Author-card of document number 29490

Num
29490
Date
Lundi 23 mai 1994
Ymd
Hms
13:00:00
Size
21638
Uptitle
Journal de 13 heures
Title
En Ouganda le lac Victoria a été déclaré sinistré, les autorités ont déjà ramassé 30 000 cadavres
Subtitle
À toutes les frontières du Rwanda, la situation des réfugiés est extrêmement précaire.
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Abstract
- Horror in Rwanda. Kigali airport taken over by the rebels after a terrible bombing and at least 50 dead. But above all there are these appalling massacres all over the country. We are talking about hundreds of thousands of victims.

- In Uganda, Lake Victoria was even declared a disaster, thousands of corpses washed up on the shores. The authorities have already collected 30,000.

- And then at all the borders of Rwanda, the refugee situation is extremely precarious.

- Benaco is one of the largest camps in Tanzania in the world. But the very violent fighting in recent days has also pushed them back to other borders, such as here in Burundi, a predominantly Tutsi camp. Security is very present to prevent the same madness from happening between ethnic groups.
Source
TF1
Public records
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Language
FR
Citation
[Jean-Pierre Pernaut :] […] titre de l'actualité, l'horreur. L'horreur au Rwanda. L'aéroport de Kigali repris par les rebelles après un terrible bombardement et au moins 50 morts. Depuis quelques heures un cessez-le-feu semble quand même tenir. Mais surtout il y a ces épouvan[t]ables massacres dans tout le pays. On parle de centaines de milliers de victimes [diffusion d'images de corps tourbillonnants dans les chutes de la rivière Rusumo]. En Ouganda le lac Victoria a même été déclaré sinistré, des milliers de cadavres s'échouent sur les rives. Les autorités en ont déjà ramassé 30 000 [diffusion d'images de réfugiés].

Et puis à toutes les frontières du Rwanda, la situation des réfugiés est extrêmement précaire. Dans l'un de ces camps de réfugiés, en Tanzanie, témoignage de notre envoyée spéciale, Marine Jacquemin.

[Marine Jacquemin :] Colonnes et par milliers, ils fuient la mort, marchant surtout de nuit pour éviter le danger [une incrustation "Frontière Tanzanie/Rwanda" s'affiche à l'écran]. Au bout de la route, une lueur d'espoir pour leur petit corps endolori et épuisé [gros plans sur des visages d'enfants].

Benaco, c'est l'un des camps de Tanzanie certainement à présent le plus grand camp du monde [vue panoramique sur le camp de Benaco]. Assassins et victimes ils sont tous là, Hutu à côté des Tutsi, réunis dans un même malheur.

Mais les combats très violents de ces derniers jours les rejettent également sur d'autres frontières, comme ici au Burundi, un camp à majorité tutsi. Si certains ont encore cette force de jouer et de sourire, les autres ont le regard marqué par l'horreur de ce qu'ils ont eu à vivre [gros plan sur des visages d'enfants]. Chaque histoire est écœurante : ce petit garçon qui a vu sa mère et ses six frères et sœurs massacrés sous ses yeux. Cet autre qui, blessé à coups de machette, a rampé cinq nuit durant, en se cachant, avant d'atteindre ce camp [on voit le rescapé, le bras dans le plâtre, en train de raconter son histoire en kinyarwanda]. Et puis ce témoignage de Marie-Béatrice laissée pour morte au milieu d'une centaine de cadavres dans une benne à ordures.

[Marie-Béatrice : "Alors, je suis sortie des cadavres. Nous étions à trois plutôt : une…, une dame et une fillette de 15 ans. Nous sommes allées nous cacher dans la brousse un peu plus loin. Nous ne savions pas où aller".]

Chacun pourtant réapprend à vivre, à se nourrir d'une boule de mil, à se vêtir pour lutter contre la pluie. Ici comme ailleurs, les organisations humanitaires font un travail formidable. La sécurité est elle aussi très présente pour éviter que ne se reproduise la même folie entre ethnies [on voit des militaires burundais passer entre les tentes des réfugiés].

[Un homme noir vêtu d'un costume-cravate :] "Vous voyez nous recevons des réfugiés… tutsi au départ. Nous recevons aussi des réfugiés hutu. Moi je le dis en ces termes-là. Alors ces gens-là se sont entrechoqués de l'autre côté. Et ici, si nous ne prenons pas garde, ils peuvent faire la même chose. Et c'est pourquoi nous vous avons [sic] voulu aménager un site à cet effet pour les uns et pour les autres".]

[Marine Jacquemin, face caméra devant une masse de réfugiés, à la frontière Tanzanie-Rwanda : "Cet afflux massif de populations au Burundi n'est pas rassurant. Suite au coup d'État d'octobre dernier, ce pays a vécu lui aussi sa vague de massacres. Si ces derniers jours, les politiques et l'armée ont pu maintenir le calme, tous les clignotants sont au rouge et indiquent que les prochaines semaines pourraient être à haut risque pour ce pays voisin du Rwanda".]

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