later, het is dan bijna 11 uur
arriveren zij aan het ESM-gebouw waar generaal
Dallaire kapitein Apedo ontmoet, en vervoegen de
vergadering van het crisiscomité die reeds een
aanvang heeft genomen. De vergadering duurt tot
12.15 uur, waarna bij het buitengaan generaal
Dallaire vragen stelt over het lot van Eerste minister
Agathe Uwilingiyimana en hij met kapitein Apedo, de
VN-waarnemer van kamp Kigali en vijf Ghanese
soldaten praat. Majoor Maggen hoort niet wat er
wordt gezegd. Alleen het einde van het gesprek vangt
hij op waarbij generaal Dallaire aan kapitein Apedo
vraagt een geschreven verslag over de gebeurtenissen
op te maken. Tijdens de hele voormiddag had
generaal Dallaire geen contact met zijn
hoofdkwartier of met iemand van de sector of een of
ander bataljon. Tijdens die hele voormiddag deelde
hij ook geen enkel bevel uit. Zelf beweert majoor
Maggen tijdens heel die tijd niet op de hoogte geweest
te zijn van de moeilijkheden waarin luitenant Lotin
en zijn manschappen zich bevonden (1).

En passant, le général Dallaire fait arrêter la voiture
et dit immédiatement : « Je vois des soldats à moi, je
vais aller voir. » Le major rwandais qui conduisait la
voiture réplique que sa sécurité n’est pas assurée à
l’intérieur et poursuit sa route. Selon le major
Maggen, le général Dallaire a seulement parlé de
« soldats à moi »; il n’a pas dit que c’étaient des paras
belges ni dans quelle situation ils se trouvaient. Pour
sa part, le major Maggen dit n’avoir rien vu ni
entendu, pas de morts, pas de soldats, pas
d’attroupement, pas de coups de feu. Quelques
instants plus tard — il est près de 11 heures — ils arrivent à l’immeuble de l’ESM où le général Dallaire
rencontre le capitaine Apedo et rejoignent la réunion
du comité de crise, qui a déjà commencé. Celle-ci se
prolonge jusqu’à 12 h 15, après quoi en sortant, le
général Dallaire pose des questions sur le sort de la
Première ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana, et
parle avec le capitaine Apedo et cinq soldats
ghanéens. Le major Maggen n’entend pas ce qui se
dit. Il ne perçoit que la fin de la conversation quand le
général Dallaire demande au capitaine Apedo de faire
un rapport écrit sur les événements. Durant tout
l’avant-midi, le général Dallaire n’a eu aucun contact
avec son quartier général ni avec quelqu’un du secteur
ou de l’un ou l’autre bataillon. Durant tout cet avantmidi, il n’a communiqué non plus aucun ordre. Le
major Maggen affirme que, pour sa part, durant tout
ce temps, il n’a pas été au courant des difficultés dans
lesquelles se trouvaient le lieutenant Lotin et ses
hommes (1).

Vooreerst stelt de commissie vast dat deze
getuigenis op meerdere punten in tegenspraak is met
meerdere van zijn eerdere verklaringen. Majoor
Maggen werd namelijk over de gebeurtenissen in
Rwanda vier maal ondervraagd. Een eerste maal op
16 april 1994 door de zogenaamde commissie
Dounkov, een onderzoekscommissie ingesteld door

Tout d’abord, la commission constate que sur
plusieurs points, ce témoignage est en contradiction
avec plusieurs des déclarations antérieures de son
auteur. Le major Maggen, en effet, a été interrogé
quatre fois sur les événements du Rwanda. Une
première fois le 16 avril 1994, par la commission dite
Dounkov, une commission d’enquête installée par le

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Maggen, POR, Senaat, 7 mei
1997

(1) Audition du major Maggen, CER, Sénat, 7 mai 1997.

( 427 )

1 - 611/7 - 1997/1998

generaal Dallaire met als opdracht te enquêteren naar
de omstandigheden waarin de tien Belgische
Blauwhelmen om het leven kwamen.

général Dallaire et ayant pour mission d’enquêter sur
les circonstances dans lesquelles les dix Casques bleus
belges ont perdu la vie.

Een tweede maal op 4 mei 1994 in het kader van het
intern onderzoek van de landmacht, de zogenaamde
commissie Uytterhoeven.

Une deuxième fois le 4 mai 1994, dans le cadre de
l’enquête interne de la force terrestre, par la commission dite Uytterhoeven.

Een derde maal op 29 mei 1995 door het
auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof.

Une troisième fois le 29 mai 1995, par l’auditorat
général près la Cour militaire.

En een laatste maal tenslotte op 7 mei 1997 door de
« Parlementaire
Commissie
van
Onderzoek
betreffende de gebeurtenissen in Rwanda » die in de
schoot van de Senaat werd opgericht.

Etune dernière fois, enfin, le 7 mai 1997 par la
« commission d’enquête parlementaire concernant les
événements du Rwanda », créée au sein du Sénat.

Voor de de onderzoekscommissie Dounkov rept
majoor Maggen met geen woord over het bericht dat
hij omstreeks 9.30 uur opving als zouden er doden
(waarnemers of Blauwhelmen) in kamp Kigali zijn
gevallen. En over de gebeurtenissen van 11 uur
verklaart hij, « While passing by the Kigali Camp the
General noticed several bodies of the Belgian soldiers
but was not allowed to come closer by the
Gendarmerie Major, acting as an escort. » (1)
Majoor Maggen is formeel, generaal Dallaire zegt dat
het om Belgische soldaten gaat. En « several bodies »
kan niets anders betekenen dan dat er lichamen dood
of gewond of onder bedreiging op de grond liggen.
Van iemand die (gewond of niet) rechtstaat of stapt
zegt men niet « I noticed bodies », maar « I saw or
noticed persons or soldiers. »

Devant la commission d’enquête Dounkov,
Maggen ne dit mot de l’information qu’il aurait
perçue vers 9 h 30 comme quoi il y aurait des morts
(observateurs ou Casques bleus) au camp de Kigali. Et
au sujet des événements de 11 h 00, il déclare « While
passing by the Kigali Camp, the General noticed several bodies of the Belgian soldiers but was not allowed
to come closer by the Gendarmerie Major, acting as
an escort. » (1). Le major Maggen est formel, le général Dallaire dit qu’il s’agit de soldats belges. Et
« several bodies » ne peut rien signifier d’autre sinon
que des corps sont allongés sur le sol, sans vie, ou blessés ou sous la menace. De quelqu’un qui (blessé ou
non) se tient debout ou marche, on ne dit pas « I noticed bodies », mais « I saw or noticed persons or
soldiers. »

Voor de onderzoekscommissie Uytterhoeven
spreekt majoor Maggen in zijn eigenhandig neer
geschreven verklaring voor het eerst over het bericht
van 9.30 uur, « Net voor we vertrokken hoorde ik een
gesprek tussen de Force Comd en de Deputy Force
Comd in verband met twee à drie UNO waarnemers
die om het leven zouden gekomen zijn ». Over hetgeen
in kamp Kigali gebeurde, verklaart hij, « Na 1 500 m
passeerden we het kamp Kigali en de generaal vroeg
de bestuurder te stoppen. Hij zei dat hij lijken van VN
soldaten had gezien en dat hij wou gaan zien. De
majoor van de rijkswacht raadde ons dit af omdat hij
vreesde voor onze veiligheid en stelde voor dit te doen
na de vergadering en na overleg met de Stafchef van de
Rijkswacht die ook aan de vergadering deelnam. (...).
De vergadering eindigde omstreeks 12.15 uur en uit de
gesprekken die nadien volgden kon ik opmaken dat
de Eerste minister (Mevr. Agathe) zou vermoord zijn
en ook verscheidene Belgische militairen. Het
crisiscomité had op dat ogenblik geen controle over
de troepen die in de gevechten betrokken waren en
had ook geen uitleg voor de feiten die zich hadden
voorgedaan in het kamp KIGALI enkele uren
voordien. » (2) Majoor Maggen stelt dus dat

Devant la commission d’enquête Uytterhoeven, le
major Maggen parle pour la première fois, dans la
déclaration rédigée de sa main, de l’information de
9 h 30 : « Juste avant que nous partions, j’entendis
une conversation entre le Force Comd et le Deputy
Force Comd concernant deux à trois observateurs de
l’ONU qui auraient perdu la vie ». Au sujet du (...) du
camp de Kigali, il déclare : « Après 1 500 mètres nous
passâmes devant le camp de Kigali et le général
demanda au chauffeur de s’arrêter. Il dit qu’il avait
aperçu des corps de soldats de l’ONU et qu’il voulait
aller voir. Le major de la gendarmerie nous le déconseilla parce qu’il craignait pour notre sécurité et
proposa de le faire après la réunion et après concertation avec le chef d’état-major de la gendarmerie qui
participait aussi à la réunion. (...). La réunion se
termina vers 12 h 15 et je pus déduire des conversations qui suivirent ensuite que la Première ministre
(Mme Agathe) aurait été assassinée ainsi que
plusieurs militaires belges. Le comité de crise n’avait à
ce moment aucun contrôle des troupes qui étaient
impliquées dans les combats ni non plus aucune explication pour les faits qui s’étaient produits au camp de
Kigali quelques heures auparavant. » (2) Maggen

——————

——————

(1) Dossier auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof
- Not. Nr.01.00009.95 - blz. 54.
(2) Dossier auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof
- Not. Nr.01.00009.95 - blz. 227-228.

(1) Dossier de l’auditorat général près la Cour militaire,
not. no 01.00009.95, p. 54.
(2) Dossier de l’auditorat général près la Cour militaire,
not. no 01.00009.95, pp. 227 et 228.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 428 )

generaal Dallaire zegt « lijken van VN soldaten » te
hebben gezien en bevestigt dat er na de vergadering
gesproken werd over de moord op mevrouw Agathe
Uwilingiyimana en op Belgische militairen in kamp
Kigali.
Voor de auditeur-generaal bij het Militair
Gerechtshof bevestigt majoor Maggen grotendeels
zijn versie van de feiten zoals neergeschreven ten
behoeve van de onderzoekscommissie Uytterhoeven
met dien verstande dat er hij thans aan toevoegt dat
het bericht dat hij opving om 9.30 uur betrekking had
op « twee of drie waarnemers » die « zouden
omgekomen zijn in het kamp Kigali ». In verband met
het voorbijrijden van kamp Kigali, verklaart hij,
« heeft de generaal het voertuig doen stoppen aan de
ingang van het kamp zeggende « daar liggen soldaten
van mij, ik wil ze zien ». De majoor van de rijkswacht
die blijkbaar op de hoogte was van de situatie, heeft
hem geantwoord « ga niet binnen want ik kan niet
instaan voor uw veiligheid ». Zoals voor de
commissie Uytterhoeven verklaart majoor Maggen
dat diezelfde rijkswachtofficier aan generaal Dallaire
voorstelt om toegang te verkrijgen tot het kamp
Kigali via tussenkomst van de generaal van de
rijkswacht die hij zou ontmoeten op de vergadering
van het crisiscomité (1). Majoor Maggen spreekt
niet meer over lijken zoals voor de commissie
Uytterhoeven, maar over soldaten die op de grond
liggen.
Zijn ondervraging voor de Parlementaire onderzoekscommissie wijkt derhalve op meer dan een punt
af van zijn eerdere verklaringen. Het bericht dat hij
opvangt om 9.30 uur gaat niet over twee of drie dode
VN-waarnemers, maar over een mededeling op het
net van de VN-waarnemers (MILOB) die doden
meldt in kamp Kigali. Met deze laatste versie benaderen we heel dicht datgene wat achteraf gebleken is de
ware gang van de gebeurtenissen te zijn geweest. Luitenant Lotin gebruikte met name om 9.06 uur langs
de Motorola van de VN-waarnemer van kamp Kigali
het MILOB-net om zijn bataljon in te lichten over de
netelige situatie waarin hij verzeild was geraakt. Hieruit kunnen we afleiden dat generaal Dallaire op de
hoogte was, van 9.30 uur reeds, van het feit dat
manschappen van hem in moeilijkheden verkeerden
of dood waren. Ook in verband met de gebeurtenissen op het ogenblik waarop generaal Dallaire kamp
Kigali passeert spreekt majoor Maggen zijn vroegere
verklaringen tegen. Generaal Dallaire zou alleen
hebben gezegd « je vois des soldats à moi », daar waar
in eerdere verklaringen sprake was van « lijken » of
« lichamen » of soldaten die blijkbaar op de grond
« liggen ».
Wanneer spreekt majoor Maggen de waarheid ? In
zijn getuigenis onder ede voor de Parlementaire on-

déclare donc que le général Dallaire dit avoir vu « des
corps de soldats de l’ONU » et confirme qu’après la
réunion, il a été question du meurtre de Mme Agathe
Uwilingiyimana et de militaires belges au camp
Kigali.
Devant l’auditeur général près la Cour militaire,
Maggen confirme en grande partie sa version des faits
telle qu’il l’a consignée à l’intention de la commission
d’enquête Uytterhoeven, sauf qu’il ajoute alors que
l’information qu’il a perçue à 9 h 30 concernait « deux
ou trois observateurs » qui « auraient perdu la vie au
camp de Kigali ». Concernant le passage en voiture
devant le camp de Kigali, il déclare « le général a fait
stopper le véhicule à l’entrée du camp en disant « il y a
là sur le sol des soldats à moi, je veux les voir ». Le
major de la gendarmerie, qui était apparemment au
courant de la situation, lui a répondu « n’entrez pas,
car je ne peux garantir votre sécurité ». Comme
devant la commission Uytterhoeven, Maggen déclare
que ce même officier de gendarmerie propose au général Dallaire d’obtenir l’accès au camp Kigali par
l’intermédiaire du général de la gendarmerie qu’il
rencontrerait à la réunion du comité de crise (1).
Maggen ne parle plus de corps comme devant la
commission Uytterhoeven, mais de soldats qui sont
couchés sur le sol.

——————

——————

(1) Dossier auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof
- Not. Nr.01.00009.95 - blz. 216-217.

(1) Dossier de l’auditorat général près la Cour militaire,
not. no 01.0000.95, pp. 216 et 217.

Son audition devant la commission d’enquête
parlementaire s’écarte par conséquent sur plus d’un
point de ses déclarations antérieures. L’information
qu’il perçoit à 9 h 30 ne concerne pas deux ou trois
observateurs de l’ONU morts, mais une communication sur le réseau des observateurs de l’ONU
(MILOB) qui signale des morts au camp de Kigali.
Avec cette dernière version, nous approchons très
près de ce qui s’est révélé a posteriori avoir été le véritable cours des événements. En effet, à 9 h 06, le lieutenant Lotin utilisa le réseau MILOB au moyen du
Motorola de l’observateur ONU du camp de Kigali
pour informer son bataillon de la situation délicate
dans laquelle il s’était retrouvé. Le général Dallaire
était donc au courant dès 9 h 30 du fait que des
hommes à lui se trouvaient en difficulté ou étaient
morts. En ce qui concerne également les événements
au moment où le général Dallaire passe devant le
camp de Kigali, le major Maggen contredit aussi ses
précédentes déclarations. Le général Dallaire aurait
seulement dit « je vois des soldats à moi », alors que
dans des déclarations antérieures, il est question de
« cadavres » ou de « corps » ou de soldats apparemment « couchés » sur le sol.
Quand le major Maggen dit-il la vérité ? Dans son
témoignage fait sous serment devant la commission

( 429 )

1 - 611/7 - 1997/1998

derzoekscommissie of in zijn eerdere verklaringen ?
De commissie kon het niet achterhalen, maar die tegenspraak in zijn getuigenissen moet wel een reden
hebben. Ofwel is zijn verklaring van 4 mei 1994 inderdaad foutief en werd zij zoals hijzelf laat verstaan
ingegeven door de officiële versie van het leger die
door de militaire overheden omtrent de dramatische
gebeurtenissen van 7 april en die hem door admiraal
Verhulst was medegedeeld, te weten dat de strijd van
de groep Lotin in kamp Kigali amper vijf à tien minuten had geduurd. Ofwel is zijn verklaring van 4 mei
juist — zij sluit in elk geval beter aan bij zijn mededelingen aan de Dounkov-commissie en de auditeurgeneraal bij het Militair Gerechtshof — en heeft hij
toen hij moest verschijnen voor de Parlementaire
onderzoekscommissie zijn versie aangepast, uit vrees
voor persoonlijke gevolgen.

d’enquête parlementaire ou dans ses déclarations
antérieures ? La commission n’a pu l’établir, mais
cette contradiction dans ses témoignages doit bien
avoir une raison. Soit sa déclaration du 4 mai 1994 est
effectivement fautive et elle lui a été, comme il le
suggère lui-même, soufflée par l’amiral Verhulst, le
JSO, pour concorder avec la version officielle des
événements dramatiques du 7 avril mise au point par
les autorités militaires, à savoir que le combat du
groupe Lotin au camp Kigali avait duré à peine de
cinq à dix minutes. Ou bien sa déclaration du 4 mai
est exacte — elle est en tout cas plus conforme aux
communications qu’il a faites à la commission Dounkov et à l’auditeur général près la Cour militaire — et,
quand il dû comparaı̂tre devant la commission
d’enquête parlementaire, il a alors adapté sa version
par crainte, sans cela, de conséquences personnelles.

Hoe dan ook is het noodzakelijk dat dit punt verder zou worden uitgeklaard. Het is met dit doel voor
ogen dat het dossier werd gezonden aan de auditeurgeneraal bij het Militair Gerechtshof. Het is voor de
commissie volstrekt onaanvaardbaar dat een hogere
officier hetzij onder druk van hogerhand, hetzij uit
vrees voor zijn hachje de waarheid geweld aandoet.

Quoi qu’il en soit, il est nécessaire que l’on fasse la
clarté sur ce point. Le dossier a été transmis à
l’auditeur général près la Cour militaire dans ce but.
Pour la commission, il est absolument inadmissible
qu’un officier supérieur mente, soit sous la pression
de la hiérarchie, soit par crainte pour sa personne.

Tenslotte is het voor de commissie vrijwel uitgesloten dat majoor Maggen niets zou hebben gezien of
gehoord. Meerdere leden van de commissie begaven
zich naar Kigali en bezochten kamp Kigali waar de
dramatische gebeurtenissen zich afspeelden. De
plaats waar de manschappen van de groep Lotin
werden gelyncht en het gebouw van de VNwaarnemer bevinden zich op 35, maximum 40 meter
van de straat die generaal Dallaire en majoor Maggen
volgden. Er zijn nauwelijks visuele hindernissen. Het
kamp wordt enkel van de straat afgescheiden door
een slagboom. Bovendien is het onbegrijpelijk dat als
generaal Dallaire naar rechts kijkt en zegt : « Je vois
des hommes à moi », dat dan ook majoor Maggen niet
het hoofd rechts zwenkt en dezelfde waarneming verricht temeer daar hij zich achteraan in het voertuig
bevond en derhalve meer tijd had om zich van de toestand te vergewissen en een beeld van de gebeurtenissen in zijn geheugen op te slaan zoals generaal
Dallaire deed. Het is ook onwezenlijk dat tijdens de
hele ochtend van 7 april majoor Maggen geen woord
wisselde met generaal Dallaire over wat hij zag en
hoorde. Zij spraken niet over het bericht van 9.30 uur.
Majoor Maggen stelde geen vragen over wat de generaal juist gezien had toen zij kamp Kigali passeerden.
Majoor Maggen stelde evenmin vragen over wat
kapitein Apedo, de VN-waarnemer van kamp Kigali
aan generaal Dallaire toevertrouwde.

La commission s’interroge sérieusement aussi sur
un autre aspect des déclarations du major Maggen. Il
est exclu que le major Maggen n’ait rien vu ni
entendu. Plusieurs membres de la commission se sont
rendus à Kigali et ont visité le camp Kigali où se sont
déroulés les événements dramatiques. Le lieu où les
hommes du groupe Lotin ont été lynchés et
l’immeuble de l’observateur de l’ONU se trouvent à
35 ou 40 mètres tout au plus de la rue suivie par le
général Dallaire et le major Maggen. Il n’y a pratiquement pas d’obstacles visuels. Le camp n’est séparé de
la rue que par une barrière. En outre, il est incompréhensible que, si le général Dallaire regarde vers la
gauche et dit « je vois des hommes à moi », le major
Maggen ne tourne pas lui aussi la tête vers la gauche et
opère la même observation, d’autant plus qu’il se
trouvait à l’arrière du véhicule et avait donc davantage de temps pour s’assurer de la situation et fixer
dans sa mémoire une image des événements comme
l’a fait le général Dallaire. Il est aussi invraisemblable
que, durant toute la matinée du 7 avril, le major
Maggen n’ait échangé aucun propos avec le général
Dallaire sur ce qu’il a vu et entendu. Ils n’ont pas parlé
de l’information de 9 h 30. Le major Maggen n’a pas
posé de questions sur ce que le général avait vu exactement quand ils passèrent devant le camp de Kigali. Le
major Maggen n’a pas non plus posé de questions sur
ce que le capitaine Apedo, l’observateur de l’ONU du
camp de Kigali, confia au général Dallaire.

3.5.2.3. De houding van kolonel Dewez en majoor
Choffray

3.5.2.3. L’attitude du colonel Dewez et du major
Choffray

De commissie stelt ook vragen bij de houding van
kolonel Dewez en majoor Choffray tijdens die

La commission s’interroge sérieusement aussi sur
l’attitude du colonel Dewez et du major Choffray, le

1 - 611/7 - 1997/1998

( 430 )

ochtend van 7 april. Een aantal ervan kwamen hierboven in het hoofdstuk omtrent de operationele problemen al aan bod (zie punt 3.3.4.); de vraag bijvoorbeeld waarom kolonel Dewez zijn bevel de MAG ’s
van de voertuigen weg te halen niet introk in de nacht
van 6 op 7 april, of de vraag waarom op dat ogenblik
de LAW’s en de zwaardere munitie niet werden verdeeld. De commissie heeft vooral de grootste vraagtekens bij de wijze waarop de bataljonscommandant
reageerde tegenover de moeilijkheden waarmee luitenant Lotin en zijn manschappen werden geconfronteerd. Zowel tijdens zijn hoorzitting, als tijdens zijn
confrontatie met kapitein Theunissen hield kolonel
Dewez vol dat hij niet tussenkwam omdat hij de toestand niet zo dramatisch inschatte, « Quand il a
emmené au départ par les FAR, donc avant son
dernier ... Là, j’étais — c’est dur à dire maintenant —
un peu tranquillisé (1). « Je savais que le lieutenant
Lotin avait un problème mais je ne me suis jamais
rendu compte du fait qu’il était en train de se faire
massacrer par la foule. Si cela avait été le cas, j’aurais
pris d’autres dispositions. » (2) Overigens stelt hij,
had een interventie het leven van zijn manschappen
die verspreid waren over tal van kantonnementen
nodeloos in gevaar gebracht, « Ensuite, toute intervention musclée mettait en danger non seulement les
gens en charge de cette intervention mais aussi tous les
autres éléments isolés que j’avais un peu
partout. » (3), terwijl : « Ceci peut vous paraı̂tre contradictoire dans mes propos, mais l’idée d’user de la
force, je l’ai très vite ecartée en me disant : Si les gens
sont prisonniers et tabassés, intervenir pourrait leur
faire encourir d’autres dangers, car les gardiens euxmêmes se sentiraient menacés (4).

matin de ce 7 avril. Un certain nombre de points
d’interrogation ont déjà été abordés ci-dessus, dans le
chapitre consacré aux problèmes opérationnels (voir
le point 3.3.4.); par exemple, la question de savoir
pourquoi le colonel Dewez n’a pas annulé, la nuit du
6 au 7 avril, son ordre de retirer les MAG des véhicules
ou encore celle de savoir pourquoi les LAW et les
munitions lourdes n’ont pas été distribuées à ce
moment. Mais les plus grandes réserves de la commission concernent la façon de réagir du commandant de
bataillon face aux difficultés auxquelles le lieutenant
Lotin et ses hommes ont été confrontés. Tant au cours
de son audition que lors de sa confrontation avec le
capitaine Theunissen, le colonel Dewez a prétendu
qu’il n’était pas intervenu parce qu’il estimait que la
situation n’était pas si dramatique : « Quand il a
emmené au départ par les FAR, donc avant son
dernier ... Là, j’étais — c’est dur à dire maintenant —
un peu tranquillisé. » (1). « Je savais que le lieutenant
Lotin avait un problème mais je ne me suis jamais
rendu compte du fait qu’il était en train de se faire
massacrer par la foule. Si cela avait été le cas, j’aurais
pris d’autres dispositions. » (2) Du reste, affirme-t-il,
une intervention aurait inutilement mis en péril la vie
de ses hommes, qui étaient dispersés dans de
nombreux cantonnements : « Ensuite, toute intervention musclée mettait en danger non seulement les gens
en charge de cette intervention mais aussi tous les
autres éléments isolés que j’avais un peu
partout. » (3) tandis que « Ceci peut vous paraı̂tre
contradictoire dans mes propos, mais l’idée d’user de
la force, je l’ai très vite ecartée en me disant : Si les gens
sont prisonniers et tabassés, intervenir pourrait leur
faire encourir d’autres dangers, car les gardiens euxmêmes se sentiraient menacés » (4).

Bovendien was hij naar zijn zeggen niet op de
hoogte van de exacte plaats waar de groep Lotin werd
vastgehouden (5). Tenslotte zou een interventie ook
strijdig zijn geweest met de Rules of engagement
(ROE) (6). Kolonel Dewez, net zoals overigens kolonel Marchal, hoopte de hele ochtend dat ingevolge de
afspraken die de avond voordien op de staf van het
Rwandese leger tijdens een eerste crisisvergadering
waren gemaakt, dat de samenwerking met de Rwan-

En outre, selon ses dires, il ne connaissait pas le lieu
exact où était retenu le groupe Lotin (5). Enfin, une
intervention aurait également été contraire aux règles
d’engagement (ROE) (6). Le colonel Dewez, tout
comme le colonel Marchal, d’ailleurs, a espéré
pendant toute la matinée qu’à la suite des accords
conclus le soir précédent à l’état-major de l’armée
rwandaise lors d’une première réunion de crise, la
collaboration avec la gendarmerie rwandaise repren-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 10/8 (BV, blz. 693).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 6/10 (BV, blz. 690).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 9/14 (BV, blz. 692).
(4) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 19961997, 10 juni 1997, PV, blz. 13/6 (BV, blz. 694).
(5) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 690, 692).
(6) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997 (BV, blz. 932).

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 10/8.
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 6/10.
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 9/14 CRA.
(4) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 1996- 1997, 10
juini 1997, PV, p. 13/6.
(5) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, pp. 676, 678).
(6) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 911).

( 431 )

1 - 611/7 - 1997/1998

dese gendarmerie zou hervatten of dat officieren van
de FAR minstens zouden tussenkomen (1).

drait ou que, du moins, des officiers des FAR interviendraient (1).

« Comme je vous l’ai dit, la seule façon dont je
voyais la libération de ces hommes qui avaient été
faits prisonniers par les Forces armées rwandaises,
c’était par un contact avec celles-ci » (2). « J’avais
confiance en eux » (3).

« Comme je vous l’ai dit, la seule façon dont je
voyais la libération de ces hommes qui avaient été
faits prisonniers par les Forces armées rwandaises,
c’était par un contact avec celles-ci » (2). « J’avais
confiance en eux » (3).

De vragen die de commissie zich hierbij heeft
gesteld, is of de situatie waarin luitenant Lotin en zijn
manschappen zich bevonden wel zo geruststellend
was als door kolonel Dewez wordt beweerd, en dit
zowel voor 9 uur voor hun gevangenneming, als
daarna toen ze naar kamp Kigali waren overgebracht.
Wisten of konden kolonel Dewez en de andere
betrokken officieren van het Belgisch bataljon weten
waar de groep Lotin gevangen werd gehouden ?
Waarom bleven zij al hun hoop om luitenant Lotin en
zijn manschappen vrij te krijgen, vestigen op tussenkomsten bij officieren van het Rwandese leger ? Wat is
er aan van het aanbod dat kapitein Theunissen aan
kolonel Dewez zou hebben gedaan om de groep Lotin
te ontzetten ? En zou zo’n interventie strijdig zijn
geweest met de ROE zoals kolonel Dewez beweert ?
Bij het beantwoorden van deze vragen zocht de
commissie zowel naar verkeerde inschattingen of
beoordelingsfouten die zouden zijn gemaakt en die
o.m. door kolonel Dewez in zijn brief, dd. 4 juli 1997
gericht aan de commissie door kolonel Dewez erkend
worden als nalatigheden, en naar professionele
tekortkomingen. M.a.w. de commissie ging na over
welke inlichtingen kolonel Dewez en zijn staf juist
beschikten ? Of de berichten die zij ontvingen alarmerend waren of niet — En vooral of men de bij de
beoordeling ervan geen harde feiten of niet mis te verstane waarschuwingen over het hoofd heeft gezien of
erger nog gewoon heeft genegeerd ?

Les questions que la commission s’est posées en
l’espèce sont les suivantes : la situation dans laquelle
se trouvaient le lieutenant Lotin et ses hommes étaitelle aussi rassurante que le prétend le colonel Dewez,
et ce tant avant 9 heures, avant leur arrestation,
qu’après, lorsqu’ils ont été transférés au camp Kigali ?
Le colonel Dewez et les autres officiers concernés du
bataillon belge savaient-ils ou pouvaient-ils savoir où
le groupe Lotin était détenu ? Pourquoi ont-ils continué à fonder tous leurs espoirs d’obtenir la libération
du lieutenant Lotin et de ses hommes sur des interventions auprès d’officiers de l’armée rwandaise ? Quelle
était la crédibilité de l’offre que le capitaine Theunissen aurait faite au colonel Dewez de dégager le groupe
Lotin ? Et une telle intervention aurait-elle été
contraire aux ROE, comme le prétend le colonel
Dewez ? Pour répondre à ces questions, la commission
a recherché tant des erreurs d’appréciation ou de jugement qui auraient été commises, et qui ont d’ailleurs
été reconnues par le colonel Dewez dans sa lettre du
4 juin 1997, que des négligences et des fautes professionnelles. En d’autres termes, la commission a cherché à savoir de quels renseignements le colonel Dewez
et son état-major disposaient exactement. Si les informations qu’ils ont reçues étaient alarmantes ou non.
Et surtout si, lors de leur appréciation, on n’a pas
négligé ou — ce qui serait plus grave encore — ignoré
des faits incontestables ou des avertissements non
équivoques.

In een laatste punt van dit hoofdstuk bekijkt de
commissie eveneens de vraag of die uitleg te vinden is
in de psychologische ontwapening waarop kolonel
Dewez alludeerde in zijn brief van 4 juli aan de
commissie.

Dans le dernier point de ce chapitre, la commission
étudie si cette explication peut être trouvée dans le
désarmement psychologique auquel colonel Dewez a
fait allusion dans sa lettre du 4 juin 1997 à la commission.

(1) Was de situatie waarin de groep Lotin zich
bevond voor 9 uur alarmerend ?

(1) La situation dans laquelle se trouvait le groupe
Lotin avant 9 heures était-elle alarmante ?

Voor de commissie is het antwoord bevestigend en
is het onbegrijpelijk dat kolonel Dewez zich ook na
ettelijke uren geen rekenschap gaf van die toestand

Pour la commission, la réponse est affirmative et il
est incompréhensible que le colonel Dewez ne se soit
pas rendu compte, après plusieurs heures, de la situa-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 19961997, 10 juni 1997 (BV, blz. 689). Kolonel Marchal herinnert
zich van deze vergadering wel nog dat kolonel Bagosora niet tussenkwam, « Het stilzwijgen van kolonel Bagosora viel mij op,
wat dat was niet zijn gewoonte ».
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 10/3 (BV, blz. 692).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 10/13 (BV, blz. 693).

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, pp. 675 et 688), le colonel Marchal se souvient encore
qu’à cette réunion, le colonel Bagosora n’est pas intervenu. « Le
silence du colonel Bagosora m’a surpris, car ce n’était pas son
habitude. »
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 10/3 (CRA, p. 678).
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 10/13 (CRA, p. 678).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 432 )

waarin de groep Lotin zich bevond, vooral na
5.30 uur voor het huis van Eerste minister Agathe
Uwilingiyimana. Nochtans waren de aanwijzingen
veelvuldig en duidelijk.
Er waren vooreerst al bij het aanvatten van de missie, dus nog voor het huis van de Eerste minister werd
bereikt, duidelijke indicaties dat het een gevaarlijke,
moeilijke en risicovolle opdracht zou worden. Meer
bepaald :
— het rood alarm dat reeds op 6 april om 21 uur,
dus nauwelijks dertig minuten na het neerhalen van
het presidentiële vliegtuig werd afgekondigd, hetgeen
concreet betekende dat de manschappen werden opgeroepen hun kantonnement te vervoegen, de
wachten aan die kantonnementen werden verdubbeld, de bewapening verhoogd en het dragen van
kogelvrije vesten en helmen verplicht werd
gesteld (1); dat deze situatie uitzonderlijk was,
wordt bewezen door het feit dat tijdens de gehele
UNAMIR-operatie het rood alarm maar tweemaal
werd afgekondigd: een eerste keer tijdens de onlusten
van februari en een tweede keer de avond van
6 april (2);
— de aanvankelijke bezwaren van kolonel Dewez
zelf, overigens tegen de mening van kolonel Marchal
in, om escortes en patrouilles die dag te organiseren
(7 april omstreeks 1 uur in de ochtend); hij vond het
ondoenbaar wegens de talrijke versperringen, maar
kolonel Marchal overtuigt hem van het tegendeel
door er op te wijzen dat de gendarmerie en de FAR op
de hoogte zijn (3). Kolonel Marchal heeft, zoals hij
zelf getuigt voor de commissie, uitleg verschaft aan de
bataljonscommandant en heeft « La mission donnée
était de mettre un maximum de monde sur le terrain
en patrouilles mixtes, accompagnées de la gendarmerie. » (4) (...) « ce qui m’a également frappé, c’est la
volonté qui a été exprimée par les officiers présents de
vouloir revenir à la normale, le plus rapidement
possible, et revenir à la normale, d’une part en gérant
la situation dans ces premiers moments de situation
destabilisée. Cette méthode a été exprimée par l’envoi
de patrouilles — un maximum de patrouilles — sur le
terrain, de façon à rassurer la population et montrer
que la MINUAR et la gendarmerie travaillaient toujours de concert. » (5) Uiteindelijk wordt de groep
Lotin die de escorte moet uitvoeren in aantal manschappen verdubbeld (6), wat er op wijst dat kolonel

tion dans laquelle se trouvait le groupe Lotin, surtout
après 5 h 30, devant la maison de la Première ministre,
Mme Agathe Uwilingiyimana. Pourtant, les indices
étaient nombreux et clairs.
Il y a d’abord eu, dès le début de la mission, c’est-àdire avant même que l’on n’atteigne la maison de la
Première ministre, des indications précises que la
mission deviendrait dangereuse, difficile et risquée.
Plus précisément :
— l’alerte rouge, qui a déjà été déclenchée le 6 avril
à 21 heures, c’est-à-dire à peine 30 minutes après que
l’avion présidentiel eut été abattu, ce qui signifiait
concrètement que les hommes étaient appelés à
rejoindre leur cantonnement, que les gardes de ces
cantonnements étaient doublées, l’armement renforcé
et le port de gilets pare-balles et de casques rendu obligatoire (1); le caractère exceptionnel de cette situation est mis en évidence par le fait que pendant toute
l’opération MINUAR, l’alerte rouge n’a été déclenchée que deux fois : la première durant les troubles de
février et la seconde le soir du 6 avril (2);

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 703).
(2) Ibid., blz. 708.
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 96).
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 26/4 (BV, blz. 704).
(5) Ibid., blz. 23/3 (BV, blz. 702).
(6) Hoorzitting met majoor Choffray, Senaat, 1996-1997,
13 mei 1997, BV, POR, blz. 478.

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 689).
(2) Ibid., p. 693.
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 681).
(4) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 26/4 (CRA, p. 690).
(5) Ibid., p. 23/3.
(6) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, (CRA, p. 468).

— les objections initiales du colonel Dewez luimême, contre l’avis du colonel Marchal d’ailleurs, à
l’encontre de l’organisation d’escortes et de patrouilles ce jour-là (le 7 avril, vers 1 heure du matin); à ses
yeux, c’était irréalisable en raison des nombreux
barrages, mais le colonel Marchal l’a convaincu du
contraire en soulignant que la gendarmerie et les FAR
étaient au courant (3);. Comme il le déclare luimême devant la commission, le colonel Marchal a
fourni des explications au commandant de bataillon.
« La mission donnée était de mettre un maximum de
monde sur le terrain en patrouilles mixtes, accompagnées de la gendarmerie. » (4) (...) « ce qui m’a également frappé, c’est la volonté qui a été exprimée par les
officiers présents de vouloir revenir à la normale, le
plus rapidement possible, et revenir à la normale,
d’une part en gérant la situation dans ces premiers
moments de situation destabilisée. Cette méthode a
été exprimée par l’envoi de patrouilles — un maximum de patrouilles — sur le terrain, de façon à rassurer la population et montrer que la MINUAR et la
gendarmerie travaillaient toujours de concert. » (5)
Finalement, l’effectif du groupe Lotin qui devait assurer l’escorte a été doublé (6), ce qui indique que le

( 433 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Dewez en zijn staf zich van bij de aanvang bewust zijn
van de gevaren die aan de opdracht zijn verbonden;

colonel Dewez et son état-major ont d’emblée été
conscients des dangers inhérents à la mission;

— de bezwaren van kolonel Dewez tegen het initiatief van kolonel Marchal om een helikopter een
verkenningsvlucht boven Kigali te laten uitvoeren
(7 april om 4.22 uur in de ochtend); « Il faut se rendre
compte que tout le monde est nerveux et je ne sais pas
si c’est la meilleure solution K » vermeldt het « carnet
de veille OSCAR » als reactie van kolonel Dewez op
het initiatief van kolonel Marchal (1);

— les objections du colonel Dewez à l’encontre de
l’initiative prise par le colonel Marchal de faire exécuter un vol de reconnaissance au-dessus de Kigali par
un hélicoptère (le 7 avril à 4 h 22 du matin); « Il faut se
rendre compte que tout le monde est nerveux et je ne
sais pas si c’est la meilleure solution K », peut-on lire
dans le « Carnet de veille OSCAR » en guise de réaction du colonel Dewez à l’initiative du colonel
Marchal (1);

— de verspreiding van het gerucht dat Belgen het
presidentiële vliegtuig hadden neergehaald, een informatie die speciaal aan de manschappen wordt doorgespeeld en waarbij gemeld wordt dat zij op hun
hoede moesten zijn (7 april om 5.56 uur in de
ochtend); « (...) restez très vigilant », « restez sur vos
gardes » en « restez à couvert à vos emplacements »
vermelden het « Journal de campagne KIBAT » en het
« cahier de veille OSCAR » als reactie (2);

— la diffusion de la rumeur selon laquelle des
Belges avaient abattu l’avion présidentiel, une information transmise spécialement aux troupes et les incitant à demeurer sur leurs gardes (le 7 avril à 5 h 56 du
matin); « (...) restez très vigilants », « restez sur vos
gardes » et « restez à couvert à vos emplacements »,
peut-on lire dans le « Journal de campagne KIBAT »
et le « Cahier de veille OSCAR » en réaction à ces
événements (2);

— de ernstige moeilijkheden die de groep Lotin
ondervond om het huis van Eerste minister Agathe
Uwilingiyimana te bereiken; van bij de aanvang van
zijn escorteopdracht bij het verlaten van het vliegveld
stoot luitenant Lotin op wegversperringen (7 april om
2.16 uur in de ochtend), na meerdere van die versperringen te hebben ontweken, blijft luitenant Lotin van
3.19 uur tot omstreeks 5.12 uur geblokkeerd bij een
versperring nauwelijks één kilometer verwijderd van
het huis van de Eerste minister, alvorens hij op aanwijzen van kapitein Marchal een omweg langs het
zuiden maakt, waar de FAR bereid gevonden worden
hem te laten passeren; hij bereikt het huis van de
Eerste minister omstreeks 5.30 uur, waar hij onmiddellijk onder vuur wordt genomen; uiteindelijk doet
de groep Lotin er dus meer dan drie uur over een
parcours van nauwelijks enkele kilometers (3);

— les graves difficultés éprouvées par le groupe
Lotin à atteindre (...) la maison de la Première ministre, Mme Agathe Uwilingiyimana; dès le début de sa
mission d’escorte, en quittant l’aérodrome, le lieutenant Lotin s’est heurté à des barrages (le 7 avril à
2 h 16 du matin); après avoir contourné plusieurs de
ces barrages, le lieutenant Lotin reste bloqué de 3 h 19
à 5 h 12 environ à un barrage situé à un kilomètre à
peine de la maison de la Première ministre, avant de
faire un détour, sur l’indication du capitaine
Marchal, par le sud, où les FAR se sont montrées
disposées à le laisser passer; il atteint vers 5 h 30 la
maison de la Première ministre, où il essuie immédiatement des coups de feu; finalement, le groupe Lotin
met donc plus de trois heures à parcourir une distance
d’à peine quelques kilomètres (3);

— de tegenstand die de groep van kapitein Marchal vanwege de FAR ontmoette zowel om Radio
Rwanda te bereiken als om zich bij de groep Lotin te
voegen.

— l’opposition à laquelle s’est heurté le groupe du
capitaine Marchal de la part des FAR, tant pour
atteindre Radio Rwanda que pour se joindre au
groupe Lotin.

Uiteindelijk om 6.38 uur diende kapitein Marchal
zich vanuit zijn positie terug te trekken en terug te
plooien in één van de kantonnementen (VITAMINE). « Mov derrière moi je voudrais quitter RO
pour aller sur VITAMINE. Des Paras mettent une Mi
en batterie derrière moi », « Repliez sur Vitamine »
vermeldt het « Journal de campagne KIBAT » (4).

Finalement, le capitaine Marchal a dû se retirer de
sa position à 6 h 38 et se replier dans un des cantonnements (VITAMINE). « Mov derrière moi je voudrais
quitter RO pour aller sur VITAMINE. Des paras
mettent une Mi en batterie derrière moi », « Repliez
sur Vitamine », mentionne le « Journal de campagne
KIBAT » (4).

——————

——————

(1) Zie document in bijlage, blz. 13.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, (BV, blz. 696) en document in bijlage, blz. 16 en 17.
(3) Zie document in bijlage, blz. 9 tot 15.
(4) Zie document in bijlage, blz. 17.

(1) Voir document en annexe, p. 13.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
(CRA, p. 681) et document en annexe, pp. 16 et 17.
(3) Voir document en annexe, pp. 9-15.
(4) Voir document en annexe, p. 17.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 434 )

Eenmaal de groep Lotin het huis van de Eerste
minister heeft bereikt, kan er zeker geen twijfel meer
bestaan over de ernst van de toestand.

Une fois que le groupe Lotin a atteint la maison de
la Première ministre, il ne peut assurément plus
subsister le moindre doute sur la gravité de la situation.

Van zodra de groep Lotin het huis van de Eerste
minister nadert, wordt zij bedreigd en beschoten.
Twee van de vier jeeps worden onmiddellijk uitgeschakeld. En nadat de manschappen van Lotin zich in
en rond het huis hebben opgesteld, wordt het huis zelf
het mikpunt. Nochtans geeft kolonel Dewez geen
bevel aan luitenant Lotin om te riposteren. De aanwijzigingen die kolonel Dewez verschaft gaan steeds
dezelfde richting uit, « ne ripostez pas sauf si... »,
« mettez vous à couvert », « essayez de vous arranger ».
Tijdens zijn hoorzitting verdedigde kolonel Dewez
deze afwachtende houding door te stellen dat de
Belgische blauwhelmen niet rechtstreeks werden geviseerd, « Je lui ai dit : « Tu ne ripostes pas tant que tu
n’es pas attaqué directement. » Vraag : « Wat bedoelt
u daarmee precies ? Er werd op hun jeeps geschoten en
op het huis waarin zij zich bevonden. Zij werden
beschoten met « des grenades à fusil. » Is dat dan niet
voldoende ? Antwoord : Je lui ai dit d’attaquer directement mais s’il s’agissait de coups partout, si la situation n’était pas claire. » (1) De commissie komt
echter op grond van een aantal getuigenverhoren o.m.
van kapitein Marchal en na een grondige lezing van
het « Journal de campagne » en van de « Carnets de
veille » tot heel andere vaststellingen. Dat luitenant
Lotin niet reageerde is inderdaad een niet te miskennen feit, maar de aanwijzingen die kolonel Dewez
hem gaf, zetten hem daar ook niet toe aan. Integendeel.

Dès que le groupe Lotin s’approche de la maison de
la Première ministre, il est menacé et essuie des coups
de feu. Deux des quatre jeeps sont immédiatement
mises hors combat. Et après que les hommes de Lotin
se sont installés dans la maison et autour de celle-ci, la
maison elle-même est prise pour cible. Pourtant, le
colonel Dewez ne donne pas au lieutenant Lotin
l’ordre de riposter. Les indications que le colonel
Dewez donne vont toujours dans le même sens, « ne
ripostez pas sauf si... », « mettez-vous à couvert »,
« essayez de vous arranger ». Au cours de son interrogatoire, le colonel Dewez a défendu cette attitude
d’expectative en disant que les Casques bleus belges
n’étaient pas directement visés : « Je lui ai dit : « Tu ne
ripostes pas tant que tu n’es pas attaqué directement. »
Question : « Wat bedoelt u daarmee precies ? Er werd
op hun jeeps geschoten en op het huis waarin zij zich
bevonden. Zij werden beschoten met « des grenades à
fusil ». Is dat dan niet voldoende ? Réponse : Je lui ai
dit d’attaquer directement mais s’il s’agissait de coups
partout, si la situation n’était pas claire. » (1) Toutefois, sur la base d’un certain nombre d’auditions de
témoins, notamment du capitaine Marchal, et après
une lecture approfondie du « Journal de campagne »
et des « Carnets de veille », la commission aboutit à de
toutes autres constatations. Il est effectivement indéniable que le lieutenant Lotin n’a pas réagi, mais les
indications que lui a données le colonel Dewez ne
l’incitent pas non plus à le faire. Au contraire.

Die aanwijzingen bevestigden a.h.w. de instructies
die KIBAT II ontving tijdens haar training en verkenningstochten, namelijk « de dialoog bevorderen »,
« niet agressief opstellen », waarbij andere aspecten
van de opdracht zoals de wettige zelfverdediging in
geval van bedreiging op de achtergrond werden
gedrongen (2). Dat echter in tegenstelling tot de verklaringen van kolonel Dewez de groep Lotin wel
degelijk rechtstreeks werd bedreigd en er derhalve
andere richtlijnen aangewezen waren dan diegene die
door kolonel Dewez werden verstrekt, staat voor de
commissie als een paal boven water. Op de ochtend
van 7 april vanaf 5.20 à 5.30 uur wordt de groep Lotin
wel degelijk rechtstreeks geviseerd, was zij m.a.w. één
van de mikpunten (net zoals de persoon van de Eerste
minister zelf overigens). Tijdens zijn hoorzitting
bevestigde compagniecommandant kapitein Marchal
(C6) tot driemaal toe dat de groep Lotin bij zijn aankomst aan de woning van de Eerste minister werd

Ces indications confirmaient en quelque sorte les
instructions qu’avait reçues KIBAT II à l’entraı̂nement et lors de ses reconnaissances, à savoir
« favoriser le dialogue et la non-agressivité », ce qui a
fini par occulter d’autres éléments de la mission tels
que la légitime défense en cas de menaces (2). Il est
toutefois évident, aux yeux de la commission, que
contrairement aux déclarations du colonel Dewez, le
groupe Lotin était bel et bien directement menacé et
que d’autres directives que celles données par le colonel Dewez s’imposaient donc. Le matin du 7 avril, de
5 h 20 à 5 h 30, le groupe Lotin est bel et bien directement visé, en d’autres termes, il est une des cibles (tout
comme la personne de la Première ministre, du reste).
Au cours de son audition, le capitaine Marchal,
commandant de compagnie, (C6), a confirmé à trois
reprises qu’à son arrivée au domicile de la Première
ministre, le groupe Lotin a été « pris sous le feu » et
qu’on a « tiré » (3). Le « Journal de campagne

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 8/6 e.v. (BV, blz. 691).
(2) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997 (BV, blz. 468).
(3) Ibid., blz. 470, 471 en 473.

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 8/6 e.s.
(2) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997, (CRA, p. 458).
(3) Ibid., pp. 460, 461 et 463.

( 435 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« beschoten » en « onder vuur genomen » (1). Ook
het « Journal de campagne KIBAT » en het « carnet de
veille OSCAR » bevatten tientallen niet te miskennen
aanduidingen terzake. Sommige van de berichten
kunnen zelfs als een regelrechte noodkreet worden
beschouwd (« Y » staat voor de groep Lotin, « Y6 »
voor luitenant Lotin zelf); alle hiernavolgende berichten zijn afkomstig van luitenant Lotin of iemand van
zijn manschappen tenzij anders vermeld; opgemerkt
moet ook worden dat er tussen 7.20 uur en 8.17 uur
geen radioverbinding was en luitenant Lotin door het
bataljon dienvolgens niet kon worden bereikt, feit dat
bevestigd wordt door de verklaringen van majoor
Choffray, de S3 van KIBAT II (2) :

KIBAT » et le « Carnet de veille OSCAR » contenaient, eux aussi, des dizaines d’indications incontestables à ce propos. Certains des messages peuvent
même être considérés véritablement comme un cri de
détresse (« Y » désigne le groupe Lotin et « Y6 » le lieutenant Lotin lui-même); tous les messages ci-après
proviennent du lieutenant Lotin ou d’un ses hommes,
sauf indication contraire; il est à noter également
qu’entre 7 h 20 et 8 h 17, il n’y a eu aucune liaison
radio et que le lieutenant Lotin n’a donc pas pu être
atteint par le bataillon, un fait qui est confirmé par les
déclarations du major Choffray, le S3 de
KIBAT II (2):

— 5.15 uur « Situation ça tire de partout - Y6 se
trouve devant moi AR » (bericht uitgaande van C6,
zijnde kapitein Marchal);

— 5 h 15 « Situation ça tire de partout - Y6 se
trouve devant moi AR » (message émanant de C6, c.à-d. du capitaine Marchal);

— 5.19 uur « Contact avec Y6 Wait - Situation Tir
de partout - Y6 devant essuie le feu » (bericht eveneens
afkomstig van C6, kapitein Marchal);

— 5 h 19 « Contact avec Y6 Wait-Situation Tir de
partout - Y6 devant essuie le feu » (message émanant
également de C6, capitaine Marchal);

— 5.28 uur « On vient de voir un Veh blindé »;

— 5 h 28 « On vient de voir un Veh blindé »;

— 5.32 uur « J’ai un AML sur ma Posn »;

— 5 h 32 « J’ai un AML sur ma Posn »;

— 5.42 uur « J’ai pris contact avec Agathe. Elle
demande de renforcer sa sécurité. Plus question
d’aller à Radio Rwanda. Les jeeps sont sur la rue. Je
suis visé par un blindé »;
— 5.49 uur « Tir dirigé maison Agathe »;

— 5 h 42 « J’ai pris contact avec Agathe. Elle
demande de renforcer sa sécurité. Plus question
d’aller à Radio Rwanda. Les jeeps sont sur la rue. Je
suis visé par un blindé »;
— 5 h 49 « Tir dirigé maison Agathe »;

— 5.52 uur « Les coups de feu étaient dirigés sur
maison Agathe ».

— 5 h 52 « Les coups de feu étaient dirigés sur
maison Agathe ».

— 5.55 uur « Ça a nouveau feraillé en poul (6) mais
je n’ai plus contact avec Y » (bericht van C6, kapitein
Marchal);

— 5 h 55 « Ça a à nouveau ferraillé en poul (6) mais
je n’ai plus contact avec Y » (message de C6, capitaine
Marchal);

— 6.03 uur « Y6 véhicules inutilisables » (het onderzoek van het auditoraat-generaal heeft vastgesteld
dat dit bericht dat afkomstig is van korporaal Lhoir,
één van de manschappen van Lotin, aanleiding gaf tot
een conversatie met majoor Choffray die bevestiging
vroeg van het bericht; korporaal Lhoir zou geantwoord hebben dat het normaal was dat jeeps buiten
gebruik waren gezien men er al twee uren op schoot;
dat deze twee uren in feite twintig minuten waren,
zou ironisch bedoeld geweest zijn om goed de ernst
van de situatie te doen begrijpen) (3);

— 6 h 03 « Y6 véhicules inutilisables » (l’enquête
de l’auditorat général a établi que ce message qui
provenait du caporal Lhoir, un des hommes de Lotin,
a donné lieu à une conversation avec le major Choffray, qui a demandé confirmation du message; le
caporal Lhoir aurait répondu qu’il était normal que
des jeeps soient hors d’état, puisqu’on tirait dessus
depuis deux heures; le fait que ces deux heures étaient
en fait vingt minutes aurait eu une connotation ironique, pour bien faire comprendre la gravité de la situation (3);

— 6.43 uur « Derrière chez Agathe dans la rue
parallèle 1 Blindé léger »;

— 6 h 43 « Derrière chez Agathe dans la rue parallèle 1 blindé léger »;

— 6.44 uur « Tir artillerie dans notre direction »;

— 6 h 44 « Tir artillerie dans notre direction »;

——————

——————

(1) Ibid., blz. 470, 471 en 473.
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997 (BV, blz. 485).
(3) Dossier auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof
— Not. Nr. 01.00009.95 — blz. 530.

(1) Ibid., pp. 460, 461 et 463.
(2) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997
(CRA, p. 475).
(3) Dossier de l’auditorat général près la Cour militaire, not.
no 01.00009.95, p. 530.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 436 )

— 6.49 uur « Tir artillerie dans notre direction —
Oui impacts dans notre direction »;

— 6 h 49 « Tir artillerie dans notre direction —
Oui impacts dans notre direction »;

— 6.55 uur « Nous sommes dans l’impossibilité de
nous mettre à couvert (...). Je reste dehors c’est mieux
pour sécurité »;

— 6 h 55 « Nous sommes dans l’impossibilité de
nous mettre à couvert (...). Je reste dehors c’est mieux
pour sécurité »;

— 6.55 uur « Il y a des gens du front de la jeunesse
veulent rentrer (...). On est encerclé »;

— 6 h 55 « Il y a des gens du front de la jeunesse
veulent rentrer (...). On est encerclé »;

— 7.00 uur « Ils se préparent pour nettoyage.
Garde présidentielle est sur le toit. Ils demandent de
déposer les armes »;

— 7 h 00 « Ils se préparent pour nettoyage. Garde
présidentielle est sur le toit. Ils demandent de déposer
les armes »;

— 7.20 uur « Renseignons tirs armes automatiques
dans notre direction — Nous sommes dans la maison
d’Agathe »;

— 7 h 20 « Renseignons tirs armes automatiques
dans notre direction — Nous sommes dans la maison
d’Agathe »;

— 8.17 uur « Je refusez ? mission — on me dit que
serait les purges ministérielles. Les gens VK ne bougent pas — essayez de voir pour prendre posit DEF. Je
ne sais pas si je peux attendre en BELGIQUE »;

— 8 h 17 « Je refusez ? mission — on me dit que
serait les purges ministérielles. Les gens VK ne
bougent pas — essayez de voir pour prendre posit
DEF. Je ne sais pas si je peux attendre en BELGIQUE »;

— 8.17 uur « Ils ont des moyens que l’on a pas —
ils ont des grenades, Obus Etc On ne tiendrait pas »;

— 8 h 17 « Ils ont des moyens que l’on n’a pas — ils
ont des grenades, Obus Etc On ne tiendrait pas »;

— 8.22 uur « Agathe a demandé de l’aide »;

— 8 h 22 « Agathe a demandé de l’aide »;

— 8.35 uur « Veh avec Mil à proximité — Agathe
veut fuir »;

— 8 h 35 « Veh avec Mil à proximité — Agathe
veut fuir »;

— 8.40 uur « Composition de nos antagonistes.
Nous proposent de nous ramener à la MINUAR.
Agathe plus trouvable »;

— 8 h 40 « Composition de nos antagonistes. Nous
proposent de nous ramener à la MINUAR. Agathe
plus trouvable »;

— 8.47 uur « ? secteur — 4 Try p ?? sur le plancher ? faire »;

— 8 h 45 « ? secteur — 4 Try p ? ? sur le plancher - ?
faire »;

— 8.49 uur « Frictions avec garde présidentielle 04
types Mor au sol ».

— 8 h 49 « Frictions avec garde présidentielle 04
types Mor au sol ».

Het is voor de commissie dan ook onbegrijpelijk
dat Kolonel Dewez ook na een bericht als dat van
8.17 uur, dat waarlijk als een noodkreet moet worden
beschouwd en dat overigens het eerste bericht is dat
hij van luitenant Lotin ontvangt na het herstel van de
radioverbinding, bleef volharden in zijn afwachtende
houding. Luitenant Lotin zat gevangen in het huis van
de eerste minister en zijn terugtrekking kon niet
worden verzekerd (1), althans werden geen initiatieven ontplooid om zijn terugtrekking te verzekeren.

Il est dès lors incompréhensible, aux yeux de la
commission, que le colonel Dewez, même après un
message comme celui de 8 h 17, qui doit véritablement
être considéré comme un cri de détresse, et qui est
d’ailleurs le premier message qu’il reçoit du lieutenant
Lotin après le rétablissement de la liaison radio, ait
persisté dans son attentisme. Le lieutenant Lotin était
prisonnier dans la maison de la Première ministre et
son repli ne pouvait pas être assuré (1); aucune initiative n’a du moins été déployée pour assurer son repli.

(2) Was de situatie waarin de groep Lotin zich
bevond na 9 uur verontrustend ?

(2) La situation dans laquelle se trouvait le groupe
Lotin après 9 heures était-elle inquiétante ?

Ook na 9 uur toen de groep Lotin al gevangen was
genomen en luitenant Lotin zelf een tweede noodoproep zond daarbij gebruik makend van een Motorola van een VN-waarnemer, denkt kolonel Dewez er
niet aan dat zijn manschappen in levensgevaar verkeren. Hij was wel « versteld », zegt hij.

Même après 9 h, alors que le groupe Lotin a déjà été
capturé et que le lieutenant Lotin lui-même a envoyé
un deuxième appel à l’aide au moyen d’un Motorola
d’un observateur de l’ONU, le colonel Dewez ne
considère pas que ses hommes soient en danger de
mort. Il était toutefois « estomaqué », dit-il.

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 19961997, 13 mei 1997 (BV, blz. 489).

(1) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997
(CRA, p. 478).

( 437 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« Je suis resté avec toutes les conséquences que cela
peut avoir naturellement — avec les premiers mots du
lieutenant Lotin : « J’ai des types qui se font tabasser ».
J’ai fait une fixation sur ce terme-là — Vraag : Et ils
vont nous lyncher ? Oui, « et ils vont nous lyncher ».
J’admets que c’est pour cela que j’ai demandé s’il
n’exagérait pas un peu. J’admets que je n’ai pas compris ce qu’il voulait me dire. Je suis resté fixé sur le
terme « tabasser ». D’ailleurs, directement, quand j’ai
appelé le QG-Secteur, j’ai dit au colonel Marchal « j’ai
des types qui se font tabasser ».

« Je suis resté avec toutes les conséquences que cela
peut avoir naturellement — avec les premiers mots du
lieutenant Lotin : « J’ai des types qui se font tabasser ».
J’ai fait une fixation sur ce terme-là — Question : Et
ils vont nous lyncher ? Oui, « et ils vont nous lyncher ».
J’admets que c’est pour cela que j’ai demandé s’il
n’exagérait pas un peu. J’admets que je n’ai pas
compris ce qu’il voulait me dire. Je suis resté fixé sur le
terme « tabasser ». D’ailleurs, directement, quand j’ai
appelé le QG-Secteur, j’ai dit au colonel Marchal « j’ai
des types qui se font tabasser ».

Dans mon esprit, bien entendu, ils courraient un
danger. Ce n’est jamais très agréable de se faire tabasser mais je n’ai jamais imaginé à ce moment-là qu’ils
étaient en danger de mort. C’est ma responsabilité
aussi en tant que commandant de bataillon, en tout
cas le capitaine Choffray ne m’a jamais dit textuellement « Mon Colonel, ils vont se faire tuer, si on ne fait
rien. » (1) Wat er ook van weze, op welke wijze kolonel Dewez dat laatste gesprek met luitenant Lotin om
9.06 uur ook moge begrepen hebben, voor de
commissie is het in ieder geval onbegrijpelijk dat hij
zich « niet echt ongerust » maakte en veeleer
« gerustgesteld » en zelfs « opgelucht » was zoals hijzelf
verklaart. « Zij waren gevangen genomen maar in
leven. » (2)

Dans mon esprit, bien entendu, ils courraient un
danger. Ce n’est jamais très agréable de se faire tabasser mais je n’ai jamais imaginé à ce moment-là qu’ils
étaient en danger de mort. C’est ma responsabilité
aussi en tant que commandant de bataillon, en tout
cas le capitaine Choffray ne m’a jamais dit textuellement « Mon Colonel, ils vont se faire tuer, si on ne fait
rien. » (1) De toute façon, quelle que soit
l’interprétation que le colonel Dewez ait donnée de
cette dernière conversation avec le lieutenant Lotin à
9 h 06, la commission juge en tout cas incompréhensible qu’il ne se soit « pas vraiment inquiété » et qu’il
ait été plutôt « rassuré » et même « soulagé », comme il
le déclare lui-même. « Ils étaient prisonniers, mais
sains et saufs. » (2)

Er was volgens de commissie nochtans meer dan
één aanwijzing om het ergste te vrezen :

Selon la commission, il y avait pourtant plus d’un
indice donnant à craindre le pire :

— De reactie van de medewerkers van kolonel
Dewez vooreerst. Er volgde na dat laatste gesprek met
Lotin « un silence éloquent », « un silence de mort »,
zoals kolonel Dewez het zelf tijdens één van zijn hoorzittingen uitdrukte (3); een ernstige aanwijzing
volgens de commissie dat de andere officieren en
manschappen rondom Dewez het dramatische van de
situatie inzagen. « Stilte » is immers geen teken van
geruststelling, maar eerder van angst, van vrees, van
bezorgdheid. Adjudant Boequelloen die toen in de
entourage van kolonel Dewez aanwezig was, verwoordde het als volgt : « Quand on dit qu’on va lyncher quelqu’un, cela signifie effectivement qu’on va le
tuer. » (4)

— En premier lieu, la réaction des collaborateurs
du colonel Dewez. Après cette dernière conversation
avec Lotin, il y a eu un « silence éloquent », « un
silence de mort . Comme le colonel Dewez l’a dit luimême au cours d’une de ses auditions (3) : un indice
sérieux, selon la commission, que les autres officiers
et soldats autour de Dewez se rendaient compte du
caractère dramatique de la situation. En effet, le
« silence » n’est pas un signe que l’on est rassuré, c’est
plutôt une marque d’angoisse, de crainte,
d’inquiétude. L’adjudant Boequelloen, qui se trouvait alors dans l’entourage du colonel Dewez, a
exprimé cet état d’esprit comme suit : « Quand on dit
qu’on va lyncher quelqu’un, cela signifie effectivement qu’on va le tuer. » (4)

En majoor Choffray, de S3 antwoordt op de vraag
wat hij op dat ogenblik dacht, « Lorsque vous entendez cela à la radio, que vous vous trouvez sur le terrain
depuis un mois et une semaine, et que du jour au

Et le major Choffray, le S3, interrogé sur ce à quoi il
pensait à ce moment-là, répond : « Lorsque vous
entendez cela à la radio, que vous vous trouvez sur le
terrain depuis un mois et une semaine, et que du jour

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 8/18 (BV, blz. 691).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997.
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 13/10, 16/5 (BV, blz. 694 en 696).
(4) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
1996-1997, 27 juni 1997, blz. 692 en 30 juni 1997, PV, blz. 6/10.

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 8/18.
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997.
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 8/18 (CRA, pp. 680 et 682).
(4) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 6/10.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 438 )

lendemain, vous recevez un tel message, il est bien
certain que vous envisagez le pire. » (1)

au lendemain, vous recevez un tel message, il est bien
certain que vous envisagez le pire. » (1)

— De tweede aanwijzing waardoor het ergste kon
worden vermoed, was de vaststelling dat de verantwoordelijke voor de UNMO op het VNhoofdkwartier niet meer in contact kon treden met
zijn waarnemer in kamp Kigali; er was dus iets aan de
hand (2).

— Le deuxième indice qui pouvait faire présumer
le pire était la constatation que le responsable des
UNMO au quartier général de l’ONU ne pouvait plus
entrer en contact avec son observateur du camp de
Kigali; il se passait donc quelque chose (2).

— De derde, meest uitgesproken aanwijzing evenwel was het bericht om 10.30 uur op het net dat luitenant Lotin vermoord zou zijn, ook al kon men de
bron van die informatie op dat ogenblik niet achterhalen (3). Kolonel Marchal herinnert zich dat het
daarbij ging om « un message radio diffusé » waarin
gezegd werd « que des Casques bleus auraient été
assassinés, sans aucune précision quant aux personnes » (4). Kolonel Dewez van zijn kant begreep wel
degelijk dat het bericht betrekking had op luitenant
Lotin en zijn mannen. « Cela provenait du QGsecteur, et, plus particulièrement, du capitaine Schepkens. » (5)

— Toutefois, le troisième indice, et le plus flagrant, a été l’information qui a circulé sur le réseau à
10 h 30 et qui affirmait que le lieutenant Lotin avait
été tué, même s’il était impossible d’identifier à ce
moment la source de cette information (3). Le colonel Marchal se souvient qu’il s’agissait en l’espèce
d’« un message radio diffusé » annonçant « que des
Casques bleus auraient été assassinés, sans aucune
précision quant aux personnes » (4). Le colonel
Dewez, pour sa part, avait très bien compris que le
communiqué concernait le lieutenant Lotin et ses
hommes. « Cela provenait du QG-secteur, et, plus
particulièrement, du capitaine Schepkens. » (5)

Of luitenant Lotin nu bij name werd genoemd of
niet, feit is dat dit een bericht is dat de ogen had
moeten openen. Overigens vond de commissie in de
documenten van KIBAT nog andere zorgwekkende
berichten terug over het peloton mortieren die zelfs
voorafgaan aan het bericht dat meldt dat luitenant
Lotin of Blauwhelmen zouden vermoord zijn. In het
« Journal de campagne KIBAT » staat bij de tijdsaanduiding « 9.10 uur » een inscriptie in de marge vermeld
die luidt « Y » (waarmee de groep Lotin wordt
bedoeld), « Prisonnier et exécuté ? » Om 9.22 uur
vermeldt het « Carnet de veille Oscar », « Toujours
pas de réponse concernant nos gens qui viennent
d’être arrêtés ». Om 9.30 uur vermeldt hetzelfde
« Carnet de veille », « Via UNO Int nouvelles de Y ».
Om 10.19 uur vermeldt het « Journal de campagne
KIBAT », de mededeling van kolonel Dewez, « Je vais
rejoindre Y à ? ? ? et j’essayerai de voir ce que je peux
faire ? ? — Secteur ne peut rien faire AR ». Op datzelfde ogenblik, dus om 10.19 uur én nogmaals vijf
minuten later, om 10.24 uur wordt gemeld dat een
tussenkomst van RUTBAT wordt bestudeerd (6).

Que le lieutenant Lotin ait été cité nommément ou
non, le fait est que c’est là un communiqué qui aurait
dû ouvrir les yeux. D’ailleurs, la commission a encore
trouvé dans les documents de KIBAT d’autres messages inquiétants sur le peloton Mortiers qui étaient
même antérieurs à celui annonçant que le lieutenant
Lotin ou des Casques bleus auraient été assassinés.
Dans le « Journal de campagne KIBAT », on trouve,
face à l’indication horaire « 9 h 10 », une inscription
en marge libellée comme suit : « Y » (lettre désignant le
groupe Lotin, « Prisonnier et exécuté ? » À 9 h 22, le
« Carnet de veille Oscar » précise « Toujours pas de
réponse concernant nos gens qui viennent d’être arrêtés. » À 9 h 30, on peut lire, dans le même « Carnet de
veille », « Via UNO Int nouvelles de Y ». À 10 h 19, le
« Journal de campagne KIBAT » mentionne la
communication du colonel Dewez, « Je vais rejoindre
Y à ? ? ? et j’essayerai de voir ce que je peux faire ? ? —
Secteur ne peut rien faire AR ». Au même moment,
donc à 10 h 19, et à nouveau cinq minutes plus tard, à
10 h 24, on annonce qu’une intervention de
RUTBAT est à l’étude (6).

Om 10.30 uur volgt dan het bericht dat luitenant
Lotin of Blauwhelmen werden vermoord hoewel van

À 10 h 30, on annonce que le lieutenant Lotin ou
des Casques bleus ont été assassinés, bien que l’on ne

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 55/1 (BV, blz. 485).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 692).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 692).
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 29/12 (BV, blz. 706).
(5) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 27/16 (BV, blz. 931).
(6) Zie document in bijlage, blz. 24 en 25.

(1) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 55/1 (CRA, p. 475).
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 678).
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 678).
(4) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 29/12 (CRA, p. 692).
(5) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997,
PV, p. 27/16 (CRA, p. 911).
(6) Voir document en annexe, pp. 24 et 25.

( 439 )

1 - 611/7 - 1997/1998

het bericht zelf geen spoor in het « Journal de
campagne KIBAT » of in de « Carnets de veille » zoals
ze door het auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof in één document werden samengebarcht,
is terug te vinden.

retrouve aucune trace du message lui-même dans le
« Journal de campagne KIBAT » ou les « Carnets de
veille », tels qu’ils ont été regroupés en un seul document par l’auditorat général près la Cour militaire.

Tenslotte is er ook nog de getuigenis van kolonel
Marchal voor de commissie die de gesprekken die
rond het tijdstip van 10.30 à 10.40 uur tussen kolonel
Marchal en kolonel Dewez werden gevoerd, als
« électrique » omschrijft (1).

Enfin, il y a aussi le témoignage du colonel Marchal
devant la commission, qui qualifie d’« électrique » les
propos échangés entre 10 h 30 et 10 h 40 par le colonel Marchal et le colonel Dewez (1).

(3) Werd het opzetten van een interventie ter
ontzetting van de groep Lotin overwogen of aangeboden ?

(3) La mise au point d’une intervention pour délivrer le groupe Lotin a-t-elle été envisagée ou proposée ?

De commissie stelt vast dat er onduidelijkheid blijft
bestaan over de vraag of een interventie ter ontzetting
van de groep Lotin werd overwogen, alsmede over de
vraag of zo’n interventie werd aangeboden.

La commission constate qu’il y a de la confusion à
propos de la question de savoir si l’on a envisagé une
intervention en vue de « délivrer » le groupe Lotin et
de celle de savoir si l’on a vraiment proposé
d’organiser une telle intervention.

Kolonel Dewez ontkent dat zo’n interventie werd
overwogen.

Le colonel Dewez nie qu’une telle intervention a été
envisagée.

Majoor Choffray, de officier binnen KIBAT II verantwoordelijk voor de operaties verklaart evenwel
dat er wel degelijk een vergadering op het niveau van
de staf is geweest om na te gaan wat voor de groep
Lotin kon worden gedaan (2). « Er was een briefing (...) ». « De toestand werd geanalyseerd », « Het
bataljon heeft een interventie gevraagd met Bengaleze
pantservoertuigen ». « In de voormiddag hebben wij
gevraagd of het mogelijk was de rules of engagement
te veranderen ». Een interventie van het Belgisch
bataljon kwam er evenwel niet. Eén van de redenen
waarom dit niet gebeurde was volgens majoor Choffray omdat er geen voldoende reserve was. « De enige
reserve waarover wij beschikten », zegt hij, « bevond
zich in de luchthaven », ver verwijderd van Lotin. Op
de vraag of dat een goede reserve was, antwoordt
Choffray, « Nee » (3).

Le major Choffray, l’officier responsable des
opérations au sein de KIBAT II, a declaré qu’il y ait eu
une réunion au niveau de l’état-major pour examiner
ce qui pouvait être fait pour le groupe Lotin (2). « Il y
a eu un briefing (...). La situation a été analysée », « Le
bataillon a demandé une intervention (...) des véhicules blindés bangladais ». « Dans l’avant-midi, nous
avons demandé s’il était possible de changer les règles
d’engagement ». Il n’y a toutefois eu aucune
intervention du bataillon belge. Selon le major Choffray, l’absence d’une réserve suffisante fut l’une des
raisons de la non-intervention. « La seule réserve dont
nous disposions se trouvait à l’aéroport », loin de
l’endroit où se trouvait Lotin. Choffray répond par la
négative à la question de savoir si c’était une bonne
réserve (3).

Wat het aanbod betreft om te interveniëren,
herhaalde kapitein Theunissen, tweede in bevel van
de groep City II dat hij om 7 uur s’ochtends aan kolonel Dewez voorstelde de groep Lotin te ontzetten,
hoewel hiervan geen melding wordt gemaakt in het
verslag Uytterhoeven, noch in het proces Marchal.

Le capitaine Theunissen, commandant en second
du groupe City II, a répété devant la commission qu’à
7 heures du matin, il avait proposé au colonel Dewez
de libérer le groupe Lotin, bien que ceci n’est pas
mentionné, ni dans le rapport Uytterhoeven, ni dans
le procès Marchal.

« Vraag : Et qu’en est-il de votre intervention ? Vous
êtes intervenu sur le réseau du bataillon ? — Oui, sur
le réseau du bataillon en disant « voilà, je suis ici avec

« Question : « Et qu’en est-il de votre intervention ?
Vous êtes intervenu sur le réseau du bataillon ? —
Oui, sur le réseau du bataillon en disant « voilà, je suis

——————

——————

(1) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 15/4 (BV, blz. 903).
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, blz. 478, 479 en 488.
(3) Hoorzitting met majoor Choffray, BV, POR, Senaat,
13 mei 1997, blz. 482.

(1) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 15/4.
(2) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
p. 468, 469 et 478.
(3) Audition du major Choffray, CRA, CER, Sénat, 13 mai
1997, p. 471.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 440 )

l’ensemble du peloton Alpha du lieutenant Koenings,
et une partie de mon PC ». Je disposais d’une point 50,
de MAG, donc de mitrailleuses, et de minimis; j’ai
d’ailleurs ici le détail du stock de munitions disponibles, que l’on peut faire circuler à titre d’information.
Au niveau des MAG, donc des mitrailleuses, il y avait
cinq caissettes par arme, ce qui représente environ
1 200 coups par arme. Pour une opération, c’est déjà
bien. Pour les point 50, il y avait 200 coups par arme et
j’avais 200 coups de munitions point 50 avec moi. Au
niveau des munitions 5.56 LINK, les minimis, ou
mitrailleuses légères, on en avait cinq boı̂tes, soit
1 000 coups par minimi, ce qui est bien aussi. Et
chaque fusiller avec son FNC, son arme individuelle,
disposait de 400 coups. J’avais, dès le matin, fait distribuer tout mon stock de munitions, grenades et
réserves de petites munitions, mais nous ne disposions
toujours pas des munitions anti-chars, donc des LAW
qui sont des armes individuelles mais qui n’étaient pas
distribuées et qui se trouvaient à RWANDEX. Je
tiens encore à apporter un éclaircissement. Le
commandant Choffray prétend que personne n’y a
pensé, qu’il n’était pas possible de circuler en ville.
Or, le général Dallaire est bien allé à sa réunion à 10
heures du matin à l’ESM, ce qui prouve qu’il était
possible de circuler en ville.

ici avec l’ensemble du peloton Alpha du lieutenant
Koenings, et une partie de mon PC ». Je disposais
d’une point 50, de MAG, donc de mitrailleuses, et de
minimis; j’ai d’ailleurs ici le détail du stock de munitions disponibles, que l’on peut faire circuler à titre
d’information. Au niveau des MAG, donc des mitrailleuses, il y avait cinq caissettes par arme, ce qui représente environ 1 200 coups par arme. Pour une opération, c’est déjà bien. Pour les point 50, il y avait 200
coups par arme et j’avais 200 coups de munitions
point 50 avec moi. Au niveau des munitions 5.56
LINK, les minimis, ou mitrailleuses légères, on en
avait cinq boı̂tes, soit 1 000 coups par minimi, ce qui
est bien aussi. Et chaque fusiller avec son FNC, son
arme individuelle, disposait de 400 coups. J’avais, dès
le matin, fait distribuer tout mon stock de munitions,
grenades et réserves de petites munitions, mais nous
ne disposions toujours pas des munitions anti-chars,
donc des LAW qui sont des armes individuelles mais
qui n’étaient pas distribuées et qui se trouvaient à
RWANDEX. Je tiens encore à apporter un éclaircissement. Le commandant Choffray prétend que
personne n’y a pensé, qu’il n’était pas possible de
circuler en ville. Or, le général Dallaire est bien allé à
sa réunion à 10 heures du matin à l’ESM, ce qui
prouve qu’il était possible de circuler en ville.

Je vous résume ce que j’ai dit : « J’ai la possibilité
d’intervenir pour aider le lieutenant Lotin. Je dispose
d’une vingtaine d’hommes. J’ai tel armement.
M’autorisez-vous à intervenir ? » On m’a répondu ce
qui suit : « Non, ne bougez pas pour l’instant, on
réfléchit au problème ... Vraag : Vers quelle heure cela
s’est-il passé ? Vers 7 heures du matin, juste après que
les FAR aient tiré des grenades à fusil dans la propriété du premier ministre. Je ne connaissais pas les
détails — la propriété, les jardins, les abords, etc. —
mais je savais où se trouvait la maison. En général, à
l’échelon militaire, on fait appel à différents facteurs
d’appréciation : l’ennemi, l’ami, le terrain, le milieu,
les délais, etc.

Je vous résume ce que j’ai dit : « J’ai la possibilité
d’intervenir pour aider le lieutenant Lotin. Je dispose
d’une vingtaine d’hommes. J’ai tel armement.
M’autorisez-vous à intervenir ? » On m’a répondu ce
qui suit : « Non, ne bougez pas pour l’instant, on réfléchit au problème ... Question : Vers quelle heure cela
s’est-il passé ? Vers 7 heures du matin, juste après que
les FAR aient tiré des grenades à fusil dans la
propriété du premier ministre. Je ne connaissais pas
les détails — la propriété, les jardins, les abords,
etc. — mais je savais où se trouvait la maison. En
général, à l’échelon militaire, on fait appel à différents
facteurs d’appréciation : l’ennemi, l’ami, le terrain, le
milieu, les délais, etc.

Concernant le facteur « ennemi », nous n’avions
pas beaucoup d’informations. J’ai retrouvé par la
suite des renseignements selon lesquels il s’agissait
d’une vingtaine d’hommes. À l’époque, cela ne nous
avait pas frappés. Nous ne connaissions donc pas la
force de l’ennemi ni le dispositif mis en œuvre, mis à
part le fait que des véhicules blindés bloquaient les
différents accès. En ce qui concerne la localisation des
lieux, comme je l’ai dit, nous savions où se trouvait la
maison, mais nous ne connaissions pas les détails.
Nous ne savions dès lors pas s’il existait une possibilité d’infiltration par l’avant, l’arrière, la gauche ou la
droite. Sur le plan des délais, nous aurions pu, sur la
base d’une échelle horaire, évaluer le temps nécessaire
pour arriver à l’endroit en question, sans savoir bien
sûr exactement quelle serait la résistance. Toutefois,
je disposais d’un peloton composé de personnes relativement bien rodées, habituées à « faire du feu et

Concernant le facteur « ennemi », nous n’avions
pas beaucoup d’informations. J’ai retrouvé par la
suite des renseignements selon lesquels il s’agissait
d’une vingtaine d’hommes. À l’époque, cela ne nous
avait pas frappés. Nous ne connaissions donc pas la
force de l’ennemi ni le dispositif mis en œuvre, mis à
part le fait que des véhicules blindés bloquaient les
différents accès. En ce qui concerne la localisation des
lieux, comme je l’ai dit, nous savions où se trouvait la
maison, mais nous ne connaissions pas les détails.
Nous ne savions dès lors pas s’il existait une possibilité d’infiltration par l’avant, l’arrière, la gauche ou la
droite. Sur le plan des délais, nous aurions pu, sur la
base d’une échelle horaire, évaluer le temps nécessaire
pour arriver à l’endroit en question, sans savoir bien
sûr exactement quelle serait la résistance. Toutefois,
je disposais d’un peloton composé de personnes relativement bien rodées, habituées à « faire du feu et

( 441 )

1 - 611/7 - 1997/1998

mouvement » quand il le fallait. Nous aurions pu
passer et briser n’importe quel obstacle. J’en reste
persuadé. » (1)

mouvement » quand il le fallait. Nous aurions pu
passer et briser n’importe quel obstacle. J’en reste
persuadé. » (1)

« Je reste donc persuadé qu’une intervention était
possible. Je suis intervenu sur le réseau pour le dire et
pour proposer mes services. Nous disposions de plus
de munitions que nécessaire (...) Le commandant
Choffray prétend qu’il était impossible de circuler en
ville. Je constate cependant que le général Dallaire
s’est rendu sans problème à sa réunion de 10 heures (...) Je disposais d’une vingtaine d’hommes pour
aller aider le lieutenant Lotin ainsi que de l’armement
nécessaire. J’ai demandé l’autorisation d’intervenir
mais j’ai reçu une réponse négative. On, mais je ne sais
pas qui, m’a dit qu’on réfléchissait au problème. Il
était 7 heures du matin et je me trouvais à deux kilomètres de la maison de Mme Agathe. En ce qui concerne le facteur ennemi, nous ne disposions pas de
beaucoup d’informations ni au point de vue de leur
nombre ni au point de vue de leur dispositif. Nous
savions seulement qu’ils disposaient de véhicules
blindés. Nous ne disposions pas de détails en ce qui
concerne la localisation. Nous savions où se trouvait
la maison mais pas quelles étaient les possibilités
d’infiltration. Enfin, en ce qui concerne les délais,
puisque nous connaissions la distance, nous pouvions
faire des estimations. Je disposais de militaires rodés
au feu qui auraient pu passer » (2).

« Je reste donc persuadé qu’une intervention était
possible. Je suis intervenu sur le réseau pour le dire et
pour proposer mes services. Nous disposions de plus
de munitions que nécessaire (...) Le commandant
Choffray prétend qu’il était impossible de circuler en
ville. Je constate cependant que le général Dallaire
s’est rendu sans problème à sa réunion de
10 heures (...). Je disposais d’une vingtaine
d’hommes pour aller aider le lieutenant Lotin ainsi
que de l’armement nécessaire. J’ai demandé l’autorisation d’intervenir mais j’ai reçu une réponse négative. On, mais je ne sais pas qui, m’a dit qu’on réfléchissait au problème. Il était 7 heures du matin et je
me trouvais à deux kilomètres de la maison de Mme
Agathe. En ce qui concerne le facteur ennemi, nous ne
disposions pas de beaucoup d’informations ni au
point de vue de leur nombre ni au point de vue de leur
dispositif. Nous savions seulement qu’ils disposaient
de véhicules blindés. Nous ne disposions pas de
détails en ce qui concerne la localisation. Nous
savions où se trouvait la maison mais pas quelles
étaient les possibilités d’infiltration. Enfin, en ce qui
concerne les délais, puisque nous connaissions la
distance, nous pouvions faire des estimations. Je
disposais de militaires rodés au feu qui auraient pu
passer » (2).

Korporaal-chef Pierard bevestigde tijdens zijn
hoorzitting dat kapitein Theunissen om 7 uur op het
net van het bataljon tussenkwam en vroeg om tussenbeide te mogen komen en luitenant Lotin ter hulp te
snellen. « Nous voulions essayer de passer par les
jardins pour intervenir le plus vite possible dans la
maison de Mme Agathe. » « Quand il a demandé
d’intervenir, nous avions déjà été prévenus et nous
étions prêts. » Evenmin als kapitein Theunissen weet
hij wie aan de andere zijde van het net de boodschap
in ontvangst nam (3).

Le caporal-chef Pierard a confirmé, lors de son
audition, que le capitaine Theunissen était intervenu
à 7 heures sur le réseau du bataillon et avait demandé
à pouvoir intervenir et venir en aide au lieutenant
Lotin. « Nous voulions essayer de passer par les
jardins pour intervenir le plus vite possible dans la
maison de Mme Agathe. » « Quand il a demandé
d’intervenir, nous avions déjà été prévenus et nous
étions prêts. » Pas plus que le capitaine Theunissen, il
ne sait qui a reçu le message à l’autre bout du
réseau (3).

Kolonel Dewez herinnert zich niet dat hem
dergelijk aanbod ooit werd gedaan. Hij herinnert zich
enkel een bericht van omstreeks 10 uur, « L’officier de
permanence m’a dit que les gens de Mirador étaient
là, au complet, et il m’a demandé s’ils devaient faire
quelque chose. C’est dans ces termes que cela m’a été
relaté. J’avais déjà pu apprécier la situation et j’ai dit
qu’ils restent en place. » Overigens was het volgens
kolonel Dewez onmogelijk om vanuit Mirador of het
nabijgelegen Chinatown een aanval op te zetten

Le colonel Dewez ne se souvient pas que pareille
proposition lui ait jamais été faite. Il se rappelle
uniquement une communication reçue vers
10 heures : « L’officier de permanence m’a dit que les
gens de Mirador étaient là, au complet, et il m’a
demandé s’ils devaient faire quelque chose. C’est dans
ces termes que cela m’a été relaté. J’avais déjà pu
apprécier la situation et j’ai dit qu’ils restent en
place. » Du reste, il était impossible, selon le colonel
Dewez, de mettre sur pied une attaque au départ de

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997, PV, blz. 2/9 tot 2/12 en 3/1 tot 3/4 (BV, blz. 673).
(2) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997, PV, blz. 2/9 (BV, blz. 673).
(3) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 6/11 (BV, blz. 897 en blz. 899).

(1) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, PV, pp. 2/9 à 2/12 et 3/1 à 3/4.
(2) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, PV, p. 2/9 (CRA, p. 659).
(3) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 6/11 (CRA, p. 873).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 442 )

gezien de aanwezigheid van pantservoertuigen van
het Rwandese leger, terwijl ook een actie langs de
tuinen problematisch zou zijn geweest wegens muren
met glasscherven en de aanwezigheid van wachten die
het vuur konden openen (1).

Chinatown toute proche, vu la présence de blindés de
l’armée rwandaise, tandis qu’une action par les
jardins aurait également posé problème, compte tenu
de la présence de murs garnis de tessons de bouteilles
et de gardes qui pouvaient ouvrir le feu (1).

Dat er een contact tussen kapitein Theunissen en
kolonel Dewez is geweest, al dan niet langs de officier
met permanentie staat vast. Het wordt o.m. bevestigd
door adjudant Boequelloen, al kan hij niets zeggen
over de inhoud of over het tijdstip van het
gesprek (2). Dat het contact een aanbod betrof om te
interveniëren, is eveneens een vaststaand feit. De
vraag blijft open, op welk tijdstip dit gebeurde. Om
7 uur ? Om 8.30 uur ? Om 10 uur ? Voor of na de
gevangenneming van de groep Lotin ? Of tweemaal
voor én na, zoals kapitein Theunissen beweert (3). In
het « Journal de campagne KIBAT » en in de « carnets
de veille van OSCAR en CHARLIE » zijn er geen
duidelijke aanwijzigingen terug te vinden. Hoe dan
ook, kolonel Dewez stelde voor de commissie, dat
indien men hem om 7 uur het voorstel had gedaan om
de groep Lotin te versterken door langs de tuinen het
huis van de Eerste minister te bereiken en
wegversperringen
te
forceren
waardoor
gewelddadige reacties konden worden uitgelokt, hij
toch « neen » had gezegd (4).

Il est établi qu’il y a eu un contact entre le capitaine
Theunissen et le colonel Dewez, par l’intermédiaire
de l’officier de permanence ou non. Ce fait est
confirmé par l’adjudant Boequelloen, bien qu’il ne
puisse rien affirmer au sujet du contenu de la communication et de l’heure à laquelle elle s’est déroulée (2).
Le fait que le contact concernait une proposition
d’intervention est également avéré. La question de
savoir à quel moment il a eu lieu reste ouverte. À
7 heures ? À 8 h 30 ? À 10 heures ? Avant ou après la
capture du groupe Lotin ? Ou deux fois, avant et
après, comme le prétend le capitaine Theunissen (3) ?
On ne retrouve aucune indication précise à ce sujet
dans le « Journal de campagne KIBAT » ni dans les
« Carnets de veille d’OSCAR et CHARLIE » Quoi
qu’il en soit, affirme le colonel Dewez, si on avait
proposé à 7 heures de renforcer le groupe Lotin en
rejoignant la maison de la Première ministre par les
jardins et en forçant des barrages, ce qui était susceptible de déclencher des réactions violentes, il aurait dit
« non » (4).

(4) Wisten of konden kolonel Dewez en de andere
betrokken Belgische officieren weten waar de groep
Lotin gevangen werd gehouden ?

(4) Le colonel Dewez et les autres officiers belges
concernés savaient-ils ou pouvaient-ils savoir où le
groupe Lotin était détenu ?

Kolonel Dewez stelt dat een interventie om de
groep Lotin te ontzetten hoe dan ook onmogelijk was
omdat men niet wist waar die zich juist bevond. Het
laatste gesprek met kolonel Dewez had luitenant
Lotin gevoerd met een Motorola van een waarnemer
van de VN (UNMO). « À ce moment-là, je ne le savais
pas, dix minutes après, j’ai dit au secteur que l’on
devait pouvoir dire qui parlait. Et c’est le secteur qui
m’a dit après que cela devait être l’UNMO du camp
Kigali. (...) C’était vers neuf heures, vers 9 h 10.
(...) » (5) Je suis allé par la suite moi-même au
QG-secteur, pour voir avec le colonel Persher, qui
était le commandant des UNMO, s’il avait encore des
nouvelles de son UNMO, s’il savait où il se trouvait.
À ce moment-là, il n’y avait pas de nouvelle. (...) j’ai
pris contact afin de savoir justement s’il avait réussi à

Le colonel Dewez prétend qu’une intervention en
vue de libérer le groupe Lotin était de toute façon
impossible, parce qu’on ne savait pas où il se trouvait
exactement. Pour sa dernière conversation avec le
colonel Dewez, le lieutenant Lotin a utilisé un Motorola d’un observateur de l’ONU (UNMO). « À ce
moment-là, je ne le savais pas, dix minutes après, j’ai
dit au secteur que l’on devait pouvoir dire qui parlait.
Et c’est le secteur qui m’a dit après que cela devait être
l’UNMO du camp Kigali. (...) C’était vers neuf
heures, vers 9 h 10. (...) » (5) Je suis allé par la suite
moi-même au QG-secteur, pour voir avec le colonel
Persher, qui était le commandant des UNMO, s’il
avait encore des nouvelles de son UNMO, s’il savait
où il se trouvait. À ce moment-là, il n’y avait pas de
nouvelle. (...) j’ai pris contact afin de savoir justement

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 6/11 (BV, blz. 690).
(2) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 6/11 (BV, blz. 893).
(3) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
30 juni 1997 (BV, blz. 927).
(4) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997 (BV, blz. 928 en 929).
(5) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 7/11 (BV, blz. 690).

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 6/11 (CRA, p. 676).
(2) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 6/11 (CRA, p. 873).
(3) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 30 juin
1997 (CRA, p. 907).
(4) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997,
CRA, pp. 907 et 908.
(5) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 7/11.

( 443 )

1 - 611/7 - 1997/1998

reprendre contact avec son UNMO, s’il savait où il se
trouvait, etc. Et le colonel Perscher m’a dit qu’il
n’arrivait plus à prendre contact avec lui. Il a encore
essayé quelques fois devant moi. Ensuite, j’ai discuté
avec des officiers. J’ai vu le colonel Marchal mais
seulement pendant une minute et je lui ai demandé ce
qui se passait et s’il pouvait prendre des actions pour
libérer les hommes. Lorsqu’il restait environ une
demi-heure à trois-quarts d’heure, j’ai discuté à la fois
avec les officiers belges qui étaient au QG-secteur et
avec le colonel Baudouin qui était de l’ACTM et qui,
donc, connaissait un peu mieux les FAR. J’ai discuté
avec lui de ce qui se passait... » Dit gebeurde
omstreeks 10.40 uur. (1) Ook kolonel Marchal
verklaarde niet exact op de hoogte te zijn geweest
waar Lotin zich bevond. « Le major Ntuyahaga avait
dit au lieutenant Lotin : « Déposez les armes et je vous
reconduirai à un cantonnement de l’ONU. » Pour
nous, ce cantonnement n’était pas le camp Kigali.
Notre perception du cantonnement était tout à fait
différente. » (2) Tijdens dezelfde hoorzitting echter
verklaart hij dat hij vanaf 9.08 uur wist dat de groep
Lotin zich in een kazerne bevond en niet in een
VN-kantonnement, « Quelques minutes après vers
9 h 08, j’interviens pour dire qu’ils seraient dans une
caserne près de l’ESM, ce qui figure bien dans la
plupart des journaux de campagne. » (3)

s’il avait réussi à reprendre contact avec son UNMO,
s’il savait où il se trouvait, etc. Et le colonel Perscher
m’a dit qu’il n’arrivait plus à prendre contact avec lui.
Il a encore essayé quelques fois devant moi. Ensuite,
j’ai discuté avec des officiers. J’ai vu le colonel
Marchal mais seulement pendant une minute et je lui
ai demandé ce qui se passait et s’il pouvait prendre des
actions pour libérer les hommes. Lorsqu’il restait
environ une demi-heure à trois-quarts d’heure, j’ai
discuté à la fois avec les officiers belges qui étaient au
QG-secteur et avec le colonel Baudouin qui était de
l’ACTM et qui, donc, connaissait un peu mieux les
FAR. J’ai discuté avec lui de ce qui se passait... » Cela
s’est passé vers 10 h 40 (1). Le colonel Marchal a, lui
aussi, déclaré ne pas avoir su exactement où se trouvait Lotin. « Le major Ntuyahaga avait dit au lieutenant Lotin : « Déposez les armes et je vous reconduirai
à un cantonnement de l’ONU. » Pour nous, ce cantonnement n’était pas le camp Kigali. Notre perception
du cantonnement était tout à fait différente. » (2) Au
cours de la même audition, il déclare toutefois qu’il
savait dès 9 h 08 que le groupe Lotin se trouvait dans
une caserne, et non dans un cantonnement de l’ONU.
« Quelques minutes après vers 9 h 08, j’interviens
pour dire qu’ils seraient dans une caserne près de
l’ESM, ce qui figure bien dans la plupart des journaux
de campagne. »(3)

In weerwil van de verklaringen die zij aflegden is
het voor de commissie duidelijk dat zowel kolonel
Marchal, als kolonel Dewez wisten, of toch minstens
met enige logische deductie hadden moeten weten
waar de groep Lotin zich bevond. Majoor Choffray
bevestigt dat men zeer vroeg ’s ochtends wist waar de
groep Lotin zich exact bevond. Dat blijkt ook uit de
beschikbare documenten, meer bepaald het « Journal
de campagne KIBAT (JC) », het « Carnet de veille
OSCAR » en het « Carnet de veille CHARLIE », die
door het auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof tot één overzichtelijk document werden
samengevoegd. Kort na 9 uur praten kolonel Marchal
(afgekort K9) en kolonel Dewez (afgekort S6) met
elkaar langs het net over de plaats waar Lotin
(afgekort Y6) werd vastgehouden.

En dépit des déclarations qu’ils ont faites, il est clair
pour la commission que tant le colonel Marchal que
le colonel Dewez savaient ou, du moins, auraient dû
malgré tout déduire logiquement, où se trouvait le
groupe Lotin. Le major Choffray confirme que l’on
savait très tôt le matin où le groupe Lotin se trouvait
exactement. Cela ressort également des documents
disponibles, et plus précisément du « Journal de
campagne KIBAT (JC) », du « Carnet de veille
OSCAR » et du « Carnet de veille CHARLIE », qui ont
été regroupés en un seul document synoptique par
l’auditorat général près la Cour militaire. Un peu
après 9 heures, le colonel Marchal (en abrégé K9) et le
colonel Dewez (en abrégé S6) s’entretiennent par le
réseau de l’endroit où Lotin (en abrégé Y6) a été
retenu.

In het « Carnet de veille OSCAR » staat het
volgende bericht genoteerd: « 9.09 Hr de K9 à S6 S6
speaking concernant 12 éléments de Y6 prisonniers
QTH près de ESM ». In het « Journal de campagne
KIBAT » staat « 9.10 Hr de K9 Sit Y: Pas de contact
avec FAR — Sinon TF sans effet — » en op datzelfde

Dans le « Carnet de veille OSCAR », on peut lire le
message suivant : « 9 h 9 de K9 à S6 S6 speaking
concernant 12 éléments de Y6 prisonniers QTH près
de ESM ». Le « Journal de campagne KIBAT » précise
« 9h10 de K9 SitY : Pas de contact avec FAR - Sinon Tf
sans effet — » et à la même heure « de S6 Y endroit :

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat,
1996-1997, 10 juni 1997, PV, blz. 8/6 tot 10/2 (BV, blz. 692).
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 28/6 (BV, blz. 705).
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 29/4 (BV, blz. 706).

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 8/6 à 10/2.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 28/6.
(3) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 29/4.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 444 )

uur « de S6 Y endroit: caserne à côté ESM — Voir
contact avec UNMO sur place » (1).

caserne à côté ESM - Voir contact avec UNMO sur
place » (1).

Vooral dit laatste bericht laat weinig twijfel mogelijk. ESM staat voor Ecole Supérieure Militaire en
de kazerne die er naast ligt, is kamp Kigali. Dat de
betrokken Belgische officieren wel degelijk weten dat
het om kamp Kigali gaat, wordt tijdens de confrontatie tussen kapitein Theunissen en kolonel Dewez
door deze laatste tot tweemaal toe bevestigd, « À
10 heures, je savais que le lieutenant Lotin était en
danger. Je suis resté sur le terme « tabasser ». Je savais
que le lieutenant Lotin avait des problèmes quelque
part dans le camp de Kigali, mais je n’imaginais pas
qu’il se faisait massacrer par une foule. » en « Lotin a
des problèmes. Un objectif est de sortir Lotin des
problèmes. Mais, quand on entend par objectif,
l’objectif terrain, je sais après dix minutes, un quart
d’heure, qu’il doit se trouver certainement dans le
camp Kigali, puisque le motorola avec lequel il parlait
était celui de l’observateur du camp Kigali. Je supposais donc qu’il se trouvait dans le camp Kigali. » (2)

Ce dernier message, surtout, ne laisse subsister
aucun doute. ESM signifie École supérieure militaire
et la caserne à côté, c’est le camp Kigali. Le fait que les
officiers belges concernés savaient pertinemment bien
qu’il s’agissait du camp Kigali est confirmé à deux
reprises lors de la confrontation entre le capitaine
Theunissen et le colonel Dewez par ce dernier : « À
10 heures, je savais que le lieutenant Lotin était en
danger. Je suis resté sur le terme « tabasser ». Je savais
que le lieutenant Lotin avait des problèmes quelque
part dans le camp de Kigali, mais je n’imaginais pas
qu’il se faisait massacrer par une foule. » et « Lotin a
des problèmes. Un objectif est de sortir Lotin des
problèmes. Mais, quand on entend par objectif,
l’objectif terrain, je sais après dix minutes, un quart
d’heure, qu’il doit se trouver certainement dans le
camp Kigali, puisque le motorola avec lequel il parlait
était celui de l’observateur du camp Kigali. Je supposais donc qu’il se trouvait dans le camp Kigali. » (2).

Het wordt overigens door kolonel Marchal —
afwijkend van wat hij voor de commissie tot tweemaal toe heeft verklaard (3) — nogmaals uitdrukkelijk herhaald om 9.45 uur, « Prend contact avec
UNMO (camp Kigali) pour Sit Y car pas contact Tf
avec FAR » (4). Het tweede deel van de zinssnede die
in het « Journal de campagne KIBAT » is terug te
vinden (namelijk « Voir contact avec UNMO sur
place »), alsmede de wetenschap dat luitenant Lotin
bij zijn laatste contact gebruik maakte van een Motorola waarover de VN-waarnemers (UNMO) beschikten lieten toe te veronderstellen dat hij zich misschien in het gebouw of in elk geval heel dicht bij het
gebouw bevond. Vraag is dan of niemand kon zeggen
waar het gebouw van de UNMO in kamp Kigali zich
bevond — Ofwel vergat kolonel Dewez er naar te
informeren en zocht hij enkel rechtstreeks telefonisch
contact met de betrokken VN-waarnemer. Ofwel kon
niemand noch in de staf van kolonel Dewez, noch op
het hoofdkwartier van de VN vertellen waar dit
gebouw zich situeerde. Dat laatste is echter wel heel
onwaarschijnlijk. Op het hoofdkwartier van de VN
in Kigali was kolonel Percher de verantwoordelijke
voor de waarnemers (UNMO). Het is ondenkbaar dat

Le colonel Marchal le répète d’ailleurs une
nouvelle fois explicitement à 9 h 45 — s’écartant de ce
qu’il a déclaré à deux reprises devant la commission (3) : « Prend contact avec UNMO (camp Kigali)
pour Sit Y car pas contact Tf avec FAR » (4). La
deuxième partie du membre de phrase que l’on
retrouve dans le « Journal de campagne KIBAT » (à
savoir « Voir contact avec UNMO sur place » et le fait
de savoir que le lieutenant Lotin avait utilisé, pour
son dernier contact, un Motorola dont disposaient les
observateurs de l’ONU (UNMO) permettaient de
croire qu’il se trouvait peut-être dans le bâtiment ou
dans les environs de celui-ci. La question est alors de
savoir si personne ne pouvait dire où se trouvait le
bâtiment des UNMO dans le camp Kigali. Ou bien le
colonel Dewez a oublié de s’informer à ce sujet et il a
uniquement cherché à entrer en contact téléphonique
direct avec l’observateur de l’ONU en question. Ou
bien personne, ni à l’état-major du colonel Dewez, ni
au QG-secteur de l’ONU, ne pouvait dire où ce bâtiment se situait. Cette dernière hypothèse est toutefois
très improbable. Au QG-secteur de l’ONU à Kigali, le
colonel Percher était le responsable des observateurs
(UNMO). Il est impensable qu’il n’ait pas su où se

——————

——————

(1) Zie document in bijlage, blz. 23.
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 22/9 e.v. (BV, blz. 927 en 932).
(3) « Neen, voor mij was het in de militaire school maar ik
kende de juiste plaats niet », en « Na de middag heb ik voor het
eerst de woorden « kamp Kigali » gehoord ». Hoorzitting met
kolonel Marchal, POR, Senaat, 1996-1997, 10 juni 1997 (BV,
blz. 706 en 710).
(4) Zie document in bijlage, blz. 24; overigens vindt men om
exact hetzelfde uur ongeveer hetzelfde bericht ook terug in het
« Carnet de veille OSCAR », « et ?? essayer prendre contact UNO
camp Kigali pour sit Y car pas de contact Tf FAR AN ».

(1) Voir document en annexe, p. 23.
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997,
PV, p. 22/9 et ss.
(3) « Non, pour moi, c’était à l’École royale militaire mais je
ne connaissais pas l’endroit exact » et « J’ai entendu, pour la
première fois, les termes « camp Kigali » passé midi. » Audition
du colonel Marchal, CER, Sénat, 1996-1997, 10 juin 1997 (CRA,
pp. 692 et 695).
(4) Voir document en annexe, p. 24; on retrouve d’ailleurs
aussi, exactement à la même heure, à peu près le même message
dans le « Carnet de veille OSCAR », « et ?? essayer prendre
contact UNO camp Kigali pour sit Y car pas de contact Tf FAR
AN ».

( 445 )

1 - 611/7 - 1997/1998

hij niet zou geweten hebben waar het bureel van zijn
waarnemer zich in kamp Kigali juist bevond. En
indien deze onwaarschijnlijkheid toch waar zou zijn,
betekent het in ieder geval een schromelijke tekortkoming in de werking van dat hoofdkwartier.

trouvait exactement le bureau de son observateur au
camp Kigali. Et si cette invraisemblance était quand
même vraie, cela signifie en tout cas qu’il y avait une
terrible lacune dans le fonctionnement de ce quartier
général.

Volgens kapitein Theunissen kwam ook kolonel
Marchal in het gesprek tussen luitenant Lotin en
kolonel Dewez tussen om te verklaren dat hij (Lotin)
zelf het best geplaatst was om te weten welk initiatief
hij diende te nemen (1). Kolonel Dewez die
gedurende enige minuten de gesprekken op het
netwerk niet kon volgen, verklaart, « D’après ce que
certains officiers m’ont dit — et notamment le
capitaine Schepkens qui était l’officier de liaison du
bataillon auprès du QG-secteur et qui se trouvait près
du colonel Marchal —, il semblerait que le colonel
Marchal soit intervenu dans le réseau. Ce serait à ce
moment que l’on aurait dit : c’est toi qui es sur place,
c’est toi qui es le plus à même pour juger de la
situation. » (2) Kolonel Marchal ontkent dit (3). De
commissie heeft overigens in de haar ter beschikking
gestelde stukken geen spoor hiervan kunnen
ontdekken.

D’après le capitaine Theunissen, le colonel
Marchal est intervenu, lui aussi, dans la conversation
entre le lieutenant Lotin et le colonel Dewez pour
déclarer que lui-même (Lotin) était le mieux placé
pour savoir quelle initiative il devait prendre (1). Le
colonel Dewez, qui n’a pas pu suivre la conversation
sur le réseau pendant quelques minutes, déclare :
« D’après ce que certains officiers m’ont dit — et
notamment le capitaine Schepkens qui était l’officier
de liaison du bataillon auprès du QG-secteur et qui se
trouvait près du colonel Marchal —, il semblerait que
le colonel Marchal soit intervenu dans le réseau. Ce
serait à ce moment que l’on aurait dit : c’est toi qui es
sur place, c’est toi qui es le plus à même pour juger de
la situation. » (2) Le colonel Marchal dément (3).
La commission n’en a d’ailleurs pu découvrir aucune
trace dans les documents mis à sa disposition.

Kapitein Theunissen verwijt de Belgische officieren
die het commando voerden, dat zij zich niet ter
plaatse zijn gaan vergewissen van de situatie waarin
de groep Lotin zich bevond. Op de opwerping dat er
versperringen waren die onmogelijk konden worden
doorbroken zoals kolonel Dewez stelt, antwoordt hij,
« Als men aandrong kon men voorbijkomen » (4).
Volgens hem stelden die versperringen overigens niet
zoveel voor: twee à drie FAR-soldaten die soms over
een automatisch wapen beschikten. Er waren wel
twee AML’s uitgerust met een 60 mm-kanon, maar de
groep Theunissen beschikte naar eigen zeggen over
punt 50’s en MAG’s die in staat zijn om door het
pantser van deze voertuigen heen te dringen (5).
Volgens kolonel Marchal daarentegen was het met de
beschikbare machinegeweren onder meer de punt 50
niet mogelijk de bepantsering van een AML te
doorboren, dat kon alleen met de LAW (6). Ook

Le capitaine Theunissen reproche aux officiers
belges qui exerçaient le commandement de ne pas être
allés se rendre compte sur place de la situation dans
laquelle le groupe Lotin se trouvait. Lorsqu’on lui
objecte qu’il y avait des barrages qu’il était impossible
de franchir, comme l’affirme le colonel Dewez, il
répond : « En insistant, il était possible de
passer. » (4) D’après lui, ces barrages ne représentaient d’ailleurs pas grand-chose : deux ou trois
soldats des FAR qui disposaient parfois d’une arme
automatique. Il y avait certes deux AML équipés d’un
canon de 60 mm, mais le groupe Theunissen disposait, selon ses propres dires, de points 50 et de MAG
capables de percer le blindage de ces véhicules (5).
Selon le colonel Marchal, par contre, il n’était pas
possible, avec les mitrailleuses disponibles, notamment les point 50, de percer le blindage d’un AML; ce
n’aurait été possible qu’avec un LAW (6). Le colonel

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
1996-1997, 6 juni 1997 (BV, blz. 677).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 3/11 (BV, blz. 688).
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat,
1996-1997, 10 juni 1997 (BV, blz. 706).
(4) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
1996-1997, 10 juni 1997, PV, blz. BV, (blz. 688).
(5) Hoorzittingen
met
kapitein
Theunissen
en
korporaal-chef Pierard, POR, Senaat, 6 juni 1997, BV, blz. 673,
27 juni blz. 898 en 30 juni 1997, blz. 923.
(6) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 705).

(1) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997 (CRA, p. 663).
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 3/11.
(3) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 692).
(4) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 10 juin
1997, PV, p. (CRA, p. 674).
(5) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, CRA, p. 659 et audition du caporal-chef Pierard, CER,
Sénat, 6 juin 1997, PV, CRA, p. 903.
(6) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, pp. 690 et 691).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 446 )

kolonel Dewez heeft zijn twijfels of met een punt 50
de bepanstering van een AML kan worden
doorboord (1).

Dewez doute, lui aussi, que l’on puisse percer le blindage d’un AML avec un point 50 (1).

(5) Was een interventie ter ontzetting strijdig met
de ROE ?

(5) Une intervention de dégagement était-elle
contraire aux ROE ?

Het laatste argument dat door kolonel Dewez
wordt aangevoerd om het uitblijven van een interventie ter ontzetting van luitenant Lotin te verantwoorden, is dat zo’n aktie strijdig ware geweest met de
Rules of engagement (ROE). « Je dis non, parce que
dans le cadre dans lequel je me trouve, je ne peux pas
me permettre de faire une action purement militaire,
comme nous en avons discuté tout à l’heure avec
Mme Dua. Une action où l’on attaque, où l’on fait du
feu et du mouvement comme l’a dit le capitaine Theunissen, je ne peux pas me la permettre. Pourquoi —
Parce qu’il y a les règles d’engagement. Mes règles
d’engagement ne m’autorisent pas à franchir le
barrage par la force. Et n’oubliez pas que je ne me
rends pas compte que Lotin est en train de se faire
massacrer. » (2) Generaal Dallaire is evenwel een
heel andere mening toegedaan. Hoewel ook hij een
interventie een al te risicovolle operatie vond, verklaarde hij in zijn schriftelijke getuigenis aan het auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof dat zo’n
tussenkomst perfect in overeenstemming viel te brengen met de ROE, « (...) the ROE would have authorized an intervention force to come to the aid of the
Belgian peacekeepers » (3).

Le dernier argument invoqué par le colonel Dewez
pour justifier l’absence d’intervention en vue de libérer le lieutenant Lotin est qu’une telle action aurait été
contraire aux règles d’engagement (ROE) : « Je dis
non, parce que dans le cadre dans lequel je me trouve,
je ne peux pas me permettre de faire une action purement militaire, comme nous en avons discuté tout à
l’heure avec Mme Dua. Une action où l’on attaque,
où l’on fait du feu et du mouvement comme l’a dit le
capitaine Theunissen, je ne peux pas me la permettre.
Pourquoi — Parce qu’il y a les règles d’engagement.
Mes règles d’engagement ne m’autorisent pas à franchir le barrage par la force. Et n’oubliez pas que je ne
me rends pas compte que Lotin est en train de se faire
massacrer. » (2) Le général Dallaire voit, toutefois,
les choses de manière tout à fait différente. Bien qu’il
juge, lui aussi, qu’une intervention serait trop risquée,
il n’en affirme pas moins, dans le témoignage écrit
qu’il adresse à l’auditeur-général près la cour militaire, qu’une telle intervention était parfaitement
conforme aux ROE, « (...) the ROE would have
authorized an intervention force to come to the aid of
the Belgian peacekeepers » (3).

Hoe dan ook, na een grondige lectuur is de
commissie de mening toegedaan dat de opvatting van
kolonel Dewez een wel erg enge interpretatie is van de
ROE, waarbij een reëel of potentieel gevaar voor de
manschappen wordt ondergeschikt gemaakt aan het
naleven van een aantal bureaucratische richtlijnen.
Ook bij een strikte interpretatie van de ROE klopt de
redenering van kolonel Dewez echter niet. Van zodra
de groep Lotin bij het huis van Eerste minister Agathe
arriveert, worden zijn voertuigen onder vuur genomen. Daarna wordt hij aangemaand zijn wapens af te
geven. In ieder geval wordt het hem onmogelijk
gemaakt de opdracht uit te voeren die hem door
Dewez, Marchal en Dallaire, zijn commandanten
werd toevertrouwd, te weten het ophalen en escorteren van de Eerste minister naar Radio Rwanda.

Quoi qu’il en soit, après une lecture détaillée, la
commission estime que le colonel Dewez fait des ROE
une interprétation très stricte, qui subordonne un
danger réel ou potentiel pour les hommes au respect
d’un certain nombre de directives bureaucratiques.
Mais même en cas d’interprétation stricte des ROE, le
raisonnement du colonel Dewez n’est pas correct aux
yeux de la commission. Dès que le groupe Lotin arrive
près de la maison de la Première ministre, Mme
Agathe, ses véhicules sont pris sous le feu. Ensuite, il
est sommé de déposer les armes. En tout cas, on
l’empêche d’accomplir la mission qui lui a été confiée
par Dewez, Marchal et Dallaire, ses supérieurs hiérarchiques, mission qui consiste à emmener et escorter la
Première ministre à Radio Rwanda.

Wie de ROE er goed op naleest, merkt dat daardoor punten 10 en 15b. ervan van toepassing worden.

En lisant attentivement les ROE, on remarque que
les points 10 et 15b de celles-ci sont applicables. Le

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997, (BV, blz. 923).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 28/1 e.v. (BV, blz. 932).
(3) Antwoorden op vragen voorgelegd aan generaal-majoor
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
blz. 27 punt 70, zie dossier auditoraat-generaal bij het Militair
Gerechtshof, Not. nr. 01.00009.95.

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997,
CRA, p. 911.
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 30 juin 1997,
PV, p. 28/1 et ss.
(3) « Réponses sur les questions posées par le juge-avocatgénéral de la cour militaire au général-major Dallaire, p. 27,
point 70, voir dossier auditorat-général près la Cour militaire,
Not. no 01.00009.95.

( 447 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Punt 10 beschrijft het concept. Punt 15b. bepaalt dat
beroep kan worden gedaan op gewapend geweld,
zijnde onder meer het gebruik van vuurwapens in
geval van o.a. (1) wettige zelfverdediging, (2) pogingen om het personeel van UNAMIR te ontwapenen, (3) wanneer UNAMIR-personeel in levensgevaar
verkeert, (4) wanneer andere levens in gevaar zijn, (5)
ter verdediging van de installaties en de voertuigen
van de VN tegen een gewapende aanval, (6) wanneer
er pogingen worden ondernomen om UNAMIR-personeel met gewapend geweld zich uit een positie te
doen terugtrekken waartoe het van hun oversten opdracht kreeg die te bezetten, (7) wanneer er pogingen
zijn om met gewapend geweld binnen te dringen in de
installaties van de VN of een VN-macht te isoleren,
(8) in geval er poging is om met geweld UNAMIRpersoneel te beletten de taken uit te voeren die het
door de commandanten werden toevertrouwd en (9)
in geval van poging tot ontvoering of arrestatie met
geweld van burgelijk of militair personeel van de VN.

point 10 définit le concept. Le point 15b dispose que
l’on peut recourir à la force armée, c’est-à-dire, entre
autres, aux armes à feu, notamment : (1) en cas de légitime défense; (2) contre des tentatives de désarmer le
personnel de la MINUAR; (3) lorsque du personnel
de la MINUAR est en danger de mort; (4) lorsque
d’autres vies sont en danger; (5) pour défendre les
installations ou les véhicules de l’ONU contre une
attaque armée; (6) lorsque des tentatives sont faites
pour forcer le personnel de la MINUAR au moyen
d’une force armée à se retirer d’une position qu’il a
reçu l’ordre d’occuper de ses supérieurs; (7) en cas de
tentatives par le recours à la force armée de pénétrer
dans les installations de l’ONU ou d’isoler une force
de l’ONU; (8) en cas de tentative par la force
d’empêcher le personnel de la MINUAR d’effectuer
des missions assignées par ses commandants; et (9) en
cas de tentative d’enlèvement ou d’arrestation de
personnel militaire ou civil de l’ONU par la force.

In het geval van de groep Lotin konden minstens de
paragrafen (1), (2), (5), (6) en zeker (8) worden ingeroepen. Ook paragrafen (2) en (9) kwamen in aanmerking. Discussie is dus onmogelijk: er kon gewapend
geweld door de Belgische blauwhelmen worden
gebruikt zowel bij het huis van de Eerste minister als
na de gevangenneming door de FAR. Welke vorm van
geweld en met welke intensiteit wordt beschreven in
punt 11 van de ROE, meer bepaald paragraven e. en f.
In geval de bedreiging eminent is of indien aarzelen
nog tot meer slachtoffers zou kunnen leiden, mag
onmiddellijk tot het gebruik van gewapend geweld
worden overgegaan. Het beginsel daarbij is dat een
« minimaal geweld », la « force minimum », « minimal
force » moet worden aangewend. Concreet mag op
een actie gericht tegen UNAMIR een equivalente tegenreactie volgen van UNAMIR. Het doorbreken of
forceren van een wegversperring is daarbij perfect
mogelijk. Ultieme vraag tenslotte is wie daartoe
beslist.

Dans le cas du groupe Lotin, on pouvait invoquer
au moins les §§ (1), (2), (5), (6) et, sûrement, (8). Les
§§ (2) et (9) entrent, eux aussi, en considération.
Toute discussion est donc impossible : les Casques
bleus belges pouvaient recourir à la violence armée
tant près de la maison de la Première ministre
qu’après la capture par les FAR. Le point 11 des ROE,
et plus précisément les §§ e. et f., définissent quelle
forme de violence peut être exercée et avec quelle
intensité. En cas de menace immédiate ou si une hésitation risque d’entraı̂ner un nombre encore plus
grand de victimes, on peut recourir immédiatement à
la violence armée. Le principe appliqué en
l’occurrence est qu’il faut utiliser la « force minimum », « minimal force ». Concrètement, une action
dirigée contre la MINUAR peut donner lieu à une
contre-réaction équivalente de la MINUAR. Il est
parfaitement possible, en l’espèce, de percer ou de
forcer un barrage. Enfin, la dernière question qui se
pose est de savoir qui prend cette décision.

Het is hij die met de bedreiging wordt geconfronteerd die oordeelt, maar overeenkomstig punt 8 van
de ROE is het de plaatselijke commandant tot op het
niveau van onderofficier die geconfronteerd met een
bedreiging die al dan niet beslist daarbij gebruik te
maken van het persoonlijk wapen aangewend schot
per schot. In geval dat lichte mitrailleurs moeten
worden ingezet, verleent de commandant van de
sector toestemming. In geval de aanwending van
zwaardere wapens (zware mitrailleurs, antitankwapens e.d.m.) noodzakelijk blijkt, is het de commandant van de Force of in zijn afwezigheid de commandant aan wie hij zijn bevoegdheid heeft overgedragen (1). Een interventie om luitenant Lotin te ontzetten hetzij bij de woning van Eerste minister Agathe

C’est celui qui est confronté à la menace qui juge,
mais conformément au point 8 des ROE, c’est le
commandant local jusqu’au niveau sous-officier qui
décide de recourir ou non aux armes personnelles
pour monocoups. Au cas où il faut faire intervenir des
mitrailleuses légères, le commandant de secteur
donne l’autorisation. Si l’usage d’armes plus lourdes
(mitrailleuses lourdes, armes antichars et autres)
s’avère nécessaire, c’est le commandant de la Force
ou, en son absence, le commandant auquel il a délégué ses pouvoirs (1). Une intervention visant à dégager le lieutenant Lotin, soit près du domicile de la
Première ministre Mme Agathe Uwilingiyimana, soit
au camp Kigali, n’était dès lors, dès le départ, pas
contraire aux ROE. S’il fallait pour cela utiliser des

——————

——————

(1) Rapport ad hoc groep-Rwanda, Senaat, 1996-1997, 7
januari 1997, bijlage nr. 5, blz. 3 tot en met 7.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, annexe no 5, Sénat,
7 janvier 1997, pp. 3-7.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 448 )

Uwilingiyimana, hetzij in kamp Kigali was derhalve
van bij de aanvang helemaal niet strijdig met de ROE.
Indien daarbij zwaardere wapens moesten worden
ingezet dan het persoonlijk wapen, diende kolonel
Dewez een vraag te richten tot kolonel Marchal of
gebeurlijk generaal Dallaire of zijn vervanger. Uit
geen enkel van de beschikbare stukken of van de verslagen van de getuigenverhoren blijkt dat zo’n verzoek werd overwogen, laat staan zou zijn geformuleerd.

armes plus lourdes que l’arme personnelle, le colonel
Dewez devait en formuler la demande au colonel
Marchal ou, éventuellement, au général Dallaire ou à
son remplaçant. Aucun des documents disponibles ni
des rapports d’auditions des témoins ne révèle qu’une
telle requête ait été formulée ni même envisagée.

(6) Waarom bleef kolonel Dewez betrouwen op
een interventie van de gendarmerie of de FAR ?

(6) Pourquoi le colonel Dewez a-t-il persisté à
croire en une intervention de la gendarmerie ou des
FAR ?

De commissie stelt vast dat vanaf de prille ochtend
van 7 april tot in de loop van de namiddag kolonel
Dewez hoopte op een tussenkomst van de Rwandese
militaire overheden. Ingevolge de afspraken die
tijdens het crisisberaad in de nacht van 6 op 7 april
werden gemaakt, werd gerekend op de medewerking
van de gendarmerie om de escortes en patrouilles van
UNAMIR voorbij de wegversperringen te loodsen,
terwijl ook het Rwandese leger op de hoogte zou
worden gebracht en UNAMIR vrije doorgang zou
verlenen.

La commission constate que dès l’aube du 7 avril et
jusque dans le courant de l’après-midi, le colonel
Dewez a espéré une intervention des autorités militaires rwandaises. Suite aux accords conclus lors de la
réunion de crise qui s’est tenue dans la nuit du 6 au
7 avril, on a escompté la collaboration de la gendarmerie pour permettre aux escortes et patrouilles de la
MINUAR de franchir les barrages, tandis que de son
côté, l’armée rwandaise serait mise au courant et laisserait le libre passage à la MINUAR.

Een grondig onderzoek van de beschikbare documenten en ook nieuwe feiten aangedragen door de
getuigen laten echter niet de minste twijfel bestaan. Al
heel vroeg in de ochtend blijkt dat er van de beloofde
medewerking van de Rwandese gendarmerie niet veel
in huis zou komen. Toen het bevel werd gegeven om
samen met de gendarmerie de patrouilles te hervatten,
maakten meerdere officieren van het Belgisch bataljon hiertegen bezwaar omdat zij toen al wisten dat de
Rwandese rijkswacht niet meer met de Belgen wou
werken (1). Kort na 2 uur dan, toen de officier van
wacht het aantal uit te voeren patrouilles meedeelde
en het aantal Rwandese rijkswachters dat daarbij zou
moeten worden opgevraagd, werd het definitief duidelijk dat men niet op de Rwandese gendarmerie kon
rekenen. Uit het document dat door het auditoraatgeneraal bij het Militair Gerechtshof werd samengebracht uit het « Journal de campagne KIBAT » en de
« Carnets de veille » blijkt dat de commandanten verantwoordelijk voor de patrouilles meestal zonder of
met een heel beperkte medewerking van de gendarmerie hun opdracht diende aan te vatten. Om 2.25 uur
meldt B6, « Je suis à la Gd. Problème, ils savent la
mort du président. Refusent de donner des Gd. » Om
2.28 uur meldt C6 hetzelfde. Om 3.26 uur meldt A6
« Problème de Gd 2 éléments sur place ne veulent pas
en donner », en een tiental minuten later « reçu un Gd
mais pas très frais » (2). Van de achttien rijkswach-

Un examen approfondi des documents disponibles
et aussi de nouveaux faits rapportés par les témoins ne
laissent toutefois pas subsister le moindre doute. Très
tôt dans la matinée déjà, il s’est avéré qu’il ne fallait
pas attendre grand-chose de la promesse de collaboration de la gendarmerie rwandaise. Quand fut donné
l’ordre de reprendre les patrouilles avec la gendarmerie, plusieurs officiers du bataillon belge firent des
objections parce qu’ils savaient déjà que la gendarmerie rwandaise ne voulait plus travailler avec les
Belges (1). Peu après 2 h, quand l’officier de garde
communiqua le nombre de patrouilles à effectuer et le
nombre de gendarmes rwandais qu’il faudrait demander à cet effet, il s’avéra que l’on ne pouvait pas compter sur la gendarmerie rwandaise. Le document
reconstitué par l’auditorat général près la cour militaire à partir du « Journal de campagne KIBAT » et
des « Carnets de veille » révèle que les commandants
responsables des patrouilles ont dû la plupart du
temps assurer leur mission sans l’aide de la gendarmerie ou avec une aide très limitée de celle-ci. À 2 h 25, B6
communique : « Je suis à la Gd. Problème, ils savent la
mort du président. Refusent de donner des Gd. » À
2 h 28 C6 communique la même chose. À 3 h 26, A6
communique : « Problème de Gd, 2 éléments sur place
ne veulent pas en donner », et une dizaine de minutes
plus tard : « reçu un Gd mais pas très frais » (2). Des
dix-huit gendarmes, qui ont été demandés par A6 (...),

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997 (BV, blz. 441).
(2) Zie document in bijlage, blz. 9 tot en met 12.

(1) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997
(CRA, p. 431).
(2) Voir document en annexe, pp. 9-12.

( 449 )

1 - 611/7 - 1997/1998

ters die door A6 (...), B6 (...) en C6 (kapitein Marchal)
werden gevraagd zullen er hoop en al drie à vier opdagen of ter beschikking worden gesteld. Ook de officier van de gendarmerie die zich gewoonlijk op de staf
van KIBAT bevond, kwam de ochtend van 7 april niet
opdagen (1).

B6 (...) et C6 (capitaine Marchal), seuls trois ou quatre
se présenteront ou seront mis à disposition en tout et
pour tout. Même l’officier de gendarmerie qui se trouvait d’habitude à l’état-major de KIBAT ne s’est pas
présenté le 7 avril au matin (1).

Van een medewerking van het Rwandese leger valt
die ochtend van 7 april al helemaal niets te merken.
Op enkele uitzonderingen na weigeren zij doorgang
te verlenen aan de wegversperringen zodat de
Belgische patrouilles verplicht zijn ze te ontwijken.
En ook de hulp die door de sector (kolonel Marchal)
en door KIBAT (kolonel Dewez) aan het
hoofdkwartier van de Rwandese strijdkrachten
wordt gevraagd, blijft uit. De verbindingsofficieren
van de FAR die de patrouilles van KIBAT die
vastzitten bij de wegversperringen moeten helpen
passeren, komen niet opdagen. Luitenant Lotin
bijvoorbeeld zal bijna twee uren, vanaf 3.19 uur tot
5.12 uur aan een wegversperring geblokkeerd blijven.
Verschillende malen wordt hem medegedeeld o.a.
door kolonel Dewez dat er een verbindingsofficier
van de FAR komt om de situatie te deblokkeren.
Verscheidene malen wordt aan luitenant Lotin de
vraag gesteld of de verbindingsofficier van de FAR al
is opgedoken. Het antwoord is telkens negatief, en
uiteindelijk zal luitenant Lotin op aangeven van
kapitein Marchal de versperring ontwijken en een
andere route nemen naar de woning van Eerste
minister Agathe (2). Hetzelfde overkomt C6
(kapitein Marchal), alsmede A6 en de groep
(RELAX) die vastzit aan de ingang van de
luchthaven. Ook daar zal de verbindingsofficier van
de FAR niet opduiken. Pas zeven uur later, om 7.18
uur na een tussenkomst van de Belgische
ambassadeur zullen zij in hun eigen voertuigen die ze
weigerden te verlaten en geescorteerd door de
FAR-troepen die hen bedreigden het hoofdkwartier
van het Belgisch bataljon bereiken. Hetzelfde
overkomt K7 en de sectie die zich naar Kanombe
diende te begeven, naar de plaats waar het
presidentiële
vliegtuig
neerstortte.
De
verbindingsofficier die om 3.45 uur beloofd werd;
komt niet opdagen en de FAR-troepen van Kanombe
die door de generale staf van de FAR op de hoogte
zouden gebracht worden, drijven de Belgische
Blauwhelmen bij hun aankomst terug.

Ce matin du 7 avril, l’armée rwandaise ne donne
absolument aucune velléité de collaboration. À quelques exceptions près, les militaires refusent de laisser
le passage aux barrages de sorte que les patrouilles
belges sont obligées de les éviter. De même, l’aide
demandée par le secteur (colonel Marchal) et par
KIBAT (colonel Dewez) au quartier général des forces
armées rwandaises reste lettre morte. Les officiers de
liaison des FAR, qui doivent aider les patrouilles de
KIBAT à franchir les barrages où elles sont bloquées,
ne se présentent pas. Le lieutenant Lotin, par exemple, restera bloqué près de deux heures, de 3 h 19 à
5 h 12 à un de ces barrages. Plusieurs fois, on lui
communique, entre autres le colonel Dewez, qu’un
officier de liaison des FAR va arriver pour débloquer
la situation. Plusieurs fois, on demande au lieutenant
Lotin si l’officier de liaison des FAR s’est déjà
présenté. La réponse est chaque fois négative et finalement, sur ordre du capitaine Marchal, le lieutenant
Lotin contourne le barrage et prend une autre route
vers le domicile de la Première ministre Mme
Agathe (2). La même mésaventure survient à C6
(capitaine Marchal, ainsi qu’à A6 (...) et au groupe
(RELAX), qui est bloqué à l’entrée de l’aéroport. Là
aussi, l’officier de liaison des FAR ne s’est pas manifesté. Ce n’est que sept heures plus tard, à 7 h 18, suite
à une intervention de l’ambassadeur de Belgique,
qu’ils atteindront le quartier général du bataillon
belge, à bord de leurs propres véhicules qu’ils avaient
refusé de quitter et escortés par les troupes des FAR
qui les menaçaient. Il en va de même de K7 (...) et de la
section qui devait se rendre à Kanombe, le lieu où s’est
écrasé l’avion présidentiel. L’officier de liaison
promis à 3 h 45 n’est jamais arrivé et les troupes des
FAR de Kanombe, que l’état-major des FAR aurait dû
informer, ont refoulé les Casques bleus belges à leur
arrivée.

Voor de commissie is het onbegrijpelijk dat op
grond van deze en andere incidenten die zich allen
voordeden voor de gevangenneming van de groep
Lotin, kolonel Dewez vertrouwen bleef stellen in de
officieren op het hoofdkwartier van de FAR (3).

Pour la commission, il est incompréhensible, sur le
vu de ces incidents et d’autres encore qui se sont tous
produits avant que le groupe de Lotin ne soit fait
prisonnier, que le colonel Dewez ait continué à se fier
aux officiers du quartier général des FAR (3). Le

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 19961997, 13 mei 1997 (BV, blz. 486).
(2) Zie document in bijlage, blz. 11 tot en met 15.
(3) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, blz. 479.

(1) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 1996-1997, 13
mai 1997 (CRA, p. 469).
(2) Voir document en annexe, pp. 11-15.
(3) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
CRA, p. 469.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 450 )

Kolonel Dewez hierover : « La seule façon dont je
voyais la libération de ces hommes qui avaient été
faits prisonniers par les Forces armées rawandaises,
c’était par un contact avec celles-ci » (1). ... « Autant
j’avais une certaine confiance en certains officiers
supérieurs des FAR, autant je me rendais compte que
le contact était tout à fait différent aux échelons
inférieurs, en ce qui concernait les sous-offciers ou les
soldats en poste aux barrages. » (2) ... « Quand il a été
emmené au départ par les FAR, donc avant son
dernier... Là j’étais — c’est dur à dire maintenant —
un peu tranquillisé. Cela peut sembler dérisoire par la
suite quand on sait ce qui s’est passé mais à l’époque je
me suis dit qu’il valait être mieux prisonnier que
mort » (3). Geen enkele van de gemaakte afspraken
werd nageleefd. Ook na 9 uur, na de gevangenneming
van luitenant Lotin bleek dat geen staat kon worden
gemaakt op de FAR. Vanaf 9.10 uur vermeldt het
« Journal de campagne KIBAT » dat kolonel Marchal
meedeelt, « Sit Y: Pas de contact avec FAR — Sinon
Tf sans effet ? ». Om 9.22 uur meldt het « Cahier de
veille OSCAR » « Toujours pas de réponse
concernant nos gens qui viennent d’être arrêtés ». Om
9.45 uur vermeldt dezelfde bron het bericht van
kolonel Marchal, « pour sit Y car pas de contact Tf
avec FAR » (4). Kolonel Marchal verklaarde tijdens
één van de hoorzittingen dat hij over het lot van de
groep Lotin uiteindelijk contact had met de
verbindingsofficier tussen de FAR en UNAMIR en
dat deze hem beloofde een officier van de FAR naar
het Kigali-kamp te zenden. « ... l’officier de liaison
n’est jamais arrivé, contrairement à ce qu’il m’avait
promis. » (5). Kolonel Marchal meldde dit blijkbaar
niet aan kolonel Dewez.

colonel Dewez : « La seule façon dont je voyais la libération de ces hommes qui avaient été faits prisonniers
par les Forces armées rawandaises, c’était par un
contact avec celles-ci » (1). ... « Autant j’avais une
certaine confiance en certains officiers supérieurs des
FAR, autant je me rendais compte que le contact était
tout à fait différent aux échelons inférieurs, en ce qui
concernait les sous-offciers ou les soldats en poste aux
barrages. » (2) ... « Quand il a été emmené au départ
par les FAR, donc avant son dernier... Là j’étais —
c’est dur à dire maintenant — un peu tranquillisé.
Cela peut sembler dérisoire par la suite quand on sait
ce qui s’est passé mais à l’époque je me suis dit qu’il
valait être mieux prisonnier que mort » (3). Aucun
des accords conclus n’a été respecté. Même après
9 heures, après que le lieutenant Lotin eut été fait
prisonnier, il s’est avéré que l’on ne pouvait pas
compter sur les FAR. Le « Journal de campagne
KIBAT » mentionne à partir de 9 h 10 que le colonel
Marchal communique : « Sit Y : Pas de contact avec
FAR — sinon Tf sans effet ? ». À 9 h 22, le « Cahier de
veille OSCAR » mentionne : « Toujours pas de
réponse concernant nos gens qui viennent d’être arrêtés ». À 9 h 45, la même source mentionne le message
du colonel Marchal : « pour sit Y car pas de contact Tf
avec FAR » (4). Le colonel Marchal a déclaré au
cours d’une des auditions qu’en ce qui concerne le
sort du groupe Lotin, il était finalement parvenu à
contacter l’officier qui faisait la liaison entre les FAR
et la MINUAR et que celui-ci lui avait promis que l’on
enverrait un officier des FAR au camp Kigali. « ...
l’officier de liaison n’est jamais arrivé, contrairement
à ce qu’il m’avait promis. »(5). Le colonel Marchal
n’en a manifestement pas informé le colonel Dewez.

(7) Valt de houding van kolonel Dewez te
verklaren door psychologische ontwapening ?

(7) L’attitude du colonel Dewez peut-elle s’expliquer par le « désarmement psychologique » ?

Tenslotte onderzocht de commissie ook in welke
mate het gevoel van « psychologische ontwapening »
meespeelde in de beslissing van kolonel Dewez om op
7 april 1994 geen hulp te verlenen aan de troepen van
luitenant Lotin.

Enfin, la commission a également examiné dans
quelle mesure le sentiment de désarmement psychologique a influencé la décision du colonel Dewez de
n’apporter, le 7 avril 1994, aucune aide aux troupes
du lieutenant Lotin.

De commissie stelt vast dat kolonel Dewez tijdens
de hoorzittingen het aspect van de « psychologische
ontwapening » niet gebruikt als argument om zijn
passiviteit van 7 april te verklaren.

La commission constate qu’au cours des auditions,
le colonel Dewez n’a pas avancé l’aspect « désarmement psychologique » comme argument justifiant sa
passivité du 7 avril.

Pas achteraf, in een brief van 4 juli 1997 gericht aan
voorzitter
van
de
parlementaire

Ce n’est que plus tard, dans une lettre du 4 juillet
1997 adressée au président de la commission

de

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 10/4 (BV, blz. 691).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 10/8 (BV, blz. 693).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 11/3 (BV, blz. 692).
(4) Zie document in bijlage, blz. 23 en 24.
(5) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 46/4 (BV, blz. 717).

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 10/4 (CRA, p. 678).
(2) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 10/8 (CRA, p. 679).
(3) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 11/3.
(4) Voir document en annexe, pp. 23 et 24.
(5) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 46/4.

( 451 )

1 - 611/7 - 1997/1998

onderzoekscommissie legt kolonel Dewez de
klemtoon op het aspect van de psychologische
ontwapening als zou een dergelijke belasting de facto
een rem gezet hebben op de interventiecapaciteit van
UNAMIR en dus ook zijn beslissing om niet tussen te
komen hebben bepaald. De beperkingen van het
VN-mandaat — de opgelegde passiviteit, het
ontbreken van elke militaire weerbaarheid en de
starre interpretatie van de ROE — bieden volgens de
kolonel een verklaring voor de houding van de
troepen tijdens de missie en voor zijn beslissing om op
7 april 1994 niet het bevel te geven hulp te verlenen
aan de groep Lotin.

d’enquête parlementaire, que Dewez a mis l’accent
sur l’aspect de désarmement psychologique en affirmant que semblable charge psychologique a freiné de
facto la capacité d’intervention de la Minuar et aurait
donc également déterminé sa décision de ne pas intervenir. Les limitations du mandat des Nations unies —
la passivité imposée, l’absence de toute possibilité de
résistance militaire et l’interprétation stricte des règles
d’engagement — expliquent, selon le colonel,
l’attitude des troupes au cours de la mission ainsi que
sa décision de ne pas donner l’ordre, le 7 avril 1994,
d’aider le groupe Lotin.

Kolonel Dewez stelt hierover in zijn brief van 7 juli
1997 :

Dans sa lettre du 4 juillet 1997, le colonel Dewez
écrit :

« Qu’est qui a pu paralyser à ce point mon
jugement ? Après mûre réflexion, — car ces questions
me trottent dans la tête depuis plus de trois ans —, je
pense que plus que d’un problème matériel
d’armement et de munitions, il s’agit d’un problème
de conditionnement psychologique, de mentalité.

« Qu’est-ce qui a pu paralyser à ce point mon jugement ? Après mûre réflexion, — car ces questions me
trottent dans la tête depuis plus de trois ans —, je
pense que plus que d’un problème matériel
d’armement et de munitions, il s’agit d’un problème
de conditionnement psychologique, de mentalité.

Je n’étais pas parti au Rwanda comme
para-commando pour me battre, mais comme Casque
bleu pour « aider » les Rwandais et ce par une simple
présence plûtot symbolique et non par un engagement
direct dans leurs problèmes. Donc, en cas de
difficulté, je me devais de résoudre celle-ci par la
négociation, en faisant le « gros dos » et seulement, en
toute dernière extrémité dans le cas d’un tir direct (la
légitime défense au sens strict), en ripostant par le feu
non pas pour tuer, conquérir ou défendre un objectif
au sens militaire du terme, mais pour persuader
l’agresseur de stopper.

Je n’étais pas parti au Rwanda comme paracommando pour me battre, mais comme Casque bleu
pour « aider » les Rwandais et ce par une simple
présence plutôt symbolique et non par un engagement
direct dans leurs problèmes. Donc, en cas de difficulté, je me devais de résoudre celle-ci par la négociation, en faisant le « gros dos » et seulement, en toute
dernière extrémité dans le cas d’un tir direct (la légitime défense au sens strict), en ripostant par le feu non
pas pour tuer, conquérir ou défendre un objectif au
sens militaire du terme, mais pour persuader
l’agresseur de stopper.

Ma perception des opérations classiques de l’ONU
était que l’ONU ne se bat pas, ne doit pas se battre,
mais faire le gros en attendant que cela passe.

Ma perception des opérations classiques de l’ONU
était que l’ONU ne se bat pas, ne doit pas se battre,
mais faire le gros dos en attendant que cela passe.

J’avais reçu comme mission de préparer mon
bataillon à une opération de soutien de la paix ou
nous devions renier certains principes classiques des
opérations militaires (concentration des forces, effet
maximum, etc.) museler l’agressivité et nos réflexes
militaires (du moins ceux qui ne convenaient pas à
cette mission « d’agent de quartier ». Toutes les
directives allaient dans ce sens et aucune dans le sens
de se battre en cas de problème. La sécurité du
personnel prime, mais cette sécurité était erronément
trop axée sur la passivité. À trop vouloir se protéger et
faire le gros dos, on en perd tout sens de la
combativité qui dans les opérations classiques est
également un facteur de survie tout autant que les
mesures de protection passive. Sur base de directives
reçues, il n’y avait d’ailleurs pas d’ennemi clairement
identifié et désigné, comment aurions-nous donc pu
matérialiser notre combativité.

J’avais reçu comme mission de préparer mon
bataillon à une opération de soutien de la paix où
nous devions renier certains principes classiques des
opérations militaires (concentration des forces, effet
maximum, etc.), museler l’agressivité et nos réflexes
militaires (du moins ceux qui ne convenaient pas à
cette mission « d’agent de quartier »). Toutes les directives allaient dans ce sens et aucune dans le sens de se
battre en cas de problème. La sécurité du personnel
prime, mais cette sécurité était erronément trop axée
sur la passivité. À trop vouloir se protéger et faire le
gros dos, on en perd tout sens de la combativité qui
dans les opérations classiques est également un
facteur de survie tout autant que les mesures de
protection passive. Sur base de directives reçues, il n’y
avait d’ailleurs pas d’ennemi clairement identifié et
désigné, comment aurions-nous donc pu matérialiser
notre combativité.

Quand les événements ont basculé avec la mort du
président Habyarimana, la réunion du comité de crise
et la volonté (je pense honnête) d’une frange du haut

Quand les événements ont basculé avec la mort du
président Habyarimana, la réunion du comité de crise
et la volonté (je pense honnête) d’une frange du haut

1 - 611/7 - 1997/1998

( 452 )

commandement militaire rwandais d’assurer l’ordre
(avec l’aide de l’UNAMIR) ont contribué à me
maintenir aveuglé dans cette logique ... Paralysé dans
cette logique, je n’ai pas su (pas eu le temps ?) prendre
le recul indispensable pour analyser les nouvelles
données, je n’y ai pas non plus été amené par la chaı̂ne
hiérarchique ONU — la formulation « les règles
d’engagement restent d’application », employée sans
autre
commentaire,
laissant
implicitement
sous-entendre que l’ONU ne voulait pas modifier son
comportement plutôt passif. Dans cette logique et
aussi sans doute aveuglé par ma formation au droit
des conflits armés (conventions de Genève, etc.) le fait
que mes dix hommes soient fait prisonniers par un
major des FAR était même tranquillisant
puisqu’après une situation de plus en plus confuse et
dangereuse, après de nombreux tirs, il n’y avait pas de
victime parmi mes hommes. »

commandement militaire rwandais d’assurer l’ordre
(avec l’aide de l’Unamir) ont contribué à me maintenir aveuglé dans cette logique ... Paralysé dans cette
logique, je n’ai pas su (pas eu le temps ?) prendre le
recul indispensable pour analyser les nouvelles
données, je n’y ai pas non plus été amené par la chaı̂ne
hiérarchique ONU — la formulation « les règles
d’engagement restent d’application », employée sans
autre commentaire, laissant implicitement sousentendre que l’ONU ne voulait pas modifier son
comportement plutôt passif. Dans cette logique et
aussi sans doute aveuglé par ma formation au droit
des conflits armés (conventions de Genève, etc.), le
fait que mes dix hommes soient faits prisonniers par
un major des FAR était même tranquillisant
puisqu’après une situation de plus en plus confuse et
dangereuse, après de nombreux tirs, il n’y avait pas de
victime parmi mes hommes. »

Dat een bepaalde passiviteit de houding van de
troepen tijdens de operatie in Kigali zal hebben
geconditioneerd wordt door verschillende militairen
bevestigd.

Plusieurs militaires confirment que la passivité
imposée a certainement conditionné l’attitude des
troupes au cours de l’opération à Kigali.

Tijdens zijn ondervraging op 16 april 1997 door de
bijzondere commissie zal ondermeer kolonel Dewez
aangeven dat de troepen geconditioneerd waren door
het aspect van de psychologische ontwapening.
Volgens de kolonel waren zijn troepen dermate onder
de indruk van de regelgeving inzake gewapend
optreden dat zij niet langer reageerden als echte
commandotroepen. Kolonel Dewez : « Doordat men
steeds meer de nadruk legde op de verschillen met de
situatie in Somalië hebben sommige mannen de
indruk gekregen dat zij niet meer mochten schieten,
zelfs niet in het geval van wettige zelfverdediging. Er
heerste ook onzekerheid ten gevolge van de
onderzoeken van het krijgsauditoraat betreffende de
onterechte schoten in Somalië. De soldaten hadden de
indruk dat telkens wanneer zij het vuur zouden
openen, men hen rekenschap zou vragen. » (1)

Interrogé par la commission spéciale le 16 avril
1997, le colonel Dewez, notamment, signalera que les
troupes ont été conditionnées par l’aspect « désarmement psychologique ». Selon le colonel, ses troupes
étaient tellement impressionnées par les règles en
matière d’interventions armées qu’elles ne réagissaient plus comme de véritables troupes commando.
Selon lui : « À force d’insister sur les différences par
rapport à la situation rencontrée en Somalie, certains
hommes en sont arrivés à avoir l’impression qu’ils ne
pouvaient plus tirer, même en cas de légitime défense.
L’inquiétude régnait également suite aux enquêtes de
l’auditorat militaire sur des tirs abusifs en Somalie.
Les soldats avaient l’impression que chaque fois qu’ils
ouvriraient le feu, on viendrait leur demander des
comptes. » (1)

Ook kolonel Leroy verklaarde dat bepaalde
beslissingen in toepassing van de regels van het
mandaat de soldaten psychologisch had ontwapend.
De « ontwapening » van de Belgische Blauwhelmen
droeg bovendien bij tot de « psychologische
bewapening » van elke potentiële belager.

Le colonel Leroy a déclaré lui aussi que certaines
décisions prises en application des règles du mandat
ont désarmé psychologiquement les soldats. Le
« désarmement » des Casques bleus belges a en outre
contribué à l’« armement psychologique » de tout
agresseur potentiel.

« Wij hebben ingegrepen op het militaire aspect. Zo
hebben wij de patrouilles met de wapens in aanslag
stopgezet, evenals de wachten in de vier windstreken.
De bevolking noemde deze minder militaire
patrouilles « Coca-Cola patrouilles ». De soldaten
waren gedemotiveerd omdat ze als wijkagent
moesten optreden. » (2)

« Nous avons agi au niveau des attitudes militaires.
Ainsi nous avons cessé les patrouilles avec les armes
tenues des deux mains et des sentinelles veillant au
quatre points cardinaux. Le résultat a été que la population a baptisé les patrouilles nouveau genre, c’est-àdire moins militaires, de patrouilles « CocaCola. »(2)

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, BV, BCR, 1996-1997,
16 april 1997, blz. 296.
(2) Hoorzitting met kolonel Leroy, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 24 maart 1997, blz. 237.

(1) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 16 avril 1997, p. 290.
(2) Audition du colonel Dewez, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 24 mars 1997, p. 231.

( 453 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Ook in het « rapport-Uytterhoeven » wordt
benadrukt dat de psychologische ontwapening, bij
toepassing van de ROE, een sfeer van onzekerheid
creërde onder de manschappen.

Dans le « rapport Uytterhoeven » également, l’on
souligne que le désarmement psychologique pour ce
qui est de l’application des règlements d’engagement,
a créé une atmosphère d’incertitude parmi les
hommes.

« On a tant insisté sur les interdictions contenues
dans les ROE que, finalement, le principe le plus
important, la légitime défense, n’était plus présent à
l’esprit des exécutants. Tout le monde se plaignait de
ce qu’on ne pouvait pas faire, et perdait de vue les
actions positives qui étaient permises. »

« On a tant insisté sur les interdictions contenues
dans les ROE que, finalement, le principe le plus
important — la légitime défense — n’était plus
présent à l’esprit des exécutants. Tout le monde se
plaignait de ce qu’on ne pouvait pas faire, et perdait
de vue les actions positives qui étaient permises. »

« Une certaine confusion régnait au sujet de
l’emploi des armes : alors que le commandement
n’avait autre objectif que de créer une image pacifique
de la MINUAR (en évitant de montrer ou de porter les
armes de façon trop agressive) certains ont
interprétées directives comme une interdiction
d’emporter certaines armes. »

« Une certaine confusion régnait au sujet de
l’emploi des armes : alors que le commandement
n’avait autre objectif que de créer une image pacifique
de la Minuar (en évitant de montrer ou de porter les
armes de façon trop agressive), certains ont interprétés les directives comme une interdiction d’emporter
certaines armes. »

« Il faut aussi admettre que l’attitude adoptée au
Rwanda n’était pas de nature à plaire au
para-commando. Elle était éloignée des réflexes de
base qui lui étaient jusqu’alors inculqués tout au long
de sa formation : dominer la situation, en imposer en
étalant sa force et sa confiance en soi. Le
para-commando n’est pas un policier et n’aspire
certainement pas à jouer ce rôle. »

« Il faut aussi admettre que l’attitude adoptée au
Rwanda n’était pas de nature à plaire au paracommando. Elle était éloignée des réflexes qui lui étaient
jusqu’alors inculqués tout au long de sa formation :
dominer la situation, en imposer en étalant sa force et
sa confiance en soi. Le paracommando n’est pas un
policier et n’aspire certainement pas à jouer ce rôle. »

« L’armement et les munitions étaient adaptés à ce
rôle de policier. Nos para-commandos ont interprété
cette situation : le fait de n’être ni autorisés, ni en
mesure — faute de moyens — d’intervenir avec
fermeté, a certainement eu une influence sur leur
vigilance, leurs réflexes de base, voir même sur leur
sens de l’initiative et leur confiance en soi. » (1)

« L’armement et les munitions étaient adaptés à ce
rôle de policier. Nos paracommandos ont interprété
cette situation : le fait de n’être ni autorisés, ni en
mesure — faute de moyens — d’intervenir avec
fermeté, a certainement eu une influence sur leur vigilance, leurs réflexes de base, voire même sur leur sens
de l’initiative et leur confiance en soi. » (1)

Gevraagd naar de verklaringen betreffende de
interpretatie van de « Rules of engagement » die
aalmoezenier Quertemont in 1994 had afgelegd en die
aan de door generaal-majoor Uytterhoeven geleide
commissie werden overhandigd bevestigde de getuige
eerder afgelegde verklaringen : « De « Rules of
engagement » waren wat ze waren. Ze werden echter
onvoldoende aangepast. De legerleiding wilde
katholieker zijn dan de paus.

Lorsqu’on l’interrogea sur les déclarations relatives
à l’interprétation des règles d’engagement qu’il avait
faites en 1994 et qui ont été remises à la commission
dirigée par le général-major Uytterhoeven, l’aumônier Quertemont confirma son témoignage antérieur :
« Les règles d’engagement étaient ce qu’elles étaient.
Mais il y a eu un manque d’adaptation de ces règles.
On a eu à faire à un commandement plus catholique
que le pape.

De chefs hadden op een bepaald ogenblik het
geweer van schouder kunnen veranderen. Dat is
evenwel nooit gebeurd... Het is een feit dat er
meermaals betwistingen waren, meer bepaald over
het gebruik van mitrailleurs op de jeeps. Het gebruik
ervan leek niet aangepast want te agressief. Luitenant
Lotin van zijn kant zou begrepen hebben dat deze
wapens niet zichtbaar mochten zijn. Op het einde van
de maand maart vroeg een bataljon ook FNC-wapens

Les chefs auraient pu décider à un moment de changer leur fusil d’épaule. Cela ne s’est jamais fait ... Il est
un fait que des contestations se sont exprimées à
plusieurs reprises, notamment à propos de
l’utilisation de mitrailleuses sur les jeeps. Leur usage
paraissait inadéquat parce que trop agressif. Le lieutenant Lotin aurait pour sa part compris qu’il fallait que
ces armes ne soient pas visibles. À la fin du mois de
mars, un bataillon a également demandé l’envoi

——————

——————

(1) Rapport van luitenant-generaal
16 november 1994, deel 1, blz. 21.

Uytterhoeven

van

(1) Rapport du lieutenant général
16 novembre 1994 — tome 1, p. 21.

Uytterhoeven

du

1 - 611/7 - 1997/1998

( 454 )

te sturen want men moest de voorkeur geven aan
wapens die salvo’s afvuren. Zo wou men onbewust
katholieker zijn dan de paus bij de interpretatie van
de ROE. Die ingesteldheid duurde voort na de
crisis. » (1)

d’armes FNC parce qu’il fallait préférer celles tirant
au coup par coup plutôt que des salves. Ainsi, il y a eu
inconsciemment la volonté de se faire plus catholique
que le pape à propos de l’interprétation des règles
d’engagement. Cet état d’esprit a continué après la
crise. » (1)

Deze situatie werd nog verscherpt door het gebrek
van realiteitszin van majoor Bodart, raadgever inzake
oorlogsrecht. Hoe onrealistisch de interpretatie van
het begrip « bedreiging » en daarmee samenhangend
het begrip « wettige zelfverdediging » door hem werd
geı̈nterpreteerd blijkt uit verschillende getuigenissen.

Cette situation s’est encore accentuée en raison du
manque de sens des réalités du major Bodart, conseiller en droit des conflits armés. Plusieurs témoignages
montrent combien était irréaliste son interprétation
de la notion de « menaces » et de la notion de
« légitime défense » qui y est liée.

Luitenant Vermeulen : « Un type qui se promène
avec une grenade près d’une cantonnement, ce n’est
pas une menace. Un type qui lance une grenade et qui
s’en va, on ne peut pas lui tirer dessus. » (2)

Le lieutenant Vermeulen : « Un type qui se promène
avec une grenade près d’un cantonnement, ce n’est
pas une menace. Un type qui lance une grenade et qui
s’en va, on ne peut pas lui tirer dessus. » (2)

De houding van majoor Bodart wordt bevestigd
door sergeant Pauwels, die in zijn getuigenis over de
houding van de raadgever inzake oorlogsrecht na de
moord op de tien paracommando’s en het begin van
de genocide stelt : « Après les incidents, quand le
major Bodart voyait qu’on armait, il faisait enlever la
munition. » (3)

L’attitude du major Bodart est confirmée par le
sergent Pauwels, qui a déclaré dans son témoignage
au sujet de l’attitude du conseiller en droit des conflits
armés après le meurtre des dix paracommandos et le
début du génocide : « Après les incidents, quand le
major Bodart voyait qu’on armait, il faisait enlever la
munition. » (3)

Korporaal Walbrecq geeft in zijn verklaring vrijwel
een identiek beeld van de houding van Bodart in die
periode : « Le major Bodart a fait, après les
événements, enlever le .50 qu’on avait mise sur
l’Unimog. » (4)

Dans sa déclaration, le caporal Walbrecq dresse un
tableau pratiquement identique de l’attitude de
Bodart au cours de cette période : « Le major Bodart a
fait, après les événements, enlever la .50 qu’on avait
mise sur l’Unimog. » (4)

Dit wordt nogmaals bevestigd door korporaal
Mathys. « Quand les gens sont menaçants, il ne faut
pas y aller « comme ça », « la fleur au fusil ». On s’est
fait engueuler par le major Bodart parce qu’on avait
équipé nos véhicules de .50, Mag ... Pour nous, on
était menacés, on menaçait aussi. » (5)

Le caporal Mathys l’a confirmé également.
« Quand les gens sont menaçants, il ne faut pas y aller
« comme ça », « la fleur au fusil ». On s’est fait engueuler par le Maj Bodart parce qu’on avait équipé nos
véhicules de .50, Mag ... Pour nous, on était menacés,
on menaçait aussi. » (5)

De commissie stelt evenwel vast dat het aspect van
« de psychologische ontwapening » niet alle militairen
op dezelfde wijze heeft aangetast. Terwijl
bataljonscommandant-kolonel Dewez ook tijdens de
crisissituatie op 7 april 1994 het mandaat strikt wenst
toe te passen stelt de commissie vast dat op datzelfde
moment andere militairen zich niet psychologisch
ontwapend voelen, niet dezelfde passiviteit aan de
dag leggen en zich bijgevolg niet verlamd weten door
de belemmeringen van de ROE.

La commission constate cependant que le
« désarmement psychologique » n’a pas affecté tous
les militaires de la même façon. Alors que le colonel
Dewez, le commandant du bataillon, désirait, même
pendant la crise du 7 avril 1994, appliquer encore
strictement le mandat, la commission constate qu’au
même moment, d’autres militaires ne se sont pas
sentis désarmés psychologiquement, n’ont pas fait
preuve de la même passivité et ne se sont pas sentis
paralysés par les restrictions contenues dans les règles
d’engagement.

——————

——————

(1) Hoorzitting met aalmoezenier Quertemont, BV, POR,
Senaat, 7 mei 1997, PV, blz. 446-447.
(2) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, Ann C., App. 2, blz. 2.
(3) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, Ann F, App. 2.
(4) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, Ann F, App. 3.
(5) Rapport van luitenant-generaal Uytterhoeven van
16 november 1994, Ann F, App. 4, blz. 2.

(1) Audition de l’aumônier Quertemont, CRA, CER, Sénat,
7 mai 1997, p. 436-437.
(2) Rapport du lieutenant-général Uytterhoeven du 16
novembre 1994, Ann. C, App. 2, p. 2.
(3) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du 16
novembre 1994, Ann. F, App. 2.
(4) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du 16
novembre 1994, Ann. F, App. 3.
(5) Rapport du lieutenant général Uytterhoeven du 16
novembre 1994, Ann F, App. 4, p. 2.

( 455 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Anders dan kolonel Dewez en het commando van
UNAMIR waren een aantal lagere officieren, wel
bereid tussen te komen.

Contrairement à l’attitude adoptée par le colonel
Dewez et le commandement MINUAR, certains officiers subalternes voulaient bien intervenir.

Kapitein Theunissen : « ... dans sa déclaration, le
major Choffray a — apparemment — oublié mon
intervention de 7 heures du matin, le 7. Or, je dispose
d’un témoin en la personne d’un de mes snipers, le
premier caporal-chef Pierard. Ce dernier m’a rappelé
que j’ai demandé à un certain moment si nous avions
une possibilité d’intervenir pour aider le lieutenant
Lotin à s’extirper du pétrin dans lequel il se trouvait.
7 heures, c’est à peu près le moment où il a dû pour la
première fois essuyer des tirs de grenades à fusil dans
le jardin du Premier ministre. C’est à ce moment que
j’ai demandé si avec les 25 à 30 hommes placés sous
mon commandement, je pouvais... Le capitaine
Marchal était toujours coincé avec son chauffeur de
l’autre côté avec les AML qui obstruaient le passage.

Le capitaine Theunissen : « ... dans sa déclaration,
le major Choffray a — apparemment — oublié mon
intervention de 7 heures du matin, le 7. Or, je dispose
d’un témoin en la personne d’un de mes snipers, le
premier caporal-chef Pierard. Ce dernier m’a rappelé
que j’ai demandé à un certain moment si nous avions
une possibilité d’intervenir pour aider le lieutenant
Lotin à s’extirper du pétrin dans lequel il se trouvait.
7 heures, c’est à peu près le moment où il a dû pour la
première fois essuyer des tirs de grenades à fusil dans
le jardin du Premier ministre. C’est à ce moment que
j’ai demandé si avec les 25 à 30 hommes placés sous
mon commandement, je pouvais... Le capitaine
Marchal était toujours coincé avec son chauffeur de
l’autre côté avec les AML qui obstruaient le passage.

C’est pour cette raison que je formule quelques
reproches au commandement, que ce soit le colonel
Dewez, le colonel Marchal ou le général Dallaire, je
ne sais pas qui. À partir du moment où l’un de vos
subordonnés est en difficulté, que vous le sentez,
même s’il ne reconnaı̂t pas ouvertement qu’il est dans
le pétrin et ne sait pas s’en sortir, j’estime que c’est au
chef à se rendre sur place, quels que soient les moyens.
Et quels étaient les moyens disponibles ? Il y avait
notamment les BTR des gens de RUTBAT que le
colonel Marchal, c’est vrai, avait eu beaucoup de
difficultés à rendre opérationnels. Je constate
toutefois qu’à 9 heures du matin il y avait trois BTR
en circulation en ville. Ils se sont faits arrêter à un
barrage et, comme c’étaient des couards, ils ont fait
demi-tour après une demi-heure de palabres à
l’africaine, mais avec un peu de détermination, ils
auraient pu passer outre le barrage et intervenir pour
aller chercher le lieutenant Lotin et ses hommes. J’en
rest persuadé et personne ne me fera dire le contraire.

C’est pour cette raison que je formule quelques
reproches au commandement, que ce soit le colonel
Dewez, le colonel Marchal ou le général Dallaire, je
ne sais pas qui. À partir du moment où l’un de vos
subordonnés est en difficulté, que vous le sentez,
même s’il ne reconnaı̂t pas ouvertement qu’il est dans
le pétrin et ne sait pas s’en sortir, j’estime que c’est au
chef à se rendre sur place, quels que soient les moyens.
Et quels étaient les moyens disponibles ? Il y avait
notamment les BTR des gens de RUTBAT que le
colonel Marchal, c’est vrai, avait eu beaucoup de
difficultés à rendre opérationnels. Je constate toutefois qu’à 9 heures du matin il y avait trois BTR en
circulation en ville. Ils se sont faits arrêter à un
barrage et, comme c’étaient des couards, ils ont fait
demi-tour après une demi-heure de palabres à
l’africaine, mais avec un peu de détermination, ils
auraient pu passer outre le barrage et intervenir pour
aller chercher le lieutenant Lotin et ses hommes. J’en
rest persuadé et personne ne me fera dire le contraire.

Je suis intervenu sur le réseau du bataillon en disant
« voilà, je suis ici avec l’ensemble du peleton ... Je
disposais d’une .50, je disposais de MAG, de
mitrailleuses, je disposais de minimis, ... Pour une
opération, c’est déjà bien.

Je suis intervenu sur le réseau du bataillon en disant
« voilà, je suis ici avec l’ensemble du peleton ... Je
disposais d’une .50, je disposais de MAG, de mitrailleuses, je disposais de minimis, ... Pour une opération,
c’est déjà bien.

J’ai la possibilité d’intervenir pour aider le
lieutenant Lotin. Je dispose d’une vingtaine
d’hommes. J’ai tel armement. M’autorisez-vous à
intervenir ? » On m’a répondu ce qui suit : « Non, je
bouge pas pour l’instant, on réfléchit au
problème » (1).

J’ai la possibilité d’intervenir pour aider le lieutenant Lotin. Je dispose d’une vingtaine d’hommes. J’ai
tel armement. M’autorisez-vous à intervenir ? » On
m’a répondu ce qui suit : « Non, je bouge pas pour
l’instant, on réfléchit au problème » (1).

Nog met betrekking tot het gegeven dat het aspect
van de psychologische ontwapening niet langer
werkte tijdens de gebeurtenissen van 7 april 1994

Toujours en ce qui concerne le fait que le désarmement psychologique n’était plus opérant pendant les
événements du 7 avril 1994, le capitaine Theunissen a

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997, PV, blz. 1/4, 2/8 tot 2/12 en 3/1 (BV, blz. 672-673).

(1) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, PV, p. 1/4, 2/8 à 2/12 et 3/1.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 456 )

getuigde kapitein Theunissen voor de commissie : « Il
nous a mis en état d’alerte, tous ceux qui étaient là et
puis il a demandé la permission pour intervenir et
pour aider le lieutenant Lotin. » (1)

témoigné devant la commission : « Il nous a mis en état
d’alerte, tous ceux qui étaient là et puis il a demandé
la permission pour intervenir et pour aider le lieutenant Lotin. » (1)

Korporaal-chef Pierard bevestigde tijdens de
hoorzitting van 27 juni de vraag van kapitein
Theunissen om Lotin ter hulp te snellen : « hij heeft
ons in staat van alarm gebracht en heeft gevraagd
tussenbeide te komen. » (2) Pierard verklaarde
bovendien overtuigd te zijn van de haalbaarheid van
een interventie. « Quand il a demandé d’intervenir,
nous avions déjà été prévenus et nous étions prêts.
Nous avions monté la .50 sur l’Unimog, les MAG du
peloton A qui était coincé là-bas avec nous étaient
déjà prêts. Nous avions reçu les grenades. Nous étions
prêts à intervenir. » (3)

Lors de l’audition du 27 juin, le caporal-chef
Pierard a confirmé que le capitaine Theunissen avait
formulé la demande de venir en aide à Lotin. Pierard :
« il nous a mis en état d’alerte et a demandé à pouvoir
intervenir. » (2) Pierard a également déclaré qu’il
était convaincu de la faisabilité d’une intervention.
« Quand il a demandé d’intervenir, nous avions déjà
été prévenus et nous étions prêts. Nous avions monté
la .50 sur l’Unimog, les MAG du peloton A qui était
coincé là-bas avec nous étaient déjà prêts. Nous
avions reçu les grenades. Nous étions prêts à intervenir. » (3)

Korporaal-chef Pierard voegde hieraan toe dat hij
en zijn manschappen sterk gemotiveerd waren om te
gaan en de weigering om te interveniëren zijn troepen
had ontgoocheld.

Le caporal-chef Pierard a ajouté que lui et ses
hommes étaient très motivés pour y aller et que le
refus d’intervenir avait déçu ses troupes.

Het is niet gemakkelijk een verklaring te vinden
voor deze afwezigheid van militaire respons in hoofde
van kolonel Dewez (en anderen). Wanneer aan
luitenant Leconte gevraagd wordt of een militaire
operatie ter ontzetting van de 10 Blauwhelmen
mogelijk was, geeft hij een verklaring waar elkeen die
de gebeurtenissen van 7 april wil begrijpen ter dege
rekening moet mee houden : « Il fallait également
assumer les responsabilités diplomatiques et
politiques d’un tel acte. À ce moment-là, les troupes
belges ne se comportent plus en « gardiens de la paix »,
mais ont une attitude agressive, attitude proscrite
depuis le début de notre préparation. On ne pouvait
pas être agressif : on nous a suffisamment répété que
ce n’était pas la Somalie. » (4)

Il n’est pas aisé de trouver une explication pour
l’absence de réaction militaire de la part du colonel
Dewez (et d’autres). À la question de savoir si une
opération militaire visant à dégager les dix Casques
bleus belges aurait été possible, le lieutenant Leconte
a répondu par une explication que toute personne
désireuse de comprendre les événements du 7 avril
doit garder à l’esprit : « Il fallait également assumer les
responsabilités diplomatiques et politiques d’un tel
acte. À ce moment-là, les troupes belges ne se comportent plus en « gardiens de la paix », mais ont une attitude agressive, attitude proscrite depuis le début de
notre préparation. On ne pouvait pas être agressif : on
nous a suffisamment répété que ce n’était pas la Somalie. » (4)

De commissie kan tenslotte niet met volstrekte
zekerheid stellen dat de groep Lotin zich had kunnen
redden door terug te vuren naar diegenen die hen op
7 april 1994 belaagden, hoewel dit wel waarschijnlijk
is. In alle andere gevallen waar de Belgische
Blauwhelmen kordaat reageerden op de intimidaties
van de Rwandezen slaagden zij er in hen te
ontmoedigen.

Enfin, la commission ne peut pas affirmer avec une
certitude totale que le groupe Lotin aurait pu se
sauver en faisant feu sur ceux qui l’attaquaient le
7 avril 1994, bien que ce soit probable. Dans tous les
autres cas où les Casques bleus belges ont réagi fermement aux intimidations des Rwandais, ils sont parvenus à les décourager.

Evenmin kan de commissie met dezelfde zekerheid
stellen dat het opzetten van een militaire operatie
onder leiding van kolonel Dewez zou geleid hebben
tot de bevrijding van Lotin en zijn mannen, hoewel
ook dit waarschijnlijk is gezien de troepen niet alleen

La commission ne peut pas non plus affirmer avec
certitude que la mise sur pied d’une opération militaire sous le commandement du colonel Dewez aurait
permis de libérer Lotin et ses hommes, bien que ce soit
probable, vu que non seulement les troupes étaient

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
juni 1997, (BV blz. 674).
(2) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 8/2, (BV, blz. 897).
(3) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 10/12, (BV, blz. 898).
(4) Hoorzitting met luitenant Leconte, POR, Senaat, 7 mei
1997, blz. 2/11 e.v.

(1) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997, (CRA, p. 661).
(2) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 8/2, (CRA, p. 877).
(3) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, p. 10/12, (CRA, p. 878).
(4) Audition du lieutenant Leconte, CER, Sénat, 7 mai 1997,
p. 2/11 et suiv.

6

( 457 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gemotiveerd waren om tussen te komen maar
bovendien ook op dat moment voldoende wapens en
munitie hadden voor deze opdracht.

motivées pour intervenir, mais qu’il y avait également
à ce moment assez d’armes et de munitions pour
accomplir la mission.

Aan de hand van de verschillende getuigenissen
stelt de commissie echter wel vast dat een interventie
een voor militairen normale respons zou zijn geweest
en dat alvast enkele lagere officieren op 7 april 1994
bereid waren zich te bevrijden van het « verlammend »
effect van de « psychologische ontwapening ».

S’appuyant sur les divers témoignages, la commission constate qu’une intervention aurait dû être la
réponse normale pour des militaires et qu’en tout cas
quelques officiers subalternes étaient prêts, le 7 avril
1994, à se libérer de l’effet « paralysant » du « désarmement psychologique ».

3.5.2.4. De houding van kolonel Marchal

3.5.2.4. L’attitude du colonel Marchal

De commissie herinnert eraan dat kolonel Marchal
in deze aangelegenheid werd vrijgesproken door het
militair gerechtshof.

La commission rappelle que le colonel Marchal a
été jugé et acquitté par la Cour militaire.

Het is kolonel Marchal die op het einde of kort na
de eerste crisisvergadering in de nacht van 6 op 7 april
kolonel Dewez er van overtuigd heeft zijn bezwaren
tegen het uitvoeren van een aantal escortes en
patrouilles opzij te zetten met het argument dat de
gendarmerie en het Rwandese leger beloofd hadden
hun medewerking te verlenen. De houding van kolonel Marchal roept vragen op vanaf het ogenblik dat
ook hij, net zoals overigens kolonel Dewez, vrij vroeg
in de ochtend berichten ontvangt dat er van de
beloofde medewerking niets terechtkomt (de gendarmerie levert nauwelijks personeel, de FARverbindingsofficieren verschijnen niet op de
gemaakte afspraken, het Rwandese leger neemt
Blauwhelmen onder vuur of omsingeld kantonnementen). Van zodra de FAR zijn medewerking
weigert, kan er van een peace-keepingoperatie nog
moeilijk sprake zijn. Waarom dan de escortes
verderzetten ? Waarom de vuurkracht van KIBAT
niet drastisch verhogen ? (1)

C’est le colonel Marchal qui, à la fin de la première
réunion de crise de la nuit du 6 au 7 avril ou juste après
celle-ci, a convaincu Dewez de faire abstraction de ses
objections à l’encontre de certaines escortes et
patrouilles à effectuer, arguant de ce que la gendarmerie et l’armée rwandaise avaient promis de collaborer.
L’attitude du colonel Marchal relève des questions
dès lors que, comme le colonel Dewez d’ailleurs, il a
reçu assez tôt dans la matinée des messages laissant
entendre que la collaboration promise restait lettre
morte (la gendarmerie fournit peu de personnel, les
officiers de liaison des FAR ne se présentent pas aux
rendez-vous, l’armée rwandaise ouvre le feu sur des
Casques bleus ou encerclent des cantonnements). Il
est difficile de parler encore d’une opération de maintien de la paix à partir du moment où les FAR refusent
de collaborer. Pourquoi, dès lors, continuer les escortes ? Pourquoi ne pas augmenter considérablement la
force de feu de KIBAT ? (1)

De commissie stelt vast dat de meningen over de
mogelijkheid en, of wenselijkheid van een interventie
om de groep Lotin te ontzetten verdeeld zijn; de
meerderheid van de officieren ter plaatse was echter
overtuigd dat een dergelijke interventie in de gegeven
omstandigheden moest worden uitgesloten. Wel zijn
alle getuigen het erover eens dat indien men over
lichte pantserwagens en de nodige munitie voor die
voertuigen had beschikt, een interventie tot
ontzetting van de groep Lotin militair zeker mogelijk
ware geweest.

La commission constate que les avis sur la possibilité et/ou l’opportunité d’une intervention de dégagement du groupe Lotin sont partagés. La majorité des
officiers sur place étaient convainçus qu’une
intervention devait être exclue dans les circonstances
données. Tous les témoignages estiment pourtant
qu’une intervention de dégagement du groupe Lotin
était certainement réalisable sur le plan militaire si on
avait pu disposer de blindés légers et des munitions
nécessaires pour ces véhicules.

— Volgens kolonel Dewez, de commandant van
KIBAT II die een interventie niet geraadzaam vond,

— Selon le colonel Dewez, le commandant de
KIBAT II qui estimait qu’une intervention n’était pas

——————

——————

(1) Zie proces-verbaal van ondervraging van kolonel
Marchal en kolonel Dewez van 28 december 1995 door de
gerechtelijke commissie bij het Militair Gerechtshof - dossier van
het auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof - Not.
nr. 01.00009.95 - blz. 1499 en volgende.

(1) Voir procès-verbal de l’audition du colonel Marchal et
du colonel Dewez du 28 décembre 1995 par la commission judiciaire près la Cour militaire - dossier de l’auditorat général près
la Cour militaire - Not. no 01.00009.95 - p. 1499 et suivantes.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 458 )

was het aantal manschappen ook onvoldoende (1).
Tijdens zijn confrontatie met kapitein Theunissen
voor de commissie verklaart hij dat een interventie in
het kamp Kigali mogelijk zou geweest zijn door het
met een veertigtal manschappen aan te vallen. Hoe
dan ook, een ontzetting van luitenant Lotin was
militair-technisch gesproken een moeilijke, maar niet
onmogelijke operatie (2). In tegenstelling tot wat
kapitein Theunissen stelt, beschikte volgens kolonel
Dewez de FAR misschien niet over een ontwikkeld
transmissienetwerk, maar wel over Motorola’s en
Kenwoods (3).

opportune, le nombre des effectifs était aussi insuffisant (1). Lors de sa confrontation avec le capitaine
Theunissen devant la commission, il déclara qu’une
intervention au camp Kigali eût été possible en attaquant avec une quarantaine d’hommes. Quoi qu’il en
soit, d’un point de vue technico-militaire, dégager le
lieutenant Lotin était une opération difficile mais pas
impossible (2). Contrairement à ce que déclare le
capitaine Theunissen, selon le colonel Dewez les FAR
ne disposaient peut-être pas d’un réseau de transmission très élaboré, mais elles avaient néanmoins des
postes Motorola et Kenwood (3).

— Volgens majoor Choffray, de officier
verantwoordelijk voor de operaties bij KIBAT II was
een operatie ter ontzetting van luitenant Lotin niet
haalbaar. « D’abord, nous avions la dispersion et la
vulnérabilité des cantonnements, qui étaient bien
souvent sans aucune protection conséquente face à
une attaque éventuelle des forces armées rwandaises.

— Selon le major Choffray, l’officier responsable
des opérations à KIBAT II, une opération de dégagement du lieutenant Lotin n’était pas réalisable.
« D’abord, nous avions la dispersion et la vulnérabilité des cantonnements, qui étaient bien souvent sans
aucune protection conséquente face à une attaque
éventuelle des forces armées rwandaises.

Nous disposions également de 4 CVRT que nous
ne pouvions sortir, car il s’agissait de véhicules
légèrement blindés à chenilles, sans munitions et dont
les équipages étaient non opérationnels.

Nous disposions également de 4 CVRT que nous
ne pouvions sortir, car il s’agissait de véhicules légèrement blindés à chenilles, sans munitions et dont les
équipages étaient non opérationnels.

Pour mener une opération à ce niveau, il fallait au
moins l’équivalent d’une compagnie complète,
simplement pour suivre un itinéraire, et donc avoir la
protection suffisante, avoir l’armement et le
personnel que l’on pouvait regrouper, donner des
ordres et ensuite mener l’action. » (4) Op de vraag
wat hij had gedaan indien het Belgisch bataljon over
lichte pantservoertuigen had beschikt, antwoordt hij,
« Ik zou hebben voorgesteld Lotin te gaan helpen. Hij
heeft misschien één of twee pantserwagens gekregen
voor zijn escorteopdracht. » Op de vraag waarom de
beschikbare CVRT’s dan niet werden gebruikt,
antwoordt hij, « Le problème de l’utilisation de ces
CVRT ... Ils auraient été utilisés pour franchir les
barrages. Mais pour franchir les barrages, si on leur
tirait dessus, il fallait avoir un équipage qui sache
utiliser le CVRT, ce qui n’était pas le cas : il fallait
avoir de l’armement dessus, or ce n’était pas le cas
pour tous les CVRT, il fallait avoir des munitions et
nous n’avions pas les munitions pour les
CVRT. » (5)

Pour mener une opération à ce niveau, il fallait au
moins l’équivalent d’une compagnie complète,
simplement pour suivre un itinéraire, et donc avoir la
protection suffisante, avoir l’armement et le personnel que l’on pouvait regrouper, donner des ordres et
ensuite mener l’action. » (4) À la question de savoir
ce qu’il aurait fait si le bataillon belge avait disposé de
blindés légers, il répond : « J’aurais proposé une
action pour aider Lotin. Il est d’ailleurs possible qu’il
ait reçu un ou deux de ces blindés pour sa mission
d’escorte. » À la question de savoir pourquoi on n’a
pas utilisé les deux CVRT disponibles, il répond : « Le
problème de l’utilisation de ces CVRT ... Ils auraient
été utilisés pour franchir les barrages. Mais pour franchir les barrages, si on leur tirait dessus, il fallait avoir
un équipage qui sache utiliser le CVRT, ce qui n’était
pas le cas : il fallait avoir de l’armement dessus, or ce
n’était pas le cas pour tous les CVRT, il fallait avoir
des munitions et nous n’avions pas les munitions pour
les CVRT. »(5)

— Volgens kolonel Marchal, het hoofd in de
sector Kigali van UNAMIR, waren er voor een

— Selon le colonel Marchal, pour intervenir au
domicile de la Première ministre Mme Agathe Uwilin-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 695).
(2) Hoorzitting met kolonel Dewez en kapitein Theunissen,
POR, Senaat, 30 juni 1997 (BV, blz. 931).
(3) Hoorzitting met kolonel Dewez en kapitein Theunissen,
POR, Senaat, 30 juni 1997 (BV, blz. 923).
(4) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 32/4 e.v. (BV, blz. 478 en 481).
(5) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 48/1 (BV, blz. 481).

(1) Audition du colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 680).
(2) Audition du colonel Dewez et du capitaine Theunissen,
CER, Sénat, 30 juin 1997 (CRA, p. 910).
(3) Audition du colonel Dewez et du capitaine Theunissen,
CER, Sénat, 30 juin 1997 (CRA, p. 903).
(4) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 32/4 e.s.
(5) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, p. 48/1.

( 459 )

1 - 611/7 - 1997/1998

interventie bij de woning van Eerste minister Agathe
Uwilingiyimana antitankwapens voor de korte
afstand en een pantservoertuig nodig. Voor een
ontzetting in het kamp Kigali waren uiteraard nog
meer middelen vereist (1). Te vermelden is ook het
besluit dat kolonel Marchal voor de commissie in de
hoorzitting van 10 juni 1997 trok uit het incident dat
zich de ochtend van 7 april om 8.50uur voordeed met
drie BTR’s van RUTBAT (zie hierboven punt 3.3.4).
Zijn conclusie gaat in dezelfde richting als die van
majoor Choffray: met de BTR’s was het uitgesloten
de versperringen te forceren, met CVRT’s in goede
staat zou de situatie er helemaal anders hebben
uitgezien (2).

giyimana, il aurait fallu des armes antichars de courte
portée et un véhicule blindé. Pour une action de dégagement au camp Kigali, il aurait en tout cas fallu
encore plus de moyens(1). Il convient aussi de mentionner la conclusion que tira le colonel Marchal
devant la commission lors de son audition du 10 juin
1997 de l’incident survenu le matin du 7 avril à 8 h 50
avec trois BTR de RUTBAT (voir ci-dessus point
3.3.4). Sa conclusion va dans le même sens que celle
du major Choffray : avec les BTR, il était exclu de
forcer des barrages; avec des CVRT en bon état la
situation aurait été absolument différente (2).

— Volgens kapitein Marchal, compagniecommandant, zou een operatie ter ontzetting van de groep
Lotin « een hachelijke en delicate onderneming zijn
geweest » tengevolge van de aanwezigheid van de
geexpatrieerden, de noodzakelijke hergroepering van
de manschappen en mogelijks het gebrek aan vuurkracht (munitie). Op de vraag of hij zou hebben
kunnen optreden indien hij over LAW’s en een QRF
met CVRT’s en APC’s beschikte antwoordt hij, « Als
wij over al die middelen beschikken wel. » Kapitein
Marchal denkt wel dat de Rwandese strijdkrachten
over een radionetwerk beschikten (3).

— Selon le capitaine Marchal, une opération de
dégagement du groupe Lotin « aurait été une entreprise hasardeuse et délicate » en raison de la présence
d’expatriés, du regroupement nécessaire des troupes
et vraisemblablement du manque de puissance de feu
(munitions). À la question de savoir si l’opération
aurait été possible s’il avait disposé de LAW et d’une
QRF avec des CVRT et des APC, il répond : « Si nous
disposions de tous ces moyens, oui. » Le capitaine
Marchal pense toutefois que les forces armées rwandaises disposaient d’un réseau radiophonique (3).

— Volgens
kapitein
Lemaire,
eveneens
compagniecommandant, zou het twee uur tijd
hebben gevergd om een offensieve operatie op te
zetten en kamp Kigali bereiken. De belangrijkste
redenen hiervoor waren de aanwezigheid van de
versperringen en de disperate spreiding van de
manschappen over de kantonnementen die tot een
hergroepering noopte. Het eerste wat in elk geval had
dienen te gebeuren, was het ophalen van de
LAW-antitankraketten in het logistiek centrum in
RWANDEX. Kapitein Lemaire bevestigt ook dat
indien het Belgische bataljon de noodzakelijke
munitie en manschappen voor de werking van de
CVRT ter beschikking zou hebben gehad, zij hadden
kunnen tussenkomen om het peloton mortieren te
redden (4).

— Selon le capitaine Lemaire, commandant de
compagnie, il aurait fallu deux heures pour mettre sur
pied une opération offensive et atteindre le camp de
Kigali. La principale raison en était la présence des
barrages et la dispersion des hommes entre les cantonnements, qui nécessitait un regroupement. La
première chose qui aurait dû se faire en tout cas,
c’était aller chercher les missiles antichars LAW au
centre logistique RWANDEX. Le capitaine Lemaire
confirme aussi que si le bataillon belge avait eu à sa
disposition les munitions et les hommes nécessaires
pour le fonctionnement des CVRT, ils auraient pu
intervenir pour sauver le peloton mortiers (4).

— Luitenant Lecomte stelt dat een tussenkomst ter
ontzetting van de groep Lotin « technisch » wel
mogelijk was, « Wij wisten waar het mortierpeloton
zich precies bevond. Wij hadden snel twee grote
pelotons kunnen vormen dankzij de aanwezigheid
van de veertiende compagnie. » Die redding zou zeker

— Le lieutenant Lecomte déclare qu’une
intervention pour dégager le groupe Lotin était
« techniquement » possible : « L’emplacement exact
du peloton mortiers nous était connu et nous aurions
pu réunir rapidement deux gros pelotons grâce à la
présence de la quatorzième compagnie. » Ce sauve-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 705).
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997 (BV, blz. 708).
(3) Hoorzitting met kapitein Marchal, POR, Senaat, 13 mei
1997 (BV, blz. 463, 471 en 473).
(4) Hoorzitting met kapitein Lemaire, POR, Senaat, 7 mei
1997 (BV, blz. 439 en 440).

(1) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 691).
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997
(CRA, p. 694).
(3) Audition du capitaine Marchal, CER, Sénat, 13 mai
1997 (CRA, pp. 457, 461 et 462).
(4) Audition du capitaine Lemaire, CER, Sénat, 7 mai 1997
(CRA, pp. 429 et 430).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 460 )

en vast nog gemakkelijker verlopen zijn, indien
operationele lichte pantservoertuigen ter beschikking
waren (1).

tage aurait certainement été plus facile si l’on avait
disposé de blindés légers opérationnels (1).

— Volgens majoor Maggen in een nota gedateerd
17 mei 1994 opgesteld ten behoeve van de generale
staf (ook overgemaakt aan het auditoraat-generaal bij
het Militair Gerechtshof en aan de commissie belast
met het intern onderzoek in de landmacht, de
zogenaamde commissie Uytterhoeven) had een
operatie ter ontzetting van de groep Lotin misschien
mogelijk geweest, maar beschikten de Belgen niet
over het noodzakelijke « hard materieel (M113,
AIFV) » (2).

— Selon une note du major Maggen du 17 mai
1994 rédigée à l’attention de l’état-major général (et
transmise également à l’auditorat général de la Cour
militaire et à la commission chargée de l’enquête
interne de la force terrestre, la commission dite
Uytterhoeven), une opération de dégagement du
groupe Lotin aurait peut-être été possible, mais les
Belges ne disposaient pas du « matériel lourd (M113,
AIFV) nécessaire » (2).

— Kapitein Theunissen stelt in zijn verklaring dat
niet alleen een tussenkomst om de groep Lotin te
ontzetten mogelijk was, maar dat er in geval een
operationele QRF aanwezig ware geweest uitgerust
met 22 CVRT’s waarvan voor de ontplooiing van de
Belgische troepen sprake was, er nooit iets ware
voorgevallen, « Neen, Lotin had ze kunnen gebruiken
en de dreiging van de FAR zou niet hebben
bestaan. » (3) Daarmee onderschrijft hij het
standpunt van majoor Choffray en kolonel Marchal.

— Le capitaine Theunissen affirme dans sa déclaration que non seulement une intervention pour dégager le groupe Lotin était possible, mais que si une
QRF opérationnelle équipée de 22 CVRT, dont il
avait été question avant le déploiement des troupes
belges, avait été présente, rien ne se serait jamais
passé : « Non, Lotin aurait pu les utiliser et la menace
des FAR n’aurait pas existé. » (3) Il souscrit ainsi au
point de vue du major Choffray et du colonel
Marchal.

Volgens kapitein Theunissen bestonden er bij zo’n
tussenkomst overigens geen gevaar voor de geëxpatrieerden : « De Rwandese eenheden waren verspreid
en zij beschikten niet noodzakelijk over de nodige
radio-uitrusting. Als wij op één plaats hadden kunnen
aanvallen, zou dat elders geen gevolgen gehad hebben (4). Hij wordt daarin bijgetreden door zijn
korporaal-chef Pierard die stelt dat de FAR niet georganiseerd was en op enkele AML’s na ook licht bewapend. « Door de punt 50’s en de LAW’s te gebruiken
zouden wij geen grote moeilijkheden hebben
gekend. » (5)

Par ailleurs, pour le capitaine Theunissen, une telle
intervention ne présentait pas de danger pour les
expatriés : « Les unités rwandaises étaient dispersées
et il n’était pas évident qu’elles disposaient de
l’équipement radio nécessaire. Si notre attaque avait
été locale et très rapide, elle n’aurait pas engendré de
conséquences ailleurs. » (4) Il est soutenu en cela par
le caporal-chef Pierard, qui déclare que les FAR
n’étaient pas organisées et qu’à l’exception de quelques AML, leur armement était léger. « En mettant en
œuvre les Points 50 et par après les LAW, nous
n’aurions pas rencontré de gros problèmes. » (5)

Op het niveau van de stafchef van de Force, van de
sector en van het bataljon overheerste daarentegen de
mening dat hun interventie een risico zou hebben
ingehouden voor de expats.

Au niveau de l’état-major de la Force, du secteur et
du bataillon, par contre, l’opinion a prévalu que leur
intervention avait constitué un risque pour les expatriés.

De commissie merkt op dat de aanwezigheid van de
expats weliswaar een hinderpaal kon zijn voor een
interventie toen de manschappen zich in
moeilijkheden bevonden op 7 april maar ook een rem
kon vormen op de actie van het Belgisch contingent
op andere ogenblikken.

La commission fait remarquer que si la présence
des expatriés a pu constituer un obstacle à une
intervention quand des hommes se sont trouvés en
difficultés le 7 avril, cette même présence d’un grand
nombre d’expatriés a pu constituer un frein à l’action
du contingent belge à d’autres moments.

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Lecomte, POR, Senaat, 7 mei
1997 (BV, blz. 435 en 437).
(2) Dossier auditoraat-generaal bij het Militair Gerechtshof
- Not. nr. 01.00009.95, blz. 232.
(3) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
6 juni 1997 (BV, blz. 677).
(4) Hoorzitting met kapitein Theunissen, POR, Senaat,
1996-1997, 6 juni 1997 (BV, blz. 682).
(5) Hoorzitting met korporaal Pierard, POR, Senaat,
1996-1997, 27 juni 1997 (BV, blz. 900).

(1) Audition du lieutenant Lecomte, CER, Sénat, 7 mai 1997
(CRA, pp. 424 et 427).
(2) Dossier de l’auditorat général près la Cour militaire, not.
no 01.00009.95, p. 232.
(3) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 6 juin
1997 (CRA, p. 663).
(4) Audition du capitaine Theunissen, CER, Sénat, 27 juin
1997 (CRA, p. 668).
(5) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 27 juin
1997 (CRA, p. 880).

( 461 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3.5.3. De moord op Belgische burgers

3.5.3. L’assassinat des citoyens belges

Na 6 april 1994 zijn in Rwanda Belgische burgers
vermoord. De commissie heeft kennis genomen van
een lijst opgesteld door de Belgische ambassade te
Kigali, met 10 namen van vermoorde Belgische
burgers en 2 namen van Belgische onderdanen die een
natuurlijke dood gestorven zijn, waarschijnlijk
wegens gebrek aan verzorging. Achter verschillende
namen staat de vermelding « omdat hij Belg was »,
hetgeen betekent dat deze personen vermoord zijn na
een pascontrole, klaarblijkelijk enkel en alleen
wegens hun nationaliteit.

Des citoyens belges civils ont été assassinés au
Rwanda après le 6 avril 1994. La commission a pris
connaissance d’une liste dressée par l’ambassade de
Belgique à Kigali, qui reprend les noms de 10 ressortissants belges assassinés et deux ressortissants morts
de mort naturelle, probablement suite au manque de
soin. Plusieurs noms sont suivis de la mention « parce
qu’il était belge », qui signifie que ces personnes ont
été assassinée après la vérification de leur passeport,
manifestement en considération de leur seule nationalité.

Er bestaat weinig informatie over de
omstandigheden waarin deze moorden plaatsvonden.

Les informations quant aux circonstances de ces
assassinats ne sont pas très nombreuses.

De commissie heeft de families van slachtoffers
gehoord (1); bij deze gelegenheid heeft ze met
betrekking tot de moord op Claire Beckers, Katia
Bucyana en hun man en vader Isaie Bucyana
(Rwandese staatsburger) en de moord op Antoine
Godfriaux, Christine André en Olivier Dulieu
documenten ontvangen, respectievelijk van mevrouw
Beckers en van de heer en mevrouw Godfriaux, en ze
heeft deze personen op deze hoorzitting gehoord. Ze
heeft ook de heer en mevrouw Mugwaneza gehoord
over de omstandigheden waarin mevrouw Annie
Roland en haar man Jean Huss Mugwaneza
(Rwandese staatsburger) de dood gevonden hebben.

La commission a entendu des familles de victimes (1); à cette occasion, elle a reçu des documents
relatifs aux assassinats de Mme Claire Beckers, Katia
Bucyana et leur mari et père Isaie Bucyana (citoyen
Rwandais) et aux assassinats de Antoine Godfriaux,
Christine André et Olivier Dulieu, émanant respectivement de Mme Beckers et de M. et Mme Godfriaux,
et a entendu ces personnes lors de ces auditions. Elle a
aussi entendu Mme et M. Mugwaneza sur les circonstances de la mort de Mme Annie Roland et de son
mari Jean Huss Mugwaneza (citoyen rwandais).

Met betrekking tot de omstandigheden waarin
Antoine Godfriaux, Christine André en Olivier
Dulieu vermoord zijn, heeft de commissie ook kennis
genomen van de verklaring die de heer Marc Bohy op
26 juni 1997 voor een officier van de gerechtelijke
politie
afgelegd
heeft
ingevolge
de
onderzoeksplichten
voorgeschreven
door
onderzoeksrechter Vandermeersch.

Quant aux circonstances de l’assassinat de Antoine
Godfriaux, Christine André et Olivier Dulieu, la
commission a aussi pris connaissance de la déposition
faite par M. Marc Bohy le 26 juin 1997 devant un officier de police judiciaire, suite aux devoirs d’instruction prescrits par M. le juge d’instruction Vandermeersch.

De commissie heeft hierbij het volgende kunnen
vaststellen.

La commission relève les informations suivantes :

Deze drie personen bevonden zich in Rwanda in
het kader van een overeenkomst met de NGO
Nord-Sud Coopération om deel te nemen aan
projecten met thuisbasis in het dorp Rambura,
gelegen in de prefectuur te Gisenyi (2).

Ces trois personnes se trouvaient au Rwanda dans
le cadre d’un contrat de coopération avec l’ONG
Nord-Sud Coopération, pour participer à des projets
basés dans le village de Rambura, situé dans la préfecture de Gisenyi (2).

De NGO Nord/Sud Coopération, Association
pour le développement dans le Monde, is een vzw
gevestigd te Bergen, die tot doel heeft met alle
middelen bij te dragen tot de economische, sociale
en/of
culturele
ontwikkeling
van
de

L’ONG Nord/Sud Coopération, Association pour
le développement dans le Monde, est une ASBL sise à
Mons qui a pour objet « de contribuer par tous
moyens au développement économique, social et/ou
culturel des pays en voie de développement » (3). Elle

——————

——————

(1) Hoorzitting met vertegenwoordigers van de familieleden
en aanverwanten van de burgerlijke Belgische slachtoffers —
BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 19 februari 1997.
(2) Voor meer uitleg over de vzw Nord-Sud en de
samenwerkingsprojecten die ze in Rambura opzet, zie punt 3.13.

