Fiche du document numéro 30897

Num
30897
Date
Lundi 30 avril 2001
Amj
Auteur
Fichier
Taille
137658
Pages
2
Titre
Déposition de monsieur Jean-Marie Dessalles
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Nom cité
Cote
D2257-2258
Résumé
Jean-Marie Dessalles was in Rwanda from May 6 to July 14, 1994 with a round trip to Paris to set up a special unit in the fight against the RPF.
Source
Fonds d'archives
PAT
Commentaire
Dessalles declares on April 30, 2001 that the Minister of Defense Augustin Bizimana took refuge in Congo-Brazzaville where he died. The UN Tribunal (ICTR then MICT), which was looking for him, will only learn of it in 2020 !
Type
Audition judiciaire
Langue
FR
Citation
REPUBLIQUE
FRANCAISE



MINISTERE DE L'INTERIEUR
DIRECTION GENERALE
DE LA POLICE NATIONALE
DIRECTION CENTRALE
DE LA POLICE JUDICIAIRE
DIVISION NATIONALE
ANTI-TERRORISTE

n° 144/^ 4 S

AFFAIRE:

C/...X

Assassinat en relation avec
avec
une entreprise terroriste,

OBJET

Déposition de monsieur Jean-
Marie DESSALLES, 43 ans,
webmaster, demeurant

Annexes de documents


PROCES VERBAL

L'an deux mille un
le trente avril à quinze heures
NOUS, Frédéric PIWOWARCZYK, lieutenant de police
en fonction à la division nationale anti-terroriste de la
direction centrale de la police judiciaire


Officier de police judiciaire en résidence à PARIS, ------------------------------------
Agissant en vertu et pour l'exécution de la commission rogatoire délivrée
le 3 octobre 2000 par monsieur Jean-Louis BRUGUIERE, Premier vice-
président chargé de l'instruction et monsieur Jean-François RICARD,
Premier juge d'instruction au tribunal de grande instance de PARIS, relative
à
l'information n° 1341 suivie contre X... du chef d'assassinat en relation
avec une entreprise terroriste ------------------------------------------------------------
--- Vu les articles 81, 151 et suivants du code de procédure pénale,--------------
Nous trouvant au service, -----------------------------------------------------------------
Vu les renseignements recueillis selon lesquels monsieur Jean Marie
DESSALLES, aurait séjourné dans la région des Grands Lacs durant les
mois de mai et juin 1994, -------------------------------------------------------------------
--- Avons mandé et constatons que se présente celui-ci lequel
connaissance prise de la délégation judiciaire en notre possession et après
avoir prêté serment de dire toute la vérité, rien que la vérité dépose comme

suit: -----------------------------------------------------------------------------------------------
--- "Je me nomme Jean-Marie DESSALLES, je suis né le 10 décembre
1957 à VERSAILLES (Yvelines) Je possède la nationalité française.---------
--- Je suis actuellement webmaster au sein de la société "Médianet" se
trouvant 2 rue de Paris à SAINT MAUR DES FOSSES (Val de Marne) et je
demeure 9, avenue du général Leclerc à BOISSY-SAINT-LEGER (Val-de
Marne) ----------------------------------------------------------------------------------------------
Question : Pouvez-vous nous dire quelles étaient vos activités au début
de l'année 1994 et dans quels pays exerciez vous celles-ci ? ----------------------
Réponse: Je travaillais dans le domaine de la sécurité sur le territoire
national. ---------------------------------------------------------------------------------------------
Question : Dans quelles conditions avez vous été amené à vous rendre
en Afrique dans la région des Grands Lacs ? -------------------------------------------
Réponse : Le 7 avril 1994, alors que je me trouvais en région parisienne,
un ami dont je ne citerai pas le nom, m'a contacté téléphoniquement pour
savoir, suite à l'attentat survenu la veille à Kigali, si j'étais disponible pour
me rendre au Rwanda afin d'assurer la sécurité de la famille du président
HABYARIMANA et de leur entourage. Je pense que l'intermédiaire de cette
mission était un avocat belge en relation avec la famille du président. -----------
C'est donc le 6 mai 1994, qu'après avoir atterri a Nairobi, que je me suis
rendu à Goma (Zaire) puis à Gisenyi (Rwanda). Je précise que j'étais parti
seul en précurseur pour faire une évaluation de la mission. -------- --------------
A Gisenyi j'ai été pris en charge par une autorité civile de la ville dont le
prénom est Charles, ayant oublié son nom de famille. J'ai été amené à
rencontrer le chef d'état-major des F.A.R., le général Augustin BIZIMUNGU
puis le ministre de la Défense, Augustin BIZIMANA. -------------- ----------------

