Fiche du document numéro 27149

Num
27149
Date
Lundi 16 mai 1994
Amj
Fichier
Taille
306597
Pages
1
Sur titre
Kigali
Titre
Combats dans la Capitale
Sous titre
 
Tres
 
Page
 
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Résumé
While several personalities have denounced the ongoing genocide in Rwanda, fighting between government troops and the RPF continues to rage in the capital, near Ruhengeri and around Gisenyi.
Source
Extrait de
 
Commentaire
 
Type
Article de journal
Langue
FR
Declassification
 
Citation
KIGALI a été la cible, dimanche, de tirs de mortier et d'artillerie légère des troupes gouvernementales, qui ont lancé une offensive contre les positions des forces du Front patriotique rwandais autour de la capitale. Les combattants du FPR ont contre-attaqué depuis les collines entourant Kigali, parvenant, semble-t-il, à freiner l'avance de l'armée près de l'aéroport, à l'est de la ville. Selon des habitants, l'armée a contraint des civils à creuser des tranchées autour du complexe stratégique de Kanombe, exposé, au nord, aux tirs d'artillerie du FPR. Les combats font également rage, selon les Nations unies, près de la ville de garnison de Ruhengeri, tenue par les forces gouvernementales, au nord du pays, et autour de Gisenyi, au sud.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a reporté au début de cette semaine le vote d'une résolution sur une éventuelle intervention au Rwanda. Washington souhaiterait créer des «zones de protection des réfugiés» aux frontières rwandaises. Pour le secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, cette formule n'aurait d'autre résultat que de provoquer un nouvel afflux de réfugiés dans des camps déjà surpeuplés. Une force internationale de 5.500 hommes est, par ailleurs, envisagée. Vendredi, le secrétaire général du FPR, Théogène Rudasingwa, a déclaré que son organisation n'était pas opposée à l'envoi d'une force de l'ONU, d'où doivent être exclus les pays voisins du Rwanda ainsi que les Etats ayant soutenu le régime et ses troupes. Le dirigeant du FPR a rappelé le retrait de l'ONU, qui a réduit de 2.500 à 270 le nombre de casques bleus présents dans le pays peu après le début des tueries, au lendemain du 6 avril dernier, s'interrogeant sur les intentions réelles des grandes puissances.

Venant d'Ouganda par la route, grâce à l'aide des forces du FPR, Bernard Kouchner est arrivé jeudi à Kigali, où il a notamment déclaré: «Nous ne pouvons pas laisser se perpétrer un génocide sans rien faire. Je crois que l'armée et la gendarmerie doivent protéger ces gens», en parlant des survivants des massacres perpétrés par les milices présidentielles et par... l'armée et la gendarmerie. «Personne ne contrôle la ville. Des miliciens parcourent la ville, ivres et ayant perdu toute raison. Ils sont prêts à tuer dès qu'ils trouvent une victime», a-t-il ajouté.

A Rome, le pape a lancé, dimanche, un appel pour que cesse le «génocide» au Rwanda, où les «criminels devront répondre de leurs actes devant l'Histoire et devant Dieu».
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fgtquery v.1.9, 9 février 2024