Author-card of document number 30239

Num
30239
Date
Vendredi 22 avril 1994
Ymd
Hms
20:00:00
Author
Size
7061774
Uptitle
Journal de 20 heures [1:59]
Title
Les Casques bleus quittent le Rwanda laissant la population dans un profond désarroi face aux règlements de compte et à la guerre civile
Subtitle
Ne resteront que 300 hommes pour tenter une médiation entre factions rivales.
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Keyword
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Abstract
- The UN is tiptoeing out of Rwanda. Sad withdrawal, sad impotence. Peacekeepers leave behind tens, perhaps hundreds, of thousands of dead.

- It is the departure of the Blue Helmets from Rwanda. They were 2,500 who tried to protect refugee camps, institutions, hospitals. They are now leaving the country, leaving the population in deep disarray in the face of settling scores and civil war. But the United Nations has decided so: only 300 men will remain to attempt mediation between rival factions.

- Humanitarian organizations have already condemned the departure of peacekeepers from Rwanda because nothing can now prevent the continuation of the massacres. The dead number in the tens of thousands. In the Kigali stadium alone, 5,000 people have been waiting for the end of the massacres for eight days and the stadium is regularly bombarded by RPF forces.

- It is for these victims that French families returning from Rwanda have founded a solidarity committee. Claudine Lauer: "UNAMIR did nothing to save these people, nothing at all! They came to disarm. It's not true, they didn't disarm. Since there were grenades every night were jumping in the neighborhoods: in Nyamirambo, in Gikondo, in all the neighborhoods".

- Foreigners have left the country but also more than 100,000 Rwandans and even 50,000 inhabitants of Burundi who had already fled the violence at home and continue to wander on these roads with death at the end of the road.
Source
Public records
INA
Type
Journal télévisé
Language
FR
Citation
[Paul Amar :] L'ONU se retire sur la pointe des pieds au Rwanda. Triste retrait, triste impuissance. Les Casques bleus laissent derrière eux des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de morts. Philippe Rochot.

[Philippe Rochot :] C'est le départ des Casques bleus du Rwanda [une incrustation "Kigali, Rwanda -- hier [21 avril]" s'affiche à l'écran]. Ils étaient 2 500 qui tentaient de protéger les camps de réfugiés, les institutions, les hôpitaux. Ils quittent aujourd'hui le pays laissant la population dans un profond désarroi face aux règlements de compte et à la guerre civile. Mais les Nations unies en ont décidé ainsi : ne resteront que 300 hommes pour tenter une médiation entre factions rivales [diffusion d'images de Casques bleus en train d'embarquer dans des gros-porteurs sur le tarmac de l'aéroport de Kanombe].

Les organisations humanitaires ont déjà condamné le départ des Casques bleus du Rwanda car plus rien ne peut empêcher à présent la poursuite des massacres. Les morts se comptent par dizaines de milliers [on voit des cadavres gisant devant un pâté de maisons et au bord d'une route]. Uniquement dans le stade de Kigali, 5 000 personnes attendent depuis huit jours la fin des massacres et le stade est régulièrement bombardé par les forces du FPR [on voit quelques humanitaires de la Croix-Rouge puis des réfugiés dans le stade Amahoro].

C'est pour ces victimes que des familles françaises de retour du Rwanda ont fondé un comité de solidarité.

[Charles Lauer : - "Si on n'y va pas tout de suite, ça…, ça sera pour 10 ans, 20 ans. Faut…, faut y aller tout de suite mais…, mais, c'est…, y a des…, des milliers de…, de morts". Claudine Lauer, en pleurs : - "Je retournerai au Rwanda. J'ai trop d'amis ! Je sais qu'il y en a beaucoup qui seront morts. Mais je retournerai au Rwanda". Philippe Rochot : - "Mais… quand on voit que l'ONU, euh, quitte le Rwanda, est-ce qu'on laisse pas un peu ces…, ces populations à l'abandon ?". Claudine Lauer : - "Mais ils ont rien fait ! Ils ont rien fait Monsieur. Monsieur ils ont rien fait !". Charles Lauer : - "Nous on dit que c'est dégueulasse, c'est tout ce qu'on peut dire !". Claudine Lauer : - "La MINUAR n'a rien fait, rien fait pour sauver ce peuple, rien du tout !". Charles Lauer : - "Nulle part". Claudine Lauer : - "Il n'a pas désarmé. Ils venaient pour désarmer. Ce n'est pas vrai, il n'a pas désarmé. Puisqu'il y avait de…, toutes les nuits des grenades qui sautaient dans les quartiers : à Nyamirambo, à Gikondo, dans tous les quartiers".]

Les étrangers ont quitté le pays mais aussi plus de 100 000 Rwandais et même 50 000 habitants du Burundi qui avaient déjà fui les violences chez eux et continuent d'errer sur ces routes avec la mort au bout du chemin [on voit notamment des gens fuir à travers les collines].

[Paul Amar :] La succession de nouvelles souvent dramatiques ne doit pas occulter les miracles qui peuvent parfois se produire : l'Afrique du Sud marche tant bien que mal vers la paix civile et s'apprête à voter la semaine prochaine, toutes couleurs confondues.

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