Author-card of document number 33926

Num
33926
Date
Mardi 26 avril 1994
Ymd
File
Size
1236300
Urlorg
Title
Communiqué de presse [Faisant suite à la lettre adressée à Agathe Habyarimana le 25 avril 1994]
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Abstract
In this press release, HRW sounds the alarm about the killings taking place in Butare province, the detention of 5,000 civilians in Cyangugu and the ongoing executions. The statement calls on the international community to clearly announce that the Rwandan government will not benefit from international recognition and asks the UN Security Council to reconsider its decision to reduce its forces deployed in this country.
Source
HRW
Type
Communiqué
Language
FR
Citation
Publication Immédiate
Le 26 Avril 1994

En Cas de Besoin d’Informations
Alison Des Forges (716) 881—2758
Susan Osnos (212) 972-2257
Holly Burkhalter (202) 371-6592

Réagissant aux rapports qui établissent que les massacres des civils sans défense se poursuivent au Rwanda, Human Rights Watch/Africa a lancé un appel aujourd’hui à Madame Agathe Habyarimana, veuve de feu le Président Juvénal Habyarimana pour qu’elle utilise son énorme influence pour mettre fin à la violence. Mme Habyarimana s’est réfugiée à Paris avec certains de ses frères et d’autres personnes proches d’elle lorsque les massacres commencèrent au Rwanda.

Madame Habyarimana est très respectée des dirigeants de l’armée du Rwanda et du Chef de l’Etat Major le Colonel Augustin Bizimungu, du Commandant de la Garde Présidentielle, le Colonel Mpiranya et du Colonel Bagosora qui lorsque les massacres commencèrent avait à sa charge le Comité de Commandement Militaire composé de trois personnes. Mme Habyarimana a aussi une grande influence auprès du Colonel Nkundiye qui avait formé un grand nombre de membres de la milice affiliée au parti politique de feu son mari qui est en train de tuer la population civile, et le Capitaine Simbikangwa, qui semblerait diriger la milice maintenant.

Dans une déclaration du 22 Avril, la Maison Blanche a lancé un appel à ces officiers militaires en les nommant par leur nom, et leur a demandé de faire le nécessaire pour mettre fin immédiatement aux massacres des civils.

D’après les missionnaires qui se sont enfuis du Rwanda à Bujumbura au Burundi, les Tutsi et des représentants de l’opposition politique ont été systématiquement tués dans la ville et la province de Butare depuis le 20 Avril a midi. Ils ont déclaré que les tueries ont lieu nuit et jour et tout particulièrement à trois endroits aux environs de Butare : derrière le Musée National, dans une arborée près de l’Université Nationale et près d’une petite rivière dans le voisinage. L’Evêque de Butare et plusieurs de ses prêtres ont été attaqués dans l’Evêché, et d’autres prêtres sont assiégés dans le Séminaire de Karubanda. A l’église de Cyahinda au Kibeho dans la partie sud de la province de Butare, le clergé a déclaré que des milliers de personnes ont été tuées autour et dans l’église. Des représentants du clergé ont déclaré que le carnage est commis par des membres du parti de la milice accompagnés par des soldats de l’armée du Rwanda.

A Cyangugu, au sud-ouest du Rwanda, 5000 civils sont prisonniers dans le stade
depuis le 15 Avril. Ils n’ont ni nourriture, ni couverture, ni protection contre les fortes pluies. A intervalles réguliers des groupes sont saisis par la milice et exécutés. Le Vicaire Général de l’Archevêché de Bukavu, au Zaïre, qui se trouve de l’autre coté de la frontière de Cyangugu, a lancé un appel aux Nations Unies pour qu’elles viennent au secours de ces personnes.

Human Rights Watch/Africa déplore le manque d’actes forts et concertés de la part de la communauté internationale, face aux preuves de plus en plus évidentes qu’il s’agit ici d’un génocide contre les Tutsis et de crimes contre l’humanité en tuant des Hutu membres de l’opposition politique. Human Rights Watch/Africa a lancé un appel au gouvernement des Etats-Unis de faire suite à la déclaration de la Maison Blanche du 22 Avril en prenant l’initiative d’obtenir une condamnation claire et nette a l’égard de ceux qui sont responsables de ces crimes. La communauté internationale doit immédiatement et unanimement déclarer que tout gouvernement établi sur des centaines de milliers de cadavres, ne recevra jamais de reconnaissance ou d’assistance internationale. Une telle déclaration doit être largement diffusée à la radio au Rwanda pour encourager les modérés dans l’armée à résister aux massacres meurtriers commis par les extrémistes.

Human Rights Watch/Africa lance un appel au Conseil de Sécurité des Nations
Unies de reconsidérer sa décision de réduire le contingent des casques bleus a un
contingent squelette de 270. Les forces de la MINUAR qui restent au Rwanda ne
doivent pas diminuer ; la réduction envisagée par le Conseil de Sécurité est une véritable invitation à de nouveaux massacres de ceux qui jusqu’à présent ont été protégé par la présence de troupes internationales. Si l’ONU persiste dans cette décision erronée de réduire le nombre de casques bleus, elle a pour devoir au minimum, d’assurer la protection, par d’autres moyens, de ces Rwandais qui à l’heure actuelle sont sous sa protection, soit en les évacuant ou en trouvant une autre solution.

Human Rights Watch/Africa se félicite de la déclaration d’un cesser-le—feu
unilatéral de la part du Front Populaire Rwandais, dès minuit le 25 Avril, et lance un appel a l’armée du Rwanda de mettre les armes ?) bas. Human Rights Watch/Africa souligne cependant que cesser les engagements militaires est différent de l’arrêt des massacres des civils non armés. Ce sont ces officiers de l’armée Rwandaise mentionnés ci—dessus qui ont le pouvoir de mettre fin aux massacres des civils.

Human Rights Watch/Africa déplore le fait que la délégation de Gouvernement
du Rwanda n’ait pas pris part aux négociations de paix prévues à Arusha le 23 avril et réitère le besoin de revenir aux termes déjà acceptés par le Front Populaire Rwandais et le Gouvernement Rwandais aux Accords d’Arusha en août dernier, pour rétablir la paix dans ce pays dévasté.
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