Suite au procès-verbal numéro 1441.Ad S - -----------------5----
Feuillet numéro DEUX -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
La guerre étant devenue généralisée au Rwanda, la mission initiale de
protection et d'évacuation des proches du président défunt et des
personnalités était devenue caduque.------------------------------------------------------
Il m'a été demandé de constituer une unité spéciale dans laquelle je
pouvais inclure des "spécialistes" européens. Le financement aurait été
assuré par le gouvernement rwandais de l'époque car il s'agissait de lutter
contre l'avancée du F.P.R.---------------------------------------------------------------------
Après quinze jour d'évaluation pour la mise en place de cette unité, j'ai
fait un aller et retour Goma-Nairobi-Paris pour lancer un recrutement. -----------
Revenu au Rwanda, pour démarrer le projet, j'ai demandé à l'état-major
des F.A.R. de me fournir une centaine de leurs meilleurs soldats. L'effectif
qui m'a été confié ne correspondait pas à mes espérances au niveau de la
qualité des hommes. ----------------------------------------------------------------------------
Le temps que le budget qui m'avait été promis soit mis en place et
devant diverses difficultés rencontrées, je n'ai pu mener à bien le
recrutement prévu. L'unité que j'avais constituée n'a pas été engagée au
combat et le 14 juillet 1994, sur conseil du ministre de la Défense, je suis
passé au Zaire que j'ai quitté le lendemain par un vol pour Nairobi et je suis
rentré en France. --------------------------------------------------------------------------------- Question : Avez vous entendu parler d'un recrutement de spécialistes en
armement qui aurait eu lieu à PARIS en novembre 1993; si oui qu'en savez
vous? ----------------------------------------------------------------------------------------------- Réponse : Non, je ne suis pas au courant de ce recrutement.---------------
Question : Dans quelles conditions avez vous entendu parler de l'attentat
commis le 6 avril 1994 contre l'avion présidentiel rwandais ? -----------------------
Réponse : Au cours de mes entretiens soit avec le ministre de la
Défense, soit avec son chef d'état-major, l'attentat a été abordé au cours de
discussions informelles. Par contre, ultérieurement, durant son exil au
Congo-Brazaville, l'ex-ministre de la Défense, Augustin BIZIMANA, décédé
à ce jour, sachant qu'une enquête était diligentée en France, m'avait
transmis divers documents qui pouvaient être utiles. Je vous remets ceux-ci
aujourd'hui.------------------------------------------- -
Il s'agit de la photocopie d'une lettre manuscrite datée du 10 juin 2000
comportant neuf feuillets rédigée de sa main ; d'un document
dactylographié, de quinze feuillets commençant par "The International
Strategic..." se terminant par '...que c'est la propriété du F.P.R" ; d'un
document dactylographié de six feuillets commençant par "L'ONU dans
l'étau" et se terminant par "... mourir maintenant sous la répression du FPR"
; deux articles de presse issus des numéros 333 et 334 de la revue "Africa
international" d'avril et de mai 2000. ----__________________--______---___
--- Je prends acte que ces documents sont annexés au présent procès-verbal---------------------------
Vous me présentez la photographie d'un individu qui à vos dires pourrait
se nommer Phil Van del BERKN, je ne connais pas cet individu, ni même
ce patronyme. ------------------------------------------------------------------------------------ Question : Avez vous d'autres éléments à porter à notre conaissance
qui seraient susceptibles d'intéresser l'enquête ?---------------------- -- -------------
Réponse : Je n'ai rien d'autre à vous déclarer". ------------------ --- --------------
Après lecture faite par lui-même, monsieur Jean-Marie DESSALLES
persiste et signe le présent avec nous à seize heures dix.----- --- -------------
Monsieur .J.M.DESSALLES Le lieutenant de police
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