(1) Audition de représentants des familles et apparentés des
victimes civiles belges, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 19 février
1997.
(2) Pour plus d’informations concernant l’asbl Nord-Sud et
les projets de coopération qu’elle met sur pied à Rambura, voir
point 3.13.
(3) Article 3 des statuts publiés aux annexes du Moniteur
belge du 21 mars 1985, p. 131.

(3) Artikel 3 van de statuten verschenen in de bijlagen van
het Belgisch Staatsblad, 21 maart 1985, blz. 131.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 462 )

ontwikkelingslanden » (1). Bij ministeriële beslissing
van 9 mei 1985 werd zij door het ABOS erkend als
NGO.

a été agréée par l’AGCD en tant qu’ONG par décision
ministérielle du 9 mai 1985.

Het belangrijkste project waaraan de drie
ontwikkelingshelpers hebben meegewerkt, is de
oprichting (bouw, uitrusting en inwerkingstelling)
van een technische secundaire school (bouw en
elektriciteit) als uitbreiding van een bestaande
secundaire en normaalschool te Rambura op de
heuvel Kibihekane.

Le projet principal auxquels les trois coopérants
ont participé est la création (construction, équipement et mise en fonctionnement) d’une école secondaire technique (en construction et électricité) en
extension d’une école secondaire et normale existante, située à Rambura, sur la colline Kibihekane.

Rambura is het geboortedorp van president
Habyarimana. Dit dorp lijkt een gunstbehandeling te
genieten. Er is verlichting, wegen zijn geasfalteerd en
er zijn vier scholen die kennelijk voorbehouden zijn
aan leerlingen van gegoede ouders.

Rambura est le village natal du président Habyarimana. Ce village paraît bénéficier d’un traitement
privilégié. Il est éclairé, goudronné et bénéficie de
quatre écoles, manifestement réservée à une population scolaire aisée.

Volgens de toelichting bij het project dat Nord-Sud
bij de Belgische Staat heeft ingediend met het verzoek
tot cofinanciering van een ontwikkelingsproject,
werd de secundaire en de normaalschool van
Rambura gebouwd en beheerd door een plaatselijke
vereniging samengesteld uit de ouders van leerlingen
en de prominenten uit die streek, te weten de vzw
« ADECOGIKA ». Bij het opstellen van deze nota had
de vereniging als voorzitter Noël Mbonabaryi,
nationaal gedeputeerde, en als ondervoorzitter
kolonel Serubaga, adjunct-stafchef. Bij het sluiten
van overeenkomsten werd de vzw vertegenwoordigd
door kolonel Théoreste Bagosora. Het gaat dus om
prominenten die zeer dicht bij de president staan.

Selon l’exposé du projet remis par Nord-Sud
comme « requête de cofinancement d’un projet de
développement auprès de l’Etat belge », « l’école
secondaire et normale de Rambura a été construite et
est gérée par une association locale composée de
parents d’élèves et de personnalités de la région »,
l’ASBL « ADECOGIKA ». A l’époque de la rédaction
de cette note, l’association est présidée par Noël
Mbonabaryi, député national et vice-présidée par le
colonel Serubaga, chef d’État major adjoint. L’ASBL
sera ensuite représentée dans les passations de marché
par le colonel Théoreste Bagosora. Il s’agit donc de
personnalités de stature nationale, très proches du
président.

Het project voor een technisch lyceum wordt
voorgesteld als deel uitmakend van de doelstellingen
die de Rwandese overheid zich heeft gesteld. Om die
bedoeling tot uiting te brengen, haalt het document
een uittreksel aan uit het manifest van de MRND,
waarin wordt verklaard dat het onderwijs en de
opvoeding van de jeugd een zodanige vorm moet
aannemen dat zij geı̈ntegreerd kan worden in het
productieproces of dat de opleiding kan worden
voortgezet volgens eenieders mogelijkheden en
volgens de behoeften van de gemeenschap. Het
staatshoofd, Juvénal Habyarimana, zo vervolgt de
nota, komt hierop vaak terug.

Le projet de création du lycée technique est
présenté comme s’inscrivant dans le cadre des objectifs fixés par les autorités rwandaises. En témoignage
de cette volonté, le document cite un extrait du manifeste du MRND, qui affirme la volonté d’orienter
l’enseignement et l’éducation de la jeunesse de façon à
permettre à celle-ci de s’intégrer dans le système de
production ou de poursuivre la formation conformément à la vocation de chacun et aux besoins de la
société; objectif qui, toujours selon la note est souvent
rappelé par le chef de l’État, Juvénal Habyarimana.

Het project is gespreid over vijf jaar (1989-1995).
Het staat onder leiding van de vzw « ADECOGIKA »,
die het zal overnemen na de eerste vijf jaren.

Le projet s’étale sur cinq années (1989-1995). Il est
dirigé par l’asbl « ADECOGIKA », qui assure la
reprise après les cinq premières années.

Het voorziet in de aanwezigheid van drie
ontwikkelingshelpers om de afdelingen op te starten.
De buitenlandse vrijwilligers die het project sturen,
zijn aanwezig van het tweede jaar van het project tot
het vijfde jaar.

Il prévoit l’envoi de trois coopérants pour le démarrage des sections. Les volontaires expatriés qui encadrent le projet seront présent de la 2e année du projet à
la 5e année.

Volgens het ministerieel besluit van de minister van
Ontwikkelingssamenwerking van 1 augustus 1989,
kan het project rekenen op een subsidie van

Le projet se verra accorder une subvention de
17 139 375 francs (pour un apport belge total de
22 852 500 selon les prévisions budgétaires de l’année

——————

——————

(1) Artikel 3 van de statuten verschenen in de bijlagen van
het Belgisch Staatsblad, 21 maart 1985, blz. 131.

(1) Article 3 des statuts publiés aux annexes du Moniteur
belge du 21 mars 1985, p. 131.

( 463 )

1 - 611/7 - 1997/1998

17 139 375 frank (voor een totale Belgische inbreng
van 22 852 500 frank volgens de begrotingsramingen
over het jaar 1989 van de vzw Nord-Sud, wat
neerkomt op een verdeling 75 %-25 %). De afdeling
ontwikkelingssamenwerking van de ambassade te
Kigali had « zeer gunstig » geadviseerd voor de
medefinanciering van het project en de ABOS had
« gunstig » geadviseerd.

1989 de l’ASBL Nord-Sud, c’est-à-dire une répartition
75 %-25 %) par arrêté ministériel du ministre de la
Coopération au Développement du 1er août 1989. La
section de coopération de l’ambassade à Kigali avait
remis un avis « très favorable » quant au cofinancement du projet, l’AGCD un « avis favorable ».

Het project lijkt vertraging te hebben opgelopen bij
de bouw (fase 1). Die vertraging is reeds vastgesteld in
1990 en is nog groter geworden in 1991. Dat zou in de
eerste plaats toe te schrijven zijn aan het feit dat de
met de werken belaste aannemer de werken voor het
bezoek van de paus aan Kigali heeft moeten uitvoeren
en vervolgens aan de moeilijkheden die Rwanda heeft
gekend in 1990-1991.

Le projet semble avoir connu des retards dans la
construction (phase I), constatés dès 1990, et
s’aggravant en 1991. Ceux-ci seraient dus d’abord au
fait que l’entreprise réalisant les travaux ait dû se
consacrer aux travaux à effectuer pour la visite du
Pape à Kigali, et ensuite aux troubles agitant le
Rwanda en 1990-1991.

Uit het administratief dossier blijkt dat ook de
andere fasen van het project aanzienlijke vertraging
hebben opgelopen. Uiteindelijk werd het project
onderbroken tijdens de tweede fase, ofschoon het er
vijf had moeten tellen.

Le dossier administratif témoigne de ce que les
autres phases du projet ont également connu des
retards importants. Finalement, le projet sera interrompu lors de sa deuxième phase, alors qu’il devait en
compter cinq.

Olivier Dulieu leefde in Rwanda sedert september
1992. In februari 1993 wordt hij geëvacueerd omdat
de gevechten in de streek opnieuw oplaaien. Rond
april keert hij terug naar Rwanda.

Olivier Dulieu se trouvait au Rwanda depuis
septembre 1992. En février 1993, il est évacué vu la
reprise des combats dans la région. Il revient au
Rwanda vers le mois d’avril.

Antoine
Godfriaux
is
door
Nord-Sud
aangeworven op 3 september 1993. Zijn vertrek was
voor begin november gepland. « De ‘Convention
d’envoi’ tussen hem en de NGO ‘Coopération et
Progrès’ werd ondertekend op 16 november
1993 (1). Hij zou pas op 17 januari 1994 vertrekken,
na het vertrek herhaaldelijk te hebben uitgesteld,
zonder dat Olivier Dulieu en zijn ouders een
verklaring hebben voor dit uitstel. Zijn echtgenote,
Christine André, heeft zich bij hem gevoegd op
20 februari 1994 (2). Volgens een activiteitenverslag
dat « Nord-Sud » aan het ABOS heeft gezonden, zou
het ABOS een moratorium hebben ingesteld voor de
erkenning van de ontwikkelingssamenhelpers.

Antoine Godfriaux a été engagé par Nord-Sud le
3 septembre 1993. Son départ était prévu pour le
début novembre. La « convention d’envoi » entre lui
et l’ONG « Coopération et progrès » a été signée le
16 novembre 1993 (1). Il ne se fera finalement que le
17 janvier 1994, après plusieurs reports, sans
qu’Olivier Dulieu et ses parents ne puissent
s’expliquer ces reports. Son épouse, Christine André,
le rejoindra le 20 février 1994 (2). D’après un rapport
d’activités adressé par Nord-Sud à l’AGCD, il semble
que ce soit l’AGCD qui ait imposé un moratoire à
l’agrément des coopérants.

Volgens de heer Bohy, die van 2 oktober 1988 tot
16 april 1994 ontwikkelingshelper was in Rwanda,
zijn de drie ontwikkelingshelpers op dat ogenblik de
enige westerlingen in dat deel van Rwanda. Het verbaast hem trouwens dat zij naar deze streek van
Rwanda gezonden zijn. Hij meent dat einde 1991 de
spanning in het noorden en in het bijzonder Gisenyi
en Ruhengeri begon te stijgen. Er werden opposanten
gearresteerd en het was het begin van de slachtingen
van de Bagogwes (Tutsi’s van het noorden). Hij
beweert eigenlijk dat de genocide reeds op kleinere
schaal begonnen was. Ongeveer anderhalf jaar voor

D’après M. Bohy, qui a été coopérant au Rwanda
du 2 octobre 1988 au 16 avril 1994, les trois coopérants sont, à ce moment, les seuls occidentaux dans
cette partie du Rwanda. Leur envoi vers cette région
l’étonne d’ailleurs. Il estime que « vers la fin de 1991,
la tension a commencé à grandir dans la région du
Nord et plus précisément Gisenyi et Ruhengeri. Il y a
arrestation des opposants et c’était le début du massacres des Bagogwes (Tutsi du Nord). En fait, je dirai
que le génocide avait déjà commencé à plus petite
échelle. Environ un an et demi avant le génocide de
94, le climat d’insécurité avait atteint son maxi-

——————

——————

(1) Dokument van de heer Ivan Godfriaux, blz. 1.
(2) Hoorzitting met de heer Godfriaux, hoorzitting met
vertegenwoordigers van de familieleden en aanverwanten van de
burgerlijke Belgische slachtoffers, BV, BCR, Senaat, 1996-1997,
19 februari 1997, blz. 12.

(1) Document de M. Ivan Godfriaux, p. 1.
(2) Audition de M. Godfriaux, audition de représentants des
familles et apparentés des victimes civiles belges, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 19 février 1997, p. 12.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 464 )

de genocide van 94 was het klimaat van onveiligheid
ten top gestegen. (...) Wat hemzelf betreft, zegt de heer
Bohy dat hij nooit bedreigd werd want hij werd
beschouwd als de vertrouwensman van Joseph Nzirorera, de toekomstige secretaris-generaal van de
MRND. De heer Bohy besluit dat toen hij vernam dat
de drie nieuwe ontwikkelingshelpers op die plaats
gingen aankomen, hij herhaaldelijk bij zichzelf
gezegd had dat zij geen idee hadden van de plaats
waar ze terechtkwamen, noch van de gevaren die ze
zouden lopen (1).

mum. (...) » Quant à lui, M. Bohy dit « n’avoir jamais
avoir été menacé car [il] était considéré comme
homme de confiance de M. Nzirorera Joseph, futur
secrétaire général du MRND ». M. Bohy conclut:
« C’est ainsi que lorsque j’ai appris que trois
nouveaux coopérants allaient débarquer à cet
endroit, il m’est arrivé à plusieurs reprises de me dire
qu’ils n’avaient aucune idée du lieu où ils débarquaient, ni des dangers qu’ils allaient encourir. » (1)

De drie ontwikkelingshelpers werden op 7 april
1994 vermoord. De heer Bohy meent dat de geruchten
volgens welke de Belgen de president hadden vermoord, bijgedragen hebben tot de moord op de drie
Belgische ontwikkelingshelpers te RAMBURA. Hun
dood is niet aan het toeval te wijten. Men moet zich in
het tijdsgebeuren inleven en denken aan de trainingen
van de Interhamwe die bevelen van hogerhand opvolgden (2).

Les trois coopérants seront assassinés le 7 avril
1994. M. Bohy estime que « le fait d’avoir fait courir la
rumeur selon laquelle les Belges avaient assassiné le
président a contribué à l’assassinat des trois coopérants belges à RAMBURA. Leur mort n’est pas le fait
du hasard. Il faut se replacer dans le contexte de
l’époque, avec les entraı̂nements des Interhamwes,
qui obéissaient à des ordres venus d’en haut ». (2)

Volgens de ouders van Antoine Godfriaux wordt
« als enige reden voor de moord op de drie ontwikkelingshelpers hun nationaliteit vermeld » door de
NGO Nord-Sud-Coopération, het ministerie van Buitenlandse Zaken en het « gerecht in Brussel ». (3)
Tijdens de hoorzitting verklaarde de vader van Olivier Dulieu dat « de redenen voor de moord op de drie
ontwikkelingshelpers niet alleen te maken hebben
met hun nationaliteit », maar dat « ook meer mercantiele en weinig verheven overwegingen hebben meegespeeld » en hij sprak over « het grote geld, over verduistering en witwassen van geld ». (4)

Selon les parents d’Antoine Godfriaux, « l’unique
raison invoquée par ces sources, l’ONG Nord-SudCoopération, le ministère des Affaires étrangères et la
« justice de Bruxelles », pour expliquer l’assassinat des
trois coopérants est leur nationalité » (3). Au cours
de son audition, le père d’Olivier Dulieu a affirmé lui
que « les raisons de l’assassinat des trois coopérants
dépassent le simple fait de leur nationalité », il a
évoqué une « question de gros sous, de détournement
et de blanchiment d’argent » (4).

Heel wat vragen over de moord op deze drie ontwikkelingshelpers blijven onbeantwoord : hoe is het
mogelijk dat ze naar een streek gezonden werden die
anderzijds door alle ontwikkelingshelpers verlaten
was ? Op welke manier is toestemming gegeven voor
deze zending ? Wie en welke Belgische en Rwandese
overheid (overheden) hebben eraan meegewerkt ?
Door wie zijn ze vermoord ? Op bevel van wie ? Met
welk doel ? Waren deze moorden gepland ? In België
loopt een gerechtelijk onderzoek dat de commissie
niet wil doorkruisen.

Bien des questions continuent à se poser quant à
l’assassinat de ces trois coopérants : comment se fait-il
qu’ils aient pu être envoyé dans une région qui avait
d’autre part été évacuée par tous les coopérants ?
Quelle est la procédure d’autorisation qui a précédé
cet envoi ? Qui et quelle(s) autorité(s), belges et rwandaises, y ont participé ? Par qui ont-ils été assassinés ?
Sur ordre de qui ? Dans quel(s) but(s) ? Ces assassinats
étaient-ils programmés ? Une enquête judiciaire est en
cours en Belgique, avec laquelle la commission ne
veut pas interférer.

Wat de moord op mevrouw Claire Beckers, Katia
Bucyana en de heer Isaie Bucyana (Rwandese staatsburger) betreft, heeft de commissie mevrouw Beckers
gehoord. Haar zus, haar nicht en haar schoonbroer
zijn begin april vermoord. De heer Isaie Bucyana was

Quant à l’assassinat de Mme Claire Beckers, Katia
Bucyana et Isaie Bucyana (citoyen Rwandais), la
commission a entendu Mme Beckers. Sa sœur, sa
nièce et son beau-frère ont été assassinés début avril.
M. Isaie Bucyana était d’origine Tustsi. Au début des

——————

——————

(1) Getuigenis van de heer Marc Bohy, op 26 juni 1997, proces-verbaal nr. 28603 van 30 juni 1997, parket van de procureur
des Konings van Brussel, blz. 2 en 3.
(2) Ibidem.
(3) Hoorzitting met de heer Godfriaux, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 12.
(4) Hoorzitting met de heer Dulieu, BV, BCR, Senaat, 19961997, 19 februari 1997, blz. 12-13.

(1) Déposition de M. Marc Bohy, le 26 juin 1977, procès
verbal no 28603 du 30 juin 1997, parquet du procureur du Roi de
Bruxelles, pp. 2 et 3.
(2) Ibidem.
(3) Audition de M. Godfriaux, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 12.
(4) Audition de M. Dulieu, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 février 1997, p. 12-13.

( 465 )
van Tutsi afkomst. In het begin van de jaren 80 had hij
reeds moeilijk werk kunnen vinden « omdat hij Tutsi
was » (1). Blijkbaar werd aanvankelijk de heer
Bucyana geviseerd: op vrijdag 8 april zijn soldaten en
burgers het huis van haar zus binnengevallen. « Ze
zeiden dat ze op zoek waren naar haar schoonbroer » (2).
Mevrouw Beckers is verbaasd dat haar zus en haar
familie geen hulp geboden is toen zij trachtten te
vluchten. Toen mevrouw Claire Beckers naar
UNAMIR telefoneerde, werd haar geantwoord « dat
het onmogelijk was haar te evacueren en dat zij zelf
een voertuig moest zoeken. (...) Van het Belgische
burgerlijke hoofd van de wijk waar mijn zuster
woonde, hebben wij vernomen dat hij alles heeft
gedaan om hen te helpen, maar noch de ambassade
noch UNAMIR hebben gereageerd. Er stonden nochtans soldaten klaar om tussenbeide te komen maar zij
hebben daarvoor nooit de toestemming gekregen.
Hoe komt het dat de Belgische ambassadeur niets
heeft kunnen doen voor mijn zuster, hoewel hij geregeld met haar contact had en wist dat zij blootstond
aan represailles omdat zij met een Tutsi was
getrouwd ? » (3)
In dat verband heeft de ondervoorzitter en rapporteur van de commissie, op 25 augustus 1997, de heer
Jean Nachtergaele ontmoet, directeur van de Belgische school te Kigali, tijdens zijn bezoek aan Rwanda.
Deze laatste heeft hem meegedeeld dat de familie
Bucyana een eerste maal op 7 april werd aangevallen.
Het peloton Ramadan, gelegen te Nyamirambo, waar
de familie Bucyana woonde, heeft de evacuatie ingezet op 8 april zonder evenwel die familie mee te
nemen. Volgens de heer Nachtergaele zou het peloton
geen gemengde koppels hebben mogen meenemen,
ofschoon het dat zelf had voorgesteld. Op zaterdag
9 april werden de leden van de familie Bucyana vermoord.
Tijdens zijn hoorzitting in de commissie werd
kolonel Balis ondervraagd over het evacuatieplan dat
hij op verzoek van generaal Dallaire in maart 1994
moest opstellen. Op de vraag of het plan bijzondere
bepalingen bevatte voor gemengde koppels, heeft de
getuige geantwoord : « Het probleem heeft zich zover
ik weet nooit gesteld. Ik neem aan dat wanneer een
koppel op een bepaald adres verbleef en wij daar een
voertuig naartoe stuurden, dat wij dan de echtgenote
ook meenamen zonder eerst na te gaan of zij wel de
dubbele nationaliteit bezat. Maar dit probleem stelde
zich in feite nooit. » (4)

1 - 611/7 - 1997/1998

années ’80, il avait déjà rencontré des difficultés pour
trouver un emploi « parce qu’il était Tutsi » (1). Il
semble ce soit M. Bucyana qui ait été d’abord visé : « le
vendredi 8 avril, la maison de ma sœur a été attaqué
par des militaires et des civils. Ils disaient être à la
recherche de mon beau-frère. »(2)
Mme Beckers s’étonne de ce que aucune aide n’a été
procurée à sa sœur et sa famille lorsqu’elle a cherché à
fuir. Lorsque Mme Claire Beckers a téléphoné à la
MINUAR, il lui aurait été répondu « qu’il était impossible de l’évacuer et qu’elle devait chercher elle-même
un véhicule (...) Nous avons appris du responsable
civil belge du quartier où vivait ma sœur qu’il avait
tout fait pour lui venir en aide, mais ni l’ambassade ni
la MINUAR n’ont réagi. Il y avait pourtant des
soldats qui étaient prêts à intervenir mais qui n’ont
jamais reçu l’autorisation nécessaire. Comment
l’ambassadeur de Belgique n’a-t-il rien pu faire pour
ma sœur alors qu’il était régulièrement en relation
avec elle et qu’il savait qu’elle était particulièrement
exposée à cause de son mari tutsi ? » (3)

À ce propos, le vice-président et rapporteur de la
commission a rencontré M. Jean Nachtergaele, directeur de l’école belge à Kigali, lors de sa mission au
Rwanda, le 25 août 1997. Ce dernier lui a expliqué
que la famille Bucyana a été attaquée une première
fois le 7 avril. Le peloton Ramadan, qui était
cantonné à Nyamirambo, où habitait la famille
Bucyana, a évacué le 8 avril, sans emmener la famille.
Selon les informations de M. Nachtergaele, le peloton
n’aurait pas été autorisé à évacuer les couples mixtes,
bien qu’il l’ait offert. Le samedi 9 avril, les membres
de la famille Bucyana étaient assassinés.

Lors de son audition par la commission, le colonel
Balis a été interrogé sur le plan d’évacuation qu’il
avait été chargé d’élaborer par le général Dallaire en
mars 1994. On lui a demandé si le plan prévoyait des
dispositions particulières pour les couples mixtes. Il a
répondu : « Het probleem heeft zich zover ik weet
nooit gesteld. Ik neem aan dat wanneer een koppel op
een bepaald adres verbleef en wij daar een voertuig
naartoe stuurden, dat wij dan de echtgenote ook
meenamen zonder eerst na te gaan of zij wel de
dubbele nationaliteit bezat. Maar dit probleem stelde
zich in feite nooit. » (4)

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Beckers, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 13.
(2) Nota dd. 18 februari 1997 door mevrouw Beckers bij
haar verhoor aan de commissie overhandigd.
(3) Ibidem.
(4) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 11/4.

(1) Audition de Mme Beckers, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 février 1997, p. 13.
(2) Note datée du 18 février 1997 remise à la commission par
Mme Beckers lors de son audition.
(3) Ibidem.
(4) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
p. 11/4 (CRA, p. 587).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 466 )

Maar op de vraag of het plan voorzag in de evacuatie van Rwandezen, heeft de kolonel geantwoord :
« Het ging wel degelijk enkel om niet-Rwandezen.
Door omstandigheden heb ik generaal Dallaire tweemaal expliciet gevraagd of Rwandezen ook mochten
worden geëvacueerd als ze in gevaar waren. Hij
antwoordde formeel : « Bevelen van New-York : no
locals ». Er mochten dus geen Rwandezen geëvacueerd worden. » (1)

Mais à la question de savoir s’il était prévu
d’évacuer des Rwandais, le colonel a déclaré : « Het
ging wel degelijk enkel om niet-Rwandezen. Door
omstandigheden heb ik generaal Dallaire tweemaal
expliciet gevraagd of Rwandezen ook mochten
worden geëvacueerd als ze in gevaar waren. Hij antwoordde formeel : « Bevelen van New-York : no locals ». Er mochten dus geen Rwandezen geëvacueerd
worden. » (1)

Wat betreft de omstandigheden waarin mevrouw
Annie Roland en haar man Jean Huss Mugwaneza
(Rwandese staatsburger) vermoord zijn, hebben de
heer en mevrouw Mugwaneza als volgt getuigd :
« Mijn vader werd geviseerd omdat hij intellectueel en
Tutsi was. Militairen van de regering Habyarimana
hebben het huis van mijn ouders bestormd om mijn
vader te vermoorden. Heel de familie werd in de tuin
samengebracht en vervolgens afgeslacht. » (2)

Quant aux circonstances de la mort de Mme Annie
Roland et de son mari Jean Huss Mugwaneza (citoyen rwandais), Mme et M. Mugwaneza ont témoigné des éléments suivants : « Notre père était visé
comme intellectuel tutsi. Des militaires du gouvernement Habyarimana prirent d’assaut la maison de nos
parents pour y assassiner notre père. Toute la famille
fut regroupée dans le jardin pour être ensuite massacrée. » (2)

De omstandigheden waarin deze moorden plaatsvonden, zijn enigszins vergelijkbaar. Annie Roland
en Claire Beckers waren beiden gehuwd met Rwandese staatsburgers van Tutsi afkomst. De families zijn
van mening dat deze mannen geviseerd werden omdat
zij Tutsi intellectuelen waren. Hun vrouwen en
kinderen hebben hetzelfde lot ondergaan. Maar beide
families hebben de indruk dat er niet veel inspanningen geleverd zijn, noch door de Belgische ambassade
noch door UNAMIR, om deze « gemengde » families
te evacueren... Over deze gevallen lopen eveneens
gerechtelijke onderzoeken die misschien een licht
zullen werpen op de overblijvende schemerzones.

Les circonstances de ces assassinats sont assez similaires. Mmes Annie Roland et Claire Beckers étaient
toutes deux mariées avec des citoyens rwandais
d’origine tutsie. Les familles estiment que l’on a visé
ces hommes parce qu’ils étaient des intellectuels
tutsis. Leurs femmes et enfants ont subi leur sort.
Mais les familles ont toutes deux l’impression que
l’on n’a pas fait beaucoup d’efforts, tant à
l’ambassade de Belgique qu’à la MINUAR, pour
évacuer ces familles « mixtes » ... Des enquêtes judiciaires sont en cours également quant à ces cas, qui
éclaireront peut-être les zones d’ombre qui subsistent.

3.6. DE GENOCIDE

3.6. LE GÉNOCIDE

3.6.1. Inleiding

3.6.1. Introduction

In de periode tussen 7 april en de maand juli 1994
werd Rwanda geteisterd door een golf van verschrikkelijke en brutale slachtpartijen. Hoewel er tot op
heden nog geen enkele officiële schatting is van het
aantal slachtoffers, gaan de meeste internationale deskundigen ervan uit dat tussen 500 000 en 1 000 000
Rwandezen het leven verloren hebben in de meest
pijnlijke periode van de geschiedenis van dat land.
Het exacte aantal slachtoffers zal men wellicht nooit
te weten komen.

Au cours de la période entre le 7 avril et le mois de
juillet 1994, le Rwanda fut ravagé par une vague de
terribles et sauvages massacres. Bien que jusqu’à
présent aucune estimation officielle du nombre de
victimes n’ait été faite, la plupart des experts internationaux s’accordent pour estimer qu’entre 500 000 et
1 000 000 de Rwandais ont perdu la vie au cours de
cette période la plus douloureuse de l’histoire de ce
pays. Il est probable que le nombre exact des victimes
ne sera jamais connu.

In zijn werk « The Rwanda crisis » komt professor
G. Prunier aan de hand van de deductiemethode tot
de slotsom dat naar schatting ongeveer 800 000
Tutsi’s werden vermoord in de loop van die drie
maanden.

Dans son ouvrage « The Rwanda crisis », le professeur G. Prunier tente de procéder par déduction pour
arriver à une estimation d’environ 800 000 Tutsis
massacrés au cours de ces trois mois.

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 11/6
(2) Hoorzitting met mevrouw Mugwaneza, BV, BCR,
19 februari 1997, 1996-1997, blz. 13.

(1) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
p. 11/6 (CRA, p. 587).
(2) Audition de Mme Mugwaneza, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 13.

( 467 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Volgens hem moet aan dat cijfer een onbekend aantal gematigde Hutu’s worden toegevoegd (tussen
10 000 en 30 000). Het aantal slachtoffers van de
genocide zou bijgevolg oplopen tot een getal tussen
800 000 en 850 000 (1).

Selon lui, il convient d’ajouter à ce chiffre un
nombre inconnu de Hutus modérés (entre 10 000 et
30 000). Le nombre de victimes du génocide
s’élèverait par conséquent entre 800 000 et
850 000 (1).

Tijdens zijn getuigenis voor de Commissie voegt
professor Prunier eraan toe dat het aantal mensen dat
door het RPF tijdens datzelfde jaar vermoord werd,
wellicht meer dan 30 000 bedraagt (2).

Au cours de son témoignage devant la commission,
le professeur Prunier ajoute que le nombre de victimes
massacrés par le FPR au cours de cette même année
s’élève probablement à plus de 30 000 (2).

Die ontelbare slachtoffers zijn vaak anoniem gebleven vermits de lichamen niet konden worden
geı̈dentificeerd. Dat maakt de trauma’s alleen maar
groter : omdat men niet precies weet wat er met vermiste familieleden gebeurd is, kan er geen einde
komen aan het rouwproces dat men doormaakt.

Ces victimes innombrables sont souvent restées
anonymes, les corps ne pouvant être identifiées. Cette
circonstance ajoute au traumatisme, les familles ne
connaissant pas le sort exact de leur disparu, et ne
pouvant donc pas accomplir leur deuil.

Gelet op de omvang van de verschrikking is het niet
wenselijk dat de Commissie een onderscheid maakt
tussen de doden. Er zijn immers geen goede en slechte
slachtoffers.

Face à l’horreur, il n’y a pas lieu, pour la commission, de distinguer les morts; il n’y a pas de bonne ou
de mauvaise victime.

3.6.2. Definitie en erkenning

3.6.2. Définition et reconnaissance

3.6.2.1. Definitie van het begrip genocide
Artikel II van het Internationaal Verdrag inzake de
voorkoming en de bestraffing van genocide van
9 december 1948 bepaalt : « In dit Verdrag wordt
onder genocide verstaan een van de volgende handelingen, gepleegd met de bedoeling om, geheel of
gedeeltelijk, een nationale, etnologische, godsdienstige of rassengroep uit te roeien, en wel :
a) Het doden van leden van de groep;

3.6.2.1. Définition de la notion de génocide
L’article II de la Convention sur la prévention et
répression du crime de génocide du 9 décembre 1948
dispose : « Le génocide s’entend de l’un quelconque
des actes ci-après, commis dans l’intention de
détruire, en tout ou en partie, un groupe national,
ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe;

b) Het toebrengen van ernstig lichamelijk of
geestelijk letsel aan leden van de groep;

b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale
de membres du groupe;

c) Het opzettelijk aan de groep opleggen van levensvoorwaarden bedoeld om de lichamelijke vernietiging van de gehele groep of een gedeelte er van te
veroorzaken;

c) Soumission intentionnelle du groupe à des
conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;

d) Het opleggen van maatregelen, bedoeld om
geboorten binnen de groep te voorkomen;

d) Mesures visant à entraver des naissances au sein
du groupe;

e) Het gewelddadig overbrengen van kinderen van
de groep naar een andere groep.

e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre
groupe. »

Uit deze bepaling blijkt dat drie elementen aanwezig moeten zijn, opdat sprake is van genocide :

Il ressort de cette disposition trois éléments constitutifs du génocide qu’on peut schématiser ainsi :

1) een misdadige handeling;
2) « gepleegd met de bedoeling om, geheel of
gedeeltelijk »;

1) un acte criminel;
2) « dans l’intention ... de détruire tout ou partie »;

——————

——————

(1) Prunier, G., The Rwanda Crisis (1989-1994), History of
a Genocide, Kampala, Fountain Publishers, 1995, blz. 265.
(2) In zijn hoorzitting van 11 juni 1997 verwijst hij naar het
rapport Gersony dat dit cijfer citeert, POR, Senaat, 11 juni 1997,
PV, blz. 29/1.

(1) Prunier, G., The Rwanda Crisis (1989-1994), History of
a Genocide, Kampala, Fountain Publishers, 1995, p. 265.
(2) Dans son audition du 11 juin 1997, il se réfère au rapport
Gersony qui cite ce chiffre, CER, Sénat, 11 juin 1997, PV,
p. 29/1.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 468 )

3) een welbepaalde groep uit te roeien.

3) un groupe donné et visé « comme tel ».

3.6.2.2. Erkenning van de genocide in Rwanda

3.6.2.2. Reconnaissance du génocide au Rwanda

De opeenvolgende bijzondere rapporteurs van de
VN hebben erkend dat het begrip genocide van toepassing is op Rwanda.

Les rapporteurs spéciaux successifs de l’ONU ont
reconnu que la notion du génocide devait être appliqué au Rwanda.

Zij maken een onderscheid tussen de genocide van
de Tutsi’s en de slachtpartijen waarvan de Hutu’s het
slachtoffer zijn geworden.

Ils distinguent le génocide des Tutsis des massacres
qui ont touché les Hutus.

(1) De genocide van de Tutsi’s

(1) Le génocide des Tutsis

In zijn verslag van 28 juni 1994 licht de h. Degni
Segui, bijzonder rapporteur van de VN-commissie
voor de mensenrechten toe waarom de gebeurtenissen
in Rwanda aan de drie basisvoorwaarden van een
genocide voldoen : « La première condition ne semble
pas faire de doute eu égard aux massacres perpétrés et
même aux traitements cruels, inhumains et dégradants. La seconde n’est pas davantage difficile à
remplir, car l’intention claire et non équivoque se
trouve bien contenue dans les appels incessants au
meurtre lancés par les médias (en particulier le
RTLM) et transcrits dans les tracts. Et si ce n’était le
cas, l’intention aurait pu être déduite des faits euxmêmes, à partir d’un faisceau d’indices concordants :
préparation des massacres (distribution d’armes à feu
et entraînement des miliciens), nombre de Tutsis tués,
et résultat de la poursuite d’une politique de destruction des Tutsis. La troisième condition qui exige que
le groupe ethnique soit visé comme tel pose en
revanche problème en raison de ce que les Tutsis ne
sont pas les seules victimes des massacres, les Hutus
modérés n’étant pas épargnés. Mais le problème n’est
qu’apparent, et ceci pour deux raisons : d’abord,
nombre de témoignages révèlent que les tris opérés au
cours des barrages pour la vérification des identités
visent essentiellement les Tutsis. Ensuite et surtout,
l’ennemi principal, assimilé au FPR, reste le Tutsi qui
est l’invenzi, c’est-à-dire « le cafard » à écraser à tout
prix. Le Hutu modéré n’est que le partisan de
l’ennemi principal, et il n’est visé qu’en tant que
traître à son groupe, auquel il ose s’opposer.

Le rapporteur spécial de la commission des droits
de l’homme de l’ONU, M. Degni Segui, dans son
rapport du 28 juin 1994, explique pourquoi, dans le
cas des événements du Rwanda, les trois éléments
constitutifs du génocide sont remplis : « La première
condition ne semble pas faire de doute eu égard aux
massacres perpétrés et même aux traitements cruels,
inhumains et dégradants. La seconde n’est pas davantage difficile à remplir, car l’intention claire et non
équivoque se trouve bien contenue dans les appels
incessants au meurtre lancés par les médias (en particulier le RTLM) et transcrits dans les tracts. Et si ce
n’était le cas, l’intention aurait pu être déduite des
faits eux-mêmes, à partir d’un faisceau d’indices
concordants : préparation des massacres (distribution
d’armes à feu et entraînement des miliciens), nombre
de Tutsis tués, et résultat de la poursuite d’une politique de destruction des Tutsis. La troisième condition
qui exige que le groupe ethnique soit visé comme tel
pose en revanche problème en raison de ce que les
Tutsis ne sont pas les seules victimes des massacres,
les Hutus modérés n’étant pas épargnés. Mais le
problème n’est qu’apparent, et ceci pour deux
raisons : d’abord, nombre de témoignages révèlent
que les tris opérés au cours des barrages pour la vérification des identités visent essentiellement les Tutsis.
Ensuite et surtout, l’ennemi principal, assimilé au
FPR, reste le Tutsi qui est l’invenzi, c’est-à-dire « le
cafard » à écraser à tout prix. Le Hutu modéré n’est
que le partisan de l’ennemi principal, et il n’est visé
qu’en tant que traître à son groupe, auquel il ose
s’opposer.

Il existe un document émanant de l’État-major de
l’armée rwandaise et daté du 21 septembre 1992, qui
distingue bien l’ennemi principal de son partisan et
qui chargeait la hiérarchie militaire de « faire une
large diffusion ». Selon les termes de ce document, le
premier « est le Tutsi de l’intérieur ou de l’extérieur
extrémiste et nostalgique du pouvoir, qui n’a jamais
reconnu et ne reconnaît pas encore les réalités de la
Révolution sociale de 1959, et qui veut conquérir le
pouvoir au Rwanda par tous les moyens, y compris
les armes ». Le second « est toute personne qui apporte
tout concours à l’ennemi principal ». De plus, le partisan peut être rwandais ou étranger. Il existe un certain

Il existe un document émanant de l’État-major de
l’armée rwandaise et daté du 21 septembre 1992, qui
distingue bien l’ennemi principal de son partisan et
qui chargeait la hiérarchie militaire de « faire une
large diffusion ». Selon les termes de ce document, le
premier « est le Tutsi de l’intérieur ou de l’extérieur
extrémiste et nostalgique du pouvoir, qui n’a jamais
reconnu et ne reconnaît pas encore les réalités de la
Révolution sociale de 1959, et qui veut conquérir le
pouvoir au Rwanda par tous les moyens, y compris
les armes ». Le second « est toute personne qui apporte
tout concours à l’ennemi principal ». De plus, le partisan peut être rwandais ou étranger. Il existe un certain

( 469 )

1 - 611/7 - 1997/1998

nombre de documents qui confirment cette distinction et qui attestent que les Hutus modérés ne sont
massacrés qu’en tant qu’associés ou partisans des
Tutsis.

nombre de documents qui confirment cette distinction et qui attestent que les Hutus modérés ne sont
massacrés qu’en tant qu’associés ou partisans des
Tutsis.

Les conditions prescrites par la Convention de 1948
sont ainsi réunies et le Rwanda, y ayant accédé le
16 avril 1976, est tenu d’en respecter les principes qui
se seraient imposés même en dehors de tout lien
conventionnel, puisqu’ils ont acquis valeur coutumière. De l’avis du Rapporteur spécial, la qualification de génocide doit être d’ores et déjà retenue en ce
qui concerne les Tutsis. Il en va différemment de
l’assassinat des Hutus. » (1)

Les conditions prescrites par la Convention de 1948
sont ainsi réunies et le Rwanda, y ayant accédé le
16 avril 1976, est tenu d’en respecter les principes qui
se seraient imposés même en dehors de tout lien
conventionnel, puisqu’ils ont acquis valeur coutumière. De l’avis du Rapporteur spécial, la qualification de génocide doit être d’ores et déjà retenue en ce
qui concerne les Tutsis. Il en va différemment de
l’assassinat des Hutus. » (1)

Professor Prunier zegt hierover :
« Il faut voir ce génocide comme ethnique, mais
ethnique parce que politique. Le Tutsi est un ennemi
politique. On n’a pas tué les gens parce qu’ils étaient
Tutsis; Ce n’est pas comme la haine du Juif (...) et tout
l’antisémitisme que traı̂ne la culture européenne
depuis 20 siècles. Ce n’est pas cela. C’est un ennemi
politique. Le Hutu qui se range du côté des Tutsis, ou
s’il est perçu comme tel, devient le complice —
l’ibyitso — et il ne vaut pas mieux qu’un Tutsi. Toute
sa famille va aussi mourir. (...) Ce n’est donc pas un
génocide ethnique, c’est un génocide politique ». (2)
Professor Reyntjens bevestigt dat :

Pour le professeur Prunier :
« Il faut voir ce génocide comme ethnique, mais
ethnique parce que politique. Le Tutsi est un ennemi
politique. On n’a pas tué les gens parce qu’ils étaient
Tutsis; Ce n’est pas comme la haine du Juif (...) et tout
l’antisémitisme que traı̂ne la culture européenne
depuis 20 siècles. Ce n’est pas cela. C’est un ennemi
politique. Le Hutu qui se range du côté des Tutsis, ou
s’il est perçu comme tel, devient le complice —
l’ibyitso — et il ne vaut pas mieux qu’un Tutsi. Toute
sa famille va aussi mourir. (...) Ce n’est donc pas un
génocide ethnique, c’est un génocide politique ». (2)
Quant au professeur Reyntjens, il déclare :

« Het geweld was niet etnisch, maar politiek. Men
had het op de opposanten en de Tutsi’s gemunt en
beschouwde die als medeplichtigen van het
RPF » (3).

« La violence n’a pas été ethnique mais politique.
Ce sont les opposants et les Tutsis qui ont été visés et
assimilés à des complices du FPR. » (3).

De commissie wenst erop te wijzen dat, in gevolge
de weigering van verschillende lidstaten, een politieke
formatie niet beschermd is door het Verdrag van 1948
over de genocide.

La commission se doit de rappeler que suite aux
refus de plusieurs états membres, un groupe politique
n’est pas protégé par la Convention de 1948 sur le
génocide.

(2) De moord op de Hutu’s

(2) L’assassinat des Hutus

Naast de genocide is de bijzondere rapporteur ook
nog een aantal politieke moorden op het spoor gekomen die niet als genocide te beschouwen zijn omdat
die niet specifiek tegen een etnische groep gericht zijn.

Parallèlement au génocide, le Rapporteur spécial a
relevé également des assassinats politiques qui ne
peuvent être qualifiés de génocide, étant donné que ce
n’est pas un groupe ethnique défini comme tel qui est
visé.

« Des membres du groupe ethnique Hutu, comme il
a déjà été indiqué, sont également victimes de massacres. Mais une distinction s’impose à ce stade. D’une

« Des membres du groupe ethnique Hutu, comme il
a déjà été indiqué, sont également victimes de massacres. Mais une distinction s’impose à ce stade. D’une

——————

——————

(1) Verenigde Naties, Commissie voor de mensenrechten,
Rapport sur la situation des droits de l’homme au Rwanda, uitgebracht door de heer Degni-Segui, bijzondere rapporteur bij de
Commissie voor de mensenrechten, met toepassing van § 20 van
resolutie 1994 S-3/1 van de Commissie dd. 25 mei 1994, E/CN.4/
1195/7, 28 juni 1994, blz. 10.
(2) Hoorzitting met professor Prunier, POR, Senaat, 11 juni
1997, PV, blz. 15/4 en 15/5.
(3) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 30.

(1) Nations Unies, Commission des droits de l’Homme,
Rapport sur la situation des droits de l’Homme au Rwanda,
soumis par M. Degni-Segui, rapporteur spécial de la commission
des droits de l’Homme, en application du § 20 de la résolution
1994 S-3/1 de la commission en date du 25 mai 1994, E/CN.4/
1195/7, 28 juin 1994, p. 10.
(2) Audition du professeur Prunier, CER, Sénat, 1996-1997,
11 juin 1997, PV, p. 15/4 et 15/5.
(3) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, p. 30.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 470 )

part, il y a les Hutus modérés, auxquels, par extension, on associe certains étrangers tels que les Belges,
et qui comprennent essentiellement les opposants
politiques et les militants des droits de l’homme. Il
constituent la cible toute désignée pour des éléments
des Forces armées gouvernementales et les miliciens.
D’autre part, il y a les Hutus extrémistes, composés
surtout de miliciens, qui seraient victimes, sur simple
dénonciation, d’exécutions dans les zones contrôlées
par le FPR.
Ces actes constituent des assassinats et plus spécifiquement des assassinats politiques qui portent
atteinte au droit à la vie, qui est un droit fondamental
contenu dans nombre d’instruments internationaux.
Faute de citer toutes ces conventions, on en
retiendra deux, dont les dispositions pertinentes
s’imposent à l’Etat rwandais, qui y a accédé. Ce sont,
d’une part, le Pacte International relatif aux droits
civils et politiques du 16 décembre 1966, et d’autre
part, la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples du 28 juin 1981. Ces assassinats politiques
constituent une violation flagrante des instruments
précités. L’on doit préciser que le droit à la vie est un
droit fondamental, qui existe « en dehors de tout lien
conventionnel », et dont le respect s’impose en toutes
circonstances » (1).
(3) Slachtoffers bij de gematigde Hutu’s

part, il y a les Hutus modérés, auxquels, par extension, on associe certains étrangers tels que les Belges,
et qui comprennent essentiellement les opposants
politiques et les militants des droits de l’homme. Il
constituent la cible toute désignée pour des éléments
des Forces armées gouvernementales et les miliciens.
D’autre part, il y a les Hutus extrémistes, composés
surtout de miliciens, qui seraient victimes, sur simple
dénonciation, d’exécutions dans les zones contrôlées
par le FPR.
Ces actes constituent des assassinats et plus spécifiquement des assassinats politiques qui portent
atteinte au droit à la vie, qui est un droit fondamental
contenu dans nombre d’instruments internationaux.
Faute de citer toutes ces conventions, on en retiendra deux, dont les dispositions pertinentes s’imposent
à l’État rwandais, qui y a accédé. Ce sont, d’une part,
le Pacte International relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, et d’autre part, la Charte
africaine des droits de l’homme et des peuples du
28 juin 1981. Ces assassinats politiques constituent
une violation flagrante des instruments précités. L’on
doit préciser que le droit à la vie est un droit fondamental, qui existe « en dehors de tout lien conventionnel », et dont le respect s’impose en toutes circonstances » (1).
(3) Les victimes Hutus modérés

Wat de 30 000 slachtoffers van het RPF betreft waarover de heer Prunier spreekt, heeft de commissie geen
aanvullende informatie verkregen. Ze heeft geen
antwoord gekregen omtrent de redenen die de publicatie verhinderd hebben van het rapport Gersony,
waaruit wellicht deze informatie kon worden
gehaald.

En ce qui concerne les 30 000 victimes du FPR dont
parle M. Prunier, la commission n’a pas obtenu
d’informations complémentaires. Elle n’a pas obtenu
de réponse sur les raisons qui ont empêché la publication du rapport Gersony dont le contenu permettrait
peut-être d’obtenir ces informations.

3.6.3. Het verloop van de genocide

3.6.3. Le déroulement du génocide

Er zijn zeer duidelijke episoden te onderscheiden in
het verloop van de genocide vanaf de aanslag op het
presidentieel vliegtuig.
Eerst en vooral, « nagenoeg onmiddellijk (d.w.z.
nog diezelfde avond) nadat het vliegtuig was neergestort, begon de selectieve uitmoording van politici
van de oppositie, meestal Hutu’s van partijen die tegenstrevers waren van de aan de macht zijnde partij.
De meest opvallende handeling was de moordaanslag
op de eerste minister, mevrouw Agathe Uwilingiyimana, samen met 10 Belgische VN-soldaten die
tot opdracht hadden haar te beschermen. De president van het Grondwettelijk Hof en de minister van
Voorlichting waren andere prominente onmiddellijke doelwitten. De leiding van alle verschillende
oppositiepartijen werd op gelijkaardige wijze getroffen (African Rights, 1994).

On constate des séquences très nettes dans le déroulement du génocide, à partir de l’attentat contre
l’avion présidentiel.
Premièrement, « presque immédiatement (c’est-àdire le soir même) après le crash de l’avion commença
un assassinat sélectif d’hommes politiques de
l’opposition, dont la plupart étaient des Hutus appartenant à des partis opposés au parti au pouvoir. L’acte
le plus apparent fut l’assassinat du Premier ministre,
Agathe Uwilingiyimana, ainsi que de 10 soldats
belges des Nations unies qui avaient été chargés de sa
protection. Le président du tribunal constitutionnel
et le ministre de l’Information constituaient d’autres
cibles éminentes immédiates. La direction de chaque
parti de l’opposition fut frappée de la même manière
(African Rights, 1994).

——————

——————

(1) Ibid.

(1) Ibid.

( 471 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De tweede doelgroep om te worden uitgemoord
nadat de leidende politici waren vermoord, waren
burgerlijke dissidenten, zowel uit Hutu- als Tutsikringen. Daaronder waren er journalisten, mensenrechtenactivisten, vertegenwoordigers van nietgouvernementele groepen en ambtenaren. African
Rights noemt bij wijze van voorbeeld bij naam en
beroep 27 journalisten van wie werd gemeld dat zij
onmiddellijk na 6 april werden vermoord.

Le second groupe-cible des assassinats, une fois que
les dirigeants politiques eurent été tués, fut constitué
par des civils dissidents, hutus comme tutsis. Ceux-ci
comprenaient des journalistes, des activistes des
droits de l’homme, des représentants d’organisations
non gouvernementales et des fonctionnaires. African
Rights répertorie à titre d’exemple, en citant leur nom
et leur fonction, 27 journalistes dont l’assassinat avait
été signalé immédiatement après le 6 avril.

Na het uitmoorden van de oppositie begon de algemene moord op Tutsi’s. African Rights, 1994, heeft
hierover voor elke prefectuur afzonderlijk documentatie verzameld, met aparte rapportering over aanslagen op vrouwen en kinderen, op kerken en ziekenhuizen, enz. Eindeloos en realistisch is de verschrikkelijke rapportering van de geı̈nterviewde ooggetuigen.
Hoewel er rapporten zijn over mensen die de slachtoffers van de moordpartijen trachtten te helpen, blijken
de meeste mensen vrijwillig, aangespoord of onder
dwang aan de slachtpartijen te hebben deelgenomen.

Faisant suite à cette élimination de l’opposition, le
massacre généralisé de Tutsis commença. Celui-ci est
documenté par African Rights, 1994, préfecture par
préfecture, avec des rapports particuliers traitant
d’attaques menées contre des femmes et des enfants,
des églises, des hôpitaux, etc. Le réalisme et l’horreur
des récits des témoins interviewés ne connaissent pas
de limite. Bien qu’un certain nombre de personnes
aient tenté d’aider les victimes de massacres, la
plupart de la population semble avoir participé aux
massacres, que ce soit de son plein gré, sous la menace
ou sous la contrainte.

De eerst geviseerden waren Tutsi’s (mannen en
jongens). Zelfs de kleinste jongens werden niet gespaard. Vooral geschoolde Tutsi-vrouwen en -mannen liepen groot gevaar en de universiteit werd
« gezuiverd » (African Rights, 1994). Verkrachtingen
waren schering en inslag. Er bestaan talrijke verklaringen van vrouwen die zowel werden gemarteld als
verkracht, terwijl andere die verwondingen hadden
opgelopen, ook verkracht werden. Kinderen werden
niet gespaard, talloze Tutsi-kinderen werden gedood,
andere verminkt en met fysieke en psychologische
littekens voor de rest van hun leven achtergelaten.

Les premières cibles étaient les garçons et les
hommes tutsis. Même les plus petits garçons ne furent
pas épargnés. Les hommes et les femmes tutsis
instruits étaient particulièrement exposés, et
l’université fut « purifiée » (African Rights, 1994). Le
viol était largement utilisé. Il y a de nombreux
rapports de femmes qui avaient été à la fois torturées
et violées, tandis que d’autres, qui avaient été blessées,
avaient été également violées. Les enfants ne furent
pas épargnés, et de nombreux enfants tutsis furent
assassinés, d’autres mutilés, conservant des séquelles
physiques et psychologiques pour le reste de leur vie.

De slachtpartijen werden met buitengewone
wreedheid uitgevoerd. Mensen werden levend verbrand, dood of levend in latrineputten geworpen en
dikwijls gedwongen om hun vrienden of familieleden
te doden. Overlevenden werden over het gehele
grondgebied achtervolgd, zelfs tot in ziekenhuizen en
kerkgebouwen. Sommige van de afschuwelijkste
moordpartijen gebeurden op mensen die hun toevlucht hadden gezocht in kerken » (1).

Les assassinats furent exécutés avec une cruauté
extraordinaire. Des personnes furent brûlées vivantes, d’autres jetées mortes ou vives dans les fosses
septiques et souvent contraintes à tuer leurs amis ou
parents. Les survivants furent pourchassés dans tout
le pays, même dans les hôpitaux et les églises. Certains
des pires massacres furent dirigés contre des personnes qui cherchaient refuge dans des églises » (1).

Betreffende de rol van de Kerk heeft mevrouw Desforges als volgt geantwoord op de vragen van de
Commissie :

En ce qui concerne le rôle des Églises, Madame
Alison Desforges s’est exprimée en réponse à des
interrogations de la Commission.

« Rwanda is inderdaad een overwegend katholiek
land. Vóór de volkenmoord was de Kerk ook etnisch
opgedeeld, met Hutu’s op de hoogste trappen van de
hierarchie en talrijke Tutsi’s bij de lagere geestelijkheid. De aartsbisschop van Kigali stond dicht bij
Habyarimana en diens echtgenote; er deden zelfs
talrijke grappen de ronde over de band tussen die drie
personen. De aartsbisschop was trouwens lid geweest

« Le Rwanda est un pays essentiellement catholique. Avant le génocide, l’Église avait aussi ses divisions ethniques avec plutôt des Hutus dans le haut de
la hiérarchie et de nombreux Tutsi dans le bas clergé.
L’archevêque de Kigali était proche du président
Habyarimana et de son épouse à tel point que de
nombreuses blagues circulaient sur les liens entre ces
trois personnes. L’archevêque avait été membre

——————

——————

(1) Hoorzitting van mevrouw Desforges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 36.

(1) Audition de Mme Desforges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 36.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 472 )

van het centraal comité van de MNRD totdat zijn
meerderen hem vroegen af te treden.

d’ailleurs du Comité Central du MNRD jusqu’à ce
que ses supérieurs dans l’Église, lui demandent de
démissionner.

Vóór de volkenmoord hebben priesters en bisschoppen geprobeerd te bemiddelen in de conflicten.
Sommigen hebben comités tegen geweld opgericht.
Priester Sibomana, hoofdredacteur van een belangrijke krant, was een fervent verdediger van de
mensenrechten. Ook de apostolische nuntius speelde
een positieve rol; vóór de volkenmoord steunde hij
immers de Rwandese en internationale verenigingen
voor de verdediging van de mensenrechten.

Avant le génocide, des prêtres et des évêques ont
certes tenté de jouer un rôle de médiateur dans les
conflits. Certains ont constitué des comités pour la
non-violence. L’abbé Sibomana, rédacteur en chef
d’un grand journal, a été un admirable défenseur des
droits de l’Homme. Le rôle du nonce aspostolique a
également été positif car il a soutenu les associations
de défense des droits de l’Homme rwandaises et internationales avant le génocide.

Toen de slachtpartijen begonnen hebben de katholieke noch de protestantse kerk de morele rol gespeeld
die wordt verwacht van instellingen die zich als het
geweten van de mensheid opwerpen.

Quand les tueries ont commencé, les églises catholique et protestante, n’ont pas joué le rôle moral
attendu d’institutions qui s’érigent en conscience de
l’humanité.

Priesters hebben de berichten van de autoriteiten
doorgegeven. Ze hebben vergaderingen belegd
waarin de slachtpartijen werden voorbereid. Geestelijken hebben aan de slachtpartijen deelgenomen,
maar per geval moeten bewijzen worden verzameld
vooraleer te veroordelen.

Des prêtres ont relayé les annonces des autorités. Ils
ont organisé des réunions préliminaires aux tueries.
Des religieux ont participé à des tueries mais, dans
chaque cas, il est essentiel de recueillir des preuves
avant de condamner.

De kerken schoten hoe dan ook als instelling te
kort. Ze hebben niet eens de stem verheven, daar
waar ze het hadden moeten uitschreeuwen. » (1).

Il n’en reste pas moins qu’en tant qu’institutions,
les églises ont failli. Elles n’ont même pas parlé à voix
haute alors qu’il aurait fallu crier. » (1).

Pater Theunis verklaarde :

Le Père Theunis déclare lors de son audition :

« quand on parle de l’Église, il faut savoir de qui
l’on parle. Est-ce que l’Église, c’est la hiérarchie, estce que l’Église, ce sont les chrétiens, est-ce que
l’Église, ce sont les cadres, c’est-à-dire les prêtres, les
religieux, les religieuses ? Souvent, quand on nous
pose des questions, on confond ces différents niveaux
et on ne sait pas exactement de quelle Église on parle.

« quand on parle de l’Église, il faut savoir de qui
l’on parle. Est-ce que l’Église, c’est la hiérarchie, estce que l’Église, ce sont les chrétiens, est-ce que
l’Église, ce sont les cadres, c’est-à-dire les prêtres, les
religieux, les religieuses ? Souvent, quand on nous
pose des questions, on confond ces différents niveaux
et on ne sait pas exactement de quelle Église on parle.

La hiérarchie, je pense aussi qu’il ne faut jamais
globaliser. Dans l’article que j’ai écrit sur l’Église
rwandaise pendant et après les événements, j’ai bien
noté qu’il y avait une division au sein de l’Église. Cette
division était très ancienne dans l’Église, et cette division est encore actuelle, c’est-à-dire que, même dans
la hiérarchie, il n’y a jamais — sauf pour les choses
fondamentales — de points communs. Cela veut dire
que, ce qui est écrit dans l’article, c’est que certains
évêques étaient en fait trop inféodés au régime Habyarimana.

La hiérarchie, je pense aussi qu’il ne faut jamais
globaliser. Dans l’article que j’ai écrit sur l’Église
rwandaise pendant et après les événements, j’ai bien
noté qu’il y avait une division au sein de l’Église. Cette
division était très ancienne dans l’Église, et cette division est encore actuelle, c’est-à-dire que, même dans
la hiérarchie, il n’y a jamais — sauf pour les choses
fondamentales — de points communs. Cela veut dire
que, ce qui est écrit dans l’article, c’est que certains
évêques étaient en fait trop inféodés au régime Habyarimana.

Moi-même, je n’ai jamais eu peur et j’ai eu des difficultés avec Mgr Vincent Ntsegiumva. (...) Ce qui veut
dire qu’il avait lui, un lien d’amitié personnelle avec le
président Habyarimana, qui était très ambigu pour
son rôle d’archevêque de Kigali.

Moi-même, je n’ai jamais eu peur et j’ai eu des difficultés avec Mgr Vincent Ntsegiumva. (...) Ce qui veut
dire qu’il avait lui, un lien d’amitié personnelle avec le
président Habyarimana, qui était très ambigu pour
son rôle d’archevêque de Kigali.

Et cela, je l’ai écrit : « il y a toujours eu une collusion, et c’est un des défauts du mode d’évangélisation

Et cela, je l’ai écrit : « il y a toujours eu collusion, et
c’est un des défauts du mode d’évangélisation que

——————

——————

(1) Hoorzitting met pater Theunis, POR, Senaat, 3 juni
1997, PV, blz. 6/1-6/3.

(1) Audition du père Theunis, CER, Sénat, 3 juin 1997, PV,
p. 6/1-6/3.

( 473 )

1 - 611/7 - 1997/1998

que nous avons eu au Rwanda; il y a plusieurs défauts
dans le mode d’évangélisation au Rwanda, mais un
des défauts a été la trop grande proximité de l’Église
qui était une institution puissante, avec les instances
politiques.

nous avons eu au Rwanda; il y a plusieurs défauts
dans le mode d’évangélisation au Rwanda, mais un
des défauts a été la trop grande proximité de l’Église
qui était une institution puissante, avec les instances
politiques.

Il y avait d’autres évêques qui avaient aussi une
proximité; pour eux je ne parlerais peut-être pas
nécessairement d’inféodation. Mais il y a des évêques
qui avaient toujours gardé leurs distances vis-à-vis du
régime. » (1).

Il y avait d’autres évêques qui avaient aussi une
proximité; pour eux je ne parlerais peut-être pas
nécessairement d’inféodation. Mais il y a des évêques
qui avaient toujours gardé leurs distances vis-à-vis du
régime. » (1).

Over de politieke rol van de witte paters verklaarde
pater Theunis het volgende :

Au sujet du rôle politique des Pères blancs, il poursuit :

« ... le mot « politique » lui-même, pour moi, est à
entendre à deux niveaux très différents. Parce qu’il y a
« la politique », et l’Église fait toujours de la politique,
et il y a une autre politique « politicienne », une politique de partis, dans laquelle on nous demande, dans
les textes officiels de l’Église, de ne pas entrer.

« ... le mot « politique » lui-même, pour moi, est à
entendre à deux niveaux très différents. Parce qu’il y a
« la politique », et l’Église fait toujours de la politique,
et il y a une autre politique « politicienne », une politique de partis, dans laquelle on nous demande, dans
les textes officiels de l’Église, de ne pas entrer.

Puisque vous me parlez du rôle de l’Église, puisque
le rôle de l’Église est pour moi essentiellement un rôle
prophétique, un rôle de formation des hommes, de
leur conscience, il est évident que nous avons un rôle
de formation politique. Du moins je suis de ceux qui
pensent — et nous avons fait au Rwanda un certain
nombre de brochures sur les questions politiques, sur
le multipartisme, sur la démocratie, sur les élections,
sur le rôle des partis politiques, etc...

Puisque vous me parlez du rôle de l’Église, puisque
le rôle de l’Église est pour moi essentiellement un rôle
prophétique, un rôle de formation des hommes, de
leur conscience, il est évident que nous avons un rôle
de formation politique. Du moins je suis de ceux qui
pensent — et nous avons fait au Rwanda un certain
nombre de brochures sur les questions politiques, sur
le multipartisme, sur la démocratie, sur les élections,
sur le rôle des partis politiques, etc...

Et cela fait partie aussi de notre mission. Nous
sommes aussi au service des plus pauvres, des défavorisés, des rejetés, nous avons aussi un rôle de
défense de ceux qui sont souvent rejetés par la société.
Nous avons un rôle d’initiative : c’est l’Église qui,
dans beaucoup de pays, a commencé l’éducation pour
tout le monde, ou les soins de santé pour tout le
monde, ou des services sociaux de tout genre pour
tout le monde : l’humanitaire, les soins palliatifs, que
sais-je...

Et cela fait partie aussi de notre mission. Nous
sommes aussi au service des plus pauvres, des défavorisés, des rejetés, nous avons aussi un rôle de défense
de ceux qui sont souvent rejetés par la société. Nous
avons un rôle d’initiative : c’est l’Église qui, dans
beaucoup de pays, a commencé l’éducation pour tout
le monde, ou les soins de santé pour tout le monde, ou
des services sociaux de tout genre pour tout le monde :
l’humanitaire, les soins palliatifs, que sais-je...

Donc, nous avons un rôle, et je pense qu’en cela
nous sommes fidèles à l’Évangile, de recherche de la
vérité. L’Évangile nous dit que « Seule la vérité nous
rendra libres ». Et si moi-même, j’ai choisi d’être professeur et puis d’être dans les médias, c’est parce que je
pense que ce rôle de recherche de la vérité est essentiel
à la société humaine, mais fait partie du rôle de
l’Église premièrement, comme la recherche scientifique, philosophique, théologique, etc...

Donc, nous avons un rôle, et je pense qu’en cela
nous sommes fidèles à l’Évangile, de recherche de la
vérité. L’Évangile nous dit que « Seule la vérité nous
rendra libres ». Et si moi-même, j’ai choisi d’être
professeur et puis d’être dans les médias, c’est parce
que je pense que ce rôle de recherche de la vérité est
essentiel à la société humaine, mais fait partie du rôle
de l’Église premièrement, comme la recherche scientifique, philosophique, théologique, etc...

Que, de même, la recherche de la paix, de la justice,
de la prévention des conflits sont du domaine essentiel
aujourd’hui. Si d’ailleurs j’ai accepté de venir témoigner ici, c’est bien dans ce rôle-là, parce que le rôle de
la Commission, il me semble, est un rôle de recherche
de la vérité. Mais normalement, je pense, vous devez

Que, de même, la recherche de la paix, de la justice,
de la prévention des conflits sont du domaine essentiel
aujourd’hui. Si d’ailleurs j’ai accepté de venir témoigner ici, c’est bien dans ce rôle-là, parce que le rôle de
la Commission, il me semble, est un rôle de recherche
de la vérité. Mais normalement, je pense, vous devez

——————

——————

(1) Hoorzitting met pater Theunis, POR, Senaat, 3 juni
1997, PV, blz. 6/5-6/8.

(1) Audition du père Theunis, CER, Sénat, 3 juin 1997, PV,
p. 6/5-6/8.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 474 )

préparer des dossiers à remettre à la Justice, parce
qu’il y a des Rwandais vivant en Belgique qui doivent
être jugés par la Justice belge, et surtout qu’il y a un
rôle majeur pour la prévention des conflits — que ce
soit en Afrique centrale ou ailleurs . Aujourd’hui, au
Rwanda, nous sommes dans une situation très critique. Il n’est pas impossible que dans les jours prochains des choses se passent. Il est évident que le rôle
d’une commission comme celle-ci soit de faire quelque chose, ou de pousser les partis politiques ou le
gouvernement à faire quelque chose. Au Burundi
— pays dont on parle peu —, il y a actuellement la
guerre civile, qui peut dégénérer de plus en plus. On
sait tout le drame des réfugiés au Zaı̈re. La démission
qui a eu lieu au Rwanda a entraı̂né la démission vis-àvis des réfugiés en Afrique centrale, au Zaı̈re. Donc
nous avons des choses inadmissibles pour nous chrétiens ! » (1).

préparer des dossiers à remettre à la Justice, parce
qu’il y a des Rwandais vivant en Belgique qui doivent
être jugés par la Justice belge, et surtout qu’il y a un
rôle majeur pour la prévention des conflits — que ce
soit en Afrique centrale ou ailleurs . Aujourd’hui, au
Rwanda, nous sommes dans une situation très critique. Il n’est pas impossible que dans les jours
prochains des choses se passent. Il est évident que le
rôle d’une commission comme celle-ci soit de faire
quelque chose, ou de pousser les partis politiques ou
le gouvernement à faire quelque chose. Au Burundi
— pays dont on parle peu —, il y a actuellement la
guerre civile, qui peut dégénérer de plus en plus. On
sait tout le drame des réfugiés au Zaı̈re. La démission
qui a eu lieu au Rwanda a entraı̂né la démission vis-àvis des réfugiés en Afrique centrale, au Zaı̈re. Donc
nous avons des choses inadmissibles pour nous chrétiens ! » (1).

De heer Prunier schrijft :
« Were there any bystanders ? The bystanders were
mostly the churches. Although, as we will see, there
were admirable acts of courage among ordinary
Christians, the church hierarchies were at best useless
and at worst accomplices in the genocide. And the
first to be appalled by this attitude were those priests
who had supported human rights as a modern incarnation of Christian values and who found themselves
betrayed. As two of them declared to a French journalist :
« Why did not the Bishops react ? They made a few
vague speeches but had no prophetic commitment. If
they had spoken out, the massacres might have stopped. (...) Most of the priest who were killed were
those who had defended human rights (...) Only two
bishops (out of nine) spoke out clearly, those of
Kibungo and Kabgayi. The Bishop of Rwankeri even
dared to ask the Christians to support the (interim)
government. » (2).
As a baffled foreign observer remarked after visiting Kirambo parish near Cyangugu after the massacres had ended : « There was not the slightest trace of
collective guilt among the Christian clergy. » (3).
Worse, the church placed itself in an advantageous
moral position, simply because, like every other institution, social body or profession in Rwanda, it had
paid heavily in the genocide (4).

Quant à M. Prunier, il écrit :
« Were there any bystanders ? The bystanders were
mostly the churches. Although, as we will see, there
were admirable acts of courage among ordinary
Christians, the church hierarchies were at best useless
and at worst accomplices in the genocide. And the
first to be appalled by this attitude were those priests
who had supported human rights as a modern incarnation of Christian values and who found themselves
betrayed. As two of them declared to a French journalist :
« Why did not the Bishops react ? They made a few
vague speeches but had no prophetic commitment. If
they had spoken out, the massacres might have stopped. (...) Most of the priest who were killed were
those who had defended human rights (...) Only two
bishops (out of nine) spoke out clearly, those of
Kibungo and Kabgayi. The Bishop of Rwankeri even
dared to ask the Christians to support the (interim)
government. » (2).
As a baffled foreign observer remarked after visiting Kirambo parish near Cyangugu after the massacres had ended : « There was not the slightest trace of
collective guilt among the Christian clergy. » (3).
Worse, the church placed itself in an advantageous
moral position, simply because, like every other institution, social body or profession in Rwanda, it had
paid heavily in the genocide (4).

——————

——————

(1) Jean Chatain, « Deux prêtres témoignent sur les atrocités
au Rwanda », L’Humanité (3 May 1994). Although most clergy
who died were Tutsi, many Hutu priests who were known
supporters of human rights and had denounced government
atrocities in the past were also murdered.
(2) African Rights, Rwanda : Death, op. cit., blz. 516.
(3) Dialogue no 177 (Aug-Sept. 1994), « Liste des prêtres,
religieux, religieuses et laı̈cs consacrés tués au Rwanda »,
blz. 123-35.
(4) See Marie-France Cros, « L’échec de l’Internationale
IDC« , La Libre Belgique (11 July 1994).

(1) Jean Chatain, « Deux prêtres témoignent sur les atrocités
au Rwanda », L’Humanité (3 May 1994). Although most clergy
who died were Tutsi, many Hutu priests who were known
supporters of human rights and had denounced government
atrocities in the past were also murdered.
(2) African Rights, Rwanda : Death, op. cit., p. 516.
(3) Dialogue no 177 (Aug-Sept. 1994), « Liste des prêtres,
religieux, religieuses et laı̈cs consacrés tués au Rwanda »,
pp. 123-35.
(4) See Marie-France Cros, « L’échec de l’Internationale
IDC« , La Libre Belgique (11 July 1994).

( 475 )

1 - 611/7 - 1997/1998

There were few cases of priests being killed trying
to defend their charges. Foreign priests were spared,
but Tutsi and liberal Hutu priests were killed like
their counterparts in the general population and, despite some courageous exceptions, most of the Hutu
priests looked the other way. This situation was of
course the result of the many years of close association between the Hutu republic and the Catholic
church. This attitude had political consequences,
even abroad, since the Christian Democratic International took an ambiguous attitude towards the RFP
and never got around to an open condemnation of the
Hutu extremists. (1).

There were few cases of priests being killed trying
to defend their charges. Foreign priests were spared,
but Tutsi and liberal Hutu priests were killed like
their counterparts in the general population and,
despite some courageous exceptions, most of the
Hutu priests looked the other way. This situation was
of course the result of the many years of close association between the Hutu republic and the Catholic
church. This attitude had political consequences,
even abroad, since the Christian Democratic International took an ambiguous attitude towards the RFP
and never got around to an open condemnation of the
Hutu extremists. (1).

As for the Protestant Churches, although their
association with the regime did not have the historical
depth of the Roman Catholics, their attitude was little
better. But at least there was an admission of guilt at a
higher hierarchical level. In the courageous words of
the Revd Roger Bowen, « Anglican Church leaders
were too closely aligned with the Habyarimana
government. The Archbishop spoke openly in
support of the President and his party. (...) The ethnic
issue also ran deep within the churches and all the
Anglican diocesan bishops were Hutu. » (2).

As for the Protestant Churches, although their
association with the regime did not have the historical
depth of the Roman Catholics », their attitude was
little better. But at least there was an admission of
guilt at a higher hierarchical level. In the courageous
words of the Revd Roger Bowen, « Anglican Church
leaders were too closely aligned with the Habyarimana government. The Archbishop spoke openly in
support of the President and his party. (...) The ethnic
issue also ran deep within the churches and all the
Anglican diocesan bishops were Hutu. » (2).

The result of this violence is that there is now a
« church in exile » in Nairobi whose bishops
staunchly refuse to denounce the genocide (3) and
which is rejected by the Tutsi « returnees » from
Uganda and Burundi now flocking to Rwanda.

The result of this violence is that there is now a
« church in exile » in Nairobi whose bishops
staunchly refuse to denounce the genocide (3) and
which is rejected by the Tutsi « returnees » from
Uganda and Burundi now flocking to Rwanda.

In the Catholic Church, the extreme point of bad
faith was reached by the twenty-nine priests who on
2 August 1994 wrote a collective letter to the Pope in
which they denied any Hutu responsibility for the
genocide and attributed it to the RFP, denouncing the
idea of an international tribunal to investigate crimes
against humanity and defending the FAR.

In the Catholic Church, the extreme point of bad
faith was reached by the twenty-nine priests who on
2 August 1994 wrote a collective letter to the Pope in
which they denied any Hutu responsibility for the
genocide and attributed it to the RFP, denouncing the
idea of an international tribunal to investigate crimes
against humanity and defending the FAR.

Although written about the Protestant Churches,
the Revd Jorg Zimmerman’s words could apply to all
Christian denominations : « What I witnessed was a
sort of collective psychological repression phenomenon. Rwanda has to be re-evangelised and quite differently if we do not want such carnages to come back
regularly. But unfortunately, the minds are not ripe
yet. » (4).

Although written about the Protestant Churches,
the Revd Jorg Zimmerman’s words could apply to all
Christian denominations : « What I witnessed was a
sort of collective psychological repression phenomenon. Rwanda has to be re-evangelised and quite differently if we do not want such carnages to come back
regularly. But unfortunately, the minds are not ripe
yet. » (4).

——————

——————

(1) Revd Roger Bowen, « The role of the Churches in Rwanda : Anglican Perspectives », mimeographed document dated
8 December 1994. Protestants make up an estimated 15 % of the
population in Rwanda. See Tharcisse Gatwa and André Karamaga, Les autres Chrétiens Rwandais. La présence protestante,
Kigali : Urwego, 1990.
(2) See Mark Huband, « Church of the Holy Slaughter »,
Observer (5 June 1994).
(3) Revd Jorg Zimmerman of the United Evangelical Mission, quoted in African Rights, Rwanda : Death, op. cit.,
blz. 517.
(4) Hoorzitting met de heer Degni-Segui, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 17 juni 1997, blz. 776.

(1) Revd Roger Bowen, « The role of the Churches in
Rwanda : Anglican Perspectives », mimeographed document
dated 8 December 1994. Protestants make up an estimated 15 %
of the population in Rwanda. See Tharcisse Gatwa and André
Karamaga, Les autres Chrétiens Rwandais. La présence protestante, Kigali : Urwego, 1990.
(2) See Mark Huband, « Church of the Holy Slaughter »,
Observer (5 June 1994).
(3) Revd Jorg Zimmerman of the United Evangelical
Mission, quoted in African Rights, Rwanda : Death, op. cit.,
p. 517.
(4) Audition de M. Degni-Segui, CRA, CER, Sénat, 19961997, 17 juin 1997, p. 760.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 476 )

3.6.4. De planning van de genocide - Schending van
de mensenrechten

3.6.4. La planification du génocide - Violation des
droits de l’homme

Zoals uit het Joint Evaluation verslag blijkt,
werden de slachtpartijen met zoveel zorgvuldigheid
uitgevoerd dat het moeilijk is om te besluiten dat zij
niet op voorhand georganiseerd werden (1).

Comme le relève le rapport du Joint Evaluation, les
massacres ont été exécutés avec tant de minutie qu’il
paraît difficile de conclure qu’ils n’ont pas été organisés à l’avance (1).

Naast de punten waarop de bijzondere rapporteur
van de Verenigde Naties de aandacht heeft gevestigd
en waarnaar reeds werd verwezen, zijn er verschillende aanwijzingen die doen vermoeden dat de slachtpartijen uitgevoerd werden in het kader van een plan
dat officieel werd voorbereid op hoog niveau, zowel
plaatselijk als op regeringsniveau, in de omgeving van
de president, in het leger en in de MRND (2).

Outre les éléments relevés par le rapporteur spécial
de l’ONU, déjà cités, de nombreux indices laissent
penser que les massacres ont été menés dans le cadre
d’un plan préparé par des officiels de haut niveau,
tant au niveau local que gouvernemental, à la présidence, dans l’armée, et au sein du MRND (2).

De Commissie heeft buiten de algemene context
drie bijzondere punten onderzocht : de oprichting van
de milities, het aanleggen van lijsten met te vermoorden personen en de aankoop van machetes.

Au-delà du cadre général, la commission a examiné
trois points particuliers : la création de milices, la
constitution de listes de personnes à tuer et l’achat de
machettes.

3.6.4.1. Planning - Algemeen

3.6.4.1. Planification - Généralités

De heer Lemarchand toont aan dat het apparaat
dat de genocide gecontroleerd heeft, al in 1992 was
geı̈nstalleerd : « In 1992 was het institutionele raderwerk voor de volkerenmoord al tot stand gebracht.
Hierbij waren vier onderscheiden activiteitsniveaus
of handelende groepen betrokken : a) de akazu (klein
huis), de kerngroep bestaande uit Habyarimana’s
onmiddellijke entourage, namelijk zijn vrouw
(Agathe), zijn drie schoonbroers (Protée Zigiranyirazo, Séraphin Rwabukumba en Elie Sagatwa) en een
handvol vertrouwde adviseurs (meer bepaald Joseph
Nzirorera, Laurent Serubuga en Ildephonse
Gashumba); b) de landelijke organisatoren, zowat
twee- tot driehonderd mensen gerekruteerd uit
gemeenten en prefecturen (prefecten, subprefecten,
gemeenteraadsleden, enz.); c) de milities (Interahamwe), geraamd op 30 000 leden, die de basismensen te velde waren voor de eigenlijke moordpartijen;
ten slotte d) de presidentiële wacht, bijna geheel
gerekruteerd uit mensen uit het noorden die waren
opgeleid om bijkomende ondersteuning te bieden aan
burgerlijke doodseskaders » (3).

M. Lemarchand montre que l’appareil qui a supervisé le génocide était constitué depuis 1992 : « En 1992,
l’appareil institutionnel du génocide était déjà en
place. Il impliquait quatre niveaux distinctifs
d’activité, ou jeux d’acteurs : a) l’akazu (petite
maison), qui est le groupe-clé, consistant en
l’entourage immédiat d’Habyarimana, c’est-à-dire sa
femme (Agathe), ses trois beaux-frères (Protée Zigiranyirazo, Séraphin Rwabukumba et Elie Sagatwa),
ainsi que quelques conseillers de confiance (dont
notamment Joseph Nzirorera, Laurent Serubuga et
Ildephonse Gashumba); b) les organisateurs ruraux,
dont le nombre était d’au moins deux à trois cents,
tirés des cadres communaux et préfectoraux (préfets,
sous-préfets, conseillers communaux, etc.); c) la
milice (Interahamwe), estimée à 30 000, constituant
les opérateurs de base de l’exécution des massacres; et
d) la garde présidentielle, recrutée presque exclusivement parmi les hommes du nord et entraînée dans
l’optique de fournir un support auxiliaire aux escadrons de la mort civils dans les massacres » (3).

Vele getuigen hebben voor de commissie verklaard
dat zij ervan overtuigd waren dat de genocide gepland
werd door die structuren.

De nombreux témoins ont exprimé devant la
commission leur conviction que ces structures ont
bien planifié le génocide.

Tijdens de hoorzitting van 11 juni 1997 legt professor Prunier het volgende uit : « (...) L’organisation
préalable ne fait aucun doute. De plus, quantité de
faits ont été, depuis lors, portés à la connaissance des

Lors de son audition du 11 juin 1997, le professeur
Prunier explique : « (...) L’organisation préalable ne
fait aucun doute. De plus, quantité de faits ont été,
depuis lors, portés à la connaissance des chercheurs.

——————

——————

(1) Ibid., blz. 51.
(2) Ibid., blz. 51.
(3) Lemarchand, René, Rwanda : The Rationality of Genocide, niet-gepubliceerd onderzoek, 1995.

(1) Ibid., p. 51.
(2) Ibid., p. 51.
(3) Lemarchand, René, Rwanda : The Rationality of Genocide, étude non éditée, 1995.

( 477 )

1 - 611/7 - 1997/1998

chercheurs. Moi-même, j’en ignorais certains — concernant, notamment, les achats d’armes — lors de la
rédaction de mon livre.

Moi-même, j’en ignorais certains — concernant,
notamment, les achats d’armes — lors de la rédaction
de mon livre.

Dans la culture occidentale, on considère que
l’achat d’armes doit être réalisé chez un marchand
d’armes; en effet, nous pensons tout de suite à des
armes à feu. Or, une collègue journaliste a retrouvé,
parmi les connaissements des douanes de Kigali, les
bills of lading, c’est-à-dire les documents de transport
relatifs à l’importation de machettes en provenance
du Kenya. Elles avaient été commandées chez Chillington, une bonne vieille entreprise anglaise implantée dans ce pays depuis très longtemps et spécialisée
dans les instruments agricoles. Ce document porte le
nom — fait révélateur — de Félicien Kabuga. Il s’agit
tout de même de 50 000 machettes, et si l’on considère
qu’elles étaient destinées à l’usage personnel de
M. Kabuga, de sa famille et de ses connaissances, cela
représente tout de même une grande quantité... Je
possède ce document, daté de mars 1994.

Dans la culture occidentale, on considère que
l’achat d’armes doit être réalisé chez un marchand
d’armes; en effet, nous pensons tout de suite à des
armes à feu. Or, une collègue journaliste a retrouvé,
parmi les connaissements des douanes de Kigali, les
bills of lading, c’est-à-dire les documents de transport
relatifs à l’importation de machettes en provenance
du Kenya. Elles avaient été commandées chez Chillington, une bonne vieille entreprise anglaise implantée dans ce pays depuis très longtemps et spécialisée
dans les instruments agricoles. Ce document porte le
nom — fait révélateur — de Félicien Kabuga. Il s’agit
tout de même de 50 000 machettes, et si l’on considère
qu’elles étaient destinées à l’usage personnel de
M. Kabuga, de sa famille et de ses connaissances, cela
représente tout de même une grande quantité... Je
possède ce document, daté de mars 1994.

Voilà donc une preuve documentaire, simple,
émanant des services des douanes, comme en souhaitent les tribunaux. Ce camion transportait aussi des
produits chimiques agricoles et d’autres produits
anodins. Sans cette suite dramatique, on aurait pu
penser qu’il achetait ces 50 000 machettes pour
« s’installer » dans le commerce. Cette journaliste a
retrouvé ce document après bien des recherches, mais
je suis sûr qu’en creusant, nous retrouverions encore
des archives.

Voilà donc une preuve documentaire, simple,
émanant des services des douanes, comme en souhaitent les tribunaux. Ce camion transportait aussi des
produits chimiques agricoles et d’autres produits
anodins. Sans cette suite dramatique, on aurait pu
penser qu’il achetait ces 50 000 machettes pour
« s’installer » dans le commerce. Cette journaliste a
retrouvé ce document après bien des recherches, mais
je suis sûr qu’en creusant, nous retrouverions encore
des archives.

À présent, venons-en au déroulement. J’ai parlé à
de nombreuses personnes qui soit ont survécu au
génocide, soit ont été des acteurs de celui-ci. Dans les
deux cas, aussi bien les acteurs que les victimes potentielles décrivent la manière dont les bourgmestres, les
autorités communales sont venus rassembler les gens,
allant parfois les chercher chez eux quand ils étaient
réticents à mettre la main à la pâte, si j’ose m’exprimer
ainsi, afin de les amener à tuer. Il s’agissait donc d’une
organisation tout à fait officielle de l’administration
locale. Le terme utilisé était le mot « umuganda », qui
désignait les travaux agricoles collectifs, comme le
défrichage, le désherbage, l’entretien des fossés ou des
routes. Ce terme bien connu était même l’un des éléments dont se vantait le régime : une population bien
disciplinée, qui accomplissait des travaux d’intérêt
général, pour le bien collectif, sans pour autant être
rémunérée. Même le vocabulaire utilisé relevait de
l’umuganda : on parlait par exemple de désherber ...
Pour dire « tuer les enfants », on disait « arracher les
herbes jusqu’à la racine ». C’est là un élément qui
revenait souvent : « Dans les années ’50, ’60, nous
avons laissé partir les femmes et les enfants; il aurait
fallu les tuer aussi, parce que maintenant, ces enfants
se retrouvent dans le FPR », ce qui, d’un point de vue
strictement militaire, est tout à fait exact. Nous avions
donc une administration qui remplissait une tâche. Il
y a là d’ailleurs une sorte de mystère psychologique et

À présent, venons-en au déroulement. J’ai parlé à
de nombreuses personnes qui soit ont survécu au
génocide, soit ont été des acteurs de celui-ci. Dans les
deux cas, aussi bien les acteurs que les victimes potentielles décrivent la manière dont les bourgmestres, les
autorités communales sont venus rassembler les gens,
allant parfois les chercher chez eux quand ils étaient
réticents à mettre la main à la pâte, si j’ose m’exprimer
ainsi, afin de les amener à tuer. Il s’agissait donc d’une
organisation tout à fait officielle de l’administration
locale. Le terme utilisé était le mot « umuganda », qui
désignait les travaux agricoles collectifs, comme le
défrichage, le désherbage, l’entretien des fossés ou des
routes. Ce terme bien connu était même l’un des
éléments dont se vantait le régime : une population
bien disciplinée, qui accomplissait des travaux
d’intérêt général, pour le bien collectif, sans pour
autant être rémunérée. Même le vocabulaire utilisé
relevait de l’umuganda : on parlait par exemple de
désherber ... Pour dire « tuer les enfants », on disait
« arracher les herbes jusqu’à la racine ». C’est là un
élément qui revenait souvent : « Dans les années ’50,
’60, nous avons laissé partir les femmes et les enfants;
il aurait fallu les tuer aussi, parce que maintenant, ces
enfants se retrouvent dans le FPR », ce qui, d’un point
de vue strictement militaire, est tout à fait exact. Nous
avions donc une administration qui remplissait une
tâche. Il y a là d’ailleurs une sorte de mystère psycho-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 478 )

social : beaucoup de paysans ont tué, froidement,
leurs voisins, sans vraiment leur en vouloir » (1).

logique et social : beaucoup de paysans ont tué, froidement, leurs voisins, sans vraiment leur en
vouloir » (1).

« Je crois que le génocide n’est donc absolument
pas une affaire spontanée. C’est un programme gouvernemental qui a été appliqué, de manière extrêmement maladroite, selon moi. Envisager de tuer trois
quarts de millions d’êtres humains et de garder le
pouvoir par la suite n’est peut-être possible que quand
on est empereur de Chine, parce que l’on a alors la
capacité de signer de très gros contrats, avec la maison
Airbus ou avec d’autres, mais quand il s’agit d’un
petit pays comme le Rwanda, on est obligé d’être relativement moral, car on n’a pas de gros contrats à
signer. On n’oublie les crimes que s’ils rapportent. Le
Rwanda n’avait rien à offrir pour faire oublier ses
crimes. Les gens du noyau dur autour
d’Habyarimana, qui ont cru pouvoir s’en tirer dans
cette affaire, étaient donc de grands naı̈fs, des personnes qui, politiquement, n’étaient certainement pas
conscientes de ce qu’elles étaient en train de faire et du
contexte mondial au sein duquel elles opéraient » (2).

« Je crois que le génocide n’est donc absolument
pas une affaire spontanée. C’est un programme
gouvernemental qui a été appliqué, de manière extrêmement maladroite, selon moi. Envisager de tuer trois
quarts de millions d’êtres humains et de garder le
pouvoir par la suite n’est peut-être possible que quand
on est empereur de Chine, parce que l’on a alors la
capacité de signer de très gros contrats, avec la maison
Airbus ou avec d’autres, mais quand il s’agit d’un
petit pays comme le Rwanda, on est obligé d’être relativement moral, car on n’a pas de gros contrats à
signer. On n’oublie les crimes que s’ils rapportent. Le
Rwanda n’avait rien à offrir pour faire oublier ses
crimes. Les gens du noyau dur autour
d’Habyarimana, qui ont cru pouvoir s’en tirer dans
cette affaire, étaient donc de grands naı̈fs, des personnes qui, politiquement, n’étaient certainement pas
conscientes de ce qu’elles étaient en train de faire et du
contexte mondial au sein duquel elles opéraient » (2).

« (...) le noyau de personnes qui a prévu et organisé
est doublement responsable, responsable avant tout
de la mort des victimes, mais aussi d’avoir transformé
leurs concitoyens en criminels. Si tous ces paysans ont
obéi bêtement aux ordres qui leur ont été donnés,
c’est parce qu’ils jugeaient que ces messieurs bien
éduqués dans les universités des Blancs, qui parlaient
si bien, qui savaient lire et écrire et fréquentaient les
conférences du FMI, avaient une bonne raison de leur
dire de tuer, que cela devait être pour le bien de la
patrie. Ces gens sont doublement responsables.

« (...) le noyau de personnes qui a prévu et organisé
est doublement responsable, responsable avant tout
de la mort des victimes, mais aussi d’avoir transformé
leurs concitoyens en criminels. Si tous ces paysans ont
obéi bêtement aux ordres qui leur ont été donnés,
c’est parce qu’ils jugeaient que ces messieurs bien
éduqués dans les universités des Blancs, qui parlaient
si bien, qui savaient lire et écrire et fréquentaient les
conférences du FMI, avaient une bonne raison de leur
dire de tuer, que cela devait être pour le bien de la
patrie. Ces gens sont doublement responsables.

(...) Ce que je puis dire, c’est que les gens qui ont
préparé le génocide étaient peu nombreux » (3).

(...) Ce que je puis dire, c’est que les gens qui ont
préparé le génocide étaient peu nombreux » (3).

Tijdens de hoorzitting van 17 juni 1997 heeft de
heer Degni-Segui, voormalig bijzonder rapporteur
voor Rwanda en auteur van de rapporten over de
genocide, het onderzoek naar de planning van de
genocide als volgt samengevat : « Mon rapport préliminaire indiquait un faisceau d’indices concordants
quant à une planification. Ces indices sont au nombre
de quatre :

Lors de son audition du 17 juin 1997, M. DegniSegui, ancien rapporteur spécial sur le Rwanda et
auteur des rapports qui ont suivi le génocide, a résumé
ses recherches concernant la planification du génocide de la manière suivante : « Mon rapport préliminaire indiquait un faisceau d’indices concordants
quant à une planification. Ces indices sont au nombre
de quatre :

— l’incitation à la haine ethnique par la Radio
Télévision Mille Collines;

— l’incitation à la haine ethnique par la Radio
Télévision Mille Collines;

— la distribution d’armes en provenance de
dépôts; en outre, les miliciens Interahamwe étaient
entraînés;

— la distribution d’armes en provenance de
dépôts; en outre, les miliciens Interahamwe étaient
entraı̂nés;

— la célérité exceptionnelle avec laquelle les événements se sont produits; le gouvernement intéri-

— la célérité exceptionnelle avec laquelle les
événements se sont produits; le gouvernement intéri-

——————

——————

(1) Hoorzitting met professor Prunier, POR, Senaat, 11 juni
1997, PV, blz. 12/9, 12/10, 13/1, 13/2 en 13/3.
(2) Ibid., blz. 13/6 en 13/7.
(3) Ibid., blz. 17/10.

(1) Audition du professeur Prunier, CER, Sénat, 11 juin
1997, PV, pp. 12/9, 12/10, 13/1, 13/2 et 13/3.
(2) Ibid., pp. 13/6 et 13/7.
(3) Ibid., p. 17/10.

( 479 )

1 - 611/7 - 1997/1998

maire a été constitué et les barricades dressées en
l’espace — selon les informations que j’ai reçues — de
30 à 45 minutes;

maire a été constitué et les barricades dressées en
l’espace — selon les informations que j’ai reçues — de
30 à 45 minutes;

— enfin, des listes de personnes qui devaient être
arrêtées circulaient.

— enfin, des listes de personnes qui devaient être
arrêtées circulaient.

Il convenait d’effectuer des vérifications à propos
de l’ensemble de ces indices.

Il convenait d’effectuer des vérifications à propos
de l’ensemble de ces indices.

Les investigations faites par les observateurs
déployés sur le terrain et par les observateurs du Tribunal pénal international ont abouti à la découverte
de fosses communes, de documents, de cassettes
audio de Radio Mille Collines incitant à la haine. La
traduction de ces enregistrements montrent une distinction entre les émissions diffusées en français et les
émissions diffusées en kinyarwandais, ces dernières
amenant à se prononcer sur l’assassinat. Des documents officiels portant trace d’une liste de personnes à
assassiner et signalant des Tutsis comme étant des
personnes à abattre ont également été découverts et
transmis au Tribunal pénal international. La responsabilité individuelle des auteurs du génocide relève du
tribunal et il ne m’appartient pas de divulguer quoi
que ce soit à cet égard.

Les investigations faites par les observateurs déployés sur le terrain et par les observateurs du Tribunal
pénal international ont abouti à la découverte de
fosses communes, de documents, de cassettes audio
de Radio Mille Collines incitant à la haine. La traduction de ces enregistrements montrent une distinction
entre les émissions diffusées en français et les émissions diffusées en kinyarwandais, ces dernières
amenant à se prononcer sur l’assassinat. Des documents officiels portant trace d’une liste de personnes à
assassiner et signalant des Tutsis comme étant des
personnes à abattre ont également été découverts et
transmis au Tribunal pénal international. La responsabilité individuelle des auteurs du génocide relève du
tribunal et il ne m’appartient pas de divulguer quoi
que ce soit à cet égard.

Je citerai cependant, comme je l’ai fait dans le cadre
de mon rapport préliminaire, la garde présidentielle,
les militaires, d’une manière générale, et les préfets et
bourgmestres qui ont exécuté les décisions.

Je citerai cependant, comme je l’ai fait dans le cadre
de mon rapport préliminaire, la garde présidentielle,
les militaires, d’une manière générale, et les préfets et
bourgmestres qui ont exécuté les décisions.

Le gouvernement intérimaire a joué un rôle important au niveau des ordres qui ont été donnés. En effet,
il ressort de plusieurs témoignages que les ordres
provenaient d’un échelon supérieur. Je vous donnerai
deux exemples à cet égard. Le premier concerne les
préfets; nous y reviendrons tout à l’heure.

Le gouvernement intérimaire a joué un rôle important au niveau des ordres qui ont été donnés. En effet,
il ressort de plusieurs témoignages que les ordres
provenaient d’un échelon supérieur. Je vous donnerai
deux exemples à cet égard. Le premier concerne les
préfets; nous y reviendrons tout à l’heure.

L’une des causes du génocide était l’impunité. Par
ailleurs, des préfets qui avaient accompli leur travail,
c’est-à-dire empêché des massacres, ont été démis.
C’était le cas du préfet de Gitarama et de celui de
Butare qui ont empêché les Interahamwe d’entrer
dans la ville et de piller les maisons. Le deuxième
exemple, tout aussi célèbre, concerne le président du
gouvernement intérimaire qui était originaire de
Butare. Vous devez connaître son fameux discours du
19 avril 1994, dans lequel il incite les Rwandais à aller
« travailler », dans le sens que l’on connaît » (1).

L’une des causes du génocide était l’impunité. Par
ailleurs, des préfets qui avaient accompli leur travail,
c’est-à-dire empêché des massacres, ont été démis.
C’était le cas du préfet de Gitarama et de celui de
Butare qui ont empêché les Interahamwe d’entrer
dans la ville et de piller les maisons. Le deuxième
exemple, tout aussi célèbre, concerne le président du
gouvernement intérimaire qui était originaire de
Butare. Vous devez connaı̂tre son fameux discours du
19 avril 1994, dans lequel il incite les Rwandais à aller
« travailler », dans le sens que l’on connaı̂t » (1).

Tijdens de hoorzitting van 26 februari 1997 heeft
mevrouw Des Forges overigens de volgende analyse
gemaakt : « Van bij het begin van het conflict in oktober 1990 hebben de heer Habyarimana, president van
Rwanda, en de mensen die hem omringden besloten
de etnische conflicten aan te wakkeren om hun positie
met de hulp van de Hutu-bevolking te versterken en
andere conflicten te regelen die verband hielden met
het feit dat de heer Habyarimana sedert 20 jaar aan de

Par ailleurs, Mme Des Forges a fourni à la commission, lors de son audition du 26 février 1997, l’analyse
suivante : « Dès le début du conflit en octobre 1990,
M. Habyarimana, président du Rwanda, et la cellule
qui l’entourait, ont décidé d’attiser les conflits ethniques pour conforter leur position avec l’aide de la
population hutue et pour régler d’autres conflits liés à
la présence au pouvoir de M. Habyarimana depuis
vingt ans. Les critiques contre son régime ne cessant

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Degni-Segui, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 17 juni 1997, blz. 776.

(1) Audition de M. Degni-Segui, CRA, CER, Sénat, 19961997, 17 juin 1997, p. 760.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 480 )

macht was. Omdat er tegen zijn regime steeds meer
kritiek kwam, besloot de president van Rwanda de
Tutsi’s aan te vallen om zijn positie met de hulp van
de Hutu’s te versterken. De overheid besloot slachtpartijen aan te richten onder de Tutsi’s, op 11 oktober
in het noordoosten van het land in januari 1991, in het
noordwesten in maart 1992 en tijdens andere maanden van datzelfde jaar, om uiteindelijk eind 1992begin 1993, opnieuw in het noordwesten toe te slaan.
Die slachtpartijen hebben vele gemeenschappelijke
kenmerken. Zo voerden de plaatselijke overheden
steevast propaganda om de bevolking net vóór de
aanvallen, schrik aan te jagen. Voorts was er een
zogezegde aanval tegen een militair kamp en werd op
de radio het bericht verspreid als zouden de Tutsi’s
voorbereidselen treffen om de Hutu’s aan te vallen.
Elke keer werd, vanaf oktober 1990, ook een reeks
voorwendsels aangevoerd en werden de Tutsi’s ervan
beschuldigd dat zij geheime wapenopslagplaatsen
hadden, via de radio contact hadden met het patriottisch front, contacten legden met buitenlanders en in
het geheim bijeenkwamen. Na elke slachtpartij
werden officiële excuses aangeboden. Men betoogde
dat de aanvallen nooit meer dan het resultaat van
spontane woedeuitbarstingen waren en dat de plaatselijke overheden de toestand niet meer de baas
waren. Kortom, de volkenmoord werd gepleegd door
een volk dat letterlijk werd geterroriseerd en zich
alleen maar verdedigde. (...)

de croı̂tre, le président rwandais décida d’attaquer les
Tutsis pour consolider sa position grâce aux Hutus.
Les autorités décidèrent de lancer des massacres de
Tutsis, le 11 octobre au nord-est du pays en janvier
1991, au nord-ouest en mars 1992 et durant d’autres
mois de la même année pour, fin 1992 et début 1993,
revenir au nord-ouest. Ces massacres ont plusieurs
caractéristiques répétitives. Ainsi, le rôle des autorités
locales fut toujours d’intoxiquer les populations par
une propagande adéquate afin de faire monter la peur
juste contre un camp militaire et de fausses annonces
radio selon lesquelles les Tutsis se préparaient à attaquer les Hutus. De plus, chaque fois, une série de
prétextes furent invoqués et cela dès octobre 1990,
avec des accusations selon lesquelles les Tutsis
avaient des caches d’armes, communiquaient avec le
FPR par radio, nouaient des contacts avec les étrangers et tenaient des réunions secrètes. Après chaque
massacre, des excuses officielles étaient présentées.
On assurait que les attaques n’étaient jamais que le
résultat d’une colère spontanée et que les autorités
locales avaient été débordées. En résumé, le génocide
était le fait d’un peuple littéralement terrorisé qui ne
faisait que se défendre. (...)

Nadien zijn etnische incidenten uitgebroken. Eerst
zijn milities gevormd van de MRND, de partij van
Habyarimana, en van de CDR, zijn naaste bondgenoot. Deze milities hebben een militaire opleiding
gekregen van Rwandese soldaten, waarschijnlijk
leden van de presidentiële wacht. Er waren ook milities van andere partijen, maar die waren niet opgeleid
en niet bewapend. In de loop van de zomer 1992
werden sommige Rwandese autoriteiten ongerust
over de toegenomen invloed van de milities. Zo is
bijvoorbeeld door een procureur een onderzoek
gevraagd over de nestels die sommige milities droegen
en die tot dan toe alleen gedragen werden door de
presidentiële wacht. In 1992 en 1993 zijn wapens uitgedeeld aan burgers. In oktober 1992 kocht de Rwandese regering 20 000 wapens. Op dat ogenblik
bestond het Rwandese leger echter uit 30 000 man. In
feite heeft men de nieuwe wapens aan de soldaten
gegeven en de oudere wapens zijn uitgedeeld aan
leden van de gemeentepolitie en aan burgers. Op
hetzelfde ogenblik heeft Rwanda 20 000 handgranaten gekocht. Voor dat type granaat volstaat een opleiding van 20 minuten, in tegenstelling met de granaatwerpers die vroeger dat jaar gekocht waren en waarvoor een langere opleiding vereist is. (...) Tijdens de
volkenmoord is veel sprake geweest van moordaanslagen met machetes. Dat is waar, maar ook vuurwapens hebben een belangrijke rol gespeeld, want zij
waren zeer nuttig om angst in te boezemen en vooral
de weerstand te breken. Begin 1993, toen de wapens

Ensuite, des incidents ethniques ont éclaté.
D’abord, il y a eu la formation de milices du MRND,
le parti d’Habyarimana, et du CDR, son proche allié.
Ces milices ont bénéficié d’une formation militaire
dirigée par des soldats rwandais, probablement des
membres de la garde présidentielle. Des milices
d’autres partis existaient également mais elles
n’étaient ni formées ni armées. Au cours de l’été 1992,
certaines autorités rwandaises se sont inquiétées de
l’influence accrue des milices. Une enquête a, par
exemple, été demandée par un procureur sur les
cordelettes détenues par certaines milices et qui
n’étaient alors utilisées que par les gardes présidentiels. En 1992 et 1993, des armes ont été distribuées à
des civils. En octobre 1992, le gouvernement rwandais
a acheté 20 000 fusils. Or, l’armée rwandaise était
alors composée de 30 000 hommes. En fait, on a
donné les nouvelles armes aux soldats et les plus
anciennes ont été distribuées aux agents communaux
et aux civils. À la même date, 20 000 grenades à main
ont été achetées par le Rwanda. Ce type de grenade ne
nécessite qu’un apprentissage de vingt minutes, à la
différence de lance-grenades achetés plus tôt dans
l’année, pour lesquels une formation plus importante
est nécessaire. Lors du génocide, on a beaucoup parlé
d’assassinats perpétrés avec des machettes. C’est
exact, mais les armes à feu ont également joué un rôle
important. Elles ont été très utiles pour faire peur et
essentielles pour briser les résistances. En début 1993,
lorsque les armes ont été distribuées, un gouverne-

( 481 )
zijn uitgedeeld, was een coalitieregering aan de
macht. De eerste minister heeft toen gevraagd dat de
wapens van de burgerbevolking zouden worden afgenomen. Hij heeft ook gevraagd dat bepaalde burgerlijke en militaire overheden zouden ophouden met het
opmaken van lijsten van personen die naar het buitenland waren vertrokken en van wie gedacht werd dat
zij lid waren van het FPR en van vijanden. (...)
Tussen augustus en eind 1993 kochten de Interahamwes een groot aantal machetes in Kigali. Een
belangrijk zakenman en financier van RTLM voerde
er zelfs 25 ton van in. Het is dus duidelijk dat er toen
reeds een plan bestond om de oorlog te herbeginnen
en burgers als doelwit te nemen. Van kapitaal belang
was de moord door Tutsi-militairen, op de president
van Burundi, een Hutu; hierop volgden slachtpartijen
bij de burgerbevolking, zonder dat de internationale
gemeenschap reageerde. Ik ben ervan overtuigd dat de
schuldigen zich door die passiviteit gesterkt voelden
in hun geloof dat het ombrengen van burgers een
toegestane strategie was om hun politieke macht te
versterken. (...)

1 - 611/7 - 1997/1998

ment de coalition était au pouvoir. Le premier ministre a alors demandé que les armes soient retirées
des populations civiles. Il a aussi demandé que cesse
l’établissement par certaines autorités civiles et militaires de listes de gens partis à l’étranger, supposés
membres du FPR et d’ennemis. (...)

Op 3 december 1993 schreven hooggeplaatste militairen aan generaal Dallaire een anonieme brief om
hem ervoor te waarschuwen dat Habyarimana en een
aantal belangrijke militairen voorbereidselen troffen
om etnische gewelddaden te plegen en politieke opposanten om te brengen om de oorlog te doen heropflakkeren. (...) Die eerste waarschuwing werd gevolgd
door andere, onder meer een telegram waarin in
januari duidelijk op die voorbereidselen werd gewezen. Ook uit andere bronnen waren er aanwijzingen.
Ik heb de waarschuwingssignalen tussen november en
maart opgetekend : ze beslaan een twintigtal bladzijden. De verdeling van de wapens gebeurde niet in het
geniep. Diplomaten in Kigali hebben mij gezegd dat
zij daarover hardop hebben gediscussieerd. Zij wisten
ook dat soldaten werden geworven en dat milities
werden gevormd » (1).
Mevrouw Desforges heeft ook het verband onderzocht tussen het democratiseringsproces waarvan na
1990 werk werd gemaakt en de voorbereiding van de
slachtpartijen. « Er bestaat een belangrijk verband
tussen de democratische ontwikkeling van het vredesproces en die van het geweld en van de voorbereiding
van de slachtpartijen. Bij president Habyarimana en
zijn omgeving waren twee elementen doorslaggevend : het RPF en de interne oppositie. Hun belangrijkste zorg was te voorkomen dat deze twee front
zouden vormen. Vanaf januari 1991 bestond wel
degelijk het gevaar van samenwerking tussen de
Hutu’s van de oppositie en het RPF, en die vrees is
waar gebleken. Het democratiseringsproces heeft dus
kunnen leiden tot een militaire invasie. Er is dus op-

Entre le mois d’août et la fin de l’année 1993, les
Interahamwe achetèrent un grand nombre de machettes à Kigali. Un homme d’affaires et financier important de RTLM en fit même importer 25 tonnes de
l’extérieur; Il est donc clair qu’il existait déjà à ce
moment un projet de recommencer la guerre en
prenant les civils pour cibles. Un événement capital
fut l’assassinat par des militaires tutsis du président
du Burundi, appartenant à l’ethnie hutue, et qui fut
suivi par des tueries de civils, sans que la communauté
internationale ne réagisse. Je suis convaincue que les
coupables ont trouvé dans la passivité de la communauté internationale un encouragement à croire que
la tuerie de civils était une stratégie tolérée pour
raffermir leur pouvoir politique. (...)
Le 3 décembre 1993, des militaires haut gradés
envoyèrent anonymement une lettre au général
Dallaire pour l’avertir qu’Habyarimana et certains
militaires importants se préparaient à commettre des
violences ethniques et des assassinats d’opposants
politiques pour faire recommencer la guerre. (...) Ce
premier avertissement fut suivi par d’autres dont un
télégramme envoyé en janvier où il était clairement
fait état des préparatifs en cours. Des indications sont
également venues d’autres sources. J’ai fait une
compilation des risques avertisseurs entre novembre
et mars : elle comprend une vingtaine de pages. La
distribution des armes ne se faisait pas en cachette.
Des diplomates en place à Kigali m’ont dit qu’ils en
avaient discuté à haute voix entre eux. Ils savaient
aussi qu’il y avait recrutement et formation de milices » (1).
Mme Desforges a également analysé le lien entre le
processus de démocratisation entamé après 1990 et les
préparatifs des massacres : « Il existe un lien fort
important entre le développement du processus de
paix et celui de la violence et des préparatifs des
massacres. Chez le président Habyarimana et ses
proches, deux éléments ont été prépondérants : le FPR
et l’opposition domestique interne. Leur souci essentiel était d’éviter l’union des deux. Dès janvier 1991, le
danger de collaboration entre les Hutus de
l’opposition et le FPR était bien identifié et cette
crainte réalisée. Le processus de démocratisation a
paru susceptible d’encourager une invasion militaire.
Un amalgame fut volontairement créé entre le FPR,
les Hutus rebelles et les Tutsis qui reçurent, tous les

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Desforges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 32 en 33.

(1) Audition de Mme Desforges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, pp. 32 et 33.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 482 )

zettelijk een mengelmoes gemaakt van RPF, Huturebellen en Tutsi’s die alle drie het label « vijanden »
opgeplakt kregen. Dat was dus vanaf september 1992
de heersende opvatting bij de staf van het Rwandese
leger. Tot de vijandelijke strategieën behoorden de
inspanningen om de openbare opinie af te leiden van
de sociaal-economische kwesties ten voordele van de
etnische kwesties. Het natuurlijke en gegronde streven van de bevolking naar democratie verzeilde op
die wijze naar de achtergrond. Daardoor leidden de
inspanningen om de groei van de democratische
interne oppositie en van het RPF te bestrijden, tot
moordpartijen telkens wanneer de overheid zich
bedreigd voelde » (1).

trois, le label d’« ennemis ». Cette conception prévalut
au sein de l’état-major de l’armée rwandaise dès
septembre 1992. Parmi les stratégies ennemies, on cite
les efforts pour détourner l’opinion publique des
questions socio-économiques au profit des questions
ethniques; Les aspirations naturelles et bien fondées
de la population à la démocratie étant ainsi placées au
second plan. De ce fait, les efforts pour combattre la
croissance de l’opposition interne démocratique et du
FPR engendrèrent des massacres chaque fois que le
pouvoir se sentit menacé »(1).

Tijdens de hoorzitting van 26 februari onderstreept
ook professor Reyntjens de gevolgen van de staatsgreep in Burundi en van de moord op de Burundese
president. « Vervolgens is er de staatsgreep in Burundi
en wordt de Burundese president vermoord. Als
gevolg daarvan verklaren de Hutu’s, en meer bepaald
als gematigd beschouwde Hutu’s, dat men geen vertrouwen kan hebben in het RPF en bij uitbreiding dus
ook niet in de Tutsi’s. Zo komt men in de logica van
de volkenmoord. » (2)

Lors de son audition du 26 février, le professeur
Reyntjens soulignait lui aussi les conséquences du
coup d’État du Burundi et de l’assassinat du président
burundais : « Ensuite, interviennent le coup d’État du
Burundi et l’assassinat du président burundais, ce qui
a pour conséquence que les Hutus et notamment les
Hutus qualifiés de modérés affirment qu’on ne peut
pas faire confiance au FPR, et, par extension aux
Tutsis eux-mêmes, entrant ainsi dans une logique
génocidaire. » (2)

Professor Reyntjens verklaart eveneens het volgende : « De volkenmoord was geen toeval maar was tot
in de puntjes voorbereid. Men kan aantonen dat er
stap voor stap een tot een volkenmoord leidende
structuur is ontstaan en dat Rwanda geleidelijk naar
een logica van volkenmoord is geëvolueerd.

Le professeur Reyntjens déclare également : « Ce
génocide n’est pas un accident de l’histoire, il a été
tout à fait organisé. On peut montrer, qu’étape par
étape, une structure génocidaire s’est mise en place et
qu’il y a eu une évolution progressive de la logique
génocidaire.

De moord op de president van Burundi is slechts
één van de gegevens die het mogelijk hebben gemaakt
die structuur uit te breiden. Naast de centrale en
plaatselijke kernen bestaat een derde kern, die van de
burgers die mededader of medeplichtige zijn van de
volkenmoord. Door de moord op de president op te
blazen en de bevolking ervan te overtuigen dat zij de
Tutsi’s moest doden als zij niet zelf wou worden uitgeroeid, heeft men de ideologie en de structuur ontwikkeld die voor het op gang brengen van de volkenmoord noodzakelijk waren » (3).

Le meurtre du président du Burundi n’est qu’un des
éléments qui ont permis d’amplifier cette structure.
Au-delà du noyau central et des cercles locaux, il
existe un troisième cercle, celui des civils co-auteurs et
complices du génocide. C’est en amplifiant le meurtre
du président et en convainquant la population de ce
que, si elle ne tue pas les Tutsis, c’est eux qui vont les
exterminer, qu’on développe l’idéologie et la structure nécessaire à la mise en marche du génocide » (3).

De commissie stelt bijgevolg vast dat de aanslag op
president Habyarimana het ontstekingsmechanisme
was dat van die logica een realiteit maakte. De genocidaire machine kwam aldus in werking en een groot
aantal mensen raakte er mee bij betrokken.

La commission constate cependant que l’attentat
contre le président Habyarimana a été l’élément
déclenchant qui a transformé ces préparatifs en
réalité. La machine génocidaire s’est alors mise en
marche et de nombreuses personnes s’y sont assocciées.

3.6.4.2. Oprichting van milities

3.6.4.2. Création des milices

De heer Prunier heeft het proces van de oprichting
van de Interahamwe als volgt uitgelegd : « En ce qui

Monsieur Prunier a expliqué le processus de création des Interahamwe : « En ce qui concerne les Intera-

——————

——————

(1) Ibid., blz. 35.
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 25.
(3) Ibid., blz. 27.

(1) Ibid., p. 35.
(2) Audition du professeur Reyntjens, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 26 février 1997, p. 25.
(3) Ibid., p. 27.

( 483 )

1 - 611/7 - 1997/1998

concerne les Interahamwe, il ne fait aucun doute qu’il
s’agit d’une milice politique et non militaire tout
simplement parce que la majorité d’entre eux
n’avaient aucun entraînement militaire. Cette milice a
été créée longtemps avant le génocide. Je ne crois pas
qu’elle avait au départ vraiment pour but d’exécuter
le génocide qui n’était même pas encore conçu à
l’époque, me semble-t-il. Certaines personnes aimeraient bien que l’on oublie le rôle qu’elles ont joué
dans la formation de ces milices. L’actuel ministre des
Affaires étrangères de la République du Rwanda,
M. Anastase Gasana, est un membre fondateur des
Interahamwe et il est pourtant membre du gouvernement actuel ! C’est d’ailleurs une des manières par
lesquelles le gouvernement le tient. Cela, on ne le dit
jamais.

hamwe, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une milice
politique et non militaire tout simplement parce que
la majorité d’entre eux n’avaient aucun entraînement
militaire. Cette milice a été créée longtemps avant le
génocide. Je ne crois pas qu’elle avait au départ vraiment pour but d’exécuter le génocide qui n’était
même pas encore conçu à l’époque, me semble-t-il.
Certaines personnes aimeraient bien que l’on oublie
le rôle qu’elles ont joué dans la formation de ces milices. L’actuel ministre des Affaires étrangères de la
République du Rwanda, M. Anastase Gasana, est un
membre fondateur des Interahamwe et il est pourtant
membre du gouvernement actuel ! C’est d’ailleurs une
des manières par lesquelles le gouvernement le tient.
Cela, on ne le dit jamais.

Ces milices étaient vues au départ comme une sorte
de groupe d’activistes loyalistes. À cet égard, je ferais
un parallèle avec les milices de l’Ulster Defence Force,
les Orange men, de l’Irlande du Nord, c’est-à-dire une
milice politique au service d’une idéologie avec, en
arrière-plan, le désir de s’en servir dans une guerre
civile urbaine, mais non dans ses opérations militaires
sérieuses en rase compagne contre une armée. Quelques cadres ont été entraînés militairement dans les
camps de l’armée, y compris par l’armée française.
C’est sur ce fait que s’appuient ceux qui disent que les
Français ont collaboré au génocide. Il ne fait aucun
doute que certains cadres des Interahamwe ont été
entraînés par les Français. Pourquoi? C’est assez
simple à comprendre. Les Français avaient un programme de formation des officiers et sous-officiers
des Forces armées rwandaises. Celles-ci comportaient
5 200 hommes en octobre 1990 et, au printemps 1994,
elles en avaient près de 50 000. Sa taille avait décuplé.
Vous imaginez ce que cela représente au point de vue
logistique, de la formation et aussi des dépenses, ce
qui a d’ailleurs entraîné des catastrophes budgétaires
au Rwanda à l’époque et une inflation galopante ! Ce
décuplement de l’armée a été largement assuré avec le
concours français. Les Français ne se sont jamais
battus directement en première ligne — en tout cas au
niveau de l’infanterie — mais leur grosse coopération
militaire était à ce niveau-là, c’est-à-dire la formation
qui a permis de décupler l’armée rwandaise en
l’espace d’un peu plus de deux ans. Quand les Interahamwe ont été créés, les Rwandais ont habilement
« fourgué » — il n’y a pas d’autres termes — des Interahamwe comme sous-officiers en formation. Les
Français les ont donc formés en croyant qu’ils allaient
rejoindre l’armée régulière. En fait, lorsqu’ils
sortaient de la période de formation, ils retournaient
aux Interahamwe (1). »

Ces milices étaient vues au départ comme une sorte
de groupe d’activistes loyalistes. À cet égard, je ferais
un parallèle avec les milices de l’Ulster Defence Force,
les Orange men, de l’Irlande du Nord, c’est-à-dire une
milice politique au service d’une idéologie avec, en
arrière-plan, le désir de s’en servir dans une guerre
civile urbaine, mais non dans ses opérations militaires
sérieuses en rase compagne contre une armée. Quelques cadres ont été entraînés militairement dans les
camps de l’armée, y compris par l’armée française.
C’est sur ce fait que s’appuient ceux qui disent que les
Français ont collaboré au génocide. Il ne fait aucun
doute que certains cadres des Interahamwe ont été
entraînés par les Français. Pourquoi? C’est assez
simple à comprendre. Les Français avaient un
programme de formation des officiers et sous-officiers
des Forces armées rwandaises. Celles-ci comportaient
5 200 hommes en octobre 1990 et, au printemps 1994,
elles en avaient près de 50 000. Sa taille avait décuplé.
Vous imaginez ce que cela représente au point de vue
logistique, de la formation et aussi des dépenses, ce
qui a d’ailleurs entraîné des catastrophes budgétaires
au Rwanda à l’époque et une inflation galopante ! Ce
décuplement de l’armée a été largement assuré avec le
concours français. Les Français ne se sont jamais
battus directement en première ligne — en tout cas au
niveau de l’infanterie mais leur grosse coopération
militaire était à ce niveau-là, c’est-à-dire la formation
qui a permis de décupler l’armée rwandaise en
l’espace d’un peu plus de deux ans. Quand les Interahamwe ont été créés, les Rwandais ont habilement
« fourgué » — il n’y a pas d’autres termes des Interahamwe comme sous-officiers en formation. Les
Français les ont donc formés en croyant qu’ils allaient
rejoindre l’armée régulière. En fait, lorsqu’ils
sortaient de la période de formation, ils retournaient
aux Interahamwe (1). »

Gewezen eerste minister Nsengiyaremye bevestigt
de visie van professor Prunier : « ... il y a eu constitu-

L’ancien premier ministre Nsengiyaremye
confirme le point de vue du professeur Prunier : « ... il

——————

——————

(1) Hoorzitting met professor Prunier, PDR, Senaat, 11 juni
1997, PV, blz. 18/7-18/10.

(1) Audition du professeur Prunier, CER, Sénat, 11 juin
1997, pp. 18/7 à 18/10.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 484 )

tion de milices. Au début il s’agissait de mouvements
de jeunesse des partis chargés d’animer des meetings
politiques mais par la suite ils se sont transformés en
forces de combat. Le processus s’est poursuivi avec le
et l’armement et la situation s’est sérieusement aggravée à partir de septembre 1992 jusqu’à la fin. Quand
on constitue une milice, c’est qu’elle devra un jour ou
l’autre servir à quelque chose ! La présence de milices
était donc un élément de préparation, un pion en cas
de guerre civile. » (1). »

y a eu constitution de milices. Au début il s’agissait de
mouvements de jeunesse des partis chargés d’animer
des meetings politiques mais par la suite ils se sont
transformés en forces de combat. Le processus s’est
poursuivi avec le et l’armement et la situation s’est
sérieusement aggravée à partir de septembre 1992
jusqu’à la fin. Quand on constitue une milice, c’est
qu’elle devra un jour ou l’autre servir à quelque
chose ! La présence de milices était donc un élément de
préparation, un pion en cas de guerre civile. » (1). »

In verband met de getalsterkte van die milities acht
mevrouw Desforges het « moeilijk te zeggen hoeveel
mensen deel uitmaakten van de milities die alle
partijen oorspronkelijk hadden opgericht om de
andere partijen te bestrijden. Men heeft het gehad
over 1 200 tot 1 300 leden van Interahamwe, maar
generaal Dallaire dacht dat er in Kigali ten minste
3 000 waren. De eerste minister heeft zelfs verklaard
dat er in elke gemeente militieleden waren, maar dat
lijkt mij overdreven. Daardoor zou de rol van de
partij aan de macht worden overdreven en zou de rol
van de andere partijen worden geminimaliseerd (2). »

Quant à l’importance numérique de ces milices,
Mme Desforges juge qu’« il est difficile de préciser le
nombre de personnes impliquées dans les milices qui
furent d’abord créées par chaque parti pour lutter
contre les autres. On a parlé de 1 200 à 1 300 Interahamwe, mais le général Dallaire pensait qu’ils étaient
au moins 3 000 à Kigali. Le premier ministre a même
affirmé, ce qui me semble excessif, qu’il y en avait
dans chaque commune. Ceci serait donner trop
d’importance au parti au pouvoir et minimiser le rôle
joué par les autres (2). »

3.6.4.3. Aanleggen van lijsten met te vermoorden
personen

3.6.4.3. Constitution de listes de personnes à tuer

Professor Prunier heeft zeer duidelijk het fenomeen
van het aanleggen van lijsten met te vermoorden
personen toegelicht : « Le problème des listes était une
question d’urgence parce que ces personnes ne
savaient pas quand on allait les interrompre. Ils craignaient d’être interrompus dans leur tâche. Il y avait
des ordres de priorité et les listes étaient très courtes.
J’estime le génocide à 800 000 morts, avec une marge
d’erreur très importante de l’ordre de 10 à 15 %. Il n’y
avait pas 800 000 personnes sur des listes. Tout le
monde n’avait pas le même ordre de priorité dans la
mort. Certaines personnes devaient mourir tout de
suite et à tout prix. Les personnes qui ont été tuées les
7, 8, 9, 10 et 11 avril devaient mourir parce qu’elles
étaient importantes. Il y avait là un certain nombre de
Tutsis mais aussi beaucoup de Hutus de l’opposition.
Au départ, on a presque tué moitié, moitié. Mme
Agathe a été tuée et son mari aussi, parce qu’il avait le
malheur d’être le mari de sa femme ! Il était hutu et pas
politisé. M. Landucas Ndasingwa était le secrétaire
général du président du parti libéral et avait une
femme canadienne blanche qui a aussi été tuée, ainsi
que leurs enfants. Ils étaient sur la liste d’urgence
parce que si on arrêtait les auteurs des tueries le troisième jour, il fallait au moins que ceux-là soient

Le professeur Prunier a expliqué très clairement le
phénomène de la constitution de listes de personnes à
tuer : « Le problème des listes était une question
d’urgence parce que ces personnes ne savaient pas
quand on allait les interrompre. Ils craignaient d’être
interrompus dans leur tâche. Il y avait des ordres de
priorité et les listes étaient très courtes. J’estime le
génocide à 800 000 morts, avec une marge d’erreur
très importante de l’ordre de 10 à 15 %. Il n’y avait pas
800 000 personnes sur des listes. Tout le monde
n’avait pas le même ordre de priorité dans la mort.
Certaines personnes devaient mourir tout de suite et à
tout prix. Les personnes qui ont été tuées les 7, 8, 9, 10
et 11 avril devaient mourir parce qu’elles étaient
importantes. Il y avait là un certain nombre de Tutsis
mais aussi beaucoup de Hutus de l’opposition. Au
départ, on a presque tué moitié, moitié. Mme Agathe
a été tuée et son mari aussi, parce qu’il avait le
malheur d’être le mari de sa femme ! Il était hutu et pas
politisé. M. Landucas Ndasingwa était le secrétaire
général du président du parti libéral et avait une
femme canadienne blanche qui a aussi été tuée, ainsi
que leurs enfants. Ils étaient sur la liste d’urgence
parce que si on arrêtait les auteurs des tueries le troisième jour, il fallait au moins que ceux-là soient

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Nsengiyaremye, POR, Senaat,
18 juni 1997, blz. 3/4.
(2) Hoorzitting met mevrouw Desforges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 36.

(1) Audition de M. Nsengiyaremye, CER, Sénat, 18 juin
1997, PV, p. 3/4.
(2) Audition de Mme Desforges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 36.

( 485 )

1 - 611/7 - 1997/1998

morts. Par exemple, l’ancien Premier ministre
M. Twagiramungu leur a échappé en sautant pardessus la clôture et en passant par les jardins. Il était
évidemment sur la liste. Tous les leaders du parti
social démocrate s’y trouvaient.

morts. Par exemple, l’ancien Premier ministre M.
Twagiramungu leur a échappé en sautant par-dessus
la clôture et en passant par les jardins. Il était évidemment sur la liste. Tous les leaders du parti social
démocrate s’y trouvaient.

Personnellement, je suis membre du parti socialiste
français et de son secrétariat international. J’avais des
liens particuliers avec les membres du parti social
démocrate. Sauf un, tous sont morts. Les gens du
MDR, pas la tendance Mugenzi parce que c’était le
MDR Power, mais la tendance Twagiramungu,
étaient sur les listes. Il s’agissait d’une liste d’urgence.
Ces personnes devaient mourir même si le génocide
était interrompu le quatrième ou le cinquième jour.
C’est pourquoi il y a eu cette affaire où vos soldats
sont morts. Mme Agathe était sur la liste des priorités.
Et ce n’était pas la dominante tutsie, mais la dominante politique, bien sûr, les Tutsis du FPR. Ils ont
donc attaqué les bâtiments de l’Assemblée nationale
où le bataillon du FPR était cantonné. Après cela, on
a continué dans l’euphorie générale (1). »

Personnellement, je suis membre du parti socialiste
français et de son secrétariat international. J’avais des
liens particuliers avec les membres du parti social
démocrate. Sauf un, tous sont morts. Les gens du
MDR, pas la tendance Mugenzi parce que c’était le
MDR Power, mais la tendance Twagiramungu,
étaient sur les listes. Il s’agissait d’une liste d’urgence.
Ces personnes devaient mourir même si le génocide
était interrompu le quatrième ou le cinquième jour.
C’est pourquoi il y a eu cette affaire où vos soldats
sont morts. Mme Agathe était sur la liste des priorités.
Et ce n’était pas la dominante tutsie, mais la dominante politique, bien sûr, les Tutsis du FPR. Ils ont
donc attaqué les bâtiments de l’Assemblée nationale
où le bataillon du FPR était cantonné. Après cela, on
a continué dans l’euphorie générale(1). »

3.6.4.4. Aankoop van machetes

3.6.4.4. Achats de machettes

In verband met de aankoop van machetes deelt de
heer Prunier de onderzoekscommissie de volgende
gegevens mee : « La personne qui a acheté ces machettes n’est pas n’importe qui. Il s’agit de M. Félicien
Kabuga, un des hommes-clés des milices Interahamwe. Il n’avait absolument aucun usage de ces
machettes. Il pouvait simplement les distribuer à ses
miliciens. La machette est un instrument agricole. De
nombreuses personnes ont été tuées par des tas
d’autres instruments, notamment avec des bâtons
cloutés, car tout le monde ne disposait pas de machettes. Il suffisait d’enfoncer de très gros clous de charpenterie avec une pierre; on obtenait une sorte de
massue primitive dont les clous frappaient violemment la boîte crânienne. Des houes ont également été
utilisées pour tuer. Il s’agit aussi d’instruments agricoles dont le fer suffit à faire éclater une boîte crânienne. De nombreux crânes de victimes présentent
d’ailleurs un éclatement au sommet. Les machettes ne
sont jamais achetées en si grande quantité, tout simplement parce qu’il ne convient pas d’immobiliser un
stock trop important. On n’achète pas 50 000 machettes en une seule fois, car il faudrait trop de temps pour
les revendre. En fait, elles étaient achetées pour être
distribuées. Vous me demandez s’il ne s’agissait pas
d’un simple achat de matériel agricole. La réponse est
non. Tout d’abord, l’acheteur n’était pas un agriculteur et, ensuite, la quantité était trop importante. Un
marchand aurait pu effectuer un achat raisonnable de

Concernant l’achat de machettes, M. Prunier
informe la commission d’enquête des constatations
suivantes : « La personne qui a acheté ces machettes
n’est pas n’importe qui. Il s’agit de M. Félicien
Kabuga, un des hommes-clés des milices Interahamwe. Il n’avait absolument aucun usage de ces
machettes. Il pouvait simplement les distribuer à ses
miliciens. La machette est un instrument agricole. De
nombreuses personnes ont été tuées par des tas
d’autres instruments, notamment avec des bâtons
cloutés, car tout le monde ne disposait pas de machettes. Il suffisait d’enfoncer de très gros clous de charpenterie avec une pierre; on obtenait une sorte de
massue primitive dont les clous frappaient violemment la boîte crânienne. Des houes ont également été
utilisées pour tuer. Il s’agit aussi d’instruments agricoles dont le fer suffit à faire éclater une boîte crânienne.
De nombreux crânes de victimes présentent d’ailleurs
un éclatement au sommet. Les machettes ne sont
jamais achetées en si grande quantité, tout simplement parce qu’il ne convient pas d’immobiliser un
stock trop important. On n’achète pas 50 000 machettes en une seule fois, car il faudrait trop de temps pour
les revendre. En fait, elles étaient achetées pour être
distribuées. Vous me demandez s’il ne s’agissait pas
d’un simple achat de matériel agricole. La réponse est
non. Tout d’abord, l’acheteur n’était pas un agriculteur et, ensuite, la quantité était trop importante. Un
marchand aurait pu effectuer un achat raisonnable de

——————

——————

(1) Hoorzitting met professor Prunier, POR., Senaat, 11 juni
1996, PV, blz. 15/6, 15/9, 15/10 en 15/11.

(1) Audition du professeur Prunier, CER, Sénat, 11 juin
1997, PV, pp. 15/6, 15/9, 15/10 et 15/11.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 486 )

500 ou 1 000 machettes, mais il aurait tout de même
mis un certain temps à les revendre. Le nombre de
50 000 est complètement fou. Même en dix ans, ces
machettes n’auraient pu être vendues » (1). »

500 ou 1 000 machettes, mais il aurait tout de même
mis un certain temps à les revendre. Le nombre de
50 000 est complètement fou. Même en dix ans, ces
machettes n’auraient pu être vendues »(1). »

« Ces 50 000 machettes venaient du Kenya (2). »

« Ces 50 000 machettes venaient du Kenya »(2). »

Mevrouw A. Desforges verstrekt nog meer informatie : « De vuurwapens werden aangekocht door het
ministerie van Landsverdediging, de machetes door
een privé-onderneming die door een goede vriend van
Habyarimana werd geleid. Het geld voor de vuurwapens kwam uit officiële bron. (Opgemerkt zij dat 25
ton machetes min of meer overeenkomt met 25 000
machetes.) Heeft de omvangrijke civiele hulp die
Rwanda kreeg het losbarsten van de volkenmoord
mogelijk gemaakt of daartoe bijgedragen? Dat is
zeker zo doordat die hulp de aankoop van de machetes mogelijk heeft gemaakt. Maar men moet echter
ook rekening houden met leningen die Rwanda heeft
afgesloten om wapens te kopen. Zo werd een belangrijk krediet in dollars toegestaan door Crédit Lyonnais, met de theeproductie gedurende vijf jaar als
waarborg (3). »

Mme A. Desforges apporte d’autres précisions :
« Les armes à feu ont été achetées par le ministère de la
Défense, les machettes par une entreprise privée gérée
par un ami proche d’Habyarimana. L’argent pour les
armes à feu provenait de sources officielles. (À noter
que 25 tonnes de machettes correspondent plus ou
moins à 25 000 machettes). L’aide civile importante
dont bénéficiait le Rwanda a contribué au déclenchement du génocide, dans la mesure où cette aide a
permis d’acheter des machettes. Mais il faut également tenir compte d’emprunts faits par le Rwanda
pour l’achat d’armes. Un important crédit en dollars a
ainsi été accordé par le Crédit Lyonnais avec pour
garantie, la production de thé pendant une période de
cinq ans(3). »

De commissie is niet in staat een verband vast te
stellen tussen de aankoop van deze machetes en de
voorbereiding van de genocide.

La commission n’est pas en mesure d’apprécier le
lien entre ces achats et la préparation du génocide.

3.6.4.5. Andere aanwijzingen inzake de voorbereiding van een genocide

3.6.4.5. Autres éléments révélateurs de la planification du génocide

In haar inleidende uiteenzetting tijdens haar verschijning voor de commissie heeft mevrouw Suhrke,
auteur van verslag 2 van de « Joint Evaluation », het
volgende geantwoord op de vraag of de volkenmoord
te voorzien was : « Niemand kon zich indenken dat de
volkenmoord zich zo snel en op zo’n grote schaal zou
voordoen. De internationale besluitvormers hebben
de conclusies niet kunnen trekken. Beschikten zij over
de informatie om dat wel te doen ?

Lors de son exposé introductif à son audition pour
la commission, Mme Suhrke, rédacteur du rapport 2
du « Joint Evaluation », a déclaré : « Pouvait-on
prévoir le génocide ? » Elle répond : « Personne n’a pu
imaginer la rapidité et l’importance du génocide tel
qu’il s’est développé. Les décideurs internationaux
n’ont pas pu tirer les conclusions. Disposaient-ils des
informations pour ce faire ?

Velen wisten toen dat er georganiseerde groepen
bestonden. Er hadden zich gewelddaden voorgedaan
en het staatsapparaat was betrokken bij extremistische propaganda die op de uitroeiing van de Tutsi’s
was gericht. Begin 1994 stuurde UNAMIR de VN een
telegram waarin melding werd gemaakt van plannen
om Belgen om te brengen die van de VN-troepen deel
uitmaakten. Het plan wordt in het telegram in detail
beschreven.

Beaucoup savaient à l’époque que des forces organisées existaient. Il y avait eu des actes de violence et
l’appareil de l’État était impliqué dans une propagande extrémiste. Elle visait l’élimination des Tutsis.
Début 1994, la MINUAR envoyait un télégramme à
l’ONU dans lequel il était fait mention des projets de
tuer des Belges faisant partie des troupes de l’ONU. Le
plan est détaillé dans le télégramme.

Deze informatie heeft echter niet geleid tot de conclusie dat er een volkenmoord plaats zou kunnen

Toutefois, cette information n’a pas conduit à la
conclusion qu’un génocide pourrait avoir lieu. Les

——————

——————

(1) Ibid., blz. 14/12 en 14/12.
(2) Ibid., blz. 15/1.
(3) Hoorzitting met mevr. Desforges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 35.

(1) Ibid., pp. 14/12 et 14/13.
(2) Ibid., p. 15/1.
(3) Audition de Mme Desforges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 35.

( 487 )

1 - 611/7 - 1997/1998

hebben. Men had de moorden moeten zien als een
deel van een scenario. Voorts had de CIA in 1994 een
rapport uitgebracht waarin de akkoorden van Arusha
werden geanalyseerd. De conclusie van dat rapport
was dat men op een mislukking afstevende. Men ging
ervan uit dat op grote schaal gewelddaden zouden
worden gepleegd en dat zij tot de moord op een half
miljoen mensen zou leiden. Andere waarnemers
hebben bevestigd dat gewelddaden op etnische gronden tot de mogelijkheden behoorden indien een
burgeroorlog losbarstte. Het feit dat men die signalen
niet heeft gemerkt, is onder meer te wijten aan structurele gebreken in de werking van de VN.

tueries auraient dû être envisagées comme scénario.
En outre, la CIA, en 1994, avait émis un rapport qui
analysait les accords d’Arusha. Ce rapport concluait
qu’on allait vers un échec. Il estimait que des violences
massives allaient éclater et qu’elles conduiraient à
l’assassinat d’un demi million d’hommes. D’autres
observateurs ont certifié que la violence ethnique était
probable si la guerre civile éclatait. Les raisons pour
lesquelles les signaux n’ont pas été perçus sont dus
notamment à une déficience structurelle dans le
système de l’ONU.

Men heeft verscheidene signalen opgemerkt die
verschillende inlichtingen opleverden. Naar wie
moest men luisteren ? In Rwanda was Frankrijk het
best ingelicht over de Hutu-extremisten maar het
hechtte vooral belang aan de inlichtingen over het
FPR, dat het als een tegenstander beschouwde.

On a identifié plusieurs signaux donnant les renseignements différents. Qui fallait-il écouter? La France
était la mieux informée au Rwanda sur les extrémistes
Hutus mais elle s’attachait principalement aux renseignements sur le FPR qu’elle considérait comme un
adversaire.

Aangezien dat VN-verslag slechts gewag maakte
van twee- of driehonderd personen, werd het niet
ernstig genomen.

Comme ce rapport de l’ONU ne faisait référence
qu’à deux ou trois cents personnes, il n’a pas été pris
au sérieux.

Het bevatte vrome wensen. Een geplande volkenmoord vergde een grotere internationale interventie.
Toen de volkenmoord is uitgebroken, heeft de internationale gemeenschap zich echter teruggetrokken.
Rwanda had voor de leden van de Veiligheidsraad
dus maar weinig strategisch belang.

Il contenait des vœux pieux. Si le génocide semblait
planifié, il préconisait une intervention internationale
plus importante. Or, quand le génocide a eu lieu, la
seule réaction de la Communauté internationale a été
de se retirer. Il faut dire que le Rwanda, aux yeux des
membres du Conseil de sécurité, avait peu de signification stratégique.

De gebrekkige interpretatie van de signalen die de
volkenmoord aankondigden, wijst op een gebrekkige
inzameling van inlichtingen en een manke politieke
analyse bij de VN. In januari 1994 beschikte het secretariaat-generaal over duidelijke informatie over de
voorbereiding van de volkenmoord. Die informatie
circuleerde in alle departementen van de VN.

La mauvaise interprétation des signaux annonçant
le génocide montre qu’il y avait aussi un problème
dans l’efficience de la collecte de renseignements et
dans l’analyse politique à l’ONU. En janvier 1994, le
Secrétariat général avait des informations claires sur
la préparation du génocide. Ces informations
n’étaient pas isolées, elles circulaient dans tous les
départements de l’ONU.

Ook de ambassades van de Verenigde Staten, van
Frankrijk en van België in Kigali beschikten erover. Er
is echter geen enkel extraplan uitgewerkt waarin
rekening werd gehouden met de verslechtering van de
toestand. De rules of engagement van UNAMIR
werden niet gewijzigd.

Les ambassades des États-Unis, de la France et de la
Belgique à Kigali en disposaient aussi. Pourtant,
aucun plan supplémentaire n’a été élaboré pour tenir
compte du risque de détérioration de la situation. Il
n’y a pas eu de changement dans les règles d’engagement de la MINUAR.

De Staten waren niet bij machte de inlichtingen in
te zamelen en te gebruiken (1). »

Les États aussi ont été incapables de collecter et
d’utiliser les renseignements (1). »

Naast de gegevens die in het rapport van de adhocgroep vermeld staan, verwijzen wij naar onder
meer de volgende aanwijzingen die Mevr. Suhrke
geeft :

Parmi les « signaux » évoqués par Mme Suhrke,
citons, outre les éléments relevés dans le rapport du
groupe ad hoc :

a) Een document dat het bestaan van het « réseau
zéro » aan het licht brengt en dat in de zomer van 1992
gepubliceerd is. Dat document draagt als titel « Le

a) Un document, révélant l’existence du « réseau
zéro », rendu public pendant l’été 1992. Il s’agit du
document « Le Réseau Zéro - lettre ouverte à

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevr. Suhrke, BV, BCR, Senaat, 19961997, 22 april 1997, blz. 334.

(1) Audition de Mme Suhrke, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
22 avril 1997, p. 328.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 488 )

Réseau Zéro - lettre ouverte à Monsieur le Président
du Mouvement Républicain National pour la
Démocratie et le Développement (MRND) ». Het
document heeft een zeer ruime verspreiding gekend
bij de diplomaten in Kigali. De auteur licht er de redenen toe waarom hij het MRND verlaat. Zijn brief
zegt hierover onder meer het volgende : « (...) D’autre
part, le « leadership » du MRND n’a précisément pas
changé. Les quelques structures et hommes nouveaux
ont été ankylosés, puis phagocytés par les vieux
« gourous » du MRND ancienne formule. Ceux-ci
ont, depuis plusieurs années déjà, formé ce que
j’appelle « LE RESEAU ZERO », un noyau de gens
qui a investi méthodiquement toute la vie nationale :
politique, militaire, financière, agricole, scientifique,
estudiantine, familiale et même religieuse. Ce noyau
considère le pays comme une entreprise dont il est
légitime de tirer le maximum de profit, ceci justifiant
toutes sortes de politiques. Le « Réseau Zéro » se présente comme le champion de la défense du Chef de
l’État actuel et chef du parti MRND, quitte à le
réduire au niveau étroit de chef de plan. C’est que ce
noyau s’est constitué à base de relations personnelles,
multiformes, organisées par des hommes omniprésents et, ma foi, fort habiles. (...) C’est le « Réseau
Zéro » qui a attisé les clivages ethniques et régionaux
pour couvrir ses visées et ses intérêts. Le « Réseau
Zéro » est d’autant plus puissant qu’il occulte et qu’il
dispose de moyens considérables financiers et
d’autres ... innommables (1) ».

Monsieur le Président du Mouvement Républicain
National pour la Démocratie et le Développement
(MRND) ». Ce document a très largement circulé
dans les milieux diplomatiques de Kigali. L’auteur y
expliquait ses raisons de démissionner du MRND.
Dans sa lettre, il expliquait que notamment : « D’autre
part, le « leadership » du MRND n’a précisément pas
changé. Les quelques structures et hommes nouveaux
ont été ankylosés, puis phagocytés par les vieux
"gourous" du MRND ancienne formule. Ceux-ci
ont, depuis plusieurs années, déjà, formé ce que
j’appelle « LE RESEAU ZERO », un noyau de gens
qui a investi méthodiquement toute la vie nationale :
politique, militaire, financière, agricole, scientifique,
estudiantine, familiale et même religieuse. Ce noyau
considère le pays comme une entreprise dont il est
légitime de tirer le maximum de profit, ceci justifiant
toutes sortes de politiques. Le « Réseau Zéro » se
présente comme le champion de la défense du Chef de
l’État actuel et chef du parti MRND, quitte à le
réduire au niveau étroit de chef de plan. C’est que ce
noyau s’est constitué à base de relations personnelles,
multiformes, organisées par des hommes omniprésents et, ma foi, fort habiles. (...) C’est le "Réseau
Zéro" qui a attisé les clivages ethniques et régionaux
pour couvrir ses visées et ses intérêts. Le « Réseau
Zéro » est d’autant plus puissant qu’il occulte et qu’il
dispose de moyens considérables financiers et
d’autres ... innommables (1) ».

Dit document is tweetalig verschenen in het Frans
en in het Kinyarwanda.

Ce document a été publié de manière bilingue en
français et en Kinyarwanda.

b) In het dagblad Unurava, nummer 10 van 28 augustus, publiceert de directeur Janvier Afrika een artikel waarin hij de handelwijze van dat netwerk in
detail beschrijft. Afrika bevestigt zelf deel te hebben
uitgemaakt van dat netwerk en aan gewelddaden te
hebben deelgenomen. Hij geeft een lijst met meer dan
25 namen, waaronder die van president Habyarimana zelf, drie van diens zwagers en diens schoonzoon.
Afrika wordt onmiddellijk aangehouden (2).

b) Janvier Afrika, directeur du journal Unurava,
publie dans le numéro 10 du 28 août un article qui
décrit dans le détail la façon de procéder de ce réseau.
Afrika affirme lui-même avoir fait partie de ce réseau
et avoir participé à des actions violentes. Il cite une
liste de plus de 25 noms dont le président Habyarimana lui-même ainsi que ses trois beaux-frères et son
gendre; Afrika est aussitôt arrêté (2).

c) Het bestaan van doodseskaders aan het licht
gebracht.

c) La dénonciation publique des escadrons de la
mort.

In september 1992 hebben professor Reyntjens en
senator Kuypers het bestaan van doodseskaders en
van het « Réseau Zéro » in de openbaarheid
gebracht (3). Zij zeggen daarover het volgende :
« qu’un groupe de personnes met tout en œuvre afin
de faire échouer le procès de démocratisation. Il s’agit
en l’espèce d’escadrons de la mort, qui sont organisés

En septembre 1992, le professeur Reyntjens et le sénateur Kuypers dénonçaient publiquement l’existence
d’escadrons de la mort et le Réseau Zéro (3). Les
auteurs de ces dénonciations disposaient : « qu’un
groupe de personnes met tout en œuvre afin de faire
échouer le procès de démocratisation. Il s’agit en
l’espèce d’escadrons de la mort, qui sont organisés par

——————

——————

(1) Le Réseau Zéro. Lettre ouverte à Monsieur le Président
du MRND, Ed. Uruhimbi, Kigali, juli-augustus1992, blz. 4 en 5.
(2) Reyntjens, Filip, L’Afrique des Grands Lacs en crise,
Karthala, Parijs, 1995, blz. 188.
(3) Nota van professor Reyntjens, september 1992.

(1) Le Réseau Zéro. Lettre ouverte à Monsieur le Président
du MRND, Ed. Uruhimbi, Kigali, juillet-août 1992, pp. 4 et 5.
(2) Reyntjens, Filip, L’Afrique des Grands Lacs en crise,
Karthala, Paris, 1995, p. 188.
(3) Note du professeur Reyntjens, septembre 1992.

( 489 )

1 - 611/7 - 1997/1998

par une quinzaine de personnes, qui ont des fonctions
importantes et qui se trouvent à proximité immédiate
du Président (...) Plusieurs personnes au Rwanda connaissent ce groupe qui opère actuellement sous le nom
« réseau zéro ». Cependant, ce groupe dispose d’un tel
pouvoir et est tellement dangereux, que personne
n’ose en parler et que les enquêtes judiciaires sont
vouées à l’échec (...) (1). »

une quinzaine de personnes, qui ont des fonctions
importantes et qui se trouvent à proximité immédiate
du Président. (...) Plusieurs personnes au Rwanda
connaissent ce groupe qui opère actuellement sous le
nom « réseau zéro ». Cependant, ce groupe dispose
d’un tel pouvoir et est tellement dangereux, que
personne n’ose en parler et que les enquêtes judiciaires sont vouées à l’échec. (...) (1). »

Het oogmerk van « Réseau Zéro » bestond erin
« discréditer le changement en cours ». Het bestond
onder meer uit drie zwagers van president Habyarimana (Protée Zigiranyirazo, Séraphin Rwabukumba,
kolonel Elie Sagatwa) alsook uit kolonel Bagosora.

Ce Réseau Zéro avait pour objectif de « discréditer
le changement en cours ». Il était composé notamment
de trois beaux-frères du Président Habyarimana
(Protée Zigiranyirazo, Séraphin Rwabukumba, colonel Elie Sagatwa) ainsi que du colonel Bagosora.

In een aanvullende nota die de titel « Les escadrons
de la mort » draagt, schrijft professor Reyntjens : « (...)
la technique la plus inquiétante consiste en des tentatives de causer des affrontements meurtriers. Nous
possédons des témoignages très précis de ces déstabilisations au Bugesera et à Kibuye. Au Bugesera, les affrontements ont fait plusieurs centaines de morts,
beaucoup plus de blessés et des milliers de déplacés.
(...) Les activités de ce groupe ont un triple effet : sabotage du processus de démocratisation, qui ne
peut se dérouler correctement dans un contexte de
déstabilisation; (...) (2). »

Dans une note complémentaire intitulée « Les escadrons de la mort », le professeur Reyntjens écrivait :
« (...) la technique la plus inquiétante consiste en des
tentatives de causer des affrontements meurtriers.
Nous possédons des témoignages très précis de ces
déstabilisations au Bugesera et à Kibuye. Au Bugesera, les affrontements ont fait plusieurs centaines de
morts, beaucoup plus de blessés et des milliers de
déplacés. (...) Les activités de ce groupe ont un triple
effet : - sabotage du processus de démocratisation, qui
ne peut se dérouler correctement dans un contexte de
déstabilisation; (...) (2). »

In een brief aan president Habyarimana van 2 oktober 1993 komt senator Kuypers terug op die aantijgingen : « sur le risque de déstabilisation continue au
Rwanda et sur les entraves au processus de paix, suite
aux manœuvres et aux actes criminels de ce groupe (3). »

Dans une lettre adressée au président Habyarimana
le 2 octobre 1993, le sénateur Kuypers répétait ces
accusations « sur le risque de déstabilisation continue
au Rwanda et sur les entraves au processus de paix,
suite aux manœuvres et aux actes criminels de ce
groupe (3). »

d) Ook de toespraak van Léon Mugesera van
22 november 1992 in Kabaya in de prefectuur Gisenvi
moet worden vermeld.

d) Il faut encore signaler le discours de Léon
Mugesera du 22 novembre 1992, à Kabaya en préfecture de Gisenvi.

Deze toespraak van een hooggeplaatst verantwoordelijke van de MRND roept onomwonden op tot
moord op de Tutsi’s met zinnen als deze : « Sachez que
celui à qui vous n’avez pas encore tranché la tête, c’est
lui qui tranchera la vôtre », of verder over de Tutsi’s :
« Je vous apprends que votre pays c’est l’Éthiopie et
nous allons vous expédier sous peu via Yangorabo
(une rivière) en voyage express. » Andere veelzeggende citaten : « Pourquoi n’arrête-t-on pas ses
parents (van kinderen die zich bij het RPF hebben
gevoegd) pour les exterminer ? », « Pourquoi
n’extermine-t-on pas tous ces gens qui convoient les

Ce discours, émanant d’un haut responsable du
MRND, est un véritable appel aux meurtres des
Tutsis comprenant des phrases comme : « Sachez que
celui à qui vous n’avez pas encore tranché la tête, c’est
lui qui tranchera la vôtre » ou encore à propos des
Tutsis : « Je vous apprends que votre pays c’est
l’Éthiopie et nous allons vous expédier sous peu via
Yangorabo (une rivière) en voyage express. » Ou
encore dans les extraits : « Pourquoi n’arrête-t-on pas
ses parents (des enfants qui auraient rejoint le FPR)
pour les exterminer ? », « Pourquoi n’extermine-t-on
pas tous ces gens qui convoient les jeunes au front ?

——————

——————

(1) Persconferentie bij het bezoek van de hh. Reyntjens en
Kuypers aan Rwanda op 14 en 26 september 1992.

(1) Conférence de presse à l’occasion d’une visite de
M. Reyntjens et de M. Kuypers au Rwanda du 14 au
26 septembre 1992.
(2) Données sur les escadrons de la mort, note de Filip
Reyntjens, 9 octobre 1992.
(3) Akazu ou Réseau Zéro, dossier remis par l’ancien sénateur Kuypers à la commission spéciale Rwanda lors de son audition du 14 mars 1997.

(2) Données sur les escadrons de la mort, nota van professor
Reyntjens, 9 oktober 1992.
(3) Akazu ou Réseau Zéro, dossier neergelegd door voormalig senator Kuypers bij de bijzondere commissie Rwanda tijdens
zijn hoorzitting van 14 maart 1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 490 )

jeunes au front ? Dites-moi vraiment, attendez-vous
béatement qu’on vienne vous massacrer ? »

Dites-moi vraiment, attendez-vous béatement qu’on
vienne vous massacrer ? »

e) Rapport van de FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme)

e) Le rapport de la FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme)

Voor de eerste maal komt de kwestie van de genocide aan bod in een openbaar document met een
ruime verspreiding.

Pour la première fois, la question du génocide est
évoquée dans un document public connaissant une
large diffusion.

Het rapport van de FIDH van februari 1993 (1)
stelt in zijn conclusies onder meer : « (...) Après avoir
recueilli des centaines de témoignages et entrepris des
fouilles des fosses communes, la commission a conclu
sans aucun doute que le gouvernement rwandais a
massacré et fait massacrer un nombre considérable de
ses propres citoyens. La plupart des victimes étaient
des Tutsis, mais le nombre de victimes hutus, presque
tous adhérants des partis du comité de concertation,
monte depuis les derniers mois. Au total, on estime
que le nombre de victimes se chiffre à au moins 2 000
depuis le 1er octobre 1990. De plus, les attaques organisées par le gouvernement ont blessé des milliers de
personnes et les ont dépourvus de leurs raisons, animaux domestiques et de la presque totalité de leurs
biens.

Dans ses conclusions, le rapport de la FIDH de
février 1993 (1) mentionnait entre autres : « (...)
Après avoir recueilli des centaines de témoignages et
entrepris des fouilles des fosses communes, la
commission a conclu sans aucun doute que le gouvernement rwandais a massacré et fait massacrer un
nombre considérable de ses propres citoyens. La
plupart des victimes étaient des Tutsis, mais le nombre de victimes hutus, presque tous adhérants des
partis du comité de concertation, monte depuis les
derniers mois. Au total, on estime que le nombre de
victimes se chiffre à au moins 2 000 depuis le 1er octobre 1990. De plus, les attaques organisées par le
gouvernement ont blessé des milliers de personnes et
les ont dépourvus de leurs raisons, animaux domestiques et de la presque totalité de leurs biens.

D’après le témoignage des agresseurs aussi bien que
celui des victimes, les autorités étaient impliquées
dans les attaques : des bourgmestres, des sous-préfets,
des préfets, des membres de comité de cellules, des
responsables de cellules, des conseillers, des policiers
communaux, des cadres de services administratifs et
judiciaires, des gardes forestiers, des enseignants, des
directeurs de centres scolaires et des cadres de projets
de coopération.

D’après le témoignage des agresseurs aussi bien que
celui des victimes, les autorités étaient impliquées
dans les attaques : des bourgmestres, des sous-préfets,
des préfets, des membres de comité de cellules, des
responsables de cellules, des conseillers, des policiers
communaux, des cadres de services administratifs et
judiciaires, des gardes forestiers, des enseignants, des
directeurs de centres scolaires et des cadres de projets
de coopération.

La complicité de ces autorités fut trop importante
et trop générale pour supposer que leur participation
ait été le résultat de décisions individuelles et spontanées. (...)

La complicité de ces autorités fut trop importante
et trop générale pour supposer que leur participation
ait été le résultat de décisions individuelles et spontanées. (...)

Dans chaque commune, les troubles épousent en
générale des frontières administratives, conséquence
naturelle de la participation ou non-participation des
autorités. La simultanéité des attaques dans les
communes différentes établit l’existence d’une organisation plus étendue. De la même façon, les prétextes
pour les attaques se répètent de l’une à l’autre : nécessité de débroussailler une région, travail à faire pour
la communauté (umuganda), l’arrivée d’un inconnu
avec un sac à la main, la présence d’un recruteur des
Inkotanyi (2). »

Dans chaque commune, les troubles épousent en
général des frontières administratives, conséquence
naturelle de la participation ou non-participation des
autorités. La simultanéité des attaques dans les
communes différentes établit l’existence d’une organisation plus étendue. De la même façon, les prétextes
pour les attaques se répètent de l’une à l’autre : nécessité de débroussailler une région, travail à faire pour
la communauté (umuganda), l’arrivée d’un inconnu
avec un sac à la main, la présence d’un recruteur des
Inkotanyi (2). »

In haar conclusies snijdt de FIDH het onderwerp
van de volkenmoord rechtstreeks aan : « (...) Les
témoignages prouvent que l’on a tué un grand
nombre de personnes pour la seule raison qu’elles

Dans ses conclusions, la FIDH abordait directement la question du génocide : « Les témoignages
prouvent que l’on a tué un grand nombre de personnes pour la seule raison qu’elles étaient tutsis. La

——————

——————

(1) FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits
de l’Homme), rapport nr. 168, Parijs, februari 1993.
(2) Ibid., blz. 48.

(1) FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits
de l’Homme), rapport no 168, Paris, février 1993.
(2) Ibid., p. 48.

( 491 )

1 - 611/7 - 1997/1998

étaient tutsis. La question reste de savoir si la désignation du groupe ethnique « Tutsi » comme cible à
détruire relève d’une véritable intention, au sens de la
Convention, de détruire ce groupe ou une part de
celui-ci « comme tel ».

question reste de savoir si la désignation du groupe
ethnique « Tutsi » comme cible à détruire relève d’une
véritable intention, au sens de la Convention, de
détruire ce groupe ou une part de celui-ci « comme
tel ».

Certains juristes estiment que le nombre de tués est
un élément d’importance pour que l’on puisse parler
de génocide. Les chiffres que nous avons cités, certes
considérables pour le Rwanda, pourraient, aux yeux
de ces juristes, rester en deça du seuil juridique requis.

Certains juristes estiment que le nombre de tués est
un élément d’importance pour que l’on puisse parler
de génocide. Les chiffres que nous avons cités, certes
considérables pour le Rwanda, pourraient, aux yeux
de ces juristes, rester en deçà du seuil juridique requis.

La commission estime que, quoi qu’il en soit des
qualifications juridiques, la réalité est tragiquement
identique : de nombreux Tutsis, pour la seule raison
qu’ils appartiennent à ce groupe, sont morts, disparus
ou gravement blessés et mutilés; ont été privés de leurs
biens; ont dû fuir leur lieu de vie et sont contraints de
se cacher; les survivants vivent dans la terreur.

La commission estime que, quoi qu’il en soit des
qualifications juridiques, la réalité est tragiquement
identique : de nombreux Tutsis, pour la seule raison
qu’ils appartiennent à ce groupe, sont morts, disparus
ou gravement blessé et mutilés; ont été privés de leurs
biens; ont dû fuir leur lieu de vie et sont contraints de
se cacher; les survivants vivent dans la terreur.

On constate certes une extension des agressions
aux Hutus opposants du MRND ou de la CDR. Cette
extension peut compliquer mais pas modifier la
nature fondamentale du débat (1). »

On constate certes une extension des agressions
aux Hutus opposants du MRND ou de la CDR. Cette
extension peut compliquer mais pas modifier la
nature fondamentale du débat (1). »

In het hoofdstuk over de schendingen van de
mensenrechten door de krijgsmacht, komt de FIDH
overigens tot het volgende besluit : « (...) Ces exactions ont toutefois pu se développer et prendre un
caractère structurel, non seulement par l’impunité
dont elles ont bénéficié, mais également du fait que les
exactions les plus graves sont manifestement le résultat d’initiatives organisées au plus haut niveau de
l’état major militaire. Si l’armée se comporte de
manière arbitraire et indisciplinée vis-à-vis des populations, l’on observe que la hiérarchie est en revanche
bien structurée et que l’autorité y est forte. La redoutable efficacité de l’armée dans un certain nombre de
mises en scène, de coups montés, d’exécutions massives (voir notamment à ce sujet le cas du massacre des
Bagogwe), permet de conclure que cette autorité est
utilisée pour de telles organisations d’exactions. En
revanche, c’est à dessein que cette autorité ne se manifeste pas dans d’autres cas, où les militaires sont laissés à eux-mêmes et sont certains de rester impunis.
(...) (2) »

Par ailleurs, dans le chapitre consacré aux violations des droits de l’homme par les forces armées, la
FIDH concluait : « (...) Ces exactions ont toutefois pu
se développer et prendre un caractère structurel, non
seulement par l’impunité dont elles ont bénéficié,
mais également du fait que les exactions les plus
graves sont manifestement le résultat d’initiatives
organisées au plus haut niveau de l’état-major militaire. Si l’armée se comporte de manière arbitraire et
indisciplinée vis-à-vis des populations, l’on observe
que la hiérarchie est en revanche bien structurée et
que l’autorité y est forte. La redoutable efficacité de
l’armée dans un certain nombre de mises en scènes, de
coups montés, d’exécutions massives (voir notamment à ce sujet le cas du massacre des Bagogwe)
permet de conclure que cette autorité est utilisée pour
de telles organisations d’exactions. En revanche, c’est
à dessein que cette autorité ne se manifeste pas dans
d’autres cas, où les militaires sont laissés à eux-mêmes
et sont certains de rester impunis. (...) (2) »

Het rapport neemt vervolgens de belangrijkste uittreksels van het commissieverslag van de FIDH over
om de bovengenoemde vijand te omschrijven (3).

Le rapport reprenait ensuite les extraits les plus
significatifs de la FIDH visant à définir l’ennemi cité
plus haut (3).

De eindconclusies en de aanbevelingen van de
FIDH luidden : « Pour ce qui concerne l’État rwandais
toutefois, la commission d’enquête internationale est
arrivée à la conclusion que la violation des droits de
l’homme a été commise de manière massive et systématique avec l’intention délibérée de se prendre à une

Dans ses conclusions finales et recommandations,
la FIDH écrivait : « (...) Pour ce qui concerne l’État
rwandais toutefois, la commission d’enquête internationale est arrivée à la conclusion que la violation des
droits de l’homme a été commise de manière massive
et systématique avec l’intention délibérée de s’en

——————

——————

(1) Ibid., blz. 50.
(2) Ibid., blz. 62 en 63.
(3) Ibid., blz. 63-66.

(1) Ibid., p. 50.
(2) Ibid., pp. 62 et 63.
(3) Ibid., pp. 63 à 66.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 492 )

ethnie déterminée de même qu’aux opposants politiques de manière générale (1). »

prendre à une ethnie déterminée de même qu’aux
opposants politiques de manière générale (1). »

De FIDH doet drie aanbevelingen aan de heer
Habyarimana, president van de Republiek, waarvan
echter geen enkele werd opgevolgd. Vooral de derde
aanbeveling is belangrijk « en sa qualité de président
du MRND, le président de la république devrait dissoudre immédiatement la milice armée du MRND,
appelée Interahamwe » (2).

La FIDH faisait trois recommandations au président de la République, M. Habyarimana, qui n’en a
suivi aucune, en particulier la troisième « en sa qualité
de président du MRND, le président de la République
devrait dissoudre immédiatement la milice armée du
MRND, appelée Interahamwe » (2).

Op 10 februari 1993 werd in de Kamer van volksvertegenwoordigers over dit rapport gedebatteerd.

Ce rapport a fait l’objet d’un débat dans la Chambre des représentants belge le 10 février 1993.

f) Verslag van de speciale rapporteur van de
Commissie van de mensenrechten van de VN, de heer
Ndyaye : Rwanda-missie van 8 tot 17 april 1993. Dit
verslag bekrachtigt het verslag van de FIDH :

f) Rapport du rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, M. Ndiayé :
Mission Rwanda du 8 au 17 avril 1993. Ce rapport
confirme largement celui de la FIDH :

78. The question whether the massacres described
above may be termed genocide has often been raised.
It is not for the Special Rapporteur to pass judgement
at this stage, but an initial reply may be put forward.
Rwanda acceded to the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide on
15 April 1975. Article II of the Convention reads :
« In the present Convention, genocide means any of
the following acts committed with intent to destroy,
in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group, as such :
(a) Killing members of the group;
(b) Causing serious bodily or mental harm to
members of the group;
(c) Deliberately inflicting on the group conditions
of life calculated to bring about its physical destruction in whole or in part;
(d) Imposing measures intended to prevent births
within the group;
(e) Forcibly transferring children of the group to
another group. »

78. The question whether the massacres described
above may be termed genocide has often been raised.
It is not for the Special Rapporteur to pass judgement
at this stage, but an initial reply may be put forward.
Rwanda acceded to the Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide on
15 April 1975. Article II of the Convention reads :
« In the present Convention, genocide means any of
the following acts committed with intent to destroy,
in whole or in part, a national, ethnical, racial or religious group, as such :
(a) Killing members of the group;
(b) Causing serious bodily or mental harm to
members of the group;
(c) Deliberately inflicting on the group conditions
of life calculated to bring about its physical destruction in whole or in part;
(d) Imposing measures intended to prevent births
within the group;
(e) Forcibly transferring children of the group to
another group. »

79. The cases of intercommunal violence brought
to the Special Rapporteur’s attention indicate very
clearly that the victims of the attacks, Tutsis in the
overwhelming majority of cases, have been targeted
solely because of their membership of a certain ethnic
group, and for no other objective reason. Article II,
paragraphs (a) and (b), might therefore be considered
to apply to these cases (3). »

79. The cases of intercommunal violence brought
to the Special Rapporteur’s attention indicate very
clearly that the victims of the attacks, Tutsis in the
overwhelming majority of cases, have been targeted
solely because of their membership of a certain ethnic
group, and for no other objective reason. Article II,
paragraphs (a) and (b), might therefore be considered
to apply to these cases (3). »

3.6.5. Gegevens in verband met de voorbereiding van
de genocide waarover België beschikte

3.6.5. Éléments dont disposait la Belgique quant à la
planification du génocide

Over welke specifieke informatie beschikte België,
naast de voornoemde aanwijzingen waarvan de hele

Outre les indices précités, que toute la Communauté internationale était en mesure de connaître, de

——————

——————

(1) Ibid., blz. 95.
(2) Ibid.
(3) Blue Book, dokument 20.

(1) Ibid., p. 95.
(2) Ibid.
(3) Blue Book, document 20.

( 493 )

1 - 611/7 - 1997/1998

internationale gemeenschap kennis kon nemen? Hoe
is deze informatie gebruikt? Welk beeld had men van
de dreiging ?

quelles informations spécifiques la Belgique disposait-elle? Comment ont-ils été exploités? La menace at-elle été perçue ?

3.6.5.1. We wijzen erop dat de ad-hocgroep onder
de documenten waarover de Belgische overheid
beschikte, 19 documenten aangetroffen heeft waarin
sprake is van een machiavellistisch plan, een destabiliseringsplan of mogelijke slachtingen. In twee van
deze documenten wordt expliciet de mogelijkheid
van een genocide genoemd, in twee andere wordt dit
gesuggereerd (1), drie gegevens over het aanleggen
van lijsten van te vermoorden personen, 11 over de
paramilitaire opleiding van Hutu-milities, 13 over het
boycotten van de Arusha-akkoorden en 17 over het
verspreiden van wapens onder de bevolking door de
Rwandese overheid.

3.6.5.1. Rappelons que, parmi les documents à la
disposition des autorités belges, le groupe ad hoc a
identifié 19 documents dans lesquels il est question
d’un plan machiavélique, d’un plan de déstabilisation
ou de massacres possibles. Deux de ces documents
mentionnent explicitement la possibilité d’un génocide, deux autres la suggèrent (1), trois éléments sur
la constitution d’une liste d’exécution, 11 sur la
formation paramilitaire des milices hutues, 13 sur le
boycottage des accords d’Arusha et 17 sur la distribution d’armes à la population par les autorités rwandaises.

Het verslag van de ad-hocgroep Rwanda is gebaseerd op :

Le rapport du groupe ad hoc Rwanda se fonde sur :

— de diplomatieke telexen van ambassadeur
Swinnen;

— les télex diplomatiques de l’ambassadeur Swinnen;

— de brief van 3 december 1993;

— la lettre du 3 décembre 1993;

— de aanvullende informatie van 2 februari 1994;

— le complément d’information du 2 février 1994;

— de rapporten van luitenant Nees;

— les rapports du lieutenant Nees;

— de rapporten van plaatselijke mensenrechtenorganisaties;

— les rapports d’organisations des droits de
l’homme locales;

— de telex van Willy Claes van 25 februari 1994
waarin hij gewag maakt van de mogelijkheid van een
volkenmoord.

— le télex de Willy Claes du 25 février 1994 dans
lequel il évoque la possibilité d’un génocide (volkenmoord).

3.6.5.2. De ad-hocgroep Rwanda behandelde
slechts de periode na de ondertekening van de slotakkoorden van Arusha. De commissie heeft evenwel
verschillende documenten en getuigenissen verzameld waaruit blijkt dat er ernstige aanwijzingen
bestonden in verband met de voorbereiding en de
planning van een genocide vóór de ondertekening van
de Arusha-akkoorden in augustus 1993.

3.6.5.2. Le groupe ad hoc Rwanda ne couvrit que
la période postérieure à la signature des accords
finaux d’Arusha. La commission a cependant
recueilli plusieurs documents et témoignages
montrant des indices sérieux de préparation et de
planification d’un génocide avant la signature des
accords d’Arusha en août 1993.

De commissie heeft geen toegang verkregen tot de
documenten van Buitenlandse Zaken van vóór de
Arusha-akkoorden; ze heeft niettemin kennis genomen van een aantal van deze documenten via het
Belgische gerecht, na een huiszoeking op het ministerie van Buitenlandse Zaken, huiszoeking die bevolen
werd door de gerechtelijke overheden.

La commission n’a pas eu accès aux documents des
Affaires étrangères antérieurs aux accords d’Arusha;
elle a cependant pris connaissance de certains de ces
documents par l’intermédiaire de la justice belge,
suite à une perquisition au ministère des Affaires
étrangères. Cette perquisition avait été réalisée pour
d’autres motifs par les autorités judiciaires.

a) In de lente van 1992 heeft ambassadeur Swinnen
aan minister Willy Claes per telex informatie gezonden. In een eeste telex wordt melding gemaakt van een
« État-major secret chargé de l’extermination des
Tutsis au Rwanda afin de résoudre définitivement, à

a) Au printemps 1992, l’ambassadeur Swinnen a
transmis au ministre Willy Claes par télex diplomatique des informations. Un premier télex faisait état
d’un « État-major secret chargé de l’extermination des
Tutsis du Rwanda afin de résoudre définitivement, à

——————

——————

(1) Verslag van de ad-hocgroep Rwanda, blz. 74-79, punten 4, 5 en 6.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, pp. 74 à 79,
points 4, 5 et 6.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 494 )

leur manière, le problème ethnique au Rwanda et
d’écraser l’opposition hutue intérieure » (1).

leur manière, le problème ethnique au Rwanda et
d’écraser l’opposition hutue intérieure » (1).

— Een eerste document werd doorgezonden op
12 maart onder de titel « Betreft: Onlusten in Rwanda
— Actionaal terreurplan ».

— Un premier document a été transmis le 12 mars,
intitulé « Betreft : Onlusten in Rwanda — Actionaal
terreurplan ».

— Een tweede document werd de dag daarop verstuurd en had als titel « Betreft: onderhoud met X ».

— Un deuxième document a été transmis le lendemain, intitulé « Betreft : onderhoud met X ».

— Een derde document werd verzonden op
27 maart 1992 en had als titel « Onderwerp: Rwanda
— Onlusten Bugesera ». Het had de volgende inhoud :

— Un troisième document est envoyé le 27 mars
1992, intitulé : « Onderwerp : Rwanda — Onlusten
Bugesera ». Le contenu en était le suivant :

« 1. Ik heb de eer u hierbij kopie van een anoniem
vlugschrift te laten geworden dat een lijst bevat van de
leden van de « État-major secret chargé de
l’extermination des Tutsis du Rwanda afin de
résoudre définitivement, à leur manière, le problème
ethnique au Rwanda et d’écraser l’opposition hutue
intérieure ».

« 1. Ik heb de eer u hierbij kopie van een anoniem
vlugschrift te laten geworden dat een lijst bevat van de
leden van de « État-major secret chargé de l’extermination des Tutsis du Rwanda afin de résoudre définitivement, à leur manière, le problème ethnique au
Rwanda et d’écraser l’opposition hutue intérieure ».

Het is ook deze groep die volgens de auteurs verantwoordelijk is voor het mijnenleggen en de stadsterreur.

Het is ook deze groep die volgens de auteurs
verantwoordelijk is voor het mijnenleggen en de stadsterreur.

2. Zoals u merkt stemt deze lijst volledig overeen
met de namen die X mij enkele weken geleden overmaakte, zelfs de volgorde is identiek.

2. Zoals u merkt stemt deze lijst volledig overeen
met de namen die X mij enkele weken geleden overmaakte, zelfs de volgorde is identiek.

3. Net zoals X deed opmerken, staat volgens het
pamflet de verantwoordelijkheid van president
Habyarimana vast.

3. Net zoals X deed opmerken, staat volgens het
pamflet de verantwoordelijkheid van president
Habyarimana vast.

4. Als uitvoerders van het uitroeiingsplan wijst het
vlugschrift in de richting van de gendarmerieschool
van Ruhengeri en de MRND-militie « Interahamwe ».

4. Als uitvoerders van het uitroeiingsplan wijst het
vlugschrift in de richting van de gendarmerieschool
van Ruhengeri en de MRND-militie « Interahamwe ».

« De source sûre, nous venons de recevoir par
chance une liste des membres de l’état-major secret
chargé de l’extermination des Tutsis du Rwanda afin
de résoudre définitivement, à leur manière, le problème ethnique au Rwanda et d’écraser l’opposition
hutue intérieure.

« De source sûre, nous venons de recevoir par
chance une liste des membres de l’État-major secret
chargé de l’extermination des Tutsis du Rwanda afin
de résoudre définitivement, à leur manière, le
problème ethnique au Rwanda et d’écraser
l’opposition hutue intérieure.

La voici :

La voici :

1. Protais Zigiranyirazo : président du groupe et
beau-frère du chef d’État;

1. Protais Zigiranyirazo : président du groupe et
beau-frère du chef d’État;

2. Elie Sagatwa : colonel, beau-frère et secrétaire
particulier du président de la République, chargé des
services secrets;

2. Elie Sagatwa : colonel, beau-frère et secrétaire
particulier du président de la République, chargé des
services secrets;

3. Pascal Simbikangwa : capitaine, officier au
Service central de Renseignements (SCR);

3. Pascal Simbikangwa : capitaine, officier au
Service central de Renseignements (SCR);

4. François Karera : sous-préfet à la préfecture de
Kigali, chargé de la logistique lors des massacres du
Bugesera;

4. François Karera : sous-préfet à la préfecture de
Kigali, chargé de la logistique lors des massacres du
Bugesera;

5. Jean-Pierre Karangwa : commandant, chargé
des renseignements au ministère;

5. Jean-Pierre Karangwa : commandant, chargé
des renseignements au ministère;

6. Justin Gacinya : capitaine, chargé de la police
communale de la Ville de Kigali;

6. Justin Gacinya : capitaine, chargé de la police
communale de la Ville de Kigali;

——————

——————

(1) Telex van ambassadeur Swinnen van 27 maart 1992.

(1) Télex de l’ambassadeur Swinnen du 27 mars 1992.

( 495 )

1 - 611/7 - 1997/1998

7. Anatole
Nsengiumva :
lieutenant-colonel,
chargé des renseignements à l’état-major de l’armée
rwandaise, un des responsables de l’assassinat des
politiciens de Gitarama;

7. Anatole
Nsengiumva :
lieutenant-colonel,
chargé des renseignements à l’état-major de l’armée
rwandaise, un des responsables de l’assassinat des
politiciens de Gitarama;

8. Tharcise Renzaho : lieutenant-colonel, préfet de
la préfecture de la Ville de Kigali. Ce groupe est lié
directement au président de la République qui le préside souvent soit à la présidence, soit à la permanence
du parti politique MRND, building de Félicien
Kabuga à Muhima, Kigali. Cet état-major clandestin
dispose d’antennes au niveau de chaque préfecture et
de chaque commune concernée. C’est ce groupe aussi
qui pose des mines anti-char et anti-personne et sème
la terreur dans les centres urbains, surtout à Kigali.

8. Tharcise Renzaho : lieutenant-colonel, préfet de
la préfecture de la Ville de Kigali. Ce groupe est lié
directement au président de la République qui le
préside souvent soit à la présidence, soit à la permanence du parti politique MRND, building de Félicien
Kabuga à Muhima, Kigali. Cet état-major clandestin
dispose d’antennes au niveau de chaque préfecture et
de chaque commune concernée. C’est ce groupe aussi
qui pose des mines anti-char et anti-personne et sème
la terreur dans les centres urbains, surtout à Kigali.

Autre information très utile : le groupe de tueurs
professionnels qui vient de ravager le Bugesera avec
une remarquable efficacité était constitué :

Autre information très utile : le groupe de tueurs
professionnels qui vient de ravager le Bugesera avec
une remarquable efficacité était constitué :

— d’un commando recruté par les élèves de l’École
Nationale de la Gendarmerie de Ruhengeri et
entraîné à cet effet (habillés en civil); chargé de frapper des personnes préalablement sélectionnées, souvent des leaders locaux du PL (parti libéral) et du
MDR (Mouvement Démocratique Républicain); il
constitue le noyau central;

— d’un commando recruté par les élèves de l’École
Nationale de la Gendarmerie de Ruhengeri et
entraîné à cet effet (habillés en civil); chargé de frapper des personnes préalablement sélectionnées,
souvent des leaders locaux du PL (parti libéral) et du
MDR (Mouvement Démocratique Républicain); il
constitue le noyau central;

— d’une milice « Interahamwe » du MRND recrutée en dehors du Bugesera, entraı̂née pendant des
semaines dans différents camps militaires;

— d’une milice « Interahamwe » du MRND recrutée en dehors du Bugesera, entraı̂née pendant des
semaines dans différents camps militaires;

— d’un groupe plus nombreux de miliciens
« Interahamwe » du MRND recruté localement,
chargé de piller et incendier, et comme indicateurs. La
présence de ce dernier groupe permet de brouiller les
cartes et de faire croire à un observateur non averti à
des émeutes. »

— d’un groupe plus nombreux de miliciens
« Interahamwe » du MRND recruté localement,
chargé de piller et incendier, et comme indicateurs. La
présence de ce dernier groupe permet de brouiller les
cartes et de faire croire à un observateur non averti à
des émeutes. »

In verband met dit document moet vermeld
worden dat in tegenstelling tot wat een commissielid
erover gezegd heeft tijdens de hoorzitting met de heer
Swinnen op 20 juni 1997, de inhoud van de informatie en de beoordeling « de source sûre » niet afkomstig
waren van de ambassadeur zelf maar wel van de opstellers van het overgezonden anoniem schrijven.

À propos de ce document, il faut souligner que
contrairement à la présentation qui en a été faite par
un commissaire au cours de l’audition de l’ambassadeur Swinnen, le 20 juin 1997, le contenu de l’information et l’appréciation « de source sûre »
n’émanait pas de l’ambassadeur lui-même, mais bien
des auteurs de l’écrit anonyme transmis.

b) De Belgische overheid beschikte over een document dat afkomstig was van het Rwandese ministerie
van Landsverdediging en op 21 september 1992 verzonden werd naar alle operationele sectorcommandanten alsmede naar de staf van de Gendarmerie.
Hierin werden alle Tutsi’s in het binnen- en het buitenland beschreven als de voornaamste vijand en
werden alle personen die hulp verleenden aan de
« voornaamste vijand », bestempeld als aanhangers
van de vijand.

b) Les autorités belges disposaient d’un document
émanant du ministère rwandais de la Défense nationale et transmis le 21 septembre 1992 à tous les
commandants de secteur opérationnels ainsi qu’à
l’état-major de la gendarmerie qui revenait à décrire
les Tutsis de l’intérieur comme de l’extérieur comme
l’ennemi principal et les partisans de l’ennemi comme
toute personne qui apporte son concours à l’« ennemi
principal ».

Verder dient gewezen te worden op de toespraak
die E.H. André Sibomana op 10 december 1993 heeft
gehouden in het bijzijn van de pauselijke nuntius en
van de Belgische ambassadeur naar aanleiding van de
45ste verjaardag van de Universele Verklaring van de

À cela, il faut ajouter le discours du 10 décembre
1993 de l’abbé André Sibomana en présence du nonce
apostolique et de l’ambassadeur de Belgique
prononcé à l’occasion du 45e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme et de la

1 - 611/7 - 1997/1998

( 496 )

rechten van de mens en de tweede week van de rechten van de mens georganiseerd door ADL.

2e semaine des droits de l’homme organisée par
l’ADL.

De heer Sibomana verklaarde met name : « (...)
Chaque jour dans ce pays, des êtres humains sont
assassinés. Ils meurent pour avoir exprimé une opinion politique, parce qu’ils appartiennent à une
communauté et/ou à une région particulière, ou simplement parce qu’ils ont le tort d’être pauvres. (...)
Certains responsables de la protection de la population n’hésitent pas à déformer la réalité pour rejeter
sur d’autres la responsabilité des assassinats. Ils cherchent souvent à entretenir un certain flou sur
l’identité des tueurs, présentés comme étant des délinquants civils ou militaires qui échappent au contrôle
des autorités. Pourtant, des indices nombreux tendent
à prouver que ces groupes opèrent bien souvent en
étroite collaboration avec les pouvoirs publics, voire
sont des simples couvertures pour certains agents de
l’État. (...). »

L’abbé Sibomana déclarait notamment : « (...)
Chaque jour dans ce pays, des êtres humains sont
assassinés. Ils meurent pour avoir exprimé une
opinion politique, parce qu’ils appartiennent à une
communauté et/ou à une région particulière, ou
simplement parce qu’ils ont le tort d’être pauvres. (...)
Certains responsables de la protection de la population n’hésitent pas à déformer la réalité pour rejeter
sur d’autres la responsabilité des assassinats. Ils cherchent souvent à entretenir un certain flou sur
l’identité des tueurs, présentés comme étant des délinquants civils ou militaires qui échappent au contrôle
des autorités. Pourtant, des indices nombreux tendent
à prouver que ces groupes opèrent bien souvent en
étroite collaboration avec les pouvoirs publics, voire
sont des simples couvertures pour certains agents de
l’État. (...). »

c) De VN-autoriteiten en de Belgische overheid
waren op de hoogte van de informatie verstrekt door
« Jean-Pierre », waarover reeds gesproken is in een
ander hoofdstuk.

c) Les autorités des Nations unies et les autorités
belges étaient au courant des informations fournies
par « Jean-Pierre », déjà évoquées dans un autre
chapitre.

Wat de Belgische overheid betreft, verklaarde
minister Delcroix tijdens zijn hoorzitting van
5 maart : « In de bedoelde periode van 4 à 5 maanden
is noch vanuit Quatre-Bras noch vanuit Evere ooit
aan de alarmbel getrokken om cruciale problemen te
melden. » (1)

En ce qui concerne les autorités belges, le ministre
Delcroix a déclaré, lors de son audition du 5 mars :
« Pendant la période visée de 4 à 5 mois, ni les Quatre
Bras, ni Evere, n’ont tiré la sonnette d’alarme pour
communiquer les problèmes cruciaux. » (1)

Zoals reeds vermeld is in verband met de beoordeling van de dreiging tegen de Belgen van UNAMIR
(punt 3.3.2.3.), erkende de minister, tijdens zijn
tweede hoorzitting, dat hij op de hoogte was van de
belangrijkste informatie die Jean-Pierre gegeven had :
« (...) in die gegeven periode heb ik nooit een JeanPierre gekend. Ik heb ook nooit over hem horen spreken. Achteraf, ik weet niet meer wanneer dat precies
aan bod is gekomen, wordt er wel over een zekere
Jean-Pierre gesproken. Destijds heb ik uiteraard wel
horen spreken over een informant. Ik geloof dat dit in
de periode van januari, februari 1994 was. Toen werd
in de documenten gesproken over een informant
waaraan men zowat anderhalf jaar geleden, in de
loop van november 1995, de naam Jean-Pierre heeft
gegeven. Ik geloof niet dat deze man eerder met die
naam werd geciteerd. In de toenmalige documenten
was er alleszins geen sprake van de genaamde JeanPierre. Achteraf heeft men mij gezegd dat Jean-Pierre
de echte voornaam was van de informant. Op het
bewuste moment had ik er alleen kennis van dat « un
informateur aurait déclaré à l’UNAMIR ». De informant beweerde ontstemd te zijn over de wending die

Cependant, ainsi qu’on l’a déjà noté en ce qui
concerne l’appréciation de la menace contre les Belges
de la MINUAR (point 3.3.2.3.), le ministre a reconnu,
lors de sa seconde audition, avoir été informé de
l’essentiel des informations données par Jean-Pierre :
« (...) in die gegeven periode heb ik nooit een JeanPierre gekend. Ik heb ook nooit over hem horen spreken. Achteraf, ik weet niet meer wanneer dat precies
aan bod is gekomen, wordt er wel over een zekere
Jean-Pierre gesproken. Destijds heb ik uiteraard wel
horen spreken over een informant. Ik geloof dat dit in
de periode van januari, februari 1994 was. Toen werd
in de documenten gesproken over een informant
waaraan men zowat anderhalf jaar geleden, in de
loop van november 1995, de naam Jean-Pierre heeft
gegeven. Ik geloof niet dat deze man eerder met die
naam werd geciteerd. In de toenmalige documenten
was er alleszins geen sprake van de genaamde JeanPierre. Achteraf heeft men mij gezegd dat Jean-Pierre
de echte voornaam was van de informant. Op het
bewuste moment had ik er alleen kennis van dat « un
informateur aurait déclaré à l’UNAMIR ». De informant beweerde ontstemd te zijn over de wending die

——————

——————

(1) Hoorzitting met minister Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 95.

(1) Audition du ministre Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 5 mars 1997, p. 91.

( 497 )

1 - 611/7 - 1997/1998

de Interahamwe-agitatie had genomen, enz. Pas achteraf heb ik beseft, ik denk velen met mij, dat die man
Jean-Pierre heette. » (1) De minister erkende eveneens dat hij kennis had genomen van het rapport van
majoor Hock van 2 februari 1994.

de Interahamwe-agitatie had genomen, enz. Pas
achteraf heb ik beseft, ik denk velen met mij, dat die
man Jean-Pierre heette. » (1) Le ministre a également
reconnu avoir pris connaissance du rapport du major
Hock du 2 février 1994.

Generaal-majoor Schellemans, kabinetschef van de
minister, bevestigt de verklaring van de heer Delcroix : « Voor zover ik mij herinner, zijn er berichten
van een zekere Jean-Pierre op het kabinet toegekomen. De naam Jean-Pierre is slechts gedurende enkele
dagen in de berichten vermeld. Volgens mij heeft de
minister die berichten gelezen. » Hij verklaart verder :
« Ik bevestig dat ik de naam Jean-Pierre in de post heb
gezien en dat deze post in principe naar de minister
werd doorgestuurd. » (2)

Le général-major Schellemans, chef de cabinet du
ministre, confirme la déclaration de M. Delcroix :
« Pour autant que je me souvienne, le cabinet a reçu
des messages d’un certain Jean-Pierre; le nom de JeanPierre n’apparaît dans ses messages que quelques
jours. À mon avis, le ministre a lu ses messages (...) ».
Il précise : « Je confirme avoir lu le nom de Jean-Pierre
dans le courrier et qu’en principe ce courrier a été
transmis au ministre. » (2)

In verband met de nota van 2 februari waarin verwezen wordt naar de gevaren die de Belgen van
UNAMIR lopen en naar de genocide, heeft de generaal-majoor verklaard : « Die nota is inderdaad op het
kabinet toegekomen. We kregen inlichtingen over
bedreigingen, maar die werden niet als zeer gevaarlijk
ingeschat. »(3)

À propos de la note du 2 février faisant allusion aux
risques encourus par les Belges de la MINUAR et au
génocide, le général-major a déclaré : « Cette note est
en effet parvenue au cabinet. Nous étions informés
des menaces, mais celles-ci n’étaient pas considérées
comme très dangereuses. » (3)

Minister Claes verklaarde aan de commissie :
« Toen wij door een informant op de hoogte werden
gebracht van de onrustwekkende ontwikkelingen in
Rwanda, hebben wij onmiddellijk gereageerd. » (4)

Le ministre Claes a déclaré à la commission :
« Lorsque nous avons été mis au courant par un informateur du développement inquiétant de la situation
au Rwanda, nous avons réagi immédiatement ». (4)

1. Minister Claes heeft namens de Belgische regering gereageerd toen begin januari via een informant
alarmerende berichten binnenkwamen. Zowel te
Kigali als in New York bleek toen dat UNAMIR vanuit het hoofdkwartier niet veel beweegruimte kreeg.
De Belgische regering heeft in New York, via ambassadeur Noterdaeme, bij de UNO het verzoek van
generaal Dallaire ondersteund om in Rwanda voortaan strenger te kunnen optreden.

1. Le ministre Claes a réagi au nom du Gouvernement belge dès qu’un informateur eut fait parvenir, au
début du mois de janvier, des nouvelles alarmantes.
Tant à Kigali qu’à New York, il s’est alors avéré que
la MINUAR ne recevait qu’une faible marge de
manœuvre du quartier général. Par la voix de feu
l’ambassadeur Noterdaeme, le Gouvernement belge a
soutenu à New York, à l’ONU, la requête par laquelle
le général Dallaire demandait à pouvoir intervenir
plus sévèrement.

2. Omdat er vanuit de UN en bij UNAMIR ter
plekke weinig reactie kwam liet minister Claes ten
slotte op 11 februari 1994 een brief overhandigen aan
SG BB Ghali waarin hij duidelijk stelt dat het benadrukken van het politiek profiel van de UNO (m.a.w.
UN-vertegenwoordiger Booh-Booh dient actiever op
te treden) samen moet gaan met de verhoging van de
veiligheid. Hij wijst erop dat de huidige politieke
impasse kan leiden tot een onomkeerbare explosie
van geweld. Het valt te vrezen dat, als men de negatieve evolutie van de toestand in Rwanda niet tot

2. Comme la réaction de l’ONU et de la MINUAR
sur place était insignifiante, le ministre Claes écrit
finalement, le 11 février 1994, une lettre au SG BB
Ghali, dans laquelle il dit clairement que
l’accentuation du profil politique de l’ONU (en
d’autres termes, le représentant de l’ONU Booh-Booh
doit intervenir plus activement) doit aller de pair avec
un renforcement de la sécurité. Il souligne que
l’impasse politique actuelle peut aboutir à une explosion de violence irréversible. Il est à craindre que, si
l’on ne parvient pas à endiguer l’évolution négative de

——————

——————

(1) Hoorzitting met minister Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, blz. 22/3.
(2) Hoorzitting met luitenant-generaal Schellemans, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 153.
(3) Ibid., blz. ?.
(4) Hoorzitting met minister Claes, BV, POR, Senaat, 19961997, 18 april 1997, blz. 302.

(1) Audition du ministre Delcroix, CER, Sénat, 18 juin
1997, PV, pp. 22/3.
(2) Audition du lieutenant général Schellemans, CRA, CSR,
Sénat, 1996- 1997, 12 mars 1997, pp. 149 à 151.
(3) Ibid., p. 150.
(4) Audition du ministre Claes, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 18 avril 1997, p. ....

1 - 611/7 - 1997/1998

( 498 )

staan brengt, de UNAMIR haar rol niet kan spelen bij
de toepassing van de akkoorden van Arusha.

la situation au Rwanda, la MINUAR ne se trouve
dans l’impossibilité de jouer son rôle dans
l’application des accords d’Arusha.

Er zij opgemerkt dat de informatie die door JeanPierre doorgegeven werd, in het verslag van de coördinatievergaderingen tussen Buitenlandse Zaken,
Landsverdediging, Ontwikkelingssamenwerking en
het kabinet van de eerste minister vermeld is in de
volgende eenvoudige bewoordingen : « UNAMIR
estime à environ 1 500 le nombre de milices
MRND. » (1) en « l’État-major confirme l’insécurité
qui règne dans la population à Kigali en raison de
l’explosion d’une vingtaine de grenades au cours des
derniers jours. Il s’agit à son avis d’une action concertée. » (2)

Il faut signaler que les informations rapportées par
Jean-Pierre sont mentionnées dans le compte rendu
des réunions de coordination entre les Affaires étrangères, la Défense, la Coopération au Développement
et le cabinet du Premier ministre, par ces simples phrases : « UNAMIR estime à environ 1 500 le nombre de
milices MRND » (1) et « l’État-major confirme
l’insécurité qui règne dans la population à Kigali en
raison de l’explosion d’une vingtaine de grenades au
cours des derniers jours; Il s’agit à son avis d’une
action concertée ». (2)

Deze informatie is niet aan de orde geweest op de
Ministerraad. De eerste minister heeft bevestigd dat
Rwanda tussen 19 november en 4 maart niet op de
agenda van de Ministerraad heeft gestaan. De heer
Dehaene heeft verklaard : « Les opérations se font au
niveau des départements concernés. Ils doivent voir
s’il y a des éléments à transmettre au Conseil des
ministres. » (3)

Ces informations n’ont pas fait l’objet d’une mise à
l’ordre du jour d’un Conseil des ministres. Le Premier
ministre a confirmé qu’entre le 19 novembre et le
4 mars, le Rwanda n’a pas été à l’ordre du jour du
Conseil des ministres. Selon M. Dehaene, « Les
opérations se font au niveau des départements concernés. Ils doivent voir s’il y a des éléments à transmettre
au Conseil des ministres. » (3)

In antwoord op de vraag « Vond u dat er onvoldoende aanwijzingen waren om de kwestie met de
heer Dehaene of de heer Claes te bespreken ? » (de
vraag heeft in het bijzonder betrekking op de informatie over de bedreigingen ten aanzien van de Belgische blauwhelmen, die gelijktijdig met de informatie
over de dreiging van een genocide door Jean-Pierre
onthuld wordt) verklaarde de heer Delcroix : « Nee,
dit was voor Evere en voor het kabinet inderdaad
geen aanleiding om een crisisberaad bijeen te roepen.
Dat werd zo niet aangevoeld. » (4) Hij voegt eraan
toe : « Er was een vast agendapunt op de ministerraad
waarbij minister Claes de belangrijkste punten van de
buitenlandse politiek toelichtte. Hij gaf dan de situatie van Rwanda weer. Soms kwam ik daarin tussen en
gaf bijkomende informatie. Men mag niet beweren
dat er op de ministerraad gedurende vier maanden
niet over Rwanda werd gesproken. » (5) Hij voegt
eraan toe : « de heer Claes las tijdens de ministerraad
herhaaldelijk citaten uit berichten van de ambassade
van Kigali, wanneer de situatie in Rwanda ter sprake
kwam. » (6)

En réponse à la question « Jugiez-vous qu’il n’y
avait pas suffisamment d’indices pour en discuter
avec M. Dehaene ou M. Claes ? » (la question
concerne particulièrement les informations sur les
menaces pesant sur les casques bleus belges, mais
celles-ci sont révélées par Jean-Pierre, en même temps
que la menace de génocide). M. Delcroix a déclaré
« Nee, dit was voor Evere en voor het kabinet inderdaad geen aanleiding om een crisisberaad bijeen te
roepen. Dat werd zo niet aangevoeld. » (4) Par
contre, M. Delcroix souligne que « Er was een vast
agendapunt op de ministerraad waarbij minister
Claes de belangrijkste punten van de buitenlandse
politiek toelichtte. Hij gaf dan de situatie van
Rwanda weer. Soms kwam ik daarin tussen en gaf
bijkomende informatie. Men mag niet beweren dat er
op de ministerraad gedurende vier maanden niet over
Rwanda werd gesproken. » (5) Il ajoute : « de heer
Claes las tijdens de ministerraad herhaaldelijk citaten
uit berichten van de ambassade van Kigali, wanneer
de situatie in Rwanda ter sprake kwam. »(6)

De minister besluit : « Het algemeen gevoel was dat
men de situatie onder controle had en dat er geen

Le ministre conclut : « Het algemeen gevoel was dat
men de situatie onder controle had en dat er geen

——————

——————

(1) Verslag van de vergadering van 13 januari 1994.
(2) Verslag van de vergadering van 3 februari 1994.
(3) Hoorzitting met de h. Dehaene, POR, Senaat, 26 juni
1997, PV, blz. 21/2.
(4) Hoorzitting met minister Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, blz. 22/19.
(5) Ibid., blz. 23/9.
(6) Ibid., blz. 23/7.

