Field Value
Num3490
Date Vendredi 17 juin 1994
Ymd19940617
Hms20:00:00
Author Chazal, Claire
AuthorLapeyre, Arnaud
AuthorMarque, Isabelle
AuthorJoachim, Manuel
File 1994-06-17-20tf1.mp4
Size13959447
UptitleJournal de 20 heures [3:40]
TitleDes miliciens hutu ont attaqué un hôtel de Kigali où sont réfugiés près de 500 Tutsi qui vivent terrés pour échapper aux massacres. La France étudie toujours la possibilité d'une intervention militaire
SubtitleÀ Paris les associations humanitaires se mobilisent pour le Rwanda : SOS Racisme et Médecins du monde lancent une campagne "Urgence au Rwanda" avec plusieurs autres organisations.
Quoted personKouchner, Bernard
Quoted personGirard, Renaud
Quoted personBoli, Basile
Quoted personSylla, Fodé
Quoted personDesempt, Véronique
Quoted personBalladur, Edouard
Quoted personMitterrand, François
Quoted placeHôtel Mille Collines
Quoted placeBenaco
Quoted placeBruxelles
KeywordDésinformation
KeywordInterahamwe
KeywordMassacre
KeywordExode
KeywordMSF
KeywordSOS Racisme
KeywordMédecins du monde
Abstract- Les massacres se poursuivent au Rwanda malgré les pourparlers de paix entrepris entre l'armée gouvernementale et les rebelles.

- Dans la journée, des miliciens hutu ont attaqué un hôtel de Kigali où sont réfugiés près de 500 Tutsi qui vivent terrés pour échapper aux massacres. Les miliciens hutu ont réussi à y pénétrer armes au poing. Une opération dont on ignore encore le bilan.

- La France étudie toujours la possibilité d'une intervention militaire. Bernard Kouchner est arrivé ce matin dans la capitale rwandaise.

- Le climat de terreur incite les populations à prendre les routes de l'exode. Par centaines de milliers, ils fuient vers les camps que les forces hutu utilisent parfois comme base arrière. C'est le cas à Benaco en Tanzanie où travaillent les personnels de Médecins sans frontières. Cette organisation demande aujourd'hui à la communauté internationale une intervention armée pour faire cesser les massacres.

- Même préoccupation à Bruxelles, où la France essayait de convaincre ses partenaires de mettre sur pied une opération humanitaire. Mais pour l'instant, seules la France et l'Italie au sein de l'Union de l'Europe occidentale se disent prêtes à envoyer des troupes.

- À Paris les associations humanitaires se mobilisent pour le Rwanda : SOS Racisme et Médecins du monde lancent une campagne "Urgence au Rwanda" avec plusieurs autres organisations. Ils ont demandé à Basile Boli, le footballeur, de mobiliser à sa façon l'opinion.

- C'est vraisemblablement le drame rwandais qui était au centre d'un entretien (non prévu) de 30 minutes entre Edouard Balladur et François Mitterrand.
Newspaper/SourceTF1
Public recordsINA
TypeJournal télévisé
LanguageFR
Citation[Claire Chazal :] À l'étranger les massacres se poursuivent au Rwanda malgré les pourparlers de paix entrepris entre l'armée gouvernementale et les rebelles. Pourparlers suspendus d'ailleurs aujourd'hui après la mort d'un Casque bleu. Des miliciens hutu ont attaqué par ailleurs le…, dans la journée également, un hôtel de Kigali où sont réfugiés plusieurs centaines de Tutsi.

La France, vous le savez, étudie toujours la possibilité d'une intervention militaire. Bernard Kouchner est arrivé ce matin dans la capitale rwandaise. Arnaud Lapeyre.

[Arnaud Lapeyre :] C'est l'un des principaux lieux de refuge de la capitale [diffusion d'images, filmées en "juin 1994", de l'hôtel Mille collines]. Dans cet hôtel, près de 500 Tutsi vivent terrés pour échapper aux massacres. Les miliciens hutu ont réussi à y pénétrer [on voit à l'image des soldats des FAR portant un béret rouge] armes au poing. Une opération dont on ignore encore le bilan. Mais la menace de nouvelles attaques contre les Tutsi qui résident encore à Kigali continue d'inquiéter les Casques bleus en place.

