Ce pourrait être l'épilogue d'une longue bataille judiciaire. 32 ans après le génocide des Tutsi au Rwanda, qui a décimé plus de 800.000 personnes, le médecin Eugène Rwamucyo, 67 ans, pourrait bien être définitivement condamné par la justice française. Son procès en appel vient de s'ouvrir ce mardi 9 juin.
Deux ans auparavant, le mercredi 30 octobre 2024, l'intellectuel et proche du pouvoir rwandais de l'époque, Eugène Rwamucyo, avait été condamné par la cour d’assises de Paris à 27 ans de réclusion criminelle, notamment pour complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité.
Un acteur "indirect" du génocide
C’est en vertu de la compétence universelle, un principe qui permet depuis 2010 à la France de juger les auteurs de crimes graves, quel que soit le lieu où ils ont été commis, qu'il avait pu comparaître.
Son rôle lors de l'enfouissement de dizaines de milliers de cadavres dans les fosses communes de Butare, a notamment été longuement discuté lors du premier procès. Eugène Rwamucyo était aussi accusé d'avoir participé à l'exécution de blessés et d'avoir incité la population à s'en prendre aux Tutsis lors du génocide de 1994, rappelle le media RFI.
De son côté, l'accusé estime que les accusations venues de Kigali sont "
politiques". Le Rwanda avait émis un mandat d'arrêt international, mais le docteur n'a été arrêté qu'en mai 2010, soit 16 ans après les faits qui lui étaient reprochés. Exilé en Europe, il travaillait dans un hôpital à Maubeuge, dans le nord de la France. "
Il n'y a rien contre moi, je ne vois pas pourquoi la justice voudrait m'arrêter, je ne vois pas", s'était-il exprimé à la télévision.
Une nouvelle défense pour l'ancien médecin
Pour ce nouveau procès, Eugène Rwamucyo, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, a entièrement changé sa défense. Il sera cette fois soutenu par une équipe de sept nouveaux avocats, contre deux auparavant, rapporte le journal
Le Monde.
"
La vérité historique existe mais elle ne doit pas se substituer à la vérité judiciaire ni la déformer", estime Maître Michèle Siari, l’une de ses conseils. "
C’est un procès qu’il ne faut pas contrefaire en raison de la compassion naturelle et évidente que nous aurons tous pour les parties civiles. Il faut aussi rappeler qu’Eugène Rwamucyo a toujours clamé son innocence."
530 parties civiles seront à nouveau représentées lors de ce procès en appel. Le verdict est prévu le 17 juillet prochain.