(1) Compte rendu de la réunion du 13 janvier 1994.
(2) Compte rendu de la réunion du 3 février 1994.
(3) Audition de M. Dehaene, CER, Sénat, 26 juin 1997, PV,
pp. 21/2.
(4) Audition du ministre Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997,
PV, pp. 22/19.
(5) Ibid., pp. 23/9.
(6) Ibid., pp. 23/7.

( 499 )

1 - 611/7 - 1997/1998

precair gevaar was. Veronderstel dat ik op basis van
de informatie waarover ik beschikte ervan op de
hoogte was geweest dat de Belgen daar systematisch
gevaar liepen en dat er op elk moment een genocide
kon uitbreken, dan zou ik drie weken voordien samen
met zestig journalisten, parlementsleden, kabinetsmedewerkers en militairen toch geen bezoek gebracht
hebben aan Rwanda. » (1)

precair gevaar was. Veronderstel dat ik op basis van
de informatie waarover ik beschikte ervan op de
hoogte was geweest dat de Belgen daar systematisch
gevaar liepen en dat er op elk moment een genocide
kon uitbreken, dan zou ik drie weken voordien samen
met zestig journalisten, parlementsleden, kabinetsmedewerkers en militairen toch geen bezoek
gebracht hebben aan Rwanda. » (1)

De heer Dehaene bevestigt dat de regering geloofde
in de akkoorden van Arusha. « Het is absurd te veronderstellen dat een akkoord niet nageleefd zal
worden. » (2) Dit al dan niet gegronde gevoel heeft
misschien ertoe geleid dat bepaalde zogenaamde alarmerende berichten gerelativeerd werden en dat
andere die meer overeenstemden met de algemene
opinie, meer aandacht kregen.

M. Dehaene confirme que le Gouvernement
croyait aux accords d’Arusha. « Il est absurde de
supposer qu’un accord ne sera pas respecté. » (2) Ce
sentiment, qu’il soit fondé ou non, a peut-être mené à
relativiser certaines informations dites « alarmistes »,
et à en privilégier d’autres, plus conformes à l’opinion
générale.

Nochtans was het eerste soort berichten bekend,
zoals meerdere getuigen voor de commissie verklaard
hebben.

Ces premières étaient pourtant connues, ainsi que
l’ont rappelé plusieurs témoins devant la commission.

Mevrouw Des Forges verklaarde : « D’après les
diplomates avec lesquels j’ai parlé et qui étaient à
Kigali alors, la distribution des armes, le recrutement
et la formation des milices qui continuaient et devenaient toujours plus importants étaient des sujets discutés à haute voix parmi les diplomates (...) Quand
j’ai essayé de rassembler tous les signes avantcoureurs, tous les avertissements qu’il y a eus, je me
rendais compte évidemment que les responsables du
moment ne possédaient pas, tous, tous ces avertissements. Il n’y a pas eu quelqu’un qui s’est assis pour
regarder tous ces avertissements à la fois mais, quand
même, la série avait un tel poids, une telle densité, une
telle intensité, que je trouve impossible le fait d’avoir
ignoré qu’il y avait un risque très, très grave d’une
tuerie massive. » (3)

Mme Des Forges a déclaré : « D’après les diplomates avec lesquels j’ai parlé et qui étaient à Kigali alors,
la distribution des armes, le recrutement et la formation des milices qui continuaient et devenaient
toujours plus importants étaient des sujets discutés à
haute voix parmi les diplomates (...) Quand j’ai essayé
de rassembler tous les signes avant-coureurs, tous les
avertissements qu’il y a eus, je me rendais compte
évidemment que les responsables du moment ne
possédaient pas, tous, tous ces avertissements. Il n’y a
pas eu quelqu’un qui s’est assis pour regarder tous ces
avertissements à la fois mais, quand même, la série
avait un tel poids, une telle densité, une telle intensité,
que je trouve impossible le fait d’avoir ignoré qu’il y
avait un risque très, très grave d’une tuerie
massive. » (3)

d) Uit de hoorzittingen zijn andere gegevens naar
voren gekomen over de berichten waarover de Belgische en de internationale autoriteiten beschikten.

d) Les auditions ont permis d’apporter d’autres
éléments sur les informations dont disposaient les
autorités belges et internationales.

Tijdens zijn hoorzitting voor de Commissie verklaarde de heer Jean-Pierre Chrétien : « (...) Parmi
« les indications dont disposaient les autorités belges
et la Communauté internationale quant à la préparation d’un génocide » — je reprends la formulation de
la commission —, figurait donc la propagande développée dans les journaux les plus proches du pouvoir
et en particulier de la faction présidentielle; En
parlant de RTLM et des autres organes de la même
mouvance, je reviendrai plus loin sur l’importance
politique de ces médias, interdisant d’y voir des organes marginaux. Je crois utile de rappeler ici les points
essentiels de cette propagande. Il ne s’agit pas d’une

Lors de son audition devant la commission,
M. Jean-Pierre Chrétien a déclaré : « (...) Parmi « les
indications dont disposaient les autorités belges et la
Communauté internationale quant à la préparation
d’un génocide » — je reprends la formulation de la
commission —, figurait donc la propagande développée dans les journaux les plus proches du pouvoir et
en particulier de la faction présidentielle; En parlant
de RTLM et des autres organes de la même
mouvance, je reviendrai plus loin sur l’importance
politique de ces médias, interdisant d’y voir des organes marginaux. Je crois utile de rappeler ici les points
essentiels de cette propagande. Il ne s’agit pas d’une

——————

——————

(1) Ibid., blz. 33/14.
(2) Hoorzitting met de Premier Dehaene, POR, Senaat,
26 juni 1997, PV, blz. ....
(3) Inleidende uiteenzetting van mevrouw Des Forges van
26 februari 1997, blz. 11, 12 en 14.

(1) Ibid., pp. 33/14.
(2) Audition du Premier ministre Dehaene, CER, Sénat,
26 juin 1997, PV, p. ....
(3) Exposé introductif de Mme Des Forges du 26 février
1997, pp. 11, 12 et 14.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 500 )

simple juxtaposition d’appels à la haine, forgés pour
une polémique conjoncturelle mais d’un système
cohérent, enraciné dans une idéologie prédéfinie. La
mise à plat des différents aspects de l’argumentaire
développé par cette propagande permet de dégager
quatre grandes lignes :

simple juxtaposition d’appels à la haine, forgés pour
une polémique conjoncturelle mais d’un système
cohérent, enraciné dans une idéologie prédéfinie. La
mise à plat des différents aspects de l’argumentaire
développé par cette propagande permet de dégager
quatre grandes lignes :

1) La diabolisation globale des Tutsis identifiés
biologiquement et dénoncés sur les plans social, politique et moral, (...)

1) La diabolisation globale des Tutsis identifiés
biologiquement et dénoncés sur les plans social, politique et moral, (...)

2) La nécessité impérative pour les Hutus de constituer un bloc homogène, garantissant du « peuple
majoritaire », fondement de la logique ethniste du
Hutu power, (...)

2) La nécessité impérative pour les Hutus de constituer un bloc homogène, garantissant du « peuple
majoritaire », fondement de la logique ethniste du
Hutu power, (...)

3) La priorité de l’identification ethnique (...)

3) La priorité de l’identification ethnique (...)

4) La légitimation de la violence absolue par
l’autodéfense (...). » (1)

4) La légitimation de la violence absolue par
l’autodéfense (...). » (1)

De heer Jean-Pierre Chrétien heeft in zijn inleidende uiteenzetting lang uitgeweid over deze vier
punten en kwam tot het volgende besluit : « (...) Fallait-il traiter cette propagande par le mépris. La considérer comme un délire de marginaux particulièrement excités? En fait, elle émanait des réseaux les plus
liés au pouvoir, c’est-à-dire de ce qu’on a appelé
l’akazu. Le journal Murwanyashyaka, organe du
MRND, traitait lui aussi de « chiens » en avril 1991
ceux qui selon lui trichaient sur leur ethnie en falsifiant leurs papiers; en 1992 il dénonçait les « partis
traîtres » avec la même virulence que Kangura. Le
style était le même (...). » (2)

M. Jean-Pierre Chrétien a longuement développé
ces quatre points dans un exposé introductif qui a été
remis à la commission lors de son audition. Il avait
ainsi conclu : « (...) Fallait-il traiter cette propagande
par le mépris ? La considérer comme un délire de
marginaux particulièrement excités? En fait, elle
émanait des réseaux les plus liés au pouvoir, c’est-àdire de ce qu’on a appelé l’akazu. Le journal
Murwanyashyaka, organe du MRND, traitait lui
aussi de « chiens » en avril 1991 ceux qui selon lui
trichaient sur leur ethnie en falsifiant leurs papiers; en
1992, il dénonçait les « partis traı̂tres » avec la même
virulence que Kangura. Le style était le même
(...). » (2)

Verscheidene getuigen hebben zich uitgesproken
over de manier waarop de Belgische overheid de
informatie heeft ontvangen en verwerkt en plaatsten
vraagtekens bij de voorspelbaarheid van de genocide.

Plusieurs témoins se sont prononcés sur la prise en
compte et les traitements des informations par les
autorités belges et se sont interrogés sur la prévisibilité
du génocide.

Tijdens de hoorzitting van 11 juni 1997 verklaart
professor Prunier : « Bon nombre de gens se refusent à
admettre la possibilité selon laquelle ces événements
auraient été organisés, car cela leur paraı̂t trop monstrueux. Selon moi, ils étaient prévus. Mais étaient-ils
prévisibles, notamment de la part des étrangers ? À cet
égard, je tenterai d’exonérer quelque peu la responsabilité européenne. À mon avis, il était très probable
que des actes de violence seraient commis, mais pas
un génocide. Toute le monde a donc été surpris,
même certains des participants, ce qui peut paraı̂tre
paradoxal. Au niveau des proches du régime, on
s’attendait certainement à ce que certains Tutsis et des
responsables politiques soient tués, à ce qu’il y ait une
sorte de Saint-Barthélemy politique, et d’aucuns le
souhaitaient. Mais de là à passer de 3 à 4 000 morts
ciblés à un massacre sans discrimination d’une foule

Lors de son audition du 11 juin 1997, le professeur
Prunier explique : « Bon nombre de gens se refusent à
admettre la possibilité selon laquelle ces événements
auraient été organisés, car cela leur paraı̂t trop monstrueux. Selon moi, ils étaient prévus. Mais étaient-ils
prévisibles, notamment de la part des étrangers ? À cet
égard, je tenterai d’exonérer quelque peu la responsabilité européenne. À mon avis, il était très probable
que des actes de violences seraient commis, mais pas
un génocide. Toute le monde a donc été surpris,
même certains des participants, ce qui peut paraı̂tre
paradoxal. Au niveau des proches du régime, on
s’attendait certainement à ce que certains Tutsis et des
responsables politiques soient tués, à ce qu’il y ait une
sorte de Saint-Barthélemy politique, et d’aucuns le
souhaitaient. Mais de là à passer de 3 à 4 000 morts
ciblés à un massacre sans discrimination d’une foule

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Chrétien, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 246.
(2) Nota van 26 maart 1997 overhandigd aan de Commissie,
blz. 5.

(1) Audition de M. Chrétien, CRA, CSR, Sénat, 1996- 1997,
26 mars 1997, p. 240.
(2) Note du 26 mars 1997 remise à la commission, p. 5.

( 501 )

1 - 611/7 - 1997/1998

de personnes qu’il était inutile de tuer... En effet, de
même que le génocide des Juifs a plutôt freiné l’effort
de guerre des Allemands pendant la deuxième guerre
mondiale, le génocide des Tutsis et des Hutus démocrates a freiné l’effort de guerre des forces armées
rwandaises contre le FPR. Cela ne les a certainement
pas aidés sur le plan militaire, bien au contraire. De ce
point de vue, le caractère prévisible du phénomène
était très limité, selon moi.

de personnes qu’il était inutile de tuer... En effet, de
même que le génocide des Juifs a plutôt freiné l’effort
de guerre des Allemands pendant la deuxième guerre
mondiale, le génocide des Tutsis et des Hutus démocrates a freiné l’effort de guerre des forces armées
rwandaises contre le FPR. Cela ne les a certainement
pas aidés sur le plan militaire, bien au contraire. De ce
point de vue, le caractère prévisible du phénomène
était très limité, selon moi.

Certains des acteurs eux-mêmes ont dû se demander dans quoi ils étaient embarqués. En effet, un flottement a été constaté. On l’a bien vu à propos de ce
pseudo-gouvernement génocidaire qui s’est déplacé
sur Gitarama à peine quelques jours après l’assassinat
d’Habyarimana. Les gens de Gitarama étaient un peu
dépassés par les événements. Certains, comme Théodore Sindikubwabo, souhaitaient aller jusqu’au bout.
En effet, quand il est allé à Butare et qu’il a fait son
fameux discours disant : « Qu’attendez-vous ? Vous
dormez ? », c’était très clair. Mais certains autres, tels
que le ministre de l’Éducation, qui était l’ancien
recteur de l’université, étaient dépassés par les événements. Je ne peux pas croire que cet homme ait souhaité de tels événements. Je ne serais pas étonné qu’il
ait plus ou moins collaboré à 3 ou 4 000 assassinats,
mais je ne peux croire qu’il ait souhaité
800 000 morts. Il espérait une opération plus chirurgicale. Personnellement, il m’a fallu 4 jours pour comprendre ce qui se passait. Ce n’est que le quatrième
jour que j’ai dû me rendre à l’évidence et me rendre
compte que cela n’allait pas s’arrêter, que c’était le
grand chelem. Je n’arrivais pas à y croire.

Certains des acteurs eux-mêmes ont dû se demander dans quoi ils étaient embarqués. En effet, un flottement a été constaté. On l’a bien vu à propos de ce
pseudo-gouvernement génocidaire qui s’est déplacé
sur Gitarama à peine quelques jours après l’assassinat
d’Habyarimana. Les gens de Gitarama étaient un peu
dépassés par les événements. Certains, comme Théodore Sindikubwabo, souhaitaient aller jusqu’au bout.
En effet, quand il est allé à Butare et qu’il a fait son
fameux discours disant : « Qu’attendez-vous ? Vous
dormez ? », c’était très clair. Mais certains autres, tels
que le ministre de l’Éducation, qui était l’ancien
recteur de l’université, étaient dépassés par les événements. Je ne peux pas croire que cet homme ait
souhaité de tels événements. Je ne serais pas étonné
qu’il ait plus ou moins collaboré à 3 ou
4 000 assassinats, mais je ne peux croire qu’il ait
souhaité 800 000 morts. Il espérait une opération plus
chirurgicale. Personnellement, il m’a fallu 4 jours
pour comprendre ce qui se passait. Ce n’est que le
quatrième jour que j’ai dû me rendre à l’évidence et
me rendre compte que cela n’allait pas s’arrêter, que
c’était le grand chelem. Je n’arrivais pas à y croire.

Quand on voit les quelques timides signes donnés à
l’état-major du général Dallaire, au gouvernement de
votre pays, par quelques Rwandais, durant les mois
de février, mars et avril, je peux parfaitement croire
que ces signes n’aient pas été pris au sérieux, d’autant
plus qu’aucun de ces critères ne pouvait paraı̂tre
sérieux à un regard européen. Il s’agissait de listes,
gribouillées sur des pages de cahier, écrites au stylobille, avec un tas de noms dont 90 % nous sont inconnus. Pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ? En plus,
dans la région, tout le monde fait tout le temps circuler des plans de génocide et d’assassinat depuis 30 ans.
De temps en temps, un d’entre eux se concrétise. Il y a
le mythe de ce fameux plan Arthémon Simbananiye
au Burundi. Tout le monde a un génocide dans sa
serviette. Vous ne pouvez pas parler à un Hutu sans
qu’il vous dise qu’il a le plan de domination régional
de l’empire tutsi depuis l’Ouganda jusqu’à la Zambie
et qu’il le tient de fort bonne source, de l’état-major de
l’armée burundaise. Il vous sort un faux sur papier à
en-tête de l’armée burundaise.

Quand on voit les quelques timides signes donnés à
l’état-major du général Dallaire, au gouvernement de
votre pays, par quelques Rwandais, durant les mois
de février, mars et avril, je peux parfaitement croire
que ces signes n’aient pas été pris au sérieux, d’autant
plus qu’aucun de ces critères ne pouvait paraı̂tre
sérieux à un regard européen. Il s’agissait de listes,
gribouillées sur des pages de cahier, écrites au stylobille, avec un tas de noms dont 90 % nous sont inconnus. Pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ? En plus,
dans la région, tout le monde fait tout le temps circuler des plans de génocide et d’assassinat depuis 30 ans.
De temps en temps, un d’entre eux se concrétise. Il y a
le mythe de ce fameux plan Arthémon Simbananiye
au Burundi. Tout le monde a un génocide dans sa
serviette. Vous ne pouvez pas parler à un Hutu sans
qu’il vous dise qu’il a le plan de domination régional
de l’empire tutsi depuis l’Ouganda jusqu’à la Zambie
et qu’il le tient de fort bonne source, de l’état-major de
l’armée burundaise. Il vous sort un faux sur papier à
en-tête de l’armée burundaise.

Si vous parlez à un Tutsi, il vous dira qu’il sait que
les Hutus vont, au Kivu, massacrer la totalité des
Tutsis du Masisi et que c’est arrangé avec Mobutu.
On me disait cela aussi, avant le génocide au Rwanda,
en parlant du Kivu. Ce problème ethnique existe dans

Si vous parlez à un Tutsi, il vous dira qu’il sait que
les Hutus vont, au Kivu, massacrer la totalité des
Tutsis du Masisi et que c’est arrangé avec Mobutu.
On me disait cela aussi, avant le génocide au Rwanda,
en parlant du Kivu. Ce problème ethnique existe dans

1 - 611/7 - 1997/1998

( 502 )

toute la région et pas seulement dans les frontières des
États. Tout qui a traı̂né ses guêtres a pu avoir entre les
mains des plans faux, des listes de gens à assassiner, de
gens qui allaient faire un coup d’État, qu’on allait
emprisonner ou fusiller. De temps en temps, une concrétisation se produit, par exemple en 1972 avec le
génocide partiel sélectif des élites Hutus par les Tutsis
au Burundi. De temps en temps, c’est vrai. Mais
depuis 22 ans, cela ne s’était pas produit et on avait
fini par croire que cela s’était peut-être calmé. Encore
qu’en octobre et novembre 1993, il y ait eu des
embryons de génocide des deux côtés au Burundi.
Honnêtement, je ne sais pas ce que j’aurais fait si
j’avais été à la place du général Dallaire ou du secrétaire général des Nations Unies.

toute la région et pas seulement dans les frontières des
États. Tout qui a traı̂né ses guêtres a pu avoir entre les
mains des plans faux, des listes de gens à assassiner, de
gens qui allaient faire un coup d’État, qu’on allait
emprisonner ou fusiller. De temps en temps, une
concrétisation se produit, par exemple en 1972 avec le
génocide partiel sélectif des élites Hutus par les Tutsis
au Burundi. De temps en temps, c’est vrai. Mais
depuis 22 ans, cela ne s’était pas produit et on avait
fini par croire que cela s’était peut-être calmé. Encore
qu’en octobre et novembre 1993, il y ait eu des
embryons de génocide des deux côtés au Burundi.
Honnêtement, je ne sais pas ce que j’aurais fait si
j’avais été à la place du général Dallaire ou du secrétaire général des Nations Unies.

On dit qu’il se prépare quelque chose. Que fait-on ?
Faut-il demander aux Nations Unies de donner à la
Minuar un nouveau mandat, d’être sur le pied de
guerre, d’avoir une préparation à l’action militaire
immédiate ? C’est très difficile à imaginer quand on
voit l’état d’esprit dans lequel se trouve l’assemblée
général de New York face à ce genre de choses. On ne
peut pas dire qu’ils brillent par leur activisme, leurs
résolutions et leur rapidité dans l’exécution. C’est une
litote. Honnêtement, je vois la prévisibilité comme
assez basse. Personne n’y a vraiment cru. Tout le
monde doit peut-être faire son mea culpa. Les Rwandais eux-mêmes n’y ont pas cru. Les gens du FPR non
plus, vu la lenteur de leur réaction. Ils ont mis cinq
jours à réagir. Dans les premières 48 heures, quand on
parlais aux gens du FPR, ils disaient que le massacre
attendu s’était produit mais ils n’utilisaient pas le
terme « génocide ». Tout le monde savait qu’il y avait
une Saint-Barthélemy politique. Elle était prévisible.
Si l’on avait été prêt pour le « moins », on aurait peutêtre pu agir sur le « plus ». On aurait pu au moins se
dire qu’à Kigali, quelques centaines ou milliers de
personnes étaient en danger à partir du moment où les
accords d’Arusha devenaient applicables, qu’on
tenterait d’éliminer ces gens avant l’application des
accords. Il y avait là quelque chose de prévisible. Le
massacre général de 800 000 personnes, par contre,
n’était pas prévisible. » (1)

On dit qu’il se prépare quelque chose. Que fait-on ?
Faut-il demander aux Nations Unies de donner à la
Minuar un nouveau mandat, d’être sur le pied de
guerre, d’avoir une préparation à l’action militaire
immédiate ? C’est très difficile à imaginer quand on
voit l’état d’esprit dans lequel se trouve l’assemblée
général de New York face à ce genre de choses. On ne
peut pas dire qu’ils brillent par leur activisme, leurs
résolutions et leur rapidité dans l’exécution. C’est une
litote. Honnêtement, je vois la prévisibilité comme
assez basse. Personne n’y a vraiment cru. Tout le
monde doit peut-être faire son mea culpa. Les Rwandais eux-mêmes n’y ont pas cru. Les gens du FPR non
plus, vu la lenteur de leur réaction. Ils ont mis cinq
jours à réagir. Dans les premières 48 heures, quand on
parlais aux gens du FPR, ils disaient que le massacre
attendu s’était produit mais ils n’utilisaient pas le
terme « génocide ». Tout le monde savait qu’il y avait
une Saint-Barthélemy politique. Elle était prévisible.
Si l’on avait été prêt pour le « moins », on aurait peutêtre pu agir sur le « plus ». On aurait pu au moins se
dire qu’à Kigali, quelques centaines ou milliers de
personnes étaient en danger à partir du moment où les
accords d’Arusha devenaient applicables, qu’on
tenterait d’éliminer ces gens avant l’application des
accords. Il y avait là quelque chose de prévisible. Le
massacre général de 800 000 personnes, par contre,
n’était pas prévisible. » (1)

De heer Gillet verklaarde : « De heer Habyarimana
volgde tegelijk twee logica’s : die van Arusha en die
van de volkenmoord. Hij kon dat dubbel spel niet tot
in het oneindige volhouden. Naarmate de tijd
vorderde, bleek een keuze steeds noodzakelijker. De
Rwandese bevolking had zelfs de indruk dat, als de
akkoorden van Arusha niet werden toegepast, een
algemene slachting plaats zou hebben. Habyarimana
heeft uiteindelijk toegegeven aan de diplomatieke
druk en vooral aan die van België. Mogelijkerwijze
hebben de leden van zijn omgeving die tegen Arusha
waren toen besloten hem uit de weg te ruimen. (...) »

Selon M. Gillet : « M. Habyarimana suivait en
même temps deux logiques : celle d’Arusha et celle du
génocide. Ce double jeu n’ait pas possible indéfiniment. Plus le temps avançait, plus un choix s’avérait
nécessaire. La population rwandaise avait elle-même
le sentiment que si les Accords d’Arusha n’étaient pas
appliqués, un massacre généralisé aurait lieu. Habyarimana a finalement cédé à la pression diplomatique,
surtout celle de la Belgique. Un scénario possible est
que les membres de son entourage qui étaient contre
Arusha ont alors décidé de l’éliminer. (...) »

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Gillet, BV, BCR, Senaat, 19961997, 19 maart 1997, blz. 197.

(1) Audition de M. Gillet, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 mars 1997, p. 190-191.

( 503 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Luitenant Nees, die als officier S2 informatie moest
bijeenbrengen voor KIBAT I, verduidelijkt ook
enkele punten. In de loop van zijn opdracht heeft hij
29 rapporten opgesteld. Hij is die beginnen op papier
te zetten zodra kolonel Marchal hem daar toestemming toe heeft verleend, d.w.z. ongeveer vanaf
16 januari 1994. Zijn laatste rapport dateert van
11 maart 1994, de dag waarop hij werd opgevolgd
door luitenant De Cuyper. De door luitenant Nees
ingewonnen informatie werd meegedeeld aan de
Belgische generale staf.

Le lieutenant Nees qui est l’officier S2 chargé de
réunir les informations pour KIBAT 1 apporte également quelques précisions. Au cours de sa mission, il a
rédigé 29 rapports. Il a entamé la rédaction de ses
rapports à partir du moment où il y a été autorisé par
le colonel Marchal, c’est-à-dire ± le 16 janvier 1994.
Son dernier rapport date du 11 mars 1994, date à
laquelle le lieutenant De Cuyper a pris sa succession.
Les informations recueillies par le lieutenant Nees
étaient portées à la connaissance de l’état-major
belge.

Zijn informaties over de voorbereiding van een
genocide of althans van moordpartijen waren talrijk,
ofschoon versnipperd : « Wat onze informatie over de
voorbereidingen van de genocide betreft, wil ik wel
benadrukken dat het al te gemakkelijk is om achteraf
de verschillende stukken van de puzzel in elkaar te
passen. Een eerste aanwijzing vormde een nota die wij
ontvingen rond 10 december. De nota was anoniem
doch beweerde de opvattingen van hogere Rwandese
officieren te verwoorden. De titel luidde : « het
machiavellistisch plan van Habyarimana ». Ik ben
ervan overtuigd dat deze nota werkelijk de opvattingen van enkele hogere officieren bevatte; het was
duidelijk dat niet de hele legerleiding achter de
akkoorden van Arusha stond. In die nota werden ook
al de slachtpartijen aangekondigd in gebieden met
veel Tutsi’s en de moord op belangrijke personen die
hadden bijgedragen tot het totstandkomen van de
akkoorden van Arusha. Reeds op 18 december
waarschuwde het FPR-blad « Le Flambeau » voor
bijltjesdag. Die was gepland voor 23 december maar
meer en meer aanwijzingen spraken over slachtpartijen in januari en zelfs in maart. Op de aangekondigde dagen gebeurde er echter niets abnormaals.
Tegelijkertijd ontvingen we ook inlichtingen als zou
de Interahamwe haar leden een militaire training
geven en met vuurwapens leren omgaan. Zelfs een
aantal in Rwanda gevestigde Belgen gaven ons aanwijzingen over wapendepots in Kigali. Aangezien wij
die niet konden of mochten natrekken, wist ik niet
hoe betrouwbaar die informatie was. » (1)

Les informations qu’il a recueillies concernant la
préparation d’un génocide, ou du moins de massacres, se sont révélées assez nombreuses, quoique
parcellaires. En voici des extraits : « En ce qui
concerne nos informations sur les préparations du
génocide, je tiens à souligner qu’il est trop facile après
coup de rassembler les différentes pièces du puzzle.
Une première indication était une note que nous
avions reçue vers le 10 décembre. Cette note était
anonyme mais prétendait traduire les opinions
d’officiers rwandais supérieurs. Le titre en était : « le
plan machiavélique d’Habyarimana ». Je suis
convaincu que cette note traduisait effectivement les
opinions de quelques officiers supérieurs : il est clair
que tout l’état-major de l’armée ne soutenait pas les
accords d’Arusha; Dans cette note, on annonçait
également déjà des massacres dans les régions où
habitaient beaucoup de Tutsis et le massacre de
nombreuses personnalités qui avaient contribué à la
conclusion des accords d’Arusha. Déjà le 18 décembre, le journal « Le Flambeau » a mis en garde contre
le jour fatidique du règlement de compte. Celui-ci
était prévu pour le 23 décembre mais de plus en plus
d’indications annonçaient des massacres pour le mois
de janvier et même pour le mois de mars. Or, les jours
annoncés, rien d’anormal ne s’est produit. Nous
avons également reçu des informations selon lesquelles l’Interahamwe donnait à ses membres un entraînement militaire et leur apprenait à utiliser des armes à
feu. Même certains belges établis au Rwanda nous
ont donné des indications concernant des caches
d’armes à Kigali. Nous n’avons pas pu ou su vérifier
ces indications et je ne sais donc pas si ces informations étaient fiables. » (1)

Kolonel Balis verklaarde : « Iedere inlichting was
welgekomen, uiteraard, maar er waren heel alarmerende feiten. Onder andere de moord op de heer Gatabazi. Het bericht dat ik had zien liggen — dat was ook
op kapitain Claeys zijn bureau — meldde dat de Interahamwe klaar waren om binnen de twintig minuten
1 800 mensen te vermoorden. Er waren Tutsi-families
die mij vertelden dat hun Hutu-buren hun bijna dagelijks kwamen zeggen dat ze heel binnenkort zouden
worden afgemaakt. Er werden wapens uitgedeeld aan

Le colonel Balis a déclaré : « Iedere inlichting was
welgekomen, uiteraard, maar er waren heel alarmerende feiten. Onder andere de moord op de heer Gatabazi. Het bericht dat ik had zien liggen — dat was ook
op kapitain Claeys zijn bureau — meldde dat de Interahamwe klaar waren om binnen de twintig minuten
1 800 mensen te vermoorden. Er waren Tutsi-families
die mij vertelden dat hun Hutu-buren hun bijna dagelijks kwamen zeggen dat ze heel binnenkort zouden
worden afgemaakt. Er werden wapens uitgedeeld aan

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 121.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 504 )

de Hutu’s en een brave Tutsi-familievader die een
officiële wapenvergunning aanvroeg, werd dit geweigerd. Er waren zoveel indicaties die duidelijk aantoonden dat er iets niet in orde was. Een inlichtingencel of een gespecialiseerd organisme, mensen die er
dieper op zouden zijn ingegaan, hadden tot conclusies
moeten komen. Daar ben ik vast van overtuigd. (...) Ik
had ook geen enkele Afrika-ervaring. Ik ging er ook
maar voor zes maanden naar toe. Na drie tot vier
maanden permanent te moeten horen dat ik er niet
moest mee inzitten, dat de Arusha-akkoorden zouden
worden uitgevoerd en dat UNAMIR « a peace of
cake » was, begint men zichzelf ... » (1)

de Hutu’s en een brave Tutsi-familievader die een
officiële wapenvergunning aanvroeg, werd dit geweigerd. Er waren zoveel indicaties die duidelijk
aantoonden dat er iets niet in orde was. Een inlichtingencel of een gespecialiseerd organisme, mensen die
er dieper op zouden zijn ingegaan, hadden tot conclusies moeten komen. Daar ben ik vast van overtuigd.
(...) Ik had ook geen enkele Afrika-ervaring. Ik ging er
ook maar voor zes maanden naar toe. Na drie tot vier
maanden permanent te moeten horen dat ik er niet
moest mee inzitten, dat de Arusha-akkoorden zouden
worden uitgevoerd en dat UNAMIR « a peace of
cake » was, begint men zichzelf ... » (1)

Daar staat tegenover dat de zienswijze van kolonel
Vincent, hoofd van de MTS en informant van de
SGR, daarvan volstrekt afwijkt : « Ik had niet de
indruk dat er een volkenmoord op til was en ik heb
nooit gedacht aan wat er op 6 april 1994 zou gebeuren. De moord op de president had niemand voorspeld en nochtans heeft die gebeurtenis in Rwanda de
balans in geweld doen omslaan. (...) Ik heb nooit ernstige aanwijzingen gekregen over de genocide. Ik
geloof dat de genocide uiting gaf aan de ontreddering
van een volk dat door een hele reeks factoren gedestabiliseerd was. In de eerste plaats leidde de enorme
demografische druk ertoe dat een groot deel van de
bevolking onder de armoedegrens leefde. De prijs van
koffie en thee was ingestort, de overheidsfinanciën
wankelden en het IMF en de Wereldbank waren hun
plan voor structurele hulp komen opleggen. De
oorlog bracht veel lijden met zich en 900 000 mensen
waren op de vlucht. In 1994 brak er in het Zuiden
hongersnood uit. Vervolgens was er de democratisering die niet aangepast is aan dit soort samenleving
omdat de politieke partijen er op niets berusten en de
tegenstellingen alleen maar vergroten. Gedurende die
periode schrijven zogenaamde journalisten er maar
op los. De akkoorden van Arusha hebben het eeuwenoude wantrouwen tussen de bevolkingsgroepen
nog aangescherpt. Dit wantrouwen werd nog groter
door de moord op de president Ndadaye. Tot slot is
volgens mij de doorslaggevende factor de moord op
Habyarimana. Hij genoot aanzien en had de teugels
goed in handen, waardoor men de vorige moordpartijen kon beperken. Zijn dood leidde tot de genocide
ook al waren er nog moordpartijen op Hutu’s ». (2)

Par contre, l’analyse du colonel Vincent, chef de la
CTM et informateur du SGR, sur cette question, a été
toute différente : « Je n’ai pas perçu l’imminence du
génocide et je n’ai jamais pensé au cas de figure du
6 avril 1994. L’assassinat du président n’a été prévu
par personne et c’est pourtant cela qui a fait basculer
le Rwanda dans l’horreur; (...) Je n’ai jamais reçu
d’indications sérieuses quant au génocide. Je crois
que le génocide était la manifestation du désarroi
d’un peuple déstabilisé par toute une série de facteurs.
D’abord, l’énorme pression démographique a
entraîné une bonne partie de la population endessous du minimum vital. Le prix du café et du thé a
dégringolé, les finances publiques ont été fragilisées et
le FMI et la Banque mondiale sont venues imposer
leur plan d’assistance structurelle. La guerre a engendré de nombreuses souffrances et a entraîné le déplacement de 900 000 personnes. En 1994, une disette a
éclaté dans le sud. Ensuite, il y a la démocratisation
qui n’est pas adaptée à ce type de société car les partis
politiques ne reposent sur rien et ne font que renforcer
les clivages. Pendant ce temps, des soi-disant journalistes se déchaı̂nent dans des torchons. Quant aux
accords d’Arusha, ils ont juste renforcé la méfiance
atavique entre ethnies, méfiance encore accentuée par
l’assassinat du président Ndadaye. Enfin, le facteur
qui est, selon moi, le plus important est l’assassinat
d’Habyarimana. Il était respecté et avait le système en
mains, ce qui a permis de limiter les massacres précédents. Sa mort a déclenché le génocide, si on peut dire,
car il y avait aussi des massacres de Hutus. » (2)

Generaal-majoor Verschoore verklaart : « De SGR
kon enkele tekens van ernstige onlusten waarnemen,
maar kon uit de ingewonnen informatie zeker niet
besluiten dat er een genocide op komst was. » (3)

Le général major Verschoore déclare : « Le SGR
percevait quelques indications de troubles graves
mais ne pouvait certainement pas conclure des informations reçues qu’un génocide se préparait. » (3)

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 515/5.
(2) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 130 en 131.
(3) Hoorzitting met generaal-majoor Verschoore, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 142.

(1) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
p. 515/5.
(2) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, pp. 126 et 127.
(3) Audition du général major Verschoore, CRA, CSR,
Sénat, 1996- 1997, 12 mars 1997, p. 142.

( 505 )
De heer Swinnen, onze toenmalige ambassadeur in
Rwanda, heeft tijdens de uitoefening van zijn ambt
talloze telexen gestuurd aan het ministerie van Buitenlandse Zaken en aan het kabinet met heel wat
informatie over de schending van de mensenrechten
in Rwanda en de voorbereiding van de bloedbaden.
« We hadden niet de nodige mankracht op de ambassade om alle uitzendingen van RTLM te beluisteren
of te vertalen. In het begin zond RTLM slechts een à
twee uur per dag in het Frans uit. Vanaf een bepaald
moment heb ik de opdracht gegeven om de uitzendingen vaker te beluisteren. Er zijn heel wat uitzendingen
opgenomen en over de inhoud ervan heb ik Brussel
steeds uitvoerig ingelicht. Ik rapporteerde gericht
over de naleving van de mensenrechten. » (1)
« (...) Alles wat in de afdelingen 4 en 5 van het ad
hoc-rapport vermeld staat klopt. Wij wisten dat. Ook
de VN, Frankrijk, de Verenigde Staten, het Verenigd
Koninkrijk en de Afrikaanse buurlanden wisten dat.
De moord op Gatabazi was geen mysterie; iedereen is
getuige geweest van de bloedbaden in 1992-1993. Wij
wisten evenveel als de anderen maar wij hebben tienmaal meer ondernomen. Het rapport-Ndiaye is op
11 augustus 1993 verschenen, dus zeven dagen na de
Arusha-akkoorden. De Commissie voor de mensenrechten heeft het pas in maart 1994 in behandeling
genomen. (...) Wij hebben echter niet werkeloos
zitten wachten op dat rapport. Na het incident te
Bugesera en na een aantal rapporten van NGO’s over
die incidenten te hebben doorgenomen, hebben wij
onmiddellijk gereageerd. Wij hebben onze ambassadeur teruggeroepen en hem pas teruggestuurd nadat
wij de waarborg hebben gekregen dat de president en
de eerste minister samen een verklaring zouden afleggen over de mensenrechten. Dat hebben zij gedaan op
7 april 1993.
In zijn rapport stelt Ndiaye dat dit initiatief positief
is geweest. Evenmin hebben wij de besluiten van het
rapport-Ndiaye afgewacht om ons bezig te houden
met de mensenrechten. Zo hebben wij in aanwezigheid van Ndiaye verklaard dat er een burgerlijke politie moest komen. Nadien is die politie opgenomen in
UNAMIR. Ndiaye heeft eveneens gepleit voor een
verzoeningscampagne. Daarvoor hebben wij een
veertigtal initiatieven genomen. Hij vond het trouwens nodig daartoe een beroep te doen op de media.
Ook dat hebben wij gedaan : samen met het ABOS
hebben wij een seminarie georganiseerd waaraan
hebben deelgenomen : Guy Poppe, Colette Braeckman en Frédéric François, alsook iemand van RTLM.
Op 16 maart 1994 heeft staatssecretaris Derycke in de
Senaat zijn beleidsnota inzake de mensenrechten
voorgesteld. » (2)

1 - 611/7 - 1997/1998

M. Swinnen, l’ambassadeur de Belgique au
Rwanda de l’époque, a fourni, tout au long de
l’exercice de ses fonctions, par l’envoi de télex multiples au ministère des Affaires étrangères et au cabinet,
un grand nombre d’informations sur les violations
des droits de l’homme perpétrés au Rwanda et sur la
préparation de massacres. « L’ambassade ne disposait
pas du personnel nécessaire pour écouter ou traduire
toutes les émissions de RTLM. Au départ, cette radio
n’émettait qu’une à deux heures par jour en français.
À un moment donné, j’ai donné l’ordre d’écouter plus
souvent les émissions. Bon nombre d’entre elles ont
été enregistrées et j’ai toujours amplement informé
Bruxelles de leur contenu. J’ai rédigé des rapports
ponctuels au sujet du respect des droits de
l’homme. » (1)
« (...) Tout ce qui est repris dans les sections 4 et 5
du rapport ad hoc est correct et nous le savions, tout
comme l’ONU, la France, les États-Unis, le RoyaumeUni et les voisins africains le savaient. L’assassinat de
Gatabazi n’était pas un mystère; tout le monde a
également vu les massacres de 1992-1993. Nous
savions autant que les autres, mais nous avons fait dix
fois plus. Le rapport Ndiaye sort le 11 août 1993, soit
sept jours après Arusha. La commission des droits de
l’homme ne l’a traité qu’en mars 1994. (...) Mais nous
n’avons pas attendu le rapport. Après l’incident au
Bugesera et après avoir lu les rapports d’un certain
nombre d’ONG relatifs à ces incidents, nous avons
immédiatement réagi. Nous avons rappelé notre
ambassadeur et nous ne l’avons renvoyé que
lorsqu’on a eu la garantie que le président et le
premier ministre feraient ensemble une déclaration
sur les droits de l’homme; ce qu’ils ont fait le 7 avril
1993.

Dans son rapport, Ndiaye dit de cette démarche
que ce fut un acte positif. De même, nous n’avons pas
attendu les conclusions de Ndiaye pour nous préoccuper des droits de l’homme. Ainsi, nous avons dit,
devant Ndiaye, qu’il fallait instaurer une police civile.
Cette police a ultérieurement fait partie de la
MINUAR. Ndiaye a plaidé également en faveur d’une
campagne de réconciliation. À cet égard, nous avons
entrepris une quarantaine d’actions; Il trouvait par
ailleurs qu’une action médiatisée était nécessaire.
Cela aussi, nous l’avons fait : nous avons organisé
avec l’AGCD un séminaire auquel Guy Poppe,
Colette Braeckman et Frédéric François, ainsi que
quelqu’un de RTLM étaient présents. Le 16 mars
1994, le Secrétaire d’État Derycke a présenté au Sénat
sa note politique sur les droits de l’homme. » (2)

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 143.
(2) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, ..., Senaat,
1996-1997, ..., blz. ....

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996- 1997, 12 mars 1997, p. 139.
(2) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, ..., Sénat,
1996- 1997, ..., p. ....

1 - 611/7 - 1997/1998

( 506 )

De commissie komt tot het besluit dat de Belgische
overheid ten laatste medio januari 1994 over een reeks
samenlopende inlichtingen beschikte, zo niet over de
voorbereiding van een genocide dan toch over de
effectieve voorbereiding van een grootschalig bloedbad.

La commission constate qu’au plus tard au milieu
du mois de janvier 1994, les autorités belges disposaient d’une série d’informations concordantes qui
concernaient, sinon la préparation d’un génocide, du
moins l’existence de la préparation de massacres à
grande échelle.

Tijdens de hoorzittingen zijn een aantal verklaringen gegeven voor de problemen die er waren met het
interpreteren en verwerken van die inlichtingen.

Certains éléments d’explication de ces problèmes
d’interprétation et de prise en compte ont été exposés
lors des auditions.

Voorts is het zo dat tal van actoren (de VN, andere
Staten, ...) over dezelfde informatie beschikten en er
niet meer belang aan hebben gehecht.

D’autre part, de nombreux acteurs (ONU, autres
États, ...) disposant des mêmes informations, n’y ont
pas donné une importance plus déterminante.

3.7. MOORDPARTIJEN TOEGESCHREVEN
AAN HET FPR

3.7. LES MASSACRES ATTRIBUES
AU FPR

Professor Prunier heeft voor de commissie verklaard dat het FPR zich schuldig heeft gemaakt aan
moordpartijen op grote schaal.

Le professeur Prunier a estimé devant notre
commission que le FPR s’était rendu coupable de
massacres à grande échelle.

Amnesty International heeft in dat verband een
rapport gepubliceerd over de moorden en de ontvoeringen door het Rwandees patriottisch leger in de
periode van april tot augustus 1994.

À cet égard, Amnesty International a publié un
rapport sur les assassinats et les enlèvements par
l’Armée patriotique rwandaise pendant la période
d’avril à août 1994.

« Amnesty International has known for several
years that the RPF closely monitored and controlled
movements of foreigners in areas under its control.
Journalists and representatives of humanitarian organisations rarely talked to Rwandese citizens under
RPF control without an RPF official being present.
This ensured that before the new government came to
power on 19 july 1994 very limited information about
abuses by the RPA could be gathered or made public
by independent observers. However, Amnesty International has received numerous reports of human
rights abuses committed by the RPA since the war in
Rwanda began in october 1990. These have included
hundreds of deliberate and arbitrary killings or
possible extrajudicial executions and « disappearances » of captured combatants and unarmed civilians
suspected of supporting the former government.
There have also been reports of civilian supporters of
the RPF being allowed to kill opponents (1) ».

« Amnesty International has known for several
years that the RPF closely monitored and controlled
movements of foreigners in areas under its control.
Journalists and representatives of humanitarian organisations rarely talked to Rwandese citizens under
RPF control without an RPF official being present.
This ensured that before the new government came to
power on 19 july 1994 very limited information about
abuses by the RPA could be gathered or made public
by independent observers. However, Amnesty International has received numerous reports of human
rights abuses committed by the RPA since the war in
Rwanda began in october 1990. These have included
hundreds of deliberate and arbitrary killings or possible extrajudicial executions and « disappearances » of
captured combatants and unarmed civilians suspected of supporting the former government. There have
also been reports of civilian supporters of the RPF
being allowed to kill opponents (1) ».

Het rapport gaat voort :

Le rapport poursuit :

« Many of these killings by the RPA, which appear
to have gone largely unreported, have taken place in
north-eastern Rwanda in mid-April 1994. Others
have occurred in southern and western Rwanda once
the RPA took control of these areas in May and June
1994. (...) Several dozen witnesses reported that
members of the RPA arrived in Kagitumba on
12 April 1994. At first the fighters were reportedly

« Many of these killings by the RPA, which appear
to have gone largely unreported, have taken place in
north-eastern Rwanda in mid-April 1994. Others
have occurred in southern and western Rwanda once
the RPA took control of these areas in May and June
1994. (...) Several dozen witnesses reported that
members of the RPA arrived in Kagitumba on
12 April 1994. At first the fighters were reportedly

——————

——————

(1) Amnesty International, Rwanda : reports of killings and
abductions by the Rwandese Patriotic Army, April-August 1994,
blz. 2-3.

(1) Amnesty International, Rwanda : reports of killings and
abductions by the Rwandese Patriotic Army, April-August 1994,
pp. 2-3.

( 507 )

1 - 611/7 - 1997/1998

very friendly to the local population and promised
that the RPA was determined to protect the local
people who were then summoned to a public meeting
at Gishara. On 13 April unarmed civilian men,
women and children gathered at Gishara in Kagitumba. RPA officials reportedly began addressing the
crowd and suddenly without provocation or warning
they opened fire on the crowd and threw grenades in
the crowd.

very friendly to the local population and promised
that the RPA was determined to protect the local
people who were then summoned to a public meeting
at Gishara. On 13 April unarmed civilian men,
women and children gathered at Gishara in Kagitumba. RPA officials reportedly began addressing the
crowd and suddenly without provocation or warning
they opened fire on the crowd and threw grenades in
the crowd.

It is unclear how many people were killed. However, from accounts of eye-witnesses, dozens are
likely to have been killed in the incident ».

It is unclear how many people were killed. However, from accounts of eye-witnesses, dozens are
likely to have been killed in the incident ».

De UNO werd van deze feiten op de hoogte
gebracht door de bijzondere rapporteur van de
Commissie voor de mensenrechten.

Ces faits ait été portés à la connaissance de l’ONU
par le rapporteur spécial de la Commission des droits
de l’homme.

De secretaris-generaal vestigde zelf verder de aandacht op de feiten door het rapport vrij te geven van
de Commissie van deskundigen « established
pursuant to Security Council resolution 935 (1994) » :

Le secrétaire général lui-même s’en faisait l’écho en
communiquant le rapport de la Commission
d’experts « established pursuant to Security Council
resolution 935 (1994) » :

« b) Crimes against humanity and serious violations of international humanitarian law were
committed by individuals of both sides of the conflict,
but there is no evidence to suggest that acts committed
by Tutsi elements were perpetrated with an intent to
destroy the Hutu ethnic group as such, within the
meaning of the Genocide Convention; the Commission recommended, however, that investigation of
violations of international humanitarian law and of
human rights law attributed to the Rwandese Patriotic Front be continued by the Prosecutor of the
recently established International Tribunal for
Rwanda (1). »

»b) Crimes against humanity and serious violations of international humanitarian law were
committed by individuals of both sides of the conflict,
but there is no evidence to suggest that acts committed
by Tutsi elements were perpetrated with an intent to
destroy the Hutu ethnic group as such, within the
meaning of the Genocide Convention; the Commission recommended, however, that investigation of
violations of international humanitarian law and of
human rights law attributed to the Rwandese Patriotic Front be continued by the Prosecutor of the recently
established
International
Tribunal
for
Rwanda (1). »

Met betrekking tot de moordpartijen die het FPR
worden toegeschreven, verklaart het overgezonden
rapport verder :

Quant aux massacres imputables au FPR, le
rapport transmis par ce courrier précisait :

« 95. The Commission of Experts has concluded
that there exist substantial grounds to conclude that
mass murders, summary executions, breaches of
international humanitarian law and crimes against
humanity were also perpetrated by Tutsi elements
against Hutu individuals and that allegations concerning these acts should be investigated further.

« 95. The Commission of Experts has concluded
that there exist substantial grounds to conclude that
mass murders, summary executions, breaches of
international humanitarian law and crimes against
humanity were also perpetrated by Tutsi elements
against Hutu individuals and that allegations concerning these acts should be investigated further.

96. As it was finalizing its preliminary report, the
Commission of Experts received reports of violations
of the right to life in Rwanda perpetrated in the
period from August to early September 1994. The
Secretary-General asked the Commission to investigate these reports (2) ».

96. As it was finalizing its preliminary report, the
Commission of Experts received reports of violations
of the right to life in Rwanda perpetrated in the
period from August to early September 1994. The
Secretary-General asked the Commission to investigate these reports (2) ».

——————

——————

(1) Letter from the Secretary-General to the president of the
Security Council transmitting the final report of the commission
of Experts, Blue Book Rwanda, UN, blz. 416.
(2) Final report of the commission of Experts established
pursuant to Security Council resolution 935 (1994); Blue Book,
blz. 425.

(1) Letter from the Secretary-General to the president of the
Security Council transmitting the final report of the commission
of Experts, Bleu Book Rwanda, UN, p. 416.
(2) Final report of the commission of Experts established
pursuant to Security Council resolution 935 (1994); Blue Book,
p. 425.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 508 )

3.8. TERUGTREKKING
VAN DE BELGISCHE TROEPEN

3.8. LE RETRAIT
DES TROUPES BELGES

3.8.1. Situatie in Kigali

3.8.1. Le climat à Kigali

De commissie beschikt over zeer weinig geschreven
documenten uit de betrokken periode (april 1994) die
op het terrein waren opgetekend.

La commission ne dispose que de très peu de documents écrits datant de cette période (avril 1994) et
ayant été rédigés sur le terrain.

Het meest omstandige rapport over de toestand is
waarschijnlijk de code cable van de heer Booh-Booh,
vertegenwoordiger van de Secretaris-generaal van de
VN, aan de heer Kofi Annan van 8 april 1994 :

Le rapport le plus circonstancié sur la situation est,
sans doute, le code cable du représentant du secrétaire
général de l’ONU, M. Booh Booh adressé à M. Kofi
Annan le 8 avril 1994 :

« 1. De veiligheidssituatie in Kigali verslechtert
naarmate de gevechten tussen de presidentiële wacht
en het Rwandees Patriottisch Front (FPR) erger
worden. Toch blijft de rest van het land kalm maar
gespannen.

« 1. La sécurité se dégrade à Kigali à mesure que les
combats entre la Garde présidentielle et le FPR
s’intensifient. Le reste du pays reste calme bien que la
tension soit perceptible.

2. Na de dood van de presidenten van Rwanda en
Burundi, gedurende de nacht van 6 april, hebben
leden van de presidentiële wacht de residenties van
verscheidene politieke figuren aangevallen en de
Eerste Minister, de Voorzitter van het Grondwettelijk
Hof en de Ministers van Informatie, Arbeid en Sociale
Zaken en Landbouw ontvoerd. We hebben achtereenvolgens onbevestigde berichten ontvangen waarin
staat dat deze leiders zouden vermoord zijn door hun
ontvoerders. Er werd meegedeeld dat de presidentiële
wacht verscheidene andere residenties heeft aangevallen en andere mensen vermoord, die ervan verdacht
worden FPR-sympathisanten te zijn.

2. À la suite du décès des présidents du Rwanda et
du Burundi dans la nuit du 6 avril, des éléments de la
Garde présidentielle ont attaqué la résidence de
plusieurs personnalités politiques et enlevé le Premier
ministre, le juge-président de la Cour constitutionnelle, les ministres de l’Information, du Travail et des
Affaires sociales, et de l’Agriculture. Nous avons
ensuite reçu des rapports non confirmés selon lesquels
ces dirigeants auraient été tués par leurs kidnappeurs.
On rapporte que la Garde présidentielle a également
attaqué plusieurs autres résidences et assassiné
plusieurs personnes suspectées d’être des sympathisants du FPR.

3. Een grote groep militairen van het FPR verliet
het CND-complex (vroeger parlementsgebouw) op
7 april om 16 uur plaatselijke tijd en trok naar gebieden waar de presidentiële wacht was opgesteld met
wie ze een vuurgevecht leverden. UNAMIR observeerde in de nabijheid van het UNAMIRhoofdkwartier en het Bangladesh-bataljon verschillende gewapende FPR-patrouilles te voet in zones die
gedomineerd werden door de aanhangers van de regering.

3. Un important effectif de personnel militaire du
FPR a quitté le complexe CND (ancien siège du parlement) le 7 avril à 16 h 00 (heure locale) pour se rendre
dans les zones occupées par la Garde présidentielle,
où ont eu lieu d’importants accrochages entre ces
militaires et la Garde présidentielle. L’UNAMIR a
observé plusieurs patrouilles armées du FPR se déplaçant à pied dans les zones jouxtant le QG de
l’UNAMIR et du bataillon bangladais, qui sont aux
mains des partisans du gouvernement.

4. Ondertussen had een groep hoofdofficieren van
het Rwandese leger een « crisiscomité » opgericht in
een poging om de situatie te stabiliseren. Zij hebben
UNAMIR gevraagd een staakt-het-vuren te regelen
tussen het FPR en de presidentiële wacht. Zij hebben
de politieke partijen die de huidige overgangsregering
vormen, ook gevraagd bijeen te komen om het wettelijk gezag te herstellen en de oprichting van de overgangsinstellingen waarin de Arusha-akkoorden voorzien, te bespoedigen. UNAMIR verleent actieve steun
aan deze pogingen en neemt als waarnemer deel aan
het « crisiscomité ». Een tekst van dat « crisiscomité »
gaat als bijlage hierbij.

4. Dans l’intervalle, un groupe d’officiers supérieurs des forces armées rwandaises s’est constitué en
« Comité de crise » pour tenter de stabiliser la situation sur le plan de la sécurité. Ils ont demandé à
l’UNAMIR d’arranger un cessez-le-feu entre le FPR et
la Garde présidentielle. Ils ont également invité les
partis politiques de l’actuel gouvernement de transition à se réunir pour instituer l’autorité légale et pour
accélérer la mise en place des institutions transitoires
évoquées dans l’accord de paix d’Arusha.
L’UNAMIR soutient activement ces efforts et participe en qualité d’observateur aux réunions du
« Comité de crise ». Veuillez trouver ci-joint une copie
émanant dudit « Comité de crise ».

( 509 )

1 - 611/7 - 1997/1998

5. Vandaag is een ontmoeting georganiseerd tussen de leden van het « crisiscomité » en het FPR om
14 uur plaatselijke tijd in het UNAMIRhoofdkwartier. We hebben eveneens contact gelegd
met het FPR en de presidentiële wacht in een poging
om een staakt het vuren af te spreken. De onderhandelingen met de partijen zijn nog aan de gang.

5. Nous avons organisé une réunion entre les
membres du « Comité de crise » et le FPR. Cette
réunion est prévue aujourd’hui à 14 h 00 (heure
locale) et se tiendra au QG UNAMIR. Nous avons
également noué des contacts avec le FPR et la Garde
présidentielle afin de tenter de négocier un cessez-lefeu. Les négociations se poursuivent.

6. De dood van de president van de republiek en de
nog steeds niet bevestigde dood van de eerste minister
en de voorzitter van het grondwettelijk hof alsook die
van een aantal ministers hebben een machtsvacuüm
gecreëerd, wat voor nieuwe problemen kan zorgen in
het vredesproces. De aangestelde eerste minister is
door UNAMIR naar ons hoofdkwartier gebracht
waar hij onderdak en bescherming heeft gekregen op
UNAMIR-domein.

6. La mort du président de la République et la
mort non confirmée du Premier ministre et du jugeprésident de la Cour constitutionnelle ainsi que de
plusieurs ministres a créé une vacance du pouvoir qui
risque de poser de nouveaux problèmes dans le
processus de paix. Le Premier ministre désigné a été
évacué par l’UNAMIR vers notre quartier général où
il a trouvé refuge et nous assurons sa protection dans
le site UNAMIR.

7. Vandaag om 12 uur plaatselijke tijd hebben wij
het volgende bericht gekregen van generaal Kagame,
dat volgens zijn instructies afgegeven moest worden
aan het « crisiscomité »; daarin stond dat :

7. Aujourd’hui à douze (12) heures (heure locale),
nous avons reçu le message suivant du général
Kagame, à remettre au « Comité de crise » indiquant :

1) hij klaar was om in Kigali deel te nemen aan een
vergadering om het vredesproces vooruit te helpen;

1) qu’il était prêt à participer à une rencontre à
Kigali afin de poursuivre le processus de paix;

2) hij als steun voor de regeringstroepen een bataljon naar Kigali stuurde om te verhinderen dat rebellen
onschuldige mensen zouden doden;

2) qu’il envoyait un bataillon à Kigali pour aider
les forces gouvernementales à empêcher les forces
renégates de tuer des innocents;

3) het « crisiscomité » zijn oprechtheid kon bewijzen door niet te vuren op het naderende FPRbataljon;

3) que le Comité de crise pouvait prouver son
sérieux en n’ouvrant pas le feu sur son bataillon FPR
en phase d’approche;

4) het FPR aan geen enkel vliegtuig de toestemming zal geven om te landen op Kayibanda International Airport van Kigali en dat die maatregel onmiddellijk van kracht wordt.

4) que le FPR n’autorisera aucun appareil à atterrir
sur l’aéroport international Kayibanda de Kigali et
que cette mesure est d’effet immédiat.

8. Onze onmiddellijke reactie op het bericht was
generaal Kagame meedelen dat het aanvoeren van
nieuwe troepen in Kigali op dat moment contraproductief zou werken en de pogingen zal belemmeren om een staakt-het-vuren tussen de presidentiële
wacht en het FPR te regelen. Wij lieten hem onze
waardering blijken voor zijn bereidheid om deel te
nemen aan een vergadering in Kigali om het vredesproces te bevorderen en hebben zijn bericht doorgestuurd aan het « crisiscomité », zoals hij dat gevraagd
had.

8. Notre réaction immédiate à ce message a été
d’informer le général Kagame qu’à ce stade,
l’introduction de nouvelles forces à Kigali risque de
provoquer un résultat inverse à celui escompté et
d’entraver les efforts en cours visant à négocier un
cessez-le-feu entre la Garde présidentielle et le FPR.
Nous lui avons exprimé notre appréciation du fait
qu’il soit disposé à participer à une rencontre à Kigali
en vue de poursuivre le processus de paix et avons
transmis le message au Comité de crise conformément
à sa requête.

8. Ik span mij verder in om samen met alle politieke krachten de veiligheid in Kigali tot stand te brengen zodat het mogelijk wordt nieuwe pogingen te
doen om de overgangsinstellingen op te richten. In dit
verband heb ik van gedachten gewisseld met de leidende figuren van het nieuw opgerichte
« crisiscomité ».

8. Je poursuis mes efforts auprès de toutes les
forces politiques pour établir la sécurité à Kigali afin
de créer le contexte nécessaire à la reprise des efforts
visant à mettre en place les institutions de transition.
À ce sujet, la position de la direction du nouveau
« Comité de crise » a été portée à ma connaissance et
nous avons pu procéder à un échange de vues.

9. In naam van de Secretaris-Generaal en alle leden
van UNAMIR, heb ik een nationale oproep gedaan
voor het herstel van rust en orde en het vreedzaam

8. Au nom du secrétaire général et de tous les
membres de l’UNAMIR, j’ai lancé un appel national à
la restauration de la loi et de l’ordre et à la coexistence

1 - 611/7 - 1997/1998

( 510 )

samenleven van alle bevolkingsgroepen in het land. Ik
heb ook de verklaring van de voorzitter van de Veiligheidsraad die de moorden veroordeelt en tot kalmte
aanmaant, rondgestuurd.

pacifique entre toutes les forces vives du pays. J’ai
également diffusé la déclaration du président du
Conseil de sécurité condamnant les meurtres et
lançant un appel au calme.

9. Het spijt mij de dood te moeten bevestigen van
tien militairen van het Belgisch contingent die aangehouden en gevangen genomen werden door de presidentiële wacht.

9. J’ai le regret de confirmer la mort de dix
(10) militaires du contingent belge qui ont été capturés et maintenus en détention par des éléments de la
Garde présidentielle.

10. Hierna volgt een militaire evaluatie van de
huidige situatie en een bijgewerkte versie van de militaire aspecten van de missie.

10. Le texte qui suit est une évaluation militaire de
la situation actuelle et une mise à jour des aspects militaires de la mission.

11. Mandaat en taken. Overeenkomstig resolutie 872 van de Veiligheidsraad van 5 oktober 1993 en
het rapport van de Secretaris-generaal aan de Veiligheidsraad over Rwanda, gedateerd 24 september
1993, hebben we onze huidige situatie opnieuw onderzocht en bezorgen we u de volgende evaluatie.

11. Mandat et missions. Conformément à la résolution 872 du Conseil de sécurité du 5 octobre 1993 et
au rapport du secrétaire général au Conseil de sécurité
sur le Rwanda, date du 24 septembre 1993, nous
avons passé notre situation en revue et vous présentons l’évaluation suivante.

12. Buiten de KWSA. Berichten van onze UNMO
teams in de FAR-, zuidelijke en DMZ-(gedemilitariseerde zone) sectoren rapporteren een algemene
rustige situatie, behalve enkele sterk negatieve reacties op de dood van de president in Gisenyi. In de
sector van het FPR worden uitgebreide voorbereidingen getroffen voor een dringende offensieve operatie.
Onze UNDP-contacten bevestigen eveneens deze
algemene situatie.

12. À l’extérieur du KWSA. Les rapports de nos
équipes UNMO dans les secteurs FAR, SUD et DMZ
rapportent tous une situation générale calme, à
l’exception de quelques réactions très négatives à la
mort du président à Gisenyi. Dans le secteur FPR,
d’importants préparatifs sont en cours en vue d’une
offensive imminente. Nos contacts UNDP confirment
également cette situation générale.

13. Binnen de KWSA. Het verschijnen van een heel
goed geplande, georganiseerde, opzettelijke en gedirigeerde terreurcampagne, hoofdzakelijk geı̈ntroduceerd door de presidentiële wacht sinds de ochtend
van de dood van het staatshoofd, heeft de situatie in
Kigali helemaal gewijzigd. Agressieve acties werden
niet enkel tegen de leiders van de oppositie ondernomen, maar ook tegen het FPR (door het vuren op de
CND), tegen bepaalde etnische groepen (afslachting
van Tutsi’s in Remera), tegen de burgerbevolking
(banditisme) en tegen UNAMIR (direct en indirect
vuren op installaties, voertuigen, personeel van de
VN en aangesloten agentschappen, zoals de UNDP),
wat heeft geleid tot fatale en niet-fatale slachtoffers.
De bijzonder barbaarse moord op de tien gevangen
Belgische soldaten benadrukt deze situatie. Is het
mandaat van UNAMIR nog steeds geldig ?

13. À l’intérieur du KWSA. L’apparition d’une
campagne de terreur bien planifiée, organisée, délibérée et savamment orchestrée, menée principalement
par la Garde présidentielle depuis le matin qui a suivi
la mort du chef de l’État a complètement modifié la
situation à Kigali. Des agressions ont été dirigées non
seuleument contre les leaders de l’opposition, mais
aussi contre le FPR (tirs prenant pour cible le CND),
contre des groupes ethniques particuliers (massacre
de Tutsis à Remera), contre la population civile en
général (banditisme) et contre l’UNAMIR (tirs directs
et indirects sur les installations, les véhicules, le
personnel et les agences liées aux Nations Unies (à
savoir l’UNDP), faisant plusieurs victimes dont
certaines mortelles. Le meurtre particulièrement
barbare des 10 soldats belges capturés souligne cette
situation. Le mandat de l’UNAMIR est-il toujours
valable ?

14. De taken van de KWSA en de huidige situatie
en hoe ze in verband staat tot het mandaat worden
hieronder besproken :

14. Les missions du KWSA et la situation actuelle à
la lumière du mandat sont abordés ci-dessous :

A. De wapens van de partijen beveiligen. Dit
wordt blijkbaar niet gedaan want de partijen hebben
hun wapens meegenomen en zijn tot vijandelijkheden
overgegaan. Onze waarnemers hebben zich moeten
terugtrekken en deze taak kan in de huidige situatie
niet volbracht worden.

A. Stockage des armes des parties en lieu sûr. Ce
stockage n’a manifestement pas lieu étant donné que
les parties ont retiré leurs armes et qu’elles ont ouvert
les hostilités. Nos observateurs ont dû se retirer et
cette mission ne peut plus être remplie dans la situation actuelle.

( 511 )

1 - 611/7 - 1997/1998

B. Kigali beveiligen. Kigali werd beveiligd door
twee kleine infanteriebataljons maar nu is dat bataljon verdeeld in besloten kampen, geı̈soleerd door
gevechten, geweerschoten en wegblokkades en de
leden van de bataljons beperken zich tot zelfverdediging. Daarbij komt dat ze niet kunnen rekenen op
logistieke steun, dit is water en voedsel (uitgezonderd
noodrantsoenen) en ook niet op elektriciteit, waswater, benzine, sanitair, en het meest belangrijk, gegeven
de dreiging van de huidige situatie, hun steunende
veldhospitaal. In Kigali wordt niet gecontroleerd,
gepatrouilleerd of beveiligd, gegeven deze huidige
situatie. Dit is een defensieve overlevingsoefening
voor UNAMIR.

B. Maintien de la sécurité à Kigali. Le maintien de
la sécurité était assuré à Kigali par deux petits bataillons d’infanterie mais le bataillon est à présent
morcelé dans des camps confinés coupés de
l’extérieur par les combats, les tirs et les barrages
routiers et les éléments de ces bataillons se concentrent sur l’autodéfense. De plus, ces éléments sont
coupés de leur appui logistique, à savoir une source
d’approvisionnement en eau et en nourriture (à
l’exception des rations d’urgence) et de leur réapprovisionnement en énergie, eau de lavage, carburant,
sanitaires et, surtout, au vu de la menace que représente la situation actuelle, de leur hôpital de campagne. Kigali ne fait plus l’objet d’aucune surveillance,
patrouille ou dispositif de sécurité vu la situation
actuelle. Il s’agit d’un exercice de survie défensive
pour l’UNAMIR.

C. Het beveiligen van het RPF BN gebied in het
CND-gebouw. Dit wordt niet gedaan sinds het RPF
uit zijn kampement gekomen is en een offensieve en
defensieve militaire acties leidt in Kigali. GD van het
UNAMIR RPF BN gebied heeft zich in zijn kamp
teruggetrokken en een defensieve houding aangenomen. Daardoor wordt het RPF niet gevolgd noch
beveiligd in Kigali.

C. Maintien de la sécurité de la zone FPR BN dans
le CND. Pas assuré étant donné que le FPR est sorti de
ses installations et conduit des opérations militaires
offensives et défensives à Kigali. Le GD de la zone
UNAMIR RPF BN s’est retranché dans son camp et a
adopté une position défensive. La surveillance du
FPR n’est donc pas assurée ni sa sécurité à Kigali.

D. Recuperatie van wapens. Is blijkbaar onmogelijk want de presidentiële wacht en het RPF zijn verwikkeld in volledige en open vijandelijkheden tegenover elkaar en de presidentiële wacht vaak tegen
UNAMIR. Deze taak wordt niet uitgevoerd en is ook
niet mogelijk noch haalbaar, gegeven de huidige
situatie.

D. Récupération des armes. Manifestement
impossible puisque la Garde présidentielle et le FPR
sont engagés dans des hostilités complètes et ouvertes
et que la Garde présidentielle lance fréquemment des
attaques contre l’UNAMIR. Cette mission n’est pas
remplie et n’est ni possible ni viable dans la situation
actuelle.

E. Gebruik van APC’s. De APC’s worden gebruikt
voor noodoperaties zoals reddingsoperaties en Casevac in de plaats van hun eigenlijke doel als afschrikmiddel.

E. Utilisation des APC. Les APC sont utilisés pour
les opérations urgentes telles que des opérations de
secours et Casevac, au lieu de leur utilisation initiale
comme moyen de dissuasion.

F. Toezicht en controle. Gegeven de huidige situatie en de gebeurtenissen van de laatste 48 uur, is het
onaanvaardbaar riskant om deze operaties uit te voeren met ongewapende UNMO’s of zelfs lichtgewapende troepen. Bovendien is er een nieuw leger in het
land. Leden van het oude leger hebben blijk gegeven
van loyaliteit aan de nog te vormen overgangsregering, die tegen de presidentiële wacht de vroegere
gardesoldaten. Wat dit leger zal doen als het RPF met
vijandelijkheden zou beginnen, moet nog bevestigd
worden. Daarom maakt Kigali noch het voorwerp uit
van waarnemingen (behalve in en rond ons kamp),
noch van enig toezicht of controle.

F. Surveillance et vérification. Vu la situation
actuelle et les événements des dernières 48 heures, la
conduite de ces opérations avec des UNMO désarmés
ou même avec des troupes légèrement armées constitue un risque inacceptable. De plus, il y a une nouvelle
armée dans le pays. Certains éléments de l’ancienne
armée ont exprimé leur loyauté envers le gouvernement transitoire encore à former, dans un front contre
la Garde présidentielle et l’ancienne Garde armée. On
ne sait cependant pas avec certitude quelle attitude
cette armée adoptera au cas où le FPR ouvrirait les
hostilités. Kigali ne fait donc l’objet d’aucune surveillance (sauf à l’intérieur et à proximité de notre base)
ni observation ou vérification.

G. Veiligheid van personen. Dit is de hoofdtaak
van UNAMIR geworden. Jammer genoeg is het
wegens de situatie niet mogelijk geweest de Eerste
minister Agathe en andere ontvoerde ministers te
redden, maar het werkt wel voor andere belangrijke

G. Sécurité des individus. C’est devenu la principale mission de l’UNAMIR. Mais compte tenu de la
situation, cela n’a pas permis de sauver la vie du
Premier ministre Agathe ni des autres ministres enlevés, mais le dispositif fonctionne pour d’autres VIP.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 512 )

VIP’s. Deze taak, want UNAMIR tracht een staakthet-vuren te organiseren, zal escorten, wachten en
algemene beveiliging omvatten. Gebaseerd op de
laatste 24 uur zal het de levens van het UNAMIRpersoneel in gevaar brengen. Dit moet worden afgewogen tegen de laatste kans om de BBTG in te stellen
en het vredesproces te redden. Dat risico zal aanvaard
worden.

Comme L’UNAMIR tente d’organiser un cessez-lefeu, cette mission nécessitera des escortes, des gardes
et une protection générale. Compte tenu des événements des dernières 24 heures, cette mission exposera
la vie du personnel de l’UNAMIR. Ce risque doit être
mis en balance avec la nécessité de sauver les derniers
moyens de mettre en place le BBTG et de sauver le
processus de paix. Ce risque sera accepté.

H. Veiligheid van de luchthaven. Een sub-eenheid
bevindt zich op de luchthaven maar ook een deel van
de presidentiële wacht en een groter aantal manschappen van onzekere regeringstroepen bevinden
zich daar. De luchthaven kan geobserveerd worden
maar is niet beveiligd. Gegeven de uitgebreidheid van
de luchthaven, kan de huidige troepenmacht deze
taak niet uitvoeren in de huidige situatie. De startbaan wordt inderdaad geblokkeerd door presidentiële wacht.

H. Sécurité de l’aéroport. Une sous-unité de la
compagnie est à l’aéroport de même qu’une poignée
de membres de la Garde présidentielle et un nombre
plus important de combattants de troupes gouvernementales incertaines. L’aéroport peut être mis sous
surveillance mais il est impossible d’en assurer la sécurité. Vu la taille de la zone d’intérêt de l’aéroport, la
présente force ne peut accomplir cette mission dans la
situation actuelle. En effet, la piste est bloquée par des
membres de la Garde présidentielle.

I. Beveiliging van het VN-personeel en van buitenlanders die tot nu toe veilig in hun huis of locatie (uitgezonderd de UNDP). Maar omdat er een tekort is
aan water en voedsel, zou het kunnen dat UNAMIR
deze mensen moet evacueren naar een centraal gelegen gebied of naar verschillende plaatsen. Gegeven de
huidige situatie in de straten, zou dit onmogelijk
kunnen zijn ofwel op een later tijdstip en zeer gevaarlijk. Een evacuatieplan werd opgesteld en gecoördineerd, maar het is gebaseerd op de veronderstelling
dat UNAMIR de toestemming krijgt van de partijen
om het plan uit te voeren met een veilige en functionele luchthaven en immuniteit tegen aanvallen. Deze
taak zou mogelijk kunnen zijn mits aan bepaalde
voorafgaande voorwaarden wordt voldaan.

I. Protection de la communauté UN et des expatriés. Cette communauté est en sécurité jusqu’ici dans
les maisons ou localisations (à l’exception de
l’UNDP). Cependant, une fois que les réserves d’eau
et de nourriture seront épuisées, l’UNAMIR risque de
devoir évacuer ces personnes vers un ou plusieurs
endroits. Vu la situation actuelle dans les rues, cette
évacuation risque d’être entravée ou retardée et très
dangereuse. Un plan d’évacuation a été élaboré et
coordonné mais il repose sur l’hypothèse que
l’UNAMIR sera autorisée par les parties à mettre ce
plan à exécution, en comptant sur un aéroport sûr et
opérationnel jouissant de l’immunité contre les attaques. Cette mission sera possible à la condition que
certaines conditions préalables soient réunies.

15. Steun. De missie heeft een nijpend tekort aan
logistieke en operationele steun. De reserves die de
VN gevraagd hadden voor deze missie werden ofwel
niet gebracht door landen die troepen leverden of zijn
niet geleverd aan deze missie. Men moet begrijpen dat
de stad Kigali in staat van oorlog verkeert. De locale
economie functioneert niet. Winkels, benzinestations, leveranciers, enz. zijn gesloten en hun eigenaars
en werklieden verbergen zich. Momenteel evalueert
de missie de logistieke reserves. Jammer genoeg zijn
de compagnie logistiek en het belangrijkste reservedepot geı̈soleerd en zit de logistieke staff van het hoofdkwartier vast in het Meridien Hotel, zelfs al werden er
pogingen gedaan om hen ertoe te brengen het hoofdkwartier tot bijstand te dwingen, want de meeste
gevechten vinden plaats langs de weg. Volgens een
optimistische schatting beschikt UNAMIR over de
volgende reserves :

15. Soutien. La mission manque cruellement de
soutien logistique et opérationnel de base. Les réserves demandées par les Nations Unies pour cette mission n’ont soit pas été fournies par les troupes des
États participants, soit n’ont pas été fournies à cette
mission. Il faut se rendre compte que Kigali est une
ville en état de guerre. L’économie locale ne fonctionne pas. Les magasins, stations-service, fournisseurs, etc. sont fermés et leurs propriétaires et leur
personnel se cachent. La mission est actuellement en
train d’évaluer ses réserves logistiques. La compagnie
logistique et un des principaux dépôts ou sont stockées les fournitures sont coupés de l’extérieur et le
personnel logistique au QG de la force est bloqué à
l’Hôtel Méridien malgré des tentatives de les amener à
forcer le QG à fournir son appui à ce processus, étant
donné que la majorité des combats se déroulent le
long de la route. Selon une estimation optimiste,
l’UNAMIR dispose des réserves suivantes :

A. Drinkwater. 20 liter per persoon. Dit water
bevindt zich jammer genoeg in een reserve-locatie die
niet toegankelijk is voor het grootste deel van het

A. Eau potable. 20 litres par homme. Cette eau est
malheureusement située dans une réserve inaccessble
pour la plupart des membres de la Force. La plupart

( 513 )
leger. De meeste eenheidslocaties hebben voor 1 tot
2 dagen drinkbaar water. Waterrantsoenering werd
geı̈ntroduceerd.
B. Water voor algemene doeleinden. Toiletten en
douches in de meeste locaties functioneren niet meer.
Water voor algemene doeleinden moet gekookt
worden om het te drinken en een klein deel kan
dienen voor hygiëne. Op korte termijn is dit toelaatbaar maar op langere termijn zal dit aanleiding geven
tot gezondheidsproblemen.
C. Rantsoenen. Eenheden variëren van nul op het
hoofdkwartier tot 2 dagen in RUTBAT. Rantsoenering werd geı̈ntroduceerd. Een reserve van 3 dagen
per persoon (strijdkracht) en een reserve van 10 dagen
per persoon (compagnie logistiek te KIBAT). Jammer
genoeg bevinden deze reserves zich in gebieden die
onbereikbaar zijn voor de meeste eenheden. Op voorwaarde dat UNAMIR toegang heeft tot deze gebieden, kan ze minder dan twee weken op voedsel overleven.
D. Brandstof. Brandstof zal onze grootste hindernis worden. Een legerreserve van 20 000 liter benzine
en 40 000 liter dieselbrandstof bevindt zich in de
compagnie logistiek. Deze plaats is onbereikbaar
voor de meeste eenheden. De meeste eenheden ramen
hun reserve op 2 tot 3 dagen. Door het feit dat het
lokale elektriciteitsnet niet werkt, zorgen generators
die op brandstof werken voor licht, radio en pompen.
Zelfs met rantsoenering zal de brandstof binnen
minder dan een week uitgeput zijn.
E. Munitie. Dit kritieke item, gegeven onze huidige situatie en onzekere toekomst, is onze grootste en
enige zwak punt. Een complete inventaris wordt opgemaakt maar cijfers zijn nog niet beschikbaar.
Omdat het hier om een vredesoperatie gaat, zijn er
enkel lichte wapens en een zeer gelimiteerde hoeveelheid munitie voor lichte wapens beschikbaar.
UNAMIR kan zichzelf verdedigen gedurende een
beperkte periode.
F. Defensieve voorraden. Deze voorraden werden
nog niet geleverd door de VN-ondersteuningsvoorziening. Eenheidsreserves zijn uitgeput. UNAMIR
kan ad hoc en tijdelijke maatregelen treffen maar kan
geen verdediging op lange termijn volhouden.
G. Medische voorraden. Reeds uitgeput door het
steunprogramma voor de burgerbevolking. Door het
gebruik vóór 6 april van eenheidsreserves voor de
behandeling van ons eigen personeel en door de nog
niet gestarte medische bevoorrading door de VN is
deze stock kritiek, vooral bij zware verliezen. Als
bewarende maatregel zijn we gestopt met de dringende behandelingen van de burgerbevolking en
brengen we hen over naar het ziekenhuis van Kigali.
H. Communicatie. Het lokale telefoonsysteem
werkt niet. UNAMIR heeft een Inmarsat met faxtoe-

1 - 611/7 - 1997/1998

des unités ont une réserve d’eau potable de 1 à 2 jours.
Des mesures de rationnement ont été décrétées.
B. Eau à usage général. Les toilettes et les douches
dans la plupart des localisations ne fonctionnent plus.
L’eau à usage général sera bouillie en vue de pouvoir
être bue et une quantité minimale sera utilisée à des
fins d’hygiène. Cette situation est acceptable à court
terme mais provoquera des problèmes de santé à long
terme.
C. Rations. Les unités varient entre néant au QG
de la force et 2 jours à RUTBAT. Des mesures de
rationnement ont été décrétées. La force dispose
d’une réserve de 3 jours par homme et la compagnie
logistique à KIBAT d’une réserve de 10 jours par
homme. Malheureusement, ces réserves se trouvent
dans des endroits coupés de l’extérieur pour la
plupart des unités. Si l’UNAMIR a accès à ces
endroits, elle disposera de réserves de nourriture
permettant de tenir un peu moins de deux semaines.
D. Carburant. Le carburant sera notre principale
difficulté. La force dispose d’une réserve de 20 000 litres d’essence et de 40 000 litres de diesel à la compagnie logistique. Cet endroit est inaccessible pour la
plupart des unités. La plupart des unités pensent
disposer de réserves pour deux à trois jours. Comme
l’électricité est coupée, les générateurs à carburant
sont cruciaux pour fournir un éclairage limité,
alimenter les radios et les pompes. Même moyennant
un rationnement, les réserves seront épuisées en
moins d’une semaine.
E. Munitions. Ce poste critique compte tenu de
notre situation actuelle et de notre futur incertain est
notre plus grande faiblesse. Un inventaire complet du
stock est en cours et les chiffres ne sont pas encore
disponibles. Cette mission ayant été conçue comme
une opération de maintien de la paix, nous ne disposons que d’armes légères et d’une quantité très limitée
de munitions pour armes légères. L’UNAMIR pourra
se défendre pendant une durée limitée.
F. Réserves défensives. Ces réserves n’ont pas
encore été fournies par le système d’appui des Nations
Unies. Les unités de réserve sont épuisées.
L’UNAMIR peut appliquer des mesures ad hoc à titre
temporaire mais ne pourra pas assurer une défense à
long terme.
G. Fournitures médicales. Déjà épuisées par les
programmes d’aide à la population civile. L’utilisation des réserves d’unité pour le traitement de notre
personnel avant le 6 avril et l’absence de réapprovisionnement de ces fournitures rendent la situation
critique en cas de pertes lourdes. À titre conservatoire,
nous avons cessé de fournir un traitement d’urgence à
la population civile et nous les transférons à l’hôpital
de Kigali.
H. Communications. Le réseau téléphonique local
ne fonctionne plus. L’UNAMIR dispose d’un Inmar-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 514 )

stel op het hoofdkwartier van het leger en KIBAT
heeft er ook één. Dit zijn onze enige verbindingen met
de buitenwereld en ze worden beschermd en ondersteund als kritieke missievoorraden.

sat avec fax au QG et à KIBAT. Ce sont nos seuls liens
avec le monde extérieur et ils sont protégés et entretenus comme réserves critiques de la mission.

I. Transport. Vóór de vijandelijkheden had
UNAMIR reeds een tekort aan voertuigen. Deze
situatie is verergerd door het verlies van voertuigen,
het verwachte tekort aan brandstof en de onbeschikbaarheid van lokale bevoorrading te wijten aan het
conflict. UNAMIR kan zelf niet voor een luchtbrug
zorgen, laat staan andere personen meevoeren. We
hebben voldoende middelen voor pendelvervoer als
er voldoende voorraden brandstof beschikbaar zijn.

I. Transport. L’UNAMIR souffrait déjà d’un
manque de véhicules avant le début des hostilités.
Cette situation s’est aggravée par la perte de véhicules,
la pénurie de carburant prévue et l’indisponibilité des
sources locales en raison du conflit. L’UNAMIR ne
peut s’aéroporter, sans parler de toute personne
supplémentaire. Nous disposons des ressources suffisantes pour des mouvements de navette à condition
de disposer de carburant.

16. UNAMIR is ontworpen, uitgebouwd en logistiek ontwikkeld als vredesmacht. Daardoor heeft het
niet de reserves van kritieke items voor een langdurig
conflict. Bovendien zijn vele van deze reserves
geı̈soleerd buiten de eenheidsgebieden door de
accommodatiemoeilijkheden in Kigali. De positieve
kant van de logistieke situatie is dat ongeveer de helft
van het leger zich buiten Kigali bevindt en dat ze zichzelf, indien nodig, kunnen bevoorraden via de lokale
economie die nog steeds relatief rustig functioneert.
UNAMIR zal een groot gedeelte van zijn personeel en
middelen inzetten voor de verbetering van onze ondersteuningscapaciteit, maar er moet onderstreept
worden dat er kritieke tekorten te verwachten zijn die
onze armslag en de strijdkrachten zelf in gevaar zullen
brengen binnen enkele dagen.

16. L’UNAMIR a été conçue, mise en place et
développée logistiquement comme une force de maintien de la paix. Elle ne dispose donc pas de réserves
d’articles cruciaux pour un scénario de conflit
prolongé. De plus, une grande partie de ces réserves
sont séparées des autres localisations en raison des
difficultés d’hébergement à Kigali. L’aspect positif de
la situation logistique est qu’environ la moitié de la
force est hors de Kigali et qu’elle peut, au besoin,
subvenir à ses besoins par l’intermédiaire de
l’économie locale qui continue à fonctionner dans un
calme relatif. L’UNAMIR consacrera une grande
partie de ses efforts et de ses ressources à l’amélioration de notre capacité de subsistance mais il faut souligner que nous sommes confrontés à des pénuries critiques qui réduiront notre capacité et mettront la force
en danger dans quelques jours.

17. De RGF-leiders hebben het RPF (via
UNAMIR) gevraagd het vuren te staken en zich terug
te trekken tot de CND want ze beweren dat ze proberen hetzelfde te doen met de presidentiële wacht. We
hebben dit bericht doorgestuurd naar het FPR en zij
beweerden dat ze klaar zijn om hetzelfde te doen als
de presidentiële wacht ook het vuren staakt. De onderhandelingen werden belemmerd door het uitvallen van het lokale telefoonsysteem. Aanzienlijke
vuurgevechten zijn aan de gang, en blokkeren zo de
communicatiewegen, wegblokkeringen verhinderen
de toegang tot en de beweging in de stad, verdwaalde
kogels en hulzen, ricochetschoten en occasioneel
directe en indirecte schoten verplichten tot het nemen
van defensieve maatregelen en vertragen de activiteiten, vooral verplaatsingen te voet of in onbeschermde
voertuigen. We trachten het hoofdkwartier van de
vredesmacht te beveiligen en het gebied van het
Amahoro-stadion veilig te houden als uitgangspunt
voor onze operaties, maar gevechten tussen het FPR
en de presidentiële wacht in dit gebied hebben het
onmogelijk gemaakt deze operatie tot een goed einde
te brengen. (...) Andere vestigingen in Kigali nemen
een verdedigende houding aan en beperken zich tot
minimale levensreddende en vredesbewarende activiteiten.

17. Les dirigeants RGF ont demandé au FPR (via
l’UNAMIR) de consentir à un cessez-le-feu et à un
retrait (désengagement) étant donné qu’ils essaient
d’obtenir la même chose de la Garde présidentielle.
Nous avons passé le message au FPR qui nous a dit
être prêt à signer un cessez-le-feu si la Garde présidentielle fait de même. Les négociations ont été freinées
par la coupure du réseau téléphonique local. D’importantes échauffourées se poursuivent, les axes de
communication sont bloqués, des barrages routiers
barrent la route et empêchent tout mouvement dans la
ville, les balles et cartouches perdues, les ricochets et
parfois les tirs directs et indirects requièrent de prendre des mesures défensives et retardent les activités, en
particulier les déplacement à pied ou à bord d’un
véhicule non protégé. Nous essayons d’assurer la
sécurité du QG de la force et de la zone du stade
Amahoro pour en faire le point de départ de nos
opérations, mais les combats en cours entre le FPR et
la Garde présidentielle dans cette région ont empêché
de mener cette opération à bien. (...) D’autres localisations à Kigali sont sur la défensive et ont réduit leurs
activités au minimum et aux activités vitales ou de
maintien de la paix.

( 515 )

1 - 611/7 - 1997/1998

18. De FC van UNAMIR moet weten of de belangrijkste landen een eventuele evacuatie van plan zijn,
vooral van de buitenlanders en het VN- of UNAMIRpersoneel. We hebben een lichte compagnie op de
luchthaven maar we hebben geen controle over de
wegen naar het vliegveld, noch hebben we ze beveiligd. De luchthaven is ook niet veilig voor landing
omdat we niet zeker zijn van de instructies of de loyaliteit van de vijandige strijdkrachten.

18. Le FC de l’UNAMIR doit connaı̂tre les intentions des principaux pays concernant une évacuation
éventuelle, en particulier des expatriés et des Nations
Unies ou de l’UNAMIR. Nous avons une compagnie
légère à l’aéroport mais nous ne contrôlons pas les
routes et la sécurité n’est pas garantie sur le parcours
jusqu’à l’aéroport. L’aéroport ne permet pas d’atterrir ou de décoller en sécurité étant donné que nous ne
connaissons pas les instructions des forces adverses ni
à qui va leur loyauté.

19. FC UNAMIR heeft deelgenomen aan een ontmoeting met het militair « crisiscomité » (...). Wij
hebben geen details over dat plan noch over de implementatie-agenda.

19. Le FC de l’UNAMIR a assisté à une réunion du
comité de crise (...). Nous ne connaissons pas les
détails de ce plan ni son calendrier d’exécution.

20. UNAMIR blijft gehecht aan haar mandaat
zelfs al laat de huidige toestand niet toe de missie te
volbrengen die ons toevertrouwd werd en waarvoor
deze vredeskracht werd opgericht. Toch bestaat er
geen twijfel dat Kigali in een nog slechtere situatie zou
verkeerd hebben zonder UNAMIR. Alle inspanningen hebben tot doel in te staan voor onze verdediging,
overleving, beveiliging van sleutelpersonen in het vredesproces, beperkte humanitaire steun en de aanwending van al onze mogelijkheden om de partijen tot een
staakt-het-vuren te brengen en hen opnieuw over het
politieke proces te laten onderhandelen.

20. L’UNAMIR reste attachée à son mandat bien
que la situation actuelle ne permette pas à notre
mission de remplir les tâches qui nous ont été assignées ou pour lesquelles nous avons été créés. Mais il
ne fait aucun doute que la situation à Kigali aurait été
pire sans la présence de l’UNAMIR. Tous les efforts
visent à présent à assurer notre propre protection, la
survie et la sécurité des personnes clés du processus de
paix, une aide humanitaire limitée et l’utilisation de
toutes nos compétences pour amener les parties à un
cessez-le-feu et à se rasseoir à la table de négociation
pour faire avancer le processus politique.

21. We zullen u op de hoogte houden van de situatie zoals ze evolueert.

21. Nous vous tiendrons informés de l’état
d’avancement de la situation.

22. Vriendelijke groeten. »

22.

Bien à vous. »

Brussel kreeg dit rapport niet. Volgens majoor
Maggen was dit omdat generaal Dallaire dit situation
report zelf had opgesteld en « er tegen was dat er een
copie van het Sitreps-rapport naar Brussel werd
gestuurd. Hij wilde dat zijn situatierapport alleen
naar New York werd verstuurd. » (1)

Bruxelles n’a pas reçu ce rapport. Selon le major
Maggen, c’est parce que le général Dallaire aurait
rédigé lui-même ce situation report et « s’est opposé à
la transmission d’une copie du rapport SITREP à
Bruxelles. Il voulait que son SITREP soit uniquement
envoyé à New York. » (1)

In een telegram van 7 april 1994 gericht aan Brussel
en aan verschillende ambassades, schrijft de heer
Noterdaeme :

Dans un télégramme daté du 7 avril 1994 adressé à
Bruxelles et à différentes ambassades, M. Noterdaeme écrit :

« Selon l’analyse du Général Dallaire, la menace
vient de la garde présidentielle et de certains éléments
des forces armées rwandaises (FAR)(...)

« Selon l’analyse du général Dallaire, la menace
vient de la garde présidentielle et de certains éléments
des forces armées rwandaises (FAR)(...)

Le représentant du secrétaire général de l’ONU,
M. Booh-Booh essaye d’établir un comité de crise
englobant la Gendarmerie, la MINUAR, les FAR...

Le représentant du secrétaire général de l’ONU,
M. Booh-Booh essaye d’établir un comité de crise
englobant la Gendarmerie, la MINUAR, les FAR...

Selon Dallaire, au moins 3 soldats belges de la
MINUAR ont été tués (le général a vu les corps). Dix
autres soldats belges de la MINUAR sont toujours
détenus (désarmés) par la garde présidentielle responsable du meurtre des 3 soldats belges.(...) L’aéroport
et le C-130 belge qui s’y trouve, sont sous contrôle de

Selon Dallaire, au moins 3 soldats belges de la
MINUAR ont été tués (le général a vu les corps). Dix
autres soldats belges de la MINUAR sont toujours
détenus (désarmés) par la garde présidentielle responsable du meurtre des 3 soldats belges.(...) L’aéroport
et le C-130 belge qui s’y trouve, sont sous contrôle de

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Maggen, POR, Senaat, 7 mei
1997, PV, blz. 139/9 (BV, blz. 462).

(1) Audition du major Maggen, CER, Sénat, 7 mai 1997,
PV, p. 139/9 (CRA, p. 452).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 516 )

la garde présidentielle et ne sont donc pas accessible à
la MINUAR à Kigali, une partie du bataillon FPR se
bat dans les rues. Dans la zone démilitarisée, des éléments armés du FPR (non qualifiés par le Secrétariat)
se dirigent vers Kigali, ce qui accroît le risque d’une
déflagration militaire majeure. » (1)

la garde présidentielle et ne sont donc pas accessible à
la MINUAR à Kigali, une partie du bataillon FPR se
bat dans les rues. Dans la zone démilitarisée, des
éléments armés du FPR (non qualifiés par le Secrétariat) se dirigent vers Kigali, ce qui accroît le risque
d’une déflagration militaire majeure. » (1)

In zijn schriftelijke antwoorden op de vragen van
de commissie, verklaart generaal Dallaire : « Le 7 avril
1994, le commandant de la Force de la MINUAR était
informé que RTLM faisait de la propagande antibelge en déclarant que les gardiens de la paix belges de
la MINUAR avaient aidé le FPR à abattre l’avion
présidentiel. »

Dans ces réponses écrites aux questions soumises
par la commission le général Dallaire, celui-ci déclare:
« Le 7 avril 1994, le commandant de la Force de la
MINUAR était informé que RTLM faisait de la propagande anti-belge en déclarant que les gardiens de la
paix belges de la MINUAR avaient aidé le FPR à abattre l’avion présidentiel. »

Tijdens een telefonisch interview door de RTBF,
beschrijft een in Rwanda wonende Belg de situatie op
7 april 1994 rond 13.00 uur als volgt : « Chacun est
claquemuré chez soi à la maison et entend des coups
de feu, (...). Mais il est évident que l’insécurité est
grande et nul ne sait de quoi sera faite la prochaine
heure. » Dezelfde dag om 17 uur, had de RTBF
Bernard Schijns aan de lijn, vertegenwoordiger van
het Rode Kruis in Kigali. Hij verklaart : « Ils cassent
les fenêtres à coup de crosse, ils rentrent dans les maisons et liquident tout ce qui passe. Moi je n’ai évidemment pas vu directement ce qui se passait à l’intérieur
puisque je me garde bien de sortir. Actuellement les
militaires rwandais viennent d’investir mon stock qui
se trouve juste en-dessous de ma maison où se trouve
tous les ... et je ne sais absolument pas ce qui s’y passe.
Ça tire dans tous les coins, des grenades explosent
partout, la situation est très tendue. La MINUAR est
complètement absente, nous nous sentons tout à fait
non protégés et en grand danger. Voilà en clair mes
impressions pour le moment. »

Lors d’une interview de la RTBF par téléphone
d’un Belge qui vit au Rwanda, celui-ci décrit la situation en fin de matinée du 7 avril 1994 à 13 heures :
« Chacun est claquemuré chez soi à la maison et
entend des coups de feu, (...). Mais il est évident que
l’insécurité est grande et nul ne sait de quoi sera faite
la prochaine heure ». Ce même jour à 17 heures, la
RTBF a en ligne Bernard Schijns, représentant de la
Croix-Rouge à Kigali. Il déclare: « Ils cassent les fenêtres à coup de crosse, ils rentrent dans les maisons et
liquident tout ce qui passe. Moi je n’ai évidemment
pas vu directement ce qui se passait à l’intérieur puisque je me garde bien de sortir. Actuellement les militaires rwandais viennent d’investir mon stock qui se
trouve juste en-dessous de ma maison où se trouve
tous les ... et je ne sais absolument pas ce qui s’y passe.
Ça tire dans tous les coins, des grenades explosent
partout, la situation est très tendue. La MINUAR est
complètement absente, nous nous sentons tout à fait
non protégés et en grand danger. Voilà en clair mes
impressions pour le moment. »

Ook journaliste Colette Braeckman heeft op 6 april
geprobeerd Kigali te bereiken. Zij getuigt dat antiBelgische geruchten werden verspreid niet alleen door
RTLM, maar ook door de Franse ambassade. « Op
6 april heb ik geprobeerd via Burundi naar Kigali te
gaan. Ik ben naar Butare gegaan en ik heb het eerste
convooi gezien dat de moordenaars van Kigali ontvluchtte. Belgen lieten zich doorgaan voor Engelsen
of Amerikanen, want ze hadden de anti-Belgische
geruchten gehoord. Sommigen onder hen waren ontsteld omdat Tutsi’s uit de convooien werden gehaald
en vermoord werden. Volgens geruchten zouden
Belgen het vliegtuig van de president hebben neergehaald. Sommige Belgen hadden contact opgenomen
met de Belgische en Franse ambassade, om te weten
wat er juist gebeurd was. Op de ambassade van

La journaliste Colette Braeckman a, elle aussi,
tenté de rallier Kigali le 6 avril. Elle témoigne que les
rumeurs anti-belges ont été répandues non seulement
par RTLM, mais aussi par l’ambassade de France :
« Le 6 avril, j’ai essayé d’aller à Kigali par le Burundi.
Je me suis rendue à Butare et j’ai rencontré le premier
convoi qui fuyait les tueurs de Kigali. Les Belges se
sont fait passer pour des Anglais ou des Américains
car ils avaient entendu les rumeurs anti-belges.
Certains d’entre eux étaient bouleversés car des Tutsis
avaient été retirés du convoi pour être assassinés. La
rumeur disait que les Belges avait pris contact avec les
ambassades belge et française pour connaı̂tre la situation exacte. À l’ambassade de France, une voix leur a
dit que c’étaient des Belges qui avaient tiré sur l’avion
du président. La rumeur anti-belge provenait donc de

——————

——————

(1) Telex nr. 623.

(1) Télex no 623.

( 517 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Frankrijk heeft een stem hen gezegd dat Belgen het
vliegtuig van de president beschoten hadden. De antiBelgische geruchten kwamen uit twee bronnen : de
Fransen en Radio Mille Collines. » (1)

deux sources : les Français et la radio des Milles Collines. » (1)

Op 8 april kondigt de RTBF om 8 uur aan : « Il y a
eu des tueries entre Hutus et Tutsis hier, des règlements de compte, on ne connaît pas le bilan des victimes.(...) Pour le colonel Marchal, porte parole des
Casques bleus belges sur place, les Rwandais vont
régler les choses entre eux et les Casques bleus ne
devront pas s’interposer entre les deux ethnies. »

Le 8 avril à 8 heures, la RTBF, annonce : « Il y a eu
des tueries entre Hutus et Tutsis hier, des règlements
de compte, on ne connaît pas le bilan des victimes.(...)
Pour le colonel Marchal, porte parole des Casques
bleus belges sur place, les Rwandais vont régler les
choses entre eux et les Casques bleus ne devront pas
s’interposer entre les deux ethnies. »

Het anti-Belgische klimaat nam alleen toe.
Mevrouw Els De Temmerman getuigde voor de
commissie :

Le climat anti-belge ne fait que de s’amplifier. Mme
Els De Temmerman témoigne devant la commission :

« Op 10 april heb ik met een Frans konvooi, dat instond voor evacuatie, de stad doorkruist. Ik was
getuige van een grote chaos in de stad, de straten
waren bezaaid met kledij et met lijken.(...) Andere
journalisten hadden me verteld dat ze waren tegengehouden en dat hen met de machete op de keel werd
gevraagd of ze Belg waren. Ik wou dus alle tekens van
mijn nationaliteit afnemen en achterlaten op de luchthaven. Omdat ik dat vergeten was verkeerde ik in
angst tijdens de rit met het Franse konvooi. (...)
Omdat mijn Belgische nationaliteit een probleem
vormde, ben ik met een van de eerste auto’s teruggekeerd.(...) Er was ook een Nederlander, Albert
Broom, op deze vlucht. Hij heeft de luchthaven verlaten en werd vermoord. Getuigen hebben gemeld dat
het feit dat hij een Belgisch kogelvrij vest droeg, daarmee te maken had. Ik heb desondanks geprobeerd
terug te keren. Een Rode Kruis-konvooi weigerde me
mee te nemen naar Rwanda vanwege mijn Belgische
nationaliteit. Rond 9 mei heb in vanuit Naı̈robi een
plaats op een VN-vlucht geboekt. Ik had me opgegeven als Zweedse en beschikte over een Zwitsers
paspoort. Op het laatste nippertje werd ik uit het
vliegtuig gehaald omdat mijn naam in Kigali bekend
was en men mij wilde vermoorden. » (2)

« Le 10 avril, j’ai parcouru la ville avec un convoi
français qui était chargé de l’évacuation. C’était le
chaos, les rues étaient parsemées de vêtements et de
cadavres (...) D’autres journalistes m’ont raconté
qu’ils avaient été arrêtés et qu’on leur avait demandé,
en leur mettant la machette sur la gorge, s’ils étaient
Belges. Je voulais donc laisser tous les signes de ma
nationalité à l’aéroport. Comme j’avais oublié de le
faire, j’ai eu peur au cours du trajet avec le convoi
français (...) Comme ma nationalité belge constituait
un problème, je suis retournée avec les premières
voitures (...) Un Néerlandais, Albert Broom, m’a
accompagné dans l’avion. Il a quitté l’aéroport et a été
tué. Des témoins ont signalé que le fait qu’il portait un
gilet pare-balles belge y était pour quelque chose. J’ai
néanmoins essayé de retourner. Un convoi de la
Croix-Rouge a refusé de m’emmener au Rwanda en
raison de ma nationalité belge (...) Vers le 9 mai, j’ai
réservé à Nairobi une place dans un avion de l’ONU.
Je me suis présentée comme étant Suédoise et je disposais d’un passeport suisse. Au dernier moment, on
m’a débarquée de l’avion parce que mon nom était
connu à Kigali et qu’on voulait m’assassiner ». (2)

Toen ambassadeur Swinnen op 20 juni een derde
maal voor de commissie verscheen, werd hem
gevraagd de dramatische gebeurtenissen van 6 en
7 april te reconstrueren. Hij benadrukte dat hij de
bescherming van kolonel Marchal had geweigerd om
de volgende reden :

Quand on demande, le 20 juin, au cours de son troisième passage devant la commission, à l’ambassadeur
Swinnen de procéder à une reconstitution des événements dramatiques des 6 et 7 avril, il souligne qu’il a
refusé la protection du colonel Marchal pour la
raison suivante :

« Rekening houdend met de anti-Belgische
campagne die toen in alle hevigheid woedde, heb ik
beslist die bescherming niet te aanvaarden. Ik vreesde

« Devant la campagne anti-belge qui se déroulait
alors de manière violente, j’ai pris la décision de ne
pas accepter cette protection. Je craignais que, loin de

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Braeckman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 207.
(2) Hoorzitting met mevrouw De Temmerman, POR,
Senaat, 28 mei 1997, PV, blz. 23/5 tot 23/11 en blz. 24/1 tot 24/4
(BV, blz. 578).

(1) Audition de Mme Braeckman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 201.
(2) Audition de Mme De Temmerman, CER, Sénat, 28 mai
1997, PV, pp. 23/5 à 23/11 et pp. 24/1 à 24/4 (CRA, pp. 568569).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 518 )

dat in plaats van ons te beveiligen, de aanwezigheid
van UNAMIR het tegenovergestelde effect zou
hebben. »

nous apporter la sécurité, la présence de la MINUAR
risque d’avoir l’effet contraire. »

(...) « Elke dag predikte RTLM de haat. Op dat
ogenblik bereikt de anti-Belgische campagne haar
hoogtepunt en was het moeilijk de Belgische troepen
ter plaatse te laten. » (1)

(...) « La haine était crachée tous les jours sur les
ondes de RTLM. A ce moment-là, la campagne antibelge battait son plein et il était difficile de laisser les
troupes belges sur place. » (1)

3.8.2. Chronologie van de gebeurtenissen
(GMT-tijd)

3.8.2. Chronologie des événements
(heures G.M.T.)

Datum. — Date

Kigali

New York

Brussel. — Bruxelles

11.30 uur (plaatselijke tijd). —
11 h 30 (heure locale).
onderhoud tussen Kofi Annan en
ambassadeur Noterdaeme —
entretien entre Kofi Annan et
M. Noterdaeme
schriftelijk verslag in telegram
94/00623 — rapport écrit télégramme 94/00623

Voormiddag. — Avant-midi.
Vergadering
op
Buitenlandse
Zaken. — Réunion avec les Affaires
étrangères.
— de toestand in Rwanda maar
ook in Burundi is zeer gespannen —
situation tendue au RwandaBurundi
— eerste maatregelen in verband
met de crisissituatie worden getroffen — prise des premières mesures
situation de crise
— er wordt een nota doorgefaxt
aan minister Claes die in Boekarest
is — note transmise au ministre
Claes qui se trouve à Bucarest
12.46 uur. — 12 h 46.
Telex van minister Claes (452) naar
Washington. — Télex du ministre
Claes (452) à Washington
17.29 uur. — 17 h 29.
Ontvangst telegram DELBELONU
van ambassadeur Noterdaeme : —
Réception télégramme DELBELONU de M. Noterdaeme :
— drie
Belgische
soldaten
vermoord — trois soldats Belges
assassinés
— de presidentiële wacht houdt
tien (ontwapende) soldaten gevangen — dix retenus (désarmés) par la
garde présidentielle
— vlieghaven + Belgische C 130 in
handen van de presidentiële wacht
— aéroport + le C 130 belge aux
mains de la garde présidentielle

Woensdag 6 april Het presidentieel vliegtuig wordt
1994. — Mercredi 6 ’s avonds neergehaald (barricaden
avril 1994.
in de stad). — L’avion présidentiel
est abattu le soir (barricades dans
la ville).
Donderdag 7 april Tussen 9 en 13 uur. — Entre
1994. — Jeudi 7 avril 9 heures et 13 heures.
1994.
— moord op 10 Belgische
blauwhelmen — assassinat des dix
casques bleus Belges
— moord op eerste minister
Agathe en andere Rwandese
vooraanstaanden — assassinat de
la Première Ministre Agathe et de
personnalités rwandaises
Na 14 uur. — Après 14 heures.
Generaal Dallaire ontmoet kolonel Bagasora en de chef van de
rijkswacht. — Le général Dallaire
rencontre le colonel Bagasora et le
chef de la gendarmerie.
Beiden wijzen erop dat de
blauwhelmen gevaar lopen. —
Tous deux soulignent que les
casques bleus courent un danger.
16 uur. — 16 heures.
— het FPR verlaat de kampen en
de gevechten barsten opnieuw los
— le FPR sort des camps et les
combats reprennent
— telefonisch onderhoud tussen
generaal Dallaire en Kofi Annan
over de toestand ter plaatse (ten
minste drie gedode Belgische
soldaten...) — entretien téléphonique entre le général Dallaire et
M. Kofi Annan à propos de la
situation sur place (au moins trois
soldats Belges tués...)

20.40 uur. — 20 h 40.
— de Belgische autoriteiten vernemen de moord op de tien Belgische
blauwhelmen — les autorités Belges
apprennent la mort des dix casques
bleus Belges (CRA p. 3)

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 20 juni 1997, blz. 821-822.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CER, Sénat,
1996-1997, 20 juin 1997, pp. 803-804.

( 519 )
Datum. — Date

Kigali

1 - 611/7 - 1997/1998
New York

Brussel. — Bruxelles

21.20 uur. — 21 h 20.
Vergadering van het kernkabinet
(voorgezeten door min. Van
Rompuy). — Réunion cabinet
restreint (présidence min. Van
Rompuy).
— reactie op de dood van de tien
para’s en op de vermoedelijke dood
van drie burgers (te Gisenyi) — réaction à la suite de la mort des dix
paras et de sans doute trois civils (à
Gisenyi)
— Buitenlandse
Zaken
moet
contact opnemen met de VN om de
veiligheid van de Belgen te waarborgen — les Affaires étrangères
doivent prendre contact avec l’ONU
pour assurer la sécurité des Belges

22.30 uur. — 22 h 30.
Informatie van SGR (3692 — verslag
ad hoc blz. 129). — Information du
SGR (3692 — rapport ad hoc p.
129).
— talrijke
slachtpartijen

nombreux massacres

23.12 uur (Belgische tijd). — 23 h
12 (heure belge).
Washington. — Washington.
— laat weten dat de USA hun
ambassadepersoneel willen terugroepen (doc. SGR 4158 verslag ad
hoc blz. 129) — fait savoir que les
USA veulent rappeler leur personnel d’ambassade (doc. SGR 4158
rapport ad hoc p. 129)
— vraagt wijziging van de ROE
teneinde de buitenlanders te beschermen — demande modification des ROE pour protéger les
étrangers

Vrijdag 8 april 1994. — Code cable van de heer Booh— Vendredi 8 avril Booh naar de heer Kofi Annan :
1994.
UNAMIR bevindt zich in een
kritieke toestand : « This is a defensive survival exercice for UNAMIR » — Code cable de M. BoohBooh à M. Kofi Annan : La
MINUAR se trouve dans une
situation critique : « This is a defensive survival exercice for UNAMIR ».

12.30 uur-14.15 uur. — 12 h 3014 h 15.
— aankomst van de RPF-troepen
in Kigali (zij bevonden zich op
25 km) — arrivée des troupes FPR
dans Kigali (elles se trouvaient à
25 km)

Sitrep. van de militaire attaché van
de Franse ambassade in Washington overgemaakt aan SGR waarin
melding wordt gemaakt van
slachtingen, binnen en buiten
Kigali, van Tutsi’s en van opposanten van het Rwandese regime.
— Sitrep. de l’attaché militaire de
l’Ambassade française à Washington transmis au SGR qui fait état
de massacres à l’intérieur et à
l’extérieur de Kigali, commis
contre des Tutsis et des opposants
au régime rwandais.

00.06 GMT. — 00 h 06 GMT.
Telex van N.Y. naar ambassadeur
Noterdaeme. — Télex de N.Y. à
l’ambassadeur Noterdaeme.

De minister van Buitenlandse Zaken
heeft deze code cable niet ontvangen
(BV minister Claes — 24.06.1997,
blz. 838). — Le ministre des Affaires
étrangères n’a pas reçu ce code cable
(CRA M. Claes — 24.06.1997,
p. 820).

15 uur-17 uur. — 15 heures17 heures.
Kernkabinet onder het voorzitterschap van premier Dehaene — luitenant-generaal Charlier is aanwezig.
— Cabinet restreint - Présidence
M. Dehaene — le lieutenant général
Charlier est présent.
— beslissing om de Belgische
burgers te evacueren — décision
d’évacuer les civils belges

1 - 611/7 - 1997/1998
Datum. — Date

( 520 )
Kigali

New York

Brussel. — Bruxelles

— gevechten-plunderingen

moorden — combats-pillage —
assassinats

— de Veiligheidsraad wijzigt het
mandaat niet — le Conseil de sécurité ne transformera pas le mandat.
— hij stelt zich vragen over het
nut in de gegeven omstandigheden
van het behoud van UNAMIR — il
s’interroge sur l’utilité dans les
circonstances actuelles du maintien de la MINUAR.

— vraag aan Boutros Ghali om het
mandaat uit te breiden en MINUAR
te versterken maar niet met Belgische troepen — demande à
M. Boutros Ghali d’élargir le
mandat et de renforcer la MINUAR
mais pas par des troupes Belges

In de namiddag. — Dans l’aprèsmidi.
— de Belgen mogen hun huis niet
verlaten — les Belges ne peuvent
pas quitter leur maison
— generaal Dallaire kan de
ambassadeurs geen escorte bezorgen — le général Dallaire ne peut
pas fournir d’escortes aux ambassadeurs
— vergadering van acht MRNDministers bij de Franse ambassadeur om een burgerregering te
vormen — réunion de huit ministres MRND chez l’ambassadeur de
France pour former un gouvernement civil
— de troepen van KIBAT hebben
zich geleidelijk teruggeplooid en
gehergroepeerd in een kleiner
aantal kantonnementen — les
troupes de KIBAT se sont progressivement repliées et regroupées
dans un nombre plus limité de
cantonnements

17.20 uur. — 17 h 20.
Versturen telex 633. — Envoi du
télex 633
18.19 GMT. — 18 h 19 GMT.
Telex van Noterdaeme naar Brussel (190) : « UNO denkt aan
evacuatie van hun burgerpersoneel
indien Brussel de beslissing tot
evacuatie neemt ». — Télex de
Noterdaeme à Bruxelles (190) :
« ONU pense évacuer son personnel civil si une décision
d’évacuation devait être prise à
Bruxelles ».

17.52 uur. — 17 h 52.
Bericht uit New York : « Rwanda
verzet zich tegen Belgische interventie » (geruchten suggereren de
betrokkenheid van de Belgen bij de
aanslag op het vliegtuig) — « Garde
présidentielle ne permet pas aux
Belges d’utiliser aéroport de Kigali »
« attitude plus conciliante vis-à-vis
des Français » — (Telex DELBELONU van ambassadeur Noterdaeme). — Message en provenance
de New York : « Le Rwanda
s’oppose à l’intervention belge »
(rumeur implication des Belges dans
l’attentat de l’avion) — « Garde
présidentielle ne permet pas aux
Belges d’utiliser aéroport de Kigali »
« attitude plus conciliante vis-à-vis
des Français » — (Télex DELBELONU de l’ambassadeur Noterdaeme) (633).

22.30 uur GMT. — 22 h 30 GMT.
Telex 676 van ambassadeur
Noterdaeme naar Minafet —
verslag gesprek met Kofi Annam
die zegt : — Télex 676 de Noterdaeme à Minafet — Rapport
conversation avec Kofi Annan qui
dit :
— geen evacuatie via UNAMIR
want te duur — pas dévacuation
via la MINUAR car trop cher
— nationaal optreden is mogelijk
doch in overleg met VN. — intervention nationale est possible
si coordonnée avec l’ONU
Zaterdag 9 april 1994. 3.43 uur. — 3 h 43.
— Samedi 9 avril 1994 — de eerste Franse militairen
landen in Kigali — les premiers
militaires français atterrissent à
Kigali
7 uur. — 7 heures.
— het RPF zet het offensief in in
het noorden — le FPR passe à
l’offensive dans le nord

De blauwhelmen hergroeperen
zich en doen tal van evacuaties. —
Les casques bleus se regroupent et
procèdent à de nombreuses
évacuations.

Ochtend. — Matin.
— zeven C130 vertrekken naar
Nairobi — sept C130 partent pour
Nairobi
17.45 uur. — 17 h 45.
— Futur de la MINUAR sera
discuté la semaine prochaine
« Le Nigeria a cependant relevé la
nécessité de maintenir et de renforcer la MINUAR » — Futur de la
MINUAR sera discuté la semaine
prochaine
« Le Nigeria a cependant relevé la
nécessité de maintenir et de renforcer la MINUAR »

16.30 uur. — 16 h 30.
— twee Boeing 727 met militairen
— deux Boeing 727 avec des militaires

20.50 uur. — 20 h 50.
— één Boeing 727 — un Boeing 727

( 521 )
Datum. — Date

Kigali

Zondag 10 april 1994. Het RPF deelt mee dat het de stad
— Dimanche 10 avril Kigali bezet en dat in geval van een
1994.
nederlaag (van het RPF) de Belgen
in gevaar zijn. — Le FPR fait
savoir qu’il occupe la ville et
signale qu’en cas de défaite (du
FPR) les Belges seront en danger.

1 - 611/7 - 1997/1998
New York

Brussel. — Bruxelles

10 uur-12 uur. — 10 heures à
12 heures.
Kernkabinet maakt een stand van
zaken op over de evacuatie. — Cabinet restreint fait le point sur
l’évacuation.

14.43 uur. — 14 h 43
— de Belgische vliegtuigen krijgen toestemming om te landen —
autorisation pour les avions Belges
d’atterir

16.45 uur. — 16 h 45.
— eerste C130 landt — premier
C130 atterrit

’s avonds. — le soir.
— aankomst van 250 para’s in
Kigali — arrivée de 250 paras à
Kigali

Maandag 11 april — de evacuatieoperatie is aan de
1994. — Lundi 11 avril gang — opération évacuation en
cours
1994.
— alle blauwhelmen worden
gehergroepeerd op de luchthaven
— tous les casques bleus sont
regroupés à l’aéroport
— de Fransen kondigen aan dat
zij zich zullen terugtrekken vanaf
18 uur (bericht uit Ambabel
Nairobi) — les Français annoncent
qu’ils se retireront à partir de
18 heures (message d’Ambabel
Nairobi)
— slachtpartijen in Don Bosco —
massacres à Don Bosco

4.15 uur. — 4 h 15.
Aankomst van de eerste expats in
Brussel. — Arrivée des premiers
expatriés à Bruxelles.

10 uur-12 uur. — 10 heures à
12 heures.
Kernkabinet — Cabinet restreint
— 400 para’s ter plaatse — 400
paras sur place
— de minister van Buitenlandse
Zaken wordt verzocht Boutros
Ghali te ontmoeten naar aanleiding
van zijn rondreis in Europa — le
ministre des Affaires étrangères est
invité à rencontrer M. Boutros Ghali
à l’occasion de sa visite en Europe

14 uur. — 14 heures.
Debat in de Kamer — Débat à la
Chambre
Premier Dehaene legt uit dat de regering geen eenzijdige maatregelen
t.o.v. de VN zal nemen, maar dat
niet langer aan de voorwaarden is
voldaan om de Belgische troepen in
Rwanda te houden. — M. Dehaene
dit « que le gouvernement ne prendra pas de mesures unilatérales à
l’égard de l’ONU, mais que les
conditions pour le maintien des
troupes Belges ne sont plus réunies ».

1 - 611/7 - 1997/1998
Datum. — Date

( 522 )
Kigali

Dinsdag 12 april 1994. — ultimatum van het FPR (de
— Mardi 12 avril 1994. Belgen hebben 60 uren om zich
terug te trekken) (telex 227 van
Nairobi). — ultimatum du FPR
(60 heures pour se retirer) (télex
227 de Nairobi)

14.30 uur. — 14 h 30.
Telefoongesprek tussen ambassadeur Swinnen, minister Claes en de
heer Roelants. — Entretien téléphonique entre MM. Swinnen,
Claes et Roelants.
Sluiting van de Belgische ambassade. — Fermeture de l’Ambassade belge.

16.17 uur. — 16 h 17.
De UNAMIR verkrijgt van FAR
en RPF de toelating om de buitenlanders gedurende 48 uren te
evacueren (er is geen staakt-hetvuren). — La MINUAR obtient
des FAR et du FPR l’autorisation
d’évacuer les étrangers pendant
48 heures (ce n’est pas un cessez-lefeu).

New York

Brussel. — Bruxelles

15.27 uur. — 15 h 27 GMT.
Telegram uit New York van
Noterdaeme die rapporteert over
Amerikaanse houding: — Télégramme de New York de Noterdaeme faisant rapport sur
l’attitude américaine :
— UNAMIR kan mandaat niet
vervullen — la MINUAR ne peut
pas remplir son contrat
— UNAMIR moet zich uit
Rwanda terugtrekken — la
MINUAR doit évacuer le Rwanda

9.40 uur. — 9 h 40.
SGR bericht over massale slachtingen — probleem Don Bosco wordt
gemeld (SGR 3664). — Le SGR fait
état de massacres; l’on mentionne le
problème de Don Bosco (SGR 3664).

16.17 uur GMT. — 16 h 17 GMT
Bericht via DELBELONU uit New
York en van het Secr. gen. —
Message par l’intermédiaire de
DELBELONU à New York et du
Secr. gén.
— de interimregering verlaat
Kigali « as fighting between the
armed forces and the RPF intensified » — le gouvernement intérimaire quitte Kigali « as fighting
between the amed forces and the
RPF intensified »

10.30 uur-12.30 uur. — 10 h 3012 h 30.
Kernkabinet in aanwezigheid van de
ministers Delcroix en Derycke. —
Cabinet restreint en présence de
MM. Delcroix et Derycke.
— beslissing dat minister Claes de
ambassade mag sluiten — décide
que M. Claes pourra fermer
l’ambassade
— voorbereiding van de ontmoeting Claes-Boutros Ghali te Bonn
(terugtrekking van de Belgische troepen) — préparation de la rencontre
de M. Claes avec M. Boutros Ghali à
Bonn (retrait des troupes Belges)
— er wordt een telex gestuurd naar
de ambassade te Washington
(nr. 181) waarin het standpunt van
België over UNAMIR wordt uitgelegd

— envoi à l’ambassade de Washington d’un télex (nt 181) expliquant le
point de vue de la Belgique concernant la MINUAR
17 uur GMT. — 17 heures GMT.
Bericht DELBELONU New York :
« Le secrétariat ne devrait recevoir
que demain l’évaluation relative à
la sécurité de la MINUAR que le
représentant Booh-Booh et le général Dallaire devraient lui soumettre » (telex 327). — Message
DELBELONU New York: « Le
secrétariat ne devrait recevoir que
demain l’évaluation relative à la
sécurité de la MINUAR que le
représentant Booh-Booh et le général Dallaire devraient lui soumettre » (télex 327).
’s avonds. — Le soir.
Uit Washington komt nog een
precisering van de Amerikaanse
houding (telex 1479). — Un télégramme de Washington précise
l’attitude américaine (télex 1479)
— de VS volgen de houding van
de troepenleveranciers ook in hun
wens om hun troepen terug te
trekken — les USA partagent le
point de vue des pays qui fournissent des troupes et qui souhaitent
retirer celles-ci

Te Bonn : ontmoeting tussen minister Claes en Boutros Ghali — À
Bonn : rencontre entre M. Claes et
M. Boutros Ghali.
— minister Claes pleit voor terugtrekking : — le ministre Claes développe les arguments en faveur du
retrait :
— UNAMIR-aanwezigheid is
zinloos geworden — la MINUAR
est devenue sans objet
— UNAMIR is in gevaar — la
MINUAR est en danger
— er heerst een anti-Belgisch
klimaat — il règne un climat antibelge
Claes stelt dus voor de gehele
UNAMIR terug te trekken — donc
propose la suspension et le retrait de
la MINUAR
— De heer Boutros Ghali : « Je
partage
votre
analyse »

M. Boutros Ghali : « Je partage votre
analyse »

( 523 )
Datum. — Date

Kigali

1 - 611/7 - 1997/1998
New York

Brussel. — Bruxelles

Woensdag 13 april
1994. — Mercredi 13
avril 1994.

— brief van Boutros Ghali aan de
Veiligheidsraad — verslag van zijn
gesprek met minister Claes (Blue
Book blz. 259) : « puisque les Belges
s’en vont et que je me rends compte
que je ne pourrai pas les remplacer,
j’en tire toutes les conséquences »
— lettre de M. Boutros Ghali au
Conseil de sécurité concernant les
arguments développés en vue d’un
éventuel retrait de la MINUAR —
rapport de sa conservation avec
M. Claes (Bleu Book p. 259) :
« puisque les Belges s’en vont et que
je me rends compte que je ne pourrai pas les remplacer, j’en tire
toutes les conséquences »
— brief van de Belgische permanente vertegenwoordiger gericht
aan de voorzitter van de Veiligheidsraad van de VN : kondigt de
evacuatieoperatie aan. — lettre du
représentant permanent belge au
président du Conseil de sécurité
des Nations unies : annonce
l’opération d’évacuation
23.57 uur. — 23 h 57.
Telegram Noterdaeme nr. 674: —
Télégramme Noterdaeme no 674

Kernkabinet in afwezigheid van
minister Claes. — Cabinet restreint
en l’absence de M. Claes
— er wordt gevraagd de diplomatieke inspanningen om de opschorting van het mandaat te verkrijgen te
intensifiëren (BV — vergadering van
het kernkabinet van 13.4.1994) —
demande d’intensifier les efforts
diplomatiques pour aboutir à la
suspension du mandat (CRA —
réunion du cabinet restreint
13.4.1994).

Donderdag 14 april Ultimatum van de h. Booh-Booh
1994. — Jeudi 14 avril aan de stafchef van FAR
1994
(onmiddellijke hervatting van de
onderhandelingen over de Arushaakkoorden). — Ultimatum de M.
Booh-Booh au chef d’État major
des FAR (reprise immédiate des
négociations sur les accords
d’Arusha).

Geen beslissing van de Veiligheidsraad over de toekomst van
UNAMIR — er zijn slechts informele vergaderingen. — Pas de
décision du Conseil de sécurité sur
l’avenir de la MINUAR — des
réunions ne sont qu’informelles.

8.30 uur-10.30 uur. — 8 h. 3010 h 30.
Kernkabinet. — Cabinet restreint.
— bespreking van de diplomatieke
besprekingen die plaatshebben in de
Veiligheidsraad — commentaire des
discussions diplomatiques qui ont
lieu au sein du Conseil de sécurité
— de VN overwegen het behoud
van een kleine troepenmacht om de
vrede te handhaven en vragen België
te zorgen voor logistiek en experts.
Het kernkabinet weigert om experts
ter plaatse te houden maar
aanvaardt voor logistiek te zorgen.
— les Nations unies envisagent un
maintien d’un noyau pour maintenir
la paix et demanderaient à la Belgique de fournir du matériel et des
experts. On exclut de maintenir sur
place des experts mais on accepte de
fournir le matériel

Namiddag. — Après-midi.
Vergadering in hotel Méridien
generaal Dallaire met FAR en
FPR. — Réunion à l’hôtel Méridien — général Dallaire avec FAR
et FPR.
Gevechten met zware wapens te
Kigali. — Combats à l’arme
lourde à Kigali.

Boutros Ghali legt de Veiligheidsraad twee opties voor : — M.
Boutros Ghali soumet deux
options au Conseil de sécurité :
— een beperkte kern (zonder de
Belgen) behouden voor een
beperkte periode — maintenir un
noyeau (sans les Belges) pour une
période limitée
— totale
terugtrekking
met
behoud van een vertegenwoordiger van de VN en de « Force
commander » die als tussenpersonen kunnen optreden bij onderhandelingen — retrait total avec
maintien d’un représentant de
l’ONU et le Force commander
pour servir d’intermédiaire dans
les négociations
Beide opties veronderstellen een
staakt-het-vuren. — Ces deux
options supposent un cessez-le-feu.

16.30 uur-17.30 uur. — 16 h 3017 h 30.
Kernkabinet. — Cabinet restreint.
— men bestudeert de mogelijke
evacuatie van UNAMIR — on
étudie l’évacuation possible de la
MINUAR
— minister Claes deelt mee dat de
meeste leden van de Veiligheidsraad
het Belgische standpunt goedkeuren
— le ministre Claes fait savoir que la
plupart des pays membres du
Conseil de sécurité approuvent le
point de vue de la Belgique

1 - 611/7 - 1997/1998
Datum. — Date

( 524 )
Kigali

Vrijdag 15 april 1964. 12 uur. — 12 heures.
— Vendredi 15 avril — de evacuatie van de burgers is
1994.
beëindigd — évacuation des civils
est terminée
— de Belgische interventiemacht
zit in Nairobi — la force
d’intervention belge se trouve à
Nairobi
— de toestand is zeer moeilijk —
geen staakt-het-vuren — la situation est très difficile — Pas de
cessez-le-feu
— de UNAMIR en het vliegveld
worden verder beschoten — la
MINUAR et l’aérodrome sont
toujours pris pour cible

New York

Brussel. — Bruxelles

Vergadering van de Veiligheidsraad. — Réunion du Conseil
de sécurité.

9.30 uur-10.30 uur. — 9 h 30 à
10 h 30.
Kernkabinet. — Cabinet restreint.
— de minister van Buitenlandse
Zaken wordt gevraagd een brief te
schrijven naar de secretaris-generaal
van de VN en naar de Veiligheidsraad waarin gezegd wordt dat
het mandaat zinloos is geworden en
dat het niet langer mogelijk is voor
de Belgische troepen om deel te
nemen aan die operatie (brief Blue
Book, blz. 261) — le ministre des
Affaires étrangères est chargé
d’écrire au secrétaire général et au
Conseil de sécurité que le mandat est
devenu inutile et qu’il n’est plus
possible pour les troupes Belges de
participer à cette opération (lettre
Blue Book p. 261)
— de minister van Landsverdediging krijgt de opdracht contact op
te nemen met generaal Dallaire en
met kolonel Marchal om de terugtrekking van de Belgische blauwhelmen voor te bereiden. — le ministre
de la Défense doit se charger de prendre contact avec le général Dallaire
et le colonel Marchal pour préparer
le retrait des Casques bleus Belges
10.39 uur. — 10 h 39.
Minister Claes stuurt een telegram
(402) naar de betrokken ambassadeurs om de beslissing tot terugtrekking uit te leggen en verspreidt
daarna een perscommuniqué. — Le
ministre Claes envoie un télégramme (402) aux ambassaseurs
concernés pour expliquer la décision
du retrait et puis il diffuse un
communiqué de presse.

Ambassadeur Noterdaeme brengt
verslag uit over de besprekingen
die in de Veiligheidsraad hebben
plaatsgehad (telex 691 van New
York
van
16.04.94).

L’ambassadeur Noterdaeme fait
rapport des discussions qui ont eu
lieu au Conseil de sécurité (télex
no 691 de New York du 16.04.94).

Zaterdag 19 en zondag Evacuatie van de Belgische
20 april 1994. — blauwhelmen. — Évacuation des
Samedi 19 et dimanche casques bleus Belges
20 avril 1994.

14 uur-15 uur. — 14 heures
15 heures
Kernkabinet. — Cabinet restreint.
— neemt kennis van de beslissingen
van de Veiligheidsraad — « Council
members took note of and fully
understood Belgium’s decision to
withdraw its troops UNAMIR at the
same time that it is repatriating
troops that have been providing
security for the evacuation of foreign
nationals » — prend connaissance
des décisions du Conseil de sécurité
— « Council members took note of
and fully understood Belgium’s decision to withdraw its troops
UNAMIR at the same time that it is
repatriating troops that have been
providing security for the evacuation of foreign nationals »

( 525 )
Datum. — Date

Kigali

Maandag 21 april
1994. — Lundi 21 avril
1994.

1 - 611/7 - 1997/1998
New York

Brussel. — Bruxelles

De Veiligheidsraad neemt zijn
beslissing en keurt resolutie 912
goed die UNAMIR reduceert tot
een symbolische aanwezigheid in
Kigali — Le Conseil de sécurité
prend sa décision et adopte la résolution 912 qui réduit la MINUAR
à une présence symbolique à
Kigali.

3.8.3. Besluit tot terugtrekking van de troepen

3.8.3. La décision de retrait des troupes

Naar aanleiding van de gebeurtenissen van 6 april
1994, heeft de Belgische regering een aantal beslissingen genomen. De chronologische volgorde daarvan
werd reeds uiteen gezet. Samengevat heeft de regering
besloten de Belgische burgers te evacueren waarbij ze
er bij de Secretaris-generaal van de UNO op aandrong
om de veiligheid van de UNO-troepen te versterken.
Daarnaast besloot de regering de Belgische troepen
uit UNAMIR terug te trekken.

Suite aux événements du 6 avril 1994, le gouvernement belge a été amené à prendre une série de décisions. On a vu la chronologie de celles-ci. En synthèse,
il a décidé l’évacuation des ressortissants civils belges,
en insistant auprès du Secrétaire général de l’ONU
pour que la sécurité des forces de l’ONU soit renforcée. Il a ensuite décidé de retirer les troupes belges
participant à la MINUAR.

3.8.3.1. Pogingen om het mandaat te wijzigen en
evacuatie van de burgers

3.8.3.1. Les tentatives de modifier le mandat et
l’évacuation des ressortissants

Als gevolg van de aanslag waarbij president
Habyarimana de dood heeft gevonden, heeft minister
Claes naar Washington en New York op 7 april 1994
om 12 u 46 GMT de volgende telex verzonden (dus
nog vóór hij op de hoogte was van de dood van
10 paracommando’s) :

Suite à l’attentat qui a entraı̂né la mort du président
Habyarimana, le ministre Claes adresse à Washington et à New York le 7 avril 1994 à 12 heures 46 GMT
(soit avant d’avoir en connaissance de la mort des
10 paracommandos) le télex suivant :

« 1. Ingevolge de huidige veiligheidssituatie in
Kigali kan het ambassadepersoneel het kanselarijgebouw niet bereiken. Zodra dit wel mogelijk is, kan
per telex verslag uitgebracht worden over de gebeurtenissen en dat zal u herhaald worden.

« 1. En raison de l’insécurité actuelle à Kigali, le
personnel de l’ambassade ne peut pas atteindre le
bâtiment de la chancellerie. Dès que ce sera possible,
l’on pourra faire rapport des événements par télex à
intervalles réguliers.

2. Het is niet uitgesloten dat de aanslag van 6 april
1994 op het vliegtuig waarin de presidenten van
Rwanda en Burundi zaten, uitmondt in een militaire
staatsgreep of in massale slachtpartijen tussen de verscheidene rivalen.

2. Il n’est pas exclu que l’attentat commis le 6 avril
1994 contre l’avion dans lequel se trouvaient les présidents du Rwanda et du Burundi débouche sur un
coup d’état militaire ou sur des massacres généralisés
entre les différents rivaux.

Indien er veel doden vallen zal de openbare opinie
niet begrijpen dat UNAMIR non-actief zou blijven,
zich verschuilend achter een beperkt mandaat.

S’il devait y avoir de nombreux morts, l’opinion
publique ne comprendrait pas que la MINUAR reste
passive, se réfugiant derrière la limitation de son
mandat.

3. Ik zou het op prijs stellen zo Washington, New
York en Parijs de respectieve autoriteiten zouden
ondervragen over hun zienswijze omtrent de rol van
UNAMIR in een dergelijke hypothese.

3. J’apprécierais que Washington, New York et
Paris interrogent les autorités respectives au sujet de
leur point de vue sur le rôle que devrait jouer la
MINUAR dans une telle hypothèse.

4. Ik meen dat UNAMIR op basis van de
bestaande lijsten van gekende politici in Rwanda,

4. J’estime que la MINUAR doit pouvoir, sur la
base des listes existantes des hommes politiques

1 - 611/7 - 1997/1998

( 526 )

indien daarom verzocht, aan die mensen een bescherming zou kunnen verlenen zonder daarom partij te
kiezen.

connus au Rwanda, offrir une protection aux intéressés sans pour cela prendre parti.

De vraag rijst of dit overeenstemt met het mandaat,
punten 3a en c van resolutie 872 die als volgt luidden :

Force est de se demander si ceci sera en accord avec
le mandat tel qu’il figure aux points 3a et c de la résolution 872, qui sont rédigés comme suit :

a. Contribuer à assurer la sécurité de la ville de
Kigali, notamment à l’intérieur de la zone libre
d’armes établie par les parties s’étendant dans la ville
et dans ses alentours;

a. Contribuer à assurer la sécurité de la ville de
Kigali, notamment à l’intérieur de la zone libre
d’armes établie par les parties s’étendant dans la ville
et dans ses alentours;

c. Superviser les conditions de la sécurité générale
dans le pays pendant la période terminale du mandat
du gouvernement de transition, jusqu’aux élections. »

c. Superviser les conditions de la sécurité générale
dans le pays pendant la période terminale du mandat
du gouvernement de transition, jusqu’aux élections.

5. Graag had ik ook de mening van de VN gekend
omtrent de eventuele mogelijkheid van België op bilaterale wijze een beroep te doen op de Belgische blauwhelmen om, buiten UNAMIR om, indien nodig, hulp
te verstrekken aan Belgen en andere buitenlanders in
nood, bijvoorbeeld in geval van evacuatie.

5. J’aimerais également connaı̂tre l’avis de l’ONU
sur la possibilité, pour la Belgique, de faire appel de
manière bilatérale aux casques bleus belges afin de
prêter assistance, si nécessaire, aux Belges et aux
étrangers en danger, par exemple en cas d’évacuation.

Inderdaad, indien effectief de veiligheid van de
Belgen in gevaar komt, blijkt het niet mogelijk dat
Belgische militairen geen bijstand zouden verlenen
aan landgenoten die in gevaar zijn. » (1)

En effet, il ne semble pas possible, si la sécurité des
Belges était effectivement menacée, que les militaires
belges ne prêtent pas assistance à leurs compatriotes
en danger. » (traduction) (1)

Minder dan vijf uur later, te weten om 17 u 29
GMT, loopt het antwoord binnen van onze vaste afgevaardigde bij de VN, de heer Noterdaeme :

Moins de cinq heures après, soit à 17 h 29 GMT,
parvient la réponse de notre délégué permanant aux
Nations Unies, M. Noterdaeme.

« 1. Bij afwezigheid van de secretaris-generaal en
overeenkomstig uw richtlijnen heb ik deze morgen
om 11 u 30 de adjunct-secretaris-generaal belast met
de peacekeeping, de heer Kofi Annan, ontmoet. Zijn
adjunct, onder-secretaris-generaal Riza, had net
generaal Dallaire aan de telefoon gehad en beschikte
dus over informatie uit de eerste hand.

« 1. En l’absence du Secrétaire général et conformément à vos instructions, j’ai recontré ce matin à 11
h 30 le secgen adjoint chargé du Peacekeeping, M.
Kofi Annan. Son adjoint, le sous-secgen Riza, venait
d’avoir eu le général Dallaire en ligne et disposait
donc de renseignements de première main.

2. Volgens de analyse van generaal Dallaire gaat
de belangrijkste dreiging uit van de « Garde présidentielle » en van een aantal elementen van de « Forces
armées rwandaises » (FAR). De « gendarmerie » zou
loyaal gebleven zijn en zou trachten de gemoederen te
bedaren. De persoonlijke vertegenwoordiger van de
secretaris-generaal, de heer Booh-Booh, poogt een
crisiscomité op te richten waarvan deel uitmaken, de
« gendarmerie », de UNAMIR, de FAR ...

2. Selon l’analyse du général Dallaire, la menace
principale vient de la Garde présidentielle et de
certains éléments des forces armées rwandaises
(FAR). La gendarmerie serait restée loyale et tenterait
de calmer le jeu. Le représentant personnel du Secgen,
Booh-Booh, essaye d’établir un Comité de crise
englobant la gendarmerie, la MINUAR, les FAR...

3. Volgens Dallaire zouden er ten minste 3 Belgische soldaten van UNAMIR gedood zijn (generaal
Dallaire heeft de lichamen gezien). Tien andere Belgische soldaten van UNAMIR bevinden zich nog steeds
in handen (ontwapend) van de « Garde présidentielle », die verantwoordelijk is voor de moord op de drie
Belgische soldaten. Dallaire heeft geen toestemming

3. Selon Dallaire, au moins 3 soldats belges de la
MINUAR ont été tués (général Dallaire a vu les
corps). 110 autres soldats belges de la MINUAR sont
toujours détenus (désarmés) par la Garde présidentielle responsable du meurtre des 3 soldats belges.
Dallaire n’a pas été autorisé à contacter ces 10 autres
soldats. Le Premier ministre, dont la protection était

——————

——————

(1) Telex nr. 452.

(1) Télex no 452.

( 527 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gekregen om contact op te nemen met de 10 andere
Belgische soldaten. De eerste minister in wiens
bescherming wordt voorzien door 13 Belgische soldaten, zou eveneens omgebracht zijn (doch dat is niet
bevestigd).

assurée par ces 13 soldats belges, aurait également été
tuée (mais cela n’est pas confirmé).

4. De luchthaven en de Belgische C-130 die zich
daar bevindt, staan onder de controle van de « Garde
présidentielle » en zijn dus niet bereikbaar voor
UNAMIR. Te Kigali vecht een deel van het FPRbataljon in de straten. In de gedemilitariseerde zone
trekken gewapende elementen van het FPR (waarvan
het secretariaat het aantal niet kent) op naar Kigali
zodat het risico van een omvangrijk militair treffen
toeneemt.

4. L’Aéroport et le C-130 belge qui s’y trouve sont
sous contrôle de la Garde présidentielle et ne sont
donc pas accessibles à la MINUAR. À Kigali, une
partie du bataillon FPR se bat dans les rues. Dans la
zone démilitarisée, des éléments armés du FPR (non
quantifiés par le secrétariat) se dirigent vers Kigali, ce
qui accroit le risque d’une déflagration militaire
majeure.

5. Aan de heer Kofi Annan heb ik de vragen gesteld
in VT 452.

5. J’ai posé à M. Kofi Annan les questions contenues dans VT 452.

5.1. Berscherming van de Rwandese politici.

5.1. Protection des politiciens rwandais.

Ofschoon dat niet valt onder haar mandaat, zal
UNAMIR binnen de perken van haar middelen de
politici beschermen. Met die bescherming werd overigens reeds aangevangen omdat de eerste minister
beschermd werd door Belgische soldaten van
UNAMIR. Evenzo is Kofi Annan van oordeel dat
UNAMIR alles in het werk zal stellen om te pogen de
slachtingen te voorkomen of te beperken.

Bien que cela ne fasse pas partie du mandat, la
MINUAR, dans la limite de ses moyens, se chargera
de protéger les politiciens. Cette protection a
d’ailleurs déjà débuté puisque le Premier ministre
était protégée par des soldats belges de la MINUAR.
De même, Kofi Annan estime que la MINUAR fera
tout ce qui est en son pouvoir pour essayer de prévenir
ou de diminuer les massacres.

5.2. Taak van de Belgische blauwhelmen om ter
hulp te komen van Belgische burgers (bijstand of
evacuatie).

5.2. Rôle des Casques bleus belges pour venir en
aide aux civils belges (assistance ou évacuation).

Kofi Annan heeft duidelijk herinnerd aan het feit
dat elke beslissing ter zake alleen door de Force
Commander, generaal Dallaire, kan worden genomen. Hij en hij alleen kan de toestand inschatten en
een beslissing nemen die, rekening houdend met
talrijke parameters, haalbaar is. Die parameters
houden in hoofdzaak verband met de veiligheid van
de soldaten van UNAMIR. Hij zal met andere woorden voorkomen een toestand te scheppen die tot
represailles leidt, waardoor de veiligheid of het leven
van de blauwhelmen in gevaar komt. Annan heeft
evenwel reeds aan generaal Dallaire opgedragen
contact op te nemen met onze ambassadeur te Kigali
om samen met hem na te gaan of er een samenwerking
mogelijk is tussen UNAMIR en de Belgische officiële
instanties voor een eventuele evacuatie van de
burgers.

Kofi Annan a clairement rapelé que toute décision
en la matière ne peut être prise que par le commandant de la Force, le général Dallaire. C’est à lui et à lui
seul qu’il appartient d’évaluer la situation et de décider, en fonction de nombreux paramètres, ce qui est
faisable. Ces paramètres sont principalement liés à la
sécurité des soldats de la MINUAR. En d’autres
termes, il évitera de créer une situation risquant
d’engendrer des représailles pouvant compromettre la
sécurité ou la vie des Casques bleus. Annan a cependant déjà donné instruction au général Dallaire de
prendre contact avec notre Ambassadeur à Kigali afin
d’étudier avec lui la coopération possible entre la
MINUAR et officiels belges pour l’éventuelle évacuation des civils.

Kofi Annan heeft eraan herinnerd dat alles wat
voorafgaat, slechts kan worden uitgevoerd in het
kader van de bestaande ROE. Zoals dat het geval is
voor elke vredeshandhavingsoperatie die niet ressorteert onder hoofdstuk VII, is het op grond van die
ROE slechts toegestaan te schieten in geval van zelfverdediging. Een offensief optreden om Belgen te
redden is dus voor de blauwhelmen niet mogelijk
tenzij ze zelf bedreigd worden. Onder het bevel van

Kofi Annan a rappelé que tout ce qui précède ne
peut se faire que dans le cadre des règles d’engagement
existantes. Ces règles d’engagement, comme c’est le
cas pour toute opération de maintien de la paix
n’étant pas sous chapitre VII, n’autorisent à tirer
qu’en cas d’auto-défense. Il n’est donc pas possible
pour les Casques bleus d’intervenir de manière offensive, s’ils ne sont pas eux-mêmes menacés, pour
sauver des Belges. Par contre, sous les ordres de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 528 )

Dallaire mochten zij daarentegen wel optreden om
Belgen te bevrijden in het kader van de « vredesonderhandelingen » met de partijen.

Dallaire, ils pourraient intervenir pour libérer des
Belges dans le cadre de « négociations pacifiques »
avec les parties.

5.3. Uitbreiding van het mandaat van UNAMIR.

5.3. Renforcement du mandat de la MINUAR.

De uitbreiding van het mandaat van de blauwhelmen zou twee soorten beslissingen kunnen inhouden :
een uitbreiding van de UNAMIR-troepen om beter
het hoofd te kunnen bieden aan de nieuwe situatie en
een wijziging van het mandaat waardoor een offensievere houding mogelijk wordt. Een dergelijke uitbreiding zou dagen vergen want daarvoor is een beslissing
van de Veiligheidsraad vereist. Men mag niet vergeten
dat het niet gemakkelijk is over te gaan tot een operatie in het kader van hoofdstuk VII. Een soortgelijke
beslissing zou immers een volledige wijziging inhouden van de oorspronkelijke operatie waarvoor de
Amerikanen, de Britten en de Russen maar een matig
enthousiasme konden opbrengen en waarvoor alleen
defensieve middelen werden uitgetrokken. Men mag
daarenboven niet vergeten dat de instemming vereist
zou zijn van de regeringen van de landen die troepen
leveren (Ghana, Bangladesh...). Tenslotte ligt het
politiek moeilijk de uitbreiding van het mandaat te
beperken tot de bescherming van buitenlanders. Die
uitbreiding moet natuurlijk ook de hele Rwandese
bevolking ten goede komen.

Le renforcement du mandat des Casques bleus
pourrait impliquer deux types de décisions : un
renforcement en effectifs de la MINUAR pour la
mettre mieux à même de faire face à la nouvelle situation et une modification du mandat permettant une
attitude plus offensive. Ce renforcement prendrait des
jours car il implique une décision du Conseil de Sécurité. Il ne faut pas oublier qu’il n’est pas aisé de passer
à une opération sous le chapitre VII. Une semblable
décision modifierait, en effet, complètement l’environnement de l’opération originale qui n’était déjà
appuyée que du bout des lèvres par les Américains, les
Britanniques et les Russes et qui ne dispose que de
moyens défensifs. On ne peut, de plus, oublier qu’il
faudrait l’accord des Gouvernements des payscontributeurs de troupes (Ghana, Bangladesh...).
Enfin, il serait politiquement délicat de limiter cette
extension du mandat à la protection d’étrangers. Elle
devrait bien sûr concerner l’ensemble de la population rwandaise.

5.4. Ik heb Kofi Annan natuurlijk ook gewezen op
de ondraaglijke druk die door de Belgische publieke
opinie zou worden uitgeoefend mocht de afslachting
van Belgen doorgaan. In dit verband heb ik informeel
gepeild naar zijn reactie op een eventuele Belgische
beslissing om enerzijds een Belgisch bataljon te sturen. Kofi Annan heeft die idee niet verworpen. Hij
heeft natuurlijk wel gewezen op het belang van een
zeer nauwe samenwerking in dat geval tussen het
Belgisch bataljon dat tot taak zou hebben de internationale kolonie te beschermen en eventueel te evacueren en UNAMIR die andere prioriteiten heeft. »
(vertaling) (1).

5.4. J’ai bien sûr souligné auprès de Kofi Annan les
pressions insupportables de l’opinion publique belge
au cas où le massacre de Belges se poursuivrait. Àcet
égard, je l’ai sondé informellement sur une éventuelle
décision belge d’envoyer unilatéralement un bataillon
de Belgique. Kofi Annan n’a pas rejeté cette idée. Il a
évidemment souligné l’importance dans une telle
hypothèse d’une coordination très étroite entre le
bataillon belge, qui aurait pour mission de protéger et
éventuellement d’évacuer la colonie internationale, et
la MINUAR, qui a évidemment d’autres priorités » (1).

Diezelfde dag vergaderen, op het administratieve
niveau, de bevoegde diensten van Buitenlandse
Zaken onder het voorzitterschap van de secretarisgeneraal.

Au niveau administratif, les services compétents
des Affaires étrangères se réunissent, ce même jour,
sous la présidence du secrétaire général.

Op het einde van de vergadering wordt een informatieve nota opgesteld ter attentie van minister Claes
te Boekarest.

À la fin de cette réunion, une note informative est
établie à l’attention du ministre Claes à Bucarest.

« Io Kigali

« Io Kigali

1. Personeel

1. Personnel

Degenen die met verlof zijn worden teruggeroepen;

Ceux qui sont en congé sont rappelés.

Het betreft : — de nr. 2 Colyn.
— kanselier Fonteyn.

Cela concerne : — Le no 2 Colyn.
— Le chancelier Fonteyn.

——————
(1) Telex nr. 623.

——————
(1) Télex no 623.

( 529 )
Ambassadeur moet lokaal personeel terugroepen
als het ter plaatse met verlof is
2. Communicatie

1 - 611/7 - 1997/1998

L’ambassadeur doit rappeler le personnel local s’il
est en congé sur place.
2. Communication

— Gezien schietpartijen is er thans niemand op
kanselarij.

— Vu les tirs, il n’y a personne à la chancellerie.

Departement heeft telefonisch contact met ambassadeur.

Le département a un contact téléphonique avec
l’ambassadeur.

— Gevraagd zal worden of hij iemand naar kanselarij kan zenden om radio te bemannen.

— On lui demandera s’il peut envoyer quelqu’un à
la chancellerie pour assurer de la radio.

3. Aantal Belgen in Rwanda
1 520 waarvan : — 38 verbonden met ambassade;
1 520 waarvan : — 78 militairen;
1 520 waarvan : — 324 verbonden met ABOS;
1 520 waarvan : — 214 religieuzen;
1 520 waarvan : — 240 vebonden met NGO’s
1 520 waarvan : ———
1 520 waarvan :
890
1 520 waarvan : + 630 anderen
1 520 waarvan : ———
1 520 waarvan : 1 520 Belgen
4. Verbindingen
— Vandaag bevindt zich een normaal lijnvliegtuig
van Sabena in Bujumbura;

3. Nombre de Belges au Rwanda
1 520 dont : — 38 ayant un lien avec
l’ambassade;
1 520 dont : — 78 militaires;
1 520 dont : — 324 ayant un lien avec l’AGCD;
1 520 dont : — 214 religieux;
1 520 dont : — 240 ayant un lien avec les ONG
1 520 dont : ———
1 520 dont :
890
1 520 dont : + 630 autres
1 520 dont : ———
1 520 dont : 1 520 Belges
4. Liaisons
— Aujourd’hui, il y a un avion de ligne normal de
la Sabena à Bujumbura;

— Een C-130 bevindt zich in Nairobi;

— Un C-130 se trouve à Nairobi;

— Uitvalswegen via de baan leiden naar :
- Burundi;
- Tanzania;
- Zaı̈re (Goma).

— Les routes de sortie mènent :
- Au Burundi;
- À la Tanzanie;
- Au Zaı̈re (Goma).

5. Posten in Tanzania en Kenia worden in « standby » gesteld.

5. Les postes en Tanzanie et au Kenya sont mis en
« stand-by ».

6. Contact wordt genomen met Kinshasa (ambassadeur Coenen) om na te gaan hoe hij personeel naar
Goma zou kunnen krijgen mochten Belgen daar bijstand nodig hebben.

6. Il est pris contact avec Kinshasa (l’ambassadeur
Coenen) pour voir comment il pourrait obtenir du
personnel à Goma si des Belges devaient y avoir
besoin d’aide.

7. In Tanzania is alleen een kanselier. Ambassadeur is wegens hartaanval met ziekteverlof. Maricou
wordt in stand-by gebracht om eventueel naar Tanzania te vertrekken.

7. En Tanzanie, il n’y a qu’un chancelier.
L’ambassadeur est en congé de maladie à cause d’un
arrêt cardiaque. Maricou est mis en stand-by pour
éventuellement se rendre en Tanzanie.

IIo Burundi

IIo Burundi

— Verloven worden ingetrokken.

— Les congés sont supprimés.

— Aanwezige Belgen : 1 370.

— Belges présents : 1 370.

IIIo Algemeen

IIIo Généralités

1. Onmiddellijk moeten instructies gemaakt
worden voor Kigali en Bujumbura betreffende houding aan te nemen ten aanzien van asielzoekers.

1. Il faut élaborer immédiatement des instructions
à l’intention de Kigali et de Bujumbura concernant
l’attitude à adopter à l’égard des demandeurs d’asile.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 530 )

2. Een duidelijke briefing moet ter beschikking
van persdienst gesteld worden met betrekking tot rol.

2. Il faut mettre un briefing clair à la disposition du
service de presse concernant leur rôle.

3. Crisiscentrum moet in stand-by gesteld worden.
Lijsten van permanentie ook voor week-end moeten
vastgesteld zijn en materieel gecontroleerd worden,
zodat het ogenblikkelijk kan functioneren.

3. Le centre de crise doit être mis en stand-by. Il
faut établir des listes de permanence pour les weekends également et contrôler le matériel, pour qu’il
puisse fonctionner immédiatement.

4. Een lijn voor politieke besluitvorming moet uitgestippeld worden. Dit is vooral belangrijk in geval
van grote moordpartijen. » (1)

4. Il faut définir une ligne de décision politique.
C’est surtout important en cas de grands massacres. »
(traduction) (1)

Op 7 april is de Ministerraad om 21.30 uur in
spoedvergadering bijeengekomen onder het voorzitterschap van vice-eerste minister Van Rompuy.

Le 7 avril à 21 h 30, le Conseil des ministres se
réunit d’urgence sous la présidence du vice-Premier
ministre, M. Van Rompuy.

De regering is zich onmiddellijk bewust van de
ernst van de situatie en haar grootste zorg is de veiligheid van de Belgische onderdanen. Ze keurt de
volgende beslissing goed :

Le Gouvernement s’est immédiatement rendu
compte de la gravité de la situation et s’est préoccupé
principalement de la sécurité des ressortissants
belges : il adopte la déclaration suivante :

« 1. Het hierbijgevoegd communiqué wordt goedgekeurd.

« 1. Le communiqué ci-joint est adopté.

2. De minister van Landsverdediging wordt ermee
belast om alle nodige maatregelen te nemen ter voorbereiding van een eventueel vertrek op korte termijn
van Belgische militairen naar Rwanda. Deze zouden
worden ingezet in geval het leven van Belgische onderdanen verder zou worden bedreigd.

2. Le ministre de la Défense est chargé de prendre
les mesures nécessaires pour préparer un départ éventuel pour le Rwanda, à court terme, des militaires
belges. Ces derniers seraient engagés au cas où la vie
de ressortissants belges serait davantage menacée.

3. De minister van Buitenlandse Zaken wordt
ermee belast om onmiddellijk bij de Verenigde Naties
tussen te komen, opdat de Belgische troepen in
Rwanda zouden kunnen tussenkomen om de veiligheid van de Belgische onderdanen te waarborgen.

3. Le ministre des Affaires étrangères est chargé
d’intervenir immédiatement auprès des Nations unies
pour que les troupes belges au Rwanda puissent intervenir en vue de garantir la sécurité des ressortissants
belges.

4. Aan de bevelhebber van de Belgische VNtroepen in Rwanda wordt gevraagd zich voor te bereiden om naar best vermogen de bescherming van de
Belgen te verzekeren. » (2)

4. L’on demande au commandant des troupes
belges de l’ONU au Rwanda de se préparer à assurer
du mieux possible la protection des Belges. » (2)

Op 8 april om 0.06 uur GMT stuurt de heer Noterdaeme de volgende telex (3) naar minister Claes :

Le 8 avril, à 0 heure 06 GMT, M. Noterdaeme
adresse au Ministre Claes le télex (3) suivant :

« 1. De Veiligheidsraad heeft vanavond een verklaring van de voorzitter goedgekeurd over de recente
gebeurtenissen in Rwanda. In die verklaring wordt de
secretaris-generaal verzocht zo vlug mogelijk verslag
uit te brengen bij de Raad over de omstandigheden
die hebben geleid tot de dood van de presidenten van
Burundi en Rwanda.

« 1. Le Conseil de sécurité a adopté ce soir une
déclaration présidentielle relative aux récents événements survenus au Rwanda. Cette déclaration invite
le Secrétaire général à faire rapport au plus tôt au
Conseil sur les circonstances ayant entraı̂né la mort
des Présidents du Burundi et du Rwanda.

De Raad veroordeelt de hervatting van de gevechten in Rwanda en de dood van de tien Belgische soldaten.

Le Conseil condamne la reprise des combats au
Rwanda et la mort des 10 soldats belges.

Hij vraagt de Rwandese strijdkrachten en de
andere actievoerende partijen maatregelen te nemen
om de veiligheid in het land te vergroten.

Il demande aux forces armées rwandaises et aux
autres factions que toutes les mesures soient prises
pour renforcer la sécurité à travers le pays.

——————

——————

(1) Nota van de secretaris-generaal van het departement van
Buitenlandse Zaken van 7 april 1994.
(2) Verslag van de Ministerraad van 7 april 1994.
(3) Telex nr. 628.

(1) Note du secrétaire général du département des Affaires
étrangères, M. Roelands du 7 avril 1994.
(2) Compte rendu du Conseil des ministres du 7 avril 1994.
(3) Télex no 628.

( 531 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De uiterst bezorgde Raad vraagt de secretarisgeneraal verslag uit te brengen en maatregelen te
nemen om de veiligheid van het UNO-personeel te
waarborgen.

Le Conseil, extrêmement préoccupé, demande au
Secrétaire général de faire rapport et de prendre les
mesures nécessaires pour assurer la sécurité du
personnel de l’ONU.

Ten slotte vraagt de Raad alle partijen en groeperingen af te zien van geweld en de veiligheid van de
burgerbevolking en van de buitenlanders die in
Rwanda leven, te respecteren.

Enfin le Conseil appelle toutes les parties et factions
à ne pas recourir à la violence et à respecter la sécurité
de la population civile et des communautés étrangeres
vivant au Rwanda.

2. Na mijn onderhoud met de secretaris-generaal
van ons departement, doe ik een poging om u opnieuw het begrippenapparaat te schetsen binnen
hetwelk de UNO-diplomaten denken en handelen.
De Verenigde Naties zijn betrokken bij zeventien
peacekeepin-operaties waaraan 70 000 peacekeepers
meewerken. Behalve in enkele zeer zeldzame gevallen
voorzien de mandaten in een peacekeepingopdracht
van de blauwhelmen in het kader van een vredesproces dat door de partijen is erkend. Willen de VN de
opdracht respecteren, dan moeten ze een zo groot
mogelijke neutraliteit in acht nemen. In Somalië (een
operatie die nochtans onder hoofdstuk VII viel)
hebben we gezien dat een te voluntaristische politiek
kon worden gevoerd die geen rekening hield met dit
neutraliteitsdoel.

2. Suite à ma discussion avec le Secrétaire général
de notre Département, je vais essayer de vous redessiner le cadre conceptuel dans lequel pensent et agissent
les diplomates de l’ONU. La MINUAR est une opération de maintien de la paix. Les Nations Unies ont
ainsi 17 opérations de maintien de la paix regroupant
70 000 peacekeepers. Les mandats de ces opérations, à
de très rares exceptions près, confient aux casques
bleus le maintien de la paix dans le cadre d’un processus de paix agréé par les parties. Pour respecter sa
mission, l’ONU est donc amenée à observer une
neutralité maximale. On a vu, en Somalie (une opération pourtant sous le Chapitre VII), où pouvait mener
une politique trop volontariste faisant fi de cet objectif de neutralité.

De UNO is met andere woorden steeds met omzichtigheid te werk gegaan in de diverse vredeshandhavingsoperaties en wel om ten minste vier redenen :
— om te voorkomen dat tijdens een operatie een
precedent wordt gecreëerd dat gevolgen zou hebben
voor andere peacekeeping operaties;

En d’autres termes, l’ONU a toujours adopté une
gestion prudente en matière de maintien de la paix et
ce pour au moins 4 raisons :

— om te voorkomen dat stelling genomen wordt
tegen een partij waarbij de UNO haar neutraliteit verliest en in een moeilijke militaire positie terechtkomt;

— éviter de prendre position contre une partie,
sous peine de perdre sa neutralité et d’etre mis dans
une position militaire difficile;

— daar het om peacekeepingoperaties gaat,
beschikt de UNO immers over een gering aantal
defensieve middelen en is het de bedoeling te observeren en het vertrouwen tot stand te brengen in plaats
van offensief op te treden;
— elk ondoordacht genomen risico kan dus de
blauwhelmen in een moeilijke positie brengen ten
opzichte van partijen die meer manschappen en meer
wapens hebben.

— s’agissant d’OPM, elles sont en effet équipées
de faibles moyens défensifs et constituées pour observer et établir la confiance plutôt que pour des missions offensives;

3. Het is in deze context dat het optreden van de
blauwhelmen in Rwanda geanalyseerd moet worden.
Zoals blijkt uit de richtlijnen die gestuurd werden aan
de landen die een bijdrage leveren aan UNAMIR,
moeten de aanwezige militairen van de UNO bijdragen tot de veiligheid van het land, toezien op de naleving van het staakt-het-vuren, de inkwartiering van
de troepen, onderzoek verrichten op vraag van de
partijen, helpen bij de coördinatie van de humanitaire
hulpverlening...

3. C’est dans ce contexte qu’il faut analyser
l’action des casques bleus au Rwanda. Comme le relèvent les directives adressées aux pays contribuant à la
MINUAR, la présence militaire de l’ONU doit contribuer à la sécurité du pays, contrôler le respect des
cessez-le-feu, le cantonnement des troupes, enquêter à
la requête des parties, assister à la coordination de
l’aide humanitaire...

In de huidige omstandigheden kunnen de UNOtroepen, via hun bewegingen en hun troepen, alleen
maar pogen de bevolking gerust te stellen.

Dans les circonstances actuelles, les troupes de
l’ONU ne peuvent qu’essayer de rassurer, par leurs
mouvements et leurs patrouilles, les populations.

— éviter de créer dans une opération un précédent
qui ne manquerait pas d’avoir des répercussions sur
d’autres opérations de maintien de la paix (OPM);

— tout risque inconsidéré en la matière peut donc
mettre les casques bleus dans une position difficile visà-vis de parties supérieures en nombres et en armes.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 532 )

Ze moeten ook de UNO-instanties beschermen.
Dat alles kan weinig lijken maar, het zij herhaald, de
UNO heeft niet de middelen qua troepen en wapens
om veel meer te doen.

Elles doivent aussi assurer la protection des NU et
de ses agences. Cela peut apparaı̂tre comme état peu,
mais de nouveau, l’ONU n’a pas les moyens en troupes et en armes pour faire grand chose de plus.

4. Ik heb vanavond de adjunct-secretaris-generaal
voor de peacekeepingoperaties (de heer Riza)
geı̈nformeerd over het standpunt van de Belgische
autoriteiten na afloop van de Ministerraad. Ik heb
onder meer gewezen op het onbegrip dat het gevolg
zou zijn van een ontoereikende bescherming van
Belgische burgers in levensgevaar door de Belgische
blauwhelmen. De heer Riza heeft te kennen gegeven
dat hij dit netelige politieke probleem begreep. Hij
heeft me evenwel duidelijk gemaakt dat een eenzijdig
optreden (buiten het mandaat om) van Belgische
contingenten (onder het gezag van de UNO) om
medeburgers te repatriëren, een ernstig probleem zou
doen rijzen. De heer Riza heeft me voorgesteld te
proberen een wijziging van het mandaat van
UNAMIR te verkrijgen. Ik zou dus morgen enkele
leden van de Veiligheidsraad kunnen polsen over een
eventuele prioritaire (indien dat nodig zal blijken)
repatriëring van alle buitenlandse gemeenschappen.

4. J’ai informé ce soir le sous-SecGen pour les
OPM (M. Riza) de l’état d’esprit des autorités belges à
l’issue du Conseil des Ministres. J’ai notamment
souligné l’incompréhension qui résulterait d’un
manque de protection par les casques bleus belges de
civils belges en danger de mort. M. Riza a exprimé sa
compréhension face à ce probleme politique sensible.
Il a cependant attiré mon attention sur le problème
grave et sérieux que causerait une action unilatérale
(hors-mandat) de contingents belges (sous l’autorité
de l’ONU) visant à s’occuper du rapatriement de leurs
concitoyens. M. Riza m’a suggére de chercher à modifier le mandat de la MINUAR. Je pourrais donc
demain sonder quelques membres du Consécur sur
une possible priorité (lorsque le besoin s’en fera
sentir) du rapatriement de toutes les communautés
étrangères.

5. Verschillende vaste leden van de Raad hebben
me in ieder geval al meegedeeld dat de Raad het huidige UNAMIR-mandaat (peacekeeping) niet zal veranderen in een peace enforcementmandaat. Het
oorspronkelijke mandaat had tot doel een politiek
proces te begeleiden. De omvorming ervan maakt het
behoud van de strijdmacht grotendeels zinloos. Verschillende Westerse leden van de Raad vragen zich
overigens af of het in de gegeven omstandigheden nog
zinvol is UNAMIR ter plaatse te houden. »

5. En tout état de cause, plusieurs membres permanents du Conseil m’ont déjà informé que le Conseil ne
transformera pas le mandat actuel de la MINUAR
(peacekeeping) en un mandat d’imposition de la paix
(peace enforcement). Le mandat original était destiné
à accompagner un processus politique. Son effondrement fait perdre beaucoup de son sens au maintien de
la force. Plusieurs membres occidentaux du Conseil
s’interrogent d’ailleurs sur l’utilité, dans les circonstances actuelles, du maintien de la MINUAR. »

Op 8 april komt de regering om 15 uur bijeen onder
het voorzitterschap van eerste minister Dehaene en in
aanwezigheid van luitenant-generaal Charlier. Zij
buigt zich over voorbereidende nota’s van de heer F.
Roelants, secretaris-generaal van het ministerie van
Buitenlandse Zaken. Een eerste nota is geformuleerd
als volgt :

Le 8 avril, le Gouvernement se réunit à 15 heures,
sous la présidence du Premier ministre Dehaene, et en
présence du lieutenant général Charlier, sur la base de
notes préparatoires de M. F. Roelants, secrétaire
général du ministère des Affaires étrangères. La
première note est rédigée comme suit :

« Een tussenkomst in Rwanda kan op de volgende
wijzen gerechtvaardigd worden :

« L’on peut justifier une intervention au Rwanda de
la manière suivante :

1. De lokale autoriteiten vragen een tussenkomst.
Normaal is dit de regering. Voor het ogenblik is de
toestand in Kigali de volgende :
— er zijn nog ministers van de oude regering aanwezig. Deze hebben contact met de Franse ambassadeur;
— er is een crisiscomité gevormd van militairen
dat in vergadering is. Het is niet duidelijk of hieraan
politieke partijen deelnemen. Onze ambassadeur
heeft contact met kolonel Rusatira die lid is van dit
comité.

1. Les autorités locales demandent une intervention. Normalement, il s’agit du Gouvernement.
Actuellement, la situation à Kigali est la suivante :
— il y a encore des ministres de l’ancien Gouvernement. lls sont en contact avec l’ambasssadeur de
France;
— l’on a formé un comité de crise de militaires, qui
est en réunion. L’on ne sait pas si des partis politiques
y participent. Notre ambassadeur a des contacts avec
le colonel Rusatira, qui est membre de ce comité.

Onze ambassadeur meent dat het weinig waarschijnlijk is dat een vraag voor tussenkomst vanwege
een van deze autoriteiten zou komen.

Notre ambassadeur estime qu’il est peu probable
que l’une de ces autorités demande une intervention.

( 533 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Dit is waarschijnlijk ook niet opportuun aangezien
dit uiteindelijk zou leiden tot een tussenkomst in
interne Rwandese conflicten.

Cette intervention n’est pas non plus jugée opportune car elle conduirait en fin de compte à ce que nous
nous ingérions dans des conflits internes rwandais.

2. Een bescherming en evacuatie op basis van het
bestaande mandaat van de UNAMIR. Daartoe
zouden punten 3a en 3c van dit mandaat kunnen ingeroepen worden.

2. Une protection et une évacuation sur la base du
mandat existant de la MINUAR, pour lesquelles l’on
pourrait invoquer les points 3a et 3c de ce mandat.

Punt 3.a) : « Contribuer à assurer la sécurité de la
ville de Kigali, notamment à l’intérieur de la zone
libre d’armes établie par les parties s’étendant dans la
ville et dans ses alentours »;

Point 3.a) : « Contribuer à assurer la sécurité de la
ville de Kigali, notamment a l’intérieur de la zone
libre d’armes établie par les parties s’étendant dans la
ville et dans ses alentours »;

Punt 3.c) : « Superviser les conditions de la sécurité
générale dans le pays pendant la période terminale du
mandat du gouvernement de transition, jusqu’aux
élections. »

Point 3.c) : « Superviser les conditions de la sécurité
générale dans le pays pendant la période terminale du
mandat du gouvernement de transition, jusqu’aux
élections. »

Nochtans werd dit mandaat gegeven op basis van
hoofdstuk VI van het VN-Handvest, dat gebaseerd is
op vreedzame tussenkomst. Aan onze post te New
York werd gevraagd een ruime interpretatie te bekomen. Frankrijk werd gecontacteerd en steunt ons
terzake. De 12 werden op de hoogte gesteld van de
Belgische bekommernis. Onze posten in de leden van
de Veiligheidsraad werden eveneens ingelicht.

Ce mandat a toutefois été accordé sur la base du
chapitre VI de la Charte des Nations unies, qui se
fonde sur l’intervention pacifique. L’on a demandé à
notre poste à New York d’obtenir une interprétation
large. L’on a contacté la France; elle nous soutient en
la matière. Les Douze ont été informés de la préoccupation belge. Nos postes dans les pays membres du
Conseil de sécurité ont également été informés.

Een nieuw mandaat op basis van hoofdstuk VII
waardoor de VN geweld mag gebruiken zal veel tijd
vragen. De Veiligheidsraad is bovendien reticent om
hoofdstuk VII toe te passen.

Obtenir un nouveau mandat sur la base du chapitre VII, permettant aux Nations unies de recourir à la
force, prendra beaucoup de temps. Le Conseil de
sécurité est en outre réticent à appliquer le chapitre VII.

3. Een humanitaire actie door Belgische eenheden
te zamen met andere landen buiten de UNO om.
Daarbij zou :
— de UNO moeten geı̈nformeerd worden;
— de lokale autoriteiten moeten geı̈nformeerd
worden, zonder hun akkoord te vragen, maar met de
optiek dat zij zich hiertegen niet zullen verzetten. Dit
is volgens onze ambassadeur te Kigali het meest haalbare alternatief, gezien optie 1 hierboven minder
haalbaar en weinig opportuun blijkt te zijn. »

3. Une action humanitaire d’unités belges et
d’unités provenant d’autres pays, menée hors du
cadre de l’ONU. Pour cela, il faut :
— informer l’ONU;
— informer les autorités locales, sans demander
leur accord, mais en escomptant qu’elles ne s’y opposeront pas. Selon notre ambassadeur à Kigali, c’est
l’option la plus réaliste car il s’avère que l’option no 1
mentionnée ci-dessus est moins réaliste et peu opportune. » (traduction).

In een andere nota van de secretaris-generaal (1),
waarin de toestand om 12.30 uur van dezelfde dag
wordt samengevat, wordt trouwens onder punt 5 de
Franse houding toegelicht met betrekking tot een
mogelijke evacuatieoperatie. Ten gevolge van zijn
contacten met de Quai d’Orsay vat de heer Roelants
het Franse standpunt samen als volgt :

Une autre note résumant la situation à 12 heures 30
du même jour, fournit en son point 5, des précisions à
propos de l’attitude française face à une éventuelle
opération d’évacuation (1). Suite à ses contacts avec
le Quai d’Orsay, M. Roelants résume l’état d’esprit de
la France :

« Voor rechtvaardiging van de interventie o.m.
t.a.v. de VN zal wel een regeling gevonden worden ».

« Pour justifier l’intervention vis-à-vis notamment
des Nations unies, l’on ne manquera pas de trouver
une solution » (traduction).

De Amerikanen dachten in eerste instantie in
dezelfde richting : op 7 april vraagt het Amerikaanse

En ce qui concerne les Américains, le 7 avril, le
Département d’État demande si la Belgique peut

——————

——————

(1) Nota van de secretaris-generaal van het ministerie van
Buitenlandse Zaken, de heer Roelants, van 8 april 1994, situatie
om 12.30 h.

(1) Note du secrétaire général du ministère des Affaires
étrangères, M. Roelants, du 8 avril 1994, situation à 12 heures 30.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 534 )

State Department of Belgie kan instemmen met een
wijziging door de UNO van de « rules of engagement », zodat de VN-vredesmacht in staat wordt
gesteld buitenlanders in Rwanda te beschermen en te
evacueren (1).

approuver une modification, par l’ONU, des règles
d’engagement, de maniere à permettre à la force de
maintien de la paix de l’ONU de protéger et d’évacuer
les étrangers se trouvant au Rwanda (1).

Op deze Ministerraad wordt verslag uitgebracht
van het telefonisch onderhoud met Boutros-Ghali,
waarbij ook gesproken wordt van zijn brief gericht
aan de Veiligheidsraad waarbij hij een versterking
van UNAMIR heeft gevraagd in het kader van een
evacuatie (zie hoger).

À ce Conseil des ministres, il est également fait
rapport de l’entretien téléphonique avec M. BoutrosGhali et il est également question de sa lettre adressée
au Conseil de sécurité, dans laquelle il a demandé un
renforcement de la MINUAR dans la perspective
d’une évacuation (cf. ci-dessus).

Volgens luitenant-generaal Charlier is een Belgische tussenkomst maar denkbaar als de Belgische
onderdanen in gevaar zijn. De regering acht de kans
groot dat de toestand in negatieve zin verandert. Er
volgt een discussie over de vraag of er al dan niet troepen moeten gestuurd worden voor evacuatie van de
Belgen en indien dit wel gebeurt of dit moet gebeuren
onder VN-vlag, waarbij nota wordt genomen van de
vraag van Boutros-Ghali aan de Veiligheidsraad om
de troepensterkte van UNAMIR te verhogen.

Selon le lieutenant général Charlier, une intervention belge n’est pensable que si les ressortissants
belges sont en danger. Le Gouvernement estime que le
risque est grand de voir la situation évoluer négativement. Suit une discussion sur la question de savoir s’il
faut ou non envoyer des troupes pour évacuer les
Belges et, dans l’affirmative, si cela doit se faire sous la
bannière de l’ONU; à ce propos, on prend note de la
demande adressée par Boutros-Ghali au Conseil de
sécurité en vue d’accroı̂tre l’ effectif de la MINUAR.

Na discussie blijkt dat iedereen voorstander is van
een aparte evacuatieoperatie.

Après discussion, il s’avere que tout le monde est
partisan d’une opération d’évacuation séparée.

De eerste minister vat de beslissing tot het uitvoeren
van een kortstondige humanitaire opdracht als volgt
samen :

Le Premier ministre résume comme suit la décision
d’exécuter une brève mission humanitaire :

« Naar de Verenigde Naties dient het volgende
gezegd te worden :
— de Belgische publieke opinie is getraumatiseerd
door de dood van 10 Belgische para’s. De verderzetting van de Belgische deelname aan UNAMIR wordt
hierdoor in vraag gesteld. Verlenging hangt af van de
mogelijkheid van de VN om zich beter te verdedigen.
België vraagt dus een kwalitatieve verbetering van
UNAMIR (meer wapens) en een uitbreiding van het
mandaat. Zeker is dat België niet kan instemmen met
een versterking van de troepensterkte met Belgische
soldaten in UNAMIR.
— België zal overgaan tot een kortstondige humanitaire evacuatieopdracht, die als totaal gescheiden
van de Belgische deelname aan UNAMIR moet
worden gezien ». (2).

« Il convient de faire la remarque suivante à
l’adresse des Nations unies :
— l’opinion publique belge est traumatisée par la
mort des dix paras belges. La poursuite de la participation belge à la MINUAR est, dès lors, remise en
question. La prolongation de la mission dépendra de
la capacité des troupes de l’ONU à pouvoir mieux se
défendre. La Belgique demande par conséquent une
amélioration qualitative de la MINUAR (davantage
d’armes) et une extension du mandat. En aucun cas, la
Belgique ne pourra marquer son accord sur un renforcement des troupes de la MINUAR au moyen de
soldats belges.
— La Belgique procédera à une mission d’évacuation humanitaire de courte durée qu’il faudra considérer comme totalement indépendante de la participation belge à la MINUAR » (2) (traduction).

Daarop stuurt minister Claes een telegram naar de
Belgische Diplomatieke Delegatie in New York als
basis voor besprekingen met het secretariaat van de
Veiligheidsraad.

Le ministre Claes envoie ensuite à la délégation
diplomatique belge à New York un télégramme qui
servira de base aux discussions avec le secrétariat du
Conseil de sécurité.

« De Ministerraad heeft hedenavond de toestand in
Rwanda onderzocht. De dood van tien Belgische
blauwhelmen en van waarschijnlijk drie burgers
maakt in België grote indruk.

« Ce soir, le Conseil des ministres a examiné la
situation au Rwanda. La mort de dix Casques bleus
belges et vraisemblablement de trois civils suscite
beaucoup d’émoi en Belgique.

——————

——————

(1) Rapport van de ad hoc-groep Rwanda, blz. 129.
(2) Verslag Ministerraad van 8 april 1994.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 129.
(2) Compte rendu de la réunion du Conseil des ministres du
8 avril 1994.

( 535 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Indien de wanordelijkheden blijven voortduren en
nog meer Belgische slachtoffers vallen, zal het niet
aanvaardbaar blijven voor de Belgische publieke
opinie dat het VN-contingent , en in het bijzonder de
Belgische troepen die er deel van uitmaken, passief
zouden blijven toezien. Het minste wat in die omstandigheden kan verwacht worden is dat op nietagressieve wijze dat contingent de buitenlanders
tracht te beschermen. Hierbij dient tevens in aanmerking genomen te worden dat het werkloos toezien van
deze Belgische troepen in die omstandigheden ook tot
resultaat zou hebben dat de Belgische deelneming aan
dergelijke operaties in die toekomst op weinig
sympathie zou kunnen rekenen bij de Belgische
publieke opinie. Ik vraag derhalve dat u de aandacht
van de VN-autoriteiten blijft vestigen op deze aangelegenheid.

Si le désordre devait persister et si d’autres victimes
belges étaient encore à déplorer, il ne serait pas acceptable, aux yeux de l’opinion publique belge, que le
contingent de l’ONU, et plus particulièrement les
troupes belges qui en font partie, garde une attitude
passive. Le moins que l’on puisse escompter dans ces
conditions, est que ce contingent s’efforce de protéger
les étrangers d’une manière non agressive. À cet
égard, il convient en outre de prendre en considération le fait que cette passivité des troupes belges dans
ces conditions pourrait également avoir pour résultat
que la participation belge à de telles opérations ne
pourrait plus guère compter, à l’avenir, sur la
sympathie de l’opinion publique belge. Je vous
demande par conséquent de continuer à attirer
l’attention des autorités des Nations unies sur cette
question.

Voor de persoonlijke informatie indien werkelijk
de toestand ter plaatse zou dramatisch worden voor
de Belgen, hetgeen tot nu toe nog niet het geval is, is
het niet uitgesloten dat de Belgische bevelhebber van
de regering rechtstreeks bevel zou krijgen om de
Belgen te beschermen. Ik ben er mij ten volle van
bewust dat dit ons ten aanzien van de VN in een
uiterst delicate positie zou plaatsen. (1) »

Pour votre information personnelle, si la situation
sur place devenait réellement dramatique pour les
Belges, ce qui n’est pas encore le cas pour l’instant, il
n’est pas exclu que le commandant belge reçoive
directement du gouvernement l’ordre de protéger les
Belges. Je suis pleinement conscient que cela nous
placerait dans une position extrêmement délicate visà-vis de l’ONU (1) » (traduction)

Sommige getuigen hebben verklaard dat de pogingen om het mandaat te wijzigen enkel ondernomen
werden om de evacuatie van de expats mogelijk te
maken. Dit wordt bevestigd door een aantal getuigenissen voor de commissie.

Certains témoins ont déclaré que les tentatives de
modifier le mandat l’avait été uniquement en vue de
permettre l’évacuation de expatriés. C’est ce que
confirment un certain nombre de témoins devant la
commission.

De verklaring van de heer Brouhns is duidelijk : « Il
existe une certaine confusion, que j’ai même retrouvée, ce matin (25 juin 1997), dans les comptes-rendus
de certains journaux. Lorsqu’on a parlé, a partir du 7
ou 8 avril 1994, d’un renforcement possible de la
MINUAR, tant dans les instructions reçues de Bruxelles que dans les discussions au sein du secrétariat ou
en marge du Conseil de sécurité, il s’agissait d’un
renforcement en vue de permettre l’évacuation. (2) »

M. Brouhns est clair à ce sujet : « Il existe une
certaine confusion, que j’ai même retrouvée, ce matin
(25 juni 1997), dans les comptes-rendus de certains
journaux. Lorsqu’on a parlé, a partir du 7 ou 8 avril
1994, d’un renforcement possible de la MINUAR,
tant dans les instructions reçues de Bruxelles que dans
les discussions au sein du secrétariat ou en marge du
Conseil de sécurité, il s’agissait d’un renforcement en
vue de permettre l’évacuation. (2) »

De heer Brouhns bevestigt uitdrukkelijk dat alle
inspanningen om het mandaat te wijzigen inclusief de
vraag om de ROE aan te passen, uitsluitend gebeurden voor het geval er een evacuatie van landgenoten
zou plaatsvinden (3).

M. Brouhns a confirmé explicitement que tous les
efforts pour modifier le mandat, y compris la
demande d’adaptation des ROE, ont été faits exclusivement pour le cas où une évacuation de compatriotes
aurait lieu (3).

Dit is ook de mening van Alison Des Forges die aan
de commissie meedeelt : « Maintenant, je suis convaincue que la discussion à cette époque, sur
l’élargissement du mandat a eu lieu pour justifier la
collaboration de la MINUAR dans l’opération

C’est aussi l’avis d’Alison Des Forges, qui dit à la
commission : « Maintenant, je suis convaincue que la
discussion, à cette époque, sur l’élargissement du
mandat a eu lieu pour justifier la collaboration de la
MINUAR dans l’opération d’évacuation des étran-

——————

——————

(1) Telex nr. 306.
(2) Hoorzitting met de heer Brouhns, POR, Senaat, 19961997, 25 mei 1997, blz. 2F/35.
(3) Ibidem, blz. 2/10 tot 2/13.

(1) Télex no 306.
(2) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 1996-1997, 25 mai
1997, PV, p. 2F/35.
(3) Ibidem, 25 juin 1997, PV, pp. 2/10 à 2/13.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 536 )

d’évacuation des étrangers. Il ne s’agissait pas
d’élargir le mandat pour protéger les Rwandais. La
question était plutôt : est-il nécessaire d’élargir le
mandat pour évacuer plus vite nos propres ressortissants ? (1) »

gers. Il ne s’agissait pas d’élargir le mandat pour
protéger les Rwandais. La question était plutôt : est-il
nécessaire d’élargir le mandat pour évacuer plus vite
nos propres ressortissants ? (1) »

Ook nog volgens de heer Brouhns, heeft onze
permanente vertegenwoordiging in New York op
eigen initiatief gepolst, om het mandaat te versterken
in het kader van een meer globale bescherming van de
Rwandese bevolking.

Toujours, selon M. Brouhns, notre représentant
permanent à New York a, de sa propre initiative, tâté
le terrain pour renforcer le mandat dans le cadre
d’une protection plus globale de la population rwandaise.

« J’ai pris l’initiative — car la question n’était pas
posée — d’interroger le secrétariat et différents
membres sur la possibilité du renforcement du
mandat pour pouvoir faire éventuellement face à une
protection générale, population rwandaise incluse.
La mission a pris l’initiative d’ajouter aux deux points
demandés par Bruxelles la question d’un renforcement de la MINUAR dépassant le cadre de
l’évacuation.

« J’ai pris l’initiative — car la question n’était pas
posée — d’interroger le secrétariat et différents
membres sur la possibilité du renforcement du
mandat pour pouvoir faire éventuellement face à une
protection générale, population rwandaise incluse.
La mission a pris l’initiative d’ajouter aux deux points
demandés par Bruxelles la question d’un renforcement de la MINUAR dépassant le cadre de
l’évacuation.

Ce point a suscité immédiatement des réactions
extrêmement réservées. (2) »

Ce point a suscité immédiatement des réactions
extrêmement réservées. (2) »

Premier Dehaene verklaarde voor de commissie :
« Ce que nous avons envisagé à un moment c’est de
savoir si les troupes belges au sein de l’UNAMIR
pouvaient être disponible pour organiser une évacuation du côté belge. (3) »

Le Premier ministre Dehaene a déclaré devant la
commission : « Ce que nous avons envisagé à un
moment, c’est de savoir si les troupes belges au sein de
l’UNAMIR pouvaient être disponibles pour organiser une évacuation du côté belge. (3) »

Minister Claes geeft de volgende verklaring van
zijn inspanningen om het mandaat te wijzigen : « Het
is juist dat ik gepleit heb voor een versterking van het
mandaat, voornamelijk met het doel zowel de veiligheid van de landgenoten en van de eigen troepen als
de veiligheid van de Rwandese acteurs te verzekeren.
Het is in dit licht dat België gepleit heeft voor een uitbreiding van het mandaat. Dat kan gaan van een zeer
brede interpretatie van de ROE over een toevoer van
troepen tot een versterking van het mandaat tot
hoofdstuk VII. (4) »

Le ministre Claes déclare quant à ses efforts en vue
de modifier le mandat : « Il est exact que j’ai plaidé
pour un renforcement du mandat, principalement en
vue d’assurer tant la sécurité de nos compatriotes et de
nos propres troupes que celle des acteurs rwandais.
C’est dans ce contexte que la Belgique a plaidé pour
un élargissement du mandat. Cela pouvait aller d’une
interprétation très large des ROE à un renforcement
du mandat incluant le chapitre VII, en passant par un
apport de troupes. (4) »

Tevens zegt hij dat hij : « zo ongeveer de ganse
wereld heeft rondgebeld maar dat niemand bereid
bleek het mandaat te versterken. (5) »

Il dit également qu’à ce moment-là, il a : « téléphoné
quasiment dans le monde entier, mais que personne
n’était prêt à renforcer le mandat. (5) »

Op diezelfde 8e april stuurt onze vertegenwoordiger Noterdaeme om 18.19 uur de volgende telex naar
minister Claes : « M. Benon Sevan, secretaire général
adjoint, coordinateur sécurité, m’a approché en
début d’apres-midi pour me demander si le gouvernement belge avait décidé d’envoyer des troupes pour
assurer l’évacuation des Belges au Rwanda. Je lui ai

Ce même 8 avril à 18 h 19 notre représentant Noterdaeme adresse au ministre Claes le télex suivant :
« M. Benon Sevan, secretaire général adjoint, coordinateur sécurité, m’a approché en début d’apres-midi
pour me demander si le gouvernement belge avait
décidé d’envoyer des troupes pour assurer
l’évacuation des Belges au Rwanda. Je lui ai répondu

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, POR, Senaat,
16 mei 1997, stenografisch verslag, blz. 15/15.
(2) Hoorzitting met de heer Brouhns, ibidem.
(3) Hoorzitting met de heer Dehaene, POR, Senaat, PV,
blz. 1F/11.
(4) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, PV, blz. 24/
1-2.
(5) Ibidem, blz. 24/2.

(1) Audition de Mme Des Forges, CER, Sénat, 16 mai 1997,
PV, p. 15/15.
(2) Audition de M. Brouhns, ibidem.
(3) Audition de M. Dehaene, CER, Sénat, PV, p. 1F/11.
(4) Audition de M. Claes, CER, Sénat, PV, pp. 24/1-2.
(5) Ibidem, pp.24/2.

( 537 )

1 - 611/7 - 1997/1998

répondu qu’aucune décision n’avait été prise. Il m’a
demandé de vous informer du désir de l’ONU de voir
son personnel civil international bénéficier de l’aide et
des facilités belges si une décision d’évacuation devait
être prise à Bruxelles.

qu’aucune décision n’avait été prise. Il m’a demandé
de vous informer du désir de l’ONU de voir son
personnel civil international bénéficier de l’aide et des
facilités belges si une décision d’évacuation devait être
prise à Bruxelles.

2. Il s’agirait de 190 personnes (agents et familles)
que les Nations unies essaient de regrouper à Kigali.
C’est le souhait de M. Sevan que ces 190 personnes
puissent rallier un éventuel convoi d’évacuation de
Belges en profitant de la protection armée qui lui
serait donnée. » (1)

2. Il s’agirait de 190 personnes (agents et familles)
que les Nations unies essaient de regrouper à Kigali.
C’est le souhait de M. Sevan que ces 190 personnes
puissent rallier un éventuel convoi d’évacuation de
Belges en profitant de la protection armée qui lui
serait donnée. » (1)

Er volgt een tweede telex, nog altijd van Noterdaeme, naar Minafet, luidende : « 1. Mon collègue
francais m’a aimablement informé du contenu d’un
entretien qu’il a eu avec l’ambassadeur Jean Damascène Bizimana, representant permanent du Rwanda
auprès de l’ONU et siégeant actuellement au Conseil
de sécurité. L’ambassadeur Bizimana est un proche de
feu le président Habyarimana.

Suit un deuxieme télex toujours de M. Noterdaeme
à Minafet qui dit : « 1. Mon collègue francais m’a
aimablement informé du contenu d’un entretien qu’il
a eu avec l’ambassadeur Jean Damascène Bizimana,
representant permanent du Rwanda auprès de l’ONU
et siégeant actuellement au Conseil de sécurité.
L’ambassadeur Bizimana est un proche de feu le président Habyarimana.

2. Pour Bizimana, les Belges sont impliqués dans
l’attentat qui a coûté la vie aux présidents du Rwanda
et du Burundi. Cette action s’inscrit dans la tradition
belge d’ingérence dans les affaires intérieures du
Rwanda en faveur des Tutsi. L’ambassadeur a fait
état de rumeurs concernant une intervention militaire
imminente de la Belgique sous couverture de pseudo
raisons humanitaires. Pour Bizimana, il vaut mieux
que les Belges n’interviennent pas au Rwanda pour
évacuer leurs ressortissants car ils y ont perdu tout
crédit. Par contre, les Rwandais adopteront une attitude plus conciliante vis-à-vis des Français, si ces
derniers intervenaient au Rwanda pour des raisons
humanitaires. Il a rappelé à cet egard que la Garde
présidentielle ne permettra pas aux Belges d’utiliser
l’aéroport de Kigali.

2. Pour Bizimana, les Belges sont impliqués dans
l’attentat qui a coûté la vie aux présidents du Rwanda
et du Burundi. Cette action s’inscrit dans la tradition
belge d’ingérence dans les affaires intérieures du
Rwanda en faveur des Tutsi. L’ambassadeur a fait
état de rumeurs concernant une intervention militaire
imminente de la Belgique sous couverture de pseudo
raisons humanitaires. Pour Bizimana, il vaut mieux
que les Belges n’interviennent pas au Rwanda pour
évacuer leurs ressortissants car ils y ont perdu tout
crédit. Par contre, les Rwandais adopteront une attitude plus conciliante vis-à-vis des Français, si ces
derniers intervenaient au Rwanda pour des raisons
humanitaires. Il a rappelé à cet egard que la Garde
présidentielle ne permettra pas aux Belges d’utiliser
l’aéroport de Kigali.

Dans la perspective d’un éventuel renforcement de
la MINUAR, Bizimana s’oppose à ce que les Belges
fassent partie de ces éventuels renforts. Il considère
aussi que, pour stabiliser la situation, le contingent
belge devrait immédiatement être remplacé à Kigali.

Dans la perspective d’un éventuel renforcement de
la MINUAR, Bizimana s’oppose à ce que les Belges
fassent partie de ces éventuels renforts. Il considère
aussi que, pour stabiliser la situation, le contingent
belge devrait immédiatement être remplacé à Kigali.

3. Mon collègue français a qualifié l’hypothèse de
travail de son interlocuteur de non raisonable.
Comme membre du Consécur, Bizimana risque évidemment de propager ce genre de commentaires peu
amènes, qui contribueront à isoler davantage mon
collègue rwandais dont le crédit diplomatique est
assez bas à New York.

3. Mon collègue français a qualifié l’hypothèse de
travail de son interlocuteur de non raisonable.
Comme membre du Consécur, Bizimana risque
évidemment de propager ce genre de commentaires
peu amènes, qui contribueront à isoler davantage
mon collègue rwandais dont le crédit diplomatique
est assez bas à New York.

4. Le Secgen n’a toujours pas adressé de lettre au
Conseil de sécurité et il n’est donc pas certain que la
question du renforcement de la MINUAR soit traitée
aujourd’hui. Un tel renforcement exigera vraisemblablement une résolution qui, à mon avis, pourrait
difficilement être adoptée avant le début de la semaine

4. Le Secgen n’a toujours pas adressé de lettre au
Conseil de sécurité et il n’est donc pas certain que la
question du renforcement de la MINUAR soit traitée
aujourd’hui. Un tel renforcement exigera vraisemblablement une résolution qui, à mon avis, pourrait difficilement être adoptée avant le début de la semaine

——————

——————

(1) Telex nr. 633.