[Par téléphone, de Kigali, Renaud Girard, "Reporter 'Le Figaro'" : "On a très peur que les miliciens -- qui sont mauvais soldats, qui…, qui ne se battent pas mais qui sont…, euh, des massacreurs très efficaces [on voit plusieurs images de miliciens circuler dans la ville à bord de véhicules civils] --, on a très peur que les miliciens s'en prennent aux rares Tutsi qui ont survécu aux massacres des 10 dernières semaines [on voit des miliciens armés d'une machette ou d'armes à feu contrôler les papiers de véhicules]".]

Les attaques et représailles se succèdent. Le climat de terreur incite les populations à prendre les routes de l'exode. Par centaines de milliers, ils fuient vers les camps que les forces hutu utilisent parfois comme base arrière. C'est le cas ici à Benaco en Tanzanie où travaillent les personnels de Médecins sans frontières. Cette organisation demande aujourd'hui à la communauté internationale une intervention armée pour faire cesser les massacres [diffusion d'images d'enfants en train de se faire soigner].

Même préoccupation à Bruxelles, où la France essayait de convaincre ses partenaires de mettre sur pied une opération humanitaire. Mais pour l'instant, seules la France et l'Italie au sein de l'Union de l'Europe occidentale se disent prêt[e]s à envoyer des troupes.

[Claire Chazal :] À Paris les associations humanitaires se mobilisent pour le Rwanda : SOS Racisme et Médecins du monde lancent une campagne "Urgence au Rwanda" avec plusieurs autres organisations. Ils ont demandé à…, à Basile Boli, le footballeur, de mobiliser à sa façon l'opinion. Boli est allé dans un collège de Montreuil ce matin. Vous allez le voir, il a rencontré un public déjà sensibilisé au drame rwandais. Reportage d'Isabelle Marque, Manuel Joachim.

[Isabelle Marque :] Ces élèves d'un collège de Montreuil attendait une surprise, ils ne sont pas déçus. C'est l'une de leurs vedettes préférées qui leur fait sécher les cours. Basile Boli n'est pas venu parler football mais lancer avec Fodé Sylla de SOS Racisme et Véronique Desempt de Médecins du monde une campagne de mobilisation sur le Rwanda.

[Basile Boli : "Moi je fais…, je fais cette action, euh, pas par, euh…, par pression politique. Je crois que ça concerne plus la politique, ça concerne les être humains. Alors ce qui m'a poussé à…, à réagir, c'est…, c'est que d'abord, je suis Africain d'origine et que c'est…, je vois…, je vois partir les gens de ma race, euh, je suis concerné".]

["C'est seulement la France qui…" [une élève pose une question mais la fin de son propos est coupé par le commentaire de la journalise].] Concernés ces élèves le sont aussi et ils l'ont prouvé à Basile Boli entre un petit cours d'histoire et une demi-heure de questions-réponses.

[Une élève, qui s'exprime dans la cour du collège Colonel Fabien : - "Je vais essayer d'envoyer de l'argent et puis…, eh bien, je vais demander aussi à mes parents". Isabelle Marque, s'adressant à une autre élève : - "Et toi ?". Réponse de l'autre élève : - "Eh bien, je pense la même chose qu'Houda et puis…, c'est dramatique, quoi, ce qui se passe. Même y a pas qu'au Rwanda, il y a en Yougoslavie, partout, quoi".]

Mais lorsque la séance se termine, les futurs citoyens conscients de leur responsabilité redeviennent les fans exigeants de Basile Boli. Et c'est une foule de gamins en délire qui l'assaillent jusqu'à sa voiture pour un départ de star.

[Claire Chazal :] Et c'est vraisemblablement le drame rwandais qui est [inaudible] au centre des entretiens entre Edouard Balladur et François Mitterrand. Entretien de 30 minutes qui n'était pas prévu aux agendas des deux hommes.
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