Author-card of document number 28892

Num
28892
Date
Dimanche 10 avril 1994
Ymd
Hms
20:00:00
Size
13225589
Uptitle
Journal de 20 heures [4:15]
Title
Au Rwanda les affrontements entre les deux tribus hutu et tutsi mettent le pays à feu et à sang, et notamment la capitale Kigali. Les soldats occidentaux sont sur place pour permettre l'évacuation des ressortissants
Subtitle
Des combats à l'arme lourde ont même commencé à la périphérie de Kigali. Certains civils occidentaux sont encore à la merci des massacres et tentent de se protéger. Le ministre de la Coopération Michel Roussin vient de confirmer la bonne marche de l'évacuation de nos ressortissants, même si l'on est encore sans nouvelles ce soir de trois d'entre eux.
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Abstract
- In Rwanda, the clashes between the two Hutu and Tutsi tribes are setting the country on fire and blood.

- Western soldiers are on site to allow the evacuation of nationals. At the end of the afternoon, 250 Belgian paratroopers landed in Kigali and it seems that the Belgian community is the most threatened in Kigali.

- Heavy weaponry between Rwandan government forces and RPF rebels resumed at the end of the afternoon. The city offers a spectacle of chaos, the corpses are lying in the street and most of the inhabitants remain holed up in their homes.

- On the road to the airport, gangs of young people of the Hutu ethnic group, most of them drunk and uncontrollable, have been looking for Tutsis and have been massacring them for four days.

- From her orphanage, Sister Edith Budynek testifies: "It is always the Hutus who come to look for the Tutsi. At the orphanage itself, they killed two girls. After they went to the dispensary, they found six girls and they also found them. killed. These young boys are armed. I know well, they live here all around the orphanage! ".

- Michel Roussin has just confirmed the smooth running of the evacuation of our nationals, even if we still have no news this evening from three of them.
Source
TF1
Public records
INA
Type
Journal télévisé
Language
FR
Citation
[Claire Chazal :] Au Rwanda les affrontements entre deux…, les deux tribus hutu et tutsi mettent le pays à feu et à sang, et notamment la capitale Kigali. Les soldats occidentaux sont sur place pour aider l'évacuation des ressortissants. Ainsi 525 Français ont pu quitter le pays par avion ou par la route et se rendre à Bangui en Centrafrique. Américains, Belges, Italiens et Suisses fuient également les massacres et gagnent, eux, le Burundi voisin. Des combats à l'arme lourde ont même commencé à la périphérie de Kigali. Nous faisons le point tout de suite avec notre envoyé spécial, Gauthier Rybinski, qui vient d'arriver dans la capitale.

[Par téléphone, Gauthier Rybinski :] Sur l'aéroport de Kigali, les avions militaires français de transport se sont succédé toute la journée pour continuer à évacuer les Européens qui quittent la capitale rwandaise [diffusion d'images d'archives montrant des soldats français à l'aéroport de Kanombe]. Ce sont essentiellement des femmes et des enfants qui sont dirigés vers les pays voisins, le Burundi ou la République centrafricaine [deux cartes animées viennent illustrer les propos de l'envoyé spécial]. En fin d'après-midi, 250 parachutistes belges ont atterri à Kigali et il semble que ce soit la communauté belge au Rwanda, c'est-à-dire l'ancienne puissance coloniale, qui soit le [sic] plus menacé à présent à Kigali [on voit des soldats belges à l'écran].

Les combats à l'arme lourde entre forces gouvernementales rwandaises et les rebelles du nord du pays ont repris en fin d'après-midi et la ville offre un spectacle de chaos. Les cadavres sont allongés dans la rue [diffusion d'images d'archives montrant des soldats du FPR au combat] et la plupart des habitants restent terrés dans leur maison et n'ont pour l'instant aucun espoir d'en sortir à cause des tirs incessants dont il est difficile de déterminer la provenance.

