Date
Lundi 4 juillet 1994
Sur titre
Journal de 12 heures 45 [2/2]
Titre
Devant l'avancée des rebelles du FPR, des milliers de civils rwandais jetés sur les routes. Un seul but : sauver leur vie
Sous titre
François Rutayisire, représentant du FPR en France : "la zone humanitaire créée par les Français est un sanctuaire pour les responsables de cette tragédie".
Résumé
- In Rwanda, the RPF continues its advance. Rwandan Patriotic Front forces have seized control of part of the center of the capital, Kigali, following fierce fighting. This advance has triggered a fresh exodus of the population.
- Flee, they had to flee at all costs. Faced with the advance of RPF rebels, thousands of Rwandan civilians took to the roads. Their only goal: to save their lives.
- French troops are doing their utmost to help these men, women, and children who are in mortal danger.
- Yesterday [July 3], during a civilian evacuation, paratroopers exchanged fire briefly with Tutsi RPF rebels near Butare, in the south of the country.
- Butare, a ghost town, is reportedly on the verge of falling to the Rwandan Patriotic Front. Between 50,000 and 60,000 people are said to have fled the town.
- Meanwhile, the RPF has reportedly entered the capital, Kigali, and government armed forces have apparently fled the city. The RPF is said to be less than a kilometer from the city center.
- Amidst this situation, French soldiers are continuing Operation Turquoise. There are 1,200 troops on Rwandan soil. France finds itself more deeply involved than anticipated in Rwanda, an African nation that is gradually turning into a military quagmire.
- And yesterday [July 3], French troops involved in Operation Turquoise came under fire. They returned fire. This morning, the RPF denied involvement in the clash, implying that Paris is using the incident to justify the creation of humanitarian zones, a move the RPF opposes. François Rutayisire's reaction: "The RPF is fighting against those responsible for the Rwandan tragedy. 500,000 dead, women, children, and the elderly, were killed by the perpetrators of this tragedy, and it is against them that the RPF is fighting. Since they are losing the war, creating a so-called 'humanitarian zone' is a way to provide them with a sanctuary where they can take refuge undisturbed. It is, in effect, a means of placing themselves under the protection of French military forces".
Type
Transcription d'une émission de télévision
Citation
[Laurence Bobillier :] Au Rwanda le FPR poursuit son avancée. Les forces du Front patriotique rwandais ont pris le contrôle d'une partie du centre de la capitale, Kigali, après de violents combats. Une progression qui a déclenché un nouvel exode de population. Le point, Hervé Ghesquière.
[Hervé Ghesquière :] Fuir, absolument fuir. Devant l'avancée des rebelles du FPR, des milliers de civils rwandais jetés sur les routes [une incrustation "Sud Rwanda" s'affiche en haut de l'écran]. Un seul but : sauver leur vie [on voit des réfugiés marcher le long d'une route ; certains poussent leur vélo surchargé d'effets personnels].
Les troupes françaises, dans la mesure de leurs moyens, tentent d'aider ces hommes, ces femmes et ces enfants en danger de mort [on voit des militaires français au béret rouge en train d'évacuer des religieuses et des enfants rwandais].
Hier [3 juillet], pendant l'évacuation de civils, des parachutistes ont eu un bref échange de tirs avec des rebelles tutsi du FPR près de Butare, au sud du pays [des parachutistes français passent devant la caméra en courant pour rejoindre un camion militaire].
Butare, ville fantôme, qui serait sur le point de tomber aux mains du Front patriotique rwandais. 50 à 60 000 personnes auraient quitté la commune [gros plans sur des réfugiés en train de marcher].
Par ailleurs le FPR serait entré dans Kigali, la capitale, et les forces armées gouvernementales auraient fui la ville. Le FPR se trouverait à moins d'un kilomètre du centre-ville [on voit plusieurs parachutistes français lourdement armés parmi les réfugiés].
Face à cette situation, les soldats français poursuivent l'opération Turquoise. 1 200 hommes sont présents sur le territoire rwandais. La France se retrouve engagée plus que prévu dans ce pays africain, le Rwanda, qui peu à peu se transforme en bourbier militaire [diffusion d'images de l'évacuation des religieuses par les militaires français évoquée précédemment].
[Laurence Bobillier :] Et hier [3 juillet] les militaires français engagés dans l'opération Turquoise ont essuyé des tirs. Ils ont riposté.
Ce matin le FPR dément avoir participé à cet accrochage et sous-entend que Paris cherche ainsi à justifier la création de zones humanitaires. Le FPR y est opposé. La réaction de François Rutayisire, le représentant du FPR à Paris, recueillie par Marie-Odile Pagniez.
["François Rutayisire, responsable FPR en France" : "Le FPR se bat contre les responsables de la tragédie rwandaise. 500 000 morts : femmes, enfants, vieillards ont été tués par les responsables de cette tragédie et c'est contre eux que le FPR se bat. Comme ils sont en train de perdre la partie, créer une zone humanitaire, ça c'est une façon… -- une "zone humanitaire" entre guillemets --, c'est une façon de leur créer un sanctuaire où ils pourront se réfugier, euh, tranquillement. Donc c'est un sanctuaire, c'est une protection. C'est pour être sous la protection, sous l'aile de…, des forces militaires françaises".]