(1) Télex no 633.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 538 )

prochaine (pour autant qu’elle recueille un consensus
de tous les membres) » (1).
Tenslotte stuurt de heer Noterdaeme om 22.30 uur
GMT een derde telex naar Minafet, luidende : « 1. Le
Sec-Gen-adjoint pour les opérations de maintien de la
paix, M. Kofi Annan, a convoqué une petite réunion
en début d’après-midi avec des représentants des missions française, américaine et Belge pour évaluer la
situation au Rwanda.
M. Kofi Annan a distingué deux « tracks » en
matière d’évacuation des ressortissants étrangers du
Rwanda.
1.1. La première piste est celle décrite dans la lettre
du SecGen au président du Consécur (voir fax). Dans
cette lettre, le SecGen estime que l’évacuation du
personnel civil de l’ONU et des étrangers pourrait
devenir inévitable. La MINUAR, dans sa composition actuelle, ne pourrait pas faire grand chose eu
égard à son mandat et à ses règles d’engagement. Si le
Conseil devait cependant confier à la MINUAR cette
évacuation, cela demanderait son renforcement par
deux ou trois bataillons. Cette solution, coûteuse en
argent, en hommes et en temps, ne me semble pas fort
intéressante.
1.2. Une deuxième piste réside dans une intervention nationale (par un ou plusieurs pays). Pour
Annan, cette approche est de loin la plus efficace pour
autant qu’elle soit coordonnée avec l’ONU Annan a
cependant clairement ajouté qu’une telle intervention
humanitaire devrait s’occuper également du rapatriement de tous les étrangers, du personnel civil de
l’ONU et des 2 500 soldats de la MINUAR. Annan
estime, en effet, que le maintien de la MINUAR
s’avèrera impossible en cas d’intervention militaire.
Cette dernière risque en effet de miner l’action de la
MINUAR ou de provoquer des représailles à son
encontre.
2. À l’issue des consultations informelles du
Consécur, le représentant de la France a informé le
président du Consécur de l’éventualité d’une réunion
d’urgence du Consécur ce week-end afin que le Conseil donne sa « bénédiction » à une action militarohumanitaire franco-belge avec l’assistance des ÉtatsUnis. Mon collègue français aurait sondé les membres
du Consécur et ceux-ci n’auraient pas d’objection
pourvu que le Conseil soit tenu informé, que l’action
soit brève et strictement humanitaire. Mon collègue
français n’a pas été clair sur le caractère antérieur,
concomittant ou postérieur à l’action humanitaire de
cette action du Conseil. Lors d’une éventuelle réunion
publique du Conseil, je me propose de ne prendre la
parole que si d’autres membres du Consécur la prennent. J’apprécierais toutes informations nécessaires
afin de me permettre de préparer une éventuelle intervention.

prochaine (pour autant qu’elle recueille un consensus
de tous les membres) » (1).
Enfin, à 22 heures 30 GMT, M. Noterdame adresse
à Minafet un troisième télex dont le contenu suit :
« 1. Le SecGen-adjoint pour les opérations de maintien de la paix, M. Kofi Annan, a convoqué une petite
réunion en début d’après-midi avec des représentants
des missions française, américaine et Belge pour
évaluer la situation au Rwanda.
M. Kofi Annan a distingué deux « tracks » en
matière d’évacuation des ressortissants étrangers du
Rwanda.
1.1. La première piste est celle décrite dans la lettre
du SecGen au président du Consécur (voir fax). Dans
cette lettre, le SecGen estime que l’évacuation du
personnel civil de l’ONU et des étrangers pourrait
devenir inévitable. La MINUAR, dans sa composition actuelle, ne pourrait pas faire grand chose eu
égard à son mandat et à ses règles d’engagement. Si le
Conseil devait cependant confier à la MINUAR cette
évacuation, cela demanderait son renforcement par
deux ou trois bataillons. Cette solution, coûteuse en
argent, en hommes et en temps, ne me semble pas fort
intéressante.
1.2. Une deuxième piste réside dans une
intervention nationale (par un ou plusieurs pays).
Pour Annan, cette approche est de loin la plus efficace
pour autant qu’elle soit coordonnée avec l’ONU
Annan a cependant clairement ajouté qu’une telle
intervention humanitaire devrait s’occuper également
du rapatriement de tous les étrangers, du personnel
civil de l’ONU et des 2 500 soldats de la MINUAR.
Annan estime, en effet, que le maintien de la
MINUAR s’avèrera impossible en cas d’intervention
militaire. Cette dernière risque en effet de miner
l’action de la MINUAR ou de provoquer des représailles à son encontre.
2. À l’issue des consultations informelles du
Consécur, le représentant de la France a informé le
président du Consécur de l’éventualité d’une réunion
d’urgence du Consécur ce week-end afin que le
Conseil donne sa « bénédiction » à une action militaro-humanitaire franco-belge avec l’assistance des
États-Unis. Mon collègue français aurait sondé les
membres du Consécur et ceux-ci n’auraient pas
d’objection pourvu que le Conseil soit tenu informé,
que l’action soit brève et strictement humanitaire.
Mon collègue français n’a pas été clair sur le caractère
antérieur, concomittant ou postérieur à l’action
humanitaire de cette action du Conseil. Lors d’une
éventuelle réunion publique du Conseil, je me
propose de ne prendre la parole que si d’autres
membres du Consécur la prennent. J’apprécierais
toutes informations nécessaires afin de me permettre
de préparer une éventuelle intervention.

——————

——————

(1) Telex nr. 635.

(1) Télex no 635.

( 539 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3. Le secrétariat m’informe ce soir qu’un gouvernement intérimaire a été mis sur pied et qu’un cessezle-feu tient vaille que vaille depuis 8 heures du soir. Ce
cessez-le-feu implique que les parties retournent sur
leurs positions d’avant l’accident aérien. S’il était
respecté, il devrait permettre la réouverture de
l’aéroport. Pour le secrétariat, cette situation modifierait radicalement les données du problème. » (1)
Op de vragen van diverse commissieleden in hoeverre België gepleit heeft voor een wijziging van het
mandaat, een wijziging van de ROE of minstens voor
een toepassing van artikel 17 van de ROE zodat
UNAMIR de mogelijkheid kreeg om op te treden
tegen de ethnische moordpartijen, geeft minister
Claes een ontwijkend en zelfs dubbelzinnig
antwoord (2). Dit verklaart de verbaasde reactie van
de heer Brouhns op de krantenberichten van de dag
na de getuigenis van minister Claes, waarin verslag
werd uitgebracht van de inspanningen die door België
werden geleverd tot versterking van het UNAMIRmandaat.
Nadat op 9 april door de bevoegde diensten de
nodige richtlijnen werden gegeven i.v.m. de evacuatie, komt het Kernkabinet op 10 april samen om een
eerste stand van zaken van deze operatie op te maken.
Daarbij wordt beslist dat bij de evacuatie prioriteit
moet worden gegeven aan de evacuatie van Belgische
onderdanen (3).
Op 11 april komt het Kernkabinet terug samen om
de toestand te evalueren, waarbij aan de minister van
Buitenlandse Zaken wordt gevraagd om bij de VN
aan te dringen om de veiligheid van de Belgische VNtroepen te verhogen. Tevens zal een ontmoeting geregeld worden met Boutros Ghali gezien zijn aanwezigheid in Europa. Op 12 april geeft minister Claes in een
telefonisch onderhoud met ambassadeur Swinnen
toelating om het Rwandese personeel van de ambassade en van ambassadeleden te evacueren. Voor wat
de evacuatie van andere Rwandezen betreft is de
stiautie « complex » :
« Onze bekommernis gaat vooral uit naar :
— personeel dat voor ons gewerkt heeft;
— bepaalde personaliteiten betrokken in het
democratiseringsproces;
— geestelijken. (4) »
Uiteindelijk zal de evacuatie-operatie « Silver
Back » starten op 10 april en beëindigd worden op
15 april als de laatste Belgen uit Rwanda verdwenen
zijn.

3. Le secrétariat m’informe ce soir qu’un gouvernement intérimaire a été mis sur pied et qu’un cessezle-feu tient vaille que vaille depuis 8 heures du soir. Ce
cessez-le-feu implique que les parties retournent sur
leurs positions d’avant l’accident aérien. S’il était
respecté, il devrait permettre la réouverture de
l’aéroport. Pour le secrétariat, cette situation modifierait radicalement les données du problème. » (1)
Divers commissaires ayant demandé dans quelle
mesure la Belgique a plaidé en faveur d’une modification du mandat, d’une modification des ROE ou, à
tout le moins, d’une application de l’article 17 des
ROE de manière à permettre à la MINUAR
d’intervenir contre les massacres ethniques, le ministre Claes donne une réponse évasive, voire ambigüe (2). Cela explique la réaction d’étonnement de
M. Brouhns aux articles de presse parus le lendemain
du témoignage du ministre Claes, qui rapportent les
efforts faits par la Belgique pour renforcer le mandat
de la MINUAR.

——————

——————

(1) Telex nr. 639.
(2) Hoorzitting met de heer Claes van 24 juni 1997, op. cit.
(3) Verslag van de vergadering van het kernkabinet van
10 april 1994.
(4) Nota’s met betrekking tot het telefoongesprek met
ambassadeur Swinnen van 12 april 1997 tussen 14 uur en
14.20 uur.

(1) Télex no 639.
(2) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, op. cit.
(3) Compte rendu de la réunion du cabinet restreint du
10 avril 1994.
(4) Notes prises de la conversation téléhonique avec
l’ambassadeur Swinnen du 12 avril 1997 de 14 h. à 14 h 20.

Après que, le 9 avril, les services compétents eurent
donné les directives nécessaires relatives à l’évacuation, le cabinet restreint se réunit le 10 avril pour
dresser un premier état de la situation en ce qui concerne cette opération. Il décide que priorité doit être
donnée à l’évacuation des ressortissants belges (3).
Le 11 avril, le cabinet restreint se réunit à nouveau
pour évaluer la situation et demande au ministre des
Affaires étrangères d’insister auprès de l’ONU pour
accroı̂tre la sécurité des troupes belges des Nations
unies. Une rencontre sera également organisée avec
Boutros Ghali, vu sa présence en Europe, le 12 avril,
le ministre Claes donne, lors d’un entretien téléphonique avec l’ambassadeur Swinnen, l’autorisation
d’évacuer le personnel rwandais de l’ambassade et des
membres de l’ambassade. En ce qui concerne l’évacuation d’autres rwandais, la situation est complexe :
« Nous nous préoccupons surtout :
— du personnel qui a travaillé pour nous;
— de certaines personnalités associées au processus de démocratisation;
— des ecclésiastiques. (4) »
Finalement, l’opération « Silver Back » débutera le
10 avril et se terminera le 15 avril, lorsque les derniers
civils belges auront quitté le Rwanda.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 540 )

3.8.3.2. DeterugtrekkingvandeBelgischetroepen

3.8.3.2. Le retrait des troupes belges

(1) De beslissing

(1) La décision

Tijdens de hoorzitting van 18 juni 1997 verklaart
minister Delcroix : « Toen we de avond van 7 april
zicht begonnen te krijgen op de toestand was het de
unanieme zorg van de regering om de troepen terug te
trekken. De beslissing tot terugtrekking is pas gevallen op 15 april » (1).

Lors de l’audition du 18 juin 1997, le ministre
Delcroix déclare : « Lorsque, dans la soirée du 7 avril,
nous commencions à nous faire une idée de la situation, le souci unanime du gouvernement était de retirer les troupes. La décision de retrait n’a été prise que
le 15 avril » (1).

Wat er ook van zij, na de tweede vergadering van
het kernkabinet op 8 april vat de eerste minister de
situatie samen als zeer zorgwekkend en heeft hij, zoals
we eerder al hebben gezien, vragen bij de Belgische
deelneming aan UNAMIR waarvoor hij een uitbreiding van het mandaat vraagt. Tijdens de laatste hoorzitting met de eerste minister verklaart hij dat « onze
doelstelling (de Belgische blauwhelmen terugtrekken)
duidelijk geformuleerd was twee dagen voor de ontmoeting (van minister Claes met Boutros Ghali) van
Bonn », dit wil zeggen op 10 april (2).

Quoi qu’il en soit, dès la seconde réunion du
conseil du cabinet restreint, le 8 avril, le Premier ministre résume une situation qu’il considère d’une
manière très pessimiste et, comme on l’a vue plus
haut, « met en question la participation (belge) à la
MINUAR » tout en demandant un élargissement du
mandat ». Lors de sa dernière audition, le Premier
ministre a affirmé que « notre intention (de retirer les
casques bleus belges) était clairement formulée à
l’avant veille de la rencontre (du ministre Claes avec
Boutros Ghali) à Bonn », c’est-à-dire le 10 avril (2).

Op 12 april komt het kernkabinet samen en behandelt de toekomst van UNAMIR in voorbereiding van
de ontmoeting Claes-Boutros Ghali.

Le 12 avril 1994, le cabinet restreint, en préparation
de la rencontre Willy Claes-Boutros Ghali, discute de
l’avenir de la MINUAR.

Over de toekomst van UNAMIR wordt het
volgende beslist :« Aan de minister van Buitenlandse
Zaken wordt opdracht gegeven bij de VN de verdere
deelname van Belgische troepen aan de UNAMIRoperatie in vraag te stellen en dit gezien de Arushaakkoorden niet geëerbiedigd worden en de algemene
voorwaarden van een VN-operatie niet meer vervuld
zijn. Minister Claes moet formeel aan Boutros Ghali
vragen dat hij een verslag zou uitbrengen bij de VN
over de evolutie van de toestand, zoals gevraagd in
resolutie 909. UNAMIR is thans een zinloze operatie
en een versterking van het mandaat en de troepen zijn
weinig realistische opties. De VN zou in afwachting
van betere tijden zijn rol moeten beperken tot een observatiepost (3) ».

Le cabinet décide que « le ministre des Affaires
étrangères est chargé de remettre en question, auprès
des Nations Unies, la poursuite de la participation des
troupes belges à la MINUAR, et ce, vu que les accords
d’Arusha ne sont plus respectés et que les conditions
générales d’une opération des Nations Unies ne sont
plus remplies. Le ministre Claes doit demander
formellement à Boutros-Ghali de faire rapport aux
Nations Unies, comme le prévoit la résolution 909. La
MINUAR est actuellement devenue sans objet et un
renforcement du mandat et des effectifs sont des
options peu réalistes. Les Nations Unies devraient se
contenter d’un rôle d’observation en attendant des
temps meilleurs » (3).

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, (BV, blz. 809).
(2) Hoorzitting met eerste minister Dehaene, POR, Senaat,
26 juni 1997, BV, blz. 888.
(3) Verslag kernkabinet, 12 april 1994.

(1) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV,
(CRA, p. 791).
(2) Audition du Premier Dehaene, CER, Sénat, 26 juin 1997,
CRA, p. 868.
(3) Compte rendu de la réunion du cabinet restreint du
12 avril 1994.

( 541 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De argumenten die tijdens de vergadering zijn aangehaald, zijn door minister Claes als volgt samengevat : « Welke argumenten schoof de Belgische regering
naar voren ? Ten eerste, elke basis voor de toepassing
van de Arusha-akkoorden is stukgeschoten. De algemene voorwaarden voor het vervullen van een peacekeeping-opdracht van de VN wordt niet langer
voldaan. Het gevaar voor nieuwe dodelijke ongelukken met blauwhelmen in het algemeen, maar in het
bijzonder met Belgische blauwhelmen, is niet denkbeeldig. Reeds op 8 april schreef Boutros Ghali in een
brief aan de Veiligheidsraad dat de evacuatie van de
burgers, en meer specifiek van het burgerlijk VNpersoneel, onvermijdelijk was geworden.

Les arguments invoqués au cours de la réunion ont
été résumés de la manière suivante par le ministre
Claes : « Welke argumenten schoof de Belgische regering naar voren ? Ten eerste, elke basis voor de toepassing van de Arusha-akkoorden is stukgeschoten. De
algemene voorwaarden voor het vervullen van een
peace-keeping-opdracht van de VN wordt niet langer
voldaan. Het gevaar voor nieuwe dodelijke ongelukken met blauwhelmen in het algemeen, maar in
het bijzonder met Belgische blauwhelmen, is niet
denkbeeldig. Reeds op 8 april schreef Boutros Ghali
in een brief aan de Veiligheidsraad dat de evacuatie
van de burgers, en meer specifiek van het burgerlijk
VN-personeel, onvermijdelijk was geworden.

Het kernkabinet maakte uit de demarches die onze
ambassadeur Noterdaeme had kunnen doen bij de
Verenigde Naties in New York en bij de leden van de
Veiligheidsraad op — dat was niets nieuw; wij wisten
dat in feite al — dat er voor de Veiligheidsraad geen
sprake was om het mandaat hoofdstuk 6, peacekeeping, te veranderen in een mandaat hoofdstuk 7.

Het kernkabinet maakte uit de demarches die onze
ambassadeur Noterdaeme had kunnen doen bij de
Verenigde Naties in New York en bij de leden van de
Veiligheidsraad op — dat was niets nieuw; wij wisten
dat in feite al — dat er voor de Veiligheidsraad geen
sprake was om het mandaat hoofdstuk 6, peacekeeping, te veranderen in een mandaat hoofdstuk 7.

Bovendien werd vastgesteld — en dat bleek uit de
verslagen die wij kregen via onze ambassade en via
Landsverdediging — dat de blauwhelmen niet bij
machte waren de situatie terug onder controle te krijgen.

Bovendien werd vastgesteld — en dat bleek uit de
verslagen die wij kregen via onze ambassade en via
Landsverdediging — dat de blauwhelmen niet bij
machte waren de situatie terug onder controle te
krijgen.

Vandaar dat de Belgische regering tot de conclusie
kwam dat men het best tot nader order de Angolese
formule zou toepassen. Met andere woorden, voorlopig het mandaat terugplooien tot een gewone observatiepost, zoals dat in Angola was gebeurd, en de
diplomaten aan het werk zetten om de partijen terug
aan tafel te krijgen.

Vandaar dat de Belgische regering tot de conclusie
kwam dat men het best tot nader order de Angolese
formule zou toepassen. Met andere woorden, voorlopig het mandaat terugplooien tot een gewone observatiepost, zoals dat in Angola was gebeurd, en de
diplomaten aan het werk zetten om de partijen terug
aan tafel te krijgen.

Bovendien werd het anti-Belgisch klimaat zeer
ernstig genomen : het hield een dubbel gevaar in voor
de Belgische blauwhelmen en de Belgische burgers.
Dit werd bevestigd door het bericht nr. 633 dat op
8 april toekwam. De leden van de commissie kennen
overigens deze telex. Via de Franse ambassadeur bij
de Verenigde Naties moesten we vernemen dat de
Rwandese ambassadeur België verantwoordelijk had
gesteld voor de aanslag op het vliegtuig.

Bovendien werd het anti-Belgisch klimaat zeer
ernstig genomen : het hield een dubbel gevaar in voor
de Belgische blauwhelmen en de Belgische burgers.
Dit werd bevestigd door het bericht nr. 633 dat op
8 april toekwam. De leden van de commissie kennen
overigens deze telex. Via de Franse ambassadeur bij
de Verenigde Naties moesten we vernemen dat de
Rwandese ambassadeur België verantwoordelijk had
gesteld voor de aanslag op het vliegtuig.

De situatie werd dus meer dan bedenkelijk.
Vandaar dat onze militaire autoriteiten — generaal
Charlier — trouwens reeds als mogelijkheid opperden een evacuatie via Tanzanië, eerder dan een evacuatie via de lucht. Op dat ogenblik was het immers
duidelijk dat zelfs de blauwhelmen niet meer bij
machte waren het vliegveld in Kigali te controleren.
De pistes waren op dat ogenblik trouwens geblokkeerd door de presidentiële garde » (1).

De situatie werd dus meer dan bedenkelijk.
Vandaar dat onze militaire autoriteiten — generaal
Charlier — trouwens reeds als mogelijkheid opperden een evacuatie via Tanzanië, eerder dan een
evacuatie via de lucht. Op dat ogenblik was het
immers duidelijk dat zelfs de blauwhelmen niet meer
bij machte waren het vliegveld in Kigali te controleren. De pistes waren op dat ogenblik trouwens
geblokkeerd door de presidentiële garde » (1).

Op 12 april ontmoet de heer Claes de heer Boutros
Ghali in Bonn en wordt een telex 181 naar de Belgi-

Au cours de la journée du 12 avril, M. Claes
rencontre M. Boutros Ghali à Bonn et un télex 181 est

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 18/8, 18/9, 19/1, 19/2 et 19/3 (BV, blz. 838).

(1) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
pp. 18/8, 18/9, 19/1, 19/2 et 19/3 (CRA, p. 818).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 542 )

sche ambassade in Washington gestuurd om het
Belgische standpunt uit te leggen.

envoyé à l’ambassade belge à Washington pour expliquer la position belge.

In die telex geeft de minister te kennen dat de
Arusha-akkoorden volgens hem definitief mislukt
zijn. Aangezien Arusha de essentie van de UNAMIRoperatie was, heeft die missie voor België geen zin
meer. « Pour la Belgique, il est évident que la poursuite de l’opération Minuar est devenue sans objet. Il
est donc hors question que la Belgique participe à une
opération Minuar II renforcée ou maintenue dans son
format actuel. »

Dans ce télex, le ministère exprime son opinion
selon laquelle les accords d’Arusha ont définitivement échoués. Puisqu’Arusha constituait la raison
d’être de l’opération MINUAR, cette mission devient
sans objet pour la Belgique. « Pour la Belgique, il est
évident que la poursuite de l’opération MINUAR est
devenue sans objet. Il est donc hors de question que la
Belgique participe à une opération MINUAR II
renforcée ou maintenue dans son format actuel. »

Enkel een beperkte aanwezigheid van de VN (cf.
Angola) is nog aanvaardbaar.

Seule une présence limitée de l’ONU (cf. l’Angola)
est encore acceptable.

België wil zijn troepen zo snel mogelijk terugtrekken en dreigt er zelfs mee af te zien van elke medewerking aan vredesmissies in de toekomst.

La Belgique veut retirer ses troupes aussi rapidement que possible et menace même de renoncer à
l’avenir à toute participation à des missions de paix.

« Pour sa part, la Belgique souhaite d’autant plus
retirer son contingent de Casques bleus du Rwanda
que celui-ci a été durement touché par les événements
(massacre de 10 soldats) et qu’en raison de la propagande d’une faction politique extrémiste, les ressortissants belges sont à présent particulièrement menacés.
Toute aggravation du bilan des pertes belges pourrait
éloigner pour très longtemps notre pays de toute
participation à des OMP. »

« Pour sa part, la Belgique souhaite d’autant plus
retirer son contingent de Casques bleus du Rwanda
que celui-ci a été durement touché par les événements
(massacre de 10 soldats) et qu’en raison de la propagande d’une faction politique extrémiste, les ressortissants belges sont à présent particulièrement menacés.
Toute aggravation du bilan des pertes belges pourrait
éloigner pour très longtemps notre pays de toute
participation à des OMP. »

De heer Claes vat zijn ontmoeting met de Secretaris-generaal als volgt samen :

M. Claes résume ainsi sa rencontre avec le Secrétaire général :

« De heer Boutros Boutros Ghali was al enkele
dagen in Europa en ik kan mij dan ook perfect indenken dat hij op dat ogenblik niet op de hoogte was van
alle details van de situatie. Ik heb hem het volgende
gezegd : « Het loopt volkomen fout; in onze optiek
heeft de UNAMIR-opdracht geen waarde meer. Er
bestaat een diplomatiek en politiek vacuüm, het
Arusha-proces is kapot geschoten. De regering is
gevlucht; alle ambassades zijn gesloten. Het staakthet-vuren heeft geen stand gehouden. Het FPR rukt
met versterking verder op naar Kigali en geeft ons nog
48 uur de tijd om te evacueren. » De UNAMIR is
machteloos en heeft zich teruggetrokken op de luchthaven. Ik heb er zelfs aan toegevoegd dat hij zelfs een
deel van zijn troepen kwijt was. Ik wist via een Belgische militaire bron, dat Bengalese of Ghanese troepen
op de vlucht waren geslagen voor het geweld. Verder
heb ik aan de heer Boutros Boutros Ghali gezegd dat
zelfs onze ambassade geen telefonische verbindingen
meer had met zijn militair commando en dat dit alleen
nog via Intersat New York kon communiceren met
diplomaten. Een derde element in mijn betoog verwees naar het anti-Belgisch klimaat. België werd verantwoordelijk gesteld voor het neerhalen van het
presidentieel vligtuig; het zou pro-FPR zijn. Men had
het gemunt op de Belgische troepen. Het risico was
dus niet denkbeeldig dat, als onze blauwhelmen niet
worden teruggetrokken, er nog para’s zouden sneuvelen. Bovendien liepen andere UNAMIR-troepen

« De heer Boutros Boutros Ghali was al enkele
dagen in Europa en ik kan mij dan ook perfect indenken dat hij op dat ogenblik niet op de hoogte was van
alle details van de situatie. Ik heb hem het volgende
gezegd : « Het loopt volkomen fout; in onze optiek
heeft de UNAMIR-opdracht geen waarde meer. Er
bestaat een diplomatiek en politiek vacuüm, het
Arusha-proces is kapot geschoten. De regering is
gevlucht; alle ambassades zijn gesloten. Het staakthet-vuren heeft geen stand gehouden. Het FPR rukt
met versterking verder op naar Kigali en geeft ons nog
48 uur de tijd om te evacueren. » De UNAMIR is
machteloos en heeft zich teruggetrokken op de luchthaven. Ik heb er zelfs aan toegevoegd dat hij zelfs een
deel van zijn troepen kwijt was. Ik wist via een Belgische militaire bron, dat Bengalese of Ghanese troepen
op de vlucht waren geslagen voor het geweld. Verder
heb ik aan de heer Boutros Boutros Ghali gezegd dat
zelfs onze ambassade geen telefonische verbindingen
meer had met zijn militair commando en dat dit alleen
nog via Intersat New York kon communiceren met
diplomaten. Een derde element in mijn betoog verwees naar het anti-Belgisch klimaat. België werd verantwoordelijk gesteld voor het neerhalen van het
presidentieel vligtuig; het zou pro-FPR zijn. Men had
het gemunt op de Belgische troepen. Het risico was
dus niet denkbeeldig dat, als onze blauwhelmen niet
worden teruggetrokken, er nog para’s zouden sneuvelen. Bovendien liepen andere UNAMIR-troepen

( 543 )

1 - 611/7 - 1997/1998

praktisch dezelfde gevaren als de Belgen omdat ze in
Kigali dreigden gekneld te raken tussen de twee strijdende groepen. Ik heb de heer Boutros Boutros Ghali
gezegd : « U weet beter dan ik dat een versterking van
het mandaat er niet in zit. Het is ons oordeel dan u er
beter aan doet alle UNAMIR-troepen wijselijk terug
te trekken, vooraleer er nieuwe slachtoffers vallen. In
elk geval, dat moet ik u melden in naam van de Belgische regering, kunnen de Belgische troepen niet blijven. Wij overwegen een terugtrekking via Tanzanië
over de grond omdat de risico’s van een luchtevacuatie veel te groot zijn. In de telex, waar verslag wordt
gegeven over deze ontmoeting en dat opgesteld werd
door de heer Van Daele, kunt u lezen dat de heer
Boutros Boutros-Ghali gezegd heeft : « Je partage
votre analyse. » Hij zei mij dat hij wel het verslag van
generaal Dallaire diende af te wachten vooraleer hij
rapport kon uitbrengen aan de Veiligheidsraad. Hij
gaf mij de raad inmiddels diplomatieke demarches in
die richting te doen via de leden van de Veiligheidsraad en de troepenleveranciers. Dit is in het kort de
weergave van het gesprek dat ik met de heer Boutros
Boutros-Ghali had in Bonn tijdens die fameuze nacht.
De heer Boutros Boutros-Ghali had wel zijn twijfels
over mijn mededeling alsof een deel van de
UNAMIR-troepen op de vlucht waren. Hij zou het
controleren en mij de volgende ochtend opbellen. ’s
Anderendaags ochtend belde hij mij op en zei : « Met
alle respect, maar ik denk dat uw gegevens fout zijn.
Je crois que vous ne disposez pas de tous les renseignements. Le général Dallaire dispose encore de toutes
ses troupes. » Diezelfde avond, ik meen dat Boutros
Ghali intussen in Barcelona of Madrid verbleef, belde
hij mij opnieuw op. Hij heeft mij toen gezegd : « Je
dois partiellement revenir sur ma communication de
ce matin et je dois avouer que plusieurs de vos
données ont été confirmées entre-temps par ma
cellule, à New York. » (1)

praktisch dezelfde gevaren als de Belgen omdat ze in
Kigali dreigden gekneld te raken tussen de twee strijdende groepen. Ik heb de heer Boutros Boutros Ghali
gezegd : « U weet beter dan ik dat een versterking van
het mandaat er niet in zit. Het is ons oordeel dan u er
beter aan doet alle UNAMIR-troepen wijselijk terug
te trekken, vooraleer er nieuwe slachtoffers vallen. In
elk geval, dat moet ik u melden in naam van de Belgische regering, kunnen de Belgische troepen niet blijven. Wij overwegen een terugtrekking via Tanzanië
over de grond omdat de risico’s van een luchtevacuatie veel te groot zijn. In de telex, waar verslag wordt
gegeven over deze ontmoeting en dat opgesteld werd
door de heer Van Daele, kunt u lezen dat de heer
Boutros Boutros-Ghali gezegd heeft : « Je partage
votre analyse. » Hij zei mij dat hij wel het verslag van
generaal Dallaire diende af te wachten vooraleer hij
rapport kon uitbrengen aan de Veiligheidsraad. Hij
gaf mij de raad inmiddels diplomatieke demarches in
die richting te doen via de leden van de Veiligheidsraad en de troepenleveranciers. Dit is in het kort de
weergave van het gesprek dat ik met de heer Boutros
Boutros-Ghali had in Bonn tijdens die fameuze nacht.
De heer Boutros Boutros-Ghali had wel zijn twijfels
over mijn mededeling alsof een deel van de
UNAMIR-troepen op de vlucht waren. Hij zou het
controleren en mij de volgende ochtend opbellen. ’s
Anderendaags ochtend belde hij mij op en zei : « Met
alle respect, maar ik denk dat uw gegevens fout zijn.
Je crois que vous ne disposez pas de tous les renseignements. Le général Dallaire dispose encore de toutes
ses troupes. » Diezelfde avond, ik meen dat Boutros
Ghali intussen in Barcelona of Madrid verbleef, belde
hij mij opnieuw op. Hij heeft mij toen gezegd : « Je
dois partiellement revenir sur ma communication de
ce matin et je dois avouer que plusieurs de vos
données ont été confirmées entre-temps par ma
cellule, à New York. » (1)

Het voorgaande strookt met het verslag dat de
minister van Buitenlandse Zaken heeft uitgebracht
over het onderhoud met Boutros Ghali te Bonn op
12 april 1994. Bij punt 3 wijst hij erop dat de Secretaris-generaal van de Verenigde Naties het Belgische
standpunt deelt. « Je partage votre analyse » was
volgens het verslag de reactie van de Secretarisgeneraal van de Verenigde Naties, de heer Boutros
Ghali (2).

Ce récit est similaire au rapport que le ministre des
Affaires étrangères a fait de l’entretien avec Boutros
Ghali à Bonn le 12 avril 1994; au point 3, il signale que
le Secrétaire général des Nations unies partage le
point de vue belge. « Je partage votre analyse » fut,
selon le rapport, la réaction du Secrétaire général des
Nations Unies, M. Boutros Ghali (2).

——————

——————

(1) Hoorzitting van de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 21/13, 21/14, 22/1, 22/2, 22/3, 22/4, 22/5, 22/6 en
22/7 (BV, blz. 840); zie ook verslag van de Ministerraad van
12 april 1994.
(2) Telex van 13 april Minafet Brussel aan DELBELUNO
New York.

(1) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
pp. 21/13, 21/14, 22/1, 22/2, 22/3, 22/4, 22/5, 22/6 et 22/7
(CRA, p. 820); voir également le Compte rendu du Conseil des
ministres du 12 avril 1994.
(2) Télex du 13 avril 1994 du Minafet Bruxelles à DELBELUNO New York.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 544 )

(2) De reactie van de VN

(2) La réaction de l’ONU

In zijn verslag van de gebeurtenissen verklaart de
Secretaris-generaal evenwel :

Mais dans son compte-rendu des événements, le
Secrétaire général déclare :

« I voiced my disagreement and asked that the Belgian troops at least leave their heavy weapons in
Rwanda so they could be used by other UNAMIR
contingents.

« I voiced my disagreement and asked that the Belgian troops at least leave their heavy weapons in
Rwanda so they could be used by other UNAMIR
contingents.

It was my view, which I communicated to the Security Council, that the continued discharge by UNAMIR of its mandate would become untenable unless
the Belgian contingent was replaced by other, equally
well-equiped troops, or unless the Government of
Belgium reconsidered its decision. » (1)

It was my view, which I communicated to the Security Council, that the continued discharge by UNAMIR of its mandate would become untenable unless
the Belgian contingent was replaced by other, equally
well-equiped troops, or unless the Government of
Belgium reconsidered its decision. » (1)

De Secretaris-generaal gelooft inderdaad in het nut
van de UNAMIR-troepen op het terrein, ondanks
hun beperkte mogelijkheden.

Le secrétaire général estime en effet que les troupes
de la MINUAR ont leur utilité sur le terrain, même si
leurs possibilités sont limitées.

« The mission possessed neither the mandate nor
the force to coerce the two sides into ending the violence. »

« The mission possessed neither the mandate nor
the force to coerce the two sides into ending the violence. »

Maar hun aanwezigheid is zinvol :

Mais leur présence a un sens :

« UNAMIR dedicated itself to efforts to secure a
cease-fire; protect civilians and United Nations Staff,
as far as was possible; rescue individuals and groups
trapped in the fighting; and provide humanitarian
assistance. Within days, thousands of civilians sought
refuge in and around United Nations positions.
UNAMIR attempted to offer protection and provide
food, supplies and medical care to these groups. » (2)

« UNAMIR dedicated itself to efforts to secure a
cease-fire; protect civilians and United Nations Staff,
as far as was possible; rescue individuals and groups
trapped in the fighting; and provide humanitarian
assistance. Within days, thousands of civilians sought
refuge in and around United Nations positions.
UNAMIR attempted to offer protection and provide
food, supplies and medical care to these groups. » (2)

De heer Brouhns denkt dat die tegenstrijdigheid als
volgt kan worden uitgelegd :

M. Brouhns pense que cette contradiction peut
s’expliquer de la manière suivante :

« (...) rencontre Claes-Boutros, où on expose le
point de vue belge; on croit comprendre, à Bruxelles,
que Boutros partage ce point de vue, et puis il y a cette
lettre qui arrive, et qui dit « sans les Belges, la
MINUAR ne peut pas exercer effectivement sa tâche,
et donc son mandat deviendra intenable. Il faut que la
Belgique soit remplacée par un bataillon de qualité
équivalente, ou que le Gouvernement belge reconsidère sa décision de retirer son contingent. » Y-a-t-il
contradiction entre cela et l’information que j’ai reçue
de Bruxelles sur cette entretien Claes-Boutros, je
dirais pas nécessairement. Au fond, Boutros tire les
conséquences radicales de la décision du Gouvernement belge. » (3)

« (...) rencontre Claes-Boutros, où on expose le
point de vue belge; on croit comprendre, à Bruxelles,
que Boutros partage ce point de vue, et puis il y a cette
lettre qui arrive, et qui dit « sans les Belges, la
MINUAR ne peut pas exercer effectivement sa tâche,
et donc son mandat deviendra intenable. Il faut que la
Belgique soit remplacée par un bataillon de qualité
équivalente, ou que le Gouvernement belge reconsidère sa décision de retirer son contingent. » Y-a-t-il
contradiction entre cela et l’information que j’ai reçue
de Bruxelles sur cette entretien Claes-Boutros, je
dirais pas nécessairement. Au fond, Boutros tire les
conséquences radicales de la décision du Gouvernement belge. » (3)

De beloofde brief van 13 april aan de Veiligheidsraad waarin Boutros-Ghali verslag uitbrengt van zijn

La lettre du 13 avril, que M. Boutros Ghali avait
promis d’adresser au Conseil de sécurité et dans

——————

——————

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, The
United Nations, Blue Book Series, Volume X, op. cit., blz. 40.
(2) Ibidem, blz. 38.
(3) Hoorzitting van de heer Brouhns, POR, Senaat, 25 juni
1997, PV, blz. 3/5, 3/6 en 3/7 (CRA, blz. 836).

(1) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, The
United Nations, Blue Book Series, Volume X, op. cit., p. 40.
(2) Ibidem, p. 38.
(3) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 25 juin 1997, PV,
pp. 3/5, 3/6 et 3/7 (CRA, p. 836).

( 545 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gesprek met Claes zorgt voor de nodige consternatie
in Belgische diplomatieke milieus.

laquelle il fait rapport de sa conversation avec
M. Claes, sème la consternation dans les milieux
diplomatiques belges.

De formulering geeft dan ook op een onverbloemde wijze de gevolgen weer van de Belgische
beslissing :

Elle indique de manière sincère les conséquences de
la décision belge :

« He (= Claes) informed me that the Government of
Belgium has decided to withdraw its contingent serving with UNAMIR at the earliest possible date. In
the light of the decision by the Government of
Belgium, it is my assessment that it will be extremely
difficult for UNAMIR to carry out its tasks effectively. The continued discharge by UNAMIR of its
mandate will become untenable unless the Belgian
contingent is replaced by another, equally well equipped contingent or unless the Government of Belgium
reconsiders its decision to withdraw its contingent. In
these circumstances, I have asked my Special Representative and the Force Commander to prepare plans
for the withdrawal of UNAMIR, should this prove
necessary, and send their recommendations to me in
this regard. » (1)

« He (= Claes) informed me that the Government of
Belgium has decided to withdraw its contingent serving with UNAMIR at the earliest possible date. In
the light of the decision by the Government of
Belgium, it is my assessment that it will be extremely
difficult for UNAMIR to carry out its tasks effectively. The continued discharge by UNAMIR of its
mandate will become untenable unless the Belgian
contingent is replaced by another, equally well equipped contingent or unless the Government of Belgium
reconsiders its decision to withdraw its contingent. In
these circumstances, I have asked my Special Representative and the Force Commander to prepare plans
for the withdrawal of UNAMIR, should this prove
necessary, and send their recommendations to me in
this regard. » (1)

In zijn getuigenis kadert de heer Brouhns de reacties op deze brief als volgt :

Dans son témoignage, M. Brouhns décrit comme
suit les réactions à cette lettre :

« Au fond, M. Boutros tire les conséquences absolues de la décision du Gouvernement belge et, en
responsable d’une organisation internationale, dit :
« puisque les Belges s’en vont et que je me rends
compte que je ne pourrai pas les remplacer, j’en tire
toutes les conséquences ». Évidemment, cela n’a pas
été dit de manière fort élégante et agréable pour le
Gouvernement belge. » (2)

« Au fond, M. Boutros tire les conséquences absolues de la décision du Gouvernement belge et, en
responsable d’une organisation internationale, dit :
« puisque les Belges s’en vont et que je me rends
compte que je ne pourrai pas les remplacer, j’en tire
toutes les conséquences ». Évidemment, cela n’a pas
été dit de manière fort élégante et agréable pour le
Gouvernement belge. » (2)

De Veiligheidsraad zal deze formulering niet aanvaarden en vindt dat er alternatieven moeten geformuleerd worden.

Le Conseil de sécurité n’acceptera pas cette formulation et estimera qu’il faut en trouver une autre.

Tijdens Security Council consultations op 14 april
verwoorden zowel de secretaris-generaal als zijn
Special Adviser nogmaals hun tegenkanting tegen een
globale terugtrekking van UNAMIR :

Au cours des consultations du Conseil de sécurité
du 14 avril, le secrétaire général et son conseiller
spécial se disent une nouvelle fois opposées à un
retrait global de la MINUAR :

« An option I viewed as neither advisable as faisable. » (3)

« An option I viewed as neither advisable as faisable. » (3)

(3) Reactie van de militairen ter plaatse, van de Generale Staf en van de troepen

(3) La réaction des militaires sur place, l’état-major et
les troupes

Generaal Dallaire was tegen de stopzetting van de
operatie. Kolonel Marchal van zijn kant herinnert in

Le général Dallaire s’opposait à la cessation de
l’opération. Quant au colonel Marchal, il fait état

——————

——————

(1) Brief van 13 april 1994 van de Secretaris-generaal aan de
voorzitter van de Veiligheidsraad, « concerning developments
which may necessitate the withdrawal of UNAMIR », The
United Nations and Rwanda, 1993-1996, Blue Book Series, deel
X, op. cit., blz. 259.
(2) Hoorzitting van de heer Brouns, POR, Senaat, 26 juni
1997, PV, blz. 3/7 en 3/8.
(3) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, op. cit.,
blz. 41.

(1) Lettre du 13 avril 1994 du secrétaire général au président
du Conseil de Sécurité « concerning developments which may
necessitate the withdrawal of UNAMIR », The United Nations
and Rwanda, 1993-1996, Blue Book Series, Volume X, op. cit.,
p. 259.
(2) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 26 juin 1997, PV,
pp. 3/7 et 3/8.
(3) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, op. cit.,
p. 41.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 546 )

zijn vertrouwelijk verslag van mei 1995 aan de
gesprekken die hij als bevelhebber van UNAMIR
voor de sector Kigali gevoerd heeft met de bijzondere
vertegenwoordiger van de VN, de heer Booh Booh, en
met diens adviseur, de heer Khan : « Je conserve un
pénible souvenir de l’entrevue au cours de laquelle j’ai
communiqué (...) que le Gouvernement belge avait
décidé de retirer son contingent, suite à l’assassinat de
dix de ses Casques bleus.

dans son rapport confidentiel de mai 1995, des
conversations qu’il avait eues en tant que chef de la
MINUAR pour le secteur de Kigali avec le représentant spécial des Nations unies, M. Booh Booh, et son
conseiller, M. Khan : « Je conserve un pénible souvenir de l’entrevue au cours de laquelle j’ai communiqué
(...) que le Gouvernement belge avait décidé de retirer
son contingent, suite à l’assassinat de dix de ses
Casques bleus.

La réponse (...) fut cinglante et je ne suis pas prêt de
l’oublier : parce que la Belgique a eu dix morts, elle se
fout pas mal (textuel) des milliers de noirs qui vont
être assassinés. » (1)

La réponse (...) fut cinglante et je ne suis pas prêt de
l’oublier : parce que la Belgique a eu dix morts, elle se
fout pas mal (textuel) des milliers de noirs qui vont
être assassinés. » (1)

Kolonel Marchal zegt teleurgesteld te zijn geweest
door de beslissing van de regering om de troepen
terug te trekken.

Le colonel Marchal a exprimé avoir été déçu par la
décision de retrait prise par le gouvernement.

Diverse militairen die werden gehoord door de
commissie hebben bevestigd dat zij weliswaar sterk
onder de indruk waren van de moord op hun kameraden, maar dat ze psychologisch zeker in staat waren
om te blijven en op te treden tegen de slachtpartijen.

De nombreux militaires, qui ont été entendus par la
commission, ont confirmé que, même s’il est vrai
qu’ils avaient été fortement impressionnés par
l’assassinat de leurs camarades, ils étaient certainement en mesure, d’un point de vue psychologique, de
rester sur place et d’intervenir pour éviter les massacres.

Onder meer korporaal-chef Pierard verklaarde
voor de commissie :

Parmi ces militaires, la commission a notamment
entendu le premier caporal-chef Pierard, qui a
déclaré :

« Évidemment nous étions très déçus de ne pas être
intervenus. Mais je ne crois pas que cela ait pu diminuer le potentiel combatif, au contraire. » (2)

« Évidemment nous étions très déçus de ne pas être
intervenus. Mais je ne crois pas que cela ait pu diminuer le potentiel combatif, au contraire. » (2)

Dit werd eveneens bevestigd door adjundant Boequelloen :

L’adjudant Boequelloen a lui aussi confirmé cette
affirmation :

« Je confirme. En ce qui me concerne, je ne voulais
pas retourner parce que nous avions perdu dix
compagnons et il fallait continuer à travailler. » (3)

« Je confirme. En ce qui me concerne, je ne voulais
pas retourner parce que nous avions perdu dix
compagnons et il fallait continuer à travailler. » (3)

De manschappen op het terrein waren dus zeker
bereid te blijven en de terugtrekking van de Belgische
blauwhelmen kan dus niet verantwoord worden
vanwege het « moreel » van het Belgisch contingent.

Les hommes sur le terrain étaient donc très certainement disposés à rester, et l’on ne peut dès lors justifier le retrait des Casques bleus belges en invoquant le
« moral » du contingent belge.

3.8.3.3. Campagne van België om de leden van de
Veiligheidsraad te overtuigen operatie UNAMIR op
te heffen

3.8.3.3. La campagne de la Belgique visant à
convaincre les membres du Conseil de sécurité de
suspendre entièrement l’opération MINUAR

(1) Belgische campagne

(1) La campagne belge

Vanaf 12 april 1997 drong België aan op de integrale terugtrekking van Unamir. In zijn telex van
13 april aan DELBELUNO doet de heer Claes verslag

À partir du 12 avril 1997, la Belgique a insisté sur le
retrait intégral de la MINUAR. Dans son télex du
13 avril à DELBELONU relatant son entrevue avec

——————

——————

(1) Verslag van de ad-hocgroep Rwanda, blz. 128.
(2) Hoorzitting van de heer Pierard, POR, Senaat, 27 juni
1997, PV, blz. 12 F/1.
(3) Hoorzitting van de heer Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 12 F/4.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 128.
(2) Audition de M. Pierard, CER, Sénat, 27 juin 1997, PV,
p. 12/1.
(3) Audition de M. Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin 1997,
PV, p. 12/4.

( 547 )

1 - 611/7 - 1997/1998

van zijn ontmoeting met Boutros-Ghali en geeft de
Belgische delegatie een bijkomende opdracht die hij
als volgt definieert : de posten in landen die lid zijn
van de Veiligheidsraad of troepen leveren, moeten
hun gesprekspartners zo snel mogelijk op de hoogte
brengen van de analyse uit het punt 1 (terugtrekking),
zodat deze landen ons zoveel als mogelijk is zouden
helpen de VN ertoe te bewegen spoedig te beslissen
tot terugtrekking van de UNAMIR-troepen.

M. Boutros-Ghali, M. Claes confie à la délégation
Belge une mission complémentaire qu’il définit
comme suit : les postes se trouvant dans les pays qui
sont membres du Conseil de sécurité ou qui fournissent des troupes doivent informer d’urgence leurs
interlocuteurs de l’analyse faite au point 1 (retrait), de
manière que ces pays nous aident dans la mesure du
possible à obtenir des Nations Unies une décision
rapide de retrait des troupes de la MINUAR.

De heer Brouhns verklaarde tijdens de hoorzitting
van 25 juni 1997 : « Le même jour, la mission informe
les cinq membres permanents du Conseil de sécurité
ainsi que la mission d’Espagne, qui siégeait comme
membre non permanent. Ces démarches se sont effectuées au niveau du conseiller politique de la mission.
Le même jour, l’ambassadeur Noterdaeme recontre le
chargé d’affaires américain pour lui faire part de la
position belge telle que communiquée par M. Claes à
M. Boutros-Ghali.

Au cours de son audition du 25 juin 1997,
M. Brouhns déclare : « Le même jour, la mission
informe les cinq membres permanents du Conseil de
sécurité ainsi que la mission d’Espagne, qui siégeait
comme membre non permanent. Ces démarches se
sont effectuées au niveau du conseiller politique de la
mission. Le même jour, l’ambassadeur Noterdaeme
recontre le chargé d’affaires américain pour lui faire
part de la position belge telle que communiquée par
M. Claes à M. Boutros-Ghali.

Le 13 avril, a lieu à New York une réunion des pays
contributeurs de troupes à la MINUAR. Durant celleci, l’ambassadeur Noterdaeme intervient pour
communiquer la position belge. Le même jour, il
adresse une lettre au président du Conseil de sécurité
pour rappeler, par écrit, la position du Gouvernement
belge.

Le 13 avril, a lieu à New York une réunion des pays
contributeurs de troupes à la MINUAR. Durant celleci, l’ambassadeur Noterdaeme intervient pour
communiquer la position belge. Le même jour, il
adresse une lettre au président du Conseil de sécurité
pour rappeler, par écrit, la position du Gouvernement
belge.

Le 15 avril, l’ambassadeur Noterdaeme a effectué
une démarche auprès du numéro deux de l’ONU,
Kofi Annan, en l’absence de M. Boutros-Ghali,
auprès du président du Conseil de sécurité et auprès
des cinq membres permanents ainsi que de l’Espagne,
de l’Argentine et du Pakistan, trois membres non
permanents du Conseil de sécurité. Il s’agissait d’un
effort diplomatique important, de démarches formelles, préparées et concertées sur base d’instructions de
Bruxelles, avec un message précis transmis par le
Gouvernement belge. Ces démarches ont été souvent
doublées par les contacts directs entre Bruxelles et les
capitales membres du Conseil de sécurité...

Le 15 avril, l’ambassadeur Noterdaeme a effectué
une démarche auprès du numéro deux de l’ONU,
Kofi Annan, en l’absence de M. Boutros-Ghali,
auprès du président du Conseil de sécurité et auprès
des cinq membres permanents ainsi que de l’Espagne,
de l’Argentine et du Pakistan, trois membres nonpermanents du Conseil de sécurité. Il s’agissait d’un
effort diplomatique important, de démarches formelles, préparées et concertées sur base d’instructions de
Bruxelles, avec un message précis transmis par le
Gouvernement belge. Ces démarches ont été souvent
doublées par les contacts directs entre Bruxelles et les
capitales membres du Conseil de sécurité...

Nous n’avons pas abordé, dans nos contacts, les
pays dont nous savions que la position était opposée à
celle du Gouvernement belge. Nous avons évité
d’effectuer des démarches auprès des pays africains.
Les positions des membres du Conseil de sécurité
étaient les suivantes : la position américaine a évolué
entre le retrait total et le maintien limité et symbolique
d’une présence de la MINUAR sur place. La position
du Royaume-Uni était relativement semblable à celle
des Américains, au début pour un retrait total et
ensuite une évolution vers le maintien d’une présence
limitée de la MINUAR, pour observer symboliquement et passivement la situation sur le terrain. La
Russie et l’Espagne suivaient plus ou moins le train
anglo-saxon. La Chine est restée relativement silencieuse durant ces débats. La France a été directement
partisane du maintien de la MINUAR sans les Belges,

Nous n’avons pas abordé, dans nos contacts, les
pays dont nous savions que la position était opposée à
celle du Gouvernement belge. Nous avons évité
d’effectuer des démarches auprès des pays africains.
Les positions des membres du Conseil de sécurité
étaient les suivantes : la position américaine a évolué
entre le retrait total et le maintien limité et symbolique
d’une présence de la MINUAR sur place. La position
du Royaume-Uni était relativement semblable à celle
des Américains, au début pour un retrait total et
ensuite une évolution vers le maintien d’une présence
limitée de la MINUAR, pour observer symboliquement et passivement la situation sur le terrain. La
Russie et l’Espagne suivaient plus ou moins le train
anglo-saxon. La Chine est restée relativement silencieuse durant ces débats. La France a été directement
partisane du maintien de la MINUAR sans les Belges,

1 - 611/7 - 1997/1998

( 548 )

sans plaider pour un renforcement de cette
MINUAR. » (1)
Vanwaar deze uitgesproken wil om de terugtrekking te verkrijgen ?

sans plaider pour un renforcement de cette
MINUAR. » (1)
Pourquoi cette volonté d’obtenir le retrait ?

Minister Claes gaf voor de commissie de volgende
verklaring : « De grondslag voor het mandaat was verdwenen; er was geen sprake meer van peacekeeping;
van de Arusha-akkoorden bleef niets over; er was
complete chaos : geen regering meer, geen ambassades
meer, geen telefonische infrastructuur meer, het vliegveld was niet meer onder controle, er was geen staakthet-vuren, de verschillende troepen vochten met
elkaar, er werd geplunderd en de Blauwhelmen liepen
zonder uitzondering zware risico’s. Indien de regering
toen had beslist de troepen daar te houden, zou u mij
nu wellicht, als er meer doden waren gevallen, de
vraag stellen wat wij nog meer nodig hadden om troepen terug te trekken. Naast de vaststelling dat de
Blauwhelmen onder geen enkel beding incidenten en
moordpartijen konden stoppen en naast het feit dat in
de Veiligheidsraad er helemaal geen politieke wil
bestond tot versterking van het mandaat, moet nog
een ander element vermeld, namelijk de brief van
Boutros-Ghali, gericht aan de Veiligheidsraad de dag
na mijn gesprek in Bonn. » (...)

Le ministre Claes a donné à la Commission
l’explication suivante : « De grondslag voor het
mandaat was verdwenen; er was geen sprake meer
van peacekeeping; van de Arusha-akkoorden bleef
niets over; er was complete chaos : geen regering meer,
geen ambassades meer, geen telefonische infrastructuur meer, het vliegveld was niet meer onder
controle, er was geen staakt-het-vuren, de verschillende troepen vochten met elkaar, er werd geplunderd
en de Blauwhelmen liepen zonder uitzondering zware
risico’s. Indien de regering toen had beslist de troepen
daar te houden, zou u mij nu wellicht, als er meer
doden waren gevallen, de vraag stellen wat wij nog
meer nodig hadden om troepen terug te trekken.
Naast de vaststelling dat de Blauwhelmen onder geen
enkel beding incidenten en moordpartijen konden
stoppen en naast het feit dat in de Veiligheidsraad er
helemaal geen politieke wil bestond tot versterking
van het mandaat, moet nog een ander element
vermeld, namelijk de brief van Boutros-Ghali, gericht
aan de Veiligheidsraad de dag na mijn gesprek in
Bonn. » (...)

« Ik heb het over het rapport van 8 april van de heer
Booh-Booh aan de heren Kofi Annan en Goulding. » (2)

« Ik heb het over het rapport van 8 april van de heer
Booh-Booh aan de heren Kofi Annan en Goulding. » (2)

Minister Claes concludeerde dat het rapport van
8 april zijn analyse bevestigde. Volgens dat rapport
moesten de troepen zich beperken tot zelfverdediging
en waren er gevechten aan de gang tussen het FPR en
de presidentiële wacht. Er was geen garantie dat de
luchthaven gebruikt kon worden en er was ook geen
drinkwater voor de troepen. Bovendien was telefoneren ook niet meer mogelijk. De conclusie van de heer
Booh Booh was dat de troepen een vredeshandhavingsmissie hadden en zeker niet voorbereid waren op
een conflict van lange duur (3).

Le ministre Claes concluait que le rapport du
8 avril confirmait son analyse. Selon ce rapport, les
troupes en étaient réduites à l’autodéfense et des
combats étaient en cours entre le FPR et la garde présidentielle. L’utilisation de l’aéroport n’était pas garantie et les troupes ne pouvaient se procurer de l’eau
potable. En plus, il n’y avait plus de téléphone. La
conclusion de M. Booh Booh était que les troupes
avaient une mission de maintien de la paix et qu’elles
n’étaient sûrement pas préparées à un conflit de
longue durée (3).

Op de vraag van een commissielid waarom België
zoveel inspanningen deed om de gehele terugtrekking
van UNAMIR te bekomen, gaf minister Claes toe dat
« schrik voor gezichtsverlies » zeker een rol heeft
gespeeld, in het bijzonder na de ongelukkige brief van
Boutros-Ghali waarin de terugtrekking van
UNAMIR uitsluitend werd geargumenteerd door de

En réponse à une question d’un commissaire qui
souhaitait savoir pourquoi la Belgique avait fait tant
d’efforts pour obtenir le retrait complet de la
MINUAR, le ministre Claes déclara que « la crainte
de perdre la face » avait très certainement joué un rôle,
surtout après la lettre malheureuse de M. BoutrosGhali dans laquelle celui-ci justifiait le retrait de la

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Brouhns, POR, Senaat, 25 juni
1997, PV, blz. 1/11, 1/12, 1/13 en 1/14 (BV, blz. 854-855).
(2) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 22/13, 22/14 en 23/2 (BV, blz. 840).
(3) Ibidem, PV, blz. 23/3, 23/4 en 23/5.

(1) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 25 juin 1997, PV,
p. 1/11, 1/12, 1/13 et 1/14 (CRA, p. 834).
(2) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 22/13, 22/14 et 23/2 (CRA, p. 820).
(3) Ibidem, PV, p. 23/3, 23/4 et 23/5.

( 549 )

1 - 611/7 - 1997/1998

beslissing van de Belgische regering hun contingent
terug te roepen. « Het feit dat die brief geschreven en
gekend was, heeft ons psychologisch verplicht erop te
wijzen hoe zwak de positie van UNAMIR was geworden en hoe weinig grond er nog was voor het vervullen van welke zinnige taak ook. » (1)

MINUAR en avançant pour seule raison la décision
du Gouvernement belge de rappeler son contingent.
« Het feit dat die brief geschreven en gekend was,
heeft ons psychologisch verplicht erop te wijzen hoe
zwak de positie van UNAMIR was geworden en hoe
weinig grond er nog was voor het vervullen van welke
zinnige taak ook. » (1)

Het kernkabinet van 13 april 1994, waarop de
minister van Buitenlandse Zaken niet aanwezig was,
besluit :

Le Cabinet restreint du 13 avril 1994, auquel le ministre des Affaires étrangères n’était pas présent,
conclut :

« In afwachting van de eerstvolgende vergadering
van de Veiligheidsraad worden de diplomatieke inspanningen om de opschorting van de MINUAR te
bekomen geı̈ntensifieerd. De regering blijft bij haar
standpunt dat tegen de achtergrond van het bestaande
mandaat (Resolutie nr. 909) de huidige zending
zinloos is en er zeker geen rol is voor België in de
zending. De uiteindelijke Belgische houding zal
bepaald worden in functie van de evolutie van de
besprekingen in de VN. » (2)

« In afwachting van de eerstvolgende vergadering
van de Veiligheidsraad worden de diplomatieke inspanningen om de opschorting van de MINUAR te
bekomen geı̈ntensifieerd. De regering blijft bij haar
standpunt dat tegen de achtergrond van het bestaande
mandaat (Resolutie nr. 909) de huidige zending
zinloos is en er zeker geen rol is voor België in de
zending. De uiteindelijke Belgische houding zal
bepaald worden in functie van de evolutie van de besprekingen in de VN. » (2)

Op 13 april wordt via een brief van de Belgische
Permanente vertegenwoordiging aan de Veiligheidsraad de evacuatieoperatie aangekondigd. Tevens
werd nog eens herhaald dat voor België de voortzetting van UNAMIR zinloos is. Daarbij is sprake van
« widespread massacres » en grote chaos : « It is
obvious that under these conditions the continuation
of the UNAMIR operation has become pointless
within the terms of its present mandate. In any event,
the continued presence of the Belgian contingent
would expose it to unacceptable risks.

L’opération d’évacuation est annoncée le 13 avril
par une lettre du représentant permanent de la Belgique au Conseil de sécurité. Il y souligne une nouvelle
fois que, pour la Belgique, maintenir la MINUAR n’a
pas de sens, et il parle de « widespread massacres » et
de grand chaos : « It is obvious that under these conditions the continuation of the UNAMIR operation has
become pointless within the terms of its present
mandate. In any event, the continued presence of the
Belgian contingent would expose it to unacceptable
risks.

In conclusion the Belgian Government is of the
opinion that it is imperative to suspend the activities
of UNAMIR forces without delay . » (3)

In conclusion the Belgian Government is of the
opinion that it is imperative to suspend the activities
of UNAMIR forces without delay. » (3)

Op het kernkabinet van 14 april blijkt dat New
York het behoud van een kleine troepenmacht overweegt om de vrede te bewaren. België wordt verzocht
in te staan voor het logistieke materieel en de experts.
Het kernkabinet blijft erbij dat België bereid is logistieke steun te verlenen maar geen experts.

Au Cabinet restreint du 14 avril, New York envisage le maintien d’un noyau pour maintenir la paix. Il
est demandé à la Belgique de fournir du matériel logistique et des experts. Le cabinet restreint reste fermement attaché à l’option selon laquelle la Belgique est
disposée à fournir la logistique, mais pas les experts.

« Indien deze optie niet wordt weerhouden zal
nagegaan worden wat « logistiek » kan gedaan
worden om MINUAR-zending verder « aan te kleden », wel te verstaan dat dit zonder Belgische experten dient te gebeuren. » (4)

« Indien deze optie niet wordt weerhouden zal
nagegaan worden wat « logistiek » kan gedaan
worden om MINUAR-zending verder « aan te
kleden », wel te verstaan dat dit zonder Belgische
experten dient te gebeuren. » (4)

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 24/9.
(2) Beslissingen van het kernkabinet van 13 april 1994.
(3) Brief van de Permanente Vertegenwoordiger van België
bij de VN aan de voorzitter van de Veiligheidsraad « stating the
view of the Belgian Government that it is imperative to suspend
the activities of UNAMIR forces without delay », 13 april 1994,
Blue Book, blz. 258.
(4) Beslissing kernkabinet 14 april 1994.

(1) Ibidem, p. 24/9.
(2) Décisions du Cabinet restreint du 13 avril 1994.
(3) Letter from the Permanent Representative of Belgium to
the United Nations addressed to the President of the Security
Council, stating the view of the Belgian Government that it is
imperative to suspend the activities of UNAMIR forces without
delay, 13 April 1994, Blue Book, p. 258.
(4) Décision du Cabinet restreint du 14 avril 1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 550 )

Het kernkabinet komt in de vooravond van
14 april opnieuw bijeen. Daar meldt minister Claes
dat de meeste landen die lid zijn van de Veiligheidsraad instemmen met de Belgische visie.

Le cabinet restreint se réunit à nouveau le 14 avril,
en début de soirée. À cette occasion, le ministre Claes
fait savoir que la plupart des pays membres du
Conseil de sécurité approuvent le point de vue de la
Belgique.

Het leger zou bereid zijn materiaal achter te laten
ter waarde van 220 miljoen frank.

L’armée serait disposée à abandonner un matériel
d’une valeur de 220 millions de francs.

Diplomatieke inspanningen moeten voortgezet
worden om de « Angolese optie » te doen aanvaarden,
waarbij de VN enkel belast wordt met een beperkte
politieke opdracht.

Il faut poursuivre les efforts sur le plan diplomatique, pour faire admettre l’« option angolaise »,
suivant laquelle l’ONU serait chargée uniquement
d’une mission politique limitée.

Indien de VN toch zou beslissen te blijven, dient het
achter te laten materiaal zoveel mogelijk beperkt te
blijven (1).

Au cas où l’ONU déciderait de rester malgré tout, il
faudrait veiller à abandonner le moins de matériel
possible (1).

Op 15 april 1994 draagt het kernkabinet minister
Claes op schriftelijk contact op te nemen met de
Secretaris-generaal van de UNO, de leden van de Veiligheidsraad en de landen die troepen leveren om hen
het standpunt mee te delen dat het mandaat zinloos is
geworden, dat België niet langer kan deelnemen en
geen experts kan sturen, maar wel bereid is logistieke
steun te bieden als de VN-troepen ter plaatse blijven.

Le 15 avril 1994, le Cabinet restreint charge instamment le ministre Claes d’intervenir par écrit auprès du
Secrétaire général de l’ONU, des membres du Conseil
de sécurité et des fournisseurs de troupes pour
communiquer le point de vue selon lequel le mandat
est devenu sans objet, que la Belgique ne peut plus
participer et qu’elle ne peut pas envoyer d’experts,
mais qu’elle est disposée à offrir un soutien logistique
si des troupes de l’ONU restaient sur place.

Het kernkabinet draagt het leger eveneens op de
evacuatie van de Belgische blauwhelmen voor te
bereiden. De definitieve beslissing tot terugtrekking
wordt nog enkele dagen uitgesteld.

Le cabinet restreint charge également les militaires
de préparer l’évacuation des Casques bleus belges. La
décision définitive de retrait est encore postposée de
quelques jours.

Het standpunt van de andere leden van de Veiligheidsraad is volgens minister Claes als volgt :
« Nigeria pleit voor behoud en zo mogelijk versterking van het mandaat. Het spreekt namens een groep
Afrikaanse staten. Ik weet niet of u ervan in het bezit
bent, maar er bestaat een persbericht, « Statement of
the African group on the situation in Ruanda and
Burundi », dat werd uitgegeven door het executief
secretariaat van de UNO. Daarin wordt inderdaad
gepleit voor een versterking van het mandaat. De
Fransen zijn van oordeel dat UNAMIR niet bij
machte is bij te dragen tot de pacificatie, maar vragen
zich af of het voorlopig niet mogelijk is ons in te
graven, op en rond het vliegveld. Groot-Brittannië
zegt, vrijblijvend, want London had geen standpunt
ingenomen, dat het wijs zou zijn UNAMIR terug te
trekken. Verenigde Staten : idem. Zij stellen zelfs voor
Booh Booh onmiddellijk te vragen Rwanda te verlaten en een post te kiezen in een buurland. Spanje :
terugtrekken. Rusland : terugtrekken. Argentinië :
UNAMIR moet in een ander land worden ontplooid.

Selon les termes du ministre Claes, la position des
autres membres du Conseil de sécurité est la suivante :
« Nigeria pleit voor behoud en zo mogelijk versterking van het mandaat. Het spreekt namens een
groep Afrikaanse staten. Ik weet niet of u ervan in het
bezit bent, maar er bestaat een persbericht,
« Statement of the African group on the situation in
Ruanda and Burundi », dat werd uitgegeven door het
executief secretariaat van de UNO. Daarin wordt
inderdaad gepleit voor een versterking van het
mandaat. De Fransen zijn van oordeel dat UNAMIR
niet bij machten is bij te dragen tot de pacificatie,
maar vragen zich af of het voorlopig niet mogelijk is
ons in te graven, op en rond het vliegveld. GrootBrittannië zegt, vrijblijvend, want London had geen
standpunt ingenomen, dat het wijs zou zijn UNAMIR
terug te trekken. Verenigde Staten : idem. Zij stellen
zelfs voor Booh Booh onmiddellijk te vragen Rwanda
te verlaten en een post te kiezen in een buurland.
Spanje : terugtrekken. Rusland : terugtrekken. Argentinië : UNAMIR moet in een ander land worden ont-

——————

——————

(1) Verslag kernkabinet 14 april 1994.

(1) Compte rendu de la réunion du Cabinet restreint du
14 avril 1994.

( 551 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Rwanda, lid van de Veiligheidsraad : no comment. Ik
heb het nu over 12 april. Nieuw-Zeeland was voorzitter en probeert telkens opnieuw een gemeenschappelijke noemer te vinden. Het gaat dus noch de ene noch
de andere richting uit. » (1)

plooid. Rwanda, lid van de Veiligheidsraad : no
comment. Ik heb het nu over 12 april. NieuweZeeland was voorzitter en probeert telkens opnieuw
een gemeenschappelijk noemer te vinden. Het gaat
dus noch de ene noch de andere richting uit. » (1)

Op het kernkabinet van 15 april brengt minister
Claes verslag uit van de besprekingen in de Veiligheidsraad waarbij nog steeds niets beslist is (2).

Au cours de la réunion du cabinet restreint du
15 avril, le ministre Claes a fait rapport des discussions qui ont eu lieu au Conseil de sécurité, et aux
termes desquelles aucune décision n’avait encore été
prise (2).

De prioriteiten zijn :
— de operatie « Silver Back » zo vlug mogelijk
beëindigen;
— KIBAT vertrekklaar positioneren;
waarbij het nog steeds niet duidelijk is of het vertrek van de Belgen al dan niet zal plaatsvinden in het
kader van een algemene terugtrekking.
Volgende demarches worden afgesproken :

Les priorités étaient les suivantes :
— mettre un terme, aussi vite que possible, à
l’opération « Silver Back »;
— donner à KIBAT des positions qui lui permettent de partir;
à cet égard, on ne savait toujours pas si le départ des
Belges se ferait dans le cadre d’un retrait général ou
non.
Il a été convenu des démarches suivantes :

— op het diplomatieke niveau zal opnieuw bij de
VN-secretaris-generaal, de Voorzitter en de leden van
de Veiligheidsraad alsook bij de troepenleveranciers
tussengekomen worden om uit te leggen dat het VNmandaat in Rwanda politiek zinloos en militair onhoudbaar is;

— au niveau diplomatique, il y aurait une nouvelle
intervention auprès du secrétaire général des Nations
unies, auprès du président et des membres du Conseil
de sécurité, ainsi qu’auprès des pays fournisseurs de
troupes, pour leur expliquer que le mandat des
Nations unies au Rwanda est inutile d’un point de vue
politique et intenable d’un point de vue militaire;

— op het militaire niveau worden aan kolonel
Marchal instructies gegeven om de terugtrekking concreet voor te bereiden. De beslissing om te gaan —
« het uiteindelijke go » — zal morgen (16 april) genomen worden.

— au niveau militaire, le colonel Marchal reçoit
l’instruction de préparer concrètement le retrait. La
décision de partir, « le go final », sera prise le lendemain (16 avril).

Op 16 april brengt ambassadeur Noterdaeme verslag uit van de besprekingen in de Veiligheidsraad (3) : er is geen overeenstemming bereikt over de
opheffing van UNAMIR ten gevolge van de gezamenlijke oppositie van de Afrikaanse landen en het secretariaat. Noterdaeme heeft aan het secretariaat laten
verstaan dat de beslissing tot evacuatie van de Belgische blauwhelmen zonder uitstel zal uitgevoerd
worden, ongeacht de beslissing van de Veiligheidsraad.

Le 16 avril, l’ambassadeur Noterdaeme fait rapport
des discussions qui ont eu lieu au Conseil de sécurité (3) : l’on n’est pas parvenu à un accord concernant la cessation des activités de la MINUAR en
raison de l’opposition commune des pays africains et
du secrétariat. M. Noterdaeme a fait comprendre au
secrétariat que la décision d’évacuer les Casques bleus
belges sera mise en œuvre sans délai, quelle que soit la
décision du Conseil de sécurité.

Dit bericht wordt koel onthaald door het secretariaat :

Cette nouvelle n’a pas rencontré l’enthousiasme du
secrétariat :

« J’ai relevé que le Secrétariat me semblait ne pas
avoir une évaluation correcte de ces risques.

« J’ai relevé que le secrétariat me semblait ne pas
avoir une évaluation correcte de ces risques.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 21/11 en 12 (BV, blz. 849).
(2) Verslag kernkabinet, 15 april 1994.

(1) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
pp. 21/11 et 12. (CRA, p. 820).
(2) Compte rendu de la réunion du Cabinet restreint,
15 avril 1994.
(3) Télex no 691 de New York du 16 avril 1994.

(3) Telex nr. 691 uit New York, 16 april 1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 552 )

Kofi Annan m’a écouté avec civilité sans vraiment
réagir quant au fond.

Kofi Annan m’a écouté avec civilité sans vraiment
réagir quant au fond.

Le président du Conseil de sécurité a souligné que
les efforts et les motivations de la Belgique étaient
appréciés par les membres du Conseil. Il a répété sa
compréhension face au retrait belge. Le seul
problème, a-t-il ajouté, dans la gestion de cette crise
réside dans la différence d’évaluation entre la Belgique et le secrétariat. »

Le président du Conseil de sécurité a souligné que
les efforts et les motivations de la Belgique étaient
appréciés par les membres du Conseil. Il a répété sa
compréhension face au retrait belge. Le seul
problème, a-t-il ajouté, dans la gestion de cette crise
réside dans la différence d’évaluation entre la Belgique et le secrétariat ».

Niettegenstaande er geen consensus mogelijk is,
blijft België aandringen op de totale terugtrekking.
De ambassadeur is nogmaals tussengekomen bij de
diverse leden van de Veiligheidsraad « pour les travailler dans le sens d’une suspension de la
MINUAR ».

Bien qu’il ne soit pas possible d’aboutir à un
consensus, la Belgique a continué à insister pour un
retrait total. L’ambassadeur est intervenu une fois de
plus auprès des divers membres du Conseil de sécurité
« pour les travailler dans le sens d’une suspension des
activités de la MINUAR ».

De weerstand van het secretariaat is vooral ingegeven door bezorgdheid over het lot van de plaatselijke bevolking : « Le secrétariat a déconseillé l’option
2 (sterke reductie MINUAR) prétextant qu’elle causerait un drame humanitaire ... Mon collègue américain
estime inacceptable l’argument du drame humanitaire qui, s’il était généralisé, rendrait impraticable la
gestion des opérations de maintien de paix.»

Si le secrétariat s’oppose au retrait de la MINUAR,
c’est surtout parce qu’il se préoccupe du sort de la
population locale : « Le secrétariat a déconseillé
l’option 2 (forte réduction de la MINUAR) prétextant
qu’elle provoquerait un drame humanitaire ... Mon
collègue américain estime inacceptable l’argument du
drame humanitaire qui, s’il était généralisé, rendrait
impraticable la gestion des opérations de maintien de
paix.»

Maar de intensieve diplomatieke inspanningen
hebben uiteindelijk toch enig resultaat.

Les efforts diplomatiques intensifs ont en fin de
compte malgré tout eu un certain résultat.

In een perscommuniqué door het secretariaat uitgebracht naar aanleiding van de consultatieronde,
wordt gesteld dat :

Dans un communiqué de presse du secrétariat,
publié à la suite des diverses consultations, on peut
lire:

« Council Members took note and fully understood
Belgium’s decision to withdraw its troops in
UNAMIR at the same time that it is repatriating the
troops that have been providing security for the evacuation of foreign nationals ».

« Council Members took note and fully understood
Belgium’s decision to withdraw its troops in
UNAMIR at the same time that it is repatriating the
troops that have been providing security for the
evacuation of foreign nationals. »

Het is te danken aan de « vriendschappelijke » tussenkomsten van de Europese partners en Rusland dat
het uitgegeven perscommuniqué niet te negatief uitvalt voor België : « Ce passage a été obtenu grâce aux
interventions amicales de nos trois partenaires européens (France, Espagne, Royaume Uni) et des ÉtatsUnis. » (1)

Grâce aux interventions amicales des partenaires
européens et de la Russie, le communiqué de presse
qui a été diffusé n’était pas trop négatif pour la Belgique : « Ce passage a été obtenu grâce aux interventions amicales de nos trois partenaires européens
(France, Espagne, Royaume Uni) et des ÉtatsUnis. » (1)

Niettegenstaande er geen formele goedkeuring was
van de Veiligheidsraad concludeert Notredaeme dat
dit volstaat als basis om te vertrekken : « Il me semble
fournir un cadre onusien suffisamment adéquat à la
décision prise ce matin par le Gouvernement
belge. » (2)

Bien que le Conseil de sécurité n’ait pas approuvé
formellement la décision belge, M. Noterdaeme
conclut qu’il y avait une base suffisante pour quitter le
Rwanda : « Il me semble fournir un cadre onusien
suffisamment adéquat à la décision prise ce matin par
le Gouvernement belge. » (2)

——————

——————

(1) Fax 767/00327 van New York aan Brussel, 16 april 1994,
blz. 3.
(2) Ibidem.

(1) Fax 767/00327 de New York à Bruxelles du 16 avril
1994, p. 3.
(2) Ibidem.

( 553 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Er wordt bij het besluit nog laconiek aan toegevoegd dat de missies van onze Europese partners zeer
dienstig geweest zijn bij het verdedigen van onze
belangen.

Il ajoute de manière laconique que les missions
diplomatiques de nos partenaires européens ont été
très utiles à la défense de nos intérêts.

In de namiddag van 16 april komt het kernkabinet
samen waarbij speciale aandacht gaat naar de boven
geciteerde persverklaring.

Le cabinet restreint se réunit dans l’après-midi du
16 avril et accorde une attention particulière au
communiqué de presse susvisé.

Premier Dehaene concludeert daaruit dat de VN
groen licht geeft voor de terugtrekking van de Belgische Blauwhelmen uit Rwanda : de politieke voorwaarden zijn vervuld, de operatie zelf wordt vanaf
dan een louter militaire aangelegenheid (1).

Le Premier ministre Dehaene en conclut que les
Nations unies donnent le feu vert au retrait des
Casques bleus belges du Rwanda : les conditions politiques sont réunies et, à partir de là, l’opération
devient une question purement militaire (1).

(2) Houding van de UNO

(2) Attitude de l’ONU

Het secretariaat van de Verenigde Naties deelde het
standpunt met betrekking tot de totale terugtrekking
van de troepen niet. Volgens de heer Brouhns :
« Essentiellement, le secrétariat des Nations Unies
travaillait dans l’idée d’un échec temporaire d’un
processus de paix, et estimait qu’un cessez-le-feu, une
renégociation entre les parties, et la remise sur rail
d’Arusha restaient possibles, et pour cela il fallait
rester. En Belgique, on estimait que cette chance
n’était plus crédible, et qu’on allait vers un accroissement des affrontements.

La position de la Belgique quand au retrait total des
troupes n’était pas partagée par le secrétariat des
Nations Unies. Selon M. Brouhns : « Essentiellement,
le secrétariat des Nations Unies travaillait dans l’idée
d’un échec temporaire d’un processus de paix, et estimait qu’un cessez-le-feu, une renégociation entre les
parties, et la remise sur rail d’Arusha restaient possibles, et pour cela il fallait rester. En Belgique, on estimait que cette chance n’était plus crédible, et qu’on
allait vers un accroissement des affrontements.

Vraag : Mais je suppose que l’analyse du Secrétariat
reposait, en grande partie, sur les contacts de terrain,
sur Booh Booh et Dallaire, parce que je ne vois pas
comment autrement ... Je vous pose la question : à
votre avis, qui faisait cette évaluation, puisqu’on sait
très bien que New York en tant que telle n’a pas les
moyens de faire cette évaluation ?

Vraag : Mais je suppose que l’analyse du Secrétariat
reposait, en grande partie, sur les contacts de terrain,
sur Booh Booh et Dallaire, parce que je ne vois pas
comment autrement ... Je vous pose la question : à
votre avis, qui faisait cette évaluation, puisqu’on sait
très bien que New York en tant que telle n’a pas les
moyens de faire cette évaluation ?

Antwoord : Essentiellement, Dallaire. Je me
rappelle d’un entretien — cela m’avait frappé —
qu’on a eu : Dallaire était à New York le 30 mars, une
semaine avant l’attentat. Il rencontre le Secrétariat, les
membres du Conseil de sécurité, et le discours qu’il
tient est relativement optimiste. Dallaire, à l’époque,
est considéré pour nous à New York comme l’un des
hommes les mieux renseignés sur la situation au
Rwanda.

Réponse : Essentiellement, Dallaire. Je me rappelle
d’un entretien — cela m’avait frappé — qu’on a eu :
Dallaire était à New York le 30 mars, une semaine
avant l’attentat. Il rencontre le Secrétariat, les
membres du Conseil de sécurité, et le discours qu’il
tient est relativement optimiste. Dallaire, à l’époque,
est considéré pour nous à New York comme l’un des
hommes les mieux renseignés sur la situation au
Rwanda.

Que nous dit-il ? Il y a trois points dans sa communication. Il croit encore en la bonne foi des dirigeants
des deux parties, sans cependant exclure qu’il y ait des
individualités radicales dans l’un ou l’autre camp.
Ensuite, il estime que le Rwanda est effectivement à la
croisée des chemins, que les divergences politiques
deviennent minimales entre les parties, et que donc on
se rapproche d’un accord, mais que si ce n’est pas le
cas, on va avoir un sérieux problème. Trois, Dallaire
estime qu’il n’existe chez aucune des parties — et là je

Que nous dit-il ? Il y a trois points dans sa communication. Il croit encore en la bonne foi des dirigeants
des deux parties, sans cependant exclure qu’il y ait des
individualités radicales dans l’un ou l’autre camp.
Ensuite, il estime que le Rwanda est effectivement à la
croisée des chemins, que les divergences politiques
deviennent minimales entre les parties, et que donc on
se rapproche d’un accord, mais que si ce n’est pas le
cas, on va avoir un sérieux problème. Trois, Dallaire
estime qu’il n’existe chez aucune des parties — et là je

——————

——————

(1) Verslag kernkabinet 16 april 1994.

(1) Compte rendu de la réunion cabinet restreint 16 avril
1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 554 )

cite — un « masterplan » secret. Il est intéressant de se
dire que, l’homme le mieux informé, pour les Nations
Unies, au sujet du Rwanda, qui vient à New York les
30-31 mars, diffuse ce message au Conseil de Sécurité
et au Secrétariat. Il est clair qu’à partir du moment où
l’attentat éclate, les diplomates et les gens au Secrétariat ont pour information principale cet entretien. Ils
se disent que c’est un dérapage, parce que Dallaire a
tenu huit jours auparavant un langage optimiste. Le
Secrétariat travaille dans cette optique de reconstruction possible, et c’est pour cela qu’il veut maintenir la
MINUAR, alors qu’apparemment, à Bruxelles, on
estime que ce scénario n’est plus tenable. » (1)

cite — un « masterplan » secret. Il est intéressant de se
dire que, l’homme le mieux informé, pour les Nations
Unies, au sujet du Rwanda, qui vient à New York les
30-31 mars, diffuse ce message au Conseil de Sécurité
et au Secrétariat. Il est clair qu’à partir du moment où
l’attentat éclate, les diplomates et les gens au Secrétariat ont pour information principale cet entretien. Ils
se disent que c’est un dérapage, parce que Dallaire a
tenu huit jours auparavant un langage optimiste. Le
Secrétariat travaille dans cette optique de reconstruction possible, et c’est pour cela qu’il veut maintenir la
MINUAR, alors qu’apparemment, à Bruxelles, on
estime que ce scénario n’est plus tenable. » (1)

Op 13 april 1994 stuurde de secretaris-generaal de
voorzitter van de Veiligheidsraad een brief waarin hij
het Belgisch standpunt uiteenzet, zoals dat hem was
toegelicht door minister Claes die hij ontmoette in
Bonn :

Le 13 avril 1994, le secrétaire général adresse au
président du Conseil de sécurité une lettre dans
laquelle il explique le point de vue de la Belgique
développé par le ministre Claes lors de sa rencontre à
Bonn :

« He informed me that the Government of Belgium
has decided to withdraw its contingent serving with
UNAMIR at the earliest possible date ». (2)

« He informed me that the Government of Belgium
has decided to withdraw its contingent serving with
UNAMIR at the earliest possible date ». (2)

Naar aanleiding van het Belgische standpunt,
beveelt de secretaris-generaal aan om UNAMIR terug
te trekken, omdat hij niet gelooft dat het Belgische
contingent zou worden vervangen door een gelijkwaardig contingent :

Suite à la position de la Belgique, le Secrétaire général recommande le retrait de la MINUAR, étant
donné qu’il ne croit pas à la perspective d’un remplacement du contingent belge par un contingent d’une
qualité équivalente :

« In the light of this decision by the Government of
Belgium, it is my assessment that it will be extremely
difficult for UNAMIR to carry out its tasks effectively. The continued discharge by UNAMIR of its
mandate will become untenable unless the Belgian
contingent is replaced by another equally well equipped or unless the Government of Belgium reconsiders
its decision to withdraw its contingent.

« In the light of this decision by the Government of
Belgium, it is my assessment that it will be extremely
difficult for UNAMIR to carry out its tasks effectively. The continued discharge by UNAMIR of its
mandate will become untenable unless the Belgian
contingent is replaced by another equally well equipped or unless the Government of Belgium reconsiders
its decision to withdraw its contingent.

In these circumstances, I have asked my Special
Representative and the Force Commander to prepare
plans for the withdrawal of UNAMIR, should this
prove necessary, and send their recommendations to
me in this regard. (...) » (3)

In these circumstances, I have asked my Special
Representative and the Force Commander to prepare
plans for the withdrawal of UNAMIR, should this
prove necessary, and send their recommendations to
me in this regard. (...) » (3)

Deze brief van de secretaris is onaanvaardbaar
voor de Veiligheidsraad die meent dat men een beslissing van de Veiligheidsraad niet kan laten afhangen
van een beslissing van de Belgische Regering. (4)

La lettre du secrétaire est inacceptable pour le
Conseil de sécurité qui estime qu’on ne peut lier une
décision du Conseil de sécurité à une décision du
gouvernement belge (4).

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Brouhns, POR, Senaat, 25 juni
1997, PV, blz. 3/16 tot 20 (BV, blz. 857).
(2) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, Blue Book
Series, Volume X, blz. 259.
(3) Blue Book Series, ibidem.
(4) Hoorzitting met de heer Brouhns, POR, Senaat, 25 juni
1997, PV, blz. 4/2 (BV, blz. 856).

(1) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 25 juin 1997, PV,
p. 3/16 à 20 (CRA 837).
(2) The United Nations and Rwanda, 1993-1996, Blue Book
Series, Volume X, p. 259.
(3) Blue Books Series, ibidem.
(4) Audition de M. Brouhns, CER, Sénat, 25 juin 1997, PV,
p. 4/2 (CRA 836).

( 555 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De Veiligheidsraad volgde het Belgische standpunt
niet. In een persmededeling van 16 april 1994 spreekt
de Veiligheidsraad zijn begrip voor het Belgische
standpunt uit, maar bleef evenwel verdeeld over de
wenselijkheid van de terugtrekking van de troepen (1).

La position de la Belgique n’a pas été suivie par le
Conseil de sécurité. Le 16 avril 1994, dans une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité exprime sa
compréhension de la position belge mais reste divisé
sur l’opportunité du retrait (1).

Pas op 21 april 1994, in resolutie 912, besluit de
Veiligheidsraad tot een aanpassing van het mandaat
van UNAMIR en staat daarbij ook een inkrimping
van de troepenmacht toe (2).

Ce ne sera que le 21 avril 1994 que, dans sa résolution 912, le Conseil de sécurité décide un ajustement
du mandat de la MINUAR et autorise une réduction
de ses effectifs (2).

Een van de standpunten uit het verslag van de secretaris-generaal, dat wordt meegedeeld aan de Raad,
zegt duidelijk dat de Belgische terugtrekking een
« kritisch element is geweest in de verslechtering van
de toestand » (3).

Un des éléments du rapport du secrétaire général
qui est communiqué au Conseil fait clairement état de
ce que le retrait belge a « introduit un élément critique
dans la détérioration de la situation » (3).

Op de vraag of de Belgische houding in het
Rwanda-dossier de UNO-instanties heeft teleurgesteld, antwoordt de Belgische permanente vertegenwoordiger, de h. Brouhns :

À la question de savoir si l’attitude de la Belgique
dans le dossier Rwanda a conduit à une certaine
déception de la part des autorités des Nations unies, le
représentant permanent belge, M. Brouhns répond :

« Il est clair que cela a créé un certain froid dans nos
contacts avec le secrétariat. Il faut se mettre à leur
place : leur travail n’était pas rendu tellement plus
facile par notre conduite.

« Il est clair que cela a créé un certain froid dans nos
contacts avec le secrétariat. Il faut se mettre à leur
place : leur travail n’était pas rendu tellement plus
facile par notre conduite.

Il est clair qu’il y a eu des manifestations desquelles
on pouvait tirer la conclusion qu’il y avait peut-être
une certaine perte ou une baisse temporaire de crédibilité » (4)

Il est clair qu’il y a eu des manifestations desquelles
on pouvait tirer la conclusion qu’il y avait peut-être
une certaine perte ou une baisse temporaire de crédibilité » (4).

3.8.4. Gevolgen van de niet-versterking van
UNAMIR, van de niet-toepassing van artikel
17 van de ROE en van de gedeeltelijke terugtrekking

3.8.4. Conséquences du non-renforcement de la
MINUAR, de la non-application de l’article 17
des ROE et du retrait partiel

3.8.4.1. Niet-toepassing van artikel 17 van de ROE

3.8.4.1. Non-application de l’article 17 des ROE

UNAMIR heeft machteloos en passief toegekeken
op de slachtpartijen op grote schaal die zich onder
haar ogen hebben afgespeeld. Nochtans was het op
grond van artikel 17 van de richtlijn waarin de rules of
engagement zijn vervat, mogelijk op te treden
wanneer misdaden tegen de mensheid worden
gepleegd : « There may also be ethnically or politically
motivated criminal acts committed during this
mandate which will morally and legally require
UNAMIR to use all available means to halt them.

La MINUAR est restée impuissante et passive
devant les massacres à grande échelle qui se sont
déroulés sous ses yeux. Pourtant, l’article 17 de la
directive énonçant les règles d’engagement permettait
d’intervenir lorsque des crimes contre l’Humanité
sont commis : « There may also be ethnically or politically motivated criminal acts committed during this
mandate which will morally and legally require
UNAMIR to use all available means to halt them.
Examples are executions, attacks on demobilised

——————

——————

(1) Ibidem.
(2) Security Council resolution adjusting UNAMIR’s
mandate and authorizing a reduction in its strength, S/RES/912
(1994), 21 April 1994 in Blue Book Series, op. cit., blz. 268.
(3) Special Report of the Secretary General of the UN Assistance Mission for Rwanda, Doc. S/1994/470, 20 april 1994.
(4) Hoorzitting met de heer Brouhns, Ibidem, blz. 3/4.

(1) Ibidem.
(2) Security Council resolution adjusting UNAMIR’s
mandate and authorizing a reduction in its strength, S/RES/912
(1994), 21 April 1994 in Blue Books Series, op. cit., p. 268).
(3) Special Report of the Secretary General of the UN Assistance Mission for Rwanda, Doc. S/1994/470, 20 avril 1994.
(4) Audition de M. Brouhns, Ibidem, p. 3/4.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 556 )

Examples are executions, attacks on demobilised
soldiers, etc. During such occasions, UNAMIR military personnel will follow this rod outlined in this
directive, in support of UNCIVPOL and local authorities or in their absence, UNAMIR will take the
necessary action to prevent any crime against humanity. (...) »

soldiers, etc. During such occasions, UNAMIR military personnel will follow this rod outlined in this
directive, in support of UNCIVPOL and local authorities or in their absence, UNAMIR will take the
necessary action to prevent any crime against humanity. (...) »

Mevrouw Des Forges verklaarde tijdens de hoorzitting : « Paragraaf 17 bepaalde duidelijk dat
UNAMIR, bij de uitvoering van zijn mandaat,
geconfronteerd kon worden met criminele handelingen van etnische of politieke aard, waardoor ze
moreel en wettelijk verplicht zou zijn tussenbeide te
komen met of zonder de medewerking van de plaatselijke autoriteiten teneinde misdaden tegen de mensheid te voorkomen.

Mme Des Forges déclare lors de son audition : « Le
paragraphe 17 stipulait clairement que durant
l’exercice de son mandat, la MINUAR pourrait être
confrontée à des actes criminels motivés par des considérations ethniques ou politiques qui l’obligeraient
moralement et légalement à intervenir, avec ou sans la
collaboration des autorités locales pour éviter que ne
soient commis des crimes contre l’humanité.

De UNO-autoriteiten hebben mij gezegd dat het
mandaat voorrang had op die nota en dat kan de
reden zijn waarom UNAMIR niet tussenbeide kon
komen om de volkenmoord te verhinderen. » (1)

Les autorités de l’ONU m’ont expliqué que le
mandat avait priorité sur ce document, ce qui expliquerait pourquoi la MINUAR n’a pu intervenir pour
empêcher le génocide. » (1)

De heer Reyntjens bevestigt de woorden van
mevrouw Des Forges en legt uit : « Het staat alleszins
vast dat New York bevreesd was voor een herhaling
van Somalische toestanden en te allen prijze de
blauwhelmen uit een burgeroorlog wou weghouden. » (2).

M. Reyntjens confirme les propos de Mme Des
Forges en expliquant : « Il est en tout cas établi que
New York craignait une réapparition de situations à
la somalienne et voulait à tout prix éviter d’impliquer
les casques bleus dans une guerre civile. » (2)

In de periode van 7 tot 10 april 1994 heeft de Belgische Regering de aandacht van de UNO-instanties
niet alleen gevestigd op hoofdstuk VII maar ook op de
rules of engagement die volgens haar de basis vormden voor een mogelijk optreden. Het antwoord van
de UNO was negatief.

Pendant la période du 7 au 10 avril 1994, le gouvernement belge a non seulement invoqué le chapitre VII
auprès des instances de l’ONU, mais également les
règles d’engagement, comme base d’une intervention
possible. La réponse de l’ONU fut négative.

De heer Claes verklaart : « Men wees ons evenwel
op het gevaar dat hierdoor de andere peace keepingoperations konden worden gehypothekeerd. Bovendien vergt een troepenversterking tijd. Wij hebben
gepleit voor de toepassing van de rules of engagement. Het antwoord van de VN luidde dat de beslissing bij Dallaire lag.

Selon M. Claes : « On nous faisait toutefois remarquer qu’une telle approche risquait d’hypothéquer les
autres opérations de maintien de la paix. Un renforcement des troupes demande en outre du temps.(...)
Nous avons plaidé pour l’application des règles
d’engagement. L’ONU a répondu qu’il incombait à
Dallaire de prendre la décision.

Die beschikte niet over de nodige middelen en was
niet eens bij machte militaire bescherming te verlenen
voor een vergadering met de pauselijke nuntius en de
Franse, de Italiaanse en de Amerikaanse ambassadeurs. » (3)

Ce dernier ne disposait pas des moyens nécessaires
et n’était même pas en mesure d’offrir une protection
militaire pour une réunion avec le nonce apostolique
et les ambassadeurs français, italien et américain. » (3)

In punt 11 van het « Rapport d’ensemble d’enseignements tirés de la mission des Nations Unies pour

Dans le point 11 du « Rapport d’ensemble enseignements tirés de la mission des Nations unies pour

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 33.
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, (BV, blz. 509).
(3) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, (BV, blz. 844/845).

(1) Audition de Mme Des Forges, CRA, CRS, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 33.
(2) Audition du professeur Reyntjens, CER, Sénat, 14 mai
1997, PV (CRA, p. 499).
(3) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV
(CRA p. 824).

( 557 )

1 - 611/7 - 1997/1998

l’assistance au Rwanda (MINUAR, octobre 1993avril 1996 » staat het volgende : « Certaines personnes
ont avancé l’argument selon lequel la MINUAR
aurait pu avoir recours à ses règles d’engagement,
dont un paragraphe a été interprété comme autorisant
la mission à prendre toutes les mesures nécessaires, y
compris l’utilisation de la force afin de protéger les
civils en danger. D’autres ont déconseillé toute tentative visant à usurper les pouvoirs du Conseil de Sécurité , qui, en vertu de la Charte des Nations Unies, est
le seul organe habilité à décider des mandats des opérations de maintien de la paix. »

l’assistance au Rwanda (MINUAR) octobre 1993avril 1996 », on peut lire : « Certaines personnes ont
avancé l’argument selon lequel la MINUAR aurait pu
avoir recours à ses règles d’engagement, dont un paragraphe a été interprété comme autorisant la mission à
prendre toutes les mesures nécessaires, y compris
l’utilisation de la force afin de protéger les civils en
danger. D’autres ont déconseillé toute tentative visant
à usurper les pouvoirs du Conseil de Sécurité , qui, en
vertu de la Charte des Nations Unies, est le seul
organe habilité à décider des mandats des opérations
de maintien de la paix. »

Zoals in hoofdstuk 3.4 reeds werd vermeld, heeft
de toepassing van artikel 17 door de militairen op het
terrein nooit plaatsgehad.

Comme cela a déjà été abordé dans le chapitre 3.4,
l’application sur le terrain de l’article 17 par les militaires n’a jamais eu lieu.

In verband met de vraag of de troepen de regels
kenden verklaart kolonel Dewez voor de commissie
het volgende : « Ces règles d’engagement comptent
seize pages. Au niveau du bataillon on a diffusé une
sorte de condensé reprenant les principes généraux.
La totalité de ces règles d’engagement n’était donc pas
diffusée, si bien que cette partie de l’article prévoyant
d’intervenir contre des crimes comme un génocide a
été un peu passée sous silence. » (1)

Quant à leur connaissance par les troupes, le colonel Dewez déclare devant la commission: « Ces règles
d’engagement comptent seize pages. Au niveau du
bataillon on a diffusé une sorte de condensé reprenant
les principes généraux. La totalité de ces règles
d’engagement n’était donc pas diffusée, si bien que
cette partie de l’article prévoyant d’intervenir contre
des crimes comme un génocide a été un peu passée
sous silence. » (1)

Wat de toepassing ervan betreft verklaart majoor
Choffray het volgende : « Nous recevions tous les
ordres du secteur. Nous ne devons pas nous immiscer
dans les affaires internes. Je n’ai pas de noms. Je ne
pourrais dire qui exactement. Nous avons reçu
l’ordre de ne pas intervenir dans les massacres. Je
suppose que les autres hommes de la campagnie l’ont
confirmé. » (2)

Quant à leur application, le major Choffray
déclare : « Nous recevions tous les ordres du secteur.
Nous ne devons pas nous immiscer dans les affaires
internes. Je n’ai pas de noms. Je ne pourrais dire qui
exactement. Nous avons reçu l’ordre de ne pas intervenir dans les massacres. Je suppose que les autres
hommes de la campagnie l’ont confirmé. » (2)

Majoor Bodart legt eveneens tijdens de hoorzitting
uit dat de inmenging in de slachtpartijen het leven van
de Belgische onderdanen in gevaar zou hebben
gebracht en dat hij de beslissing van kolonel Dewez
om niet tussenbeide te komen begreep. (3)

Le major Bodart explique lui aussi, lors de son
audition, que le fait d’intervenir dans les massacres
aurait mis en péril la vie des ressortissants belges et
qu’il comprenait la décision du colonel Dewez de
non-intervention. (3)

3.8.4.2. Impact van de terugtrekking op de genocide

3.8.4.2. Impact sur le génocide

Alison Des Forges heeft een harde verklaring afgelegd voor de commissie over enerzijds de impact van
de Belgische beslissing op het verloop van de genocide
en anderzijds over de verantwoordelijkheid van
België (4) : « Internationaal werd beslist de gematigde officieren niet langer te steunen en de evacuatie-

Alison Des Forges a fait une déclaration dure
devant la commission au sujet, d’une part de l’impact
qu’a eu la décision belge sur le déroulement du génocide et, d’autre part, de la responsabilité de la Belgique (4) : « Sur le Plan international, il fut décidé de ne
plus soutenir les officiers modérés, de ne pas utiliser

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Dewez, POR, Senaat, 10 juni
1997, PV, blz. 21/7 en 21/8 (BV, blz. 700).
(2) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, (BV, blz. 486).
(3) Hoorzitting met majoor Bodart, BV, POR, Senaat, 19961997, 13 mei 1997.
(4) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 16 mei 1997, blz. 551.

(1) Audition de colonel Dewez, CER, Sénat, 10 juin 1997,
PV, p. 21/7 et 21/8 (CRA p. 685).
(2) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, (CRA p. 476).
(3) Audition du major Bodart, CRA, CER, Sénat, 19961997, 13 mai 1997, p. 494.
(4) Audition de Mme Des Forges, CRA, CER, Sénat, 19961997, 16 mai 1997, pp. 540 et 541.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 558 )

troepen, die samen met UNAMIR de volkenmoord
hadden kunnen verhinderen, niet in te zetten. De
Belgische troepen werden net zoals UNAMIR uit
Rwanda teruggetrokken. Al deze beslissingen hebben
een duidelijk verband met het ontstaan van de
volkenmoord, want de Tutsi-slachtoffers en de gematigde Hutu’s werden aan hun lot overgelaten, nadat
men ze had aangemoedigd de weg van de democratie
in te slaan.

les troupes d’évacuation qui auraient pu, en collaboration avec la MINUAR, empêcher le génocide. Les
troupes belges furent également retirées du Rwanda
tout comme la MINUAR. Cette série de décisions a un
lien évident avec la survenance du génocide car on a
abandonné les victimes Tutsi et les Hutu modérés
après les avoir encouragés sur la voie de la démocratie.

De verantwoordelijkheid van de Rwandezen mag
uiteraard niet worden geminimaliseerd, maar gelet op
onze betrokkenheid bij het vredesproces zijn ook wij
verantwoordelijk, omdat wij niets gedaan hebben om
de volkenmoord te beletten. »

Il ne faut bien entendu pas minimiser la responsabilité des Rwandais mais dans un monde aussi international que le nôtre, et vu notre implication dans le
processus de paix, nous sommes aussi responsables
parce que nous n’avons rien fait pour empêcher le
génocide. »

Mevrouw Suhrke, rapporteur van « The joint evaluation of emergency assistance to Ruanda » deelt die
mening niet : « Ik denk dat wij de kans om de genocide
te vermijden eind 1992 begin 1993 gemist hebben. Op
dat moment had men de president onder druk kunnen
zetten. Jammer genoeg had men alleen nog oog voor
de akkoorden van Arusha. Men dacht snel een
nieuwe regering te kunnen installeren. Men had dus
geen oog voor de problematiek van de extremisten. Ik
denk dat indien de UNAMIR gebleven was, dit de
situatie niet had kunnen beı̈nvloeden want het ontbrak hen aan alles. Zij hadden geen munitie, geen levensmiddelen en zelfs geen zandzakjes meer. » (1)

Mme Suhrke, rapporteur du « Joint evaluation of
emergency assistance to Ruanda » ne partage pas le
même avis : « Je pense qu’on a perdu l’opportunité
d’éviter le génocide fin 1992 début 1993. Il y avait à
l’époque moyen de faire pression sur le président.
Malheureusement, on ne se préoccupait que des
accords d’Arusha. On pensait qu’un gouvernement
nouveau pourrait rapidement être mis en place. On
s’occupait donc de la problématique des extrémistes.
Je pense que si la MINUAR était restée, cela n’aurait
pas influencé la situation car elle manquait de tout.
Elle n’avait plus de munitions, de vivres ni même de
sacs de sable. » (1)

Op 9 april 1994 gaf de heer Reyntjens een interview
dat in Le Soir werd gepubliceerd op 11 april en waarin
hij zegt : « Si on retire nos troupes, on court droit à la
catastrophe. » (2)

Le 9 avril 1994 M. Reyntjens accordait une interview publiée dans Le Soir du 11 avril dans laquelle il
dit : « Si on retire les nos troupes, on court droit à la
catastrophe. » (2)

Nog steeds volgens de heer Reyntjens waren de
machtsverhoudingen tussen de buitenlandse troepen
en de Rwandese troepen van die aard dat ze een interventie mogelijk maakten : « Nous disposions de
410 hommes des KIBAT, de 450 hommes de la brigade para, plus une réserve de 800 à Nairobi, 450
Français, de 80 Italiens et 800 hommes des Spécial
Force américaines stationnée à Bujumbura, de 200
Ghanéens présents dans le secteur plus 600 en réserve
et enfin 60 Tunisiens (...). Au total nous disposions
donc de quelques 2 500 hommes. »

Toujours selon M. Reyntjens, le rapport des forces
entre les troupes étrangères et les troupes rwandaises
devait permettre une intervention : « Nous disposions
de 410 hommes des KIBAT, de 450 hommes de la
brigade para, plus une réserve de 800 à Nairobi,
450 Français, de 80 Italiens et 800 hommes des
Spécial Force américaines stationnée à Bujumbura, de
200 Ghanéens présents dans le secteur plus 600 en
réserve et enfin 60 Tunisiens (...). Au total nous
disposions donc de quelques 2 500 hommes. »

De heer Reyntjens verklaart dat het de taak van
België was om het initiatief te nemen alle troepen
bijeen te brengen, gelet op het aantal manschappen
dat België ter plaatse had.

M. Reyntjens déclare qu’étant donné le nombre
d’hommes que la Belgique avait sur place, c’était à elle
de prendre l’initiative de réunir toutes les troupes.

Hij voegt er evenwel het volgende aan toe : « Het
FPR heeft het ons niet gemakkelijk gemaakt. het heeft
het ultimatum uitgesproken dat als de buitenlandse
troepen die geland waren om buitenlanders te evacue-

Cependant, il ajoute : « Het FPR heeft het ons niet
gemakkelijk gemaakt. het heeft het ultimatum uitgesproken dat als de buitenlandse troepen die geland
waren om buitenlanders te evacueren binnen de

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Suhrke, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 22 mei 1997, blz. 337.
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, POR, Senaat, 14
mei 1997, PV, blz. 19/8 (BV blz. 518).

(1) Audition de Mme Suhrke, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
22 avril 1997, p. 33.
(2) Audition du professeur Reyntjens, CER, Sénat, 14 mai
1997, PV, p. 19/8 (CRA p. 508).

( 559 )

1 - 611/7 - 1997/1998

ren binnen de 48 uren het land niet hadden verlaten,
ze als tegenstander zouden worden beschouwd. Dat
was geen behulpzame verklaring. Ze bemoeilijkt de
zaken maar vormde geen voldoende reden om te
zeggen : « Wij doen het niet. » De hoofdmacht van het
FPR bevond zich op dat moment nog ver van Kigali
en in Kigali zelf was het FPR best nog controleerbaar.
Als het de bedoeling was om het Rwandese leger of
haar dodende elementen te neutraliseren zou het FPR
omwille van de public relations — en het FPR kende
daar iets van — dit ultimatum niet gesteld hebben. Ik
moet hieraan toevoegen dat het voor een onderzoeker
gemakkelijk is dit te zeggen. Ook op het moment zelf
heb ik de situatie zo ingeschat.

48 uren het land niet hadden verlaten, ze als tegenstander zouden worden beschouwd. Dat was geen
behulpzame verklaring. Ze bemoeilijkt de zaken
maar vormde geen volddoende reden om te zeggen :
« Wij doen het niet. » De hoofdmacht van het FPR
bevond zich op dat moment nog ver van Kigali en in
Kigali zelf was het FPR best nog controleerbaar. Als
het de bedoeling was om het Rwandese leger of haar
dodende elementen te neutraliseren zou het FPR
omwille van de public relations — en het FPR kende
daar iets van — dit ultimatum niet gesteld hebben. Ik
moet hieraan toevoegen dat het voor een onderzoeker
gemakkelijk is dit te zeggen. Ook op het moment zelf
heb ik de situatie zo ingeschat.

Je zou kunnen zeggen dat mijn inschatting van de
situatie achteraf juist bleek. De positie van degene die
de verantwoordelijkheid op zich neemt en in dat geval
ging het om een regeringsbeslissing ligt natuurlijk veel
moeilijker. U weet dat ik de beslissing van de regering
bestreden heb, maar vanuit mijn positie kan ik
gemakkelijker een streng standpunt innemen dan
iemand die geconfronteerd wordt met de veiligheid
van zijn militairen en van zijn burgers. Deze laatste
staat voor een moeilijke beslissing. » (1)

Je zou kunnen zeggen dat mijn inschatting van de
situatie achteraf juist bleek. De positie van degene die
de verantwoordelijkheid op zich neemt en in dat geval
ging het om een regeringsbeslissing ligt natuurlijk veel
moeilijker. U weet dat ik de beslissing van de regering
bestreden heb, maar vanuit mijn positie kan ik gemakkelijker een streng standpunt innemen dan
iemand die geconfronteerd wordt met de veiligheid
van zijn militairen en van zijn burgers. Deze laatste
staat voor een moeilijke beslissing. » (1)

In « History of a genocide » van M. Prunier kan
men lezen dat de Belgische Regering wilde optreden
onder het toezicht van de Verenigde Naties en dat
Parijs zich gekant heeft tegen een internationaal optreden.

On peut lire dans « History of a genocide » de
M. Prunier que le gouvernement belge voulait intervenir sous l’égide des Nations Unies et que Paris
s’était opposé à une intervention internationale.

Minister Claes heeft die feiten bevestigd : « C’était
la teneur de mon entretien avec M. Boutros Ghali à
Bonn. Paris n’était partisan que d’une intervention
humanitaire de courte durée, et non d’une intervention comme quelques années auparavant. Le Professeur Reyntjens, lui rêvait d’une force avec un noyau
belge et avec des soldats de l’Italie, de la France et des
États-Unis. Mais Paris disait résolument non et les
Américains n’y songeaient même pas. »

Le ministre Claes a confirmé ces faits : « C’était la
teneur de mon entretien avec M. Boutros Ghali à
Bonn. Paris n’était partisan que d’une intervention
humanitaire de courte durée, et non d’une
intervention comme quelques années auparavant. Le
professeur Reyntjens, lui rêvait d’une force avec un
noyau belge et avec des soldats de l’Italie, de la France
et des États-Unis. Mais Paris disait résolument non et
les Américains n’y songeaient même pas. »

Professor Reyntjens en Alison Des Forges hebben
dit standpunt herhaald tijdens de hoorzittingen
waarop zij aanwezig waren : « À partir du 7 avril, et
certainement depuis que nous avions, comme les
Français et les Italiens des troupes sous notre drapeau,
et que nous ne devions pas nous soucier d’un quelconque mandat, j’estime scandaleux — j’utilise un terme
fort — que nous ne soyons pas restés, que nous
n’ayons neutralisé Kigali et empêché l’extension, ce
qu’on aurait pu faire jusqu’au 12 ou 13 avril. Je
trouve cela parfaitement scandaleux. Je n’ai pas seulement tenu ces propos après coup, je les avais déjà
tenus à l’époque. » (2)
Een lid wijst mevrouw Des Forges erop dat zij
eraan herinnerd heeft dat generaal Dallaire contact

Le professeur Reyntjens et Alison Des Forges ont
répété ce point de vue lors de leurs auditions respectives: « À partir du 7 avril, et certainement depuis que
nous avions, comme les Français et les Italiens des
troupes sous notre drapeau, et que nous ne devions
pas nous soucier d’un quelconque mandat, j’estime
scandaleux — j’utilise un terme fort — que nous ne
soyons pas restés, que nous n’ayons neutralisé Kigali
et empêché l’extension, ce qu’on aurait pu faire
jusqu’au 12 ou 13 avril. Je trouve cela parfaitement
scandaleux. Je n’ai pas seulement tenu ces propos
après coup, je les avais déjà tenus à l’époque. » (2)

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 20/2 à 20/4 (BV blz. 518).
(2) Hoorzitting met professor Reyntjens, POR, Senaat, 14
mei 1997, PV, blz. 18/6 en 18/7 (BV blz. 517).

(1) Ibidem, p. 20/2 à 20/4 (CRA p. 508).
(2) Audition du professeur Reyntjens, CER, Sénat, 14 mai
1997, PV, p. 18/6 et 18/7 (CRA p. 507).

Un membre a fait remarquer à Mme Des Forges
qu’elle a rappelé « que le général Dallaire avait

1 - 611/7 - 1997/1998

( 560 )

had opgenomen met New York om een uitbreiding
van het mandaat en een versterking van de troepen te
vragen. Zij heeft in een artikel geschreven dat indien
UNAMIR snel en vastberaden tussenbeide had
kunnen komen in april de slachtpartijen nooit zouden
zijn uitgegroeid tot een genocide. Op welke gegevens
steunt zij om dat te beweren ? Zij erkent anderzijds
wel dat UNAMIR onderbemand was.

contacté New York afin de demander un élargissement du mandat et un renforcement des effectifs. Elle
a écrit dans un article que, si la MINUAR avait pu
intervenir rapidement et fermement en avril, les
massacres ne seraient jamais devenus un génocide.
Sur quels éléments s’appuie-t-elle pour affirmer cela
alors qu’elle reconnaît aussi que la MINUAR était
sous-équipée ? »

Het antwoord van mevrouw Des Forges luidde als
volgt : « Generaal Dallaire overtuigde mij dat de inzet
van alleen maar UNAMIR gewaagd ware geweest.
Op het einde van de eerste week waren er echter Belgische en Franse elitetroepen ter plaatse, waren er
Amerikaanse soldaten in Bujumbura en Italiaanse
soldaten alsook aanzienlijke Belgische steuntroepen
in Oost-Afrika. Als al die manschappen samen warcn
ingezet, had men de situatie aangekund en was de
volkenmoord mislukt. » (1)

La réponse de Mme Des Forges fut la suivante : « Le
général Dallaire m’a convaincue qu’il aurait été
hasardeux de faire passer la MINUAR à l’attaque si
elle avait été seule. Mais, la première fin de semaine,
des forces d’élite belges et françaises étaient sur place,
des soldats américains se trouvaient à Bujumbura et
que des soldats italiens ainsi que d’importants
renforts belges étaient en Afrique de l’Est. Si toutes ces
troupes avaient été mises ensemble, on aurait pu
maîtriser la situation et le génocide aurait été
manqué. » (1)

Mevrouw Des Forges heeft er nog het volgende aan
toegevoegd : « In juli vorig jaar heb ik een verantwoordelijke van de Belgische missie bij de VN ontmoet. Ik heb hem gezegd dat ik ervan overtuigd was
dat men, toen de UNAMIR zich uit Rwanda terugtrok al wist dat er een volkenmoord zou plaatsvinden.
De man antwoordde dat dit evident was, maar dat
men geen leger van blanken kon sturen om tegen een
leger van zwarten oorlog te voeren. » (2)

Mme Des Forges a encore ajouté l’élément suivant :
« Au mois de juillet de l’année dernière, j’ai rencontré
un responsable de la mission belge à l’ONU. Je lui ai
dit que j’étais convaincue qu’on savait déjà qu’un
génocide se tramait lorsque la MINUAR se retira du
Rwanda. Ce monsieur m’a répondu que c’était
évident, mais qu’on n’aurait pas pu envoyer une
armée blanche pour faire la guerre à une armée
noire. » (2)

Ondanks de opzoekingen die werden verricht,
heeft de commissie geen bevestiging kunnen krijgen
van de woorden van « die meneer ».

Malgré ses recherches , la commission n’a pas eu de
confirmation des propos de « ce monsieur. »

Op 10 april 1994 wil minister Claes nog niet gewagen van een genocide maar is hij zich toch al bewust
van het bestaan van moordpartijen op grote schaal
die werden voorbereid : « ..., de nombreuses dépêches
confirmaient des tueries à grande échelle. Cependant,
des données contradictoires apparaissaient également
en la matière. J’ai ici un article publié durant le même
week-end des 9 et 10 avril dans Le Soir, que vous considérerez peut-être comme une source non fiable. Il
reprend des questions posées à un Casque bleu belge à
Kigali. À la remarque selon laquelle les organisations
humanitaires évoquaient des milliers de morts, le
Casque bleu répond : « Des milliers de morts, c’est
peut-être beaucoup. Des blessés, en tout cas, il y en a
plein (...). Mais, ils ne nous attaquent pas, à
l’exception de cette grenade que nous avons reçue
tout à l’heure. » Cela démontre que si d’un côté, des
dépêches confirmaient des tuerais à grande échelle,
d’un autre côté, des témoignages semaient le doute. de
là à conclure qu’un génocide était en cours ... C’est un

Le 10 avril 1994, le ministre Claes se refuse encore à
parler de génocide mais est conscient de l’existence de
tueries à grande échelle qui avaient été préparées : « ...,
de nombreuses dépêches confirmaient des tueries à
grande échelle. Cependant, des données contradictoires apparaissaient également en la matière. J’ai ici
un article publié durant le même week-end des 9 et
10 avril dans Le Soir, que vous considérerez peut-être
comme une source non fiable. Il reprend des questions
posées à un Casque bleu belge à Kigali. À la remarque
selon laquelle les organisations humanitaires
évoquaient des milliers de morts, le Casque bleu
répond : « Des milliers de morts, c’est peut-être beaucoup. Des blessés, en tout cas, il y en a plein (...).
Mais, ils ne nous attaquent pas, à l’exception de cette
grenade que nous avons reçue tout à l’heure. » Cela
démontre que si d’un côté, des dépêches confirmaient
des tuerais à grande échelle, d’un autre côté, des
témoignages semaient le doute. de là à conclure qu’un
génocide était en cours ... C’est un pas que je n’ai pas

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 35.
(2) Hoorzitting met mevrouw Des Forges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 36.

(1) Audition de Mme Des Forges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 35.
(2) Audition de Mme Des Forges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 35.

( 561 )

1 - 611/7 - 1997/1998

pas que je n’ai pas franchi et je me refuse encore à
franchir aujourd’hui. » (1)

franchi et je me
aujourd’hui. » (1)

Heeft de Belgische regering toen ze tot terugtrekking besliste, ingeschat dat die terugtrekking het
begin van de burgeroorlog kon betekenen en de
voortzetting van de slachtpartijen ?

Le Gouvernement belge, lors de la décision de
retrait, mesurait-il le fait que ce retrait pouvait signifier la poursuite des massacres ?

Het antwoord van minister Claes is genuanceerd.
Nadat hij eraan herinnerd had dat ambassadeur
Swinnen ook tot de slotsom was gekomen dat de
terugtrekking onvermijdelijk was en dat UNAMIR
niet in staat was de slachtpartijen te doen stoppen,
verklaart hij het volgende :

La réponse du ministre Claes est nuancée. Après
avoir rappelé que l’ambassadeur Swinnen était également arrivé à la conclusion selon laquelle le retrait
était inévitable et que la MINUAR n’était pas capable
d’arrêter les massacres, il s’exprime en ces termes :

« (...) j’ai reçu des rapports me décrivant les risques
pris par nos paras pour dégager des personnes quasiment prisonnières. Si ces risques s’étaient prolongés,
nous aurions eu de nouvelles victimes dans nos rangs.
Ces deux éléments nous ont amenés à prendre la décision du retrait tout en sachant que les massacres
allaient se prolonger et cela avec ou sans la présence
de la MINUAR.

« (...) j’ai reçu des rapports me décrivant les risques
pris par nos paras pour dégager des personnes quasiment prisonnières. Si ces risques s’étaient prolongés,
nous aurions eu de nouvelles victimes dans nos rangs.
Ces deux éléments nous ont amenés à prendre la décision du retrait tout en sachant que les massacres
allaient se prolonger et cela avec ou sans la présence
de la MINUAR.

Le 17 avril, après l’évacuation, j’ai parlé d’un plan
préparé et dénoncé le caractère systématique des exécutions.

Le 17 avril, après l’évacuation, j’ai parlé d’un plan
préparé et dénoncé le caractère systématique des
exécutions.

Je ne peux pas préciser la date à partir de laquelle
j’ai eu la conviction d’un génocide. Ce n’était pas lorsque nous avons quitté le Rwanda. »

Je ne peux pas préciser la date à partir de laquelle
j’ai eu la conviction d’un génocide. Ce n’était pas
lorsque nous avons quitté le Rwanda. »

Het is onmiskenbaar dat de autoriteiten beseften
dat er op het terrein slachtpartijen op grote schaal aan
de gang waren. Sedert 12 april wordt daarvan
melding gemaakt in de telex die naar Washington
werd gestuurd om het Belgisch standpunt te verduidelijken. In verschillende Belgische stukken wordt
gewag gemaakt van die slachtpartijen.

Il est incontestable que les autorités avaient conscience du déroulement sur le terrain de massacres à
grande échelle. Dès le 12 avril, on évoque l’existence
de ceux-ci dans le télex envoyé à Washington pour
expliquer le point de vue de la Belgique. Plusieurs
documents officiels belges évoqueront ces massacres.

Er wordt eveneens gewezen op de gevaren die de
vluchtelingen lopen na het vertrek van UNAMIR.
Vanaf 13 april stelt ambassadeur Noterdaeme in een
telegram, dat een weergave is van het onderhoud dat
hij gehad heeft met de Amerikaanse zaakgelastigde,
de vraag « wat met de 5 000 Rwandese burgers die
thans de bescherming van UNAMIR genieten ? » En
hij verklaart : ze zouden moeten worden ondergebracht in een « safe environment ».

La question des dangers encourus par les réfugiés
suite au départ de la MINUAR est soulevée aussi. Dès
le 13 avril, dans un télégramme reprenant l’entretien
qu’il a eu avec le chargé d’affaires américain,
l’ambassadeur Noterdaeme, pose la question « quid
des 5 000 civils rwandais actuellement sous la protection de la MINUAR ? » Et il affirme : ils devraient être
remis dans un « safe environment. »

Op dat ogenblik is de operatie Silver Back aan de
gang. Het vertrek ervan is gepland voor de 15e. Heeft
de Belgische Regering nooit de mogelijkheid overwogen om op eigen initiatief Silver Back ter plaatse te
laten teneinde de Rwandese burgerbevolking te
beschermen of een dergelijke oplossing voor te stellen
aan de UNO ?

À cette époque, l’opération Silver Back est en cours.
Son départ était prévu pour le 15 avril. Le gouvernement belge n’a-t-il jamais envisagé la possibilité, de sa
propre initiative, de laisser Silver Back sur place afin
de protéger la population civile rwandaise ou de le
proposer à l’ONU ?

Minister Claes : « Vous rendez-vous compte que le
FPR nous avait posé un ultimatum en disant que si
nous n’étions pas partis le jeudi, il attaquerait ? ! Le

Le ministre Claes : « Vous rendez-vous compte que
le FPR nous avait posé un ultimatum en disant que si
nous n’étions pas partis le jeudi, il attaquerait ? ! Le

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 25/10 tot 25/12 (BV blz. 842).

(1) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 25/10 à 25/12 (CRA p. 822).

refuse

encore

à

franchir

1 - 611/7 - 1997/1998

( 562 )

FPR nous avait dit très clairement qu’il était d’accord
pour une opération d’évacuation humanitaire à
courte durée, mais qu’il ne fallait pas essayer de transformer le peace keeping en un peace making, sinon, il
nous considérait comme des ennemis. (...) Dans le
rapport que je viens de vous faire et dans mon contact
avec l’ONU, j’ai bien mentionné cet élément qui était
d’une importance militaire capitale. Toute
l’évacuation se faisait par avion, en partant de Kigali,
et rien n’est plus facile que de descendre un avion.
C’était un élément capital qui a joué dans les prises de
décision au niveau gouvernemental et dans les concertations avec l’ONU. » (1)

FPR nous avait dit très clairement qu’il était d’accord
pour une opération d’évacuation humanitaire à
courte durée, mais qu’il ne fallait pas essayer de transformer le peace keeping en un peace making, sinon, il
nous considérait comme des ennemis. (...) Dans le
rapport que je viens de vous faire et dans mon contact
avec l’ONU, j’ai bien mentionné cet élément qui était
d’une importance militaire capitale. Toute
l’évacuation se faisait par avion, en partant de Kigali,
et rien n’est plus facile que de descendre un avion.
C’était un élément capital qui a joué dans les prises de
décision au niveau gouvernemental et dans les concertations avec l’ONU. » (1)

Tijdens de Belgische evacuatie-operatie werden
enkele personen die tot het Rwandese politieke milieu
behoorden geëvacueerd.

Au cours de l’opération d’évacuation belge, quelques personnes appartenant au monde politique
rwandais ont été évacuées.

Werden door de Belgische Regering objectieve criteria bepaald voor het al dan niet evacueren van
bepaalde personen ?

Des critères objectifs ont-ils été définis par le
gouvernement belge dans le choix d’évacuer ou de ne
pas évacuer telle ou telle personne ?

Klaarblijkelijk niet. Premier Dehaene herinnert
zich weliswaar dit probleem niet duidelijk meer (2)
doch minister Claes antwoordt het volgende : « Er
waren Rwandese vluchtelingen en politiek personeel
op de Belgische ambassade. Ook onze diplomaten
beschikten over Rwandees personeel, dat eveneens
gevaar liep. Bovendien wist de heer Swinnen van de
aanwezigheid van vluchtelingen op bevriende, eveneens gesloten ambassades. Ik heb Swinnen gevraagd
alles in het werk te stellen om alle personaliteiten die
hij in gevaar achtte en waarvan hij wist waar ze verbleven, te evacueren naar het vliegveld en — ten minsten — op het vliegtuig naar Kenia te zetten. Daar
zouden zij — alleszins voorlopig — veilig zijn. » (3)

Apparemment pas. Si le Premier ministre Dehaene
ne se souvient plus de cette question de manière
précise (2), le ministre Claes a apporté la réponse
suivante : « Er waren Rwandese vluchtelingen en politiek personeel op de Belgische ambassade. Ook onze
diplomaten beschikten over Rwandees personeel, dat
eveneens gevaar liep. Bovendien wist de heer Swinnen
van de aanwezigheid van vluchtelingen op bevriende,
eveneens gesloten ambassades. Ik heb Swinnen
gevraagd alles in het werk te stellen om alle personaliteiten die hij in gevaar achtte en waarvan hij wist
waar ze verbleven, te evacueren naar het vliegveld en
— ten minste — op het vliegtuig naar Kenia te zetten.
Daar zouden zij — alleszins voorlopig — veilig
zijn. » (3)

Het stond ambassadeur Swinnen vrij te oordelen
welke personen die in gevaar verkeerden, konden
worden geëvacueerd zonder de veiligheid van de
Belgen in het gedrang te brengen. Het aantal door
België geëvacueerde personen is vrij beperkt.

Le choix des personnes en danger qui pouvaient
être évacuées sans compromettre la sécurité des Belges
a été laissé à la libre appréciation de l’ambassadeur
Swinnen. Le nombre de personnes évacuées par la
Belgique est relativement restreint.

3.8.4.3. Reacties in België

3.8.4.3. Réactions en Belgique

(1) In het Parlement

(1) Au Parlement

Na de gebeurtenisssen van 7 april werden in de
commissie voor Buitenlandse Aangelegenheden van
de Kamer twee openbare vergaderingen gehouden
(op 11 april 1994 en 27 april 1994) en werd in de
Senaat op 22 april 1994 een plenaire zitting gehouden.

Suite aux événements du 7 avril, se sont tenues
deux séances publiques de la commission des affaires
extérieures de la Chambre (11 avril 1994 et 27 avril
1994) et une séance plénière au Sénat le 22 avril 1994.
La commission constate qu’au cours de ces débats,

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 26/3 tot 26/5 (BV blz. 846).
(2) Hoorzitting met de heer Dehaene, POR, Senaat, 26 juni
1997, blz. 884.
(3) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 25/4 (BV blz. 841).

(1) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 26/3 à 26/5 (CRA, p. 822).
(2) Audition de M. Dehaene, CER, Sénat, 26 juin 1997.
(3) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juillet 1997, PV,
p. 25/4 (CRA, p. 841).

( 563 )
De commissie stelt vast dat geen enkel parlementslid
tijdens de debatten de beslissingen van de Belgische
Regering om onze onderdanen te evacueren en het
Belgisch contingent uit UNAMIR terug te trekken
heeft aangeklaagd.

(2) De pers en de publieke opinie

1 - 611/7 - 1997/1998

aucun parlementaire n’a mis en cause les décisions du
gouvernement belge d’évacuer nos ressortissants et de
retirer le contingent belge de la MINUAR, quoique
quelques parlementaires aient souhaité son remplacement par un contingent d’un autre pays.

(2)

La presse et l’opinion publique

Bij het herlezen van de artikelen die indertijd in de
pers zijn verschenen stelt de commissie vast dat de
reacties op de moord op de tien para’s en het lot van
de Belgische onderdanen in Rwanda enigszins de
genocide die zich daar afspeelde, hebben verdoezeld.

En général, la commission peut constater, en relisant les revus de presse de l’époque que les réactions à
l’assassinat des dix paras et le sort des ressortissants
belges résidant au Rwanda ont masqué le génocide
qui s’y perpétrait.

De noodzaak van de terugtrekking werd nagenoeg door de volledige Belgische pers erkend. De kop
boven het redactionele artikel van La Dernière Heure
spreekt boekdelen : « Laissons les se débrouiller. » De
auteur, Michel Marteau, schrijft : « C’est triste à dire
pour nos coopérants, qui sont certainement pleins de
bonnes intentions, mais, ONU ou pas, nous n’avons
strictement plus rien à faire au Rwanda. Si les ethnies
locales (sic) ont envie de se trucider mutuellement
pour la dixième ou quinzième fois en vingt ans, c’est
leur affaire, pas la nôtre » (1). « Assistance, foutaise! »
is het commentaar van Jean Guy in een soortgelijk
redactioneel artikel in Le Peuple. « Pour quels intérets
particuliers a-t-on envoyé (nos paras) au casse-pipes ?
Pour quels objectifs stratégiques — ou autres — les
a-t-on expédiés en enfer ? » (2)

La presse belge est relativement unanime sur la
nécessité du retrait. Le titre de l’éditorial de La
Dernière Heure est on ne peut plus explicite :
« Laissons-les se débrouiller. » « C’est triste à dire pour
nos coopérants, qui sont certainement pleins de
bonnes intentions », écrit son auteur, Michel
Marteau, « mais, ONU ou pas, nous n’avons strictement plus rien à faire au Rwanda. Si les ethnies locales
(sic) ont envie de se trucider mutuellement pour la
dixième ou quinzième fois en vingt ans, c’est leur
affaire, pas la nôtre » (1). « Assistance, foutaise !,
commente dans un éditorial similaire, Jean Guy dans
Le Peuple. « Pour quels intérêts particuliers a-t-on
envoyé (nos paras) au casse-pipe ? Pour quels objectifs
stratégiques — ou autres — les a-t-on expédiés en
enfer ? » (2)

Alleen La Libre Belgique spreekt zich tot 17 april
meermaals uit voor de plicht om in Rwanda tussen te
komen om het voortduren van de slachtingen te beletten (3), om de Rwandezen zo snel mogelijk te
beschermen (4). De krant waarschuwt verder dat het
afdwingen van een beslissing die eigenlijk de Veiligheidsraad toekomt, en de terugtrekking van troepen naar aanleiding van het sneuvelen van manschappen, een gevaarlijk en te vermijden precedent
schept (5). Wanneer de beslissing tot terugtrekking
op 17 april wordt bekrachtigd, draait deze krant
voorzichtigheidshalve bij en deelt de beslissing van de
regering zonder meer mee : « La participation belge à
la mission de l’ONU va prendre fin : elle n’a pas éte
moins glorieuse. Nos casques bleus ont parfaitement
rempli leur mandat. » (6)

Seule, La Libre Belgique se prononcera à plusieurs
reprises jusqu’au 17 avril pour un « devoir de
s’interposer au Rwanda » pour empêcher que « la
boucherie actuelle se prolonge » (3), pour protéger,
vite les Rwandais » (4), pour éviter « le précédent
dangereux de forcer une décision qui appartient au
Conseil de Sécurité et d’(organiser) un retrait pour
morts d’hommes » (5). Le 17, lorsque la décision a été
entérinée, ce journal opère un repli prudent en actant
simplement la décision du gouvernement : « La participation belge à la mission de l’ONU va prendre fin :
elle n’a pas été moins glorieuse. Nos casques bleus ont
parfaitement rempli leur mandat. » (6)

De hoofdredacteur van Le Soir, Guy Duplat, van
zijn kant noemt zijn redactioneel artikel van 12 april

Quant au rédacteur en chef du Soir, Guy Duplat, il
titre son édito du 12 avril par un « ne pas abandon-

——————

——————

(1) La Dernière Heure van 9-10 april 1994.
(2) Le Peuple van 9-10 april 1994.
(3) La Libre Belgique van 13 april 1994.
(4) Idem, 14 april 1994.
(5) Idem, 15 april 1994.
(6) Idem, 17 april 1994.

(1) La Dernière Heure du 9-10 avril 1994.
(2) Le Peuple du 9-10 avril 1994.
(3) La Libre Belgique du 13 avril 1994.
(4) Idem, 14 avril 1994.
(5) Idem, 15 avril 1994.
(6) Idem, 17 avril 1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 564 )

wel « ne pas abandonner » (1), maar schrijft in de
daaropvolgende dagen geen commentaarstukken
meer, en evenmin wanneer de beslissing tot terugtrekking openbaar is geworden. Zijn journalisten
concentreren zich vooral op de evacuatie van geëxpatrieerden en van blauwhelmen. Een van de speciale
verslaggevers van de krant in Kigali beschouwt deze
laatste operatie als een « exfiltration à l’anglaise » en
een meesterlijke zet (2).

ner » (1), mais ne fera plus de commentaires dans les
jours qui suivent et lorsque la décision du retrait est
devenue publique. Ses journalistes se concentreront
principalement sur l’évacuation des expatriés et des
casques bleus, cette dernière « exfiltration à
l’anglaise » étant saluée comme une « coup de maı̂tre »
par un des envoyés spéciaux du journal à Kigali (2).

De mening van de Belgische bevolking in die
periode is moeilijk precies te vatten. Wel is opvallend
dat twee opiniepeilingen uit deze periode aantonen
dat de publieke opinie de regering niet volledig steunt.
Volgens een enquête van Dimarso-Gallup voor Het
Volk, uitgevoerd onmiddellijk na de aanvang van het
drama bij zo’n 400 personen, vindt 80 % van de
ondervraagden in Vlaanderen dat de Belgische regering geen Belgische militairen meer naar Rwanda
moet zenden, maar 51 % vindt dat België nog wel
moet deelnemen aan de peacekeeping-operaties waar
de Verenigde Naties om vragen (3).

Il est difficile de savoir avec précision quel est le
puls de l’opinion publique belge. Assez curieusement,
les deux enquêtes d’opinion qui ont lieu à cette
époque ne montrent pas que cette opinion appuie
totalement le gouvernement. Selon un sondage
Dimarso-Gallup réalisé pour Het Volk immédiatement après le début du drame auprès de plus de
400 personnes, si plus de 80 % de personnes sondées
en Flandre estiment que le gouvernement belge ne
doit plus envoyer de militaires belges pour
s’interposer dans le conflit rwandais, ils sont 51 % à
être d’avis que la Belgique doit encore participer aux
opérations de maintien de la paix demandées par les
Nations unies (3).

Een enquête van het bureau Survey & Action
tussen 11 en 13 april bij een groter bevolkingsstaal
(980 personen van minstens 18 jaar) geeft echter
andere resultaten. Hier blijkt 40 % van de ondervraagden de mening toegedaan dat wat in Rwanda op
het spel staat, het risico rechtvaardigt dat nog meer
soldaten sneuvelen, terwijl 48 % voorstander is van
het behoud van het contingent en het zenden van
bijkomende Belgische militairen om de terugkeer van
de vrede te bespoedigen (4).

Par contre les chiffres sont différents selon un
sondage organisé entre le 11 et le 13 avril par le
bureau Survey & Action auprès d’un échantillon plus
important (980 personnes de 18 ans et plus). Dans ce
cas-ci, on trouve 40 % de personnes qui estiment que
l’enjeu actuel au Rwanda pourrait justifier le risque
de nouvelles pertes militaires en vies humanes, tandis
que 48 % sont pour le maintien et l’envoi de militaires
belges supplémentaires afin de contribuer au rétablissement de la paix (4).

3.8.4.4. Evaluatie van de beslissing

3.8.4.4. Évaluation de la décision

De problematiek van de evaluatie van het optreden
van de politieke autoriteiten kan samengevat worden
in deze eenvoudige vraag die aan de belangrijkste
politieke betrokkenen werd gesteld : zou men
vandaag opnieuw hetzelfde doen ?

La problématique de l’évaluation des actes posés
par les autorités politiques peut-être résumée par cette
simple question posée aux acteurs politiques principaux : referait-on la même chose aujourd’hui ?

Eerste minister Dehaene heeft tijdens de hoorzitting het volgende verklaard : « Je vous répondrai avec
l’autre exemple. Connaissant la situation au Kivu,
nous avons pris la décision de ne pas participer à une
opération de l’ONU dans cette région. »

Le Premier ministre Dehaene, a affirmé lors des
auditions : « Je vous répondrai avec l’autre exemple.
Connaissant la situation au Kivu, nous avons pris la
décision de ne pas participer à une opération de
l’ONU dans cette région. »

In verband met het voorbeeld van Kivu heeft de
heer Dehaene hieraan nog toegevoegd : « Nos efforts
auraient été plus effectifs si nous avions annoncé

Toujours à propos de l’exemple du Kivu,
M. Dehaene a encore ajouté : « Nos efforts auraient
été plus effectifs si nous avions annoncé notre partici-

——————

——————

(1) Le Soir, 12 april 1994.
(2) Idem, 20 april 1994.
(3) Ibidem.
(4) Le Soir, 16-17 april 1994.

(1) Le Soir, 12 avril 1994.
(2) Idem, 20 avril 1994.
(3) Ibidem.
(4) Le Soir, 16-17 avril 1994.

( 565 )

1 - 611/7 - 1997/1998

notre participation. Je suis d’ailleurs persuadé que la
MINUAR n’aurait jamais existé si nous n’y avions
pas participé. Au vu de la situation du moment, notre
décision est similaire à celle de ne pas envoyer des
troupes au Kivu. J’en prends l’entière responsabilité.
Mais, compte tenu des risques et du mandat qui
rendait nos troupes inutiles, nous avons pris la décision que vous connaissez. » (1)

pation. Je suis d’ailleurs persuadé que la MINUAR
n’aurait jamais existé si nous n’y avions pas participé.
Au vu de la situation du moment, notre décision est
similaire à celle de ne pas envoyer des troupes au
Kivu. J’en prends l’entière responsabilité. Mais,
compte tenu des risques et du mandat qui rendait nos
troupes inutiles, nous avons pris la décision que vous
connaissez. » (1)

De heer Dehaene heeft verduidelijkt dat zelfs
indien hij geweten had dat het om een genocide ging,
de Belgische beslissing niet anders zou zijn geweest
omdat de UNO geen partij kon kiezen : « Éen van de
moeilijkheden voor een VN-opdracht, en dat hebt u
ook gezien in Joegoslavië, is dat de VN quasi onmogelijk een positie in één kamp kan innemen. De situatie van onmacht die vaak ten toon gespreid werd in
Joegoslavië vloeit daaruit voort. » (2)

M. Dehaene a encore précisé que, même s’il avait su
qu’il s’agissait d’un génocide, la décision belge
n’aurait pas été différente parce que l’ONU ne
pouvait prendre parti : « Én van de moeilijkheden
voor een VN-opdracht, en dat hebt u ook gezien in
Joegoslavië, is dat de VN quasi onmogelijk een positie in één kamp kan innemen. De situatie van
onmacht die vaak ten toon gespreid werd in Joegoslavië vloeit daaruit voort. » (2)

Minister Claes voegt hieraan toe : « Notre préoccupation consistait à éviter à tout prix que d’autres
Belges soient tués, après que les dix paras furent été
assassinés. (...) On peut dire que c’est inadmissible
mais telle était la préoccupation non seulement du
gouvernement, mais aussi du parlement et de
l’opinion publique. (...) Dans ce débat tragique,
personne n’a raison. Je ne suis pas ici pour prétendre
que le gouvernement a vu juste et qu’il ne mérite
aucune critique. Il y a des leçons à tirer pour l’avenir.
La leçon la plus importante est que, dans le cadre
d’une politique préventive, plus structurée et nécessaire pour éviter la répétiotion de tels événements
tragiques, on doit cesser de faire cette distinction
théorique et bureaucratique entre des opérations de
peace keeping et de peace making; par ailleurs, en cas
d’envoi de troupes, un mandat suffisamment large
doit être donné, avec un armement suffisamment
rassurant et permettant de répondre à tout scénario
imaginable ! Il s’agit du worst case scenario. »

Le ministre Claes ajoute à cela : « Notre préoccupation consistait à éviter à tout prix que d’autres Belges
soient tués, après que les dix paras furent été assassinés. (...) On peut dire que c’est inadmissible mais telle
était la préoccupation non seulement du gouvernement, mais aussi du parlement et de l’opinion publique. (...) Dans ce débat tragique, personne n’a raison.
Je ne suis pas ici pour prétendre que le gouvernement
a vu juste et qu’il ne mérite aucune critique. Il y a des
leçons à tirer pour l’avenir. La leçon la plus importante est que, dans le cadre d’une politique préventive, plus structurée et nécessaire pour éviter la répétiotion de tels événements tragiques, on doit cesser de
faire cette distinction théorique et bureaucratique
entre des opérations de peace keeping et de peace
making; par ailleurs, en cas d’envoi de troupes, un
mandat suffisamment large doit être donné, avec un
armement suffisamment rassurant et permettant de
répondre à tout scénario imaginable ! Il s’agit du
worst case scenario. »

Même si cela n’a rien à voir avec le dossier dont
nous parlons, j’ajouterai que, apparemment, la
communauté internationale n’a pas encore tiré cette
leçon ou n’est pas prête à accepter les responsabilités
d’une telle politique préventive. Il suffit de voir ce qui
s’est passé depuis quelques semaines au Zaı̈re,
aujourd’hui le Congo : malgré le vote d’une résolution décidant de l’envoi de militaires pour accompagner les opérations d’aide humanitaire, il a suffi que
Washington se dise désintéressée et que l’Europe
toute entière, aussi grande qu’elle soit ou prétendre
l’être, regarde de l’autre côté pour qu’aucun soldat ne
soit envoyé. Nous sommes donc encore loin de cette
politique préventive dans le chef de la communauté
internationale pour éviter la répétition des conflits.
Personnellement, j’avais tiré cette conclusion immé-

Même si cela n’a rien à voir avec le dossier dont
nous parlons, j’ajouterai que, apparemment, la
communauté internationale n’a pas encore tiré cette
leçon ou n’est pas prête à accepter les responsabilités
d’une telle politique préventive. Il suffit de voir ce qui
s’est passé depuis quelques semaines au Zaı̈re,
aujourd’hui le Congo : malgré le vote d’une résolution décidant de l’envoi de militaires pour accompagner les opérations d’aide humanitaire, il a suffi que
Washington se dise désintéressée et que l’Europe
toute entière, aussi grande qu’elle soit ou prétendre
l’être, regarde de l’autre côté pour qu’aucun soldat ne
soit envoyé. Nous sommes donc encore loin de cette
politique préventive dans le chef de la communauté
internationale pour éviter la répétition des conflits.
Personnellement, j’avais tiré cette conclusion immé-

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Dehaene, POR, Senaat, 26 juni
1997, PV, blz. 5/9 en 5/10.
(2) Ibidem.

(1) Audition de M. Dehaene, CER, Sénat, 26 juin 1997, PV,
p. 5/9 et 5/10.
(2) Ibidem, p. 5/13.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 566 )

diatement après le drame. J’ai donné l’ordre à un
diplomate belge de défendre cette thèse dans une
commission de l’ONU et j’ai prononcé le discours
dont vous avec eu connaissance devant l’assemblée
générale quelques mois plus tard à New York.

diatement après le drame. J’ai donné l’ordre à un
diplomate belge de défendre cette thèse dans une
commission de l’ONU et j’ai prononcé le discours
dont vous avec eu connaissance devant l’assemblée
générale quelques mois plus tard à New York.

Je ne dis pas qu’on n’aurait pas dû prendre une
autre position, celle que vous venez de formuler, c’està-dire d’envisager le retrait des Belges uniquement si
ceux-ci étaient remplacés. Mais le Conseil de sécurité
était tout à fait incapable de prendre une quelconque
décision, j’ai encore essayé de vous l’expliquer
aujourd’hui. De plus, il n’y avait pas de candidats.
Chez nous, en Belgique, la préoccupation d’éviter de
nouvelles victimes parmi nos militaires l’a emporté.
C’est une question à laquelle ni vous ni moi ne
pouvons donner de réponse. Je ne suis pas certain que
cette question n’aurait pas été posée. Il sera très difficile d’arriver à un accord sur la grande vérité dans ce
dossier. Nous avons agi en âme et conscience dans des
circonstances très complexes. » (1)

Je ne dis pas qu’on n’aurait pas dû prendre une
autre position, celle que vous venez de formuler, c’està-dire d’envisager le retrait des Belges uniquement si
ceux-ci étaient remplacés. Mais le Conseil de sécurité
était tout à fait incapable de prendre une quelconque
décision, j’ai encore essayé de vous l’expliquer
aujourd’hui. De plus, il n’y avait pas de candidats.
Chez nous, en Belgique, la préoccupation d’éviter de
nouvelles victimes parmi nos militaires l’a emporté.
C’est une question à laquelle ni vous ni moi ne
pouvons donner de réponse. Je ne suis pas certain que
cette question n’aurait pas été posée. Il sera très difficile d’arriver à un accord sur la grande vérité dans ce
dossier. Nous avons agi en âme et conscience dans des
circonstances très complexes. » (1)

Op 14 april 1994 heeft minister Claes verklaard dat
de toestand van de Rwandezen en vooral van die
Rwandezen die in het stadion van Kigali en in het
Fayçal-hospitaal zaten, hem zorgen baarde. De minister besefte dus zeer goed de ernst van de toestand
maar verklaart dat hij niet over de middelen beschikte
om een oplossing te vinden : « Oui, encore
aujourd’hui la question est posée. Avec quel moyen
aurions-nous pu évacuer les 10 000 Rwandais. » (2)

Le 14 avril 1994, le ministre Claes a déclaré qu’il
était préoccupé par la situation des Rwandais, notamment ceux retenus dans le stade Kigali et à l’hôpital
Fayçal. Le ministre percevait donc très bien la situation mais affirme qu’il n’avait pas les moyens d’y
trouver une solution : « Oui, encore aujourd’hui la
question est posée. Avec quel moyen aurions-nous pu
évacuer les 10 000 Rwandais. » (2)

Tijdens zijn hoorzitting van 18 juni 1997, evalueert
minister Delcroix de beslissing tot terugtrekking als
volgt : « Rond de terugtrekking was er in de publieke
opinie en de journalistieke en politieke wereld een zo
grote eensgezindheid dat er weinig dissonanten te
horen waren (...) Ik heb niet gezegd dat dat een
correcte beslissing is geweest. Ik constateer gewoon
dat niemand in de politiek of in de media die beslissing op dat moment tegensprak. » Zelf wil hij geen
oordeel vellen over het Rwanda-dossier : dat laat hij
aan de commissie over. (3)

Lors de son audition du 18 mai 1997, le ministre
Delcroix a apprécié de manière suivante la décision
du retrait. « Dans l’opinion publique ainsi que dans
les milieux journalistiques et politiques, l’unanimité
autour du retrait des troupes était telle qu’elle fit taire
les quelques voix discordantes (...) Je n’ai jamais dit
que c’était une décision correcte. Je constate seulement qu’à cette époque, personne dans le monde politique et dans les médias n’a contesté cette décision. » Il
ne souhaitait pas porter lui-même un jugement sur le
dossier rwandais : il laissait la commission le
faire (3).

3.8.5. Het drama van de École Technique Officielle
(ETO) van de Salesianen van Don Bosco

3.8.5. Le drame de l’ETO (École Technique Officielle des Pères Salésiens de Don Bosco)

De commissie stelt vast dat het voorval in de ETO
zich voorgedaan heeft voordat de beslissing tot terugtrekking van de Belgische troepen uit UNAMIR genomen werd en samenvalt met de beslissing tot evacuatie

La commission constate que les événements de
l’ETO sont antérieurs à la décision de retrait des troupes belges de la MINUAR et concommittente à la
décision d’évacuer des expatriés. La décision de quit-

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 37/4.
(2) Hoorzitting met de heer Claes, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 26/9.
(3) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV (BV blz. 812).

(1) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 37/4.
(2) Audition de M. Claes, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 26/9.
(3) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV
(CRA 794).

( 567 )

1 - 611/7 - 1997/1998

van de expats. De beslissing om de ETO te verlaten is
een militaire beslissing. De commissie heeft gepoogd
te achterhalen door wie ze genomen werd.

ter l’ETO relève d’une décision militaire, dont la
commission a tenté de déterminer l’origine.

Tussen 7 april 1994 en 11 april 1994 hadden tweeduizend personen een onderdak gevonden in de ETO
in de wijk Kicukiro in het oosten van de Rwandese
hoofdstad.

Entre le 7 avril 1994 et le 11 avril 1994, deux mille
personnes avaient trouvé refuge à l’ETO au quartier
de Kicukiro, dans l’est de la capitale rwandaise.

Kapitein Lemaire voerde het bevel over een
compagnie van het Belgisch bataljon van UNAMIR
die gelegerd was in de ETO.

Le capitaine Lemaire commandait une compagnie
du bataillon belge de la MINUAR, cantonnée à
l’ETO.

Op 1 oktober 1997 werd kapitein Lemaire gehoord
door het Internationaal tribunaal te Arusha als
getuige à charge in het proces van de voormalige ondervoorzitter van de Interahamwe-milities, Georges
Rutaganda, die beschuldigd werd van genocide en
misdaden tegen de mensheid.

Le 1er octobre 1997 le capitaine Lemaire a été
entendu par le Tribunal International d’Arusha
comme témoin à charge dans le procès de l’ancien
vice-président des milices Interahamwe, Georges
Rutaganda, accusé de génocide et de crimes contre
l’humanité.

Verschillende Rwandese getuigen à charge hebben
verklaard dat zij op 11 april Georges Rutaganda
gezien hebben bij hun vlucht uit de ETO en hem vergeefs om bescherming hebben gevraagd.

Plusieurs témoins à charge rwandais ont affirmé
avoir vu Georges Rutaganda le 11 avril lors de leur
fuite de l’ETO et lui avoir en vain demandé protection.

Volgens het beknopt verslag van de hoorzitting :
« Dans un premier temps, la MINUAR nous a
demandé de ne pas accueillir de réfugiés. Mais les
pères salésiens étaient maîtres chez eux » heeft een
Belgische officier verklaard. Zeer snel zijn talloze
bewoners uit de buurt, die voor hun veiligheid
beducht waren, daar een toevlucht komen zoeken.
« Toute la commune et toutes les couches sociales
étaient représentées. »

Selon le compte rendu de l’audition : « Dans un
premier temps, la MINUAR nous a demandé de ne
pas accueillir de réfugiés. Mais les pères salésiens
étaient maîtres chez eux » a notamment expliqué
l’officier belge. Très vite de nombreux habitants des
environs craignant pour leur sécurité sont venus chercher refuge. « Toute la commune et toutes les couches
sociales étaient représentées. »

Volgens kapitein Lemaire verwachtte de UNAMIR
zich niet aan een crisis van een dergelijke omvang « on
pensait revivre une crise comme en février, et qu’il y
avait donc des personnes directement menacées (...)
nous ne pouvions pas sortir, nous avons donc fortifié
l’ETO, sans savoir s’il fallait attendre une attaque
directe ».

Selon le capitaine Lemaire, la MINUAR ne
s’attendait pas à une crise de cette ampleur « on
pensait revivre une crise comme en février, et qu’il y
avait donc des personnes directement menacées (...)
nous ne pouvions pas sortir, nous avons donc fortifié
l’ETO, sans savoir s’il fallait attendre une attaque
directe ».

(...)

(...)

Volgens de verklaringen van een getuige beschikte
zijn compagnie over niet meer dan beperkte middelen
om de ETO te verdedigen. Daar komt nog bij dat zijn
opdracht gebukt ging onder een te beperkt mandaat.
Volgens kapitein Lemaire konden sommige wapens,
zoals de zware mitrailleuse 50 mm, die op een defensieve positie opgesteld stond, niet worden gebruikt
dan met de uitdrukkelijke toestemming van de Secretaris-generaal van de Verenigde naties. Na verloop
van dagen zijn extremistische Hutu-groepen steeds
agressiever geworden. Tegen de Belgische stelling van
de ETO, zo deelt de getuige mee, werden er salvo’s
met automatische wapens geschoten.

Selon les déclarations du témoin, sa compagnie ne
disposait que de moyens limités pour défendre l’ETO.
De plus , sa mission souffrait d’un mandat trop étroit.
D’après le capitaine Lemaire, certains types d’armes,
comme une mitrailleuse lourde de 50 mm installée sur
une position défensive, aurait requis l’autorisation
expresse du secrétaire général des Nations Unies
avant de pouvoir être utilisée. Les jours passant, des
groupes d’extrémistes hutu se sont enhardis à se
montrer, témoignant d’une agressivité croissante. Des
rafales d’armes automatiques ont été tirées contre les
positions belges de l’ETO, a précisé le témoin.

Vanaf 9 april is de Belgische compagnie van de
ETO buitenlanders moeten gaan ophalen in de stad.
« Van kolonel Marchal hebben wij het bevel gekregen
alleen blanken te evacuëren » zo deelt kapitein
Lemaire mee. « Nous lui avons répondu que c’était

Dès le 9 avril, la compagnie belge de l’ETO a dû
aller chercher des expatriés en ville ». Nous avons reçu
l’ordre du colonel Marchal de n’évacuer que les
blancs » a indiqué le capitaine Lemaire. « Nous lui
avons répondu que c’était impossible et que de toute

1 - 611/7 - 1997/1998

( 568 )

impossible et que de toute façon nous avions déjà
évacué les autres (...). Si nous avions reçu des ordres,
l’ETO serait restée une position militaire et non pas
un camp de réfugiés », vervolgt de getuige, en wijst
daarbij op een toestand van onduidelijkheid waarin
de commandant van de UNAMIR hem in een noodsituatie had achtergelaten.

façon nous avions déjà évacué les autres (...). Si nous
avions reçu des ordres, l’ETO serait restée une position militaire et non pas un camp de réfugiés » a poursuivi le témoin , soulignant le « flou » dans lequel le
commandant de la MINUAR l’avait laissé face à une
situation d’urgence.

Om de vluchtelingen uit de ETO te evacueren had
men logistieke middelen nodig waarover de
UNAMIR niet kon beschikken. Daar komt nog bij
dat hun evacuatie naar de enige plaats in de stad, te
weten de internationale luchthaven van Kigali, opnieuw tot veiligheidsproblemen zou hebben geleid
omdat het mandaat van de UNAMIR ongewijzigd
bleef en de terugtrekking ervan reeds gepland was.

Une évacuation des réfugiés de l’ETO aurait requis
des moyens logistiques dont la MINUAR ne disposait
pas. En outre , leur évacuation sur le seul site de la
ville — l’aéroport international de Kigali — aurait à
nouveau posé problème de leur sécurité, dès lors que
le mandat de la MINUAR restait inchangé et que son
retrait était programmé.

Benevens het VN-mandaat heeft het Franse optreden op 11 april 1994 te Kigali met de bedoeling buitenlanders te evacueren, tot een incident geleid dat de
Belgische officier in detail toelicht : « Ils sont arrivés à
l’ETO le 11 au matin. L’officier français ne voulait
récupérer que trois Français et les Italiens. Nous
avions recensé 150 expatriés, des Blancs et des Africains, des employés de l’ONU et des religieux, et préparé des véhicules ».

Hors du mandat onusien , l’intervention française
du 11 avril 1994 à Kigali, pour évacuer les expatriés, a
donné lieu à un incident que l’officier belge a relaté en
détail : « Ils sont arrivés à l’ETO le 11 au matin.
L’officier français ne voulait récupérer que trois Français et les Italiens. Nous avions recensé 150 expatriés,
des Blancs et des Africains, des employés de l’ONU et
des religieux, et préparé des véhicules ».

« Nous avons répondu aux Français : « Si c’est
comme ça, les Français partiront en dernier (...). Vous
les Français, vous pouvez profiter de vos liens privilégiés avec les Forces Armées Rwandaises (FAR) pour
passer les barrages et emmener tout le monde. »

« Nous avons répondu aux Français : « Si c’est
comme ça, les Français partiront en dernier (...). Vous
les Français, vous pouvez profiter de vos liens privilégiés avec les Forces Armées Rwandaises (FAR) pour
passer les barrages et emmener tout le monde. »

Uiteindelijk werden 147 vluchtelingen begeleid tot
aan de « École française », zo getuigt Luc Lemaire. De
Belgische officier bevestigt dat de overigen aan hun
lot zijn overgelaten.

147 réfugiés ont finalement été conduits à l’École
Française, selon Luc Lemaire. Quant aux autres, ils
ont été livrés à eux-mêmes, a affirmé l’officier belge.

De getuige was duidelijk nog steeds aangedaan
toen hij vertelde hoe hij voor de vluchtelingen van de
ETO verborgen hield dat zijn compagnie haar vertrek
aan het voorbereiden was « pour ne pas avoir à tirer
sur ces réfugiés lors de leur repli » ... « Tout était prêt,
et une demi-heure après l’ordre de repli, nous étions
partis » a indiqué l’officier belge. « Seuls les hommes
de la dernière jeep ont dû tirer en l’air pour se dégager,
quand les réfugiés se sont rendus compte que l’on
partait (...). » (1)

Avec une tension perceptible dans la voix, le
témoin a raconté comment il a caché aux réfugiés de
l’ETO les préparatifs de départ de sa compagnie
« pour ne pas avoir à tirer sur ces réfugiés lors de leur
repli » a-t-il expliqué. « Tout était prêt, et une demiheure après l’ordre de repli, nous étions partis » a indiqué l’officier belge. « Seuls les hommes de la dernière
jeep ont dû tirer en l’air pour se dégager, quand les
réfugiés se sont rendus compte que l’on
partait (...). » (1)

Volgens de kapitein waren de vluchtelingen door
het vertrek van de Belgische soldaten aan hun lot
overgelaten. Zij hebben gepoogd de ETO te verlaten
in de richting van het Amahoro-stadion. Zij werden
echter tegengehouden met wegversperringen en de
meesten onder hen zijn afgeslacht aan het kruispunt
van de Nyanza (2).

Selon le capitaine, au départ des soldats belges, les
réfugiés, livrés à eux-mêmes, ont tenté de quitter
l’ETO pour le stade Amahoro. Bloqués par des barrages, la plupart se sont fait massacrer au carrefour de
Nyanza (2).

——————

——————

(1) Persagentschap Hirondelle te Arusha — Tribunal Pénal
International pour le Rwanda News van 1 oktobre 1997.
(2) Ibidem.

(1) Agence de Presse Hirondelle au Tribunal Pénal International d’Arusha pour le Rwanda News du 1er octobre 1997.
(2) Ibidem.

( 569 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Mevrouw Mukesshimana, weduwe van Boniface
Ngulinzira (voormalig minister van Buitenlandse
Zaken die actief heeft deelgenomen aan de onderhandelingen over de Arusha-akkoorden in april 1992 en
juli 1993) heeft klacht ingediend tegen UNAMIR
wegens het niet bijstaan van personen die in gevaar
verkeren (1). Zij getuigde voor de commissie als
volgt : « Op 6 april belde een vriend ons omstreeks
20 uur om te zeggen dat de president wellicht was vermoord. Kort daarna verspreidde radio « Mille Collines » dezelfde informatie. Wij hadden het voorgevoel
dat een tragedie nakend was. Omstreeks 5 uur
’s ochtends hoorden wij de eerste schoten in het kamp
van de presidentiële wacht. De radio verspreidde een
communiqué om de bevolking aan te sporen thuis te
blijven. Dat waren slechte voortekens. De beulen
zouden hun slachtoffers gemakkelijk kunnen vinden.
De Belgische blauwhelmen meldden ons dat de minister van Arbeid en Sociale Zaken vermoord was. De
moordpartijen waren begonnen. De blauwhelmen
hebben ons dan, verstopt in vrachtwagens, naar een
veiliger oord gebracht; Nadien bleek dat de door de
Salesianen geleide ETO te zijn, waar zich een belangrijk detachement Belgische blauwhelmen van
UNAMIR bevond. Er kwamen meer en meer vluchtelingen toegestroomd omdat de militieleden stenen en
machetes gebruikten en zij geld eisten van de mensen
die liever met een kogel werden gedood. Op 9 april
beginnen de Belgische militairen geëxpatrieerden te
evacueren, maar weigeren mijn man mee te nemen.
De chef van de Belgische militairen wil het risico niet
lopen een minister, lid van een oppositiepartij, te
evacueren. Aldus veroordeelt hij hem tot de dood en
hij weigert zelfs om hem terug naar ons huis te brengen.

Mme Mukesshimana, veuve de Boniface Ngulinzira(ancien ministre des Affaires Étrangères qui a
participé activement à la négociation des accords
d’Arusha en avril 1992 et juillet 1993) a déposé plainte
contre la MINUAR pour non-assistance en
danger (1). Elle a fournit le témoignage suivant à la
commission : « Le 6 avril, vers 20 heures, un ami nous
a téléphoné pour nous dire que le président aurait été
assassiné. Peu après, la Radio des Mille Collines
diffusait la même information. Nous pressentions le
drame. Vers 5 heures du matin, nous avons entendu
les premiers tirs dans le camp de la garde présidentielle. La radio a diffusé un communiqué enjoignant à
la population de rester à la maison. C’était de mauvais
présages. Les bourreaux allaient pouvoir trouver facilement leurs victimes. Les Casques bleus belges nous
ont appris que le ministre du Travail et des Affaires
sociales avait été assassiné. Les massacres avaient
commencé. Les Casques bleus nous ont alors évacués,
cachés dans des camions, ver un endroit plus sûr qui
s’est avéré être l’ETO dirigée par les pères salésiens où
se trouvait un détachement important de Casques
belges de la MINUAR. Les réfugiés affluaient de plus
en plus nombreux car les miliciens assassinaient
partout les Tutsis et les opposants au régime (...). Le
9 avril, les militaires belges commencent à évacuer. Le
chef des militaires belges ne veulent pas prendre le
risque d’évacuer un ministre, membre d’un parti
d’opposition. Ils le condamnent ainsi à mort et refusent même de le reconduire à notre maison.

Op 11 april vraagt de superior van de ETO ons
onze kamers te ontruimen om er de staf van UNAMIR
in onder te brengen. Ondertussen was een detachement Franse militairen de Belgen bij de evacuatie
komen helpen. De chef van dat detachement had
toegezegd om mijn man naar de Franse ambassadeur
te brengen, waar hij veilig zou zijn. De Belgische militaire chef heeft zich hiertegen verzet. De Fransen
hebben zich daarbij neergelegd. Nochtans liepen zij
geen gevaar. Later is iedereen die daar was achtergelaten, omgebracht. Vervolgens hebben wij de Belgische blauwhelmen en de Franse militairen zien terugkeren. Ook zij hebben ons toen in de steek gelaten (...).

Le 11 avril, le père supérieur de l’ETO nous a
demandé de dégager les chambres individuelles pour
installer l’état-major de la MINUAR. Entre-temps, un
détachement de militaires français était venu aider les
Belges pour l’évacuation. Le chef de ce détachement
avait accepté de conduire mon mari chez
l’ambassadeur de France où il serait en sécurité. Le
chef militaire belge s’est interposé. Les Français se
sont inclinés. Pourtant, ils ne risquaient rien. Plus
tard, tous ceux qui ont été abandonnés là, ont été
assassinés. Ensuite, nous avons vu revenir les Casques
bleus belges et les militaires français. Tous ceux-ci
nous ont alors abandonnés (...).

Sedert 11 april 1994, de dag waarop mijn man werd
vermoord, stel ik mij vragen. Is hij vermoord omdat
de Belgische blauwhelmen, hoewel hij bedreigd werd,
geweigerd hebben hem te evacueren ? Waarom heeft
men iedereen tegen wie bedreigingen waren geuit in

Depuis le 11 avril 1994, date de l’assassinat de mon
mari, je me pose des questions. A-t-il été assassiné
parce que les Casques bleus belges ont refusé de
l’évacuer alors qu’il était menacé ? Pourquoi avoir
abandonné tous ceux qui avaient reçu des menaces ?

——————

——————

(1) Verslag van de missie naar Rwanda van 23 tot
30 augustus 1997 uitgebracht door Ph. Mahoux, ondervoorzitter
van de commissie.

(1) Rapport de mission de M. Ph. Mahoux, vice-président
de la commission, au Rwanda du 23 au 30 août 1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 570 )

de steek gelaten ? België respecteert de mensenrechten
en heeft met Rwanda historische banden. Waarom
heeft België dan het Rwandese volk in de steek gelaten
net toen het België nodig had ? De Belgische houding
heeft de internationale gemeenschap beı̈nvloed.
België wou dat er in Rwanda opnieuw een meerpartijensysteem en vrede kwam. België wou dat de
akkoorden van Arusha werden uitgevoerd. Waarom
heeft men diegenen die vrede wensten, laten ombrengen ? » (1)
Kolonel Marchal heeft tijdens de hoorzitting van
10 juni 1997 verklaard dat het in dit geval ging om het
in de steek laten van vluchtelingen : « Le problème des
réfugiés trouve une solution de facto puisqu’ils envahissent les cantonnements et qu’ils ne les ont pas quittés. Nous n’avions d’ailleurs pas la force d’appliquer
l’ordre d’évacuation. Cependant, le 9, le détachement
qui se trouve à Don Bosco sera utilisé pour reprendre
pied à l’aérodrome. Il n’avait pas mission
d’abandonner les réfugiés de Don Bosco mais de se
rendre à l’aéroport. En réalité, cela équivalait à un
abandon. » (2)
Kapitein Lemaire ontkracht de woorden van kolonel Marchal : « Le colonel Dewez m’a donné l’autorisation [d’abandonner les réfugiés] avec l’accord du
colonel Marchal. »
Dit drama illustreert de gevolgen van de beslissingen die op verschillende niveaus genomen werden, en
de gevolgen daarvan voor het Rwandese drama.
Die beslissingen werden genomen door de VNautoriteiten, de autoriteiten van de verschillende
betrokken landen die lid zijn van de Veiligheidsraad,
in het bijzonder de VS en Frankrijk, en de Belgische
militaire en politieke autoriteiten.
In het geval van de ETO komt het de commissie
voor dat de beslissing om de school te verlaten een
beslissing is van de militaire overheid. De evacuatie
van de ETO had gepaard moeten gaan met waarborgen voor de Rwandese vluchtelingen.

La Belgique respecte les droits de l’homme et est historiquement liée au Rwanda. Pourquoi donc a-t-elle
laissé le peuple rwandais alors même que celui-ci avait
besoin de la Belgique ? Son attitude allait influencer la
Communauté internationale. La Belgique souhaitait
le retour du multipartisme et de la paix au Rwanda.
Elle souhaitait que les accords d’Arusha soient mis en
application. Pourquoi avoir laissé massacrer ceux qui
voulaient la paix ? » (1)

3.9. OVERZICHT VAN DE PARLEMENTAIRE
WERKZAAMHEDEN MET BETREKKING
TOT DE GEBEURTENISSEN IN RWANDA
(PERIODE JANUARI 1993-AUGUSTUS 1994)

3.9 APERÇU DES ACTIVITÉS
PARLEMENTAIRES CONCERNANT
LES ÉVÉNEMENTS DU RWANDA
(PÉRIODE JANVIER 1993-AOÛT 1994)

Uit het overzicht van de parlementaire werkzaamheden met betrekking tot de gebeurtenissen in
Rwanda blijkt dat het Belgische Parlement Rwanda al
te weinig als aandachtspunt heeft beschouwd. Na de
gebeurtenissen van 6 en 7 april 1994 stelt de commissie
evenwel een intensifiëring vast van de parlementaire
tussenkomsten over de Rwanda-problematiek.

Il ressort de l’aperçu des activités parlementaires
concernant les événements du Rwanda que le Parlement belge s’est toujours intéressé au Rwanda. La
commission constate toutefois également qu’après les
événements des 6 et 7 avril 1994, les interventions
parlementaires concernant le Rwanda se sont intensifiées.

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Mukesshimana, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 19 februari 1997, blz. 18.
(2) Hoorzitting met kolonel Marchal, POR, Senaat, 10 juni
1997, BV, blz. 713.

(1) Audition de Mme Mukesshimana, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 19 février 1997, pp. 17 et 18.
(2) Audition du colonel Marchal, CER, Sénat, 10 juin 1997,
CRA, p.p. 698-699.

Le colonel Marchal a déclaré, lors de l’audition du
10 juin 1997, qu’il s’agissait dans ce cas d’un abandon : « Le problème des réfugiés trouve une solution
de facto puisqu’ils envahissent les cantonnements et
qu’ils ne les ont pas quittés. Nous n’avions d’ailleurs
pas la force d’appliquer l’ordre d’évacuation. Cependant, le 9, le détachement qui se trouve à Don Bosco
sera utilisé pour reprendre pied à l’aérodrome. Il
n’avait pas mission d’abandonner les réfugiés de Don
Bosco mais de se rendre à l’aéroport. En réalité, cela
équivalait à un abandon. » (2)
Le capitaine Lemaire précise les propos du colonel
Marchal : « Le colonel Dewez m’a donné l’autorisation [d’abandonner les réfugiés] avec l’accord du
colonel Marchal. »
Ce drame met en lumière les conséquences des décisions prises à différents niveaux, et leurs conséquences sur le drame rwandais.
Ces décisions relèvent des autorités de l’O.N.U.,
des autorités des différents pays concernés, membres
du Conseil de Sécurité, particulièrement les USA et la
France, et des autorités politiques et militaires belges.
Dans le cas de l’ETO, il apparaît à la commission
que la décision de quitter l’école relève de l’autorité
militaire. L’évacuation d’ l’ETO aurait dû se faire en
offrant des garanties au réfugiés rwandais.

( 571 )
3.9.1. De periode van 1 januari 1993 tot 19 november
1993 (datum van de Belgische beslissing om
deel te nemen aan UNAMIR)
— Interpellaties over :

1 - 611/7 - 1997/1998

3.9.1. La période du 1er janvier 1993 au 19 novembre
1993 (date de la prise de décision de la Belgique
de participer à la MINUAR)
— Interpellations sur :

- De verklaringen van president Habyarimana op
15 november 1992 met betrekking tot de
Arusha-akkoorden (1);

- Les déclarations du président Habyarimana
du 15 novembre 1992 concernant les accords
d’Arusha (1);

- De schending
Rwanda (2);

in

- La violation des droits de l’homme au
Rwanda (2);

- De situatie in Rwanda en de Belgische
ontwikkelingshulp (3);

- La situation au Rwanda et aide belge au développement (3);

- Het gevaar dat België, inzake de steun aan het
democratiseringsproces in Midden-Afrika, een
verschillende beleid voert naargelang het gaat om
Rwanda of Zaı̈re (4);

- Le danger de voir la Belgique adopter une politique différente au Rwanda et au Zaı̈re, en ce qui
concerne l’aide au processus de démocratisation en
Afrique centrale (4);

- Militaire
Rwanda (5);

- La coopération technique militaire avec le
Rwanda (5);

van

technische

de

mensenrechten

samenwerking

met

— Schriftelijke vragen over :

— Questions écrites sur :

- Het Fonds voor steun aan verkiezingen (6);

- Le Fonds de soutien aux élections (6);

- Het uitzenden van militaire waarnemers
(UNOMUR)
naar
de
grens
van
Rwanda-Oeganda (7);

- L’envoi d’observateurs militaires (MONUOR) à
la frontière entre le Rwanda et l’Ouganda (7);

- De toekenning van Belgische studiebeurzen in
Rwanda (8);

- L’octroi
Rwanda (8);

- Dringende humanitaire hulp voor ondermeer
Zaı̈re, Burundi en Rwanda (9);

- L’aide humanitaire urgente, entre autres pour le
Zaı̈re, le Burundi et le Rwanda (9);

——————

——————

(1) Interpellatie van de heer Beaufays, Handelingen, Kamer,
1992-1993, 6 januari 1993, blz. 15.
(2) Interpellaties van de heren Gol en Harmegnies en van
mevrouw Aelvoet, Handelingen, Kamer, 1992-1993, 10 februari
1993, blz. 57.
(3) Interpellaties van de heer Van der Sande, Handelingen,
Kamer, 1992-1993, 21 april 1993, blz. 39.
(4) Interpellatie van de heer Hasquin, Handelingen, Senaat,
1992-1993, 22 april 1993, blz. 401 e.v..
(5) Interpellatie van de heer Vermeiren, Handelingen,
Senaat, 1993-1994, 27 oktober 1993, blz. 88.
(6) Schriftelijke vraag nr. 48 van de heer Perdieu, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1992-1993, 27 januari 1993,
blz. 3750.
(7) Schriftelijke vraag nr. 202 van de heer Van Belle, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 12 oktober
1993, blz. 3979.
(8) Schriftelijke vraag nr. 77 van de heer Kuypers, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 16 november
1993, blz. 4252.
(9) Schriftelijke vraag nr. 68 van mevrouw Dillen, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1992-1993, 4 mei 1993, blz.
5858; schriftelijke vraag nr. 107 van de heer Viseur, bulletin van
Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 7 december 1993,
blz. 8592; schriftelijke vraag nr. 120 van de heer Reynders,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 25
februari 1994, blz. 10499.

(1) Interpellation de M. Beaufays, Annales, Chambre, 19921993, 6 janvier 1993, p. 15.
(2) Interpellations de MM. Gol et Harmegnies et de Mme
Aelvoet, Annales, Chambre, 1992-1993, 10 février 1993, p. 57.

de

bourses

d’études

belges

au

(3) Interpellation de M. Van der Sande, Annales, Chambre,
1992-1993, 21 avril 1993, p. 39.
(4) Interpellation de M. Hasquin, Annales, Sénat, 19921993, 22 avril 1993, p. 401 et suiv.
(5) Interpellation de M. Vermeiren, Annales, Sénat, 19931994, 27 octobre 1993, p. 88.
(6) Question écrite no 48 de M. Perdieu, bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1992-1993, 27 janvier 1993,
p. 3750.
(7) Question écrite no 202 de M. Van Belle, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 12 octobre 1993,
p. 3979.
(8) Question écrite no 77 de M. Kuypers, bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 16 novembre 1993, p. 4252.
(9) Question écrite no 68 de Mme Dillen, bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1992-1993, 4 mai 1993, p. 5858;
question écrite no 107 de M. Viseur, bulletin des Questions et
Réponses, Chambre, 1993-1994, 7 décembre 1993, p. 8592; question écrite no 120 de M. Reynders, bulletin des Questions et
Réponses, Chambre, 1993-1994, 25 février 1994, p. 10499.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 572 )

3.9.2. De periode van 20 november 1993 (deelname
van België aan UNAMIR) tot 5 april 1994

3.9.2. La période du 20 novembre 1993 (participation de la Belgique à la MINUAR) au 5 avril
1994.

De Belgische beslissing om deel te nemen aan
UNAMIR kwam ter sprake in hetzij de Kamer van
volksvertegenwoordigers, hetzij de Senaat naar
aanleiding van de volgende parlementaire
activiteiten :

Il a été question, à la Chambre des représentants et
au Sénat confondus, de la décision de la Belgique de
participer à la MINUAR et ce, à l’occasion des activités parlementaires suivantes :

— Begrotingsbesprekingen 1994 : in de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden, de
commissie voor de Ontwikkelingssamenwerking en
de commissie voor de Defensie van de Senaat (1) en
in de commissie voor de Buitenlandse Betrekkingen
en de commissie voor de Landsverdediging van de
Kamer van volksvertegenwoordigers (2);

— Débats sur le budget de 1994 : en Commission
des Affaires étrangères, en Commission de la Coopération au Développement et en Commission de la
Défense du Sénat (1) ainsi qu’en Commission des
Affaires étrangères et en Commission de la Défense de
la Chambre des représentants (2);

— Interpellaties over :

Interpellations sur :

- Het verzekeren van Belgische militairen die
worden ingezet bij UNO-operaties (3);

- L’assurance des militaires belges engagés dans
des opérations de l’ONU (3);

- De situatie in Zaı̈re, Rwanda en de Belgische
aanwezigheid : uitvoering Arusha-akkoorden en
verloop van de UNAMIR-operatie : verslechtering
politiek klimaat en signalen van anti-Belgische
reacties (4);

- La situation au Zaı̈re, au Rwanda et au Burundi
et la présence belge : mise en œuvre des accords
d’Arusha et déroulement de l’opération MINUAR :
dégradation du climat politique et signaux de réactions antibelges (4);

- Uitspraken van de Belgische minister van
Defensie naar aanleiding van zijn reis naar Rwanda :
dreiging terugtrekking Belgische troepen indien
niet-uitvoering
Arusha-akkoorden
door
Rwanda (5);

- Des déclarations du ministre de la Défense nationale à la suite de son voyage au Rwanda : menace de
retrait des troupes belges au cas où le Rwanda
n’appliquerait pas les accords d’Arusha (5);

- De functie van de Belgische blauwhelmen in het
democratiseringsproces van Rwanda: uitvoering
Arusha-akkorden (6);

- La fonction des Casques bleus belges dans le
processus de démocratisation du Rwanda : mise en
œuvree des accords d’Arusha (6);

— Schriftelijke vragen over :

Questions écrites sur :

- De bewaking van de Belgische ambassades in
Kigali en Bujumbura door de rijkswacht (7);

- La surveillance, par la gendarmerie, des ambassades de Belgique à Kigali et à Bujumbura (7);

——————

——————

(1) Gedr. St., Senaat, 1993-1994, nr. 881-8 (blz. 12-13,
22-23), nr. 881-10 (blz. 13) en nr. 881-11 (blz. 11).
(2) Gedr. St., Kamer, 1992-1993, nr. 1178/4 (blz. 132-140,
181-183, 190-205).
(3) Interpellatie van de heer Vermeiren, Handelingen,
Senaat, 1993-1994, 23 december 1993, blz. 768.
(4) Interpellatie van de heer Van Peel, Handelingen, Kamer,
1992-1993, 15 februari 1994, blz. 20.
(5) Interpellatie van de heer Van Belle, Handelingen, Senaat,
1993-1994, 29 maart 1994, blz. 1761.
(6) Interpellatie van mevrouw Maes, Handelingen, Senaat,
1993-1994, 29 maart 1994, blz. 1761.
(7) Schriftelijke vraag nr. 441 van de heer Van Belle, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 11 januari 1994,
blz. 4659.

(1) Doc., Sénat, 1993-1994, no 881-8 (pp. 12-13, 22-23),
no 881-10 (p. 13) et no 881-11 (p. 11).
(2) Doc., Chambre, 1992-1993, no 1178/4 (pp. 132-140, 181183, 190-205).
(3) Interpellation de M. Vermeiren, Annales, Sénat, 19931994, 23 décembre 1993, p. 768.
(4) Interpellation de M. Van Peel, Annales, Chambre, 199293, 15 février 1994, p. 20.
(5) Interpellation de M. Van Belle, Annales, Sénat, 19931994, 29 mars 1994, p. 1761.
(6) Interpellation de Mme Maes, Annales, Sénat, 1993-1994,
29 mars 1993, p. 1761.
(7) Question écrite no 441 de M. Van Belle, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 11 janvier 1994,
p. 4659.

( 573 )

1 - 611/7 - 1997/1998

- Het statuut van de Belgische strijdkrachten belast
met de uitvoering van de door de Veiligheidsraad der
Verenigde Naties getroffen maatregelen (1);

- Le statut des forces armées belges chargées de
l’exécution des mesures prises par le Conseil de sécurité des Nations unies (1);

- De ontwapening van het Rwandese leger door
VN-troepen (2);

- Le désarmement de l’armée rwandaise par les
troupes de l’ONU (2);

- Militaire
Rwanda (3).

met

- La coopération technique militaire avec le
Rwanda (3).

3.9.3. De periode na de gebeurtenissen van 6 en
7 april 1994

3.9.3. La période suivant les événements des 6 et
7 avril 1994

Na de gebeurtenissen van 6 en 7 april 1994 nam het
aantal parlementaire debatten over de Rwandese
kwestie zeer sterk toe :

Après les événements des 6 et 7 avril 1994, le nombre de débats parlementaires concernant la question
rwandaise a augmenté nettement :

— Debat in de commissie voor de Buitenlandse
Betrekkingen
van
de
Kamer
van
volksvertegenwoordigers naar aanleiding van de
mededeling van de regering over de gebeurtenissen in
Rwanda (4);

— Débat au sein de la Commission des Relations
extérieures de la Chambre des représentants, à
l’occasion de la communication gouvernementale
consacrée aux événements du Rwanda (4);

— Hulde aan de slachtoffers in de plenaire
vergadering
van
de
Kamer
van
volksvertegenwoordigers (5);

— Hommage aux victimes en séance plénière de la
Chambre des représentants (5);

— Hulde aan de gesneuvelde Belgische para’s en
de slachtoffers van de genocide in de plenaire
vergadering van de Senaat (6);

— Hommage aux paras belges tombés au Rwanda
et aux victimes du génocide en séance plénière du
Sénat (6);

— Interpellaties, mondelinge vraag en schriftelijke
vraag :

— Interpellations, questions écrites et orales :

- over de moord op de 10 Belgische para’s in
Rwanda (7);

- concernant l’assassinat des dix paras belges au
Rwanda (7);

——————

——————

(1) Schriftelijke vraag nr. 422 van de heer Duquesne,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994,
11 maart 1994, blz. 10661.
(2) Schriftelijke vraag nr. 268 van de heer Van Belle, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 15 maart 1994,
blz. 5148.
(3) Schriftelijke vraag nr. 337 van de heer Van Wambeke,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 12 juli
1994, blz. 6165; schriftelijke vraag nr. 343 van de heer Bougard,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 14 juli
1994, blz. 5942.
(4) Handelingen, Kamer, 1993-1994, 11 april 1994, blz. 1-32.
(5) Handelingen, Kamer, 1993-1994, 21 april 1994,
blz. 1557-1558.
(6) Handelingen, Senaat, 1993-1994, 21 april 1994,
blz. 1762-1766 en 1884.
(7) Interpellatie van de heer Draps, Handelingen, Kamer,
1993-1994, 26 april 1994, 42; interpellatie van de heer Van
Overmeire, Handelingen, Kamer, 1993-1994, 26 april 1994, 42;
interpellatie van de heer Simonet, Handelingen, Kamer,
1993-1994, 26 april 1994, 42; mondelinge vraag van de heer
Verreycken, Handelingen, Senaat, 1993-1994, 28 april 1994,
1973; schriftelijke vraag nr. 472 van de heer Knoops, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 6 juli 1994,
blz. 12358 ; schriftelijke vraag nr. 402 van de heer Van den
Eynde, bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994,
18 mei 1994, blz. 11120.

(1) Question écrite no 422 de M. Duquesne, bulletin des
Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 11 mars 1994,
p. 5148.
(2) Question écrite no 268 de M. Van Belle, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 15 mars 1994, p. 5148.

technische

samenwerking

(3) Question écrite no 337 de M. Van Wambeke, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 12 juillet 1994,
p. 6165; question écrite no 343 de M. Bougard, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 16 juin 1994, p. 5942.
(4) Annales, Chambre, 1993-1994, 11 avril 1994, pp. 1-32.
(5) Annales, Chambre, 1993-1994, 21 avril 1994, pp. 15571558.
(6) Annales, Sénat, 1993-1994, 21 avril 1994, pp. 1762-1766
et 1884.
(7) Interpellation de M. Draps, Annales, Chambre, 19931994, 26 avril 1994, 42; interpellation de M. Van Overmeire,
Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994; interpellation de
M. Simonet, Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994, 42;
question orale de M. Verreycken, Annales, Sénat, 1993-1994,
28 avril 1994, 1973; question écrite no 472 de M. Knoops, bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 6 juillet
1994, p. 12358; question écrite no 402 de M. Van den Eynde,
bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 18 mai
1994, p. 11120.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 574 )

- NGO-medewerkers die omgekomen zijn in
Rwanda (1);

- les collaborateurs ONG qui ont perdu la vie (1);

- informatieverstrekking aan de familieleden van
de Belgische burgerslachtoffers (2);

- information des familles des victimes civiles
belges (2);

- rouwbeklag vanwege de Belgische regering aan
de Rwandese en Burundese regeringen om het om het
leven komen van hun beider staatshoofden (3).

- condoléances du Gouvernement belge aux
gouvernements rwandais et burundais à la suite de la
mort des présidents de ces deux pays (3).

3.9.4. De volkenmoord

3.9.4. Le génocide

Ook aan de volkenmoord in Rwanda werden heel
wat parlementaire debatten gewijd :

L’on a également consacré de nombreux débats
parlementaires au génocide du Rwanda :

— Debat in de commissie voor de Buitenlandse
Betrekkingen
van
de
Kamer
van
volksvertegenwoordigers naar aanleiding van de
mededeling van de regering over de gebeurtenissen in
Rwanda (4);

— Débat au sein de la Commission des Relations
extérieures de la Chambre des représentants à la suite
de la communication gouvernementale consacrée aux
événements du Rwanda (4);

— Hulde aan de slachtoffers in de plenaire
vergadering
van
de
Kamer
van
volksvertegenwoordigers (5);

— Hommage aux victimes en séance plénière de la
Chambre des représentants (5);

— Hulde aan de gesneuvelde Belgische para’s en
de slachtoffers van de genocide in de plenaire
vergadering van de Senaat (6);

— Hommage aux paras belges tombés au Rwanda
et aux victimes du génocide en séance plénière du
Sénat (6);

— Interpellaties
Rwanda (7);

in

— Interpellations concernant le génocide au
Rwanda (7);

— Mondelinge vraag over de moord op de
10 Belgische para ’s in Rwanda (8);

— Question orale à propos de l’assassinat des dix
paras belges au Rwanda (8);

— Mondelinge vraag over het aanbrengen van een
gedenkplaat, in de kazerne van Flawinne, voor de in
Rwanda vermoorde soldaten (9);

— Question orale sur l’installation, dans la
caserne de Flawinne, d’une plaque commémorative à
la mémoire des soldats assassinés au Rwanda (9);

——————

——————

(1) Schriftelijke vraag nr. 120 van de heer Dufour, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 30 augustus
1994, blz. 6479.
(2) Schriftelijke vraag nr. 401 van de heer Van den Eynde,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 18 mei
1994, blz. 11456.
(3) Schriftelijke vraag nr. 154 van de heer Van den
Eynde,bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994,
18 mei 1994, blz. 11296.
(4) Handelingen, Kamer, 1993-1994, 11 april 1994, blz. 1-32.
(5) Handelingen, Kamer, 1993-1994, 21 april 1994,
blz. 1557-1558.
(6) Handelingen, Senaat, 1993-1994, 21 april 1994,
blz. 1762-1766 en 1884.
(7) Interpellatie van de heer Draps, Handelingen, Kamer,
1993-1994, 26 april 1994, 42; interpellatie van de heer Van
Grembergen, Handelingen, Kamer, 1993-1994, 26 april 1994, 42;
interpellatie van de heer Winkel, Handelingen, Kamer,
1993-1994, 26 april 1994, 42; interpellatie van mevrouw Aelvoet,
Handelingen, Kamer, 1993-1994, 27 mei 1994, blz. 33.
(8) Mondelinge
vraag
van
de
heer
Verreycken,
Handelingen, Senaat, 1993-1994, 28 april 1994, blz. 1973.
(9) Mondelinge vraag van de heer Pécriaux, Handelingen,
Senaat, 1993-1994, 18 mei 1994, blz. 2131.

(1) Question écrite no 120 de M. Dufour, bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 30 août 1994, p. 6479.

over

de

volkenmoord

(2) Question écrite no 401 de M. Van den Eynde, Bulletin
des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 18 mai 1994,
p. 1145.
(3) Question écrite no 154 de M. Van den Eynde, bulletin
des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 18 mai 1994,
p. 11296.
(4) Annales, Chambre, 1993-1994, 11 avril 1994, pp. 1-32.
(5) Annales, Chambre, 1993-1994, 21 avril 1994, pp. 15571558.
(6) Annales, Sénat, 1993-1994, 21 avril 1994, pp. 1762-1766
et 1884.
(7) Interpellation de M. Draps, Annales, Chambre, 19931994, 26 avril 1994, 42; interpellation de M. Van Grembergen,
Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994, 42; interpellation
de M. Winkel, Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994, 42;
interpellation de Mme Aelvoet, Annales, Chambre, 1993-1994,
27 mai 1994, p. 33.
(8) Question orale de M. Verreycken, Annales, Sénat, 199394, 28 avril 1994, p. 1973.
(9) Question orale de M. Pécriaux, Annales, Sénat, 19931994, 18 mai 1994, p. 2131.

( 575 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— Schriftelijke vragen over schadevergoeding
voor
omgekomen
para’s
in
Kigali
en
schadevergoeding voor verloren gegane persoonlijke
bezittingen (1);

— Questions écrites relatives à l’indemnisation
pour la mort des paras à Kigali et à l’indemnisation
pour la perte d’effets personnels (1);

— Schriftelijke vraag over NGO-medewerkers die
omgekomen zijn in Rwanda (2).

— Question écrite concernant les collaborateurs
ONG qui ont perdu la vie au Rwanda (2).

3.9.5. De terugtrekking van de Belgische UNAMIRtroepen

3.9.5. Le retrait des troupes belges de la MINUAR

De bezorgdheid van de parlementsleden over de
mogelijke terugtrekking van de UNAMIR, of althans
het Belgische onderdeel ervan, uitte zich in een aantal
initiatieven, waarvan de meest karakteristieke de
volgende waren :

L’inquiétude des parlementaires quant à l’éventuel
retrait de la MINUAR ou, du moins, de ses éléments
belges, s’est traduite par une série d’initiatives, dont
les plus caractéristiques étaient les suivantes :

1. In zijn interpellatie van 15 februari 1994 (3)
drukt de heer Van Peel de vrees uit dat het
vredesproces dreigt vast te lopen door o.a. onderlinge
verdeeldheid binnen een aantal belangrijke partijen
(MDR, Parti Libéral, PSD). Er zijn etnische
spanningen. Klopt het dat president Habyarimana de
akkoorden bewust blokkeert ? Groeien de
anti-Belgische gevoelens terug aan ? Welke neerslag
heeft dat op UNAMIR ? Er is al een klein incident
geweest.

1. Dans son interpellation du 15 février 1994 (3),
M. Van Peel dit craindre que le processus de paix
n’échoue, en raison notamment des dissensions réciproques au sein d’un certain nombre de partis importants (MDR, Parti Libéral, PSD). Il y a des tensions
ethniques. Est-il exact que le président Habyarimana
bloque sciemment les accords ? Les sentiments antibelges reviennent-ils en force ? Quelle incidence cela
a-t-il sur la MINUAR ? Il y a déjà eu un léger incident.

Minister Claes bevestigt de verdeeldheid binnen
MDR en PL, waardoor de overgangsregering niet kan
van start gaan, noch het Parlement.

Le ministre Claes confirme les dissensions au sein
du MRD et du PL, qui n’ont permis la mise en place ni
du gouvernement transitoire ni du Parlement.

Hij heeft de krachten rond de présidence en rond
het FPR erop gewezen dat de gevaren van polarisatie
niet denkbeeldig zijn. Persoonlijke ambities en
etnische tegenstellingen remmen het vredesproces af.
De VN-secretaris-generaal werd daarvan verwittigd.

Il a signalé aux forces de l’entourage de la présidence et du FPR que les risques de polarisation ne
sont pas imaginaires. Les ambitions personnelles et
les rivalités ethniques freinent le processus de paix. Le
secrétaire général de l’ONU en a été averti.

De aanwezigheid van Belgische blauwhelmen is
geen Belgische operatie. De UNAMIR staat onder
bevel van generaal Dallaire.

La présence de Casques bleus belges n’est pas une
opération belge. La MINUAR est placée sous le
commandement du général Dallaire.

Deze VN-missie was een voorwaarde voor het FPR
om deel te nemen aan het vredesproces en is een
stabiliserende factor.

Cette mission de l’ONU était une condition pour
que le FPR participe au processus de paix et elle constitue un facteur stabilisateur.

Hij bevestigt niettemin dat er regelmatig
anti-Belgische reacties opduiken, en dat in de radio
gal werd gespuwd op de Belgische blauwhelmen.

Il confirme néanmoins que des réactions antibelges
se déclenchent régulièrement et que la radio a dit pis
que pendre des Casques bleus belges.

——————

——————

(1) Schriftelijke vraag nr. 362 van de heer Verlinden,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 12 juli
1994, blz. 6172; schriftelijke vraag nr. 449 van de heer Ylieff,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 6 mei
1994, blz. 11867; schriftelijke vraag nr. 131 van de heer Van den
Eynde, bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994,
2 juni 1994, blz. 112.
(2) Schriftelijke vraag nr. 120 van de heer Dufour, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 30 augustus
1994, blz. 6479.
(3) Handelingen, Kamer COM 15 februari 1994, blz. 16-27 interpellatie tot de heer Claes, vice-eerste minister en minister
van Buitenlandse Zaken, d.d. 15 februari 1994 over de stand van
zaken in Rwanda, Burundi en Zaire en de positie van België.

(1) Question écrite no 362 de M. Verlinden, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 12 juillet 1994,
p. 6172; question no 449 de M. Ylieff, bulletin des Questions et
Réponses, Chambre 1993-1994, 6 mai 1994, p. 11867 ; question
no 131 de M. Van den Eynde, bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 2 juin 1994, p. 112.
(2) Question écrite no 120 de M. Dufour, bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 30 août 1994, p. 6479.
(3) Annales de la commission de la Chambre, 15 février
1994, pp. 16-17 - Interpellation du 15 février 1994 adressée à
M. Claes, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, sur la situation au Rwanda, au Burundi et au Zaı̈re et la
position de la Belgique.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 576 )

Hij hoopt dat al deze moeilijkheden slechts van
tijdelijke aard zijn.

Il espère que toutes ces difficultés ne seront que
temporaires.

2. In zijn interpellatie van 29 maart 1994 (1) drukt
de heer Van Belle de vrees uit dat de aangekondigde
terugtrekking van de UNAMIR dramatische
gevolgen zou kunnen hebben, zowel voor de
bevolking als voor onze landgenoten. « Het geweld
zal in alle hevigheid losbarsten » zo verklaart hij. En
« de Tutsi-minderheid zou meedogenloos worden
afgeslacht ». Hij hekelt de lakse houding van België
t.a.v. de inval van het FPR.

2. Dans son interpellation du 29 mars 1994 (1),
M. Van Belle dit craindre que le retrait annoncé de la
MINUAR n’ait des conséquences dramatiques, tant
pour la population que pour nos compatriotes. « Het
geweld zal in alle hevigheid losbarsten », déclare-t-il.
Et « De Tutsi-minderheid zou meedogenloos worden
afgeslacht ». Il dénonce l’attitude laxiste de la Belgique face à l’invasion du FPR.

Onder de belangen die, naast de etnische kwesties
meespelen, noemt hij ook de strijd tussen Hutu-elites.

Parmi les intérêts qui jouent un rôle, outre les questions ethniques, il cite la lutte entre les élites hutues.

Hij vraagt zich ook af welke rol het FPR speelt,
vermits het de deelname van het CDR aan de vorming
van de instellingen blijkbaar weigert. Is dit geen vorm
van obstructie ?

Il se demande également quel rôle le FPR joue,
puisqu’il refuse manifestement la participation du
CDR à la formation des institutions. N’est-ce pas là
une forme d’obstruction ?

Hij vraagt naar een onderzoek ter plaatse n.a.v.
geruchten als zouden de moorden op CDR-leider
Bucyana en de Tutsi-gezinde Hutu-minister
Gatabazi, door de rebellen zijn georganiseerd om de
etnische clivages te vergroten.

Il demande une enquête sur place, à l’occasion de
rumeurs selon lesquelles les assassinats du leader du
CDR Bucyana et du ministre hutu Gatabazi favorable
aux Tutsis auraient été organisés par les rebelles pour
aggraver les clivages ethniques.

De VN-troepen beschikken volgens eerdere
verklaringen van de minister van Buitenlandse Zaken
over een ontwapeningsmandaat dat slechts in
werking zal treden eens de overgangsregering zal zijn
geı̈nstalleerd.

Selon des déclarations antérieures du ministre des
Affaires étrangères, les troupes de l’ONU disposent
d’un mandat de désarmement qui n’entrera en
vigueur qu’une fois que le gouvernement transitoire
aura été installé.

Talrijke gendarmes en soldaten van het geregelde
leger leverden echter nu reeds vrijwillig hun wapens
in, terwijl de rebellen ongemoeid blijven.

De nombreux gendarmes et soldats de l’armée
régulière ont toutefois d’ores et déjà volontairement
rendu les armes, alors que les rebelles ne sont pas
inquiétés.

Een terugtrekking in die omstandigheden zou voor
de Tutsi’s een catastrofe betekenen. De interpellant
stelde dan ook uitdrukkelijk de vraag : « Zult u dan
overgaan tot de terugtrekking van de Belgische
blauwhelmen, wetende welke dramatische gevolgen
dit zal hebben ? »

Un retrait dans ces circonstances représenterait une
catastrophe pour les Tutsis. L’interpellateur a dès lors
posé expressément la question : « Zult u dan overgaan
tot de terugtrekking van de Belgische blauwhelmen,
wetende welke dramatische gevolgen dit zal
hebben ? »

Minister Delcroix stelt een verlenging van het
VN-mandaat met 2 à 3 maanden in het vooruitzicht,
met een versterkte opdracht.

