Author-card of document number 3577

Num
3577
Date
Jeudi 4 août 1994
Ymd
Hms
20:00:00
Size
9622153
Uptitle
Journal de 20 heures [2:56]
Title
Dans son orphelinat, Marc Vaiter, qui a déjà sauvé du massacre plus de 300 gosses, reste inquiet : la bonne volonté ne manque pas, les moyens si
Subtitle
La véritable étendue du désastre est psychologique.
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Keyword
Abstract
- In Rwanda, the humanitarian needs of refugees have not yet been fully covered despite the efforts of the international community. Mortality rates remain unacceptable, says Doctors Without Borders. In the best organized Katale camp, the daily death rate is 25 per 10,000.

- There are also the problems inherent in the return of certain refugees to their villages. Among other things, the growing number of orphans. 6,000 orphans have already been identified in Kigali. Probably approximate estimates.

- In his orphanage, Marc Vaiter, this Frenchman who survived the turmoil of the war and who has already saved more than 300 kids from the massacre, remains worried. The post-war period is difficult: there is no lack of goodwill, and the means are. The children are given some milk and sorghum. The deficiencies are numerous, especially for those who have wandered several weeks between the camps.

- A priority: to prevent dysentery and cholera from setting in. Here as elsewhere, water is lacking. But the real extent of the disaster is psychological. Volunteer and poorly qualified staff try to teach these children again the gestures of a new life, not to mention the future. Despite the limited space, the orphanage does not refuse anyone.
Source
TF1
Public records
INA
Type
Journal télévisé
Language
FR
Citation
[Jean-Claude Narcy :] Au Rwanda les besoins humanitaires des réfugiés ne sont pas encore totalement couverts en dépit des efforts de la communauté internationale. Les taux de mortalité restent inacceptables indique Médecins sans frontières. Au camp de Katale, le mieux organisé, le taux de mortalité quotidien est de 25 pour 10 000.

Et puis il y a les problèmes inhérents au retour de certains réfugiés dans leur village. Entre autres, le nombre grandissant d'orphelins. Nos envoyés spéciaux à Kigali, Isabelle Baillancourt et Gilles Hémart, sont allés dans un des orphelinats de la ville où les enfants sont dans un très, très grand dénuement.

[Isabelle Baillancourt :] Au milieu de ces barraques, pas assez de place pour accueillir tous les enfants abandonnés, perdus dans la foule de l'exode puis ramassés et ramenés à Kigali par des adultes aussi épuisés qu'eux. Ces familles occasionnelles n'ont rien pour les nourrir ou les soigner : tous aussi démunis [on voit Marc Vaiter en train de plaisanter avec une dame de l'orphelinat].

Seul, Marc Vaiter, ce Français qui a survécu à la tourmente de la guerre, apporte chaque semaine un peu d'aide [on voit Marc Vaiter en train de saluer des membres de son orphelinat et des enfants]. 6 000 orphelins ont déjà été recensés à Kigali. Des estimations sans doute approximatives. Kashira, rescapé des atrocités, a le regard vide des enfants martyrs.

[Anne-Marie N'Yonshuti [Niyonshuti] : "Ses membres étaient complètement carrés, aucun membre ne bougeait. Et puis… il avait aussi des plaies sur la tête. Il y a…, il avait aussi des plaies… Paraît-il qu'on a mis une corde…, d'après l'histoire, on a mis une corde ici [elle montre avec son doigt le cou du jeune enfant], on a tiré… par terre".]

Dans l'orphelinat, Marc Vaiter, qui a déjà sauvé du massacre plus de 300 gosses, reste inquiet. L'après-guerre est difficile : la bonne volonté ne manque pas, les moyens si. Les enfants reçoivent un peu de lait et de sorgho. Les carences sont nombreuses, notamment pour ceux qui ont erré plusieurs semaines entre les camps [on voit des enfants alignés en train de manger].

[Un jeune enfant [il s'exprime en kinyarwanda mais ses propos sont traduits] : "Mes parents se sont mis à courir, ils s'enfuyaient. Une femme m'a retrouvé. Nous avons marché, marché avant d'atterrir dans un camp. Et après, on m'a ramené ici".]

Une priorité : [inaudible] que la dysenterie et le choléra ne s'installent. Ici comme ailleurs, l'eau manque, pas de camion-citerne. Mais la véritable étendue du désastre est psychologique [gros plans sur des visages d'enfants en train de pleurer]. Un personnel bénévole et peu qualifié tente de réapprendre à ces enfants les gestes d'une nouvelle vie, sans parler de futur.

[Une dame chante aux enfants : "Oui, maîtresse, nous sommes tous à gauche. Gauche ! Gauche ! [elle leur fait taper le pied gauche sur le sol]".

Marc Veiter [Vaiter], "Responsable de l'orphelinat"] : Lorsque le…, l'enfant reprend vie, il sait très bien que… il est seul. Il est seul et…, et pour lui c'est…, c'est dur. Nous…, nous avons une maman pour 10 enfants. Mais une maman ne peut pas s'occuper de 10 enfants".]

Malgré la place limitée, l'orphelinat ne refuse personne. [Inaudible] une journée comme les autres à Kigali [on voit des enfants porter des branchages dans leurs bras ou sur leur tête].

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