Author-card of document number 29416

Num
29416
Date
Lundi 2 mai 1994
Ymd
Hms
20:00:00
Size
20761
Uptitle
Journal de 20 heures
Title
Depuis un mois, les ethnies hutu et tutsi se battent pour le pouvoir et surtout pour régler de vieilles haines ancestrales. On parle aujourd'hui de 100 000 morts ou peut-être plus. 300 000 civils fuient vers le Burundi ou la Tanzanie
Subtitle
Sur le plan militaire, ni le gouvernement hutu ni les rebelles tutsi ne paraissent pour l'instant en mesure de l'emporter.
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Abstract
- In Rwanda, the clashes continue: in the capital, yesterday, mortar fire killed around 15 people and injured around 100 others.

- For a month, the Hutu and Tutsi ethnic groups have been fighting for power and above all to settle old ancestral hatreds. Today we are talking about 100,000 dead or perhaps more and 300,000 civilians are fleeing to neighboring states, Burundi or Tanzania.

- According to the surgeon Jacques Bérès of "Médecins du Monde", "we see wounds by all kinds of weapons: bullets, fragments of projectiles, machete wounds. We also see wounds which were inflicted without intention to kill but for mutilate people".

- The mandate of the UN peacekeepers does not authorize them to act. They are also packing up.

- On the military level, neither the Hutu government nor the Tutsi rebels appear for the moment in a position to prevail.
Source
TF1
Public records
INA
Type
Transcription d'une émission de télévision
Language
FR
Citation
[Patrick Poivre d'Arvor :] La situation au Rwanda où les affrontements se poursuivent. Dans la capitale, hier, des tirs de mortier ont tué une quinzaine de personnes et blessé une centaine d'autres, toutes réfugiées dans une église. On parle aujourd'hui de plusieurs dizaines de milliers de morts et on ne compte plus les familles qui fuient vers les États voisins, le Burundi ou la Tanzanie.

Gauthier Rybinski vient de recueillir le témoignage d'un chirurgien de retour du Rwanda. Je vous préviens par avance, ces images sont difficiles à soutenir. Mais elles ne représentent qu'un aspect vraiment infime de l'atrocité de ce massacre.

[Gauthier Rybinski :] 100 000 morts ou peut-être plus, le Rwanda d'aujourd'hui est à l'image de ce charnier filmé il y a une dizaine de jours. L'existence humaine compte peu [on aperçoit un corps bouger au milieu d'un immense charnier] et il n'est pas rare que l'on expédie à la fosse commune des corps que la vie n'a pas encore complètement abandonné [on voit trois personnes ramasser un corps gisant au milieu du charnier et on entend gémir des bébés].

Depuis un mois, les ethnies hutu et tutsi se battent pour le pouvoir et surtout pour régler de vieilles haines ancestrales. Au Rwanda, votre voisin de rue peut se transformer en tortionnaire. 300 000 civils fuient donc vers la Tanzanie ou le Burundi proche [diffusion d'images de réfugiés].

Et les médecins qui en reviennent, pourtant habitués au pire, témoignent de cette tuerie à grande échelle [gros plans sur des personnes mutilées en train de se faire soigner].

["Docteur Jacques Beres [Bérès], Chirurgien, 'Médecins du Monde'" : "Ça a l'air vraiment terrible, on voit, euh, des blessures par toutes sortes d'armes : des…, des balles, des éclats de projectiles plus gros. Des blessures par machette qui sont toujours très spectaculaires. Euh…, on se dit forcément que la plupart des plus graves sont morts avant de pouvoir arriver à l'hôpital. On voit des blessures qu'ont été infligées sans intention de tuer mais pour mutiler les gens. Par exemple cette espèce d'habitude de sectionner à coups de machette les deux tendons d'Achille des gens, euh, ce qui les condamne à se traîner sur les mains et sur les genoux" [diffusion d'images de réfugiés].]

Bien sûr les Casques bleus de l'ONU sont sur place. Mais leur mandat ne les autorise pas à agir. Ils sont d'ailleurs en train de plier bagages [on voit des Casques bleus en train d'embarquer dans un avion].

Sur le plan militaire, ni le gouvernement hutu ni les rebelles tutsi ne paraissent pour l'instant en mesure de l'emporter. Tout est donc prêt pour que l'on oublie le Rwanda et ses massacres [gros plan sur deux cadavres emmitouflés dans des pagnes en paille].

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