Author-card of document number 28891

Num
28891
Date
Dimanche 10 avril 1994
Ymd
Hms
13:00:00
Size
11475722
Uptitle
Journal de 13 heures [3:09]
Title
Au Rwanda, les soldats français ont pris position sur l'aéroport de Kigali. Selon Philippe Gaillard, de la Croix-Rouge internationale, « L'odeur du sang est telle à Kigali qu'on élimine à peu près tout ce qui bouge »
Subtitle
Ce matin en ville, la situation est calme mais tous les témoignages indiquent que l'on s'attend à une attaque massive des troupes du FPR.
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Abstract
- As Edouard Balladur's trip to China comes to an end, in Rwanda, French soldiers have taken up positions at Kigali airport. France is for the moment the only Western power to have troops at the airport. But as François Léotard clarified this morning, not to wage war but to proceed with the evacuation of hundreds of our nationals, all grouped together in the French school in Kigali.

- According to Philippe Gaillard, of the International Red Cross, everyone is currently leaving Rwanda, including MSF France. "The smell of blood is such in Kigali that we simply eliminate almost everything that moves. It is chaos and general massacre."

- This morning in town, the situation is calm but all the testimonies indicate that a massive attack by RPF troops is expected.

- For the moment, no decision has been taken concerning the fate of the 2,500 peacekeepers still there.
Source
TF1
Public records
INA
Type
Journal télévisé
Language
FR
Citation
[Claire Chazal :] Madame, Monsieur, bonjour. Dans ce journal, la situation au Rwanda avec les premières évacuations de Français de Kigali.

[…]

La fin du voyage d'Edouard Balladur en Chine marqué par les tensions après les arrestations de dissidents.

[…]

Venons-en tout de suite à la guerre civile au Rwanda qui a conduit les Occidentaux à intervenir. Les soldats français ont pris position sur l'aéroport de Kigali. Ils seront au total 460 sur place aujourd'hui. Les premiers ressortissants américains et belges ont pu partir, par la route, pour le Burundi voisin. Les Français ont, eux…, ont pu quitter le pays par avion et gagner la Centrafrique. 150 sont déjà partis depuis le début de l'opération Amaryllis. Sur place le Front patriotique, c'est-à-dire la minorité tutsi, marche sur Kigali, où ce matin des tirs sporadiques se font encore entendre. Le point de la situation avec Marine Jacquemin.

[Marine Jacquemin :] La France pour le moment est la seule puissance occidentale à avoir des troupes sur l'aéroport. Mais comme le précise François Léotard ce matin, pas pour faire la guerre mais pour une action ponctuelle [diffusion d'images d'archives montrant des soldats français à l'aéroport de Kanombe]. Ils sont en effet encore des centaines à devoir être évacués dans des conditions extrêmement difficiles, tous regroupés dans l'école française de Kigali [on voit des militaires français en train d'évacuer des civils].

[Par téléphone : Philippe Gaillard, "Croix-Rouge internationale" : - "Les gens affluent par, euh…, par… -- si je dis par dizaines, non c'est pas assez --, non c'est par centaines qu'ils affluent, euh, dans ce…, dans ce centre. Et puis, euh…, ben voilà". Marine Jacquemin : - "Est-ce que quelqu'un assure leur protection ?". Philippe Gaillard : - "Alors les…, les militaires français sont là, oui. Vraiment tout le monde, tout le monde, tout le monde s'en va. Je viens d'apprendre que…; que MSF France, euh, quittait aussi Kigali" [on voit à nouveau des militaires français en train d'évacuer des civils].]

Ce matin en ville, la situation est calme, entrecoupée de tirs sporadiques. Mais tous les témoignages indiquent que l'on s'attend à une attaque massive des troupes du Front patriotique rwandais. Très peu d'images nous parviennent pour l'instant [diffusion d'images d'archives de la ville de Kigali]. Seules les organisations humanitaires sur place peuvent dresser le premier constat : il est dramatique.

[Philippe Gaillard : "On a éliminé, euh, quantité de personnes civiles. Je crois que, aujourd'hui, euh, l'odeur du sang est telle à Kigali que on élimine, euh…, tout simplement à peu près tout ce qui bouge. Et que, euh…, ne…, ne fût-ce que pour, euh, aller…, aller voler un peu de nourriture, on serait prêt à tuer son voisin même s'il est de la même ethnie que…, que vous [diffusion de scènes de chaos et de massacres]. Euh…, c'est devenu sans…, c'est devenu la…, la loi de la jungle. C'est…, c'est indescriptible, c'est un peu…, un peu lourd à porter tout ça. C'est le chaos et le massacre général" [diffusion d'une carte des pays de la région des Grands lacs].]

Les heures qui viennent risquent d'être encore plus meurtrières. Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son feu vert à Boutros Boutros-Ghali pour prendre toutes les mesures qu'il jugera utile. Mais pour l'instant, aucune décision n'a été prise concernant le sort des 2 500 Casques bleus toujours sur place [on voit des camions de l'ONU sillonner les routes du Rwanda].

[Claire Chazal :] Et les familles des ressortissants français qui se trouvent encore au Rwanda peuvent appeler la cellule d'information du Quai d'Orsay en composant -- vous le voyez sur cet écran -- les trois numéros suivants : 45 50 34 60, 40 63 31 31 ou 31 57, précédé bien sûr du 16 et du 1 si vous appelez de la province.

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