Le ministre Delcroix promet une prolongation du
mandat de l’ONU de deux à trois mois, avec une
mission renforcée.

De President is de enige instantie die nog werkt.
Regering en overgangsparlement zijn nog niet
werkzaam.

Le président constitue la seule instance qui fonctionne encore. Le gouvernement et le parlement transitoire ne sont pas encore à l’œuvre.

De verderzetting van de Belgische aanwezigheid is
afhankelijk van de uitvoering van de akkoorden van
Arusha.

La prolongation de la présence belge dépend de
l’exécution des accords d’Arusha.

——————

——————

(1) Interpellatie van de heer Van Belle d.d. 29 maart 1994 tot
de minister van Landsverdediging over zijn uispraken n.a.v. zijn
reis naar Rwanda, en van mevrouw Maes over de functie van de
Belgische blauwhelmen in het democratiseringsproces van
Rwanda, Senaat, Handelingen, blz. 1761.

(1) Interpellation de M. Van Belle du 29 mars 1994 au ministre de la Défense nationale sur les propos qu’il a tenus à
l’occasion de son voyage au Rwanda et de Mme Maes sur la
fonction des Casques bleus belges dans le processus de démocratisation du Rwanda, Sénat, Annales, p. 1761.

( 577 )

1 - 611/7 - 1997/1998

België kan geen onderzoek doen naar politieke
moorden. Daarvoor zijn de rijkswacht en politie van
Rwanda bevoegd, evenals de civiele politie van UNO.

La Belgique ne peut pas enquêter sur des meurtres
politiques. Ce sont la gendarmerie et la police rwandaises qui sont compétentes en la matière, de même
que la police civile de l’ONU.

Onze militairen hebben geen opdracht tot
ontwapenen. Toch worden geregeld wapens in beslag
genomen maar dan bij gemengde controleposten
UNAMIR/rijkswacht.

Nos militaires n’ont pas été chargés d’une mission
de désarmement. Des armes sont malgré tout saisies
régulièrement, mais à des postes de contrôle mixtes
MINUAR-gendarmerie.

Verder bepleitte hij ter plaatse in Kigali een grotere
toewijzing van bevoegdheid aan de VN-bevelhebber,
generaal Dallaire.

Il a plaidé par ailleurs sur place, à Kigali, pour un
élargissement des compétences du commandant de
l’ONU, le général Dallaire.

Wat de houding van de militairen betreft, moesten
deze zich bij hun aankomst aanpassen aan een
peacekeeping-opdracht, maar hij beweert dat de
opleiding en de oefeningen goed zijn, incluis de
instructies over humanitair recht, plaatselijke situatie
en taal.

En ce qui concerne l’attitude des militaires, ces
derniers ont dû s’adapter, à leur arrivée, à une mission
de peacekeeping, mais il prétend que la formation et
les exercices sont bons, y compris les instructions sur
le droit humanitaire, la situation locale et la langue.

Meer lessen en voorbereiding kan, maar dan ten
koste van de snelheid van interventie.

Il est possible de donner des cours et une préparation supplémentaires, mais au détriment de la rapidité
d’intervention.

De militaire technische coöperatie beëindigen
komt niet ter sprake, omdat onze aanwezigheid ook
een factor van stabiliteit is voor de plaatselijke legers.
Onze militairen zijn vaak de enigen die invloed
hebben op de lokale legers.

Il n’est pas question de mettre fin à la coopération
technique militaire, parce que notre présence constitue également un facteur de stabilité pour les armées
locales. Nos militaires sont souvent les seuls à exercer
une influence sur les armées locales.

Wat het versterken van het UNAMIR-mandaat
betreft, heeft hij deze mogelijkheid in zijn gesprekken
met de Rwandese overheden aangewend als
drukkingsmiddel in de richting van een politieke
oplossing. Met resultaat, vermits de vraag tot meer
gematigdheid van een lokale radio werd ingewilligd.

En ce qui concerne le renforcement du mandat de la
MINUAR, il a utilisé cette possibilité dans ses conversations avec les autorités rwandaises comme moyen
de pression en vue d’une solution politique. Avec
fruit, puisque la demande d’une plus grande modération de la part d’une radio locale a été reçue favorablement.

De heer Van Belle zegt gerust gesteld te zijn met de
bevestiging dat de VN-troepen zich niet zullen
terugtrekken op 4 april, maar dat hun mandaat nog 2
à 3 maanden zou verlengd worden.

M. Van Belle dit être rassuré, car il a été confirmé
que les troupes des Nations unies ne se retireront pas
le 4 avril, mais que leur mandat sera prolongé de deux
à trois mois.

3. In zijn schriftelijke vraag van 17 februari
1994 (1) aan de minister van Buitenlandse Zaken
beklaagt de heer Van Belle er zich over dat de
VN-troepen zich eenzijdig opstellen bij het
ontwapenen van de oorlogvoerende partijen. Het
FPR wordt daarbij ongemoeid gelaten, zo beweert
hij.

3. Dans sa question écrite du 14 février 1994 (1)
adressée au ministre des Affaires étrangères, M. Van
Belle se plaint du fait que les troupes des Nations
unies adoptent une attitude unilatérale dans le désarmement des belligérants. Il affirme que les troupes du
Front patriotique rwandais ne sont pas inquiétées.

De minister antwoordt op 15 maart 1994 dat de
ontwapening niet tot de taken behoort van de
UNAMIR. Hooguit kan zij de Rwandese autoriteiten
helpen bij hun taak de overgang naar een fusie van
beide legers te bewerkstelligen.

Le ministre répond, le 15 mars 1994, que le désarmement ne figure pas parmi les missions de la
MINUAR. Tout au plus peut-elle aider les autorités
rwandaises dans leur mission, qui est de parvenir à
une fusion des deux armées.

In dat verband betreurt de minister het feit dat er
wapens worden uitgedeeld aan de burgerbevolking

À cet égard, le ministre regrette que l’on distribue
des armes à la population civile et aux milices de

——————

——————

(1) Schriftelijke vraag nr. 268 van de heer Van Belle, Bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 15 maart 1994,
blz. 5148-5149.

(1) Question écrite no 268 de M. Van Belle, Bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 15 mars 1994,
pp. 5148-5149.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 578 )

en aan de milities van sommige politieke partijen,
waartegen enkel de Rwandese autoriteiten kunnen
optreden.

certains partis politiques, ce contre quoi seules les
autorités rwandaises peuvent intervenir.

4. Uiteenzetting van de Regering m.b.t. de
gebeurtenissen in Rwanda in de commissie van
Buitenlandse Betrekkingen van de Kamer, op 11 april
1994.

4. Exposé du Gouvernement concernant les événements du Rwanda à la Commission des Affaires
étrangères de la Chambre, le 11 avril 1994.

Eerste minister Dehaene verklaart dat sinds de
aanslag op de presidenten van Rwanda en Burundi en
de moord op de para’s heeft de regering de zaak op de
voet heeft gevolgd.

Le Premier ministre Dehaene déclare que depuis
l’attentat contre les présidents du Rwanda et du
Burundi et la mort des paras, le Gouvernement a suivi
la situation de près.

Met de VN-secretaris-generaal werd afgesproken
dat
de
veiligheidsvoorwaarden
voor
onze
blauwhelmen moesten worden versterkt.

Il a été convenu avec le secrétaire général des
Nations unies qu’il fallait renforcer les conditions de
sécurité pour nos Casques bleus.

Buiten de VN-opdracht, wordt een geallieerde
humanitaire opdracht overwogen met Frankrijk en de
VS, om de Belgen te rapatriëren. De uitvoering ervan
zal in handen zijn van het leger en zij zijn daarvoor
verantwoordelijk.

L’on envisage, en dehors du cadre des Nations
unies, une mission humanitaire alliée avec la France et
les États-Unis, visant à rapatrier les Belges. L’armée
sera chargée de son exécution et en sera responsable.

Minister Claes geeft een overzicht van de
gebeurtenissen sinds 6 april.

Le ministre Claes donne un aperçu des événements
depuis le 6 avril.

Uit de contacten met de VN-Secretaris-generaal
blijkt dat een verruiming van het mandaat van de
MINUAR er niet inzit op korte termijn. Enkel een
vermindering van het aantal troepen is mogelijk.

Les contacts avec le secrétaire général des Nations
unies montrent que l’on n’envisage pas
d’élargissement du mandat de la MINUAR à court
terme. Seule une réduction des effectifs est possible.

Hij bevestigt het moeilijk verloop van de
rapatriëringsoperatie o.a. vanwege de anti-Belgische
houding, geprovoceerd door extreme Hutus.

Il confirme la difficulté de l’opération de rapatriement, notamment en raison de l’attitude antibelge
provoquée par les extrémistes hutus.

Vanwege deze houding kregen de Belgen geen
toestemming om in Kigali te landen. Dankzij
ambassadeur Swinnen, de Franse ambassadeur en de
Pauselijke Nuntius werd deze inmiddels toch
verkregen.

C’est à cause de cette attitude que les Belges n’ont
pas reçu l’autorisation d’atterrir à Kigali. Entretemps, l’on est quand même parvenu à obtenir cette
autorisation grâce à l’ambassadeur Swinnen, à
l’ambassadeur de France et au nonce apostolique.

Het is een evacuatie van alle burgers van vreemde
nationaliteit die dat wensen.

Il s’agit d’une évacuation de l’ensemble des civils de
nationalité étrangère qui le souhaitent.

Onze blauwhelmen kregen van generaal Dallaire
de toestemming mee te werken aan deze operatie en
o.m. aan de beveiliging van onze kanselarij waar het
communicatiecentrum kost wat kost moest worden
behouden.

Nos Casques bleus belges ont reçu l’autorisation
du général Dallaire de collaborer à cette opération et
notamment à la protection de notre chancellerie où il
fallait maintenir coûte que coûte le centre de communication en état.

Twee weken geleden ontbood hij de Rwandese
ambassadeur om aan te dringen op een stopzetting
van de intoxicatie van vrije radio’s tegen de Belgen.

Deux semaines plus tôt, il avait convoqué
l’ambassadeur du Rwanda pour lui demander avec
insistance de mettre fin à l’intoxication contre les
Belges diffusée par les radios libres.

Hij stelt zich nu de vraag of de oprichting van de
UNAMIR en de Belgische deelname eraan geen fout
was.

Il se pose maintenant la question de savoir si la
création de la MINUAR et la participation belge
n’étaient pas une erreur.

Op 7 januari 1994 werd de beslissing door de VNVeiligheidsraad genomen.

Le 7 janvier 1994, la décision a été prise par le
Conseil de sécurité de l’ONU.

Op 5 april 1994 werd de verlenging met 4 maanden
toegestaan.

Le 5 avril 1994, l’on a autorisé une prolongation de
quatre mois.

( 579 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De Belgen leverden maar de helft van de 800
gevraagde troepen en weigerden het commando.

Le Belges n’ont fourni que la moitié des
800 hommes demandés et ont refusé le commandement.

Midden februari 1994 probeerde hij tevergeefs het
mandaat uit te breiden.

À la mi-février 1994, il a tenté en vain d’obtenir un
élargissement du mandat.

Hij ziet persoonlijk nog geen antwoord op de vraag
of de Belgische troepen moeten worden teruggetrokken uit UNAMIR.

Quant à lui, il ne connaı̂t pas la réponse à la question de savoir s’il faut retirer les troupes belges de la
MINUAR.

Minister Delcroix beschrijft het verloop van de
humanitaire operatie die aan de gang is.

Le ministre Delcroix décrit le déroulement de
l’opération humanitaire en cours.

Wat de dood van de para’s betreft, moet een grondig onderzoek uitmaken in welke mate deze sectie
onafhankelijk optrad, en op welke manier ze verbinding had met het commando.

En ce qui concerne la mort des paras, une enquête
approfondie doit déterminer dans quelle mesure cette
section a agi de manière indépendante, et comment
elle communiquait avec le commandement.

In het debat dat volgt, legt de heer Gol de verantwoordelijkheid bij personen uit de omgeving van
president Habyarimana die het vredesproces heeft
laten mislukken.

Dans le débat qui a suivi, M. Gol met la responsabilité au niveau de l’entourage du président Habyarimana qui a laissé pourrir le processus de paix.

Hij vindt het niet raadzaam deel te nemen aan een
VN-opdracht in landen waar wij als koloniserende
mogendheid hebben verbleven en waar er nog thans
landgenoten verblijven. Hij herinnert eraan dat de
beslissing destijds overhaast werd genomen.

Il n’estime pas recommandable de participer à une
mission ONU dans des pays où nous avons un passé
de colonisateur et des compatriotes sur place. Il
rappelle que la décision a été prise jadis avec trop
d’empressement.

Spreker herinnert aan het feit dat de liberalen
gekant waren tegen het regeringsbeleid en ook tegen
iedere vorm van militaire hulp en hulp op het stuk van
de veiligheid.

Il rappelle l’opposition libérale à la politique
gouvernementale et à toute forme d’aide sur le plan
militaire et sur le plan de la sécurité.

De heer Eyskens trekt de vergelijking met de operatie van 1990, toen er geen VN-aanwezigheid was,
noch een harde Hutu-kern, die anti-Belgisch optreedt.
Ondanks de slechtere situatie, blijft hij gekant tegen
het « kappen met Rwanda ».

M. Eyskens fait une comparaison avec l’opération
de 1990, alors qu’il n’y avait pas de présence de
l’ONU, ni de noyau dur hutu qui agissait contre les
Belges. Malgré la détérioration de la situation, il reste
opposé à une rupture avec le Rwanda.

Wel vindt hij het VN-mandaat onvoldoende. De
VN-vredesmacht moet kunnen beschikken over
geperfectioneerde wapens en niet over wapens die ze
niet mag gebruiken.

Il estime néanmoins que le mandat des Nations
unies est insuffisant. La force de paix des Nations
unies doit pouvoir disposer d’armes perfectionnées et
non d’armes qu’elle ne peut pas utiliser.

De vraag stelt zich wat te doen als de genocide uitbreiding neemt ? Moeten wij machteloos toekijken ?

Force est de se demander ce que l’on fera si le génocide prend de l’extension. Devons-nous rester les bras
croisés ?

Hij is niet gewonnen voor een curatief beleid, dat
vol risico’s zit en bovendien veel geld kost.

Il n’est pas partisan d’une politique curative, qui
présente beaucoup de risques et coûterait, en outre,
beaucoup d’argent.

De heer Beaufays wijst op het bestaan van een
harde kern die gekant was tegen de akkoorden van
Arusha.

M. Beaufays rappelle l’existence d’un noyau dur
opposé aux accords d’Arusha.

Hij stelt vast dat er te Kigali mensen zijn opgeruimd
wier naam vermeld stond op de lijsten die de Rwandese Veiligheidsdiensten in 1990 hebben opgesteld.

Il constate l’élimination à Kigali de gens qui figurent sur les listes établies en 1990 par la Sûreté rwandaise.

Hij beschuldigt de heersende klasse en de beruchte
« Radio Mille Collines ».

Il incrimine la caste au pouvoir et la fameuse Radio
Mille Collines.

Hij noteert dat de VN-mandaat niet verruimd kan
worden, wat geen hinderpaal mag vormen voor het

Il note l’impossibilité de l’élargissement du mandat
ONU, qui ne doit pas empêcher la mise en œuvre de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 580 )

inzetten van middelen om de evacuatie van de Belgen
veilig te laten verlopen.
Hij verklaart er voorstander van te zijn dat
UNAMIR met andere nationaliteiten opnieuw wordt
samengesteld.
De heer Chevalier vraagt aandacht voor de vaststelling dat het Arusha-akkkoord zo goed als dood is.
We moeten ons afvragen wat we nog doen in dat
deel van Afrika.
Wanneer we dan toch militair willen optreden in
het kader van een VN-mandaat moeten wij daar
voorwaarden aan verbinden. Wij moeten afzien van
een verdere deelname als we die voorwaarden niet
zien gerealiseerd worden.
We kunnen ons bovendien niet veroorloven telkens
weer evacuatieopdrachten te herhalen, en moeten ons
in het algemeen beperken tot humanitaire hulp aan de
bevolking.
Mevrouw Aelvoet stelt dat de anti-Belgische houding voor een deel voortvloeit uit de bewering verspreid via Radio Mille Collines dat de Belgen het
vliegtuig van de presidenten zouden hebben neergehaald.
De invloed van deze radio reikt veel verder dan
Kigali. Door de officiële radio werden zulke berichten
nooit tegengesproken. Dat zegt veel over wie de teugels in handen heeft. Een VN-onderzoek zou in dit
alles klaarheid kunnen brengen.
Men kan niet ontkennen dat, naast de moord op
Belgen, er ook een klopjacht werd georganiseerd op
de Tutsi- en de Hutuoppositie, op verantwoordelijken van mensenrechtenen ontwikkelingsorganisaties.
Vooral de Tutsi’s worden vermoord. Dit is het
werk van de presidentiële wacht, legereenheden en
milities. Hoe zijn deze aan wapens geraakt ?
De CDR koopt via drugsmokkel wapens bij de
Russen en de Chinezen.
Dezelfde volksvertegenwoordiger meent dat het
een vergissing was troepen te leveren aan de
UNAMIR in een land waar men kolonisator was.
Men kan de Belgen in Rwanda beter laten vervangen
door troepen uit andere landen.
De heer Harmegnies zegt zijn steun toe aan een aanvrag tot onderzoek dat door de VN moet worden uitgevoerd en dat de regering aan de secretaris-generaal
zal overzenden.
Hij wil eveneens de ongegronde geruchten doen
ontkennen volgens welke de Belgen betrokken
zouden zijn bij de aanslag tegen president Habyarimana.
Hij zegt zijn steun toe aan het sturen van een humanitaire operatie. Wanneer aan de politieke voorwaarden is voldaan, kunnen wij pleiten voor een verrui-

moyens assurant la sécurité de l’évacuation des
Belges.
Il prône une recomposition de la MINUAR par
d’autres nationalités.
M. Chevalier souligne qu’il faut constater que
l’accord d’Arusha est presque enterré.
Nous devons nous demander ce que nous faisons
encore dans cette partie de l’Afrique.
Si nous voulons procéder malgré tout à une
intervention militaire dans le cadre d’un mandat des
Nations unies, nous devons assortir cette intervention
de conditions. Si ces conditions ne devaient pas être
remplies, nous devons renoncer à poursuivre notre
participation.
En outre, nous ne pouvons pas nous permettre de
procéder chaque fois à de nouvelles opérations
d’évacuation et, dans l’ensemble, nous devons nous
en tenir à l’aide humanitaire à la population.
Mme Aelvoet affirme que l’attitude antibelge est
due en partie à l’affirmation, diffusée par Radio Mille
Collines, selon laquelle les Belges auraient abattu
l’avion des présidents.
L’influence de cette radio va beaucoup plus loin
que Kigali. La radio officielle n’a jamais démenti ces
informations. Cela en dit long sur ceux qui ont les
rênes en mains. Une enquête des Nations unies pourrait tirer tout cela au clair.
On ne peut pas nier que, parallèlement à
l’assassinat des Belges, on ait organisé une chasse aux
Tutsis et aux opposants hutus ainsi qu’aux responsables des organisations de défense des droits de
l’homme et d’aide au développement.
On assassine surtout des Tutsis. C’est l’œuvre de la
garde présidentielle, des unités de l’armée et des milices. Comment ont-elles obtenu ces armes ?
Le CDR achète des armes aux Russes et aux
Chinois grâce au trafic de drogues.
La même députée estime que c’était une erreur que
de fournir des troupes à la MINUAR dans un pays
dont on a été le colonisateur. Il serait préférable de
remplacer les Belges au Rwanda par des troupes issues
d’autres pays.
M. Harmegnies appuie la demande d’une enquête à
effectuer par l’ONU, que le gouvernement adressera à
son secrétaire général.
Il entend également faire contredire les fausses
rumeurs selon lesquelles les Belges sont impliqués
dans l’attentat contre le président Habyarimana.
Il appuie l’envoi d’une opération humanitaire. Si
les conditions politiques sont réunies, nous pouvons
plaider pour un renforcement du mandat des Casques

( 581 )
ming van het mandaat van de blauwhelmen. In het
andere geval kunnen wij ze niet ter plaatse houden
met het huidig mandaat.
Hij wil eveneens de ongegronde geruchten doen
ontkennen volgens welke de Belgen betrokken
zouden zijn bij de aanslag tegen president Habyarimana.
Hij zegt zijn steun toe aan het sturen van een humanitaire operatie. Wanneer aan de politieke voorwaarden is voldaan, kunnen wij pleiten voor een verruiming van het mandaat van de blauwhelmen. In het
andere geval kunnen wij ze niet ter plaatse houden
met het huidig mandaat.
De heer Sleeckx dringt aan op een rechtzetting door
de Rwandese regering over de verantwoordelijkheid
voor de aanslag op president Habyarimana.
Hij vindt dat België ter plaatse nog een zeer belangrijke taak heeft, om de vrede tot stand te brengen.
De humanitaire actie draagt zijn steun weg. Wat de
blauwhelmen betreft, dienen deze beter te worden
beschermd; ze kunnen zich immers niet verdedigen
met hun lichte wapens. Zulke voorwaarde moet een
conditio sine qua non zijn voor deelname.
De heer Van Grembergen vindt dat de evacuatie
van Belgen zo snel mogelijk moet worden uitgevoerd.
Wat de blauwhelmen betreft, is hij ervan overtuigd
dat ze moeten teruggetrokken worden, als hun
mandaat hetzelfde blijft.
Dit sluit niet uit dat de Belgen binnen UNOverband nog elders kunnen werken.
Hij veroordeelt de wapentrafieken die mede aan de
basis liggen van al het onheil in Rwanda.

1 - 611/7 - 1997/1998

bleus. Sinon nous ne pouvons pas les maintenir sur
base du mandat actuel.
Il entend également faire contredire les fausse
rumeurs selon les Belges sont impliqués dans
l’attentat contre le président Habyarimana.
Il appuie l’envoi d’une opération humanitaire. Si
les conditions politiques sont réunies, nous pouvons
plaider pour un renforcement du mandat des Casques
blues. Sinon nous ne pouvons pas les maintenir sur
base du mandat actuel.
M. Sleeckx insiste pour que le gouvernement rwandais rétablisse la vérité quant à la responsabilité de
l’attentat perpétré contre le président Habyarimana.
Il estime que la Belgique a encore une mission très
importante à remplir sur place, afin de ramener la
paix.
Il soutient l’action humanitaire. En ce qui concerne
les Casques bleus, il faut mieux les protéger; en effet,
ils ne peuvent pas se défendre avec leurs armes légères.
Une telle condition doit être une condition sine qua
non de participation.
M. Van Grembergen estime qu’il faut évacuer les
Belges le plus rapidement possible.
Pour ce qui est des Casques bleus, il est convaincu
qu’il faut les retirer, si leur mandat reste identique.
Cela n’exclut pas que les Belges puissent encore
travailler ailleurs dans le cadre de l’ONU.
Il condamne les trafics d’armes, qui ont notamment
contribué au malheur du Rwanda.

De terugtrekking van de Belgische UNAMIRtroepen maakte ook het voorwerp uit van de volgende
parlementaire initiatieven :
— Begrotingsbesprekingen 1995 : in de Commissie
voor de Buitenlandse Betrekkingen van de Kamer van
volksvertegenwoordigers (1) over de Wederopbouw
van Rwanda : Belgische steun op het vlak van justitie
en geneeskundige verzorging;
— Interpellatie over de dramatische en ondraaglijke situatie waarin de Rwandese bevolking verkeert (2);
— Schriftelijke vraag over verkocht en verloren
legermateriaal bij de terugtrekking van de Belgische
UNAMIR-troepen (3);

Le retrait des troupes belges de la MINUAR a
également fait l’objet des initiatives parlementaires
suivantes :
— Débat relatif au budget 1995, avis de la commission des Relations extérieures de la Chambre des
représentants (1) concernant la reconstruction du
Rwanda : aide de la Belgique sur les plans de la justice
et des soins de santé;
— Interpellation sur la situation dramatique et
intolérable qui prévaut au Rwanda (2);

——————

——————

(1) Gedr. St., Kamer, 1993-1994, nr. 1545/4, blz. 129-133.
(2) Interpellatie van mevrouw Mayence-Goossens, Handelingen, Senaat, 1993-1994, 18 mei 1994, blz. 2151.
(3) Schriftelijke vraag nr. 447 van de heer Draps, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 3 mei 1994,
blz. 11865 en schriftelijke vraag nr. 452 van de heer Van den
Eynde, bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994,
18 mei 1994, blz. 11869.

(1) Doc., Chambre, 1993-1994, no 1545/4 pp. 129-133.
(2) Interpellation de Mme Mayence-Goossens, Annales,
Sénat, 1993-1994, 18 mai 1994, p. 1251.
(3) Question écrite no 447 de M. Draps, bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, p. 11865 et question
écrite no 452 de M. Van den Eynde, bulletin des Questions et
Réponses, Chambre, 1993-1994, 18 mai 1994, p. 11869.

— Question écrite sur le matériel militaire vendu
et perdu lors du retrait des troupes belges de la
MINUAR (3).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 582 )

3.9.6. Evaluatie en politieke conclusies van de
gebeurtenissen en van het Belgische Afrikabeleid

3.9.6. Évaluation des événements et de la politique
belge à l’égard de l’Afrique et conclusions politiques à leur propos

Het is voornamelijk de evaluatie van de gebeurtenissen in Rwanda en de evaluatie van het Belgische
Afrika-beleid als gevolg van deze gebeurtenissen, die
voorwerp waren van het merendeel van de parlementaire initiatieven :

La majeure partie des initiatives parlementaires ont
porté sur l’évaluation des événements qui ont eu lieu
au Rwanda et l’évaluation de la politique que la Belgique a adoptée à l’égard de l’Afrique à la suite desdits
événements :

— Interpellaties, Mondelinge vragen en schriftelijke vragen over :

— Interpellations, questions orales et écrites à
propos :

- het mislukt optreden van de internationale organismen in conflictgebieden zoals Rwanda, Bosnië,
... (1)

- des interventions ratées des organismes internationaux dans les régions à conflits, comme le
Rwanda, la Bosnie (1), ...;

- het Belgisch Afrikabeleid en de toekomst
ervan (2)

- de la politique belge à l’égard de l’Afrique et de
son avenir (2);

- de Belgische deelname aan VN-operaties na de
gebeurtenissen in Rwanda (3)

- de la participation belge aux opérations de
l’ONU après les événements du Rwanda (3);

——————

——————

(1) Interpellatie van de heer Van Grembergen, Handelingen,
Kamer, 1993-1994, 27 april 1994, blz. 42; interpellatie van de
heer Simonet, Handelingen, 1993-1994, 7 juni 1994, blz. 1; interpellatie van de heer Bougard, Handelingen, Senaat, 1993-1994,
21 juni 1994, blz. 2521; bulletin van Vragen en Antwoorden,
Kamer, 1993-1994, 18 mei 1994, blz. 11870 (vraag nr. 454 van de
heer Van den Eynde); bulletin van Vragen en Antwoorden,
Kamer, 1993-1994, 18 mei 1994, blz. 11870 (vraag nr. 453 van de
heer Van den Eynde).
(2) Interpellatie van de heer Van Peel, Handelingen, Kamer,
1993-1994, 26 april 1994, blz. 42; interpellatie van de heer Van
Overmeire, Handelingen, Kamer, 1993-1994, 26 april 1994,
blz. 42; interpellatie van de heer Colla, Handelingen, Kamer,
1993-1994, 26 april 1994, blz. 42; interpellatie van de heer
Winkel, Handelingen, 1993-1994, 26 april 1994, blz. 42; interpellatie van de heer Kempinaire, Handelingen, Kamer, 19931994, 26 april 1994, blz. 42; interpellatie van mevrouw Aelvoet,
Handelingen, 1993-1994, 27 mei 1994, blz. 33; interpellatie van
de heer Van Peel, Handelingen, 1993-1994, 27 mei 1994, blz. 33;
interpellatie van de heer Simonet, Handelingen, Kamer, 19931994, 7 juli 1994, blz. 1; interpellatie van de heer Van Dienderen,
Handelingen, Kamer, 1993-1994, 7 juli 1994, blz. 1; interpellatie
van de heer Bougard, Handelingen, Senaat, 1993-1994, 22 april
1994, blz. 1915; interpellatie van de heer Van Belle, Handelingen, Senaat, 1993-1994, 22 april 1994, blz. 1915; interpellatie
van de heer Jonckheer, Handelingen, Senaat, 1993-1994, 22 april
1994, blz. 1915; interpellatie van de heer Hasquin, Handelingen,
Senaat, 1993-1994, 22 april 1994, blz. 1931; mondelinge vraag
van mevrouw Verhoeven, Handelingen, Senaat, 1993-1994,
6 juli 1994, blz. 2756; mondelinge vraag van de heer Desmedt,
Handelingen, Senaat, 1993-1994, 6 juli 1994, blz. 2756; bulletin
van Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 27 april 1994,
blz. 11888 (vraag nr. 133 van de heer De Man); bulletin van
Vragen en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 1 juli 1994,
blz. 13000 (vraag nr. 426 van de heer Van Vaerenbergh).
(3) Interpellatie van de heer Van Wambeke, Handelingen,
Senaat, 1993-1994, 22 april 1994, blz. 1915; bulletin van Vragen
en Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 5 juli 1994, blz. 13478
(vraag nr. 470 van de heer Hazette); bulletin van Vragen en
Antwoorden, Kamer, 1993-1994, 9 juni 1994, blz. 11717 (vraag
nr. 411 van de heer Hazette).

(1) Interpellation de M. Van Grembergen, Annales,
Chambre, 1993-1994, 27 avril 1994, p. 42; interpellation de
M. Simonet, Annales, Chambre, 1993-1994, 7 juin 1994, p. 1;
interpellation de M. Bougard, Annales, Sénat, 1993-1994, 21
juin 1994, p. 1; bulletin des Questions et Réponses, Chambre,
1993-1994, 18 mai 1994, p. 11870 (question no 454 Van den
Eynde); bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 19931994, 18 mai 1994, p. 11870 (question no 453 Van den Eynde).
(2) Interpellation de M. Van Peel, Annales, Chambre, 19931994, 26 avril 1994, p. 42; interpellation de M. Van Overmeire,
Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994, p. 42; interpellation de M. Colla, Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994,
p. 42; interpellation de M. Winkel, Annales, Chambre, 19931994, 26 avril 1994, p. 42; interpellation de M. Kempinaire,
Annales, Chambre, 1993-1994, 26 avril 1994, p. 42; interpellation de Mme Aelvoet, Annales, Chambre, 1993-1994, 27 mai
1994, p. 33; interpellation de M. Simonet, Annales, Chambre,
1993-1994, 7 juillet 1994, p. 1; interpellation de M. Van Dienderen, Annales, Chambre, 1993-94, 7 juillet 1994, p. 1; interpellation de M. Bougard, Annales, Sénat, 1993-1994, 22 avril 1994,
p. 1915; interpellation de M. Van Belle, Annales, Sénat, 19931994, 22 avril 1994, p. 1915; interpellation de M. Jonckheer,
Annales, Sénat, 1993-1994, 22 avril 1994, p. 1915; interpellation
de M. Hasquin, Annales, Sénat, 1993-1994, 22 avril 1994,
p. 1931; question orale de Mme Verhoeven, Annales, Sénat,
1993-1994, 6 juillet 1994, p. 2756; question orale de
M. Desmedt, Annales, Sénat, 1993-1994, 6 juillet 1994, p. 2756;
bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994,
27 avril 1994, p. 11888 (question no 133 De Man); bulletin des
Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 1er juillet 1994,
p. 13000 (question no 426 Van Vaerenbergh).

(3) Interpellation de M. Van Wambeke, Annales, Sénat,
1993-1994, 22 avril 1994, p. 1915; bulletin des Questions et
Réponses, Chambre, 1993-1994, 5 juillet 1994, p. 13478 (question no 470 Hazette); bulletin des Questions et Réponses, Chambre, 1993-1994, 9 juin 1994, p. 11717 (question no 411 Hazette).

( 583 )

1 - 611/7 - 1997/1998

- de technische militaire samenwerking met Rwanda (1)

- de la coopération technique militaire avec le
Rwanda (1).

— Interpellaties, Mondelinge vragen en schriftelijke vragen over de volgende aanverwante thema’s :

— Interpellations, questions orales et questions
écrites à propos des thèmes connexes suivants :

- Rwandese vluchtelingen en asielzoekers in
België, evenals leden van de Interahamwemilities (2)

- réfugiés et demandeurs d’asile rwandais en Belgique et membres des milices Interahamwe (2);

- wapenleveringen aan Rwandese benden (3)

- livraisons d’armes à des bandes rwandaises (3);

- het strafrechtelijk onderzoek betreffende de activiteiten van de Belgische presentator van radio « Mille
Collines » in Kigali (4)

- enquête pénale relative aux activités du présentateur de radio belge de Radio Mille Collines à
Kigali (4);

- bewaking van de Belgische ambassade in
Rwanda door rijkswachters (5)

- surveillance de l’ambassade belge au Rwanda par
des gendarmes (5);

- de Franse militaire interventie in Rwanda (6)

- intervention militaire française au Rwanda (6);

- het gevaar voor uitbreiding van het Rwandese
drama naar Burundi (7).

- danger de voir le drame rwandais s’étendre au
Burundi (7).

——————

——————

(1) Schriftelijke vraag nr. 343 van de heer Bougard, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 14 juni 1994,
blz. 5942.
(2) Mondelinge Vraag van de heer Wymeersch, Handelingen, Kamer, 1993-1994, 21 april 1994, blz. 1539; mondelinge
vraag van de heer Charlier, Handelingen, Kamer, 1993-1994,
28 april 1994, blz. 1640; mondelinge vraag van de heer Annemans, Handelingen, Kamer, 1993-1994, 26 mei 1994, blz. 1792;
mondelinge vraag van de heer Winkel, Handelingen, Kamer,
1993-1994, blz. 1927; mondelinge vraag van de heer Bougard,
Handelingen, Senaat, 1993-1994, 18 mei 1994, blz. 2125; mondelinge vraag van de heer Bougard, Handelingen, Senaat, 19931994, 26 mei 1994, blz. 2230; bulletin van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 28 juni 1994, blz. 6183 (vraag nr. 98 van
mevrouw Delcourt-Pêtre); bulletin van Vragen en Antwoorden,
Senaat, 1993-1994, 30 augustus 1994, blz. 6472 (vraag nr. 583
van de heer Dufour); bulletin van Vragen en Antwoorden,
Senaat, 1993-1994, 4 oktober 1994, blz. 6696 (vraag nr. 303 van
de heer Dufour); bulletin van Vragen en Antwoorden, Senaat,
1993-1994, 9 augustus 1994, blz. 6538 (vraag nr. 785 van de heer
Kuijpers); bulletin van Vragen en Antwoorden, Kamer, 19931994, 18 mei 1994, blz. 12563 (vraag nr. 806 van de heer Van
den Eynde).
(3) Schriftelijke vragen nr. 294 van de heer Valkeniers,
bulletin van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 28 juni
1994, blz. 6053 en nr. 369 van de heer Valkeniers, bulletin van
Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 9 augustus 1994,
blz. 6394.
(4) Mondelinge vraag van de heer Goutry, Handelingen,
Kamer, 1993-1994, 21 april 1994, blz. 1541.
(5) Schriftelijke vraag nr. 586 van de heer Van Belle, bulletin
van Vragen en Antwoorden, Senaat, 1993-1994, 30 augustus
1994, blz. 6472.
(6) Mondelinge vraag van de heer Gol, Handelingen,
Kamer, 1993-1994, 23 juni 1994, blz. 2007; interpellatie van de
heer Simonet, Handelingen, Kamer, 1993-1994, 7 juli 1994,
blz. 1.
(7) Mondelinge vraag van mevrouw Lizin, Handelingen,
Kamer, 1993-1994, 1 juli 1994, blz. 2075.

(1) Question écrite no 343 de M. Bougard, bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 14 juin 1994, p. 5942.
(2) Question orale de M. Wymeersch, Annales, Chambre,
1993-1994, 21 avril 1994, p. 1539; question orale de M. Charlier,
Annales, Chambre, 1993-1994, 28 avril 1994, p. 1640; question
orale de M. Annemans, Annales, Chambre, 1993-1994, 26 mai
1994, p. 1792; question orale de M. Winkel, Annales, Chambre,
1993-1994, p. 2756; question orale de M. Bougard, Annales,
Sénat, 1993-1994, 18 mai 1994, p. 2125; question orale de
M. Bougard, Annales, Sénat, 1993-1994, 26 mai 1994, p. 2230;
bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 28 juin
1994, p. 6183 (question no 93 Delcourt-Pêtre); bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 30 août 1994, p. 6472 (question no 583 Dufour); bulletin des Questions et Réponses, Sénat,
1993-1994, 4 octobre 1994, p. 6696 (question no 303 Dufour);
bulletin des Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 9 août
1994, p. 6538 (question no 785 Kuijpers); bulletin des Questions
et Réponses, Chambre, 1993-1994, 18 mai 1994, p. 12563 (question no 806 Van den Eynde).

(3) Questions écrites no 294 de M. Valkeniers, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 28 juin 1994, p. 6053
et no 369 de M. Valkeniers, bulletin des Questions et Réponses,
Sénat, 1993-1994, 9 août 1994, p. 6394.
(4) Question orale de M. Goutry, Annales, Chambre, 199394, 21 avril 1994, p. 1541.
(5) Questions écrite no 586 de M. Van Belle, bulletin des
Questions et Réponses, Sénat, 1993-1994, 30 août 1994, p. 6472.
(6) Question orale de M. Gol, Annales, Chambre, 19931994, 23 juin 1994, p. 2007; interpellation de M. Simonet, Annales, Chambre, 1993-1994, 7 juillet 1994, p. 1.
(7) Question orale de Mme Lizin, Annales, Chambre, 199394, 1er juillet 1994, p. 2075.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 584 )

De houding van de huidige minister van Landsverdediging en van de huidige minister van Buitenlandse
Zaken moet hierbij worden besproken. De vraag
moet immers worden beantwoord hoe zij het Parlement hebben voorgelicht. Op 22 november 1995
werden beide ministers immers voor de commissie
Landsverdediging van de Kamer van volksvertegenwoordigers ondervraagd over de eventuele voorkennis van de genocide en aanslagen tegen Belgische
soldaten.
Zo vroeg onder meer volksvertegenwoordiger
Harmegnies zeer concreet aan de minister van Landsverdediging : « Il s’avère aujourd’hui que notre
renseignement militaire a pu collecter, en janvier
1994, des informations alarmantes sur la préparation
du génocide, de l’assasinat des Casques bleus et peutêtre de l’attentat contre le président rwandais. » (1)
Nochtans vermeldt de nota van 2 februari 1994 dat
« Un des buts poursuivis par ces milices sera de viser
en particulier les Mil (BE) participant à la mission
UNAMIR, afin de provoquer le retrait du Det (BE) à,
(..) », terwijl over de rol van de Interahamwe wordt
gesteld, « Ils auraient notamment reçu la mission de
localiser toutes les familles tutsies. Des assassinats de
Tutsis seraient prévus dans les zones où ils sont
concentrés ». (2) Hoewel de bewuste nota in een uitvoerig commentaar het belang van de Interahamwe
en de resultaten van hun acties ook relativeert, moet
de vraag worden gesteld waarom de minister de
(harde) informatie die de nota bevatte aan het Parlement onthield.
Tijdens diezelfde vergadering in de kamercommissie verklaarde minister van Buitenlandse Zaken
Derycke in verband met de ontvangen informatie
over een mogelijke aanslag tegen de Belgische Blauwhelmen : « D’autres informations de même source
relataient le fait que « les Interahamwe utilisaient du
matériel de communication de l’armée et l’existence
d’un plan visant à tuer ou blesser des militaires belges
afin de provoquer le retrait des détachements belges
ou même de la MINUAR. Je tiens à souligner ici que
les informations concernant un possible attentat
contre les Casques bleus n’apparaissent qu’une seule
fois dans les messages en provenance de notre ambassade.
Elles émanent d’un seul informateur et n’ont pu
être vérifiées. Il serait d’ailleurs peu sérieux de faire le
lien avec le drame du 7 avril. Nos paras n’ont en effet
pas été assassinés afin de provoquer le retrait de leur
détachement ou de la MINUAR, car il était trop tard
pour cela, mais dans l’exécution d’une mission
s’opposant au plan des Interahamwe. » (3)

Il convient d’examiner l’attitude de l’actuel ministre de la Défense nationale et du ministre des Affaires étrangères à cet égard. Il faut, en effet, répondre à
la question de savoir de quelle manière ils ont informé
le Parlement. Le 22 novembre 1995, les deux ministres
ont, en effet, été interrogés par la Commission de la
Défense nationale de la Chambre des représentants
qui leur a demandé s’ils savaient éventuellement au
préalable qu’un génocide et des attaques contre les
soldats belges allaient se produire.
Ainsi le député Harmegnies, parmi d’autres, a-t-il
interrogé très concrètement le ministre de la Défense :
« Il s’avère aujourd’hui que notre renseignement militaire a pu collecter, en janvier 1994, des informations
alarmantes sur la préparation du génocide, de
l’assassinat des Casques bleus et peut-être de
l’attentat contre le président rawandais. » (1)
Pourtant, la note du 2 février 1994 mentionne
qu’« un des buts poursuivis par ces milices serait de
viser en particulier les Mil (BE) participant à la
mission UNAMIR, afin de provoquer le retrait du
DET (BE), (...) », alors qu’elle dit du rôle des Interhamwes qu’« ils auraient notamment reçu la mission
de localiser toutes les familles tutsies. Des assassinats
de Tutsis seraient prévus dans les zones où ils sont
concentrés. » (2) Bien que la note en question relativise aussi, dans un long commentaire, l’importance
des Interhamwes et les résultats de leurs actions, il
convient malgré tout de se demander pourquoi le
ministre a privé le Parlement des informations (dures)
que contenait la note.
Lors de cette même réunion, le ministre des Affaires
étrangères a déclaré au sujet de l’information reçue
concernant un possible attentat contre les Casques
bleus belges : « D’autres informations de même source
relataient le fait que les Interahamwe utilisaient du
matériel de communication de l’armée et l’existence
d’un plan visant à tuer ou blesser des militaires belges
afin de provoquer le retrait des détachements belges
ou même de la MINUAR. Je tiens à souligner ici que
les informations concernant un possible attentat
contre les Casques bleus n’apparaissent qu’une seule
fois dans les messages en provenance de notre ambassade.

——————

——————

(1) Parlementaire Handelingen, Kamer, 22 november 1995,
blz. 33 tot 44.
(2) Verslag van de ad hoc-groep Rwanda, blz. 46 en 77.
(3) Parlementaire Handelingen, Kamer, 22 november 1995,
blz. 33 tot 48.

(1) Annales parlementaires, Chambre, 22 novembre 1995,
p. 33-44.
(2) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, pp. 46 et 77.
(3) Annales Parlementaires, Chambre, 22 novembre 1995,
pp. 33 à 48.

Elles émanent d’un seul informateur et n’ont pu
être vérifiées. Il serait d’ailleurs peu sérieux de faire le
lien avec le drame du 7 avril. Nos paras n’ont en effet
pas été assassinés afin de provoquer le retrait de leur
détachement ou de la MINUAR, car il était trop tard
pour cela, mais dans l’exécution d’une mission
s’opposant au plan des Interahamwes. » (3)

( 585 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Nochtans heeft de commissie vastgesteld dat er
informatie toestroomde uit meer dan één bron (o.a.
ook van luitenant Nees) en dat het perfekt mogelijk
was deze informatie te verifiëren.

Cependant, la commission a constaté que des informations provenaient de plusieurs sources (entre
autres du lieutenant Nees) et que cette information
était parfaitement vérifiable.

Ook op 27 juni 1996 dienden beide ministers gelijkaardig vragen te beantwoorden in de Senaat voor de
commissie van Buitenlandse Aangelegenheden. Op
dat ogenblik maakt de minister van Landsverdediging
wel melding van de bovenvermelde informatie, doch
trekt er het tegenstrijdig besluit uit dat niet er op wees
dat moorden op Belgische militairen zouden kunnen
worden gepleegd (1).

Le 27 juin 1996, les deux ministres ont aussi dû
répondre à des questions similaires au Sénat, devant
la Commission des Affaires étrangères. À cette occasion, le ministre de la Défense nationale a bien
mentionné les informations précitées, mais il en a tiré
la conclusion contradictoire que rien n’indiquait que
des assassinats de militaires belges pourraient être
commis. (1)

3.10. OPVANG EN BEGELEIDING VAN DE
FAMILIELEDENVANDESLACHTOFFERS

3.10. L’ACCUEIL ET L’ACCOMPAGNEMENT
DES MEMBRES DES FAMILLES DES
VICTIMES

Dit hoofdstuk behandelt de wijze waarop de dood
van de para’s aan de familieleden werd meegedeeld,
de manier waarop zij afscheid konden nemen van de
overledenen en hoe nadien de begeleiding door het
Belgische leger gebeurde.

Ce chapitre aborde la manière dont s’est déroulée
l’annonce aux familles de la mort des paracommandos, la manière dont ils ont pu assurer l’adieu aux
défunts et quel fut ensuite l’accompagnement prodigué par l’armée belge.

De commissie stelt vast dat de familieleden van de
slachtoffers niet de gelegenheid hebben gehad om afscheid te nemen van hun vermoorde dierbaren.

La commission constate que les familles des victimes n’ont pas eu l’occasion de dire adieu à leurs
proches assassinés.

3.10.1. In het crisiscentrum

3.10.1. Au centre de crise

De moord op de tien paracommando’s vond plaats
in de voormiddag van 7 april 1994. Dit bericht werd
echter pas laat bekend op de SGR. Volgens sommige
bronnen kondigde een radiozender om 15.30 uur de
dood aan van twee Belgische militaire VNwaarnemers. Men vraagt C ops om dit nieuws na te
gaan. Om 20.10 uur werden de moord op drie militairen en de verdwijning van tien anderen gemeld. Die
informatie is via New York verzonden. Om 20.30 uur
signaleert kolonel Dewez aan C ops dat hij zijn
hoofdkwartier verplaatst en dat hij niets weet over de
dood van zijn mannen.

Les dix paracommandos ont été assassinés dans la
matinée du 7 avril 1994. Cette nouvelle n’est arrivée
que tardivement au SGR Selon certaines sources, à
15 h 30, une radio belge annonce la mort de deux
observateurs militaires belges de l’ONU. Il est
demandé au C Ops de vérifier cette nouvelle. À
20 h 10, l’assassinat de trois militaires et la disparition
de dix autres sont annoncés. Cette information a transité par New York. À 20 h 30, le colonel Dewez
signale au C Ops qu’il déménage son QG et qu’il
ignore tout de la mort de ses hommes.

Om 20.45 uur wordt een radioverbinding tot stand
gebracht met kolonel Dewez. Even later meldt deze
het C ops dat hij geen nieuws heeft van het peloton
mortieren. Pas om 21.30 uur krijgt het C ops de lijst
van de vermoorde para’s.

À 20 h 45, une liaison radio avec le colonel Dewez
est établie. Celui-ci informera un peu plus tard le
C Ops qu’il est sans nouvelle du peloton Mortiers. Ce
n’est qu’à 21 h 30 que le C Ops a connaissance de la
liste des paracommandos assassinés.

Tijdens haar hoorzitting verklaart mevrouw
Dupont : « Toen reeds (nadat de moord op president
Hayarimana bekend was gemaakt), had een getuige
in Kigali het over de dood van drie personen. De door

Lors de son audition, Mme Dupont déclare : « Déjà
à ce moment (après l’annonce de la mort du président
Habyarimana), un témoin à Kigali parlait de la mort
de trois personnes. Les médias ont continué à diffuser

——————

——————

(1) Document overgemaakt door de minister aan de leden
van de commissie van Buitenlandse Aangelegenheden op 27 juni
1996.

(1) Document transmis par le ministre aux membres de la
Commission des Affaires étrangères, le 27 juin 1996.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 586 )

de media verstrekte informatie werd alsmaar verontrustender. Ik heb dan naar het crisiscentrum gebeld,
waar men mij verzekerde dat geen enkele soldaat
gevangen was genomen. Later heb ik vernomen dat
dit een leugen was. » (1)

des informations de plus en plus inquiétantes. J’ai
alors téléphoné à la cellule de crise, où l’on m’a assuré
qu’aucun soldat n’était prisonnier. J’ai appris plus
tard qu’on m’avait menti. » (1)

De commissie stelt vast dat het gebrek aan interne
communicatie ervoor gezorgd heeft dat C ops Brussel
slechts in laatste instantie op de hoogte werd gebracht
van wat er zich in Kigali afgespeeld had.

La commission constate que, par manque de
communication interne, le C Ops à Bruxelles n’a été
informé qu’en dernier lieu de ce qui s’était passé à
Kigali.

3.10.2. De mededeling aan de families

3.10.2. L’annonce aux familles

De familieleden van de vermoorde paracommando’s werden allen op de hoogte gebracht van de
moord op hun echtgenoot of zoon tussen 22.00 uur en
4.00 uur. Met deze moeilijke opdracht werden
« beschikbare » militairen belast. Zij beperkten zich
ertoe de inhoud van een telegram voor te lezen.
Mevrouw Dupont verklaarde tijdens haar hoorzitting :

Les membres des familles des paracommandos
assassinés ont tous été informés de l’assassinat de leur
époux ou de leur fils entre 22 h 00 et 4 h 00. Ce sont
des militaires « disponibles » qui ont été chargés de
cette pénible mission. Ils se sont contentés de leur lire
le contenu d’un télégramme. Mme Dupont déclare
lors de son audition :

« Om drie uur ’s ochtends is er iemand gekomen die
mij een telegram heeft voorgelezen waarin stond dat
korporaal Debatty en negen andere Belgische soldaten waren vermoord toen zij de vlucht van de eerste
minister wilden dekken. De Belgische overheid was
reeds om 22.40 uur op de hoogte. » (2)

« À trois heures du matin, une personne s’est
présentée et m’a lu un télégramme faisant état de
l’assassinat du caporal Debatty ainsi que de neuf
autres soldats belges alors qu’ils tentaient de couvrir
la fuite du Premier ministre. Les autorités belges
étaient au courant dès 22 h 40. » (2)

De heer Leroy zegt hierover het volgende : « Een
officier heeft mij, op vrij ondiplomatische wijze,
meegedeeld dat mijn zoon in Rwanda was omgekomen. Dat was om drie uur ’s ochtends. De officier
legde uit dat mijn zoon een militair was, vrijwillig
naar Rwanda was gegaan, en daar was neergeschoten
toen hij wilde vluchten. (...) Ik heb ook vernomen dat
bepaalde militairen, in tegenstelling tot wat men mij
had gezegd, urenlang hebben gevochten vóór zij om
het leven kwamen. Ik kan maar niet begrijpen
waarom men mij zo heeft voorgelogen. » (3)

Quant à M. Leroy, il s’est exprimé aussi à ce sujet :
« C’est un officier qui m’a informé, de manière peu
diplomatique que mon fils était mort au Rwanda. Il
était trois heures du matin. Ce militaire m’a expliqué
que mon fils était un militaire, parti volontairement
dans ce pays et qu’il y avait été abattu alors qu’il essayait de s’enfuir. (...) Plus tard, j’ai également été
informé que, contrairement à ce qu’on m’avait dit,
certains militaires s’étaient battus pendant plusieurs
heures avant de mourir. Je ne m’explique pas pourquoi on m’a menti ainsi. » (3)

Mevrouw Lotin werd met meer tact op de hoogte
gebracht van het nieuws : « Wat mij betreft, toen de
afgezant van het leger zag dat ik zwanger was, is hij
heel taktvol tewerk gegaan en heeft hij mij op een heel
correcte manier de dood van mijn echtgenoot meegedeeld. » (4)

Pour Mme Lotin, l’annonce s’est faite avec plus de
tact : « En ce qui me concerne, quand l’émissaire de
l’armée a vu que j’étais enceinte, il a pris beaucoup de
ménagements et l’annonce du décès de mon mari s’est
passée correctement. » (4)

Pas op 8 april konden de lichamen van de slachtoffers worden herkend.

Ce n’est que le 8 avril que les corps des victimes ont
pu être reconnus.

Mevrouw Dupont verklaart : « Toen kolonel
Dewez de families bezocht, zei hij ons dat men niets
had kunnen doen, dat hij de lichamen had gezien en

Mme Dupont déclare : « Dès que le colonel Dewez
s’est rendu chez les familles, il nous a dit que rien
n’avait pu être fait, qu’il avait vu les corps et que

——————

——————

(1) Hoorzitting met vertegenwoordigers van de familieleden
en aanverwanten van de tien gesneuvelde para’s, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 13 februari 1997, blz. 3.
(2) Ibid., blz. 3.
(3) Ibid., blz. 3.
(4) Ibid., blz. 4.

(1) Audition des représentants des familles et apparentés des
dix paracommandos assassinés, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 février 1997, p. 3.
(2) Ibid., p. 3.
(3) Ibid., p. 3.
(4) Ibid., p. 4.

( 587 )

1 - 611/7 - 1997/1998

dat alle mannen door een kogel in het hoofd waren
omgekomen. Ons dit zeggen was een vergissing. Hij
moest toch weten dat wij vroeg of laat de waarheid te
weten zouden komen. In het mortuarium hebben
generaal Dallaire en kolonel Marchal alleen een hoop
stoffelijke overschotten gezien. Pas op 8 april hebben
de militairen die onze mannen kenden, hen herkend.
De families zijn eerst verwittigd op basis van het feit
dat hun familieleden niet op het appel waren verschenen en als vermist waren opgegeven. » (1)

chacun des hommes avait été tué d’une balle dans la
tête. Nous faire cette déclaration était une erreur. Il
devait savoir qu’un jour ou l’autre nous saurions la
vérité. Le général Dallaire et le colonel Marchal n’ont
vu à la morgue qu’un tas de dépouilles. Il a fallu attendre le 8 avril pour que les militaires qui les connaissaient puissent reconnaı̂tre nos hommes. Les familles
ont d’abord été prévenues sur base du fait que leurs
hommes manquaient à l’appel, qu’ils étaient portés
disparus. » (1)

De commissie heeft de getuigen gevraagd of kolonel Dewez bij zijn bezoek aan de families andere officiële mededelingen had gedaan om de eerste recht te
zetten.

La commission a demandé aux témoins si le colonel
Dewez, lors de sa visite aux familles, avait donné
d’autres informations officielles pour corriger les
premières.

De heer Leroy verklaart : « Nee, ik heb kolonel
Dewez voor het eerst ontmoet tijdens de eerste
herdenkingsplechtigheid op 5 juni 1994. » (2)

M. Leroy déclare : « Non, j’ai rencontré pour la
première fois le colonel Dewez lors de la première
commémoration du 5 juin 1994. » (2)

Mevrouw Lotin zegt het als volgt : « In het leger is
het de regel dat het hoofd van een bataljon waarvan
manschappen zijn omgekomen, de families van de
overledenen bezoekt. Zo heeft de kolonel mij
ontmoet en ook mijn schoonfamilie, tegenover welke
hij zich zeer vrijpostig heeft gedragen, aangezien hij in
bermuda aankwam en vroeg wat zij te zeggen hadden.
(...) Kolonel Dewez heeft niet één keer begrip of
medeleven getoond. Hij heeft nooit toegegeven dat er
een probleem was. Hij sliep op zijn twee oren. » (3)

Mme Lotin s’est exprimée en ces termes : « Il est de
règle dans l’armée que le chef du bataillon dont
certains hommes sont morts rencontre les familles de
celui-ci. C’est ainsi que le colonel m’a rencontrée ainsi
que ma belle-famille à l’égard de laquelle il a eu une
attitude particulièrement cavalière, arrivant en
bermuda et lui demandant ce qu’elle avait à dire. (...)
Pas une seule fois, le colonel Dewez n’a eu un geste de
compréhension ou de condoléances. Jamais il n’a
admis qu’il y avait un problème. Il dormait sur ses
deux oreilles. » (3)

Nog steeds met betrekking tot de houding van
kolonel Dewez, verklaart mevrouw Dupont : « (...)
Met een brede glimlach deelde hij ons de manier mede
waarop onze echtgenoten waren gestorven. Men kan
niet zeggen dat dit erg kies is. Hij ontkende naderhand dat hij ons zou hebben gezegd dat ze gedood
werden door een kogel in het hoofd. Ik heb echter het
bewijs van die verklaring, want ik heb het bezoek met
een dictafoon en het bewakingssysteem van mijn
baby opgenomen. Hij blijft ontkennen, maar ik heb
het bewijs. » (4)

Toujours en ce qui concerne l’attitude du colonel
Dewez, Mme Dupont déclare : « (...) Il nous a
annoncé avec un sourire jusqu’aux oreilles la manière
dont étaient morts nos maris. On ne peut pas dire
qu’il ait été à la hauteur d’un point de vue humain. Il a
nié ensuite avoir dit qu’ils étaient morts tués d’une
balle dans la tête. J’ai cependant la preuve de cette
déclaration, car j’ai enregistré cette visite avec un
dictaphone et le système de surveillance de mon bébé.
Il continue à nier, mais j’ai la preuve. » (4)

De commissie stelt vast dat de familieleden op een
onbetamelijke manier en zonder de minste begeleiding op de hoogte gebracht werden van het pijnlijke
nieuws, met uitzondering van mevrouw Lotin wier
echtgenoot officier was. De commissie stelt vast dat
de militaire autoriteiten een verschillende reactie
hebben gehad naargelang de vermoorde militair al
dan niet officier was.

La commission constate que les membres des familles ont été informés de la pénible nouvelle de manière
inconvenante et sans le moindre soutien moral, à
l’exception de Mme Lotin dont le mari était officier.
La commission constate que les autorités militaires
ont eu des réactions différentes selon que le militaire
assassiné était officier ou non.

Op geen enkel ogenblik hebben de militaire autoriteiten daarenboven gemeend dat de families het recht
hadden de waarheid te kennen over de precieze omstandigheden van de moord op hun familieleden.

En outre, à aucun moment, les autorités militaires
n’ont estimé que les familles étaient en droit de
connaı̂tre la vérité sur les circonstances exactes de la
mort de leurs proches.

——————

——————

(1) Ibid., blz. 3.
(2) Ibid., blz. 6.
(3) Ibid., blz. 6.
(4) Ibid., blz. 6.

(1) Ibid., p. 3.
(2) Ibid., p. 6.
(3) Ibid., p. 6.
(4) Ibid., p. 6.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 588 )

Mevrouw Lotin heeft in dit verband het volgende
verklaard : « De legerleiding wou ons duidelijk geen
enkele informatie geven. Pas toen de v.z.w. « In
memoriam » werd opgericht, hebben wij bepaalde
details gekregen. Al vlug bleek er in het leger een kloof
te bestaan tussen de voor- en tegenstanders van onze
actie. » (1)

Mme Lotin déclare à ce propos : « Il est évident que
l’armée ne voulait nous donner aucune information.
Ce n’est que lorsque l’a.s.b.l. « In memoriam » fut
créée que nous avons appris certains détails. Un
clivage s’est vite dessiné au sein de l’armée entre ceux
qui soutenaient notre action et les autres. » (1)

De commissie heeft mevrouw Lotin gevraagd of de
families het omstandig onderzoeksverslag dat door de
Landmacht is opgesteld, hebben kunnen inkijken.
Mevrouw Lotin antwoordt : « Kolonel Jacqmain
heeft ons inderdaad gezegd dat er zo’n verslag bestond en het ons laten inkijken. » (2)

La commission a demandé à Mme Lotin si les
familles avait eu accès au rapport d’enquête circonstancié établi par la force terrestre. Mme Lotin a
répondu : « Le colonel Jacqmain nous a effectivement
informés de son existence et autorisé à en prendre
connaissance. » (2)

De families betreuren dat zij noch bij de Eerste
minister, noch bij de minister van Landsverdediging,
noch bij de politieke partijen gehoor hebben kunnen
vinden. Na lang aandringen werden zij gedurende een
twintigtal minuten ontvangen door de heer Dehaene.

Les familles déplorent n’avoir pu trouver d’écoute
ni de la part du Premier ministre, ni du ministre de la
Défense nationale, ni d’ailleurs de l’ensemble des
partis. Après beaucoup d’insistance, elles ont été
reçues par M. Dehaene pendant une vingtaine de
minutes.

Mevrouw Lotin verklaart : « Wij hebben niets
verkregen van de regering. Sommige ministers zijn,
duidelijk tegen hun zin, naar de plechtigheid van
15 juni gekomen. De heer Delcroix droeg een roze
das, wat zeer misplaatst is op zo’n plechtigheid. » (3)

Mme Lotin déclare : « Nous n’avons rien obtenu du
Gouvernement. Certains ministres sont venus à la
cérémonie du 15 juin, visiblement contre leur
volonté. M. Delcroix portait une cravate rose, ce qui
est du plus mauvais effet dans une cérémonie comme
celle-là. » (3)

3.10.3. Afscheid van de paracommando’s

3.10.3. L’adieu aux paracommandos

De familieleden voelen zich gegriefd omdat ze niet
de mogelijkheid gekregen hebben zich in intimiteit bij
het stoffelijk overschot van hun overledenen te bezinnen.

Les membres des familles se disent profondément
blessés parce qu’il ne leur a pas été possible de se
recueillir dans l’intimité devant les dépouilles de leurs
défunts.

Mevrouw Dupont heeft voor de commissie het
volgende verklaard : « Op het ogenblik van de nationale ceremonie hadden wij gevraagd tot bij het vliegtuig te mogen komen waarmee onze para’s werden
gerepatrieerd. Dat werd ons eerst geweigerd. De dag
voor de begrafenis kregen wij dan toch de toestemming om naar Neder-over-Heembeek te gaan. Toen
wij op de tarmac aankwamen, kregen wij van officieren te horen dat de lichamen reeds waren overgebracht. Dat klopte niet. Wij kregen de lichamen nooit
te zien, wij konden ons niet eens in stilte terugtrekken. » (4).

Mme Dupont a déclaré devant la commission :
« Lors de la cérémonie nationale, nous avions
demandé à pouvoir aller jusqu’à l’avion qui rapatriait
les corps de nos paras. Ceci nous fut d’abord refusé.
La veille de l’enterrement, nous avons toutefois
obtenu l’accord de nous rendre à Neder-OverHeembeek. Lorsque nous sommes arrivés sur le
tarmac, des officiers nous ont dit que les corps avaient
été transférés. C’est faux. Nous n’avons jamais pu
voir les corps ni même nous recueillir dans
l’intimité. » (4)

Over de organisatie van de ceremonie verklaart
mevrouw Dupont het volgende : « In de Sint-Albanuskathedraal hebben wij de toestemming van de bisschop moeten vragen om de muziek te mogen kiezen.

Quant à l’organisation de la cérémonie,
Mme Dupont déclare : « À Saint-Aubain, nous avons
dû demander l’autorisation de l’évêque pour le choix
des musiques. On nous a empêchés, au nom du proto-

——————

——————

(1) Ibid., blz. 6.
(2) Ibidem.
(3) Ibid., blz. 5.
(4) Ibid., blz. 3.

(1) Ibid., p. 6.
(2) Ibidem.
(3) Ibid., p. 5.
(4) Ibid., p. 3.

( 589 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Wegens het protocol mochten wij de bloemen van de
kinderen niet op de kisten leggen ... » (1)

cole, de déposer les fleurs des enfants sur les
cercueils... : (1)

Mevrouw Lotin getuigt : « Wij mochten zelfs de
eucharistieviering niet houden zoals wij dat wilden.
Persoonlijk was ik boos toen men de prominenten op
de eerste rij wilde doen plaatsnemen in plaats van de
families. » (2)

Mme Lotin témoigne : « Nous n’avons même pas eu
le droit d’organiser les messes comme nous
l’entendions. Personnellement, je me suis fâchée
qu’on veuille mettre les personnalités au premier
rang, à la place des familles. » (2)

De commissie stelt vast dat ten gevolge het protocol
en de stricte regels de families geen gelegenheid
hebben gekregen om afscheid te nemen van hun familieleden. Daarenboven hadden zij geen inspraak in
het organiseren van de dienst ter nagedachtenis van
hun vermoorde familieleden.

La commission constate qu’en raison du protocole
et de règles strictes, les familles n’ont pas eu la possibilité de dire adieu aux leurs. En outre, elles n’ont pas
été associées à l’organisation du service à la mémoire
de leurs proches assassinés.

3.10.4. Gebrekkige psychologische, sociale en medische begeleiding

3.10.4. L’accompagnement psychologique, social et
médical déficient

In verschillende getuigenissen werd de sociale begeleiding aan de kaak gesteld.

L’accompagnement social a été mis en cause par
différents témoignages.

Mevrouw Dupont : « Ook uit sociaal oogpunt heeft
het leger gefaald. De maatschappelijk assistente voor
de provincie Namen was niet tegen haar taak opgewassen. (...) Nog voor de nationale ceremonie liet zij
ons documenten ondertekenen zonder ons te zeggen
dat wij ons daardoor tegen de Staat of tegen eventuele
verantwoordelijken geen burgerlijke partij meer
konden stellen. Ook wat onze gezondheid betreft,
heeft het leger ons niet geholpen. Dokter Quintin van
de psychiatrische dienst van het leger heeft een maand
na de feiten alleen maar een jongetje onderzocht en in
goede gezondheid bevonden. » (3)

Mme Dupont : « Du point de vue social, l’armée a
manqué aussi à son devoir. L’assistante sociale en
charge de la province de Namur n’a pas été à la
hauteur. (...) Avant même la cérémonie, elle nous a
fait signer des documents sans nous prévenir que, dès
lors, nous ne pouvions plus nous porter partie civile
contre l’État ou contre les responsables éventuels.
L’armée ne nous a pas apporté d’aide du point de vue
de la santé. Le Dr Quintin, du service psychiatrique de
l’armée, s’est contenté de voir un petit garçon et de le
trouver en bonne santé, un mois après les faits. » (3)

Voor de heer Meaux heeft « de maatschappelijk
assistente in het Doornikse voorbeeldig werk verricht » (4).

Pour M. Meaux, « dans le Tournaisis, l’assistante
sociale a été au-dessus de tout éloge. » (4)

Op het proces Marchal konden de families zich
geen burgerlijke partij stellen. Zij hadden immers
documenten ondertekend die dat verhinderden
zonder dat zij daarvan op de hoogte waren :

Au procès Marchal, les familles n’ont pas pu se
constituer partie civile. En effet, elles avaient signé des
documents qui, sans qu’elles n’en soient averties, les
en empêchaient :

Mevrouw Lotin : « Die documenten zijn binnen
twee à drie weken na de gebeurtenissen ondertekend.
Na die zware schok was ik versuft. Hoewel ik een
goed geheugen heb, herinner ik mij niet meer wat ik
heb ondertekend. » (5)

Mme Lotin : « Ces documents ont été signés dans
les quinze jours à trois semaines après les événements.
Après un tel choc, j’étais K.-O. Malgré ma bonne
mémoire, je ne me souviens pas de ce que j’ai
signé. » (5)

De heer Leroy : « Wij hebben geen kopie van de
documenten die men ons heeft laten ondertekenen. »

M. Leroy : « Nous ne possédons pas de doubles des
documents qu’on nous a fait signer. »

Mevrouw Debatty : « De maatschappelijk assistente heeft ons op 25 april een brief gedicteerd en wij

Mme Debatty : « L’assistante sociale nous a dicté
une lettre le 25 avril et nous avons signé les documents

——————

——————

(1) Ibid., blz. 8.
(2) Ibid., blz. 7.
(3) Ibid., blz. 3.
(4) Ibid., blz. 4.
(5) Ibid., blz. 8.

(1) Ibid., p. 8.
(2) Ibid., p. 7.
(3) Ibid., p. 3.
(4) Ibid., p. 4.
(5) Ibid., p. 8.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 590 )

hebben ook de documenten op dat moment ondertekend. Thuis heb ik misschien een kopie. » (1)

au même moment. J’ai peut-être une copie à la
maison. » (1)

Deze documenten waren bedoeld om de vergoeding te vragen waarop slachtoffers van aanslagen of
geweldplegingen recht hebben. Door deze vergoeding
te aanvaarden, doet men afstand van elk rechtsmiddel.

Ces documents étaient destinés à solliciter
l’indemnité prévue en cas d’attentat et pour les victimes d’actes de violence. En acceptant cette indemnité,
on renonce à tout recours.

De commissie stelt vast dat het leger niet alles in het
werk heeft gesteld om de families te steunen en te
begeleiden bij het drama dat hen had getroffen.

La commission constate que l’armée n’a pas mis
tout en œuvre pour soutenir les familles et les accompagner après le drame qu’elles avaient vécu.

Bovendien heeft het feit dat de families officieel
noch het onderzoeksverslag, noch het autopsieverslag
mochten inzien, hen niet geholpen om hun verdriet te
verwerken.

En outre, le fait de ne pouvoir officiellement
consulter ni le rapport d’enquête ni le rapport
d’autopsie n’a pas aidé les familles à réaliser leur
deuil.

Mevrouw Lotin benadrukt ten slotte dat de VN
helemaal niets van zich heeft laten horen : « Wij
hebben rouwtelegrammen ontvangen van de militaire
overheid, maar niet van de VN. » (2)

Mme Lotin souligne enfin qu’à aucun moment
l’ONU ne s’est manifestée : « Nous avons reçu des
télégrammes de condoléances des autorités militaires
mais rien de l’ONU. » (2)

3.10.5. De schikkingen voor de nabestaanden

3.10.5. Les dispositions à l’égard des proches parents

De wetgeving tegenover de weduwen van de slachtoffers is discriminerend. De weduwen die voltijds
werkten, dienden ofwel hun werk op te zeggen, ofwel
deeltijds aan de slag te gaan. De weduwen kunnen
niet hertrouwen omdat dit dan nadelig zou zijn voor
de wezen.

La législation est discriminatoire à l’égard des
veuves des victimes. Celles qui travaillaient à temps
plein ont dû soit renoncer à leur travail, soit travailler
à temps partiel. Les veuves ne peuvent pas non plus se
remarier parce que cela nuirait aux enfants orphelins.

De maatschappelijke assistente zocht de weduwen
op voor de repatriëring van de lichamen om hen een
aantal formulieren te laten ondertekenen met betrekking tot het herstelpensioen en het overlevingspensioen. Zij kregen er zelfs geen kopie van.

L’assistante sociale a pris contact avec les veuves
avant le rapatriement des corps, afin de leur faire
signer des formulaires relatifs à la pension de réparation et à la pension de survie. Elles n’en ont même pas
reçu une copie.

Voor een vergoeding als slachtofferhulp moesten
de weduwen een eigenhandig geschreven aangetekende brief sturen om deze vergoeding te krijgen, die
hen rechtens toekomt.

En ce qui concerne l’indemnité au titre d’aide aux
victimes, les veuves ont dû, pour l’obtenir, envoyer
par recommandé une lettre écrite de leur main, alors
que cette indemnité leur revient de droit.

Het overlevingspensioen werd niet toegekend aan
mevrouw Lotin, omdat zij zwanger was op dat
ogenblik.

Mme Lotin n’a pas bénéficié de la pension de
survie, parce qu’elle était enceinte à ce moment-là.

De commissie stelt vast dat de schikkingen die
getroffen werden met de nabestaanden op een gebrekkige wijze werden genomen.

La commission constate que les dispositions prises
à l’égard des proches parents ont été déficientes.

3.11. HET DOSSIER RTLM (Radio Télévision des
Mille Collines)

3.11. LE DOSSIER RTLM (Radio Télévision des
Mille Collines)

In dit hoofdstuk zal de commissie een aantal
vaststellingen doen betreffende de rol van deze
Rwandese vrije zender — die in april 1993 werd
opgericht en voor het eerst uitzond op 8 juli 1993 (dus
voor de akkoorden van Arusha) — in verband met de

Dans ce chapitre, la commission fera une série de
constatations au sujet du rôle qu’a joué cette radio
libre rwandaise — qui a été créée en avril 1993 et a
commencé ses émissions le 8 juillet 1993 (c’est-à-dire
avant les accords d’Arusha) — dans la propagation

——————

——————

(1) Ibid., blz. 8.
(2) Ibid., blz. 8.

(1) Ibid., p. 8.
(2) Ibid., p. 8.

( 591 )

1 - 611/7 - 1997/1998

verspreiding van een anti-Belgische campagne, en de
aanloop naar en het aanzetten tot de genocide. De
commissie zal tevens vaststellen wie de voornaamste
actoren zijn binnen RTLM en welke haar contacten
zijn met België. In een derde onderdeel gaat de
commissie na in welke mate de politieke en militaire
autoriteiten in België op de hoogte waren van de
nefaste invloed van deze zender, alsook van haar
bindingen met de hoogste kringen in Rwanda. Tot
slot gaat de commissie na wat de Belgische
autoriteiten gedaan hebben met deze informatie,
zowel op het diplomatieke als op het militaire vlak.

d’une campagne antibelge et la préparation et
l’incitation au génocide. La commission constatera
également qui sont les acteurs principaux au sein de
RTLM et quels sont ses contacts en Belgique. Dans
une troisième partie, la commission examinera dans
quelle mesure, en Belgique, les autorités politiques et
militaires étaient informées de l’influence néfaste de
cette radio et des liens qu’elle avait avec les cercles
dirigeants au Rwanda. Enfin, la commission examinera ce que les autorités belges ont fait de cette information, tant au niveau diplomatique que sur le plan
militaire.

De commissie stelt tevens vast dat enkele telexen
vermelden dat Radio Muhabura, de zender die
gecontroleerd werd door het RPF, eveneens gebruik
maakt van agressieve taal, zij het nooit van hetzelfde
ethnisch-ingekleurde karakter als bij RTLM. In dit
verband is het vooral premier Agathe Uwilingiyimana
die klaagt over de harde taal van Radio Muhabura.
Zo meldt zij « dat radio Muhabura de president ervan
beschuldigt
de
Arusha-akkoorden
die
hij
aanvankelijk weinig genegen was, te exploiteren voor
eigen politiek prestige en profijt. » (1)

La commission constate également que plusieurs
télex annoncent que radio Muhabura, la radio
contrôlée par le FPR, utilise, elle aussi, un langage
agressif, même si celui-ci n’a jamais eu la même consonance ethnique que le langage tenu par RTLM. À cet
égard, c’est surtout la Première ministre Agathe
Uwilingiyimana qui se plaint de la rudesse du ton de
radio Muhabura. Elle dit ainsi « dat radio Muhabura
de president ervan beschuldigt de Arusha-akkoorden
die hij aanvankelijk weinig genegen was, te exploiteren voor eigen politiek prestige en profijt. » (1)

De ambassadeur vindt de taal die radio Muhabura
gebruikt in ieder geval problematisch genoeg om er
bij het gesprek Martens/Kagame een opmerking over
te maken : « L’ambassadeur insiste sur la nécessité
d’information objective et constructive de toute part.
Il évoque le cas de radio Muhabura. Le FPR s’engage
à rester vigilant à ce sujet. » (2) Tenslotte moet ook
nog vermeld worden dat Kapitein De Cuyper, S2 bij
KIBAT II, op 22 maart meldt dat « les émissions
politiques de la voix du FPR (radio Muhabura) ne fait
que diffuser depuis un certain temps des chants de
combattans du FPR et fait passer des chroniques
politiques qu’incitent à la méfiance. » (3)

L’ambassadeur trouve que le langage utilisé par
Radio Muhabura pose en tout cas suffisamment de
problèmes pour faire l’objet d’une remarque lors de la
conversation Martens/Kagame : « L’ambassadeur
insiste sur la nécessité d’information objective et
constructive de toutes parts. Il évoque le cas de radio
Muhabura. Le FPR s’engage à rester vigilant à ce
sujet. » (2) Enfin, il faut encore mentionner que le
capitaine De Cuyper, S2 à Kibat II, annonce, le 22
mars, que « les émissions politiques de la voix du FPR
(radio Muhabura) ne font que diffuser depuis un
certain temps des chants de combattants du FPR et
font passer des chroniques politiques qui incitent à la
méfiance. » (3)

3.11.1. De rol van RTLM

3.11.1. Le rôle de RTLM

De commissie zal een aantal vaststellingen doen
omtrent de rol van RTLM in de verspreiding van het
anti-Belgische klimaat, zowel tijdens de periode voor
de gebeurtenissen van 6 april als tijdens de periode
van 6 april tot 16 april, wanneer RTLM zal vernietigd
worden door het RPF. Deze zender speelde immers
een cruciale rol bij het creëren van een anti-Belgische
klimaat — de Belgen zelf waren het voorwerp van
specifieke bedreiging — en waar deze zender mee aan
de basis lag van het verspreiden van het verhaal dat de
Belgen het presidentiële vliegtuig zouden hebben

La commission fera un certain nombre de constatations au sujet du rôle que RTLM a joué dans la propagation d’un climat antibelge, tant dans la période qui
précède les événements du 6 avril qu’entre le 6 avril et
le 16 avril, date à laquelle l’émetteur sera détruit par le
FPR. Cette radio a joué en effet, un rôle crucial dans la
création d’un climat antibelge : les Belges eux-mêmes
faisaient l’objet de menaces spécifiques, RTLM
contribuant à répandre la rumeur suivant laquelle les
Belges auraient abattu l’avion présidentiel. Dans une
deuxième partie, la commission s’attachera à exami-

——————

——————

(1) Telex 994 van 4 oktober 1993.
(2) Telex 130 van 15 februari 1994.
(3) Verslag De Cuyper, 22 maart 1994.

(1) Télex 994 du 4 octobre 1993.
(2) Télex 130 du 15 février 1994.
(3) Rapport De Cuyper du 22 mars 1994.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 592 )

neergehaald. In een tweede deel zal dieper worden
ingegaan op de rol van RTLM in de voorbereiding
van de genocide, en na 6 april bij de uitvoering ervan.

ner le rôle joué par RTLM dans la préparation du
génocide, et, après le 6 avril, dans sa mise en œuvre.

Ambassadeur Swinnen wordt zich voor het eerst
bewust van de nefaste invloed van deze radio tegen
het einde van 1993. (1)

L’ambassadeur Swinnen a pris conscience pour la
première fois de l’influence néfaste de cette radio vers
la fin de 1993. (1)

Een aantal getuigen bevestigen het belang van
radio RTLM als voornaamste massa-medium in
1993-1994 te Rwanda. Majoor Choffray vernoemt
radio Mille Collines als voor velen de enige
informatiebron.

Certains témoins confirment l’importance de radio
RTLM en tant que principal média de masse au
Rwanda dans la période 1993-1994. Le major Choffray signale que pour beaucoup de personnes Radio
Mille Collines était l’unique source d’information.

Gewezen senator Bougard getuigt dat iedereen het
had over de grote negatieve invloed van RTLM. Hij
stelt dat deze radio-omroep vrijwel het enige
massa-medium was en dat men zijn belang heeft
onderschat (2).

M. Bougard, ancien sénateur, témoigne que tout le
monde parlait de la grande influence négative de
RTLM. Selon lui, cet émetteur était quasiment le seul
média de masse et on a sous-estimé son importance (2).

De commissie stelt vast dat, vooral na het afsluiten
van de Arusha-akkoorden, deze zender aan groot
belang wint en dat hij zeer druk wordt beluisterd
einde 1993-begin 1994, o.a. door de aantrekkelijke
muzikale programma’s.

La commission constate que cette radio a beaucoup
gagné en importance, surtout après la conclusion des
accords d’Arusha, et qu’elle jouissait d’un taux
d’écoute très élevé à la fin de 1993 et au début de 1994
grâce notamment à son programme musical attrayant.

3.11.1.1. De rol van RTLM bij het tot stand
komen van een anti-Belgische campagne en een
campagne tegen UNAMIR

3.11.1.1. Le rôle de RTLM dans le développement
d’une campagne antibelge et anti-MINUAR

(1) De periode van einde 1993 tot 6 april 1994

(1) La période allant de fin 1993 au 6 avril 1994

Zowel uit de getuigenissen van de in Rwanda
aanwezige militairen, als van de politieke en militaire
autoriteiten in België blijkt dat men op alle echelons
ondervindt dat radio RTLM een agressieve
anti-Belgische haatcampagne verspreidt.

Les témoignages des militaires présents au Rwanda
comme ceux des autorités politiques et militaires en
Belgique montrent qu’à tous les échelons, on est conscient du fait que RTLM diffuse une campagne agressive d’incitation à la haine contre les Belges.

Reeds in de periode van KIBAT I zijn er een aantal
incidenten die aantonen dat RTLM vanaf de
jaarwisseling 1993-1994 deze haatcampagne opvoert.

Durant la période de KIBAT I déjà, des incidents se
produisent qui démontrent que RTLM a commencé à
mener cette campagne à la fin de 1993 et au début de
1994.

De inlichtingenofficier van KIBAT I, Luitenant
Nees, brengt voor de commissie het verhaal van de
verdraaiing door RTLM van een incident met een
Belgische helikopter : « Voor de gewone Rwandees
stond UNAMIR gelijk met Belgische aanwezigheid.
Het was KIBAT dat het RPF-bataljon binnenhaalde
in Kigali. Daardoor steeg vanaf januari het aantal en
de aard van de RTLM berichten. Voordien was de
commentaar op RTLM beperkt. Vanaf nu nam de
radio elke gelegenheid ten baat om België in een slecht
daglicht te stellen. Ik kan een aantal incidenten
verklaren waarin KIBAT correct was opgetreden

Le lieutenant Nees, l’officier de renseignements de
KIBAT I, raconte devant la commission comment
RTLM a déformé la vérité à propos d’un incident
impliquant un hélicoptère belge : « Pour le citoyen
rwandais, la MINUAR était synonyme de présence
belge. C’est le KIBAT qui a introduit le bataillon FPR
à Kigali. À partir de janvier, le nombre et le caractère
des messages de RTLM ont dès lors augmenté. Avant,
les commentaires sur RTLM étaient limités, mais à
partir de ce moment-là, la radio profitait de chaque
occasion pour discréditer la Belgique. Il y a eu un
certain nombre d’incidents où KIBAT était intervenu

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 139.
(2) Hoorzitting met de heer Bougard, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 165.

(1) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 12 mars
1997, p. 135.
(2) Audition de M. Bougard, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
14 mars 1997, p. 161.

( 593 )

1 - 611/7 - 1997/1998

maar waarvan RTLM misbruik maakte. Hierbij denk
ik aan de Belgische helikopter die zogezegd
mitrailleurs op de presidentiële woning had gericht.
Op 20 januari waren de Belgische militairen
aanwezig op een meeting van de heer Twagiramungu.
Hierbij waren de Belgen verplicht in de lucht te
schieten om de heer Twagiramungu te ontzetten. Op
RTLM zei men dat de Belgische militairen op het volk
hadden geschoten en dat daarbij doden waren
gevallen. » (1)
Kapitein De Cuyper, inlichtingenofficier bij
KIBAT II, getuigt over twee specifiek tegen de Belgen
gerichte mededelingen door RTLM : « Op 28 maart
verspreidde RTLM twee tegen de Belgen gerichte
mededelingen. In de eerste werd beweerd dat « de heer
Hans » zou hebben gezegd dat de Belgen zich met
zaken bemoeiden die hen niet aangingen. De tweede
ging over het bestaan van een brief aan de
secretaris-generaal van de VN met kritiek op de
Belgen. » (2)
De verantwoordelijke voor de operaties van
KIBAT II, majoor Choffray, benadrukt tevens dat
RTLM een belangrijke informatiebron is en dat deze
een anti-Belgische propaganda voerde: « Tout
d’abord, la Belgique est depuis plusieurs décennies
très liée avec le Rwanda : le détachement belge, dans
le cadre de la mission ONU, était surtout considéré
comme des Belges et non militaires ONU. La radio
Mille Collines diffusait une propagande anti-belge;
tout le monde en était bien conscient et cette radio
était le seul moyen d’information de la population
rwandaise. Il nous était, bien entendu, impossible,
dans le cadre du mandat, de contrer l’influence
néfaste de ces émissions. » (3)
De
sectorcommandant,
kolonel
Marchal,
verklaarde voor de commissie dat Radio Mille
Collines verschillende doelwitten had, en onder
UNAMIR in het bijzonder de Belgen en generaal
Dallaire. Hij zegt daarover drie eensluidende
getuigenissen gehoord te hebben. (4)
Kolonel Balis, stafofficier bij de Force, bevestigt dat
radio RTLM inderdaad een « heel eigenaardige taal »
sprak. (5). Hij had echter niet de indruk dat deze
zender « au sérieux » werd genomen door één van de
partijen (Rwandese regering en RPF). Hij stelt verder
via RTLM evenveel uitspraken tegen UNAMIR als
tegen de Belgen gehoord te hebben.)

de façon correcte et où RTLM a abusé de la situation.
Je pense à l’hélicoptère belge qui aurait soi-disant
braqué des mitrailleuses sur la résidence présidentielle. Le 20 janvier, nous étions présents à une rencontre avec M. Twagiramungu. Les Belges furent
obligés de tirer en l’air pour évacuer M. Twagiramungu. À RTLM, on a dit que les militaires belges
avaient tiré dans le tas et qu’il y avait eu des
morts. » (1)

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 121.
(2) Hoorzitting met kapitein De Cuyper, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 170.
(3) Hoorzitting met majoor Choffray, POR, Senaat, 13 mei
1997, PV, blz. 31/3 en 31/4.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 111.
(5) Hoorzitting met kolonel Balis, POR, Senaat, 29 mei
1997, PV, blz. 11/4.

(1) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(2) Audition du Capitaine De Cuyper, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 14 mars 1997, p. 166.
(3) Audition du major Choffray, CER, Sénat, 13 mai 1997,
PV, pp. 31/3 et 31/4.
(4) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 107.
(5) Audition du colonel Balis, CER, Sénat, 29 mai 1997, PV,
pp. 11/4.

Le capitaine De Cuyper, officier de renseignements
à KIBAT II, atteste de deux informations dirigées
spécifiquement contre les Belges et diffusées par
RTLM : « RTLM a fourni, le 28 mars, deux informations à l’encontre des Belges. La première était que
« M. Hans » aurait dit que les Belges se mêlaient de
choses qui ne les regardaient pas. La seconde concernait l’existence d’une lettre au secrétaire général de
l’ONU qui contenait des critiques concernant les
Belges. » (2)
Le responsable des opérations de KIBAT II, le
major Choffray, souligne en outre que RTLM était
une source d’information importante et faisait de la
propagande antibelge : « Tout d’abord, la Belgique
est depuis plusieurs décennies très liée avec le
Rwanda : le détachement belge, dans le cadre de la
mission ONU, était surtout considéré comme des
Belges et non militaires ONU. La radio Mille Collines
diffusait une propagande anti-belge; tout le monde en
était bien conscient et cette radio était le seul moyen
d’information de la population rwandaise. Il nous
était, bien entendu, impossible, dans le cadre du
mandat, de contrer l’influence néfaste de ces émissions. » (3)
Le commandant de secteur, le colonel Marchal, a
déclaré devant la commission que RTLM visait différentes cibles, et, au sein de la MINUAR, particulièrement les Belges et le général Dallaire. Il a déclaré
avoir trois témoignages qui concordent à ce sujet. (4)
Le colonel Balis, officier d’état-major de la Force,
confirme que la radio RTLM parlait effectivement
« een heel eigenaardige taal » (5), mais il n’avait pas
l’impression qu’elle était prise au sérieux par une des
parties (le gouvernement rwandais et le FPR). Il
déclare, en outre, que RTLM faisait des déclarations
hostiles tant à la MINUAR qu’aux Belges.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 594 )

Majoor Podevijn, verbonden aan de Force, getuigt
op zijn beurt dat RTLM een anti-Belgische campagne
voerde. « Meer bepaald werd ons verweten », zo zegt
hij, « dat wij in 1990 geen wapens meer wilden leveren
en dat wij het FPR gunstig gezind waren. » (1)

Le major Podevijn, attaché à la Force, a lui aussi
témoigné que RTLM menait une campagne antibelge. Selon ses termes : « on reprochait aux Belges de
ne plus avoir voulu fournir d’armes en 1990 et d’être
favorables au FPR. » (1)

Ook generaal Dallaire is op de hoogte van de
anti-Belgische uitzendingen door RTLM : « At about
the same time, there were some anti-Belgian
broadcasts over the « Radio Télévision Libre des
Mille Collines » (RTLM) the hard-line Hutu radio
station. The sporadic anti-Belgian sentiments were,
however, part of a wider campaign against
UNAMIR, in general, and the Force Commander, in
particular, but were not of such a scale as to render
the presence of UNAMIR, as a neutral force,
compromised or ineffective. » (2)

Le général Dallaire était, lui aussi, au courant des
émissions antibelges diffusées par RTLM : « At about
the same time, there were some anti-Belgian broadcasts over the « Radio Télévision Libre des Mille
Collines » (RTLM) the hard-line Hutu radio station.
The sporadic anti-Belgian sentiments were, however,
part of a wider campaign against UNAMIR, in general, and the Force Commander, in particular, but
were not of such a scale as to render the presence of
UNAMIR, as a neutral force, compromised or ineffective. » (2)

Op het SGR te Evere onderkent de
Rwanda-analyst, majoor Hock, dat er een sterk
anti-Belgisch gevoel groeide en dat RTLM hierin een
belangrijke rol speelde: « Dat (anti-Belgisch) gevoel is
nog meer tot uiting gekomen na de ondertekening van
de Arusha-akkoorden, toen spanningen uitbraken
tussen de tegenstanders van de akkoorden, meestal
personen uit de invloedssfeer van de president, en de
voorstanders ervan. Na de ontplooiing van onze
troepen nam het vijandig gevoel toe en het werd
weergegeven door Radio Mille Collines. Gelijktijdig
ontstaat het fenomeen Interahamwe. Daarom heb ik
op 2 februari bijkomende informatie opgesteld. » (3)

Au SGR à Evere, l’analyste du Rwanda, le major
Hock, réalise qu’un profond sentiment antibelge
avait pris naissance et que le rôle joué à cet égard par
RTLM était capital : « Ce sentiment (antibelge) s’est
précisé après la signature des accords d’Arusha, des
tensions éclatant entre les opposants aux accords,
généralement issus de la mouvance présidentielle, et
ses partisans. Un sentiment hostile s’est de plus en
plus développé après le déploiement de nos forces,
sentiment répercuté notamment par la radio Mille
Collines. On assiste parallèlement à un développement du phénomène Interahamwe. C’est pourquoi
j’ai rédigé mon complément d’information du
2 février. » (3)

Generaal-majoor Verschoore, adjunct-chef van het
SGR, bevestigt de rol van RTLM als haatzender tegen
de Belgen: « Ook Radio Mille Collines ging tekeer
tegen de Belgen en tegen UNAMIR. Bij iedere
militaire operatie echter moet men met dergelijke
risico’s rekening houden (4)... Persoonlijk situeer ik
de uitzendingen van RTLM, de opleidingen, het
uitdelen van wapens, eind december 1993, begin
januari 1994. » (5)

Le général major Verschoore, chef adjoint du SGR,
confirme le rôle joué par RTLM en tant que vecteur
de haine à l’égard des Belges : « Radio Mille Collines
stigmatisait les Belges et la MINUAR. Toute opération militaire présente des risques semblables. » (4) ...
« Personnellement, je situe les émissions de RTLM, les
formations ainsi que la distribution d’armes à la fin
décembre 1993, début janvier 1994. » (5)

Uit deze getuigenissen van de militairen, zowel in
Rwanda als in Evere, blijkt dat men op de hoogte was
van de anti-Belgische campagne die door RTLM
werd gevoerd.

Ces témoignages de militaires, en poste tant au
Rwanda qu’à Evere, montrent que l’on était au
courant de la campagne antibelge menée par RTLM.

Ook via onze ambassade te Kigali was het
departement Buitenlandse Zaken zich bewust van de
nefaste rol van deze haatzender.

Notre ambassade à Kigali aussi avait informé le
département des Affaires étrangères du rôle néfaste de
cette radio propageant la haine.

——————

——————

(1) Hoorzitting met majoor Podevijn, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 126.
(2) Antwoorden op de vragen voorgesteld aan generaal
Dallaire door de rechter-advocaat-generaal van het militair hof,
punt 2, blz. 2
(3) Hoorzitting met majoor Hock, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 212.
(4) Hoorzitting met generaal-majoor Verschoore, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 146.
(5) Ibid., blz. 149.

(1) Audition du major Podevijn, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 122.
(2) Réponses aux questions soumises au général Dallaire par
le juge-avocat général de la Cour militaire, point 2, p. 2.
(3) Audition du major Hock, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 206.
(4) Audition du général-major Verschoore, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 12 mars 1997, p. 142.
(5) Ibid., p. 145.

( 595 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Ambassadeur Swinnen getuigde voor de commissie
dat RTLM een haatcampagne voerde en dat radio
Rwanda onvoldoende werkte aan een sensibilisering
van
de
bevolking
wat
betreft
de
Arusha-akkoorden (1).

L’ambassadeur Swinnen a déclaré devant la
commission que RTLM menait une campagne de
haine et que radio Rwanda ne sensibilisait pas assez la
population au sujet des accords d’Arusha (1).

In zijn telex nr. 90 van 1 februari 1994 gericht aan
Minafet Brussel, schrijft ambassadeur Swinnen : « de
opruiende taal van de omroep wordt steeds meer als
een belangrijke factor van een mogelijk
destabiliseringsscenario gezien. » (2)

Dans son télex no 90 du 1er février 1994 adressé à
Minafet Bruxelles, l’ambassadeur Swinnen écrit : « de
opruiende taal van de omroep wordt steeds meer als
een belangrijke factor van een mogelijk destabiliseringsscenario gezien. » (2)

Toenmalig minister van Buitenlandse Zaken,
Willy Claes, bevestigt voor de commissie dat RTLM
ophitsende taal de wereld instuurde : « Volgens
telex 1057
hebben
in
Kigali
incidenten
plaatsgevonden die echter geen uitsluitend
anti-Belgisch karakter droegen. Het ging om een
algemene betoging. Wel werd via RTLM nogal vrij
ophitsende taal de wereld in gestuurd. » (3) Op 1
april, vijf dagen voor de fatale gebeurtenissen, zendt
minister Claes een telegram aan ambassadeur
Swinnen waarin hij opnieuw zijn beklag maakt over
RTLM : « Gelet op wat wij doen voor Rwanda, is het
onbegrijpelijk dat die radio waarvan wij de
financiering kennen, op een schandalige wijze een
anti-Belgische campagne voert. » (4)

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque,
Willy Claes, confirme devant la commission que
RTLM émettait des propos haineux : « Selon le télex
no 1057, des incidents ont eu lieu à Kigali, qui ne
présentent toutefois pas un caractère exclusivement
antibelge. Il s’agissait d’une manifestation générale.
RTLM a toutefois mené une campagne de haine assez
virulente.» (3). Le 1er avril, cinq jours avant les
événements fatals, le ministre Claes envoie un télégramme à l’ambassadeur Swinnen, dans lequel il se
plaint une nouvelle fois de RTLM : « Étant donné tout
ce que nous faisons pour le Rwanda, il est incompréhensible que cette radio, dont nous connaissons le
système de financement, mène une campagne antibelge scandaleuse. » (4)

Voormalig eerste minister, Wilfried Martens,
maakte een reis naar Rwanda begin 1994 : « Ik had
ook nog een interview in Kigali met journalisten van
Radio Mille Collines, die zeer agressief optraden en
het Belgische verraad van 1990 aankloegen. » (5)

L’ancien Premier ministre, Wilfried Martens, s’est
rendu au Rwanda au début de 1994 : « J’ai eu une
interview à Kigali avec des journalistes de la radio
Mille Collines qui se sont montrés très agressifs et qui
ont dénoncé la « trahison » belge de 1990. » (5)

Gewezen senator Bougard benadrukt op zijn beurt
de belangrijke rol die RTLM speelde in het ontstaan
van een anti-Belgisch klimaat : « Iedereen had het over
de grote negatieve invloed van RTLM. Die
radio-omroep was vrijwel het enige massamedium en
men heeft zijn belang onderschat. (...) De propaganda
van RTLM heeft duidelijk een rol gespeeld in het
ontstaan van het anti-Belgische klimaat en meer
bepaald van de vijandigheid tegen de Belgen van
UNAMIR. Ook de Rwandese democraten werden
door RTLM in een slecht daglicht gesteld. » (6)

L’ancien sénateur Bougard souligne lui aussi le rôle
important que RTLM a joué dans l’émergence du
climat antibelge : « Tout le monde évoquait également
l’importance de l’action négative de RTLM. Il
s’agissait quasiment du seul média et on a sous-estimé
son importance (...) Il est clair que la propagande de
RTLM a joué un rôle dans le développement du
climat antibelge et plus précisément de l’animosité
antibelge de la MINUAR. Les démocrates rwandais
étaient également pris pour cible par RTLM. » (6)

Éric Gillet, die mede-auteur is van het rapport van
de internationale federatie van Liga’s voor de Rechten
van de Mens (FIDH), getuigt dat : « reeds sedert 1990
een groep mannen alle belangrijke functies inneemt,
moordpartijen organiseert, ermee dreigt de Tutsi’s te

Éric Gillet, coauteur du rapport de la fédération
internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH)
témoigne que : « depuis 1990, un groupe d’hommes
occupe toutes les fonctions importantes, organise les
massacres, parle de rejeter les Tutsis, arme les milices,

——————

——————

(1) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 218.
(2) Verslag van de ad hocgroep Rwanda, blz. 51.
(3) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 5 maart 1997, blz. 83.
(4) Verslag van de ad hocgroep Rwanda, blz. 53.
(5) Hoorzitting met de heer Martens, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 38.
(6) Hoorzitting met de heer Bougard, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 165.

(1) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 21 mars 1997, p. 212.
(2) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 51.
(3) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 5 mars 1997, p. 79.
(4) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 53.
(5) Audition de M. Martens, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 février 1997, p. 38.
(6) Audition de M. Bougard, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
14 mars 1997, p. 161.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 596 )

verwijderen, en milities te bewapenen. Deze groep
richt de CDR en RTLM op en ligt, volgens hem, aan
de
oorsprong
van
de
anti-Belgische
propaganda. » (1).

crée le CDR et RTLM et se trouve à la source de la
propagande antibelge. » (1)

Journaliste Colette Braeckman werd op
5 december 1993 uitgenodigd een interview af te
nemen van mevrouw Agathe, de eerste minister :
« Mevrouw Agathe heeft me de volgende ochtend
ontvangen en mij uitgelegd dat de sfeer gespannen
was, dat RTLM de Belgen steeds meer aanviel en dat
ze zelfs doodsbedreigingen had ontvangen. » (2)
Volgens mevrouw Braeckman keerde de bevolking
zich niet tegen de Belgen. Wel heerste er volgens haar,
hoger op de sociale ladder, wrevel tegen de Belgische
militairen en vooral tegen hun gedrag. « Intellectuelen
en mensen van de partij namen de uitlatingen van
RTLM over. » (3)

La journaliste Colette Braeckman a été invitée le
5 décembre 1993 à interviewer Mme Agathe, la
Première ministre : « Mme Agathe m’a reçue le lendemain matin et m’a expliqué que le climat était tendu,
que RTLM multipliait les attaques contre les Belges et
qu’elle-même avait reçu des menaces de mort. » (2)
Selon Mme Braeckman, la population ne se retournait pas contre les Belges. Mais, selon elle, il y a bien
eu, en haut de l’échelle sociale, un ressentiment à
l’encontre des militaires belges et surtout de leur
comportement. « Des intellectuels, des gens du parti,
répercutaient les propos de radio Mille Collines. » (3)

Ook een Rwandese bron, namelijk Procureur
Nsanzuwera, gewezen procureur van de Rwandese
republiek, getuigde voor de commissie dat RTLM
mee aan de basis lag van een anti-Belgische
campagne. Hij brengt zelfs het verhaal van een
incident dat plaatsvond op 26 januari 1994 : « Er
bestond een anti-Belgische campagne, maar er heerste
geen algemeen anti-Belgisch klimaat. De campagne
werd geleid door de leiders van de MRND en van de
CDR en door Radio Mille Collines. Ik geef een
voorbeeld. ... Elke ochtend somde RTLM de
incidenten op waarbij Belgische blauwhelmen
betrokken waren. Ik weet niet of die incidenten zich
echt hebben voorgedaan. Zo heeft RTLM op
26 januari veel ophef gemaakt van een incident dat
zich zou hebben voorgedaan tijdens de controle van
de dochter van de voormalige stafchef van het leger
door UNAMIR. » (4)

Un Rwandais, le procureur Nsanzuwera, ancien
procureur de la république rwandaise, a lui aussi
déclaré devant la commission que RTLM, notamment, était à la base d’une campagne antibelge. Il a
même raconté un incident qui a eu lieu le 26 janvier
1994 : « Une campagne antibelge existait mais il ne
s’agissait pas d’un climat généralisé. Elle était menée
par les leaders du MRND et du CDR et par la radio
des Mille Collines. Je vous donne un exemple. (...)
Chaque matin, RTLM énumérait les différents incidents impliquant les Casques bleus belges. Je ne sais
pas si ces incidents se sont réellement passés. Ainsi, le
26 janvier, RTLM a fait beaucoup de bruit autour
d’un incident qui aurait éclaté lors du contrôle de la
fille de l’ancien chef de l’état-major par l’armée de la
MINUAR. » (4)

Deze Rwandese procureur herhaalt voor de
commissie dat, wat het anti-Belgische klimaat betreft,
hij verwijst naar de haatcampagne tegen de Belgen die
door journalisten van Belgische afkomst werd
gevoerd. « De anti-Belgische campagne », zo getuigt
hij, « werd immers door de zender Mille Collines
gevoerd » (5).

Ce procureur rwandais répète devant la commission qu’en ce qui concerne le climat antibelge, il
renvoie à la campagne de haine qui a été menée à
l’égard des Belges par des journalistes d’origine belge.
« La campagne antibelge », témoigne-t-il, « a, en effet,
été menée par l’émetteur Mille Collines ».(5)

Uit al deze getuigenissen blijkt dat RTLM, zonder
dat dit éénmaal wordt tegengesproken, vanaf het
najaar een zeer belangrijke rol speelde in het
verspreiden van een haatcampagne tegen de Belgische
aanwezigheid in Rwanda.

Il ressort de tous ces témoignages, sans que cela soit
démenti une seule fois, que RTLM a joué dès
l’automne un rôle très important dans la propagation
d’une campagne de haine contre la présence belge au
Rwanda.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Gillet, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 maart 1997, blz. 195.
(2) Hoorzitting met mevrouw Braeckman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 206.
(3) Ibid., blz. 208.
(4) Hoorzitting met de heer Nsanzuwera, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 22 april 1997, blz. 326.
(5) Hoorzitting met de heer Nsanzuwera, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 19 en 20.

(1) Audition de M. Gillet, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
19 mars 1997, p. 189.
(2) Audition de Mme Braeckman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 200.
(3) Ibid., p. 202.
(4) Audition de M. Nsanzuwera, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 22 avril 1997, p. 320.
(5) Audition de M. Nsanzuwera, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, pp. 19 et 20.

( 597 )
(2) De periode na 6 april 1994

1 - 611/7 - 1997/1998
(2) La période postérieure au 6 avril 1994

In dit hoofdstuk zal de commissie dieper ingaan op
de rol van RTLM met betrekking tot de informatie
volgens welke de Belgen verantwoordelijk waren
voor de dood van president Habyarimana. Deze
berichtgeving zal een cruciale rol spelen in de
aanleiding tot de moord op de tien Belgische
Blauwhelmen.

Dans ce chapitre, la commission va examiner de
manière plus approfondie le rôle qu’a joué RTLM en
ce qui concerne l’information selon laquelle les Belges
étaient responsables de la mort du président Habyarimana. Cette information jouera un rôle crucial dans
les événements qui ont donné lieu à l’assassinat des
dix Casques bleus belges.

Majoor Choffray (S3 bij KIBAT II) getuigt voor de
commissie dat het bericht dat de Belgen ervan
verdacht werden het presidentieel vliegtuig te hebben
neergehaald, hem bereikte twee uur na de feiten.
Volgens majoor Choffray werd dit gerucht door
RTLM verspreid.

Le major Choffray (S3 à KIBAT II) témoigne
devant la commission que la nouvelle selon laquelle
les Belges étaient soupçonnés d’avoir abattu l’avion
présidentiel lui est parvenue deux heures après les
faits. Selon lui, cette rumeur a été répandue par
RTLM.

Volgens kolonel Vincent, verantwoordelijke voor
de Militair Technische Samenwerking, en tevens
militair adviseur van ambassadeur Swinnen, werden
de tien Belgische burgers, verspreid over het ganse
land, vermoord ten gevolge van deze berichtgeving op
RTLM : « Volgens mij hebben de persoon of de
personen die via RTLM meedeelden dat de Belgen
deelachtig waren aan de dood op Habyarimana deze
moordpartijen veroorzaakt. »(1)

D’après le colonel Vincent, responsable de la
coopération technique militaire et, en outre, conseiller militaire de l’ambassadeur Swinnen, les dix civils
belges, dispersés dans tout le pays, ont été assassinés à
la suite de la diffusion de cette nouvelle diffusée par
RTLM : « Selon moi, la ou les personnes qui ont
répandu sur les ondes de RTLM l’information selon
laquelle les Belges avaient participé à la mort
d’Habyarimana, ont provoqué ces massacres. » (1)

Journaliste Els De Temmerman getuigt over de rol
van RTLM na 10 april : « Ik zal u een aantal citaten
geven. Op 10 april roept radio Mille Collines de
bevolking op om de Belgische patrouilles aan te
vallen. Op 29 april zegt radio Mille Collines « de
Belgen hebben informatie over strategische posten
van het leger in Kigali doorgespeeld aan het RPF.
Daardoor stemt het aanvalsplan van het RPF overeen
met het verdedigingsplan van de stad. » Over de rol
van de Belgen bij de aanslag zegt radio Mille Collines :
« De veiligheid van de luchthaven was de
verantwoordelijkheid van UNAMIR. Uiteraard is het
vliegtuig dus neergehaald door de Belgen. » Eind april
zegt radio Rwanda : « De Rwandese minister van
Defensie heeft bij de Veiligheidsraad een klacht
ingediend over de wapenleverancies van België aan
het RPF. » Op 4 mei zegt radio Mille Collines dat « de
president is neergeschoten door een groep Belgische
VN-soldaten onder leiding van luitenant Marc Nees.
Het plan was alle Interahamwe te doden, een regering
van Tutsisympathisanten te installeren en radio Mille
Collines, de radio die de mensen de waarheid vertelt,
te vernietigen. Met dat doel hebben de Belgen in alle
communes jonge Tutsi-informanten gerecruteerd.

La journaliste Els De Temmerman témoigne du
rôle joué par RTLM après le 10 avril : « Ik zal u een
aantal citaten geven. Op 10 april roept radio Mille
Collines de bevolking op om de Belgische patrouilles
aan te vallen. Op 29 april zegt radio Mille Collines
« de Belgen hebben informatie over strategische
posten van het leger in Kigali doorgespeeld aan het
FPR. Daardoor stemt het aanvalsplan van het FPR
overeen met het verdedigingsplan van de stad. » Over
de rol van de Belgen bij de aanslag zegt radio Millle
Collines : « De veiligheid van de luchthaven was de
verantwoordelijkheid van UNAMIR. Uiteraard is het
vliegtuig dus neergehaald door de Belgen. » Eind april
zegt radio Rwanda : « De Rwandese minister van
Defensie heeft bij de Veiligheidsraad een klacht ingediend over de wapenleverancies van België aan het
FPR. » Op 4 mei zegt radio Mille Collines dat « de
president is neergeschoten door een groep Belgische
VN-soldaten onder leiding van luitenant Marc Nees.
Het plan was alle Interahamwe te doden, een regering
van Tutsisympathisanten te installeren en radio Mille
Collines, de radio die de mensen de waarheid vertelt,
te vernietigen. Met dat doel hebben de Belgen in alle
communes jonge Tutsi-informanten gerecruteerd.

Op 15 juni beslisten de Fransen om in te grijpen in
Rwanda. Minister Delcroix zegde in een reactie dat
België dit initiatief met voorzichtigheid moet
behandelen. Radio Rwanda zegt dan over Delcroix :
« Deze minister bezocht Rwanda net voor de moord
op de president om te controleren hoever het stond
met het plan om Habyarimana uit de weg te ruimen. »

Op 15 juni beslisten de Fransen om in te grijpen in
Rwanda. Minister Delcroix zegde in een reactie dat
België dit initiatief met voorzichtigheid moet behandelen. Radio Rwanda zegt dan over Delcroix : « Deze
minister bezocht Rwanda net voor de moord op de
president om te controleren hoever het stond met het
plan om Habyarimana uit de weg te ruimen. »

——————

——————

(1) Hoorzitting van kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 131.

(1) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 127.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 598 )

Volgens radio Rwanda had Delcroix op dat moment
een onderhoud met « generaal Dallaire, de
RPF-huurling, die toen bevestigde dat het plan
eindelijk uitgevoerd zou worden. » Ik heb het hier
over 15 juni 1994. De hetze tegen de Belgen is dus
maandenlang doorgegaan. Ook in de kampen moest
ik mij uitgeven voor een Nederlandse, tenzij op een
bepaald moment in Goma toen bleek dat mijn naam
dezelfde was als die van Luc De Temmerman, de
advocaat van kolonel Bagosora. Ik heb daar toen
handig gebruik van gemaakt.

Volgens radio Rwanda had Delcroix op dat moment
een onderhoud met « generaal Dallaire, de FPRhuurling, die toen bevestigde dat het plan eindelijk
uitgevoerd zou worden. » Ik heb het hier over 15 juni
1994. De hetze tegen de Belgen is dus maandenlang
doorgegaan. Ook in de kampen moest ik mij uitgeven
voor een Nederlandse, tenzij op een bepaald moment
in Goma toen bleek dat mijn naam dezelfde was als
die van Luc De Temmerman, de advocaat van kolonel Bagosora. Ik heb daar toen handig gebruik van
gemaakt.

Ook de hulpverleners moesten zeggen dat zij geen
Belgen waren. Ik kan de vraag moeilijk
beantwoorden, maar ik denk dat de hetze tegen de
Belgen zeer ver ging.

Ook de hulpverleners moesten zeggen dat zij geen
Belgen waren. Ik kan de vraag moeilijk beantwoorden, maar ik denk dat de hetze tegen de Belgen zeer
ver ging.

Men staart zich altijd blind op radio Mille
Collines. Het was soms zo extremistisch dat de
mensen het uitschaterden. Het werd niet onmiddellijk
ernstig genomen. Radio Rwanda heeft volgens mij
veel meer kwaad berokkend omdat zij hetzelfde op
een meer diplomatische manier zei. De president en de
premier werden regelmatig opgevoerd. Daardoor
nam men wat daar gezegd werd, au sérieux. Ik meen
dat radio Rwanda een grotere impact heeft
gehad. » (1)

Men staart zich altijd blind op radio Mille Collines. Het was soms zo extremistisch dat de mensen het
uitschaterden. Het werd niet onmiddellijk ernstig
genomen. Radio Rwanda heeft volgens mij veel meer
kwaad berokkend omdat zij hetzelfde op een meer
diplomatische manier zei. De president en de premier
werden regelmatig opgevoerd. Daardoor nam men
wat daar gezegd werd, au sérieux. Ik meen dat radio
Rwanda een grotere impact heeft gehad. » (1)

Ook journaliste Colette Braeckman trachtte op
6 april Kigali te bereiken. Zij getuigt dat de
anti-Belgische geruchten niet enkel verspreid werden
door RTLM, maar ook door de Franse ambassade:
« Op de ambassade van Frankrijk heeft een stem
gezegd dat Belgen het vliegtuig van de president
beschoten hadden. De anti-Belgische geruchten
kwamen uit twee bronnen: de Fransen en Radio Mille
Collines. »(2)

La journaliste Colette Braeckman a, elle aussi,
tenté de rallier Kigali le 6 avril. Elle témoigne que les
rumeurs antibelges ont été répandues non seulement
par RTLM, mais aussi par l’ambassade de France : « À
l’ambassade de France, une voix leur a dit que
c’étaient des Belges qui avaient tiré sur l’avion du
président. La rumeur antibelge provenait donc de
deux sources : les Français et la radio des Mille Collines. »(2)

Tot slot getuigt pater Theunis dat RTLM zelfs zo
ver ging dat zij 100 000 frank premie uitloofde per
Belgisch lijk. Deze oproep kon volgens pater Theunis
niet worden verspreid voor april 1994 : « Un autre
élément qu’il faut mentionner est l’influence néfaste
de la radio RTLM parce qu’il est évident que toute
une idéologie s’est installée et elle a eu des effets
pervers. Je ne me rappelle plus exactement de quand
date cet appel à RTLM. Certains me l’ont donné et
cela ne m’étonnerait pas que cela se retrouve dans le
livre de Jean-Pierre Chrétien sur les médias du
génocide parce que ce sont des affirmations très
claires et qui frappent l’imagination : cent mille francs
pour un cadavre ...

Enfin, le père Theunis témoigne que RTLM est
même allée jusqu’à promettre 100 000 francs de prime
par cadavre belge. Selon le père Theunis, cet appel n’a
pas pu être diffusé avant avril 1994 : « Un autre
élément qu’il faut mentionner est l’influence néfaste
de la radio RTLM parce qu’il est évident que toute
une idéologie s’est installée et elle a eu des effets
pervers. Je ne me rappelle plus exactement de quand
date cet appel à RTLM. Certains me l’ont donné et
cela ne m’étonnerait pas que cela se retrouve dans le
livre de Jean-Pierre Chrétien sur les médias du génocide parce que ce sont des affirmations très claires et
qui frappent l’imagination : cent mille francs pour un
cadavre ...

Ce message date non pas d’avant avril. C’est après
le début des événements pour autant que je sache,

Ce message date non pas d’avant avril. C’est après
le début des événements pour autant que je sache,

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw De Temmerman,
Senaat, 28 mei 1997, PV, blz. 36/5-36/10.
(2) Hoorzitting met mevrouw Braeckman, BV,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, PV, blz. 207.

POR,
BCR,

(1) Audition de Mme De Temmerman, CER, Sénat, 28 mai
1997, PV, pp. 36/5-36/10.
(2) Audition de Mme Braeckman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 201.

( 599 )

1 - 611/7 - 1997/1998

enfin il faudrait vérifier. Peut-être cela se trouve-t-il
dans le livre de M. Chrétien. Ce n’est pas pensable
avant avril, de façon aussi précise. Je ne pourrais pas
vous dire la date exactement mais on pourrait la
retrouver. » (1)

enfin il faudrait vérifier. Peut-être cela se trouve-t-il
dans le livre de M. Chrétien. Ce n’est pas pensable
avant avril, de façon aussi précise. Je ne pourrais pas
vous dire la date exactement mais on pourrait la
retrouver. » (1)

De commissie stelt vast dat na de crisis van 6 en
7 april 1994, en na de moord op de tien Belgische
para’s, RTLM zich nog sterker voelde dan voordien,
en de bevolking in bijzonder scherpe bewoordingen
ophitste zich rechtstreeks tegen elke Belg te keren.

La commission constate qu’après la crise des 6 et
7 avril 1994, et après l’assassinat des dix paras belges,
RTLM s’est sentie plus forte encore qu’auparavant et
a excité la population, en des termes très incisifs, à
s’en prendre directement à tout Belge.

In algemene termen stelt de commissie vast dat
RTLM een zeer belangrijke rol speelde zowel voor en
vooral na 6 april 1994, in het ontketenen van een
agressief anti-Belgische campagne in Rwanda.

D’une manière générale, la commission constate
que RTLM a joué, tant avant et surtout après le 6 avril
1994, un rôle très important dans le développement
d’une campagne antibelge agressive au Rwanda.

3.11.1.2. De rol van RTLM met betrekking tot de
genocide

3.11.1.2. Le rôle de RTLM en ce qui concerne le
génocide

Radio Mille Collines hield zich niet enkel bezig met
de haatcampagne tegen de Belgen, zij ijverde ook om
de bevolking geleidelijk aan psychologisch voor te
bereiden op de volkenmoord, om tenslotte op 7 april
zelfs via de radio in niet mis te verstane bewoordingen
deze genocide te steunen.

Radio Mille Collines ne s’est pas attachée uniquement à la campagne de haine contre les Belges; elle a
également œuvré à préparer progressivement sur le
plan psychologique la population au génocide,
qu’elle a finalement soutenu elle-même, le 7 avril, en
des termes non équivoques.

Luitenant Nees getuigt voor de commissie dat de
moordenaars met radio RTLM in elk geval een zeer
invloedrijk medium hadden. Luitenant Nees : « Ik ben
ervan overtuigd dat als we RTLM hadden kunnen
uitschakelen, we meer kans hadden gehad om de
genocide te verhinderen of toch in elk geval te beperken. » (2)

Le lieutenant Nees déclare devant la commission
qu’avec radio RTLM, les assassins disposaient en
tout cas d’un médium très influent. Le lieutenant
Nees : « Je suis convaincu que, si nous étions parvenus
à liquider RTLM, nous aurions peut-être pu éviter ou
en tout cas limiter le génocide. » (2)

In zijn rapport beklemtoont generaal-majoor
Uytterhoeven, dat hij zeer sterk gelooft dat de acties
van de RTLM één van de grote oorzaken zijn geweest
van de moorden (3).

Dans son rapport, le général major Uytterhoeven
souligne qu’il est convaincu que les actions de Radio
Mille Collines ont constitué une des causes majeures
des massacres (3).

Reeds op 26 november 1993 zendt ambassadeur
Swinnen een telex naar Minafet in Brussel waarin
gemeld wordt dat Radio RTLM heeft omgeroepen
dat eerste minister mevrouw Agathe en de door de
akkoorden van Arusha aangeduide minister van de
overgangsregering Twagiramungu moeten worden
omgebracht (4).

Le 26 novembre 1993 déjà, l’ambassadeur Swinnen
envoie un télex à Minafet Bruxelles, dans lequel il
signale que RTLM a appelé à assassiner la Première
ministre, Mme Agathe, et le ministre du gouvernement de transition désigné dans le cadre des accords
d’Arusha, M. Twagiramungu (4).

Veel scherper en duidelijker is een telex van 1 maart
1994, eveneens vanwege ambassadeur Swinnen aan
het Ministerie van Buitenlandse Zaken te Brussel.
Hierin wordt gemeld dat de door het CDR opgerichte
RTLM « des déclarations inflammatoires appelant à

Le télex du 1er mars 1994, envoyé lui aussi par
l’ambassadeur Swinnen au Ministère des Affaires
étrangères à Bruxelles, est rédigé en des termes nettement plus tranchants et plus clairs. On y mentionne
que la chaîne RTLM créée par la CDR diffuse « des

——————

——————

(1) Hoorzitting met pater Theunis, POR, Senaat, 3 juni
1997, PV, blz. 11/10, 11/15, 11/16 en 11/17.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 122.
(3) Hoorzitting met generaal-majoor Uytterhoeven, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 366.
(4) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 70.

(1) Audition du père Theunis, CER, Sénat, 3 juin 1997, PV,
pp. 11/10, 11/15, 11/16 et 11/17.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 117.
(3) Audition du général major Uytterhoeven, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 25 avril 1997, p. 358.
(4) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 70.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 600 )

la haine — voire même l’extermination — de l’autre
composante ethnique de la population » de ether instuurt (1).
De telex — een synthese — van ambassadeur Swinnen over het bezoek van de heer Delcroix aan
Rwanda toont de bezorgdheid aan die minister Delcroix deelde betreffende RTLM: « Aan minister Delcroix werd beloofd de RTLM-uitzendingen te matigen. Eerste minister Agathe deelde de bezorgdheid
over RTLM. Zij meende dat Habyarimana medeverantwoordelijkheid voor de situatie droeg. Zij drong
aan om de internationale druk op de president te verhogen. Minister Delcroix wees op belangrijke
« échéances » » (2).
Ook enkele Rwandese politici getuigen voor de
commissie dat RTLM ethnisch gekleurde propaganda verspreidde en zich er over verheugde de
moord op Rwandese hooggeplaatste verantwoordelijken nominatief te kunnen aankondigen. Eerste
minister Dismas Nsengiyaremye : « Il y a eu émergence
d’une propagande « ethnisante » notamment au
niveau de la Radio des Mille Collines; lorsque de tels
discours sont répétés à longueur de journée, ils finissent par faire basculer une partie de la population et
par lui inculquer de telles idées. Le langage de la radio
Muhabura était, quant à lui, non violent mais tout
aussi insidieux : il appelait à l’armement et à la résistance à l’autre. On préparait donc un affrontement
des deux côtés. Ces différents éléments montrent,
selon moi, qu’il y a eu des facteurs favorisant
l’éclosion et l’extension d’une guerre civile aux conséquences incalculables » (3). (...) « Les milices Interahamwe ont également participé. La garde présidentielle s’est mise en action, de l’avis de la plupart des
gens. Celle-ci a participé physiquement aux massacres avec l’aide de quelques éléments d’autres unités.
Si, au niveau intérieur, on cherchait dans ces groupes,
on pourrait arriver à un résultat. Il est aussi question
de la Radio des Mille Collines. Ces appels à la haine
ethnique, aux massacres, etc. ne sont pas des appels
innocents mais criminels » (4).
Ook eerste minister Faustin Twagiramungu
getuigde dat de media een grote rol hebben gespeeld
bij het aanzetten tot de moorden : « RTLM a dit aux
gens : « Vous tuez, n’épargnez personne », après
l’accident de l’avion du président. Deuxièmement, il y
a la culture d’une impunité séculaire. »(5) (...) « On
vous dit que le travail fait par RTLM est regrettable,

déclarations inflammatoires appelant à la haine
— voire même l’extermination — de l’autre composante ethnique de la population » (1).
Le télex de synthèse de l’ambassadeur Swinnen,
concernant la visite de M. Delcroix au Rwanda,
montre les inquiétudes qu’éprouvait aussi le ministre
Delcroix à propos de RTLM : « On promit au ministre Delcroix que l’on veillerait à ce que RTLM
modère le ton de ses émissions. La Première ministre
Agathe partageait son inquiétude au sujet de RTLM.
Elle était d’avis que Habyarimana avait une part de
responsabilité dans les événements. Elle insista pour
que la communauté internationale intensifie ses pressions sur le président. Le ministre Delcroix mit
l’accent sur des « échéances » importantes » (2).
Quelques hommes politiques rwandais témoignent
également devant la commission que RTLM diffusait
de la propagande à connotation ethnique et se
réjouissait de pouvoir annoncer nommément
l’assassinat de certains politiques haut placés rwandais. L’ancien Premier ministre M. Dismas Nsengiyaremye déclare: « Il y a eu émergence d’une propagande
« ethnisante » notamment au niveau de la Radio des
Mille Collines; lorsque de tels discours sont répétés à
longueur de journée, ils finissent par faire basculer
une partie de la population et par lui inculquer de
telles idées. Le langage de la radio Muhabura était,
quant à lui, non violent mais tout aussi insidieux : il
appelait à l’armement et à la résistance à l’autre. On
préparait donc un affrontement des deux côtés. Ces
différents éléments montrent, selon moi, qu’il y a eu
des facteurs favorisant l’éclosion et l’extension d’une
guerre civile aux conséquences incalculables » (3)(...)
« Les milices Interahamwe ont également participé.
La garde présidentielle s’est mise en action, de l’avis
de la plupart des gens. Celle-ci a participé physiquement aux massacres avec l’aide de quelques éléments
d’autres unités. Si, au niveau intérieur, on cherchait
dans ces groupes, on pourrait arriver à un résultat. Il
est aussi question de la Radio des Mille Collines. Ces
appels à la haine ethnique, aux massacres, etc. ne sont
pas des appels innocents mais criminels. » (4)
Le Premier ministre Faustin Twagiramungu, lui
aussi, a déclaré que les médias ont joué un grand rôle
dans l’incitation au meurtre : « RTLM a dit aux gens :
« Vous tuez, n’épargnez personne », après l’accident
de l’avion du président. Deuxièmement, il y a la
culture d’une impunité séculaire. » (5) (...) « On vous
dit que le travail fait par RTLM est regrettable, mais il

——————

——————

(1) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 78.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 265.
(3) Hoorzitting met de heer Nsengiyaremye, POR, Senaat,
18 juni 1997, PV, blz. 3/5 en 3/6.
(4) Ibid., blz. 5/3 en 5/4.
(5) Hoorzitting met de heer Twagiramungo, POR, Senaat,
30 mei 1997, PV, blz. 4/4.

(1) Ibid., p. 78.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 259.
(3) Audition de M. Nsengiyaremye, CER, Sénat, 18 juin
1997, PV, pp. 3/5 et 3/6.
(4) Ibid., pp. 5/3 et 5/4 (CRA, p. 770).
(5) Audition de M. Twagiramungu, CER, Sénat,
30 mai 1997, PV, p. 4/4.

( 601 )

1 - 611/7 - 1997/1998

mais il est extraordinaire en termes d’incitation des
bourgmestres, des conseillers et autres à tuer. » (1)

est extraordinaire en termes d’incitation des bourgmestres, des conseillers et autres à tuer. » (1)

Mevrouw Mukeshimana, de weduwe van de gewezen minister van Buitenlandse Zaken van Rwanda,
brengt voor de commissie het schokkende relaas over
de moord op haar echtgenoot op 11 april : « Op
6 april belde een vriend ons omstreeks 20 uur op om te
zeggen dat de president wellicht was vermoord. Kort
daarna verspreidde Radio Mille Collines dezelfde
informatie. Wij hadden het voorgevoel dat een tragedie nakende was. (...) Later hebben zes militairen mijn
man meegenomen. Ik heb hem nooit meer teruggezien. Ik heb zijn overlijden vernomen via Radio Mille
Collines die zich verheugde over de uitroeiing van de
medeplichtigen van het RPF. » (2)

Mme Mukeshimana, veuve de l’ancien ministre des
Affaires étrangères du Rwanda, fait le récit choquant
du meurtre de son mari le 11 avril : « Le 6 avril, vers
20 heures, un ami nous a téléphoné pour nous dire
que le président aurait été assassiné. Peu après, la
Radio Mille Collines diffusait la même information.
Nous pressentions le drame. (...) six militaires de la
garde présidentielle ont emmené mon mari. Je ne l’ai
jamais revu. J’ai appris sa mort par la radio Mille
Collines, qui se réjouissait de l’extermination des
complices du FPR. » (2)

De heer Gasana Ndoba, een vertegenwoordiger
van het comité voor de eerbiediging van de mensenrechten en de democratie in Rwanda (CRDDR), zei
voor de commissie dat : « de media van de haat, in het
bijzonder Radio Mille Collines een doorslaggevende
rol speelden bij de bestendiging van de ontluikende
haat. » (3)

M. Gasana Ndoba, représentant du Comité pour le
Respect des Droits de l’homme et de la Démocratie au
Rwanda (CRDDR), a déclaré devant la commission
que « les médias de la haine, en particulier la radio des
Mille Collines, jouèrent un rôle déterminant dans la
consolidation de la haine naissante. » (3)

De heer Degni-Sequi, speciaal rapporteur van de
VN voor de mensenrechten, haalt verschillende elementen aan die wijzen op de voorbereiding en de uitvoering van de genocide, waaronder de zeer belangrijke rol van RTLM : « Mon rapport préliminaire
indiquait un faisceau d’indices concordants quant à
une planification. Ces indices sont au nombre de
quatre :

M. Degni-Segui, rapporteur spécial de l’ONU en
matière de droits de l’homme, relève différents
éléments concernant la préparation et l’exécution du
génocide, parmi lesquels le rôle important de RTLM :
« Mon rapport préliminaire indiquait un faisceau
d’indices concordants quant à une planification. Ces
indices sont au nombre de quatre :

— l’incitation à la haine ethnique par la Radio Mille
Collines;

— l’incitation à la haine ethnique par la Radio Mille
Collines;

— la distribution d’armes en provenance de dépôts;
en outre, les miliciens Interahamwe étaient entraînés;

— la distribution d’armes en provenance de dépôts;
en outre, les miliciens Interahamwe étaient entraînés;

— la célérité exceptionnelle avec laquelle les événements se sont produits; le gouvernement intérimaire a
été constitué et les barricades dressées en l’espace
— selon les informations que j’ai reçues — de 30 à
45 minutes;

— la célérité exceptionnelle avec laquelle les événements se sont produits; le gouvernement intérimaire a
été constitué et les barricades dressées en l’espace
— selon les informations que j’ai reçues — de 30 à
45 minutes;

— enfin, des listes de personnes qui devaient être
arrêtées circulaient.

— enfin, des listes de personnes qui devaient être
arrêtées circulaient.

Il convenait d’effectuer des vérifications à propos
de l’ensemble de ces indices.

Il convenait d’effectuer des vérifications à propos
de l’ensemble de ces indices.

Les investigations faites par les observateurs
déployés sur le terrain et par les observateurs du Tribunal pénal international ont abouti à la découverte

Les investigations faites par les observateurs déployés sur le terrain et par les observateurs du Tribunal pénal international ont abouti à la découverte de

——————

——————

(1) Ibid., blz. 8/2.
(2) Hoorzitting met mevr. Mukeshimana, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 18.
(3) Hoorzitting met de h. Gasana Ndoba, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 17.

(1) Ibid., p. 8/2.
(2) Audition de Mme Mukeshimana, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 19 février 1997, p. 17.
(3) Audition de M. Gasana Ndoba, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 16.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 602 )

de fosses communes, de documents, de cassettes
audio de radio Mille Collines incitant à la haine. La
traduction de ces enregistrements montrant une distinction entre les émissions diffusées en Kiruyawanda, ces dernières amenant à se prononcer sur
l’assassinat. » (1)... « J’en viens à présent aux causes
du génocide; j’en vois essentiellement trois ou quatre,
car je pourrais également parler des causes économiques et socio-culturelles.

fosses communes, de documents, de cassettes audio
de radio Mille Collines incitant à la haine. La traduction de ces enregistrements montrant une distinction
entre les émissions diffusées en Kiruyawanda, ces
dernières amenant à se prononcer sur l’assassinat. » (1) « J’en viens à présent aux causes du génocide; j’en vois essentiellement trois ou quatre, car je
pourrais également parler des causes économiques et
socio-culturelles.

La troisième cause était l’incitation à la haine ethnique. Vous avez entendu de nombreux experts dans le
cadre de cette commission d’enquête et ils ont dû vous
parler de la radio-télévision Mille Collines qui incitait
à la haine ethnique et ne s’en cachait pas. » (2)

La troisième cause était l’incitation à la haine ethnique. Vous avez entendu de nombreux experts dans le
cadre de cette commission d’enquête et ils ont dû vous
parler de la radio-télévision Mille Collines qui incitait
à la haine ethnique et ne s’en cachait pas. » (2)

Mevrouw Alison Des Forges verklaart: « Radio
RTLM werd trouwens meteen daarna opgericht om
de uitvoering van de akkoorden te dwarsbomen. Tussen augustus en eind 1993 kochten de Interahamwe
een groot aantal machetes in Kigali. Een belangrijk
zakenman en financier van RTLM voerde er zelfs
25 ton van in. Het is dus duidelijk dat er toen reeds
een plan bestond om de oorlog te herbeginnen en
burgers als doelwit te nemen. » (3)

Mme Alison Des Forges déclare : « La radio RTLM
fut d’ailleurs créée tout de suite après pour contrecarrer l’exécution des accords. Entre le mois d’août et la
fin de l’année 1993, les Interahamwes achetèrent un
grand nombre de machettes à Kigali. Un homme
d’affaires et financier important de RTLM en fit
même importer 25 tonnes de l’extérieur. Il est donc
clair qu’il existait déjà à ce moment un projet de
recommencer la guerre en prenant des civils pour
cibles. » (3)

In « Les médias du génocide », geeft Jean-Pierre
Chrétien een meer gedetailleerde vergelijking tussen
Radio Rwanda en RTLM : « Wat was de invloed van
die media op de bevolking ? De doelgroep van de
kranten was de elite, die ontegensprekelijk een
belangrijke rol hebben gespeeld in de genocide.
RTLM was gericht op de bezitters van een radiotoestel. Een Duitse dokter vertelde hoe een arts werd vermoord enkele dagen nadat hij door RTLM als
sympathisant van de MPLR (Mouvement Populaire
pour la Libération du Rwanda) was gebrandmerkt. » (4) (...) « Wij hebben de inhoud van de
radio-informatie bestudeerd aan de hand van opnames gemaakt tijdens de volkenmoord. Drie vierde van
deze opnames komen van RTLM, er zijn er ook van
radio Rwanda. Tijdens deze periode zijn beide
radio’s ideologisch op elkaar afgestemd, maar hebben
ze een verschillende stijl; radio Rwanda is meer klassiek en RTLM interactief en muzikaal. Voor de
volkenmoord is de informatieve inhoud van beide
radio’s niet dezelfde. De officiële radio geeft evenwichtiger informatie. Zij lokt trouwens een golf van
protest uit wanneer ze in maart 1992 ontspoort. ...
Niet alleen de radio maakt de publieke opinie. Men
moet ook de pers, het onderwijs, de parochies en de

Dans « Les Médias du Génocide », M. Jean-Pierre
Chrétien fait une comparaison plus détaillée entre
Radio Rwanda et RTLM : « Quelle fut l’influence de
ces médias sur la population ? Les journaux visaient
l’élite, dont on ne peut éluder le rôle important dans le
génocide. RTLM visait les détenteurs de postes. Un
docteur allemand raconte comment un médecin fut
massacré quelques jours après avoir été dénoncé par
RTLM comme sympathisant du MPLR. » (4) (...)
« Nous avons étudié le contenu de l’information
radiophonique à partir d’enregistrements faits durant
le génocide. Trois quarts de ces enregistrements
proviennent de RTLM; il y en a aussi de Radio
Rwanda. Durant cette période, il y a alignement idéologique des deux radios et dans des styles différents,
plus classique pour radio Rwanda, plus interactif et
musical pour RTLM. Avant le génocide, le contenu
informatif des deux radios n’est pas le même. La radio
officielle offre des informations plus équilibrées.
D’ailleurs, quand, en mars 1992, elle dérape, il y a un
concert de protestations. ... Mais la radio n’est pas
seule à construire l’opinion publique; il faudrait
étudier aussi la presse, l’enseignement, la formation
paroissiale, les discours dans les sections du parti
unique. Il me semble que la population rwandaise a

——————

——————

(1) Hoorzitting met de h. Degni-Segui, POR, Senaat, 17 juni
1997, PV, blz. 35/6-35/8 (PV, blz. 776).
(2) Ibid., blz. 36/2 en 36/4 (BV, blz. 776).
(3) Hoorzitting met mevr. Des Forges, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 februari 1997, blz. 33.
(4) Hoorzitting met de h. Chrétien, BV, BCR, Senaat, 19961997, 26 maart 1997, blz. 247.

(1) Audition de M. Degni-Segui, CER, Sénat, 17 juin 1997,
PV, pp. 35/6-35/8.
(2) Ibid., pp. 36/2 et 36/4.
(3) Audition de Mme Des Forges, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 février 1997, p. 33.
(4) Audition de M. Chrétien, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 241.

( 603 )

1 - 611/7 - 1997/1998

toespraken in de secties van de eenheidspartij bestuderen. Volgens mij was het voor de Rwandese bevolking zeer moeilijk om weerstand te bieden aan de
etnische tegenstellingen. Rwandese leerkrachten
wilden ze bestrijden. De openbare opinie was echter
verlamd door de etnische obsessie. Radio Rwanda
was echter niet zo racistisch als RTLM. » (1)

eu beaucoup de mal à résister à une opposition ethnique constamment mise en scène. Combattre cette
mise en scène était un objectif intellectuel que
s’étaient fixé des enseignants au Rwanda. Mais il était
clair que l’opinion était enfermée dans l’obsession
ethnique. Pourtant, radio Rwanda n’était pas aussi
raciste que RTLM. » (1)

Professor Prunier meent dat er een gespannen klimaat werd gecreëerd en dat er angst heerste onder de
mensen: « Il est vrai que le climat était extrêmement
lourd et que, dans ce cas, des actes extrêmes se produisent plus facilement que dans un climat détendu. Il
faut dire que, pendant toute cette période, des attentats inexpliqués se multipliaient. On jetait par
exemple tout à coup une grenade dans un marché.
Une mine sautait sur une route, non dans une zone de
combat car il n’y avait plus de combats depuis février
1993. Ces attentats n’étaient jamais revendiqués.
Évidemment, la radio des Mille Collines et la machine
de propagande du noyau dur des génocidaires était au
travail. Ils disaient : « Vous allez voir, il va se passer
des choses terribles. » Certaines chansons populaires
ont même été composées en ce sens en disant : « Vous
allez voir, on va se réveiller un matin et il va se passer
quelque chose. » Un climat de paranoı̈a se développait. » (2) À la limite, même quand vous étiez un
étranger comme moi, vous le sentiez et vous aviez
peur sans que cette peur soit bien identifiable. Vous
aviez peur d’une atmosphère comme dans un film
d’épouvante dans lequel on sait qu’il va se passer
quelque chose de terrible mais on ne sait pas quoi.
Que dans ce climat, il y ait une sorte de détente
nerveuse dans le fait de passer à l’action et de tuer, je
peux le concevoir, mais cela ne veut pas dire que je
l’approuve. Cela a été un soulagement pour certains.
Enfin, cette chose innommée et innommable que nous
attendions depuis des mois est enfin arrivée. Mais là,
ce n’est plus de la psychologie, c’est de la politique. » (3)

Le professeur Prunier estime que l’on a créé un
climat de tension et que l’angoisse régnait : « Il est vrai
que le climat était extrêmement lourd et que, dans ce
cas, des actes extrêmes se produisent plus facilement
que dans un climat détendu. Il faut dire que, pendant
toute cette période, des attentats inexpliqués se multipliaient. On jetait par exemple tout à coup une
grenade dans un marché. Une mine sautait sur une
route, non dans une zone de combat car il n’y avait
plus de combats depuis février 1993. Ces attentats
n’étaient jamais revendiqués. Évidemment, la radio
des Mille Collines et la machine de propagande du
noyau dur des génocidaires était au travail. Ils
disaient : « Vous allez voir, il va se passer des choses
terribles. » Certaines chansons populaires ont même
été composées en ce sens en disant : « Vous allez voir,
on va se réveiller un matin et il va se passer quelque
chose. » Un climat de paranoı̈a se développait. (2) À
la limite, même quand vous étiez un étranger comme
moi, vous le sentiez et vous aviez peur sans que cette
peur soit bien identifiable. Vous aviez peur d’une
atmosphère comme dans un film d’épouvante dans
lequel on sait qu’il va se passer quelque chose de terrible mais on ne sait pas quoi. Que dans ce climat, il y
ait une sorte de détente nerveuse dans le fait de passer
à l’action et de tuer, je peux le concevoir, mais cela ne
veut pas dire que je l’approuve. Cela a été un soulagement pour certains. Enfin, cette chose innommée et
innommable que nous attendions depuis des mois est
enfin arrivée. Mais là, ce n’est plus de la psychologie,
c’est de la politique. » (3)

Journaliste Els De Temmerman getuigt eveneens
dat RTLM de theorie van de dubbele genocide verspreidde om zodoende de bevolking tegen elkaar op
te hitsen : « De versie dan van de dubbele genocide.
Allereerst moet ik zeggen dat dat de kern was van het
propaganda-apparaat. Op Radio Mille Collines werd
constant gezegd dat het RPF overal moordpartijen
uitvoerde. In de vluchtelingenkampen van Ngara was
ik getuige van het feit dat 250 000 vluchtelingen op
een etmaal de grens met Tanzania overstaken.

La journaliste Els De Temmerman affirme aussi
que RTLM diffusait la théorie du double génocide
afin de soulever la population : « De versie dan van de
dubbele genocide. Allereerst moet ik zeggen dat dat
de kern was van het propaganda-apparaat. Op Radio
Mille Collines werd constant gezegd dat het RPF
overal moordpartijen uitvoerde. In de vluchtelingenkampen van Ngara was ik getuige van het feit dat
250 000 vluchtelingen op een etmaal de grens met
Tanzania overstaken.

Het was geen massa die in paniek, hals over kop, op
de vlucht geslagen was. Deze mensen hadden al hun
bezittingen bij, matrassen, geiten, graanzakken,

Het was geen massa die in paniek, hals over kop, op
de vlucht geslagen was. Deze mensen hadden al hun
bezittingen bij, matrassen, geiten, graanzakken,

——————

——————

(1) Ibid., blz. 249.
(2) Hoorzitting met de heer Prunier, POR, Senaat, 11 juni
1997, PV, blz. 18/2 en 18/3.
(3) Ibid., blz. 18/3 en 18/4 (PV, blz. 727).

(1) Ibid., p. 243.
(2) Audition de M. Prunier, CER, Sénat, 11 juin 1997, PV,
pp. 18/2 et 18/3.
(3) Ibid., pp. 18/3 et 18/4.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 604 )

kookgerei. Zij waren ook niet getraumatiseerd,
hadden geen bloed aan de kleren, hadden al hun
kinderen bij zich. Er klopte iets niet. » (1)

kookgerei. Zij waren ook niet getraumatiseerd,
hadden geen bloed aan de kleren, hadden al hun
kinderen bij zich. Er klopte iets niet. » (1)

De commissie stelt vast dat de massamedia, en in
het bijzonder RTLM, een beslissende rol gespeeld
hebben in de voorbereiding en de onmiddellijke aanzet tot de genocide. Ook tijdens de eerste dagen en
weken van de genocide gaat RTLM verder met het
opruien van de bevolking, zodat de volkerenmoord
van 1994 niet meer te stoppen valt.

La commission constate que les médias et, en particulier, RTLM, ont joué un rôle déterminant dans la
préparation et dans le déclenchement immédiat du
génocide. Au cours des premiers jours et même des
premières semaines du génocide de 1994, RTLM
allait continuer à exciter la population, si bien qu’il
devint impossible d’arrêter les atrocités.

3.11.2. Door wie en met welke middelen werd
RTLM opgericht ?

3.11.2. Par qui et avec quels moyens RTLM a-t-elle
été fondée ?

In dit onderdeel gaat de commissie na wanneer,
door wie, en met welke middelen radio RTLM werd
opgericht. Vervolgens doet de commissie een aantal
vaststellingen omtrent mogelijke bindingen met de
hoogste kringen in Rwanda zelf, en ook naar eventuele contacten met Belgische en Europese politieke
partijen of groeperingen.

Dans cette sous-section, la commission examine
quand, par qui et avec quels moyens la radio RTLM a
été fondée. Elle fait ensuite une série de constatations
concernant d’éventuels liens avec les plus hautes sphères au Rwanda même, ainsi que d’éventuels contacts
avec des partis ou des groupements politiques belges
et européens.

3.11.2.1. De oprichting van RTLM

3.11.2.1. La fondation de RTLM

Ambassadeur Swinnen geeft hieromtrent een erg
precieze getuigenis: « Radio RTLM werd in april 1993
opgericht en zond voor het eerst uit op 8 juli 1993,
vóór de akkoorden van Arusha. Ik herinner mij niet
dat de akkoorden in die uitzendingen van bij het
begin zijn gehekeld. Tegen het eind van het jaar zijn
wij ons van de nefaste invloed van die radio bewust
geworden. » (2)

L’ambassadeur Swinnen fait à ce sujet un témoignage très précis : « La radio RTLM a été fondée en
avril 1993 et a émis le 8 juillet 1993 pour la première
fois, c’est-à-dire avant les accords d’Arusha. Je ne me
souviens pas qu’ils aient conspué les accords dès le
départ. Nous avons pris conscience de l’influence
néfaste de cette radio vers la fin de l’année. » (2)

De heer Pierre Houtmans, die zich bezighoudt met
Radio Contact in België en die tevens tracht radiostations op te zetten in het buitenland, verklaarde voor
de commissie dat hij in 1992 door enkele Rwandezen
werd gecontacteerd in verband met een mogelijke
samenwerking tot oprichting van RTLM : « En
novembre 1992, j’ai été contacté par des responsables
rwandais qui avaient l’intention de monter une radio
devenue ensuite Radio Mille Collines. Ces deux
personnes étaient M. Ferdinand Nahimana et
M. Joseph Serugendu. Ils nous ont téléphoné à
Bruxelles puisqu’ils étaient sur place avec l’intention
de voir quelles étaient les possibilités de fournir un
matériel pour organiser une radio au Rwanda.
M. Ferdinand Nahimana s’est présenté comme
l’ancien directeur de l’office rwandais de
l’information et comme professeur d’université.
M. Serugendu Joseph comme directeur technique
d’ORINFOR qui est en fait l’office rwandais de

M. Pierre Houtmans, qui s’occupe de Radio
Contact en Belgique et qui tente également de mettre
sur pied des stations radiophoniques à l’étranger, a
déclaré devant la commission qu’il avait été contacté
par quelques Rwandais en 1992 à propos d’une collaboration éventuelle à la fondation de RTLM : « En
novembre 1992, j’ai été contacté par des responsables
rwandais qui avaient l’intention de monter une radio
devenue ensuite Radio Mille Collines. Ces deux
personnes étaient M. Ferdinand Nahimana et
M. Joseph Serugendu. Ils nous ont téléphoné à
Bruxelles puisqu’ils étaient sur place avec l’intention
de voir quelles étaient les possibilités de fournir un
matériel pour organiser une radio au Rwanda.
M. Ferdinand Nahimana s’est présenté comme
l’ancien directeur de l’office rwandais de
l’information et comme professeur d’université.
M. Serugendu Joseph comme directeur technique
d’ORINFOR qui est en fait l’office rwandais de

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw De Temmerman, POR,
Senaat,
28 mei 1997, PV, blz. 30/7, 30/9 en 30/10.
(2) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 139.

(1) Audition de Mme De Temmerman, CER, Sénat, 28 mai
1997, PV, pp. 30/7, 30/9 et 30/10.
(2) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
3 juin 1997, p. 135.

( 605 )

1 - 611/7 - 1997/1998

l’information, le ministère de l’information de
l’époque. J’ai, de leur écriture, leurs propres informations. L’objet de leur demande du
11 novembre 1992 était assez précis : les possibilités
d’organiser de manière matérielle, la mise sur pied
d’une radio à Kigali, avec des réémetteurs dans deux
autres points du Rwanda. Ceci était lié au fait, selon
eux, de la libéralisation des ondes qui allait
s’organiser au Rwanda. Ils souhaitaient pouvoir
développer un média privé par rapport aux médias
officiels. En tant que société commerciale, nous avons
donc traité cette offre comme une autre. Nous avons
été en relations commerciales avec ces deux personnes
entre novembre 1992 et juin 1993. M. Nahimana et
M. Serugendu sont venus régulièrement à Bruxelles
dans le but de développer ce projet. Dans l’intervalle
nous avons eu de nombreux fax et correspondances
téléphoniques avec ces deux personnes ainsi que
des réunions à Bruxelles. Chaque fois que
MM. Nahimana et Serugendu étaient à Bruxelles, ils
logeaient dans différents hôtels, notamment l’hôtel
Résidence du groupe WTC et l’hôtel Palace. Les réunions ont eu lieu dans ces hôtels ou au siège de Radio
Contact à Bruxelles. Diverses offres, contre-offres ont
été faites, j’ai à votre disposition un certain nombre de
fax émanant du Rwanda ainsi que les réponses. Au
fur et à mesure des discussions, nous avons mis au
point ce projet de radio. Subitement le 1er mai 1993,
ils nous ont dit qu’ils ne voulaient pas donner suite à
notre offre. Ils avaient acheté des émetteurs en Allemagne, mais ils voulaient poursuivre leurs relations
avec nous pour des studios. Notre dernière offre date
du 22 juin 1993. Suite à cela, j’ai reçu un coup de fil du
Rwanda. Ils avaient trouvé mieux ailleurs concernant
notre offre radio. On a alors arrêté toute relation
commerciale avec ces deux personnes fin juin 1993.
J’ai été informé à l’automne 1993, de la mise sur pied
de la radio par M. Siméon Musengimana qui
s’occupait d’un centre de recherche-action et de
formation des agents de développement. La radio
émettait sur 106.4 à Kigali et du matériel avait été livré
au départ de la Belgique par des fournisseurs belges. À
l’époque je ne connaissais pas leur nom, mais la spécification du matériel qui m’a été donnée par cette
personne me fait dire que les studios ont été fournis
par la firme Van Rompaey à Malines.

l’information, le ministère de l’information de
l’époque. J’ai, de leur écriture, leurs propres informations. L’objet de leur demande du
11 novembre 1992 était assez précis : les possibilités
d’organiser de manière matérielle, la mise sur pied
d’une radio à Kigali, avec des réémetteurs dans deux
autres points du Rwanda. Ceci était lié au fait, selon
eux, de la libéralisation des ondes qui allait
s’organiser au Rwanda. Ils souhaitaient pouvoir
développer un média privé par rapport aux médias
officiels. En tant que société commerciale, nous avons
donc traité cette offre comme une autre. Nous avons
été en relations commerciales avec ces deux personnes
entre novembre 1992 et juin 1993. M. Nahimana et
M. Serugendu sont venus régulièrement à Bruxelles
dans le but de développer ce projet. Dans l’intervalle
nous avons eu de nombreux fax et correspondances
téléphoniques avec ces deux personnes ainsi que
des réunions à Bruxelles. Chaque fois que
MM. Nahimana et Serugendu étaient à Bruxelles, ils
logeaient dans différents hôtels, notamment l’hôtel
Résidence du groupe WTC et l’hôtel Palace. Les
réunions ont eu lieu dans ces hôtels ou au siège de
Radio Contact à Bruxelles. Diverses offres, contreoffres ont été faites, j’ai à votre disposition un certain
nombre de fax émanant du Rwanda ainsi que les
réponses. Au fur et à mesure des discussions, nous
avons mis au point ce projet de radio. Subitement le
1er mai 1993, ils nous ont dit qu’ils ne voulaient pas
donner suite à notre offre. Ils avaient acheté des émetteurs en Allemagne, mais ils voulaient poursuivre
leurs relations avec nous pour des studios. Notre
dernière offre date du 22 juin 1993. Suite à cela, j’ai
reçu un coup de fil du Rwanda. Ils avaient trouvé
mieux ailleurs concernant notre offre radio. On a
alors arrêté toute relation commerciale avec ces deux
personnes fin juin 1993. J’ai été informé à l’automne
1993, de la mise sur pied de la radio par M. Siméon
Musengimana qui s’occupait d’un centre de recherche-action et de formation des agents de développement. La radio émettait sur 106.4 à Kigali et du matériel avait été livré au départ de la Belgique par des
fournisseurs belges. À l’époque je ne connaissais pas
leur nom, mais la spécification du matériel qui m’a été
donnée par cette personne me fait dire que les studios
ont été fournis par la firme Van Rompaey à Malines.

Ceci évidemment d’après les informations de la
personne que je viens de citer. Je n’ai jamais été en
Afrique, je ne me suis jamais rendu au Rwanda, donc
je n’ai pas pu le vérifier de visu. » (1) ... « Le budget en
discussion était de l’ordre de neuf millions de francs
belges. » (2) ... « On nous a demandé de fournir du
matériel pour une station de radio. Nous avons fait
une offre pour fournir ce matériel.

Ceci évidemment d’après les informations de la
personne que je viens de citer. Je n’ai jamais été en
Afrique, je ne me suis jamais rendu au Rwanda, donc
je n’ai pas pu le vérifier de visu. » (1) (...) « Le budget
en discussion était de l’ordre de neuf millions de
francs belges. » (2) (...) « On nous a demandé de
fournir du matériel pour une station de radio. Nous
avons fait une offre pour fournir ce matériel.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Houtmans, POR, Senaat, 3 juni
1997, PV, blz. 33/38.
(2) Ibid., blz. 33/16.

(1) Audition de M. Houtmans, CER, Sénat, 3 juin 1997, PV,
p. 33/38.
(2) Ibid., p. 33/16.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 606 )

Le contenu, c’est la responsabilité de l’entreprise
qui l’organise. Ce n’est pas nous qui faisons la radio
là-bas. On est des fournisseurs d’équipements, de
know-how. Comment les gens l’utilisent, c’est clairement le problème de la ligne éditoriale. Quand je me
suis rendu compte, comme vous tous, j’ai été atterré
quand j’ai appris, en avril 1994 — pas avant — ce qui
s’était passé.

Le contenu, c’est la responsabilité de l’entreprise
qui l’organise. Ce n’est pas nous qui faisons la radio
là-bas. On est des fournisseurs d’équipements, de
know-how. Comment les gens l’utilisent, c’est clairement le problème de la ligne éditoriale. Quand je me
suis rendu compte, comme vous tous, j’ai été atterré
quand j’ai appris, en avril 1994, pas avant - ce qui
s’était passé.

Nous avons demandé les informations puisqu’au
début des discussions qui ont eu lieu fin novembre
1992, la société RTLM n’était pas créée. Nous avons
demandé quel allait être l’interlocuteur qui allait
acheter ce matériel physiquement, et ce n’est qu’en
mai 1993 que nous avons disposé des statuts, du
« business plan » et de la demande formelle visant à un
achat éventuel de matériel. Au départ, deux personnes physiques venaient discuter d’un éventuel projet.

Nous avons demandé les informations puisqu’au
début des discussions qui ont eu lieu fin novembre
1992, la société RTLM n’était pas créée. Nous avons
demandé quel allait être l’interlocuteur qui allait
acheter ce matériel physiquement, et ce n’est qu’en
mai 1993 que nous avons disposé des statuts, du
« business plan », et de la demande formelle visant à
un achat éventuel de matériel. Au départ, deux
personnes physiques venaient discuter d’un éventuel
projet.

Il y a eu plusieurs versions des statuts. J’ai reçu une
version que j’ai remise à la gendarmerie. Je n’ai plus
de copie. » (1)

Il y a eu plusieurs versions des statuts. J’ai reçu une
version que j’ai remise à la gendarmerie. Je n’ai plus
de copie. » (1)

3.11.2.2. De mogelijke bindingen tussen RTLM en
de hoogste kringen in Kigali

3.11.2.2. Les liens éventuels entre RTLM et les
plus hautes sphères de Kigali

De commissie beschikt over de bijlage bij de statuten van RTLM, getekend op 7 april 1993, waarin zich
een lijst bevindt met 50 « fondateurs ». Tussen deze
oprichters merken we de volgende namen op :

La commission dispose d’une annexe aux statuts de
RTLM signée le 7 avril 1993, dans laquelle se trouve
une liste de 50 fondateurs. Parmi ceux-ci, nous notons
les noms suivants :

— Jean-Bosco Barayagwiza, directeur bij buitenlandse zaken (CDR)

— Jean-Bosco Barayagwiza, directeur aux Affaires étrangères (CDR)

— Ferdinand Nahimana, ex-directeur ORINFOR
en Radio Rwanda

— Ferdinand Nahimana, ancien
d’ORINFOR et de Radio Rwanda

— Felicien Kabuga, industrieel, voorzitter van de
administratieve raad van RTLM en één van de
belangrijkste financiers
— Pasteur Musabe
— Télesphore Bizimuingu
— André Ntagurura, minister
— Jean Habyarimana, voorzitter MRND Kigali

— Felicien Kabuga, industriel, président du
conseil d’administration de la RTLM et l’un des principaux bailleurs de fonds
— Le pasteur Musabe
— Télesphore Bizimuingu
— André Ntagurura, ministre
— Jean Habyarimana, président du MRND
Kigali
À la demande de la Commission spéciale Rwanda,
des comptes ont été vérifiés à la BBL, pour donner une
meilleure idée des fonds dont disposait RTLM. Le
27 août 1993, on trouve sur ce compte une somme de
49 990 francs, qui résulte de 42 actions. Parmi les
actionnaires, nous retrouvons :

Op verzoek van de bijzondere commissie Rwanda,
werden rekeningen nagetrokken bij de BBL om een
beter inzicht over de fondsen van RTLM te verkrijgen. Op 27 augustus 1993 staat op deze rekening een
som van 49 990 frank, welk het resultaat is van
42 aandelen. Tussen de aandeelhouders vinden we
terug :
— Eugène Nahimana (3 aandelen)
— Georges Ruggiu (2 aandelen goed voor
2 380 frank.)
— Paulin Murayi (2 aandelen)
——————
(1) Ibid., blz. 34/9, 34/10, 34/12 en 34/13.

— Eugène Nahimana (3 actions)
— Georges Ruggiu (2 actions
2 380 francs)
— Paulin Murayi (2 actions)
——————
(1) Ibid., pp. 34/9, 34/10 et 34/13.

directeur

représentant

( 607 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— rekeninghouders : Papias Ngaboyamahina en
Joseph-Désiré Ruhigira.

— détenteurs du compte : Papias Ngaboyamahina
et Joseph-Désiré Ruhigira.

Kolonel Vincent, hoofd van de MTS-CTM in
Kigali, meent dat RTLM werd opgericht in een antiUNAMIR kader, en dat de propaganda van het allerlaagste allooi was. Hij bevestigt dat : « sommigen van
de oprichters van RTLM behoorden tot de entourage
van de president. » (1)

Le colonel Vincent, chef du CTM à Kigali, estime
que RTLM a été fondée dans un cadre anti-MINUAR
et que la propagande était une propagande de très bas
niveau. Il confirme que : « certains des fondateurs de
RTLM gravitaient dans l’entourage du président. » (1)

Ambassadeur Swinnen stelt dat hij zich bewust was
van de banden van RTLM : « Reeds in januari heb ik
erop gewezen dat de heer Kabuga kennelijk een aandeelhouder van RTLM was en dat de heer Ferdinand
Nahimana, die als minister van hoger onderwijs in de
overgangsregering werd voorgesteld, in dat radiostation een grote rol speelde. De heer Barayagiwiza, die
in het ministerie van Buitenlandse Zaken een hoog
ambt bekleedde en die één van de stichters van de
extremistische CDR-partij was, speelde ook een rol in
RTLM. Naar verluidt was de heer Kabuga een grote
geldschieter van het MRND. » (2)

L’ambassadeur Swinnen déclare qu’il était conscient des liens de RTLM : « Dès janvier, j’ai signalé
que M. Kabuga était manifestement actionnaire de
RTLM et que M. Ferdinand Nahimana, que l’on
proposait comme ministre de l’enseignement supérieur du gouvernement de transition, jouait un rôle
important dans cette radio. M. Barayagwiza, qui
occupait des fonctions importantes au ministère des
Affaires étrangères et qui était un des fondateurs du
parti extrémiste CDR, jouait aussi un rôle à RTLM.
Selon certaines informations, M. Kabuga était un
important bailleur de fonds du MRND. » (2)

Toenmalig minister van Buitenlandse Zaken,
Willy Claes, vernam tijdens zijn verblijf in Rwanda
van verscheidene vertegenwoordigers van de internationale gemeenschap dat RTLM gerund en gefinancieerd werd door de schoonbroer van de president. (3)

Au cours de son séjour au Rwanda, divers représentants de la communauté internationale avaient
communiqué à M. Willy Claes, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, que RTLM était gérée et
financée par le beau-frère du président. (3)

Zijn collega van Landsverdediging, Leo Delcroix
had sterke vermoedens dat de president zelf aandelen
zou hebben in RTLM maar « dat waren vermoedens.
Ik weet niet vanwaar die informatie kwam. » (4).

M. Leo Delcroix, son collègue de la Défense nationale, avait de fortes présomptions que le président
était lui-même actionnaire de RTLM : « dat waren
vermoedens. Ik weet niet vanwaar die informatie
kwam. » (4)

Enkele Rwandese mensenrechtenactivisten zijn
daarentegen formeel in hun getuigenis, en verklaren
dat de president zelf rechtstreeks in verband stond
met RTLM.

Par contre, certaines personnes actives dans le
mouvement rwandais de défense des droits de
l’homme ont déclaré formellement dans le cadre de
leur témoignage que le président était lui-même directement lié à RTLM.

De heer Gasana Ndoba, vertegenwoordiger van
het CRDDR verklaarde voor de commissie dat hij een
perscommuniqué uitgaf ter gelegenheid van de
aanwezigheid van president Habyarimana op de
begrafenis van Koning Boudewijn op 6 augustus
1993. « In dat communiqué werd tevens onderstreept
dat president Habyarimana duidelijk dubbel spel
speelde. Het was algemeen bekend dat hij de
meerderheidsaandeelhouder van Radio Mille

M. Gasana Ndoba, représentant du CRDDR, a
déclaré devant la commission qu’il avait émis un
communiqué de presse à l’occasion de la présence du
président Habyarimana à l’enterrement du roi
Baudouin le 6 août 1993 : « Ce communiqué soulignait également que le président Habyarimana jouait
manifestement un double jeu. Il était notoirement
l’actionnaire majoritaire de la Radio « Mille Collines. » (5) ... « En ce qui concerne la RTLM, les liens

——————

——————

(1) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 131.
(2) Hoorzitting met ambassadeur Swinnen, BV, BCR, Senaat, 1996-1997, 12 maart 1997, blz. 139.
(3) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 18 april 1997, blz. 303.
(4) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV (BV, blz. 801 en 802).
(5) Hoorzitting met de heer Gasana Ndoba, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 19 februari 1997, blz. 16.

(1) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 127.
(2) Audition de l’ambassadeur Swinnen, CRA, CSR, Sénat,
1996-1997, 12 mars 1997, p. 135.
(3) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
18 avril 1997, p. 297.
(4) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV
(CRA, p. 784).
(5) Audition de M. Gasana Ndoba, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 16.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 608 )

Collines was. (1)... « Wat RTLM betreft, staat het
verband met de president vast. Zijn naam is
teruggevonden op bepaalde documenten van de
bank. Op die documenten staat ook de naam van
andere personen, van wie sommigen in Frankrijk en
anderen in Canada wonen. » (2)

avec le président sont bien établis. Son nom a pu être
relevé sur certains documents bancaires. Les noms
d’autres personnes y figurent également. Il y a, parmi
celles-ci, des personnes qui sont domiciliées en France
et d’autres qui le sont au Canada. » (2)

« Uit de documenten die de heer Gasana Ndoba
aan de commissie overgemaakt heeft blijkt dat bij de
Rwandese banken BACAR, BCR en BK op
25 augustus 1993 minstens 1 970 personen ingetekend
hebben op het kapitaal van RTLM en dit voor een
totaal bedrag van 16 607 000 Rwandese frank. De
grootste bedragen waren afkomstig van president
Habyarimana (1 000 000) (6 %) de heer Basoboso
(600 000) en de heren Bagaragaza, Kabuga en
Rwabukumba (ieder 500 000). Uit dit document
blijkt evenzeer dat zij met dit bedrag uitzendpylonen,
een zender en studiomateriaal gekocht hebben. »

« Les documents que M. Gasana Ndoba a remis à la
commission montrent que le 25 août 1993,
1 970 personnes au moins ont souscrit, auprès des
banques rwandaises BACAR, BCR et BK, au capital
de la RTLM, et ce pour un montant total de
16 607 000 francs rwandais. Les montants les plus
importants venaient du président Habyarimana
(1 000 000) (6 %), de M. Basoboso (600 000) et de
MM. Bagaragaza, Kabuga et Rwabukumba (chacun
500 000). Ce document montre également qu’avec cet
argent, l’on a acheté des pylônes d’émission, un émetteur et du matériel de studio. »

Ook de heer Nsanzuwera benadrukt de band
tussen RTLM en de president: « Voor de Rwandezen
is het duidelijk dat de president met RTLM nauwe
banden had. De voorzitter van de raad van bestuur
was immers familie van hem. De eigenaar van het
radiostation behoorde tot de MRND beweging, net
zoals bepaalde journalisten. Ik heb geen enkel bewijs
van de financiering van het radiostation door mensen
van buitenaf. Er is echter wel gebleken dat RTLM
vaak de frequentie van de nationale radio-omroep
gebruikte. » (3)

M. Nsanzuwera souligne lui aussi le lien existant
entre RTLM et le président : « Pour les Rwandais, il
est évident que le président avait partie liée avec la
RTLM. Le président du conseil d’administration était
d’ailleurs un de ses parents. Le propriétaire de la radio
appartenait au mouvement MRND, tout comme
certains journalistes. Je n’ai aucune preuve concernant le financement de la radio par des personnes
extérieures, mais il est apparu que la RTLM utilisait
souvent les fréquences de la radio nationale. » (3)

Jean-Pierre Chrétien, onderzoeker bij het CNRS
(Parijs) en auteur van het boek « Rwanda, les médias
du genocide », stelt dat RTLM rechtstreeks
verbonden is met de MRND en de CDR : « De krant
Kangura en RTLM zijn media uit de privé-sector
maar zijn niet marginaal. Het zijn in feite officieuze
instrumenten van de officiële propaganda. Sedert
oktober 1989 werd die rol vervuld door het
maandblad van de Interahamwe. Er zijn duidelijke
banden tussen Kangura en de staatsveiligheid. De
banden tussen RTLM en het gezag zijn nog
duidelijker. De lijst van de vijftig aandeelhouders
bewijst de banden met de MRND en de CDR. De
openbare en particuliere media helpen elkaar ook. Zo
stapt de voornaamste technicus van de nationale
radio naar RTLM over. Er zijn ook financiële
problemen. Kangura lost die op door zijn leveranciers
niet
te
betalen
en
RTLM
door
zijn
electriciteitsrekeningen niet te betalen. Er waren
trouwens nogal wat problemen in verband met het
startkapitaal van deze radio. Men kan zich immers

Jean-Pierre Chrétien, chercheur au CNRS (Paris) et
auteur du livre « Rwanda, les médias du génocide »,
déclare que RTLM était directement liée au MRND
et au CDR : « Le journal Kangura et la RTLM sont
des médias du secteur privé, mais ils ne sont pas
marginaux. Il s’agit en fait d’instruments officieux de
la propagande officielle. Le mensuel de l’Interahamwe reprit ce rôle dès le mois d’octobre 1989. Les liens
de Kangura avec la sûreté sont évidents. Ceux de la
RTLM avec le pouvoir sont encore plus manifestes.
La liste des cinquante actionnaires illustre les liens
avec le MRND et le CDR. L’on observe aussi des
échanges de services entre les médias gouvernementaux et les médias privés. C’est ainsi que le principal
technicien de la radio nationale passera à la RTLM. Il
y a également les problèmes financiers. Le journal
Kangura les résout en ne payant pas ses fournisseurs.
La RTLM les résout en ne réglant pas ses factures
d’électricité. Il y a d’ailleurs eu bien des difficultés en
ce qui concerne le capital de départ de cette radio.
L’on peut, en effet, se demander si M. Ferdinand

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Gasana Ndoba, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 19 februari 1997, blz. 16.
(2) Ibid., blz. 19.
(3) Hoorzitting met de heer Nsanzuwera, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 februari 1997, blz. 19.

(1) Audition de M. Gasana Ndoba, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 16.
(2) Ibid., p. 18.
(3) Audition de M. Nsanzuwera, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 19 février 1997, p. 18.

( 609 )

1 - 611/7 - 1997/1998

afvragen
of
Ferdinand
Nahimana
deze
plattelandsradio niet heeft overgenomen om hem
naar zijn hand te zetten. » (1)

Nahimana n’a pas repris cette radio à caractère rural
pour la faire évoluer dans le sens qu’il souhaitait. » (1)

3.11.2.3. Zijn er connecties tussen RTLM en Belgische of Europese actoren ?

3.11.2.3. Existe-t-il des liens entre la RTLM et des
acteurs belges ou européens ?

In dit onderdeel maakt de commissie het
onderscheid tussen de rechtstreekse betrokkenheid
van de Belg Georges Ruggiu bij de oprichting en de
werkzaamheden van RTLM, de opleiding van
Rwandese technici in Brussel en de betrokkenheid
van Belgische en Europese politieke partijen en
groeperingen bij de financiering en ondersteuning
van deze haatzender.

Dans cette partie du rapport, la commission fait
une distinction entre l’implication directe du Belge
Georges Ruggiu dans la création et les activités de la
RTLM, la formation des techniciens rwandais à
Bruxelles et la participation de partis et de groupements politiques belges et européens au financement
de ce média qui incite à la haine ainsi qu’au soutien
qui lui est donné.

(1) Georges Ruggiu

(1) Georges Ruggiu

Luitenant Nees, inlichtingenofficier bij KIBAT II,
kreeg op 16 januari voor de eerste maal een bericht
dat stelde dat een belangrijke medewerker van radio
RTLM een Belg was: « Men gaf mij wel een verkeerde
naam door. Later vertelde dezelfde informant dat de
naam Ruggiu was. Die naam werd later bevestigd
door Belgische paters, maar we hebben nooit echte
bewijzen gekregen. »(2)

Le lieutenant Nees, officier de renseignement de
KIBAT II, a appris pour la première fois le 16 janvier
qu’un collaborateur important de radio RTLM était
Belge : « L’on m’a toutefois transmis un faux nom. Par
la suite, le même informant m’a raconté que le nom
était Ruggiu. Cette information a été confirmée par la
suite par des pères belges, mais nous n’avons jamais
eu de preuves formelles. » (2)

Op 31 januari 1994 meldt telex nr. 86 van
ambassadeur Swinnen aan het Ministerie van
Buitenlandse Zaken in Brussel dat F. Kabuga en F.
Nahimana, vrienden van president Habyarimana,
aandeelhouders zijn van RTLM. Deze telex maakt
voor het eerst ook melding van het feit dat de
betrokken journalist een Belg zou kunnen zijn. Hij
spreekt met « een licht Belgisch accent » (3).

Le 31 janvier 1994, le télex no 86 de l’ambassadeur
Swinnen au Ministère des Affaires étrangères à
Bruxelles signale que F. Kabuga et F. Nahimana, des
amis du président Habyarimana, étaient actionnaires
de RTLM. Ce télex évoque également, pour la
première fois, la possibilité que le journaliste
concerné puisse être de nationalité belge. Il parle avec
un « léger accent belge » (3).

Enkele weken later, op 1 maart 1994, meldt de
ambassadeur via telex nr. 172 aan Minafet Brussel dat
« Ruggiu Georges » de naam is van de journalist in
kwestie van RTLM en vraagt hij hieromtrent vanuit
België alle beschikbare gegevens aan (4).

Quelques semaines plus tard, le 1er mars 1994,
l’ambassadeur fait savoir, dans le télex no 172 adressé
au Ministère des Affaires étrangères à Bruxelles, que
« Ruggiu Georges » est le nom du journaliste de
RTLM en question et il demande que l’on transmette
toutes les données le concernant dont on dispose en
Belgique. (4)

De Belgische staatsveiligheid volgde de activiteiten
van een Rwandees-Belgische reflectiegroep, waarvan
Georges Ruggiu, Paulin Murayi en Eugène Nahimana deel uitmaakten. De heer Tallier, secretaris bij
de staatsveiligheid, getuigt over de wijze waarop
Ruggiu bij RTLM belandde: « Ruggiu a d’abord tenté
de se faire incorporer comme volontaire dans les
rangs de la Croix-Rouge pour aller au Rwanda. La

La Sûreté de l’État suivait les activités d’un groupe
de réflexion rwando-belge, dont Georges Ruggiu,
Paulin Murayi et Eugène Nahimana faisaient partie.
À propos de la manière dont Ruggiu est arrivé à la
RTLM, M. Tallier, secrétaire à la Sûreté de l’État,
déclare ce qui suit : « Ruggiu a d’abord tenté de se faire
incorporer comme volontaire dans les rangs de la
Croix-Rouge pour aller au Rwanda. La Croix-Rouge

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Chrétien, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 247.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 125.
(3) Rapport ad-hocgroep Rwanda, blz. 51.
(4) Rapport ad-hocgroep Rwanda, blz. 51.

(1) Audition de M. Chrétien, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 241.
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 121.
(3) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 51.
(4) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 51.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 610 )

Croix-Rouge a estimé qu’il n’avait pas les qualités
requises pour être ambulancier et a rejeté sa
candidature.

a estimé qu’il n’avait pas les qualités requises pour
être ambulancier et a rejeté sa candidature.

Ruggiu s’est alors lancé avec Murayi dans des
campagnes de réflexion sur la cause rwandaise.
Certains disaient qu’on voulait donner au FPR 50 %
de chances alors qu’il ne représentait en réalité que
10 à 15 % de la population. Cela permettait de
brandir le drapeau de la démocratie en disant que le
FPRL voulait être surreprésenté. De là, à transposer
dans le conflit belgo-belge ...Ruggiu et Murayi ont
donné des conférences d’importance mineure. Plus
tard, Ruggiu a été engagé par RTLM. Eugène
Nahimana est aussi une figure ... Toutefois, en réalité,
il exploitait le népotisme à la mode à Kigali. Il
invoquait son statut de beau-neveu de la famille
Habyarimana pour faire des promesses à d’autres
étudiants, notamment en termes d’hypothétiques
postes futurs à pourvoir ... Ses condisciples le
croyaient ... Les gens qui soutenaient RTLM en
Belgique étaient peu nombreux. Nous en avons
obtenu la liste à la suite d’une perquisition de
l’auditorat militaire. Elle comportait une douzaine de
personnes. Le principal actionnaire était le fameux
Papias Ngabuyamahimana qui détenait une douzaine
d’actions, si je ne m’abuse. Les autres se contentaient
d’une ou deux actions à mille francs et n’avaient
strictement rien à dire. Leur but était de faire valoir
leurs efforts quand ils rentraient au pays. » (1)

Ruggiu s’est alors lancé avec Murayi dans des
campagnes de réflexion sur la cause rwandaise.
Certains disaient qu’on voulait donner au FPR 50 %
de chances alors qu’il ne représentait en réalité que
10 à 15 % de la population. Cela permettait de brandir le drapeau de la démocratie en disant que le FPRL
voulait être surreprésenté. De là, à transposer dans le
conflit belgo-belge ...Ruggiu et Murayi ont donné des
conférences d’importance mineure. Plus tard, Ruggiu
a été engagé par RTLM. Eugène Nahimana est aussi
une figure ... Toutefois, en réalité, il exploitait le
népotisme à la mode à Kigali. Il invoquait son statut
de beau-neveu de la famille Habyarimana pour faire
des promesses à d’autres étudiants, notamment en
termes d’hypothétiques postes futurs à pourvoir ... Ses
condisciples le croyaient ... Les gens qui soutenaient
RTLM en Belgique étaient peu nombreux. Nous en
avons obtenu la liste à la suite d’une perquisition de
l’auditorat militaire. Elle comportait une douzaine de
personnes. Le principal actionnaire était le fameux
Papias Ngabuyamahimana qui détenait une douzaine
d’actions, si je ne m’abuse. Les autres se contentaient
d’une ou deux actions à mille francs et n’avaient strictement rien à dire. Leur but était de faire valoir leurs
efforts quand ils rentraient au pays. » (1)

Wanneer een commissielid de heer Paulin Murayi
(aandeelhouder RTLM) ondervraagt over de
uitspraak van de heer Degni-Segui, die de stichters en
animatoren van RTLM verantwoordelijk stelt voor
de genocide, antwoordt deze : « Ainsi que je l’ai déjà
expliqué lors de mon audition auprès du juge
Vandermeersch, une radio privée dotée de statuts
propres a été créée au Rwanda. Lorsque j’ai eu
connaissance de ce projet, ces derniers étaient déjà
définis. M. Ferdinand Nahimana s’est rendu en
Belgique afin de trouver des actionnaires et
entreprendre des démarches pour se procurer des
émetteurs et tout le matériel nécessaire. Ensuite, il a
convoqué une réunion de Rwandais qu’il considérait
comme influents dans ce milieu, ainsi que moi-même.
Au cours de cette assemblée, il nous a présenté les
statuts de la radio et ses objectifs : j’avoue que j’ai
peut-être été un peu naı̈f, mais à la lecture de ces
statuts et d’après les propos de M. Ferdinand
Nahimana, il s’agissait d’un bon projet pour l’ère
démocratique annoncée au Rwanda. J’ai participé à
cette radio privée et commerciale, non pas pour faire
fructifier les 2 000 francs que j’y avais investis, mais
plutôt pour encourager une initiative des médias
privées.

À un commissaire qui confronte M. Paulin Murayi
(actionnaire de RTLM) aux déclarations de
M. Degni-Segui, selon lequel les fondateurs et les
animateurs de RTLM sont responsables du génocide,
celui-ci répond comme suit : « Ainsi que je l’ai déjà
expliqué lors de mon audition auprès du juge Vandermeersch, une radio privée dotée de statuts propres a
été créée au Rwanda. Lorsque j’ai eu connaissance de
ce projet, ces derniers étaient déjà définis. M. Ferdinand Nahimana s’est rendu en Belgique afin de trouver des actionnaires et entreprendre des démarches
pour se procurer des émetteurs et tout le matériel
nécessaire. Ensuite, il a convoqué une réunion de
Rwandais qu’il considérait comme influents dans ce
milieu, ainsi que moi-même. Au cours de cette assemblée, il nous a présenté les statuts de la radio et ses
objectifs : j’avoue que j’ai peut-être été un peu naı̈f,
mais à la lecture de ces statuts et d’après les propos de
M. Ferdinand Nahimana, il s’agissait d’un bon projet
pour l’ère démocratique annoncée au Rwanda. J’ai
participé à cette radio privée et commerciale, non pas
pour faire fructifier les 2 000 francs que j’y avais investis, mais plutôt pour encourager une initiative des
médias privées.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Tallier, POR, Senaat, 20 juni
1997, PV, blz. 31/1-31/4.

(1) Audition à huis clos de M. Tallier, CER, Sénat, 20 juin
1997, PV, pp. 31/1-31/4.

( 611 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Au vu des statuts, en tout cas au moment où j’ai
cotisé, je ne savais pas ce qu’allait devenir la radio.
Quant à Georges Ruggiu, je l’ai connu parce qu’il
habitait à cent mètres de chez moi. Je l’ai connu par
un ami rwandais, un étudiant qui était à Liège pour
faire un stage en imprimerie et qui avait noué une
amitié avec lui. Cet étudiant était de ma région natale
au Rwanda, de Gisenyi. Avant de partir, il m’avait
présenté Georges Ruggiu parce qu’il avait vraiment
sympathisé avec lui. D’ailleurs, il l’a invité en 1992
deux fois. Georges Ruggiu est allé au Rwanda rendre
visite à ce garçon pendant les vacances d’été de 1992.
À ce moment, nous n’avions pas encore créé le groupe
de réflexion.

Au vu des statuts, en tout cas au moment où j’ai
cotisé, je ne savais pas ce qu’allait devenir la radio.
Quant à Georges Ruggiu, je l’ai connu parce qu’il
habitait à cent mètres de chez moi. Je l’ai connu par
un ami rwandais, un étudiant qui était à Liège pour
faire un stage en imprimerie et qui avait noué une
amitié avec lui. Cet étudiant était de ma région natale
au Rwanda, de Gisenyi. Avant de partir, il m’avait
présenté Georges Ruggiu parce qu’il avait vraiment
sympathisé avec lui. D’ailleurs, il l’a invité en 1992
deux fois. Georges Ruggiu est allé au Rwanda rendre
visite à ce garçon pendant les vacances d’été de 1992.
À ce moment, nous n’avions pas encore créé le groupe
de réflexion.

Cet étudiant s’appelait Ernest Theonest. Il faudrait
que je retrouve l’autre nom, c’est-à-dire son nom
exact. Georges est allé lui rendre visite. Il avait
tellement apprécié son séjour au Rwanda qu’il avait
commencé à construire une maison à Kigali, à
Remera, avec cet étudiant-là. Ils avaient cotisé pour
construire une maison à Remera. Je crois que si vous
posez la question à ses parents, ils vous le
confirmeront parce qu’il m’a dit, quand il était encore
ici, que ses parents étaient opposés au fait qu’il
investisse au Rwanda. Après son retour au Rwanda,
cet étudiant qui avait de la famille très haut placée au
Rwanda — son frère était lieutenant-colonel et avait
des fonctions importantes au pays — avait pris des
contacts; il connaissait beaucoup de gens. Quand il
est revenu, c’est lui-même qui m’a contacté parce qu’il
savait que j’étais actif. À l’époque, j’étais le président
de la communauté des étudiants rwandais en
Belgique. Il m’a contacté pour me demander qu’on
fasse un groupe concret, un groupe de réflexion. Lors
de son séjour au Rwanda, il s’était rendu compte que
les Rwandais n’étaient pas de mauvaise foi mais qu’ils
ne savaient pas s’exprimer de façon à ce que ce soit
compréhensible en Occident. C’est lui qui me l’a
demandé. » (1)

Cet étudiant s’appelait Ernest Theonest. Il faudrait
que je retrouve l’autre nom, c’est-à-dire son nom
exact. Georges est allé lui rendre visite. Il avait tellement apprécié son séjour au Rwanda qu’il avait
commencé à construire une maison à Kigali, à
Remera, avec cet étudiant-là. Ils avaient cotisé pour
construire une maison à Remera. Je crois que si vous
posez la question à ses parents, ils vous le confirmeront parce qu’il m’a dit, quand il était encore ici, que
ses parents étaient opposés au fait qu’il investisse au
Rwanda. Après son retour au Rwanda, cet étudiant
qui avait de la famille très haut placée au Rwanda —
son frère était lieutenant-colonel et avait des fonctions importantes au pays — avait pris des contacts; il
connaissait beaucoup de gens. Quand il est revenu,
c’est lui-même qui m’a contacté parce qu’il savait que
j’étais actif. À l’époque, j’étais le président de la
communauté des étudiants rwandais en Belgique. Il
m’a contacté pour me demander qu’on fasse un
groupe concret, un groupe de réflexion. Lors de son
séjour au Rwanda, il s’était rendu compte que les
Rwandais n’étaient pas de mauvaise foi mais qu’ils ne
savaient pas s’exprimer de façon à ce que ce soit
compréhensible en Occident. C’est lui qui me l’a
demandé. » (1)

De heer Jean-Pierre Chrétien getuigt van zijn
onbegrip over de houding van Ruggiu : « Laten we
hopen dat Georges Ruggiu voor de rechtbank moet
verschijnen. De transcriptie van de uitzendingen
waarover wij beschikken volstaat niet. Men moet de
haatgevoelens voor zijn landgenoten beluisteren. Ik
weet niet waarom hij op die manier heeft gehandeld.
Men zou dit probleem van naderbij moeten bekijken
en zien met welke kringen in België hij contact had.
Hij is één van die mensen die zich bij de logica van de
meerderheid aansloot, meer om ideologische dan om
financiële redenen. » (2)

M. Jean-Pierre Chrétien affirme ne pas comprendre
l’attitude de M. Ruggiu. Voici ce qu’il dit : « Il faut
espérer que M. Georges Ruggiu aura à s’expliquer un
jour devant la justice. La transcription d’émissions
dont nous disposons, ne suffit pas. Il faut entendre les
paroles de haine vis-à-vis de ses compatriotes qu’il a
exprimées. Je ne sais pas pourquoi il a agi de cette
manière. Il faudra examiner cette question de plus
près et essayer de savoir quels étaient les milieux avec
lesquels il entretenait des contacts en Belgique. Il fait
partie des gens qui adhèrent à la logique de la majorité, et ce pour des raisons plutôt idéologiques que
financières. » (2)

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Murayi, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 2/16, 2/17, 3/1, 3/2, 3/3 en 3/4 (BV, blz. 911).
(2) Hoorzitting met de heer Chrétien, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 248-249.

(1) Audition de M. Murayi, CER, Sénat, 30 juin 1997, PV,
pp. 2/16, 2/17, 3/1, 3/2, 3/3 et 3/4 (CRA, p. 891).
(2) Audition de M. Chrétien, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 243.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 612 )

(2) De opleiding van Rwandese communicatietechnici in Brussel

(2) La formation à Bruxelles de techniciens en
communication rwandais

F. Nahimana, de toenmalige directeur van ORINFOR (Office d’information du Rwanda), die reeds in
de telex nr. 86 van 31 januari 1994 als één van de initiatiefnemers van RTLM wordt aangewezen, voerde
een groep Rwandese televisie-technici aan in het
kader van twee vormingsprogramma’s bij BRTN en
RTBF. De commissie stelt vast dat deze plaatsvonden
in november 1990 en augustus 1991. De kostprijs
ervan (2 maal 25 miljoen Belgische frank) werd gefinancieerd door het ABOS. Naast F. Nahimana werd
tenminste één van de personen die in het kader van dit
project een opleiding volgde (J. B. Karimero) lid van
RTLM (1).

M.
Ferdinand
Nahimana,
le
directeur
d’ORINFOR de l’époque (l’Office d’information du
Rwanda), qui était déjà désigné, dans le télex no 86 du
31 janvier 1994, comme étant l’un de ceux qui avaient
pris des initiatives en vue de la mise sur pied de
RTLM, dirigeait un groupe de techniciens de télévision rwandais dans le cadre de deux programmes de
formation auprès de la BRTN et de la RTBF. La
commission constate que ces programmes se sont
déroulés respectivement en novembre 1990 et en août
1991, que leur coût (2 fois 25 millions de francs) a
d’ailleurs été financé par l’AGCD. Outre M. Ferdinand Nahimana, l’une des personnes qui avaient suivi
une formation dans le cadre de ce projet (J. B. Karimero) est devenue membre de la RTLM (1).

(3) De betrokkenheid van Belgische en Europese
politieke groeperingen

(3) L’implication de groupes politiques belges et
européens

De commissie is tijdens haar hoorzittingen meermaals ingegaan op de vraag of de Christen-Democratische Internationale radio RTLM mee oprichtte, of
de oprichting ervan aanmoedigde of financierde.

Au cours de ses auditions, la commission a examiné
à plusieurs reprises la question de savoir si l’Internationale démocrate-chrétienne a contribué à la création de la radio RTLM, ou si elle en a encouragé ou
financé la création.

— Twee personen beschuldigen de CDI en/ of de
Duitse Konrad Adenauerstichting, tevens van Christen-Democratische signatuur, de oprichting van deze
zender mee zouden gefinancierd hebben. De commissie heeft geen enkel bewijs gevonden om deze beschuldigingen te staven.

— Deux personnes accusent l’IDC et/ou la fondation Konrad Adenauer, également de tendance chrétienne-démocrate, d’avoir contribué activement à la
création de cette radio. La commission n’a recueilli
aucun autre élément permettant d’étayer ces accusations.

— Een aantal andere getuigen, die op dat ogenblik
verantwoordelijk waren voor de activiteiten van
voormelde organisaties, ontkennen de betrokkenheid
van het CDI en Belgische christendemocratische
partijen bij de oprichting en de financiering van
RTLM.

— Une série d’autres témoins, qui étaient responsables, à l’époque, des activités des organisations en
question, nient toute implication de l’IDC et des
partis démocrates-chrétiens belges dans la fondation
et le financement de RTLM.

Aanknopingspunt voor de commissie is de telex
nr. 70 die door ambassadeur Swinnen op 31 maart
1994 naar Brussel wordt verzonden. Deze telex bevat
volgende inhoud :

Pour la commission, le point de repère, c’est le télex
no 270 que l’ambassadeur Swinnen a envoyé à Bruxelles le 31 mars 1994 et dont le contenu est le suivant :

« 1. Tijdens een recent onderhoud met Frans
ambassadeur drukte Minister van Defensie Bizimana
zijn verwondering uit over het ongenoegen dat Minister Delcroix over RTLM had verwoord « Puisque son
propre parti avait, à l’époque, encouragé le président
de mettre sur pied une radio libre qui pourrait former
un contrepoids à la propagande de Radio Muhabura
(FPR) », dixit Bizimana. 2. Persoonlijk beschik ik
over geen enkele indicatie als zou een Belgische poli-

« 1. Tijdens een recent onderhoud met Frans
ambassadeur drukte minister van defensie Bizimana
zijn verwondering uit over het ongenoegen dat minister Delcroix over RTLM had verwoord : ’Puisque son
propre parti avait, à l’époque, encouragé le président
à mettre sur pied une radio libre qui pourrait former
un contrepoids à la propagande de Radio Muhabura
(FRPR)’, dixit Bizimana. 2. Persoonlijk beschik ik
over geen enkele indicatie als zou een Belgische poli-

——————

——————

(1) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 54.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 54.

( 613 )

1 - 611/7 - 1997/1998

tieke formatie een rol gespeeld hebben bij de oprichting van RTLM. Wel zou RTLM zelf in een recente
uitzending beweerd hebben dat de IDC (Internationale Democrate Chrétienne) tot haar geldschieters
behoort. » (1)

tieke formatie een rol gespeeld hebben bij de
oprichting van RTLM. Wel zou RTLM zelf in een
recente uitzending beweerd hebben dat de IDC (Internationale Démocrate Chrétienne) tot haar geldschieters behoort. » (1).

De volgende dag zendt de Minister van Buitenlandse Zaken een telegram aan ambassadeur Swinnen
waarin de minister zijn beklag maakt over RTLM
« Gelet op wat wij doen voor Rwanda is het onbegrijpelijk dat deze radio waarvan wij de financiering
kennen op een schandalige wijze een anti-Belgische
campagne voert. »

Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères
envoie un télégramme à l’ambassadeur Swinnen, dans
lequel il se plaint de RTLM : « Étant donné tout ce que
nous faisons pour le Rwanda, il est incompréhensible
que cette radio, dont nous connaissons le système de
financement, mène une campagne antibelge scandaleuse. »

De inhoud van deze telexen die ook in het verslag
van de ad-hocgroep Rwanda opgenomen waren,
heeft grote aandacht gekregen in de werkzaamheden
van de onderzoekscommissie.

Le contenu de ces télex, qui figuraient également
dans le rapport du groupe ad hoc Rwanda, a été
examiné très attentivement au cours des travaux de la
commission d’enquête.

Vooreerst werd nagegaan of de minister in zijn
telegram met de woorden « waarvan wij de financiering kennen » doelde op de inhoud van telex nr. 270
(de Christendemocratische Internationale), dan wel
nr. 86 waarin gemeld wordt dat de heren Kabuga en
F. Nahimana, vrienden van president Habyarimana,
aandeelhouders zijn van RTLM. Op deze vraag werd
het antwoord gevonden in de verklaring van de minister voor de commissie(2) : « Tijdens mijn verblijf in
Rwanda had ik van verscheidene vertegenwoordigers
van de internationale gemeenschap vernomen dat
RTLM gerund en gefinancierd werd door de
schoonbroer van de president. » (3)

L’on a d’abord vérifié si, dans son télégramme où
figuraient les mots « dont nous connaissons le financement », le ministre visait le contenu du télex no 270
(l’Internationale démocrate-chrétienne) ou celui du
télex no 86, qui indique que MM. Kabuga et F. Nahimana, amis du président Habyarimana, sont des
actionnaires de RTLM. Cette question a trouvé sa
réponse dans la déclaration que le ministre a faite
devant notre commission (2) :« Au cours de mon
séjour au Rwanda, divers représentants de la communauté internationale m’avaient fait savoir que RTLM
était gérée et financée par le beau-frère du président. » (3)

De twee getuigen die de Duitse Konrad Adenauerstichting ervan beschuldigen RTLM gefinancierd te
hebben zijn de volgende :

Les deux témoins qui accusent la Fondation
Konrad Adenauer d’avoir financé RTLM sont les
suivants :

— Professor Jean-Pierre Chrétien meent dat het
startkapitaal van RTLM afkomstig is van de Adenauerstichting : « De oprichting van een radio zoals
RTLM vergde belangrijke investeringen. Wij hebben
slechts aanwijzingen over de oorspronkelijke steun,
en die komen overeen met wat ik in het verslag van de
ad-hocwerkgroep gelezen heb. Een Rwandese journalist die in Duitsland werkt, zegt dat het startkapitaal van de stichting Audenauer komt, wat wijst op
mogelijke betrokkenheid van de ChristenDemocratische Internationale. Men zou echter precies onderzoek moeten verrichten en juiste gegevens
krijgen over de betaling van het materieel. Als wij niet
over deze gegevens beschikken, is dat niet omdat wij
er niet naar hebben gezocht. » (4)

— Le professeur Jean-Pierre Chrétien estime lui
aussi que les fonds de départ de RTLM proviennent
de la Fondation Adenauer : « La mise en place d’une
radio comme RTLM exigeait d’importants investissements. Nous n’avons que des indices à propos de
l’aide initiale et ces indices correspondent à ce que j’ai
lu dans le rapport du groupe ad hoc. Un journaliste
rwandais qui travaille en Allemagne affirme que les
fonds de départ provenaient de la Fondation
Adenauer, ce qui indique qu’il peut y avoir implication de l’Internationale démocrate-chrétienne. Il
faudrait toutefois procéder à une enquête précise et
essayer d’obtenir des informations exactes concernant le paiement du matériel. Si nous ne disposons pas
de ces données, ce n’est pas faute de les avoir cherchées. » (4)

——————

——————

(1) Telex van de Belgische ambassadeur te Kigali aan de
minister van Buitenlandse Zaken, nr. 270 van 31 maart 1994.
(2) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 53.
(3) Hoorzitting met minister Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 16 april 1997, blz. 303.
(4) Hoorzitting met de heer Chrétien, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 249.

(1) Télex de l’ambassadeur de Belgique à Kigali au ministre
des Affaires étrangères, no 270 du 31 mars 1994.
(2) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 53.
(3) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997, 16
avril 1997, p. 297.
(4) Audition de M. Chrétien, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 243.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 614 )

— Christian Terras, auteur in Golias magazine,
herhaalt dit en benadrukt het belang van de Adenauerstichting :
« L’Internationale
démocratechrétienne est un lobby puissant et disposant d’un
réseau étendu dans lequel la Fondation Adenauer
joue un rôle capital. C’est cette fondation qui fournit
à l’IDC l’essentiel de ses fonds. Il ressort d’une
enquête menée par un journaliste que M. Ferdinand
Nahimana y a recouru en 1993 pour le financement
d’un émetteur de RTLM. (...) M. Ferdinand Nahimana a demandé, avec l’aide de MM. Molte et de
Pristil, des fonds à la démocratie chrétienne allemande pour créer sa propre radio. (...) Nous cherchons les contrats qui ont été établis entre Ferdinand
Nahimana et ses bailleurs de fonds. Nous sommes
sûrs qu’ils existent. »

— M. Christian Terras, chroniqueur au magazine
Golias, le répète et souligne l’importance de la Fondation Adenauer : « L’Internationale démocratechrétienne est un lobby puissant et disposant d’un
réseau étendu dans lequel la Fondation Adenauer
joue un rôle capital. C’est cette fondation qui fournit
à l’IDC l’essentiel de ses fonds. Il ressort d’une
enquête menée par un journaliste que M. Ferdinand
Nahimana y a recouru en 1993 pour le financement
d’un émetteur de RTLM. (...) M. Ferdinand Nahimana a demandé, avec l’aide de MM. Molte et de
Pristil, des fonds à la démocratie chrétienne allemande pour créer sa propre radio. (...) Nous cherchons les contrats qui ont été établis entre Ferdinand
Nahimana et ses bailleurs de fonds. Nous sommes
sûrs qu’ils existent. »

Op de vraag over welk bedrag het gaat, in orde van
grootte, antwoordt Terras : « Je n’ai ni chiffres, ni
preuves, mais je dispose d’un ordre de grandeur :
3 millions de francs français. »

À la question de savoir s’il pouvait donner une idée
du montant dont il s’agit, M. Terras a répondu ce qui
suit : « Je n’ai ni chiffres, ni preuves, mais je dispose
d’un ordre de grandeur : 3 millions de francs français. »

Op een volgende vraag of het de CDI, dan wel de
Adenauerstichting is die RTLM financiert, luidt zijn
antwoord: « L’IDC via la Fondation Adenauer mais
pas directement. »

À la question de savoir si c’est l’IDC ou la Fondation Adenauer qui finançait RTLM, il a répondu
comme suit : « L’IDC via la Fondation Adenauer mais
pas directement. »

De commissie heeft een aantal Christendemocratische verantwoordelijken uit die periode
hieromtrent aan het woord gelaten. Een aantal getuigen vanuit het CDI bevestigen toe dat Belgische en
Duitse Christen-democratische partijen contacten
hadden met Rwandese politieke partijen, maar ontkennen de financiering van RTLM door de CDI.

