Author-card of document number 14589

Field Value
Num14589
Date Samedi 6 août 1994
Ymd19940806
Hms00:00:00
Author Haguenauer, Florence
File SecoursPopulaireSurPlaceHuma6aout1994.pdf
Fsize85487
Urlorg1994-08-06lHumaniteLeSecourspopulairesurplace.html
Uptitle 
TitleLe Secours Populaire sur place
Subtitle 
Tres 
Page 
Quoted personKagabo, José
Quoted personZlocaewski, Philippe
Quoted personBory, Monique
Quoted personVigroux, Philippe
KeywordSPF
Cote 
Abstract 
Newspaper/SourceL'Humanité
Public records 
CitationDe notre envoyée spéciale à Bujumbura.

VENDREDI, 10 heures du matin. Sur l'aéroport de Bujumbura, la capitale
du Burundi, on ne chôme pas. L'avion cargo d'Air France, bourré de
matériel humanitaire, s'est posé il y a quelques heures sur la piste.
Va-et-vient incessant des véhicules qui déchargent le monstre. Bruits
de moteurs. Noria de manutentionnaires qui disparaissent sous leur
énorme charge.

Et soudain, Monique et les deux Philippe, avec un bel ensemble, crient
: « Les voilà ! ». Soulagement, émotion. Ils viennent d'apercevoir des
dizaines de cartons barrés de grandes affiches jaunes « Secours
populaire français » (SPF). Des cartons bien ordinaires, sauf qu'ils
sont symboles de vie et de solidarité. Ils contiennent des doses de sel
de réhydratation orale (SRO) qui vont être acheminées vers Bukuva, au
Zaïre, puis distribuées aux réfugiés rwandais de la région.

Philippe Zlocaewski, arrivé le matin même, est chargé d'acheminer les
colis au Zaïre. Il sera rejoint lundi par un médecin biologiste du CHU
de Reims. L'opération sur la zone de Bukuva [Bukavu] va être menée avec l'appui
de l'Université libre de Bruxelles. De leur côté, Monique Bory,
secrétaire nationale du SPF, et Philippe Vigroux, ingénieur agronome,
rejoint par José, un ami français d'origine rwandaise, vont partir vers
Kigali en début de semaine prochaine. Il s'agit de mettre en route une
action à long terme en faveur des orphelins ou « enfants non
accompagnés » comme on dit pudiquement ici.

« Il faut reconstruire. C'est dans cette direction qu'il faut aller.
Absolument », ne cesse de répéter Jean-Marie, réfugié au Burundi depuis
l'enfance. Il est rentré dans son pays, le Rwanda, pour la première
fois il y a une quinzaine de jours. Il parle des « montagnes de
cadavres », il évoque « ce terrible silence des collines, des villages
où il n'y a plus une seule âme ». Et il résume dans un chuchotement qui
sonne comme un sanglot : « Le pays est vidé. Exsangue. Mort. Il faut
lui rendre la vie. »

Ici, il est difficile d'obtenir les tampons nécessaires pour sortir le
matériel de l'aéroport ; de trouver des camions ; de s'assurer des
autorisations pour passer la frontière du Burundi vers le Rwanda. Il
s'agira aussi d'éviter de tomber dans une embuscade des FAR qui tentent
de rançonner les convois à la frontière sud du Rwanda.

Midi. Sur la zone de fret de l'aéroport de Bujumbura, les colis de sel
de réhydratation chauffent toujours doucement au soleil. Mais plus pour
longtemps. Monique et les deux Philippe sont des acharnés. Les camions
? On les trouvera. Les tampons, on les obtiendra. Les autorisations, on
les arrachera. Pour que la « vie reprenne vie au Rwanda ».

FLORENCE HAGUENAUER
Comment 
TypeArticle de journal
LanguageFR
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