Tout au fond du cimetière Nord, à la Robertsau, se cache depuis 2020 une petite stèle de grès. Sur une plaque de marbre noire, on peut lire : «
En 1994, au Rwanda, un million d’hommes, de femmes et d’enfants ont été exterminés, car nés Tutsi. »
«
Derrière le million de morts, il faut penser à un million d’individus, un million de situations », rappelle Espérance Patureau, représentante de l’association Ibuka, qui a perdu une partie de sa famille lors du génocide. «
Certains venaient de naître, d’autres s’apprêtaient à se marier ou venaient d’avoir un premier bébé. Les uns entraient dans leur vie active et professionnelle, ils avaient des talents, ils faisaient des projets. »
Pour un monument européen à la mémoire du génocide
«
Le chiffre d’un million mesure l’empilement des corps, mais il ne dit pas dans quelles circonstances il a été atteint, poursuit Espérance Patureau
. Il ne dit rien des corps d’enfants écrasés contre les murs, des femmes éventrées, des viols et des mutilations sexuelles. Il ne dit rien du traitement des corps, enfouis dans des fosses communes comme de vulgaires déchets, dans un dernier acte d’humiliation, de déshumanisation et d’annihilation. »
Pour que ne soit jamais oublié ce génocide des Tutsi par les Hutu, la porte-parole de l’association Ibuka a exprimé le souhait de voir «
élevé au centre de Strasbourg un monument européen à la mémoire du génocide des Tutsi ». Elle a demandé «
à la Ville de transmettre ce message au Parlement européen ». L’adjoint à la maire, Pierre Jakubowicz, a assuré qu’il avait «
entendu » cet «
appel » et qu’il s’en ferait «
le relais ».
G. L.