La commission a donné la parole à ce sujet à des
responsables de l’IDC de l’époque. Plusieurs témoins
de l’IDC concèdent que les partis démocrateschrétiens belges et allemands avaient des contacts
avec des partis politiques rwandais, mais nient que
RTLM ait été financée par l’IDC.

Vooreerst moet vermeld worden dat de CDI reeds
begin mei 1994 het in Kigali ontstane gerucht heeft
tegengesproken: « De Christen Democratische Internationale ontkent met aandrang de informatie opgevangen uit Belgische diplomatieke bron, volgens
dewelke geruchten de ronde doen in Rwanda dat de
CDI de financiering van « Radio Mille Collines » op
zich zou hebben genomen. De CDI heeft geen enkele
financiële of materiële hulp aan Radio Mille Collines
gegeven, evenmin als aan eender welke Rwandese
politieke beweging. Tot op heden telt de CDI geen
enkele Rwandese partij als lid. Daarbij komt nog dat
zij op konstante wijze alle oproepen tot geweld afgekeurd heeft. » (1)

Il faut d’abord noter que l’IDC a contredit, dès le
début du mois de mai 1994, la rumeur en provenance
de Kigali; « De Christen Democratische Internationale ontkent met aandrang de informatie opgevangen
uit Belgische diplomatieke bron, volgens dewelke
geruchten de ronde doen in Rwanda dat de CDI de
financiering van « Radio Mille Collines » op zich zou
hebben genomen. De CDI heeft geen enkele financiële
of materiële hulp aan Radio Mille Collines gegeven,
evenmin als aan eender welke Rwandese politieke
beweging. Tot op heden telt de CDI geen enkele
Rwandese partij als lid. Daarbij komt nog dat zij op
constante wijze alle oproepen tot geweld afgekeurd
heeft. » (1)

André Louis, toenmalig vice-voorzitter van de
Christen-Democratische Internationale, getuigt hierover in de commissie : « Il n’y a jamais eu, à aucun
moment, un financement de l’IDC dans RTLM. Par
ailleurs, quand ce poste a commencé à dévier dans des
appels à la violence il y a eu le 4 mai 1994 un commu-

M. André Louis, vice-président, à l’époque, de
l’Internationale démocrate-chrétienne, en témoigne
devant la commission : « Il n’y a jamais eu, à aucun
moment, un financement de l’IDC dans RTLM. Par
ailleurs, quand ce poste a commencé à dévier dans des
appels à la violence il y a eu le 4 mai 1994 un commu-

——————

——————

(1) Perscommuniqué van de IDC van 4 mei 1994.

(1) Communiqué de presse de l’IDC du 4 mai 1994.

( 615 )

1 - 611/7 - 1997/1998

niqué de l’IDC extrêmement précis condamnant
toutes les violences, d’où qu’elles viennent et citant
expressément Radio Mille Collines. » (1)

niqué de l’IDC extrêmement précis condamnant
toutes les violences, d’où qu’elles viennent et citant
expressément Radio Mille Collines » (1)

Wat geruchten over financiële steun aan RTLM
betreft, antwoordt André Louis : « Moest men daarop
kunnen antwoorden dan zou men natuurlijk heel wat
problemen vermijden. Ik weet niet waarvan die
geruchten komen. Ik heb gelezen dat Radio Mille
Collines zelf zou gezegd hebben dat zij financiële
steun ontving. Dat staat ergens in een papier van onze
ambassade destijds in Kigali. Uiteraard kunnen ze dat
vrijblijvend zeggen. Er is echter absoluut niets van
aan. Dergelijke dingen herhaalt men steeds
weer. » (2)

En ce qui concerne les rumeurs faisant état d’un
soutien financier à RTLM, la réponse de M. André
Louis est la suivante : « Moest men daarop kunnen
antwoorden dan zou men natuurlijk heel wat problemen vermijden. Ik weet niet waarvan die geruchten
komen. Ik heb gelezen dat Radio Mille Collines zelf
zou gezegd hebben dat zij financiële steun ontving.
Dat staat ergens in een papier van onze ambassade
destijds in Kigali. Uiteraard kunnen ze dat vrijblijvend zeggen. Er is echter absoluut niets van aan.
Dergelijke dingen herhaalt men steeds weer. » (2)

Op de vraag of hij op de hoogte is of RTLM gefinancieerd kon zijn door de Konrad Adenauerstichting antwoordt hij : « Cela me paraît exclu, mais je
n’en sais rien. » (3)

À la question de savoir s’il est au courant que
RTLM aurait pu être financée par la la fondation
Konrad Adenauer, il répond : « Cela me paraît exclu,
mais je n’en sais rien. » (3)

De heer Léon Saur, toenmalig internationaal secretaris bij de PSC, reageert op de bewering van RTLM
dat zij geld kreeg van de CDI : « RTLM disait être
aidée par la fondation. J’en doute. En tout cas, le PSC
n’a jamais financé RTLM. » (...) (4) « Je ne crois pas
que l’IDC, en tant que telle, ait financé RTLM dans la
mesure où, si j’ai bonne mémoire, l’internationale
démocrate chrétienne avait à l’époque de gros problèmes de financement. » (5)

Concernant l’affirmation de RTLM selon laquelle
elle avait reçu de l’argent de l’IDC, M. Léon Saur,
ancien secrétaire international du PSC, déclare ce qui
suit : « RTLM disait être aidée par la fondation. J’en
doute. En tout cas, le PSC n’a jamais financé
RTLM. » (...) (4) « Je ne crois pas que l’IDC, en tant
que telle, ait financé RTLM dans la mesure où, si j’ai
bonne mémoire, l’internationale démocrate chrétienne avait à l’époque de gros problèmes de financement. » (5)

Op de vraag of de mogelijkdheid bestaat dat lidpartijen van de CDI, RTLM zouden hebben gefinancierd, antwoordt de heer Saur : « Je pense que cette
possibilité existe. Rien n’obligeait un parti politique
démocrate-chrétien — au sens européen du terme — à
passer par l’IDC pour financer un projet de ce
type. » (6)

À la question de savoir si des partis membres de
l’IDC auraient pu financer RTLM, M. Léon Saur
répond : « Je pense que cette possibilité existe. Rien
n’obligeait un parti politique démocrate-chrétien —
au sens européen du terme — à passer par l’IDC pour
financer un projet de ce type. » (6)

Voor het overige zegt Saur over geen inlichtingen te
beschikken betreffende de financiering van RTLM :
« Je ne pense à aucun parti. Je pense simplement à la
totalité des partis démocrates-chrétiens avec lesquels
le MRND pouvait avoir des relations. Le MRND
avait une section en Belgique, en France, en Allemagne ... Il y avait une kyrielle de partie démocrateschrétiens susceptibles d’être sollicités. » (7)

Pour le reste, M. Saur affirme qu’il ne dispose
d’aucun renseignement relatif au financement de
RTLM : « Je ne pense à aucun parti. Je pense simplement à la totalité des partis démocrates-chrétiens avec
lesquels le MRND pouvait avoir des relations. Le
MRND avait une section en Belgique, en France, en
Allemagne ... Il y avait une kyrielle de partie démocrates-chrétiens susceptibles d’être sollicités. » (7)

Over de eventuele pogingen van RTLM om gelden
te bekomen van de PSC, getuigt Léon Saur: « Non, pas

Concernant les tentatives éventuelles de RTLM
d’obtenir des fonds du PSC, M. Léon Saur déclare ce

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer André Louis, POR, Senaat,
3 juni 1997, PV, blz. 17/5-17/7.
(2) Ibidem, blz. 23/2 en 23/3.
(3) Hoorzitting met de heer André Louis, POR, Senaat,
3 juni 1997, blz. 15-16.
(4) Hoorzitting met de heer Saur, POR, Senaat, 30 mei 1997,
PV, blz. 43/9.
(5) Ibidem, blz. 43/9-43/9.
(6) Ibidem, blz. 43/10 (BV, blz. 632-633).
(7) Ibidem, blz. 44/3 (BV, blz. 632-633).

(1) Audition de M. Louis, CER, Sénat, 3 juin 1997, PV,
pp. 17/5-17/7 (CRA, p. 640).
(2) Ibidem, pp. 23/2 et 23/3 (CRA, p. 644).
(3) Ibidem, p. 25/16.
(4) Audition de M. Saur, CER, Sénat, 30 mai 1997, PV,
pp. 43/7-43/9.
(5) Ibidem, p. 43/7-43/9.
(6) Ibidem, p. 43/10.
(7) Ibidem, p. 44/3.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 616 )

en ce qui concerne RTLM. Par contre, il est vrai que
M. Dismas Nsengiyaremye est passé en Belgique au
terme de son mandat de premier ministre — le
mandat de son gouvernement de transition étant échu
à la date du 16 juillet 1993 — après avoir été remplacé
par Mme Uwilingiyimana. À cette occasion, je l’ai
rencontré et il m’a dit être à la recherche de fonds pour
lancer une radio pour le compte du MDR. Il ne
s’agissait certainement pas de radio Mille Collines,
puisqu’il disait que le MDR avait déjà sa propre radio
— RTLM — et qu’il souhaitait, en qualité de premier
vice-président du MDR, disposer d’une station pour
émettre quelques heures par semaine. Il agissait en
qualité de président faisant fonction du MDR. Je
crois — mais je ne saurais l’affirmer avec certitude —
que mon alter ego du CVP était présent. De son côté,
fort probablement, M. Dismas Nsengiyaremye était
accompagné du représentant de son parti pour le
Benelux. » (1)

qui suit : « Non, pas en ce qui concerne RTLM. Par
contre, il est vrai que M. Dismas Nsengiyaremye est
passé en Belgique au terme de son mandat de premier
ministre — le mandat de son gouvernement de transition étant échu à la date du 16 juillet 1993 — après
avoir été remplacé par Mme Uwilingiyimana. À cette
occasion, je l’ai rencontré et il m’a dit être à la recherche de fonds pour lancer une radio pour le compte du
MDR. Il ne s’agissait certainement pas de radio Mille
Collines, puisqu’il disait que le MRND avait déjà sa
propre radio — RTLM — et qu’il souhaitait, en
qualité de premier vice-président du MDR, disposer
d’une station pour émettre quelques heures par
semaine. Il agissait en qualité de président faisant
fonction du MRND. Je crois — mais je ne saurais
l’affirmer avec certitude — que mon alter ego du CVP
était présent. De son côté, fort probablement, M.
Dismas Nsengiyaremye était accompagné du représentant de son parti pour le Benelux. » (1)

« Toutefois, au cours de cette réunion, M. Dismas
Nsengiyaremye a fait allusion à une autre réunion qui
s’était tenue quelques jours plus tôt à l’IDC avec
André Louis, Alain De Brouwer et Rika De Backer. Il
était question de l’aide des partis chrétiens au MDR,
notamment pour la création d’une station radio. Mais
il n’y avait aucune confusion possible avec RTLM,
puisque RTLM existait déjà ou était sur le point de
commencer à émettre. » (2)

« Toutefois, au cours de cette réunion, M. Dismas
Nsengiyaremye a fait allusion à une autre réunion qui
s’était tenue quelques jours plus tôt à l’IDC avec
André Louis, Alain De Brouwer et Rika De Backer. Il
était question de l’aide des partis chrétiens au MDR,
notamment pour la création d’une station radio. Mais
il n’y avait aucune confusion possible avec RTLM,
puisque RTLM existait déjà ou était sur le point de
commencer à émettre. » (2)

Voor de PSC beweert Saur van een dergelijk verzoek kennis te hebben genomen, doch er geen gevolg
aan te hebben gegeven: « Je recevais cette demande à
titre personnel de manière positive parce que je pense
qu’il avait montré, par son engagement dans Arusha,
sa volonté de voir le processus aboutir. Aucune suite
n’a été donnée parce que les événements ont
commencé à se précipiter. » (3)

En ce qui concerne le PSC, M. Saur affirme qu’il a
reçu communication d’une telle demande, mais qu’il
n’y a donné aucune suite : « Je recevais cette demande
à titre personnel de manière positive parce que je
pense qu’il avait montré, par son engagement dans
Arusha, sa volonté de voir le processus aboutir.
Aucune suite n’a été donnée parce que les événements
ont commencé à se précipiter. » (3)

Wanneer een commissielid de heer Louis confronteert
met een stuk over een vergadering die hij samen met
de heer Nsengiyarmye zou hebben bijgewoond, en
waar de vraag omtrent de financiering van een radio
zou zijn gesteld, antwoordt hij: « C’est possible. Je ne
me souviens pas de cela. C’est la première fois que je
l’entends. J’ai peut être été là. Ne fût-ce que pour
souhaiter la bienvenue au Premier Ministre. Je ne
veux pas prétendre que je n’étais pas là. » (4)

Après qu’un commissaire lui a présenté un document relatif à une réunion à laquelle il aurait participé
avec un Premier ministre rwandais et où la question
relative au financement d’une radio aurait été posée,
M. André Louis déclare ce qui suit : « C’est possible.
Je ne me souviens pas de cela. C’est la première fois
que je l’entends. J’ai peut-être été là. Ne fût-ce que
pour souhaiter la bienvenue au Premier ministre. Je
ne veux pas prétendre que je n’étais pas là. » (4)

Mevrouw Rika De Backer, voormalig penningmeester van de EVP, antwoordt op de vraag of zij op
de hoogte is van de financiering van RTLM door de
IDC : « Ik heb dat overal trachten na te trekken en te

Interrogée sur la question de savoir si elle est au
courant du financement de RTLM par l’IDC, Mme
Rika De Backer, ancienne trésorière de l’EVP répond
comme suit : « Ik heb dat overal trachten na te trekken

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 43/5.
(2) Ibidem, blz. 43/7-43/9.
(3) Ibidem, blz. 44/1.
(4) Hoorzitting met de heer André Louis, POR, Senaat,
3 juni 1997, PV (BV, blz. 665).

(1) Ibidem, pp. 43/5 et 43/6.
(2) Ibidem, pp. 43/7-43/9.
(3) Ibidem, p. 44/1.
(4) Audition de M. André Louis, CER, Sénat, 3 juin 1997,
PV (CRA, p. 651).

( 617 )

1 - 611/7 - 1997/1998

onderzoeken, maar ik heb daarvan geen enkel spoor
teruggevonden. Iedereen ontkent dat op de meest stellige manier. Ik geloof er dus niet in. Ik zat daar
natuurlijk niet middenin, maar ik ben ervan overtuigd dat ze dat niet hebben gedaan. » (1)

en te onderzoeken, maar ik heb daarvan geen enkel
spoor teruggevonden. Iedereen ontkent dat op de
meest stellige manier. Ik geloof er dus niet in. Ik zat
daar natuurlijk niet middenin, maar ik ben ervan
overtuigd dat ze dat niet hebben gedaan. » (1)

Wel getuigt zij : « RTLM is een vrije radio die ontstaan is bij het zich ontwikkelen van de vrije radio’s in
de derde wereld. In Burundi waren er ook. Er was
Muhabura in het bezet gebied en radio RTLM.

Pour préciser les choses, elle déclare néanmoins ce
qui suit : « RTLM is een vrije radio die ontstaan is bij
het zich ontwikkelen van de vrije radio’s in de derde
wereld. In Burundi waren er ook. Er was Muhabura
in het bezet gebied en radio RTLM.

Toen RTLM in oktober 1993 is beginnen uitzenden, was die heel convenabel. Ik heb hem toen niet
gehoord, want ik was toen niet in Rwanda, maar de
uitzendingen verslechterden naar de periode januarifebruari toe, toen ik ze zelf heb gehoord.

Toen RTLM in oktober 1993 is beginnen uitzenden, was die heel convenabel. Ik heb hem toen niet
gehoord, want ik was toen niet in Rwanda, maar de
uitzendingen verslechterden naar de periode januarifebruari toe, toen ik ze zelf heb gehoord.

Men heeft in oktober geprobeerd hier geld bijeen te
rapen bij de Rwandezen. Men is gekomen tot een som
van 40 000 frank, die men zelfs nooit heeft doorgestuurd omdat men beschaamd was dat het zo weinig
was.

Men heeft in oktober geprobeerd hier geld bijeen te
rapen bij de Rwandezen. Men is gekomen tot een som
van 40 000 frank, die men zelfs nooit heeft doorgestuurd omdat men beschaamd was dat het zo weinig
was.

Dat is gezegd door iemand van de oude MRND.
Hij heeft mij gezegd dat hij dat heeft gevonden op de
fameuze bankrekening van Gembloux. » (2)

Dat is gezegd door iemand van de oude MRND.
Hij heeft mij gezegd dat hij dat heeft gevonden op de
fameuze bankrekening van Gembloux. » (2)

Op de vraag van wie Rika De Backer de informatie
verkreeg omtrent de inzameling van fondsen voor
RTLM in België ten bedrage van deze 40 000 frank,
antwoordt zij : « Ik heb dat, denk ik, van Murayi
gehoord. » (3)

À la question de savoir de qui elle a reçu cette information concernant la collecte de fonds pour RTLM
en Belgique pour le montant de ces 40 000 francs,
Mme De Backer répond comme suit : « Ik heb dat,
denk ik, van Murayi gehoord. » (3)

Tenslotte getuigt ook Paulin Murayi, destijds voorzitter van de MRND-België dat het CDI niet inging op
het verzoek tot financiële steun van Georges Ruggiu
voor zijn vliegtuigticket : « Pour autant que je sache, il
a payé lui-même. Il a essayé d’obtenir des financements, mais il n’y est pas parvenu. Il écrit, entre
autres, à l’IDC, afin de lui demander de supporter le
coût du billet, ce que l’IDC n’a pas fait. » (4)...

Enfin, M. Paulin Murayi, à l’époque président du
MRND-Belgique, déclare également que l’IDC n’a
pas accepté la demande de soutien financier de
M. Georges Ruggiu : « Pour autant que je sache, il a
payé lui-même. Il a essayé d’obtenir des financements,
mais il n’y est pas parvenu. Il écrit, entre autres, à
l’IDC, afin de lui demander de supporter le coût du
billet, ce que l’IDC n’a pas fait. » (4)

Verder heeft de commissie gebruik gemaakt van
haar onderzoeksbevoegdheden om in deze aangelegenheid klaarheid te scheppen.

Pour le reste, la commission a fait usage de son
pouvoir d’enquête pour faire la clarté sur cette question.

Zoals reeds gesteld werden op verzoek van de Bijzondere Commissie de rekeningen nagetrokken die
RTLM met het oog op haar financiering vanuit België
bij de BBL te Gembloux geopend had. Uit dit onderzoek blijkt dat er vanuit België in totaal op 42 aandelen van RTLM is ingetekend, goed voor een bedrag
van 49 990 frank. Deze 49 990 frank werden nooit
naar Kigali doorgestort. Onder de storters bevinden

Comme on l’a déjà dit, à la demande de la commission spéciale, les comptes que RTLM avait ouverts à
la BBL de Gembloux en vue de son financement au
départ de la Belgique ont été vérifiés. Il ressort de cette
enquête que l’on a souscrit en Belgique à 42 actions de
RTLM au total, représentant un montant de
49 990 francs. Ces 49 990 francs n’ont jamais été
versés à Kigali. Parmi les souscripteurs, on ne retrouve

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw De Backer, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 42/4-42/6.
(2) Hoorzitting met mevr. De Backer, POR, Senaat, 14 mei
1997, PV, blz. 42/4-42/6.
(3) Ibid., blz. 42/7 en 42/8.
(4) Hoorzitting met de heer Murayi, POR, Senaat, 30 juni
1997, PV, blz. 4/11 et 4/12 (BV, blz. 912).

(1) Audition de Mme De Backer, CER, Sénat, 14 mai 1997,
PV, pp. 42/4-42/6 (CRA, p. 525).
(2) Audition de Mme De Backer, CER, Sénat, 14 mai 1997,
PV, pp. 42/4-42/6 (CRA, p. 525).
(3) Ibid., pp. 42/7 et 42/8.
(4) Audition de M. Murayi, CER, Sénat, 30 juin 1997, PV,
pp. 4/11 et 4/12 (CRA, p. 892).

1 - 611/7 - 1997/1998

( 618 )

er zich geen Belgen, met uitzondering van Georges
Ruggiu die voor 2 aandelen had ingetekend, goed
voor 2 380 frank. Naar aanleiding van dit onderzoek
werden ook de persoonlijke rekeningen in België van
de houders van deze RTLM-rekening nagetrokken.
Ook hieruit blijkt geen enkele financiering door
Belgen of door een Belgische, Europese of internationale organisatie.

aucun Belge, à l’exception de M. Georges Ruggiu, qui
avait souscrit à deux actions, pour un montant de
2 380 francs. À l’occasion de cette enquête, l’on a
également vérifié les comptes personnels en Belgique
des titulaires de ce compte de RTLM et l’on n’a pu
mettre au jour aucun financement par des Belges ou
par une organisation belge, européenne ou internationale.

Vervolgens heeft de onderzoekscommissie gevraagd aan de gerechtelijke autoriteiten om na te gaan
of er eventuele verbanden met Rwanda kunnen vastgesteld worden in de zaak Milieuboxen — Hermes
Communications, waarbij zowel de boekhouding
van de CVP, als comptabiliteit van deze in communicatieaangelegenheden gespecialiseerde NV gecontroleerd werden.

La commission d’enquête a ensuite demandé aux
autorités judiciaires d’examiner si des liens éventuels
avec le Rwanda pouvaient être établis dans l’affaire
des « Milieuboxen — Hermes Communications ».
L’on avait contrôlé à cette occasion et la comptabilité
du CVP, et celle de cette S.A. spécialisée dans les questions de communications.

Per brief van 20 oktober 1997 liet de ProcureurGeneraal van Antwerpen weten dat onderzoeksrechter L. Jans, bevestigde dat tot nu toe, noch naar aanleiding van die huiszoekingen, noch ingevolge andere
onderzoeksverrichtingen, er in die twee dossiers elementen zijn ontdekt die rechtstreeks of onrechtstreeks
verband houden met de gebeurtenissen in Rwanda.

Par lettre du 20 octobre 1997, le procureur général
d’Anvers a fait savoir que le juge d’instruction L. Jans
avait confirmé qu’il n’avait pas découvert d’éléments
présentant un lien direct ou indirect avec les événements du Rwanda dans ces deux dossiers, et cela ni à
l’occasion de ces perquisitions, ni à la suite d’autres
devoirs d’enquête.

Directeur Houtmans van Radio Contact zette de
commissie op het spoor van een Belgische firma die
volgens de heer Houtmans de studio’s van Radio
Mille Collines geleverd zou hebben. De heer Eddy
Lemmens, raadsheer in het Hof van Beroep te
Antwerpen, heeft op vraag van de commissie de boekhouding van deze firma gecontroleerd en heeft inderdaad vastgesteld dat bij deze firma een zender en
studio aangekocht werden door de heer Simeon
Musengimana ten behoeve van twee Rwandese
boerenorganisaties « Intergroupement Tuzamuke
Twese » en « Intergroupement Paysan Isangano ». De
bedoeling was om met deze zender en studio een radio
op te richten die aan landbouweducatie zou gaan
doen. De aankoop werd trouwens in het kader van
een ontwikkelingsproject mede gefinancierd door het
FDS (Fonds voor Ontwikkelingssamenwerking). De
levering van dit radiomateriaal gebeurde echter pas
op 28 maart 1994 zodat, omwille van de gebeurtenissen in Rwanda na 6 april 1994, het transport naar
Rwanda nooit plaatsvond, waardoor hoe dan ook
vaststaat dat het door de bewuste Belgische firma verkochte radio-materiaal nooit kan gebruikt zijn door
Radio Mille Collines. De kracht van de bedoelde installaties die door deze Belgische firma geleverd zou
worden, is trouwens maar een fractie van datgene
waarover RTLM in Rwanda reeds beschikte.

M. Houtmans, le directeur de Radio Contact, a mis
la commission sur la trace d’une firme belge qui, selon
lui, aurait fourni les studios de Radio Mille Collines.
M. Eddy Lemmens, conseiller près la Cour d’appel
d’Anvers, a, à la demande de la commission, contrôlé
la comptabilité de cette firme et a effectivement constaté que M. Simeon Musengimana avait acheté à cette
firme un émetteur et un studio au profit de deux organisations agricoles rwandaises, « Intergroupement
Tuzamuke Twese » et « Intergroupement Paysan
Isangano ». L’objectif était de créer, grâce à cet émetteur et à ce studio, une radio qui ferait de la formation
agricole. L’achat a d’ailleurs été cofinancé, dans le
cadre d’un projet de développement, par le F.O.S.
(Fonds voor Ontwikkelingssamenwerking). Ce matériel radio n’a toutefois été livré que le 28 mars 1994, si
bien qu’en raison des événements qui ont eu lieu au
Rwanda après le 6 avril 1994, le transport vers le
Rwanda n’a jamais été effectué. Dès lors, il est établi
que le matériel radio vendu par la firme belge concernée n’a jamais pu être utilisé par Radio Mille Collines. La puissance de l’emetteur vendu par cette firme
belge est nettement inférieure à celle dont disposait
RTLM au Rwanda.

Op basis van de stukken waarover de commissie
beschikt, de getuigenissen die ze gehoord heeft en de
onderzoeksdaden die zij deed verrichten, komt de
commissie tot de vaststelling over geen bewijs te
beschikken als zouden de Christelijke Volkspartij, de
Parti Social Chrétien of de Christendemocratische
Internationale betrokken geweest zijn bij de oprichting of de financiering van de Rwandese haatzender

Sur la base des documents dont la commission
dispose, des témoignages qu’elle a entendus et des
actes d’instruction auxquels elle a procédé, la
commission constate qu’elle ne dispose pas de preuves tendant à indiquer que le CVP, le Parti socialchrétien ou l’Internationale démocrate-chrétienne
étaient associés à la création ou au financement de
l’émetteur rwandais RTLM, semeur de haine. Des

( 619 )

1 - 611/7 - 1997/1998

RTLM. Wel zijn er aanwijzingen dat de Konrad
Adenauerstichting, wel inging op het verzoek tot
financiële steun vanwege RTLM.

indices existent que la Fondation Konrad Adenauer
avait donné suite à la demande de soutien financier
émanant de RTLM.

3.11.3. Was België op de hoogte van de rol van
RTLM en de betrokkenheid van de Rwandese hoogste politieke autoriteiten ?

3.11.3. La Belgique était-elle au courant du rôle joué
par RTLM et de l’implication des plus hautes
autorités politiques rwandaises ?

Ambassadeur Swinnen heeft meermaals Brussel
bericht over de acties en de nefaste invloed van
RTLM. Hij wordt zich bewust van de nefaste invloed
van RTLM tegen het einde van 1993. Hij beklaagt
zich over onvoldoende mankracht te beschikken om
alle uitzendingen te beluisteren of te vertalen. Niettemin werden er heel wat uitzendingen opgenomen en
werd Brussel over de inhoud ervan ingelicht. Toen de
ambassade in januari 1994 versterkt werd met Bruno
Angelet, diplomaat, kreeg deze als taak RTLM te
beluisteren en uittreksels van uitzendingen naar Brussel te sturen. Men beluisterde voornamelijk de uitzendingen in het Frans en de opinieuitzendingen, waarna
Brussel per telex op de hoogte werd gebracht. Over de
bandopname meent ambassadeur Swinnen niet te
kunnen beschikken, gezien de heer Angelet niet naar
zijn residentie is kunnen terugkeren toen zij naar de
luchthaven werden geëvacueerd. (1)

L’ambassadeur Swinnen a adressé à Bruxelles à
plusieurs reprises des informations sur les actions et
l’influence néfaste de RTLM. Il a pris conscience de
l’influence néfaste de RTLM vers la fin de 1993. Il
s’est plaint de ne pas disposer d’un effectif suffisant
pour écouter ou traduire toutes les émissions. De
nombreuses émissions ont toutefois été enregistrées et
l’on a été informé de leur contenu à Bruxelles. Lorsque M. Bruno Angelet, diplomate, est venu renforcer
le personnel de l’ambassade en janvier 1994, il a été
chargé d’écouter RTLM et d’envoyer à Bruxelles des
extraits d’émissions. L’on écoutait principalement les
émissions en français et les éditoriaux, avant d’en
informer Bruxelles par télex. L’ambassadeur Swinnen
ne croit pas pouvoir disposer de l’enregistrement,
étant donné que M. Bruno Angelet n’a pas pu repasser
à sa résidence lorsqu’ils ont été évacués vers
l’aéroport. (1)

De pers heeft eveneens melding gemaakt van de
problemen met RTLM.

La presse a fait aussi état du problème posé par
RTLM.

Op 23 februari 1994 publiceert Knack een artikel
waarin sprake is van RTLM : « Het CDR, een extreme
hutu-partij die nauw aanleunt bij de rechtervleugel
van de getrouwen van de president, en die de wind in
de zeilen heeft, voert op een agressieve manier
campagne, daarin gesteund door de veelbeluisterde
vrije « radio des mille collines », die met het verspreiden van de meest wilde en opgeklopte geruchten vaak
aan de basis ligt van opstootjes en incidenten. Ook
Belgische Blauwhelmen zijn daar al een paar keer het
slachtoffer van geworden. »

Le 23 février 1994, Knack a publié l’article suivant :
(traduction) « Le CDR, un parti extrémiste hutu,
proche de l’aile droite des fidèles du président, qui a le
vent en poupe, mène une campagne agressive, soutenue en cela par la radio libre « des mille collines » dont
le taux d’écoute est très élevé et qui, en diffusant les
rumeurs les plus folles et les plus exagérées, est
souvent à l’origine d’échauffourées et d’incidents. Les
Casques bleus belges en ont eux aussi déjà été victimes
à plusieurs reprises. »

Minister Delcroix bevestigt dat hij op de hoogte
was van de slechte invloed die RTLM had en getuigt
dat hij verschillende stappen tegen de zender heeft
ondernomen. (2)

Le ministre Delcroix confirme qu’il était au
courant de l’influence néfaste de RTLM et déclare
qu’il a entrepris différentes démarches contre cette
station. (2)

Hij getuigt tevens dat na de gebeurtenissen van
6 april de Ministerraad en het kernkabinet besprekingen voerden over RTLM :

Il ajoute qu’après les événements du 6 avril, le
Conseil des ministres et le cabinet restreint ont eu des
discussions concernant RTLM :

« Er wordt een globale stand van zaken gegeven. Er
wordt een weergave gegeven van de besprekingen in
het Parlement en er wordt gesproken over de voorbe-

« Er wordt een globale stand van zaken gegeven. Er
wordt een weergave gegeven van de besprekingen in
het Parlement en er wordt gesproken over de voorbe-

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 21 maart 1997, blz. 225.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 266.

(1) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
21 mars 1997, p. 218.
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 260.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 620 )

reiding van de ministerraad van vrijdag. Ik kreeg de
opdracht om met S drie zaken te bespreken. Ten
eerste moest ik, zoals ik vroeger in deze commissie al
heb verklaard, mij bezig houden met het probleem
RTLM.

reiding van de ministerraad van vrijdag. Ik kreeg de
opdracht om met S drie zaken te bespreken. Ten
eerste moest ik, zoals ik vroeger in deze commissie al
heb verklaard, mij bezig houden met het probleem
RTLM.

Op 12 april was er opnieuw kernkabinet. Er werd
door mij een stand van zaken gegeven over de rol van
radio RTLM, ... » (1)

Op 12 april was er opnieuw kernkabinet. Er werd
door mij een stand van zaken gegeven over de rol van
radio RTLM, ... » (1)

Ook premier Dehaene is terzake zeer formeel: « Het
is duidelijk dat wij op de hoogte waren van de antiBelgische reacties. Er was evenwel geen sprake van
een ongunstig klimaat in het algemeen. Er was wel
een minderheid die acties voerde, die door RTLM
werden aangemoedigd. (2)

Le Premier ministre Dehaene est, lui aussi, très
formel à ce sujet : « Il est clair que nous étions conscients qu’il y avait des réactions antibelges mais on
ne pouvait parler d’un climat général défavorable. Il y
avait effectivement des actions menées par une minorité, qui étaient amplifiées par RTLM. » (2)

Was men in België meer bepaald op de hoogte van
de betrokkenheid van de regeringspartij MRND en
president Habyarimana bij RTLM ?

Savait-on plus précisément en Belgique que le parti
gouvernemental MRND et le président Habyarimana
étaient associés à RTLM ?

Op vraag van een commissielid aan mevrouw Rika
De Backer of deze op de hoogte was dat de president
aandeelhouder was van RTLM, antwoordt zij :
« Zowel de heer Delcroix als ikzelf hebben tegen president Habyarimana gezegd dat het zo niet verder
kon. Zelf heb ik tot tweemaal toe tegen de president
gezegd : « Dat is onmogelijk. » (3)

À un commissaire qui lui a demandé si elle savait
que le président était actionnaire de RTLM, Mme
Rika De Backer répond ce qui suit : « Zowel de heer
Delcroix als ikzelf hebben tegen president Habyarimana gezegd dat het zo niet verder kon. Zelf heb ik tot
tweemaal toe tegen de president gezegd : « Dat is
onmogelijk. »(3)

Zij voegt er echter aan toe dat zij deze tussenkomst
bij de president voornamelijk deed omdat zij van
oordeel was dat hij dit als president kon inperken.

Elle ajoute cependant que son intervention auprès
du président était motivée principalement par le fait
qu’elle croyait que celui-ci pouvait, en tant que président, agir pour faire cesser ces principes.

Ook minister Delcroix was op de hoogte van deze
betrokkenheid, gezien hij de president hierover
vragen stelt tijdens zijn bezoek aan Rwanda. Dit geeft
overigens aanleiding tot enige wrevelige reacties
vanwege de president en zijn entourage. Minister
Claes bevestigt dat het Rwandees presidentschap
geënerveerd reageerde : « Wat RTLM betreft, beschik
ik over verschillende telexen waarin deze zaak te
berde werd gebracht door de ministers Delcroix en
Claes en door ambassadeur Swinnen bij de president
en ook bij de minister van voorlichting. Het presidentschap reageerde overigens wat geënerveerd op de
veelvuldige tussenkomsten van België. » (4) ...
« Tijdens mijn verblijf in Rwanda had ik van verscheidene vertegenwoordigers van de internationale gemeenschap vernomen dat RTLM gerund en gefinan-

Le ministre Delcroix savait, lui aussi, qu’il y était
associé, puisqu’il a posé des questions au président à
ce sujet lors de sa visite au Rwanda. Cela a d’ailleurs
donné lieu à quelques réactions agressives de la part
du président et de son entourage. Le ministre Claes
confirme que la présidence rwandaise a réagi avec
nervosité : « En ce qui concerne RTLM, je dispose de
plusieurs télex des ministres Delcroix et Claes et de
l’ambassadeur Swinnen, dans lesquels cette affaire est
exposée au président et au ministre de l’information.
La présidence a d’ailleurs réagi avec une certaine
nervosité aux multiples interventions de la Belgique ». (4)... « Au cours de mon séjour au Rwanda,
divers représentants de la communauté internationale
m’avaient communiqué que RTLM était gérée et
financée par le beau-frère du président. Je ne savais

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Delcroix, POR, Senaat, 18 juni
1997, PV, blz. 46/10 et 46/14.
(2) Hoorzitting met de heer Dehaene, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 5 maart 1997, blz. 103.
(3) Hoorzitting met mevrouw De Backer, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 43/3 en 43/4.
(4) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 5 maart 1997, blz. 89.

(1) Audition de M. Delcroix, CER, Sénat, 18 juin 1997, PV,
pp. 46/10 et 46/14.
(2) Audition de M. Dehaene, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 99.
(3) Audition de Mme De Backer, CSR, Sénat, 1996-1997,
14 mai 1997, pp. 43/3 et 43/4.
(4) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 84.

( 621 )

1 - 611/7 - 1997/1998

cieerd werd door de schoonbroer van de president. Ik
wist niet dat de president zelf radio Kigali financierde. » (1)

pas que le président finançait lui-même radio
Kigali ». (1)

De commissie stelt vast dat beide ministers op de
hoogte waren gebracht zowel over de nefaste invloed
van RTLM als over zijn anti-Belgische houding en het
aanzetten tot rassenhaat en massamoorden als betreffende de bindingen die deze zender had met de omgeving van Habyarimana.

La commission constate que les deux ministres
étaient informés de l’influence néfaste de RTLM, de
son attitude antibelge, de ses incitations à la haine
ethnique et aux massacres et des liens que cet émetteur
entretenait avec le président Habyarimana et son
entourage.

3.11.4. De acties die de Belgische autoriteiten ondernamen tegen RTLM.

3.11.4. Les actions que les autorités belges ont entreprises contre RTLM

De commissie maakt in dit hoofdstuk het onderscheid tussen diplomatieke stappen die werden gezet
en de militaire mogelijkheden om de uitzendingen
van RTLM technisch onmogelijk te maken.

Dans ce chapitre, la commission fait une distinction entre les démarches diplomatiques qui ont été
effectuées et les moyens militaires dont on disposait
pour empêcher RTLM d’émettre.

3.11.4.1. Diplomatieke acties

3.11.4.1. Actions diplomatiques

Reeds uit voorgaande citaten blijkt dat ambassadeur Swinnen in zijn telexen die hij richtte aan het
Ministerie van Buitenlandse Zaken te Brussel
herhaaldelijk wees op de problematiek van RTLM.
Zo is er de telex van 1 februari 1994 waarin sprake is
van de opruiende taal van de omroep die steeds meer
als een belangrijke factor van een mogelijk destabiliseringsscenario wordt gezien. (2) Een telex van
3 maart bevat het verslag van een onderhoud van de
ambassadeur met president Habyarimana waarin
nogmaals de Belgische klachten over RTLM worden
herhaald. (3) Op 15 maart verzendt de ambassadeur
een telex waarin hij stelt dat Habyarimana aan Delcroix beloofde de commentaren van RTLM te zullen
matigen. Precies twee weken later verklaart de ambassadeur, opnieuw in een telex, te twijfelen aan deze
belofte van de president. (4)

Il ressort des citations qui précèdent que, dans les
télex qu’il adressait au Ministère des Affaires étrangères à Bruxelles, l’ambassadeur Swinnen a attiré
plusieurs fois l’attention sur le problème que posait
RTLM. C’est ainsi qu’il fait état, dans son télex du
1er février 1994, du fait que cette radio tient des
propos subversifs qui constituent de plus en plus un
facteur important dans le développement d’un scénario de déstabilisation. (2) Dans un télex du 3 mars
figure le rapport d’un entretien entre l’ambassadeur et
le président Habyarimana, au cours duquel les plaintes belges à l’égard de RTLM ont été réitérées. (3) Le
15 mars, l’ambassadeur envoie un télex dans lequel il
déclare que M. Habyarimana a promis à M. Delcroix
que RTLM allait modérer ses commentaires. Deux
semaines plus tard exactement, l’ambassadeur fait
savoir, dans un nouveau télex, qu’il doute de la sincérité de cette promesse du président. (4)

De ambassadeur trachtte ook op het terrein te
Kigali zelf een aantal acties te organiseren. Zo werd er
in maart 1994 in de Belgische ambassade een seminarie voor journalisten ingericht, waaraan onder
meer ook journaliste Colette Braeckman deelnam:
« Ik heb in de ambassade van België deelgenomen aan
een seminarie voor journalisten over de objectiviteit
van de pers. Dat seminarie werd bijgewoond door
collega’s van de staatspers, van de privé-pers, van
radio Muhabura, van radio Mille Collines en door
drie Belgische journalisten. Wij hebben drie dagen

L’ambassadeur a également tenté d’organiser une
série d’actions sur le terrain à Kigali même. C’est ainsi
qu’en mars 1994, l’on a organisé un séminaire pour
journalistes à l’ambassade de Belgique. La journaliste
Colette Braeckman y a pris part parmi d’autres. Voici
ce qu’elle déclare : « J’ai participé, à l’ambassade de
Belgique, à un séminaire organisé pour les journalistes sur l’objectivité de la presse. Participaient à ce
séminaire, des collègues de la presse d’État, de la
presse privée, la radio Muhabura, la radio des Mille
Collines ainsi que trois journalistes belges. Nous

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat,
18 april 1997, blz. 303.
(2) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 51.
(3) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 51.
(4) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 52.

(1) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
18 avril 1997, p. 297.
(2) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 51.
(3) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 51.
(4) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 52.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 622 )

gediscussieerd. » (1) (...) « De afdeling ontwikkelingssamenwerking van de Belgische ambassade, die
dat seminarie met medewerking van pater Theunis
had georganiseerd, vond dat Radio Mille Collines
moest worden uitgenodigd omdat het een vrij radiostation was. De ambassade had met dat station nochtans slechte betrekkingen aangezien het haar berichten niet juist weergaf en het de Belgische ontwikkelings-samenwerking systematisch slechter voorstelde
dan de Franse samenwerking, die het aanprees. Vervolgens is ook het radiostation van het FPR uitgenodigd; zo deden extremisten van beide zijden
mee. » (2)

avons discuté pendant trois jours ». (1) (...) « La
section de coopération de l’ambassade de Belgique,
qui avait organisé ce séminaire avec la collaboration
du révérend père Theunis, avait jugé qu’il fallait inviter la radio Mille Collines étant donné que c’était une
radio privée. L’ambassade entretenait pourtant de
mauvaises relations avec cette radio, qui rendait mal
ses messages et qui donnait systématiquement une
mauvaise image de la coopération belge par rapport à
la coopération française qu’elle magnifiait. Par la
suite, la radio du FPR a également été invitée; de la
sorte, on faisait participer des extrémistes des deux
camps. » (2)

Tijdens dat seminarie heeft ook pater Theunis
Ferdinand Nahimana ontmoet en hem gewezen op
het feit dat de deontologie van RTLM onaanvaardbaar was : « À ce moment, nous préparions le séminaire-débat organisé par l’ambassade de Belgique.
C’est dans ce cadre que je suis allé trois fois à RTLM.
Mon propos était de rencontrer Monsieur Ruggiu.
Comme il n’était pas présent, les trois fois — la première fois, comme je le comprends, car c’était à
l’improviste, je n’avais pas prévenu de ma venue.
Mais les deux autres fois, nous avions fixé des rendezvous et je m’attendais à voir Monsieur Ruggiu. Or, il
se fait que je ne l’ai pas rencontré mais que, par
hasard, les deux fois, j’ai rencontré Monsieur
Nahimana. Que voulez-vous que je lui dise, sinon lui
parler du séminaire-débat organisé par l’ambassade
de Belgique ? Et de faire peut être l’un ou l’autre
commentaire sur RTLM. Ceux qui me connaissent
savent que je n’ai pas peur de dire la vérité et que je
trouvais que la qualité de cette radio, journalistiquement, était bonne mais déontologiquement était inadmissible. Je pense l’avoir dit à Monsieur Nahimana
car je savais — bien qu’il ne figure pas dans
l’organigramme de RTLM — qu’il y avait un rôle
essentiel. » (3)

Le père Theunis a lui aussi rencontré M. Ferdinand
Nahimana au cours du séminaire et il lui a déclaré que
la déontologie de RTLM était inadmissible : « À ce
moment, nous préparions le séminaire-débat organisé
par l’ambassade de Belgique. C’est dans ce cadre que
je suis allé trois fois à RTLM. Mon propos était de
rencontrer Monsieur Ruggiu. Comme il n’était pas
présent, les trois fois — la première fois, comme je le
comprends, car c’était à l’improviste, je n’avais pas
prévenu de ma venue. Mais les deux autres fois, nous
avions fixé des rendez-vous et je m’attendais à voir
Monsieur Ruggiu. Or, il se fait que je ne l’ai pas
rencontré mais que, par hasard, les deux fois, j’ai
rencontré Monsieur Nahimana. Que voulez-vous que
je lui dise, sinon lui parler du séminaire-débat organisé par l’ambassade de Belgique ? Et de faire peut être
l’un ou l’autre commentaire sur RTLM. Ceux qui me
connaissent savent que je n’ai pas peur de dire la vérité
et que je trouvais que la qualité de cette radio, journalistiquement, était bonne mais déontologiquement
était inadmissible. Je pense l’avoir dit à Monsieur
Nahimana car je savais — bien qu’il ne figure pas
dans l’organigramme de RTLM — qu’il y avait un
rôle essentiel. » (3)

Ambassadeur Swinnen beschouwde het bestrijden
van RTLM als een belangrijk gegeven om Arusha te
doen slagen, omdat die zender tegen de zoektocht
naar vrede gekant was: « Wij waren ons van die
banden bewust en wij hebben geen gelegenheid onbenut gelaten om de politici ertoe aan te zetten het vredesproces niet te ondermijnen. Daarbij richtten wij
ons ook tot het RPF. » (4)

L’ambassadeur Swinnen considérait que combattre RTLM était un facteur important de réussite des
accords d’Arusha, étant donné que cette radio était
opposée aux efforts de paix : « Nous étions conscients
de ces liens et nous n’avons ménagé aucun effort pour
encourager les hommes politiques à ne pas miner le
processus de paix. Ces efforts s’adressaient aussi au
FPR. » (4)

Zoals hierboven reeds aangehaald zal de diplomaat
Bruno Angelet ingezet worden om RTLM actief te

Comme indiqué ci-dessus, mission sera donnée au
diplomate Bruno Angelet d’écouter activement

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw Braeckman, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 maart 1997, blz. 207.
(2) Ibid., blz. 207.
(3) Hoorzitting met pater Theunis, POR, Senaat, 3 juni
1997, PV, blz. 4/18-4/20.
(4) Hoorzitting met de heer Swinnen, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 12 maart 1997, blz. 139.

(1) Audition de Mme Braeckman, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 21 mars 1997, p. 200.
(2) Ibid., p. 201.
(3) Audition du père Theunis, CSR, Sénat, 3 juin 1997, PV,
pp. 4/18-4/20.
(4) Audition de M. Swinnen, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
12 mars 1997, p. 135.

( 623 )

1 - 611/7 - 1997/1998

beluisteren en zijn bevindingen regelmatig over te
maken aan Brussel. (1)

RTLM et de communiquer régulièrement ses conclusions à Bruxelles. (1)

Zoals hoger vermeld, bevestigt minister Claes over
verschillende telexen te beschikken waaruit blijkt dat
de zaak RTLM te berde werd gebracht door minister
Delcroix, ambassadeur Swinnen en hemzelf bij de
president en ook bij de minister van Voorlichting.
Volgens minister Claes reageerde het presidentschap
overigens wat geënerveerd op de veelvuldige tussenkomsten van België. (2)

Comme on l’a déjà dit, le ministre Claes confirme
qu’il dispose de plusieurs télex d’où il ressort que le
ministre Delcroix, l’ambassadeur Swinnen et luimême ont exposé le problème de RTLM au président
et au ministre de l’Information. Selon M. Claes, la
présidence a d’ailleurs réagi avec une certaine nervosité aux multiples interventions de la Belgique. (2)

Gewezen senator Nelly Maes evalueert de diplomatieke inspanningen als volgt: « De ambassadeur
bevestigde de rol van Radio Mille Collines. De pogingen die werden ondernomen om deze zender het zwijgen op te leggen of om een tegengewicht te vormen,
bleven zonder gevolg. » (3)

L’ancienne sénatrice Nelly Maes fournit
l’appréciation suivante à propos des démarches diplomatiques qui ont été faites : « L’ambassadeur a
confirmé le rôle joué par radio Mille Collines. Les
tentatives entreprises en vue d’imposer le silence à
cette radio ou de contrecarrer ses activités n’ont pas
été suivies d’effets. » (3)

3.11.4.2. Militaire acties.

3.11.4.2. Actions militaires

Uit volgende getuigenissen zal blijken dat zowel de
militairen ter plaatse, als de minister van Landsverdediging, Leo Delcroix, voornamelijk op diplomatieke
wijze getracht hebben de negatieve berichtgeving van
RTLM in te dijken. Nochtans beschikten, volgens
verschillende getuigen, de VN over aangepast materieel om RTLM actief te storen of militair uit te schakelen.

Les témoignages qui suivent révèlent que les militaires sur place, et le ministre de la Défense, M. Leo
Delcroix, ont tenté, principalement par la voie diplomatique, de mettre fin aux communiqués négatifs de
RTLM. Plusieurs témoins ont cependant déclaré que
l’ONU disposait du matériel nécessaire pour brouiller
activement les émissions de RTLM ou pour supprimer l’émetteur manu militari.

Volgens kapitein Claeys, inlichtingenofficier bij de
Force, heeft UNAMIR nooit overwogen om RTLM
te neutraliseren: « Neen, maar kolonel Leroy — ere
wie ere toekomt — heeft er wel geregeld op aangedrongen dat er door de UNO zo veel mogelijk vlugschritten zouden worden verspreid om duidelijk te
maken dat wij daar kwamen doen en dat er, naar het
voorbeeld van Somalië, een UNO-radiozender zou
worden opgericht die op geregelde tijdstippen en op
een door de regering ter beschikking gestelde frequentie, berichten zou uitzenden in het Kinyarwanda, het
Frans en het Engels over wat de VN kwam doen.

D’après le capitaine Claeys, officier de renseignements à la Force, la MINUAR n’a jamais envisagé de
neutraliser RTLM : « Neen, maar kolonel Leroy —
ere wie ere toekomt — heeft er wel geregeld op aangedrongen dat er door de UNO zo veel mogelijk vlugschriften zouden worden verspreid om duidelijk te
maken dat wij daar kwamen doen en dat er, naar het
voorbeeld van Somalië, een UNO-radiozender zou
worden opgericht die op geregelde tijdstippen en op
een door de regering ter beschikking gestelde frequentie, berichten zou uitzenden in het Kinyarwanda, het
Frans en het Engels over wat de UNO kwam doen.

Ik heb ook geregeld naar de lokale radio geluisterd
en naar de televisie gekeken, maar het probleem was
dat er weinig uitzendingen in het Frans waren. Het
grootste deel van de uitzendingen waren in het
Kinyarwanda, dus voor ons niet te begrijpen. Wij
konden alleen naar de uitzendingen in het Frans luisteren en die waren nooit zo sterk als deze in het
Kinyarwanda, zoals later bleek.

Ik heb ook geregeld naar de lokale radio geluisterd
en naar de televisie gekeken, maar het probleem was
dat er weinig uitzendingen in het Frans waren. Het
grootste deel van de uitzendingen waren in het
Kinyarwanda, dus voor ons niet te begrijpen. Wij
konden alleen naar de uitzendingen in het Frans luisteren en die waren nooit zo sterk als deze in het
Kinyarwanda, zoals later bleek.

——————

——————

(1) Ibid., blz. 225.
(2) Hoorzitting met de heer Claes, BV, BCR, Senaat, 19961997, 5 maart 1997, blz. 89.
(3) Hoorzitting met mevrouw Maes, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 14 maart 1997, blz. 163.

(1) Ibid., p. 218.
(2) Audition de M. Claes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
5 mars 1997, p. 84.
(3) Audition de Mme Maes, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
14 mars 1997, p. 159.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 624 )

We hebben het met tolken geprobeerd, maar zij
waren ook niet altijd even betrouwbaar. In de VNstaf waren verscheidene Rwandezen tewerkgesteld
maar wij vermoedden dat zij tot verschillende partijen
behoorden. We waren dus niet altijd zeker van hun
eerlijkheid en overtuiging. » (1)

We hebben het met tolken geprobeerd, maar zij
waren ook niet altijd even betrouwbaar. In de UNOstaf waren verscheidene Rwandezen tewerkgesteld
maar wij vermoedden dat zij tot verschillende partijen
behoorden. We waren dus niet altijd zeker van hun
eerlijkheid en overtuiging. » (1)

Luitenant Nees (KIBAT I) trachtte met beperkte
middelen RTLM te beluisteren om er inlichtingen in
te winnen : « In KIBAT I en KIBAT II waren er enkele
onderofficieren die het Kinyarwanda beheersten.
Deze mensen luisterden sporadisch naar RTLM. Ik
gaf mijn hoofdinformant wel de opdracht om vooral
aandacht te besteden aan RTLM maar om permanent
te luisteren, hadden we niet voldoende mensen en
middelen. Ik heb in elk geval wel gevraagd of dat niet
kon worden geregeld. » (2)

Le lieutenant Nees (KIBAT I) a tenté, avec des
moyens limités, d’écouter les émissions de RTLM
pour recueillir des renseignements : « À KIBAT I et
KIBAT II, quelques sous-officiers maîtrisaient le
kinyarwanda. Ces personnes écoutaient sporadiquement RTLM. J’ai chargé mon informateur principal
de prêter surtout attention à RTLM, mais nous
n’avions ni suffisamment de personnes, ni suffisamment de moyens pour écouter en permanence. J’ai en
tout cas demandé si cela pouvait être réglé. » (2)

Kolonel Marchal was zich welbewust van de problematiek van RTLM, gezien hij reeds vanaf december 1993 hierover generaal Dallaire waarschuwde:
« Volgens de interpretatie van mijn nota’s door het
auditoraat-generaal blijkt dat ik vanaf demaand
december waarschuwingen heb geuit. » (3) (...)« Ik
heb ook officieel mijn bezorgdheid aan generaal
Dallaire medegedeeld over de gevolgen van de uitzendingen van Radio Mille Collines. » (4)

Le colonel Marchal était bien conscient du
problème que posait RTLM puisqu’il avait mis en
garde le général Dallaire dès le mois de décembre
1993 : « Selon l’interprétation de mes notes par
l’auditorat général, il apparaît que j’ai exprimé des
craintes dès le mois de décembre ». (3) ... « J’ai également exprimé officiellement mes préoccupations au
général Dallaire concernant les conséquences des
émissions de Radio Mille Collines. » (4)

Kolonel Marchal stelt wel dat KIBAT II een eigen
radiozender meebracht. Hiermee werd evenwel niet
gepoogd RTLM te storen : « KIBAT II is met een
radiozender gekomen. Om het moreel van de troepen
hoog te houden, hebben wij een frequentie verkregen,
maar na een dag of twee uitzendingen kregen we een
klacht van de minister van voorlichting. Wij hebben
dus de frequentie veranderd, maar die radiozender
had niet tot doel RTLM te storen. » (5)

Le colonel Marchal déclare que KIBAT II avait
emmené son propre émetteur radio, mais ajoute que
l’on n’a pas essayé de brouiller les émissions de
RTLM à l’aide de celui-ci : « KIBAT II est arrivé avec
une radio. Dans le but d’entretenir le moral des troupes, nous avons obtenu une fréquence, mais après un
jour ou deux d’émission, nous avons enregistré une
réclamation du ministre de l’Information. Nous
avons donc changé la fréquence, mais cette radio
n’avait pas pour but de brouiller RTLM. » (5)

Minister Delcroix nam ook enkele — diplomatieke
— initiatieven, zoals een persoonlijk gesprek met
Habyarimana en een demarche bij de Rwandese
ambassadeur in België : « België was op de hoogte van
de slechte invloed die RTLM had en heeft verschillende stappen tegen de zender ondernomen. In een
persoonlijk gesprek met Habyarimana heb ik hem
gevraagd zijn invloed aan te wenden en tussen te
komen bij RTLM. Ik heb toen ook gevraagd of het
juist was dat hij aandeelhouder was van RTLM. De
president verklaarde dat hij zelf geen aandeelhouder

Le ministre Delcroix a aussi pris quelques initiatives — diplomatiques — comme l’organisation d’une
entrevue personnelle avec M. Habyarimana et
l’accomplissement d’une démarche auprès de
l’ambassadeur du Rwanda en Belgique : « La Belgique
était au courant de l’influence pernicieuse de RTLM
et a fait diverses démarches contre cette station. Au
cours d’un entretien personnel avec le président
Habyarimana, je lui ai demandé d’user de sa propre
influence et d’intervenir auprès de RTLM. À ce
moment-là, je lui ai également demandé s’il était réel-

——————

——————

(1) Hoorzitting met kapitein Claeys, POR, Senaat,
13 mei 1997, PV, blz. 78/8-78/10.
(2) Hoorzitting met luitenant Nees, BV, BCR, Senaat, 19961997, 7 maart 1997, blz. 125.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 111.
(4) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 112.
(5) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 19 maart 1997, blz. 18/7 (gesloten zitting).

(1) Audition du commandant Claeys, CER, Sénat, 13 mai
1997, PV, pp. 78/8-78/10 (CRA, p. 486).
(2) Audition du lieutenant Nees, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 121.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 107.
(4) Ibid., p. 108.
(5) Audition à huis clos du colonel Marchal, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 19 mars 1997, pp. 18/6.

( 625 )

1 - 611/7 - 1997/1998

was, maar wel enkele mensen van zijn partij. Hij heeft
wel beloofd zijn invloed bij RTLM aan te wenden.
Deze demarche is mij door de ambassadeur wellicht
kwalijk genomen. Maar de relatie tussen de president
en de ambassadeur was niet optimaal. Volgens de
president neigde hij te veel naar het RPF.

lement actionnaire de RTLM. Il m’a répondu qu’il
n’était pas lui-même actionnaire, mais que certaines
personnes de son parti l’étaient. Il m’a toutefois
promis de faire valoir son influence auprès de RTLM.
Il est probable que l’ambassadeur n’a pas apprécié ma
démarche. Cependant, les relations entre le président
et l’ambassadeur n’étaient pas optimales. Selon le
président, il penchait trop vers le FPR.

In verband met RTLM hebben wij ook een
demarche gedaan bij de Rwandese ambassadeur in
België. Verder heb ik mij op vraag van de kabinetchef
van minister Claes ook aangesloten bij een reactie van
de minister van Buitenlandse Zaken. » (1)

En ce qui concerne RTLM, nous avons également
fait une démarche auprès de l’ambassadeur rwandais
en Belgique. À la demande du chef de cabinet du ministre Claes, je me suis également associé à une réaction du ministre des Affaires étrangères. » (1)

Nochtans blijkt volgens de hierna volgende getuigenissen dat de militairen de mogelijkheid hadden om
met eigen zenders de bevolking andere informatie te
verstrekken, om met deze zenders RTLM uit de ether
te houden, zelfs RTLM militair technisch uit te schakelen.

Pourtant, les témoignages suivants révèlent que les
militaires avaient la possibilité de fournir une autre
information à la population au moyen de leurs
propres émetteurs, de brouiller avec ces équipements
les émissions de RTLM, voire de neutraliser manu
militari RTLM.

Generaal-majoor Uytterhoeven verklaarde voor
onze commissie: « In het VN-kader waarin wij moesten werken, was dit (het doen stoppen van de berichtgeving van RTLM) moeilijk te realiseren. Nochtans
beschikten wij over eigen zenders die de mogelijkheid
boden om de bevolking andere informatie te verstrekken. » (2)

Le général-major Uytterhoeven a déclaré ce qui suit
devant notre commission : « C’était (faire cesser les
émissions de RTLM) difficile à réaliser dans le cadre
où nous travaillions, c’est-à-dire l’ONU. Nous disposions cependant de nos propres émetteurs qui permettaient de diffuser d’autres informations à destination
de la population. » (2)

Kolonel Marchal maakt de vergelijking met Somalië, waar het storen van uitzendingen werd uitgevoerd, en dus technisch mogelijk is : « De VN beschikt
trouwens over aangepast materieel. Op alle echelons
zijn daarover veel opmerkingen gemaakt. De president antwoordde echter dat men de persvrijheid niet
mocht opheffen, te meer daar hij zelf door RTLM
werd bekritiseerd. Dat radiostation is dus blijven uitzenden. Volgens mij waren de VN verantwoordelijk.
De uitzendingen van RTLM strookten niet met het
protocolakkoord dat tussen Rwanda en de VN was
gesloten. Daarnaast beschikten wij ter plaatse niet
over alle middelen die konden worden gebruikt. Wij
hebben zendtijd gekregen op Radio Rwanda en ik
geloof dat het gebruik ervan positieve gevolgen kon
hebben op de gebeurtenissen. » (3)

Le colonel Marchal compare la situation à celle de
la Somalie, où l’on a brouillé des émissions, ce qui est
donc techniquement possible : « L’ONU dispose
d’ailleurs d’un matériel adéquat. Beaucoup de remarques à ce sujet ont été faites à tous les échelons. Mais
le président répondait que l’on ne pouvait pas supprimer la liberté de la presse, etc. d’autant moins qu’il
était lui-même critiqué par RTLM. Cette radio a donc
continué à émettre. Pour moi, l’ONU était responsable. Les émissions de RTLM étaient contraires au
protocole d’accord entre le Rwanda et l’ONU.
D’autre part, nous ne disposions pas sur place de tous
les moyens utilisables. Nous avons obtenu un temps
d’antenne sur Radio Rwanda et je crois que
l’utilisation de celui-ci pouvait avoir des effets positifs
sur les événements. » (3)

Was het technisch en militaire mogelijk om op vrij
eenvoudige wijze RTLM uit te schakelen, te saboteren ?

Était-il possible, du point de vue technique et militaire, de neutraliser, de saboter facilement RTLM ?

Adjudant Boequelloen, transmissieverantwoordelijke van KIBAT II, is hierin zeer formeel: « Radio
Mille Collines était une radio FM. Il suffit de repérer
sa puissance et de mettre à portée convenable une

L’adjudant Boequelloen, responsable des transmissions de KIBAT II, est particulièrement formel à cet
égard : « Radio Mille Collines était une radio FM. Il
suffit de repérer sa puissance et de mettre à portée

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 266.
(2) Hoorzitting met generaal-majoor Uytterhoeven, BV,
BCR, Senaat, 1996-1997, 25 april 1997, blz. 366.
(3) Hoorzitting met kolonel Marchal, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 117.

(1) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 260.
(2) Audition du général-major Uytterhoeven, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 25 avril 1997, p. 358.
(3) Audition du colonel Marchal, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 113.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 626 )

autre radio qui émet, sur la même puissance, un signal
perturbé. On ne doit pas brouiller tout le temps, mais
seulement au moment où des émissions spécifiques
commencent à être émises. Ils sont alors dans les pires
difficultés.

convenable une autre radio qui émet, sur la même
puissance, un signal perturbé. On ne doit pas brouiller tout le temps, mais seulement au moment où des
émissions spécifiques commencent à être émises. Ils
sont alors dans les pires difficultés.

La distance d’émission d’une telle radio est directement proportionnelle à sa puissance d’émission. Si
vous souhaitez brouiller, il faut voir de quelle puissance vous disposez; il faut être plus puissant que
l’autre. Si vous êtes beaucoup plus puissant, vous
pouvez émettre bien plus loin. Si vous êtes de la même
puissance, vous vous mettez entre cet autre et son
interlocuteur.

La distance d’émission d’une telle radio est directement proportionnelle à sa puissance d’émission. Si
vous souhaitez brouiller, il faut voir de quelle puissance vous disposez; il faut être plus puissant que
l’autre. Si vous êtes beaucoup plus puissant, vous
pouvez émettre bien plus loin. Si vous êtes de la même
puissance, vous vous mettez entre cet autre et son
interlocuteur.

On ne m’a pas transmis la puissance exacte. Je
l’estime à 400 ou 500 watt. » (1) Uit gegevens waarover de commissie beschikt, kon KIBAT maximaal
100 watt aanwenden om de uitzendingen van RTLM
te storen. Dit is voldoende om een zender met een vermogen van 400 à 500 watt, zoals RTLM, te storen
indien tenminste deze zender op de juiste locatie
wordt geı̈nstalleerd.

On ne m’a pas transmis la puissance exacte. Je
l’estime à 400 ou 500 watt. » (1) Selon des données
dont la commission dispose, KIBAT pouvait utiliser
au maximum 100 watt pour brouiller les émissions de
RTLM. Cela suffit pour brouiller un émetteur d’une
puissance de 400 à 500 watts comme RTLM, à condition, du moins, que cet émetteur soit situé à l’endroit
correct.

Minister Delcroix verklaart dat hij aan luitenantgeneraal Charlier vroeg RTLM technisch uit te schakelen (2).

Le ministre Delcroix déclare qu’il a demandé au
lieutenant-général Charlier de brouiller RTLM (2).

Het antwoord van luitenant-generaal Charlier
daarop is duidelijk : « Minister Delcroix heeft niet
gesuggereerd de zender RTLM te bombarderen of
fysiek te vernietigen. Na 7 april heeft hij mij gevraagd
of wij de mogelijkheid hadden dit station via elektronische middelen het zwijgen op te leggen. Ik heb hem
gezegd dat de compagnie in 1981 was afgeschaft en
dat wij niet meer over adequate middelen beschikten.
Toen het RPF de antenne van RTLM had uitgeschakeld, werden de uitzendingen 24 uur later
hervat. » (3)

La réplique du lieutenant-général Charlier à cette
affirmation est on ne peut plus claire : « Le ministre
Delcroix n’a pas suggéré de bombarder ou de détruire
physiquement l’émetteur de RTLM. Après le 7 avril,
il m’a demandé si nous avions la possibilité de faire
taire cette station par des moyens électroniques. Je lui
ai répondu que la compagnie avait été supprimée en
1981 et que nous ne disposions donc plus des moyens
adéquats. 24 heures après que le FPR avait fait
tomber l’antenne de RTLM, les émissions reprenaient. » (3)

Op het eerste zicht lijkt deze verklaring van stafchef
Charlier tegenstrijdig met de hiervoor aangehaalde
verklaring van adjudant Boequelloen. De commissie
stelt evenwel vast dat het twee volstrekt verschillende
principes betreft met betrekking tot het actief storen
van zendapparatuur. Luitenant-generaal Charlier
verwijst naar de gespecialiseerde compagnie die tot
1981 bestond op het niveau van het corps, en die instond voor het actief storen van de gevechtsradio’s
van de Warshau-pact troepen in de periode van de
koude oorlog. Adjudant Boequelloen stelt dat een
klassieke radiozender perfect kan gestoord worden
door een andere klassieke zender. De commissie stelt

À première vue, cette déclaration du chef d’étatmajor Charlier semble contraire à la déclaration
précitée de l’adjudant Boequelloen. La commission
constate toutefois qu’il s’agit de deux principes totalement différents concernant le brouillage actif
d’appareils d’émission. Le lieutenant-général
Charlier renvoie à la compagnie spécialisée qui a
existé jusqu’en 1981 au niveau du corps et qui était
responsable du brouillage des radios de combat du
Pacte de Varsovie durant la guerre froide. L’adjudant
Boequelloen dit qu’un émetteur radio classique peut
parfaitement être brouillé par un autre émetteur classique. La commission constate dès lors que ces deux

——————

——————

(1) Hoorzitting met adjudant Boequelloen, POR, Senaat,
27 juni 1997, PV, blz. 7/10, 7/12 en 7/13.
(2) Hoorzitting met de heer Delcroix, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 266.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 21 april 1997, blz. 314.

(1) Audition de l’adjudant Boequelloen, CER, Sénat, 27 juin
1997, PV, pp. 7/10, 7/12 et 7/13 (CRA, p. 876).
(2) Audition de M. Delcroix, CRA, CSR, Sénat, 1996-1997,
26 mars 1997, p. 260.
(3) Audition du lieutenant-général Charlier, CRA, CSR,
Sénat 1996-1997, 21 avril 1997, p. 308.

( 627 )

1 - 611/7 - 1997/1998

derhalve vast dat beide verklaringen niet tegenstrijdig, maar complementair zijn.

déclarations sont, non pas contraires, mais complémentaires.

Uit de documenten van SGR blijkt dat UNAMIR
op 8 april aan C Ops, en dit op vraag van luitenantgeneraal Charlier (JS) de coördinaten toestuurt van
de plaats waar zich de zender van RTLM bevindt:
« Localisation de l’émetteur Mille Collines — RTLM
— Rue du Commerce à Nyarugenge en Coord
0650.8490. » (1) Op dat ogenblik zijn de tien Belgische blauwhelmen echter al vermoord en breekt de
genocide los in al zijn hevigheid.

Cependant, il ressort des documents du SGR que la
MINUAR transmettra le 8 avril 1994 au C Ops, à la
demande du lieutenant-général Charlier (JS), les
coordonnées de l’endroit où se trouve l’émetteur de
RTLM : « Localisation de l’émetteur Mille Collines
— RTLM — Rue du Commerce à Nyarugenge en
Coord 0650.8490 ». (1) Cependant, à ce moment-là,
les dix Casques bleus belges ont déjà été assassinés et
le génocide a déjà éclaté dans toute sa violence.

Tot slot vermeldt de commissie dat een zeer groot
aantal uren van uitzendingen van RTLM geregistreerd werd. Dit is bewaard en beschikbaar in Kigali.
De Rwandese regering bevestigt dat deze registraties
ter beschikking van het Internationaal Tribunaal van
Arusha zijn gesteld.

Enfin, la commission précise qu’un très grand
nombre d’heures d’émission de RTLM ont été enregistrées. Ces enregistrements ont été conservés et sont
disponibles à Kigali. Le gouvernement rwandais
confirme qu’ils ont été mis à la disposition du Tribunal international d’Arusha.

3.12. OFFICIEUZE POLITIEKE
EN PRIVÉ-KANALEN

3.12. CANAUX POLITIQUES
ET PRIVÉS OFFICIEUX

3.12.1. Inleiding

3.12.1. Introduction

Naast de officiële kanalen die België met Rwanda
onderhield en die door de beide regeringen werden
vastgelegd in overeenkomsten van politieke en
militair technische aard stelt de commissie vast dat
daarnaast nog andere contacten bestonden tussen
Belgische en Rwandese politieke middens.

La commission constate que les milieux politiques
belges et rwandais entretenaient des contacts autres
que ceux qui s’établissaient entre la Belgique et le
Rwanda par le biais des canaux officiels arrêtés par
les deux gouvernements dans le cadre d’accords de
nature politique et technique et militaire.

Deze
contacten
werden
onder
andere
geconcretiseerd
binnen
de
overkoepelende
internationale politieke instellingen, zoals de
Christen Democratische Internationale.

Ces contacts ont notamment été concrétisés au sein
d’institutions politiques internationales telles que
l’Internationale démocrate-chrétienne.

Daarnaast waren er ook binnen Rwandese milieus
mensen die contacten met de voor hen nuttige
partners in België onderhielden, teneinde druk te
kunnen uitoefenen op de besluitvorming van de
Belgische autoriteiten.

Par ailleurs, les milieux rwandais avaient également des contacts avec des partenaires belges qui leur
étaient utiles, en vue d’exercer une pression sur le
processus décisionnel des autorités belges.

In het kader van haar opdracht heeft de commissie
de verschillende officieuze kanalen onderzocht die
bestonden tussen bepaalde politieke middens in
België en Rwanda en haar invloeden zowel op de
Rwandese als de Belgische politiek. Omwille van een
aantal passages in geraadpleegde documenten en
omwille van de beschikbaarheid van documenten,
heeft de commissie zich in hoofdzaak beperkt tot het
onderzoeken van de standpunten van de Christen
Democratische Internationale. Zij heeft geen
onderzoek gewijd aan de houding en relaties van de
andere politieke strekkingen. Zo stelde de commissie
onder meer vast dat de Christen Democratische
Internationale jarenlang contacten onderhield met de
meeste politieke partijen, voornamelijk het MRND

Dans le cadre de l’accomplissement de sa mission,
la commission a examiné les divers canaux officieux
existant entre certains milieux politiques en Belgique
et au Rwanda ainsi que leur influence sur la politique
rwandaise comme sur la politique belge. Compte tenu
d’un certain nombre de passages figurant dans les
documents consultés et compte tenu de la disponibilité des documents, la commission s’est limitée à
l’examen des points de vue de l’Internationale démocrate chrétienne. Elle n’a consacré aucun examen aux
points de vue et relations des autres tendances politiques. La commission a ainsi constaté, entre autres,
que l’Internationale démocrate-chrétienne a, pendant
des années, entretenu des contacts avec la plupart des
partis politiques, principalement le MRND et le

——————

——————

(1) Verslag ad-hocgroep Rwanda, blz. 53.

(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 53.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 628 )

en president Habyarimana alsook met andere
politieke partijen als het MDR. Om een beter inzicht
te krijgen in de houding en de denkwijze van beide
partijen vóór maar ook na de dramatische
gebeurtenissen van april 1994 ten aanzien van het
democratiseringsproces in Rwanda werden door de
commissie Léon Saur, gewezen internationaal
secretaris van de PSC en de heer André Louis,
secretaris-generaal tot maart 1993, vervolgens
vice-president van de CDI, gehoord. Mevrouw Rika
De Backer, gewezen minister en vertrouwd met de
Rwandese problemen werd ook gevraagd haar
houding toe te lichten.
Daarnaast stelde de commissie vast dat advocaat
Johan Scheers, die de belangen van president
Habyarimana in België behartigde en Eugene
Nahimana, vertegenwoordiger van het MRND in
België en vertrouweling van de president evenzeer
initiatieven ondernamen om het Belgische beleid voor
Rwanda te beı̈nvloeden.

président Habyarimana, mais aussi avec d’autres
partis comme le MDR. Afin de mieux comprendre
l’attitude et le mode de pensée que les deux partis ont
adoptés — avant, mais aussi après, les événements
dramatiques d’avril 1994 — vis-à-vis du processus de
démocratisation au Rwanda, la commission a
entendu M. Léon Saur, ancien secrétaire international
du PSC, et M. André Louis, ancien secrétaire général,
puis vice-président, de l’IDC. La commission a également demandé à Mme Rika De Backer, ancienne ministre CVP familiarisée avec les problèmes rwandais,
d’expliquer son attitude.

3.12.2. De houding van de Christen Democratische
Internationale ten aanzien van de democratisering in Rwanda

3.12.2. L’attitude de l’Internationale démocratechrétienne vis-à-vis de la démocratisation au
Rwanda

De commissie stelt vast dat de christen-democratie
bijzondere
contacten
onderhield
met
de
vertegenwoordigers van de meeste politieke partijen
voornamelijk met het MRND van president
Habyarimana alsook met andere politieke partijen als
het MDR. De contacten werden gelegd op diverse
niveau’s. In afwachting van verkiezingen werden het
MRND en het MDR uitgenodigd op de
CDI-congressen en op het jaarlijks politiek bureau,
ook al waren zij geen lid.
Uit de verschillende getuigenissen en uit de talrijke
CDI-documenten waarover de commissie kon
beschikken blijkt dat de CDI wou komen tot een
wijziging in de standpunten van zijn Rwandese
gesprekspartners.
Ten
aanzien
van
het
democratiseringsproces in Rwanda circuleerden
politieke geschriften die ten dele afweken van de
eerste Arusha-akkoorden en waarbij men een
meerpartijenstelsel wou invoeren en verkiezingen
organiseren om zo het meerderheidsbeginsel ten volle
te kunnen laten spelen alvorens naar de zogenaamde
« partage
du
pouvoir »,
voorzien
in
de
Arusha-akkoorden mocht worden overgegaan.
Gevraagd naar de verhouding tussen de
verschillende internationale politieke formaties
bevestigde André Louis de sterke aanwezigheid van
de CDI in Rwanda : « Natuurlijk zijn er landen waar
de Christen-Democratische Internationale beter
geplaatst was om te werken. Dit was bijvoorbeeld het
geval in Rwanda » (1).

La commission constate que la démocratie chrétienne entretenait des contacts particuliers avec les
représentants de la plupart des partis politiques et
surtout avec le MRND du président Habyarimana
mais aussi avec d’autres partis, comme le MDR. L’on
a eu des contacts à plusieurs niveaux. En attendant
que des élections aient lieu, le MRND et le MDR ont
été invités aux congrès de l’IDC et à son bureau politique annuel, alors qu’ils n’en étaient pas membres.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer André Louis, POR, Senaat,
3 juni 1997, PV, blz. 23/12.

(1) Audition de M. André Louis, CER, Sénat, 3 juin 1997,
PV, pp. 23/12

La commission a constaté par ailleurs que l’avocat
Johan Scheers, qui défendait en Belgique les intérêts
du président Habyarimana, et Eugène Nahimana,
représentant du MRND en Belgique et homme de
confiance du président, ont également pris des initiatives visant à influencer la politique rwandaise de la
Belgique.

Il ressort des différents témoignages ainsi que des
nombreux documents de l’IDC dont la commission a
pu disposer que l’IDC voulait amener ses interlocuteurs rwandais à modifier leur point de vue. En ce qui
concerne le processus de démocratisation au
Rwanda, circulaient des écrits politiques dont le
contenu s’écartait en partie des premiers accords
d’Arusha et qui prévoyaient la création d’un système
multipartite et l’organisation d’élections pour
pouvoir faire jouer pleinement le principe de la majorité avant de procéder à ce que l’on a appelé le
« partage du pouvoir » prévu dans les accords
d’Arusha.
Interrogé sur les rapports entre les différentes
formations politiques internationales, André Louis a
confirmé la forte présence de l’IDC au Rwanda :
« Natuurlijk zijn er landen waar de ChristenDemocratische Internationale beter geplaatst was om
te werken. Dit was bijvoorbeeld het geval in
Rwanda »(1).

( 629 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Ten aanzien van de akkoorden van Arusha II
verklaarde André Louis geen voorstander te zijn van
deze voorstellen. « J’ai encore rencontré le président
le mardi 21 juillet 1992, au Stuyvenberg, ici. Il était en
visite à Bruxelles. J’étais accompagné de Rika De
Backer à ce moment-là. Je lui ai dit tout le mal que je
pensais de l’accord Arusha I, avec les dangers qui
pesaient sur l’avenir du pays et du processus de
démocratisation. C’était juste après la signature de
l’accord d’Arusha I. » (1) (...) « Het is juist dat we
geprobeerd hebben de akkoorden van Arusha te
verbeteren. Ik herhaal nogmaals dat ik tweemaal in
Kigali ben geweest en er gewerkt heb. Dat was voor
de ondertekening van Arusha I. Ik heb de president in
totaal vier keer ontmoet, dus ook tweemaal na de
ondertekening van Arusha-I en ook na Arusha-V. Op
een ogenblik dat het al te laat was en alles in kannen
en kruiken was. We hebben als Internationale dus
voortdurend geprobeerd de akkoorden te verbeteren
zolang dat mogelijk was, ook door de mensen attent
te maken op de gevaren ervan en op de mogelijkheden
om ze te verbeteren. »(2)

Quant aux accords d’Arusha II, André Louis a
déclaré qu’il n’y était pas favorable. « J’ai encore
rencontré le président le mardi 21 juillet 1992, au
Stuyvenberg, ici. Il était en visite à Bruxelles. J’étais
accompagné de Rika De Backer à ce moment-là. Je lui
ai dit tout le mal que je pensais de l’accord Arusha I,
avec les dangers qui pesaient sur l’avenir du pays et du
processus de démocratisation. C’était juste après la
signature de l’accord d’Arusha I » (1). « Het is juist
dat we geprobeerd hebben de akkoorden van Arusha
te verbeteren. Ik herhaal nogmaals dat ik tweemaal in
Kigali ben geweest en er gewerkt heb. Dat was voor
de ondertekening van Arusha I. Ik heb de president in
totaal vier keer ontmoet, dus ook tweemaal na de
ondertekening van Arusha-I en ook na Arusha-V. Op
een ogenblik dat het al te laat was en alles in kannen
en kruiken was. We hebben als Internationale dus
voortdurend geprobeerd de akkoorden te verbeteren
zolang dat mogelijk was, ook door de mensen attent
te maken op de gevaren ervan en op de mogelijkheden
om ze te verbeteren »(2).

Deze getuigenis wordt bevestigd in een document
van 4 augustus 1994 van André Louis getiteld
« Rwanda genèse d’un drame ». In dit document
schrijft André Louis dat hij de president tijdens een
bezoek aan Brussel op 21 juli 1992 gewezen heeft op
de bijzondere logica van het besluitvormingsproces
van de akkoorden van Arusha die volgens de auteur
tegengesteld zijn aan « la logique de la
démocratisation et devrait normalement conduire à
une aggravation de la crise, au lieu de la résoudre.

Ce témoignage est confirmé dans un document du
4 août 1994 de André Louis, intitulé « Rwanda,
genèse d’un drame ». Dans ce document, M. Louis
écrit qu’il a rencontré le président à Bruxelles le
21 juillet 1992 et qu’il a attiré son attention sur la logique curieuse du processus décisionnel des accords
d’Arusha qui, selon l’auteur, sont contraires à « la
logique de la démocratisation et devraient normalement conduire à une aggravation de la crise, au lieu de
la résoudre.

Or, l’accord d’Arusha I, prevoit déjà « un partage
de pouvoir », ce qui est condamnable de manière
absolue et constitue la négation même de la
démocratie. Les accords ultérieurs prévoient
l’installation
de
systèmes
transitoires
de
gouvernement.

Or, l’accord d’Arusha I prévoit déjà « un partage de
pouvoir », ce qui est condamnable de manière absolue
et constitue la négation même de la démocratie. Les
accords ultérieurs prévoient l’installation de systèmes
transitoires de gouvernement.

Proclamant officiellement la caducité des accords
d’Arusha dès le 9 avril 1994, le surlendemain de
l’assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi,
il (le FPR) a mis en application sa stratégie de prise de
pouvoir, provoquant sciemment et systématiquement
par son comportement terroriste, la fuite de deux
millions de personnes.

Proclamant officiellement la caducité des accords
d’Arusha dès le 9 avril 1994, le surlendemain de
l’assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi,
il (le FPR) a mis en application sa stratégie de prise de
pouvoir, provoquant sciemment et systématiquement, par son comportement terroriste, la fuite de
deux millions de personnes.

Il convient avant tout d’imposer un désarmement
général. Ce qui suppose, durant un certain temps, un
quadrillage militaire relativement dense. À cette
condition les populations réfugiées pourraient rentrer
au pays et elles le feront. Après cela, il conviendra
d’organiser, sous contrôle international, des élections
au suffrage universel direct dans un délai
raisonnablement bref.

Il convient avant tout d’imposer un désarmement
général. Ce qui suppose, durant un certain temps, un
quadrillage militaire relativement dense. À cette
condition les populations réfugiées pourraient rentrer
au pays et elles le feront. Après cela, il conviendra
d’organiser, sous contrôle international, des élections
au suffrage universel direct dans un délai raisonnablement bref.

——————

——————

(1) Ibidem, blz. 19/1.
(2) Hoorzitting met de heer André Louis, POR, Senaat,
3 juni 1997, PV, blz. 26/1 en 26/2.

(1) Ibidem, p. 19/1.
(2) Audition de M. André Louis, CER, Sénat, 3 juin 1997,
PV, pp. 26/1 et 26/2.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 630 )

Les accords d’Arusha sont bel et bien enterrés, avec
les 500 000 cadavres qu’ils ont engendrés. Il faut
chercher certes une solution politique, mais elle sera
nécessairement tout autre.

Les accords d’Arusha sont bel et bien enterrés, avec
les 500 000 cadavres qu’ils ont engendrés. Il faut chercher certes une solution politique, mais elle sera
nécessairement tout autre.

C’est la logique même des accords d’Arusha qui est
condamnable : celle du « partage du pouvoir ». Le
pouvoir n’est pas à partager. Il appartient au peuple.
Il faut donner la parole à celui-ci. »

C’est la logique même des accords d’Arusha qui est
condamnable : celle du « partage du pouvoir ». Le
pouvoir n’est pas à partager. Il appartient au peuple.
Il faut donner la parole à celui-ci. »

De commissie heeft kennis genomen van talrijke
brieven en documenten die in de periode voor en na
april 1994 door André Louis en Alain De Brouwer
werden verstuurd en verspreid. In die documenten en
brieven stelt de commissie vast dat de CDI zich op een
zeer intense wijze interesseerde voor Rwanda en dat
zij de politieke autoriteiten in België wilden
beı̈nvloeden. Hierbij stelt de commissie vast dat de
CDI in haar contacten met onder meer de leden van de
regering het regime van Habyarimana voorstelt als
’incontournable’. Daarnaast stelde de commissie vast
dat de CDI talrijke demarches ondernam richting
Rwanda maar ook dat haar partners in Rwanda op de
hoogte werden gehouden van de inspanningen van
België.

La commission a pris connaissance de nombreux
documents et lettres qui ont été envoyés et distribués
au cours des périodes qui ont précédé et suivi le mois
d’avril 1994, par MM. André Louis et Alain De Brouwer. Dans ces documents et ces lettres, la commission
a constaté que l’IDC s’était intéressée de très près au
Rwanda et qu’elle avait d’abord voulu influencer les
autorités politiques belges. À cet égard, la commission a constaté aussi que l’IDC avait souligné, à
l’occasion de ses contacts avec les membres du
gouvernement e.a., que le régime de M. Habyarimana
était « incontournable ». La commission a constaté en
outre que l’IDC avait accompli nombre de démarches
en direction du Rwanda, mais aussi que ses partenaires présents au Rwanda étaient informés des efforts
« de la Belgique ».

De commissie weerhield de volgende documenten :

La commission a retenu les documents suivants :

(1) de periode voor de akkoorden van Arusha

(1) La période antérieure aux accords d’Arusha

— de brief van 28 januari 1991 van Alain De
Brouwer, politiek adviseur van de CDI aan Wilfried
Martens, Eerste minister :

— la lettre du 28 janvier 1991 que M. Alain De
Brouwer, conseiller politique de l’IDC, adressa à
M. Wilfried Martens, Premier ministre :

« La délégation du MRND du Rwanda qui a
participé, en qualité d’invité, aux travaux du Bureau
politique de l’CDI les 17 et 18 janvier derniers, a été
très heureuse de pouvoir vous rencontrer lors de
l’inauguration de la plaque commémorative
d’Aristides Calvani et de la réception que vous avez
donnée dans les locaux de l’Internationale.

« La délégation du MRND du Rwanda qui a participé, en qualité d’ invité, aux travaux du Bureau politique de l’IDC les 17 et 18 janvier derniers, a été très
heureuse de pouvoir vous rencontrer lors de
l’inauguration de la plaque commémorative
d’Aristides Calvani et de la réception que vous avez
donnée dans les locaux de l’Internationale.

Comme cette délégation rwandaise n’a pu
rencontrer le ministre Eyskens lors du déjeuner offert
à Val-Duchesse, le lendemain, nous avons résumé les
conclusions les plus importantes tirées lors des
échanges avec nos amis du Rwanda. » (1)

Comme cette délégation rwandaise n’a pu rencontrer le ministre Eyskens lors du déjeuner offert à ValDuchesse, le lendemain, nous avons résumé les
conclusions les plus importantes tirées lors des échanges avec nos amis du Rwanda » (1).

— een brief van 28 januari 1991 van Alain De
Brouwer bestemd voor de heer Marc Eyskens,
minister van Buitenlandse Zaken waarbij de minister
op de hoogte wordt gesteld van « des vives
préoccupations des milieux démocrates chrétiens à
l’égard de la participation grandissante de l’Ouganda
dans les attaques meurtrières dont le Rwanda est
victime ».

— une lettre du 28 januari 1991 que M. Alain De
Brouwer adressa à M. Marc Eyskens, ministre des
Affaires étrangères, et dans laquelle il lui fait part
« des vives préoccupations des milieux démocrates
chrétiens à l’égard de la participation grandissante de
l’Ouganda dans les attaques meurtrières dont le
Rwanda est victime ».

« En effet, une délégation rwandaise conduite par
M. Enoch Ruhigira, membre de la Commission

« En effet, une délégation rwandaise conduite par
M. Enoch Ruhigira, membre de la Commission natio-

——————

——————

(1) Brief van Alain De Brouwer aan Wilfried Martens van
28 januari 1991.

(1) Lettre de Alain De Brouwer à Wilfried Martens du
28 janvier 1991.

( 631 )

1 - 611/7 - 1997/1998

nationale de synthèse, et par M. Faustin Munyazesa,
président de la Commission chargée de la
restructuration du MRND dans la perspective du
multipartisme, a participé en qualité d’invité au
Bureau politique de notre Internationale les 17 et
18 janvier derniers.

nale de synthèse, et par M. Faustin Munyazesa, président de la Commission chargée de la restructuration
du MRND dans la perspective du multipartisme, a
participé en qualité d’invité au Bureau politique de
notre Internationale les 17 et 18 janvier derniers.

Cette délégation rwandaise a eu de nombreux
échanges avec les milieux démocrates chrétiens, et a
rendu visite aux présidents du CVP et du PSC
MM. Van Rompuy et G. Deprez. Elle a même eu la
possibilité, dans le cadre du Bureau politique de
l’IDC, d’avoir un entretien approfondi avec le
ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda Paul
Ssemogerere, vice-président de l’Internationale. »

Cette délégation rwandaise a eu de nombreux
échanges avec les milieux démocrates chrétiens, et
a rendu visite aux présidents du CVP et du PSC
MM. Van Rompuy et G. Deprez. Elle a même eu la
possibilité, dans le cadre du Bureau politique de
l’IDC, d’avoir un entretien approfondi avec le ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda Paul
Ssemogerere, vice-président de l’Internationale. »

Alain De Brouwer besluit zijn nota aan de minister
van Buitenlandse zaken met de volgende politieke
beschouwingen :

M. Alain De Brouwer terminait la note qu’il adressait au ministre des Affaires étrangères par les considérations suivantes :

« 1. le Rwanda s’engage résolument dans une
démocratisation multipartite

« 1. le Rwanda s’engage résolument dans une
démocratisation multipartite

2. l’ouverture du Rwanda à la coopération
régionale et à une solution concrète des problèmes des
réfugiés de toute la région des Grands Lacs.

2. l’ouverture du Rwanda à la cooperation régionale et à une solution concrète des problèmes des réfugiés de toute la région des Grands Lacs.

3. le Front Patriotique Rwandais, FPR, n’est pas
intéressé par l’ouverture du régime rwandais ni de
s’intégrer dans le multipartisme en préparation

3. le Front Patriotique Rwandais, FPR, n’est pas
intéressé par l’ouverture du régime rwandais ni de
s’intégrer dans le multipartisme en préparation

4. la perpétuation d’une guerre non déclarée vise à
bloquer les efforts concrets en faveur des problèmes
des réfugiés et à déstabiliser le Rwanda

4. la perpétuation d’une guerre non déclarée vise à
bloquer les efforts concrets en faveur des problèmes
des réfugiés et à déstabiliser le Rwanda

5. le gouvernement du président Museyeni refuse
d’appliquer toutes les mesures de pacification aux
frontières

5. le gouvernement du président Museyeni refuse
d’appliquer toutes les mesures de pacification aux
frontières

6. le régime du président Museyeni apparaı̂t de
plus en plus dictatorial et belliciste

6. le régime du président Museyeni apparaı̂t de
plus en plus dictatorial et belliciste

7. le gouvernement du président Museyeni tente
d’exporter ses tensions et ses conflits vers le Rwanda

7. le gouvernement du président Museyeni tente
d’exporter ses tensions et ses conflits vers le Rwanda

8. l’absence de pression diplomatique suivie sur
l’Ouganda empêche le retour de la paix dans la région
et mine les politiques de coopération au
développement de l’Europe

8. l’absence de pression diplomatique suivie sur
l’Ouganda empêche le retour de la paix dans la région
et mine les politiques de coopération au développement de l’Europe

9. le Rwanda a fait des efforts considérables pour
améliorer la situation des droits de l’homme

9. le Rwanda a fait des efforts considérables pour
améliorer la situation des droits de l’homme

Les détenus liés à l’attaque du 1er octobre dernier et
à l’existence d’un plan de soulèvement à Kigali
(caches d’armes...) ne peuvent pas être assimilés, pour
une très grande part, à des « prisonniers d’opinion »
selon la définition donnée par les statuts d’Amnesty
International, puisqu’ils ont « usé de violence ou
préconisé son usage ». Malgré cela, le Rwanda a
ouvert ses prisons à la Croix-Rouge, aux diplomates
et aux missions parlementaires, comme jamais un
pays d’Afrique ne l’a fait jusqu’ici.

Les détenus liés à l’attaque du 1er octobre dernier et
à l’existence d’un plan de soulèvement à Kigali
(caches d’armes...) ne peuvent pas être assimilés, pour
une très grande part, à des « prisonniers d’opinion »
selon la définition donnée par les statuts d’Amnesty
International, puisqu’ils ont « usé de violence ou
préconisé son usage ». Malgré cela, le Rwanda a
ouvert ses prisons à la Croix-Rouge, aux diplomates
et aux missions parlementaires, comme jamais un
pays d’Afrique ne l’a fait jusqu’ici.

À part quelques bavures ne relevant pas d’une
politique délibérée du gouvernement, le Rwanda

À part quelques bavures ne relevant pas d’une politique délibérée du gouvernement, le Rwanda s’engage

1 - 611/7 - 1997/1998

( 632 )

s’engage dans des procès conformes aux normes
internationales reconnues. »

dans des procès conformes aux normes internationales reconnues. »

— een document van 14 juni 1991 van Alain De
Brouwer gericht aan de heer Leo Delcroix waarin
deze laatste op de hoogte wordt gebracht van het
bezoek van een beperkte MRND-delegatie en waarin
meteen ook een voorstel tot programma wordt
overgemaakt :

— un document du 14 juin 1991, que M. Alain De
Brouwer adressa à M. Leo Delcroix et dans laquelle il
l’informait de la visite d’une délégation restreinte du
MRND et lui communiquait une proposition de
programme.

« Cher Leo, Rika De Backer me demande d’adresse
au CVP le dossier relatif à la visite à Bruxelles du 22 au
29 juin de un ou deux ministres rwandais à
l’invitation commune du groupe PPE et du CVP
lui-même.

« Cher Leo, Rika De Backer me demande
d’adresser au CVP le dossier relatif à la visite à Bruxelles du 22 au 29 juin de un ou deux ministres rwandais
à l’invitation commune du groupe PPE et du CVP luimême.

M. Munyazesa nous a fait savoir qu’il préférait
venir avec une petite délégation du MRND et discuter
concrètement la coopération avec le CVP et le PSC sur
base de sa lettre du 20 avril apportée par Spérancie
Mutwe.

M. Munyazesa nous a fait savoir qu’il préférait
venir avec une petite délégation du MRND et discuter
concrètement la coopération avec le CVP et le PSC sur
la base de sa lettre du 20 avril apportée par Spérancie
Mutwe.

Enfin, lors de ce séjour, il y aurait intérêt à prévoir
une rencontre avec les présidents Van Rompay et
Deprez et avec les présidents du Sénat et de la
Chambre. »

Enfin, lors de ce séjour, il y aurait intérêt à prévoir
une rencontre avec les présidents Van Rompuy et
Deprez et avec les présidents du Sénat et de la Chambre. »

— een intern document van 1 augustus 1991
ondertekend door de heer André Louis,
secretaris-generaal van het CDI, met als titel « Le
Rwanda, nouvelles étapes vers la démocratie » waarin
de verschillende nieuwe opgerichte partijen worden
voorgesteld en waarin het MRND wordt voorgesteld
als de enige partij die borg kan staan voor het slagen
van het democratiseringsproces in Rwanda :

— un document interne du 1er août 1991, signé par
André Louis, secrétaire général de l’IDC, et intitulé
« Le Rwanda, nouvelles étapes vers la démocratie »,
dans lequel le MRND est présenté comme le seul parti
qui puisse garantir le succès du processus de démocratisation au Rwanda :

« le MRND, ancienne formule, bénéficiait d’un
financement significatif à charge de l’État. Le parti a
établi son siège dans un bâtiment construit par la
coopération belge, qui appartient à l’État. Il dispose
aussi de certains biens, tels que véhicules, etc.

« le MRND, ancienne formule, bénéficiait d’un
financement significatif à charge de l’État. Le parti a
établi son siège dans un bâtiment construit par la
coopération belge, qui appartient à l’État. Il dispose
aussi de certains biens, tels que véhicules, etc.

Le MRND évacuera le bâtiment d’État qu’il
occupe en ce moment dès que la construction de
l’immeuble que lui offre la Fondation Konrad
Adenauer sera terminée. Il a été envisagé aussi que le
MRND donne à l’État les biens qu’il possède ou
certains de ceux-ci. Cette idée est pour le moins
discutable.

Le MRND évacuera le bâtiment d’État qu’il
occupe en ce moment dès que la construction de
l’immeuble que lui offre la Fondation Konrad
Adenauer sera terminée. Il a été envisagé aussi que le
MRND donne à l’État les biens qu’il possède ou
certains de ceux-ci. Cette idée est pour le moins discutable.

C’est incontestablement le MRND qui est l’artisan
et le garant du processus de démocratisation en cours
au Rwanda. Le travail réalisé antérieurement par le
MRND est impressionnant. Il a été sans aucun doute
l’animateur de cette mobilisation de la nation qui a
conduit le pays vers une forme de développement
étonnante. Le Rwanda est un modèle unique de ce
qu’il est possible de réaliser avec des moyens pauvres,
beaucoup d’imagination, de travail et de solidarité
nationale et internationale. Il faudra un jour analyser
scientifiquement l’expérience rwandaise afin qu’elle
puisse bénéficier à d’autres peuples.

C’est incontestablement le MRND qui est l’artisan
et le garant du processus de démocratisation en cours
au Rwanda. Le travail réalisé antérieurement par le
MRND est impressionnant. Il a été sans aucun doute
l’animateur de cette mobilisation de la nation qui a
conduit le pays vers une forme de développement
étonnante. Le Rwanda est un modèle unique de ce
qu’il est possible de réaliser avec des moyens pauvres,
beaucoup d’imagination, de travail et de solidarité
nationale et internationale. Il faudra un jour analyser
scientifiquement l’expérience rwandaise afin qu’elle
puisse bénéficier à d’autres peuples.

Le MRND n’a pas démérité.

Le MRND n’a pas démérité.

( 633 )

1 - 611/7 - 1997/1998

C’est donc légitimement qu’il ambitionne d’être
reconduit dans sa fonction gouvernementale au terme
d’un vote populaire plus clair du fait qu’il sera cette
fois contradictoire.

C’est donc légitimement qu’il ambitionne d’être
reconduit dans sa fonction gouvernementale au terme
d’un vote populaire d’autant plus clair du fait qu’il
sera cette fois contradictoire.

Il convient que toutes les organisations qui, dans le
passé, ont aidé le MRND dans sa difficile tâche, non
seulement maintiennent leur aide et leur appui, mais
de surcroı̂t l’amplifient à la mesure des défis que le
mouvement doit affronter à l’avenir.

Il convient que toutes les organisations qui, dans le
passé, ont aidé le MRND dans sa difficile tâche, non
seulement maintiennent leur aide et leur appui, mais
de surcroı̂t l’amplifient à la mesure des défis que le
mouvement doit affronter à l’avenir.

Ceci ne signifie pas qu’il faille laisser sans aide les
nouvelles forces politiques naissantes. Il serait
toutefois injuste de ne pas tenir compte des mérites
acquis par le MRND et des besoins accrus nés du pas
décisif vers la démocratisation, qu’il a d’ailleurs
franchi avec nos pressants encouragements ! »

Ceci ne signifie pas qu’il faille laisser sans aide les
nouvelles forces politiques naissantes. Il serait toutefois injuste de ne pas tenir compte des mérites acquis
par le MRND et des besoins accrus nés du pas décisif
vers la démocratisation, qu’il a d’ailleurs franchi avec
nos pressants encouragements ! »

— een brief van 17 januari 1992 van
CDI-secretaris-generaal André Louis gericht aan de
heer Alexis Nsabimana, afgevaardigde voor
MDR/Benelux. Het MDR bekende zich tot de
christen-democratie. In zijn antwoord aan Alexis
Nsabimana stelt de secretaris-generaal van de CDI
geen moment te twijfelen aan de oprechtheid van
president Habyarimana inzake de voortzetting van
het democratiseringsproces in Rwanda. De president
en zijn partij MRND kunnen dan ook rekenen op de
steun van de CDI :

— une lettre du 17 janvier 1992 du secrétaire général de l’IDC André Louis, adressée à M. Alexis Nsabimana, délégué du MDR/Benelux. Le MDR se profilait comme membre de la démocratie chrétienne.
Dans sa réponse à M. Alexis Nsabimana, le secrétaire
général de l’IDC déclare qu’il ne doute aucunement
de la sincérité du président Habyarimana concernant
la poursuite du processus de démocratisation au
Rwanda. Le président et son parti, le MRND,
peuvent, dès lors, compter sur le soutien de l’IDC :

« Afin d’éviter toute interprétation quant à
l’attitude de l’Internationale démocrate-chrétienne, je
désire préciser que la réforme de l’État constitue à nos
yeux l’objectif prioritaire pour votre pays.

« Afin d’éviter toute interprétation quant à
l’attitude de l’Internationale démocrate-chrétienne, je
désire préciser que la réforme de l’État constitue à nos
yeux l’objectif prioritaire pour votre pays.

Selon notre expérience, la transformation d’un
régime autoritaire en un régime démocratique —
particulièrrement dans un pays affecté par la guerre
(cfr. El Salvador, Guatemala, Philippines) — doit
s’effectuer de manière résolue, au terme d’un
calendrier raisonnablement bref dont il convient de
poursuivre l’exécution avec rigueur.

Selon notre expérience, la transformation d’un
régime autoritaire en un régime démocratique —
particulièrrement dans un pays affecté par la guerre
(cfr. El Salvador, Guatemala, Philippines) — doit
s’effectuer de manière résolue, au terme d’un calendrier raisonnablement bref dont il convient de poursuivre l’exécution avec rigueur.

Nous n’avons — au stade actuel — aucune raison
de douter de la loyauté du président de la République,
du gouvernement ainsi que des dirigeants du MRND.
Nous les appuierons en conséquence et continuerons
de les appuyer aussi longtemps qu’ils maintiendront
leur ligne de conduite actuelle. Nous ne ferons rien
qui puisse contrarier leur méritoire effort.

Nous n’avons — au stade actuel — aucune raison
de douter de la loyauté du président de la République,
du gouvernement ainsi que des dirigeants du MRND.
Nous les appuyerons en conséquence et continuerons
de les appuyer aussi longtemps qu’ils maintiendront
leur ligne de conduite actuelle. Nous ne ferons rien
qui puisse contrarier leur méritoire effort.

L’opposition recevra notre appui dans la mesure ou
elle s’engagera de manière vraiment crédible dans le
processus de démocratisation en prenant de vraies
responsabilités. Ce qui n’est malheureusement pas le
cas jusqu’à présent.

L’opposition recevra notre appui dans la mesure où
elle s’engagera de manière vraiment crédible dans le
processus de démocratisation en prenant de vraies
responsabilités. Ce qui n’est malheureusement pas le
cas jusqu’à présent.

Personne ne prétendra que tout soit parfait au
Rwanda en ce moment. Que des abus de pouvoir
puissent encore être commis, notamment au niveau
local, cela paraı̂t vraisemblable. Il faut bien entendu
les combattre avec fermeté, sans toutefois perdre de
vue que l’objectif primordial de démocratisation est
en cours de réalisation. »

Personne ne prétendra que tout soit parfait au
Rwanda en ce moment. Que des abus de pouvoir
puissent encore être commis, notamment au niveau
local, cela paraı̂t vraisemblable. Il faut bien entendu
les combattre avec fermeté, sans toutefois perdre de
vue que l’objectif primordial de démocratisation est
en cours de réalisation. »

1 - 611/7 - 1997/1998

( 634 )

— De steun aan het regime van Habyarimana
wordt nogmaals herhaald in een intern document van
8 februari 1992 ondertekend door André Louis
getiteld « La Démocratisation du Rwanda » :

— Le soutien au président Habyarimana et au
MRND est réitéré dans un document du 8 février
1992, signé par M. André Louis et intitulé « La Démocratisation du Rwanda » :

« La détermination du président Juvénal Habyarimana à conduire la République rwandaise vers un
système démocratique multi-partis constitue un
élément clé permettant de considérer l’avenir avec un
certain degré de confiance.

« La détermination du président Juvénal Habyarimana à conduire la République rwandaise vers un
système démocratique multi-partis constitue un
élément clé permettant de considérer l’avenir avec un
certain degré de confiance.

Le processus de transition a toutefois déjà duré trop
longtemps.

Le processus de transition a toutefois déjà duré trop
longtemps.

Le MRND a poursuivi systématiquement sa
réforme interne, en organisant des élections aux différents niveaux de parti (secteurs, communes).
Plusieurs centaines de réunions ont déjà eu lieu. Un
congrès national couronnant ce processus aura lieu
prochainement.

Le MRND a poursuivi systématiquement sa
réforme interne, en organisant des élections aux différents niveaux de parti (secteurs, communes).
Plusieurs centaines de réunions ont déjà eu lieu. Un
congrès national couronnant ce processus aura lieu
prochainement.

Il est incontestablement le parti dont l’effort d’organisation interne est le plus important et le plus
avancé.

Il est incontestablement le parti dont l’effort d’organisation interne est le plus important et le plus
avancé.

Le président Habyarimana est et restera le leader
effectif du MRND. Afin de rencontrer l’objection
légale concernant l’incompatibilité entre la qualité de
militaire et la fonction de chef de parti, le président a
désigné un ministre de la défense (qui relève du
Premier ministre) et un chef d’état–major général. Il
reste bien entendu le chef constitutionnel de l’armée,
comme le président Mitterand ou le Roi des Belges le
sont également dans leur pays.

Le président Habyarimana est et restera le leader
effectif du MRND. Afin de rencontrer l’objection
légale concernant l’incompatibilité entre la qualité de
militaire et la fonction de chef de parti, le président a
désigné un ministre de la défense (qui relève du
Premier ministre) et un chef d’état-major général. Il
reste bien entendu le chef constitutionnel de l’armée,
comme le président Mitterrand ou le Roi des Belges le
sont également dans leur pays.

C’est avec une certaine surprise que l’on prend
connaissance d’un document publié par des prêtres
du diocèse de Kabgayi, le 1er decembre 1991.

C’est avec une certaine surprise que l’on prend
connaissance d’un document publié par des prêtres
du diocèse de Kabgayi, le 1er decembre 1991.

Il s’agit d’un pamphlet politique, enrobé de phrasélogie pseudo-religieuse, qui attaque le gouvernement
de manière partiale sur des points aussi limités que la
manière dont il conduit ses consultations politiques.
C’est pour le moins étrange !

Il s’agit d’un pamphlet politique, enrobé de phraséologie pseudo-religieuse, qui attaque le gouvernement de manière partiale sur des points aussi limités
que la manière dont il conduit ses consultations politiques. C’est pour le moins étrange !

La conférence épiscopale catholique du Rwanda a
publié peu après un document positif et nuancé.

La conférence épiscopale catholique du Rwanda a
publié peu après un document positif et nuancé.

Il n’y a toujours pas d’alternative au MRND.

Il n’y a toujours pas d’alternative au MRND.

La situation des partis, par comparaison avec ce
qu’elle était lors de notre précédente visite du 1er août
1991, s’est plutôt détériorée.

La situation des partis, par comparaison avec ce
qu’elle était lors de notre précédente visite du 1er août
1991, s’est plutôt détériorée.

Le schéma optimum pour le Rwanda est celui
d’une configuration du MRND dans sa fonction
gouvernementale au terme d’élections parlementaires
à tenir dans un délai de 4 à 5 mois, élections conduisant à une présence honorable (20 % à 35 % semblent
prévisibles) de l’opposition au sein du Parlement. »

Le schéma optimum pour le Rwanda est celui
d’une configuration du MRND dans sa fonction
gouvernementale au terme d’élections parlementaires
à tenir dans un délai de 4 à 5 mois, élections conduisant à une présence honorable (20 % à 35 % semblent
prévisibles) de l’opposition au sein du Parlement. »

— In een brief van 5 maart 1992 brief gericht aan
de heer Nkundabagenzi, ministre de l’information
aux bons soins du directeur d’Orinfor, monsieur
F. Nahimana, laat Alain De Brouwer weten dat de
CDI bij de Belgische diplomatieke diensten is

— Dans une lettre du 5 mars 1992 qu’il adressait à
M. Nkundabagenzi, ministre de l’information aux
bons soins du directeur d’Orinfor, M. F. Nahimana,
M. Alain De Brouwer fait savoir que l’IDC est intervenue au niveau des services diplomatiques belges en

( 635 )

1 - 611/7 - 1997/1998

tussengekomen ten einde de diplomatieke druk op de
vrienden van het RPF (Oeganda) op te drijven :

vue d’augmenter la pression diplomatique sur les
amis du FPR (Ouganda).

« Nous avons touché les Affaires étrangères belges
et la Représentation permanente de la Belgique
auprès de la CEE, afin d’insister sur la nécessité
urgente de réactiver les pressions diplomatiques à
l’encontre de l’Ouganda qui sert de sanctuaire et de
ravitaillement aux terroristes du FPR, mais aussi de
poursuivre une aide humanitaire en faveur des
personnes déplacées.

« Nous avons touché les Affaires étrangères belges
et la Représentation permanente de la Belgique
auprès de la CEE, afin d’insister sur la nécessité
urgente de réactiver les pressions diplomatiques à
l’encontre de l’Ouganda qui sert de sanctuaire et de
ravitaillement aux terroristes du FPR, mais aussi de
poursuivre une aide humanitaire en faveur des
personnes déplacées.

Nous nous permettons également de vous suggérer
une campagne d’information plus complète sur les
changements judiciaires intervenus au Rwanda
(application des lois d’amnistie, meilleure protection
des détenus et des droits de la défense, etc.) car une
récente conférence de presse de maı̂tre André Jadoul,
avocat au barreau de Bruxelles et envoyé au Rwanda
par la Ligue des droits de l’homme (27 février 1992)
s’est sans doute trop focalisée sur les tragiques massacres des Bagogwe, rendant actuels pour les médias des
événements qui se sont déroulés il y plus d’un an et
surtout occultant le caractère provocateur des attaques du FPR et sa stratégie machiavélique de susciter
des affrontements interethniques pour déstabiliser la
société rwandaise.

Nous nous permettons également de vous suggérer
une campagne d’information plus complète sur les
changements judiciaires intervenus au Rwanda
(application des lois d’amnistie, meilleure protection
des détenus et des droits de la défense, etc.) car une
récente conférence de presse de maı̂tre André Jadoul,
avocat au barreau de Bruxelles et envoyé au Rwanda
par la Ligue des droits de l’homme (27 février 1992)
s’est sans doute trop focalisée sur les tragiques massacres des Bagogwe, rendant actuels pour les médias des
événements qui se sont déroulés il y plus d’un an et
surtout occultant le caractère provocateur des attaques du FPR et sa stratégie machiavélique de susciter
des affrontements interethniques pour déstabiliser la
société rwandaise.

Encore une fois, nous vous remercions, monsieur
Nahimana, pour toutes les informations envoyées. »

Encore une fois, nous vous remercions, monsieur
Nahimana, pour toutes les informations envoyées. »

In een fax van 5 januari 1993 aan Papias
Ngaboyamahina, schreef Alain De Brouwer onder
meer : « Comment peut-on envisager de donner le
ministère de l’Intérieur au FPR, alors qu’il faut
essayer de confier les minstères sensibles dans la
transition à des personnalités non partisanes et non
candidates aux élections (hauts magistrats...),
donnant à tous la garantie d’une gestion juste et
indépendante? ».

Dans un fax du 5 janvier 1993 envoyé à Papias
Ngaboyamahina, Alain De Brouwer écrivait notamment : « Comment peut-on envisager de donner le
ministère de l’Intérieur au FPR, alors qu’il faut essayer de confier les minstères sensibles dans la transition
à des personnalités non partisanes et non candidates
aux élections (hauts magistrats...), donnant à tous la
garantie d’une gestion juste et indépendante? ».

— In een antwoord op een brief van 10 januari
1993 van de heren Paulin Murayi en Georges Ruggiu
waarin deze hun twijfels overmaken over de
akkoorden van Arusha, onderkent Alain De Brouwer
de geuitte bezwaren tegen de akkoorden :

— Dans sa réponse à une lettre du 10 janvier 1993
de MM. Paulin Murayi et Georges Ruggiu dans
laquelle ceux-ci faisaient part de leurs doutes à propos
des accords d’Arusha, A. De Brouwer reconnaı̂t le
bien-fondé des objections qui ont été formulées à
l’encontre des accords :

« Dans l’attente du texte officiel demandé à
l’ambassadeur du Rwanda, nous devons bien
reconnaı̂tre la justesse des observations contenues
dans votre message, notamment sur le fait que la
future Assemblée nationale de transition soit nommée
et non élue, cela sur base de critères discriminatoires à
l’égard des 11 partis non membres du gouvernement
actuel, sur la composition du futur gouvernement
transitoire et l’adoption de ses décisions au 2/3 des
voix, et sur l’absence de procédure démocratique de
ratification de ces accords adoptés sans débat au
CND et sans référendum populaire.

« Dans l’attente du texte officiel demandé à
l’ambassadeur du Rwanda, nous devons bien
reconnaı̂tre la justesse des observations contenues
dans votre message, notamment sur le fait que la
future Assemblée nationale de transition soit nommée
et non élue, cela sur base de critères discriminatoires à
l’égard des 11 partis non membres du gouvernement
actuel, sur la composition du futur gouvernement
transitoire et l’adoption de ses décisions au 2/3 des
voix, et sur l’absence de procédure démocratique de
ratification de ces accords adoptés sans débat au
CND et sans référendum populaire.

Malgré tous les reproches et critiques sur la longue
période du parti unique, le président de la République

Malgré tous les reproches et critiques sur la longue
période du parti unique, le président de la République

1 - 611/7 - 1997/1998

( 636 )

garde un rôle éminent dans la conduite du processus
démocratique à bon port c’est-à-dire des élections
libres et justes sous observation internationale. »

garde un rôle éminent dans la conduite du processus
démocratique à bon port c’est-à-dire des élections
libres et justes sous observation internationale. »

— In een brief van 20 januari 1993 gericht aan de
heer Mathieu Ngirumpatse, secretaris-generaal van
het MRND reageert de heer Alain De Brouwer
ontsteld op de inhoud van de akkoorden van Arusha
III, waarvan bepaalde aspecten ronduit als
anti-democratisch worden omschreven.

— Dans une lettre du 20 janvier 1993 qu’il avait
adressée à M. Mathieu Ngirumpatse, secrétaire général du MRND, M. De Brouwer réagit au contenu des
accords d’Arusha III dont il qualifie certains aspects
d’antidémocratiques.

« Permettez-moi de vous adresser nos voeux les plus
sincères pour 1993 de la part de l’IDC : nous souhaitons ardemment que votre cher pays puisse retrouver
la paix intérieure et extérieure et le développement et
aboutir enfin à des élections démocratiques sans
heurts.

« Permettez-moi de vous adresser nos voeux les plus
sincères pour 1993 de la part de l’IDC : nous souhaitons ardemment que votre cher pays puisse retrouver
la paix intérieure et extérieure et le développement et
aboutir enfin à des élections démocratiques sans
heurts.

Nous aussi à l’IDC nous sommes effarés par
certains aspects antidémocratiques d’Arusha III et le
manque de légitimité des futures institutions de la
transition, sans parler du péril représenté par l’octroi
du poste de ministre de l’intérieur à la partie attaquante.

Nous aussi à l’IDC nous sommes effarés par
certains aspects antidémocratiques d’Arusha III et le
manque de légitimité des futures institutions de la
transition, sans parler du péril représenté par l’octroi
du poste de ministre de l’intérieur à la partie attaquante.

Mais comment remettre toutes ces démarches
diplomatiques dans un cadre plus acceptable pour le
peuple rwandais et où l’attaquant du départ, le FPR,
ne soit plus dans la situation de pouvoir départager
MDR et MRND et de les enfermer dans un gouvernement de transition sans droit de veto en cas d’atteinte
aux droits vitaux du pays ?

Mais comment remettre toutes ces démarches
diplomatiques dans un cadre plus acceptable pour le
peuple rwandais et où l’attaquant du départ, le FPR,
ne soit plus dans la situation de pouvoir départager
MDR et MRND et de les enfermer dans un gouvernement de transition sans droit de veto en cas d’atteinte
aux droits vitaux du pays ?

Nous souhaitons garder confidentielles ces démarches car nous pensons qu’il y a déjà eu trop
d’interférences internationales malheureuses et que
l’enjeu véritable n’est plus d’abord d’attendre « la
vérité proclamée d’Arusha » où la stratégie de division
et de prise de pouvoir du FPR domine, mais de construire un nouvel axe de réconciliation interne
MRND-MDR qui, seul, peut sauver le pays et le
conduire à des accords extérieurs équilibrés ».

Nous souhaitons garder confidentielles ces démarches car nous pensons qu’il y a déjà eu trop
d’interférences internationales malheureuses et que
l’enjeu véritable n’est plus d’abord d’attendre « la
vérité proclamée d’Arusha » où la stratégie de division
et de prise de pouvoir du FPR domine, mais de construire un nouvel axe de réconciliation interne
MRND-MDR qui, seul, peut sauver le pays et le
conduire à des accords extérieurs équilibrés. »

— Een
congresresolutie
betreffende
de
dramatische situatie in Rwanda tengevolge van de
aanvallen van 8 februari 1993, het dokument werd
ondertekend door André Louis alsook door Brian
Palmer, adjunkt algemeen secretaris van de CDI :

— Une résolution du 10e congrès de l’IDC du
8 février 1993, relative à la situation dramatique au
Rwanda à la suite des attaques du 8 février 1993; le
document est signé par André Louis ainsi que par
Brian Palmer, secrétaire général adjoint de l’IDC :

« L’IDC condamne également toutes les violences
intérieures et demande à l’ensemble des forces politiques et sociales du pays de s’unir pour conduire
jusqu’au bout les processus de paix et de démocratisation.

« L’IDC condamne également toutes les violences
intérieures et demande à l’ensemble des forces politiques et sociales du pays de s’unir pour conduire
jusqu’au bout les processus de paix et de démocratisation.

Après la conclusion des accords d’Arusha, l’IDC a
pris nettement et publiquement position en faveur de
l’application de ceux-ci. Dans ses contacts avec les
forces politiques rwandaises, elle a souligné le caractère précaire de ces accords, dont la réalisation n’était
garantie par aucune autorité et dépendait entièrement
de la seule bonne volonté des parties en présence,
recommandant notamment de raccourcir les délais et
d’avancer le processus électoral. L’IDC a réaffirmé

Après la conclusion des accords d’Arusha, l’IDC a
pris nettement et publiquement position en faveur de
l’application de ceux-ci. Dans ses contacts avec les
forces politiques rwandaises, elle a souligné le caractère précaire de ces accords, dont la réalisation n’était
garantie par aucune autorité et dépendait entièrement
de la seule bonne volonté des parties en présence,
recommandant notamment de raccourcir les délais et
d’avancer le processus électoral. L’IDC a réaffirmé

( 637 )

1 - 611/7 - 1997/1998

cette position, notamment lors d’un entretien avec le
FPR qui a eu lieu le 24 novembre 1993.

cette position, notamment lors d’un entretien avec le
FPR qui a eu lieu le 24 novembre 1993.

(...) L’IDC condamne avec horreur les tueries qui
ont été perpétrées au Rwanda, quels qu’en étaient les
auteurs...

(...) L’IDC condamne avec horreur les tueries qui
ont été perpétrées au Rwanda, quels qu’en étaient les
auteurs...

L’IDC rappelle à l’armée de la République rwandaise que son devoir sacré et imprescriptible consiste
à protéger indistinctement tous les citoyens rwandais
quelle que soit leur ethnie. »

L’IDC rappelle à l’armée de la République rwandaise que son devoir sacré et imprescriptible consiste
à protéger indistinctement tous les citoyens rwandais
quelle que soit leur ethnie. »

— een interne nota van 8 maart 1993 van Alain De
Brouwer aan André Louis. Deze nota volgt op de
toespraken van president Habyarimana in Ruhengeri
op 15 november 1992 en Léon Mugesera,
vice-president van het MRND op 22 november 1992
in Gisenyi.

— une note interne du 8 mars 1993 que M. Alain
de Brouwer adressait à M. André Louis. Cette note
fait suite aux allocutions que firent le président
Habyarimana à Ruhengeri le 15 novembre 1992 et
M. Léon Mugesera, vice-président du MRND, à
Gisenyi, le 22 novembre 1992.

In een reactie op de eerste opmerking van de heer
Alain De Brouwer over de toespraak van president
Habyarimana op 15 november 1992 te Ruhengeri en
in het bijzonder het verwijt dat « men » aan de
president maakt naar aanleiding van zijn verklaring
dat : « Les accords d’Arusha (1) sont un chiffon de
papier, ce n’est pas la paix » en dat zijn minister van
Buitenlandse Zaken « ne doit pas truquer certaines
choses et dire qu’en ramenant un chiffon de papier, il
ramène la paix » antwoordt André Louis :

Dans une réaction à la première remarque de
M. Alain De Brouwer à propos de l’allocution que fit
le président Habyarimana, le 15 novembre 1992, à
Ruhengeri, et, en particulier, au reproche adressé au
président à propos de sa déclaration selon laquelle :
« Les accords d’Arusha (1) sont un chiffon de papier,
ce n’est pas la paix » et que son ministre des Affaires
étrangères « ne doit pas truquer certaines choses et
dire qu’en ramenant un chiffon de papier, il ramène la
paix », M. André Louis répond :

« 1. Il faudrait pouvoir contrôler l’authenticité du
document.

« 1. Il faudrait pouvoir contrôler l’authenticité du
document.

2. Même en se basant sur le texte disponible, il
s’agit d’un discours de meeting particulièrement
modéré.

2. Même en se basant sur le texte disponible, il
s’agit d’un discours de meeting particulièrement
modéré.

L’utilisation du terme « chiffon » de papier dans la
traduction française est une évidente manipulation
occidentale pour discréditer le président en établissant une analogie avec le fameux terme de « chiffon de
papier », par lequel Hitler qualifiait les accords de
Munich.

L’utilisation du terme « chiffon » de papier dans la
traduction française est une évidente manipulation
occidentale pour discréditer le président en établissant une analogie avec le fameux terme de « chiffon de
papier », par lequel Hitler qualifiait les accords de
Munich.

Le président a voulu dire un « bout de papier », « un
morceau de papier » et il a raison de souligner que cela
ne suffit pas pour garantir la paix. »

Le président a voulu dire un « bout de papier », « un
morceau de papier » et il a raison de souligner que cela
ne suffit pas pour garantir la paix. »

In een tweede bemerking met betrekking tot de
toespraak van Léon Mugesera voor de militanten van
het MRND en die een niet verholen oproep bevat tot
het doden van de Tutsi bevolking schrijft De Brouwer
aan André Louis :

Dans une deuxième remarque relative à
l’allocution que M. Léon Mugesera fit devant les
militants du MRND et dans laquelle il appelait ouvertement à l’extermination de la population tutsie,
M. De Brouwer déclare à M. André Louis :

« Ce discours donne le ton de l’intolérance politique meurtrière, même s’il se situe dans un climat généralisé de violence, de provocation et d’intimidation.

« Ce discours donne le ton de l’intolérance politique meurtrière, même s’il se situe dans un climat généralisé de violence, de provocation et d’intimidation.

Il faut y ajouter les nouvelles des Pères Blancs
(5 janvier 1993) qui ont relevé les passages de ce
discours incendiaire consacré au renvoi des Tutsis en

Il faut y ajouter les nouvelles des Pères Blancs
(5 janvier 1993) qui ont relevé les passages de ce
discours incendiaire consacré au renvoi des Tutsis en

——————

——————

(1) Hiermee worden de Arusha III akkoorden bedoeld, niet
de uiteindelijke akkoorden van Arusha.

(1) Il s’agit en l’occurrence d’Arusha III et non des accords
définitifs.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 638 )

Éthiopie « via la rivière Nyabarongo en voyage
express ».

Éthiopie « via la rivière Nyabarongo en voyage
express ».

Je pense que l’IDC doit protester auprès du secrétaire général Ngirumpatse et demander que l’auteur
de ce discours soit désavoué et sanctionné par son
parti. »

Je pense que l’IDC doit protester auprès du secrétaire général Ngirumpatse et demander que l’auteur
de ce discours soit désavoué et sanctionné par son
parti. »

In zijn antwoord van 12 maart 1993 vergoeilijkt de
heer André Louis opnieuw deze houding van het
MRND :

Dans sa réponse du 12 mars 1993, M. André Louis
excuse à nouveau cette attitude du MRND.

« 1. Il faudrait pouvoir contrôler l’authenticité du
document.

« 1. Il faudrait pouvoir contrôler l’authenticité du
document.

2. En se basant sur le texte disponible et en faisant
abstraction des outrances verbales inhérentes à ce
genre de discours pour ne retenir que l’essentiel, il faut
constater :

2. En se basant sur le texte disponible et en faisant
abstraction des outrances verbales inhérentes à ce
genre de discours pour ne retenir que l’essentiel, il faut
constater :

— la volonté de voir déférer devant les tribunaux
les traı̂tres à la patrie (les complices du FPR) est une
exigence on ne peut plus légitime.

— la volonté de voir déférer devant les tribunaux
les traı̂tres à la patrie (les complices du FPR) est une
exigence on ne peut plus légitime.

— l’appel à la résistance et à une mobilisation bien
organisée est légitime et élémentaire dans la perspective de la guerre civile de plus en plus inévitable,
imposée par le FPR.

— l’appel à la résistance et à une mobilisation bien
organisée est légitime et élémentaire dans la perspective de la guerre civile de plus en plus inévitable,
imposée par le FPR.

— l’appel aux élections est étonnamment positif. »

— l’appel aux élections est étonnamment positif. »

(2) Periode na Arusha V en voor de gebeurtenissen
van 7 april 1994

(2) La période postérieure à Arusha V et antérieure
aux événements du 7 avril 1994

— een telex van de ambassadeur Swinnen aan
Minafet (878) van 27 augustus 1993 :

— un télex de l’ambassadeur Swinnen à Minafet
(878) du 27 août 1993 :

« Internationale Démocrate Chrétienne : Alain De
Brouwer, PSC, a rencontré au nom de l’IDC les partis
MRND, MDR et PSD. Reproche adressé au MRND
pour son action qualifiée de coup d’état civil ayant
conduit à la division du MDR et à l’affaiblissement de
l’opposition politique intérieure. »

« Internationale Démocrate Chrétienne : Alain De
Brouwer, PSC, a rencontré au nom de l’IDC les partis
MRND, MDR et PSD. Reproche adressé au MRND
pour son action qualifiée de coup d’état civil ayant
conduit à la division du MDR et à l’affaiblissement de
l’opposition politique intérieure. »

— een perscommunique van 22 oktober 1993 van
de heer Emilio Colombo, voorzitter van de CDI en de
heer Bryan Palmer, adjunct secretaris-generaal
waarin gewaarschuwd wordt voor de bedreigingen
die wegen op de vredesakkoorden van Arusha.

— un communiqué de presse du 22 octobre 1993
de M. Emilio Colombo, président de l’IDC, et de
M. Bryan Palmer, secrétaire général adjoint, qui
mettent en garde contre les menaces qui pèsent sur les
accords de paix d’Arusha.

« L’IDC dénonce l’appui direct d’une puissance
étrangère, à travers le FPR, aux putchistes et la
menace que cet appui persistant fait peser sur
l’application des accords de paix d’Arusha et sur le
renforcement de la démocratisation au Rwanda. »

« L’IDC dénonce l’appui direct d’une puissance
étrangère, à travers le FPR, aux putchistes et la
menace que cet appui persistant fait peser sur
l’application des accords de paix d’Arusha et sur le
renforcement de la démocratisation au Rwanda. »

— de brief van 9 maart 1994 van de heer Alain de
Brouwer aan de heer Georges Thuysbaert,
adjunct-kabinetschef
van
de
minister
van
Landsverdediging waarin herinnerd wordt aan een
eerder schrijven van de MRND-vertegenwoordiger in
België. Elke blokkage van het democratiseringsproces
wordt toegeschreven aan het RPF of aan het
persoonlijke optreden van de heer Faustin
Twagiramungu.

— la lettre du 9 mars 1994 de M. Alain De Brouwer, à M. Georges Thuysbaert, chef de cabinet
adjoint du ministre de la Défense nationale, dans
laquelle il est fait référence à une lettre antérieure du
représentant du MRND en Belgique. Tout blocage du
processus de démocratisation est attribué au FPR ou à
l’intervention personnelle de M. Faustin Twagiramungu.

( 639 )

1 - 611/7 - 1997/1998

« Suite à la lettre du 8 mars 1994 du président du
MRND en Belgique au ministre Leo Delcroix, dont
nous avons reçu copie ce jour à l’IDC, nous ne
pouvons qu’appuyer l’essentiel de cette démarche.

« Suite à la lettre du 8 mars 1994 du président du
MRND en Belgique au ministre Leo Delcroix, dont
nous avons reçu copie ce jour à l’IDC, nous ne
pouvons qu’appuyer l’essentiel de cette démarche.

En effet, les blocages politiques actuels sont causés
essentiellement par le FPR qui a rejeté le compromis
politique négocié le 27 février 1994 par l’ensemble des
partis membres de la coalition gouvernementale
actuelle. Le compromis permettrait de surmonter les
problèmes internes de deux de ces partis : le MDR et le
Parti libéral.

En effet, les blocages politiques actuels sont causés
essentiellement par le FPR qui a rejeté le compromis
politique négocié le 27 février 1994 par l’ensemble des
partis membres de la coalition gouvernementale
actuelle. Le compromis permettrait de surmonter les
problèmes internes de deux de ces partis : le MDR et le
Parti libéral.

Deuxième source de blocage de la situation : le jeu
personnel, de l’ancien président du MDR Faustin
Twagiramungu qui s’est autoproclamé candidat
Premier ministre et qui a été exclu de la présidence de
son parti par un congrès extraordinaire en juillet
dernier. M. Twagiramungu prétend, malgré un
compromis négocié avec l’appui des églises, désigner
lui-même les ministres et les députés MDR, sans
respecter les décisions du Congrès et des organes
directeurs de ce parti populaire.

Deuxième source de blocage de la situation : le jeu
personnel de l’ancien président du MDR Faustin
Twagiramungu qui s’est autoproclamé candidat
Premier ministre et qui a été exclu de la présidence de
son parti par un congrès extraordinaire en juillet
dernier. M. Twagiramungu prétend, malgré un
compromis négocié avec l’appui des églises, désigner
lui-même les ministres et les députés MDR, sans
respecter les décisions du Congrès et des organes
directeurs de ce parti populaire.

M. Faustin Twagiramungu s’est toujours vu reprocher sa politique d’alliance étroite avec le FPR, au
mépris de l’opinion dominante au sein de ce parti.

M. Faustin Twagiramungu s’est toujours vu reprocher sa politique d’alliance étroite avec le FPR, au
mépris de l’opinion dominante au sein de ce parti.

Mme Agathe Uwilingiyimana, Premier ministre
actuel et alliée de M. Twagiramungu, a la lourde
responsabilité de la paralysie du gouvernement
actuel.

Mme Agathe Uwilingiyimana, Premier ministre
actuel et alliée de M. Twagiramungu, a la lourde
responsabilité de la paralysie du gouvernement
actuel.

Si la Belgique a eu raison de se montrer stricte en
matière de respect des droits de l’homme, nous
devons bien constater qu’elle a eu plus de succès
auprès des dirigeants du MRND qui ont dû accepter
de mettre fin à certaines pratiques douteuses,
qu’auprès du FPR qui continue à développer une stratégie de prise de pouvoir au mépris de ces droits et
libertés. »

Si la Belgique a eu raison de se montrer stricte en
matière de respect des droits de l’homme, nous
devons bien constater qu’elle a eu plus de succès
auprès des dirigeants du MRND qui ont dû accepter
de mettre fin à certaines pratiques douteuses,
qu’auprès du FPR qui continue à développer une stratégie de prise de pouvoir au mépris de ces droits et
libertés. »

(3) De periode van de aanslag op het presidentiële
vliegtuig

(3) La période de l’attentat contre l’avion présidentiel

— een persbericht van 7-8 april 1994 van de CDI ,
getekend Bryan Palmer, adjunct secretaris-generaal
van de CDI en André Louis, vice-voorzitter waarin de
moord op de presidenten van Burundi en Rwanda
wordt veroordeeld. In dit perscommuniqué herinnert
de CDI eraan : « qu’elle, l’IDC, est intervenue de
manière particulièrement active dans le processus de
démocratisation de ces deux pays ».

— un communiqué de presse du 7-8 avril 1994 de
l’IDC, signé par Bryan Palmer, secrétaire général
adjoint de l’IDC, et André Louis, vice-président, qui
condamne le meurtre des présidents du Burundi et du
Rwanda. Dans ce communiqué de presse, l’IDC
rappelle « qu’elle a contribué activement au processus
de démocratisation dans les deux pays ».

(4) De periode na de volkerenmoord

(4) La période qui a suivi le génocide

Het officiële standpunt van de DCI werd vertolkt in
een communiqué van 4 mei 1994 en luidt als volgt : .

Le point de vue officiel de l’IDC, exposé dans un
communiqué du 4 mai 1994, est le suivant :

« — L’IDC s’est efforcée depuis 1989 d’accompagner le processus de démocratisation au Rwanda.

« — L’IDC s’est efforcée depuis 1989 d’accompagner le processus de démocratisation au Rwanda.

— Depuis 1991, en particulier, après la modification, le 10 juin, de la Constitution rwandaise dans le

— Depuis 1991, en particulier, après la modification, le 10 juin, de la Constitution rwandaise dans le

1 - 611/7 - 1997/1998

( 640 )

sens du multipartisme et la promulgation, le 18 juin,
de la loi sur les partis politiques, elle a maintenu un
contact constant avec indistinctement toutes les
forces politiques rwandaises.

sens du multipartisme et la promulgation, le 18 juin,
de la loi sur les partis politiques, elle a maintenu un
contact constant avec indistinctement toutes les
forces politiques rwandaises.

— Dès ce moment, l’IDC a recommandé avec
grande insistance tant au président de la république
qu’au MRND et aux partis d’opposition, l’adoption
rapide d’une loi électorale et l’organisation
d’élections dans un délai raisonnablement bref, attirant en outre l’attention sur le danger qu’une excessive prolongation des délais ferait courir au processus
de démocratisation lui-même.

— Dès ce moment, l’IDC a recommandé avec
grande insistance tant au président de la république
qu’au MRND et aux partis d’opposition, l’adoption
rapide d’une loi électorale et l’organisation
d’élections dans un délai raisonnablement bref, attirant en outre l’attention sur le danger qu’une excessive prolongation des délais ferait courir au processus
de démocratisation lui-même.

L’IDC déplore que ses conseils répétés n’aient pas
été suivis par les intéressés.

L’IDC déplore que ses conseils répétés n’aient pas
été suivis par les intéressés.

— Dès l’ouverture des négociations d’Arusha en
1992, l’IDC a attiré l’attention de toutes les parties sur
les dangers inhérents à la prolongation des délais et à
l’établissement de systèmes transitoires — par définition non-démocratiques — pour une durée trop
longue.

— Dès l’ouverture des négociations d’Arusha en
1992, l’IDC a attiré l’attention de toutes les parties sur
les dangers inhérents à la prolongation des délais et à
l’établissement de systèmes transitoires — par définition non-démocratiques — pour une durée trop
longue.

— Après la conclusion des accords d’Arusha,
l’IDC a pris nettement et publiquement position en
faveur de l’application de ceux-ci.

— Après la conclusion des accords d’Arusha,
l’IDC a pris nettement et publiquement position en
faveur de l’application de ceux-ci.

Dans ses contacts avec les forces politiques rwandaises, elle a souligné le caractère précaire de ces
accords, dont la réalisation n’était garantie par
aucune autorité et dépendait entièrement de la seule
bonne volonté des parties en présence, recommandant notamment de raccourcir les délais et d’avancer
le processus électoral.

Dans ses contacts avec les forces politiques rwandaises, elle a souligné le caractère précaire de ces
accords, dont la réalisation n’était garantie par
aucune autorité et dépendait entièrement de la seule
bonne volonté des parties en présence, recommandant notamment de raccourcir les délais et d’avancer
le processus électoral.

L’IDC a réafirmé cette position, notamment lors
d’un entretien avec le FPR qui a eu lieu le 24 novembre
1993.

L’IDC a réafirmé cette position, notamment lors
d’un entretien avec le FPR qui a eu lieu le 24 novembre
1993.

— Dès le 7 avril 1994, l’IDC a condamné avec indignition et tristesse le lâche assassinat des présidents du
Rwanda et du Burundi et lance « un appel au calme
afin que les forces politiques en présence évitent de
recourir à la violence et — tout au contraire — se
concertent pour la remise en route des processus en
cours ».

— Dès le 7 avril 1994, l’IDC a condamné avec indignition et tristesse le lâche assassinat des présidents du
Rwanda et du Burundi et lance « un appel au calme
afin que les forces politiques en présence évitent de
recourir à la violence et — tout au contraire — se
concertent pour la remise en route des processus en
cours ».

— Malgré que le FPR ait proclamé la caducité des
accords d’Arusha le 9 avril 1994, dans un communiqué officiel lu par le commandant Kagame à Radio
Muhabura, l’IDC a continué à insister en vue d’une
solution politique du drame rwandais. Cette position
n’a pas changé.

— Malgré que le FPR ait proclamé la caducité des
accords d’Arusha le 9 avril 1994, dans un communiqué officiel lu par le commandant Kagame à Radio
Muhabura, l’IDC a continué à insister en vue d’une
solution politique du drame rwandais. Cette position
n’a pas changé.

— L’IDC condamne avec horreur les tueries qui
ont été perpétrées au Rwanda, quels qu’en aient été
les auteurs, et lance un appel pressant en faveur du
respect des droits de l’homme et de la protection des
organisations qui en prennent la défense.

— L’IDC condamne avec horreur les tueries qui
ont été perpétrées au Rwanda, quels qu’en aient été
les auteurs, et lance un appel pressant en faveur du
respect des droits de l’homme et de la protection des
organisations qui en prennent la défense.

— L’IDC rappelle à l’armée de la république
rwandaise que son devoir sacré et imprescriptible
consiste à protéger indistinctement tous les citoyens
rwandais, quelle que soit leur ethnie.

— L’IDC rappelle à l’armée de la république
rwandaise que son devoir sacré et imprescriptible
consiste à protéger indistinctement tous les citoyens
rwandais, quelle que soit leur ethnie.

( 641 )

1 - 611/7 - 1997/1998

— L’IDC demande aux armées en présence de
respecter les règles de la Convention de Genève sur le
droit de la guerre et condamne sans réserve l’annonce
officielle par le commandant du FPR, Paul Kagame,
de l’exécution de prisonniers de guerre. »

— L’IDC demande aux armées en présence de
respecter les règles de la Convention de Genève sur le
droit de la guerre et condamne sans réserve l’annonce
officielle par le commandant du FPR, Paul Kagame,
de l’exécution de prisonniers de guerre. »

De commissie stelt evenwel vast dat de CDI, of in
elk geval de heren Louis en De Brouwer ook na de
dramatische gebeurtenissen van 7 april 1994 en de
genocide die daarop volgde hun contacten met
bepaalde Rwandese milieus, meer bepaald de
interim-regering van Kambanda (hutu-extremist),
bestendigen. De commissie stelt ook vast dat de CDI
ook in België haar lobbywerk bij de regeringspartijen
verder zet.

La commission constate cependant que l’IDC, ou,
en tout cas, MM. Louis et De Brouwer, ont également
maintenu leurs contacts avec certains milieux rwandais et plus particulièrement avec le gouvernement
intérimaire Kambanda, extrémiste hutu, après les
événements dramatiques du 7 avril 1994 et le génocide. La commission constate également que l’IDC
poursuit en Belgique aussi son œuvre de lobbying à
l’égard des partis gouvernementaux.

— een document — een ontwerp van
perscommuniqué — van 5 mei 1994 onder de titel
« Simple exercice de style » verstuurd via de fax van de
CDI. (ID : PPE CDI) Volgens Eugène Nahimana,
persverantwoordelijke voor het MRND in België
werd deze tekst geschreven na overleg met een
politiek adviseur van de CDI.

— un document — projet de communiqué de
presse — du 5 mai 1994 intitulé « Simple exercice de
style » envoyé par le fax de l’IDC (ID : PPE IDC).
Selon Eugène Nahimana, responsable de presse du
MRND en Belgique, ce texte a été écrit après une
concertation avec un conseiller politique de l’IDC.

1. « Le gouvernement de la République fait observer qu’à aucun moment il n’a fait sienne la thèse selon
laquelle l’avion du président Habyarimana aurait été
abattu par des Casques bleus belges. »

1. « Le gouvernement de la République fait observer qu’à aucun moment il n’a fait sienne la thèse selon
laquelle l’avion du président Habyarimana aurait été
abattu par des Casques bleus belges. »

2. « Si des déclarations en ce sens devaient avoir été
faites par des fonctionnaires rwandais, le
gouvernement de la République rwandaise se devrait
de présenter sans hésiter ses excuses au gouvernement
belge. »

2. « Si des déclarations en ce sens devaient avoir été
faites par des fonctionnaires rwandais, le gouvernement de la République rwandaise se devrait de
présenter sans hésiter ses excuses au gouvernement
belge. »

Variante

Variante

2bis « Des déclarations en ce sens ayant été faites
par des fonctionnaires rwandais, le gouvernement de
la République rwandaise souligne que celles-ci ne
reflètent pas le point de vue officiel et — en conséquence — présente sans hésiter ses excuses au gouvernement belge. »

2bis « Des déclarations en ce sens ayant été faites
par des fonctionnaires rwandais, le gouvernement de
la République rwandaise souligne que celles-ci ne
reflètent pas le point de vue officiel et — en conséquence — présente sans hésiter ses excuses au gouvernement belge. »

— een brief van 30 mei 1994 van André Louis
gericht aan Leon Saur en Paul Willems, respectievelijk internationaal secretaris van PSC en CVP waarin
het beleid van minister van Buitenlandse zaken Willy
Claes in vraag wordt gesteld.

— une lettre du 30 mai 1994 d’André Louis adressée à Léon Saur et Paul Willems, secrétaires internationaux respectivement du PSC et du CVP, qui met en
cause la politique du ministre des Affaires étrangères
Willy Claes.

« Je me pose de plus en plus de questions concernant la politique étrangère de Willy Claes.

« Je me pose de plus en plus de questions concernant la politique étrangère de Willy Claes.

Rwanda : À la Commission des Affaires étangères
de la Chambre, Willy Claes continue à se référer aux
accords d’Arusha dont le FPR a proclamé la caducité
le 9 avril 1994 ! Il faudrait savoir.

Rwanda : À la Commission des Affaires étangères
de la Chambre, Willy Claes continue à se référer aux
accords d’Arusha dont le FPR a proclamé la caducité
le 9 avril 1994 ! Il faudrait savoir.

Si un jour il devait y avoir une solution politique —
ce qu’il fait souhaiter — ce sera sur base d’un nouvel
accord, sûrement pas en fonction de ceux d’Arusha.

Si un jour il devait y avoir une solution politique —
ce qu’il faut souhaiter — ce sera sur base d’un nouvel
accord, sûrement pas en fonction de ceux d’Arusha.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 642 )

Où en est le temps où la Belgique avait une politique étrangère qui marquait le monde ? »

Où en est le temps où la Belgique avait une politique étrangère qui marquait le monde ? »

— een intern document van 31 mei 1994 van de
hand van Alain De Brouwer getiteld « La Politique
rwandaise de la Belgique » waarin de auteur kritische
bedenkingen formuleert bij de houding van de Belgische regering ten aanzien van het RPF.

— un document interne du 31 mai 1994 de la main
d’Alain De Brouwer, intitulé « La Politique rwandaise
de la Belgique » dans lequel l’auteur formule des
observations critiques concernant l’attitude du
Gouvernement belge à l’égard du FPR.

« La Belgique donne de plus en plus l’impression de
choisir le FPR, sans qu’il y ait eu concertation au sein
du gouvernement.

« La Belgique donne de plus en plus l’impression de
choisir le FPR, sans qu’il y ait eu concertation au sein
du gouvernement.

Le ministre Claes devait sans aucun doute réagir
aux accusations non fondées portées contre la Belgique par l’ambassadeur du Rwanda à Kinshasa et
exiger les rectificatifs nécessaires, alors que notre
gouvernement comme celui du Rwanda exigeait une
enquête internationale neutre sur les responsabilités
dans l’attentat du 6.04.94. Mais fallait-il pour autant
humilier ce gouvernement intérimaire en le qualifiant
d’autoproclamé, en lui déniant toute liberté de
manœuvre par rapport aux militaires et en empêchant
tout contact officiel à aucun niveau (même par le biais
humanitaire) ?

Le ministre Claes devait sans aucun doute réagir
aux accusations non fondées portées contre la Belgique par l’ambassadeur du Rwanda à Kinshasa et
exiger les rectificatifs nécessaires, alors que notre
gouvernement comme celui du Rwanda exigeait une
enquête internationale neutre sur les responsabilités
dans l’attentat du 6.04.94. Mais fallait-il pour autant
humilier ce gouvernement intérimaire en le qualifiant
d’autoproclamé, en lui déniant toute liberté de
manœuvre par rapport aux militaires et en empêchant
tout contact officiel à aucun niveau (même par le biais
humanitaire) ?

La Belgique n’a-t-elle pas ainsi encouragé le FPR à
s’en tenir à la logique de la guerre et à repousser les
appels au dialogue et à la relance du processus de paix
lancés par le ministre des Affaires étrangères Jérôme
Bigamumpaka ? »

La Belgique n’a-t-elle pas ainsi encouragé le FPR à
s’en tenir à la logique de la guerre et à repousser les
appels au dialogue et à la relance du processus de paix
lancés par le ministre des Affaires étrangères Jérôme
Bigamumpaka ? »

— een brief van 10 juni 1994 van Alain De Brouwer aan Johan Van Hecke, voorzitter van de CVP en
Gérard Deprez, voorzitter van de PSC met als onderwerp « Rwanda et demande d’audience de l’ambassadeur M. François Ngrarukiyintwuali ». In deze
brief vraagt De Brouwer dat de christendemocraten
binnen de schoot van de Belgische regering andere
stemmen zouden laten horen dan diegenen die op een
machtsgreep van het RPF wachten.

— une lettre du 10 juin 1994 d’Alain De Brouwer à
Johan Van Hecke, président du CVP, et Gérard
Deprez, président du PSC, dont l’objet est « Rwanda
et demande d’audience de l’ambassadeur M. François
Ngrarukiyintwuali ». Dans cette lettre, De Brouwer
demande que les démocrates-chrétiens fassent entendre au sein du Gouvernement belge d’autres voix que
celles qui attendent un coup d’État du FPR.

« J’ai adressé le 6 avril 1994 aux responsables internationaux du CVP et du PSC une note et une analyse
de la politique rwandaise de la Belgique : je vous la
soumets en annexe en prévision de la visite de
l’ambassadeur du Rwanda.

« J’ai adressé le 6 avril 94 aux responsables internationaux du CVP et du PSC une note et une analyse de
la politique rwandaise de la Belgique : je vous la
soumets en annexe en prévision de la visite de
l’ambassadeur du Rwanda. »

Celui-ci connaît nos critiques sur les pratiques de
certains milieux de l’ancien parti unique et nos positions claires et nettes sur les massacres perpétrés par
les milices et la garde présidentielle et sur les odieuses
répressions ethniques.

Celui-ci connaît nos critiques sur les pratiques de
certains milieux de l’ancien parti unique et nos positions claires et nettes sur les massacres perpétrés par
les milices et la garde présidentielle et sur les odieuses
répressions ethniques.

Mais n’est-il pas temps que la démocratie chrétienne au sein du Gouvernement belge fasse entendre,
dans l’esprit de l’interpellation du 27 mai 1994 de
M. Van Peel, d’autres voix que celles qui attendent la
prise de pouvoir par le FPR, un mouvement ayant
depuis près de 4 ans prôné la violence et engagé la
société rwandaise dans la militarisation totale et dans
les divisions fatales ?

Mais n’est-il pas temps que la démocratie chrétienne au sein du Gouvernement belge fasse entendre,
dans l’esprit de l’interpellation du 27 mai 1994 de
M. Van Peel, d’autres voix que celles qui attendent la
prise de pouvoir par le FPR, un mouvement ayant
depuis près de 4 ans prôné la violence et engagé la
société rwandaise dans la militarisation totale et dans
les divisions fatales ?

( 643 )

1 - 611/7 - 1997/1998

On peut même se demander si la politique de la
diplomatie belge d’isolement strict du gouvernement
intérimaire (1) n’a pas encouragé le noyau militaire du
FPR (qui avait dénoncé Arusha dès le 9 avril 1994) à
rejeter toute négociation avec la partie gouvernementale pour la reprise des accords de paix, et donc à
poursuivre la guerre jusqu’à la victoire totale. C’est ce
qui a permis le prolongement des premiers massacres
des milices et leur extension à l’ensemble du pays.

On peut même se demander si la politique de la
diplomatie belge d’isolement strict du gouvernement
intérimaire (1) n’a pas encouragé le noyau militaire du
FPR (qui avait dénoncé Arusha dès le 9 avril 94) à rejeter toute négociation avec la partie gouvernementale
pour la reprise des accords de paix, et donc à poursuivre la guerre jusqu’à la victoire totale. C’est ce qui a
permis le prolongement des premiers massacres des
milices et leur extension à l’ensemble du pays.

[(1) Cette politique d’isolement est telle que le ministre Claes a fait rayer du personnel diplomatique
accrédité à Kigali le représentant du ministre Lebrun,
M. Jean Ghiste, pour avoir participé à une mission
strictement humanitaire dans la zone gouvernementale !]

[(1) Cette politique d’isolement est telle que le ministre Claes a fait rayer du personnel diplomatique
accrédité à Kigali le représentant du ministre Lebrun,
M. Jean Ghiste, pour avoir participé à une mission
strictement humanitaire dans la zone gouvernementale !]

Enfin, il est difficile de passer sous silence le rôle de
la démocratie chrétienne dans l’histoire de ce pays
ami : tout comme l’Église, elle a appuyé la révolution
sociale de 1959 ».

Enfin, il est difficile de passer sous silence le rôle de
la démocratie chrétienne dans l’histoire de ce pays
ami : tout comme l’ Église, elle a appuyé la révolution
sociale de 1959. »

— een brief van 1 september 1994 van André Louis
aan Gérard Deprez, voorzitter van de PSC en waarin
andermaal het principe van de « machtsdeling » —
vervat in de akkoorden van Arusha » — wordt afgewezen.

— une lettre du 1er septembre 1994 de M. André
Louis à M. Gérard Deprez, président du PSC, dans
laquelle le principe du « partage du pouvoir » —
consacré par les accords d’Arusha — est une fois de
plus décrié.

« Je découvre le communiqué sur le Rwanda, daté
du 23 avril 1994, publié par notre ministre des Affaires
étrangères.

« Je découvre le communiqué sur le Rwanda, daté
du 23 avril 1994, publié par notre ministre des Affaires
étrangères.

Ce communiqué révèle que notre diplomatie n’a
toujours pas tiré les leçons du sanglant échec de la
politique de « partage du pouvoir » inhérent aux tristes accords d’Arusha. »

Ce communiqué révèle que notre diplomatie n’a
toujours pas tiré les leçons du sanglant échec de la
politique de « partage du pouvoir » inhérent aux tristes accords d’Arusha. »

— een rapport van 2 november 1994 van Alain De
Brouwer gericht aan het « Comité de gestion de
l’CDI » bevattende een « rapport succinct concernant
la rencontre de Bukavu sur le thème crucial du retour
des réfugiés rwandais, 23-28/10/94 ». Deze ontmoeting te Bukavu van 23 tot 28 oktober 1994 was een
initiatief van het « Comité rwandais d’actions pour la
démocratie », in samenwerking met de NGO ACT en
met de steun van de EVP. De Europese delegatie
bestond onder meer uit mevrouw Rika De Backer,
senator Jan Van Erps, pater Serge Desouter, Europees
parlementslid Bernard Stasi en Alain De Brouwer.
Tijdens deze zending hebben de leden van de delegatie ondermeer Jean Kambanda, Eerste minister in
de overgangsregering en gedagvaard door het Arusha
tribunaal, en Jérôme Bicamumpaka, minister van
Buitenlandse zaken in diezelfde overgangsregering
ontmoet, volgens Alain De Brouwer werd de delegatie voorgezeten door de Nederlandse minister van
Ontwikkelingssamenwerking Pronk.

— un rapport du 2 novembre 1994 de M. Alain De
Brouwer adressé au Comité de gestion de l’IDC,
contenant un rapport succinct concernant la rencontre de Bukavu sur le thème crucial du retour des réfugiés rwandais, 23-28 octobre 94. Cette rencontre de
Bukavu, qui s’est déroulée du 23 au 28 octobre 1994,
fut une initiative du comité rwandais d’actions pour
la démocratie, en collaboration avec l’ONG ACT et
avec le soutien du PPE. Faisaient, entre autres, partie
de la délégation européenne, Mme Rika De Backer, le
sénateur Jan Van Erps, le père Serge Desouter, le
parlementaire européen Bernard Stasi en Alain De
Brouwer. Au cours de cette mission, les membres de la
délégation
ont
notamment
rencontré
Jean
Kambanda, Premier ministre du gouvernement de
transition et cité à comparaître par le tribunal
d’Arusha, et Jérôme Bicamumpaka, ministre des
Affaires étrangères de ce même gouvernement de transition. Selon Alain De Brouwer, la délégation a été
présidée par le ministre néerlandais de la Coopération
au développement Pronk.

In zijn rapport schrijft De Brouwer dat beide personen de indruk geven van « une impression de grande

Dans son rapport, M. De Brouwer écrit que ces
deux personnes lui ont laissé « une impression de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 644 )

ouverture que l’on retrouve aussi dans le mémorandum du 14 octobre 1994 ci-annexé ». Volgens Alain
De Brouwer geven de beide heren blijk van
« reconnaissant les faits très négatifs de la campagne
antibelge qui s’est développée à Kigali et aussi le
caractère excessif de certaines accusations à
l’encontre du Gouvernement belge » « Jean
kambanda a adressé une lettre d’excuses à propos de
ces accusations injustes au Premier ministre belge en
juillet dernier mais trop tard ».

grande ouverture que l’on retrouve aussi dans le
mémorandum du 14 octobre 94 ci-annexé ». Selon
Alain De Brouwer, ces deux hommes reconnaissent
« les faits très négatifs de la campagne antibelge qui
s’est développée à Kigali et aussi le caractère excessif
de certaines accusations à l’encontre du Gouvernement belge ». « Jean Kambanda a adressé une lettre
d’excuses à propos de ces accusations injustes au
Premier ministre belge en juillet dernier mais trop
tard. »

In zijn « Premières conclusions » schrijft De Brouwer dat « la rencontre de Bukavu a démontré qu’il
existait dans les camps des groupes raisonnables prêts
au dialogue et que même l’ancien gouvernement intérimaire avait fait son autocritique et avait pu se
restructurer sur des bases nouvelles : voir en annexe le
mémorandum du 14 octobre 1994 et la composition
de l’équipe ministérielle de Jean Kambanda, rajeunie
et réduite à huit portefeuilles ».

Dans ses « Premières conclusions », M. De Brouwer
écrit que « la rencontre de Bukavu a démontré qu’il
existait dans les camps des groupes raisonnables prêts
au dialogue et que même l’ancien gouvernement intérimaire avait fait son autocritique et avait pu se
restructurer sur des bases nouvelles : voir en annexe le
mémorandum du 14 octobre 94 et la composition de
l’équipe ministérielle de Jean Kambanda, rajeunie et
réduite à huit portefeuilles ».

Volgens Léon Saur, voormalig internationaal
secretaris van de PSC die gehoord werd voor de
commissie — op zijn vraag — op 30 mei 1997 bestaan
er gepriviligeerde banden tussen de CDI, de CVP en
het MRND. Léon Saur verklaarde dat de samenwerking met het regime gebaseerd was op wederzijdse
contacten waarbij de CDI optrad als verbindingsorgaan. Léon Saur beklemtoonde bovendien dat de PSC
zich alvast ten aanzien van Rwanda onderscheidde
van de CDI door haar steun aan de akkoorden van
Arusha alsook door het feit dat op 8 april 1994 elk
contact met de vertegenwoordigers van het MRNDBelgië als met vertegenwoordigers van het interim
bewind werd verbroken. « Dès le mois de janvier
1991, nous avons été approchés, par l’intermédiaire
de l’Internationale démocrate-chrétienne, par le
MRND qui souhaitait développer des liens avec les
partis sociaux-chrétiens belges, néerlandophones et
francophones, et être aidé à transformer, lui-même, le
pays au printemps 1991 » (1).

D’après Léon Saur, ancien secrétaire international
du PSC, entendu à sa propre demande par la commission le 30 mai 1997, il y avait des liens privilégiés entre
l’IDC, le CVP et le MRND. Léon Saur a déclaré que la
collaboration avec le régime était basée sur des
contacts réciproques, l’IDC jouant le rôle d’organe de
liaison. Léon Saur a, en outre, souligné que le PSC se
démarquait de l’IDC, du moins en ce qui concerne le
Rwanda, par son soutien aux accords d’Arusha ainsi
que par le fait que, le 8 avril 1994, tout contact avec les
représentants du MRND-Belgique ainsi qu’avec des
représentants du pouvoir intérimaire ont été rompus.
« Dès le mois de janvier 1991, nous avons été approchés, par l’intermédiaire de l’Internationale démocrate-chrétienne, par le MRND qui souhaitait développer des liens avec les partis sociaux-chrétiens
belges, néerlandophones et francophones, et être aidé
à transformer, lui-même, le pays au printemps
1991 » (1).

Gevraagd of de CDI de intentie had om het
Belgisch beleid voor Rwanda te beı̈nvloeden werd
door Saur bevestigend geantwoord. Léon Saur
hierover : « Ce dont je suis sûr en tout cas, c’est que fort
probablement l’Internationale démocrate-chrétienne
a voulu exercer un rôle d’influence. Dans quelle
mesure a-t-elle eu une influence, cela c’est un autre
débat. Ce dont je suis certain en tout cas, c’est que ce
n’était pas l’Internationale démocrate-chrétienne qui
faisait la politique belge, ni la politique du Gouvernement belge. Cela, c’est très clair. De manière assez
évidente, dans le cas qui nous occupe, autant manifestement le secrétaire général de l’Internationale démocrate-chrétienne était réticent au contenu des accords
d’Arusha, autant la diplomatie belge s’est engagée en

Lorsqu’on lui demanda si l’IDC avait l’intention
d’influencer la politique belge à l’égard du Rwanda,
Léon Saur l’a confirmé en répondant : « Ce dont je suis
sûr en tout cas, c’est que fort probablement
l’Internationale démocrate-chrétienne a voulu exercer un rôle d’influence. Dans quelle mesure a-t-elle eu
une influence, cela c’est un autre débat. Ce dont je suis
certain en tout cas, c’est que ce n’était pas
l’Internationale démocrate-chrétienne qui faisait la
politique belge, ni la politique du Gouvernement
belge. Cela, c’est très clair. De manière assez évidente,
dans le cas qui nous occupe, autant manifestement le
secrétaire général de l’Internationale démocratechrétienne était réticent au contenu des accords
d’Arusha, autant la diplomatie belge s’est engagée en

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Saur, POR, Senaat, 30 mei 1997,
PV, blz. 33/10.

(1) Audition de M. Saur, CER, Sénat, 30 mai 1997, PV,
p. 33/10.

( 645 )

1 - 611/7 - 1997/1998

faveur de ces accords. Or, que je sache, les diplomates
belges agissent sur ordre du Gouvernement belge,
dans le mandat que leur donne le Gouvernement
belge. Dans le cas qui nous occupe, il est clair qu’il y a
probablement et même sûrement eu volonté de rôle
d’influence auprès du Gouvernement belge, mais
manifestement cela n’a pas porté de fruits » (1).

faveur de ces accords. Or, que je sache, les diplomates
belges agissent sur ordre du Gouvernement belge,
dans le mandat que leur donne le Gouvernement
belge. Dans le cas qui nous occupe, il est clair qu’il y a
probablement et même sûrement eu volonté de rôle
d’influence auprès du Gouvernement belge, mais
manifestement cela n’a pas porté de fruits » (1).

Daarnaast bevestigt Léon Saur dat de CDI na
7 april 1994 contacten legde met de interimregering
en hiervoor ook steun zocht bij de PSC. « Il est certain
que l’Internationale démocrate chrétienne, plus précisément Alain De Brouwer, essayait désespérément de
convaincre les interlocuteurs belges — moi en tout cas
— d’avoir des contacts avec le gouvernement intérimaire, et ce dans la logique que j’expliquais tout à
l’heure, à savoir qu’il pensait que si le gouvernement
intérimaire perdait la guerre, le FPR allait s’emparer
du pouvoir. Oui, il y avait des contacts entre
l’Internationale démocrate chrétienne, Alain De
Brouwer, et le gouvernement intérimaire » (2) hieraan toevoegend dat « (...) il était clair que le MRND,
pour l’essentiel, et en tout cas sa section belge, était
manifestement compromis dans le génocide » (3).

Léon Saur confirme, en outre, qu’après le 7 avril
1994, l’IDC a établi des contacts avec le gouvernement intérimaire et a également tenté d’obtenir le
soutien du PSC à cet effet. « Il est certain que
l’Internationale démocrate chrétienne, plus précisément Alain De Brouwer, essayait désespérément de
convaincre les interlocuteurs belges — moi en tout cas
— d’avoir des contacts avec le gouvernement intérimaire, et ce dans la logique que j’expliquais tout à
l’heure, à savoir qu’il pensait que si le gouvernement
intérimaire perdait la guerre, le FPR allait s’emparer
du pouvoir. Oui, il y avait des contacts entre
l’Internationale démocrate chrétienne, Alain De
Brouwer, et le gouvernement intérimaire » (2) et
M. Saur d’ajouter : « (...) il était clair que le MRND,
pour l’essentiel, et en tout cas sa section belge, était
manifestement compromis dans le génocide » (3).

De commissie stelde tevens vast dat in het jaarboek
1995 van de CDI onder de rubriek « Rwanda » het
« Mouvement Républicain National Pour La
Démocratie et le Développement » met vermelding
(invité-invitado-invited) werd opgenomen. De heer
Mathieu
Ngirumpatse
fungeert
er
als
secretaris-generaal.

La commission a en outre constaté que l’annuaire
1995 de l’IDC mentionne, sous la rubrique
« Rwanda », le « Mouvement Républicain National
pour la Démocratie et le Développement » avec la
mention (invité-invitado-invited). M. Mathieu
Ngirumpatse en est le secrétaire général.

Op 16 juni 1995 richt Léon Saur een brief aan de
secretaris-generaal van de CDI :

Le 16 juin 1995, Léon Saur a adressé une lettre au
secrétaire général de l’IDC :

« ... j’ai été très surpris de constater en parcourant
l’Annuaire 1995 de l’Internationale (blz. 61), distribué à l’occasion du Congrès, que le MRNDD était
répertorié comme parti rwandais invité à l’IDC.

« ... j’ai été très surpris de constater en parcourant
l’Annuaire 1995 de l’Internationale (p. 61), distribué
à l’occasion du Congrès, que le MRNDD était répertorié comme parti rwandais invité à l’IDC.

D’une part, factuellement, il m’étonnerait que
l’adresse mentionnée soit encore d’actualité. Beaucoup plus grave, sinon le MRNDD en tant que tel, en
tout cas nombre de ses dirigeants, sont fortement
soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la préparation et la conduite du génocide d’avril 1994. Certains
d’entre eux sont même expressément accusés d’avoir
en ces jours dramatiques appelé au meurtre.

D’une part, factuellement, il m’étonnerait que
l’adresse mentionnée soit encore d’actualité. Beaucoup plus grave, sinon le MRNDD en tant que tel, en
tout cas nombre de ses dirigeants, sont fortement
soupçonnés d’avoir joué un rôle actif dans la préparation et la conduite du génocide d’avril 1994. Certains
d’entre eux sont même expressément accusés d’avoir
en ces jours dramatiques appelé au meurtre.

Plus précisément, Mathieu Ngirumpatse, en
qualité de président du MRNDD, a cosigné l’accord
politique instituant ce gouvernement intérimaire
(constitué après l’assassinat des présidents Habyari-

Plus précisément, Mathieu Ngirumpatse, en
qualité de président du MRNDD, a cosigné l’accord
politique instituant ce gouvernement intérimaire
(constitué après l’assassinat des présidents Habyari-

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Saur, POR, Senaat, 30 mei 1997,
PV, blz. 47/6 en 47/7.
(2) Idem, blz. 45/2.
(3) Idem, blz. 45/4.

(1) Audition de M. Saur, CER, Sénat, 30 mai 1997, PV,
pp. 47/6 et 47/7.
(2) Ibid., p. 45/2.
(3) Ibid., p. 45/4.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 646 )

mana et Ntariamira) qui n’a pas su — ou voulu —
empêcher le génocide. De même, ce gouvernement n’a
jamais clairement dénoncé le génocide, pas plus qu’il
n’a exprimé de regrets, de remords ou de repentir.

mana et Ntariamira) qui n’a pas su — ou voulu —
empêcher le génocide. De même, ce gouvernement n’a
jamais clairement dénoncé le génocide, pas plus qu’il
n’a exprimé de regrets, de remords ou de repentir.

À ces titres, Mathieu Ngirumpatse aura fort probablement tôt ou tard des comptes à rendre devant la
justice internationale.

À ces titres, Mathieu Ngirumpatse aura fort probablement tôt ou tard des comptes à rendre devant la
justice internationale.

Par ailleurs, s’il est tout à fait exact que le MRNDD
était, avant les événements, un parti « invité » au sens
où il avait posé sa candidature à l’IDC et a été invité à
ce titre au XIe congrès de mars 1993, il est tout aussi
vrai qu’il n’est pas le seul parti rwandais dans le cas : le
MRD avait également déposé une demande d’adhésion et a également été invité au Xe congrès.

Par ailleurs, s’il est tout à fait exact que le MRNDD
était, avant les événements, un parti « invité » au sens
où il avait posé sa candidature à l’IDC et a été invité à
ce titre au XIe congrès de mars 1993, il est tout aussi
vrai qu’il n’est pas le seul parti rwandais dans le cas : le
MRD avait également déposé une demande d’adhésion et a également été invité au Xe congrès.

J’aimerais donc connaı̂tre les raisons pour lesquelles il a été décidé :

J’aimerais donc connaı̂tre les raisons pour lesquelles il a été décidé :

— (soit) de maintenir le MRNDD dans l’annuaire
de l’IDC

— (soit) de maintenir le MRNDD dans l’annuaire
de l’IDC

— (soit) de ne pas y insérer le MDR

— (soit) de ne pas y insérer le MDR

— de maintenir des contacts avec le MRNDD et/
ou Mathieu Ngirumpatse plus généralement; je pense
qu’il est temps que l’IDC, maintenant remise sur les
rails, réexamine sa politique rwandaise à la lumière
de sa résolution du Xe Congrès sur le Rwanda et définisse une ligne de conduite claire et non « ambiguë »,
c’est-à-dire entre autres non brouillée par le maintien
de certaines relations avec certaines personnes dont le
rôle avant, pendant et après le génocide ont été (et
sont encore parfois) fortement douteux.

— de maintenir des contacts avec le MRNDD et/
ou Mathieu Ngirumpatse plus généralement; je pense
qu’il est temps que l’IDC, maintenant remise sur les
rails, réexamine sa politique rwandaise à la lumière
de sa résolution du Xe Congrès sur le Rwanda et définisse une ligne de conduite claire et non « ambiguë »,
c’est-à-dire entre autres non brouillée par le maintien
de certaines relations avec certaines personnes dont le
rôle avant, pendant et après le génocide ont été (et
sont encore parfois) fortement douteux.

En effet, tant l’éthique que le souci d’une lutte efficace contre les dérives et les excès de plus en plus
évidents des actuelles autorités de Kigali nécessitent
que l’ensemble des démocrates-chrétiens mondiaux
soit irréprochable dans sa politique rwandaise et
donc se distancie clairement et définitivement de tous
ceux qui, de près ou de loin, peuvent à bon droit être
soupçonnés d’avoir trempé dans le génocide. »

En effet, tant l’éthique que le souci d’une lutte efficace contre les dérives et les excès de plus en plus
évidents des actuelles autorités de Kigali nécessitent
que l’ensemble des démocrates-chrétiens mondiaux
soit irréprochable dans sa politique rwandaise et
donc se distancie clairement et définitivement de tous
ceux qui, de près ou de loin, peuvent à bon droit être
soupçonnés d’avoir trempé dans le génocide. »

De
commissie
stelt
vast
dat
de
Christendemocratische Internationale heel actief is
geweest in het Rwanda-dossier en dat haar
tussenkomsten tot doel hadden invloed uit te oefenen
enerzijds op de Belgische politieke autoriteiten, zowel
rechtstreeks als via de CVP en de PSC — onder andere
langs André Louis die als verantwoordelijke van de
CDI werd uitgenodigd op de vergaderingen van het
partijbestuur —, en anderzijds op de Rwandese
autoriteiten en partijen, zoals blijkt uit de talrijke
stappen van de CDI in die richting.

La commission constate que l’IDC a été très active
dans le dossier rwandais et que ses interventions
visaient à influencer, d’une part, les autorités belges, à
la fois directement et à travers le CVP et le PSC —
entre autres par l’intermédiaire d’André Louis qui
était, en tant que responsable de l’IDC, invité aux
réunions du comité directeur — et, d’autre part, les
autorités ou les partis rwandais, comme en témoignent les nombreuses démarches de l’IDC dans ce
sens.

De commissie stelt vast dat de CDI — in elk geval
de heren Louis en De Brouwer — hun contacten
verderzetten met de Rwandese machthebbers. Die
vertrouwensrelatie bleek na de genocide uit de steun
die werd verleend aan de « interimregering » in de

La commission constate que l’IDC — ou à tout le
moins MM. Louis et De Brouwer — a continué à
avoir des contacts avec le pouvoir rwandais. Cette
confiance se manifeste après le génocide dans le
soutien donné au « gouvernement intérimaire » en la

( 647 )

1 - 611/7 - 1997/1998

persoon van Jean Kambanda, Eerste minister van
deze regering, en van Mathieu Ngirumpatse,
secretaris-generaal van de MRND. Op basis van de
documenten en getuigenissen, kan de houding van de
CDI als volgt worden samengevat :

personne de Jean Kambanda, le Premier ministre de
ce gouvernement, et de Mathieu Ngirumpatse, le
secrétaire général du MNRD. Sur la base des documents et témoignages, l’attitude de l’IDC peut être
résumée comme suit :

— Vóór de akkoorden van Arusha V : verzet tegen
het principe dat de macht gedeeld moest worden, een
meerpartijenstelsel invoeren, op korte termijn de
organisatie van vrije verkiezingen (1).

— Avant les accords d’Arusha V : opposition au
principe du partage du pouvoir, instauration d’un
système multipartite, organisation, à terme, d’élections libres (1).

— Vanaf de akkoorden van Arusha wou de CDI
de toepassing van de akkoorden van Arusha, in hun
integraliteit, met de nadruk op een zo snel mogelijke
organisatie van de verkiezingen.

— À partir de la signature des accords d’Arusha,
l’IDC souhaitait voir exécuter les accords intégralement, en insistant plus particulièrement sur l’organisation d’élections dans les plus brefs délais.

— Uitgesproken wantrouwige houding tegenover
de (« marxistische ») leer en methoden van het RPF.

— Méfiance très marquée envers la doctrine et les
méthodes (« marxistes ») du FPR.

— Vriendschappelijke relaties met de partijen
MRND en MDR vanaf het ogenblik dat die
gewonnen waren voor het meerpartijenstelsel en de
democratisering. Zolang er geen vrije verkiezingen
waren georganiseerd in Rwanda, houden deze
partijen het statuut van gasten en kunnen zij geen lid
worden van de CDI.

— Relations amicales avec les partis MRND et
MDR à partir du moment où ceux-ci s’engagent dans
la voie du multipartisme et de la démocratisation.
Aussi longtemps que les élections libres n’auront pas
été organisées au Rwanda, ces partis obtiennent le
statut d’invités et ne peuvent devenir membres de
l’IDC.

— Veroordeling op 4 mei 1994 van de massale
slachtingen.

— Condamnation le 4 mai 1994 des massacres
massifs.

— Steun aan de « overgangsregering » van de heer
Kambanda.

— Soutien au « gouvernement de transition » de
M. Kambanda.

De commissie stelt vast dat de CDI er niet in
slaagde het standpunt van de Belgische regering en
van de Belgische politieke partijen die lid zijn van de
CDI (CVP, PSC) met betrekking tot de akkoorden
van Arusha ten gronde te veranderen.

La commission constate que l’IDC n’est pas parvenue à modifier fondamentalement la position que le
Gouvernement belge et les partis politiques belges
affiliés à l’IDC (CVP, PSC) avaient adoptée au sujet
des accords d’Arusha.

Wat de invloed van de houding van de CDI betreft
op de Rwandese politieke middens, zowel van
degenen die de akkoorden van Arusha steunden als

Ce constat s’impose de manière moins nette pour ce
qui est de l’influence qu’a eue la position de l’IDC sur
les milieux politiques rwandais, c’est-à-dire tant sur

——————

——————

(1) Het principe dat de macht gedeeld moest worden stond
centraal bij de Arusha-akkoorden die door de gehele
internationale gemeenschap en met name door België werden
gesteund. De CDI wou zeer snel en vóór er enige machtsdeling
tot stand kwam, verkiezingen organiseren. Er waren echter twee
belangrijke redenen waarom de onderhandelaars van Arusha
daar niet hebben mee ingestemd. In een land waar zowel de
politieke, economische als militaire macht zeer lang in handen is
geweest van één enkele partij, zou het organiseren van
verkiezingen op korte termijn de oppositie niet de gelegenheid
geven om een volwaardige verkiezingscampagne te voeren. In
die omstandigheden zouden verkiezingen een aanzienlijk
voordeel hebben opgeleverd voor de MRND. Voorts was er het
netelige probleem van de Rwandese vluchtelingen in de
buurlanden, die niet aan de stemming zouden kunnen
deelnemen. Het organiseren van verkiezingen in die
omstandigheden dreigde om al die redenen niet democratisch te
kunnen verlopen en ook geen einde aan de oorlog te maken. Dat
was in ieder geval de mening van de vertegenwoordigers van de
gematigde partijen en van de vertegenwoordigers van de
internationale gemeenschap.

(1) Le principe du partage du pouvoir était au coeur des
principes des accords d’Arusha soutenus par l’ensemble de la
communauté internationale et en particulier par la Belgique.
L’IDC voulait organiser des élections rapidement et avant tout
partage du pouvoir. Cette attitude se heurtait à deux obstacles
majeurs qui expliquent pourquoi ils n’ont pas été retenus par les
négociateurs d’Arusha : Dans un pays où l’ensemble du pouvoir
(politique, économique, militaire) a très longtemps été
monopolisé par un seul parti, l’organisation d’élections rapides
ne permettait pas à l’opposition de faire une campagne digne de
ce nom. Des élections dans ses conditions auraient donné un
avantage considérable au MRND. Le problème du vote des
Rwandais réfugiés dans les pays voisins se posait avec acuité.
Pour toutes ces raisons, des élections organisées dans ces
conditions risquaient de ne pas être démocratiques et de ne pas
mettre un terme à la guerre. Tel était, en tout cas, le sentiment à
la fois des représentants de partis modérés et des représentants
de la communauté internationale.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 648 )

van degenen die tegen de akkoorden van Arusha
gekant waren en die zo werden gesterkt in hun
afwijzing, is dit minder duidelijk.

les partisans des accords d’Arusha que sur ceux qui y
étaient opposés et qui ont ainsi été encouragés dans
leur refus.

Althans volgens de heer André Louis zou die
invloed beperkt zijn gebleven. Tijdens zijn getuigenis
voor de commissie zei hij in verband met de situatie in
Rwanda tal van aanbevelingen aan president
Habyarimana te hebben gericht. En geen enkele
daarvan zou door de president zijn opgevolgd.

Quoi qu’il en soit, selon les termes de M. André
Louis, cette influence aurait été limitée. Au cours de
son audition devant la commission, il a déclaré qu’il
avait fait de nombreuses recommandations au président Habyarimana au sujet de la situation au
Rwanda. Aucune n’aurait été suivie par celui-ci.

Voor de commissie staat vast dat, op basis van de
verschillende getuigenissen en de talrijke documenten
waarover ze beschikt, de CDI jarenlang lobbywerk
verrichte zowel bij de Belgische regering teneinde de
Belgische Rwanda politiek te beı̈nvloeden, als bij de
politieke autoriteiten in Rwanda. De commissie heeft
bovendien vastgesteld dat de CDI tijdens en na de
volkerenmoord steun betuigt aan de interimregering
geleid door Kambanda. De vraag moet gesteld
worden of de CDI in haar beoordeling van de
politieke en sociale situatie in Rwanda voldoende
aandacht had voor de rapporten die de schendingen
van de mensenrechten in Rwanda aan de kaak
stelden.

Sur la base des divers témoignages et des nombreux
documents dont elle dispose, la commission constate
que l’IDC a, pendant des années, fait pression tant sur
le Gouvernement belge afin d’influencer la politique
belge à l’égard du Rwanda, d’ailleurs sans résultat,
que sur les autorités politiques au Rwanda. La
commission a en outre constaté que pendant et après
le génocide, l’IDC apporte son appui au gouvernement intérimaire de Kambanda. Il faut se demander
si, dans son appréciation de la situation politique et
sociale au Rwanda, l’IDC a accordé suffisamment
d’importance au rapport qui dénonçait les violations
des droits de l’homme au Rwanda.

3.12.3. De rol van mevrouw De Backer
Mevrouw De Backer werd met betrekking tot haar
standpunten inzake Rwanda en de contacten die zij in
België onderhield door de commissie gehoord op
woensdag 14 mei 1997. Tijdens haar getuigenis verklaarde zij het volgende : « ... met betrekking tot de
eerste vraag over de parallelle diplomatie moet men
eerst een definitie geven over « parallelle diplomatie ».
Ondanks het feit dat ik niets onwettig en denigrerend
zie in deze term — waarin ik trouwens op dezelfde lijn
zit als de huidige staatssecretaris voor ontwikkelingssamenwerking — heb ik niet de indruk dat ik aan
parallelle diplomatie heb gedaan. Ik was van 1984 tot
1989 lid van het Europees Parlement en ik werd daar
woordvoerder — coördinator zoals men dat noemt
— voor de fractie van de commissie ontwikkelingssamenwerking en van het paritair comite
ACPCE, African Caribian Pacific Comittee - EU.
Tijdens deze periode heb ik de kans gehad om ongeveer alle subsaharische landen te bezoeken en er missies te begeleiden of voor te zitten naar bepaalde projecten van de Europese Unie en om de politieke toestand daar te bekijken. Dit heeft mij de kans gegeven
om te praten met ongeveer iedereen, met de landbouwers uit de heuvels, met de ambtenaren, met de
handelaars uit de steden, de afgevaardigden van de
Europese Unie en de ambtenaren aldaar. Ook had ik
gesprekken met de verschillende autochtone politici
van die verschillende landen, zowel met de ambtenaren, burgemeesters en prefecten als met de ministers
en presidenten. Ik had tevens de gelegenheid te praten
met de ambassadeurs en de verantwoordelijken voor
ontwikkelingssamenwerking in die verschillende

3.12.3. Le rôle de Mme De Backer
Mme De Backer a été entendue par la commission
le 14 mai 1997 à propos de ses points de vue concernant le Rwanda et les contacts qu’elle entretenait en
Belgique : « ... met betrekking tot de eerste vraag over
de parallelle diplomatie moet men eerst een definitie
geven over « parallelle diplomatie ». Ondanks het feit
dat ik niets onwettig en denigrerend zie in deze term
— waarin ik trouwens op dezelfde lijn zit als de huidige staatssecretaris voor ontwikkelingssamenwerking — heb ik niet de indruk dat ik aan parallelle
diplomatie heb gedaan. Ik was van 1984 tot 1989 lid
van het Europees Parlement en ik werd daar woordvoerder — coördinator zoals men dat noemt voor de
fractie van de commissie ontwikkelingssamenwerking en van het paritair comité ACPCE, African
Caribian Pacific Comittee — EU. Tijdens deze
periode heb ik de kans gehad om ongeveer alle subsaharische landen te bezoeken en er missies te begeleiden of voor te zitten naar bepaalde projecten van de
Europese Unie en om de politieke toestand daar te
bekijken. Dit heeft mij de kans gegeven om te praten
met ongeveer iedereen, met de landbouwers uit de
heuvels, met de ambtenaren, met de handelaars uit de
steden, de afgevaardigden van de Europese Unie en de
ambtenaren aldaar. Ook had ik gesprekken met de
verschillende autochtone politici van die verschillende landen, zowel met de ambtenaren, burgemeesters en prefecten als met de ministers en presidenten.
Ik had tevens de gelegenheid te praten met de ambassadeurs en de verantwoordelijken voor ontwikkelingssamenwerking in die verschillende landen. Dat
gaf me dan weer de mogelijkheid andere mensen van

( 649 )

1 - 611/7 - 1997/1998

landen. Dat gaf me dan weer de mogelijkheid andere
mensen van de civiele gemeenschap te benaderen
omdat zij goed wisten wie iets belangrijks kon zeggen.
Terug in België heb ik de verschillende ministeries die
daarin geı̈nteresseerd waren ingelicht over mijn ervaringen in de verschillende landen. Dat was zowel Buitenlandse Zaken als Ontwikkelingssamenwerking en
Landsverdediging. Omdat ik in verschillende landen
kwam waar de situatie erg moeilijk was — dat was
niet alleen Rwanda en Burunda maar dat was
bijvoorbeeld ook Madagascar en een aantal andere
landen — nam ik voor mijn vertrek naar die landen
contact op met de kabinetten van Buitenlandse
Zaken, Ontwikkelingssamenwerking en Landsverdediging. Ik bezocht deze landen dus als lid van het
Europees Parlement en dit gebeurde in overeenstemming en na overleg met vooral Buitenlandse Zaken en
Ontwikkelingssamenwerking. Men kan zich natuurlijk afvragen waarom ik deze landen nog bezocht
nadat ik het Europees Parlement had verlaten. Ik was
namelijk adviseur van de Afrika-stichting en in die
hoedanigheid werd ik vaak op pad gestuurd, wanneer
het voor de Europese Parlementsleden wegens andere
verplichtingen niet mogelijk was om deze vrij langdurige missies te ondernemen. »

de civiele gemeenschap te benaderen omdat zij goed
wisten wie iets belangrijks kon zeggen. Terug in
België heb ik de verschillende ministeries die daarin
geı̈nteresseerd waren ingelicht over mijn ervaringen
in de verschillende landen. Dat was zowel Buitenlandse Zaken als Ontwikkelingssamenwerking en
Landsverdediging. Omdat ik in verschillende landen
kwam waar de situatie erg moeilijk was — dat was
niet alleen Rwanda en Burundi maar dat was bijvoorbeeld ook Madagascar en een aantal andere landen —
nam ik vóór mijn vertrek naar die landen contact op
met de kabinetten van Buitenlandse Zaken, Ontwikkelingssamenwerking en Landsverdediging. Ik
bezocht deze landen dus als lid van het Europees
Parlement en dit gebeurde in overeenstemming en na
overleg met vooral Buitenlandse Zaken en Ontwikkelingssamenwerking. Men kan zich natuurlijk afvragen waarom ik deze landen nog bezocht nadat ik het
Europees Parlement had verlaten. Ik was namelijk
adviseur van de Afrika-stichting en in die hoedanigheid werd ik vaak op pad gestuurd, wanneer het voor
de Europese Parlementsleden wegens andere verplichtingen niet mogelijk was om deze vrij langdurige
missies te ondernemen. »

Over haar standpunt ten gronde verklaarde
mevrouw De Backer :

En ce qui concerne son point de vue sur le fond,
Mme De Backer a déclaré :

« Ik vond de akkoorden van Arusha een goede
poging om ondanks alles de vrede te herstellen, maar
ik heb ze tegelijk altijd zeer moeilijk uitvoerbaar
geacht. Dat is achteraf trouwens ook gebleken. Ik
stond met deze mening trouwens niet alleen, ook
ministers vonden de akkoorden moeilijk uitvoerbaar.
Eenmaal ze getekend waren, heb ik mijn uiterste best
gedaan samen met minister Claes, minister Derycke
en met minister Delcroix om de hinderpalen bij het
installeren van de overgansinstellingen op te lossen.
Wij waren daarin bijna helemaal geslaagd op het
ogenblik dat de president werd vermoord.

« Ik vond de akkoorden van Arusha een goede
poging om ondanks alles de vrede te herstellen, maar
ik heb ze tegelijk altijd zeer moeilijk uitvoerbaar
geacht. Dat is achteraf trouwens ook gebleken. Ik
stond met deze mening trouwens niet alleen, ook
ministers vonden de akkoorden moeilijk uitvoerbaar.
Eenmaal ze getekend waren, heb ik mijn uiterste best
gedaan samen met minister Claes, minister Derycke
en met minister Delcroix om de hinderpalen bij het
installeren van de overgangsinstellingen op te lossen.
Wij waren daarin bijna helemaal geslaagd op het
ogenblik dat de president werd vermoord.

Om terug te komen op mijn onderhoud met de heer
Jaenen : het langste onderhoud dat ik ooit met hem
heb gehad was toen er pogingen werden ondernomen
om ten minste bepaalde verkiezingen te organiseren
na de grondwetsherziening en de invoering van het
pluripartisme. Of die verkiezingen op het gemeentelijk niveau dan wel presidentsverkiezingen moesten
zijn, daar hadden wij het nog niet over. Het belangrijkste leek ons dat er verkiezingen plaatsvonden. Het
is trouwens nog altijd mijn mening dat het zelfs in een
land in oorlog beter was verkiezingen te organiseren.

Om terug te komen op mijn onderhoud met de heer
Jaenen : het langste onderhoud dat ik ooit met hem
heb gehad was toen er pogingen werden ondernomen
om ten minste bepaalde verkiezingen te organiseren
na de grondwetsherziening en de invoering van het
pluripartisme. Of die verkiezingen op het gemeentelijk niveau dan wel presidentsverkiezingen moesten
zijn, daar hadden wij het nog niet over. Het belangrijkste leek ons dat er verkiezingen plaatsvonden. Het
is trouwens nog altijd mijn mening dat het zelfs in een
land in oorlog beter was verkiezingen te organiseren.

Sommigen, zoals de heer Jaenen, vonden dat geen
goede uitweg, omdat dit een overwinning voor het
MRND zou bezorgen. Persoonlijk was ik ervan overtuigd dat niet de MRND, maar de NDR de verkiezingen zou hebben gewonnen.

Sommigen, zoals de heer Jaenen, vonden dat geen
goede uitweg, omdat dit een overwinning voor het
MRND zou bezorgen. Persoonlijk was ik ervan overtuigd dat niet de MRND, maar de NDR de verkiezingen zou hebben gewonnen.

Achteraf bleek ook dit een onjuiste inschatting.
Ondanks de vele plannen voor verkiezingen en voor

Achteraf bleek ook dit een onjuiste inschatting.
Ondanks de vele plannen voor verkiezingen en voor

1 - 611/7 - 1997/1998

( 650 )

het installeren van de democratie die we hadden uitgewerkt — ik begrijp best dat wij daarin niet werden
gevolgd, wie zijn wij per slot van rekening — is daar
niets van in huis gekomen. Dat was alleszins een van
de belangrijkste items die ik met de heer Jaenen heb
besproken (...). » (1)

het installeren van de democratie die we hadden uitgewerkt — ik begrijp best dat wij daarin niet werden
gevolgd, wie zijn wij per slot van rekening — is daar
niets van in huis gekomen. Dat was alleszins een van
de belangrijkste items die ik met de heer Jaenen heb
besproken (...). » (1)

Over de boordeling als zou België te veel de kant
gekozen hebben van het RPF zei mevrouw De Backer :

En ce qui concerne l’opinion selon laquelle la Belgique aurait excessivement pris parti pour le FPR, Mme
De Backer a déclaré :

« Voor de Arusha-akkoorden was dit zeker niet het
geval. Toen stelden Belgische regering en de Belgische
ambassade zich veel meer neutraal op. Dat is heel
duidelijk. Tijdens de Arusha-besprekingen wist het
RPF zeer goed dat het in een democratisch regime met
democratisch spelregels nooit aan de bak zou komen.
Daarom wilde het bepaalde waarborgen, wat best te
begrijpen valt. Zij dreven hun waarborgen echter
altijd maar op, zodat men uiteindelijk gekomen is tot
een bijna fifty-fifty-verhouding RPF-gezinden en
presidentsgezinden, « mouvance présidentielle et
mouvance FPR". Dat heeft precies de uitvoering van
de akkoorden onmogelijk gemaakt. Men kan moeilijk 15% van de bevolking de helft of liefst meer dan
de helft van de macht toekennen. Dat was mijn kritiek. Toen de akkoorden echter eenmaal getekend
waren, heb ik ze ten volle verdedigd en alles gedaan
om ze ten uitvoer te laten brengen » (2).

« Voor de Arusha-akkoorden was dit zeker niet het
geval. Toen stelden Belgische regering en de Belgische
ambassade zich veel meer neutraal op. Dat is heel
duidelijk. Tijdens de Arusha-besprekingen wist het
RPF zeer goed dat het in een democratisch regime met
democratisch spelregels nooit aan de bak zou komen.
Daarom wilde het bepaalde waarborgen, wat best te
begrijpen valt. Zij dreven hun waarborgen echter
altijd maar op, zodat men uiteindelijk gekomen is tot
een bijna fifty-fifty-verhouding RPF-gezinden en
presidentsgezinden, « mouvance présidentielle et
mouvance FPR ». Dat heeft precies de uitvoering van
de akkoorden onmogelijk gemaakt. Men kan moeilijk 15% van de bevolking de helft of liefst meer dan
de helft van de macht toekennen. Dat was mijn
kritiek. Toen de akkoorden echter eenmaal getekend
waren, heb ik ze ten volle verdedigd en alles gedaan
om ze ten uitvoer te laten brengen» (2).

De heer Jaenen verklaarde voor de commissie :
« Volgens mevrouw De Backer was ons beleid te veel
pro RPF ... Het was haar oordeel over het geheel van
het Belgische Rwanda-beleid » (3).

M. Jaenen a déclaré devant la commission que
« Selon Mme De Backer notre politique favorisait
trop le FPR. (...) C’était ce qu’elle pensait de
l’ensemble de la politique belge au Rwanda » (3).

Léon Saur verklaarde dat : « ... Il y avait sûrement
une volonté de faire passer les idées du MRND en
Belgique et de conseiller celui-ci. L’IDC s’y est attachée et, plus spécialement, André Louis et Rika De
Backer. (...) Au moins jusqu’au mois d’octobre
1994 » (4).

M. Léon Saur a déclaré : « ... Il y avait sûrement une
volonté de faire passer les idées du MRND en Belgique et de conseiller celui-ci. L’IDC s’y est attachée et,
plus spécialement, André Louis et Rika De Backer.
(...) Au moins jusqu’au mois d’octobre 1994 » (4).

In zijn telex nr. 107 van 7 februari 1994 aan de
minister van Buitenlandse Zaken schrijft ambassadeur Swinnen : « Mevrouw De Backer wil vermijden
dat de MRND en de president het programma (van
het bezoek van Wilfried Martens) ingrijpend bepalen
en omkaderen. Daarom wordt liefst niet ingegaan op
het eventueel aanbod van présidence of partij om vervoermiddel permanent ter beschikking te stellen.
Voor het leggen van contacten met andere politieke
gesprekspartners wordt beroep op de ambassade
gedaan (...). Het bezoek van ex-premier Martens gaat

Dans son télex no 107 du 7 février 1994 adressé au
ministre des Affaires étrangères, l’ambassadeur Swinnen écrit : « Mevrouw De Backer wil vermijden dat de
MRND en de president het programma (van het
bezoek van Wilfried Martens) ingrijpend bepalen en
omkaderen. Daarom wordt liefst niet ingegaan op het
eventueel aanbod van présidence of partij om
vervoermiddel permanent ter beschikking te stellen.
Voor het leggen van contacten met andere politieke
gesprekspartners wordt beroep op de ambassade
gedaan (...). Het bezoek van ex-premier Martens gaat

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw De Backer, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 21/4 tot 21/8.
(2) Hoorzitting met mevrouw De Backer, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 29/8 tot 29/12.
(3) Hoorzitting met de heer Jaenen, BV, BCR, Senaat, 19961997, 23 april 1997, blz. 348.
(4) Hoorzitting met de heer Saur, POR, Senaat, 3 juni 1997,
PV, blz. 39/9.

(1) Audition de Mme De Backer, CER, Sénat, 14 mai 1997,
PV, pp. 21/4 à 21/8.
(2) Audition de Mme De Backer, CER, Sénat, 14 mai 1997,
PV, pp. 29/8 à 29/12.
(3) Audition de M. Jaenen, CRA, CSR, Sénat, 23 avril 1997,
p. 340.
(4) Audition de M. Saur, CER, 3 juin 1997, PV, p. 39/9.