[Claire Chazal :] On imagine bien sûr la peur qui a pu s'emparer des populations de Kigali, et notamment, donc, des civils occidentaux. Certains sont encore à la merci des massacres et tentent de se protéger, comme cette religieuse dont Marine Jacquemin a pu recueillir le témoignage.

[Marine Jacquemin :] Sur la route de l'aéroport, ces quartiers isolés et des bandes de jeunes de l'ethnie hutu, pour la plupart ivres et incontrôlables, à la recherche dans ces maisons des Tutsi, l'ethnie majoritaire [sic] massacrée depuis quatre jours. Depuis son orphelinat, sœur Edith Budynek, nous raconte la suite de l'histoire.

["Par téléphone de Kigali (Rwanda), sœur Edith Budyneck" [Budynek] : - "On vient de nous tuer déjà neuf filles ! Ici, euh, au dispensaire même, à l'orphelinat même". Marine Jacquemin : - "Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?". Edith Budynek : - "Ils sont venus chez nous, on…, parce que ce…, ce…, ce…, c'est toujours les…, les…, les Hutu qui viennent toujours chercher les Tutsi. Ils ont dit : 'Madame, vous avez encore les filles de Tutsi…, tutsi'. Moi j'ai dit : 'Non, je n'en ai pas ici !'. Mais ils sont quand même venus tuer et ont trouvé deux filles, à l'orphelinat même. On nous a tué tout de suite deux filles [diffusion d'images d'archives montrant des soldats du FPR]. Après ils sont partis au dispensaire, ont trouvé six filles et y a toutes qui ont été tuées". Marine Jacquemin : - "Comment ont-elles été tuées ma sœur ?". Edith Budynek : "Avec les…, avec…, avec les fusils, pistolets. Ils sont armés, vous voyez. C'est des garçons…, jeunes garçons qui sont…, sont armés. C'est un groupe de bandits on peut dire, ce ne sont pas des combattants. Ce ne sont pas des gens, quelqu'un d'extérieur…, de l'extérieur qui sont venus nous attaquer. C'est les garçons que je connais bien ! Qui sont…, qui habitent ici tout autour de l'orphelinat !".]

Les appels au secours comme celui-ci se chiffrent par centaines chez les Rwandais selon les organisations humanitaires qui sont totalement débordées par l'ampleur du bain de sang [diffusion d'images d'archives de la ville de Kigali].

[Par téléphone : Philippe Gaillard, "Croix-Rouge internationale" : "On a éliminé, euh, quantité de personnes civiles. Je crois que, aujourd'hui, euh, l'odeur du sang est telle à Kigali que on élimine, euh…, tout simplement à peu près tout ce qui bouge. Et que, euh…, ne…, ne fût-ce que pour, euh, aller…, aller voler un peu de nourriture, on serait prêt à tuer son voisin même s'il est de la même ethnie que…, que vous [diffusion de scènes de chaos et de massacres]. Euh…, c'est devenu sans…, c'est devenu la…, la loi de la jungle. C'est…, c'est indescriptible, c'est un peu…, un peu lourd à porter tout ça. C'est le chaos et le massacre général" [diffusion d'une carte des pays de la région des Grands lacs].]

[Claire Chazal :] Michel Roussin, le ministre de la Coopération, vient de confirmer en tout cas la bonne marche de l'évacuation de nos ressortissants, même si l'on est encore, euh, sans nouvelles ce soir de trois d'entre eux [la présentatrice semble faire référence au couple Gilda et Alain Didot et à Jean-Paul Maïer]. Nous écoutons le ministre interrogé par Isabelle Marque.

[Michel Roussin : "Je pense que, euh, quelques personnes passeront leur dernière nuit à Kigali aujourd'hui. Mais, euh, si j'ose dire, le gros de notre communauté, euh, aura été évacué. [Plan de coupe] Il faut savoir que tout le monde a été récupéré et ensuite acheminé par une voie que nous contrôlons, un itinéraire, euh, que les militaires français surveillent et contrôlent jusqu'à l'aéroport. Et donc les moyens aériens que nous avons sont suffisants et je crois qu'on a passé la période la…, la plus délicate".]

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