( 651 )

1 - 611/7 - 1997/1998

uw bezoek met nog geen tien dagen vooraf. Zonder
afbreuk te willen doen aan het eigen doch ondergeschikte karakter van het eerste bezoek, dienen tegenstrijdige signalen vermeden te worden, daarbij rekening houdend met de uiterst delicate en kritieke toestand waarin het land zich bevindt en met de exploitatie van de Belgische factor door sommige Rwandese
partijen. Daarom lijkt het mij aangewezen dat de heer
Martens met u of uw kabinet/administratie een voorafgaand gesprek voert betreffende zowel inhoudelijke
als praktische aspecten. Mevrouw De Backer deelt
mijn mening en zal de heer Martens in die zin per telefoon adviseren. »

uw bezoek met nog geen tien dagen vooraf. Zonder
afbreuk te willen doen aan het eigen doch ondergeschikte karakter van het eerste bezoek, dienen tegenstrijdige signalen vermeden te worden, daarbij
rekening houdend met de uiterst delicate en kritieke
toestand waarin het land zich bevindt en met de
exploitatie van de Belgische factor door sommige
Rwandese partijen. Daarom lijkt het mij aangewezen
dat de heer Martens met u of uw kabinet/administratie een voorafgaand gesprek voert betreffende zowel
inhoudelijke als praktische aspecten. Mevrouw De
Backer deelt mijn mening en zal de heer Martens in
die zin per telefoon adviseren. »

Aan mevrouw De Backer werd gevraagd toelichting te geven bij het telefoongesprek dat zij had met
Eugène Nahimana ter voorbereiding van het bezoek
van Leo Delcroix aan Rwanda en dat zijn beslag
kreeg in de fax en zijn kladversie « destination
MRND Kigalicopie pour information Presirepconfidentiel » Mevrouw De Backer verklaart hierover
zelf het volgende : « Op een bepaald moment word ik
opgebeld door een Rwandees student in Brussel. Die
zegde : « Het is de gewoonte als iemand de president
bezoekt, dat de president weet met wie hij te maken
heeft. Kunt u daar enkele details over geven ? » Ik heb
daar niet veel over kunnen geven. Hij vroeg ook of er
zaken waren die benadrukt moesten worden. Het
voornaamste dat ik gezegd heb — en dat staat niet in
de fax — is « verspil uw tijd niet aan bepaalde details
die de ronde doen over het minder goede gedrag van
de Belgische Blauwhelmen. Ten eerste omdat minister
Delcroix dat weet en ten tweede omdat hij zijn voorzorgen heeft genomen en de mensen die daarbij
betrokken waren terug naar België zijn gegaan. » Ik
zei verder dat hij dat kon zeggen, maar daar niet de
nadruk hoefde op te leggen om zo geen heel slecht
beeld op te hangen van de Belgische Blauwhelmen.
Wat volgens mij wel moest gezegd worden, was dat er
een grote wrevel bestaat vanwege de Rwandezen
omdat bij het vervoeren van de FPR-soldaten van
Malindi naar het Parlement, die vergezeld waren
door Belgische Blauwhelmen er volgens hen er veel
meer zijn meegekomen dan volgens de akkoorden van
Arusha mocht. In plaats van de afgesproken 600 zijn
er veel anderen meegeglipt, beweert men. Dit heeft bij
de Rwandezen veel kwaadheid teweeggebracht. Ik
heb gepleit om de gesprekken in positieve zin te voeren om daaraan iets te kunnen doen. Men heeft mij
dan gevraagd : « Wie gaat er mee in de delegatie van
minister Delcroix? » In alle eerlijkheid, ik wist niets
over de samenstelling en ik heb hem dat ook gezegd.
Ik heb gezegd : « Dat heeft geen belang, want men
moet alle parlementsleden en alle journalisten op
dezelfde manier behandelen. » Er werden enkele
vragen gesteld over de partijen waartoe sommigen
behoorden. Zij hadden een lijst, ik niet. Die opdeling
in categorieën heb ik zeker niet gemaakt. Ik heb ook
niet gezegd die is zo en die is zo. Dat moet worden
toegeschreven aan de speurdersmogelijkheden van

Mme De Backer a été invitée à donner des précisions en ce qui concerne la conversation téléphonique
qu’elle a eue avec Eugène Nahimana en préparation
de la visite de Leo Delcroix au Rwanda, conversation
qui a été reproduite dans le fax ainsi que dans le
brouillon de celui-ci « destination MRND Kigalicopie pour information Presirep-confidentiel ». Mme
De Backer a elle-même déclaré à cet égard : « Op een
bepaald moment word ik opgebeld door een Rwandees student in Brussel. Die zegde : « Het is de
gewoonte als iemand de president bezoekt, dat de
president weet met wie hij te maken heeft. Kunt u
daar enkele details over geven ? » Ik heb daar niet veel
over kunnen geven. Hij vroeg ook of er zaken waren
die benadrukt moesten worden. Het voornaamste dat
ik gezegd heb — en dat staat niet in de fax — is
« verspil uw tijd niet aan bepaalde details die de ronde
doen over het minder goede gedrag van de Belgische
Blauwhelmen. Ten eerste omdat minister Delcroix
dat weet en ten tweede omdat hij zijn voorzorgen
heeft genomen en de mensen die daarbij betrokken
waren terug naar België zijn gegaan. » Ik zei verder dat
hij dat kon zeggen, maar daar niet de nadruk hoefde
op te leggen om zo geen heel slecht beeld op te hangen
van de Belgische Blauwhelmen. Wat volgens mij wel
moest gezegd worden, was dat er een grote wrevel
bestaat vanwege de Rwandezen omdat bij het vervoeren van de FPR-soldaten van Malindi naar het Parlement, die vergezeld waren door Belgische Blauwhelmen er volgens hen er veel meer zijn meegekomen dan
volgens de akkoorden van Arusha mocht. In plaats
van de afgesproken 600 zijn er veel anderen
meegeglipt, beweert men. Dit heeft bij de Rwandezen
veel kwaadheid teweeggebracht. Ik heb gepleit om de
gesprekken in positieve zin te voeren om daaraan iets
te kunnen doen. Men heeft mij dan gevraagd : « Wie
gaat er mee in de delegatie van minister Delcroix? » In
alle eerlijkheid, ik wist niets over de samenstelling en
ik heb hem dat ook gezegd. Ik heb gezegd : « Dat heeft
geen belang, want men moet alle parlementsleden en
alle journalisten op dezelfde manier behandelen. » Er
werden enkele vragen gesteld over de partijen waartoe sommigen behoorden. Zij hadden een lijst, ik niet.
Die opdeling in categorieën heb ik zeker niet
gemaakt. Ik heb ook niet gezegd die is zo en die is zo.
Dat moet worden toegeschreven aan de speurders-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 652 )

degene die mij telefoneerde, dus niet degene die de fax
stuurde, maar daar ben ik pas later achtergekomen.
Murayi heeft de fax verstuurd, maar niet getelefoneerd. Het enige wat er geweest is, is een telefoongesprek, maar ik heb daarin geen appreciaties gegeven van de mensen. Trouwens wie mijn opvattingen
kent, ziet als hij de lijst bekijkt, dat de aanwijzingen
niet overeenstemmen met mijn opvattingen » (1).
Wat de oorsprong van deze documenten betreft, vindt
men op beide de handtekening van Paulin Murayi,
« pour la section MRND Belgique ». De heer Murayi
ontkent echter formeel dat hij ook maar iets met deze
fax te maken heeft. De commissie stelt vast dat uit de
vergelijking van de handtekeningen wellicht blijkt
dat de fax niet werd ondertekend door Murayi, maar
wel door Eugène Nahimana.

mogelijkheden van degene die mij telefoneerde, dus
niet degene die de fax stuurde, maar daar ben ik pas
later achtergekomen. Murayi heeft de fax verstuurd,
maar niet getelefoneerd. Het enige wat er geweest is,
is een telefoongesprek, maar ik heb daarin geen
appreciaties gegeven van de mensen. Trouwens wie
mijn opvattingen kent, ziet als hij de lijst bekijkt, dat
de aanwijzingen niet overeenstemmen met mijn
opvattingen » (1). En ce qui concerne l’origine de ces
documents, ils portent tous deux la signature de
M. Paulin Murayi, « pour la section MRND Belgique ». M. Murayi nie cependant formellement être
concerné en quoi que ce soit par ce fax. La commission constate qu’il ressort peut-être de la comparaison
des signatures que le fax n’a pas été signé par
M. Murayi, mais bien par Eugène Nahimana.

De fax gericht aan het MRND met kopie voor president Habyarimana bevat naast een geı̈ndividualiseerde en gedetailleerde waarderingslijst van de meereizende parlementsleden en journalisten (favorables,
non favorables, ami de Mme De Backer enz.) een oproep om de bestaande anti-Belgische stemming van
het MRND tegenover de Belgische militairen in
Rwanda aan de aandacht van de minister te onttrekken.

Dans le fax adressé au MRND, dont une copie a été
transmise au président Habyarimana, figurent non
seulement une liste d’appréciation individualisée et
détaillée des parlementaires et journalistes qui font le
voyage avec le ministre (favorables, non favorables,
ami de Mme De Backer, etc.), mais aussi un appel à
cacher au ministre l’attitude antibelge existante que
certains membres du MRND adoptaient à l’égard des
militaires belges qui se trouvaient au Rwanda.

« Avons contacté Mme De Backer pour les plus
amples renseignements sur la délégation qui accompagne le Ministre Delcroix. Après un long entretien
avec Mme De Backer, il convient :

« Avons contacté Mme De Backer pour de plus
amples renseignements sur la délégation qui accompagne le ministre Delcroix. Après un long entretien
avec Mme De Backer, il convient :

(1) d’encadrer au plus haut niveau si possible
M. Delcroix récemment nommé au Ministère de la
Défense et ancien secrétaire général du parti socialchrétien flamand CVP proche et favorable au
MRND. D’après Mme De Backer M. Delcroix se bat
au gouvernement pour que celui-ci continue à aider le
Rwanda.

(1) d’encadrer au plus haut niveau si possible
M. Delcroix récemment nommé au Ministère de la
Défense et ancien secrétaire général du parti socialchrétien flamand, le CVP, proche et favorable au
MRND. D’après Mme De Backer, M. Delcroix se bat
au gouvernement pour que celui-ci continue à aider le
Rwanda.

(2) d’éviter de lui montrer durant son séjour le
mépris et la méfiance de certains de nos militants
(MRND) envers les Casques bleus belges. Le ministre
n’appréciera pas qu’on puisse dire du mal des militaires belges. Il est très conscient qu’il y a eu des dérapages et que certains militaires belges de jeune âge
peuvent être entraı̂nés a de mauvais comportements
mais, de grâce, Mme De Backer nous conseille de ne
pas insister sur ces comportements des Casques bleus
belges. Elle aimerait que ce soit les autres instances
comme la présidence, le Minadef qui y fassent allusion mais sans trop manifester qu’on est totalement
contre les militaires belges. »

(2) d’éviter de lui montrer durant son séjour le
mépris et la méfiance de certains de nos militants
(MRND) envers les Casques bleus belges. Le ministre
n’appréciera pas qu’on puisse dire du mal des militaires belges. Il est très conscient qu’il y a eu des dérapages et que certains militaires belges de jeune âge
peuvent être entraı̂nés à de mauvais comportements
mais, de grâce, Mme De Backer nous conseille de ne
pas insister sur ces comportements des Casques bleus
belges. Elle aimerait que ce soit les autres instances
comme la présidence, le Minadef qui y fassent allusion mais sans trop manifester qu’on est totalement
contre les militaires belges. »

De commissie stelt vast dat, rekening houdend met
de lengte van de fax en de precieze informatie die erin
wordt meegedeeld dit bericht moeilijk een weergave
kan zijn van een telefoongesprek dat slechts « enkele
minuten » volgens mevrouw De Backer, « trois à

Eu égard à la longueur du fax et aux informations
précises qu’il contient, la commission constate que ce
message peut difficilement être la reproduction d’une
conversation téléphonique qui n’aurait duré que
« quelques minutes » d’après Mme De Backer, « de

——————

——————

(1) Hoorzitting met mevrouw De Backer, POR, Senaat,
14 mei 1997, PV, blz. 21/11 tot 22/4.

(1) Audition de Mme De Backer, CER, Sénat, 14 mai 1997,
PV, pp. 21/11 à 22/4.

( 653 )

1 - 611/7 - 1997/1998

quatre minutes » volgens de heer E. Nahimana had
geduurd. Wel verklaarde Eugène Nahimana voor de
commissie dat de weergave van de fax niet overeenstemt met het gesprek dat hij had met mevrouw De
Backer.

trois à quatre minutes » d’après M. E. Nahimana.
Cependant, Eugène Nahimana a déclaré devant la
commission que le contenu du fax ne correspond en
aucun cas avec la conversation qu’il a eue avec Mme
De Backer.

3.12.4. De opdracht van advocaat Johan Scheers

3.12.4. La mission de l’avocat Johan Scheers

De commissie hoorde daarnaast nog andere personen wiens activiteiten onder de noemer « parallelle
diplomatie » kunnen worden geplaatst. Dat zij vanuit
Rwanda en door de Rwandese autoriteiten belast
werden met de opdracht in België bepaalde belangen
te verdedigen is een bijkomende vaststelling.

La commission a également entendu d’autres
personnes dont les activités peuvent être classées sous
la dénomination « diplomatie parallèle ». La commission a également constaté que ces personnes ont été
chargées, par le Rwanda et par les autorités rwandaises, de défendre certains intérêts en Belgique.

Advocaat Johan Scheers, die zich voorstelde als
juridisch adviseur van president Habyarimana werd
op 24 juni 1997 door de commissie ondervraagd over
zijn exacte rol, die schijnt verder te gaan dan juridisch
adviseur voor de president.

L’avocat Johan Scheers, qui s’est présenté comme
étant le conseiller juridique du président Habyarimana, a été interrogé le 24 juin 1997 par la commission au sujet de son rôle exact, qui semble aller audelà de la fonction de conseiller juridique du président.

Uit de getuigenis van de heer Johan Scheers en uit
de documenten die de getuige aan de commissie overhandigde blijkt dat advocaat Scheers onder meer bij
christen-democratische partijen, bij senator Kuypers,
bij de diverse ministeriële kabinetten en departementen, alsook bij de ambassade in Kigali en de legertop
in Brussel de positie en de politiek van Habyarimana
bepleitte. Bovendien beweert de heer Scheers dat —
nu koning Boudewijn was opgevolgd door zijn broer
Albert — hij voor president Habyarimana de kanalen
naar het Hof opnieuw diende te openen.

Il ressort du témoignage de M. Johan Scheers et des
documents que celui-ci a transmis à la commission
qu’il plaidait notamment auprès des partis démocrates-chrétiens, auprès du sénateur Willy Kuypers, dans
les divers cabinets et départements ministériels ainsi
qu’auprès de l’ambassade à Kigali et de l’état-major
de l’armée à Bruxelles en faveur de la position adoptée
par Habyarimana et de la politique qu’il menait. De
plus, comme le Roi Albert venait de succéder à son
frère le Roi Baudouin, M. Scheers prétend qu’il devait
veiller à rétablir pour le président Habyarimana les
contacts avec la Cour.

In een brief van 22 december 1993 gericht aan president Habyarimana verbindt de heer Scheers er zich
toe de rehabilitatie van de president te verzekeren of
zoals hij zelf aan de commissie verklaarde : « Het ging
erom het imago van de president op te poetsen, hem
vrij te pleiten. » (1)

Dans une lettre du 22 décembre 1993, adressée au
président Habyarimana, M. Scheers s’engage à obtenir la réhabilitation du président ou, comme il l’a
déclaré lui-même à la commission : « Het ging erom
het imago van de president op te poetsen, hem vrij te
pleiten » (1).

« Une autre suggestion est, de former en Belgique
un groupe composé de personnes aptes à Vous soutenir, tenant compte du fait qu’elles ont connu le
Rwanda avant octobre 1990, et les multiples efforts
que vous avez fournis pour contribuer à son épanouissement.

« Une autre suggestion est de former en Belgique un
groupe composé de personnes aptes à vous soutenir,
tenant compte du fait qu’elles ont connu le Rwanda
avant octobre 1990, et les multiples efforts que vous
avez fournis pour contribuer à son épanouissement.

Il serait également utile d’étendre cette initiative
aux politiciens belges se trouvant dan les mêmes conditions. Je pense au CVP, et plus particulièrement à
M. Wilfried Martens et M. Leo Tindemans. Ce
dernier a eu l’occasion de rédiger un rapport lors de la
guerre de 1990, qui n’avait certainement pas une
portée critique telle que celle que l’on retrouve dans
les derniers rapports.

Il serait également utile d’étendre cette initiative
aux politiciens belges se trouvant dans les mêmes
conditions. Je pense au CVP, et plus particulièrement
à M. Wilfried Martens et M. Leo Tindemans. Ce
dernier a eu l’occasion de rédiger un rapport lors de la
guerre de 1990, qui n’avait certainement pas une
portée critique telle que celle que l’on retrouve dans
les derniers rapports.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Scheers, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 9/2.

(1) Audition de M. Scheers, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. 9/2.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 654 )

Je pense, par ailleurs, également à l’Union des
démocrates chrétiens, et à l’Église Catholique.

Je pense, par ailleurs, également à l’Union des
démocrates chrétiens, et à l’Église catholique.

Voilà les quelques suggestions que je désirais vous
proposer, après une première approche des problèmes
qui vous préoccupent fortement.

Voilà les quelques suggestions que je désirais vous
proposer, après une première approche des problèmes
qui vous préoccupent fortement.

Depuis mon retour en Belgique, comme déjà
annoncé dans mon courrier du 21 décembre, j’ai
contacté Sa Majesté le Roi Albert II, le Cabinet du
Premier ministre, le Cabinet du ministre de la Défense
Nationale, le Cabinet du ministre des Affaires étrangères et le Cabinet du ministre de la Coopération.

Depuis mon retour en Belgique, comme déjà
annoncé dans mon courrier du 21 décembre, j’ai
contacté Sa Majesté le Roi Albert II, le cabinet du
Premier ministre, le cabinet du ministre de la Défense
nationale, le cabinet du ministre des Affaires étrangères et le cabinet du ministre de la Coopération.

J’ai également pris contact directement avec
M. Wilfried Martens, ancien Premier ministre de la
Belgique.

J’ai également pris contact directement avec
M. Wilfried Martens, ancien Premier ministre de la
Belgique.

Je ne manquerai pas de vous tenir informé scrupuleusement de l’évolution de ces pourparlers.

Je ne manquerai pas de vous tenir informé scrupuleusement de l’évolution de ces pourparlers.

Je vous confirme également, sans pouvoir vous
mentionner la source par voie écrite, que votre réhabilation pourrait se faire rapidement, si vous aviez
l’occasion de lancer personnellement, ou, par
l’intermédiaire d’une personne compétente, un
message public, précisant que vous êtes au courant de
certains abus qui ont été commis depuis la guerre, et
que, dès maintenant, vous veillerez à ce que le renouvellement de pareils actes soit poursuivi et réprimé, en
accentuant le fait que personne ne se trouve être audessus de la loi.

Je vous confirme également, sans pouvoir vous
mentionner la source par voie écrite, que votre réhabilitation pourrait se faire rapidement, si vous aviez
l’occasion de lancer personnellement, ou, par
l’intermédiaire d’une personne compétente, un
message public, précisant que vous êtes au courant de
certains abus qui ont été commis depuis la guerre, et
que, dès maintenant, vous veillerez à ce que le renouvellement de pareils actes soit poursuivi et réprimé, en
accentuant le fait que personne ne se trouve être audessus de la loi.

Il va de soi que je reste à votre entière disposition, et
que je ne manquerai pas de vous transmettre d’autres
suggestions et possibilités qui se dégageront très
certainement lors des démarches qui seront effectuées
dans les jours prochains. » (1)

Il va de soi que je reste à votre entière disposition et
que je ne manquerai pas de vous transmettre d’autres
suggestions et possibilités qui se dégageront très
certainement lors des démarches qui seront effectuées
dans les jours prochains. » (1)

Dat Johan Scheers effectief poogde te fungeren als
tussenpersoon tussen president Habyarimana en de
Belgische autoriteiten en politieke middens blijkt ook
uit de telexen die reeds in het verslag van de ad hocgroep Rwanda werden opgenomen.

Les télex qui figurent déjà dans le rapport du
groupe ad hoc Rwanda font également apparaître que
Johan Scheers tentait effectivement de jouer le rôle
d’intermédiaire entre le président Habyarimana et les
autorités et milieux politiques belges.

De commissie heeft in het « Rwandese dagboek »
van de heer Johan Scheers — hoewel er vraagtekens
kunnen geplaatst worden bij het ogenblik waarop het
werd geredigeerd — talrijke aanwijzingen aangetroffen die wijzen op pogingen van de heer Scheers tot
infiltratie in bepaalde Belgische middens, waaronder
het Hof.

Dans le « Journal rwandais » de M. Johan Scheers
— au sujet duquel on peut cependant s’interroger
quant à la date à laquelle il a été rédigé —, la commission a trouvé de nombreuses indications qui font état
des tentatives d’infiltration de M. Scheers dans
certains milieux belges, notamment à la Cour.

In december 1993 had president Habyarimana aan
de heer Scheers verklaard na het overlijden van
koning Boudewijn niet langer de steun te ervaren van
het Belgische Hof : « Maintenant que le roi Baudouin
est décédé, même là, je n’ai plus aucun soutien ». (2)

En décembre 1993, le président Habyarimana avait
fait savoir à M. Johan Scheers qu’il ne jouissait plus,
depuis le décès du Roi Baudouin, de l’appui de la
Cour de Belgique : « Maintenant que le roi Baudouin
est décédé, même là, je n’ai plus aucun soutien » (2).

——————

——————

(1) Brief van 22 december 1993 van de heer Scheers aan de
heer Habyarimana.
(2) Hoorzitting met de heer Scheers, POR, Senaat, 24 juni
1997, blz. 13F/2.

(1) Lettre du 22 décembre 1993 de M. Scheers à
M. Habyarimana.
(2) Audition de M. Scheers, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
pp. 13/2.

( 655 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Dat Scheers’ opdracht erin bestaat de communicatie met het Hof opnieuw te optimaliseren via contacten met personen uit de entourage van het Hof blijkt
uit de volgende aanwijzingen.

Les indications suivantes font apparaître que la
mission de M. Scheers consistait à rétablir de manière
optimale la communication avec la Cour, grâce à ses
contacts avec des personnes de l’entourage de la
Cour.

(1) Johan Scheers zocht contact met de heer De
Lentdecker, toenmalig kabinetschef van Justitie. Het
dagboek van meester Scheers vermeldt op 4 december
1993 : « Onderhoud met De Lentdecker in verband
met missie in Rwanda. Steunt dit volledig en laat
weten dat koninklijk kabinet dit steunt. »

(1) Johan Scheers a cherché à entrer en contact
avec M. De Lentdecker, à l’époque chef de cabinet du
ministre de la Justice. Le 4 décembre 1993, Me Scheers
écrit dans son journal : « Entretien avec De Lentdecker à propos d’une mission au Rwanda. Le
soutient totalement et communique que le cabinet du
Roi l’appuie. »
À la date du 20 décembre 1993 , le même journal
mentionne : « Entretien avec De Lentdecker. Aperçu
complet des entretiens avec le président. En informe le
cabinet du Roi. »
D’après le même journal, il est mis fin aux contacts
avec De Lentdecker le 10 janvier 1994 : « Téléphoné à
De Lentdecker. Demande d’arrêter toute nouvelle
initiative, surtout à l’adresse du cabinet du Roi. Tout
doit à présent passer par les Affaires étrangères. »
Réagissant aux démarches de l’avocat Scheers, le
ministre Claes signale, le 7 février 1994, à Ambabel
Kigali : « Je pense qu’il nous faut faire preuve de beaucoup de prudence à l’égard de ces intermédiaires qui,
pour des raisons non connues, ont toujours essayé de
l’une ou l’autre façon de donner l’impression qu’elles
étaient associées aux relations entre la Belgique et le
Rwanda » (1).

Uit hetzelfde dagboek op 20 december 1993 :
« Onderhoud met De Lentdecker. Volledig overzicht
van de onderhouden met de president. Maakt dit alles
over aan koninklijk kabinet. »
Volgens het dagboek stoppen de contacten met De
Lentdecker op 10 januari 1994 : « Telefoon met de
Lentdecker. Vraagt verdere initiatieven te staken,
vooral naar koninklijk kabinet toe. Alles moet nu
gebeuren via buitenlandse zaken. »
Als reactie op de démarches van advocaat Scheers
bericht minister Claes op 7 februari 1994 aan Ambabel Kigali : « Ik denk dat wij een grote voorzichtigheid
aan de dag moeten leggen met die tussenpersonen die
om niet gekende redenen steeds trachten op een of
andere wijze de indruk te verwekken dat zij betrokken worden bij de relaties tussen België en Rwanda » (1).
(2) Een tweede kanaal naar het Hof meende de
heer Scheers te vinden bij de heer Durand, eerste voorzitter van het Militaire Gerechtshof. Het dagboek van
de heer Scheers vermeldt op 1 februari 1994 :
« Onderhoud met Durand. Maakt boodschap over
aan GSO en aan van Ypersele. »

(2) M. Scheers a estimé trouver en M. Durand,
premier président de la Cour militaire, un deuxième
contact avec la Cour. M. Scheers signale, dans son
journal, le 1er février 1994 : « Entretien avec Durand.
Transmet message à GSO et à van Ypersele. »

(3) Een derde kanaal dat de heer Scheers zou
gebruikt hebben om informatie te laten doorsijpelen
naar het Hof vindt hij bij Pater Boets. Op 1 februari
1994 noteert de heer Johan Scheers in zijn dagboek :
« Onderhoud met Boets. Na raadpleging van het
Paleis suggereert hij dat Prins Filip Habyarimana zou
ontmoeten in Ivoorkust op 7 februari 1994 (begrafenis president Ivoorkust). Zelfde avond gebeld met
president (Habyarimana). Geeft antwoord tegen vrijdag 4 februari. »
Tijdens zijn getuigenis voor de commissie verklaarde advokaat Scheers dat het initiatief voor deze
ontmoeting door het paleis werd genomen.
De president zou uiteindelijk, om veiligheidsredenen niet ingaan op deze uitnodiging. De heer
Scheers verklaarde voor de commissie : « Ik heb hem
gezegd, mijnheer de president, ik hoop dat u een heel
serieuze reden hebt, want ik kan dat niet verantwoor-

(3) Le Père Boets est le troisième contact qu’aurait
utilisé M. Scheers pour faire parvenir certaines informations à la Cour. Le 1er février 1994, M. Johan
Scheers note dans son journal : « Entretien avec Boets.
Après consultation du Palais, il suggère que le Prince
Philippe rencontre Habyarimana en Côte-d’Ivoire le
7 février 1994 (funérailles président de Côte-d’Ivoire).
Le même soir, appelé le président (Habyarimana).
Réponse pour le vendredi 4 février. »

——————

——————

(1) Verslag ad hoc-groep Rwanda, blz. 137.

Au cours de son témoignage devant la commission,
M. Scheers a déclaré que l’initiative de cette rencontre
avait été prise par le Palais.
En fin de compte, pour des raisons de sécurité, le
président n’a pas accepté cette invitation. M. Scheers
a déclaré devant la commission: « Je lui ai dit,
monsieur le président, j’espère que vous avez de
sérieuses raisons car je ne peux le justifier. Il m’a alors
(1) Rapport du groupe ad hoc Rwanda, p. 137.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 656 )

den. » Hij heeft mij toen meegedeeld : Ik ben bevreesd
dat er iets gaat gebeuren als ik het grondgebied verlaat. » (1)

fait savoir : « Je crains que quelque chose n’arrive si je
quitte le territoire. » (1)

Tenslotte bevestigde de heer Scheers aan de leden
van de commissie dat de contacten met president
Habyarimana en met het Paleis in een strategie van
« parallelle diplomatie » pasten. Advocaat Scheers die
hiertoe ook contacten onderhield met de heer Eugène
Nahimana, de persverantwoordelijke voor MRND in
België verklaarde voor de commissie dat hij als ankerman voor president Habyarimana in België misschien
wel had meegewerkt aan een strategie tegen de Belgische Staat.

Enfin, M. Scheers a confirmé aux membres de la
commission que, selon lui, les contacts qu’il entretenait avec le président Habyarimana et avec le Palais
avaient leur place dans une stratégie de « diplomatie
parallèle ». Il entretenait aussi, à cet effet, des rapports
avec M. Eugène Nahimana, le responsable pour la
presse du MRND en Belgique. M. Scheers a déclaré
devant la commission qu’il avait peut-être, en tant
qu’antenne du président Habyarimana en Belgique,
participé à une stratégie dirigée contre l’État belge.

« Vandaag vraag ik mij af of ik niet door welbepaalde mensen werd gemanipuleerd. Men wist dat ik
in België een aantal politieke contacten had, eerst met
Willy Kuijpers en nadien ook nog met andere politici.
Men wist waarschijnlijk dat ik bepaalde informaties
kon laten doorsijpelen, informaties die misschien
perfect pasten in de politiek tegen de Belgische Staat
en tegen de Belgische para’s, die in die periode in
Rwanda meer en meer vorm kreeg. » (2)

« Je me demande aujourd’hui si je n’ai pas été manipulé par certaines personnes. On savait que j’avais en
Belgique un certain nombre de contacts politiques,
tout d’abord avec Willy Kuijpers et ensuite avec
d’autres hommes politiques. On savait probablement
que je pouvais laisser infiltrer certaines informations,
qui cadraient peut-être à la perfection dans une politique menée contre l’État belge et contre les paras
belges et qui prenait de plus en plus forme au Rwanda
au cours de cette période » (2).

3.13. DE GERECHTELJKE
EN ADMINISTRATIEVE DOSSIERS
MET BETREKKING TOT DE RWANDEZEN
IN BELGIË

3.13. LES DOSSIERS JUDICIAIRES
ET ADMINISTRATIFS RELATIFS
AUX RWANDAIS EN BELGIQUE

3.13.1. Problematiek van de vluchtelingen en de
asielzoekers in België

3.13.1. Laproblématiquedesréfugiésetdemandeurs
d’asile en Belgique

Tijdens een werkvergadering van de commissie van
26 september 1997 heeft de heer De Smet, commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de staatlozen,
een overzicht gebracht van de thans in België geldende
asielprocedure.

À une réunion de travail de la commission du
26 septembre 1997, M. De Smet, commissaire général
aux réfugiés et aux apatrides, donne une description
de la procédure d’asile actuelle en Belgique.

De toekenning van de status van vluchteling wordt
geregeld in de artikelen 48 en volgende van de wet van
15 december 1980 betreffende de toegang tot het
grondgebied, het verblijf, de vestiging en de verwijdering van vreemdelingen.

L’octroi de la qualité de réfugié est réglé par les articles 48 et suivants de la loi du 15 décembre 1980 sur
l’accès au territoire, le séjour, l’établissement et
l’éloignement des étrangers.

De asielprocedure verloopt in twee stadia : de ontvankelijkheid van de aanvraag enerzijds en de
gegrondheid ervan anderzijds.

La procédure d’asile se décompose en deux étapes :
la recevabilité de la demande d’une part, son fondement, d’autre part.

De vreemdeling die het Rijk binnenkomt of binnen
gekomen is en de status van vluchteling wil verkrijgen, moet zich op het ogenblik dat hij binnenkomt of
althans binnen acht werkdagen nadat hij is binnen

L’étranger qui entre dans le Royaume et désire
obtenir le statut précité doit, lors de son entrée ou
dans les 8 jours ouvrables de celle-ci, se déclarer réfugié. Cette déclaration est examinée par l’Office des

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer Scheers, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 13N/15.
(2) Hoorzitting met de heer Scheers, POR, Senaat, 24 juni
1997, PV, blz. 5/4.

(1) Audition de M. Scheers, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. .13N/15.
(2) Audition de M. Scheers, CER, Sénat, 24 juin 1997, PV,
p. .5/4.

( 657 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gekomen, vluchteling verklaren. Zijn verklaring
wordt dan onderzocht door de Dienst Vreemdelingenzaken die afhangt van het ministerie van Binnenlandse Zaken.

étrangers, département qui ressort au ministère de
l’Intérieur.

In eerste instantie onderzoekt die dienst de ontvankelijkheid van de aanvraag. Wordt die ontvankelijk
geoordeeld, dan gaat het dossier onmiddellijk voor
verder onderzoek naar de Commissaris-generaal voor
de vluchtelingen en de staatlozen. Wordt het verzoek
na onderzoek afgewezen, dan heeft de betrokkene het
recht een dringend beroep in te stellen bij de diensten
van de Commissaris-generaal.

Le premier examen auquel se livre l’Office des
étrangers est donc relatif à la recevabilité de la
demande. Si la demande de statut est estimée recevable, le dossier sera immédiatement transmis pour
examen quant au fond auprès du Commissaire général aux réfugiés et aux apatrides. Si l’examen de la
demande se solde par un refus, l’intéressé a le droit
d’introduire ce que l’on appelle un recours urgent
auprès des services du Commissaire général.

De betrokkene moet dat doen binnen een termijn
van drie dagen of van 24 uur indien hij wordt vastgehouden te Zaventem. Volgens de wet beschikt de
Commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de
staatlozen over een maand om zich over dat dringend
beroep uit te spreken. Op het overschrijden van die
termijn staat er evenwel geen straf.

Le recours urgent doit être introduit dans un délai
de 3 jours par l’intéressé ou de 24 heures s’il est maintenu à Zaventem; légalement, le commissaire général
aux réfugiés et aux apatrides dispose d’un mois pour
statuer sur le recours urgent; aucune sanction
n’assortit cependant le dépassement de ce délai.

Het dringend beroep kan een tweevoudig gevolg
hebben : ofwel beslist de Commissaris-generaal dat
een verder onderzoek noodzakelijk is, na welke
beslissing de betrokkene op het grondgebied van het
Rijk mag verblijven, ofwel bevestigt hij de weigering
om toegang te krijgen tot de procedure wat gelijktijdig en automatisch een bevestiging inhoudt van het
bevel het grondgebied te verlaten.

L’issue du recours urgent est double : soit le
commissaire général arrive à la conclusion qu’un
examen ultérieur s’impose, décision au terme de
laquelle l’intéressé est autorisé à séjourner sur le territoire du Royaume, soit il confirme le refus d’accès à la
procédure, ce qui emporte parallèlement et automatiquement confirmation de l’ordre de quitter le territoire.

Wanneer de Commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de staatlozen de niet-ontvankelijkheid van
een asielverzoek bevestigt, kan hij in zijn beslissing
aanbevelen dat een vreemdeling niet naar zijn land
van oorsprong wordt teruggezonden. Het gaat dan
evenwel over niet meer dan een advies, waardoor de
minister van Binnenlandse Zaken niet is gebonden.

Lorsque le commissaire général aux réfugiés et aux
apatrides confirme l’irrecevabilité d’une demande
d’asile, il peut, dans sa décision, recommander qu’un
étranger ne soit pas reconduit dans son pays
d’origine. La considération précitée n’est cependant
qu’un avis, auquel le ministre de l’intérieur n’est pas
obligé d’adhérer.

Commissaris-generaal De Smet wijst erop dat in de
regel de dienst vreemdelingenzaken niettemin zijn
advies op dat punt overneemt.

Le commissaire général De Smet a révélé qu’en
règle générale, l’Office des étrangers suit néanmoins à
cet égard son avis.

Valt er een beslissing tot bevestiging van de weigering, dan beschikt de betrokkene over een tweevoudig
beroep bij de Raad van State. Hij kan immers een
beroep instellen tot schorsing en tot vernietiging van
de uitgesproken beslissing. Als dusdanig schorst dit
beroep het bevel het grondgebied te verlaten evenwel
niet.

Lorsqu’une décision de confirmation de refus est
rendue, l’intéressé dispose d’un recours au Conseil
d’état qui est double; il peut en effet introduire un
recours en suspension et en annulation de la décision
ainsi rendue. Comme tel cependant, ce recours n’est
toutefois pas suspensif de l’ordre de quitter le territoire.

Wordt het verzoek ontvankelijk verklaard of het
dringend beroep gegrond geoordeeld dan begint het
onderzoek naar de gegrondheid van het asielverzoek.
Er zij op gewezen dat de wet geen termijn oplegt
waarbinnen de Commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de staatlozen zich moet uitspreken. Elk
dossier wordt afzonderlijk behandeld.

Lorsque la demande est déclarée recevable ou que
le recours urgent a été déclaré fondé, va s’amorcer
l’étude du bien fondé de la demande d’asile. Il n’est
pas inutile d’attirer l’attention sur le fait qu’il n’existe
pas de délai légal imposant au commissaire général de
statuer. Les dossiers sont traités au cas par cas.

Indien de Commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de staatlozen op basis van zijn onderzoek
het asielverzoek van de betrokkene gegrond verklaart, beschikt de minister van Binnenlandse Zaken

Si, à l’issue de l’enquête réalisée par le commissaire
général, celui-ci déclare fondée la demande d’asile de
l’intéressé, le ministre de l’Intérieur dispose d’un délai
de 15 jours pour introduire un recours contre cette

1 - 611/7 - 1997/1998

( 658 )

over een termijn van 15 dagen om tegen deze beslissing in beroep te gaan bij de vaste beroepscommissie
voor de vluchtelingen.

décision devant la commission permanente de
recours.

Te noteren valt evenwel dat deze procedure tot op
heden niet meer dan zeven maal werd gebruikt. (Deze
beroepen hebben echter geen uitstaands met het zogeheten Rwanda-dossier).

On notera cependant que cette procédure n’a été
utilisée jusqu’ici que sept fois. (Ces recours toutefois
sont étrangers au dossier dit rwandais.)

Wanneer de Commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de staatlozen de gegrondheid van een verzoek afwijst, beschikt de betrokkene eveneens over
een termijn van 15 dagen om in beroep te gaan bij de
vaste beroepscommissie voor de vluchtelingen. Dit
beroep heeft een schorsende werking zodat de betrokkene op het Belgisch grondgebied kan blijven.

Lorsque le commissaire général refuse le bienfondé de la demande, l’intéressé dispose également
d’un délai de 15 jours pour introduire un recours
devant la commission permanente de recours. Ce
recours est suspensif et permet donc à l’intéressé de se
maintenir sur le territoire belge.

De procedure voor de Commissaris-generaal voor
de vluchtelingen en de staatlozen verloopt niet echt
op tegenspraak. Deze wordt uitgevoerd door de
ambtenaren van het CGVS, dat een administratieve
overheid is. Aldus verloopt het onderzoek van de
dossiers tussen de betrokkene en de juriste van het
CGVS bijgestaan door een raadsman, een tolk, en
voor een minderjarige in aanwezigheid van zijn
wettelijke vertegenwoordiger.

La procédure instituée devant le commissaire général n’est pas à proprement parler contradictoire. Elle
est appliquée par les fonctionnaires du CGRA qui est
une instance administrative. Ainsi par exemple,
l’examen des dossiers se fait entre l’intéressé et le
juriste du CGRA assisté de son conseil, d’un interprète et en ce qui concerne le mineur en présence de
son représentant légal.

De vaste beroepscommissie voor vluchtelingen
daarentegen is een administratief rechtscollege. Dat
moet dus de rechten van de verdediging eerbiedigen
en het debat op tegenspraak houden. Er zij evenwel
op gewezen dat er voor dit rechtscollege al evenmin
vaste termijnen gelden binnen welke de vaste beroepscommissie voor vluchtelingen tot een beslissing moet
komen.

La commission permanente de recours, en revanche, est une juridiction administrative. La question du
respect des droits de la défense et de la contradiction
des débats doit donc être respectée. Soulignons cependant qu’il n’existe pas non plus, devant cette instance,
de délais fixes endéans lesquels la commission permanente de recours doit rendre ses décisions.

Wat betreft de afhandeling van de dossiers die hem
worden overgezonden door de Dienst vreemdelingenzaken, deelt Commissaris-generaal De Smet mee dat
hij in het verleden wel eens onvolledige dossiers heeft
ontvangen en op dat punt herhaaldelijk heeft moeten
aandringen. Voor de zogeheten Rwanda-dossiers
lijkt dat evenwel niet het geval te zijn.

Interrogé sur l’acheminement des dossiers qui lui
parviennent de l’Office des étrangers, le commissaire
général De Smedt a évoqué le fait qu’il arrivait que des
dossiers lui parviennent incomplets et nécessitaient à
cet égard diverses interpellations. Il serait même
arrivé qu’un dossier disparaisse ou qu’il soit perdu.
Dans le cadre des dossiers dits rwandais, aucun cas de
ce genre n’a cependant été noté.

Op dat punt dient er op te worden gewezen dat er
overigens in deze fase van de procedure geen enkele
lijst bestaat van de documenten die het dossier
vormen dat bij de Commissaris-generaal terecht
komt.

Il n’est pas inutile de relever à cet égard qu’il
n’existe par ailleurs, à ce stade de la procédure, aucun
inventaire des pièces qui constituent le dossier ainsi
soumis au commissaire général.

Tijdens zijn onderzoek kan het voor de Commissaris-generaal raadzaam zijn een aantal documenten uit
de strafdossiers waarvoor een gerechtelijk onderzoek
of een opsporingsonderzoek aan de gang is, ter inzage
te krijgen en in voorkomend geval er een kopie van te
ontvangen.

À l’occasion de ses investigations, il peut être
opportun pour le commissaire général d’obtenir
communication et, le cas échéant, copie de certaines
pièces de dossiers répressifs en cours d’information ou
d’instruction.

Volgens de wet van 1980 krijgt de Commissarisgeneraal voor de vluchtelingen en de staatlozen niet
automatisch toegang tot die gerechtelijke dossiers.
Die kwestie wordt dus afgehandeld overeenkomstig
artikel 57/7 van de wet van 15 december 1980 betreffende de toegang tot het grondgebied, het verblijf, de

La loi de 1980 susvisée ne contient aucune disposition qui donne au commissaire général aux réfugiés et
aux apartides un accès automatique aux dossiers dits
judiciaires. La question est donc traitée conformément à l’article 57/7 de la loi du 15 décembre 1980 sur
l’accès au territoire, le séjour, l’établissement et

( 659 )

1 - 611/7 - 1997/1998

vestiging en de verwijdering van vreemdelingen, dat
in het tweede lid bepaalt dat hij gerechtigd is om alle
bescheiden en inlichtingen die voor de uitoefening
van zijn opdracht nuttig zijn, door elke Belgische
overheid te doen overleggen.

l’éloignement des étrangers laquelle dispose, dans son
alinéa 2, « qu’il a le droit de se faire communiquer par
toute autorité belge tous documents et renseignements utiles à l’exercice de sa mission ».

In ons geval is het duidelijk dat de Commissarisgeneraal voor de vluchtelingen en de staatlozen naar
het schijnt herhaaldelijk gevraagd heeft inzage te krijgen van de strafdossiers. Om dat uiteindelijk te verkrijgen heeft hij zijn verzoeken vaak moeten herhalen.

En l’espèce, il ressort que le commissaire général
aux réfugiés et aux apatrides a sollicité, à diverses
reprises semble-t-il, des accès aux dossiers répressifs.
Ses demandes ont dû être réitérées pour être, in fine,
accueillies.

Wanneer de vaste beroepscommissie voor vluchtelingen zich uitspreekt over een verzoek, kan de
betrokkene zich tot de Raad van State wenden om het
te laten vernietigen. Op te merken valt dat de minister
van Binnenlandse Zaken nooit een dergelijk beroep
zou hebben ingesteld. Het tegengestelde is uiteraard
niet waar omdat de betrokkene die de weigering
bevestigd ziet, beroep kan aantekenen bij de Raad
van State. Dit beroep heeft evenwel geen opschortende werking.

Lorsque la commission permanente de recours
statue à l’égard d’une demande, sa décision est ellemême susceptible d’un recours en annulation devant
le Conseil d’État. Il convient de relever que le ministre
de l’Intérieur n’a jamais introduit un tel recours en
annulation. L’inverse n’est évidemment pas vrai,
l’intéressé se voyant confirmer un refus pouvant
introduire un recours devant le Conseil d’État. Ce
recours n’est cependant pas suspensif.

De Raad van State spreekt zich dan op dezelfde
manier uit als het Hof van Cassatie. Het komt er op
neer dat hij zich niet over de feiten uitspreekt doch
wanneer hij de beslissing van de vaste beroepscommissie voor vluchtelingen vernietigt, wordt de zaak
teruggezonden naar de vaste beroepscommissie voor
de vluchtelingen, die dan evenwel op een andere
manier is samengesteld, het beroep opnieuw behandelt.

Le Conseil d’État statue alors de la même manière
que la Cour de cassation, à savoir qu’il ne prend pas
une décision sur le fond, mais que s’il casse la décision
rendue par la commission permanente de recours,
cette cassation donne lieu à un renvoi devant la
commission permanente de recours, laquelle, étant
toutefois autrement composée, examine à nouveau le
recours.

De intrekkingsprocedure waarvan sprake is in artikel 57/6 van de wet van 15 december 1980, biedt de
Commissaris-generaal voor de vluchtelingen en de
staatlozen de mogelijkheid de status van vluchteling
in te trekken wanneer er nieuwe informatie opduikt
waardoor de status van vluchteling van de vreemdeling op losse schroeven komt te staan.

La procédure de retrait, évoquée à l’article 57/6 de
la loi du 15 décembre 1980, permet au commissaire
général aux réfugiés et aux apatrides de retirer la
qualité de réfugié dès lors qu’il surviendrait des
éléments nouveaux permettant d’infirmer la qualité
de réfugié de l’étranger.

Het hoeft daarom niet om bijzondere nieuwe informatie te gaan. Zij moet wel aan het licht komen nadat
de vreemdeling de status heeft verkregen. Commissaris-generaal De Smet heeft er onder meer op gewezen
dat de werkzaamheden van de commissie overigens
nieuwe informatie zou kunnen opleveren.

Ces éléments nouveaux ne doivent pas être d’une
nature particulière; ils doivent cependant avoir été
révélés après que le statut a été obtenu. Le commissaire général De Smet a notamment soulevé le fait que
des éléments nouveaux pourraient d’ailleurs émaner
des travaux de la commission.

Zijn beslissing moet evenwel met redenen worden
omkleed. Immers, tegen die beslissing staat beroep
open bij de vaste beroepscommissie voor de vluchtelingen. Te noteren valt dat tijdens het onderzoek van
het eventueel beroep van de betrokkene de beslissing
tot intrekking opgeschort wordt. Dat brengt mee dat
er tegen de betrokkene geen enkele beslissing tot verwijdering kan worden genomen.

La décision doit cependant être motivée; en effet,
elle est elle-même susceptible d’un recours devant la
commission permanente de recours. On notera que,
durant l’examen du recours éventuel de l’intéressé, la
décision de retrait est suspendue; ainsi, aucune
mesure d’éloignement ne peut être prise contre
l’intéressé.

Commissaris-generaal De Smet wijst erop dat er op
dat tijdstip geen enkele intrekkingsprocedure tegen
Rwandese vluchtelingen aan de gang was.

Le commissaire général De Smet précise qu’aucune
procédure de retrait n’existait à ce jour en ce qui
concerne les réfugiés rwandais.

Op de vraag of er mogelijke beschermingen zijn
geweest ten gunste van de Rwandese asielzoekers

Interrogé sur les éventuelles protections dont
auraient bénéficié des demandeurs d’asile rwandais

1 - 611/7 - 1997/1998

( 660 )

tijdens diverse stadia van de procedure, kan Commissaris-generaal De Smet om evidente redenen niet
antwoorden; hij licht toe dat hij en zijn bronnen niets
afweten van de inhoud van het onderzoek dat de
Dienst vreemdelingen en de vaste beroepscommissie
voeren.

aux divers stades de la procédure, le commissaire
général De Smet n’a pu répondre, pour des raisons
évidentes, expliquant son ignorance et celle de ses
services quant au contenu de l’instruction menée par
l’Office des étrangers et par la commission permanente de recours.

Wat betreft de Dienst vreemdelingenzaken immers,
d.w.z. de eerste fase van het onderzoek naar de ontvankelijkheid van het verzoek, beschikt Commissaris-generaal De Smet over geen enkel middel die zijn
diensten toelaat om de eerlijkheid van de ambtenaren
van de Dienst vreemdelingenzaken te toetsen of in
twijfel te trekken.

Au stade de l’Office des étrangers en effet, c’est-àdire au premier stade de la recevabilité de la demande,
le commissaire général De Smet ne dispose d’aucun
moyen qui permette à ses services d’éprouver ou de
mettre en doute la probité des fonctionnaires de
l’Office des étrangers.

Wat het Commissariaat-generaal zelf betreft, een
onafhankelijke instantie, kan de Commissarisgeneraal met klem bevestigen dat er geen enkele
poging tot onverantwoorde beı̈nvloeding heeft
plaatsgehad. Ten hoogste kan hij enkele brieven of
gevallen van diverse steunbetuigingen aanhalen die
neerkomen op het ondernemen van stappen, wat hij
kennelijk niet beschouwt als het aanwenden van pressiemiddelen. Over wat er in de vaste beroepscommissie voor de vluchtelingen gebeurt, kan hij daarentegen
terecht overigens geen precieze informatie verstrekken.

Au commissariat général même, instance indépendante, le commissaire général est catégorique et
n’évoque aucune tentative d’intervention malencontreuse. Tout au plus, évoque-t-il quelques lettres ou
appuis divers, lesquels se résument à des démarches
qu’il ne considère manifestement pas comme étant des
moyens de pression. Il est en revanche dans
l’incapacité de fournir, à juste titre, des renseignements précis pour ce qui se passe devant la commission permanente de recours.

De heer De Smet kan dus niets meer meedelen over
de kennelijk zeer lange studietermijnen inzake het
beroep ingesteld door de heren Murayi, Rwabukumba en Ndindiliyimana. De beslissingen om hun
de status te weigeren dateren immers respectievelijk
van maart, april en mei 1996.

M. De Smet ne peut donc fournir des renseignements plus précis sur les délais d’étude manifestement
fort longs des recours introduits par MM. Murayi,
Rwabukumba et Ndindiliyimana. Les décisions de
refus de leur statut datent en effet respectivement des
mois de mars, avril et mai 1996.

Hij vestigt de aandacht op het feit dat hij voor een
aantal Rwandese asielzoekers tot het besluit gekomen
is de hoedanigheid van vluchteling te moeten weigeren, met toepassing van artikel 1 F van de Conventie
van Genève van 28 juli 1951 met betrekking tot het
statuut van de vluchtelingen.

Il attire l’attention sur le fait que, pour un certain
nombre de demandeurs d’asile rwandais, il est arrivé
à la conclusion de refuser la qualité de réfugié en
appliquant la clause d’exclusion prévue par l’article 1 F de la convention de Genève du 28 juillet 1951
relative au statut de réfugié.

Tot slot werd Commissaris-generaal De Smet ondervraagd of hij al dan niet rekening heeft gehouden
met de lijst van verdachten die aan de genocide
zouden hebben deelgenomen en die eind 1995 door de
Rwandese regering werd overgezonden. De Commissaris-generaal heeft op deze vraag geantwoord door te
verwijzen naar zijn onafhankelijkheid enerzijds en
naar de noodzaak om rekening te houden met een zo
volledig geheel als mogelijk van informatie anderzijds.

Le commissaire général De Smet a enfin été interrogé à l’effet de savoir s’il avait tenu ou non compte de
la liste des génocidaires présumés qui avait été transmise à la fin de la l’année 1995 par le gouvernement
rwandais. Le Commissaire a répondu à cette question
en arguant de son indépendance, d’une part, et de la
nécessité de tenir compte d’un ensemble d’éléments le
plus complet possible, d’autre part.

Ten slotte werd er ook gezinspeeld op het aantal
Rwandese asielzoekers; Commissaris-generaal De
Smet heeft meegedeeld dat Rwanda de zevende plaats
bekleed en 3,5 à 4,5 % van de statusverzoeken voor
zijn rekening neemt. Rwanda neemt niettemin de
derde plaats in (na Turkije en het voormalige Zaı̈re)
wat betreft het aantal door de Commissaris-generaal
erkende vluchtelingen.

Il a enfin été fait référence au nombre de candidatures de réfugiés rwandais; le commissaire général De
Smet a évoqué le fait que le Rwanda venait en
septième position et représentait entre 3,5 et 4,5 % des
demandes de statut. Le Rwanda prend néanmoins la
troisième position (après la Turquie et l’ex-Zaı̈re) en
ce qui concerne le nombre des réfugiés reconnus par le
commissaire général.

( 661 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De commissie ontvangt informatie over het aantal
Rwandese asielzoekers sedert 1 april 1994, alsook de
lijst van de asielzoekers per land over 1997.

Le nombre de demandes d’asile rwandaises depuis
le 1er avril 1994 est communiqué à la commission,
ainsi que la liste des demandes d’asile par pays en
1997.

Aantal Rwandese asielzoekers sedert 1 april 1994 :

Demandes d’asile rwandaises depuis le 1er avril
1994 :

Geregistreerd door de Dienst vreemdelingenzaken :
1730

Enregistrées par l’Office des étrangers : 1730

ontvankelijk : 783 (45 %);

recevables : 783 (45 %);

niet ontvankelijk : 876 (51 %);

irrecevables : 876 (51 %);

zonder beslissing : 71 (4 %).

sans décision : 71 (4 %).

Aantal dringende beroepen bij het HCVS : 824

Nombre de recours urgents auprès du CGRA : 824

ontvankelijk 702 (85 %);

recevables 702 (85 %);

niet ontvankelijk 101 (12 %);

irrecevables 101 (12 %);

zonder beslissing 21 (3 %).

sans décision 21 (3 %).

Aantal beslissingen ten gronde door HCVS : 1485

Nombre de décisions prises quant au fond par le
CGRA : 1485

erkend : 979 (66 %);

reconnus : 979 (66 %);

geweigerd : 77 (4 %);

refus : 77 (4 %);

zonder beslissing 429 (30 %).

sans décision : 429 (30 %).

Asielaanvragen in België in 1997
Code

AL
KOS
ARM
ZRE
CGO
R
TR
RWA
BOS
PAK
BG
IND
DZ
GEO
SER
IRQ
RUS
SLQ
LB
RU
GUI
WAL
MON
UKR

Land

Pays

Zone

Albanië. — Albanie .................................... Europa. — Europe
Kosovo ........................................................ Ex-Yoe. — Ex-Jou
Armenië. —Arménie ................................... Europa. — Europe
Zaı̈re ............................................................ Afrika. — Afrique
Congo .......................................................... Afrika. — Afrique
Roemenië. — Roumanie ............................. Europa. — Europe
Turkije. — Turquie ..................................... Azië. — Asie
Rwanda ....................................................... Afrika. — Afrique
Bosnië. — Bosnie ....................................... Ex-Yoe. — Ex-Jou.
Pakistan ....................................................... Azië. — Asie
Bulgarije. — Bulgarie ................................. Europa. — Europe
India. — Inde .............................................. Azië. — Asie
Algerije. — Algérie ..................................... Afrika. — Afrique
Georgië. — Géorgie .................................... Europa. — Europe
Servië. — Serbie ......................................... Ex-Joe. — Ex-Jou
Irak. — Iraq ................................................ Azië. — Asie
Russische federatie. — Fédération russe ... Europa. — Europe
Slovakije. — Slovaquie ............................... Europa. — Europe
Liberia. — Libéria ...................................... Afrika. — Afrique
Burundi ....................................................... Afrika. — Afrique
Guinea. — Guinée ...................................... Afrika. — Afrique
Sierra Leone ................................................ Afrika. — Afrique
Montenegro. — Monténégro ...................... Ex-Joe. — Ex-You
Ukraı̈ne. — Ukraine .................................... Europa. — Europe

Demandes d’asile en Belgique en 1997
Jan.

Jan.

Feb.

Fév.

Ma.

Mar.

Apr.

Avr.

Mei

Mai

Juni

Juin

Juli

Juil.

Aug.

Août

Sep.

Sep.

Okt.

Oct.

Nov.

Nov.

Dec.

Déc.

Totaal

Total

33
121
82
97
0
51
65
29
60
43
58
19
18
23
41
17
18
29
11
17
19
0
8
9

40
90
61
71
1
83
46
22
65
49
40
24
19
14
33
13
13
37
26
15
8
3
2
11

89
95
45
87
2
39
35
36
46
39
33
22
27
19
11
14
13
17
26
10
12
3
3
10

126
91
86
88
14
34
47
39
38
40
29
32
20
25
22
18
19
16
15
16
18
1
8
7

65
68
39
36
46
17
33
47
23
20
16
17
21
14
11
18
31
19
26
18
18
8
1
12

75
39
40
9
98
40
37
57
16
19
21
32
17
7
15
17
15
1
16
14
6
25
8
7

84
32
50
7
108
42
38
43
24
27
12
33
14
20
9
27
25
9
3
21
15
33
34
5

64
36
42
0
92
36
21
48
15
43
3
20
17
29
4
20
9
15
1
13
20
39
25
17

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

576
572
445
395
361
342
322
321
287
280
212
199
153
151
146
144
143
143
124
124
116
112
89
78

1 - 611/7 - 1997/1998

Code

Land

Pays

( 662 )

Zone

WAN Nigeria. — Nigéria ..................................... Afrika. — Afrique
BIE Belarus. — Biélorussie ............................... Europa. — Europe
AFG Afghanistan ................................................. Azië. — Asie
KAZ Kazakhstan .................................................. Europa. — Europe
CL Sri Lanka ..................................................... Azië. — Asie
MAC Macedonië. — Macédonie .......................... Ex-Joe. — Ex-You
SOM Somalië. — Somalie ................................... Afrika. — Afrique
SUD Sudan. — Soudan ....................................... Afrika. — Afrique
RIM Mauritanië. — Mauritanie .......................... Afrika. —Afrique
AN Angola ......................................................... Afrika. — Afrique
SYR Syrië. — Syrie ............................................. Azië. —Asie
IR
Iran .............................................................. Azië. — Asie
C
Kameroen. — Cameroun ............................ Afrika. — Afrique
MOL Moldavië. — Moldavie ............................... Europa. — Europe
GH Ghana .......................................................... Afrika. — Afrique
BH Bhutan. —Bhoutan ..................................... Azië. — Asie
CS
Tsjechië. — Tchèque .................................. Europa. — Europe
TG Togo ............................................................ Afrika. — Afrique
RL Libanon. — Liban ....................................... Azië. — Asie
BGD Bangladesh .................................................. Azië. — Asie
YU Joegoslavië. — Yougoslavie ....................... Ex-Joe. — Ex-You
CRO Kroatië. — Croatie ..................................... Ex-Joe. —Ex-You
SN Senegal. — Sénégal .................................... Afrika. — Afrique
IL
Israël ............................................................ Azië. — Asie
RCB Congo .......................................................... Afrika. — Afrique
AZE Azerbeidzjan. — Azerbaı̈djan ..................... Europa. — Europe
PE
Peru. — Pérou ............................................ Amerika. — Amérique
CO Colombia. — Colombie .............................. Amerika. — Amérique
ETH Ethiopië. — Éthiopie .................................. Afrika. —Afrique
C
Cuba ............................................................ Amerika. — Amérique
CN China. — Chine .......................................... Azië. —Asie
EG Egypte. — Égypte ....................................... Afrika. —Afrique
CI
Ivoorkust. — Côte d’Ivoire ......................... Afrika. —Afrique
EC Ecuador. — Équateur ................................. Amerika. — Amérique
VN Vietnam. —Viêt-nam .................................. Azië. —Asie
EAK Kenya .......................................................... Afrika. —Afrique
NIG Niger ........................................................... Afrika. —Afrique
SU USSR. — URSS .......................................... Europa. — Europe
HKJ Jordanië. — Jordanie .................................. Azië. —Asie
HV Burkina Faso ............................................... Afrika. —Afrique
MA Marokko. — Maroc .................................... Afrika. —Afrique
PL
Polen. — Pologne ....................................... Europa. — Europe
EAU Uganda. — Ouganda .................................. Afrika. —Afrique
NEP Nepal. — Népal .......................................... Azië. —Asie
WAG Gambia. — Gambie .................................... Afrika. —Afrique
LAR Libië. — Libye ............................................ Afrika. —Afrique
LET Letland. — Lettonie .................................... Europa. — Europe
LIT Litouwen. — Lituanie ................................. Europa. — Europe
OP Palestina. — Palestine ................................ Azië. —Asie
RB Birma. — Birmanie ..................................... Azië. —Asie
SA Zuid-Afrika. — Afrique du Sud .................. Afrika. —Afrique
RMM Mali ............................................................. Afrika. —Afrique
TRK Turkmenistan. — Turkménistan ................. Europa. — Europe
AAA Staatloos. — Apatride ................................. Andere. — Autre
ER Eritrea. — Erythrée ..................................... Afrika. —Afrique
TN Tunesië. — Tunisie ..................................... Afrika. —Afrique

Jan.

Jan.

Feb.

Fév.

Ma.

Mar.

Apr.

Avr.

Mei

Mai

Juni

Juin

Juli

Juil.

Aug.

Août

Sep.

Sep.

Okt.

Oct.

Nov.

Nov.

Dec.

Déc.

Totaal

Total

11
4
8
2
6
14
7
6
12
5
4
7
4
11
5
6
8
8
4
0
3
4
4
0
2
3
7
5
2
0
0
2
1
1
5
0
4
3
2
0
0
0
2
2
1
2
0
1
0
0
0
1
1
1
0
1

8
14
6
4
7
6
4
7
7
8
8
7
4
9
10
6
2
5
5
3
2
6
2
0
0
2
3
1
1
1
1
1
0
1
0
3
0
1
2
2
1
3
3
0
0
0
0
1
3
2
0
0
0
0
0
0

14
4
7
12
7
7
6
6
4
5
6
2
9
5
6
8
6
2
8
9
1
1
2
5
1
4
4
0
1
0
1
1
3
3
0
0
2
0
1
0
2
2
1
2
3
1
0
0
2
0
1
0
0
1
0
0

13
16
6
10
3
11
9
5
11
7
4
13
9
5
8
4
3
10
4
7
1
4
3
3
1
3
1
0
2
3
0
0
0
1
0
1
0
3
0
2
0
1
0
1
0
1
2
2
0
1
2
1
0
1
1
0

6
12
14
3
11
12
7
11
8
8
4
7
7
5
12
1
3
2
3
6
5
1
7
4
0
3
0
2
0
2
2
2
3
2
0
1
0
0
2
0
1
0
0
0
2
1
1
1
0
0
1
0
0
0
1
1

6
5
7
12
11
4
7
11
6
3
6
6
3
0
3
8
8
5
0
2
2
2
2
1
1
3
1
3
1
2
0
2
0
0
1
0
0
0
1
1
2
1
0
2
1
1
1
0
0
0
1
1
0
0
0
1

7
6
12
10
11
4
7
12
5
9
10
5
12
8
3
7
9
3
8
1
5
2
1
4
5
0
0
1
5
1
5
1
3
1
3
2
2
2
0
1
1
0
1
0
0
0
0
0
0
2
0
1
0
0
0
0

11
12
10
17
11
4
15
3
6
11
13
7
6
8
1
6
3
3
3
5
8
2
1
3
10
0
1
3
3
3
3
3
1
1
1
2
1
0
0
2
1
1
0
0
0
0
2
0
0
0
0
0
3
0
1
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

76
73
70
70
67
62
62
61
59
56
55
54
54
51
48
46
42
38
35
33
27
22
22
20
20
18
17
15
15
12
12
12
11
10
10
9
9
9
8
8
8
8
7
7
7
6
6
5
5
5
5
4
4
3
3
3

( 663 )
Land

Pays

Code

TSJ
XSU
DY
EAT
ME
TAD
VOI
DJ
EST
H
JA
P
RCA
RH
RI
RM
RP
SLO
TAH
TB
USA
YU

Zone

Tsjaad. — Tchad ......................................... Afrika. —Afrique
Ex-Rusland. — Ex-Union soviétique .......... Europa. — Europe
Benin ........................................................... Afrika. —Afrique
Tanzania. — Tanzanie ................................ Afrika. —Afrique
Mongolië. — Mongolie ............................... Azië. —Asie
Tadzjikistan. — Tadjikistan ........................ Europa. — Europe
Voivodina. — Voivodine ............................ Ex-Joe. — Ex-You
Djibouti ....................................................... Afrika. —Afrique
Estland. — Estonie ..................................... Europa. — Europe
Hongarije. — Hongrie ................................ Europa. — Europe
Jamaı̈ca. — Jamaı̈que ................................. Amerika. — Amérique
Portugal ....................................................... Europa. — Europe
Centrafr. Rep.. — Rép. Centrafr. ................ Afrika. —Afrique
Haı̈ti ............................................................ Amerika. — Amérique
Indonesië. — Indonésie .............................. Azië. —Asie
Madagaskar. — Madagascar ...................... Afrika. —Afrique
Filipijnen. — Philippines ............................ Azië. —Asie
Slovenië. — Slovénie .................................. Ex-Joe. — Ex-Jou
Tahiti ........................................................... Oceanië. — Océanie
Tibet ............................................................ Azië. —Asie
Verenigde Staten. — États-Unis ................. Amerika. — Amérique
Ex-Joegoslavië. — Ex-Yougoslavie ............ Ex-Joe. — Ex-You

1 - 611/7 - 1997/1998

Jan.

Jan.

Feb.

Fév.

Ma.

Mar.

Apr.

Avr.

Mei

Mai

Juni

Juin

Juli

Juil.

Aug.

Août

Sep.

Sep.

Okt.

Oct.

Nov.

Nov.

Dec.

Déc.

Totaal

Total

0
0
0
0
0
0
2
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0

0
3
1
1
0
2
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
1
0
1

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
1
0

1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
1
1
1
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
1
0
2
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0

2
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
1
0
0
0
0
1
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0

3
3
2
2
2
2
2
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1

————

————

Bron : Commissariaat-generaal voor de vluchtingen en de staatlozen — 1997.

Source : Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides — 1997.

Asielaanvragen uit Rwanda

Demandes d’asile en provenance de Rwandais

Deze grafiek is beschikbaar op papier en op de
WWW-site van de Senaat (http://www.senate.be).

Ce graphique est disponible sur support papier et sur
le site WWW du Sénat (http://www.senate.be).

Maand/Mois

1 - 611/7 - 1997/1998

( 664 )

3.13.2. Gerechtelijke dossiers betreffende Rwandezen in België

3.13.2. LesdossiersjudiciairesrelatifsauxRwandais
en Belgique

In het kader van haar opdracht en zonder de bedoeling zelf de specifieke en bijzondere bevoegdheden
van de gerechtelijke overheid aan te vechten of erin te
treden, heeft de commissie de wens uitgesproken
zoveel mogelijk precieze informatie te ontvangen over
het werk van de gerechtelijke overheid in het kader
van dossiers betreffende de gebeurtenissen in
Rwanda.

La commission, dans le cadre de sa mission et sans
qu’il soit question dans son chef de remettre en cause
ou d’empiéter sur les compétences spécifiques et particulières des autorités judiciaires, a souhaité être informée de la manière la plus précise sur le travail réalisé
par le pouvoir judiciaire dans le cadre des dossiers
relatifs aux événements du Rwanda.

Dat de commissie belang stelt in de gerechtelijke
dossiers, komt onder meer door het feit dat over tal
van Rwandezen, die zich thans op ons grondgebied
bevinden, een tot op heden dus meer dan drie jaar na
de feiten niet afgesloten strafrechtelijk onderzoek
loopt die de commissie moet onderzoeken.

L’intérêt que la commission porte aux dossiers
judiciaires est notammemnt motivé par le fait que de
nombreux Rwandais, présents sur notre territoire,
font l’objet d’enquêtes pénales non clôturées ce jour,
soit plus de trois ans après les faits dont l’étude est
confiée à la commission.

1. Werkschema

1. Méthode de travail

a) In een eerste fase, d.w.z. op 15 april 1997, heeft
de commissie zich gericht tot de minister van Justitie
om van de procureur-generaal bij het Hof van Beroep
te Brussel informatie te krijgen over dossiers waarvoor er een opsporingsonderzoek loopt enerzijds en
over de dossiers waarvoor er een gerechtelijk onderzoek is ingesteld anderzijds.

a) En un premier temps, soit le 15 avril 1997, la
commission s’est adressée au ministre de la Justice
afin d’obtenir de M. le procureur général près la
Cour d’appel de Bruxelles des renseignements relatifs
aux dossiers en cours d’information, d’une part, et
ceux mis à l’instruction, d’autre part.

Met zijn brief van 13 mei 1997 heeft de procureurgeneraal bij het Hof van Beroep te Brussel in een omstandig antwoord aan de minister meegedeeld dat er
voor tien dossiers een gerechtelijk onderzoek werd
ingesteld bij de heer Vandermeersch, en dat zestien
notities niet verder geraakt zijn dan het opsporingsonderzoek.

Par courrier du 13 mai 1997, le procureur général
près la Cour d’appel de Bruxelles répondait de
manière circonstanciée au ministre que 10 dossiers
avaient été mis à l’instruction dans le cabinet de
M. Vandermeersch, 16 autres notices étant restées à
l’information.

Deze brief werd op regelmatige manier door de
minister van Justitie overgezonden aan de voorzitter
van de commissie en biedt een bondige voortgangrapportage van de hangende procedures. Deze informatie staat verder onder punt A.

Cette lettre, transmise par le ministre de la Justice
au président de la commission, indiquait de manière
succincte l’état d’avancement des procédures en
cours. Ces informations seront restituées ultérieurement sous le point A.

b) In een tweede fase en op twee verschillende
data, te weten op 6 mei en op 26 september 1997, heeft
de commissie een omstandige hoorzitting gehouden
met onderzoeksrechter Vandermeersch.

b) En un deuxième temps et par deux fois, soit les
6 mai et 26 septembre 1997, la commission a auditionné de manière circonstanciée le juge d’instruction
Vandermeersch.

Om de goede afloop van zijn opdracht niet in
gevaar te brengen heeft de onderzoeksrechter de
commissie gewezen op de noodzaak verschillende
onderdelen van het onderzoek geheim te houden. Een
van zijn gerechtelijke onderzoeken is immers nog niet
afgelopen en nu nog ontvangen wij dagelijks heel wat
informatie daarover.

Dans le souci de respecter la bonne fin de sa
mission, le juge d’instruction a attiré l’attention de la
commission sur la nécessité de rester discrets à l’égard
de plusieurs éléments d’enquête. L’une de ses instructions est en effet toujours en cours et de nombreuses
informations lui parviennent encore quotidiennement.

In dit rapport houdt de commissie rekening met het
gewettigd verzoek van de met het gerechtelijk onderzoek belaste magistraat. Deze voorafgaande voorwaarde moet worden gezien tegen de achtergrond van
de algemene opdracht van de commissie van onderzoek, waarvan de onderzoeksbevoegdheden en het

La commission tient compte à l’occasion du
présent rapport du souhait légitime du magistrat
instructeur. Ce préalable doit être compris dans le
cadre de la mission générale de la commission
d’enquête, dont les pouvoirs d’investigation et la
restitution des informations récoltées à l’occasion de

( 665 )

1 - 611/7 - 1997/1998

publiceren van de daarbij ingewonnen informatie,
met het oog op het algemeen belang geen nadeel
mogen berokkenen aan de hangende onderzoeken.

ceux-ci ne peuvent porter préjudice, dans un but
d’intérêt général, aux enquêtes en cours.

Door de verklaringen van deze magistraat heeft de
commissie diens onderzoekswerkzaamheden kunnen
beoordelen. De antwoorden van de heer Vandermeersch hebben tevens een licht geworpen op de
talloze moeilijkheden waarmee de onderzoeksrechter
in dit soort dossier af te rekenen krijgt. De werkzaamheden van de heer Vandermeersch, de door hem verstrekte toelichting en de daaruit te trekken besluiten
worden behandeld onder punt B.

Grâce à ses dépositions, la commission a pu apprécier le travail d’instruction réalisé par le magistrat. Les
réponses de M. Vandermeersch lui ont permis de
comprendre les difficultés multiples auxquelles le
juge d’instruction a été confronté dans ce type de
dossier. Le travail de M. Vandermeersch, les éclaircissements qu’il a pu fournir et les conclusions qu’il
convient d’en tirer, seront abordés au point B.

c) Op 26 september 1997 heeft onderzoeksrechter
Vandermeersch aan de commissie een bijgewerkte
lijst bezorgd van de dossiers waarvoor een gerechtelijk onderzoek is ingesteld, met enige toelichting over
de staat van die onderzoeken.

c) Le 26 septembre 1997, le juge d’instruction
Vandermeersch a transmis à la commission une liste
actualisée des dossiers mis à l’instruction ainsi que
l’état actuel de ces instructions.

A. Nota van 13 mei 1997 van de procureur-generaal
bij het Hof van Beroep te Brussel

A. Note du procureur général près la Cour d’appel de
Bruxelles du 13 mai 1997

De nota is door de minister van Justitie aan de
commissie bezorgd bij brief van 19 juni 1997 en bevat
een korte toelichting bij de voortgang van de verschillende onderzoeken die aan de gang zijn.

La note transmise par le ministre de la Justice à la
commission par lettre du 19 juin 1997 reprend synthétiquement l’état d’avancement des diverses enquêtes
en cours.

Uit die nota kan men de volgende vaststellingen
opmaken :
— voor tien dossiers werd er een gerechtelijk onderzoek ingesteld;
— voor zestien notities werd er een opsporingsonderzoek opgestart.

Cette note permet de réaliser les constatations
suivantes :
— dix dossiers ont été mis à l’instruction;

Overeenkomstig artikel 274 van het Wetboek van
Strafvordering werden er op bevel van de minister van
Justitie vervolgingen ingesteld.

Les poursuites ont été entamées sur injonction du
ministre de la Justice, conformément à l’article 274 du
Code d’instruction criminelle.

De klachten zijn in hoofdzaak gebaseerd op de artikelen 1, 2, 3 en 4 van de wet van 16 juni 1993 betreffende de bestraffing van de ernstige inbreuken op de
internationale verdragen van Genève van 12 augustus
1949 en op de aanvullende protocollen I en II bij die
verdragen, van 8 juni 1977.

Les plaintes se fondent essentiellement sur les articles 1er, 2, 3 et 4 de la loi du 16 juin 1993 relative à la
répression des infractions graves aux conventions
internationales de Genève du 12 août 1949 et aux
protocoles additionnels I et Il du 8 juin 1977 à ces
conventions.

1. Zaken waarvoor een gerechtelijk onderzoek werd
ingesteld :

1. Affaires mises à l’instruction :

1. Dossier nr. 34/95 (4 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 2 maart 1995).

1. Dossier no 34/95 — (4 classeurs) — (mise à
l’instruction : 2 mars 1995).

Verdachte : R.E., voormalig kabinetsdirecteur van
voormalig president Habyarimana.

Inculpé : R.E., ancien directeur de cabinet de l’exprésident Habyarimana.

Hij wordt ervan verdacht betrokken geweest te zijn
bij de voorbereiding van de slachtpartijen of althans,
wat een strafbaar feit blijft opleveren, niets ondernomen te hebben om die te voorkomen.

Il est soupçonné de s’être associé aux préparatifs
des massacres ou, à tout le moins, ce qui reste pénalement répréhensible, de n’avoir rien fait pour les empêcher.

Het dossier werd aan het parket voor verder gevolg
overgezonden op 1 augustus 1996.

Le dossier a été communiqué au parquet à toutes
fins le 1er août 1996.

— seize notices ont été mises à l’information.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 666 )

Vaststelling : in dit dossier is er geen beweging meer
sedert vijftien maanden.

Constatation : ce dossier n’a pas évolué depuis plus
de 15 mois.

2. Dossier nr. 35/95 (14 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 2 maart 1995).

2. Dossier no 35/95 — (14 classeurs) — (mise à
l’instruction : 2 mars 1995).

Verdachte : N.A., voormalige chef-staf van de
gendarmerie.

Inculpé : N.A., ancien chef d’état-major de la
gendarmerie.

In mei 1997 was dat dossier om zo te zeggen rond.

Le dossier était pratiquement terminé au mois de
mai 1997.

Alvorens de procedure af te sluiten wilde de procureur-generaal vernemen of het TPI de bedoeling had
de zaak eventueel aan zich te trekken. Bij het gerechtelijk onderzoek zijn er een aantal aanwijzingen van
schuld aan het licht gekomen wat betreft een verzuim
om te handelen inzake misdaden van internationaal
recht, die de betrokkene had moeten voorkomen.

Le procureur général souhaitait connaı̂tre les intentions d’évocation éventuelle du TPI avant de clôturer
la procédure. L’instruction a permis de dégager des
indices de culpabilité relatifs à une "omission d’agir »
face à des crimes de droit international que l’intéressé
avait pour mission de prévenir.

Het TPI heeft een officieuze kopie van het dossier
ontvangen om na te gaan welk gevolg het eraan moet
geven.

Une copie officieuse du dossier a été adressée au
TPI pour lui permettre d’apprécier les suites qu’il
convenait d’y réserver.

Vaststelling : bij de hoorzitting van 26 september
1997 van de onderzoeksrechter heeft de commissie
vernomen dat het dossier in de zomer van 1997 aan
het parket werd overgezonden. Daaruit kan men
besluiten dat het TPI de zaak niet aan zich wenst te
trekken.

Constatation : l’audition du 26 septembre 1997 du
juge d’instruction a permis d’apprendre que le dossier
avait été communiqué au parquet durant l’été 1997.
On en retient que le TPI n’a pas souhaité évoquer la
procédure.

3. Dossier nr. 36/95 (11 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 2 maart 1995).

3. Dossier no 36/95 — (11 classeurs) — (mise à
l’instruction : 2 mars 1995).

Verdachten :
N.E., aangetrouwde neef van de voormalige president,

Inculpés :
N.E., beau-neveu de l’ex-président,

B.S., voormalig ambtenaar bij « ministère de la
Jeunesse » en lid van de Interahamwes,

B.S., ancien fonctionnaire du ministère de la
Jeunesse et membre des Interahamwe,

M.S. (vroeger Jean-Marie), voormalig minister van
Industrie,

M.S. (ex-Jean-Marie),
l’Industrie,

R.G. (van Belgische nationaliteit), presentator bij
radio RTLM.

R.G., (de nationalité belge), animateur de la radio
RTLM.

Het TPI heeft de wens uitgesproken deze procedure
aan zich te trekken en op 9 oktober 1996 heeft Hof
van Cassatie een arrest van onttrekking uitgesproken.

Le TPI a souhaité évoquer cette procédure et un
arrêt de désaisissement a été rendu par la Cour de
cassation le 9 octobre 1996.

Vaststelling : er werd nog geen rechtsdag bepaald
op een van de zittingen van het TPI dertien maanden
na de officiële mededeling van de procedure in haar
geheel.

Constatation : treize mois après la communication
officielle de l’entièreté de la procédure, l’affaire n’est
pas encore fixée à l’une des audiences du TPI.

4. Dossier nr. 37/95 (32 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 2 maart 1995).

4. Dossier no 37/95 — (32 classeurs) — (mise à
l’instruction : 2 mars 1995).

Verdachten :

Inculpés :

N.V., vorser bij de UCL,

N.V., chercheur à l’U.C L.,

H.A., voormalig minister MRND, fabrieksdirecteur te Butare,

ancien

ministre

de

H.A., ancien ministre MRND, directeur d’usine à
Butare,

( 667 )
M.A., echtgenote van Higaniro Alphonse, en dochter van de lijfarts van de voormalige president,

1 - 611/7 - 1997/1998

M.A., épouse de Higaniro Alphonse, et fille du
médecin de l’ex-président,

K.J., voormalig burgemeester van Ngoma,

K.J., ancien bourgmestre de Ngoma,

N.E., voormalig burgemeester van Muganza.

N.E., ancien bourgmestre de Muganza.

In dit dossier werden er vier aanhoudingen verricht
in België. De twee laatsten van de lijst werden op
8 november 1996 overgebracht naar het TPI na 499
dagen voorlopige hechtenis in België.

Ce dossier a donné lieu à quatre arrestations en
Belgique. Les deux derniers cités ont été transférés le 8
novembre 1996 au TPI après 499 jours de détention
préventive en Belgique.

De eerste twee van de lijst werden door het onderzoeksgerecht in voorlopige vrijheid gesteld : N.V. na
het indienen van een verzoek tot seponering; H.A.
nadat het TPI bij gebrek aan voldoende bewijslast
geweigerd had diens beschuldigingsakte te bevestigen.

Les deux premiers ont été remis en liberté provisoire par les juridictions d’instruction : N.V. après le
dépôt d’un réquisitoire de non-lieu; H.A. après que le
TPI ait refusé, faute de charges suffisantes, de confirmer l’acte d’accusation qui le concernait.

Op 31 mei 1996 heeft het Hof van Cassatie dus voor
drie verdachten een arrest van onttrekking uitgesproken.

L’arrêt de désaisissement de la Cour de cassation
est donc intervenu pour trois inculpés le 31 mai 1996.

De raadkamer van de rechtbank van eerste aanleg
te Brussel heeft op 22 juli 1996 een beschikking tot
gevangenneming verleend alsook tot overzending van
het dossier aan de procureur-generaal.

La chambre du conseil du tribunal de première
instance de Bruxelles a rendu une ordonnance de
prise de corps et d’envoi du dossier à M. le procureur
général le 22 juillet 1996.

Het dossier, waarvoor opnieuw een gerechtelijk
onderzoek werd ingesteld tegen H.A., werd voor verdere afwikkeling aan het parket overgezonden op
25 september 1996.

Le dossier remis à l’instruction pour H.A. a été
communiqué à toutes fins au parquet le 25 septemre 1996.

Vaststellingen : ofschoon naar alle waarschijnlijkheid de procureur-generaal de twee verdachten heeft
willen samenbrengen, wier procedures een tijd lang
een afzonderlijk verloop hebben gekend, valt op te
merken dat voor de in kracht van gewijsde gegane
gerechtelijke beslissing inzake de heer N.V. er nog
steeds niet het nodige gevolg is geweest. Tot op heden
is zijn dossier immers nog steeds niet bij de kamer van
inbeschuldigingstelling aanhangig gemaakt in weerwil van de kracht van het gewijsde enerzijds en van
artikel 217 van het Wetboek van Strafvordering,
anderzijds, waarvan de termijnen echter nog niet verjaard zijn op straffe van nietigheid. Het gaat om een
onrustbarende toestand omdat de commissie vernomen heeft dat het dossier van de heer H. A. reeds meer
dan zestien maanden geleden aan de procureur des
konings werd overgezonden. Het ziet ernaar uit dat
de procureur des Konings meer dan één jaar de tijd
heeft gehad om deze zaak in gereedheid te brengen
volgens de wens tot samenvoeging die het parketgeneraal stilzwijgend had geformuleerd.

Constatations : bien qu’il soit probable que le
procureur général ait souhaité réunir les deux inculpés dont les procédures avaient un temps été disjointes, on remarque que la décision judiciaire coulée en
force de chose jugée relative à M. N.V. n’a toujours
pas fait l’objet du suivi normal qu’il convenait de lui
réserver. À ce jour, la chambre des mises en accusation n’a en effet toujours pas été saisie du dossier qui
le concerne, au mépris de l’autorité de la chose jugée,
d’une part, et de l’article 217 du code d’instruction
criminelle dont les délais ne sont cependant pas prescrits à peine de nullité, d’autre part. La situation est
inquiétante dès lors que la Commission a pu apprendre que le dossier de M. H.A. est communiqué à
l’Office du procureur du Roi depuis plus de 16 mois. Il
apparaı̂t que l’office de M. le procureur du Roi a
disposé de plus d’une année pour mettre l’affaire en
état conformément au souhait de jonction implicitement émis par le parquet général.

Indien de procedure een normaal verloop kent,
zouden de betrokkenen moeten verschijnen voor het
Hof van assisen van het gerechtelijk arrondissement
Brussel, het enig rechtscollege in ons land dat bevoegd
is om zich uit te spreken over misdaden.

Si la procédure aboutit, les intéressés devraient
comparaı̂tre devant la Cour d’assises de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles, seule juridiction compétente dans notre pays pour statuer en matière criminelle.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 668 )

5. Dossier nr. 38/95 (6 ordners) (het gerechtelijk
onderzoek werd ingesteld op 2/3/1995).
Verdachten :
R.P.-C., kolonel van de Rwandese strijdkrachten,
M. S., volksvertegenwoordiger en voormalig burgemeester van de gemeente Saké,
X (onbekend).

5. Dossier no 38/95 — (6 classeurs) — (mise à
l’instruction : 02/03/1995).
Inculpés :
R.P-C., colonel des forces armées rwandaises,
M.S., député et ancien bourgmestre de la commune de
Saké,
X (inconnu).

De eerste van de lijst is op 21 juni 1995 in Kameroen
overleden zodat de strafvordering tegen hem vervalt.

Le premier est décédé le 21 juin 1995 au Cameroun,
ce qui éteint l’action publique contre lui.

De tweede van de lijst wordt ervan verdacht de
leider van de Interahamwe in zijn gemeente te zijn
geweest. Hij zou betrokken geweest zijn bij het opstellen van de lijsten van te doden personen en zou zelf
deelgenomen hebben aan verschillende moordpartijen. Hij zou zich in Zambia of Kameroen bevinden.
Tegen hem werd een internationaal aanhoudingsbevel uitgevaardigd.

Le second, soupçonné d’avoir été le patron des
Interahamwe de sa commune, serait impliqué dans la
confection des listes des personnes à abattre et aurait
participé à plusieurs meurtres. Il se trouverait en
Zambie ou au Cameroun. Il fait l’objet d’un mandat
d’arrêt international.

Een kopie van het dossier werd aan het TPI overgezonden, dat zijn standpunt moet bepalen over de
vraag of het de zaak eventueel aan zich zal trekken.

Copie du dossier a été transmise au TPI à qui il
revient de prendre attitude dans le sens d’une éventuelle évocation.

Vaststelling : in dit dossier is het gerechtelijk onderzoek nog steeds aan de gang en geheimhouding over
de laatst uitgevoerde onderzoeksdaden is te verantwoorden om te voorkomen dat lekken de goede afloop van het onderzoek in het gedrang brengen.

Constatation : ce dossier est toujours en cours
d’instruction et la confidentialité des derniers devoirs
d’enquête réalisés se justifie afin d’éviter des fuites
préjudiciables à la bonne fin de l’enquête.

6. Dossier nr. 39/95 (3 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 2/3/1995).

6. Dossier no 39/95 — (3 classeurs) — (mise à
l’instruction : 02/03/1995).

Verdachten :
M. M.-Ch., kloosterzuster en overste van een
klooster te Ndera, gemeente Rubungo, prefectuur
Kigali,
X (onbekenden).

Inculpés :
M. M.-Ch., religieuse dirigeant un couvent à
Ndera, commune de Rubungo, dans la préfecture de
Kigali,
X (inconnus).

Deze kloosterzuster wordt ervan verdacht haar
Tutsi-medezusters aan de Interahamwemilitie te
hebben overgeleverd, die hen heeft verkracht en vermoord.

La religieuse est soupçonnée d’avoir livré ses
consœurs Tutsies aux miliciens Interahamwe qui les
ont violées et massacrées.

Het gerechtelijk onderzoek werd aan de procureur
des Konings voor verder gevolg meegedeeld op
7 december 1995. Bij de huidige stand van de procedure meent de procureur des Konings een verzoek tot
seponering te moeten opstellen wegens gebrek aan
bewijs. Het dossier werd gevoegd bij het dossier nr.
37/95.

L’instruction a été communiquée à l’office du
procureur du Roi à toutes fins le 7 décembre 1995. Au
stade actuel de la procédure, le procureur du Roi
pense rédiger un réquisitoire de non-lieu pour insuffisance de charges. Le dossier a été joint au dossier
no 37/95 précité.

Vaststellingen : de eventuele vordering tot seponering die aan het onderzoeksgerecht en ten minste aan
de raadkamer voorgelegd moet worden, waarbij deze
laatste vrijelijk met kennis van zaken kon oordelen
over het gevolg dat deze vordering moet krijgen, is
twee jaar na de overzending van het dossier aan het
parket van de procureur des Konings nog steeds niet
opgesteld. De ingewikkeldheid van de zaak niet te na

Constatations : le réquisitoire d’éventuel non-lieu
qui doit être soumis aux juridictions d’instruction et,
à tout le moins, à la Chambre du Conseil qui reste
libre d’apprécier en connaissance de cause les suites
qu’il convient de donner au réquisitoire, n’est
toujours pas rédigé près de 2 ans après la communication du dossier au parquet du procureur du Roi. Indépendamment de la complexité de l’affaire,

( 669 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gesproken wijst de verplichting om de regel van de
redelijke termijn na te leven uit dat het een taak van
eerste urgentie is deze zaak bij het parket te krijgen.

l’obligation de respecter la règle du délai raisonnable
indique l’urgence d’aboutir au stade du parquet.

7. Dossier nr. 48/95 (12 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 11/3/1995).

7. Dossier no 48/95 — (12 classeurs) — (mise à
l’instruction : 11/03/1995).

Verdachten : R.S. en zijn echtgenote U.I.

Inculpés : R.S. et son épouse, U.I.

Het gerechtelijk onderzoek is nog steeds bezig. Het
handelt over verduisteringen die eventueel in verband
te brengen zijn met het dossier over de moord op drie
Belgische ontwikkelingssamenwerkers (cf. infra).

L’instruction est toujours en cours; elle concerne
des détournements à mettre éventuellement en
rapport avec le dossier relatif à l’assassinat des
3 coopérants belges (voir infra).

Vaststelling : wegens het afwachten van nog te leveren informatie, onder meer vanuit Rwanda, is het
mogelijk dat het dossier in het stadium van het opsporingsonderzoek blijft en dat de met het gerechtelijk
onderzoek belaste magistraat in alle objectiviteit het
onderzoek kan voortzetten zonder zich te moeten
bekommeren om lekken die de goede afloop van het
hangende onderzoek in gevaar kunnen brengen.

Constatation :
compte
tenu
de
l’attente
d’informations à venir, notamment du Rwanda, il est
concevable que le dossier reste à l’information et que
le magistrat instructeur puisse continuer celle-ci en
toute sérénité et sans être gêné par des divulgations
qui pourraient compromettre la suite favorable de
l’enquête en cours.

8. Dossier nr. 57/95 (39 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 21/4/1995).

8. Dossier no 57/95 — (39 classeurs) — (mise à
l’instruction : 21/04/1995).

Verdachten :
B. T., kabinetschef van de Rwandese minister van
Defensie in april 1994,

Inculpés :
B. T., chef de cabinet du ministre rwandais de la
Défense en avril 1994,

N. B., majoor bij het Rwandese leger,

N. B., major dans l’armée rwandaise,

S. J.-L., adjudant-chef bij het Rwandese leger.

S. J.-L., adjudant-chef dans l’armée rwandaise.

B. T. werd op 10 maart 1996 in zijn woonplaats
aangehouden op basis van een aanhoudingsbevel van
de onderzoeksrechter van 29 maart 1995. Hij werd
overgebracht naar het TPI, waar hij thans nog vastzit
als gevolg van een arrest van onttrekking uitgesproken door het Hof van cassatie op 9 juli 1996.

B. T. a été arrêté le 10 mars 1996 à son domicile, sur
la base du mandat d’arrêt délivré le 29 mai 1995 par le
juge d’instruction. Il a été transféré au TPI où il est
actuellement détenu suite à l’arrêt de désaisissement
de la Cour de cassation du 9 juillet 1996.

Een internationaal aanhoudingsbevel werd op
19 mei 1995 tegen N. B. uitgevaardigd. Het werd aan
de minister van Justitie overgezonden tot staving van
een verzoek tot uitlevering aan België. De procureurgeneraal heeft de zaak al verscheidene keren gerappeleerd aan de minister van Justitie, meer bepaald op
28 november en 20 december 1995 en op 3 januari
1997.

Un mandat d’arrêt international a été lancé contre
N. B. ce même 19 mai 1995. Il a été transmis à l’appui
d’une demande d’extradition vers la Belgique au ministre de la Justice. Divers rappels ont été adressés par
le procureur général au ministre de la Justice, en
l’espèce les 28 novembre et 20 décembre 1995 ainsi
que le 3 janvier 1997.

Met zijn brief van 23 december 1996 deelt de minister van Justitie mee dat hij bereid is een beroep te doen
op zijn collega van Buitenlandse Zaken om alles in het
werk te stellen om het bevel tot gevangenneming uit te
voeren.

Par courrier du 23 décembre 1996, le ministre de la
Justice a fait savoir qu’il était prêt à solliciter son
collègue des Affaires étrangères afin que tout soit mis
en œuvre aux fins d’exécuter l’ordre de capture.

De betrokkene zou zich thans in Zambia bevinden
en kennelijk zijn er diplomatieke stappen nodig om
de bedoelde procedure snel te laten verlopen. De
procureur-generaal betreurt deze toestand ten zeerste.
Hij verkiest een procedure op tegenspraak boven een
proces bij verstek, wat begrijpelijk is.

L’intéressé est actuellement localisé en Zambie et
des démarches diplomatiques s’avèrent manifestement nécessaires pour obtenir un prompt suivi de la
procédure précitée. Monsieur le procureur général
déplore vivement cette situation. Il préfère, ce qui est
légitime, une procédure contradictoire à un procès
par contumace.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 670 )

In het kader van deze procedure heeft de onderzoeksrechter op 23 juni 1995 een klacht van de families van de tien vermoorde paracommando’s opgetekend tegen de Canadese generaal Roméo Dallaire,
bevelhebber van de UNAMIR in april 1994. Ons land
heeft de nodige bevoegdheid niet om vervolging in te
stellen tegen generaal Dallaire. De procureurgeneraal heeft de klacht dan overgezonden aan de
minister van Justitie op 6 oktober 1995 met het verzoek die over te zenden aan de Canadese overheid.
Deze laatste is bevoegd om vervolging in te stellen op
basis van het akkoord tussen de VN en de regering
van de Rwandese Republiek over het statuut van de
UNAMIR, gedaan te New York op 5 november 1993.

Dans le cadre de cette procédure, le juge
d’instruction a enregistré, le 23 juin 1995, une plainte
des familles des 10 victimes paracommandos contre le
général canadien Roméo Dallaire, commandant de la
MINUAR, en avril 1994. La Belgique n’est pas
compétente pour poursuivre le général Dallaire. Le
procureur général a donc transmis la plainte au ministre de la Justice le 6 octobre 1995 en vue d’en assurer l’acheminement aux autorités canadiennes
(compétentes pour entamer des poursuites sur la base
de l’accord entre l’ONU et le gouvernement de la
République rwandaise sur le statut de la MINUAR,
fait à New York le 5 novembre 1993).

België is nooit geslaagd in een directe rogatoire
commissie om een rechtstreekse hoorzitting met generaal Dallaire te houden. De VN heeft immers tegen de
Belgische Staat gedeeltelijke gronden van nietontvankelijkheid opgeworpen. Alleen een schriftelijke verklaring van generaal Dallaire werd aan de
onderzoeksrechter overgezonden. Deze kon niet
worden opgesteld in aanwezigheid van een magistraat.

La Belgique n’a jamais réussi à obtenir l’exécution
d’une commission rogatoire directe permettant
d’obtenir l’audition directe du général Dallaire.
L’ONU a en effet opposé à l’État belge une fin
partielle de non-recevoir; seule, une déclaration écrite
du général Dallaire a été transmise au juge
d’instruction; celle-ci n’a pu être réalisée en présence
du magistrat.

Vaststelling : diplomatieke stappen bij de
Zambiaanse overheid blijken dringend nodig om het
internationaal aanhoudingsbevel te laten uitvoeren
met het oog op de uitlevering, welk bevel reeds meer
dan twee jaar geleden door onderzoeksrechter
Vandermeersch werd afgegeven.

Constatation : il est urgent de réaliser une démarche diplomatique auprès des autorités zambiennes
afin d’obtenir l’exécution du mandat d’arrêt international en vue d’extradition délivré il y a plus de 2 ans
déjà par le juge d’instruction Vandermeersch.

9. Dossier nr. 58/95 (5 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 21/4/1995).

9. Dossier no 58/95 — (5 classeurs) — (mise à
l’instruction : 21/04/1995).

Verdachten :

Inculpés :

C. M.,

C. M.,

R. S.,

R. S.,

H. A.,

H. A.,

B. T.,

B. T.,

S. B.,

S. B.,

K. T.,

K. T.,

R.,

R.,

T. A.

T. A.

Dit dossier handelt over de moord op drie Belgische
ontwikkelingssamenwerkers : Olivier Dulieu, Antoine Godfriaux en Christine André, die op 7 april
1994 in de gemeente Rambura neergeschoten werden.
Voorts handelt het dossier nog over verduistering van
subsidies tussen de Belgische NGO « Nord-Sud Coopération » en de Rwandese v.z.w. ADECOGIKA.

Ce dossier est relatif à l’assassinat des trois coopérants belges : Olivier Dulieu, Antoine Godfriaux et
Christine André, abattus le 7 avril 1994 dans la
commune de Rambura. Le dossier porte également
sur des détournements de subventions entre l’O.N.G.
belge « Nord-Sud Coopération » et l’A.S.B.L. rwandaise ADECOGIKA.

Op 24 november 1995 werd het dossier aan het
parket overgezonden voor splitsing. Die is er gekomen op 28 april 1997. Aangezien er in Rwanda een
onderzoek aan de gang was en er een verdachte in de
gevangenis zat, moest de procedure naar Rwanda

Le dossier a été communiqué au parquet en vue de
disjonction le 24 novembre 1995; celle-ci est intervenue le 28 avril 1997. Compte tenu du fait qu’une
enquête était ouverte au Rwanda et qu’un suspect s’y
trouvait détenu, la procédure devait être transmise au

( 671 )

1 - 611/7 - 1997/1998

gaan met welk land geen enkel uitleveringsverdrag op
dat punt is gesloten. De aanzegging heeft plaatsgehad
bij het eind van de zomer van 1997.

Rwanda, pays avec lequel aucun traité d’extradition
n’avait été conclu en l’espèce. La dénonciation a été
réalisée à la fin de l’été 1997.

Het financieel gedeelte van het gerechtelijk onderzoek blijft evenwel bij de Belgische rechter, die zijn
onderzoek voortzet. Hieraan wordt beter geen ruchtbaarheid gegeven om ongewenste lekken te voorkomen die het onderzoek kunnen schaden. Tijdens de
hoorzitting heeft de met het gerechtelijk onderzoek
belaste magistraat bevestigd dat zijn werk wordt
voortgezet.

L’aspect financier de l’instruction reste cependant
soumis au juge belge qui poursuit ses investigations,
investigations qu’il ne convient pas de restituer afin
d’éviter des fuites inopportunes et préjudiciables à
l’enquête. L’assurance de la poursuite effective du
travail du magistrat instructeur a été obtenue par
celui-ci en cours d’audition.

Vaststelling : de commissie is niet op de hoogte van
wat er met die aanzegging is gebeurd. Er dienen ten
minste diplomatieke stappen ondernomen te worden
om er zeker van te zijn dat deze procedure in Rwanda
een normaal verloop kent en dat er rekening wordt
gehouden dat de rechten van de mens worden geëerbiedigd.

Constatation : la commission n’a pas connaissance
du suivi réservé à cette dénonciation. Il conviendrait
de réaliser une démarche à tout le moins diplomatique
pour s’assurer du suivi réel réservé à la procédure au
Rwanda et ce dans le respect des droits de l’homme.

10. Dossier nr. 62/95 (5 ordners) (gerechtelijk onderzoek ingesteld op 3/8/1995).

10. Dossier no 62/95 — (5 classeurs) — (mise à
l’instruction : 03/08/1995).

Verdachten :
M. G., Rwandese abdis van de abdij van Sovu te
Butare,

Inculpés :
M. G., sœur supérieure rwandaise de l’abbaye de
Sovu à Butaré,

K. M., kloosterzuster,

K. M., religieuse,

M. M., Belgisch journalist.

M. M., journaliste belge.

De abdis werd door de onderzoeksrechter van
oorlogsmisdaden beschuldigd en opnieuw op vrije
voeten gesteld. Zij leeft in België. Zij zou de vluchtelingen bevolen hebben haar klooster te verlaten, hen
aldus overleverend aan de Interahamwe-militie die
hen vermoord zou hebben.

La sœur a été inculpée du chef de crime de guerre
par le juge d’instruction et remise en liberté. Elle vit en
Belgique. Elle aurait ordonné aux réfugiés de quitter
son couvent, les livrant ainsi aux milices Interahamwés qui les auraient massacrés.

Tegen de journalist werd een klacht wegens eerroof
ingediend.

Le journaliste a fait l’objet d’une plainte en diffamation.

Op 15 mei 1996 werd het dossier voor het nodig
gevolg overgezonden aan het parket van de procureur
des Konings.

Le dossier a été communiqué à toutes fins au
parquet du pocureur du Roi le 15 mai 1996.

Vaststelling : het gaat hier niet alleen om een netelig
dossier. De commissie stelt ook vast dat er geen enkele
geldige reden bestaat om geen vordering op te stellen
in dit dossier dat achttien maanden geleden werd
overgezonden.

Constatation : indépendamment du caractère délicat du dossier, la commission n’aperçoit aucune
raison à l’absence de rédaction de réquisitoire dans ce
dossier communiqué depuis 18 mois.

Opmerking :
De brief van de procureur-generaal verwijst niet
naar het dossier geopend bij onderzoeksrechter
Vandermeersch op 22 mei 1995 met als kenmerk
nr. 60/95 (not. nr. 30.97.3314/95).

Remarque :
Le courrier de M. le procureur général ne fait pas
référence au dossier ouvert chez M. le juge
d’instruction Vandermeersch le 22 mai 1995 et
portant le numéro de référence 60/95.

Verdachten :

Inculpés :

K. J.,

K. J.,

N. E.

N. E.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 672 )

Aangezien dit dossier werd gevoegd bij het tevoren
besproken dossier nr. 37/95 kan men eruit opmaken
dat het niet om een vergissing of een bewust verzuim
gaat.

Dès lors que ce dossier a été joint au dossier no 37/
95, précédemment évoqué, on peut en déduire qu’il ne
s’agit pas d’une erreur ou d’une omission volontaire.

2. Dossiers waarin een opsporingsonderzoek is ingesteld :

2. Dossiers à l’information :

16 dossiers worden momenteel onderzocht.

16 notices sont à l’information.

De commissie acht het nodig hier het beknopte
overzicht van de procureur-generaal weer te geven,
dat zij kreeg van de minister van Justitie in een brief
van 13 mei 1997.

La commission pense bien faire de restituer le
résumé analytique que lui a adressé M. le procureur
général par l’intermédiaire du ministre de la Justice
dans son courrier du 13 mai 1997.

Toch kan de commissie geen conclusies trekken
over deze procedures zoals die er nu voor staan. Het
onderzoek is immers geheim. Het eventueel in het
geding roepen van bepaalde personen die een voorrecht van rechtsmacht genieten (de ministers Willy
Claes en Leo Delcroix) moet met de grootste omzichtigheid gebeuren vanwege het diskrediet, mogelijk
ongefundeerd, dat een ondervraging van deze personen reeds bij het publiek kan opwekken.

La commission n’est cependant pas en mesure en
l’état actuel de ces procédures de tirer des conclusions
à l’égard de celles-ci. Les informations sont en effet
secrètes. La mise en cause éventuelle de certaines
personnes bénéficiant d’un privilège de juridiction
(les ministres Willy Claes et Leo Delcroix) doit de plus
s’apprécier avec une prudence extrême compte tenu
du discrédit possible, et le cas échéant non fondé, que
des interrogations pourraient déjà induire dans
l’esprit du public.

Uit de parlementaire werkzaamheden is niet gebleken dat er druk is uitgeoefend op het parket-generaal
van Brussel in het kader van deze onderzoeken. Het
behoorde niet tot de eerste opdracht van de Commissie om dit aspect van de zaak te onderzoeken, wat zij
dan ook niet specifiek heeft gedaan.

Il n’est par ailleurs pas apparu des travaux parlementaires que le parquet général de Bruxelles ait fait
l’objet de pressions dans le cadre de ces informations.
L’étude de cet aspect des choses ne ressortait cependant pas de la mission première de la Commission qui
n’a donc pas spécifiquement enquêté à cet égard.

Overzicht van de dossiers
waarvoor een opsporingsonderzoek is ingesteld

Aperçu des dossiers à l’information

1. Notities van 1995

1. Notices de 1995

In dit dossier zijn de klachten samengebracht van
de families van de tien Belgische soldaten tegen de
voormalige ministers Willy Claes en Leo Delcroix wie
het verzuim gebruik te maken van hun mogelijkheid
tot handelen wordt verweten terwijl zij kennis
hadden van bevelen, gegeven met het oog op de uitvoering van een internationaal rechtelijke misdaad of
van feiten die een begin van uitvoering hiervan
vormen, ofschoon zij de voltooiing ervan konden verhinderen of konden doen ophouden (art. 1-9o en 4
van de wet van 16 juni 1993).

Ce dossier recueille les plaintes des familles des dix
soldats belges contre les anciens ministres Willy Claes
et Leo Delcroix à qui il est reproché une omission
d’agir dans les limites de leurs possibilités alors qu’ils
avaient connaissance d’ordres en vue de l’exécution
de crimes de droit international ou de faits qui en
commendent l’exécution ou alors qu’ils pouvaient en
empêcher la consommation ou y mettre fin (art. 1-9o
et 4 de la loi du 15 juin 1993).

Dit dossier staat in nauw verband met de twee
volgende.

Ce dossier est à rapprocher des deux suivants.

2. Notities van 1997

2. Notices de 1997

In dit dossier tegen Willy Claes, gebaseerd op
klachten van verschillende Rwandese, Zaı̈rese en
Belgische slachtoffers, worden informatiedaden verricht op vordering van de procureur-generaal bij het

Ce dossier, ouvert à charge de Willy Claes, sur base
de plaintes déposées par différentes victimes rwandaises, zaı̈roises et belges, fait l’objet d’actes
d’information exécutés à la requête du procureur

( 673 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Hof van Cassatie overeenkomstig artikel 3 van de wet
van 17 december 1996.

général près la Cour de cassation, conformément à
l’article 3 de la loi du 17 décembre 1996.

3. Notities van 1997

3. Notices de 1997

Dit dossier tegen Leo Delcroix, gebaseerd op
klachten van verschillende slachtoffers, wordt onder
dezelfde voorwaarden onderzocht als het vorige.

Ce dossier, ouvert à charge de Leo Delcroix, sur
base de plaintes déposées par différentes victimes, est
à l’information dans les mêmes conditions que le
précédent.

4. Notities van 1995

4. Notices de 1995

Dit dossier behandelt de moord op priester Paul
Késenne op 14 juli 1994.

Il s’agit de l’assassinat de l’abbé Paul Késenne le 14
juillet 1994.

5. Notities van 1995

5. Notices de 1995

Hier gaat het om een klacht ingediend op 10 mei
1995 door Eugène Rurangwa en Jean-Baptiste
Murenzi tegen het RPF wegens moord op een aantal
personen.

Il s’agit d’une plainte déposée le 10 mai 1995 par
Eugène Rurangwa en Jean-Baptiste Murenzi contre le
FPR pour l’assassinat d’une série de personnes.

6. Notities van 1995

6. Notices de 1995

Dit dossier bevat een klacht van advocaat Mr. De
Temmerman, over « de andere genocide », dat wil
zeggen de slachting die de Tutsi’s zouden hebben aangericht onder de Hutu’s.

Ce dossier accueille une plainte de l’avocat, Me
De Temmerman, concernant « l’autre génocide »,
c’est-à-dire les massacres que les Tutsis auraient
commis sur les Hutus.

7. Notities van 1995

7. Notices de 1995

De klacht heeft betrekking op de afpersingen door
het RPF.

La plainte vise les exactions commises par le FPR.

8. Notities van 1996

8. Notices de 1996

De naam van de klaagster is Elena Kabiligi. Zij
heeft klacht ingediend op 7 december 1995, met name
tegen A. N., een ambtenaar van de UNO, wegens
moord op haar man op 7 april 1994, in Gisenyi.

La plaignante se nomme Elena Kabiligi. Elle a
déposé plainte le 7 décembre 1995, notamment contre
A. N., un fonctionnaire de l’ONU, pour la mort de
son mari le 7 avril 1994, à Gisenyi.

9. Notities van 1996

9. Notices de 1996

Dit dossier bevat een klacht ingediend op 5 december 1995 tegen het RPF wegens moord op mevrouw
Daphrose Nyirangaruye.

Ce dossier contient une plainte déposée le
5 décembre 1995 contre le FPR pour l’assassinat de
Mme Daphrose Nyirangaruye.

10. Notities van 1996

10. Notices de 1996

Hier gaat het om een klacht ingediend tegen T. R.,
F. F. en E.B. K., en tegen de Rwandese regering,
wegens deportatie van uit Zambia naar Rwanda gerepatrieerde personen.

Il s’agit d’une plainte déposée contre T. R., F. F. et
E.B. K., contre le gouvernement rwandais, pour la
déportation de personnes rapatriées au Rwanda
depuis la Zambie.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 674 )

11. Notities van 1996

11. Notices de 1996

Deze klacht werd ingediend door Innocent Zitoni
tegen onbekenden wegens moord op zijn echtgenote,
zijn kinderen en zijn familie op 15 april 1994 in het
bisdom Kibungo.

Cette plainte a été déposée par Innocent Zitoni
contre inconnu pour le meurtre de son épouse, de ses
enfants et de sa famille, le 15 avril 1994, à l’évêché de
Kibungo.

12. Notities van 1997

12. Notices de 1997

Dit dossier heeft betrekking op Médiatrice Niwenamuha die in België verblijft en wiens naam voorkomt op de lijst van de planners van de genocide in
Rwanda. De zaak is bij het parket gekomen door een
klacht van de betrokkene zelf tegen de vermelding op
deze lijst, die zij lasterlijk acht.

Ce dossier concerne Médiatrice Niwenamuha qui
réside en Belgique et dont le nom apparaı̂t sur une liste
de planificateurs du génocide au Rwanda. Le parquet
a en fait été saisi par la plainte de l’intéressée ellemême contre cette inscription qu’elle juge calomnieuse.

13. Notities van 1997

13. Notices de 1997

Dit dossier heeft betrekking op Paulin Rukebesha
die in België woont, wiens naam op dezelfde lijst
voorkomt en die hierover een klacht indient.

Ce dossier vise Paulin Rukebesha qui habite en
Belgique, dont le nom apparaı̂t sur la même liste et qui
s’en plaint.

14. Notities van 1997

14. Notices de 1997

De klager, Gasana Ndoba geeft R. M. N., die in
België verblijft, aan vanwege zijn betrokkenheid bij
de ontvoering van de kinderen van de familie Karenzi
uit het klooster waar zij een toevlucht hadden gezocht
om aan de slachting te ontsnappen. Dit dossier is in
feite een aparte ontwikkeling in onderzoek nr. 4 van
deze inventaris.

Le plaignant, Gasana Ndoba, dénonce R. M. N.,
qui réside en Belgique, comme étant mêlé à
l’enlèvement des enfants de la famille Karenzi hors du
couvent où ils s’étaient réfugiés pour échapper aux
massacres. Ce dossier constitue un développement
séparé de l’instruction visée au no 4 du présent inventaire.

15. Notities van 1997

15. Notices de 1997

Dit dossier gaat over een handel in valse paspoorten ten laste van Maurice Bagaragaza die in Leuven
verblijft. De personen die deze valse paspoorten
hebben gebruikt, zouden betrokken zijn bij de genocide in Rwanda.

Il s’agirait d’un trafic de faux passeports en cause
de Maurice Bagaragaza qui réside à Louvain. Les gens
ayant bénéficié de ces faux passeports seraient impliqués dans le génocide rwandais.

16. Notities van 1995

16. Notices de 1995

Handelt met name over een klacht ingediend door
V. N. tegen Gasana Ndoba wegens eerroof, dit
dossier hangt af van de uitkomst van de rechtsvordering tegen de klager in het kader van onderzoek
nr. 37/95 (dossier nr. 4 van deze inventaris).

S’agissant notamment d’une plainte déposée par
V. N. contre Gasana Ndoba du chef de diffamation,
ce dossier est tributaire du sort qui sera réservé à
l’action publique intentée contre le plaignant dans
l’instruction no 37/95 (dossier no 4 du présent inventaire).

De procureur-generaal bij het Hof van Beroep te
Brussel benadrukt dat de genoemde onderzoeken een
voorrangsbehandeling hebben gekregen.

Le procureur général près la Cour d’appel de
Bruxelles a souligné que les instructions dont il a été
fait état étaient traitées prioritairement.

B. Getuigenis van
Vandermeersch

Damien

B. Le témoignage du juge d’instruction Damien
Vandermeersch

De getuige deelt de commissie mee dat de meeste
onderzoeken waarmee hij belast was of is, voortko-

Le témoin a informé la commission de ce que la
majeure partie des instructions, dont il a été ou reste

onderzoeksrechter

( 675 )

1 - 611/7 - 1997/1998

men uit positieve injuncties om vervolgingen in te stellen van de minister van Justitie.

chargé, sont la suite directe d’injonctions positives de
poursuites du ministre de la Justice.

De bevoegdheid van de Belgische onderzoeksrechter is gebaseerd op de wet van 16 juni 1993 betreffende
de bestraffing van de ernstige inbreuken op de internationale verdragen van Genève, die in artikel 7 voorziet in de universele bevoegdheid van de Belgische
rechter om kennis te nemen van feiten gepleegd in het
buitenland, ongeacht het toevluchtsoord dat de dader
heeft gezocht.

La compétence du juge d’instruction belge est basée
sur la loi du 16 juin 1993 relative à la répression des
infractions graves aux conventions de Genève,
laquelle prévoit en son article 7 la compétence universelle du juge belge pour des faits commis à l’étranger
et ce, indépendamment du lieu de refuge de l’auteur
de ceux-ci.

Het gaat hier om een eerste toepassing in België van
de universele bevoegdheid in een procedurele aangelegenheid. De commissie kent geen voorbeelden van
de effectieve uitoefening van deze bevoegdheid en van
de instelling van vervolgingen in de andere landen
waar een soortgelijk systeem van bevoegdheden
bestaat.

Cette application de la compétence universelle est
une première en matière procédurale, en Belgique. La
commission n’a pas connaissance de l’exercice effectif
de cette compétence et de la mise en œuvre de poursuites dans les autres pays qui ont adopté un système
similaire de compétence.

Het TPI maakt bovendien deel uit van de Belgische
rechtsorde (wet van 22 maart 1996 betreffende de
erkenning en de samenwerking met het internationaal
tribunaal voor voormalig Joegoslavië en het internationaal tribunaal voor Rwanda).

Le TPI fait de plus partie de l’ordre juridique belge
(loi du 22 mars 1996 relative à la reconnaissance du
tribunal international pour l’ex-Yougoslavie et du
tribunal international pour le Rwanda et à la coopération avec ces tribunaux).

Op basis van deze wet kan het internationaal tribunaal in zaken die het zelf soeverein bepaalt, interne
procedures aan zich trekken, wat betekent zich die bij
voorrang laten voorleggen om de vermoedelijke
daders ervan te vervolgen.

La juridiction internationale peut, sur base de cette
loi, dans les affaires qu’elle détermine souverainement, évoquer les procédures internes, c’est-à-dire se
les faire soumettre par priorité afin d’en poursuivre les
auteurs présumés.

Artikel 6 van de wet van 22 maart 1996 bepaalt
immers dat wanneer het tribunaal naar aanleiding
van een feit dat tot zijn bevoegdheid behoort, vraagt
dat een zaak aan de nationale gerechten wordt onttrokken, het Hof van Cassatie, op vordering van de
procureur-generaal en na de betrokkene te hebben
gehoord, beslist tot onttrekking van de zaak aan het
Belgisch gerecht waarbij hetzelfde feit aanhangig is
gemaakt, na te hebben nagegaan of er geen dwaling in
de persoon bestaat.

L’article 6 de la loi du 22 mars 1996 dispose en effet
que lorsqu’une demande de désaisissement des juridictions nationales est formulée par le tribunal à
propos d’un fait relevant de sa compétence, la Cour
de cassation, sur réquisition du procureur général, et
après audition de la personne intéressée, prononce le
désaisissement de la juridiction belge saisie du même
fait, après avoir vérifié qu’il n’y a pas erreur sur la
personne.

Volgens artikel 7 van dezelfde wet verhindert het
arrest dat de onttrekking van de zaak gelast, de verdere doorgang van de procedure in België, onverminderd de toepassing van artikel 8.

L’article 7 de la loi dispose que l’arrêt de désaisissement empêche la poursuite de la procédure en Belgique, sans préjudice de l’application de l’article 8.

De onttrekking van de zaak belet niet dat de
burgerlijke partij het recht heeft om vergoeding te
vorderen. De uitoefening van dat recht wordt opgeschort zolang de zaak aanhangig is voor het tribunaal.

Le désaisissement ne fait pas obstacle au droit de la
partie civile de demander réparation. L’exercice de ce
droit est cependant suspendu tant que l’affaire est
pendante devant le TPI

Hetzelfde artikel bepaalt ook dat ingeval het tribunaal, nadat de zaak aan het Belgisch gerecht is onttrokken, meedeelt dat de procureur besloten heeft
geen akte van beschuldiging op te stellen, dat het tribunaal deze akte niet heeft bevestigd of dat het tribunaal zich onbevoegd heeft verklaard, het Hof van
Cassatie op vordering van de procureur-generaal en
na de betrokkene te hebben gehoord, de procedure
regelt en in voorkomend geval de verwijzing naar het
bevoegde hof, de bevoegde rechtbank of het bevoegde
onderzoeksgerecht beveelt.

Au terme de l’article 8 précédemment évoqué,
lorsque le TPI fait savoir, après désaisissement de la
juridiction belge, que le procureur a décidé de ne pas
établir d’acte d’accusation, que le TPI ne l’a pas
confirmé, ou que le TPI s’est déclaré incompétent, la
Cour de cassation, sur réquisition du procureur général et après l’audition de la personne intéressée, règle
la procédure, et s’il y a lieu, prononce le renvoi de
cette personne devant la cour, le tribunal ou la juridiction d’instruction compétents.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 676 )

De criteria die de dienst van de procureur des
Konings gebruikt om te bepalen welke onderzoeken
worden ingesteld sinds 2 maart 1995, kunnen als volgt
worden samengevat :

Les critères retenus par l’office du procureur du Roi
pour mettre les affaires à l’instruction depuis le 2 mars
1995 peuvent se répertorier comme suit :

1o een positieve injunctie om de vervolging in te
stellen van de minister van Justitie overeenkomstig
artikel 274 van het Wetboek van Strafvordering;

1o l’injonction positive de poursuites du ministre
de la Justice conformément à l’article 274 du Code
d’instruction criminelle;

2o de materiële onmogelijkheid om tegen alle
betrokken personen een onderzoek in te stellen;

2o l’impossibilité matérielle d’instruire contre
toutes les personnes impliquées;

3o het bestaan van een band met België :
— ofwel omdat de betrokken personen zich op
Belgisch grondgebied bevinden (bijvoorbeeld dossier
58/95 betreffende de moord op 3 Belgische coöperanten),
— ofwel omdat de slachtoffers Belgen waren
(bijvoorbeeld dossier 57/95 betreffende de moord op
tien Belgische para’s).

3o l’existence d’un lien avec la Belgique :
— soit lorsque des personnes impliquées se sont
trouvées sur le territoire belge (on pense au dossier
58/95 relatif à l’assassinat des 3 coopérants belges),

Dit dossier was oorspronkelijk bij het krijgsauditoraat geopend. De beperkte bevoegdheid van dit
rechtscollege stond echter geen onderzoek naar de
eventuele strafrechtelijke verantwoordelijkheid van
de Belgische militairen toe. Omdat ook andere personen en met name « burgers » bij het onderzoek moesten worden betrokken, heeft het parket besloten een
burgerlijk onderzoeksrechter aan te wijzen. Onderzoeksrechter Vandermeersch benadrukt de perfecte
samenwerking die heerste tussen het krijgsauditoraat
en zijn onderzoekers. De heer Verelst, substituut bij
het krijgsauditoraat, werd overigens naar het parket
van de procureur des Konings gestuurd om het onderzoek efficiënter te laten verlopen. Voor de krijgsgerechten liep het onderzoek af na het proces van kolonel Marchal, die wegens zijn rang voor het militair
gerechtshof moest verschijnen. De samenwerking met
het auditoraat-generaal lijkt goed te zijn verlopen
hoewel nog niet sterk ontwikkeld ten tijde van de
hoorzittingen.

Ce dossier a, en un premier temps, été instruit à
l’auditorat militaire. Cependant, la compétence limitée de cette juridiction ne permettait pas un examen
de la responsabilité pénale éventuelle des militaires
belges. La nécessité d’enquêter sur d’autres personnes, et plus particulièrement, des « civils », a déterminé le parquet à désigner un magistrat instructeur
civil. D’emblée, le juge d’instruction Vandermeersch
a souligné la parfaite collaboration qui s’est instaurée
entre l’auditorat militaire et ses enquêteurs. Le substitut près l’auditorat militaire Verelst a par ailleurs été
délégué au parquet du procureur du Roi dans un
souci de meilleure efficacité d’enquête. Devant les
juridictions militaires, l’enquête s’est clôturée après le
procès du colonel Marchal, justiciable, de par son
grade, de la Cour militaire. La collaboration avec
l’auditorat général semble s’être bien déroulée bien
qu’ayant été peu développée au moment des auditions.

Op basis van dit criterium is ook het dossier betreffende de moord op 3 Belgische coöperanten op 7 april
1994 (dossier nr. 58/95) bij de onderzoeksrechter
terecht gekomen.

Le dossier relatif à l’assassinat, le 7 avril 1994, des
3 coopérants belges (dossier no 58/95) lui a aussi été
confié au juge d’instruction sur la base de ce critère de
rattachement.

— ofwel omdat de vermeende dader de Belgische
nationaliteit kon hebben.

— soit lorsque l’auteur présumé d’un fait pouvait
être de nationalité belge.

De onderzoeksrechter heeft hier specifiek verwezen
naar het onderzoek tegen de heer Georges Ruggiu in
het kader van diens activiteiten op radio RTLM.

Le juge d’instruction a ainsi spécifiquement évoqué
les investigations menées à l’encontre de M. Georges
Ruggiu dans le cadre de ses activités à la radio RTLM.

4o De reeds genoemde universele bevoegdheid van
de Belgische gerechten (dit bij wijze van uitzondering);

4o la compétence universelle des juridictions
belges susvisée (et ce à titre exceptionnel);

Dit onderzoek betreft een dossier waarin de klagers
Belgen zijn. Een van de personen tegen wie de klacht
is gericht, zou zich op ons grondgebied kunnen begeven (dossier nr. 38/95).

Cette instruction concerne un dossier dans lequel
les plaignants étaient belges. L’une des personnes
visées par la plainte était susceptible de se rendre sur
notre territoire (dossier no 38/95).

De onderzoeksrechter legt vervolgens uit dat de
verdeling van de zaken in 10 afzonderlijke dossiers het

Le juge d’instruction a expliqué que la répartition
des affaires en 10 dossiers distincts permettait une

— soit lorsque l’on se trouvait en présence de victimes belges (on pense au dossier 57/95 relatif à
l’assassinat des dix paracommandos belges).

( 677 )

1 - 611/7 - 1997/1998

beheer van de procedures vergemakkelijkt. Op die
manier kon hij een onderzoek dat hij afgesloten
achtte, doorzenden naar de procureur des Konings in
de hoop dat die tot vervolging zou overgaan. Hij
hoefde dan niet te wachten tot alle onderzoeken volledig waren afgesloten.

meilleure gestion procédurale. De la sorte, les instructions qu’il estimait terminées pouvaient être transmises au procureur du Roi dans l’espoir d’un suivi et
sans devoir attendre que toutes les enquêtes soient
clôturées.

Elk onderzoeksdossier was overigens volledig, aangezien de rechter in het dossier van het onderzoek
kopies opnam van elk proces-verbaal dat ermee te
maken had.

Chaque dossier d’instruction est par ailleurs
complet, le juge ayant pris soin de déposer les copies
de chaque procès-verbal intéressant son enquête dans
le dossier concerné par celle-ci.

Het doel van de werkzaamheden van de onderzoeksrechter, die onderzoek verricht à charge en à
décharge, is zoveel mogelijk gegevens te verzamelen
die later eventueel als basis kunnen dienen voor
bewijzen van schuld.

L’objet de son travail est, en qualité de juge qui
instruit à charge et à décharge, de recueillir un maximum d’éléments qui pourront, le cas échéant, fonder
ultérieurement des preuves de culpabilité.

Het doel van het onderzoek is een proces mogelijk
te maken en niet noodzakelijk om veroordelingen te
rechtvaardigen. De onderzoeksrechter herinnert de
commissie eraan dat vrijspraak ook een vorm van
rechtspleging is.

L’objectif d’une instruction est de permettre la
tenue d’un procès et non de légitimer obligatoirement
des condamnations. Le juge d’instruction a ainsi
rappelé à la commission qu’un verdict d’acquittement
est aussi une manière de rendre la justice.

De magistraat beschikte over een cel van 5 onderzoekers van de gerechtelijke politie terwijl de heer
Verelst, substituut bij het krijgsauditoraat, omwille
van de efficiëntie naar het parket van de procureur des
Konings was gezonden. De onderzoekers en magistraten hebben veel werk verricht. Het dossier betreffende de moord op de tien para’s (dossier nr. 57/95)
beslaat alleen reeds bijna 40 ordners.

Le magistrat a disposé d’une cellule de 5 enquêteurs
de la police judiciaire, tandis que le substitut de
l’auditorat militaire Verelst était délégué au parquet
du procureur du Roi dans un souci d’efficacité. Le
travail réalisé par les enquêteurs et par les magistrats
est d’une ampleur considérable. Le dossier relatif à
l’assassinat des 10 paracommandos (dossier no 57/95)
contient à lui seul près de 40 classeurs.

De onderzoekshandelingen waren globaal de volgende :
— verhoor van de talrijke getuigen in België waar
een omvangrijke Rwandese gemeenschap bestaat,
— verhoor van de klagers,
— 3 verblijven in Rwanda voor een rogatoire
commissie : twee weken in mei 1995, drie weken in
juni 1995 en drie weken in september en oktober 1995
(plaatsopneming en zeer talrijke verhoren),
— 1 rogatoire commissie in december 1995 naar
Togo met het doel de Togolese kapitein Apedo te verhoren (verhoor in het kader van de moord op de tien
para’s : als UNO-vertegenwoordiger had kapitein
Apedo een bureau in het kamp van Kigali en het was
zijn taak de wapens te controleren; hij had de sleutel
van de kast waarin de wapens zich bevonden; deze
kast was opengebroken op 7 april 1994 vóór de
moord op de 10 militairen),
— 1 rogatoire commissie die leidde tot het verhoor
van een aantal Ghanese soldaten, eveneens in verband
met de moord op de tien para’s,
— andere rogatoire commissies werden met spoed
uitgevoerd; zij hadden betrekking op alle onderzoeksdossiers samen (de voornaamste daarvan was de
commissie die zich richtte tot de UNO, met betrekking tot de hoorzitting van generaal Dallaire).

Globalement, les devoirs d’enquête ont été les
suivants :
— audition de nombreux témoins en Belgique où
la communauté rwandaise est importante,
— audition des plaignants,
— 3 séjours au Rwanda sous forme de commission
rogatoire : 15 jours en mai 1995, 3 semaines en juin
1995 et 3 semaines en septembre et octobre 1995 (visite
des lieux et très nombreuses auditions),
— 1 commission rogatoire en décembre 1995 au
Togo à l’effet d’auditionner le capitaine togolais
Apedo (audition dans le cadre de l’assassinat de
10 paracommandos : le capitaine Apedo, en sa qualité
de représentant de l’ONU avait un bureau au camp de
Kigali et avait pour mission de contrôler les armes; il
disposait de la clé de l’armoire où celles-ci devaient
être entreposées; cette armoire avait été forcée le
7 avril 1994 avant l’assassinat des 10 militaires),
— 1 commission rogatoire ayant abouti à
l’audition de soldats ghanéens et ce, toujours en relation avec l’assassinat des 10 paracommandos,
— d’autres commissions rogatoires ont été diligentées et réalisées; elles concernaient l’ensemble des
dossiers d’instruction (on pense notamment à celle
acheminée à l’ONU concernant l’audition du général
Dallaire).

De magistraat wijst erop dat er bij de uitvoering
van de rogatoire commissies in Rwanda talrijke

Le magistrat a signalé avoir rencontré diverses
difficultés dans le cadre de l’exécution des commis-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 678 )

moeilijkheden
werden
ondervonden.
Die
moeilijkheden hielden verband met de politieke
instabiliteit van het land. Afgezien van deze
moeilijkheden, hadden de magistraat en zijn
onderzoekers
een
ruime
bewegingsen
handelingsvrijheid om de onderzoeksdaden die zij
nodig achtten, uit te voeren. Het werkritme lag zeer
hoog en de eerste rogatoire commissie heeft tot meer
dan honderd processen-verbaal van verhoren geleid.

sions rogatoires au Rwanda. Ces difficultés étaient
liées à l’instabilité politique dans ce pays. Indépendamment de ces difficultés, le magistrat et ses enquêteurs ont disposé d’une grande liberté d’action et de
mouvement pour exécuter les devoirs qu’ils estimaient opportuns de réaliser. Le rythme de travail
était très élevé et la première commission rogatoire a
permis la rédaction de plus de 100 auditions.

Toch meent de onderzoeksrechter dat het werk van
zijn ploeg zich moeilijk laat omzetten in een
proces-verbaal, aangezien woorden soms tekort
schieten om een context juist weer te geven...

Le travail réalisé par le magistrat et par son équipe
était, selon lui cependant, difficilement traduisible au
travers de procès-verbaux à l’occasion desquels la
restitution d’un contexte se heurte à la faiblesse des
mots...

In een aantal onderzoeken liepen de
werkzaamheden van de magistraat gelijk met die van
de TPI. De resultaten van zijn onderzoek werden
geregeld overgezonden naar de TPI, zodra die erom
verzocht. Meermaals werd de TPI ook een kopie van
de dossiers ter beschikking gesteld, op officieuze basis
en met het doel de snelheid, efficiëntie en wederzijdse
samenwerking te bevorderen. De onderzoeksrechter
wilde inderdaad ook op de hoogte worden gehouden
van de onderzoeksdaden die de TPI had verricht.
Daarom werd een tweevoudige rogatoire commissie
tot de TPI gericht : officieel via de minister van
Buitenlandse Zaken, en op pragmatische basis bij de
diensten van de procureur-generaal van de TPI. Zo
werden eventuele gevoeligheden ontzien.

Le magistrat a travaillé dans plusieurs enquêtes en
parallèle avec le TPI. Son travail a fait l’objet d’une
transmission régulière au TPI à la première demande
de celui-ci. À plusieurs reprises, une copie des dossiers
a été mise à la disposition du TPI de manière officieuse et ce, dans un but de rapidité, d’efficacité et de
bonne coopération réciproque. De son côté en effet, le
juge d’instruction souhaite être éclairé sur les devoirs
d’enquête réalisés à l’initiative du TPI. Ainsi, une
double commission rogatoire a été adressée au TPI de
manière officielle par l’intermédiaire du ministre des
Affaires étrangères, d’une part, de manière pragmatique auprès du bureau du procureur général du TPI,
d’autre part, et ce, afin de ménager d’éventuelles
susceptibilités.

De TPI heeft zelf bepaalde onderzoeken
overgenomen met het oog op vervolging :

Le TPI a donc repris lui-même certaines enquêtes
en vue de poursuites :

— zo heeft de TPI de vervolging tot zich getrokken
van de heer Bagosora die in verdenking was gesteld
door de onderzoeksrechter en tegen wie een
internationaal aanhoudingsbevel was uitgevaardigd
in het kader van het dossier betreffende de moord op
de 10 Blauwhelmen (dossier nr. 57/95).

— ainsi, le TPI a évoqué les poursuites à charge de
M. Bagosora, inculpé par le juge d’instruction, et qui
a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le
cadre du dossier relatif à l’assassinat des 10 Casques
bleus (dossier no 57/95).

Het Hof van cassatie heeft de zaak aan de
onderzoeksrechter onttrokken bij arrest van 9 juli
1996 en de TPI lijkt de zaak te willen voorbrengen in
de maand september 1998.

La Cour de cassation a dessaisi le juge d’instruction
par arrêt du 9 juillet 1996 et le TPI semble vouloir
fixer cette affaire au mois de septembre 1998.

De feiten met betrekking tot de andere personen uit
het onderzoek, met name de heer N.B., blijven
evenwel aanhangig voor de onderzoeksrechter; de
TPI valt immers onder de Belgische rechtsorde en het
is dus alleen de zaak van kolonel Bagosora die
formeel aan de onderzoeksrechter is onttrokken; een
volledige copie van het strafdossier werd naar de TPI
overgezonden; op basis van het internationale
aanhoudingsbevel uitgevaardigd door rechter
Vandermeersch, kon de TPI de heer Bagosora in
Arusha in hechtenis nemen.

Le juge d’instruction reste cependant saisi des faits
relatifs aux autres personnes concernées par son
instruction, notamment M. N.B.; le TPI appartient
en effet à l’ordre juridique belge et ce n’est donc qu’à
l’égard du colonel Bagosora que le juge d’instruction
est formellement dessaisi; une copie intégrale du
dossier répressif a été transmise sans désemparer au
TPI; c’est sur la base du mandat d’arrêt international
délivré précédemment par le juge Vandermeersch que
le TPI a pu faire écrouer M. Bagosora à Arusha.

— Het TPI heeft ook het volledige dossier
betreffende RTLM tot zich getrokken, waarin
Georges Ruggiu in verdenking was gesteld (dossier
nr. 36/95). Het Hof van cassatie heeft de zaak aan de

— Le TPI a évoqué l’ensemble du dossier qui
concerne RTLM dans lequel Georges Ruggiu avait
été inculpé (dossier no36/95). La Cour de cassation
avait dessaisi le magistrat belge par arrêt du 6 octobre

( 679 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Belgische magistraat onttrokken bij arrest van 6
oktober 1996. Na deze evocatie heeft het TPI
bijkomende onderzoeksdaden verricht; deze hebben
geleid tot de aanhouding van Ferdinand Nahimana.
De heer Ruggiu van zijn kant werd in juli 1997
aangehouden in Naı̈robi (Kenia).

1996. Suite à cette évocation, un complément
d’enquête est réalisé par le TPI; il a permis
l’arrestation de Ferdinand Nahimana. M. Georges
Ruggiu fut, quant à lui, arrêté à Nairobi, au Kenya, au
mois de juillet 1997.

— Het dossier betreffende de feiten die zich
hebben afgespeeld in Butare (dossier nr. 37/95) werd
gedeeltelijk geëvoceerd. In de loop van het onderzoek
had
de
magistraat
4
aanhoudingsbevelen
uitgevaardigd. De TPI heeft het dossier tot zich
getrokken voor 3 van de betrokken personen : de heer
Higaniro Alphonse, Kanyabashi Joseph en
Ndayambaye Elie Het arrest waarbij de zaak aan de
rechter is onttrokken werd door het Hof van cassatie
uitgesproken op mei 1996. Later heeft de TPI het
dossier tegen de heer Higaniro evenwel terug naar
België gestuurd. Deze procedurele omwegen hebben
uiteindelijk geleid tot een splitsing van de
vervolgingsdossiers, aangezien ondertussen een
vordering tot buitenvervolgstelling voor de heer
Vincent Ntezimana aanhangig was gemaakt vóór de
raadkamer. Op 22 juli 1997 heeft de raadkamer tegen
hem een beschikking tot gevangenneming
uitgevaardigd, na een mondelinge vordering tot
verwijzing door substituut Verelst.

— Le dossier relatif aux faits de Butaré (dossier
no 37/95) a fait l’objet d’une évocation partielle. À
l’occasion de son instruction, le magistrat avait
décerné 4 mandats d’arrêt. Le TPI a évoqué le dossier
pour 3 d’entre eux : M. Higaniro Alphonse,
M. Kanyabashi Joseph et M. Ndayambaye Elie.
L’arrêt de dessaisissement a été prononcé par la Cour
de cassation le 31 mai 1996. Le TPI a cependant
réorienté ultérieurement M. Higaniro vers la Belgique. Ces détours procéduraux ont entraı̂né une scission des poursuites dans la mesure où, entre-temps, la
chambre du conseil avait été saisie d’un réquisitoire
de non lieu à l’encontre de M. Vincent Ntezimana.
Une ordonnance de prise de corps, suite au réquisitoire verbal de renvoi réalisé par le substitut Verelst, a
en effet été rendue contre lui par la chambre du
conseil le 22 juillet 1997.

Het onderzoek naar de heer Higaniro werd
heropend en eindigde met de overzending van het
dossier naar het parket op 27 september 1996. Het
parket heeft tot op heden geen vordering opgesteld
met betrekking tot dit laatste gedeelte. Zoals eerder is
uiteengezet, blokkeert dit uitblijven van een
vordering de voortzetting van de procedure tegen de
heer Ntezimana, aangezien het parket-generaal wil
dat eenzelfde arrest beslist over de eventuele
verwijzing van alle betrokkenen naar het Hof van
Assisen van het gerechtelijke arrondissement
Brussel-Hoofdstad.

En ce qui concerne M. Higaniro, l’enquête a repris
pour se terminer par une communication à toutes fins
au parquet le 27 septembre 1996. En ce qui concerne
ce dernier volet, aucun réquisitoire du parquet n’a été
rédigé à ce jour. Comme il a déjà précédemment été
expliqué, cette absence de réquisitoire bloque de fait
le suivi de la procédure contre M. Ntezimana dès lors
que le parquet général souhaite qu’il soit statué par un
seul et même arrêt sur le renvoi éventuel des intéressés
devant la Cour d’assises de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles-Capitale.

Op een paar uitzonderingen na achtte de
onderzoeksmagistraat
zijn
werkzaamheden
afgelopen op het ogenblik van zijn eerste hoorzitting
door de onderzoekscommissie, d.w.z. in mei 1997.
Alle afgewerkte dossiers waren reeds overgezonden
naar de procureur des Konings zoals de strafwet
voorschrijft.

Globalement, le magistrat instructeur, à 2 ou 3 exceptions près, estimait son travail terminé lors de sa
première audition par la commission d’enquête, soit
en mai 1997. L’ensemble des dossiers terminés, se
trouvait déjà transmis à toutes fins au procureur du
Roi, comme le veut le prescrit de la loi pénale.

De onderzoeksrechter wijst erop dat hij zijn
onderzoek niet heeft beperkt tot het opsporen van de
personen die de moorden op de 10 Blauwhelmen
materieel hebben uitgevoerd. Samen met zijn team
heeft hij geprobeerd ook op andere niveaus personen
te vinden die strafrechtelijk verantwoordelijk zijn.
Hij hield bij zijn onderzoek rekening met de ruime
context waarin de gebeurtenissen in Rwanda
plaatsvonden, die sommigen als een volkenmoord
beschouwen.

En ce qui concerne l’exécution de sa mission, le
juge d’instruction a attiré l’attention de la commission sur les recherches réalisées par lui en soulignant
qu’il n’avait pas limité celles-ci à la détermination
d’éventuels exécutants matériels des assassinats
commis sur les 10 Casques bleus. Il a, avec ses enquêteurs, tenté de dégager d’autres responsabilités pénales éventuelles, lesquelles se situent à d’autres
niveaux. Ses investigations ont tenu compte du
contexte fort large dans lequel les événements se sont
déroulés au Rwanda et qui ont été qualifiés, par
certains, de génocide, dimension dont les enquêteurs
belges ont tenu compte dans le cadre de leur enquête.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 680 )

C. Wat de vastberadenheid betreft om de processen
tot het einde te voeren in België

C. En ce qui concerne la détermination à mener à
terme les procès en Belgique

De onderzoeksmagistraat heeft uiting gegeven aan
zijn twijfels omtrent de wil de processen in België te
voeren. Hij merkt op dat naast het enorme werk dat al
gedaan werd, een vrijspraak ook een manier is om
recht te doen. Hij wenst alleen dat het
onderzoekswerk dat tot op heden werd verricht een
rechtvaardig vervolg zou krijgen na een debat op
tegenspraak. De magistraat heeft de commissie erop
gewezen dat hij de indruk had dat hij gebruikt werd
om aan te tonen dat België de verantwoordelijkheden
wilde nagaan en een onderzoek wilde voeren en dat
zijn vastberadenheid als hinderlijk werd ervaren voor
hen die gewoonlijk aansturen op gerechtelijke
procedures.

Le magistrat instructeur a fait état de ses craintes
réelles quant à une volonté de mener les procès en
Belgique. Il relève, au-delà de l’important travail
réalisé, qu’un verdict d’acquittement est aussi une
manière de rendre la justice. Son souhait n’est autre
que de voir le juste aboutissement, au travers d’un
débat contradictoire, du travail d’instruction réalisé
jusqu’ici. Le magistrat a signalé à la commission qu’il
avait eu le sentiment de servir d’alibi et de gêner, par
sa détermination, les instigateurs habituels des procédures judiciaires.

De voorbeelden die hij in de commissie gegeven
heeft om zijn woorden te staven, kunnen worden
afgeleid uit de volgende gegevens :

Les exemples qu’il a donnés en commission pour
étayer son propos peuvent être déduits des éléments
suivants :

— voor de dossiers die vaak sedert 1996 en soms
zelfs sedert 1995 aan het parket werden meegedeeld,
werden geen vorderingen ingesteld.

— les dossiers communiqués au parquet, souvent
depuis 1996 et parfois, même, 1995, n’ont pas fait
l’objet de réquisitoires;

— het dossier van Butare (nr. 37/95) heeft
aanleiding gegeven tot een beschikking van de
raadkamer in de maand juli 1996; het tweede deel van
het dossier werd twee maanden later afgesloten,
d.w.z. in september 1996 : ook hier werd geen
vordering ingesteld;

— le dossier de Butare (no 37/95) a donné lieu à
une ordonnance de la chambre du conseil au mois de
juillet 1996; la deuxième partie du dossier a été clôturée deux mois plus tard, soit en septembre 1996 : là
aussi, aucun réquisitoire ne permet d’avancer;

— drie dossiers werden overgezonden aan de TPI
zonder dat de Belgische autoriteiten gevraagd hebben
wanneer de zaak zou voorkomen;

— trois dossiers ont été transférés au TPI sans
qu’aucune interpellation quant à une date réelle de
fixation n’ait été demandée par les autorités belges;

— substituut Verelst werd belast met de dossiers
die betrekking hebben op ex-Joegoslavië en hijzelf
kreeg sedert de maand december 1995, d.w.z. na
7 maanden onderzoek, nieuwe zaken te behandelen;
400 nieuwe dossiers werden hem aldus in 1996
toegewezen. De magistraat vraagt zich derhalve af
hoe de Rwanda-dossiers nog kunnen bestempeld
worden als prioritaire dossiers. Die overbelasting die
ongetwijfeld gerechtvaardigd is wanneer men weet
hoe overbelast de Brusselse gerechten zijn, die dan
bovendien ook nog geconfronteerd worden met
gebrek aan personeel, stemt hem evenwel sceptisch en
ontgoochelt hem;

— le substitut Verelst a été chargé des dossiers qui
concernent l’ex-Yougoslavie et lui-même, dès le mois
de décembre 1995, soit après 7 mois d’enquête, s’est
vu confier de nouvelles affaires; 400 nouveaux
dossiers ont ainsi été déférés à son cabinet en 1996.
Évoquant les dossiers du Rwanda, le magistrat se
demande dès lors comment il est encore possible de les
qualifier de dossiers prioritaires. Cette surcharge de
travail, certes légitime quand on connaı̂t l’encombrement des juridictions bruxelloises touchées
par un manque d’effectifs réel, suscite néanmoins son
scepticisme et sa déception;

— ten slotte werd alleen het dossier betreffende de
moord op de drie Belgische ontwikkelingshelpers
(dossier nr. 58/95) afgerond; hier werden de feiten na
onderzoek regelmatig aangeklaagd bij de Rwandese
autoriteiten met het oog op rechtsvervolging.

— c’est, in fine, le seul dossier relatif à l’assassinat
de trois coopérants belges (dossier no 58/95) qui a
jusqu’ici abouti, les faits ayant été régulièrement
dénoncés aux autorités rwandaises après enquête en
vue de poursuites.

De magistraat kreeg opmerkingen over de
materiële problemen die zouden rijzen wanneer de
processen in België zouden worden georganiseerd. De
rechtspleging voor het Assisenhof is eigenlijk een
mondelinge rechtspleging en de verschijning van de
getuigen
doet
reële
organisatorische
en
financieringsproblemen rijzen.

Le magistrat s’est vu opposer des remarques relatives aux difficultés matérielles d’organiser les procès
en Belgique. De fait, les procédures devant la Cour
d’assises sont des procédures orales et la comparution
des témoins pose des questions d’organisation et de
financement réelles.

( 681 )

1 - 611/7 - 1997/1998

D. Wat het vervolg van het onderzoek betreft in de
loop van de jongste zes maanden

D. En ce qui concerne les suites d’enquête au cours
des six derniers mois

Op 26 september 1997 werd onderzoeksrechter
Vandermeersch opnieuw ontboden door de
onderzoekscommissie, die de stand van zaken wenste
te vernemen in de hangende dossiers.

Le 26 septembre 1997, le juge d’instruction Vandermeersch a à nouveau été appelé par la commission
d’enquête, qui souhaitait connaı̂tre l’évolution des
dossiers en cours.

Over het algemeen viel er geen enkele
betekenisvolle ontwikkeling te noteren. De
onderzoeksrechter kon ten hoogste meedelen dat het
onderzoek van het Belgisch gebleven dossier inzake
de moord op de drie ontwikkelingshelpers (dossier
nr. 58/95) actief werd voortgezet.

Globalement, aucune évolution significative n’a
été notée. Tout au plus, le juge d’instruction a-t-il fait
savoir que l’enquête se poursuivait activement dans le
cadre du dossier, demeuré belge, qui concernait
l’assassinat de trois coopérants (dossier no 58/95).

In verband met de vorderingen waarop gewacht
werd sedert de mededeling van de dossiers, meldt de
onderzoeksrechter de aanwijzing van een nieuwe
advocaat-generaal voor alle dossiers. Het gaat om de
heer Wynant die de heer de Codt opvolgt die in juni
1997 benoemd is tot raadsheer in het Hof van cassatie.

En ce qui concerne les réquisitoires attendus depuis
les communications des dossiers à toutes fins, le juge
d’instruction a fait état de la désignation d’un nouvel
avocat général pour l’ensemble des dossiers. Il s’agit
de M. Wynant, qui succède ainsi à M. de Codt,
nommé conseiller à la Cour de cassation au mois de
juin 1997.

Voor de andere dossiers kan het verder onderzoek
als volgt worden samengevat :

Les suites réelles d’enquête pour les autres dossiers
se résument à ce qui suit :

— dossier nr. 48/95 : dagelijks krijgt de magistraat
nieuwe informatie die geanalyseerd wordt;
informatie over de heer Rwabukumba wordt dus
bestudeerd;

— le dossier no 48/95 : des informations arrivent
quotidiennement au magistrat et font l’objet d’analyses; des informations concernant M. Rwabukumba
sont donc à l’étude;

— het dossier betreffende de heer Bagosora
(dossier nr. 57/95) : de onderzoeksrechter heeft zich in
verbinding gesteld met de nationale magistraat
Duinslaeger die zorgt voor de overzending van de
dossiers tussen de gerechtelijke autoriteiten en het
ministerie van Buitenlandse Zaken. De heer
Ntuyahaga
voor
wie
een
internationaal
aanhoudingsbevel door de onderzoeksrechter werd
uitgevaardigd, werd teruggevonden in Zambia.

— le dossier relatif à M. Bagosora (dossier no 57/
95) : le juge d’instruction s’est mis en rapport avec le
magistrat national Duinslaeger qui assure la transmission des dossiers entre autorités judiciaires et Ministère des Affaires étrangères. En effet, M. Ntuyahaga,
qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par le juge d’instruction, a été localisé en Zambie.

De magistraat vreest dat de Zambianen weinig
belangstelling kunnen opbrengen voor deze zaak en
heeft zelfs een beroep gedaan op de politieke
bevoegdheid van de onderzoekscommissie om te
pogen deze zaak prioritair te laten behandelen;

Le magistrat craint le peu d’intérêt des Zambiens
dans le cadre de cette affaire et a même fait appel au
pouvoir politique de la commission d’enquête pour
tenter de rendre cette procédure réellement prioritaire;

— 24 personen worden thans gevangen gehouden
te Arusha en de magistraat zou een tiental van hen
willen ondervragen. Tot de belangrijke verhoren
behoren die van de heer Ferdinand Nahimana,
verantwoordelijke voor RTLM, van kolonel
Bagosora in verband met de moord op de
Blauwhelmen, van de heer Georges Ruggiu, in het
kader van RTLM. Zo is er ook een ambtelijke
opdracht teneinde het mogelijk te maken 12 personen
te verhoren. In een eerste fase werden tweemaal, via
de officiële weg van het ministerie van Buitenlandse
Zaken, mensen gestuurd naar het TPI De
onderzoeksrechter heeft de toestemming van de
procureur des Konings, van de procureur-generaal en
van de minister van Justitie verkregen in het kader
van die ambtelijke opdracht. Thans wacht hij op de

— 24 personnes sont actuellement détenues à
Arusha et le magistrat souhaiterait en interroger une
dizaine. Parmi les auditions importantes, il pense à
celles de M. Ferdinand Nahimana, responsable de
RTLM, du colonel Bagosora par rapport à
l’assassinat des Casques bleus, de M. Georges
Ruggiu, toujours dans le cadre de RTLM. Il a ainsi
rédigé une commission rogatoire destinée à obtenir
l’audition de 12 personnes. Celle-ci fut envoyée deux
fois par la voie officielle du Ministère des Affaires
étrangères dans un premier temps, au TPI. Le juge
d’instruction a reçu le feu vert du procureur du Roi,
du procureur général et du ministre de la Justice dans
le cadre de cette commission. Il attend à l’heure
actuelle le feu vert des autorités tanzaniennes et du
TPI. Ses craintes viennent du fait que le TPI est déjà

1 - 611/7 - 1997/1998

( 682 )

toestemming van de Tanzaniaanse autoriteiten en
van de TPI. Zijn bezorgdheid vloeit voort uit het feit
dat al gebleken is dat de TPI hem zijn informatie
« benijdt ». De TPI zou die informatie liever
gebruiken in zijn openbare processen alvorens ze
door te spelen aan de andere betrokken autoriteiten.
Daar de processen van de TPI vrij lang duren, dreigt
de termijn het goede verloop van de opdracht van de
onderzoeksrechter in het gedrang te brengen. Die
heeft er dus de voorkeur aan gegeven om, op een bijna
diplomatische wijze, verhoren te organiseren in de
vorm van het inwinnen van eenvoudige inlichtingen,
wat minder formaliteiten vergt. Een recent
onderhoud met voorzitter Kama van de TPI, lijkt
veelbelovend. Hij mocht evenwel nog geen antwoord
ontvangen
van
mevrouw
Harbor,
procureur-generaal. De rechter hoopt naar Arusha te
kunnen gaan in de loop van de maand december 1997.

apparu « jaloux de ses informations préférant les utiliser dans ses procès publics avant de les divulguer aux
autres autorités concernées. Les procès du TPI étant
longs, le délai risquerait alors de compromettre
sérieusement la bonne fin de la mission du juge
d’instruction. Celui-ci a donc préféré — à titre presque diplomatique — solliciter des auditions à titre de
simples renseignements dont le formalisme est moins
long. Un récent entretien avec le président Kama du
TPI lui a paru de bonne augure. Mme le procureur
général Harbor ne lui a cependant pas encore réservé
de réponse favorable. Officieusement, le juge, malgré
un scepticisme que la position de Mme Harbor justifie, espérait se rendre à Arusha dans le courant du
mois de décembre 1997.

3.14. DE BELGISCH-RWANDESE
SAMENWERKING

3.14. LA COOPÉRATION
BELGO-RWANDAISE

Tussen 1990 en 1994 heeft België in Rwanda een
zeer ruim beleid inzake ontwikkelingssamenwerking
gevoerd.
Tijdens de hoorzitting van 26 maart 1997 heeft
minister Derycke verklaard :
« Het budget voor Rwanda was overigens niet
onbelangrijk. De aanrekenbare hulp die door de
OESO in aanmerking wordt genomen voor de
berekening van de 0,7 %-norm, bedroeg in 1990 1,528
miljard, in 1991 1,927 miljard en respectievelijk 1,4 en
1,2 miljard in 1992 en 1994. Dit bedrag omvat onder
meer ook de administratieve kosten en de militaire en
financiële coöperatie. » (1)
De commissie had een aantal vragen over de
verdeelsleutel van de tijdens die periode toegekende
hulp.
Ook is ze blijven stilstaan bij de vraag hoe de
middelen die de Rwandese regering ter beschikking
heeft gekregen, werden aangewend.

Entre 1990 et 1994 la Belgique a entretenu avec le
Rwanda une politique de coopération au développement très importante.
Dans son audition du 26 mars 1997 le ministre
E. Derycke déclare :
« Le budget pour le Rwanda n’était d’ailleurs pas
négligeable. L’aide prise en compte par l’OCDE pour
le calcul de la norme de 0,7 % était de 1,528 milliard
en 1990, de 1,927 milliard en 1991 et respectivement
de 1,4 et 1,2 milliard en 1992 et 1994. Ce montant
comprend entre autres les coûts administratifs ainsi
que la coopération militaire et financière » (1).

3.14.1. StructuurvandesamenwerkingmetRwanda

3.14.1. Structure de la coopération avec le Rwanda

3.14.1.1. Multilaterale samenwerking en internationale samenwerking

3.14.1.1. Coopération multilatérale et coopération internationale

Deze samenwerking bevat onder andere de
internationale
instellingen,
de
Afrikaanse
Ontwikkelingsbank, voedselhulp, enz.

Cette coopération reprend entre autres les organisations internationales, la Banque africaine de développement, les aides alimentaires, etc.

Van 1990 tot 1994 bedroegen de uitgaven (in
miljoen frank) :
1990 : 119,06
1991 : 49,89

Les dépenses en millions de francs de 1990 à 1994 se
sont élevées à :
1990 : 119,06
1991 : 49,89

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer E. Derycke, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 26 maart 1997, blz. 254.

(1) Audition de M. E. Derycke, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 26 mars 1997, p. 248.

La commission s’est interrogée sur la répartition
des aides octroyées pendant cette période.
Elle s’est penchée aussi sur l’utilisation des fonds
mis à disposition par le régime rwandais.

( 683 )
1992 :

6,70

1 - 611/7 - 1997/1998
1992 :

6,70

1993 : 11,35

1993 : 11,35

1994 : 17,60

1994 : 17,60

3.14.1.2. Directe bilaterale samenwerking

3.14.1.2. Coopération bilatérale directe

Daarmee
worden
bedoeld
projecten
en
tegemoetkomingen,
financiële
samenwerking,
nationale Delcrederedienst, beurzen, enz.

À savoir, projets et interventions, coopération
financière, Office national du Ducroire , bourses, etc.

Van 1990 tot 1994 bedroegen deze uitgaven (in
miljoen frank) :

Les dépenses en millions de francs de 1990 à 1994 se
sont élevées à :

1990 :

838,83

1990 :

838,83

1991 : 1 303,98

1991 : 1 303,98

1992 :

841,27

1992 :

841,27

1993 :

543,99

1993 :

543,99

1994 :

568,26

1994 :

568,26

In 1990 en 1993 bestond er bovendien ook nog een
bijzonder hulpprogramma, waarvan de Belgische
bijdrage bestond uit :

En outre en 1990 et 1993 il y a eu un programme
spécial d’assistance dont la contribution belge était :

— steun aan de betalingsbalans voor 500 miljoen
(waarvan 200 miljoen van 1989, met terugwerking).

— Une aide à la balance de paiement de 500 millions (dont 200 millions de 1989 avec effet rétroactif).

— in het raam van SPA II :

— Dans le cadre de SPA II :

een storting van 400 miljoen aan de Wereldbank en
200 miljoen rechtstreekse hulp voor Rwanda.

un virement de 400 millions à la Banque mondiale
et 200 millions d’aide directe au Rwanda avec notification.

Dat maakt in totaal 1 miljard 100 miljoen, waarvan
700 miljoen rechtstreeks door België gecontroleerd.

Ce qui fait un total de 1 milliard 100 millions dont
700 millions directement contrôlés par la Belgique.

Daarbij komt ook nog de financiering van
UNAMIR voor een bedrag van 200 miljoen frank in
1994.

On doit ajouter aussi le financement de la
MINUAR pour un montant de 200 millions de francs
en 1994.

3.14.1.3. Indirecte bilaterale samenwerking

3.14.1.3. Coopération bilatérale indirecte

Deze begroting betreft de uitgaven van de niet
gouvernementele
organisaties
(NGO’s),
de
APEFE/VVOB, de universitaire samenwerking, de
noodhulp, enz.

Ce budget couvre les dépenses des ONG, de
l’APEFE/VVOB, la coopération universitaire, l’aide
d’urgence etc.

In totaal bedragen die uitgaven (in miljoen frank) :

Le total de ces dépenses s’élève à (en millions de
francs) :

1990 : 439,34

1990 : 439,34

1991 : 366,75

1991 : 366,75

1992 : 366,54

1992 : 366,54

1993 : 477,71

1993 : 477,71

1994 : 266,52

1994 : 266,52

De commissie heeft bijzonder veel interesse
betoond voor het aantal NGO’s dat van 1990 tot 1994
ter plaatse werkzaam is geweest en voor hun
uitgaven.

La commission s’est plus particulièrement intéressée au nombre d’ONG présentes sur le terrain de 1990
à 1994 et à leurs dépenses.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 684 )

Hierna volgt de lijst van de NGO’s (en de aard
ervan) :

Ci-après figure la liste des ONG (et leur nature) :

NGO-projecten & acties gecofinancierd door
Rwanda : Ordonnanceringen 1990-1997 — per jaar

Projets & actions ONG cofinancés au
Rwanda : Ordonnancements 1990-1997 — par année

Jaar

Année

1990

GPP

1127/21

Nr. Dos

No Dos

85/037

NGO

ONG

AGAT

Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

Construction,
Gatagara

équipement

artisans

handicapés /

223 256

1

223 256

Maternité / Gisenyi
Amélioration matériau construction argile préfab. /
Gisenyi
Artisanats divers 12 menuiseries & 6 forges / Gisenyi
Construction marché couvert / Kabaya
Construction de 5 magasins et 2 silos / Gisenyi

7 499 362
1 811 865
3 046 779
3 564 165
1 680 690

5

17 602 861

Total
1631/06
1619/27

89/000
89/007

AADC
AADC

1619/29
1407/68
1619/28

89/009
87/000
89/008

AADC
AADC
AADC

Total
1537/26
1284/65
1353/84
1629/97

88/012
86/004
87/003
89/019

BD
BD
BD
BD

1353/31
1029/69

86/008
84/002

BD
BD

Sociale Inzet en Dienstverlening / Kigali
Centrum Ontwikkeling / Gikoro
Centre de formation permanente / Rutongo
Watervoorraad / Mwendo-Satinsyi-NyakabandaMuganza
Landelijke Animatie / Gisenyi/Kibuye/Cyangugu
Uitrusting Centrum Beroepsvorming / Caculiro Kigali

Total
1407/66
1543/69

87/034
88/016
88/039
88/040
89/056
87/021

NCOS
NCOS
NCOS
NCOS

88/013

Verbeterde Baksteen- en Dakpannenproductie / Kigali
Streekontwikkeling / Zuid-Gisaka
4 Vormingscentra Alfabetizering / Kigembe
Inrichting Kleine Bronnen
Appui agriculture construction silo /Karama

Total
1350/32
1352/30
1350/32

86/011
86/012
86/011

1631/58
1671/60
1631/59

89/000
89/038
89/037

COOPIBO Uitrusting Dienstencentrum Coöperatieven / Gitarama
COOPIBO Landbouwontwikkeling / Muganza
COOPIBO Uitrusting Dienstencentrum Coöperatieven / Gitarama
Centre formation agro-pastoral / Kacyiru II
Transfusion sanguine sida / Kigali
Centre social éducatif / Kacyiru I

Total
1127/53

85/028

Vorming Basisanimatoren / Ruhengeri/Nyumba

Total
88/050

1248/67

85/050

SOLPROT Centre polyvalent développement agricole / Rubavu
SM

687/85

83/029

WS

Total

88/033
88/034
Total

SOSF
SOSF

3 150 000
2 085 943

1

2 085 943

Construction, équipement centre formation CECOTRAD / Kigali
Bouw Uitrust. Werking 8 Vormingscentra / Kigali

7 500 000

2

7 684 983

Total
1543/54
1543/55

11 602 500
3 150 000

1

1351/79

9 083 174
4 252 500
3 675 000
3 675 000

3
KBA

429 825
2 887 087
2 888 250
3 307 837

3
CRBAI
CRBAI
CRBAI

15 044 227
429 825

1

Total

2 031 847
2 264 495
4 465 450
1 218 680
7 095 602

4
CP

13 971 991
1 420 650
611 197

2

Total
1543/83

1 679 858
2 614 110

Bicep Rwanda
Adduction d’eau centre / Kabuga

Total
1537/60
1537/62
1670/14
1403/55

876 898
2 411 162
1 930 645
4 459 318

6
DELIPRO
DELIPRO

Bedrag

Montant

Vulgarisation apiculture
Adduction d’eau / Mukura

184 983
1 901 026
2 809 855

2

4 710 881

( 685 )

Jaar

Année

GPP

1351/71

Nr. Dos

No Dos

86/044

NGO

ONG

Omschrijving

Libellé

SOSPG

Centre socio-pastoral / Cyangugu

Total
1631/66

89/075

86/044

SOSL

88/016

Landbouwontwikkeling jonge landbouwers Rutongo

Meisjesinternaat / Butare

Total
795/04
1631/13

89/001
89/002

Onthaal- en vormingscentrum kansarmen / Kigombe
Beroepsvorming Vrouwen / Ngoma/Butare

Total
Total

1990

1991

1816/96
1816/95

90/052
90/056

ABRWA
ABRWA

1631/06

89/000

1537/26
1619/23

88/012
89/017

BD
BD

1537/01

88/011

BD

1029/69

84/002

BD

88/040
87/020

88/013

DELIPRO

86/012
89/029

4

7 809 758

Construction pont / Ruhondo

88/001
89/032
89/033
88/001

Appui agriculture construction silo / Karama

COOPIBO Landbouwontwikkeling / Muganza
COOPIBO Versterking van coöperatieve groepen / Cyangugu

1781/45

90/024

École technique / Kicukiru
Winning Van Zonnebloemolie / Kanama
Vormingscentrum / Gisenyi
École technique / Kicukiru

Atelier fabrication de chaussures / Kanama

Total
1537/27

88/036
Total

1543/61

88/025
Total

OXFAM

6 622 128

6 891 977
631 219

1
KBA

436 500

1 417 500
1 575 315
2 481 662
1 417 500
4

FAR

8 663 204

2 304 562
4 317 566
2

Total

415 944

436 500
1

COMIDE
DMOS
DMOS
COMIDE

2 922 412

2 536 718
6 126 486
2

CP

1 654 296

415 944

Streekontwikkeling / Zuid-Gisaka
Watervoorzieningen 6 Gemeenten

Total
795/02
1619/10
1619/12
795/02

3 750 718

1
NCOS
NCOS

6 571 340

974 185
2 258 865

Total
1352/30
1670/12

2 274 821
4 296 519

Sociale Inzet en Dienstverlening / Kigali
Centrum ontwikkeling en permanente vorming /
Rubungo
Centre communal pour développement & formation /
Kanombe
Uitrusting Centrum Beroepsvorming / Caculiro Kigali

Total
1543/83

98 449 716

3 750 718

Total
1537/62
1402/47

37

1

Total
88/000

6 569 488

Maternité / Gisenyi

Total

1619/31

2

2
AADC

1 221 525
5 800 227
769 261

Dispensaire Muyunzwe Masango
Centre de santé / Rusatira

Total

571 315
1 221 525

1
ACT
ACT

441 000
571 315

1
CARAES

2 024 900
441 000

1
VIWOS

Bedrag

Montant

2 024 900

Centre de santé de Mudasamwa / Gikongoro

Total
1544/57

Lokale
partner

Partenaire
local

1

Total
1350/23

1 - 611/7 - 1997/1998

Vorming plattelandsanimatrices / Kinazi

631 219
945 000

1

945 000

Production & stockage pommes de terre Kanana
Mutara Mukingo

1 526 250

1

1 526 250

1 - 611/7 - 1997/1998

Jaar

Année

GPP

1629/04
1671/76
1671/92
1671/85

( 686 )

Nr. Dos

No Dos

89/000
90/073
90/074
90/000

NGO

ONG

SOLPROT
SOLPROT
SOLPROT
SOLPROT

Adduction d’eau / Gitesi
Watervoorziening / Kigituntu-Mwendo
Watervoorziening / Nyakabingo-Gitesi
Adduction eau Shyorongi / Muhondo Bwenda

Total
1797/86

90/004

WS

90/010

Promotie Kansarme Vrouwen / Nyamirambo

Oprichting ophtalmologogische afdeling / Kabinda

Total
1619/81

89/040

Amélioration des pâturages / Gikongoro

Total
1816/97

90/059

Reprise accélération vaccination polio

Total
1816/94
1781/25
1671/88
1671/73
1671/89
1781/26

90/040
90/036
90/034
90/032
90/000
90/037

6 adductions d’eau potable : Volet 6 / Nyabisusa
6 adductions d’eau potable : Volet 2 / Kayange
6 adductions d’eau potable : Volet 5 / Ntarabana
6 adductions d’eau potable : Volet 3 / Kajagi
6 adductions d’eau potable : Volet 4 / Rwinzovu
6 adductions d’eau potable : Volet 1 / Kivumu

Total
1629/13
1543/79
1781/72

89/017
88/000
90/053

Promotion centre scouts / Kigali
Promotion scouts — Développement rural
Centres scouts de développement rural / Ruhengera

Total
1407/70

89/051

1630/88

89/051

89/060

1 188 839

Formation d’infirmières / Kabaya

3 176 250
2

OCIRIZ

Landbouwontwikkeling Volwassenen / Kamonyi

Total
1817/03
1817/01

90/023
90/000

Appui à action de formation agricole / Kansi Butare
Formation jeunes désœuvrés / Rwamagana, Rutonde

Total
Total

1991

1992

944/02
1127/21

89/054
85/037

AGAT
AGAT

90/129

DAM

90/052
88/013

ABRWA
CP

42

89 056 349

Renforcement des soins et formation handicapés
Construction,
équipement
artisans
handicapés /
Gatagara

3 257 176
308 503

2

3 565 679

Nationaal programma lepra- en TBC bestrijding / Kigali

3 683 475

1

3 683 475

Dispensaire Muyunzwe Masango
Appui agriculture construction silo / Karama

Total
1619/30

89/000
Total

1 811 895
1 007 613
2 819 508

Total
1816/96
1543/83

2 264 012
462 600
2

AADC

1 266 678

2

Total
1998/60

4 365 089
1 266 678

1
FAED
FAED

8 257 871

Institut St. Fidèle (87/54) / Gisenyi

Total
795/06

7 598 965
3 126 750
2 611 571
2 519 550

3
NORDSUD
NORDSUD

6 316 994
2 389 376
2 757 572
661 034
951 134
363 979
475 870

6
CIFCD
CIFCD
CIFCD

1 134 788
6 316 994

1
SLCD
SLCD
SLCD
SLCD
SLCD
SLCD

318 937
1 134 788

1
FR

1 013 337
318 937

1
EF

11 700 144
1 013 337

1
WV

Bedrag

Montant

835 446
3 719 474
3 690 288
3 454 936
4

Total
1817/12

Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

Marché couvert / Ngororero

2 726 612
4 789 776

1

4 789 776

( 687 )

Jaar

Année

GPP

Nr. Dos

No Dos

NGO

ONG

1619/23

89/017

BD

56002/14

22/014

BD

56002/15

22/015

BD

1619/78
1816/36
1816/38

89/018
90/014
90/015

BD
BD
BD

88/039
26/023
26/022

Centrum ontwikkeling en permanente vorming /
Rubungo
Nat. Vormingsprogr. Landbouwers & Landbouwanimatoren
Uitbouw 3 Gemeentel. Centra Voor Ontw. & Perm.
Vorm. / Kigali
Beroepsopleiding Drukkers / Kigali
Beroepsopleiding marginale Jongeren / Gisenyi
Ambachtelijke Coöperatieve Kiaka / Kanama

NCOS
NCOS
NCOS

COOPIBO Uitwisselingsseminarie duurzame landbouw / Butare
COOPIBO Landbouwprojekt Muganza

1670/12

89/029

COOPIBO Versterking van coöperatieve groepen / Cyangugu

Total

90/054
90/019

COMIDE
COMIDE

92/113

Action sanitaire nationale / Bufmar
Centre formation jeunesse désœuvrée / Ngoma

1781/45

90/024

Atelier fabrication de chaussures / Kanama

Total
56005/28

25/028

Plattelandsontwikkeling Via Boerenorganisaties

Total
1537/27

88/036

Vorming plattelandsanimatrices / Kinazi

Total
1543/61

88/025

OXFAM

90/000
88/050

89/000

Production & stockage pommes de terre / Kanana
Mutara Mukingo

800 250

1

800 250

1816/70

90/058

SOSF

1816/69
1543/54

90/057
88/033

SOSF
SOSF

Poulailler / Runda

Total

VIWOS

2 401 794
1 726 624

1

1 726 624

Promotion élevage caprin et appui apiculture /
Musambira
Promotion petit élevage — système de crédit
Vulgarisation apiculture

626 807
846 870
2 044 901

3

3 518 578

Total
86/044

1 359 938
1 041 856
2

Total

1350/23

945 000

SOLPROT Adduction eau Shyorongi / Muhondo Bwenda
SOLPROT Centre polyvalent développement agricole / Rubavu

SM

1 733 805

945 000

Total
1998/70

757 380

1

Total
1671/85
1351/79

308 685

1 733 805
1

KBA

8 199 201

757 380
1

FOS

9 134 885

308 685
1

FAR

10 826 528

4 616 850
3 582 351

Beroepsopleiding Vrouwen / Ngoma

Total

1 407 506
4 387 901

1 784 885
3 675 000
3 675 000

2
DISOP

9 360 089

5 031 121

3

Total
1821/75

16 411 088

Gemeente
Muganza

Centre formation agro-pastoral / Kacyiru II
Centre social éducatif / Kacyiru I
Transfusion sanguine sida / Kigali

Total
1781/48
1781/73

469 822
3 535 277
2 580 660

2 377 558
2 461 732
4 520 799

3
CRBAI
CRBAI
CRBAI

3 294 000
4 490 795

3

23/012
23/014

89/000
89/037
89/038

INADES

Verbeterde Baksteen- en Dakpannenproductie / Kigali
Steun Aan Lokale Organisaties CCOAIB
Gedelegeerd Fondsen voor ARDI

56003/12
56003/14

Bedrag

Montant

2 040 534

6

Total

1631/58
1631/59
1671/60

Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

Total
1537/60
56006/23
56006/22

1 - 611/7 - 1997/1998

Landbouwontwikkeling jonge landbouwers Rutongo

582 305
1

582 305

1 - 611/7 - 1997/1998

Jaar

Année

GPP

1619/81

( 688 )

Nr. Dos

No Dos

89/040

NGO

ONG

EF

Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

Amélioration des pâturages / Gikongoro

1 058 400

Total
1543/81
1781/70

88/003
90/051

1
CIFCD
CIFCD

89/050

1671/74

90/050

1630/88

89/051

1629/99

89/050

507 375
4 764 318
2

NORDSUD
NORDSUD
NORDSUD
NORDSUD

21/011
89/001

795/06

89/060

2 764 250

Adduction en eau potable / Cyavumu-Cyangugu

7 282 260

Formation d’infirmières / Kabaya

3 671 250

Extension du collège technique / Kibihekane Rambura

4 075 000
4

ACT
ACT

Produktie Samengestelde Kindervoeding / Kansi
Onthaal- en vormingscentrum kansarmen / Kigombe

OCIRIZ

Landbouwontwikkeling Volwassenen / Kamonyi

2
1
FAED
ASO

1992

1993

944/02
1127/21

89/054
85/037

AGAT
AGAT

1 563 899
1 659 257

24/019

DAM

90/056

1619/22
56002/14
1619/78
1537/01

3 223 156

47

112 065 359
3 599 266
285 761

2

3 885 027

Lepra- en tuberculosebestrijding / Rwanda

Total
1816/95

2
Renforcement des soins et formation handicapés
Construction,
équipement
artisans
handicapés /
Gatagara

Total
56004/19

1 711 198
1

ABRWA

Centre de santé / Rusatira

89/016
22/014

BD
BD

89/018
88/011

BD
BD

Bouw en uitrusting CCDFP / Muganza
Nat. Vormingsprogr. Landbouwers & Landbouwanimatoren
Beroepsopleiding Drukkers / Kigali
Centre communal pour développement & formation /
Kanombe

Total

1 711 198
1 198 700

1

Total
56006/18
56006/22
56006/23
56006/49

26/018
26/022
26/023
26/049

NCOS
NCOS
NCOS
NCOS

1670/14
1537/62
56006/18
56006/22
56006/23

89/056
88/040
26/018
26/022
26/023

NCOS
NCOS
NCOS
NCOS
NCOS

1 198 700
INADES

548 809
3 458 700
2 277 026
960 675

4

7 245 210

Koördinatie mensenrechtenorganisaties
Gedelegeerd Fondsen voor ARDI
Steun Aan Lokale Organisaties CCOAIB
Opzetten mini-bedrijven voor vrouwen DUTERIMBERE
4 Vormingscentra Alfabetisering / Kigembe
Streekontwikkeling / Zuid-Gisaka
Koördinatie mensenrechtenorganisaties
Gedelegeerd Fondsen voor ARDI
Steun Aan Lokale Organisaties CCOAIB

2 820 040
3 885 051
3 112 412
2 127 766

9

28 263 597

Total
56003/14

23/014

COOPIBO Landbouwprojekt / Muganza

56003/23
56003/25
56003/26

23/023
23/025
23/026

COOPIBO Versterking landbouwcoöperaties Gitamara
COOPIBO Netwerk voor landbouwdeskundigheid
COOPIBO Socio-economisch steunprogramma vrouwen / Byumba

Total

443 635

Cuisines / Gatagara
Formation professionnelle des jeunes

Total
Total

2 803 961
443 635

Total
89/000
90/055

17 792 760
1 737 456
1 066 505

Total

1629/06
1817/02

5 271 693

Extension du collège technique / Kibihekane Rambura

Total
56001/11
795/04

1 058 400

Briques menuiserie /Kibogora
École santé publique / Mudende

Total
1629/99

Bedrag

Montant

1 024 982
3 921 112
2 820 040
5 439 782
3 112 412
Gemeente
Muganza

3 080 491
4 687 950
845 006
2 102 202

4

10 715 649

( 689 )

Jaar

Année

GPP

Nr. Dos

No Dos

795/02

88/001

NGO

ONG

COMIDE

1 - 611/7 - 1997/1998
Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

École technique / Kicukiru

1 417 500

Total
56005/28

25/028

1
FOS

88/036

1 389 916
1

KBA

92/020

945 000
1

OXFAM

92/051
92/109
88/050
91/051
92/052

1 632 777
1

SOLPROT
SOLPROT
SOLPROT
SOLPROT
SOLPROT

Adduction d’eau / Kamanga-Shyorongi
Watervoorziening / Muzimu-Gatare
Centre polyvalent développement agricole / Rubavu
Adduction d’eau / Kumubuga-Bwakira
Adduction d’eau / Rohondo-gitesi

92/000

5
SOSPG

90/010

2 446 838
1

WV

90/051

433 125
1

CIFCD

89/051

1671/75

90/060

4 698 000
1

NORDSUD
NORDSUD

21/011
21/011

3 485 625

Pont de MAZA / Rutsira-Butare

1 700 987
2

ACT
ACT

89/060

1 633 072
3 225 000
2

OCIRIZ

1993

1994

2192/22

92/021

AGAT

465 168
1

465 168

38

86 532 604

Infrastructure pour formation professionnelle

Total
90/014
22/014

1670/12
56003/14

89/029
23/014

BD
BD

Beroepsopleiding Marginale Jongeren / Gisenyi
Nat. Vormingsprogr. Landbouwers & Landbouwanimatoren

COOPIBO Versterking van coöperatieve groepen / Cyangugu
COOPIBO Landbouwprojekt Muganza

56003/23
56003/25
56003/26

23/023
23/025
23/026

COOPIBO Versterking landbouwcoöperaties Gitarama
COOPIBO Netwerk voor landbouwdeskundigheid
COOPIBO Socio-economisch steunprogramma vrouwen Byumba

Total

2192/28

93/051

INADES

FOS

896 527
3 721 635
4 618 162

Gemeente
Muganza

3 917 121
2 817 997
4 129 500
1 136 702
1 415 596

5
Plattelandsontwikkeling via Boerenorganisaties

Total

Total

4 565 228

2

Total
25/028

4 565 228
1

1816/36
56002/14

56005/28

4 858 072

Landbouwontwikkeling Volwassenen / Kamonyi

Total
Total

5 186 612

Produktie Samengestelde Kindervoeding / Kansi
Produktie Samengestelde Kindervoeding / Kansi

Total
795/06

4 698 000

Formation d’infirmières / Kabaya

Total
56001/11
56001/11

433 125

École santé publique / Mudende

Total
1630/88

2 446 838

Oprichting ophtalmologogische afdeling / Kabinda

Total
1781/70

1 122 298
3 738 921
510 943
1 066 171
3 601 882
10 040 215

Centre formation professionelle Frère Joséphites

Total
1817/12

1 632 777

Coforwa

Total
2138/35

945 000

Coopérative agricole Haute Altitude / N-Rwanda

Total
1818/28
1999/76
1351/79
1998/82
1999/83

1 389 916

Vorming plattelandsanimatrices / Kinazi

Total
2138/75

1 417 500

Plattelandsontwikkeling Via Boerenorganisaties

Total
1537/27

Bedrag

Montant

13 416 916
1 626 628

1
SOLPROT Coordination solidarité / Kigali

1 626 628
1 234 075

1

1 234 075

1 - 611/7 - 1997/1998

Jaar

Année

GPP

1543/54

( 690 )

Nr. Dos

No Dos

88/033

NGO

ONG

SOSF

Vulgarisation apiculture

Total
Total

1994

1995

1998/60

90/129

56002/14

22/014

11

26 480 613

DAM

Nationaal programma lepra- en TBC-bestrijding / Kigali

3 679 425

BD

Nat. Vormingsprogr. Landbouwers & Landbouwanimatoren

1

56006/18
56006/22
56006/23
56006/49

26/018
26/022
26/023
26/049

NCOS
NCOS
NCOS
NCOS

56006/18
56006/22
56006/23
56006/49

26/018
26/022
26/023
26/049

NCOS
NCOS
NCOS
NCOS

Coördinatie mensenrechtenorganisaties
Gedelegeerd Fondsen voor ARDI
Steun aan lokale organisaties CCOAIB
Opzetten mini-bedrijven voor vrouwen DUTERIMBERE
Coördinatie mensenrechtenorganisaties
Gedelegeerd Fondsen voor ARDI
Steun aan lokale organisaties CCOAIB
Opzetten mini-bedrijven voor vrouwen DUTERIMBERE

3 634 109
4 448 051
4 042 412
3 825 000

8

29 949 572

25/028

88/036

FOS

KBA

1995

1996

1127/21

85/037

AGAT

944/02

89/054

AGAT

Plattelandsontwikkeling Via Boerenorganisaties

DAM

94/106

90/059

95/001

3 207 008

2

3 491 059

Lepra- en tuberculosebestrijding / Rwanda

89/060
Total

Total

1996

8 229 542
1

BD

Nat. Vormingsprogr. Landbouwers & Landbouwanimatoren
1

SOLPROT Drinkwater / Gitesi

FR

Reprise accélération vaccination polio

Appui à la COFORWA

2 612 633
2 612 633

4 760 545

2 621 194
5 382 450

1
OCIRIZ

INADES

2 621 194
1

SLCD

8 229 542

4 760 545
1

Total
795/06

945 000

284 051

Total
2586/30

1

51 000 867

Total
1816/97

945 000

16

Total
2527/88

1 500 000

Construction,
équipement
artisans
handicapés /
Gatagara
Renforcement des soins et formation handicapés

Total
22/014

1 500 000

Vorming plattelandsanimatrices / Kinazi

Total

56002/14

7 525 000

1

Total

24/019

1 942 500
3 675 000
1 907 500
3

Total

56004/19

3 778 650

Centre formation agro-pastoral / Kacyiru II
Centre social éducatif / Kacyiru I
Centre formation agro-pastoral / Kacyiru II

Total
1537/27

3 778 650
1

Total
56005/28

3 624 771
4 385 051
3 862 412
2 127 766

COOPIBO Duurzame landbouwontwikkeling

CRBAI
CRBAI
CRBAI

3 623 220
3 623 220

Total
89/000
89/037
89/000

3 679 425
INADES

1

Total

1631/58
1631/59
1631/58

1 019 604
1 019 604

Total

23/031

Bedrag

Montant

1

Total

56003/31

Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

Landbouwontwikkeling volwassenen / Kamonyi

5 382 450
487 311

1

487 311

8

26 584 734

( 691 )

Jaar

Année

1997

GPP

3043/92

Nr. Dos

No Dos

96/167

NGO

ONG

ABRWA

1 - 611/7 - 1997/1998

Appui aux agriculteurs / Karama

Total
56002/14

2 022/014

Commune de
Karama
1

BD

Nat. Vormingsprogr. Landbouwers & Landbouwanimatoren

Total
56006/66

2 026/066

NCOS

Coördinatie Regio Grote Meren

56006/49

2 026/049

NCOS

56006/23

2 026/023

NCOS

Opzetten mini-bedrijven voor vrouwen DUTERIMBERE
Steun aan lokale organisaties CCOAIB

56006/22

2 026/022

NCOS

Gedelegeerd Fondsen voor ARDI

56006/18

2 026/018

NCOS

Coördinatie mensenrechtenorganisaties

1670/12

89/029

2834/32
2834/30
2834/31

95/171
95/169
95/170

95/054

OXFAM

92/109

96/126

3 152 285

16 148 285
4 103 496
4 103 496
5 227 270
4 653 765
6 853 586
16 734 621

Mission permanente de surveillance des droits de
l’homme

6 300 000

1

6 300 000

SOLPROT Watervoorziening / Muzimu-Gatare

3 571 060
1

EF

2 565 000

3

Total
3043/57

3 259 649

Conseil concer- 3 725 000
tation organis.
initiatives
Ardi — ass. 3 097 600
rwand. promotion dév. intégré
Cladho (Coll. 3 608 400
ligues et défenses droit)

École formation technique / Kacyiru
Pouponnières et écoles pré-primaires / Kacyiru
Prise en charge enfants non accompagnés / Kacyiru

Total
1999/76

NCOS —
Rwanda
Duterimbere

1
CRBAI
CRBAI
CRBAI

1 633 840

3 259 647

COOPIBO Versterking van coöperatieve groepen / Cyangugu

Total
2794/20

INADES

5

Total

Bedrag

Montant

1 633 840

1

Total

Unité de production (communication) / Kigali

Total
Total

Lokale
partner

Partenaire
local

Omschrijving

Libellé

1997

De uitgaven voor medegefinancierde projecten en
initiatieven van NGO’s in Rwanda bedragen over
deze periode (in miljoenen frank) :

3 571 060
Ligue des Droits 6 466 830

1

6 466 830

14

58 217 779

213

549 388 021

Les dépenses consacrées aux projets et actions
ONG cofinancés au Rwanda pour cette période
s’élève (en millions de francs) à:

1990 : 98,449;

1990 : 98,449;

1991 : 89,056;

1991 : 89,056;

1992 : 112,065;

1992 : 112,065;

1993 : 86,532;

1993 : 86,532;

1994 : 26,480.

1994 : 26,480.

3.14.1.4. Militaire samenwerking

3.14.1.4. Coopération militaire

Minister Derycke heeft daarover het volgende verklaard : « De militaire coöperatie was ingeschreven op

Selon la déclaration du ministre Derycke, « quant à
la coopération militaire, elle était inscrite au budget

1 - 611/7 - 1997/1998

( 692 )

het budget van Ontwikkelingssamenwerking, maar
was eigenlijk in handen van Landsverdediging. Voor
de jaren 1992, 1993 en 1994 ging het respectievelijk
om 197,4 miljoen frank en tweemaal 196 miljoen
frank. »
De minister deelt voorts mee : « Op Buitenlandse
Zaken stond ook een post voor beurzen voor Rwandese militairen die in België studeerden. In 1993
bedroeg die post 42 miljoen frank » (1).

de la Coopération au développement, malgré que cela
fait partie de la Défense nationale. Elle était pour les
années 1992, 1993, 1994 de respectivement 197,4 millions et deux fois 196 millions ».

Uit de geraadpleegde stukken blijkt dat de MTS
bestond uit 23 personen, van wie :
3 bij de generale staf van het Rwandese leger;
3 bij de Militaire School;
6 (van wie een officier-arts) in het Centrum voor
Commando-opleiding in Bigogwe.
Wat het kamp van Bigogwe betreft, heeft de
commissie niet kunnen uitmaken of de Belgische militaire ontwikkelingshelpers in 1992 getuige zijn
geweest van de moordpartijen op de Bagogwe.
De gemengde commissie voor de BelgischRwandese militaire samenwerking kon niet eerder
worden georganiseerd dan eind juni 1993 ten gevolge
van de gebeurtenissen in februari (het offensief van
het RPF) en in maart (verslag van de Commissie van
de Mensenrechten).
De Belgische delegatie stond onder de leiding van
divisieadmiraal M. Verhulst, toegevoegd aan het
hoofd van de generale staf en verantwoordelijk voor
de operaties.
Daarenboven werd in 1993 overeengekomen dat
van Rwandese zijde twee officiële aanvragen zouden
gericht worden tot de Belgische overheid. De eerste
om het aantal militaire adviseurs te verhogen, de
andere om het aantal maanden opleiding in België
waarover de Rwandese krijgsmacht jaarlijks kon
beschikken met ongeveer 200 te verhogen.
Van Belgische zijde heeft men opnieuw de wil
bevestigd mee te werken aan het integratieproces dat
moest leiden tot de oprichting van een nieuw Rwandees leger, een belangrijk onderdeel van de akkoorden van Arusha.

Des documents consultés, il résulte que la CTM
était composée de 23 personnes dont :
3 à l’état-major de l’armée rwandaise;
3 à l’École supérieure militaire;
6 (dont un officier médecin) au Centre
d’entraı̂nement commando de Bigogwe.
À propos du camp de Bigogwe, la commission n’a
pas pu vérifier si les coopérants militaires belges
avaient été en 1992 témoins des massacres commis
contre les Bagogwe.
La commission mixte de coopération militaire
belgo-rwandaise n’a pu être organisée que fin juin
1993, à la suite des événements de février (offensive
FPR) et de mars (rapport de la Commission des droits
de l’homme).

Tijdens de hoorzitting van 21 april 1997 heeft luitenant-generaal Charlier daarover gezegd :
« Kolonel Vincent was het hoofd van de militaire
technische samenwerking. Hij was ter plekke vóór
UNAMIR werd geı̈nstalleerd. De militaire technische
samenwerking was een belangrijke bron van inlichtingen over wat er tussen 1990 en 1993 in dat land was
gebeurd. Toen UNAMIR werd geïnstalleerd hebben
wij ervoor gezorgd dat ze afstandelijk bleef tegenover
de militaire technische samenwerking die het Rwandese leger steunde.

Le lieutenant général Charlier lors de son audition
du 21 avril 1997 déclare :
« Le colonel Vincent était le chef de la coopération
technique militaire. Il était là avant le déploiement de
la MINUAR. La CTM était source d’informations
importantes sur ce qui s’était passé dans le pays entre
1990 et 1993. Lorsque la MINUAR a été installée,
nous avons veillé à ce qu’elle garde ses distances
envers la CTM qui soutenait les FAR.

——————

——————

(1) Ibid., blz. 255.

Il ajoute : « Aux Affaires étrangères, il y avait également un poste pour les bourses destinées à des militaires rwandais qui étudiaient en Belgique. Ce poste
s’élevait en 1993 à 42 millions » (1).

La délégation belge était conduite par l’amiral de
division, M. Verhulst, adjoint au chef d’état-major
général, responsable des opérations.
De plus, il avait été convenu en 1993 que la partie
rwandaise introduirait deux demandes officielles
auprès des autorités belges. L’une en vue d’augmenter
le nombre de coopérants militaires, l’autre portant
sur une augmentation de l’ordre de 200 le nombre de
mois de stage en Belgique mis annuellement à la
disposition des Forces armées rwandaises.
La partie belge avait réaffirmé sa volonté de participer au processus d’intégration devant conduire à la
constitution de la nouvelle armée rwandaise, point
important des Accords d’Arusha.

(1) Ibid., p. 249.

( 693 )
UNAMIR moest in haar contacten met het Rwandese leger en het RPF neutraal zijn. Wij hebben dan
ook gevraagd dat contacten tussen de Belgische leiding van UNAMIR en de leiding van de militaire technische samenwerking zouden worden vermeden. Ik
had geen zeer frequente contacten met kolonel
Vincent. Wij hebben alleen enkele telefonische
contacten gehad. » (1)
Neutraliteit werd dus zeer belangrijk geacht.

1 - 611/7 - 1997/1998

La MINUAR devait être neutre dans ses contacts
avec les FAR et le FPR. Nous avons donc demandé
que les contacts entre les responsables belges de la
MINUAR et ceux de la CTM soient évités. Mes
contacts avec le colonel Vincent n’étaient pas
fréquents. Nous avons simplement eu quelques
échanges téléphoniques » (1).
La neutralité était donc considérée comme très
importante.

De commissie stelt vast dat door de gelijktijdige
aanwezigheid van officiële militaire ontwikkelingshelpers en een Belgisch contingent van UNAMIR er
twijfel kan ontstaan omtrent de neutraliteit van
België.

La commission constate que la présence simultanée
d’une coopération militaire officielle et d’un contingent belge de la MINUAR pouvait être source
d’interprétation ambiguë sur la neutralité de la Belgique.

De commissie heeft geen sporen gevonden waaruit
zou blijken dat de wenselijkheid om de MTS te handhaven ter sprake is gekomen toen de beslissing is
genomen om aan UNAMIR deel te nemen.

La commission n’a pas trouvé de traces démontrant
que l’opportunité du maintien de la CTM ait été
évoquée lors de la décision de participation à la
MINUAR.

3.14.2. Evaluatie

3.14.2. Évaluation

3.14.2.1. Multilaterale samenwerking

3.14.2.1 Coopération multilatérale

De commissie heeft de heer P. Galand gehoord, die
samen met de heer Michel Chossudovsky (deskundige in internationale financiën) een verslag heeft
geschreven over « L’usage de la dette extérieure du
Rwanda (1990-1994). La responsabilité des bailleurs
de Fonds » (zie bijlage).

La commission a pu entendre M. P. Galand coauteur avec M. Michel Chossudovsky (expert en
finance internationale) d’un rapport sur « L’usage de
la dette extérieure du Rwanda (1990-1994). La
responsabilité des bailleurs de Fonds » (voir annexe).

Zij deden dit op verzoek van de huidige Rwandese
regering om een middel te zoeken voor de herschikking van de schuld, die momenteel 90 % van het bruto
binnenlands product bedraagt.

Cette mission a été effectuée à la demande de
l’actuel gouvernement rwandais afin d’évaluer les
possibilités de rééchelonnement de la dette qui atteint
90 % du produit intérieur brut.

Tijdens zijn hoorzitting (16 mei 1997) verklaarde
P. Galand : « Vóór 1990 bestond de schuld uit leningen om projecten uit te voeren. In de tweede periode
daarentegen waren de leningen bestemd om de betalingsbalans aan te passen, zodat vlug geld beschikbaar was voor aankopen in het buitenland. Vanaf dan
begonnen de uitgaven in Rwanda te ontsporen. » (2)

Lors de son audition (16 mai 1997) M. P. Galand a
déclaré : « Avant 1990, la structure de la dette est classiquement fondée sur des prêts à projets. Par contre,
durant la deuxième période, les prêts étaient destinés
à faciliter les ajustements de la balance des paiements
permettant ainsi des décaissements rapides pour
effectuer des achats à l’extérieur. C’est là qu’on constate une dérive dans les dépenses du Rwanda » (2).

Tijdens de periode 1990-1994 groeide de getalsterkte van het Rwandese leger uit van 5 000 tot
55 000 mannen. Daarbij kwamen nog 17 000 leden
van de burgermilitie.

Au cours de la période 1990-1994, on peut penser
que l’effectif de l’armée rwandaise est passé de 5 000 à
55 000 hommes. Il faut ajouter 17 000 membres de la
milice civile.

De heer P. Galand zegt : « Daartoe kregen de leiders
onbewust steun van internationale geldschieters,
zoals de Wereldbank en de Afrikaanse Ontwikkelingsbank. Minister Derycke zegt dat België via de

Lors de son audition, M. Galand précise : « Pour ce
faire, les dirigeants ont bénéficié de l’appui inconscient de bailleurs de fonds internationaux, dont la
Banque mondiale et la Banque africaine de dévelop-

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 322.
(2) Hoorzitting met de heer P. Galand, BV, POR, Senaat,
1996-1997, 16 mei 1997, blz. 538.

(1) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 316.
(2) Audition de M. P. Galand, CRA, CER, Sénat, 19961997, 16 mai 1997, p. 528.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 694 )

Wereldbank tweemaal aanpassingskredieten ten
bedrage van 500 en 600 miljoen heeft uitbetaald. »

pement. Quant à la Belgique, le ministre Derycke a
expliqué qu’elle avait fait deux décaissements de 500
et 600 millions qui avaient transité par la Banque
mondiale. »

De Wereldbank legde een lijst aan van goederen die
met de geleende fondsen mochten worden gekocht,
en sloot daarbij uitgaven voor wapens uit.

La Banque mondiale a précisé les biens qui
pouvaient être achetés avec les fonds prêtés en
excluant les dépenses d’armements.

Steeds volgens P. Galand : « Vanaf 1990 stijgt de
begroting van landsverdediging echter zeer snel van
3 tot 8 miljard Rwandese frank, zodanig dat de internationale schuldeisers in 1992 druk uitoefenen op
Rwanda.

« Or, dès 1990, le budget de la défense nationale va
croître très vite de 3 à 8 milliards de francs rwandais à
tel point qu’en 1992, les créanciers internationaux
feront pression sur le Rwanda.

De kabinetsdirecteur van de minister bevoegd voor
het plan vestigde de aandacht van de regering op het
risico dat de begroting van 8 miljard van landsverdediging zou worden overschreden. Om te voorkomen
dat de Wereldbank geen geld meer wilde voorschieten
heeft Rwanda maximum 8 miljard uitgetrokken,
bedrag dat tegen het einde van het jaar opliep tot
14 miljard.

Le directeur de cabinet du ministre du plan attirera
l’attention du gouvernement sur les risques de dépassement de la limite de 8 milliards de francs pour le
budget de la défense. Afin d’éviter que la Banque
mondiale ne mette un terme à l’avance de fonds, le
Rwanda inscrivit alors un budget maximum de
8 milliards qui fut dépassé pour atteindre 14 milliards
en fin d’année.

De internationale schuldeisers eisten toen dat
Rwanda de begroting zou aanpassen, wat inderdaad
gebeurde, maar alleen wat sociale posten betreft.
Terzelfder tijd bleef de Afrikaanse verantwoordelijke
van de Internationale Bank geruststellende verklaringen afleggen over de inspanningen die Rwanda
leverde.

Les créanciers internationaux exigèrent alors que le
Rwanda procède à des corrections d’ajustements de
son budget, ce qu’il fit effectivement mais uniquement
sur les budgets sociaux. À la même époque , le responsable africain de la Banque internationale continuait
à avoir des discours rassurants quant aux efforts réalisés par le Rwanda.

Daarom heeft de internationale gemeenschap 90 %
gedekt van het structurele deficit van de betalingsbalans. In 1993 werd 71 % van de begroting vastgelegd
voor wapenaankopen. »

C’est ainsi que la communauté internationale
couvrira 90 % du déficit structurel de la balance des
paiements. En 1993, 71 % du budget étaient engagés
dans les dépenses d’armements. »

Men kan zich vragen stellen bij de controle die de
internationale instellingen uitoefenden op deze uitgaven.

On peut s’interroger sur le contrôle effectué sur les
dépenses par les organismes internationaux.

« De geldschieters hebben bevestigd dat, gelet op
het feit dat deze fondsen vervangbaar waren, zij niet
wisten wat Rwanda werkelijk deed met de geleende
bedragen. Ze namen er genoegen mee de conformiteit
van de facturen na te gaan, terwijl zij een opvolgingscomité voor structurele aanpassingen hadden moeten
oprichten. Een onafhankelijke doorlichting moest de
geldigheid van de geleverde stukken nagaan.

« Les bailleurs de fonds ont affirmé qu’en raison de
la fongibilité des fonds, ils ne savaient pas ce que le
Rwanda faisait effectivement des sommes prêtées. Ils
se contentaient de surveiller la conformité des factures
alors qu’ils auraient pourtant dû mettre sur pied un
comité de suivi des ajustements structurels. Un audit
indépendant était chargé d’étudier la validité des
pièces fournies.

Toen bleek al dat Rwanda systematisch dezelfde
factuur voorlegde aan verschillende geldschieters en
bevestigde dat de fondsen gebruikt werden voor
goederen die niets van doen hadden met het leger. Er
werd vaak gesjoemeld met de voorstellingen van de
cijfers van het budget.

Ces études ont été faites et dénonçaient déjà à
l’époque des manoeuvres du Rwanda qui présentait
systématiquement la même facture à plusieurs bailleurs de fonds ou affirmait que ces fonds seraient utilisés à des biens étrangers à l’armée. On assiste à de
nombreux détournements dans la présentation des
chiffres du budget.

Zo werden militaire vrachtwagens vaak op de
sector van het burgertransport gebudgetteerd. (...)

Il était ainsi courant de budgétiser des camions
militaires sur le secteur du transport civil. (...)

In onze studie gaat het voorts over de documenten
van geldopnemingen om tijdens de oorlog wapens
aan te kopen. Daaruit blijkt dat de budgetten die

Notre étude porte ensuite sur les documents de
décaissements destinés à couvrir les dépenses
d’armements durant la guerre. Il ressort de ceux-ci

( 695 )

1 - 611/7 - 1997/1998

daarvoor zijn aangewend tijdens de oorlog van 83 tot
133 miljoen dollar zijn toegenomen. (...)

que les fonds qui y ont été affectés sont passés de 83 à
133 millions de dollars pour l’achat d’armes pendant
la période de guerre.

Er zijn in 1992 en vooral in 1993 grote aankopen
geweest van blanke wapens : machetes, hakbijlen,
schoppen en schroevedraaiers. Die aankopen zijn veel
omvangrijker dan die van de voorgaande jaren, waaruit men een duidelijke band met de volkenmoord kan
afleiden. Uit het onderzoek van de bestellingen van de
machetes is gebleken dat vele burgers die niet in de
aankoop van landbouwmaterieel gespecialiseerd
waren, bij die aankopen als tussenpersoon zijn opgetreden. (...)

Il y a eu des achats massifs, en 1992 et surtout en
1993, d’armes blanches: machettes, haches, bêches et
tournevis. Le niveau de ces achats dépasse largement
celui des années antérieures, ce qui permet d’établir
un lien avec la préparation du génocide. En étudiant
les commandes de machettes, on trouve que de
nombreux civils non spécialisés dans l’achat de matériel agricole, ont servi d’intermédiaire dans ces achats.
(...)

Tussen 1992 en 1994 is door niet in landbouw
gespecialiseerde handelaren 580 ton gereedschap aangekocht voor een bedrag van ongeveer 725 000 dollar.
In de velden waar de volkenmoord heeft plaatsgevonden, heeft men meer dan 4 ton blanke wapens aangetroffen. Een machete weegt ongeveer 1 kilogram. (...)

Entre 1992 et 1994, 580 tonnes d’outils ont été
acquis par des commerçants non spécialisés en agriculture pour environ 725 000 dollars. On a recueilli
dans les champs des génocidaires pour plus de
4 tonnes d’armes blanches. Une machette pèse à peu
près un kilo. (...)

België moest zich ervan vergewissen dat de Wereldbank haar controle goed uitoefende. Onze financiële
experts, vooral die van de ontwikkelingssamenwerking, zijn echter niet waakzaam geweest. Zwitserland
verkeert in hetzelfde geval. (...) »

La Belgique devait s’assurer que la Banque
mondiale assurait bien son contrôle. Mais nos experts
financiers, notamment ceux de la coopération, n’ont
pas été vigilants. La Suisse est dans le même cas. (...) »

De commissie vraagt de heer Galand of de internationale hulpgelden gediend hebben om de deelnemers
aan de volkenmoord te financieren.

La commission a demandé à M. Galand si l’argent
de l’aide internationale avait servi à financer des
génocidaires.

De heer Galand antwoordt : « Ja, ik ben daar zeker
van. De internationale geldschieters zijn op zijn minst
onoplettend geweest. Dat blijkt onomstotelijk uit de
studie van de balans van de rekeningen. Dat was
mogelijk door de vervangbaarheid van de fondsen;
aangezien alle kredieten in de Schatkist werden
gestopt, beweert thans iedereen dat niet zijn gedeelte
van de financiering voor wapenaankopen heeft
gediend, maar dat van de anderen. »

M. Galand de répondre : « Oui, j’en ai la certitude.
Les bailleurs de fonds internationaux ont été au
moins inattentifs. L’étude de la balance des comptes
aboutit inexorablement à cette conclusion. Cela a été
possible grâce à la fongibilité des fonds, tous les
crédits étant versés au Trésor, ce qui permet
aujourd’hui à chacun de prétendre que ce n’est pas sa
partie du financement qui a servi mais celle des
autres. »

3.14.2.2. Bilaterale samenwerking

3.14.2.2. Coopération bilatérale

Met betrekking tot de financiële samenwerking en
het hertewerkstellingsfonds, schrijft afdelingshoofd
Robert Schiewer in zijn verslag van de BSO (Belgische
sectie voor ontwikkelingssamenwerking) van 10 april
1997 het volgende :

Au niveau de la coopération financière et du fonds
de réemploi, le chef de section Robert Schiewer, dans
son rapport de la SBC (section belge de coopération)
du 10 avril 1997, fait le commentaire suivant :

« La totalité des opérations et leur comptabilité ont
pu être reconstituées après la guerre.

« La totalité des opérations et leur comptabilité ont
pu être reconstituées après la guerre.

La SBC dispose de toutes les factures originales. Les
sondages effectués tant par la SBC sur le plan bilatéral
que par l’UE sur le plan du FBC ont toujours conclu à
la matérialité et à la conformité des dépenses. Il n’y a
donc pas de détournement décelable de l’aide. » (...)

La SBC dispose de toutes les factures originales. Les
sondages effectués tant par la SBC sur le plan bilatéral
que par l’UE sur le plan du FBC ont toujours conclu à
la matérialité et à la conformité des dépenses. Il n’y a
donc pas de détournement décelable de l’aide. » (...)

Over de projecten, in regie of in medebeheer wordt
de volgende commentaar gegeven :

Au niveau des projets, en régie ou en cogestion, le
commentaire est le suivant :

« De 1990 au 7 avril 1994 aucune opération détournée des projets belges qui auraient pu être utilisés à

« De 1990 au 7 avril 1994 aucune opération détournée des projets belges qui auraient pu être utilisés à

1 - 611/7 - 1997/1998

( 696 )

des fins politiques extrémistes ou en liaison avec la
préparation du génocide ne peut être mise en évidence.

des fins politiques extrémistes ou en liaison avec la
préparation du génocide ne peut être mise en
évidence.

— Un incident à relever concerne une rumeur
lancée à l’encontre de M. Pascal Komayombi, directeur du projet couvoir national de Rubilizi.

— Un incident à relever concerne une rumeur
lancée à l’encontre de M. Pascal Komayombi, directeur du projet couvoir national de Rubilizi.

Au courant des années 1993-1994, la radio du FPR
Muhabura a accusé cette personne d’être membre de
la CDR et d’avoir distribué des machettes aux Interahamwe. Cela n’a pu ni être confirmé ni infirmé.

Au courant des années 1993-1994, la radio du FPR
Muhabura a accusé cette personne d’être membre de
la CDR et d’avoir distribué des machettes aux Interahamwe. Cela n’a pu ni être confirmé ni infirmé.

— D’avril à septembre 1994 des comptes de la
coopération ont été victimes d’opérations frauduleuses ou douteuses (escroqueries limitées pendant la débâcle) » (...)

— D’avril à septembre 1994 des comptes de la
coopération ont été victimes d’opérations frauduleuses ou douteuses (escroqueries limitées pendant la
débâcle) » (...)

Het afdelingshoofd besluit zijn verslag als volgt :

Le chef de section termine son rapport comme suit :

« Avis général de la SBC sur d’éventuels détournements de l’aide bilatérale directe dans les événements
de 1994.

« Avis général de la SBC sur d’éventuels détournements de l’aide bilatérale directe dans les événements
de 1994.

Ma conviction, partagée par les collaborateurs qui
se sont succédé à la section depuis le premier retour au
Rwanda le 2 août 1994, est que l’aide bilatérale belge
n’a pas pu être détournée de façon significative de sa
destination. Les mécanismes de suivi et de contrôle, la
vigilance des responsables belges dont toutes les
informations jointes et les archives de la section sont
les témoins, auraient fait apparaître une dérive. »

Ma conviction, partagée par les collaborateurs qui
se sont succédé à la section depuis le premier retour au
Rwanda le 2 août 1994, est que l’aide bilatérale belge
n’a pas pu être détournée de façon significative de sa
destination. Les mécanismes de suivi et de contrôle, la
vigilance des responsables belges dont toutes les
informations jointes et les archives de la section sont
les témoins, auraient fait apparaître une dérive. »

3.14.2.3. De NGO’S

3.14.2.3. Les ONG

De commissie heeft vragen gesteld over de rol van
de NGO’s.

La commission s’est interrogée sur le rôle des
ONG.

Tijdens de hoorzitting merkt minister Derycke op
dat « de NGO’s enkel werden gesubsidieerd en zij zich
hun beleid niet lieten dicteren. (...)

Le ministre Derycke fait remarquer lors de son
audition que « les ONG ont uniquement été subventionnées et qu’elles ne se sont pas laissé dicter leur
politique. (...)

De bilaterale hulp betrof 5 projecten in 50 sectoren
met 38 NGO’s, waarbij er ook samenwerkingsprogramma’s in Europees en VN-verband waren. » (1)

L’aide bilatérale concernait 5 projets dans 50 secteurs avec 38 ONG et il y avait également des
programmes de coopération dans le cadre de l’Europe
et de l’ONU » (1).

Tijdens de hoorzitting van 16 mei 1997 werd de
heer P. Galand gevraagd of bepaalde NGO’s niet als
dekmantel dienden voor steun aan het leger. De heer
Galand antwoordt :

Lors de son audition du 16 mai 1997, à la question
de savoir si certaines ONG servaient de couverture à
une aide à l’armée, M. Galand répond :

« Zeggen dat de NGO’s misschien medeplichtig
zijn aan de volkenmoord is een zware uitspraak. De
NGO’s hebben verslagen gefinancierd om onze aandacht te vestigen op de situatie in Rwanda. Dank zij
hun deskundigheid is de lokale situatie verbeterd.

« Il est grave de dire que les ONG ont pu être
complices du génocide. Les ONG ont financé des
rapports afin de nous alerter sur la situation au
Rwanda. Elles bénéficient aussi d’une expertise historique qui a contribué à améliorer la situation sur
place.

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer E. Derycke, op. cit., blz. 254.

(1) Audition de M. E. Derycke, op. cit., p. 248.

( 697 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Ik geef wel toe dat de NGO’s door onoplettendheid
mensen hebben kunnen dekken van wie nadien gebleken is dat ze deelgenomen hebben aan de volkenmoord. (...) » (1)

À la question de savoir si des ONG ont pu couvrir
par inadvertance des gens qui se sont révélés des génocidaires, je réponds positivement (...) » (1).

De commissie heeft zich in het bijzonder gebogen
over de NGO Nord-Sud.

La commission s’est penchée plus particulièrement
sur l’ONG Nord-Sud.

Een van de projecten van die NGO was onder meer
het sturen van ontwikkelingshelpers naar een college
in het geboortedorp van president Habyarimana. De
raad van bestuur van dat college werd voorgezeten
door de heer Bagosora. Het collegegeld was er zo
hoog dat het duidelijk bedoeld was voor de rijken.

Parmi ses projets, cette ONG avait notamment
celui d’envoyer des coopérants dans un collège situé
dans le village natal du président Habyarimana. Ce
collège était présidé par M. Bagosora. Le minerval
élevé pratiqué par ce collège laissait entendre qu’il
était réservé à des élites sur le plan de la fortune.

Dit project lijkt niet te beantwoorden aan wat men
verstaat onder ontwikkelingssamenwerking.

Ce projet ne paraı̂t pas répondre à ce qu’on pourrait s’attendre d’une aide de coopération au développement.

Er loopt thans een gerechtelijk onderzoek naar de
v.z.w. Nord-Sud. De commissie heeft met de gerechtelijke overheid afgesproken overlappingen met het
gerechtelijk onderzoek te voorkomen teneinde dat
onderzoek niet te dwarsbomen.

Une instruction judiciaire est actuellement en cours
concernant l’ASBL Nord-Sud. En accord avec les
autorités judiciaires, la commission a décidé de ne pas
interférer avec l’enquête en cours afin de ne pas gêner
celle-ci.

De commissie heeft minister Derycke ondervraagd
over dit soort directe bilaterale hulp, die volgens
sommige bronnen geen alleenstaand geval zou zijn en
over de ware aard van sommige acties van NGO’s die
niet passen in de geest van de ontwikkelingssamenwerking.

La commission a interrogé le ministre Derycke sur
ce type de coopération bilatérale directe, qui, selon
certaines informations, ne serait pas un cas isolé et sur
la nature exacte de certaines actions, fort éloignées de
l’esprit de la coopération au développement, mais
néanmoins menées par des ONG.

Hierop antwoordt minister Derycke : « De bedoeling van het Belgische Parlement bestond erin de
NGO’s veel middelen te verschaffen, zonder verantwoordelijkheid. Het ABOS moest de projecten financieren en indien mogelijk achteraf controleren. Het
was een kwestie van vertrouwen.

Le ministre Derycke répond : « La volonté du Parlement belge a été que les ONG aient beaucoup de
ressources sans responsabilités. L’AGCD dut financer
des projets avec contrôle post factum si possible. C’est
une question de confiance.

Over het algemeen ben ik voorstander van de
NGO’s maar soms hebben ze een politieke agenda en
zijn ze niet neutraal. Ik weet heel goed dat de
38 NGO’s in Rwanda een bepaalde filosofie hadden
en dat er na de vervanging van het regime andere
NGO’s gekomen zijn die een andere filosofie aankleefden » (2).

Grosso modo, je suis partisan des ONG mais,
parfois, elles ont leur agenda politique et ne sont pas
neutres. Je sais très bien que les 38 ONG présentes au
Rwanda avaient une certaine philosophie et que,
après le changement de régime, d’autres ONG relevant d’une autre philosophie sont venues sur le
terrain » (2).

Tijdens diezelfde hoorzitting verklaart de minister :

Lors de cette même audition, le ministre déclare :

« Sommige NGO’s waren volkomen solidair met de
Hutubevolking. » (...)

« Certaines ONG étaient profondément solidaires
avec la population hutue. » (...)

« De Belgische NGO’s hebben een filosofische of
politieke strekking. Sommige NGO’s voelden zich
beter onder een bepaald regime dan onder een ander.
Dat is hun recht. » (3)

« Les ONG belges sont philosophiques ou politiques. Certaines ONG se sentaient mieux sous un
régime plutôt qu’un autre. C’est leur droit. » (3)

——————

——————

(1) Hoorzitting met de heer P. Galand, op. cit., blz. 545.
(2) Hoorzitting met de heer E. Derycke, op. cit., blz. 256.
(3) Ibidem, blz. 258.

(1) Audition de M. P. Galand, op. cit., p. 535.
(2) Audition de M. E. Derycke, op. cit., p. 250.
(3) Ibidem, p. 252.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 698 )

3.14.2.4. Militaire samenwerking

3.14.2.4. Coopération militaire

De commissie heeft gepeild naar de mogelijkheid
om neutraal te zijn of als dusdanig over te komen als
er militaire technische samenwerking blijft bestaan.

La commission s’interroge sur la possibilité d’être
neutre ou d’apparaître comme tel, quand une CTM
continue à exister.

Tijdens de hoorzitting van 21 april 1997 heeft de
commissie luitenant-generaal Charlier gevraagd of
militaire en technische samenwerking volgens hem
verenigbaar is met de deelname aan een vredesoperatie. « Reeds in augustus 1993 verklaren sommige
ministers dat de militaire technische samenwerking in
Rwanda zou worden ontwikkeld zodra de akkoorden van Arusha zouden zijn uitgevoerd. De Belgische
deelname aan UNAMIR moest daartoe een springplank zijn. Er bestond echter onzekerheid, waardoor
wij verplicht waren de militaire technische samenwerking afstandelijk te behandelen. » (1)

Lors de son audition du 21 avril 1997, la commission a demandé au lieutenant général Charlier s’il
considérait qu’une coopération technique et militaire
était compatible avec une participation à une opération de « peace keeping ». « Dès août 1993, certains
ministres ont déclaré que la coopération technique
militaire serait développée au Rwanda après
l’achèvement du processus d’Arusha. La participation belge à la MINUAR devait être un tremplin à cet
effet. Mais il y avait une ambiguı̈té qui nous forçait à
garder nos distances avec la CTM » (1).

Op de vraag of de generaal overwogen heeft de
militaire technische samenwerking terug te trekken
antwoordt hij : « Neen, de militaire technische samenwerking bestond uit 20 mensen voor een ziekenhuis,
de hogere militaire school en het kamp van Bigogwe ». (2)

À la question de savoir s’il avait envisagé le retrait
de la CTM, il répond : « Non, la CTM, c’était 20 personnes pour un hôpital, l’école supérieure militaire et
le camp de Bigogwe » (2).

De commissie heeft vervolgens opgemerkt dat de
militaire technische samenwerking luidens Charlier
in Bigogwe niet rechtstreeks opereerde. De Rwandese
troepen kregen er nochtans een training hoewel die
door de Fransen werd verstrekt. Er bevonden zich
daar zes Belgen.

La commission lui fait alors remarquer que s’il n’y
avait pas d’intervention directe de la CTM à
Bigogwe, les troupes rwandaises y subissaient cependant un entraînement, même si c’était les Français qui
le dispensaient. Six Belges s’y trouvaient.

Luitenant-generaal Charlier antwoordt : « Ja, er
bestond onduidelijkheid. »

Le lieutenant général Charlier de répondre : « Oui,
il y avait ambiguı̈té. »

De commissie zegt vervolgens tot luitenantgeneraal Charlier dat men er had kunnen aan denken
de militaire technische samenwerking te schorsen. De
luitenant-generaal beaamt dit.

La commission a alors fait remarquer au lieutenant
général qu’on aurait pu suspendre la CTM. Le lieutenant général d’acquiescer.

Wat de doeltreffendheid van de MTS betreft en
haar rol vanaf oktober 1990 verklaart kolonel
Vincent :

Quant à l’efficacité de la CTM et son rôle à partir
d’octobre 1990, le colonel Vincent déclare :

« In oktober 1990 breekt de oorlog uit en verkoelen
de relaties. De Belgische technische en militaire
samenwerking wordt herleid tot een figurantenrol. »

« En octobre 1990, la guerre éclate et les relations se
refroidissent. La coopération technique et militaire
belge est reléguée à un rôle de figuration. »

Kolonel Vincent voegt er zelfs aan toe dat de officieren en onderofficieren niets deden (« niets of bijna
niets ») en dat ze hoopten dat « het vredesproces de
situatie kon deblokkeren ». (3)

Le colonel Vincent va même jusqu’à préciser que
les officiers et sous-officiers ne faisaient « rien ou presque » et qu’ils espéraient que « le processus de paix
débloquerait la situation » (3).

Dit alles in acht genomen stelt de commissie zich de
vraag of het wel nuttig was de MTS in stand te
houden.

Compte tenu de tout ce qui précède, la commission
s’interroge sur l’opportunité du maintien de la CTM.

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 21 april 1997, blz. 322.
(2) Ibidem.
(3) Hoorzitting met kolonel Vincent, BV, BCR, Senaat,
1996-1997, 7 maart 1997, blz. 129.

(1) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 21 avril 1997, p. 316.
(2) Ibidem.
(3) Audition du colonel Vincent, CRA, CSR, Sénat, 19961997, 7 mars 1997, p. 125.

( 699 )

1 - 611/7 - 1997/1998

3.15. DE AFHANDELING VAN
HET DOSSIER RWANDA DOOR DE
MILITAIRE AUTORITEITEN

3.15. LE TRAITEMENT DU DOSSIER
RWANDA PAR LES
AUTORITÉS MILITAIRES

De commissie onderzocht ook de wijze waarop
achteraf binnen het leger de tragische gebeurtenissen
in Rwanda werden geëvalueerd en voorgesteld.

La commission a également examiné l’évaluation
et la présentation a posteriori, au sein de l’armée, des
événements tragiques du Rwanda.

Te weerhouden hierbij zijn :

Retenons à cet égard :

— de vaststelling dat er geen debriefing werd georganiseerd in hoofde van de legerstaven;

— la constatation qu’il n’y a eu aucun débriefing
au sein des états-majors;

In elk geval werd nooit aan kolonel Marchal noch
aan kolonel Dewez gevraagd om deel te nemen aan
één of meerdere bijeenkomsten waarin de lessen
getrokken werden uit de gebeurtenissen. Luitenantgeneraal Berhin antwoordde voor de commissie op de
vraag of debriefings werden georganiseerd : « Niet bij
mijn weten. » (1)

En tout cas, l’on n’a jamais demandé au colonel
Marchal ni au colonel Dewez de participer à une ou
plusieurs réunions au cours desquelles l’on a tiré les
leçons des événements. Le lieutenant général Berhin a
répondu devant la commission à la question de savoir
si des débriefings ont été organisés : « Pas que je
sache. » (1)

— de beperking van het onderzoek Uytterhoeven
tot de aanwezige militairen in Rwanda;

— la limitation de l’enquête Uytterhoeven aux
militaires présents au Rwanda;

luitenant-generaal Berhin hierover in de hoorzitting van 29 april 1997 : « De toenmalige minister heeft
luitenant-generaal Charlier gevraagd een onderzoek
in te stellen naar de fouten die eventueel in Rwanda
zijn gemaakt » en « luitenant-generaal Charlier was
het ermee eens dat de oorzaak van de problemen in
Rwanda moest worden gezocht en niet erbuiten » (2); met uitzondering van een summiere ondervraging van admiraal Verhulst werd niemand van het
C Ops en al evenmin verantwoordelijken van de
logistiek, de landmacht of de generale staf ondervraagd; bovendien steunde de commissie Uytterhoeven zich enkel op verhoren en keek ze geen stukken in
van SGR of C Ops;

le lieutenant général Berhin a déclaré à ce sujet au
cours de son audition du 29 avril 1997 : « Le ministre à
l’époque a demandé au lieutenant général Charlier
une enquête sur les fautes éventuelles commises au
Rwanda » et « le lieutenant général Charlier était
d’accord qu’il fallait chercher la cause des problèmes
au Rwanda, pas au-delà » (2); à l’exception d’une
audition sommaire de l’amiral Verhulst, personne du
C Ops ni, moins encore, parmi les responsables de la
logistique, de la force terrestre ou de l’état-major
général, n’a été interrogé; par ailleurs, la commission
Uytterhoeven s’est basée exclusivement sur des auditions et n’a consulté aucun document du SGR ou du C
Ops;

— de vaststelling dat dit intern onderzoek binnen
de landmacht juist werd uitgevoerd door luitenantgeneraal Uytterhoeven die betrokken was bij de
UNAMIR operatie, vermits hij in februari 1994 een
inspectieverslag opstelde voornamelijk toegespitst op
de aldaar heersende tuchtproblemen onder de Belgische troepen; luitenant-generaal Berhin had hiertegen
geen bezwaar (3);

— la constatation que cette enquête interne à la
force terrestre a précisément été effectuée par le lieutenant général Uytterhoeven, qui a été impliqué dans
l’opération MINUAR, puisqu’en février 1994, il a
rédigé sur place un rapport d’inspection axé surtout
sur les problèmes de discipline qui existaient sur place
parmi les troupes belges; le lieutenant général Berhin
n’y vit aucun inconvénient (3);

— de vaststelling dat de evaluatienota van
12 oktober 1994 werd opgesteld door de afdeling
operaties van de Generale Staf onder leiding van
admiraal Verhulst, zonder dat, althans volgens de
beweringen van kolonel Marchal, contact werd genomen met de sector- of bataljoncommandanten. Op

— la constatation que la note d’évaluation du
12 octobre 1994 a été élaborée par la division opérations de l’état-major général sous la direction de
l’amiral Verhulst, sans que l’on ait pris contact, du
moins selon les affirmations du colonel Marchal, avec
les commandants de secteur ou de bataillon. À une

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Berhin, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 29 april 1997, blz. 405.
(2) Ibidem.
(3) Hoorzitting met luitenant-generaal Berhin, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 29 april 1997, blz. 402 en 403.

(1) Audition du lieutenant général Berhin, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 29 avril 1997, p. 389.
(2) Ibidem.
(3) Audition du lieutenant général Berhin, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 29 avril 1997, pp. 394 et 395.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 700 )

vraag van een commissielid hierover antwoordde luitenant-generaal Charlier : « Als dat niet is gebeurd, is
dat verkeerd. » (1) Het valt dan ook niet te verwonderen dat de evaluatienota niet de minste kritische
noot bevat voor de werking van de Generale Staf of
het C Ops te Evere;

question à ce sujet de la part d’un commissaire, le lieutenant général Charlier a répondu : « Si cela n’a pas été
fait, c’est une erreur. » (1) Il n’est donc pas étonnant
que la note d’évaluation ne contienne pas la moindre
critique sur le fonctionnement de l’état-major général
ou du C Ops à Evere;

— de vaststelling dat militair aalmoezenier Quertemont zover ging om het woord intimidatie in de
mond te nemen wanneer hij sprak over de druk die
uitgeoefend werd op de manschappen om niet alles
aan de grote klok te hangen (2); er moet nog worden
nagegaan of hiermee hetzelfde wordt bedoeld als de
« debriefing » die later aan de troepen werd gegeven,
« Le colonel Jacqmin est venu faire un debriefing au
niveau du bataillon. En fait, c’était plus un exposé
qu’une discussion », waarna een commissielid
besluit : « C’était donc plutôt une justification de ce
qui avait été dit ou fait. » (3)

— la constatation que l’aumônier Quertemont a
été jusqu’à employer le mot intimidation quand il
parlait des pressions exercées pour que les hommes ne
dévoilent pas tout (2); il convient encore de vérifier si
l’on vise ici la même chose que le « débriefing » qu’a
donné le colonel Jacqmin plus tard aux troupes : « Le
colonel Jacqmin est venu faire un débriefing au
niveau du bataillon. En fait, c’était plus un exposé
qu’une discussion », après quoi un membre de la
commission conclut : « C’était donc plutôt une justification de ce qui avait été dit ou fait. » (3)

Ten slotte vermeldt de commissie het rapport
« Militaire studie Rwanda — Kritische analyse van
het verslag van de ad-hocgroep » dat op 29 augustus
1997 door een commissie onder leiding van luitenantgeneraal Van Hecke op verzoek van de minister van
Landsverdediging werd opgesteld.

Enfin, la commission mentionne le rapport
« Militaire studie Rwanda — Kritische analyse van
het verslag van de ad-hocgroep » établi le 29 août 1997
par une commission dirigée par le lieutenant général
Van Hecke à la demande du ministre de la Défense
nationale.

Te onthouden uit dit verslag zijn :

Il faut retenir de ce rapport :

— de vaststelling dat het rapport « Van Hecke »
wordt voorgesteld als een kritische analyse van het
verslag van de ad-hocgroep, dit terwijl de auteurs zich
vooral hebben geconcentreerd op het al dan niet
bestaan van een anti-Belgisch klimaat en de dreiging
tegen de Belgische blauwhelmen. Naast het feit dat in
het verslag van de ad-hocgroep nergens gewag wordt
gemaakt van een « algemeen of veralgemeend antiBelgisch klimaat » merkt de commissie op dat in het
rapport van stafchef Van Hecke een aantal belangrijke documenten ontbreken (ondermeer het verslag
van de Recce-missie, de toespraak van generaal
Dallaire bij de installatie van UNAMIR, ...);

— la constatation que le rapport « Van Hecke » est
présenté comme une analyse critique du rapport du
groupe ad hoc, et ce, alors que les auteurs se sont
surtout concentrés sur l’existence ou l’absence d’un
climat antibelge et la menace contre les Casques bleus
belges. Outre le fait que le rapport du groupe ad hoc
ne mentionne nulle part un « climat antibelge général
ou généralisé », la commission fait observer qu’il
manque dans le rapport du chef d’état-major Van
Hecke un certain nombre de documents importants
(entre autres, le rapport de la mission Recce,
l’allocution du général Dallaire à l’occasion de
l’installation de la MINUAR, ...);

— de vaststelling dat in een tweede luik van het
rapport Van Hecke uitvoerig wordt ingegaan op het
aspect informatieverwerking. Complementair aan de
werkzaamheden van de commissie wordt in dit
rapport een duidelijk beeld geschetst van de werking
van de verschillende inlichtingendiensten, van de verschillende informatiekanalen en -bronnen waarover
de krijgsmacht beschikte, van de analysecapaciteit op
de verschillende niveaus en van de tekortkomingen en
de beperkingen die inherent waren aan de eigen structuur binnen het leger. Zo lezen we bijvoorbeeld in het

— la constatation que dans un deuxième volet du
rapport Van Hecke, on aborde amplement l’aspect de
la collecte et du traitement d’informations. En
complément des travaux de la commission, ce rapport
esquisse une image claire du fonctionnement des
différents services de renseignement, des différents
canaux et sources d’information dont l’armée disposait, de la capacité d’analyse aux différents niveaux et
des lacunes et limitations inhérentes à la structure
propre de l’armée. C’est ainsi que nous lisons dans le
rapport, par exemple, que : « In het geval « Jean-

——————

——————

(1) Hoorzitting met luitenant-generaal Charlier, BV, BCR,
Senaat, 1996-1997, 28 maart 1997, blz. 273.
(2) Hoorzitting met aalmoezenier Quertemont, BV, POR,
Senaat, 1996-1997, 7 mei 1997, blz. 448.
(3) Hoorzitting met korporaal-chef Pierard, POR, Senaat,
1996-1997, 27 juni 1997, PV, blz. 14/11.

(1) Audition du lieutenant général Charlier, CRA, CSR,
Sénat, 1996-1997, 28 mars 1997, p. 267.
(2) Audition de l’aumônier militaire Quertemont, CRA,
CER, Sénat, 1996-1997, 7 mai 1997, p. 438.
(3) Audition du caporal-chef Pierard, CER, Sénat, 19961997, 27 juin 1997, PV, pp. 14/11.

( 701 )

1 - 611/7 - 1997/1998

rapport dat : « In het geval « Jean-Pierre » worden via
Ambabel Kigali en de Sect Comd de door Kapt.
Claeys ontvangen informaties (na RV met de informant) aan C- Ops en SGR overgemaakt. Uit de daaropvolgende analyse op SGR blijkt dat in eerste instantie de informant als weinig geloofwaardig wordt
beschouwd. Niet alleen wordt dit niet aan de afzenders (Marchal en Claeys) gemeld, maar ze vinden ook
geen sporen van effectieve pogingen van SGR om die
zaak eventueel op te helderen. Wel maakt SGR in het
« rapport Hock » melding van de moeilijkheid om op
het terrein over geloofwaardige informanten te
beschikken. » (1);

Pierre » worden via Ambabel Kigali en de Sect Comd
de door Kapt. Claeys ontvangen informaties (na RV
met de informant) aan C- Ops en SGR overgemaakt.
Uit de daaropvolgende analyse op SGR blijkt dat in
eerste instantie de informant als weinig geloofwaardig wordt beschouwd. Niet alleen wordt dit niet aan
de afzenders (Marchal en Claeys) gemeld, maar ze
vinden ook geen sporen van effectieve pogingen van
SGR om die zaak eventueel op te helderen. Wel maakt
SGR in het « rapport Hock » melding van de moeilijkheid om op het terrein over geloofwaardige informanten te beschikken. » (1);

— de vaststelling dat het « rapport Van Hecke » in
een derde deel in belangrijke mate probeert tegemoet
te komen aan de grieven van de families van de vermoorde para’s. Informatie en steun aan de nabestaanden van slachtoffers en de uitbouw van een degelijk
sociaal netwerk binnen het leger gelden hier als aanbevelingen voor de toekomst.

— la constatation que, dans une troisième partie,
le « rapport Van Hecke » tente, dans une large mesure,
de répondre aux griefs des familles des paras assassinés. Fournir des renseignements et une aide aux
proches parents des victimes et développer un réseau
social convenable au sein de l’armée sont ici des
recommandations pour l’avenir.

——————

——————

(1) Militaire studie Rwanda — Kritische analyse van het
verslag van de ad-hocgroep, 29 augustus 1997.

(1) Militaire studie Rwanda — Kritische analyse van het
verslag van de ad-hocgroep, 29 août 1997.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 702 )

HOOFDSTUK 4

CHAPITRE 4

DISFUNCTIES, FOUTEN EN
VERANTWOORDELIJKHEDEN

DYSFONCTIONNEMENTS, ERREURS
ET RESPONSABILITÉS

De opdracht van de parlementaire onderzoekscommissie bestond erin na te gaan welk beleid de
Belgische en internationale overheden hebben
gevoerd, meer in het bijzonder welke acties zij hebben
ondernomen, en eventueel besluiten te formuleren
over de verantwoordelijkheden en de maatregelen die
in de toekomst genomen zouden moeten worden.

La mission de la commission parlementaire
d’enquête consistait à examiner quelle politique les
autorités belges et internationales ont menée, plus
particulièrement quelles actions elles ont entreprises,
et à formuler éventuellement des conclusions concernant les responsabilités et les mesures qui devraient
être prises dans le futur.

De commissie vestigt de aandacht op het feit dat zij
gedurende verschillende maanden van het jaar 1997
meer dan honderd getuigenissen heeft gehoord en
talrijke documenten geraadpleegd. Vanzelfsprekend
moet rekening worden gehouden met het feit dat men
daarbij op de hoogte was van de gebeurtenissen die
zich meer dan drie jaar geleden in Rwanda hebben
afgespeeld. De commissie heeft niettemin gepoogd
niet in de val te trappen van een interpretatie a posteriori en de documenten zoveel mogelijk in hun
context van toen terug te plaatsen alvorens een
oordeel uit te spreken.

La commission attire l’attention sur le fait que,
pendant plusieurs mois durant l’année 1997, elle a
entendu plus d’une centaine de témoignages et consulté d’innombrables documents. Il faut bien entendu
tenir compte du fait que cela s’est fait en étant au
courant des événements qui se sont déroulés il y a plus
de trois ans au Rwanda. La commission a cependant
essayé d’éviter le piège d’une interprétation à posteriori et de replacer, autant que possible, les documents dans leur contexte temporel original avant
d’émettre un jugement.

In dit hoofdstuk stelt de commissie onder meer een
aantal disfuncties en verantwoordelijkheden vast,
met het gevaar dat zodoende de positieve elementen
niet meer naar voren komen. De commissie wenst te
onderstrepen dat talrijke personen en organisaties,
burgerlijk zowel als militair, zich waarachtig hebben
ingezet en het bewijs hebben geleverd van grote
bekwaamheid.

Dans ce chapitre, la commission constate, entre
autres, un certain nombre de dysfonctionnements et
de responsabilités, en courant le risque que, de cette
manière, n’apparaissent plus les éléments positifs. La
commission souhaite souligner que de nombreuses
personnes et organisations, tant civiles que militaires,
ont fait preuve d’un véritable engagement et d’une
grande compétence.

Bij het opstellen van haar verslag is de commissie
niet uitgegaan van politieke overwegingen, maar wel
van de bekommernis dat meer dan drie jaar na de
dramatische gebeurtenissen de tijd is aangebroken
om de gebreken vast te stellen en de fouten te erkennen die op verschillende niveaus begaan werden.
Naast de vaststelling dat talrijke betrokkenen degelijk
werk hebben verricht is het de bedoeling van de
commissie hierbij niet mensen met de vinger te wijzen,
maar na te gaan wat er van augustus 1993 tot
april 1994 fout is gelopen, zodat naar de toekomst toe
lessen getrokken kunnen worden en kan worden verhinderd dat opnieuw dezelfde vergissingen worden
begaan als in het verleden. Het is het beste eerbetoon
dat we aan de tien vermoorde paracommando’s en
aan alle slachtoffers van de genocide in Rwanda
kunnen betuigen, opdat hun dood niet helemaal
nutteloos geweest zij.

Lors de la rédaction de son rapport, la commission
ne s’est pas fondée sur des considérations politiques,
mais elle a estimé que plus de trois ans après les événements dramatiques, il était temps de constater les
manquements et de reconnaı̂tre les erreurs qui ont été
commises à différents niveaux. En dehors du constat
que de nombreux acteurs ont bien fait leur travail,
l’intention de la commission n’est pas de montrer du
doigt des individus, mais d’examiner quelles ont été
les erreurs commises d’août 1993 à avril 1994, pour
que l’on puisse tirer des leçons pour l’avenir et éviter
de commettre à nouveau les mêmes erreurs qu’hier.
C’est le meilleur hommage que l’on puisse rendre aux
dix paracommandos assassinés et à l’ensemble des
victimes du génocide au Rwanda, afin que leur mort
n’ait pas été totalement inutile.

De commissie herinnert er eerst en vooral aan dat
de moord op de tien Belgische paracommando’s en de
volkenmoord zijn begaan door Rwandezen. De
commissie gelooft dat de volkenmoord is voorbereid,
gestart en georkestreerd door Rwandese verantwoordelijken uit de beperkte kring rond de machthebbers.
De volkenmoord is uitgevoerd door leden van de

La commission rappelle tout d’abord que
l’assassinat des dix paracommandos belges et le génocide ont été commis par des Rwandais. En ce qui
concerne le génocide, la commission est d’avis qu’il a
été préparé, initié et orchestré par des responsables
rwandais faisant partie d’un cercle restreint gravitant
autour du pouvoir. Ce génocide a été exécuté par des

( 703 )

1 - 611/7 - 1997/1998

presidentiële wacht, de FAR, de rijkswacht en de twee
milities (de Interahamwe en Impuzamugambi).

membres de la garde présidentielle, des FAR, de la
gendarmerie et des deux milices (les Interahamwe et
les Impuzamugambi).

Burgers hebben eraan deelgenomen, opgehitst
door de haatcampagne van de politieke verantwoordelijken en de burgerlijke autoriteiten, bijvoorbeeld
prefecten en burgemeesters, en opgezweept door
RTLM. Het is de taak van de justitie de schuldigen
aan te wijzen en te straffen. Aan deze taak moeten het
Internationaal Tribunaal voor Rwanda (ingesteld
door de Veiligheidsraad van de Verenigde Naties,
resoluties 808, 827 en 955) en de Rwandese en Belgische gerechtelijke autoriteiten zich wijden. Alle
middelen moeten worden ingezet om deze opdracht te
doen slagen en niets mag dit doel in de weg worden
gelegd. Straffeloosheid is immers ook een bron van
geweld.

Des civils y ont participé, attisés par les injonctions
haineuses de responsables politiques et d’autorités
civiles, par exemple des préfets et des bourgmestres, et
excités dans le même sens par RTLM. C’est le rôle de
la justice d’identifier et de punir les coupables. C’est
donc à cette tâche que doivent se consacrer le Tribunal international pour le Rwanda (créé par le Conseil
de sécurité des Nations unies par ses résolutions 808,
827 et 955) et les autorités judiciaires rwandaises et
belges. Tous les moyens doivent etre mis à
l’accomplissement de cette mission et aucun obstacle
ne peut y etre opposé. L’impunité est elle-même
source de violence.

De commissie stelt vast dat de internationale
gemeenschap, om diverse redenen, onvoldoende
rekening heeft gehouden met de informatie over het
schenden van de mensenrechten en de voorbereiding
van de massamoorden.

La commission constate que la communauté internationale n’a pas pris suffisamment en compte, pour
des motifs divers, les informations concernant les
atteintes aux droits l’homme et la préparation des
massacres.

Wat de moord op de blauwhelmen betreft, heeft de
commissie talrijke aanwijzingen gevonden die lijken
aan te tonen dat deze moord paste in een plan om het
vertrek van UNAMIR uit te lokken, via een aanval op
zijn sterkste afdeling. Het is echter niet uitgesloten dat
deze moord het gevolg was van de geruchten die de
aanslag op het presidentiële vliegtuig toeschreven aan
Belgen, geruchten die overigens pasten in een antiBelgische campagne. De moord op de tien paracommando’s is hoe dan ook gepleegd door Rwandese
soldaten met actieve en passieve medeplichtigheid
van de presidentiële wacht en zonder dat enige reactie
volgde van de generale staf van het Rwandese leger,
noch van de Rwandese rijkswacht. Ten slotte moet
worden opgemerkt dat die gebeurtenissen kaderen in
de context van een gewapend conflict, nu eens latent,
dan weer openlijk, waarin de oorlogvoerende
partijen verantwoordelijkheid dragen.

En ce qui concerne l’assassinat des Casques bleus,
la commission a relevé de nombreux indices qui
permettent de penser que cet assassinat s’est inscrit
dans un plan visant à provoquer le départ de la
MINUAR en s’attaquant à sa composante la plus
forte. Il n’est cependant pas exclu que cet assassinat
soit la conséquence des rumeurs attribuant aux Belges
l’attentat contre l’avion présidentiel, rumeurs
s’inscrivant elles-mêmes dans une campagne contre
les Belges. En tout état de cause, l’assassinat des dix
paracommandos a été perpétré par des soldats rwandais avec la complicité active et passive de la garde
présidentielle, sans qu’il entraı̂ne de réaction de l’étatmajor de l’armée, ni de la gendarmerie rwandaises.
Enfin, il faut noter que ces événements se sont inscrits
dans un contexte de conflit armé, latent ou déclaré
suivant les moments, dans lesquels les belligérants ont
une responsabilité.

De commissie is er verder van overtuigd dat naast
de Rwandese verantwoordelijken ook politieke en
militaire overheden van België, van de VN en van de
gehele internationale gemeenschap rechtstreeks of
onrechtstreeks verantwoordelijkheid dragen voor
sommige aspecten van de dramatische gebeurtenissen
die zich in Rwanda na 6 april 1994 hebben afgespeeld.
Daarbij is niet één instantie, laat staan één persoon
volledig verantwoordelijk.

Ensuite, la commission est convaincue qu’outre les
responsables rwandais, des autorités politiques et
militaires de la Belgique, des Nations unies et de
l’ensemble de la communauté internationale sont
directement ou indirectement responsables de
certains aspects des événements dramatiques postérieurs au 6 avril 1994 au Rwanda. À cet égard, ce n’est
pas une seule instance et encore moins une seule
personne qui en porte l’entière responsabilité.

Het is een samenloop van omstandigheden,
onzorgvuldigheden, verkeerde inschattingen en ook
fouten geweest die tot het drama heeft geleid dat zich
in de maanden april en mei 1994 in Rwanda heeft afgespeeld. De commissie onderzocht die verantwoordelijkheden in het kader van de nota van de Dienst
Juridische Zaken en Documentatie van de Senaat

C’est un concours de circonstances, de négligences,
de mauvaises évaluations et également d’erreurs qui
ont mené au drame qui s’est déroulé au cours des mois
d’avril et de mai 1994 au Rwanda. La commission a
examiné ces responsabilités à la lumière de la note du
Service des Affaires juridiques et de la documentation
du Sénat, intitulée « L’appréciation des responsabi-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 704 )

over « De appreciatie van politieke verantwoordelijkheden door een onderzoekscommissie van
de Senaat. » (1)
De commissie is voorts van oordeel dat de nasleep
van het Rwandese drama niet passend afgehandeld
werd, noch door de militaire, noch door de politieke
overheden (regering en Parlement). Tevens betreurt
de commissie ten zeerste de weigering van de VNsecretaris-generaal, de heer Kofi Annan, om personen
die van de VN afhangen, voor de commissie te laten
getuigen. Hoewel het niet tot haar bevoegdheid
behoort, is de commissie van oordeel dat de rol van
Frankrijk vóór, tijdens en na de gebeurtenissen nader
onderzocht zou moeten worden.

lités politiques par une commission d’enquête du
Sénat. » (1)

De commissie is concreet de mening toegedaan dat
17 domeinen moeten worden aangegeven waarin
fouten en gebreken zijn onderkend. De commissie
ging daarbij ook na welke instanties of personen
daarvoor verantwoordelijkheid dragen.

Par ailleurs, la commission estime que les suites du
drame rwandais n’ont été traitées de manière
adéquate, ni par les autorités militaires, ni par les
autorités politiques (le Gouvernement et le Parlement). En outre, la commission déplore au plus haut
point le refus du Secrétaire général des Nations unies,
M. Kofi Annan, de laisser témoigner devant la
commission des personnes dépendant des Nations
unies. Bien que cela ne relève pas de sa compétence, la
commission pense qu’il y aurait lieu d’examiner de
plus près le rôle joué par la France avant, pendant et
après les événements.
La commission estime concrètement qu’il faut relever 17 domaines dans lesquels des erreurs et manquements ont été relevés. À cet égard, la commission a
examiné quelles sont les instances ou les personnes
qui doivent en porter la responsabilité.

4.1. DE GEBREKKIGE BESLUITVORMING BINNEN DE VN-VEILIGHEIDSRAAD BIJ
HET ZENDEN VAN EEN VREDESMACHT
NAAR RWANDA

4.1. LES DÉFICIENCES DES NATIONS UNIES
DANS LE PROCESSUS DÉCISIONNEL DU
CONSEIL DE SÉCURITÉ LORS DE L’ENVOI
D’UNE FORCE DE PAIX AU RWANDA

De commissie is van oordeel dat naar aanleiding
van de UNAMIR-operatie verschillende tekortkomingen in de werking en in de structuren van de Verenigde Naties kunnen worden vastgesteld. Deze
gebreken en tekortkomingen hebben betrekking
zowel op de totstandkoming van de beslissing, als op
de werking van het secretariaat tijdens de duur van de
operatie.
Wat de totstandkoming van de beslissing betreft, is
de commissie de mening toegedaan dat de permanente leden van de Veiligheidsraad, inzonderheid de
Verenigde Staten, te zeer hebben doorgewogen in een
beslissing waarbij het welslagen van de missie dikwijls ondergeschikt werd gemaakt aan de eigen en
vaak tegengestelde belangen van de leden ervan. Met
betrekking tot UNAMIR werd bij de besluitvorming
onvoldoende rekening gehouden met de beschikbare
verslagen over de schendingen van de mensenrechten.
Het rapport van de speciale VN-verslaggever Ndiaye
bijvoorbeeld, dat dateert van augustus 1993 en
waarin voor het eerst voor tal van slachtpartijen de
term « genocide » wordt gebruikt, werd pas in maart
1994 binnen de geëigende VN-organen besproken.
Ten slotte bestond er bij de overgrote meerderheid
van de leden van de VN-Veiligheidsraad ook nauwelijks enige belangstelling voor het Rwandese dossier,
laat staan dat er een bereidheid aanwezig was om
troepen te leveren voor UNAMIR.
Dit alles leidde tot een uitholling van het mandaat
zoals voorzien in de Arusha-akkoorden en tot een
beperking van het aantal ingezette manschappen.

La commission estime que l’on peut constater
plusieurs manquements dans le fonctionnement et
dans les structures des Nations unies à l’occasion de
l’opération MINUAR. Ces lacunes et ces manquements concernent tant la genèse de la décision que le
fonctionnement du secrétariat pendant l’opération.

——————

——————

(1) De tekst van deze nota is opgenomen als bijlage.

En ce qui concerne la genèse de la décision, la
commission estime que les membres permanents du
Conseil de sécurité, et en particulier les États-Unis,
ont trop pesé dans une décision où la réussite de la
mission a été souvent subordonnée aux intérêts
propres et souvent contradictoires des membres du
conseil. En ce qui concerne la MINUAR, le processus
décisionnel n’a pas suffisamment tenu compte des
rapports disponibles concernant les violations des
droits de l’homme. Le rapport du rapporteur spécial
des Nations unies, M. Ndiaye, par exemple, qui date
d’août 1993 et dans lequel on utilise pour la première
fois, pour qualifier de nombreux massacres, le terme
de « génocide », n’a été discuté qu’en mars 1994 au
sein des organes ad hoc des Nations unies. Enfin, la
grande majorité des membres du Conseil de sécurité
ne s’intéressaient guère au dossier rwandais et étaient
encore moins disposés à fournir des troupes à la
MINUAR.
Tout cela a vidé de sa substance le mandat tel qu’il
avait été prévu dans les accords d’Arusha et entraı̂né
une limitation du nombre d’effectifs engagés.
(1) Le texte de cette note figure en annexe.

( 705 )

1 - 611/7 - 1997/1998

De commissie is van oordeel dat terzake een zware
verantwoordelijkheid berust bij de regeringen van de
landen die permanent deel uitmaken van de VNVeiligheidsraad.

La commission estime que les gouvernements des
pays membres permanents du Conseil de sécurité
portent une lourde responsabilité en la matière.

4.2. DEGEBREKENINDEBELGISCHEBESLUITVORMING TOT DEELNAME AAN DE UNAMIRVREDESOPERATIE

4.2. LES DÉFICIENCES DANS LA PRISE
DE DÉCISION PAR LA BELGIQUE
DE PARTICIPER À L’OPÉRATION
DE PAIX MINUAR

De commissie is van oordeel dat de Belgische
besluitvorming tot deelname aan de UNAMIRvredesoperatie gebreken vertoonde op diverse punten
(politiek-psychologisch en militair technisch).

La commission estime que la prise de décision par
la Belgique de participer à l’opération de paix
MINUAR a présenté des déficiences à divers points de
vue (politico-psychologiques et technico-militaires).

Wat de politieke en psychologische omgevingsfactoren betreft, werd hoofdzakelijk uitgegaan van de
overweging dat de Arusha-akkoorden — waarin op
dat ogenblik bijna iedereen geloofde — dienden te
slagen, dat beide ondertekenaars van die akkoorden
een deelname van België wensten en België het enige
militair geloofwaardige land was dat bereid bleek om
troepen op korte termijn te leveren in het kader van de
in deze akkoorden voorziene vredesmacht. Er werd
niet of onvoldoende nagegaan of een Belgische deelname wel wenselijk was, gelet op de volgende elementen :

Pour ce qui est des facteurs politiques et psychologiques, le Gouvernement est parti essentiellement de
la considération que les accords d’Arusha —
auxquels tout le monde croyait à cette époque —
devaient réussir, que les deux signataires de ces
accords souhaitaient une participation de la Belgique
et que celle-ci était le seul pays militairement crédible
se montrant disposé à fournir des troupes à court
terme dans le cadre de la force de paix prévue par
lesdits accords. On ne s’est pas ou pas suffisamment
interrogé sur le point de savoir si une participation
belge était réellement souhaitable au vu des éléments
suivants :
— Le passé colonial de la Belgique. En envoyant
des Casques bleus belges au Rwanda, les Nations
unies — même si ce n’était pas la première fois que
cela se produisait à leur niveau — ont dérogé à une
règle non écrite qui veut qu’une force de paix ne
comprenne pas de troupes fournies par des pays
voisins ou des pays ayant des liens particuliers avec
l’État ou la région ou cette force est envoyée. Concrètement, cela signifie que l’on n’envoie normalement
pas de Casques bleus venant d’un pays susceptible
d’avoir des prétentions territoriales ou d’une
ancienne puissance coloniale. En s’écartant de cette
règle, on court le risque de voir les troupes envoyées
arriver dans un environnement qui leur sera soit
hostile soit exagérément favorable, selon les parties
impliquées dans le conflit. En pareil cas, il ne pourrait
être question — ou alors si peu — d’« impartialité »,
condition essentielle à la réussite d’une opération de
maintien de la paix.
— La présence de nombreux citoyens belges au
Rwanda a constitué une des raisons de la participation belge à l’opération MINUAR. Cependant, le
mandat initial de l’ONU ne prévoyait pas la possibilité d’une évacuation par la MINUAR des expatriés et
les commandants des troupes belges n’ont jamais reçu
les directives qu’ils avaient demandées à ce sujet au
commandement de l’armée. Il ressort du déroulement
des événements ultérieurs que la présence de ces expatriés a, en réalité, paralysé la capacité opérationnelle
de la composante belge de la MINUAR. Plusieurs
officiers ont en effet déclaré qu’aucune opération de
dégagement du groupe Lotin n’aurait pu être exécu-

— Het koloniaal verleden van België. Bij het uitsturen van Belgische blauwhelmen naar Rwanda
werd — hoewel dit in het kader van de VN niet de
eerste maal was — afgeweken van de ongeschreven
regel dat in een VN-vredesmacht geen troepen
worden opgenomen van buurlanden of van landen
met een bijzondere band met het land of gebied waarnaar die vredesmacht uitgezonden wordt. Concreet
betekent zulks dat in de regel geen blauwhelmen
worden gestuurd afkomstig van een land dat territoriale aanspraken zou kunnen laten gelden of een
gewezen koloniale mogendheid is. Wijkt men van
deze regel af, dan ontstaat het gevaar dat de uitgezonden troepen belanden in een omgeving die hen of
vijandig of overdreven goedgunstig gezind is naargelang de partijen die in het conflict zijn betrokken. Er
kan in zo’n geval nauwelijks of geen sprake zijn van
« onpartijdigheid », een wezenlijke voorwaarde voor
het slagen van een peacekeeping-operatie.
— De aanwezigheid van een groot aantal Belgische burgers in Rwanda was één van de redenen voor
de Belgische deelname aan de UNAMIR-operatie.
Het oorspronkelijk UNO-mandaat voorzag nochtans
niet in de mogelijkheid van een evacuatie van de geëxpatrieerden door UNAMIR en de bevelvoerders van
de Belgische troepen ontvingen in dat verband ook
nooit de door hen aan de legerleiding gevraagde richtlijnen. Uit het latere verloop van de gebeurtenissen is
gebleken dat de aanwezigheid van die geëxpatrieerden in feite de operationele capaciteiten van het Belgische detachement binnen UNAMIR juist heeft verlamd. Verschillende officieren hebben immers ver-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 706 )

klaard dat geen enkele operatie ter ontzetting van de
groep-Lotin had kunnen worden verricht, onder meer
wegens de gevaren ervan voor de Belgische burgers in
Rwanda.
— Het in Rwanda heersend anti-Belgisch klimaat,
althans in extreme Hutukringen verbonden met president Habyarimana en zijn directe entourage. Dit was
hoofdzakelijk het rechtstreekse gevolg van de Belgische beslissingen van 1990, om de door Rwanda
betaalde munitie niet te leveren en de Belgische troepen terug trekken, terwijl Frankrijk ter plaatse was
gebleven en het regime van president Habyarimana
had gesteund tegen het offensief van het RPF.

tée, entre autres en raison des dangers qu’elle aurait
fait courir aux citoyens belges résidant au Rwanda.

Wat de militair-technische aspecten van de operatie aangaat, nam de chef van de generale staf, luitenant-generaal Charlier, ondanks de beperkte getalsterkte de verantwoordelijkheid van de operaties op
zich; evenwel werd bij de beslissing tot deelname aan
UNAMIR onvoldoende aandacht besteed aan :

En ce qui concerne les aspects techniques et militaires, le chef de l’état-major général, le lieutenant général Charlier, assumait, malgré la limitation des effectifs, la responsabilité de l’opération; cependant,
quand on a pris la décision de participer à la
MINUAR, on n’a pas suffisamment accordé
d’attention aux points suivants :
— le nombre et la nature des tâches susceptibles
d’être confiées au bataillon belge (KIBAT) à la suite
de la réduction de l’effectif à 450 hommes;

— het aantal en de aard van de taken die ingevolge
de reductie van de getalsterkte tot 450 manschappen
aan het Belgisch bataljon (KIBAT) konden worden
opgedragen;
— het ontbreken van een tweede geloofwaardig
contingent dat noodzakelijk was gezien de beslissing
slechts een beperkt aantal Belgische troepen te leveren
aan UNAMIR;
— het ontbreken van een snelle interventiemacht
(Quick Reaction Force — QRF) en van de daartoe
noodzakelijke pantservoertuigen zoals gevraagd door
de Recce en generaal Dallaire.

— Le climat antibelge qui régnait au Rwanda, en
tout cas au sein des milieux extrémistes hutus liés au
président Habyarimana et à son entourage direct. Ce
climat était, principalement, la conséquence directe
des décisions prises par la Belgique en 1990 de ne pas
livrer les munitions que le Rwanda avait payées et de
retirer ses troupes, alors que la France était restée sur
place et avait soutenu le régime d’Habyarimana face à
l’offensive du FPR.

— l’absence d’un deuxième contingent crédible,
dont la présence était nécessaire, eu égard à la décision de ne fournir qu’un nombre réduit de troupes
belges à la MINUAR;
— l’absence d’une force d’intervention rapide
(Quick Reaction Force — QRF) et des véhicules blindés qui doivent équiper une telle force, comme
demandé par la Recce et le général Dallaire.

— Ten slotte was er ook de draagwijdte van het
mandaat, dat in menig opzicht werd afgezwakt ten
opzichte van de oorspronkelijke akkoorden van
Arusha en dat de VN-troepenmacht niet meer toeliet
om zonder medewerking van de Rwandese autoriteiten de meeste van haar opdrachten te vervullen.

— Enfin, il y avait également la portée du mandat
qui, à bien des points de vue, avait été atténué par
rapport à ce qui était initialement prévu dans les
accords d’Arusha et ne permettait plus à la force de
l’ONU de remplir la plupart de ses missions sans la
collaboration des autorités rwandaises.

De commissie stelt dus vast dat de beslissing van de
regering om aan UNAMIR deel te nemen, zowel uit
politiek als uit technisch-militair oogpunt gebrekkig
was en verkeerd werd ingeschat. Die vaststelling is des
te betreurenswaardiger daar uit analyses van voorgaande operaties lessen terzake hadden kunnen
getrokken worden. Teveel aandacht ging blijkbaar
uit naar het zoeken van een compromis tussen de politieke benadering van het Rwandese dossier (met
name een veezeer symbolische deelname aan de VNvredesmacht en de budgettaire beperkingen) en de
militair-technische wensen en bekommernissen van
generaal Dallaire en het Belgisch leger. De commissie
stelt vast dat dit compromis, alsmede het ontbreken
van een tweede geloofwaardig contingent tot gevolg
had dat België de ruggengraat heeft moeten vormen
van UNAMIR, ook al wilde de Belgische regering dat
aanvankelijk te allen prijze vermijden.

La commission constate donc que, tant du point de
vue politique que du point de vue technico-militaire,
la décision du Gouvernement de participer à la
MINUAR était déficiente et a fait l’objet d’une appréciation erronée. Ce constat est d’autant plus à déplorer que l’on aurait pu tirer les leçons des analyses des
opérations antérieures. On s’est manifestement trop
focalisé sur la recherche d’un compromis entre
l’approche politique du dossier rwandais (impliquant
une participation plutôt symbolique à la force de paix
de l’ONU ainsi que des limitations budgétaires) et les
desiderata et préoccupations technico-militaires du
général Dallaire et de l’armée belge. La commission
constate qu’en raison de ce compromis et de l’absence
d’un deuxième contingent crédible, la Belgique a dû
former l’épine dorsale de la MINUAR, même si, au
départ, le Gouvernement voulait éviter cela à tout
prix.

De commissie is hoe dan ook van oordeel, ook al is
de regering in haar geheel verantwoordelijk voor die
beslissing, dat de minister van Landsverdediging, de

En tout état de cause, la commission estime que,
même si la responsabilité de la décision relève de
l’ensemble du Gouvernement, le ministre de la

( 707 )

1 - 611/7 - 1997/1998

heer L. Delcroix, haar niet voldoende heeft ingelicht
over alle militaire gevolgen van de keuze die werd
gemaakt en de mogelijke effecten ervan op het terrein.

Défense nationale, M. L. Delcroix, ne l’a pas informé
suffisamment de toutes les conséquences militaires de
l’option retenue et des suites qu’elle pouvait avoir sur
le terrain.

De minister van Buitenlandse Zaken, de heer
W. Claes, van zijn kant is zich niet bewust geweest
van de sluipende uitholling van het mandaat en de
gevolgen die dat had kunnen hebben voor het slagen
of mislukken van de missie.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères,
M. W. Claes, n’a pas été conscient de l’affaiblissement insidieux du mandat et des conséquences que
cela aurait pu avoir sur la réussite ou l’échec de la
mission.

Ook al was ons land geen lid van de Veiligheidsraad en had het dus niet het recht om te onderhandelen, toch heeft het geen lering getrokken uit de voordelige positie van België als de meest geloofwaardige
troepenleverancier om te proberen die uitholling van
het mandaat af te zwakken.

Même si notre pays n’était pas membre du Conseil
de sécurité, et n’était donc pas en droit de négocier, il
n’a pas tiré parti de l’avantage de la position de la
Belgique en tant que fournisseur du contingent le plus
crédible pour tenter de prévenir cet affaiblissement du
mandat.

Ten slotte stelt de commissie vast dat de beslissing
om aan UNAMIR deel te nemen niet tot een regeringsmededeling aan het Parlement noch tot een
debat op parlementair initiatief aanleiding heeft gegeven.

Enfin, la commission constate que la décision de
participer à l’opération de la MINUAR n’a fait l’objet
ni d’une communication gouvernementale au Parlement, ni d’un débat d’initiative parlementaire.

4.3. HET ONTBREKEN VAN EEN AFDOENDE
TECHNISCHE VOORBEREIDING VAN DE
BELGISCHE UNAMIR-TROEPEN

4.3. LE MANQUE DE PRÉPARATION TECHNIQUE EFFICACE DES TROUPES BELGES DE LA
MINUAR

De commissie is van oordeel dat op militairtechnisch vlak de voorbereiding van het Belgische
contingent paracommando’s dat aan de Belgische
UNAMIR-vredeshandhavingsoperatie moest deelnemen, wel snel maar gebrekkig was. Dit kwam tot
uiting in bijna ieder aspect ervan.
— de huisvesting van de Belgische troepen was bij
hun vertrek naar Kigali niet geregeld. De Force
Commander, generaal Dallaire, wilde hen over zo
veel mogelijk plaatsen spreiden; in plaats van per
compagnie op enkele plaatsen te worden ondergebracht, werden ze gehuisvest in veertien kantonnementen, hetgeen ernstige gevolgen had voor de veiligheid en tevens het aantal beschikbare manschappen
reduceerde om de opdrachten die aan KIBAT waren
toevertrouwd, uit te voeren;
— zelfs rekening houdend met de korte voorbereidingstijd, hadden de manschappen die werden uitgestuurd in het kader van KIBAT I beter voorbereid
moeten worden; dit gebrek aan voorbereiding had
zowel betrekking op de kennis van de situatie in
Rwanda als op de vertrouwdheid met het « peacekeeping » karakter van de opdracht; de inlichtingenofficier van KIBAT I, die op het terrein verantwoordelijk was voor het verzamelen van inlichtingen was
niet op zijn taak voorbereid en daartoe ook niet opgeleid, hoewel hij op het terrein puik werk verrichtte.
Bovendien werden de Rules of Engagement (ROE)
niet op een voldoende begrijpelijke wijze uitgelegd,
hoewel ze met medewerking van de Belgische militaire autoriteiten tot stand kwamen;
— de Belgische UNAMIR-troepen waren te licht
bewapend, zeker om het hoofd te bieden aan een
mogelijk « worst case scenario »; terwijl de richtlijnen

La commission estime que, d’un point de vue
technico-militaire, si la préparation du contingent
belge de paracommandos qui devait participer à
l’opération de maintien de la paix MINUAR a été
rapide, elle fut déficiente. Cela s’est manifesté dans la
quasi-totalité des domaines.
— le logement des troupes belges n’était pas réglé
au moment de leur départ pour Kigali. Le Force
Commander, le général Dallaire, voulait les disséminer dans un maximum d’endroits; au lieu d’être
cantonnées, par compagnie, en quelques endroits,
elles furent logées dans quatorze cantonnements, ce
qui a eu des conséquences graves sur la sécurité et a,
par ailleurs, réduit le nombre d’hommes disponibles
pour effectuer les missions dont KIBAT était chargé;
— même si l’on tient compte de la courte période
de préparation, les hommes que l’on a envoyés dans le
cadre de KIBAT I auraient dû être mieux préparés; ce
manque de préparation portait tant sur la connaissance de la situation au Rwanda que sur la sensibilisation au caractère de maintien de la paix de
l’opération; l’officier de renseignements de KIBAT I
qui était responsable sur le terrain de la collecte des
informations n’avait pas été préparé à sa mission ni
formé à cet effet, même s’il a effectué un excellent
travail sur le terrain. Par ailleurs, les règles
d’engagement n’ont pas été expliquées de manière
suffisamment intelligible, bien qu’elles aient été
élaborées avec la collaboration des autorités militaires belges;
— l’armement des troupes belges de la MINUAR
était trop léger, surtout pour pouvoir faire face à un
éventuel scénario catastrophe; alors que les directives

1 - 611/7 - 1997/1998

( 708 )

van de VN het meenemen van mortieren en zware
bewapening niet uitsloten, vertrok KIBAT met lichte
wapens, de zes CVRT-pantservoertuigen niet te na
gesproken, die evenwel in zeer slechte staat verkeerden na hun overbrenging uit Somalië en die overigens
niet voor de operaties bestemd waren; de munitie
voor de twee CVRT’s, die beschikten over een 30mmkanon, ontbrak; dit was eveneens het geval voor de
projectielen van het anti-tankwapen MILAN;
— de hoeveelheid beschikbare transmissie- en
communicatiemateriaal en de verdeling ervan voldeden niet aan de vereisten van de uit te voeren opdracht; meer bepaald ontbrak het aan draagbaar en
autonoom militair radiomateriaal. Onder meer daardoor kon luitenant Lotin niet in contact komen met
de hiërarchische keten zodra hij zich verwijderde van
zijn voertuigen. Bovendien beschikte men op het
niveau van de Force en de sector uitsluitend over een
burgerlijk Motorola-systeem, dat geen rechtstreekse
communicatie met de lagere echelons van KIBAT
toeliet;
— het mandaat werd verkeerd geı̈nterpreteerd; de
militaire overheden die de operatie in België voorbereid hadden, waren ten onrechte de overtuiging toegedaan dat UNAMIR op eigen houtje wapenconsignaties zou kunnen uitvoeren;
— de raadgever in het recht van de gewapende
conflicten van KIBAT I kwam pas aan na de ontplooiing van de Belgische troepen in Kigali en was
bovendien onvoldoende op zijn taak voorbereid;
— het ontbreken van een evacuatieplan en van
richtlijnen bij ernstige moeilijkheden.

des Nations unies n’excluaient pas que l’on emporte
des mortiers et un armement lourd, KIBAT est parti
avec des armes légères, si l’on excepte les six blindés
CVRT, qui étaient toutefois en très mauvais état
après leur transfert de Somalie et qui n’étaient
d’ailleurs pas destinés aux opérations; les munitions
pour les deux CVRT, qui étaient équipés d’un canon
de 30 mm, faisaient défaut; il en allait de même pour
les projectiles de l’arme antichar MILAN;
— la quantité et la distribution du matériel de
transmission et de communication ne satisfaisaient
pas aux exigences de la mission à accomplir; un matériel radio militaire portable et autonome faisait plus
particulièrement défaut, ce qui a notamment eu pour
effet que le lieutenant Lotin n’a pu entrer en contact
avec sa chaı̂ne hiérarchique dès qu’il s’est éloigné des
ses véhicules. De plus, la Force et le Secteur ne disposaient que d’un système Motorola civil, qui ne
permettait pas d’entrer directement en communication avec les échelons inférieurs de KIBAT;

De commissie is de mening toegedaan dat de verantwoordelijkheid voor deze gebrekkige voorbereiding ligt bij het geheel van de militaire hiërarchie,
meer bepaald de generale staf en C Ops, bij de staf van
de Landmacht, bij de brigadeparacommando (opleiding en voorbereiding van de manschappen) en bij
SGR. De vraag wie verantwoordelijk was binnen het
C Ops en de generale staf wordt behandeld in punt
4.5.

La commission estime que la responsabilité de cette
préparation défectueuse incombe à l’ensemble de la
hiérarchie militaire, et plus particulierement à l’étatmajor général et au C Ops, à l’état-major de la force
terrestre, à la brigade paracommando (formation et
préparation des hommes) et au SGR. En ce qui
concerne les responsables au C Ops et à l’état-major
général, on renvoie au point 4.5.

4.4. DE GEBREKKIGE WERKING VAN HET VNSECRETARIAAT EN DE DPKO (DEPARTMENT
PEACEKEEPING OPERATIONS) TIJDENS DE
DUUR VAN DE MISSIE

4.4. LE FONCTIONNEMENT DÉFICIENT DU
SECRÉTARIAT DES NATIONS UNIES ET DU
DPKO (DÉPARTEMENT PEACEKEEPING
OPERATIONS) AU COURS DE LA MISSION

Met betrekking tot de werking van het secretariaat
van de VN en van de DPKO tijdens de duur van de
missie stelt de commissie de volgende reeks tekortkomingen vast :
— een overdreven centralistische aanpak van de
DPKO; de DPKO interpreteerde het mandaat en de
Rules Of Engagement (ROE) op al te restrictieve
wijze; ook die bepalingen die duidelijk tot de
bevoegdheid behoorden van de verantwoordelijken
op het terrein, hetgeen leidde tot een overdreven
terughoudendheid van de Force Commander, generaal Dallaire. Dat kwam onder meer tot uiting

En ce qui concerne le fonctionnement du secrétariat des Nations unies et du DPKO au cours de la
mission, la commission constate les manquements
suivants :
— une approche exagérément centralisée du
DPKO; le DPKO a interprété de manière trop restrictive le mandat ainsi que les règles d’engagement
(ROE), y compris les dispositions qui relevaient clairement de la responsabilité des hommes de terrain; le
Force Commander, le général Dallaire, a, par conséquent, adopté une attitude trop réservée, ce qui est
notamment apparu quand on a découvert des caches

— le mandat a été mal interprété; les autorités
militaires qui avaient préparé l’opération en Belgique
étaient convaincues, à tort, que la MINUAR pourrait
consigner des armes de sa propre autorité;
— le conseiller en droit des conflits armés de
KIBAT I n’est arrivé qu’après le déploiement des troupes belges à Kigali et il était, en outre, insuffisamment
préparé à sa tâche;
— le manque d’un plan d’évacuation et de directives
en cas de graves difficultés.

( 709 )
wanneer de geheime wapenopslagplaatsen werden
ontdekt : de DPKO weigerde toelating te verstrekken
deze te ontmantelen;
— de afwezigheid van een operatiecentrum bij het
DPKO : hoewel er wel een « situation room » bestaat,
kan men zich vragen stellen of er geen nood is aan een
écht operatiecentrum binnen de DPKO;
— het ontbreken van een specifieke inlichtingendienst bij de VN en het verbod om op het terrein een
inlichtingendienst te vormen bij een vredesoperatie
als geregeld in hoofdstuk VI van het Handvest;
— het ontbreken van een informatieverantwoordelijke of een informatiecel die tot taak heeft acties te
ontwikkelen om de plaatselijke bevolking in te lichten over de toedracht van de betrokken VNvredesoperatie;
— het ontbreken ter plaatse tijdens het grootste
gedeelte van de missie van een juridische adviseur of
een juridische cel die de missie kon bijstaan bij de
interpretatie van het mandaat, van de ROE en van de
inhoud en draagwijdte van de akkoorden van
Arusha;
— het ontbreken van de nodige coördinatie tussen
de verschillende departementen van het VNsecretariaat, voornamelijk met betrekking tot de opvolging van de verslagen van de Commissie voor de
Mensenrechten;
— het ontbreken van de nodige preventiemechanismen bij de VN.

1 - 611/7 - 1997/1998

d’armes : le DPKO a refusé l’autorisation de les
démanteler;
— l’absence d’un centre d’opérations au sein du
DPKO : bien qu’il existe une « situation room », on
peut se demander s’il ne devrait pas y avoir absolument un véritable centre d’opérations au sein de ce
DPKO;
— l’absence d’un service de renseignements spécifique aux Nations unies et l’interdiction de constituer
sur le terrain un service de renseignements lors d’une
mission de paix relevant du chapitre VI de la Charte;
— l’absence d’un responsable de l’information ou
d’une cellule d’information chargé(e) de développer
des actions en vue d’informer la population locale de
la portée de l’opération de paix concernée des
Nations unies;
— l’absence sur place pendant la majeure partie de
la mission d’un conseiller juridique ou d’une cellule
juridique capable de fournir, dans le cadre de la
mission, une assistance dans l’interprétation du
mandat, des règles d’engagement et du contenu et de
la portée des accords d’Arusha;
— le manque de coordination entre les divers
départements Secrétariat des Nations unies, principalement en ce qui concerne le suivi des rapports de la
Commission des droits de l’homme;
— l’absence des mécanismes préventifs voulus au
sein des Nations unies.

De commissie is van mening dat de organisatiestructuur van de Verenigde Naties, in het bijzonder
wat betreft de vredeshandhavingsmissies, de Veiligheidsraad, het Secretariaat-Generaal, dat door de
heer Boutros Boutros-Ghali werd geleid, en het
DPKO, dat door de heer Kofi Annan werd geleid, verantwoordelijkheid dragen in die tekortkomingen.

La commission estime que la structure d’organisation des Nations unies, particulièrement en ce qui
concerne les missions de maintien de la paix, le
Conseil de sécurité, le Secrétariat général, dirigé à
l’époque par M. Boutros Boutros-Ghali, et le DPKO,
dirigé à l’époque par M. Kofi Annan, portent une
responsabilité dans ces manquements.

4.5. DE GEBREKKIGE WERKING VAN DE
GENERALE STAF EN HET OPERATIONEEL
CENTRUM TE EVERE TIJDENS DE OPERATIE

4.5. LE FONCTIONNEMENT DÉFICIENT DE
L’ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL ET DU CENTRE
D’OPÉRATIONS D’EVERE AU COURS DE
L’OPÉRATION

De commissie heeft vastgesteld dat van Belgische
zijde het verloop van de UNAMIR-operatie gepaard
ging met tal van militair-technische moeilijkheden
waarvoor een oplossing had moeten gevonden
worden binnen het kader van het operationeel centrum te Evere, van de staven en van de generale staf. In
de praktijk werden de belangrijke problemen te laat
behandeld of niet opgelost. Nochtans werden al deze
instanties van de meeste van deze problemen
rechtstreeks door de in Kigali aanwezige sector- en
bataljonscommandant(en) op de hoogte gebracht.
Bovendien ontvingen zij de rapporten van majoor
Guérin (31 januari 1994) en van luitenant-generaal
Uytterhoeven (25 februari 1994) waarin alle moeilijkheden die zich op het terrein voordeden, op een rijtje
werden gezet en geanalyseerd.

La commission a constaté que du côté belge, la
MINUAR a été confrontée à toute une série de difficultés technico-militaires qui auraient dû être résolues
dans le cadre du centre d’opération d’Evere, des étatsmajors et de l’état-major général. Dans la pratique,
des problèmes importants ont été traités tardivement
ou n’ont pas été résolus. Cependant, toutes ces instances ont été informées de la plupart de ces problèmes
directement par le(s) commandant(s) de secteur et de
bataillon présents à Kigali. En outre, elles ont recu les
rapports du major Guérin (31 janvier 1994) et du lieutenant général Uytterhoeven (25 février 1994) qui
énuméraient et analysaient l’ensemble des difficultés
se présentant sur le terrain.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 710 )

De commissie stelt vast dat het hierbij gaat om ernstige tekortkomingen, die als argument dienden om te
verklaren waarom het op 7 april 1994 in de praktijk
onmogelijk was de groep Lotin te ontzetten.

La commission constate qu’il s’agit en l’occurrence
de manquements graves, qui servirent d’arguments
pour justifier l’impossibilité pratique de délivrer le
groupe Lotin le 7 avril 1994.

Meer in het bijzonder betreft het volgende problemen :
— de verspreiding van de Belgische troepen over
veertien kantonnementen; hoewel de commandant
van KIBAT I van bij de aanvang sterk aandrong op
een vermindering van het aantal kantonnementen,
bleef een doelmatige reactie uit; slechts vier maanden
later, op 24 maart 1994, werd voorzien in een planning voor een gedeeltelijke hergroepering van de
kantonnementen door de aanbouw van Kigalodge;
— het ontbreken van een operationele snelle interventiemacht (QRF); nadat kolonel Marchal vastgesteld had dat RUTBAT niet in staat was een operationele QRF te leveren op het niveau van de Force, zoals
door generaal Dallaire was voorzien, richtte hij op
8 december 1993 het verzoek tot C Ops hem pantservoertuigen te zenden om zo in een eigen interventiemacht te voorzien in afwachting dat RUTBAT operationeel zou worden. De generale staf reageerde niet;
nochtans verklaarden bijna alle getuigen dat juist het
ontbreken van een met pantservoertuigen uitgeruste
snelle interventiemacht de reden was waarom een
ontzetting van de groep Lotin vanuit militair oogpunt
gezien zeer riskant, zo niet onmogelijk was;
— het uitblijven van de door de sector- en bataljonscommandanten gevraagde bijkomende zware
munitie; hoewel het eerste verzoek daartoe reeds
dateerde van 15 januari 1994 zal het tot 28 maart
duren vooraleer het C Ops aan de divisie logistiek
opdracht gaf tegen 20 april een beperkt gedeelte van
de gevraagde munitie te leveren;
— het niet-operationeel maken van de CVRT’s;
ondanks verscheidene verzoeken aan het C Ops om
deze voertuigen en hun bewapening opnieuw op punt
te stellen, slaagde Brussel er niet in de maatregelen
daartoe te nemen.
— de fouten in de voorbereiding van KIBAT II;
door de moeilijkheden met KIBAT I waarvan het optreden soms terecht, maar vaak ten onrechte als te
agressief werd ervaren, werd bij de voorbereiding van
KIBAT II het peacekeeping karakter verkeerd
geı̈nterpreteerd, waardoor tal van manschappen in de
waan verkeerden dat er nauwelijks nog mocht
worden opgetreden.

Il s’agit plus particulièrement des difficultés suivantes :
— la dispersion des troupes belges en quatorze
cantonnements; bien que le commandant de KIBAT I
ait d’emblée fortement insisté sur la nécessité de
réduire le nombre de cantonnements, il n’y a pas eu de
réaction efficace; ce n’est que quatre mois plus tard, le
24 mars 1994, que l’on a élaboré un plan visant à
regrouper partiellement les cantonnements par la
construction de Kigalodge;
— l’absence d’une force d’intervention rapide
(QRF); une fois que le colonel Marchal eut constaté
que le RUTBAT ne pouvait pas fournir de QRF
opérationnelle au niveau de la force, comme le général Dallaire l’avait prévu, il a demandé le 8 décembre
1993 au C Ops de lui envoyer des blindés pour constituer ainsi une force d’intervention propre en attendant que le RUTBAT soit opérationnel. L’état-major
général n’a pas réagi; toutefois, les témoins ont presque tous déclaré que c’est précisément l’absence de
force d’intervention rapide dotée de véhicules blindés
qui a rendu du point de vue militaire une action visant
à délivrer le groupe Lotin très risquée, sinon impossible;
— le retard dans la livraison des munitions lourdes
supplémentaires demandées par les commandants de
secteur et de bataillon; alors que la première demande
date du 15 janvier 1994, ce n’est que le 28 mars que le
C Ops donne l’ordre à sa division logistique de livrer,
pour le 20 avril, une partie des munitions demandées;

Bovendien stelt de commissie vast dat de generale
staf en het C Ops te Evere nooit het toegelaten contingent van 450 eenheden volledig benutten. Ondanks
het feit dat er op het terrein een manifest tekort aan
manschappen bestond, onder meer chauffeurs en
kanonniers voor de CVRT’s, werden er nooit meer
dan 428 manschappen ingezet. Ten slotte is de
commissie de mening toegedaan dat de generale staf
eveneens vergissingen heeft begaan bij de selectie van
de door België naar de VN uitgestuurde stafofficieren.
Deze werden aangeworven wanneer ze zichzelf

La commission constate en outre que l’état-major
général et le C Ops d’Evere n’ont jamais utilisé
complètement le contingent de 450 hommes qui était
autorisé. En dépit du fait qu’il existait sur le terrain un
problème manifeste de manque d’hommes, entre
autres de chauffeurs et de canonniers pour les CVRT,
on n’a jamais engagé plus de 428 hommes. Enfin, la
commission est d’avis que l’état-major général a
également commis des erreurs dans la sélection des
officiers d’état-major que la Belgique a envoyés à
l’ONU. Ces officiers ont été recrutés sur la base de

— le fait que l’on n’ait pas rendu les CVRT opérationnels : malgré plusieurs demandes adressées au
C Ops de remettre ces véhicules et leur armement en
état, Bruxelles n’est pas parvenu à prendre les mesures
pour ce faire;
— les erreurs dans la préparation de KIBAT II; à la
suite des difficultés rencontrées avec KIBAT I, dont
l’action était jugée, parfois à raison, mais souvent à
tort, trop agressive, on a mal interprété dans la préparation de KIBAT II l’aspect « maintien de la paix » de
l’opération, et bon nombre d’hommes s’imaginaient
que leurs possibilités d’intervention étaient réduites à
un minimum.

( 711 )

1 - 611/7 - 1997/1998

kandidaat stelden, terwijl de generale staf zelf niet
gezocht heeft naar de meest geschikte kandidaten
voor deze belangrijke functies.

leur propre candidature et l’état-major général n’a
pas cherché les candidats les plus aptes à exercer ces
fonctions importantes.

De commissie stelt vast dat de operaties onder de
rechtstreekse verantwoordelijkheid vallen van de
generale staf, zowel wat betreft de voorbereiding als
de ondersteuning en het opvolgen van de besluitvoering.

La commission constate que les opérations sont
sous la responsabilité directe de l’état-major général,
qu’il s’agisse de leur préparation, de l’appui ou du
suivi de leur exécution.

De commissie is van oordeel dat met name luitenant-generaal Charlier, admiraal Verhulst, kolonel
Flament en luitenant-kolonel Briot, als hiërarchische
overheden van het operatiecentrum, de verantwoordelijkheid dragen voor de vastgestelde tekortkomingen.

La commission juge notamment que le lieutenant
général Charlier, l’amiral Verhulst, le colonel
Flament et le lieutenant-colonel Briot, en tant
qu’autorités hiérarchiques coiffant le centre
d’opérations, portent la responsabilité des manquements constatés.

Zij hielden niet, of onvoldoende, rekening met de
lessen die uit voorgaande operaties werden getrokken.

Ils n’ont pas — ou pas suffisamment — tenu
compte des leçons tirées des opérations antérieures.

4.6. HET ONTBREKEN VAN EEN INLICHTINGENDIENST TER PLAATSE EN VAN EEN EFFICIËNTE ANALYSECAPACITEIT

4.6. L’ABSENCE D’UN SERVICE DE RENSEIGNEMENTS SUR PLACE ET D’UNE CAPACITÉ
D’ANALYSE EFFICACE

Naast het ontbreken van een VN-inlichtingendienst stelt de commissie vast dat zowel op het terrein
als in België de noodzakelijke verzameling en verwerking van inlichtingen mank liep. Weliswaar beschikten de Belgische burgerlijke en militaire overheden
over een massa informatie met betrekking tot de
situatie in Rwanda, maar noch ter plaatse noch vanuit
Brussel werden de betrokkenen op het terrein van
deze analyses en deze informatie op de hoogte
gebracht.

La commission constate qu’outre l’absence d’un
service de renseignements propre à l’ONU, on eut à
déplorer, pour ce qui est de la collecte et du traitement
indispensables des informations, des déficiences, tant
sur le terrain qu’en Belgique. S’il est vrai que les autorités civiles et militaires belges disposaient d’une
masse d’informations sur la situation au Rwanda, on
n’a informé les acteurs de terrain de ces analyses et de
ces renseignements, ni sur place ni à Bruxelles.

Volgens de commissie is dit het gevolg van tekortkomingen op drie niveaus :

La commission estime que cette situation résulte de
déficiences à trois niveaux, à savoir :

(1) Allereerst op het terrein zelf, waar er geen specifieke inlichtingendienst voorhanden was, zodat de
inlichtingenofficieren van KIBAT en de Force zich
noodgedwongen dienden in te laten met politieke
analyses bovenop het verzamelen van de tactische
informatie. Deze gang van zaken werd nog versterkt
doordat er nauwelijks of geen samenwerking bestond
tussen de inlichtingenofficier van KIBAT, de inlichtingenofficier van de Force, de MTS-CTM, de
ambassade en de Belgische officieren werkzaam op de
Force bij generaal Dallaire. Bovendien was er de onbekendheid met de inlandse taal, het Kinyarwanda,
waardoor bepaalde feiten niet werden opgemerkt.
Ten slotte ontbrak iedere feedback. De verantwoordelijken op het terrein gaven wel inlichtingen door
aan de hogere echelons, maar kregen zelf via deze
kanalen nauwelijks enige informatie die de hogere
echelons uit andere bronnen over de reële toestand ter
plaatse hadden vernomen.

(1) D’abord sur le terrain même, ou l’on ne disposait d’aucun service de renseignements spécifique, si
bien que les officiers de renseignements de KIBAT et
de la Force ont dû effectuer des analyses politiques en
sus de la collecte d’informations d’intérêt tactique.
Cette situation a encore été aggravée par l’absence
quasi totale de coopération entre l’officier de renseignements de KIBAT, l’officier de renseignements de
la Force, la CTM-MTS, l’ambassade et les officiers
belges qui travaillaient à la Force auprès du général
Dallaire. Il y avait en outre une méconnaissance de la
langue locale, le Kinyarwanda, en manière telle que
certains faits n’ont pas été relevés. On constate enfin
qu’il y a eu une absence totale de feedback. Les
responsables sur le terrain ont effectivement transmis
des informations aux échelons supérieurs, mais ceuxci ne leur ont envoyé que très rarement les informations qu’ils avaient obtenues grâce à d’autres sources
sur la situation réelle sur place.

(2) Ten tweede is het duidelijk dat de militaire
inlichtingendienst (SGR) in de Rwanda-crisis heeft
gefaald. De SGR bezat of kon alle noodzakelijke
inlichtingen bezitten om gedegen analyses te maken
van wat zich in Rwanda afspeelde. Hij was de enige

(2) Deuxièmement, en ce qui concerne le service
du renseignement militaire (SGR), il a failli à sa
mission dans la crise du Rwanda. Le SGR disposait
ou pouvait disposer de tous les renseignements nécessaires pour réaliser des analyses sérieuses de ce qui se

1 - 611/7 - 1997/1998

( 712 )

instantie in België die én door de inlichtingenofficieren, én door de MTS-CTM. én door officieren verbonden aan de Force werd geı̈nformeerd en die kennis
had van alle rapporten die dagelijks op het niveau van
het bataljon, de sector en de Force werden verstuurd.
Bovendien ontving de SGR een kopie van het merendeel van de telexen verzonden door onze ambassade
in Kigali.

passait au Rwanda. Le SGR était la seule instance en
Belgique à être informée, et par les officiers de renseignements, et par la CTM-MTS, et par les officiers
rattachés à la Force; il était aussi la seule instance à
avoir connaissance de tous les rapports journaliers
établis au niveau du bataillon, du secteur et de la
Force. Il faut ajouter à cela qu’il recevait aussi une
copie de la plupart des télex envoyés par notre ambassade à Kigali.

Dat ondanks al deze informatie door de SGR
weinig of geen relevante diagnoses werden geproduceerd, is volgens de commissie te wijten aan de
volgende elementen :
— de beperkte personeelsbezetting en het gebrek
aan flexibiliteit die niet aangepast waren aan de eisen
van een operatie op het terrein; de inlichtingen
werden slechts door één analist verwerkt, hetgeen de
objectiviteit van de verrichte evaluaties in gevaar
bracht;
— de bron van de informatie werd belangrijker
geacht dan de inhoud ervan; dit is onmiskenbaar het
geval geweest voor de inlichtingen afkomstig van het
hoofd van de militair-technische coöperatie (MTSCTM), inlichtingen die vaak veel geruststellender
waren dan de talrijke, veelal onrustwekkende gegevens die werd toegezonden door andere bronnen,
waaronder de ambassadeur en de inlichtingenofficieren van KIBAT I en II;
— de feedback was onbestaande; de weinige analyses die door de SGR werden gemaakt bereikten
Kigali nooit.

En dépit de toutes ces informations, le SGR n’a
produit aucun ou quasiment aucun diagnostic pertinent, ce qui, selon la commission, est dû aux éléments
suivants :
— le manque d’effectifs et le manque de flexibilité
qui n’étaient pas adaptés aux nécessités d’une opération sur le terrain; un seul analyste traitait les informations, si bien que l’objectivité des évaluations a été
menacée;

(3) Ten derde beschikt de Belgische regering over
geen enkel analyse- en coördinatie-instrument om
haar beleid voor te bereiden door het verzamelen,
ontleden en omzetten in aanbevelingen van de informatie uit de verschillende beschikbare inlichtingenbronnen (Buitenlandse Zaken, SGR, Staatsveiligheid
en andere). Meer bepaald wat Rwanda betreft is de
zogenaamde Afrika-desk op het departement Buitenlandse Zaken niet uitgerust voor deze taak en is deze
bovendien onderbemand. Hij is derhalve niet in staat
in tijden van crisis de nodige grondige analyses en
aanbevelingen te produceren.

(3) Troisièmement, le Gouvernement belge ne
dispose d’aucun instrument d’analyse et de coordination pour préparer sa politique, par la collecte,
l’analyse et la transposition en recommandations des
informations émanant des diverses sources de renseignements disponibles (Affaires étrangeres, SGR,
Sûreté de l’État et autres). En ce qui concerne plus
particulièrement le Rwanda, la cellule « Afrique » du
département des Affaires étrangères n’est pas équipée
pour cette mission et, de surcroı̂t, elle manque
d’effectifs. Elle n’est, par conséquent, pas en mesure
d’émettre les analyses approfondies et les recommandations nécessaires en temps de crise.

De commissie is van oordeel dat wat het tekort aan
coördinatie op het terrein betreft, generaal Dallaire,
en in mindere mate de sectorcommandant kolonel
Marchal, onvoldoende initiatief hebben ontwikkeld
om dit euvel te verhelpen. Met betrekking tot de werking van de SGR is de commissie van oordeel dat de
Rwanda-analist majoor Hock te eenzijdig aandacht
schonk aan de inlichtingen afkomstig van de militairtechnische coöperatie in Rwanda. Zijn oversten,
generaal-majoor Verschoore en generaal-majoor
Delhotte, zijn er niet in geslaagd de werking van hun
dienst af te stemmen op de vereisten van de Belgische
deelname aan de UNAMIR-operatie. Ten slotte is de
commissie de mening toegedaan dat de opeenvolgende regeringen te weinig aandacht hebben besteed

En ce qui concerne le manque de coordination sur
le terrain, la commission estime que le général
Dallaire et, dans une moindre mesure, le commandant de secteur, le colonel Marchal, n’ont pas pris
suffisamment d’initiatives pour pallier cette carence.
En ce qui concerne le fonctionnement du SGR, la
commission est d’avis que l’analyste du Rwanda, le
major Hock, a accordé une attention trop unilatérale
aux renseignements émanant de la coopération
technique militaire au Rwanda. Quant à ses supérieurs, le général-major Verschoore et le généralmajor Delhotte, ils n’ont pas réussi à adapter le fonctionnement de leur service en fonction des exigences
de la participation belge à l’opération MINUAR.
Enfin, la commission estime que les Gouvernements

— on a donné davantage d’importance à la source
des informations qu’au contenu de celles-ci; il en fut
incontestablement ainsi pour ce qui est des informations en provenance de la coopération technique militaire (CTM-MTS), informations qui étaient souvent
assez apaisantes par rapport aux nombreuses informations souvent inquiétantes venant d’autres sources, comme l’ambassadeur et les officiers de renseignements de KIBAT I et II;
— l’action en retour (feedback) était inexistante;
les quelques analyses que le SGR a réalisées ne sont
jamais parvenues à Kigali.

( 713 )

1 - 611/7 - 1997/1998

aan de uitbouw van een efficiënte Afrika-desk op het
departement Buitenlandse Zaken en niet voldoende
middelen hebben vrijgemaakt om een dergelijke cel te
kunnen oprichten.

successifs ont accordé trop peu d’attention au développement d’une cellule « Afrique » efficace au sein du
département des Affaires étrangères, et n’ont pas
débloqué suffisamment de moyens pour pouvoir
créer une telle cellule.

4.7. DE WEIGERING BESCHERMING TE
VERLENEN AAN DE INFORMANT
JEAN-PIERRE

4.7. LE REFUS D’ACCORDER UNE
PROTECTION À L’INFORMATEUR
JEAN-PIERRE

De informant « Jean-Pierre », die essentiële inlichtingen heeft verschaft over de dreiging tegen de Belgen
en de voorbereiding van de volkenmoord, vroeg asiel
en bescherming voor zichzelf en zijn familie in ruil
voor verdere informatie.

L’informateur « Jean-Pierre », auteur d’informations essentielles en ce qui concerne la menace contre
les Belges et la préparation du génocide, avait
demandé asile et protection pour lui et pour sa famille
en garantie d’informations qu’il s’engageait à continuer à donner.

De commissie stelt vast dat noch de Westerse
ambassades noch de VN bereid waren deze bescherming te verlenen.

La commission constate que ni les ambassades
occidentales ni les Nations unies n’ont accepté
d’accorder cette protection.

De commissie begrijpt de wijze niet waarop de
internationale gemeenschap, en met name de Verenigde Naties, de Verenigde Staten, Frankrijk en
België, het probleem van die informatiebron behandeld heeft, informatie die trouwens achteraf door de
feiten zou worden bevestigd.

La commission ne comprend pas la manière dont la
communauté internationale, en l’occurrence les
Nations unies, les USA, la France et la Belgique, a
traité le problème de cette source d’informations, qui
allaient par la suite être confirmées par les faits.

4.8. DE GEBREKKIGE COÖRDINATIE TUSSEN
HET DEPARTEMENT LANDSVERDEDIGING
EN DE GENERALE STAF VAN HET LEGER

4.8. LA COORDINATION DÉFICIENTE ENTRE
LE DÉPARTEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE ET L’ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL DE
L’ARMÉE

Hoewel ingevolge het koninklijk besluit van
19 december 1989 de paraatstelling van de troepen en
de leiding van de operaties behoren tot de bevoegdheid van de generale staf, en er bovendien regelmatige
contacten waren tussen de chef van de generale staf,
luitenant-generaal Charlier, en de minister van
Landsverdediging, de heer L. Delcroix en/of zijn kabinetschef, de heer Schellemans, is de commissie van
oordeel dat de informatiestroom tussen de staf en het
kabinet niet optimaal verliep. Zo werden niet alle verslagen van de dagelijkse briefings van de chef van de
generale staf dagelijks naar de minister verstuurd.
Ook moet worden vastgesteld dat het kabinet weinig
of geen specifieke opdrachten blijkt gegeven te
hebben aan de generale staf met betrekking tot de
informatie die het wel degelijk ontving.

Bien qu’en vertu de l’arrêté royal du 19 décembre
1989, la mise en condition des troupes et la conduite
des opérations soient du ressort de l’état-major et bien
qu’il y ait eu en outre des contacts réguliers entre le
chef d’état-major, le lieutenant général Charlier, et le
ministre de la Défense nationale, M. L. Delcroix,
et/ou son chef de cabinet, M. Schellemans, la
commission estime que l’échange d’informations
entre l’état-major et le cabinet n’a pas été optimal.
C’est ainsi que les rapports du briefing journalier du
chef d’état-major n’ont pas été tous transmis quotidiennement au ministre. Force est de constater aussi
que le cabinet n’a donné que peu ou pas de missions
spécifiques à l’état-major général en rapport avec les
informations qu’il a effectivement reçues.

4.9. DE GEBREKKIGE OPVOLGING VAN HET
RWANDESE DOSSIER DOOR DE MINISTERRAAD EN DE DEPARTEMENTEN VAN
LANDSVERDEDIGING EN BUITENLANDSE
ZAKEN

4.9. LE SUIVI DÉFICIENT DU DOSSIER DU
RWANDAPARLECONSEILDESMINISTRESET
LES DÉPARTEMENTS DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

De commissie heeft vastgesteld dat, op het vlak van
de beleidsvoering, de coördinatie tussen beide departementen bijna uitsluitend beperkt bleef tot een geregeld contact tussen beide kabinetschefs. In beginsel
werden er tijdens het verloop van een of meerdere

La commission a constaté qu’au niveau politique,
la coordination entre les deux départements s’est
presque exclusivement limitée à un contact régulier
entre les deux chefs de cabinet. En principe, il y a bel
et bien eu, au cours du déroulement d’une ou de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 714 )

operaties wel wekelijkse coördinatievergaderingen
tussen beide departementen gehouden; hierbij waren
ook het kabinet van de Eerste minister en dat van
Ontwikkelingssamenwerking betrokken. Deze vergaderingen hadden echter plaats op een te laag echelon
om de noodzakelijke coördinatie op het vlak van de
beleidsvoering te verzekeren. Uit de betrokken verslagen kan overigens worden opgemaakt dat ze haast
uitsluitend handelden over punctuele en praktische
problemen.

plusieurs opérations, des réunions de coordination
hebdomadaires entre les deux départements; y assistaient également le cabinet du Premier ministre et
celui de la Coopération au développement. Ces
réunions se sont toutefois déroulées à un échelon trop
bas que pour pouvoir assurer la coordination nécessaire sur le plan politique. D’ailleurs, on peut déduire
des rapports en question que ces réunions traitaient
presque uniquement de problèmes ponctuels et pratiques.

Afgezien van de wekelijkse mededelingen van de
minister van Buitenlandse Zaken, de heer W. Claes,
over de internationale toestand, kwam het punt
Rwanda niet voor op de agenda van de Ministerraad
tussen eind november 1993 en eind maart 1994, met
uitzondering van de mededeling op 4 maart van de
minister van Buitenlandse Zaken over Rwanda,
Burundi en Zaı̈re.

À part les communications hebdomadaires du ministre des Affaires étrangères, M. W. Claes, concernant la situation internationale, le Rwanda n’a pas
figuré à l’ordre du jour du Conseil des ministres entre
fin novembre 1993 et fin mars 1994, à l’exception de la
communication du 4 mars du ministre des Affaires
étrangères à propos du Rwanda, du Burundi et du
Zaı̈re.

De commissie verbaast zich over het feit dat de
minister van Landsverdediging, de heer L. Delcroix,
het niet nodig vond te vragen Rwanda op de agenda te
plaatsen, hetzij, omdat hij niet over voldoende informatie beschikte, hetzi; omdat hij de situatie verkeerd
heeft ingeschat.

La commission s’étonne que le ministre de la
Défense nationale, M. L. Delcroix, n’ait pas jugé utile
de demander d’inscrire le Rwanda à l’ordre du jour,
soit parce que son information était incomplète, soit
parce que son appréciation de la situation n’était pas
exacte.

4.10. DE ZWAKKE DIPLOMATIEKE
INSPANNINGENTERVERSTERKINGVANHET
UNAMIR-MANDAAT

4.10. LAFAIBLESSEDESEFFORTSDIPLOMATIQUES VISANT À RENFORCER LE MANDAT DE
LA MINUAR

De commissie stelt vast dat de Belgische regering en
meer bepaald de minister van Buitenlandse Zaken, de
heer W. Claes, inspanningen leverden om tijdens het
verloop van de operatie het mandaat van UNAMIR te
wijzigen.

La commission constate que le Gouvernement
belge et, plus particulièrement, le ministre des Affaires étrangères, M. W. Claes, ont déployé des efforts
visant à modifier le mandat de la MINUAR au cours
de l’opération.

Dat dit uiteindelijk niet gebeurde vóór de dramatische gebeurtenissen van 6 en 7 april 1994 is in eerste
instantie te wijten aan de weigering van de permanente leden van de VN-Veiligheidsraad.

Si cette modification n’a pas eu lieu avant les événements dramatiques des 6 et 7 avril 1994, c’est tout
d’abord en raison du refus des membres permanents
du Conseil de sécurité des Nations unies.

Desalniettemin is de commissie van oordeel dat
deze inspanningen vanuit het departement Buitenlandse Zaken onvoldoende waren. De vraag blijft
immers overeind waarom, gelet op de specifieke
bedreiging die op de Belgische paracommando’s
rustte, het ministerie van Buitenlandse Zaken zich in
België schikte in een al bij al beperkte versterking van
de actie onder het bestaande mandaat (het overplaatsen naar Kigali van Ghanese UNAMIR-soldaten die
in het noorden van Rwanda gelegerd waren) in plaats
van een « wijziging » of een « uitbreiding » van het
mandaat of een ruimere « versterking van de actie
binnen het mandaat » door een minder restrictieve
interpretatie van dat mandaat en van de ROE.
Waarom werd vóór 5 april, datum waarop het
mandaat van UNAMIR door de VN-Veiligheidsraad
diende te worden verlengd, geen diplomatiek offensief ingezet, daar waar nauwelijks tien dagen later
naar aanleiding van de terugtrekking van de Belgische
blauwhelmen zo’n offensief wel werd ontketend tegenover de landen die lid waren van de VNVeiligheidsraad ?

Néanmoins, la commission estime que les efforts
fournis par le Ministère des Affaires étrangères ont été
insuffisants. En effet, force est de se demander pourquoi, vu la menace spécifique qui pesait sur les paracommandos belges, le Ministère des Affaires étrangères s’est accommodé d’un renforcement, somme toute
limité, de l’action dans le cadre du mandat existant (le
transfert à Kigali de soldats ghanéens de la MINUAR
qui étaient cantonnés au Nord du Rwanda), au lieu
d’exiger une « modification » ou un « élargissement »
du mandat ou un « renforcement plus poussé de
l’action dans le cadre du mandat » par une interprétation moins restrictive de celui-ci et des règles
d’engagement. Pourquoi, avant le 5 avril, date à
laquelle le Conseil de sécurité devait prolonger le
mandat de la MINUAR, n’a-t-on pas lancé une offensive diplomatique, puisque à peine dix jours plus tard,
on a bel et bien déclenché une telle offensive vis-à-vis
des membres du Conseil de sécurité, à l’occasion du
retrait des Casques bleus belges ?

( 715 )

1 - 611/7 - 1997/1998

Hoewel de commissie erkent dat tal van inspanningen werden geleverd, blijft zij van mening dat de
minister van Buitenlandse Zaken W. Claes niet alle
mogelijkheden heeft benut die voorhanden waren om
het mandaat, of minstens de beschikbare actiemiddelen binnen het bestaande mandaat te versterken.

Bien que la commission reconnaisse que nombre
d’efforts ont été fournis, elle reste d’avis que le ministre des Affaires étrangères, M. W. Claes, n’a pas
exploité toutes les possibilités dont il disposait pour
renforcer le mandat ou, du moins, les moyens
d’action disponibles dans le cadre du mandat existant.

4.11. DE FOUTIEVE INSCHATTING VAN DE
TOESTAND EN DE PASSIEVE HOUDING OP
7 APRIL 1994 VAN DE SPECIALE VERTEGENWOORDIGER VAN DE VN-SECRETARISGENERAAL EN DE HOGERE UNAMIROFFICIEREN

4.11. LA MAUVAISE APPRÉCIATION DE LA
SITUATION ET L’ATTITUDE PASSIVE, LE
7 AVRIL 1994, DU REPRÉSENTANT SPÉCIAL
DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ET DES
OFFICIERS SUPÉRIEURS DE LA MINUAR

De daders van de afschuwelijke moord op de paracommando’s zijn Rwandezen. De commissie is van
oordeel dat als verantwoordelijk voor deze misdaad
niet alleen diegenen aangewezen dienen te worden die
zich tegen onze militairen hebben gekeerd, maar ook
bepaalde Rwandese politieke en militaire overheden
en al wie de anti-Belgische campagne heeft gevoerd.
Die campagne werd reeds ingezet vóór de opstelling
van onze troepen en heeft een hoogtepunt bereikt na
de moord op de president. Het staat aan de justitie de
schuldigen voor de rechtbank te brengen.

Les auteurs de l’horrible assassinat des paracommandos sont des Rwandais. La commission est d’avis
que ceux qui doivent être tenus pour coupables de ce
crime ne sont pas seulement ceux qui ont porté la
main contre nos militaires, mais aussi certaines autorités politiques et militaires rwandaises et tous ceux
qui ont mené la campagne antibelge, qui a commencé
dès avant le déploiement de nos troupes et qui a
culminé après l’assassinat du président. Il appartient à
la justice de juger les coupables.

Op dit punt wijst de commissie erop dat onze
soldaten werden vermoord binnen de muren van een
kazerne van het Rwandese leger, dus in een openbaar
gebouw dat onder de bescherming staat van de overheden van een « bevriend » land waarmee wij hechte
banden onderhielden inzake ontwikkelingssamenwerking en militair-technische samenwerking. De
commissie wijst er tevens op dat enkele honderden
meters van het drama bijna alle hogere officieren van
de FAR aanwezig waren op het crisisberaad, in aanwezigheid van generaal Dallaire.

La commission rappelle à cet égard que nos soldats
ont été assassinés dans l’enceinte d’une caserne de
l’armée rwandaise, donc dans un édifice public sous
la protection des autorités d’un pays « ami » avec
lequel nous entretenions une forte coopération au
développement et une coopération technique militaire. La commission rappelle également qu’à quelques centaines de mètres du drame, la quasi-totalité
des officiers supérieurs des FAR étaient rassemblés
pour une réunion de crise en présence du général
Dallaire.

De commissie is van oordeel dat veel van de gebeurtenissen van 7 april 1994 kunnen worden verklaard
door de vaststelling dat UNAMIR I de aan hem toegewezen opdrachten slechts gedeeltelijk heeft uitgevoerd. Meer bepaald in de streek van Kigali werden er
maar heel weinig ontwapeningsacties gevoerd. De
militaire houding van UNAMIR voor 7 april 1994
speelde eveneens een grote rol. Die houding had er
namelijk voor gezorgd dat UNAMIR steeds meer van
zijn geloofwaardigheid had verloren in de ogen van
de Rwandezen (zoals bijvoorbeeld het niet opruimen
van wapenopslagplaatsen, de afwezigheid van reactie
op talrijke provocaties, ...), die daardoor de indruk
kregen dat ze UNAMIR ongestraft konden dwarsbomen. Voor de manschappen van UNAMIR leidde
deze passiviteit, samen met de « crainte de la bavure »,
tot een zekere psychologische ontwapening. De
restrictieve interpretatie van de ROE leidde bovendien bij sommigen tot het verlies van de normale zelfsverdedigingsreflex. Daarenboven had het vertrouwen van UNAMIR in de Rwandese strijdkrachten tot
gevolg dat de blauwhelmen niet de nodige achterdocht koesterden ten opzichte van de Rwandese troepen en gendarmes. Dit verklaart waarschijnlijk ten

La commission est d’avis qu’un grand nombre des
événements du 7 avril 1994 s’expliquent par le constat
que la MINUAR I n’a accompli que partiellement les
missions qui lui ont été confiées. Dans la région de
Kigali, notamment, elle n’a effectué qu’un nombre
limité d’actions de désarmement. Par ailleurs,
l’attitude militaire qu’elle a adoptée avant le 7 avril
1994 a joué un role important. Cette attitude a fait,
entre autres, que la MINUAR est devenue de moins en
moins crédible aux yeux des Rwandais (par exemple
en s’abstenant de liquider les caches d’armes, en ne
réagissant pas à de nombreuses provocations, ...),
lesquels, de ce fait, ont eu l’impression qu’ils
pouvaient entraver inpunément l’action de la
MINUAR. Pour les hommes de celle-ci, cette attitude
passive, conjuguée à la « crainte de la bavure », a
produit un état de désarmement psychologique. En
outre, l’interprétation restrictive qui était faite des
ROE a provoqué chez certains la perte du réflexe
normal de légitime défense. De plus, la confiance que
la MINUAR plaçait dans les forces armées rwandaises a fait que les Casques bleus ne se sont pas méfiés
suffisamment des troupes et des gendarmes rwandais.
Il est probable que cela explique en partie pourquoi le

1 - 611/7 - 1997/1998

( 716 )

dele waarom luitenant Lotin zich liet ontwapenen en
waarom geen gewapende actie ter ontzetting werd
overwogen. De verantwoordelijkheid voor de hierboven gemaakte vaststellingen ligt bij de VN en bij generaal Dallaire, alsmede gedeeltelijk bij de Belgische
militaire bevelhebbers ter plaatse.

lieutenant Lotin s’est laissé désarmer et pourquoi on
n’a pas envisagé une action armée pour le dégager.
C’est l’ONU et le général Dallaire qui portent la
responsabilité pour ce qui est des constatations susvisées Les commandants militaires belges sur place
assument également une partie de cette responsabilité.

De commissie heeft bij haar analyse in de eerste
moeten vaststellen dat er op geen enkel niveau enige
coördinatie bestond, laat staan scenario’s voorhanden waren om het hoofd te bieden aan dramatische
ontwikkelingen zoals die zich hebben voorgedaan op
7 april 1994.

La commission a dû constater tout d’abord, dans
son analyse des événements, qu’il n’y avait eu aucune
coordination à quelque niveau que ce soit et moins
encore de scénario qui aurait permis de faire face aux
événements dramatiques du 7 avril 1994.

Voorts is de commissie de mening toegedaan dat de
speciale vertegenwoordiger van de VN-secretarisgeneraal, de heer Booh Booh, en verschillende hogere
UNAMIR-officieren in de nacht van 6 op 7 april een
foute inschatting van de gebeurtenissen hebben
gemaakt. Deze foute inschatting leidde bij de betrokken officieren tot een passieve houding toen de groep
Lotin bij het huis van de Rwandese eerste minister in
moeilijkheden kwam. Ook nadat de groep Lotin
gevangen was genomen en in kamp Kigali gelyncht
werd, werd volhard in deze aanpak.

La commission estime ensuite que le représentant
spécial du Secrétaire général des Nations unies,
M. Booh Booh, ainsi que plusieurs officiers supérieurs de la MINUAR ont mal apprécié la portée des
événements dans la nuit du 6 au 7 avril. Cette
mauvaise appréciation a amené les officiers concernés
à adopter une attitude passive alors que le groupe
Lotin, qui était chez la Première ministre rwandaise,
était en difficulté. On a maintenu cette attitude après
que le groupe Lotin eut été fait prisonnier et qu’il eut
été lynché au Camp Kigali.

De commissie is van oordeel dat op de cruciale
ogenblikken van de Rwandacrisis de hiernavolgende
personen niet op gepaste wijze — en voor sommigen
zelfs op onprofessionele wijze — hebben gereageerd
op de gebeurtenissen.
— De heer Booh Booh, speciaal vertegenwoordiger van de VN-secretaris-generaal. De commissie is de
mening toegedaan dat de speciaal vertegenwoordiger
niet opgewassen was tegen zijn taak. Vanaf 6 april liet
hij het volledig afweten. Concreet had dit tot gevolg
dat generaal Dallaire, de Force Commander, zich
eveneens diende bezig te houden met de politieke
aspecten van de UNAMIR-missie, waardoor zijn
militaire opdracht naar de achtergrond werd verdrongen.
— Generaal Dallaire, Force Commander. De
commissie is van mening dat de escortes van politieke
prominenten en in het bijzonder van de Eerste minister noodzakelijk waren en enkel konden worden verzekerd door de soldaten van UNAMIR. De commissie
is eveneens van oordeel dat het vanwege generaal
Dallaire onvoorzichtig en weinig professioneel was
om, gezien de omstandigheden, die escortes op 7 april
met zo weinig militaire voorzorgen te laten verlopen.
Dit was des te meer aangewezen daar generaal
Dallaire, zoals blijkt uit zijn eigen geschreven getuigenis, perfect op de hoogte was van het verzet van de
sterke man van het regime, kolonel Bagosora om
mevrouw Agathe Uwilingiyimana, Rwandese Eerste
minister te begeleiden naar Radio Rwanda. Daarenboven is het voor de commissie onbegrijpelijk dat
generaal Dallaire, na het ontwaren van lichamen van
blauwhelmen in kamp Kigali, het probleem niet onmiddellijk ter sprake bracht op de vergadering met de
hogere officieren van de FAR in de École supérieure
en geen onmiddellijke tussenkomst eiste van de daar

La commission estime que dans les moments critiques de la crise rwandaise, les personnes suivantes
n’ont pas réagi aux événements de manière adéquate
et, pour certaines, qu’elles n’ont pas réagi de manière
professionnelle.
— M. Booh Booh, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies. La commission estime
que le représentant spécial n’a pas été à la hauteur de
sa mission. À partir du 6 avril, il a été totalement
passif. Concrètement, cela a eu pour conséquence que
le général Dallaire, le Force Commander, a dû
s’occuper également des aspects politiques de la
mission MINUAR, l’aspect militaire ayant été relégué
au second plan.
— Le général Dallaire, Force Commander. La
commission estime que les escortes des personnalités
politiques, et plus particulièrement de la Première
ministre, étaient nécessaires et ne pouvaient être réalisées que par les soldats de la MINUAR. La commission estime également qu’il était imprudent et peu
professionnel de la part du général Dallaire, dans ces
circonstances, de les faire effectuer le 7 avril avec aussi
peu de précautions militaires. C’est d’autant plus vrai
que, comme le montre son témoignage écrit, le général Dallaire était parfaitement au courant du fait que
l’homme fort du régime, le colonel Bagosora, était
opposé à ce que l’on accompagne Mme Agathe
Uwilingiyimana, la Première ministre rwandaise, à
Radio Rwanda. Par ailleurs, la commission ne
comprend pas pourquoi le général Dallaire, qui avait
aperçu les corps des Casques bleus au camp Kigali,
n’en a pas parlé immédiatement aux officiers supérieurs des FAR à la réunion de l’École supérieure et
n’a pas exigé l’intervention urgente des officiers
rwandais présents. Cela semble traduire une grande

( 717 )
aanwezige Rwandese officieren. Dat lijkt te wijzen op
grote onverschilligheid van zijn kant. Generaal
Dallaire heeft overigens zijn sectorcommandant van
zijn waarnemingen niet op de hoogte gebracht en hem
ook niet de nodige instructies gegeven.
— Majoor Maggen, lid van de cel operaties op het
hoofdkwartier van de Force, heeft voor de verschillende onderzoeksinstanties tegenstrijdige verklaringen afgelegd. Voor de commissie is het uitgesloten dat
majoor Maggen niets zou hebben gezien of gehoord
toen hij samen met generaal Dallaire kamp Kigali
passeerde waar Belgische paracommando’s vochten
voor hun leven. Het is onbegrijpelijk en laakbaar dat
majoor Maggen tijdens de ochtend van 7 april generaal Dallaire niet confronteerde met hetgeen hij die
ochtend gezien en gehoord had, meer bepaald het
bericht omstreeks 9.30 uur als zouden in kamp Kigali
meerdere doden zijn gevallen.

1 - 611/7 - 1997/1998

indifférence de sa part. D’ailleurs, le général Dallaire
a également négligé d’informer son commandant de
secteur de ce qu’il avait observé et de lui donner les
instructions nécessaires.

Ook kolonel Dewez, commandant van KIBAT II,
heeft de toestand op het ogenblik van de tragische
gebeurtenissen verkeerd ingeschat. Hij bleef eveneens
vertrouwen in de medewerking en de goede trouw
van de Rwandese Strijdkrachten en Gendarmerie,
ook al bleek reeds vroeg in de ochtend van 7 april
1994 dat dit vertrouwen ongegrond was en dat de
manschappen in ernstig gevaar verkeerden.

— Le major Maggen, membre de la cellule opérations au quartier général de la Force, a fait des déclarations contradictoires devant les diverses instances
d’enquête. Selon la commission, il est exclu que le
major Maggen n’ait rien vu ni entendu lorsqu’il est
passé, en compagnie du général Dallaire, devant le
camp Kigali où les paracommandos belges se
battaient pour sauver leur vie. Il est incompréhensible
et répréhensible que le major Maggen n’ait pas
confronté, dans la matinée du 7 avril, le général
Dallaire avec ce qu’il avait vu et entendu le matin
même et plus particulièrement avec l’information,
vers 9 h 30, selon laquelle il y aurait eu plusieurs
morts au camp Kigali.
— Le colonel Marchal, commandant de secteur, a
mal apprécié la situation au moment des événements
tragiques. Il a continué à croire à la volonté de collaborer et à la bonne foi des forces armées et de la
gendarmerie rwandaises pensant qu’elles allaient
résoudre l’incident concernant le peloton Mortiers du
lieutenant Lotin, même si, tôt dans la matinée du
7 avril 1994 déjà, il s’est avéré que cette confiance
n’était pas fondée et que les hommes couraient un
grave danger.
— Le colonel Dewez, commandant de KIBAT II, a
lui aussi mal évalué la situation pendant les événements tragiques. Il a également continué à croire à la
volonté de collaborer et à la bonne foi des forces
armées et de la gendarmerie rwandaises même si, tôt
dans la matinée du 7 avril 1994 déjà, il s’est avéré que
cette confiance n’était pas fondée et que les hommes
couraient un grave danger.

Bovendien had kolonel Dewez, volgens zijn eigen
brief van 4 juli 1997 aan de commissie, op het ogenblik van de feiten « geen normale reactie van een militair ». Hij beging de vergissing, niet de nodige klare
richtlijnen te geven aan luitenant Lotin.

De plus, selon sa propre lettre du 4 juillet 1997
adressée à la commission, le colonel Dewez n’a pas eu
« une réaction normale pour un militaire » au moment
des faits. Il a commis l’erreur de ne pas donner les
directives claires nécessaires au lieutenant Lotin.

In de nacht van 6 op 7 april 1994 gingen hijzelf en
majoor Choffray in de fout door niet de nodige maatregelen te nemen om de munitie en de zwaardere
wapens die in Rwandex waren opgeslagen, over de
compagnies van KIBAT te verdelen.

Dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, lui-même et le
major Choffray ont eu le tort de ne pas prendre les
mesures nécessaires pour distribuer aux compagnies
de KIBAT les munitions et les armes plus lourdes
entreposées à Rwandex.

4.12. DE TEKORTKOMINGEN IN DE OPVANG
EN DE BEGELEIDING VAN DE FAMILIES
VAN DE SLACHTOFFERS

4.12. LES MANQUEMENTS DANS L’ACCUEIL
ET L’ACCOMPAGNEMENT DES FAMILLES
DES VICTIMES

De commissie heeft inzake de opvang en begeleiding van de familieleden van de slachtoffers verschillende ernstige tekortkomingen vastgesteld.

Pour ce qui est de l’accueil et de l’accompagnement
des membres des familles des victimes, la commission
a constaté plusieurs lacunes graves.

De families hebben zich beklaagd over de wijze
waarop zij door de internationale en Belgische autoriteiten werden behandeld.

Les familles se sont plaintes de la façon dont elles
ont été traitées par les autorités internationales et
nationales.

— Kolonel Marchal, sectorcommandant, heeft de
toestand op het ogenblik van de tragische gebeurtenissen verkeerd ingeschat. Hij bleef vertrouwen in de
medewerking en de goede trouw van de Rwandese
Strijdkrachten en Gendarmerie om het incident met
het peloton-Mortieren van luitenant Lotin op te
lossen, ook al bleek reeds vroeg in de ochtend van
7 april 1994 dat dit vertrouwen ongegrond was en dat
de manschappen in ernstig gevaar verkeerden.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 718 )

De werking van de sociale dienst van de generale
staf schoot op zeer veel vlakken, zowel op menselijk
als op materieel vlak, flagrant tekort. Zo werd de
dood van de manschappen op een ondiplomatische
en tactloze wijze aan de familieleden meegedeeld.
Bovendien kan de commissie de houding van de
bataljonscommandant, kolonel Dewez, die op een
afstandelijke wijze de families foute informatie verstrekte over de dood van de paracommando’s, enkel
afkeuren. Om een rouwproces vlot te laten verlopen,
is het van groot belang dat de betrokkenen een juiste
versie van de feiten krijgen. Daarenboven hebben de
familieleden niet de mogelijkheid gekregen om op een
waardige, intieme manier afscheid te nemen, wegens
de strikte regels en het protocol van de krijgsmacht.
De commissie is van oordeel dat de begeleiding van de
familieleden door de bevoegde diensten (en personen)
van de generale staf faalde, zowel op sociaal, medisch
als op psychologisch vlak. De wijze waarop de nodige
formaliteiten werden afgehandeld, verliep bijzonder
gebrekkig. De commissie is van oordeel dat terzake
een zware verantwoordelijkheid berust bij de generale staf.

Le fonctionnement du service social de l’état-major
général a présenté des insuffisances flagrantes dans de
nombreux domaines, et au niveau humain et au
niveau matériel. Ainsi la mort des hommes a-t-elle été
communiquée sans aucune diplomatie ni aucun tact
aux membres de la famille. En outre, la commission
ne peut que réprouver l’attitude du commandant de
bataillon, le colonel Dewez, qui a fourni de manière
distante des informations erronées concernant la
mort des paracommandos. Pour qu’un processus de
deuil puisse se faire convenablement, il est très important que les intéressés obtiennent une version exacte
des faits. De plus, les membres de la famille n’ont pas
eu l’occasion de prendre congé de leurs morts de
manière digne et dans l’intimité, en raison des règles
strictes et du protocole de l’armée. La commission
estime que les services (et les personnes) compétents
de l’état-major ont négligé l’accompagnement des
membres des familles, tant du point de vue médicosocial que du point de vue psychologique. Les formalités nécessaires se sont déroulées de manière particulièrement lacunaire. La commission estime que l’étatmajor général porte une lourde responsabilité en la
matière.

De commissie kan niet aanvaarden dat documenten door de diensten van het leger aan de familieleden
ter ondertekening werden voorgelegd zonder dat zij
geı̈nformeerd werden over de gevolgen van hun handtekening voor hun rechten in de toekomst.

La commission ne peut accepter que des documents
aient été soumis pour signature par les services de
l’armée à des membres des familles sans que ceux-ci
aient été informés des conséquences de leur signature
pour leurs droits futurs.

4.13. DE EENZIJDIGE BESLISSING
OM DE BELGISCHE UNAMIR-TROEPEN
TERUG TE TREKKEN

4.13. LA DÉCISION UNILATÉRALE
DE RETIRER LES TROUPES BELGES
DE LA MINUAR

De beslissing om de Belgische UNAMIR-troepen
terug te trekken is genomen door de regering na
contact met de VN-autoriteiten, vooral met de secretaris-generaal,
de
adjunct-secretaris-generaal
(DPKO) en met leden van de Veiligheidsraad. Er
hebben contacten plaatsgehad in grote verwarring
wegens de moeilijke communicatie tussen New York,
Kigali en Brussel, wat onder meer blijkt uit de tegenstrijdige verklaringen van de heer Boutros BoutrosGhali en van de minister van Buitenlandse Zaken, de
heer Willy Claes. Uiteindelijk waren de beslissing van
de VN en die van de Belgische regering niet gelijklopend.

La décision de retrait des troupes belges de la
MINUAR a été prise par le Gouvernement après qu’il
eut pris contact avec les autorités des Nations unies,
en particulier avec le Secrétaire général, le secrétaire
général adjoint (DPKO) et avec des membres du
Conseil de sécurité. Des contacts ont eu lieu dans une
grande confusion en raison des difficultés de communication entre New York, Kigali et Bruxelles, ce qui
ressort notamment de déclarations contradictoires de
M. Boutros Boutros-Ghali et du ministre des Affaires
étrangères, M. Willy Claes. Finalement, la décision
des Nations unies et celle du Gouvernement belge ne
sont pas allées dans le même sens.

Vóór de beslissing is gevallen om de Belgische troepen terug te trekken, zijn diplomatieke stappen gezet
teneinde te bepalen wat de rol van UNAMIR zou zijn
in geval van massale slachtpartijen, en of het mandaat
toeliet bescherming te bieden aan gekende Rwandese
politieke verantwoordelijken. Bovendien werd
gevraagd of de UNAMIR-troepen konden worden
ingezet voor de evacuatie van de buitenlanders. Een
herinterpretatie van het mandaat en van de rol van
UNAMIR in die zin bleek onmogelijk. Uiteindelijk
zijn buiten VN-verband Franse en Belgische troepen
gestuurd om de buitenlanders te evacueren. Deze
beslissing tot evacuatie was gerechtvaardigd wegens

La décision du retrait des troupes belges a été précédée de démarches diplomatiques entreprises en vue de
déterminer ce que serait le rôle de la MINUAR en cas
de massacres massifs et pour savoir si le mandat
permettait d’assurer la protection de responsables
politiques rwandais connus. On a en outre demandé
s’il était possible d’engager les troupes de la MINUAR
en vue de l’évacuation des expatriés. Il est apparu
qu’il était impossible de réinterpréter le mandat et le
rôle de la MINUAR dans ce sens. Finalement, on a
envoyé des troupes françaises et belges, en dehors du
cadre des Nations unies, pour procéder à l’évacuation
des expatriés. Cette décision d’évacuation était justi-

( 719 )

1 - 611/7 - 1997/1998

de specifieke dreigingen tegen Belgen aan wie men de
verantwoordelijkheid toeschreef voor de aanslag op
het presidentieel vliegtuig en die bovenop de dreigingen kwamen waaraan de Belgen vroeger hadden
blootgestaan.

fiée par les menaces spécifiques dont faisaient l’objet
les Belges, à qui on attribuait la responsabilité de
l’attentat contre l’avion présidentiel, et qui
s’ajoutaient à celles dont les Belges avaient fait l’objet
précédemment.

Wat de dramatische gebeurtenissen betreft die zich
na 7 april 1994 hebben voorgedaan, is de commissie
de mening toegedaan dat het om een collectieve verantwoordelijkheid gaat.

En ce qui concerne les événements dramatiques qui
ont eu lieu après le 7 avril 1994, la commission estime
qu’ils relèvent d’une responsabilité collective.

Allereerst de verantwoordelijkheid van de internationale gemeenschap, met name de Veiligheidsraad
van de VN, die van bij de aanvang van het Rwandese
drama verzuimd heeft om een wijziging, versterking
of uitbreiding van het mandaat toe te staan. Op geen
enkel ogenblik hebben de VN-autoriteiten of de militaire overheid ter plaatse de beslissing genomen om
artikel 17 van de ROE toe te passen. Dit artikel
bepaalt namelijk :
« Des actes criminels motivés ethniquement peuvent également être perpétrés pendant ce mandat et
demanderont moralement et légalement que la
MINUAR utilise tous les moyens disponibles pour y
mettre fin. Exemples : exécution, attaques contre des
personnes déplacées ou réfugiées, émeutes ethniques,
attaques contre des soldats démobilisés, etc. À ces
occasions, le personnel militaire de la MINUAR
suivra les ROE élaborées dans cette directive, en
appui de la UNCIVPOL et des autorités locales ou en
leur absence, la MINUAR prendra l’action nécessaire
pour empêcher tout crime contre l’humanité. »

D’abord de la responsabilité de la communauté
internationale, plus précisément du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a omis, dès le début du
drame rwandais, de modifier, de renforcer ou
d’élargir le mandat. À aucun moment, les autorités de
l’ONU ou les autorités militaires sur place n’ont pris
la décision d’appliquer l’article 17 des ROE qui
stipule :
« Des actes criminels motivés ethniquement
peuvent également être perpétrés pendant ce mandat
et demanderont moralement et légalement que la
MINUAR utilise tous les moyens disponibles pour y
mettre fin. Exemples : exécution, attaques contre des
personnes déplacées ou réfugiées, émeutes ethniques,
attaques contre des soldats démobilisés, etc. À ces
occasions, le personnel militaire de la MINUAR
suivra les ROE élaborées dans cette directive, en
appui de la UNCIVPOL et des autorités locales ou en
leur absence, la MINUAR prendra l’action nécessaire
pour empêcher tout crime contre l’humanité. »

Hoewel blijkt dat de toestand op het terrein de
toepassing van dit artikel 17 verantwoordde en een
militaire reactie volgens het internationaal recht
geoorloofd of zelfs noodzakelijk was om de slachtingen te verhinderen, moet men nagaan hoe de krachtsverhoudingen op het terrein lagen. Hoewel herhaaldelijk gebleken is dat UNAMIR en in het bijzonder
het Belgische detachement ervan op het terrein moeilijkheden ondervond, had het samenvoegen van alle
Westerse strijdkrachten die in Kigali of in de buurlanden beschikbaar waren, de omvang van de genocide
kunnen beperken.

Même s’il apparaı̂t que la situation sur le terrain
justifiait l’application de cet article 17 et que le droit
international permettait, voire imposait, une réaction
militaire pour empêcher les massacres, il faut évaluer
quels étaient les rapports de force sur le terrain. Même
s’il est apparu, à de très nombreuses reprises, que la
MINUAR, et particulièrement sa composante belge,
s’est trouvée en difficulté sur le terrain, la mise en
commun de l’ensemble des forces militaires occidentales disponibles à Kigali ou dans les pays voisins
aurait permis d’éviter l’ampleur du génocide.

De commissie is de mening toegedaan dat naast de
internationale gemeenschap er eveneens op ons land
een verantwoordelijkheid rust. De beslissing om het
Belgische detachement van UNAMIR eenzijdig terug
te trekken, is door de regering genomen op grond van
haar analyse, namelijk dat de VN het mandaat niet
wilden wijzigen, dat de Belgische troepen in gevaar
verkeerden en, hun nut verloren hadden en dat België
niet alleen kon optreden. De eerste minister, de heer
Jean-Luc Dehaene, verklaarde voor de commissie
dat, wanneer zich dezelfde omstandigheden zouden
voordoen, hij deze beslissing opnieuw zou nemen.

La commission estime qu’en plus de la communauté internationale, notre pays porte également une
responsabilité dans les événements. La décision de
retrait unilatéral de la composante belge de la
MINUAR a été prise par le Gouvernement en raison
de son analyse, à savoir que les Nations unies ne
voulaient pas modifier le mandat, qu’il considérait
que les troupes belges se trouvaient en danger et
étaient devenue inutiles et que la Belgique ne pouvait
agir seule. Le Premier ministre, M. Jean-Luc
Dehaene, a déclaré devant la commission que si la
même situation se reproduisait, il prendrait la même
décision.

Deze beslissing werd genomen nadat de Belgische
blauwhelmen de Don Bosco-school hadden verlaten,
waar 2 000 Rwandezen zich onder UNAMIR-bescherming bevonden. De internationale gemeenschap

Cette décision a été prise après que les Casques
bleus belges eurent quitté l’école Don Bosco, où
2 000 Rwandais se trouvaient sous la protection de la
MINUAR. La communauté internationale et les auto-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 720 )

en de Belgische autoriteiten waren op de hoogte van
de talrijke politieke moorden en de systematische
slachtpartijen onder de Tutsi burgerbevolking. Deze
beslissing om het Belgische detachement van de
UNAMIR-troepen terug te trekken ging niet gepaard
met de garantie dat ze vervangen zouden worden
door een ander contingent.

rités belges étaient au courant des multiples assassinats politiques et des massacres systématiques de la
population civile tutsie. En plus, cette décision de
retrait de la composante belge de la MINUAR n’a pas
été assortie de la garantie de son remplacement par un
autre contingent.

De commissie meent dat de verantwoordelijkheid
voor deze beslissing om de troepen eenzijdig terug te
trekken bij de regering berust. Ook het Parlement
draagt terzake verantwoordelijkheid. Er is tegen de
regeringsbeslissing geen protest gekomen. Integendeel, de verschillende fracties, met uitzondering van
enkele leden die voorwaarden hebben verbonden aan
de terugtrekking, hebben de beslissing tot terugtrekking van de blauwhelmen gesteund. Dat kan slechts
ten dele verklaard worden door een gebrek aan informatie en door de schok die in België bij de publieke
opinie was ontstaan na de moord op de tien paracommando’s.

La commission estime que la responsabilité de cette
décision de retrait unilatéral des troupes incombe au
Gouvernement. Le Parlement porte également une
responsabilité en la matière. Cette décision du
Gouvernement n’a soulevé aucune protestation. Au
contraire, les divers groupes parlementaires, à
l’exception de quelques membres qui ont lié le retrait
à certaines conditions, ont soutenu la décision de
retrait des Casques bleus. Cela ne peut s’expliquer
qu’en partie, en raison d’un manque d’information et
par l’émotion que l’assassinat des dix paracommandos a provoquée dans l’opinion publique belge.

In elk geval kan de commissie geen begrip opbrengen voor het Belgische diplomatiek offensief dat,
parallel met de beslissing tot terugtrekking, erop
gericht was een einde te maken aan de hele UNAMIRoperatie, inzonderheid om psychologische redenen.

En tout cas, la commission ne peut comprendre
l’offensive diplomatique belge qui, parallèlement à la
décision de retrait, a voulu mettre fin à l’ensemble de
l’opération MINUAR, notamment pour des raisons
d’ordre psychologique.

Terugblikkend hebben in ieder geval de internationale gemeenschap en sommige van haar leden, waaronder België, in april 1994 gefaald.

En tout état de cause, et avec le recul, la communauté internationale, et certaines de ses composantes,
dont la Belgique, ont failli en avril 1994.

4.14. HET UITBLIJVEN VAN ENIG DOELMATIG OPTREDEN TEGEN RTLM

4.14. L’ABSENCED’UNERÉACTIONEFFICACE
CONTRE RTLM

De commissie stelt vast dat de Belgische overheden
op de hoogte waren van het feit dat president Habyarimana of althans zijn directe omgeving deze zender,
die rassenhaat spuide, controleerde. De commissie
stelt tevens vast dat de Belgische regering herhaaldelijk is tussengekomen bij de Rwandese president om
de anti-Belgische uitzendingen te doen ophouden,
doch zonder resultaat.

La commission constate que les autorités belges
savaient que le président Habyarimana ou, du moins,
son entourage direct, contrôlait cet émetteur qui véhiculait la haine raciale. La commission constate également que le Gouvernement belge est intervenu à
plusieurs reprises auprès du président rwandais en
vue de mettre fin aux émissions antibelges, mais sans
résultat.

Nochtans heeft niemand in de periode van november 1993 tot 7 april 1994 de beslissing genomen om de
uitzendingen van RTLM te storen of te beletten,
terwijl zulks technisch mogelijk was.

Cependant, pendant la période allant de novembre
1993 au 7 avril 1994, personne n’a décidé de brouiller
ni d’empêcher les émissions de RTLM, alors que
c’était techniquement possible.

Gezien de dreiging die van deze zender uitging, verbaast de commissie zich erover dat de Belgische regering voor die mogelijkheid geen verzoek tot de VN in
New York of tot UNAMIR heeft gericht. Ze begrijpt
evenmin dat een dergelijk initiatief niet door de VN
zelf, noch door de Force Commander, generaal
Dallaire, werd genomen.

Étant donné la menace que présentait cet émetteur,
la commission s’étonne que cette possibilité n’ait pas
fait l’objet, de la part du Gouvernement belge, d’une
demande auprès de l’ONU à New York ou à la
MINUAR. Elle ne comprend pas davantage qu’une
telle initiative n’ait pas été prise par l’ONU ellemême, ni par le Force Commander, le général
Dallaire.

4.15. DE INMENGING VAN OFFICIEUZE
POLITIEKE KANALEN EN TUSSENPERSONEN

4.15. L’IMMIXTION DE CANAUX POLITIQUES
OFFICIEUX ET D’INTERMÉDIAIRES

De commissie stelt vast dat verschillende politieke
kringen en personen de officiële positie van de Belgi-

La commission constate que divers milieux et
personnalités politiques ont interféré dans la position

( 721 )

1 - 611/7 - 1997/1998

sche overheden ten aanzien van het Rwandese vraagstuk hebben doorkruist. Volgens de commissie
geschiedde die inmenging op twee manieren. Enerzijds werd gepoogd vanuit de hoogste kringen in
Rwanda parallelle kanalen van diplomatiek overleg
te ontwikkelen met de bedoeling de houding te
beı̈nvloeden van bepaalde Belgische politieke kringen
en van het Hof. Anderzijds werd vanuit de ChristenDemocratische Internationale, zeker vóór 4 augustus
1993, zowel ten aanzien van de Belgische regering als
tegenover bepaalde politieke milieus in Rwanda actie
ondernomen om in afwijking van de in de akkoorden
van Arusha voorziene machtsdeling te komen tot een
vlugge organisatie van vrije verkiezingen. De commissie stelt vast dat dit geen invloed had op de positie van
de Belgische regering, die de uitvoering van de
Arusha-akkoorden onvoorwaardelijk bleef eisen.
Evenwel valt niet uit te sluiten dat deze aanpak de
Rwandese politieke kringen die tegenstander waren
van Arusha, sterkten in hun afwijzing.

officielle des autorités belges vis-à-vis du problème
rwandais. La commission est d’avis que ces
immixtions ont eu lieu de deux manières. D’une part,
on a tenté, dans les hautes sphères dirigeantes du
Rwanda, de développer des canaux parallèles pour la
concertation
diplomatique,
afin
d’influencer
l’attitude de certains milieux politiques belges et de la
Cour. D’autre part, l’Internationale démocratechrétienne a fait, en tout cas avant le 4 août 1993, des
démarches et vis-à-vis du Gouvernement belge et visà-vis de certains milieux politiques du Rwanda, afin
d’obtenir l’organisation rapide d’élections libres,
contrairement à ce qui était prévu dans les accords
d’Arusha au sujet du partage du pouvoir. La commission constate que ces tentatives n’ont pas influé sur la
position du Gouvernement belge, lequel a continué à
exiger l’application inconditionnelle des accords
d’Arusha. On ne peut toutefois pas exclure que cette
manière de voir la question ait encouragé dans leur
refus les milieux politiques rwandais qui étaient
opposés aux accords d’Arusha.

4.16. DE MISLEIDENDE AFHANDELING VAN
HET RWANDA-DOSSIER DOOR DE MILITAIRE
OVERHEDEN

4.16. LE TRAITEMENT ORIENTÉ DU
DOSSIER RWANDA PAR LES AUTORITÉS
MILITAIRES

De commissie is van oordeel dat na de dramatische
gebeurtenissen van 7 april 1994 de militaire overheden gepoogd hebben een versie van de gebeurtenissen
ingang te doen vinden die niet strookte met de werkelijkheid.

La commission est d’avis qu’après les événements
dramatiques du 7 avril 1994, les autorités militaires
ont tenté de faire admettre une version des faits qui ne
correspondait pas à la réalité.

De commissie kan niet aanvaarden dat in de schoot
van het leger enkel onderzoeken werden opgestart om
fouten en gebreken vast te stellen die zouden begaan
zijn door het Belgisch detachement dat in Rwanda
operationeel was. Op geen enkel ogenblik werden de
mogelijke tekortkomingen van de militaire overheden
in België (generale staf, C Ops, SGR, staf van de landmacht, staf van de brigade paracommando’s, enz.)
onderzocht. In elk geval werd nooit aan kolonel
Marchal of aan kolonel Dewez gevraagd om deel te
nemen aan een of meer bijeenkomsten waarin de
lessen getrokken werden uit de gebeurtenissen. Het is
slechts in 1997 dat de huidige minister van Landsverdediging Jean-Pol Poncelet een dergelijke opdracht
heeft toevertrouwd aan luitenant-generaal Van
Hecke, die zijn rapport eind augustus 1997 aan de
parlementaire onderzoekscommissie heeft overgezonden.

La commission estime inadmissible que l’armée ait
uniquement enquêté sur les fautes et les erreurs qui
auraient été commises par le détachement belge
engagé au Rwanda. À aucun moment, les défaillances
éventuelles qui auraient pu se produire au niveau des
autorités militaires en Belgique (état-major général,
C Ops, SGR, état-major de la Force terrestre, étatmajor de la brigade paracommandos, etc.) n’ont été
examinées. En tout cas, on n’a jamais demandé au
colonel Marchal ou au colonel Dewez de participer à
une ou des réunions au cours desquelles on aurait tiré
les leçons des événements. Ce n’est qu’en 1997 que
l’actuel ministre de la Défense nationale, Jean-Pol
Poncelet, a confié une telle mission au lieutenant
général Van Hecke, qui a transmis son rapport à la fin
août 1997 à la commission d’enquête parlementaire.

4.17. DE AANWEZIGHEID VAN RWANDESE
VLUCHTELINGEN IN BELGIË — DE MOGELIJKE BESCHERMING BIJ HET BEHANDELEN
VAN GERECHTELIJKE DOSSIERS

4.17. LA PRÉSENCE DE RÉFUGIÉS RWANDAIS
ENBELGIQUE—L’ÉVENTUALITÉDEPROTECTIONS DANS LE TRAITEMENT DES DOSSIERS
JUDICIAIRES

De commissie heeft vastgesteld dat tijdens en na de
gebeurtenissen in Rwanda heel wat Rwandezen de
status van politiek vluchteling hebben aangevraagd.
Volgens de inlichtingen waarover de commissie
beschikt, is er geen enkele wijziging opgetreden in de

La commission a constaté que, pendant et après les
événements au Rwanda, de très nombreuses demandes de reconnaissance en tant que réfugiés politiques
ont été introduites par des Rwandais. D’après ses
informations, aucune modification n’est intervenue

1 - 611/7 - 1997/1998

( 722 )

manier waarop de ontvankelijkheid, de aanvaarding
of de verwerping van die aanvragen worden onderzocht, wat betreft het Commissariaat-generaal voor
de Vluchtelingen.

dans la manière d’envisager la recevabilité,
l’acceptation ou le rejet de ces demandes au niveau du
Commissariat général aux réfugiés.

De commissie stelt nochtans vast dat, wat de drie
bijzondere kandidaten politieke vluchtelingen betreft
van wie de aanvraag verworpen werd, de Vaste Beroepskamer geen beslissing heeft genomen over de
ingediende beroepen, terwijl bijna twee jaar zijn verlopen sinds de beslissing van het Commissariaatgeneraal voor de Vluchtelingen.

La commission constate cependant qu’en ce qui
concerne trois candidats réfugiés politiques particuliers ayant fait l’objet d’une décision de rejet, la
Chambre permanente de recours n’a pas pris de décision sur les recours qu’ils ont introduits, alors que
près de deux ans se sont écoulés depuis la décision du
Commissariat général aux réfugiés.

De commissie heeft ook vastgesteld dat over vele
dossiers van Rwandese onderdanen die thans in
België of in het buitenland verblijven, gerechtelijke
procedures hangende zijn. Het Hof van Cassatie heeft
een aantal arresten geveld waarin het zich onbevoegd
verklaart en de zaken doorverwijst naar het
« Internationaal Tribunaal voor Rwanda » te Arusha.

Par ailleurs, la commission a constaté que de
nombreux dossiers de ressortissants rwandais résidant actuellement en Belgique ou à l’étranger font
l’objet de procédures judiciaires. La Cour de cassation a rendu un certain nombre d’arrêts de dessaisissement en faveur du Tribunal pénal international
d’Arusha.

Voor een groot aantal dossiers heeft de onderzoeksrechter conclusies aan het parket overgezonden.
De commissie kan niet anders dan vaststellen dat de
middelen die in die zaken ter beschikking gesteld
werden voor het gerechtelijk onderzoek, zeer beperkt
zijn. Zij stelt daarenboven vast dat het parket van
Brussel weinig gedaan heeft of doet met het oog op de
voortzetting van de procedure die in het huidig stadium geblokkeerd lijkt.

Un nombre important de dossiers ont fait l’objet de
conclusions adressées au parquet par le juge
d’instruction. La commission ne peut que constater la
faiblesse des moyens mis à la disposition de
l’instruction dans ces affaires. Elle constate, en outre,
que le parquet de Bruxelles n’a pas fait ou ne fait pas
preuve de diligence en ce qui concerne la suite de la
procédure, qui paraı̂t bloquée au stade actuel.

Ten slotte heeft de commissie geen antwoord
gekregen op de vraag waarom de advocaat-generaal
in de zaak Vincent N. een vordering heeft ingesteld
die in strijd is met zijn eigen conclusies en met het
standpunt dat al vele maanden door het parket is
ingenomen.

Enfin, la commission n’a pas obtenu de réponse à la
question de savoir quelles ont été les raisons qui ont
poussé l’avocat général à prononcer, dans l’affaire
Vincent N., un réquisitoire contraire à ses propres
conclusions et à la position prise depuis de longs mois
par le parquet.

*
* *

*
* *

Naast deze tekortkomingen is de commissie de
mening toegedaan dat de communicatie tussen regering en Parlement over het dossier Rwanda heel wat te
wensen overliet. Zeker gaf het Parlement, althans
tijdens de vredesoperaties — enkele uitzonderingen
niet te nagesproken —, blijk van te weinig belangstelling vóór het Rwandese vraagstuk. Maar de regering
verschafte te weinig informatie aan het Parlement.
Zowel vóór als na de gebeurtenissen van 7 april
bestond er daartoe onvoldoende bereidheid en hingen
de toenmalige en de huidige ministers van Buitenlandse Zaken en van Landsverdediging het Parlement
een onvolledig en derhalve onnauwkeurig beeld op
van de kennis die de Belgische regering in de bewuste
periode van november 1993 tot april 1994 bezat.

Outre ces manquements, la commission estime que
la communication entre le Gouvernement et le Parlement à propos du dossier Rwanda a laissé beaucoup à
désirer. Certes, le Parlement, du moins pendant la
mission de paix, a-t-il fait preuve — à quelques exceptions près — de trop peu d’intérêt pour la question
rwandaise. Mais le Gouvernement l’a insuffisamment
informé. Tant avant qu’après les événements du
7 avril, le Gouvernement n’était pas suffisamment
disposé à fournir cette information et les ministres des
Affaires étrangères et de la Défense nationale de
l’époque et actuels ont donné au Parlement une
description incomplète et donc imprécise de la
connaissance qu’avait le Gouvernement belge
pendant la période en question, de novembre 1993 à
avril 1994.

( 723 )

1 - 611/7 - 1997/1998

HOOFDSTUK 5

CHAPITRE 5

AANBEVELINGEN

RECOMMANDATIONS

Tot besluit van haar werkzaamheden formuleert
de commissie de volgende aanbevelingen :

En conclusion de ses travaux, la commission retient
les recommandations suivantes :

Opvang en begeleiding
van de familieleden van slachtoffers

L’accueil et l’accompagnement
de la famille des victimes

Aangezien het Belgisch leger regelmatig ingeschakeld wordt bij vredeshandhavingsoperaties in het
buitenland, moet het ook bijzondere aandacht besteden aan de opvang en de begeleiding van de nabestaanden van eventuele slachtoffers.

L’armée belge étant régulièrement engagée dans
des opérations de maintien de la paix à l’étranger, elle
doit consacrer une attention particulière à l’accueil et
à l’accompagnement des familles des victimes éventuelles.

1. Wanneer bij die operaties dodelijke slachtoffers
te betreuren vallen, hebben de familieleden altijd het
recht de volledige waarheid over de gebeurtenissen te
kennen. Hiervoor dient de procedure om de families
te informeren aangepast te worden. Van groot belang
is dat de families van het overlijden op de hoogte
worden gebracht vóór enige mededeling aan de pers
wordt gedaan. Dat moet bovendien gebeuren op een
waardige en menselijke wijze. Het Belgisch leger moet
de families de kans geven de overledene te zien indien
zij dat wensen, en hen daarop voldoende voorbereiden.

1. Lorsqu’il y a des victimes à déplorer dans le
cadre desdites opérations, les membres de leur famille
ont toujours le droit de connaı̂tre toute la vérité sur les
événements. Il y a lieu, dès lors, d’adapter la procédure d’information des familles. Il importe que les
familles soient averties du décès de leurs proches
avant toute diffusion à la presse. Il faut, en outre, le
faire de manière digne et humaine. L’armée belge doit
permettre à la famille du défunt de voir celui-ci si elle
le désire, et veiller à la préparer suffisamment à
affronter cette épreuve.

2. De familieleden hebben daarenboven het volste
recht om afscheid te nemen van hun overledenen op
de wijze die zij kiezen. De protocolregels dienen hierbij ondergeschikt te blijven aan de wensen van de
nabestaanden.

2. Les membres de la famille ont en outre pleinement le droit de rendre hommage à leurs défunts de la
manière qu’ils choisissent. Les règles du protocole
doivent à cette occasion céder le pas aux souhaits des
proches.

3. De families moeten kunnen rekenen op bijstand
van sociaal, medisch en psychologisch personeel, dat
opgeleid is voor dergelijke moeilijke situaties. Er
moeten duidelijke documenten voorhanden zijn
waarin informatie gegeven wordt aan de families.

3. Il faut que les familles puissent bénéficier de
l’assistance d’un personnel social, médical et psychologique spécialement formé pour gérer les situations
difficiles de ce type. Les familles doivent être informées par des documents clairs.

De Belgische beslissing tot deelname
aan VN-vredesoperaties

La décision de la Belgique de participer
aux opérations de paix de l’ONU

4. De deelname aan VN-vredesoperaties moet
stoelen op een grondige analyse, die oog heeft voor de
humanitaire, politieke en militaire aspecten van de
operatie. Deze analyse moet de basis vormen voor de
besluitvorming. In ieder geval moet de regering
ervoor zorgen dat bij deelname aan een missie een
aantal voorwaarden vervuld zijn, zodat de veiligheid
van de troepen maximaal gegarandeerd is en de kans
op slagen van de missie zo groot mogelijk is.

4. La décision de prendre part à une opération de
paix de l’ONU doit résulter d’une analyse approfondie qui tienne compte des aspects humanitaires, politiques et militaires de l’opération. Cette analyse doit
constituer le fondement du processus décisionnel. En
tout cas, le Gouvernement doit veiller, en cas de participation à une mission, à ce qu’une série de conditions
soient remplies, de manière que la sécurité des troupes
soit assurée au maximum et que les chances de réussite de la mission soient optimalisées.

5. Er mag bij deelname aan VN-operaties geen verwarring ontstaan, noch bij de deelnemende landen,
noch bij het land waar de operatie plaatsvindt, tussen

5. Dans le cadre d’une participation à une opération de l’ONU, il ne peut pas y avoir de confusion, ni
pour les pays participants, ni pour le pays visé par

1 - 611/7 - 1997/1998

( 724 )

enerzijds de VN-missie en anderzijds de banden uit
het heden en het verleden die bestaan tussen de
betrokken landen. Daarom verdient het aanbeveling
dat België geen contingent meer levert voor VNoperaties in landen waarmee vroeger een koloniale
relatie bestond. Dit mag België evenwel niet weerhouden om, indien nodig, op eigen initiatief evacuatieopdrachten in deze landen uit te voeren.

l’opération, entre, d’une part, la mission de l’ONU et,
d’autre part, les liens passés et présents qui existent
entre les pays concernés. C’est pourquoi, il serait
souhaitable que la Belgique ne fournisse plus de
contingent aux opérations de l’ONU menées dans des
pays avec lesquels elle a entretenu jadis des relations
coloniales. Cependant, cela ne saurait empêcher la
Belgique de mener, en cas de besoin, de sa propre
initiative, des missions d’évacuation dans ces pays.

6. De commissie acht het niet wenselijk dat België
in eenzelfde land terzelfdertijd zorgt voor militairtechnische samenwerking en deelneemt aan een VNvredesopdracht. Dit leidt immers tot dubbelzinnige,
mogelijk zelfs conflictuele situaties, wat niet bevorderlijk is voor de goede samenwerking ter plaatse. In
voorkomend geval dient de MTS volledig opgeschort
te worden voor de duur van de operatie.

6. La commission juge qu’il n’est pas souhaitable
que la Belgique mène une coopération technique militaire simultanément avec une opération de paix de
l’ONU. En effet, ce faisant, elle crée ainsi des situations équivoques, voire conflictuelles, ce qui n’est pas
favorable à une bonne coopération sur place. Il
convient de suspendre complètement la CTM, le cas
échéant, pour la durée de l’opération.

7. De commissie is van oordeel dat de regering een
aantal vaste regels en criteria voor de deelname van
ons land aan toekomstige VN-vredesoperaties moet
vastleggen, en de toepassing ervan dient te verzekeren
en te evalueren. Bij het opstellen van die regels en criteria moet men zich laten leiden door de voorstellen
die werden geformuleerd in eerdere evaluatieverslagen.

7. La commission estime que le Gouvernement
doit définir une série de principes et de critères pour la
participation de notre pays à de futures opérations de
paix de l’ONU, et qu’il doit en assurer l’application et
l’évaluation. Pour définir ces principes et critères, il
faut s’inspirer des propositions qui ont été formulées
dans des rapports d’évaluation antérieurs.

8. Men dient na te gaan of voldoende middelen
aan personeel, uitrusting, bewapening en financiën
aanwezig zijn. De middelen die van bij het begin van
de operatie ter beschikking staan, moeten het mogelijk maken de bescherming en de veiligheid van het
personeel maximaal te verzekeren.

8. Il y a lieu de vérifier si les moyens en personnel,
en équipement et en armement ainsi que les moyens
financiers nécessaires sont suffisants. Les moyens
dont on dispose dès le début de l’opération doivent
permettre réellement d’assurer au maximum la
protection et la sécurité du personnel.

9. Er moet worden gezorgd voor voldoende
manschappen (niet noodzzakelijk alleen Belgische,
maar wel operationele en geloofwaardige partners)
en bewapening opdat het Belgisch contingent het
hoofd kan bieden aan alle eventualiteiten (« worst
case »). In het voorstel dat de generale staf doet, moet
steeds voorzien worden in een eigen, mobiele reserve.

9. Il faut prévoir un nombre suffisant d’hommes
(qui ne doivent pas nécessairement tous être Belges,
mais qui doivent être des partenaires opérationnels et
crédibles) et un armement suffisant pour que le
contingent belge puisse faire face à toutes les éventualités (« worst case»). Dans sa proposition, l’état-major
général doit toujours veiller à ce que le détachement
belge puisse créer sa propre réserve mobile.

10. Het verdient in dit verband aanbeveling om
zich te vergewissen van de betrouwbaarheid en operationaliteit van de eventuele partners in de vredesmissie. Er moet nauwlettend worden toegezien dat de
andere buitenlandse contingenten waarmee men
dient samen te werken, voldoende geloofwaardig zijn
en zelf beschikken over de nodige logistieke ondersteuning. Hoewel de principiële toezegging eerder
kan gebeuren, kunnen in geen geval nog blauwhelmen uitgestuurd worden vooraleer de volledige
samenstelling van de VN-troepenmacht bekend is en
de bijdrage van alle deelnemende landen officieel is
toegezegd. Men moet absoluut een herhaling vermijden van de situatie waarin men op zoek moet gaan
naar een bijkomend geloofwaardig contingent,
terwijl de Belgische troepen ter plaatse zijn en onnodige gevaren lopen doordat de aanwezige VN-

10. À ce sujet, il serait souhaitable que l’on s’assure
de la fiabilité et de la capacité opérationnelle des
partenaires éventuels à la mission de paix. L’on doit
veiller de près à ce que les autres contingents étrangers
avec lesquels on doit coopérer, soient suffisamment
crédibles et disposent eux-mêmes de l’appui logistique nécessaire. Bien qu’un accord de principe puisse
être signifié au préalable, la Belgique ne pourra en
aucun cas encore envoyer des Casques bleus en
mission avant de connaı̂tre la composition complète
de la force de l’ONU et qu’il y ait un engagement officiel concernant la contribution de tous les pays participants. Il faut éviter à tout prix de reproduire une
situation dans laquelle on est obligé de chercher un
contingent supplémentaire qui soit suffisamment
crédible, alors même que les troupes belges sont sur
place et que la composition incomplète ou déséquili-

( 725 )

1 - 611/7 - 1997/1998

strijdmacht onvolledig of onevenwichtig is opgebouwd.

brée de la force de l’ONU leur fait courir des risques
superflus.

11. Wat betreft het aantal en de aard van de taken,
dient de generale staf, wanneer een taak van QRF in
de operatie van de internationaal gemengde vredesmacht is voorzien, zich altijd in te spannen om dit met
een Belgisch detachement uit te voeren. Enkel
wanneer een volstrekt geloofwaardige partner deze
QRF levert, kan hiervan afgezien worden.

11. En ce qui concerne le nombre et la nature des
missions, l’état-major général devra toujours, lorsque
l’opération de la force d’intervention internationale
mixte comprend une mission de QRF, s’efforcer systématiquement de confier cette mission à un détachement belge. Il ne pourra déroger à ce principe que
dans les cas où un partenaire absolument crédible
fournira ladite QRF.

12. Het mandaat van een vredesoperatie wordt
vastgelegd door de VN-Veiligheidsraad. De landen
die troepen leveren voor dit soort operaties, moeten
betrokken worden bij de vaststelling van dit
mandaat. Het mandaat moet trouwens in de mogelijkheid voorzien om de oorspronkelijke opdrachten
te wijzigen ingeval een van de betrokken partijen de
implementering van het mandaat niet respecteert.

12. Le mandat conféré dans le cadre d’une opération de maintien de la paix est défini par le Conseil de
sécurité des Nations unies. Les pays qui fournissent
des troupes en vue de ce type d’opération doivent être
associés à la définition du mandat. Le mandat doit
d’ailleurs être conçu de manière que les missions puissent être modifiées au cas où l’une des parties concernées n’en respecterait pas l’exécution.

13. Voor België betekent dit politiek dat bij een
beslissing tot de deelname niet enkel rekening moet
worden gehouden met de aktuele situatie, maar met
een mogelijk « worst case » scenario. Militair houdt
dat in dat bij de keuze van de bewapening en tijdens
de voorbereiding van de troepen rekening moet
worden gehouden met een mogelijke escalatie, zelfs
als daar op het ogenblik van de voorbereiding geen
aanwijzingen toe bestaan.

13. Du point de vue politique belge, cela signifie
qu’en cas de décision de participer à une opération de
maintien de la paix, il y a lieu de tenir compte non
seulement de la situation telle qu’elle se présente, mais
aussi de l’éventualité d’un scénario « worst case ». Du
point de vue militaire, cela signifie que l’on doit tenir
compte, pour ce qui est du choix de l’armement et
dans le cadre de la préparation des troupes, de
l’éventualité d’une aggravation de la situation, même
si rien ne l’annonce au moment de la préparation.

14. De Rules of Engagement moeten eenvoudig
begrijpelijk en ondubbelzinnig zijn. Daarnaast
moeten zij door het commando van de vredesmacht
— en zo nodig door het commando van het Belgisch
nationaal contingent — ten gerieve van de troepen
worden omgezet in duidelijke militaire richtlijnen. De
ROE moeten soepel genoeg zijn om aan een verslechtering van de toestand te kunnen worden aangepast.

14. Les règles d’engagement doivent être simples,
claires et explicites. En outre, le commandement de la
force de maintien de la paix — et, au besoin, le
commandement du contingent belge — doivent les
traduire en directives militaires compréhensibles à
l’usage des troupes. Les règles d’engagement doivent
être suffisamment souples pour pouvoir être adaptées
à la détérioration de la situation.

De technische voorbereiding en het verloop van de
deelname van een Belgisch detachement aan een VNzending

La préparation technique et le déroulement de la
participation d’un détachement belge à une mission
de l’ONU

15. De opleiding van onze manschappen dient
aangepast te worden aan hun taak voor vredesoperaties. Voor elke zending in het buitenland moet het
betrokken detachement gedurende de nodige tijd een
specifieke training krijgen met toetreding tot hun
opdracht in het buitenland. Deze training omvat
onder meer een grondige briefing betreffende hun
opdracht, een gedetailleerde en praktische uiteenzetting over de ROE, over hun houding ter plaatse en
over de situatie van het land waar ze worden heengezonden.

15. Nos troupes doivent recevoir une formation
adaptée à la mission qui sera la leur dans le cadre des
opérations de maintien de la paix. Chaque détachement doit recevoir un entraı̂nement spécifique,
pendant le temps nécessaire, en vue de la mission qu’il
aura à accomplir à l’étranger. Cette formation doit
comprendre un briefing complet sur leur mission et
un exposé détaillé et pratique concernant les règles
d’engagement, le comportement à adopter sur place et
la situation qui règne dans le pays où les troupes
seront envoyées.

16. De commissie stelt voor dat België, in navolging van de Skandinavische landen, aan de kaders en
eventueel de manschappen van de krijgsmacht en/of
van de toekomstige vredesmissies, een speciale oplei-

16. La commission propose, par analogie avec ce
qui se fait dans les pays scandinaves, que la Belgique
dispense aux cadres et éventuellement aux troupes
des forces armées et/ou de la future mission de main-

1 - 611/7 - 1997/1998

( 726 )

ding zou geven tot hun nieuwe rol van
« peacekeepers » en « peace-enforcers ». De opleiding
zou kunnen geschieden in een breder kader zoals de
WEU, de NAVO of de VN.

tien de la paix, une formation spéciale qui leur
permettra de jouer leur nouveau rôle de
« peacekeepers » et de « peace-enforcers« . La formation pourrait être dispensée, dans un cadre plus large,
comme celui de l’UEO, de l’OTAN ou de l’ONU.

Deze voorbereiding mag niet ten koste gaan van de
normale militaire training. De inzetbaarheid van de
troepen in geval van gewapend conflict mag daardoor
noch materieel noch psychologisch in het gedrang
komen. De « politietaken » mogen de militaire paraatheid niet ondermijnen.

Cette préparation ne peut pas se faire au détriment
de l’entraı̂nement militaire normal. Elle ne peut pas
compromettre ni du point de vue matériel, ni du point
de vue psychologique, la possibilité d’engager les
troupes en cas de conflit armé. Les « missions de
police » ne peuvent pas hypothéquer le caractère
opérationnel et militaire.

17. Het mandaat en de ROE moeten op de laagste
echelons van het contingent in klare taal aan de staf en
aan de manschappen worden uitgelegd en toegelicht.
Men mag zich hierbij niet vergenoegen met de voorlichting « en cascade » zoals die bij UNAMIR is gegeven.

17. Il y a lieu d’expliquer et de commenter en
langage clair le mandat et les règles d’engagement à
l’état-major et aux hommes jusqu’aux échelons inférieurs du contingent. L’on ne peut pas se contenter
d’une information « en cascade » comme celle qui a
lieu au sein de la MINUAR.

18. Er moet voldoende tijd uitgetrokken worden
om de militaire kaders vóór hun vertrek op een VNvredesmissie voor te bereiden. Zij zullen immers
rechtstreeks in contact treden met de VNadministraties en moeten dus gedetailleerde briefings
(lessen) krijgen om zich vertrouwd te maken met de
budgettaire, financiële, administratieve en logistieke
procedures van de VN.

18. Il faut prévoir un laps de temps nécessaire à la
préparation des cadres militaires avant leur départ
pour une mission de paix des Nations unies. En effet,
ces cadres militaires, appelés à entrer directement en
contact avec l’administration des Nations unies,
devront recevoir des briefings (leçons) détaillés pour
qu’ils puissent se familiariser avec les procédures
budgétaires, financières, administratives et logistiques des Nations unies.

19. Alvorens een Belgisch detachement op VNzending vertrekt, dient de huisvesting van de troepen
geregeld te zijn op zulke wijze dat de veiligheid en
operationele noden van de missie niet in het gedrang
kunnen komen. Dit dient door Belgische militairen
ter plaatse te worden gecontroleerd.

19. Avant qu’un détachement belge ne parte en
mission au service des Nations unies, le logement des
troupes doit avoir été réglé de manière que la sécurité
et les besoins opérationnels de la mission ne puissent
être compromis. Un contrôle devra être effectué sur
place par des militaires belges.

20. Wanneer een Belgisch detachement een opdracht vervult in het buitenland, moeten de troepen
kunnen beschikken over alle moderne operationele
middelen waarmee zij werden opgeleid en getraind.
De verantwoordelijken mogen geen budgettaire redenen inroepen om onze troepen uit te sturen met verouderd materiaal.

20. Lorsqu’un détachement belge accomplit une
mission à l’étranger, les troupes doivent pouvoir
disposer de tous les moyens opérationnels modernes
qu’elles ont utilisés au cours de leur formation et de
leur entraı̂nement. Les responsables ne peuvent pas
invoquer des raisons budgéraires pour engager nos
troupes avec du matériel vétuste.

21. Het transmissie- en communicatiemateriaal
dient aangepast te zijn aan de vereisten van de uit te
voeren opdracht. Onze troepen in het buitenland
moeten beschikken over moderne gevechtsradio’s en
over voldoende mobiele communicatiemiddelen tot
op de laagste echelons.

21. Le matériel de transmission et de communication doit être adapté aux exigences de la mission à
accomplir. Nos troupes à l’étranger doivent disposer
de radios de combat modernes et de suffisamment de
moyens de communication mobiles, et ce, jusqu’aux
échelons les plus bas.

22. Eenheden die aan VN-operaties deelnemen,
moeten minimaal kunnen beschikken over hun volledige organieke bewapening. Hun bewapening moet
kwalitatief minstens opgewassen zijn tegen die van de
(potentieel) strijdende partijen. De regels voor het
gebruik van bepaalde wapensystemen kunnen door
de VN vastgesteld worden, maar de Belgische eenheden behouden zich het recht voor alle wapensystemen
ter plaatse te brengen die zij nodig of nuttig achten

22. Les unités qui participent à des opérations de
l’ONU doivent au moins pouvoir disposer de leur
armement organique complet. La qualité de leur
armement doit être au moins égale à celle des belligérants (potentiels). L’ONU peut fixer les modalités
d’utilisation de certains systèmes d’armement, mais
les unités belges se réservent le droit d’acheminer sur
place tous les systèmes d’armement qu’elles jugent
nécessaires ou utiles à leur propre sécurité dans les

( 727 )

1 - 611/7 - 1997/1998

voor hun eigen veiligheid in noodsituaties. In geval
van zelfverdediging moeten de betrokken eenheden
uitdrukkelijk het recht krijgen zich te verdedigen met
alle beschikbare wapens.

situations difficiles. En cas de légitime défense, les
unités en question doivent avoir expressément le droit
de se défendre avec toutes les armes disponibles.

23. Wanneer de commandant van een Belgisch
detachement in het buitenland een verzoek richt aan
het operationeel centrum te Evere om munitie of
materieel te krijgen, dient deze vraag zo spoedig
mogelijk onderzocht te worden en eventueel uitgevoerd binnen de gevraagde termijn.

23. Lorsque le commandant d’un détachement
belge à l’étranger adresse une demande au centre
d’opérations à Evere en vue d’obtenir des munitions
ou du matériel, cette demande doit être examinée le
plus rapidement possible et, le cas échéant, exécutée
dans le délai demandé.

24. De commissie acht het raadzaam dat het
mandaat van de vredesmissie bijzondere aandacht
besteedt aan ondermijnende mediacampagnes, meer
bepaald oproepen tot destabilisering en tot geweld.

24. La commission estime qu’il est indiqué que le
mandat de la mission de paix consacre une attention
particulière aux campagnes médiatiques de dénigrement et, plus précisément, aux appels à la déstabilisation et à la violence.

25. Een van de eerste taken van het detachement
ter plaatse is te voorzien in een militair uitvoerbaar
evacuatieplan en in een « worst case »-scenario. Beide
dienen zo vlug mogelijk meegedeeld te worden tot op
de laagste echelons en ze moeten ingeoefend worden
voor het geval dat plan ten uitvoer moet worden
gelegd of dat scenario zich voordoet.

25. L’une des premières tâches du détachement sur
place est de prévoir un plan d’évacuation applicable
militairement et un scénario « worst case ». Ce plan et
ce scénario doivent être communiqués le plus rapidement possible jusqu’aux échelons inférieurs, et il y a
lieu d’organiser le plus rapidement possible un exercice pour le cas où ce plan devrait être mis en œuvre ou
pour le cas où ce scénario se produirait.

26. In crisissituaties dienen de militaire verantwoordelijken van de vredesmissie op het terrein het
recht te hebben om het mandaat of de ROE te interpreteren, indien deze niet duidelijk genoeg zijn om op
de situatie te reageren.

26. Dans des situations de crise, les responsables
militaires de la mission de paix sur le terrain doivent
pouvoir interpréter le mandat ou les ROE, si ceux-ci
ne sont pas suffisamment clairs pour que l’on puisse
réagir à la situation.

27. De raadgevers in het recht van de gewapende
conflicten moeten een opleiding op hoog niveau krijgen. Hun communicatievaardigheid met het personeel en hun bekwaamheid om didactische uitleg te
verstrekken moeten geëvalueerd worden. Deze
mensen dienen aan hoge kwalificaties en strenge eisen
te voldoen.

27. Les conseillers en droit des conflits armés
doivent recevoir une formation de haut niveau. Leur
capacité à communiquer avec le personnel et à lui
fournir des explications didactiques doit être évaluée.
Ces personnes doivent être hautement qualifiées et
satisfaire à des critères sévères.

Het verzamelen en analyseren van inlichtingen

La collecte et l’analyse de renseignements

28. De VN moeten een eigen inlichtingendienst
uitbouwen, zowel in New York als op het terrein.
Deze dienst moet zich onder meer toeleggen op « early
warning », d.i. het snel detecteren van mogelijke conflictstof op basis van de beschikbare gegevens. Daartoe moet een netwerk van experts worden opgezet,
dat de informatie bundelt. Ook kan een beroep
worden gedaan op samenwerking met bestaande
internationale organisaties voor regionale veiligheid
(OAE, OVSE, e.a.).

28. L’ONU doit mettre en place son propre service
de renseignements, tant à New York que sur le
terrain. Ce service se consacrerait notamment à
l’alerte rapide (early warning), c’est-à-dire la détection précoce, sur la base des éléments disponibles, des
sources possibles de conflit. À cet effet, il y a lieu de
mettre en place un réseau d’experts, qui recueillerait
les informations. L’on pourrait également avoir
recours à la coopération avec les organisations internaitonales de sécurité régionale existantes (OUA,
OSCE, etc.).

29. Het Belgische contingent dient steeds over een
degelijk eigen inlichtingennet te beschikken,
bestaande uit inlichtingenofficieren die voldoende
opgeleid zijn en zo mogelijk de taal van het land
machtig zijn. Is dat niet mogelijk, dan moet men
permanent kunnen beschikken over betrouwbare
tolken.

29. Le contingent belge doit toujours disposer
d’un réseau de renseignement solide qui lui soit
propre, composé d’officiers de renseignements suffisamment formés et maı̂trisant, si possible, la langue
du pays. À défaut, on doit disposer en permanence
d’interprètes dignes de confiance.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 728 )

30. Voor de analyse van de inlichtingen dient de
SGR te beschikken over voldoende analisten, die elke
inlichting op zijn inhoudelijke waarde evalueren.
Daarenboven dient er systematisch feedback te zijn
naar de eenheden op het terrein.

30. Pour l’analyse des renseignements, le SGR doit
disposer de suffisamment d’analystes, qui évalueront
le contenu de chaque information. En outre, il doit y
avoir un retour d’information systématique à
l’adresse des unités sur le terrain.

De informatie

L’information

31. De VN moeten op het terrein beschikken over
een informatiecel die de opdracht van de vredesmacht
aan de plaatselijke bevolking uitlegt en contacten
onderhoudt met de lokale en internationale media.

31. L’ONU doit disposer sur le terrain d’une
cellule d’information chargée d’expliquer la mission
de la force de paix à la population locale et
d’entretenir les contacts avec les médias locaux et
internationaux.

De werking van het operatiecentrum

Le fonctionnement du centre d’opérations

32. Op het echelon van de intermachten moet er
een commandostructuur komen die tegenover de chef
van de generale staf verantwoordelijk is voor alle activiteiten die verband houden met de voorbereiding, de
uitvoering, de controle en de opvolging van de operaties.

32. Il faut créer, à l’échelon des interforces, une
structure de commandement responsable, devant le
chef d’état-major général, de toutes les activités afférentes à la préparation, à l’exécution, au contrôle et
au suivi des opérations.

33. Dit operatiecentrum moet beschikken over het
meest bevoegde en ervaren personeel alsook over de
modernste technieken, onder andere inzake telecommunicatie en informatica.

33. Le centre d’opération doit disposer du personnel le plus compétent et le plus expérimenté, ainsi que
des techniques les plus modernes, en matière de télécommunications et d’informatique.

34. De staven van de verschillende machten en de
hiërarchische commandanten van de aangewezen
eenheden moeten rechtstreeks betrokken worden bij
de coördinatie en de leiding van de operaties.

34. Les états-majors des diverses forces et les
commandants hiérarchiques des unités désignées
doivent être directement associés à la coordination et
la direction des opérations.

35. De bevoegdheden en de verantwoordelijken
van de verschillende echelons moeten duidelijk
worden omschreven. Daarenboven moet de verdeling
van de bevoegdheden en de verantwoordelijkheden
tussen de nationale overheid en de bevelvoering van
de VN zorgvuldig worden bepaald.

35. Il faut désigner avec précision les compétences
et les responsables des divers échelons. Il faudra en
outre fixer avec soin la répartition des compétences et
des responsabilités entre l’autorité nationale et le
commandement de l’ONU.

De werking van de dienst inlichtingen en veiligheid
(SGR)

Le fonctionnement du service de renseignements et de
sécurité (SGR)

36. De militaire inlichtingendienst (SGR) dient
hervormd te worden, mede in het licht van de nieuwe
wet op de inlichtingen- en veiligheidsdiensten. Deze
dienst moet in de eerste plaats een doeltreffend en
coherent ondersteuningsinstrument worden voor de
verantwoordelijken van de operaties — zowel op het
niveau van de generale staf als voor de verantwoordelijken op het terrein. De analysecapaciteit moet aanzienlijk worden verbeterd en moet worden aangevuld
met de voorstelling van daaruit voortvloeiende beleidsopties ten gerieve van de verantwoordelijken.
Aandacht moet worden besteed aan de diversiteit van
de inlichtingenbronnen en aan het tegensprekelijk
karakter van de analyses. Het is verder van groot
belang dat een voortdurende feedback wordt georganiseerd tussen SGR en de verantwoordelijke
commandanten op het terrein. De SGR moet
geı̈nformatiseerd worden en snel, accuraat, en flexibel functioneren.

36. Il convient de réformer le service du renseignement militaire (SGR), notamment en tenant compte
de la nouvelle loi sur les services de renseignements et
de sécurité. Ce service doit avant tout devenir un instrument efficace et cohérent de soutien pour les
responsables des opérations — tant au niveau de
l’état-major général que pour les responsables sur le
terrain. Il convient d’améliorer considérablement les
capacités d’analyse et, de plus, de les mettre à profit
pour élaborer des options politiques à l’intention des
responsables. On devra veiller à assurer la diversité
des sources d’information et le caractère contradictoire des analyses. Il importe en outre d’organiser un
retour d’information permanent entre le SGR et les
commandants responsables sur le terrain. Le SGR
doit être informatisé et pouvoir fonctionner avec rapidité, précision et souplesse.

( 729 )

1 - 611/7 - 1997/1998

37. De SGR moet de op het terrein ingezette eenheden kunnen versterken op het vlak van de inlichtingen; daartoe moeten gespecialiseerd personeel of
technische middelen ter beschikking worden gesteld.

37. Le SGR doit pouvoir renforcer les unités
déployées sur le terrain dans le domaine du renseignement; notamment par la mise à disposition d’équipes
de personnel spécialisé ou par des moyens techniques.

38. Er moet voorzien worden in een specifieke opleiding voor inlichtingenofficieren die als specialist
terzake een deel van hun carrière kunnen uitbouwen
binnen de tak 2.

38. Il faudra dispenser une formation spécifique
aux officiers de renseignements qui pourront faire
une partie de leur carrière en tant que spécialistes en la
matière au sein de la branche 2.

De coördinatie tussen het departement
Landsverdediging en de generale staf van het leger

La coordination entre le département de la Défense
nationale et l’état-major général de l’armée

39. De informatiedoorstroming tussen de staf en
het kabinet van Landsverdediging dient geoptimaliseerd te worden. De verslagen van de briefings van de
chef van de generale staf op het operatiecentrum te
Evere dienen dagelijks naar de minister te worden verstuurd. De minister dient, indien nodig, feedback te
geven aan de berichten die hij op die manier ontvangt.

39. Il faut optimiser la transmission des informations entre l’état-major et le cabinet de la Défense
nationale. Les rapports des briefings du chef d’étatmajor général au centre d’opérations d’Evere doivent
être envoyés quotidiennement au ministre. Le ministre doit assurer, si besoin, le suivi des informations
qu’il reçoit de cette manière.

40. Bij de beslissing over het deelnemen aan een
VN-vredesoperatie, evenals bij de voorbereiding en
het verloop van deze operatie, verdient het aanbeveling dat de regering over het schriftelijk advies van de
chef van de generale staf beschikt.

40. En ce qui concerne la décision de participer à
une mission de paix des Nations unies ainsi que la
préparation et le déroulement de cette opération, il
serait opportun que le Gouvernement dispose de
l’avis écrit du chef d’état-major général.

De coördinatie tussen de departementen van
Buitenlandse Zaken en Landsverdediging

La coordination entre les départements des
Affaires étrangères et de la Défense nationale

41. De commissie is van oordeel dat de coördinatie
tussen de ministeries van Buitenlandse Zaken en van
Landsverdediging zich niet mag beperken tot ondergeschikte kwesties en specifieke afspraken. Zij dient
op structurele wijze en op het hoogste beleidsniveau
te geschieden.

41. La commission estime que la coordination
entre les ministères des Affaires étrangères et de la
Défense nationale ne peut pas se limiter à des questions de second ordre et à des contacts ponctuels. Elle
doit être organisée de manière structurelle et au plus
haut niveau politique.

42. De commissie geeft ter overweging dat een afgevaardigde van het departement van Buitenlandse
Zaken de dagelijkse briefing van het operatiecentrum
zou bijwonen, inzonderheid wat de SGR-briefing
betreft, telkens als België deelneemt aan een militaire
operatie in het buitenland.

42. La commission suggère qu’un représentant du
département des Affaires étrangères assiste aux
réunions quotidiennes du centre d’opérations, particulièrement au briefing du SGR, chaque fois que la
Belgique participe à une opération militaire à
l’étranger.

43. De Belgische regering moet over een analyseen coördinatie-instrument beschikken om haar beleid
te kunnen voorbereiden, dat de informatie uit de verschillende beschikbare inlichtingenbronnen verzamelt, analyseert en omzet in aanbevelingen (Buitenlandse Zaken, SGR, Staatsveiligheid, e.a.). Concreet
met betrekking tot Afrika moet dringend meer aandacht worden besteed aan de versterking van de cel
« Afrika » van het departement van Buitenlandse
Zaken en moet deze meer middelen krijgen om haar
doeltreffendheid te verhogen.

43. Le Gouvernement belge doit disposer d’un instrument d’analyse et de coordination pour préparer
la politique par la collecte, l’analyse et la transposition de recommandations des informations émanant
des diverses sources de renseignements disponibles
(Affaires étrangères, SGR, Sûreté de l’État et autres).
Concrètement, en ce qui concerne l’Afrique, il est
urgent de prêter plus d’attention au renforcement de
la cellule « Afrique » du département des Affaires
étrangères, et de prévoir davantage de moyens pour
accroı̂tre son efficacité.

De selectie van officieren voor VN-operaties

La sélection des officiers à engager dans le cadre
des opérations de l’ONU

44. De stafofficieren die de Belgische krijgsmacht
afvaardigt naar de operationele VN-hoofdkwar-

44. Les officiers d’état-major que l’armée belge
délègue dans les quartiers généraux opérationnels de

1 - 611/7 - 1997/1998

( 730 )

tieren, dienen geselecteerd te worden op basis van
hun professionele bekwaamheid voor de vereiste
functie, en zij moeten geschikt zijn om in een internationale staf te functioneren. Bij de selectie moet voorrang worden gegeven aan officieren die de taal van de
werkkring beheersen.

l’ONU doivent être sélectionnés sur la base de leur
compétence professionnelle pour la fonction requise,
et doivent être aptes à fonctionner dans le cadre d’une
équipe internationale. Il y a lieu de sélectionner par
priorité les officiers qui maı̂trisent la langue du milieu
de travail.

45. Indien de Force Commander een officier is van
de Belgische krijgsmacht, moet hij aanbevelingen
kunnen doen in verband met de aanwijzing van de
Belgische officieren van zijn staf.

45. Si le Force Commander est un officier de
l’armée belge, il doit pouvoir faire des recommandations concernant la désignation des officiers belges de
son état-major.

46. Elke functie op een VN-hoofdkwartier dient
minimaal dezelfde promotiemogelijkheden te bieden
als de klassieke carrière binnen de krijgsmacht.

46. Toute fonction exercée dans un quartier général de l’ONU doit offrir au moins autant de possibilités de promotion qu’une carrière classique au sein des
forces armées.

De evaluatie van de operaties door
de militaire autoriteiten

L’évaluation des opérations par
les autorités militaires

47. Na elke buitenlandse militaire operatie moet
een grondige en uitgebreide debriefing plaatsvinden.
De bevindingen dienen omgezet te worden in operationele richtlijnen voor volgende missies en overgezonden aan alle betrokken militaire instanties en aan
de regering.

47. Il convient de procéder à un débriefing approfondi et détaillé après chaque opération militaire à
l’étranger. Dans la perspective de missions ultérieures, il faudra traduire en directives opérationnelles les
constations que ce débriefing aura permis de faire et
les transmettre à toutes les instances militaires concernées et au Gouvernement.

De internationale gemeenschap en de Verenigde
Naties

La Communauté internationale et les Nations unies

48. Wat de Verenigde Naties betreft, heeft de
commissie zich ertoe beperkt die aspecten van de werking van deze organisatie te onderzoeken die verband
houden met vredeshandhavingsmissies zoals die in
Rwanda.

48. En ce qui concerne les Nations unies, la
commission s’est bornée à examiner les aspects du
fonctionnement de cette organisation qui sont liés
aux missions de maintien de la paix du type de celles
du Rwanda.

Zij verwijst daarbij naar het « Rapport d’ensemble
sur les enseignements tirés de la mission des Nations
unies pour l’assistance au Rwanda », gepubliceerd
door het Département des opérations de la paix van
de VN in december 1996, en naar de in maart 1996
gepubliceerde studie van de « Joint Evaluation of
Emergency Assistance in Rwanda ».

Elle renvoie au « Rapport d’ensemble sur les enseignements tirés de la mission des Nations unies pour
l’assistance au Rwanda », publié par le département
des opérations de la paix de l’ONU en décembre 1996,
ainsi qu’à l’étude du « Joint Évaluation of Emergency
Assistance to Rwanda » (publié en mars 1996).

De commissie vraagt bovendien dat de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden van de Senaat
zich zo spoedig mogelijk zou buigen over de hervormingen die moeten worden aangebracht in de structuren en de werkwijze van de Verenigde Naties en de
Veiligheidsraad, voornamelijk met betrekking tot de
aanpak van de crisissituatie en de vredesoperaties.

La commission invite par ailleurs la commission
des Affaires étrangères du Sénat à se pencher, dans les
meilleurs délais, sur la question des nécessaires réformes qu’il convient d’apporter aux structures et au
fonctionnement des Nations unies et de son Conseil
de sécurité en ce qui concerne les situations de crise et
les opérations de paix.

49. In afwachting van de hervormingsvoorstellen
van de commissie voor de Buitenlandse Aangelegenheden, meent de commissie hoe dan ook dat de
rapporten van de VN-commissie voor de mensenrechten een verplichte en onmiddellijke behandeling
moeten krijgen in de Veiligheidsraad. Bij de beslissing
tot het sturen van een vredesmissie moet men rekening houden met deze rapporten en dienen de speciale
rapporteurs over de mensenrechten gehoord te
worden.

49. Dans l’attente des suggestions de réformes de la
commission des Affaires étrangères, la commission
estime, en tout état de cause, que le Conseil de sécurité
doit être tenu d’examiner immédiatement les rapports
de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Il
faut tenir compte de ces rapports et entendre les
rapporteurs spéciaux sur les droits de l’homme dans
le cadre d’une prise de décision relative à l’envoi d’une
mission de paix.

( 731 )

1 - 611/7 - 1997/1998

50. Het verdient aanbeveling dat elk van de landen
die op de ene of de andere wijze bij de gebeurtenissen
in Rwanda betrokken waren en de VN zelf, een grondige analyse en evaluatie maken. De Belgische Senaat
vraagt daarom dat de parlementen van de respectieve
landen dit probleem behandelen.

50. Il est indiqué que chacun des pays qui ont été,
d’une façon ou d’une autre, associés aux événements
du Rwanda, et les Nations unies elles-mêmes en
fassent une analyse et une évaluation approfondies.
Aussi le Sénat de Belgique demande-t-il aux parlements des différents pays d’examiner ce problème.

51. De VN moeten na elke missie onmiddellijk een
evaluatiecel oprichten waarin de deelnemende landen
zitting hebben. Het rapport van die cel wordt overgezonden aan de onderscheiden regeringen, die het ter
beschikking kunnen stellen voor parlementaire evaluatie. De VN-rapporteur kan op verzoek van het
parlement hieromtrent gehoord worden.

51. Après chaque mission, l’ONU doit immédiatement constituer une cellule d’évaluation dans laquelle
siègent les pays participants. Le rapport de cette
cellule est transmis aux divers gouvernements qui
peuvent le mettre à la disposition de leur Parlement
pour évaluation. À la demande du parlement, le
rapporteur de l’ONU peut être entendu à ce sujet.

Internationaal onderzoek naar de moord op de presidenten van Burundi en Rwanda in april 1994

Enquêteinternationalesurl’assassinatdesprésidents
du Burundi et du Rwanda en avril 1994

52. De Verenigde Naties dienen het initiatief te
nemen voor een internationaal onderzoek naar de
moord op de presidenten van Burundi en Rwanda in
april 1994.

52. Les nations unies doivent prendre l’initiative
de mener une enquête internationale sur l’assassinat
des présidents du Burundi et du Rwanda en avril
1994.

Wijzigingen van het Belgisch intern recht

Modification du droit interne belge

53. De commissie meent dat in het Belgische strafrecht bepalingen moeten worden opgenomen die misdaden tegen de menselijkheid, en met name genocide,
bestraffen.

53. La commission estime qu’il y a lieu d’intégrer
dans le droit pénal interne des dispositions sanctionnant les crimes contre l’humanité, et particulièrement
le crime de génocide.

De informatieverstrekking aan het Parlement

L’information du Parlement

54. Wanneer ons land deelneemt aan een buitenlandse missie moet een werkgroep van de commissie
voor de Buitenlandse Aangelegenheden van de Senaat
de ontwikkelingen op de voet volgen en het Parlement
daarover inlichten.

54. Lorsque notre pays participe à une mission à
l’étranger, un groupe de travail de la commission des
Affaires étrangères du Sénat en suivra les développements de près et en informera le Parlement.

55. De commissie verzoekt de regering gedurende
de volgende vijf jaar eenmaal per jaar aan de Senaat
verslag uit te brengen over de vorderingen die reeds
zijn gemaakt bij de uitvoering van deze aanbevelingen.

55. La commission invite le Gouvernement à faire
rapport au Sénat, une fois par an pendant les cinq
années à venir, sur les progrès qui auront déjà été faits
dans l’exécution des présentes recommandations.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 732 )

STEMMINGEN

VOTES

HOOFDSTUK 1

CHAPITRE PREMIER

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Hoofdstuk 1 is eenparig aangenomen door de
15 vaste leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le chapitre 1er a été adopté à l’unanimité par les
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over hoofdstuk 1.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
chapitre 1er.

HOOFDSTUK 2

CHAPITRE 2

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Hoofdstuk 2 is eenparig aangenomen door de
15 vaste leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le chapitre 2 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over hoofdstuk 2.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
chapitre 2.

HOOFDSTUK 3

CHAPITRE 3

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Hoofdstuk 3 is eenparig aangenomen door de
15 vaste leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le chapitre 3 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over hoofdstuk 3.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
chapitre 3.

HOOFDSTUK 4

CHAPITRE 4

Inleiding

Introduction

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

De inleiding van hoofdstuk 4 is eenparig aangenomen door de 15 vaste leden.
B. Leden met raadgevende stem

L’introduction du chapitre 4 a été adoptée à
l’unanimité des 15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over de inleiding van hoofdstuk 4.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet de
l’introduction du chapitre 4.

4.1

4.1

A. Vaste leden
Titel 4.1 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem
De 3 leden geven een positief advies over titel 4.1.

A. Membres effectifs
Le titre 4.1 a été adopté à l’unanimité des
15 membres efffectifs.
B. Membres ayant voix consultative
Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.1.

( 733 )

1 - 611/7 - 1997/1998

4.2
A. Vaste leden

4.2
A. Membres effectifs

Titel 4.2 is aangenomen door 14 vaste leden, bij 1
onthouding.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.2 a été adopté par 14 membres effectifs et
1 abstention.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.2.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.2.

4.3

4.3

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.3 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.3 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.3.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.3.

4.4

4.4

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.4 is aangenomen door 11 vaste leden, bij
4 onthoudingen.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.4 a été adopté par 11 membres effectifs et
4 abstentions.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.4.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.4.

4.5

4.5

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.5 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.5 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.5.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.5.

4.6

4.6

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.6 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.6 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.6.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.6.

4.7

4.7

A. Vaste leden
Titel 4.7 is aangenomen door 14 vaste leden, bij
1 onthouding.

A. Membres effectifs
Le titre 4.7 a été adopté par 14 membres effectifs et
1 abstention.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 734 )

B. Leden met raadgevende stem

B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.7.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.7.

4.8

4.8

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.8 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.8 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.8.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.8.

4.9

4.9

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.9 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.9 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.9.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.9.

4.10

4.10

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.10 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.10 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.10.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.10.

4.11

4.11

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.11 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.11 a été adopté à l’unanimité des 15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.11.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.11.

4.12

4.12

A. Vaste leden
Titel 4.12 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem
De 3 leden geven een positief advies over titel 4.12.

A. Membres effectifs
Le titre 4.12 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative
Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.12.

( 735 )

1 - 611/7 - 1997/1998

4.13
A. Vaste leden

4.13
A. Membres effectifs

Titel 4.13 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.13 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

Eén lid geeft een positief advies over titel 4.13; 2
leden onthouden zich.

Un membre a émis un avis positif au sujet du
titre 4.13; 2 membres se sont abstenus.

4.14

4.14

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.14 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.14 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.14.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.14.

4.15

4.15

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.15 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.15 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.15.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.15.

4.16

4.16

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Titel 4.16 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le titre 4.16 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.16.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.16.

4.17

4.17

A. Vaste leden
Titel 4.17 is eenparig aangenomen door de 15 vaste
leden.
B. Leden met raadgevende stem

A. Membres effectifs
Le titre 4.17 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over titel 4.17.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
titre 4.17.

Laatste paragraaf

Dernier paragraphe

A. Vaste leden
De laatste paragraaf van hoofdstuk 4 is eenparig
aangenomen door de 15 vaste leden.

A. Membres effectifs
Le dernier paragraphe du chapitre 4 a été adopté à
l’unanimité des 15 membres effectifs.

1 - 611/7 - 1997/1998

( 736 )

B. Leden met raadgevende stem

B. Membres ayant voix consultative

Eén lid geeft een positief advies over de laatste
paragraaf van hoofdstuk 4; 2 leden onthouden zich.

Un membre a émis un avis positif au sujet du
dernier paragraphe du chapitre 4; 2 membres se sont
abstenus.

HET GEHEEL VAN HOOFDSTUK 4

L’ENSEMBLE DU CHAPITRE 4

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Het geheel van hoofdstuk 4 is eenparig aangenomen door de 15 vaste leden.
B. Leden met raadgevende stem

L’ensemble du chapitre 4 a été adopté à l’unanimité
des 15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

Eén lid geeft een positief advies over het geheel van
hoofdstuk 4; 2 leden onthouden zich.

Un membre a émis un avis positif sur l’ensemble du
chapitre 4; 2 membres se sont abstenus.

HOOFDSTUK 5

CHAPITRE 5

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

Hoofdstuk 5 is eenparig aangenomen door de
15 vaste leden.
B. Leden met raadgevende stem

Le chapitre 5 a été adopté à l’unanimité des
15 membres effectifs.
B. Membres ayant voix consultative

De 3 leden geven een positief advies over hoofdstuk 5.

Les 3 membres ont émis un avis positif au sujet du
chapitre 5.

VERSLAG

RAPPORT

A. Vaste leden

A. Membres effectifs

De 15 vaste leden keuren het verslag bij eenparigheid goed.
B. Leden met raadgevende stem

Les 15 membres effectifs ont approuvé le présent
rapport à l’unanimité.
B. Membres ayant voix consultative

Eén lid geeft een positief advies over het verslag;
2 leden hebben zich onthouden.

Un membre a émis un avis positif au sujet du
rapport; 2 membres se sont abstenus.

De rapporteurs,

Les rapporteurs,

Philippe MAHOUX.
Guy VERHOFSTADT.

De voorzitter,
Frank SWAELEN.

Philippe MAHOUX.
Guy VERHOFSTADT.

Le président,
Frank SWAELEN.

52.514 — E. Guyot, n. v., Brussel

Haut

fgtquery v.1.9, 9 février 2024